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Le blog de Lucien PONS

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Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ? Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh.

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre

Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ?

Ce vandalo-daechisme a commencé en fait avec le musée de Bagdad et le site de Babylone en 2003 que les USA avaient sur leurs listes fournies par l'UNESCO juste avant leur agression. ...Ils sont entrés dans la ville, ont protégé le ministère du pétrole mais ont laissé entrer au musée des vandales qui ont détruit quelques oeuvres pour la télé et pillé les autres ...qui se sont retrouvées sur le marché noir mondial des antiquités. Même chose ensuite en Libye puis en Irak, au Mali et en Syrie avec Daech et les autres abrutis hypocrites. Daech détruit les pays de vieille culture au profit des nouveaux riches parvenus américano-saoudites, il vandalise quelques oeuvres pour la télé et les films d'horreur, et écoule sur le marché noir mondial à prix cassé, les autres antiquités et le pétrole.

Privatisation des antiquités pour le marché mondialisé avec concurrence libre et non faussée i Daech et les autres tueurs néo-islamistes décervelés, c'est la franchise des USA et d'USraël dans la région arabe. En un jour Gaza a été plus bombardée que Daech en un an ! Alors l'hypocrisie a assez duré ! Daech, c'est USA/USraël/OTAN ! ...Il est vrai les Saoud mis au pouvoir par les Anglais avaient déjà commencé en détruisant le patrimoine historique de La Mecque et Médine...et maintenant en bombardant les vieilles mosquées datant de la période prophétique et les mausolées du Yemen.

Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh

 

par Ahmad Ben Saada (Universitaire-Canada),

avec l’aimable autorisation de l’auteur et de la revue Afrique Asie (afrique-asie.fr)

La prise de la ville antique de Palmyre (Syrie), le 21 mai 2015, par l’État "islamique" trois mois après la destruction des vestiges de la cité biblique de Ninive (Irak) pose le problème de la conformité de la stratégie de Daech avec les prescriptions religieuses musulmanes notamment en ce qui concerne le legs ante-islamique.

Retour sur cette question avec l’universitaire algérien Ahmad Ben Saada (Canada)

 

La démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants.

Les compagnons du prophète appréciaient se reposer sous l’ombre des monuments pharaoniques.

«Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces.» Taha Hussein

À force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

 

Elle est longue, la liste des dignitaires musulmans, religieux ou politiques, qui, tout au long de l’Histoire, ont contribué à découvrir et sauvegarder les trésors des cultures préislamiques, patrimoine de l’humanité. En les détruisant, les "djihadistes" détruisent leur propre identité. «Je vais présenter au monde celui qui a tout vu/ Connu la terre entière, pénétré toutes choses/ Et partout exploré tout ce qui est caché» Épopée de Gilgamesh.

 

Selon la légende, Gilgamesh était un roi terrible, sanguinaire et cruel. Mû par le désir de se mesurer au monde entier, il était impitoyable pour ses adversaires. Ce sadique souverain n’était qu’un vil tyran qui prenait plaisir à opprimer son peuple au point d’abuser de toute nouvelle mariée la nuit de ses noces. Se voulant l’égal des Dieux, Gilgamesh a longtemps poursuivi sa quête vers l’immortalité, mais en vain…

Cette histoire, «aussi vraie que le ciel est peuplé d’oiseaux et que la mer de poissons» (1), nous est parvenue par-delà les âges, sans prendre une seule ride. La plus vieille œuvre littéraire de tous les temps, gravée en caractères cunéiformes sur une douzaine de tablettes en argile.

Ce joyau de la littérature assyrienne et humaine qui date, selon les spécialistes, du XVIIIe siècle av. J.-C., fut découvert en 1853 au milieu d’une collection de près de 25.000 tablettes d’argile qui constituait la bibliothèque du roi Assurbanipal (VII siècle av. JC) .

La découverte a été réalisée lors de fouilles dirigées par Hormuzd Rassam, le plus célèbre des archéologue irakien, sur le site de l’antique Ninive, dans la banlieue de l’actuelle Mossoul. C’est d’ailleurs dans cette ville du nord de l’Irak qu’est né Rassam, dans une famille chrétienne de père irakien (né à Mossoul) et de mère syrienne (née à Alep). Avec une telle ascendance, Rassam aurait été un parfait citoyen de Daech (acronyme de «Dawla Islamiya fil Iraq wa bilad as Cham») ou, en français, l’État islamique en Irak et au Levant, le Levant (ou Cham) correspondant à l’historique «Grande Syrie». Pour autant, cependant, que les bourreaux de Daech lui aient laissé la vie sauve, car il aurait été certainement doublement jugé pour hérésie: de par sa confession chrétienne et, surtout, pour sa passion envers Ishtar, déesse assyrienne.

Les différentes fouilles menées par Hormuzd Rassam ont permis de mettre au jour plusieurs autres trésors du génie humain, dont le célèbre Cylindre de Cyrus (539 av. J.-C.) qui est considéré comme la «première charte des droits de l’homme». En 1971, ce document gravé sur un cylindre d’argile a été traduit par l’ONU en chacune de ses six langues officielles (2).

Rassam a été initié à l’assyriologie par l’illustre archéologue anglais Austen Henry Layard dont les importantes recherches à Ninive furent consignées dans Les Ruines de Ninive (Nineveh and its Remains, 1849), un vrai best-seller en son époque. Notons que ce grand cunéiformiste a fait ressurgir de la nuit des temps Nimrud (l’antique Kalhu), ville située à une trentaine de kilomètres de Mossoul.

En plus d’inestimables trésors archéologiques, Layard y découvrit la plus ancienne lentille optique jamais fabriquée de main d’homme. Cette lentille datant d’environ 3.000 ans fut examinée par l’éminent physicien écossais David Brewster. Après une minutieuse analyse, le physicien en donna une description détaillée et déclara que l’objet devait être considéré «comme destiné à être utilisé comme une lentille soit pour grossir ou pour concentrer les rayons du soleil». (3)

Que penser alors des actes barbares et «culturicides» de Daech et ses nervis? Peut-on réellement imaginer la construction d’un quelconque «État» sur les décombres des vestiges archéologiques de son propre peuple? Ou en coupant des têtes humaines et en brisant celles en pierre? Ceux-là mêmes qui veulent faire disparaître l’immense culture assyrienne ne se comportent-ils pas pire que le sanguinaire Gilgamesh?

La démolition au bulldozer du site de Nimrud ou à la massue des sculptures du musée de Mossoul est plus qu’un signe d’inculture: c’est la manifestation d’une vision rétrograde de l’être humain et de sa formidable créativité. Il faut se le dire: contrairement à l’édification, la démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants. Cette folie destructrice qui défie le bon sens est d’autant plus choquante qu’elle se déroule au cœur du croissant fertile, berceau de la civilisation humaine. Tout proche de cette ville de Mossoul d’où étaient importés vers l’Europe ces riches tissus de soie et d’or auxquels Marco Polo donna le nom de «mousseline» (originaire de Mossoul) [4].

Mossoul où est né l’immense Ziryab (789-857), un des fondateurs de la musique arabo-andalouse qui, tout jeune, émerveilla le calife abbasside Haroun al-Rachid. Vers 822, sous le règne de son fils le calife Al-Mamoun (786-833), Ziryab se rendit à Cordoue (Andalousie) où il fut accueilli avec honneur par l’émir Abderrahmane II (792-852).

Il y créa le premier conservatoire de musique d’Europe, révolutionna le chant, la musique ainsi que la mode, le raffinement et les bonnes manières, contribuant de manière incontestable à l’essor sans précédent de la civilisation arabo-musulmane dans le monde (5). De qui donc tiennent ces gens qui se sont installés à Mossoul et qui ont poussé l’offense jusqu’à dynamiter la mosquée du prophète Younes (AS), où se trouve la tombe de ce prophète connu de tous les gens du Livre (6)?

Nombre d’observateurs relient avec raison ces destructions avec celle des bouddhas de Bamiyan perpétrée en 2001 par les talibans afghans, ou celle des mausolées musulmans rasés en 2012 à Tombouctou (Mali) par le mouvement "djihadiste" Ansar Eddine (7).

