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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Syrie. Fini de jouer ! Rédigé par Observatus geopoliticus 

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch

Fini de jouer

19 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Pour la deuxième fois, et sans doute la dernière, la Russie a annulé son accord avec les Etats-Unis sur la prévention d'incidents aériens dans le ciel syrien. On se rappelle qu'une rupture avait déjà eu lieu en avril après la vrai-fausse attaque de tomahawks sur la base de Chayrate, ce qui avait fort troublé le Pentagone à l'époque.

Moscou remet ça et il y a des chances pour que ça dure plus longtemps cette fois. Concrètement, les communications sont coupées avec le Centcom et tout avion US à l'ouest de l'Euphrate sera suivi et considéré comme une cible potentielle. Cela ne signifie pas qu'il sera automatiquement descendu mais les Américains y réfléchiront désormais à deux fois avant de jouer les cowboys du désert. Ils auront les S400 rivés sur eux...

Car, après les trois bombardements de cohortes loyalistes dans le sud de mai-juin autour d'Al Tanaf, c'est une nouvelle provocation états-unienne qui est à l'origine de la crise. Hier, un F18 de l'USS George HW Bush, sis en Méditerranée, a survolé le territoire syrien avec la bénédiction russe (on imagine que le prétexte était le bombardement de positions de l'EI) pour finalement abattre un sukhoi 22 syrien au sud de Tabqa. Ce n'est pas la première fois que l'aigle roule l'ours, c'est peut-être la dernière. Moscou a immédiatement qualifié l'événement d'acte d'agression et logiquement suspendu l'accord.

Pour être tout à fait honnête, le jet en question n'avait peut-être pas décollé pour pulvériser du Daech mais bombardait des positions kurdes, même si les rapports sont contradictoires. Car devant l'inexorable avancée de l'armée syrienne et des milices pro-gouvernementales vers l'est, le système impérial est entré en mode panique et a lancé les Kurdes, désormais à peu près vendus aux intérêts américains et saoudiens (voir le Rojava proto-marxiste faire des ronds de jambe au régime wahhabite fondamentaliste des Seoud n'est pas la moindre des ironies de cette guerre...) Objectif : tenter de bloquer la progression loyaliste qui contourne Tabqa par le sud et ouvre la porte du grand est. De sérieux échanges de tir ont eu lieu.

Peine perdue. Les Tiger forces ne se sont pas arrêtées en si bon chemin et ont enlevé sans coup férir le carrefour stratégique de Resafa, tout près du lieu du crash du jet. Désormais, toutes les routes ou presque mènent à Deir ez Zoor... Avant cela, le saillant daéchique sera scellé puisque des troupes avancent également à partir d'Ithriya pour faire la jonction.

En filigrane : l'arc chiite, évidemment. Cette problématique était l'une des causes majeures de la guerre syrienne et sera à sa conclusion (la question des pipelines pétromonarchiques, elle, a été évacuée). Désormais, la MSN impériale s'en émeut ouvertement.

Et pour bien montrer qu'il est partie prenante de toute cette affaire, l'Iran a déversé à partir de son territoire une volée de missiles à moyenne portée Zolfaqar sur l'EI à Deir ez-Zoor. L'attaque ayant suivi de peu l'incident du sukhoi, il n'aura échappé à personne que le message subliminal s'adressait aux Américains et à leurs supplétifs kurdes et "modérés".

Trois grands fronts loyalistes se mettent en place dans la marche vers la frontière : nord - centre - sud.

Au nord, on l'a vu, l'armée avance rapidement. Plutôt que de se mêler de la bataille de Raqqa, elle serait bien avisée de continuer droit sur Deir ez-Zoor, empêchant par-là même toute retraite aux petits hommes en noir.

Au centre, à partir de Palmyre, la marche est plus lente quoique réelle. La résilience de Daech y est plus forte qu'ailleurs et se concentre désormais devant Soukhna, dernier grand verrou avant Deir ez-Zoor.

Au sud, le magistral blitz a, nous l'avons montré plusieurs fois, coupé l'herbe sous le pied de Washington dont les proxies sont maintenant bloqués dans le désert. L'envoi de batteries de missiles à Al Tanaf peut aussi bien être une opération de com' visant à sauver la face que les prémices d'une dangereuse et absurde escalade voulue par certains Follamour. A voir...

Mattis, le bulldog à cernes du Pentagone, a fait quelques confidences il y a une semaine sur l'offensive éclair Damas-Moscou vers la frontière. Des soldats russes étaient bien présents et les généraux américains ne s'attendaient pas à cela. Dans ce même article du toujours excellent Moon of Alabama, on peut lire que la Russie fait actuellement débarquer en Syrie des équipements de pontage en vue de traverser l'Euphrate.

De fait, des infos non encore confirmées font état d'une progression le long de la frontière syro-irakienne. De l'autre côté, les Unités de Mobilisation Populaire chiites suivent le mouvement (flèches roses) tandis que leurs consoeurs du nord descendent vers le sud. La grande jonction devrait se faire à Al Qaïm, sur l'Euphrate. Jour de deuil à Riyad et à Tel Aviv...

Fait intéressant, l'EI a lancé une attaque surprise contre les kurdes dans le nord-est (rectangle noir). Or, depuis que les "modérés" d'Al Tanaf sont coincés, c'est le seul point sur lequel l'empire pouvait encore appuyer pour tenter d'amincir au maximum le corridor chiite est-ouest. Si l'offensive daéchique prend de l'ampleur, on pourrait assister à un reflux des hommes de paille US vers le nord pendant que les UMP irakiennes et les loyalistes syriens continueraient au contraire leur marche et consolideraient leur prise en main de la frontière.

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Vers une nouvelle phase de la guerre dans le Donbass ? Par Erwan Castel.

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme, #Politique étrangère, #l'horreur économique, #L'armée française

 

Kiev veut changer de braqué

 
Vers une nouvelle phase de la guerre dans le Donbass ?
 
