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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

Pour le juge italien Imposimato, "l'OTAN est une menace pour la Paix et la sécurité dans le monde"

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

Pour le juge italien Imposimato, "l'OTAN est une menace pour la Paix et la sécurité dans le monde" .

Voici le discours du juge italien antimafia Ferdinando Imposimato, président honoraire de la Cour de cassation italienne, prononcé lors d'une réunion à Rome le 26 octobre 2015 à l'initiative du journaliste italien Giulietto Chiesa. M. Imposimato est un personnage extrêmement respecté en Italie pour l'ensemble de son combat contre le crime organisé. Le seul fait qu'un homme de sa trempe, aussi connu et inattaquable que lui, se prononce de façon tranchée sur le danger que représente l'OTAN pour la paix dans le monde, mais aussi sur sa vision des attentats du 11-Septembre, devrait provoquer un débat national voire, européen, sur ces questions. Il n'en est rien, de telles paroles ne seront jamais relayées par les médias grands publics et les journaux télévisés. Dormez bonnes gens.

 

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Après 52 ans sur son pas de tir, la FUSÉE Lecanuet a enfin décollé… [par Philippe Arnaud]

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie

Publié par El Diablo

affiches : Jean Lecanuet en 1965 et Emmanuel Macron en 2017

affiches : Jean Lecanuet en 1965 et Emmanuel Macron en 2017

Les remarques ci-après ont déjà été présentées à de multiples reprises (par Atlantico, Le Point, Mediapart, France Inter, Les Échos, Boulevard Voltaire, etc.) lors de ces derniers jours. Néanmoins, en dehors des professeurs et étudiants d'histoire, et des férus d'histoire politique, elles ne peuvent parler qu'aux sexagénaires (et plus...). Je vais donc essayer de ne pas répéter ou recopier ces médias.

Qu'est-ce qui rapproche les deux hommes ?

1. Leur jeunesse et leur allure : Emmanuel Macron a 39 ans et Jean Lecanuet, pour la présidentielle de 1965, en avait 45. Même si 45 ans, en 2017, est vu comme un âge plus "tendre" qu'en 1965 (compte tenu de l'allongement de l'espérance vie et de l'amélioration de la santé et de la condition physique en 52 ans), il n'empêche que Lecanuet apparaissait comme "jeune" par rapport à de Gaulle (75 ans), à Mitterrand (près de 50 ans, mais une longue carrière derrière lui), à Tixier-Vignancour (58 ans), à Pierre Marcilhacy (55 ans). Dans l'allure, il s'agit d'hommes minces, élancés, au visage avenant. [Cette jeunesse et cette allure pouvait faire penser, aux Français, au souvenir tout proche du président Kennedy - récemment assassiné - et qui avait été président de son pays à 43 ans.]

2. Leur parcours de "bons élèves" : Jean Lecanuet avait été le plus jeune agrégé de philosophie à 22 ans, et, plus tard, directeur de cabinets ministériels. Emmanuel Macron a eu la mention très bien au bac, a été élève de Sciences Po, de l'ENA, est passé par la banque Rothschild, a été secrétaire général de l’Élysée, ministre de l’Économie...

3. Leur apparence "d'hommes neufs" : en 1965, même si Lecanuet avait une longue expérience des cabinets ministériels, cette expérience n'était pas de celles qui portent sur le devant de la scène. Même chose pour Emmanuel Macron jusqu'en 2014 : qui se souvient des secrétaires généraux de l’Élysée, en dehors de ceux qui ont eu plus tard une carrière ministérielle, comme, par exemple, Édouard Balladur ou Dominique de Villepin ?

4. Leur appartenance à un courant libéral en économie, pro-européen (ou européiste si l'on veut être péjoratif) et atlantiste, c'est-à-dire à la fois favorable à la politique étrangère des États-Unis et à l'OTAN comme alliance militaire, donc, corrélativement hostile à l'intervention de l’État dans l'économie et à une politique extérieure française trop favorable, jadis à l'URSS, en 2017 à la Russie ou aux pays non-alignés (on dirait aujourd'hui les BRICS).

5. Leur inscription dans ce courant qui, sous la IVe République (1946-1958), a vu se succéder, dans tous les gouvernements, le duopole SFIO et MRP, à la fois atlantiste, pro-américain, pro-européen, anticommuniste et anti-gaulliste. Or c'est le même courant qui voit le Parti socialiste pratiquer la même politique économique (privatisation, dérèglementation) et étrangère (retour dans l'OTAN, soumission à la Commission européenne, soutien aux États-Unis) que la droite au pouvoir. C'est le même courant qui voit les ministres ou élus passer alternativement des hautes fonctions de l’État aux hautes fonctions à Bruxelles ou dans le privé et qui servent (ou conseillent) indifféremment la droite ou la "gauche" (entendre le Parti socialiste). Des hommes tels que Jean-Pierre Jouyet (voire Jacques Attali), qui a servi à la fois Nicolas Sarkozy et François Hollande, sont emblématiques de ce courant.

6. Outre Jean Lecanuet, Emmanuel Macron peut être rapproché d'un autre homme, présenté, lui aussi, à son époque comme "jeune" et qui, lui aussi, s'inscrivait dans le même courant anti-gaulliste (en tant que ce courant contre le rôle de l'Etat dans l'économie et pour une politique étrangère européiste et favorable aux Etats-Unis), Valéry Giscard d'Estaing. Assisterions-nous à une revanche posthume, après 60 ans, de la IVe République sur la Ve République ?

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud

Amis du Monde Diplomatique Tours

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Les Français ont veauté ! Par Jean-Pierre Brighelli

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme

Les Français ont veauté !

 

 

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/les-francais-ont-veaute-001671.html

 

 

Emmanuel Macron est donc le huitième président de la Vème République. Élu par une conjuration de bobos friqués et de pseudo-démocrates inquiets. C’est à ces derniers que j’aimerais dire des douceurs.

