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Le blog de Lucien PONS

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Quand la démocratie dégénère en bouffonnerie Par Bruno Guigue

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Macron

« En marche » ?... Beuh !

« En marche » ?... Beuh !

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Quand la démocratie dégénère en bouffonnerie

 

On parle beaucoup des mésaventures de M. et Mme Fillon, mais la crise conjoncturelle gravissime que traverse la droite française, en réalité, révèle surtout la perte de substance démocratique de notre système politique. Ce scandale politico-financier somme toute assez banal (si ce n’est que le principal intéressé est un candidat majeur à l’élection présidentielle) ne nous a pas appris que les élus considéraient les deniers publics comme de l’argent de poche. On le savait déjà. Il n’a pas dévoilé, non plus, l’imbrication suspecte des pouvoirs politique, médiatique, judiciaire et financier. Le phénomène est connu, et aussi ancien que la démocratie formelle, suspendue aux rapports de forces des acteurs sociaux qui se saisissent de ses procédures comme on investit un champ de bataille.

Ce que montre cette crise, c’est l’inanité d’un système où tout est suspendu au sort d’un politicien transformé par les primaires en « deus ex machina ». Que ce champion s’effondre, et tout est fini. On peut comprendre la colère des électeurs de droite, frustrés d’une représentation digne de ce nom lors d’une compétition majeure. Mais ce danger systémique est la rançon d’un régime qui fait du scrutin présidentiel la clé de voûte des institutions. Si elle lâche, tout s’effondre. Depuis la fondation de la Vème République, la vie politique a été mise en orbite autour de l’élection suprême. La compétition élyséenne en constitue l’alpha et l’oméga. L’instauration du quinquennat a accentué cette tendance, en faisant dépendre l’issue des élections législatives du verdict présidentiel.

Ce dispositif institutionnel taillé sur mesure pour le général de Gaulle fonctionne désormais à rebours de son projet initial. Destiné à souder la nation autour d’un chef élu par le peuple, il dépossède ce dernier en dévitalisant le débat démocratique. Emmanuel Macron est à la fois le théoricien et le bénéficiaire de cette politique de la terre brûlée qui évacue scrupuleusement la politique (au sens noble du terme) du débat électoral. Complètement artificielle, calquée sur les tempos instantanés et les codes débilitants de la télévision, la personnalisation du scrutin relègue les programmes au second plan. Les candidats sont lancés sur le marché comme des savonnettes, la confrontation dégénère en coups tordus, l’obsession du « buzz » supplante le débat d’idées. Le résultat final, c’est qu’on a un cheval de cirque à la place d’un cheval de course.

On pointe à juste titre la vacuité de cette joute électorale, on peste contre la débilité de ce Barnum politicien, mais on oublie généralement de souligner l’américanisation qui en est la cause. Au lieu de confronter des projets incarnés par des forces sociales organisées, la compétition présidentielle met aux prises des compétiteurs sans envergure, des bateleurs rodés à la « com » qui font des moulinets avec leurs bras en débitant des banalités. Si les électeurs sont dépolitisés, inutile de se demander pourquoi ! La crise de la politique est entretenue par le débat politique lui-même, soigneusement vidé de sa substance par les professionnels du décervelage.

Cette dégénérescence de la démocratie en bouffonnerie est d’autant plus nocive qu’elle s’accompagne d’un autre phénomène. C’est l’emprise des milieux financiers sur les médias de masse, phénomène qui semble avoir désormais atteint son maximum historique ! Dans un pays où neuf milliardaires possèdent la quasi-totalité des organes de presse, la délibération démocratique est au mieux une illusion consolatrice, au pire une vaste fumisterie. Naïfs, nous croyons que nous choisissons nos dirigeants et que ce choix est transparent. Mais deux idées fausses ne feront jamais une idée vraie. Et ce qui est sûr, c’est que cette double illusion est indispensable à la perpétuation de l’oligarchie.

La promotion d’Emmanuel Macron sur les décombres d’un fillonisme faisandé illustre à merveille ce poids des structures. La candidature du père Noël des possédants ayant explosé en plein vol, la caste lui a aussitôt trouvé un substitut. L’insoutenable légèreté de ce candidat à programme variable tient lieu de boussole d’une élection dont le résultat est programmé d’avance. La mine réjouie du jeune banquier d’affaires, très fier d’avoir gagné deux millions d’euros en deux mois en montant une OPA pour Nestlé, orne les couvertures des magazines, M. Bourdin lui sert copieusement la soupe sur Bfm, et « Le Monde » fait sa campagne grâce aux 13 millions d’euros de subventions publiques. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’oligarchie. Contrôlant les médias qui formatent l’opinion, elle préside à une foire d’empoigne électorale qui distraira le bon peuple et ne lui réservera aucune mauvaise surprise.

Bruno Guigue  3 MARS 2017

Source : Bruno Guigue 

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Un riche touriste détroussé à Paris (et ce n’est qu’un début). LGS.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Macron

 

Un riche touriste détroussé à Paris (et ce n’est qu’un début).

Devant la boutique Yves Saint Laurent, avenue Montaigne à Paris un avocat vénézuélien s’est fait arracher sa montre de la marque Audemars Piguet, modèle Tourbillon Concept Openworked, avec bracelet en crocodile, et valant 210 000€ » ( =15 ans de SMIC).

D’autres malfrats en bande organisée sont sur un casse fixé au 23 avril et qui frappera les esprits par son ampleur. Jouant sur la crédulité des citoyens, il s’agit de s’introduire chez eux avec le sourire avant de repartir en emportant la sécurité sociale, le canevas avec la biche dans le bois, le droit au chômage, les heures supplémentaires, la boule de verre où il neige quand on la remue, la retraite, l’avenir des enfants, les 35 heures, la soupière à médicaments, les CDI, le chemin de table au crochet, les droits syndicaux, le baromètre qui n’a jamais marché, les casques anti-coups de tonfas, et autres babioles auxquelles les gens simples sont comiquement attachés.

Leur plan ne peut échouer si les victimes sont braquées ce jour-là contre le voisin autoproclamé qui essaie de les alerter avec sa voix forte (il est sourd, ou quoi ?) et son égo surdimensionné d’insoumis.

Théophraste R. (Sous-directeur de la Brigade de détection des bateleurs et bonimenteurs médéfiens voleurs du peuple).

URL de cette brève 5352
https://www.legrandsoir.info/un-riche-touriste-detrousse-a-paris-et-ce-n-est-qu-un-debut.html
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La France n’a plus de politique étrangère ? Vendons notre siège au Conseil de l’ONU au Qatar. Par Jacques-Marie BOURGET du Grand Soir.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La nation ., #Daesch, #Politique étrangère

La France n’a plus de politique étrangère ? Vendons notre siège au Conseil de l’ONU au Qatar.

L'Europe est une colonie étasunienne créée par un agent français de la CIA et un ministre de Pétain. La politique étrangère de Paris se décide à Washington. Pourquoi dépenser de l'argent en entretenant un lourd Titanic nommé Quai d'Orsay ? Il faut en faire un palace couvert d'étoiles et vendre notre voix au Conseil de l'ONU au plus offrant, à coup sûr le Qatar.

Et si, sur eBay, on mettait en vente la voix de la France au Conseil de sécurité de l’Onu ? Ça ferait des sous pour payer d’autres gardes du corps à Marine Le Pen et d’autres épouses travailleuses à François Fillon. J’ai un ami corse, expert pointilleux en achat et vente de votes, qui pourrait se charger de la transaction. On nous dit que les caisses de la France sont vides ? Très bien. Mais puisque personne, entre les candidats à la succession de Paul Deschanel, ne nous propose de faire revenir en France les 160 milliards de taxes et impôts en cavale, ce droit de suffrage à l’Onu a la qualité d’une voix en or.

Ma réflexion mérite au moins une bonne étude de marché. Il serait judicieux de la confier à Ladreit de la Charrière, un homme qui a de l’entregent, et même de l’entre-François ; qui connaît donc du monde, le monde. Les plus courageux d’entre nous, ceux qui ont perdu de jolies soirées à écouter les moulins à paroles des « primaires » l’ont constaté : pour présider la France, un programme de politique étrangère n’est pas nécessaire. C’est un peu l’option macramé au bac, larguée entre la prolongation du boulevard Saint-Germain jusqu’à la mer et la gratuité des rasoirs.

Avant, l’Europe était à l’étranger... C’est fini. Tant mieux pour l’espéranto et les citoyens du monde : maintenant l’Europe, c’est chez nous. Que vous croyez ! On a oublié de le marquer sur la carte, mais la capitale des 28 n’est ni à Bruxelles ni à Strasbourg, mais à Washington. C’est là, après 1945, que le plan d’un grand marché « libre », d’une grande colonie, a été écrit. Son nom sera Europe. Pour en maçonner les fondations, les Américains ont jadis missionné deux formidables apôtres, Jean Monnet, ami de la CIA, et Robert Schuman, ministre de Pétain, des hommes sûrs. Résultat, aujourd’hui à Bruxelles 40 000 lobbyistes, tels les petits Blancs d’Afrique, veillent au bon déroulement de l’US dessein.