Le bitube de calibre 23mm antiaérien ZSU 23/2 dit "Zouchka" aujourd'hui redoutable en tir terrestre
Ces derniers jours, plusieurs faits et déclarations laissent à penser que l'Ukraine, sans remettre en question son agression militaire contre les populations russes du Donbass (bien au contraire), veut tourner la page de sa cynique "Opération Spéciale Antiterroriste" qui depuis 3 ans s'est enlisée dans une guerre de tranchée hémorragique, pour tenter de définir et d'amorcer une nouvelle phase de cette guerre indirecte déclenchée contre la Russie à travers les russes vivant dans les anciens oblasts de Donetsk et Lugansk revenus depuis des Républiques Populaires.
 
 
Alexandre Turtchinov veut changer le cadre
 
Alexandre Turtchinov qui est surnommé aussi "le pasteur sanguinaire" est ne l'oublions pas le "père" de la guerre dans le Donbass, car c'est lui en tant que Président ukrainien par interim après le putsch du Maïdan, qui déclenche sur les conseils (ordres ?) du Directeur de la CIA John Brennan l' "Opération Spéciale (Anti)terroriste" contre le Donbass en avril 2014.
3 années et plus de 10000 morts plus tard, le pasteur sanguinaire veut transformer son monstre...
 
Car après avoir été Président du parlement ukrainien, la Verkhona Rada, Turtchinov en tant que "Secrétaire général du Conseil de Défense et de Sécurité Nationale" continue de superviser les opérations militaires déclenchées dans le Sud Est aux frontières de la Russie.
Récemment, Turtchinov qui est membre de la coalition radicale du parlement appelé "Parti de la guerre" (avec Timochenko, Pariuby, etc...et les nationalistes radicaux) a lancé le projet de faire évoluer le format de l'ATO vers celui d'une guerre hybride globale menée dans le Donbass contre la Fédération de Russie qui est accusée de l'avoir envahi.
 
« Il est temps non seulement de reconnaître l'invasion des territoires de certaines régions de Donetsk et de Lugansk, mais il est clair, qu'au niveau législatif il faut redéfinir les bases de la politique de l'Etat pour leur libération. Une technologie efficace pour protéger le pays, et cette loi est nécessaire de donner au président le droit d'engager l'armée et d'autres formations militaires contre l'agression hybride de la Fédération de Russie »
 
En d'autres termes, Turtchinov veut redéfinir non seulement le nom de cette opération militaire lancée contre le Donbass mais également, en modifient son échelle et sa portée qu'il veut étendre jusqu'à la Russie désignée officiellement comme l'ennemi, engager une véritable déclaration de guerre contre Moscou !
 
Vladimir Groysman veut changer les méthodes
 
Vladimir Groysman, le 1er Ministre de l' Ukraine, au sujet du conflit du Donbass a confirmé l'intention de récupéré prochainement les territoires séparatistes de Donetsk et Lugansk en s'inspirant de l'expérience croate des années 90 lorsque les nationalistes ont réduit à néant la République serbe de Krajina en 1998.
 
Kiev a annoncé avoir créé un groupe de travail conjoint des représentants de l' Ukraine et de la Croatie pour apporter et adapter l'expérience croate à l'objectif de réduire les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk.

Lorsque l'on connaît les méthodes employées dans l'ex-Yougoslavie dans les conflits ethniques rallumés pour servir l'interventionnisme occidental et la préemption de territoires géostratégiques dans les Balkans, il est inquiétant (mais pas surprenant) que Kiev veuille appliquer la même stratégie dans le Donbass.
 
Pavo Klimkin veut changer le cadre diplomatique
 
Le 11 mai lors d'un voyage à Washington, le Ministre ukrainien des Affaires Etrangères, Pavo Klimkin veut de son côté impliquer plus les USA en Ukraine en demandant qu'ils siègent à la table des négociations de Minsk... à la place de la Russie !

Cette proposition qui s'inscrit dans une dynamique russophobe belliciste et sonnerait définitivement et officiellement le "Format Normandie" pose également un problème du côté européen et particulièrement de celui de l"Allemagne qui verrait diminuer son leadership diplomatique au profit d'un ingérence étasunienne renforcée.
Tout au mieux Kiev pourrait obtenir la tenue de réunions en parallèle de celles de Minsk avec les USA (et sans la Russie), ce qui enliserait encore plus les chances d'arriver à un dénouement diplomatique de la crise, car la véritable intention de Kiev est d'engager plus loin encore les USA et derrière eux l'OTAN dans leur soutien à l'Ukraine en guerre.

Car actuellement le détonateur ukrainien a conscience de n'être pas suffisamment raccordé aux alliances politiques et militaires occidentales qui sont encore hésitantes a s'engager ouvertement derrière leur chien bandériste dans un conflit militaire et même diplomatique avec Moscou.
 
Une escalade militaire qui confirme les déclarations bellicistes de Kiev
 
Depuis le début du mois de juin l'escalade militaire de Kiev se poursuit frappant les positions défensives des Républiques du Donbass mais aussi et encore leurs quartiers résidentiels, provoquant de nouvelles victimes parmi la population civile
Actuellement sur le front, les indicateurs sont revenus dans le rouge, avec une reprise des bombardements ukrainiens et surtout un nouveau déploiement d'unités d'assaut, d'artillerie dont les armes lourdes (obusiers et chars de combat) sont pourtant interdites sur le front par les accords de Minsk 2.

La semaine dernière, un pont aérien militaire a été observé pendant plusieurs jours et nuits sur l'aéroport militaire de Kiev ainsi que des départs de convois ferroviaires acheminant selon plusieurs observateurs plus de 200 véhicules blindés en renfort des unités déployées déjà autour du Donbass.

Sur le terrain, les accrochages et échanges de tirs sont en augmentation, ainsi que les pertes humaines et les destructions matérielles, et les observateurs internationaux, de l'OSCE à l'ONU redoutent une nouvelle phase active du conflit pendant les mois d'été.

