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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Festivités en Russie

10 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La Russie, #La France, #La guerre, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch

Festivités en Russie

Comme dans la Rome antique

ou presque… car les Russes ne promènent pas l’effigie de tous leurs ancêtres mais les portraits de leurs parents morts dans ce que nous appelons IIe Guerre Mondiale, et eux Grande Guerre Patriotique. Cette manifestation est dite « Marche du Régiment immortel », parce que le dit régiment ressuscite à chaque génération.

Que feraient-ils s’ils avaient une génération sans guerre ? Ce n’est pas encore arrivé.

Comme l’an dernier…

Vladimir Poutine prend la tête de la marche du Régiment immortel à Moscou avec une photo de son père

Vladimir Poutine a traversé toute la place Rouge à la tête de la colonne du Régiment immortel. Il portait la photo de son père, Vladimir Spiridonovitch Poutine. Pour le président, comme pour tous les Russes, la Seconde Guerre mondiale a marqué son histoire familiale. Son père a pris les armes contre les Allemands, même s’il travaillait dans une usine lui permettant d’échapper à la conscription. Il a été gravement blessé mais a pu en réchapper.

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Ils ont été près d’un million à défiler pendant cinq heures. Marche intégrale en direct live [ce qui est la meilleure façon de noyer dans une mer d’ennui les moments forts, les slogans significatifs, les drapeaux soviétiques et les portraits de Staline], on peut sauter sans dommage la première 1h50’… L’arrivée de la tête sur la Place Rouge, vers 2h01’ :

La marche, que le magazine d’anciens combattants US Veterans today qualifie d’« idée de politique intérieure la plus géniale de tous les temps » et de « probablement même pas calculée », s’est étendue, cette année, à 42 pays du monde (y compris à Paris, de la Bastille au Père Lachaise). Partout où il y a des expats russes…

Et il vous le prouve :

http://www.veteranstoday.com/2016/05/09/russian-immortal-...

 

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Mais il y avait eu aussi, le matin, la traditionnelle parade militaire. Aucune ne dépassera sans doute celle de l’année dernière, mais celle-ci a fait ce qu’elle pouvait. Ceux qui ont guetté le signe de croix orthodoxe du bouddhiste Sergueï Choigou n’ont pas été déçus. Et si vous regardez bien, vous verrez, vers la 10e minute, au premier rang des invités, M. et Mme Magué, de Florensac.

Journée pleine pour Vladimir Poutine…

 

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La meilleure nouvelle du jour. La procédure de destitution entamée contre la présidente Dilma Roussef est annulée

10 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Amérique Latine, #L'OTAN., #La mondialisation, #La France, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #les Brics;

9 MAI 2016

1. Sebastopol.jpg

 

9 mai 2016

 

La meilleure nouvelle du jour.

La procédure de destitution entamée contre la présidente Dilma Roussef est annulée

On l’avait mise en tête de ce post, car elle en valait la peine. Mais le temps qu’on mette en ligne, on était le 10, et tout avait changé.

Le comité du sénat vote pour un procès à Roussef

RT International & BRICS Post – 9 et 10 mai 2016

Bref…

La lutte des classes fait rage au Brésil

 

2. Dilma.jpg

 

La procédure de destitution entamée contre la présidente du Brésil vient de recevoir un coup d’arrêt, ce lundi, par la décision du Président de la Chambre des Députés, Waldir Maranhão Cardoso, d’annuler cette procédure et d’appeler à un nouveau vote de la Chambre. Ce rejet intervient au moment où la procédure de destitution allait être soumise à un vote du Sénat. La Chambre devrait revoter ce mercredi 11 mai.

Il faut savoir que des irrégularités de procédure ont été détectées lors du vote d’avril qui avait accepté la validité des accusations portées contre la présidente et qui était susceptible d’entraîner sa destitution.

Une telle décision peut-elle être annulée par la Cour Suprême, le Sénat ou une majorité des voix à la Chambre ? C’est ce qu’on ne sait toujours pas.

Dilma Rousseff, qui réfute avec indignation toutes les charges invoquées contre elle, pourrait encourir un procès pour avoir « violé les lois budgétaires » (?).

Jusqu’à l’intervention de Waldir Maranhão, on s’attendait à ce que le Sénat vote « pour » le procès à Roussef. Or, s’il le fait, elle sera suspendue de sa charge pour une période pouvant aller jusqu’à 6 mois, le vice-président Michel Temer assurant l’intérim.

Waldir Maranhão est un allié de Flavio Dino, gouverneur de l’État de Maranhão et un des principaux soutiens de Rousseff. Il succède au poste de Président de la Chambre à Eduardo Cunha, qui a orchestré toute la procédure de destitution contre Dilma Rousseff, parce que Cunha vient lui-même d’être destitué sur les accusations de corruption, d’intimidation de législateurs, d’obstruction à la justice et d’abus de pouvoir.

On en était là, mais voilà qu’aujourd’hui…

Un comité nommé par le Sénat pour enquêter sur l’opportunité d’une destitution de la présidente vient de recommander cette procédure par 10 voix contre 5.

Alors qu’aucune accusation de corruption n’a jamais pu être portée contre elle, ceux qui veulent sa tête l’accusent de « négligence fiscale » et de « manipulation des comptes du gouvernement ».

Un vote du Sénat sur l’opportunité de la traduire en justice pourrait avoir lieu dès demain mercredi 11, selon une déclaration à la presse du rapporteur de la commission Antonio Anastasia, sénateur PSDB (Partido da Social Democracia Brasileira).

Selon la loi brésilienne, si une majorité de sénateurs, soit 41 sur 81, vote en faveur de la destitution, Rousseff sera suspendue de sa charge pour 180 jours, pendant que se déroulera son procès en destitution, le Vice-Président Michel Elias Temer assurant l’intérim. Notons que, pour obtenir un vote de destitution final, une majorité des deux-tiers sera nécessaire.

Mais… la procédure est compliquée par le fait que Temer (PMDB – Partido do Movimento Democrático Brasileiro) est lui-même accusé d’avoir violé les mêmes lois de responsabilité fiscale que Rousseff.

Celui qui est le promoteur en chef de la tentative de destitution de Rousseff, le l’ex-Président de la Chambre des Députés, Eduardo Cunha, doit faire face, lui, à une kyrielle d’accusations de blanchiment d’argent, mais le Procureur Général Rodrigo Janot affirme qu’il convient d’ajouter au moins deux autres charges à la liste.

 « Un chef d’accusation a déjà été retenu par la Cour Suprême, un deuxième est en cours et, si ma mémoire ne me fait pas défaut, six autres devraient encore être retenus contre lui pour des délits différents » a déclaré Janot à la chaîne de télévision brésilienne Globonews.

 

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Rousseff et Lula reçoivent un salut rouge. Certains analystes estiment qu’un  procès à Rousseff aurait pour résultat de couper la société brésilienne en deux camps irréconciliables. C’est sans doute un des buts poursuivis.

 

On en est là.

Il est évident, depuis le premier jour, que les États-Unis sont à la manœuvre et qu’ils sont passés maîtres dans ces sortes de choses, depuis plus de soixante ans qu’ils s’y livrent contre des dizaines d’états  dans le monde.

Cette manœuvre aboutira, hélas, s’ils réussissent à acheter suffisamment de consciences politiques brésiliennes pour seconder leur projet.

Est-il nécessaire de faire observer que les ennemis de Rousseff et de Lula appartiennent tous à des formations du centre ? C’est le sempiternel « marais » ou ventre mou, responsable de tous les naufrages, ici et ailleurs, jadis et maintenant.

C’est pourquoi la lutte dans laquelle sont engagés la Présidente et l’ex-Président est si exemplaire. Car le problème de la corruption des élus se pose partout : comment faire pour avoir suffisamment de représentants du peuple qui ne soient pas corruptibles ? Si nous pouvions résoudre cette quadrature du cercle, nous serions sauvés. Robespierre, reviens !

Rappelons pour finir qu’une offensive identique est en ce moment même en cours, par les mêmes moyens, contre Nicolas Maduro, c’est-à-dire contre le peuple vénézuelien.

 

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Post Scriptum

Pour ceux qui croiraient que la Belgique est championne du monde pour le nombre de partis politiques, voici, pour mémoire, ceux actifs au Brésil

[Les numéros entre parenthèses sont les codes électoraux des partis, visibles lors des élections.]

Partido da Causa Operária (PCO) - Parti de la cause ouvrière (29)

Partido Comunista Brasileiro (PCB) - Parti Communiste Brésilien (21)

Partido Comunista do Brasil (PCdoB) - Parti Communiste du Brésil (65)

Democratas (DEM) - Démocrates (25) (avant 28/03/2007

Partido da Frente Liberal (PFL) - Parti du Front Libéral (25))

Partido Democrático Trabalhista (PDT) - Parti Démocratique Travailliste (12)

Partido Humanista da Solidariedade (PHS) - Parti humaniste de la solidarité (31)

Partido da Mobilização Nacional (PMN) - Parti de la mobilisation nationale (33)

Partido do Movimento Democrático Brasileiro (PMDB) - Parti du Mouvement Démocratique du Brésil (15)

Partido Popular Socialista (PPS) - Parti Populaire Socialiste (23)

Partido Progressista (Brésil) (PP) - Parti Progressiste (Brésil) (11)

Partido da República (PR) - Parti de la République (22)

Partido Renovador Trabalhista Brasileiro (PRTB) - Parti rénovateur travailliste brésilien (28)

Partido Republicano Brasileiro (PRB) - Parti républicain brésilien (10)

Partido Republicano Progressista (PRP) - Parti Républicain Progressiste (44)

Partido Social Cristão (PSC) - Parti social-chrétien (20)

Partido Social Democrata Cristão (PSDC) - Parti social-démocrate chrétien (27)

Partido Social Liberal (PSL) - Parti social-libéral (17)

Partido da Social Democracia Brasileira (PSDB) - Parti de la Social-Démocratie Brésilienne (45)

Partido Socialismo e Liberdade (P-SOL) - Parti socialisme et liberté (50)

Partido Socialista Brasileiro (PSB) - Parti Socialiste Brésilien (40)

Partido Socialista dos Trabalhadores Unificado (PSTU) - Parti socialiste des travailleurs unifié (16)

Partido dos Trabalhadores (PT) - Parti des Travailleurs (13) – est celui de Rousseff et de Lula

Partido Trabalhista Brasileiro (PTB) - Parti Travailliste Brésilien

Partido Verde (Brésil) (PV) - Parti Vert (43)

Partido Trabalhista Brasileiro (PTB) - Parti travailliste brésilien (14)

Partido Trabalhista Cristão (PTC) - Parti travailliste chrétien (36)

Partido Trabalhista do Brasil (PTdoB) - Parti travailliste du Brésil (70)

Partido Trabalhista Nacional (PTN) - Parti travailliste national (19)

 

Traductions c.l. pour Les Grosses Orchades

Sources :

https://www.rt.com/news/342406-brazil-rousseff-impeachmen...

http://thebricspost.com/senate-committee-recommends-rouss...

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Le défilé du régiment des Immortels à Kiev le 9 mai 2016 a célébré le 71 anniversaire de la victoire sur le nazisme.

10 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La guerre, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #Daesch, #Ukraine, #AMERIQUE

Le défilé du régiment des Immortels à Kiev le 9 mai 2016 a célébré le 71 anniversaire de la victoire sur le nazisme.

Le défilé du régiment des Immortels à Kiev le 9 mai 2016 a célébré le 71 anniversaire de la victoire sur le nazisme.

Bonjour

Le 9 mai 2016 à Kiev le peuple a défilé pour fêter le 71° anniversaire de la Victoire sur le Nazisme le 9 mai 1945.

Dans ce pays où les néonazis ont infesté les rouages de l’état grâce au coup d’état du 21 février 2014 orchestré par les Etats-Unis (échanges téléphoniques entre Victoria Nuland et Geoffrey Pyatt) et l’Union Européenne, le peuple commence à se réveiller et c’est rassurant. La sidération qui a suivi ce putsch avec son cortège de barbarie - massacre d’Odessa le 2 mai 2014, massacre de Marioupol le 9 mai 2014, massacre de Slaviansk, massacre de la population du Donbass, etc… - se dissipe peu à peu et le corps social réagit au cancer néonazi.

Comme à Odessa pour le deuxième anniversaire du massacre de la maison des syndicats, comme à Odessa pour la marche du régiment des Immortels le 9 mai 2016, la ville de Kiev a elle-aussi rendu hommage aux immortels malgré la censure et les menaces perpétrées par les factions nazies protégées par le nouveau gouvernement ukrainien (le vice porte-parole du parlement, Andreï Paroubi, a été élu porte-parole de la Rada. Andrei Paroubi est le fondateur du parti néo nazi Pravy Sektor responsable entre autre des violences sur le Maïdan le 20 février 2014).

Le courage et la détermination du peuple ukrainien s’est manifesté dans diverses villes malgré la menace.

Dans la vidéo ci-après c’est le défilé de Kiev qui est pris en compte : Le fascisme ne passera pas !" Les drapeaux, le ruban de St. Georges, les chants soviétiques, malgré la chasse "aux sorcières ", sont au rendez-vous…

La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=kxQm4K44NxY

Bien cordialement

Lucien PONS

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Grèce : La poursuite de l’esclavage pour dette de la fin du 19e siècle à la seconde guerre mondiale

9 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #Grèce, #La Turquie, #Terrorisme, #L'OTAN., #La dette, #La finance dérégulée

Seconde partie de la série « Grèce et dette : Deux siècles d’ingérence des créanciers »

Grèce : La poursuite de l’esclavage pour dette de la fin du 19e siècle à la seconde guerre mondiale

9 mai par Eric Toussaint

 

Cette série d’articles analyse les grandes crises de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
grecque en les situant dans le contexte économique et politique international, ce qui est systématiquement absent de la narration dominante et très rarement présent dans les analyses critiques. Depuis 1826, de grandes crises de la dette ont marqué très fortement la vie des Grecs. Chaque fois, des puissances européennes se sont coalisées afin d’obliger la Grèce à contracter de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes. Cette coalition de puissances a dicté à la Grèce des politiques correspondant à leurs intérêts ainsi qu’à ceux de quelques grandes banques privées et des grandes fortunes dont elles étaient complices. Chaque fois, ces politiques visaient à dégager les ressources fiscales nécessaires au paiement de la dette et impliquaient une réduction des dépenses sociales ainsi qu’une diminution des investissements publics. Sous des formes qui ont varié, la Grèce et le peuple grec se sont vu nier l’exercice de leur souveraineté. Cela a maintenu la Grèce dans un statut de pays subordonné et périphérique avec la complicité des classes dominantes grecques.

Rappel de la première partie publiée le 12 avril 2016 : La Grèce indépendante est née avec une dette odieuse

La Grèce est née enchaînée à la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
par des emprunts (1824, 1825 et 1833) qui ensemble représentaient 245 % de son PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
. Trois grandes puissances européennes (la Grande-Bretagne, la France et la Russie) se sont coalisées pour constituer la première Troïka Troïka Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. de la Grèce moderne, imposer la monarchie en mettant à sa tête un prince bavarois et asservir le pays par la dette. La Troïka a défendu systématiquement les intérêts des grands banquiers de Londres et de Paris afin qu’ils tirent un maximum de bénéfices de la dette odieuse Dette odieuse Alexander Sack a théorisé cette doctrine en 1927.

