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Le blog de Lucien PONS

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François Hollande souverainiste (européen). Le 9 Novembre 2015

10 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La Russie, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Le capitalisme;

François Hollande souverainiste (européen)

Le 7 octobre dernier, Marine le Pen et François Hollande se sont interpellés à Strasbourg (cf. la vidéo). Marine le Pen a dénoncé, sans grande finesse, une Europe allemande. L'événement a été beaucoup commenté. Ce qui l'a peu été, c'est la réponse de Hollande.

 

 

Notre bon président, improvisant sous la charge, conclut ainsi : "La souveraineté n'a rien à voir avec le souverainisme, la souveraineté européenne, c'est d'être capable de décider pour nous-mêmes et d'éviter que ce soit le retour aux nationalismes, aux populismes, aux extrémismes qui nous imposent aujourd'hui d'aller dans un chemin que nous n'avons pas voulu."

Je passe sur la fin de sa phrase, qui n'est pas claire du tout (sur quel chemin allons-nous que nous n'avons pas voulu prendre mais que nous sommes forcés de prendre pour éviter les extrêmes ? La construction européenne elle-même?) Je relève surtout que Hollande défend le principe d'une souveraineté européenne. Certes, il écarte un "souverainisme", mais c'est pour mieux lâcher que sa tâche réelle est de construire une souveraineté européenne.

Cela fait un moment que, ça ou là, l'aveu en est fait. J'avais notamment relevé un article de Guillaume Duval en ce sens, en 2012 ("Des nouvelles du souverainisme européen").

Mais enfin, de la part du président français, c'est assez nouveau. Alors qu'officiellement le bien de la nation est toujours la tâche principale du chef de l'exécutif, il apparaît plutôt ici, assez crûment, qu'il s'agit de défaire la souveraineté nationale au profit de la souveraineté européenne. Le débat n'est jamais présenté en ces termes, car on pourrait alors débattre rationnellement des avantages et inconvénients de ce changement d'échelle (sur le mode: gagne-t-on en efficacité à l'échelle européenne ce que l'on perd en capacité de décision ?)

Il est plus facile de vendre un débat artificiel où l'on renvoie la souveraineté dans le camp du mal (souverainisme), le camp de la construction européenne étant paré de toutes les vertus.

En réalité, les partisans de la construction sont des souverainistes européens. Hollande pourrait être plus clair en ce sens. Il a fallu, pour ce demi-aveu, qu'on le fasse sortir de ses gonds. C'est en cela qu'il n'est pas un homme d'Etat : il mène une politique qu'il n'assume pas.

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Zakhartchenko a exhorté la communauté internationale à s’unir contre la renaissance du nazisme.

10 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #le nazisme, #Le fascisme, #La République, #La Russie, #La France, #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Terrorisme

Zakhartchenko a exhorté la communauté internationale à s’unir contre la renaissance du nazisme

« Aujourd’hui 9 novembre, le monde civilisé tout entier célèbre la Journée internationale contre le fascisme, le racisme et l’antisémitisme. Il y a 77 ans en ce jour, l’Allemagne nazie s’était livré au massacre de la Nuit de Cristal. Cet événement a sonné le coup d’envoi pour le génocide du peuple juif et une déclaration de guerre réelle à l’Humanité toute entière ».

 

« Les Soviétiques grâce à leur héroïsme et des sacrifices énormes et sans précédent avaient remporté la victoire finale empêchant la destruction et l’asservissement de millions de personnes à travers le monde. Aujourd’hui, toutefois, le fascisme a de nouveau relevé la tête. En ce jour, je demande à tous les habitants de notre République de tout faire pour arrêter la propagation du fascisme ».

 

« Nos idéaux sont le respect des droits et des libertés de chaque citoyen, l’établissement de la paix et de l’amitié durable entre les peuples et les nations. Ces principes sont à la base de notre état indépendant, la République populaire de Donetsk ».

 

« Et nous demandons à tous les gouvernements du monde à s’unir contre la renaissance du fascisme. Sur cette base, en plus de la lutte contre le terrorisme, pourrait être créé une coalition internationale dont la mission, pour assurer un avenir paisible et radieux pour nos enfants et petits-enfants » a déclaré le Président de la RPD, Alexandre Zakhartchenko.

Agence DONi News

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L'immonde et la honte. Aveuglés par la servilité, la haine et la stupidité. Par Erwan Castel.

8 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #Les média, #Terrorisme, #Le grand banditisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #L'OTAN., #Daesch, #ISIL

Aveuglés par la servilité, la haine et la stupidité

Rappel des faits : Au moment des interventions de l'aviation russe en Syrie contre les positions des terroristes islamistes, un avion de ligne  civil russe A321 de  l'Airbus 321 de la compagnie russe «Kogalymavia», a été abattu le 31 octobre 2015 au dessus du Sinaï égyptien; entrainant la mort des 224 personnes qui étaient à son bord.
 
J'ai tout d'abord hésité a publier l'immonde mais in fine, il fallait bien que ce torchon français adulé par notre gouvernement montre lui même l'infamie de son immoralité méprisante . 
Je ne reviendrai pas sur le débat qui il y a bientôt un an avait mobilisé la France autour des attentats contre les journalistes de l'hebdomadaire satirique et surtout de la mobilisation manipulée qui s'en était suivie (voir les articles publiés ici : Charlie Hebdo); mais je reléverai juste que les journalopes propagandistes de ce torchon, dans un coutumier "double standard" se complaisent aujourd'hui à insulter une nation qui s'était mobilisée en janvier 2014 guidée par la dignité et la compassion, pour exprimer sa solidarité avec les victimes des attentats parisiens.
 
L'élan naturel du coeur a fait place aujourd'hui à un écœurement légitime de l'esprit...
 
 
Ces caricatures odieuses de Charlie Hebdo, insultant la mémoire des victimes du crash de l’Airbus russe, illustrent bien la mentalité qui domine les responsables politico médiatiques occidentaux, gavés de russophobie par leur maître étasunien.
 
Arriver à soutenir des terroristes islamistes parce qu'ils sont la cible d'avions russes pourtant autorisés par l'ONU et réclamés par le gouvernement Syrien légitime, et tout simplement criminel !
Mais se réjouir de la mort de 224 passagers et membres d'équipage d'un avion de ligne russe vraisemblablement victimes d'un attentat relève tout simplement de l'abjection la plus immonde.

Surtout qu'à bien y réfléchir, les "Charlie" critiquent l'intervention russe qui élimine ceux qui ont assassiné leurs journalistes satiriques et ce, jusqu'à se réjouir de leurs nouvelles victimes ! On voit jusqu'à quelle débilité le fanatisme cynique peut-il conduire !
 
Que les gouvernements occidentaux et en particulier celui qui prétend me représenter, cautionnent et même initient un tel mépris amoral et inhumain,  me laisse tout simplement pantois et désespéré de l'héritage français ciselé dans l'Histoire. Même les lois originelles de la guerre interdisent à l'encontre d'ennemis morts un tel comportement inqualifiable !
 
Les larbins qui aboient dans la pestilence de leur niches étasuniennes sont devenus la honte de notre civilisation européenne, et ils ont rejoint dans l'opprobre de l'Histoire les bourreaux des bûchers inquisitoriaux, les kapos des camps de concentrations nazis ou les pilotes bombardant Hiroshima ou le Vietnam, tous zélés exécuteurs de génocides qui ravalent l'Homme loin derrière la bête la plus sauvage vivant dans le secret des forêts oubliées.
 
Comment ne pas succomber à la tentation du nihilisme en observant ce que sont devenues les nations qui ont façonné l'Europe ? Et quand bien même resterait-il un espoir, ce dernier ne pourra être sauvé que si des hommes vident les poubelles que sont devenus nos palais républicains et acceptent pour sauver notre avenir de "faire le mal pour éviter le pire"...
 
En attendant "le jour où les traîtres paieront", je m'incline doublement devant la mémoire des victimes de l'airbus russe, la douleur de leurs familles, mais aussi, écrasé par la honte, devant les peuples de Russie insultés par nos "élites"  représentatives occidentales .
 
Non, encore plus aujourd’hui qu'hier, "Je ne suis pas Charlie !!"
 
Erwan Castel, volontaires en Novorossiya 
 
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Réaction aux caricatures de l'ambassade de Russie à Paris 
 
 
"Nous sommes profondément indignés par d’ignobles caricatures parues dans le dernier numéro de "Charlie Hebdo", qui s'en prend au crash de l'avion de ligne russe en Egypte. Il est inimaginable que cette affreuse tragédie qui a emporté 224 vies humaines, dont 25 enfants, puisse être tournée en dérision pour piétiner la mémoire des victimes innocentes.
 
Peu importent la cause, le contexte politique ou le lieu du crash. Ce qui compte – c'est que les gens y sont morts. Parfois des familles entières. Des milliers de russes y ont perdus leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs parents ou tout simplement leurs amis. Et voilà que les journalistes du "Charlie Hebdo" y trouvent de quoi ricaner… De la satire malséante et outrageante qui est au-delà de toute norme du moral, de l'éthique, de la dignité, de l'humanisme… Ces caricatures sont une violation criante de la déontologie journaliste, qu'aucun discours sur la liberté de parole et de la presse ne peut justifier. C'est tout simplement indécent.
 
