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Le blog de Lucien PONS

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“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2). Par Robert Charvin

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation .

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2)

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2). Par Robert Charvin

La méconnaissance de la Résistance en Occident est aujourd’hui quasi-totale. Il s’est agi, non seulement de réhabiliter un passé trop souvent jugé, aux yeux des milieux les plus conservateurs, honteux parce qu’antinational, mais aussi de discréditer ceux qui avaient été reconnus comme « héros de la Résistance ». Un long travail de sape a été mené durant des décennies en France, particulièrement après les premières lois d’amnistie de 1947 et 1951 effaçant les condamnations pour faits de collaboration.

 

Tout a été entrepris pour que la Résistance (communiste notamment) ne soit plus perçue comme patriotique, mais seulement comme subversive, préparant la Révolution sociale, tout comme le combat de la Russie était dénoncé comme la préparation de la révolution communiste dans toute l’Europe. Ceux qui avaient bradé la Nation faisaient ainsi sans retenue le procès du « faux » patriotisme de la Résistance.

La Résistance française a été ainsi « dénationalisée » par l’accusation de n’avoir débuté qu’avec l’agression allemande contre la Russie en 1941. Malgré son unité durant la guerre jusqu’à la Libération, tout a été fait pour faire imploser la Résistance, dissociant les communistes des non communistes, la seule « authentique » étant celle des Gaullistes.

Les seules personnalités – peu nombreuses – issues de l’élite traditionnelle, ralliées à la Résistance, furent tolérées. Le peuple de la Résistance, essentiellement composé de communistes et de citoyens anonymes, subit une propagande destructrice. La clandestinité avait entraîné de nombreux problèmes, tels ceux, par exemple, du ravitaillement et de l’équipement des maquis. Ils étaient parfois contraints de pratiquer des réquisitions sur l’habitant, source de mécontentement de certaines populations. Les dénonciations n’étaient pas rares ; les trahisons de quelques- uns menaçaient des réseaux entiers.

La torture, les déportations et les exécutions sommaires frappaient les résistants faits prisonniers, particulièrement les communistes jugés « irrécupérables ». Selon l’historien peu contesté H. Michel, la Résistance française eut au moins 20.000 fusillés et sur ses 115.000 déportés, 40.000 seulement revinrent. Cette violence subie provoquait une violence en retour contre les collaborateurs avérés mais aussi contre de simples suspects.

La justice expéditive et sommaire à l’encontre des amis de l’ennemi n’excluait évidemment pas les erreurs et les injustices. Dès lors que l’ordre traditionnel a été rétabli et que la Résistance ne fut plus qu’un souvenir, assimilé au désordre et à une révolution avortée, des opérations visant à son discrédit se sont multipliées. L’une des voies empruntées est celle du judiciaire, les tribunaux étant chargés, totalement éloignés du contexte de guerre, de juger de la légalité des actes d’une Résistance condamnée à l’illégalité par des occupants et leurs collaborateurs locaux.

 

« Ceux qui étaient jusque-là considérés comme des héros locaux
furent l’objet de poursuites judiciaires »

 

En France, par exemple, quelques années seulement après la victoire des Alliés, la justice pénale s’est saisie d’un certain nombre d’affaires mettant en cause quelques résistants dans le but de discréditer toute la Résistance, dont la mémoire était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli, alors qu’il était jugé nécessaire de renoncer à l’indépendance nationale vis- à-vis des États-Unis et de faire endurer l’Histoire à la population comme une fatalité excluant tout volontarisme politique. La guerre froide, comme dans d’autres pays de l’Europe occidentale – surtout après 1947 – a conduit à multiplier les procès d’anciens résistants pour des faits de guerre.

Ceux qui étaient jusque-là considérés comme des héros locaux en raison de leur engagement durant la Seconde Guerre mondiale furent l’objet de poursuites judiciaires pour des affaires liées à la vie difficile des maquis : réquisitions, exécution sommaire de dénonciateurs ou de suspects de trahison. Dans tous les maquis, les deux questions majeures étaient en effet la sécurité et le ravitaillement. La seule façon de limiter les dénonciations potentielles était de faire exemple en éliminant les suspects.

Ces procès s’inscrivaient dans la continuité de la répression « Vichyste » : c’était la même police qui arrêtait, les juges qui poursuivaient les anciens résistants étaient les mêmes, qui lors de la Libération, avaient échappé à l’épuration, c’est-à-dire la quasi-totalité du corps de la police et de la magistrature et qui fonctionnaient dans le même esprit après la guerre comme durant son déroulement…

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Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : Le Procès de la résistance)

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« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus ». Par Robert Charvin.

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus »

« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus ». Par Robert Charvin.

Comme les vainqueurs de la Commune de Paris, les vainqueurs de la « guerre froide » ne se contentent pas de la répression (dans la France de 1871) ni du démembrement (de l’URSS dans les années 1990) ; ils ont besoin de la diabolisation des vaincus.

 

Pour Bismark et les « républicains » conservateurs français, les Communards n’étaient que des délinquants de droit commun qu’il fallait traiter comme tels en en tuant le souvenir. Quant à la révolution en Russie, elle n’était qu’une manifestation supplémentaire de son retard culturel qu’il s’agissait d’associer au mépris antirusse traditionnel.

Dans les deux cas, il s’agissait de l’élimination d’une soudaine irruption de la barbarie au sein de la civilisation. La « preuve » de cette théorie est l’analogie des méthodes répressives, c’est-à-dire la violation des droits de l’homme : l’exécution des otages dont l’Archevêque de Paris et le vandalisme des Communards ; les crimes du bolchevisme dont l’exécution de Nicolas II et la brutalité du stalinisme en Russie.
 
La diabolisation de la Russie post-soviétique passe par l’accusation portée contre elle de violation des principes démocratiques : cette violation est dans la « nature » même de la société russe. Elle est « incorrigible ».  En réalité, ce dont on fait le procès et ce qui est en cause, c’est la réaffirmation par les autorités russes de la souveraineté de la Russie et la renaissance de sa puissance, réduisant la marge de manœuvre du monde occidental. Les campagnes antirusses (comme antichinoises) résultent de l’irritation suscitée par le fait que d’immenses territoires échappent à l’influence politique américaine et ouest-européenne, limitant le déploiement des intérêts occidentaux. C’est un immense « manque à gagner » pour l’Occident.
 
Il est évident que le savoir historique progresse par « une révision perpétuelle des contenus par approfondissement et rature ». Au contraire, l’attitude vis-à-vis de la Russie est la répétition permanente d’une approche permanente et systématique : il est répété sans cesse que « rien n’est plus étranger à la tradition culturelle au monde russe que les valeurs de la démocratie libérale, que l’idée de contrat social et de souveraineté populaire, fondements du monde occidental ».