Trois conditions se dégagent pour qualifier une dette d’odieuse :

1) elle a été contractée par un régime despotique, dictatorial, en vue de consolider son pouvoir

2) elle a été contractée non dans l’intérêt du peuple, mais contre son intérêt et/ou dans l’intérêt personnel des dirigeants et des personnes proches du pouvoir

3) les créanciers connaissaient (ou étaient en mesure de connaître) la destination odieuse des fonds prêtés

Plus...
réclamée à la Grèce. Le peuple grec qui a dû payer la facture d’une monarchie dépensière et belliqueuse s’est révolté à plusieurs reprises. S’il a obtenu le départ du despote en 1862, et par la même occasion une Constitution concédant certains droits civils et politiques, il n’a pas réussi à se libérer des chaînes de la dette. Les grandes puissances ont maintenu la Grèce dans une position de subordination en déniant au peuple grec l’exercice de la souveraineté. La monarchie et les classes dominantes locales ont tenté systématiquement de dévier le mécontentement populaire vers le nationalisme et les hostilités avec la puissance ottomane.


Introduction de la seconde partie

Selon une narration dominante mensongère, ou simplement erronée, dans les années 1880, la Grèce a pu retourner sur les marchés grâce, d’une part, à l’accord intervenu en 1878 avec les créanciers des dettes de 1824-1825 |1| et, d’autre part, à la mise en pratique d’une politique radicale de réduction des dépenses publiques. La Grèce aurait ensuite exagéré dans le recours aux emprunts nouveaux et aurait augmenté fortement les dépenses publiques, ce qui aurait débouché sur une nouvelle crise de la dette et une suspension des remboursements à partir de 1893. Cette incapacité de la Grèce à gérer de manière raisonnable le recours à l’emprunt aurait amené les grandes puissances à lui imposer une commission financière de contrôle qui a pris en main le budget. Cette version des faits est fausse.

Voici un exemple de présentation largement répandue, tiré du journal Le Monde du 16 juillet 2015 : « Mais, comme aujourd’hui, le pays est miné par le clientélisme et l’évitement de l’impôt par les notables. Le Bavarois Otton Ier de Grèce, monarque bavarois imposé par les puissances européennes, instaure dès l’indépendance une dispendieuse politique de grands travaux. La fonction publique embauche à tour de bras, l’armée mène grand train… Le tout, financé par de généreux (sic !) prêts des pays occidentaux. Le gouvernement perd vite le contrôle : en 1893, près de la moitié des revenus de l’État sont réservés au paiement des intérêts de la dette. »

Un autre exemple est paru dans le magazine financier suisse Bilan du 20 juin 2015 : « Grâce à l’accord ratifié en 1878, la Grèce peut à nouveau emprunter sur les marchés dès 1879. Dans les quatorze années qui suivent, Athènes va emprunter l’équivalent de pratiquement 530 millions de francs auprès de créanciers parisiens, londoniens et berlinois. Mais moins de 25 % de cette somme ira dans des investissements d’infrastructures pour développer le pays, le reste étant essentiellement voué aux dépenses militaires, la Grèce affrontant à plusieurs reprises ses voisins régionaux (avec des fortunes très diverses). »

Ce qu’il y a de vrai dans la narration dominante, c’est que les banquiers étrangers ont de nouveau octroyé des prêts à la Grèce. La narration reconnaît aussi que la monarchie était dépensière et qu’elle a engagé le pays dans des épreuves militaires avec l’Empire ottoman très coûteuses. La plupart des commentateurs, toujours prêts à justifier l’attitude des créanciers (comme la journaliste du Monde qui n’hésite pas à parler de « prêts généreux », authentique oxymore |2|) relèvent aussi que les impôts étaient mal prélevés.

Voyons maintenant ce qui s’est passé réellement. Au cours des années 1880, les banquiers des grandes puissances (de Grande-Bretagne, de France mais aussi les banquiers allemands, belges, néerlandais…) sont très intéressés par l’octroi de prêts à des pays qui sortent d’une suspension de paiement. Ils posent une condition : les anciennes dettes doivent être restructurées et le pays doit reprendre les paiements. La plupart des pays qui étaient en défaut de paiement ont accepté des restructurations de dette très largement favorables aux créanciers, qui ont dès lors délié le cordon de leur bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). afin que les pays endettés retrouvent des moyens financiers pour rembourser les anciennes dettes. Il s’agissait aussi pour le grand capital des pays dominants de trouver des placements intéressants car le système capitaliste passait par une nouvelle phase d’expansion : l’exportation massive de capitaux afin de réaliser des prêts ou des investissements dans les pays de la Périphérie. C’est le début de la phase « impérialiste » du capitalisme mondial |3|.

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Obligation grecque de 1880


Les restructurations de dette en Grèce, au Costa Rica, au Paraguay, au Pérou et dans l’Empire ottoman

Voici quelques exemples de restructuration de dette qui ont eu lieu au cours de la période 1878-1890 : la Grèce, le Costa Rica, le Paraguay, le Pérou et l’Empire ottoman.

La restructuration de la dette grecque de 1878 et ses suites. La dette grecque liée aux emprunts de 1824 et de 1825 a été restructurée en 1878. Les créanciers ont obtenu que la Grèce accepte de rembourser l’équivalent de la somme qui lui avait été versée en 1824-1825. Il n’y a donc pas eu de réduction réelle de la dette et la Grèce a repris les paiements des intérêts et du capital |4|. Entre 1879 et 1890, la Grèce a entièrement remboursé aux créanciers privés la dette restructurée. La dette grecque n’a pas baissé, simplement car la Grèce a contracté de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Elle remboursait donc les anciens emprunts restructurés en 1878 et les nouveaux contractés au cours des années 1880.

La restructuration de la dette costaricaine en 1885. Le Costa Rica, qui était en suspension de paiement depuis 1874, accepte en 1885 une restructuration de la dette satisfaisante pour les créanciers : ils obtiennent une partie des chemins de fer, auxquels s’ajoutent 230 000 hectares de terres et 2 millions de livres sterling.

La restructuration de la dette du Paraguay en 1885. Le Paraguay, qui était également en suspension de paiement depuis 1874, a accepté de remettre aux créanciers 1 million d’hectares et 800 000 livres.

La restructuration de la dette péruvienne en 1890. La restructuration de la dette péruvienne (qui était la plus volumineuse de toute l’Amérique latine) a été réalisée en 1890 dans des termes très défavorables au pays : cession aux créanciers de tous les chemins de fer publics, auxquels s’ajoutent plus de deux millions de tonnes de guano (fertilisant naturel), la concession d’une ligne de bateaux sur le lac Titicaca, deux millions d’hectares de terre, les mines de Cerro de Pasco et, cerise sur le gâteau, un nouvel emprunt pour refinancer une partie de la dette en suspension de paiement. Le Pérou a réalisé en 1926 le dernier remboursement de cette dette restructurée en 1890 suite à la suspension de paiement qui était intervenue en 1876.

La restructuration de la dette de l’Empire ottoman. A la suite du défaut de paiement de l’Empire ottoman en 1875, la dette fut partiellement restructurée en 1881. Les créanciers exigèrent un remboursement maximal. À cet effet, une commission des finances composée d’experts nommés par les “grandes puissances” a été mise en place. Comme l’écrit Louise Abellard : « Une institution fut érigée en 1881 sous le nom d’Administration de la Dette publique ottomane. Par décret impérial, plusieurs revenus de l’Empire lui furent “absolument et irrévocablement” transférés (revenus des douanes, taxe sur les spiritueux, droits de timbre, droits de pêche, taxe sur la soie, monopoles du sel et du tabac...). Ces revenus devaient être alloués par l’Administration au versement de compensations aux créanciers sur les titres émis avant le défaut. L’Administration était dirigée par des Européens (Français, Anglais, Néerlandais, Allemands et Italiens), représentants directs de leurs créanciers nationaux. Complètement autonome du pouvoir ottoman, elle était donc un instrument de garantie absolue pour les créanciers, qui obtenaient l’assurance du remboursement des sommes anciennement et nouvellement investies. D’une certaine façon, les porteurs de titres obtenaient avec l’Administration un droit direct sur la gestion des finances ottomanes, à leur profit, jusqu’au remboursement total du “préjudice” subi (à la disparition de l’Empire). Progressivement, les prérogatives de l’Administration furent même étendues au rôle de garant pour le règlement des contrats d’infrastructure (chemin de fer particulièrement). » |5|


Les restructurations de dette ont servi à relancer un nouveau cycle d’endettement et d’expansion du capital des pays impérialistes

Les restructurations de dettes qui se sont déroulées dans les années 1870-1880 répondaient à une volonté des créanciers de recommencer à placer aux quatre coins de la planète des capitaux disponibles en surabondance dans les pays du Centre (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas…). L’octroi de nouveaux prêts visait à relancer la pompe des remboursements car, pour que les pays en suspension de paiement reprennent les paiements, il fallait leur octroyer des liquidités Liquidité
Liquidités
Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.
. Les placements se faisaient soit sous forme d’investissement, soit sous forme de prêts. Dans plusieurs cas, comme l’a vu plus haut en ce qui concerne des pays d’Amérique latine, la restructuration a pris en partie la forme d’un échange d’anciens titres de la dette Titres de la dette Les titres de la dette publique sont des emprunts qu’un État effectue pour financer son déficit (la différence entre ses recettes et ses dépenses). Il émet alors différents titres (bons d’état, certificats de trésorerie, bons du trésor, obligations linéaires, notes etc.) sur les marchés financiers – principalement actuellement – qui lui verseront de l’argent en échange d’un remboursement avec intérêts après une période déterminée (pouvant aller de 3 mois à 30 ans).
Il existe un marché primaire et secondaire de la dette publique.
contre des titres de propriété de terrains ou/et d’entreprises. Le critère principal des banquiers ou des autres investisseurs n’était nullement la bonne santé des pays emprunteurs et leur capacité à bien gérer les fonds prêtés ni même à les rembourser. Leur décision était basée sur la nécessité d’utiliser les moyens financiers dont ils disposaient afin d’en tirer le rendement le plus élevé, de maintenir les pays endettés dans une relation de besoin permanent de financement extérieur et de s’assurer qu’en cas de difficulté de remboursement, les gouvernements de leurs pays seraient prêts à intervenir, y compris par des moyens militaires, pour imposer la reprise ou la poursuite des paiements, voire la colonisation pure et simple du pays.

Dans les cas de la Tunisie, de l’Empire ottoman et de la Grèce, une structure internationale de gestion et de contrôle disposant de pouvoirs très étendus a été imposée par les puissances créancières (parmi lesquelles la Grande-Bretagne et la France occupaient chaque fois une position importante ou tout à fait privilégiée). La Grèce a connu cette situation dès l’origine, comme le montre la convention passée en 1832 entre la Grande-Bretagne, la France, la Russie et le Royaume de Bavière pour créer la monarchie en Grèce en donnant la priorité absolue au remboursement de la dette |6|. La Tunisie s’est vu imposer une commission financière internationale en 1869 et elle est ensuite passée sous contrôle direct de la France en 1881. En ce qui concerne l’Empire ottoman, les puissances créancières ont créé l’Administration de la Dette publique disposant de 20 bureaux de collecte des revenus situés aux quatre coins du territoire (du Yémen à Thessalonique) et comptant 5 000 fonctionnaires. Dans le cas de la Grèce, la situation de subordination aux puissances créancières, inscrite de fait dans son acte international de naissance, s’est matérialisée sous des formes qui ont évolué mais elle a toujours été présente : de la participation inquisitrice des ambassadeurs britannique, français et russe au Conseil des ministres en 1843 |7|, à la création de la Commission financière internationale en 1898 (qui a fonctionné jusqu’à l’occupation nazie), en passant par la Commission financière internationale d’enquête, instituée en 1857 pour veiller au remboursement de la dette de 1833.


L’impact de la crise financière et économique internationale de 1890-1891 sur la Grèce

En novembre 1890, la City de Londres connaît une situation qui fait penser à septembre 2008 aux États-Unis et à la faillite de Lehman Brothers qui a débouché sur une fermeture des robinets du crédit (credit crunch), une crise bancaire internationale et une récession Récession Croissance négative de l’activité économique dans un pays ou une branche pendant au moins deux trimestres. économique mondiale en 2009. Le 8 novembre 1890, les banquiers londoniens se sont réunis en catastrophe pour faire face à la panique au cas où Baring Brothers, une des principales banques londoniennes, ferait faillite. Le 10 novembre, les banquiers se réunissaient avec le gouvernement britannique qui prenait contact avec les autorités des autres grandes puissances pour mettre en place une réponse coordonnée à la crise. Baring Brothers a été sauvée (ce qui n’a pas été le cas de Lehman Brothers), mais la crise financière et économique a été très forte en 1891-1892. Parmi les banquiers organisateurs du sauvetage de la Baring Brothers, figuraient la Banque Rothschild (présente à Londres, Paris et ailleurs en Europe et qui a joué un rôle clé dans l’endettement de la Grèce), ainsi que les banques JPMorgan (qui était déjà la principale banque d’affaires aux États-Unis) et JSMorgan (présente à Londres et directement liée par des liens familiaux à JPMorgan) qui allaient fusionner plus tard |8|.

Vous ne trouverez nulle part, dans les articles que la grande presse internationale a consacrés en 2015-2016 à la crise de la dette grecque de 1893, le lien entre l’évolution de la situation financière et économique internationale et la suspension du paiement de la dette décrétée par le Parlement grec pendant l’été 1893. Pourtant, la crise démarrée à Londres en novembre 1890 a produit une récession économique, une chute du commerce international, un arrêt des crédits bancaires internationaux… La Grèce a été confrontée à une chute de ses exportations. Or elle avait besoin des devises fortes que lui procuraient les exportations pour poursuivre le paiement de la dette externe. La vente du raisin de Corinthe à l’étranger constituait 2/3 des exportations grecques ! Or l’exportation du raisin de Corinthe a chuté de 50 % entre 1891 et 1893. Il y a deux causes à cette chute brutale : 1. La crise internationale et la contraction de la demande dans les pays les plus riches ; 2. La décision prise par la Grande-Bretagne, la France et la Russie d’imposer une taxe à l’importation des raisins de Corinthe sur leur marché. Ces trois puissances créancières de la Grèce ont restreint drastiquement l’accès du raisin de Corinthe à leur marché alors qu’elles prônaient le libre-échange et la suppression de toutes les taxes d’import-export |9|. Pour la Grèce, la chute des revenus d’exportation, combinée à l’impossibilité d’obtenir de nouveaux crédits des banques londoniennes, françaises, allemandes…, a conduit à la décision de suspension du paiement de la dette alors que 56 % des revenus de l’État lui étaient consacrés |10|. Parmi les facteurs liés à ce qui précède, il y a la chute de la valeur de sa monnaie par rapport à la livre sterling et aux devises fortes. Avec une monnaie dévaluée, le coût réel du remboursement de la dette extérieure était encore plus insoutenable.

Par rapport aux nombreux commentateurs qui accusent la Grèce d’être un pays qui entre facilement en défaut de paiement, il est utile de préciser qu’au cours du 19e siècle, l’Espagne a suspendu le paiement de sa dette à 6 reprises, l’Empire austro-hongrois à 5, le Portugal à 3, la Prusse à 2 et la Russie à 1 |11|.


