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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

LUTTE contre le terrorisme - André GERIN : « Je soutiens la fermeté du premier ministre »

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La nation ., #La République, #La justice, #Les média

andre-gerin

Madame, Monsieur,

Veuillez trouver, ci-dessous, ma déclaration suite à la journée du 11 janvier 2015 après les attentats terroristes.

Cordialement

André GERIN

****

Lutte contre le terrorisme en France

Je soutiens la fermeté du premier ministre

 

Le peuple de France s’est levé pour défendre l’identité de notre pays. Il s’est rassemblé sur les valeurs de la République et de la laïcité.

 

La classe politique est au pied du mur, c’est peut-être sa dernière chance de rebâtir sa crédibilité, autant à gauche qu’à droite, sous peine de se voir balayée.

 

Je soutiens Manuel Valls, premier ministre, lorsqu’il affirme à l’Assemblée nationale que : « nous sommes en guerre avec le terrorisme islamique ». Car ne pas dire que la France est confrontée à une guerre, c’est faire un énorme cadeau au néofascisme.

 

Le 11 janvier, le peuple a exigé que nos dirigeants politiques fassent preuve de détermination et fermeté pour que nous puissions retrouver notre fierté d’être français.

 

Avec ces meurtriers terroristes, la mentalité pacifiste et évangélique de ces 40 dernières années vient de voler en éclat. Comme je l’ai écrit dans mon livre « les ghettos de la République », il faut arrêter le déni de réalité et l’édulcorant.

 

Au cours des années 1990, nous avons assisté à la montée des communautarismes, de l’intégrisme, du salafisme, des mafias, des trafiquants de drogue. Des nouvelles formes de banditismes se sont fait jour. Pour ceux qui en douteraient encore – la situation est encore plus grave qu’on veut bien nous le dire –  il s’agit simplement de remarquer l’absence notable des jeunes des banlieues ce 11 janvier.

 

La gauche doit ôter les œillères qu’elle porte depuis les années 1970. Car nous ne pourrons plus éviter les questions centrales de l’ordre public. Nous ne pourrons plus parler des libertés sans sécurité et de sécurité, sans les libertés. Il faut mettre fin à cette vision multi-culturaliste et ce soutien exclusif aux minorités. Bille en tête, nous avons l’obligation de faire notre travail de lutte contre le fondamentalisme. La culture de l’excuse qui profite à ceux qui entretiennent la haine de la France doit être abandonnée car elle nourrit les communautarismes.

 

Aujourd’hui, la gauche d’en haut doit se réconcilier avec le peuple français et faire de la lutte contre l’insécurité, l’une de ses priorités. La gauche d’en haut doit diriger son regard sur la France, se réapproprier la Nation et ne plus la laisser sous monopole du Front national. Sinon c’est Nation dont nous tenons tant sera abandonnée aux nationalistes.  Voilà ce que demande le peuple français. Lorsqu’il est question d’aborder la lepénisation des esprits, il faut stopper ce mépris insultant. Nous devons être capables de construire des réponses inédites en coproduction avec la droite républicaine.

 

Dimanche 11 janvier, notre peuple a dit STOP. La prise de conscience a été à la hauteur de l’ampleur de l’émotion.  Le peuple a réalisé tout à coup que la guerre existe et que nous avons un ennemi. Ayons le courage et la détermination de ne pas chercher d’échappatoire en diffusant les arguments aujourd’hui obsolètes, selon lesquels ce serait la faute aux discriminations et à l’exclusion. C’est tout au bénéfice des salafistes.

 

J’approuve les décisions et les propositions du premier ministre Manuel Valls faites à l’Assemblée nationale le mardi 13 janvier 2015. Je les approuve sans état d’âme. Pour autant je ne crains nullement d’exprimer mon opposition totale à sa politique économique et sociale. Telle est ma façon d’être, de communiste et de républicain, de républicain et de communiste car je veux être partie prenante de ce combat de civilisation.

 

Comme l’a dit Louis Aragon et je le cite : « quand les blés sont sous la grêle, fou celui qui fait le difficile »

 

André GERIN

Député-Maire Honoraire de Vénissieux

 

 

source

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Le journal pro-patronal "L'OPINION" nous dit à quoi doit SERVIR l'immense rassemblement du dimanche 11 janvier...

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Europe supranationale, #Terrorisme

Attention danger ! Des millions de Français étaient dans la rue dimanche 11 janvier...Ils voulaient ainsi exprimer leur émotion, face au carnage à CHARLIE-HEBDO .

Un vrai fleuve humain, nous dit-on . A quoi ça sert un fleuve humain

Le journal patronal nous le dit ...

LOPINION-17janvier2015.jpg

cliquez pour agrandir

 

vu sur ca nempeche pas nicolas

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Tout est pardonné, Patrick par Daniel Schnirelmann dans la rubrique matinale le neuf-quinze.

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #la liberté, #La paix, #La guerre, #La France, #La mondialisation, #Le capitalisme;

 

09h15 le neuf-quinze
Tout est pardonné, Patrick

Vous connaissez la meilleure ? En tendant bien l'oreille, on entendrait, dans certains quartiers reculés, dans certaines salles de classe tapies dans l'ombre, de sourds murmures "Je ne suis pas Charlie". Toute la bande de mes confrères de la radiotélé, mes nouveaux amis de la manif, n'en croit pas ses dites oreilles. Yann Barthès envoie un reporter constater que des lycéens "croient dans les théories du complot (1)". Nathalie Saint Cricq, grande prêtresse de la politique sur France 2, découvre elle aussi le phénomène. Mais, pragmatique, elle a une solution. Il faudrait les repérer, et les intégrer, ou les réintégrer. Les repérer ? Facile. Quelques drones devraient faire l'affaire. Et les intégrer, ou les réintégrer ? Encore plus facile. A se demander pourquoi personne n'y a pensé avant elle.

Patrick Cohen ne partage pas l'optimisme de Nathalie. L'accablement l'accable. Il fallait le voir, l'autre soir, sur son plateau de France 5. "Il y a même des sites de presse qui publient des articles, "Je ne suis pas Charlie". Même si, par pudeur, mon copain Patrick n'a pas prononcé le nom de ce site, je vous le dévoile : vous le tenez entre les mains, comme on dirait si on était un journal. C'est ici. C'est nous. Et l'article incriminé, c'est celui-ci (2), titré excatement "Je ne suis pas Charlie, et croyez-moi, je suis aussi triste que vous". Ce n'est d'ailleurs pas exactement un article. C'est une contribution d'abonné, que nous avons transformée en article, dans la rubrique "dans les forums" (la page a été vue plus de 400 000 fois, record absolu depuis la création du site). C'est subtil, Internet. Mais je comprends que Patrick ne s'arrête pas à ces détails.Comme il y a les invités que Patrick n'a pas envie d'entendre, il y a les textes qu'il n'a pas envie de lire.

Bref, je ne sais pas ce qu'ils se disent, à France Inter, qu'il faudrait tout de même aller disséquer les cerveaux malades des "Je ne suis pas Charlie", toujours est-il que l'autre jour, une journaliste de la radio m'appelle. Elle prépare une enquête sur les "Je ne suis pas Charlie". Le ton est neutre. Mais dans sa voix, j'entends comme le cliquetis des pinces de dissection. Avant tout, rester professionnelle. Ne pas trembler, même si elle semble encore un peu paumée dans le Noncharliestan. Elle voudrait entrer en contact avec notre abonné, auteur de ce texte. Je lui explique que l'abonné, lui, ne le souhaite pas. Qu'à celà ne tienne : je n'ai qu'à prendre sa place, après tout. J'objecte que je ne pense pas la même chose que cet abonné. Personnellement, depuis le 7 janvier, je suis résolument, totalement, Charlie, à fond les manettes, comme elle, et peut-être même encore davantage, même si pendant la période Val, c'était plus compliqué. Qu'importe. Faute de cerveau franchement malade, elle veut bien se contenter d'un patient au diagnostic incertain. Donc je lui redis ce que j'écrivais la semaine dernière (3). Et c'est diffusé avant-hier matin, avec une taquinerie sur l'ami Val, et agrémenté évidemment d'un petit commentaire de Cohen, que je vous laisse écouter. Des fois que des amis auditeurs prendraient mes blagues au pied de la lettre. Pas grave, Patrick. Tout est pardonné.

 

Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

(1) http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-12/Charlie-et-deja-des-theories-du-complot-id7374

(2) http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366

(3) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2015-01-09/Etre-ou-ne-pas-etre-Charlie-id7367

Daniel Schneidermann

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Charlie Hebdo : chercher à comprendre pour éviter les pièges Grégoire Lalieu. Le 14 janvier 2015 sur Investig'Action

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #Terrorisme, #La France, #La mondialisation, #La guerre, #La paix, #Le capitalisme;

14 janvier 2015

Article en PDF : Enregistrer au format PDF
 

Quel rapport entre la découverte du pétrole, le rire de Nasser, la guerre d'Algérie, la révolte des banlieues et l'attentat de Charlie Hebdo ? Aucun si l'on s'en tient au registre émotionnel et au discours sécuritaire qui ont fait suite à l'attaque du journal satirique. Pourtant, si l'on ne peut accepter que deux jeunes Français ayant sombré dans le fanatisme religieux assassinent des journalistes en plein Paris, il est nécessaire de s'interroger sur ce qui a rendu possible l'impensable. Cette réflexion nous amène nécessairement à remonter le mal jusqu'à ses racines pour analyser ce qui s'est passé tant au Moyen-Orient qu'en France ces dernières décennies. Cet article porte donc davantage sur ces deux éléments que sur l'attentat du 7 janvier. Un exercice indispensable à l'heure où le drame qui a ébranlé la France est ramené à la seule dimension de la liberté d'expression. Un exercice indispensable à l'heure où une partie de la classe politique, dans l'impossibilité d'interroger ses responsabilités, propose d'adopter un Patriot Act français pour nous protéger de la menace terroriste. Un appel lancé depuis une marche pour... la liberté d'expression !

 



L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut. (Martin Luther King)



Charlie Hebdo a fait rire. Charlie Hebdo a fait grincer des dents. Mercredi 7 janvier, Charlie Hebdo a, peut-être pour la première fois, fait pleurer. Deux individus lourdement armés ont pris d’assaut la rédaction du journal satirique laissant derrière eux douze morts. La nouvelle a giflé la France. Choqué, on a découvert sur les chaînes d’info en continu les premiers détails du drame. Et puis des noms sont tombés. Cabu. Wolinski. Charb. Morts au combat. On se souvient que Charlie Hebdo s’était engouffré sur un terrain miné en publiant, en 2005, des caricatures du Prophète Mohamed reprises d’un journal conservateur danois. On se souvient que depuis, les crayons de l’hebdomadaire satirique s’étaient donné à cœur joie de dézinguer l’islam comme il s’était toujours appliqué à désacraliser l’intouchable. Avec une adresse relativement appréciée. Une nuit de novembre 2011, la rédaction du journal était la cible de cocktails Molotov. Charb, directeur de publication, réagissait : « Je n’ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C’est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux. »

Mercedi, Charb, Cabu et Wolinski sont morts pour des dessins. On pense que jamais on ne pourra digérer l’indigeste. On reste assommé devant sa télévision. Mais déjà, des réactions tombent à chaud. Au micro d’iTélé, le journaliste Serge Moati en appelle à « un combat national, français, contre l’islamisme » avant d’ajouter que « l’islam ne doit pas être caractérisé par ces salauds-là. » Dans une allocution aux allures présidentielles, Nicolas Sarkozy déclare : « Notre démocratie est attaquée. Nous devons la défendre sans faiblesse. La fermeté absolue est la seule réponse possible. » Il ajoute en fin de discours : « J’appelle tous les Français à refuser la tentation de l’amalgame et à présenter un front uni face au terrorisme, à la barbarie et aux assassins. » Venant du président d’un parti qui fait les yeux doux à l’électorat du FN, venant d’un ancien président de la République qui se plaignait du trop grand nombre de musulmans en Europe et qui voyait dans l’histoire des caricatures le signe avant-coureur du choc des civilisations , les précautions de Sarkozy sur les amalgames sonnent aussi justes que la tirade d’un beauf au café du commerce qui débute par l’inévitable : « Je ne suis pas raciste, mais les Noirs et les Arabes... ». Enfin, il y a la réaction de Philippe Val au micro de France Info . L’ancien directeur de Charlie Hebdo a relevé que « quelque chose » se répandait en France et parmi les musulmans.

Alors, malgré la gueule de bois que nous laissent les portraits des dessinateurs de Charlie dans la rubrique nécrologique, on se dit qu’on doit réagir nous aussi. Réagir pour comprendre ce « quelque chose » qui se répand en France. Réagir parce qu’on n’accepte pas que l’on puisse mourir pour des dessins. Réagir parce que personne ne souhaite que cela se reproduise. Comment ? Difficile de poster des policiers devant toutes les rédactions. Et pourquoi, encore, demander aux musulmans de se désolidariser de cet acte terroriste comme l’a fait la campagne Not in my Name ? Comme si, comme le relevait Rue89, les musulmans étaient, par défaut, solidaires des actes terroristes : « Nous devrions interroger la petite satisfaction à voir un imam affirmer qu’il condamne l’égorgement d’un otage, comme si nous étions rassurés de constater qu’il y avait de “bons musulmans”, comme s’il fallait que les musulmans prouvent qu’ils peuvent être bons, qu’ils prouvent qu’il y a un islam ouvert, tolérant. »

Comment les autorités françaises entendent-elles dès lors, s’attaquer au problème du fanatisme ? Comme elles règlent celui de la délinquance, en installant des caméras de surveillance partout sans toucher au problème des inégalités sociales ? Pas très efficace... Le drame qui a frappé Charlie Hebdo nécessite qu’on analyse le mal à sa racine. Et cette analyse nous conduit vers deux phénomènes à considérer parallèlement : la politique menée par l’Occident au Moyen-Orient depuis la découverte du pétrole ainsi que la montée de l’islamophobie.
 

