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Le blog de Lucien PONS

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Lavrov : il n’y a pas de plan B en Syrie, et il n’y en aura pas - Russia Today

27 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Lavrov : il n’y a pas de plan B en Syrie,
et il n’y en aura pas - Russia Today

jeudi 25 février 2016, par Comité Valmy

Lavrov : il n’y a pas de plan B en Syrie, et il n’y en aura pas

Le ministre russe des Affaires étrangères a exclu l’existence, dans le présent ou le futur, d’un plan B concernant le règlement de la crise en Syrie, contrairement à ce qu’a commenté John Kerry, qui a prévu la partition de la Syrie en cas d’échec.

 

« On a tout dit sur ce plan B : il n’y en a pas, et il n’y en aura pas. Personne [ni la Russie, ni les Etats-Unis] ne l’envisage », a martelé Sergueï Lavrov, en répondant à la question des journalistes lui demandant de commenter la proposition des Etats-Unis sur les différents scénarios possibles pour l’avenir de la Syrie.

 

Le 22 février, les présidents russe et américain ont annoncé qu’un accord sur un plan de paix en Syrie avait été atteint. Le cessez-le-feu entre les troupes militaires syriennes et les groupes d’opposition entrera en vigueur le 27 février. Cependant, cet accord ne s’applique pas à l’Etat islamique (Daesh) et au Front al-Nosra (branche d’Al-Qaïda en Syrie) . Vladimir Poutine a déclaré que ces organisations terroristes seraient prises pour cible jusqu’à leur anéantissement complet.

 

Le 23 février déjà, le secrétaire d’Etat John Kerry avait annoncé que les Etats-Unis discutaient d’un soi-disant plan de sauvegarde qui pourrait avoir des conséquences, notamment sur la fin de l’unité de la Syrie. « Si nous attendons plus longtemps, il risque d’être trop tard pour conserver l’unité de la Syrie », a-t-il déclaré devant la commission du Sénat américain. Dans ce plan alternatif, John Kerry n’a pas écarté le renforcement de l’engagement militaire américain en Syrie.

 

La Russie et la Syrie ont réagi négativement à cette proposition ambiguë. Ainsi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov a déclaré que Moscou ne prévoyait aucun plan alternatif. « Nos partenaires occidentaux nous rendent perplexes, notamment les Etats-Unis, qui mentionnent l’existence d’une sorte de plan B », a-t-il indiqué.

 

Quant à Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, il a déclaré que la priorité russe restait de « réaliser le plan, l’initiative exprimée par les deux présidents ».

 

Damas n’est pas non plus au courant du plan B américain, a déclaré un conseiller du président syrien Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban. « Je ne sais pas si ces déclarations ont été faites pour exercer une pression. De toute façon, aucune pression n’a besoin d’être exercée sur le gouvernement syrien, qui est d’accord avec l’initiative russo-américaine », a-t-il dit.

 

25 février 2016

Source :

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Syrie : pourquoi les Etats Unis préparent la guerre ? par Karine Bechet-Golovko.

27 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #La Turquie, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Syrie : pourquoi les Etats Unis préparent la guerre ?
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 26 février 2016, par Comité Valmy

Syrie : pourquoi les Etats Unis préparent la guerre ?

Alors que le plan de paix en Syrie semble petit à petit tenter de se mettre en place (voir notre article à ce sujet ici), des groupes d’opposition acceptant de déposer temporairement les armes, les Etats Unis préparent un plan B, que le Secrétaire d’état américain J. Kerry annonce plus conflictuel, militaire.

 

A peine les deux présidents russes et américains avaient raccroché le téléphone, que les chefsdu Pentagone et de la CIA exigent d’Obama de faire pression sur la Russie pour lui causer de sérieux problèmes, qui la fassent réfléchir. Des sanctions économiques encore plus fortes, soutenir militairement les groupes d’opposition. Article publié dans le Wall Street Journal le jour même de l’annonce du plan de paix, le 23. Les recettes classiques. Mais quelle est la faute de la Russie pour justifier tant d’hystérie : saper le travail américain de destabilisation de la région. Ils doivent reprendre la main.

 

Alors que les forces militaires régulières syriennes ont accepté le cessez-le-feu, que les kurdes également. Le Haut Conseil pour les négociations (soutenu par l’Arabie saoudite) accepte de voir venir pendant les deux prochaines semaines.

 

D’autres hésitent. L’armée libre syrienne ne s’est pas encore prononcée. Il faut dire que, comme l’écrit tranquillement Euronews, dans certaines régions les rebels modérés sont alliés avec Al Nusra, sans pour autant être des radicaux. Bien sûr.

 

La Turquie, elle, ne se considère pas concernée par les accords de paix. Si elle estime que ses intérêts nationaux sont en danger, elle ripostera sans demander la permission à personne, selon les terme du Premier ministre. Le président Erdogan déclarant pour sa part que, de toute manière, les kurdes sont des terroristes qu’il faut tuer.

 

Alors pourquoi les hauts responsables américains, Pentagone, CIA et Département d’état, entrent en guerre, pour l’instant verbale, contre la Russie ?

 

J. Kerry déclarait que dans le cas d’un échec du plan du plan de paix, les Etats Unis ont un plan B :

 

 

"Si la Russie et l’Iran continuent à faire leur travail, nous pouvons nous retourner vers la réalisation du plan B. Ce plan peut être plus confrontationnel et, alors, il sera possible que nous demandions au Congrès de faire plus."

 

Sans entrer dans les détails du plan, J. Kerry insiste sur le fait que si le plan de paix échoue, cela signifie que la diplomatie a échoué, il ne reste alors que la solution militaire. Soit 15 à 30 000 soldats et un système de défense aérienne. Autrement dit, c’est la guerre, car quels sont les avions dans le ciel syrien ? Et dans ce cas, selon J. Kerry, la Syrie sera totalement et définitivement détruite, elle n’existera plus comme état. Ainsi, Kerry explique devant le Sénat américain que ce scénario est possible notamment si Assad ne met pas en place dans les semaines qui viennent, un gouvernement de transition. Pour autant, la composition de cette opposition modérée qui a déjà sapé les négociations n’est toujours pas précise. C’est simple : l’opposition ne veut pas négocier, Assad doit partir.

 

La certitude avec laquelle les Etats Unis attendent l’échec du processus de paix fait comprendre qu’ils seront à l’origine de sa violation. Certaines formations armées d’oppostion, comme le HCN, peuvent utiliser ces deux prochaines semaines pour regourper leurs forces, les Etats Unis pour préparer leur réarmement "défensif" cela va sans dire, la Turquie pour se sentir agressée comme cela est coutume et Bashar doit disparaître et la Russie s’effondrer. La démocratie vaincra, mais moins vite que ne se répandra le terrorisme.

 

Et l’interprétation de la violation de ces accords de paix est très floue. La Russie a-t-elle une chance de réussir à les imposer ? Les jeux sont serrés. Comment réagira-t-elle en cas de confrontation ? C’est l’inconnue, qui va conditionner les démarches futures des Etats Unis. Plus ils sentiront une hésitation de sa part, plus ils iront loin. La destabilisation institutionnelle des pays pour en prendre le contrôle est une tactique qu’ils ont déjà éprouvé en de nombreux endroits. La Syrie ne peut résister, c’est une question de principe. Et si la Russie s’oppose, elle doit être prête à aller jusqu’au bout, à moins de ne prendre le risque de voir aussi une "opposition modérée armée" émerger sur ses terres.

 

Karine Bechet-Golovko
jeudi 25 février 2016

Russie politics

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Syrie : « L’option B du gouvernement américain est une option bidon » par Bassam Tahhan

27 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Turquie, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : « L’option B du gouvernement américain
est une option bidon »
par Bassam Tahhan

vendredi 26 février 2016, par Comité Valmy

Une femme kurde essaye de trouver ses proches suite à une bataille entre Daesh et les Peshmergas kurdes

Syrie : « L’option B du gouvernement américain
est une option bidon »

Comment le cessez-le-feu va-t-il fonctionner en Syrie ? Est-ce que la partition du pays est probable si l’on en croit le plan B américain ? Le géopolitologue franco-syrien Bassam Tahhan répond.

RT France : Toutes les conditions sont-elles réunies pour un cessez-le-feu en Syrie ?

Bassam Tahhan : Pour un véritable cessez-le-feu il faudrait d’abord que les Russes et les Américains se mettent d’accord sur une chose bien claire, c’est-à-dire que chacun campe sur ses positions sur le terrain. Il y a une chose qui n’a pas été relayée par les médias : au Nord-Est de la Syrie, les Américains ont aménagé près des champs pétrolifères syriens un petit aéroport. Ils l’ont élargi pour qu’il puisse accueillir des avions de combat. On peut donc supposer que, si les Américains entendent monter une base aérienne et militaire près des champs pétroliers, c’est sans doute en perspective du cas où les Russes investiraient Raqqa avec l’armée syrienne. Cela serait une victoire symbolique et en même temps très efficace pour le camp russe, l’Iran, l’Hezbollah, la Syrie, pour tout l’axe de résistance anti-américaine dans la région.

 

"Ceux qui parlent de Syrie « utile »,
font vraiment preuve de bêtise"

RT France : Pourquoi parle-t-on d’un cessez-le-feu aujourd’hui ?

B.T. : C’est peut-être pour éviter que Raqqa ne tombe entre les mains de l’armée syrienne et que les forces loyalistes demeurent sur ce qu’on appelle stupidement la Syrie « utile ». Car si l’on suppose que l’armée régulière syrienne et les Russes investissaient Raqqa, Daesh serait terrassé. Car il s’agit là de leur capitale symbolique – je dis bien symbolique, parce qu’aujourd’hui la vraie capitale de Daesh n’est plus Raqqa, mais Mossoul, en Irak.

 

Donc ce cessez-le-feu est beaucoup plus une trêve dans cette guerre – pas froide, mais disons tiède, et qui peut devenir très chaude – entre les deux superpuissances que sont la Russie et les Etats-Unis.

 

Ceux qui parlent de Syrie « utile » font vraiment preuve de bêtise. Parce que la Syrie utile n’est pas uniquement la côte syrienne, c’est aussi les champs de pétrole, les sites archéologiques qui se trouvent actuellement en grande partie derrière les frontières de Daesh, à savoir Palmyre, Sergiopolis dans le désert syrien entre Raqqa et Palmyre... une partie très riche en sites archéologiques. Ceci pour dire que ces analyses de Syrie « utile » sentent un peu le colonialisme, où on parlait toujours d’une partie utile. Cela montre à quel point les médias internationaux connaissent mal la réalité syrienne.

