Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

3 questions à Bruno Drewski sur Macron et le départ d’Assad par GRÉGOIRE LALIEU

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

3 questions à Bruno Drewski sur Macron et le départ d’Assad

27 Jun 2017

Grégoire Lalieu

http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/06/macron-poutine-640x427.jpg http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/06/macron-poutine-640x427.jpg

 

Alors que le gouvernement Hollande avait fait du départ de Bachar Al-Assad une priorité absolue, Emmanuel Macron a déclaré que la destitution du président syrien n’était pas un préalable à tout. Quelques jours plus tôt, c’est l’Allemagne qui condamnait les sanctions US contre la Russie. Historien spécialiste du monde slave et maître de conférence à l’INALCO, Bruno Drewski est l’un des experts interviewés dans notre dernier livre, Le monde selon Trump. Il nous éclaire sur le revirement de Macron ainsi que sur les relations mouvantes entre les Etats-Unis et l’Europe.

 

Emmanuel Macron a déclaré que « la destitution de Bachar Al-Assad n’était pas un préalable à tout ». Un revirement de taille pour la France. Comment l’expliquez-vous ?

 

Je pense que l’évolution de la situation en Syrie impose aujourd’hui aux autorités françaises de faire preuve de réalisme. À moins de s’engager dans une guerre totale au profit des mêmes terroristes responsables des attentats en France, elles ne peuvent plus s’empêcher de voir que l’armée syrienne est en train de gagner la guerre. Même si Israël et les Etats-Unis font tout pour retarder ce scénario. Sans une décision du Pentagone, l’hypothèse d’un engagement militaire français semble exclue. Le changement de gouvernement en cours à Paris donne donc le prétexte nécessaire pour changer de ton vis-à-vis de la Syrie.

La guerre contre la Syrie et son gouvernement semblant en passe d’être perdue, le gouvernement Macron se prépare sinon à accourir au secours de la victoire, au moins à la prendre en compte. Il essaiera sans doute en même temps de limiter et de retarder le plus possible les possibilités de rétablissement et de reconstruction de ce pays « rebelle » à l’ordre occidental. La crise récente entre les monarchies du Golfe et les intérêts de ces entités dans l’économie française ont également pu pousser le gouvernement Macron à faire preuve de plus de prudence. L’avenir dira si ce changement de ton ira plus loin en direction du réalisme et d’une réelle réconciliation franco-syrienne.

 

 

Quelques jours plus tôt, l’Allemagne critiquait vivement les nouvelles sanctions que veut imposer Washington à la Russie. Assistons-nous à la fin de la lune de miel entre l’Europe et les Etats-Unis ? 

 

Depuis le début de la crise ukrainienne, l’Allemagne a toujours été divisée. D’un côté, une fraction de son patronat a un intérêt direct à coopérer le long de l’axe Eurasie-Asie, donc avec Moscou. De l’autre côté, certains continuent à suivre la politique des États-Unis, surtout à cause de la pénétration très ancienne d’importants secteurs de la bureaucratie allemande par les agents d’influence d’outre-Atlantique. La gauche allemande tend elle aussi vers une coopération avec la Russie.

Avec la crise de régime en cours à Washington, les gouvernements européens, en particulier l’Allemagne, se sentent un peu « orphelins », même s’ils gardent des contacts privilégies avec les cercles néocons (« interventionnistes libéraux » selon la nouvelle appellation « clintonienne »). Ces cercles avaient agi en faveur de l’élection de Hillary Clinton. Ils gardent une influence clef dans leur pays.

Enfin, depuis assez longtemps, les stratèges à Washington se méfient du potentiel d’autonomie de l’Allemagne et derrière elle de l’Union européenne. C’est pourquoi les Etats-Unis ont cherché à établir des relations privilégiées avec les pays de l’« Intermarium ». Terme de l’entre-deux-guerres qui recouvre l’isthme Baltique-mer Noire. Ce territoire permet de séparer l’Allemagne de la Russie par un axe Pologne-pays Baltes-Ukraine. Il pourrait éventuellement être élargi à d’autres petits pays voisins, selon le vieux modèle du « cordon sanitaire » devant entourer la Russie et la séparer de l’Europe occidentale.

 

 

Quel impact ces éventuels changements d’alliance pourraient-ils avoir sur les Etats-Unis ? Trump va-t-il se retrouver isolé sur la scène internationale ?

 

Ces évolutions tendent évidemment à affaiblir la position déjà difficile de Trump à Washington. Avec la crise de pouvoir en cours aux Etats-Unis, beaucoup de dirigeants européens jusque-là très atlantistes commencent à comprendre que le grand frère n’est plus ce qu’il était en termes de puissance, de santé économique et de cohésion interne. Cela menace la sécurité des institutions et des élites européennes qui se sentaient jusque-là protégées par le gendarme Otan. Car l’objectif de cette alliance militaire n’était pas seulement de se projeter vers l’extérieur, mais aussi de garantir la stabilité des instances dirigeantes européennes et de sécuriser les mouvements de capitaux en son sein.

Toutes ces nouvelles incertitudes ont en tout cas soulevé un vent de panique à Berlin, à Bruxelles, à Paris et ailleurs. Suffisant pour que les pays d’Europe de l’Ouest, au sein de l’UE ou de manière isolée comme le montre le Brexit, tentent à nouveau de devenir des puissances plus autonomes ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais le contexte est là : crise du capitalisme mondialisé, crise de régime aux Etats-Unis, crise de l’Union européenne, échecs des politiques de l’OTAN hors de sa zone et désaffection massive des citoyens envers les régimes occidentaux… Tout cela pourrait amener une partie au moins des élites dirigeantes à envisager une recomposition de la scène politique internationale. Cela dépendra dans une large mesure des capacités économiques des uns ou des autres à forcer le destin dans une direction ou une autre.

Par ailleurs, avec la perte du contrepoids communiste et le verrouillage grandissant du système politique, médiatique et sécuritaire, tant au niveau national que supranational, les peuples semblent aussi de plus en plus désabusés. Cela peut évidemment entrainer une passivité grandissante, mais aussi provoquer des mobilisations de plus en plus fortes. Par exemple, alors qu’il n’a rassemblé qu’un faible pourcentage d’approbation de la part des électeurs, Macron a manifesté une certaine prudence dans la foulée du scrutin. Cela témoigne sans doute d’une nervosité au sein du régime actuel. Et cela pourrait pousser Paris à prendre plus d’autonomie par rapport à Washington. Des phénomènes semblables peuvent se produire dans d’autres pays de l’Union européenne, car partout, le mécontentement est perceptible.

Je ne pense pas que les élites actuelles des différents pays européens soient néanmoins déjà prêtes à faire un saut dans l’inconnu. Car ce n’est certainement pas l’esprit visionnaire, le courage politique et l’esprit de risque qui les caractérisent. Mais on doit se rappeler qu’à la veille du démantèlement du bloc soviétique, peu nombreuses étaient les élites des nomenklaturas locales alors prêtes à sauter vers l’inconnu. Toutefois, la désagrégation interne du système a finalement entraîné un phénomène généralisé de sauve-qui-peut vers l’Ouest. On ne doit donc pas exclure aujourd’hui un retour du balancier vers l’Est avec la crise généralisée du système économique, social et politique. D’autant plus qu’à l’Est, c’est désormais aussi le capitalisme, même si là-bas il est plus encadré par l’État.

Une refonte fondamentale de l’architecture internationale est donc possible. Elle n’entrainera pas forcément un changement de régime social, économique et politique. Il faudrait pour cela une véritable reconstruction des mouvements alternatifs et révolutionnaires. La pente vers la désagrégation du camp nord-atlantique semble malgré tout engagée. Les pays européens ont tout intérêt à prendre en compte le fait que le monde est désormais multipolaire, que le processus de rapprochement eurasiatique est lancé et que ce sont les puissances eurasiatiques, en particulier la Russie, qui sont en passe de reconstruire un équilibre dans les pays du monde arabo-musulman saccagés par l’aventurisme des Etats-Unis, d’Israël et de l’Otan.

 

Source: Investig’Action

http://www.investigaction.net/fr/3-questions-a-bruno-drewski-sur-macron-et-le-depart-dassad/

Lire la suite

Le grand méchant loup à la télé...! par Jean LEVY

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La nation ., #La République, #La guerre, #Ukraine

Le grand méchant loup à la télé...!   par  Jean LEVY

Résultat de recherche d'images pour "carte geographique de la federation de russie"

Lundi 26 juin 2017, FR3 diffusait la première partie du film d'Oliver Stone sur Poutine.

Malgré les cris d'orfraie poussés les fanatiques de l'Europe mobilisés en permanence contre la Russie, hier soviétique, aujourd'hui poutinienne, la télé a maintenu son programme.

Bravo ! 

Ce documentaire repose sur de nombreux entretiens du réalisateur avec le président de la Fédération de Russie durant ces dernières années. 

Chacun a ainsi pu juger le président russe à partir des réponses de celui-ci au questionnement du cinéaste américain portant sur tous les aspects de la politique mené par le Kremlin depuis son élection à la présidence en 2000; 

L'intérêt du film porte aussi bien sur l'homme, son rapport au pouvoir, ses réactions aux événements, la politique pratiquée par les Etats-Unis et ses alliés de l'Otan vis-à-vis de son pays, le regard qu'il porte sur la Russie elle-même et son peuple.

Oliver Stone ne visait pas à engager une polémique avec Vladimir Poutine, mais seulement faire découvrir la pensée du président comme base de son action politique, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de son pays. 

