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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

Après les ATTENTATS quelques points de REPÈRES. Par Eldiablo.

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La guerre, #La lutte des classes, #Le grand banditisme

Dimanche 18 janvier 2015 

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Notre déclaration du 8 janvier (voir sur le site) au lendemain des crimes contre le journal « Charlie hebdo » prend tout son sens aujourd'hui.

 

La propagande capitaliste visant à « rassembler le peuple autour de ses valeurs » est une opération politique, une nouvelle manipulation qui poursuit des buts précis.

 

La question essentielle pour les états capitalistes est de poursuivre, accentuer, accélérer la politique dictée par les multinationales mondiales dans la recherche de nouveaux profits.

 

Pour cela, il leur faut conquérir les territoires et les peuples qui leur échappent encore pour les exploiter.

 

Tous les moyens sont mis en œuvre pour réaliser ces objectifs.

 

Avec la chute de l'URSS, qui constituait l'obstacle majeur au développement du capital mondial, le coup d'envoi était donné pour un nouveau partage du monde dont on mesure tous les jours la dangerosité.

 

56 conflits armés ont eu lieu ou sont en cours depuis la chute de l'URSS, il est utile derappeler que les forces du capital avaient promis une ère de paix et de fraternité après la disparition de « l'ennemi de classe ».

 

L'Europe du capital s'est développée, le capitalisme mondial également, les profits des multinationales mondiales ont explosé mais ce sont les peuples qui payent.

 

Pour parvenir à ces résultats les états capitalistes ont utilisé tous les moyens pour détruire les états qui résistaient ou qui résistent à leurs objectifs. Ils ont armé, financé, organisé des groupes locaux ou étrangers devenus aujourd'hui de véritables armées qui à leur tour veulent imposer des dictatures en utilisant les religions comme faire valoir mais le but est le même : exploiter pour le profit.

 

L'impérialisme américain joue un rôle central dans ce nouveau partage du monde. Dès le début avec la guerre en Afghanistan, il n'a pas hésité à armer les « talibans » contre le gouvernement afghan à l'époque progressiste, soutenu par l'URSS. Les interventions se sont succédées au Yémen, en Tchétchénie.

 

Dès la chute du mur ce fut le démantèlement de la Yougoslavie, les interventions en Irak à deux reprises depuis 91.

 

Aujourd'hui le pays est à feu et à sang comme le sont la Libye, la Syrie, le Mali, la Centrafrique, le Niger, le Soudan, le Nigéria et nombre de pays ou « l'intégrisme religieux » a été sollicité, organisé, construit. Cet « intégrisme » dont les états capitalistes utilisent l'existence aujourd'hui pour justifier leurs interventions alors qu'ils en sont les géniteurs.

 

Que dire de la politique d'Israël, bras armé de l'impérialisme étasunien qui massacre, assassine sans retenue pour s'accaparer l'ensemble des territoires de Palestine.

 

Oui, ils sont capables de tout pour imposer la politique des puissances capitalistes.

 

L'ensemble des partis politiques, de la droite au Front national, du PS et ses alliés au Front de gauche, les syndicats, pleurent sur les conséquences des actes criminels et acceptent sans broncher les mesures autoritaires que le gouvernement met en place. Tous gèrent une situation politique et sociale qui s'aggrave de jour en jour.

 

Chacun joue son rôle dans la mascarade de l'appel à «  l'unité nationale ». Personne n'a protesté quand Hollande a accueilli avec bienveillance les chefs d'états couverts du sang des peuples qu'ils massacrent.

 

Netanyahu a le droit de tout faire, massacrer les palestiniens et leurs enfants, détruire les infrastructures du pays, décider l'annexion de nouvelles terres palestiniennes, poursuivre la colonisation, bloquer les moyens financiers indispensables à la vie courante du peuple, instaurer avec l'extrême droite israélienne un régime politique foncièrement raciste. Tout cela au mépris du droit international, avec la bénédiction et l'aide des grandes puissances.

 

Porochenko, le « président » ukrainien installé par l'impérialisme européen par un coup d'état militaire gouverne aujourd'hui avec l’aide de groupes fascistes.

 

Le secrétaire général de l'OTAN au service exclusif des états capitalistes, fournisseur des armes et des armées pour détruire, bombarder, organiser les guerres contre les peuples qui ne veulent pas se soumettre à la loi du capital.

 

Voilà trois personnages (il y en avait une trentaine du même acabit) qui viennent soutenir « la démocratie », la « liberté de la presse » à l'appel du gouvernement français. Quelle démocratie? Quelle liberté de la presse alors que l'une et l'autre sont aux mains des grands groupes industriels et financiers.

 

C'est « l'union sacrée de l'internationale capitaliste » que Hollande et consorts veulent pérenniser en France.

 

Tous sont venus chercher le soutien des multinationales, utiliser l'émotion suscitée pour masquer les effets désastreux que leur politique engendre.

 

La France est le pays européen le plus engagé dans les conflits armés, Hollande vient d'annoncer de nouveaux renforts aux huit mille hommes déjà en opération, il annonce également le déploiement de 3500 militaires sur le territoire national, il regrette qu’il n’y ait pas d’intervention en Syrie pour éliminer Assad. Qui peut croire que cette politique guerrière peut rester sans conséquence?

 

Et pendant ce temps, qui parle des sales coups que préparent Hollande et son gouvernement, de la loi Macron et ses 156 mesures dirigées contre les travailleurs!! On ne parle plus des dépenses en hausse constantes, des pensions, allocations et salaires en baisse, de la casse des services publics, du code du travail.

 

Voilà la signification de l'appel à "l'unité nationale" relayée à tous propos par la propagande du pouvoir. C’est la perspective offerte aux travailleurs, au peuple et à sa jeunesse soumise au chômage de masse, à la précarité, à la pauvreté.

 

La paix, la satisfaction des besoins sociaux des peuples seront satisfaits lorsque la lutte sera suffisamment puissante pour chasser les forces du capital. Il faut l'engager partout, tout de suite, il y a urgence. C’est notre conception de l’union nationale, c’est la seule possible. "Communistes" y travaille.

 

source : site "communistes"

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Vers une dictature antiterroriste ? Par Damien Viguier.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #La France, #La mondialisation, #La justice

http://arretsurinfo.ch/vers-une-dictature-antiterroriste/

Vers une dictature antiterroriste ?

Par Damien Viguier le 16 janvier 2015

Crises/guerres Dissidence France Liberté d'expression

L’arbitraire du magistrat dans la loi pénale

Le vendredi 9 janvier 2015, à 18h47, près d’une heure trente après que les frères Kouachi, soupçonnés de l’attentat du mercredi précédent à Charlie Hebdo, sont tombés dans une scène digne de Butch Cassidy et le Kid, Othman Dahouk, 16 ans, fait figurer sur son compte Facebook l’image « Je suis Kouachi ».

Mauvaise idée. Le mardi 13, il est entendu par un officier de police judiciaire. À ce dernier, qui l’invite à parler et qui lui dit qu’il est dans un pays libre où il peut s’exprimer, il répond :

« Je mets un truc sur Facebook, et je suis en garde à vue. Vous trouvez que je suis libre ? »

Le lendemain il est conduit, menotté et sous escorte, devant un juge des enfants, dans la perspective de sa mise en examen du chef d’apologie de terrorisme [1].

Il garde le silence. Son avocat prend la parole. Il en appelle à la raison, il rappelle au magistrat que dans le contexte de démence collective qui saisit une bonne partie de la population en France, démence dont sont saisies les plus hautes autorités de l’État, il est de son devoir, à lui, magistrat, dernier rempart des libertés, de rester serein et de prononcer ce qui naturellement s’impose devant pareil cas : une ordonnance de non-lieu.

