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Le blog de Lucien PONS

la defense de la langue francaise.

Et si on vendait notre langue française et mieux encore ... si on vendait notre pensée ? Par Valérie Fabens

16 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La défense de la langue française.

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PRESIDENCE RWANDAISE DE LA FRANCOPHONIE : UN SCANDALE FRANÇAIS ! par Pierre Péan

10 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La défense de la langue française.

PRESIDENCE RWANDAISE DE LA FRANCOPHONIE :
UN SCANDAL FRANÇAIS !
par Pierre Péan

lundi 8 octobre 2018, par Comité Valmy

Incroyable mais vrai ! L’Elysée soutient une candidature… rwandaise à la présidence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). La décision doit être entérinée les 11 et 12 octobre prochains à Erevan (Arménie) lors du XVIIème sommet de l’organisation. Cette posture française est absolument scandaleuse ! Depuis son installation en 1994, la dictature de Paul Kagamé s’efforce de promouvoir la langue anglaise et ne cesse de traîner régulièrement la France et ses dirigeants dans la boue. Comment expliquer la décision de l’Elysée, qui en matière de haine de soi, atteint ainsi un sommet difficilement explicable ? En toute amitié, nous avons demandé au grand journaliste d’investigation Pierre Péan d’assurer l’Editorient de cette semaine. La rédaction.
PRESIDENCE RWANDAISE DE LA FRANCOPHONIE :
UN SCANDAL FRANÇAIS !

En soutenant la candidature de Louise Mushikiwabo – la ministre des Affaires étrangères rwandaises – à la tête de la Francophonie, Emmanuel Macron élève le French Bashing au sommet de l’Etat. Il demande aux dirigeants francophones de donner plus de poids à une personne dont la célébrité s’est construite sur la haine de la France, qui ne manque jamais une occasion de taper sur les militaires et les politiques français accusés de complicité de génocide. Une dame qui n’a aucun état d’âme pour justifier enlèvements et assassinats d’opposants à l’étranger.

 

Au journaliste d’Al Jazeera, qui lui posait en juin 2016 une question sur l’étranglement du colonel Patrick Karegeya dans un hôtel sud-africain, elle répondit : « Why should I be unhappy about my enemies and people who threaten ? » Elle a aussi défendu fermement la décision de Kagamé de faire de l’anglais la langue d’enseignement et langue d’administration. Et du Rwanda, le 54ème Etat du Commonwealth.

 

Le 11 septembre 2011, la candidate à la direction de la Francophonie ne déclarait-elle pas à Paris : « c’est un peu un signe des temps. L’anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Sinon le français au Rwanda ne va nulle part ». Et, il y a quatre ans, Louise Mushikiwabo faisait détruire au bulldozer le centre culturel français ! Elle a craché à de nombreuses reprises sur la justice française qui instruit sur l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Le 11 novembre 2016, elle a ainsi menacé de publier « une nouvelle liste de hauts responsables politiques français accusés de complicité dans le génocide de 1994 contre les Tutsis ».

 

Mais surtout, cette dame est le haut-parleur d’un des pires dictateurs de la planète. Paul Kagamé est élu avec des taux soviétiques, enferme et tue ses opposants, crache sur la liberté de la presse… Les valeurs promues par l’OIF ne sont-elles pas « la démocratie, les droits de l’homme, l’Etat de droit et la justice » ? Par ce soutien Emmanuel Macron condamne l’OIF et envoie un signal très fort aux dictateurs africains : « le mépris de vos peuples ne remettra pas en cause notre soutien… »

 

Ce soutien est incompréhensible. Sauf d’imaginer que ses dossiers sont mal faits ou influencés par les lobbies puissants de Kagamé qui ont gangrené les principaux médias français et une partie de l’administration. Il n’y a pourtant pas de grands efforts à fournir pour se procurer des enquêtes indépendantes sur la vraie nature du régime de Kigali. A commencer par le rapport Gersony, qui dès septembre 1994 constatait que l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), sous les ordres de Kagamé, s’était livrée à des massacres de masse contre les Hutus. Les Américains aidèrent Kagamé à enterrer ce rapport de l’ONU au point qu’aujourd’hui, il est censé n’avoir jamais existé !

 

Il y a aussi le rapport Mapping, également rédigé par l’ONU en 2008 et 2009, faisant état de crimes de masse commis en République Démocratique du Congo entre 1993 et 2003 par les soldats rwandais. Il n’exclut pas la possibilité d’un génocide. Il y a également la justification par le juge espagnol Merelles du lancement de 40 mandats d’arrêt contre les plus proches collaborateurs de Paul Kagamé (le 6 février 2008), dont je ne citerais que les premiers mots : « une fois le pouvoir obtenu par la violence, ils ont mis sur pied avec les mêmes méthodes un régime de terreur et une structure criminelle parallèle à l’Etat de droit… »

 

Il n’est pas nécessaire de passer beaucoup de temps sur le dossier Rwanda pour comprendre que l’histoire du drame est complètement truquée. Que Paul Kagamé et ses soutiens anglo-saxons ont réussi à imposer que les enquêtes du TPIR soient limitées aux seuls crimes des « génocidaires hutus ». Quelques jours avant le vote d’Erevan pour élire la tête de la Francophonie, un document inédit transmis récemment à la Justice française montre à tous la vraie nature du régime soutenu par Emmanuel Macron. C’est un Rapport du TPIR, daté du 1er octobre 2003 (trente pages) sur les « crimes commis par l’APR ».

 

Il permet de mieux comprendre Carla del Ponte, ancienne procureure du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), qui, dans son livre La Traque, les Criminels de guerre et moi1, raconte que ses problèmes ont commencé quand elle décida de mener une enquête sur le Front patriotique rwandais, « parce que le président Kagamé et d’autres leaders tutsis ont basé une grande partie de leur prétention à la légitimité sur la victoire du FPR contre les génocidaires en 1994 […]. Ils ont présenté leur conquête du pays comme une lutte juste pour mettre fin à un génocide ». Et d’expliquer dans le détail que les autorités rwandaises tenaient sous contrôle chaque étape de ses enquêtes.

 

Au bout du compte, Carla del Ponte fut chassée de son poste par l’administration américaine. Furent ainsi abandonnées toutes les enquêtes sur l’APR. Le document résume le gros travail effectué par l’équipe des Investigations spéciales sur les crimes commis par l’APR pendant l’année 1994.

 

Ce document est effroyable. Il dégouline du sang des dizaines de milliers de victimes en très grande majorité hutues. Toute la mécanique de la prise de pouvoir par l’APR y est minutieusement décrite. Dix-huit sites de massacres sont recensés. Les techniques d’exécution sont précisément exposées. Sont également analysés le rôle de la DMI (Directorate of Military Intelligence) dans la désignation des victimes et celui des fameux « techniciens » qui dépendaient du Haut commandement de la DMI.

 

Des commandos qui opéraient habillés en civil, formés à empoisonner l’eau, à tuer avec une corde, avec un sac plastique, à injecter l’huile dans les oreilles, à utiliser l’agafuni, à faire sauter des mines dans des lieux publics… Certains étaient chargés d’infiltrer les interahamwe sur certaines barrières ; « leur rôle était de prendre part aux tueries et d’inciter les interahamwe à commettre davantage de massacres ».