Vous vous êtes crus très malins en portant au pouvoir un homme qui est l’émanation des grands groupes qui contrôlent les finances et les médias. Qu’un financier vote Macron, rien à redire : il est l’homme des banques, qui depuis quinze jours qu’il est arrivé en tête du premier tour, pavoisent à la Bourse. Inutile de parier que les cours des dites banques s’envoleront mardi.
Les autres…

 

Comme je veux que les choses soient claires, autant les dire.
Pendant cinq ans, j’ai subi les jérémiades de ceux qui avaient voté Hollande — le chœur des cocus ! Et qui, tout implorants et furieux qu’ils fussent, ont avalé les couleuvres néo-libérales et germanophiles de la Promotion Voltaire. La loi El Khomri, la France à l’encan européen, le communautarisme triomphant, et la réforme du collège. Carton plein.
Un clou chasse l’autre. Le bébé Hollande est arrivé à maturité, et il aggravera la politique de son mentor marionnettiste. Après la Promotion Voltaire, place à la promotion Senghor, qui d’ailleurs n’a pas attendu l’élection du mieux-disant d’entre eux pour s’installer aux postes de commande. Aussi bien sous Sarkozy que sous Hollande — Boris Vallaud, l’époux de celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, est de ceux-là.

 

Je dénie à tous ceux qui ont voté Macron le droit de se plaindre dans les cinq ans à venir.
Je dénie aux profs qui ont voté Macron — obéissant scrupuleusement aux consignes de la FSU, du SGEN et du SU-UNSA — le droit de manifester quand le recrutement sera délégué aux établissements en fonction d’un « projet » défini par les plus pédagos du coin, et qu’ils seront notés par une commission tripartite réunissant administration locale, parents et élèves. Les bonnes notes, dorénavant, vous les mettrez en espérant être à votre tour bien notés.
Je dénie aux jeunes qui ont voté Macron le droit de protester quand ils n’auront plus le choix qu’entre un CDD à temps partiel et la file d’attente de Pôle Emploi.
Je dénie à tous les travailleurs qui ont voté Macron le droit de rouspéter quand le tarif horaire français rejoindra celui des Polonais — au nom de la directive Bolkenstein.
Je dénie à tous ceux qui ont voté Macron le droit de vilipender les extrémistes religieux de l’UOIF qui pourront désormais faire acquérir la nationalité française à Tariq Ramadan — après tout, son frère Hani, l’homme qui justifie la charia en général et la lapidation en particulier, a appelé lu aussi à voter pour le candidat de l’entente cordiale des intérêts bien compris. Ce n’est pas demain qu’il y aura moins de voiles islamiques dans les rues en général et dans les facs en particulier. Sûr que la laïcité y gagnera.
Je dénie à tous les gens de gauche qui ont voté Macron le droit de lui reprocher de faire une politique de droite. Ils l’ont voulu, ils l’ont eu. Comment dit Dorine déjà, dans Tartuffe ? « Vous serez, ma foi, macronisés » — ou à peu près.

« Mais tout se passera sur le front des luttes ! » protestent ces imbéciles heureux. C’est la politique Poutou, qui devrait réviser son petit Marx portatif — et particulièrement Guy Debord. Les médias à sa solde ont constitué Macron en objet de désir, en le divisant en autant de quartiers qu’il y avait de segments de population à conquérir. Onfray l’a merveilleusement analysé le 25 avril dernier sur Public Sénat, expliquant qu’en fait cette présidentielle était une élection à un tour — la pantalonnade de dimanche 7 mai se contente d’entériner le résultat acquis. Oui, ils auraient dû relire ce que Marx explique sur la fétichisation de la marchandise (en l’occurrence la marchandise Macron, parée de toutes les vertus) et ce que Debord pensait d’une société médiatique capable de vendre n’importe quel produit, pourvu qu’il soit assez martelé. Surtout quand le produit concurrent paraît faible.

Mais le produit concurrent, ce n’était pas Marine Le Pen, dont je ne fais pas grand cas ! C’était la souveraineté de la France — déjà cocufiée en 2005, quand la même collusion d’intérêts supra-nationaux a renversé le vote des Français. Péché originel de cette classe politique qui s’est assise sur la volonté populaire.
Les mêmes s’apprêtent à gouverner ensemble : parions que Macron sortira finalement de sa poche un gouvernement de coalition copié sur le principe que Merkel a fait jouer pour asseoir son autorité en Allemagne et étouffer toute opposition. À ceci près que la France n’est pas l’Allemagne, et que les Français ont la tête plus près du bonnet. Mais enfin, avec quelques émissions de télé-réalité et quelques matches de foot, on devrait régler assez facilement les émotions populaires. Relis Marx, Poutou ! Il n’y a pas que la religion, aujourd’hui, qui soit l’opium du peuple. Il y a aussi l’OM et Koh-Lanta.

Au Vème siècle avant J.C., lors de la guerre contre les Volsques, le Sénat promit aux plébéiens d’effacer leurs dettes — et s’empressa d’oublier sa promesse, une fois la première victoire acquise. Il ne fallait pas heurter les banquiers de l’époque. Le peuple vexé se retira sur l’Aventin, l’une des collines de la ville, refusant toute participation ultérieure aux combats. C’est alors que Ménénius Agrippa, envoyé en délégation, improvisa sa fable des membres et de l’estomac — reprise plus tard par La Fontaine — pour les convaincre de revenir sur leur décision de s’abstenir. Parce que l’abstention — ou le vote blanc —, ça compte, n’en déplaise aux commentateurs !

Mais le peuple obtint tout de même l’effacement des dettes, et le droit d’être enfin représenté par des élus qui parleraient en son nom.
Mélenchon, qui connaît l’Histoire, y a sans doute pensé. Son attitude lors du second tour est un retrait — en attendant mieux. C’est digne — et intelligent. Mais les autres, tous les autres, ceux qui sont allés à la pêche aux postes et au retour d’ascenseur, ceux qui ont cru à la théorie de l’épouvantail (je trouve au passage immonde que l’on fasse encore porter à Marine Le Pen les outrances de son père — sans doute parce que c’est une femme, et que l’on persiste à l’imaginer sous influence), tous ceux qui ont voté Macron, quelle excuse ont-ils ? Ils ont offert la République au jeune ambitieux fringant et ils ont cinq ans pour la regarder se faire empapaouter.
On appelle ça du candaulisme… À l’échelle d’une nation, c’est inédit.

Alors, c’est décidé : je me retire sur mon Aventin personnel — et pour longtemps. Je renonce à parler de politique. Je causerai désormais de bons vins, de bons films, de bons livres et de belles personnes — autant me choisir mon propre opium. Et je me permettrai de rire chaque fois qu’un cocu de Macron jurera ses grands dieux qu’il n’avait pas voulu ça.