La guerre, l'ultima ratio d'un régime ukrainien à l'agonie

 

Même les ukrainiens eux-mêmes reconnaissent que leur pays malgré les perfusions occidentales vit un effondrement total sur plusieurs niveaux : économique, étatique, social et même international, et de plus en plus de personnes parlent aujourd'hui ouvertement de la nécessité d'organiser avant la destruction irréversible de l'Etat un troisième Maïdan (après ceux de 2004 et 2014)

Aujourd'hui le gouvernement ukrainien est arrivé dans une impasse trop étroite pour faire demi tour ou varianter sa politique. il est acculé et poussé à jouer la dernière carte qu'il a en main : la guerre, cette option qui n'est autre que la fuite en avant classique de tous les régimes totalitaires de l'Histoire quand ils sont arrivés au pied du mur de leur folie destructrice.
 
Le régime de Kiev désire donc se donner tous les moyens militaires mais aussi législatifs et diplomatiques pour relancer la guerre, en instaurant une loi martiale dans la zone de la guerre et en modifiant la constitution ukrainienne pour la mettre au service du génocide du Donbass . Prochainement un projet de loi « sur la restauration de la souveraineté de l'Etat de l'Ukraine sur le territoire occupé temporairement des régions de Donetsk et de Lougansk » va être soumis au parlement ukrainien, la Verkhona Rada, par Alexandre Turtchinov (que certains pronostiquent comme le prochain 1er Ministre) pour relancer la guerre contre la Russie à travers le Donbass.
 
Cette volonté d'en finir par la force avec le Donbass séparatiste est confirmée par plusieurs autres personnalités plus ou moins psychotiques de cette Ukraine agitée depuis 3 ans par des bouffées délirantes de plus en plus inquiétantes. Ainsi ce Zoryan Shkiryak, conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur qui déclarait ce 15 juin sur la chaîne ukrainienne "Canal 5" à propos du Donbass séparatiste « Nous allons libérer définitivement ce territoire et le nettoyage va certainement avoir lieu. Cela ne fait aucun doute »

Mais cette carte de la guerre est pour Kiev compliquée et délicate à jouer car si le Donbass militaire est à la portée de son armée, une nouvelle offensive avec les conséquences impopulaire qu'elle implique (pertes civiles et militaires, mobilisation, loi martiale etc...) risque de déstabiliser encore plus un régime déjà sur un siège éjectable, et surtout de provoquer l'entrée réelle sur la scène militaire du joueur russe qui ne laissera pas massacrer la population du Donbass.

En attendant, il faut admettre que le risque de guerre régionale augmente de jour en jour au fur et à mesure que ce gouvernement fantoche, mis en place sur la Maïdan par les laquais européens de la ploutocratie mondialiste et pris à la gorge par sa propre main. Il faudrait pour en finir avec cette guerre et gagner la paix que ce régime hystérique qui ne contrôle plus rien soit renversé par une population ukrainienne décidée à prendre réellement sa destinée en main, avant qu'il ne joue avec les incendiaires mondialistes qui tirent les ficelles la carte de la guerre totale, et là cela est devenu urgent !

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..
 
Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.
 
Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass
 
Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel
 
Bien à vous
Erwan
 
 
 
 
 
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Jérôme Sainte-Marie : Une élection sans le peuple ? Par Alexandre Devecchio

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #Le syndicalisme, #l'horreur économique, #Les média

Jérôme Sainte-Marie : Une élection sans le peuple ?

Jérôme Sainte-Marie : Une élection sans le peuple ?

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Témoignage des fractures du pays, le premier tour des législatives se caractérise par le plus haut taux d'abstention sous la Vème République. Le décryptage de ces élections de Jérôme Sainte-Marie.


Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'Institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008. Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Il a publié Le nouvel ordre démocratique (éd. du Moment, 2015).


FIGAROVOX. - Le deuxième tour des élections législatives devrait permettre à En Marche d'obtenir une majorité très large. Cependant, l'événement marquant du premier tour a été la très faible participation. Que cela vous inspire-t-il?

Jérôme SAINTE-MARIE. - Les 51% d'abstention du premier tour sont un événement considérable. Il s'agit du premier revers politique d'importance pour Emmanuel Macron depuis son élection. À partir du 11 juin, il est beaucoup plus difficile de parler d'élan populaire en faveur du nouveau pouvoir, puisque les candidats LREM et leurs alliés ont, de fait, recueilli 1,3 million de voix de moins que leur leader au premier tour de la présidentielle. À ce niveau, on peut parler de refus de participer, d'insubordination civique. Il ne s'agit pas à ce stade de dire que cette abstention est une protestation, et pas davantage un consentement. Elle traduit cependant l'inadéquation bien perçue par les citoyens de notre mécanique électorale. Non seulement le résultat de la présidentielle conditionne celui des législatives depuis l'instauration du quinquennat mais cette fois-ci, exactement comme en 2002, les choses étaient réglées dès le soir du premier tour. Jacques Chirac, du haut de ses 19,9% de suffrages exprimés, n'avaient pas eu à faire la moindre concession politique à ses concurrents pour triompher au second tour, puis pour obtenir, avec 365 députés élus, une majorité très large pour l'UMP nouvellement créée. Emmanuel Macron aura fait beaucoup plus d'efforts, avec la constitution d'un gouvernement alliant ministres de gauche, du centre, et de la droite. L'absence de possibilité d'une majorité alternative face à lui, du fait de la quadripartition de l'opposition, aura convaincu la moitié des électeurs de l'inutilité de se déplacer. Sans le savoir, ni forcément le vouloir, ces abstentionnistes ont creusé une mine profonde sous l'édifice du nouveau pouvoir.

Est-ce l'expression d'un fossé qui se creuse entre deux France?

Après le vote de classe du premier tour, nous observons en effet une abstention de classe. Ce qui permet d'ailleurs à certains de dire que les différences sociologiques entre les différents électorats se sont estompées lors des législatives. Certes, mais précisément parce que ce scrutin s'est déroulé non seulement hors sol, car la dimension locale a particulièrement peu compté dans le vote, mais surtout hors peuple. Ainsi, 66% des ouvriers et 61% des employés se sont abstenus, au lieu de 45% des cadres. La jeunesse, si présente dans l'image projetée par le mouvement En Marche!, est en fait restée sur le bord du chemin: 64% des moins de 35 ans se sont abstenus (et encore ce chiffre est minoré par l'importance de la non-inscription parmi eux), au lieu de 35% des plus de 60 ans. Dès lors, les commentaires sur la relative homogénéisation sociologique du vote entre les différents électorats aux législatives sont sans objet. Si l'on s'en tient aux suffrages exprimés, il en manquait plus de treize millions le 12 juin par rapport au 23 avril. Ce qui s'est traduit par un corps électoral effectif totalement distordu par rapport au corps électoral théorique. Donc, oui, les législatives confirment et amplifient l'enseignement de la présidentielle. Entre les Macron-compatibles et les autres, il n'y a pas qu'une différence d'opinions, mais aussi un profond fossé social.