 
Les journalistes du "Charlie Hebdo" ont outragé tous les russes qui sont aujourd'hui en deuil, ils ont offensé les milliers de nos compatriotes dont les pensées était avec eux le jour de l'attaque terroriste au journal en janvier dernier, tous ceux qui arboraient le slogan "Je suis Charlie". Mais au bout du compte par cet "humour" déplacé et intempestif ils ont insulté la France elle-même, leurs propres concitoyens qui comme les gens du monde entier ont fait ces jours-là compassion aux victimes du crash en Egypte et à leurs proches. Il ne reste qu'à espérer que la France et les français jugeront cette démarche provocatrice de "Charlie Hebdo" à sa juste valeur."
 
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L’Ouest est secrètement enchanté de la destruction de l’avion russe
 
 
Que cache cette volonté unanime des médias mensonges et de leurs fournisseurs de mensonges (les officiels atlantistes) à vouloir faire penser que le crash de l’avion de ligne russe en Egypte avait été causé par une bombe daeshienne ? C’est tout juste s’ils ne nous décrivent pas son mécanisme de mise à feu, son poids et l’endroit où elle a été posée. Ces mêmes médias définissent comme théoricien du complot toute personne qui remet en cause la version officielle, celle de ceux qui ont en charge l’enquête officielle. Rigolo, non ? Orwellien, en tout cas… RI
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Un avion de ligne russe à destination de Saint-Pétersbourg s’est écrasé alors qu’il survolait la péninsule égyptienne du Sinaï, tuant toutes les personnes à bord. Récemment des combats acharnés ont eu lieu dans la péninsule car la présence des organisations terroristes soutenues par l’étranger a augmenté, aussi un soupçon immédiat a été soulevé concernant une attaque terroriste potentielle impliquant soit une bombe apportée à bord soit un missile tiré du dessous.
 
Comme la Russie mène son enquête sur la catastrophe, le reste du monde objectif attend les réponses. Pour d’autres, ils ont déjà commencé à élaborer des récits utilisant la catastrophe à leurs fins personnelles. Un tel individu est John Bradley, un collaborateur régulier de la revue The Economist, The Forward, Newsweek, The New Republic, The Daily Telegraph, Prospect et The Independent.
 
Il a également enseigné au think-tank politique basé à Washington, l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, et pendant plus de 2 ans, a eu accès presque illimité à travers l’Arabie Saoudite lors de l’écriture de son livre apprécié par l’establishment, « l’Arabie Saoudite exposée : à l’intérieur un royaume en crise ».
 
Son travail le plus récent est une tribune libre peu recommandable pour le journal anglais Spectator intitulé, « Le crash de l’avion russe pourrait saper la stratégie de Poutine en Syrie. » Dans ce document, Bradley répond commodément à la question la plus importante qui sera posée si les enquêteurs déterminent que la destruction de l’avion était un acte de terrorisme, « Cui Bono ? »
 
Bradley décrit non seulement comment la catastrophe aide à saper davantage l’Egypte, (une nation luttant pour un équilibre entre apaiser les intérêts occidentaux et éviter un effondrement « de style Libyen » au sein de ses propres frontières) mais aussi comment l’incident pourrait saper les efforts de la Russie en Syrie.
 
Bradley déclare :
 
Il semble maintenant assez probable qu’une explosion a abattu l’avion de ligne russe russe au dessus de la péninsule du Sinaï en Egypte au cours du week-end. Un officiel de Metrojet a déjà suggéré que la « seule cause explicable est un impact physique sur l’avion » et ils ont exclu une défaillance technique ou une erreur humaine. Si l’enquête en cours prouve que c’est le cas, cela aura évidemment un impact immédiat et catastrophique pour l’industrie touristique de l’Egypte déjà décimée.
 
En ce qui concerne la Russie en particulier, il déclare :
 
Mais ce serait également la nouvelle la plus importune possible pour Vladimir Poutine, qui a vendu une intervention militaire en Syrie au peuple russe comme un moyen de les rendre plus sûrs. À leur tour, les adversaires de l’intervention russe – les États-Unis, la Turquie et les despotes arabes du Golfe – seraient en privé enchantés. Car ceci n’est-il pas la preuve de leur argument selon lequel l’intervention russe ne fait que compliquer la situation sur le terrain, tout en augmentant la menace d’attaques terroristes ?
 
Mais si l’avion de ligne abattu se révèle être victime du terrorisme, non seulement « les Etats-Unis, la Turquie et les despotes du Golfe arabe » seraient « en privé enchantés » il apparaît également que ISIS leur aurait fourni une carte bien nécessaire à jouer au cours des futures négociations concernant le conflit en Syrie. Après avoir noté que ISIS s’est attribué la responsabilité de l’avion abattu comme il se refermait sur une autoroute utilisée pour ravitailler les forces syriennes opérant à Alep, Bradley explique :
 
Tous [dans les les négociations], bien sûr, se rendent compte qu’il ne vaut la peine de négocier qu’à partir d’une position de force. Les alliés anti-Assad vont espérer que Poutine craindra maintenant un nouvel Afghanistan, et sera donc plus souple sur la question du départ d’Assad. Ils seront également déterminés à augmenter leur soutien pour les soi-disant « rebelles modérés », surtout étant donné que Washington a récemment envoyé des forces spéciales pour les « conseiller » (ou, en d’autres termes, agir comme boucliers humains contre les bombes russes).
 
Bradley résume sa tribune libre célébrant presque le fait que ceux qui supposaient que l’entrée de la Russie dans le conflit syrien signifierait sa conclusion rapide « se trompaient lourdement. »
 
S’il s’avère que les terroristes abattirent l’avion de ligne russe, cela certainement satisfait le résumé de Bradley concernant « Cui Bono ? » Bradley lui-même admet que les forces spéciales américaines ne servent qu’à être des « boucliers humains » pour les militants soutenus par l’Ouest contre les frappes russes. Ces mêmes militants se sont ces derniers jours, coordonnés ouvertement avec ISIS dans les avances mentionnées par Bradley le long de l’autoroute syrienne. Il est clair que ISIS n’est pas une troisième équipe en compétition dans ce conflit régional, mais bien un membre de l’équipe qui récolte le plus de bénéfices de son existence, « les Etats-Unis, la Turquie et les despotes arabes du Golfe. »
 
Ulson Gunnar
 
 
Analyste géopolitique basé à New York et écrivant surtout pour le magazine en ligne « New Easter Outlook ».
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Hebdo : rira bien qui rira le dernier. Lettre ouverte à la rédaction
 
Par Françoise Compoint
 
"Rira bien qui rira le dernier. Chers satiristes d’Hebdo, ce n’est point une menace. Juste un constat de fait. Vous savez, ces petits constats sympathiques comme vous aimez en faire en invoquant, tels de doctes exorcistes, les mânes de la Révolution : liberté, laïcité, athéisme et … et que sais-je encore. Vous les invoquez, permettez-moi de le dire, à tort et à travers. Sous toutes les sauces. Qu’importe qu’il s’agisse de railler les victimes des explosions dans le métro de Moscou ou la mort d’un petit Syrien échoué sur une plage d’un monde consuméro-addictif marqué du sceau de McDo. Qu’importe qu’il s’agisse de vous payer la tête des Donbassiens, croupissant selon vous dans l’ennui suite à Minsk-2 ou, cette fois-ci, celle des victimes du crash au Sinaï.
 
Trente ans durant, vous aspiriez à vous dilater la rate en révolutionnant l’humour si bien qu’on en vint à se demander si oui, en effet, l’on puit rire de tout. Le cap du 9/11franchi, vous avez franchi celui de l’entendement. Que nenni, vous n’avez pas touché aux débris fumants du World Trade Center et pourtant ! N’y avait-il pas matière à inspiration pour ces charognards du crayon que vous êtes ? Si vous en avez tiré profit, c’est bien pour vous rire de l’islam en amalgamant vicieusement ses divers courants et déviations, en exhibant le Prophète sous des jours pornographiques comme si l’âge, l’expérience et la décence n’avaient jamais eu raison de vos fantasmes génitaux. Les relents de caniveau qu’exhalent vos caricatures ont été partiellement chassés par l’incendie qui a dévasté vos locaux en 2011. Je n’applaudis pas ses auteurs, loin de là. Restons donc dans le constat de fait. Après tout, une rédaction en train de cramer, c’est aussi banal que des fragments de corps atterrissant sur des têtes de barbus. Pourquoi ne pas en faire un dessin aussi radieux qu’un feu de joie ? Un crâne en lunettes de soleil décorant l’immensité jaune du désert égyptien et songeant, tristounet, aux hilarités loupées de Air Cocaïne, n’est-ce pas aussi commun qu’un caricaturiste abattu à titre vindicatif par les fous d’un certain Dieu dont le nom importe peu ? Si l’on puit se rire impunément des vivants, pourquoi, à plus forte raison, ne pas en faire autant des morts ? Pourquoi pas des vôtres ? Sans oublier une brève légende dans le genre On a enfin trouvé moyen de les licencier!Le rire, n’est-il pas le propre de l’homme, messieurs-dames ? Alors rions bien, à gorge déployée, paraît que ça aide à maigrir !
 