 

"Il serait difficile pour l’OTAN d’aider la Turquie et le royaume saoudien dans une agression contre la Syrie"

RT France : Comment peut-on observer le cessez-le-feu si le Front al-Nosra et Daesh n’en font pas partie ?

B.T. : Cela veut dire que la coalition internationale dirigée par les Américains continuera à fonctionner, tout comme l’alliance de la Russie, de Bagdad et de Damas. Mais il reste un petit problème : ce sont les Nations unies qui doivent proposer une liste d’autres groupes terroristes qui ne sont pas forcément sous l’enseigne du Front al-Nosra ou de Daesh. C’est là où le bât blesse, comme on dit, parce que le royaume saoudien va sûrement dire qu’il s’agit là de rebelles « modérés » – modérés comme les saoudiens, c’est-à-dire des coupeurs des têtes qui paient des milliards pour déstabiliser des pays-frères, musulmans ou arabes. Donc Jaysh al-Islam, l’armée de l’islam, Ansar al-Sham, les Défenseurs du Levant et j’en passe, tous ces gens-là sont bien loin d’être modérés. Mais malgré cela, on a pu remarquer que, dans la délégation de Riyad lors des négociations à Genève, ils figuraient parmi les négociateurs, et en tant que modérés ! Donc je crois que les Russes ont convaincu Bachar el-Assad que, pour le moment, il fallait être un peu plus patient pour libérer tout le territoire syrien, parce que les Russes savent que les Américains sont déjà ancrés à l’Est et qu’il leur serait difficile d’aller bombarder carrément les Américains. Mais, en contrepartie, les Russes ont également pu montrer à Bachar el-Assad que le projet d’envoie de forces turco-saoudiennes au sol est tombé à l’eau, parce qu’ils se feraient massacrer par leur aviation. L’OTAN réfléchirait deux fois plutôt qu’une avant de soutenir une telle entreprise au sol, car dans un tel cas la Turquie serait un pays agresseur. Il serait difficile pour l’OTAN d’aider la Turquie et l’Arabie saoudite dans une agression ouverte, au sol, contre la Syrie, alors, on ferme les yeux sur les bombardements qui viennent de derrière la ligne des frontières turques, frappant les Kurdes.

 

"S’il n’y a pas de trêve, les réfugiés s’accumuleront
et inonderont jour après jour l’Europe"

RT France : A quoi sert donc ce cessez-le-feu ?

B.T. : Cette trêve est d’abord utile au niveau diplomatique, afin de retarder des opérations militaires trop importantes et pour éviter un affrontement entre les Américains et les Russes. On sent que l’Armée syrienne avance jour après jour avec ses alliés, et, dans cette avancée spectaculaire, affaiblit la position de toute la coalition rebelle pour les négociations, car il est clair qu’Alep aujourd’hui est presque entièrement libérée. D’où la nécessité qu’il y ait un équilibre.

L’option B du gouvernement américain est une option bidon. Que peuvent-ils faire ? Ils ne vont pas bombarder le palais d’Assad alors qu’ils savent très bien qu’il y a des S-300 des S-400 et peut-être même des S-500 du côté russe.

 

Donc c’est un peu une sorte de tentative pour calmer le jeu, parce qu’il a eu assez de morts comme ça, et en même temps parce qu’il y a une vraie pression de la part des Européens - car s’il n’y a pas de trêve, les réfugiés s’accumuleront et inonderont jour après jour l’Europe. Et cela devient un vrai problème non pas que pour l’Europe, mais pour le monde entier. Car ils sont des millions, c’est la vague d’immigration la plus importante depuis la Deuxième Guerre mondiale ! Et cela, je crois que plus personne ne l’admet, car cela pose des problèmes à la Turquie, à l’Europe, aux pays arabes, à la Russie, aux Etats-Unis. Cela montre vraiment l’hypocrisie de tous ces pays qui, au début, voulaient les accueillir. On peut dire que le monde occidental, qui a voulu déstabiliser la Syrie et la détruire, selon les dires du general américain Wesley Clark, est en train aujourd’hui de récolter ce qu’il a semé.

 

RT France : Une partition de la Syrie dans de telles conditions profiterait-elle au pays ?

B.T. : La partition de la Syrie, je n’y crois pas. Parce que si vous commencez à découper la Syrie ou n’importe quel pays au monde, il faudra continuer à découper les autres pays voisins. Tous ces pays-là sont sortis de différents accords au début du siècle dernier, le traité de Sèvres, San Remo, Lausanne… A partir de là, on peut commencer à remettre en question la légitimité de tel ou tel royaume, l’application de tel ou tel traité... La Syrie serait le premier domino.

 

Bassam Tahhan
24 février 2016

 

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Les crimes de l’Otan et des États-Unis

26 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN.

Les crimes de l’Otan et des États-Unis


Le 30 janvier 2016 – Source Fort Russ

Afghanistan, 2011 – La victime d’une attaque aérienne par erreur

Aujourd’hui, Ratko Mladić, Radovan Karadžić et Vojislav Šešelj sont incarcérés à la prison de la Haye. Le tribunal le plus juste du monde – La Haye – a accusé l’ancien dirigeant politique et les anciens chefs militaires de l’armée de Republika Srpska, de crimes contre l’humanité et les a appelés «les dictateurs les plus sanglants de la fin du vingtième siècle».

Cependant, Themis, un institut européen, a des problèmes évidents de mémoire, de vue et d’audition. Parce qu’enfin, comment peut-on expliquer que les responsables de la mort de millions de gens ne soient pas assis aux côté des  criminels serbes ? À savoir, la direction de l’OTAN, qui a déclaré, durant ces 20 dernières années, plusieurs conflits sanglants qu’ils ont diplomatiquement appelés «des opérations de maintien de la paix».

Que ce recensement soit consacré non seulement aux crimes de l’Otan, mais aussi à ceux des États-Unis d’Amérique n’est pas accidentel. Étant un des membres fondateurs d’un bloc militaire et son élément moteur principal, et ayant aussi leurs représentants qui sont devenus les leaders de la majorité des comités au siège de l’Otan, les États-Unis agissent souvent comme l’initiateur principal des opérations militaires.

Statistiques pour les opérations de maintien de la paix de l’Otan

En Yougoslavie

  • Morts – 5 700 personnes, y compris 400 enfants
  • Blessés – presque 7 000 civils, 30 % d’entre eux sont des enfants
  • Disparus – 821 personnes
  • Excès de mortalité dus à la détérioration des conditions d’existence: non évalué

http://www.hrw.org/reports/2000/nato/Natbm200-01.htm

En Afghanistan

  • Morts – 35 000 personnes
  • Réfugiés – 500 000 personnes
  • Mais aussi : aggravation des conflits inter-ethniques, attaques terroristes, augmentation du trafic de drogue.

http://abcnews.go.com/International

En Irak

  • Pendant la guerre en Irak plus d’ 1 million d’Irakiens ont été tués – c’est l’une des plus grandes pertes dans l’histoire moderne. Un quart d’entre eux étaient des femmes et des enfants.
  • Pendant les opérations, les forces de l’Otan ont utilisé des armes interdites, à savoir le phosphore blanc.

http://www.orb-international.com/Newsroom_details.aspx?NewsId=120

En Libye

  • Plus de 20 000 personnes ont été tuées (militaires et civils)

http://www.telegraph.co.uk/

  • Réfugiés – plus de 350 000 personnes

http://www.un.org/ru/rights/issues/

En août 2011, le Secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a prétendu que les actions de l’aviation des forces de l’Otan en Libye n’ont causé aucune perte humaine civile.

Libye, 2011 – Des médecins aident un enfant qui souffre de blessures, dans la ville assiégée de Misrata.

 

LISTE DES CRIMES DE L’OTAN

1. La duperie de la communauté mondiale

Quelqu’un de sage a dit un jour : «Quelqu’un qui a une fois proclamé la violence comme étant sa méthode doit inexorablement choisir le mensonge comme étant son principe». Les États-Unis seuls, ou via l’utilisation de forces de L’Otan, ont commencé tous les conflits militaires avec la duperie, déformant les vraies raisons des débuts d’hostilités.

Vietnam

L’incident dans le Golfe du Tonkin en août 1964 peut servir de début à la grande fraude américaine, qui a lancé la sanglante campagne du Vietnam et a  commencé en raison du fait que des vedettes rapides du Nord-Vietnam ont prétendument attaqué la flotte des États-Unis. Quarante ans après, le gouvernement américain a déclassé des documents militaires d’archives dont il est ressorti clairement que la cause du début de la campagne de Vietnam a été, sans honte, fabriquée (mywebs.su/blog/1310.html). Après l’incident du Tonkin, le bombardement d’implantations au Vietnam a abouti à des milliers de victimes parmi la population civile.

Vietnam, 1 Janvier 1966 – Des femmes et des enfants se cachent dans un fossé pour se protéger d’un bombardement intense.

Les pays de l’ex- Yougoslavie

Après l’écroulement de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie, l’Alliance a commencé à chercher fébrilement une raison à la poursuite de son existence. La principale fut la prétendue mission de maintien de la paix quand l’Otan s’est impliquée dans la résolution de conflits ethniques, poursuivant des buts purement personnels (particulièrement l’extension de son influence). Comme, par exemple, dans les Balkans, quand ses troupes ont envahi la région et directement participé à l’escalade de guerres ethniques.

L’action militaire de l’Otan contre l’ancienne République de Yougoslavie, marquant le début des opérations modernes, est un exemple flagrant de violations de toutes les normes et législations, y compris celles de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (beta-press.ru/article/34). Tout d’abord, l’Otan a violé sa propre Charte, le Traité de Washington, dont l’article 1 stipule que les membres de l’Alliance doivent «régler tous les conflits internationaux dans à ne pas mettre en danger la paix, la sécurité et la justice internationale et s’abstenir dans leurs relations internationales de la menace ou de l’utilisation de la force de n’importe quelle façon qui soit incompatible avec les buts des Nations unies». L’article 6 du Traité a aussi été extrêmement bafoué, qui déclare que la compétence de l’Otan est limitée au territoire des pays membres de l’Alliance, alors que la Yougoslavie, la Macédoine, l’Albanie et la Bosnie n’étaient pas des membres de l’Otan. Et que pourrait-on dire de l’article 7 du Traité de Washington, qui stipule clairement que l’Alliance reconnaît «la responsabilité du Conseil de sécurité pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale»? (nato.int/cps/ru/natolive/official_texts_17120.htm).

Le magazine américain TIME, le 11 septembre 1995 a été publié sous le titre « Mettre les Serbes à genoux. Un bombardement massif ouvre la porte à la paix »

L’agression de l’Otan contre l’ex- Yougoslavie a quasiment nié toutes les missions de maintien de la paix de l’Alliance. La raison principale à l’invasion du bloc des pays balkaniques tient à son refus ferme de l’ultimatum de l’Otan de céder son territoire aux forces militaires de l’Alliance. La condition de l’Alliance n’a signifié rien d’autre qu’une intervention pure et simple dans les affaires intérieures d’un État souverain et une menace à son intégrité territoriale.

