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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Trump-Lavrov: Non, la Maison Blanche n'est pas furieuse de la publication des photos. Par Karine Béchet Golovko.

12 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie

vendredi 12 mai 2017

 

Trump-Lavrov: Non, la Maison Blanche n'est pas furieuse de la publication des photos

 
 
 
Selon la presse française, la Maison Blanche serait furieuse que la Russie ait diffusé les photos de la rencontre entre D. Trump et S. Lavrov. Le seul problème, est qu'il s'agit d'un Fake. Un fake lancé par CNN et docilement repris par la presse atlantiste, c'est-à-dire la quasi-totalité des médias. Mais pourquoi? Parce que la rencontre s'est trop bien passée. Et que les photos le montrent.
 

 
CNN sort un article au titre tapageur:
 
 
Alors l'on cherche les déclarations du porte-parole de la Maison Blanche ou de D. Trump, furieux - et il sait l'être - mais rien. Il faut dire que la source est assez ... floue:
 
The White House did not anticipate that the Russian government would allow its state news agency to post photographs of an Oval Office meeting between President Donald Trump, Russian Foreign Minister Sergey Lavrov and Russia's ambassador to the US, a White House official said.
Autrement dit, CNN a trouvé la bonne personne pour faire la bonne déclaration, en espèrant qu'au minimum ils aient cherché la personne. Cela a été suffisant pour lancer la machine médiatique. Si CNN le dit, il faut le reprendre, c'est le but de la liberté de la presse. 
 
CNN, le média que Trump qualifie régulièrement de Fake News pour propager de fausses informations. Bref, une source de choix. D'ailleurs Trump s'en donne à coeur joie sur la menace russe:
 
 
 
Il faut comprendre que les médias ont été furieux pour deux raisons. Tout d'abord, le Président américain n'a pas invité de journalistes américains lors de la rencontre avec S. Lavrov et le si dangeureux ambassadeur russe aux Etats Unis, celui-là même dont la seule vue coûte leur carrière aux politiciens américains. Jamais un ambassadeur n'a fait tombé autant de têtes, ce qui montre la faiblesse et la radicalité du système américain actuel. Seuls étaient présents le photographe de D. Trump (qui a ainsi maîtrisé l'image - ce qui a dérangé) et le photographe de Lavrov, un journaliste de l'agence d'information TASS. Et les photos prises montraient une bonne ambiance et un rapport franc, qui a fortement dérangé. Voir la réaction de l'ancien ambassadeur US à Moscou:
 
 
Ils ont donc voulu boycotter les images. Surtout que, et c'est la deuxième raison, la rencontre avec le ministre des affaires étrangères d'Ukraine n'a eu lieu que après et non avant celle de Lavrov et que la photo qui en ressort a fait largement réagir la blogosphère se demandant si Klimkine apportait son café à Trump pu s'il était son caniche:
 
Президент США Дональд Трамп, вице-президент Майк Пенс и министр иностранных дел Украины Павел Климкин во время встречи в Вашингтоне. 10 мая 2017
 
L'on sent une différence d'ambiance et d'attitude:
 
 
C'est effectivement impardonnable pour la presse, qui ne s'arrête pas là. La presse anglosaxonne, The Independant et The Washington Post en tête, lance le bruit que ce photographe russe serait un espion russe qui aurait déposé des micros dans le bureau oval: laisser entrer cet individu portait atteinte à la sécurité nationale. Plus concètement pour un ancien de la CIA interrogé par The independant:
 
 
Il n'y a rien de nouveau finalement, ce n'est qu'une crise d'hystérie de plus. Mais il est important de le rappeler régulièrement, pour que cette fausse impression de normalité en Occident ne puisse s'installer. Les gens ont la mémoire courte, les piqûres de rappel doivent être régulières ... tant que la raison n'aura pas repris le dessus.
 
 
 
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THAAD, TAPI et tempête. Rédigé par Observatus geopoliticus.

12 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

THAAD, TAPI et tempête

12 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Asie centrale, #Chine, #Gaz, #Russie, #Etats-Unis, #Extrême-Orient

Ca s'agite sur l'échiquier planétaire...

Rien ne va plus au pays des Turkmènes. Le limogeage, le mois dernier, du puissant chef du secteur de l'énergie n'est que le reflet des tensions gazières qui secouent Achgabat. Pièce absolument centrale du Grand jeu énergétique entre 1991 et 2005 - on retrouve dans cette histoire Bush, Ben Laden, les Saoudiens, Brzezinski, les Taliban ou encore Kissinger -, le Turkménistan fait maintenant face aux répercussions de l'échec de l'empire américain à s'immiscer en Asie centrale et à contrôler ses pipelines. Par contrecoup, l'inquiétude et l'intérêt de Moscou et Pékin pour le gaz turkmène ont baissé de plusieurs crans.

Les trois tubes du CAC (Central Asie-China) transportent vers la Chine 55 Mds de m3 via l'Ouzbékistan et le Kazakhstan. Une ligne D était prévue, passant par l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan (en bleu sur la carte), devant acheminer 30 Mds de m3 supplémentaires.

Cette route Sud est maintenant reportée indéfiniment. Dès la fin 2014, des problèmes apparurent pour constituer des joint-ventures sino-kirghizes et sino-tadjikes avant que la Chine et l'Ouzbékistan n'enterrent officiellement le projet.

Coïncidence ? C'est justement en 2014 que Gazprom et Pékin ont signé le deal du siècle - le plus gros contrat de l'histoire - pour la fourniture de 38 Mds de m3 de gaz russe pendant 30 ans. Notons en passant que ce projet pharaonique suit son cours avec l'ouverture un check-point frontalier sur le fleuve Amour visant à faciliter la construction de part et d'autre.

