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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

Connaissez-vous Adrien QUATENNENS, député « insoumis » ?

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République

Son affiche de campagne

Son affiche de campagne

Par Sébastien Billard (L’OBS)

7 choses à savoir sur Adrien Quatennens, le M. Code du Travail des "insoumis"

Le jeune député lillois secoue l'Assemblée lors des discussions sur le projet de loi sur la réforme du travail. Portrait.

 

Il est l'un des nouveaux visages de l'Assemblée nationale. A 27 ans, Adrien Quatennens, élu député sous les couleurs de La France insoumise en juin, vient de faire une entrée remarquée au palais Bourbon, en pilonnant le projet de réforme du Code du Travail. Qui est cet "insoumis" aux cheveux roux coiffés en brosse, qui porte le fer contre le gouvernement sur ce sujet emblématique ?

 

1-Tribune

Pour sa toute première intervention dans l'hémicycle, lundi 10 juillet, Adrien Quatennens n'a pas retenu ses coups. Alors que le projet de loi d’habilitation est arrivé devant les députés, ce jeune député "insoumis" a défendu à la tribune une motion de rejet préalable, destinée à faire avorter le texte, avec une certaine verve.

(…)

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS:

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170710

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Face au BLOC oligarchique (par Bertrand Renouvin)

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation .

Face au BLOC oligarchique (par Bertrand Renouvin)

Face au BLOC oligarchique (par Bertrand Renouvin)

 

 

Le 21 mai 1981, François Mitterrand déclare que « la majorité politique des Français, démocratiquement exprimée, vient de s’identifier à sa majorité sociale ». Le 18 juin 2017, la minorité sociale qui a été démocratiquement élue ne correspond plus à la majorité politique et sociale et prend le risque de s’y opposer.

 

Lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a bénéficié d’un faible vote d’adhésion et d’un très fort courant « dégagiste » qui s’est ensuite reporté sur les candidats du parti présidentiel. La République En Marche a su profiter de la fragilité personnelle de François Fillon, qui a brisé la dynamique victorieuse de la droite, et exploiter la crise terminale du Parti socialiste en offrant une synthèse centriste à des gens de droite et de gauche qui étaient depuis vingt ans d’accord sur l’essentiel : les règles de l’ultralibéralisme, la férule allemande, l’atlantisme.

 

La croisade antifasciste, le passif extrémiste du Front national, l’incapacité de sa cheftaine et l’erreur stratégique de Jean-Luc Mélenchon qui a privilégié la rupture institutionnelle au détriment de la politique d’indépendance nationale ont répandu l’inquiétude, dispersé les énergies et provoqué le découragement d’innombrables citoyens de la « France d’en bas ». Il ne faut pas s’étonner que l’électorat protestataire ait choisi le populisme d’extrême-droite, le populisme de gauche, le vote de rejet, le vote blanc ou encore l’abstention.

 

Appuyé sur une majorité parlementaire absolue qui bénéficiera de surcroît de l’opposition d’une droite « constructive », Emmanuel Macron est en mesure de rationaliser et de radicaliser le projet du bloc oligarchique avec l’appui du Medef, de la CFDT, de l’Institut Montaigne, de Terra Nova, des grands médias et des intellectuels organiques conduits par Jacques Attali et Bernard-Henri Lévy. Cette classe remarquablement mobilisée n’a pas dévoilé toutes ses intentions pendant la période électorale mais nous savons déjà :

 

- que la haute administration va être soumise à une épuration minutieuse afin que les principaux serviteurs de l’Etat soient réduits à une fonction servile dans le parfait mépris de notre tradition administrative.

- que le gouvernement prépare la banalisation de l’état d’urgence par l’attribution aux préfets de pouvoirs hors du contrôle judiciaire.

- que le Code du travail va être réformé par ordonnances, selon le vœu du patronat, afin de renforcer la soumission des salariés et la précarité de leur emploi.

- que le gouvernement prépare les Français à subir une cure d’austérité renforcée, sur injonction de Bruxelles et pour tenter d’obtenir de Berlin la réforme de la zone euro qui lui sera refusée.

 

L’offensive esquissée en fin de période électorale va maintenant se déployer et nous allons en découvrir tous les axes. Pour résister à l’effet de sidération, il faut repérer au plus vite les faiblesses du commandement et les failles du dispositif. Emmanuel Macron est un remarquable propagandiste de lui-même mais la fluidité de son discours, son goût pour les assemblages de propositions contradictoires et l’indifférence courtoise qui est le propre de son milieu ne lui seront d’aucun secours lorsqu’il lui faudra trancher dans le vif pour faire les fameuses réformes.

 

Le bloc oligarchique va très vite révéler ses fêlures que les caciques – François Bayrou, Manuel Valls – ne manqueront pas d’exploiter car la logique de l’autopromotion individuelle a été exemplairement illustrée par Emmanuel Macron. De plus, la crise interne qui se développe et affaiblit le Font national va priver l’oligarchie du seul épouvantail dont elle disposait. Le populisme de gauche a un bel avenir devant lui, s’il accepte de rompre avec ses lourdeurs idéologiques et ses attitudes sectaires. Dans l’immédiat, c’est la mobilisation massive de la rue contre les ordonnances qu’il faut souhaiter et encourager.

 

Bertrand RENOUVIN

Editorial du numéro 1125 de « Royaliste » – 2017

 

SOURCE:

Face au bloc oligarchique - Le blog de Bertrand Renouvin

http://www.bertrand-renouvin.fr/face-au-bloc-oligarchique/




« Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience » René Char.