Jean-Paul Brighelli

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Les Kagan sont de retour ; les guerres vont suivre, par Robert Parry

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Source : Consortium News, le 15/03/2017

Le 15 mars 2017

Exclusif: La famille “royale” néoconservatrice des Kagan compte sur les Démocrates et les prétendus progressistes pour jouer les fantassins dans la nouvelle campagne néoconservatrice qui vise à pousser les Républicains et le président Trump à engager d’autres guerres de « changement de régime ».

Par Robert Parry

La famille Kagan, fleuron de l’aristocratie néoconservatrice de l’Amérique, refait surface après s’être remise de n’avoir pas vu s’accroître son influence – ce que lui aurait offert l’élection d’Hillary Clinton – et d’avoir perdu son pouvoir officiel au début de la présidence Trump.

L’ancienne Secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes, Victoria Nuland, qui a milité pour le coup d’État en Ukraine et qui a contribué à choisir les dirigeants de l’après coup d’État. (Elle est l’épouse du théoricien néoconservateur Robert Kagan.)

La famille Kagan est de retour, pontifiant dans les tribunes des plus grands journaux. Elle incite maintenant à un élargissement de l’intervention militaire étatsunienne en Syrie et elle harcèle les Républicains pour qu’ils participent avec un peu plus d’enthousiasme à la chasse aux sorcières antirusse au sujet de la contribution présumée de Moscou à l’élection de Trump.

Dans une tribune du Washington Post datée du 7 mars, Robert Kagan, cofondateur du Project for the New American Century et l’un des principaux cerveaux de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains dont le peu d’empressement à enquêter faisait d’eux « des complices après coup de la Russie. »

Puis Frederick Kagan, directeur du Critical Threats Project à l’American Enterprise Institut néoconservateur et sa femme, Kimberly Kagan, qui a son propre groupe de réflexion, l’Institute for the Study of War (Institut pour l’étude de la guerre), vantaient, dans une tribune du Wall Street Journal du 15 mars, les avantages d’un renforcement de l’intervention américaine en Syrie.

Pourtant, quelle que soit l’influence que gardent les Kagan à Washington, dans le monde des groupes de réflexion et des tribunes libres, ils demeurent presque totalement à l’écart des centres du pouvoir de la nouvelle ère Trump, même si, semble-t-il, ils ont vu une porte qu’on pouvait forcer.

Il y a un an, cependant, leurs perspectives avaient l’air bien plus exaltant. Ils pouvaient faire leur choix parmi un grand nombre de candidats républicains néoconservateurs à la présidence ou, comme Robert Kagan, ils pouvaient soutenir la candidate de l’establishment démocrate, Hillary Clinton, dont « l’interventionnisme progressiste » se confondait quasiment avec le néo conservatisme et n’en différait que par les explications rationnelles invoquées pour justifier toujours davantage de guerres.

Il y avait aussi l’espoir qu’Hillary Clinton présidente reconnaîtrait sa communauté de vues avec les faucons progressistes et les néoconservateurs en donnant une promotion à la femme néoconservatrice de Robert Kagan, Victoria Nuland, qui passerait du poste de secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes à celui de secrétaire d’État.

Alors ils auraient bénéficié d’un formidable élan pour à la fois augmenter l’intervention militaire américaine en Syrie et accroître l’escalade de la nouvelle guerre froide avec la Russie, remettant l’idée de « changement de régime» pour ces deux pays à l’ordre du jour. Ainsi, au début de l’an dernier, les opportunités semblaient infinies pour la famille Kagan qui allait pouvoir montrer sa force et engranger beaucoup d’argent.

Une affaire de famille

Comme je l’ai fait remarquer il y a deux ans dans un article intitulé “Une affaire de famille de guerre sans fin” : « Le commentateur néoconservateur Robert Kagan et sa femme, la secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes Victoria Nuland, sont à la tête d’une affaire de famille remarquable : elle, elle a déclenché une vraie guerre en Ukraine et elle a contribué à provoquer une seconde Guerre froide avec la Russie, et lui, il intervient pour exiger que le Congrès augmente le budget de l’armée afin que l’Amérique puisse faire face à ces nouvelles menaces contre la sécurité.

L’intellectuel néoconservateur bien connu Robert Kagan. (Photo credit: Mariusz Kubik, http://www.mariuszkubik.pl)

« Cet extraordinaire duo conjugal représente, pour le complexe militaro-industriel, deux forces qui s’unissent, une équipe dedans-dehors qui crée le besoin d’un budget militaire plus important, use de pressions politiques pour assurer des dotations plus élevées et regarde avec reconnaissance les marchands d’armes offrir de généreuses donations aux groupes de réflexion bellicistes de Washington.

« Non seulement la communauté des néoconservateurs dans son ensemble bénéficie de ces largesses, mais c’est le cas aussi d’autres membres du clan Kagan, y compris celui du frère de Robert, Frederick de l’American Enterprise Institute, et de sa femme Kimberly qui dirige sa propre agence, l’Institute for the Study of War. »

Cependant, les événements ne se sont pas déroulés tout à fait comme les avaient imaginés les Kagan. Les Républicains néoconservateurs ont trébuché lors des primaires et c’est Trump qui a gagné, et après qu’Hillary Clinton a renvoyé le sénateur Bernie Sanders dans les cordes et qu’elle a été nommée candidate pour les Démocrates, elle a perdu devant Trump lors de la présidentielle.

A la suite de sa surprenante victoire, Trump, en dépit de ses nombreuses lacunes, a reconnu ne pas être proche des néoconservateurs et les a laissés, pour la plupart, à la porte. Nuland a non seulement perdu son poste de secrétaire d’État adjointe mais elle a aussi démissionné du département d’État.

Trump à la Maison-Blanche, l’establishment de la politique étrangère de Washington, dominé par les néoconservateurs, avait pris un coup, mais il n’était pas au tapis. Les néoconservateurs ont reçu alors une bouée de sauvetage de la part des Démocrates et des progressistes qui détestaient Trump à un point tel qu’ils ont été ravis de reprendre le flambeau de la nouvelle Guerre froide de Victoria Nuland avec la Russie. Participant à un plan douteux pour écarter Trump du pouvoir, les Démocrates et les progressistes ont monté en épingle des accusations sans preuve selon lesquelles la Russie se serait entendue avec l’équipe de Trump afin de truquer l’élection américaine.

L’éditorialiste du New York Times, Thomas L. Friedman, a parlé pour nombre d’entre eux quand il a comparé la présumée « ingérence » de la Russie dans les élections avec le bombardement de Pearl Harbour et les attentats du 11-Septembre par al-Qaïda.

