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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Un article de Michel Peyret, Un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire...

24 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Economie, #La guerre, #L'OTAN.

23 sept. 2014

Un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire...

Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!

A son habitude, Camille Loty Malebranche n'économise pas ses mots.

Mais cela vaut sa peine à le suivre !

Michel Peyret

Occident-Capitalisme: l'art de dissocier les conséquences de leurs causes

18 septembre 2014

Par Camille Loty Malebranche

Un article de Michel Peyret, Un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire...

Presse et "schizophrénie analytique": rire pour ne pas pleurer sur l’incohérence.

Le comportement interventionniste et belliciste de l’occident dans le monde, tient d'une logique pseudo-discursive et désopilante du crime savamment étayé, pour autant que l'on puisse rire de l'infamie et de la tuerie! Avec un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire dans son passé colonialiste esclavagiste, qui bombarde au nom de l’humanitaire, comme directement en Libye, Afghanistan, Irak, fait indirectement la guerre comme en Syrie, manipule l'Ukraine en y entretenant l'actuel conflit pour implanter l'Otan aux frontières de la Russie, paupérise par des mesures haineuses et immondes comme à Cuba, nul ne peut s’empêcher de constater que c’est le seul cas, dans l’histoire de la solidarité humaine, où l’extermination de milliers d’individus innocents et l'instrumentalisation de la détresse humaine sciemment provoquée à des fins géostratégiques, constitue une action bénéfique, une valeur d’éthique et de salut de l’humanité.

À lire les billevesées de certains médias de l'"hyperdroite", cette extrême droite inavouable, baragouinant sur la haine de l'occident chez des ismalistes dont d'ailleurs l'occident se sert quand cela lui convient, islamistes qui ne font que tendre à l'occident, le miroir effrayant de la violence de ses propres politiques planétaires imposées, il faut se dire qu'il est facile pour les journaleux de rayer d'un trait d'encre ou par quelques gouttelettes malsaines de leur glaviot venimeux, la bonne part de la culpabilité du terrorisme d'État occidental et de l'origine occidentale de la crise plurielle de sécurité sévissant dans le monde et embrasant la planète. Oui, il est facile de faire regarder les conséquences d'une crise née du Nord et qui prend des allures d'écheveau idéologique pour des pays ruinés où la masse paupérisée est littéralement sans autre repère que l'amélioration immédiate de sa condition intenable dans des pays égrugés par les bombes et le pillage occidental. Le capitalisme financier et belliciste est éhonté devant ses propres méfaits et leurs conséquences que ses larbins défenseurs coupent toujours de leurs causes.

Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Posté par Michel Peyret

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2014/09/23/30643925.html

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Jean-Pierre Chevènement. Interview du Courrier de Russie (18 Sept.2014): Il n'y a pas d'indépendance de la France sans une Russie forte"

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #L'OTAN., #Ukraine

Interview du Courrier de Russie (18 Sept.2014):

Il n'y a pas d'indépendance de la France sans une Russie forte"

Parlez-nous de votre enfance.

Jean-Pierre Chevènement : Je suis originaire de l’Est de la France, je suis né à Belfort. Mes parents étaient instituteurs, mais j’ai été très tôt attiré par la politique. Peut-être est-ce lié au fait que je suis né en 1939 et que mes premiers souvenirs remontent à la Seconde Guerre mondiale. Mon père avait été fait prisonnier, et l’école où ma mère enseignait a été occupée un moment par les Allemands. A quinze ans, je me suis mis à soutenir Pierre Mendès-France, qui avait mis un terme à la guerre d’Indochine. J’étais « mendésiste », comme on disait alors, mais je n’ai pas adhéré au parti radical. Plus tard, quand j’ai étudié les sciences politiques à Paris, je suis resté sur cette orientation. J’ai cependant regretté que Mendès-France n’aide pas de Gaulle en 1958, puis en 1962, car le Général était seul à pouvoir mettre un terme à la guerre d’Algérie. Au fond, j’étais assez gaulliste. Lorsque j’ai été appelé comme sous-lieutenant en Algérie, en 1961, j’étais déjà convaincu qu’elle devait être indépendante – mais qu’il valait mieux que ce soit avec la France que contre.

Qu’est-ce qu’il vous reste de ce séjour en Algérie ?

Ce fut une période très difficile, qui a constitué une transition à la fois nécessaire et violente et comporté beaucoup de souffrances. J’avais volontairement pris la responsabilité des relations militaires entre les armées française et algérienne au niveau de la préfecture d’Oran [où a eu lieu le massacre du 5 juillet 1962, ndlr]. Il faut rappeler qu’au cours des trois mois qui ont précédé l’indépendance, il y a eu une véritable sédition de l’OAS. J’ai été le premier Français à voir Ben Bella et Boumédiène à Tlemcen, en juillet 1962, et cela a très fortement marqué mon engagement. Je suis retourné en Algérie à la fin de mon service militaire pour faire un stage à l’ENA, jusqu’en juillet 1963. Je reste aujourd’hui président de l’Amitié France-Algérie : pour moi c’est un lien qui demeure, je suis sensible à tout ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée.

Et ensuite ?

À mon retour en France, j’ai élaboré un projet prospectif : il s’agissait de changer le parti socialiste de l’intérieur en faisant alliance avec le parti communiste – de Gaulle était âgé et je préparais sa succession. Je voulais prolonger ainsi la Vème république en lui assurant des bases de gauche. J’ai créé un mouvement qui s’appelle le CERES (aile gauche du PS) et, en 1971, nous avons mis Mitterrand au pouvoir – après sept ans d’effort. Mitterrand m’avait chargé de rédiger le programme socialiste, que j’ai élaboré avec les communistes. La suite est connue : après avoir été député (la première fois en 1973), j’ai été maire de Belfort, quatre fois ministre [sous Mitterrand, puis Chirac, ndlr], et enfin sénateur – je suis un vieil homme politique !

Quelle fierté tirez-vous de votre carrière politique, et quels regrets ?

On n’est jamais content de ce que la réalité n’est pas conforme à l’idée qu’on s’en faisait. Je ne suis pas particulièrement réjoui par l’évolution de la gauche… Mais en même temps, nous avons assuré une certaine continuité de l’État, dans le domaine de la défense surtout, ce qui est important dans le maintien d’une politique. J’ai été confronté à des choix libéraux, en 1983 [sous Mitterrand, ndlr], qui m’ont poussé à démissionner Je considérais en effet que l’idée d’un « État stratège » devait être maintenue et j’avais été l’homme des grandes entreprises publiques – je n’ai pas approuvé l’orientation de la politique économique du gouvernement Mitterrand. Mais ensuite, j’ai été rappelé pour remettre de l’ordre dans l’éducation nationale, en 1984, puis à la Défense, en 1988. J’ai le souvenir de grandes réalisations.

Mais vous avez à nouveau démissionné du ministère de la défense…

J’ai pu mener la politique que j’entendais mener jusqu’en 1990-1991, date à laquelle j’ai effectivement quitté le gouvernement pour la deuxième fois – afin de protester contre l’engagement de l’armée française en Irak. Enfin, j’ai été ministre de l’intérieur, en 1997, pendant trois ans et demi : j’ai pu y conduire des réformes importantes dans le domaine de l’intercommunalité. Et puis, j’ai démissionné pour la troisième fois, parce que j’étais en désaccord avec le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, sur l’avenir de la Corse – j’ai toujours été pour une politique nationale unitaire.
Je n’ai démissionné, à chaque fois, que sur des sujets vraiment importants : politique économique et européenne, politique étrangère ou organisation de l’État. Vous le savez peut-être, je me suis également positionné contre le Traité de Maastricht : je pense que l’Europe doit se faire dans le prolongement des nations – je ne suis pas contre l’idée européenne, mais je suis pour une Europe européenne, c’est-à-dire capable de défendre ses intérêts propres et pas inféodée aux États-Unis. Je suis un homme de gauche original, en quelque sorte. On pourrait dire que je suis un « gaulliste de gauche ». Ou alors un socialiste républicain à la forte adhérence gaulliste…

Qu’est-ce que vous n’êtes pas ?

Je ne suis pas de droite, au sens du libéralisme économique mondialisé. Je suis évidemment encore moins d’extrême-droite – je crois en l’égalité des êtres humains. Je ne suis pas communiste non plus, parce que j’appartiens à une tradition plus souple : le communisme ne fait pas la part des choses entre le collectif et l’individu – il y a un équilibre à trouver. Mes parents étaient plutôt socialistes, mais avec un esprit critique, parfois même, ils étaient individualistes. Il leur est arrivé de voter de Gaulle. Donc, je garde un esprit pragmatique. Voilà ce que je ne suis pas. Je pense que je ressemble à beaucoup de Français

Qu’est-ce qui fait la force d’un homme politique ? Son intégrité ?

J’aurais pu démissionner bien plus souvent ! Ce qui me motive, c’est la continuité de notre politique dans des domaines essentiels, parmi lesquels figurent les relations franco-russes.

Pour quelle raison ?

Parce qu’il en va de l’intérêt de la France et de celui de la Russie. Il n’y a pas d’indépendance de la France sans une Russie forte. Et la Russie aussi a besoin d’avoir, à l’ouest de l’Europe, un grand partenaire amical. Au fond, il n’y a pas d’antagonisme fondamental entre la Russie et la France, les deux pays ne se sont jamais heurtés. Bien sûr, il y a eu l’épisode napoléonien, mais c’est plutôt un accident de l’Histoire ! Les guerres napoléoniennes étaient dirigées contre l’Angleterre – Napoléon voulait diriger le blocus continental, il ne souhaitait pas s’en prendre aux Russes. Mais ça s’est trouvé comme ça, et les Russes se sont défendus. Cela n’a pas affecté nos relations et nous célébrons la bataille de Borodino comme une victoire à la fois russe et française. Et je suis très attaché à maintenir ce lien, même dans le moment difficile que nous traversons.

Il y a des responsabilités partagées des deux côtés, beaucoup de malentendus et d’incompréhension. Ce qui est arrivé en Ukraine aurait pu être évité.

Comment ?

Si les institutions européennes avaient, par exemple, négocié l’accord d’association avec l’Ukraine en étroite concertation avec la Russie, afin d’anticiper les problèmes à venir. S’il y avait eu un meilleur climat, au départ, entre la Russie et l’UE, et peut-être un meilleur contrôle sur les agissements des grands pays – Allemagne, France, Italie. Bien sûr, l’Ukraine n’est pas n’importe quel pays pour son voisin russe, et je ne crois pas que l’intention de la France soit de placer l’Ukraine face à un choix impossible entre Russie et UE. Peut-être, en revanche, que l’Ukraine est effectivement un objet politique pour les États-Unis : certains voient dans cette affaire l’occasion de semer la discorde entre l’Europe de l’ouest et la Russie. Mais ça n’a jamais été le dessein de la France ! Ce qui s’est passé à Maïdan a véritablement été une surprise. L’accord conclu ensuite, le 21 février 2014, par les ministres français, allemand et polonais des affaires étrangères aurait pu fournir une porte de sortie, mais il n’a pas été appliqué. Les Russes ont répondu à n’importe quoi par n’importe quoi.

À quel moment ?