Surtout, chers cocos,ne vous cachez pas derrière des critiques spirituelles de Poutine, du cléricalisme, d’Assad ou même de Depardieu. Vous n’en avez ni la culture, ni les moyens requis. Viendra un jour où le low cost intellectuel s’avèrera non moins périlleux que le low cost logistique russe et ce n’est pas avec vos torchons que les Français auront à en essuyer les dégâts. Les chrétiens marchent sur les eaux et les petits musulmans coulent, dites-vous ? Viendra un jour où, main dans la main, la chrétienté renaissant de ses cendres et l’islam authentique renverseront ce petit monde pourri jusqu’aux viscères mais insolemment aspergé de Chanel édifié sur les ruines des nations que vous méprisez pour ne pas avoir à vous mépriser vous-mêmes. Peut-être croyez-vous vous rattraper en brossant Hollande en maillot de bain lançant son appel de Président normal aux « noyés et noyées » des derniers mois. Je suis loin de porter M. Hollande dans mon cœur. 80% des Français sont loin de le porter dans leur cœur. Mais là, en l’occurrence, que faites-vous ? D’abord vous dressez le monde musulman contre le monde chrétien à travers le petit Aylan, ensuite vous faites allusion à la culpabilité des peuples occidentaux qui ne seraient pas assez engagés dans l’accueil des migrants. C’est quoi votre plan au juste ? Cependant, comme des langues et des mains bien moins déliées que les vôtres sont bien souvent coupées par la censure républicaine et qu’à vous, Charlie Hebdo, personne ne s’enhardit à faire barrage, force est de supposer que vous n’êtes rien d’autre que les enfants terribles et terriblement gâtés d’une élite de l’ombre qui vous autorise tout et n’importe quoi pourvu que vous ne touchiez pas à la forteresse américaine.
 
Racistes, il est vrai que vous ne l’êtes pas. Vous êtes aussi mondialistes que ces radicaux islamistes que vous prétendez combattre par vos gribouillis. Votre cruauté est la leur. Il semblerait, de surcroît, que vous ayez les mêmes sponsors ou du moins les mêmes inspirateurs. Quand ils coupent les têtes, vous coupez le peu d’humanité qu’il reste ici-bas. C’était hier. C’était en janvier. J’ai vu des Russes prendre part, parc Gorki, à la marche de commémoration des victimes de la rédaction Hebdo. J’ai vu de simples passants déposer des fleurs devant l’ambassade. J’en ai vu se signer. Aujourd’hui, si le drame se reproduisait, je ne verrais certainement personne. Car vous ne méritez guère toutes ces marques d’humanité. Non, vous n’êtes pas racistes. Vous êtes bien plus que ça. Les nazis avaient à peu près votre humour lorsqu’ils posaient, certains souriants, certains faisant les clowns, devant les gibets qu’ils dressaient. Symboliquement, ne partagez-vous pas leur niveau d’élévation ?
 
Lorsque la France gratifia vos morts d’un deuil national, elle vit en vous ses enfants qui l’aiment, qui s’inquiètent de son destin dans la mesure de leur talent, dans la mesure d’un humour noir souvent sordide mais décryptable aux yeux des plus indulgents. Or, lorsque vous instrumentalisez les morts de l’Airbus 321 en dénonçant par des voies détournées la politique de Poutine en Syrie, il vous échappe curieusement que chaque bombe larguée sur les multiples sites de l’EI est une balle en moins contre les représentants ingrats de ce microcosme insatiable et suffisant qu’est le vôtre. Une balle en moins contre les Charlie qui vous soutiennent sans vraiment comprendre, je le crains ou plutôt je l’espère, que chaque trait de votre crayon se nourrit de sang et de larmes. En pensant à ce que vous deviendrez quand le Système qui vous biberonne s’écroulera, il m’arrive de rire jaune. Rions donc ensemble tant qu’on y est. Chacun à sa façon.
 
 
Veuillez agréer, chers auteurs de Charlie Hebdo, l’expression de mon profond mépris."
 
Françoise Compoint
Sources de l'article :
 
- Site de l'ambassade de Russie en France, le lien : ICI
- Site RBTH, le lien : ICI
- Site Réseau International, le lien ; ICI
- Site Novorossiya Today, le lien : ICI 
 
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Habitués à obéir en se taisant…, par Manlio Dinucci

4 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'Italie., #La France, #La Russie, #Ukraine, #L'OTAN., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #Terrorisme

Habitués à obéir en se taisant…, par Manlio Dinucci

Le 3 novembre 2015

L'OTAN PRÉPARE L'UE À LIVRER BATAILLE CONTRE LA RUSSIE
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Les Européens ont tort de se rejeter la responsabilité des guerres actuelles. Elles sont toutes le fait de l’Otan à laquelle ils collaborent tous. Ils sont donc tous responsables de ces crimes, même si les deux seules puissances décisionnaires de l’Alliance atlantique sont les États-Unis et accessoirement le Royaume-Uni.
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Un convoi spécial de TIR porte-containers est parti le 26 octobre de la base italienne de Poggio Renatico (Ferrare), où a été constitué le Centre déployable de commandement et contrôle aérien de l’Otan, première unité de son genre [1].

Après avoir parcouru plus de 2 500 kilomètres à travers l’Autriche, la République Tchèque, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, avec aussi le soutien militaire de l’Allemagne, il est arrivé dans la base lettone de Lielvārde, à la frontière de la Russie, tout juste restructurée pour accueillir les drones Predator et autres engins volants militaires USA. C’est là, avec les équipements sophistiqués transportée d’Italie, qu’a été activé le Dars,
« fer de lance » du Centre déployable Otan de Poggio Renatico. Jusqu’au 27 novembre, dans le cadre de l’exercice semestriel Ramstein Dust, le Dars effectuera des « missions aériennes sur le vif et simulées dans l’espace aérien baltique », c’est-à-dire des répétitions de guerre contre la Russie.

Aux ordres du général italien Roberto Nordio, commandant du Centre déployable Otan de Poggio Renatico, lui-même sous les ordres du général états-unien Franck Gorenc qui dirige le Commandement aérien de l’Otan, lui-même sous les ordres du général états-unien Philip Breedlove, Commandant suprême allié en Europe nommé, comme ses prédécesseurs, par le président des États-Unis.

Tandis que de Poggio Renatico part la mission aérienne dans la Baltique au bord du territoire russe, la première effectuée en dehors du territoire italien, toujours de Poggio Renatico sont dirigées les opérations aériennes tactiques de la Trident Juncture 2015, avec la participation de plus de 160 chasseurs-bombardiers, avions pour l’approvisionnement en vol, hélicoptères et drones qui opèrent depuis 15 bases aériennes en Italie, Espagne et Portugal.

La Trident Juncture est un exercice de guerre dirigé manifestement contre
la Russie qui —a déclaré à Trapani Birgi le vice-secrétaire de l’Otan, l’États-unien Vershbow, en renversant les faits— « a illégalement annexé la Crimée, soutient les séparatistes en Ukraine et est entrée dans la guerre en Syrie du côté d’Assad », en créant « une situation potentiellement plus périlleuse que celle de la Guerre froide ». L’URSS disparue, présentée à l’époque comme puissance agressive dont l’objectif était d’envahir l’Europe occidentale, on crée maintenant à Washington le nouvel « ennemi », la Russie, en mettant en acte en Europe la politique du « diviser pour régner ».

Et l’Otan (qui s’est étendue à tous les États de l’ex-Pacte de Varsovie et à trois de l’ex-URSS) se mobilise en préparatifs de guerre qui provoquent inévitablement des contre-mesures militaires du côté russe.

L’Italie se trouve à nouveau en première ligne, avec un gouvernement qui obéit aux ordres de Washington et une majorité parlementaire qui suit le vieil adage (à présent en désuétude même chez les carabiniers) « usi obbedir tacendo » [2]. L’opposition parlementaire (à part quelques voix dissonantes) finit souvent par faire le jeu de ceux qui sont en train de nous amener à la guerre. Emblématique le récent document d’un parti d’opposition, dans lequel on ne nomme pas la Trident Juncture, ni l’Otan, mais où on attribue
le dramatique retour de la guerre en Europe en premier lieu aux rêves de gloire et d’hégémonie de la Russie et, en sous-ordre, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Turquie et aussi, en dernier, aux États-Unis. Sans un mot sur les graves responsabilités du gouvernement italien qui, derrière de fausses déclarations apaisantes, contribue aux préparatifs de guerre de l’Otan vers l’Est et vers le Sud. En ignorant que, par l’intermédiaire de l’Otan et des pactes secrets stipulés en interne avec les oligarchies européennes, Washington influe non seulement sur la politique étrangère et militaire, mais sur les orientations politiques et économiques de l’UE.

Impossible de penser à une nouvelle Europe sans se libérer de l’étreinte suffocante de l’Otan.

Manlio Dinucci - Traduction - Marie-Ange Patrizio - Source = Il Manifesto (Italie)

[1] Deployable Air Command and Control Centre (DACCC). Site officiel.

[2] « Habitués à obéir en se taisant et en se taisant à mourir ». Ces mots font partie du poème « La rassegna di Novarra » écrit par Costantino Nigra. Ils furent utilisés comme mot d’ordre non officiel de l’Arme des carabiniers. « Usi » est la forme poétique de « habitués

http://www.voltairenet.org/article189174.html

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Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

29 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme

Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

La fin du droit international et de la diplomatie

La fin de la Guerre froide avait été accueillie comme une nouvelle ère de paix et de sécurité, dans laquelle les épées seraient transformées en charrues, les anciens ennemis en amis, et où le monde assisterait à une nouvelle aurore d’amour universel, de paix et de bonheur. Bien sûr, rien de tout cela n’est arrivé. Ce qui est arrivé est que l’Empire anglosioniste s’est convaincu lui-même qu’il avait gagné la Guerre froide et que dorénavant, il devait gérer le monde. Sur la planète toute entière, pas moins. Et pourquoi pas ? Il avait construit partout entre 700 et 1 000 bases militaires (cela dépend de votre définition de la base) dans le monde entier et avait divisé l’ensemble du globe en différentes zones sous sa responsabilité exclusive appelées centres de commandement. La dernière fois qu’un pouvoir avait poussé la mégalomanie assez loin pour distribuer diverses parties de la planète à différents commandements, il s’agissait de la Papauté en 1494, avec son fameux – et infâme – Traité de Tordesillas.