 

Bref ce rapport met en pièces l’histoire officielle du drame rwandais, telle qu’elle est imposée par le régime de Kigali et ses nombreux soutiens associatifs et médiatiques : un affrontement entre le Bien et le Mal, entre les bons Tutsis et les Hutus génocidaires. Selon ce roman-là, Paul Kagamé aurait mené une guerre de libération nationale, mis un terme au génocide et pris in fine le pouvoir, le 12 juillet 1994, malgré l’aide apportée par les militaires français aux Hutus.

 

La réalité est évidemment toute autre : le drame rwandais est une guerre civile sauvage entre Tutsis et Hutus, déclenchée en octobre 1990 par une agression armée des Tutsis du FPR, diaspora installée en Ouganda, soutenue par l’armée ougandaise et relancée en 1994 par l’attentat contre l’avion d’Habyarimana… qui déclencha le génocide des Tutsis et des Hutus modérés.

 

Pierre Péan
8 octobre 2018

1 Publié en octobre 2009 chez Héloïse d’Ormesson.

Proche&Moyen-Orient.ch
Observatoire Géostratégique

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Revue des médias : l'hommage de la presse à Jacques Brel

9 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La défense de la langue française.

Revue des médias : l'hommage de la presse à Jacques Brel
 
Jacques Brel en 1966 - © Archive Belga/AFP
 
 
l'indémodable, Jacques Brel l'éternel. Nous devons tous quelque chose à Jacques Brel Titre De Morgen.
 

Disparu il y a tout juste quarante ans, le "Grand Jacques" n'a rien perdu de son influence auprès d'une jeune génération de chanteurs explique Le Figaro. Un modèle "stylé" pour les jeunes chanteurs. Un artiste incontournable quand on écrit en français.

"L'émergence d'une nouvelle génération a permis de mettre en évidence la marque profonde qu'il a laissée et la modernité de son travail. Il est comme Bach ou Mozart pour les musiciens classiques ou Picasso et Dali pour les étudiants en art : un artiste qui a changé les choses".

Et pourtant, sa maison de disque ne voulait pas de lui rappelle La DH. "Ce Belge nous fait perdre de l'argent". Son art et sa présence sur scène finiront par convaincre.

Les quotidiens ont d'ailleurs du mal ce matin à résumer, à faire un choix entre les nombreux textes et chansons pour illustrer la vie de Jacques Brel.

Jacques Brel qui nous fait voyager... Sur son île à lui. Hiva Oa, "où Brel a perdu son cœur et où il est enterré" explique De Morgen. Une île où son influence est toujours bien présente. "Là-bas, il est encore en vie" expliquent les habitants. C'est même le voisin de Gauguin.

Cette île, il aimait s'y retrouver, loin de la vie trépidante des capitales européennes. Pour Brel, le temps s’était arrêté aux Marquises. "Le paradis sur terre" écrit Christian Laporte dans La Libre Belgique.

La Libre qui s'arrête aussi ce matin à Zandvoorde en Flandre occidentale. Le petit village d'où est originaire sa famille et qui lui rend hommage.

"De moins en moins de Flamands pointus critiquent le critique encore" écrit le quotidien. "Il y a 30 ans, lorsque Johan Anthierens, éminent publiciste progressiste flamand fit ériger une statue de “Marieke” à Bruges, on craignait le pire tant pour l’œuvre que pour son promoteur. Depuis lors, le temps a fait son œuvre". Brel n’aimait pas les extrémistes. "Sa chanson sur les flamingants en attesta mais il avait compris que leur révolte provenait d’une réelle soumission à la bourgeoisie francophone au XIXe. Et il n’eut de cesse de prôner des solutions de bon sens. Il invita, par exemple, les jeunes Belges à faire la moitié de leur service militaire en français et l’autre en néerlandais."

Enfin, comment ne pas terminer ce voyage par la capitale de ce plat pays qui est le sien. Celle qu'il chanta en 1962. Bruxelles qu'il réinventa à sa manière comme l'explique La Dernière Heure. "Sur les pavés de la place Sainte-Catherine dansaient les omnibus". Oui mais à l’époque des omnibus, la place Sainte-Catherine n’existait pas : c’était un bassin, le cœur du port de Bruxelles.

"Sous les lampions de la place Sainte-Justine" : il n’y a jamais eu de place Sainte-Justine à Bruxelles !

Brel le savait et n’y accordait aucune importance.

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"Je suis banquier comme ils disent" . Une parodie d'une chanson du grand Charles Aznavour

7 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #La défense de la langue française.

 "Je suis banquier comme ils disent" . Une parodie d'une chanson du grand Charles Aznavour

Bonjour

 

Je vous transmets un message de Vincent Christophe Le Roux. Une parodie de la chanson d’Aznavour "Je suis un homo comme ils disent".

 

Un peu d’humour est parfois nécessaire.

 

Bien cordialement.

 

Lucien Pons

 

 

Le message

 

"Je suis banquier comme ils disent"

Sur l'air de "Comme ils disent" de Charles Aznavour avec une voix qui lui ressemble étrangement...

https://www.facebook.com/100007929559191/videos/2177228975884733/?fref=mentions

 

L’humour, la meilleure arme contre les cons !

 

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Consultation publique sur l’emploi des langues au sein de l’Union européenne (UE). Par Régis Ravat

22 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La défense de la langue française.

 

Consultation publique sur l’emploi des langues au sein de l’Union européenne (UE)

Pour ne parler que du seul critère de la langue, l'UE, pour la France et pour la plupart des pays européens, n'est pas un espace de liberté linguistique puisque, depuis le traité de Maastricht (1992), c'est-à-dire depuis le tournant ultralibéral, marché mondial sans frontières et libre-échangiste de l'Union, tous les états non anglophones ont été peu à peu soumis au diktat de l'anglais-roi.

 

Le processus d'anglicisation s'est opéré par doses homéopathiques dans le plus pur style de ce qu'on appelle la guerre douce, ou guerre de velours, c'est-à-dire sans qu'il y ait eu une armée d'invasion qui, par la force des armes, aurait imposé la langue, la culture et le modèle économique étatsuniens. Et il n'y a pas eu, non plus, bien évidemment, un vote démocratique au sein de chaque pays de l'Union pour valider, ou non, le fait que l'anglo-américain devienne la langue commune de l'UE.

C'est un fait, avant Maastricht, le français était la première langue étrangère enseignée (LV1) en Espagne, au Portugal, en Italie, en Roumanie, en Grèce, après Maastricht, c'est l'anglais qui a pris peu à peu la première place dans ces pays et partout dans les écoles d'Europe. Ceux qui croient que ce changement est dû au simple hasard, sont des incrédules, ils ne connaissent pas la force de frappe des Anglo-Saxons : les influenceurs, véritables VRP au service de l'oligarchie mondialiste anglophone, grassement payés pour influencer nos politiciens et nos décideurs dans le sens des intérêts, non pas des peuples européens, mais des oligarques qui les emploient.

Tout cela s'est passé en douceur, lentement, mais sûrement, d'une manière subliminale, au point qu'aujourd'hui, l'Européen moyen est devenu un parfait colonisé, et un colonisé fier de l'être, persuadé que l'anglais s'est imposé tout seul, par sa seule valeur intrinsèque, alors qu'il a été imposé selon un plan bien défini, pour couler l'Europe dans le moule anglo-américain, pour, au final, réaliser le grand Marché transatlantique États-Unis d'Amérique-Union européenne.  