Ainsi, pour la première fois publiquement en France, les téléspectateurs ont eu la chance d'entendre directement le dirigeant russe donner sa version des faits sur le plan intérieur comme au niveau international.  Une première quand on songe au déferlement de haine qui s'étale quotidiennement à l'égard de Poutine dans tous les médias français, publics et privés, sans avocat pour le défendre.

Le film d'Oliver Stone a donc constitué un événement politique, bien au-delà de l'anecdote.
On aurait pu s'attendre ce matin à une réaction de la part de ces médias, sur France Inter en particulier, puisque son "spécialiste" des questions internationales, Bernard Guetta, était l'une des personnalités invitées après le film pour en débattre. Or, rien, pas un mot ce matin, dans son 7 à 9 ! Pas la moindre allusion à l'émission...Un silence assourdissant ! Motus et bouche cousue, alors que quotidiennement, Guetta insulte Poutine et sa politique.

C'est dire l'impact de l'émission de France 3, et la gêne que celle-ci procure dans le Tout Paris occidentalisé.

Mais de leur côté, canempechepasnicolas et son animateur, qu'ont-t-ils pensé du film d'Oliver Stone ?

D'abord, un grand plaisir à entendre à la télé s'exprimer des opinions et des commentaires interdits d'antenne jusqu'à présent. Vladimir Poutine n'a révélé aucun secret, mais il a donné sa version des événements conforme aux vérités  jusqu'ici cachées au public : l'engagement militaire des USA en Afghanistan aux côtés des moudjahidines luttant contre les Soviétiques, ces groupes d'où devaient naître les terroristes d'Al Qaïda, l'engagement non tenu donné par Washington à Gorbatchev de limiter le périmètre européen de l'Otan à la frontière est de l'Allemagne, la répudiation par les Etats-Unis de l'accord signé avec l'URSS, concernant la non prolifération d'armes nucléaire, le soutien US aux rebelles tchétchènes contre Moscou.

Et d'entendre ces vérités à la télé, cela fait du bien.

D'autre part, la place réservée à l'homme Poutine donne l'idée que la Russie est gouvernée par un personnage maître de lui, qui doit son calme et sa détermination, non seulement à sa volonté d'identification aux caractères du peuple russe, mais aussi à ses règles de vie personnelles. Il faut être une journaliste comme Sylvie Kauffmann pour ne retenir de l'entretien de plusieurs heures que le"regard glaçant" de Vladimir Poutine...

Hubert Védrines et le journaliste du Figaro, eux, ont analysé la politique du président russe avec sérieux, partisans d'une "réalpolitique", qui tranche avec l'agressivité haineuse d'un Bernard Guetta...

Attendons jeudi soir et la fin du film pour en connaître davantage

 

Tag(s) : #Russie, #Médias
Lire la suite

L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi signe l’éradication complète du Cercle de Tall Affar, le noyau turkmène fondateur de Daech. Par René Naba.

27 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi signe l’éradication complète du Cercle de Tall Affar, le noyau turkmène fondateur de Daech

 

L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi par un raid russe sur Raqqa, Nord de la Syrie, le 25 Mai 2017, si elle était confirmée, signerait l’éradication complète du cercle de Tall ‘Affar, le noyau turkmène fondateur de l’État Islamique.

Pivot de Daech, ultime survivant du Cercle de Tall’Affar et du camp de Bucca, sud de l’Irak, la disparition du Calife Ibrahim revêtirait certes une lourde signification par sa portée symbolique. Mais ce désastre ne saurait remettre en cause le projet de restauration du Califat islamique, en dépit des défaites majeures subies par l’organisation djihadiste, ni de ses lourdes pertes en vies humaines, en dépit de sa politique suicidaire menée à l’encontre des minorités sous son emprise, les Chrétiens et les Yazédis qu’il s’est aliéné par les persécutions qu’il leur a fait subir, plutôt que de les amadouer.

La chute probable de Mossoul, selon toute vraisemblance, va relancer les tensions inter communautaires, exacerbées par une hyper fragmentation de la société irakienne du fait de quinze ans de guerres intestines. Elle pourrait inciter Daech à compenser la perte territoriale de son califat en terre arabe par un plus fort ciblage européen. Une «branche européenne» de Daech aurait d’ailleurs été créée à cet effet, constituée de près de 5.000 volontaires auparavant engagés dans les combats en Syrie et en Irak.

1 – Le cercle de Tall’Affar

Le cercle de Tall’Afar, noyau dur de Daech, était dirigé par Abou Ali Al Anbari, de son vrai nom Ala’ Qodrache, Turkmène originaire de Tell’Afar.
Le «cercle de Tall’Afar» tire son nom de la ville du Nord-Ouest de l’Irak, qui abritait durant l’embargo international contre l’Irak (1990-2003), un des sites d’où étaient déployés les batteries de la défense anti aérienne pour la neutralisation des avions des forces de coalition de l’Opération «Northern Watch 1», chargée de faire respecter les zones d’exclusion aérienne faisant suite à l’embargo décidé par l’ONU.

Située à 45 km à l’Ouest de Mossoul, dans la province de Ninive et à 60 km de la frontière syrienne, elle est peuplée d’environ 170.000 habitants, arabes sunnites, kurdes, turkmènes et chiites. L’édifice était chapeauté par les Turkmènes du «Cercle de Tell’Afar», sous la direction d’Abou Ali Al Anbari, qui en verrouillait les principales articulations.

Les cadres irakiens ont joué un rôle déterminant dans la définition de cette idéologie, résultant d’un double impératif: Disposer d’un gisement humain sunnite apte au combat tout en maintenant la cohésion d’un groupe hétéroclite traversé par des courants contradictoires.

A – Les principaux membres du cercle

SAMIR Al KHALFAOUI (Hajji Bakr), de même que ses camarades du parti Baas, étaient des laïcs, mais ont souhaité tirer leur légitimité de Dieu. «La domination des peuples doit être exercée par une élite ultra-minoritaire, car son objectif est de servir les intérêts supérieurs… «Pour ce faire, elle doit tirer sa légitimité de Dieu ou de la grandeur de l’Histoire». Dixit cet ancien cadre supérieur baasiste.

Partant du principe que les croyances religieuses extrémistes ne suffisaient pas à elles seules à forger la victoire, la synthèse doctrinale a visé à concilier les tendances contradictoires du groupement, débouchant sur la formulation de la théorie de l’«État Islamique».

L’empressement à proclamer le Califat répondait au souci de couper la voie à tout retour en arrière. Durant leur incarcération, pendant trois ans (2005-2008), les conciliabules se sont déroulées d’une manière intensive entre prisonniers irakiens des camps américains et ont visé à faire connaissance d’abord, à se jauger ensuite, à se faire confiance et à réduire leurs divergences, enfin.
Parmi les participants à ce cénacle carcéral insolite figuraient deux généraux, huit colonels, deux commandants, ainsi que Cheikh Ibrahim Awad Al Badri, le futur calife.

Deux généraux Adnane Al Bibaloui et Ibrahim Al Habbani. Huit Colonels (Samir Ben Hamad Al Khalfaoui, Adnane Najm, Fahd Al Afari, Assi Al Obeidi, Fadel Al Ayssawi, Mohannad Al Latif Al Soueidy, Nabil Al Mouayin). Deux commandants (Mayssara Al Joubouri et Adnane Al Hayali) ainsi que Cheikh Ibrahim Awad Al Badr.

Au terme de trois ans de conciliabules, les participants sont convenus de se retrouver à leur sortie de prison pour la poursuite de leur action d’une manière concertée.

2 – Le camp de Bucca

Le camp de Bucca, sud de l’Irak, était un centre de détention aménagé par les Américains pour y incarcérer leurs adversaires et ennemis durant leur occupation de l’Irak. Il comprenait 24 baraquements, chaque baraquement contenait 1.000 prisonniers, soit au total 24.000 prisonniers.
Dix sept des vingt cinq dirigeants de Da’ech, en charge des opérations en Irak et en Syrie, ont séjourné à la prison de Bucca entre 2004 et 2011. Ibrahim Awad Al Badri, alias Abou Bakr Al Baghdadi, a été détenu de 2006 à 2008.

Situé près du port d’Oum Qasr, dans le sud de l’Irak, le camp de Bucca avait été aménagé par les américains lors de la 1 ère Guerre d’Irak (1990-1991). Il sera employé également comme camp de prisonniers dès 2003 par les forces britanniques en Irak.

Après le scandale de la prison d’Abou Ghraib, en 2004, les conditions de détention se sont améliorées. Abandonnée en 2009, elle devrait être transformée en pôle de développement économique avec l’implantation d’hôtels, et de dépôts logistiques pour l’industrie pétrolière.

Samir Al Khalfaoui, alias Hajji Bakr, prisonnier de 2006 à 2008 au camp de Bucca, puis transféré à la prison d’Abou Ghraib, a été tué à Tall Rifaat à Alep en Janvier 2014. Il a transposé au djihad son expérience acquise sous le régime de Saddam Hussein, clonant l’EI sur le modèle de l’appareil sécuritaire baasiste, hérité de la STASI, la police allemande de l’ex RDA.

Les documents manuscrits découverts au domicile de Samir Al Khalfaoui, à son décès, révèlent que dans sa conception, l’EI n’était pas un groupement religieux mais sécuritaire. Nationaliste, selon le qualificatif du journaliste irakien Hachem Al Hachem, Samir AL Khalfaoui était un ancien officier de la base aérienne irakienne de Habbaniyah, expert en logistique.

Le général Adnane Biblaoui est l’initiateur du plan de conquête de Mossoul. Tué lors de l’assaut, la conquête de Mossoul lui a été dédiée et la bataille porte son nom, en sa mémoire.