Pour rendre ce point totalement clair, l’Empire a décidé de faire un exemple et a déchaîné sa puissance contre la minuscule Yougoslavie. La Yougoslavie, membre fondateur du Mouvement des non-alignés, a été vicieusement attaquée et disloquée, provoquant une immense vague de réfugiés, des Serbes pour la plupart, que le monde démocratique et civilisé a choisi d’ignorer. En outre, l’Empire a déclenché encore une autre guerre, cette fois en Russie, que le régime Eltsine semi-comateux a menée contre ce qui deviendrait plus tard un élément essentiel d’al-Qaïda, ISIS et Daesh : les wahhabites en Tchétchénie. De nouveau, plusieurs centaines de milliers de réfugiés invisibles ont résulté de cette guerre, mais ils ont aussi été largement ignorés par le monde démocratique et civilisé, en particulier les Russes ethniques. Il a fallu une décennie à la Russie pour écraser enfin cette insurrection wahhabite-takfirie, mais finalement, la Russie l’a emporté. A ce moment, les Anglo-sionistes tournaient leur attention ailleurs : les États profonds des États-Unis et d’Israël ont projeté et exécuté conjointement l’opération sous fausse bannière du 11/9, qui leur a donné l’excuse parfaite pour déclarer une guerre mondiale contre le terrorisme, et a fondamentalement donné aux Anglo-sionistes un permis de tuer mondial à la James Bond 007, sauf que dans ce cas, la cible n’était pas une personne, mais des pays entiers.

Nous savons tous ce qui a suivi : l’Irak, l’Afghanistan, les Philippines, la Somalie, l’Éthiopie, le Soudan, le Yémen, le Mali, le Pakistan, la Syrie, la Libye, l’Ukraine – les États-Unis étaient en guerre partout, officiellement ou secrètement. Le spectre allait de la (tentative) d’invasion totale d’un pays (l’Afghanistan) au soutien à divers groupes terroristes (l’Iran, la Syrie) et au financement intégral et à l’organisation d’un régime nazi (l’Ukraine). Les États-Unis ont aussi donné leur plein appui aux wahhabites dans leur longue croisade contre les chiites (Royaume d’Arabie Saoudite, Bahreïn, Yémen, Syrie, Iran). Ce que toutes ces guerres avaient en commun est qu’elles étaient complètement illégales – les États-Unis et n’importe quelle coalition des volontés ad hoc devenant un substitut acceptable pour remplacer le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ici encore, il est important de rappeler à tout le monde – et notamment à ces musulmans qui se réjouissaient du bombardement des Serbes – que tout cela a commencé avec la destruction totalement illégale de la Yougoslavie, suivie par un bombardement encore plus illégal de la Serbie.

Bien sûr, l’Empire a aussi souffert quelques défaites humiliantes : en 2006, le Hezbollah a infligé à Israël ce qui pourrait bien être l’une des défaites militaires les plus humiliantes dans l’Histoire moderne, tandis qu’en 2008, une toute petite armée d’héroïques combattants ossètes, soutenue par un contingent militaire russe relativement modeste (seule une toute petite partie de l’armée russe était impliquée), n’a fait qu’une bouchée de l’armée géorgienne entraînée et financée par les États-Unis : la guerre était finie en quatre jours. Pourtant, dans l’ensemble, la première décennie du XXIe siècle a vu le triomphe de la loi de la jungle sur le droit international et une justification totale du vieux principe selon lequel force fait loi.

En toute logique, c’étaient aussi les années où la diplomatie états-unienne a fondamentalement cessé d’exister. La seule fonction restante des diplomates états-uniens était de poser des ultimatums, «Conformez-vous, sinon…» et l’Empire cessait simplement de négocier à propos de quoi que ce soit. Des diplomates chevronnés et sophistiqués comme James Baker étaient remplacés soit par des psychopathes comme Madelaine Albright, Hillary Clinton et Samantha Power, soit par des médiocres sans personnalité comme John Kerry et Susan Rice. Après tout, quel degré de sophistication doit avoir quelqu’un pour menacer, intimider ou imposer des ultimatums ? Les choses allaient si mal que les Russes se sont plaints du manque de professionnalisme de leurs partenaires diplomatiques états-uniens.

Quant aux pauvres Russes, avec leur insistance pathétique pour que les règles du droit international soient respectées, ils semblaient incurablement ringards. Je ne parlerai même pas des politiciens européens ici. Ils ont été caractérisés à merveille par le maire de Londres, Boris Johnson, qui les a surnommés «une indolente couche de gelée d’invertébrés protoplasmique».

Mais ensuite, quelque chose a changé. Radicalement.

L’échec de la force

Subitement, tout est allé de mal en pis. Chaque victoire des États-Unis se transformait en quelque sorte en défaite : de l’Afghanistan à la Libye, chaque succès des Etats-Unis se métamorphosait d’une manière ou d’une autre en une situation où la meilleure option, sinon la seule, était de proclamer la victoire et partir. Ce qui soulève la question évidente : que s’est-il passé?

La première conclusion qui s’impose est que les forces états-uniennes et leurs soi-disant alliés ont très peu d’endurance. Alors qu’elles sont raisonnablement compétentes pour envahir un pays [sans véritable résistance, NdT], elles perdent ensuite rapidement le contrôle sur la plus grande partie de celui-ci. C’est une chose d’envahir un pays, mais c’en une tout autre de l’administrer, sans même parler de le reconstruire. Il s’avère que les coalitions des volontés dirigées par les États-Unis ont été incapables de faire quoi que ce soit.

Deuxièmement, il est devenu évident que l’ennemi qui était prétendument vaincu n’avait fait qu’entrer dans la clandestinité et attendait des temps meilleurs pour revenir se venger. L’Irak en est le parfait exemple : loin d’être vraiment vaincue, l’Armée irakienne a (judicieusement) choisi de se dissoudre et de revenir sous la forme d’une énorme insurrection sunnite qui s’est elle-même progressivement transformée en État islamique. Mais l’Irak n’était pas un cas isolé. La même chose s’est produite à peu près partout.

Certains objecteront que les États-Unis ne se soucient pas de contrôler un pays ou de le détruire tant que les autres en face n’arrivent pas à gagner. Je ne suis pas d’accord. Oui, les États-Unis préféreront toujours la destruction d’un pays à une victoire pure et simple de l’autre camp, mais cela ne signifie pas que les États-Unis ne préfèrent pas contrôler un pays, si c’est possible. Autrement dit, lorsqu’un pays sombre dans le chaos et la violence, ce n’est pas une victoire des États-Unis, mais plus certainement une perte pour eux.

Ce que les Etats-Unis n’ont pas compris, c’est que la diplomatie rend l’usage de la force plus efficace. Premièrement, une diplomatie prudente permet de construire une large coalition de pays désireux de soutenir une action collective. Ensuite, la diplomatie rend aussi possible de réduire le nombre de pays qui s’opposent ouvertement à l’action collective. Quelqu’un se rappelle-t-il que la Syrie a effectivement envoyé des soldats pour soutenir les troupes états-uniennes contre Saddam Hussein dans l’opération Tempête du désert ? C’est sûr, ils n’ont pas fait une grande différence, mais leur présence donnait aux États-Unis la tranquillité d’esprit nécessaire sur le fait que la Syrie ne s’opposerait pas, du moins ouvertement, à leur politique. En obtenant des Syriens qu’ils soutiennent Tempête du désert, James Backer a rendu très difficile aux Irakiens de prétendre que c’était une coalition anti-arabe, anti-musulmane ou même anti-baathiste et il a fait apparaître Saddam Hussein comme totalement isolé (même lorsque les Irakiens ont commencé à tirer des missiles sur Israël). Deuxièmement, la diplomatie rend possible de réduire la masse globale de soldats utilisés parce que la surenchère immédiate n’est pas nécessaire pour montrer à l’ennemi que vous êtes sérieux. Troisièmement, la diplomatie est l’instrument nécessaire pour gagner la légitimité et la légitimité est essentielle lors qu’on est engagé dans un conflit prolongé. Enfin, le consensus qui émerge d’un effort diplomatique couronné de succès empêche l’érosion rapide du soutien de l’opinion publique à un engagement militaire. Mais tous ces facteurs ont été ignorés par les USA dans la GMCT (Guerre mondiale contre le terrorisme) et les révolutions du Printemps arabe qui ont maintenant tourné court.

Un triomphe diplomatique pour la Russie

Cette semaine a vu un véritable triomphe diplomatique pour la Russie, culminant dans les négociations multilatérales de vendredi à Vienne, qui réunissaient les ministres des Affaires étrangères de Russie, des États-Unis, de la Turquie et de l’Arabie Saoudite. Le fait que cette rencontre se soit déroulée après la visite de Assad à Moscou indique clairement que les mécènes de Daesh et al-Qaïda sont maintenant contraints de négocier selon les termes de Moscou. Comment est-ce arrivé?

