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Le blog de Lucien PONS

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« L’atlantisme et le sionisme sont les deux mamelles des néocons » par Michel Raimbaud

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République

 

« L’atlantisme et le sionisme
sont les deux mamelles des néocons »
par Michel Raimbaud

samedi 10 juin 2017, par Comité Valmy

« L’atlantisme et le sionisme
sont les deux mamelles des néocons »

À l’occasion de la réédition actualisée de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » (1), nous avons rencontré Michel Raimbaud. L’ancien diplomate, qui écrit avec des convictions en s’appuyant sur des faits bien documentés, insiste sur le façonnement en cours du Moyen-Orient, et plus vastement du monde, entrepris par les néoconservateurs américains, avec la complicité des élites occidentales.

 

Pourquoi crier au « conspirationnisme » lorsque l’on est saisi par la clarté du grand dessein annoncé urbi et orbi par ses propres promoteurs ? Cela fait longtemps que Michel Raimbaud, écrivain habité par la passion de l’État, sincère, engagé et aux accents volontiers gaulliens, ne prête plus d’attention aux chiens de garde de l’establishment qui le snobent. Ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, et bien connu des lecteurs d’Afrique Asie, ce fin connaisseur du monde arabe et de l’Afrique a servi comme diplomate dans de nombreux pays (avec un long passage au Brésil), avant de diriger l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Tout reste d’actualité dans Tempête au Moyen-Orient, ouvrage dans lequel il dénonce les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et, aujourd’hui, de la Syrie.

Revenons sur l’affaire des « bombardements chimiques » d’Idlib, en Syrie, en avril dernier. Pourquoi ne criez-vous pas avec les loups sur la responsabilité du régime syrien ?

Nous nous trouvons face à une redite de l’affaire Colin Powell de 2003 en Irak et de la séquence de l’été 2013 en Syrie (attaque de la Ghouta). Je n’entrevois que deux explications possibles : ou bien ce sont les rebelles qui ont utilisé les armes chimiques en appliquant la technique familière du false flag (faux pavillon), maquillant par la suite les photos des enfants. Ces enfants n’auraient-ils pas été tués puis « soignés » par ces escrocs de l’humanitaire que l’on nomme les « casques blancs », autrement dit des associés du Front Al-Nosra, la franchise syrienne d’Al-Qaïda ? Sinon, comment expliquer que les injections, à en croire certaines vidéos, semblent factices, le niveau du liquide demeurant inchangé du début à la fin de la piqûre de « réanimation » ? Si ces cadavres d’enfants morts, soigneusement alignés comme à une parade pour les besoins de la propagande, avaient été gazés, il eût été bien imprudent de s’exposer avec eux sans précaution.

Ou bien, s’il s’agit d’un bombardement de l’armée syrienne sur ce dépôt, cela veut dire que le gaz appartenait aux rebelles. Car on sait qu’en Syrie le démantèlement de l’arsenal des armes chimiques et bactériologiques a eu lieu sous contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), après les inspections onusiennes.

Un mensonge de plus donc ?

La ficelle est bien grosse. Les mensonges sont légion dans le cas syrien, tellement nombreux qu’il s’avère difficile de les « traiter » tous. C’est une conséquence typique des théories que j’ai étudiées dans mon livre, à savoir les stratégies mises en œuvre par Washington : le chaos innovateur, la théorie du fou et le false flag, autant d’intox dont les mécanismes ont été démontés, notamment par Michel Collon. En définitive, si « complotisme » il y a, ce sont les comploteurs eux-mêmes qui aiment les complots puisqu’ils en sont les auteurs, et non pas ceux qui les dénoncent, systématiquement qualifiés de « complotistes » afin de les discréditer par avance. Dans un ordre d’idées proche, les régimes takfiristes qui financent les « révolutions » chez leurs voisins espèrent ainsi faire oublier leur nature profondément réactionnaire.

Il y avait déjà un certain cynisme de la part des intellectuels américains au temps où l’on pérorait sur le contenu de la fiole qu’avait brandie Colin Powell au Conseil de sécurité de l’Onu en 2003. Ils disaient : « L’Amérique est le plus grand empire qui ait jamais existé sur Terre, discutez et critiquez telle ou telle de nos actions si vous voulez, nous, pendant ce temps, nous créons des réalités nouvelles et nous faisons l’Histoire ! » Effectivement, pendant que tout le monde disserte : les idiots utiles, les médias, les universitaires et la classe politique rivalisant en bêtise tout en maintenant une omerta faramineuse sur les faits, les neocons façonnent effectivement cette Histoire dont nous sommes les témoins. Cela participe à un enfumage qui ne nous donne pas le loisir d’anticiper les mauvais coups que préparent ces néocons. Que répondez-vous aux accusations de connivence entre Moscou et Washington ?

Il n’y a pas de connivence entre la Russie et les États-Unis. Si les Russes jouent la carte de la diplomatie, c’est pour trouver une solution politique. Je m’étonne également que le communiqué tripartite publié par Damas, Moscou et Téhéran au lendemain de l’attaque américaine du 4 avril sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n’ait pas été divulgué dans les médias mainstream. Ce communiqué se voulait un cinglant avertissement adressé à l’administration Trump, rappelant les fondamentaux : respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité de la Syrie, et son droit de reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire.

Concernant l’hésitation du président Obama en 2013 qui, finalement n’a pas donné l’ordre d’attaquer, je me souviens avoir été parmi les rares personnes à être persuadées qu’il n’y aurait pas de frappes…

Qu’est-ce qui a freiné Obama ?

Obama n’est pas un personnage limpide. C’était sa façon à lui de s’affirmer en ne bombardant pas. Non pas qu’il soit revenu à de meilleurs sentiments, car il était suffisamment bien informé par ses renseignements pour connaître la vérité, mais parce qu’il voulait marquer son pouvoir présidentiel face au think tank collectif qui l’entourait – c’est ce qu’il affirme dans une interview en forme de testament.

J’évoque souvent « l’État profond néoconservateur » pour « expliquer » ce qui, sinon, pourrait paraître inexplicable. À mes yeux, ce concept est d’une importance fondamentale. Devenu populaire, il est une réalité visible, voire très voyante, depuis la fin de la guerre froide. Il se réfère à la doctrine dominante qui crée une symbiose idéologique entre les décideurs, les acteurs, les faiseurs d’opinions dans tous les secteurs de la vie publique et tous les cercles de pouvoir (politiques, diplomates, hiérarchie judiciaire, élites intellectuelles, journalistes, milieux d’affaires, communautés diverses, lobbies, etc.).

Né dans le camp républicain qui est son berceau et ancré sur le double messianisme religieux du judaïsme et des Églises protestantes dites « Églises d’éveil », l’État profond néoconservateur s’est solidement implanté dans les rangs démocrates, avant de trouver des terreaux favorables dans toutes les terres d’Occident et dans les États les plus improbables. La France est loin d’échapper à la règle, tant est grande l’idolâtrie des élites vis-à-vis de tout ce qui vient d’Amérique et le lien de vassalité que celles-ci ont intériorisé durant les décennies passées.

À Paris, les quartiers généraux et/ou les bastions de cet « État profond » sont divers et variés : non seulement au Quai d’Orsay où sévit la « secte » ou la « meute » néocon, mais aussi à Matignon, à l’Élysée et dans les rouages de la société et les arcanes du pouvoir. Les élites parisiennes sont depuis des années cooptées dans le fameux programme des « Young Leaders » de la fondation franco-américaine. On chercherait en vain un clivage entre droite et gauche « de gouvernement ».

Comment avez-vous observé l’évolution de la trajectoire des néoconservateurs français depuis le Quai d’Orsay ? Comment et quand ont-ils essaimé ?

Historiquement, les origines du néoconservatisme remontent à la création des États-Unis, à l’arrivée des « Pilgrim Fathers », ces Pères fondateurs, pour l’essentiel des protestants fuyant l’Europe pour des raisons religieuses et se référant à la Bible plutôt qu’au Nouveau Testament. En vertu du messianisme qui les inspirait, ils pensaient que Dieu les avait guidés vers l’Amérique afin qu’ils deviennent le nouveau peuple élu. Notez le parallèle avec le sionisme… Du reste, les groupes ou lobbies chrétiens sionistes s’inscrivent dans cette tradition. Les premiers migrants en Amérique se référaient à la pensée de Cromwell, imprégnée de mystique sioniste. Mais il faut attendre l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 1980 pour que cette mystique trouve sa traduction politique dans le néoconservatisme, une traduction associée à la promotion du néolibéralisme et à la fin de la détente.

C’est sous le mandat de Reagan que l’on assiste au retour de la confrontation contre l’URSS, encouragé par la Britannique Margareth Thatcher et le pape Jean-Paul II. Si l’équilibre de la terreur les empêche alors d’agir en transgressant les règles du jeu, les neocons (on ne les connaît pas encore sous cette appellation) ont les coudées franches à partir des années 1990-1991, après l’implosion de l’URSS et la disparition du « bloc communiste ». À noter que Donald Trump est le produit plus ou moins inavoué de cet establishment (malgré ses affirmations) puisqu’il semble considérer Reagan comme un père spirituel et se réfère volontiers aux Pères fondateurs de l’Amérique.

Trump a pourtant fondé son discours de campagne en s’opposant aux élites de Wall Street afin d’engranger des soutiens dans l’Amérique profonde…

S’il a été élu par le « petit peuple » et par « l’Amérique profonde » contre l’establishment, il ne pourra pas résister longtemps aux pulsions de l’État profond. Très isolé face aux élites, il en a bien eu besoin sitôt élu. Au passage, le fait qu’il bombarde la Syrie dès son début de mandat fait de lui un « président normal », et cela deux jours à peine après avoir fait une proposition de reprise de contact à Bachar al-Assad par l’intermédiaire d’une congressiste américaine (démocrate) chargée par Trump lui-même de transmettre un message en ce sens au président syrien. Voilà la théorie du chaos remise en application : elle correspond à dire tout et son contraire.

Il n’est pas évident pour les Américains de gérer cette théorie du chaos, qui paraît très anglo-saxonne, en ce sens qu’elle permet d’associer toutes les ambiguïtés, selon une méthode que l’on retrouve dans le langage des ONG, dans les discours du FMI, dans le style des politiques et diplomates américains : mélanger le passé et le présent, les affaires importantes et les détails, la réalité et la fiction. Cela ouvre beaucoup de possibilités aux prestidigitateurs du droit, aux manipulateurs de valeurs, aux magiciens maîtres de l’Univers. C’est également une illustration de la « théorie du fou » inventée par Kissinger au temps de Nixon : les États-Unis ont vocation à être les maîtres du monde et entendent le rester ; pour effrayer leurs ennemis, ils doivent projeter l’impression que l’Amérique est, en partie du moins, gouvernée par des dirigeants cinglés ou imprévisibles.

La ligne Trump représente un archétype de la « théorie du chaos innovateur » mise en œuvre selon les normes de la théorie du fou. Le président « flexible » est un pur produit de l’école néoconservatrice, fondée sur le double messianisme protestant et juif, évoqué précédemment. Dans ce contexte, notons que l’alliance avec les islamistes djihadistes n’est pas circonstancielle, mais naturelle, les islamistes radicaux se réclamant également d’une mission divine, afin d’éradiquer tout ce qui s’écarte de leur conception de l’islam et recréer in fine un califat, un État islamique fondé sur la charia (la loi coranique interprétée à leur façon).

Vous ne m’avez toujours pas dit à quand remonte la pénétration du néoconservatisme dans les arcanes du pouvoir français.