La biographie des principaux dirigeants de l’état Islamique (Abou Mouss’ab Al Zarkaoui, Abou Omar Al Baghdadi, Abou Bakr Al Baghdadi, Adnane Biblaoui, Hajji Bakr.) Sur ce lien: http://www.madaniya.info/2014/09/15/daech-des-hijras-illusoires-aux

Propos d’un dirigeant de Da’ech: «Nous étions convenus de nous retrouver à notre sortie de prison. Notre mode de liaison était simple. Nos CV étaient inscrits sur l’élastique retenant nos sous-vêtements. Tout y figurait, le numéro du portable, le lieu d’habitation. Tout le monde est revenu de détention en 2009. Nous avons repris alors nos conciliabules». Fin de citation (Cf. «Les conditions d’allégeance et de gouvernance». Centre d’Études des mouvements islamiques (Al Harakate Al Islamiyah lil Dirassate).

Les Arabes avaient la haute main sur l’Information, notamment les syrien tel Taha Sobhi Falaha (Abou Mohamad Al Adanani), en sa qualité de porte-parole de l’EI. Malgré la fusion opérée entre arabes et étrangers, l’élément irakien est demeuré toutefois prédominant dans les postes les plus élevés et les plus sensibles.

Ibrahim Al Badri, alias Abou Bakr Al Baghdadi, a réussi à moderniser son groupement en s’appuyant, sur le plan militaire, sur le bloc des anciens officiers de l’armée irakienne, notamment Samir Al Khalfaoui et Abdel Rahman Al-Biblaoui. La branche militaire est ainsi devenue une forte armée régulière cohérente et professionnelle.

Le chef de l’EI a réussi en outre à tirer profit des expertises des Arabes et des étrangers, notamment les personnes originaires du Golfe à l’exemple des saoudiens Omar Al Qahtani et Osmane Nasser Al Assiry, du bahreini Turki ben Moubarak, alias Turki Al Benghali et le tchétchène Abou Omar Al Shishani ainsi qu’Abou Hammam Al Atrabi.

En dépit de cette infrastructure et de l’organigramme dont il s’est doté, le groupement n’a cessé de se comporter en organisation de type milicienne où règnent le désordre et le clientélisme.

L’EI est subdivisé en 18 circonscriptions administratives réparties entre la Syrie et l’Irak, mais l’aménagement du territoire n’a pas pour autant mis un terme aux dysfonctionnements tant les provinces de même que les administrations souffraient de désorganisation.

Le chef de Da’ech réussira néanmoins à compenser ces insuffisances en confiant les postes clés à des hommes de confiance qui réussiront à maintenir la cohérence du groupe, en l’occurrence le bloc des anciens officiers de l’armée irakienne, qui seront placés à tous les niveaux de responsabilité, dans tous les domaines (sécurité, militaire, organisation, élaboration de nouvelles méthodes de combat et la planification des nouveaux raids).

3- Ibrahim Awad Al Bakri: Abou Bakr Al Baghdadi, une usurpation d’identité

L’identité d’emprunt qu’il s’est attribué en s’autoproclamant Calife (en arabe le successeur) emporte usurpation de légitimité: Abou Bakr Al Baghdadi Al Husseini Al Qoraychi se décline ainsi :

Abou Bakr est le prénom du premier Calife en 632.Le plus fidèle compagnon de Mohamed repose aux côtés de la tombe du prophète à Médine. Baghdadi, celui qui est originaire de Bagdad, évoque la lignée des califes Abbassides (descendants d’Abbas, l’oncle de Mohamed). Husseini, évoque le martyre du petit fils du Prophète, tombé en 680 à Karbala en Irak, adulé des chiites.

Sur le plan rituel, le nouveau calife Ibrahim, de son nom de guerre Abou Bakr Al Baghdadi, cumule pouvoir politique et spirituel avec autorité sur l‘ensemble des musulmans de la planète. Une posture qui le hisse au rang de supérieur hiérarchique du Roi d’Arabie, le gardien des lieux saints de l’Islam La Mecque et Médine, d’Ayman Al Zawahiri, le successeur d’Oussama Ben Laden à la tête d’Al Qaida, du président de la confédération mondiale des oulémas sunnites, Youssef Al Qaradawi, le télé prédicateur de l’Otan. Ah la belle audience califale en perspective.

Né en 1971, dans la ville de Samarra, il rejoint à 32 ans l’insurrection en Irak peu après l’invasion américaine de l’Irak, en 2003. Capturé, détenu et torturé dans la plus grande prison américaine en Irak, le Camp Buca pendant cinq ans, sud de l’Irak, il sera annoncé comme mort, en octobre 2005, par les forces américaines. Mais, à la surprise générale, Abou Bakr al-Baghdadi, réapparaîtra, en mai 2010, à la tête de l’État islamique en Irak (EII). Depuis 2011, Il est classé comme «terroriste» par les États Unis.

4 – La galaxie Dae’ch (ISIS EIIL)

Présent en Syrie et en Irak, le groupe islamiste ultra-radical «l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou ISIS en anglais), dont l’acronyme en arabe est Daech, a été fondé en 2013 sur les bases de l’État islamique en Irak (EII), à la faveur des combats de Syrie et des dérives Djihadistes.

La galaxie avait été mise sur orbite, en 2006, avec la fusion de plusieurs groupes djihadistes irakiens et de tribus sunnites, sous la houlette du Prince Bandar Ben Sultan, ancien chef des services de renseignements saoudiens et d’Izzat Ibrahim ad Doury, ancien vice-président du Conseil de la révolution irakienne et successeur de Saddam Hussein à la tête du parti Baas, depuis son entrée en clandestinité.

Au-delà des baasistes, Izzat ad Douzy, chef de l’Armée de la voie de Nakchabandi, une confrérie soufie qu’avaient embrassée, selon ses adeptes, les compagnons du Prophète ainsi que le premier calife. L’appellation est toutefois trompeuse, car si les soufis sont théoriquement pacifiques, les Nakchabandi d’Irak ont fourni de redoutables officiers de renseignements, civils et militaires, sous le règne de Saddam Hussein. Après la chute de ce dernier, ils ont régulièrement mené des opérations conjointes avec Al-Qaida.

Selon les estimations des experts, l’EIIL comptait entre 5000 à 6000 combattants en Irak et 6000 à 7000 en Syrie. Sa zone d’influence s’étendait du nord de la Syrie, notamment depuis son quartier général à Raqqa, jusqu’au centre de l’Irak.

5- La stratégie de l’ISIS

L’EIIL cherche surtout à fonder un État Islamique au Proche-Orient fondé sur la Chariah (législation islamique) et effacer ainsi les frontières issues du colonialisme franco- britannique, les accords Sykes Picot. Le déploiement de l’ISIS révèle toutefois que son zone d’influence coïncide avec les gisements de pétrole syriens et irakiens.

En avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi, alors chef de l’État islamique en Irak, a annoncé la fusion de son groupe avec le Front al-Nosra, une branche d’Al-Qaïda active en Syrie, pour créer l’EIIL. Le Front al-Nosra a toutefois refusé cette alliance et, en février 2014, le chef d’Al-Qaïda, Aymane Al-Zawahiri, officialisera sa rupture avec l’EIIL en lui demandant de quitter la Syrie. Les deux groupes opèrent des lors de façon séparée, se faisant même la guerre en Syrie.

Le groupe djihadiste se finance via trois sources principales, le pétrole, les prises d’otages, un commerce plus lucratif que le pétrole, en ce que la rançon peut atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars, enfin, les donations des princes du Golfe, des princes, qui soutiennent le groupe sunnite face aux chiites et aux athées.

6- Les combattants en Syrie et en Irak

La Syrie comptait de 100.000 à 120.000 djihadistes, dont 7.000 à 10.000 étrangers, repartis en un millier de formations combattantes, selon une déclinaison ethnico religieuse tribale, reflet des clivages politico sociales du pays et de leurs parrains respectifs, opérant au sein de PC conjoint, sur fond de violentes rivalités et d‘une opposition instable, selon les estimations de la prestigieuse institution «The Brookings Institution», dont le centre régional à Doha (Qatar), «Brookings Doha Center Report» publiées à la mi-mai 2014 dans son rapport périodique: «Syria Military Landscape Mai 2014», sous la plume de Charles Lester.

La ventilation de ces djihadistes en fonction de leur nationalité et de leur provenance a été établie par Soufan Group, un centre d’études turc, proche de la Confrérie des Frères Musulmans et figure sur ce lien: http://www.soufangroup.com/foreign-fighters-in-syria/

7- Le rôle contre productif de l’opposition off shore pétromonarchique

Une opposition instable et cupide: «La concurrence pour les subsides notamment auprès des associations caritatives pétro monarchiques a favorisé la division et la dispersion. Le style de vie des opposants en exil a suscité des moqueries en ce qu’il leur était reproché leur goût pour les hôtels cinq étoiles, occultant la dure réalité syrienne, indique le rapport Brookings Doha Center Report dont ci joint les extraits de ce document de 50 pages.

…..«Le chef de l’Armée Syrienne Libre, pendant cette période a assumé un rôle de «Public Relations» et l’échec de l’opposition off shore pro occidentale a favorisé la montée en puissance de l’extrémisme, dont les Frères Musulmans, constituaient la force la plus modérée.

Par «Le Manifeste d’Alep», le 24 septembre 2013, onze organisations parmi les plus puissantes ont refusé la tutelle de la coalition de l’opposition syrienne, soutenue par les pays occidentaux et les pétro monarchies arabes. Cinquante groupements, réunis sous l’autorité de Mohamad Allouche, fonderont alors «Jaych Al Islam», assumant un rôle axial en Syrie.