Comment peut-on, dans le contexte malsain d’une idéologie hostile à l’islam, alors que gouvernement et médias nourrissent une psychose collective, « inculper » (comme jadis l’on disait) un gamin de 16 ans pour une pancarte « Je suis Kouachi » ? Alors que dans le même temps on prétend défendre la liberté d’expression, et en particulier le droit de moquer, de railler et de tourner en ridicule ? N’encourage-t-on pas, au contraire, à dire « Je suis Kouachi » ? N’a-t-on pas le droit de tourner en ridicule ce mouvement de foule et son slogan « Je suis Charlie » ?

Il semblerait que non.

Othman Dahouk, 16 ans, a été mis en examen pour apologie de terrorisme. Il encourt cinq ans d’emprisonnement pour une pancarte sur son Facebook (sept ans, même, si l’on tient compte de la circonstance aggravante). Et le magistrat l’a astreint à se soumettre, lui, à une obligation de soins psychologiques !

Sur quoi il convient de faire d’abord remarquer que si la loi doit être claire et précise de manière à ce que l’on puisse prévoir si ce que l’on s’apprête à faire est ou non punissable, cette loi qui incrimine « l’apologie de terrorisme » ne l’est guère, tout simplement parce qu’un élément de cette formule ne l’est pas.

« Apologie »

Le mot apologie, selon le dictionnaire Bloch et Warturg, est emprunté au latin ecclésiastique apologia et provient du grec apologia, qui signifie « défense », dérivé du mort apologos, qui au sens propre signifie « récit », « narration ». Il est vrai que toute défense, en droit pénal, commence par raconter ce qui s’est passé. Le Robert parle de « discours écrit visant à défendre, à justifier », c’est un plaidoyer.

Même si on pressent qu’il y a quelque abus à voir dans trois mots l’expression d’un plaidoyer (la plaidoirie la plus brève qu’il m’ait été donné de tenir jusqu’à présent en comportait quatre), le sens du terme est suffisamment précis pour répondre au principe de légalité.

« Terrorisme »

Il en va autrement avec le mot « terrorisme ». Notons d’abord que la même réalité peut recevoir des termes synonymes : partisan, résistant, guérillero, franc-tireur, rebelle, insurgé, membre d’un corps franc, milicien ou… terroriste. Tout dépend de l’endroit et du moment d’où l’on perçoit le phénomène. Le « terrorisme » n’est pas une infraction en soi, mais englobe de nombreuses choses qui peuvent être des infractions, lorsqu’elles ne sont pas légitimées par le pouvoir en place, ou même n’en être pas (comme de simplement parler, écrire, dessiner faire un geste, etc.).

Par exemple, on va prochainement (mai 2015) faire entrer au Panthéon, pour les donner en exemple à la Nation, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, quatre « résistants » qui par leurs actes et mêmes leurs pensées étaient perçus comme des terroristes par les autorités et par la population de 1942 à 1944.

Et le Président Sarkozy n’avait-il pas ordonné que l’on lise à la jeunesse des écoles la lettre « d’adieu à ma petite maman », de Guy Môquet ? Et dans un autre registre, n’a-t-on pas fait de Che Guevarra une icône marketing ?

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, n’a-t-il pas dit que le Front Al-Nosra faisait « du bon boulot » ? Il s’agit pourtant d’une organisation terroriste, qui opère en Syrie et qui s’y livre à des horreurs autrement plus graves que ce qui est arrivé à Paris le 7 janvier 2015. Le tribunal administratif de Paris a même reconnu que de tels propos relevaient de la politique internationale de la France.

Le phénomène est donc extrêmement difficile à appréhender. Combattant glorieux pour les uns, criminel odieux pour les autres, le terroriste n’est vraisemblablement ni l’un ni l’autre. Seulement il se trouve que le cadre juridique ne comprend que deux catégories, et qu’il faut bien l’y faire rentrer.

Sans faire de la sociologie juridique d’avant-garde à l’américaine, il est évident que la décision du juge va dépendre du pouvoir en place. Selon que vous êtes appréhendé sous un régime libéral et libertaire du genre de n’importe quel État occidental, ou que vous êtes arrêté pour les mêmes faits sous un califat dans le style État islamique, votre sort ne sera pas le même. Pour les uns vous êtes un criminel impardonnable ou un fou, tandis que pour les autres vous êtes le saint et le héros qui a exécuté la fatwa.

Tout dépend aussi de l’endroit où vous opérez. Sur sol syrien ou irakien vous pouvez décapiter, violer, torturer à loisir (à condition toutefois de ne pas toucher aux journalistes occidentaux). En France en revanche, c’est « tolérance zéro » : le voile pour les femmes, la barbe pour les hommes, suffisent à vous rendre suspects.

Et même sous un régime libéral et libertaire, tout va dépendre, à quelques jours, parfois à quelques heures près, des degrés de pression politique, de propagande et de mobilisation de l’opinion publique. En période de calme relatif il ne vous arrivera rien. Mais gare si vous n’avez pas senti le vent tourner, même si le vent tourne après, bien après que vous ayez dit ce que vous avez dit.

Par conséquent, il est extrêmement dangereux de faire figurer dans la loi pénale ce terme obscur et vague de « terrorisme ». C’est laisser à l’arbitraire du magistrat le choix de condamner ou de relaxer, sans que l’on puisse prévoir à l’avance sa réaction. Cela crée une atmosphère extrêmement malsaine. L’emploi du mot, en réalité, est le signal de la guerre civile. Il n’a pas à figurer dans la loi.

Damien Viguier | 16 janvier 2016
Avocat – Docteur en Droit

Damien Viguier est avocat aux barreaux de l’Ain et de Genève, docteur en droit privé et sciences criminelles, chargé d’enseignement à l’université.

Notes

[1] La loi n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme a introduit dans le Code pénal un article 421-2-5 : « Le fait, publiquement, par quelque moyen que ce soit, de provoquer directement à des actes de terrorisme, ou de faire l’apologie de ces actes est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 € d’amende. Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et 100.000 € d’amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne. » Auparavant l’alinéa 6 de l’article 24 de la loi de 1881 sur la presse prévoyait quelque chose d’approchant.

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Contre le communautarisme par Jean LEVY

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #Je suis Charlie?, #Terrorisme

Samedi 17 janvier 2015

Contre le communautarisme par Jean LEVY

Contre le communautarisme

par Jean LEVY

Depuis l’attentat contre « Charlie Hebdo », le pouvoir et ses médias invoquent l’Union sacrée mais divisent arbitrairement les Français en diverses « communautés », en lieu et place de la communauté nationale, seule entité acceptable dans notre République, qui se veut laïque.

Ainsi, les journaux, la télé, la radio n'ont de cesse d'invoquer la "communauté juive, la "communauté musulmane". Dans celle-ci, sont regroupées les populations en général d'origine maghrébine, qualifiées en bloc de "musulmane", comme si tous s'en référaient à l'Islam religieux. En fait, simplement d'origine algérienne, tunisienne ou marocaine, comme d'autres sont descendants d'émigrés italiens, polonais, espagnols ou portugais, nombreux sont ceux qui ne pratiquent aucune religion. Pourquoi en faire une "communauté", un ensemble homogène en marge de la "communauté française ?

De même, les médias distinguent en permanence les "juifs" des autres Français. Certes, malheureusement, le fait n'est pas nouveau.

Cette césure a été d'abord pratiquée par les ligues factieuses d'avant guerre, l'extrême-droite d'alors. Pourtant, la population d'origine juive askynase, fuyant les persécutions généralisées dans les pays d'Europe de l'Est et d'Allemagne n'avaient qu'un souci, arrivant en France, c'est de se fondre le plus vite possible dans la nation française, aux antipodes du communautarisme.

La discrimination s'est amplifiée jusqu'à l'horreur du fait de l'occupant allemand, de l'Etat dit "français" et leurs Kollaborateurs. L'exposition antisémite organisée à Paris par les nazis, "le Juif et la France", en constitue le point d'orgue idéologique, justifiant les massacres de masses qui ont suivi. Le mot "juif" en lettres de sang s'étalait sur les murs de nos villes.