Bloqué à l'ouest par la Caspienne, délaissé au nord-est par la Chine, le Turkménistan n'a plus d'espoir que dans l'impossible TAPI au sud-est. Celui-ci aussi, nous l'avons longuement et plusieurs fois évoqué. En anglais, pipedream signifie "chimère". Jamais un gazoduc n'a aussi bien porté ce nom...

A 6 000 kilomètres de là, les Américains installent leur THAAD en Corée du sud, officiellement contre les nordistes de Kim, officieusement contre la Chine, ce que votre serviteur et nombre d'analystes répètent inlassablement. Cela a lieu dans un contexte un peu particulier avec l'élection d'un président sino-compatible moins soumis aux desiderata impériaux.

Nous nous étions arrêtés au refus coréen de payer et à l'offre américaine de prendre en charge tous les coûts. En réalité, ce cadeau de McMaster, le Conseiller à la sécurité nationale issu de l'establishment washingtonien, a été très mal pris par Trump qui l'aurait littéralement engueulé au téléphone.

Dernier épisode d'une suite d'accrocs qui commence à se rallonger sérieusement et qui débuta dès le mois de février quand, avant un discours présidentiel devant le Congrès, le général néo-con avait fortement conseillé de ne pas utiliser l'expression "terrorisme islamique radical", sans doute pour éviter de braquer la Saoudie et autres alliés. Non seulement le Donald avait employé les mots fatidiques, mais il avait pris bien soin d'en détacher chaque syllabe.

Donald 2.0 redeviendrait-il Donald 1.0 ? L'ambiance générale parmi l'Etat profond est à la désillusion et, après la vraie-fausse frappe sur la Syrie grâce à laquelle le président américain a connu un répit, la MSN, fidèle porte-voix du système impérial, retombe dans l'habituelle hystérie.

Il est vrai que Trump tend parfois le bâton pour se faire battre, en virant le directeur du FBI - "bonne décision, mauvais timing" comme le disent certains - alors même qu'il accueille avec égard Lavrov à la Maison blanche. Il n'en fallait pas plus à la presstituée pour reprendre du service.

Sur le fond, les deux hommes ont discuté extensivement de la Syrie. Si l'on ne connaît évidemment pas le contenu des échanges, cela s'est apparemment très bien passé au vu des réactions des uns et des autres : "Pragmatisme", "très bonne rencontre"... De quoi faire enrager un peu plus le Deep State.

 

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La présence militaire française sur le front russe. Par Lucien Pons

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La guerre, #le nazisme

La présence militaire française sur le front russe. Par Lucien Pons

Bonjour.

Tristes constats, la France réduite à un dominion anglo-saxon, la France totalement soumise à l’OTAN envoie des troupes en Estonie afin de préparer la guerre à notre alliée de toujours : la Russie.

Depuis 1970, nos dirigeants n’ont eu de cesse de nous fondre dans le giron atlantique contre l’avis du peuple.

Quel est donc ce tropisme caractéristique des décideurs français qui consiste à préférer l’étranger à la France ! En 1940 déjà, la classe dirigeante avait fait le choix de la honte ; « l’étrange défaite » de Marc Bloch donne des pistes utiles pour comprendre. C’est vrai que la formule « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire » a fait florès chez les dirigeants (politiques, économiques, …) de l’époque.

L’atlantisme assumé de nos dirigeants actuels conduit aux mêmes trahisons.

Le retour total dans l’OTAN a des conséquences très graves quant à notre souveraineté militaire et à notre indépendance tout simplement.

Qu’en sera-t-il de notre armée républicaine dont la mission est la défense de notre territoire et de nos intérêts ?

Qu’en sera-t-il de notre dissuasion nucléaire ? Sera-t-elle donnée à l’OTAN ?

Qu’en sera-t-il de nos industries stratégiques de défense ? Hélas la dérive est actée, la prédation d’Alstom par Général Electric en est seulement la partie visible

Depuis longtemps la machine à décérébrer nos concitoyens tourne à plein régime. Il est urgent de modifier l’entendement des patriotes, et c’est « En Marche » !

Nous ne sommes plus reconnaissants à l’Armée Rouge pour sa victoire sur le nazisme. Pire, nous considérons le communisme comme l’équivalent du nazisme en terme de répressions et d’horreurs.

 

 

Nous sommes heureux de nous soumettre à l’impérialisme allemand et américain.

Nous sommes disposés à transmettre la dissuasion nucléaire française à cet empire sous prétexte que notre dette ne nous permet plus d’assumer cette charge.

Nous sommes incapables de voir que le mécanisme de la dette remplace avantageusement les divisions nazies sur les champs Elysées.

Nous sommes prêts à avaler - après la pilule Macron - le mensonge qui désigne la Russie comme notre principal ennemi.

 

 

Lors du sommet de l’OTAN les 8 et 9 juillet 2016 à Varsovie cette attitude belliqueuse à l’égard de la Russie avait été actée. Présence de troupes de l’OTAN sur le front de l’est. Système Aegis en Roumanie et prochainement en Pologne, cela permet d’installer des missiles offensifs de dernière génération, dits de première frappe afin d’anéantir les défenses russes. Il va de soi que ces missiles seront aussi nucléaires. En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur «Projet pour un nouveau siècle américain», qui théorise cette politique agressive.

Pour la première fois depuis sa prise de fonction en mai 2012, le président de tous les français s’est opposé à l’envoi de troupes françaises sur la frontière russe. Ce sursaut gaullien n’a pas été relayé par la presse atlantiste. Il est vrai qu’après la fête nationale du 14 juillet cette volonté d’opposition a disparu. Aujourd’hui des troupes françaises sont intégrées à un bataillon britannique de l’OTAN pour préparer la guerre à notre allié de toujours. Dans un des documents ci-après on peut apprécier le degré de vassalisation de la France : le responsable militaire français s’exprime en anglais !!!