L’annexion de la Crimée est une entorse au principe de la souveraineté de l’État. Je crois que les initiatives prises par les habitants de Sébastopol ont placé la Russie devant le fait accompli. Et celle-ci a choisi d’aller dans le sens de leur demande de rattachement, sans mesurer les problèmes qui allaient en découler, ni l’utilisation qu’allaient en faire les partisans d’une nouvelle guerre froide en Europe. Nous sommes alors entrés, malheureusement, dans un processus incontrôlé, malgré les efforts entrepris depuis quelques mois – y compris par le président français. Un cessez-le-feu précaire est en place et des élections régionales sont prévues à Donetsk et Lougansk, mais on est loin des projets évoqués par Angela Merkel et François Hollande. On voit bien, pourtant, quel genre de compromis pourrait se dessiner : une certaine régionalisation de l’Ukraine, une « neutralisation » du territoire, de façon à ce que les Russes n’aient pas le sentiment que l’Ukraine est appelée à devenir un pays de l’OTAN. Il faudrait d’ailleurs écarter définitivement cette perspective et procéder à une remise à niveau économique de l’Ukraine. Aujourd’hui, il y a une mécanique qui s’est mise en mouvement, c’est la mécanique de la bêtise. Il faut savoir l’arrêter, trouver un point de retour. Le processus dit « de Normandie », qui a réuni les présidents russe et ukrainien, ainsi que le président français et la chancelière allemande, le 6 juin dernier, a constitué un premier pas. Mais il faut aussi convaincre les Américains que la Russie ne doit pas être repoussée vers l’Asie.

Vous êtes confiant ?

Je suis inquiet. Je suis inquiet face aux conséquences des sanctions adoptées, à la façon dont elles sont interprétées. La Russie doit convaincre du caractère national de son projet, elle doit convaincre qu’elle veut se moderniser et non reconstituer l’URSS. Je trouve très forte cette citation de Poutine, qu’on connaît trop peu en Occident : « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, et celui qui souhaite son retour n’a pas de tête. » Naturellement, il y a des problèmes humains à résoudre, et en premier lieu celui des Russes qui vivent hors de Russie. Mais cela doit se faire dans un cadre international stable. Il faut restaurer la confiance entre les parties, trouver des garanties de sécurité. Cette tâche-là est la plus difficile, car, dans un processus d’escalade, le procès d’intention l’emporte toujours. La Russie doit aussi tenter de s’expliquer. Mais je pense que ce qui s’est passé n’était pas délibéré : je ne sous-estime pas la part de l’émotionnel dans toute cette affaire. Il faudrait revenir à un peu plus d’objectivité.

Y compris du côté américain ?

Il faut distinguer le petit noyau de géo-stratèges, où la part d’émotionnel est faible, et l’opinion, qui ne connaît pas vraiment la Russie et pense que l’on va vers une nouvelle guerre froide – alors que les bases mêmes d’un conflit de ce type n’existent plus. Nous sommes dans un système d’économie de marché, la modernisation de l’économie russe implique certains changements, que nous pouvons saluer. En cela, les sanctions sont contre-productives et vont créer un climat irrationnel.

Vous êtes entendu, sur cette question des sanctions ?

L’avenir le dira. En tous cas, je m’exprime. Je suis en contact direct avec les autorités

gouvernementales, et je m’exprime dans la presse.

Quelles ont été les erreurs de la France, dans la crise ukrainienne ?

Il y a eu des soutiens français inconséquents au processus de Maïdan – mais Bernard Henri-Lévy n’est pas la France. Peut-être que, pour des raisons qui tiennent à notre adhésion à l’UE, nous sommes un peu à la remorque d’un certain nombre de pays qui ont sur la crise ukrainienne des positions radicales et obéissent à des impulsions de l’extérieur. J’aimerais que la France ne soit pas à la traîne, qu’elle travaille au succès d’une Europe existant par elle-même – non contre la Russie, mais avec elle. Et, cela n’engage que moi, mais je considère qu’il faut honorer les contrats Mistral.
Comment la Russie peut-elle être « garante de l’indépendance de la France », comme vous le disiez ?

En développant nos relations économiques, notre concertation politique. La Russie est un pays qui compte à l’échelle planétaire, un grand pays, ainsi qu’un acteur majeur de la politique mondiale. Et elle le restera. Elle constitue un contrepoids dans les relations internationales.

Faites-vous confiance à Vladimir Poutine ?

C’est un homme d’État. Il en a les qualités, et probablement aussi les défauts. Mais j’ai eu l’occasion de le rencontrer, et j’ai été impressionné : par sa capacité à argumenter, mais aussi par le fait qu’au-delà de la rationalité, c’est un homme d’une certaine affectivité. Je ne vous dirai pas, comme le président Bush Junior, que j’ai « vu son âme » – je suis un républicain laïc, fondamentalement cartésien. Mais je pense que le président Poutine est un homme avec qui l’on peut discuter. Il faut – comme toujours – éviter les malentendus, comprendre ce que l’autre a à l’esprit, car nous nous racontons tous une histoire. On ne peut pas faire abstraction, en politique, des éléments psychologiques. Et quoiqu’il en soit, M. Poutine est le président de la Russie, il a été élu – et je ne crois pas qu’il y ait d’opposition capable de lui succéder, ni qu’il faille mettre la Russie au ban des nations.
Qu’est-ce qui vous lie à la Russie, personnellement ?

La littérature. Le peuple. Et je ne suis pas de ces gens qui ont perdu la mémoire – je me souviens très bien des deux guerres mondiales et de la contribution importante de la Russie à ces conflits.
Y a-t-il des choses qui vous effraient ?

Beaucoup de choses m’effraient. La bêtise, principalement. Surtout quand elle est au pouvoir. L’irresponsabilité. L’absence de culture.

Vous n’êtes jamais découragé ?

Je surmonte le découragement.

Comment ?

le travail. J’écris des livres.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune homme épris de politique, et qui sortirait tout juste de l’ENA ?

Je lui dirais d’abord qu’il est mal parti ! En 1967, j’ai écrit avec Alain Gomez et Didier Motchane L’Enarchie – je sortais tout juste de l’ENA moi-même, promo 1965. Et c’est un livre qui n’a pas vieilli. Il dresse un tableau assez juste de la haute administration française. Il est amusant – je vous le conseille. Les fonctionnaires ont toujours les mêmes vices.

Savez-vous que de nombreux Français aimeraient vous voir au gouvernement ?
Ah non, j’ai exclu cette perspective ! La ligne politique du gouvernement actuel n’est pas vraiment la mienne, et si je revenais, ce serait donc pour en prendre la tête… Mais je crois que ce n’est pas vraiment la disposition d’esprit de François Hollande, et je veux laisser à Manuel Valls l’espace dont il a besoin – je ne suis pas un concurrent.

La France d’aujourd’hui manque-t-elle d’hommes d’État ?

Ce sont les circonstances qui révèlent les hommes d’État. Donc, il ne faut pas désespérer.

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De Kiev à Damas, une même folie. Le site "Les moutons enragés".

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine

De Kiev à Damas, une même folie.

De Kiev à Damas, une même folie. Le site "Les moutons enragés".

On sentait évidemment le coup venir depuis des semaines. Destinées à émouvoir la ménagère de plus de 50 ans et le militant de base de l’UMPS mondial, les fausses décapitations de citoyens US (1) puaient en effet le casus belli à plein nez. Stopper la barbarie de l’EI/Daech par des frappes forcément chirurgicales en Irak et en Syrie ? Vaste plaisanterie quand nombre de pays de la coalition montée à la hâte par Washington, pour se la jouer « communauté internationale », figurent parmi ses principaux bailleurs de fonds. Vaste fumisterie, lorsque, sous prétexte de sauver des minorités dont on favorise le martyre depuis des années, on cherche surtout à achever la trop résistante légalité syrienne, pour affaiblir la Russie et permettre au Bloc atlantiste de conserver son hégémonie mondiale.

Un instrument aussi

Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, c’est d’abord lerésultat de la deuxième guerre d’Irak et de la dissolution de l’armée de Saddam par le proconsul américain Bremer. Une opération accessoirement lancée elle aussi sans l’aval de l’ONU, elle aussi avec une coalition de bouffons et de petits pays clients, à qui on a tordu les bras.

Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, c’est ensuite le financement et l’armement durant trois ans de groupuscules terroristes en Syrie sous couvert de pseudo révolution. Et cela sous les acclamations de l’Occident américanisé et de sa machine de propagande bien huilée.
Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, c’est enfin, idéologiquement parlant, le résultat de 100 ans de délire wahhabite saoudien. Cette Arabie saoudite si chère au cœur de notre Bloc atlantiste, dépendance à l’or noir oblige, et pourtant matrice idéologique de ce terrorisme sunnite contre lequel on prétend se défendre.

Mais Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, et la franchise al-Qaïda avant lui, c’est aussi un instrument pour le Système atlantiste.
Car dans la version ultime de la terreur pseudo-islamiste (2) qui nous est proposée aujourd’hui, l’horreur atteint un tel degré qu’elle permet désormais toutes les guerres, toutes les frappes, tous les assassinats et toutes les opérations de regime change rêvées par le Système atlantiste, et cela au mépris de la légalité internationale et de la souveraineté des nations.

Car avec ce cynisme affolant et cette inculpabilité qui sont aussi sa marque de fabrique, ce Système, bien que totalement dépassé par l’ampleur soudaine du monstre qu’il a contribué à créer, cherche tout de même à tirer profit de la situation.

Un Grand Jeu contre le BRICS

Ce n’est donc pas un hasard si on a largement traîné les pieds en attendant les premiers succès concrets de Daech sur le terrain.
Ce n’est donc pas un hasard si des frappes d’une ampleur sans précédent sont désormais menées en Syrie, un an presque jour pour jour après une première tentative avortée (3) de lancer une guerre dans ce pays.

Ce n’est donc pas un hasard si, au premier jour de ces frappes, Israël, qui devrait pourtant craindre le pire de Daech, a jugé bon d’abattre un avion de chasse syrien qui opérait justement contre la nébuleuse terroriste.

L’idée folle, derrière cette vertueuse campagne atlantiste, est probablement d’y voir l’opportunité d’accélérer l’effondrement du régime de Damas, dans l’espoir d’une recomposition favorable au Système atlantiste. Une recomposition qui permettrait de casser l’axe Iran-Syrie (4) et d’infliger ainsi un sérieux revers à la Russie, qui pourrait perdre le contrôle de sa base maritime de Tartous (5).

Et c’est là que s’opère la jonction entre l’Ukraine et Daech, dans le Grand Jeu du Système américaniste pour casser la Russie, et ce faisant, pour contrer la montée en puissance des pays du BRICS (6).

De Kiev à Damas, une même folie. Le site "Les moutons enragés".

« Guerre contre le terrorisme 2.0 »

Enfin, accessoirement, l’avènement de ce nouveau fléau, et la «guerre perpétuelle contre le terrorisme 2.0» qu’il impose, va nécessairement favoriser l’avènement du totalitarisme que nous redoutions en 2012 déjà, dans notre essai «De la bataille contre le Système» (7). Déjà, la censure d’internet est en marche (8), ne reste plus qu’à attendre les inévitables attentats qui vont survenir ici et là au cœur du Bloc, et sa riposte en matière de restriction des libertés.

Dans sa folle entreprise pour «persévérer dans son être» et maintenir son hégémonie, le Système atlantiste a ainsi allumé partout des incendies qu’il ne contrôle plus.