Et cela aurait pu être pire. En 2012, sous l’administration du président Morsi issu de la confrérie des Frères musulmans, Morjan Salem al-Johary, un leader islamiste égyptien, avait demandé «la destruction du Sphinx et des pyramides de Giza» (8). Et des questions se posent: pourquoi les vestiges archéologiques pharaoniques sont-ils encore actuellement debout, alors que l’Égypte est islamisée depuis le VIIe siècle? Comment se fait-il que tous les dirigeants musulmans qui se sont succédés à la tête de l’Égypte, à commencer par Amr ibn al-As, son premier gouverneur, aient préservé cet inestimable patrimoine de l’humanité? Pour Al-Johary (et probablement pour tous les "djihadistes"), la réponse est simple: les vestiges étaient pratiquement couverts de sable et, à l’époque, il n’existait pas de moyens de destruction efficaces (sic!).

Ce qui est pratiquement faux dans la mesure où même si certains vestiges étaient enfouis sous le sable, les plus imposants ont toujours été visibles, même partiellement. D’ailleurs, les premières fouilles des pyramides sont attribuées au calife Al-Mamoun dont les ouvriers réussissent à pratiquer, en 820, la première ouverture de la grande pyramide de Khéops encore utilisée de nos jours (9). Ajoutons à cela que l’historien, médecin et philosophe arabe Abd al-Latif al-Baghdadi (1162-1321) fit une description détaillée des vestiges pharaoniques. Dans son ouvrage Relation de l’Égypte, considéré comme une des premières œuvres d’égyptologie, il donna moult détails sur la tête du Sphinx, son corps étant à l’époque enseveli sous le sable (10).

Okasha el-Daly, professeur d’archéologie à l’University College de Londres, précise au sujet d’Abd al-Latif qu’il était bien conscient de la valeur de monuments anciens pour étudier le passé et qu’il exprima son admiration à l’égard des dirigeants musulmans pour la préservation et la protection des artefacts et des monuments préislamiques
(11).

De son côté, l’historien égyptien Ahmed al-Makrizi (1364-1442) explique que la mutilation visible actuellement sur le visage du Sphinx est due à un fanatique soufi du nom de Mohammed Saim al-Dahr. Cet incident a été daté par Al-Makrizi vers 780 de l’hégire, c’est-à-dire entre le 30 avril 1378 et le 18 avril 1379 (12). Selon un récit rapporté par l’historien et islamologue allemand Ulrich Haarmann, Al-Dahr fut lynché par les habitants des environs, courroucés par son acte sordide. Ils l’enterrèrent par la suite près du monument qu’il avait saccagé (13).
Cette histoire confirme que non seulement il était possible de détruire les vestiges archéologiques, mais aussi que la population locale ne permettait pas qu’on vandalise impunément ce patrimoine historique.

En plus d’Abd al-Latif et Al-Makrizi, d’autres historiens arabes se sont intéressés aux trésors de l’archéologie égyptienne et en ont donné des descriptions détaillées, non sans une pointe d’émerveillement. Citons, par exemple, Al-Idrissi (mort en 1251) qui a étudié les pyramides de manière systématique et qui a minutieusement décrit l’intérieur de la grande pyramide quatre siècles avant l’astronome anglais John Greaves (1602-1652), qui ne la présenta à l’Occident qu’en 1646, dans son célèbre livre Pyramidographia (14). Et pour contredire les illuminés de Datcha, les dynamiteurs talibans, les démolisseurs d’Ansar Eddine et les "djihadistes" de l’engeance d’Al-Johary, Al-Idrisi mentionna que non seulement les Sahabas (compagnons du prophète Mohamed – SAWS) ne se sont pas attaqués aux monuments pharaoniques, mais qu’ils appréciaient se reposer sous leurs ombres (15).

Il faut reconnaître aussi qu’à travers les siècles, l’ombre des pyramides n’a pas corrompu l’islamité de l’Égypte, bien au contraire. Le «don du Nil» compte actuellement des milliers de mosquées et, surtout, la plus prestigieuse des institutions académiques dédiées aux sciences islamiques du monde, l’université Al-Azhar du Caire (fondée au Xe siècle).

Parmi les innombrables et éminentes personnalités formées par cette vénérable institution, il est intéressant de citer le «doyen de la littérature arabe», Taha Hussein. Aveugle dès son plus jeune âge, il est considéré comme un des plus importants intellectuel arabe du XXe siècle. Après avoir été écarté de son poste comme doyen de la faculté des lettres de l’université du Caire, il y revint en 1936 porté triomphalement à son bureau par des étudiants nationalistes.

Opposés à son retour, des étudiants islamistes scandèrent des slogans belliqueux, le traitant de «doyen aveugle». Il leur répondit: «Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces» (16).

En février 2013, le mémorial de Taha Hussein fut vandalisé dans la ville d’Al-Minya, et son buste a été arraché de son socle. Le forfait a été naturellement attribué aux islamistes égyptiens auprès de qui il n’a jamais été en odeur de sainteté, même de nos jours (17). Après s’être mesuré à toutes les forces de la nature, Gilgamesh se rendit à l’évidence de son inéluctable mortalité. Lui qui se voulait l’égal des dieux comprit que, pour atteindre la gloire éternelle, il fallait réaliser de grandes œuvres humaines. Ainsi, à force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

Il est clair qu’aucun mémorial ne sera jamais érigé à la mémoire des coupeurs de têtes et des fossoyeurs de l’Histoire comme Daech et consorts, car, contrairement à Gilgamesh à la fin de son périple, ils se sont cantonnés dans des recoins de l’humanité, trop éloignés de la sagesse, de la vérité et de la sapience.

Leur seule contribution sera probablement de remplacer le mot «vandalisme» par «daechisme». Il va sans dire que le «daechisme» n’a pas pu apparaître et se développer comme une tumeur maligne à croissance fulgurante sans le soutien, l’aide et la connivence des pays occidentaux et arabes, ainsi que ceux voisins de la Syrie et de l’Irak.

Mais ça, c’est une autre histoire…

A propos
  • Ahmed Bensaada, Docteur en physique, enseignant et essayiste, est l’auteur de « Arabesque américaine: le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (2011), et coauteur de « La face cachée des révolutions arabes » (2012). Lauréat du prix du Premier Ministre du Canada pour l’excellence dans l’enseignement, il est aussi auteur et coauteur de nombreux ouvrages pédagogiques pour l’enseignement des sciences.
Références
  1. Jean Massin, Don Juan, Éd. Complexe, Bruxelles (1993), p. 85.
  2. Jacques Poulain, Hans-Jörg Sandkühler, Fathi Triki, Justice, droit et justification: perspectives transculturelles, Éd. Peter Lang (2010), p.146.
  3. Sir Austen Henry Layard, Discoveries Among the Ruins of Nineveh and Babylon, Éd. Harper & brothers (1871), p.167.
  4. Philippe Menard, Marco Polo. Le Devisement du monde, Tome 1, Librairie Droz (2001), p.197.
  5. FSTC «Limited, Ziryab, the Musician, Astronomer, Fashion Designer and Gastronome, Muslim Heritage», http://www.muslimheritage.com/article/ziryab-musician-astronomer-fashion-designer-and-gastronome.
  6. Nasma Réda, «Le Patrimoine irakien crie au secours», Al-Ahram Hebdo, 13 août 2014, http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/1037/32/97/6601/Le-patrimoine-iraqien-crie-au-secours.aspx.
  7. Le Monde, «Mali: les islamistes rasent trois mausolées près de Tombouctou», 18 octobre 2012. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/18/mali-nouvelle-destruction-de-mausolees-par-les-islamistes-a-tombouctou_1777726_3212.html
  8. Cavan Sieczkowski, «Murgan Salem al-Gohary, Egyptian Jihadist, Wants Pyramids and Sphinx Destroyed», The Huffington Post, 13 novembre 2012, http://www.huffingtonpost.com/2012/11/13/pyramids-sphinx-destruction-murgan-salem-al-gohary-egyptian-jihadist_n_2121446.html?utm_hp_ref=religion.
  9. Giza Pyramid, «A Picture Tour of the Great Pyramid of Giza», http://www.gizapyramid.com/newtour2.htm.
  10. Abd al-Latif al-Baghdadi, Relation de l’Égypte, traduction française, Imprimerie impériale, Paris (1810), pp.179-180.
  11. Okasha el-Daly, Egyptology: The Missing Millennium: Ancient Egypt in Medieval Arabic Writings, Éd. Routledge (2004), p. 10.
  12. Al-Makrizi, Description topographique et historique de l’Égypte, traduction française, Éd. Ernest Leroux, Paris (1895), pp.352-353.
  13. Ulrich Haarmann, «Regional Sentiment in Medieval Islamic Egypt», The University of London’s Bulletin of the School of Oriental and African Studies (BSOAS), vol.43 (1980) p. 55-66, http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=4120372.
  14. Peter J. Ucko et T. C. Champion, The Wisdom of Egypt: Changing Visions Through the Ages, Éd. Cavendish, Londres (2003), pp. 44-45.
  15. Caleb Heart Iyer Elfenbein, Differentiating Islam: Colonialism, Sayyid Qutb, and Religious Transformation in Modern Egypt, Éd. ProQuest, Ann Harbor (2008), p.126.
  16. Djaber Asfour, «Un feuilleton qui mérite le respect (2)», Al-Ahram, 19 septembre 2011, http://digital.ahram.org.eg/articles.aspx?Serial=639076&eid=444.
  17. Nevine El-Aref, «Is nothing sacred now?», Al-Ahram Weekly, 21 février 2013, http://weekly.ahram.org.eg/News/1533/17/Is-nothing-sacred-now-.aspx.
Version en espagnol