À ce point vous objectez que, si l’Europe est étasunienne, en débattre est alors causer de politique étrangère ! Pas du tout. Par la magie de la mondialisation mondialisée, il se trouve que la France, c’est l’Amérique. Donc plus besoin de payer au Quai d’Orsay des diplomates, « néocons », qui ne sont que les perroquets de Washington. Fermons le Quai puisque nos choix à l’étranger, hors le sursaut Chirac-Villepin, sont ceux des Bush, Clinton, Obama et Trump aujourd’hui. Voilà une seconde économie, zéro Quai.

Sûrement têtus, vous entendez démontrer que je déraille. Puisque la France bombarde des pans entiers de la planète, c’est bien la preuve que Paris a une vraie géopolitique. À cet instant je suis étonné que vous n’ayez pas remarqué que l’Otan est un outil des États-Unis dont nous ne sommes que les mercenaires. Qu’il n’y a pas de bombe « occidentale » larguée sans un OK venu du corral washingtonien.

Exemple : quand Hollande, dans une crise de folie peu douce, entreprend de bombarder Damas, Obama dit « no » et le met au piquet (et c’est heureux). Sans juger utile d’informer le vacataire de l’Élysée que les Russes, par leurs radars et contre missiles, avaient déjà rendu le ciel de Damas impénétrable. Non, ce qui est autorisé, recommandé, c’est le farouche soutien aux oligarques néo-nazis ukrainiens. Ça, c’est le paradis assuré. D’ailleurs sur son écran raplapla, Pujadas nous le serine : « L’Ukraine, c’est vital pour l’Europe. » Traduisons : pour les États-Unis. Et pour ses milliardaires de la variété Soros, autrement dit pour Wall Street et les « révolutions » orange. Regardons ailleurs, à Riyad : quand Hollande assiste à une réunion du Conseil de commandement qui regroupe les Saoudiens et les États du Golfe, dont le but est d’écraser le Yémen, il obéit à qui, le président de la République François ?

Heureusement, en cache-sexe de la « politique » étrangère française, nous avons Bachar. Ah ! Bachar ! Celui que l’on appelle par son petit nom comme un ami – ou comme un domestique arabe – sert de cours de rattrapage, type Sciences-Po, à des députés qui prennent le Pirée pour un homme. Observons que chacun d’eux, gauche-droite, en bon godillot, a voté pour la guerre en Libye. Un choix judicieux qui nous indique une grande capacité de visionnaire.

J’allais oublier un axe fondamental, celui sur lequel la France déploie son savoir-faire comme une clématite sur un tuteur : l’Afrique. Boum le Mali ! Pan pan les terroristes ! Ouh là là ! Allez faire un peu de tourisme chez les Dogons ou visiter les Toubous et, dans la foulée, la Centrafrique comme ce n’est pas loin, vous verrez comme tout va bien en Françafrique où on ne fait pas de politique étrangère, mais des affaires. C’est sûr, vous n’en reviendrez pas.

Donc tel un « expert » invité à l’émission télévisée C dans l’air, j’en reviens à ma bonne idée : vendons notre voix à l’Onu, soyons Folamour. Je propose comme client le Qatar, sa sagesse, sa hauteur de vue, sa qualité démocratique qui sont une garantie : notre voix sera aussi bien portée que du Dior par la Cheikha.

Pourtant, espoir, le retour d’une stratégie, d’« une vision pour la France », n’est pas une illusion totalement perdue. Il suffit pour cela de confier les clés du pays à Emmanuel Macron ou à Benoît Hamon. Prenons le Proche-Orient comme exemple, le chaudron où mitonne tant d’injustice. Par rapport à Israël, le banquier Macron qui condamne la colonisation en Algérie, mais l’approuve à Gaza et Cisjordanie, « rejette l’idée que la France reconnaisse la Palestine »... Tandis que Hamon, qui lui ne trouve pas d’aspect criminel à la colonisation, « attend que les pays qui entourent Israël cessent de lui être hostiles »... Face à ces idées fortes exprimées par de tels géants, je retire ma proposition : la voix de la France n’est plus à vendre. Elle est déjà en viager.

Jacques-Marie BOURGET

Ce texte a été publié dans le mensuel Afrique Asie de mars 2017.

Normalien, cacique à l’agrégation de lettres modernes, Laurent Fabius utilise tout naturellement le mot "expertise" dans son sens anglais (LGS).

URL de cet article 31605

   

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Les "néocons" battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah. Par Jacques-Marie BOURGET dans le Grand Soir.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La justice

 

Les "néocons" battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah.

Alors que la coalition des nouveaux impérialistes se réjouissait par avance d'un coup double à jouer en Syrie, éliminer Bachar et le Hezbollah tout en écorniflant l'Iran, voilà que l'organisation de résistance libanaise sort renforcée de la victoire d'Alep. Il faut donc abattre Nasrallah et ses troupes par un autre moyen, le vieille arme de la CPI et des "crimes de guerre". La machine est en route.

Ce qui est pénalisant dans le vieillissement ce n’est pas seulement la difficulté que l’on éprouve à lacer ses chaussures, c’est que l’on parle de moments d’histoire que personne n’a connus. Outre les amis bancals qui vous accompagnent sur le chemin du cimetière. Ainsi Geneviève Tabouis, une journaliste qui a déclamé pendant trente ans ses chroniques sur « Radio Luxembourg », ça ne vous dit rien ! Cette amie d’Eleonor Roosevelt et de Joseph Staline avait coutume de démarrer son couplet par un sonore « Attendez-vous à savoir... ».

N’étant ni l’ami de Melania Trump ni le cousin de Vladimir Poutine, je m’autorise quand même à vous lancer mon personnel « Attendez-vous à savoir... ». Attendez-vous à savoir que dans les ateliers de Washington, là où l’on forge si bien le mensonge, une grande campagne est en cours de montage. Une entreprise de première grandeur qui mobilise aussi les orfèvres israéliens, toutes les petites mains du lobby néoconservateur et les forces pures et vives de ces organisations non gouvernementales (sic) qui, par chance et goût de la démocratie, embrassent toujours les vœux de la CIA ou ceux de George Soros. C’est-à-dire la même chose.

Attendez-vous donc à savoir que le Hezbollah, pour le comportement supposé de ses soldats en Syrie, va être livré à l’accusation publique. Certains combattants de cette juste cause rêvent même de l’édification d’une CPI « spéciale », comparable à celle chargée de désigner qui a envoyé Rafic Hariri au ciel.

Lecteurs de combat, donc penseurs de l’autrement, vous avez tout de suite compris l’ambition des manipulateurs et leur enjeu : continuer par d’autres moyens, par l’arme médiatique, leur guerre perdue à Alep. Un ami sincère, un frère pourtant habitué à la magie des montreurs de lune, m’a informé de l’offensive. J’ai été surpris et même meurtri que ce combattant des toutes les libertés tombe dans le panneau : « Si, si, à Alep les miliciens du Hezbollah ont multiplié les atrocités »... Me voilà donc, une fois encore, alors que pour les connaitre je déteste les guerres, obligé de présenter le massacre comme une bagatelle. Et il l’est, si j’ose dire. La certitude est la suivante, si les disciples de Nasralla ont commis des crimes de guerre, il en va tout autant des soldats de la République Arabe de Syrie et de ces humanistes islamistes décrits sous l’alléchante banderole de « Rebelles modérés ». Sans parler des tueurs d’Al Nosra, amis de Fabius, et des barbares de Daech. La guerre est toujours un crime et l’attelage des deux mots est une tautologie.

Attendez-vous donc à ce que nos journaux, qui n’ont rien vu à redire de l’impeccable comportement des criminels de masse agissant – du bon côté – en Afghanistan, en Irak, au Kosovo, en Libye, au Yémen, vous clouent les combattants chiites libanais au pilori planétaire. Alors que Trump ressort son bâton de Guignol contre l’Iran, il est bon que ces admirateurs de l’imam Hussein ne sortent pas trop puissants de ces ruines d’Alep qui ont été aussi un tombeau pour les espoirs de l’OTAN. Comme chacun sait, et comme vous le confirmera une lecture ordinaire du Monde, en dépit de ses dizaines de têtes nucléaires, « Israël est menacé dans sa survie par les criminels du Hezbollah ». D’urgence pendons donc ces soldats chiites si cruels et dangereux. Urgence... urgence... pas si sûr puisque, dans leur soif de justice, les experts du trébuchet mondialisé seront –forcément- occupés à punir dans un tour de rôle d’autres « crimes de guerre », ceux de Kissinger, Bush, Olmert, Clinton, Netanyahou, Sarkozy, du droneur Obama et autres étalons de la démocratie. Rappelons l’incontournable doctrine du vieux maître Vergès : « Vous ne pouvez condamner Barbie sans juger Massu ».

