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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

Dimanche 3 août 2015. Dans la nuit sombre à la lueur faible de la lune les obus s’abattent au loin sur les habitations fragiles de quelque famille du Donbass. Les coups partent, les uns après les autres, parfois presque en rafale. Je n’entends pas siffler l’obus, je suis trop loin, mais j’imagine bien son sifflement. Je me souviens des récits d’Henri Barbusse, de Dorgelès ou encore de Maurice Genevoix. A l’oreille les poilus pouvaient reconnaître le calibre des canons qui tiraient. Ici c’est un peu pareil. L’instant silencieux faisant place au chaos et aux décombres retombant un peu partout au sol, ce sont les maisons du Donbass qui éclatent. Dans ces maisons, dans ces immeubles vivent beaucoup de familles, d’enfants, de vieillards. Je me souviens de l’école de la République où l’on nous racontait « l’infâme Napoléon ». Diable si ces hommes-là, les volontaires de 1791 se trouvaient encore de ce monde que penseraient-ils de ce massacre ?

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A peine le coup lâché, peut-être dans les hurlements de satisfaction des artilleurs, l’obus prend de la hauteur, oscille et retombe dans un sifflement avant de percuter finalement un peu au hasard les lignes des insurgés ou les habitations de leurs familles. Je revois encore cette vidéo délirante de l’été 2014, trois tankistes ukrainiens écoutant de la musique beuglaient comme des veaux à chaque coup tiré… des obus tirés sur des habitations civiles. Les bougres hurlaient et s’esclaffaient à coup au but. L’obus qui incline sa courbe pour ensuite ravager l’existence de gens comme tout le monde, ne hurle pas, il siffle. Beaucoup n’explosent pas m’indiquait un volontaire. Selon lui, en secret dans les bataillons d’artillerie ukrainiens il y a des saboteurs qui faussent les réglages, dérèglent les minuteurs, s’arrangent pour que les munitions ne soient finalement pas efficaces. S’il n’y avait que des saboteurs dans les rangs ukrainiens alors sans doute oui, l’Ukraine pourrait encore avoir le visage d’une vraie Nation. Mais trop de gens dans le Donbass sont déjà morts.

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Cet obus pourtant a été travaillé par un ouvrier qualifié dans une usine, il a nourrit une famille si l’on peut dire. Il a surtout permis à une firme d’armement d’ici ou d’ailleurs d’aligner un chiffre sur un quelconque programme de comptabilité. Un de vendu. Un simple chiffre sur le bilan comptable d’une entreprise pas comme les autres. L’obus lui finalement se transforme aussi en argent sonnant et trébuchant, des euros. Ils transitent d’une banque à une autre. Une caisse de plus pour les artilleurs ukrainiens. L’argent n’est pas un problème réel pour l’Ukraine, à de nombreuses reprises FMI, USA, Union européenne ont mis généreusement la main à la poche pour que l’Ukraine puisse se payer le luxe d’acheter de quoi provoquer les cris et les clameurs d’artilleurs décérébrés. Et cela dure depuis plus d’un an, plus d’un an ! Combien d’obus ont été tirés ? Des milliers, des dizaines de milliers, plus ? Rien que dans les soirées de vendredi et samedi, pas moins de 500 ! Un bon business, un marché bien lucratif. Vos impôts français ne servent pas seulement à grassement payer une classe politique rassasiée mais paradoxalement avide de pouvoirs. Crédit illimité pour le Président Porochenko, que ses canons tirent… l’addition viendra en son temps, la Grèce est à vendre, mais l’Ukraine ne l’est pas moins !

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Le décor change, je déambule dans les rues de Donetsk, le soleil écrasant domine toujours la ville. Au loin des cheminées fument, je rencontre sur mon chemin un « Ent » du Donbass, la rencontre est curieuse, Sylvebarbe lui aussi parlait de cheminées qui fument en Isengard. Mon curieux intermède tolkienien s’interrompt brusquement à la vue d’un véhicule bigarré qui croise ma route. Il pétarade et suffoque le long de la route. Décidément non nous ne sommes pas dans l’antique forêt de Fangorn. Pourtant les canons des Ukrainiens eux fument toutes les nuits. Hélas. Autour de moi les rues sont vides. Je suis sur une grande artère, je me rends au marché couvert, j’espère y trouver quelques choses essentielles pour ma vie domestique qui décidément m’éloigne de la Terre des milieux. Je me trouve plus tard devant un kiosque, non loin une gare d’autobus embarque son lot de voyageurs. L’endroit est vivant, des tables fixes à hauteur de torse permettent aux voyageurs en transit de boire avant le départ ou à l’arrivée un café ou un thé. La restauration rapide chère aux slaves et parfois peu engageante se trouve étalée tout le long du magasin. Une vendeuse attend ma commande, « un thé vert s’il vous plaît ».

Je paye les cinq roubles demandés, c’est à peine huit centimes d’euros. A mon accent elle repère ma condition d’étranger. Là-bas une autre m’avait prêté du sang arabe et aristocrate, je comprends bien la première remarque, les photos de mes ancêtres bressans, le pays des cheminées sarrasines expliquent cela. La seconde me laisse perplexe mais m’amuse, je n’ai pas trouvé de sang bleu dans ma généalogie paternelle, à peine ces braves gens ont-ils parcouru 50 kilomètres à l’intérieur même de l’obscur canton de Saint-Trivier-de-Courtes. Celle-ci me lance un « Italiano ? », « Niet Franzouss ! ». La conversation s’engage, la femme environ de mon âge me parle vite d’une grand-mère disparue en France durant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire me rappelle celle des Lethulle, famille que j’ai guidé en Russie l’été 2014 à la découverte de leurs origines russes. Leur grand-mère aussi avait été déportée en Allemagne pour travailler dans les usines. C’est là qu’elle avait rencontré son futur mari… français. L’histoire est la même, elles furent sans doute des centaines de milliers, et quelques milliers d’entre elles ne revinrent jamais dans leur mère Patrie.

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Je l’interroge, elle ne sait pas grand-chose, se souvient de lui avoir écrit il y a longtemps, 40 ans me dit-elle ! Rien ne s’est conservé de ce contact, ni le lieu en France, ni son nom d’épouse, ni les lettres. Une histoire qui restera dans l’ombre. Son intérêt grandit, elle plaisante avec sa collègue l’interrogeant sur ma présence « C’est un Français, as-tu un message à faire passer en France ! », « Certes non, mais parle-t-il russe ton Français ? », « Oui avec un accent, mais il parle », « Que fait-il donc là ? », « C’est un journaliste… », « Mon Dieu de la propagande, il fait de la propagande !!! ». Nous rigolons gaiement, je ne peux leur en vouloir, la propagande russophobe et anti Donbass je connais en effet. Elles comprennent toutefois que je ne suis pas un ennemi, je boirais un deuxième thé, un chat-souris, comprenne qui pourra s’approche de moi. Il est minuscule, à la proximité de ce lieu de restauration, alors qu’une vendeuse de glace et une autre de Kvas (la boisson nationale des Russes) se trouvent non loin, le petit félin est nourrit, pauvrement mais assez pour survivre. Il recherche ma compagnie et mes caresses. La vendeuse me lance un « emmenez-le en France ! ». Je réponds que je serai ici au moins un an, la réponse surprend mon monde. C’est avec reconnaissance qu’ils me laisseront finalement partir, je refuse un troisième thé, la dernière question me désarçonne toutefois « Les Français sont-ils nos amis ? ».

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Avec désarroi je ne sais que lui répondre. Dois-je lui dire que chaque jour d’infâmes journalistes qui n’en portent que le nom nient jusqu’à leur droit de vivre et souillent leurs morts ? Que dois-je dire ? « La propagande est forte en France, forte et sale », les deux vendeuses hochent la tête, elles ont compris, mais j’emporterais avec moi ce jour-là la reconnaissance de leurs regards. Dieu merci je me trouve là pour relever notre drapeau, je m’éloigne toutefois avec un vague à l’âme et un réel malaise de savoir que dans mon pays, des gens les ont déjà enterrés vivants. Je me rassure moi-même en m’encourageant de la voix, finalement, il en reste assez de Français, il en restera toujours assez.

Laurent Brayard

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MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Les média, #La guerre, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

Nous vivons à une époque où le progrès informationnel incarné par la toile omniprésente et omnipotente a gratifié le quatrième pouvoir d’une dimension illusoire sans précédent, au point que le journaliste, normalement en quête de vérité, s’est subitement transformé en illusionniste. Il ne se passe pas un jour sans que nous ne voyions apparaître des mensonges gros comme des maisons, que ce soit au niveau du traitement qui avait été réservé au massacre de la Ghouta en Syrie, traitement symptomatique à bien des égards, ou que ce soit, contraire au bon sens le plus élémentaire dès ses débuts, celui du dossier ukrainien.

Il m’est bien triste de le reconnaître, mais la désinformation russophobe qui gangrène les médias atlantistes est originellement française. Guy Mettan, député au grand conseil du canton de Genève et président du club suisse de la presse, l’a bien noté dans un article publié sur les pages de Libé (nous n’en sommes plus à un paradoxe près !) : « La russophobie moderne est née en France, avant de migrer en Grande-Bretagne et en Allemagne et, enfin, aux USA. Succédant à la russophilie de Voltaire, la russophobie française moderne a commencé avec Louis XV et Napoléon, qui ont forgé et diffusé le faux Testament de Pierre le Grand selon lequel le fondateur de la puissance russe aurait enjoint à ses successeurs de dominer l’Europe jusqu’à Londres ». Très franchement, ça ne vous rappelle rien ?L’esprit cartésien de mes chers compatriotes gaullois n’ayant d’égal que le pragmatisme décomplexé de nos politiques, il a fallu attendre le soi-disant miracle de la Marne pour que la Russie rentre dans les bonnes grâces françaises même si une période de réchauffement était quand même à relever sous la IIIème République. On y ajoutera bien sûr la russophilie européo-souverainiste du Général, vaguement soutenu dans les masses pour qui la Russie soviétique équivalait à Stalingrad en s’associant donc à un tournant providentiel de la II GM. Mais déjà à l’époque, alors qu’il n’y avait pas internet et les effets spéciaux télévisés étaient tout ce qu’il y avait de plus modeste, on s’évertuait à insuffler aux masses une pieuse admiration des exploits américains … si bien que la plupart des gens de ma génération assez peu versés en Histoire étaient (et restent, je présume) persuadés que les grands, les vrais vainqueurs de la Grande Guerre, ce sont bien évidemment les Américains. Moralité : il a fallu trois-quatre générations pour renverser et reforger une dimension cruciale de la réalité historique.

S’il est vrai qu’internet permet des manipulations sans nom, il est non moins vrai que l’antidote s’extrait du poison lui-même : autant que de mentir, internet permet de rétablir la vérité ou du moins de s’en rapprocher. Le cas du MH-17, exemple type de désinformation multilatérale, anti-russe et fondée sur des accusations totalement arbitraires, est d’une grande force démonstrative.

Il est, d’une part, facteur d’enlisement pour les politiques occidentales puisque le téléguidage américain a donné lieu à des sanctions insensées et au dénouement honteux des Mistral. Petit détail croustillant : non contente d’avoir dû rembourser 1,3 milliards d’euros – encore que Poutine a fait un rabais pour des raisons que nous ignorons – la France constate aujourd’huique la NSA a signé un contrat de 490 millions de dollars avec la Russie. Pourtant, dès le début de la partie, il était clair que l’UE, sous l’impulsion loyaliste germanique, tomberait elle-même dans le piège des leurres américains.

D’autre part, le traitement dévié du dossier a exacerbé une guerre extrêmement dangereuse pour l’Europe car menée en pleine Europe, aux frais du FMI et du contribuable européen. N’oublions pas non plus le fond tactique et symbolique les tireurs de ficelle ayant bien capté qu’il était facile de déstabiliser un Etat européen en l’espace de quelques misérables mois en dressant des peuples frères les uns contre les autres, aussi bien dans les frontières du pays concerné qu’en dehors.

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AFP PHOTO/ ALEXANDER KHUDOTEPLY

Enfin, sur un plan global, le semblant d’enquête mené discrédite totalement le droit international en achevant de démolir ses fondements. Voici pourquoi.