On aurait pu croire qu'avec la Libération, la discrimination cesserait.

Or, des décennies plus tard, un certain nombre de nos concitoyens, se revendiquant de la qualité de « juifs », voulaient se singulariser en tant que communauté distincte. Cette attitude a pris une toute autre ampleur avec la venue en France des « pieds-noirs » d’Afrique du Nord, dont nombre de juifs sépharades. Ceux-ci, très ancrés dans la religion, ont constitué

des pôles urbains de regroupement, reproduisant la nature communautaire telle qu’ils la vivaient en Algérie ou au Maroc.

L’Etat d’Israël, se considérant la nation de tous ceux qui se revendiquent comme « juifs » dans le monde, s’est appuyé sur cette population pour donner à celle-ci un sentiment de double appartenance nationale et développer ainsi son caractère communautaire.

Mais les Français d’origine juive ne se limitent pas à aux Sépharades. Le

plus grand nombre, au cours des siècles passés, condamnés longtemps

à vivre dans des ghettos, se sont totalement intégrés à la communauté française, y compris en délaissant la religion. Ils ne sentent aucun lien avec l’Etat d’Israël, dont ils critiquent la politique criminelle. Les replacer, malgré eux, dans une pseudo « communauté juive » à l’écart de la nation française, constitue un viol de leur conscience et une division arbitraire de notre pays.

La question est donc posée : pourquoi gouvernement et médias font-ils tant d’efforts à réduire la nation française à un agglomérat de communautés distinctes ?

L’abandon par nos « élites » de toute notion de souveraineté et

d’indépendance, l’alignement de nos soit-disantes élites sur un pouvoir extérieur à la France, expliquent leur volonté de faire de notre pays une simple région européenne peuplée de communautés juxtaposées, sans lien charnel, sans sa longue histoire partagée de luttes pour la liberté.

A nous de poursuivre le combat pour la République Une et indivisible.

* Lire ou relire aussi :

OUI ! LES MOTS « JUIF » ou « ARYEN »

ONT LEUR IMPORTANCE

Par Jean LEVY

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Où est Charlie ? Rapport officiel sur les tortures du régime de Kiev contre les prisonniers (Vidéo).

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #le nazisme, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #Les média, #L'OTAN.

 


Lorsque des ONG comme Amnesty international ou bien l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) font état de tortures et de découvertes de charniers en Ukraine, ce n’est pas répercuté dans nos pays de liberté d’expression, ou au mieux, le flou est entretenu afin de laisser croire que ces faits sont observés en Novorossiya libre: les Républiques de Donetsk et de Lugansk.


Dans son rapport, le Comité contre la torture du Conseil de l’Europe fait état de «découvertes très préoccupantes», après sa visite en septembre dernier de deux prisons ukrainiennes de la région de Kharkov, les colonies numéros 25 et 100, et publie ses observations préliminaires tirées de sa visite.

Photo: Une victime civile des bombardements de l'armée de Kiev sur Donetsk, abattue en pleine rue, le 13 janvier 2015,... (Voir vidéo ci-dessous) 
medias-presse.info

Où est Charlie ? Rapport officiel sur les tortures du régime de Kiev contre les prisonniers (Vidéo)

Où était Charlie

Photo: Une victime civile des bombardements de l’armée de Kiev sur Donetsk, abattue en pleine rue, le 13 janvier 2015,… (Voir vidéo ci-dessous)

 

Lorsque des ONG comme Amnesty internationale ou bien l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) font état de tortures et de découvertes de charniers en Ukraine, ce n’est pas répercuté dans nos pays de liberté d’expression, ou au mieux, le flou est entretenu afin de laisser croire que ces faits sont observés en Novorossiya libre: les Républiques de Donetsk et de Lugansk.

 

Cette fois-ci, « l’enquête portait sur la situation de personnes arrêtées lors d’opérations antiterroristes ; et les enquêtes au sujet de cas de mauvais traitement infligés par des agents des forces de l’ordre à des manifestants de la place de « Maidan». La visite avait aussi pour objectif d’examiner la situation des personnes arrêtées dans le cadre de l’opération antiterroriste en cours. » 

le Comité contre la torture du Conseil de l’Europe évoque l’usage de camisoles de force, d’actes de sodomies et notamment de strangulations.  Il dénonce un « nombre considérables » de cas rapportés de mauvais traitements ou de torture de prisonniers en Ukraine, dans un rapport le mardi 13 janvier. Dans son rapport, le Comité fait état de « découvertes très préoccupantes », après sa visite en septembre dernier de deux prisons ukrainiennes de la région de Kharkov, les colonies numéros 25 et 100, et publie ses observations préliminaires tirées de sa visite.

Kharkov ou Kharkiv qui est la plus grande ville d’Ukraine, se situe à l’Est du pays, mais loin des lieux sous autorité novorusses. Ces centres de détention dans lesquels des cas graves de tortures sont infiniment timidement dénoncés, sont sous l’autorité de Kiev et donc du président Porochenko, le grand vassal des USA.

Je suis Donbass

« Hier une nouvelle est passée sans que personne ne s’en aperçoive :

pendant qu’on lançait un énième assaut contre les terroristes dans la banlieue de Paris,

cinq personnes, dont 2 gamins innocents, ont été tuées au Donbass. » (source)

Le CPT évoque des cas rapportés de « passages à tabac, de sodomie avec matraque et l’usage de camisoles de force (sur des détenus), de strangulation de l’abdomen avec une corde au point de faire déféquer des prisonniers ». Ces observations ont été rendues publiques sur le site internet du CPT avec l’accord du gouvernement de Kiev. Dans l’un de ces deux centres – la colonie 25 -, la délégation dit avoir reçu « un nombre considérable d’allégations de mauvais traitements physiques graves et/ou de torture de prisonniers par des gardiens de prison ».

« La délégation a eu la claire impression que les deux établissements étaient gérés par un système d’intimidation et de violence », explique le Comité. « La délégation a été frappée par l’atmosphère de crainte générale » qui régnait dans ces deux établissements. Le comité note notamment la « grande réticence » des prisonniers à parler. Plusieurs d’entre eux auraient refusé de parler à la délégation, notamment après avoir été approchés par des surveillants.

« De l’avis du Comité, sont laisser pendant des heures sans soins médicaux appropriés des personnes détenues présentant de graves lésions corporelles qui pourrait s’apparenter à un traitement inhumain et dégradant. »

Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites! Mais que peut-on attendre des organisations pro-européennes ? « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Cela n’a jamais été aussi vrai!

La délégation appelle les autorités de Kiev à lancer rapidement une enquête indépendante pour comprendre comment fonctionnent ces deux prisons et à prendre des mesures adéquates pour assurer que les détenus n’y soient pas soumis à des représailles après avoir témoigné. Kiev dispose de deux mois pour communiquer au CPT un compte-rendu détaillé des mesures engagées.

Poulets grillés

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Qu’en est-il des crimes atroces perpétrés à Odessa où des gens ont été piégés volontairement dans un bâtiment auquel le feu a été mis? Lorsque les pompiers ont tenté d’intervenir pour lutter contre l’incendie, ils en ont été empêchés d’intervenir!  

En fait ce Comité du Conseil de l’Europe demande aux tortionnaires eux-mêmes d’enquêter … Autant dire que les tortionnaires peuvent continuer de torturer en toute tranquillité! Et pendant ce temps Kiev intensifie ses bombardements sur la Novorossiya et la liste des victimes civiles continue de s’allonger, dans l’indifférence la plus totale. Voir la vidéo ci-dessous.

Informations recueillies sur la Voix de la Russie le Figaro et l’Agence News Press du Conseil de l’Europe.

Dans le quartier Octobre de Donetsk, une victime civile vient d’être abattue dans la rue. Une bombe s’abat pendant le tournage sur les pompiers pris sous les tirs des lances-roquettes BM-21 grad des forces de Kiev.