Une note du CEVIPOF montre que la composition de la prochaine Assemblée pourrait être plus homogène socialement que jamais. Parmi les candidats LREM, il n'y aurait que 0,2 % d'ouvrier et 0,9% d'employés. Le renouveau se fait-il par le haut?

Ce travail de Luc Rouban est d'autant plus spectaculaire qu'il montre qu'au même moment la représentation des femmes et des actifs issus du privé s'améliore. On savait que la promotion de la parité et de la diversité pouvait parfaitement s'accommoder d'une aggravation des inégalités sociales, voire en être le paravent. L'offre électorale de ces élections aura été une illustration éloquente de ce phénomène, décrit et expliqué par le chercheur américain Walter Benn Michaels. Nous touchons également à la notion de «société civile». On utilise parfois ce mot comme synonyme d'un «pays réel» qui serait masqué par l'État et le personnel politique. En fait, dans le cadre d'un système représentatif, c'est la politique, et donc les partis, qui permettent parfois la promotion d'élus issus des catégories populaires. Sinon on retombe sans s'en apercevoir, et sans parfois le vouloir, dans un recrutement élitaire. Une entreprise ne se résume pas à sa direction, ni le monde des indépendants aux fondateurs de start-ups. Il est piquant de voir le côté 19e siècle de la situation. On a une participation qui rappelle les grandes heures du suffrage censitaire, et une assemblée qui évoque un peu, mutatis mutandis, les assemblées de notables. Il ne manque même pas les Saint-Simoniens.

Après le premier tour de la présidentielle, vous évoquiez la constitution d'un bloc élitaire? De quoi s'agit-il?

Il convient de s'affranchir des termes porteurs de connotations politiques ou morales, et d'essayer de trouver une manière correcte de nommer le réel. C'est pourquoi l'opposition «peuple» - «élites» ne convient pas, le premier terme étant trop englobant, et le second trop restrictif. Même la notion de «bloc bourgeois» n'est pas simple, car elle tend à assimiler des millions de Français qui le soutiennent à une condition sociale qui n'est pas la leur. À l'inverse, selon moi, le «bloc élitaire» désigne tous ceux qui appartiennent aux élites sociales, ceux bien plus nombreux qui aspirent à en être, et enfin les personnes qui considèrent que l'obéissance aux élites est aussi légitime que naturelle. C'est donc, j'en suis conscient, à la fois une situation objective et une inclination subjective. C'est d'ailleurs pour cela que l'on parle de «blocs» sociaux. Non parce qu'ils sont composés d'une substance homogène, mais parce qu'ils constituent l'agrégation de milieux différents, et cependant solidaires. Un bloc social a vocation à exercer le pouvoir à son profit et au nom de l'intérêt général. En tant que tel, il n'est cependant qu'une construction historique, et peut se désagréger. L'extraordinaire réussite de Macron est d'être devenu l'incarnation de ce bloc élitaire, dont la constitution sur les ruines du clivage gauche-droite avait cependant débuté des années avant l'annonce de sa candidature.

Macron peut-il gouverner uniquement avec ce bloc élitaire?

La réunification des élites de gauche et de droite, sur un fond de convergence idéologique et d'homogénéité sociale, est pour le moment une réussite éclatante. On sent même, dans certains milieux aisés, une forme d'euphorie. On se croirait le 14 juillet 1790. C'est la Fête de la Fédération de la bourgeoisie contemporaine. La force propulsive d'En Marche! lui permet d'être au second tour aussi bien aux législatives qu'à la présidentielle, et ensuite son triomphe est mécanique. L'existence du bloc élitaire renvoie cependant à un problème, celui de l'affaiblissement des forces dites de gouvernement. C'est bien parce que Nicolas Sarkozy d'abord, François Hollande ensuite, ont échoué à réformer le pays autant qu'ils le souhaitaient, les deux acceptant à peu près le cadre de l'Union européenne et les exigences des marchés financiers, qu'il y a eu la dynamique En Marche! Autrement dit, l'épopée macronienne se fonde d'abord sur la volonté de donner aux réformes de structure de notre société une base politique et sociale suffisante. Si l'on considère le score du premier tour de la présidentielle et des législatives en nombre de voix, rapporté à l'ensemble du corps électoral, ce projet n'est pas encore totalement achevé. C'est là où l'on redécouvre, derrière les discours sur la société civile, l'importance du pouvoir de l'État. Le contrôle de celui-ci, exercé par des personnalités qui en maîtrisent parfaitement les rouages, tranche la question.

Face au bloc élitaire, vous évoquez un bloc populaire. Celui-ci est-il représenté actuellement? L'abstention massive traduit-elle la sécession de ce bloc?

Face au bloc élitaire, qui agrège dans sa représentation politique le parti du Président mais aussi le Modem, les UMP dits «constructifs» et les PS dits «compatibles», le bloc populaire demeure virtuel. Face à la politique prônée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, il n'y a pas un «Front du refus», mais un «archipel du refus». C'est là un déséquilibre stratégique majeur. On en voit les effets au second tour des législatives, où dans chaque circonscription, le candidat qui affronte celui de LREM est issu le plus souvent d'une des quatre forces d'opposition, sans alliance possible, et avec en conséquence de très mauvais reports de voix. Cette situation est durable. Elle constitue une chance historique pour l'achèvement des réformes libérales annoncées. Dans la mesure où l'opposition au nouveau pouvoir prendra nécessairement une forme aussi sociale que politique, la position de la France Insoumise est assez favorable, tandis que le Front national sera handicapé par ses ambiguïtés idéologiques sur le libéralisme économique. La situation de l'UMP est certes moins grave que celle du PS, mais leur espérance commune d'une reconstitution du clivage gauche-droite pourrait bien être durablement déçue. Cet ordre politique n'a pas seulement été affaibli, il a été remplacé.