Dans l’émission Morning Joe sur MSNBC, il a exigé que les accusations de piratage contre la Russie soient traitées comme un casus belli. « C’était un événement de la même ampleur que le 11-Septembre, a-t-il déclaré. Ils ont attaqué le cœur de notre démocratie. C’était un événement de l’ampleur de Pearl Harbour. » Aussi bien Pearl Harbour que le 11-Septembre ont mené à des guerres.

Ainsi beaucoup de progressistes, aveuglés par leur haine de Trump, ont-ils favorisé le retour des néoconservateurs.

Le harcèlement des Républicains

Robert Kagan a choisi la page des tribunes libres du Washington Post pour harceler des Républicains qui comptent, comme le représentant Devin Nunes, président du House Intelligence Committee, qui se trouvait en photo au-dessus de l’article et de son titre « Roulant pour une ingérence de la Russie ».

Le général David Petraeus devant le Capitole avec Kimberly Kagan, fondatrice et présidente de l’Institute for the Study of War. (Photo credit: ISW’s 2011 Annual Report)

« Il aurait été impossible d’imaginer il y a un an, » écrit Kagan, « que des dirigeants du Parti républicain aideraient effectivement les Russes à s’ingérer dans le système politique de notre pays. Pourtant, et c’est incroyable, c’est le rôle que joue le Parti républicain. »

Kagan a alors repris la doxa des responsables de Washington qui acceptaient, sans émettre le moindre doute, les allégations des directeurs sortants des services de renseignement de la présidence Obama, à savoir que la Russie avait piraté les mails des Démocrates et les avait publiés via WikiLeaks pour gêner la campagne de Clinton.

Bien que les responsables du renseignement d’Obama n’aient fourni aucune preuve pour étayer ce qu’ils avançaient et que WikiLeaks ait nié avoir reçu ces deux liasses de mails des Russes, les officiels de Washington ont largement admis ces allégations, les considérant comme des motifs pour discréditer Trump et essayer de le destituer.

Passant sous silence le conflit politique d’intérêts de ceux qui avaient été nommés par Obama, Kagan a estimé que « vu l’importance de cette découverte particulière [l’ingérence de la Russie], les preuves doivent être déterminantes » et cela justifie « une enquête sérieuse, d’une grande ampleur et transparente. »

Kagan, cependant, doit aussi avoir compris quelle opportunité de revenir au pouvoir constituait pour les néoconservateurs ce rideau de fumée d’une nouvelle Guerre froide avec la Russie.

Il a déclaré : « La question la plus importante concerne la capacité de la Russie à manipuler les élections des États-Unis. Ce n’est pas un problème politique. C’est un problème de sécurité nationale. Si le gouvernement russe s’est effectivement ingéré dans les processus électoraux des États-Unis l’an dernier, alors il a la capacité de le faire dans toutes les autres élections à partir de maintenant. C’est une arme puissante et dangereuse, plus redoutable que des vaisseaux de guerre, des chars ou des bombardiers.

« Ni la Russie ni aucun autre adversaire éventuel n’a le pouvoir de mettre à mal le système politique étatsunien avec des armes de guerre. Mais en instillant des doutes sur la validité, l’intégrité et la fiabilité des élections des États-Unis, elle peut saper les bases de ce système. »

Une réalité différente

Le ton de la tribune de Kagan était alarmiste, mais la réalité était bien différente. Même si les Russes ont effectivement piraté les mails des Démocrates et les ont, d’une façon ou d’une autre, fait passer à WikiLeaks, affirmation non étayée et controversée d’ailleurs, ces deux séries de mails n’ont pas joué un rôle si important dans le résultat de l’élection.

L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et le sénateur Bernie Sanders. (NBC photo)

Selon Hillary Clinton, le responsable de sa défaite surprise, c’est le directeur du FBI James Cormey qui a ré-ouvert brièvement l’enquête sur le serveur privé dont elle se servait quand elle était secrétaire d’État.

En outre, tout porte à croire que les mails publiés par WikiLeaks étaient authentiques et révélaient les agissements illicites des dirigeants des Démocrates, comme la manière dont le Comité national du Parti démocrate a lésé Bernie Sanders et favorisé Hillary Clinton. Dans les mails du directeur de campagne de Clinton John Podesta, on a pu lire les discours rétribués que Clinton avait prononcés devant les financiers de Wall Street et qu’elle essayait de cacher aux électeurs, sans oublier quelques exemples d’octroi de marchés aux donateurs de la Fondation Clinton.

En d’autres termes, la publication de WikiLeaks a contribué à informer les électeurs américains à propos des irrégularités du processus démocratique dans leur pays. Les mails n’étaient pas de la « désinformation » ni des « fausses nouvelles », ils contenaient de vraies informations.

On a eu cette semaine une communication d’informations semblable à celles qui s’étaient produites avant l’élection. On a fait fuiter, en effet, des informations sur les feuilles d’impôts de Trump, lesquelles sont protégées par la loi. Cependant, à part le camp Trump, presque personne n’a jugé que la publication illicite des feuilles d’impôts d’un citoyen constituait, quelque part, une menace contre la démocratie américaine.

Les Américains ont le droit de connaître ce genre de détails à propos d’un candidat à la Maison-Blanche, c’était le sentiment général. Je suis tout à fait d’accord, mais est-ce qu’il ne s’ensuit pas également que nous avions le droit de savoir que le Comité du Parti démocrate abusait de son pouvoir pour faciliter la nomination de Clinton, le droit de savoir ce que contenaient les discours prononcés devant les banquiers de Wall Street et le droit de savoir que des gouvernements étrangers cherchaient à se faire attribuer des marchés en faisant des donations à la Fondation Clinton ?

Pourtant, parce que les hauts fonctionnaires nommés par Obama dans la communauté du renseignement « estiment » que la Russie était la source des mails de WikiLeaks, cette attaque contre la démocratie des États-Unis justifie une Troisième Guerre mondiale.

