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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

À Paris, comme partout ailleurs, halte à la terreur contre les civils

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #L'OTAN.

http://www.ujfp.org/spip.php?newsletter3403

À Paris, comme partout ailleurs, halte à la terreur contre les civils

COMMUNIQUÉ DE L’UJFP

L’Union juive française pour la paix, horrifiée par la violence des attaques du 13 novembre et le nombre des victimes civiles qu’elles ont produit, condamne ces attentats meurtriers commis à Paris et à Saint-Denis.

L’UJFP présente ses condoléances aux familles et aux proches des victimes. Elle souhaite à tous ceux qui ont été touchés qu’ils se remettent de leurs blessures.

Rien ne peut justifier ou minimiser la gravité de ces actes. Des usurpateurs, une fois encore, commettent le pire au nom de l’islam, qu’ils salissent.

Depuis plusieurs décennies, les gouvernements occidentaux (Etats-Unis, Europe, Israël) et leurs alliés (l’Arabie Saoudite en particulier) se sont engagés dans une guerre « de civilisation ». En particulier, depuis les attentats de janvier 2015, la France a multiplié ses ventes d’armes à des pays comme l’Arabie saoudite, qui combat aux côtés des commanditaires de l’attentat ou l’Egypte.

Ces gouvernements estiment être en droit d’intervenir partout dans le monde, et tout particulièrement au Proche et au Moyen-Orient, utilisant toutes les armes (à part l’arme nucléaire pour le moment), provoquant quotidiennement la mort de civils, les principales victimes étant les populations majoritairement arabes et/ou musulmanes (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Palestine...). Ce terrorisme d’Etat a puissamment contribué à fabriquer des monstres comme Daesh, et à provoquer des réponses terroristes.

Il est donc indécent de voir le Président de la République annoncer aux Français que nous serions en guerre depuis hier soir alors que cela fait des années que la guerre est portée en Afrique et en Asie, dans une logique de type colonial, et que l’on ne peut s’étonner de réactions en retour alors qu’avant-hier Beyrouth était victime d’un attentat, comme si seul ce qui se passe sur notre sol pouvait être qualifié de guerre.

Il faut définitivement mettre en œuvre les solutions pacifiques et respectueuses des populations qui sont actuellement les plus touchées : syriennes, irakiennes, palestiniennes, kurdes et c’est dans la solidarité avec elles que nous assurerons durablement notre propre sécurité.

Il est inacceptable que ce gouvernement puisse profiter d’une telle situation pour proposer de nouvelles limitations des libertés publiques.

Et déjà ceux qui attisent les haines entonnent les refrains islamophobes. Et déjà les marchands d’armes sont à l’offensive.

L’UJFP poursuivra son action pour une paix juste et durable, contre le racisme, contre la violence terroriste contre des civils d’où qu’elle vienne, et pour que la même valeur soit accordée à toutes les vies humaines.

Le Bureau national de l’UJFP, le 14 novembre 2015

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http://www.npa2009.org/idees/international/vos-guerres-nos-morts

Vos guerres, nos morts

Samedi 14 novembre 2015, mise à jour Samedi 14 novembre 2015, 18:22

Par Julien Salingue.

Fragments.

Ce sont les nôtres qui sont morts la nuit dernière.

À la terrasse d’un restaurant, dans un bar, dans la rue, dans une salle de concert.

Les nôtres.

Morts parce que des assassins ont décidé de frapper en plein Paris et de tirer dans la foule, avec pour objectif de faire le plus de victimes possible.

11h30. Sarkozy vient de déclarer : « Nous sommes en guerre ».

Pour une fois je suis d’accord avec lui. Ils sont en guerre.

Vous êtes en guerre, vous les Sarkozy, Hollande, Valls, Cameron, Netanyahou, Obama. Vous êtes en guerre, vous et vos alliés politiques, vous et vos amis patrons de multinationales.

Et vous nous avez entrainés là-dedans, sans nous demander notre avis.

Afghanistan, Iraq, Libye, Mali, Syrie… Nous n’avons pas toujours été très nombreux à protester. Nous n’avons pas suffisamment réussi à convaincre que ces expéditions militaires ne feraient qu’apporter toujours plus d’instabilité, de violences, de tragédies.

Là-bas, et ici.

Car la guerre n’a pas commencé hier soir. Et elle n’avait pas commencé en janvier lors des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Elle avait commencé bien avant.

En janvier, j’écrivais ce qui suit :

L’une des causes de la sidération qui a touché de larges secteurs de la population, y compris les cercles militants, est la (re-)découverte de cette vérité : oui, la France est en guerre. Une guerre qui ne dit pas toujours son nom, une guerre dont on discute peu dans les assemblées, dans les médias et plus généralement dans l’espace public, une guerre contre des ennemis pas toujours bien identifiés, une guerre asymétrique, mais une guerre tout de même. Les récentes tueries l’ont rappelé de manière brutale à qui l’ignorait, refusait de le voir ou l’avait oublié : la France est en guerre, la guerre fait des morts, et les morts ne se comptent pas toujours chez l’adversaire.

Contre qui la France est-elle en guerre ? Selon les discours et les périodes, contre le « terrorisme international », contre le « jihadisme », contre la « barbarie intégriste », etc. Ce texte n’a pas vocation à discuter de ces dénominations imprécises, des généralisations abusives qu’elles impliquent et des paradoxes qu’elles sous-tendent (alliances à géométrie variable, soutien à des régimes dont les politiques favorisent le développement des courants « jihadistes », participation à des interventions militaires qui renforcent ces courants, etc.). Il s’agit plutôt de souligner que la France a, en réalité, emboîté le pas aux États-Unis de George W. Bush dès septembre 2001 (guerre en Afghanistan, législation « antiterroriste ») et fait sienne, sans toutefois le dire, la rhétorique et la politique du « choc de civilisation ».

Voilà près de 14 ans que la France était en guerre sans l’assumer.

Aucune raison de modifier une ligne de cet extrait. Et dire cela, ce n’est pas manquer de respect aux victimes ou à leurs proches.

L’émotion, l’indignation et la douleur sont évidemment légitimes. Et les assassins qui ont bousillé des centaines, des milliers de vies hier soir, sont inexcusables.

12h. Daech vient de revendiquer. Évidemment. Eux aussi, ils sont en guerre.

D’après l’AFP, citant un témoin présent au Bataclan, l’un des assaillants aurait crié : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie ».

On peut fermer les yeux et se boucher les oreilles. Et se laisser enfumer par la rhétorique dépolitisante du « terrorisme aveugle », forcément inexplicable.

Mais les assassins de Paris ne sont pas des pauvres types irresponsables, « fous » ou manipulés par je-ne-sais-quels-services-secrets. On en saura plus dans les heures et les jours qui viennent, mais nul doute qu’ils auront un profil et un discours à peu près similaires à celui des Kouachi et de Coulibaly, à propos desquels, toujours en janvier, j’avais écrit ça :

Les tueurs ont un discours (voir leurs interviews et vidéos, dans lesquelles ils parlent de la Syrie, de l’Iraq, des offenses faites aux musulmans en France et dans le monde, etc.) ; un corpus théorique (voir notamment l'article publié par Mediapart) ; des références organisationnelles (État islamique, al-Qaeda dans la péninsule arabique).

(…) Ils se pensent, rationnellement, en guerre contre une certaine France, et ils se considèrent, rationnellement, en situation de légitime défense. En témoigne cette déclaration de Coulibaly dans sa vidéo posthume : « Vous attaquez le Califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour ».

Oui, Daech fait de la politique. Ce sont des assassins, mais ils font de la politique.

Et hier soir ils ont frappé fort, très fort.

Aveuglément ? Oui et non.

Oui, parce qu’ils s’en sont pris à des gens qui ne sont pas directement impliqués dans cette guerre, des gens dont le seul crime était d’être là, des gens qui auraient pu être ailleurs et être encore parmi nous aujourd’hui.

Non, parce que frapper de la sorte, c’est lancer un message : « Votre pays est en guerre contre nous, et tant que cette guerre durera, aucun d’entre vous ne sera en sécurité ».

Ils font de la politique. Détestable, mais de la politique.

Nous vivons dans un monde en guerre. La Russie, la France et les États-Unis bombardent la Syrie. L’Arabie Saoudite bombarde le Yémen. Les « opérations » françaises se poursuivent au Mali. Obama a annoncé que ses troupes ne quitteraient pas l’Afghanistan.

D’après le Haut Commissariat aux Réfugiés, il n’y a jamais eu autant de réfugiés et déplacés qu’aujourd’hui, et il n’y a aucune raison que les choses s’améliorent.

Le bilan, à l’heure actuelle, est de 128 morts. 128 morts de trop.

Le 13 novembre 2015, 128 morts.

128, c’est beaucoup. C’est effrayant.

C’est presque autant que la moyenne quotidienne des morts en Syrie depuis mars 2011.

Presque autant que la moyenne quotidienne, oui : 250.000 morts depuis mars 2011, ça fait presque 4500 morts par mois, soit près de 150 morts par jour.

Avis au prochain qui nous expliquera qu’il ne comprend pas pourquoi les Syriens fuient vers l’Europe : depuis plus de 4 ans et demi, c’est le 13 novembre tous les jours en Syrie. Et c’est votre nouvel allié Assad qui en porte la responsabilité première, en ayant réprimé sauvagement un soulèvement alors pacifique.

Nous vivons dans un monde en guerre. Et cela permet à certains de faire des affaires.

La France se félicite de vendre ses machines de guerre à l’Égypte. La France se félicite de vendre ses machines de guerre à l’Arabie Saoudite. La France se félicite de vendre ses machines de guerre aux Émirats arabes unis.

Mais la France s’étonne, s’indigne, s’insurge d’être elle aussi ciblée.

Hypocrisie. Lâcheté. Mensonge.

Les chiens sont lâchés. Leurs babines écument.

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Les habitants de la capitale russe affluent, depuis la nuit infernale, vers l’Ambassade de France à Moscou, afin d’honorer la mémoire des victimes des actes terroristes perpétrés vendredi 13 novembre à Paris.

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Daesch, #L'OTAN.

En Russie, priez pour Paris.

Les habitants de la capitale russe affluent, depuis la nuit infernale, vers l’Ambassade de France à Moscou, afin d’honorer la mémoire des victimes des actes terroristes perpétrés vendredi 13 novembre à Paris.

 

Le 14 novembre 2015  – Source cybercomnet.fr

Note du Saker Francophone

Toute l'équipe du Saker Francophone se joint au deuil des familles touchées à Paris. 

Elle s'associe également à celui des 44 morts et 239 blessés jeudi dans des attentats au Liban , des 97 morts en Turquie le 10 octobre, et aux 224 russes du vol 7K9268 de la compagnie russe Kolavia morts au dessus du Sinaï. 

Quand cessera cette boucherie mondiale ?

Nous pouvons remercier ceux qui à Moscou et ailleurs pensent à nous. 

Puissions nous aussi penser à la misère de tous ceux qui vivent en Syrie, au Yémen, dans le Donbass et en tous lieux où notre contre-civilisation va imposer son nouvel évangile nihiliste.

Les habitants de la capitale russe affluent, depuis la nuit infernale, vers l’Ambassade de France à Moscou, afin d’honorer la mémoire des victimes des actes terroristes perpétrés vendredi 13 novembre à Paris.

Les attaques de la nuit dernière à Paris ont bouleversé l’opinion publique russe. Les citoyens de Moscou expriment largement leur solidarité et leur chagrin pour les victimes françaises.