Le conflit militaire contre l’Empire ottoman en 1897 et la restructuration de la dette grecque qui s’en est suivie

La monarchie grecque et les classes dominantes locales se sont lancées dans un conflit militaire désastreux contre l’Empire ottoman en 1897. Les grandes puissances ont manifestement manœuvré au dernier moment les deux États en conflit pour les conduire à la guerre14. Leur objectif : en affaiblissant les deux parties au cours du conflit, les grandes puissances pouvaient augmenter leur degré de contrôle sur les deux pays, notamment au travers de la dette. Le conflit étant coûteux, les grandes puissances pourraient augmenter leurs exigences tant à l’égard de la Grèce que de l’Empire ottoman. Cela aboutit à un traité de paix signé à Istanbul le 4 décembre 1897 sous le patronage des grandes puissances : la Grande-Bretagne, la France et la Russie (les membres de la Troïka en place depuis 1830), l’Empire austro-hongrois, l’Allemagne et l’Italie |12|. En 1898, un nouveau prêt a été octroyé à la Grèce (voir encadré ci-dessous sur l’emprunt de 1898). La Troïka était une nouvelle fois garante de ce prêt. Ce prêt était attribué dans le cadre du traité de paix et comprenait le versement par la Grèce d’une indemnité importante à l’Empire ottoman. Les grandes puissances étaient très intéressées à ce que la Grèce utilise une grande partie de l’emprunt de 1898 pour indemniser l’Empire ottoman. En effet, comme indiqué plus haut, elles contrôlaient les finances ottomanes et elles ont pu orienter ces indemnités vers le remboursement que devait effectuer l’Empire à l’égard de ses créanciers. Les créanciers de la Grèce et de l’Empire ottoman étaient les mêmes !


L’emprunt de 1898 et la mise sous tutelle de la Grèce grâce à Commission financière internationale

La loi votée par le Parlement grec le 26 février 1898 est identique au projet de loi rédigé par la Commission financière internationale (CFI). La Grèce a été contrainte d’accepter toutes les conditions des créanciers. Selon cette loi, la CFI contrôle les revenus de l’État qui seront consacrés au service :

  • de l’emprunt de 1833 garanti par la France, la Grande-Bretagne et la Russie ;
  • des emprunts conclus par l’État grec à l’étranger de 1881 à 1893 ;
  • du nouvel emprunt qui est mis à charge de la Grèce pour rembourser les précédents et payer une indemnité de guerre à l’Empire ottoman.

L’emprunt de 1898 se compose de deux parties :

1) Un emprunt pour l’indemnité de guerre à la Turquie pour un montant de 92 millions de francs français (4 millions de Livres turques) auxquels s’ajoutent 2,3 millions de francs (100.000 Livres turques) que la Grèce doit payer pour les dommages causés aux propriétés privées.

2) Un nouvel emprunt pour rembourser d’anciennes dettes et couvrir le déficit de l’année 1897 afin de rembourser la dette, soit une somme de 55 millions de francs consacrée :

  • à couvrir le déficit du budget de l’État grec de l’année 1897 (26 millions de francs) ;
  • aux paiements que le Gouvernement grec doit effectuer en 1898 aux porteurs de l’ancienne dette extérieure (2,5 millions de francs) ;
  • à rembourser ou convertir la dette flottante en or (26,5 millions de francs).

L’emprunt nouveau mis à charge de la Grèce s’élevait à 123,5 millions de francs (28,5 + 95), auxquels s’ajoutent la conversion de dette pour un montant de 26,5 millions de francs. Α cet emprunt s’ajoutera, au fur et à mesure des besoins, sous forme d’emprunts, une somme qui pourra atteindre 20 millions de francs pour couvrir le total des déficits des années suivantes.

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Extrait du rapport de la Commission financière internationale de 1898

L’article 4 de la loi rédigée par la CFI et docilement adoptée par le Parlement grec le 26 février 1898 précise que «  les frais d’administration de la Commission, fixés à un maximum de 150.000 fr., y compris une somme de 60.000 francs à titre d’émoluments pour les six Délégués, seront prélevés sur le produit des revenus affectés ». Les six délégués représentent la Grande-Bretagne, la France, la Russie, l’Empire austro-hongrois, l’Allemagne et l’Italie.

La CFI impose à la Grèce de rembourser environ 39 millions de drachmes annuellement alors qu’en moyenne les recettes totales de l’État (hors emprunt) s’élèvent à environ 90 millions de drachmes. Cela signifie que 43% des recettes de l’État sont affectés directement au remboursement de la dette. Il faut souligner qu’aucune part du nouvel emprunt n’est destinée à renforcer l’économie du pays, à développer ses infrastructures, à améliorer l’éducation publique. Le nouvel emprunt sert exclusivement à rembourser d’anciennes dettes, à indemniser la Turquie (qui elle-même doit utiliser de fait l’indemnité pour rembourser ses créanciers qui sont les mêmes que les créanciers de la Grèce) ou à combler le déficit courant.

Les membres de la CFI soulignent qu’en moyenne le budget total du Ministère de l’éducation et des cultes s’élève à peine à 3,5 millions de drachmes, tandis que la dotation royale s’élève à 1,3 million, celui de la police à 1,7 million et celui de la Guerre à 15 millions. Dans le budget de référence que la CFI prend en compte, aucune dépense spécifique n’est prévue en matière de santé publique. Le budget alloué aux chemins de fer s’élève à la somme ridicule de 84.350 drachmes (7,5% de la dotation royale). A noter que la CFI a imposé à la Grèce une reconnaissance de dette à l’égard des héritiers du roi Othon (qui a été renversé par le peuple en 1862) pour un montant supérieur à 4 millions de drachmes. La charge annuelle correspondant au paiement de cette dette s’élève à 200.260 drachmes, soit 2,5 fois la somme allouée aux chemins de fer du pays !

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Extrait du rapport de la Commission financière internationale de 1898 : dépenses d’administration de la Grèce 1892 - 1896

La Commission déclare très clairement que dans le futur au budget de l’État grec, « aucune somme n’y est prévue pour l’exécution de grands travaux publics, tels que l’amélioration des ports et l’établissement de nouveaux chemins de fer. Dans la pensée de la Commission, toute entreprise de nature à aggraver notablement les charges du budget doit être ajournée jusqu’à l’époque où les finances du pays auront enfin trouvé un équilibre stable. ». Il s’agit d’une reconnaissance explicite de la volonté des puissances créancières de maintenir la Grèce dans la situation d’une économie totalement arriérée.

Selon l’article 11 de la loi, la CFI accapare pour le remboursement de la dette :

  • l’entièreté des revenus tirés des droits de timbre, soit environ 10 millions de drachmes ;
  • l’entièreté des revenus tirés des droits perçus par la Douane du Pirée, soit environ 10,7 millions de drachmes ;
  • l’entièreté des revenus tirés des droits sur le tabac, soit environ 6,6 millions de drachmes ;
  • l’entièreté des revenus tirés des monopoles du sel, du pétrole, des allumettes, des cartes à jouer, du papier à cigarettes, à quoi s’ajoute l’entièreté des revenus tirés de la mine d’émeri de Naxos (dans les Cyclades), soit environ 12,3 millions de drachmes.
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Extrait du rapport de la Commission financière internationale de 1898

À qui la CFI confie-t-elle alors le prélèvement des revenus provenant des monopoles ? Les monopoles établis sur le sel, le pétrole, les allumettes, les cartes à jouer, le papier à cigarettes et l’émeri de Naxos sont administrés par une société anonyme hellénique sous la raison sociale de Société de régie des revenus affectés au service de la dette Service de la dette Somme des intérêts et de l’amortissement du capital emprunté. publique hellénique (un ancêtre du TAIPED |13| imposé à partir de 2010 par la Troïka). Les créanciers ont imposé à la Grèce de placer cette société anonyme « sous la surveillance directe de la Commission Financière Internationale et d’en faire en quelque sorte l’instrument et l’organe du contrôle ». De plus, « un membre de la Commission internationale désigné par elle aura le droit d’assister aux séances du Conseil d’administration et de l’assemblée générale et la Commission pourra opposer son veto à toute mesure qu’elle jugerait contraire à la loi ou préjudiciable aux intérêts qui lui sont confiés. » |14|.

Selon l’article 24, « toutes les sommes encaissées par la Société visée à l’article 14 seront versées intégralement au moins une fois par semaine à la caisse du Contrôle ». Au cas où les revenus mentionnés plus haut seraient insuffisants, la CFI a le droit de prélever les revenus des douanes de Laurium (dont le produit brut est évalué à 1,5 million de drachmes), de Patras (2,4 millions), de Volo (1,7 million), de Corfou (1,6 million), d’après l’article 12 de la loi.

Les membres de la CFI pourront se rendre en personne dans les différents
bureaux de perception et établissements appartenant aux services dont les
revenus sont affectés, en vue de s’assurer de l’exacte application des dispositions légales et réglementaires ; ils pourront se faire présenter tous livres, comptes et pièces de comptabilité (article 36). L’article 38 affirme que « la présente loi ne pourra être modifiée qu’avec l’assentiment des six Puissances. »

Les conclusions du rapport de la Commission financière internationale constituent un florilège de mensonges et d’hypocrisie : « En résumé, la Commission s’est inspirée, dans son travail, des dispositions bienveillantes qui animent les Puissances à l’endroit de la Grèce. En donnant satisfaction aux légitimes exigences des créanciers actuels, elle a tenu un large compte des difficultés financières avec lesquelles le pays se trouve aux prises. En même temps, si elle a cherché à entourer la perception et l’emploi des revenus affectés au service de la dette de garanties Garanties Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome). propres à donner toute sécurité aux capitalistes, elle s’est efforcée de ménager, dans la mesure du possible, l’indépendance de la nation et du Gouvernement helléniques. L’avenir de la Grèce dépend désormais de sa sagesse. Si elle s’applique dans le travail, le calme et la paix, à améliorer son administration, à développer ses ressources agricoles, à encourager son industrie naissante et à étendre ses relations commerciales ; sa situation financière se rétablira rapidement ; sa bienfaisante influence s’étendra peu à peu dans la sphère d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
qui lui est réservée et, aidée dans cette noble tâche par les sympathies des Puissances, elle parviendra, par ses courageux et patients efforts, à conquérir dans l’Orient de l’Europe la place que lui assignent les glorieux souvenirs de son passé.
 »

C’est le type de discours qu’emploie encore au 21e siècle la Commission européenne et les gouvernements des pays créanciers.

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Extrait du rapport de la Commission financière internationale de 1898 : conclusions

Sources :


À noter que les banquiers allemands et l’Allemagne se sont de plus en plus impliqués dans les Balkans et dans l’Empire ottoman depuis les années 1870. La défaite grecque contre l’Empire ottoman en 1897 est en partie due au fait que l’armée ottomane bénéficiait depuis peu du renfort d’officiers allemands (dont des généraux) fournis par Berlin comme conseillers militaires. Banquiers et gouvernants étaient actifs Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
à Athènes et à Istanbul. Parmi les puissances qui voulaient profiter de la défaite grecque pour augmenter leur influence à Athènes, l’Allemagne était en première ligne aux côtés de la Troïka omniprésente depuis l’indépendance |15|.

Dans la foulée du traité de paix et du nouveau prêt octroyé à la Grèce, une nouvelle mouture écrite par la CFI est imposée à la Grèce. La Commission s’installe à Athènes et prend le contrôle d’une large partie du budget grec, qui continue à être consacré au remboursement de la dette (voir l’encadré sur l’emprunt de 1898, ci-dessus). Le gouvernement n’a pas le droit de modifier l’usage de ces recettes ni la fiscalité sans l’accord préalable de la CFI. Cela ressemble fort à la situation actuelle... Cette Commission a fonctionné jusqu’à l’occupation de la Grèce par l’Allemagne nazie en 1942 ! |16|

A côté de l’indemnité que la Grèce a dû verser à l’Empire ottoman et qui a été aspirée par les grandes puissances, une grande partie du nouvel emprunt devait servir à poursuivre le remboursement à la Troïka pour le prêt odieux octroyé en 1833. Au cours des années 1930, la Grèce était toujours en train de rembourser l’emprunt de 1833. Selon des calculs réalisés par les économistes Josefin Meyer, Carmen Reinhart et Christoph Trebesh (qui sont régulièrement associés à des recherches réalisées par ou pour le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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), seulement 25 % des sommes empruntées par la Grèce entre 1894 et 1914 ont été utilisées pour des dépenses régulières (hors service de la dette) et pour des investissements. 40 % des sommes empruntées ont été utilisées pour le paiement de la dette et pour les commissions prélevées par les banquiers. Les 35 % restant ont servi à des dépenses militaires (ne pas oublier que les principaux pays fournisseurs d’armes étaient également les principaux créanciers, ce qui n’a pas changé depuis) |17|. D’après mes propres estimations, la part des emprunts qui a été destinée aux dépenses régulières est nettement inférieure à 25 %, elle ne dépasse pas 10 à 15%.


Conclusions de la partie consacrée aux restructurations des dettes intervenues en 1878 et en 1898

Sur la base de toutes ces informations, il faut considérer comme odieuse la dette découlant des restructurations de 1878 et de 1898. La restructuration de 1878 a consisté à obliger la Grèce à reprendre le remboursement de la dette contractée en 1824-1825 alors que celle-ci était illégale tant les termes étaient favorables aux créanciers. Cette restructuration rendait tout aussi insoutenable le paiement de la dette et devait inéluctablement conduire à une nouvelle crise, qui a éclaté en 1893. La restructuration de 1898 a servi à augmenter de plusieurs degrés le niveau de coercition exercée sur l’État et le peuple grecs, notamment via la création de la CFI. Elle a permis aux six grandes puissances d’accaparer une très grande partie des recettes de l’État tout en maintenant la Grèce en situation de dépendance vis-à-vis de ses créanciers.

Ce commentaire paru dans le quotidien français Le Figaro en mai 1898 présente assez clairement la stratégie des créanciers : « La maxime de l’ancienne politique disait : Divise afin de dominer. Elle est en partie remplacée par la règle nouvelle : Prête-leur de l’argent, afin de les tenir. On voudrait étudier dans les cas de la pauvre Grèce, comme on a pu l’étudier en Egypte, cette invention subtile du génie moderne : la mainmise du prêteur sur l’emprunteur substituée à la conquête brutale par les vieilles baïonnettes, le conseil judiciaire devenant insensiblement conseil de tutelle, de gouvernement, doux et collectif d’abord, ensuite dur et personnel au profit du plus riche, du plus tenace, du plus adroit des syndicataires. On aimerait voir dès l’origine comment se noue et se serre le lacet d’argent, l’instrument impérial dont notre siècle a fait la meilleure arme d’agrandissement politique. » |18|

Il est important par ailleurs de réaliser une étude pour déterminer quelle partie de la dette externe (la dette émise en devises étrangères sur les marchés financiers Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
étrangers qui est à distinguer des emprunts grecs réalisés en monnaie locale) était achetée par de riches Grecs, qu’ils résident en Grèce ou qu’ils fassent partie de la riche diaspora grecque présente à Istanbul, à Alexandrie, à Smyrne ou à Paris |19|. Il est certain que ces puissantes élites grecques avaient investi une partie significative de leur richesse financière dans des titres grecs. Cela implique qu’ils n’avaient pas intérêt à proposer aux amis qui se succédaient au gouvernement grec d’adopter une attitude ferme face aux créanciers (voir les conclusions de cet article ainsi que la fin de l’encadré ci-dessous).

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Extrait d’un bon émis par la Grèce en 1914, faisant partie d’un emprunt de 500 millions de Francs visant à rembourser de précédents emprunts

Quelques clés pour comprendre l’évolution sociale et politique en Grèce à la veille de la Première Guerre mondiale

Extraits du livre de Constantin Tsoucalas, La Grèce de l’indépendance aux colonels |20|. Les extraits sélectionnés donnent une idée du développement des mouvements sociaux, des réformes conquises dans le cadre de la naissance tardive d’un État capitaliste périphérique.

