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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

[Vidéo] Alstom : Une affaire d’Etat ? Par LCP

9 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Politique étrangère, #l'horreur économique

 

 réponses à [Vidéo] Alstom : Une affaire d’Etat ? Par LCP

Commentaires recommandés

woiliwoilou Le 09 octobre 2017 à 09h46
 
 

avec le nucléaire sous contrôle américain on oublie toute idée de souveraineté…
on oublie notre indépendance et notre liberté de penser et d’agir…
impossible de développer des partenariats avec la Russie ou tout autre pays non ami des américains…
notre classe dirigeante nous a trahis…
le peuple va souffrir pendant qu’eux iront s’installer ailleurs…
et on laisse faire…
et on continue de voter pour eux… c’était du temps où Macron était dans l’ombre de Flambi
et depuis on l’a choisi pour nous présider…
PAUVRE FRANCE…

  1. Fritz Le 09 octobre 2017 à 07h27
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    Je n’ai pu regarder que les premières minutes du documentaire. Le scandale est établi, disons même : le crime de trahison économique est constitué, mais l’enchaînement qui a réduit l’État à l’impuissance n’aurait-il pas commencé avec la privatisation de la CGE ?

  2. Perret Le 09 octobre 2017 à 08h18
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    Je vous recommande vivement de lire les articles de Leslie Varenne qui a été la première journaliste d’investigation à travailler sur cette affaire d’Etat (L’Humanité avait été le seul support acceptant de la publier)

    https://www.iveris.eu/main/recherche_par_themes/?category=&keyword=alstom

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L’appel au secours de Norman Finkelstein

8 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient

L’appel au secours de Norman Finkelstein

 
Norman Finkelstein, universitaire américain, auteur et conférencier internationalement reconnu, qui a produit des livres et articles remarquables sur la Palestine et sur le lobby israélien aux Etats-Unis, et a sacrifié sa carrière et sa passion d’enseignant à la cause, est actuellement victime d’une campagne de harcèlement et nous demande notre soutien.

Source : http://www.europalestine.com/spip.php?article13486
 
 
Bonjour. 

Je m’appelle Norman Finkelstein. 

La plupart des gens me connaissent comme un défenseur des droits des Palestiniens. Mais toutes les injustices ne sont pas d’envergure historique et mondiale. Parfois, nous devons nous battre pour le petit gars qui se fait baiser. Aujourd’hui, je vous demande votre aide pour la défense d’un pauvre immigrant Guyanais qui a réussi sa vie.

Je risque la prison pour mon soutien à l’un de mes anciens étudiants, le Dr Baldeo, lui-même la proie d’un terrible racket de la part de deux avocats rapaces de New York, dénommés Michael Chetkof et Allyson Burger, qui piègent et soumettent au chantage les immigrants musulmans qui ont réussi.

Il y a un an de cela environ, un de mes anciens étudiants, le Dr Rudolph Baldeo, m’a contacté. Immigrant pauvre, il a réussi grâce à son acharnement, en assistant à mes cours du soir, à passer de commis d’entrepôt à pédiatre. Mais il n’a jamais oublié d’où il venait. Chaque année, il a mis de côté plusieurs semaines pour se mettre bénévolement au service des démunis. Il m’a accompagné en Afrique du Sud, où il a traité des enfants orphelins atteints du Sida. Il m’a accompagné en Cisjordanie, où il a traité des enfants palestiniens blessés par balle par des soldats israéliens. Il travaillait de 60 à 80 heures par semaine, afin d’économiser de l’argent pour ses trois enfants et payer les études qui leur ont permis de devenir médecins à leur tour.

 
 
Le Dr Baldeo soignant bénévolement des orphelins atteints du SIDA en Afrique
 
Mais en avril 2016, la catastrophe a frappé. Il est tombé entre les griffes de deux avocats sans scrupules nommés Allyson Burger et Michael Chetkof. Ils avaient tourné en cercle au-dessus de leur proie : de carrure chétive, il a la peau sombre, il est musulman, et son anglais n’est pas parfait. La cible parfaite. Ils ont inventé le Grand mensonge, selon lequel il aurait commis « d’innombrables » actes de « violence indescriptible » [contre son ex-épouse, prétendument révélés après 27 ans de mariage]. Ceci sans la moindre preuve, sans aucune trace de plainte, aucun certificat médical, aucun affidavit de témoins oculaires.

J’ai promis de ne pas l’abandonner. Jour après jour, je me suis assis avec lui et ses avocats. Jour après jour, je me suis rendu avec lui à la Cour. Nuit après nuit, j’ai lu et relu le dossier de la Cour. J’étais vraiment choqué. C’était un coup monté transparent !

Mais je fus impuissant face au crime qui se déroulait. Le duo de vautours assermentés l’a intimidé, harcelé. Ils l’ont humilié, dégradé. Le vendredi 4 août, il a succombé. Il a perdu sa maison et les économies de toute sa vie. Je lui ai fait une promesse solennelle : la vérité sera faite et les coupables seront punis.

Maintenant, les Vautours le soumettent à un odieux chantage pour me faire taire. Lorsque Chetkof et Burger ont découvert que j’écrivais un article dénonçant cette extorsion, ils ont menacé le Dr Baldeo, et m’ont fait arrêter suite à mon action de tractage devant leur bureau de Long Island.

 
 
A présent, une ordonnance de la Cour a été rendue contre moi, ce qui veut dire que je risque une longue peine de prison. Mais si je labandonne à son heure de grand besoin, je trahirai tout ce que j’ai défendu durant ma vie.

Bien sûr, je ne procèderai à aucune négociation de peine, et ne plaiderai bien évidemment pas coupable. Si on doit en arriver là, j’irai en prison et ferai une grève de la faim jusqu’à la dernière extrémité, au prix même de ma vie. Je ne crains rien ni personne du moment que j’ai la Vérité et la Justice à mes côtés. J’ai déjà passé une nuit très désagréable en prison et menotté à cause de ces avocats-rapaces. Mais je n’arrêtais pas de me dire : ‘Si mon Père et ma Mère ont pu survivre cinq ans dans les camps de la mort d’Hitler, je peux bien survivre à une prison merdique et infecte de Long Island.’ 

Si vous êtes aussi scandalisé que moi par ces tactiques de chantage, je vous invite instamment à SIGNER ET PARTAGER CETTE PETITION : https://www.change.org/p/supreme-court-appellate-division-disbar-michael-chetkof-and-allyson-burger-for-perjury-and-blackmail-750c9ecc-9119-44c4-9bda-cdce30abd24e

Vous pouvez me contacter à cette adresse : NormFinkelstein@gmail.com »
 
 
Norman Finkelstein et le Dr Baldeo face aux avocats-rapaces Michael Chetkof et Allyson Burger
 
CAPJPO-EuroPalestine

Voir également les autres articles de Norman Finkelstein relatifs à cette affaire :

Michael Chetkof, Allyson Burger : ARRETEZ LE CHANTAGE !