Lors du sommet de l’ANASE qui vient de se clore, le chef de la diplomatie russe a remarqué que la Russie était le seul pays à présenter des images satellites du Boeing malaysien au moment du crash la partie ukrainienne gardant pour elle les enregistrements dont elle dispose (échanges entre l’aiguilleur du ciel, le pilote et le co-pilote) et la partie américaine entretenant les soupçons des médias occidentaux et des familles endeuillées. On se souviendra du triomphe déplacé du Spiegel qui s’appuyant sur des a priori sans queue ni tête avait en son temps titré « Nous les avons ! Des photos des satellites américains montrent que les séparatistes sont les coupables ! ». La publication desdites images avaient été depuis rapportée aux calendes grecques de même que la prise en charge de l’enquête par l’ONU conformément à la résolution 2166 de juillet 2014 sortie par le Conseil de sécurité.

En plus de ces étranges omissions, plusieurs faits inexplicables renforcent les incertitudes des experts et décrédibilisent les marchands d’illusion. Ainsi :

  • Comment se fait-il que la Malaisie, première victime d’un drame qui a emporté la vie de près de 300 personnes, n’ait été inclue dans le groupe d’enquête que six mois après l’évènement alors donc que l’Australie, la Belgique, l’Ukraine et les Pays-Bas avaient été aussitôt engagés ?
  • Comment se fait-il que des mois après le crash de gros débris perforés en long et en large jonchaient encore le champ sinistré ? Dans un reportage récemment tourné par RT, on peut voir de simples villageois recueillir des fragments de taille et les stocker en lieu sûr en attendant qu’ils soient récupérés. Personne ne se manifeste. Comme s’il fallait faire piétiner l’enquête autant que possible. En outre, personne n’a jamais cherché à analyser les témoignages à l’époque tout crus et tout frais de ces mêmes villageois qui auraient vu – je ne crois que très passablement aux hallucinations collectives – unchasseur ukrainien escorter le Boieng. S’y ajoute le témoignage (jamais exploité par la partie occidentale) d’un aiguilleur du ciel espagnol qui aurait repéré non pas un mais deux chasseurs ukrainiens dans les parages. Des menaces récurrentes l’ont depuis réduit au silence. Les experts interrogés avaient procédé à une reconstitution informatique du crash en partant de l’hypothèse que l’avion avait été bel et bien descendu par un missile sol-air Bouk. Ils en ont déduit, au grand conditionnel, que ce scénario pourrait être validé mais qu’il n’était qu’une version plausible de la tragédie. Pourquoi ne pas faire une reconstitution du même genre en vérifiant l’hypothèse des chasseurs ? Quand bien même l’on s’en tiendrait à la version du missile Bouk, pourquoi en imputer automatiquement le lancement aux forces républicaines ?
  • Comment se fait-il que la partie malaysienne se contente de gober les pseudo-conclusions abracadabresques d’experts enquêtant à huis clos ? La même question vient d’être posée ou plutôt reposée par l’ancien Premier ministre malaysien, M. Mahathir ibn Mohamed.
  • Comment se fait-il, rétrospectivement, que l’Ukraine n’ait pas fermée son espace aérien dans une zone en guerre ? Toute considération pécuniaire ou souverainiste mise de côté, il semble étrange qu’aucune condamnation officielle internationale n’ait été prononcée. Or, juridiquement (formellement) parlant, Kiev reste le principal responsable du crash. La question de savoir qui a tiré le missile est en ce sens secondaire.

La vérité a cela de fâcheux qu’elle finit toujours par éclater … même en amas de pépites. Joost Niemoller, journaliste d’investigation néérlandais, a publié fin 2014 un ouvrage intitulé The Cover-Up Deal dans lequel il mène se propre enquête du crash. On y apprend plus particulièrement que les ententes conclues (à huis clos) entre le Conseil national de la recherche et Kiev prévoyaient un droit de veto relatif au déroulement de l’enquête. En d’autres termes, aussi bienles enquêteurs occidentauxengagés que leurs collègues ukrainiens peuvent faire barrage à la poursuite de l’enquête ou la faire dévier à leur guise. Merci au procureur général ukrainien d’avoir été si loquace lors d’une conférence de presse donnée à Kiev le 10 août, il y a soit un an de là. Comment s’étonner que l’enquête n’ait pas bougé d’un pouce ? Il n’est pas exclu que nous ayons de fracassantes surprises quelques années plus tard quand le dossier ukrainien sera définitivement abandonné et/ou le Léviathan médiatique tentaculaire renversé. Nous en avons déjà eu avec la lessive « de destruction massive » genre Ariel ou Persil made in Irak et enfin révélée au grand jour, Colin Powell n’en revient toujours pas d’avoir été trompé par la CIA : trop tard ! L’Irak est un pays détruit. Entre-temps, les 300 passagers du vol MH17 ne ressusciteront jamais. Qu’ils aient été cyniquement sacrifiés ou involontairement tués par les parties belligérantes, il est certain que leur mort – tant dans ses circonstances que dans la façon morcellée et partiale dont l’enquête est effectuée –contribue à décrédibiliser jusqu’à son noyau dur cette propagande atlantiste qui se nourrit de virtualité et d’opportunisme en achevant de dévisser les fondements du droit international.

Françoise Compoint

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Darius Rochebin interviewe Vladimir Poutine

5 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre, #Terrorisme

Darius Rochebin interviewe Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a confié à Darius Rochebin "ne pas espérer une guerre en Europe", qu'il aimerait voir plus "indépendante".

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Jamet le dimanche ! Coup de Mistral ou avis de tempête!

5 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #Europe supranationale, #Economie, #La finance dérégulée

Jamet le dimanche !
Coup de Mistral ou avis de tempête


Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l'actualité politique.

Alors que depuis plus d’un quart de siècle, le Rafale s’était acquis, bien malgré lui, la fâcheuse réputation d’être l’avion le plus invendable du monde, l’acquisition, à peu de temps d’intervalle – en rafale, pourrait-on dire – par l’Egypte, l’Inde et le Qatar, du modèle-phare des usines Dassault a été saluée à juste titre comme une excellente nouvelle, pour le constructeur, bien entendu, mais aussi pour l’industrie aéronautique française, dont on reconnaissait enfin l’excellence, et dont on assurait la prospérité en remplissant son carnet de commandes pour les années à venir. Peu de commentateurs ont eu le mauvais goût de s’interroger sur l’usage que feraient les acheteurs d’un chasseur-bombardier a priori peu fait pour les missions humanitaires ou la recherche scientifique.


Lorsqu’il y a quatre ans la Russie avait passé commande à la France de deux bâtiments de projection et de commandement du type « Mistral », la presse et l’opinion s’étaient également réjouiesde la conclusion d’un contrat qui assurait la charge de travail de mille salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire pour quatre années et qui là aussi valait reconnaissance du savoir-faire français en la matière. Nul ne pouvait cependant ignorer que le Mistral n’était ni un pédalo ni un bateau de plaisance ni un paquebot de croisière, mais bel et bien un navire de guerre.


La « décision » finale du gouvernement français – si je mets le mot entre guillemets, c’est que cette « décision » répond plutôt aux injonctions de l’OTAN, à la pression des Etats-Unis et de certains pays de l’Union européenne qu’à l’intérêt national – de ne pas livrer les deux bâtiments pourtant déjà réalisés par le constructeur et réglés par l’acquéreur est un mauvais coup porté à notre industrie, à notre économie, à notre crédibilité et à nos relations internationales. Elle s’inscrit dans le contexte d’une politique étrangère erronée en tous points.


La non-livraison des Mistral donne à penser que notre gouvernement ayant renoncé eu principe de la continuité de l’Etat, le respect des contrats que la France a signés est soumis aux aléas de nos alternances intérieures. Si nous prétendons désormais conditionner nos ventes d’armes à l’emploi qui en serait éventuellement fait, nous pouvons évidemment dire adieu à notre industrie d’armement.


Un milliard deux cents millions de dédommagement, l’entretien onéreux de deux bateaux qui, spécialement conçus pour le pays-client et fabriqués en coopération avec celui-ci, nous restent sur les bras, tel est le montant minimal de la note qu’il nous faudra payer à l’acheteur flué. Le filon espéré s’est transformé en gouffre ce manque à gagner vient s’ajouter aux énormes dégâts collatéraux consécutifs aux sanctions prises contre la Russie. On sait que l’embargo mis par Moscou sur notre industrie agro-alimentaire nous coûte également un milliard d’euros, mais on n’a pas encore mesuré le coût supplémentaire pour nos éleveurs du report de la vente des productions allemande et polonaise sur notre marché intérieur.


Et pourquoi cette accumulation de mécomptes, qui tournent au désastre dans l’état où est notre pays ? Parce qu’à Washington, à Berlin, à Varsovie, des politiciens bornés qui en sont restés à l’époque et qui ressuscitent les mentalités et les comportements anachroniques de la guerre froide agitent le spectre d’une résurgence de l’impérialisme russe et divisent en deux blocs un monde qui a pourtant toutes les raisons de constituer un front uni face aux menaces que les nouveaux barbares font peser sur la paix et sur la civilisation.


Le dossier ukrainien est-il si explosif et si complexe qu’il soit impossible de le régler par une négociation internationale ? La riposte aux ingérences russes dans le Donbass doit-elle se traduire par un déploiement de forces américaines dans l’Europe de l’Est et par l’extension de l’OTAN jusqu’à l’Oural ? La Russie est-elle un allié naturel ou un adversaire potentiel ? Le traitement, à tous égards contre-productif, que nous lui réservons, est-il justifié ? Il faudra bien qu’un jour nos dirigeants rendent des comptes et nous expliquent pour quelles raisons et dans quelles conditions, sans l’accord du Parlement et sans consultation populaire, il leur est passé par la tête de déclarer la guerre à la Russie.


Dominique Jamet

Vice-Président de Debout la France

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Le Président Bachar al-Assad parle au peuple syrien [Discours du 26 juillet 2015 devant les Organisations populaires, les Syndicats professionnels et les Chambres de métiers] "Texte intégral"

4 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

Publié par Jean Lévy

 

 

Le Président Bachar al-Assad parle au peuple syrien [Discours du 26 juillet 2015 devant les Organisations populaires, les Syndicats professionnels et les Chambres de métiers] "Texte intégral"

 

COMITE VALMY

Le Président Bachar al-Assad

parle au peuple syrien

[Discours du 26 juillet 2015 devant les Organisations populaires, les Syndicats professionnels et les Chambres de métiers]

 

Mesdames et Messieurs,

Je vous souhaite la bienvenue en tant que représentants des composantes populaires, professionnelles et syndicales de la société syrienne, et vous exprime toute ma gratitude pour votre travail et vos loyaux efforts dans chacun de vos secteurs, soutenant vos collègues et vos frères, contribuant à renforcer l’esprit de patriotisme et de résistance face à ce que traverse notre pays.

 

Nous voici réunis alors que, malgré sa complexité, la situation est devenue limpide, que les esprits sont clairs, que nombre de masques et de terminologies fallacieuses sont tombés, et que les mensonges dont ils ont voulu convaincre le monde ne tiennent plus, au point que les prétextes auxquels ils s’accrochent et les propos qu’ils tiennent pour justifier les agressions contre la Syrie ne font que confirmer des évidences.

 

Nous interroger sur leurs prétextes serait une perte de temps et d’énergie, mieux vaut nous concentrer sur ce qui pourrait attendre la Syrie, maintenant que les évènements s’accélèrent et que l’opération de destruction systématique menée par les organisations terroristes atteint des niveaux sans précédent.

 

Ce qui révèle la mentalité criminelle des responsables qui dirigent les états soutenant ces terroristes et, en même temps, signifie l’échec de toutes leurs tentatives pour précipiter le peuple syrien dans le bourbier des illusions qu’ils lui ont servies, afin qu’il les adopte et contribue à la chute de sa patrie. Le peuple n’étant pas tombé dans leurs pièges, ils sont passés à un degré supérieur de sauvagerie visant à le mettre face à l’un des deux choix : accepter ce qui est dicté ou se laisser assassiner et détruire.

 

Une escalade dans la sauvagerie qui traduit leur désespoir devant leur impuissance à briser sa résistance face à une guerre sans précédent dans l’histoire moderne ; une résistance qui contrarie leur plan et qui menace leur avenir politique, surtout depuis que le terrorisme a frappé des innocents dans leurs pays respectifs et que les justifications qu’ils ont avancées pour tromper leur opinion publique et en user comme couverture de leur agression contre notre pays et notre peuple, ne tiennent plus la route ; une opinion publique à qui ils ont longtemps raconté qu’ils soutenaient des « révolutionnaires » appelant à la liberté et à la démocratie en Syrie, qui découvre qu’ils soutiennent des « terroristes » et qui en paye le prix.