L’islamisme réactionnaire contre le nationalisme arabe

Il fut un temps où en Egypte, le président s’esclaffait à l’idée d’obliger les femmes à porter le voile. C’était du temps de Nasser. C’était l’âge d’or du nationalisme arabe. Un courant laïc et progressiste que l’Occident, emmené par les Etats-Unis, a combattu en s’appuyant sur l’islamisme réactionnaire d’Arabie saoudite. Mohamed Hassan nous l’explique dans le livre Jihad made in USA : « La découverte de gigantesques gisements de pétrole a fait du Moyen-Orient une région extrêmement stratégique pour les impérialistes. Or, avec le développement du nationalisme, des pays arabes manifestaient le désir de prendre leur destin en main et de disposer souverainement de leurs richesses. Cela aurait été une catastrophe pour les Occidentaux qui non seulement auraient été privés de pétrole bon marché, mais qui en plus auraient dû faire face à un puissant rival si le panarabisme de Nasser avait porté ses fruits. Le dirigeant égyptien souhaitait en effet que les pays de la région, qui avaient été découpés arbitrairement par les puissances coloniales, se réunissent à nouveau autour de leur identité arabe. De leur côté, les islamistes réactionnaires voyaient d’un très mauvais œil l’émergence du nationalisme arabe. Ce courant était tout d’abord porteur de modernité. De plus, bien qu’il ait reconnu l’islam comme un élément essentiel de la culture arabe, Nasser avait fait de la laïcité une ligne directrice en matière de gestion politique. Le nationalisme arabe était donc aux antipodes de ce que les réactionnaires du Golfe appliquaient chez eux. »

Dans La stratégie du chaos, Mohamed Hassan nous explique comment l’islam politique des Saoud a été érigé en modèle contre le nationalisme de Nasser : « Pour contrer l’influence de l’Union soviétique, Eisenhower mit au point une stratégie consistant à apporter un soutien financier et militaire à tout pays du Moyen-Orient qui serait “menacé par le communisme”. Mais la doctrine Eisenhower fut un échec. D’une part, l’envoi de grosses sommes d’argent vers des pays riches en pétrole soulevait beaucoup de questions aux Etats-Unis. D’autre part, les pays arabes qui auraient accepté cette aide se seraient ouvertement affichés contre l’Egypte nassérienne qui avait encore le vent en poupe à l’époque auprès des populations de la région. Alors, Washington élabora une autre stratégie. On allait employer l’islam comme une arme politique pour contrer le nationalisme arabe laïque de Nasser. (...)L’Arabie saoudite créa la Ligue islamique mondiale, une organisation ultraconservatrice inspirée par l’extrémisme wahhabite pour contrer l’influence de Nasser. La Ligue déclarait par exemple que le nationalisme était le pire ennemi des Arabes. Dans un premier temps, la popularité de Nasser étant tellement grande, cet islam politique ne rencontra pas un grand succès. Mais la défaite du président égyptien dans la guerre des Six Jours changea la donne. Après ce conflit et la perte de prestige du nassérisme, l’alternative offerte par Fayçal reçut un plus grand soutien populaire et l’Arabie saoudite devint un acteur-clé du Moyen-Orient. »

Mohamed Hassan nous explique également comment l’Egypte rentra dans le droit chemin après la mort de Nasser. Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite achetèrent le nouveau président égyptien, Anouar al-Sadate, pour qu’il s’écarte du nationalisme arabe. Cela impliquait de faire la paix avec Israël et d’ouvrir l’économie aux multinationales. Des décisions qui n’enchantaient pas le peuple égyptien. Le prestige de Nasser était encore fort et voilà que Sadate entendait faire tout l’inverse de son prédécesseur ! Pour liquider l’héritage du nassérisme, le président égyptien décida donc de s’appuyer sur l’islamisation de la société égyptienne. Les Frères musulmans, violemment réprimés par Nasser, furent ainsi autorisés à revenir en Egypte. Alors que la politique d’ouverture économique menée par Sadate plongeait de nombreux Égyptiens dans la pauvreté, les Frères développèrent une base sociale importante en subvenant aux besoins des plus démunis à travers un vaste réseau de charité. Ils étaient pour cela aidés par les riches monarchies du Golfe.

Voilà comment une forme réactionnaire de l’islamisme s’est durablement installée au Moyen-Orient. Encore faut-il préciser, n’en déplaise à Serge Moati, que l’islamisme recouvre des notions bien diverses. Galvaudé par les médias occidentaux, le terme est devenu un concept fourre-tout. Mohamed Hassan distingue pourtant cinq courants parfois contradictoires. Quelle différence en effet entre l’islam réactionnaire des Saoud et celui d’autres mouvements inspirés par la théologie de la libération par exemple ! Et comment ranger dans un même panier des islamistes comme Abdelkader ou Omar al-Mokhtar qui combattirent les puissances coloniales et d’autres comme Mohamed Morsi qui, à la tête de l’Egypte, avaient déjà entrepris de se soumettre aux diktats du FMI ? La nuance reste de mise même lorsqu’on aborde un mouvement tel que les Frères musulmans. Il fut fondé pour combattre la domination britannique en Egypte. La direction des Frères s’est depuis ralliée aux intérêts des puissances néocoloniales. Cette vaste organisation n’en reste pas moins traversée par différentes tendances, comme tout parti politique. Certaines, plus progressistes, voudraient faire évoluer les Frères musulmans. L’islamisme n’est donc pas un gros mot. Mais il nous montre que, comme toute idéologie, il fait l’objet d’une lutte entre différents courants. Et malheureusement, en grande partie pour les raisons que nous venons d’évoquer, ce sont actuellement les plus réactionnaires qui dominent.
 

Le jihad en Syrie, pas à Paris

L’impact de la politique menée par l’Occident au Moyen-Orient ne s’arrête pas là. Parmi les différents courants que recouvre l’islamisme, Mohamed Hassan distingue également la mouvance jihadiste et rappelle que « le jihad est aussi un combat que le musulman doit avant tout mener contre lui-même pour faire ressortir ce qu’il y a de meilleur en lui. Le jihad peut donc être quelque chose de très positif ! » Mais le jihad fait aussi référence à une lutte armée. Une lutte menée d’abord en Afghanistan contre les Soviétiques et avec l’aide de la CIA. Ben Laden était à l’époque un ami des Etats-Unis. Après les attentats du 11 septembre toutefois, la guerre contre le terrorisme lancée par Bush a quelque peu malmené le mouvement jihadiste. On pensait alors cette mouvance réduite à quelques rescapés tapis dans des grottes. L’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Alain Chouet, avait même déclaré devant le Sénat : « La Qaida est morte, sur le plan opérationnel, dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ».

Pourtant, depuis quelques années, les mouvements jihadistes semblent avoir repris du poil de la bête. Le plus célèbre d’entre eux aujourd’hui, Daesh, est même parvenu à créer un Etat à cheval sur l’Irak et la Syrie. Comment expliquer cette résurgence ? Différents facteurs entrent en compte comme nous l’explique Mohamed Hassan dans Jihad made in USA. L’invasion de l’Irak en 2003 tout d’abord. Après la chute de Saddam Hussein, les baathistes irakiens se sont organisés pour résister à l’occupation US. Mais, avec l’aide de l’Iran, les Etats-Unis ont mis en place un nouveau gouvernement. Trop chiite pour l’Arabie saoudite qui craignait de voir l’influence de Téhéran s’étendre dans la région. La monarchie a donc appuyé la création de groupes sunnites extrémistes en Irak. Parallèlement à cela, les Etats-Unis s’étaient lancés dans la « débaathification » de l’Irak, c’est-à-dire qu’ils avaient entrepris de démanteler totalement la structure laïque de l’Etat dirigé par Saddam Hussein. Ceci explique comment la résistance à l’occupation US a viré au conflit confessionnel opposant sunnites et chiites. Ceci explique aussi comment de nouveaux mouvements jihadistes sont apparus après la mort opérationnelle d’Al Qaïda.

Ensuite, la guerre en Libye a également permis à d’anciens mouvements jihadistes de retrouver certains soutiens. Mohamed Hassan rappelle ainsi : « Pour combattre l’armée de Kadhafi, le gouvernement US n’a pas hésité à s’allier à des groupes jihadistes. Il savait que l’est de la Libye était un sanctuaire de terroristes comme en atteste un rapport de l’académie miliaire de West Point rédigé en 2007. Nous savons aussi que la CIA s’est appuyée sur l’ancien leader du GICL. L’amiral Stavridis, commandant suprême des Forces alliées de l’Otan en Europe reconnaissait d’ailleurs que des combattants de ce groupe affilié à Al Qaïda participaient aux efforts pour renverser Kadhafi, mais qu’ils le faisaient “à titre personnel”. La déclaration date de 2011. Elle pourrait faire sourire si nous ne connaissions pas les conséquences tragiques de l’intervention de l’Otan en Libye. »

De même, en Syrie, les Etats-Unis et leurs alliés, Turquie, Arabie saoudite et Qatar, se sont appuyés sur des groupes jihadistes pour combattre l’armée syrienne. La fable du "printemps syrien" voudrait que Washington ait opéré une distinction pointilleuse entre les rebelles modérés et les extrémistes. En réalité, la plupart des experts s’accordent à dire que cette distinction relève de la fiction. Selon la situation sur le terrain et les aides apportées aux différents groupes, un combattant pouvait ainsi se battre sous la bannière de l’ASL un jour et sous celle du Front al-Nosra le lendemain. Rappelons en outre que les « modérés » ne le sont pas tant que ça... Tout le monde se souvient de Khalid al Hamad, l’homme qui, devant une caméra, porta le cœur d’une de ses victimes à la bouche. Il dirigeait la brigade al Farouk, affiliée à l’ASL, les "démocrates".

En détruisant l’Irak et en menant des guerres de proximité en Libye et en Syrie, les Etats-Unis et leurs alliés ont donc contribué à la résurgence de la mouvance jihadiste. « Après les fiascos d’Irak et d’Afghanistan, poursuit Mohamed Hassan, Barack Obama s’est trouvé dans l’impossibilité d’engager ses troupes dans un nouveau conflit. Pourtant, les États-Unis n’ont pas renoncé à leurs prétentions sur le Moyen-Orient. La présidence d’Obama consacre donc le retour du “soft power” : plutôt que d’envoyer ses soldats au casse-pipe, Washington utilise des groupes sur place. Ça ne vous étonnera sans doute pas, parmi les proches conseillers d’Obama, on retrouve un certain Zbigniew Brzezinski. C’est lui qui a eu l’idée d’armer des fanatiques musulmans en Afghanistan pour combattre l’armée afghane et les troupes soviétiques dans les années 80. En Libye, les États-Unis n’avaient d’autre choix que de recourir aux jihadistes. En Syrie, ils espéraient pouvoir démobiliser une grande partie de l’armée en jouant la carte confessionnelle. Les déserteurs devaient ainsi venir grossir les rangs de l’Armée syrienne libre. Or, il y a bien eu des défections. Mais les soldats qui ont quitté leur poste ont généralement quitté le pays en même temps. En Syrie aussi, les États-Unis n’avaient donc d’autre choix que de s’appuyer sur des jihadistes. Mais utiliser ces groupes est une chose, les contrôler en est une autre. »
 

Comment l’islamophobie a gangrené la France

Le retour du soft power n’a pas seulement été marqué par l’utilisation de groupes sur place. Des jeunes ont également quitté l’Europe pour aller se battre. L’un des auteurs de l’attaque contre Charlie Hebdo était d’ailleurs un jihadiste bien connu des services français. Car le fanatisme religieux ne gangrène pas seulement les champs de bataille en Irak, en Syrie ou en Libye. Il a également trouvé des adeptes en Europe et en France plus particulièrement. Sans doute le « quelque chose » qu’évoquait Philippe Val et qui ne peut être compris qu’à la lumière du climat islamophobe qui s’est fortement développé dans la foulée des attentats du 11 septembre, mais dont les racines remontent à plus loin, comme nous l’explique le sociologue Saïd Bouamama avec qui nous nous sommes entretenus : « L’islamophobie a en premier lieu des racines très anciennes en France puisqu’elle faisait partie de la stratégie idéologique coloniale. Pour justifier la mission civilisatrice, une des armes utilisées était l’approche culturaliste de la religion musulmane. On la présentait comme homogène, comme conduisant inévitablement au fanatisme et comme incapable d’adaptation au contexte “moderne”. Cette image de l’Islam a été véhiculée massivement dans les livres scolaires, les films, les images, etc. Elle s’est ancrée de ce fait dans les mentalités collectives, mais avait comme contrepoids une conscience ouvrière forte appelant à prendre en compte les dimensions communes : les intérêts de classe et la culture ouvrière. Lors des indépendances, aucun travail n’a été mené pour déraciner et déconstruire cette stigmatisation de l’Islam. L’époque était cependant encore aux luttes et aux conquêtes sociales, ce qui relativisait le poids de ces héritages réactionnaires. »

La crise économique des années 70 va cependant changer la donne et les clichés de l’époque coloniale vont alimenter le fonds de commerce de l’extrême droite. « Avec la crise structurelle et systémique qui a touché le capitalisme français dans la décennie 70, poursuit Saïd Bouamama, le Front National a repris à son compte toutes ces caricatures de l’Arabe, du Noir et du musulman issus de la période coloniale. N’ayant pas été éradiquées, ces images se sont endormies, mais étaient toujours disponibles. Le Front National, dont une partie importante des dirigeants ont été formés pendant la guerre d’Algérie et y ont participé, a investi ce terreau propice. Il a ainsi pu sortir de la dimension groupusculaire dans laquelle était cantonnée l’extrême droite depuis la victoire contre le nazisme en 1945. Dans la décennie 80, le Parti Socialiste a mis en place des politiques ultralibérales qui ont fragilisé profondément les classes populaires. Or, les processus de paupérisation massive et de précarisation sont producteurs d’un sentiment de désespérance sociale pour le monde ouvrier. Un sentiment que le Front National tente de récupérer à son profit. »