Ce qui régnerait en Russie aujourd’hui comme hier c’est « la paranoïa collective, le complexe de l’assiégé », la conviction qu’une « conspiration universelle menace ». Le constat que tout est entrepris en Occident pour provoquer par des ingérences multiformes, en premier lieu celle de l’argent distribué et des médias mobilisés, la désagrégation du monde russe, le fait de multiplier les bases militaires de l’OTAN enserrant la Russie pourtant « post-soviétique », les diverses restrictions commerciales prises à son encontre, ne sont pas pris en considération. La Russie serait atteinte d’une pathologie historique sans remède qu’il convient de dénoncer sans trêve.
 
Les juristes occidentaux sont à l’avant-garde de cette agression idéologique et fournissent les outils théoriques aux campagnes médiatiques. Ils inventent, au mépris du principe de l’égale souveraineté des États, membres des Nations Unies, pourtant toujours en vigueur dans la Charte, celui « d’État non démocratique » qui n’aurait pas les mêmes droits que les autres dans l’ordre international. La définition occidentale de la démocratie se résumant à des élections « libres » et répétitives serait intégrée à la légalité internationale, c’est-à-dire au droit des « nations civilisées », comme au XIXème siècle.
 
Il est à noter que ces « élections libres », sources de toutes les interprétations, peuvent être récusées a posteriori dès lors qu’elles sont considérées comme « insuffisamment libres » (en Côte d’Ivoire, par exemple) ou lorsqu’elles ne débouchent pas sur la pratique politique souhaitée (comme en Ukraine).
 
Le droit international perdrait ainsi son universalité de la fin du XXème siècle : tous les États ne sont pas éligibles au « nouveau » droit international. Ainsi la démocratie n’est plus une affaire intérieure et les interventions « pro-démocratiques », c’est-à- dire « pro-occidentales » seraient légitimes. La « démocratie » est ainsi devenue (après la notion de « civilisation » de l’époque coloniale) un moyen pour les puissances occidentales de « réinterpréter » les règles de la coexistence pacifique entre tous les États prévues dans la Charte des Nations Unies.

L’ingérence (malgré le principe qui l’interdit) et même le recours à la force (malgré la disparition pour les États du droit de guerre) tendent à devenir une pratique que les puissances occidentales s’autorisent. Parfois, c’est dans le cadre des Nations Unies : elles procèdent à des interprétations extensives et de mauvaise foi des résolutions votées par le Conseil de Sécurité.
 
Il en a été ainsi, par exemple, dans le cas de la Libye. Une simple interdiction de survol du territoire par l’aviation libyenne au nom du « devoir de protéger les populations civiles » a permis à l’OTAN une intervention armée terrestre, maritime et aérienne à l’origine de plusieurs dizaines de milliers de victimes et à l’issue de huit mois de conflits armés, à la liquidation du régime libyen et à l’exécution de son chef.

Il en a été de même pour la Côte d’Ivoire, à l’initiative de la France, avec la caution des Nations Unies, au nom de la « démocratie élective » et de la « protection des civils », où le recours à la force armée a conduit à l’élimination du Président Gbagbo et à son transfert devant la Cour Pénale Internationale.

Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : La Russie perçue par l’Occident)

 


Retrouvez le livre de Robert Charvin,
Faut-il détester la Russie, sur notre boutique

 

« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus ». Par Robert Charvin.

Quels intérêts sert la campagne actuelle de diabolisation de la Russie ?
D’où vient ce courant de révisionnisme historique qui minimise la contribution de l’URSS à la victoire des Alliés pendant la  Seconde Guerre mondiale et qui tend à assimiler le communisme au nazisme ?  Ce livre original nous met en garde : une certaine propagande médiatique peut nous mener tout droit vers une nouvelle guerre froide. Pas si froide ?

 

Avec une préface originale de Michel Collon

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Chateaubriand et la nécessaire alliance franco-russe. Par Nicolas Bonnal

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #De Gaulle

Chateaubriand et la nécessaire alliance franco-russe. Par Nicolas Bonnal
Nicolas Bonnal
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Chateaubriand était un ami de la Russie comme le tsar Alexandre 1er fut un ami de la France, même celle de Napoléon.

En 1814, Alexandre écrivit une émouvante lettre au peuple de Paris avant d'occuper cette ville. Il produisit alors ce discours généreux écrit dans un français d'exception, qui était celui de la belle élite russe d'alors:

Les Français sont mes amis, et je veux leur prouver que je viens leur rendre le bien pour le mal. Napoléon est mon seul ennemi. Je promets ma protection spéciale à la ville de Paris; je protégerai, je conserverai tous les établissements publics; je n'y ferai séjourner que des troupes d'élite; je conserverai votre garde nationale, qui est composée de l'élite de vos citoyens. C'est à vous d'assurer votre bonheur à venir; il faut vous donner un gouvernement qui vous procure le repos et qui le procure à l'Europe. C'est à vous à émettre votre vœu: vous me trouverez toujours prêt à seconder vos efforts. "

Paris est donc occupée. Et sur l'occupation de cette capitale par les troupes russes en 1814, après l'abdication de Napoléon, mais avant les Cent Jours, voici ce qu'écrit Chateaubriand:

Toutefois cette première invasion des alliés est demeurée sans exemple dans les annales du monde: l'ordre, la paix et la modération régnèrent partout; les boutiques se rouvrirent; des soldats russes de la garde, hauts de six pieds, étaient pilotés à travers les rues par de petits polissons français qui se moquaient d'eux, comme des pantins et des masques du carnaval. Les vaincus pouvaient être pris pour les vainqueurs; ceux-ci, tremblant de leurs succès, avaient l'air d'en demander excuse. (*)

Cela nous change un peu du mercenaire américain à Bagdad!

On sait que Chateaubriand devint un excellent ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII après la guerre; puis il entra dans l'opposition et demeura le témoin lucide son temps, après la prise du pouvoir de Louis-Philippe qui entame la longue et surtout infatigable décadence française, dont des présidents comme Charles de Gaulle ou Valéry Giscard d'Estaing prirent conscience.

C'est dans une lettre très riche qu'il joint à ses Mémoires (**), que Chateaubriand commence à soutenir l'idée d'une alliance franco-russe contre les intérêts de l'Autriche et de l'Angleterre. A cette époque le tzar est Nicolas; il désire reprendre Constantinople et défendre les chrétiens d'Orient. Chateaubriand souligne déjà l'hypocrisie antirusse et la trahison occidentale en faveur des puissances islamiques:

Une attaque de l'Autriche et de l'Angleterre contre la Croix en faveur du Croissant augmenterait en Russie la popularité d'une guerre déjà nationale et religieuse.

L'Angleterre… alors qu'il a été réfugié — pendant la Terreur — puis ambassadeur à Londres, Chateaubriand remarque ce qui suit:

L'Angleterre, d'ailleurs, a toujours fait bon marché des rois et de la liberté des peuples; elle est toujours prête à sacrifier sans remords monarchie ou république à ses intérêts particuliers. Naguère encore, elle proclamait l'indépendance des colonies espagnoles, en même temps qu'elle refusait de reconnaître celle de la Grèce… L'Angleterre est vouée tour à tour au despotisme ou à la démocratie selon le vent qui amenait dans ses ports les vaisseaux des marchands de la cité.