 

Et, alors que ces dernières années c’était notre région qui était censée exporter le terrorisme au monde et à l’Occident, aujourd’hui c’est l’Occident qui est devenu son incubateur et son exportateur vers notre région. Ceci, en plus de tous les autres incubateurs déjà présents au Moyen-Orient, notamment dans les Pays du Golfe, et des pays entrés plus récemment en scène, tels la Tunisie et la Libye, depuis les événements de 2010-2011 ; tous ces incubateurs ayant commencé à interagir et à exporter le terrorisme partout ailleurs.

 

Pourtant, nous leur avons expliqué à maintes reprises, avant et pendant l’agression contre la Syrie, que le terrorisme ne connaît pas de frontières et ne recule pas devant les déclarations et les dénonciations. Nous les avons prévenus qu’on ne peut l’arrêter par des guerres ni l’éliminer par des avions, comme procède leur coalition d’aujourd’hui.

 

Le terrorisme est une pensée malade, une doctrine pervertie, une pratique déviante qui est née et qui a grandi dans un environnement d’ignorance et d’arriération, auxquelles se sont ajoutés le mépris du droit des peuples.et les privations. Ce n’est un secret pour personne que le colonialisme a jeté les bases de tous ces facteurs réunis, les a enracinés, et continue à y contribuer. Comment est-il possible que celui qui a semé les graines du terrorisme veuille le combattre ?

 

Celui qui veut combattre le terrorisme doit appliquer des politiques rationnelles, fondées sur la justice et le respect de la volonté des peuples de décider de leur avenir, de gérer leurs affaires et de récupérer leurs droits ; fondées sur la diffusion de la connaissance et la lutte contre l’ignorance, sur l’optimisation de l’économie, l’éducation de la société et son développement.

 

Quant à la guerre militaire contre le terrorisme, elle est telle la cautérisation, le dernier des remèdes. Et si jamais elle devient inévitable pour la défense de la patrie, elle ne peut, en aucun cas, remplacer les politiques visant à cerner et à éradiquer les facteurs favorisant sa naissance et son développement, ni se contenter de lui limer les ongles, comme ils font, car ils repousseront plus durs et plus meurtriers. Mais, ils n’avaient pas prévu qu’il frapperait au cœur du continent européen, et plus précisément à l’Ouest, car leur courte vue leur a fait croire qu’ils resteront à distance de ses étincelles volant d’un endroit à un autre, brûlant des pays entiers de notre monde arabe et du Moyen-Orient fondamentalement déstabilisés.

 

Ce qui n’implique pas qu’ils en aient tiré les leçons, car leur comportement face à ce phénomène est toujours aussi hypocrite. Il s’agit de terrorisme quand il les frappe, mais de révolution, de liberté, de démocratie et de droits humains, quand il nous frappe. Ses auteurs sont des terroristes chez eux, mais des révolutionnaires et des opposants modérés chez nous. Ils emplissent le monde de leurs cris quand ils sont piqués par une étincelle, mais adoptent le silence des tombes quand nous brûlons de son feu.

 

Les évolutions positives récentes sur la scène internationale sont réelles, du fait d’une lecture différente de la situation et des allégations mensongères répandues sur la Syrie. Néanmoins, en Occident, ces évolutions ne sont pas fiables car suscitées par l’inquiétude depuis que le terrorisme l’a frappé, l’inquiétude de le voir s’étendre à partir du Moyen-Orient ou, plus précisément, à partie de l’arrière cour de l’Europe.

 

L’Occident est inquiet et perdu, parce que nos frères parmi les bédouins leur ont prescrit une recette toute simple : « un peu de terrorisme que nous contrôlons, un peu d’États renversés, le tout avec quelques gouttes de chaos que nous supporterons, plus quelques nouveaux visages pour remplacer les dirigeants, et le plat est servi. Vous avez-là une cordiale invitation pour avaler les patries » ; mais voilà que les choses sont allées dans une direction totalement différente.

 

Je répète qu’ils n’en ont pas tiré la leçon, pas plus qu’ils n’ont réagi au nom de valeurs morales. C’est pourquoi je dis que ces évolutions ne sont pas fiables et que tant qu’ils auront deux poids deux mesures, nous considérerons que ces évolutions sont temporaires. Ils sont susceptibles de revenir vers leurs politiques colonisatrices, à n’importe quel moment où ils régleront leurs problèmes électoraux en rapport avec le terrorisme.

 

Maintenant, s’ils se mettaient à déclarer que les révolutionnaires qu’ils ont soutenus ne sont que des terroristes et que leur prétendue opposition syrienne est un ramassis de petits agents qui n’ont rien à voir avec la quête de la liberté ; ou à l’inverse, s’ils permettaient aux opposants de leurs pays de prendre les armes, de tuer et de détruire, en continuant à les ranger dans l’opposition nationale, s’ils acceptaient que leur opposition travaille pour l’étranger ; s’ils toléraient que des États étrangers décident de leur système de gouvernement et de leur dirigeant ; nous croirons que leurs normes sont devenues fixes et impartiales. Nous croirons que l’Europe occidentale ou que l’Occident a changé. Alors, nous accepterons les vieilles recettes qu’ils ont toujours utilisées pour justifier toutes leurs agressions et ingérences dans les Affaires des États sous de nobles prétextes, tels les droits de l’homme, la liberté, la démocratie.

 

Le comble de l’hypocrisie est qu’ils prétendent combattre le monstre qu’ils ont créé mais qu’ils ne peuvent plus contrôler, alors que leur objectif est juste de le dompter. Leurs campagnes militaires, politiques et médiatiques, ne sont destinées qu’à jeter de la poudre aux yeux et n’ont abouti qu’à développer le terrorisme au lieu de l’éliminer. C’est une réalité confirmée par les faits, non le résultat de mon analyse. Le territoire du terrorisme s’est élargi, ses ressources matérielles et ses effectifs ont augmenté.

 

Par conséquent, pouvons-nous en attendre une coopération honnête avec notre combat contre le terrorisme ? Il s’agit d’États historiquement colonialistes. Est-il possible pour des colonisateurs dont l’Histoire s’est écrite sur des pages d’occupations, de meurtres, de destructions, de terrorisme brûlant les peuples et les asservissant, de soutien à des organisations terroristes dissimulées sous couverture religieuse comme les Frères Hypocrites puis Al-Qaïda et ses sœurs, de combattre le terrorisme ? C’est impossible, parce que le colonialisme a pour synonymes : terrorisme, amoralité et inhumanité.

 

C’est parce que cette image était claire dans notre esprit que, depuis les premiers jours de la crise, nous n’avons compté que sur nous-mêmes en n’espérant rien de bon que de la part des vrais amis du peuple syrien. Des amis dotés de principes et de morale, qui veulent la stabilité dans leur région, en Syrie et dans le monde, qui respectent le droit international et la volonté des peuples, et qui considèrent que les relations internationales en ce monde doivent se construire sur un pied d’égalité et non sur des rapports de maîtres à esclaves.

 

Les nations du BRICS, avec d’autres nations, ont adopté une attitude équitable à notre égard et ont contribué à révéler au monde la vérité sur la situation en Syrie.

 

L’Iran a offert son soutien économique, militaire et politique, et a contribué à renforcer la résistance et l’immunité de notre peuple, partant du principe qu’il ne s’agissait pas du combat d’un État, d’un groupe d’États, d’un gouvernement ou d’un président, comme ils ont voulu le présenter, mais du combat de tout un axe représentatif d’une approche commune de l’indépendance, de la dignité et des intérêts des peuples.

 

La Russie a agi de même. Avec la Chine, elle a formé une soupape qui a empêché que le Conseil de sécurité ne se transforme en un instrument de menaces pour les peuples et une plate-forme de lancement d’agressions contre les États, en particulier contre la Syrie. Elle a lancé nombre d’initiatives constructives visant à couper la route aux appels à la guerre et a orienté le cours des événements vers un dialogue entre les Syriens.

 

Face à cela, notre approche a été et demeure de prendre en considération toutes les initiatives, sans exception, même celles dont nous savions, par avance et avec certitude, que les intentions sous-jacentes étaient malveillantes. Ceci, parce que nous avons toujours eu la ferme conviction que la moindre chance susceptible d’arrêter l’effusion de sang devait être saisie sans hésitation ; le sang des Syriens dépassant toute autre considération et l’arrêt de la guerre étant la première de nos priorités. Et aussi, parce que nous voulions couper la route aux sceptiques et aux dupes convaincus que la crise était liée à des questions de réformes politiques, notamment aux adeptes du « si », ceux qui pensent : « S’ils avaient fait ceci, nous n’en serions pas là… ».

 

C’est donc dès les premiers jours de la crise, que nous avons décidé de tenir compte de toutes les initiatives pour prouver à ceux-là que la crise n’était pas liée à la politique, mais plutôt au soutien du terrorisme. Et c’est pourquoi nous sommes allés à Genève et à Moscou pour participer à un dialogue censé réunir toutes les composantes syriennes et aboutir à un consensus ; le consensus étant supposé être le but recherché par tous.

 

Dès que le dialogue a commencé, les Syriens ont posé des questions logiques, liées les une aux autres :

• Quelle est la relation entre le politique et le terrorisme ?
• Quelle est la relation entre les personnalités étiquetées « opposition externe » et le terrorisme ? Je précise qu’« externe » ne signifie pas que cette opposition soit entièrement basée à l’étranger, mais qu’elle est en liaison avec l’étranger, bénéficiant de son soutien politique et de son soutien matériel, se répartissant entre la Syrie et l’étranger.
• Quelle est la relation entre l’« opposition externe » et les terroristes sur le terrain, étant donné que les terroristes ont, dès le début, refusé de la reconnaître et de traiter avec elle ?
• Pourquoi dialoguez-vous avec des individus qui n’ont aucune influence sur les terroristes et qui ne représentent personne, certains étant à peine représentatifs d’eux-mêmes ou pas du tout ?

 

Bref, une série de questions qui reviennent à une seule : comment ce dialogue peut-il mener à arrêter le terrorisme en Syrie ? C’est la question qui obsède chaque citoyen syrien.

 

En théorie, il n’y a aucun lien entre dialogue, action politique et terrorisme. L’action politique vise à faire évoluer le système politique dans le sens de la prospérité, de l’urbanisation et du renforcement de l’immunité de la nation à l’intérieur et à l’extérieur du pays, alors que le terrorisme tue, détruit et fragilise.

 

Mais en pratique, ce lien est très solide du fait que ladite « opposition externe » est fortement liée aux terroristes sous l’égide d’un seul maître. C’est lui qui finance, gère, coordonne et tire toutes les ficelles. C’est lui qui ordonne aux terroristes de monter le rythme de leurs violences et aux opposants « externes » de crier plus fort, pour augmenter la pression politique.

 

Les deux parties sont donc les membres d’un même corps, chacun assurant ses fonctions dictées par un même cerveau ; le but du maître étant l’exploitation des deux voies, la voie des terroristes et la « voie politique », pour pousser les Syriens à accepter de transformer la Syrie en état suiviste qui s’inclinerait devant son dictat politique ; faute de quoi, il continuera à soutenir le terrorisme et la destruction du pays.

 

Le terrorisme est donc le véritable outil, tandis que la voie politique est un outil secondaire de précaution. Le premier dirige le second. En d’autres termes : si la voie politique permet au maître d’atteindre ses objectifs c’est tout bénéfice ; sinon, c’est au terrorisme de les atteindre.

 

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu’aussi longtemps que les maîtres tiennent, à la fois, le terrorisme et une partie des participants au dialogue de ladite opposition externe en liaison avec eux, ils seront capables de contrecarrer la voie politique, qu’ils désignent par « solution politique » et que nous préférons qualifier de « processus politique ». Autrement dit, cela signifie que leur solution politique est construite sur des mots creux et vides de tout sens.

 

Naturellement, les médias étrangers vont maintenant profiter de mes paroles pour dire que « Le président syrien déclare refuser une solution politique et s’accroche à une solution militaire ». Des paroles toutes aussi creuses qui ne nous intéressent pas pour le moment.

 

Applaudissements

Malgré le fait que nous sachions que notre problème est fondamentalement lié au terrorisme, nous restons favorables à tout dialogue politique, aussi mince serait son influence. J’ajoute que dire « solution politique » c’est manquer de précision, car la solution relève essentiellement de trois axes : l’axe politique, l’axe sécuritaire et l’axe militaire.

 

Nous sommes donc pour le « processus politique » et nous le soutenons, mais le soutenir est une chose et lui permettre de nous duper est autre chose. Et tant qu’ils utiliseront la terreur pour le manipuler, il restera inefficace.