Le Front Islamique

Sept groupements fédérés au sein de ce front disposent de 60.000 combattants en Syrie et constituent la plus importante formation militaire du pays. Trois de ces formations -Ahrar As Cham (les hommes libres du levant), Soukour As Cham (Les Aigles du Levant) et Jaych al Islam (l’Armée de l’Islam)- opèrent en coordination étroite avec Al Qaida, via Jobhat an Nosra.

«Le Front Islamique est un acteur décisif dans la dynamique de l’opposition en raison de sa capacité d’impulser l’orientation idéologique du soulèvement. Il constitue la relève radicale d’Al Qaida sur le plan idéologique et son but ultime est la création d’un Etat islamique en Syrie, point de départ de la guerre de libération d’Al Qods (Jérusalem) et la Palestine.

8 – Les défaites militaires à l’arrière plan d’une hécatombe des chefs djihadistes.

Mais l’anéantissement du noyau turkmène ne saurait mettre un terme un projet de restauration d’un califat islamique, en dépit des défaites majeures subies sur le terrain par l’organisation djihadiste, ni des pertes en vies humaines.

A – Les défaites militaires de Daech

Depuis début 2015, Daech a subi d’importants revers tant en Irak qu’en Syrie, sous les coups de butors conjugués mais non coordonnées de l’alliance occidentale et de leurs supplétifs kurdes tant en Syrie qu’en Irak, d’une part, et d’autre part, les forces gouvernementales syriennes et irakiennes et leurs alliés en Syrie, –la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais–, en Irak, Al Hachd Al Cha’abi, la mobilisation, une milice majoritairement chiite.

Ci joint une chronologie des revers

Janvier 2015, la cité antique de Palmyre a été reprise par l’armée syrienne En quinze mois, selon les calculs de l’IHS Conflict Monitor, les pertes territoriales de Daech dépasseraient les 25%, et, 40 pour cent selon les forces américaines. Palmyre marque le début de la fin de Daech sur le plan militaires

  • 26 janvier 2015: Kobané. L’État islamique est chassé de cette ville frontalière de la Turquie par les Unités de protection du peuple kurde (YPG).
  • 31 mars 2015: Tikrit. Reprise de ce bastion de l’ancien président Saddam Hussein, à 160 km au nord de Bagdad. Téhéran et Washington se sont impliqués dans cette bataille et dans la reconquête de ce chef-lieu majoritairement sunnite.
  • 6-13 novembre 2015: Sinjar: L’EI contrôlait cette ville depuis août 2014, se livrant à de multiples exactions contre la minorité yazidie, qui constitue la majorité de sa population.
  • 8 décembre 2015: Ramadi. Ville sunnite à 100 km à l’ouest de Bagdad, Ramadi est le chef-lieu de la grande province d’Al-Anbar, frontalière de la Syrie. Elle avait été conquise le 17 mai 2015 par l’EI après une vaste offensive et une retraite chaotique des forces irakiennes.
  • 24 mars 2016: Mossoul: L’armée syrienne, appuyée au sol par le Hezbollah libanais et les forces spéciales russes et soutenue par l’aviation russe, entre dans la ville antique de Palmyre, à 205 km à l’est de Damas, prise par l’EI le 21 mai 2015. De l’autre côté de la frontière, l’armée irakienne, soutenue par des milices et l’aviation de la coalition internationale, lance une offensive pour reprendre Mossoul, deuxième ville du pays (nord).
  • 27 mars 2016: Palmyre L’armée syrienne reprend la totalité de la ville de Palmyre après plusieurs jours de combats. Les djihadistes se replient notamment vers leurs fiefs de Raqqa et Deir Ezzor plus au nord.
  • 21 Décembre 2016: Le bastion djihadiste d’Alep est tombé aux mains des forces gouvernementales syriennes, mettant un coup d’arrêt au plan de partage de la Syrie.

Au delà du cercle de Tall affar, décimé, 10 des principaux figures de proue de la nébuleuse djihadiste ont été éliminés en six ans de guerre en Syrie et en Irak, dont voici le décompte:

  • Zohrane Alllouche, chef de Jaych Al Islam, tué dans un raid de l’aviation syrienne le 25 décembre 2015.
  • Hassan Abboud, (Abou Abdallah Al Hamaoui), fondateur d’Ahrar Al Cham (les Hommes Libres du Levant), dont le mouvement a été décapité avec l’élimination de 40 de ses dirigeants lors d’un ténébreux attentat à l’automne 2014
  • Omar Al Shishani, le responsable militaire de Daech
  • Djamil Raadoun, chef du Soukour Al Ghab (Les Faucons de la Forêt), assassiné en Turquie même, l’autre parrain du djihadisme salafiste.
  • Abdel Rahman Kaddouli (de son nom de guerre Hjaji Imam), N°2 de Daech et son ministre des finances, tué par un raid aérien américain en Irak le 25 mars 2016.
  • Abou Hayjja Al Tounsi, dirigeant militaire de Daech, tué le 31 mars 2016, par un drone américain à Raqqa (Syrie)
  • Abou Firas Al Soury (de son vrai nom Radwane Al Nammous), porte-parole d’Al Nosra
  • Deux dirigeants de premier plan de Daech : Abou Mohammed Al-Adnani et Waêl Adil Hassan Salman Fayad. Seul Syrien au sein de la direction de Daech, Al-Adnani, né en 1977 dans la province d’Idlib, était considéré comme le «ministre des attentats» du groupe et le chef de ses opérations extérieures.

Vétéran du djihad et porte-parole du groupement terroriste, Taha Sobhi Fallaha (le vrai nom d’Al Adanani) a été tué dans un raid aérien visant la ville d’Al Bab, le dernier bastion de l’EI dans la région d’Alep, le 30 août 2016. Quant à Waêl Adil Hassan Salman Fayad, ministre de l’Information du groupe Etat islamique, il a été tué dans un bombardement aérien de la coalition anti djihadiste le 7 septembre près de Raqqa en Syrie, soit une semaine après son compère Al Adnani.

Enfin, les chefs du «Front du Fatah Al Cham», la nouvelle mouture de Jabhat An Nosra:

  • Abou Omar Saraqeb, chef militaire de ce groupement et son adjoint Abou Mouslam Al Chami, mi septembre 2016, tués dans leur PC alors qu’ils préparaient un plan de reconquête d’Alep. Alors qu’il était à la tête de Jabhat An Nosra, Abou Omar Saraqeb avait conquis au début de la guerre Idlib et Jisr Al Choughour.

Quant à l’hécatombe politique des faiseurs de la guerre de Syrie, du côté occidental, impressionnante, –d’Hillary Clinton, à David Cameroun, à François Hollande, Laurent Fabius, Manuel Valls, à l’Emir du Qatar et Bandar Ben Sultan, le chef des ténèbres djihadistes–, est à lire sur ce lien:

Et l’hécatombe des intellectoïdales français, «les idiots utiles du terrorisme islamique» sur ce lien:

POUR ALLER PLUS LOIN
ILLUSTRATION

Capture d’écran d’une video de propagande diffusée le 5 juillet 2014 par al-Furqan Media montrant Abou Bakr al-Baghdadi à Mossoul lors de la proclamation du califat / AL-FURQAN MEDIA/AFP/Archives

Source : Madaniya, René Naba, 22-06-2017

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l'Association d'amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

Lire la suite

José Ortega y Gasset contre la barbarie de la spécialisation. Par Matthieu Giroux.

26 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation

 Barbarie de la spécialisation

José Ortega y Gasset contre la barbarie de la spécialisation

 
 

Dans La Révolte des masses, José Ortega y Gasset décrit la contamination des sociétés modernes par « l’homme-masse ». Le triomphe de celui-ci est tel qu’il a su imposer son tempérament médiocre à tous les domaines de la vie. Alors que les sociétés traditionnelles définissaient l’individu d’élite comme un homme « total », le XXe siècle fait du barbare spécialiste la figure de la nouvelle « aristocratie » intellectuelle.

José Ortega y Gasset

L’idéal d’intelligence dans les sociétés du passé était celui de l’homme « total », de l’homme « universel », plus tard de l’homme « encyclopédique ». « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre », disait le portail de l’Académie de Platon, fondée au IVe av. J.-C. La philosophie, alors la plus haute des sciences, n’était accessible qu’à ceux qui étaient d’abord formés à la connaissance des règles spatiales. Au Xe siècle, à Bagdad, Al-Fârâbî, le « second maître », était à la fois philosophe, penseur du droit musulman et musicien. Le Quattrocento a produit Léonard de Vinci, peintre et inventeur de génie. Au XVIIe siècle, en France, Descartes, bien que fondateur de la philosophie moderne, écrivit le Discours de la méthode puis les Méditations métaphysiques. Plus tard, en Allemagne, Leibniz, auteur de la Théodicée, fut aussi l’un des inventeurs du calcul infinitésimal, après Archimède et avant Newton.

Pour José Ortega y Gasset, la fin du XIXe siècle marque un tournant dans l’histoire des sciences et voit émerger un nouveau modèle d’homme : le spécialiste. Celui-ci vient remplacer l’homme d’élite occidental traditionnel autrefois doué d’une « culture générale ». Pour l’auteur de La Révolte des masses, la naissance de l’encyclopédie contient en germe la dérive à venir. Si l’encyclopédie se présente comme une compilation du savoir universel, elle implique également sa fragmentation, son découpage en domaines de compétence. L’homme « encyclopédique » a engendré un monstre : le barbare spécialiste. « Mais lorsque, en 1890, une troisième génération prend le commandement intellectuel de l’Europe, nous nous trouvons en présence d’un type d’homme scientifique sans précédent dans l’histoire. C’est un homme qui, de tout ce que l’on doit savoir pour être un personnage cultivé, ne connaît qu’une science déterminée, et encore n’en possède vraiment que cette minime portion qui intéresse ses investigations personnelles. Et il en arrive à considérer comme une vertu le fait de ne pas s’occuper de tout ce qui demeure en dehors de l’étroit domaine qu’il cultive plus spécialement, et traite de “dilettantisme” toute curiosité pour l’ensemble des connaissances. » Il faut bien mesurer le ridicule d’une telle accusation. Ainsi l’arrogant spécialiste se permet de voir une inclination au « dilettantisme » chez l’homme qui a pour but d’embrasser la totalité des savoirs. Platon, Descartes, Leibniz, dilettantes ! Par conséquent, seul le spécialiste serait sérieux dans son travail.