Cette diplomatie des coups tordus annonce bien sûr la diplomatie américaine qui mêle le libéralisme le plus rapace au plus violent messianisme humanitaire, quitte à plonger des populations entières dans un chaos durable. Chateaubriand ajoute sur ce dernier point, au moment de la révolution de juillet 1830:

« Ces Anglais qui vivent à l'abri dans leur île, vont porter les révolutions chez les autres; vous les trouvez mêlés dans les quatre parties du monde à des querelles qui ne les regardent pas: pour vendre une pièce de calicot, peu leur importe de plonger une nation dans toutes les calamités. »

Comme l'Amérique d'aujourd'hui, l'Angleterre épuisée par sa guerre perpétuelle contre la France est d'ailleurs très endettée!

« L'Autriche n'a rien à demander à l'Angleterre; celle-ci à son tour n'est bonne à l'Autriche que pour lui fournir de l'argent. Or, l'Angleterre, écrasée sous le poids de sa dette, n'a plus d'argent à prêter à personne. »

Alors Chateaubriand se prend à rêver de l'Alliance franco-russe qui sera réalisée au début des années 1890 entre le cabinet français et le tzar Alexandre III, le parrain de Sacha Guitry. Il en trouve tout de suite les causes si naturelles et culturelles, à la fois donc littéraires, historiques et… géographiques:

" Il y a sympathie entre la Russie et la France; la dernière a presque civilisé la première dans les classes élevées de la société; elle lui a donné sa langue et ses mœurs. Placées aux deux extrémités de l'Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs frontières, elles n'ont point de champ de bataille où elles puissent se rencontrer; elles n'ont aucune rivalité de commerce, et les ennemis naturels de la Russie (les Anglais et les Autrichiens) sont aussi les ennemis naturels de la France.

Il voit tout de suite que la France et la Russie peuvent contrôler l'Europe, comme Napoléon l'avait compris à Tilsitt en 1807, lorsqu'il rêvait d'un « partage du monde » franco-russe:

« En temps de paix, que le cabinet des Tuileries reste l'allié du cabinet de Saint-Pétersbourg, et rien ne peut bouger en Europe. En temps de guerre, l'union des deux cabinets dictera des lois au monde. »

Enfin Chateaubriand propose à la diplomatie française de soutenir la Russie dans l'affaire orientale et de s'adresser ainsi au tzar:

« Nous pouvons tenir ce langage à Nicolas:" Vos ennemis nous sollicitent; nous préférons la paix à la guerre, nous désirons garder la neutralité. Mais enfin si vous ne pouvez vider vos différends avec la Porte (Istanbul) que par les armes, si vous voulez aller à Constantinople, entrez avec les puissances chrétiennes dans un partage équitable de la Turquie européenne. »

Et de juger ainsi les intérêts des deux grandes nations alliées:

« J'ai fait voir assez que l'alliance de la France avec l'Angleterre et l'Autriche contre la Russie est une alliance de dupe, où nous ne trouverions que la perte de notre sang et de nos trésors. L'alliance de la Russie, au contraire, nous mettrait à même d'obtenir des établissements dans l'Archipel et de reculer nos frontières jusqu'aux bords du Rhin. »

On sait que de Gaulle était un lecteur de Chateaubriand, avec qui il partageait un certain pessimisme historique… De Gaulle d'ailleurs pensait que « la Russie boirait le communisme, comme le buvard boit l'encre ». Quant à la France, elle boirait souvent la « tasse », en 1919 comme en 1939 ou 56, en se mettant aux ordres des Anglo-Saxons!

Et Chateaubriand, soudain moins rêveur, sentait venir ce vent de trahison:

« Maintenant, mes projets ne sont plus réalisables: la Russie va se tourner ailleurs. »

Les grands esprits n'ont pas besoin de boule de cristal.



(*) Mémoires d'Outre-tombe, Tome 2, Livre XXII, chapitre 13)
(**) Mémoires, Tome III, livre XXIX, chapitre 13

 

https://fr.sputniknews.com/opinion/201507111016957660/

 

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Pourquoi de Gaulle adorait la Russie. Par Nicolas Bonnal

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #De Gaulle

Pourquoi de Gaulle adorait la Russie. Par Nicolas Bonnal
Nicolas Bonnal
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« Il n'est pas un bon Français qui n'acclame la victoire de la Russie. »

On connaît la russophilie du Général de Gaulle. Mais rien ne vaut les discours du Grand Homme pour retrouver la lettre et l'esprit du combat russophile initié en France par les Lumières aux temps de la Grande Catherine, et poursuivi ensuite par un Chateaubriand aux temps des tsars Alexandre et Nicolas.

Le 20 janvier 1942, le Général prononce un magnifique discours guerrier à la radio londonienne pour rendre hommage à la victoire russe lors du terrible hiver 1941-42. Grand stratège, il comprend dès ce moment, et avant beaucoup de monde, que l'Allemagne nazie va perdre sa guerre contre la Russie:

« Pour l'Allemagne, la guerre à l'Est, ce n'est plus aujourd'hui que cimetières sous la neige, lamentables trains de blessés, mort subite de généraux. Certes, on ne saurait penser que c'en soit fini de la puissance militaire de l'ennemi. Mais celui-ci vient, sans aucun doute possible, d'essuyer l'un des plus grands échecs que l'Histoire ait enregistrés. »

 

Les mots suivants sont un hymne épique à la Grande Russie combattante:

 

« Tandis que chancellent la force et le prestige allemands, on voit monter au zénith l'astre de la puissance russe. Le monde constate que ce peuple de 175 millions d'hommes et digne d'être grand parce qu'il sait combattre, c'est-à-dire souffrir et frapper, qu'il s'est élevé, armé, organisé lui-même et que les pires épreuves n'ébranlent pas sa cohésion. C'est avec enthousiasme que le peuple français salue les succès et l'ascension du peuple russe. »

De Gaulle ensuite prévoit le grand rôle modérateur et équilibrant de la Russie sur la scène internationale. Il souligne au passage le rôle des forces obscures qui de manière récurrente s'opposent à l'alliance franco-russe:

« Dans l'ordre politique, l'apparition certaine de la Russie au premier rang des vainqueurs de demain apporte à l'Europe et au monde une garantie d'équilibre dont aucune Puissance n'a, autant que la France, de bonnes raisons de se féliciter. Pour le malheur général, trop souvent depuis des siècles l'alliance franco-russe fut empêchée ou contrecarrée par l'intrigue ou l'incompréhension. Elle n'en demeure pas moins une nécessité que l'on voit apparaître à chaque tournant de l'Histoire. »

Alain Peyrefitte a d'ailleurs rappelé pourquoi de Gaulle ne célébrait pas le débarquement anglo-saxon en France, débarquement qui annonçait une France inféodée et soumise à l'AMGOT:

« Le débarquement du 6 juin, cela a été l'affaire des Anglo-Saxons, d'où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s'installer en France comme en territoire ennemi! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s'apprêtaient à le faire en Allemagne! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l'avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. »

 

Personne ne se demande en effet depuis pourquoi la France Libre n'a pas eu le droit de débarquer ce fameux 6 juin! On saura pourquoi maintenant! De Gaulle rappelle à Alain Peyrefitte qu'il fut traité comme un domestique par Churchill. « La France fut traitée comme un paillasson! ».