Cordialement

Lucien Pons

 

Voici trois documents intéressants

  1. Des soldats français en Estonie pour renforcer le flanc oriental de l'Otan face à la Russie

 

Les "Scorpions" du 2e RIMa partent en Estonie

  1. Voici le plan du Pentagone pour l’Europe. Par Manlio Dinucci.

En préparation de la visite du président Trump en Europe -le 24 mai à Rome, le 25 au Sommet Otan de Bruxelles, les 26-27 au G7 de Taormina- le Pentagone a présenté son plan stratégique pour le « théâtre européen ». Il l’a fait par la voix du général Curtis Scaparrotti qui, étant à la tête du Commandement européen des Etats-Unis, est automatiquement à la tête de l’Otan avec la charge de Commandant suprême allié en Europe. Au Sénat des Etats-Unis, le 2 mai, le général rappelle que « le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et que « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ». Cet avantage se trouve cependant à présent mis en danger par « une Russie résurgente, qui essaie de miner l’ordre international sous conduite occidentale et de se réaffirmer comme puissance mondiale ».

Le Commandant suprême appelle les alliés européens à serrer les rangs autour des Etats-Unis pour défendre par tous les moyens l’ « ordre international » -celui qui est fondé sur la suprématie économique, politique et militaire de l’Occident- mis en péril par l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux.

Il concentre le feu sur la Russie, en l’accusant d’ « activités malignes et actions militaires contre l’Ukraine » (juste au troisième anniversaire du massacre de dizaines de Russes perpétré à Odessa le 2 mai 2014 par des néo-nazis ukrainiens sous direction USA/Otan). Mais la « menace » ne provient pas que de la Russie : les Etats-Unis -déclare l’amiral Harris, chef du Commandement Pacifique- sont défiés dans cette région simultanément par « une Chine agressive et une Russie revancharde ».

En réponse à ces défis, annonce Scaparrotti, le Commandement européen des Etats-Unis « est en train de revenir à son rôle historique de combat, en adaptant ses plans aux menaces que nous avons face à nous ». Il demande donc au Congrès d’augmenter les fonds pour la «European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les USA en 2014 officiellement pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens, pour laquelle 3,4 milliards de dollars ont été attribués en 2017. « De significatifs investissements sont nécessaires -souligne le général- pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ».

Le plan est clair et il est déjà en acte : transformer l’Europe en première ligne de la confrontation avec la Russie. C’est ce que confirme l’annonce, faite le 4 mai, que l’Armée USA en Europe a constitué un nouveau quartier général à Poznan, en Pologne, pour commander les plus de 6 mille soldats étasuniens basés en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, dans le but de « renforcer le flanc oriental de l’Otan comme dissuasion envers la Russie ».

Au déploiement sur le flanc oriental -comprenant forces blindées, chasseurs-bombardiers, navires de guerre et unités de missiles y compris nucléaires- participent les puissances européennes de l’Otan, comme le démontre l’envoi de troupes françaises et de chars d’assaut britanniques en Estonie.
Et l’armée européenne ? Dans la rencontre avec les ministres de la défense de l’Union européenne, le 27 avril à Malte, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg n’a laissé aucun doute : « Il a été clairement convenu par l’Union européenne que sont objectif n’est pas de constituer une nouvelle armée européenne ou des structures de commandement en compétition avec celles de l’Otan, mais quelque chose qui soit complémentaire à ce que fait l’Otan ».

Le bâton de commandement reste donc solidement dans les mains du Commandant suprême allié en Europe, un général étasunien nommé par le président des Etats-Unis.

Edition de mardi 9 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ecco-il-piano-del-pentagono-per-leuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

Leurs livres ne se répètent pas : ils se complètent. Après Jacques Sapir (L’Euro contre la France, l’euro contre l’Europe, au Cerf), après Coralie Delaume et David Cayla (La fin de l’Union européenne, chez Michalon) et avant que je présente le livre de Frédéric Farah (Europe : La grande liquidation démocratique, Editions Bréal), voici les 30 bonnes raisons de quitter l’Europe (Editions H&O) exposées par Olivier Delorme, agrégé d’histoire, historien de la Grèce et des Balkans.

Résistant, Jean-Louis Bory publia en 1945 un roman écrit pendant la lutte de libération nationale et qui eut un immense succès : Mon village à l’heure allemande. Historien, lui aussi romancier, inspiré par le général de Gaulle et resté étranger au gaullisme partisan, Olivier Delorme aurait pu titrer son livre « Mon Europe à l’heure allemande » car l’Allemagne est le fil noir qui relie les trente chapitres du livre.

Bien entendu, il n’y a pas plus de « complot allemand » pour retrouver une position hégémonique en Europe qu’il n’y a de « complot américain » ourdi dans les couloirs de Washington et de Wall Street. Le jeu des acteurs se déroule pour l’essentiel dans la pleine lumière des rapports de force géopolitiques. Après 1945, les Etats-Unis sont en position dominante en Europe de l’Ouest et l’Allemagne vaincue, massivement criminelle (1), veut faire reconnaître à la fois sa respectabilité et son rôle dans la reconstruction européenne. La France, mais aussi le Vatican, jouent un rôle décisif dans cette reconstruction qui se fait contre l’Union soviétique. De l’exposé très complet et limpide d’Olivier Delorme, je retiens ici trois courtes leçons d’histoire :

L’Europe dont on nous parle – l’Ouest du continent – est le produit de la Guerre froide et elle n’a existé, jusqu’en 1990, que par la Guerre froide. Quelques dates suffisent pour établir ce point : la première bombe atomique soviétique explose le 22 août 1949 ; le coup de Prague qui a lieu le 25 février 1948 et la fin de la guerre civile en Grèce, le 16 octobre 1949, achèvent de délimiter les deux camps ; c’est le 9 mai 1950 que Robert Schumann, ministre français des Affaires étrangères, fait la fameuse Déclaration qui lance la « construction européenne ».