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Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

 Transfert d'un message reçu :

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                                          

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                       

 9 Juillet 2017, 

Selon Le Canard enchaîné ("Un document alarmiste de la DGSE", 5.07.17), Macron aurait changé d'avis sur Assad et pris ses distances avec la politique de son prédécesseur Hollande et des néoconservateurs après avoir eu accès à des données consignées dans un rapport secret de la DGSE. On y apprendrait entre autres que le régime d'Assad n'aurait jamais été aussi fort depuis 2011 tandis que l'opposition dominée par des groupes djihadistes serait laminée, que les djihadistes en perte de vitesse tout comme l'Etat islamique pourraient après leur défaite en Syrie se rabattre sur l'Europe. Un rapport qui aurait été effectué pour le compte de la DGSE par des experts, des universitaires, des chercheurs et spécialistes de la géopolitique. Le Canard donne quelques extraits très succincts de ce rapport de 70 pages :


- "Le régime de Bachar (...) est aujourd'hui en meilleure posture qu'à aucun moment depuis 2011, grâce aux interventions russe et iranienne".

- "L'opposition est désorganisée et fragmentée, ne pose pas (sic) une menace stratégique (...). Les principaux groupes d'opposition sont de plus en plus divisés (...), souvent sous-équipés et démoralisés."
 

- "Cette opposition est de plus en plus dominée par des groupes extrémistes".
 

- "Une solution politique et militaire au conflit demeure peu probable".
 

- Daesh poursuivra son combat "en Europe, après la chute du Califat".


- "La libération de Mossoul soulèvera autant de problèmes qu'elle en résoudra (...) Les conflits latents (avec le gouvernement de Bagdad) risquent de refaire surface en 2017 et 2018, entre Kurdes et Chiites, et entre les deux principaux partis kurdes".

2°) Quand Macron cherche à se rapprocher de Trump au G20.

https://www.youtube.com/watch?v=P9yz7GWNfBQ

Bonne soirée

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Quand L'OLIGARCHIE AMÉRICAINE fabrique et trie les futurs DIRIGEANTS français...

4 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Le programme "Young Leaders", incubateur d'oligarchie

Il existe de nombreuses instances où l'oligarchie organise la porosité entre les différentes sphères qui la compose, pour s'assurer que tous ces gens travaillent en bonne intelligence à la préservation et à la promotion de l'intérêt du groupe. Des programmes spécifiques sont conçus pour s'assurer de cette cohérence de classe, et le programme "Young Leaders" en fait partie.
 

La rencontre des banquiers, de la finance et des multinationales…

La French-American Foundation a été lancée en mai 1976 aux États-Unis, afin de promouvoir le dialogue et la coopération entre la France et les États-Unis. Son programme phare « Young Leaders » a formé plus de 400 dirigeants français et américains influents. Son objectif est clair, de la bouche d’un des anciens formateurs, il s’agit de « trouver les personnes qui feraient l’opinion et seraient les dirigeants de leurs sociétés respectives » afin de les former et d’influer sur la politique, le monde économique et l’opinion publique. C’est l’une des cartes du soft power à l’américaine, qui a soigneusement sélectionné, formé et placé aux postes clés ses petites recrues.

Après avoir analysé les parcours professionnels des dernières promotions (2012 à 2016), la répartition des « élus » est limpide. 57 % viennent des grandes multinationales et des entreprises de conseil en stratégie et finance et autres spécialistes de la fusion-acquisition. Ainsi, on pourra citer une liste non-exhaustive de dirigeants des entreprises françaises historiques : Henri de Castries (AXA), Anne Lauvergeon (AREVA), Franck Gervais (Thalys), Alexis Morel (Thalès), Hélène Huby (Airbus), etc. Mais aussi les deux plus récents présidents de la République (François Hollande et Emmanuel Macron), suivis de dizaines de ministres et de députés. Si les nominés des promotions les plus anciennes sont bien installés, les membres les plus jeunes commencent déjà à percer. Il n’y a pas que les grands pontes de l’économie française qui se pressent dans les rangs de la Fondation. Frédéric Mazzella, fondateur et PDG de BlablaCar a fait partie de la promotion 2015 et est un soutien déclaré du Président Macron. Et que dire du poids des banques et des agences de notation dans le profil des recrues ? Emmanuel Macron bien sûr, mais aussi Clothilde L’Angevin (promo 2015) directrice de la stratégie du Crédit Agricole depuis 2015, Fatima Hadj (promo 2014), directrice associée à Standard & Poor’s, Renaud Guidée (promo 2013), directeur exécutif de Goldman Sachs, sans oublier Matthieu Pigasse (promo 2005), Banque Lazard & actionnaire du Monde

… avec des hauts fonctionnaires et des politiques

Deuxième catégorie dominante : les hommes politiques et hauts fonctionnaires qui représentent 15 % des heureux élus. Côté politiciens, on savait déjà que Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici, Alain Juppé, Matthias Fekl, etc. étaient passés par la French-American Foundation. Mais quoi de plus surprenant que de retrouver Édouard Philippe (promo 2011) en Premier ministre du renouveau et même Cédric Villani, le célèbre mathématicien à l’Assemblée nationale ! D’autres noms, moins connus émergent en creusant un peu. Alexandre Zapolsky, fondateur et président de Linagora a été candidat de la 3e circonscription du Var sous l’étiquette En Marche ! Julia Minkowski, associée du célèbre Cabinet Temime et Associés a quant à elle fait partie du groupe de travail « Justice » d’En Marche ! au lancement de la campagne présidentielle. Ces deux personnes sont de la promotion 2014 des Young Leaders. La « société civile » ne serait-elle pas si novice ?