Le spécialiste : un savant-ignorant

Cédric Villani, barbare spécialiste

En réalité, l’avènement du spécialiste est lié à celui de « l’homme-masse » dont Ortega y Gasset dresse le portrait dans son essai. Une des dispositions mentales caractéristiques de « l’homme-masse » est son mépris pour tout ce qui l’a précédé. « Notre temps se caractérise par l’étrange présomption de se croire supérieur à tout autre temps du passé ; mieux encore : de feindre qu’il ignore tout ce passé, de ne pas y reconnaître des époques classiques et normatives, mais de se juger soi-même comme ayant une vie supérieure à toutes les anciennes et irréductibles à elles. » Voilà pourquoi le barbare spécialiste peut se considérer sans trop de difficulté comme plus sérieux que Leibniz ou plus travailleur que Platon. Pour Ortega y Gasset, l’homme vulgaire gouverne aujourd’hui le monde. Il est donc logique qu’il se soit aussi imposé dans le domaine scientifique. « La science expérimentale a progressé en grande partie grâce au travail d’hommes fabuleusement médiocres, et même plus que médiocres. C’est-à-dire que la science moderne, racine et symbole de la civilisation actuelle, accueille en elle l’homme intellectuellement moyen et lui permet d’opérer avec succès. » Selon lui, la science, telle qu’elle a triomphé au début du XXe siècle, est partagée en « petits segments » et se réduit à un « mécanisme ». La science peut donc être pratiquée par des individus qui ne possèdent pas de connaissance globale et organique. Désormais, elle est accessible à des techniciens, à des opérateurs qui maîtrisent des « méthodes comme avec une machine » et qui n’ont pas besoin de « posséder des idées rigoureuses sur leur sens et leur fondement ». Le spécialiste a les yeux rivés sur sa discipline et est incapable de la moindre prise de recul. Ortega y Gasset affirme : « Le spécialiste “sait” très bien son petit coin d’univers, mais il ignore radicalement tout le reste. » Il est donc victime d’une déformation ou, si l’on veut, d’une illusion d’optique. Il croit que le monde qu’il étudie est le seul digne d’intérêt, que monde qu’il a face à lui est le seul qui compte. Le barbare spécialiste n’a pas de vision panoramique.

Aux yeux d’Ortega y Gasset, le spécialiste bouleverse l’ancienne hiérarchie entre « savant » et « ignorant ». Il est responsable d’une rupture épistémologique sans précédent. « Ce n’est pas un savant, car il ignore complètement tout ce qui n’entre pas dans sa spécialité ; mais il n’est pas non plus un ignorant, car c’est un “homme de science” qui connaît très bien sa petite portion d’univers. Nous dirons donc que c’est un savant-ignorant, chose extrêmement grave, puisque cela signifie que c’est un monsieur qui se comportera, dans toutes les questions qu’il ignore, non comme un ignorant, mais avec toute la pédanterie de quelqu’un qui, dans son domaine spécial, est un savant. » La « barbarie de la spécialisation » tient précisément dans cette confusion. Autrefois, on pouvait dire qu’une civilisation était développée en proportion du nombre d’individus d’élite qui la faisaient rayonner, qu’elle était barbare en proportion du nombre d’individus médiocres qui la composaient. La barbarie moderne – celle de l’homme-masse – a ceci de particulier qu’elle ne distingue plus clairement « savant » et « ignorant ». Aujourd’hui, les hommes d’élite sont des médiocres et les médiocres sont des hommes d’élite.

Au XXe siècle, il n’y a jamais eu autant d’ « hommes de science », c’est-à-dire de barbares spécialistes, et aussi peu d’hommes de culture. Pour Ortega y Gasset, cette désunion de la science et de la culture est une tragédie. Cette nouvelle donne épistémologique doit conduire à une impasse car les « bassets tourne-broche de la “rôtisserie de la science” » seront incapables de refonder quoi que ce soit quand l’heure sera venue, comme ce fut le cas avec Copernic, Galilée, Newton ou Einstein. « Car la science a besoin de temps en temps, pour régler son propre accroissement organique, d’un travail de re-consitution ; or, je l’ai déjà dit, ce travail requiert un effort d’unification chaque fois plus difficile, qui chaque fois embrasse des régions plus vastes du savoir total. »

Lire la suite

Gilbert Bécaud - Tu le regretteras (Hommage au Général De Gaulle - 1965)

25 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #La défense de la langue française.

Gilbert Bécaud - Tu le regretteras (Hommage au Général De Gaulle - 1965)

   

Un bel hommage post mortem de Gilbert Bécaud au Général de Gaulle, cinq ans avant sa mort, trois ans avant la Chienlit, et qui aujourd'hui trouve tout son sens...
https://www.facebook.com/pourlamourde...

https://www.youtube.com/watch?v=aszfwZjG-6w

 

Lire la suite
Lire la suite

CHANSONS DE FRANCE DE SERGE LAMA.

25 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation .

CHANSONS DE FRANCE
DE SERGE LAMA

Dix ans qu'il a quitté la place
Et chacun de tous les partis
Prétend qu'il était de sa race
Même ses anciens détracteurs
S'abritent à l'ombre de son chêne
Et la droite et la gauche en chœur
Arborent la croix de Lorraine

Il s'appelait De France
Un chanteur l'avait dit
Avec quinze ans d'avance
Ce sera la zizanie
Quand Papa sera parti

Dix ans et je n'ai su de lui
Que ce qu'a dit la voie publique
Dès qu'un groupe se réunit

Voilà son ombre qui rapplique
A tort à raison c'est comme ça
Dans les salons, dans les tavernes
Et depuis que s'est tue sa voix
C'est son fantôme qui gouverne

Il s'appelait De France
Un chanteur l'avait dit
Avec quinze ans d'avance
Ce sera la zizanie
Quand Papa sera parti

Qui donc parmi tous ces bavards
Ces loups bavant qui s'invectivent
Ralliera sous son étendard
Moutons bêlants, brebis craintives
Qui donc parmi ses héritiers
Se dressera dans le tumulte
Pour nous gueuler qu'être français
C'est pas forcément une insulte

Il s'appelait De France
Un chanteur l'avait dit
Avec quinze ans d'avance
Ce sera la zizanie
Quand Papa sera parti

On me dit mon fils allez-y
Sur quel bord penchent vos médailles
Dites-nous non, dites-nous oui
Ouvrez nous enfin vos entrailles
Dix ans, dix ans et j'ai vieilli
Et si vous me voyez me taire
C'est d'être au-dessus des partis
Comme mon illustre grand-père

Il s'appelait De France
Et Bécaud l'avait dit
Avec quinze ans d'avance
Ce sera la zizanie
Pour pas dire la chienlit
Quand Papa sera parti

CHANSONS DE FRANCE DE SERGE LAMA Dix ans qu'il a quitté la place Et chacun de tous les partis Prétend qu'il était de sa race Même ses anciens détracteurs S'a...
youtube.com

 

 

Lire la suite

Des élus français dans le Donbass. Première représentation française de la République Populaire de Donetsk

25 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme

jeudi 22 juin 2017

Des élus français dans le Donbass

 
Première représentation française
de la République Populaire de Donetsk
 
Hubert Fayard, Christiane Pujol et Christian Borelli à l'embarquement pour Moscou
 
La concrétisation d'un engagement métapolitique
 
Quand cette crise ukrainienne lancée par les occidentaux sur le Maïdan pendant l'hiver 2013-2014 dérape dans le sang et les larmes avec la répression du Donbass qui va devenir une guerre longue et meurtrière, une chape de plomb médiatique s'abat alors sur ce volcan géostratégique coincé entre le bélier occidental et la muraille russe et d'où ne s'échappent que les arguties toutes plus délirantes les unes que les autres d'une propagande de guerre russophobe et hystérique.
 
"Invasion russe" "terroristes" "peuple pris en otage" "pays affamé", "déserté" etc... et j'en passe et des meilleures...
 
A la lecture de ces délires mensongers nous sommes plusieurs à réagir pour libérer la Vérité de la cage propagandiste dans laquelle la réalité de cette guerre honteuse pour l'Europe est enfermée. Ainsi des occidentaux se sont révoltés contre ce coup d'Etat du Maïdan et sa guerre à caractère génocidaire lancée contre les populations russes d'Ukraine et qui a tué entre 10 000 et 20 000 personnes au minimum depuis 3 ans.
 
Communistes, anarchistes, nationalistes, régionalistes, tsaristes, nationaux bolcheviques, antimondialistes, etc... le Donbass a vu de nombreuses nationalités rallier sa rébellion : espagnols, serbes, français, allemands, brésiliens, irlandais etc... et même étasuniens ! chacun s'engageant dans sa tranchée pour mener un combat militaire, humanitaire médiatique, ce dernier étant peut-être le plus difficile à mener car affrontant le Goliath de la pensée unique muselant dans les pays "droitdelhommistes" leur liberté d'expression fondatrice (cherchez l'erreur !)
 