Cette Europe de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), du Marché commun puis de la Communauté Economique européenne a la particularité de ne pas être européenne : elle ne se produit pas elle-même, ce sont les Etats-Unis qui lui accordent leurs crédits (le plan Marshall) et qui exigent en avril 1948 la création de l’Organisation économique de coopération européenne (OECE devenue OCDE). Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie internationale et déployé leurs forces armées sur le sol européen, leur voix est évidemment prépondérante !

Durement éprouvée par l’Occupation et les combats de la Libération, embourbée en Indochine et sans capacités atomiques, la France peut d’autant moins contester la politique européenne des Etats-Unis que son personnel politique est largement convaincu que les nations doivent être dépassées dans « l’Europe ». Ce dépassement qui est présenté comme une loi de l’histoire se résume à un tour de passe-passe : alors que l’Allemagne n’est pas encore une nation puisqu’elle n’a connu dans sa brève existence que la forme impériale à l’exception des quatorze années de la République de Weimar, on proclame que toutes les nations sont belliqueuses par essence et on réclame leur fusion dans l’Europe supranationale. Ce qui permet d’ailleurs de noyer la culpabilité allemande dans le flot des condamnations des nationalismes-fauteurs-de-guerre.

Cette thématique du dépassement s’est inscrite dans une idéologie douce, fade au regard des idéologies totalitaires, mais qui donne encore un semblant d’esprit aux classes dirigeantes : il s’agit du démocratisme chrétien, incarné par Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer qui opèrent sous impulsion vaticane. De ces trois « pères fondateurs », le français fut assurément le pire. On a trop oublié que Robert Schuman, député mosellan entre les deux guerres, défenseur du patronat, admirateur de Salazar et de Franco, avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avant de s’abstenir scrupuleusement de toute activité résistante. Frappé d’une peine d’indignité nationale dont le Général eut la faiblesse de le faire relever, mais encouragé par Pie XII et le patronat, ce familier de l’American Commitee for United Europe s’ingénia à bâtir une Europe qui n’a cessé de contredire l’ambition catholique d’universalité, de justice et de paix puisque la reddition progressive à l’ultra-concurrence coïncide avec l’extension de la guerre de tous contre tous.

Sous l’égide de Jean Monnet, proche, très proche des Etats-Unis avant, pendant comme après la guerre, la CECA créée en 1951 par le traité de Paris fut le premier organe supranational qui géra la production de charbon et d’acier en faisant primer la solidarité transatlantique sur les impératifs hautement proclamés de la construction européenne : la CECA accepta notamment de renoncer aux importations de charbon polonais pour leur substituer le charbon étatsunien. Les gaullistes et les communistes s’opposèrent sans succès au traité de Paris mais, en mobilisant l’opinion publique, ils réussirent à faire échouer le projet de Communauté Européenne de Défense qui impliquait le réarmement de la République fédérale allemande. Du moins, cette moitié d’Allemagne, où la dénazification fut une « farce », était redevenue respectable aux yeux des Etats-Unis et d’anciens vichystes : membre du Conseil national de Pétain, Antoine Pinay est le chef du gouvernement qui signe en mai 1952 le traité de CED.

Mais quelle respectabilité ? On répète depuis cinquante ans que l’Allemagne s’est relevée par ses efforts et la rigueur imposée par l’économie sociale de marché. Olivier Delorme détruit la légende : l’économie ouest-allemande a bénéficié des crédits américains, de l’annulation d’une grande partie de ses dettes, de l’échelonnement à long terme du reliquat, de l’ajournement du remboursement des intérêts et de l’oubli des dommages de guerre. Si nous avions puni l’Allemagne de l’Ouest et ses Allemands pour leurs crimes aussi méthodiquement que Berlin punit la Grèce pour des légèretés qui n’ont jamais tué personne, si nous avions pillé l’Allemagne vaincue aussi systématiquement que l’Allemagne pille aujourd’hui la Grèce, le pays que nous prenons pour modèle serait encore couvert de ruines.

Il était certes nécessaire de relever une République fédérale soumise, comme la République démocratique allemande, à occupation militaire : pour la France, les territoires de l’Est constituaient un glacis face à une possible invasion soviétique et il était important que la population y vive confortablement afin de ne pas se tourner vers les communistes. Mais il était non moins important de conserver le contrôle de l’ensemble des affaires de la Bundesrepublik. Né après l’échec du plan Fouchet d’Europe politique, le traité franco-allemand fermement proposé par le général de Gaulle au chancelier Adenauer visait à établir une entente politique qui reposait sur une base fragile car le chancelier allemand, qui avait accepté la participation allemande à la Force nucléaire multilatérale (MLF) proposée par les Etats-Unis, était aux prises avec ses ministres qui ne voulaient pas de traité bilatéral avec la France (2). D’ailleurs, comme le rappelle Olivier Delorme, le célèbre traité de l’Elysée, fondateur de l’amitié franco-allemande et du non moins célèbre « couple franco-allemand » fut affublé par le Bundestag, en juin 1963, d’un préambule interprétatif unilatéral précisant que les liens entre la République fédérale et les Etats-Unis primeraient toujours sur les liens avec la France.

Le redressement économique ouest-allemand se fit dans un pays dont l’existence dépendait du maintien de l’équilibre de la terreur et qui était voué, dans la très faible hypothèse d’un déferlement de troupes russes, à servir de champ de bataille – placé par précaution sous le feu de nos missiles nucléaires tactiques Pluton. Ce dispositif n’empêchait pas la France gaullienne de maintenir de bonnes relations avec l’Union soviétique qui garantissait quant à elle la division des deux Allemagnes (3).