 

Mais restons avec la Russie et notre Général: le 30 juin 1966, le Général de Gaulle devenu président de la République est à Moscou et il célèbre la vieille et inaltérable amitié franco-russe à la radio et à la télévision:

« La visite que j'achève de faire à votre pays c'est une visite que la France de toujours rend à la Russie de toujours… Aussi, en venant vous voir, il m'a semblé que ma démarche et votre réception étaient inspirées par une considération et une cordialité réciproques, que n'ont brisées, depuis des siècles, ni certains combats d'autrefois, ni des différences de régime, ni des oppositions récemment suscitées par la division du monde. »

C'est que pour de Gaulle comme pour Dostoïevski les nations sont des entités vivantes plus résistantes et plus fortes que les systèmes qui pensent les dominer. Il souligne ensuite, en faisant une belle allusion à la conquête spatiale, les grandes réalisations du modèle soviétique, stupidement oublié ou diabolisé depuis:

 

«Après l'immense transformation déclenchée chez vous par votre révolution depuis près de cinquante ans, au prix de sacrifices et d'efforts gigantesques; puis après le drame terrible que fut pour vous la guerre gagnée il y a plus de vingt années et dont la part que vous y avez prise a porté l'Union Soviétique au plus haut degré de la puissance et de la gloire; enfin, après votre reconstruction succédant à tant de ravages, nous vous voyons vivants, pleins de ressort, progressant sur toute la ligne, au point que vous êtes tout près d'envoyer des vôtres dans la Lune. »

 

Enfin, il conclut magnifiquement sur l'unité du continent européen, de l'Atlantique à l'Oural, pour reprendre une formulation lyrique et célèbre:

« Il s'agit aussi de mettre en œuvre successivement: la détente, l'entente et la coopération dans notre Europe tout entière, afin qu'elle se donne à elle-même sa propre sécurité après tant de combats, de ruines et de déchirements. Il s'agit, par là, de faire en sorte que notre Ancien Continent, uni et non plus divisé, reprenne le rôle capital qui lui revient, pour l'équilibre, le progrès et la paix de l'univers. »

Une conclusion? Soumise au diktat de Washington et Berlin, la France politicienne ferait bien de prendre exemple sur son dernier grand homme. 

https://fr.sputniknews.com/analyse/201507181017070809/

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Pour une Alliance cordiale entre Paris et Moscou !

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #De Gaulle

Pour une Alliance cordiale entre Paris et Moscou !

Pour une Alliance cordiale entre Paris et Moscou !

Nicolas Dupont-Aignan : "Je pense que l’Ukraine doit être un pays neutre"

Nicolas Dupont-Aignan, Député de l'Essonne, membre de la Commission des Affaires étrangères et du Groupe d'amitié « France-Russie » de l'Assemblée nationale, Président de «Debout la France», s'est rendu à Moscou le 15 mars. Sa visite va durer jusqu'au 17 mars c'est-à-dire trois jours. Le premier jour, en partance de Paris, il a tenu à se prononcer sur nos ondes pour en expliciter les objectifs à atteindre.

Nicolas Dupont-Aignan. Je pense qu'il est très important aujourd'hui, au moment où certains veulent fâcher la France et la Russie, de montrer au peuple russe qu'il y a des hommes politiques français qui croient en cette grande Europe de l'Atlantique à l'Oural dont parlait le Général de Gaulle. Et il est très important d'intensifier les relations entre nos deux peuples parce que je crois que c'est un partenariat d'avenir.

RS. Peu de politiques français n'ont pas suivi les accords de Minsk. On voit de nouveau la France prendre l'initiative de répondre au plan de paix du Président Vladimir Poutine. Quel serait le rôle que la France serait appelée à jouer dans le règlement de cette crise ukrainienne?

 

Nicolas Dupont-Aignan. La première chose à faire serait déjà d'arrêter de jeter de l'huile sur le feu! C'est-à-dire qu'il ne faut pas se fâcher entre la France et la Russie à cause de l'Ukraine. Je pense que l'Ukraine doit être un pays neutre! Il faut clairement définir que l'OTAN ne peut pas s'étendre à l'Ukraine. Que c'est un engagement de la France. Il faut ensuite respecter le caractère fédéral de l'Ukraine et mettre en œuvre les accords de Minsk et enfin, lever au plus vite les sanctions de l'UE! Moi, je pense que l'UE a été très maladroite et a joué un mauvais rôle dans cette affaire et je me réjouis de voir que le Président français et la Chancelière allemande ont repris un peu la main pour éviter d'être entraînés dans une espèce de lutte fratricide, absurde, contraire à nos intérêts entre la France et la Russie.

 

 

RS. Que pensez-vous de l'affaire des Mistral?

 

Nicolas Dupont-Aignan. Quant à moi, j'aurais déjà livré les Mistral! Je pense que c'est une erreur de ne pas avoir livré le premier navire. En deuxième lieu, je pense que, véritablement, il faut lever les sanctions à l'égard de la Russie maintenant que l'affaire ukrainienne se calme. Donc il faut livrer les Mistral au plus vite! Alors j'espère que le Président de la République attend quelques semaines, mais que cela va être réglé rapidement! Je pense que l'on ne peut pas rester sur cet accroc à la parole donnée, contraire à l'engagement de la France. J'espère que cela se passera avant l'été.

 

RS. Qu'en est-il des perspectives de l'existence de votre mouvement politique et de votre parti, j'entends « Debout la France! » et « Debout la République! »? Voulez-vous approfondir le mouvement ou en fonder un autre?

 

Nicolas Dupont-Aignan. Le parti existe! Il n'y a pas à en fonder un autre! Nous progressons tous les jours. Nous avons obtenu 4% de voix ou même jusqu'à 5% de voix aux élections européennes! Et dans beaucoup de régions de France nous avions des sondages allant jusqu'à 8%! Nous serons présents à toutes les élections. Et nous progressons parce que nous sommes un parti d'avenir, pour un patriotisme apaisé et crédible. Et je pense que plus que jamais les Français ont besoin d'ordre et de progrès.

Commentaire. Les politiques et analystes français tablent vraiment sur l'alliance entre la France et la Russie. Il est intéressant que, toutes tendances confondues, les écrivains et intellectuels européens y aspirent, eux aussi. Georges Nivat, professeur chevronné de Genève, auteur des nombreux ouvrages et fin connaisseur de Soljénytsine, vient de confier au Monde que la Russie ne doit pas se penser en civilisation indépendante de l'Europe en s'émancipant d'un passé culturel et historique qu'elle a en commun avec l'Occident.