 

Par conséquent, si nous voulons un dialogue pur de tout chantage entre Syriens, nous devons obligatoirement frapper et bannir le terrorisme. Nous savons tous que le maître des terroristes et de ladite opposition externe ne le fera pas ; car s’il frappait sérieusement le terrorisme, il perdrait la capacité de contrôler le cours des choses.

 

De plus, croire que le dialogue deviendrait purement inter-syrien si le maître frappait le terrorisme est du domaine de la théorie, étant donné que l’opposition externe est en liaison avec l’étranger et qu’elle participe à ce dialogue.

 

Le dialogue, tel qu’il est mené, fait que nous nous retrouvons devant trois types de participants :

• le premier est patriote,
• le deuxième est agent de l’Occident,
• le troisième est opportuniste : un groupe de personnes sans aucune affiliation politique qui a trouvé dans la « voie politique »
l’opportunité de servir des intérêts personnels, même aux dépens de sa patrie.

 

Ces deux derniers types, les agents de l’Occident et les opportunistes, sont donc capables de frapper n’importe quel consensus auquel nous pourrions parvenir en tant qu’État syrien dans nos dialogues avec des personnalités patriotes. C’est ce qui est arrivé à Moscou 1 et à Moscou 2.

 

Certains disent : « L’État syrien ne prend pas d’initiatives ». En d’autres termes, s’il en avait pris, les choses iraient pour le mieux car désormais tout a changé : les terroristes veulent se repentir et l’Occident verse des larmes sur le peuple syrien, le problème est que nos responsables syriens n’innovent pas en matière de solutions et d ’initiatives. Il y a dans ce raisonnement quelque chose de naïf, mais c’est en tout cas le raisonnement de certains opposants « externes » qui souhaiteraient, pour le moins, faire porter au gouvernement syrien la responsabilité de l’échec du dialogue, au cas où la « voie politique » tracée par le maître n’atteint pas les objectifs souhaités.

 

Concernant les initiatives que le gouvernement syrien n’aurait pas prises, moi je dis : celui qui n’a pas vu toutes celles que nous avons concrétisées, comme notre première initiative politique de 2013 ayant décrété l’amnistie pour les personnes compromises mais non coupables de certains crimes dont 20 000 personnes et plus ont pu bénéficier ; celui qui n’a pas vu les réconciliations, les ajustements, les modifications des lois et de la Constitution, etc. ne verra pas demain ce qu’il n’a pas vu hier. En revanche, celui qui a vu pourra constater leurs effets plus ou moins positifs à l’intérieur de nos frontières.

 

Quant à ceux qui disent : « Lançons des initiatives, si nous ne gagnons pas, nous n’aurons rien perdu », je réponds que c’est faux, car les initiatives de l’État ne sont pas des articles de presse, mais des actions sur le terrain. De telles actions poussent en avant ou font reculer. Et lorsqu’elles sont sans effets, elles sont sans valeur. Pourquoi procéderions-nous ainsi en sachant que d’un point de vue pratique, toute initiative qui ne fait pas avancer vers le mieux compliquera la solution et non l’inverse ?

 

Il ne s’agit pas d’un évènement auquel nous devrions absolument participer, d’une opération boursière où nous pourrions perdre à défaut d’être les premiers à saisir notre chance, d’une scène sur laquelle les artistes - certains sont présents parmi nous- doivent absolument monter de temps à autre, faute de quoi ils courent le risque d’être oubliés du public. Il s’agit d’un véritable travail sur le terrain. Il s’agit de politique.

 

D’autant plus que toute initiative en direction des forces hostiles et de leurs agents n’aura aucun effet positif, pour la simple raison que la seule initiative qu’ils accepteront est celle qui offrirait toute la patrie à leurs maîtres, celle qui transformerait le peuple syrien en esclave exécutant les ordres des grands comme ils le font. C’est ce qu’ils n’obtiendront jamais quels que soient leurs rêves.

 

Applaudissements

Quant aux propos concernant les concessions de l’État syrien continuellement accusé de radicalisme, de rigidité, d’intransigeance et d’irréalisme, il existe un principe en droit -certains spécialistes du droit sont aussi présents parmi nous- si simple et si évident, qu’il n’a pas besoin de spécialistes en la matière. Il stipule que personne n’a le droit de renoncer à ce qu’il ne possède pas à moins de disposer d’une procuration de son propriétaire. Or, l’État syrien ne dispose pas d’une procuration du peuple syrien l’autorisant à renoncer à ses droits nationaux.

 

Applaudissements

Le peuple syrien est le seul ayant droit en la matière. S’il avait voulu une telle renonciation, il n’aurait pas résisté pendant quatre années et n’aurait pas continué à en payer tout le prix.

 

Pour résumer tout ce qui précède : toute proposition politique qui ne serait pas essentiellement fondée sur l’éradication du terrorisme n’a aucun sens et aucune chance de voir le jour.

 

C’est pourquoi, tant que la situation politique n’évoluera pas du fait d’un travail sérieux, nous n’avons pas d’autre choix que de continuer notre combat contre le terrorisme. Il n’y a pas d’autre choix. Comme je l’ai dit, nous sommes pour le processus politique, mais la réalité à laquelle nous sommes confrontés fait que la seule solution passe par ce combat. Car il n’y a ni politique, ni économie, ni culture, ni sécurité, ni valeurs morales, là où sévit le terrorisme.

 

Ces vérités étant bien comprises, la situation sur le terrain reste au centre des préoccupations permanentes de tous les citoyens et il est, aujourd’hui, de mon devoir de répondre à nombre de questions soulevées dernièrement à ce sujet :

 

• Nous n’avons pas cherché la guerre. C’est lorsqu’elle s’est imposée à nous que nos forces armées se sont dressées contre les terroristes en tous lieux. Depuis, les batailles passent par des hauts et des bas ; ce qui est généralement le cas dans tous les combats.

 

• Le type de guerre, à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, fait que les forces armées ne peuvent pas se déployer dans chaque partie du territoire syrien. Ce qui permet aux terroristes de pénétrer dans les zones qu’ils déstabilisent jusqu’à ce que l’armée syrienne les libère ; ce va et vient étant permanent depuis le début des événements.

 

• Récemment, en conséquence de la robuste résistance de la Syrie, Peuple et Armée, les « États terroristes » sont passés à un niveau supérieur de soutien aux terroristes, logistiquement, militairement, financièrement, avec un supplément d’armes et d’effectifs. Parfois, ils sont intervenus directement pour les soutenir, comme cela est arrivé à Idleb avec les Turcs ; ce qui s’est soldé par le fait que certaines régions qui étaient contrôlées par l’État sont passées sous le contrôle des terroristes.

 

• Le tout a créé une sorte de frustration chez le citoyen syrien, d’autant plus que la propagande ennemie a vendu ce tout comme l’effondrement de l’État syrien : « l’État syrien s’écroule ! L’Armée syrienne s’écroule ! La guerre écrit ses derniers chapitres en faveur des terroristes !… ».

 

• Parallèlement, alors que l’Armée arabe syrienne gagnait des batailles dans d’autres régions, la propagande ennemie disait : « Non, ceux qui remportent les batailles sont des armées venues de l’étranger pour aider l’Armée arabe syrienne affaiblie par la fatigue et la frustration ». Et bien sûr que disant cela, les médias voulaient parler de l’Iran.

 

• Pour être clair à ce sujet : du point de vue des combats sur le terrain, l’Iran fraternel nous a offert son expertise militaire et rien d’autre. Quant à nos fidèles frères de la Résistance libanaise, ils se sont battus à nos côtés, nous offrant le maximum de leurs possibilités, jusqu’à mêler le sang de leurs martyrs à celui des nôtres. Leur rôle a été important, car leur contribution d’une grande efficacité a conduit à des exploits dans plus d’un endroit. Leur expérience et leurs compétences, notoirement reconnues, sont très utiles dans le type de guerre que nous menons, et nous leur sommes reconnaissants pour leur courage, leur force et leur solidarité.

 

• Ceci étant dit, nous savons tous qu’aucune force d’appui ne peut remplacer la force principale, et qu’aucune force amie ne peut venir défendre notre patrie à notre place.

 

• Quant à la frustration ressentie après le retrait de nos forces armées dans certaines régions, elle n’a rien enlevé à la confiance dans les compétences de notre Armée, témoin en est l’augmentation du nombre d’engagés volontaires entre avril et mai, une période des plus difficiles.

 

Concernant les priorités, je me propose de répondre plus en détails aux questions suivantes :

• Sommes-nous en train d’abandonner certaines régions ?
• Pourquoi perdons-nous d’autres régions ?
• Pourquoi l’Armée ne vient-elle pas dans des régions où elle est attendue ?

 

De par la Constitution et par principe, chaque pouce de la Syrie est cher et précieux et il n’est pas question d’en céder le contrôle à qui que ce soit. Dans le même ordre d’idée, il n’y a aucune distinction entre les régions quelle que soit leur géographie ou leur démographie. Mais la guerre a ses conditions, ses stratégies et ses priorités ; lesquelles peuvent varier selon les circonstances.

 

Les décisions du Haut commandement sont dictées par les réalités sur le terrain et les priorités, lesquelles priorités ont été imposées par le type de guerre que nous vivons. Une guerre sur des dizaines de fronts dans toutes les directions et sur toutes les régions, sans exception, face à un ennemi soutenu par les États les plus puissants et les plus riches qui lui accordent un approvisionnement illimité en armes, en argent et en combattants. Dans ces conditions, croire que nous pouvions gagner toutes les batailles est irréaliste ; ce qui était évident depuis le début, abstraction faite de la récente escalade. D’où deux priorités essentielles parmi d’autres.

 

• La première priorité est la sauvegarde des zones « importantes » du fait que leur perte entrainerait l’écroulement de toutes les autres, leur choix dépendant de critères politiques, économiques et de service public, tout en tenant compte de l’équilibre entre importance militaire et importance civile. Ce n’est que quand la balance penche en faveur des terroristes que l’importance militaire l’emporte. Il peut s’agir d’une ville, d’une plaine, d’une montagne ou d’une colline, dont la chute n’aura pas autant d’échos dans la presse ou parmi les citoyens, alors que nous sommes déterminés à y tenir, coûte que coûte, pour conserver le reste. Parfois nous devons diriger, voire concentrer, nos troupes au niveau de ces zones importantes en nous retirant de certaines régions.

 

• La deuxième priorité est la vie des soldats, nos héroïques combattants dont le retour est attendu par leurs parents, leurs femmes, leurs enfants, leurs frères et sœurs. Autant ils sont empressés de combattre au risque de se sacrifier, autant nous tenons à ce qu’ils vivent, remplissent leurs missions et reviennent sains et saufs vers leurs familles.

 

Applaudissements

N’importe quel lieu de notre terre syrienne est certes cher à nos cœurs, mais la vie des citoyens et des soldats est plus chère encore ; car une terre peut être récupérée, ce qui n’est pas le cas d’une vie perdue.

 

Applaudissements

Comme nous l’avons toujours dit, nous allons à la bataille pour vaincre et non pour le martyr. Nous, nous voulons la victoire, c’est le destin qui décide du martyr et là nous ne pouvons rien.

 

Concernant les réalités sur le terrain, le soldat syrien a prouvé son courage, sa compétence, son habileté et sa grande force ; autant de qualités reconnues par le monde entier, les amis et les ennemis. C’est indiscutable. Mais à la disparité naturelle entre les personnes, correspond parfois une disparité des résultats obtenus par les unités combattantes, dans un même contexte. Des erreurs au niveau de l’action militaire arrivent parfois. La plus petite de ces erreurs peut conduire à une série d’échecs très coûteux. C’est dans la nature des choses, ce qui n’a pas empêché l’action militaire d’obtenir des résultats radicalement efficaces.

 

En plus de cette disparité, intervient la différence géographique des zones de combat ; la défense d’une ville, d’une banlieue, d’une plaine ou d’une colline créant des situations différentes, auxquelles s’ajoute un facteur déterminant qui est l’environnement humain.

 

D’une manière générale, cet environnement est favorable à l’État, même dans certaines régions contrôlées par les terroristes. C’est la façon de soutenir nos Forces armées dans les points chauds qui varie d’une région à une autre. Certaines fournissent un soutien moral, et c’est l’essentiel. D’autres régions fournissent un soutien financier, se chargent de la cantine, fournissent des renseignements ; chacune à sa manière et selon ses moyens. Et d’autres vont plus loin encore, en prenant les armes et en s’engageant dans les combats aux côtés de l’Armée et des Forces armées. Ce dernier type de soutien a été très important pour conclure les combats plus rapidement et avec un minimum de pertes.