Dès les premières annonces de la série d’actes terroristes dans la capitale française, les Moscovites ont commencé à apporter des fleurs et des bougies aux portes de l’Ambassade de France à Moscou.

Voilà un peuple pénétré du sens de la tragédie humaine qui laisse parler son cœur avant ses intérêts.

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Attaques terroristes à Paris : après l’émotion, dénonçons TOUS les coupables

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #AMERIQUE

Attaques terroristes à Paris : après l’émotion, dénonçons TOUS les coupables

Par Sayed Hasan le 15 novembre 2015

Condoléances et solidarité avec toutes les victimes de la barbarie terroriste, quelle que soit leur nationalité (une vie égale une vie, même si celle du concitoyen touche naturellement plus), quel que soit son visage, depuis 13 ans (invasion de l’Irak) et bien plus et pas seulement depuis le 13 novembre : Syrie, Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen, Palestine, Libye, Nigeria, etc., etc., jusqu’à Beyrouth et Paris, les morts innocents se comptent en centaines de milliers et même en millions.

Condamnation de tous les terroristes, de tous leurs alliés, de tous leurs soutiens, en particulier les gouvernements, contre lesquels une justice « impitoyable » devrait effectivement être exercée (sans oublier leurs médias apologistes) : USA, UK, Israël, France, Arabie Saoudite, Turquie, Qatar… Rappelons que Laurent Fabius déclarait à propos d’Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda, qu’ils « font du bon boulot en Syrie », et que François Hollande a reconnu armer les « égorgeurs modérés » de lopposition anti-Assad. Ces attaques sont la conséquence directe, prévisible et prévue de longue date de leur politique irresponsable, criminelle et apatride qui a suivi les pas de Nicolas Sarkozy en Libye.

Rejet de tout amalgame : ces attentats ne sont pas le fait de l’Islam ni même de l’ « islamisme » mais du Wahhabisme, doctrine fanatique et hérétique dont le monde islamique avait emprisonné et ostracisé le précurseur, Ibn Taymiyya, mais que l’Occident a installée en Arabie Saoudite pour contrôler le Moyen-Orient et ses ressources, permettant son enracinement et son exportation. Les musulmans constituent plus de 90% des victimes de cette idéologie destructrice à laquelle les bombes « démocratistes » et «républicanistes » américaines ont rouvert la voie depuis 2003.

Soutien aux Etats et forces combattant authentiquement le terrorisme de Daech et autres : Armée Arabe Syrienne, Hezbollah, Iran, Russie, forces irakiennes, armée et résistance yéménite, etc., à qui il convient de rendre honneur, car ils combattent pour leur liberté et pour leur sécurité mais également pour la nôtre. Donnons-leur longuement la parole, après un rappel nécessaire, hélas, en cette France post-9 janvier qui ne peut devenir que plus schizophrénique et liberticide : « Je ne suis pas Charlie ».

Salah Lamrani

Bachar Al-Assad, Président de la République Arabe Syrienne,

« Nous nous sommes opposés à l’invasion de l’Irak parce que nous l’avons considérée comme le début de la division et du sectarisme. Notre position était due à une préoccupation réelle vis-à-vis d’une situation dangereuse qui, nous en étions convaincus, en résulterait inévitablement. Aujourd’hui, nous pouvons voir qu’elle est devenue une réalité et nous sommes ceux qui en paient le prix élevé. Nous avons également mis en garde, dès le début, tous nos interlocuteurs quant au fait que ce qui se passait ne s’arrêterait pas aux frontières de la Syrie mais se propagerait, parce que le terrorisme ne reconnaît pas les frontières nationales. On m’avait alors accusé de menacer la communauté internationale.

Ce que nous voyons aujourd’hui en Irak, au Liban, en Syrie et dans tous les pays qui ont été frappés par le virus du faux « Printemps » (arabe) ne constitue-t-il pas des preuves tangibles de la crédibilité de nos avertissements répétés ? Bientôt, nous verrons les pays arabes et régionaux qui ont soutenu le terrorisme payer eux aussi un prix douloureux. Beaucoup d’entre eux vont comprendre, mais trop tard, que les batailles livrées par le peuple syrien pour la défense de sa patrie transcende nos frontières nationales. Cette lutte est en réalité une défense de nombreuses autres nations qui, tôt ou tard, vont souffrir du même terrorisme, que ce soit du manque de clairvoyance de leurs dirigeants et de leur ignorance absolue des véritables intérêts de leurs nations, ou en raison de leur manque de compréhension de notre région et de bienséance dans leurs interactions avec ses peuples.

La question qu’il faut poser est celle-ci : si l’Occident et leurs alliés ne tirent les leçons des erreurs de leurs expériences passées qu’une fois qu’il est trop tard, allons-nous aussi attendre qu’il soit trop retard dans notre compréhension des événements et des problématiques qui nous concernent dans notre région ? Fallait-il d’attendre trois ans et de payer pour le manque de clairvoyance de certains, en sacrifiant le sang de nos enfants, nos vies, notre économie, notre sécurité et notre réputation afin de nous rendre compte que ce qui se passait était en fait un complot contre notre patrie, et non le soi-disant « Printemps » de la liberté ou de la démocratie ? Fallait-il payer un prix si élevé, et continuer encore à le faire, afin que ces gens se rendent compte que la conséquence de leur ignorance est que nous avons maintenant des incubateurs pour le terrorisme et un tremplin pour l’agression ? Fallait-il attendre douze ans pour comprendre que l’invasion de l’Irak n’apporterait que le terrorisme et la division dans notre région ? (Discours d’investiture, 16 juillet 2014) […]

Je répète [que l’Occident et leurs alliés au Moyen-Orient qui soutiennent le terrorisme] n’en ont pas tiré la leçon, pas plus qu’ils n’ont réagi au nom de valeurs morales. C’est pourquoi je dis que ces évolutions ne sont pas fiables et que tant qu’ils auront deux poids deux mesures, nous considérerons que ces évolutions sont temporaires et ne pourrons pas compter sur eux. Ils sont susceptibles de revenir vers leurs politiques colonisatrices et soutenir le terrorisme à n’importe quel moment, en mesure de l’évolution de leur situation interne et électorale.

Et, alors que ces dernières années c’était notre région qui était censée exporter le terrorisme au monde et à l’Occident, aujourd’hui c’est l’Occident qui est devenu son incubateur et son exportateur vers notre région. Ceci, en plus de tous les autres incubateurs déjà présents au Moyen-Orient, notamment dans les pays du Golfe, et des pays entrés plus récemment en scène, tels la Tunisie et la Libye, depuis les événements de 2010-2011 ; tous ces incubateurs ayant commencé à interagir et à exporter le terrorisme partout ailleurs.

Pourtant, nous leur avons expliqué à maintes reprises, avant et pendant l’agression contre la Syrie, que le terrorisme ne connaît pas de frontières et ne recule pas devant les déclarations et les dénonciations. Nous les avons prévenus qu’on ne peut l’arrêter par des guerres ni l’éliminer par des avions, comme procède leur coalition d’aujourd’hui.

Le terrorisme est une pensée malade, une doctrine pervertie, une pratique déviante qui est née et qui a grandi dans un environnement d’ignorance et d’arriération, auxquelles se sont ajoutés le mépris du droit des peuples et les privations. Ce n’est un secret pour personne que le colonialisme a jeté les bases de tous ces facteurs réunis, les a enracinés, et continue à y contribuer. Comment est-il possible que celui qui a semé les graines du terrorisme veuille le combattre ?

Celui qui veut combattre le terrorisme doit appliquer des politiques rationnelles, fondées sur la justice et le respect de la volonté des peuples de décider de leur avenir, de gérer leurs affaires et de récupérer leurs droits ; fondées sur la diffusion de la connaissance et la lutte contre l’ignorance, sur l’optimisation de l’économie, l’éducation de la société et son développement.

Quant à la guerre militaire contre le terrorisme, elle est telle la cautérisation, le dernier des remèdes. Et si jamais elle devient inévitable pour la défense de la patrie, elle ne peut en aucun cas remplacer les politiques visant à cerner et à éradiquer les facteurs favorisant sa naissance et son développement, ni se contenter de lui limer les ongles, comme ils font, car ils repousseront plus durs et plus meurtriers. Mais, ils n’avaient pas prévu que le terrorisme frapperait au cœur du continent européen, et plus précisément à l’Ouest [la France], car leur courte vue leur a fait croire qu’ils resteraient à distance de ses étincelles volant d’un endroit à un autre, brûlant des pays entiers de notre monde arabe et du Moyen-Orient fondamentalement déstabilisés.

Ce qui n’implique pas qu’ils en aient tiré les leçons, car leur comportement face à ce phénomène est toujours aussi hypocrite. Il s’agit de terrorisme quand il les frappe, mais de révolution, de liberté, de démocratie et de droits humains, quand il nous frappe. Ses auteurs sont des terroristes chez eux, mais des révolutionnaires et des opposants modérés chez nous. Ils emplissent le monde de leurs cris quand ils sont piqués par une étincelle, mais adoptent le silence des tombes quand nous brûlons de son feu… Maintenant, s’ils se mettaient à déclarer que les révolutionnaires qu’ils ont soutenus ne sont que des terroristes et que leur prétendue opposition syrienne est un ramassis de petits agents qui n’ont rien à voir avec la quête de la liberté ; ou à l’inverse, s’ils permettaient aux opposants de leurs pays de prendre les armes, de tuer et de détruire, en continuant à les ranger dans l’opposition nationale, s’ils acceptaient que leur opposition travaille pour l’étranger ; s’ils toléraient que des États étrangers décident de leur système de gouvernement et de leur dirigeant ; nous croirons alors que leurs normes sont devenues fixes et impartiales. Nous croirons alors que l’Europe occidentale ou que l’Occident a changé. Alors, nous accepterons les vieilles recettes qu’ils ont toujours utilisées pour justifier toutes leurs agressions et ingérences dans les Affaires des États sous de nobles prétextes, tels les droits de l’homme, la liberté, la démocratie.

Le comble de l’hypocrisie est qu’ils prétendent combattre le monstre qu’ils ont créé mais qu’ils ne peuvent plus contrôler, alors que leur objectif est juste de le dompter. Leurs campagnes militaires, politiques et médiatiques, ne sont destinées qu’à jeter de la poudre aux yeux et n’ont abouti qu’à développer le terrorisme au lieu de l’éliminer. C’est une réalité confirmée par les faits, non le résultat de mon analyse. Le territoire du terrorisme s’est élargi, ses ressources matérielles et ses effectifs ont augmenté.

Par conséquent, pouvons-nous en attendre une coopération honnête avec notre combat contre le terrorisme ? Il s’agit d’Etats historiquement colonialistes. Est-il possible pour des colonisateurs dont l’Histoire s’est écrite sur des pages d’occupations, de meurtres, de destructions, de terrorisme brûlant les peuples et les asservissant, de soutien à des organisations terroristes dissimulées sous couverture religieuse comme les Frères Hypocrites puis Al-Qaïda et ses sœurs, de combattre le terrorisme ? C’est impossible, parce que le colonialisme a pour synonymes : terrorisme, amoralité et inhumanité. (Adresse à la Nation, 26 juillet 2015) »

Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie

« Demandons-nous à quel point nous sommes à l’aise avec tout cela, à quel point nous sommes en sécurité, combien nous sommes heureux de vivre dans ce monde, à quel degré de justice et de rationalité il est parvenu. Peut-être n’avons-nous pas de véritables raisons de nous inquiéter, de discuter et de poser des questions embarrassantes ? Peut-être que la position exceptionnelle des États-Unis et la façon dont ils mènent leur leadership est vraiment une bénédiction pour nous tous, et que leur ingérence dans les événements du monde entier apporte la paix, la prospérité, le progrès, la croissance et la démocratie, et nous devrions peut-être seulement nous détendre et profiter de tout cela ?