Toujours plus de propos inconsidérés

Accuser cependant, sans preuve, la Russie de fragiliser la démocratie des États-Unis n’était pas suffisant pour Kagan. Il a affirmé comme un « fait », bien que, une fois de plus, il n’ait pas présenté de preuves, les éléments suivants : la Russie « s’ingère dans les élections à venir de la France et de l’Allemagne, et elle s’est déjà ingérée dans le récent référendum italien et dans de nombreuses autres élections en Europe. Elle utilise cette arme contre autant de démocraties qu’elle peut pour saper la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques. »

Le Secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, accompagné de la secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes et eurasiennes Victoria « Toria » Nuland, s’adresse au président russe Vladimir Poutine lors d’une réunion au Kremlin à Moscou, en Russie, le 14 juillet 2016. [Photo du Département d’État]

Les dirigeants à Washington et les médias traditionnels ont beaucoup déploré leur impuissance au sujet de l’ère « post-vérité », mais ces prétendus avatars de la vérité sont aussi coupables que quiconque, agissant comme si la répétition constante d’une allégation non étayée de faits revenait à la prouver.

Mais ce que Kagan et d’autres néoconservateurs ont à l’esprit est clair : c’est une escalade des hostilités avec la Russie et une augmentation substantielle des dépenses consacrées au matériel militaire américain et à la propagande occidentale pour « contrer » ce qui est considéré comme une « propagande russe ».

Kagan l’admet, il a déjà beaucoup de Démocrates et de progressistes de premier plan de son côté. Donc, il cherche à forcer les Républicains à se joindre à cette campagne hystérique de dénigrement contre la Russie, quand il écrit :

« Mais ce sont les Républicains qui les couvrent. Le chef actuel du parti, le président, remet en cause les découvertes, les motivations et l’intégrité de la communauté du renseignement. Les dirigeants républicains au Congrès se sont opposés à la création d’un comité spécial d’enquête, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du Congrès. Ils ont insisté pour que les enquêtes soient menées par les deux comités de renseignement.

« Pourtant, le président républicain du comité à la Chambre a indiqué que cette enquête n’était pas bien urgente et il a même mis en cause la gravité et la validité des accusations. Le président républicain du comité au Sénat a abordé cette tâche à contrecœur.

« En conséquence, on a l’impression que les enquêtes avancent avec une lenteur délibérée, produisant peu d’informations et en fournissant encore moins au public. Il est difficile de ne pas conclure que c’est précisément l’intention de la direction du Parti républicain, à la fois à la Maison-Blanche et au Congrès. …

« Lorsque les Républicains s’opposent à des enquêtes approfondies, transparentes et immédiates, ils deviennent complices de la Russie après coup. »

Mentir avec les néoconservateurs

Beaucoup de démocrates et de progressistes peuvent trouver encourageant qu’un néoconservateur de premier plan, qui a contribué à ouvrir la voie de la guerre en Irak, soit désormais de leur côté pour dénigrer les Républicains coupables de ne pas se joindre avec enthousiasme à la dernière chasse aux sorcières russe. Mais ils pourraient également réfléchir un instant et se demander comment ils ont pu laisser leur haine de Trump les conduire à s’allier avec les néoconservateurs.

Le président russe Vladimir Poutine, après son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le 28 septembre 2015. (Photo de l’ONU)

Mercredi, dans The Wall Street Journal, Frederick, le frère de Robert Kagan, et sa femme, Kimberly, sont allés plus loin en présentant le vieux rêve des néocons d’une invasion américaine à grande échelle en Syrie, projet qui a été mis en attente en 2004 à cause des échecs militaires des États-Unis en Irak.

Cependant, les néoconservateurs sont avides, depuis longtemps, d’un « changement de régime » en Syrie et n’ont pas été satisfaits par ce qu’a fait Obama en armant les rebelles antigouvernementaux et par l’implication limitée de forces spéciales dans le nord de la Syrie afin de contribuer à la reconquête de la « capitale » de l’EI, Raqqa.

Dans leur tribune du Wall Street Journal, Frederick et Kimberly Kagan appellent à l’ouverture d’un nouveau front dans le sud-est de la Syrie.

« Les forces armées américaines seront nécessaires. Mais les États-Unis peuvent recruter de nouveaux partenaires sunnites en combattant avec eux dans leur pays. Au départ, le but doit être de se battre contre l’EI parce qu’il contrôle, en Syrie, les dernières zones où les États-Unis peuvent raisonnablement espérer trouver des alliés sunnites qui ne soient pas sous l’influence d’al-Qaïda. Mais après la défaite de l’EI, il faudra lever une armée arabe sunnite capable de vaincre al-Qaïda et de contribuer à négocier un règlement de la guerre.

« Les États-Unis devront faire pression auprès du régime d’Assad, de l’Iran et de la Russie pour mettre fin au conflit dans des conditions que les arabes sunnites accepteront. Ce sera plus facile si on dispose d’une base sûre, indépendante et influente à l’intérieur de la Syrie. Le président Trump devrait s’affranchir des raisonnements erronés et de la planification inadaptée hérités de son prédécesseur. Il peut transformer cette lutte, mais seulement en transformant l’approche qu’en a l’Amérique »

Un nouveau plan pour la Syrie

En d’autres termes, les néoconservateurs sont de retour avec leur habileté à jouer avec les mots et leurs manœuvres stratégiques pour amener les forces armées étatsuniennes à accomplir un projet de « changement de régime » en Syrie.

Ils pensaient avoir quasiment atteint ce but en faisant porter au gouvernement syrien la responsabilité de la mystérieuse attaque au gaz sarin qui a eu lieu dans la banlieue de Damas le 21 août 2013 et en piégeant ainsi Obama qui se serait trouvé forcé de lancer une attaque aérienne d’envergure contre l’armée syrienne.

Mais le président Vladimir Poutine est intervenu et il a réussi à ce que le président syrien Bachar el-Assad livre toutes ses armes chimiques, même si ce dernier continuait à nier avoir joué le moindre rôle dans l’attaque au sarin.

L’intercession de Poutine, en mettant en pièces le rêve des néoconservateurs d’un « changement de régime » en Syrie, l’a propulsé en haut de la liste de leurs ennemis. Des néoconservateurs importants, comme Carl Gershman, président du National Endowment for Democracy, n’ont pas tardé alors à prendre l’Ukraine pour cible, ce qui, pour Gershman, constituait « la plus belle récompense » et une première étape qui devait aboutir à la destitution de Poutine à Moscou.

C’est à la secrétaire adjointe Victoria « Toria » Nuland qu’est revenu de superviser le « changement de régime » en Ukraine. L’un des coups de fil qu’elle a donné sur une ligne non sécurisée fin janvier ou début février 2014 a été intercepté, et on l’y entend parler avec l’ambassadeur en Ukraine, Geoffrey Pyatt, d’« arranger » ou d’« accoucher » un changement dans le gouvernement élu du président Viktor Ianoukovitch.