Le pantouflage (c’est-à-dire les allers-retours entre le public et le privé et les services rendus induits) n’est pas une marque de fabrique de la Macronie, même si Emmanuel Macron en est une égérie. Énarque, associé de la Banque Rothschild (par ailleurs grand mécène de la Fondation) puis brillant politicien, d’autres que lui suivent ce parcours. Fanny Letier (promotion 2016), diplômée de Sciences Po Paris et de l’ENA, a commencé sa carrière à la direction générale du Trésor, puis, après avoir été directrice-adjointe du cabinet d’Arnaud Montebourg (lui-même Young Leader, promo 2000) est aujourd’hui directrice exécutive de BPIFrance (Banque Publique d’Investissement). Autre élève de la promotion 2016, Nicolas Hazard, fondateur et président du Comptoir de l’Innovation/Calso, a fait l’objet de spéculations. D’après Le Point « tout le monde le voyait rejoindre le staff d’Emmanuel Macron pendant la campagne… Nicolas Hazard a préféré faire équipe avec Benoît Hamon ». Mais il convient de rappeler qu’il a travaillé également avec Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et Alain Juppé. Dernier exemple, Julien Vaulpré (promo 2015), co-fondateur et directeur général de Taddeo, cabinet de conseil stratégique en communication, fut un éminent conseiller de Nicolas Sarkozy, par ailleurs mis en examen pour favoritisme en 2016.

Le petit monde clos des grands médias

Troisième et non moins important pilier de ce réseau d’influence : les médias. Et il suffit de consulter les sites officiels de la French-American Foundation pour en comprendre l’ampleur. L’ancien président de la French-American Foundation (2010-2015) et actuel président d’honneur de cette organisation est Jean-Luc Allavena. Le recruteur d’Emmanuel Macron est également l’un des sept dirigeants d’Altice en tant qu’administrateur indépendant du groupe. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Altice est une multinationale présente dans les télécoms, les médias, le divertissement et la publicité. L’entreprise, qui a racheté de nombreux opérateurs de télécommunications et entreprises de communications, est présente dans 10 pays dont la Belgique, la France, les États-Unis, Israël, le Luxembourg et la Suisse. Son fondateur n’est autre que Patrick Drahi. En juin 2016, Patrick Drahi cède la présidence française d’Altice à Michel Combes (promo Young Leader 1998), ancien président d’Alcatel-Lucent, parti avec un parachute doré de près de 8 millions d’euros. Le groupe Altice a racheté ces dernières années Numéricable, Virgin Mobile et SFR. Le groupe SFR est quant à lui propriétaire des médias Libération et L’Express, BFM TV et RMC. La French-American Foundation vient ici mettre en lumière les liens unissant Emmanuel Macron et les dirigeants du groupe Altice et à travers lui d’un certain nombre de médias français. Cet ensemble versaillais ne serait pas complet si l’on ne citait pas quelques autres journalistes de la grande presse triés sur le volet par la Fondation : Nicolas Escoulan (Europe 1), Matthieu Croissandeau (L’Obs), Élise Vincent et Nabil Wakim (Le Monde), Laurent Jofrin, (Libération), Jérôme Chapuis (RTL)…  De manière plus discrète, d’autres lui apportent également leur soutien. Yannick Bolloré, PDG d’Havas (premier groupe publicitaire de France), fan de Macron, et fils de Vincent Bolloré (PDG du groupe Bolloré), était présent au premier meeting du candidat d’En Marche ! en juillet 2016 à Paris et était également présent au dîner de Gala 2016 du puissant réseau d’influence américain. Enfin, le président actuel de la French-American Foundation vient parachever de son parcours prestigieux le tentaculaire réseau de l’élite française. Si son grand-père maternel, André-Marie Gérard fut inspecteur général de l’ORTF, Arnaud de Puyfontaine ne démérite pas. Passé par Le Figaro, puis conseiller presse de Nicolas Sarkozy, il devient président du directoire de Vivendi, deuxième groupe d’investissement au monde, en 2014. Vivendi possède entre autres des parts dans le groupe Canal+ (20 %), Universal Music ainsi que la FNAC (15 %). L’actionnaire majoritaire et président du conseil de surveillance n’est autre que… Monsieur Bolloré lui-même.

Jeunes talents pour incubateur d’oligarques

Loin d’un discours conspirationniste à l’égard de ce que certains pourraient qualifier de secte sans trop gratter, il est pour autant indispensable de s’intéresser à cet incubateur de la caste française pour comprendre la symbiose parfaite entre les trois sphères politique, économique et médiatique françaises. Plus encore, à y regarder de plus près, on obtient quelques éléments de compréhension sur la brillante ascension de la fusée Macron. Littéralement encensé par les médias français, les journaux Libération, L’Obs, Le Monde et L’Express (tiens donc…) ont publié plus de 8 000 articles évoquant Emmanuel Macron entre janvier 2015 et janvier 2017. Emmanuel Macron continue de bénéficier d’un soutien indéfectible de ces mêmes journaux qui iront jusqu’à le qualifier de « leader du monde libre » en le comparant à De Gaulle dans une hystérie collective pas vraiment déontologique au début du mois de juin 2017. Au regard du vaste réseau dépeint dans l’article, rien d’étonnant que cette allégeance de la presse. Il suffit de savoir qui possède quoi. Si l’on en croit le président d’honneur de la French-American Foundation, interviewé dans Les Échos en décembre 2015 : « la France forme très bien ses élites, aussi bien commerciales, techniques que publiques. » Mais dans quel but ? Et de poursuivre en nous livrant la réponse : « il faudrait que l’entreprise soit toujours plus au cœur de leurs programmes [des responsables politiques]. Le bien-être des citoyens passe en grande partie par le bien-être économique et la croissance. Et, pour cela, il faut que les entreprises puissent se développer. Aux politiques de tout mettre en œuvre pour créer les conditions de la croissance. » Il semblerait que ce vaste réseau ce soit mis En Marche !, et sans jeu de mots, sans continuer d’espérer que les politiques leurs créent des conditions favorables. Ce réseau s’est occupé lui-même de trouver les personnes qui « feraient l’opinion » (les médias) et « seraient les dirigeants » (politiques et économiques) en plaçant lui-même ses meilleures recrues aux postes clés. Cerise sur le gâteau, la victoire planifiée et sans surprise de leur poulain le plus prometteur.