Permettez-moi de dire que ce n’est pas le cas, absolument pas le cas.

Un diktat unilatéral et le fait d’imposer ses propres modèles aux autres produisent le résultat inverse. Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade ; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos ; et à la place de la démocratie, il y a un soutien pour un public très douteux allant de néo-fascistes avoués à des islamistes radicaux.

Pourquoi soutiennent-ils de tels individus ? Ils le font parce qu’ils décident de les utiliser comme instruments dans la voie de la réalisation de leurs objectifs, mais ensuite, ils se brûlent les doigts et font marche arrière. Je ne cesse jamais d’être étonné par la façon dont nos partenaires ne cessent de marcher sur le même râteau, comme on dit ici en Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes erreurs encore et encore.

Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié). C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme. Permettez-moi de vous rappeler que nous avons été le premier pays à soutenir le peuple américain à l’époque, le premier à réagir comme des amis et partenaires après la terrible tragédie du 11 septembre.

Au cours de mes conversations avec les dirigeants américains et européens, je parlais toujours de la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme, de le considérer comme un défi à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous résigner et accepter cette menace, nous ne pouvons pas la couper en morceaux séparés à l’aide du deux poids deux mesures. Nos partenaires ont exprimé leur accord, mais après quelques temps, nous nous sommes retrouvés au point de départ. Ce fut d’abord l’opération militaire en Irak, puis en Libye, qui a été poussée au bord du gouffre. Pourquoi la Libye a-t-elle été réduite à cette situation ? Aujourd’hui, c’est un pays en danger de démantèlement et qui est devenu un terrain d’entraînement pour les terroristes.

Seule la détermination et la sagesse de la direction égyptienne actuelle a sauvé ce pays arabe clé du chaos et de l’emprise des terroristes. En Syrie, comme par le passé, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à financer et armer directement les rebelles et leur ont permis de remplir leurs rangs de mercenaires provenant de divers pays. Permettez-moi de vous demander où ces rebelles obtiennent leur argent, leurs armes et leurs spécialistes militaires ? D’où tout cela vient-il ? Comment l’Etat Islamique notoire a-t-il réussi à devenir un groupe aussi puissant, de fait une véritable force armée ?

Quant aux sources de financement, aujourd’hui, l’argent ne vient plus seulement de la drogue, dont la production a augmenté non pas de quelques points de pourcentage mais dans des proportions considérables depuis que les forces de la coalition internationale sont intervenues en Afghanistan. Vous êtes au courant de cela. Les terroristes obtiennent également de l’argent en vendant du pétrole. Le pétrole est produit dans le territoire contrôlé par les terroristes, qui le vendent à des prix de dumping, le produisent et le transportent. Mais d’autres achètent ce pétrole, le revendent, et font du profit, sans penser au fait qu’ils financent ainsi les terroristes qui pourraient venir tôt ou tard sur leur propre sol et semer la destruction dans leur propre pays.

Où trouvent-ils les nouvelles recrues ? En Irak, après que Saddam Hussein ait été renversé, les institutions de l’État, y compris l’armée, ont été laissés en ruines. Nous avons dit, à l’époque, soyez très, très prudents. Vous mettez les gens à la rue, et que vont-ils y faire ? N’oubliez pas que légitimement ou non, ils faisaient partie de la direction d’une grande puissance régionale, et en quoi est-ce que vous les transformez maintenant ?

Quel fut le résultat ? Des dizaines de milliers de soldats, d’officiers et d’anciens militants du parti Baas se sont retrouvé à la rue et ont aujourd’hui rejoint les rangs des rebelles. Peut-être cela explique-t-il pourquoi l’Etat islamique s’est avéré si efficace. En termes militaires, il agit très efficacement et il a certains cadres très compétents. La Russie a mis en garde à plusieurs reprises sur les dangers des actions militaires unilatérales, des interventions dans les affaires des Etats souverains, et des flirts avec les extrémistes et les radicaux. Nous avons insisté pour que les groupes luttant contre le gouvernement syrien central, surtout l’Etat islamique, soient inscrits sur les listes des organisations terroristes. Mais avons-nous vu le moindre résultat ? Nous avons lancé des appels en vain.

Nous avons parfois l’impression que nos collègues et amis sont constamment aux prises avec les conséquences de leurs propres politiques, et qu’ils dépensent tous leurs efforts dans le traitement des risques qu’ils ont eux-mêmes créés, en payant un prix de plus en plus élevé. (Discours au forum de Valdaï, 24 octobre 2014) […]

Cependant, personne, semble-t-il, n’apprend des erreurs d’autrui, qui ne cessent d’être répétées. Et l’exportation de ce qu’on appelle désormais les révolutions « démocratiques » se poursuit.

Il suffit d’examiner la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord, dont a parlé le précédent intervenant. Cela fait évidemment longtemps que les problèmes socio-politiques couvaient dans cette région et que les populations aspiraient à des changements. Mais qu’ont-elles obtenu en réalité ? L’intervention extérieure agressive a entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part.

J’aimerais demander aux responsables de cette situation : « Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ? » Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur l’arrogance, l’exceptionnalisme et l’impunité.

Il est déjà manifeste que l’absence de pouvoir constatée dans une série de pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord a conduit à la formation de zones anarchiques, rapidement envahies par des extrémistes et des terroristes. Des dizaines de milliers de combattants se battent déjà sous les drapeaux de l’ainsi nommé « État islamique ». On trouve parmi eux d’anciens soldats irakiens jetés à la rue suite à l’invasion de l’Irak en 2003. Un autre pays fournisseur de recrues est la Libye, dont la structure étatique a été détruite après la violation grave de la résolution n°1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Aujourd’hui, des membres de ce qu’on appelle l’opposition syrienne modérée, soutenue par l’Occident, viennent également grossir les rangs des radicaux.

Une fois armés et formés, ceux-ci passent du côté de l’État islamique. Ce dernier n’a lui-même pas surgi de nulle part : il a également été dans un premier temps choyé en tant qu’instrument de lutte contre des régimes laïques indésirables. Après avoir créé une tête de pont en Syrie et en Irak, l’État islamique poursuit activement son expansion dans d’autres régions et cherche à dominer le monde islamique – mais pas seulement. Il est clair que ses plans ne se limiteront pas à cette région. La situation est on ne peut plus dangereuse.

Dans ce contexte, il est hypocrite et irresponsable de faire de grandes déclarations sur la menace du terrorisme international tout en fermant les yeux sur les flux de financement et de soutien des terroristes, notamment le trafic de drogues, de pétrole et d’armes, ou d’essayer de manipuler des groupes extrémistes, de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs politiques dans l’espoir de s’en débarrasser ensuite ou, plus simplement, de les éliminer.

J’aimerais dire à ceux qui agissent et pensent réellement ainsi : « Messieurs, vous avez bien sûr affaire à des individus extrêmement cruels, mais ceux-ci ne sont absolument pas idiots ni primitifs, ils ne sont pas plus bêtes que vous et on ne sait pas encore qui utilise qui. » Les dernières informations sur le transfert d’armes aux terroristes par cette même opposition modérée ne font que le confirmer.

Nous considérons que toute tentative visant à flirter avec les terroristes, et qui plus est à les armer, est non seulement irréfléchie mais également dangereuse. La menace terroriste mondiale pourrait s’en voir extrêmement accrue et peser sur de nouvelles régions de la planète. D’autant plus que des combattants de nombreux pays, y compris européens, sont formés et aguerris dans les camps de l’État islamique.

Malheureusement je dois reconnaître que la Russie n’est pas ici une exception. Il est inadmissible que ces coupe-jarrets qui ont déjà senti l’odeur du sang retournent ensuite chez eux et y poursuivent leur sale besogne. Nous ne le voulons pas. Personne ne le veut, n’est-ce pas ? La Russie s’est toujours opposée avec fermeté et constance au terrorisme sous toutes ses formes.

Aujourd’hui, nous apportons une aide militaro-technique à l’Irak, la Syrie et d’autres pays de la région qui luttent contre les groupes terroristes. Nous estimons que refuser de coopérer avec les autorités syriennes, avec l’armée gouvernementale, avec ceux qui affrontent courageusement le terrorisme, est une grave erreur. Il faut enfin reconnaître qu’hormis les troupes gouvernementales du président Bachar el-Assad et les milices kurdes en Syrie, personne ne se bat réellement contre l’État islamique et les autres organisations terroristes. Nous connaissons tous les problèmes de la région, toutes ses contradictions, mais nous devons tout de même nous fonder sur la réalité du terrain. (Discours à la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU, 28 septembre 2015) […]

Une organisation terroriste, le soi-disant « Etat Islamique », a pris le contrôle d’énormes territoires. Rendez-vous bien compte : s’ils parvenaient à occuper Damas ou à Bagdad, les gangs terroristes pourraient pratiquement atteindre le statut d’une puissance officielle, et ils en feraient un bastion pour leur expansion mondiale. A-t-on bien pris conscience de cela ? Il est temps que l’ensemble de la communauté internationale se rende compte que de fait, nous avons affaire à un ennemi de la civilisation et de la culture mondiale qui porte en elle une idéologie de haine et de barbarie, foulant aux pieds la morale et les valeurs religieuses du monde, y compris celles de Islam qu’il salit.

Nous ne devons pas jouer avec les mots ici ; nous ne devrions pas diviser les terroristes en modérés et immodérés. Il serait bon de connaître la différence. Probablement, de l’avis de certains experts, réside-t-elle dans le fait que les militants dits modérés décapitent les gens en nombre limité ou avec délicatesse.

En fait, nous voyons maintenant un véritable agrégat de groupes terroristes. Il est vrai que parfois, des militants de l’ « État Islamique », Jabhat al-Nusra et d’autres héritiers et épigones d’Al-Qaïda se battent entre eux, mais ils se battent pour de l’argent, pour le contrôle des zones d’alimentation, voilà pourquoi ils se battent. Ils ne se battent pas pour des raisons idéologiques, car leur essence et leurs méthodes restent les mêmes : la terreur, l’assassinat, le fait de transformer les gens en une masse timide, terrorisée et obéissante.

Au cours des dernières années, la situation s’est détériorée, l’infrastructure des terroristes s’est améliorée, ainsi que leur nombre, tandis que les armes fournies à l’opposition dite modérée finissaient en fin de compte dans les mains d’organisations terroristes. En outre, des bandes entières rejoignent parfois leurs rangs, avec armes et bagage, comme on dit.

Pourquoi est-ce que les efforts de nos partenaires américains et de leurs alliés dans leur lutte contre l’Etat islamique n’ont-ils pas produit de résultats tangibles ? Manifestement, cela n’est pas dû à un manque de matériel ou de potentiel militaires. De toute évidence, les États-Unis ont un potentiel énorme, le plus grand potentiel militaire au monde, mais jouer un double jeu n’est jamais facile. Vous déclarez la guerre contre les terroristes et, simultanément, vous essayez d’utiliser certains d’entre eux afin de réorganiser les données de la carte du Moyen-Orient dans votre propre intérêt, comme vous pensez pouvoir le faire.

