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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Thalys: un terroriste surarmé blesse le doigt de Spencer. Par Karine Bechet-Golovko

23 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch

samedi 22 août 2015

 

 
Résultat de recherche d'images pour "terroriste recherché arme dans toilettes"
 
Un drame s'est déroulé dans le Thalys hier sur le trajet Amsterdam Paris. Un terroriste d'origine marocaine venu de Syrie est monté à bord armé d'une Kalachnikov, de neuf chargeurs, d'un pistolet automatique et ... d'un cutter. Après avoir fait feu, il blesse Spencer à l'arrière du cou et au doigt. Un autre doigt est entaillé appartenant à l'acteur qui voulait activer le système d'alarme. Non, il ne s'agit pas d'un film, c'est juste un vrai acteur dans la vraie vie.
 
Mais, j'avoue quand même ne rien comprendre à l'enchaînement. Ce que j'ai compris, c'est que des gentils militaires américains de l'OTAN ont immobilisé le dangereux terroriste euro-marocain et sauvé tous les passagers. 
 
Ouf, on est sauf. L'honneur ... on passe.


 
Mais bon, j'ai beau le tourner dans tous les sens, je ne comprend pas. Je vous assure, je ne fais exprès.
 
Un type entraîné en Syrie sort une kalachnikov sans faire de carnage. Breivik n'avait pas eu autant de problèmes ... 
 
Passons, le type a donc une Kalach dans les mains quand Alex dis à Spencer aller on va le choper, Spencer court pendant 10 mètres vers le méchant terroriste et celui-ci le touche à l'arrière du cou et lui fait bobo au doigt avec un cutter. Pendant les 10 mètres, il ne pouvait pas tirer??? Si c'est un terroriste qui rentre de Syrie ??? Et s'il utilise son "cutter", il attaque derrière le cou et ne tranche pas la gorge???
 
Décidément, je comprend pas. En plus, le type aurait déjà tiré et c'est pour ça que les militaires américains ont entendu les coups. En tout cas dans cette version. Et le type entre dans le wagon avec sa Kalach et il va réfléchir: Tirer ou pas tirer, voici la question ??? Il tranche cette question existentielle en sortant ... un cutter. Logique.
 
Soit, un terroriste philosophe, ça existe. Ou un mauvais terroriste, pas doué, et c'est pour ça qu'il est rentré en Europe, il n'avait pas le niveau. Pourquoi pas.
 
Je ne comprends pas.
 
Au fait, ils sont intervenus, Alex et Spencer, parce qu'ils ont vu le type entrer envec une Kalach ou parce que - dans le silence général d'un train où un terroriste a déjà tiré et un acteur tire le signal d'alarme - ils entendent le cliquetis d'une arme que l'on recharge dans les toilettes et ils l'attrapent à la sortie? Décidément, je comprend rien.
 
Parce que si l'on oublie que les versions sont totalement différentes, ici on perd le magnifique face-à-face d'un western ferrovière, le type a déjà tiré s'il doit recharger son arme. Et pourquoi se coincer dans les WC, pour se faire prendre en laissant le temps aux gens de réagir? Il est entraîné et armé et ne ne peut pas recharger rapidement sans aller faire pipi sous le coup de l'émotion? Au fait, il est si mauvais tireur qu'il n'a blessé personne à l'arme à feu?
 
Bref, je comprend pas. La seule chose qui est claire, c'est que l'on a de la chance d'avoir la protection de l'OTAN quand même ... Et que les militaires américains seront touours là pour nous sauver. Ca, j'ai compris.
 
C'est déjà quelque chose. C'est peut être même l'essentiel. 
 
PS: pauvre Spencer! merci Spencer! Et Alex. Et Chris. Et surtout Barack, sans qui tout cela n'aurait pu être possible. Merci!
 
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Pars pour la Macédoine, pars, pars, pars.. (Vidéo)...Là-bas aussi (et encore) se prépare une nouvelle "révolution colorée"

13 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

 

Librairie Tropiques

 

La librairie du village

 

Tandis que les grandes manœuvres impériales se poursuivent pour achever les Grecs ( "Timeo danaos et dona ferentes"), l'observateur avisé qu'est Vincent Parlier est allé porter son regard sur le voisin du Nord, la Macédoine.

Un petit pays qui, au-delà sa notoriété culinaire spécifique,  bénéficie désormais, quoique de manière pour l'instant plus discrète, des mêmes bienveillantes attentions que ses voisines : l'Ukraine et la Grèce, de la part de l'empire atlantique des "démocrates" occidentaux.

Là-bas aussi (et encore) se prépare une nouvelle "révolution colorée" (ou fesse-bouc si on préfère), promue par l'OTAN et ses ONG "humanitaires", et dont le contexte est particulièrement édifiant 

Il est assez symptomatique que ces éclairages (très véridiques et instructifs) soient apportés au public américain par Ron Paul, notoirement libertarien* , protestant donc, comme de coutume, contre le mésusage de l'argent public par l'État fédéral (qu'il voue aux gémonies).

Ce que nous appelions jadis une "contradiction interne" du libéralisme, autrement dit le genre de "pli" dans le tapis de l'idéologie dominante et dans lequel il lui arrive parfois de se prendre les pieds...

* c'est à dire "libéral-radical" sur le mode spontanément importé chez nous (par exemple) par Michel Onfray, Le Pen et Cohn-Bendit.

 

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La Russie peut-elle, cette fois encore, empêcher un changement de régime en Syrie ? Par Australianvoice – 9 août 2015

13 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #ISIL, #Daesch

 Anniversaire du jour -  31 août 2013 - où les Russes et les Chinois ont forcé l’Occident à respecter le droit international

 

9. halt xx.gif

 

 

 

La Russie peut-elle, cette fois encore, empêcher un changement de régime en Syrie ?

Australianvoice9 août 2015

 

Il y a deux endroits où les USA et leurs satellites de l’OTAN ont fait à la Russie des guerres par délégation (proxy wars). Ces deux endroits sont l’Ukraine et la Syrie. Il y a peu, des voix ont annoncé que les quatre ans de guerre par intérim contre la Syrie pourraient toucher à leur fin.

 

Derrière les écrans de fumée et les miroirs

Nos médias n’ont jamais dit la vérité sur ce qui se passe en Syrie. Or, dès le départ, voici quelle a été la réalité : les USA, avec le soutien du Royaume Uni, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et d’Israël, ont recruté, financé, armé et entraîné des groupes de combattants, qui se sont déguisés sous différents masques politiques ou religieux (l’ISIL en faisant partie) dans le but de renverser le gouvernement syrien du président Assad. Le gouvernement syrien est soutenu par la Russie, l’Iran et le Hezbollah. Au début, ce sont les seuls agents de l’Occident qui ont combattu sur le terrain, mais, il y a deux ans, les États-Unis ont décidé d’intervenir directement, en faisant usage de leurs Forces Aérienne et Navale pour bombarder des cibles situées à l’intérieur du territoire syrien. Le plan prévoyait une attaque conjointe des USA et de la France aux premières heures du samedi matin 31 août 2013. Pourtant, cette attaque fut contremandée quelques heures seulement avant son déclenchement. Le fait qu’une telle attaque aurait dû avoir lieu et la raison pour laquelle elle fut annulée n’ont jamais été évoqués par les médias dominants occidentaux. Que s’était-il produit pour que l'attaque soit stoppée au dernier moment ?