Quelques semaines plus tard, les combattants néonazis et ultranationalistes étaient en première ligne de l’attaque violente contre les bâtiments gouvernementaux et ont forcé Ianoukovitvh et d’autres responsables à s’enfuir pour sauver leur vie tandis que le gouvernement étatsunien se dépêchait de saluer le gouvernement issu du coup d’État comme « légitime ».

Mais le putsch ukrainien a conduit à la sécession de la Crimée et à une sanglante guerre civile dans l’est de l’Ukraine contre la minorité ethnique russe, des événements que le département d’État et les médias occidentaux ont qualifié d’« agression russe » ou d’« invasion russe ».

Ainsi, depuis les dernières années de l’administration Obama, tout était en place pour que les néoconservateurs et la famille Kagan mènent à bien la dernière étape de leur plan stratégique qui consistait à acculer la Russie et à instituer un « changement de régime » en Syrie.

Tout ce qu’il fallait, c’était qu’Hillary Clinton soit élue présidente. Pourtant, étonnamment, ces plans si bien conçus ont échoué. Bien qu’il ne soit pas, d’une manière générale, apte à la présidence, Trump a battu Clinton, amère déception pour les néoconservateurs et leurs alliés progressistes interventionnistes.

Pourtant, la prétendue #Resistance à la présidence de Trump et l’utilisation sans précédent par le président Obama de ses agences de renseignement pour dépeindre Trump comme un « candidat vendu aux Russes » a donné un nouvel espoir aux néoconservateurs pour la mise en œuvre de leur ordre du jour.

Il ne leur a fallu que quelques mois pour se réorganiser et se regrouper, mais ils ont maintenant l’espoir d’exercer sur Trump, à propos de la Russie, une pression si forte qu’il n’aura plus d’autre choix que de se laisser convaincre par leurs plans bellicistes.

Comme c’est souvent le cas, la famille Kagan a défini la stratégie : forcer les républicains à se joindre à la campagne de dénigrement de la Russie et à persuader un Trump radouci de lancer une invasion à grande échelle de la Syrie. Et dans cette entreprise, les Kagan utilisent Démocrates et progressistes comme fantassins.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a dévoilé une grande partie des scandales Iran-Contra pour l’Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Consortium News, le 15/03/2017

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

 

Réponse à Les Kagan sont de retour ; les guerres vont suivre, par Robert Pa Le 14 mai 2017 à 07h57Il “faut” au moins lire un résumé de la pensée de R Kagan exposée dans son livre “La puissance et la faiblesse” ((Of Paradise and Power : America and Europe in the New World Order) paru au début des années 2000.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Puissance_et_la_Faiblesse
http://www.lemonde.fr/international/article/2002/07/26/puissance-americaine-faiblesse-europeenne-par-robert-kagan_285878_3210.html

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Un oasis de sérénité au milieu des ruines A la rencontre de la communauté tatare d'OktyabrskyPar Erwan Castel

13 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #le nazisme

vendredi 12 mai 2017

Un oasis de sérénité au milieu des ruines

 
A la rencontre de la communauté tatare d'Oktyabrsky
 
 
Aujourd'hui, avec une amie, nous sommes allé de nouveau à la rencontre de la communauté musulmane d'Oktyabrsky qui nous avait invité aujourd'hui dans la mosquée de Donetsk située dans leur quartier bombardé 
 
Alors qu'en France la communauté musulmane, médiatiquement prise en otage par un salafisme extrémiste cachant la forêt des vrais croyants, est soit instrumentalisée soit diabolisée, dans un monde russe majoritairement chrétien orthodoxe, l'identité musulmane est ici dépassionnée tout en étant vécue normalement intensément et en parfaite harmonie avec les autres communautés civiles ou religieuses. 
La vraie question que devrait se poser la société occidentale moderne qui a oublié les musulmans couchés dans ses cimetières militaires, n'est pas quels réponses apporter aux problèmes sociétaux religieux qui entourent cette communauté, mais pourquoi ils existent en Occident seulement aujourd'hui mais pas en Russie par exemple ... La réponse est peut-être plus à chercher plus du coté occidental et politique que du côté oriental et religieux, par exemple dans les soutiens néocolonialistes actuels au terrorisme salafiste, dans l'abandon des valeurs civilisationnelles qui cimentent une cohésion sociétale en imposant à toutes les communautés à la fois force, respect et protection etc., mais ceci est un autre débat...
 
Principalement composée de tatars, la communauté d'Oktyabrsky nous a accueilli les bras ouverts, nous invitant à suivre l'office religieux avant de partager un thé et des gateaux au rez de chaussée d'une mosquée moderne qui abrite, outre la salle de prière, une bibliothèque, un dortoir, une salle à manger et cuisine, des bureaux, ainsi qu'une école coranique...
 
Avant la guerre, cette communauté musulmane dans l'oblast de Donetsk était estimée à environ 7000 personnes, dont certaines familles venues du Tatarstan ou du Daghestan russes se sont implantées depuis plus d'un siècle dans le Donbass. Les salles de prière étaient alors organisées dans les lieux privés des uns des autres, jusqu'à ce que la Turquie réalise cette mosquée, dont la construction a été financée par le milliardaire Rinat Akhmetov, lui même tatar et musulman et qui a exercé un fort mécénat dans ce quartier nord de Donetsk dont il est originaire (école, hôpital, etc...)

 
Quand la guerre éclate, la communauté se retrouve en première ligne, surtout le secteur de sa mosquée qui a été construite à l'Ouest d'Oktyabrsky (en 1994) entre Peski et l'aéroport, à quelques centaines de mètres seulement d'une ligne de front particulièrement active. Autour de la mosquée les immeubles et les maisons sont frappés de plein fouet depuis 3 ans, l'immense piscine et le marché voisins sont détruits par les bombardements... 
 
Mais la coupole et ses 2 minarets couleur émeraude survivent depuis 3 ans aux orages d'acier quotidiens malgré des éclats qui régulièrement viennent crever les fenêtres ou griffer les murs.