Il est impossible de lutter contre le terrorisme en général, si certains terroristes sont utilisés comme un bélier pour renverser les régimes qui ne sont pas à votre goût. Vous ne pouvez pas vous débarrasser de ces terroristes, et ce n’est qu’une illusion que de croire que vous pourrez vous débarrasser d’eux plus tard, leur reprendre le pouvoir ou parvenir à un accord avec eux. La situation en Libye en est la meilleure illustration.

Espérons que le nouveau gouvernement parviendra à stabiliser la situation, bien que ce ne soit pas encore une réalité. Cependant, nous avons besoin de contribuer à cette stabilisation.

Nous comprenons très bien que les militants qui combattent au Moyen-Orient représentent une menace pour tout le monde, y compris la Russie. Les gens de notre pays savent ce que signifie l’agression terroriste et savent ce que ces criminels ont fait dans le Caucase du Nord. Nous nous souvenons des attaques terroristes sanglantes à Budennovsk, Moscou, Beslan, Volgograd et dans d’autres villes russes. La Russie a toujours combattu le terrorisme sous toutes ses formes, plaidant continuellement pour l’unification véritable des efforts de la communauté mondiale pour lutter contre ce mal. Voilà pourquoi nous avons suggéré de créer une vaste coalition anti-terroriste, ce que j’ai récemment exprimé dans mon discours à l’ONU.

Après que les autorités officielles de la Syrie nous aient contactés pour nous demander notre soutien, nous avons pris la décision de lancer une opération militaire russe dans ce pays. Je le souligne encore une fois : celle-ci est tout à fait légitime et son seul but est d’aider à rétablir la paix. Je suis sûr que les actions des membres des services russes auront l’effet positif nécessaire sur la situation, aidant les autorités officielles syriennes à créer les conditions pour des actions ultérieures visant à un règlement politique, et menant des frappes préventives contre les terroristes qui menacent notre pays, la Russie. Ainsi, nous aidons toutes les nations et tous les peuples qui sont certainement en danger si ces terroristes rentrent chez eux.

Voici ce que nous croyons devoir faire pour parvenir à un règlement des conflits à long terme dans la région, et à son renouveau social, économique et politique. Tout d’abord, libérer la Syrie et les territoires d’Irak des terroristes et ne pas les laisser les déplacer leurs activités vers d’autres régions. Et pour ce faire, nous devons unir toutes les forces – les armées régulières irakiennes et syriennes, la milice kurde, divers groupes d’opposition qui ont effectivement apporté une contribution réelle à la lutte contre les terroristes – et coordonner les actions des pays à l’intérieur et à l’extérieur de la région contre le terrorisme. Dans le même temps, l’action anti-terroriste conjointe doit bien sûr être fondée sur le droit international.

Deuxièmement, il est évident qu’une simple victoire militaire sur les militants ne résoudra pas tous les problèmes, mais qu’elle va créer les conditions pour l’essentiel : le début d’un processus politique avec la participation de toutes les forces patriotiques et saines de la société syrienne. Ce sont les Syriens qui doivent décider de leur avenir avec une participation exclusivement civile et respectueuse de la communauté internationale, et non sous la pression externe par des ultimatums, du chantage ou des menaces.

L’effondrement des autorités officielles de la Syrie ne ferait que renforcer les terroristes. À l’heure actuelle, au lieu de les affaiblir, nous devons les revigorer, et renforcer les institutions de l’Etat dans les zones de conflit. (Discours au forum de Valdaï, 22 octobre 2015) »

Sayed Ali Khamenei, Guide Suprême de la République Islamique d’Iran

« Il est de notre responsabilité de mener à bien des tâches de la plus haute importance. Durant ce Congrès de deux jours, vous, honorables participants, avez élaboré et proposé certaines solutions et spécifié certaines responsabilités. Je tiens également à mentionner deux ou trois tâches qui ne doivent pas être négligées.

L’une est la formation par les théologiens de l’Islam d’un mouvement savant, rationnel et global, incluant toutes les écoles islamiques et avec pour objectif de couper les racines du courant takfiri.Ce mouvement ne devra pas être limité à certaines écoles de pensée (islamiques). Tous les courants de l’Islam qui croient en cette religion et la considèrent avec bienveillance partagent cette responsabilité. Un grand mouvement intellectuel doit être lancé par les savants (de l’Islam).

[L’Etat Islamique] est entré en scène avec la fausse prétention de suivre « les pieux prédécesseurs » [al-Salafu al-Saleh]. Nous devons prouver que les pieux prédécesseurs étaient radicalement opposés aux actes qu’ils perpètrent et au mouvement qu’ils ont lancé. Cela doit être réalisé en recourant au langage de la religion, du savoir et de la raison.

Vous devez sauver les jeunes gens. Certaines personnes sont influencées par ces pensées déviantes et égarées. Ces pauvres gens pensent qu’ils réalisent de bonnes actions. Ils sont l’incarnation de ces saints versets du Coran : « Dis : ‘Vous informerai-je au sujet de ceux qui sont les plus grands perdants quant à leurs actions ? Ceux dont les efforts ont été vains dans cette vie, alors même qu’ils pensaient que leurs actions étaient bonnes et leur étaient bénéfiques ?’ » [Coran, 18, 103-104].

Ils sont l’incarnation de ces versets coraniques. Ils pensent à tort qu’ils combattent dans la voie de Dieu. Ce sont ceux-là même qui diront à Dieu, le Jour du Jugement Dernier : « O Seigneur, nous avons suivi nos chefs et nos dirigeants, et ils nous ont égaré du droit chemin. Seigneur, châtie-les d’un châtiment double et maudis-les d’une malédiction terrible. » [Coran, 33, 67-68].

[Les combattants de l’Etat Islamique] sont ces misérables-là. Ceux qui ont assassiné un grand savant dans la mosquée de Damas comptent parmi ces gens-là. Ceux qui décapitent des musulmans en les accusant d’apostasie comptent parmi ces gens-là. Ceux qui versent, par des attentats, le sang d’innocents au Pakistan, en Afghanistan, à Bagdad et dans différentes villes d’Irak, de Syrie et du Liban comptent parmi ces gens qui s’écrieront au Jour du Jugement Dernier : « O Seigneur, nous avons suivi nos chefs et nos dirigeants, et ils nous ont égaré du droit chemin. Seigneur, châtie-les d’un châtiment double. »

Dans une autre partie du Saint Coran, Dieu dit : « Ils seront tous châtiés d’un châtiment double. » [Coran, 7, 38]. Vous serez tous châtiés, à la fois les meneurs et les suiveurs. « Ce n’est là que justice, et telles sont en vérité les querelles des gens du Feu. » [Coran, 38, 64]

Ce jour-là, ces gens-là seront opposés et s’affronteront. C’est pourquoi ils doivent être sauvés (de cet égarement). Ces jeunes gens doivent être sauvés, et c’est là la responsabilité des savants car ils sont en contact à la fois avec les intellectuels et avec les masses. Ils devraient s’efforcer de les sauver. Dieu le Très-Haut interrogera les savants au Jour Dernier : « Qu’avez-vous fait ? » Les savants devraient agir (dès maintenant). C’est une première tâche à mener à bien.

La seconde tâche extrêmement urgente qui doit être menée à bien est de souligner le rôle des politiques arrogantes des Etats-Unis d’Amérique et de l’Angleterre. Leur rôle doit être souligné et expliqué. Chaque personne du monde musulman doit connaître le rôle et la responsabilité des politiques des Etats-Unis à ce sujet [l’Etat Islamique]. Tout le monde doit connaître le rôle des services secrets américains, britanniques et ceux du régime sioniste dans les actes de ce mouvement takfiri. Tout le monde doit savoir que l’Etat Islamique travaille pour eux, que ce complot a été fomenté par l’Arrogance [l’Impérialisme occidental] et que ces courants takfiris sont aidés et financés par ces puissances.

Ils reçoivent de l’argent des régimes fantoches de la région. Ce sont ces régimes fantoches qui leur fournissent de l’argent, mais le complot est fomenté par l’Arrogance et le résultat est (notamment) qu’ils détruisent ces misérables jeunes takfiris. Ils créent des problèmes sans précédent pour le monde de l’Islam. C’est là une autre tâche indispensable qui doit être menée à bien. (Discours à l’occasion du Congrès International sur les mouvements takfiris, 25 novembre 2014) »

Sayed Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah

« Notre devoir est, premièrement, de considérer tout conflit ou combat au Liban ou dans tout autre pays – que ce soit la Syrie, l’Iraq, le Bahreïn, le Yémen, l’Egypte, la Tunisie ou la Libye – et pas seulement entre sunnites et chi’ites : entre musulmans, chrétiens, sunnites, chi’ites ou d’autres courants islamiques ou nationalistes, etc., nous devons les considérer dans une perspective politique, et non dans une perspective religieuse. Cela impose de rejeter tout discours sectaire ou confessionnel ainsi que tout recours à la mobilisation sectaire ou confessionnelle.

Car certaines personnes peuvent être à même de faire sortir le génie de la lampe mais elles sont incapables de l’y faire retourner. Il y a bien des preuves de cela. Vous pouvez transformer votre discours sectaire et factionnel en un véritable serpent, mais après cela, vous ne serez plus capables de le contrôler et il vous frappera vous-mêmes. C’est pourquoi nous devons être très prudents. C’est pourquoi aujourd’hui, tout discours sectaire ou confessionnel est comme une parole malfaisante qui peut tout détruire et tout dévaster. (Discours commémorant la naissance du Prophète, 25 janvier 2013) […]

L’Occident, les Arabes, les services de renseignement, les médias, vous et moi connaissons tous la vérité suivante : actuellement, la force la plus importante et le courant dominant au sein des groupes armés qui contrôlent le terrain (en Syrie) est le mouvement takfiri. Ceux qui sont basés à l’étranger n’ont aucune influence sur eux. Aucun d’entre eux n’a le moindre pouvoir sur ces groupes. En tout cas, j’ai déjà précisé qu’ils ont été amenés en Syrie pour servir comme combattants, mais que ce sont eux-mêmes qui finiront par payer le prix : quelle que soit l’issue et la résolution de ce conflit en Syrie, ils seront sacrifiés. La réalité est tellement hors de contrôle que les pays occidentaux (qui ont créé et soutenu ces groupes terroristes) sont confus et dépassés face à la rapidité de ces développements au sein des groupes armés en Syrie, ils en deviennent gênés face à leurs propres peuples, face à l’opinion publique, qui leur demandent : « Comment pouvez-vous armer des individus de cette nature, de tels criminels ? » Et cette composante extrémiste a commencé à prévaloir sur la scène de l’opposition armée intérieure et à bénéficier du financement et de l’armement de la part d’un certain nombre de pays arabes et régionaux (et de l’Occident), et ces pays veulent se débarrasser à la fois du régime syrien et de ces groupes armés eux-mêmes. Ils leur facilitent donc la sortie de leur pays d’origine, mais ils n’ont pas pensé au jour où ils reviendront dans leur pays, ayant obtenu une expérience au combat, un appétit pour le meurtre et la guerre, prêts à tout type de confrontation. Telle est la réalité actuelle du terrain en Syrie. Aujourd’hui, le problème syrien n’est plus celui du soulèvement d’un peuple contre un régime. Ce n’est plus une question de réformes – le Président syrien est prêt à faire des réformes, venez donc vous asseoir à la table du dialogue. Maintenant, il s’agit de tout autre chose.