Des incendies qui vont chaque jour le contraindre à se pervertir lui-même un peu plus, jusqu’à renier et invertir toutes les valeurs qu’il prétend défendre, et dont il se réclame.

Jusqu’à la tyrannie ou l’effondrement.

Notes

(1) Sur les fausses décapitations (même les grands merdias ont dû en parler)
(2) Hassan Nasrallah, sur la nature de Daech
(3) Première tentative avortée de guerre contre la Syrie
(4) Sur l’axe Iran-Syrie
(5) Pourquoi l’Amérique veut-elle toujours la chute de Bashar al Assad ?
(6) Enfumage ukrainien : contre propagande
(7) De la bataille contre le Système
(8) La censure d’internet votée en France

Source : De Kiev à Damas, une même folie (entrefilets.com, 23-09-2014) via VineyardSaker.fr

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/23/de-kiev-a-damas-une-meme-folie/

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Asselineau invité de l’émission « On est pas couché »: Exécution médiatique ratée du représentant de l’UPR 21 septembre, 2014 Posté par Benji sous Argent et politique sur le site: "Les moutons enragés".

21 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Politique intérieure, #Politique étrangère, #Europe supranationale, #L'OTAN.

Il était l’invité de l’émission, et s’est retrouvé face à deux journalistes qui certes, font peut-être le travail pour lequel ils sont payés, mais ne relèvent pas pour autant le niveau de l’émission, bref, « c’est du Ruquier »…

Asselineau invité de l’émission « On est pas couché »: Exécution médiatique ratée du représentant de l’UPR  21 septembre, 2014  Posté par Benji  sous Argent et politique sur le site: "Les moutons enragés".

Il est clair qu’il fallait décrédibiliser totalement François Asselineau, qui pourtant, s’est très bien défendu des attaques orchestrées… Si bien sur, personne n’a la science infuse, Asselineau connait pourtant très bien son sujet, il suffit de regarder quelques unes de ses conférences pour en être convaincu. Autre point, certains estiment qu’il ne va pas assez en profondeur dans certains sujets, il n’est pas sur que ceux qui critiquent aient regardé les conférences en entier, rien que celle sur le contrôle de l’Europe et de la France (propose notamment ici) d’une durée de 4 heures, aussi passionnante soit-elle, il n’est pas dit que beaucoup l’aient regardé/écouté dans son intégralité.

Mais je vous laisse néanmoins seuls juges, et vous faire une opinion réelle sur l’intervention d’hier soir.

http://www.dailymotion.com/video/x26c3jd_onpc-du-20-09-francois-asselineau-face-au-duo-salame-caron_tv

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/21/asselineau-invite-de-lemission-on-est-pas-couche-execution-mediatique-ratee-du-representant-de-lupr/

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Documentaire sur le Massacre d’Odessa, le fascisme en Ukraine. Vidéo à voir absolument! Document pris sur le site du ¨PRCF.

21 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europesupranationale, #La nation ., #La mondialisation, #Politique étrangère, #La guerre

02/05/2014 : Documentaire sur le Massacre d’Odessa, le fascisme en Ukraine [Vidéo vostfr]

Documentaire complet non diffusé en France sur l’escalade du nazisme en Ukraine et des vidéos inédites du massacre d’Odessa. Avec témoignage des rescapés. Ce document rassemble diverses vidéos des milices fascistes en action en ukraine

Aucunes de ces images des manifestations de nazis en Ukraine revendiquant en pleine rue et par milliers leurs filiation d’avec les divisions SS de la seconde guerre mondiale, criant à la mort des « moscovites » et des juifs, de ces nazis qui sont aujourd’hui au gouvernement de la junte de Kiev mise en place par les USA, l’UE et l’OTAN ne sont évidemment montrées par les médias en France.

Non, la censure est totale.

Plusieurs mois après ce massacre à Odessa, aucune enquête sérieuse n’a été réalisée. Aucun grand journal, aucune radios, aucune télévisions – en particulier de l’audiovisuel public – n’a réalisé la moindre investigation à ce sujet. Il faut dire que la propagande bat son plein pour pousser l’opinion public française à soutenir la junte euro fasciste de Kiev. le tout financé à millions par les impôts des travailleurs de notre pays.

Certes les images de ce documentaires sont dures. Très dures. Choquantes. www.initiative-communiste.fr publie tout de même ces images. Car chacun doit pouvoir les voir et comprendre que le fascisme est en Ukraine, et qu’aucun citoyen ne peut rester sans réagir.

No Pasaran !

Par Sator Rotas

Vidéo ajoutée le 29 juin 2014.

Documentaire complet non diffusé en France sur l'escalade du nazisme en Ukraine et des vidéos inédites de la tuerie d'Odessa. Avec témoignage des rescapés, et vidéos avant et après le massacre, les Français ne pourrons plus dire qu'ils ne savaient pas.
Faites tourner cette vidéo pour la justice et la paix.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/documentaire-massacre-d-odessa-fascisme-en-ukraine-video/

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Vladimir Poutine à l’origine de l’incendie du centre des impôts de Morlaix ! Repris sur le site "les moutons enragés". Attention c'est de l'humour!

20 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La nation ., #Politique étrangère, #Europe supranationale

Vladimir Poutine à l’origine de l’incendie du centre des impôts de Morlaix !

Les pompiers bretons tentent d’éteindre l’incendie allumé par le FSB russe en déversant des artichauts…

Les pompiers bretons tentent d’éteindre l’incendie allumé par le FSB russe en déversant des artichauts…

[Avec Agence France Propagande]

Après plusieurs opérations « coups de poing » le mouvement des légumiers bretons en colère a incendié le centre des impôts et la mutualité agricole de Morlaix, Vendredi soir. Selon le maire de la ville, Agnès Le Brun (UMP), il s’agirait d’une « Jacquerie », le mouvement semblant s’être développé en dehors des réseaux syndicaux.

« C’est une jacquerie, une révolte qui part de la base, complètement déstructurée, hors des relations syndicales. Les syndicats sont dépassés par la base », a-t-elle déclaré à l’AFP
Le premier ministre Manuel Valls a immédiatemment réagit en dénonçant « la main de Moscou » et la manipulation évidente dont semblent être victimes les agriculteurs bretons, qui sont pour la plupart illettrés.

Le mouvement, qui n’a « rien de spontané », selon le ministère de l’intérieur, porte effectivement la marque des services secrets russes.

En effet, selon Agnès Le Brun : «Ce n’est pas un coup de colère, c’est une colère froide» et la maire de Morlaix d’ajouter : « c’est quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d’événements: la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l’embargo russe. »

Le premier ministre a ainsi dénoncé les « méthodes du FSB russe » à la manœuvre, et a souligné : « le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux. » qui constituent un mode opératoire autodestructeur typiquement slave.

Après l’agression de l’Ukraine par des réseaux de combattants inflitrés, la Russie semble cette fois vouloir déstabiliser le pouvoir politique français. En cause, son soutien au gouvernement démocratique de Kiev et sa dénonciation de la politique d’agression systématique de la Russie ainsi que son soutien au terrorisme international et à la barbarie.

Le premier ministre a promis « la plus grande fermeté » et a annoncé que « Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes. »

Simple coïncidence ? La flambée de violence pilotée par Moscou s’est produite quelques heures après l’annonce par le tribunal correctionnel de Rennes de la condamnation de cinq agents russes du mouvement réactionnaire des « Bonnets rouges » qui avait pris pour cible le dispositif écologiste des portiques « éco-taxes ».

Source : Agence France Propagande

NDA : devant le nombre croissance de lecteurs qui éprouvent des difficultés à faire la différence entre les conneries débitées par les médias et les hommes politiques et les authentiques conneries à visée humoristique, j’attire votre attention sur le fait que cet article est une parodie à but humoristique, les propos relayés ici constituent un procédé comique.

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/20/vladimir-poutine-a-lorigine-de-lincendie-du-centre-des-impots-de-morlaix-avec-afp/

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Marie-France Garaud : "L'Allemagne est le maître de l'empire européen". Sur le blog de Jocelyne Galy.

20 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'OTAN., #La nation ., #Politique étrangère

Marie-France Garaud : "L'Allemagne est le maître de l'empire européen"

Elles nous manquent, l'intelligence, la lucidité, bref la "vista" des De Gaulle, Seguin ... Nous avons encore la forte lucidité d'une Marie France GARAUD, digne représentante de ces personnages politiques dont les capacités d'analyses sont difficiles (euphémisme?) à retrouver parmis nos personnages politiques actuellement à l'oeuvre... ou en attente d'un fauteuil.
Jocega
ly

Sur MARIANNE

Marie-France Garaud : "L'Allemagne est le maître de l'empire européen"

Vendredi 6 Juin 2014 à 05:00 | Lu 11011 fois I 14 commentaire(s)

Bruno Rieth et Régis Soubrouillard

Une crise en Ukraine pas aussi simple qu'elle n'y paraît, une Europe dominée par l'Allemagne, un François Hollande qui ferait bien de s'inspirer d'un certain Charles de Gaulle... Marie-France Garaud, ancienne candidate à la présidentielle de 1981, ex-députée européenne et présidente de l'Institut internationale de géopolitique, pose pour "Marianne" son regard critique sur la situation européenne et les difficultés de la France à faire entendre sa voix. Pour cette gaulliste passionnée, la question de la souveraineté des pays doit revenir au centre des discussions internationales.

00.00 Zone europe Poutine et OTAN

03.23 l'arme que détient la Chine

04.57 France d'aujourd'hui et OTAN...

10.28 Le système institutionel de l'Allemagne protège la souveraineté du peuple allemand: le PEUPLE Y EST RESTE SOUVERAIN . C'est le Bundestag (les landers) et non le chancellier, qui décide si telle disposition peut être adoptés... Les traités européens sont donc obligatoires pour TOUS SAUF pour L'ALLEMAGNE.

12.44 le France est "bouclée... Nous sommes pris dans des histoires de partis , de groupes...

14.00 L'Allemagne est comme un sas, pour les US, entre eux et la Russie

14.50 La France peut-elle se faire entendre?... (écoutez la réponse de M. France Garaud... !!)

MP3 final Garaud.mp3 (16.68 Mo)

Posté par Jocegaly à 11:59 - GARAUD M.France ALLEMAGNE maître de l'Empire

http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/06/07/30027469.html

« IL Y A 50 ANS, LE 6 JUIN 1964, CHARLES DE GAULLE REFUSAIT DE COMMÉMORER «LE DÉBARQUEMENT DES ANGLO-SAXONS»

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Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations. Le blog d'Olivier Berruyer.

19 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #La guerre

19 septembre 2014.

Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations

Duel de fausses informations

Bon, le journal l’Aberration a trouvé une femme qui aurait été maltraitée à Donetsk. Environ 15% d’habitants de Novorossie sont pour l’unité de l’Ukraine, selon les rebelles eux-mêmes. Ils ont (selon les Constitutions de la RPD et de la RPL) droit à leurs convictions, et on les laisse tranquilles. Dans les villes contrôlées par Kiev, ceux qui sont pour la séparation risquent souvent de se faire humilier, tabasser, voire brûler, comme à Odessa. Nos médias ont dû oublier ce détail. Passons sur ce fait divers à la propagande que l’on trouve des deux côtés de la guerre civile. On en trouve de nouveaux exemples tous les jours, essayons de revenir sur les exemple de fausses informations les plus significatives du conflit.