 

La guerre qui n’a pas eu lieu

Tôt le matin du samedi 31 août, un haut fonctionnaire américain a téléphoné au cabinet du président Hollande, lui demandant de se tenir prêt à recevoir un appel d’Obama plus tard dans la journée. « Présumant que ce coup de fil annoncerait le début des frappes aériennes (contre la Syrie), Hollande a donné l’ordre à son état-major de mettre la dernière main à son propre plan d’attaque. Les avions de combat Rafale ont reçu leur chargement de missiles Scalp, les pilotes ayant pour instruction de tirer ces munitions - d’une portée de 250 miles - depuis la Méditerranée. » (1) En d’autres termes, les pilotes français et les forces US étaient prêts, le doigt sur la gâchette, n’attendant plus que le feu vert final du président Obama. Cependant, à 18h15’, Obama a appelé le président français pour lui annoncer que la frappe, prévue pour le 1er septembre à 3 heures du matin n’aurait pas lieu comme prévu. Il lui fallait consulter le Congrès. Un article paru sur le site de Global Research a dépeint le « déploiement naval massif des États-Unis et de leurs alliés en Méditerranée orientale, au large des côtes syriennes ainsi que dans la Mer Rouge et dans le Golfe Persique » (2). Un mois plus tard environ, Israël Shamir décrivait les événements qui s'étaient produits au large de la Syrie en ces termes :

« Le point de tension culminant, en ce mois de septembre 2013, a été la vision, au large des côtes du Levant, du duel au soleil (“high noon stand-off”) de cinq destroyers US, leurs Tomahawks pointés sur Damas, avec une flotte russe de onze navires emmenés par le croiseur tueur de missiles Moskva, soutenus par des bateaux de guerre chinois. »

 

« Il semble que deux missiles aient bel et bien été tirés vers la côte syrienne, mais tous les deux ont échoué à atteindre leur cible. » Et il ajoutait : «  Un quotidien libanais citant des sources diplomatiques a prétendu que les missiles étaient partis d'une base de l'OTAN en Espagne et s'étaient fait abattre par le système russe de défense air-air d'un navire. Une autre explication proposée par l’Asia Times évoque un détournement des deux missiles par les Russes, dont les GPS puissants et bon marché auraient rendu inutilisables les Tomahawks chers et sophistiqués en les égarant et en les faisant chuter. Il y a encore une autre version, qui attribue leur lancement aux Israéliens, soit qu'ils aient tenté de provoquer coûte que coûte le déclenchement des hostilités, soit qu'ils se soient contentés d'observer les nuages, comme ils le prétendent. » (3)

La carte ci-dessous donne quelque idée de l’impressionnant affrontement naval en puissance.

 

9. Syrie war map.jpg

 

Donc, pourquoi les États-Unis et la France n’ont-ils pas attaqué la Syrie ? Il paraît évident que les Russes et les Chinois ont tout simplement expliqué qu’une attaque de la Syrie par les USA et la France déclencherait une attaque russo-chinoise des navires US et français. Obama a sagement décidé de ne pas déclencher la Troisième guerre mondiale en septembre 2013. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

 

Les plans des USA, du Royaume-Uni et de la Turquie

Depuis lors, les USA et leurs alliés ont poursuivi leur guerre sous sa forme habituelle, c’est-à-dire par délégation, en y ajoutant un nouvel acteur : l’ISIL [ISIS, Daech, etc. NdT]. Il est clair cependant qu’ils ne sont pas complètement satisfaits du résultat de leurs plans et qu’ils viennent de décider de se lancer dans une nouvelle forme d’engagement direct. Dans un article récent « The Shuttle Diplomacy to Save Syria » (« Les navettes diplomatiques pour sauver la Syrie »), Andrew Korybko explique que les USA  et la Turquie ont imaginé un stratagème qu’ils appellent Division 30

 

…« grâce auquel un petit groupe de combattants d’élite [déguisés en djihadistes, NdT] seraient introduits dans le pays à partir de la Turquie, et s’y déploieraient sous la protection de frappes aériennes US. Le jour même où des représentants militaires syriens arrivaient à Moscou, on apprenait qu’Obama avait autorisé le Pentagone à bombarder quiconque combattrait ce groupe, fût-ce l’Armée Arabe Syrienne si le cas se présentait, nouvelle sans doute connue depuis peu des Russes grâce à leur mondialement célèbre service de renseignements » (4)

Un article similaire de Stephen Lendman daté du 4 août 2015 disait :

« Le 2 août, le journal britannique Sunday Express a titré : “Des SAS déguisés en combattants de l’ISIS dans une guerre secrète contre les djihadistes”, poursuivant “Plus de 120 membres du régiment d’élite sont en ce moment dans ce pays ravagé par la guerre, habillés en noir, masqués et brandissant des drapeaux de l’ISIS”, engagés dans ce qui est appelé Opération Shader [Opération Ombrage] – s’attaquant à des cibles syriennes sous le prétexte de combattre l’ISIS. Il est possible que des Forces Spéciales US et la CIA fassent secrètement partie de l'entreprise, suivant le même mode opérationnel. » (5)

 

On pourrait croire que l’utilisation de ce genre de troupes d’élites soit gagnante à tous les coups pour les États-Unis. Car, s’il n’y a pas de résistance de l’Armée syrienne, Assad est fini, mais si, au contraire, les troupes syriennes tentent de repousser ces forces de l’OTAN, elles se retrouveront dans une guerre à grande échelle avec l’OTAN.

Ces articles font plus que suggérer que les USA et le Royaume-Uni ont jeté dans la balance leurs propres troupes d’élite dans le but d’en finir avec la Syrie. Étant donné le diktat selon lequel tout groupe armé qui s’opposerait à elles serait attaqué par la voie des airs, les USA et leurs alliés montrent sans ambiguïté qu’ils suivent un plan précis d’intervention militaire directe en Syrie, avec utilisation des avions et des missiles de l’OTAN. C’est là leur seconde tentative pour obtenir par la violence dans ce pays le changement de régime qu’ils veulent.

 

Quelques intéressantes initiatives diplomatiques de la Russie

L’article d’Andrew Korybko montre qu’une fois de plus la Russie s’active par des voies diplomatiques pour faire avorter les agressions US contre la Syrie. Une partie de cette stratégie des Russes consiste à saper les positions américaines en obtenant que certains pays se retirent de la coalition. En tête de programme : une série de discussions avec l’Arabie Saoudite. On remarque en effet des contacts accrus entre les deux pays. Par exemple, le président Poutine et le roi Salman ont l’intention de se rencontrer d’ici la fin de l’année et de signer un accord de coopération sur l’énergie nucléaire. On fait état également d’une rencontre, arrangée par la Russie, entre le ministre syrien de la Défense Nationale et le ministre saoudien de la Défense. Selon Korybko :

« L’Arabie Saoudite a fini par se rendre compte que son rejeton wahhabite est devenu incontrôlable et qu’il lui faut absolument se sortir du bourbier de la guerre par intérim où elle s’est enfoncée en Syrie, avant que le retour de flamme ne se fasse sentir de façon trop insupportable (d’autant qu’) elle préférerait détourner ses ressources en argent et en temps de cette guerre désormais perdue contre la Syrie en direction de sa dernière aventure militaire en date le long de sa frontière méridionale. Ajoutez-y la peur paranoïaque de Ryiad de voir le Yemen se transformer en base pour les combattants par intérim de l’Iran, et vous pourrez raisonnablement admettre que le Royaume des Saoud accepte une défaite en Syrie pour sauver autant de terrain stratégique que possible au Yemen (et le plus tôt sera le mieux). » (6)

Mais les Russes pourraient faire plus qu’aider la Syrie par les voies diplomatiques.

 

La Russie peut-elle encore une fois soutenir militairement la Syrie ?

Il faut bien se représenter les graves conséquences qu'implique le plan US d’attaquer des unités de l’Armée Arabe Syrienne ou qui que ce soit d’autre s’opposant à la Division 30. Le danger provient de ce qu’Obama a « autorisé le Pentagone à bombarder toute entité qui combattrait ce groupe, y compris l’Armée Arabe Syrienne si un tel accrochage se produit ». Évoquant la rencontre récente de trois officiers supérieurs de l’AAS arrivés à Moscou le 3 août et des représentants de l’Armée Russe, Korybko écrit :

« Bien sûr, cette provocation pourrait, en quelques secondes, conduire à une escalade de la guerre contre la Syrie et au bombardement de toutes les installations militaires et gouvernementales, aboutissant à un changement de régime aussi rapide que celui infligé à la Libye. Cette éventualité est donc prise en très sérieuse considération par Moscou, et des moyens stratégiques d’éviter un scénario aussi catastrophique ont sans aucun doute été envisagés au cours de la rencontre. » (7)

Qu’est-ce donc qui pourrait avoir été discuté d’autre par les officiers syriens et russes ?

« L’ordre du jour de la visite comprenait un échange d’expériences dans la lutte contre le terrorisme, ont indiqué certaines sources. » (8).