« Au moment même où Porochenko dépose des gerbes et verse des larmes pour faire preuve de sa solidarité « dans la lutte contre le terrorisme », on a définitivement façonné aux yeux des occidentaux « la bonne image » où la France paisible est devenue la cible du terrorisme de la même façon « que l’Ukraine paisible ». L’Ukraine combat le « régime terroriste » du Donbass et non pas tue par milliers ses anciens compatriotes et en affame d’autres. Après avoir défilé aux côtés des chefs des puissances mondiales sous les salves des bombes phosphoriques à Donetsk, Porochenko a définitivement affirmé son droit de faire tout ce qu’il veut en toute impunité : il est désormais un « brave gars » qui défile dans les rangs des « gens civilisés », il est des leurs, il est Charlie. Alors que ceux qui ne sont pas Charlie, on peut les tuer, sans discuter avec eux. Au même titre que des Serbes, des Irakiens, des Libyens et de Syriens. Tout simplement parce que leurs gueules ne reviennent pas à certains, parce qu’ils ne font pas partie du « Milliard d’or », parce qu’ils ne sont pas Charlie. » (Source)

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Nous sommes tous Raïf ! Je suis Raif Badaoui, combattant de la liberté d'expression condamné à 1000 coups de fouet en ARABIE SAOUDITE, alliée de l'Occident.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Je suis Charlie?, #la liberté, #La Laïcité, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La République, #La mondialisation

Samedi 17 janvier 2015 

Raif-Badaoui.jpg

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La présence à Paris dimanche d'un ministre saoudien pour dire « Je suis Charlie » : 9.5 sur l'échelle de l'hypocrisie ambiante. Au même moment, à Riyad, un jeune blogueur est condamné aux peines les plus barbares pour le plus simple usage de la liberté d'expression.

 

Il est difficile de choisir un coupable qui porte autant sur son visage l'innocence. Ses traits angéliques sont brandis dans des portraits par ses enfants accablés par la peur de perdre leur père. Son combat pour la liberté est porté par sa femme, qui alerte sur son sort depuis son exil canadien.

 

Lapidation pour un blogueur « libre-penseur »

Raif Badaoui, 31 ans, est détenu depuis 2012 par le régime saoudien. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet livrés sur la place publique, à 10 ans de prison ainsi qu'à une amende de 1 millions de rials (soit 250 000 euros).Quel crime a bien pu commettre Raif ?

 

Celui de tenir un site d'orientation politique démocratique (« Free Saudi liberals »), défendant la liberté d'expression, la libération des prisonniers politiques et l'ouverture d'un débat sur les questions politiques en Arabie saoudite.

 

Il critiquait sur son blog les grands du Royaume, dont des figures religieuses comme le Grand Mufti d'Arabie saoudite, et tournait en dérision la police religieuse de la monarchie saoudienne, la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice.

 

Crimes d'apostasie, blasphème, lèse-majesté : le Moyen-âge en 2015

 

Dans un premier temps, l'accusation avait réclamé la peine de mort pour « apostasie », soit l'abandon de l'Islam. Finalement, c'est le crime d' « insulte à l'Islam » qui a été reçu. Derrière l'accusation de « blasphème », c'est bien plus un « lèse-majesté » dont il s'agit.

 

La monarchie saoudienne s'appuie sur une vision fondamentaliste de l'Islam, le wahhabisme, accompagnant sa politique de diffusion du terrorisme islamiste dans le monde.

 

Elle constituait jusqu'alors une interprétation fort minoritaire de cette religion. Elle n'a connu une renaissance que dans les années 1930 en Arabie même, avec l'installation de la dynastie Saoud, patronnée par la puissance coloniale britannique puis soutenu par l'allié américain.

 

Une peine barbare en tout cas, pour un crime obscurantiste. Les 50 premiers coups de fouet ont été donnés vendredi dernier dans sa ville natale de Jeddah, devant une mosquée.

 

Une foule de plusieurs centaines de personnes ont rythmé les coups de fouet d'applaudissements, de sifflets d'encouragement et de cris « Allah Akbar » (Dieu est grand).

 

Selon ce qu'un témoin a conté à Amnesty international, « Raif était menotté et enchaîné mais son visage n'était pas couvert. Un officier de police s'est approché avec un grand bâton et a commencé à le frapper. Raif a levé sa tête vers le ciel, fermant ses yeux et cambrant son dos. Il n'a rien dit, mais vous pouviez voir sur son visage et son corps qu'il souffrait le martyr ».

 

Ce vendredi, il doit subir une seconde salve de 50 coups de fouet à Djeddah, un rituel qui devrait continuer pour les 19 prochaines semaines. Sa femme, Ensaf Haidar, désormais exilée à Montréal a déclaré – après l'avoir eu au téléphone – qu'elle n'était pas sûr qu'il résisterait à un second supplice.

 

« Raif m'a dit qu'il avait énormément souffert après sa flagellation, sa santé est précaire », a-t-elle confié à Amnesty.

 

Son avocat condamné à 15 ans de prison pour sa défense des droits humains

 

Son avocat, Walid Abou al-Khair a lui aussi été condamné en juillet à 15 ans de prison pour avoir dénoncé les violations des droits de l'Homme en Arabie saoudite. Il s'agit, prétextant le contexte anti-terroriste (un comble), de réprimer toute dissidence interne, fut-elle modérément libérale.

 

Une semaine après la condamnation officielle par Riyad des attentats de Paris, après la présence d'un ministre saoudien à la manifestation officielle de dimanche dernier, ce piétinement de la liberté d'expression crée un certain malaise, dans le monde arabe. Les caricatures ont fleuri sur le web.

fouet-arabie-saoudite.jpg

Une montrant un homme ressemblant à Raif fouetté alors qu'à côté le bourreau criait, des fleurs plein la bouche, « l'Arabie saoudite condamne les attaques contre la liberté d'expression à Paris ». Une autre image montrait un crayon lacéré de coups de fouet.

 

Notre allié saoudien : champion du monde de la peine de mort et du terrorisme

 

C'est un secret de polichinelle, l'Arabie saoudite a armé les factions islamistes en Syrie contre le régime d'Assad, dans une émulation morbide avec le Qatar, usant des facilités offertes par la Jordanie et la Turquie, avec la bénédiction de ses alliés américains, français et britanniques.

 

Ce n'est pas un secret du tout, la Charia est appliqué sous une forme extrêmement rigoriste. Sont considérés comme crimes passibles de la lapidation, la mutilation ou la décapitation : sodomie, athéisme, trafic de drogue (y compris cannabis), fornication, blasphème ou sorcellerie (sic).

 

L'Arabie saoudite détient le record du nombre de condamnations à mort avec 89 décapitations en 2014prononcées par la monarchie absolue. La loi du talion y est appliquée, elle a ainsi conduit l'an dernier à la condamnation d'un jeune homme … à la paralysie après une agression durant son adolescence qui avait conduit tragiquement à la paralysie de sa victime.

Ce que dénonçait Raif, c'était la police des mœurs, les « mutaween » (pieux) qui patrouillent dans les rues s'assurant du code vestimentaire, de la stricte séparation entre hommes et femmes, du respect des prières dictées par leur interprétation particulière de la Charia.

 

Le gouvernement encourage la délation de ses concitoyens. Un tribunal saoudien vient tout juste de condamner cinq hommes à 32 ans de prison et 4 500 coups de fouet pour avoir organisé une … Fête illégale de St-Valentin avec des femmes avec lesquelles ils auraient dansé et bu.

 

2015 sera l'année de la dénonciation de l'hypocrisie. Au moment où on nous demande de rejoindre l' « Union sacrée » nationale pour une « Sainte-Alliance » internationale menée par la France, les USA, appuyant l'Arabie saoudite, le Qatar, Israel, les premiers soutiens et acteurs du terrorisme international. Aujourd'hui, « nous sommes tous Raif ».