Toutes ces actions ont violé le premier article de la Résolution de L’ONU de 1974 : «L’agression est l’utilisation de forces armées par un État (un groupe d’États) contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ou d’une quelconque autre façon incompatible avec la Charte des Nations Unies, comme exposé dans cette définition». (politics.ru/articles/database/global/pravoviie_dokumentii/rezoliutsiia_generalnoij_assamblei_oon_%C2%ABopredelen.shtml).

La meilleure parole à propos des crimes des États-Unis et de l’Otan en Yougoslavie a été prononcée par celui qui fut un jour le meilleur ami de l’Ouest, le dissident et militant des droits humains Alexandre Soljenitsyne, comparant les actions de l’Alliance avec des crimes nazis : «La pire chose qui arrive aujourd’hui n’est pas même le bombardement de la Serbie, même si c’est difficile de dire ça ; la chose la plus épouvantable est que l’Otan nous a transférés dans une nouvelle ère. Comme Hitler l’a fait lui aussi, jouant d’autres aventures, retirant l’Allemagne de la Société des Nations […] les USA et l’Otan ont retiré au
système de l’ONU la sécurité collective, la reconnaissance de la souveraineté des États. Ils ont commencé une nouvelle ère : qui sera le plus fort,
écrasera les autres. C’est effrayant…» (aif.ru/politics/article/comments/53043).

L’Irak

Les États-Unis ont envahi l’Irak sous le prétexte de la présence d’armes de destruction massive, à savoir bactériologiques (l’anthrax) (newsru.com/world/05feb2003/powellun.html). Une raison supplémentaire était déjà familière par ce biais – le combat pour la démocratie. La démocratisation de l’Irak a coûté la vie d’un million de civils (excluant les pertes pour l’armée). Le dictateur Hussein a été publiquement exécuté, mais les armes de destruction massive, qui avaient prétendument menacé le monde, n’ont jamais été trouvées. Plus tard, en 2004, le Secrétaire d’État américain Colin Powell a admis que les données publiées, qui ont marqué le début d’une guerre sanglante, étaient imprécises, pour ne pas dire plus, « ou simplement falsifiées. Powell a dit à la presse : «Quand j’ai fait un rapport en février 2003, il était basé sur les meilleures informations que la CIA pouvait fournir. Malheureusement, avec le temps, il devint clair que les sources étaient imprécises et fausses et, dans certains cas, délibérément fallacieuses. Je suis profondément déçu et je le regrette.» Il est désolé… (aif.ru/politics/article/comments/53043).

Irak, 2003 – un père porte sa fille mutilée, morte après le bombardement de l’OTAN

2. L’utilisation d’armes interdites

Vietnam

Ils ont utilisé des bombes au napalm – une arme incendiaire, un mélange pour lance-flammes. En tant qu’essence gélifiée, le napalm a
littéralement brûlé vives les victimes. Plus tard, en 1980, l’ONU a adopté la Convention sur l’interdiction de certains types d’armes ; le 3e Protocole établira alors que l’utilisation d’armes incendiaires, y compris le napalm, contre des civils est un crime. Mais pendant la guerre du Vietnam, ces bombes avaient déjà tué et
affecté des centaines de milliers de Vietnamien. (un.org/ru/documents/decl_conv/conv_disarmament.shtml#1980)

Le 8 juin 1972 – Kim Phuc, 9 ans (au centre) fuit un bombardement au Napalm sur la route près de Trang Bang. Cette photo fit le tour du monde et leva une tempête de protestation contre la politique criminelle des USA au Vietnam

Les pays de l’ex- Yougoslavie

Dans les opérations militaires contre ce pays, l’Otan a utilisé les armes interdites par la Charte de Nuremberg et les Conventions de la Haye et de
Genève. Premièrement, en Yougoslavie, des obus à uranium appauvri ont été utilisés. Cette sorte d’arme est non seulement extrêmement précise, mais radioactive et fortement toxique et aussi dangereuse pour les humains que pour l’environnement. Deuxièmement, l’Otan a utilisé des bombes dites à fragmentation – des armes de feu indirect, avec projectiles explosifs, interdites dans le dernier Protocole d’Ottawa sur les champs de mines (icbl.org/intro.php). La particularité de cette arme est que l’explosion ne survient que dans 50 % des cas. D’autres bombes peuvent se trouver pendant des années dans la terre, ne s’activant qu’en cas de contact accidentel.

Irak

L’entreprise irakienne a été marquée par un certain nombre de crimes très en vue de l’Alliance. La torture et l’abus de détenus irakiens à la prison d’Abu Ghraib ont remué le monde entier…

Irak, 2004 – Des Américains sont photographiés à l’arrière-plan de prisonniers nus empilés dans Abu Ghraib

Il y a eu la violence contre des civils (meurtre, viol, vol). Et, bien sûr, l’utilisation d’un des types les plus redoutés d’armes chimiques incendiaires, le phosphore
blanc (pendant la bataille pour Nasiriyah en avril 2003, et aussi durant les assauts sur Fallujah en avril et novembre 2004). Ce type d’arme, qui brûle le corps et dissout la chair jusqu’à l’os, a été interdit par la Convention de l’ONU sur certaines armes en 1980, mais les États-Unis ne l’ont jamais ratifiée. Nous ne publierons pas les photos de pertes humaines dues à l’utilisation du phosphore blanc qui sont en effet extrêmement choquantes.

Libye

Il y a des informations, que la direction de l’OTAN refuse obstinément de reconnaître, montrant que pendant le conflit en Libye, les militaires ont
aussi utilisé des bombes à fragmentation et du phosphore blanc, comme c’était le cas pendant les opérations en Yougoslavie et en Irak (http://oko-planet.su/fail/failvideo/videoweapon/86827-nato-ispolzovalo-klasternye-bomby-v-livii-hotya-otricaet-eto-smotrite-sami.html). Il y a aussi une possibilité que l’Otan ait déversé de la poussière d’uranium – une substance radioactive, interdite selon la Convention de l’ONU – sur des installations irakiennes (voltairenet.org/Voennye-prestupleniya-NATO-uchenye). Finalement, beaucoup de sources affirment qu’en Libye, l’Otan a utilisé le gaz moutarde dans les combats, une substance toxique testée pendant les années des Guerres mondiales et interdite conformément aux conventions diverses, puisqu’elle est extrêmement dangereuse.
(newsland.ru/news/detail/id/778279)

3. Le course aux armements

Un des crimes principaux de l’Otan est d’entrainer le monde vers une nouvelle ère de course aux armements. L’Otan place non seulement des systèmes de défense de missiles sur le continent européen, mais augmente aussi lourdement ses capacités nucléaires. À propos, la doctrine militaire officielle de l’Alliance reconnaît le droit d’utiliser des armes nucléaires – une sorte d’armes interdites en 1996 par la Cour internationale de justice (beta-press.ru/print.php ? Id=34), parce qu’elles peuvent mener à la destruction de l’humanité. Aujourd’hui, si nous additionnons le potentiel militaire complet des pays membres du bloc, l’Otan possède 60 % de l’arsenal nucléaire du monde.

Les pays de l’Alliance augmentent d’année en année leurs capacités militaires sous le prétexte de «forcer la protection, la mobilité et la haute efficacité» (beta-press.ru/print.php?id=34). Ils y dépensent énormément d’argent. Par exemple, le budget militaire de l’UE est d’environ 11 % [chiffre étrange s’il s’agit de l’Union européenne, NdT]. Les dépenses pour la défense aux USA et au Canada vont croissant. Dans les conditions de crise économique actuelle, cet argent pourrait servir à des buts humanitaires pacifiques qui sont prêchés à l’Ouest, pour des services médicaux et pour l’éducation, pour le développement de politiques sociales et la protection de l’environnement. Mais l’Otan a besoin d’une armée forte pour établir entièrement et définitivement son hégémonie sur le monde.

Pourquoi l’Otan commence-t-elle des conflits militaires?

Les Américains eux-mêmes aiment dire qu’ils sont des gens dotés de sens pratique. Eux, comme n’importe qui d’autre, savent comment compter l’argent. Et, comme dans toute l’histoire, l’humanité s’est battue pour des ressources – que ce soit l’or, le bois de construction ou le pétrole aujourd’hui, les Américains ont pour but d’établir leur influence dans toutes les régions stratégiquement importantes de la planète. Les pays producteurs de pétrole ont récemment découvert qu’ils avaient des problèmes avec la démocratie et que leur dirigeant était obligatoirement un dictateur. Ce sont ces pays que l’OTAN essaie de dominer, avec l’aide de la communauté internationale, ou en ignorant simplement son avis. Comme ils disent, «la moralité dans les affaires est un concept de perdant». Comme l’étaient aussi l’Irak et la Libye. Et maintenant Damas.

L’expert conseil pour la politique étrangère de défense, Sergey Karaganov, caractérise la politique actuelle des pays de L’Otan, qui ne peut, a priori, être un garant de stabilité et de sécurité dans le monde : «Par exemple, l’Europe a officiellement annoncé qu’un des objectifs principaux de sa politique est l’accès des entreprises européennes au marché et aux ressources africains.» À n’importe quel coût! Par-dessus tout, cela affecte les intérêts de la Chine, qui, incidemment, évalue la situation au Moyen-Orient, ayant de sérieux leviers de pression sur l’Europe et n’a pas encore dit son dernier mot. Cela concerne la Russie : en Guinée, les Européens essayent déjà d’éjecter RUSAL, et LUKOIL de Côte d’Ivoire… Et dans la bataille pour l’Afrique, les Européens vont transformer la mer Méditerranée en un Lac de l’Otan. Pour résoudre ce problème, la Syrie pourrait devenir une nouvelle Algérie. (newsland.ru/news/detail/id/984811/).

Ainsi l’Otan, dans ce projet d’affaires, est seulement un moyen pour atteindre le but.

Traduit du russe par Ollie Richardson

Traduit par Poolan Devi, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Il y à 50 ans : Le général DE GAULLE décidait de RETIRER la France du COMMANDEMENT MILITAIRE intégré de L'OTAN

26 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #Politique étrangère, #La République, #La nation .

Il y à 50 ans : Le général DE GAULLE décidait de RETIRER la France du COMMANDEMENT MILITAIRE intégré de L'OTAN

y a un demi-siècle - le 21 février 1966 -, lors d'une conférence de presse mémorable à Paris, Charles de Gaulle annonça au monde entier le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTAN.