 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/06/16/31001-20170616ARTFIG00329-jerome-sainte-marie-une-election-sans-le-peuple.php

 

 

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Et maintenant… attention à la Marche. Lees résultats aux législatives commentées par le journal "RUPTURES".

19 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #le nazisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Et maintenant… attention à la Marche

le 19 juin 2017
panneaux électoraux

Un parlement violet, si ce n’est ultra-violet. Une participation en chute libre, constituant même un record absolu dans ce type de scrutin. Un Parti socialiste laminé, une droite classique en déroute et éclatée. Une France insoumise finalement ragaillardie puisque, à défaut de siéger à l’Elysée comme elle en avait fugacement caressé l’espoir, elle disposera d’un groupe au Palais-Bourbon. Et un Front national qui déjoue les pronostics de ses détracteurs en faisant élire, seul contre tous, une petite dizaine de ses représentants.

Mais au-delà de ce tableau largement commenté, le second tour des législatives confirme, voire amplifie, ce que les scrutins précédents ont marqué : un fossé social de plus en plus profond.

Plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir

C’est caricaturalement visible dans l’abstention : plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir. Ces mêmes catégories qui avaient, pour une large part, placé Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et permis à Jean-Luc Mélenchon de créer la surprise au premier tour de celle-ci (même si ce dernier a également rallié beaucoup de bobos des centre-villes, séduits par un discours écologique post-moderne, par ailleurs mortifère au regard de toute espérance de transformation sociale).

Idéologiquement : une France ouverte… à l’ultralibéralisme et à la mondialisation ; contre une France « arc-boutée »… sur sa protection sociale et sa souveraineté.

Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes

Ce clivage de classe se reflète dans la sociologie des nouveaux élus. Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes. Du coup, En Marche ! est bel et bien en passe de « renouveler » la classe politique. Mais la question est : dans quel sens ? Certes, le Palais-Bourbon ne brillait pas par l’abondance d’ouvriers, de techniciens, de caissières de supermarché ou de chômeurs.

Mais les nouveaux marcheurs se recrutent essentiellement parmi les « entrepreneurs », les patrons de start-up, les conseils en management ou les directeurs de ressources humaines. Ce que le langage bruxellois nomme avec tendresse « la société civile ». Lors de la soirée électorale, il s’est du reste trouvé des invités pour saluer l’entrée en force d’« hommes et de femmes qui connaissent l’entreprise » (privée, de préférence). Autant de nobles représentants du peuple qui, n’en doutons pas, défendront bec et ongles un siècle de conquêtes ouvrières…

Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles

Car l’ordre du jour macronien est connu. Outre la loi dite « de confiance dans la vie démocratique » (un intitulé proprement orwellien…), c’est la loi d’habilitation permettant au futur gouvernement de démonter par ordonnances le code du travail qui tient le haut de l’affiche. Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles. Emmanuel Macron n’a en outre pas caché que ces « réformes » au pas de charge répondaient aux souhaits de Berlin (Angela Merkel n’a pas attendu une heure après la fermeture des bureaux de vote pour envoyer un message de félicitations aux Marcheurs…) et positionnait ainsi la France en bon élève européen.

Non que le nouveau maître de l’Elysée soit un docile adjudant-chef exécutant fidèlement les ordres de l’UE. Il aspire en réalité à être, avec la chancelière, un des décideurs au sein d’un directoire européen. Car l’Union européenne n’est pas une abstraction, mais l’outil indispensable pour tenter d’imposer aux peuples ce que ces derniers auraient eu la force de refuser au niveau national.

A Bruxelles et dans les cénacles politico-médiatiques inspirés, il est désormais de bon ton, après la victoire d’Emmanuel Macron, de fêter le déclin du « populisme ». Entendre par là : les résistances aux projets économiques, sociaux et sociétaux de l’oligarchie.

Les plus lucides, cependant, attendent un peu avant de déboucher le Champagne. Car, après le code du travail, c’est le transfert de la protection sociale vers la CSG qui se profile, ainsi que 60 milliards de coupes dans les dépenses publiques – également un impératif européen.

Il n’est pas certain que le nouveau chef de l’Etat ait devant lui une Marche tranquille.

 

https://ruptures-presse.fr/actu/legislatives-resultats-macron-bruxelles/

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Vive la France Libre, par Clément Maillard.

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Vive la France Libre, par Clément Maillard.

Ceux qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête de l’oligarchie capitaliste Française, ont pu former un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant d’une soi-disant nécessité de soumettre la France aux politiques austéritaires de l’union européenne, s’est mis en rapport avec les ennemis du peuple Français.

Des citoyens dupés ont pu capituler, cédant à la panique instillée par les médias, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude envers l’impérialisme euro-atlantique prônée par Macron. Cependant, rien n’est perdu !

Rien n’est perdu parce que cette lutte est mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces, Brésiliennes, Russes, Indiennes, Chinoises, écraseront notre ennemi européiste. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur.

Car la France n’est pas seule. Elle n’est pas seule ! Elle a avec elle des centaines de millions de Francophones, dans le monde entier, qui partagent sa culture. Elle peut s’allier avec le Royaume-Uni qui tient son Brexit et continue la lutte contre l’intégration forcée européiste.

Voilà pourquoi les Français doivent s’unir dans l’espérance, quelle que soient leurs opinions ou origines, pour défendre notre souveraineté, notre indépendance et nos acquis sociaux.

Notre pays est en danger de mort. Luttons tous pour le sauver !

VIVE LA FRANCE LIBRE !

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Gérard Chaliand : « Le prestige de Daech n’est plus aussi grand »

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Daesch, #Le fascisme

Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017

ENTRETIEN Malgré des attentats hors de sa base en Irak et en Syrie, Daech est affaibli, selon Gérard Chaliand, géostratège et spécialiste de l’étude des conflits armés.