« L’augmentation constante des taxes sur les denrées de base pesait surtout sur les ouvriers et les classes moyennes, qui avaient commencé à s’organiser en guildes commerciales et en syndicats. En mars 1909, des milliers de boutiquiers avaient manifesté violemment, à Athènes et au Pirée, contre la répartition inégale des impôts. Le 14 septembre 1909, Athènes fut ébranlée par un immense rassemblement de plus de 50.000 personnes (la ville comptait moins de 200.000 habitants). Tout en proclamant qu’ils faisaient pleinement confiance à la « révolution », les Athéniens allèrent au-delà des intentions des officiers [les nouvelles autorités qui venaient d’accéder au gouvernement]. En exigeant qu’un système d’impôt progressif sur le revenu soit mis sur pied, que la production soit protégée, que l’administration soit transformée pour devenir un véritable service public par l’abolition du système prévalant de distribution des offices publics aux adhérents du parti gouvernemental ; en exigeant aussi que le niveau de vie des travailleurs soit amélioré et que l’ usure soit interdite et considérée comme un délit par la loi, ils exprimèrent une opposition de classe qui, politiquement, était restée pendant longtemps silencieuse. En même temps, l’organisation ouvrière avait fait des progrès grâce à la création de nombreux syndicats, et le mécontentement paysan s’était intensifié depuis 1898, date à laquelle la crise du commerce des raisins secs, qui constituait une source de l’exportation régulière, avait réduit à la misère une partie importante de la population agraire. L’agitation était particulièrement forte en Thessalie, où la demande d’une réforme du système de grande propriété latifundiaire, hérité des Turcs, entraîna, entre 1905 et 1910, une série des révoltes paysannes, qui furent réprimées de façon sanglante. »

« Les élections qui suivirent en 1910 furent un triomphe pour le nouveau Parti libéral. Venizelos forma son premier cabinet avec des hommes presque entièrement nouveaux, et ce fut le début d’une période de reconstruction intense et de réforme radicale. »

« La condition préalable au programme de réformes des libéraux était une réforme de la constitution. Celle de 1864 fut entièrement révisée pour garantir les libertés individuelles et jeta les bases d’un « État de Droit ». Néanmoins, si les prérogatives officielles de la monarchie furent réduites, les pouvoirs réels du roi demeuraient ambigus, ce qui devait avoir des conséquences explosives. »

« S’appuyant sur ce cadre institutionnel, Venizelos fit démarrer un programme législatif impressionnant. La réforme agraire constituait le problème le plus urgent et le plus difficile. Un amendement constitutionnel, qui permettait l’expropriation avec indemnisation, fut promulgué en 1911, non sans avoir rencontré une opposition farouche de la part de la classe, restée puissante, des grands propriétaires terriens. »
« Interdiction de confisquer les bas salaires en cas de dette (1909), reconnaissance des centrales syndicales d’Athènes et du Pirée (1910), repos obligatoire le dimanche (1910), introduction d’une procédure nouvelle et rapide pour le règlement des conflits entre les travailleurs et la direction (1912), interdiction de syndicats mixtes groupant travailleurs et employeurs (1914), autorisation aux syndicats récemment constitués de négocier et de signer des conventions collectives. Enfin un plan d’assurance-travail obligatoire fut introduit en 1914.
Le système fiscal fut également réorganisé sur une base plus équitable. Un impôt progressif sur le revenu fut créé en 1911, et les droits de succession furent révisés et considérablement augmentés en 1914.
 »

Après la Première Guerre mondiale à l’issue de laquelle l’Empire ottoman, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie ont été vaincus, la monarchie et les classes dirigeantes grecques ont cru voir se réaliser une partie de la grande idée, à savoir l’annexion à la Grèce d’une partie de l’Asie mineure turque. Cela a débouché sur une aventure militaire désastreuse en 1922 au cours de laquelle l’armée grecque a attaqué l’armée turque sur son territoire en Asie mineure. Cela s’est terminé par un désastre humain et militaire.

En 1922, « la tentative d’offensive générale contre Ankara, bastion de Kemal, se solda par un désastre. En août 1922, l’armée grecque, écrasée, s’enfuit en désordre devant les Turcs, qui poursuivirent les rescapés jusqu’à la mer, massacrèrent en représailles les milliers de Grecs, et, pour finir, mirent le feu à Smyrne au milieu d’un chaos indescriptible. Des centaines de milliers de Grecs durent fuir dans les îles avoisinantes ou en Grèce. »

« Dix ans de guerre (1912-1922) avaient eu pour résultat de créer un pays totalement différent de ce qu’il était auparavant. Le territoire grec avait doublé et l’accroissement de la population avait été encore plus spectaculaire. Les 1.500.000 réfugiés, dont l’intégration sociale et économique allait constituer le problème le plus grave et le plus urgent du pays, bouleversèrent la structure de la population. La population urbaine connut un développement considérable, en particulier dans le district d’Athènes et dans les quelques grandes villes, où un important prolétariat urbain se créa pour la première fois. Alors qu’en 1908, 24% seulement de la population vivait dans des villes de plus de 5.000 habitants, le pourcentage atteignait 27 % en 1920 et 33% en 1928. De 1920 à 1928, Athènes passa de 452.919 à 801.622 habitants. »

« Le monde urbain avait, lui aussi, radicalement changé après la guerre. Les longues années de lutte, l’influence de la Révolution russe, et surtout les conditions de vie tragiques des réfugiés dans les villes, poussèrent la classe ouvrière à s’organiser sur une base plus radicale. En novembre 1918 fut créée la Confédération Générale des Syndicats, et, une semaine plus tard, le Parti socialiste grec, qui en 1922 adhéra au Komintern et devint, deux ans après, le Parti Communiste Grec. »

« La décadence complète de l’ Empire ottoman et du khétivat égyptien au cours de la seconde moitié du XIXe siècle avait permis aux puissances occidentales de leur imposer un statut quasi colonial. Les grands bénéficiaires en furent les négociants et les banquiers grecs, et entre 1880 et 1910, des fortunes colossales se firent dans la périphérie méditerranéenne. La révolution russe chassa les éléments grecs installés en Ukraine et la crise de 1922 les éloigna de la Turquie et de la Bulgarie ; leur position ne fut pourtant pas menacée en Égypte et, dans une certaine mesure, en Roumanie, où les financiers grecs les plus influents continuèrent de faire fortune. Fait significatif, beaucoup des conseillers les plus proches de Venizelos dans les domaines économique et bancaire appartenaient à ce groupe. Ceci, sans aucun doute, aide à expliquer pourquoi Venizelos obéissait si volontiers aux intérêts diplomatiques de l’impérialisme britannique et français. On comprend mieux, également, les réticences du capital grec à centrer ces intérêts sur le développement du pays. »

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Grèce 1832 - 1947

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Bon émis par la Grèce en 1924 pour financer l’accueil des réfugiés

Les dettes des années 1920 à la deuxième guerre mondiale

La défaite de l’aventure militaire menée par la Grèce sur le territoire turc en 1922 a eu des effets dramatiques sur les populations civiles. Environ 1,5 million de Grecs qui vivaient en majorité en Turquie durent traverser la mer Égée et rejoindre en catastrophe la Grèce qui avait perdu la partie du territoire ottoman qui lui avait été attribuée après la Première Guerre mondiale en vertu du traité de Sèvres (voir la carte à la fin de cet article) |21|. Cet afflux massif de réfugiés amena les autorités grecques à demander une aide à la Société des Nations (SdN, « ancêtre » de l’ONU), qui octroya des prêts à la Grèce entre 1924 et 1928 pour un montant total équivalent à 20 % du PIB grec de l’époque. La SdN exigea en contrepartie la poursuite de l’application d’une politique dure d’austérité. Tant la représentation de la SdN en Grèce que celle de la CFI créée en 1898 étaient dominées par les puissances créancières, en particulier par la Grande-Bretagne.

Le remboursement des prêts octroyés par la SdN s’ajoutait à une série d’autres : la poursuite du remboursement à la Grande-Bretagne et à la France du reliquat de la dette de 1833 (la Russie ne recevait plus de remboursement depuis la révolution bolchévique de 1917), le remboursement de la dette de 1898, le remboursement des prêts de guerre octroyés pendant la première guerre mondiale par la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada et la France (ces prêts de guerre représentaient 55 % du PIB grec) |22|. Le total des dettes dues par la Grèce excédait 100 % de son PIB, le montant payé chaque année représentait plus de 30 % des revenus du budget grec et environ 10 % du PIB. Cela donne une idée de l’effort qui était imposé au peuple grec et à l’économie du pays.

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Extrait d’un bon émis par la Grèce en 1924 pour financer l’accueil des réfugiés

Tant que l’économie internationale connaissait une phase de croissance, comme pendant la période 1898-1913 et les années 1920, la Grèce réussissait à dégager un surplus budgétaire primaire et à assurer les remboursements de dette (c’est-à-dire que, sous la contrainte de la CFI, elle réussissait à générer plus de recettes que de dépenses hors service de la dette, ce qui lui permettait d’utiliser le surplus pour rembourser). La Grèce recevait également des entrées de capitaux comme dans toute période de croissance de l’économie mondiale. Les créanciers octroyaient de nouveaux crédits à la Grèce pour qu’elle puisse rembourser les anciens.

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Obligation grecque de 1925

La situation a radicalement changé à partir de 1930-1931 quand se sont fait sentir les effets de la nouvelle crise internationale qui a éclaté à Wall Street en octobre 1929. La Grèce voit à nouveau fondre ses revenus d’exportation (principalement la vente du tabac et des raisins de Corinthe), une partie des banques grecques font faillite en 1931, la monnaie grecque est dévaluée de 50 % suite à la décision britannique de suspendre le système de change basé sur l’étalon-or (Gold Standard) |23|. Cette dévaluation Dévaluation Modification à la baisse du taux de change d’une monnaie par rapport aux autres. entraîne mécaniquement le doublement de la dette externe exprimée en monnaie locale. Il fallait que l’Etat multiplie par deux le montant des recettes destinée au paiement en devises étrangères de la dette externe. Du coup, en 1932, la Grèce doit suspendre de manière partielle le paiement de la dette.

De nouveau, si on se focalise sur la Grèce en l’isolant du contexte international, on ne peut que mal interpréter ce qui s’est passé, à l’instar d’un grand nombre de commentateurs. Or il faut savoir qu’en 1932, la Grande-Bretagne, la France, la Belgique, l’Italie et d’autres pays ont décidé de suspendre le remboursement des dettes de guerre entre elles et à l’égard des États-Unis. L’Allemagne suspend le paiement de sa dette à l’égard des créanciers privés à partir de février 1932 et, en mai 1933, décrète la suspension généralisée des paiements à tous les créanciers. La Hongrie, la Lettonie, la Roumanie et la Yougoslavie sont également en suspension de paiement. Sans oublier 14 pays d’Amérique latine. Ce qui est systématiquement tu par les médias dominants, c’est que même après le moratoire Moratoire Situation dans laquelle une dette est gelée par le créancier, qui renonce à en exiger le paiement dans les délais convenus. Cependant, durant la période de moratoire, les intérêts continuent de courir. Un moratoire peut également être décidé par le débiteur, comme ce fut le cas de la Russie en 1998 et de l’Équateur en 1999. décrété par la Grèce en 1932, elle continue d’effectuer des remboursements de dette et cela sous la houlette de la CFI.


Le bilan de la Commission financière internationale 

Dans le journal Le Monde déjà cité, on peut lire à propos du bilan de la CFI : « Son bilan est malgré tout loin d’être négatif : elle aide la jeune Grèce à prendre le contrôle de ses recettes fiscales et limite le détournement des capitaux étrangers par l’élite locale. Elle contribue également à l’instauration de réformes indispensables à la modernisation du pays ». Comment est-il possible d’écrire cela ? La CFI a exercé un véritable diktat permanent sur les finances de la Grèce au profit des créanciers qui a empêché la Grèce de définir un projet de développement et l’a maintenue dans une relation de subordination structurelle.

Selon Meyer, Reinhart et Trebesch, le rendement réel obtenu par les détenteurs de titres grecs achetés à l’étranger et libellés en devise qui ont été à un moment ou un autre en suspension de paiement oscille entre +1 % et +5 %. Cela constitue un rendement fort élevé pour des titres souverains d’un pays réputé comme un mauvais payeur ! Comment expliquer un tel rendement positif ? Les taux d’intérêt réels étaient élevés, le stock de la dette Stock de la dette Montant total des dettes. n’a pas été réduit et, malgré les périodes répétées de suspension de paiement, le pays poursuivait la plupart du temps les remboursements. C’est ainsi que, même pendant la grande dépression des années 1930, la Grèce, bien qu’officiellement en suspension partielle de paiement, a consacré un tiers de ses revenus budgétaires au remboursement de la dette, ce qui correspond à 9 % du PIB grec alors qu’à la même époque la Roumanie et la Bulgarie consacraient respectivement 2,3 % et 3 % de leur PIB au service de la dette.


Conclusion

L’analyse menée dans cet article ne vise pas à exonérer les gouvernements grecs et la classe dominante des responsabilités qui leur incombent. Au contraire, la décision prise par les gouvernements grecs successifs et par la classe dominante de se plier aux exigences des créanciers et des grandes puissances a eu de terribles conséquences pour le peuple grec. Spécialisée dans le domaine de la finance et du commerce international, la classe capitaliste grecque constituait une bourgeoise largement déterritorialisée qui n’a jamais eu de véritable projet national ni la volonté de promouvoir un développement fondé sur un véritable tissu industriel. De ce fait même, ses intérêts étaient indissociablement liés aux intérêts des créanciers du pays. Elle constituait même parfois une partie importante de l’ensemble de ces créanciers, d’où sa complicité avec les représentants des puissances créancières. C’est une constante du 19e siècle à aujourd’hui.

Dans la période examinée ici, la Grèce a été constamment dominée par des puissances étrangères européennes. La dette extérieure a constitué une arme permanente pour exercer cette domination. Or cette dette était clairement illégitime, odieuse, illégale et insoutenable.

Par ailleurs, nous avons montré que les avatars des crises de dettes à répétition sont très largement liés au contexte international et que bien d’autres pays périphériques ont été soumis aux mêmes logiques. Il faut donc poursuivre l’analyse sous d’autres latitudes et rendre justice à tous les peuples soumis par la dette.


Bibliographie pour cette deuxième partie :


Remerciements : L’auteur remercie pour leur relecture et leurs suggestions : Thanos Contargyris, Olivier Delorme, Pierre Gottiniaux, Jean-Marie Harribey, Daphne Kioussis, Damien Millet, Nikos Pantelakis, Claude Quémar, Patrick Saurin, Yannis Thanassekos, Eleni Tsekeri.

L’auteur est entièrement responsable des éventuelles erreurs contenues dans ce travail.