Ayons confiance en l’instinct suicidaire de la presse qui, d’un mensonge l’autre, roule sa toile de cirque pour s’en faire un linceul. Depuis sa chaire du Collège de France, Pierre Bourdieu a fini sa vie en combattant le système des « médias-mensonges ». En chirurgien des idées il évoquait la raison d’agir des journaux, surtout ceux du gratin, vrais chiens de garde de « l’opinion », forts de leur « monopole de la violence symbolique ». Sans être un digne exégète, en parlant aujourd’hui de ces journalistes, je vais extrapoler la pensée du grand sociologue. Faut dire qu’il y a « urgences », comme on l’écrit aux portes des hôpitaux, et mon néo concept post bourdieusien est de dire maintenant que nos nouveaux journalistes détiennent le missile parfait : le « monopole de la diffamation légitime ».

Après qu’aucune star du journalisme vrai, genre Florence Aubenas, n’a été expédiée à Alep pour nous écrire le bilan de six années de guerre, soyons sûrs que les ateliers de la contrefaçon vont nous abreuver d’horribles nouvelles tirées de ce noir et récent passé. En 1999 suite à la guerre du Kosovo qui, même à « zéro mort » du côté des bons ne font pas en dentelles mais en mensonges, l’admirable Edwy Plenel – qui veut être à la presse ce que Marx fut au capital – nous a régalé d’un scoop : « sans l’intervention de l’OTAN des dizaines de milliers de kosovars auraient été exterminés dans un « génocide » ». Eh oui ! La preuve ? Plenel s’était procuré le plan « Fer à cheval », celui qui programmait, planifiait les massacres. Hélas le document d’Edwy était un faux écrit par les services secrets allemands. Zut.

Résumons. Entre des journalistes qui publient des documents façonnés et d’autres qui découvrent du gaz sarin où l’ONU n’en a pas remarqué, l’horizon médiatique est favorablement ouvert aux guerriers de l’info. Eux qui ne passent pas leur temps dans la boue ou les abris de béton mais dans les fauteuils Eames des officines « occidentales ». Celles où l’on invente les « unes » de demain.

Jacques-Marie BOURGET

Chronique publiée dans le mensuel Afrique Asie du mois de février.

URL de cet article 31497

   

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Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis Par Youssef Hindi — 11 mars 2017

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis

 
Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

 

L’entrée de la Russie en guerre contre l’organisation Etat islamique (à partir d’octobre 2015), aux côtés de l’armée syrienne, n’a pas seulement révélé la duplicité des puissances occidentales et leur soutien aux groupes terroristes, mais elle a été aussi la traduction d’un basculement géopolitique mondiale en faveur des puissances eurasiatiques. La nouvelle donne dans les rapports de forces géopolitiques a été explicitée par le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov, lors de la 53e Conférence de Munich sur la sécurité qui a eu lieu les 17, 18 et19 février 2017. Le Ministre des Affaires étrangères russe déclara durant son discours :

« Il y a dix ans, le Président de Russie Vladimir Poutine prononça un discours que beaucoup en Occident considéraient comme un défi et même une menace, bien que le message soulignât avant tout la nécessité de renoncer aux actions unilatérales et ce en faveur d’une coopération honnête basée sur le respect mutuel, le droit internationale, l’évaluation conjointe des problèmes mondiaux et la prise de décision collective. Malheureusement, les avertissements qu’il a alors émis sur les conséquences négatives d’entraver l’émergence d’un monde multipolaire sont devenus réalité.

L’Humanité est à la croisée des chemins aujourd’hui. L’ère historique qui pourrait être appelée l’Ordre post-guerre froide est arrivée à sa fin. Son principal résultat, nous le voyons, est l’échec total des institutions de la Guerre froide à s’adapter aux nouvelles réalités. Le monde n’est devenu ni « occidentalo-centrique », ni un endroit plus sûr et plus stable. Cela est évident au regard des résultats de la « démocratisation » du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et ailleurs.

L’expansion de l’OTAN a créé un niveau de tension jamais vu en Europe depuis 30 ans…

Nous rejetons catégoriquement les allégations de ceux qui accusent la Russie et les nouveaux centres d’influence mondiale de tenter de saper l’ordre libéral. Ce modèle global a été préprogrammé pour la crise dès le moment où cette vision de la mondialisation économique et politique a été conçue avant tout comme un instrument pour assurer la croissance d’un club d’élite de pays et sa domination sur tous les autres. Il est clair qu’un tel système ne pourrait durer éternellement. Les dirigeants qui ont un sens de la responsabilité doivent maintenant faire leur choix. J’espère que ce choix sera fait en faveur d’un ordre mondial démocratique et juste, d’un ordre mondial post-occidental, si vous voulez, dans lequel chaque pays développe sa propre souveraineté dans le cadre du droit international et s’efforcera d’équilibrer leurs propres intérêts nationaux avec leurs partenaires, dans le respect de l’identité culturelle, historique et civilisationnelle de chaque pays. »[i]

De toute évidence, si les responsables occidentaux se refusent à accepter le monde multipolaire, la guerre mondiale restera la seule issue.

La fin de la séquence historique du « Printemps arabe »

Le politologue Naoufel Brahimi el Mili, dans un ouvrage intitulé Le Printemps arabe : une manipulation ?[ii], démontre que les révoltes arabes furent essentiellement le fruit d’un travail de terrain via notamment la participation active de la chaîne qatari Al-Jazeera suivant le plan de remodelage du Grand Moyen-Orient (Greater Middle East initiative, 2002) – plan attribué aux néoconservateurs américains mais dont l’origine est israélienne (Plan Oded Yinon, 1982).

Le Printemps arabe, qui démarra à la fin de l’année 2010 en Tunisie – et qui, par effet de « contagion » a touché l’Egypte, puis l’Algérie et le Maroc (ces deux derniers ont néanmoins su gérer la « révolte » et l’empêcher d’aboutir, à l’inverse de la Tunisie et de l’Egypte) – ne fut pas la première des révoltes arabes qui aura profité au projet sioniste.

En effet, en 1916, sous l’impulsion britannique, les Arabes se sont révolté contre l’Empire ottoman (qui était pourtant un empire décentralisé et dont la présence en terres arabes ne se faisait pas sentir par les populations) ; soulèvement qui s’est poursuivi en 1917 en accompagnant le démantèlement de l’Empire ottoman. Les troupes arabes ont aidé les Britanniques (appuyé sur le terrain par un contingent juif) à prendre Jérusalem, participant ainsi à la création du foyer juif en Palestine, ignorant qu’ils creusaient leur propre tombe[iii].

Avec le Printemps arabe de 2010-2011, l’histoire se répète. Après l’Empire ottoman, c’est au tour des dictateurs arabes de jouer le rôle d’ennemi à abattre afin de passer au second découpage – le premier fut celui du Moyen Orient, conformément à l’accord secret de Sykes-Picot (1916) faisant suite à celui de McMahon-Hussein (1915), au lendemain de la Grande Guerre – du monde arabo-musulman (Moyen Orient élargi).

Si la révolte arabe de 1916-1917 a contribué à la création du Foyer juif en Palestine, la révolte arabe de 2010-2011 aura, pour sa part, contribué à l’avancement du projet du Grand Israël.

Les révoltes ont conduit à la chute de plusieurs gouvernements par effet domino (pour reprendre l’expression du Sheikh Imran Hosein qui annonça le Printemps arabe avec huit ans d’avance), et leur remplacement par les Frères musulmans financés par le Qatar et soutenu par les Etats-Unis[iv]. Puis, l’on a vu, à commencer par la Libye, déferler des hordes de mercenaires et d’assassins endoctrinés et financés par les deux Etats wahhabites que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, armés et soutenus par les Etats-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne, semer le désordre, bombarder, massacrer les populations civiles en Libye, en Syrie et en Irak.

Et ce avec le soutien des Frères musulmans de toutes tendances, en Europe et ailleurs, à l’instar de Tariq Ramadan (travaillant à la fois à l’Université d’Oxford en Angleterre et au Qatar). Rien d’étonnant d’ailleurs à ce que Frère Tariq se soit, dès le déclenchement du Printemps arabe, parfaitement aligné sur la politique atlantiste, sioniste et wahhabite, appelant fallacieusement les égorgeurs de Libye et de Syrie « freedom fighters » (combattants de la liberté) ; en cela, rien ne le distingue de Bernard-Henri Levy…

De la même façon que le chef du Hamas (qui est une émanation des Frères musulmans), Khaled Mechaal[v], a quitté traîtreusement Damas (où il était exilé) au lendemain du déclenchement du Printemps arabe, pour s’installer au Qatar. Tandis qu’Ismaël Hanyié (membre du Hamas et ancien Premier Ministre de l’autorité palestinienne, 2006-2007) se rendait au Caire pour faire allégeance au gouvernement des Frères Musulmans, tout en vouant Bachar el-Assad aux gémonies.