Madaniya - Civique et citoyen. Madaniya s'honore de la responsabilité d'abriter au sein de sa rédaction des opposants démocratiques en exil en provenance des pays du Golfe, dont la contribution se fera, pour des raisons de sécurité, sous le sceau de l'anonymat, par le biais de pseudonyme. Ce site se veut un lanceur d’alerte. Il nourrit l’ambition d’assumer la fonction d’un vigile. Dénoncer et combattre l’instrumentalisation de la religion comme arme de combat politique. Prôner la neutralité de l’Etat, de même que la séparation de la religion de l’Etat. Réclamer un statut civil identique à l’ensemble des concitoyens. Promouvoir la citoyenneté et non l’appartenance communautaire.
Pour aller plus loin
Illustration

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Temple_of_Bel,_Palmyra_15.jpg

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Une résidente de Donetsk se souvient : ce fut le dernier jour de la paix

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #le nazisme, #La guerre, #La paix

Une résidente de Donetsk se souvient : ce fut le dernier jour de la paix

Une résidente de Donetsk se souvient : ce fut le dernier jour de la paix

La journée du 25 mai prenait sa fin. Minuit allait bientôt tomber.

Il y a un an ce fut le dernier jour de la paix à Donetsk.

Quelque part loin de nous se tenaient des élections du président de l’Ukraine, tandis que dans notre bel aéroport tout neuf des avions décollaient et atterrissaient suivant les horaires… pour la dernière fois …

Le dernier jour de la paix. Demain… demain ce fut la guerre.

A midi, des avions de chasse et des hélicoptères se sont envolé pour attaquer la ville. Ma sœur a téléphoné depuis Smolianka en hurlant dans le combiné et j’écrivais sur Facebook d’après ses paroles que depuis sa cour elle voyait que les avions larguaient quelque chose… Je demandais ici ce que cela pouvait être…

Nous n’avons pas encore compris, cela ne nous ai même pas venu à l’esprit qu’ils étaient en train… de nous pilonner.

L’aéroport était en feu après l’énième pilonnage, ils tiraient à la volée sur le pont qui menait vers lui, et ceux qui allaient à l’aéroport ou en venaient, se sont trouvés pris dans des pilonnages.

Avaient-ils compris en mourant ce qui leur arrivait ?

Je l’ignore…

Quelque part dans un quartier pavillonnaire entre l’aéroport et le chemin de fer, un gamin qui était en train de jouer avec sa maman dans la cour tombait blessé par un fragment d’une roquette. Qu’est-ce que sa mère a cru à ce moment là.

Je l’ignore…

A la gare, sur la place située devant, des gens tomaient morts, criaient des blessés, d’autres les aidaient, les trainaient, les couvraient… Tout le monde autour criait et pleurait.
Mais personne ne se mettait à l’abri… Pourquoi ils ne le faisaient pas ? Pourquoi ?…

Je l’ignore…

Tout cela nous est tombé dessus brusquement, comme un ouragan …

Tandis que la nuit, à travers des fenêtres ouvertes, une odeur asphyxiante de brûlé pénétrait dans nos maisons. Ce n’est qu’au matin que nous apprenions que l’aile entière du Palais de glace “Droujba” a brulé…

C’est ainsi que la guerre est venue à Donetsk. Le 26 mai 2014 à midi.

Je ne l’oublierai jamais.

Jamais.

Svetlana Saf, Pravda de Donetsk

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Ukraine, répressions politiques. L'histoire de Rouslan Kotsaba

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Les média

Ukraine, répressions politiques.
Ruslan Kotsaba est un journaliste ukrainien de la chaîne publique de télévision Kanal 112. \NIl est originaire de Ivano-Frankivsk à 130 km au sud-est de Lviv,.\N C'était le premier journaliste ukrainien à se rendre dans le Donbass pour voir de ses propres yeux ce qui s'y passait. Fin janvier, suite à l'annonce par le gouvernement de la n-ième vague de mobilisation, il s'insurge et lance un appel aux ukrainiens.\N Rouslan Kotsaba est arrêté par le SBU le 7 février à Ivano-Frankivsk, après avoir publié une vidéo décrivant la « guerre civile fratricide du Donbass ». Il est immédiatement placé en détention.\NFormellement inculpé le 31 mars de « haute trahison », il encourt jusqu'à 15 ans de réclusion. Il est également poursuivi pour « entrave aux activités légitimes des forces armées », un chef d'inculpation qui peut lui valoir jusqu'à huit ans de prison . Amnesty International a réclamé sa libération immédiate et inconditionnelle, et considère le traitement dont il fait l'objet comme une restriction éhontée à la liberté d'expression.
Lien vers Amnesty International: http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Lutte-contre-impunite/Actualites/Ukraine-mener-des-enquetes-serieuses-suite-des-morts-suspectes-14938
Toute la playliste sur la crise ukrainienne: https://www.youtube.com/playlist?list=PL6yMwPPOK8Wxjv09CjarCaJ4R1022DaUg
celle de Vincent Parlier: https://www.youtube.com/playlist?list=PL1fQfU9jb9Uz66X5ThA5upF_FJxoEmqYP
Dossier Ukraine sur les-crise.fr: http://www.les-crises.fr/ukraine/

Ukraine, répressions politiques. L'histoire de Rouslan Kotsaba

Ruslan Kotsaba est un journaliste ukrainien de la chaîne publique de télévision Kanal 112. \NIl est ...

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L’UE se prépare à abandonner l’Ukraine. Par Alexander Mercouris

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #Ukraine, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme

L’UE se prépare à abandonner l’Ukraine

Par Alexander Mercouris le 26 mai 2015

Le Kremlin révèle des détails sur des négociations de haut niveau avec l’Union européenne, qui transformeraient radicalement l’Accord d’association, mettant fin à toute perspective d’intégration de l’Ukraine à l’Ouest et à l’UE.

Le site internet du président russe Vladimir Poutine fournit des détails passionnants sur une réunion au sommet du gouvernement qui a eu lieu au Kremlin le 20 mai 2015.

La réunion a traité d’un large éventail de questions économiques, mais je m’attacherai ici à l’une d’elles en particulier, qui est ce que le compte rendu nous dit de l’état des négociations tripartites de la Russie avec l’UE et l’Ukraine sur l’Accord d’association de l’Ukraine avec l’UE, et sur ce que ces négociations nous disent de la force ou non de l’engagement de l’UE à l’égard de l’Ukraine.Le site internet du président russe Vladimir Poutine fournit des détails passionnants sur une réunion au sommet du gouvernement qui a eu lieu au Kremlin le 20 mai 2015.