Le parti d’extrême-droite a tiré habilement son épingle du jeu, parvenant à une lepénisation des esprits en France, comme nous l’explique Saïd Bouamama : « Entièrement engagés dans les politiques de dérégulation, les gouvernements socialistes puis de droite tentent d’éviter les colères sociales en diffusant des grilles ethniques de lecture (sur la délinquance, sur l’insécurité, sur la dégradation des conditions de vie dans les quartiers populaires, etc.) c’est-à-dire en reprenant les thèmes, les logiques, les manières de poser les questions sociales du Front National. C’est un véritable processus de lepénisation des esprits qui se met en place. Parallèlement, au sein des classes populaires, la composante issue de l’immigration des anciennes colonies est celle qui est la plus touchée par la crise en même temps où elle est désignée comme responsable des maux sociaux par la lepénisation des esprits. »

Devenus les nouveaux boucs-émissaires d’une France gangrénée par le racisme, certains jeunes vont trouver un exutoire dans la religion. « Progressivement, les discriminations se massifient et deviennent systémiques, impactant le devenir des jeunes français issus de l’immigration postcoloniale, précise Saïd Bouamama. Pour une partie d’entre eux, le réinvestissement de la foi musulmane a été un antidote à l’autodestruction. Pour d’autres, la réaction est sous forme de révoltes culminant en novembre 2005 par l’explosion de 400 quartiers populaires pendant 21 jours contre les injustices qui les touchent en termes de discriminations, de relégations et de contrôles policiers débouchant sur de multiples morts de jeunes sous les balles de la police. Les organisations de gauche étaient coupées des quartiers et des classes populaires, elles refusaient de prendre en charge la lutte contre les discriminations racistes, les considérant comme soit inexistantes, soit comme secondaires. Ces organisations de gauche étaient donc incapables de saisir qu’il s’agissait d’une révolte populaire et l’ont laissée dans l’isolement, contribuant ainsi à creuser un fossé. Le Front National initie alors la conversion de son idéologie raciste antimaghrébine en racisme contre les musulmans et contre l’islam c’est-à-dire en islamophobie. »

Mais le nouveau cheval de bataille de l’extrême droite dépasse largement les seuls meetings du FN. « La nouvelle thématique sera comme les précédentes, reprise par la droite classique et le Parti Socialiste, enchaîne Saïd Bouamama. La loi sur le foulard en 2004 marque le passage à une islamophobie d’Etat désignant l’islam comme danger pour la république, le droit des femmes et la laïcité. Cette stratégie ne désarme pas le Front National qui devient brusquement “républicain” lui qui depuis sa naissance frayait avec les monarchistes. Il devient brusquement “féministe”, lui qui depuis sa naissance était pour le retour des femmes au foyer et pour le retour à la tradition. Il devient brusquement laïque, lui qui depuis sa naissance était pour une France chrétienne. Les bases d’un consensus transversal antimusulman sont posées. Les uns en attendent une progression de leur audience politique qu’ils emmagasinent à chaque élection. Les autres au Parti Socialiste et à droite s’en servent comme débat-écran pour détourner l’attention des véritables questions sociales. »

Et ce contexte islamophobe a bien évidemment un impact sur ces quelques jeunes Français qui ont versé dans le fanatisme religieux pour partir faire le jihad au Moyen-Orient. Avec tous les problèmes que pose leur retour, leur départ n’en étant pas moins problématique. L’un des auteurs de l’attaque de Charlie Hebdo se serait ainsi félicité d’avoir "vengé le Prophète". « Fragilisés socialement, victimes de discriminations massives (à la formation, à l’emploi, dans la recherche de logement, etc.), humiliés par des contrôles de police permanents, présentés comme un danger pour la société, mis en accusation permanente dans les médias et enfin de nouveau humiliés par les attaques incessantes contre l’islam, certains de ces jeunes sont en recherche d’un canal pour exprimer leur révolte", relève Saïd Bouamama. "De surcroit, le spectacle de guerres d’agression pour le pétrole accompagné du même discours antimusulman qu’ils subissent déjà, dans un contexte d’abandon des quartiers populaires par les organisations de gauches, en font un terrain propice pour tous les manipulateurs de la misère et de la souffrance humaine. Si la majorité des jeunes ne sombre pas dans le nihilisme, une minorité d’entre eux sont dans la recherche d’un canal pour à la fois exprimer leur révolte et trouver un débouché au nihilisme autodestructeur qui les touche. »
 

Charlie Hebdo : des gauchistes anars ou des réacs islamophobes ?

Comment situer Charlie Hebdo dans ce contexte islamophobe ? Le journal est lancé en 1960 par le Professeur Choron et François Cavana. Il s’appelle alors Hara-Kiri et annonce le ton : bête et méchant. Précurseur d’une certaine manière de mai 68, la bande de joyeux drilles semble décréter avant l’heure qu’il est interdit d’interdire... de rire. Une ligne éditoriale qui ne passe pas toujours très bien. En 1970, la une du journal sur la mort du général de Gaulle conduit à l’interdiction d’Hara-Kiri. Choron et Cavana trouvent la parade et reviennent avec Charlie Hebdo. Wolinski explique à l’époque qu’il est gauchiste, avant de préciser qu’il est surtout quelqu’un « qui doute de tout » . « Y a des tendances qui nous sont plus sympathiques que d’autres », précise Cavana. « Ce qui est certain, c’est qu’on est contre le sectarisme, quel qu’il soit. On doit jamais abdiquer la liberté de penser, c’est-à-dire l’esprit critique. Tout est critiquable, rien n’est sacré. » En ce sens, Hara-Kiri d’abord et Charlie Hebdo ensuite ont contribué à libérer la pensée. Et le journal incarnait une certaine idée du progrès.

En 1981, le titre disparaît. Manque d’abonnés. Onze ans plus tard, l’hebdo renaît. On y retrouve Philippe Val aux manettes jusqu’en 2009. Ses positions tranchent avec l’esprit gauchiste qui avait animé Charlie Hebdo par le passé. Philippe Val défend le « oui » au référendum sur la Constitution européenne, soutient la guerre en Irak, attaque Chomsky à coup de calomnies, propage de fausses rumeurs sur le Forum Social Européen et ouvre les colonnes de Charlie à Caroline Fourest. En 2006, il se fend de ces quelques mots dans les colonnes de son journal : « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. (…) Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80 %, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties. » Et tant pis si, comme le relevait le Plan B, selon un rapport des Nations Unies, seuls trois pays dans le monde avaient encore un taux d’illettrisme de 80 % et qu’aucun de ceux-là n’était situé entre Tokyo et Tel-Aviv.

Avec Philippe Val, "quelque chose" s’est répandu à Charlie Hebdo. Aussi, on voudrait croire que certains dessins, comme celui sur les esclaves sexuelles de Boko Haram, s’inscrivent dans la tradition loufoque du journal bête et méchant. Mais on finit par se demander s’ils n’auraient pas plus leur place dans Valeurs Actuelles. D’autant que la liberté de ton ne vaut plus pour tout à Charlie Hebdo. Cavana disait qu’il fallait pouvoir taper sur tout le monde. Philippe Val pose des limites où il l’entend. En 2008, Siné ironise sur la possible conversion au judaïsme de Jean Sarkozy. Quelques jours auparavant, Libération l’avait déjà évoquée très sérieusement. Mais dans le Charlie nouveau, ça ne passe pas. Ça ne passe plus. Siné, à qui on devait le dessin d’une nonne se masturbant avec un crucifix, est prié de prendre la porte. D’autres l’avaient prise avant lui. Comme Olivier Cyran qui dénonçait « la conduite despotique et l’affairisme ascensionnel » de Philippe Val.

Charlie Hebdo était-il devenu un journal réac ? Charb pouvait se moquer de l’islam tout en défendant la cause palestinienne. Quand Val faisait la promo de la Constitution européenne, Cabu appelait à voter non quelques pages plus loin. Et si le même Val louait la diplomatie US, Wolinski soutenait Cuba. Tous les dessinateurs de Charlie n’avaient donc pas retourné leurs vieilles vestes d’anars gauchistes. Mais les valeurs que sous-tend leur engagement ont pu être instrumentalisées au profit de causes pas très glorieuses. Ainsi, dans une France où les amalgames islamophobes sont devenus légion, représenter le Prophète Mohamed en terroriste ne relevait pas de l’exploit. « Charlie Hebdo fait partie des multiples couches islamophobes qui se sont cumulées ces dernières années et qui continuent récemment avec un Zemmour ou un Houellebecq, indique Saïd Bouamama. Bien que comportant dans son équipe des personnalités différentes et des points de vue politiques différents, ils ont en commun un rapport à la religion antimatérialiste, la percevant par principe comme réactionnaire en tout lieu et en tout temps. Certains ont donc pensé sincèrement que l’Islam était le nouveau danger religieux d’aujourd’hui. D’autres comme Val ont surfé sur la vague islamophobe en cours dans la société et propulsée par l’Etat pour tenter d’augmenter l’audience économique du journal. C’est lui qui fait prendre un tournant radical au journal en prenant l’Islam comme cible privilégiée. Il ne s’agit plus d’une approche globale antireligieuse (même si quelques articles continuent à cibler d’autres religions), mais de prendre comme cible une religion spécifique. »

Voilà pour le contexte islamophobe. Quelles que fussent les prises de position de Charlie Hebdo, rien ne saurait évidemment justifier l’attentat de mercredi. Il s’agit plutôt de comprendre les facteurs qui ont rendu possible l’impensable. Cette compréhension est d’autant plus importante que déjà, des tentatives de récupération politique malsaine voient le jour, nous appelant à creuser encore alors qu’on pensait avoir touché le fond. En Grèce, pour dénoncer son adversaire de la gauche radicale, Antonis Samaras, premier ministre issu du parti conservateur Nouvelle Démocratie, a déclaré : « Aujourd’hui à Paris, un massacre s’est produit avec au moins douze morts. Et ici certains encouragent encore davantage l’immigration illégale et promettent la naturalisation » . Le milliardaire américain Donald Trump a quant à lui invité la France à autoriser le port d’armes : « Souvenez-vous, quand les armes sont hors la loi, seuls les hors-la-loi sont armés ! » . De son côté, Marine Le Pen a appelé à un référendum sur la peine de mort. C’est dur d’être pleuré par des cons...

« Malheureusement, la solution nécessite une action dans plusieurs directions simultanément, soulève Saïd Bouamama. Il s’agit à la fois de s’opposer aux guerres pour le pétrole pour orienter la colère légitime vers le politique afin qu’elle ne soit pas dévoyée. Il s’agit en second lieu de combattre sans concession l’islamophobie afin de briser le sentiment d’isolement face aux attaques que ressent cette partie importante quantitativement des classes populaires. Il s’agit également d’organiser ces jeunes afin que s’organise avec eux le combat contre les discriminations systémiques, contre les contrôles et crimes policiers. Il s’agit enfin de produire une nouvelle perspective commune qui remet en cause les choix économiques actuels et la politique internationale française. Sans cela, des révoltes légitimes continueront à être dévoyées ».
 

Le choc des civilisations ou la lute des classes ?

Dimanche 11 janvier à Paris, la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats a réuni 1,5 million de personnes. Il était beaucoup question de liberté d’expression malgré la présence de Netanyahou en tête de cortège. En 2014, Gaza a été le deuxième plus grand tombeau de journalistes dans le monde . Au mois d’août, durant le confit mené contre la petite bande de terre palestinienne, les reporters qui souhaitaient entrer dans Gaza devaient signer une décharge pour empêcher toute poursuite contre l’armée israélienne en cas de blessure ou de mort . En matière de liberté d’expression, on a vu mieux.

L’attentat contre Charlie Hebdo ne peut cependant être ramené à cette seule dimension. Ses racines, l’imposition d’un islamisme réactionnaire au Moyen-Orient et la marginalisation des jeunes issus de l’immigration, dépassent largement le cadre de la liberté d’expression. Une grande partie de la classe politique, des médias et des intellectuels de gauche comme de droite réduit pourtant les événements à cet unique combat. Ils imposent ainsi, malgré les mises en garde sur les amalgames, une grille de lecture calquée sur le choc des civilisations. Ils posent la contradiction entre jihadistes fanatiques d’un côté et citoyens républicains de l’autre. Les premiers ne seraient que des fous de Dieu. Nous avons vu pourtant que derrière ce fanatisme, il y avait une énorme frustration qui, faute d’alternative politique constructive, avait été canalisée vers l’impasse jihadiste. De l’autre côté, les citoyens réunis dans un grand front républicain sont invités à défendre farouchement les valeurs démocratiques menacées par l’obscurantisme religieux.

Le débat posé en ces termes ne permettra pas de sortir la tête de l’eau. Au contraire. On peut s’attendre à un clivage plus fort de la société, à la montée de l’extrême-droite, à des mesures sécuritaires liberticides, à l’instauration d’un climat de psychose et à la poursuite de la radicalisation d’une minorité de jeunes. Aucune solution constructive et efficace donc. À qui profite dès lors cette grille de lecture ? À ceux qui ont combattu le nationalisme arabe pour piller le pétrole du Moyen-Orient. À ceux qui font la guerre par jihadistes interposés pour que leurs multinationales fassent toujours plus de profits. À ceux qui continuent de creuser le fossé entre riches et pauvres. A ceux qui, incapables d’apporter des solutions à la marginalisation des jeunes issus de l’immigration, ont joué le jeu de l’extrême-droite. À ceux qui s’évertuent à appliquer l’austérité alors que les familles les plus riches continuent de s’enrichir malgré la crise. À ceux qui sont incapables de se remettre en cause et d’engager leur responsabilité dans l’attentat du 7 janvier. Ceux-là mêmes qui font le lit du fanatisme ne peuvent que proposer un front républicain pour la liberté d’expression. Ils parviennent ainsi, comme l’explique Saïd Bouamama, à unir ceux qui devraient être divisés, et à diviser ceux qui devraient être unis .

Plutôt que de faire défiler les opprimés derrière des criminels de guerre à Paris, il convient donc de substituer au choc des civilisations la lutte des classes. Un concept démodé ? Pas si l’on en croit le milliardaire Warren Buffet : « Il y a une lutte des classes. C’est ma classe, les riches, qui a déclaré cette guerre et qui est en train de la gagner. » Il est grand temps de lancer la contre-offensive contre les guerres économiques, les inégalités et les faux débats.