Eh bien, vis-à-vis de la situation actuelle en Syrie, nous estimons – je vais maintenant parler clairement de notre vision, sur laquelle nous basons nos actions et notre engagement aux côtés de l’Armée Arabe Syrienne : nous considérons que le contrôle de la Syrie par ces groupes ou de certaines provinces syriennes, surtout celles qui sont à la frontière du Liban, constituerait un grand danger pour le Liban et pour tous les Libanais. Ce n’est pas un danger seulement pour le Hezbollah ou pour les chiites, c’est un danger pour le Liban, les Libanais, l’Etat libanais, la résistance libanaise et la coexistence au Liban. Et il y a maintes preuves de tout cela… Ces groupes ont une mentalité qui ne tolère pas le dialogue, qui ne n’a ni la négociation ni le compromis dans son vocabulaire. Ils n’ont pas la notion de priorités, pas plus que celle de valeurs communes. Ils n’ont rien, sinon l’accusation d’apostasie pour les raisons les plus futiles, ce qui entraine la violation de vos biens et de votre vie. Quel serait l’avenir de la Syrie si elle était livrée à ces groupes ? Quel serait l’avenir du Liban, de la Palestine, des peuples de la région ? Pour l’amour de Dieu, répondez-moi. C’est un véritable danger. C’est un véritable danger qui pèse sur tous. Nous ne réfléchissons pas dans un esprit confessionnel, sectaire ou de faction, mais parce que nous voyons que tous les musulmans, tous les chrétiens, tout le monde est menacé par cette mentalité, ce mouvement, cette pensée, ce projet takfiris qui dévastent cette région. Et je vous le dis, ce mouvement est financé et soutenu par les Etats-Unis, car c’est la seule option qui leur reste pour détruire la région et réinstaurer son hégémonie sur elle face au réveil, au soulèvement et à la volonté des peuples. Je ne veux faire peur à personne, je ne fais que décrire la réalité… Nous faisons maintenant face à deux côtés distincts dans ce conflit. Le premier côté est celui des Etats-Unis, d’Israël, de l’Occident, des pays arabes régionaux, qui est incarné sur le terrain par les mouvements terroristes takfiris qui dépècent les poitrines, coupent les têtes, profanent les tombes et détruisent le passé – ce passé de 1400 ou 1500 ans à travers lequel les peuples de différentes religions ont coexisté, et les églises, les mosquées, les mausolées et les tombes ont été préservés, de même que la diversité, même sous les régimes qui étaient le plus souvent sunnites ; mais aujourd’hui, ces groupes détruisent le passé, le présent et le futur, ils rejettent tout dialogue et toute solution politique, et ne prônent que la guerre. Et de l’autre côté, il y a un Etat ou régime qui a une position claire vis-à-vis de la question palestinienne, des mouvements de Résistance et du projet sioniste, qui a toujours garanti la coexistence des confessions, et qui annonce en même temps sa disposition au dialogue et aux réformes. Que quiconque choisisse le camp qui bon lui semble. Mais quant au Hezbollah, il lui est absolument impossible d’être d’un côté qui inclut les Etats-Unis, Israël, les profanateurs de tombes, les dépeceurs de poitrine et les coupeurs de tête. Soyez du côté que vous voulez, mais quant au Hezbollah, il ne peut pas être du côté qui veut détruire tous les accomplissements et rendre vains tous les sacrifices, faisant de nous une nouvelle fois les esclaves des Etats-Unis et d’Israël, dans un nouveau projet de remodelage du Moyen-Orient. Notre indépendance a été garantie par le sang de milliers de martyrs, et nous la préserverons quel qu’en soit le prix… Aujourd’hui, par notre prise de position, nous considérons que nous défendons le Liban, la Palestine, la Syrie, et l’ensemble de la région, voire au-delà. (Discours commémorant la Libération du Liban, 25 mai 2013) […]

Je ne vais pas considérer les événements depuis le début, mais depuis la fin. Considérons donc les derniers développements… Quelles sont les nouvelles données au niveau régional et international ? Aujourd’hui, nous découvrons que la plupart des pays du monde qui ont financé, assisté, donné des visas et ouvert les frontières, ces pays qui ont encouragé, soutenu, et aidé les combattants étrangers – c’est-à-dire les non-Syriens – à parvenir en Syrie, la plupart de ces pays expriment maintenant leur peur, leurs craintes et leurs inquiétudes à l’égard des dangers sécuritaires que poserait la victoire de ces combattants en Syrie, et par conséquent le danger que poserait leur retour dans leurs pays d’origine, surtout les pays voisins, et tous les risques auxquels ces pays et ces sociétés seront conséquemment exposés.N’est-ce pas là la vérité ? Est-ce que j’invente tout ça, ou est-ce bien la réalité actuelle ?

Aujourd’hui, des réunions se tiennent entre des agences de renseignement occidentales, régionales et autres, afin de voir comment ils peuvent faire face à la situation. Eh bien, se disent-ils, si ces groupes – Dieu nous en préserve – devenaient victorieux, ils disposeraient alors d’une base énorme. La Syrie deviendrait alors pire que l’Afghanistan, et ces combattants jihadistes reviendraient à nous. Qu’est-ce qu’on peut faire ? Ou bien, s’ils étaient vaincus et qu’ils commençaient à reculer et à se retirer de la Syrie et à revenir à nous, que ferions-nous ? C’est une catastrophe qu’ils ont façonnée de leurs propres mains. C’est le serpent qu’ils ont nourri dans leur sein.Aujourd’hui, ce débat a-t-il lieu à travers le monde, oui ou non ? C’est une réalité indiscutable. (Commémoration des martyrs, 16 février 2014) »

Sayed Hasan – 15 novembre 2015

Voir également :

Vendredi noir : au-delà de l’émotion, des questions vitales, par Fausto Giudice

Hassan Nasrallah : le Hezbollah condamne les attaques terroristes à Paris (VOSTFR)

Bachar al-Assad sur les attaques terroristes à Paris : la France récolte ce qu’elle a semé (VOSTFR)

Source: http://sayed7asan.blogspot.fr/2015/11/attaques-terroristes-paris-apres.html

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la stratégie de la France en Syrie.

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme, #La mondialisation, #L'OTAN.

la stratégie de la France en Syrie

Par Arabi Press le 15 novembre 2015

Selon un ex-officier des renseignements français, « la crise syrienne a réveillé l’ours russe… Assad tiendra et notre politique doit changer »

3 janvier 2013

A. D., ex-officier de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure française) parie sur le temps pour rattraper les erreurs commises par le gouvernement français, dans la gestion de la crise syrienne, tout au long de ces deux dernières années. De retour de Beyrouth (il refuse d’avouer s’être rendu en Syrie et y avoir rencontré des responsables de différents services de sécurité), il énumère les erreurs commises par la France :

Le ralliement à la politique américaine d’alliance avec les islamistes, sans tenir compte des intérêts historiques de la France en Syrie.

Le renoncement à la précieuse mine syrienne de renseignements que lui fournissaient les services anti-terroristes syriens et qui protégeaient la France du terrorisme depuis de nombreuses années.

Le pari irréfléchi sur la chute du régime de Bachar al-Assad, un pari qui a réveillé l’ours russe acculé, depuis le précédent libyen, à défendre férocement ses intérêts. Il en résulte une nouvelle guerre froide qui met à mal les fragiles intérêts de la France à travers le monde.

La perte de la coopération stratégique avec la Syrie, en matière de sécurité et de politique au profit d’une situation dont le dénouement est amer dans le meilleur des cas et dans le pire des cas, un immense chaos qui risque de ne pas épargner les rues de Paris dont les banlieues contiennent une forte concentration de populations musulmanes.

Que fait un ancien officier de renseignement français au Liban et à proximité de la frontière syrienne ?

Réponse d’un autre expert des politiques sécuritaires occidentales :

« Chez vous, un officier des renseignements à la retraite devient soit un fermier soit un intellectuel soit un commerçant soit un fou. En France, continue l’expert, il devient chercheur, par engagement personnel ou met ses compétences au service de l’un des nombreux instituts ou cabinets d’experts qui offrent leurs services de consultants au pouvoir en place ou à l’opposition ou bien à des parties influentes dans les deux camps. »

Notre officier retraité A. D., devenu chercheur, estime que la France a commis en Syrie des erreurs stratégiques et stupides, car elle est entrée dans un jeu (contre le régime syrien) dans lequel elle est perdante d’avance et dont les seuls gagnants, s’il en est, sont les Américains. Quant aux pertes, la France en aura la part du lion si le régime triomphe de ses ennemis armés et financés par les pays de l’Otan et des monarchies du Golfe.

À propos de la coopération franco syrienne dans le passé, l’ex-officier français confie :

« L’escalade politique entre la France et la Syrie n’est pas un problème en soi, car entre États, il n’y a ni amitié ni animosité éternelles ; seuls les intérêts décident de la nature des relations. La grande perte de la France est la perte de sa coopération sécuritaire avec la Syrie. »

Il ajoute :

« Les services de sécurité syriens ont épargné à la France, à plusieurs reprises, de terribles catastrophes que des terroristes d’origines arabes s’apprêtaient à provoquer. Seuls les renseignements fournis par les services syriens nous ont permis de les déjouer et de sauver des vies innocentes. »

La parole est toujours à l’ex-officier :

« Jusqu’aux débuts de la crise actuelle, la coopération continuait encore et des officiers des deux côtés coopéraient étroitement contre le terrorisme international. Mais la stupidité des politiciens français a acculé les services anti-terroristes syriens à mettre fin à cette coopération. Je ne les blâme pas ! Comment peut-on mettre sur la liste des sanctions françaises et européennes un officier (Hafez Makhlouf) blessé lors d’une opération contre des terroristes qui visaient les ambassades française et américaine à Damas ? Imaginez quelqu’un qui sauve nos enfants d’une mort certaine, et au lieu de l’en remercier, notre diplomatie le traite de terroriste et le met tel un criminel sur une arrogante liste de sanctions. »

Et de poursuivre :

« Hafez Makhlouf et bien d’autres officiers syriens ont mené à bien des missions dont les retombées positives ne se sont pas limitées à la seule Syrie, mais ont bénéficié au peuple français et à d’autres peuples de l’est et de l’ouest. Je ne divulguerai pas un secret en disant que cet homme a reçu les remerciements de grands groupes pharmaceutiques pour avoir démantelé des fabriques clandestines de faux médicaments et pour avoir arrêté de grands trafiquants de drogues qui utilisaient la filière syro-libanaise pour écouler leurs marchandises de mort en Europe et surtout en France. Au lieu de les remercier, nous les avons mis sur la liste des sanctions ! »

La source française continue :

« Nous avons obtenu, grâce à la coopération avec la Syrie, de précieux renseignements qui nous ont conduits à déjouer en 2008 un plan terroriste qui aurait fait des milliers de morts dans le métro de Paris. Les services de renseignement syriens ont obtenu leurs précieux renseignements après avoir arrêté, par le colonel Makhlouf, un groupe des plus dangereux terroristes d’Al-Qaïda dont Aymen el Daher alias Khaled Elkashef, Abdallah Azzam (qui n’a rien à voir avec le célèbre théoricien palestinien, aujourd’hui disparu, qui fut le mentor de Oussama Ben Laden et qui portait le même nom), Ghassan Abou Qassab, Abdelhakim Qassem, Naaman el Mandou, Layth Badran et le plus dangereux d’entre tous, Asaad Hourieh le chef de l’opération avortée du « métro de Paris » qui aurait fait des milliers de morts si elle n’avait pas été déjouée à temps. Cette opération, Al-Qaïda a mis des années pour la mettre au point, et ce groupe a été arrêté sur le chemin de la France, à travers la Syrie et le Liban et son aéroport de Beyrouth. Ils s’y rendaient pour mettre à exécution leur plan terroriste. »

Les officiers des services antiterroristes français avaient presque élu domicile à Damas. Ils s’entretenaient avec les chefs des services de sécurité syriens. « Ces chefs vont-ils continuer à coopérer avec nous contre le terrorisme qui cible nos civils en France, alors que nous les avons mis sur la liste noire et leur avons interdit l’entrée de notre territoire ? ! », s’interroge cet ancien officier français qui connaît sur les bouts des doigts ce dossier ?