Profondément blessés dans leur orgueil national par l'attitude déraisonnée de l'OTAN et de la Commission Européenne, les Russes commencent à bouder l'Europe en bâtissant leur propre citadelle dans leur cœur, un peu à la Saint-Exupéry. Pour eux, tout comme pour les Américains, d'un allié et ami vivant, l'UE se transforme de plus en plus en l'une des origines de la civilisation slave qui s'étend sur les deux continents jusqu'au Pacifique. Par la bouche de ses meilleurs représentants, pareils à Nicolas Dupont-Aignan, les Européens entendent rappeler à la Russie la mission qui lui est conférée: assurer les marches du monde judéo-chrétien et en dresser les remparts. Reste à savoir si les Russes veulent toujours assumer ce rôle ou s'ils considèrent cette étape comme à jamais révolue?

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Pétition «générale»: 18.000 personnes souhaitent que Macron s’excuse auprès de De Villiers.

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Les transnationales, #L'armée française

Pétition «générale»: 18.000 personnes souhaitent que Macron s’excuse auprès de De Villiers.

Depuis huit jours, la France fait face à une polémique grandissante entre le chef d’état-major des armées, le général De Villiers, et Emmanuel Macron. Des propos de plus en plus virulents sont prononcés par les deux parties. Cette situation a donné lieu au lancement d’une pétition en faveur du général.

Allusions, mots forts, mises en garde… Depuis déjà une semaine, l'échange de piques se poursuit entre le Président français et le chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers. Tandis qu'une menace de limogeage pèse sur la tête du général, environ 20.000 personnes ont déjà signé une pétition appelant Emmanuel Macron à s'excuser.

«C'est inédit. Un manque de savoir vivre, de tact et de respect d'autrui à la fois! Face à un chef d'État-Major des Armées qui a su rester digne, fidèle à son serment et stoïque, Macron a usé d'un ton condescendant et volontairement humiliant», clament les signataires.

Et d'ajouter: «Nous, électeurs, exigeons que Macron s'excuse auprès de ce Grand Homme qu'est le Général de Villiers».

Dans des réseaux sociaux on diffuse également une autre pétition:

 
Pétition «générale»: 18.000 personnes souhaitent que Macron s’excuse auprès de De Villiers.

L'émotion de ceux qui ont rédigé les textes de ces pétitions a été accentuée avec l'aggravation de la récente polémique qui a éclaté entre le Président et le chef d'état-major des armées.

 

Ainsi, quelques heures seulement après avoir été recadré publiquement par Emmanuel Macron, le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers a laissé un message ambigu sur sa page Facebook officielle.

 

Dans son article intitulé «Pensées du Terrain. Lettres à un jeune engagé», dispensant ses conseils à une jeune recrue de l'armée, le général Pierre de Villiers soulève le thème de la confiance. Des propos qui semblent être une critique voilée à l'encontre d'Emmanuel Macron, qui, lors de son recadrage jeudi soir, avait rappelé son statut de chef des armées.

«Choisissons donc d'agir comme si tout dépendait de nous, mais sachons reconnaître que tel n'est pas le cas», écrit le général.

Faisant écho aux paroles du Président «Je suis votre chef», prononcées jeudi soir, De Villiers conclut sa lettre par une recommandation:

«Méfiez-vous de la confiance aveugle; qu'on vous l'accorde ou que vous l'accordiez», écrit-il. «Elle est marquée du sceau de la facilité. Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d'être aveuglément suivi. La confiance est une vertu vivante. Elle a besoin de gages. Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l'obéissance active, là où l'adhésion l'emporte sur la contrainte».

Sans citer Pierre de Villiers, le président de la République a réagi à ces propos dans les colonnes du JDD ce dimanche.

«La République ne marche pas comme cela. Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au Président de la République, le chef d'état-major des armées change», signale Emmanuel Macron au JDD.

Emmanuel Macron a également déclaré dans cette chronique qu'ayant reconduit Pierre de Villiers dans ses fonctions le 1er juillet, il lui avait manifesté toute sa confiance, à condition de «savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l'Armée».

 

 

 

La situation semble donc loin d'être résolue, compte tenu du fait que les deux protagonistes se retrouveront mercredi lors du conseil restreint de défense hebdomadaire, puis encore une nouvelle fois vendredi, en tête à tête, selon l'agenda du Président français.

 

Dans le huis clos de la commission de la Défense à l'Assemblée nationale, le général Pierre de Villiers avait déclaré le 12 juillet qu'il ne se laisserait pas «baiser» par Bercy, qui réclame 850 millions d'euros d'économies aux armées cette année. Une déclaration qui a été sévèrement critiquée par Emmanuel Macron le jour suivant. Le président de la République avait jugé indigne «d'étaler certains débats sur la place publique». 

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Pétition pour que Macron s'excuse auprès du Général De Villiers qu'il a humilié! Lancée par Guillaume SEVIN

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #L'armée française

Pour que Macron s'excuse auprès du Général De Villiers qu'il a humilié!

 

Guillaume SEVIN France

 

https://assets.change.org/photos/8/eo/ss/OYeoSSIHxVJkgCO-800x450-noPad.jpg?1500043343

 

Guillaume SEVIN

France

 

Soyons au moins 20'000 à rappeler à l'ordre Macron, car un président ne devrait pas faire ça!

Emmanuel Macron a eu un comportement indigne au soir du 13 juillet. Outre le fait qu'il a menti sur le budget des armées, méprisant ce faisant le dur travail des militaires qui depuis 18 mois enchaînent les heures pour assurer la sécurité des français, il a verbalement violemment agressé le Général De Villiers au moment du buffet avec les officiers.

C'est inédit. Un manque de savoir vivre, de tact et de respect d'autrui à la fois!

Face à un chef d'Etat Major des Armées qui a su rester digne, fidèle à son serment et stoïque, Macron a usé d'un ton condescendant et volontairement humiliant.

Nous savions déjà qu'il méprisait les "sans dents", nous apprenons qu'il hait la démocratie. Il refuse en effet tout débat contradictoire et adopte un comportement de dictateur.

Nous, électeurs, exigeons que Macron s'excuse auprès de ce Grand Homme qu'est le Général de Villiers. Nous ne supporterons pas ses colères puériles et ses coups de sang dignes d'un gamin mal élevé!

Monsieur Macron, excusez vous auprès du général que vous avez voulu humilier!
Monsieur Macron, accédez à ses saines doléances: donnez enfin aux militaires les moyens de mener pleinement à bien leurs missions!

http://www.bfmtv.com/politique/les-heures-du-general-de-villiers-a-la-tete-des-armees-sont-elles-comptees-1216599.html

Cette pétition sera remise à:

  • Chef d'Etat Major des Armées
    Général De Villiers
  • President
    Emmanuel Macron
  • Elysée
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La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie . Par Pepe Escobar.  