L’attaque de Charlie Hebdo a porté atteinte à nos valeurs démocratiques. Et c’est bien par plus de démocratie qu’il faut répondre au drame. Sans se tromper. Ce n’est pas démocratique de larguer des bombes, même sur une dictature. Ce n’est pas démocratique de stigmatiser des citoyens, même au nom de valeurs républicaines. La véritable démocratie appelle à une lutte collective, contre l’obscurantisme et contre le terreau qui l’a vu germer. Une lutte sur plusieurs fronts donc, qui nécessite prise de conscience et solidarité.


Source : Investig’Action

 

 

 

 

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La première question à se poser après toute attaque terroriste: est-ce une opération sous faux drapeau (false flag)? Le site Global Research.

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La guerre, #La paix

La première question à se poser après toute attaque terroriste: est-ce une opération sous faux drapeau (false flag)?

police-paris_shooting-400x249Par Washington’s Blog, le 8 janvier 2015

Des gouvernements tout autour du monde reconnaissent s’être servi du truc de la brute… attaquer le premier, puis imputer la faute à la victime:

  • Des troupes japonaises ont déclenché une petite explosion le long d’une voie ferrée en 1931, et en ont faussement accusé la Chine afin de justifier une invasion de la Mandchourie. Cet événement est connu sous le nom d’ « Incident de Mukden » ou « Incident Manchou ». Le Tribunal Militaire International de Tokyo découvrit que: « Plusieurs des participants à ce plan, y compris Hashimoto [un officier de haut rang de l’armée japonaise], ont à maintes reprises reconnu leur rôle dans le complot et ont déclaré que l’objectif de l’ « Incident » était d’offrir une raison à l’occupation de la Mandchourie par l’armée du Kwantung… » Compulsez ceci;
  • Un Major des SS Nazis a reconnu aux procès de Nuremberg que – selon les ordres du chef de la Gestapo – lui-même et d’autres agents Nazis ont mis en scène des attaques contre leur propre peuple qu’ils ont imputées aux Polonais, pour justifier l’invasion de la Pologne. Le Général Nazi Franz Halder témoigna également aux procès de Nuremberg que le dirigeant Nazi Hermann Göring avait avoué avoir mis le feu au Parlement allemand en 1933, et d’avoir ensuite faussement accusé les Communistes de l’incendie criminel;
  • Le dirigeant soviétique Nikita Khrushchev a avoué par écrit que l’Armée Rouge de l’Union Soviétique avait bombardé le village russe de Mainila en 1939 – tout en portant le blâme sur la Finlande – comme base pour initier la « Guerre d’Hiver » contre la Finlande. Le président russe Boris Eltsine a confirmé que la Russie avait été l’agresseur dans la Guerre d’Hiver, ainsi que Poutine;
  • Israël reconnaît qu’une cellule terroriste israélienne opérant en Égypte a planté des bombes dans plusieurs immeubles, y compris des locaux diplomatiques US, puis y a laissé des « preuves » impliquant les Arabes en tant que coupables (l’une des bombes détona prématurément, permettant aux Égyptiens d’identifier les poseurs de bombe, et par la suite plusieurs des Israéliens les ont avoués) (voyez ici et ici);
  • La CIA avoue avoir engagé des Iraniens dans les années ’50 pour passer pour des Communistes et organiser des attentats à la bombe en Iran, afin de retourner le pays contre son Premier Ministre démocratiquement élu;
  • Le Premier Ministre turc a reconnu que le gouvernement turc avait perpétré l’attentat à la bombe d’un consulat turc en Grèce – endommageant aussi le lieu de naissance tout proche du fondateur de la Turquie moderne – et d’en avoir accusé la Grèce, dans le but d’inciter à et de justifier des violences anti-grecques;
  • Le Premier Ministre britannique avoua à son ministre de la défense que le président US Dwight Eisenhower et lui-même avaient approuvé un plan en 1957 pour se livrer à des attaques en Syrie et d’en accuser le gouvernement syrien, comme moyen d’effectuer un changement de régime;
  • L’ancien Premier Ministre italien, un Juge italien, et l’ancien chef du contre-espionnage italien reconnaissent que l’OTAN, avec le concours du Pentagone et de la CIA, a commis des attentats à la bombe en Italie et dans d’autres pays européens durant les années ’50 et en a accusé les Communistes, de façon à rallier les populations à leurs gouvernements en Europe dans leur combat contre le Communisme. Ainsi que l’a déclaré un participant de ce programme naguère secret: « Il fallait attaquer des civils, des gens, des femmes, des enfants, des personnes innocentes, des gens inconnus sans rapport avec le jeu politique. La raison en était simple. Ils étaient conçus pour forcer les gens, le public italien, à se tourner vers l’état pour davantage de sécurité » (voyez ici) (l’Italie et les autres pays européens sujets à la campagne de terreur avaient rejoint l’OTAN avant que les attentats n’aient lieu). Et regardez ce document de la BBC;
  • Ainsi que le gouvernement US l’a reconnu, des documents récemment déclassifiés montrent que dans les années ’60, les chefs d’état-major US ont apposé leur signature pour un plan devant faire exploser des avions US (utilisant un plan élaboré d’échanges d’avions), et aussi de commettre des actes terroristes sur le sol US pour ensuite en accuser les Cubains, afin de justifier une invasion de Cuba. Regardez le reportage suivant d’ABC News; les documents officiels; et regardez cette interview du Producteur des Enquêtes à Washington pour ABC News, avec Peter Jennings;
  • 2 ans plus tôt, le Sénateur US George Smathers avait suggéré que les USA se livrent à « une fausse attaque sur la Baie de Guantanamo, ce qui nous donnerait une excuse pour vraiment provoquer la bagarre et qui nous laisserait le champ libre pour y aller et [renverser Castro] »;
  • Et d’autres documents officiels du State Department US démontrent que – seulement neuf mois avant que le projet des chefs d’état-major soit présenté – la direction des chefs conjoints de l’état-major et d’autres responsables de haut rang avaient évoqué de faire exploser un consulat en République Dominicaine afin de justifier une invasion de ce pays. Les 3 plans ne furent pas menés à bien, mais ils furent tous débattus comme des propositions sérieuses;
  • La NSA avoue qu’elle a menti sur ce qui s’était réellement passé lors de l’incident du Golfe du Tonkin en 1964… manipulant l’information pour faire accroire que des vedettes nord-vietnamiennes avaient tiré sur un navire US, afin de créer une fausse justification de la Guerre du Vietnam;
  • Un comité parlementaire US a reconnu que – en tant qu’élément de sa campagne « Cointelpro » – le FBI s’était servi de beaucoup de provocateurs des années ’50 aux années ’70 pour se livrer à des actes violents et les imputer faussement à des activistes politiques;
  • Le gouvernement allemand a reconnu (voyez ici) que, en 1978, les services secrets allemands avaient fait exploser une bombe le long du mur extérieur d’une prison et caché des « outils d’évasion » sur un prisonnier – un membre de la Fraction Armée Rouge – sur qui les services secrets voulaient porter le blâme de l’explosion;
  • Le Conseil Sud-Africain de Vérité et de Réconciliation a découvert que, en 1989, le Bureau de Coopération Civique (une branche discrète des forces de défense sud-africaines) a approché un expert en explosifs et lui a demandé « de participer à une opération visant à discréditer l’ANC [Le Congrès National Africain] en posant une bombe dans le véhicule de police d’un officier enquêtant sur un incident d’homicide », et en mettant l’ANC en cause pour cet attentat;
  • Un diplomate algérien et plusieurs officiers de l’armée algérienne reconnaissent que, dans les années ’90, l’armée algérienne a fréquemment massacré des civils algériens, et a ensuite accusé les militants islamiques des meurtres (visionnez cette vidéo; l’Agence France-Presse, le 27/09/2002 – Le Tribunal français rejette la plainte algérienne de diffamation, contre son auteur);
  • Une équipe indonésienne de recherche des faits a enquêté sur les violentes émeutes qui ont eu lieu en 1998, et a déterminé que « des éléments militaires ont été impliqués dans ces émeutes, dont certaines ont été délibérément provoquées« ;
  • Des officiers supérieurs militaires et du renseignement russes avouent que le KGB a fait exploser des immeubles d’appartements en 1999 et en a faussement accusé les Tchétchènes, afin de justifier une invasion de la Tchétchénie (voyez ce rapport et ce débat);
  • Selon le Washington Post, la police indonésienne reconnaît que les militaires indonésiens ont tué des enseignants US en Papouasie en 2002, et accusé des meurtres un groupe séparatiste Papou afin que ce groupe soit listé comme organisation terroriste;
  • L’ancien et respecté président indonésien reconnaît également que le gouvernement avait probablement joué un rôle dans les attentats de Bali;
  • Comme rapporté par la BBC, le New York Times et Associated Press, des officiels macédoniens reconnaissent que le gouvernement a assassiné 7 immigrants innocents de sang froid et prétendu qu’ils étaient des soldats d’al-Qaeda tentant d’assassiner des policiers macédoniens, afin de rejoindre la « guerre contre le terrorisme »;
  • Des responsables haut-gradés de la police génoise en Italie ont avoué – en juillet 2001, lors du sommet du G8 à Gênes – avoir lancé deux cocktails Molotov et mis en scène un officier de police se faisant poignarder, afin de justifier une répression violente des manifestants;
  • Bien que le FBI reconnaisse maintenant que les attaques à l’Anthrax de 2001 avaient été perpétrées par un ou plusieurs scientifiques gouvernementaux US, un officiel de haut rang du FBI affirme que le FBI a en fait reçu comme instruction de porter le blâme sur al-Qaeda de la part de responsables de la Maison Blanche (souvenez-vous de ce à quoi ressemblaient les lettres à l’Anthrax). Des officiels du gouvernement confirment également que la Maison Blanche avait essayé de relier l’anthrax à l’Irak, comme justification pour un changement de régime dans ce pays.
  • Pareillement, les USA ont faussement accusé l’Irak d’avoir joué un rôle dans les attentats du 11 septembre 2001 – ainsi que le démontre un mémorandum du ministre de la défense – pour en faire l’une des principales justifications pour livrer la guerre d’Irak. Même après que la Commission du 11 septembre ait reconnu qu’il n’y avait aucune connexion, Dick Cheney affirma que les preuves qu’al-Qaeda entretenait une relation avec le régime de Saddam Hussein étaient « accablantes », que Cheney détenait « probablement » des informations non disponibles pour la Commission, et que les médias ne « faisaient pas leurs devoirs » en ne rapportant pas de tels liens. Des responsables haut placés du gouvernement reconnaissent désormais que la guerre d’Irak avait en réalité été déclenchée pour le pétrole… pas le 11 septembre ou des armes de destruction massives (malgré des allégations précédentes de « loups solitaires », beaucoup d’officiels du gouvernement US disent aujourd’hui que le 11 septembre était du terrorisme d’état; mais que l’Irak n’était pas celui qui a soutenu les pirates de l’air);
  • L’ancien avocat du ministère de la justice US, John Yoo, suggéra en 2005 que les USA devaient passer à l’offensive face à al-Qaeda, faisant que « nos propres agences de renseignement créent une fausse organisation terroriste. Elle pourrait avoir ses propres sites web, ses centres de recrutement, ses camps d’entraînement, et des opérations pour soulever des fonds. Elle pourrait lancer de fausses attaques terroristes et revendiquer le crédit de réelles frappes terroristes, aidant à semer la confusion à l’intérieur des rangs d’al-Qaeda, incitant des agents à douter de l’identité des autres et à remettre en question la fiabilité des communications »;
  • United Press International rapporta en juin 2005:

    Des officiers du renseignement US rapportent que certains des insurgés en Irak utilisent des pistolets Beretta 92 de modèle récent, mais que les numéros de série de ces pistolets semblent avoir été effacés. Les chiffres ne semblent pas avoir été enlevés physiquement; les pistolets semblent provenir d’une chaîne de production sans numéros de série. Des analystes suggèrent que le manque de numéro de série indique que les armes étaient destinées à des opérations de renseignement ou à des cellules terroristes disposant d’un soutien gouvernemental conséquent. Ces analystes spéculent que ces armes proviennent probablement soit du Mossad soit de la CIA. Ils spéculent que des agents provocateurs puissent se servir des armes anonymes alors même que les autorités US se servent des attaques des insurgés contre les civils comme preuve de l’illégitimité de la résistance;

  • Des soldats israéliens infiltrés ont reconnu en 2005 avoir lancé des pierres contre d’autres soldats israéliens pour qu’ils puissent en blâmer les Palestiniens, comme excuse pour réprimer les manifestations pacifiques des Palestiniens;
  • La police de Québec a reconnu que, en 2007, des brutes portant des pierres lors d’une manifestation pacifique étaient en réalité des officiers de la police de Québec infiltrés (voyez ici);
  • Aux manifestations contre le G20 à Londres en 2009, un député britannique a vu des policiers en civil essayer d’inciter la foule à la violence;
  • Des politiciens égyptiens ont reconnu (voyez ici) que des employés du gouvernement avaient pillé des artefacts de musée inestimables en 2011 pour essayer de discréditer les manifestants;
  • Un Colonel de l’armée colombienne a avoué que son unité avait massacré 57 civils, puis les avait habillés en uniformes pour faire croire qu’ils s’agissait de rebelles tués au combat;
  • Des soldats US ont reconnu que s’ils tuent des Irakiens et des Afghans innocents, dès lors ils « laissent tomber » des armes automatiques près de leurs cadavres pour pouvoir prétendre qu’il s’agissait de militants;
  • L’auteur hautement respecté du Telegraph Ambrose Evans-Pritchard affirme que le chef du renseignement saoudien – le Prince Bandar – a récemment reconnu que le gouvernement saoudien « contrôle » les terroristes tchétchènes;
  • Des sources US haut placées ont reconnu que le gouvernement turc – un collègue membre de l’OTAN – avait perpétré les attaques chimiques imputées au gouvernement syrien; et des officiels de haut rang du gouvernement turc ont avoué, tout en étant enregistrés, les projets pour mener des attaques en en accusant le gouvernement syrien;
  • L’ancien chef de la sécurité ukrainienne admet que les attaques de tireurs d’élite qui ont déclenché le putsch ukrainien ont été mises en scène afin d’en accuser d’autres;
  • L’agence de renseignement britannique a reconnu (voyez ici) qu’elle se livrait à des attaques « électroniques sous faux drapeau » sur des cibles, piégeant des gens en écrivant des commentaires offensants ou illégaux… tout en portant la faute sur la cible;

Si courant qu’il y a un nom pour ça.