Sources :

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Crimée. Le retour à la Patrie. Grand documentaires en 3 parties.

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme

Le retour à la Patrie. Grand documentaires en 3 parties.

Grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR] Partie 1/3: http://dai.ly/x2lr5nl Partie 2/3: http://dai.ly/x2lradq Partie 3/3: http://dai.ly/x2lrf4g

Partie 1/3

Partie 1/3

Suite du grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR]

Partie 2/3

Dernière partie du grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR]

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Conflit d’intérêts? Eurodéputée, Sylvie Goulard émargeait à un think tank US. Par Maxime Perrotin

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #L'armée française

Sylvie Goulard

Conflit d’intérêts? Eurodéputée, Sylvie Goulard émargeait à un think tank US

© AFP 2017 Benjamin Cremel
France
URL courte
Maxime Perrotin
 

Mardi dernier, Sylvie Goulard démissionnait du gouvernement, invoquant l’enquête préliminaire visant le Modem pour justifier sa décision. Pourtant, le Canard enchaîné estimait qu’elle devait plus aux «plus de 10.000 €» mensuels qu’elle touchait d’un think-tank américain, alors qu’elle était eurodéputée. Est-on face à un conflit d’intérêts?

Malgré son départ du gouvernement, Sylvie Goulard serait-elle à son tour rattrapée par les affaires? Mardi 20 juin, soit 24 h avant la formation du gouvernement d'après-législatives, celle à qui incombait la mission ardue de succéder à Jean-Yves le Drian au ministère de la Défense annonçait sa démission. Un départ qui avait surpris, tant Sylvie Goulard faisait figure de blanche colombe en comparaison à ses confrères du Modem, François Bayrou et Marielle de Sarnez.

 

 

François Bayrou
© AFP 2017 Stephane De Sakutin
 
 
 
Un geste d'autant plus incompréhensible pour les observateurs que la ministre des Armées mettait en avant une justification on ne peut plus noble: la volonté de mettre à l'abri la grande Muette de toute affaire qui pourrait l'éclabousser «dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants au Parlement européen.» Sylvie Goulard déclarait vouloir «être en mesure de démontrer librement» sa bonne foi, «la mission de défense impose une exigence particulière. L'honneur de nos armées, celui des hommes et des femmes qui y servent, parfois au péril de leur vie, ne sauraient être mêlés à des polémiques auxquelles ils n'ont aucune part,» concluait ainsi la ministre dans le communiqué qui annonçait son départ.

Mais, finalement, ce n'est pas de Bruxelles que les coups pourraient venir, mais de l'autre côté de l'Atlantique. En effet, le Canard enchaîné évoquait dans son édition de la semaine dernière, que Sylvie Goulard avait touché une confortable rémunération de «plus de 10.000 euros» mensuels de l'institut Berggruen — un think-tank américain pro-Union européenne — en complément de ses émoluments d'eurodéputée. Une somme que l'ex-ministre aurait perçue, selon le JDD, d'octobre 2013 à janvier 2016.

Bien qu'il juge «très sain» le fait qu'un député — dans le cadre du débat démocratique — puisse participer à des think-tanks, Stephen Boucher, ancien codirecteur du think-tank Notre Europe/Institut Jacques Delors également coauteur de l'ouvrage Les thinks-tanks: cerveaux de la guerre des idées (Ed. Du Félin, 2012) s'étonne du niveau —et de la régularité- de ces honoraires:

«Cela fait naître effectivement la question de pourquoi cette rémunération? Qu'est-ce que cela achète comme potentielle influence ou accès que d'autres n'auraient pas? Pourquoi cette personne ne se consacre-t-elle pas entièrement à son mandat et aurait besoin d'être rémunéré par ailleurs?»

Une activité de «conseiller spécial» dont ne se cachait pas la ministre- puisqu'elle avait soigneusement reporté ces émoluments sur sa déclaration d'intérêts financiers transmise au Parlement de Strasbourg. Dans son interview accordée au JDD et publiée le 25 juin, elle évoque «un non-sujet» que l'hebdomadaire chiffre pourtant à « 300.000 dollars ».

 

Emmanuel Macron
© AFP 2017 Kenzo Tribouillard
 
 
 
 
Néanmoins, l'Élysée partage-t-elle cet avis? Dans son édition de mercredi dernier, le Canard enchaîné évoquait de son côté la nature même de l'institut Berggruen, citant un proche de la ministre selon lequel le think-tank serait soupçonné par «certaines barbouzes françaises […] d'avoir été infiltré par les services américains.»

Une rémunération conséquente d'un décideur politique, de la part d'un organisme étranger, qui soulève la question d'un éventuel conflit d'intérêt. Un élément que semble réfuter Stephen Boucher, mettant en avant l'essence des think-tanks qui ont pour «pour ambition de contribuer à l'intérêt général par la réflexion» notamment sur les questions de politiques publiques. Un point clef sur lequel François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), n'a pas souhaité répondre explicitement, évoquant une question de morale il propose une comparaison:

«D'une certaine façon on peut se demander, Emmanuel Macron a touché deux millions de la banque Rothschild, est-il vraiment totalement indépendant des intérêts de la banque Rothschild? C'est à chacun d'en juger.»

Pour François-Bernard Huyghe, au-delà de ce montant qui fait «un petit peu rêver» — lui-même étant employé par un think-tank — c'est la nature de l'institut Berggruen qu'il tient à mettre en avant:

«Ce think-tank est voué à exercer une influence idéologique au profit d'intérêts pro-européens, pro-occidentaux, affichés, avoués: ils ont des convictions qu'ils ne dissimulent pas. Donc, c'est la question de l'influence idéologique et le retour sur ce que les Américains dans les années 60 appelaient la diplomatie publique, c'est-à-dire d'exercer une influence idéologique à travers les élites des autres pays en s'y rendant favorables. Ceci parallèlement à l'utilisation de radios internationales à l'époque.»