« Les politiciens français sont-ils raisonnables quand ils croient qu’ils rendent service aux aspirations légitimes du peuple syrien en soutenant des terroristes, ceux-là même que nous avons combattus côte à côte avec nos homologues syriens ? L’État syrien nous a sauvés des attentats terroristes et nous sommes en train de les remercier en finançant des attentats terroristes sur leur territoire ! Est-ce une politique raisonnable ? ! »

Cette analyse désabusée de cet ancien officier français, qui a l’aval d’une écrasante majorité des services antiterroristes français, finira-t-elle par peser sur les décideurs politiques à Paris et les amener à changer d’orientation avant qu’il ne soit trop tard ?

À cette question, l’ancien officier français répond :

« Oui ! Il y a beaucoup de gens raisonnables dans les services français. Ils sont capables de peser sur le cours de l’actuelle politique française à l’égard de la Syrie, surtout après le fiasco du scénario libyen conçu et mis en œuvre par Paris et Londres. La position russe finira par conforter le camp des pragmatiques et mettra dans l’embarras les jusqu’au-boutistes qui cherchent à satisfaire les États-Unis. D’autant plus qu’il est devenu clair que le régime syrien tiendra, que le soutien russe au régime n’est pas conjoncturel : il est stratégique, constant et ne changera pas. C’est à nous de changer et il faut qu’on le fasse pour l’intérêt même de la France. »

Arabi Press | Afrique Asie – 3 janvier 2013

Toutes les versions de cet article :
Un ex ufficiale dell’intelligence francese si ribella alla strategia

Source: http://www.silviacattori.net/article4106.html

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Des néo-nazis dans le magazine Phosphore ? Par Guillaume Borel le 06 novembre 2015.

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Les média, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #Ukraine, #L'OTAN.

Des néo-nazis dans le magazine Phosphore ?  Par Guillaume Borel le 06 novembre 2015.

Dans son numéro 413 de novembre 2015, le magazine Phosphore à destination des lycéens, publie un reportage photo sur le conflit en Ukraine intitulé : « La guerre à 20 ans », réalisé par Pete Kiehart, un photo-journaliste ukrainien.

Le reportage nous présente deux jeunes ukrainiens qui « ont cru devoir prendre les armes pour défendre leur pays, l’Ukraine, contre les forces séparatistes pro-russes. »

Les jeunes volontaires suivis par le journaliste et mis en scène comme des « héros » servent de support à une narration partiale et orientée du conflit, sur laquelle il serait cependant trop long de s’attarder ici, et une vision apologétique de la violence armée.

La première image présente Ruslan, sur deux pleines pages, en train de nettoyer son arme « qu’il n’hésitera pas à utiliser en mission sur le front, à quelques kilomètre de là. »

L’axe de traitement journalistique est d’emblée fortement affirmé : le reportage donnera à voir de jeunes « guerriers » qui défendent leur pays, dans la lignée de certaines productions hollywoodiennes où le conflit armé est réduit à sa dimension d’affrontement viril. Pour faire bonne mesure, l’article s’attache également au personnage de Ruslana, le pendant féminin de Ruslan. On peut ici s’interroger sur le message véhiculé à travers l’attachement et la mise en lumière de figures combattantes féminines dans le cadre d’un conflit armé. S’agit-il de montrer que le combat armé n’est plus le monopole de la virilité mais que les femmes peuvent aujourd’hui prendre toute leur part à la violence au nom de l’égalité des sexes ? Le magazine Elle avait déjà réalisé un reportage sur les « femmes combattantes » qui participait de cette logique, dans le cadre du conflit ukrainien en novembre 2014, avant de devoir s’excuser auprès de ses lecteurs : l’égérie ukrainienne mise en vedette dans le magazine appartenait en effet à la mouvance néo-nazie.

Phosphore est malheureusement tombé dans le même travers et son héroïne féminine, Ruslana, est membre de la mouvance néo-nazie ukrainienne, largement représentée dans les bataillons de volontaires qui combattent les indépendantistes russophones de l’est du pays. Les lecteurs ne seront cependant jamais informés de ce fait par le magazine, qui présente Ruslana comme une « combattante de la liberté ».

L’appartenance de l’héroïne de Phosphore, Ruslana, à la mouvance néo-nazie est parfaitement identifiable sur la photographie figurant en page trois du photo-reportage et qui la présente en compagnie de Ruslan et de leur instructeur. La jeune fille, en tenue militaire et débardeur, arbore un symbole nazi très clairement visible, tatoué sur son bras gauche : le « soleil noir ».

Ce symbole fut employé au cours de la seconde guerre mondiale et appartient au mysticisme nazi. Il figure aujourd’hui sur l’écusson du bataillon de volontaires ukrainiens Azov, à l’idéologie ouvertement néo-nazie et qui combat dans l’est du pays.

Ruslana, l’héroïne du magazine Phosphore du mois de novembre. On peut voir sur son bras droit le tatouage du «soleil noir », un des symboles de la mystique nazi…

Ruslana, l’héroïne du magazine Phosphore du mois de novembre. On peut voir sur son bras droit le tatouage du «soleil noir », un des symboles de la mystique nazi…

Le « soleil noir, »  sur le sol du château de Wewelsburg, qui abrita le centre de formation des cadres de la SS…

Le « soleil noir, » sur le sol du château de Wewelsburg, qui abrita le centre de formation des cadres de la SS…

Le symbole du bataillon ukrainien Azov, en arrière-plan, le « soleil noir »…

Le symbole du bataillon ukrainien Azov, en arrière-plan, le « soleil noir »…

Deux pages sont consacrées par le magazine Phosphore à Ruslana, et plus particulièrement à sa formation de sniper, lui donnant largement la parole. La jeune néo-nazie commente ainsi un exercice de tir de précision :

« C’est très difficile de décrire ce que tu ressens quand tu t’allonges, là. L’adrénaline monte, il faut le vivre pour comprendre. »

On pourra regretter que l’excitation et l’adrénaline ressentie par la jeune néo-nazie derrière son fusil soient ainsi mises en avant sans la moindre distance critique. La dernière partie du reportage est consacrée à un entretien où la jeune femme peut développer ses motivations. Elle affirme ainsi s’être engagée pour que son pays soit « complètement souverain et que tous ses habitants ressentent ce que c’est que de vivre en liberté. »

Elle précise par ailleurs avoir pour modèle Chris Kyle, le héros du film polémique « American Sniper » basé sur l’histoire vraie d’un sniper américain revendiquant 255 ennemis abattus en Irak… On peut ainsi légitimement s’interroger sur la conception de la liberté qui peut être défendue par une néo-nazie de 19 ans ayant pour modèle le tueur le plus efficace de l’armée américaine en Irak et qui est ainsi véhiculée par le mensuel Phosphore auprès des adolescents…

Si la rédaction du magazine peut légitimement avoir été trompée, par ignorance ou négligence, comment le photo reporter ukrainien auquel a été confié la réalisation de l’article et qui a conduit les entretiens pouvait-il ne pas être au courant de l’idéologie néo-nazie à l’œuvre au sein des bataillons de volontaires engagés dans le conflit ? Le bataillon Aïdar, qui opère en première ligne, est en outre accusé de crimes de guerre par l’ONG Amnesty International qui pointe notamment de nombreux cas d’enlèvement, de torture, et de possibles exécutions.

Au final, le portrait de l’engagement armé dressé par le magazine Phosphore à l’intention des jeunes semble celui d’un film d’action hollywoodien avec d’un côté les « gentils » (ici les ukrainiens), et de l’autre les « méchants » (les russophones de l’est du pays), ce manichéisme autorisant les jeunes héros à se « réaliser » dans la violence armée, passant sous silence les drames et les crimes de guerre qui sont la conséquence inévitable du sentiment d’impunité qu’il procure, manichéisme d’ailleurs largement fabriqué et encouragé à cet effet par la propagande militaire.

Le rôle d’un magazine comme Phosphore, qui tient une place importante dans la presse jeunesse, et est présent dans l’immense majorité des Centre de Documentation et d’Information du système scolaire français ainsi que des médiathèques municipales, ne serait-il pas au contraire d’apporter une distance critique face à l’exacerbation de la violence guerrière et son héroïsation ? Lorsque cette dernière est portée, comme c’est le cas ici, par des acteurs à l’idéologie ouvertement néo-nazie, cela ne relève-t-il pas d’un manquement à la déontologie journalistique la plus élémentaire ?

Guillaume Borel | 6 novembre 2015

Source: http://arretsurinfo.ch/des-neo-nazis-dans-le-magazine-phosphore/

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Attentats de Paris : la responsabilité écrasante de l’exécutif français. "Les crises".

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Politique étrangère, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch

Attentats de Paris : la responsabilité écrasante de l’exécutif français. "Les crises".

Un autre lanceur d’alerte qui a fait un gros travail d’investigation sur la Syrie…

Source : Guillaume Borel, pour Arrêt sur info.ch, le 14 novembre 2015.

La vague d’attentats sans précédent qui a touché Paris hier soir et qui aurait fait, selon un premier bilan, au moins 127 morts, est la conséquence directe de la politique étrangère menée par la France en Syrie et qui vise moins la lutte contre le terrorisme salafiste que la destruction de ce pays et le renversement du président Bachar-al-Assad.

Si plusieurs auteurs du carnage perpétré dans la salle de concert du Bataclan auraient déclaré, selon des témoins : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie », il faut ici rappeler quelle a été la réalité de la politique française dans ce pays depuis le début du conflit en 2011.

La république française, comme le révèle le président François Hollande dans un entretien avec le journaliste Xavier Panon, a en effet fourni des armes aux « rebelles » syriens dés 2012. Par l’intermédiaire de la DGSE, ce sont des canons de 20 mm, mitrailleuses, lance-roquettes, missiles anti-chars qui auraient été livrés aux rebelles dits « modérés », en violation de l’embargo mis en place l’été 2011 par l’Union Européenne.

Un conseiller de l’Elysée admet également auprès de Xavier Panon :

« Oui, nous fournissons ce dont ils ont besoin, mais dans la limite de nos moyens et en fonction de notre évaluation de la situation. Dans la clandestinité, vous ne pouvez agir qu’à petite échelle. À moyens limités, objectifs limités. »

La France aurait également envoyé des forces spéciales sur le terrain destinées à la formation et au soutien opérationnel des combattants.

En mars 2012, treize officiers français ont ainsi été capturés par l’armée syrienne lors de la reprise du califat islamique instauré dans le quartier de Baba Amr à Homs par la brigade Al-Farsouq et Al-Waleed. Cette dernière a ensuite rejoint les rangs de l’Etat Islamique.