Bien sûr il y en a qui, par paresse intellectuelle, vont répondre à la propagande par une autre propagande qui si elle n'est pas aussi mensongère a cependant tendance à verser dans une caricature manichéenne qui finit aussi par la décrédibiliser. Et de constater amèrement que certains "volontaires" sont toujours sous influence de la société du spectacle dans laquelle ils sont nés, tant l'incohérence entre leurs actes et leurs paroles amène les pousse (malgré eux mêmes ?) a vouloir recréer en microcosme ce monde orwellien du clientélisme, de la censure et des privilèges qu'ils prétendent pourtant combattre dans leurs discours narcissiques. Mais ceci est un autre débat...
 
Le plus important et urgent est de réveiller les consciences européennes des foules et l'esprit critique individuel des consommateurs d'informations qui avalent et croient tout ce qui est déversé dans leur écrans par les entonnoirs d'agences de presses contrôlées par la ploutocratie au pouvoir.
 
Pour libérer la Vérité sur la Donbass une centaine de personnes taraudent quotidiennement le blocus organisé par la dictature de la "bien-pensance" occidentale : médias alternatifs, sites internet, blogs, réseaux sociaux etc... A Donetsk, nous sommes 4 français a travailler aujourd'hui sur le front de l'information : Christelle Néant (DONi press) Philippe Calfine (News Front) Sébastien Hairon (indépendant) et moi même (Novorossiya Today). Il faut rajouter à ce quatuor les locales Svetana Kissileva, qui informe en français (novorossiya today) et Hélène Sydorova, également francophone et infatigable animatrice d'une centre Culturel Franco-russe local (Revue "sans frontières")
 
Ce travail sans relâche (perso j'arrive à 1500 articles sur le sujet) est récompensé par de réseaux fidèles et tenaces réseaux de soutien qui se font l'écho de nos efforts, et s'organisent chaque jour un peu plus, tels des maquis virtuels dans les différents pays occupés par le Nouvel Ordre Mondial. Aujourd'hui si on ne considère que le réseau social Facebook pourtant régulièrement attaqué par la censure de la pensée unique, on compte pas moins de 500 groupes à travers le monde qui tentent de rétablir la Vérité concernant cette guerre du Donbass, dont environ 200 très actifs.
 
Il arrive un moment où le soutien intellectuel veut descendre dans la rue et rencontrer les foules des consuméristes hypnotisés. C'est par exemple ce que font régulièrement Kris Roman en Belgique ou André Michel Chanclu et Alain Benajam en France. Mais depuis l'année dernière la concrétisation du soutien au Donbass a pris une autre forme et une tournure plus officielle avec la création de "Représentation de la République Populaire de Donetsk" dont le réseau a été inauguré en Tchequie l'année dernière sous l'impulsion de Lena Liskova. Depuis cette belle initiative a fait des émules et d'autres représentations ont vu le jour soit aujourd'hui :
 
  • en Tchéquie, à Ostrava, pour la DNR
  • en Italie, à Torino, pour la DNR
  • en Autriche, à Vienne, pour la LNR
  • en Grèce, à Athènes, pour la DNR
Il faut relever que l'ensemble de ces "représentations des républiques populaires du Donbass" subissent des attaques régulières de la part des gouvernements des pays où elles sont nées et de l'Union européenne quine supportent pas que des voix dissidentes libèrent la Vérité et dévoilent les complicité occidentales aux crimes de guerre commis dans le Donbass...
 
 
2017, l'initiative française
 
Il est intéressant de relever ici le style médiocre et partisan de ce journaliste qui
ne peut s'empêcher à l'occasion d'un simple compte rendu événementiel une haine
psychotique et hystérique à l'encontre de la Russie, des Républiques du Donbass,
tout en léchant au passage les bottes des néo-conservateurs étasuniens et de l"UE !
Un beau spécimen de "journalope" chien de garde de la pensée unique et totalitaire.
 
 
En janvier 2016, un groupe de français était venu en reconnaissance pour préparer la venue d'une délégation française dans la Donbass à l'image de celle qui été venue en Crimée quelques mois auparavant. Mais les circonvolutions levantines engendrées par la perspective des élections présidentielles ont dissuadé les acteurs du projet de le concrétiser.
 
Le cirque électoral ayant replié son chapiteau nauséabond les volontés et les consciences libérées ont repris plus ouvertement le chemin du Donbass pour soutenir son peuple.
 
Hubert Fayard est un ami du réseau de soutien et en collaboration avec l'équipe de Novorossiya Today et le Ministère des Affaires Etrangères de Donetsk, nous avons défini et amorcé l'ouverture de la première représentation française de la République Populaire de Donetsk, qui vient de voir le jour sous les statuts d'une association de loi 1901.
 
 
 
Le 22 juin sont arrivés à Moscou, en transit pour la République Populaire de Donetsk, une délégation de 4 francais dont 3 élus départementaux, à laquelle il faut également rajouter Kris Roman et Emmanuel Leroy qui viennent réaliser une nouvelle visite de soutien dans le Donbass.
 
L'engagement de ces français sera bien sûr critiqué, attaqué et certainement calomnié par des imbéciles qui n'ayant pas peur de mourir étouffés par leur haine et leur mauvaise foi iront certainement dépeindre comme des "fascistes" ces libres penseurs venus soutenir un peuple russe défendant sa liberté dans l'ombre des statues de Lénine !
 
Sortir des ornières de la doxa propagandiste d'un régime politique pour venir constater de visu de la réalité d'une guerre qui meurtrie le coeur de l'Europe depuis 3 ans est un engagement personnel d'autant plus honorable qu'il est malheureusement exceptionnel. Aussi je salue avec force Christiane, Hubert, Christian et Marc qui viennent avec courage et répondre à l'appel de leurs coeurs européens et leur souhaite la bienvenue sur la terre du Donbass libre !
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
Source de l'article : Russie Politics
 
Une délégation française à Donetsk
 
 
Par Karine Bechet Golovko
 
A l'invitation de la jeune république de Donetsk, une délégation d'élus français des Bouches-du-Rhône, représentant différents partis politiques, se rend à Moscou puis à Donetsk. C'est ce genre d'initiatives qui permettra de mettre fin au conflit, en ouvrant les yeux aux populations européennes sur la réalité de ce qui se passe dans la région.
 
Le 22 juin, une délégation française s'est envolée pour Moscou puis Donetsk. Elle est composée de:
 
  • Hubert FAYARD, Président du Centre des Indépendants des Bouches-du-Rhône (CNIP) et Conseiller municipal,
  • Christiane PUJOL, Conseillère départementale des Bouches-du-Rhône et cadre du mouvement " Debout la France" (DLF),
  • Christian BORELLI, Conseiller national des Républicains (LR), Conseiller municipal de Vitrolles,
  • Marc PUJOL, Assistant.
 
Ils séjourneront à Moscou du 22 au 24 juin puis se rendront à Donetsk du 24 au 27 juin qui, comme ils le reconnaissent dans leur communiqué de presse, est constamment bombardé par l'armée ukrainienne malgré les accords de Minsk.
 
Cette prise de consience salutaire est d'autant plus importante qu'elle est rare. L'impunité avec laquelle le pouvoir ukrainien s'attaque à sa population civile dans le Donbass n'est possible qu'avec le silence consentant de l'Europe et des Etats Unis. Ce type d'initiatives permet aux hommes et aux femmes politiques qui ont le courage de, finalement, faire leur travail et défendre les valeurs de notre République, malgré la politique russophobe qui domine la vie politique aujourd'hui, de poser une pierre sur le chemin difficile de la fin du conflit.
 
Peut être la presse française aura-t-elle aussi un jour le courage de revenir à sa mission première: informer, indépendamment des dogmes politiques en vigueur. Mais ce sera certainement pour plus tard.
 
Pour ceux qui le désirent, une rencontre est prévue au restaurant français le Normandie Niemen à Moscou après leur séjour, le 27 juin à 17h.
 
Karine Bechet Golovko
 
 
*
* *
 
S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..
 
Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.
 
Suite aux actions calomnieuses de militants pro ukrainiens qui engagent des procédures de fermeture de comptes bancaires, je vous demande de me contacter par mail : alawata@gmail.com pour que je vous transmette l'adresse où m'adresser les dons éventuels.
 
Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel
 
Bien à vous
Erwan
 
 
Lire la suite

Un autre pas vers une guerre dévastatrice. Par Paul Craig Roberts

25 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Un autre pas vers une guerre dévastatrice

http://www.paulcraigroberts.org/2017/06/19/another-step-toward-devastating-war/

  • (Another Step Toward Devastating War)

Par Paul Craig Roberts

Juin 20, 2017 "Information Clearing House" – Un pilote américain idiot a abattu un chasseur syrien qui attaquait ISI, confirmant ainsi que Washington ne combat pas l’ISIS, comme le prétend Washington, mais qu’il protège l’ISIS, son agent envoyé en Syrie par Obama et Hillary pour renverser le gouvernement syrien. Le Général Michael Flynn a révélé dans une interview à la TV qu’Obama et Hillary, au-dessus de son objection comme directeur de l’Agence de renseignement de la défense, avaient pris « la décision obstinée » d’envoyer ISIS en Syrie.

Le faux-semblant de Washington que Washington combat l’ISIS, plutôt que le soutenir, est l’excuse pour Washington de sa présence illégale dans le conflit syrien. La Russie et l’Iran sont légalement en Syrie, invités par un gouvernement élu. Les Américains y sont non invités comme des criminels de guerre. En vertu du droit international établi par les Américains eux-mêmes, c’est un crime de guerre d’entreprendre une agression contre un pays qui n’a pas levé le poing contre lui.