En effet, si un bon nombre de think-tanks avancent être « indépendants » et « non-partisan », les établissements américains sont généralement réputés pour leur approche «offensive» de la promotion de leurs idées.

«Derrière la question des think-tanks se pose la question de l'indépendance de la réflexion. En général les think-tanks se disent au-dessus de la mêlée, réfléchissant au bien commun et indépendant, mais naturellement en politique la notion d'indépendance est très relative. On peut défendre- et c'est tout à fait légitime- un point de vue particulier allant plutôt dans le sens d'une intégration européenne plus forte ou non,» souligne Stephen Boucher.

 

Influencer, un travail qui n'est pas sans évoquer celui des lobbys. Mais pour François-Bernard Huyghe il faut différencier l'activité des lobbyistes de celle des think-tankers «même si les premiers se dissimulent souvent sous le masque des seconds». En effet, si les lobbyistes recherchent à influencer les décisions d'hommes politiques afin de défendre les intérêts de leurs clients, dans le cadre des think-tanks, ce sont les leaders politiques eux-mêmes qui se chargent de véhiculer leurs idées, leur idéologie. Une idéologie, dans le cas de l'institut Berggruen, d'inspiration libérale. À titre d'exemple, on y retrouve le conseiller politique Alain Minc ou la fondatrice du Huffington Post, Arianna Huffington.

 

Sans doute la pratique est-elle assez courante à Bruxelles et l'éphémère ministre des Armées ne voyait-elle pas de mal à «arrondir» ses fins de mois grâce à un organisme ouvertement pro-européen, un «non-sujet», pour reprendre ses mots. Il n'en reste pas moins que la question de son allégeance, tiraillée entre ses fonctions d'eurodéputée rémunérée «5 à 10.000 euros» par mois et celles de conseiller à «plus de 10.000» euros mensuels peut se poser. Quoi qu'il en soit, médiatiquement, l'affaire semble faire l'effet d'un pétard mouillé, probablement n'est-ce pas étranger à la vision atlantiste qu'offre l'Institut Berggruen… on n'ose imaginer les réactions qu'une telle affaire aurait pu susciter, si un eurodéputé avait été rémunéré pour des activités similaires au sein d'un think-tank russe.

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CNN, la Pravda américaine: reportage en interne. Par Karine Bechet Golovko.

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Les média

lundi 3 juillet 2017

CNN, la Pravda américaine: reportage en interne

 
 
 
Nous avons parlé il y a quelques jours du scandale autour de CNN qui, allée trop loin dans la propagande anti-russe, s'est retrouvée dans l'obligation de faire le ménage à l'intérieur (lire notre article ici). Voici maintenant une vidéo cachée sur un producteur de CNN, très locace, expliquant que tout cela n'est que du business, les journalistes de CNN n'ayant aucune preuve d'un quelconque lien entre Trump et la Russie.
 

 
Voici la vidéo en anglais sur J. Bonifield, producteur à CNN, qui éclaire la face cachée de ce qui est devenu une machine de propagande anti-russe:
 
 
L'on apprend ainsi que depuis l'entrée en fonction de Trump, CNN a cité dans ses nouvelles la Russie 15694 fois, ce qui est un record absolu. J. Bonifield reconnait que l'utilisation de la Russie contre Trump est très vendeur, car leur auditoire est principalement libéral et démocrate et n'aurait pas supporté un tel traitement de Obama. Ou quand le business rejoint la politique. C'est exactement de cette manière que l'on forme une machine propagandiste. Et en plus c'est rentable.
 
Notamment, depuis l'adoption de cette stratégie, le raiting de la chaîne est systématiquement supérieur à celui de l'année précédente:
 
 
Taper sur Trump rapporte autant que la politique anti-russe. Les deux ensemble permettent de décrocher le jackpot. Donc, lorsque les journalistes commençaient à passer trop de temps sur le climat, la direction de CNN leur a rappelé de revenir aux fondamentaux: la Russie - l'ennemi numéro Un qui instrumentalise Trump. 
 
 
Il faut faire du sensationnel, car il faut faire de l'audimat et de l'argent. L'éthique journalistique n'a ici que peu de place. Et cela aussi est une politique assumée:
 
 
Ainsi, la soi-disant collusion entre Trump et la Russie n'est qu'une opération médiatique, montée de toute pièce, qui sert particulièrement les intérêts de néoconservateurs qui viennent de perdre la présidence, mais veulent garder le pouvoir. Les commissions d'enquête n'ont rien, les journalistes n'ont rien. Mais tout le monde en parle, la communication est parfaitement bien coordonnée.
 
 
Et si personne n'a rien et que les médias continuent à en parler. Si CNN n'est qu'une nouvelle version couleur de la Pravda. Pourquoi les journalistes, français notamment, reprennent comme de bons petits soldats ces fausses informations. Pourquoi en France aussi la presse s'efforce tant et si bien à créer ce climat de défiance envers la Russie? 
 
Ceci laisse à penser que non seulement le pays n'a plus d'intérêt national propre pour s'investir dans le jeu politique interne des Etats Unis en soutenant le clan néoconservateur, mais que les journalistes politiques, français notamment, ne cherchent pas plus à faire leur travail que leurs collègues américains et nous créent une version provinciale de la Pravda US. La France elle-même semblant être devenue une province éloignée du néoconservatisme (version américaine du néolibéralisme européen), dont le centre reste toujours à Washington, quels que soient les Présidents - les autres pouvoirs, y compris la presse, y veillent.
 