 

Certains diront que cela fait partie du devoir de l’Armée. C’est vrai. Mais cela n’interdit pas que chacun défende sa maison, son quartier, son village ou sa ville. Il n’est pas justifiable que l’armée pénètre certaines régions pour découvrir que les jeunes gens ont quittées et les ont abandonnées. Ce n’est pas acceptable.

 

Ce qui nous amène à la troisième question : « Où est l’Armée ? ». Une question posée parfois sous forme de reproche, parfois sous forme de prière. C’est un sujet sensible auquel je répondrai, comme d’habitude, en toute transparence ; bien que, là aussi, les médias ennemis vont l’exploiter pour leurs gros titres. Mais nous n’avons pas de problèmes pour en discuter entre nous, entre Syriens.

 

En situation de paix, les effectifs de l’Armée sont limités à un niveau suffisant pour repousser une attaque surprise. En situation de guerre, l’État doit compléter ces effectifs, principalement par le rappel des réservistes et le recrutement des volontaires, auxquels s’ajoutent tous les moyens civils de l’État mis à la disposition du Commandement général de l’Armée et des Forces armées ; s’ajoutent aussi, selon la loi de Mobilisation Générale, les moyens du secteur privé utiles aux combats.

 

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que la guerre n’est pas seulement l’affaire des Forces armées, c’est une guerre de la patrie et c’est une guerre de l’ensemble de la société. C’est en gardant cela à l’esprit que nous serons encore plus prêts pour affronter les plus dures, les plus complexes, et les plus étendues des batailles sur tous les fronts.

 

Nous savons tous que le « facteur humain » est décisif et que la prévision des effectifs d’une mobilisation générale à 100% revient à des chiffres sur papier, car en situation de paix et, encore plus, en situation de guerre, il y a un nombre non négligeable de désertions motivées essentiellement par la peur. Or, le pourcentage réel des effectifs réellement mobilisés sur le terrain influe sur la programmation et le déroulement des combats. Plus il baisse, plus il devient difficile de mener des opérations simultanées et en profondeur sur plusieurs fronts à la fois. D’où des pertes plus ou moins importantes parmi les civils.

 

Cette image de la guerre, que je viens de vous exposer, nous amène à une autre question simple et évidente : « Face à tous ces États riches et puissants, et aux terroristes qu’ils soutiennent sans limites, nos Forces armées sont-elles capables de s’acquitter de leurs tâches de manière exemplaire et de protéger la patrie ? ».

 

Question à laquelle je réponds sans exagération et sur des bases théoriques, pratiques, réalistes : « Oui, certainement, elles sont capables ! ».

 

Applaudissements

Oui, elles sont capables et confortablement ! Mais existent des lois qui gèrent l’univers comme, par exemple, celles qui font que « Rien ne vient du néant et rien n’y retourne » ou que « Rien ne se met en mouvement sans énergie ». Ainsi, l’énergie d’une armée est celle de son énergie humaine. Ce qui implique que si nous voulons que notre Armée donne le meilleur de ce qu’elle possède, nous devons lui offrir le maximum de ce que nous possédons.

 

Or, tout le nécessaire a été mis à sa disposition, mais il y a un manque en énergie humaine, pour toutes les raisons que je viens d’évoquer. Ce qui ne veut pas dire que je donne une image noircie de la situation ; laquelle, soit-dit en passant, sera là aussi saisie par les médias hostiles qui se précipiteront pour dire : « Le président syrien déclare que les Syriens ne s’engagent plus, confirmant l’effondrement de l’Armée et de l’État ». Non, les Syriens s’engagent et, comme je l’ai déjà dit, le recrutement a sensiblement augmenté ces derniers temps.

 

Ce que je dis est que ce manque en énergie humaine, dans les circonstances que l’on sait, fait que le « facteur temps » est à prendre en considération. Bien qu’il ne soit pas décisif pour l’issue de la guerre, il devient important devant les souffrances des citoyens d’une ville comme Alep qu’ils tentent de mettre à genoux…

 

Applaudissements

Qu’ils tentent de mettre à genoux par des attaques directes et par des missiles criminels, par la soif et par la faim. Important devant Deir el-Zor qu’ils assiègent pour qu’elle se rende sous la pression de la famine. Important devant Nebel et Al-Zahra et nombre d’autres villes et régions où la forte densité de la population oblige l’État et les Forces armées à travailler plus vite encore.

 

Oui, les Syriens s’engagent et les Forces armées accomplissent des exploits qui dépassent largement toutes les normes théoriques vu les circonstances, parce qu’elles en ont la volonté. Nous aimerions en faire profiter toutes les régions où il y’a un manque de combattants, un manque qui nous contraint parfois à déplacer des unités occupées ailleurs.

 

Il n’empêche que l’Armée est présente à Alep et présente à Deir el-Zor où elle démontre une résistance extraordinaire, mais face au « facteur temps », sur lequel j’insiste, nous devons faire en sorte que la mobilisation augmente. D’où le décret d’amnistie d’hier…

 

Applaudissements

Ce n’est pas moi qu’il faut applaudir et je vais vous expliquer pourquoi. Ce décret accordant une amnistie générale aux déserteurs n’a pas été promulgué de ma propre initiative ou de celle de l’État. Ce sont quelques centaines d’entre eux qui se sont adressés, par courrier, au Haut commandement pour faire savoir qu’ils souhaitaient intégrer l’Armée mais craignaient les mesures punitives. Je pense qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir s’engager et que des milliers les suivront.

 

C’est là une initiative qui confirme que les Syriens soutiennent l’Armée. Reste à la société, aux familles et à tous les gouvernorats de leur clarifier leur situation. Par conséquent, je répète qu’il n’y a pas d’effondrement au niveau du recrutement et que nous résisterons jusqu’à la victoire.

 

Applaudissements

Nous réaffirmons, Mesdames et Messieurs, que la patrie n’appartient pas à celui qui l’habite, porte son passeport ou sa nationalité. La patrie appartient à celui qui la défend.

 

Applaudissements

Le peuple qui ne défend pas sa patrie n’a pas de patrie et ne mérite pas d’en avoir.

Applaudissements

Par conséquent, tous les problèmes que nous rencontrons et que je viens d’exposer et d’expliquer ne sont pas liés à la planification ; autrement dit, la guerre à laquelle nous faisons face apprendrait même à des non-militaires comment agir en commandants compétents. Nous n’avons donc pas un problème de planification.

 

Nous n’avons pas, non plus, un problème de fatigue. Dans l’un de mes précédents entretiens j’ai dit, en effet, qu’il était normal que l’Armée ressente la fatigue. Evidemment, les médias hostiles se sont emparés de cette phrase pour en faire tout un problème : « Le président a dit que l’Armée était fatiguée ». Or, toute compétition physique ou intellectuelle fatigue et peut même exténuer. L’être humain gagne et réussit par sa peine non en toute quiétude, et il est normal que l’État, l’Armée, et toute notre société éprouvent de la fatigue en ces circonstances. Mais la fatigue est une chose et la défaite est autre chose. Défaite et défaitisme ne font pas partie du dictionnaire de l’Armée arabe syrienne.

 

Applaudissements

Si j’ai autant détaillé la situation sur le terrain, bien que tous aient compris la nature de cette guerre et des combats que nous devons mener, c’est parce que plus nous serons capables d’éviter de nous laisser abattre par la propagande, plus nous pourrons offrir à nos Forces armées ce qu’elles attendent de nous.

 

Une propagande et une guerre psychologique s’ajoutent à la guerre militaire pour que nos ennemis véhiculent et impriment dans nos esprits l’idée d’une Syrie divisée en plusieurs entités géographiques réparties entre partisans et opposants, entre confessions et ethnies. Une idée qu’ils vendent en termes de « guerre civile et sectaire » sans cesse répétés dans chacun de leur entretien public, chacune de leur déclaration, chacun de leur article de presse concernant la Syrie. L’objectif étant de créer chez nous le sentiment que nous ne pouvons pas échapper à cette réalité qui serait la nôtre, qu’il n’y a plus aucun espoir pour que la Syrie redevienne ce qu’elle a été, et qu’il ne nous reste plus qu’à obéir à leurs dictats.

 

En fait, malgré la complexité de la situation, la réalité est différente, car la partition ne pourra se faire que si le peuple l’accepte ou la souhaite et que ses différentes composantes ne veulent plus vivre ensemble. Est-ce le cas ?

 

Les Syriens ne fuient-ils pas les régions contrôlées par les terroristes, quelle que soit leur confession et quelle que soit leur origine ethnique ? Ces citoyens ne rejoignent-ils pas les régions contrôlées par l’État pour revivre aussi harmonieusement qu’auparavant ? Certains diront que j’exagère et que nous sommes supposés avoir été entraînés vers la partition confessionnelle. Ce n’est pas vrai, car nombre de ceux qui n’avaient pas conscience de la dangerosité du vocabulaire et du sentiment confessionnels les rejettent parce qu’ils ont bien compris leur instrumentalisation pour nous diviser. Ajoutez à cela que n’avons pas entendu dire que les Syriens se déplaçaient dans le sens inverse, et qu’ils vivaient dans une quelconque harmonie dans les régions contrôlées par les terroristes. Tout le monde connaît ces vérités, notamment qu’en Syrie il n’y a que deux camps : celui des Syriens d’un côté, celui des terroristes de l’autre.

 

Applaudissements

Cela suffit. Nous en avons assez de ces discours sectaires qui font croire que nous sommes au stade d’accepter le démembrement de la patrie et de nous partager ses morceaux. Celui qui veut évaluer la situation en Syrie doit cesser de se baser sur des cartes géographiques et militaires, avec courte vue et superficialité. Alors il comprendra qu’il n’y a qu’une Syrie…

 

Applaudissements

Alors il comprendra que la part de chaque Syrien est toute la Syrie. La Syrie unie, riche de toutes ses couleurs et fière de toutes ses composantes. C’est cela la réalité du peuple dont je parle, tout le reste n’est que verbiage et littérature. Il est l’une des raisons qui expliquent la continuité de l’État.

 

Leur propagande n’est qu’illusion. Il ne peut y avoir d’effondrement de la société quand l’État reste debout, car l’État est le reflet du peuple, non l’inverse. Nous Syriens, nous devons continuer à user de notre terminologie patriote, loin de toutes leurs entités virtuelles et de leurs identités partielles qui visent à transformer la patrie unique en entités et sociétés sectaires, malades du confessionnalisme et de l’ethnicisme. Nous devons éviter de répéter leur vocabulaire surtout au niveau de nos médias, lesquels pensent parfois bien faire pour paraître rationnels et réalistes. Ils oublient que les mots construisent notre réalité, qu’en ce monde tout commence par le langage, et que si nous adoptions des termes étrangers à notre culture, nous ne tarderions pas à constater les divisions parmi nous.

 

Applaudissements

Mesdames et Messieurs,

Il est incontestable que la situation que je viens de décrire a eu des répercussions négatives sur notre secteur économique et qu’en plus du sentiment d’insécurité, les nécessités de la vie quotidienne sont devenues une source d’angoisse pour toutes les familles syriennes, surtout pour les familles à bas revenus. Notre économie a reculé ainsi que les ressources de l’État nécessaires à sa relance. Conséquences des actions terroristes ayant abouti à la destruction d’une partie importante de nos infrastructures, à des coupures des voies de communications terrestres, de l’eau, et de l’électricité, et à la pénurie en carburants ; ce qui a mené à la rupture des artères de la vie dans certaines régions. À tout cela il faut ajouter la guerre menée contre nous à partir de l’étranger, par le blocus et les attaques sur notre monnaie, pour nous faire céder.

 

En dépit de ces très dures conditions, les institutions de l’Etat continuent à travailler, même s’il s’agit d’un travail a minima pour certains secteurs. Nous sommes en guerre et en période de guerre, la vie s’arrête. Il n’empêche qu’après quatre années et plus, et malgré les dégâts subis au niveau des services essentiels -en l’occurrence, je crois qu’aujourd’hui beaucoup de citoyens ne pourront pas écouter ce discours, faute d’électricité ; mais quand nous faisons de notre mieux, il n’est pas rare que nous la rétablissions dès que possible- il y a les soldats inconnus que vous représentez ici, qui travaillent jour et nuit, parfois dans des conditions approchant celles des soldats sur les divers fronts, pour nous offrir le nécessaire à la vie : eau, nourriture, vêtements, logement, médecine, éducation, etc.