Ainsi que je l’ai répété comme un mantra depuis le commencement de l’opération russe en Syrie, les forces militaires russes effectivement envoyées en Syrie sont très modestes. Oui, elles sont très efficaces, mais elle restent très petites. En fait, les membres de la Douma russe ont annoncé que les coûts de toute l’opération entreront probablement dans le budget normal de la Défense qui a des fonds destinés à la formation. Toutefois, ce que les Russes ont réalisé avec cette petite intervention est plutôt surprenant, non seulement en termes militaires, mais surtout en termes politiques.

Non seulement l’Empire a dû accepter (très à contrecœur) que Assad reste au pouvoir dans un avenir prévisible, mais la Russie construit graduellement mais inexorablement une véritable coalition régionale qui est prête à combattre Daesh du même côté que les forces du gouvernement syrien. Même avant que ne débute l’opération de la Russie, celle-ci avait le soutien de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak et du Hezbollah. Il y a aussi des signes évidents que les Kurdes sont fondamentalement d’accord pour travailler avec la Russie et Assad. Vendredi, il a été annoncé que la Jordanie coordonnerait aussi certaines actions militaires pas encore spécifiées avec la Russie et qu’un centre de coordination spécial serait établi à Amman. Il y a aussi des rumeurs très insistantes selon lesquelles l’Égypte rejoindra également la coalition dirigée par la Russie. Il y a aussi des signes que la Russie et Israël, s’ils ne travaillent pas ensemble, du moins ne travaillent pas l’un contre l’autre : les Russes et les Israéliens ont installé une ligne spéciale pour se parler directement au niveau militaire. Le résultat est celui-ci : indépendamment de la sincérité des différentes parties, chacun dans la région ressent maintenant une forte pression pour au moins ne pas paraître opposé à l’effort russe. Cela, en soi, est un immense triomphe pour la diplomatie russe.

L’arme secrète de Poutine : la vérité

La situation actuelle est bien sûr totalement inacceptable pour la puissance hégémonique mondiale : non seulement la coalition de 62 pays dirigée par les Etats-Unis a réussi à lancer 22 000 frappes (si ma mémoire est bonne) sans aucune preuve à montrer, mais la coalition russe, comparativement plus petite, est parvenue à faire dérailler complètement l’Empire et à réduire tous ses plans à néant. Et l’arme la plus extraordinaire de Poutine dans sa guerre par procuration avec les États-Unis n’était même pas militaire, mais consistait simplement à dire la vérité.

A la fois dans son discours aux Nations Unies et, cette semaine, son intervention à la Conférence du club Valdaï, Poutine a fait ce qu’aucun autre dirigeant mondial n’avait jamais osé faire auparavant : il a ouvertement traité le régime états-unien d’incompétent, d’irresponsable, de menteur, d’hypocrite et d’une arrogance sans borne. Cette sorte d’irrespect sacrilège public a eu un impact énorme dans le monde entier, parce qu’au moment où Poutine prononçait ces mots, tout le monde ou presque savait que c’était parfaitement vrai.

Les États-Unis traitent tous leurs alliés comme des vassaux (voir le discours de Valdaï) et ils sont le principal coupable de toutes les terribles crises auxquelles le monde doit faire face (voir le discours des Nations Unies). Ce que Poutine a fait est de dire, au fond, l’Empereur est nu. En comparaison, le discours boiteux d’Obama était comiquement pathétique. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui est un retournement spectaculaire. Après des décennies passées sous le principe voulant que force fait loi prôné par les États-Unis, nous nous retrouvons subitement dans une situation où aucune action militaire n’est d’aucune utilité pour un président Obama assiégé : à quoi peuvent servir 12 porte-avions lorsque vous ressemblez personnellement à un clown ?

Après 1991, il semblait que l’unique superpuissance était si puissante et impossible à arrêter qu’elle n’avait pas besoin de s’embêter avec des choses aussi dérisoires que la diplomatie ou le respect du droit international. Oncle Sam se sentait comme s’il était le dirigeant unique, la puissance hégémonique planétaire. La Chine n’était qu’un grand Wal-Mart, la Russie une station-service et l’Europe un caniche obéissant (cette dernière appréciation est hélas tout à fait vraie). Le mythe de l’invincibilité des États-Unis n’était précisément que cela, un mythe : depuis la Seconde Guerre Mondiale, les USA n’ont pas remporté une seule vraie guerre (Grenade et Panama ne comptent pas). En fait, l’armée américaine a fait encore pire en Afghanistan que la 40e Armée soviétique, sous-entraînée, sous-équipée, sous-alimentée et sous-financée qui, au moins, a maintenu toutes les grandes villes et les routes principales sous contrôle soviétique et qui a réalisé quelques développements significatifs dans l’infrastructure civile du pays (que les États-Unis utilisent encore en 2015). Le mythe de l’invincibilité des États-Unis ne s’est toutefois écrasé réellement que lorsque la Russie y a mis un terme en 2013 en empêchant un assaut états-unien sur la Syrie par une combinaison de moyens diplomatiques et militaires. Oncle Sam était livide, mais ne pouvait rien faire hormis fomenter un coup d’État à Kiev et lancer une guerre économique contre la Russie, dont aucun des deux n’a réussi à atteindre son but.

Quant à Poutine, au lieu d’être découragé par tous les efforts américains, il a invité Assad à Moscou.

La visite de Assad à Moscou, un nouveau signe de l’impuissance des États-Unis

La visite de Assad, cette semaine, est tout à fait extraordinaire. Non seulement les Russes ont réussi à faire sortir Assad de Syrie pour se rendre à Moscou et retour sans que la communauté pléthorique des services de renseignement américains ne remarque rien, mais contrairement à la plupart des chefs d’État, Assad a parlé en face à face à certains des hommes les plus puissants de Russie.

Tout d’abord, Assad a rencontré Poutine, Lavrov et Shoigu. Ils ont parlé en tout trois heures (ce qui, en soi, est tout à fait remarquable). Ils ont été ensuite rejoints par Medvedev pour un dîner privé. Devinez qui les a rejoints ? Mikhail Fradkov, le chef du Service de renseignement extérieur russe, et Nikolai Patrouchev, le président du Conseil de sécurité russe.

Normalement, les chefs d’État ne rencontrent pas personnellement des hommes comme Fradkov ou Patrouchev et envoient à la place leurs propres experts. Dans ce cas, cependant, le sujet débattu était suffisamment important pour 1) faire venir Assad personnellement au Kremlin et 2) rassembler tous les meilleurs joueurs du Kremlin autour de la même table pour une discussion personnelle avec Assad.

A l’évidence, aucun mot n’est sorti de cette rencontre, mais deux théories principales circulent à propos de ce qui a été discuté.

La première soutient qu’on a dit à Assad en termes non équivoques que ses jours étaient comptés et qu’il devrait partir.

La seconde dit l’exact contraire : qu’on a fait venir Assad pour lui signaler, ainsi qu’aux États-Unis, qu’il avait le plein soutien de la Russie.

Je ne crois pas que ni l’une ni l’autre soit correcte, mais la seconde théorie est à mon avis probablement plus près de la vérité. Après tout, si le but était de dire à Assad qu’il doit partir, un simple coup de téléphone aurait suffi, vraiment. Peut-être une visite de Lavrov. Quant à soutenir Assad, cela entrerait directement en contradiction avec ce que les Russes ont toujours dit : ils ne soutiennent pas Assad en tant que personne, bien qu’ils le reconnaissent comme le seul président légitime de la Syrie, mais ils soutiennent le droit du peuple syrien d’être le seul à décider qui doit être au pouvoir en Syrie. Et cela, d’ailleurs, est quelque chose que Assad lui-même a aussi accepté (selon Poutine). De même, Assad a également accepté de travailler avec des forces d’opposition, qui ne sont pas Daesh, désireuses de combattre contre l’État islamique aux côtés de l’armée syrienne (là encore selon Poutine).

Non, tandis que je crois que la rencontre entre Assad et Poutine était, au moins en partie, un message aux États-Unis et aux autres soi-disant amis de la Syrie leur indiquant que leur plan Assad doit partir avait échoué, je crois aussi que le but principal de la réunion derrière des portes closes avec tous les dirigeants importants de Russie était quelque chose d’autre : je fais le pari que ce qui a été discuté était une alliance importante et à long terme entre la Russie et la Syrie qui ferait formellement revivre le type d’alliance que la Syrie avait avec l’Union Soviétique par le passé. Alors que je ne peux que spéculer sur les termes exacts d’une telle alliance, je parie que ce plan, probablement coordonné avec l’Iran, a deux aspects principaux :

  1. une composante militaire : Daesh/État islamique doit être écrasé,
  2. une composante politique : la Syrie ne sera pas autorisée à tomber sous le contrôle américain.

Considérant que l’opération militaire russe est supposée par la plupart des experts russes être achevée en trois mois environ, nous avons affaire à un plan distinct, à moyen et long terme, qui exigera que l’armée syrienne soit reconstruite tandis que la Russie, l’Iran et l’Irak coordonnent en commun la lutte contre Daesh. Et, en effet, il a été annoncé vendredi que l’Irak avait autorisé l’armée russe à frapper Daesh sur le territoire irakien. Il semble évident que l’opération russe a agi comme un catalyseur pour une région paralysée par l’hypocrisie et l’incompétence des États-Unis et que les jours de Daesh sont comptés.

Trop tôt pour se réjouir, mais quand même un moment décisif

Pourtant, il est beaucoup trop tôt pour se réjouir. Les Russes ne peuvent pas tout faire eux-mêmes, et il incombera aux Syriens et à leurs alliés de combattre Daesh, dans chaque petite ville l’une après l’autre. Seules des bottes sur le terrain libéreront vraiment la Syrie de Daesh et seul le vrai islam sera en mesure de vaincre l’idéologie takfiri. Cela prendra du temps.