Korybko explique alors que les Russes pourraient adopter la nouvelle stratégie suivante :

« La Russie peut toujours recourir à la mesure préventive d’enkyster ses conseillers militaires basés en Syrie dans les positions frontales de l’AAS. »

L’idée d’enkyster des conseillers russes dans les troupes syriennes met au pied du mur le bluff US. Voici comment cette stratégie est supposée fonctionner :

« Au cas où la Russie aurait sérieusement l’intention de bloquer la possibilité, par les USA, d’utiliser une éventuelle attaque de l’AAS contre la Division 30 comme motif d’escalade pour exécuter leur opération “changement de régime”, elle pourrait très bien prendre bravement et résolument la décision de positionner ses conseillers militaires anti-terroristes en première ligne ; au coude à coude avec les soldats de l’AAS. On peut raisonnablement penser que cette décision serait au préalable communiquée aux USA via les agents secrets des deux parties ainsi que par la voie diplomatique, de façon qu’à Washington, on soit bien au courant des indicibles conséquences qu’entraînerait toute frappe contre une AAS obligée de répondre aux provocations de la Division 30. Quoique cette stratégie paraisse comporter de grands risques, c’est un fait avéré que jamais l’armée US ne s’est risquée à prendre pour cibles des soldats russes, choisissant toujours de s’en remettre à ses intérimaires pour exécuter ces sinistres tâches (fût-ce les Moudjahidines en Afghanistan ou les terroristes en Tchétchénie). Et ceci pour une raison claire : une attaque directe de l’Armée Russe par les USA est un flagrant casus belli, et même dans les conditions actuelles, si tendues soient-elles, le recours à une action aussi impensable est, de la part des États-Unis, simplement hors de question. » (9)

Autrement dit, il se pourrait que la Russie ait les moyens de subvertir le dernier en date des plans US pour renverser violemment le gouvernement Assad. En fait, les USA disent aux Syriens : « Si vous vous attaquez à nos troupes (Division 30), c’est la guerre avec les États-Unis. »  Les Russes disent – une fois de plus – aux USA : « Si vous vous attaquez à nos troupes en Syrie, c’est la guerre avec la Russie. »

Si les suppositions de Korybko à propos des plans russo-syriens s'avéraient correctes, nous verrions pour la deuxième fois la Russie déterminée à tirer un trait à ne pas dépasser sur le sable. On ne peut qu’espérer, cette fois encore, que la sagesse prévaudra à Washington et que les projets de guerre jusqu’au-boutistes en Syrie seront abandonnés.

 

Notes

1.  https://medium.com/war-is-boring/french-bombers-were-loaded-up-syrian-rebels-were-deployed-all-awaiting-obamas-okay-to-attack-69247c24253f

2.  http://www.globalresearch.ca/massive-naval-deployment-us-and-allied-warships-deployed-to-syrian-coastline-before-the-august-21-chemical-weapons-attack/5347766

3.  http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644  et  http://www.israelshamir.net/French/NotreCap.htm

 

4.  http://thesaker.is/the-shuttle-diplomacy-to-save-syria/

5.  http://www.globalresearch.ca/british-sas-special-forces-dressed-up-as-isis-rebels-fighting-assad-in-syria/5466944

6.  http://thesaker.is/the-shuttle-diplomacy-to-save-syria/

7.  http://thesaker.is/the-shuttle-diplomacy-to-save-syria/

 

8.  http://sputniknews.com/politics/20150805/1025431105.html

9.  http://thesaker.is/the-shuttle-diplomacy-to-save-syria/

 

Source : http://australianvoice.livejournal.com/9615.html

 

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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L’Europe a besoin de paix – et non pas de nouvelles troupes américaines. Point de vue allemand, par Willy Wimmer.

9 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #La Russie, #La guerre, #Ukraine

 L’Europe a besoin de paix – et non pas de nouvelles troupes américaines. Point de vue allemand, par Willy Wimmer.

L’Europe a besoin de paix – et non pas de nouvelles troupes américaines

Point de vue allemand

par Willy Wimmer

On n’en croit pas ses oreilles en entendant ce qui se dit à Washington. D’abord on laisse brailler un dirigeant civil des Forces de l’air américaines parfaitement inconnu. Puis, un peu plus tard, on peut entendre la déclaration du commandant en chef de l’armée américaine désigné devant le Congrès américain. Selon lui, la Fédération de Russie est le pire des ennemis des Etats-Unis. On se tient la tête – car nous allons au-devant de catastrophes, mais il se peut aussi que nous soyons plus profondément dans le marasme de l’Alliance que nous ne le pensions.
Washington veut la bagarre, et même plus que cela. Nous avons, en Europe, quelque expérience avec la puissance dirigeante de l’Alliance, à laquelle nous appartenons. Nous, qui nous étions engagés pour une défense commune, ne menons plus que des guerres, déversant le malheur sur une large partie de la terre et nous sommes tout surpris de voir que les populations désespérées des régions que nous avons recouvert de guerre fuient vers nous dans leur détresse. Ils viennent chez nous pour constater que là où on a conçu cette politique désastreuse, les portes sont fermées hermétiquement: aux Etats-Unis.
La Russie est capable de répondre elle-même aux tirades venant du Congrès américain. Mais depuis plus de vingt ans, nous ne manquons pas d’expérience avec notre grand voisin oriental. Et cette expérience va à l’encontre de ce que se dit à présent publiquement à Washington. De hauts fonctionnaires américains exigent, lors d’entretiens dans notre pays, une «fidélité sans faille» dans le domaine de nos relations avec la Fédération de Russie. On y met le paquet. Lors de son voyage dans les Balkans, le pape a mis en garde contre une nouvelle guerre mondiale. Dans le même temps, Monsieur le Président de notre pays a été fêté lors d’une grande manifestation, alors même qu’il s’emploie à soutenir des engagements militaires comme aucun de ses prédécesseurs auparavant ne l’avait fait. Et sa méthode n’est pas sans conséquences.
Ces déclarations états-uniennes risquent de nous emporter avec le courant, car ceux qui dans notre pays devraient contribuer à la libre formation d’une opinion indépendante dans le sens des intérêts nationaux se montrent depuis belle lurette incapables d’assurer cette tâche étatique primordiale. Tant le gouvernement que le Parlement sont, en la matière, impuissants, et laissent en réalité les organes secrets diriger les affaires, alors qu’ils n’ont aucune légitimation pour se mêler de la politique du pays. La politique allemande éveille l’impression que l’épicentre de la politique a été transféré sous les yeux de tous de Berlin vers une grande ville de Westphalie orientale. Les médias, qui du temps de Bonn se battaient pour présenter les meilleures voies en politique, semblent ne vouloir plus rien d’autre que la meilleure position à la pointe du courant dominant. Ce qui se dit à Washington dans les hautes sphères développe suite aux mécanismes de l’Alliance et des traités une énorme force contraignante, telle une forte aspiration. C’est très exactement ce qui se passe suite aux déclarations de ce général utilisé comme porte-voix par son président.
Qui oserait, à Berlin, s’aventurer à émettre sa propre conception de la situation? A la fin de la première guerre froide, on a pu observer à quel point l’évaluation de la menace soviétique d’alors par Washington était soumise à l’opportunité. Alors que toute la partie occidentale de l’Europe craignait une attaque venant de l’Est, on présentait à Washington aux visiteurs allemands une nouvelle vue du monde. A l’encontre de tout ce qui avait été prêché pendant des décennies, on prétendit que l’armée rouge, avec ses forces d’attaques en Europe centrale, n’était soudainement plus que défensive, destinée à tirer les leçons militaires des guerres de Napoléon et Hitler: la défense de la mère patrie russe contre les menaces venant de l’Occident accompagnées de dévastations sans fin.
S’il ne s’agissait à Washington que de tactique, en considération de la situation économique réelle de cet immense empire, alors nous devrions réfléchir, en cette année du 25e anniversaire de la réunification allemande, au fait que les Etats-Unis se soient focalisés sur la Russie avec leurs alliés les plus sûrs, cela depuis la Première Guerre mondiale, afin de la détruire. Alors même que Moscou avait lâché du lest en acceptant la réunification, Washington, mais aussi Londres et Paris, sans parler de Tel-Aviv, ayant de la peine à y croire. Frank Elbe, l’un des plus importants collaborateurs du dernier grand ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher a, il y a quelques semaines, lors d’une interview accordée au média russe sputnik, attirait l’attention sur le fait que ceux qui, à Washington, incitent de façon virulente, à se positionner contre la Russie, ont des origines familiales russes remontant à la période de la guerre. Dans quelle mesure a-t-on affaire à des règlements de comptes et qu’est-ce qui se joue à nos dépends?
Lors du coup d’Etat au printemps 2014 à Kiev, nous avons pu observer à quel point l’ensemble de l’Occident s’est laissé influencer. Rarement l’Occident, auquel pourtant nous tenons, a pareillement renié ses valeurs comme lors du massacre du Maïdan ou lors de l’incendie d’Odessa avec une quarantaine de victimes, de même que la triste instrumentalisation des victimes du crash d’un avion de ligne en Ukraine. Une fois de plus la fin justifie les moyens et c’est d’autant plus consternant que nous avons déjà vécu de tels moments de malheur dans le passé.
Nous nous mettons en péril mortel du fait des manœuvres non seulement des forces navales de l’OTAN sous le nez de la flotte russe dans la mer Noire, mais aussi de l’apparition de bombardiers atomiques américains dans l’espace aérien ukrainien ou des opérations «coups de poings» à la frontière russe avec la participation de troupes allemandes. La modification de la politique générale européenne, ayant donné à Moscou – en acceptant l’unification allemande – l’espoir de ne plus devoir craindre de guerre dans ses régions occidentales, a sciemment été inversée par l’ensemble des pays occidentaux.
Ne risque-t-on pas que les forces ayant une mentalité similaire que le chef d’état major américain désigné réapparaissent également à Moscou? Si l’un des pilotes des avions bombardiers occidentaux et russes qui survolent la région commet une erreur dans cette atmosphère de guerre, nous aurons rapidement fini d’exister. Nous n’aurions plus même l’occasion de déterminer qui a commis l’erreur fatale. Voulons-nous vraiment admettre en Europe que Washington crée, avec les forces bellicistes européennes des conditions semblables à celles des manœuvres américano-sud-coréens dans la péninsule coréenne risquant à tout instant le déclenchement d’une guerre non maîtrisable? Le comportement des Etats-Unis sur notre territoire et celui d’autres Etats européens, a détruit depuis de longues années les fondements du traité de l’OTAN et ne justifie donc plus le stationnement de troupes américaines dans les pays européens. La raison profonde de ces stationnements réside dans une défense commune, ce à quoi les peuples avaient donné leur accord. Mais en aucun cas, les Parlements l’avaient pour une alliance agressive – et surtout pas pour se lancer dans une destruction collective, une destruction soutenue par certains cercles à Washington, au Congrès américain et par un général de l’infanterie de marine.    •