Notes

|1| Voirla partie 1 de cette série pour l’analyse de ces dettes et la critique de l’accord intervenu en 1878

|2| En rhétorique, un oxymore ou oxymoron, du grec ὀξύμωρος (oxúmōros - de ὀξύς, « aigu, spirituel, fin » et de μωρός, « niais, stupide », qui signifie « malin stupide ») est une figure de style qui vise à rapprocher deux termes (un nom et un adjectif) que leurs sens devraient éloigner, dans une formule en apparence contradictoire, comme « une obscure clarté », « une opacité transparente ».

|3| Parmi les auteurs classiques, lire sur l’impérialisme : Rudolf Hilferding (Le capital financier, 1910), Rosa Luxemburg (L’accumulation capitaliste, 1913), Vladimir Lénine (L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916), Nicolas Boukharine (L’Économie mondiale et l’impérialisme, 1915), Ernest Mandel (Le troisième âge du capitaliste, 1972), Samir Amin (Le développement inégal, Ed. de Minuit, 1973).

|4| Voir Carmen M. Reinhart et Christoph Trebesch : The Pitfalls of External Dependence : Greece, 1829-2015, p. 24. La Grèce avait reçu 1,3 million de livres en 1824-1825 et, en 1878, elle a accepté de rembourser 1,2 million de livres plus les intérêts.

|5| Voir Louise Abellard, « L’Empire Ottoman face à une « troïka » franco-anglo-allemande : retour sur une relation de dépendance par l’endettement », publié le 17 octobre 2013

|6| Voir la première partie de cet article.

|7| Voir la première partie de cet article.

|8| Voir Marichal, Carlos. 1989. A Century of Debt Crises in Latin America, Prince­ton, University Press, Princeton, 283p. Chapitre 6.

|9| Voir Carmen M. Reinhart et Christoph Trebesch : The Pitfalls of External Dependence : Greece, 1829-2015, p. 25.

|10| Voir Edouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours, Presses universitaires de France (PUF), 1926, 5 tomes. Le chiffre de 56 % est tiré du tome IV, p. 296. La description de la situation par Driault et Lhéritier est tout à fait intéressante.

|11| Voir Edouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours, Presses universitaires de France (PUF), 1926, tome IV, p. 301.

|12| Voir le texte du traité de paix et de nombreux documents annexes (le tout en français) : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp...

|13| Le TAIPED, acronyme en grec (en anglais, the Hellenic Republic Asset Development Fund ; en français, le Fonds de développement des Actifs de la République hellénique), a été créé à la demande par la Troïka après 2010 afin d’organiser des privatisations. Les recettes récoltées sont utilisées intégralement pour rembourser la dette.

|14| Arrangement financier avec la Grèce, travaux de la Commission internationale chargée de la préparation du projet / Ministère des affaires étrangères – Paris, 1898, p. 33

|15| À partir de la fin des années 1890 et jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne devient la principale destination des exportations grecques.

|16| Voir Carmen M. Reinhart et Christoph Trebesch : The Pitfalls of External Dependence : Greece 1829-2015, p. 15.

|17| Voir Tableau 9 p. 14 de Carmen M. Reinhart et Christoph Trebesch : The Pitfalls of External Dependence : Greece 1829-2015.

|18| Eugène-Melchior de Vogüé, « Livres Jaunes », in Le Figaro, 2 mai 1898.

|19| Selon Driault et Lhéritier qui se basent sur d’autres travaux sérieux, les titres grecs émis en France étaient achetés quasi exclusivement par des Grecs qui résidaient en France et non par des Français. Voir Edouard Driault et Michel Lhéritier, Histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours, Presses universitaires de France (PUF), 1926, tome IV, p. 304, note 1.

|20| Toutes les parties en italique sont tirées de Constantin Tsoucalas. 1970. La Grèce de l’indépendance aux colonels, Editions F. Maspéro, Paris, 1970.

|21| Cette question dite « de la catastrophe de l’Asie Mineure » est encore aujourd’hui objet de vifs débats à la fois sur la scène publique et entre historiens qui ont déconstruit la narration officielle.

|22| L’espace manque pour analyser de manière critique les dettes réclamées à la Grèce par les puissances alliées suite à la Première Guerre mondiale, même si l’auteur considère qu’une partie importante de ces dettes peuvent être considérées comme illégitimes. Pour une introduction à cette problématique, lire Nikos Pantelakis, « Crédits et rapports franco-helléniques 1917-1928 », in Actes du colloque tenu en novembre 1989 à Thessalonique, Institut d’histoire des conflits contemporains, Paris 1992.

|23| L’étalon-or (en anglais : Gold Standard) est un système monétaire dans lequel l’unité de compte ou étalon monétaire correspond à un poids fixe d’or. Les partisans de l’étalon-or affirment qu’il permet de mieux résister à l’expansion du crédit et de la dette. Au contraire d’une monnaie fiduciaire, une monnaie à contrepartie en or ne peut pas être émise arbitrairement par un État. A partir de 1929 et le déclenchement de la Grande Dépression, les réserves britanniques d’or fondent au point que le passif de la Banque d’Angleterre devint très supérieur à ses réserves. En septembre 1931, elle décidait de suspendre la convertibilité externe de la livre et de la laisser flotter librement. L’Allemagne, l’Autriche et la Norvège suivirent peu de temps après cette décision. Les États-Unis sortirent du système en 1933.

Auteur.e

Eric Toussaint

est maître de conférence à l’université de Liège, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.


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Les militaires turcs s'infiltrent à l'intérieur de la Syrie. ERDOGAN FRANCHIT LA LIGNE ROUGE.

9 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Turquie, #AMERIQUE, #La Russie, #l'Allemagne, #La France, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

ERDOGAN FRANCHIT LA LIGNE ROUGE

La Turquie visiblement a décidé de jouer les incendiaires jusqu'au bout... Prise en flagrant délit de soutien économique et militaire avec la nébuleuse islamiste terrorisant la Syrie, cette République islamiste déguisée continue ses provocations tant vis à vis de l'Europe soumise au chantage des migrants, que vis à vis de la Russie dont elle a déjà abattu un avion de chasse pour tenter de regionaliser le conflit syrien...

Moscou à de nombreuses reprises a demandé que les interventions étrangères sur le sol Syrien ne se fassent qu'avec l'accord du gouvernement légal du pays.

Mais Ankara "n'en a rien à foutre" comme le prouvent ses livraisons d'armes aux djihadistes, son soutien politique aux salafistes, ses interventions dans le Kurdistan irakien ou son refus de s'aligner sur les protocoles antiterroriste européens.

Erdogan ce mythomane qui se prend pour le nouveau sultan méditerranéen, à l'outrecuidance de prétendre agir en toute indépendance pour participer à la lutte contre Daesh. Ceci n'est que mensonges et gesticulations pour faire bonne figure vis à vis d'une Union Européenne qui s'apprête à ouvrir ses frontières au turcs tout en payant Ankara pour drainer les migrants...

Ce week end des forces spéciales turques ont officiellement pénétré le territoire syrien. Cette opération risquée sur le plan diplomatique n'a pas pu se réaliser sans l'aval des USA et du Commandement de L'OTAN dont fait partie Ankara.

Si cette reconnaissance est suivie d'une opération massive nous risquons d'assister à un "casus belli" très grave risquant d'impliquer des belligérants tiers et la Russie.

Ceci fait peut être partie du "plan B" annoncé par les USA il y a deux mois et qui semblent vouloir imposer une situation chaotique et un état de guerre avant les élections présidentielles.

Erwan Castel

Sun May 8, 2016
Les soldats turcs se sont infiltrés à l'intérieur du territoire syrien. ©Mehr

Les soldats turcs se sont infiltrés à l'intérieur du territoire syrien. ©Mehr

Selon le quotidien Daily Sabah, les forces spéciales de l'armée turque se sont infiltrées à l'intérieur du territoire syrien dans la nuit de samedi à dimanche sous prétexte de mener des opérations terrestres contre les positions de Daech près de la frontière, non loin de la ville turque de Kilis.

D'après des sources bien informées, avant cette opération, une unité composée de 15 à 20 personnes avait collecté des informations sur le terrain, pendant une dizaine de jours, au sujet de l'emplacement et des mouvements des éléments de Daech près de la frontière turque.

Ces opérations ont été menées à 13 ou 14 kilomètres de la frontière, à l'intérieur du territoire syrien.

Jusqu'à présent, aucun rapport officiel n'a été publié au sujet de ces opérations, mais des journaux turcs comme Yeni Şafak ont laissé entendre que le but de ces opérations était de sécuriser les zones frontalières de la province turque de Kilis.

Selon ces sources, la Turquie avait informé les Etats-Unis et la Russie avant de lancer cette opération.

Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmuş, avait fait état lundi dernier du tir de 55 roquettes par Daech contre le territoire turc dans la province de Kilis. 

http://www.presstv.ir/DetailFr/2016/05/08/464607/Les-militaires-turcs-sinfiltrent--lintrieur-de-la-Syrie/

 


En savoir plus sur http://www.jacques-tourtaux.com/blog/syrie/l-armee-turque-penetre-a-l-interieur-de-la-syrie.html#hM5rc21q0p2MRxJO.99
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Lettre ouverte de Zoé Konstantopoulou à M. Tsipras, Premier Ministre du pays sur la Justice et la Corruption.

9 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #l'Allemagne, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Grèce, #La dette, #Le grand banditisme, #l'horreur économique

Lettre ouverte de Zoé Konstantopoulou à M. Tsipras, Premier Ministre du pays sur la Justice et la Corruption.

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Lettre ouverte de Zoé Konstantopoulou à M. Tsipras, Premier Ministre du pays, en vue des débats de ce jour sur la Justice, la Corruption et la Collusion.

Source http://zoikonstantopoulou.gr/

Traduction Marie-Laure Veilhan

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Certes, vous êtes parvenu à gouverner sans opposition parlementaire, après avoir éliminé du Parlement ceux et celles qui se déclaraient déterminés à s’élever pour empêcher la mise en œuvre du 3e Mémorandum et à résister en vue de son renversement, comme d’ailleurs ils ont résisté depuis l’été 2015.

 

Vous êtes aussi parvenu à former de nouvelles alliances scandaleuses qui font de vous le grand prêtre (ou le « Patriarche », si vous préférez) de la nouvelle collusion.

 

Vous avez gagné la « confiance » de Mme Merkel et de M. Schäuble, en empêchant l’exécution des décisions de justice concernant les sommes dues par l’Allemagne.

 

  1. Junker et Hollande se tordent de rire avec vous, au moment où vous cosignez les politiques les plus inhumaines aux dépens des citoyens grecs et de pauvres réfugiés sans défense, sans même revendiquer le plus élémentaire pour le peuple, le pays, les garanties de l’État de droit, la justice sociale.

 

Vous êtes parvenu à discuter, au Parlement, entre coquins, des affaires de corruption et de collusion, mais aussi des interventions dans l’indépendance de la Justice.

 

Vous avez réussi à porter un coup non seulement à l’indépendance de la Justice, mais aussi à l’indépendance de la Grèce elle-même, du Gouvernement et du Parlement.

 

Vous avez placé aux commandes du Ministère de la Justice un homme qui n’a pas hésité à signer le Code de Procédure Civile, cette même loi qu’il avait désapprouvée et critiquée, un homme qui dépose en personne auprès de la Cour Suprême des plaintes contre un autre ministre de votre gouvernement précédent, à savoir l’éminent M. Panoussis.

 

L’actuel Ministre de la Justice n’hésite pas à dire que « nous devons nous montrer plus souples en matière d’amendements présentés hors délais » – ces mêmes amendements qu’il dénonçait jadis comme un outil de corruption et de collusion et de « blanchiment » parlementaire.

 

Votre gouvernement ne compte personne de la dimension de Mme Taubira, Ministre de la Justice française, démissionnaire, qui a refusé de signer et de faire appliquer de monstrueuses lois d’inspiration raciste, qui abolissaient la légitimité démocratique sous le prétexte de lutter contre le terrorisme.

 

Personne n’a le courage de dire ce que Mme Taubira a exprimé publiquement : « Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Je suis partie sur un désaccord politique majeur. Je fais le choix d’être fidèle à moi-même, fidèle à mes engagements, à mes luttes, avec mes rapports avec autrui. Nous ne devons concéder aucune victoire au terrorisme, qu’elle fût militaire, politique, diplomatique ou symbolique ».

Ces mots ne signifient peut-être rien pour vous, qui avez concédé toutes les victoires au terrorisme économique des banques, de l’euro-despotisme et des memoranda, vous qui avez cédé toute supériorité morale – une supériorité bâtie par d’autres, au fil de leurs vies exemplaires, et non par vous – pour des contreparties.

 

Vous êtes parvenu à un tel point de suffisance « permise », selon votre conception, que vous autorisez le Ministre de la Justice à tenter d’imposer sa ligne en ce qui concerne l’affaire de la suppression inconstitutionnelle des autorités indépendantes.

 

Pour les mêmes raisons de « suffisance permise », le Président du Parlement, votre bien-aimé, émet l’avis inacceptable selon lequel les magistrats doivent rendre leurs jugements conformément aux intérêts du gouvernement, et déclare : « Mais où va-t-on, si les magistrats du pays traitent les affaires hors de tout lieu, de tout temps, indépendamment de toutes circonstances, de toutes prédispositions et dispositions ? »

 

Vous considérez que vous pouvez vous permettre –outre une pointe de suffisance- un brin (voire beaucoup) de corruption, de collusion, d’intervention dans l’œuvre de la Justice et de sape des intérêts du pays, puisque les autres se le sont permis avant vous.

 

Mais même si tout ce que j’ai évoqué plus haut est valable, vous n’avez pas le droit, lors des débats de ce jour, de vous dispenser de répondre : qu’avez-vous fait, vous, concernant les affaires de corruption et de collusion et pour le renforcement de l’indépendance de la Justice ?

 

Forte de la légitimité que me confèrent deux ans et demi d’exercice de mes fonctions de Députée ayant assumé la lourde responsabilité du secteur de la Justice, de la Transparence et de la lutte contre la corruption, m’étant confrontée à toutes les formes de corruption et de collusion et ayant fait les frais des attaques ciblées et des invectives de tous les centres politiques, médiatiques, économiques, d’affaires de corruption et de collusion, sans exception, y compris les vôtres.

 

Forte de la légitimité que me confère ma qualité de Député ayant fait la lumière sur l’accord caduc avec Siemens, sur la liste Lagarde, l’affaire des sous-marins, l’affaire du Mémorandum, ayant cosigné les conclusions du SYRIZA sur l’affaire de la liste Lagarde, ayant soumis au Juge de la Corruption les pièces au dossier concernant l’implication de MM. Vénizélos[i] et Papakonstantinou[ii] dans l’affaire des sous-marins et des chantiers navals Skaramangas, ayant cosigné le Livre Noir de la Honte, en mai 2014 (au contenu duquel vous vous êtes référé lors de votre allocution ce soir, comme s’il s’agissait de trouvailles de votre cru…) et ayant soumis pléthore de questions de contrôle parlementaire sur des affaires portant sur l’implication de représentants gouvernementaux dans divers scandales.

 

Forte de la légitimité que me confère ma qualité de responsable de la Commission Justice du SYRIZA, ayant rédigé le Programme Gouvernemental du SYRIZA, présenté en décembre 2014, sur l’Indépendance de la Justice et la lutte contre la corruption et la collusion, un programme gouvernemental que votre gouvernement s’entête à ne pas mettre en œuvre – quand j’ai personnellement pris des initiatives pour sa mise en pratique au niveau du Parlement, je me suis heurtée aux réactions telles les sollicitations de M. Flabouraris[iii] m’enjoignant de « ne pas mettre M. Stournaras[iv] en difficulté ».