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UKRAINE : Conférence de presse sur le MASSACRE D'ODESSA : le 26 janvier 2015 à Paris

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La France, #La nation ., #La guerre, #La paix, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme

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Communiqué de Presse

A Odessa (Ukraine), des faits d’une gravité comparable aux deux massacres qui viennent d’avoir lieu à Paris se sont déroulés en mai 2014. Des proches des victimes vont venir témoigner en France.

 

Du 24 au 31 janvier 2015, une délégation venue d'Odessa en Ukraine parcourra la France. Elle comprendra notamment Elena, qui est la mère de Andreï Brajevsky,  militant connu de l'organisation de gauche Borotba, âgé de 27 ans brulé vif le 2 mai 2014 dans l’incendie criminel de la maison des syndicats d'Odessa, massacre qui a couté la vie à une quarantaine d'opposants au nouveau régime ukrainien, et témoignera des difficultés d'obtenir justice dans l'Ukraine postérieure à la révolution de la place Maydan.

 

Elle comprendra aussi le secrétaire d'Odessa du parti communiste d'Ukraine, parti qui subit une procédure d'interdiction, et dont les militants sont persécutés, traqués, torturés et parfois assassinés. Le parti communiste d'Ukraine est une organisation démocratique qui milite pour le maintien de l'unité du pays et qui avait proposé fin 2013 une pétition pour le règlement de la question de l'accord avec l'UE par référendum, et obtenu plus de 4 millions de signatures. Si cette voie avait été choisie, le pays aurait fait l'économie d'un coup d'État et d'une guerre civile.

 

Une conférence de presse sera organisée le lundi 26 janvier 2015 après-midi, à l'AGECA (177 rue de Charonne, Paris 11ème), à partir de 14 heures (salle disponible jusqu'à 18 heures). Contact 06 77 97 64 68, laisser un message.

 

Modification de lieu en soirée : rencontre avec le public à la librairie Tropiques, 63 rue Raymond Losserand, Paris 14 ème à 19 heures 30.

 

Elena sera présente aussi à la rencontre de politique internationale, organisée par le collectif Polex, à l'assemblée nationale, le mardi 27 janvier 2015 à 17 heures, sous les auspices de M Patrice Carvalho, député de l'Oise.

 

Le voyage de la délégation est organisé par Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop. Ci-dessous voici les liens à deux textes, présentant le cas d'une autre victime du massacre, un jeune communiste de 17 ans, et le planning de la tournée en France:

 

Le combat de la mère de Vadim, victime du massacre d'Odessa (04/01/2015 publié dans : Ukraine )
 

La douleur d'une mère qui a perdu son fils ne peut pas être décrite. La douleur brûle tout à l'intérieur. La vie perd son sens. Le Temps s'arrête. À cause de la haine humaine, du désespoir, du ...

 

Antifascisme en Ukraine : tournée en France d'une délégation d'Odessa, à partir du 24 janvier 2015 (Marseille, Nord, Pas de Calais, région parisienne et Lyon)

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Danger pour l’épargnant européen : abandon du projet de loi de scission des banques. Par Philippe Herlin.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La finance dérégulée, #La France, #Europe supranationale, #Economie, #Les transnationales, #Le capitalisme;

Danger pour l’épargnant européen : abandon du projet de loi de scission des banques

Publié le 15 janv. 2015

Il faut signaler cette nouvelle atteinte à la sécurité de l’épargne des Européens : le projet de scission des banques de l’Union Européenne est en train de disparaître corps et biens. Le projet n’était au départ même pas très ambitieux, par scission il fallait surtout entendre filialisation, rien de plus. La Commission voulait obliger les banques européennes à loger dans une entité distincte leurs activités de spéculation sur les marchés, de façon à les distinguer des dépôts des épargnants. En cas de perte importante ou d’accident type Kerviel, il s’agissait, autant que faire se peut, de protéger les économies des déposants.

Michel Barnier, le commissaire de la Commission précédente, s’appuyait sur le rapport Liikanen publié en octobre 2012 et qui affirmait que "le trading pour compte propre doit être assigné à une entité distincte" de façon à limiter les risques pesant sur la banque toute entière. Ce projet s’inspirait de la "Volker Rule" des Etats-Unis et du rapport Vickers (2011) au Royaume-Uni, qui défendent la même idée. Il ne s’agit pas de revenir à une séparation stricte entre les dépôts et les activités de marché comme au temps du Glass-Steagall Act, pris dans la foulée de la crise de 29 et qui dura jusque dans les années 90, mais simplement d’établir une ligne de démarcation.

Cependant, c’était encore trop pour les banques européennes, trop jalouses de leur modèle de "banque universelle" et qui ne veulent pas que l’on vienne mettre son nez dans leurs affaires. Elles pratiquent un lobbying forcené pour tuer ce texte et, malheureusement, elles sont en passe d’y parvenir. L'eurodéputé suédois Gunnar Hökmark (PPE) mène la charge à travers un rapport qui sera discuté à la fin du mois de janvier. A ses yeux, "rien ne dit que le trading soit plus risqué que le prêt bancaire", ce qui en dit long sur les compétences du personnage.

La nouvelle Commission, issue des dernières élections européennes, ne devrait pas manquer d’entériner l’enterrement de cette réforme. Les Etats-Unis inscrivent cette filialisation dans leurs textes avec le Dodd-Frank Act, le Royaume-Uni fait de même avec le Banking reform bill, mais la zone euro fait cavalier seul et préfère le statu quo. Les leçons de la crise ne sont pas tirées : depuis 2008 le nombre de banques se réduit, celles qui survivent deviennent de plus en plus grosses, au moins pourrait-on exiger que leurs activités deviennent plus lisibles et que des digues internes soient levées, mais en Europe ce ne sera pas le cas.

Voici une raison supplémentaire pour l’épargnant européen de s’inquiéter. Manifestement, la protection de son épargne ne fait pas partie des priorités de la Commission de Bruxelles, et le pouvoir du lobby bancaire demeure à son zénith puisqu’il parvient à se débarrasser d’une règle finalement relativement peu contraignante. La "banque universelle", que nos banques brandissent comme une formule magique, est surtout un modèle opaque et fragile, secret et confus, une source de risque en lui-même. Mais jusqu’ici tout va bien.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors que "GoldBroker.fr tous droits réservés" est mentionné accompagné d'un lien vers cette page.

Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l'équipe éditoriale de Goldbroker.com

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière. 

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[Festival] Les islamophobes en roue libre… Par Olivier Berruyer.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Je suis Charlie?, #Les média, #La France, #La République, #La Laïcité, #la liberté, #La mondialisation

IMPORTANT (rapport à #LibertedExpressionEnFrance) : Le site Les-crises.fr reproduit ces propos afin d’informer le public du climat délétère qui augmente, mais ne les soutient en rien, et condamne fermement toute islamophobie.

BHL (à tout saigneur tout honneur) somme les musulmans de manifester !

Le 09/01/2015 :

rien de nouveau, fin septembre 2014, il appelait déjà les musulmans à “manifester massivement contre le Daech”).

Le lendemain, il lance sur BFM TV : “l’indicateur primordial pour la manifestation de demain sera le nombre de musulmans présents, plus que le nombre total.”

Il n’a pas été déçu…

P.S. Dans le dernier GEAB (un peu généralisé, mais intéressant) :

N’oublions pas que la représentation en général est interdite par l’Islam. L’intégration des Musulmans aux sociétés modernes et occidentales de l’image est donc une réalité… même s’ils ont des difficultés à aller jusqu’au bout de la logique et à accepter la représentation la plus interdite, celle du Prophète, une représentation qui choque aussi les Musulmans modérés, c’est un fait. En réalité, demander aux Musulmans d’accepter ces caricatures, ce n’est pas leur faire la demande acceptable pour eux de se « laïciser », mais celle inacceptable de s’« athéiser ». C’est là que le bât blesse, il faut en prendre conscience si on veut trouver une solution à l’impasse dans laquelle nous sommes.