Cela dit, trois remarques sont à faire sur la consultation que lance la Médiatrice européenne (Irlandaise), Madame Emily O'Reilly :

- Elle parle des 24 langues officielles de l'UE, et oublie, comme par hasard, de parler de l'anglais qui, avec le Brexit, ne fera normalement plus partie des langues officielles de l'Union, Malte ayant déclaré comme langue officielle, le maltais et l'Irlande, le gaélique.

- Son adresse postale est ainsi libellé : European Ombudsman, 1 avenue du Président Robert Schuman, CS 30403 - 67001 Strasbourg Cedex, France. Une adresse où l'on peut constater que l'appellation « Médiateur européen » est donné en anglais  "European Ombudsman", alors que cette dame donne une adresse censée être en France, à Strasbourg ?

- elle donne deux textes en référence : http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2016/573460/IPOL_STU(2016) et https://www.ombudsman.europa.eu/fr/resources/dataprotection/home.faces, mais deux textes exclusivement en anglais (foutage de gueule !).

Conclusion : Si la langue française était la langue commune de l'Europe des Six du temps du Marché Commun, c'est devenu l'anglais, ou plutôt l'anglo-américain avec l'UE maastrichtienne.

Soyons logiques : puisque, avec le Brexit, l'anglais ne fera bientôt plus partie des langues officielles de l'UE, ne faudrait-il pas alors profiter de l'occasion pour faire en sorte que l'on revienne au français, langue commune de l'Union, comme au temps du Marché commun ?

L'Europe sans la langue anglaise, c'est bon !

(photo montage, titre initial : L'Europe sans les Anglais)

Bien évidemment, il ne s'agit pas ici de remplacer une impérialisme par un autre impérialisme, mais le français, grande langue internationale et langue gréco-latine, aurait l'avantage de donner à l'Union européenne une image plus humaniste et plus sociale, il la démarquerait du modèle étatsunien et lui garantirait son non-alignement et son indépendance sur la politique des États-Unis d'Amérique. De plus, le français, langue commune de l'UE, permettrait de parler d'une autre voix que celle du maître étatsunien, de parler d'une autre voix à la Chine, à la Russie, à l'Inde et aux autres puissances en devenir. L'impérialisme de la langue française étant moindre par rapport à l'impérialisme de la langue anglaise, les autres langues de l'Union auraient plus de chance de rayonner et de participer ainsi à une Europe réellement plurilingue et respectueuse des diversités linguistiques et culturelles.

Enfin, si le but de l'Union européenne est de faire de l'Europe une entité capable d'exister et de résister face aux impérialismes extérieurs, et notamment face au pouvoir en marche de l'oligarchie mondialiste menée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), il est de son intérêt d'être représentée par une langue comme le français qui demeure une langue internationale sans être une langue globalisante comme l'anglo-américain.

Car aujourd'hui, rappelons-le... 

l'anglais, ou plutôt l'anglo-américain, sert à détruire les nations pour tenter de les globaliser en un seul paquet, un paquet qui sera ensuite géré par une gouvernance mondiale de type GAFAM et Cie. L'anglo-américain, le globiche, est ainsi devenu la langue de la globalisation, la langue de l'oligarchie qui veut gouverner le monde, la langue du compactage humain, celle qui a pour but de détruire le citoyen pour le transformer en consommateur docile, une langue qui n'est plus internationale puisqu'elle tend à tuer les nations, une langue dont il faut combattre l'impérialisme et l'hégémonie jusqu'au dernier souffle de notre énergie.

 

 

L’emploi des langues au sein des institutions, organes et organismes de l’Union européenne (1) !

 

Contexte

La langue est la composante essentielle de la communication. L’Union européenne – qui compte 28 États membres, 24 langues officielles et plus de 500 millions de citoyens – s’engage à respecter et à protéger la diversité linguistique, partie intégrante de notre patrimoine culturel. Cet engagement est explicitement consacré par les traités de l’UE (2) et par la Charte des droits fondamentaux de l’UE(3).

C’est pourquoi les langues utilisées par les institutions européennes pour communiquer avec le public revêtent une importance capitale. Certains droits linguistiques spécifiques ont été créés dans ce domaine. Les citoyens de l’UE ont le droit de s’adresser aux institutions européennes dans la langue officielle de leur choix et de recevoir une réponse dans cette même langue (4). Tous les actes législatifs de l’UE doivent être publiés dans toutes les langues officielles pour que les citoyens soient en mesure de comprendre les législations qui régissent leur vie. En dehors de ce cas de figure précis, les institutions européennes jouissent d’un certain pouvoir discrétionnaire quant aux langues à utiliser dans des situations spécifiques. L’exercice de ce pouvoir discrétionnaire par les institutions européennes est une question de bonne administration.

Le nombre de langues officielles est passé de 4 (en 1958) à 24 aujourd’hui. Cette évolution suppose de nombreux défis pour l’administration publique de l’UE. Elle engendre des difficultés pratiques, dont les plus fréquemment citées sont: des coûts de traduction accrus, le ralentissement du processus décisionnel ainsi que des divergences entre les différentes versions linguistiques. Certains font valoir que la diversité linguistique et l’égalité entre les langues ne devraient pas être absolues et doivent être conciliées à l’efficacité administrative et aux contraintes budgétaires.

Étant donné que de nombreux citoyens de l’UE ne parlent qu’une langue officielle de l’UE (ou un nombre limité de langues officielles) (5), les restrictions de l’emploi des langues officielles limitent la capacité des citoyens à interagir avec les institutions européennes. Il est important de s’assurer que toute restriction linguistique est proportionnée et équitable. Les organes et institutions de l’UE devraient, par exemple, déterminer avec soin les cas dans lesquels il est acceptable de communiquer ou de mener des travaux dans une seule langue officielle, ou dans un nombre restreint de langues officielles.

(5) Rapport du Parlement européen uniquement disponible en anglais !

Rapport uniquement en anglais de la Médiatrice européenne Emily Reilly

Traduction en français par Pierre Dieumegard, pour Europe-Démocratie-Espéranto
Cette traduction n'a pas été faite par des traducteurs diplômés et financés par l'Union européenne. Elle contient peut-être (probablement) des erreurs, mais elle a aussi quelques explications supplémentaires pour faciliter la compréhension par les lecteurs francophones, et en particulier français.
Elle a pour but de permettre à davantage de citoyens et de résidents de l'Union européenne de comprendre des documents réalisés par l'Union européenne (et financés par leurs contributions).
Elle est une illustration de la nécessité du multilinguisme dans l'Union européenne : sans traductions, une grande partie de la population est exclue du débat.
Pour des traductions fiables, la langue internationale espéranto serait très utile, à cause de sa simplicité, de sa régularité et de sa précision.
Sur la Toile :
Fédération Eŭropo-Demokratio-Esperanto : http://e-d-e.org/ ou http://demokratio.eu
Europe-Démocratie-Espéranto (France) : http://e-d-e.fr/  courriel : contact@e-d-e.org

Ces dernières années, la Médiatrice européenne a examiné les politiques linguistiques de certaines institutions européennes. Ces enquêtes lui ont notamment permis de conclure que les institutions européennes peuvent légitimement restreindre l’emploi des langues dans le cadre des communications et des documents internes (6).