 

Forte de la légitimité que me confère ma qualité d’ex Présidente du Parlement, qui ai ressorti les affaires Siemens et de la liste Lagarde, qui ai aussi proposé la procédure pour la loi relative à la responsabilité des Ministres, afin que soient traités tous les dossiers judiciaires instruits contre des membres du gouvernement, et ce, dès le premier semestre de mon mandat, qui ai également ouvert tous les dossiers judiciaires enterrés portant sur les memoranda et les responsabilités gouvernementales afférentes, y compris sur l’affaire de la falsification des données de l’ELSTAT, et qui les ai transmis à la Commission de Vérité sur la Dette Publique et à la Commission d’Enquête sur la subordination du pays au mémorandum

 

Forte de ma légitimité en tant que votre conseillère juridique et avocate dans le litige qui vous opposait à M. Vyenopoulos, à l’époque où vous dénonciez –à raison – une escroquerie aux dépens de l’État, différend où la Cour vous a donné raison au pénal, et où vous avez décidé de consentir à abandonner les poursuites au civil ; mais aussi en tant que votre conseillère juridique pour la rédaction de la note concernant les dépenses secrètes du Ministère des Affaires Étrangères sous G. Papandréou, affaire au sujet de laquelle j’attends toujours qu’on m’explique pourquoi vous avez cessé les actions en vue de son élucidation

 

Forte de l’exigence de sincérité et de vérité, vérité que vous devez enfin, à celles et ceux qui ont livré bataille corps et âme contre la corruption et la collusion, pour la justice, la transparence, l’égalité devant la loi, la vérité, l’obligation de rendre des comptes à l’heure où certains journaux révèlent que vous avez rencontré en secret, et à notre insu, des magnats de la presse et des patrons des médias et que… vous leur prépariez le café, sous l’œil vigilant d’aucuns de vos amis domestiques

 

En toute connaissance de cause pour ce qui est de votre déchéance morale et politique, je vous soumets les questions suivantes, dans l’attente de votre réponse :

  1. Qu’avez-vous fait pour l’annulation de l’accord dommageable, invalide et passible de poursuites pénales avec Siemens, signé par M. Stournaras ?
  2. Qu’est-il advenu des « négociations » concernant cette affaire ? Au printemps 2015, vous m’aviez informée que le gouvernement s’apprêtait à ouvrir ces négociations avec le gouvernement allemand, et m’aviez d’ailleurs demandé de vous suggérer un conseiller, ce que j’ai fait ?
  3. Pourquoi protégez-vous M. Stournaras, jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi votre favori, M. Flabourakis, lequel n’a jamais été élu, m’a-t-il demandé, à l’été 2015, de « ne pas mettre M. Stournaras en difficulté » ? Pourquoi, quand je vous en ai fait part, avez-vous feint d’être surpris ? Pourquoi par la suite, sur vos ordres, l’assignation à comparaître de M. Stournaras a-t-elle été empêchée, au moment où, par ailleurs, vous déjeuniez avec lui en bons amis ?
  4. Pourquoi l’enquête sur Siemens que j’ai initiée au printemps dernier, en ma qualité de Présidente de la Commission des Institutions et de la Transparence, n’a-t-elle pas connu de suite ? Pourquoi avoir retiré le dossier parlementaire correspondant, qui constitue un acquis pour le Parlement, pour l’institution et la nation ? Pourquoi l’actuel Président du Parlement a-t-il retiré, dès les premiers jours de son mandat, le rapport sur Siemens de la page d’accueil du site du Parlement ?
  5. Qu’est-il advenu des responsabilités pénales en matière de liquidation des actions des banques grecques détenues par la Caisse de Stabilité Financière, à un prix inférieur à leur valeur d’acquisition ? En mai 2014, vous aviez qualifié ces agissements de « forfaiture criminelle » et aviez, en conséquence, déposé une motion de censure contre M. Stournaras. Aujourd’hui, après vous être vous-même livré à des pratiques comparables, voire pires encore, sur les actions des banques au mois de septembre dernier, il est évident que vous vous réalisez là des échanges de bons procédés avec M. Stournaras et le gouvernement Samaras, en toute connaissance du poids de votre propre responsabilité.
  6. Qu’est-il advenu de la Liste Lagarde ? Pourquoi l’actuelle Commission des Institutions et de la Transparence a-t-elle retiré de son programme l’enquête sur l’affaire que j’avais personnellement demandée, décision entérinée au printemps dernier ?
  7. Pourquoi le gouvernement Tsipras, votre gouvernement, n’a mis en œuvre aucune des propositions que contenait le rapport du SYRIZA sur l’affaire de la Liste Lagarde, rapport que j’avais rédigé en ma qualité de rapporteur du SYRIZA et qui avait recueilli les signatures de tous les autres membres de la Commission d’Enquête Préliminaire ?
  8. Pourquoi, dans l’affaire Lagarde, m’aviez-vous dit que « ce n’est pas Diotis notre cible », conseil que je me suis bien gardée de suivre, bien entendu. Pourquoi avez-vous refusé jusqu’au bout de rechercher les responsabilités pénales de Giorgos Papandréou dans cette affaire ? Pourquoi l’État n’a-t-il pas suivi le procès Papakonstantinou ? Pourquoi vos proches collaborateurs, MM. Dragasakis, Flabouraris, mais aussi Voutsis, Papadimoulis, s’élevaient constamment contre mes propositions en faveur de la création d’une commission d’enquête préliminaire, en particulier sur les agissement du gouvernement Papandréou dans l’affaire des memoranda, contre M. Papandréou concernant la liste Lagarde et contre M. Vénizélos dans l’affaire des sous-marins, au prétexte de « pénalisation de la vie politique » ou de « judiciarisme » et d’ « attitude procédurière ».
  9. Pourquoi, concernant le Mémorandum, aucune proposition de constitution de Commission d’Enquête Préliminaire n’a-t-elle été déposée ? Pourquoi la Commission d’Enquête sur le Mémorandum, constituée pendant mon mandat, n’a-t-elle pas été reconstituée, après la dissolution forcée du Parlement ?
  10. Pourquoi avez-vous interrompu les travaux de la Commission de Vérité sur la Dette Publique, qui examinait les affaires de corruption en lien avec les programmes d’armement, mais aussi l’affaire de l’ELSTAT (Service National de la Statistique, ndlt)
  11. Pourquoi les premiers pré requis du 3e mémorandum (15/7/2015) incluent-ils des provisions partiales en faveur du prévenu au pénal, M. Georgiou, chef à l’époque de l’ELSTAT , allant jusqu’à justifier des frais juridiques que ce dernier avait ordonnés, chose que j’avais immédiatement soulignée à l’époque et que, à l’évidence, vous n’ignorez pas ?
  12. Pourquoi, avec les seconds pré requis du 3e Mémorandum (22/7/2015), avez-vous cédé la fortune des citoyens aux banques, vous pliant ainsi aux exigences des créanciers, légiférant le Nouveau Code de Procédure Civile, que vous vous étiez engagé à faire retirer (loi de Charalambos Athanassiou, promue par votre Gouvernement), ce que j’ai souligné immédiatement et que, à l’évidence, vous n’ignorez pas ?
  13. Pourquoi dans le 3e Mémorandum, auquel a été adjoint un amendement inconstitutionnel sur le régime des retraites prévoyant la réduction des pensions de retraite, a-t-il été prévu une exception « photographiant » de façon exclusive les retraités de la Banque de Grèce, alors que le rapporteur du SYRIZA était M. Balaouras, lui-même retraité de la Banque de Grèce, fait que j’ai signalé immédiatement et que, à l’évidence, vous n’ignorez pas ?
  14. Pourquoi, alors que vous vous targuez de vous mettre en quatre pour M. Papastavrou, vous n’avez jamais tiré profit de mes volumineux rapports contenus dans le rapport sur la liste Lagarde, mais que jusqu’à ce jour, vous omettez de vous référer aux sociétés comptant parmi leurs sociétaires des parents proches de M. Stournaras, M. Varvitsiotis et de M. Papastavrou en personne, sociétés qui recevaient des milliers d’euros (près de 500 000) de l’EOF (Organisme National du Médicament) pour une « campagne de communication contre la poly médication », à l’heure où les malades du cancer n’avaient pas accès à leur traitement ?
  15. Pourquoi n’avez-vous pas légiféré pour supprimer ne fût-ce qu’un amendement du Gouvernement Samaras, alors que cela faisait partie intégrante du programme du SYRIZA pour la Justice et la Transparence ?
  16. Pourquoi avez-vous nommé aux fonctions de Secrétaire Général du Gouvernement M. Sayas, alors qu’il fut le représentant légal de M. Saphas dans l’affaire des Chantiers Navals Skaramangas, et pourquoi lui avez-vous confié des compétences pour les négociations ? Qu’avez-vous fait pour la défense des intérêts de l’État Grec dans cette affaire, quand Safas, bien loin de dédommager le pays, exige de l’État Grec un milliard d’euros ?
  17. Pourquoi, n’ayant rien fait en ce qui concerne la blanchisseuse à scandales que constitue le TAIPED (Caisse de Mise en Valeur de la Propriété Particulière de l’État – responsable des programmes de privatisation) et pourquoi avez-vous, au contraire, conservé ce monstre d’agissements délictueux aux dépens de la propriété et de biens publics ?
  18. Qu’est-il advenu de la transparence dans les nominations de fonctionnaires ? Comment avez-vous osé tant de nominations des vôtres, certains sans l’once des compétences ou diplômes requis pour les postes auxquels vous les avez nommés, si ce n’est la capacité et la volonté de s’acquitter de l’exécution médiatique de vos adversaires ?
  19. Qu’est-il advenu du renforcement de la Commission des Justifications et de la Transparence pour le contrôle des médias et du système bancaire ? Il a été sacrifié sur l’autel de la nouvelle corruption avec pour  grand prêtre le « Patriarche Alexis » et M. Pappas pour archimandrite.
  20. Pourquoi l’État Grec n’a-t-il pas déposé, depuis le début de votre mandat, une seule action en justice à l’encontre des sociétés coupables de corruption active, et des représentants gouvernementaux ayant reçu des commissions, contrairement à ce que prévoyait votre programme ?

 

Je m’en tiendrai, pour commencer, à ces vingt questions.

Je gage que vous n’invoquerez pas, pour ne pas y répondre, une soudaine indisposition.

Il se peut que vous échappiez à MM.Mitsotakis, Vénizélos, Théodorakis, Samaras, à Mme Gennimatas et à M. Papandréou : vous êtes devenu l’un des leurs et que « le corbeau n’arrache point l’œil au corbeau ».

Mais vous n’échapperez pas à vos responsabilités.

Notre peuple y veillera.

J’y veillerai moi-même personnellement.

Source http://zoikonstantopoulou.gr/

 

 

[i] Evángelos Venizélos (en grec moderne : Ευάγγελος Βενιζέλος) (né le 1er janvier 1957 à Thessalonique) est un homme politique grec, membre du PASOK. Nommé ministre de la Défense dans le gouvernement Giórgos Papandréou, au lendemain de la victoire du PASOK lors des Élections législatives grecques de 2009, il se voit confier, sous la pression populaire, le ministère des Finances, accompagné du titre de vice-Premier ministre, par le chef du gouvernement, Giórgos Papandréou ; deux postes qu’il conserve dans le gouvernement Papadímos jusqu’à sa démission le 19 mars 2012, à la suite de son élection à la présidence du PASOK.

Voir aussi http://www.okeanews.fr/20141008-affaire-marins-evangelos-venizelos-absous-ses-peches

 

 

[ii] Docteur en économie de la London School of Economics, Giórgos Papakonstantínou passa dix ans au service de l’OCDE à Paris.

 

En 1998, il devint conseiller du Premier ministre Costas Simitis, puis du ministre des finances de l’époque pour la « société de l’information

En 2007, il fut élu député au parlement hellénique pour le nome de Kozani, puis député européen en 2009.

 

Ministre des Finances de 2009 à 2011, dans le gouvernement de Geórgios Papandréou, il est nommé ministre de l’Environnement le 17 juin 2011. Reconduit par Loukás Papadímos le 11 novembre 2011, son mandat prend fin le 17 mai 2012.

 

En décembre 2012, il est exclu de son parti dans le cadre du scandale dit de la « liste Lagarde ». Il aurait effacé de cette liste de détenteurs de comptes en Suisse trois noms de personnalités grecques1

Source Wikipedia.

Voir aussi

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150225trib5a6fbbfd0/fraude-fiscale-en-grece-l-ex-ministre-des-finances-juge-a-athenes.html

 

[iii] M. Alekos FLABOURARIS

Ministre sans portefeuille, chargé de la coordination du projet gouvernemental

Source Wikipedia.

[iv] Yannis (ou Giannis ) Stournaras (en grec : Γιάννης Στουρνάρας), né à Athènes en Grèce, le 10 décembre 1956, est un économiste grec qui fut ministre des Finances en Grèce du 5 juillet 2012 1 au 10 juin 2014. Il faisait partie à ce titre du Conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international.

Depuis 1989, il enseigne la macroéconomie et de la politique économique à l’université d’Athènes.

De 1994 à 2000, Stournaras dirige le conseil économique du ministère des Finances et participe aux négociations préalables pour l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001. Parallèlement, de 1998 à 2000, il entre au conseil d’administration de l’Organisme de la dette publique grecque (PDMA) avant d’occuper les fonctions de la Banque commerciale Emporiki bank entre 2000 et 2004 avant son rachat par le Crédit agricole 3.

De 2005 à 2008 il est le directeur général de Kappa Securities S.A., entreprise spécialisée en services de courtage, conseil en investissement, etc.

De juillet 2012 à juin 2014 il est ministre des Finances de la Grèce4.

En juin 2014, il est nommé gouverneur de la Banque de Grèce.

Source Wikipedia.

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Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Crime de guerre, #La justice, #l'horreur économique

Source : Le Monde diplomatique, Jean-Arnault Dérens, 04-01-2011

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Le rapport présenté le 16 décembre devant le Conseil de l’Europe par le député suisse Dick Marty sur le trafic d’organes dont auraient été victimes des prisonniers de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) a fait l’effet d’une bombe (1). Pourtant, les allégations contenues dans ce rapport ne sont pas nouvelles : ce trafic est déjà évoqué dans les mémoires publiées en 2008 par l’ancienne Procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte (2) et, au Kosovo, l’hypothèse d’un tel trafic est une « rumeur » qui circule depuis longtemps. De même, l’enquête publiée en 2009 par les journalistes Altin Raxhimi, Michael Montgomery et Vladimir Karaj avait confirmé l’existence d’un véritable « archipel » de centres secrets de détention de l’UCK en Albanie (3).

Le rapport de M. Marty apporte cependant nombre d’informations nouvelles, permettant de mieux comprendre les mécanismes de ce trafic. Plusieurs centaines de prisonniers capturés par l’UCK — principalement des Serbes du Kosovo, mais aussi probablement des Roms et des Albanais accusés de « collaboration » — auraient été déportés en Albanie, en 1998 et 1999. Emprisonnés dans plusieurs petits centres de détention — dont la fameuse « maison jaune » du village de Rripë, près de Burrel, visitée par les inspecteurs du TPIY —, certains d’entre eux auraient alimenté un trafic d’organes. Les prisonniers étaient conduits vers une petite clinique située à Fushë Kruja, à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport international de Tirana lorsque des clients se manifestaient pour recevoir des organes. Ils étaient alors abattus d’une balle dans la tête avant que les organes, principalement des reins, soient prélevés. Ce trafic était conduit par le « groupe de la Drenica », un petit noyau de combattants de l’UCK regroupés autour de deux figures clés : M. Hashim Thaçi, actuel Premier ministre du Kosovo, et M. Shaip Muja, alors responsable de la brigade médicale de l’UCK et aujourd’hui conseiller pour la santé de ce même Hashim Thaçi.