Les pays d’expansion sont rares, excepté l’Afghanistan.

Opération anti-Daech dans la province de Nangarhar en Afghanistan, le 26 juin 2016. / Rahman Safi

Peut-on parler d’expansion de Daech vers de nouveaux territoires, en Asie et en Afrique notamment ?

Gérard Chaliand : Disons qu’il y a une gesticulation dans ce sens, comme l’a très bien illustré récemment la menace de déstabilisation de la Chine par des combattants de Daech issus de la minorité ouïgoure.

Mais ce sont avant tout des opérations de communication. Organiser des attentats spectaculaires à droite et à gauche pour montrer que l’on existe toujours ne revient pas pour autant à constituer de nouveaux fronts. Et dans tous les cas, aucun front n’est possible avant la bataille de Rakka.

Quels pourraient être ces nouveaux territoires en cas de chute de Rakka ?

G. C. : Une expansion au Sahel me paraît peu probable car la région est sous-peuplée. Elle n’offrirait pas à Daech la possibilité d’un contrôle de la population.

Le cas du Nigeria me paraît improbable lui aussi, car ses combattants y seraient des étrangers absolus. Il leur faudrait des acteurs locaux pour faire propagande. En fait, les perspectives sont plutôt en Asie.

À quels pays pensez-vous en particulier ?

G. C. : Il y a eu des attentats à Djakarta, mais ils ne révèlent pas une lame de fond. L’Indonésie se développe et affiche une croissance économique qui constitue une réponse majeure à l’islamisme. Quant à la Malaisie, l’islamisme ne s’y apparente pas à l’islamisme radical de type wah-habite. C’est un islamisme ultranationaliste que les dirigeants utilisent pour marginaliser les minorités chinoises.

C’est surtout en Afghanistan qu’il faut regarder, Daech y fait de nombreux progrès par rapport aux talibans. Plusieurs conditions sont réunies : il y a un gouvernement soutenu par l’étranger, des forces étrangères, qui certes ne combattent pas, un niveau d’instruction très faible, une économie délabrée. Il faut aussi penser au Bangladesh, un pays de plus de 150 millions d’habitants où l’islamisme progresse dans un contexte de croissance économique dérisoire.

Quels sont les liens entre Daech au Levant et Daech en Afghanistan ?

G. C. : Il y a des liens idéologiques et humains, Daech envoyant en Afghanistan un certain nombre de cadres organisateurs. Mais l’essentiel des ressources humaines sont locales. Pour ce qui est des armes, il est possible de s’en procurer sur place. Quant aux fonds, ils viennent en général du Golfe.

Quel est l’avenir de Daech ?

G. C. : Il est loin d’être extraordinaire. En Irak et en Syrie, Daech a démontré les capacités de résistance et la détermination à mourir de ses militants. Il a sauvé son aura, prouvant qu’il n’est pas un tigre de papier. Mais la bataille de Mossoul et celle qui se profile à Rakka sont de sévères défaites qui détruisent deux éléments essentielles : la prétention à la territorialisation, qui était la grande innovation de Daech, et la disparition symbolique de la frontière entre l’Irak et la Syrie, héritée des accords Sykes-Picot (signés entre la France et le Royaume-Uni en 1916, NDLR).

La disparition du « calife », Abou Bakr al-Baghdadi, qui arrivera peut-être un jour, serait aussi une autre défaite. Ainsi, le prestige de Daech n’est plus aussi grand qu’à l’été 2014, où la victoire paraissait au bout du fusil.

Faut-il donc comprendre les actions qu’il mène en Asie comme autant de tentatives de rebond après les revers enregistrés en Irak et en Syrie ?

G. C. : Oui, il cherche à sauter d’un damier sur l’autre pour signifier son ubiquité et la vivacité de son idéologie. Effectivement, cette idéologie n’est pas morte et continue d’animer un certain nombre de personnes, mais c’est une minorité. Et sur le long terme, Daech n’a aucun programme économique. Or, pour venger, comme il le propose, l’humiliation historique faite à ceux qui ont perdu la place qu’ils occupaient, il lui faut produire de la croissance économique.

Recueilli par MARIANNE MEUNIER
 
 
 
 
Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017
 
 
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Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»
Gérard Chaliand (capture)
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spécialiste des relations internationales Gérard Chaliand esquisse un début de réponse et de réflexion pour RT France.

RT France : Que va changer l'implication militaire russe en Syrie ?

Gérard Chaliand (G.C.) : Cela ne va pas changer le problème mais cela va contenir et affaiblir les divers mouvements djihadistes, lesquels ne se limitent pas d'ailleurs seulement à Daesh. Il y a d'abord le fameux Front al-Nosra, qui est le représentant d'Al-Qaïda localement. Il y a ensuite une nébuleuse qui comporte presqu'une dizaine de mouvements, et qui porte le nom de Jaish al Fatah (Armée de la victoire ou de la conquête). Ces deux mouvements sont soutenus par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite, ce qui est une alliance circonstancielle assez exceptionnelle. Le fait que la Russie s'engage militairement, malgré les apparences, rend service aux Etats-Unis et à toutes les chancelleries occidentales. La Russie va faire un effort que nous ne faisons pas suffisamment. Cela va aussi forcer les Américains à être plus présents. Quant à l'argument que cette implication russe renforce Bachar el-Assad, selon moi, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal. La réponse est simple : ce sont les islamistes.

En savoir plus : Poutine sur les frappes en Syrie : on lutte contre le terrorisme par anticipation

RT France : Que pensez du timing entre l'ouverture d'une enquête pour crime de guerre contre Bachar el-Assad et le ballet diplomatique renforcé à l'ONU autour de la question syrienne ?

G.C. : Il y a là une étrange coïncidence. On tente de montrer que la vraie menace est Bachar el-Assad alors qu'il faudrait sérieusement s'occuper d'affaiblir les islamistes. D'ailleurs de ce côté-là on ne fait pas le travail nécessaire. Quand on regarde le nombre et la fréquence des bombardements en ce moment en Syrie par la coalition occidentale, c'est environ dix fois moins que ce qui a été fait au Kosovo en 1999. C'est en-dessous de ce qui serait nécessaire.