La première manifestation de leur apparition en France remonte, me semble-t-il, au lendemain de la chute de l’URSS et à la signature du traité de Maastricht en 1992. François Mitterrand n’était pas néoconservateur, mais son entourage l’était en bonne partie, ou faisait du néoconservatisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.

La seconde manifestation intervient à mon sens avec la crise affectant les relations franco-africaines en 1994, marquée par la dévaluation inopinée du franc CFA de 50 % sous la pression conjointe de la Banque Mondiale et du FMI. L’héritage gaullien, déjà ébréché, va dès lors être dilapidé de plus en plus ouvertement, la France renonçant de facto – en le niant – aux attributs de sa souveraineté. Dans la foulée du baroud d’honneur du duo Chirac-Villepin en 2003 concernant l’opposition de la France à la guerre en Irak, le président Chirac va s’affoler et multiplier des concessions inutiles, allant au-devant des sollicitations de Washington. Le retour au commandement intégré de l’Otan se fera en douce ; il ne restera plus qu’à l’afficher politiquement, ce qui sera chose faite dès le début du mandat de Sarkozy.

Paris appuiera ainsi les sanctions contre la Syrie promulguées par le Congrès américain par le biais du Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act en décembre 2003. La France sera en quelque sorte chargée de « gérer » pour le compte de Washington le dossier de la détérioration programmée des relations avec Damas. Le levier libanais (à la suite à l’assassinat du premier ministre Rafiq Hariri, ami de Chirac) sera utilisé pour convaincre Paris d’assurer cette mission : jusque-là assez bonnes, les relations franco-syriennes vont dès lors se dégrader brutalement. Elles ne s’en remettront pas, malgré une brève embellie sous l’ère Sarkozy.

La pénétration du courant néocon s’accompagne d’une opération de casse menée contre les diplomates du Quai d’Orsay, tenu pour pro-arabe : le cadre d’Orient, les arabisants et les islamisants en premier lieu sont ciblés. Cette offensive qui ne dit pas son nom emprunte deux biais : on disperse les experts de la région dans des zones géographiques éloignées du monde arabe, et on recrute pour les postes clés des énarques et technocrates formatés. À cela s’ajoute les saignées budgétaires consécutives et incessantes, le recours à des contractuels, l’ubérisation, autant d’éléments qui ont définitivement sapé notre action diplomatique et notre rayonnement à l’international. Au vu de l’ampleur des missions d’un « Département » (comme on l’appelle), régalien par excellence, le budget du ministère des Affaires étrangères a toujours été relativement modeste, ne dépassant pas 1 % du PIB. Depuis un quart de siècle, on ne parle plus que d’austérité !

Qu’est-ce qui motive les diplomates néocons de la « secte » du Quai d’Orsay à poursuivre cette politique, selon vous ?

Le suivisme, l’atlantisme et le sionisme, qui sont pour ainsi dire synonymes.

Dans le cas du dossier nucléaire iranien, l’équipe de Laurent Fabius n’était-elle pas motivée par la défense de l’intérêt national en freinant des quatre fers l’acquisition de la bombe par Téhéran qui affaiblirait les positions de la France dans la région ?

Non. Cela faisait partie des rôles délégués à la France et aux Européens par Washington. Le dossier du nucléaire iranien, dont le programme remonte à l’époque du chah, a été fabriqué par les ancêtres des neocons américains dans le cadre du projet « Atome pour la paix ». Il avait toujours fait l’objet de l’unanimité nationale en Iran ; tout le monde trouve ça très bien et personne en Occident n’y a trouvé à redire jusqu’à la révolution islamique. Le dossier a ressurgi dans la foulée de l’occupation de l’Irak. Après la guerre irano-irakienne (politique du double endiguement), puis la première et la seconde guerre d’Irak qui ont mis ce pays à terre, les États-Unis ont délégué à la France, au Royaume-Uni et à l’Allemagne la gestion du dossier. En cela, il me semble que l’ancien président Khatami s’est engouffré dans un piège, d’où la rupture actée par son successeur Ahmadjinehad.

En 2006, le dossier est transféré de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les cinq membres permanents sont des « puissances nucléaires légales ». Ce qui va accentuer la pression sur Téhéran et dévoiler les objectifs cachés de la « négociation nucléaire ». La signature de l’accord « historique » en juillet 2014 n’a pas réglé le différend de fond entre l’Iran et ses quatre interlocuteurs occidentaux (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Les néoconservateurs sortent-ils fragilisés par l’élection de Donald Trump ?

Non, au contraire, car il est leur meilleur représentant. Trump s’est fait élire sans le soutien des élites. Mais une fois au pouvoir, il ne peut se contenter de l’appui des cowboys ou des mormons. Or, depuis des lustres, les élites américaines, tous partis confondus, sont néoconservatrices. Trump a dû aller puiser dans le même réservoir où aurait pioché Hillary Clinton (État profond, Goldman Sachs…) si elle avait été élue. Trump n’a pas d’autres choix que d’obtempérer aux desiderata de l’État profond américain. Il suffit de voir ses choix en ce qui concerne ses ministres et collaborateurs (au sein de l’establishment) et ses décisions, notamment en politique étrangère. En Syrie et Russie, par exemple.

En France, l’atlantisme et le sionisme sont désormais les deux mamelles des néocons. Cette adhésion a commencé avec Chirac, puis s’est finalisée avec Sarkozy qui parlait de « retour au bercail » pour justifier la réintégration pleine et entière de nos forces au sein du commandement intégré de l’Otan. Pour ce qui est de Hollande, je ne vous apprends rien en vous disant que les socialistes ont un ADN européiste, sioniste et colonialiste qui remonte au minimum à Guy Mollet (sous la IVe République). Ce n’est nullement une légende. Durant son deuxième mandat, Mitterrand aura cette déclaration de fossoyeur : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir. » Petit à petit, cette idée a gagné du terrain au Quai d’Orsay et dans « l’État profond », y compris à l’Université, sensible aux sirènes de l’Amérique, de l’Europe, de l’Otan, de la globalisation et de ses succursales diverses.

On a bien vu dans la campagne présidentielle française que l’Europe était relayée à un rang subalterne. Un grand nombre de candidats ont rivalisé dans leurs discours prosouverainistes. Cet idéal vend-il encore ?

 

L’Europe n’est pas une idée populaire, contrairement à ce qu’affirment les illusionnistes du « rêve européen ». Les candidats ont souvent promis de « renégocier » les traités européens, ce qui est un leurre à usage électoral. À toutes les élections, on nous a fait la même promesse. De mon point de vue, l’Europe est la prison de la France. Ce n’est pas nous qui décidons. Allons même plus loin : nous nous indignons que les décisions nous concernant soient prises à Bruxelles, alors qu’en réalité c’est en Amérique que tout se décide. Nos élites du mainstream se satisfont de ce statut de « territoire » à la Massachusetts, auquel la France a été réduite. Mais alors, à quoi bon payer et entretenir cette administration bruxelloise tentaculaire et si onéreuse qui prend ses ordres à Washington ?

La réédition de votre livre connaît un vif succès. Pourtant, vos détracteurs ne vous épargnent pas dans la véhémence de leurs attaques…

 

Je reprends à mon compte ce proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l’imbécile montre le doigt. » J’écris en fonction de mes convictions. La thèse que je développe est bien documentée et rend compte des réalités, de l’enchaînement d’événements qui autrement resteraient incompréhensibles. Elle me semble beaucoup mieux acceptée et comprise en cet an VII de la « tempête sur le Grand Moyen-Orient » qu’il y a deux ans. En effet, rien dans les évolutions constatées n’est venu démentir ce qui était inscrit dans la première édition, au niveau du Moyen-Orient, du Grand Moyen-Orient de George W. Bush, au sein de l’islam et en ce qui concerne l’ordre du monde dont la mutation se dessine sous nos yeux. Autant de sujets qui font l’objet de mon ouvrage.*

 

Michel Raimbaud
9 juin 2017

Propos recueillis par Tigrane Yégavian

(1) Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Michel Raimbaud, 2e édition enrichie et remise à jour, Éd. Ellipses, 716 p., 28 euros.

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Normandie Niemen - Les ailes de la fraternité

12 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #La guerre, #La Russie, #L'OTAN., #L'armée française, #AMERIQUE

samedi 9 mai 2015

Normandie Niemen - Les ailes de la fraternité

 

Ce film raconte l'histoire du régiment « Normandie Niemen » , formation aérienne de l'armée de l'air Française ayant combattu l'Allemagne nazie au cours de la seconde guerre mondiale sur le front de l'Est de 1943 à 1945.
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Les Confessions d'un assassin financier - John Perkins

12 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Les transnationales

Les Confessions d'un assassin financier - John Perkins

Les Confessions d'un assassin financier - Révélations sur la manipulation des économies du monde par les États-Unis est la traduction en français du livre Confessions of an Economic Hit Man écrit par John Perkins et publié en 2004. Perkins y relate sa carrière dans la firme de consultants Chas. T. Main (en) de Boston. Avant d'être engagé par la firme, l'auteur affirme avoir passé une entrevue pour un travail à la National Security Agency (NSA). Perkins affirme que cette entrevue a servi de test pour devenir ce qu'il nomme un « assassin économique » (economic hit man). Selon Perkins, il a commencé à écrire Confessions of an Economic Hit Man dans les années 1980.

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Une vague en trompe l’œil ? par Jacques Sapir

12 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Macron

Analyse à chaud de Jacques Sapir.

Pour ma part je retiens :

1/ évidemment la très forte abstention, surtout des jeunes et des catégories qui souffrent le plus :

2/ la difficulté à analyser finement les résultats des partis. En effet, si les Français ont voté “comme ils le souhaitaient” au 1er tour de la présidentielle, il y a un biais énorme pour les législatives, peu rappelé. Quand vous êtes électeur FN à Paris, vous allez voter au 1er tour de la Présidentielle pour votre candidate – peu importe qu’au final elle ne fasse que 10 % à Paris. Mais pour les législatives, votre vote est inutile, car il n’y a aucune chance qu’un candidat FN l’emporte à Paris : beaucoup d’électeurs FN ne vont donc pas voter, d’où la forte baisse constatée par rapport à la présidentielle. Idem pour les électeurs France Insoumise (pourquoi l’électeur FI a Neuilly va-t-il aller faire la queue ?). Bien sûr, ceci est trop profond pour certains “philosophes”…

3/ l’injustice délirante de notre mode de scrutin qui aboutit à des résultats clairement non-démocratiques à ce stade. Mais nous en reparlerons la semaine prochaine.

4/ pour conclure sur “la vague” macronienne (pas vu dans les médias) :

P.S. N’oubliez pas de venir discuter de tout ceci à notre afterwork de ce vendredi (avec déclinaison en province)

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Une vague en trompe l’œil ?, par Jacques Sapir

Source : Le blog de Jacques Sapir, 11/06/2017

Le premier tour des élections législatives s’est caractérisé par une très faible participation. Le taux d’abstention dépasse les 51%. A titre de comparaison il convient de rappeler que l’abstention avait été de 36% en 2002, de près de 40% en 2007 et de 43% en 2012. Nous sommes devant un (triste) record historique. Ceci indique que les électeurs sont largement insatisfaits par l’offre politique qui leur était présentée. Et peut-être, plus profondément, qu’ils ont voulu protester contre le hold-up auquel s’est livré notre Président, Emmanuel Macron, avec la connivence d’une partie de la presse, au détriment de la démocratie. Dans le même temps, ces élections ont été marquées par ce que les commentateurs qualifient eux-mêmes de « vague » au profit du parti du Président, un parti qui devrait largement remporter la majorité absolue au parlement lors du 2ème tour.