Règlement n°1/1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté Économique Européenne

Autre conclusion : ces restrictions linguistiques peuvent légitimement s’appliquer aux procédures administratives qui concernent des acteurs extérieurs, comme les marchés publics ou les appels à propositions, lors desquels l’UE interagit avec un groupe limité de parties prenantes. Cependant, la Médiatrice constate des différences majeures entre les institutions : actuellement, les restrictions linguistiques et les règles qui s’y rapportent, lorsqu’elles existent, varient d’une institution européenne à une autre. En l’absence de règles claires et de justification satisfaisante pour l’application de régimes linguistiques restreints, il n’est pas étonnant que le public ait du mal à s’y retrouver.

L’emploi des langues sur les sites web des institutions, lesquels constituent l’une des premières sources d’information des personnes qui s’intéressent aux politiques et aux programmes de l’UE, suscite des interrogations. Il semblerait que chaque institution européenne décide seule si son site internet européen sera traduit ou non (et si c’est le cas, quelles parties le seront et dans quelles langues). Si les sites web ne sont pas accessibles dans toutes les langues officielles, l’accès à l’information est susceptible d’être difficile, voire impossible, pour une partie importante du public.

Les consultations publiques visant à recueillir les avis du public sur de nouvelles politiques ou sur d’éventuelles propositions législatives constituent une autre source d’inquiétude. Les restrictions linguistiques lors de ces consultations publiques risquent de limiter fortement la capacité du citoyen lambda à contribuer à ces consultations.

 

Invitation à présenter des observations

 

La Médiatrice aimerait encourager le débat sur la meilleure manière, pour les institutions européennes, de communiquer avec le public, en assurant un équilibre acceptable entre le besoin de respecter et de promouvoir la diversité linguistique d’une part, et les contraintes administratives et budgétaires d’autre part.

Pour lancer le débat, la Médiatrice invite le public à répondre aux questions ci-après.

I. Règles et pratiques en matière de restrictions linguistiques

1. Il existe un manque de transparence (et peu de règles formelles) concernant la mise à disposition, par les divers services de l’administration européenne, d’informations dans les différentes langues officielles de l’UE. Il s’agit notamment des critères utilisés pour décider quelle(s) langue(s) employer dans des contextes particuliers. Comment peut-on pallier ces manques ? Quels critères supplémentaires, le cas échéant, devraient être appliqués ?

2. Chaque institution européenne devrait-elle disposer d’une politique linguistique ? Si oui, quel devrait en être le contenu ? Ces politiques devraient-elles être publiées sur les sites web des institutions ? Avec quel degré de précision ces politiques devraient-elles être décrites pour les cas précis dans lesquels le régime linguistique peut être restreint ?

3. Chaque institution devrait-elle se doter d’une politique concernant les cas où elle peut fournir sur demande des traductions des informations ou des documents ? Si oui, quel cadre faudrait-il instaurer pour éviter des coûts exorbitants ?

II. Sites web de l’UE

4. Quels principes linguistiques généraux devraient s’appliquer aux sites web des institutions européennes ? Selon vous, quelles parties des sites web de l’UE devraient, en particulier, être disponibles dans toutes les langues officielles, ou dans un grand nombre de celles-ci ?

5. Serait-il utile de publier des résumés des questions-clés dans toutes les langues officielles, ou dans un grand nombre de celles-ci ?

6. Est-il acceptable, dans certaines circonstances, de fournir des informations dans un nombre restreint de langues, plutôt que dans toutes les langues officielles ? Si oui, quels devraient-être les critères de sélection de ces langues (par exemple, l’importance démographique des personnes qui parlent cette langue, le niveau de diversité linguistique au sein de la population...) ?

Vive le Brexit, on va pouvoir parler français !

III. Consultations publiques

7. En avril 2017, la Commission européenne a adopté un nouveau règlement intérieur rendant obligatoire la publication dans toutes les langues officielles de l’UE des documents relatifs aux consultations publiques sur les «initiatives prioritaires» du programme de travail annuel de la Commission. Toutes les autres consultations publiques doivent être au moins accessibles en anglais, en français et en allemand. Les consultations publiques touchant à « l’intérêt public général » doivent être accessibles dans les autres langues également. De plus, les « pages des consultations publiques ou résumés de celles-ci doivent être traduits dans toutes les langues officielles de l’UE ».

Selon vous, cette politique assure-t-elle un bon équilibre entre le besoin de respecter et de soutenir la diversité linguistique d’une part, et les contraintes administratives et budgétaires d’autre part ? Est-ce le type de politique raisonnablement susceptible d’être adoptée par d’autres institutions européennes ?

IV. Autre

8. L’unique législation spécifique relative à l’emploi des langues au sein de l’administration européenne date de 1958 (7), époque à laquelle les institutions ne comptaient que six États membres et quatre langues officielles. Pensez-vous que, dans les circonstances actuelles, une nouvelle législation serait utile ? Pensez-vous plutôt que la gestion des questions linguistiques devrait se faire en dehors d’un cadre législatif détaillé ?

9. Toute augmentation du volume d’informations et de documents publiés dans toutes les langues officielles de l’UE engendrera des coûts de traduction supplémentaires. Comment prendre en charge ces coûts additionnels, selon vous ? En prenant des fonds ailleurs dans le budget de l’UE ? En affectant à cette activité des financements complémentaires provenant des États membres concernés ? D’une autre manière ?

10. Dans quelle mesure la technologie peut-elle être utilisée pour fournir des traductions entre les différentes langues de l’UE ? Dans la mesure où les traductions « automatiques » ne sont pas toujours parfaitement exactes, est-ce un prix acceptable à payer pour disposer d’un accès plus rapide et plus rentable aux documents que si l’on n’avait pas recours à celles-ci ?

 

Barroso, escroc linguistique ? от Anglomalaria на Rutube.


Comment contribuer ?

 

Les commentaires doivent être soumis le 30 septembre 2018 au plus tard.

Les contributeurs devraient utiliser de préférence le formulaire en ligne. Si cela n'est pas possible, les contributions peuvent être envoyées par courriel via notre formulaire de contact ou par courrier à :

European Ombudsman, 1 avenue du Président Robert Schuman, CS 30403, F - 67001 Strasbourg Cedex, France

Veuillez indiquer clairement « consultation linguistique – SI/98/2018/TE » au début de votre contribution.

Les contributions peuvent être rédigées dans chacune des 24 langues officielles de l’UE.

La Médiatrice prévoit de les publier sur son site web. Les personnes physiques qui considèrent que, conformément au règlement (CE) nº 45/2001 sur la protection des données à caractère personnel (8), leur nom ne doit pas être publié doivent en informer la Médiatrice.

(8) document exclusivement en anglais !

Document uniquement en anglais de la Médiatrice européenne Emily O'Reilly

Si vous souhaitez obtenir de plus amples informations, veuillez contacter Mme Tanja Ehnert, gestionnaire de dossiers auprès de la Médiatrice (tél. +32 2 284 67 68).

(1) Ci-après simplement dénommés les « institutions européennes ».

(2) Article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne : [...]  Elle respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique, et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen.

(3) Articles 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE : 

Article 21 - Non-discrimination

1.   Est interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.

2.   Dans le domaine d'application des traités et sans préjudice de leurs dispositions particulières, toute discrimination exercée en raison de la nationalité est interdite.

Article 22 - Diversité culturelle, religieuse et linguistique

L'Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique.