Michael Chetkof : le déjeuner à 30 000 dollars, par Norman Finkelstein (1)

Tract distribué par le Professeur Norman Finkelstein devant le bureau des « avocats-vautours », pour lequel il a été arrêté et a passé une nuit en prison

Lettre de Norman Finkelstein après sa remise en liberté

A venir :

Allyson Burger : l’outrecuidance monstrueuse d’une ânesse bâtée (2)

Michael Chetkof, Allyson Burger : nouveau rebondissement (3)

Michael Chetkof et Allyson Burger : le duo draculéen de sangsues frappe encore
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[Vidéo] Dans le ventre de l’hôpital, par Arte. Source : Arte, Jérôme le Maire

7 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le “burn out” menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, “déborde, déborde, déborde”, comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir “optimiser”. Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. “Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader”. Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des “process” et de leur “efficience”…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées…–, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, “Global burn-out”.

Source : Arte, Jérôme le Maire, 02-10-2017

Dans le ventre de l’hôpital – ARTE

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

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La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique" . Fondation RES PUBLICA.

6 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Daesch, #Le fascisme, #Politique étrangère, #l'horreur économique

La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique" . Fondation RES PUBLICA.

La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique"

 
 
 

Note de lecture du livre de Pierre Conesa, "Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite" (Robert Laffont : 2016), par Baptiste Petitjean, directeur de la Fondation Res Publica.
Pierre Conesa, dans son dernier ouvrage, propose un décryptage inédit de la politique étrangère du Royaume d’Arabie saoudite. Au service d’un projet planétaire de propagation du « salafisme-wahhabisme », cette dernière a également pour objectif de préserver le règne de la maison des Saoud. Néanmoins, la diplomatie religieuse saoudienne s’inscrit dans un contexte de rivalités régionales exacerbées, menaçant de déboucher sur une « guerre de religions » au sein même du monde musulman [1].

 
Les rouages de la diplomatie religieuse saoudienne
Face à la montée des nationalismes arabes soutenus par l’Union Soviétique et incarnés par le président égyptien Nasser, le Royaume d’Arabie saoudite met en place dès le début des années 60 un système idéologique totalitaire ayant pour double objectif d’assurer la propagation de l’islam dans sa version wahhabite, étroitement liée au salafisme selon Pierre Conesa, et la sauvegarde du règne des Al Saoud, dont « les intérêts […] s’articulent avec ceux de la famille Al-Shaikh d’Abd al-Wahhab, le fondateur du wahhabisme, pour mettre sur pied un projet commun qui aboutira à l’instauration du régime » (page 27). Cette convergence se concrétise avec le pacte du Najd adopté en 1744 : les oulémas de la tribu d’Abd al-Wahhab, les Al-Shaikh, soutiennent le régime, qui en échange s’engage à propager l’islam dans sa version wahhabite. Ainsi on comprend que la diplomatie religieuse nait en même temps que le Royaume. Les chancelleries occidentales y voient quant à elle « la barrière parfaite contre le socialisme » (page 20).

En 1979, année charnière dans le déploiement planétaire de ce système, l’Arabie Saoudite fait l’expérience d’un « polytraumatisme » (page 39): en février, c’est la victoire de révolution chiite en Iran et l’ayatollah Khomeyni s’empare de l’islam politique, de l’anti-impérialisme et de l’antiaméricanisme ; en novembre, c’est l’occupation de la Grande Mosquée de La Mecque par des fondamentalistes islamistes qui secoue le Royaume ; et enfin en décembre l’URSS lance l’invasion de l’Afghanistan, déstabilisant l’allié historique des Etats-Unis depuis le pacte du Quincy de février 1945 qui garantit à la puissance américaine l’accès au pétrole du Royaume, en échange d’une protection militaire de la dynastie des Al Saoud.

Aujourd’hui, il s’agit d’étudier le régime saoudien à la lumière de trois éléments principaux : son rôle dans la propagation d’un islam fondamentaliste, le wahhabisme ; le retour de l’Iran sur la scène régionale et internationale ; et les difficultés internes liées à la crise du prix du pétrole. Les deux derniers aspects expliquent largement qu’au cours des années 2000, « la gestion de la diplomatie religieuse saoudienne [évolue] finalement pour répondre à des défis de stabilité intérieure plutôt que sous la pression internationale » [page 138].

« L’Arabie saoudite a constitué avec le temps une ‘industrie idéologique’, selon l’expression de Kamel Daoud […] entre le puissant soft power à l’américaine et le savoir-faire propagandiste du système communiste » (page 21). En effet, Pierre Conesa montre que la diplomatie religieuse saoudienne est « un hybride du système américain par la multiplicité des mécanismes et l’étroite coopération entre actions publique et privée, mais aussi du système soviétique par son idéologie totalitaire à la fois révolutionnaire et conservatrice [mais toujours adaptable ajoute plus loin Pierre Conesa], portée par un corps de commissaires politiques idéologiquement formés », les oulémas wahhabites (page 98). C’est cette combinaison qui donne au Royaume une capacité d’intervention globale qui correspond à une diplomatie d’influence (soft power, usage sophistiquée de la puissance selon Joseph Nye) financée par les pétrodollars et caractérisée par la mise en place de politiques publiques spécifiques, la création de grandes organisations internationales, et le soutien à différentes ONG, fondations privées, universités et médias traditionnels et nouveaux.

Au cœur du soft power saoudien : la LIM et l’OCI
Le roi Faysal, souhaitant mettre en place la stratégie panislamiste contre le panarabisme, développe la diplomatie religieuse avec l’aide des Frères musulmans réfugiés venus d’Egypte, et crée toute une série de structures nationales et internationales en miroir de celles voulues par Nasser (page 40). Nous retiendrons ici deux institutions qui permettent de mieux cerner la diplomatie d’influence saoudienne : la Ligue Islamique Mondiale (LIM) et l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). La LIM est une Organisation non gouvernementale (ONG) reconnue par l’ONU et elle est le véritable bras armé de la diplomatie religieuse du royaume : elle vise tout simplement à soutenir l’islam dans la monde, dans sa version wahhabite. Créée en pleine « guerre froide arabe » (page 99), elle est le miroir de la Ligue Arabe mise en place par Nasser en 1956. La LIM est présente dans 120 pays et contrôle 50 grands lieux de culte en Europe, dont la mosquée de Mantes-la-Jolie. Elle joue aussi un rôle consulaire dans les pays où Riyad n’a pas d’ambassade, et peut parfois se substituer, dans les faits, à la diplomatie officielle (page 100). Elle est dotée d’un budget exceptionnel de 5 milliards de dollars par an, chiffre qui grimpe à 7 milliards de dollars en moyenne annuelle en intégrant les dons royaux directs ou les contributions privées, ce qui correspond aux importations saoudiennes d’armement. Pierre Conesa décortique également l’organisation de la LIM et son déploiement à travers le monde : dans tous les pays où la Ligue est présente est créé un Bureau de l’organisation de la Ligue islamique mondiale, habilité à financer des projets de construction de mosquées et des centres islamiques. La LIM, à travers ses différents bureaux, est donc un acteur « qui accompagne les initiatives diplomatiques saoudiennes » (page 107). L’auteur précise qu’en France, pays laïc, « la Ligue profite de l’absence de politique publique pour financer mosquées, écoles et centres culturels » (page 115). Alex Alexiev, chercheur du Center for Security Policy, qualifie le soft power idéologique saoudien de « plus importante campagne de propagande jamais montée dans le monde entier » (page 123).