Il ressort du rapport que l’engagement de l’UE à l’égard de l’Ukraine faiblit et qu’elle pourrait se préparer à conclure son aventure ukrainienne.

C’est évidemment ce que les résultats des entretiens de Poutine avec Merkel en février et avec Kerry ce mois suggèrent aussi. Le rapport sur le site de Poutine en offre toutefois la première confirmation écrite par une source officielle – quoique russe.

J’ai analysé l’Accord d’association en détail dans un article rédigé plus tôt ce mois pour Russia Insider (voir How the EU Association Agreement Makes Existing Ukraine-Russia Trade Links Impossible, Russia Insider, 4 mai 2015).

Dans cet article, j’expliquais que, contrairement à ce que pense la plupart des gens, l’Accord d’association n’est pas un simple accord de libre-échange entre l’Ukraine et l’UE (même s’il s’intitule lui-même comme tel), mais que c’est en réalité un dispositif pour faire de l’Ukraine une partie de l’Espace économique européen et du Marché unique européen soumise à la réglementation de la bureaucratie européenne de Bruxelles et à la juridiction de la Cour européenne de justice au Luxembourg.

J’expliquais aussi dans cet article que ces arrangements étaient totalement incompatibles avec le maintien des relations économiques et commerciales de l’Ukraine avec la Russie.

Bien que je ne sois pas entré dans les détails des intentions géopolitiques qui sous-tendent l’Accord d’association, ses termes les rendent assez évidents – détacher l’Ukraine de la Russie et l’intégrer à l’Ouest.

Au moment où j’ai écrit cet article, il est apparu que les négociations tripartites entre la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne étaient dans l’impasse et ne menaient nulle part. Les Ukrainiens et les Européens refusaient catégoriquement tout amendement au texte de l’Accord d’association, tandis que – pour de bonnes raisons, que j’expliquais dans l’article – les Russes insistaient que c’était là la moindre des choses.

Il semble maintenant, pour autant qu’on puisse se fier au rapport fait à Poutine lors de la réunion du 20 mai 2015 par le ministre de l’Economie Ulyukaev, qu’une percée a eu lieu et que les Européens ont finalement accepté de prendre en compte les amendements au texte de l’Accord d’association, comme les Russes l’ont toujours demandé.

Ulyukaev a rapporté cette percée à Poutine dans les termes suivants:

« Avant tout, plus de la moitié de la période de répit de quinze mois que nous avons acceptée est passée et, malheureusement, ce temps n’a pas été utilisé de manière très productive. Mais il y a eu une réunion d’experts à la fin avril, et avant-hier, j’ai rencontré le Commissaire européen au commerce et le ministre ukrainien des Affaires étrangères. […]

» Dans l’ensemble, notre approche a rencontré la compréhension de nos collègues européens et ukrainiens. Nous avons convenu que les experts commenceraient à travailler en groupes pour préparer des documents, d’ici la fin juillet, dont le statut sera clarifié plus tard.

» Les documents pourraient prendre la forme de protocoles pour l’accord Ukraine-UE, ou ils pourraient constituer un accord séparé qui deviendrait un paquet unique avec l’accord [UE-Ukraine] et entrerait en vigueur en même temps que lui.

» Une fois ce travail terminé à la fin juillet, nous devrons prendre une décision importante, à savoir si cet ensemble de documents nous convient ou si nous avons besoin de prendre d’autres décisions. »

Je dois expliquer que les protocoles sont des documents annexés à un traité ou à un document légal et qui font ensuite partie de ce texte. Ils ont le même poids que le document auquel ils sont annexés.

Les Accords de Minsk du 6 septembre 2014 en offrent un bon exemple : techniquement parlant, c’était un document attaché au plan de paix que le président ukrainien Porochenko avait précédemment annoncé en juin 2014, et qu’il a substantiellement amendé. C’est aussi le cas du Procotole secret du Traité de non-agression germano-soviétique de 1939, qui définissait clairement des détails importants de la non-agression n’apparaissant pas dans le texte publié et que j’ai analysé récemment en détail dans un autre article.

L’alternative dont parle Ulyukaev est tout aussi radicale – un traité séparé ou « un accord qui constituerait un paquet unique avec l’accord [UE-Ukraine] et entrerait en vigueur en même temps que lui ».

En d’autres termes, l’Accord d’association deviendrait un élément d’un ensemble d’accords, chacun d’égale importance, et chacun interprété en référence aux termes des autres.

Indépendamment de l’option adoptée, Ulyukaev met en évidence que l’intention est de conférer un statut légal contraignant aux changements dans le texte de l’Accord d’association. A ce propos, Ulyukaev est sans équivoque :

« Soit nous avons été effectivement entendus et nous obtiendrons des documents contraignants juridiquement qui nous donnent satisfaction, soit nous serons contraints d’agir conformément à la Résolution gouvernementale 959 [la résolution du gouvernement russe qui permet l’annulation de l’accord de libre-échange de la Russie avec l’Ukraine – Note de l’auteur]. »

Quant aux modifications effectives de l’Accord d’association que la Russie propose, Ulyukaev les a détaillés de la manière suivante :

« La première concerne la régulation tarifaire de biens de nature sensible pour notre économie. Nous proposons d’instaurer des périodes de transition avant que les tarifs pour ces marchandises soient libéralisés conformément à l’Accord d’association UE-Ukraine.

» La seconde est l’administration des douanes et l’organisation des importants moyens électroniques de documentation et d’information, et l’identification du pays d’origine des marchandises, de manière à faire bon usage du régime préférentiel et d’en exclure les marchandises provenant de pays tiers.

» Il y a aussi la question de la réglementation technique. Ici, nous estimons juste de maintenir la possibilité, pour les sociétés ukrainiennes, de choisir entre les normes européennes et les normes en vigueur dans les accords de la CEI. Le contrôle sanitaire et phytosanitaire est une autre question.

» Une autre question encore est l’inclusion de l’Ukraine dans le système de certification électronique dans le fonctionnement de l’Union économique eurasiatique, de manière à pouvoir être certains de l’authenticité de l’information pertinente. Nous voulons maintenir le système de certification actuel, de manière à ce que les entreprises n’aient pas à faire des dépenses supplémentaires en temps et en argent pour refaire toutes leurs certifications.

» Dans le secteur de l’énergie, nous voulons préserver le fonctionnement parallèle des systèmes énergétiques unifiés de Russie et d’Ukraine, pour ne pas avoir à mettre en ligne des réserve d’énergie et des capacités de réseau nouvelles ».

Ces propositions, si elles sont adoptée, annuleraient en effet l’Accord d’association tel qu’il existe aujourd’hui.

Au lieu d’une adoption intégrale et contraignante par l’Ukraine des acquis [en français dans le texte, NdT], c’est à dire le corps de la législation européenne administrée par la Cour européenne de justice, les entreprises ukrainiennes seraient libres de choisir d’adopter les normes européennes (c’est-à-dire lesacquis) ou de conserver les normes russes.

Etant donné que la Russie est le plus grand marché pour les biens industriels ukrainiens, il est probable que la majorité des industries ukrainiennes choisiraient de s’en tenir aux normes russes.

Au lieu de la libre circulation transfrontalière des marchandises entre l’UE et l’Ukraine prévue par l’Accord d’association – qui est un principe fondamental du Marché unique européen – certains types de marchandises ukrainiennes, que la Russie considère comme stratégiquement importantes pour elle, continueraient à être protégées de la concurrence de l’UE sur le marché ukrainien pour accéder librement au marché russe, comme elles le font maintenant.

Le système de surveillance électronique actuel serait préservé pour permettre à la Russie de suivre la circulation des marchandises à l’intérieur de l’Ukraine, de manière à se prémunir d’importations non désirées en provenance de l’UE.

Le système énergétique de l’Ukraine resterait unifié avec celui de la Russie. Bien que Ulyukaev ne l’ait pas exposé en détail, il semble probable que cela signifie un certain degré de contrôle russe sur le réseau de pipelines ukrainiens et de l’industrie de production et d’approvisionnement d’électricité.

Ces propositions doivent être considérées conjointement avec les propositions politiques, qui vont tout aussi loin, d’une large autonomie des deux Républiques populaires au sein de l’Ukraine, propositions qui ont été récemment publiées et dont j’ai parlé il y a peu (Ukraine : une solution confédérale à l’horizon Russia Insider, 14 mai 2015).