(4) Article 20, paragraphe 2 ([...] d) le droit d'adresser des pétitions au Parlement européen, de recourir au médiateur européen, ainsi que le droit de s'adresser aux institutions et aux organes consultatifs de l'Union dans l'une des langues des traités et de recevoir une réponse dans la même langue) ;

et article 24 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) ([...] Tout citoyen de l’Union peut écrire à toute institution ou organe visé au présent article ou à l’article 13 du traité sur l’Union européenne dans l’une des langues visées à l’article 55, paragraphe 1, dudit traité et recevoir une réponse rédigée dans la même langue.) ;

article 41, paragraphe 4, de la Charte des droits fondamentaux de l’UE : [...] 4. Toute personne peut s'adresser aux institutions de l'Union dans une des langues des traités et doit recevoir une réponse dans la même langue.

(5) Pour une vue d’ensemble des connaissances en langues étrangères des citoyens de l’UE, voir Parlement européen, European Strategy for Multilingualism: benefits and costs (Stratégie européenne en faveur du multilinguisme: avantages et coûts) (2016), p.8. Disponible à l’adresse suivante: http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2016/573460/IPOL_STU(2016)573460_EN.pdf

(6) Article 6 du règlement nº 1/1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté Économique Européenne, JO 1958 017, p. 385 règlement nº 1/1958).

(7) Règlement nº 1/1958.

(8) Règlement (CE) nº 45/2001 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2000 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les institutions et organes communautaires et à la libre circulation de ces données (JO 2001 L 8, p. 1). Voir également https://www.ombudsman.europa.eu/fr/resources/dataprotection/home.faces;jsessionid=7C

Source ombudsman.europa.eu, lelundi 23 juillet 2018

 

 

Un exemple parmi tant d'autres de l'anglomanie qui règne en Europe !

 

Le site des Fédéralistes européens est entièrement en anglais, aucune autre langue n'y est présente :

L'Union des Fédéralistes européens ou l'anglomanie européenne !




Publié par Régis RAVAT le 30 aout 2018

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Québec. Un premier débat en anglais en plus de 30 ans

18 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La défense de la langue française.

Un premier débat en anglais en plus de 30 ans
Jean-François Lisée, Manon Massé, François Legault et Philippe Couillard ont participé au débat des chefs en français jeudi dernier.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Jean-François Lisée, Manon Massé, François Legault et Philippe Couillard ont participé au débat des chefs en français jeudi dernier.

Philippe Couillard, Jean-François Lisée, François Legault et Manon Massé participeront lundi soir à un premier débat des chefs télévisé en anglais, et ce, au grand dam d’organisations de défense et de promotion de la langue française.

En se prêtant à cet exercice, les chefs des quatre principaux partis politiques raffermissent l’idée selon laquelle l’anglais constitue « une langue supérieure » au Québec, déplore le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, tout en rappelant que les anglophones représentent 8 % de la population québécoise. « Et il y a à peine 5 % de la population du Québec qui ne parle pas français. Cette vision de suprémacisme, de deux poids deux mesures, d’iniquité, on semble vouloir nous habituer à vivre avec », poursuit-il.

Le président du Mouvement Québec français (MQF), Maxime Laporte, soutient que, « même dans une pure logique de marketing politique, les bénéfices à en tirer [par les formations politiques] ne font pas le poids face aux préjudices infligés au statut de la langue ». « On nuit directement à la francisation des allophones, objectif qui commande tout d’abord l’affirmation sans ambiguïté du français comme seule langue commune de notre démocratie et de nos institutions », soutient-il.

Impératif français et le MQF ont tous deux demandé aux chefs de reconsidérer leur participation, « ne serait-ce que par solidarité pour les Acadiens qui, eux, n’auront pas droit à une joute électorale dans leur langue », mais en vain.

Les chefs d’antenne Mutsumi Takahashi (CTV), Debra Arbec (CBC) et Jamie Orchard (Global) questionneront lundi soir M. Couillard, M. Lisée, M. Legault et Mme Massé sur les enjeux touchant tout particulièrement la communauté anglophone, entre autres choses.

Elles demanderont sans doute au meneur des sondages, François Legault, d’expliquer comment il s’y prendrait pour abolir les commissions scolaires ainsi que les élections scolaires au suffrage universel tout en respectant les droits constitutionnels de la minorité anglophone du Québec. « Je ne suis pas inquiet. Je pense que je vais tenir mon bout avec M. Lisée et M. Couillard », a lancé le chef caquiste dimanche.

Pour consolider ses appuis chez les anglophones, qu’il a qualifiés de « solides », Philippe Couillard ne manquera pas de rappeler l’attachement de son parti aux « institutions » de la minorité anglophone. « Vous savez, quelqu’un qui veut abolir les commissions scolaires, ça ne va pas très loin chez les Québécois de langue anglaise, et on comprend pourquoi », a-t-il dit dimanche.

Cela dit, M. Couillard pourrait rapidement se retrouver sur la défensive lundi soir ― s’il est appelé, par exemple, à défendre la « réforme Barrette » du réseau de la santé, qui s’est traduite par l’abolition d’instances contrôlées par la communauté anglophone.

D’autre part, il y a fort à parier qu’un de ses adversaires se fera un malin plaisir de rappeler aux auditeurs l’appui du gouvernement libéral à une motion de l’Assemblée nationale invitant les commerçants à simplement lancer « bonjour », plutôt que « bonjour -hi ! », lorsqu’ils accueillent des clients.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, « s’adressera à tous les Québécois » lundi soir, mais aura une attention particulière pour « les progressistes non francophones qui veulent avoir un bon gouvernement, vert, propre, qui met la priorité au service pour les enfants, les patients, les aînés ». « Ça, c’est nous », a-t-il soutenu dimanche.

Pour Québec solidaire, ce débat sera l’occasion de faire connaître ses idées auprès de la communauté anglophone, généralement connue pour être fédéraliste. « On gagne à leur expliquer que pour relever les défis environnementaux du XXIe siècle, le Québec a tout à gagner d’être un pays », a dit Manon Massé.

Le dernier débat des chefs dans la langue de Mordecai Richler, entre le péquiste Pierre-Marc Johnson et le libéral Robert Bourassa, remonte à 1985. Il avait été diffusé seulement à la radio.

Avec Marie Vastel, Marie-Michèle Sioui, Guillaume Bourgault-Côté et Améli Pineda

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Antoine Laumet serait-il le père de l’Ontario français? Par Magalie Homo

18 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La défense de la langue française.

Antoine Laumet serait-il le père de l’Ontario français?
 
 

18 février 2014 

Sortez vos cahiers, c’est l’heure de votre cours d’histoire! On connaît bien la figure historique d’Étienne Brûlé, le premier français à débarquer au Canada, célèbre coureur des bois, et interprète de Samuel de Champlain. C’est un personnage bien connu des livres d’histoires. Mais qu’en est-il d’Antoine Laumet «de Lamothe Cadillac»?

Connu aujourd’hui essentiellement comme la marque d’une prestigieuse voiture, Cadillac est historiquement considéré comme le fondateur de la ville de Détroit.

Paul-François Sylvestre, historien, romancier et chroniqueur à L’Express, a tenté de nous démontrer mardi soir, lors d’une conférence au studio du Théâtre français de Toronto, que ce personnage historique, pourtant méconnu de la plupart d’entre nous, est à l’origine de beaucoup dans la création de l’Ontario français.

C’est «un des personnages les plus truculents de l’histoire de la Nouvelle-France», selon le Dictionnaire biographique du Canada.