Quant à l’OCI (devenue Organisation de la Coopération Islamique en 2011), elle est une structure permanente interétatique créée en septembre 69 et qui compte aujourd’hui 57 Etats membres et dispose d’une délégation permanente à l’ONU. Elle est la seule organisation interétatique confessionnelle, et affiche, au rang de ses objectifs principaux, la promotion de la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques entre les Etats membres (grâce notamment à la Banque islamique de développement, acteur essentiel), mais aussi la sauvegarde des lieux saints de l’islam et le soutien de la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien.

L’Arabie saoudite, un acteur clé dans la guerre de religions au sein du monde musulman [2]
Pierre Conesa met en parallèle les actions religieuses d’autres grands acteurs comme la Turquie, avec la politique souvent trop vite qualifiée de néo-ottomane d’Erdogan, le Qatar, ses immenses moyens et son action anti-saoudienne, le Pakistan et ses innombrables activistes et enfin l’Iran, puissance chiite régionale incontournable dans la crise syrienne et la lutte contre Daesh. Ces rivalités – prémisses de guerre internes à l’islam, dans lesquelles les pays occidentaux n’ont d’ailleurs aucune légitimité à intervenir – se développent sur des terrains de manœuvre de plus en plus nombreux, on pense évidemment à la guerre au Yémen, où l’Arabie saoudite et l’Iran se mènent une guerre par procuration. Par ailleurs, l’aspect psychologique ne saurait être négligé selon l’auteur : alors que, dans les années 1960, le sentiment d’encerclement pour le régime saoudien venait du triomphe du panarabisme, les soulèvements du Printemps arabe, porteurs d’un effet domino en Egypte, en Syrie, en Tunisie, au Yémen, auxquels il faut ajouter le retour de l’Iran sur la scène régionale et internationale, ont réactivé cette perception. « Les grands équilibres régionaux (ou les grands déséquilibres) ne peuvent plus être gérés sans l’Iran. Riyad a de bonnes raisons de s’inquiéter de la normalisation des relations, difficile mais en cours, entre Washington et Téhéran après la signature de l’accord sur le nucléaire [3]. En effet, celui-ci reconnait à la République islamique le statut de ‘pays du seuil’ » (page 250). Cela conduit Pierre Conesa à conclure que le seul souci « de l’action religieuse de Riyad […] est de ghettoïser la population musulmane partout où cela est possible autour de la conception wahhabite-salafiste de l’islam tout en tentant de contrer une hypothétique influence chiite » (page 221).

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[1] Voir les actes du colloque de la Fondation Res Publica du 31 mars 2014 « Guerres de religions dans le monde musulman ? »
[2] Voir l’étude cartographique commandée par la Fondation Res Publica, « Guerres de religion dans le monde musulman »
[3]Le livre de Pierre Conesa est paru avant l’élection de Donald Trump, qui semblait souhaiter remettre en cause l’accord sur le programme nucléaire iranien.

Pour se procurer le livre > "Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite", Pierre Conesa (Robert Laffont : 2016)

Pierre Conesa est membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica.

Conseils de lecture : Arabie Saoudite - L'incontournable, de Jacques-Jocelyn Paul (Riveneuve ; janvier 2016)
 
 
Fondation Res Publica I Jeudi 5 Octobre 2017
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Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

6 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

Fondée en 1978 par Raymond Aron qui craignait de voir arriver la gauche au pouvoir, la revue Commentaire s’est dernièrement spécialisée dans la publication des idéologues de l’école néo-conservatrice française. Un genre… Après Gérard Araud, qui tweetait que l’élection de Donald Trump annonçait la fin du monde – mais qui est toujours en poste à Washington -, notre ancien ambassadeur à Damas (2006 – 2009) à son tour trouve refuge dans la revue néo-libérale1 de Jean-Claude Casanova. Commentaire lui a demandé de « donner son sentiment » sur la Syrie… Le terme est plutôt approprié, puisqu’avec l’article de Michel Duclos (MD) – Notre ami Bachar al-Assad -, nous sommes bien dans l’affect amour-haine, dans l’immédiateté, les approximations, sinon les contre-sens historiques !

Reprenons ligne à ligne cette contribution pour en déconstruire les affabulations, non pas qu’elle mérite la notoriété des Essais de Montaigne, mais parce qu’elle constitue un beau spécimen de sophisme. Face à ce « tour de passe-passe », Spinoza explique bien dans l’Ethique que « les idées fausses et inadéquates s’enchaînent aussi nécessairement que les idées justes et adéquates », autrement dit l’erreur et la bêtise génèrent leurs propres rationalités qu’il s’agit de mettre à jour et de déconstruire. Dans sa Réponse à John Lewis2, Louis Althusser explique bien qu’une réponse n’est valable que si elle porte sur un processus dont il s’agit de dévoiler l’intention, l’énergie vitale et la méthode. Voyons cela !

PARADIGME ET ESSENTIALISME

En guise d’introduction, Michel Duclos commence par attribuer – de manière indifférenciée – l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), la mort de Michel Seurat (1986), celles de nos soldats du Drakkar (1983) et des victimes de l’attentat de la rue des Rosiers (1982) aux… services spéciaux de la Syrie d’Hafez al-Assad, père de Bachar. Il raccroche ces différents événements, dont il fait une même « séquence », au « massacre » de Hama (1982), sans rappeler qu’il s’agissait d’une riposte à une tentative de coup d’Etat des Frères musulmans qui venaient d’égorger une trentaine d’élèves-officiers de l’Armée de l’air3. Cet amalgame veut justifier son intertitre : « un paradigme immuable », selon lequel le gouvernement syrien actuel serait meurtrier par « essence », depuis la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970.

Reprenons ! Effectivement, Louis Delamare a bien été assassiné par les Panthères roses (appellation liée à la couleur de leurs uniformes) de Rifaat – frère d’Hafez -, au lendemain de la réception de Yasser Arafat à la Résidence des Pins par Claude Cheysson, alors ministre des Affaires étrangères à la réputation propalestinienne. Le message de Damas était parfaitement clair : la France ne doit pas favoriser l’installation d’un émirat palestinien (sunnite) aux portes d’une Syrie principalement dirigée par les Alaouites (de filiation chi’ite). Dans le contexte de la guerre civilo-régionale du Liban, cette méthode de communication était malheureusement courante ! Le relever ne saurait en justifier les crimes, mais cette méthode correspondait alors aux lois et périls de la guerre du Liban.