La chute du mur de Berlin a détruit cet équilibre très favorable à la France. L’absorption de la RDA par la République fédérale a ravivé les inquiétudes françaises que François Mitterrand voulut apaiser en arrimant l’Allemagne par le traité de Maastricht. La manœuvre fut un échec complet puisque le « nain politique » allemand du temps de la Guerre froide se mua en puissance dominante par l’effet de l’Union économique et monétaire, du laxisme français face aux menées allemandes lors de l’éclatement de la Yougoslavie et de la fascination de l’élite française du pouvoir et des affaires pour le prétendu modèle allemand.

Au cours de cette période qui n’est malheureusement pas terminée, nous avons pu vérifier que l’Europe réduite à l’Union européenne ne garantissait ni la paix, ni la prospérité, ni la démocratie. Quant au « couple franco-allemand », mariage de raison lourd d’arrière-pensées, il s’est disloqué dès la réunion des deux Allemagnes. Le constat d’Olivier Delorme est implacable. C’est l’Allemagne qui a déclenché la catastrophe yougoslave en reconnaissant la Slovénie et la Croatie selon des affinités historiques qui l’ont poussée à soutenir les extrémistes croates (4) et c’est encore l’Allemagne qui a été à la manœuvre aux côtés des Etats-Unis et de la Pologne lors du renversement de Ianoukovitch. C’est l’Allemagne qui détient la réalité du pouvoir monétaire dans la zone euro, organisée à l’allemande, selon les règles et les fantasmes du patriotisme monétaire allemand qui font de l’euro une monnaie allemande, justement analysée comme « carcan idéologique » et moyen de contrainte effectif, déflationniste et rigoureusement antisocial, utilisé pour punir la Grèce – comme fut punie l’Allemagne de l’Est – et pour décourager tout mouvement de révolte contre l’ordre monétaire.

Olivier Delorme ne montre aucun signe de découragement. Pour lui comme pour nous, la reconquête de la souveraineté nationale est possible à brève échéance et il faut dès à présent envisager la réunion des Etats nationaux du continent dans une Europe enfin européenne. C’est pour l’Union européenne que sonne le glas.

Bertrand Renouvin

***

(1) Ce ne sont pas seulement des SS mais l’ensemble de l’armée allemande soutenue par la très grande majorité du peuple allemand qui s’est rendue coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cf. Christian Baechler, Guerre et exterminations à l’Est, Hitler et la conquête de l’espace vital – 1933-1945. Tallandier, Texto, 2016.

(2) Sur ce point, cf. Pierre Maillard, De Gaulle et le problème allemand, Ed. de Guibert, 2001 et plus particulièrement le chapitre IX : La crise du traité franco-allemand ; cf. également la communication de Jacques Bariety : « De Gaulle, Adenauer et la genèse du traité de l’Elysée du 22 janvier 1963, in De Gaulle en son siècle, tome 5 : L’Europe. Page 352-364. Institut Charles de Gaulle, Plon/ La Documentation française, 1992.

(3) Georges-Henri Soutou, L’Alliance incertaine, Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996. Fayard, 1996, et ma présentation de l’ouvrage : http://www.bertrand-renouvin.fr/france-allemagne-lavenir-incertain/

(4) Cf. http://www.bertrand-renouvin.fr/francois-mitterrand-la-france-et-letat-4-chronique-114/

 

SOURCE :

 

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Vent de panique en Ukraine: le peuple du 9 mai est bien vivant. Par Karine Bechet Golovko

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #le nazisme

jeudi 11 mai 2017

 

Vent de panique en Ukraine: le peuple du 9 mai est bien vivant

 
Kiev, 9 mai 2017
 
 
En Ukraine, en ce moment, se déroule l'Eurovision. Cet évènement pourtant mineur a eu pour effet d'obliger le pouvoir ukrainien à montrer un visage "civilisé", notamment pour les célébrations du 9 mai. Le résultat est fulgurant: des dizaines de milliers de personnes dans les rues des villes du pays avec le portrait de leurs  proches ayant combattus contre Hitler au sein de l'armée rouge, des nationalistes arrêtés, la police qui protège les manifestants. Le pouvoir ukrainien n'était pas prêt à cela, à cette résurgence du peuple qu'ils pensaient avoir détruit.
 
 
Pourtant, tout avait bien commencé. Kiev s'était transformé en ce qu'elle imagine être une ville européenne, tolérante, même avec les collaborateurs et les nazis. Même si l'on n'imagine pas voir des photos géantes de soldats en uniforme nazi dans les rues des villes européennes. L'Ukraine remerciant particulièrement les étrangers, mais évidemment rien sur l'armée rouge qui a libéré la ville et par la même, semblerait-il, a empêché son destin allemand, donc européen. Les coquelicots ont remplacé les oeillets (trop soviétiques), quand la botanique rencontre la décommunisation. (Voir plus de photos ici)
 
Le ton est donné par cette ignoble photo confondant la réconciliation avec l'Allemagne et la normalisation du nazisme. Ici un vétéran de l'armée sovétique sert la main à un vétéran de l'armée nazie ukrainienne UPA. Voici ce à quoi conduit ce mouvement très à la mode de transitionnal justice:
 
 
 
Les membres de l'UPA (organisation militaires ukrainienne qui était dans les rangs de l'armée nazie) sont mis à l'honneur: 
 
 
 
A part les nombreuses photos à la gloire des nazis ukrainiens, l'on trouve quelques photos d'ukrainiens ayant combattus dans les rangs des armées US ou canadienne, mais aucune photo des nombreux soldats soviétiques. C'est une véritable insulte au peuple ukrainien.
 
En revanche l'on retrouve des choses très bizarres, mais devant certainement montrer le haut degré de "tolérance" de l'Ukraine, donc toute une série de photos d'invalides:
 
 
Et cette chose très improbable: "Les vainqueurs: 15 histoires étonnantes des vétérans de l'Opération anti-terroriste":
 
 
C'est dans cette ambiance très "nazi-friendly" que le Président P. Poroshenko a annoncé que c'était la dernière année que l'Ukraine rendrait le 9 mai férié, désormais il n'y aurait que le 8 mai, comme tout pays européen qui se respecte. L'Ukraine a son histoire et elle ne suivra plus le scénario russe, qui ne concerne pas le peuple ukrainien. Il s'est lourdement trompé.
 