Mensonges sur médias sociaux

Un moyen très simple de faire de la propagande pour montrer les atrocités du camp d’en face, c’est d’utiliser des photos d’autres conflits. La campagne #SaveDonbassPeople a utilisé des photos d’enfants de Syrie, du Liban, et même d’un film russe sur la seconde guerre mondiale pour illustrer les malheurs du Donbass.

Film “Brestskaya Krepost”. Donetsk et Lougansk ne manquent pas de civils tués, mais faire une photo comme ça n’est pas facile. Et puis il faut y aller…

Film “Brestskaya Krepost”. Donetsk et Lougansk ne manquent pas de civils tués, mais faire une photo comme ça n’est pas facile. Et puis il faut y aller…

Ensuite, parce que des civils qui se font bombarder n’inspirent visiblement plus aucune compassion (sinon nous ne serions pas une petite minorité à nous indigner du bombardement des villes du Donbass par les armées de Kiev), il faut augmenter le niveau d’horreur. Des messages sont donc apparus sur les réseau sociaux, affirmant que des têtes de rebelles avaient été envoyées à leur famille, dans des boîte en bois. Il n’est pas difficile d’apprendre que les images qui accompagnent ces messages ont été prises en Syrie. D’ailleurs, les mêmes messages sont tournés dans l’autre sens, avec les mêmes images, affirmant que les rebelles envoient des têtes de soldats ukrainiens à leurs familles. Difficile de savoir qui a commencé ces mensonges macabres, et peu importe. Certains pro-rebelles diffusent également sur les réseaux sociaux des photos de tanks détruits dans différents conflits pour illustrer les victoires des rebelles. Dans l’ensemble, il s’agit de messages diffusés sur internet de façon essentiellement anonyme. Du fait de l’anonymat, beaucoup s’en donnent à cœur joie, dans les 2 camps, en espérant que leur message sera repris par des milliers de personnes.

Fausses informations sur les crimes de Kiev

Les rebelles affirment encore que les armées de Kiev bombardent les villes rebelles avec des bombes à sous-munitions illégales, et avec des bombes au phosphore. Les deux informations sont fausses. La première information est fausse parce que Kiev n’a jamais signé la convention interdisant les bombes à sous-munitions (comme la Chine, l’Inde, Israël, la Russie et les É-U), et la seconde est fausse parce que les bombes incendiaires utilisées par Kiev ne sont pas des bombes au phosphore mais des bombes incendiaires à la thermite et au pyrogel. L’expression “bombe au phosphore” est utilisée dans les pays ex-soviétiques comme une expression générique pour désigner les bombes incendiaires (comme certains disent Frigidaire pour “réfrigérateur”, ou Le Monde pour “torchon”) depuis que la propagande soviétique a démonisé l’usage de ces armes par les É-U et Israël dans les années 1970 et 1980. L’URSS avait renoncé à ces armes. Notons que la convention sur certaines armes classiques n’interdit pas spécifiquement les bombes au phosphore, mais l’usage de bombes incendiaire sur des zones habitées par des civils. Reste à savoir si le soutien occidental à Kiev qui bombarde ses populations est moralement acceptable parce que l’Ukraine ne s’interdit pas les bombes à sous-munitions ou parce qu’elle bombarde les villes avec des bombes à la thermite plutôt qu’avec des bombes au phosphore blanc.

Le soldat sur le fil

Du côté de Starobechevo ont eu lieu de très lourds combats avant la trêve, de très nombreux soldats de Kiev y sont morts. L’un d’eux a eu le malheur de sauter à plus de dix mètres de haut et de rester accroché à un câble de haute tension (220 kV). Les médias de Kiev en ont profité pour montrer à quel point les rebelles étaient des monstres puisqu’ils ont laissé le corps de ce soldat pendu pendant plusieurs jours. La réalité (que l’on peut voir sur Youtube en cherchant en russe, je laisse à la curiosité des lecteurs le soin de trouver les vidéos montrant des cadavres) est que pour venir chercher ce corps il a fallu mobiliser plusieurs personnes, et un camion disposant d’une échelle suffisamment haute. Avant cela, il a aussi fallu couper l’électricité d’une “grande ville d’un gouvernement ami” (Tangarog, en Russie ? L’auteur ne précise pas), ce qui n’était donc pas une mince affaire. Mais surtout, les troupes de Kiev présentes tout près n’ont absolument pas voulu aider cette opération de récupération d’un de leurs soldats, il a fallu que des rebelles s’en mêlent pour que cela se fasse. De toute cette histoire, ce que retiennent les spectateurs des médias de Kiev est que les maudits terroristes russes ont laissé un héros accroché à un câble électrique…

Kiev et ses alliés racontent n’importe quoi

Cela devient plus embêtant lorsque les mensonges sont le fait de représentants officiels de gouvernements. Les exemples ne manquent malheureusement pas. Récemment, le proconsul américain de la province d’Ukraine a cherché à faire croire que des tanks allemands étaient arrivés à Lvov, pour les exercices avec l’OTAN, en publiant une photo de tank Leopard sur Twitter. Cette photo est en fait une image tirée de cette vidéo datant de 2013 (vers 0:25) à laquelle a été ajouté un peu de ciel blanc. Geoffrey Pyatt est donc un menteur, ce qui n’étonnera personne. Mais on peut s’étonner : pourquoi l’Empire américain promet tant à Kiev et apporte si peu ? Le journal canadien Globe and Mail (pas exactement de la propagande russe) apporte une réponse : parce que la corruption est généralisée en Ukraine. Le journal rappelle que lorsque l’armée américaine a commencé à envoyer des rations de combat, ces rations se sont retrouvées sur un site de vente sur internet. Les milliards qui ont été fournis à l’Ukraine par le FMI etc ne sont jamais arrivés là où ils devaient aller. Ce qui est destiné à l’armée ukrainienne s’évapore en descendant la hiérarchie, et presque rien n’arrive aux soldats. Certains (dont le blogueur Colonel Cassad) spéculent que le plus grand soutien russe consiste à acheter du matériel de l’armée ukrainienne pour le fournir à l’armée novorusse. Tout se vend.

Le convoi humanitaire russe

C’est d’ailleurs essentiellement le problème avec l’aide humanitaire russe, dont le deuxième convoi d’environ 2 000 tonnes est arrivé récemment à destination. Kiev a protesté, en disant qu’il fallait que les camions passent par la frontière sous leur contrôle, puis qu’il fallait que les chargements soient transbordés sur des camions ukrainiens, puis qu’il fallait que les camions russes portent des plaques d’immatriculation ukrainienne, etc. Le fait que les garde-frontière ukrainiens ont pu contrôler tous les camions sans y trouver autre chose que de l’aide humanitaire n’a aucune importance, puisque l’objectif des accusations était d’essayer de voler une part de l’aide, en revendre, exiger des pots-de-vin, récupérer l’aide et l’envoyer en disant qu’elle venait de Kiev, etc. Les médias français n’ont pas hésité à apporter leur soutien à cette corruption qui cherche à profiter du malheur de millions de personnes. Notez que dans la vidéo de l’Immonde, on apprend seulement qu’un camion de 20 tonnes contient “seulement” 8 tonnes de lait concentré, et donc que le convoi pourrait être constitué de moins de camions. La BBC a constaté que dans l’ensemble les camions étaient chargés environ à moitié, soit 10 tonnes par camion. On peut se demander pourquoi le convoi utilise 2 fois plus de camions que nécessaire. L’explication officielle est que d’une part des camions pleins vont moins vite, et que d’autre part, si un camion a un problème et que les conducteurs doivent transborder à la main le chargement d’un camion vers un autre, cela poserait des gros problèmes avec des camions pleins. La deuxième explication n’est pas absurde, mais on peut imaginer qu’il y a aussi une part d’opération de communication : annoncer “plus de 200 camions”, c’est plus impressionnant que “100 camions”. On peut aussi se poser 2 autres questions :
- D’une part, pourquoi la France, éternelle donneuse de leçons, n’envoie pas d’aide humanitaire ? Ne serait-ce que 8 tonnes dans un camion de 20 tonnes? D’autant que la Russie ayant fermé ses portes aux produits agricoles français, de nombreux agriculteurs manquent de débouchés pour leur produits. Nourrir les populations bombardées par nos alliés ne serait-il pas mieux que de jeter ces produits ?
- D’autre part, pourquoi la Russie envoie beaucoup plus d’aide humanitaire vers le Donbass, et de bien meilleure qualité, que Kiev (par exemple un camion envoyé par Kiev contenait des pains sales, non emballés) ? Imaginons que la Bretagne soit frappée par une catastrophe, imagine-t-on l’Angleterre envoyer beaucoup plus d’aide que la France ?

L’invasion russe

C’est bien connu, la Russie a envahi l’Ukraine. D’ailleurs, il y a des preuves :

Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations. Le blog d'Olivier Berruyer.

Bon, certes, cette photo a été prise en août 2008 en Ossétie du Sud, au sujet de laquelle on a bien fini par admettre à demi-mots, 5 ans après les faits, que la Russie a plutôt bien fait d’arrêter les bombardements de la Géorgie sur les villages ossètes, un peu comme elle n’a pas tout à fait eu tort de ne pas soutenir les “freedom fighters” de Syrie que l’OTAN veut maintenant combattre après les avoir soutenus pendant plusieurs années, tout comme elle combat les “freedom fighters” d’Afghanistan après les avoir soutenus, financés et armés à la fin de la guerre froide. La Russie a toujours tort, quoi qu’elle fasse, mais après les faits, si on y réfléchit un peu…

Plusieurs de ces preuves ont été démontées, comme, dès le début de la guerre, la photo d’un barbu en Ossétie du Sud qui ne pouvait être qu’Aleksandr Mojaev (le Cosaque “Babaï”) puisque bien sûr Babaï est le seul barbu. Peu importe, les politiciens ukrainiens continuent d’utiliser cette invasion pour réclamer plus de milliards, plus de soutien militaire, et une intégration à l’UE et à l’OTAN plus vite. Ils sont dans leur rôle : ils ont pris le pouvoir pour ramasser autant de pognon que possible, ils font ce qu’il faut pour qu’on leur en envoie. Ce qui est plus étonnant, c’est pourquoi les gouvernements occidentaux, que les oligarques de Kiev prennent pour des distributeurs de billets, continuent de les prendre au sérieux ?

Encore une “preuve” largement diffusée par les médias de Kiev : l’enterrement en Russie de soldats russes. Selon Kiev, 2 000 soldats russes ont été tués dans le Donbass. Il y a une photo qui le prouve :

C’est vrai, il s’agit de l’enterrement de soldats russes. Ou soviétiques. Morts il y a plus de 70 ans. Déjà, à l’époque, la Russie s’opposait aux valeurs européennes, immuablement supérieures à la barbarie russe.

C’est vrai, il s’agit de l’enterrement de soldats russes. Ou soviétiques. Morts il y a plus de 70 ans. Déjà, à l’époque, la Russie s’opposait aux valeurs européennes, immuablement supérieures à la barbarie russe.