(Traduction Horizons et débats)

km. L’étude la plus élaborée concernant l’influence de la Fondation Bertelsmann, basée à Gütersloh en Westphalie orientale, est probablement celle de Thomas Schuler, publiée en 2010.
Dans son ouvrage paru en 2014 intitulé: «Die Macher hinter den Kulissen. Wie transatlantische Netzwerke heimlich die Demokratie unterwandern» (ISBN 978-3-93816-22-5), Hermann Ploppa a situé les activités de cette fondation dans le cadre transatlantique. Il écrit: «Au cours des années 1990, une fondation s’est imposée au premier plan, surpassant en taille et en importance toutes les fondations existantes: la Fondation Bertelsmann sise dans la petite ville de Gütersloh en Westphalie orientale. Cette fondation est plus américaine que les Américains. […] Déjà en 1992, Reinhard Mohn s’efforça d’intégrer sa fondation dans les réseaux transatlantiques. […] Depuis lors, cette fondation fait de la politique et dans certains domaines, elle a transformé les politiciens élus en figurants.»

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Mistral: un compromis perdant pour la France. Par Jacques Sapir

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #L'OTAN.

Mistral: un compromis perdant pour la France. Par Jacques Sapir

Mistral: un compromis perdant pour la France

L’affaire des deux navires de la classe « Mistral », que la Russie avait commandé à la France, et que la France a refusé de livrer en raison du conflit en Ukraine, semble devoir connaître son épilogue. Un communiqué du gouvernement russe, confirmé par une déclaration de M. Le Drian, le Ministre de la défense, annonce que les deux pays ont trouvé un accord : la France va rembourser à la Russie les sommes payées par cette dernière, soit environ 1,16 milliards d’euros. Cet accord est plutôt avantageux pour la France. La Russie était en droit d’exiger des pénalités de rupture de contrat pour un montant bien plus élevé. Pourtant, le gouvernement russe a décidé de ne pas poursuivre le gouvernement français et d’accepter un accord à l’amiable. Il y a là, incontestablement, un geste de bonne volonté de la part de Vladimir Poutine. La France s’en tire donc à bon compte. Mais, le coût, pour la France, de cette lamentable affaire risque d’être, en réalité, bien plus élevé[1].

Le coût pour la France

Le coût financier ne se limitera pas à la somme que la France va rembourser à la Russie. Ces deux navires, le Vladivostok et le Sébastopol ont été construits aux normes russes, qu’il s’agisse des équipements de communication ou des équipements électriques et techniques. Cela rend ces deux navires inutilisables par une marine occidentale. En fait, si la France veut les revendre à un autre pays, les deux seuls pays qui peuvent utiliser ces navires tels quels sont soit la Chine soit l‘Inde. Pour pouvoir les revendre à d’autres pays, il faudra refaire une partie de l’équipement et des moyens de communication, ce qui devrait entraîner une dépense supplémentaire de 400 à 500 millions d’euros. Or, il est plus que probable qu’aucun acheteur n’acceptera de payer ce surcoût, qui restera à la charge de la France. Quand bien même la France trouverait un acquéreur pour ces deux navires, et que cet acquéreur accepte de payer le prix que la Russie avait – elle – accepté, la perte pour les chantiers, et pour l’Etat, serait de 400 à 500 millions d’euros.

Il y a aussi un coût industriel. L’annulation de cette vente compromet toute une série d’autres contrats que pouvaient espérer l’industrie française. C’est aussi au coup dur pour les chantiers navals français. Quoi qu’en disent les russes, qui n’ont – bien évidemment – aucun intérêt à ébruiter cette affaire, des transferts de technologies importants ont été consentis par les industriels français, que ce soit dans le domaine des moteurs diésels, dans celui de la conception même des navires, ou – plus simplement – dans la réorganisation industrielle des chantiers russes. En effet, on oublie que ces derniers vont construire deux unités jumelles de celles dont la vente a été annulée. Ces deux unités seront construites dans les chantiers navals de Saint-Pétersbourg, et ces derniers pourraient construire, à partir de 2020, un développement de la classe « Mistral », qui sera à la fois plus gros et plus rapide. Le coût industriel ne se limitera pas à cela. Le plan de charge des chantiers navals français sera durablement affecté par cette annulation. Entre le transfert de savoir-faire, le développement d’une capacité de production concurrente, qui pourrait peser sur de futurs contrats car les coûts de production des chantiers navals russes sont inférieurs à ceux des chantiers navals français, et une perte en terme d’emploi, le coût industriel de cette annulation sera certainement élevé.

Un coût symbolique : une perte de crédibilité

Mais, le coût ne se limitera pas à un coût financier et industriel. Il y a un coût symbolique élevé. La France ne peut être considérée comme un partenaire fiable par de nombreux pays, et en particulier des pays des BRICS qui sont intéressés par des équipements français et qui ont des moyens financiers importants. Ces pays, pour des raisons politiques, ne souhaitent pas (ou ne peuvent pas) acheter des équipements militaires aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne voire à l’Allemagne. La France était, logiquement, leur partenaire. C’est ce qui n’est plus vrai désormais, avec l’annulation de la vente des deux navires à la Russie.