Dans l'internet russophone en Ukraine, la parade du 9 mai à Moscou était dans le top des recherches par mots-clés. Mais surtout, des dizaines de milliers d'ukrainiens sont sortis dans les rues, avec les portraits de leurs proches ayant combattus dans l'armée rouge, ayant été partisans, ayant été blessés, tués, par les nazis et les membres de l'UPA, ceux dont le portrait est érigé dans le centre de Kiev.
 
 
 
 
Une véritable marée humaine qui tient des oeillets, dans la tradition nationale, les vétérans ont leur ruban de St George, les drapeaux rouges ont été remplacés par des ballons bleus ... avec le marteau et la faucille.
 
A Kiev, l'ampleur impressionne (environ 20 000 personnes), les drapeaux ukrianiens bordent le trajet et sont tenus par les militaires, mais ne sont pas particulièrement repris par la foule:
 
 
 
A Dnepropetrosk, la foule n'en fini pas d'avancer:
 
 
Il y a évidemment eu des débordements, mais la police a bizarrement fait son travail: elle a protégé les manifestants et de nombreux nationalistes ont été arrêtés, des policiers blessés. A Nikolaev, des vétérans d'Afganistan ont pris à part des néo-nazis de manière très énergique. A Kiev, à proximité de l'état-major des bandéristes, ils ont lancé de fumigènes sur la foule, mais la police les a contrôlé. La police a par ailleurs investi leur état major et arrêté 24 personnes. A Dnepropetrovk, une vingtaine de vétérans de l'Opération anti-terrorisme se fait frapper par la foule:
 
 
Quelques arrestations de manifestants ont également eu lieu. A Odessa, un automobiliste ayant sorti un "mauvais" drapeau s'est retrouvé embarqué en même temps que son véhicule:
 
Одессит попал в тюрьму за орден Великой Отечественной войны
 
A Kiev, le drapeau de la victoire a été sorti, ce qui a conduit à l'arrestation de ces personnes:
 
 
 
Tout cela n'est pas resté sans réaction. Les néo-nazis de Nikolaev sont allés attaquer le local des vétérans d'Afganistan et ont fait plusieurs blessés. Les membres de l'UPA ont menacé de tuer tous les manifestants du 9 mai l'année prochaine, de les fusiller ou les brûler si nécessaire. Les extrémistes ont demandé la démission de Avakov, ministre de l'intérieur, en raison de l'arrestation des nationalistes lors des provocations. A Kiev, par exemple, un policier, exaspéré, qui a interpelé un nationaliste, l'a forcé à manger sa casquette de Mazepa. Le nationaliste a été conduit à l'hôpital, plus choqué par le fait que physiquement en danger.
 
La plus forte réaction a concerné la ville de Dnepropetrovk, où la police a été particulièrement efficace ... contre les nationalistes. Avakov a immédiatement procédé à la démission de leurs fonctions des responsables de la police de la région et de la ville et a ouvert une enquête sur les agissements des policiers. Le maire de la ville a annoncé qu'il couperait les aides financières apportées aux associations de vétérans de la Seconde Guerre Mondiale et les reverseraient au profit des vétérans de l'Opération anti-terroriste dans le Donbass. A chaque époque ses héros ...
 
La panique provoquée par les manifestations du 9 mai en Ukraine est sincère ... et fondée. La presse ukrainienne explique que le Régiment immortel est une arme de cette guerre hybride menée par la Russie contre l'Ukraine. C'est en fait beaucoup plus grave que cela: malgré une propagande russophobe et "tolérante" particulièrement agressive, malgré les nombreuses répressions, dès que la population sent un certain relâchement de la pression exercée sur elle (cette fois-ci en raison de l'organisation de l'Eurovision), elle revient à sa véritable culture, elle revient au Monde russe. C'est l'échec du régime post-Maîdan et de sa tentative de créer un homme nouveau, coupé de ses racines. 
 
Le régime ukrainien n'a en fait que réussi à exacerber le conflit idéologique intérieur en glorifiant les bourreaux sans pouvoir faire baisser la tête aux victimes. C'est cette défaite qu'a vécu l'Ukraine "pro-européenne" ce 9 mai.
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Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

7 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #L'armée française, #le nazisme

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

 
Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

Deux chasseurs F-35 étasuniens sont arrivés le 25 avril dans la base aérienne d’Ämari, en Estonie, pour leur « premier déploiement d’entraînement en Europe » », c’est-à-dire pour leur premier exercice de guerre en Europe. Peu après, le 28 avril, deux autres chasseurs sont arrivés avec le même objectif dans la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie. Ils font partie du groupe de six F-35A Lightning II transférés le 15 avril des Etats-Unis à la base anglaise de Lakenheat.

 

C’est le premier « déploiement d’entraînement » de F-35 étasuniens outre-mer, communique la U.S. Air Force, en soulignant qu’il « renforce la sécurité de nos alliés Otan et partenaires européens et démontre notre engagement pour la sécurité régionale et mondiale ». Le ministre estonien de la défense Tsahkna a déclaré, à la cérémonie de bienvenue, qu’ « héberger un avion aussi avancé constitue une reconnaissance de l’important rôle joué par cette base ». Ämari est en effet la principale base de la mission Otan de « surveillance aérienne » de la Baltique, où des chasseurs-bombardiers fournis par roulement par les membres de l’Alliance (Italie comprise) sont prêts au décollage vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour « réagir rapidement aux violations de l’espace aérien ». La base se trouve à environ 200km du territoire russe et à environ 400km de l’enclave russe de Kaliningrad, qu’un chasseur peut rejoindre en quelques minutes. Stratégiquement importante aussi Graf Ignatievo, une des quatre bases USA en Bulgarie, à à peine plus de 500km du territoire russe.