Donc, pour être en Syrie, Washington doit prétendre qu’il « combat le terrorisme » plutôt que le soutenir. On a souvent émis le mensonge à cette affirmation, mais maintenant qu’un pilote américain a prouvé que les US sont en Syrie pour soutenir son agent, l’ISIS, pas même une presstitute (la presse qui déforme l’information) Megyn Kelly peut honnêtement déclarer croire que Washington combat l’ISIS.

Les Russes, les Syriens et les Iraniens l’ont su depuis le début. Pourtant, ces sources officielles sont toutes suspectes dans la presstitude des médias occidentaux. Donc, avec la complicité de la presstitude, le mensonge de Washington a tenu jusqu’à ce qu’un pilote américain idiot a fait sauter le mensonge hors du ciel en même temps qu’un chasseur syrien et son pilote.

Washington, bien sûr, mentira autant que possible. C’est la seule chose que Washington sache faire. Washington prétendra que c’était « un combattant de la coalition », c-à-d. quelqu’un d’autre qui pilotait le US F-18. Ce n’était pas nous. Ou ils prétendront que le chasseur syrien attaquait des femmes et des enfants, ou une enceinte transgenre ou une salle de maternité pour femmes violée par « les troupes brutales » d’Assad. Washington le tournera de telle manière qu’un crime de guerre agressif apparaisse comme une défense héroïque d’un groupe victime.

Une question : le pilote US idiot a-t-il fait ceci de sa propre initiative, coup chaud en jouant Top Gun, ou était-ce une provocation planifiée du complexe de l’armée/sécurité hors des canaux pour commencer un conflit entre les US et la Russie qui empêcherait toute possibilité du président Trump de rependre son objectif de désamorcer le haut niveau de tension avec la Russie ? Un $1 trillion, 100 milliards de budget militaire/sécurité annuel, payé par les contribuables américains est en jeu.

On ne sait pas si le pilote a agi de lui-même ou par ordre.

Ce qu’on sait c’est que les Russes ne l’ont pas bien accepté. La Ministère de la Défense russe a dit aujourd’hui qu’il considère la décision du « commandement US comme une violation intentionnelle des obligations US dans le cadre du mémo sur éviter des incidents et la sécurité des vols de l’aviation pendant des opérations en Syrie, signé le 20 octobre 2015. »

Surprise ! Surprise ! Les Américains ont déjà brisé un autre accord que Washington a signé avec la Russie.

Combien d’accords avec la Russie Washington doit-il briser avant que les Russes comprennent finalement qu’un accord signé avec Washington est dénué de sens ? Les Russes apprendront-ils un jour ? Les Indiens américains ne l’ont jamais appris. Il y a un fameux T-shirt américain : « Bien sûr que vous pouvez faire confiance au gouvernement : Demandez simplement à un Indien. »

Peut-être que finalement les Russes ont appris que tout accord avec Washington est au mieux sans valeur et au pire un arrêt de mort. Le Ministère de la Défense russe a annoncé aujourd’hui que la Russie mettait fin à toutes les interactions avec les US dans le cadre du mémorandum de prévention d’incidents dans les cieux syriens. De plus, le Ministère de la Défense russe a déclaré que la défense missile russe interceptera tout avion dans la région des opérations de forces aérospatiales russes en Syrie et: « dans les zones où l’aviation russe mène des missions de combat dans les cieux syriens, tout objet volant, y compris des jets et des véhicules aériens sans équipage découverts à l’ouest de l’Euphrate sera suivi par des défenses russes aériennes et de terrain comme des cibles aériennes. »

En d’autres mots, de la manière discrète russe, la Russie a déclaré une zone no-fly dans toutes les régions de la Syrie dans lesquels les Syriens et les Russes opèrent. Tout intrus dans cette zone sautera hors du ciel. Que ce soit un Américain, un Israélien, ils sont de la viande morte.

Comme c’est la Russie, pas Washington, qui a la supériorité aérienne en Syrie, tout ce qui est requis est un pilote américain stupide de plus, dont le cul stupide éclatera hors du ciel, et les abrutis complets à Washington devront reculer ou faire une gaffe. Aussi stupide qu’est Washington et plein d’orgueil, les abrutis feront une gaffe.

Il n’y a pas d’intelligence à Washington. Seulement de l’arrogance et de l’orgueil. Le quart de siècle que j’y ai passé était avec les gens tout à fait les plus stupides sur la face de la terre.

Je m’attends à ce que la Russie gagne ceci, parce que la Russie a un leadership intelligent, et que Washington n’en a pas.

Néanmoins, peut-être à tort, comme personne ne peut tout connaître, je blâme la Russie pour laisser la crise syrienne se développer. La Russie et la Syrie auraient gagné la guerre depuis longtemps, excepté que la Russie continuait à déclarer la victoire prématurée, se retirant, obligé de revenir, espérant toujours de réaliser un accord avec Washington. En effet, réaliser un accord avec Washington était plus important pour le gouvernement russe que gagner la guerre ou n’importe quoi d’autre.

Sans se soucier de l’évidence, l’espoir du gouvernement russe ne pouvait simplement pas mourir que la Russie et Washington pourraient réaliser un accord pour combattre le terrorisme ensemble. Quel complet non-sens.

Le terrorisme dans la province russe de Tchétchénie a été instigué par Washington. Le gouvernement russe semble ne pas comprendre qu’il n’y a pas de terroristes indépendants. Le terrorisme est une arme de Washington. Donc, comment le gouvernement russe peut-il faire un pacte contre le terrorisme avec le pays qui utilise le terrorisme comme une arme contre la Russie ?

Que pense la Russie d’à quoi sert le plan des néoconservateurs de conquérir la Syrie et l’Iran si ce n’est d’apporter plus de terrorisme en Russie

Vladimir Poutine est un leader bien informé, fort et capable d’un pays. Peut-être le seul à part la Chine. Clairement, il n’y en a pas en Occident, un désert de leadership.

Il y a peu de doute que Poutine est un dirigeant moral qui est opposé à la guerre et veut le mieux pour tous les pays. Néanmoins, en sacrifiant l’avantage chaque fois qu’il en obtient pour l’idée absurde de faire un accord avec Washington, communique simplement à Washington une faiblesse. Washington pense que Poutine est simplement une autre personne sur laquelle Washington peut marcher. C’est une erreur de jugement et résultera en une guerre. Ce serait beaucoup mieux si Poutine relevait le défi et éclaircissait complètement que « si vous voulez la guerre, elle sera là en 30 minutes. » Soudain, on prendrait la Russie au sérieux.

J’admire Poutine. Mais il se trompe de jeu. Au lieu de parer l’agression de Washington, il devrait être agressif et forcer l’Europe et Washington à venir vers lui pour une solution.

Poutine, le dirigeant du monde libre, ne devrait pas être sur la défensive vis-à-vis d’un gouvernement à Washington en banqueroute, minable à la noix qui se complaît dans son mal.

Le Dr. Paul Craig Roberts a été assistant Secrétaire au Trésor pour la politique économique et un éditeur associé du Wall Street Journal. Il a été éditorialiste pour Business Week, Scripps Howard News Service, et Creators Syndicate. Il a eu un emploi dans de nombreuses universités. Ses articles Internet ont attiré des adeptes dans le monde. Les derniers livres de Roberts sont The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West, How America Was Lost, and The Neoconservative Threat to World Order.

Voyez plus sur http://www.informationclearinghouse.info/47286.htm#sthash.exUs1Q3H.dpuf

L’empire de Washington englué

 

 

http://www.mondialisation.ca/lempire-de-washington-englue/5594449

 

Par Dr. Paul Craig Roberts

Mondialisation.ca, 12 juin 2017

paulcraigroberts.org 5 juin 2017

Région : États-Unis, Europe

Thème: Désinformation médiatique, Environnement, Guerre USA OTAN, Militarisation, Services de renseignements

 

 

http://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2017/06/deep-state-400x225.jpg

Le complexe militaro-industriel de sécurité a mis soixante-dix ans à construire son empire. Le complexe a assassiné un président américain (JFK) qui le menaçait et expulsé un autre (Richard Nixon) de son siège. Le complexe ne tolère pas l’élection de politiciens en Europe qui pourraient ne pas suivre la ligne de Washington sur la politique étrangère et économique.

Soudain, selon les médias occidentaux et même russes, le complexe laisserait un homme, Trump, qui ne règne pas en Amérique, et une femme, Merkel, qui ne règne pas en Allemagne, détruire son empire.

Selon les médias aux ordres, en sortant de l’Accord de Paris (le pacte climatique mondial) et en déclarant que les membres de l’OTAN devraient contribuer davantage au budget de l’alliance, dans laquelle le contribuable américain a une part proportionnellement excessive, Trump a amené Merkel à conclure que l’Europe ne peut pas compter plus longtemps sur Washington. La discorde entre Trump et Merkel et la démission de Washington de son rôle de leader aurait détruit l’alliance occidentale et laissé l’UE elle-même au bord de la rupture.

Tout cela est une sottise absurde. Voici ce qui s’est vraiment passé :

 

À peine Trump élu, des hommes en costumes foncés et cravates sombres, avec des porte-documents, lui ont expliqué que ce n’était pas la politique de Washington de normaliser ses relations avec la Russie ; ils lui ont aussi expliqué que ce n’était pas la politique de Washington de sortir de l’Accord de Paris. Trump a dit quelque chose comme ça : « Écoutez, les gars, vous m’avez déjà demandé d’abandonner mon initiative de paix avec la Russie et mon intention de sortir de Syrie. Maintenant, vous me forcez sur mon engagement L’Amérique d’abord. Si les gens se rendent compte que je ne suis pas vraiment le président, avec qui allez-vous gouverner ? Que pensez-vous d’un compromis ? »

Voici le marché, comme Trump l’a parfaitement expliqué dans son discours. Il retire temporairement les États-Unis de l’Accord de Paris et ouvre immédiatement des négociations pour revenir dans l’Accord, selon des termes moins onéreux pour les Américains. En d’autres termes, le lâchage est un geste pour sauver la face, qui entraînera une petite réduction des coûts pour l’Amérique. En fin de compte, nous aurons une victoire de Trump et aucun dommage pour l’Accord de Paris.