En outre, il serait irresponsable de sous-estimer la détermination et la capacité de l’Empire à empêcher la Russie de paraître le vainqueur – c’est quelque chose que l’ego impérial états-unien, cultivé pendant des siècles d’hubris et d’ignorance impériale, ne sera jamais capable de tolérer. Après tout, comment la nation indispensable peut-elle accepter que le monde n’ait absolument pas besoin d’elle et que d’autres puissent même s’opposer ouvertement à elle et l’emporter ? Nous pouvons nous attendre à ce que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir (encore immense) pour tenter de contrecarrer et de saboter toute initiative russe ou syrienne.

Pourtant, les récents événements sont le signe que l’ère de la force fait loi a pris fin et que la notion voulant que les États-Unis soient une nation indispensable ou la puissance hégémonique mondiale a perdu toute crédibilité. Après des décennies dans l’obscurité, la diplomatie internationale et le droit international redeviennent enfin pertinents. J’ai l’espoir que ce soit le début d’un processus qui verra les États-Unis suivre la même évolution que tant d’autres pays (y compris la Russie) ont subie dans le passé : après avoir été un empire, redevenir un pays normal. Hélas, quand je regarde la course à la présidence 2016, j’ai le sentiment que ce sera encore un très long processus.

The Saker

Article original publié par The Unz Review:

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francopohone

Photo: Assad, Patrouchev, Fradkov, Lavrov, Medvedev, Poutine, Shoigu

source: http://lesakerfrancophone.net/troisieme-semaine-de-lintervention-russe-en-syrie-le-retour-de-la-diplomatie/

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Ekaterina Goubareva : “Nous sommes prêts à défendre nos gens dans les champs de bataille et dans les tribunaux.”

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #Le grand banditisme

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LA RAISON DU PEUPLE CONTRE LA PROPAGANDE DE LA FOLIE

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch

Le respect et l'appui du peuple

 
Les fruits de la probité et de la franchise...
 
Malgré une diabolisation effrénée du personnage et de sa politique, Vladimir Poutine voit sa côte de popularité grandir chaque jour, démontrant autant la confiance qu'il inspire que le dégoût provoqué par les alliances amorales de la politique occidentale.
 
Une franchise politique, la restauration intérieure d'un pays effondré, des victoires incontestables contre le terrorisme etc... sont autant de facteurs qui expliquent les 90 % de soutien russe à la politique de ce personnage historique.
 
Mais c'est sans conteste le style qui caractérise cet homme qui emporte son adhésion et séduit jusqu'à lui redonner courage une Europe désabusée et trahie par ses élites politiques.
 
Et Vladimir Poutine d'incarner aujourd'hui le retour sur la scène internationale d'un vrai Politis guidée par la sagesse et s'opposant  à un Hybris suicidaire.
 
Existe t-il pour l'Europe décadente un "miracle" Poutine ?
 
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin !"

Le Président de la Fédération de Russie est sans conteste pour le Nouvel Ordre Mondial un "empêcheur de tourner en rond", tant vis à vis des intérêts divergents qu'il défend qu'au niveau de sa personnalité guidée par un sens moral et des valeurs auxquels est subordonnée sa gouvernance.
 
Vladimir Poutine incarne aujourd'hui cette Russie, historique et civilisationnelle qui, abandonnée par le vide politique pitoyable des années Elstine failli disparaître de l'Histoire, entraînée dans l'effondrement de son avatar soviétique. Animé à la fois par un patriotisme intransigeant, une foi solide et doté d'une intelligence pragmatique, le nouveau maître du Kremlin, sans démagogie ni faux populisme a su s'imposer naturellement auprès de l'opinion sensible aux valeurs morales qui guident sa gouvernance politique défendant des intérêts qui leurs sont compatibles...
 
Une telle incorruptibilité politique au service d'un pays et des valeurs civilisationnelles européennes a de quoi surprendre effectivement ceux pour qui les intérêts financiers sont la seule raison d'être et de gouverner; quitte a faire appel au mensonge et à la trahison pour légitimer une hégémonie meurtrière au service d'une ploutocratie dictatoriale.
 
Nous assistons donc non seulement à l'affrontement de deux visions du Monde, l'une unipolaire prônée par les Etats Unis et l'autre multipolaire défendue par la Russie, mais aussi de deux gouvernances opposées, l'une expansionniste et machiavélique jusqu'à bafouer la morale, dans le seul but de servir les intérêts d'une élite, et l'autre patriotique et franche, s'attachant à défendre les valeurs et les identités dans l'évolution des peuples. 
 
Le dialogue, même dans l'affrontement est donc très difficile tant les stratégies, les enjeux mais aussi les éthiques sont divergents, mais c'est surtout la personnalité du Président russe qui semble marquer la plus grande différence au grand dam de ses adversaires qui cherchent à le diaboliser.
 
En effet, sans être démagogue un seul instant, le style imposé par Vladimir Poutine finit par convaincre et même séduire l'opinion et jusque dans le camp adverse où sa popularité et le respect qu'il inspire grandissent chaque jour, tandis que s'écroule la confiance accordée aux "élites" occidentales, dont les bouches remplies de mensonges et les mains couvertes de sang ne trompent plus que les imbéciles et les fanatiques...

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Vladimir Poutine, parallèlement au redressement d'une Russie effondrée, a marqué sa résistance à l'hégémonie mondialiste du Nouvel Ordre Mondial. A ce titre, ses discours historiques, depuis celui de Berlin sont clairs et explicites : il veut défendre les intérêts légitimes de son pays dans le cadre d'un monde multipolaire respectant les identités de chacun des partenaires agissant pour l'équilibre de la planète. (voir ici les principaux discours (Crimée, Valdaï, Saint Peresbourg etc..) .publiés dans la file des articles : Vladimir Poutine )
 

Aujourd'hui, devant l'obstination des Etats Unis de vouloir soumettre le Monde à leur dictature militaro-industrielle et reléguer aussi la Russie au rang de vassal, la résistance au Nouvel Ordre Mondial engagée par le Président Poutine et les pays non alignés (BRICS, Vénézuéla, Iran, Syrie etc...) est passée légitimement de la table des négociations politiques aux champs de batailles militaires... 
Ces conflits et révolutions armées déclenchées par les USA, donne lieu à des guerres asymétriques menées souvent par procuration mais dont l'escalade n'exclut pas une nouvelle confrontation mondiale, 

Et ces conflits sont doublées par l'offensive certes moins meurtrière mais tout aussi violente de la propagande étasunienne.Comme l'a très bien décrit Michel Collon, cette propagande de guerre s'appuie sur de grands principes parmi lequel la diabolisation de l'adversaire incarnant obligatoirement le "Mal absolu". C'est ainsi que nous pouvons observer, sur fond de russophobie ressortie des archives de la "Guerre Froide", une hallucinante campagne de diabolisation du Président Poutine dont les attaques, relevant plus de bouffées délirantes que de critiques objectives, ridiculisent in fine les  tristes sires qui les lancent depuis leurs palais dorés de Washington et New York...

La raison du peuple contre la propagande de la folie

Car le peuple, s'il est souvent passif au courant de l'Histoire soumis à la volonté des princes de ce monde, il n'en est pas moins critique et lucide sur leurs intentions et les conséquences de leurs actes.

C'est ainsi que le "phénomène Poutine" traverse les mensonges et les calomnies pour se présenter intact devant le tribunal de l'opinion publique, et les sentences prononcées sont révélatrices de la popularité de l'Homme qui pourtant est loin d'être un populiste démagogue ! Alors que les peuples de Russie subissent les représailles économiques sanctionnant la politique internationale engagée par leur Président, ce dernier reçoit le soutien historique de 90% de sa population ! Mieux encore, dans les pays occidentaux soumis au blocus médiatique et à la dictature de la pensée unique le diabolisant, la côte de popularité de Vladimir Poutine ne cesse de grandir, inspirant l'admiration, au pire le respect de ceux qui cherchent à comprendre l'évolution du Monde...  

Le tournant dans cette "Paix chaude" succédant à la "Guerre Froide" est certainement l'évolution des crises en Syrie et Ukraine où la résistance des populations agressées a fini de faire tomber le masque des révolutions "droit de l'hommistes" des "démocraties" occidentales.Désormais le monde découvre l'abjection d'un système qui pour servir ses intérêts répand le chaos en s'alliant avec la pire folie meurtrière revendiquée par les extrémistes islamistes ou nazis. 

Comme le fait justement remarquer le journaliste Jim Dean, " Le Président russe sait parfaitement comment « jouer la carte diplomatique » et « n’a jamais fait d’erreurs ». Vladimir Poutine a intelligemment mis en évidence le mensonge de l’Occident concernant le programme nucléaire iranien et le faux conflit contre l’EI."

 
 
La conséquence de cette prise de conscience est une relecture progressive des positions et visions du Monde défendues par les joueurs du "Grand Échiquier", en particulier celle "multipolaire", du Président russe dont on ne peut reprocher, contrairement à ses "partenaires" occidentaux, d'avoir mené un double jeu cupide et suicidaire.

Poutine apparaît donc de plus en plus aujourd'hui et parallèlement à la campagne de dénigrement lancée contre lui, comme un homme franc et honnête, respectueux des lois internationales et les droits des peuples...