Le Printemps arabe a eu au moins le mérite de faire tomber de nombreux masques, de révéler au grand jour l’agenda des Frères musulmans qui coïncide « curieusement » avec celui d’Israël, et de mettre en lumière la réalité des alliances géopolitiques et les accointances idéologiques d’un certain nombre d’imposteurs qui avançaient masqués.

Le rôle corrosif de ces entités terroristes a été et est encore, conformément au plan israélien Oded Yinon, d’anéantir les structures étatiques préexistantes. L’avancement de ce qu’il convient d’appeler « le printemps sioniste », a provoqué, en réaction, un renforcement de l’alliance russo-iranienne.

C’est cette alliance que les stratèges sionistes essayent de défaire depuis plusieurs années, après avoir rendu impossible toute normalisation des rapports entre les Etats-Unis et l’Iran.

Le lobby pro-israélien derrière la politique anti iranienne des USA

Donald Trump, qui n’a jamais caché, durant toute sa campagne présidentielle, sa volonté de collaborer avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment sur le règlement du problème terroriste en Orient, a parallèlement tenu des propos hostiles à l’Iran – menaçant d’ailleurs de déchirer l’accord sur le nucléaire[vi].

Or, la principale puissance régionale stabilisatrice est l’Iran ; pays allié de la Russie et de la Syrie qu’elle aide militairement à lutter contre les groupes terroristes. Il y a donc, dans la position de Trump vis-à-vis de l’Iran, une incohérence qui ne peut pas être seulement imputable à son manque d’expertise géopolitique ; d’autant plus que son agressivité et celle de son conseiller Michael Flynn (qui a été débarqué après avoir glissé sur une peau de banane des Services de renseignements qui cherchent à amputer le nouveau président de ses principaux piliers) reste jusque-là purement verbale. De toute évidence, ce n’est que pour complaire à Israël et éviter d’avoir le lobby sioniste sur le dos que Donald Trump s’est livré à une agressivité théâtrale contre l’Iran.

Il faut, pour comprendre l’anti-iranisme des administrations américaines successives se pencher sur le lobbying israélien aux Etats-Unis.

En effet, jusqu’en 1993, les Etats-Unis n’étaient pas partisans d’une politique agressive envers l’Iran. C’est principalement sous l’influence de l’Etat hébreu que les Américains ont pris ce tournant anti-iranien. Au début de l’année 1993, alors que Bill Clinton arrive au pouvoir, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et son ministre des Affaires étrangères Shimon Pérès commencent à défendre l’idée que l’Iran constitue une menace pour Israël et les Etats-Unis. A la mi-mars 1993, le Washington Post rapportait ceci :

« Quelle que soit leur sensibilité politique, les responsables israéliens estiment qu’il est nécessaire de convaincre l’opinion et les dirigeants américains de l’urgence de mesures visant à contenir l’Iran, et que les Etats-Unis sont la seule puissance mondiale capable de prendre de telle mesure »[vii].

Les États-Unis se plièrent aux exigences israéliennes en pratiquant une politique d’endiguement (contention) de l’Iran en cernant militairement le pays par des bases militaires, tout comme ils le font avec la Russie. Robert Pelletreau, qui était secrétaire d’État adjoint en charge du Proche-Orient, déclara que cette politique d’endiguement militaire était pour l’essentiel la copie conforme d’une proposition israélienne[viii].

Cette politique, une fois mise en place, fut très critiquée pour plusieurs raisons ; une d’entre elles est que ces exigences israéliennes poussaient les États-Unis à adopter une politique d’hostilité à l’encontre de deux pays déjà antagonistes : l’Iran et l’Irak, ce qui, d’un point de vue stratégique est contre-productif[ix], mais très utile à la stratégie israélienne sur le long terme. Au sein de l’appareil d’Etat américain, des voix s’élevèrent en conséquence en faveur d’un dialogue avec l’Iran[x].

Mais pour les israéliens, cette politique d’isolement n’était pas encore satisfaisante, il fallait aller plus loin, alors Israël et son lobby aux États-Unis, se sont attaqué aux lois permettant aux entreprises américaines de commercer avec l’Iran. L’analyste Tritta Parsi rapporte à ce sujet que « à la demande du gouvernement israélien, l’AIPAC rédigea et fit circuler à Washington un mémorandum de 74 pages soutenant que l’Iran était une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour les États-Unis et l’Occident tout entier »[xi].

En avril 1995, l’AIPAC publia un rapport intitulé « Pour un ensemble de sanctions contre l’Iran : un plan d’action »[xii]

Dans la même année, la société pétrolière américaine Conoco qui était alors au bord de signer un accord avec l’Iran pour l’exploitation des gisements pétrolifères, s’est vue empêchée de conclure : le président Clinton avait mis son véto en personne à cet accord le 14 mars 1995 et prit un décret le lendemain même pour interdire aux entreprises américaines de participer à l’exploitation des réserves pétrolières iraniennes.
Bill Clinton révéla plus tard ceci : « Un des opposants les plus efficaces au contrat avec Conoco était Edgar Bronfman Sr. », soit le très influent ancien dirigeant du Congrès juif mondial. L’AIPAC contribua aussi à torpiller l’accord[xiii].

Le fait suivant illustre assez bien le jeu subtil et pervers d’Israël, un jeu alambiqué assorti d’une authentique duplicité : bien que l’Entité sioniste ait tout fait pour que les États-Unis rompent tout rapport économique et commercial avec l’Iran, Israël ne s’est pas interdit de commercer avec son ennemi prétendument déclaré en achetant des produits iraniens via des intermédiaires[xiv].

Après avoir poussé les États-Unis à mener une politique de blocus et de sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, les boutefeux sont passés à l’étape suivante : ils ont encouragé Washington à mener des frappes contre les installations nucléaires iraniennes et même à livrer la guerre à Téhéran ; en parallèle ils défendaient l’idée d’un changement de régime en Iran.

Depuis le début des années 1990, Israël mène des campagnes anti-iraniennes aux États-Unis ; en 1990, les dirigeants israéliens désignaient l’Iran comme leur ennemi le plus redoutable car il aurait été capable de développer un armement nucléaire, ce qui par ailleurs, serait tout à fait légitime. Un Iran menacé à la fois par Israël qui est sur-nucléarisé et par la plus grande puissance militaire mondiale, peut légitimement développer un armement atomique afin de sanctuariser son territoire et éviter ainsi de subir le même sort que l’Irak.

Israël, qui a de toute évidence pour objectif de devenir un État impérial au Proche-Orient, ne peut tolérer qu’une puissance comme l’Iran dont l’influence est croissante dans la région, se dote d’un arsenal nucléaire. Du point de vu israélien, l’Iran doit, soit tomber sous les coups d’une coalition wahhabo-américano-sioniste (l’Arabie étant automatiquement partie prenante d’une telle coalition), soit se soumettre, d’où l’idée d’un changement de régime.

Nous l’avons dit, une confrontation directe avec l’Iran est loin de faire l’unanimité aux États-Unis ; la CIA, le Département d’Etat et l’armée, étaient partisans d’un dialogue avec l’Iran. Fin février 2007, le Sunday Times rapportait :

« d’après des sources haut placées dans les cercles du renseignement et de l’armée, certains des membres les plus éminents de l’état-major américain sont prêts à présenter leur démission si la Maison-Blanche ordonne une attaque militaire contre l’Iran »[xv]

Ephraim Sneh, l’un des faucons israéliens, s’est exprimé à ce propos sans ambiguïté :

« Nous étions contre le dialogue Irano-États-Unis parce que l’intérêt des États-Unis ne coïncidait pas avec le nôtre »[xvi]

Les Iraniens, de leur côté, ont depuis le début des années 1990 tendu la main aux États-Unis et ont même proposé de travailler à l’élaboration d’un modus vivendi avec Israël[xvii]. L’Iran, sous la présidence de Rafsandjani (de 1989 à 1997) et plus encore sous Khatami (de 1997 à 2005), a constamment cherché un compromis et la paix. L’Iran n’a durci le ton – sous la présidence d’Ahmadinejad (2005-2013) – qu’après de longues années de négociations infructueuses. La radicalisation des États-Unis, sous l’Administration Bush, précède l’arrivée à la présidence iranienne d’Ahmadinejad, qui n’est en quelque sorte que la réponse à la politique d’endiguement menée par les États-Unis sous influence israélienne.