 
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Le journal "RUPTURES" : Coup de chance : les généreux sponsors de Sylvie Goulard étaient américains et non russes…

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les média, #L'armée française

Coup de chance : les généreux sponsors de Sylvie Goulard étaient américains et non russes…

Un précédent article rendait compte ici même d’une bien étrange affaire révélée par le Journal du Dimanche : Sylvie Goulard, qui fut membre du gouvernement Philippe I avec le portefeuille des Armées, a touché pendant plus de deux ans de fort substantielles gratifications mensuelles de la part d’un Think tank américain. Ce dernier, le « Council on the Future of Europe », est connu pour son engagement et sa propagande en faveur de l’intégration européenne.

Rien d’illégal dans cette générosité. Et on peut évacuer la question de la morale (sauf tout de même à rappeler que le maître de l’Elysée prévoit de renforcer l’austérité en matière de dépenses publiques, de traitement des fonctionnaires, et plus généralement de salaires pour la masse des manants).

« Européanisation » de la Défense nationale

En revanche, un point mérite d’être noté : si l’ex-eurodéputée n’avait pas été obligée de rendre précipitamment son tablier, ou son treillis, c’est à elle que serait revenue la responsabilité de tenter d’engager l’« européanisation » de la Défense nationale.

Faire progresser « l’Europe de la Défense » – en fait, l’intégration militaire – est en effet le grand résultat espéré et mis en scène par Emmanuel Macron lors du Conseil européen des 22 et 23 juin. Ce sommet a en particulier dégagé deux axes : un « Fonds européen de défense », qui vise à promouvoir et financer la recherche militaire au sein de l’UE, mais aussi à produire des « capacités » (moyens, armements) communes.

L’autre axe est la mise en place d’une procédure (« coopération structurée ») permettant à un groupe de pays volontaires de prendre des initiatives, y compris bottées, sans obtenir l’aval de l’ensemble des vingt-huit pays membres.

Par ailleurs, les « groupements tactiques », composés d’environ 1500 soldats de différentes nationalités déployables en moins de dix jours, seraient désormais finançables par une cagnotte commune, ce qui faciliterait leur engagement.

L’idée, selon les conclusions du Conseil, est que l’UE « contribue à la paix et à la stabilité dans son voisinage et au-delà ». Ce qui signifie en termes clairs : pouvoir se projeter militairement aux quatre coins de la planète. Car, notait précédemment la Commission européenne, « la puissance douce ne suffit pas dans un voisinage de plus en plus dangereux » (Compte-rendu et analyse géopolitique du sommet dans l’édition de Ruptures à paraître le 28 juin).

« Si nous voulons faire l’Europe de la Défense, il va y avoir des restructurations à opérer »

On imagine que Mme Goulard se réjouissait à l’avance de mener à bien ce qui se veut un « pas historique de l’Union européenne ». Sur le plan industriel, elle avait du reste déjà plaidé pour sortir d’« une vision étriquée », et martelé (dans Le Figaro.fr) : « il est souhaitable que nous achetions ensemble des matériels, ce qui oblige de casser certaines routines, certaines facilités industrielles aussi. Je l’assume. Si nous voulons faire l’Europe de la Défense, il va y avoir des restructurations à opérer, faire des choix de compatibilité et, à terme, des choix qui pourraient passer dans un premier temps pour aboutir à privilégier des consortiums dans lesquels les Français ne sont pas toujours leaders ».

On comprend bien, dans ces conditions, que l’inspiration puisée dans le Think tank californien lui aurait été fort utile.

Pourtant, jusqu’à présent, cette révélation du JDD n’a pas ému outre mesure les grands quotidiens.

Si les sponsors de Mme Goulard n’avaient pas été américains, mais – au hasard – russes, on peut se demander si la discrétion de la caste politico-médiatique eût été aussi remarquable.

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Le journal "RUPTURES": Qui est Nicolas Berggruen, le milliardaire « philanthrope » qui a financé Sylvie Goulard ?

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Les transnationales, #Les média

Actu Analyses

Qui est Nicolas Berggruen, le milliardaire « philanthrope » qui a financé Sylvie Goulard ?

L’information était disponible depuis 2014, mais Le Journal du dimanche l’a actualisée et mise sur le devant de la scène le 25 juin dernier : Sylvie Goulard a reçu de l’Institut Berggruen plus de 10 000 euros par mois d’octobre 2013 à janvier 2016, période au cours de laquelle elle était députée européenne (voir notre article). Dans la rubrique « Mon parcours » de son site personnel, l’éphémère ministre des Armées présente ainsi son activité au service du think tank américain : « Conseillère spéciale du Council for the Future of Europe [Conseil pour l’avenir de l’Europe] », un groupe de réflexion qui dépend du « Nicolas Berggruen Institute for Governance [Institut pour la gouvernance] ».

Sylvie Goulard précise ensuite qu’il s’agit d’une « association à but non lucratif visant à promouvoir une meilleure gouvernance mondiale et européenne. » Elle ajoute que le Conseil pour l’avenir de l’Europe « est présidé par Mario Monti » et qu’il « comporte des personnalités de sensibilités politiques diverses telles que, notamment, Jacques Delors, Guy Verhofstadt, Pascal Lamy, Romano Prodi ou Jean Pisani-Ferry. » On imagine les débats enflammés entre ces anticonformistes que tout oppose…

Un milliardaire « philanthrope » de plus

Basé en Californie, l’Institut Berggruen a été fondé en 2010 par le milliardaire américano-allemand – qui a grandi en France – Nicolas Berggruen, fils du richissime collectionneur et marchand d’art Heinz Berggruen (décédé en 2007). Le magazine Forbes évalue la fortune personnelle du golden boy à 1,81 milliard de dollars. Mais, à 55 ans, cet ancien jet-setter est quelque peu blasé, il a l’argent triste et veut désormais être reconnu en tant qu’intellectuel.

Nicolas Berggruen est actionnaire et membre du conseil d’administration du Monde.