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- CONFÉRENCE DE PRESSE DU GÉNÉRAL DE GAULLE (Paris, 21 février 1966) -

Il le fit dans ces termes (la vidéo de ce passage peut être visionnées dans les archives de INA en cliquant ici )

Conférence de presse du 21 février 1966

Conférence de presse du 21 février 1966

Conférence de presse du 21 février 1966

Extrait du verbatim de la conférence de presse :

Rien ne peut faire qu’une loi s’impose sans amendement quand elle n’est plus en accord avec les mœurs.

Rien ne peut faire qu’un traité reste valable intégralement quand son objet s’est modifié.

Rien ne peut faire qu’une alliance demeure telle quelle quand ont changé les conditions dans lesquelles on l’avait conclue.

Il faut alors adapter aux données nouvelles la loi, le traité, l’alliance, sans quoi, les textes, vidés de leur substance, ne seront plus, le cas échéant, que de vains papiers d’archives, à moins que ne se produise une rupture brutale entre ces formes désuètes et les vivantes réalités.

Eh bien ! Si la France considère, qu’encore aujourd’hui, il est utile à sa sécurité et à celle de l’Occident qu’elle soit alliée à un certain nombre d’États, notamment à l’Amérique, pour leur défense et pour la sienne dans le cas d’une agression commise contre l’un deux, si la déclaration faite en commun à ce sujet, sous forme du Traité de l’Alliance Atlantique signé à Washington le 4 avril 1949, reste à ses yeux toujours valable, elle reconnaît, en même temps, que les mesures d’application qui ont été prises par la suite ne répondent plus à ce qu'elle juge satisfaisant, pour ce qui la concerne, dans les conditions nouvelles.

Je dis : les conditions nouvelles. Il est bien clair, en effet, qu'en raison de l'évolution intérieure et extérieure des pays de l'Est, le monde occidental n'est plus aujourd'hui menacé comme il l'était à l'époque où le protectorat américain fut organisé en Europe sous le couvert de l'O.T.A.N.

Mais, en même temps que s'estompaient les alarmes, se réduisait aussi la garantie de sécurité, autant vaut dire absolue, que donnaient à l'Ancien Continent la possession par la seule Amérique de l'armement atomique et la certitude qu'elle l'emploierait sans restriction dans le cas d'une agression. Car, la Russie soviétique s'est, depuis lors, dotée d'une puissance nucléaire capable de frapper directement les États-Unis, ce qui a rendu, pour le moins, indéterminées les décisions des Américains quant à l'emploi éventuel de leurs bombes et a, du coup, privé de justification - je parle pour la France - non certes l'alliance, mais bien l'intégration.

D'autre part, tandis que se dissipent les perspectives d'une guerre mondiale éclatant à cause de l'Europe, voici que des conflits où l'Amérique s'engage dans d'autres parties du monde, comme avant-hier en Corée, hier à Cuba, aujourd'hui au Vietnam, risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu'il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l'Europe, dont la stratégie est, dans l'O.T.A.N., celle de l'Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu'elle ne l'aurait pas voulu.

Il en serait ainsi pour la France, si l'imbrication de son territoire, de ses communications, de certaines de ses forces, de plusieurs de ses bases aériennes, de tels ou tels de ses ports, dans le système militaire sous commandement américain devait subsister plus longtemps.

Au surplus, notre pays, devenant de son côté et par ses propres moyens une puissance atomique, est amené à assumer lui-même les responsabilités politiques et stratégiques très étendues que comporte cette capacité et que leur nature et leurs dimensions rendent évidemment inaliénables.

Enfin, la volonté qu'a la France de disposer d'elle-même, volonté sans laquelle elle cesserait bientôt de croire en son propre rôle et de pouvoir être utile aux autres, est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée.

Par conséquent, sans revenir sur son adhésion à l'Alliance atlantique, la France va d'ici au terme ultime prévu pour ses obligations et qui est le 4 avril 1969, continuer à modifier successivement les dispositions actuellement pratiquées, pour autant qu'elles la concernent.

Ce qu'elle a fait hier à cet égard en plusieurs domaines, elle le fera demain dans d'autres, tout en prenant, bien entendu, les dispositions voulues pour que ces changements s'accomplissent progressivement et que ses alliés ne puissent en être soudain et de son fait incommodés.

En outre, elle se tiendra prête à régler avec tels ou tels d'entre eux, et suivant la façon dont elle a déjà procédé sur certains points, les rapports pratiques de coopération qui paraîtront utiles de part et d'autre, soit dans l'immédiat, soit dans l'éventualité d'un conflit. Cela vaut naturellement pour la coopération alliée en Allemagne.

Au total, il s'agit de rétablir une situation normale de souveraineté, dans laquelle ce qui est français, en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France, ne relèveront plus que des seules autorités françaises. C'est dire qu'il s'agit là, non point du tout d'une rupture, mais d'une nécessaire adaptation.

Charles de Gaulle, 21 février 1966

Il y à 50 ans : Le général DE GAULLE décidait de RETIRER la France du COMMANDEMENT MILITAIRE intégré de L'OTAN

CINQ ARGUMENTS TOUJOURS VALABLES, MAIS QUI FERAIENT TAXER DE GAULLE DE « COMPLOTISTE » DE NOS JOURS

Comme on le voit, l’Homme du 18 juin appela un chat un chat en avançant 5 arguments pour justifier la sortie de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN. Ces 5 arguments furent les suivants :

  • 1°) L'O.T.A.N. est en fait « un protectorat américain sur l’Europe », que l’affaiblissement de la menace des pays du bloc de l'est ne rend plus aussi utile qu’auparavant,
  • 2°) L'arme nucléaire soviétique et la capacité de l’URSS de frapper le territoire américain constituent une situation nouvelle qui jette un doute sur la volonté réelle des Etats-Unis d’engager leur armement nucléaire pour protéger l’Europe de l’ouest au risque de mettre en jeu leur propre survie,
  • 3°) L’O.T.A.N. impose à l’Europe et à la France la « stratégie de l’Amérique », c’est-à-dire des guerres voulues par les États-Unis ; l’appartenance de la France au commandement militaire intégré de cette organisation risquerait donc d’entraîner la France dans des guerres, voire dans « une conflagration mondiale » que notre pays « n’aurait pas voulu ».
  • 4°) La possession de l'arme nucléaire par la France lui permet d’assurer elle-même sa sécurité, ce qui est incompatible avec une position de « subordonnée » dans les structures intégrées de l'Alliance,
  • 5°) L'appartenance au commandement intégré de l'Alliance est contradictoire avec la volonté française d'indépendance nationale, incompatible avec « une situation normale de souveraineté » .

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Ce qui est fascinant lorsque l’on relit ces propos tenus il y a un demi-siècle, c’est qu’ils sont toujours d’une brûlante actualité :

  • plus que jamais, l'O.T.A.N. est « un protectorat américain sur l’Europe » ; et la disparition de l’URSS et du Pacte de Varsovie aurait même dû conduire à sa dissolution (ce que de Gaulle avait prophétisé devant Alain Peyrefitte, preuve qu’il n’était pas infaillible et qu’il sous-estimait, malgré tout, la volonté de domination mondiale de Washington et la soumission des élites européennes ),
  • plus que jamais, on peut douter de la volonté réelle des États-Unis de protéger l’Europe, notamment lorsque l’on voit les liens étroits entretenus par Washington avec l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, qui fournissent armes, logistique et financement aux terroristes salafistes,
  • plus que jamais, l’O.T.A.N. impose à l’Europe et à la France la « stratégie de l’Amérique », c’est-à-dire des guerres voulues par les États-Unis : Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Ukraine,…
  • plus que jamais, l’appartenance de la France au commandement militaire intégré de l’O.T.A.N. risque d’entraîner la France dans des guerres, voire dans « une conflagration mondiale » avec la Russie, que le peuple français « n’aurait pas voulu »,
  • plus que jamais, la possession de l'arme nucléaire par la France lui permet d’assurer elle-même sa sécurité, ce qui est incompatible avec une position de « subordonnée » dans les structures intégrées de l'Alliance,
  • plus que jamais, l'appartenance au commandement intégré de l'Alliance est incompatible avec l'indépendance nationale et « une situation normale de souveraineté » .

Ce qui est non moins fascinant, c’est que le fondateur de la France Libre ne pourrait plus faire la même analyse publique de nos jours sans se faire immédiatement taxer « d’anti-américanisme primaire » par des Léa Salamé ou sans être accusé séance tenante de « complotisme » par des Rudy Reichstadt, Ornella Guyet et autres petits soldats de l’impérialisme américain.

L’UPR en sait quelque chose puisque les analyses que nous faisons, qui constituent souvent de simples reprises actualisées de celles de Charles de Gaulle, sont précisément celles qui nous valent ce genre de calomnies .

UNE AMBIGUÏTÉ DÉLIBÉRÉE

La conférence de presse du 21 février 1966 de Charles de Gaulle comprenait une autre bombe, un peu plus discrète. C’était le moment où il précisait que, « sans revenir sur son adhésion à l'Alliance atlantique, la France va d'ici au terme ultime prévu pour ses obligations et qui est le 4 avril 1969, continuer à modifier successivement les dispositions actuellement pratiquées, pour autant qu'elles la concernent. »

Les commentateurs retinrent de ce passage que le fondateur de la Ve République ne voulait pas sortir de l’Alliance atlantique. Mais est-ce si sûr ? Volontairement ambiguë, la formule retenue pouvait en réalité signifier deux choses :

  • soit que la France allait procéder à des modifications la concernant pendant le laps de temps courant jusqu’au 4 avril 1969 – c’est-à-dire sortir du commandement militaire intégré -, sans remettre en cause son appartenance à l’O.T.A.N. elle-même après cette date,
  • soit au contraire que la France ne « reviendrait pas sur son adhésion à l'Alliance atlantique » jusqu’au 4 avril 1969, allait sortir du commandement militaire intégré dans l’intervalle de 3 ans entre le 21 février 1966 et cette date, puis sortirait ensuite de l’Alliance atlantique elle-même après le 4 avril 1969.

Même si les deux lectures sont possibles, j’ai pour ma part tendance à privilégier la seconde, du fait que Charles de Gaulle mentionna le « terme ultime prévu pour ses obligations et qui est le 4 avril 1969 ».