Le guide suprême iranien, l’Ayatollah Khameneï, composant avec des forces contradictoires – d’un côté les Pasdaran (Gardiens de la Révolution), nationalistes (auxquels appartient Ahmadinejad) et de l’autre, une partie du clergé (qui compte les hommes les plus riches d’Iran et dont la préoccupation est leur intérêt personnel plutôt que celui de l’Iran) et les réformateurs (comme le pro-américain Moussavi, qui s’est présenté aux élections de 2009 face à Ahmadinejad), tournés vers l’Occident –, a su adapter la politique iranienne aux circonstances, en laissant accéder à la présidence des hommes dont les profils peuvent être parfois antagonistes (Ahmadinejad/Rohani).

Après le départ d’Ahmadinejad, l’on a vu arriver le diplomate Rohani à la présidence ; il a, dès son arrivée, entamé une politique de compromis calquée sur celle de Khatami et assez éloignée de celle d’Ahmadinejad. Ceci à permis la levée des sanctions économiques et de « normaliser » temporairement les relations entre l’Iran et les États-Unis.

J’annonçais en 2015 que cette normalisation des rapports serait temporaire et qu’elle se conclurait par l’annulation de l’accord nucléaire[xviii] ; et c’est ce que nous voyons avec Donald Trump qui annonçait durant sa campagne qu’il jetterait cet accord à la poubelle. Israël s’efforce de faire revenir les Américains sur l’accord nucléaire, tout en continuant à maintenir les Etats-Unis et l’Iran dans un état conflictuel permanent[xix].

Après l’arrivée de Bush au pouvoir (en particulier durant son deuxième mandat), la politique américaine, sous l’influence d’Israël, est devenue résolument agressive, au point que le Pentagone a envoyé des missions de renseignement en territoire iranien et actualisé ses « plans de mobilisation en vue d’une invasion de l’Iran »[xx].

Bush déclara le 20 mars 2006 à Cleveland que « La menace iranienne, c’est bien entendu leur objectif déclaré de détruire notre grand allié Israël… Nous aurons recours à la force militaire pour protéger notre allié »[xxi]

Des déclarations associant « guerre contre l’Iran » et « allié israélien » (et non pas à la sécurité des Etats-Unis) à partir de là se multiplièrent ; ce qui signifiait clairement que l’Amérique irait en guerre contre un État ne le menaçant ni directement ni indirectement, simplement pour complaire à l’État hébreu. Cette maladresse a alarmé le lobby pro-israélien, car à travers les siècles, les rabbins messianistes et leurs continuateurs les messianistes athées, avancent masqués, faisant exécuter leurs plans et atteindre leurs objectifs par des puissances tierces (ce que j’ai abondamment exposé dans mon ouvrage Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme[xxii]). Au printemps 2006, le journal Forward publiait ceci :

« Les dirigeants de la communauté juive ont instamment prié la Maison-Blanche d’éviter d’annoncer publiquement son désir de défendre Israël contre de possibles agressions iraniennes. Ce n’est pas que ces dirigeants soient opposés au recours à une intervention américaine pour protéger Israël, mais plutôt qu’ils ont peur que les déclarations publiques du président Bush ne créent l’impression que les États-Unis n’envisagent une action militaire contre l’Iran au seul profit d’Israël – ce qui pourrait amener l’opinion à attribuer aux Juifs américains la responsabilité des conséquences négatives d’une frappe américaine contre l’Iran »[xxiii].

Il serait en effet éminemment fâcheux que l’opinion publique connaisse la vérité vraie…

En avril 2006, Malcolm Hoenlein, vice-président du lobby pro-israélien La Conférence des présidents expliquait que « bien que nous appréciions beaucoup cette sollicitude, la question est de savoir s’il est vraiment opportun de lier la question iranienne à Israël »[xxiv]

Car ce sont les États-Unis qui doivent porter toute la responsabilité du désordre en Orient comme en 1991, en 2003 et demain, peut-être, celle d’une éventuelle nouvelle Guerre mondiale.

La position actuelle de Donald Trump ressemble beaucoup à la stratégie préconisée par Henry Kissinger. En effet, comme je l’expliquais dans un article du 4 septembre 2015 (La Russie, l’Europe et l’Orient[xxv]), Kissinger tente depuis plusieurs années un rapprochement de la Russie et des Etats-Unis, en contrepartie d’un découplage de Moscou d’avec Téhéran. Le 11 mai 2014, sur CNN, Kissinger déclarait qu’il ne fallait pas isoler la Russie, parce « qu’il est dans l’intérêt de tous qu’elle soit maintenue dans le système international ».

En 2008, Kissinger, avait de la même façon publiquement tendu la main à la Russie… sur le dos de l’Iran qu’il désignait comme « un danger pour le monde environnant », c’est-à-dire pour Israël représentant la totalité du monde environnant. Kissinger s’est d’ailleurs entretenu avec Vladimir Poutine en 2009 et en janvier 2012, deux mois avant sa réélection à la présidence de Russie[xxvi].

Cette subtile stratégie sioniste vis-à-vis de la Russie échappait à l’époque aux analystes, mais comme nous le verrons plus bas, la nouvelle donne géopolitique fait apparaître clairement le jeu israélien et valide l’analyse que j’en faisais en 2015.

Le renforcement de l’alliance russo-iranienne

L’hiver terroriste dont a immédiatement accouché le Printemps arabe a été un révélateur de la nature et de la finalité de ces pseudo-révoltes pour la « liberté » et la « démocratie ».

La contagion terroriste et l’affaiblissement de l’Etat syrien sous la poussée daechienne a contraint la Russie à s’impliquer directement sur le terrain.

L’aggravation de la guerre contre le terrorisme et la pression occidentaliste contre la Russie a radicalisée la diplomatie de la Fédération de Russie vis-à-vis de l’Occident ; parallèlement, la nouvelle donne géopolitique a renforcé l’alliance stratégique entre la Russie et l’Iran.

Ceci a fait échouer, comme je l’annonçais, la stratégie d’Henri Kissinger consistant à découpler la Russie et l’Iran en proposant aux Russes de les intégrer au système international. Poutine n’est pas tombé dans ce piège. Déjà en avril 2015 le président russe autorisait la livraison de missiles défensifs S-300 à l’Iran ; livraison que Dimitri Medvedev avait bloquée durant sa présidence (2008-2012). A cette livraison des S-300 à l’Iran, Israël a réagi en annonçant l’envoie d’armes en Ukraine afin d’alimenter le feu[xxvii] qui couve après les accords de cessez-le feu de Minsk II (12 février 2015) ; Vladimir Poutine avait alors mis en garde Israël contre les livraisons d’armes à Kiev.

Mon analyse de la stratégie sioniste que proposait Henri Kissinger vis-à-vis de la Russie a été confirmée il y a quelques jours par le grossier Benjamin Netanyahou le 5 mars 2017. Le Premier ministre israélien, qui s’apprêtait à se rendre à Moscou, a déclaré qu’il allait tenter de convaincre jeudi (9 mars) Vladimir Poutine d’empêcher une présence militaire iranienne permanente en Syrie :

« L’Iran tente de s’établir de façon permanente en Syrie au travers d’une présence militaire terrestre et maritime et d’ouvrir progressivement un front sur le plateau du Golan », et il ajouta « Je ferai part au président Poutine de l’opposition ferme d’Israël à une telle possibilité. J’espère que nous parviendrons à trouver des arrangements pour éviter des frictions possibles entre nos forces, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant. »[xxviii]

Si Vladimir Poutine a toujours ménagé Israël en raison de l’influence qu’exerce les pro-israéliens à la tête de l’Etat russe – Alexandre Douguine expliquait à ce propos, en septembre 2013, que « la guerre fait rage autour de Vladimir Poutine. Il subit une forte pression des fonctionnaires libéraux, pro-américains et pro-israéliens, qui sont dans son entourage. Ils tentent de le convaincre de rester neutre (par rapport à la guerre en Syrie). Un homme, Vladimir Poutine, et une large majorité de la population russe qui le soutient sont d’un côté, et l’entourage de Poutine constitue une cinquième colonne de l’Occident. Cela signifie que Poutine est seul. Il a le peuple avec lui, mais pas l’élite politique. L’Occident active tous ses réseaux au sein de l’élite politique russe pour peser sur la décision de Poutine. C’est une guerre invisible qui se déroule actuellement.[xxix] – », la situation proche-orientale et les menaces contre la Russie ainsi que l’exacerbation des tensions Est/Ouest, renforce sans doute, à l’intérieur de l’appareil d’Etat russe, Vladimir Poutine, les nationalistes et les eurasistes, face aux libéraux, aux occidentalistes et aux pro-israéliens.