 

Mais cela ne signifie pas que certaines de nos institutions sont incapables de se retrouver en meilleure position, ni que nous sommes très loin de pouvoir nous en sortir. Au contraire. Nous voulons et nous pouvons, reste à agir avec une bonne organisation et de la créativité pour aller vers le mieux, même graduellement.

 

Dans mon discours d’investiture, j’avais dit que, pour nous, le secteur prometteur était celui de la construction. Quelques mois après, en automne dernier, la loi 66 était publiée pour lui ouvrir les grandes portes. En fait, concernant la première zone de Kafarsouseh à Damas, les organigrammes et la répartition des terrains entre les propriétaires sont achevés et la construction des infrastructures est commencée ; les études concernant la zone de Daraya sont en cours ; à Homs, les organigrammes des zones Baba Amr, Al-soultaniya, et Jobar sont achevés. Nous pouvons donc dire que ce deuxième projet est lancé même si nous n’en sommes qu’aux premières étapes.

 

Ce secteur de la construction est certes important, mais ce n’est pas le seul malgré la crise et les conditions défavorables à l’investissement. Quelques exemples : le nombre d’usines a augmenté dans les régions sécurisées des rifs de Damas et de Homs et j’insiste sur les termes « régions sécurisées », les usines des zones contrôlées par les terroristes ayant été détruites ou pillées. Des usines en cours de construction avant la crise ont repris les travaux qui sont maintenant achevés. Plus important encore, certains ont commencé à investir après le début de la crise ; ce qui, en l’occurrence, témoigne de leur confiance en la patrie, de leur patriotisme, et peut-être d’un défi au terrorisme.

 

Quant aux secteurs industriels fortement endommagés par la guerre, comme le secteur de la volaille, des denrées alimentaires, des vêtements et de la pharmacie, des dispositions ont été prises pour les restaurer. Le mois dernier, le gouvernement a approuvé la création d’organes spécialisés en soutien à la production locale des petites et moyennes entreprises, grâce à des prêts d’exploitation. Une expérience réussie fut celle du microcrédit, initiée par le secteur privé avec l’appui et la participation de l’Etat. En moins de deux années, elle a permis de créer des dizaines de milliers d’emploi. Cette expérience a été élargie à l’Administration locale dans plus d’une province pour porter assistance aux blessés avec handicap permanent. Elle devrait s’élargir plus tard pour inclure des personnes handicapées à un moindre degré et les familles des martyrs.

 

Ce sont là quelques exemples qui témoignent de la détermination des Syriens et qui confirment que la voie est ouverte devant nous pour améliorer notre situation économique et nos conditions de vie.

 

Pour résumer : maintenant que j’ai expliqué la situation sur le terrain, le citoyen demandera : « Que comprendre de ce discours ? Y’a-t-il un espoir ou pas ? ». Je réponds :

 

• En économie, toutes les portes sont ouvertes. L’année 2012 fut la pire, non pas en raison de la crise, mais parce que beaucoup de Syriens pensaient qu’ils devaient reporter leurs projets jusqu’à ce que les conditions redeviennent favorables. Ce n’est que quand ils ont découvert que ce sera long, qu’ils ont décidé de s’adapter aux circonstances, et la production a redémarré. Cette année les exportations ont été relativement bonnes ; bonnes par rapport aux circonstances, non par rapport aux années d’avant la crise. Mais lorsque nous recommençons à produire et à exporter et que certains secteurs bougent, cela signifie que nous pouvons et que c’est à nous de trouver les moyens et les modalités de collaboration entre les deux secteurs, public et privé. Nous pouvons donc espérer et être optimistes. Restera à résoudre les problèmes du secteur primaire comme, par exemple, l’électricité et les carburants, ce que nous réussissons par intermittence.

 

• Concernant le versant militaire, je pense avoir clairement expliqué qu’il a un espoir, moyennant certaines initiatives de la part de la société pour le renforcer.

 

• Quant au versant politique, je n’ai vraiment aucun élément qui me permette de vous dire qu’il y a un espoir et vous tromper. Entre Syriens on ne peut dire que la vérité, même si face à des diplomates et aux médias on peut tenir un langage différent. Nous ne sommes pas le seul facteur influent sur la politique, ni nos amis russes, iraniens, chinois ou nos autres amis des pays du BRICS. Il y a d’autres pays… Jusqu’à cet instant précis je ne peux rien vous avancer sur ce sujet. En tout cas, tous les sujets tournent autour de l’axe militaire qui influera sur la situation interne et modifiera les équilibres externes.

 

Applaudissements

Mes Frères et mes sœurs,

Nous sommes à une étape décisive qui n’admet pas de solution médiane et où l’hésitation équivaut au défaitisme, à la lâcheté et à la trahison. Nous ne renoncerons pas à nos droits, ni ne braderons un pouce de notre terre. Nous ne serons pas des esclaves, mais des maîtres indépendants, maîtres de notre pays, de nos ressources et de nos droits.

 

Applaudissements

Le monde est en train de changer peu à peu. Les États qui tiennent à leurs droits ne peuvent que vaincre. Le meilleur exemple en est l’accord obtenu par l’Iran, notre frère, après tant de patience et de peine, mais avec détermination et volonté. Tel est le chemin des États libres qui refusent l’esclavage et la soumission, qui donnent la priorité à leur peuple et avancent.

 

À ce stade, je parlerai de cet accord sans aborder les analyses faites par le monde entier avant et après sa signature. Ce qui m’intéresse est le chemin parcouru et comment l’Iran est arrivé à cette victoire, que nous l’aimions ou pas, que nous l’admirions ou pas, que nous l’approuvions ou pas.

 

Ce pays frère a obtenu une grande victoire, alors qu’il a été assiégé durant plus de trente-cinq ans et a été confronté à une guerre injuste de huit années où toutes sortes d’armes ont été utilisées, y compris les armes chimiques, avec le consentement de l’Occident, et où la pus grande partie de son infrastructure a été détruite. Malgré cela, il a pu réaliser des avancées scientifiques qui l’ont classé au premier rang dans le monde musulman et parmi les vingt premières nations du monde.

 

L’Iran a traversé nombre de périodes critiques que nous laisserons de côté, pour nous arrêter aux élections présidentielles de 2009. Cette première épreuve dudit « Printemps arabe » appliqué à l’Iran. Modèle qui n’a pas été prévu pour les États arabes, car en frappant l’Iran, tout aurait été réglé. Ils ont commencé en usant de la même terminologie, des mêmes méthodes, ont lancé des canaux par satellites en langue persane, ont mis à profit les réseaux sociaux diffusant les mêmes mensonges. Ceci au point qu’un fonctionnaire européen, en visite en Syrie à la fin de cette période, m’a dit : « Vous devriez rester loin de l’Iran parce que ce n’est plus qu’une question de quelques mois ». Autrement dit, ce qu’ils disent sur la Syrie, ils l’avaient déjà dit sur l’Iran. Je lui avais répondu : « Peut-être reviendrez-vous dans cette région pour découvrir que vous aviez tort ». Je ne me rappelle pas de son nom, c’est l’un de ces fonctionnaires imbéciles, mais je me rappelle encore de son comportement pendant son séjour ici.

 

Applaudissements

Si l’Iran a dépassé tous ces complots et s’il a obtenu cette victoire, parmi d’autres, c’est parce qu’il est resté uni. C’est l’unité du peuple iranien qui a permis cet accord et a donné à l’Iran le droit au nucléaire. Sur ce sujet, certains opposants iraniens qui avaient fui l’Iran depuis l’époque du Shah se sont rangés du côté de leur patrie, considérant qu’il s’agissait d’une question nationale ; même certains médias de l’opposition d’aujourd’hui ont pris le parti de l’État iranien. Ils ont distingué les querelles politiques des causes nationales.

 

C’est là un message à nos chers opposants externes en liaison avec l’étranger, qui ont commencé à pleurnicher dès l’échec de leur projet de frappes sur la Syrie en 2013. Depuis, ils n’ont cessé de hausser le ton jusqu’à atteindre un sommet dramatique ces derniers temps : des pleurs, des cris, des reproches, des blâmes, contre leurs maîtres en Occident qui ne leur auraient pas accordé ce dont ils ont besoin pour libérer le peuple syrien. À l’époque des turbulences en Iran, nous n’avons jamais entendu parler d’opposants iraniens ayant appelé à frapper leur pays pour libérer le peuple iranien.

 

L’opposition syrienne liée à l’étranger pleure parce que ses maîtres ne lui ont rien donné, alors qu’elle leur a tout donné, et même plus qu’ils n’ont demandé. S’ils ne vous ont pas tout donné, c’est peut-être parce qu’il y a des règles ? Vous êtes des vassaux et le vassal est un esclave à qui on ne donne pas, mais que le maître exploite. Ils vous méprisent. Les responsables européens nous l’ont dit…

 

Applaudissements

Ils vous méprisent encore plus que le peuple syrien vous méprise. Pourquoi ? Parce qu’en Syrie, nous sommes au courant de votre clientélisme…

 

Applaudissements

Alors que vos maîtres savent tout de vous. C’est pourquoi, ils vous utiliseront comme un bout de papier avant de vous jeter à la poubelle. Le peuple syrien vous a jetés depuis longtemps dans la poubelle de l’Histoire.

 

Applaudissements

Nous payons le prix fort, parce que le plan est énorme et que c’est une guerre d’existence. Nous serons ou nous ne serons pas. Il est vrai que l’ingérence extérieure a été le facteur fondamental qui a allumé le feu ; mais aujourd’hui, la plupart d’entre nous sont conscients que le facteur interne est le plus important pour l’éteindre.

 

Avoir conscience de ce qui se passe réellement est nécessaire, mais nous ne serons pas capables de sauver la Syrie de ce qui se trame contre elle tant que chaque Syrien ne sentira pas que cette bataille est sienne et qu’il est le premier concerné par sa patrie, sa ville, son village et sa maison, tout comme il est le premier concerné par l’unité de ce pays et la pérennité de son vivre ensemble. Alors, il n’y aura plus aucun émigré qui quitte son pays au lieu de le défendre, ni aucun spectateur solidaire de son pays qui se contente de paroles.

 

La victoire de la Syrie dans cette guerre ne signifiera pas uniquement la défaite du terrorisme, mais aussi que la région retrouvera sa stabilité. L’holocauste arrive à travers leur projet de partition et ses guerres. Si nous voulons épargner nos enfants et les protéger, nous devons gagner nos batailles et notre guerre. Alors, nous leur remettrons un héritage dont ils seront fiers à l’avenir et ils seront de véritables maîtres en leur patrie.

 

Notre choix est clair depuis le premier jour : posséder la volonté et la confiance en la victoire ; non une victoire pour certains syriens sur d’autres, mais une victoire pour tous les Syriens ; une victoire sur ce qui a été planifié contre eux. C’est d’ailleurs cette conscience des réalités qui a incité nombre de ceux qui dirigeaient leurs armes contre l’État à rejoindre leurs frères au sein de l’Armée et des Forces armées, allant jusqu’à sacrifier leur vie dans différentes régions du pays : un même sang, un même ennemi, un même destin.

 

Ici, j’invite tous ceux qui hésitent par peur, par doute, ou qui rêvent de ce qui ne se réalisera pas, à rejoindre ceux qui les ont précédés et à diriger ensemble leur arme contre le véritable ennemi, l’ennemi commun et le plus dangereux d’entre tous : le terrorisme.

Quant aux promesses de l’étranger à ceux qui continuent à en vivre, elles resteront de simples illusions aussi longtemps que les héros de l’Armée et des Forces armées se battront dans les plus sombres circonstances, se sacrifieront et veilleront pour que les Syriens puissent dormir et que vive la Syrie.

 

Applaudissements

À eux et à tous les Comités de Défense populaire, toutes nos salutations et notre admiration, notre respect et notre estime. Nous nous inclinons devant vos sacrifices et nous nous levons fièrement en hommage à votre générosité. L’Histoire témoignera du terrorisme que la Syrie aura vécu et vous écrirez le chapitre de sa défense, de sa purification et de son salut. Nos salutations à vos familles et à vos proches qui vous ont élevés dans l’amour de la patrie jusqu’à vous sacrifier pour qu’elle vive.

 

À toutes les familles des martyrs, nos meilleures salutations avec nos salutations particulièrement distinguées à toutes celles qui ont perdu plus d’un martyr.