Ce détail n’en est pas un. Car il fait clairement allusion à l’article 13 du traité de l’Atlantique nord du 4 avril 1949, que mes lecteurs et mes auditeurs connaissent bien, car j’en parle souvent puisque c’est l’article qui prévoit la procédure de sortie de l’O.T.A.N . Cet article est ainsi rédigé :

« Article 13 -

Après que le Traité aura été en vigueur pendant vingt ans, toute partie pourra mettre fin au Traité en ce qui la concerne un an après avoir avisé de sa dénonciation le gouvernement des États-Unis d’Amérique, qui informera les gouvernements des autres parties du dépôt de chaque instrument de dénonciation. »

Comme on le voit, cet article 13 signifie qu’il était interdit juridiquement à un pays de sortir de l’O.T.A.N. pendant vingt ans à partir de sa date d’entrée en vigueur (4 avril 1949), soit jusqu’au 4 avril 1969. Si de Gaulle parlait du « terme ultime prévu pour [les] obligations [de la France ] qui est le 4 avril 1969 », c’était donc bien qu’il avait à l’esprit de faire sortir la France de l’organisation sitôt après cette date, lorsque cette sortie serait devenue juridiquement possible.

AVRIL 1969 : SORTIE DE LA FRANCE DE L’OTAN, OU SORTIE DE DE GAULLE DU POUVOIR ?

Du reste, si de Gaulle n’avait pas envisagé de faire sortir la France de l’O.T.A.N. purement et simplement après le 4 avril 1969, pourquoi bigre aurait-il mentionné cette date ? S’il n’avait voulu que sortir du commandement militaire intégré, il lui aurait parfaitement suffi de dire : « sans revenir sur son adhésion à l'Alliance atlantique, la France va modifier successivement les dispositions actuellement pratiquées, pour autant qu'elles la concernent », sans mentionner la moindre date et sans faire référence au « terme ultime prévu pour les obligations » de la France.

Sans doute de Gaulle préféra-t-il user d’une formule sciemment ambiguë, afin de ne pas trop heurter Washington d’un seul coup d’une part, et afin de se conserver une marge de manœuvre, et la possibilité de changer d’avis le moment venu, d’autre part.

Mais il prévoyait certainement de conduire la démarche jusqu’à son terme : après avoir fait sortir la France du commandement militaire intégré dans un premier temps, il aurait fait sortir la France de l’O.T.A.N. dans un second temps, lorsque les Américains n’auraient plus eu de motif juridique de s’y opposer.

On notera que plusieurs confidences faites par de Gaulle à Alain Peyrefitte pendant les années 1963-1966 tendent à confirmer que telle était bien son intention.

Il n’est pas interdit enfin d’imaginer que cette date butoir d’avril 1969 a pu peser dans la décision de Charles de Gaulle d’organiser son référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation le même mois, référendum dont l’échec entraîna sa démission. Peut-être l’objectif secret de de Gaulle était-il, s’il avait gagné le référendum, de profiter de cette nouvelle légitimité du suffrage universel pour mettre à bien son projet de sortir de l’O.T.A.N. dans la foulée, sans que Washington ne puisse alors décemment protester ?

Il y à 50 ans : Le général DE GAULLE décidait de RETIRER la France du COMMANDEMENT MILITAIRE intégré de L'OTAN

CONCLUSION : EN 2017, MOBILISONS-NOUS POUR CHASSER CEUX

QUI TRAHISSENT LA FRANCE.

Comme on le sait, hélas, le formidable héritage de souveraineté, de rayonnement et d’indépendance de la France que nous avait légué Charles de Gaulle a été dilapidé par ses successeurs, les uns après les autres, et tout spécialement par les deux derniers.

En 2007, Nicolas Sarkozy a décidé d’effacer la décision du 21 février 1966 en assurant le retour de la France dans le commandement intégré de l’O.T.A.N. Cette décision devint effective en avril 2009.

Le maître pose la main sur son domestique, qui sourit avec soumission et veulerie.

Le maître pose la main sur son domestique, qui sourit avec soumission et veulerie.

Et le 4 janvier 2016, le Conseil des ministres réuni sous la présidence de François Hollande a donné son accord sur un projet de loi « autorisant l’accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux, créés en vertu du Traité de l’Atlantique Nord ». Ce projet a été aussitôt déposé pour examen à la Présidence du Sénat.

Sans l’avoir jamais proposé dans son programme présidentiel de 2012, sans l’avoir jamais annoncé dans la moindre conférence de presse, sans avoir jamais demandé aux Français s’ils étaient d’accord, François Hollande a ainsi décidé - en catimini - que la France allait réintégrer l’ensemble des instances militaires de l’Alliance atlantique.

Une décision autoritaire, illégitime, antidémocratique et très dangereuse.

Une décision autoritaire, illégitime, antidémocratique et très dangereuse.

La discrétion honteuse de l’actuel président français s’explique : fin 2008, François Hollande, alors premier secrétaire du Parti “socialiste”, avait en effet défendu bec et ongles une motion de censure portée par le groupe socialiste contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’O.T.A.N. décidée par Sarkozy ! Mais il ne s’agissait que d’une opposition factice puisque François Hollande et les dirigeants du Parti “socialiste” ont approuvé les traités européens qui placent la “politique européenne de sécurité et de défense” sous la tutelle de l’O.T.A.N. (article 42 du T.U.E.).

Totalement illégitime du point de vue démocratique, cette décision autoritaire de François Hollande parachève la destruction de l’héritage gaulliste, consacre le renoncement à notre souveraineté nationale, et l’abandon de notre indépendance militaire.

En se vautrant dans la soumission à Washington, François Hollande place en outre la France dans la situation très dangereuse d’où de Gaulle l’avait justement fait sortir : il entraîne la France et le peuple français – qui ne l’a pas voulu - dans des guerres qui ne sont pas les nôtres, voire dans « une conflagration mondiale » avec la Russie.

En 2017, les Français devront se mobiliser pour chasser du pouvoir cet homme qui trahit la France et pour empêcher un de ses clones « made in USA » de lui succéder.

François ASSELINEAU

Le 21 février 2016

SOURCE : Facebook

Site de l'UPR :

Union Populaire Républicaine | UPR

http://www.upr.fr

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[VIDÉO] Tentatives de LIQUIDATION du DROIT INTERNATIONAL [par Robert CHARVIN, Professeur émérite de l'Université de Nice]

26 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #l'ONU, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie

 

 

 

 

[VIDÉO] Tentatives de LIQUIDATION du DROIT INTERNATIONAL [par Robert CHARVIN, Professeur émérite de l'Université de Nice]

TENTATIVES DE LIQUIDATION DU DROIT INTERNATIONAL

 

par le Parti de l'émancipation du peuple (ex-M-PEP).
 
Le 22 février 2016.

Robert CHARVIN est docteur en droit, diplôme d'études supérieures de sciences politiques et agrégé des facultés de droit. Il est Doyen honoraire de la faculté de droit et de sciences politiques de Nice et Professeur émérite de l'Université de Nice. Il a participé à l'Université d'automne du Parti de l'émancipation du peuple qui se tenait à Nice, et a alerté sur les tentatives de liquidation du droit international.

Le droit international est un ensemble de normes réglant les relations entre états, relevant du monde des croyances (la " légitimité juridique ") et objet d'une méconnaissance presque totale (les citoyens n'en font pas un point d'appui politique). On l'invoque parfois lorsqu'un état y trouve un intérêt. On le passe le plus souvent sous silence, parce qu'il entrave une puissance (publique ou privée). Aujourd'hui, à l'instigation surtout des États-Unis, qui ont tous les moyens à leur disposition, le droit international fait l'objet de manipulations : il est instrumentalisé pour des causes qui lui sont contraires. Il est même victime d'une tentative de liquidation, du moins dans tous les secteurs qui handicapent la liberté de manœuvre des grandes puissances, particulièrement les états-Unis. C'est ainsi, par exemple, que la " non-ingérence " dans les affaires intérieures des états et des peuples, disposition centrale de la Charte des Nations unies, devient par la grâce " étasunienne " sont contraire avec l'ingérence dite " humanitaire " et le " devoir de protéger " les peuples contre leur propre état. La pratique de quelques Puissances, désireuses de produire à elles seules un " droit coutumier ", devient une source fondamentale en lieu et place de l'accord entre états. Cette pratique présente les caractères les plus arbitraires, les plus discriminatoires et les plus contradictoires : elle ne relève d'aucun principe, quel que soit le discours officiel, mais d'une simple évaluation des rapports de force et des possibilités qu'ils ouvrent. Seules, pourtant, les organisations populaires peuvent prendre en charge le Droit international, après avoir pris conscience de l'importance politique de ses principes et de ses normes aptes à limiter tous les pouvoirs publics et privés.

2015 2014 2013 2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006 Liens CA N'EMPECHE PAS NICOLAS RÉVEIL COMMUNISTE CANAILLE LE ROUGE INITIATIVE COMMUNISTE LE MENSUEL "RUPTURES" FRONT SYNDICAL DE CLASSE GAUCHE COMMUNISTE ROUGES VIFS ILE DE FRANCE ROUGE MIDI RÉSEAU : FAIRE VIVRE LE PCF FACEBOOK RSS 26 Février 2016 Publié par Michel El Diablo [VIDÉO] Tentatives de LIQUIDATION du DROIT INTERNATIONAL [par Robert CHARVIN, Professeur émérite de l'Université de Nice] [VIDÉO] Tentatives de LIQUIDATION du DROIT INTERNATIONAL [par Robert CHARVIN, Professeur émérite de l'Université de Nice] TENTATIVES DE LIQUIDATION DU DROIT INTERNATIONAL par le Parti de l'émancipation du peuple (ex-M-PEP). Le 22 février 2016. Robert CHARVIN est docteur en droit, diplôme d'études supérieures de sciences politiques et agrégé des facultés de droit. Il est Doyen honoraire de la faculté de droit et de sciences politiques de Nice et Professeur émérite de l'Université de Nice. Il a participé à l'Université d'automne du Parti de l'émancipation du peuple qui se tenait à Nice, et a alerté sur les tentatives de liquidation du droit international. Le droit international est un ensemble de normes réglant les relations entre états, relevant du monde des croyances (la " légitimité juridique ") et objet d'une méconnaissance presque totale (les citoyens n'en font pas un point d'appui politique). On l'invoque parfois lorsqu'un état y trouve un intérêt. On le passe le plus souvent sous silence, parce qu'il entrave une puissance (publique ou privée). Aujourd'hui, à l'instigation surtout des États-Unis, qui ont tous les moyens à leur disposition, le droit international fait l'objet de manipulations : il est instrumentalisé pour des causes qui lui sont contraires. Il est même victime d'une tentative de liquidation, du moins dans tous les secteurs qui handicapent la liberté de manœuvre des grandes puissances, particulièrement les états-Unis. C'est ainsi, par exemple, que la " non-ingérence " dans les affaires intérieures des états et des peuples, disposition centrale de la Charte des Nations unies, devient par la grâce " étasunienne " sont contraire avec l'ingérence dite " humanitaire " et le " devoir de protéger " les peuples contre leur propre état. La pratique de quelques Puissances, désireuses de produire à elles seules un " droit coutumier ", devient une source fondamentale en lieu et place de l'accord entre états. Cette pratique présente les caractères les plus arbitraires, les plus discriminatoires et les plus contradictoires : elle ne relève d'aucun principe, quel que soit le discours officiel, mais d'une simple évaluation des rapports de force et des possibilités qu'ils ouvrent. Seules, pourtant, les organisations populaires peuvent prendre en charge le Droit international, après avoir pris conscience de l'importance politique de ses principes et de ses normes aptes à limiter tous les pouvoirs publics et privés. Evolution du droit international - Intervention de Robert Charvin - Université d'Automne M'PEP 2015

Evolution du droit international - Echanges 1/2 avec la salle et Robert Charvin

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La vision de Kissinger sur les relations américano-russes

26 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Source : The National Interest, le 04/02/2016

Henry_Kissinger_-_World_Economic_Forum_Annual_Meeting_Davos_2008_numb2

La Russie devrait être perçue comme un élément essentiel de tout nouvel équilibre global.