Prises ensemble, ces deux séries de propositions font ressortir plus clairement le type de solution au conflit ukrainien que les Russes envisagent actuellement.

Elle est en faveur d’une Ukraine amplement confédérale, dans laquelle les régions orientales se gouvernent principalement elles-mêmes tout en exerçant un certain degré de contrôle sur la politique extérieure et économique de l’Ukraine ; qui lui interdit à jamais de rejoindre l’Otan ou l’UE ; et qui reste étroitement intégrée économiquement à la Russie ; mais avec la possibilité, pour les gens et les entreprises dans les régions de l’Ukraine occidentale, de se rapprocher, dans une certaine mesure, plus étroitement de l’UE.

C’est un résultat totalement différent de celui envisagé par le mouvement du Maidan, qui vise une Ukraine unitaire, monoculturelle au sein de l’Otan et de l’UE et en permanence à distance de la Russie.

Puisque l’adoption de ces propositions russes marquerait l’échec final de la révolution du Maidan, le gouvernement ukrainien s’y opposera certainement farouchement.

Les propositions, toutefois, ne devraient pas être si inacceptables pour certains partisans du mouvement du Maidan en Ukraine occidentale.

Des informations récentes (Ukraine occidentale : prête pour la sécession ?, Russia Insider, 28 avril 2015) suggèrent que le sentiment sécessionniste va croissant. Si c’est le cas, alors il n’est pas difficile de voir comment ces propositions, si elles sont émises correctement, pourraient séduire le peuple des régions occidentales de l’Ukraine en leur offrant la paix avec une certaine connexion à l’UE, qui est ce qu’elles veulent.

Cependant, le fait le plus important qui se dégage des commentaires d’Ulyukaev est que les puissances occidentales deviennent subitement réceptives à ces propositions russes. Voici ce qu’il a dit :

« Monsieur le Président, vous pourriez dire qu’un sentiment d’optimisme prudent a émergé. La glace a commencé à fondre, dans le sens au moins qu’ils ont commencé à nous écouter et qu’ils écoutent vraiment ce que nous disons.

(Ensuite, Ulyukaev expose les propositions russes)

« Dans l’ensemble, notre approche a rencontré la compréhension de nos collègues européens et ukrainiens. Nous avons convenu que les experts commenceraient à travailler en groupes pour préparer des documents, d’ici à la fin juillet, dont le statut sera clarifié plus tard. »

Ce que dit Ulyukaev est qu’après avoir perdu huit mois à balayer de la main les propositions russes, les Européens ont subitement indiqué dans les dernières semaines qu’ils pourraient être prêts à les accepter, après tout.

Si c’est vraiment le cas, et si ce que dit Ulyukaev est vrai, alors c’est la meilleure preuve que les puissances occidentales ont en effet renoncé finalement à leur aventure ukrainienne et ont accepté que les objectifs géopolitiques grandioses qu’elles s’étaient fixés lorsqu’elles ont rédigé l’Accord d’association et soutenu le coup d’état du Maidan sont irréalisables et que le temps est venu de tirer un trait sur toute l’affaire.

Par Alexander Mercouris – Le 22 mai 2015 –

Publié par Russia Insider

Traduit par Diane

Source: http://lesakerfrancophone.net/lue-se-prepare-a-abandonner-lukraine/

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Refus de livrer les Mistral : la faute de Hollande.

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE

Refus de livrer les Mistral : la faute de Hollande

 

En 2011, nous avons signé un contrat de plus d’un milliard d’euros pour la vente de deux navires de guerre à la Russie. Mais depuis les évènements en Ukraine, François Hollande refuse de livrer ces navires, et propose donc de rembourser l’avance, alors même qu’il vend des Rafale au Qatar

Deux poids, deux mesures
 
 
 
Ni russophobie, ni russolâtrie
 
Voilà pourquoi il est totalement effarant de refuser de livrer les Mistral à la Russie. Voici encore une insulte faite à ce pays qui ne contribuera qu’à renforcer sa crispation légitime vis-à-vis des Etats-Unis et de leurs alliés. Comment donner des leçons de respect du droit à Moscou tout en ne respectant le contrat signé en 2011  ? Comment ne pas paraître purement russophobe quand on refuse de livrer des navires à la Russie mais que l’on vend des avions de chasse au Qatar  ? Ce faisant, nous montrons surtout une inconsistence et une inconséquence qui discrédite profondément notre action diplomatique, trop arbitraire et irrespectueuse du droit pour être prise sérieusement par les autres pays du globe.
 
Ce n’est pas parce qu’on dénonce une nouvelle fois une décision russophobe qu’il faut céder à une forme de russolâtrie. Je crois que dans le contexte actuel, la Russie doit être respectée, et traitée avec davantage d’égard, car c’est un pays important sur la scène internationale. Il faudrait aussi sans doute travailler plus avec elle qu’avec les Etats-Unis pour la sécurité du continent, l’OTAN étant la relique d’un passé dépassé et volontiers impéraliste. Mais on peut refuser tout angélisme avec un régime, qui, s’il est celui que les Russes se sont choisis, et qu’il faut par conséquent respecter, n’est pas pour autant, loin de là, un modèle qu’il faudrait admirer sans la moindre mesurecomme le font certains.
 

La décision de refuser de livrer les Mistral à la Russie, quelques jours après avoir refusé de venir à Moscou pour les 70 ans de la rédition d’Hitler, est totalement indécente et incohérente étant donnés les honneurs et les affaires que nous faisons avec d’autres pays et notamment le Qatar.

 

 

 

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La Finlande veut déporter l'épouse d'un combattant de la Novorossia. La cruauté de ce gouvernement atlantiste envoie à la mort la mère et le fils! Ce sont peut-être les valeurs européennes partagées!

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

La Finlande veut déporter l'épouse d'un combattant de la Novorossia. La cruauté de ce gouvernement atlantiste envoie à la mort la mère et le fils! Ce sont peut-être les valeurs européennes partagées!

La Finlande veut déporter l'épouse d'un milicien populaire.
La Finlande se prépare à déporter l'épouse d'un milicien populaire de Donetsk, Tatiana Imatova avec son fils de sept ans. Elle s'est adressée à l'État finlandais afin de protection, cependant le tribunal a jugé qu'elle devait rentrer dans son pays.
Comme l'annonce « Rossia 24 »En faisant un renvoi sur le défenseur des droits, Johan Bäckman; Tatiana Imatova est partie en Finlande avec son fils, il y a près de six mois de cela, car ses parents y vivent. Dans son adresse au pouvoir finlandais, elle a précisée, que son fils est menacé dans son école par des nationalistes. Sa ville natale est actuellement sous contrôle des forces ukrainiennes. Cependant, le tribunal administratif d'Helsinki a déclaré, que premièrement, il n'y a pas de guerre sur le territoire de la Région de Donetsk et qu'en second lieu, le pouvoir ukrainien est loyal envers les réfugiés.
Comme l'annonce « Interfax, » Johan Bäckman a peur, que Tatiana et son fils, soient renvoyés aux services de sécurité de Kiev, à la première occasion, sans prendre en compte que cette déportation menace la vie de la mère et de son enfant, alors que le pouvoir de Kiev a officiellement refusé d'observer les droits de l'homme en ce qui concerne les habitants de Donbass.
http://www.vesti.ru/doc.html?id=2607408&tid=105474

Финляндия депортирует жену ополченца ДНР

Финляндия депортирует жену ополченца ДНР Финские власти собираются депортировать из страны супругу д...

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Impossible d’abandonner la Novorussie

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme

Impossible d’abandonner la Novorussie

Impossible d’abandonner la Novorussie

Impossible d’abandonner la Novorussie

Le 23 mai 2015

La déclaration sur le gel du projet « Novorussie » a suscité une tempête de réactions prévisibles. Les uns s’en réjouissent, les autres s’en affligent, d’autres encore sont perplexes. Cependant la suspension de l’activité des structures de la Novorussie virtuelle (du parlement uni) ne signifie pas du tout le refus de lutter pour la Novorussie réelle, ni du côté de la Russie, ni du côté de la partie ukrainienne du monde russe.