Pour ce qui concerne l’enlèvement de Michel Seurat et sa mort en captivité après une longue hépatite B, ainsi que celle de nos soldats écrasés dans l’effondrement de leur état-major du Drakkar, les historiens ont montré qu’il s’agissait d’autre chose. Commis par des groupes chi’ites pro-iraniens (avant la création officielle du Hezbollah qui interviendra plus tard), ces attentats constituaient autant de représailles tandis que la France avait engagé six Super-Etendard – sous cocarde irakienne -, mais pilotés par des pilotes français contre les lignes de défense iraniennes dans le contexte d’une guerre Irak-Iran extrêmement meurtrière qui a duré de 1980 à 1988. Washington, Londres et Paris avaient alors poussé Saddam Hussein à ouvrir les hostilités contre une révolution islamique dont on craignait qu’elle ne gagne d’autres pays de la région. Quant à l’attentat de la rue des Rosiers, comme celui de la rue Copernic, les pistes les plus sérieuses ramènent invariablement aux tueurs d’Abou Nidal et ses commanditaires les plus variés.

Suit aussitôt un autre mythe : celui de l’instrumentalisation du terrorisme par Bachar al-Assad. Bien-sûr, comme tous les pays de la région, la Syrie aussi pratique – peu ou prou – ce sport inavouable au plus près de ses intérêts. Encore une fois, il ne s’agit pas de justifier mais d’essayer de comprendre ! Mais lorsque MD affirme que Bachar al-Assad a libéré des jihadistes en juin 2011 pour mettre en péril les « opposants nationalistes », il opère un double contresens. Ces libérations ont bien eu lieu. Grande protectrice des jihadistes, l’Arabie saoudite en avait fait la condition sine qua non pour la poursuite des pourparlers de Genève engagés sous l’égide des Nations unies.

Afin de permettre la poursuite de ces négociations, Moscou demanda alors expressément au gouvernement syrien de libérer ces meurtriers. Quant aux « opposants nationalistes », leur existence a été des plus éphémères. Ces derniers ont été marginalisés dès l’été 2011 pour laisser le champ libre à des factions jihadistes sous l’égide des Frères musulmans – soutenus par Doha – et des Salafistes – clients de Riyad – qui ont accaparé la quasi-totalité des moyens opérationnels de la rébellion armée en Syrie.

Quant à la livraison syrienne du leader kurde Öcalan à Ankara, elle s’explique, là-encore, par des contraintes de realpolitique régionale relativement compréhensibles au vu des intérêts syriens. Sous la plume de MD, elle s’inscrit dans la grande mythologie récurrente de « nos alliés kurdes » contre l’organisation « Etat islamique » et la résurgence de la question de l’indépendance du Kurdistan d’Irak, soutenue par Bernard Kouchner et Benjamin Netanyahou !

Au passage, MD s’étonne aussi que Damas soutienne « le camp d’un groupe terroriste palestinien d’un autre âge (le FPLP-CG) ». De fait, Damas soutient aussi d’autres organisations palestiniennes. Nombre de Palestiniens, habitants le camp de réfugiés de Yarmouk (banlieue sud de Damas) ont pris fait et cause pour la défense de la Syrie historique. A l’évidence, l’ignorance dont MD fait preuve sur le dossier ne l’autorise certes pas à juger des Palestiniens qui n’attendaient rien des Accords d’Oslo, ni de la pseudo-médiation américaine sur cette question bloquée par Tel-Aviv depuis le début des années 2000 !

Enfin, dans son insistance à vouloir affirmer une continuité d’« essence » morbide entre la Syrie d’Hafez al-Assad et celle de son fils Bachar, MD déplore l’intervention de « parrains étrangers » comme la Russie et le Hezbollah libanais. L’intervention militaire de ce dernier dans les Jurd de Qalamoud, Qoussair et Yabroud a sans conteste empêché Dae’ch et Jabhat al-Nosra de conquérir Tripoli et de disposer ainsi d’une façade méditerranéenne. En palliant aux insuffisances entretenues, notamment par Tel-aviv, de l’armée nationale libanaise, le Hezbollah a, sans doute, sauvé l’intégrité territoriale et politique du Pays du Cèdre. Quant au rôle de la diplomatie et de l’armée russes, qui correspond à un partenariat diplomatique et stratégique ancien et connu, nous renvoyons MD à la lecture du prochain livre de Maria Khodynskaïa-Golenichtcheva – Alep, la guerre et la diplomatie – à paraître le 20 octobre prochain aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cette lecture salutaire du premier livre en français, écrit par une diplomate russe – expliquant les raisons, les objectifs et l’évolution du soutien russe à la Syrie – devrait lui apprendre pas mal de choses…

Evidemment, les ingérences de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Etats-Unis et de services spéciaux britanniques et français armant des factions jihadistes obsédées par le renversement du gouvernement syrien a visiblement échappé à notre auteur si soucieux des souverainetés nationales.

DESASTRE FRANCAIS

Dans son deuxième paragraphe « Une perspective française », MD attribue – sans surprise – l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri aux services syriens. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch a beaucoup travaillé la question, estimant que l’ami de Jacque Chirac avait été vraisemblablement tué par des Syriens, certes, mais pas par ceux que l’on croit.

A la mort d’Hafez al-Assad, Abdel Halim Khadam est devenu président par intérim du 10 juin au 17 juillet 2000, puis vice-président avant de faire brusquement défection et de s’installer avec sa famille à Paris. Plusieurs sources autorisées soupçonnent ce grand dignitaire sunnite d’avoir préparé un coup d’Etat contre Bachar avec l’aide de Ghazi Kanaan (ancien chef des services syriens au Liban) et de plusieurs généraux de l’armée syrienne. Avec l’appui de plusieurs services étrangers, ce cercle pro-saoudien aurait monté l’assassinat de Rafic Hariri, persuadé qu’un tel événement permettrait le renversement de Bachar al-Assad et leur prise de pouvoir. Certes, l’histoire reste à écrire, mais dans tous les cas de figures, MD devrait observer sur cette affaire une prudence, un tantinet plus diplomatique.

Quelques lignes plus loin, il écrit que les Russes ne connaissent la Syrie qu’au travers du « seul prisme des services de sécurité ou de la coopération militaire ». Nouveau flagrant délit d’ignorance, MD ne connaît visiblement pas les écrits de l’académicien russe Alexeï Mikhaïlovitch Vassiliev, ni rien des études syriennes que l’on doit à « l’école Primakov », du nom de cet ancien haut responsable du KGB surnommé le « Kissinger russe ». Spécialiste des Proche et Moyen-Orient, il a formé des générations d’islamologues, parmi lesquels ceux qui conseillent actuellement Sergueï Lavrov.

Un peu plus loin encore, notre ignorant récidiviste affirme qu’en « onze ans de règne, Bachar n’avait procédé à aucune réforme de nature politique ou sociale ». Faux et archifaux ! Conseillère d’Etat et directrice de l’ENA (2000-2002), Marie-France Bechtel a mené une mission d’études pour la réforme de l’administration syrienne. Plusieurs de ses recommandations avaient commencé à être mises en œuvre, notamment dans le secteur bancaire, avant d’être interrompues par la guerre civile. MD devrait lire aussi – Quand la Syrie s’éveillera – paru aux éditions Perrin en janvier 2011.