L'obsession française de dire que Bachar el-Assad est l'adversaire absolu a été aussi une erreur

RT France : Comment jugez-vous la position française en Syrie? Vous semble-t-elle cohérente, équilibrée ?

G.C. : Je trouve qu'on a mis beaucoup de temps à intervenir en Syrie. Quand on s'est décidé à le faire, le prétexte de légitime défense était un peu tiré par les cheveux. On aurait pu aisément comprendre que notre adversaire combattu en Irak ne l'était pas en Syrie, alors que les frontières n'existent plus entre ces deux pays. Et l'obsession française de dire que Bachar el-Assad est l'adversaire absolu a été aussi une erreur. Après tout, on le recevait avec le tapis rouge jadis. Le problème n'est pas Bachar el-Assad, qui ne veut pas faire d'attentats sur le sol européen. C'est là l'agenda des autres. Il ne faut pas se tromper d'adversaire. Ce mélange de moral et de realpolitik n'est pas très bon.

La Libye a été une énorme bêtise.

RT France : La France a-t-elle encore une politique arabe ? Ces dernières années, elle semble s'être résumée à des bombardements, en Libye, en Irak et maintenant en Syrie...

G.C. : La Libye a été une énorme bêtise. Le Conseil de sécurité avait délivré un mandat pour défendre la population de Benghazi. Nous l'avons dépassé et nous avons été jusqu'à faire liquider un président, ce qui évidemment n'était pas du tout dans le mandat. Si les Chinois ou les Russes avaient fait cela, on aurait crié à l'intolérable. A l'illégalité totale. Quatre ans plus tard on voit les dégâts collatéraux que cela a entraîné, dans le Sahel notamment.

RT France : Les amitiés françaises avec les monarchies arabes ou même l'alignement sur les Etats-Unis n'ont-ils pas enfermé la diplomatie française ?

G.C : Est-ce vraiment une diplomatie? On est avec ceux qui peuvent nous acheter, avec ceux qui peuvent nous payer. Le dos au mur, on est content d'avoir vendu les navires russes aux Saoudiens, car ce sont eux qui ont payé pour les Egyptiens en réalité. On vend des Rafales, et voilà tout. Ce n'est pas une diplomatie, ce sont des affaires. En échange de ce qu'on nous achète, nous faisons des choses qu'on n'aurait pas imaginé à l'époque de Charles de Gaulle. La France, en 40 ans a dégringolé de statut.

RT France : Vous dites que Daesh sera défait et qu'il s'agit là surtout d'une vaste entreprise de communication qui n'a pas forcément de ressources militaires solides. Pourquoi ?

G.C. : Militairement Daesh est modeste. Ils sont 25 000 combatttants sérieux. Daesh contrôle de fait une région sous-peuplée : un triangle désertique entre Raqqa, Palmyre et Deir el Zor. Quand on nous dit qu'il contrôle un territoir grand comme la Grande-Bretagne, ce n'est pas si simple. C'est une zone que je connais bien. Ce qui compte vraiment en Syrie d'un point de vue stratégique est la région côtière et ses 200 kilomètres à l'intérieur des terres : là sont les zones urbaines peuplées.

Ils ne se sont pas illustrés par des succès militaires, mais par leur présence médiatique par le contrôle des réseaux sociaux. Par une théâtralisation de l'horreur, ils ont réussi à être dans tous les médias occidentaux, qui, avec une obligeance imbécile ont relayé leur propagande en boucle. En Israël par exemple, quand il y a un attentat, on ne montre pas les cadavres car on ne veut pas déstabiliser les esprits.

https://francais.rt.com/opinions/7628-gerard-chaliand-syrie

 

 

 

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La Grève des électeurs, par Octave Mirbeau

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Le grand banditisme

La Grève des électeurs, par Octave Mirbeau

Source : Wikisource, Octave Mirbeau, 28-11-1888

Le Figaro 28 novembre 1888
Octave Mirbeau

 

La Grève des électeurs

Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.

Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?

Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ?

Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ?

Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout.

Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, â chauvin !

Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain.

Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait.

Mais les autres ?

Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ?

Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus… Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ?

Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.

Et c’est cela qui est véritablement effrayant.

Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ?

Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces.

Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.

Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.


Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maitres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.

Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera.

Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.

 

Commentaire

Je suis à la pêche Le 18 juin 2017 à 06h46
 
 

Ouf ! 1888.

Je n’avais pas vu la date, je croyais que l’auteur vivait un accès de révolte et voulait se faire radier du métier de journaliste : pas de faute de français élémentaire, pas d’anglais ridicule, pas de contradiction grossière, etc. Pire que tout, de l’engagement et du sens, qu’on soit d’accord ou pas avec le propos.

Ca va, le mec est mort, il peut exprimer sa lucidité et son intelligence sans danger.

Vu la détresse intellectuelle de la presse d’aujourd’hui… je ne serais pas surpris si un journaliste actuel accusait Mirbeau d’être pro-Poutine et de vouloir saboter le scrutin.

 

http://www.les-crises.fr/la-greve-des-electeurs-par-octave-mirbeau/

 

 

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L’appel du 18 juin du Général de Gaulle il y a 77 ans et pourtant si proche...

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #le nazisme, #Politique étrangère, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Histoire

 L’appel du 18 juin du Général de Gaulle il y a 77 ans et pourtant si proche...

Français!

A l’appel de M. le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat (*).

Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la patrie.

Philippe Pétain, 17 juin 1940

(*) Tel est le texte qui fut prononcé. Sur la suggestion de Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, la phrase fut rectifiée – inutilement et maladroitement – de la manière suivante : “C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut tenter de cesser le combat.”

De Gaulle répondit ceci :

Le contexte

Le 16 juin 1940 suite à la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir le lendemain pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat.
Accompagné de son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel, il s’installe provisoirement dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.
Il y rédige le texte de l’Appel qu’il prononce le 18 juin 1940, vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Dans ses Mémoires de Guerre le Général décrit les circonstances qui ont entouré l’Appel.