Le choix de ces bases pour le premier exercice des F-35 en-dehors du territoire étasunien a de multiples objectifs. Avant tout celui de renforcer la « European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les Etats-Unis en 2014 pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens face à « une Russie qui veut de plus en plus s’imposer avec ses actions agressives ». Pour cette opération, dans laquelle entre le déploiement de la 3ème Brigade blindée US en Pologne, ont été attribués 3,4 milliards de dollars pour l’année fiscale 2017.

L’exercice des F-35 sert en même temps à « intégrer le nouveau chasseur de 5ème génération dans l’infrastructure Otan ». Pour le moment, communique la U.S. Air Force, on ne prévoit pas d’utiliser le F-35 dans la « surveillance aérienne » de la Baltique, mais « si nécessaire, le chasseur pourrait être utilisé au combat ».

Un autre objectif de l’exercice, effectué aux frontières de la Russie, est celui de tester la capacité du F-35 d’échapper aux radars russes. C’est en substance un essai d’attaque nucléaire : le nouveau chasseur est de fait destiné à être le principal vecteur de la nouvelle bombe nucléaire B61-12 par laquelle les USA vont remplacer les actuelles B-61 à partir de 2020. L’Italie disposera à la fois des F-35 et des B61-12, utilisables dans des opérations sous commandement USA.

Un objectif ultérieur de l’exercice est de démontrer que le nouveau chasseur de Lokheed Martin, malgré les nombreux problèmes techniques, est désormais « combat ready » (prêt au combat), en démentant les prévisions de ceux qui pensaient qu’il ne volerait jamais. Le 26 avril, Lokheed Martin a reçu un contrat de 109 millions de dollars pour l’upgrade (modernisation) d’un des nombreux software du chasseur. Le 1er mai, la société a reçu un autre contrat d’une valeur de 1,4 milliards de dollars, pour la production initiale de 130 F-35 Lightning II du lot 12, destinés aux Etats-Unis et à d’autres pays.

Il est maintenant essentiel que le chasseur « combat ready » soit utilisé dans une guerre pour être déclaré « combat proven », testé au combat. Dans l’attente, il est envoyé en Estonie et Bulgarie combattre la nouvelle guerre froide contre la Russie pour nous « rassurer », nous Européens.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

 

Caccia Usa F-35 in Estonia e Bulgaria. Schierati nelle basi a pochi minuti di volo dalla Russia

Edition de jeudi 4 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/cacciabombardieri-usa-f-35-schierati-in-estonia-e-bulgaria/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.
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La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide.

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Nation, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Grèce, #le nazisme, #Terrorisme

La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide

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La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide

Le 12 février 1945, deux traités signent le basculement de l’Europe dans une guerre froide qui va durer pendant plus de 40 ans. À Yalta, Churchill, Eisenhower affaibli et Staline posent pour la photo immortalisant la signature du traité qui répartit l’Europe en zones d’influence. Ils entérinent ainsi un partage dessiné à la va-vite par Churchill et Staline au Kremlin, un soir d’Octobre 1944.

Des résistants de l’ELAS, en larmes, déposent leurs armes en février 1945

Ce même jour du 12 février 1945, à Varkiza, dans une propriété des contreforts du Mont Hymette plantée d’oliviers, les dirigeants de l’EAM et le gouvernement de transition grec signent le traité de désarmement imposé par les Britanniques aux maquisards qui ont libéré la Grèce de leurs seules forces. Deux jours plus tard, arrivé directement de Yalta, Churchill assiste à la reddition des armes par les résistants progressistes qui pleurent de rage. C’est la voie ouverte aux anciens miliciens collaborateurs pour instaurer dans toute la Grèce une terreur blanche qui va se transformer quelques mois plus tard en véritable guerre civile. Mais comprendre les causes du conflit fratricide qui déchire la Grèce à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale implique un retour sur la période immédiatement précédente, celle de la résistance à l’occupation nazie.

Quand les Allemands entrent dans Athènes en 1941, presque tous les membres du KKE (Parti Communiste Grec), pourchassés par le dictateur Metaxas, sont en prison. Nikos Zachariadis, le Secrétaire Général du KKE, né à Istanbul et formé à Moscou, est transféré de sa prison grecque à Dachau – où il survivra comme kapo pendant quatre ans. Seuls quelques deux cents militants circulent encore dans la clandestinité. Sous la coupe des puissances européennes depuis son indépendance en 1830, alternant faillites et nouveaux emprunts pour rembourser l’argent avancé par le Royaume-Uni  lors des luttes pour son indépendance en 1824, la Grèce reste un pays essentiellement rural. Pourtant, lors de l’hiver rigoureux de 1941-42, une famine meurtrière, provoquée par les confiscations et pillages allemands mais aussi par le blocus anglais, tue plus de 100 000 personnes. La résistance grecque à l’occupant nazi s’organise très vite autour de la solidarité et des soupes populaires de l’EA (Solidarité Nationale). Elle se renforce lors des grandes manifestations contre le travail obligatoire, que les occupants n’ont jamais réussi à imposer aux Grecs mais qui a été remplacé par un « prêt obligatoire » qui justifie ainsi le pillage de la Banque de Grèce. En province, la Résistance se fédère à travers la lutte contre les confiscations des récoltes. En surgit l’organisation EAM (Front National de Libération) autour d’un petit noyau de communistes qui ont échappé aux répressions de Metaxas. Au sein de l’EAM, syndicats et partis progressistes rassemblent de larges tranches de la population, classes moyennes et religieux compris.« En seulement deux années, le KKE devient un parti de masse avec plus de 200 000 membres ; il est en effet considéré comme l’expression par excellence de la classe ouvrière et des masses populaires, l’inspirateur et le centre qui contrôle le bloc résistant rassemblé autour d’EAM. »