Quand Rioufol fait pleurer Rokhaya Diallo

Le soir de l’attentat, Marc Olivier Fogiel recevait ses invités habituels, Ivan Rioufol, l’éditorialiste du Figaro, Laurence Parisot, l’ancienne patronne du Medef (Mouvement des entreprises de France), Xavier Couture, ancien de TF1, et Rokhaya Diallo, la journaliste et écrivain.

ÉNORME ce Rioufol…

« La gauche appelle aujourd’hui à manifester, a commencé Rioufol, c’est très bien et j’irai aussi manifester. Il faudrait également et urgemment que manifestent aujourd’hui les Français musulmans qui, évidemment, ne se reconnaissent pas dans cet attentat terroriste, sinon on va craindre effectivement les amalgames. »

Laurence Parisot bondit : « Vous laissez entendre qu’ils adhéreraient à cette folie terroriste ? »

— Non, je ne dis pas cela, au contraire. Je les somme aujourd’hui de bien nous faire comprendre qu’ils n’adhèrent pas », se défend Ivan Rioufol.

Rokhaya Diallo s’indigne : « Quand j’entends dire qu’on somme les musulmans de se désolidariser d’un acte qui n’a rien d’humain, oui, effectivement, je me sens visée. J’ai le sentiment que toute ma famille et tous mes amis musulmans sont mis sur le banc des accusés. »

Réponse de Rokhaya Diallo, qui retient ses larmes : « Non mais, vous pensez vraiment que je suis solidaire ? Est-ce que vous osez me dire, ici, que je suis solidaire ? Vous avez vraiment besoin que je verbalise ? Donc, moi, je suis la seule autour de la table à devoir dire que je n’ai rien à voir avec ça. »

Lettre un peu désagréable à l’intention de mes amis musulmans, par Yann Moix

Chers amis Musulmans,

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. C’est comme cela que l’on doit faire avec les gens qu’on aime. Alors voilà : je ne suis pas d’accord avec ceux d’entre vous qui se lamentent ainsi : « Ca ne va pas être simple, après l’attentat contre Charlie Hebdo, d’être musulman ». Faux : c’est tout le contraire. Cela n’a jamais été aussi simple. Je propose, en effet, que désormais l’on appelle Musulmans ceux d’entre vous qui descendront volontiers avec nous, avec les laïcs, les athées, les catholiques, les protestants, les juifs, manifester dans la rue – pour le maintien de la paix, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité dans les rues de la République. Cela n’a jamais été aussi simple, pour un Musulman français républicain, que de montrer, que de prouver que l’islam n’a rien à faire, n’a rien à voir avec ce fascisme religieux qu’est l’islamisme.

Nous voudrions vous voir, en masse, vous, amis Musulmans français, défiler avec nous, signer avec nous des éditoriaux pour dire que vous n’êtes en rien concernés par les actes ignobles que quelques détraqués se réclamant du même Dieu que vous commettent ; nous voudrions défiler à vos côtés pour clamer que votre religion, fondamentalement, ne permet pas plus les atrocités qu’elle ne les contient. Non pas pour vous obliger à montrer patte blanche, pour vous contraindre à nous donner des gages, mais simplement pour le bienfait que cela peut apporter aux non-Musulmans.

Nous en avons envie, et nous en avons besoin. Notre 11-Septembre à nous s’est joué en deux actes. Acte un : les crimes de Mohammed Merah, où les victimes étaient triées ; acte deux : l’attentat contre Charlie, où les victimes étaient ciblées, nommées. Le terrorisme va, si j’ose dire, jusqu’à choisir à présent des victimes qui sont des non-anonymes, là où autrefois il était aveugle.

Nous voudrions, je voudrais que, pour une fois, on cesse de marcher sur des œufs avec vous, chers amis Musulmans français. On vous épargne trop, je trouve. Je vous le dis franchement. On a trop peur d’être pris (par vous) pour des racistes. Alors on n’ose pas. On s’excuse. Je n’ai pas à vous donner, à mon tour, des gages de non-racisme. Je n’ai pas, moi, en tant que Français républicain, à prendre de gants avec des citoyens français comme les autres, des citoyens comme les autres : les Français de confession musulmane. Je n’ai pas, chers amis Musulmans français, à vous traiter plus mal que les autres. Je n’ai, par conséquent, pas à vous traiter mieux non plus. Alors, amis Musulmans de France, je rêve que vous sortiez de votre mutisme relatif, mais somme toute réel, dans lequel vous êtes généralement blottis aux heures les plus noires du terrorisme salafiste, islamiste. Mieux que personne, amis Musulmans de France, parce que vous connaissez votre religion mieux que quiconque, pouvez nous expliquer pourquoi l’islamisme n’est pas l’islam. Nous voulons vous entendre. Non pas pour entendre vos explications (vous n’êtes pour rien dans cette barbarie), mais pour comprendre la maladie qui gangrène votre croyance. Cette croyance que nul, ici, n’entend remettre en question, en dehors de la Droite extrême. Mais il y a un « mais » : vous n’êtes pas assez présents. Vous n’êtes pas assez pédagogues. Vous n’êtes pas assez conscients de la place que vous tenez au sein de notre pays, pays de la laïcité, c’est-à-dire pays qui sait, qui veut accueillir toutes les formes humaines de la foi. Vous n’êtes pas assez entendus, mais c’est aussi parce que votre voix ne semble pas complètement se faire entendre. J’ai pour vous un profond respect ; vous êtes un apport pour la société française.

Je connais bien votre religion, et je sais, pour l’avoir étudiée de près, pour être allé souvent dans les pays qu’elle irrigue, ce qu’elle comporte de beautés, de subtilités, de profondeur. C’est pourquoi, sans complexe, sans peur, sans scrupules (comme deux amis se disent les choses en face), je vous prends à partie. C’est pourquoi, dans ces quelques lignes emportées, écrites sous l’émotion, je vous malmène – avec autant de véhémence, de violence peut-être, que d’amour. Je ne supporte plus qu’on vous épargne, qu’on vous craigne (ni même qu’on vous conspue, qu’on vous néglige) : mais la vérité est que vous ne faites pas grand-chose pour nous aider à vous aider. Je sais bien ce que mon « vous » a d’absurde ; aucun Musulman ne ressemble à aucun autre. Mais vous comprenez bien ce que je veux dire. Ne jouons pas sur les mots. Aidez-nous, aimez-nous ; nous vous aiderons encore mieux, nous vous aimerons mieux. Merci. Choukran.

Source : Laregledujeu.org

Cet attentat abominable doit nous ouvrir les yeux, par Pascal Bruckner

Par Vincent Tremolet de Villers Publié le 07/01/2015

FIGAROVOX/ENTRETIEN- Pascal Bruckner rend hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Il voit dans ce massacre de sang-froid, une nouvelle étape de la guerre que l’islamisme radical mène contre les démocraties occidentales.
Pascal Bruckner est romancier et essayiste [...]

Depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, le journal était sous la menace…
À l’époque, j’avais suivi cette affaire, et de nombreux commentateurs considéraient que Charlie Hebdo était allé trop loin. Je n’aimerais pas être à leur place. J’ai notamment en tête plusieurs débats aux États-Unis ou avec des intellectuels anglo-saxons, durant lesquels on m’assénait cette contre-vérité: Charlie Hebdo ne s’attaque qu’aux musulmans. Or l’esprit critique est le principe même de Charlie. Jésus, Moïse, le Pape, le dalaï-lama ont subi dans ce journal les pires caricatures. Mais aujourd’hui en France, on a le droit de se moquer de Jésus, de Bouddha, de Moïse, mais pas du prophète Mahomet, sinon, on risque d’être assassiné de sang-froid. Face à cet événement, un petit nombre de gens, une fois encore, va résister, mais la grande majorité va céder en expliquant qu’il est plus judicieux de respecter la religion du Prophète. Tout cela se télescope avec la sortie du roman Soumission de Michel Houellebecq. Roman qui décrit une France terrorisée qui, par confort, porte au pouvoir un président musulman.