« La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s’offrait pour cela. Dès l’après-midi du 17 juin, j’exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre qu’aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la B.B.C. à ma disposition. Nous convînmes que je l’utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l’armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu’il l’avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l’on connaît. »

Texte de l’appel du 18 juin

“Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres.”

L’appel du 22 juin

Il n’y a pas eu d’enregistrement (audio ou vidéo) de l’Appel du 18 juin 1940 contrairement à celui du 22 juin 1940 avec lequel on le confond souvent :

TEXTE DE L’APPEL du 22 JUIN 1940

Le gouvernement français, après avoir demandé l’armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l’ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l’air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l’Allemagne et de l’Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie.

Je dis l’honneur, car la France s’est engagée à ne déposer les armes que d’accord avec ses alliés.

Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n’a pas le droit de se rendre à l’ennemi.

Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.

Oui, nous avons subi une grande défaite.

Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.

Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d’or.

Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.

Il nous reste les gigantesques possibilités de l’industrie américaine.

Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.

Je dis l’intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n’est pas une guerre franco-allemande, qu’une bataille puisse décider.

Cette guerre est une guerre mondiale.

Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd’hui, le resteront demain.

Même les alliés de l’Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?

Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.

Tout ce qui peut être réuni en fait d’éléments militaires français et de capacité française de production d’armement doit être organisé partout où il y en a.

Moi, général De Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J’invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l’air, j’invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J’invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l’air, où qu’ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance !

Manuscrit de l’appel du 18 juin

Le manuscrit authentique de l’appel du 18 juin est composé de 4 feuillets. Ils sont la propriété de l’amiral Philippe de Gaulle (© amiral Philippe de Gaulle / Bridgeman Giraudon)

 

Réponses à [77 ans…] L’appel du 18 juin du Général de Gaulle

 

Georges Clounaud Le 18 juin 2017 
 
 

Mon cher Olivier, je reconnais bien toute votre malice dans ce salvateur rappel historique.
Ce 18 juin 2017, un raz-de-marée de marcheurs va envahir l’Assemblée Nationale et s’apprête à livrer le pays à la servitude néolibérale. “Un gouvernement de rencontre, oubliant l’honneur va capituler devant les marchés financiers. Mais rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces libres n’ont pas encore donné. Un jour ces forces écraseront l’ennemi…”
J’aurais pu reprendre jusqu’au bout ces phrases, ces mots qui n’ont jamais autant été d’actualité. En ce dimanche matin caniculaire, j’ai la rage, une rage de sans-dents !
Cette horde de “marcheurs progressistes” animée par la seule foi du profit et encouragée par la loi du plus fort cherchera à dépecer encore plus notre beau pays blessé par la mondialisation libérale et son “système social archaïque”.
Puissions-nous entendre une nouvelle fois cet appel, nous de la France d’en bas, quelles que soient nos origines et nous unir tous pour mettre fin à cette barbarie moyenâgeuse maquillée grossièrement en progressisme indépassable !

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GRÈCE: la violence imbécile des créanciers !

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Grèce, #Le fascisme, #l'horreur économique

Publié par El Diablo

Grève et manifestation, le 25 mai 2017, des motocyclistes livrant de la nourriture

Grève et manifestation, le 25 mai 2017, des motocyclistes livrant de la nourriture

Par Michel Husson

Le 18 mai 2017, le Parlement grec a voté à une courte majorité (les députés de Syriza et ANEL: soit 153 députés sur 300) un nouveau train de mesures d’austérité qui couvre la période 2018-2021. En réalité, il s’agit de la transposition d’un volumineux document de 941 pages préparé par les créanciers et de la mise en musique de «l’accord» conclu avec la Commission européenne le 2 mai. Le document préparatoire, le Draft Preliminary Agreement [1] (que le site Keep Talking Greece a fait fuiter) donne un aperçu de l’étendue des champs couverts. La Grèce n’est plus une démocratie: ce sont les créanciers qui rédigent les lois.

L’acharnement

Cela n’a pourtant pas suffi. La réunion du 22 mai de l’Eurogroupe (la réunion des ministres des finances) devait acter la bonne mise en œuvre des réformes en cours. Cela aurait permis de débloquer une nouvelle tranche de prêt de 7,5 milliards d’euros permettant de faire face à une échéance de 7 milliards en juillet et de rendre les titres de la dette grecque éligibles à la BCE (Banque centrale européenne). Mais les ministres européens ont refusé de donner quitus à leur collègue grec, certaines des réformes, notamment des retraites, n’étant pas assez avancées à leurs yeux.

La position des Européens était dictée par Wolfgang Schäuble et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Elle consiste à maintenir une pression constante sur les Grecs et à repousser autant que possible toute discussion sur un nouvel allègement de la dette grecque que demande le FMI. Les motivations sont évidemment d’ordre politique (les prochaines élections en Allemagne), doctrinal (le respect des règles) et punitif (tuer toute velléité de politiques alternatives).

Il existe par ailleurs une divergence de vues entre les institutions européennes et le FMI. Ce dernier souffle le chaud et le froid: il déclare que la dette grecque est insoutenable, mais préconise en même temps des mesures supplémentaires encore plus dures que celles des Européens. Cette position difficile à interpréter renvoie à la volonté de ne plus reproduire l’erreur commise en 2010, qui avait consisté à violer ses statuts qui lui interdisent de prêter à un pays dont la dette est insoutenable [2]. A l’appui de cette interprétation, on peut remarquer que le FMI débat actuellement des State-contingent Debt Instruments for Sovereigns. Il s’agit de titres de la dette publique dont les intérêts et le principal sont indexés sur le PIB (GDP-linked bonds) ou à maturité variable (sovereign cocoscontingent convertibles). Mais les directeurs exécutifs sont partagés comme le montre le compte-rendu de la discussion sur le rapport du staff du FMI [3], publié par coïncidence le même jour que la réunion de l’Eurogroupe. Le FMI est donc divisé, en butte aux obstructions des représentants européens en son sein.

La feuille de route de Bruno Le Maire

Yanis Varoufakis rappelait récemment [4] les promesses de soutien en faveur d’une « solution durable» que lui avait faites Emmanuel Macron, alors qu’ils étaient tous deux ministres.

[…]

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