C’est sous le nom d’Antoine Laumet (son nom de naissance) qu’il arrive au Canada vers 1683. Lors de son union avec Marie-Thérèse Guyon en 1687, il magnifie ses origines et se proclame «Antoine de la Mothe, écuyer, sieur de Cadillac, 26 ans, fils de Jean de la Mothe, seigneur du dit lieu de Cadillac, de Launay et de Montet, conseiller au parlement de Toulouse et de dame Jeanne Malenfant».

Or ses parents ne sont nobles ni d’Ève ni d’Adam. Son père, Jean Laumet, est un simple magistrat et n’est le seigneur de nulle part. Quel fourbe! Il sera d’ailleurs qualifié par William John Eccles comme «l’un des plus fieffés coquins qui n’aient jamais foulé le sol de la Nouvelle-France». Une vaste fumisterie, donc, tout droit venue de France.

L’assomption hiérarchique

D’abord engagé par Fontenac, à Québec, comme lieutenant dans les troupes de la marine, il est ensuite promu au rang de capitaine en reconnaissance de ses services. Il est après cela nommé commandant au Fort de Michillimakinac (ou Fort Buade) à la jonction des lacs Huron et Michigan, un poste très important avec de lourdes responsabilités en pleine guerre contre les Iroquois.

Malheureusement il s’avère être un piètre commandant. En revanche il a une idée, un projet important concernant le Pays-d’en-Haut, et qui sera fondamental dans l’histoire de l’Ontario.

 

Cadillac veut amener des colons à s’établir au détroit qui relie le lac Érié au lac Sainte-Claire. Et c’est d’ailleurs ce qu’il a fait! Une petite colonie française s’est installée dans la région de ce qu’on appelle aujourd’hui la ville de Détroit dans l’état du Michigan.

Du Fort Pontchartrain à Détroit

C’est accompagné de 50 soldats et 50 colons qu’Antoine Laumet de Lamothe Cadillac débarque au détroit en 1701. Il construit le Fort Pontchartrain sur la rive nord, qui deviendra Détroit, et une mission est fondée ensuite sur la rive sud, future ville de Windsor.

Déplorable commandant au Fort Buade, il l’est également au Fort Pontchartrain. On l’expédie alors en Louisiane avec les fonctions de gouverneur. Mais n’obéissant qu’à son propre intérêt, il est un pitoyable légat. Rappelé en France en 1717, il meurt à Castelsarrasin 13 ans plus tard.

«Un héros sublime qui ennoblit les premiers chapitres de l’histoire de l’Amérique du Nord» – Agnes Laut

Pourquoi certains historiens tels que Paul-François Sylvestre considèrent-ils cet homme comme un personnage important du paysage historique canadien?

Déjà parce que la ville qu’il fonda est aujourd’hui devenue une grande ville d’Amérique du Nord. Ensuite parce qu’en lisant certains documents de l’époque, Cadillac est «un homme compétant, consciencieux, pondéré, bon serviteur du roi, qui dut toute sa vie se défendre contre les mesquineries d’individus moins doués que lui», explique Paul-François Sylvestre.

Anticlérical

Il ajoute aussi qu’il était anticlérical et de se fait il reçut la sympathie des historiens anglo-protestants: «considéré comme un des rares personnages de l’histoire de la Nouvelle-France qui osa affirmer son indépendance face à la domination du clergé, et défendre les droits de l’état contre les prétentions de l’église».

C’est grâce à son «esprit visionnaire qu’une colonie a vu le jour sur les bords de la rivière Détroit. Et cette colonie est la première communauté franco-ontarienne. Le reste suivit naturellement, car les francophones de l’Ontario savent toujours faire preuve de dynamisme et de résilience».

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Le Voyageur "Retour en Nouvelle France" - Documentaire d'Histoire

18 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La défense de la langue française.

Le Voyageur "Retour en Nouvelle France" - Documentaire d'Histoire
Le Voyageur "Retour en Nouvelle France" - Documentaire d'Histoire

Un « Voyageur» de la Nouvelle-France, tout droit surgi du XVIII iéme siècle, parcourt l'Amérique d'aujourd'hui.
Après 3 siècles d'absence, il confronte le monde d'où il vient à la réalité qu'il découvre.
Tour à tour enquêteur, historien, aventurier, ethnologue et environnementaliste, il interroge le présent et éclaire le passé.
De Louisbourg à la Nouvelle-Orléans, de l'Atlantique Nord au Golfe du Mexique,
sur des milliers de kilomètres, il traverse le Canada et les Etats-Unis pour que la France et l'Amérique retrouvent leur mémoire commune et dialoguent en direct.

Réalisateur : Jean Dulon
Grand Angle Prodcutions
Distributeur : GAD - Grand Angle Distribution

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Le philosophe Michel Serres lance un cri d'alarme. Selon lui, le sabir franglais menace de façon dramatique notre langue.

4 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La défense de la langue française.

Le philosophe Michel Serres lance un cri d'alarme. Selon lui, le sabir franglais menace de façon dramatique notre langue.

 

"Un pays qui perd sa langue perd sa culture ; un pays qui perd sa culture perd son identité ; un pays qui perd son identité n'existe plus. C'est la plus grande catastrophe qui puisse lui arriver." Michel Serres en guerre contre le "franglish »

 

 

Le philosophe Michel Serres lance un cri d'alarme. Selon lui, le sabir franglais menace de façon dramatique notre langue.

Vers la fin des années 1950, une nouvelle machine, complexe, sophistiquée, fait son apparition : elle va révolutionner nos manières de communiquer. Son nom anglais - qui vient du latin computus, compte, calcul - est computer. Mais comment traduire exactement computer dans notre langue ? Le mot compteur est déjà pris, pour désigner le relevé d'eau, de gaz et d'électricité. C'est alors qu'en1955, discutant avec ses collègues scientifiques, un latiniste passionné de théologie leur explique que cette nouvelle machine lui fait penser à la création du monde par le Deus ordinator, Dieu ordonnateur de toute créature.  

Le mot "ordinateur" est né ! Qu'une ancienne langue, comme le latin du Moyen Âge, puisse servir à adapter en français un terme anglais désignant un objet si moderne, rien ne saurait réjouir davantage Michel Serres, qui vient de publier une Défense et illustration de la langue française aujourd'hui.* Voilà un court et stimulant essai sur la saveur et la beauté des mots de notre langue, passant du théâtre de Molière à l'émission de télévision The Voice, sans négliger le Capitaine Haddock, Raymond Devos ou les hommes politiques français. 

Les sciences construisent une nouvelle vision du monde

Dans les années 1960, au moment où triomphe la pensée marxiste, le jeune Michel Serres prophétise la fin de l'ère industrielle et l'entrée dans celle de la communication. C'est ainsi que dans les années 1970, il fait d'Hermès, le dieu antique des messagers et des voyageurs, le symbole de la société à venir. Dans les années 1980, au moment où il enseigne aux Etats-Unis, à l'université de Stanford, il anticipe l'urgence écologique, face à la pollution généralisée, et annonce les catastrophes de la planète. 

LIRE AUSSI >> Michel Serres : "Je suis tout à fait pour l'utopie" 

Au début des années 2000, alors que le temps n'est plus aux grands systèmes de pensée, tandis qu'on répète que la "fin de l'histoire" a triomphé, Serres montre que les sciences construisent, au contraire, une vision du monde complète et cohérente, un nouveau grand récit qu'il faut comprendre et expliquer. Dans les années 2010, il choisit Petite Poucette comme archétype du nouvel humain en devenir, qui pianote sans cesse sur son smartphone ou sa tablette. Et aujourd'hui, celui qui commença par être officier de marine, bien avant d'entrer à l'Académie Française, revient à l'un de ses plus anciens combats, lui l'amoureux de la langue, le passionné des dialectes et des patois régionaux. 