 
La mosquée d'Oktyabrsky, elle non plus n'a pas été épargnée par les bombardements ukrainiens 
Au moment des premiers bombardements ukrainiens, de nombreuses personnes quittent le quartier pour se réfugier dans le centre ville, en Russie ou pour quelques unes en Ukraine où elles ont de la famille. 
Le quartier devient alors un champ de ruines où seules quelques personnes, par choix ou obligation, tentent de survivent. Lorsque le front se stabilise et malgré la poursuite des bombardements du secteur, la vie revient peu à peu autour et à l'intérieur de la mosquée que les fidèles avec des amis et voisins déblaient et réparent. Ce lieu de culte, devient même un centre d'accueil pour les personnes ayant perdu leur logement ou qui ne peuvent plus subvenir à leur subsistance...

 
Au milieu de l'esthétique ésotérique d'une calligraphie arabe ornementale, l'Iman Rushan nous accueille les bras ouverts et le coeur sur la main, nous expliquant par l'exemple comment, avec une poignée d'hommes et de femmes restés ici depuis 3 ans, la survie s'est organisée sous les bombardements. 

Ici, la Zakat, ce soutien financier qui est un des piliers de la foi musulmane, a pris avec la guerre une dimension élevée, vitale et urgente...
 
"Ceux qui n'ont rien ne donnent rien mais ceux qui ont de l'argent doivent partager avec les premiers, c'est un devoir sacré qui doit être fait pour aider tous ceux qui sont dans le besoin et ce quelle que soit leur communauté car tous nous sommes les fils du divin quel que soit le nom qu'on lui donne" souligne Rushan, cet homme de foi, imam humble au sourire accueillant et qui tient à nous offrir lui même le thé de l'hospitalité au coeur de son sanctuaire...
 
 
Les heures s'écoulent ici hors du temps et de l'espace dans une atmosphère sereine que viennent à peine troubler les explosions qui retentissent juste derrière le terril voisin qui signale la mine de charbon du quartier, depuis 3 ans fermée car traversée par la ligne de front...
 
A l'issue de la prière rituelle qui revêt ce vendredi une importance particulière du fait qu'elle ouvre le mois du "Chaabane", cette période de purification précédant le Ramadan, les membres de la communauté nous ont invité à partager boissons rafraîchissantes, thés parfumés et gateaux sucrés dans la salle de cours située au rez de chaussée de la salle de prière.
 
 
Dans les conversations qui vont bon train, la guerre bien sûr occupe les esprits mais surtout les aides à apporter aux voisins, aux amis, aux enfants que côtoient les membres de cette communauté qui évacuent les pollutions politiques et propagandistes pour ne considérer que la détresse appelant à une solidarité responsable.

Ces femmes et ces hommes aux allures discrètes et aux sourires chaleureux, à l'image de "l'auvergnat" de Brassens, invitent passant, et voisin, et bien au delà d'une déclinaison religieuse particulière en passant toutefois à travers elle, à venir s'abreuver à la source d'un humanisme universel. (mais non universaliste).

Je remercie Rushan, Khalima, Kamil et toutes ses femmes et ses hommes de l'accueil à la fois simple et chaleureux qu'il m'ont réservé, qu'ils soient assuré de mon amitié et respect les plus sincères .

 

En début d'après midi, nous quittons cette mosquée qui depuis les bombardements de Kiev est devenue pour beaucoup un oasis de paix et de réconfort, et nous nous engageons dans le désert de ruines calcinées, salués une dernière fois par des invitations à revenir encore à l'ombre de ces minarets accrochant le soleil, pour partager un nouveau thé fraternel et un bouquet d'espérances qui dans les coeurs d'Oktyabrsky ne fane jamais... 

Un grand merci également à Yulia, cette habitante et amie courageuse qui a choisi depuis 3 ans de rester sous les obus dans ce quartier où elle est née et a grandi et qu'elle porte au plus profond de son coeur. 

Traductrice patiente et dévouée, Yulia m'aide depuis des mois à rencontrer ces hommes et ces femmes exceptionnels du Donbass, comme ces tatars d'Oktyabrsky qui humblement et quotidiennement, par le respect et le partage nous montrent ce qu'est la vraie noblesse de coeur. 
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
*
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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules comme Eric Bidar ou des obsédés du monopole de l'information comme Christelle Néant.

J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir  plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan
 
 
 
 
 
 
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Macron président : quel avenir pour EDF ? La Tribune

13 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #EDF, #Services publics

Macron président : quel avenir pour EDF ?

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(Crédits : Stephane Mahe)
C’est au cours du quinquennat qui s’ouvre que devra être décidé l’avenir du parc nucléaire français, et au-delà, de son exploitant EDF. La faisabilité tant technique qu’économique de la transition énergétique impulsée par la loi d’août 2015 dépend en grande partie de la façon dont ce dossier sera géré.

Dans une lettre adressée à son PDG le 21 avril, la ministre de l'Énergie Ségolène Royal a demandé à EDF de réviser dans les meilleurs délais - notamment sur le nucléaire - son « plan stratégique » destiné à adapter le groupe aux objectifs de la loi sur la transition énergétique d'ici 2018.

« Les actions prévues par EDF ne permettent pas de respecter les objectifs de diversification de la production d'électricité fixés dans la première période de la programmation pluriannuelle de l'énergie [PPE, ndlr] », écrit Ségolène Royal.

« Les conditions ne sont ainsi pas réunies pour que l'Etat puisse constater la compatibilité du plan avec la PPE », ajoute-t-elle.

Ce dernier épisode d'un feuilleton dont la fermeture de Fessenheim a constitué le fil conducteur, illustre bien ce qui attend Emmanuel Macron. Le candidat n'a guère été prolixe en matière d'écologie et d'énergie durant sa campagne, mais, comme l'indique son programme, il s'inscrit dans la droite ligne de la loi de transition énergétique concoctée par Ségolène Royal et adoptée en août 2015. Celle-ci prévoit notamment de réduire la part du nucléaire dans la consommation électrique de 73 % aujourd'hui à 50 % en 2025, de diviser par deux la consommation énergétique finale en 2 050 par rapport à 2012 (avec un objectif de 20 % en 2030), de réduire la consommation énergétique primaire d'énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à 2012 et de porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d'énergie en 2020 et 32% en 2030.

À l'inverse d'autres prétendants à l'élection présidentielle, le président a confirmé son projet de fermer les deux réacteurs de Fessenheim. Mais comme l'a montré l'imbroglio autour de ce sujet jusqu'à la toute fin du quinquennat Hollande, cela est plus facile à dire qu'à faire. En outre, selon la Cour des Comptes, c'est entre 17 et 20 réacteurs qu'il faut fermer pour atteindre les 50 % du mix électrique prévus pour 2025. En réalité, plus personne ne croit vraiment à cette date. Mais personne ne croit non plus possible d'entamer cette transition en restant dans le statu quo qui a marqué les cinq dernières années.