Conclusion du paragraphe : « Bachar s’est contenté d’ajouter une dimension affairiste omniprésente à partir de 2005 », avant d’affirmer encore un peu vite que « le régime bassiste est un régime alaouite ». Sur l’affairisme, élargissons le spectre aux pays de la région, notamment ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG), voire jusque sous nos yeux en commençant par le Luxembourg et notre président de la Commission européenne… Quant au « régime alaouite », rappelons seulement que le général Ali Mamlouk – numéro deux du gouvernement – est sunnite pur sucre et que de nombreuses personnalités chrétiennes, druzes et arméniennes occupent des postes de responsabilité.

Par contre, pas un mot sur la fermeture de notre ambassade à Damas en mars 2012 – sur ordre d’Alain Juppé – ni sur les conséquences de cette décision en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Dans le paragraphe suivant, MD écrit : « si le régime a paru parfois collaborer avec les services occidentaux tout en continuant en sous-main à alimenter le terrorisme, c’est qu’il ne croyait pas pouvoir scier la branche sur laquelle il était assis. Pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? »

INGRATITUDE CARACTERISEE

Sur le renseignement, MD ferait mieux de s’abstenir. Un seul exemple : entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2007, la DST a pu arrêter un fou furieux en train de remplir d’explosifs des extincteurs qu’il s’apprêtait à déposer dans des bus de Nancy. Cette interpellation s’est effectuée grâce à des informations transmises – en ligne directe – par les barbouzes syriennes. D’autres cas concrets peuvent êtres cités. Malheureusement, cette coopération s’est interrompue de mars 2012 jusqu’à aujourd’hui, notre ambassade à Damas restant désespérément fermée !

En 2006, lorsqu’il a été nommé ambassadeur à Damas, MD arrivait de New York et savait à peine reconnaître la Syrie sur une carte. D’après ses collègues les plus proches, « il ne connaissait strictement rien au monde arabe et des cadres de la DGSE sont venus spécialement au Quai d’Orsay pour le déniaiser à plusieurs reprises, d’autant que la relation diplomatique bilatérale s’est fortement distendue depuis la mort de Rafic Hariri en février 2005 ». Une fois en poste, nos anges gardiens des services extérieurs n’ont cessé de lui rendre moult services, notamment pour répondre à des questions politiques posées par Nicolas Sarkozy auxquelles il était parfaitement incapable de répondre… A cette époque, MD a très bien compris l’importance et la toute-puissance des services spéciaux syriens, de même que la nécessité d’entretenir avec ces appareils d’Etat les meilleures relations.

L’auteur de ces lignes a rencontré MD à Damas à plusieurs reprises. Comparé au flamboyant Bernard Emié, qui officiait – tous azimuts avec succès – à Beyrouth (actuellement à la tête de la DGSE), MD rasait les murs, appliquant ses instructions à la lettre dans une grisaille confondante des plus ennuyeuses. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a visiblement oublié un peu vite les « coups de main » des services français comme ceux de leurs homologues syriens. Comme le bon sens, la reconnaissance du ventre n’est pas la chose la mieux partagée au monde…

Plus tardive, sa révélation néo-conservatrice semble être due à des considérations de carrière : coller sans discernement à la ligne pro-saoudienne de Laurent Fabius permettait d’obtenir, à coup sûr, un prochain poste. Très logiquement, car devenu expert des missions les plus périlleuses, MD sera nommé à… Berne en 2012, tout près de la fosse aux ours !

SUITE A LIRE DANS LIBERATION ET LE MONDE

En effet, la suite et la chute du papier de MD ne sont que pâles reprises des perles propagandistes, régulièrement égrenées par Libération et Le Monde, bulletins officiels de la bobologie droits-de-l’hommiste : seul « le régime Assad a précipité des millions de Syriens sur les routes de l’exil » ; l’armée syrienne ne compte plus seulement que « 20 000 hommes » ; « les services de sécurité assurent un minimum de cohérence » ; la « rébellion nationale », dont MD ne dit rien de concret (et pour cause !), « paraît à peu près défaite ». Comment se fait-il ? A l’évidence, MD croit encore aujourd’hui qu’Alep était assiégée par l’armée gouvernementale syrienne et défendue par cette introuvable « rébellion nationale » !

Sans surprise, la conclusion de ce pensum consiste encore et toujours à réclamer le départ de Bachar al-Assad, comme si les différentes réunions d’Astana I, II, III, IV, V et VI n’avaient jamais eu lieu, comme si le représentant spécial des Nations unies – l’excellent Staffan de Mistura – n’avait rien fait, comme si c’était à la France de décider l’avenir politique de la Syrie ! Avec ce papier, Commentaire ne brille pas vraiment sur le plan de l’excellence géopolitique.

Une consolation toutefois : cette fois-ci, MD nous a épargné les citations élogieuses du roman de sa propre compagne dont il accompagnait régulièrement les laborieuses dissertations.

Le 14 mars 2016, prochetmoyen-orient.ch avait relevé plusieurs passages de cet improbable roman dans une note du Centre d’analyse et de prévision du Quai (CAP) rédigée par MD. L’ouvrage n’est en fait qu’une compilation de télégrammes diplomatiques (TD) relatant la défection de Moustapha Tlass (fils de l’ancien ministre de la Défense d’Hafez al-Assad) et son exfiltration de Syrie par les services spéciaux français. Ce n’est pas toujours en famille qu’on fait le meilleur travail, toujours est-il qu’on peut se demander pourquoi – et en vertu de quels soutiens – MD s’est retrouvé bombardé à la tête de l’Académie diplomatique de l’Aga Khan.

Aux personnes peu familières des cercles très fermés de notre diplomatie, cette réponse pourrait paraître excessive. En fait elle reste très en-deçà d’une réalité monopolisée par la pensée unique. La dernière livraison de Commentaire n’est pas un accident et confirme cette unanimité bêlante, qui des quotidiens, hebdomadaires aux radios, télévisions, think-tanks et réseaux numériques a-sociaux, reproduit la doxa d’une mondialisation merveilleuse. Sur la Syrie, les voix discordantes n’ont pas droit de cité et sont proprement censurées. Oui, la censure est de retour dans notre pays, c’est un fait malheureusement !

Enfin, il faut avoir pu mesurer l’arrogance de MD et celle de ses clones pour se rendre compte à quel point celle-ci est proportionnelle à une ignorance crasse et abyssale ! En dernière instance, on ne peut pas ne pas se demander qui sont ces gens pour prendre ainsi en otage la voix de la France ? Néanmoins, bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 Commentaire, numéro 159 – automne 2017.
2 Louis Althusser : Réponse à John Lewis. Editions François Maspero, 1973.
3 A propos de la riposte de Hama contre les Frères musulmans, l’idéologie dominante avance toujours un bilan de 25 à 30 000 morts sans préciser les sources et la méthode permettant d’atteindre ce chiffre. Les experts et historiens sérieux avancent un tout autre bilan de 3 à 4000 victimes.