De même qu’en Iran, les Gardiens de la Révolution (les Pasdaran) et plus largement les conservateurs – face à l’hostilité de Trump et sa volonté de déchirer l’accord nucléaire négocié et conclu par les libéraux pro-américains iraniens (représentés par le président Rohani) – voient leur position renforcée au sein de l’appareil d’Etat en Iran.

Il y a donc fort à parier que Netanyahou ne convaincra pas Poutine de s’opposer à la « présence » iranienne en Syrie, ce qui irait à l’encontre des intérêts même de la Russie et de la stabilisation de la Région qui dépend en bonne partie de l’Iran. Si Poutine doit ménager Israël, il n’en demeure pas moins que Netanyahou doit prendre toutes les précautions possibles pour ne pas provoquer des frictions, voire une opposition frontale entre la Russie et Israël, dont les intérêts et la politique, au Proche-Orient, sont diamétralement opposés ; ce que l’évolution de la situation en Syrie met clairement en évidence.

Le basculement définitif de la géopolitique mondiale, dont la Grande Syrie (le Sham) est le pivot et le révélateur, clarifiera de façon nette les alliances et les deux camps qui s’affrontent.

Par Youssef Hindi | 10 mars 2017

[i] Lire la retranscription complète du discours : http://www.mid.ru/en/press_service/minister_speeches/-/asset_publisher/7OvQR5KJWVmR/content/id/2648249

[ii] Edité en 2012, éditions Max Milo.

[iii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme, Sigest, 2015.

[iv] L’Administration américaine a soutenu les Frères musulmans durant 
les élections présidentielles égyptiennes de 2012 et le président élu (destitué un an plus tard) Mohamed Morsi. Morsi a fait ses études et a vécu aux Etats-Unis, et détient par ailleurs la nationalité étasunienne. Il a notamment travaillé en tant qu’ingénieur à la NASA. Lire le très intéressant article sur les rapports qu’entretien le frère de Barak Obama, Malik Obama, avec les saoudiens et les Frères musulmans : http://www. solidariteetprogres.org/actualites-001/freres-obama-protecteurs-terrorisme-islamique-saoudien-10481.html

[v] Le portrait élogieux de Mechaal qu’a dressé le journal Le Monde après sa trahison, est tout à fait significatif : Khaled Mechaal, chef du Hamas, homme aux multiples vies, 07/12/2012.

[vi] Voir : Le Point, « Iran : l’accord sur le nucléaire menacé par Trump », 15/01/2017.

[vii] David Hoffman, « Israel Seeking to Convinces U.S. That West Is Threatened by Iran », Washington Post, 13 mars 1993.

[viii] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., p. 402. Cité par Walt et Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, 2007, La Déouverte, p. 315.

[ix] Voir : Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 316.

[x] Zbigniew Brzezinski et Brent Scowcroft, Differential Containment : American Policy Toward Iran and Iraq, Report of an Independent Study Group on Gulf Stability and Security, Council on Foreign Relations, New York, 1997, p. 5-32 ; et Gary Sick, « Rethinking Dual Containment », Survival, 40, n° 1, printemps 1998. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 316.

[xi] Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 305. Cité par Walt et Mearsheimer, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, p. 316.

[xii] AIPAC, « Comprehensive U.S. Sanctions against Iran : A Plan for Action », Washington, DC, 2 avril 1995.

[xiii] Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xiv] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., pp. 308, 311, 329-330. Voir : Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xv] Michael Smith et Sarah Baxter, « U.S. Generals Will Quits if Bush Orders Iran Attack », Sunday Times, Londres, 25 février 2007.

[xvi] Cité dans Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 403. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 320.

[xvii] Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 314.

[xviii] Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, chap. IV : Géopolitique et stratégie du sionisme, 2015, Sigest.

[xix] Voir les déclarations du ministre des Affaires étrangères britanniques Philipp Hammond rapportées par le site d’information franco-israé- lien Aalyaexpress-News.com, Grande-Bretagne : « Israël veut un état permanent de confrontation avec l’Iran », 16/07/2015.

[xx] Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxi] « President Discusses War on Terror and Operation Iraqi Freedom », 
Cleveland, Ohio, White House, Office of the Press Secretary, 20 mars 2006.

[xxii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, 2015, Sigest.

[xxiii] Ori Nir, « Groups to Bush ». Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxiv] Cité dans James D. Besser et Larry Cohler-Esses, « Iran-Israel Linkage by Bush Seen As Threat »

[xxv] http://www.geopolintel.fr/article970.html

[xxvi] Source : http://fr.rian.ru/world/20120120/193093922.html

[xxvii] Sputnik, Poutine met Israël en garde contre les livraisons d’armes à Kiev, 18 avril 2015.

[xxviii] Le Figaro, Netanyahou veut convaincre Poutine de contrer l’axe Iran-Syrie, 5 mars 2017.

[xxix] Voir l’interview d’Alexandre Douguine : http://manuelochsenreiter.com/blog/2013/9/6/what-will-russia-do

 

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Vladimir Boukovski, un ex-soviétique parle de l’UE : « J’ai vécu votre avenir et ça n’a pas marché ».

9 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La dette, #l'horreur économique, #Terrorisme

Un ex-soviétique parle de l’UE : « J’ai vécu votre avenir et ça n’a pas marché »

Un écrivain et ancien dissident soviétique nous explique ici les similitudes frappantes qui existent entre l'ex URSS dans laquelle il a souffert et l'actuelle Union Européenne dans laquelle nous n'avons pas fini de souffrir.

Et c'est vrai que ces ressemblances sont frappantes, et s'accroîtront encore. Cette Europe nous est vendue sous un bel emballage, de grandes phrases et de grands mots, mais ce n'est pas un cadeau.

Ou alors un cadeau empoisonné.

Nous n'avons rien gagné avec cette Europe, ni pouvoir d'achat, ni emploi, ni sécurité, ni paix. Le bonheur encore moins.

Mais nous avons perdu notre liberté et notre pouvoir de décider de notre avenir. 80% de nos lois sont maintenant décidées à Bruxelles, et à part les rares qui veulent sortir de l'Europe (ils sont quelques-uns à le dire, mais un seul a vraiment l'intention de le faire), tous les candidats actuels n'ont d'autre programme que les GOPE décidés par des commissaires non élus à Bruxelles, de dociles esclaves du mondialisme et des multinationales. Ceux qui vous disent qu'on va la réformer vous mentent : elle n'est pas réformable sans l'accord des 27, ce qui est une impossibilité mathématique. Quant à ceux qui vous promettent un référendum, souvenez-vous de de qu'on a fait de notre vote en 2005, ne les croyez pas. 

Cette Europe finira par s'effondrer, sans doute rapidement, bien avant d'atteindre les 73 ans de l'URSS quand elle a fini par mourir dans la douleur, et notre intérêt est de la quitter au plus vite avant que la baraque ne nous tombe sur la tête : plus nous prendrons les devants, mieux nous organiserons cette sortie, et moins elle ressemblera à un sauve-qui-peut et à une débâcle.

Vous avez toutes les cartes en main pour le faire.

Doctorix.

JPEG Voici donc le discours très pertinent de cet ex-dissident soviétique, Vladimir Boukovski (que vous pourrez écouter dans une vidéo en fin d'article, si vous préférez : j'ai juste retranscrit ses propos).

"Il est très étonnant qu'après avoir enterré un monstre, l'URSS, on en construit un autre, tout à fait semblable, l'Union Européenne.

Qu'est-ce au juste que l'Union Européenne ?

Nous y répondrons peut-être en examinant l'URSS.

L'URSS était gouvernée par 15 personnes non élues, qui se nommaient entre elles et n'avaient de compte à rentre à personne.

L'Union Européenne est gouvernée par deux douzaine de personnes qui se sont choisies entre elles, qui se réunissent à huis-clos, ne rendent de comptes à personne, et qui sont indélogeables.

On pourrait dire que l'UE a un parlement élu. Bien. L'URSS avait aussi une sorte de parlement : le soviet suprême.

Ils approuvaient sans discussion les décision du politburö, tout comme au parlement européen, où le temps parole de chaque groupe est limité, et est souvent de moins d'une minute par intervenant.

Dans l'UE, il y a des centaines, des milliers d'eurocrates avec des salaires faramineux, du personnel, des serviteurs, des bonus et des privilèges, une immunité judiciaire à vie, simplement mutés d'un poste à un autre, quoiqu'ils fassent ou ne fassent pas bien.

N'est-ce pas exactement comme le régime soviétique ?

L'URSS a été créée par la contrainte et souvent par l'occupation armée.

L'UE se crée, certes non pas par la force armée, mais par la contrainte et la pression économique.

Pour continuer d'exister, l'URSS s'est étendue toujours plus. 

Dès qu'elle a cessé de s'étendre, elle a commencé à s'effondrer.

Et je pense qu'il en sera de même pour l'UE.