Quelle sera la langue de communication universelle?

C'est que Michel Serres a vu mourir la langue de son enfance, le patois d'occitanie que parlaient ses parents à Agen, dans le Lot et Garonne, où il a vécu toute sa jeunesse. Pourquoi et comment une langue meurt-elle ? Si elle ne peut plus tout dire du monde qui l'entoure, a-t-elle déjà virtuellement disparu ? La question se pose pour le français aujourd'hui : notre langue française devient-elle une langue "régionale" ? Peut-on tout dire en français ? Et pour combien de temps ? Du pékinois et du cantonais en Chine, ou de l'ourdou en Inde, qui peut deviner laquelle de ces langues deviendra demain celle de communication universelle ? 

Dialoguant avec énergie, et une certaine virulence, avec le journaliste Michel Polacco, Michel Serres débat, argumente et livre son point de vue. Choisissant une série de chroniques parmi celles réalisées pour France-Info, il reprend le titre célèbre de l'essai de Du Bellay, au temps de la Pléiade, qui revendiquait pour la langue française la subtilité et l'élégance du latin et du grec.  

On sait que Michel Serres, ancien joueur de rugby, aime l'offensive ; marin, il a navigué sur les mers du monde, et c'est en guetteur, au sommet de la vigie, qu'il scrute l'horizon et nous alerte pour protéger notre culture ; philosophe, il a créé, aux éditions Fayard, le Corpus des oeuvres de philosophie en langue française, rassemblant quatre siècles d'écrits qui manifestent le caractère encyclopédique et pluridisciplinaire de la philosophie en langue française. Pourtant, à lire sa Défense et illustration de la langue française aujourd'hui, la bataille semble perdue... 

Omniprésence de l'anglais publicitaire

Dès le début du livre, Serres pique une terrible colère : "Le commerce et la finance assassinent allègrement notre mère commune, en collaborant, au sens récent et honteux, à l'envahissement de notre espace et de nos relations par un sabir anglosaxophone." Choqué par l'omniprésence de l'anglais publicitaire, dans nos journaux, à la télévision, sur les murs de nos villes, Michel Serres "en a marre" que la SNCF nous fasse des smiles ou que les restaurants nous proposent des happy hours.  

Au contraire, "nous avons de la chance de parler français", défend-il avec force, lui qui rappelle qu'un arboriculteur ne parle pas de pommes en général, mais de Chantecler, de Calville et de mille autres variétés, ou qu'un marin ne connaît pas le mot corde, parce qu'il y a des bitords, des torons, des aussières, etc. "Il y a deux langues", explique-t-il, "une orale, ordinaire, celle de notre discussion de tous les jours, et puis celle qui est précise, qui désigne vraiment les choses". Et Michel Serres prend l'exemple de l'écrivain, qui travaille et construit sa propre langue : "L'écrivain est toujours en balance entre le mot enfoui, pour être précis, et le mot usuel, pour être compris." 

Le choix des mots, ce trésor caché de la langue, Michel Serres l'entend aussi dans la musique : dans les opéras de Rossini, se nichent la gaieté et l'éveil de la langue italienne ; dans les opéras de Mahler, la profondeur de la langue allemande. "Je crois entendre chez les musiciens, italiens, allemands, français, la sonorité qui émane de la langue qu'ils parlent", commente Michel Serres, qui pointe ici la belle entente, la complicité merveilleuse entre les notes et les mots, le son et le sens. 

"Un pays qui perd sa langue perd sa culture"

"Une langue vivante, c'est une langue qui peut tout dire", conclut Michel Serres, rappelant que nous ne connaissons généralement que la partie émergée de notre culture, l'iceberg en surface : dans la langue de tous les jours, les gens n'utilisent qu'une infime fraction des mots à leur disposition, à peine 10% ! Souvent, une langue est réduite à un seul usage, et devient la langue des diplomates, des commerçants ou des artistes. Bien sûr, chaque langue a une spécificité : ainsi l'anglais est une langue atomique, où l'unité de sens est le "mot" ; le français est une langue moléculaire, où l'unité de sens est la "phrase". L'allemand se situe au milieu, c'est un mélange des deux. 

Mais si la langue se nourrit de ses contacts avec l'extérieur - le français ne s'est-il pas enrichi de mots arabes ("algèbre", "algorithme", "tarif"), de mots italiens ("fourchette", "sonate") ou même de mots aztèques ("haricot") ? -, Michel Serres semble désormais pessimiste, et profondément inquiet pour l'avenir : "Un pays qui perd sa langue perd sa culture ; un pays qui perd sa culture perd son identité ; un pays qui perd son identité n'existe plus. C'est la plus grande catastrophe qui puisse lui arriver." Espérons que nous saurons tirer les leçons de cette analyse, afin de mieux aimer et défendre le français. 

* Michel Serres, Défense et illustration de la langue française aujourd'hui, éd. Le Pommier, 130 p., 9 €.  

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« Nous jugeons insupportable de laisser proliférer la délinquance et la pollution linguistiques »

13 Janvier 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La défense de la langue française.

« Nous jugeons insupportable de laisser proliférer la délinquance et la pollution linguistiques »
Jeudi, 21 Décembre, 2017
Humanite.fr

Texte collectif. Lettre ouverte à Leila Slimani, romancière, représentante personnelle du Président de la République à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Madame,

Vous venez d’être nommée représentante personnelle du chef de l’Etat sur les questions de la Francophonie et nous vous en félicitons.

Cependant l’heure est bien moins, hélas, aux congratulations qu’au sursaut personnel et collectif face aux menaces mortelles qui pèsent sur la langue française. Car en dépit de certaines apparences faussement rassurantes, les positions du français, « langue de la République » aux termes de l’article II-a de la Constitution, mais aussi « élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France, langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics » au titre de la loi Toubon-Tasca d’août 1994, sont gravement minées non seulement à l’échelle internationale, mais aussi et surtout sur notre propre sol.

En effet, nos associations sont submergés d’appels indignés de citoyens, mais aussi d’étrangers amis de notre langue, qui constatent avec angoisse et, de plus en plus, avec colère, que chaque jour, toutes sortes de décideurs (politiques, économiques, culturels…) quand il ne s’agit pas des plus hautes autorités de l’Etat, choisissent cyniquement de substituer l’anglo-américain, ou plus exactement, le Business Globish, aux expressions françaises comprises de tous. Cet arrachage linguistique est massif, méthodique, acharné, relevant tantôt de la « stratégie de communication » des chasseurs de profit dénués d’imagination (ceux que Michel Serres nomme les « collabos de la pub et du fric »), tantôt carrément d’une politique d’Etat inavouable. C’est l’évidence quand on voit l’Union européenne privilégier systématiquement l’anglais dans sa communication* alors que, depuis le Brexit, l’anglais n’est plus la langue officielle déposée d’aucun Etat membre de l’UE. C’est flagrant quand on voit des représentants officiels de la France truffer leurs discours d’anglais ou, rompant avec la tradition républicaine, s’exprimer ostensiblement en anglais à l’étranger, voire en France. C’est manifeste quand on sait qu’à l’arrière-plan de cette entreprise soustraite au débat citoyen, se trouvent l’invitation cynique du patronat paneuropéen à privilégier l’ « anglais, la langue des affaires et de l’entreprise » (dixit en mars 2006 Ernest-Antoine Seillières, alors président de l’UNICE) et plus encore, l’avènement en cours du « CETA » et d’autres négociations visant à instituer le grand Marché transatlantique (et ses pendants « culturels », au centre desquels se trouve évidemment le basculement transcontinental de facto, voire de jure, au tout-anglais, langue unique du futur marché unique).