Après que Vladimir Poutine eut évoqué, au printemps de l’année dernière, l’existence de la Novorussie, beaucoup de partisans de l’union avec la Russie se sont emparés de ce terme dans la partie même de l’Ukraine qui est passée sous contrôle des forces atlantistes.

La formation de la RPD et de la RPL est devenue, après la Crimée, la seconde confirmation de la décomposition de l’Ukraine d’avant février, et comme il l’a semblé alors, le premier pas vers la formation de la Novorussie. Les scénarios de cette décomposition étaient nombreux, et il est stupide d’affirmer que quelqu’un sût précisément comment allait se transformer l’Ukraine.

« Le plan astucieux de Poutine », inventé par les adversaires du président russe, pour l’accuser de l’abandon de Donetsk, Lougansk, de la Novorussie ou de l’Ukraine en général, n’a jamais existé, dans le sens que Poutine réagit en premier lieu à ce qui se passe en Ukraine, qui s’est retrouvée aux mains d’une élite pro-occidentale décidée à une rupture rapide du pays avec la Russie et à son atlantisation. La Russie s’arme ; se défend, essayant de conserver la partie ukrainienne du monde russe dans l’orbite de sa civilisation, et en ce sens, notre politique est réactive.

Mais cela ne veut pas dire que Poutine n’a pas de plan stratégique, il en a un, et ce n’est pas un secret. Poutine a dit plusieurs fois en public que les Russes et les Ukrainiens sont un seul peuple et que personne n’arrivera à nous séparer, que nous devons être ensemble et que nous serons ensemble. C’est là le plan de Poutine, la Russie et l’Ukraine doivent être ensemble, et la Russie fera tout son possible pour qu’il en soit ainsi. Poutine est certain que les autorités ukrainiennes actuelles, comme l’atmosphère de haine contre la Russie qu’elles ont suscitée, sont un phénomène passager, que l’Ukraine, après avoir traversé des épreuves et des revers, reviendra à son chemin naturel en tant que partie du monde russe.

Mais sa certitude ne se fonde pas seulement sur un sentiment intime, sa connaissance de l’histoire et son estimation de l’ordre global, mais sur ce qu’il fait et planifie. Ses démarches tactiques dans sa lutte pour l’Ukraine, aussi bien à l’intérieur de celle-ci qu’au niveau géopolitique, peuvent changer et changent, mais l’objectif stratégique reste immuable. L’Ukraine ne peut pas être arrachée à la Russie. Au reste, le retour de l’Ukraine peut se produire de diverses façons, de là les différentes variantes de combat pour ce faire.

La Novorussie et la Petite-Russie correspondent parfaitement à l’espace qu’occupaient les terres de l’actuelle Ukraine dans la composition de la Russie (elles en occupent la majeure partie), et la restauration de notre unité peut se produire selon le scénario suivant : l’Ukraine se désagrège en deux, trois parties, ou même davantage, qui, par la suite, réintègrent petit à petit la Russie sous diverses formes, depuis l’intégration directe jusqu’à la participation à l’union Eurasiatique. Cette variante était considérée, et l’est encore, comme l’une des principales, mais sa vraisemblance et sa réalisation dépendent moins des facteurs extérieurs (l’influence des USA sur ce qui se passe en Ukraine) que des processus internes à la société ukrainienne.

Au printemps de l’année dernière, la désintégration rapide de l’Ukraine semblait assez vraisemblable, après les révoltes à Donetsk et Lougansk, la probabilité que les protestations antimaïdan se répandent à Kharkov, Odessa et Dniepropetrovsk était grande. Mais la dure réaction du pouvoir de Kiev de pair avec la préparation insuffisante des militants antimaïdan locaux n’ont pas permis au processus de séparation du Sud-Est de se développer. La guerre qui a commencé ensuite, la tentative de réprimer la révolte par la force, a laissé en suspens la question de l’élargissement de la Novorussie. En septembre, Donetsk et Lougansk avaient seulement su se dégager de l’assaut des forces kiéviennes et étaient devenues quelque chose comme le noyau de la future Novorussie, qui se trouvait en situation de siège et de blocus de la part de l’Ukraine.

Le redoublement de la guerre au début de cette année a conduit à la consolidation de l’autonomie de la situation de la RPD et de la RPL, elles se sont pratiquement séparées de l’Ukraine, en devenant des formations autonomes. Cependant, le processus de désintégration de l’Ukraine s’est ralenti, l’économie chute plus lentement qu’elle ne le pourrait, les règlements de compte au sein des cercles dirigeants de Kiev n’ont pas encore atteint le point d’un nouveau maïdan, les régions se séparent du centre doucement, sans forcer les choses.

La pression de Kiev et des nationalistes radicaux sur les habitants prorusses ne faiblit pas, mais d’autre part, la population dans son ensemble continue à croire aux contes de la guerre avec la Russie et de l’avenir radieux en Europe. On est déjà déçu par Iatseniouk, mais les gens continuent à s’illusionner sur Porochenko, le stade suivant de la désintégration de l’Ukraine est reporté mais non supprimé.

La Russie a intérêt à ce que l’Ukraine traverse le plus vite possible toutes les phases de sa catastrophe nationale, avec naturellement des pertes minimales en ce qui concerne les gens et maximales en ce qui concerne les élites russophobes. Sur cette voie, la Russie change de tactique, c’est pourquoi ces derniers mois, surtout après les accords de Minsk, La Novorussie semble passer au second plan.

Les accords de Minsk donnent la possibilité de faire pression sur les autorités de Kiev (entre autres par l’intermédiaire de l’Union européenne), en exigeant des réformes internes censées favoriser le retour de la RPD et de la RPL dans la composition de l’Ukraine. Il est compréhensible qu’elles n’auront pas lieu, la part la plus importante de l’élite kiévienne atlantiste étant prête à tout pour se débarrasser des républiques autoproclamées et essayer de garder le pouvoir dans ce qui reste du pays. Porochenko et Iatseniouk n’ont pas la moindre intention d’organiser de conférence, mais c’est précisément leur refus qui permet à la RPD et à la RPL de légaliser leur statut et leur droit à une existence autonome.

A laquelle ni eux ni Moscou n’ont intérêt, non plus que Moscou à la réintégration de al RPD et de la RPL, même dans le cas où elles prendraient tout le territoire des régions de Donetsk et de Lougansk. La RPD et la RPL sont utiles justement en tant que leviers susceptibles de retourner toute l’Ukraine. Car la partie prorusse de l’Ukraine, aussi bien que la RPD, la RPL et la Russie veulent la même chose : le refus de l’atlantisation de l’Ukraine et le remplacement de l’actuelle élite. S’il faut pour cela taper au même endroit pendant quelques mois ; m’accomplissement des accords de Minsk et l’acceptation par la RPD et la RPL d’un retour dans la composition d’une nouvelle Ukraine régénérée, alors Moscou et Donetsk sont prêtes à le faire.

Et elles le font déjà, y compris à travers le « refus » de la Novorussie. Il n’ya là aucune trahison du monde russe, il est maintenant important de souligner que nous faisons tout pour le respect des accords de Minsk, c’est-à-dire la conservation de l’intégralité de l’Ukraine. Que dans le cas de leur réalisation, il s’agira d’une toute autre Ukraine, tout le monde le comprend parfaitement, et c’est justement pourquoi Kiev, en son état actuel, ne l’acceptera jamais. Rendre Donetsk aux conditions d’une honnête autonomie signifie faire un pas énorme dans la direction d’un retournement de toute l’Ukraine vers la Russie, et cela contredit complètement le désir des bénéficiaires de la révolution de février et de leur tuteurs anglo-saxons.

Mais en renonçant au scénario de la fédéralisation et de la neutralité imposé à Moscou, les autorités de Kiev ne se simplifient pas la vie, la chute de l’économie ukrainienne, la déception de la population à leur égard, l’affaiblissement de la propagande de guerre et la conscience de l’impasse sur la voie de l’européisation vont conduire inévitablement au niveau suivant de la crise ukrainienne. Ce qui deviendra le contenu principal du prochain épisode, la désintégration du pays ou un nouveau maïdan et une révolution, il est difficile de le dire pour l’instant. Exactement de même qu’il n’est pas possible de prédire les délais et la violence du nouveau conflit armé.