En fait, il semble bien que l’on en ait eu un exemple avec la vente des Rafales à l’Inde. Le gouvernement français a exprimé sa satisfaction avec la vente de 36 avions à l’Inde. Mais, les discussions portaient en réalité sur la vente de 125 avions, ainsi que sur des contrats de fourniture de pièces détachées portant sur au moins 20 ans. En réalité, il semble bien que l’Inde ait considéré qu’elle prenait un risque stratégique à se lier à l’industrie française sur une longue durée. Cette vente de 36 avions apparaît en réalité comme un lot de consolation et non pas comme le mirifique contrat qui a été évoqué. En réalité, le total des ventes de Rafales est – pour l’instant – très inférieur aux 125 avions que l’on espérait vendre à l’Inde. La perte en crédibilité de l’industrie française qui découle de l’annulation de la vente des deux navires à la Russie, si elle ne peut être immédiatement évaluée, pourrait bien avoir un coût très supérieur aux 1,16 milliards qui ont été remboursés à la Russie.

Une annulation de vente devenue sans objet ?

Ce qui pose le problème plus général non seulement du pourquoi de l’annulation de la vente des Vladivostok et Sébastopol mais au-delà de la dégradation des relations économiques entre la Russie et la France. Le prétexte était les événements d’Ukraine. Mais, la France a été, avec la Russie, cosignataire des accords de Minsk, qui devaient permettre non seulement un cessez-le-feu mais aussi un accord politique entre Kiev et les insurgés du Donbass. Mais, le gouvernement de Kiev s’est refusé à appliquer le volet politique de cet accord. Et, l’on a pu constater que la très grande fragilité du cessez-le-feu est largement due aux forces du gouvernement de Kiev qui se livrent à des bombardements réguliers sur des cibles civils dans le Donbass. Les gouvernements occidentaux s’en sont émus. Le gouvernement des Etats-Unis, qui n’est lui pas partie prenante des accords de Kiev, à reconnu que des unités déployées par le gouvernement de Kiev, comme le bataillon Azov étaient composées de néo-nazis. Ne serait-il pas temps de tirer les leçons de tout cela et d’annuler les sanctions économiques et financières qui ont été prises contre la Russie ?

La mécanique des sanctions et le poids des Etats-Unis

On sait, aujourd’hui, que les sanctions économiques prises par la France et les Pays de l’Union européenne, se sont retournées contre ces pays. L’effondrement du commerce avec la Russie a touché de nombreuses entreprises. De plus, les contre-sanctions qui ont été prises par le gouvernement russe ont eu un effet très négatif sur l’agriculture française. En fait le régime des sanctions apparaît à la fois comme inefficace, à des effets pervers importants en matière de détournement de commerce, et n’apparaît pas comme justifié politiquement.

Mais, il est clair que même si la France annulait les sanctions économiques, elle resterait tributaire de la législation américaine en ce qui concerne le commerce et surtout les moyens de financement. En effet, les Etats-Unis se sont dotés d’un arsenal de loi extraterritoriales, qui leur permettent de poursuivre une société non-américaine uniquement parce qu’elle utilise le Dollar dans des échanges avec un pays « sous sanctions » des Etats-Unis. En effet, le champ d’application des lois sur les sanctions s’est élargi de manière considérable à toute entreprise et personne dans le monde à partir d’une connexion aussi tenue avec le territoire américain qu’un email ou une communication téléphonique, selon la formule rituelles « passed through, was stored on, and transmitted to servers located in the United States »[2]. Ceci confère un pouvoir extraordinaire au sens premier, soit sortant de l’ordinaire, aux autorités américaines[3]. Dans la mesure où le gouvernement français n’a pas protesté, et n’a pas invoqué la court d’arbitrage international ou la cour international de justice de La Haye dans ce type de conflits, il a accepté de se plier à la législation américaine. Cela pose un problème majeur quant à l’indépendance de notre pays.

On peut penser que l’accord auquel la France et la Russie ont abouti sur le Vladivostok et le Sébastopol va permettre de stabiliser la situation des relations économiques entre les deux pays. C’est en tout cas ce qu’espèrent les industriels français, qui ont été durement affectés par les sanctions. Mais, pour qu’une réelle amélioration soit possible il faudrait que les sanctions tant économiques que financières soient levées. Et pour cela, il faudrait que la France recouvre son indépendance en matière de politique étrangère, tant vis-à-vis des Etats-Unis que de l’Union européenne. On en est, hélas, encore loin.

Jacques Sapir

[1] http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Les-premiers-chomeurs-de-l-affaire-Mistral-809991

[2] L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) : Réprime les actes de commerce internationaux effectués par des firmes de toute nationalité avec des pays qui sont sous embargo par le gouvernement américain : « The Office of Foreign Assets Control (OFAC) of the US Department of the Treasury administers and enforces economic and trade sanctions based on US foreign policy and national security goals against targeted foreign countries and regimes, terrorists, international narcotics traffickers, those engaged in activities related to the proliferation of weapons of mass destruction, and other threats to the national security, foreign policy or economy of the United States. »

[3] Charles F. Smith & Brittany D. Parling, “‘American Imperialism’: A Practitioner’s Experience with Extraterritorial Enforcement of the FCPA,” UNIV. OF CHICAGO LEGAL FORUM 237, at 239 (2012); 15 U.S.C. §§78dd-1, 78dd-3.

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L’armée silencieuse des martyrs du Donbass

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #Les média, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE

L’armée silencieuse des martyrs du Donbass

L’armée silencieuse des martyrs du Donbass

Des milliers de civils tués, certainement plus de 10 000 avec une fourchette haute plus importante car il faut comprendre dans les victimes toutes celles tombées dans la zone ukrainienne, celles des répressions et massacres de Kiev dans les différentes villes au moment de l’Euromaïdan, mais aussi au commencement des tueries en Ukraine et dans le Donbass orchestrées par le régime de Porochenko. Les morts sont une chose, mais il y aussi les blessés très nombreux parmi les civils, peut-être le double des morts ? Les chiffres donnés sont manipulés notamment par les régimes qui soutiennent Kiev et les comptages toujours difficiles. Une partie d’entre eux sont désormais estropiés, ils ont perdu bras, jambes, la vue et se retrouvent dans des situations infernales.

La blessure grave, l’amputation, Svetlana Kozïr l’a connu l’an dernier. C’était le 16 août 2014, dans une offensive terrible et menée par les forces ukrainiennes, la poussée des bataillons de massacreurs fut bien proche d’enfoncer un coin mortel dans la Novorossia. L’objectif des Ukrainiens était de couper en deux les deux républiques autoproclamées du Donbass. Dans ce mouvement, les Ukrainiens s’engouffrèrent dans ce qui devait être plus tard le chaudron et la fournaise de Debaltsevo et Gorlovka. Dans leurs progressions ils rencontrèrent de fortes résistances dans chaque localité rencontrée. Le 16 août, ils arrivèrent devant Jdanovka, petite ville au Nord-Est de Donetsk qu’ils emportèrent d’assaut dans un chaos indescriptible. Peuplée d’environ 12 000 habitants avant la guerre, la ville paisible subit un bombardement incohérent qui ne vise pas forcément les forces insurgées mais plutôt les populations civiles. Svetlana et sa famille qui habitent un appartement au premier étage d’un petit bâtiment se réfugient immédiatement dans leur intérieur. Alors qu’ils prévoyaient de se protéger avec leurs matelas et quelques meubles, l’obus assassin frappe alors de plein fouet leur logement.

Dans leur maison c’est le carnage, le mari de Svetlana gît tué sur le coup dans les décombres avec son petit garçon à peine âgé de six ans. Lui aussi est mort. Mais l’obus n’a pas fait que tuer mari et fils, son bras gauche a été arraché par le projectile. Elle sera sauvée par les secours qui l’emporteront vers un poste de secours où elle subira l’amputation de son bras mutilé très haut sur l’avant-bras. La jeune femme nous raconte presque sans expression cette scène d’horreur, elle ne versera pas une larme. A côté d’elle se trouve Sacha (Alexandra), sa petite fille de bientôt 11 ans ayant survécu à l’explosion sans blessure. L’orpheline écoute sa mère avec attention, mais bientôt les désirs de jeu de l’enfant reprennent leurs droits. A leur rencontre sont venus notre équipe de tournage de Novorossia.TV mais aussi Elena Pavlenko, une jeune députée du Conseil de Donetsk. La jeune politicienne enserre à plus reprise la jeune enfant. Sur les lieux du drame, les deux survivantes resteront d’un courage rare et exemplaire, je ne sais pas si au récit des événements de cette tuerie, si elle avait touché les miens, j’aurais pu rester stoïque. Il est toutefois certain qu’à l’intérieur le désarroi et une profonde tristesse habite son âme.