Bonne nouvelle, il n’est plus Premier Ministre !

Mauvaise nouvelle, il est désormais Président du Kosovo !

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Il est là, à droite…

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Le rapport de M. Marty laisse beaucoup de questions sans réponses, notamment le nombre exact de prisonniers victimes de ce trafic. La justice serbe, pour sa part, parle de 500 personnes déportées en Albanie. On ignore également quels étaient les partenaires étrangers de ce trafic, et surtout quels en étaient les bénéficiaires. Le rapport relève cependant que 60 patients de l’hôpital universitaire de Jérusalem auraient bénéficié d’une transplantation rénale en 2001, un chiffre exceptionnellement élevé.

Il importe de placer le crime supposé à sa juste valeur. Si le trafic est avéré, il s’agit d’un crime contre l’humanité massif, qui se situe, dans l’ordre de l’horreur, au « même niveau » que le massacre génocidaire de Srebrenica. Autre point essentiel, ce trafic se serait poursuivi au moins jusqu’en 2001, c’est-à-dire deux ans après l’entrée des troupes de l’OTAN au Kosovo et l’instauration du protectorat des Nations Unies sur le territoire. Le rapport note d’ailleurs qu’à partir de juin 1999, la frontière entre l’Albanie et le Kosovo n’était soumise à aucun contrôle réel.

Le rapport a suscité un tollé de protestations et de démentis. Certains ont voulu disqualifier le rapport de M. Marty, en jetant le doute sur son auteur, présenté comme un « adversaire de l’indépendance du Kosovo », voire comme un « ennemi du peuple albanais ». Le Premier ministre d’Albanie, M. Sali Berisha, l’a ouvertement qualifié de « raciste ». À l’appui de ces assertions, est souvent citée une interview accordée par M. Marty en mars 2008 au site du Réseau Voltaire, dans laquelle celui-ci critique, du point de vue de la légalité internationale, la proclamation d’indépendance du Kosovo (4). Cette prise de position ne traduit nullement une « aversion » à l’égard du peuple albanais ni du Kosovo, et le rapport de M. Marty ne serait ni plus ni moins étayé si son auteur avait approuvé, de ce même point de vue juridique, la proclamation d’indépendance. Notons enfin que la presse d’Albanie reproche explicitement à M. Marty son « anti-américanisme », puisque celui-ci a déjà révélé en 2006 le scandale des prisons secrètes de la CIA en Europe. Certaines déclarations officielles de Tirana, ces derniers jours, associent « l’anti-américanisme » supposé du rapporteur et son préjugé « anti-albanais ». M. Marty appartient pourtant au Parti radical, une formation politique qui se classe sur la droite de l’échiquier politique suisse et qui n’a jamais été réputée pour son anti-impérialisme forcené.

Certains accusent également M. Marty de « préjugés politiques », car il a publié son rapport quelques jours après les élections parlementaires organisées au Kosovo le 12 décembre, qui ont été entachées de fraudes massives, principalement commises, semble-t-il, par le Parti démocratique du Kosovo (PDK) de M. Thaçi. Cet argument est facile à rejeter, car la concomitance des dates ne tient, à l’évidence, que de hasards du calendrier. Les élections du 12 décembre étaient un scrutin anticipé, dont la date n’a été fixée que début novembre. Que n’aurait-on dit si M. Marty avait publié ce rapport à la veille de ces élections !

Pour sa part, directement mis en cause, M. Thaçi a sorti l’artillerie lourde pour répondre à M. Marty. Dans une interview publiée le 30 décembre dans le Tages Anzeiger de Zürich, il reprend les accusations de racisme et va même jusqu’à comparer le rapport à la « propagande de Goebbels » (5). À l’inverse, l’affaire est également surexploitée dans le contexte politique suisse, quelques semaines après l’adoption par référendum d’une loi prévoyant l’expulsion des « étrangers délinquants ». La Présidente de la Confédération, Mme Micheline Calmy-Rey, a ainsi préféré « différer » la réception du « prix de la diaspora » qui devait lui être attribué fin décembre par l’ambassade du Kosovo à Berne. Les Albanais, en plus d’alimenter les chiffres de la délinquance en Suisse seraient des « trafiquants d’organes ». On comprend que certains veuillent opposer un déni d’ensemble à cette criminalisation collective.

De nombreux commentateurs estiment enfin qu’il serait « impossible » d’attribuer un tel crime à des Albanais, et tentent de « relativiser » la portée du rapport en rappelant l’ampleur des crimes commis par des Serbes, au Kosovo et ailleurs dans les Balkans. On ne peut que s’étonner du revirement de beaucoup, qui présentaient Mme Del Ponte comme une héroïne de la justice internationale quand elle traquait les criminels de guerre serbes, et sont sur le point de mettre en doute sa santé mentale depuis qu’elle a évoqué ce trafic. Mme Florence Hartman, ancienne porte-parole de Mme Del Ponte, a ainsi fustigé dans de nombreuses interviews « l’irresponsabilité » de l’ancienne Procureur, qui présenterait « comme des faits avérés de simples hypothèses », soulignant que les enquêtes menées par le TPIY n’avaient pas apporté de preuves concluantes. Or, ces enquêtes, notamment dans la fameuse « maison jaune » de Rripë, n’ont jamais pu être menées à bien, en partie à cause du refus de collaboration opposé par les autorités albanaises (6).

En attendant qu’une enquête sérieuse et systématique soit menée et puisse établir ou non la réalité du trafic d’organes, en attendant que des inculpations soient éventuellement prononcées par un tribunal compétent, on peut retenir comme acquis plusieurs faits. Tout d’abord, les corps de plusieurs centaines de Serbes et d’autres prisonniers de l’UCK n’ont jamais été retrouvés et il est très peu probable qu’ils le soient sur le petit territoire du Kosovo, où tous les sites éventuels de charniers et de fosses communes ont été identifiés et fouillés. Il est également certain qu’un nombre important de ces prisonniers ont été déportés en Albanie, où l’UCK disposait d’un réseau de centres de détention. On doit également admettre, plus de dix ans après les faits, qu’il est très probable que ces prisonniers sont aujourd’hui pour la plupart morts. Leurs corps n’ont pas non plus été découverts en Albanie (7).

Par ailleurs, l’existence d’un trafic d’organes au Kosovo, alimenté par des « volontaires » venant vendre leurs reins est également attestée. Des patients, principalement israéliens, se rendaient dans la clinique Medicus de Pristina pour recevoir des organes sains. Ce trafic implique un personnage très inquiétant, un chirurgien turc nommé Yusuf Erçin Sönmez, alias « Docteur Vautour », actuellement en fuite. L’affaire de la clinique Medicus, dont le procès vient de s’ouvrir à Pristina, n’est pas forcément liée à l’éventuel trafic d’organes pratiqué, dix ans plus tôt, sur des prisonniers de l’UCK, mais les coïncidences sont troublantes (8).

Les réactions dans les médias albanais, dans la classe politique et plus largement dans la société albanaise, notamment dans la diaspora (9), rappellent immanquablement l’attitude de déni longtemps opposée par de larges secteurs de l’opinion serbe face aux crimes commis par les forces serbes. Les deux arguments centraux sont les mêmes : « notre peuple ne peut pas avoir commis de telles atrocités », et « notre peuple a été victime de crimes encore pires que ceux qu’on lui impute ». La réalité des crimes commis par les forces serbes au Kosovo n’invalide pourtant pas l’hypothèse que certains Albanais aient pu commettre un autre crime, particulièrement abject.

Tout le problème est que « le peuple albanais » n’est aucunement coupable de cet éventuel trafic, tout comme « le peuple serbe » n’a pas à porter la responsabilité du massacre génocidaire de Srebrenica : ces crimes ont des coupables, dont il appartient à la justice d’établir la responsabilité personnelle. Ce travail de justice est la seule manière d’éviter à des peuples entiers, et aux générations futures, de porter le fardeau accablant d’une responsabilité collective. Au Kosovo, seul M. Albin Kurti, le dirigeant du mouvement Vetëvendosja (« Autodétermination ») semble avoir compris la véritable signification de ce qui est en train de se jouer. Il a officiellement demandé que la justice se saisisse du dossier de M. Thaçi, estimant que c’était la seule manière de laver l’ensemble des combattants et des sympathisants de l’UCK du soupçon d’une responsabilité collective (10).

En Albanie, une des rares voix critiques à s’être élevée est celle de l’essayiste Fatos Lubonja, ancien prisonnier politique du régime stalinien et grande figure de la gauche. Dans un article publié par le quotidien Panorama, M. Lubonja ose établir un parallèle entre ce crime, supposé, et celui, établi, de Srebrenica, en soulignant que les Albanais risquent désormais d’en subir le poids accablant sur leur conscience collective. Dénonçant le « front patriotique », qui se forme, de Tirana à Pristina, pour refuser une enquête, il écrit : « l’accusation est certes lourde, mais refuser l’enquête qui la confirmerait ou l’infirmerait est encore pire. Ce refus nous rend tous coupables et je crois que la plupart des Albanais ne veulent pas se sentir mêlés à ce genre de crimes » (11).

Les critiques de M. Marty pointent l’absence de preuves fournies par son rapport. La résolution adoptée à l’unanimité par la Commission de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe demande justement que des enquêtes soient diligentées pour établir ces preuves. Par la voix de sa représentante pour les Affaires étrangères, Mme Catherine Ashton, l’Union européenne a estimé que cette enquête devait être menée par la mission européenne Eulex, précisément chargée d’assister les institutions du Kosovo dans la construction de l’Etat de droit. Tout en répétant ses critiques, le gouvernement albanais a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à ce que cette enquête se poursuive sur son territoire. Pour sa part, Mme Del Ponte a soulevé le problème de la juridiction compétente pour se saisir d’une telle affaire : le TPIY ne pouvant plus ouvrir de nouveaux dossiers, il faudrait créer un tribunal ad hoc, ou bien transmettre le dossier à la Cour pénale internationale (CPI) (12).

Enfin, les responsabilités que pointent le rapport ne concerne pas seulement M. Thaçi et les anciens dirigeants de la guérilla albanaise. Dans son livre, Mme Del Ponte explique le mur auquel elle s’est heurtée lorsqu’elle a essayé, à partir de 2000, de mener des enquêtes sur les crimes supposés de l’UCK, citant nommément le chef de la mission de l’ONU, M. Bernard Kouchner, ainsi que le général français Valentin, alors commandant en chef de la KFOR. Pour tenter d’expliquer ce blocage, elle écrit : « Je suis certaine que les responsables de la MINUK et même de la KFOR craignaient pour leur vie et pour la vie des membres de leurs missions ». Plus loin, elle ajoute : « dans l’esprit de la MINUK et de la KFOR, [M. Hashim] Thaçi et [l’ancien chef militaire de l’UCK, M. Agim] Ceku ne représentaient pas uniquement un danger pour la sécurité de leur personnel et l’accomplissement de leurs missions : ils mettaient en péril tout l’édifice du processus de paix dans les Balkans » (13).

Dans une interview publiée le 21 décembre par le quotidien serbe Politika, le capitaine canadien Stu Kellock, ancien chef du département de police de la Minuk, déclare : « Je ne peux pas affirmer que Kouchner connaissait le trafic d’organe, mais il est impossible qu’il n’ait pas eu d’informations sur le crime organisé au Kosovo. » De fait, la lutte contre la criminalité organisée représentait l’une des priorités des missions internationales au Kosovo. Le capitaine Kellock explique également que « toute critique à l’encontre de Hashim Thaçi et de son entourage » était immédiatement rejetée dans les « cercles où [il] travaillait » (14).

Par « réalisme politique », plusieurs pays occidentaux ont fait le choix de jouer la « carte » politique que représentait M. Thaçi. On sait que ce dernier était conseillé, déjà durant la guerre, par des agents de certains services de renseignements, notamment de la DGSE française. L’implication directe de M. Thaçi dans de nombreuses activités illégales (racket, blanchiment d’argent, etc.) est également avérée. Par souci de ne pas « griller » un précieux allié politique, les « protecteurs » occidentaux de M. Thaçi ont fait le choix de passer l’éponge sur ces « péchés véniels ». Si une enquête confirme l’implication de M. Thaçi dans un abject trafic d’organes, la responsabilité de ses « protecteurs » occidentaux risque d’être accablante.

Interrogé par un journaliste serbe sur le trafic d’organes le 27 février dernier, alors qu’il se trouvait en voyage officiel au Kosovo, M. Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, avait éclaté de rire, avant de s’exclamer : « J’ai une tête à vendre des organes, moi ? », et de suggérer au journaliste « d’aller se faire soigner » (15). Le rire de M. Kouchner résonne aujourd’hui de manière sinistre.

Jean-Arnault Dérens

Rédacteur en chef du site Le Courrier des Balkans. Dernier ouvrage paru (avec Laurent Geslin) : Voyage au pays des Gorani (Balkans, début du XXIe siècle), Cartouche, Paris, 2010.
 

(1) Le rapport est disponible sur le site du Conseil de l’Europe.

(2) Traduction française : Carla Del Ponte, La chasse. Les criminels de guerre et moi, Paris, Héloïse d’Ormesson, 2009.

(3) Lire Altin Raxhimi, Michael Montgomery et Vladimir Karaj, « Albanie et Kosovo : les camps de la mort de l’UÇK », Le Courrier des Balkans, 10 avril 2009.

(5) « Martys Vorgehen erinnert mich an Goebbels », Tages Anzeiger, 30 décembre 2010.

(6) Lire Ben Andoni, « Trafic d’organes en Albanie : dans la “clinique fantôme” de Carla Del Ponte », Le Courrier des Balkans, 19 mai 2008.

(7) Rappelons que les autorités albanaises avaient refusé d’accéder en 2003 aux demandes des enquêteurs du TPIY, qui souhaitaient procéder à des exhumations dans le cimetière de Rripë. Ce refus a été officiellement justifié par des « raisons culturelles ».

(8) Lire « Trafic d’organes : le vaste réseau de “Docteur Vautour”, chirurgien turc », Le Courrier des Balkans, 21 décembre 2010.

(9) Lire Blerim Shabani & Sevdail Tahiri, « Le rapport de Dick Marty secoue la diaspora albanophone en Suisse », albinfo.ch, 20 décembre 2010.

(10) Lire « Kosovo : Vetëvendosje demande que Thaçi soit déféré devant la justice », Le Courrier des Balkans, 18 décembre 2010.

(11) Fatos Lubonja, « Pse refusohet raporti i Dick Martit ? », Panorama, 22 décembre 2010.

(12) Lire « Trafic d’organes de l’UÇK : Carla Del Ponte pour la saisine de la CPI », Le Courrier des Balkans, 23 décembre 2010.

(13) Carla Del Ponte, La chasse, op.cit., pp.460-461.

(14) Lire Rade Maroević, « Kušner je morao da zna », Politika, 21 décembre 2010, et R.S.V., « Trafic d’organces : Kouchner savait », Le Courrier des Balkans, 29 décembre 2010.

(15) La vidéo de cet échange circule beaucoup sur Internet. On peut la consulter sur Dailymotion.