Les cibles sont des symboles…
Ces gens sont morts parce que le journal dans lequel ils travaillent a été déclaré coupable de «blasphème» par des islamistes. Tout cela, en vérité, a commencé avec la révolution iranienne de l’ayatollah Khomeyni. Derrière la guerre chiite-sunnite, la lutte contre «l’infidèle» a continué. La première victime de cette fatwa a été Salman Rushdie, qui, en 1988, après avoir publié Les Versets sataniques, a été désigné comme personne à abattre. En 2006, des journalistes danois ont subi le même sort. Charlie Hebdo a «chatouillé la fatwa», selon les mots que l’islamologue Olivier Roy avait appliqués au philosophe Robert Redeker, lui aussi menacé de mort en 2006.

On a décapité une partie de notre intelligentsia. Nous sommes en guerre depuis des années, mais nous avons manifesté à l’égard de l’islam radical une complaisance coupable. Il sera très intéressant de voir les lignes de partage dans les jours à venir. Gageons que les collabos de tout poil plaideront pour une limitation de la liberté d’expression

Un journal est-il une cible de guerre?
Attaquer un journal, c’est attaquer la liberté d’expression. Attaquer un journal, c’est dire aux journalistes que toute critique de l’islam peut entraîner une condamnation à mort. C’est répéter que l’islam est un bloc sacré qui ne doit jamais être remis en question. C’est du jamais-vu depuis le XVIIIe siècle. Le chevalier de La Barre avait été supplicié pour «impiété, blasphèmes, sacrilèges exécrables et abominables» au terme d’un procès inique, mais c’était il y a deux cent cinquante ans! Aujourd’hui, pour signifier leur refus de céder à la peur, je pense que tous les journaux de France devraient reproduire in extenso l’ensemble des dessins de Charlie Hebdo. Acteurs, metteurs en scène, philosophes peuvent être les prochaines victimes.

Peut-on parler d’acte de guerre?
C’est l’acte d’un commando qui mêle les procédures de liquidation du grand banditisme et celles du terrorisme. Peut-être parlera-t-on de représailles à l’action de la France contre Aqmi? Mais tous ces ennemis sont loin et, ici, l’ennemi reste invisible. Le terrorisme, c’est une métamorphose du statut de l’ennemi.

Désormais, nous savons que le pire est concevable.

Le seul moyen de combattre ce genre de menace est d’étendre le pouvoir de la police. Il faut que le Parlement se réunisse et prenne des décisions très fermes. Toutes les options doivent rester ouvertes. Il n’y a pas eu d’attentats aussi meurtriers depuis l’OAS, et de Gaulle n’a pas hésité en 1961 à utiliser ses barbouzes contre les poseurs de bombes.

Pouvait-on s’y attendre?
À chaque fois qu’un événement annonciateur a eu lieu, on a essayé de le ramener à une cause rassurante. Un Français égorgé en Algérie? Il fallait y voir un résidu de la guerre civile. Des agressions gratuites au cri d’Allah akbar? Il s’agissait de «loups solitaires» ou de déséquilibrés. Aujourd’hui tout cela peut apparaître comme une stratégie de la tension savamment menée. Cette matinée tragique va sans doute devenir l’acte fondateur d’un nouveau terrorisme qui veut faire plier les genoux à l’Europe devant le drapeau vert de l’islam et le drapeau noir du Califat. Tous les Français et particulièrement les journaux peuvent se sentir aujourd’hui sous la menace. C’est l’un des effets pervers du terrorisme: il rend paranoïaque.

La France a-t-elle pris la mesure de cette menace?
Beaucoup ont conclu un peu vite avec François Hollande que «l’islam est soluble dans la démocratie». Certes, le cas de la Tunisie est exemplaire, mais ce pays reste encore une exception. La déclaration de Dalil Boubakeur est remarquable et il faut maintenant espérer que tous les Français de confession musulmane vont se mobiliser contre cette abomination qui se réclame du Coran. Dans le cas inverse, leur silence nourrira, inévitablement, l’amalgame entre islam et fanatisme. Daryush Shayegan, un philosophe iranien, dans Qu’est-ce qu’une révolution religieuse? (Albin Michel, 1991), annonce cette dérive d’un islam qui profite d’un message prophétique pour installer sa terreur. Il montre que nous sommes entrés dans une ère nouvelle où le message de la foi s’est compromis avec l’activisme politique et utilise les méthodes qui furent celles du communisme et du fascisme. Il faut avoir tout ça en tête et ne pas toujours ramener le pathos antiraciste qui n’est plus du tout pertinent dans une situation comme celle d’aujourd’hui. Les auteurs de ces actes sont des islamo-fascistes. Et les victimes de Charlie Hebdo, les premiers résistants de la nouvelle guerre. Ne nous trompons pas d’ennemi. À la radicalisation de l’islam répond la radicalisation de l’aveuglement qui ne veut rien voir, rien savoir, rien entendre. Cette tragédie doit nous ouvrir les yeux.

Source : lefigaro.fr

Source : Le Point, semaine du 7 janvier 2015

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Et cerise sur le gâteux :

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Faut-il alors s’étonner de ceci ?

P.S. pas de commentaire par pitié pour les modérateurs. Mais signalez-moi (via le formulaire de contact) d’autres articles de ce genre svp…

#FoutageDeGueule ?

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Averroès, concilier la religion révélée avec les lumières de la raison. Par Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l’université Nice-Sophia-Antipolis.

17 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #la liberté, #La mondialisation, #La France, #Je suis Charlie?, #Lectures, #Philosophie

Averroès, concilier la religion révélée avec les lumières de la raison

« Petit à petit, nous dit Ali Benmakhlouf, s’est confirmée la thèse durant le Moyen Âge latin qu’Averroès était partisan de la « double vérité », une vérité de la foi et une vérité de la raison. Or, comme dans le domaine de la loi, la reconnaissance d’une double légitimité affaiblit quand elle ne disloque pas la vérité même. La loi doit être une et cohérente comme la vérité doit être une et cohérente. Averroès n’a cessé de répéter que la vérité ne se contredisait pas elle-même. La notion de « double vérité » que le Moyen Âge latin a prêtée à Averroès est donc un contresens. Dans le « Discours décisif », Averroès écrit : « Puisque donc cette religion (charia) est la vérité, et qu’elle appelle à pratiquer l’examen rationnel qui assure la connaissance de la vérité, alors nous, musulmans, savons de science certaine que l’examen démonstratif n’entraîne aucune contradiction avec ce que dit la religion : car la vérité ne peut être contraire à la vérité, mais s’accorde avec elle et témoigne en sa faveur. » Averroès soutient l’idée non seulement que la loi divine (charia) s’accorde avec les vérités issues de l’intellect, mais que la vie de l’homme doit être orientée en vue de réaliser cet accord. »

Creusons, avec Ali Benmakhlouf, la démarche de Averroès.

Michel Peyret

Sciences Humaines

N° Spécial N° 9 - mai-juin 2009
Les grands philosop
hes

Averroès : La cohérence de la vérité

Ali Benmakhlouf

Y aurait-il deux vérités : l’une issue de la foi, l’autre de la raison ? Non, explique Averroès, la vérité est une et cohérente. Et la loi divine enjoint l’homme à user de l’intellect.

Lisant Aristote et les interprétations du Coran, Averroès a visé à concilier la religion révélée avec les lumières de la raison. Pour lui, le texte sacré s’adresse à notre intellect. La tâche des « gens de la démonstration », cette élite qui interprète le texte sacré à partir d’une compétence démonstrative, consiste précisément à retrouver les vérités derrière les images, notamment quand il s’agit d’interpréter les versets plurivoques.