Nicolas Berggruen aspire même à une vie d’ascète : « Je ne suis pas si attaché aux biens matériels […]. Je possède très peu de choses. […] quelques papiers, deux ou trois livres et quelques chemises, vestes et pulls », déclare-t-il en 2012 au Daily Mirror. La preuve de son détachement des biens de ce monde : il a longtemps vécu « sans domicile fixe », c’est-à-dire dans des hôtels cinq étoiles, ce qui fascinent les médias. Le Figaro est tombé sous le charme de ce bourlingueur de luxe qui « sillonne le monde dans son jet privé Gulfstream IV. Ce nomade richissime peut ainsi résider dans 14 villes différentes en un mois. » Sans doute en phosphorant durant les vols sur les moyens de réduire l’empreinte carbone des gueux.

Financier à la réputation d’excentrique se piquant de « philanthropie » et d’ « idées », Nicolas Berggruen reste avant tout un homme d’affaires. Avec sa holding personnelle, qui fait des investissements immobiliers et financiers dans le monde entier, il est l’actionnaire majoritaire du premier groupe de médias espagnol Prisa (qui possède notamment le quotidien El País). Ce géant des médias présent dans 23 pays détient 15 % du groupe Le Monde. D’après Mediapart, M. Berggruen « siège au conseil d’administration du Monde ». On peine à comprendre la discrétion du « journal de référence » sur un si prestigieux compagnonnage.

L’amicale de la « mondialisation heureuse »

Quand L’Obs – alors encore Le Nouvel Observateur – publie un portrait du « loup de Wall Street repenti en berger philanthrope », qui est sollicité pour faire l’éloge du « milliardaire qui voulait sauver le monde » ?… L’indispensable Alain Minc bien sûr ! Le chantre de la « mondialisation heureuse » semble parler de lui-même lorsqu’il plaide en faveur de Nicolas Berggruen : « Un businessman arpentant le domaine des concepts ne fait-il pas œuvre plus utile qu’un intellectuel se lançant dans les affaires ? » Pur hasard : Alain Minc est lui aussi membre du Conseil pour l’avenir de l’Europe, ainsi que du 21st Century Council (Conseil du XXIe siècle), un autre groupe de réflexion issu de l’Institut Berggruen, dont la description et la composition valent le détour.

« C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général » – Jacques Attali, à propos de Nicolas Berggruen

Ancien président du conseil de surveillance du Monde, il se trouve qu’Alain Minc a représenté Prisa et… Nicolas Berggruen lorsque le groupe espagnol voulait racheter le quotidien vespéral en 2010, une offre concurrente de celle portée par le trio finalement victorieux Bergé-Niel-Pigasse (cf. le livre Un si petit Monde d’Odile Benyahia-Kouider, Fayard, 2011). Un banquier de chez Rothschild épaulait alors secrètement M. Minc dans cette opération tout en prétendant par ailleurs travailler gratis pour la Société des rédacteurs du Monde. C’était Emmanuel Macron. Le futur président était même allé jusqu’à se cacher au dernier étage d’un immeuble pour éviter – en vain – que son double jeu ne soit découvert.

Le portrait au cirage de Nicolas Berggruen brossé par L’Obs serait incomplet si l’irremplaçable Jacques Attali n’y avait pas apporté sa touche : « C’est un garçon étrange, extrêmement gentil, extrêmement cultivé et extrêmement curieux, dans tous les sens du terme ». Et le grand mage médiatique surenchérit : « C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général. Je le crois sincère dans sa démarche. » Même si elle a touché 300 000 euros d’émoluments, Sylvie Goulard devrait être décorée pour avoir servi un si précieux personnage.

Le financier qui voulait être philosophe

Fort de quelques cours particuliers de philosophie (on imagine le salaire des deux professeurs…), Nicolas Berggruen a écrit avec le journaliste Nathan Gardels un livre intitulé Gouverner au XXIe siècle : La voie du milieu entre l’Est et l’Ouest (Fayard, 2013). Cet ouvrage en appelle à une « gouvernance intelligente » faisant la synthèse entre la « démocratie libérale occidentale » et le « modèle chinois ». Ce must-read des élites transnationales comporte une préface de Jacques Attali et un avant-propos d’Alain Minc. Dans lesquels, on le soupçonne, les Dupond et Dupont du mondialisme néolibéral doivent insister sur les « réformes indispensables ». « Je dirais même plus, les indispensables réformes… »

« Le paradoxe de la démocratie : afin de sauver la démocratie, nous devrons peut-être en avoir moins » – Nicolas Berggruen

Le dessein intellectuel et politique de Nicolas Berggruen est assez facile à cerner à travers la fadeur cyber-patronale de ses propos : il s’agit de ripoliner l’incontournable capitalisme à coups de nouvelles technologies, de « gouvernance » et de « démocratie participative ». Dès lors on comprend son attachement à l’intégration européenne à la sauce digitale. Une visite du compte Twitter de ce ravi de la crèche mondiale donne un aperçu de sa « pensée profonde ». Il écrit par exemple le 24 mai 2017 : « Le paradoxe de la démocratie : afin de sauver la démocratie, nous devrons peut-être en avoir moins. » Précisons qu’il ne s’agit pas d’une citation de 1984. Un article du site Les Influences fournit d’autres éléments d’appréciation éclairants sur le personnage : « Nicolas Berggruen, le supercapitaliste des idées ».

À noter que notre financier-philosophe, via son Institut, a fondé avec le Huffington Post un nouveau média en 2014 : le WorldPost, une publication dédiée aux « enjeux mondiaux ». Il y (co)signe lui-même des articles, comme celui-ci ; le titre laisse deviner un point de vue résolument iconoclaste : « Le “président start-up” de la France est exactement ce dont l’Europe a besoin pour redémarrer ».