On nous a dit que le but de l'URSS était de créer une nouvelle entité historique : le peuple soviétique, et qu'il fallait oublier nos nationalités, nos traditions et nos coutumes. 

C'est la même chose avec l'UE, semble-t-il. Ils ne veulent pas que vous soyez anglais ou français, ils veulent que vous soyez tous une nouvelle entité historique : les européens.

Faire disparaître vos sentiments nationaux et vous forcer à vivre en communauté multinationale.

73 ans de ce système en URSS ont abouti à plus de conflits ethniques que nulle part ailleurs dans le monde.

L'une des grandes ambitions de l'URSS était de détruire l'Etat-Nation. Et c'est exactement ce que nous voyons en Europe aujourd'hui.

Bruxelles veut engloutir les Etats-Nations pour qu'ils cessent d'exister.

Le système soviétique était corrompu de la tête aux pieds et il en est de même pour l'UE.

La corruption endémique que nous voyions dans la vieille URSS a fleuri en UE.

Ceux qui s'y opposent ou qui la dénoncent sont réduits au silence ou punis. Rien ne change. En URSS, nous avions le goulag. Je pense qu'on l'a aussi dans l'UE. 

Un goulag intellectuel nommé le "politiquement correct".

Quand quelqu'un veut dire ce qu'il pense, sur des sujets de race ou de genre, ou si ses opinions diffèrent de celles approuvées, il sera ostracisé.

C'est le début du goulag, le début de votre perte de liberté. 

En URSS, on pensait que seul un Etat Fédéral éviterait la guerre.

On nous raconte exactement la même chose dans l'UE. 

Bref, la même idéologie et les mêmes systèmes.

L'UE est le vieux modèle soviétique servi à la sauce occidentale. 

Mais j'insiste, comme l'URSS, l'Union Européenne porte en elle les germes de sa propre perte. 

Hélas, quand elle va s'écrouler, car elle s'écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et ethniques. 

Le vieux système soviétique n'était pas réformable, l'Union Européenne non plus.

Mais il y a une alternative à être gouverné par ces deux douzaines de responsables auto-proclamés à Bruxelles, ça s'appelle l'indépendance.

Vous n'êtes pas obligés d'accepter ce qu'ils ont planifié pour vous.

Après tout, on ne vous a jamais demandé si vous vouliez les rejoindre.

J'ai vécu dans votre futur et ça n'a pas marché."

 

 

Voilà, ce récit est d'autant plus poignant qu'il raconte des événements vécus de l'intérieur de l'URSS, et que l'auteur nous observe depuis l'extérieur, avec ce regard lucide que nous n'avons plus, noyés que nous sommes par la propagande. Constatons l'échec, constatons la dictature, et tirons-en les conséquences : sortons-nous de là en vitesse.

Et n'allez pas croire que le communisme est l'ennemi du capitalisme : il en est le but suprême, au travers du Nouvel ordre Mondial :

"La volonté des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial combinant supercapitalisme et communisme sous un même toit, le tout sous leur contrôle. – le membre du Congrès des Etats-Unis Larry McDonald"

 Le vieux Rockefeller n'en fait pas mystère : dans ses mémoires publiées en 2006, on peut lire page 405.

"Quelques-uns croient même que nous faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les intérêts des Etats-Unis, nous appelant ma famille et moi des « internationalistes » et nous accusant de conspirer avec d’autres pour construire une structure politique et économique globale plus intégrée – un monde uni, si vous voulez.

Si c’est là l’accusation, je plaide coupable et j’en suis fier. »

Et pour finir, cette autre citation :

Le “Nouvel Ordre Mondial” planifié par les Rockefeller sera une dictature globale. Les conservateurs l’appelleront socialisme ou communisme ; les gens de gauche l’appelleront fascisme. L’étiquette ne fait absolument aucune différence. Ce sera l’archipel du Goulag à l’échelle planétaire.

C'est ici qu'il faut comprendre que l'Europe est une création américaine, dont vous venez de lire la finalité. Le piège se referme, sortons-nous de là avant qu'il ne soit trop tard.

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L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre. Par Karine Bechet Golovko.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

lundi 6 mars 2017

 

L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre

 
 
 
La semaine dernière a été marquée par un grand évènement: l'armée syrienne, avec l'appui aérien russe, a pu libérer pour la deuxième fois la ville symbolique de Palmyre. Pourtant, cette bonne nouvelle n'a étrangement pas provoqué d'euphorie, plutôt une surprenante réaction ironique face à ce qui est une défaite importante pour Daech.
 

 
En 2015, les extrémistes de Daech s'emparent de la ville de Palmyre, le joyau du désert. Après une importante campagne, l'armée syrienne avec l'aide de l'armée russe réussissent à libérer la ville en mars 2016. Pour célébrer cette victoire contre la barbarie, un grand concert est organisé. Mais ensuite, la bataille d'Alep occupe toutes les énergies et des groupes islamistes sont gentiment sortis de Mossoul, facilitant la reprise de Palmyre par les extrémistes en décembre. La semaine dernière, après une longue progression, les forces syriennes reprennent tout d'abord la ville Antique, puis libère la ville elle-même.
 
Cette nouvelle est très importante, car la première occupation de la ville par les extrémistes avait causé des destructions difficiles à réparer, importance soulignée par la directrice de l'UNESCO
« La protection du site archéologique de Palmyre est à la fois un enjeu culturel majeur, et un impératif pour la sécurité, la paix et le redressement de tout un pays. » a déclaré la Directrice générale. « Ce patrimoine a traversé les millénaires, il représente un ferment d’unité et d’identité pour le peuple syrien. Sa préservation est inséparable de la protection des vies humaines et fait partie intégrante de la réponse à une situation humanitaire d’extrême urgence. Il doit être laissé en dehors du conflit. »
Une importance telle ... que le silence des Etats occidentaux est assourdissant. La seule réaction notable est celle de la France et de la Grande Bretagne qui présentent à l'ONU une résolution voulant conduire à l'adoption de sanctions contre le régime d'Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre les populations civiles. Cette résolution est soutenue par les Etats Unis, mais la Russie et la Chine y opposent leur véto estimant les preuves apportées contre le régime syrien insuffisantes, alors que celles apportées contre Daech existent et ne sont pas prises en compte. Cet échange diplomatique intervient le 28 févier, alors que l'armée syrienne se rapproche de Palmyre et que sa libéraiton est quasiment acquise. Le calendrier est ici intéressant. Il permet également de communiquer sur l'affrontement entre les Etats Unis et la Russie, bloquant toute possibilité de coopération, même en matière de lutte contre le terrorisme. Car l'ambassadrice américaine reprend la vieille liturgie de l'Administration Obama et envisage même la possibilité d'adopter des sanctions en dehors du cadre de l'ONU:
« La Chine et la Russie ont fait un choix scandaleux et indéfendable aujourd'hui, a-t-elle dit après le vote. C'est un triste jour pour le Conseil de sécurité quand les membres commencent à trouver des excuses à d'autres Etats membres qui tuent leur propre peuple ». « Le monde est sans aucun doute plus dangereux », a conclu Nikki Haley.
Quant à l'opposition syrienne, qui est censée discuter du processus de paix et devrait donc être satisfaite de voir reculer ce qui doit être leur ennemi commun, à savoir les groupes terroristes, les déclarations de son porte-parole laissent perplexe. Selon Nasser al-Hariri:
Le régime et l'EI « sont tous les deux des terroristes.
C'est une position qui ne présage rien de bon pour des négociations de paix. Et il persiste en mettant sur le même pied le régime d'Assad qui lutte contre le terrorisme et Daech, un groupe extrémiste:
« On dirait un épisode de Tom et Jerry, ironise de son côté l’opposition syrienne en évoquant le sort de la cité, tombée deux fois aux mains des djihadistes et reprise deux fois par le régime. « Doit-on féliciter le président Bachar Al-Assad pour la reprise de Palmyre ? Si nous le faisons, il nous faudra aussi féliciter Daech s’ils reprennent une nouvelle fois la ville à l’avenir »
La presse française a une position très simple: soit elle présente les faits bruts, sans auncune interprétation en se cachant comme elle le peut derrière une pseudo neutralité, soit elle cache très mal son ironie, comme dans cet article du Monde dont la déclaration de Hariri est tirée. L'on notera aussi les titres très tendancieux de certains journaux:
 


 
 
Toujours est-il que les forces extrémistes ont été repoussées à plus de 20 km de la ville et que le drapeau syrien a pu remplacer celui de l'état islamique. Cette victoire a eu un effet significatif sur les militaires syriens, dont le moral est au plus haut pour continuer la libération de leur pays. Ce qui, finalement, est le plus important. Mais il est regrettable que les pays occidentaux tiennent une position si hypocrite, qui frise le soutien au terrorisme.
 