Cette photo vient de ce blog, et parle de la seconde guerre mondiale, au cours de laquelle 300 000 soldats sont morts sur le front de Leningrad. Des restes récemment retrouvés ont été enterrés dans une fosse commune. Quand Kiev affirme avoir tué 2 000 soldats et illustre ce massacre par une photo qui n’a rien à voir avec le conflit en cours (et a été prise en 2013, peu importe), on peut se demander pourquoi 2 000 seulement, pourquoi pas 200 000, tant qu’on est dans le n’importe quoi absolu.

La théorie de “l’invasion russe” a été largement diffusée après le début de la contre-offensive rebelle. En effet, si les troupes de Kiev avançaient et dominaient leur adversaire, comment peut-on expliquer le retournement de situation soudain ? En fait, il suffisait de lire les journaux de Kiev pour apprendre que, dès la fin juillet, la situation avait changé, que les troupes n’avançaient plus, étaient démoralisées, n’avaient qu’un repas par jour, etc., cela 3 semaines avant le début de la contre-offensive. Les rebelles ont attendu le bon moment pour attaquer, il n’y a pas eu de grand changement dans le rapport de force, simplement l’évolution logique des semaines précédentes.

Pour savoir si la Russie a ou non envahi l’Ukraine, on peut aussi se demander se qui se passerait si l’armée russe décidait vraiment d’envahir l’Ukraine, et comparer avec la situation en cours. Certains signes devraient nous aider deux jours après l’invasion :
-Fin des bombardements sur les villes. L’artillerie de Kiev a été anéantie pendant les premières heures de l’invasion,
-Flot incessant de blindés et de camions de soutien en provenance de Russie, impossible de cacher aux satellites (tout comme la moindre colonne de blindés est impossible à cacher),
etc.
On ne voit rien de tout ça, donc on peut tranquillement affirmer que la Russie n’a pas envahi l’Ukraine et que ceux qui disent le contraire se moquent de nous.

On peut aussi se demander tout simplement : si les habitants du Donbass sont victimes d’une invasion par des terroristes tchétchènes / russes / martiens / basques / écossais, pourquoi Kiev les punit en détruisant leurs maisons et leur infrastructure ? Pourquoi Kiev les punit en arrêtant de payer les retraites, les aides sociales, etc.? Tout cela ne tient pas. En fait, tout ce passe comme si Kiev était l’envahisseur. Ce qui n’est pas possible bien sûr, puisque la “communauté internationale” (=BAO) dit le contraire, mais c’est troublant.

MH17

Dans les heures qui ont suivi la catastrophe de l’avion de Malaysian Airlines, les autorités de Kiev ont diffusé (via les médias sociaux, comme d’habitude) un enregistrement audio prouvant que les rebelles avaient abattu l’avion. Une analyse audio permet de discréditer totalement cet enregistrement, qui est un montage assez mal fait. Cela n’a pas empêché les médias, y compris occidentaux, d’utiliser cette “preuve” pour accuser les rebelles d’avoir abattu cet avion. Et cela pose une question : si Kiev est innocent, pourquoi se sont-ils empressés de créer et diffuser une fausse preuve ?

18 réponses à Actu’Ukraine, 19 septembre, par Nicolas : Duel de fausses informations

http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-19-septembre/

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Au nom de Monsanto : Des cultures OGM pour l’Ukraine, grenier de l’Europe. Par Joyce Nelson.

19 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #Agriculture

Au nom de Monsanto : Des cultures OGM pour l’Ukraine, grenier de l’Europe

Par Joyce Nelson

Mondialisation.ca, 30 août 2014

counterpunch.org

Au nom de Monsanto : Des cultures OGM pour l’Ukraine, grenier de l’Europe. Par Joyce Nelson.

Finalement, un aspect secondaire de la crise ukrainienne commence à recevoir une attention internationale. Le 28 juillet, l’Institut Oakland, basé en Californie, a publié un rapport révélant que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), selon les termes de leur prêt de $17 milliards à l’Ukraine, ouvriraient ce pays aux cultures génétiquement modifiées (GM), ainsi qu’aux OGM dans l’agriculture. Le rapport est intitulévu de l’Ouest : la Banque mondiale et le FMI en Ukraine [1].

Fin 2013, le président ukrainien du moment, Viktor Yanukovych, a rejeté l’agrément d’association à l’Union européenne lié au prêt de $17 milliards, dont les termes viennent seulement d’être révélés. Au contraire, Yanukovych a opté pour une aide russe de $15 milliards, assortie d’une réduction sur le prix du gaz naturel. Sa décision a été un facteur majeur des protestations mortelles qui s’ensuivirent et qui l’ont renversé du pouvoir en février 2014, ainsi que de la crise en cours.

Selon l’Oakland Institute, « alors que l’Ukraine n’autorise pas l’utilisation des OGM dans l’agriculture, l’Article 404 de l’accord avec l’UE, en rapport avec l’agriculture, inclut une clause qui est généralement passée inaperçue : cette clause indique, entre autres, que les deux parties vont coopérer pour étendre l’utilisation des biotechnologies. Il ne fait aucun doute que cette clause rencontre les attentes de l’agro-industrie. Comme Michael Cox, directeur de recherche à la banque d’investissement Piper Jaffray, l’a observé, « l‘Ukraine, et de manière générale l’Europe de l’Est, sont parmi les marchés en croissance les plus prometteurs pour le géant de l’équipement en matériel agricole Deere, ainsi que pour les producteurs Monsanto et Dupont« » [2].

La loi ukrainienne interdit aux agriculteurs de cultiver des plantes génétiquement modifiées. Longtemps considérée comme « le grenier à blé de l’Europe », l’Ukraine, avec les riches terres noires de son sol, est idéale pour la croissance des céréales. Ainsi, en 2012, les agriculteurs ukrainiens ont produit plus de 20 millions de tonnes de céréales.

L’investissement de Monsanto

En mai 2013, Monsanto a annoncé un plan d’investissements de $140 millions dans une usine de semences de céréales non OGM en Ukraine, avec le porte-parole de Monsanto en Ukraine, Vitally Fechuk, confirmant que « Nous travaillerons seulement avec des semences conventionnelles parce que ce sont les seules autorisées en Ukraine pour la production et l’exportation ».

Mais, en novembre 2013, six grandes associations d’agriculteurs ukrainiens avaient préparé un projet d’amendement à la loi, poussant à « créer, tester, transporter et utiliser des OGM dans le cadre de la législation sur les semences génétiquement modifiées » [4]. Le président de Ukrainian Grain Association, l’association des semenciers ukrainiens, Volodymyr Klymenko, a dit lors d’une conférence de presse à Kiev que : « Nous pourrions réfléchir à cette question très longtemps, mais nous, avec les associations [agricoles], avons signé deux lettres pour modifier la loi sur la biosécurité, dans lesquelles nous avons proposé la légalisation des semences OGM pour nos agriculteurs, semences qui ont été testées depuis longtemps aux États-Unis » (en fait, les semences génétiquement modifiées ainsi que les OGM n’ont jamais été soumis à des tests indépendants sur le long-terme aux U.S.).

Les amendements des associations agricoles coïncidaient avec les termes de l’association avec l’UE et avec le prêt FMI/Banque Mondiale.

Le site web sustainablepulse.com, qui traque les nouvelles sur les OGM au niveau mondial a fustigé les propositions des associations agricoles, avec le directeur Henry Rowlands déclarant : « L’agriculture de l’Ukraine sera sérieusement endommagée si le gouvernement autorise les semences génétiquement modifiées dans le pays. Les agriculteurs verront se réduire les marchés à l’exportation à cause des sentiments anti-OGM en Russie et dans l’UE ». Rowlands a dit que les investissements de Monsanto en Ukraine « pouvaient atteindre $300 millions sur plusieurs années. Est-ce-que l’agriculture ukrainienne veut faire totalement confiance au succès ou à l’échec d’une compagnie U.S.? » [5]

Le 13 décembre 2013, le vice-président de Monsanto (Corporate Enaggement), Jesus Madrazo, a dit à la conférence U.S-Ukraine à Washington D.C. que la compagnie voyait « l’importance de la création d’un environnement favorable [en Ukraine], qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture. L’Ukraine a l’opportunité de développer encore plus le potentiel des cultures conventionnelles, là où nous concentrons actuellement nos efforts. Nous espérons aussi que, le moment venu, la biotechnologie sera un outil disponible pour les agriculteurs ukrainiens dans le futur » [6].

Juste quelques jours avant les remarques de Madrazo à Washington, Monsanto Ukraine a lancé son programme de « développement social » pour le pays, appelé « Panier de grains du futur » [7]. Il fournissait une bourse à des villageois ruraux afin qu’ils puissent (selon les mots de Monsanto) « commencer à ressentir qu’ils peuvent améliorer leur situation eux-mêmes au lieu d’attendre une subvention ».

Actuellement, les véritables subventions sont celles qui vont aux gros de l’agro-business, selon les termes des prêts du FMI et de la Banque mondiale, qui, en plus d’ouvrir le pays aux cultures OGM, va aussi conduire, plus tard, à lever l’interdiction qui pèse sur la vente des riches terres ukrainiennes au secteur privé [8].

Comme l’a formulé Morgan Williams, président et PDG du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine, en mars dans International Business Times, « L’agriculture ukrainienne pourrait être une vraie mine d’or » [9]. Mais, a-t-il ajouté, « de nombreux aspects du climat des affaires [en Ukraine] doivent changer, le point principal étant de garder le gouvernement hors des affaires commerciales… ».

Les câbles Wikileaks

En août 2011, Wikileaks a diffusé des câbles diplomatiques U.S. montrant que le Département d’État des U.S. [Affaires étrangères, NdT] a fait du lobbying au niveau mondial pour le compte de Monsanto et d’autres multinationales de la biotechnologie, telles que DuPont, Syngenta, Bayer et Dow. L’organisme à but non lucratif, Food & Water Watch [Surveillance de l'eau et de la nourriture, NdT], après passage au peigne fin de ces câbles sur cinq ans (2005-2009), a publié son rapport le 14 mai 2013, intitulé « Ambassadeurs de la Biotechnique : comment le ministère des Affaires étrangères U.S. fait la promotion du programme global de l’industrie des semences » [10]. Le rapport montre que le ministère des Affaires étrangères U.S. a « fait du lobbying auprès de gouvernements étrangers pour qu’ils adoptent des politiques et légifèrent en faveur des biotechnologies agricoles, a réalisé des campagnes rigoureuses de relations publiques pour améliorer l’image de la biotechnologie, et a défié ouvertement les gardes-fous et les règles de bon sens, allant même jusqu’à s’opposer aux lois concernant l’étiquetage des nourritures OGM ».

Selon un article de consortiumnews.com du 16 mars 2014, Morgan Williams est au centre du réseau d’alliances du regroupement des multinationales du business agroalimentaire (Big Ag) avec la politique étrangère des U.S. [11]. « En plus d’être président et PDG du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine, Williams est Directeur des affaires gouvernementales dans la firme privée d’investissement SigmaBleyzer, qui racole pour le travail de Williams « diverses agences du gouvernement U.S., membres du Congrès, commissions du Congrès, l’ambassade d’Ukraine aux U.S., des institutions financières internationales, des groupes de réflexion et autres organisations concernant les affaires U.S.-Ukraine, les questions de commerce, d’investissement et d’économie ».