L’usage du truc de la brute est si courant qu’il lui a été donné un nom il y a plusieurs siècles.

Le « terrorisme sous faux drapeau » est défini comme un gouvernement attaquant son propre peuple, puis accusant d’autres du forfait afin de livrer la guerre aux personnes qu’il accuse. Ou comme Wikipedia le définit:

Les opérations sous faux drapeau sont des opérations secrètes menées par des gouvernements, des corporations ou d’autres organisations, qui sont conçues pour paraître avoir été commises par d’autres entités. Le nom est dérivé du concept militaire de montrer de fausses couleurs; c’est-à-dire de porter le drapeau d’un autre pays que le sien. Les opérations sous faux drapeau ne se limitent pas à la guerre et aux opérations de contre-insurrection, et ont été employées en temps de paix; par exemple, durant la stratégie italienne de la tension.

Le terme vient des jours anciens des navires en bois, où un navire hissait le drapeau de son ennemi avant d’attaquer un autre navire de sa propre flotte. Parce que le drapeau de l’ennemi, plutôt que celui du réel pays du navire assaillant, était hissé, ce fut appelé une « attaque sous faux drapeau ». Effectivement, ce concept est si bien assimilé que les règles d’engagement des combats militaires navals, aériens et terrestres interdisent toutes les attaques sous faux drapeau.

Des dirigeants à travers l’histoire ont reconnu le danger des attaques sous faux drapeau:

« Là et nulle part ailleurs se trouve la racine d’où s’élève un tyran; lorsqu’il apparaît d’abord comme un protecteur. »

- Platon

« Si la tyrannie et l’oppression parviennent jusqu’à cette terre, ce sera sous l’apparence de la lutte contre un ennemi étranger. »

- le président US James Madison

« Une tradition d’attaques sous faux drapeau utilisée pour manipuler l’esprit des gens! Chez les individus, l’insanité est rare; mais dans les foules, les partis, les nations et les époques c’est la règle. »

- Friedrich Nietzsche

« Le terrorisme est la meilleure arme politique car rien ne motive davantage les gens que la peur d’une mort subite. »

- Adolph Hitler

« Alors bien sûr les gens en veulent pas de la guerre… Mais après tout ce sont les dirigeants d’un pays qui déterminent la politique, et c’est toujours une simple affaire que de traîner les gens avec vous, que ce soit en démocratie ou dans une dictature fasciste, un parlement ou une dictature communiste… Avec ou sans voix, la populace peuvent toujours être amenée à se plier aux volontés des dirigeants. C’est facile. Tout ce que vous avez besoin de faire est de leur dire qu’ils se font attaquer et de dénoncer les pacifistes comme manqant de patriotisme et exposant le pays au danger. Ça marche aussi bien dans n’importe quel pays. »

- Hermann Göring, dirigeant Nazi

« La façon la plus simple pour prendre le contrôle d’une population est de commettre des actes de terreur. [Le public] criera pour de telles lois si sa sécurité est menacée. »

- Joseph Staline

Les gens se réveillent face aux « false flags »

Les gens s’éveillent lentement à toute cette arnaque des gouvernements qui veulent justifier la guerre.

Davantage de gens parlent des mots « false flag », « faux drapeau » que jamais auparavant.

Source: http://www.globalresearch.ca/the-first-question-to-ask-after-any-terror-attack-was-it-a-false-flag/5423463

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Le 15 janvier 2015, près de l'Aéroport de Donetsk il y a eu une rencontre entre les représentants de la RPD, des FAU et de l'OSCE.

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Europe supranationale, #La guerre, #L'OTAN., #La paix, #AMERIQUE

Dialogue entre Alexandre Zakhartchenko et un officier des FAU.

Aujourd'hui, près de l'Aéroport de Donetsk il y a eu une rencontre entre les représentants de la RPD, des FAU et de l'OSCE. Cette vidéo est destinée à tous ceux qui s'interrogent, si le leader de la République de Donetsk a été bien choisi.

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Les publications de janvier 2015 du blog d'Olivier Berruyer.

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #la liberté, #La Laïcité, #La République, #La France, #Je suis Charlie?, #La guerre, #La paix

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En solidarité avec une presse libre : quelques nouveaux dessins blasphématoires, par Glenn Greenwald. Par Olivier Berruyer.

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #La France, #La République, #la liberté, #La Laïcité, #Je suis Charlie?, #La guerre, #La paix, #La mondialisation

 

Glenn Grennwald est le journaliste et avocat américain qui a révélé l’affaire Snowden, ayant receuilli ses confidences. Il a du se réfugier au Brésil, et son compagnon a été arrêté quelques heures par la police britannique… (il a bine morflé pour la liberté d’expression, lui, par rapport aux intellectuels germanopratins)

Voici sa vision (très américaine) de l’affaire Charlie.

P.S. pour toutes les caricatures qu’il montre, je vous renvoie sur la source originale de The Intercept (à la fin) - des fois que des crétins interprètent mal le message du billet (et comme ces dessins me font vomir, je ne souhaite pas les montrer sur le blog).

Je rappelle que l’antisémite est une horreur.

Défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression, c’est à dire défendre le droit à la diffusion des idées considérées par la société comme les plus repoussantes, a été l’une de mes principales passions au cours de ces 20 dernières années : auparavant en tant qu’avocat, et maintenant comme journaliste. Aussi je considère comme positif qu’un grand nombre de personnes invoque ce principe haut et fort, comme cela s’est produit au cours des dernières 48 heures, en réponse à l’horrible attaque contre Charlie Hebdo à Paris.

Habituellement, défendre le droit à la liberté d’expression est une tâche bien plus solitaire. Par exemple, la veille des meurtres de Paris, j’ai écrit un article à propos des multiples affaires dans lesquelles des musulmans sont poursuivis et même emprisonnés par des gouvernements occidentaux pour leurs propos politiques en ligne – attaques qui ont provoqué relativement peu de protestations, y compris de la part des champions de la libre parole qui ont été si véhéments cette semaine.

J’ai déjà couvert des cas où des musulmans étaient emprisonnés pendant de nombreuses années aux États-Unis pour des affaires comme la traduction et la publication de vidéos “extrémistes” sur Internet, la rédaction d’articles académiques en soutien aux groupes palestiniens, l’expression de critiques acerbes à propos d’Israël, et même l’inclusion d’une chaîne du Hezbollah sur un bouquet câblé. Et tout ça n’est rien comparé aux nombreux cas où les gens ont perdu leur emploi ou ont vu leur carrière stoppée pour avoir exprimé des critiques sur Israël ou (beaucoup plus dangereux mais aussi plus rare) sur le judaïsme. Je veux espérer que ces célébrations de la liberté d’expression cette semaine vont aboutir à une opposition générale contre toutes les atteintes répétées et de plus en plus fréquentes aux droits politiques fondamentaux en Occident, et pas seulement à certains, déterminés de façon arbitraire.

Au centre du combat pour la liberté d’expression, il y a toujours eu la distinction entre le droit de disséminer une idée X et partager l’idée X, distinction que seuls les plus limités d’entre nous sont incapables de comprendre. Distinction qui défend le droit d’exprimer des idées repoussantes tout en étant capable de condamner l’idée elle-même. Ce n’est pas contradictoire : l’ACLU (l’Union américaine des libertés civiles) défend vigoureusement le droit des néonazis de défiler au milieu d’une communauté pleine de survivants de l’holocauste à Skokie, dans l’Illinois, mais ne se joint pas à la marche ; ils condamnent plutôt à haute voix l’idée en question comme grotesque, alors même qu’ils défendent le droit de l’exprimer.

Mais cette semaine de la défense du droit à la liberté d’expression a été si enflammée qu’elle a vu se développer un principe inédit : défendre la liberté d’expression, ce serait désormais défendre non seulement le droit à exprimer un discours, mais aussi son contenu même. De nombreux auteurs ont ainsi demandé ceci : pour exprimer « leur solidarité » avec les dessinateurs assassinés, il ne faudrait pas seulement condamner les attaques et défendre le droit des dessinateurs à publier, mais publier et même glorifier ces dessins. « La meilleure réponse à l’attaque de Charlie Hebdo est d’intensifier la satire blasphématoire », a déclaré le rédacteur en chef de The Slate, Jacob Weisberg.

Certains des dessins publiés par Charlie Hebdo sont non seulement offensants mais fanatiques, comme celui caricaturant les esclaves sexuelles africaines de Boko Haram en reines de l’assistanat (ci-dessus). D’autres sont allés bien plus loin que dénigrer la violence des extrémistes agissant au nom de l’Islam, ou représenter Mahomet par des images dégradantes (ci-dessus), mais contenaient bel et bien un flot de railleries à l’encontre des musulmans en général, lesquels en France n’ont aucun pouvoir mais représentent plutôt dans leur ensemble une population immigrante marginalisée et discriminée.

Mais peu importe : leurs dessins étaient “nobles” et devraient être célébrés – non seulement pour une question de liberté d’expression, mais pour leur contenu. Dans un article titré « Le blasphème dont nous avons besoin », Ross Douthat du New York Times a soutenu que « le droit de blasphémer (et donc d’offenser) est essentiel à l’ordre libéral » et « que cette forme de blasphème [qui provoque la violence] est précisément celle qui doit être défendue, parce que c’est celle qui sert clairement au bien commun d’une société libre ». Jonathan Chait du New York Magazine a déclaré que : “on ne peut pas défendre ce droit [de blasphémer] sans en défendre la pratique”. Matt Yglesias de Vox a eu une position bien plus nuancée mais a conclu malgré tout que “blasphémer le Prophète a fait passer ces publications d’un acte sans intérêt à un acte courageux et même nécessaire, pendant que l’observation que le monde se porterait mieux sans ces provocations devient une forme d’assentiment.”

En conformité à ce nouveau principe de solidarité avec le droit à la liberté d’expression et avec une presse libre vivante, nous publions quelques dessins blasphématoires ou offensants envers la religion et ses adeptes :

(dessins censurés, conforment à la loi)

(P.S. je rappelle que je condamne ce dessin, c’est une simple démonstration par l’absurde de l’auteur)

Et voici quelques dessins loin d’être blasphématoires ou fanatiques et pourtant très pointus et pertinents du dessinateur brésilien brillamment provocateur Carlos Latuff (reproduits avec son accord) :

L’heure est à la célébration de mon brave et noble combat pour la liberté d’expression, n’est-ce pas ? Ai-je porté un coup puissant pour la liberté politique et démontré ma solidarité avec la presse libre en publiant des dessins blasphématoires ? Si, comme le disait Salman Rushdie, il est vital que toutes les religions soient sujettes à un profond et courageux irrespect, ai-je fait ma part pour soutenir les valeurs occidentales ?

La première fois qu’on m’a demandé de publier ces dessins antimusulmans, le cynique en moi a pensé qu’en fait il ne s’agissait peut-être que de sanctionner une forme de discours blessant à l’encontre des religions et de leurs adeptes, tout en protégeant des groupes plus en odeur de sainteté. En particulier, l’Occident a passé des années à bombarder, envahir et occuper des pays musulmans, et à tuer, torturer et emprisonner sans procès des musulmans innocents. Et le discours antimusulman a été un élément vital pour que ces politiques continuent à recevoir du soutien.

Donc il n’est pas surprenant, au contraire, de voir un grand nombre d’Occidentaux célébrant les dessins antimusulmans – non pas sur la base de la liberté d’expression, mais en raison de leur approbation du contenu. Défendre la liberté d’expression est toujours facile lorsque vous aimez la substance des idées ciblées, ou ne faites pas partie (ou ne détestez pas explicitement) le groupe qui est ainsi vilipendé.

Ainsi, il va de soi que si un écrivain spécialisé dans des pamphlets ouvertement anti-noirs ou antisémites avait été assassiné pour ses idées, il n’y aurait pas de large appel à la republication de sa daube en “solidarité” avec sa liberté d’expression. En fait, Douthat, Chait et Yglesias ont chacun pris la peine d’expliquer expressément qu’ils n’appelaient à la publication de telles idées insultantes qu’uniquement dans le cas limité où en réponse, des menaces étaient proférées ou des actes de violence perpétrés – ce qui signifiait pour eux en pratique, pour autant qu’il me semble : les discours contre l’Islam. Douthat a même mis des italiques pour souligner combien était limitée sa défense du blasphème : “ce genre de blasphème en particulier est le genre qu’il est nécessaire de défendre”.

Il faut reconnaître un point valide dans l’argumentation de Douthat-Chait-Yglesias : quand les médias s’interdisent de publier des informations parce qu’ils ont peur (et non par désir d’éviter de publier des éléments gratuitement insultants), comme ont reconnu qu’ils le faisaient avec ces dessins plusieurs médias parmi les plus importants de l’Occident, cela est réellement gênant et devient une véritable menace à l’encontre de la presse libre. Mais il existe tout un tas de tabous pernicieux en Occident qui provoquent de l’autocensure ou de la suppression forcée d’idées politiques, avec des poursuites judiciaires suivies d’emprisonnement ou encore la ruine de carrières professionnelles. Pourquoi les violences perpétrées par des musulmans sont-elles les plus menaçantes ? (Et là je ne parle pas du fait de savoir si les médias doivent ou non publier les dessins parce qu’ils font l’actualité – je m’interroge dans le cas où on veut qu’ils soient publiés absolument, par approbation, par “solidarité”).