Henry A. Kissinger

Le 4 février 2016

Entre 2007 et 2009, Evgueni Primakov et moi-même avons présidé un groupe composé de ministres d’État à la retraite, de hauts fonctionnaires et de chefs militaires de Russie et des États-Unis, incluant certains d’entre vous présents aujourd’hui. Son objectif était d’atténuer les aspects antagonistes des relations États-Unis-Russie et d’étudier les opportunités d’approches coopératives.

En Amérique, il était décrit comme un “Track II group”, ce qui signifie qu’il était bipartite et encouragé par la Maison-Blanche à explorer mais non à négocier en son nom. Nous avions alterné des réunions dans chacun des pays. Le président Poutine a reçu le groupe à Moscou en 2007, et le président Medvedev en 2009. En 2008, le président George W. Bush a rassemblé une grande partie de son équipe pour la sécurité nationale dans la salle du Cabinet pour un dialogue avec nos invités.

Tous les participants avaient occupé des postes à responsabilité durant la Guerre Froide. Pendant les périodes de tension, ils avaient fait valoir l’intérêt national de leur pays comme ils le comprenaient. Mais ils avaient aussi appris par l’expérience des périls d’une technologie menaçant la vie civilisée et évoluant dans une direction qui, en période de crise, pourrait perturber toute activité humaine organisée. Des soulèvements surgissaient tout autour du globe, amplifiés en partie par différentes identités culturelles et la confrontation d’idéologies. Le but de l’initiative Track II était de surmonter les crises et d’explorer des principes communs à l’ordre mondial.

Evgueni Primakov était un partenaire indispensable dans cette initiative. Son esprit analytique aiguisé combiné à une large compréhension des tendances mondiales acquise au cours des années qu’il a passées à proximité et finalement au centre du pouvoir, et sa grande dévotion à son pays ont amélioré notre réflexion et aidé à la quête d’une vision commune. Nous n’étions pas toujours d’accord, mais nous nous respections toujours. Nous le regrettons tous et moi personnellement en tant que collègue et ami.

Je n’ai pas besoin de vous dire que nos relations aujourd’hui sont bien pires que ce qu’elles étaient il y a une décennie. En effet, elles sont certainement le pire de ce qu’elles ont été avant que ne se termine la guerre froide. La confiance mutuelle s’est dissipée de part et d’autre. La confrontation a remplacé la coopération. Je sais que ces derniers mois, Evgueni Primakov cherchait des moyens de surmonter cette inquiétante situation. Nous honorerions sa mémoire en faisant nôtre cette démarche.

A la fin de la guerre froide, les Russes et les Américains avaient une vision d’un partenariat stratégique modelé par leurs récentes expériences. Les Américains espéraient qu’une période de réduction des tensions conduirait à une coopération productive sur les enjeux planétaires. La fierté russe dans leur rôle de modernisation de leur société fut tempérée par leur malaise face à la transformation de leurs frontières et par la constatation des tâches monumentales à venir en termes de reconstruction et redéfinition. Des deux côtés, beaucoup comprenaient que les destins de la Russie et des États-Unis restaient étroitement entrelacés. Maintenir une stabilité stratégique et empêcher la prolifération des armes de destruction massive devenaient une nécessité grandissante, tout comme l’était la construction d’un système de sécurité pour l’Eurasie, spécialement le long des contours étirés de la Russie. De nouvelles perspectives s’ouvraient en matière de commerce et d’investissement ; la coopération en matière d’énergie était en haut de la liste.

Malheureusement, le rythme du bouleversement mondial a dépassé les capacités de la diplomatie. La décision d’Evgueni Primakov en tant que Premier ministre, durant un vol au-dessus de l’Atlantique en direction de Washington, d’ordonner à son avion de faire demi-tour et de retourner à Moscou pour protester contre le début des opérations de l’OTAN en Yougoslavie était symbolique. Les espoirs initiaux qu’une étroite coopération dans les premières phases de la campagne contre al-Qaïda et les Talibans en Afghanistan pourraient mener à un partenariat sur un éventail plus large de problèmes s’affaiblissaient dans le tourbillon des disputes sur la politique au Moyen-Orient, puis se sont effondrés avec les manœuvres militaires russes dans le Caucase en 2008 et en Ukraine en 2014. Les efforts les plus récents pour trouver un terrain d’entente sur le conflit en Syrie et pour réduire les tensions en Ukraine ont peu changé l’accroissement du sentiment d’éloignement.

Le récit prévalant dans chaque pays rejette la totalité du blâme sur l’autre, et dans chaque pays il y a une tendance à la diabolisation, si ce n’est de l’autre pays, du moins de ses dirigeants. Comme les problèmes de sécurité nationale dominent le dialogue, une partie de la méfiance et des suspicions provenant de la lutte acharnée durant la guerre froide a resurgi. Ces sentiments ont été exacerbés en Russie par la mémoire de la première décennie post-soviétique lorsque la Russie souffrait d’une vertigineuse crise politique et socio-économique, alors que les États-Unis bénéficiaient de leur plus longue période ininterrompue de développement économique. Tout cela causa des divergences politiques sur les Balkans, l’ancien territoire soviétique, le Moyen-Orient, l’expansion de l’OTAN, les ventes d’armes et de défense anti-missile au point de submerger les perspectives de coopération.

Peut-être plus important encore a été le fossé fondamental entre les conceptions historiques. Pour les États-Unis, la fin de la guerre froide représentait une justification de sa foi traditionnelle en une inévitable révolution démocratique. Ils visualisaient l’expansion d’un système international gouverné essentiellement par des règles juridiques. Mais l’expérience passée de la Russie est plus compliquée.

Pour un pays sur lequel avaient marché des armées étrangères depuis des siècles venant aussi bien de l’Est que de l’Ouest, la sécurité nécessitera toujours d’avoir une fondation géopolitique aussi bien que légale. Lorsque sa frontière de sécurité se déplace de 1 000 miles de l’Elbe vers Moscou, à l’est, la perception par la Russie de l’ordre mondial renfermera une inévitable composante stratégique. Le défi de notre époque est de fusionner deux points de vue – le juridique et le géopolitique – dans une conception cohérente.

De cette manière, paradoxalement, nous nous trouvons confrontés à nouveau à un problème essentiellement philosophique. Comment pour les États-Unis travailler avec la Russie, un pays qui ne partage pas l’ensemble de ses valeurs mais est une indispensable composante de l’ordre international ?

Comment pour la Russie mettre en pratique ses intérêts en matière de sécurité sans déclencher des alarmes dans sa périphérie et accumuler les adversaires. La Russie peut-elle gagner une place respectée dans les affaires mondiales avec lesquelles les États-Unis sont à l’aise ? Les États-Unis peuvent-ils poursuivre leurs valeurs sans être perçus comme menaçant de vouloir les imposer ? Je n’essaierai pas de proposer des réponses à toutes ces questions. Mon objectif est d’encourager une initiative pour les explorer.

Beaucoup de commentateurs, russes et américains, ont rejeté la possibilité que les É-U et la Russie collaborent à un nouvel ordre mondial. Selon eux, les États-Unis et la Russie sont entrés dans une nouvelle guerre froide.

Le danger aujourd’hui est moins le retour à une confrontation militaire que la consolidation dans les deux pays d’une prophétie en cours de réalisation. Les intérêts à long terme des deux pays appellent à un monde qui transforme les actuelles turbulences et fluctuations en un nouvel équilibre de plus en plus multipolaire et globalisé.

La nature de la tourmente est en soi sans précédent. Jusque récemment, les menaces internationales mondiales étaient identifiées grâce à l’accumulation de pouvoir par un État dominant. Aujourd’hui les menaces proviennent plus fréquemment de la désintégration de pouvoir étatique et du nombre grandissant de territoires non gouvernés. Cette propagation du vide de pouvoir ne peut être gérée par aucun État, peu importe sa puissance, sur une échelle exclusivement nationale. Cela requiert une coopération durable entre les États-Unis et la Russie, et d’autres grandes puissances. Par conséquent, les éléments de compétition, dans le cadre des conflits traditionnels du système interétatique, doivent être contenus afin que la compétition soit maintenue dans certaines limites et crée les conditions qui empêchent que cela ne se reproduise.

Il y a, comme nous le savons, de nombreux problèmes décisifs devant nous, l’Ukraine et la Syrie sont les plus immédiats. Durant ces dernières années, nos pays ont engagé des discussions épisodiques sur ces questions sans progrès notable. Ce n’est pas surprenant, car les discussions se sont déroulées en dehors du cadre d’un accord stratégique. Chacun de ces problèmes spécifiques est l’expression d’un autre problème stratégique plus large. L’Ukraine a besoin d’être incorporée à la structure de l’architecture internationale et européenne de sécurité de telle façon qu’elle serve de pont entre la Russie et l’Occident, plutôt que de poste avancé de chaque côté. Concernant la Syrie, il est clair que les factions locales et régionales ne peuvent trouver une solution par elles-mêmes. Des initiatives russo-américaines compatibles coordonnées avec d’autres grandes puissances pourraient créer un modèle de solutions pacifiques au Moyen-Orient et peut-être ailleurs.

Toute initiative pour améliorer les relations doit inclure un dialogue sur l’ordre mondial émergent. Quelles sont les tendances qui érodent l’ancien ordre et formatent le nouveau ? Quels défis les changements posent aux intérêts nationaux et russes et américains ? Quel rôle chaque pays veut-il jouer dans la mise en forme de cet ordre, et quelle position peut-il raisonnablement et finalement espérer occuper dans ce nouvel ordre ? Comment concilions-nous les conceptions très différentes de l’ordre mondial qui se sont développées en Russie et aux États-Unis – et chez d’autres grandes puissances – en fonction de l’expérience historique ? Le but devrait être de développer une conception stratégique des relations russo-américaines dans laquelle les points de discorde pourraient être gérés.