Elena est venue à leur rencontre car elle organise avec d’autres responsables de Donetsk et avec un important financement d’un donateur allemand (25 000 euros) des vacances pour les enfants du Donbass. Ce n’est pas le premier voyage, d’autres enfants grâce à l’aide d’activistes slovaques ont déjà été conduits en colonie de vacances en Crimée. Pour son départ, Elena est venue régler elle-même chez un notaire les papiers nécessaires pour le départ de la toute jeune fille. En mon nom personnel et sur les fonds collectés auprès de centaines de gens que j’ai rencontré entre mai et juillet dernier, je remets à sa maman la somme de 5 000 roubles. Je m’excuse presque de la modeste somme, mais les regards de Svetlana sont brillants, j’apprendrai bientôt qu’il s’agit pour elle de 2,5 fois sa pension d’invalidité pour un mois… C’est le cœur à la fois léger et lourd que nous repartirons d’ici. J’aurais eu le temps d’interroger Sacha et de lui confier aussi l’un des christs que je portais au cou, une croix en argent orthodoxe cerclée de petits rubis, « Que Dieu te garde Sacha ». C’est la première fois de sa vie qu’elle part en vacances aussi loin, elle sera avec d’autres enfants, certains de ses amis. Trois semaines de bonheur, pour une orpheline, quel cadeau infime pour elle qui a perdu son père.

C’est égal, elle paraît heureuse et s’amuse de la caméra de Vyacheslav, notre cameramen. Sa mère est très modeste et simple, timide et intimidée elle n’ose pas dans sa pudeur étaler son malheur, admirable femme. Je la questionne toutefois, évoque l’avenir du pays, de la Novorossia : « c’est égal que nous soyons dans la Russie ou indépendant, ce sera bien, mais jamais avec les Ukrainiens, plus jamais ! ». Elle n’ajoutera aucune autre parole, cette femme digne, honnête et émouvante durant les heures que nous passerons avec elle, ne prononcera aucune parole de haine sur les Ukrainiens, aucune invective, aucun reproche, seulement l’impossibilité de vivre avec ceux qui ont tué son petit garçon et son mari. Continuera-t-on à les tuer pour avoir choisi de reprendre leur liberté et indépendance ? Et nous en France continuera-t-on à verser de l’argent pour financer les obus qui les tueront ?

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Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

Dimanche 3 août 2015. Dans la nuit sombre à la lueur faible de la lune les obus s’abattent au loin sur les habitations fragiles de quelque famille du Donbass. Les coups partent, les uns après les autres, parfois presque en rafale. Je n’entends pas siffler l’obus, je suis trop loin, mais j’imagine bien son sifflement. Je me souviens des récits d’Henri Barbusse, de Dorgelès ou encore de Maurice Genevoix. A l’oreille les poilus pouvaient reconnaître le calibre des canons qui tiraient. Ici c’est un peu pareil. L’instant silencieux faisant place au chaos et aux décombres retombant un peu partout au sol, ce sont les maisons du Donbass qui éclatent. Dans ces maisons, dans ces immeubles vivent beaucoup de familles, d’enfants, de vieillards. Je me souviens de l’école de la République où l’on nous racontait « l’infâme Napoléon ». Diable si ces hommes-là, les volontaires de 1791 se trouvaient encore de ce monde que penseraient-ils de ce massacre ?

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A peine le coup lâché, peut-être dans les hurlements de satisfaction des artilleurs, l’obus prend de la hauteur, oscille et retombe dans un sifflement avant de percuter finalement un peu au hasard les lignes des insurgés ou les habitations de leurs familles. Je revois encore cette vidéo délirante de l’été 2014, trois tankistes ukrainiens écoutant de la musique beuglaient comme des veaux à chaque coup tiré… des obus tirés sur des habitations civiles. Les bougres hurlaient et s’esclaffaient à coup au but. L’obus qui incline sa courbe pour ensuite ravager l’existence de gens comme tout le monde, ne hurle pas, il siffle. Beaucoup n’explosent pas m’indiquait un volontaire. Selon lui, en secret dans les bataillons d’artillerie ukrainiens il y a des saboteurs qui faussent les réglages, dérèglent les minuteurs, s’arrangent pour que les munitions ne soient finalement pas efficaces. S’il n’y avait que des saboteurs dans les rangs ukrainiens alors sans doute oui, l’Ukraine pourrait encore avoir le visage d’une vraie Nation. Mais trop de gens dans le Donbass sont déjà morts.

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Cet obus pourtant a été travaillé par un ouvrier qualifié dans une usine, il a nourrit une famille si l’on peut dire. Il a surtout permis à une firme d’armement d’ici ou d’ailleurs d’aligner un chiffre sur un quelconque programme de comptabilité. Un de vendu. Un simple chiffre sur le bilan comptable d’une entreprise pas comme les autres. L’obus lui finalement se transforme aussi en argent sonnant et trébuchant, des euros. Ils transitent d’une banque à une autre. Une caisse de plus pour les artilleurs ukrainiens. L’argent n’est pas un problème réel pour l’Ukraine, à de nombreuses reprises FMI, USA, Union européenne ont mis généreusement la main à la poche pour que l’Ukraine puisse se payer le luxe d’acheter de quoi provoquer les cris et les clameurs d’artilleurs décérébrés. Et cela dure depuis plus d’un an, plus d’un an ! Combien d’obus ont été tirés ? Des milliers, des dizaines de milliers, plus ? Rien que dans les soirées de vendredi et samedi, pas moins de 500 ! Un bon business, un marché bien lucratif. Vos impôts français ne servent pas seulement à grassement payer une classe politique rassasiée mais paradoxalement avide de pouvoirs. Crédit illimité pour le Président Porochenko, que ses canons tirent… l’addition viendra en son temps, la Grèce est à vendre, mais l’Ukraine ne l’est pas moins !

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Le décor change, je déambule dans les rues de Donetsk, le soleil écrasant domine toujours la ville. Au loin des cheminées fument, je rencontre sur mon chemin un « Ent » du Donbass, la rencontre est curieuse, Sylvebarbe lui aussi parlait de cheminées qui fument en Isengard. Mon curieux intermède tolkienien s’interrompt brusquement à la vue d’un véhicule bigarré qui croise ma route. Il pétarade et suffoque le long de la route. Décidément non nous ne sommes pas dans l’antique forêt de Fangorn. Pourtant les canons des Ukrainiens eux fument toutes les nuits. Hélas. Autour de moi les rues sont vides. Je suis sur une grande artère, je me rends au marché couvert, j’espère y trouver quelques choses essentielles pour ma vie domestique qui décidément m’éloigne de la Terre des milieux. Je me trouve plus tard devant un kiosque, non loin une gare d’autobus embarque son lot de voyageurs. L’endroit est vivant, des tables fixes à hauteur de torse permettent aux voyageurs en transit de boire avant le départ ou à l’arrivée un café ou un thé. La restauration rapide chère aux slaves et parfois peu engageante se trouve étalée tout le long du magasin. Une vendeuse attend ma commande, « un thé vert s’il vous plaît ».

Je paye les cinq roubles demandés, c’est à peine huit centimes d’euros. A mon accent elle repère ma condition d’étranger. Là-bas une autre m’avait prêté du sang arabe et aristocrate, je comprends bien la première remarque, les photos de mes ancêtres bressans, le pays des cheminées sarrasines expliquent cela. La seconde me laisse perplexe mais m’amuse, je n’ai pas trouvé de sang bleu dans ma généalogie paternelle, à peine ces braves gens ont-ils parcouru 50 kilomètres à l’intérieur même de l’obscur canton de Saint-Trivier-de-Courtes. Celle-ci me lance un « Italiano ? », « Niet Franzouss ! ». La conversation s’engage, la femme environ de mon âge me parle vite d’une grand-mère disparue en France durant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire me rappelle celle des Lethulle, famille que j’ai guidé en Russie l’été 2014 à la découverte de leurs origines russes. Leur grand-mère aussi avait été déportée en Allemagne pour travailler dans les usines. C’est là qu’elle avait rencontré son futur mari… français. L’histoire est la même, elles furent sans doute des centaines de milliers, et quelques milliers d’entre elles ne revinrent jamais dans leur mère Patrie.