Quand nous avons parlé de publier cet article pour exposer cette réflexion, notre intention était d’embaucher deux ou trois dessinateurs pour faire des dessins se moquant du judaïsme et ridiculisant les figures sacrées pour les juifs, à la manière dont Charlie Hebdo l’a fait pour les musulmans. Mais cette idée a fini au panier, du fait qu’aucun grand dessinateur occidental n’oserait jamais mettre son nom au bas d’un dessin antijuif, même s’il était réalisé de manière satirique – parce que le faire aurait détruit instantanément et définitivement leur carrière, dans le meilleur des cas.

On a des commentaires (et des dessins) anti-Islam et anti-musulmans en veux-tu en voilà dans les médias occidentaux ; le tabou qui est au moins aussi fort, sinon plus, sont les images et les dessins anti-juifs. Pourquoi Douthat, Chait, Yglesias et leur compagnons de croisade pour la liberté d’expression n’appellent-ils pas à la publication d’éléments antisémites, par solidarité ou comme manière de se dresser contre cette répression ? Oui, c’est vrai que des journaux comme le New York Times ne publient que très rarement de telles représentations, sauf pour illustrer l’obscurantisme haineux et le condamner – et non pour le publier “en solidarité” ou parce qu’il mérite une diffusion sérieuse et respectueuse. Avec tout le respect que je dois à la grande dessinatrice Ann Telnaes, ce n’est simplement pas vrai que Charlie Hebdo “tapait sur tout le monde indistinctement“.

Tout comme pour Bill Maher, Sam Harris et d’autres maniaques anti-islam, tourner en dérision le judaïsme, les juifs et/ou Israël est quelque chose qu’ils feront rarement (sinon jamais). S’ils y sont obligés, ils peuvent sortir quelques rares cas isolés dans lesquels ils ont balbutié une espèce de critique du judaïsme ou des juifs, mais le gros de leurs attaques est réservé aux musulmans et à l’islam, et non aux juifs et au judaïsme. Parodie, liberté d’expression, athéisme laïque : ce sont les prétextes. Diffusion de message anti-musulmans : c’est le but principal et le résultat obtenu. Et cette diffusion – cette affection toute particulière pour les discours insultants et anti-islam – coïncident comme par hasard et nourrissent l’agenda diplomatique va-t-en-guerre de leurs gouvernements et de leur culture.

Pour comprendre à quel point cela est vrai, pensez au fait que Charlie Hebdo – ceux qui “tapent sur tout le monde indifféremment” et qui défendent toutes les sortes de discours insultants – a viré l’un des auteurs en 2009 pour une phrase que certains ont trouvé antisémite. L’auteur a ensuite été inculpé d’incitation à la haine raciale, et gagné un jugement contre le magazine pour licenciement abusif. Est-ce que vous appelez cela “taper sur tout le monde sans distinction” ?

Et menacer d’avoir recours à la violence pour répondre à des idées insultantes n’est pas non plus l’apanage des extrémistes qui revendiquent leurs actions au nom de l’Islam. En 1998, La pièce de Terence McNally qui mettait en scène un Jésus gay, était régulièrement annulée par les théâtres suite à des alertes à la bombe. Larry Flynt fut paralysé suite à l’agression d’un suprématiste blanc évangéliste qui s’était offusqué de la publication dans Hustler d’images pornographiques de couples mixtes. Les Dixie Chicks subirent un déluge de menaces de mort et bénéficièrent d’une protection imposante après avoir publiquement critiqué George Bush et la guerre en Irak, ce qui les contraint finalement à s’excuser par peur de représailles. La violence provoquée par les fanatiques juifs et chrétiens est monnaie courante, depuis l’assassinat de médecins pratiquant l’avortement, l’explosion de bars gays jusqu’à l’occupation brutale depuis 45 ans de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, en partie liée aux croyances religieuses (aussi bien aux USA qu’en Israël) qui font d’Israël la Terre promise selon la loi divine.

Et tout cela est indépendant de la violence d’état systématique qui a été maintenue en Occident, au moins en partie, par le sectarisme religieux. David Brooks du New York Times déclare aujourd’hui que la tendance antichrétienne est tellement répandue aux USA (dont le peuple n’a jamais élu un président non chrétien) que l’Université de l’Illinois a renvoyé un professeur qui enseignait la position de l’église catholique romaine sur l’homosexualité. Il a oublié cependant de mentionner que cette même université vient tout juste de mettre fin au contrat d’enseignement du Pr Steven Salaita en raison de tweets postés durant l’attaque israélienne sur Gaza, que l’université jugea trop virulents à l’encontre des leaders juifs, et que l’invitation à s’exprimer du journaliste Chris Hedges à l’université de Pennsylvanie venait d’être annulée pour le délit d’opinion d’avoir fait des comparaisons entre Israël et l’Etat Islamique.

C’est un vrai tabou, une idée refoulée, aussi puissant et absolu que n’importe lequel aux États-Unis, à tel point que Brooks ne reconnaîtra pas même son existence. C’est certainement plus un tabou aux États-Unis que la critique des musulmans et de l’Islam, que l’on entend si fréquemment dans les milieux dominants – y compris au sein du Congrès américain – qu’on ne le remarque qu’à peine désormais.

Cela souligne le point clé : Il y a de multiples manières de réprimer des idées et des points de vue en Occident. Quand ceux qui demandent la publication de ces caricatures anti-islam commenceront aussi à demander la publication de ces idées, je croirai à la sincérité de leur très sélective approche des principes de la liberté d’expression.

On peut défendre la liberté d’expression sans avoir à publier et encore moins adhérer aux idées offensantes en question. Mais si ce n’est pas le cas, ayons une application équitable de ce nouveau principe.

Photo de Joe Raedle/Getty Images ; Recherches supplémentaires faites par Andrew Fishman

Source : Glenn Greenwald, The Intercept, le 09/01/2014 Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Disclaimer : le site www.les-crises.fr condamne fermement le racisme et l’antisémitisme, l’appel à la haine, le terrorisme, et toute forme de violence.

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P.S. pour finir, une petite vidéo du Monde :

http://www.dailymotion.com/video/x1x8uyo_glenn-greenwald-le-terrorisme-est-un-pretexte_news

Glenn Greenwald, journaliste à l’origine d’une bonne partie des révélations sur la NSA et auteur du livre Nulle part où se cacher (éd. Lattès), débat avec Marc Trévidic (juge antiterroriste), Alain Chouet (ex-DGSE) et Hubert Védrine (ancien ministre des affaires étrangères). Le terrorisme est-il un alibi bien pratique ou un argument justifié ? Pour M. Greenwald, « le terrorisme est un prétexte » permettant aux dirigeants occidentaux d’« exploiter les craintes » pour accroître leurs prérogatives. En cela, les attentats du 11 septembre 2001 furent « un coup de pouce », selon M. Trévidic, alors que, comme l’assure M. Chouet, « il ne faut pas penser que le terrorisme est la pire des menaces ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pixels/video/2014/05/28/glenn-greenwald-le-terrorisme-est-un-pretexte_4427665_4408996.html#ReDYZh3wAxuvGO7U.99

 

 

2 réponses à En solidarité avec une presse libre : quelques nouveaux dessins blasphématoires, par Glenn Greenwald

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Vous Êtes Charlie? Par Olivier Berruyer.

16 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #Le capitalisme;, #Je suis Charlie?, #la liberté, #La République, #La France, #La guerre, #La paix

15 janvier 2015.

#VousÊtesCharlie ?

 

Tout d’abord, rappelons la condamnation sans équivoque du massacre barbare, et rendons hommage aux victimes

À aucun moment ce billet ne vise à excuser un acte d’une barbarie inhumaine. Il vise à réfléchir ensemble pour que cela ne recommence pas.

Je précise un point.

Je n’écris pas tout ceci (si le sujet vous embête revenez dans une dizaine de jours) par provocation, pour choquer, par volonté de nuire, pour me faire de la pub.

J’écris ceci car J’AURAIS VOULU aller manifester et participer à un beau moment de communion nationale (que j’aime mieux que le concept “d’union nationale”, qui semble impliquer une absence totale de voix discordante, et donc une atteinte à la liberté d’expression… D’ailleurs quand un gouvernement parle d’union nationale, c’est en général durant des moments de guerre pour mobiliser l’opinion – et c’est donc SURTOUT le moment où il faut examiner et critiquer les paroles et actes du gouvernement…).

Mais pour cela, il aurait fallu que cette communion nationale existât.

Et pour cela, il aurait fallu débattre un minimum, faire la part des choses, réfléchir à la cause de la cause du drame, se dire les choses, choisir un beau slogan qui nous aurait rassemblés (#ContreToutesLesViolences ? #EnMémoireDetoutesLesVictimes ? #ContreLesTerrorismes ? #TousFrançais ? #AimonsNousLesUnsLesAutres ? :) etc.), voire même, même, demander des choses au gouvernement !

Et comme on n’a rien fait de cela, on a choisi le pire slogan – et le plus naturel apparemment -, qui peine DONC à nous rassembler (et la presse s’en étonne !) et en plus qui jettera encore de l’huile sur le feu et aidera probablement nos ennemis… Quelle formidable occasion gâchée !

J’ai vraiment l’impression qu’il y a là 20 % de la France, boboïsante (ce n’est pas une insulte !), souvent pleine de belles idées, mais qui – comme Hollande se pensant chef du Monde pour un jour, alors qu’il ne l’est ce jour-là que du Monde Occidental - hélas semble se penser être LA FRANCE, et s’étonne brutalement, en se retournant, de voir que la France ne les a pas suivis – ne semblant même pas comprendre pourquoi…

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Une nouveauté sémiologique dans l’Obs : “être Charlie” – je ne savais pas qu’il y en avait une définition…

Et pendant ce temps là, toutes les haines augmentent à proportion des blessures : islamophobie, replis identitaires, craintes de l’autre, sentiment de rejets, etc. Haines terreau de toutes les violences…

Je vous propose aujourd’hui le “best of” (sic.) du numéro de Charlie Hebdo du jour – vous savez, celui que les gens se sont arrachés…

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À leur décharge, j’imagine que la plupart sont allés manifester et ont scandé #JeSuisCharlie sans jamais l’avoir lu – normal qu’ils soient curieux.

Et ils n’auront pas été déçus…

IR-RES-PON-SABLES on a dit !

Vous avez tous vu cette couverture totalement “irresponsable” : conformément au slogan du journal :

Couverture que je ne cautionne pas (IR-RES-PON-SA-BLES on a dit), et qui a suscité de très nombreuses réactions négatives dans le monde musulman (ce qui est aussi intelligent, que, hmmm, un peu comme, si après un très gros attentat, où tout le monde nous soutient, on bombardait l’Irak en mentant sur les raisons causant 500 000 morts d’innocents in fine…), alors qu’il y avait eu un vrai effort de soutien envers eux jusque là (quel talent dans l’autodestruction collective ces types quand même…).

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Et bien sûr, nos médias boboïsants ne suivent pas, ils courent :

Voici d’ailleurs la page d’accueil du site de L’Express :

(Eh, Barbier, pourquoi ne faites-vous pas de nouvelles caricatures, encore plus offensantes alors, puisque vous y êtes ?)

Le logo à droite n’est pas une illustration de l’article : il est permanent sur TOUS les articles…

Chapeau, pour la fidélité à la ligne éditoriale :

Particulière la vision de l’humour quand même quand on y pense…

J’aime bien aussi le faux-cul-isme. Je voudrais bien les voir tous les jesuischarliephiles si c’était Minute qui avait publié ce genre de truc…

Et moi dans tout ça ?

Seulement, il y a juste un petit point – oh trois fois rien…

Point qu’a parfaitement résumé Guy Bedos il y a 2 ans (son énervement lui ayant fait dire une parole qu’il regrette amèrement, signifiant évidement juste “qu’ils aillent au diable”, comme il l’a expliqué ici, mais ce point est sans grand intérêt, ayant été monté en épingle pour ne pas réfléchir au reste…) :

“Charlie Hebdo, ce ne sont pas mes copains.[Qu'ils aillent se faire foutre !] Je ne suis pas d’accord avec eux. Ils ont pris des risques sur la peau des autres. Si on avait tué un gosse dans un lycée français de Libye, d’Égypte ou de Tunisie, il n’y avait pas de quoi pavoiser.

Et en plus, ils ne sont pas drôles [...] Ils ne me font pas rire. C’était nul l’histoire de Mahomet. [...]

Je n’ai pas de leçons d’insolence à recevoir de gens qui se sont couchés devant Philippe Val, qui s’est couché devant Sarkozy pour devenir directeur de France Inter.

Dans la résistance, on aurait pas été dans le même réseau.” [Guy Bedos, 11/10/2012]

Pour moi, cela n’a pas pris une ride… Et leur mort tragique, inacceptable et que nous regrettons tous, ne peut rien changer à cela…

C’était d’ailleurs une vision très partagée en 2006 et 2012, au moment de la publication de ces caricatures :

Je condamne toutes les provocations manifestes, susceptibles d’attiser dangereusement les passions.” [Jacques Chirac, 08/02/2006]

puis :

“Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, rappelle que la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de notre République. Cette liberté s’exerce dans le cadre de la loi et sous le contrôle des tribunaux, dès lors qu’ils sont saisis.

Il rappelle également le principe de laïcité qui est, avec les valeurs de tolérance et de respect des convictions religieuses, au cœur de notre pacte républicain.

Et c’est pourquoi, dans le contexte actuel, le Premier ministre tient à affirmer sa désapprobation face à tout excès. Il en appelle à l’esprit de responsabilité de chacun.” [Jean-Marc Ayrault, 19/09/2012]

Ah, sacré Ayrault, IR-RES-PON-SA-BLES, c’est marqué dessus…

Mais bon, on avait à l’époque des dirigeant soucieux de notre sécurité…

La meilleure synthèse est pour moi celle-ci :

C’est le pire exemple d’extrémistes provoquant des extrémistes.” [Vygaudas Usackas, représentant spécial de l'Union européenne pour l'Afghanistan, JDD, 19/09/2012]

(surtout quand les seconds sont en plus barbares…)

Je trouve que très peu de gens ont analysé le dernier dessin de Charb, seulement présenté comme “prophétique” (tu m’étonnes), mais surtout sans s’arrêter sur l’espèce de DÉFI INVRAISEMBLABLE lancé aux terroristes envers nous tous (pourquoi ne pas avoir mis alors “Toujours pas d’attentat contre Charlie Hebdo alors ? Je n’ai rien demandé moi…) – qui ont donc plutôt répondu au défi précédent…

Car le petit problème posé par ces tartarins, c’est qu’ils nous mettent en danger avec leurs conneries sans intérêt… (ils servent à quoi leurs dessins pas drôles de Mahomet ? À proclamer et utiliser un nouveau droit inutile et dangereux ?)