Mais on peut pronostiquer avec certitude qu’à un certain moment, le slogan de la Novorussie deviendra à nouveau actuel car la lutte pour l’Ukraine dans son ensemble comprend la lutte pour la Novorussie. Personne n’abandonnera ni le Donbass, ni la Novorussie, ni la Petite-Russie, les Russes ne laissent pas tomber les leurs.

Traduction Laurence Guillon

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Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

FIGAROVOX/TRIBUNE –

L'État islamique s'est entièrement emparé de Palmyre ce jeudi.

Hadrien Desuin, dénonce l'inaction de la coalition qui préfère sacrifier la cité antique plutôt que d'apporter son concours à Bachar al-Assad.

Ancien élève de l'École spéciale militaire de St-Cyr puis de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d'un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d'Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l'Égypte, réalisé au Centre d'Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012. Aujourd'hui il collabore à Causeur et Conflits où il suit l'actualité de la diplomatie française dans le monde.

Le 13 mai, l'offensive de l'État islamique débutait à Palmyre, carrefour névralgique du désert syrien et vestige antique d'une civilisation bel et bien disparue. Deux grosses larmes de crocodiles ont coulé sur les joues de Laurent Fabius et François Hollande. Une semaine plus tard, une contre-offensive djihadiste fait reculer l'armée syrienne fidèle à Bachar Al-Assad. Laquelle doit céder à nouveau le nord de la ville après l'avoir repris quelques heures. Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Elle continue de bombarder avec succès les positions djihadistes face aux kurdes, hier à Kobané et aujourd'hui à Hassaké, mais Palmyre l'indiffère. Quelques raids aériens bien guidés auraient pu stopper net les colonnes du Djihad. Mais parce que ce sont des alaouites qui résistent à la barbarie, rien ne sera fait.

L'indignation de la communauté internationale est unanime, la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova s'active pour sauver Palmyre. Jack Lang, président de l'institut du monde arabe, a pris les accents des soldats de l'an II sur Europe 1: «il faut massacrer ces massacreurs et sauver Palmyre!» Décidément ses camarades font peu de cas de nos racines gréco-latines. La culture n'a pas d'importance quand les «méchants» la défendent. Comme si l'Occident ne parvenait pas à sortir de son manichéisme pour prendre la moins mauvaise des solutions.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI. C'est le conte que rabâche depuis quatre ans les chantres de «l'opposition syrienne»: Bachar et l'EI sont alliés, ils sont les deux têtes d'un même hydre bicéphale. Tandis que des combats opposent depuis des années les troupes loyalistes aux soldats du califat à Der Ez Zor, à Damas et ailleurs; tout est fait pour minimiser sinon effacer la part que prend l'armée loyaliste dans la lutte contre Daesh.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI.

Une fable qui cède le plus souvent à la facilité complotiste: l'EI est une créature de Bachar Al-Assad. Conclusion imparable des derniers rêveurs du printemps arabe: pour vaincre Daesh, il faut renverser Bachar. Et si, après Palmyre, c'était l'État islamique qui renversait Bachar, le maître de Damas serait-il encore coupable?

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre.

Soucieuse de se montrer réactive, la diplomatie française se hâte lentement. Elle a décidé de prendre une initiative bien de chez nous; Ses partenaires internationaux, dont John Kerry, sont invités le 2 juin à Paris, pour une réunion. Mais que sera Palmyre dans douze jours? Il suffit d'un ordre pour modifier la trajectoire de nos aéronefs qui bombardent l'EI de l'autre côté de la frontière syrienne. On voudrait enterrer Palmyre discrètement qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre. Dans une quinzaine de jours, quand nos diplomates se réuniront au quai d'Orsay, les ruines fumantes de la ville porteront d'autres stigmates que celles du temps, celles de la furie et de l'indifférence des hommes, celles des duels d'artillerie. Une deuxième fois, et quelque soit le vainqueur, Palmyre sera détruite.

Hadrien Desuin

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Quelle politique étrangère pour la FRANCE ? ( par Jacques SAPIR)

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Quelle politique étrangère pour la FRANCE ? ( par Jacques SAPIR)

Jacques SAPIR présente ici le texte de son intervention faite au :

COLLOQUE

La France peut-elle
retrouver une diplomatie indépendante ?

Présidé par

Jacques MYARD

Député, président du Cercle Nation et République

Jeudi 21 mai 2015

La politique étrangère de la France s’est toujours caractérisée par une lutte contre les différentes hégémonies. Depuis la fin des années 1950, cette politique étrangère s’est inspirée de deux principes. Le premier est l’existence de règles tant juridiques qu’économiques communes pour les relations internationales. La France a voulu inscrire ces règles dans la Chartes des Nations Unies et c’est pourquoi elle est naturellement attachée au cadre de l’ONU. Le second de ces principes et une aversion marquée pour l’existence de « blocs » qui organisent la suprématie locale de certaines puissances sur d’autres. Ces principes sont relativement intemporels, même si ils n’excluent pas la formation d’alliances, soit temporaires soit à plus long terme, destinées à rendre la politique étrangère de la France opérationnelle voire simplement à assurer sa survie et son indépendance.

I. La période actuelle est marquée par la désillusion par rapport aux espoirs que la fin de l’URSS avait suscitées et par l’émergence d’un contexte international bien plus dégradé que ce qui avait été anticipé à la fin des années 1980. Cette période, qui a commencé en réalité à la fin des années 1990, se caractérise par une destruction progressive des règles communes, dont nous avons eu des exemples, tant sur le Kosovo, sur l’Irak que sur la Libye. Ce point a été mis en avant par les dirigeants russes, que ce soit lors du discours tenu à Munich par le président V. Poutine en 2007, ou dans l’article qu’il a écrit lors la campagne électorale de 2012.

Les relations internationales sont de plus en plus « dérégulées » au sens de l’absence de règles, et de cette absence de règles nait bien entendu à la fois le chaos et la tentative de domination par la puissance qui se perçoit comme la plus forte. Ce sont aujourd’hui les Etats-Unis qui occupent cette position. C’est une situation où, du chaos, naissent les conflits, mais aussi où les conflits engendrent le chaos, comme ce fut le cas à la suite de l’intervention occidentale en Lybie. En un sens les Etats-Unis cherchent à exercer un pouvoir résiduel à l’échelle mondiale, et ne conçoivent cela que par l’expansion du chaos légal.

II. Cette dérégulation, et ceci est une nouveauté, atteint désormais l’espace des relations économiques avec l’émergence d’une pratique (et non d’un « droit ») juridique extraterritoriale. Les règles, mêmes discutables, de l’OMC ont été mises à mal à la fois par l’affaire Paribas que par l’affaire Alstom. Ces deux affaires, où les Etats-Unis ont imposé par la force leur point de vue ont des conséquences qui vont bien au-delà des intérêts des deux entreprises françaises concernées. On peut d’ailleurs s’étonner de ce que le gouvernement français n’ait pas réagi en exigeant un arbitrage international, qui aurait été très probablement favorable aux firmes françaises concernées. La prudence, et certains seraient fondés à parler de lâcheté, du gouvernement sur ces deux dossiers a laissé s’établir une jurisprudence internationale dont on aura du mal à sortir. Au-delà, on assiste à une politisation de plus en plus rapide des agences de notation. Or, le rôle de ces agences est incontournable sur le marché obligataire. Les titres de dettes qui y circulent ne sont que des « promesses », qui nécessitent expertises. Cette politisation des agences de notation, dont l’évaluation très basse de la Russie par les agences américaines est un signe évident, signe la fin de la « globalisation ». En effet, cette dernière repose tant sur l’existence d’un marché international des dettes (souveraines ou corporate) que sur la liberté des entreprises d’opérer sur divers marchés et dans diverses monnaies dans le cadre de règles internationalement reconnues. Mais, le processus de dérégulation économique (engendré par des raisons politiques) se couple aujourd’hui à un véritable problème financier, dont la crise de 2007-2009 a été une manifestation. Ceci implique que la nouvelle période que nous vivons sera aussi celle de la remise en cause du système monétaire international. Ce « système » est l’héritage (mais non la poursuite) de la conférence de Bretton Woods. Il a atteint aujourd’hui un stade d’inefficacité profond qui conduit de nombreux pays, au premier rang desquels la Chine, à se prononcer pour une nouvelle monnaie de réserve internationale. Mais, la constitution d’une nouvelle monnaie de réserve qui soit acceptée par l’ensemble des pays implique la tenue d’une conférence internationale, que l’on voit mal actuellement se profiler à l’horizon en raison des conflits et des oppositions. Aucun pays n’ayant la stature internationale qu’avaient les Etats-Unis en 1945, il est donc probable que des monnaies de réserve correspondant à des regroupements régionaux apparaîtront. Ceci devrait concerner le Yuan au premier chef.