Pour sa réélection, Merkel a besoin d’une impulsion qui détournera l’attention allemande du million de réfugiés musulmans que celle-ci a laissé entrer en Allemagne, amenant avec eux le crime, le viol et le terrorisme. Sa déclaration dramatique selon laquelle l’Europe ne peut plus compter sur l’Amérique était un moyen idéal de recentrer l’attention. Je ne serais pas surpris que Trump et Merkel se soient concertés pour organiser la façon de jour le coup.

Pourtant, ni les journalistes, ni les commentateurs ne pouvaient dévoiler la vérité évidente. Pourquoi ? Les médias occidentaux ne pouvaient pas laisser passer l’occasion de dénoncer Trump, en l’accusant d’avoir détruit le leadership américain et le climat, et les organisations environnementales ont saisi l’occasion de collecter des fonds pour s’opposer à la destruction du climat par Trump. Les commentateurs russes ont vu l’espoir pour la Russie d’entrer dans l’OTAN, ainsi que la rupture de l’UE, suite aux conséquences de l’isolationnisme de l’Amérique.

.

Il y a deux implications sérieuses de cette tromperie médiatique. L’une d’elles est que les Américains et le monde sont aveugles au fait qu’il existe des centres de pouvoir qui contraignent le président des États-Unis et sont capables de remplacer l’ordre du jour sur lequel celui-ci a fait campagne par le leur. Nous avons vu cela avec Obama, mais on nous a expliqué que ce dernier n’en avait jamais eu l’intention [de tenir ses promesses de campagne]. Maintenant, nous allons avoir la même explication avec Trump. Le fait que le président soit contraint par le complexe militaro-industriel de sécurité et le pouvoir financier, ne sera pas mis en lumière. Ainsi, le mythe de la Matrice, selon lequel la démocratie apporte le changement par les élections, continuera à empêcher les gens de se rendre compte de la réalité.

Une deuxième conséquence est que les Russes, espérant toujours faire partie de l’Occident tout en conservant leur souveraineté nationale, ce qu’aucun membre de l’UE ou de l’OTAN n’est autorisé à faire, verront dans le soi-disant retrait du leadership américain des espoirs renouvelés d’adhérer à l’Europe. Si les Russes prennent au sérieux l’onction, par le New York Times, de l’Allemande Merkel comme « dernier défenseur de l’Ouest libéral », la Russie pourrait se laisser tenter, militairement et économiquement, de ralentir ses préparatifs militaires et le développement de ses relations économiques avec l’Asie.

Les gens n’auront toujours qu’une petite idée des événements réels, tant que les reportages et les commentaires ne refléteront que des ordres du jour politiques et des aspirations optimistes.

Paul Craig Roberts

 

Article original en anglais :

http://www.globalresearch.ca/wp-content/uploads/2017/04/deep-state-51x46.jpg

Washington’s Empire Is Not Unraveling

Traduit par jj relu par nadine pour le Saker Francophone

La source originale de cet article est paulcraigroberts.org

Copyright © Dr. Paul Craig Roberts, paulcraigroberts.org, 2017

 

Lire la suite

Fonds pour la « défense », nouveaux milliards pour la guerre. Par Manlio Dinucci

25 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Russie

Fonds pour la « défense », nouveaux milliards pour la guerre. Par Manlio Dinucci

Fonds pour la « défense », nouveaux milliards pour la guerre

Manlio Dinucci

 

Le « Fonds pour la défense », que l’Union européenne a lancé le 22 juin, a été défini comme un « pas historique » par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Reste à voir dans quelle direction.

Le Fonds représente une injection massive d’argent public dans l’industrie de guerre européenne. Il commence avec l’allocation de 90 millions d’euros en 2017-2019 pour la recherche sur de nouvelles technologies militaires, en particulier de systèmes robotiques pour les forces navales et terrestres. A partir de 2020 l’allocation pour la recherche militaire grimpera à 500 millions d’euros par an.

A cela s’ajoute une allocation encore plus importante pour encourager la coopération entre les pays Ue dans le développement conjoint et dans l’acquisition de systèmes d’armes : ils peuvent par exemple investir conjointement pour développer le même type de drone ou acquérir en bloc le même char d’assaut pour en réduire le coût (une sorte de « groupe d’achats solidaire » pour la guerre).
Pour ce secteur le Fonds alloue 500 millions d’euros pour 2019 et 2020 et un milliard d’euros par an après 2020. Grâce à l’ « effet multiplicateur » on prévoit de générer des investissements d’ensemble dans l’industrie de guerre Ue équivalents à 5 milliards d’euros annuels après 2020.

Le Fonds n’est pas alternatif mais complémentaire aux engagements financiers que les pays Ue membres de l’Otan ont pris dans l’Alliance, dont font partie (après le Brexit) 21 des 27 membres de l’Union européenne. En 2014 ces pays ont pris l’engagement, requis par l’administration Obama, de destiner au militaire au moins 2% du PIB. Jusqu’à maintenant, outre les USA, seuls Grèce, Estonie, Grande-Bretagne et Pologne ont dépassé ce seuil. L’Italie, calcule le Sipri, dépense pour le militaire 1,55% du PIB, c’est-à-dire environ 70 millions d’euros par jour d’argent public. En montant au niveau de la Grèce (2,36% malgré la crise économique), elle dépenserait plus de 100 millions par jour ; en montant à celui des USA (3,61%), elle dépenserait plus de 160 millions d’euros par jour. Ces 2%, insiste Trump, sont désormais insuffisants pour les missions croissantes de l’Alliance.
La dépense militaire de l’Italie, que le Sipri place au 11
ème rang mondial en 2016, est en réalité plus haute que celle inscrite dans le budget du ministère de la Défense. Dans la dernière Loi de finance sont inscrits (toujours en argent public) presque 10 milliards d’euros pour produire des chars d’assaut Freccia et Centauro 2, des frégates Fremme, des hélicoptères d’attaque Mangusta. Au poste « Construction publique, y compris scolaire » 2,6 milliards sont alloués pour le Pentagone italien, voulu par la ministre Pinotti pour réunir en une unique structure les sommets de toutes les forces armées. Cette structure se trouvera dans la zone aéroportuaire de Centocelle à Rome, où a déjà été transférée la Direction générale des armements avec son staff de 1500 personnes.

La Direction des armements devra à présent s’agrandir pour gérer l’ultérieure montée en puissance de l’industrie de guerre italienne, déjà en excellente forme. En 2016, l’export italien d’armes a augmenté de plus de 85% par rapport à 2015, grimpant à 14,6 milliards d’euros. Par la vente de 28 chasseurs-bombardiers Eurofighter au Koweit, grâce à la ministre Pinotti, efficiente représentante de commerce en armes.

Dans le projet de loi pour la mise en oeuvre du « Livre Blanc pour la sécurité nationale et la défense », approuvé en février dernier par le Conseil des ministres, l’industrie militaire est qualifiée de « pilier du Système Pays ». Il se trouve maintenant renforcé par le Fonds Ue pour la « défense », pendant qu’on démolit l’Article 11, pilier de la Constitution.

 

Edition de samedi 24 juin 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/fondo-ue-per-la-difesa-altri-miliardi-per-la-guerra/

Traduit de l’italien par M-A Patrizio

 

Article 11 de la Constitution italienne :

« L’Italie répudie la guerre en tant qu’instrument d’atteinte à la liberté des autres peuples et comme mode de solution des conflits internationaux; elle consent, dans des conditions de réciprocité avec les autres États, aux limitations de souveraineté nécessaires à un ordre qui as- sure la paix et la justice entre les Nations; elle aide et favorise les organisations internationales poursuivant ce but ».

 

 

Note pour la version française :

En France : "création d'une « capacité militaire de planification et de conduite extérieure », sorte de QG qui sera chargé de centraliser les opérations extérieures (non armées dans un premier temps comme la formation de soldats au Mali ou en Somalie). Autre projet, la mise en place d'une coopération structurée permanente - prévue par le traité de Lisbonne - qui regroupera les Etats volontaires pour accélérer la défense européenne. Enfin, la création d'un Fonds européen de la défense doté à terme d'un budget annuel de 5,5 milliards d'euros. Il aura trois usages, tous destinés à mutualiser l'effort de défense : le financement de la recherche dans des technologies innovantes ; le développement de prototypes de drone ; et l'achat en commun de matériels".
( https://www.lesechos.fr/monde/europe/030400384498-macron-arrive-a-bruxelles-avec-un-capital-de-sympathie-et-des-projets-qui-fachent-2096582.php#OLlpZXB6QYUhvsMg.99 )

et

"Le Premier ministre Edouard Philippe a promis ce vendredi au Salon du Bourget que le gouvernement maintiendrait l'objectif fixé par Emmanuel Macron de consacrer 2% du PIB au budget de la Défense d'ici à 2025, malgré les contraintes budgétaires » (http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/06/23/97002-20170623FILWWW00190-edouard-philippe-pour-un-budget-de-la-defense-a-2-du-pib.php )

Grande discrétion du gouvernement et de ses médias sur le chiffrage de ces programmes.

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>