Et NON, pas d’accusation svp, je ne dis évidement pas “qu’ils l’ont bien cherché”, et encore moins un ignoble “c’est bien fait pour eux”

 

En effet, si 3 millions de personnes semblent être d’accord (ce serait à creuser), pas mal de millions ne le sont pas, et aimeraient bien, si cela ne dérangeait personne, qu’on défende aussi leur Liberté de vivre – qui est supérieure, car forcément nécessaire, à la Liberté d’expression

Cela ne veut nullement dire se coucher par peur – oh que non – simplement ne pas avoir envie que des Français tombent encore à l’avenir au nom de je ne sais quel pseudo-droit “à déféquer sur Mahomet”…

On a aussi un vrai problème entre la théorie et la réalité. En théorie, oui, ce serait bien de dire TOUT ce qu’on veut, sans jamais avoir de problème. Moi, je suis pour (mais attention, TOUT, c’est TOUT). Mais il y a aussi la Réalité, qui fait que, hélas, le fanatisme existe, le terrorisme existe, l’intolérance existe, etc. Et qu’on ne peut faire comme si tout cela n’existait pas, sauf au risque de reveils très brutaux…

Et je considère – et c’est évidemment hautement critiquables – que les misérables caricatures n’auraient jamais dues être publiées, car elles ont causé 17 morts, 66 millions de blessés, un renforcement sécuritaire dans notre pays (et donc MOINS DE LIBERTÉ), une exacerbation des tensions dans notre pays (et donc MOINS DE FRATERNITÉ), et même probablement au vu des réactions un renforcement du terrorisme, etc. C’est amusant, on a des caricature qui ont déclenché une haine très forte dans le monde musulman, mais personne n’accepte de reconnaitre que c’était une incitation à la haine alors que c’était évident – non mais allô quoi !

 

C’est quand même hallucinant de ne pas avoir entendu le moindre début de réflexion un peu autocritique sur ce qui a été fait (sans même forcément reconnaitre une erreur, mais réfléchir au moins quoi), et a entrainé la mort de près de 20 personnes, beaucoup sans lien avec le journal. Mais non, comme toujours avec les néoconservateurs, AUCUN problème, on agit toujours de la meilleure façon possible…

Cette génération, 68arde à 20 ans, néoconservatrice à 50, première depuis longtemps à n’avoir pas connu la guerre, semble décidément ne pas mesurer le prix de la paix (dans cette affaire comme dans bien d’autres) et avoir une sorte de pulsion inconsciente culpabilisatrice qui les pousse à tout faire pour redéclencher des conflits (internes et externes)…

En tous cas, ma sécurité personnelle, celle de mes proches et de mes concitoyens, ainsi que notre désir de vivre en paix, passent bien avant ces attitudes extrémistes, et cela mérite aussi d’être entendu

“Best Of” des images du numéro du 14/01/2015

Retour au numéro du jour – cela aurait été en effet dommage de manquer ceci :

(Pourquoi le dessinateur – paix à son âme – ne fait-il pas ce dessin avec sa propre mère plutôt, au moins on aurait une lutte absolue contre le blasphème…)

(Ah pardon, à moins que ce soit cela “critiquer les religions” ?)

(Vous notez que les médias ne l’ont pas repris du tout – des fois que nos concitoyens bouleversés comme nous par l’émotion se rendent compte de ce qu’on leur a fait endosser sans aucune réserve avec leur “Je suis Charlie”…)

(Quel humour : enfin une VRAIE critique de la religion)

(quelle poilade…)

(Quel humour, quelle finesse dans la critique)

(hmmm ?)

(dommage, il en avait fait des plus drôles mais bon…)

(Rappel : ce tueur était un barbare inexcusable, mais, plus largement, facile pourtant : BIEN = NOUS !!! Ça se saurait si la France avait apporté du “mal” sur la planète…)

Bref, chacun se fera son idée et appréciera, je ne fais évidemment la morale à personne…

Étonnamment, j’ai cherché comme souvent dans ce numéro un dessin contre le judaïsme, je n’ai rien trouvé…

Peut-être, et vu le niveau, aura-t-on dans le prochain un truc du genre “un rabbin avec plein d’argent dans les poches” ? (PRÉCISION : c’est de l’HUMOUR, je condamnerais aussi ce genre de dessin). après tout, l’équipe avait bien fait ceci dans les années 1970 (à l’époque où le journal n’avait pas viré néoconservateur de gauche avec Philippe Val dans les années 1990) :

Une de Charlie Hebdo du jeudi 2 novembre 1978 – Source : Exposition Charlie Hebdo à Strasbourg

En tous cas, une telle récup nimportnawak, ça les aurait fait bien rire les dessinateurs (pensée émue à vous tous où que vous soyez…)!

En s’en prenant à Charlie Hebdo, c’est à la culture que les terroristes voulaient atteindre !” [François Hollande, 15/01/2015]

Je comprends mieux le niveau de François Hollande du coup, notez…

De l’athéisme intégriste

Au niveau des dessins, c’était donc un numéro de Liberté en effet (mais pas totale donc). J’aurais préféré un numéro axé sur la Fraternité plutôt…

Car est-ce trop demander que de faire preuve d’empathie et de respect envers nos semblables ?

D’essayer – oh comme cela semble difficile à certains – de respecter les demandes raisonnables, afin de ne pas heurter inutilement les convictions ?

Par exemple :

  • en n’insultant pas gratuitement Jésus ?
  • en n’insultant pas gratuitement la mémoire de sœur Emmanuelle ?
  • en n’insultant pas gratuitement Mahomet ?
  • en n’insultant pas gratuitement la mémoire de la Shoah ?
  • en n’insultant pas gratuitement Boudha ?

Ce qui ne signifie nullement ne pas se battre pour la laïcité ou les excès dommageables des religions…

Mais pour sœur Emmanuelle, il n’y a aucun message, c’est juste un dessin de merde, pas drôle, qui ne vise qu’à choquer et blesser, à s’attaquer à une belle image (ah c’est sûr qu’elle est sans doute has been pour vous la vieille, c’est pas comme un trader MODERNE – et puis il y a tellement de personnes comme elle en plus dans ce monde de pure fraternité…)…

Ca aussi, c’est juste nul, qu’on soit croyant ou pas :

Le même dessin avec Yahvé et un Rabin aurait eu un succès colossal en Allemagne dans les années 1930, je pense…

Le problème est que, finalement, la plupart des dessins ne veulent pas seulement se moquer des religions ou en dénoncer les (trop nombreux) excès.

Le problème est qu’on a souvent affaire à des individus qui sont des athées intégristes, proches d’une forme de nihilisme, voulant convertir les autres à leur non-religion, comme d’autres extrémistes veulent convertir à leur religion… Ce n’est pas cela la laïcité…

(je n’ai rien contre ce dessin, mais après, qu’on ne vienne pas rigoler en parlant d’amis de la liberté d’expression et de l’humanisme)

Je ne reviens sur mon long billet sur la manifestation et les caricatures, mais je rappelle qu’Olivier Cyran accusait le nouveau Charlie Hebdo de sombrer dans un racisme islamophobe. Citons aussi cet extrait du dernier Siné Mensuel, citant Michel Warschawski (journaliste et militant pacifiste d’extrême gauche israélien) :

“Comme tout le monde – trop de monde, à mon goût – je suis encore sonné par le massacre de l’équipe de rédaction de Charlie. Rien ne peut justifier qu’on empêche une parole de s’exprimer, aussi nauséabonde fût-elle.

Je le dis sans ambiguïté : le message politique porté par Charlie était un message de guerre, inscrit dans le sinistre choc des civilisations. Charb et ses amis sont tombés dans une guerre qu’ils assumaient et dans laquelle ils investissaient leur indéniable talent.

Est-ce un hasard si Benyamin Nétanyahou appelle aujourd’hui la France à prendre sa place dans la lutte contre la menace que représente à ses yeux l’Islam ? Ne tombons surtout pas dans ce panneau : face à la guerre des civilisations et aux rassemblements douteux, notre devoir est de s’unir dans la défense des libertés pour tous.” [Michel Warschawski, Siné Mensuel]

 

Ceci étant, et précision importante, je ne soutiens pas l’idée d’une interdiction légale de tout ceci. Ce n’est pas à l’État de décider ce qu’on peut dire ou pas (sauf CLAIRE incitation à commettre des crimes).

On doit être pour moi dans l’auto-limitation (de créer, de publier, de lire), dans la bienséance, dans la politesse, dans la norme minimale de vivre en commun.

Et on le fait tous les jours. Dites-vous à votre patron qu’il est con (et il en tient pourtant une couche !) ? À votre ami Raymond que sa femme est moche ? À votre beau frère Gérard qu’il est lourd ? À votre amie Sylvie que ses enfants sont mal élevés ? Etc..

Mais OUI, c’est un sujet compliqué qui n’a pas de réponse simpleça commence où, ça finit où ?

Charb n’avait pas une vision d’une liberté absolue me semble-t-il :

“Charb était un libertaire à esprit de contradiction. Ce pacifiste n’était pas un non-violent. Ce défenseur de la liberté d’expression voulait la peau des négationnistes et révisionnistes : « Je suis pour leur couper les couilles. Inutile de perdre son temps à discuter, autant les interdire tout de suite ” [Libération]

Rappelons-nous la campagne de 1996 de Charlie Hebdo pour interdire le Front National (que je ne soutiens en rien), en lançant une pétition ayant recueilli 173 704 signatures apportée au minsitère de l’Intérieur – interdire un parti politique qu’on déteste, belle vision de la liberté d’expression…

Et il y a eu ceci :

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Vidéos de l’époque :

“Ils bouffaient tous avec le pouvoir”, “Je pense à mon avenir”, “Avant c’était l’enfer”, “Y’avait vraiment des malades” :

EVIDEMMENT, je ne soutiens aucune parole négationniste – j’ai même combattu ce genre de vision sur ce blog. Mais qu’est-ce qu’une telle parole, sinon un blasphème – qui est autorisée dans presque tous les pays occidentaux – et où on ne peut se demander si c’est efficace ou si cela fait de la pub à ces propos en créant des martyrs (beaucoup d’historiens insoupçonnables demandent qu’on abroge ces lois, comme ici ou : “L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.”, “L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique.“) ?

En tous cas, avec ce slogan #JeSuisCharlie, on a voulu prendre en otage le peuple français, bouleversé par l’émotion d’un acte barbare, en usant d’une formule simplificatrice, manichéenne, propre aux amalgames, sans en présenter ni le contexte ni toutes les conséquences.

Formule symbole d’une “époque Tweet”, où tout doit tenir en 140 caractères – et encore “ça c’était avant”, maintenant les tweets sont désormais réduits à des hashtags… – , où bien entendu il n’y a plus de place pour une pensée un peu développée.

Où, comble du paradoxe, sous prétexte de liberté d’expression, on veut nous obliger à dire tous exactement la même chose. Et cela, au nom d’une pseudo “unité nationale”, qui, bien entendu, ne devra JAMAIS remettre en cause quoi que ce soit des politiques étrangères passée, présente et future, de nos gouvernants…

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[Admirez le RENFORCÉ : on les bombarde depuis 4 mois avec plus de 5 000 bombes ; ils nous envoient UN terroriste ; donc évidement, on va les bombarder encore plus. Et après ? Comme s'il n'y avait pas bien d'autres moyens de lutter contre eux, sans nous mettre en danger... Sans noter que, étrangement, le Paraguay, la Chine, le Sri Lanka, l'Inde, etc., n'ont pas ressenti le besoin d'une mission civilisatrice visant à aller déverser des bombes sur l'Irak, politique dont l'efficacité depuis 25 ans est pourtant patente... Mais j'arrête là, ne voulant pas être accusé de faire l'apologie de notre terrorisme...]

Où comme l’a montré la chef du service politique de France 2 : Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie

Certes, tout devient simple alors : #JeSuisCharlie = Bien et #JeNeSuisPasCharlie = Mal, mais hélas, je ne pense pas que tout devienne juste…

Ne nous laissons pas abuser par tout ceux qui disent “Vous êtes avec nous ou contre nous”.

Acceptons et tolérons les opinions diverses – vous avez bien le droit de dire #JeSuisCharlie, avec toutes les nuances d’adhésion que cela implique – il faut juste avoir bien été informé et avoir bien réfléchi, c’est tout… Et accepter les opinions contraires – en cherchant même à les comprendre.

Bref, tout ceci aurait mérité qu’on en débatte longuement, afin de trouver la réponse la mieux adaptée face au terrorisme, avant d’aller défiler et d’endosser des choses importantes sans avoir réfléchi à tout ça…

De l’obligation de blasphémer…

Blasphème : Parole, discours outrageant à l’égard de la divinité, de la religion, de tout ce qui est considéré comme sacré

Mais pourquoi diable, POUR UNE FOIS, ne pas faire comme aux États-Unis ? Pour une fois qu’ils ont un truc vraiment bien !

C’est d’abord une LIBERTÉ d’expression quasi-absolue (pas comme chez nous), ou tout le monde défendra votre liberté d’expression, humaniste ou du Ku-Klux-Klan, et seulement ensuite, vous soutiendra ou vous combattra…

MAIS c’est aussi une RESPONSABILITÉ d’user de cette LIBERTÉ, qui fait que les médias font attention à ne pas choquer inutilement les citoyens.

On peut tout montrer aux USA, mais tout n’est pas montré…

D’où cette réaction incroyable des médias français, choqués que les médias américains floutent les caricatures de Charlie Hebdo – nos élites néoconservatrices ne comprenant rien à la “décence ordinaire” (common decency) si bien décrite par Orwell.