Les seize membres du Comité exécutif du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine viennent de compagnies agroalimentaires U.S., incluant des représentants de Monsanto, John Deere, DuPont Pioneer, Eli Lilly, et Cargill [12]. Parmi les vingt « Consultants principaux », on rencontre James Greene (ancien chef du Bureau de liaison Otan-Ukraine), Ariel Cohen (chargé de recherche principal à The Heritage Foundation [Groupe de réflexion conservateur à Washington D.C.], Léonid Kozachenko (président de la Confédération agraire ukrainienne), six anciens ambassadeurs U.S. en Ukraine, et l’ancien ambassadeur d’Ukraine aux U.S., Oleh Shamshur.

Shamshur est maintenant un conseiller principal chez PBN Hill + Knowlton Strategies, une unité du géant des relations publiques Hill + Knowlton Strategies (H+K). H+K est une filiale du gargantuesque groupe WPP, basé à Londres, qui possède quelques douzaines de grosses firmes de relations publiques, dont Burson-Marsteller (un conseiller de Monsanto depuis longtemps).

Stratégies de Hill + Knowlton

Le 15 avril 2014, le journal de Toronto The Globe & Mail a publié un éditorial de l’assistant consultant de H+K, Olga Radchenko [13]. L’article fulminait contre le Président russe Vladimir Poutine et « la machine de relations publiques de Mr. Poutine », déclarant que « le mois dernier [mars 2014, un mois après le coup d'État], un groupe de professionnels des relations publiques, basé à Kiev, avait formé le Centre des médias sur la crise ukrainienne, une opération volontaire dans le but d’aider à améliorer l’image de l’Ukraine et de gérer ses communications sur la scène globale ».

Le site web de PNB Hill + Knowlton Strategies déclare que le PDG de la compagnie, Myron Wasylyk, est un « membre du bureau du Conseil pour le Commerce U.S.-Ukraine », et que le Directeur général pour l’Ukraine, Oksana Monastyrska, « dirige les travaux de la firme pour Monsanto ». Monastyrska a aussi travaillé pour la Société financière internationale de la Banque mondiale.

Selon Oakland Institut, les conditions du prêt accordé à l’Ukraine par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont déjà conduit à « un accroissement des investissements étrangers, qui entraînera probablement une expansion des acquisitions de terres agricoles sur une grande échelle par des compagnies étrangères et une future privatisation de l’agriculture du pays » [14].

En attendant, le Permier ministre russe, Dmitry Medvedev, a déclaré en avril 2014 : « Nous n’avons pas pour but de développer les produits OGM ici, ni de les importer. Nous pouvons nous nourrir avec des produits normaux non génétiquement modifiés. Si les Américains aiment manger de tels produits, qu’ils les mangent. Nous n’avons pas besoin de faire ça ; nous avons assez de place et d’occasions pour produire une nourriture organique naturelle » [15].

Hill + Knowlton, avec ses mensonges sur les « atrocités dans les incubateurs de bébés » au Koweït, a instrumentalisé le public américain pour qu’il supporte la première Guerre du Golfe en Irak au début des années 90. Maintenant la compagnie fomente une nouvelle Guerre Froide ou encore pire pour le compte de Monsanto, récemment élue « la pire » multinationale de la planète. C’est une chose dont il faut se souvenir au moment de la diabolisation tous azimuts de Poutine par les médias de masse.

Joyce Nelson

Article original en anglais :

On Behalf of Monsanto: GMO Food Crops for Ukraine’s Bread Basket, 24 août 2014

source principale : http://www.counterpunch.org/2014/08/22/70838/

Traduit par Jean-Jacques pour vineyardsaker.fr

Joyce Nelson est un free-lance écrivain/chercheur canadien et l’auteur de cinq livres, dont Sultans of Sleaze: PR & The Media (lien vers amazon.fr).

[1] http://www.oaklandinstitute.org/press-release-world-bank-and-imf-open-ukraine-western-interests

[2] Ibid.

[3] Monsanto plans $140 mln Ukraine non-GM corn seed plant (reuters, anglais, 24-05-2013)

[4] http://en.interfac.com.ua/news/press-conference/173536.html

[5] http://sustainablepulse.com/2013/11/05/sustainable-pulse-slams-ukraine-agri-associations

[6] http://monsantoblog.com/2013/12/19/monsanto-and-its-commitment-to-ukraine/

[7] http://monsantoblog.com/2013/12/13/monsanto-ukraine-launching-social-development-pr

[8] http://www.globalresearch.ca/ukraine-secretive-neo-nazi-military-organization-involved-i

[9] http://ibtimes.com/westerners-know-very-little-about-ukraine-qa-us-ukraine-business-co

[10] http://www.foodandwaterwatch.org/reports/biotech-ambassadors/

[11] Corporate Interests Behind Ukraine Putsch (consortiumnews.com, anglais, 16-03-2014)

[12] http://www.usubc.org/site/u-s-ukraine-business-council-usubc-executive-committee

[13] http://www.theglobeandmail.com/globe-debate/in-the-battle-of-hearts-and-minds-kiev-is

[14] http://www.oaklandinstitute.org/press-release-world-bank-and-imf-open-ukraine-western-interests

[15] http://rt.com/news/154032-russia-gmo-food-ban/

http://www.mondialisation.ca/au-nom-de-monsanto-des-cultures-ogm-pour-lukraine-grenier-de-leurope/5398527

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Ukraine, journalisme corrompu et foi atlantiste, par Karel van Wolferen. Par Olivier Berruyer.

19 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Politique étrangère, #Europe supranationale, #La guerre

19 septembre 2014.

Ukraine, journalisme corrompu et foi atlantiste, par Karel van Wolferen

Karel van Wolferen est un journaliste Néerlandais et un professeur émérite de l’Université d’Amsterdam. Depuis 1969, il a publié plus de vingt livres sur les politiques publiques, qui ont été traduits en onze langues et vendus à plus d’un million d’exemplaires dans le monde. En tant que correspondant étranger pour NRC Handelsblad, l’un des journaux-phares de la Hollande, il a reçu la plus haute récompense néerlandaise pour le journalisme, et au cours des années, ses articles ont été publiés dans le New York Times, le Washington Post, The New Republic, The National Interest, Le Monde, et de nombreux autres journaux et magazines.

Source : Karel van Wolferen, Unz.com, 14 aout 2014

L’Union Européenne n’est plus guidée par des politiques dotés d’une solide compréhension de l’ histoire, d’une sobre capacité d’évaluation de la réalité du monde, ou d’un simple bon sens joints à l’intérêt à long terme de ceux qu’ils dirigent. S’il nous en fallait encore la preuve, elle aura certainement été donnée par les sanctions décidées, la semaine dernière, pour « punir » la Russie.

Une bonne manière de comprendre les raisons de leur stupidité est de commencer par les médias puisque quelle que soit leur compréhension du problème, quel que soit leur intérêt personnel, ces politiques doivent être perçus comme prenant la bonne décision. C’est le travail des journaux et des télévisions.

Dans la majeure partie de l’Union Européenne, la compréhension générale de la réalité mondiale, depuis l’affreux destin des passagers de la Malaysian Airline, provient des journaux et des télévisions grand public, lesquels se sont alignés sur l’approche des médias « mainstream » anglo-américains, et ont présenté des « informations » où les insinuations et les calomnies prennent la place de vrais reportages. Des publications respectées comme le Financial Times ou le jadis respecté journal néerlandais NRC Handelsblad, pour lequel j’ai travaillé seize ans en tant que correspondant de l’Asie de l’Est, n’ont pas seulement participé à cette corruption du journalisme, mais ont aidé à le pousser à un stade délirant. « L’expertise » et les éditoriaux qu’a produits ce terreau sont allés plus loin que tout ce que je peux me rappeler d’exemples d’hystérie médiatique entretenue à des fins politiques. L’exemple le plus flagrant nous vient d’un chef de file des anti-Poutine, dans l’édition du 26 juillet de l’Economist Magazine. Son ton est celui d’Henri V haranguant ses troupes avant la bataille d’Azincourt dans la pièce de Shakespeare.

Ce qu’il faut garder présent à l’esprit, c’est qu’à l’échelle européenne, il n’y a aucune publication, aucun journal qui soutienne un espace public européen et fournisse aux Européens intéressés par la politique un moyen de réfléchir et discuter entre eux des grands événements internationaux

Parce que ceux qui s’ intéressent à l’actualité mondiale lisent habituellement l’édition internationale du New York Times ou du Financial Times, questions et réponses à propos des développements géopolitiques sont formatées de façon routinière ou fortement influencées par ce que les éditeurs à New York et à Londres auront considéré comme important.

La pensée qui pourrait significativement en dévier, comme actuellement dans le Spiegel, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Zeit et l’ Handelsblatt, reste confinée à l’intérieur des frontières allemandes. Par conséquent, nous ne voyons se dessiner aucune opinion européenne sur les évènement mondiaux, même quand ceux-ci ont un impact direct sur les intérêts de l’Union Européenne elle-même.

La complaisance générale qu’entretient le peuple néerlandais pour les événements mondiaux susceptibles de l’affecter a brutalement pris fin lorsque 193 de ses compatriotes (ainsi que de 105 personnes d’autres nationalités) ont péri dans le crash de la Malaysian Airlines, et ses médias se sont empressés de suivre les accusations américaines qui désignaient Moscou. Les explications qui ne mettaient pas en cause d’une façon ou d’une autre la culpabilité du président russe étaient hors-jeu.

Un empressement aux antipodes des propos très sobres tenus par le Premier Ministre néerlandais, qui bien que subissant une pression énorme l’incitant à se joindre aux accusateurs, insistait pour qu’on attende les résultats de l’enquête.

Les journaux télévisés que j’ai regardés les jours suivants avaient invité, entre autres commentateurs anti-russes, des présentateurs télé liés aux néoconservateurs américains, pour présenter l’information à un public déconcerté et vraiment bouleversé.

Un spécialiste néerlandais de politique étrangère a expliqué que le ministre des Affaires étrangères ou son représentant n’avait pu rejoindre le site du crash (comme avaient pu le faire les officiels malaisiens) pour récupérer les restes des citoyens néerlandais, parce que cela aurait signifié la reconnaissance implicite d’un statut diplomatique pour les « séparatistes ». Quand l’Union Européenne reconnaît en bloc un régime né d’un coup d’Etat fomenté par les Américains, diplomatiquement elle est coincée.

Les habitants et les combattants anti-Kiev sur le site du crash ont été dépeints, images de Youtube à l’appui, comme des criminels non coopératifs, ce qui aux yeux de nombreux spectateurs était la confirmation de leur culpabilité. Cela a changé plus tard, lorsque des reportages de vrais journalistes ont montré des villageois profondément choqués et émus, mais cette contradiction n’a pas été expliquée, et les suppositions infâmantes précédentes n’ont pas laissé place à une analyse objective des raisons de leur combat.

Les tweets tendancieux et les « informations » de Youtube étaient devenus le socle de l’indignation officielle néerlandaise envers les Ukrainiens de l’est, et de là est né le sentiment général que quelque chose devait être fait. Mission accomplie, toujours selon le sentiment général, grâce à une grande cérémonie nationale télévisée de réception des restes humains néerlandais (récupérés par l’entremise d’une médiation malaisienne).