Pour Averroès, le sens du texte sacré dépend de la méthode de lecture qui lui est appliquée : les masses saisissent un sens rhétorique et s’en contentent en raison de leur difficulté à accéder à des arguments abstraits ; les hommes instruits lisent le Coran selon un schème démonstratif et évitent de polémiquer. L’infidélité religieuse au sens du texte est le résultat d’une inadéquation entre la méthode exposée et le public concerné : les dialecticiens qui présentent une interprétation auprès de ceux qui ne sont pas à même de la comprendre produisent de l’infidélité, car cette interprétation ne permet pas de donner accès à un sens susceptible d’être partagé par tous.

Dépasser les oppositions

Même quand les oppositions semblent présentes dans le texte, les gens de la démonstration savent les dépasser pour éviter de mettre en pièce la religion. Si l’on prend l’exemple de l’action humaine, on peut, nous dit Averroès, trouver des passages soutenant la thèse de la liberté humaine et d’autres le fatalisme : « De nombreux versets affirmant de manière générale que toute chose arrive d’après un décret (bi qadar) et que l’homme est contraint (majbûr) dans ses actes. Mais on y trouve aussi de nombreux versets indiquant que l’homme réalise une acquisition par son acte et qu’il n’est point contraint à ses actes » (« Dévoilement des méthodes de preuve des dogmes de la religion », § 284, in Islam et Raison). En raison de ces deux orientations :« Nous disons : il apparaît bien que l’intention de la révélation n’est pas de dissocier ces deux croyances, mais de les rassembler dans une position médiane qui constitue la vérité en la matière » (§ 298, op. cit.). Le Coran ne nous pousse pas à être fatalistes, il ne dit pas non plus que tout dépend de nous, mais il indique que notre volonté rencontre des conditions extérieures dans l’accomplissement des actions humaines. Aussi notre action est partie dépendante de nous, partie liée à des éléments qui n’en dépendent pas.

La charia que l’on peut traduire par « loi divine » ou même par « religion » dans le corpus d’Averroès, ne se réduit pas à un code pénal spécifique. Conformément aux occurrences du mot dans le Coran – mot qui signifie « voie » plutôt que « loi » (cf. Coran, XLV, 18 : « Nous t’avons mis sur une voie pertinente, suis-la » !) –, la charia est une loi divine qui enjoint l’homme d’user de l’intellect. Elle « nous appelle à réfléchir sur les étants en faisant usage de l’intellect » (« Discours décisif », § 3). Elle fait même de cet appel une « obligation » (§ 4). Elle n’a pas une allure simplement anthropologique, elle renvoie à un ordre général de l’univers institué par Dieu.

L’appel à user de l’intellect montre que, pour Averroès, il y a une profonde harmonie entre la religion et l’intellect. L’intellect n’est pas la raison humaine, à laquelle nous nous sommes accoutumés depuis René Descartes. L’intellect pense, et l’homme à hauteur de son effort se joint ou non à la pensée. Ce n’est pas l’homme qui est source de la pensée, mais la pensée l’investit à hauteur de son effort. Il faut imaginer l’intellect comme un élément que nous rejoignons par nos dispositions de pensée.

Penser autrement l’intellect

L’intellect n’est donc pas pour Averroès l’une des puissances de l’âme humaine comme le pensera plus tard saint Thomas pour qui « l’intellect agent n’est pas une substance séparée mais quelque chose de l’âme » (Thomas d’Aquin, Somme contre les gentils, II, trad. franç., § 76). Averroès laisse ouverte la possibilité de comprendre les choses « sous une espèce d’éternité » comme le dira Baruch Spinoza. L’âme humaine est pour lui sans limite et tout ce qui la différencie ici-bas (imagination, sentiment) disparaît avec elle. Une telle thèse a pu non seulement surprendre de la part d’un musulman qui applique le droit inspiré du Coran mais elle a même été condamnée comme impie. Que faire, si c’est le cas, de la répartition des peines et des récompenses, une fois la mort survenue ? Que faire de la résurrection des morts ?

Petit à petit, s’est confirmée la thèse durant le Moyen Âge latin qu’Averroès était partisan de la « double vérité », une vérité de la foi et une vérité de la raison. Or, comme dans le domaine de la loi, la reconnaissance d’une double légitimité affaiblit quand elle ne disloque pas la vérité même. La loi doit être une et cohérente comme la vérité doit être une et cohérente. Averroès n’a cessé de répéter que la vérité ne se contredisait pas elle-même. La notion de « double vérité » que le Moyen Âge latin a prêtée à Averroès est donc un contresens. Dans le « Discours décisif », Averroès écrit : « Puisque donc cette religion (charia) est la vérité, et qu’elle appelle à pratiquer l’examen rationnel qui assure la connaissance de la vérité, alors nous, musulmans, savons de science certaine que l’examen démonstratif n’entraîne aucune contradiction avec ce que dit la religion : car la vérité ne peut être contraire à la vérité, mais s’accorde avec elle et témoigne en sa faveur. » Averroès soutient l’idée non seulement que la loi divine (charia) s’accorde avec les vérités issues de l’intellect, mais que la vie de l’homme doit être orientée en vue de réaliser cet accord.

Al-Fârâbî (v. 870-950)

Abû Nasr Muhammad Al-Fârâbî a vécu à Bagdad parmi les cercles de logique qui ont traduit et commenté l’œuvre d’Aristote. Il est « le second maître » car la déférence à l’égard d’Aristote, « le premier maître », au Xe siècle était grande. Al-Fârâbî a commenté Aristote en ayant le souci de le rendre compréhensible à sa communauté linguistique. Il a aussi écrit un Livre de la religion et des commentaires sur l’œuvre de Platon, notamment un résumé des Lois. Pour Al-Fârâbî, l’harmonie entre les deux sages, Platon et Aristote, devrait permettre de les étudier en toute sérénité sans chercher à les affaiblir l’un et l’autre par leurs contradictions apparentes, car un tel affaiblissement est préjudiciable à la transmission de la philosophie grecque en milieu arabe. Sensible à la difficulté de pratiquer la philosophie dans une cité ignorante, Al-Fârâbî sait que le philosophe peut apparaître dans ce cas comme un animal qui vit avec une patte d’un autre animal. Dans ce cas, le philosophe, monstre aux yeux des autres, peut légitimement chercher à fuir tel un ascète qui, recherché par un tyran, revêt des habits de noceur pour quitter les remparts de la cité sans être reconnu.
Ali Benmakhlouf

Averroès (1126-1198)

Abû al-Walid Muhammad ibn Ahmâd ibn Rushd ou Averroès, médecin, juge et philosophe andalou, est né à Cordoue au sein d’une famille de juges : son père et son grand-père furent juges et lui-même le devient en exerçant à Cordoue et à Grenade. Ami de la logique, commentateur d’Aristote, il s’inspire beaucoup de son prédécesseur Al-Fârâbî (v. 870-950) considéré comme le « second maître », le premier étant Aristote. Averroès a produit des ouvrages originaux comme le Discours décisif ou leDévoilement des méthodes de preuve en religion, et de nombreux commentaires sur l’œuvre d’Aristote. Ce philosophe grec est pour lui « une règle de la nature et comme un modèle où elle a cherché à exprimer le type de la dernière perfection »(Commentaire sur le De Anima, l. III). Que ce soit dans le domaine de l’éthique, de la logique, de la métaphysique ou de la psychologie, l’œuvre du philosophe cordouan a façonné l’Occident latin. Avec Averroès et contre lui, les universités de Paris ou de Padoue ont produit des discours qui ont configuré la philosophie européenne à partir du XIIIe siècle


Ali Benmakhlouf

Ali Benmakhlouf

Professeur de philosophie à l’université Nice-Sophia-Antipolis, il est notamment l’auteur de Averroès, Belles Lettres, 2000, de Le Vocabulaire d’Averroès, Ellipses, 2007, et a présenté Al-Fârâbî, Philosopher à Bagdad au Xe siècle, Seuil, 2007.

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