Alors que le taux d’abstention avait été bas pour l’élection présidentielle, plus d’un électeur sur deux se sont mis en position d’objection de conscience, tant par rapport à la force politique dominante, c’est à dire le parti du Président, que par rapport aux institutions. Ce fait décrédibilise un peu plus ces dernières, et fragilise la légitimité du Président et de son gouvernement. Cette « vague » pourrait bien s’avérer être un trompe-l’œil.

Un succès paradoxal ?

Ainsi, ce premier tour semble annoncer une large majorité pour le Président et à son parti La République en Marche. Il faudra néanmoins, attendre le second tour pour mesurer l’ampleur de ce phénomène, mais les projections faites sur la base des résultats du 1ertour annoncent une majorité de 390 à 450 sièges, sur les 577 que compte l’Assemblée. Ainsi, avec 32% des voix, La République en Marche pourrait obtenir entre 70% et 75% des sièges. C’est un succès majeur, mais un succès que vient immédiatement mettre en doute la très faible participation.

Si ce résultat se confirme, Emmanuel Macron pourra donc mettre en œuvre sa politique, et en particulier les réformes sociales qu’il a annoncées. Diverses fuites concernant ces réformes sociales qui pourraient donc être décidées dès cet été commencent à soulever une légitime émotion[1]. Le gouvernement s’en est ému, qui veut attaquer en justice les auteurs de ces « fuites »[2], alors qu’il avait commencé par affirmer que ces documents ne représentaient pas la position du gouvernement. Comprenne donc qui pourra…

Outre la méthode utilisée – les ordonnances – c’est bien le contenu de ces réformes qui pose aujourd’hui problème. Mais, ces réformes en réalité sont cohérentes avec les choix européens, et mêmes européistes, du Président. En fait, elles reprennent nombre des recommandations de l’Union européennes. On voit que ce qu’il y a en surplomb au-dessus de ces réformes, c’est bien la question de l’Union européenne et celle de l’Euro. Les adversaires du président Macron et de son parti seront confrontés rapidement à de réelles questions de cohérence.

Cohérence tactique d’abord : vont-ils considérer que l’adversaire principal est le parti du Président, ou vont-ils persister à penser qu’il y a un réel danger « extrémiste » en France, un danger qui serait représenté tant par la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon que par le Front National de Marine le Pen ? De cela dépendent les consignes de désistement. Mais, ces mêmes adversaires d’Emmanuel Macron seront aussi confrontés à un problème de cohérence politique. Soit ils acceptent les présupposés du Président, et ils seront en difficultés pour contester ces futures réformes, soit ils s’opposeront de manière cohérente et conséquente aux prémices de ces dernières, et ils pourront, alors, articuler une véritable critique du programme social d’Emmanuel Macron.

Le piège des législatives

On voit bien ici le piège qui a été tendu aux partis traditionnels par les responsables de La République en Marche, le parti du Président, un piège qui – pour l’instant – a réussi à camoufler les divers scandales dont des dirigeants de ce parti sont la cause. Ce piège a fonctionné en deux temps.

Tout d’abord, il s’est agi de présenter LREM comme un mouvement (et non un parti) appelé à « renouveler » la classe politique française, et à établir de nouveaux standards d’éthiques. Qu’en réalité ce mouvement soit bien un parti, et un parti rassemblant nombre des recalés de la politique française, qu’il s’agisse du parti de François Bayrou ou qu’il s’agisse des socialistes qui se sont recasés dans LREM avec gourmandise ne semble pas avoir dérangé les communicants embauchés à grand frais par Emmanuel Macron. Que ces vieilles ganaches de la politique française se soient révélées tout aussi coupables des mêmes manquement à l’éthique, ou à la loi, comme le montre les affaires qui se sont succédées, de Bayrou à Richard Ferrand, en passant par Marielle de Sarnez, ne semble pas non plus avoir beaucoup dérangé ces mêmes communicants. Il y a bien eu un mouvement du type « sortez les sortants » qui a massivement bénéficié à LREMmême si, sur ce point, on peut penser que l’importance de l’abstention dans ce premier tour des élections législatives montre que les électeurs n’ont pas été entièrement dupes.

Mais cela n’est qu’un aspect du piège. Un autre réside dans la manière dont les communicants de LREM ont réussi à construire une fiction, celle d’une opposition entre l’extrémisme et les gens « raisonnables », dans le but d’isoler ceux qui représentaient une véritable alternative au hold-up électoral d’Emmanuel Macron. De fait, dans les partis qui se partageaient traditionnellement le pouvoir, on cherche désormais à se présenter comme une opposition « constructive » au nouveau Président. Chez les survivants du parti dit socialiste, on n’hésite pas à s’afficher dans certains cas comme « majorité présidentielle ». Quant aux Républicains, que l’échec de leur candidat naturel, François Fillon a plongé dans un profond désarroi, ils hésitent entre un ralliement ouvert à LREM(ce qui est d’ores et déjà le cas du Premier-ministre, Edouard Philippe, de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin) et une forme d’opposition molle que porte l’inexistant François Baroin, promu par défaut chef de ce parti. D’ailleurs, les membres de ce parti partagent nombre des convictions, en particulier dans le domaine économique et social, avec Emmanuel Macron.

Ce double piège va fonctionner de manière redoutable en raison du code électoral français. Lors du second tour, les hésitations des uns et des autres, le refus d’avoir des règles de désistement claires en faveur du candidat d’opposition le mieux placé, vont probablement aboutir à ce qu’un parti qui a obtenu à peine plus de 30% des suffrages pourra disposer de plus de 70% des députés.

Les réformes qui viennent

C’est une situation qui est potentiellement grave en raison de la nature des réformes qu’Emmanuel Macron veut faire rapidement adopter, et de cela il ne s’en est pas caché. Pourtant, l’ampleur de l’abstention, l’une des plus importantes depuis une vingtaine d’année, montre bien qu’il n’y a aucune adhésion de masse à la politique voulue par Emmanuel Macron, et dont il a délégué l’exécution à un transfuge des Républicains choisi comme Premier-ministre.

Ces réformes, quelles sont-elles ? Le gouvernement entretient le flou sur cette question, et dément, en tout ou partie, les révélations qui ont été publiées dans la presse ces derniers jours. Mais, d’un autre côté, ces mêmes révélations sont tout à fait dans la logique de ce qu’avait déclaré Emmanuel Macron avant son élection.

Le point principal est certainement l’abandon des règles nationales, voire des règles de branches dans un certain nombre d’activité, pour donner la priorité aux accords d’entreprises. Ces accords d’entreprises pourraient décider des motifs de licenciements, du niveau des salaires, du temps de travail (et donc des heures supplémentaires) ou encore laisser le choix à l’entreprise d’user des CDD. De fait, cela aboutirait à créer une Code du Travail « à la carte » pour l’employeur. Par ailleurs, les indemnités de licenciements seraient plafonnées. Ces accords pourraient, sans que cela nécessite un accord des syndicats, être soumis directement à l’approbation des salariés de l’entreprise. De même, une grande réforme de l’assurance chômage est prévue conduisant à une couverture dite « universelle ». Mais, c’est une réforme qui, pour l’OFCE, aboutira dans les faits à baisser les indemnités chômage. En effet, les allocations de toutes les personnes ayant des trous dans leur parcours, comme par exemple avec quelques jours de battement entre 2 CDD, seraient ainsi diminuées. Cette diminution pourrait ainsi potentiellement concerner de 20% à 50% des demandeurs d’emplois, son ampleur dépendant alors des paramètres retenus, paramètres qui ne sont pas encore fixés[3]. Enfin, le gouvernement prévoit de supprimer une partie des cotisations sociales (ce qui augmenterait techniquement les salaires) en recourant à une augmentation importante de la CSG, augmentation qui est évaluée aujourd’hui à environ 21 milliards d’Euros, soit 1% du PIB, et qui serait payée par les retraités au-dessus de 1200 euros de pension de retraite.

Si la procédure des ordonnances est bien utilisée, alors ces réformes pourraient être adoptées dès le mois de septembre 2017. Ces réformes, on peut le constater à travers les projets qui ont « fuité » depuis ces derniers jours, aggravent considérablement la déjà très néfaste loi « Travail » dite aussi Loi El-Khomri.

Au-delà du tour de passe-passe sur les cotisations et la CSG, on voit bien que toutes ces mesures tendent d’une part à fragiliser la positions des salariés face aux employeurs, et c’est le produit de la logique de la négociation dans l’entreprise et non de la négociation collective, et d’autre part à faire baisser le niveau des salaires. La fragilisation de la position des salariés provenant de l’émiettement des négociations entreprises par entreprises aura des implications importantes sur les conditions de travail. Or ces dernières se sont déjà dégradées depuis ces dernières années. La possibilité pour les entreprises de déterminer dans les faits la durée légale du travail entrainera une baisse des heures supplémentaires, qui – à son tour – entrainera une perte de salaire pour les employés. La possibilité pour les entreprises de fixer les motifs de licenciements et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif vont donner aux entreprises la possibilité d’exercer un chantage et à la baisse des salaires (compte tenu de l’existence d’une important volant de chômeurs) et à la dégradation des conditions de travail.

Les conséquences de l’Union européenne ?

En apparence, ces réformes ont une justification. Les écarts de salaire minimum au sein de l’Union européenne sont énormes [4] : de 9 à 1 entre la France et la Roumanie et la Bulgarie, de 3,5 à 1 entre la France et la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, de 2 à 2,5 pour 1 par rapport à l’Espagne, au Portugal ; Le salaire minimum français est supérieur de 10% au niveau de celui du Royaume-Uni et de l’Allemagne mais de plus ces derniers pays ont des dispositions qui permettent aux entreprises, sous certaines conditions, d’embaucher sous le plafond légal. Et ceci ne concerne que les pays qui ont une loi fixant un salaire minimum, ce qui n’est pas le cas de l’Italie et de la Finlande. Bien entendu, le fait que la productivité du travail soit particulièrement élevée en France compense, en partie, ces écarts. Mais en partie seulement.

Avec le « marché unique », mais aussi la liberté totale des capitaux, les grandes entreprises peuvent développer dans les pays où le coût du travail est très bas des usines dont la productivité se rapproche rapidement de celle des usines en France. Dès lors, une première constatation s’impose : le « marché unique », qui est l’un des piliers de l’Union européenne, produit une logique de course au « moins disant/moins coûtant » qui se propage dans l’ensemble de l’UE. Si les entreprises bénéficient de cette course, les salariés sont bien entendu les premiers perdants.

Cette logique du « marché unique » aurait cependant pu être compensée par des mouvements de taux de change, produisant une réévaluation des pays où les coûts sont bas, et une dépréciation des monnaies des pays où les coûts (corrigés par la productivité) sont hauts. Mais, un tel mécanisme ne peut exister à partir du moment où existe la « monnaie unique », c’est à dire l’Euro. L’Euro interdit toute modification des taux de changes pour compenser les déséquilibres structurels. Par ailleurs, les taux d’inflation sont assez différents entre les pays de la zone Euro (l’Union Economique et Monétaire). De ce fait, on constate que l’Euro à conduit à l’existence d’un écart de 20% à 25% entre l’Allemagne (qui est la grande bénéficiaire de l’Euro) et la France ou l’Italie [5]. Il a d’ailleurs était montré que le niveau de dépréciation qu’impliquerait une sortie de l’Euro entraînerait des effets très positifs sur les économies, avec un surcroît de croissance équivalent à 1% par -10% de dépréciation [6]. Ainsi, et cela sans mobiliser d’autres ressources, la croissance de l’économie française monterait à 4% par an (1,2% + 2,8%).