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie

La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie . Par Pepe Escobar.  

 

Au milieu des annonces catastrophistes qui caractérisent tout ce qui traite de la Syrie, la fronde et les flèches de la fortune injurieuse [1] décochent parfois, au contraire, de la bonne fortune.

 

Prenez ce qui s’est produit ce dimanche dernier à Pékin. L’Association d’échanges Chine-Arabie (China-Arab Exchange Association) et l’ambassade de Syrie ont organisé une journée d’expo sur la Syrie remplie à craquer de centaines de spécialistes chinois en investissements dans les infrastructures. C’était une sorte de mini-réunion de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), étiquetée « Premier projet de foire de rencontres pour la reconstruction de la Syrie ».

Et il y aura des suites importantes : une expo sur la reconstruction de la Syrie ; la 59ème foire internationale de Damas le mois prochain, où quelques chose comme 30 pays arabes et étrangers seront représentés ; et les expos d’État Chine-Arabie dans le Yinchuan, province du Ningxia, en septembre.

Qin Yong, secrétaire assistant de l’Association d’échanges Chine-Arabie, a annoncé que Pékin prévoit d’investir 2 milliards de dollars dans un parc industriel en Syrie, pour 150 compagnies chinoises.

Rien ne saurait être plus logique. Avant la tragédie de la guerre par procuration en Syrie, les marchands syriens étaient déjà incroyablement actifs dans le petit commerce de la Route de la soie, entre Yiwu et le Levant. Les Chinois n’oublient pas que la Syrie contrôlait les accès terrestres à la fois à l’Europe et à l’Afrique à l’époque de l’ancienne Route de la soie, quand, après avoir traversé le désert via Palmyre, les biens arrivaient jusqu’à la Méditerranée, puis à Rome. Après la chute de Palmyre, un route secondaire longeait l’Euphrate et passait par Alep et Antioche.

Pékin planifie toujours avec des années d’avance. Et le gouvernement de Damas est impliqué aux plus hauts niveaux. Ainsi, ce n’est pas par accident que l’ambassadeur syrien en Chine Imad Moustapha a déclaré, de façon décisive : La Chine, la Russie et l’Iran auront la priorité absolue pour tous les investissements en infrastructures et en projets de reconstruction quand la guerre sera terminée.

La nouvelle Route de la soie, ou initiative One Belt, One Road, comprendra inévitablement une plate-forme syrienne – avec tous les accords légaux nécessaires aux compagnie chinoises impliquées dans les investissements, la construction et les finances via une commission spéciale créée par l’ambassade de Syrie, l’Association d’échanges Chine-Arabie et le cabinet juridique chinois basé à Pékin Shijing.

Faites-moi une place sur le train de fret Shanghai-Lattaquié

Peu de gens se souviennent qu’avant la guerre, la Chine avait déjà investi des dizaines de milliards de dollars dans l’industrie pétrolière et gazière de la Syrie. Naturellement, la priorité pour Damas, une fois que la guerre sera terminée, sera un effort massif de reconstruction des infrastructures détruites. La Chine pourrait y prendre part via la BAII. Puis viendront les investissements dans l’agriculture, l’industrie et la connectivité – des couloirs de transport dans le Levant et des connexions entre la Syrie, l’Irak et l’Iran (deux autres plate-formes de la nouvelle Route de la soie).

Ce qui compte le plus est que Pékin a déjà entrepris la démarche fondamentale de s’impliquer dans le règlement de la guerre en Syrie – géopolitiquement et géo-économiquement. Pékin a appointé un représentant spécial pour la Syrie depuis l’année dernière – et a déjà fourni une assistance humanitaire.

Inutile d’ajouter que ces plans dépendent de la fin de la fin définitive de la guerre. Et c’est là le problème.

Avec la chute de Daech, ou du moins sa perte imminente de tout centre urbain d’importance, personne ne sait de quelle façon un faux califat fragmenté pourrait être manipulé pour couper la Syrie de son avenir dans la nouvelle Route de la soie.

Le Qatar a déjà changé la donne ; Doha s’est rapprochée de Téhéran (intérêts communs dans le méga-champ de gaz South Pars/North Dome obligent), ainsi que de Damas – au grand dam de l’Arabie Saoudite. De sorte que, contrairement à son passé récent, le Qatar n’est plus impliqué dans la politique de changement de régime. Restent à considérer les intérêts divergents de l’Arabie Saoudite, de la Turquie, d’Israël et bien sûr de Washington.

Un scénario possible de ce que Poutine et Trump ont négocié à Hambourg – qui n’a été relayé ni par Tillerson, ni par Lavrov – est que le cessez-le-feu en Syrie du Sud-Ouest, s’il tient, pourrait signifier que les forces de maintien de la paix américaines créent une zone démilitarisée entre le Golan syrien et le reste du pays.

Traduction : le Golan a été annexé de facto par Israël. Et la « carotte » pour Moscou serait la reconnaissance de la Crimée russe par Washington.

C’est moins tiré par les cheveux que cela en a l’air. Les prochains mois diront ce qu’il en est de sa plausibilité.

L’autre point d’importance tient à Ankara et aux Kurdes de l’YPG. Contrairement au scénario de mauvais augure mais possible de la balkanisation, Washington et Moscou pourraient bien avoir décidé de concert de laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Nous aurons donc une occupation inévitable d’al-Bab par l’armée turque, pour une durée indéterminée.

En conclusion, l’Arabie Saoudite ne gagne rien. Et Israël et la Turquie engrangent des « victoires » politiques/militaires. Il est difficile d’imaginer comment Moscou pourrait vendre ça à l’Iran comme une victoire. Quoi qu’il en soit, Téhéran n’a peut être pas encore une route Iran-Iraq-Syrie-Hezbollah totalement fluide et active, mais il maintiendra des relations proches avec Damas et s’engagera dans l’expansion de la nouvelle Route de la soie.

La question-clé à partir de maintenant semble porter sur la politique pour le « Syrak » de l’État profond et les chances de la Maison-Blanche de la suivre – à savoir, le mantra « Assad doit partir » couplé avec le soutien et les fournitures en armes aux « rebelles modérés » inexistants ; ou si la priorité de Trump – l’élimination définitive de Daech – l’emportera.

De toutes façons, Pékin s’est décidé. Il travaillera non-stop pour que le triumvirat Iran-Iraq-Syrie devienne une plate-forme incontournable de la nouvelle Route de la soie. Qui parierait contre une future route de fret florissante Shanghai-Lattaquié ?

 

Traduction Entelekheia
Illustration : Le train du désert sur l’ancienne Route de la soie, la caravane chamelière.

[1]NdT : Citation de Shakespeare (Hamlet).