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Je l’interroge, elle ne sait pas grand-chose, se souvient de lui avoir écrit il y a longtemps, 40 ans me dit-elle ! Rien ne s’est conservé de ce contact, ni le lieu en France, ni son nom d’épouse, ni les lettres. Une histoire qui restera dans l’ombre. Son intérêt grandit, elle plaisante avec sa collègue l’interrogeant sur ma présence « C’est un Français, as-tu un message à faire passer en France ! », « Certes non, mais parle-t-il russe ton Français ? », « Oui avec un accent, mais il parle », « Que fait-il donc là ? », « C’est un journaliste… », « Mon Dieu de la propagande, il fait de la propagande !!! ». Nous rigolons gaiement, je ne peux leur en vouloir, la propagande russophobe et anti Donbass je connais en effet. Elles comprennent toutefois que je ne suis pas un ennemi, je boirais un deuxième thé, un chat-souris, comprenne qui pourra s’approche de moi. Il est minuscule, à la proximité de ce lieu de restauration, alors qu’une vendeuse de glace et une autre de Kvas (la boisson nationale des Russes) se trouvent non loin, le petit félin est nourrit, pauvrement mais assez pour survivre. Il recherche ma compagnie et mes caresses. La vendeuse me lance un « emmenez-le en France ! ». Je réponds que je serai ici au moins un an, la réponse surprend mon monde. C’est avec reconnaissance qu’ils me laisseront finalement partir, je refuse un troisième thé, la dernière question me désarçonne toutefois « Les Français sont-ils nos amis ? ».

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Avec désarroi je ne sais que lui répondre. Dois-je lui dire que chaque jour d’infâmes journalistes qui n’en portent que le nom nient jusqu’à leur droit de vivre et souillent leurs morts ? Que dois-je dire ? « La propagande est forte en France, forte et sale », les deux vendeuses hochent la tête, elles ont compris, mais j’emporterais avec moi ce jour-là la reconnaissance de leurs regards. Dieu merci je me trouve là pour relever notre drapeau, je m’éloigne toutefois avec un vague à l’âme et un réel malaise de savoir que dans mon pays, des gens les ont déjà enterrés vivants. Je me rassure moi-même en m’encourageant de la voix, finalement, il en reste assez de Français, il en restera toujours assez.

Laurent Brayard

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MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Les média, #La guerre, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

Nous vivons à une époque où le progrès informationnel incarné par la toile omniprésente et omnipotente a gratifié le quatrième pouvoir d’une dimension illusoire sans précédent, au point que le journaliste, normalement en quête de vérité, s’est subitement transformé en illusionniste. Il ne se passe pas un jour sans que nous ne voyions apparaître des mensonges gros comme des maisons, que ce soit au niveau du traitement qui avait été réservé au massacre de la Ghouta en Syrie, traitement symptomatique à bien des égards, ou que ce soit, contraire au bon sens le plus élémentaire dès ses débuts, celui du dossier ukrainien.

Il m’est bien triste de le reconnaître, mais la désinformation russophobe qui gangrène les médias atlantistes est originellement française. Guy Mettan, député au grand conseil du canton de Genève et président du club suisse de la presse, l’a bien noté dans un article publié sur les pages de Libé (nous n’en sommes plus à un paradoxe près !) : « La russophobie moderne est née en France, avant de migrer en Grande-Bretagne et en Allemagne et, enfin, aux USA. Succédant à la russophilie de Voltaire, la russophobie française moderne a commencé avec Louis XV et Napoléon, qui ont forgé et diffusé le faux Testament de Pierre le Grand selon lequel le fondateur de la puissance russe aurait enjoint à ses successeurs de dominer l’Europe jusqu’à Londres ». Très franchement, ça ne vous rappelle rien ?L’esprit cartésien de mes chers compatriotes gaullois n’ayant d’égal que le pragmatisme décomplexé de nos politiques, il a fallu attendre le soi-disant miracle de la Marne pour que la Russie rentre dans les bonnes grâces françaises même si une période de réchauffement était quand même à relever sous la IIIème République. On y ajoutera bien sûr la russophilie européo-souverainiste du Général, vaguement soutenu dans les masses pour qui la Russie soviétique équivalait à Stalingrad en s’associant donc à un tournant providentiel de la II GM. Mais déjà à l’époque, alors qu’il n’y avait pas internet et les effets spéciaux télévisés étaient tout ce qu’il y avait de plus modeste, on s’évertuait à insuffler aux masses une pieuse admiration des exploits américains … si bien que la plupart des gens de ma génération assez peu versés en Histoire étaient (et restent, je présume) persuadés que les grands, les vrais vainqueurs de la Grande Guerre, ce sont bien évidemment les Américains. Moralité : il a fallu trois-quatre générations pour renverser et reforger une dimension cruciale de la réalité historique.

S’il est vrai qu’internet permet des manipulations sans nom, il est non moins vrai que l’antidote s’extrait du poison lui-même : autant que de mentir, internet permet de rétablir la vérité ou du moins de s’en rapprocher. Le cas du MH-17, exemple type de désinformation multilatérale, anti-russe et fondée sur des accusations totalement arbitraires, est d’une grande force démonstrative.

Il est, d’une part, facteur d’enlisement pour les politiques occidentales puisque le téléguidage américain a donné lieu à des sanctions insensées et au dénouement honteux des Mistral. Petit détail croustillant : non contente d’avoir dû rembourser 1,3 milliards d’euros – encore que Poutine a fait un rabais pour des raisons que nous ignorons – la France constate aujourd’huique la NSA a signé un contrat de 490 millions de dollars avec la Russie. Pourtant, dès le début de la partie, il était clair que l’UE, sous l’impulsion loyaliste germanique, tomberait elle-même dans le piège des leurres américains.

D’autre part, le traitement dévié du dossier a exacerbé une guerre extrêmement dangereuse pour l’Europe car menée en pleine Europe, aux frais du FMI et du contribuable européen. N’oublions pas non plus le fond tactique et symbolique les tireurs de ficelle ayant bien capté qu’il était facile de déstabiliser un Etat européen en l’espace de quelques misérables mois en dressant des peuples frères les uns contre les autres, aussi bien dans les frontières du pays concerné qu’en dehors.

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AFP PHOTO/ ALEXANDER KHUDOTEPLY

Enfin, sur un plan global, le semblant d’enquête mené discrédite totalement le droit international en achevant de démolir ses fondements. Voici pourquoi.

Lors du sommet de l’ANASE qui vient de se clore, le chef de la diplomatie russe a remarqué que la Russie était le seul pays à présenter des images satellites du Boeing malaysien au moment du crash la partie ukrainienne gardant pour elle les enregistrements dont elle dispose (échanges entre l’aiguilleur du ciel, le pilote et le co-pilote) et la partie américaine entretenant les soupçons des médias occidentaux et des familles endeuillées. On se souviendra du triomphe déplacé du Spiegel qui s’appuyant sur des a priori sans queue ni tête avait en son temps titré « Nous les avons ! Des photos des satellites américains montrent que les séparatistes sont les coupables ! ». La publication desdites images avaient été depuis rapportée aux calendes grecques de même que la prise en charge de l’enquête par l’ONU conformément à la résolution 2166 de juillet 2014 sortie par le Conseil de sécurité.