Le résultat est là : quand on ne peut pas jouer sur le taux de change pour corriger des déséquilibres importants il ne reste plus qu’à faire baisser les salaires. Telle est la logique, à peine cachée, des réformes que nous proposent tant Emmanuel Macron que son Premier-ministre Edouard Philippe. Ces réformes visent à « adapter » la France aux exigences de l’UE. Elles impliquent que le centre de décision n’est plus à Paris mais à Bruxelles, voire à Berlin.

Quelle opposition au Parlement ?

On comprend alors la nécessité d’une forte opposition au Parlement, tout d’abord pour chercher à faire annuler les aspects les plus scandaleux de ces réformes, puis, par la suite, pour pouvoir demander des comptes au gouvernement. N’oublions pas, en effet, que l’un des rôles du Parlement, outre de légiférer, est d’exercer un contrôle à posteriori sur l’action du gouvernement. Cela implique des députés qui soient indépendants de ce même gouvernement.

Car, n’en doutons pas, ces réformes ne changeront rien. Ces mesures seront évidemment profitables pour les entreprises et leurs actionnaires. Mais, elles se traduiront par une compression de la demande solvable en France. Or, la demande solvable est aussi comprimée chez nos voisins, de l’Allemagne à l’Espagne, en passant par l’Italie et le Portugal. Si les profits des entreprises vont profiter de ces réformes, le niveau général d’activité va quant à lui décliner. En effet, le volume de production dépend des anticipations quant à la demande, et de leur mouvement soit à la hausse, soit à la baisse. Si les entreprises anticipent une stagnation, voire une contraction de cette demande, elles utiliseront les moyens crées par ces réformes pour licencier encore un peu plus. Ce que va provoquer cette vague de réformes que le gouvernement et le Président entendent rapidement mettre en œuvre, ce sera donc une hausse des profits, une baisse de la demande entraînant de nouveaux licenciements qui, à leur tour feront baisser la demande, entraînant encore plus de licenciements. Le gouvernement, confronté à cette situation, proposera certainement des nouvelles réformes, aggravant encore plus la situation, au début de 2019…

Rarement un gouvernement ne s’est apprêté à mettre en œuvre une telle politique de classe. Or, cela n’est aujourd’hui dénoncé que par les deux partis que la presse, pour une fois largement rassemblée dans son soutien à Emmanuel Macron, présente comme « extrémiste » : la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, et le Front National. Mais, ces deux partis sont dans une position de faiblesse dans ces élections.

Le Front National paye la détestable image que Marine le Pen a donnée d’elle-même dans la dernière semaine de campagne de l’élection présidentielle. Si elle a reconnue son échec lors du débat face à Emmanuel Macron, rien n’a été dit sur les ambigüités qui ont précédées ce même débat, et qui ont cassé la dynamique qui se faisait jour immédiatement après le 1er tour de l’élection présidentielle. Cela explique le relativement mauvais score, avec seulement 14% des voix, bien loin de celui obtenu au 1er tour de l’élection présidentielle. Quant à la France Insoumise, elle est pilonnée par une large partie de la presse, transformé pour l‘occasion en simple organe de propagande. La haine envers Jean-Luc Mélenchon qui se révèle au travers des articles est un cas d’école de comment on cherche à influencer l’électeur en jouant non pas sur son raisonnement mais sur la carte des peurs les plus primitives. Cela explique certainement que la France Insoumise soit, elle aussi, avec 11% des suffrages, loin de retrouver le score de Jean-Luc Mélenchon au soir du 1er tour de l’élection présidentielle.

Et pourtant, le nombre d’électeurs qui s’étaient portés au 1er tour sur ces deux candidats était de très loin supérieur à celui qu’avait réuni sur son nom Emmanuel Macron. C’est cette réalité qui, en fait, inspire aux soutiens de notre Président cette haine ardente contre ceux qui pourraient s’opposer à lui, mais aussi – et ceci est autrement plus efficace que la haine – cette politique visant à peindre ces oppositions sous les traits de l’extrémisme. Il est aujourd’hui patent que cette politique a relativement fonctionné, car ce qui fait la force d’Emmanuel Macron n’est pas le mouvement qui le porte, mouvement somme toute fort réduit, mais bien la division des forces qui s’opposent à lui et à sa néfaste politique.

La règle du jeu

Le système électoral français a ceci de particulier qu’il pénalise très durement la division, quand celle-ci se présente comme irréconciliable. Les résultats du premier tour des élections législatives ne traduit nulle « vague » en faveur des candidats soutenus, directement ou indirectement, par Emmanuel Macron. Les suffrages qui se sont portés sur les candidats qui s’opposent de la manière la plus cohérent et la plus conséquente à la ligne d’Emmanuel Macron sont du même ordre que ceux qui se sont portés en faveur des candidats soutenant cette ligne. Et pourtant, ces mêmes résultats laissent prévoir un succès historique pour La République en Marche au soir du second tour, le 18 juin. A l’opposé, la France Insoumise n’est créditée que de 8 à 18 députés, soit au plus 3% alors qu’elle a réuni 11% des voix, et le Front National entre 1 et 5 députés, soit moins de 1%, alors qu’il a fait 14% des suffrages. Cette situation porte un grave préjudice aux institutions. Elle accrédite l’idée que le « pays légal », que représentent les députés, n’est pas représentatif du « pays réel ». Mais, cette situation traduit aussi certaines des incohérences des opposants à Emmanuel Macron.

Dans la semaine qui sépare le 1er du 2ème tour les forces d’opposition à Emmanuel Macron auront donc à faire un choix. Considèrent-elles que l’ennemi principal, pour reprendre une formule consacrée, est représenté par les candidats de LREM, et en ce cas sont-elles prêtent à en tirer les conséquences, ou bien considèrent elles que le discours tenu par la presse est bien pertinent, que l’extrémisme est bien une menace en France, et cèderont-elles à la division ? Si tel devait être le cas, la crédibilité et la légitimité de ces forces pour s’opposer aux projets de « réformes » du gouvernement, aux ordonnances qui nous sont promises, serait bien entendu des plus réduites.

[1] http://www.leparisien.fr/politique/exclusif-le-plan-de-macron-pourreformer-le-travail-04-06-2017-7017384.php#xtor=AD-1481423553 et http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/07/reforme-du-code-du-travail-pasd-agenda-cache-assure-la-ministre-du-travail_5139834_823448.html

[2] http://www.liberation.fr/france/2017/06/09/le-gouvernement-porte-plainte-apres-les-revelations-de-liberation-sur-le-code-du-travail_1575675

[3] http://www.capital.fr/economie-politique/assurance-chomage-version-macron-un-chambardement-qui-ne-ferait-pas-que-des-heureux-1223893

[4] Je cite ici des chiffres d’Eurostat en salaire brut.

[5] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

[6] IMF, World Economic Outlook, Octobre 2015, Washington DC, chap. 3. Adresse : http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2015/02/

Source : Le blog de Jacques Sapir, 11/06/2017

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L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (4/4)

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (4/4)


Par Paul Fitzgerald et Elizabeth GouldLe 10 mai 2017 – Source The Saker

Page de garde de l’édition de 1550 du Prince de Machiavel et de La Vita di Castruccio Castracani da Luca

Partie 4 – L’étape finale de la prise de contrôle des élites machiavelliennes sur l’Amérique

De Trotsky à Burnham, de Burnham à Machiavel et de Machiavel au néoconservatisme, le cercle de l’impérialisme britannique se referme

L’affirmation récente de la Maison Blanche de Trump, selon laquelle Damas et Moscou diffusaient des « faux récits » pour induire le monde en erreur sur l’attaque au gaz du 4 avril à Khan Chaykhoun est une nouvelle étape dangereuse, dans la guerre de propagande sur les « fausses nouvelles » lancée dans les derniers jours de l’administration Obama. C’est une étape dont les profondes racines, plongeant dans la Quatrième Internationale communiste de Trotsky, doivent être comprises avant de décider si la démocratie américaine peut être restaurée.

Brouillant les pistes des responsabilités d’une façon jamais vue depuis le sénateur McCarthy au sommet de la Peur rouge dans les années 1950, le Countering Disinformation and Propaganda Act [Loi sur la lutte contre la désinformation et la propagande], signé sans fanfare par Obama en décembre 2016, a officiellement autorisé une bureaucratie chargée de la censure, comparable seulement au Ministère de la Vérité décrit par George Orwell dans son roman 1984. Nommé The Global Engagement Center, [Centre d’engagement mondial], le but officiel de cette nouvelle bureaucratie est de « reconnaître, comprendre, mettre en lumière et contrer la propagande étatique et non étatique étrangère et les efforts de désinformation visant à saper les intérêts de sécurité nationale des États-Unis ». Le but réel de ce cauchemar orwellien est de déformer tout ce qui conteste le récit pro-guerre néoconservateur de Washington et d’intimider, harceler et emprisonner quiconque tente de le faire. Comme cela a été montré par le tir de missiles Tomahawk du président Trump sur une base aérienne du gouvernement syrien, c’est une recette pour la guerre mondiale et, qu’on le veuille ou non, cette guerre a déjà commencé.

Cette dernière attaque contre le récit prétendument faux de la Russie nous ramène en 1953 et aux débuts de la guerre culturelle entre l’Est et l’Ouest. Ses racines sont liées au Congrès pour la liberté culturelle, au passage de James Burnham de la Quatrième Internationale de Trotsky au conservatisme et à la montée des machiavelliens néoconservateurs comme force politique. Comme l’ouvrage de James Burnham, The Struggle for the World, le soulignait, la Troisième Guerre mondiale avait déjà commencé avec la révolte des marins grecs dirigée par les communistes de 1944. Dans la pensée manichéenne de Burnham, l’Occident était assiégé. La politique d’endiguement de la Guerre froide, menée par George Kennan, n’était pas différente de la politique d’apaisement de Neville Chamberlain. La détente avec l’Union soviétique revenait à se rendre. La paix n’était qu’un masque de la guerre et cette guerre serait menée par la politique, la subversion, le terrorisme et la guerre psychologique. L’influence soviétique devait être combattue dans la mesure du possible. Cela signifiait subvertir l’Union soviétique et ses intermédiaires et, si nécessaire, saper également les démocraties occidentales.

La véritable ironie des efforts déployés actuellement par Washington pour monopoliser la « vérité » et attaquer les récits alternatifs, ne manifeste pas seulement un mépris flagrant de la vraie liberté de parole. La véritable ironie est que tout le « Manifeste de la liberté » utilisé par les États-Unis et la Grande-Bretagne depuis la Deuxième Guerre mondiale n’a jamais été libre ; c’était un mélange du programme exhaustif de guerre psychologique tirée du Psychological Strategy Board (PSB) de la CIA [Bureau de stratégie psychologique], menée tant contre les amis que les ennemis.

La CIA en viendrait à voir l’ensemble du programme commencer avec la conférence de Berlin de 1950, comme un point de repère dans la Guerre froide, non seulement pour assurer le contrôle de la CIA sur la gauche non communiste et les intellectuels « libres » de l’Occident, mais pour permettre à la CIA de priver secrètement les Européens et les Américains de leur propre culture politique, d’une telle manière qu’ils ne la connaîtraient jamais vraiment.

Comme l’historien Christopher Lasch l’a écrit en 1969, à propos de la cooptation par la CIA de la gauche américaine, « l’État moderne […] est un moteur de propagande, fabriquant des crises tout en affirmant être le seul instrument capable de les traiter efficacement. Cette propagande, pour réussir, exige la coopération d’écrivains, d’enseignants et d’artistes, non pas comme des propagandistes payés ou des opportunistes de la censure d’État, mais comme des intellectuels ‘libres’, capables de contrôler leurs propres instances et d’imposer des normes acceptables de responsabilité au sein des diverses professions intellectuelles ».