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

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« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » L’édito de Charles SANNAT

5 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Espagne

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Comme j’ai pu déjà le dire, l’histoire souvent se déroule assez lentement pendant des périodes de stabilité relative pouvant sembler longues, puis brutalement l’histoire s’accélère.

C’est une de ces accélérations que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique sans précédent qui secoue l’Espagne et la menace d’explosion, une explosion qui peut potentiellement s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe. Enfin, disons plutôt pour le reste des pays européens, eux-aussi menacés par les tentations séparatistes de certaines régions.

La stratégie européenne ? Détruire les États pour faire exister l’Europe fédérale

Cela fait des années pour ne pas dire des décennies que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États.

C’est ce qui est consciencieusement fait depuis 40 ans avec ce que l’on appelle la « construction européenne ».

Derrière la construction européenne se cache la destruction des États.

Pour détruire les États, c’est l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social qui ont été utilisés de même que l’élargissement de l’Union. Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été anéantie.

Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser l’indépendantisme des grandes régions pour casser définitivement les nations.

Ce que vous voyez à l’œuvre en Espagne est évidemment une bénédiction pour l’Europe dont il faut se méfier du pseudo-silence qui est en réalité un piège politique redoutable.

L’Europe s’oppose à toute violence, garante qu’elle est de la démocratie !

Cette position politique d’une perfidie inouïe est en réalité un piège politique majeur.

En effet, en s’opposant à toute violence d’État, à savoir la violence pratiquée par Madrid pour éviter la sécession de la Catalogne, l’Europe en réalité prive Madrid, au nom de la démocratie, de tout pouvoir et moyens d’action coercitifs à l’égard des Catalans et des indépendantistes qui restent une minorité agissante et bruyante, mais une minorité tout de même !

Toutes celles et ceux qui sont pour la Catalogne indépendante sont pour le fascisme financier le plus abject.

Tous les bien-pensants de la « démocrassie » qui bêlent comme des ânes pour la Catalogne sont les utiles des riches !

Les indépendantistes sont la négation même de toute générosité et je vais vous dire pourquoi.

Parce que l’indépendantisme catalan se nourrit de l’idée que seuls les Catalans, « êtres supérieurs », savent, eux, travailler, bosser, et produire des richesses, par rapport au reste de l’Espagne peuplé d’abrutis et de fainéants (clin d’œil à notre maréchal jupitérien à nous qu’on a).

Les Catalans seraient donc bien plus riches sans le reste de l’Espagne.

Et vous savez quoi ?
C’est vrai !

Oui les Catalans seraient plus riches sans le reste de l’Espagne.

Ce serait la même chose pour les Italiens du Nord sans les Italiens du Sud.

Pour les Parisiens du 16e sans le reste de Paris, et pour tous les parisiens sans le reste de la France.

Suivant ce raisonnement d’un cynisme financier hallucinant, toutes les régions riches, donc, auraient vocation à devenir indépendantes des régions pauvres.

Or, les pays sont fondés, basés, sur des unions de transfert.

Les riches paient pour les pauvres.

C’est la base de tout impôt et de tout système redistributif.

C’est d’ailleurs ce dispositif qui fait défaut à l’euro pour rendre la zone euro fonctionnelle. Il faudrait que les « riches » allemands paient pour tous les autres pauvres.

Mais plus personne ne veut payer et d’ailleurs l’Europe, pour casser, les États cassent leurs sources de financement en organisant, comme je vous l’ai dit, le dumping fiscal.

Ceux qui défendent donc l’indépendance de la Catalogne sont les idiots utiles du système totalitaire marchand incarné par Bruxelles et les europathes.

Il n’y a pas plus injuste que cette idée. Il n’y a pas plus abjecte que cette Europe qui déclenche la fureur des peuples pour mieux exister, quitte à tuer et à devenir sanglante.

Cette Europe n’est plus la paix.

Sous vos yeux, cette Europe devient la guerre.

N’oubliez jamais qu’aucun État ne s’est jamais créé sans guerre et sans violence. C’est une règle historique intangible et il en sera de même pour l’Europe fédérale.

Ce qui se passe sous vos yeux est sans pareil. Vous en serez, nous en serons et nous en sommes déjà les victimes anonymes.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017 par Jacques Cotta

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le socialisme

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » . 

 

Animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection/débat sur « la violence sociale » animée par Jacques Cotta

Ce vendredi 13 octobre 2017 à NICE

 

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR organise une projection-débat « dans le secret de la violence sociale » animée par Jacques Cotta, auteur du documentaire projeté.

 

La conférence aura lieu le vendredi 13 octobre 2017 de 18h à 21h, dans l’amphithéâtre de la « Maison des Associations » de la place Garibaldi à Nice.

 

Avec la crise économique qui n’en finit plus, le marché de l’emploi n’a jamais été aussi incertain. Les délocalisations et les licenciements boursiers sont de plus en plus nombreux. La liquidation pure et simple de notre industrie s’accélère. Le dernier exemple est l’annonce de la fusion acquisition de ce qui reste d’Alstom par l’allemand Siemens qui veut s’imposer comme leader sur le marché. Cette nouvelle catastrophe économique et industrielle - après le bradage en 2015 à la multinationale américaine Général Electric de sa partie la plus importante concernant l’indépendance de la France – signe la disparition rapide de notre indépendance.

 

L’exemple de la liquidation de Goodyear est aussi dans nos mémoires. Même Emmanuel Macron s’est déplacé auprès des ouvriers en plein désarroi lors de la campagne des présidentielles pour les assurer de son soutien et de sa compassion.

Les intérêts financiers - grâce à l’abdication de la puissance publique et avec l’arme de destruction massive que constitue la dette - finissent par dévaster notre système économique. Ils détruisent ainsi notre modèle social issu de la Résistance. Les conditions d’emploi des salariés se dégradent. Les salaires sont à la baisse, les retraites et plus généralement la protection sociale sont attaquées.

 

C’est tout notre édifice social qui est en voie d’explosion.

Peut-on éviter cette précarité et les drames humains qu’elle provoque ?

Quelles décisions prendre ?

Comment sauver et développer les acquis sociaux qui concernent des millions de Français ?

L’union européenne impose la rigueur à tous les états. Il est prévu que la flexibilité de l’emploi deviendra la norme. Seul le CDD sera proposé. La précarité sera généralisée.

 

Il faut être armé pour affronter les régressions à venir. Les plans de licenciements boursiers, les délocalisations et l’explosion du chômage nécessitent une bonne connaissance théorique pour essayer d’infléchir le cours de l’histoire. Essayons de lever la tête pour remettre la dimension humaniste au cœur du débat.

Les enjeux sont considérables, ils dépassent les choix de société et touchent les choix de civilisation.

Dans la période trouble que nous vivons, il est important de connaître le dessous des cartes.

 

Comme l’indique une citation bien connue : "Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ".