Dans les années 60 et 70, je percevais les relations internationales comme une relation essentiellement antagoniste entre les États-Unis et l’Union soviétique. Avec l’évolution de la technologie, une conception de stabilité stratégique que les deux pays pouvaient mettre en œuvre s’est développée, même lorsque leur rivalité continuait dans d’autres domaines. Le monde a considérablement changé depuis. En particulier, dans l’émergence de l’ordre multipolaire, la Russie devrait être perçue comme un élément essentiel de tout nouvel équilibre mondial, non en premier chef comme une menace pour les États-Unis.

J’ai passé la majeure partie des soixante-dix dernières années engagé d’une façon ou d’une autre dans les relations américano-russes. J’étais dans les centres de décision lorsque les niveaux d’alerte ont été relevés, et aux célébrations conjointes de succès diplomatiques. Nos pays et les peuples de par le monde ont besoin de perspectives qui soient plus dans la durée.

Je suis ici pour débattre de la possibilité d’un dialogue qui cherche à fusionner nos avenirs plutôt que de discourir sur nos désaccords. Cela requiert respect des deux côtés pour les valeurs vitales et de l’intérêt pour l’autre. Ces objectifs ne peuvent être atteints dans le temps qu’il reste à l’administration actuelle. Mais leur poursuite ne devrait pas pour autant être différée en raison de politiques intérieures américaines.

Cela résultera seulement d’une volonté commune de Washington et de Moscou, au sein de la Maison-Blanche et du Kremlin, de dépasser les griefs et le sentiment de persécution pour affronter les défis majeurs qui attendent nos deux pays dans les années à venir.
Henry A. Kissinger a servi en tant que conseiller en sécurité nationale et Secrétaire d’État sous les présidents Nixon et Ford. Ce discours a été prononcé à la Fondation Gorchakov de Moscou durant la conférence Primakov.

Image: Wikimedia Commons/World Economic Forum.

Source : The National Interest, le 04/02/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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VIDEO : Mélenchon soutient Poutine pour ce que fait la Russie en Syrie contre Daesh

25 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Turquie

23 Février 2016

Publié par Jean Lévy

VIDEO : Mélenchon soutient Poutine pour ce que fait la Russie en Syrie contre Daesh

Il ne l'avait jamais dit aussi directement. Invité de l'émission "On n'est pas couché", samedi 20 février sur France 2, l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon a "félicité" le président russe Vladimir Poutine pour son action en Syrie. A la journaliste Léa Salamé, qui lui demandait s'il était "pour ce que Vladimir Poutine est en train de faire en Syrie", le coprésident du Parti de Gauche a répondu "oui". "Je pense qu'il va régler le problème", a-t-il ajouté.

"Je souhaite que Daech soit frappé à mort"

"Je suis pour que Daech soit vaincu, écrabouillé", a-t-il poursuivi, estimant qu'il n'était "pas vrai" que l'armée russe frappe davantage l'opposition syrienne au régime de Bachar Al-Assad que les positions de Daech. "Ce sont les Russes qui ont coupé les communications qui sortaient le pétrole de Daech pour faire de la contrebande par la Turquie", a insisté Jean-Luc Mélenchon, "félicitant" à ce titre Vladimir Poutine et la Russie.

Et de marteler : "Daech va être étranglé. Et comme c'est Daech qui nous a frappé, je souhaite qu'ils soient frappés à mort". "Je suis pour qu'on revienne à la paix le plus vite possible", a-t-il conclu, appelant à une "coalition militaire internationale [avec la Russie] pour battre Daech".

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Gregorios III : La colère du patriarche grec-catholique

25 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Gregorios III : La colère du patriarche grec-catholique

SB-Gregorios

Ses 82 ans, qu’il a fêté le 13 décembre 2015, ne semblent pas peser sur sa personne. A la résidence de Raboué au Liban, qu’il partage avec son patriarcat à Damas, Grégorios III, Patriarche de l’Église Grecque-catholique (melkite) depuis le 29 novembre 2000, épuise ses collaborateurs. “ Il a trois idées à la minute, et j’ai du mal à le suivre dans les escaliers ”, prévient un prêtre de son entourage, dans le salon d’attente.

Sa Béatitude apparaît enfin au bout d’un long couloir. Le pas est vif, la poignée de main ferme: “Je vous ai fait attendre. Excusez-moi, mais je devais recevoir une délégation de fidèles. “ Nous entrons dans son bureau. Il prend place. Derrière lui, une photo géante de Jérusalem, où il résida durant de nombreuses années. Une première question sur sa Syrie natale, et le Patriarche embraye. Il ne s’arrêtera plus. Sur un ton enflammé, il évoque le martyr de ce pays, où il a vu le jour dans la banlieue de Damas, en 1933. Un flot de paroles ininterrompues, qui expriment la compassion pour ce peuple victime et la colère envers les grandes puissances, qui refusent, selon lui, «  de combattre L’État islamique avec les moyens qu’il faut, renvoyant dos à dos le régime en place et les combattants jihadistes. » …  “ On m’accuse en Occident de soutenir Bachar al Assad, poursuit-il, mais que les donneurs de leçons viennent sur place, pour se rendre compte de la terreur que nous impose les islamistes.

“ Tout le monde nous bombarde ”

SB Gregorios à son bureauJe ne m’angoisse pas seulement pour les chrétiens, mais pour toute la population syrienne. Les bombes tombent de partout. Les Américains, les Russes, les Anglais, les Français, les Turcs, et même Israël nous bombardent, comme ce fut le cas en décembre dernier pour éliminer un membre du Hezbollah, présent à Damas. Tout cela, disent-ils, pour nous débarrasser de Daech, et nous apporter la paix. Mais en attendant cette paix qui ne vient pas, ce sont des civils syriens qui sont tués. Des hommes, des femmes, des enfants qui meurent chaque jour par dizaines …

“ Je ne défends que la Syrie et les Syriens ”

Les grandes puissances nous reprochent de soutenir une dictature, mais ce n’est pas Bachar Al Assad l’ennemi, c’est Daech… Daech et ses légions d’étrangers, des Tchétchènes, des Jordaniens, des Tunisiens, des Saoudiens, et même des Européens qui viennent occuper nos terres. C’est d’eux qu’il faut nous débarrasser.

Le peuple syrien souffre le martyr. Bientôt cinq ans de guerre (*1), et le bilan est lourd : entre 250 000 et 300 000 morts, des milliers de blessés, de déplacés, d’orphelins, et l’Occident discute encore et toujours du départ d’Assad. Mais jamais de celui des terroristes. Ce sont pourtant eux qui chassent les chrétiens de leurs maisons, eux qui égorgent tous les Syriens qui osent les affronter. Combien de temps encore allons-nous devoir vivre sous le joug de ces sanguinaires ?

“ Quel avenir pour les Syriens ? ”

Les jeunes quittent la Syrie, émigrent, 20 000 écoles ont été détruites, ce ne sont pas seulement les hommes et les pierres qui sont pulvérisés mais l’âme de la Syrie. Il n’y a plus de relations humaines entre les hommes. Chacun se méfie de son voisin, de son entourage ; les familles sont disloquées, les hommes sont morts, ou ont émigré. Les femmes et les enfants sont abandonnés, vivent dans des ruines. Tout est disloqué. La Syrie est devenu un champ immense de pauvreté. Les Syriens, chrétiens comme musulmans, n’ont plus de valeurs, plus d’honneur. Ils se volent entre eux, ils se mentent. Avec quoi demain allons nous rebâtir notre pays ? Voilà la question qui me hante. Si les chrétiens sont menacés, l’islam l’est tout autant. Dans la guerre, l’homme vit sans Dieu. Les Syriens pourront-ils encore se regarder encore en face lorsque la guerre sera terminée ?

“ Laissez-nous ! N’intervenez pas !”

SB-Gregorios-à-son-bureauPour les minorités chrétiennes, vivre dans les pays arabes, majoritairement musulmans, n’a jamais été facile. Avec les musulmans, il y a toujours eu des hauts et des bas. Mais nous arrivions à négocier, à parvenir à une entente. Les musulmans dirigeaient, et nous avions nos églises, nos institutions, nos écoles. Avec l’arrivée des Américains en Irak en 2003, venus, eux aussi, apporter “la démocratie”, le sort des chrétiens, considérés par les musulmans comme des alliés des États-Unis, a empiré. Les chrétiens sont chassés de partout. Que l’Occident nous laisse nous arranger entre nous, qu’il laisse les Syriens décider eux-mêmes de leur avenir. N’intervenez pas dans nos affaires. Vos avions et votre diplomatie sont en train de nous détruire.”

“Je dois aider tous les Syriens…”

A Damas, siège de mon patriarcat, j’essaie de maintenir l’espérance. En décembre dernier, L’Unicef m’a alloué une aide annuelle de 50 000 dollars. Avec cette somme, j’ai pu soutenir de nombreuses familles, chrétiennes comme musulmanes. Je dois aider tous les Syriens, peu importe leur religion. Il faut préparer l’après guerre, et retrouver l’envie de reconstruire la Syrie ensemble.

Propos recueillis par Luc Balbont


(*) En Syrie la révolution a commencé le 15 septembre 2011, à Deraa, au sud, et a peu gagné l’ensemble du pays.

Luc Balbont

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Hillary Clinton et le bain de sang en Syrie (The Huffington Post)

25 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

 
 

Hillary Clinton et le bain de sang en Syrie (The Huffington Post)

L’article que je vous propose est signé Jeffrey Sachs. Jeffrey Sachs n’est pas exactement n’importe qui : c’est un universitaire de renom qui dirige un institut à la Columbia University (New York) et est consultant auprès du Secrétaire Général des Nations Unies.

Eh bien dans cet article Jeffrey Sachs balance tout sur la Syrie. Dans le meilleur esprit complotiste, il pointe le rôle des services secrets américains dès le début de la crise en Syrie et il souligne l’obstination de la diplomatie américaine, de Hillary Clinton en particulier, à empêcher tout règlement politique qui ne passerait pas par le préalable d’une reddition du président Bachar al-Assad quitte à aggraver et à prolonger l’effusion de sang.

Il est , je pense, une des premières signatures dans la presse grand public américaine à relever le rôle de l’entité sioniste dans la situation en Syrie et le partenariat entre cette même entité et deux puissances régionales qu’il qualifie de "sunnites", la Turquie et l’Arabie Saoudite.