La clé pour tourner ces intellectuels « libres » contre leurs propres intérêts était le programme doctrinal de la CIA pour la transformation culturelle occidentale contenue dans le document PSB D-33/2. Le PSB D-33/2 prédit « un mouvement intellectuel à long terme pour briser les schémas doctrinaux mondiaux » en « créant la confusion, le doute et la perte de confiance » afin d’« affaiblir objectivement l’attrait intellectuel de la neutralité et prédisposer ses adhérents à l’esprit occidental » ; « prédisposer les élites locales à la philosophie défendue par les planificateurs », tandis qu’utiliser les élites locales « aiderait à masquer l’origine américaine de l’effort, de manière à ce qu’il apparaisse comme un développement local».

En se déclarant comme un antidote au totalitarisme communiste, un critique interne du programme, l’officier du PSB Charles Burton Marshall a vu le PSB D-33/2 lui-même comme effroyablement totalitaire, interposant « un large système doctrinal » qui « accepte l’uniformité comme substitut à la diversité », embrassant « tous les champs de la pensée humaine – tous les champs des intérêts intellectuels, de l’anthropologie aux créations artistiques, à la sociologie et à la méthodologie scientifique », concluant : « C’est presque aussi totalitaire que l’on puisse être. »

L’élitisme machiavellien de Burnham se cache dans tous les coins d’ombre du document. Comme l’a raconté Frances Stoner Saunder, dans son livre The Cultural Cold War, « Marshall a également exprimé son désaccord par rapport à la dépendance du PSB à l’égard de ‘théories sociales irrationnelles’ qui soulignaient le rôle d’une élite d’une manière ‘qui rappelle Pareto, Sorel, Mussolini, etc.’ Ne sont-ce pas là les modèles utilisés par James Burnham dans son livre The Machiavellians? Peut-être y avait-il une copie à portée de main, lorsque le PSB D-33/2 était en cours de rédaction. Plus vraisemblablement, James Burnham lui-même était utilement à portée de main. »

Burnham était plus que seulement à portée de main, lorsqu’il s’est agi d’implanter secrètement une philosophie fasciste d’élitisme extrême dans l’orthodoxie américaine de la Guerre froide. Avec The Machiavellians, Burnham avait composé le manuel qui a tissé ensemble la vieille gauche trotskyste et une élite anglo-américaine de droite. La descendance politique de cette union volatile serait appelée néoconservatisme, dont la mission secrète serait de renverser partout l’influence russe/soviétique. Sa mission cachée serait de réaffirmer une domination culturelle britannique sur l’Empire anglo-américain et de la maintenir grâce à la propagande.

Le secret Service de recherche sur l’information du ministère des Affaires étrangères britannique et du Commonwealth, connu comme l’IRD, travaillait très assidûment à cette tâche depuis 1946.

Rarement cité dans le contexte des opérations secrètes financées par la CIA, l’IRD a servi d’unité propagandiste anticommuniste secrète de 1946 à 1947. Selon Paul Lashmar et James Oliver, les auteurs de Britain’s Secret Propaganda War [La guerre propagandiste secrète de la Grande-Bretagne], « la vaste entreprise de l’IRD avait un seul objectif : diffuser sans cesse sa propagande (c’est-à-dire un mélange de mensonges intégraux et de faits déformés) parmi les journalistes de premier plan qui travaillaient pour des agences et des magazines importants, y compris Reuters et la BBC, ainsi que toutes les chaînes accessibles. Il a travaillé à l’étranger pour discréditer les partis communistes d’Europe occidentale, qui pourraient accéder à une partie du pouvoir par des moyens totalement démocratiques, et dans le pays pour discréditer la Gauche britannique ».

L’IRD devait devenir une machine de désinformation auto-réalisatrice pour l’extrême-droite de l’élite internationale du renseignement, offrant à la fois des informations fabriquées et distordues aux organes de presse « indépendants », puis en utilisant l’histoire ainsi blanchie comme « preuve » de la validité de la fausse information. Une telle entreprise de premier plan instaurée grâce à l’argent de la CIA a été le Forum World Features, administré à un moment donné par l’acolyte de Burnham, Brian Rossiter Crozier. Décrit par le biographe de Burnham, Daniel Kelly comme un « analyste politique britannique », le légendaire Brian Crozier a fonctionné en réalité pendant plus de cinquante ans comme l’un des principaux propagandistes et agents secrets de Grande-Bretagne.

Si l’on est aujourd’hui choqué par le jugement rapide, biaisé, partial et xénophobe qui accuse la Russie d’avoir influencé l’élection présidentielle de 2016, il n’est pas nécessaire de chercher plus loin que dans le placard des plans de Brian Crozier. Comme un officier de l’armée américaine qui a participé à la première guerre en Afghanistan en 1982 nous l’a dit, les États-Unis n’avaient pas besoin de « preuve que les Soviétiques utilisaient des gaz toxiques » et ils n’ont pas besoin de preuves contre la Russie aujourd’hui. Crozier pourrait être décrit le mieux comme un croyant rêveur, un dangereux impérialiste qui met ses rêves en scène les yeux ouverts. Du début de la Guerre froide à sa mort en 2012, Crozier et son protégé Robert Moss ont fait de la propagande au nom des dictateurs militaires Francisco Franco et Augusto Pinochet, ont mis sur pied des organisations privées de renseignement pour déstabiliser des gouvernements au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et en Afrique, et ont travaillé à délégitimer des politiciens en Europe et en Grande-Bretagne, considérés comme insuffisamment anti-communistes. Le mandat de son Institut pour l’étude du conflit (ISC dans son sigle anglais), instauré en 1970, était de révéler la prétendue campagne de subversion mondiale du KGB et de publier des histoires diffamant quiconque les remettait en question comme un crédule, un traître ou un espion communiste. Crozier considérait The Machiavellians comme ayant eu une influence formatrice essentielle dans son propre développement intellectuel, et il a écrit en 1976 : « En effet, c’est ce livre, par dessus tous les autres, qui m’a enseigné comment [c’est Crozier qui souligne] penser la politique. » La clé de la pensée de Crozier était la distinction opérée par Burnham entre le sens « formel » du discours politique et le sens « réel », un concept qui n’était bien sûr compris que par les élites. Dans un article de 1976, il s’émerveillait de la façon dont la compréhension de la politique par Burnham couvrait 600 ans et comment l’usage du « formel » pour dissimuler le « réel » n’était pas différente de celle utilisée par « l’esprit médiéval probablement éclairé » de Dante Alighieri. « Le fait est aussi valable aujourd’hui qu’il l’était dans les temps anciens et au Moyen Âge à Florence, ou en 1943. Une majorité écrasante d’auteurs et d’orateurs politiques continuent à utiliser la méthode de Dante. Selon le degré d’obscurcissement requis (par les circonstances ou par le caractère d’une personne), le divorce entre le sens formel et le sens réel est plus ou moins absolu. »

Mais Crozier était plus qu’un simple penseur stratégique. Crozier était un agent secret politique de haut niveau, qui a utilisé le talent de Burnham pour obscurcir les choses et son expérience de la Quatrième Internationale pour saper la détente et mettre en scène le recul de l’Union soviétique.

Lors d’une réunion secrète dans une banque de la City de Londres en février 1977, il a même breveté une organisation de renseignement opérationnel privée connue comme la 6e Internationale (6I), pour reprendre là où Burnham avait abandonné ; politiser et bien sûr privatiser bon nombre de sales coups que la CIA et d’autres services de renseignement ne pouvaient plus se permettre d’être pris en train de faire. Comme il l’explique dans son livre de mémoires Free Agent, le nom 6I avait été choisi « parce que la Quatrième Internationale s’était divisée. La Quatrième Internationale était celle des trotskystes, et lorsqu’elle s’est divisée, cela a signifié que sur le papier il y avait cinq Internationales. Dans le jeu des nombres, nous constituerions la Sixième Internationale, ou la ‘6I’ ».

La collaboration de Crozier avec de nombreux « employés du Congrès compétents et diligents » ainsi qu’avec « le remarquable général Vernon (‘Dick’) Walters, récemment retraité de son poste de directeur adjoint du Renseignement central […] » a cimenté la montée des néoconservateurs. Lorsque Carter a cédé au Groupe B et au complot du néoconservateur Zbigniew Brzezinski, son conseiller à la Sécurité nationale, pour tromper les Soviétiques et les attirer dans leur Vietnam en Afghanistan, cela a accompli la mission de Burnham et livré le monde aux machiavelliens, sans que personne n’en soit plus sage. Lorsque George Orwell écrivait, dans son livre Second Thoughts on James Burnham « Ce que Burnham se souciait principalement de montrer [dans The Machiavellians] est qu’une société démocratique n’a jamais existé et, pour autant qu’on puisse le voir, n’existera jamais. La société est par nature oligarchique, et le pouvoir de l’oligarchie repose toujours sur la force et la fraude… Le pouvoir peut parfois être gagné et conservé sans violence, mais jamais sans fraude. »

Aujourd’hui, le traité politique de Dante, De Monarchia, utilisé par Burnham pour expliquer sa compréhension médiévale de la politique, pourrait être heureusement remplacé par la Divine comédie du même Dante, une comédie paranoïaque pleines d’erreurs, dans laquelle la porte de l’enfer s’ouvre devant chacun et devant tous, y compris les élites, peu importe leur statut. Ou, comme ils disent en Enfer, Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate. Vous qui entrez ici, laissez toute espérance.

Paul Fitzgerald and Elizabeth Gould sont les auteurs de Invisible History: Afghanistan’s Untold Story, Crossing Zero The AfPak War at the Turning Point of American Empire et The Voice. Leurs sites : invisiblehistory et grailwerk

Sources :

Part 1: American Imperialism Leads the World Into Dante’s Vision of Hell
Part 2: How Neocons Push for War by Cooking the Books
Part 3: How the CIA Created a Fake Western Reality for ‘Unconventional Warfare’
Part 4: The Final Stage of the Machiavellian Elites’ Takeover of America

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

 

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L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (3/4)

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les transnationales

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (3/4)


Par Paul Fitzgerald et Elizabeth GouldLe 10 mai 2017 – Source The Saker

« Les effets maléfiques de la presse quotidienne moderne » – Puck, magazine américain 1888

 

Partie 3 – Comment la CIA a créé une fausse réalité occidentale pour la « guerre non conventionnelle »

L’idéologie étrange, psychologiquement conflictuelle et politiquement créatrice de division, communément appelée néoconservatisme, peut revendiquer de nombreux parrains. Irving Kristol, le père de William Kristol, Albert Wohlstetter, Daniel Bell, Norman Podhoretz viennent immédiatement à l’esprit et il y en a beaucoup d’autres. Mais à la fois dans sa théorie et dans sa pratique, le titre de père fondateur du programme néoconservateur d’une guerre sans fin qui domine la pensée de la Défense et la politique étrangère américaines pourrait être attribué surtout à James Burnham.

Ses écrits des années 1930 ont fourni un vernis intellectuel oxfordien raffiné au Parti socialiste des travailleurs et, en tant que conseiller proche du communiste révolutionnaire Léon Trotsky et de sa Quatrième Internationale, il a appris les tactiques et les stratégies d’infiltration et de subversion politique de première main. Burnham s’est révélé dans son rôle d’« intellectuel trotskyste » jouant de sales tours à ses ennemis politiques, en concurrençant les mouvements marxistes, en détournant leur loyauté et en pillant leurs meilleurs talents.