Le président Hollande, cité par le journal Le Monde a encore confié en août 2014 :

« Nous ne devons pas relâcher le soutien que nous avions accordé à ces rebelles qui sont les seuls à participer à l’esprit démocratique. »

Alors que le président Syrien Bachar-al-Assad a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas de rebelles « modérés » sur le terrain, on peut s’interroger sur la véritable nature des groupes rebelles soutenus et armés par l’état français depuis 2012. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré à ce propos en 2012 que le Front Al-nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « faisait du bon boulot »… Une plainte de victimes syriennes des groupes rebelles a d’ailleurs été déposé à l’encontre du ministre français à ce sujet auprès du tribunal administratif de Paris pour « les fautes personnelles commises par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans ses fonctions. »

Dans un rapport de 2012 l’agence de renseignement militaire américaine (DIA) avançait déjà que le soutien aux rebelles dits « modérés » profitait en réalité essentiellement à l’Etat Islamique. Selon le directeur de l’agence, le général Flynn le soutien indirect des USA et de la coalition occidentale à l’Etat Islamique  « était une décision intentionnelle ». Dans un précédent article sur le rôle trouble de la coalition occidentale en Irak et en Syrie, j’avais également pointé différents éléments factuels qui montraient le soutien et la collaboration opérationnelle de la Turquie, des états-unis et d’Israël avec différents groupes djihadistes.

Ces différents éléments montrent assez clairement que la coalition occidentale, dont fait partie la France, a mené une politique de soutien à divers groupes djihadistes en Syrie dans l’objectif de renverser le président Bachar-al-Assad, sous couvert de la fiction de l’aide apportée à des groupes fictifs de rebelles « modérés ».

La véritable nature de ces prétendus groupes rebelles a été récemment mise en lumière par l’intervention russe qui a entraîné un déchaînement de protestations de la part des chancelleries occidentales au motif que les frappes aériennes auraient visé les rebelles soutenus par l’Occident. Or, les groupes frappés par l’aviation russe appartenaient à l‘Armée de la Conquête, qui regroupe notamment le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda et des groupes islamistes comme Ahrar al-Cham.

Il est malheureusement fort peu probable que le soutien de l’exécutif français aux groupes djihadistes en Syrie soit dénoncé à la lumière de cette vague d’attentats sans précédents, qui constitue pourtant son aboutissement logique et prévisible. Le chaos auquel a été réduite la Syrie et la prolifération des groupes djihadistes sont en effet le résultat direct de la politique étrangère française au Proche et Moyen-Orient.

Alors que lors des précédents attentats de janvier dernier, l’exécutif avait érigé le réseau Internet, qui aurait favorisé« l’auto-radicalisation » des terroristes, présentés à l’époque de manière mensongère comme des « loups solitaires », en boucs émissaires censés masquer les lacunes et les incompétences des services de renseignement et de sécurité français, et instauré des dispositifs de surveillance de masse des citoyens, cette politique visant essentiellement les libertés individuelles, a montré aujourd’hui son inanité. Il est pour autant fort peu probable que les responsables des services de sécurité, dont le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve – qui ont une fois de plus failli à leur mission – aient à rendre des comptes. Le gouvernement et la classe politique, à quelques exceptions près, se retranchent une fois de plus derrière l’émotion et l’injonction à « l’unité nationale ». Pourtant, les mêmes qui aujourd’hui ont décrété l’état d’urgence et le rétablissement des contrôles aux frontières s’engageaient il y a quelques semaines à peine à participer à l’accueil des migrants syriens, au nom de principes humanitaires, et ce malgré les réserves de l’agence de coopération européenne Eurojust qui affirmait que le trafic clandestin entretenait des liens étroits avec les organisations terroristes en Syrie :

« C’est une situation alarmante parce que nous voyons clairement que le trafic est destiné à financer le terrorisme et que les passeurs sont utilisés parfois pour mener des infiltrations par les membres de l’Etat Islamique. »

Si comme le dit le président François Hollande, la France est « en guerre » aujourd’hui, elle le doit donc pour l’essentiel aux incompétences de l’exécutif et aux incohérences criminelles de la politique étrangère française qui a soutenu et armé les groupes djihadistes ayant plongé la Syrie dans le chaos…

Guillaume Borel

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P.S. : tiens, le 6 novembre, Daesh a récupéré des lance-roquettes français Apilas, merci pour eux M. Hollande, ils en feront probablement bon usage.

C’est un peu comme cette mythique vidéo de CNN en 2014 sur un campas d’entrainement d’ISIS / Daesh, où on voit incidemment la provenance de leurs tentes…

 

 

 

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Notre fiasco syrien, par Alain Juppé.

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Terrorisme

Alain Juppé, dont on oublie le rôle prépondérant dans le fiasco syrien, a publié le 24 octobre une édifiante note-aveu sur la Syrie…

Source : Alain Juppé, sur Le Blog-Notes d’Alain Juppé, le 24 octobre 2015.

Notre fiasco syrien

Entendons-nous bien : VOTRE fiasco…

On lit souvent qu’en Syrie, la Russie avait une stratégie et pas nous. Ce n’est pas, selon moi, exact. L’objectif de Poutine, certes, était clair : maintenir au pouvoir, à tout prix, Bachar et son clan, alliés de toujours de Moscou dans la région et seuls à même, pour les Russes, d’assurer la stabilité du pays.

OK, OK. alors que je comprenne bien :

  1. Il y a un gouvernement légitime en Syrie
  2. Il maintient à l’évidence la stabilité en Syrie depuis des décennies – hélas sans démocratie
  3. Il est le dernier gouvernement laïc de la région
  4. Il n’est pas ennemi de  la Russie

DONC la Russie le soutient. Hmmm, pervers ces Russes…

Mais nous avions nous aussi, Américains et Européens, un objectif clair : éliminer Bachar, responsable à nos yeux de l’écrasement de son peuple, de la radicalisation de son opposition et finalement de la montée en puissance de Daech. Et faciliter la transition vers une Syrie sans Bachar.

OK. On est pour la Démocratie, DONC on décide qui peut diriger la Syrie et qui ne peut pas – pas les Syriens, car on sait mieux qu’eux (il n’y a pas d’ENA en Syrie).

Et comme ça avait si bien marché en Afghanistan puis en Irak, comme ça avait surperformé en Libye, comme c’est le Nirvana en Égypte, vous avez continué d’appliquer la même politique qui marchait, je comprends…

Et c’est “Bachar” qui radicalise sa sympathique opposition de frères musulmans et autres wahhabites moyenâgeux. Avant, ils étaient modérés – genre ils anesthésiaient un peu le cou avant de vous décapiter, quoi… Mais c’était avant…

Et donc si Daech monte, c’est la faute de “Bachar” puisqu’il les combat, mais pas la faute de ceux qui financent Daesh – Arabie, Qatar, Turquie, Occident, etc…

Bon, c’est vrai que l’armée d’Assad et ses milices citoyennes comptent près de 90 000 morts depuis le début (source : ONU), mais bon, c’est les méchants on vous dit…

Euh.. Hein ?

Nous ne nous sommes pas donné les moyens d’atteindre cet objectif.

Ah ben oui, il fallait envoyer 500 000 soldats…

Il est vrai que nous nous appuyions sur une opposition divisée, incapable de s’entendre sur un projet cohérent.

Oh, si, instaurer la charia est un objectif assez partagé chez eux…

Nous n’avons pas su la fédérer ni l’aider efficacement. En outre nous avons envoyé de mauvais signaux aux belligérants. Le pire est advenu quand le Président Obama a averti Damas que l’utilisation d’armes chimiques par son armée constituerait une ligne rouge que nous ne laisserions pas transgresser. La ligne a été franchie … et nous n’avons rien fait.

Bah, oui, surtout qu’on n’est pas sûr du tout qu’elle ait été franchie :

  • quand le MIT a démontré que le gouvernement américain mentait en affirmant avoir les preuves de la culpabilité du gouvernement…
  • quand le porte-parole du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique indiquait que “C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al-Qaïda”
  • qu’un député turc accuse son gouvernement islamiste d’avoir été impliqué dans l’attaque
  • que Georges Malbrunot et Christian Chesnot ont révélé que la conclusion du rapport rendu public par la France avait été “élaguée” par le conseiller spécial du ministre de la Défense pour manipuler l’oponion publique et la pousser à la guerre (case prison au fait ?). Une des hypothèses faite par les informateurs dans leurs rapports était la suivante : “Il est possible que des bombardements classiques de l’armée syrienne sur un laboratoire clandestin des rebelles ait provoqué une fuite de gaz.” Mais cette conclusion a été “purement et simplement coupée” du texte du rapport final. Bernard Squarcini, ancien directeur central du renseignement intérieur souligne les points faibles du rapport français et indique que “cette note de notes n’est pas conclusive”.

Ca faisait mauvais genre de recommencer le coup des armes de destruction massives…

Les frappes aériennes qui ont ciblé Daech en Irak et en Syrie ont tout juste stabilisé le front. L’engagement de nos troupes au sol a été, à juste titre, exclu. Dès lors la voie était libre pour la Russie qui est venue sauver le régime de Bachar de l’effondrement qui le menaçait, en bombardant massivement ses oppositions et pas seulement (pas principalement?) Daech. Une fois encore les démocraties ont fait la démonstration de leur faiblesse face aux régimes autoritaires.

Bah oui, on a laissé les Russes bombarder nos amis d’Al-Qaïda qui faisaient du “bon boulot” !!!!!!!!!!!! Lâches !

Et maintenant ? La diplomatie française est la dernière, ou presque, à s’en tenir à la ligne du refus de toute discussion avec Bachar qui était celle de N. Sarkozy et la mienne.

Ah oui, c’est sûr que si on en veut pas discuter avec le chef du gouvernement… Mais vous avez fait quelle école de Diplomatie, au fait ?

Par ailleurs, quand on a une position contraire à celle de 192 autres pays, des fois, on a tort… (oui, c’est dur à comprendre pour un énarque)

Dans le contexte actuel, cette ligne est devenue : ni Bachar ni Daech.

Génial, il y a une guerre civile entre Assad et Daesh, et on dit : on ne veut aucun d’entre-eux ! Du pur génie !

Le problème, c’est que nous sommes aujourd’hui les derniers et les seuls à tenir bon. Le Président Obama n’avait qu’un but : l’accord nucléaire avec l’Iran. Il l’a atteint. On parle beaucoup dans les chancelleries de contacts entre Russes et Américains pour trouver une sortie de crise en Syrie. Nos partenaires européens sont muets ou prêts au dialogue.

Du pur génie !

Quand je parle de morale et des crimes de Bachar, on me fait remarquer avec quelque condescendance que je suis bien le seul à croire à la morale en politique étrangère.

Oh non, moi, je ne vous jette pas la pierre. Mais dans ce cas-là, on est cohérent : on rompt les relations diplomatiques avec l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Chine, la moitié de l’Afrique, Israël, l’Égypte… Vous l’avez proposé ?

Plus sérieusement, non, il y a peu de morale en politique étrangère. Parce quand il y en a, ça finit souvent par la guerre et les morts… CQFD

Je crains que le moment ne soit donc venu de boire le calice jusqu’à la lie et de nous asseoir à Genève à la table de négociation avec Bachar. Peut-être trouvera-t-on le moyen de sauver la face.

Là, je salue la realpolitik (péniblement accouchée) dont est incapable Fabius.

Mais la vérité est bien celle-ci : Poutine a gagné.