 

Applaudissements

C’est en vous que nous puisons notre résistance et c’est de vous que nous avons appris la persévérance, le don de soi et le sens de la patrie. Vous êtes la véritable élite et, quoi que nous fassions, nous ne vous rendrons jamais ce que nous vous devons.

 

Quant à nos héros blessés, vous êtes l’Histoire vivante de la Syrie, ses témoins et sa mémoire. Vous êtes la véritable école qui enseignera aux générations futures comment sacrifier une partie de son corps pour que vive un corps plus grand que tous les autres : la Syrie.

 

À ceux qui nous ont été enlevés et à leurs parents, nous disons que nous ne nous épargnerons aucun effort pour enquêter sur leur sort, les retrouver et les libérer par des opérations militaires ou des échanges.

 

Nous n’oublions pas notre frère l’Iran, que nous remercions pour tout le soutien accordé à la Syrie et qui continue.

 

Applaudissements

Comme nous n’oublions pas notre amie la Russie, et la Chine loyale, pour toute l’aide qu’elles nous ont apportée à plusieurs niveaux, notamment au niveau des organisations internationales. Applaudissements

 

Et, merci du fond du cœur à la Résistance libanaise qui nous a rendu fidélité pour fidélité, sang pour sang.

Applaudissements

Je salue chaque Syrien qui a résisté malgré ses souffrances et ses blessures et qui est resté patient en dépit des sanctions, du blocus et du manque de moyens.

 

Je salue chaque Syrien qui est resté accroché à sa terre malgré les tentations l’incitant à partir et à émigrer. Il a défié le terrorisme et les canons de la mort, exprimant de la plus formidable des façons ce que signifie l’appartenance à une terre et à des racines, demeurant sur son territoire pour que la Syrie demeure.

 

Notre patrie est notre juste droit. La protéger est notre juste devoir. Dieu est avec la justice.

 

Dr Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne 
Damas, le 26/07/2015

Source : Vidéo YouTube [Al-Ikhbariya]
https://www.youtube.com/watch ?v=Dyw1mfm0TqI&feature=youtu.be&list=PL6WK5zwkjZipWc8MPyWB4U1tzrTmvbCGO

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Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

3 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #le nazisme, #Le fascisme

Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

Le 31 juillet 2015

Javier est originaire de Badajoz dans l’Estrémadure et c’est à la sortie de l’Université qu’il décide de partir dans le Donbass. Issu dans sa jeunesse de la CNT, c’est un militant et activiste de l’extrême-gauche. Ce qu’il découvrait dans les informations sur la guerre en Ukraine le révoltait. Se pensant utile pour les gens en difficulté dans le Donbass assiégé, il se décide sans trop y penser au départ. C’est ainsi qu’il atterrit dans le Donbass au mois de février 2015… Histoire d’hommes, histoire d’altruisme, il n’y a rien dans sa démarche qui ne soit réfléchi, pas d’aventurier derrière le noble Javier. Le courage et la jeunesse sont rarement associés, mais plutôt la témérité avec la jeunesse. C’est pourtant le courage que je découvrirai chez Javier. A côté d’autres interviews que j’ai visionnées dans le Donbass, ce qui me frappa d’abord ce fut sa profonde humilité. Retour sur une belle rencontre.

C’est à peine arrivé dans le Donbass que j’eus la surprise de recevoir un message de Javier. Il avait découvert sans doute par hasard ma page Facebook consacrée à mes propres expériences dans la région. Nous décidons d’une rencontre qui très vite se transforme en une émission de télévision, Le Point de vérités qui est diffusée régulièrement pour les habitants de Donetsk et du Donbass. De prime abord réservé, Javier en s’exprimant montre rapidement une étonnante force intérieure. C’est avec très peu d’argent qu’il décide du départ au début de l’année 2015. Javier est Espagnol, le Donbass est en plein hiver, un hiver très dur à vivre pour un Espagnol de l’Estrémadure, les combattants de la division Azul avaient eux aussi beaucoup souffert des conditions climatiques. Nous ne sommes pas pourtant dans le Donbass en face d’un climat aussi rude que dans les tranchées devant Leningrad. Mais passons, la division Azul était constituée des fascistes de Franco, Javier lui est tout à l’opposé, il vient dans la tradition des fameuses brigades internationales qui servirent avec tant de volonté et d’opiniâtreté en Espagne.

Il dit lui-même d’ailleurs en faisant le parallèle entre la Guerre d’Espagne de 1936-1939 et le Donbass que ce sont des guerres très différentes mais avec de grandes similitudes : des fascistes dans le camp ennemi, des escadrons de la mort semant la terreur et la désolation, la Russie (URSS) tentant d’aider les Républicains (noms que se donnent à l’heure actuelle les insurgés du Donbass en opposition au mot péjoratif de « séparatistes » utilisé par les médias occidentaux ou ukrainiens). A son arrivée en passant par Rostov, il n’a pas le temps de souffler, le voilà dans un hôpital militaire de campagne. Les médicaments manquent, les pneumonies guettent, il vivra sa première expérience de médecin sur le front. Selon ses paroles, la situation est meilleure actuellement, grâce à l’aide des convois humanitaires russes, il déplore d’ailleurs que l’Union européenne, et son pays l’Espagne ferment les yeux sur les horreurs commises ici. Pire encore, il indique que l’Espagne a envoyé des équipements militaires aux Ukrainiens, gilets, casques etc.

A la question s’il pourrait être victime de répression en rentrant, il répond que oui. Il évoque la dure crise qui touche sa province, 30 % de chômage, les banques saisissant les maisons de pauvres gens surendettés et mis à la porte, la situation politique très grave et les compromissions dangereuses avec les Américains et l’Union européenne. Ses mots sont forts lorsqu’il parle des gens qui mourraient dans les hôpitaux, pour lui « l’Union européenne et les Occidentaux ne sont pas seulement responsables des morts sur les champs de bataille ou les victimes des bombardements, les massacres. Ils sont aussi responsables des gens qui mourraient faute de médicaments dans les hôpitaux ». Ses paroles raisonnent dans le studio, l’Union européenne en effet a fermé les yeux, elle n’a rien envoyé, pire même elle a soutenu les assassins au nom du grand jeu international en partie dirigé par les Américains. Javier termine son allocution, nous continuerons ensuite dans les coulisses nos discussions. Zak, l’Américain d’origine serbe qui travaille à la rédaction est descendu lui aussi à sa rencontre. C’est que nos conversations se déroulent en langue anglaise, Javier ne parle pas le russe et très peu le français. Lorsqu’il part après bien des échanges fructueux, Zak termine par une interrogation : « Ne sont-ils pas beaux ? ». Natacha notre traductrice lui dit en effet au revoir loin du palier, nous les dominons de quelques marches. Je lui réponds alors « oui, il y a de l’espoir avec des jeunes comme eux ». Zak acquiesce, Javier vient en effet de nous donner une grande leçon à nous les plus anciens, il y a toujours de l’espoir !

Laurent Brayard

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Eurodéputé polonais: "les snipers du Maïdan, c'est notre opération"

3 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme, #Terrorisme

Eurodéputé polonais: "les snipers du Maïdan, c'est notre opération"

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Eurodéputé polonais: "les snipers du Maïdan, c'est notre opération"

La vérité sur les snipers qui ont tiré sur la place Maïdan à Kiev en février 2014 éclate au grand jour grâce aux révélations d'un eurodéputé.

 

Le député au Parlement européen et candidat à l’élection présidentielle polonaise du 11 mai prochain Janusz Korwin-Mikke a déclaré que les snipers qui ont tiré sur la place Maïdan à Kiev en février 2014 avaient été entraînés en Pologne, rapporte Wiadomosci.

 

"Maïdan, c'est notre opération. Je siégeais au Parlement européen à côté du ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet. Dans un entretien avec la chef de la diplomatie européenne de l'époque Catherine Ashton, ce dernier a reconnu que c'étaient nos hommes qui en réalité ont tiré sur la place Maïdan, et non ceux du président russe Vladimir Poutine ou de l'ancien chef de l'Etat ukrainien Viktor Ianoukovitch", a raconté l'eurodéputé.

 

Et d'ajouter que 40 manifestants et 20 policiers avaient alors été tués pour provoquer les désordres.

"Nous le faisons pour gagner la bienveillance de Washington", a répondu le politicien, interrogé sur les mobiles de Varsovie.

Par ailleurs, M.Korwin-Mikke a dit qu'il voudrait voir une Ukraine indépendante, mais la plus faible possible.

Selon lui, les événements en cours en Ukraine sont une agression des Etats-Unis contre la Russie.

 

Dans son interview à Wirtualna Polska, le candidat à la présidence polonaise a reconnu: "Oui, c'était aussi notre opération. On entraînait les snipers en Pologne également (…) Enfin la vérité éclate au grand jour".

 

Les troubles massifs en Ukraine de novembre 2013 à février 2014 ont fait des dizaines de morts parmi les protestataires et les policiers, ce qui s'est soldé par un changement de pouvoir et la destitution du président Viktor Ianoukovitch. L'opposition s'est emparée du pouvoir dans le pays.

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Un village empoisonné par la CIA ? - Pont-Saint-Esprit 1951 [Vidéo]

3 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La guerre, #La France, #L'OTAN., #Terrorisme, #le nazisme

mardi 28 juillet 2015

Un village empoisonné par la CIA ? - Pont-Saint-Esprit 1951 [Vidéo]

 

Reprise de l'article initialement paru le 12 mars 2010 agrémenté de l'excellent documentaire diffusé (discrètement) sur France 3 il y a quelques jours :
En aout 1951, la CIA, dans le cadre du projet ultra-secret MK-NAOMI (inclus dans le célébrissime projet MK-ULTRA), dirigé depuis la base de Fort Detrick dans le Maryland, intoxiqua au LSD, à l'aide d'un puissant aérosol, la population de Pont-Saint-Esprit dans le Gard (notez l'humour typiquement américaniste dans le choix d'un village avec un tel nom), provoquant plusieurs suicides et des dizaines d'internements psychiatriques dans la population de cet ordinairement paisible village provençal. (*)

Une information qui n'étonnera que les naïfs, pas de quoi sauter au plafond à priori.

Cette interview de l'auteur Hank Albarelli, qui publie une enquête sur le projet MK-NAOMI est néanmoins intéressante car on y apprend l'implication des tristement célèbres Rumsfeld et Cheney dans la dissimulation de ces opérations.

D'après Albarelli, les expériences n'auraient pas cessées et la CIA continuerait encore aujourd'hui de tester de nouvelles drogues.
On ne peut s'empêcher de penser que Guantanamo et les multiples prisons secrètes en Pologne, Roumanie ou Lituanie, pour ne citer que celles situées au sein de la vertueuse "Union Européenne" constitueraient un laboratoire idéal.

(*) on suppose que le pilote criait "La Fayette, nous voila!" au moment de vaporiser le village.
Le Blogue Noir de Brocéliande, 12 mars 2010

Le 17 août 1951 à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, le village entier semble pris de folie, après ce qui ressemble à une banale intoxication collective. Pendant une semaine, les scènes surréalistes s'enchaînent, avec des habitants en proie au délire et à des hallucinations. A l'issue de cette semaine, on déplore cinq morts et 300 malades, dont une soixantaine internée dans des hôpitaux psychiatriques. En 2009, le journaliste américain Hank Albarelli assure dans un livre que le village aurait été victime d'une expérience sur les effets du LSD, menée conjointement par l'armée américaine et la CIA...

Rediffusion sur France 3 le 3 aout 2015 à... 3H20 (pour être bien certain que personne ne regarde!)

Publié par Bertrand Riviere

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L´armée Camerounaise intercepte un Hélicoptère Français livrant des armes a Boko haram

2 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme, #Afrique

L´armée Camerounaise intercepte un Hélicoptère Français livrant des armes a Boko haram

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« Nous devons dire aux citoyens Camerounais qu’on va reprendre le dessus sur cette nouvelle forme de terrorisme. Ils ne doivent pas prendre peur car nous sommes plus forts que ca, en plus quand vous connaissez les méthodes de votre ennemi vous êtes plus forts.
Vous savez aussi qu’il y a deux terroristes Français qui ont été arrêtés à la Briqueterie avec des explosifs. Et eux aussi sont en train d’être exploités et c’est très encourageant. Un autre élément, c’est qu’un hélicoptère a été intercepté au Nord Cameroun déposant des armes, des munitions et des dollars.

Les populations sont très vite arrivées et se sont servies sur les dollars, ensuite ils ont fuit leur village car ayant peur des représailles de Boko Haram qui devaient arriver prendre leur butin déposé par cet hélicoptère.