 

http://www.entelekheia.fr/nouvelle-route-de-soie-passera-syrie/

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Syrie et rit encore , Rédigé par Observatus geopoliticus

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #ISIL

Syrie et rit encore

16 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

L'Idlibistan (1) alterne comme à l'accoutumée entre flambées de violence inter-barbues et cessez-le-feu précaires. Après deux semaines de combats, Ahrar al-Cham et Hayat Tahrir al-Cham (= Al Qaeda) viennent de conclure une trêve et promettent pour la énième fois de lancer une offensive contre l'armée syrienne. Peu vraisemblable étant donné que le parrain turc d'Ahrar semble prendre son rôle de faiseur de paix au sérieux à Astana et est le garant de la zone de désescalade d'Idlib.

Quelques minutes après l'annonce, une bombe explosait en plein Idlib, soit à la suite d'un nouveau règlement de compte, soit le fait de cellules dormantes de l'EI. Car depuis quelques temps, la grande affaire d'Al Qaida est - défense de rire - la chasse aux terroristes de Daech ! Ô ironie... La population locale, elle, commence sans doute à se lasser et plusieurs villages se rabibochent avec le gouvernement syrien via le centre de réconciliation mis en place par les Russes.

Les Turcs ont relativement calmé leurs ardeurs contre le canton kurde d'Afrin (2) même s'ils continuent à masser des troupes et que des échanges de joyeusetés obusières ont lieu régulièrement.

Comme prévu, les zones de désescalade (encore un maître coup du Kremlin) permettent aux loyalistes de concentrer leurs forces contre l'EI, soutenus par l'aviation. A l'est de Hama (3), le saillant daéchique continue à se faire grignoter même si le relief est tout sauf aisé (montagnes, canyons). Surprise, le fameux groupe paramilitaire pro-gouvernemental des Faucons du désert, supposé être le fer de lance de l'attaque sur ce front, s'est retiré de la bataille. Les raisons ne sont pas claires mais il semble que certains désaccords aient eu lieu avec les autres groupes loyalistes. Peut-être aussi que les photos des Faucons s'affichant fièrement avec les têtes tranchées des petits hommes en noir n'ont pas trop plu en haut lieu...

Au sud de Raqqa (4), les désormais légendaires Tiger Forces libèrent localité sur localité (sans mentionner les puits de pétrole) depuis une semaine et s'enfoncent peu à peu dans le coeur du territoire daéchique, vers Soukhna et Deir ez Zoor :

Soukhna justement. Les forces gouvernementales du front Palmyre (5) n'en sont plus qu'à quelques kilomètres. Après une courte pause, elles devraient très prochainement reprendre l'offensive pour tenter de libérer le dernier verrou sur la route de Deir ez Zoor.

Tout au sud, le long de la frontière irakienne (6), la situation est calme depuis quelques jours mais l'avance devrait bientôt reprendre. Il faut dire que de l'autre côté de la frontière, les Unités de Mobilisation Populaire irakiennes traînent un peu. Après la libération de Mossoul - au prix de destructions faisant passer Alep pour un jardin d'enfants -, où l'effort principal se portera-t-il : Hawija (7) ou la province d'Anbar et la frontière (8) ? Ou les deux ?

Le futur du corridor chiite et de l'accès de Téhéran à la Méditerranée en dépendent. Plus vite les troupes afflueront vers Anbar, plus large sera le corridor en question. On imagine la frénésie tendue dans les couloirs du pouvoir à Bagdad, véritable nid d'agents d'influence, où envoyés iraniens et américains se croisent sans se parler...

Jusqu'ici, les mouvements militaires décrits sont dans la continuité des évolutions récentes. Nous sommes toutefois en présence de deux fronts qui, eux, n'étaient pas du tout prévus et participent vraisemblablement de ce qui se trame à un plus haut niveau : le sud de la badia (9) et la Ghouta orientale de Damas (10).

La steppe syro-jordanienne est, on l'a vu à plusieurs reprises, l'un des points chauds du conflit. C'est à partir de là que l'empire pensait couper l'arc chiite, jusqu'au blitz royal des Syro-russes vers la frontière irakienne qui a pulvérisé les rêves américano-israélo-saoudiens. Après la rencontre Poutine-Trump, l'on a parlé d'un accord de cessez-le-feu "dans le sud", sans que soit bien précisé l'endroit.

Or l'armée syrienne a lancé il y a quelques jours une violente attaque contre les proxies US du territoire d'Al Tanaf sans aucune réaction américaine. Un délicieux kotel est sur le point de voir le jour dans sa partie occidentale :

Le Donald a-t-il vendu les mercenaires de cette zone en échange du cessez-le-feu autour de Deraa (11), près de la frontière de ses chers amis israéliens ? Pas impossible... Dans un article sur la Syrie et les Routes de la Soie - où il montre d'ailleurs que Pékin prépare déjà la reconstruction du pays -, le toujours excellent Pepe Escobar envisage même un troc cyclopéen entre Moscou et Washington : en échange d'une zone démilitarisée le long du Golan, avec éventuellement la présence de soldats de la paix américains, la reconnaissance officielle du rattachement de la Crimée à la Russie. L'avenir nous dira si ce scénario a quelque vraisemblance...

Revenons-en à nos petits rebelles de la poche d'Al Tanaf. Le lecteur se souvient du plan US pour faire quelque chose de ces combattants désormais inutiles :

Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière.

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Notre avertissement était prémonitoire... Les rebelles en question ont apparemment purement et simplement refusé d'être transbordés du côté du Rojava et de coopérer avec les Kurdes ! Encore un caillou dans la chaussure impériale...

Damas, enfin. La Ghouta orientale était sensée faire partie des quatre zones de désescalade mais la guerre n'y a jamais vraiment cessé, les loyalistes surfant sur l'extrême division des groupes djihadistes en guerre les uns contre les autres depuis des mois, reflétant d'ailleurs la scission du Conseil de Coopération du Golfe entre Saoudiens et Qataris. Et comme les Turcs n'ont plus de protégés dans la région, le sultan ne dit rien.

L'offensive a d'abord été lancée contre Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaeda n'est pas concernée par les accords) et son allié Faylaq Al-Rahman. Ces deux groupes auparavant soutenus par le Qatar sont désormais livrés à eux-mêmes et font face aux barbus de Jaish al-Islam, tendance Saoudie. Il y a deux jours, ce dernier a lancé un appel à l'union avec ses frères ennemis pour affronter l'armée syrienne (tentative d'unification de Riyad ?), mais on sait que ce genre de déclaration est rarement suivi d'effets.

Toujours est-il que les loyalistes avancent sur plusieurs axes (ici ou ici). Ils reçoivent des renforts (peut-être même bientôt une division démobilisée de Deraa puisque le cessez-le-feu semble y tenir) et l'apport de déserteurs qui leur donnent parfois de précieuses informations sur les tunnels et cachettes rebelles. Mais les combats sont âpres, sanglants. Le commandement syrien parle de 400 djihadistes tués depuis trois semaines, chiffre qu'il est impossible de vérifier. Une chose est sûre, c'est tout sauf une partie de plaisir.