Burnham a renoncé à son allégeance à Trotsky et au marxisme sous toutes ses formes en 1940, mais il emporterait avec lui leurs tactiques et leurs stratégies d’infiltration et de subversion et transformerait leur méthode du matérialisme dialectique pour l’utiliser contre eux. Son ouvrage de 1941, The Managerial Revolution, lui apportera célébrité et fortune, et l’établira comme un prophète politique astucieux, sinon tout à fait précis, relatant l’émergence d’une nouvelle classe de l’élite technocratique. Son ouvrage suivant, The Machiavellians, marque son éloignement de l’idéalisme marxiste au profit d’un réalisme très cynique et souvent cruel, dans sa croyance en l’inévitable échec de la démocratie et la montée de l’oligarchie. En 1943, il mettra tout cela dans une note pour le Bureau américain des services stratégiques, l’OSS, dans lequel son anti-stalinisme trotskyste trouvera sa voie dans la doctrine de l’agence. Et dans son livre de 1947, The Struggle for the World, Burnham développera sa dialectique de confrontation/d’antagonisme contre l’Union soviétique en une politique permanente, apocalyptique de guerre sans fin. En 1947, la transformation de James Burnham, passé d’un communisme radical à un conservatisme partisan du Nouvel Ordre mondial américain, était complète. Son Struggle for the World avait effectué un tournant français sur la révolution communiste permanente de Trotsky et l’avait transformée en un plan de bataille permanent, en faveur d’un empire américain mondial. Tout ce qu’il fallait pour compléter la dialectique de Burnham était un ennemi permanent, et cela exigera une campagne psychologique sophistiquée pour maintenir la haine de la Russie en vie pendant des générations.

L’ascension des Machiavelliens

En 1939, Sidney Hook, collègue de Burnham à l’Université de New York et son camarade philosophe marxiste, avait contribué à fonder un Comité anti-stalinien pour la liberté culturelle comme élément d’une campagne contre Moscou. Pendant la guerre, Hook avait aussi abandonné le marxisme et, comme Burnham, il s’est retrouvé en quelque sorte dans l’étreinte chaleureuse de la communauté américaine du renseignement de droite, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. Hook était considéré par le Parti communiste comme un traître et une « vipère contre-révolutionnaire » pour ses activités et, en 1942, il transmettait des informations sur ses camarades au FBI.

La vente des vertus de la culture américaine aux élites européennes appauvries et dépossédées était fondamentale pour construire l’empire américain après la guerre et les écrits précoces de Burnham ont été la source d’inspiration à partir desquelles serait construite une nouvelle contre-culture de la « Liberté ». En tant que vétérans de la guerre trotskyste interne, Burnham and Hook étaient experts dans l’art de l’infiltration et de la subversion, et avec The Machiavellians : Defenders of Freedom de Burnham comme modèle, ils ont entrepris de peindre en couleurs sombres tout ce que faisaient ou disaient les Soviétiques.

Comme Burnham l’exprimait clairement dans ses Machiavellians, sa conception de la Liberté signifiait autre chose que la liberté intellectuelle ou les libertés définies par la Constitution américaine. Ce qu’elle signifiait vraiment était la conformité et la soumission. La Liberté de Burnham ne s’appliquait qu’aux intellectuels (les machiavelliens) désireux de dire au peuple la dure vérité sur les réalités politiques impopulaires auxquelles il faisait face. C’étaient les réalités qui inaugureraient le meilleur des mondes de la classe des entrepreneurs s’engageant à refuser aux Américains la démocratie même dont ils pensaient jouir déjà. Comme Orwell l’observait en 1946 dans ses Second Thoughts, à propos des croyances machiavelliennes de Burnham : « Le pouvoir peut parfois être gagné ou maintenu sans violence, mais jamais sans fraude, parce qu’elle est nécessaire pour utiliser les masses… »

En 1949, la CIA s’occupait activement à tromper les masses en soutenant secrètement la gauche soi-disant non communiste et se comportait comme si elle n’était que l’émanation spontanée d’une société libre. En mettant la gauche au service de son empire en expansion, la CIA exécutait un tournant français en son sein, en y choisissant les meilleurs et les plus brillants, ce qu’a institutionnalisé la création de l’État de sécurité nationale. Assisté par le Département britannique de recherche et d’information, l’IRD, la CIA a recruté d’anciens agents de désinformation soviétiques formés avant la guerre, qui avaient organisé des groupes activistes non communistes à Moscou, et les a mis au travail. Comme Frances Stoner Saunders l’écrit dans son livre, The Cultural Cold War [La Guerre froide culturelle], « ces anciens propagandistes en faveur des Soviétiques ont été recyclés, blanchis de toute tache de communisme, accueillis par les stratèges gouvernementaux qui voyaient dans leur conversion une occasion à ne pas manquer de saboter la machine de propagande soviétique dont ils avaient autrefois huilé les rouages ».

De son propre aveu, la stratégie de la CIA de promotion de la gauche non communiste deviendrait le fondement théorique des opérations politiques anti-communistes de l’Agence pendant les deux décennies suivantes. Mais la guerre culturelle, où tous les coups étaient permis contre le communisme soviétique, a sérieusement commencé en mars 1949, lorsqu’un groupe d’éminentes personnalités de la littérature et des arts se sont rassemblées à l’hôtel Waldorf Astoria à New York, pour une une conférence « culturelle et scientifique » de soutien à la paix parrainée par les Soviétiques. Sydney Hook et James Burnham étaient déjà activement impliqués dans le recrutement d’adhérents pour contrer les efforts du Bureau d’information communiste de Moscou (Cominform) visant à influencer l’opinion occidentale. La conférence du Waldorf leur a donné l’occasion de se livrer à des coups tordus dont ils auraient seulement pu rêver.

Des manifestants organisés par une coalition droitière de groupes catholiques et par la légion américaine ont chahuté les hôtes à leur arrivée. Des nonnes catholiques ont prié à genoux pour les âmes des athées présents. Rassemblés dans une suite du dixième étage, une bande d’anciens trotskystes et communistes conduits par Hook ont intercepté le courrier de la conférence, falsifié les communiqués de presse officiels et publié des tracts exigeant des orateurs qu’ils avouent leur passé communiste.

Finalement, la conférence est devenue un théâtre de l’absurde que Hook et Burnham utiliseraient pour vendre Frank Wisner au Bureau de la coordination politique de la CIA et pour démarrer la campagne de propagande.

Le Congrès pour la liberté culturelle : coûte que coûte 1

S’appuyant sur le pouvoir inexploité de la Quatrième Internationale, la campagne a débuté le 26 juin 1950, au Titania Palace dans Berlin occupé. Nommé d’après l’idée de Hook de 1939 d’une commission culturelle, le « Manifeste de la liberté » en quatorze points du Congress for Cultural Freedom (Congrès pour la liberté culturelle) visait à identifier l’Occident avec la liberté. Et puisque tout ce qui concerne l’Occident était dit libre, libre, libre, il allait sans dire que tout ce qui venait de l’Union soviétique ne l’était pas.

Organisée par Burnham et Hook, la délégation américaine représentait un who’s who des intellectuels américains de l’après-guerre. Les billets pour Berlin étaient payés par le Bureau de la coordination politique de Wisner, au travers d’organisations de premier plan ainsi que par le Département d’État, qui aidaient à organiser le voyage, les dépenses et la publicité. Selon l’historien de la CIA Michael Warner, le financeur de la conférence considérait que l’argent était bien dépensé avec un représentant du ministère de la Défense la qualifiant de « guerre non conventionnelle optimale ».

Burnham constituait la liaison essentielle entre le bureau de Wisner et une intelligentsia passant avec aisance de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Burnham trouvait que le Congrès était un endroit où fulminer, non seulement contre le communisme, mais aussi contre la gauche non communiste et en a laissé beaucoup se demander si ses positions n’étaient pas aussi dangereuses pour la démocratie libérale que le communisme. Selon Frances Stoner Saunders, des membres de la délégation britannique trouvaient que la rhétorique sortant du Congrès était un signe profondément troublant des choses à venir. « Hugh Trevor-Roper était horrifié par le ton provocateur… ‘Il y a eu un discours très violent et en effet presque hystérique de Franz Borkenau. Il a parlé en allemand et je regrette de dire que pendant que je l’écoutais, que j’entendais les approbations bruyantes de l’immense auditoire, j’ai pensé, eh bien, que c’étaient les mêmes personnes qui, il y a sept ans, approuvaient probablement de la même manière les mêmes dénonciations allemandes du communisme lancées par le Dr. Goebbels au Palais des sports. Et j’ai pensé, eh bien, à quel genre de gens nous identifions-nous ? Cela a été le plus grand choc pour moi. Il y a eu un moment pendant le Congrès où j’ai compris que nous avions été invités à convier Belzébuth pour vaincre Staline’. »

Le Congrès pour la liberté culturelle n’avait pas besoin de Belzébuth, il l’avait déjà sous la forme de Burnham, Hook et Wisner et, en 1952, ce n’était que le début. Burnham a travaillé sans relâche pour que Wisner légitime le Congrès comme une plateforme pour les machiavelliens aux côtés d’anciens communistes et même de nazis, y compris le général SS Reinhard Gehlen et son unité de renseignement de l’armée allemande qui avait été introduite dans la CIA après la guerre, intacte. E. Howard Hunt, « plombier » du Watergate, célèbre pour ses coups tordus à la CIA, a évoqué Burnham dans ses mémoires : « Burnham était consultant de l’OPC sur presque tous les sujets intéressant notre organisation […] Il avait de très nombreux contacts en Europe et, en raison de son passé trotskyste, il faisait autorité sur les partis communistes locaux et étrangers et les organisations importantes. »

En 1953, Burnham est de nouveau appelé par Wisner à dépasser le communisme pour aider à renverser le Premier ministre démocratiquement élu, Mohammed Mossadegh, à Téhéran, apparemment parce que Wisner pensait que le plan nécessitait « une touche de machiavélisme ». Mais la plus grande contribution de Burnham en tant que Machiavel devait encore venir. Son livre, The Machiavellians: Defenders of Freedom deviendrait le manuel de la CIA pour remplacer la culture occidentale par une doctrine alternative de conflit sans fin dans un monde d’oligarques et finalement ouvrir les portes d’un Enfer duquel il serait impossible de revenir.

Paul Fitzgerald et Elizabeth Gould

L’article original est paru sur Truthdig

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

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  1. Jeu de mots intraduisible, jouant sur le nom de Hook et l’expression « by hook or by crook », coûte que coûte ou par n’importe quel moyen. ↩
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Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ». Par Silvia Cattori

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news »

 

Les médias traditionnels, qui durant 6 ans ont trompé le public en lui livrant sur la Syrie une information mensongère – propagée par l’OSDH et les Casques blancs, des ONG liées notamment au groupe terroriste al-Nosra – tentent maintenant de discréditer tout témoignage qui les met en cause [*] en diffamant les témoins et en accusant « les médias pro-Assad« .

On peut voir, ci-dessous, comment Le Monde et France culture tentent de se défausser en prétendant que Omrane, « est devenu, aujourd’hui, un outil de propagande du gouvernement de Bashar el-Assad« .

Voir, en pied de page, la réponse de Moscou aux accusations des  médias [**]. [ASI]

 


Omrane, le petit Syrien sauvé des décombres d’Alep, réapparaît sur les médias du régime

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Luc Vinogradoff

L’enfant et son père sont apparus dans plusieurs médias pour défendre le régime et accuser les rebelles d’avoir voulu les instrumentaliser.

 

Extraits

Manipulation et capital médiatique

On peut douter que la succession de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être considérés comme bienveillants envers Damas.

« LA SITUATION ME FAIT DIRE QU’ILS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ CONTRAINTS »

« Ils sont dans une zone sous contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »

Mais avant même sa réapparition médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée », qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».

On peut considérer cela comme une réponse à John Kirby, porte-parole du département d’Etat américain, qui avait baptisé à la même époque Omrane de « vrai visage » de la guerre syrienne.