Pensons aussi à l’effet Dracula. En effet si le célèbre vampire est en pleine lumière, il n’a d’autre choix que de se terrer dans un trou noir, il ne supporte pas la lumière.

Jacques COTTA étaye son analyse par des exemples concrets issus de ses enquêtes dans de nombreuses entreprises françaises.  

 

Jacques COTTA, journaliste et écrivain, a réalisé de nombreux films d’investigation dont «Front National, la nébuleuse » (7 d’or). En charge de la série de documentaires « Dans le secret de… » sur France2 il est notamment l’auteur de « 7 millions de travailleurs pauvres », « La face cachée des temps modernes » (Fayard, 2006), « Riches et presque décomplexés » (Fayard, 2008), « Qui veut la peau des services publics ? » (2011), « Un CDD sinon rien » (2012), « Dans le secret du crime financier » (2013) , « Dans le secret du Mont de Piété » (2013), « Dans le secret du burn out » (2015), « Dans le secret de la violence sociale » (2016).

 

ATTENTION : la ville de Nice nous impose que vous nous adressiez préalablement votre inscription à cette soirée. Merci de voir les modalités pratiques dans le document joint.

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Les élections allemandes ruinent les rêves européens de Macron

26 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #La République

Les élections allemandes ruinent les rêves européens de Macron

Les espoirs douchés du président français

Journée noire pour Emmanuel Macron. Dimanche 24 septembre, le président français encaisse la déconvenue de ses troupes aux élections sénatoriales ; il doit aussi constater que le résultat du scrutin qui se déroulait en Allemagne est exactement celui qu’il redoutait. En pire.

Le maître de l’Elysée ambitionne en effet de « refonder l’Europe » et entend piloter cela avec Berlin en faisant valoir ses propositions « audacieuses ». Or le formation du futur gouvernement outre-Rhin va être longue et laborieuse. Et très probablement déboucher sur un programme allant à l’encontre de sa vision pour l’avenir de l’UE, et de la zone euro en particulier.

La première caractéristique est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante

Trois caractéristiques se dégagent du scrutin allemand, marquées par une participation record de 76,2% (+ 4,7% par rapport à 2013). La première est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante : pris ensemble, les chrétiens-démocrates (CDU et CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux ; depuis la fondation de la République fédérale, et jusque dans les années 2000, la proportion variait entre 70% et 80%. La tendance à la chute concomitante des deux formations théoriquement opposées remonte à 2009.

La CDU doit se contenter de 33% des suffrages, soit 8,6 points de moins qu’il y a quatre ans. Son parti-frère bavarois dégringole, lui, de plus de dix points. Certes, même si elle obtient son plus bas score depuis 1949, la formation de la chancelière reste en tête, et celle-ci va rempiler pour un quatrième mandat.

Mais cette « victoire » a un goût de désaveu : sa politique d’accueil de plus d’un million de migrants a laissé des traces profondes. Mais pas seulement : dans un pays réputé pour sa bonne santé économique, une part croissante de la population connaît la précarité, voire la nécessité de cumuler plusieurs petits boulots. La pauvreté, y compris des enfants, ainsi que parmi les retraités, a progressé ces dernières années. Et les investissements publics sont au plus bas (éducation, infrastructures…).

La déculottée du SPD est pire encore : il tombe à 20,5% soit 5,2 points de moins qu’en 2013. Il faut remonter à… 1890 pour trouver un niveau inférieur (19,3%), à l’exception des années 1932-1933. A l’évidence, les sociaux-démocrates payent le prix de leur participation au gouvernement d’Angela Merkel.

Le troisième parti « traditionnel » de la RFA, les (ultra-)Libéraux du FDP, opère en revanche une résurrection : avec 10,7% (+6 points), il entre à nouveau au Bundestag d’où il avait été chassé en 2013, faute d’avoir franchi la barre des 5%. La personnalité de son leader de 38 ans, Christian Lindner, a certainement attiré vers lui des couches supérieures, jeunes et urbaines, après une campagne très « marketing » basée sur son image d’homme des technologies du futur et de la modernité.

Avec respectivement 9,2% et 8,9%, la formation Die Linke (dite « gauche radicale ») et les Verts connaissent une grande stabilité (+ 0,6 et + 0,5 point). A noter cependant que la première baisse de plus de 5 points en ex-Allemagne de l’Est qui constituait pourtant son point fort initial.

Forte poussée de l’AfD

Mais la deuxième caractéristique du scrutin est incontestablement la forte poussée de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), un parti anti-immigration souvent qualifié de « populiste », et au sein duquel certaines sympathies d’extrême-droite se font jour. Avec 12,6% des suffrages, l’AfD fait une entrée fracassante au Parlement et y devient la troisième force, provoquant stupeur et consternation des médias et dirigeants politiques traditionnels. Fondé en 2013 sur la base d’une opposition à la monnaie unique, cette formation avait recueilli 4,7% en septembre 2013.

Depuis, la crise des réfugiés a changé sa priorité (et ses dirigeants). L’AfD confirme ainsi une tendance – particulièrement dans l’Est du pays – qui s’était dessinée dans les élections régionales successives depuis un an, alors même que celle-ci semblait être endiguée.

Troisième trait majeur du scrutin : avec cinq partis représentés au Bundestag, dont deux – l’AfD et Die Linke – ont été déclarés hors course pour participer à une majorité gouvernementale, la nouvelle configuration parlementaire annonce des négociations complexes et laborieuses pour former une coalition majoritaire, bien plus qu’elles ne l’ont jamais été dans l’histoire de la République fédérale.

le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle « grande coalition »

Et ce, d’autant que le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle « grande coalition » avec la CDU. Officiellement, pour empêcher l’AfD de devenir le premier parti d’opposition, ce qui lui donnerait d’importants privilèges ; en réalité, la gifle historique subie a imposé comme une évidence une « cure d’opposition » pour tenter de se refaire une santé.

Dès lors, une seule coalition permet arithmétiquement d’atteindre la majorité absolue des 709 sièges du Bundestag : sous la direction des chrétiens-démocrates, elle associerait les Libéraux et les Verts. Avant le scrutin, ces deux formations avaient écarté cette configuration totalement inédite, faisant valoir qu’elles étaient à l’opposé sur de nombreux sujets clé : l’Europe, l’énergie, l’immigration… Lors de la soirée électorale, le ton avait quelque peu changé.

Mais, alors qu’Angela Merkel espérait être en position d’arbitrer entre différents partenaires possibles en faisant jouer la concurrence entre eux, elle se retrouve avec deux partis, aux exigences souvent opposées, qui lui sont simultanément nécessaires pour former sa future majorité. Et c’est sans compter la complexité supplémentaire que représente la CSU, le parti frère bavarois souvent classé à la droite de la CDU, qui ne manquera pas de poser ses propres exigences, d’autant plus fortes que dans ce Land réputé prospère, l’AfD lui a taillé des croupières.