III. La réponse « naturelle », mais non nécessairement souhaitable sera la reconstitution rapide de « blocs », mais dans un contexte très différent de la Guerre Froide. Face au chaos engendré par la politique américaine, à la destruction de règles unificatrices à l’échelle internationale, un certain nombre de pays ont commencé à procéder à la constitution de regroupements qui pourraient, à terme, donner naissance à des blocs. La tentative pour produire au sein de ces blocs une idéologie unificatrice ne semble cependant pas pouvoir être menée bien loin. De fait, et ceci constitue une grande différence avec la « Guerre Froide », les oppositions apparaissent comme assez peu idéologiques. Ce processus de regroupement est déjà en marche. Il se manifeste par la transformation (et l’extension) des anciennes alliances militaires mais aussi par la constitution de nouvelles alliances. Pour l’heure, nous en sommes encore au stade initial de ce processus, où l’on peut constater des regroupements dans différentes régions. Certains de ces regroupements sont des héritages de la période précédente tandis que d’autres correspondent à la prise de conscience des conditions qui dominent la nouvelle période. La période actuelle confronte alors ces regroupements à une véritable crise d’identité pour les regroupements « anciens », alors qu’elle favorise l’émergence de nouveaux regroupements.

IV. Une diplomatie indépendante de la France se devrait à la fois de combattre pour l’instauration d’un corps de règles minimales qui soit globalement observé et pour une discussion entre les « regroupements » de pays, avant que ces derniers n’évoluent vers des blocs durablement constitués. S’il n‘est plus possible d’arrêter le processus de « dé-globalisation » il reste possible, et souhaitable, de faire en sorte que ce processus soit concerté. Sinon, le risque de conflits internationaux deviendra largement incontrôlable. Mais, cela impose le retour d’une politique étrangère active et indépendante. La France avait une possibilité unique d’affirmer cette politique en étant présente le 9 mai au plus haut niveau à Moscou. Cela pose un problème par rapport à l’appartenance de la France à l’Union européenne. En l’absence d’une politique européenne construite, on voit que l’action de l’Union européenne se manifeste avant tout par un processus de freinage, ou de contrainte, sur l’indépendance de la politique étrangère.

V. La politique étrangère française aurait, dans la période actuelle, d’énormes possibilités d’expansion et de développement ; elle ne les utilise pas, et reste sous-développée largement à cause de la fascination européistes qui domine sur une grande partie de la classe politique française. Le décalage entre les opportunités, les potentialités, et la réalité de la politique étrangère française devient désormais, au-delà de l’étonnement qu’il suscite, un véritable problème politique. Si la France n’arrive pas à rompre rapidement avec la logique du renoncement qui est devenue la sienne depuis plusieurs années, si elle n’arrive pas à se libérer de la domination politique de l’idéologie « néo-cons » qui règne actuellement, les contradictions externes se reporteront nécessairement au niveau interne. Les risques d’explosions politiques, avec des discontinuités radicales, deviendraient dès lors de plus en plus grand.

Jacques SAPIR

SOURCE:

Quelle politique étrangère?

http://russeurope.hypotheses.org/3843

http://www.communcommune.com/2015/05/quelle-politique-etrangere-pour-la-france-par-jacques-sapir.html

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La France collabore avec la dictature allemande contre la Russie pour ses chars

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #Politique étrangère

La France collabore avec la dictature allemande contre la Russie pour ses chars

La France collabore avec la dictature allemande contre la Russie pour ses chars

on: mai 23, 2015

La France, petit pays incapable de gérer depuis 30 ans les guerres sur son sol provoquées par les hordes de nouveaux barbares (voitures brûlées en série et zones de non-droit et destruction du marché du travail), n’est non seulement sous les ordres de l’OTAN pour la décision de remettre les navires Mistral à la Russie mais aussi entre les mains allemandes pour soutenir l’effort de guerre allemand. Les ingénieurs français reprennent le service du STO (service du travail obligatoire de la période d’occupation allemande en France) en Allemagne sous peine de perdre leur emploi. L’Allemagne, qui dirige avec une main de fer les pays de l’Union européenne par son diktat financier (en appauvrissant ces pays) en donnant les directives carrément proches de celles des nazis dans le domaine social et de l’emploi (introduction du contrôle des familles et des chômeurs comme sur le modèle terrifiant du Hartz IV comme vient de l’annoncer le ministre du travail français d’ailleurs fils d’ancien nazi), utilise l’uniforme de l’OTAN pour se réarmer. La France, elle, avec ses dirigeants n’ayant absolument rien dans la culotte sauf l’intérêt des fesses de certaines starlettes comme à l’image de François Hollande et de se remplir leurs poches sur le dos de ses habitants, se fait massacrer par la politique d’Obama sur les plans financiers, migratoires et par la nouvelle Allemagne avide du pouvoir du 4. Reich. La Russie est l’excuse pour le réarmement allemand.

Réarmement de l’Allemagne. Le journal die Welt, qui appartient à ce groupe Springer, est, avec le Bild la voix du pouvoir allemand, officine de propagande d’Etat. Dans son édition du 22 mai die Welt annonce la fabrication d’une nouvelle génération de chars allemands, le Leopard 3, pour pouvoir affronter la Russie en cas de besoin mais aussi la multiplication du nombre de chars pour reconstruire l’armée allemande, les Leopards 2. C’est la ministre de la défense, von der Leyen (CDU), de la taille d’un petit roquet dans l’univers des chiens (von der Leyen est de petite taille), ex-ministre de l’emploi et de la famille (dont les résultats ont été catastrophiques dans le domaine de l’emploi et de la famille), qui a signé les nouvelles directives pour la guerre. L’Allemagne utilise l’uniforme de l’OTAN pour reprendre son pouvoir sur ses terres perdues en Europe de l’Est et pour reconstruire son armée dont les accords de la fin de la Seconde Guerre mondiale avaient interdit à ce pays d’avoir une armée. Le désastre pour l’Europe et pour la France vient de s’accélérer avec la reconstruction de l’armée allemande qui emploie les ingénieurs français en agitant le danger russe !

Méthode de l’annexion de l’Allemagne. Parmi les responsables politiques en France peu sont capables d’ouvrir leurs yeux sur les volontés du 4.Reich. Dans son dernier livre, « Le Hareng de Bismarck », Jean-Luc Mélenchon parle des dangers de cette nouvelle Allemagne pour le continent européen et pour la France. « Pourquoi tant de mépris pour les autres peuples européens ? Parce que l’Allemagne a pris l’habitude de vivre sur le dos des autres. Autant de brutalités impunies. Pourquoi se gêner ensuite? Les méthodes utilisées pour cette annexion sont devenues le modèle de référence de toute l’action européenne de l’Allemagne », écrit Jean-Luc Mélenchon quand il explique la réunification de l’Allemagne. L’auteur du « Hareng de Bismarck » écrit, « l’impérialisme allemand est de retour » ; « j ‘invite les Français à se méfier de la fascination morbide pour la prétendue efficience allemande ». Après avoir mis à sa laisse allemande les Etats européens et en organisant le vol des enfants pour repeupler son pays, l’Allemagne reconstruit son armée pour allier sa force militaire à sa puissance financière et politique. Ce n’est pas la Russie la nouvelle menace en Europe mais l’Allemagne ! La Russie est l’allié de la France et des peuples libres !

Olivier Renault

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