Aujourd’hui, les médias pro-Assad tentent de récupérer pour la Syrie et ses alliés l’image de la famille Daqneesh et son capital médiatique. Dans la foulée de toutes ces interviews, l’ambassade russe au Royaume-Uni, qui ne renonce jamais à l’ironie, s’est par exemple félicitée, de façon très sérieuse, que « le garçon syrien dont l’image avait été exploitée par les médias propagandistes pour empêcher la libération d’Alep soit en bonne santé. C’est pour cela que la Russie se bat ».

Lire l’article entier sur Le Monde.fr

 


Souffrance et instrumentalisation en Syrie

Par Thomas CLUZEL – 08.06.2017

Source: France culture

«Venez voir la réalité» : Moscou met une journaliste de CNN au défi de rencontrer le «garçon d’Alep»

 
 
Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ».  Par Silvia Cattori
© AFP / Ruptly Source: AFP
A gauche, la journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour. A droite, le petit Omran Daqneesh jouant au ballon.

Le ministère russe des Affaires étrangères a proposé à la journaliste américaine Christiane Amanpour de CNN de rencontrer le «garçon d’Alep» dont elle avait utilisé la photo devenue virale pour critiquer les actions militaires de Moscou en Syrie.

Tout le monde se souvient de cette fameuse photo du petit garçon assis à l’arrière d’une ambulance, blessé et recouvert de cendres à la suite d’une frappe aérienne, dans la ville syrienne d’Alep. Le cliché avait été pris par les controversés Casques blancs opérant en Syrie et était devenu viral dans le monde entier en quelques heures.

Les principaux médias occidentaux avaient massivement repris la photo du petit garçon, qui répond au nom d’Omran Daqneesh, pour décrire la souffrance des populations civiles à Alep, à l’époque divisée entre les forces pro-gouvernementales et rebelles, théâtre de combats meurtriers.

La journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour avait notamment utilisé cette photo lors de son entretien en octobre 2016 avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, afin d’interroger ce dernier sur le soutien de la Russie aux forces du prédisent syrien Bachar el-Assad dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011.

«Que répondez vous aux civils, qui demandent seulement de ne pas être bombardés en permanence ?», avait demandé la journaliste à Sergueï Lavrov. Puis, montrant au chef de la diplomatie russe la fameuse photo du garçon, elle avait ajouté : «C’est un crime de guerre, monsieur.»

Mais récemment, l’histoire du petit Omran Daqneesh a refait surface dans les médias aux quatre coins du monde, après le témoignage de sa famille auprès de certains journalistes, dont ceux de l’agence vidéo affiliée à RT, Ruptly. Le père du garçon, Mohammad Kheir Daqneesh a notamment accusé les Casques blancs d’avoir utilisé sa famille à des fins de propagande.

Moscou propose à Christiane Amanpour de se rendre sur place pour voir la réalité des faits

Le 7 juin, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a mis au défi Christiane Amanpour de se rendre sur place, à Alep, afin de rencontrer la famille du garçon dont elle s’était servie de la photo pour critiquer les opérations militaires de Moscou dans le conflit syrien.

«Elle pourrait avoir assez de courage, d’éthique professionnelle journalistique et de conscience humaine pour aller au bout de l’histoire. Qu’elle se rende en Syrie, à Alep, qu’elle trouve ce garçon et sa famille et s’entretienne avec eux de manière honnête, sans toutes ces mises en scène si propres à CNN», a déclaré Maria Zakharova.

Puis, s’adressant directement à Christiane Amanpour, la porte-parole du Kremlin a ajouté : «Vous pourrez poser toutes vos questions, même les plus difficiles et produire un véritable reportage sur ce qui est arrivé à ce garçon, ainsi que sur la façon dont les médias américains ont instrumentalisé sa photo, son histoire et plus généralement, le destin même de la Syrie depuis des années.»

En résumé, Maria Zakharova a estimé que les médias traditionnels, notamment CNN, avaient été pris «en flagrant délit» d’instrumentalisation de l’image du «garçon d’Alep» et devraient en porter la responsabilité.

La rédactrice en chef de RT Margarita Simonyan a proposé sa collaboration afin d’organiser une entrevue entre Christiane Amanpour et la famille d’Omran Daqneesh, directement à Alep.

«La prochaine fois, Christiane Amanpour et tout autre journaliste de CNN pourront venir avec nous sur le terrain. S’ils ont le courage de parler à ce garçon et à sa famille», a-t-elle déclaré.

Russia Today | 8 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

Source: https://francais.rt.com/international/39401-venez-voir-realite-moscou-met-journaliste-cnn-au-defi-de-rencontrer-garcon-alep


 

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Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #l'horreur économique

Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

 
09 juin 2017
Par : 
Axel Kaça

France 2 et son émission « Envoyé Spécial » ont diffusé jeudi 8 juin un reportage intitulé « Bachar : un ami encombrant ».

Voici le résumé de France 2: «C’est une épine dans le pied du nouveau Président Macron, son dossier le plus brûlant sur la scène internationale : Bachar Al-Assad, l’ex-ami de la France, est devenu le cauchemar de notre diplomatie. Au nom de la lutte contre la menace terroriste, peut-on pactiser avec un dictateur qui a mis son pays à feu et à sang ? Faut-il renouer avec lui et en faire notre allié dans le combat contre Daech ?

Ce documentaire inédit de 52 minutes, le "Document de Complément d’enquête", réunit les acteurs majeurs qui se sont heurtés au "casse-tête Bachar" : Laurent Fabius, Alain Juppé, Claude Guéant, Jean-Yves Le Drian mais aussi des agents du renseignement et d’anciens amis d'Al-Assad. Ils revisitent vingt ans de relations sulfureuses avec l’homme fort de Damas, vingt ans d’illusions et de paris perdus.

Dans cette enquête, François Hollande revient sur les frappes françaises avortées contre le régime syrien en 2013. L’occasion, selon le président sortant, d’en finir avec le “régime du tyran Bachar“. » Nous sommes plongés directement dans le thème, la continuation de la propagande « anti Bachar ». Tout commence par une scène de François Hollande ou celui-ci nous explique que le maintien au pouvoir du président syrien « n’est pas un échec personnel » puisqu’il « a tout fait pour qu’il puisse y avoir une solution en Syrie » , « que Bachar Al-Assad soit considéré comme un problème et non pas comme une solution » et qu’il « a tout fait pour punir ce régime qui faisait des atrocités et qu’il en fait encore ». L’ancien président français a effectivement tout fait pour faire tomber la république syrienne, en soutien aux nombreux groupes islamistes qui n’ont semé que misère et chaos partout où ils passaient.

Ensuite, retour en arrière. On nous montre comment Bachar Al-Assad se retrouva à devoir prendre des responsabilités politiques suite au décès de son frère ainé Bassel Al-Assad et qu’il héritera du « lourd héritage de son père, le général Haffez Al-Assad, l’incarnation du vieux despote, qui durant 30 ans a bâti par la terreur une des dictatures les plus fermées au monde ». Il lui est également reproché d’avoir mis en échec la révolte islamiste à Hama en 1982 qui aurait fait « 30.000 morts ». Rien que ça…

Le reportage expose la relation entre Jacques Chirac et Bachar Al-Assad. Le jeune président apparait alors comme quelqu’un sans expérience, peu impressionnant et facilement manipulable par Jacques Chirac qui le « prend sous son aile » jusqu'à l'événement qui marquera une grande fracture entre les deux pays: l’assassinat du 1er ministre libanais de l’époque Rafiq Hariri, le 14 février 2005, à Beyrouth. Les « soupçons se tournent alors vers le maitre de Damas », « devenu un paria, un criminel aux yeux de la communauté internationale » jusqu’en 2007 quand Nicolas Sarkozy deviendra le nouveau président français et renouera le dialogue car « il s’est mis en tête de convertir les dictateurs du monde arabe à la démocratie et aux marchés ». La phrase est forte et met clairement en avant l’objectif de l’empire: soumettre les derniers bastions de résistance dans le monde arabe.

S’en suit une exposition des allées et venues des représentants des deux pays l’un chez l’autre, « le dictateur opère son grand retour en Occident », « l’heure de la revanche a sonné pour Bachar ». Le président Assad est accusé d’avoir fait de nombreuses promesses sur l’évolution de la Syrie, promesses qu’il n’aurait jamais tenues. « Bachar joue la proximité avec le président français et le charme opère ». Frédéric Mittérand parle de « la technique de Bachar, la courtoisie anglo-saxonne » et le définit comme « charmant, prévenant et attentif ». Tout cela est décrit comme « un numéro bien rodé », « le grand jeu pour occidentaux », le « dictateur » serait donc un manipulateur et cherche à blanchir son image de « tyran » car « pendant ce temps tout les opposants sont emprisonnés même les plus modérés et sont torturés ». Quelques images également sur les contrats entre les deux pays pour d’immenses projets d'investissements qui ne verront jamais le jour car « Bachar impose que les contrats passent par les entreprises de son cousin », c’est « la corruption du gouvernement et du clan Assad ».

Nous arrivons en 2011, date des premiers événements de ce qui deviendra par la suite, une longue guerre. « En Syrie, après quarante ans sous la dictature des Assad le peuple sent venir son heure », nous avons à nouveau le droit à la fameuse histoire des enfants arrêtés et torturés pour avoir tagué sur un mur, « c’est le début des protestations qui en quelques semaines s’étendent ville par ville à travers tout le pays » et Bachar « ordonne à ses troupes de tirer sur les manifestants au début pacifiques ». Le gouvernement français se persuade que Assad devra partir et que ce n’est qu’une question de semaines.

Le reportage accorde quelques mots à Eric Chevalier, ancien ambassadeur de France à Damas de 2009 à 2012 qui nous raconte ce qu’il disait au gouvernement français depuis Damas: « Il y a un régime qui est fort et qui ne donne pas du tout l’impression de vouloir céder et avec une unité du système militaire et sécuritaire qui semble assez forte et on a dit qu’il y a des facteurs de résistance qui font, qu’il nous semble que Bachar ne tombera probablement ni rapidement ni facilement » et lorsque le journaliste lui demande ce qu’on lui a répondu, « évidemment cela crée un peu de surprise parce que les gens sont dans le sentiment qu’il y a eu la Tunisie, Ben Ali est tombé, il y a eu l’Egypte, Moubarak est tombé, Khadafi n’est plus là et qu’il y a un mouvement de l’histoire qui est en train de se produire et qui est inéluctable aussi pour Bachar ».

Le journaliste du Figaro Georges Malbrunot dit clairement que « Eric chevalier n’est plus audible à Paris. on l’appelle, on lui dit « on en a marre de tes télégrammes, on ne veut plus entendre ce discours, Bachar Al-Assad doit tomber, Bachar Al-Assad va tomber». Monsieur Chevalier parle à demi-mot, mais ce qu’il dit apparait comme évident. La France ne veut aucunement tenir compte de la réalité du terrain et veut à tout prix la chute de la république arabe syrienne, alors que celle-ci fait face à des groupes jihadistes. 2012, François Hollande prend place à l’Elysée, comme son prédécesseur il reconnait le « Conseil National Syrien » comme seul représentant légitime du peuple syrien et soutient sans conditions les troupes de « l’armée syrienne libre » en livrant des armes « en étant sur qu’elles aillent entre de bonnes mains » dit-il. 2013, « les rebelles sont aux portes de Damas et Bachar est prêt à tout pour les écraser » nous dit-on.