Quant à moi, au risque d'être accusé de "Poutinolâtrie", j'avoue mon admiration vis à vis de cet homme qui seul, a su redonner à l'Europe sa fierté et l'espérance de voir naître du chaos un monde meilleur débarrassé de l'esclavage du Monde Moderne. 
Grâce à un modèle de gouvernance courageuse faisant la synthèse des différents régimes qui ont façonné son histoire et en préservant le socle spirituel et culturel d'une Tradition éternelle, le modèle russe nous montre l'exemple de l'audace et de la sagesse réunies.

A nous de reprendre notre destin en main en s'inspirant de cette renaissance russe historique.
 
Frédéric Pons, Poutine,
Calmann-Lévy oct 2014
Je ne saurais trop recommander la biographie de Frédéric Pons "Poutine" parue fin 2014 et qui nous fait découvrir la réalité d'un homme modeste et humble entièrement dévoué à son pays, et que le sens du devoir et non l'appel du pouvoir l'a invité a endosser les responsabilités de Chef d'état et assumer sans complexe la restauration de son grand pays.

Lorsqu'il intègre en 1991 l'équipe municipale de Leningrad (Saint-Pétersbourg), à l'employé qui lui propose un portrait de Kirov ou Lénine pour décorer son bureau, Poutine préféra un portrait de Pierre le Grand. Cette anecdote qui est une rupture avec les usages soviétiques de l'époque, révèle la profondeur historique de la conscience de l'actuel Président de la Fédération de Russie choisissant à cette occasion le fondateur de la ville mais surtout le grand empereur (1694-1725) qui en restaurant les frontières, en modernisant l'état et développant les relations internationales, marque définitivement a grandeur européenne de la Russie.

Fidèle au passé de son pays qu'il veut exemple pour l'avenir, Poutine est déjà entré dans le cercle fermé des grands Commandeurs de l'Histoire sacrifiant avec intelligence leur vie au à leur pays tout en servant avec sagesse la grandeur de l'Humanité.

Oui, Poutine est déjà devenu pour le bien de la Russie mais aussi de l'Europe "Vladimir le Grand" !

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
Sources de l'article : 
 
Site "Réseau International. net", le lien : ICI
 
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Al Qaida, ce cher ami! Par Guy Mettan.

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

Al Qaida, ce cher ami!
LE COURRIER - MARDI 27 OCTOBRE 2015
par Guy Mettan *
Or donc les Russes bombardent les terroristes islamistes syriens depuis le début du mois. Tollé immédiat dans les médias atlantistes aux ordres. De quoi se mêlent donc ces Russes qui viennent bousculer nos ennemis sans nous demander la permission! Durant les premiers jours, on a donc vu fleurir les reportages sur les prétendues victimes civiles, les supposées pannes de guidage (des missiles seraient tombés sur l’Iran) et autres bavures russes. Manque de chance: au même moment les avions américains de l’OTAN tiraient sur un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan et y tuaient une vingtaine de patients. Puis on a essayé les éditoriaux alarmistes sur les risques d’une nouvelle guerre mondiale à cause de deux brèves incursions d’avions russes sur le territoire turc et d’un frôlement avec des F-15 de la coalition américaine, immédiatement relayés par le gouvernement ukrainien et les Pays baltes, alarmés à l’idée qu’on ne parle plus de la menace russe contre eux pendant quelques jours. Et enfin, constatant que la partie était perdue et que chaque pseudo-révélation revenait à faire la promotion de l’efficacité de l’intervention russe sur le terrain, les médias dépités ont décidé de regarder ailleurs: il était devenu urgent de parler de la «troisième intifada» et d’oublier la Syrie. Un silence assourdissant accompagne donc l’intervention russe depuis dix jours. Les gouvernements et les médias occidentaux en sont réduits à prier pour qu’un accident spectaculaire, de type MH17, ou un revers de fortune cuisant, fassent remonter leur cote auprès d’une opinion publique de plus en plus désorientée et de plus en plus suspicieuse sur la légitimité de leur politique au Moyen-Orient.

Je veux bien que les Russes ne soient pas des enfants de chœur et que leur opération militaire ne relève pas de la charité désintéressée. Mais comment justifier l’indécent retournement auquel nous ont invité les médias anglo-saxons, aussitôt suivis par les médias européens inféodés à l’OTAN? N’ont-ils pas essayé de nous convaincre que l’intervention russe était malfaisante parce qu’elle s’en prenait aux «bons» terroristes de l’inexistante Armée syrienne libre et du front Al-Nosra, filiale revendiquée d’Al-Qaida en Syrie, alors qu’elle aurait dû bombarder exclusivement les «méchants» terroristes de l’Etat islamique, qui se financent en trafiquant du pétrole avec l’allié turc et qui n’ont cessé de s’étendre depuis qu’ils sont bombardés par la coalition américaine? Comment faire accepter par l’opinion publique que les représentants d’Al-Qaida et les héritiers de Ben Laden, pourtant vomis par les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, sont désormais des alliés à ménager parce qu’ils combattraient le tyran Bachar el-Assad? Et qu’il faudrait se contenter de bombarder l’Etat islamique, mais pas trop parce que ça nuirait au commerce local de pétrole et aux intérêts des Anglo-Saxons qui perdraient ainsi leurs moyens de pression sur les gouvernements irakien et syrien et les bases de leur influence dans la région? Et comment ne pas rire de ce gouvernement français qui fait afficher les photos d’un transfuge syrien pour dénoncer les atrocités du régime et porte plainte contre lui pour crime contre l’humanité alors qu’une semaine plus tard il se précipite chez les coupeurs de tête saoudiens dans l’espoir de leur vendre quelques Rafale?

Il y a des moments où la politique occidentale, avec tous ses beaux discours moralisants sur la démocratie, les droits de l’Homme et la liberté, atteint de tels sommets de manipulation, d’indécence et de cynisme qu’on ne peut que s’indigner. Et que du coup, elle nous fait quasiment passer la politique de Poutine et de Xi Ji Ping pour des modèles de cohérence, de franchise et d’honnêteté!

* Directeur exécutif du Club suisse de la presse.

 
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Les origines du désordre présent, par Brzezinski en janvier 1998

27 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

Les origines du désordre présent, par Brzezinski en janvier 1998

Les origines du désordre (Brzezinski, janvier 1998)

Peu après l’attaque du 11 septembre 2001 et avec l’attaque américaine contre l’Afghanistan qui suivit, certains avaient ressorti cette courte interview de Zbigniew Brzezinski au Nouvel Observateur (n°1732), du 15 janvier 1998. Nous pensons qu’il est utile de la rappeler, alors que pas un iota n’a été retiré aux stupides assertions officielles sur le diable, le Mal, le “choc des civilisations”, le terrorisme dans sa quasi-fatalité islamiste et ainsi de suite, depuis les presque-quatre années après 9/11. Il y a l’incroyable et obscène publicité faite aux attentats de Londres (7 et 21 juillet), réussis et ratés, et à leur suite policière, tout cela relevant directement et indirectement d’une politique d’une inconséquence rarissime dans l’histoire de la diplomatie (la guerre en Irak) et présenté comme s’il s’agissait de “la bataille d’Angleterre” de l’été 1940. Parallèlement et dans l’indifférence obstinée quant aux causes de ces drames, les Anglo-Saxons continuent en Irak et en d’autres lieux divers à créer et à alimenter le chaos, la mort, la désolation et l’illégalité, tout ce qui est l’essence du terrorisme après tout, sur une échelle infiniment plus grande. Tout cela mérite amplement le rappel de ce petit échange de questions-réponses de 1998.

Brzezinski fut le conseiller pour la sécurité nationale du président Jimmy Carter, de 1977 à 1981. A ce poste, il fut l’un des animateurs du prologue et du lancement de l’aide américaine aux moudjahiddines luttant contre les communistes en Afghanistan (effectivement: “contre les communistes” en général ; d’abord contre le régime communiste de Babrak Karmal puis, à partir de décembre 1979, contre les Soviétiques de l’Armée Rouge également). Cette politique a été souvent décrite comme l’événement créant le Osama Ben Laden présenté depuis comme le cerveau d’une offensive mondiale de terrorisme. Elle prit, avec Reagan et son directeur de la CIA Bill Casey, des proportions considérables, accentuant l’effet initial voulu par Brzezinski et l’administration Carter (l’accentuation de la lutte contre les Soviétiques passant par le renforcement des structures de l’extrémisme islamiste). C’est effectivement de là que datent le développement et la mise en place, et l’équipement militaire initial également, de la nébuleuse islamiste qu’on considère aujourd’hui, dans les milieux de la pensée conformiste globalisée, comme la première menace contre la civilisation. « Sottises! » répond, comme par avance, Zbigniew Brzezinski en 1998. Il a par avance raison bien qu’il se garde bien, aujourd’hui, de répéter ce jugement de 1998. Le conformisme est devenu, aujourd’hui à Washington comme à Londres et à Paris, un régime de terreur intellectuelle qu’il est risqué de défier.

Certes, personne de sérieux, en 1998, à Washington, n’aurait contredit Brzezinski sur le fond, malgré l’insistance de l’intervieweur. Aujourd’hui, rappeler ces déclarations de Brzezinski pourrait représenter un cas d’une condamnation sans appel, avec effet rétroactif s’il le faut. Restent la réalité, les faits, les manigances, les intentions, — bref, ce qui fait ici la cause première de l’enchaînement menant aux événements du 11 septembre 2001 et après. Il est bon de se rappeler jusqu’à quel point, et à quelle profondeur, avec quel zèle, quelle absence de défiance, les Américains ont semé les graines dont ils récoltent aujourd’hui les fruits amers. Si ce n’est de la prédestination, cela y ressemble.