Euh, non, Bachar a gagné, car il a des alliés solides, c’est quoi encore cette obsession de Poutine… Et au pire, c’est la Russie qui a gagné, pas “Poutine”…

Pour combien de temps? Je souhaite bien sûr de tout coeur qu’un accord politique permette de rétablir la paix dans la région et que les millions de réfugiés chassés de Syrie puissent regagner leur terre. C’est notre intérêt direct. Mais les conditions d’une pacification durable ne seront pas faciles à réunir. Les Russes qui n’ont pas réussi à vaincre les Talibans en Afghanistan pourront-ils éradiquer Daech du Proche et Moyen Orient ?

Comment ça “les Russes”, on ne peut pas les aider ???

J’entends bien que les contextes sont très différents mais il faudra une forte coalition pour venir à bout d’un État islamique auto-proclamé dont les moyens sont considérables.

Oui, enfin, faut arrêter le délire, si l’Occident n’arrive pas à arrêter quelques dizaines de milliers de barbares, rendez l’argent des armées… Et prions pour qu’on n’ait pas à affronter un vrai ennemi…

Les pays arabes, Arabie Saoudite en tête, verront-ils durablement d’un bon oeil se constituer une alliance russo-iranienne dans la région ?

Non mais, leur oeil, il faut leur enlever à ces gouvernements pro-terrorisme, comme ils savent faire. Ainsi que le reste. Le regime change, c’est là-bas qu’il faut le mener. Vive l’Arabie libre !!!!

Bien d’autres questions sont posées par l’intervention russe et la diplomatie conquérante de Poutine.

Dixit le gars qui a rasé la Libye…

Elle n’est pas “conquérante” la Diplomatie russe, elle marche (car ils n’ont pas de BHL), c’est tout…

Il est vrai que beaucoup en France et en Europe sont plus réticents à se mettre dans la roue des États-Unis que dans celle de Poutine.

“beaucoup” ????? Au gouvernement ???? Des noms ?

Gaullisme sans doute mal compris.

Hein ?

Il n’est évidemment pas question de nous antagoniser avec la Russie qui est un voisin et un partenaire incontournable. Quand j’étais au Quai d’Orsay, entre 2011 et 2012, je n’ai jamais cessé de parler avec mon homologue Sergueï Lavrov. Pour expliquer et défendre la ligne de la France en rassemblant autour d’elle nos partenaires européens. Aujourd’hui l’Europe est hors jeu et la France seule.

Le problème n’est pas d’être seul, c’est d’être dans l’erreur. Il était seul le Général.

C’était du Gaullisme bien compris.

Alain Juppé

P.S. bon allez, un dernier mot, parce que vous semblez un bon gars au fond. Je vous plains de tout coeur ce soir. Comme je n’aimerais pas être à votre place, et me dire que si j’avais appliqué des principes élémentaires de diplomatie en 2011, si je n’avais écouté les BHL et autres néo-conservateurs pousse-aux-guerres, si j’avais sinon aidé Assad, mais au moins détourné mon regard, il aurait gagné rapidement, et 130 Français de plus vivraient ce soir – et 200 000 Syriens.

Votre métier M. Juppé, comme M. Fabius, est de protéger les Français, pas d’amener la Démocratie en Syrie, vous n’êtes pas Dieu le Père… (si j’ose dire)

Bonne nuit…

===============================

Edit : tiens, j’ai vu que Juppé était intervenu hier soir :

Bravo ! – 4 ans pour comprendre qu’un dictateur laïc qui ne nous menace pas est largement préférable à des wahhabites adeptes du djihad… Ca fait cher la leçon de diplomatie quand même…

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Attaque des groupes fascistes islamiques contre les Parisiens.

14 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #La France, #La République, #La nation ., #Daesch, #ISIL, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #L'OTAN., #La Russie

Attaque des groupes fascistes islamiques contre les Parisiens

la Une des quotidiens "La Marseillaise" et "L'Écho"

la Une des quotidiens "La Marseillaise" et "L'Écho"

la Une des quotidiens "La Marseillaise" et "L'Écho"

la Une des quotidiens "La Marseillaise" et "L'Écho"

Au lendemain des attentats terroristes qui ont ensanglanté la capitale

Canempechepasnicolas

comme Commun Commune El Diablo

fait sienne la position de

Réveil Communiste

 

 

Attentats à Paris hier soir. Au moins 130 personnes ont été tuée ...

Au moins 130 personnes ont été tuée, et des centaines gravement blessées dans des attentats terroristes ignobles.

Nous partageons l'affliction et l'horreur de tous et nous sommes de tout cœur avec les victimes et leurs proches. Des dizaines de jeunes gens pacifiques sont sortis de chez eux hier soir pour se détendre, et ce matin ils sont morts

Selon toute probabilité les criminels sont un fois de plus des fascistes islamistes. Ils ne peuvent pas être considérés comme représentatifs des musulmans dans leur ensemble. Un tel amalgame est un des objectifs des terroristes.

Les tueurs psychopathes de masse que produit notre société n'ont d'ailleurs pas besoin d'une idéologie pour passer à l'acte.

Quelques soient les terroristes et leurs commanditaires, leur objectif principal sera toujours de provoquer la sidération, et de transformer les peuples en une foule apeurée qui assiste en spectateur à une histoire cruelle et délirante où il ne peut pas intervenir, ou en un troupeau manipulé dans une pseudo "Union nationale".

Nous avons aussi une pensée pour les peuples de Russie et de Turquie, directement touchés tout récemment par des terroristes similaires à ceux qui ont ensanglantés Paris, et pour le peuple syrien qui subit ces attaques terroristes de manière continue depuis près de cinq ans, dans l'indifférence générale, et avec l'appui des gouvernements occidentaux et islamistes.

Les terroristes survivants et leurs commanditaires doivent être jugés et punis.

Le moment n'est pas encore de rechercher les responsabilités, y compris les responsabilités intellectuelles et morales, mais il va venir très vite.

GQ 14 novembre 2015

GQ 14 novembre 2015

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Les assassins sont parmi nous… Par Dominique Jamet.

14 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Les assassins sont parmi nous…

Les assassins sont parmi nous… Par Dominique Jamet.

Paris a connu sa nuit la plus sanglante, la plus meurtrière depuis la Deuxième Guerre mondiale. Une nuit de massacre, de sang et de mort.

Lorsque les quatre tueurs ont fait irruption dans la salle de concert du Bataclan, un témoin, un survivant, rapporte qu’ils ont crié « Allahou akbar ! ». L’un d’entre eux a prononcé quelques phrases où il était question de la Syrie. Puis ils ont ouvert le feu. Ils ont tiré aveuglément sur la foule des spectateurs. Ils ont tiré dans le tas. Au nom de Dieu. De leur Dieu. Le Dieu du carnage.

Ça devait arriver. On le savait. On ne savait ni où ni quand ni comment. On ne connaissait ni le lieu ni le jour ni l’heure, mais on le savait. C’est arrivé. Paris a connu sa nuit la plus sanglante, la plus meurtrière depuis la Deuxième Guerre mondiale. Une nuit de massacre, de sang et de mort.

Les précautions prises, les mesures adoptées en vertu du plan Vigipirate, poussé à l’écarlate, n’ont servi de rien, et pas plus les malheureux soldats qui patrouillaient trois par trois au pied de la tour Eiffel ou dans les halls d’Orly et de Roissy que les vigiles qui priaient courtoisement les dames d’ouvrir leur sac à l’entrée des grands magasins. La veille encore, le ministre de l’Intérieur se félicitait de la vigilance qui avait permis à la police de déjouer un vague projet d’attentat contre la base navale de Toulon. Pendant ce temps, dans le secret le plus absolu, quelques dizaines de fanatiques armés jusqu’aux dents dont l’enquête nous dira s’ils étaient fichés comme « radicalisés », dangereux, déjà partis ou revenus de Syrie, mettaient la dernière touche à la préparation de leur raid sauvage.

La France avait pris le parti, avec les moyens dont elle dispose, de participer aux opérations de bombardement menées depuis des mois dans le ciel de l’Irak et de la Syrie par l’étrange coalition qui poursuit dans le désordre et l’inefficacité des buts compliqués et des ennemis variables au Moyen-Orient. On annonçait à son de trompe au début de cette semaine le départ pour la région de notre unique porte-avions flanqué d’une frégate britannique et d’un bâtiment belge. Pouvions-nous imaginer que nos actions qui, pour limitées qu’elles soient, frappent à quatre heures d’avion de Paris les positions djihadistes et leurs alentours, resteraient indéfiniment sans réplique ? Pouvions-nous imaginer que Daech ou Al Qaida, qui disposent en Europe d’une cinquième colonne infiltrée dans la population n’exerceraient aucune représaille contre notre pays ? Ce n’est ni dans leur caractère ni dans leurs habitudes.

Nous nous sommes impliqués dans un conflit qui ne connaît ni trêve ni frontières, où l’adversaire ne fait aucune distinction entre le front et l’arrière, entre militaires et civils, entre innocents et coupables. Nous nous retrouvons, hébétés, en première ligne. Nous avons vécu la nuit dernière, pour la première fois, une situation qui est depuis des années le quotidien de Bagdad, de Kaboul, de Beyrouth, de Damas ou de Mogadiscio dont nous suivons distraitement le martyre à travers les quelques lignes et les quelques secondes que veulent bien leur accorder nos médias dès lors que le nombre des victimes d’un attentat y dépasse les dizaines.

La guerre que nous nous flattions de tenir à distance nous a rattrapés. Elle est sur nous, nous sentons son haleine brûlante sur nos villes, nos aéroports, nos gares, nos stades, nos théâtres, nos cinémas, nos cafés, nos restaurants, nos écoles, nos collèges, nos lycées, nos facultés, nos stades, nos métros, nos commissariats, nos avenues, nos rues. Les cibles sont partout, nous sommes tous des cibles et les assassins sont parmi nous, prêts à frapper où ils veulent, quand ils veulent. Il faut nous rendre à l’évidence : nous ne pouvons faire la guerre au loin et avoir la paix chez nous.

Le gouvernement, dans l’urgence, a décrété l’état d’urgence. Il a décidé, face au terrorisme, de reprendre le contrôle de nos frontières que la grande invasion pacifique des migrants ne lui avait pas paru justifier. Face à la réalité de la menace terroriste, il a dans les faits, en cas de flagrant délit, rétabli la peine de mort rayée de notre droit, et il ne se trouvera personne, espérons-le, pour le lui reprocher. Peut-être va-t-il se décider à mettre hors d’état de nuire les quelques milliers d’individus repérés et fichés comme dangereux, peut-être va-t-il se décider à donner le coup de pied qui s’impose dans la fourmilière salafiste, à incarcérer ou à expulser les prêcheurs de haine, les propagandistes de la soumission, les adeptes de la violence et d’une manière plus générale tous ceux qui, vivant en France ou titulaires de papiers français, sont dans leur tête et se conduisent dans leurs actes comme de fidèles ressortissants du califat des Barbares. Peut-être comprendra-t-il enfin que les islamistes ne nous offrent le choix qu’entre la soumission et la guerre et que, tout compte fait, s’il faut faire la guerre, il vaut mieux, comme disait le vieux Louis XIV, la faire à nos ennemis qu’à nos enfants.

Passé le moment de la stupeur, le temps du deuil et l’appel à l’unité nationale, que nos dirigeants prennent et assument leurs responsabilités, et qu’ils sachent qu’ils seront jugés aux actes.

Dominique Jamet

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