Nous avons le droit, une fois de plus au « massacre de la Ghouta » le 21 aout 2013, un « bombardement au gaz Sarin » imputé au président syrien, sans la moindre preuve. Lors de cet entretien, François Hollande dit « que nous avons tous les éléments pour punir le régime et Bachar Al-Assad ». Jean Yves le Drian parle lui de « la ligne rouge internationale qui a été franchie ». Le reportage nous rappelle alors que la France a pris en main une coalition pour entrer en guerre contre le régime syrien avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Finalement Cameron fut contraint d’abandonner le projet et Obama en fit de même. « La punition » contre le « régime syrien » avec cinq missiles devant s’abattre sur Damas n’aura pas lieu.

2014, le groupe Daesh s’empare de vastes territoires de la Syrie. Le reportage a le culot de dire que le groupe terroriste a réussi à « enrôler des centaines d’européens déçus de l’inaction de leurs gouvernements face à Bachar Al-Assad », et pourquoi ne pas en faire des héros libérateurs ?!

Le reportage met alors en avant la bêtise de la diplomatie française révélant que celle-ci ne sait pas qui choisir entre combattre Daesh et/ou combattre le « régime syrien » car affaiblir Daesh c’est aider le pouvoir syrien. Assad en profiterait alors pour lancer « une guerre des images » et « se poser en rempart face a Daesh ». Eric Pelletier journaliste au « Parisien » qualifie cela de « piège tendu par Assad ».

Les aviations syriennes et russes sont alors accusées de bombarder essentiellement les « rebelles » et « d’épargner les positions de Daesh, ennemi si utile pour Assad » et Bassma Kodmani, opposante syrienne rajoute: « la présence de Daesh renforce le régime, aujourd’hui lorsque Daesh occupe un territoire ceux qui le combattent ce n’est pas le régime, le régime s’en va quand Daesh arrive, le régime intervient même parfois pour permettre à Daesh de prendre des territoires ». C’est ignoble de dire des tels mensonges, quand, chaque jour de jeunes soldats de l’armée loyaliste combattent et meurent face à Daesh.

Le reportage se conclut par une voix-off nous disant « qu’à lui seul le dictateur aura provoqué le chaos dans son pays désormais réduit en partie à un tas de ruines ». Le service public français a une fois de plus montré à quel point il peut aller dans l’ignominie, dans la propagande la plus abjecte et mensongère contre le président légitime syrien soutenu par une très grande majorité de son peuple.

Le pays est dans cette situation à cause de l’ingérence systématique de nombreux pays, y compris la France, qui ont choisi pour alliés contre le peuple syrien des personnes qu’ils qualifient de terroristes chez eux mais de rebelles "modérés" en Syrie.

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Commentaires sur facebook : 

Claire Bobin ; Ce soir France 2 passe un envoyé spécial à charge contre le Président syrien et la Syrie, documentaire rempli de propagande et de mensonges !!! Honteux on peut mieux les contrer quand on les observe... ils ont détourné des images, des propos, une voix off masquait les dialogues ...ils tentent vraiment tout pour nous cacher leurs crimes nos va-t'en-guerre de l'UE !

Axelle Bertrand : Claire Bobin c'est fait je viens de regarder le reportage d'envoyé spécial. Un ensemble de vérités transformées en pièges machiavéliques, de mensonges et de morceaux choisis détournés du discours d'origine. Et les gouvernements Français présentés comme des représentants inlassables des droits de l'homme sans buts lucratifs. Et la conclusion à vomir: Bachar Al Assad est le seul responsable de ce chaos en Syrie faisant des milliers de morts. Voilà ce qui farcit le cerveau des européens à longueur d'années. Les médias mensonges : une arme de destruction massive.

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«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep — 07 juin 2017

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Le fascisme, #l'horreur économique

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep  — 07 juin 2017

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Omran Daqneesh arborant un drapeau syrien. © Capture d’écran @j_alashkar 


Omran Daqneesh, l’enfant dont la photo a été érigée comme symbole par les opposants à Bachar el-Assad, vit maintenant avec son père dans la ville libérée. Dans un entretien, celui-ci a dénoncé l’exploitation de l’image de son fils.

Près d’un an après la diffusion de la photo de l’enfant syrien sonné dans une ambulance à Alep, des journalistes de l’agence russe Ruptly sont allés à sa rencontre et se sont entretenus avec lui et son père, dont le soutien au gouvernement syrien n’a pas été ébranlé par les drames vécus par sa famille.

«Je m’appelle Omran Daqneesh, et j’ai quatre ans», a déclaré l’enfant souriant. Son père, Mohammad Kheir Daqneesh, a affirmé à Ruptly que sa famille s’était retrouvée «dans la tourmente» à cause des rebelles et de l’exploitation de leurs problèmes à des fins de «propagande».

Lors de la journée fatidique,  quand sa maison a été touchée, Mohammad Daqneesh s’est mis à la recherche de son fils. Lorsqu’il a enfin réussi à le retrouver, des rebelles étaient déjà en train de le filmer, rapporte-t-il.

@Xerxes92005 Omran’s dad tells how « rebels » traded w/blood of his son & how he was offered money 2 do interviews & attack the govt via @j_alashkar

Le père assure que «les rebelles ont saisi l’opportunité de filmer [sa] famille» alors que lui et ses proches sortaient de la maison.

«Ils ont pris Omran pour lui prodiguer les premiers soins, mais avant ça ils l’ont fait s’asseoir pour pouvoir le photographier. Pourquoi cette photographie ? Parce qu’elle a été utilisée pour exploiter [mon fils], comme s’il avait été visé», s’est indigné Mohammad Daqneesh, avant de dénoncer l’organisation des Casques blancs.

«Ils travaillent avant tout avec la presse, c’est un outil qu’ils utilisent. Ils travaillent ensemble […] pour faire des photographies qui appellent à l’émotion», a-t-il ajouté.

«Nous n’avions rien demandé. Et en plus de tout ça, [les rebelles] m’ont envoyé des menaces, des menaces sans fondements, car je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas conspiré contre le pays, je ne reçois pas de dollars pour faire du mal à mon pays», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait dû raser la tête de son fils et changer son nom afin qu’il ne soit pas reconnu.

«Grâce à Dieu, maintenant la situation s’améliore, l’armée progresse et nous sommes de retour dans nos foyers», a-t-il conclu.

La bataille militaire pour la libération d’Alep, bastion de l’opposition, s’est soldée par la victoire de l’armée arabe syrienne appuyée par son allié russe à la fin de l’été 2016.

RT – 7 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

Source: https://francais.rt.com/international/39366-photo-a-ete-utilisee-pour-omran

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Déclaration du Comité Valmy Face à la dictature néo-pétainiste du régime de Macron Bâtir un front patriotique de progrès

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Daesch, #le nazisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Déclaration du Comité Valmy
Face à la dictature néo-pétainiste
du régime de Macron
Bâtir un front patriotique de progrès

jeudi 8 juin 2017, par Comité Valmy

Déclaration du Comité Valmy

Face à la dictature néo-pétainiste du régime de Macron

Bâtir un front patriotique de progrès

Le Comité Valmy, considérant que l’élection d’Emmanuel Macron n’a pas été démocratique, qu’elle a été préfabriquée par une manipulation politico-médiatique massive de notre peuple et par l’appareil de l’Etat profond, déclare que le résultat de cette élection présidentielle manque de légitimité. Cette élection a pu à juste titre être analysée comme « la forme la plus élaborée du coup d’État » 1), comme le résultat d’un « putsch sans soldats » 2). Notre Comité approuve le contenu de ces analyses et leur formulation.

 

Le résultat de cette élection, issue d’une manipulation de l’opinion publique, n’est nullement le triomphe annoncé par les médias aux ordres. Il doit être relativisé. Si Macron a été élu avec 66% des suffrages exprimés, les abstentions se chiffraient à 25%, les blancs et nuls à 12%. Cela réduit le score de Macron au second tour à 43% des inscrits (dont encore 43% de vote rejet contre Marine Le Pen. Donc en réalité, seulement 24,51% des inscrits ont voté pour lui par conviction) - contre 18% des inscrits au premier tour. Au regard du caractère massif des moyens (notamment étatiques et médiatiques) utilisés pour orchestrer la tromperie des citoyens, cela ne présente rien d’extraordinaire.

 

Cette élection truquée illustre un changement profond de la nature de notre société, qui n’est plus démocratique ni véritablement républicaine. Les européistes de l’UMPS et leurs alliés, après avoir choisi la servitude volontaire en rejetant l’indépendance nationale et la souveraineté populaire, en arrivent maintenant à abandonner, par étapes, les derniers vestiges de la démocratie qui subsisteraient encore dans notre pays. Ils entendent détruire la République une, indivisible et souveraine, pour s’intégrer dans l’Europe fédérale des Länder, selon la volonté de l’impérialisme allemand.

 

Le Comité Valmy estime qu’il a été établi en France une forme de dictature néo-pétainiste au service de l’oligarchie financière de l’Europe atlantiste, germano-américaine et des occidentalistes. Cette aggravation, par les nouveaux collabos, de la trahison nationale et cette mise en cause de la démocratie ainsi que des libertés démocratiques rendent plus urgente que jamais la relance de la politique de rassemblement des patriotes et des souverainistes. Cette démarche est l’une des principales raisons d’être du Comité Valmy, depuis plus de 25 ans. Dans notre pays, il existe de fait deux camps antagonistes :

 

 Le camp des fédéralistes maastrichtiens du PS de l’UMP/PR et de leurs alliés, d’une part,


 Celui des républicains progressistes, des patriotes (qui sont aussi des anti-impérialistes conséquents et les véritables internationalistes) d’autre part. C’est le camp du peuple laborieux et de la Nation, celui du rétablissement de la démocratie ; il combat le pouvoir de l’oligarchie financière qui a vassalisé la France.

 

La ligne de fracture, la contradiction principale, ne se situe pas actuellement dans le clivage gauche-droite, mais oppose de façon inconciliable les forces fidèles à la Nation aux forces atlantistes, occidentalistes et à l’ensemble des collabos européistes.

 

Le Comité Valmy dénonce particulièrement la volonté exprimée par Macron d’intervenir militairement au Moyen-Orient et ailleurs, en dépit des lois internationales et de la Charte de l’ONU. Nous disons Non à la guerre et militons pour que la France défende la Paix, respecte la légalité internationale ainsi que la souveraineté des autres Nations.

 

De nouveau, le Comité Valmy appelle à la constitution, pas à pas, d’un rassemblement des forces patriotiques et authentiquement républicaines, des progressistes et des anti-impérialistes dans un Front Patriotique de Progrès. L’un des axes essentiels de ce rassemblement étant l’énoncé, clair et sans ambiguïté, d’une volonté commune de la sortie de l’euro et de l’Union européenne, qui est non réformable.

 

Dans le domaine des législatives qui approchent il faut mettre tout en œuvre pour empêcher que se constitue une majorité parlementaire autour de Macron et de sa République En Marche. Pas une voix démocratique ne doit aller, dès le premier tour, aux candidats qui s’en revendiquent ou qui se préparent à s’y rallier. L’objectif est de tenter de bloquer tout candidat favorable à Macron en soutenant son adversaire, quel qu’il soit, pour faire obstacle au danger mortifère que le Président compte regrouper sur son nom. Il en va de notre Etat-nation, de la survie de la France elle-même, de son indépendance et de sa souveraineté.

 

Comité Valmy
le 26 mai 2017

Notes :
1 et 2 - Un putsch sans soldats - Général (2s) Henri Roure
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article8599

Sur son blog, Régis de Castelnau, avocat, exprime une opinion semblable : « Emmanuel Macron doit en premier lieu son élection à une forme de coup d’État, qui a impliqué la haute fonction publique, les médias et le grand capital. » …

http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article8598

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