Vous noterez qu’on est donc passé d’une revendication “pas de loi contre le blasphème” (enfin, le blasphème qui nous plait bien, parce que les autres…) à “le blasphème est obligatoire“…

Liberté, j’écris ton nom ?

Tiens, des nouvelles de inénarrable Caroline Fourest, qui essaie d’aller propager le feu en Angleterre – et se fait proprement éjecter de Sky News…

Notez que très peu de médias ont parlé de ça, survenu cette semaine – des fois que cela fasse réfléchir au sens de tout ceci :

Mais il y avait aussi ça dans Charlie…

Comme d’habitude, quelques (rares) dessins plus drôles (ce n’est pas pour rien que ce journal était en train de mourir faute de lecteurs) :

Bien sûr, on sera très ému par celui de Riss :

réalisé de la main gauche, car il a été blessé à l’épaule durant l’attaque…

Provocateur contre Dessinateur

Il y avait aussi ce dessin à propos de Plantu, étrange :

Il avait quand même fait ça le 1er jour, mais bon…

C’est vrai que c’est un con ce Plantu, il fait juste ce genre de dessin pour dénoncer le terrorisme, lui… (même pas de Mahomet à poil, pffff) :

et cet incroyable :

 

montrant la différence entre un dessinateur qui essaye de contribuer modestement vers une solution au Proche-orient et des dessinateurs qui mettent le feu en France…

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Liberté d’expression : il n’y a pas de mais !

À l’intérieur du numéro de 14/01/15, cet édito :

L’APÉRO de Gérard BIARD

Est-ce qu’il y aura encore des “Oui-mais” ?

Depuis une semaine, Charlie, journal athée, accomplit plus de miracles que tous les saints et prophètes réunis. Celui dont nous sommes le plus fier, c’est que vous avez entre les mains le journal que nous avons toujours fait, en compagnie de ceux qui l’ont toujours fait. Ce qui nous a le plus fait rire, c’est que les cloches de Notre-Dame ont sonné en notre honneur… Depuis une semaine, Charlie soulève à travers le monde bien plus que des montagnes. Depuis une semaine, comme l’a magnifiquement dessiné Willem, Charlie a plein de nouveaux amis. Des anonymes et des célébrités planétaires, des humbles et des nantis, des mécréants et des dignitaires religieux, des sincères et des jésuites, des que nous garderons pour la vie et des qui ne sont que très brièvement de passage. Aujourd’hui, nous les prenons tous, nous n’avons pas le temps ni le cœur de faire le tri. Nous ne sommes pas dupes pour autant. Nous remercions de tout notre cœur ceux, par millions, qu’ils soient simples citoyens ou qu’ils incarnent les institutions, qui sont vraiment à nos côtés, qui, sincèrement et profondément, « sont Charlie » et qui se reconnaîtront. Et nous emmerdons les autres, qui de toute façon s’en foutent…

Une question, quand même, nous taraude : est-ce qu’on va enfin faire disparaître du vocabulaire politique et intellectuel le sale mot de « laïcard intégriste » ? Est-ce qu’on va enfin arrêter d’inventer de savantes circonvolutions sémantiques pour qualifier pareillement les assassins et leurs victimes ?

Ces dernières années, nous nous sommes sentis un peu seuls, à tenter de repousser à coups de crayons les saloperies franches et les finasseries pseudo-intellectuelles qu’on nous jetait au visage et au visage de nos amis qui défendaient fermement la laïcité : islamophobes, christianophobes, provocateurs, irresponsables, jeteurs d’huile sur le feu, racistes, vous-l’avez-bien-cherché… Oui, nous condamnons le terrorisme, mais. Oui, menacer de mort des dessinateurs, ce n’est pas bien, mais. Oui, incendier un journal, c’est mal, mais. Nous avons tout entendu, et nos amis aussi. Nous avons souvent essayé d’en rire, parce que c’est ce que nous faisons le mieux. Mais nous aimerions bien, maintenant, rire d’autre chose. Parce que ça recommence déjà… Le sang de Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, Elsa Cayat, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Frédéric Boisseau, Ahmed Merabe, Clarissa Jean-Philippe, Philippe Braham, Yoha Cohen Yohav Hattab, François-Miuchel Saada, n’avait pas encore séché, que Thierry Messan expliquait à ses fans Facebook qu’il s’agissait, évidemment, d’un complot judéo-américano-occidental. On entendait déjà, ça et là, les fines bouches faire la moue devant le rassemblement de dimanche dernier, bavant du coin des lèvres les éternelles arguties visant à justifier, ouvertement ou à bas bruit, le terrorisme et le fascisme religieux, et s’indignant, entre autres, que l’on célèbre les policiers « SS ». Non, dans ce massacre, il n’y a pas de morts moins injustes que d’autres. Franck, qui est mort dans les locaux de Charlie, et tous ses collègues abattus au cours de cette semaine de barbarie sont morts pour défendre des idées qui, peut-être, n’étaient même pas les leurs.

Nous allons quand même essayer d’être optimistes, bien que ce ne soit pas la saison. Nous allons espérer qu’à partir de ce 7 janvier 2015 la défense ferme de la laïcité va aller de soi pour tout le monde, qu’on va enfin cesser, par posture, par calcul électoral ou par lâcheté, de légitimer ou même de tolérer le communautarisme et le relativisme culturel, qui n’ouvrent la voie qu’à une seule chose : le totalitarisme religieux. Oui, le conflit israélo-palestinien est une réalité, oui la géopolitique internationale est une succession de manœuvres et de coups fourrés, oui la situation sociale des, comme on dit, « population d’origine musulmane » en France est profondément injuste, oui le racisme et les discriminations doivent être combattus sans relâche. Il existe heureusement plusieurs outils pour tenter de résoudre ces graves problèmes, mais ils sont totalement inopérants s’il en manque un : la laïcité. Pas la laïcité positive, pas la laïcité inclusive, pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final. Elle seule permet, parce qu’elle prône l’universalisme des droits, l’exercice de l’égalité, de la liberté, de la fraternité, de la sororité. Elle seule permet la pleine liberté de conscience, liberté que nient plus ou moins ouvertement selon leur positionnement markéting, toutes les religions dès lors qu’elles quittent le terrain de la stricte intimité pour descendre sur le terrain politique. Elle seule permet, ironiquement, aux croyants et aux autres, de vivre en paix. Tous ceux qui prétendent défendre les musulmans en acceptant le discours totalitaire religieux défendent en fait leurs bourreaux. Les premières victimes du fascisme islamique, ce sont les musulmans.

Les millions de personnes anonymes, toutes les institutions, tous les chefs d’État et de gouvernement, toutes les personnalités politiques, intellectuelles et médiatiques, tous les dignitaires religieux qui, cette semaine, ont proclamé « je suis Charlie » doivent savoir que ça veut aussi dire « Je suis la laïcité ». Nous sommes convaincus que, pour la majorité de nos soutiens, cela va de soi. Nous laissons les autres se démerder avec ça.

Une dernière chose, importante. Nous voudrions envoyer un message au pape François, qui, lui aussi, « est Charlie » cette semaine : nous n’acceptons que les cloches de Notre-Dame sonnent en notre honneur que lorsque ce sont les Femen qui les font tinter.

Gérard BIARD, 14/01/2015

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Ca m’a vraiment fait sursauter : le pape et l’Église se joignent à l’émotion nationale pour honorer la mémoire de gens qui leur vomissaient dessus en permanence, et en retour, on leur sort les 20 Femen…

Ah les Femen (encore un beau produit de l’Ukraine) :

Les Femen, l’incarnation de l’antiracisme et de la tolérance ! Euh, enfin presque…

1/ Le 14 juillet 2013, jour de la fête nationale en France, est dévoilé le timbre Marianne de la Jeunesse, dont Inna est une des sources d’inspiration selon un des auteurs. Elle réagit alors sur Twitter : « Désormais, tous les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre ».

Et surtout ce tweet diffusé le 9 juillet 2013 : « Qu’est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? Qu’est ce qui peut être plus laid que cette religion ? ». Elle a supprimé par la suite le tweet mais assure « l’assumer entièrement » (Source : L’Express).

Pas Islamophobes ?

2/ Une autre avec ce post d’anthologie à 18h40 (169 Like) au moment de l’attaque des russophones à Odessa (dont 30 mourront brûlés quelques minutes après) :

Eugenia Evgenia Krayzman

Ici elle revendique vénérer Bandera, qui a collaboré avec les nazis au début à la fin de la guerre, et dont les troupes étaient des criminels de guerre :

Eugenia Evgenia Krayzman

Pas xénophobes ?

P.S. On lira l’enquête complète ici : “Les Femen ne sont pas nazies !” Bon, enquêtons alors…

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[EDIT] Alerte !

Je n’y croyais pas, mais OUI, la semaine dernière, la Femen tunisienne Mariem a réalisé une vidéo où cette pyromane (à tous les niveaux) brûle le Coran !!

Liberté d’expression encore j’imagine…

On est en plein délire !!! Et on laisse faire !

Mais où s’arrêteront ces fanatiques intégristes !!!

Vous notez qu’on n’a pas entendu les médias sur ça, alors que ça a bien buzzé apparemment…

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Des médias en phase avec le peuple…

Bon, pour revenir à Charlie Hebdo du jour, heureusement, le JDD a bien ri (moi pas, mais bon, l’égout et les couleurs…)…

(COPIE D’ÉCRAN RÉALISÉE SANS TRUCAGE)

Nous avons pu découvrir le premier numéro Charlie Hebdo réalisé par les survivants de l’attentat du 7 janvier. Triste et souvent très drôle.

Finalement, ce n’est pas facile de lire ce premier numéro de Charlie Hebdo après la tuerie. Avant de tourner les pages, il y a bien sûr l’excitation de lire un journal que tout le monde attend. Vite balayée par ce qu’on y trouve. Une plongée dans l’horreur de l’attentat du 7 janvier. Comme dans ce texte du journaliste scientifique Antonio Fischetti. Absent le jour de la tuerie car il assistait à l’enterrement de sa tante, il s’asseyait d’habitude “aux côtés de Tignous, Honoré et Elsa Cayat”. Les balles des frères Kouachi aurait dû l’atteindre. Glaçante, la chronique de l’urgentiste Patrick Pelloux, qui feint de ne pas croire à la réalité.

Quand on a découvert Charlie en cachette de ses parents en 1992 et qu’on l’a abandonné 19 ans plus tard pour de mauvaises raisons, on souffre en relisant un texte mordant d’Oncle Bernard sur la nature profonde de Charlie (“Riez, amis riez”), des vieux dessins remplis de pimpantes femmes nues de Wolinski , un Cabu sur l’Erasmus du djihad, les vœux prémonitoires du leader de l’Etat islamique inventés par Honoré pour la nouvelle année, des mouches de Tignous, du rab de Charb, une chronique de la végétarienne et ultra des animaux Luce Lapin, qui nous informe sur le sort des compagnons à quatre pattes des dessinateurs assassinés….

Alors, bien sûr, ce n’est pas le meilleur numéro de Charlie Hebdo. Trop d’effroi et de tristesse. Quand d’habitude on le lit en se “poilant”, là on est comme Mahomet sur la couverture, une larme à l’oeil. Vaillamment, Luz parvient à faire franchement rire avec sa liste des “plus” et des “moins” après l’attentat, notamment quand il nous force à imaginer Angela Merkel sans culotte. Mais l’horreur revient avec sa dernière case, la rédaction de Charlie en sang. Très juste, le texte du rédacteur en chef Gérard Biard met mal à l’aise quand il remet en place tous ceux qui ont lâché Charlie, pour de mauvaises raisons, après le numéro sur la “Charia molle”.

Il rappelle que le tri se fera entre ceux qui, à travers leur soutien manifesté ces derniers jours, sont “sincèrement et profondément”, “Charlie”, et “les autres” que “nous emmerdons” et “qui de toute façon, s’en foutent…” Il fait sourire avec son message au pape François : “Nous n’acceptions que les cloches de Notre-Dame sonnent en notre honneur que lorsque ce sont les Femen qui les font tinter.” Sylvie Coma, spécialiste de l’Afrique et ancienne rédactrice en chef, se veut combattante en évoquant, comme on dit en Côte d’Ivoire, les “s’en-fout-la-mort” de Charlie et conspue les “jaloux saboteurs aux yeux de crocodiles”. “Crever c’est déjà assez chiant comme ça pour pas qu’en plus on ait la trouille. C’est Cabu qui disait ça. ‘On ne va pas chialer, quand même!’ s’était écrié Cavanna à la mort de Gébé”, rappelle-t-elle.

Mais dans Charlie, le meilleur, ça a toujours été la dernière page. “Les couvertures auxquelles vous avez échappé”. Qu’importe ce qu’il s’est passé, elle permet une dernière vanne contre Plantu ou encore à Jul de revenir : “L’un des tueurs travaillait au ‘tri sélectif’ à Paris”, écrit-il. On voit dans son dessin un des frères Kouachi devant une poubelle “bien” et une autre “mal”, se gratter la tête : “C’est trop compliqué”, se lamente le terroriste. Coco ressuscite le “beauf” de Cabu qui scande “ah bah, finalement je suis Charlie”. De la main gauche, le trait tremblant, car il a reçu une balle à l’épaule droite durant l’attentat, Riss se moque des terroristes : “Dessinateur à Charlie Hebdo, c’est 25 ans de boulot. Terroriste, c’est 25 secondes de boulot. Terroriste, un métier de feignant et de branleur.” Christophe Besse fait se réjouir Wolinski qui, au paradis, “re-bande”. Et Catherine imagine la Mort hurler de rire. Et déclarer : “Je m’abonne”. On sait déjà qu’elle ne sera pas la seule.

Source : Vivien Vergnaud - Le Jdd

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.” [Martin Luther-King]

Alors, vous êtes Charlie ? Ou condamnez-vous simplement comme moi toute forme de violence – des faibles comme des puissants ?

À suivre…

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15 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Le capitalisme;

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BFM BUSINESS Y.D. avec AFP Publié le 14 01 2015 par YD

 
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