En plus de ces étranges omissions, plusieurs faits inexplicables renforcent les incertitudes des experts et décrédibilisent les marchands d’illusion. Ainsi :

  • Comment se fait-il que la Malaisie, première victime d’un drame qui a emporté la vie de près de 300 personnes, n’ait été inclue dans le groupe d’enquête que six mois après l’évènement alors donc que l’Australie, la Belgique, l’Ukraine et les Pays-Bas avaient été aussitôt engagés ?
  • Comment se fait-il que des mois après le crash de gros débris perforés en long et en large jonchaient encore le champ sinistré ? Dans un reportage récemment tourné par RT, on peut voir de simples villageois recueillir des fragments de taille et les stocker en lieu sûr en attendant qu’ils soient récupérés. Personne ne se manifeste. Comme s’il fallait faire piétiner l’enquête autant que possible. En outre, personne n’a jamais cherché à analyser les témoignages à l’époque tout crus et tout frais de ces mêmes villageois qui auraient vu – je ne crois que très passablement aux hallucinations collectives – unchasseur ukrainien escorter le Boieng. S’y ajoute le témoignage (jamais exploité par la partie occidentale) d’un aiguilleur du ciel espagnol qui aurait repéré non pas un mais deux chasseurs ukrainiens dans les parages. Des menaces récurrentes l’ont depuis réduit au silence. Les experts interrogés avaient procédé à une reconstitution informatique du crash en partant de l’hypothèse que l’avion avait été bel et bien descendu par un missile sol-air Bouk. Ils en ont déduit, au grand conditionnel, que ce scénario pourrait être validé mais qu’il n’était qu’une version plausible de la tragédie. Pourquoi ne pas faire une reconstitution du même genre en vérifiant l’hypothèse des chasseurs ? Quand bien même l’on s’en tiendrait à la version du missile Bouk, pourquoi en imputer automatiquement le lancement aux forces républicaines ?
  • Comment se fait-il que la partie malaysienne se contente de gober les pseudo-conclusions abracadabresques d’experts enquêtant à huis clos ? La même question vient d’être posée ou plutôt reposée par l’ancien Premier ministre malaysien, M. Mahathir ibn Mohamed.
  • Comment se fait-il, rétrospectivement, que l’Ukraine n’ait pas fermée son espace aérien dans une zone en guerre ? Toute considération pécuniaire ou souverainiste mise de côté, il semble étrange qu’aucune condamnation officielle internationale n’ait été prononcée. Or, juridiquement (formellement) parlant, Kiev reste le principal responsable du crash. La question de savoir qui a tiré le missile est en ce sens secondaire.

La vérité a cela de fâcheux qu’elle finit toujours par éclater … même en amas de pépites. Joost Niemoller, journaliste d’investigation néérlandais, a publié fin 2014 un ouvrage intitulé The Cover-Up Deal dans lequel il mène se propre enquête du crash. On y apprend plus particulièrement que les ententes conclues (à huis clos) entre le Conseil national de la recherche et Kiev prévoyaient un droit de veto relatif au déroulement de l’enquête. En d’autres termes, aussi bienles enquêteurs occidentauxengagés que leurs collègues ukrainiens peuvent faire barrage à la poursuite de l’enquête ou la faire dévier à leur guise. Merci au procureur général ukrainien d’avoir été si loquace lors d’une conférence de presse donnée à Kiev le 10 août, il y a soit un an de là. Comment s’étonner que l’enquête n’ait pas bougé d’un pouce ? Il n’est pas exclu que nous ayons de fracassantes surprises quelques années plus tard quand le dossier ukrainien sera définitivement abandonné et/ou le Léviathan médiatique tentaculaire renversé. Nous en avons déjà eu avec la lessive « de destruction massive » genre Ariel ou Persil made in Irak et enfin révélée au grand jour, Colin Powell n’en revient toujours pas d’avoir été trompé par la CIA : trop tard ! L’Irak est un pays détruit. Entre-temps, les 300 passagers du vol MH17 ne ressusciteront jamais. Qu’ils aient été cyniquement sacrifiés ou involontairement tués par les parties belligérantes, il est certain que leur mort – tant dans ses circonstances que dans la façon morcellée et partiale dont l’enquête est effectuée –contribue à décrédibiliser jusqu’à son noyau dur cette propagande atlantiste qui se nourrit de virtualité et d’opportunisme en achevant de dévisser les fondements du droit international.

Françoise Compoint

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Darius Rochebin interviewe Vladimir Poutine

5 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre, #Terrorisme

Darius Rochebin interviewe Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a confié à Darius Rochebin "ne pas espérer une guerre en Europe", qu'il aimerait voir plus "indépendante".

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Jamet le dimanche ! Coup de Mistral ou avis de tempête!

5 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #Europe supranationale, #Economie, #La finance dérégulée

Jamet le dimanche !
Coup de Mistral ou avis de tempête


Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l'actualité politique.

Alors que depuis plus d’un quart de siècle, le Rafale s’était acquis, bien malgré lui, la fâcheuse réputation d’être l’avion le plus invendable du monde, l’acquisition, à peu de temps d’intervalle – en rafale, pourrait-on dire – par l’Egypte, l’Inde et le Qatar, du modèle-phare des usines Dassault a été saluée à juste titre comme une excellente nouvelle, pour le constructeur, bien entendu, mais aussi pour l’industrie aéronautique française, dont on reconnaissait enfin l’excellence, et dont on assurait la prospérité en remplissant son carnet de commandes pour les années à venir. Peu de commentateurs ont eu le mauvais goût de s’interroger sur l’usage que feraient les acheteurs d’un chasseur-bombardier a priori peu fait pour les missions humanitaires ou la recherche scientifique.


Lorsqu’il y a quatre ans la Russie avait passé commande à la France de deux bâtiments de projection et de commandement du type « Mistral », la presse et l’opinion s’étaient également réjouiesde la conclusion d’un contrat qui assurait la charge de travail de mille salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire pour quatre années et qui là aussi valait reconnaissance du savoir-faire français en la matière. Nul ne pouvait cependant ignorer que le Mistral n’était ni un pédalo ni un bateau de plaisance ni un paquebot de croisière, mais bel et bien un navire de guerre.


La « décision » finale du gouvernement français – si je mets le mot entre guillemets, c’est que cette « décision » répond plutôt aux injonctions de l’OTAN, à la pression des Etats-Unis et de certains pays de l’Union européenne qu’à l’intérêt national – de ne pas livrer les deux bâtiments pourtant déjà réalisés par le constructeur et réglés par l’acquéreur est un mauvais coup porté à notre industrie, à notre économie, à notre crédibilité et à nos relations internationales. Elle s’inscrit dans le contexte d’une politique étrangère erronée en tous points.


La non-livraison des Mistral donne à penser que notre gouvernement ayant renoncé eu principe de la continuité de l’Etat, le respect des contrats que la France a signés est soumis aux aléas de nos alternances intérieures. Si nous prétendons désormais conditionner nos ventes d’armes à l’emploi qui en serait éventuellement fait, nous pouvons évidemment dire adieu à notre industrie d’armement.


Un milliard deux cents millions de dédommagement, l’entretien onéreux de deux bateaux qui, spécialement conçus pour le pays-client et fabriqués en coopération avec celui-ci, nous restent sur les bras, tel est le montant minimal de la note qu’il nous faudra payer à l’acheteur flué. Le filon espéré s’est transformé en gouffre ce manque à gagner vient s’ajouter aux énormes dégâts collatéraux consécutifs aux sanctions prises contre la Russie. On sait que l’embargo mis par Moscou sur notre industrie agro-alimentaire nous coûte également un milliard d’euros, mais on n’a pas encore mesuré le coût supplémentaire pour nos éleveurs du report de la vente des productions allemande et polonaise sur notre marché intérieur.


Et pourquoi cette accumulation de mécomptes, qui tournent au désastre dans l’état où est notre pays ? Parce qu’à Washington, à Berlin, à Varsovie, des politiciens bornés qui en sont restés à l’époque et qui ressuscitent les mentalités et les comportements anachroniques de la guerre froide agitent le spectre d’une résurgence de l’impérialisme russe et divisent en deux blocs un monde qui a pourtant toutes les raisons de constituer un front uni face aux menaces que les nouveaux barbares font peser sur la paix et sur la civilisation.


Le dossier ukrainien est-il si explosif et si complexe qu’il soit impossible de le régler par une négociation internationale ? La riposte aux ingérences russes dans le Donbass doit-elle se traduire par un déploiement de forces américaines dans l’Europe de l’Est et par l’extension de l’OTAN jusqu’à l’Oural ? La Russie est-elle un allié naturel ou un adversaire potentiel ? Le traitement, à tous égards contre-productif, que nous lui réservons, est-il justifié ? Il faudra bien qu’un jour nos dirigeants rendent des comptes et nous expliquent pour quelles raisons et dans quelles conditions, sans l’accord du Parlement et sans consultation populaire, il leur est passé par la tête de déclarer la guerre à la Russie.


Dominique Jamet

Vice-Président de Debout la France

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