Macron pour les Nuls

Comme on peut aisément s’en douter, ce membre éminent de l’oligarchie est un détracteur féroce du nouveau président français. Ses tweets en attestent : « Macron écrit l’histoire pour la France et l’Europe – un leadership nouveau, post-parti » (7 mai) ; « La France célèbre ses francs-tireurs : le Roi-Soleil, Napoléon et maintenant, Macron » (12 juin) ; « Le gouvernement d’Emmanuel Macron offre une aube nouvelle à la France, à l’Europe et à la civilisation occidentale » (19 juin). Il ne manque qu’une sobre allusion à Jupiter. Dommage que Sylvie Goulard ne soit plus de cette aventure héroïque. Peut-être va-t-elle se consacrer à la 4e édition de son bien nommé classique L’Europe pour les Nuls.

« Il m’impressionne beaucoup parce qu’il est à la fois généreux et engagé » – Nicolas Berggruen, à propos de George Soros

Qui sont les modèles de Nicolas Berggruen ? Sans surprise, les milliardaires mécènes William Gates (Bill pour les intimes) et Warren Buffet. Mais aussi George Soros, à propos duquel il déclare en 2010 : « Il m’impressionne beaucoup parce qu’il est à la fois généreux et engagé. » Toutefois, comme M. Berggruen se réclame de la « post-idéologie » – une fumisterie capitaliste –, il nuance quelques années plus tard : « J’ai un grand respect pour lui, pour ce qu’il a fait. Mais l’Institut [Berggruen] n’a pas de parti pris idéologique [sic]. Nous ne sommes pas là pour dire à des pays arabes par exemple : la démocratie libérale à l’occidentale est le meilleur système. Il faut tout changer et être comme nous. »

Nicolas Berggruen fait penser au personnage de Paul Arnheim dans le génial roman L’Homme sans qualités (1930-1932) de Robert Musil. Comme l’industriel Arnheim, le financier Berggruen cherche à concilier l’esprit et les affaires. C’est très perceptible dans cet article – coécrit avec Nathan Gardels – publié dans le Washington Post (13 avril 2017). Le titre semble parodique mais il n’en est rien : « Comment les prochaines élections en France et en Allemagne peuvent sauver l’Occident ».

Remercions Sylvie Goulard d’avoir permis d’attirer l’attention sur son mécène. Dans le bestiaire du capitalisme mondialisé et « innovant », il aurait été regrettable de passer à côté du spécimen Nicolas Berggruen.

Laurent Dauré

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Macron caché et poursuivi dans l'escalier : une sale histoire. Par Daniel Schneidermann

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Les média

Macron caché et poursuivi dans l'escalier : une sale histoire

Macron caché et poursuivi dans l'escalier : une sale histoire
Capture d'écran du site StreetVox (DR)

 

Chaque matin du lundi au vendredi, si possible à 9 h 15 précises, Daniel Schneidermann publie cette chronique sur les dominantes médiatico-numériques du matin. Ou parfois de la veille au soir (n'abusons pas des contraintes). Cette chronique est publiée sur le site indépendant arrêt sur images (financé par les abonnements) puis sur Rue89.

A l'aube de sa fulgurante carrière, plus personne ne l'ignore, l'Embobineur fut banquier. De son passage chez Rothschild, de 2008 à 2012, personne n'ignore plus rien, la success story ayant été déroulée un peu partout. Un peu partout ?

Pas tout à fait, puisque Le Monde ne se décide qu'aujourd'hui à raconter "les années Rothschild" de Macron. Charmeur, bosseur, accrocheur : l'article, signé Isabelle Chaperon, récapitule les qualités désormais légendaires de l'Elu, mais l'oeil est tout à coup attiré par une histoire qui concerne le journal lui-même, à l'époque de sa vente au trio Bergé-Niel-Pigasse.

"Lors de la recapitalisation du Monde (en français, la vente, NDR), il conseille à titre gracieux la Société des rédacteurs (SRM), raconte Chaperon. « On ne savait pas très bien pour qui il travaillait », se souvient un des protagonistes.

Une ambiguïté illustrée par une scène survenue en septembre 2010 : un membre de la SRM débusque Emmanuel Macron caché dans l’escalier de l’immeuble haussmannien hébergeant les bureaux d’Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du Monde et soutien de l’offre du groupe espagnol Prisa."

Comment donc ? Un journaliste du Monde aurait "débusqué" le futur président dans un escalier ? Et on ne l'apprend qu'aujourd'hui ? En vérité, non. On le savait déjà.

Le coeur du banquier

Au moins depuis février 2017, où ce journaliste, Adrien de Tricornot, a raconté à StreetPress cette poursuite dans l'escalier, avec ascenseur bloqué et coeur du banquier qui "bat à 200 à l'heure" quand il voit sa duplicité démasquée : sous couvert "d'aider" les journalistes, il travaillait en réalité pour une offre concurrente à celle de "BNP", l'offre de l'Espagnol Prisa, représenté en France par Alain Minc.

Vive le multimedia : Tricornot a même rejoué la scène dans une video. Je vous laisse lire et regarder. Je ne saurais pas mieux raconter. En termes de pur intérêt, l'anecdote a tout pour figurer au sommet des portraits et des biographies : piquante, haletante, révélatrice sur l'entre-soi du petit monde médiatico-financier parisien (les bureaux de Minc et de Bergé se trouvent dans le même immeuble), et la psychologie du personnage.

Et pourtant, dans les biographies officielles du nouveau président, elle est restée dans les limbes. Quelques livres l'ont relatée (par exemple Main basse sur l'information, de Laurent Mauduit), mais sans y insister.

Pour la lire dans les colonnes du journal concerné, il aura fallu attendre le lendemain de l'élection, et encore, au coeur d'un article plus général. Outre qu'il est toujours difficile pour un media, même sept ans plus tard, de parler de lui-même, elle fait tache. Elle ne cadre pas avec le story telling. C'est une sale histoire, que l'on ne peut ni raconter, ni tout de même occulter tout à fait. Une histoire au purgatoire.

Pour lire la chronique sur ASI.

 

Daniel Schneidermann

Daniel Schneidermann

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