Voici donc la courte interview de Zbigniew Brzezinski parue dans Le Nouvel Observateur du 15 janvier 1998, lorsque tout le monde s’intéressait fort peu à l’implication des révélations qu’il y fait.

Afghanistan : la CIA avant les Russes...

Le Nouvel Observateur. — L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez?

Zbigniew Brzezinski (2). — Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.

N. O. — Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette “covert action” [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer?

Z. Brzezinski.Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent.

N. O. — Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui?

Z. Brzezinski.Regretter quoi? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : “Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.” De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique.

N. O. — Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes?

Z. Brzezinski.Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?

N. O. — “Quelques excités”? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace mondiale.

Z. Brzezinski.Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide: il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté...

Propos recueillis par Vincent Jauvert

(1) From the Shadows, par Robert Gates, Simon and Schuster.

(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier Le Grand Echiquier, Bayard Editions.

[Notre recommandation est que ce texte doit être lu avec la mention classique à l'esprit, — “Disclaimer: In accordance with 17 U.S.C. 107, this material is distributed without profit or payment to those who have expressed a prior interest in receiving this information for non-profit research and educational purposes only.”.]

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Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

26 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie

Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

L’UE ne l’a pas encore compris et encore moins Mme Merkel convaincue qu’Ankara prendrait mieux soin des réfugiés en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et d’une entrée, envisagée depuis longue date mais constamment repoussée, dans l’espace unioniste. C’est dire que la Turquie a vraiment toute sa place au sein de l’Europe occidentale ! Comment ne pas y inviter un Etat en voie d’islamisation rampante, soutien parfait des djihadistes de tous bords, qui n’a pas tellement changé depuis le massacre des Arméniens vu avec quelle facilité il s’applique aujourd’hui à massacrer les Kurdes parce qu’ils combattent, de un, Daesh, de deux, parce que le méchant Assad promettrait l’indépendance aux Kurdes syriens en cas de victoire du baasisme et que, dans un élan naturel, ce désir d’autonomie gagnerait l’ensemble du monde kurde ? Désolée de broder des phrases à la Proust, mais des virgules en grand nombre, il en faut bien pour illustrer le degré de compatibilité de l’univers civilisationnel turc avec l’univers civilisationnel européen !

En termes plus directs, n’en pouvant plus des débordements migratoires dont elle est l’objet depuis des mois déjà, l’Europe bruxelloise entend acheter la connivence d’un Etat en très grande partie responsable, en tout cas sur le terrain, de ces mêmes débordements, pourvu que celui-ci accepte d’y mettre un terme ou du moins d’alléger le triste sort des pays concernés. Dans le même ordre d’idée, M. Hollande semble reconnaître que les bonnes grâces d’Ankara pourraient coûter bien cher dans la mesure où elles pourraient servir de prétexte à la libéralisation du régime des visas avec la France, en conséquence de quoi nous verrions passer la frontière des éléments assez peu fréquentables (enfin, encore plus d’islamistes pour clarifier les euphémismes du Président français). Je me demande si les apprentis sorciers de Bruxelles n’ont pas perdu la raison : s’il est vrai qu’une libéralisation du régime des visas est à craindre, qu’en serait-il en cas d’adhésion de la Turquie à l’UE ? Au lieu de régler le problème en remontant à sa source, les Hollande et Merkel préfèrent pactiser avec Erdogan, lui-même subissant la pression des States, d’un côté – suspension du Turkish Stream et manipulations américaines autour du dossier kurde – de l’autre, conscient de la dépendance gazière de son pays de la Russie qui tout en rasant les positions de Daesh et d’autres groupes islamistes actifs dans la région, s’évertue néanmoins à garder un certain équilibre dans ses relations diplomatiques avec la Turquie (voir prestation du 19.10 de Maria Zakharova, porte-parole du MID, dans laquelle elle dit que le Kremlin n’a « aucun problème avec la Turquie » malgré « quelques divergences cruciales liées à la divergence des intérêts régionaux des deux Etats »). Cette relation hyper fragile quoi qu’on en dise mais nécessaire sur un plan tant gazier que stratégique, la solution pour la Syrie passant par une entente accessoire avec Ankara, n’est pas faite pour plaire à Washington qui a joué le coup du drone russe ( ?) envoyé depuis la Syrie et abattu dans l’espace aérien turc.

Très clairement, l’interaction Turquie/ US / nébuleuse islamiste/ Russie est d’une telle complexité que l’UE risquerait fort à mettre les doigts dans l’engrenage sachant que la Turquie, primo, soutient le Califat qui a des vues sur l’Europe, deuzio, que les USA ne renonceront jamais à leur stratégie d’affaiblissement de l’UE. Qui finance les passeurs ? Comment se fait-il que l’ex-ambassadaur américain à Paris, M. Rivkin, ait été très engagé dans le soutien des minorités ethniques et confessionnelles en France au point de dresser un rapport détaillé intitulé « Embassy Paris – Minority engagment strategy » dans lequel il regrette l’intolérance à son sens anti-républicaine du peuple français ? Nous revenons donc à la case départ : une entente de l’UE avec la Turquie telle qu’elle est envisagée par les technocrates de Bruxelles ne portera jamais les fruits attendus. C’est un piège. Une impasse. Ignorerait-on le rôle véritable de la Turquie en 2007 lors du Congrès constitutif anti-impérialiste organisé par la CIA à Ternopol, un Congrès fort sympathique qui a rassemblé toutes les engeances néo-nazies et salafistes connues en Europe ? Tout un beau monde démocratique s’y était joyeusement entassé, de l’Emir autoproclamé du Caucase, M. Oumarov, au chef de fil des bandéristes pro-Maïdan alors futur secrétaire adjoint du Conseil de Sécurité nationale d’Ukraine, M. Iarosh. C’est sans oublier un autre personnage remarquable quoiqu’assez ignoré des médias occidentaux, descendant spirituel des Tatars de Crimée collabos pro-nazis, grand ami de Sakharov dans les années 60, un certain Moustafa Djemilev qui lors du Congrès mondial des Tatars d’Ankara qu’il a présidé en 2015 a appelé à la création d’une brigade internationale islamiste en Crimée soutenue manu militari par les milices bandéristes et biberonnée par la CIA. C’est le même qui avait appelé M. Davutoglu à boycotter les résultats du référendum criméen de mars 2014 et le même qui via le renseignement turc contribua à l’acheminement place Maïdan de jeunes combattants salafistes tatars de retour de Syrie.

Si l’UE trouve possible de collaborer avec le triangle infernal CIA/ bandéristes/ salafistes, autant reconnaître que le chapitre est clos. A moins que Paris et Berlin ne soient davantage impressionnés par la surabondance de camps d’entraînement de Daesh et d’al-Qaïda (les modérés d’al-Nosra en Syrie) à la frontière turco-syrienne, fait de nouveau confirmé par le mécontentement de la Chine qui prétend, sans doute suite à la consommation de champignons hallucinogènes, que la Turquie entraînerait ses minorités ouïghours intégrées à Daesh. En outre, il est actuellement établi que des milices takfiries ont reçu des soins médicaux à l’hôpital de Sauliurfa, fait initialement rapporté en été 2015 par une jeune infirmière alaouite engagée par mégarde puis confirmé aussi bien par la chaîne iranienne internationale PressTV que plus indirectement par le quotidien national turc Zaman. L’hôpital en question est supervisé par la fille d’Erdogan.

Tous ces éléments sont certes bien connus mais la manière dont je les ai compilés permet de dresser un tableau d’ensemble en harmonie totale avec les aspirations humanistes de Bruxelles. Après tout, pourquoi pas sachant que les Frères musulmans ont pignon sur rue en Europe occidentale alors que l’organisation est interdite en tant que terroriste dans un pays musulman comme l’Egypte ?

Il semblerait que Bruxelles, manipulé de l’Outre-Atlantique, ait définitivement fait son choix d’orientation. Il consiste au mieux à appliquer un cautère sur une jambe de bois, au pire, à livrer les pays membres de l’UE à l’islamo-nazisme. Kiev n’a été en ce sens qu’un galop d’essai. Un terrain d’entraînement comme le furent antérieurement l’Afghanistan et la Yougoslavie aujourd’hui disparue à travers l’instrumentalisation de l’islamisme aux frontières des ex-républiques soviétiques et au coeur du monde slave. Si le choix de Bruxelles avait été différent ou s’il n’avait pas été conditionné par ceux qui ont enfermé l’Europe des nations souveraines dans le carcan unioniste, sans doute verrions-nous apparaître une Coalition russo-européenne (sans les USA !!!) encore plus efficace que la Coalition russo-irano-irako-syrienne qui au juste mot de l’islamologue Bassam Tahhan contribue non seulement au rapprochement historiquement difficile du chiisme avec le sunnisme mais contribue aussi à ressouder les débris du monde sunnite la stratégie néo-conservatrice du chaos détruisant le sunnisme et de façon plus générale l’islam de l’intérieur. Mme Merkel a certes reconnu qu’il n’y avait pas de solution diplomatique en Syrie sans la Russie. Mais au-delà des mots ?

Françoise Compoint

source: http://novorossia.today/flirter-avec-la-turquie-porte-malheur-mais-l-ue-ne-l-a-pas-encore-compris/

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