Rien de ce que j’ai vu ou lu n’a jamais laissé entendre que la crise en Ukraine – qui a conduit au coup d’Etat et à la guerre civile – avait été créée par les néo-conservateurs et quelques fanatiques “R2P” (« responsabilité de protéger ») du Département d’Etat et de la Maison-Blanche, auxquels le président Obama avait apparemment laissé les mains libres. Les médias néerlandais semblaient également ignorer que la catastrophe avait immédiatement été transformée en un sujet de disputes politiques prolongées pour les besoins de la Maison-Blanche et du Département d’Etat. Ne fut pas évoquée non plus la possibilité que Poutine aurait eu raison de dire que la catastrophe ne serait pas arrivée si sa demande insistante d’un cessez-le-feu avait été acceptée.

De fait, Kiev a rompu le cessez-le-feu – le 10 juin – dans sa guerre civile contre les Ukrainiens de l’Est russophones qui ne souhaitent pas être gouvernés par un regroupement de voyous, de descendants de nazis ukrainiens et d’oligarques amourachés du FMI et de l’Union européenne. Les supposés « rebelles » n’ont fait que répliquer à un début de nettoyage ethnique (terreur par bombardements systématiques et atrocités – au moins 30 Ukrainiens brûlés vifs) mené par les forces de Kiev, à propos desquelles rien ou fort peu n’a été dit dans les reportages européens.

Il est peu probable que les ONG américaines, dont il a été admis officiellement qu’elles avaient dépensé cinq milliards de dollars dans leur campagne de déstabilisation politique, en préalable au putsch de février à Kiev, aient soudainement disparu d’Ukraine. Il est aussi peu probable que les troupes spéciales et les conseillers militaires américains soient restés à se tourner les pouces tandis que les officiers de Kiev et les milices établissaient leur stratégie de guerre civile. Après tout, les nouveaux voyous au pouvoir sont les représentants d’un régime sous perfusion financière de Washington, de l’Union Européenne et du FMI. Ce que nous savons, c’est que Washington encourage les massacres ayant lieu dans le cadre de la guerre civile qu’il a aidé à déclencher.

Mais Washington a toujours eu l’avantage dans cette guerre de propagande qui l’oppose à un adversaire très réticent, contrairement à ce que les médias grand public ont voulu nous faire croire. La propagande, qui prend sa source à Washington, est construite de manière à coller à l’hypothèse d’un Poutine qui, guidé et soutenu par un nationalisme exacerbé par la chute de l’empire soviétique, tente de repousser les frontières de la Fédération de Russie jusqu’aux anciennes limites du défunt empire. Les experts les plus téméraires, touchés par la fièvre néoconservatrice, vont jusqu’à considérer la Russie comme menaçant d’englober l’Ouest. A partir de là, on fait croire aux Européens que Poutine refuse toute diplomatie, alors que c’est ce à quoi il a toujours exhorté. Par conséquent la propagande en cours a eu pour effet de donner une image dangereuse et extrême des actions non pas de Washington , mais bien de Poutine. Quiconque ayant vécu une expérience personnelle montrant Poutine ou la Russie sous un mauvais jour doit se manifester immédiatement ; les éditorialistes néerlandais en sont particulièrement friands en ce moment.

Il ne fait aucun doute que la propagande de Moscou, à laquelle il est souvent fait référence, existe réellement. Mais il y a des moyens, pour les journalistes sérieux, de mettre en balance les propagandes des différents bords et de discerner la part de vérité ou de mensonges ou de foutaises qu’elles contiennent. De ce que j’ai pu voir, cet exercice n’a été fait qu’en Allemagne, et de manière restreinte. Pour le reste, nous devons reconstituer la réalité politique en nous reposant sur les sites web américains, maintenant plus que jamais indispensables, qui accueillent des lanceurs d’alertes et des journalistes d’investigation à l’ancienne et qui, spécialement depuis l’avènement de la « guerre contre le terrorisme » et l’invasion de l’Iraq ont constitué une forme continue de publication samizdat [NdT : « samizdat » d'après Wikipédia : « Le samizdat (en russe : самиздат) était un système clandestin de circulation d’écrits dissidents en URSS et dans les pays du bloc de l'Est, manuscrits ou dactylographiés par les nombreux membres de ce réseau informel. »]

Aux Pays-Bas, presque tout ce qui vient du Département d’Etat est pris pour argent comptant. L’histoire américaine depuis l’effondrement de l’Union Soviétique est faite de mensonges à couper le souffle : sur le Panama, l’Afghanistan, l’Iraq, la Syrie, le Venezuela, la Libye et la Corée du Nord; renversements de gouvernement, coups tordus et opérations sous fausse bannière. Et l’existence discrète d’environ mille bases militaires américaines disséminées sur toute la planète est opportunément absente des débats.

La quasi hystérie pendant la semaine qui a suivi la destruction de l’avion de ligne a empêché les gens ayant connaissance de faits ou de récits pertinents de s’exprimer.
De nos jours, la sécurité de l’emploi dans le monde du journalisme est assez incertaine et aller à contre-courant équivaut presque à se retrouver sur une voie de garage avec le diable, car c’est nuire à sa « crédibilité » de journaliste.

Ce qui frappe une ancienne génération de journalistes sérieux et les fait douter de la crédibilité des médias grand public, c’est le fait d’ignorer les indices qui pourraient miner ou démolir la version officielle; une version officielle qui a déjà imprégné la culture populaire comme en témoignent les commentaires désinvoltes qui ornent les critiques de livres, de films, et beaucoup d’autres choses.

Aux Pays-Bas la version officielle est déjà gravée dans le marbre, ce à quoi on devait s’attendre lorsqu’elle a été répétée dix mille fois. Elle ne peut être écartée, bien sûr, mais elle n’est pas basée sur le moindre morceau de preuve.

La présence de deux avions de combat ukrainiens près de l’avion de ligne malaisien, relevée par les radars russes, pourrait constituer un indice intéressant si j’enquêtais comme journaliste ou membre de la commission d’enquête dirigée officiellement par les Pays-Bas.

Ce fait est, semble-t-il, corroboré par la BBC relatant des témoignages oculaires de villageois ayant vu clairement un autre avion, un chasseur, non loin de l’avion de ligne, peu de temps avant le crash et ayant entendu des explosions provenant du ciel.

Ce reportage a récemment attiré l’attention, car il a été retiré des archives de la BBC.

J’aimerais parler avec Michael Bociurkiw, un des premier inspecteurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à atteindre le site du crash et a passé plus d’une semaine à examiner les restes de l’avion et a décrit sur CBC Worlds News deux des trois morceaux de fuselage « vraiment grêlés ». « Cela ressemble à des tirs de mitrailleuse; une très très grosse mitrailleuse qui a laissé ces marques uniques que nous n’avons vu nulle part ailleurs ».

J’aimerais également jeter un oeil aux enregistrements radars et voix, dont on dit qu’ils ont été confisqués, de la tour de contrôle de Kiev, pour comprendre pourquoi le pilote malaisien a dévié de sa route et a rapidement perdu de l’altitude peu de temps avant que son avion ne s’écrase, et découvrir si effectivement les contrôleurs aériens étrangers à Kiev ont été remerciés tout de suite après le crash.

Comme les « VIPS » [anciens collaborateurs des services secrets pour le bon sens], j’exhorterais les autorités qui ont accès aux images satellite de montrer les preuves, qu’ils prétendent avoir, de batteries de missiles BUK entre les mains des « rebelles » et d’implication des Russes et leur demanderais pourquoi ils ne l’ont pas déjà fait.

Jusqu’à maintenant Washington a agi comme un chauffeur qui refuse un test d’alcoolémie. Et comme des officiels des services secrets ont fait fuiter vers certains journaux américains leurs doutes à propos des certitudes américaines telles que présentées par le Secrétaire d’Etat, ma curiosité serait insatiable.

Pour situer le degré de fidélité médiatique à Washington dans le cas ukrainien, et aussi mettre en perspective le comportement servile des politiciens européens, nous devons connaître et comprendre l’Atlantisme. C’est une foi européenne. Il n’a pas produit une doctrine officielle, bien sûr, mais il fonctionne comme tel.

Il est bien résumé par le slogan néerlandais au moment de l’invasion de l’Irak: « zonder Amerika gaat het niet » (sans les Etats-Unis les choses ne marcheront pas).

Inutile de dire que la guerre froide a donné naissance à l’atlantisme. Ironiquement, celui-ci a gagné en puissance , lorsque la menace de l’Union soviétique est devenue moins convaincante pour une part croissante de l’élite politique européenne, probablement en raison de l’arrivée d’une nouvelle génération : plus on s’éloigne de la deuxième guerre mondiale, moins les gouvernements européens se rappellent ce que peut vouloir dire avoir une politique étrangère indépendante pour les problèmes à l’échelle mondiale. Les chefs actuels des gouvernements européens ne savent pas avoir de délibérations stratégiques réalistes. La réflexion habituelle sur les relations internationales et la politique globale est profondément marquée par le contexte de la guerre froide .

Ceci inévitablement imprègne aussi les politiques éditoriales « responsables ». L’atlantisme est une grave maladie de l’Europe : elle génère une amnésie historique, un aveuglement têtu et une colère politique dangereusement déplacée. Mais elle s’épanouit sur un mélange de certitudes sur la protection qui perdurent depuis la guerre froide, de fidélités issues de la guerre froide intégrées à la culture populaire, d’inculture européenne pure et simple, et d’une réticence compréhensible à admettre qu’on a été, ne serait-ce qu’un petit peu, conditionné. Washington peut se permettre tous les excès sans que l’atlantisme ne soit remis en cause, du fait de la distraction de chacun, que les médias font tout pour entretenir. Je connais des néerlandais dégoûtés par la campagne de diabolisation de Poutine, mais pour eux, l’idée de pointer un doigt accusateur sur Washington, dans l’affaire de l’Ukraine, est quasiment inacceptable. De telle sorte que les publications néerlandaises, tout comme beaucoup d’autres en Europe, n’arrivent pas à se résoudre à placer la crise de l’Ukraine dans sa juste perspective en admettant que la responsabilité en revient à Washington, et que Washington, et non Poutine, a la clé de sa résolution.

Cela signifierait un renoncement à l’atlantisme.

L’atlantisme tire en grande partie sa force de l’Otan, son incarnation institutionnelle. La raison de l’existence de l’Otan, qui a disparu avec l’Union Soviétique, a souvent été oubliée. Formée en 1949, elle était fondée sur l’idée d’une coopération transatlantique pour la défense et la sécurité qui était devenue nécessaire après la Seconde Guerre mondiale, face au communisme orchestré par Moscou, qui souhaitait faire main basse sur la planète. On parlait beaucoup moins de la méfiance interne en Europe, alors que les Européens entamaient leur marche vers l’intégration économique. L’Otan constituait, en quelque sorte, la garantie américaine qu’aucune puissance européenne ne tenterait de dominer les autres.