Début 1942 le militant communiste Thanassis Klaras, nom de guerre « Aris Velouchiotis« , part dans les montagnes de Grèce Centrale pour fonder  l’ELAS, Armée Populaire de Libération de la Grèce, bras armé de l’EAM, en recrutant les villageois. Des agents britanniques sont parachutés « pour organiser un maquis » et saboter les voies ferroviaires grecques qui ravitaillent la campagne d’Afrique. Ils sont étonnés de trouver l’ELAS déjà bien établie et progressant très vite, grâce aux succès militaires de Velouchiotis et de ses combattants. « Aris » devient vite légendaire par son charisme, ses talents de stratège et ses succès militaires contre les occupants allemands. Les sabotages et les actions se succèdent, à chaque fois lourdement punies par des exécutions de civils et des destructions de villages, 879 villages rasés et 460 partiellement détruits au mois de juillet 1944.

Les résistants de l’ELAS libèrent dès 1943 une grande partie du pays, administrée selon un système d’autogestion et de justice sociale – qui n’avait encore jamais si bien fonctionné dans les zones montagnardes – contrôlé et géré par des assemblées populaires. L’EAM-ELAS parvient même à organiser des élections nationales en vue de constituer un Comité provisoire de libération nationale. 1,8 million d’électeurs, femmes comprises, votent sur tout le territoire, à la barbe des forces allemandes dans la capitale et les zones occupées. Un « gouvernement de la montagne » est désigné, pour gérer le pays en attendant la libération. L’enjeu est de taille : organiser le pays sur les principes de la laocratie, gouvernement du peuple, après nationalisation de la grande industrie et des banques, mais respect de la petite propriété et de la liberté de culte – les Grecs sont profondément croyants, et nombreux sont les popes qui se battent aux côtés des résistants. Il s’agit surtout que le pays ne retombe pas sous la coupe du roi anglophile Georges II, qui a livré le pays au dictateur Metaxas en 1936. Dans ce but, le Premier ministre britannique Winston Churchill cherche depuis 1942 à diviser les différents groupes de résistants, en encourageant à coup de livres d’or la droite nationaliste de l’ancien officier Zervas à s’engager elle aussi dans la résistance, pour ne pas laisser le champ libre aux communistes de l’EAM-ELAS à la Libération. Il souhaite ainsi s’assurer que le roi Georges II, dont personne ne veut plus en Grèce, remontera sur le trône à la fin de la guerre.

Plus prosaïquement, un anticommunisme viscéral inspire les projets du Foreign Office et dicte toute la politique britannique en Grèce ; les envoyés de Londres iront jusqu’à laisser se conclure des accords entre leurs protégés et les forces d’occupation, contre la Résistance communiste. À la Libération, ils laisseront les Allemands se retirer sans perte pour aller se battre sur le front de l’Est, afin d’éviter que les résistants communistes ne s’emparent d’une partie décisive du pays.

 

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Les médias vous mentent sur la Macédoine. Les États-Unis sont en train d’y soutenir un coup d’état illégal

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Yougoslavie

Les médias vous mentent sur la Macédoine. Les États-Unis sont en train d’y soutenir un coup d’état illégal

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Les médias vous mentent sur la Macédoine. Les États-Unis sont en train d’y soutenir un coup d’état illégal

Vous protestez contre un coup d’état parrainé par les Etats-Unis dans votre pays ? Eh bien, alors vous êtes xénophobe

La narrative des médias : Des manifestants haineux ont pris d’assaut le parlement macédonien après que Talat Dzaferi, d’origine albanaise, ait été élu président du parlement pour la première fois.

La vérité: Les manifestants ont pris d’assaut le parlement parce que Dzaferi a été déclaré président du parlement d’une manière illégale, contraire à la Constitution dans le cadre d’un coup d’Etat en cours. Cela n’avait absolument rien à voir avec son origine ethnique.

 

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Macedonia_Political_Crisis_03673-16260

 

Même si Dzaferi a été « élu » de manière irrégulière, les États-Unis et l’UE ont déjà déclaré qu’ils reconnaissaient sa nomination. Cela ouvre maintenant la voie pour les partis albanais ethnique et le plus petit des deux principaux partis macédoniens (sociaux-démocrates) pour proclamer un gouvernement sans le feu vert du Président de la République requis par la Constitution.

Ce dernier a bravé la pression des Etats-Unis et de l’UE de permettre aux sociaux-démocrates de former un gouvernement minoritaire, sans le parti VMRO-DPMNE qui a obtenu une victoire relative aux élections, jusqu’à ce que leurs dirigeants abandonnent leur soutien à la plate-forme de Tirana. La plate-forme Tirana est un pacte entre les sociaux-démocrates et les partis albanais de Macédoine établi à Tirana, en Albanie sous le parrainage du Premier ministre de l’Albanie, Edi Rama, pour transformer la Macédoine en état albanais et macédonien binational. Dans cet accord, tout ce qui concerne la Macédoine, de son drapeau jusqu’à son nom même, devrait être renégocié avec la minorité ethnique albanaise.

Les Albanais bénéficient déjà d’un statut en Macédoine dont les Russes d’Estonie et de Lettonie ne peuvent même pas rêver. Leur langue est officielle là où ils forment plus de 20 pour cent de la population, et dans la culture politique de la Macédoine le vainqueur relatif des élections entre les partis albanais est toujours invité à participer à la coalition gouvernementale. (Mais maintenant, les Etats-Unis et l’UE veulent découper la partie gagnante parmi la majorité macédonienne – Ce que le Président est en fait prêt à faire, mais seulement  si les perdants, les sociaux-démocrates, abandonnent la plate-forme Tirana)

 

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Marko Marjanović

Traduction : AvicRéseau International

http://russia-insider.com/en/politics/media-lying-you-macedonia-us-backing-illegal-coup-detat/ri19710


 
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