Enfin un container d’armes a été intercepté au port de Douala avec les armes de guerre en complicité avec les officiels camerounais » – Banda KANI – Africa Media « On se souvient qu´en 2010 et en 2011 pour faire tomber le président élu Laurent Gbagbo les rebelles et les armes du tandem criminel Soro-Ouattara étaient héliportés pas les soldats français de force licorne et la force licorne stationnées en Cote d´Ivoire.

Le peuple camerounais sortira vainqueur de ces barbares islamistes de Boko A Rats et leurs alliés occidentaux. »

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Un-individu-de-race-blanche-en-possession-dune-bombe-arrêté-à-Yaoundé-660x330

JASMINE DOKA
AFRIQUE NEWS INFO

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Renaud Girard : «La France doit cesser d'être le caniche des États-Unis».

2 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;

 

Renaud Girard : «La France doit cesser d'être le caniche des États-Unis»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Iran, Syrie, Europe, Renaud Girard fait le point sur la politique étrangère française. Le grand reporter regrette le tournant atlantiste et néo-conservateur de la diplomatie française.

 

Renaud Girard est grand reporter international au Figaro. Il a couvert les grands conflits des trente dernières années. Il est notamment l'auteur d'un ouvrage sur les guerres au Moyen-Orient, Pourquoi ils se battent (Flammarion, 2005), sur son expérience de l'Afghanistan (Retour à Peshawar, Grasset, 2010) et son dernier ouvrage, Le Monde en marche, a été publié en 2014 aux éditions CNRS. Tous les mardis il tient la chronique internationale du Figaro.


Un accord historique sur le nucléaire iranien a été conclu alors que la France s'est montrée en retrait. Laurent Fabius s'est rendu mercredi 29 juillet à Téhéran pour tenter de réchauffer les relations franco-iraniennes. La France a-t-elle été à la hauteur de l'enjeu?

Comme l'a dit l'ancien ambassadeur à Téhéran François Nicoullaud, dans cette négociation menée avec succès par Obama, les Français n'ont joué que «les grognards ou les utilités». L'initiative a été américaine. Laurent Fabius a même tardé à recevoir l'ambassadeur d'Iran en France. Lors de la conférence de Genève II en janvier 2014, Fabius avait refusé la participation de l'Iran. C'était une position stérile! Comme le disait De Gaulle, «il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur les réalités.» L'Iran est évidemment un facteur essentiel dans la résolution de la crise syrienne. Ne pas inviter l'Iran alors que des puissances scandinaves l'étaient, c'était mener une politique non ancrée dans le réel. François Hollande a pris sur lui de livrer des armes à la pseudo Armée syrienne libre - des missiles Milan, des mitrailleuses 12.7 et 14.5 - ; elles se sont retrouvées au bout d'une semaine aux mains des Katiba islamistes. C'est l'un des plus gros échecs des missions récentes de la DGSE. Espérons que ces armes ne se retourneront jamais contre la France.

La France aurait-elle pu davantage exploiter une position de médiateur?

Je regrette de manière générale que ce ne soit pas la diplomatie française qui ait réussi ce deal historique, comme elle avait réussi par le passé à faire la paix entre les Américains et les Vietnamiens - je fais référence aux accords de Paris de janvier 1973. J'avais moi-même proposé, dans un éditorial du Figaro du 21 mai 2007, alors que Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner venaient d'arriver aux affaires, que la France jouât le rôle d'honest broker (médiateur sincère) entre l'Iran et les Etats-Unis. Ces deux pays ne sont pas des rivaux naturels. Autour de la mer Caspienne, les rivaux naturels sont plutôt la Russie et l'Iran. Il me semblait qu'une fenêtre d'opportunité se présentait alors, celle de la politique française classique au Moyen-Orient, qui se caractérise par une certaine indépendance. Le fait que Sarkozy et Kouchner entretenaient de fortes relations d'amitié avec les Etats-Unis était paradoxalement un avantage, car l'Amérique n'aurait pas mis de bâtons dans les roues à une initiative française.

Le numéro 3 du régime, Ari Larijani, m'avait reçu le 24 mai 2007 à Téhéran pour me convaincre qu'une ingénierie était possible afin de ramener la confiance entre Occidentaux et Iraniens. Je l'avais amené dans le bureau de Bernard Kouchner fin juin 2007 et il lui avait répété le même message. Cette ingénierie a été trouvée par l'accord historique du 14 juillet 2015 à Vienne. Un arrangement a été trouvé pour rassurer les Occidentaux sur la non militarisation du programme nucléaire iranien. Évidemment, le Traité de non-prolifération dont l'Iran est signataire autorise les activités nucléaires civiles. Nous avons perdu huit ans, et c'est dommage.

Quelles peuvent être les conséquences économiques et politiques pour la France de ce «raté diplomatique»?

La France avait une position exceptionnelle qu'elle n'a pas exploitée. On peut craindre que la France, dans les futurs gros contrats qui se noueront en Iran, se fasse dépasser par l'Allemagne, l'Italie ou les Etats-Unis. La politique anti-iranienne quasi obsessionnelle qu'a menée Laurent Fabius au début de son mandat a viré à une attitude plus rationnelle de l'exécutif français - quand Hollande a rencontré Rohani à l'ONU en 2013. J'approuve la visite de Fabius à Téhéran, même si je la trouve tardive. Je me réjouis que le président ait invité Rohani à Paris en novembre prochain.

Peugeot et Renault se sont respectivement retirés en 2012 et 2013 du marché iranien, en raison des sanctions américaines. Les Etats-Unis vont-ils profiter commercialement et économiquement de ce nouveau marché [Apple est déjà en train de négocier son retour dans le pays]?

La France a tellement peur des Etats-Unis que nous avons accepté que la BNP paie une amende de 9 milliards de dollars au Trésor américain, alors que la BNP n'avait violé aucune loi française, mais financé l'exportation de produits - ni trafic d'êtres humains, armes ou drogue - en provenance du Soudan, de Cuba ou d'Iran. La justice américaine a pris prétexte que ces transactions étaient libellées en dollars pour étendre l'application de la loi américaine et de ses sanctions commerciales aux relations entre une entreprise française et ces pays. En 1965, De Gaulle dénonçait «le privilège exorbitant du dollar». Aujourd'hui on assiste au privilège exorbitant de la justice américaine qui prétend appliquer sa loi au monde entier. Renault et Peugeot ont été victimes de pressions américaines, nous les avons hélas acceptées. Aujourd'hui, les entreprises françaises craignent d'agir par peur de s'attirer les foudres de la justice américaine. Elles regrettent que l'UE et ses Etats membres aient été incapables de les protéger le moins du monde. Après la scandaleuse amende imposée à la BNP, on aurait pu imaginer que l'Europe infligeât une amende de 15 milliards de dollars à Goldman Sachs pour avoir aidé le gouvernement grec à truquer ses comptes publics afin d'entrer dans la zone euro.

Au-delà du cas iranien, peut-on parler de tournant atlantiste de la politique étrangère française?

Disons que Bernard Kouchner comme Laurent Fabius n'ont pas apporté de véritable succès à la diplomatie française. La crise russo-ukrainienne serait propice à une médiation de la France, ce qu'a commencé François Hollande le 6 juin 2014 en Normandie, et ce qu'il a poursuivi avec les accords de Minsk, tout cela, main dans la main avec Angela Merkel. La médiation française entre la Russie et l'Ukraine aurait aujourd'hui plus de poids si il n'y avait pas eu l'incompréhensible boycott en France du défilé de la victoire contre le nazisme du 9 mai 2015 à Moscou, et la ridicule affaire du refus de livraison des Mistral à la Russie. Le refus de respecter les engagements commerciaux sur les Mistral n'a rien changé à la balance stratégique dans cette région - où les Russes sont infiniment plus forts que les Ukrainiens - mais il a inutilement blessé les dirigeants russes.

Notre relation avec les États-Unis m'apparaît de plus en plus déséquilibrée. De Gaulle en son temps avait recadré les choses en affirmant que nous étions alliés, et non alignés. Mais nous sommes aujourd'hui alignés. Sarkozy a commis une erreur en faisant revenir la France dans le commandement intégré de l'OTAN, une organisation militaire dont les résultats ont été médiocres au Kosovo et en Afghanistan. C'est un signe de sujétion qui n'était même pas réclamé par les Américains. Cet esprit de soumission fait que l'on accepte l'espionnage de la NSA. Ce dernier, qui par l'intermédiaire de monstrueuses amendes a mené à la vente d'Alstom à General Electric. J'espère que nous n'entrons pas dans la négociation sur le TAFTA dans le même esprit de sujétion. L'équipe de l'UE composée de 28 Etats aux intérêts divergents entre malheureusement dans ces négociations moins bien armée que l'équipe américaine.

La guerre en Libye s'est-elle inscrite dans cette même logique néo-conservatrice?

Nous avons détruit le régime de Kadhafi sans prévoir de solution de remplacement. Il y a trois règles d'or à respecter avant toute opération extérieure, hormis le respect nécessaire de l'ONU. Premièrement, une solution de remplacement après avoir destitué un dictateur. Deuxièmement: pouvons-nous garantir aux populations que nous venons «protéger» que leur situation sera améliorée après notre intervention? Troisièmement, cette intervention ménage-t-elle les intérêts à moyen et long terme de notre pays. Par qui Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi ont-ils été remplacés? En interrogeant aujourd'hui les Libyens, on perçoit clairement chez eux un regret de l'époque de Kadhafi où la liberté politique était certes inexistante mais où circulation, sécurité et éducation étaient assurées. A Bagdad, la population regrette aujourd'hui Saddam Hussein qui, malgré ses nombreux défauts, maintenait un pays au fort taux d'alphabétisation. Aujourd'hui à Raqqa, on jette un homosexuel du haut d'une tour, en Syrie, on décapite les chrétiens. Un dirigeant ne peut se lancer dans une opération extérieure pour sa propre gloire ou pour de simples raisons de politique intérieure.

On n'a pas réfléchi aux intérêts à moyen et long terme de la France lorsque nous avons commencé cette guerre en Libye. Car l'effondrement du régime de Kadhafi a provoqué la déstabilisation de tous les pays amis de la France au Sahel, au point que notre ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait suggéré dans une interview au Figaro qu'il faudrait engager une deuxième guerre en Libye… pour corriger le chaos provoqué par la première. Kadhafi avait d'innombrables défauts mais il avait une qualité précieuse pour nous: il empêchait que son immense territoire fonctionne comme un appel d'air à l'endroit des candidats à la migration clandestine originaires d'Afrique sub-saharienne.

Comment expliquer l'évolution de la diplomatie française en cinquante ans de l'indépendance d'un De Gaulle à l'alignement des dirigeants actuels?

Cette évolution est due à plusieurs facteurs: une fascination pour la puissance américaine, un manque de fierté, une façon de baisser les bras. Jusqu'à récemment, demeuraient certains principes de notre tradition diplomatique - comme lorsque Chirac a refusé de participer à la guerre d'Irak, décision soulignée par le discours historique de Villepin à la tribune de l'ONU. Cette évolution indigne est assez difficile à expliquer. Elle a été opérée par des gens qui pensent que la France est trop petite pour exister par elle-même et qu'elle ne vit que dans un grand bloc occidental dirigé par l'Amérique. Cette rationalisation du monde est contestable. Je pense au contraire que nous avons notre mot à dire, notre génie national. Notre alignement ne rend pas service à l'Occident. De Gaulle était beaucoup plus utile à l'Occident en portant une parole différente de celle des Etats-Unis, que ne le sont nos dirigeants atlantistes. Sur la guerre du Vietnam, sur le conflit israélo-palestinien, sur le dollar, le président français avait pressenti ce qui se passerait. En janvier 1969, quand Nixon arrive aux affaires, la première personne à qui il rend visite est le général de Gaulle, qui avait pourtant abondamment critiqué les Etats-Unis précédemment. Preuve que cette critique était productive et qu'on attendait précisément de la France qu'elle critiquât son allié. Qui aime bien châtie bien. Kissinger, qui avait assisté à l'entretien entre Nixon et De Gaulle au sujet du conflit israélo-palestinien, m'a rapporté que Nixon partageait sur ce sujet entièrement les vues du président français. Contrairement à ce que l'on pense, l'Occident attend de la France une analyse droite, autonome, responsable, de la situation internationale, et pas un comportement de caniche qui se révèle à la fin contre-productif pour les intérêts de l'Occident et la paix dans monde.

 
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