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Une crise majeure ouverte entre Macron et l’armée. LE MONDE

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #L'armée française

Une crise majeure ouverte entre Macron et l’armée

Après le recadrage du président de la République, le sort du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, est en suspens.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

image: http://img.lemde.fr/2017/07/14/0/0/2827/1885/1068/0/60/0/8c4ca3e_5642419-01-06.jpg

Le président Emmanuel Macron aux côtés du général Pierre de Villiers, le 14 juillet, à Paris.

Le 14-Juillet 2017 restera dans les annales comme un jour de crise ouverte entre l’armée et le président de la VRépublique, en dépit du succès du défilé qui a mis ce vendredi-là les troupes à l’honneur sous le regard admiratif de l’Américain Donald Trump. Dans le week-end, les sources du Monde convergeaient pour juger inéluctable la démission du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers.

 

Une folle séquence a débuté mardi 11 juillet. Dans Le Parisien, le ministre des comptes publics Gérald Darmanin annonce que, fin 2017, la solidarité interministérielle n’assumera pas les surcoûts des opérations extérieures comme le prévoit la loi : pour les payer, les armées devront économiser 850 millions d’euros sur leurs équipements. L’annonce des coupes, auxquelles s’ajoutent d’importants gels de crédits, est une douche froide. Le président s’était engagé pour atteindre un effort de défense de 2 % en 2025, ce qui exige de nouveaux crédits immédiats. Sur cette base, il a maintenu Pierre de Villiers à son poste pour un an, le 30 juin.

Lire aussi :   Coup de chaud entre l’état-major et le président Macron sur le budget des armées

Le 12 juillet, le chef d’état-major proteste, devant le président, en conseil de défense. Avant de se rendre devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale pour une audition à huis clos. Une fuite révélera son courroux : « Je ne me laisserai pas baiser comme ça ! » Connu pour être franc et direct, Pierre de Villiers est applaudi par les députés. Avec les parlementaires, les industriels de l’armement sonnent la mobilisation.

« Je suis votre chef »

Le 13 au soir, venu au ministère rendre hommage aux troupes qui vont défiler comme le veut la tradition, le chef de l’Etat déclare, en des termes très autoritaires : « Je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. » « Je suis votre chef. » Assurant qu’il tiendra ses engagements, Emmanuel Macron ajoute : « Je n’ai besoin de nulle pression et de nul commentaire. »

Le 14 au matin, le général Villiers accompagne le président pendant le défilé et publie sur Facebook, comme il le fait régulièrement, une lettre aux soldats. Celle-ci a pour thème la confiance et se conclut ainsi : « Une fois n’est pas coutume, je réserve le sujet de ma prochaine lettre. » Après le recadrage présidentiel, le général a signifié à son équipe qu’il prendrait une décision en début de semaine.

Le 15 juillet, le chef de l’Etat indique au Journal du dimanche : « Si quelque chose oppose le chef d’état-major au président de la République, le chef d’état-major change. »

A son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron avait multiplié les gestes à l’intention des armées. Le jour de son investiture, il avait remonté l’avenue des Champs-Elysées en command-car et s’était aussitôt rendu au chevet des soldats blessés de l’hôpital Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). Le 19 mai, il avait réservé son premier déplacement hors d’Europe aux forces françaises engagées au Sahel contre les djihadistes. « Je protégerai l’institution militaire (…), ma confiance en vous est totale », avait assuré le président depuis Gao, au Mali.

Des coupes « inacceptables »

Même volonté de mise en scène quelques jours plus tard, à Lorient. En marge d’une visite des chantiers navals de Saint-Nazaire, le chef de l’Etat avait accompagné en mer des commandos marine. Belles images assurées pour celui dont les adversaires avaient critiqué le manque d’expérience en matière régalienne. Le 4 juillet, il s’est fait hélitreuiller à bord du Terrible, l’un des quatre sous-marins porteurs de la bombe nucléaire, où il a passé plusieurs heures en plongée.

Lire aussi :   Polémique budgétaire : le général de Villiers sera reçu à l’Elysée

Le nouveau chef des armées avait, plus subtilement, montré sa volonté de prendre en main les dossiers militaires en exfiltrant au Quai d’Orsay Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense indéboulonnable du quinquennat Hollande, et, surtout, en le séparant de son directeur du cabinet tout-puissant, Cédric Lewandowski. Pour succéder à M. Le Drian ont été choisies deux non-spécialistes : la centriste Sylvie Goulard, démissionnaire au bout d’un mois en raison de l’affaire des emplois fictifs du Modem, et l’ancienne socialiste Florence Parly, une « budgétaire » inconnue au bataillon. Ni la ministre des armées ni Jean-Yves Le Drian ne se sont exprimés depuis le début de la crise.

« En s’affichant autant, Macron a donné l’impression de se servir des soldats pour se construire une image, ils ont le sentiment de s’être fait avoir », critique un parlementaire. Preuve du malaise, la politique tracée par le chef de l’Etat a été critiquée jusque dans son camp. Le député LRM du Morbihan Gwendal Rouillard, un dauphin de M. Le Drian, a jugé « carrément inacceptables » les coupes du budget. Son collègue du Val-de-Marne Jean-Jacques Bridey, président de la commission de défense à l’Assemblée nationale, a dit « regrette [r] le choix » de l’exécutif. « Il n’était pas sérieux d’annoncer 850 millions d’euros de coupes tout en donnant 1,5 milliard pour recapitaliser Areva », explique-t-il au Monde en dénonçant l’attitude de Bercy. « Le calendrier a piégé les militaires, la ministre et même le président. »

Durant la campagne présidentielle, les membres de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron l’appelaient entre eux « le chef ». Une habitude que le président de la République entend voir perdurer au pouvoir. Mais, avant même de savoir si le chef d’état-major déciderait de rester ou non, les observateurs avertis de l’institution militaire jugeaient ces derniers jours que le quinquennat démarrait sur une crise majeure.

Lire aussi :   « La défense ne pouvait pas échapper aux réductions budgétaires »

« Les armées, ça obéit, fondamentalement. Et, sur le fond, c’est le devoir du président de rappeler son autorité », souligne le très respecté Henri Bentégeat, un prédécesseur du général Villiers qui a servi le président Jacques Chirac. « Mais la méthode va laisser des traces, on ne peut pas remettre en cause publiquement un chef militaire comme cela devant ses subordonnés. » Au fond, estime un général qui exprime un point de vue très partagé, « Pierre de Villiers n’a fait que son devoir en défendant le budget des armées, et Emmanuel Macron ne se rend pas compte que, lorsqu’il sera dans la cour des Invalides pour son premier soldat mort à cause d’un défaut d’équipement, c’est à lui que s’adresseront les reproches. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/17/une-crise-majeure-ouverte-entre-macron-et-l-armee_5161378_823448.html#Z6HglOjcEJLdhb0L.99
 
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