Autant dire que les tractations pour définir un programme de gouvernement, et accessoirement la répartition des portefeuilles, pourraient bien s’éterniser. A supposer qu’elles aboutissent, le nouvel exécutif quadripartite risque d’être particulièrement fragile, à l’opposé de la sacro-sainte « stabilité » tant prisée par les milieux dirigeants d’outre-Rhin. Déjà, d’aucuns n’excluent pas que la législature ne tienne pas le terme normal de quatre ans.

Vents défavorables à l’Europe

C’est tout cela qui désespère l’Elysée. Car au-delà des jeux tactiques de la politique allemande, tout indique que le futur gouvernement Merkel sera plus que réticent à la « refondation européenne » qu’Emmanuel Macron aurait voulu impulser de concert avec Berlin. Certes, les Verts sont des pro-UE inconditionnels, mais ils risquent de peser peu face à la conjonction de vents défavorables à l’européisme.

D’une part, le résultat du scrutin va renforcer lesdits « conservateurs » au sein de la CDU, qui prôneraient plutôt « l’Allemagne d’abord » que la grande aventure européenne. D’autre part, le FDP a opéré un virage sur ce dossier, au point d’être parfois qualifié d’« eurosceptique » : il refuse en tout cas toute hypothèse de budget de la zone euro (mise en avant par M. Macron) qui ferait peser des dettes d’autres pays (dont la France) sur les finances allemandes.

Enfin, le score de l’AfD (dont plus d’un tiers des électeurs étaient précédemment des abstentionnistes) vient rappeler à toute la classe politique que l’intégration européenne toujours plus poussée (de la libre circulation à l’euro) se heurte à des résistances populaires fortes, quand bien même leur expression est confuse ou ambiguë. Et ce n’est pas la contreperformance de Martin Schulz, qui présidait l’europarlement il y a quelques mois encore et symbolisait à ce titre « l’idéal européen », qui démentira cette tendance.

Les élections allemandes viennent de rappeler rudement les dirigeants européens à la réalité

Le cauchemar du président français ne fait peut-être que commencer. Le 15 octobre, ce sera aux Autrichiens de voter. Le FPÖ – généralement classé dans les populistes eurosceptiques – se voit promettre un score important, alors même que le jeune chef de la droite classique fait campagne en citant le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle. Pour ne rien dire des élections italiennes prévues en 2018, où le Mouvement Cinq étoiles garde le vente en poupe.

Bref, les dirigeants européens avaient cru voir dans l’élection d’Emmanuel Macron et l’endiguement du « populiste » néerlandais Geert Wilders, le début d’un nouveau départ pour l’Union européenne. Les élections allemandes viennent de les rappeler rudement à la réalité.

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Moscou publie des photos de véhicules blindés US dans les zones de Daech en Syrie

25 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Moscou publie des photos de véhicules blindés US dans les zones de Daech en Syrie

© Sputnik. Natalia Selivestrova
https://fr.sputniknews.com/international/201709241033186051-syrie-terrorisme-militaires-americains/

Le ministère russe de la Défense a publié une série de photos des zones de déploiement des extrémistes du groupe terroriste Daech  au nord de la ville syrienne de Deir ez-Zor.

«À l'aide de photographies aériennes prises pendant la période du 8 au 12 septembre 2017 dans les zones de déploiement des unités armées de Daech, on a pu détecter un grand nombre de véhicules blindés américains de type Hummer, qui équipent les forces spéciales des États-Unis», a écrit le ministère sur sa page Facebook.

FDS: «Les USA nous ont encore livré 120 camions d’armements»

Les photographies montrent clairement que les unités spécialisées américaines se trouvent dans des bases d’opérations équipées précédemment par des combattants de Daech.

Cependant, le ministère souligne l’absence de traces d'assaut, d'affrontements avec les terroristes de Daech ou de cratères laissés suite aux bombardements de l'aviation de la coalition internationale.

«Cela ne peut signifier qu'une chose: que tous les militaires américains qui s’y trouvent se sentent en toute sécurité dans des zones détenues par les terroristes», a précisé le ministère.

Les FDS reçoivent 60 camions d'armes lourdes américaines

Les unités des forces spéciales des Forces armées américaines assurent ainsi un avancement sans entrave des détachements des Forces démocratiques syriennes à travers les territoires où se trouvent les membres de Daech, selon le ministère russe de la Défense.

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La victoire sur les terroristes dévoilera les vrais objectifs des USA en Syrie

https://fr.sputniknews.com/international/201709241033183803-objectifs-usa-syrie/

Alors que Washington répète qu'il n'a que le but de combattre les terroristes en Syrie, la victoire sur Daech et le Front al-Nosra mettra les choses au clair, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Quelles que soient les assurances données par le gouvernement américain, les véritables objectifs des États-Unis sur le sol syrien seront mis en lumière après que les terroristes auront été défaits, a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères dans un entretien accordé à la chaîne russe NTV:

«Lorsque Daech sera défait, et le Front al-Nosra [rebaptisé Front Fatah al-Cham, ndlr] avec lui, nous comprendrons qui poursuit quels objectifs en Syrie.»

Entre-temps, la partie américaine, y compris le secrétaire d'État Rex Tillerson, tient à jurer qu'elle n'est fidèle qu'à son seul but d'éliminer le terrorisme sur le territoire syrien, a poursuivi le diplomate.

«Quand ce moment survient [la victoire sur les terroristes], est-ce que c'est vrai et si les États-Unis poursuivent des objectifs politiques», a résumé M.Lavrov.

Plus tôt dans la journée, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé, à la tribune de l'Assemblée générale de l'Onu à New York, que le gouvernement syrien empêcherait toute atteinte à l'intégrité du pays et que toute présence d'une force armée étrangère dans le pays sans l'aval de Damas devait être considérée comme «une occupation, agression, violation du droit international et de la Charte des Nations unies».

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Selon le colonel Alain Corvez, la polémique de Villiers «laissera des traces dans la mémoire du pays tout entier»

25 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La République, #La France, #L'armée française

Le colonel Alain Corvez interrogé par RT France

Le colonel Alain Corvez interrogé par RT France

Pour RT France, le colonel Alain Corvez, ex-conseiller du ministère de l'Intérieur, s'épanche au sujet des coupes budgétaires dans la Défense et de l'affaire de Villiers, qui restera selon lui «une tache» dans le début du quinquennat de Macron.

Pour le colonel (en retraite) Alain Corvez, la polémique liée à la démission du général Pierre de Villiers est «très dommageable pour les relations entre l'armée et le chef de l'Etat».

Selon lui, «le pays tout entier» se souviendra de «l'attitude humiliante» qu'a eue Emmanuel Macron envers le chef d'état-major des armées, à la veille du 14 juillet. Le président de la République avait vertement recadré le haut responsable militaire, après que celui-ci avait exprimé, lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, sa désapprobation concernant les coupes dans le budget de la Défense de 2017 – il avait alors déclaré qu'il refusait de se faire «baiser» par Bercy. 

Si la terminologie des propos du général de Villiers était «un peu excessive», estime le colonel Alain Corvez, ceux-ci avaient été prononcés, rappelle-t-il, «à huit-clos, devant des députés faisant partie de la commission de la Défense».

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