Source : Le Monde diplomatique, Jean-Arnault Dérens, 04-01-2011

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3 réponses à Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant

  1. Schuss Le 08 mai 2016 à 07h29
     

    Bonjour, c’est toujours triste d’apprendre de telles horreurs. C’est encore plus triste de ne pas vouloir faire la lumiere sur cette affaire. Je me souviens de B K est de son rire jaune a l’evocation par le journaliste de la fameuse ” Maison jaune “. Son attitude agressive suggerait qu’il savait ! Certaines personnalités publique sont d’abjectes personnes …comme par ailleurs un certain J C alors ministre du budget en charge notament de la lutte contre la fraude fiscale !! J’espère qu’un jour prochain ils seront mis devant leur responsabilite et repondent publiquement de leur actes ou de leur engagement…ce jour sera benit !

    • Jean Louis Le 08 mai 2016 à 07h53
       

      B K comme Bernard Kouchner. N’ayons pas peur de nommé l’innommable.

      link to youtu.be

      Quel rire forcé .

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La Commission européenne propose d’exempter de visas les citoyens du Kosovo

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Le grand banditisme, #la mafia, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Source : RFI, 05-05-2016

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C’est une proposition de la Commission européenne : les ressortissants du Kosovo devraient bientôt pouvoir voyager dans l’espace Schengen sans visa. Cette proposition sera soumise au vote du Parlement européen.

Avec notre correspondant à Rahovec,  Laurent Geslin

C’est dans une ambiance de fête que la population du Kosovo a appris que la Commission européenne avait recommandé la levée des visas pour l’espace Schengen, au terme de négociations entamées depuis des années.

A Pristina, le Premier ministre Isa Mustafa parle d’un « grand jour ». De son côté, Samuel Žbogar, le représentant spécial de l’Union européenne au Kosovo, a salué cette mesure en déclarant que ceci démontrait que l’UE était à l’écoute des citoyens du Kosovo et de leurs problèmes.

Pour la grande majorité des citoyens du petit pays, y compris ceux de la minorité serbe, la levée des visas signifie la fin de l’isolement. Youssouf, Barbier, dans la petite ville de Rahovec, à l’est du pays, reste cependant prudent : « C’est ce qu’on dit à la télé peut-être, mais je n’y croirais pas tant que je n’aurais pas passé moi-même la frontière et vu ce qu’ils demandent ».

La commissaire européenne Federica Mogherini est à Pristina ce jeudi pour participer dans l’après-midi à la séance solennelle du Parlement kosovar qui doit approuver l’accord de délimitation de la frontière avec le Monténégro, ultime condition posée par l’Union européenne.

Source : RFI, 05-05-2016

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La Commission européenne accepte sous conditions d’exempter les Turcs de visa

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE

Source : France 24, 04-05-2016

La Commission européenne a donné son feu vert mercredi pour exempter de visa, sous conditions, les Turcs voyageant dans l’espace Schengen. Cette disposition s’inscrit dans le cadre de l’accord entre l’UE et la Turquie sur la crise migratoire.

La Commission européenne a donné mercredi 4 mai son feu vert à une exemption de visa, sous conditions, pour les Turcs voyageant dans l’espace Schengen pour une courte durée. Cette disposition était l’une des conditionssine qua non qu’Ankara avait demandée pour que le pays continue d’appliquer l’accord migratoire signé le 18 mars avec l’Union européenne (UE). En contrepartie, Ankara s’est engagé à lutter contre l’afflux de réfugiés en Europe

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Ces derniers temps, la Turquie se montrait impatiente face à cette “promesse” européenne – et menacait de remettre en cause le pacte migratoire. “[Nous sommes] un pays qui tient sa parole, il faut bien entendu que l’Union européenne tienne aussi la sienne”, a averti mercredi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu à Ankara.

Le vert définitif de l’UE à l’exemption de visa dépend également de 72 critères que la Turquie doit remplir – qui vont de garanties sur la sécurité des documents d’identité au respect des droits fondamentaux. Ankara a presque rempli la totalité de ces conditions : il ne lui en reste plus que cinq. Lundi soir, le gouvernement turc a approuvé la suppression des visas pour les ressortissants de l’ensemble des 28 États membres de l’UE, une mesure de réciprocité qui constituait l’une des principales exigences de l’Europe (les ressortissants de quelques pays d’Europe de l’Est devaient jusqu’à présent demander un visa pour se rendre en Turquie).

L’adoption du passeport biométrique est l’une des dernières conditions à satisfaire. Mevlüt Cavusoglu a indiqué mercredi sur la chaîne télévisée NTV que la modification de la législation en la matière serait prochainement effectuée.

En 2015, l’Europe a été ébranlée par un nombre sans précédent de 1,25 million de demandes d’asile, déposées principalement par des Syriens, Irakiens et Afghans fuyant la guerre et l’insécurité. Combiné à la fermeture de la route migratoire des Balkans, l’accord avec Ankara a fait baisser la pression sur l’UE, même si la situation reste inquiétante en Grèce, où sont bloqués des dizaines de milliers de réfugiés.

De nombreuses ONG et associations craignent que Bruxelles ne ferme les yeux sur les restrictions de libertés en Turquie. “Ce n’est pas en tournant le dos à la Turquie, que nous verrons des progrès en ce qui concerne le respect des droits de l’Homme, de la liberté de la presse et de l’État de droit”, s’est défendu le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, dans une interview au quotidien italien La Repubblica.

Source : France 24, 04-05-2016

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2 réponses à La Commission européenne accepte sous conditions d’exempter les Turcs de visa

  1. Pascalcs Le 08 mai 2016 à 04h02

    Aboutissement logique de l’à-plat-ventrisme de Merkel devant le maître chanteur Erdogan. Et cerise sur le gâteau, reniement total de Merkel face aux principes de liberté d’expression en autorisant sur ordre du Sultan, la poursuite pénale d’un humouriste allemand ayant osé railler Erdogan.
    Elle qui était en tête, bras dessus, bras dessous, avec Hollande et consors dans le cortège des Charlie.

    link to lefigaro.fr

    Pour sûr, les contres parties economiques pour les entreprises allemandes doivent être juteuses. Comme d’habitude. Le mercantilisme vaudra bien quelques entailles au protocole.

  2. DUGUESCLIN Le 08 mai 2016 à 06h22

    Les djihadistes soutenus par la Turquie, et les trafiquants de l’UCK du Kosovo vont pouvoir s’infiltrer tranquillement chez nous. C’est sans doute ça l’état d’urgence

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l'UE met «le fusil sur la tempe» des Etats membres avec l’amende de 250 000 euros par réfugié refusé

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'immigration, #Daesch, #Terrorisme

l'UE met «le fusil sur la tempe» des Etats membres avec l’amende de 250 000 euros par réfugié refusé

Des réfugiés à la frontière syrienno-jordanienne Source: Reuters
Des réfugiés à la frontière syrienno-jordanienne

Quand un pays ne veut ou ne peut pas accueillir des migrants, l’intégration ne se passera pas bien, estime le secrétaire général adjoint de Debout la France et secrétaire départemental des Vosges Laurent Jacobelli.

RT France : Vous avez réagi sur Twitter à la nouvelle proposition de la Commission européenne d’infliger aux pays membres de l’UE une amende de 250 000 euros par réfugié refusé. Pourquoi est-ce «une folie migratoire imposée par Bruxelles» ?

 

Dernière folie de Bruxelles est de vouloir nous imposer l’accueil des migrants

Laurent Jacobelli (L.J.) : Bruxelles se mêle de la vie de nations souveraines et la dernière folie de Bruxelles est de vouloir nous imposer l’accueil des migrants. Ils auront tout essayé : la contrainte morale, le chantage aux frontières et maintenant la menace financière. De quel droit des bureaucrates que personne n’a élus ont-ils décidé du nombre de migrants qui doit arriver en France ? Chaque pays doit être libre de choisir combien de personnes viennent sur son territoire, dans quelles conditions et selon quelles règles. Ce n’est pas ni à Bruxelles, ni - on peut le dire, en l’occurrence - à Berlin, de décider. Imaginez, 250 000 euros par personne, imaginez ce qu’on pourrait faire avec cette somme en France, par exemple pour aider les gens qui dorment dans la rue. L’ordre des priorités de Bruxelles est devenu fou. Il y a une inversion totale des valeurs. Il faut maintenant que les bureaucrates de Bruxelles laissent les pays décider librement de leur sort.

Quand un pays ne veut ou ne peut pas accueillir des migrants, l’intégration ne se passera pas bien

RT France : Les pays de l'Europe de l’Est ont qualifié cette proposition de chantage. Peuvent-ils s’opposer à cette proposition et empêcher qu’elle soit votée ?

L.J. : Bien sûr que non puisque, comme à chaque fois, tout est décidé d’avance. Vous savez sûrement que l’Union européenne décide à quelques-uns, en général Monsieur Juncker, Madame Merkel, et qu’après ils imposent leurs vues. Les pays de l’Est auxquels vous faites référence n’ont évidemment pas les moyens de payer ces amendes. C’est donc une manière de leur mettre le fusil sur la tempe et de leurs dire «vous n’avez pas le choix, vous voulez protéger vos frontières mais nous à Bruxelles on ne le veut pas, et nous allons vous imposer des migrants». C’est une folie parce que, quand un pays ne veut ou ne peut pas accueillir des migrants, l’intégration ne se passera pas bien. Quand il n’y a pas d’emploi, quand il n’y a pas les ressources économiques, quand il n’y a pas l’envie de la population de recevoir des migrants, c’est un contre-sens de croire que l’on peut forcer le pays à accueillir des migrants.

 

Il y a un moment où il va y avoir un réveil des peuples, on le voit en Angleterre avec le Brexit

RT France : A quoi cette mesure peut aboutir ?

L.J. : Les dictateurs et les dictatures vont de loi en loi, de décision en décision, toujours plus loin, pour tester leur pouvoir et puis un jour le peuple se révolte. On l’a vu à peu près partout dans le monde. Il y a quelques jours, l’Union européenne nous obligeait à faire surveiller nos frontières par la Turquie. La Turquie dont la complicité, ou en tout cas la duplicité, vis-à-vis de Daesh est connue. La Turquie qui n’a pas les moyens de surveiller ses frontières. La Turquie qui ne respecte pas les droits de l’homme. Et c’est à la Turquie que nous avons livré le contrôle de nos frontières face aux flux migratoires.

 

L’Union européenne, dans la mesure où elle n’est pas démocratique, est rejetée par les nations démocratiques

On nous a annoncé qu’on allait échanger un migrant contre un migrant, c’est-à-dire qu’un clandestin qui arrivait avant sur le sol européen choisissait sa destination, en général l’Allemagne. Cela a énervé Madame Merkel. Donc aujourd’hui quand un migrant viendra par la Turquie, il sera imposé à un pays, la France, la Pologne, etc. Il n’y aura même plus le choix. Comme tout cela est passé comme une lettre à la poste, l’Union européenne va encore plus loin dans le cynisme, et je dirais même dans la volonté dictatoriale d’imposer ses vues. C’est l’histoire de l’amende de 250 000 euros par migrant. Mais il y a un jour où les peuples vont réagir. Nous, à Debout la France, nous avons lancé une pétition contre cet accord avec la Turquie. En deux semaines, plus de 50 000 personnes l’ont déjà signée pour dire «non, on ne veut pas que l’Union européenne choisisse pour nous, on ne veut pas de ce chantage fait aux migrants avec la Turquie». Il y a un moment où il va y avoir un réveil des peuples, on le voit en Angleterre avec le Brexit, on le voit référendum après référendum... L’Union européenne, dans la mesure où elle n’est pas démocratique, est rejetée par les nations démocratiques.

 

La Turquie ne peut pas être par son histoire, par son comportement actuel vis-à-vis de Daesh et de l’islamisme, un partenaire fiable 

RT France : La crise des réfugiés ne fait que s’aggraver. Comment donc gérer cette crise si la Turquie n’est pas un partenaire fiable ?

L.J. : La Turquie ne peut pas être par son histoire, par son comportement actuel vis-à-vis de Daesh et de l’islamisme, un partenaire fiable. Mais l’Union européenne ne peut pas reconnaître son erreur fondatrice qui est qu’ôter le contrôle aux frontières des pays revient au chaos économique et au chaos migratoire. La seule solution aujourd’hui est que chaque pays rétablisse le contrôle aux frontières et décide de qui peut rentrer chez lui. C’est la seule solution. En France, quand quelqu’un vient sur le territoire français même clandestinement, il n’a pratiquement aucune chance d’être renvoyé chez lui. Donc il faut le contrôle aux frontières par les nations et le respect des lois par les nations. Il faut, dans un deuxième temps, à l’extérieur, faire une chasse implacable à Daesh. Comme l’a d’ailleurs fait la Russie. Mais il faut l’accompagner et détruire le mouvement Daesh. Il faut aider les pays à se développer chez eux, pas chez nous. Ce sont des solutions de bon sens, mais quand on voit les milliards qui sont déversés, six milliards à la Turquie - et cela ne prend d’ailleurs même pas en compte les dix milliards que l’Europe a donné pour l’adhésion de la Turquie - quand on regarde ces sommes colossales qui sont déversées, on se dit qu’elles seraient quand même mieux utilisées en aidant ces pays à se développer. On pourrait investir dans l’armée – on fait le contraire en France – pour exterminer Daesh. Tout est fait à l’envers en fait. On est faible à l’extérieur donc on laisse les migrants fuir de situations souvent terribles, et on est faible à l’intérieur de l’Union européenne puisqu’on laisse des bureaucrates de Bruxelles, qui vivent dans une bulle et qui n’ont pas du tout conscience des répercussions de ce chaos migratoire sur les populations, décider pour nous.

Il faut faire le tri entre les vrais et les faux réfugiés

RT France : Que faire avec les réfugiés qui sont déjà sur le territoire européen ?

L.J. : D’abord, il faut faire le tri entre les vrais et les faux réfugiés. Les médias, à longueur d’interviews et de reportages, nous font croire que tous les migrants fuient la guerre et la persécution. C’est faux. Selon les pays et les études, on remarque que c’est entre 10% et 20% des migrants qui arrivent sur le sol européen. D’abord pour les 80% qui reste, il faut les faire respecter la loi et leur demander de quitter le sol européen. Deuxièmement, il faut faire attention pour comprendre si ceux avec des papiers syriens sont vraiment syriens. L’Allemagne elle-même a reconnu qu’un tiers des Syriens qui sont arrivés sur son territoire n’étaient pas syriens.

 

Sous couvert d’un faux humanisme, nous accueillons tout le monde, ouvrons nos portes, et, finalement, on n’améliore pas le sort de ceux qui ont vraiment le droit au titre de réfugié

Il faut voir qui est réellement réfugié et qui ne l’est pas. Tous ceux qui n’ont aucun droit au droit d’asile doivent être renvoyés chez eux, c’est la loi dans de nombreux pays et c’est la loi en France. Il ne faut pas créer de nouvelle loi, il suffit juste de respecter la loi. Quand on ne respecte pas la loi, être clandestin et entrer par effraction dans un pays c’est violer la loi, il faut appliquer la loi et renvoyer les gens chez eux. Pour les gens qui sont vraiment persécutés et qui ont le dispose du droit d’asile, il faut bien évidemment et dans la stricte limite du droit d’asile, les accueillir et leur permettre de s’intégrer dans la population. Mais paradoxalement, le chaos migratoire dans lequel nous sommes fait que ceux qui ont fui Daesh prennent souvent la même route que des infiltrés de Daesh et se retrouvent dans des pays eux aussi victimes. Sous couvert d’un faux humanisme, nous accueillons tout le monde, ouvrons nos portes, et, finalement, on n’améliore pas le sort de ceux qui ont vraiment le droit au titre de réfugié. 

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