Hillary Clinton et le bain de sang en Syrie

par Jeffrey Sachs, The Huffington Post (USA) 14 février 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Pendant le débat de Milwaukee [avec Bernie Sanders] , Hillary Clinton s’est flattée de son rôle dans une récente résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU pour un cessez-le-feu en Syrie :

Mais je voudrais ajouter ceci. Vous le savez, le Conseil de Sécurité a finalement adopté une résolution. Au coeur de cette résolution se trouve un accord que j’avais négocié en juin 2012 à Genève qui prônait un cessez-le-feu et la marche vers une solution politique en essayant d’amener les parties prenantes en Syrie à se parler.

C’est là le genre de déclarations compulsivement trompeuses qui rendent Clinton inapte à la fonction présidentielle. Le rôle de Mme Clinton en Syrie a été de contribuer à provoquer et à prolonger le bain de sang en Syrie, pas d’y mettre un terme.

En 2012, Mme Clinton était l’obstacle, pas la solution, à un cessez-e-feu qui était négocié par l’envoyé spécial de l’ONU Kofi Annan. C’est l’intransigeance des Etats Unis - l’intrnsigeance de Mme Clinton - qui avait abouti à l’échec des démarches pour la paix de M. Annan au printemps 2012, un fait bien connu des diplomates. En dépit de l’insinuation de Mme Clinton pendant le débat de Milwaukee, il n’y eut (évidemment) pas de cessez-le-feu en 2012, mais seulement une escalade dans le carnage. Mme Clinton porte une lourde responsabilité pour le carnage qui a causé la mort de 250 000 Syriens et en a déplacé plus de dix millions.

Comme tout observateur averti l’a bien compris, la guerre en Syrie n’avait pas tellement rapport avec Bachar al-Assad, ni même avec la Syrie. C’est surtout une guerre par procuration avec l’Iran.Et le bain de sang n’en est que plus tragique et malheureux pour cette raison.

L’Arabie Saoudite et la Turquie, les principales puissances sunnites au Moyen Orient perçoivent l’Iran, la grande puissance chiite, comme un concurrent en termes d’influence et de pouvoir dans la région. La droite israélienne voit l’Iran comme un ennemi implacable qui contrôle le Hezbollah, une organisation militante chiite qui opère au Liban, un Etat limitrophe d’Israël. C’est pourquoi la Turquie l’ Arabie Saoudite et Israël ont tous réclamé l’élimination de l’influende iranienne en Syrie.

Cette idée est d’une naïveté incroyable. L’Iran est présent en tant que puissance régionale depuis longtemps - en fait depuis près de 2700 ans. Et l’Islam chiite ne va pas disparaître comme par enchantement. Il n’ y a aucun moyen, et aucune raison, de "vaincre" l’Iran. Les puissances régionales doivent forger un équilibre géopolitique qui reconnaît les rôles mutuels et d’équilibration des pays arabes du Golfe de l’Iran et de la Turquie. Et la droite israélienne est naïve et profondment ignorante de l’histoire pour regarder l’Iran comme son ennemi implacable, particulièrement quand cette façon de voir erronée pousse Israël à se ranger du côté des djihadistes sunnites.

Pourtant Mme Clinton n’a pas suivi cette voie. Elle a au contraire rejoint l’Arabie Saoudite la Turquie et le droite israélienne pour essayer d’isoler et même de vaincre l’Iran. En 2010, elle avait encouragé des négociations secrètes entre Israël et la Syrie pour essayer de soustraire la Syrie à l’influence de l’Iran. Ces discussions avaient échoué. Alors la CIA et Mme Clinton avaient poussé avec succès en faveur d’un Plan B : renverser Assad.

Quand les troubles du Printemps Arabe ont éclaté début 2011, la CIA et le font anti-iranien constitué par la Turquie, l’Arabie Saoudite et Israël y virent une opportunité pour renverser rapidement Assad et de s’assurer ainsi une victoire géopolitique. Mme Clinton se fit la principale promotrice de l’entreprise menée par la CIA pour un changemet de régime en Syrie.

Début 2011 la Turquie et l’Arabie Saoudite mirent à profit des protestations locales contre Assad pour essayer de fomenter les conditions de son éviction. Vers le printemps 2011, la CIA et les alliés des États Unis organisaient une insurrection armée contre le régime. Le 18 août 2011, le gouvernement des États Unis rendait publique sa position :"Assad doit partir."

Depuis, et jusqu’au récent et fragile accord de cessez-le-feu au Conseil de Sécurité de l’ONU, les États Unis ont refusé d’accepter tout cessez-le-feu tant qu’Assad n’était pas écarté du pouvoir. La politique américaine - sous Clinton et jusqu’à récemment - a été celle du changement de régime d’abord et du cessez-le-feu ensuite. Après tout, ce ne sont que des Syriens qui meurent. Les efforts de paix d’Annan avaient été sabotés par l’exigence inflexible des États Unis pour qu’un changement de régime contrôlé par les USA précède ou au moins accompagne un cessez-le-feu. Comme l’avait observé en août 202 la rédaction de The Nation [hebdomadaire progressiste américain] ::

L’exigence par les États Unis d’un départ d’Assad et de l’imposition de sanctions avant même que débutent des négociations sérieuses, tout comme le refus d’inclure l’Iran dans le processus condamnaient la mission [d’Annan].

Clinton n’a pas été un acteur mineur dans la crise syrienne. Son représentant diplomatique à Benghazi, Chris Stevens, avait été assassiné alors qu’il s’occupait d’une opération de la CIA pour expédier des armes lourdes libyennes en Syrie. Clinton elle-même a été à la pointe de l’organisation des soi-disant "Amis de la Syrie" pour soutenir l’insurrection dirigée par la CIA.

La politique américaine a été un échec massif et terrible. Assad n’est pas parti, et il n’a pas été vaincu. la Russie est venue l’aider, l’Iran est venu l’aider. Les mercenaires envoyés pour le renverser étaient eux-mêmes des djihadistes extrémistes avec leurs propres agendas ? Le chaos a ouvert la voie à l’Etat Islamique, bâti avec des officiers de l’armée irakienne mécontents (exclus de l’armée par les États Unis en 2003) des armes américaines et avec le soutien considérable de fonds saoudiens. Si la vérité devait être entièrement connue, les nombreux scandales associé rivaliseraient certainement avec le Watergate dans leurs ébranlement des fondations de la classe dirigeante des États Unis.

L’arrogance des États Unis dans cette approche semble ne connaître aucune limite. Le procédé du changement de régime fomenté par la CIA est si profondément inscrit comme un instrument "normal" de la politique étrangère américaine qu’elle est à peine remarquée par l’opinion publique ou les médias aux États Unis. Renverser le gouvernement d’un autre pays est contraire à la charte de l’ONU et au droit international. Mais a-t-on besoin de telles subtilités entre amis ?

L’instrument [la déposition d’Assad] de la politique étrangère des États Unis n’a pas été seulement en violation flagrante du droit international mais a aussi été un échec massif et répété. Au lieu d’un coup d’état rapide et décisif pour résoudre un problème de politique étrangère, chaque changement de régime ourdi par la CIA a été, presque inévitablement, le prélude à un bain de sang. Comment pouvait-il en être autrement ? Les autres sociétés n’aiment pas que leur pays soit manipulé par des opérations secrètes des États Unis.

Écarter un dirigeant, même quand l’opération est un "succès" ne résout aucun des problèmes géopolitiques sous-jacents, et encore moins les problèmes de nature écologique, sociale ou économique. Un coup d’état invite à la guerre civile, du genre de celles qui secouent aujourd’hui l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie. Il invite une réaction internationale hostile, comme celle de la Russie en appui à son allié syrien pour faire face aux opérations dirigées par la CIA. Nous en sommes au point où la somme des malheurs causés par es opérations secrètes de la CIA peut littéralement remplir des volumes. Sera-t-on dès lors surpris de voir Mme Clinton reconnaître en Henry Kissinger un mentor et un guide ?

Et où en sont les médias de l’establishment dans cette débâcle ? Le New York Times a fini par parler d’une partie de cette histoire le mois dernier en présentant la connexion entre la CIA et l’Arabie Saoudite, dans laquelle l’argent saoudien sert à payer les opérations de la CIA afin de contourner le Congrès et le peuple américain. Après cette première publication, il n’y a pas eu de suite. Pourtant le financement saoudien d’opérations de la CIA est fondamentalement le même procédé que celui utilisé par Ronald Reagan et Peter North dans le scandale Iran-Contra des années 1980 (avec des ventes d’armes à l’Iran utilisées pour financer des opérations secrètes de la CIA en Amérique Centrale sans le consentement ou la supervision du peuple américain).

Mme Clinton elle-même n’a jamais montré la moindre réserve ou le moindre scrupule à mettre en oeuvre cet instrument de la politique étrangère américaine. A son actif en matière de soutien enthousiaste à des changements de régime sous l’impulsion des Etats Unis, on inclura (liste non exhaustive) le bombardement de Belgrade en 1999 l’invasion de l’Afghanistan en 2001 la guerre contre l’Irak en 2003, le coup de force au Honduras en 2009, l’assassinat du Libyen Mouammar Kadhafi en 2011 et l’insurrection contre Assad coordonnée par la CIA de 2011 à ce jour.

Libye octobre 2011 -Pour une Hillary Clinton radieuse, c’est comme si Mouammar Kadhafi était déjà mort

Il faut un grand leadership présidentiel pour résister aux malheureuses aventures de la CIA. Les présidents finissent par s’entendre avec les entreprises du secteur de la défense, les généraux et les cadres de la CIA. Ils se protègent ainsi des attaques venues de la droite extrémiste dure. Ils réussissent en exaltant la puissance militaire des États Unis, pas en la contenant. Beaucoup d’historiens pensent que JFK [John Fitzgerald Kennedy] a été assassiné suite à ses ouvertures de paix en direction de l’Union Soviétique des ouvertures qu’il avait faites contre les objections d’une opposition de droite tenante d’une ligne dure au sein de la CIA et d’autres secteurs de l’appareil d’état américain.

Hillary Clinton n’a jamais fait montre d’un iota de courage, ou même de compréhension , dans la confrontation avec la CIA. Elle a été un inlassable partisan de la CIA et jubilait à montrer sa fermeté en soutenant chacune de ses opérations malavisées. Les échecs sont bien sûr constamment dissimulés à notre vue. Clinton est un danger pour la paix mondiale. Elle doit répondre de beaucoup de choses en ce qui concerne le désastre en Syrie.

Jeffrey Sachs

Jeffrey Sachs est le Directeur de l’Earth Institute (Institut de la Terre) à la Columbia University

http://www.huffingtonpost.com/jeffrey-sachs/hillary-clinton-and-the-s_...

»» http://dzmounadill.blogspot.fr/2016/02/syrie-jeffrey-sachs-balance-tout-ou.html
 
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