 
 
 
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Rouslan Kotsaba au Parlement Européen. le 28 février 2017

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La mondialisation, #Ukraine, #le nazisme

Rouslan Kotsaba au Parlement Européen, le 28 février 2017 

 

Trois ans après le Maïdan, où sont les résultats de l'enquête ?
Le journaliste ukrainien, Rouslan Kotsaba a présenté son documentaire au parlement européen, est s'est exprimé ensuite devant un groupe de parlementaires.
Pour visionner son film (sous-titres anglais): https://www.youtube.com/watch?v=p0NLR...

 

Le journaliste ukrainien Rouslan Kotsaba avait passé 524 jours en détention provisoire de haute sécurité, accusé par les pouvoirs de l'Ukraine de haute trahison. Sous pression d'un groupe de parlementaires européens il fut libéré le 14 juillet 2016 - la cour d'Ivano-Frankovsk a reconnu l'absence de preuves. Et malgré l'horreur qu'il a vécu, il CONTINUE SON COMBAT POUR LA VERITE. Il y a quelque jours Ruslan Kotsaba a présenté son film au Parlement Européen et a pris la parole devant un groupe de députés.
Pour visionner son film (sous-titré anglais) : Three years after Maidan: why has the investigation stalled. https://www.youtube.com/watch?v=p0NLRTWFrf4
https://www.youtube.com/watch…

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PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17] . Par Bertrand Rivière.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Turquie

PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17]   

Depuis Alep, je partage juste quelques mots et je vous lis cette lettre que j’ai écrite à Mr le Président François Hollande qu'il a reçue et lue, pour ceux qui n’aiment pas lire. Egalement un message que j'avais reçu du Quai D'Orsay m'invitant à quitter le pays et à cesser de transmettre des contenus sur internet, sur les médias. Je n’aime pas jouer les activistes qui enfoncent des portes ouvertes mais le mensonge est trop gros et j’avoue avoir du mal à le digérer, pas après tout ce que j’ai et chacun ici a vu et vécu. On continue de s’accrocher ici et de faire au mieux, jour après jour pour améliorer la vie et l’espoir. J’ai en ce moment même 150 gamins et familles avec moi, quand je les regarde vivre, rigoler, ça efface tout le reste, mais ce combat est pour eux et je ne veux pas que nous détruisions tout ce en quoi ils croient, et même si ce n’est pas moi qui vais changer le monde ni ne suis là pour vous convaincre, j’espère au moins vous pousser à réfléchir avec vos coeurs, à vous poser les bonnes questions et être ceux qui de par le nombre pourront changer les choses
La lettre et des dizaines de témoignages https://www.facebook.com/notes/pierre...
Nous dirons que c’est une vidéo, qui, au pire, comme la lettre, comme tous les témoignages de Syriens, médias, servira d’archive pour le temps qui passe. Le temps qui vous démontrera à quel point on vous a trompés pour légitimer cette guerre qui a commencé à s'inviter chez nous. Voilà qu'Alep a été presque totalement effacé des médias, mais la vie et la guerre continuent ici même si elle ne fait plus la une des journaux que vous ouvrez le matin dans le métro. Les gens continuent de souffrir de la situation que nous avons construite.
Personne ne nous a consultés quant aux sanctions contre le peuple Syrien et le financement de groupes armés. Si vous tiquez pour 500 000€ d’emploi fictif pour celui-ci ou celle-là (qui n'est que du grain à moudre pour vous garder occupés) je n’arrive pas à comprendre comment, sinon la boulimie d’informations, vous ne pouvez pas tiquer pour des milliards détournés pour faire la guerre, déstabiliser le pays de ceux que vous retrouvez maintenant devant vos porches, dans vos rues. Ils font désormais partie de vos quotidiens, il ne s’agit pas seulement de leur donner à manger, leur donner un toit, de la chaleur, ils avaient tout ça déjà, rendez-leur la paix et la possibilité de se reconstruire.
We are superheroes : https://www.facebook.com/heroesworldt...

 

PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE, LES CASQUES BLANCS ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17] https://gaideclin.blogspot.com/2017/0...

https://www.youtube.com/watch?v=1QtfI3H2oZ0&feature=youtu.be

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Tension. Le 27 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #ISIL

Tension

27 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Les retrouvailles syro-turco-kurdes dans le nord syrien, autour d'Al Bab, ne pouvaient pas ne pas donner lieu à une brusque flambée de tension dont nous avions esquissé la possibilité la dernière fois. On n'a pas été déçu...

Comme prévu, mais à un rythme plus rapide qu'attendu, l'armée syrienne a fait sa jonction avec le territoire kurde, empêchant dorénavant toute avance turco-ASL vers le sud à moins de déclencher une guerre en bonne et due forme, soit contre Damas, soit contre les Kurdes. Finis les rêves sultanesques de percée vers Raqqa, prétexte évidemment à un éventuel redécoupage de la Syrie. Des mois de guerre laborieuse et des dizaines de morts pour se contenter d'une petite bande de quelques kilomètres : l'efficacité ottomane n'est plus ce qu'elle était, ma bonne dame...

Ménage à trois

Zoomons sur la zone. La bucolique poche rurale de Daech (en noir) sera réduite en quelques heures ou quelques jours, guère plus.

Les trois gros bras du nord syrien jouent à touche-touche : l'armée syrienne (rouge), les YPG kurdes (jaune) et l'armée turque aidée de ses supplétifs "modérés" de l'ASL (vert). Or des clashs plus ou moins importants ont déjà éclaté entre les trois !

Jaune vs vert

Aucune surprise, ça fait des mois que le conflit latent dure entre les meilleurs ennemis du monde et que des combats sporadiques éclatent à intervalle régulier. Le franchissement de l'Euphrate par les Kurdes, ligne rouge d'Ankara, n'a toujours pas été digéré par Erdogan qui n'a de cesse de répéter que le prochain objectif est Manbij (voir première carte).

Le problème est que là, il serait tout seul. Les Américains ont d'ors et déjà fait savoir qu'ils continueront à soutenir le Conseil Militaire de Manbij c'est-à-dire, pour parler clairement, les Kurdes. Quant à Damas, le gouvernement a toujours été plus enclin à négocier avec "ses" Kurdes qu'avec les Turcs, vus comme des envahisseurs violant la souveraineté nationale. Le sultan, seul contre tous, franchira-t-il le Rubicon ? Ce serait suicidaire...

Rouge vs vert

L'arrivée des troupes syriennes au sud d'Al Bab a été accompagnée de gros échanges de tirs avec l'ASL turquisée. Apparemment, une première médiation russe a eu lieu hier mais les combats semblent continuer. Si les pertes ne sont pas connues (les chiffres donnés par les "rebelles" sont traditionnellement imaginaires), il est clair que ça chauffe.

Il ne faudrait pas que le führerinho d'Ankara s'obstine, au risque de voir se lever une véritable armée de boucliers devant lui. Après un passager été indien en décembre pour préparer les pourparlers d'Astana, la tension entre l'Iran et la Turquie est maintenant à couper au couteau. En cause, on ne sera pas surpris, Erdogan lui-même et de ses déclarations incendiaires lors de sa visite dans les pétromonarchies mi-février.

La toupie a-t-elle fait un tour de trop ? Un député syrien qui a l'oreille du gouvernement déclare sans ambages qu'en cas de conflit entre l'Iran et la Turquie, Damas prendra évidemment fait et cause pour Téhéran. Le point intéressant ici est qu'il évoque ouvertement la possibilité d'une guerre.

Quant aux Russes, que l'on n'entend plus beaucoup depuis quelques semaines, ils semblent lassés par les atermoiements du sultan. Aucun fait tangible, mais une impression, une sensation qui ressort des déclarations ou des articles. Ankara n'a finalement pas réussi à convaincre Ahrar al-Cham de participer aux pourparlers d'Astana, qui deviennent ainsi une coquille vide. Les armes continuent à passer la frontière turque vers l'Idlibistan, quoiqu'à un rythme moindre. La rencontre Poutine-Erdogan des 9 et 10 mars pourrait bien voir un durcissement certain de Moscou et ce ne sont pas les salamalecs d'Ankara - "notre victoire à Al Bab eut été impossible sans l'aide russe" - qui y changeraient quelque chose.

Rouge vs jaune

Enfin, certains rapports non confirmés ont évoqué quelques escarmouches rapidement maîtrisées entre loyalistes syriens et Kurdes lorsque les premiers ont fait leur jonction avec les seconds (voir plus haut). Rappelons que si les relations ont toujours été excellentes avec les Kurdes d'Efrin (les "Kurdes ouest"), Damas et les "Kurdes est" ont plusieurs fois eu maille à partir.

Toutefois, vu le contexte et la proximité des Turcs, le pragmatisme devrait l'emporter et une alliance de fait surgir de terre. Au grand dam du sultan...

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