Faut-il vraiment multiplier les exemples à l’heure où Renault et PSA ont illégalement décidé de basculer leur documentation interne à l’anglais, où des services publics, des Universités, des entreprises pilotées par l’Etat ou des territoires de la République nomment ridiculement leurs nouveaux « produits » ou services en anglais (Loire Valley, Flying Blue, Lorraine Airport, Start in Lens, etc.), où des revues scientifiques subventionnées par le contribuable refusent les articles rédigés en français, où des Grandes Ecoles et des Universités françaises privilégient l’enseignement en anglais à des Français et à d’autres francophones, où la France chante le plus souvent en anglais (ou en franglais) à l’Eurovision, où les J.O. de Paris se vendent en anglais sur la Tour Eiffel, où l’anglais se voit même érigé en « langue de travail » de… l’armée française arrimée à l’OTAN et où la chaîne de télévision disposant de la plus large audience, (« My) TF1, nomme en Basic English ses émissions les plus populaires (The Wall, The Voice Kids, etc.) ?

C’est pourquoi nous jugeons insupportable et terriblement violente la manière dont de hautes autorités de notre pays – mais cela semble hélas de plus en plus vrai aussi au Québec, en Belgique ou en Suisse francophones (des associations défendant la Francophonie y dressent le même constat angoissé que nous !) – laissent proliférer, voire encouragent par leur mauvais exemple, la délinquance et la pollution linguistiques tout en prétendant parfois « relancer » la Francophonie… à l’étranger. Mais que restera-t-il de la « flotte » francophone mondiale, donc à brève échéance, de la littérature, de la chanson, de la science, de la philosophie, du théâtre, du cinéma français et francophones, quand le berceau et le « navire-amiral » de la Francophonie que fut à l’origine la France, sont les premiers à se saborder, voire à promouvoir le tout-anglais en Europe, quand ce n’est pas en Afrique francophone ?

Les enjeux d’une nouvelle Défense et illustration de la langue française sont donc cruciaux, ancrés dans les combats du présent et de l’avenir. En effet, laisser détruire, reléguer ou corrompre notre langue pour permettre à quelques oligarques, snobs pseudo-cultivés et autres moutons de Panurge de se faire une place au soleil de la mondialisation néolibérale aux dépens de la masse des Francophones de France (français et immigrés) et des cinq continents, ce serait à la fois :

  • Planifier la fin de notre pays et du grand héritage qu’il porte ; tant il est vrai que le français est à la fois l’identifiant n°1 de notre peuple, le premier service public de France et le socle du lien social déjà si fragilisé dans notre pays ; bref, une France reniant le français ou le reléguant dans les seconds rôles ne serait plus guère qu’un « couteau sans manche dont on a jeté la lame »…
  • Saper la Francophonie internationale, laquelle ne peut évidemment porter des « valeurs communes », comme ses dirigeants s’en targuent sans cesse, qu’à la condition de… parler la même langue, creuset d’une multiplicité de cultures dans une multiplicité d’usages ;
  • Aggraver les inégalités sociales et les discriminations sociétales en durcissant comme jamais les stratifications culturelles et linguistiques ; c’est-à-dire miner les bases même de la République ;
  • Favoriser insidieusement une forme de totalitarisme culturel porteur à terme, à l’échelle du monde, de l’Europe et de la France, d’une langue unique vectrice de pensée, de politique, d’économie et de culture uniques : celles-là mêmes qui déferlent sur tous les peuples en usant d’énormes moyens financiers, politiques, voire militaires… Comment cette entreprise transcontinentale d’uniformisation linguistique ne s’avèrerait-elle pas au final aussi mortifère pour l’humanité future que l’est déjà la dévastation en cours de la biodiversité qu’encourage l’omni-marchandisation actuelle des activités, des choses, voire des gens ?

Femme de lettres attachée aux finesses de notre langue et au croisement des cultures, vous ne pouvez manquer de voir le gouffre qui sépare l’internationalisme véritable, qui suppose diversité, altérité et dignité égale des cultures nationales, et le glacial mondialisme actuel qui, par les amputations symboliques et matérielles qu’il inflige sans trêve aux collectifs citoyens constitués, ne peut qu’attiser des crispations dangereuses pour la paix. Car, en dehors de l’agressivité aveugle, que reste-t-il d’une identité que l’on a amputée du substrat culturel, historique et politique dont la langue est la sédimentation sans cesse renouvelée ?

C’est pourquoi, à contre-courant du discours méprisant qui appelle à « supprimer les lignes de Maginot linguistiques » pour mieux « laisser faire, laisser passer » la langue unique et la servitude volontaire qui l’accompagne, nous vous demandons d’appeler avec nous à la résistance civique, au sursaut linguistique et à la créativité en français des habitants de notre pays. C’est indispensable pour que se renoue, avant que l’arrachage linguistique en cours n’ait franchi un seuil irréversible, l’alliance progressiste de l’écrivain et de sa langue qui a nourri les plus riches heures de la littérature francophone.

*COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques, 10 rue Grignard, 62300 Lens – gastaudcrovisier2@wanadoo.fr – tél. : 07 61 05 99 21 ou 0321424372

**… au point que M. Pierre Moscovici, l’ex-ministre français devenu Commissaire européen aux questions budgétaires, a naguère osé tancer en anglais, au nom de la Commission, ses ex-collègues du gouvernement français, lesquels n’y ont d’ailleurs absolument rien trouvé à redire…

Par Georges Gastaud, philosophe, président de l’Association CO.U.R.R.I.E.L.*, Robert Charvin, professeur de droit, doyen honoraire de la Faculté de droit de Nice ; Guy Chausson et G. Janot, animateurs de l’Association lotoise des Amis de la langue française ; Francis Combes, poète ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie, syndicaliste ; Marceau Deschamps, secrétaire général adjoint et vice-président d’honneur de Défense de la langue française ; Aurélien Djament, mathématicien et syndicaliste CGT au CNRS ; Benoît Duteurtre, écrivain ; Eric Ferrières, professeur agrégé d’économie ; Barbara Flamand, écrivaine, Belgique ; Marie-Pierre Frondziak, professeur de philosophie ; Marcel Girardin, conseiller municipal ; Suzanne Körösi , journaliste et documentariste ; Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-VII ; Laurent Lafforgue, Médaille Fields de mathématiques, chercheur à l’IHES ; Nikis Laguidis, écrivain, directeur de l’Atelier du roman ; Aymeric Monville, éditeur, auteur ; Dominique Mutel, agrégé d’anglais ; Laurent Nardi, professeur de français ; Régis Ravat, délégué CGT à Carrefour-Nîmes ; Philippe Raynaud et Lucien Berthet, président et secrétaire de Défense de la langue française en Pays de Savoie ; Albert Salon, docteur d’Etat ès Lettres, ancien ambassadeur ; Véronique Stride, professeur de français (62) ; François Taillandier, écrivain ; Xavier Numa Borloz, entrepreneur franco-suisse d’origine malgache ;  Claude Weisz, cinéaste.

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