L’Otan est, depuis quelque temps, un handicap pour l’Union européenne, parce qu’elle bloque le développement de politiques concertées d’affaires étrangères et de défense, et a forcé les pays membres à devenir les instruments du militarisme américain. C’est aussi un handicap moral parce que les gouvernements participant à la « coalition militaire en Irak » ont dû vendre un mensonge à leur population : les soldats européens morts en Irak et en Afghanistan auraient représenté un sacrifice nécessaire pour protéger l’Europe des terroristes. Les gouvernements qui ont fourni des troupes à des zones occupées par les États-Unis l’ont généralement fait avec une grande réticence, à telle enseigne qu’une succession d’officiels américains leur ont reproché leur manque d’enthousiasme dans la défense collective de la démocratie et de la liberté.

Comme toutes les idéologies, l’atlantisme est anhistorique. Comme remède de cheval contre le tourment de l’ambiguïté fondamentale de la politique, elle fournit sa propre histoire : celle qui peut être réécrite par les médias grand public américains, dans leur assistance à la diffusion de la parole de Washington.

On peut difficilement rêver meilleure illustration que l’expérience néerlandaise actuelle. Au cours de mes conversations de ces dernières trois semaines, j’ai rencontré des surprises sincères quand j’ai rappelé à des amis que la guerre froide s’était achevée par la diplomatie, avec un traité entre Gorbachev et Bush père, à Malte en décembre 1989. Traité où James Baker avait obtenu de Gorbachev l’acceptation de la réunification de l’Allemagne et le retrait des troupes du Pacte de Varsovie, contre la promesse que l’Otan ne s’étendrait pas d’un pouce de plus à l’est. Gorbachev promit de ne pas utiliser la force en Europe de l’Est, où les Russes avaient 350 000 soldats rien qu’en Allemagne de l’Est, contre une promesse de Bush : les USA ne chercheraient pas à tirer profit du retrait des Soviétiques d’Europe de l’Est. Bill Clinton renia ces promesses américaines quand, pour des raisons purement électorales, il s’est vanté d’un développement de l’Otan, et, en 1999, quand il y intégra la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Dix ans plus tard, neuf pays de plus sont devenus membres, de sorte que le nombre des pays de l’Otan a doublé depuis la guerre froide. Le grand spécialiste américain de la Russie, l’ambassadeur George Kennan, qui est à l’origine de la politique d’endiguement de la guerre froide, a appelé la décision de Clinton « l’erreur la plus tragique de la politique américaine de toute l’ère post-guerre froide ».

L’ignorance de l’histoire encouragée par l’atlantisme se montre de façon saisissante dans l’assertion que la preuve à charge définitive dans le procès fait à Poutine serait son invasion de la Crimée. Encore une fois, la réalité politique a été fabriquée, ici, par les médias grand public américains. Il n’y a pas eu d’invasion, des soldats et des marins russes étaient déjà sur place en toute légalité, puisque la Crimée héberge la base militaire navale russe de la mer Noire. La Crimée a fait partie de la Russie depuis aussi longtemps que les Etats-Unis existent. En 1954, Khrouchtchev, lui-même ukrainien, l’a donnée à la République Socialiste d’Ukraine, ce qui revenait à déménager une région dans une province différente, puisque la Russie et l’Ukraine appartenaient toutes deux au même pays. La population russophone de Crimée était parfaitement heureuse de la situation, puisqu’elle a voté par reférendum d’abord pour se libérer du régime putschiste de Kiev, puis pour sa réunification avec la Russie.

Ceux qui soutiennent que Poutine n’avait pas le droit d’agir ainsi ne sont pas conscients d’un autre fil conducteur de l’histoire récente : Les Etats-Unis ont continuellement rapproché leur système de défense antimissiles (Guerre des Étoiles) des frontières russes, sous prétexte d’intercepter des missiles hostiles venus d’Iran ; mais ces missiles n’existent pas. Les discours moralisateurs sur l’intégrité territoriale et la souveraineté n’ont pas de sens dans un tel contexte, et venant d’un gouvernement qui s’est débarrassé du concept de souveraineté dans sa politique étrangère, c’est complètement grotesque.

Une détestable décision atlantiste fut l’exclusion de Poutine des sommets et réunions liés à la commémoration du débarquement de Normandie, ainsi, pour la première fois en 17 ans, le G8 est devenu de fait le G7. L’amnésie et l’ignorance ont rendu les Néerlandais aveugles à leur propre histoire, l’URSS ayant détruit le cœur de la machine de guerre nazie (qui occupait les Pays-Bas) au prix d’un nombre de morts incomparable et inimaginable ; sans eux, le débarquement de Normandie n’aurait pas été possible.

Il n’y a pas si longtemps, les désastres militaires en Irak et en Afghanistan semblaient prédire la fin inéluctable de l’Otan. Mais la crise ukrainienne et le caractère décidé manifesté par Poutine lorsqu’il empécha la Crimée et sa base navale de peut-être tomber aux mains de l’alliance contrôlée par les Etats-Unis fut du pain bénit pour l’institution chancelante.

Le commandement de l’OTAN est déjà en train d’envoyer des troupes pour renforcer sa présence dans les Pays Baltes, des missiles et des avions d’attaque en Pologne et en Lituanie, et depuis l’affaire de l’avion de ligne malaisien abattu, il s’est préparé à d’autres actions militaires qui peuvent dégénérer en provocations dangereuses contre la Russie. Clairement, le ministre des affaires étrangères polonais, avec les Pays Baltes, qui n’avaient pas pris part à l’OTAN quand sa raison d’être pouvait encore être défendue, est devenu l’un de ses moteurs. Un vent de mobilisation a soufflé au cours de la semaine dernière. On peut compter sur les pantins ventriloques Anders Fogh Rasmussen et Jaap de Hoop Scheffer pour fulminer, sur les plateaux de télé, contre d’éventuelles reculades de la part d’états-membres. Rassmussen, le Secrétaire général, a déclaré, le 7 août dernier à Kiev, que le soutien de l’OTAN à « la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine est sans faille » et qu’il cherche à renforcer le partenariat avec le pays au Sommet de l’Alliance, au Pays de Galles en septembre. Le partenariat est déjà solide, a-t-il déclaré, « et en réponse à l’agression russe, l’OTAN s’est encore rapprochée de l’Ukraine pour réformer ses forces armées et ses institutions de défense ».

Pendant ce temps, au Congrès américain, 23 sénateurs républicains ont proposé une loi, le « Russian Aggression Prevention Act » [Loi sur la prévention de l'agression russe], censée permettre à Washington de faire de l’Ukraine un allié non-OTAN, qui pourrait ouvrir la voie à un conflit militaire direct avec la Russie. Nous devrons probablement attendre que les élections de mi-mandat américaines soient passées pour savoir ce qu’il adviendra, mais elle aide déjà à trouver une excuse politique à ceux qui à Washington veulent gravir un échelon de plus dans leurs manœuvres en Ukraine.

En septembre de l’année dernière (2013), Poutine a aidé Obama en lui permettant d’arrêter une campagne de bombardement sur la Syrie, encouragée par les néo-conservateurs, et l’a également aidé en désamorçant le différend nucléaire avec l’Iran, un autre projet néo-conservateur.

Ceci à mené à un engagement des néo-conservateurs à rompre le lien Poutine-Obama.

C’est un secret de polichinelle que les néo-conservateurs veulent le renversement de Poutine et le démembrement final de la Fédération de Russie.
Ce qui est moins connu en Europe c’est l’existence de nombreuses ONGs en poste en Russie, qui les aideront dans ce but. Vladimir Poutine pourrait attaquer maintenant ou bientôt pour devancer l’OTAN et le congrès américain en prenant l’Est ukrainien, quelque chose qu’il aurait probablement dû faire juste après le référendum en Crimée. Cela aurait été évidemment la preuve de ses intentions diaboliques dans les salles de rédaction européennes.

A la lumière de tout ceci, l’une des questions les plus décisives à se poser dans les affaires mondiales actuelles est la suivante: que doit-il arriver pour que les Européens comprennent que Washington joue avec le feu et a cessé d’être le protecteur sur lequel ils comptaient, et qu’il menace désormais leur sécurité ?

Ce moment arrivera-t-il lorsqu’il deviendra clair que l’objectif de la crise ukrainienne est avant tout d’installer des batteries de missiles de la Guerre des Etoiles (Initiative de défense stratégique) le long d’une longue portion de la frontière Russe, ce qui donnerait à Washington – dans le jargon délirant des stratèges nucléaires – l’avantage d’une « première frappe » ?

La vieille Europe réalise-t-elle que les USA ont des ennemis qui ne sont pas les ennemis de l’Europe, parce qu’elle en a besoin pour des raisons de politique intérieure, pour sauvegarder une industrie de guerre économiquement importante, et pour tester la bonne foi politique des candidats à la fonction publique. Mais, alors que l’utilisation d’états-voyous et de terroristes comme cibles de « guerres justes » n’a jamais été convaincante, la Russie de Poutine, telle que diabolisée par un OTAN militariste, peut aider à prolonger le statu quo transatlantique. La vérité sur la fin du vol commercial malaisien, ai-je pensé à la minute où j’en ai entendu parler, allait être déterminée politiquement . Ses boîtes noires sont à Londres. Dans les mains de l’OTAN ?

D’autres obstacles à un réveil restent gigantesques ; la financiarisation et les politiques néolibérales ont produit un enchevêtrement transatlantique d’intérêts ploutocratiques. Ajoutées à la foi atlantiste, elles ont aidé à contrecarrer le développement politique de l’Union européenne, et avec cela, la capacité de l’Europe à prendre des décisions politiques indépendantes. Depuis Tony Blair, la Grande-Bretagne est tombée dans l’escarcelle de Washington, et depuis Nicolas Sarkozy, la même chose peut plus ou moins être dite de la France.

Ce qui laisse l’Allemagne. Angela Merkel était ouvertement mécontente des sanctions, mais elle a fini par suivre le mouvement parce qu’elle veut rester du bon côté du président américain, et parce que les États-Unis, en tant que vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, ont encore du poids à travers un certain nombre d’accords. Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, cité dans les journaux et à la télé, a répudié les sanctions et dénoncé l’Irak et la Lybie comme autant d’exemples de résultats désastreux des escalades et des ultimatums, et malgré cela, lui aussi change d’avis et, au bout du compte, suit le mouvement général.

Der Spiegel est l’une des publication allemandes qui offrent un espoir. L’un de ses chroniqueurs, Jakob Augstein, attaque les « somnambules » qui sont tombés d’accord sur les sanctions, et blâme ceux de ses collègues qui montrent Moscou du doigt. Gabor Steingart, qui publie Handelsblatt, s’en prend à la « tendance américaine à l’escalade verbale, puis militaire, à l’isolement, à la diabolisation et à l’attaque d’ennemis » et conclut que « le journalisme allemand est passé de la pondération à l’agitation en quelques semaines. Le spectre des opinions s’est réduit au champ de vision d’une lunette de tireur d’élite ». Il doit y avoir d’autres journalistes, en Europe, qui disent la même chose, mais leurs voix ne passent pas la cacophonie de la diabolisation.

Nous voyons l’histoire s’écrire une fois de plus. Ce qui pourrait décider du sort de l’Europe est que, même hors des zélateurs de la foi atlantiste, des Européens de bon sens n’arrivent pas à croire en la dysfonctionnalité et l’irresponsabilité totale de l’Etat américain.

Karel van Wolferen, traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr

Le nouveau journaliste.

Le nouveau journaliste.

http://www.les-crises.fr/ukraine-journalisme-corrompu-et-foi-atlantiste-par-karel-van-wolferen/

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