Quels mécanismes pour prolonger ou pour fermer les centrales ?

De l'avis général, le nouveau président ne pourra pas faire l'économie de décisions concernant l'avenir du parc nucléaire français. Concernant Fessenheim, il s'agit surtout de choisir les moyens d'acter sa fermeture, le décret publié au Journal officiel le 9 avril dernier n'ayant pas de valeur juridique. Parmi les 56 autres réacteurs qui composent le parc, indépendamment de l'objectif de 50 %, près d'une vingtaine atteindront pendant le quinquennat l'âge de 40 ans pour lequel les centrales ont été conçues à l'origine.
EDF souhaite en prolonger l'exploitation jusqu'à 50 ans, voire 60 comme c'est le cas aux États-Unis. C'est tout l'objet des travaux prévus dans le cadre du « grand carénage », pour un budget évalué à 50 milliards d'euros par l'opérateur et à 100 milliards d'euros par la Cour des Comptes.

« Stratégiquement, il ne faudrait pas attendre 2018 pour se prononcer sur les fermetures à venir » estime Géraud Guibert, fondateur et président de la fondation transpartisane La fabrique écologique.

Mais, comme il l'a répété à Mediapart vendredi 5 mai, Emmanuel Macron le fera « sur la base de ce que dira l'Autorité de sûreté nucléaire [ASN] » et non « sur un plan politique ». Or c'est à partir de 2018 que l'ASN doit rendre un premier avis générique, puis évaluer au cas par cas la faisabilité et les conditions d'une prolongation, notamment les travaux nécessaires. « Se posera alors la question du rapport coût/avantage du grand carénage », explique Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et députée européenne, membre du comité politique du candidat Macron.

Pour Yves Marignac, porte-parole de l'association négaWatt, c'est à ce moment-là qu'il faudra arbitrer entre mettre en place des mécanismes financiers destinés à prolonger les centrales et au contraire accompagner leur fermeture. Mais, si l'ASN se prononce sur la nature des travaux à effectuer, c'est EDF qui en chiffre le coût et d'aucuns soupçonnent l'entreprise de chercher à le sous-estimer, faussant ainsi les bases de la comparaison. « Personne ne sait dire quel est le coût complet du nucléaire », a encore reconnu le candidat face à Mediapart.

L'inconnue Flamanville

Dans ce contexte, le programme d'Emmanuel Macron prévoit de « renforcer les moyens de l'ASN ». Celle-ci manque en effet de ressources humaines et financières pour mener à bien sa lourde tâche. Surtout, « n'étant pas dotée de personnalité morale, elle ne peut ni ester en justice, ni se défendre », déplore l'avocate Corinne Lepage. À l'inverse, son président, lui, porte une responsabilité pénale et civile.

En dehors des visites décennales des centrales atteintes par la limite d'âge, l'ASN doit se prononcer, en principe d'ici à la fin de l'année, sur la conformité de la cuve de l'EPR de Flamanville en cours de construction, à la suite de la détection d'anomalies dans la composition de l'acier de certaines zones du couvercle et du fond de la cuve, révélées en avril 2015. Ses coûts ayant déjà flambé de 3,3 à 10,5 milliards d'euros et la mise en service reportée de 2012 à fin 2018, on peut s'interroger sur ce qu'il adviendrait de ce chantier dans cette hypothèse.

Or, la fermeture de Fessenheim étant subordonnée à la mise en service de Flamanville, c'est tout simplement le coup d'envoi de la transition énergétique qui en dépend. Mais aussi, la situation financière, pour ne pas dire la survie, d'EDF. C'est le plus gros dossier que devra gérer Emmanuel Macron aux dires de tous les observateurs.

« Si l'ASN ne donne pas son accord et s'il faut démonter le couvercle, l'addition augmente encore de deux ou trois milliards, estime Corinne Lepage. Et là, c'est "stop ou encore" pour l'EPR, dont Flamanville doit être tête de série. »

Même si le contrat finalement signé par les Anglais ne subordonnerait plus la construction de Hinkley Point à celle de Flamanville, on peut douter de sa réalisation dans le cas où les Français s'avéreraient incapables de mener cette réalisation à son terme.

Une solution à l'allemande ?

La mauvaise santé financière d'EDF (endettée de 37 milliards d'euros alors qu'elle fait face à de gigantesques besoins d'investissement) peut difficilement se redresser dans un contexte de prix de marché très bas et face à autant d'incertitudes industrielles. Pour Jean-Philippe Tridant Bel, associé en charge de l'énergie au cabinet Alcimed, le salut de l'entreprise requiert « un peu de créativité de la part de l'exécutif ».

Lui propose de séparer ses activités et de créer une structure de défaisance regroupant tous les actifs à risque, comme l'ont fait les Allemands E.ON et RWE.

« Cela permet d'avoir pour les vingt à trente prochaines années une feuille de route gravée dans le marbre et prévoyant les investissements et les désinvestissements. »

Les actifs d'avenir (renouvelables, services, et même réacteurs, dans une logique export) seraient conservés dans une nouvelle entreprise de droit privé.

« Bien sûr, cela revient à casser un monopole et clore le premier tome d'une histoire », reconnaît le consultant. Géraud Guibert ne croit guère à la piste de la scission, qui « reviendrait à reconnaître que le nucléaire, c'est du passé. »

« Il faut assumer de dire aux Français que le nucléaire n'est plus l'alpha et l'oméga de la politique énergétique française et proposer une vraie trajectoire d'évolution, affirme au contraire Yves Marignac. Jusqu'à présent, le politique n'a pas dessiné ce projet industriel de transformation d'EDF qui serait non seulement négociable avec l'ensemble des parties prenantes en interne, mais aussi acceptable et même positif pour le grand public, qui reste très attaché à l'image de l'entreprise publique. »

Comme le relèvent Corinne Lepage et Géraud Guibert, il est aberrant et juridiquement incompréhensible qu'au motif de conflit d'intérêts les administrateurs représentant l'Etat soient écartés des votes concernant les sujets traités par l'Etat. On ne voit cela dans aucune autre entreprise publique. Or c'est pour cette raison qu'en dépit des 84 % qu'il détient dans l'entreprise, l'état n'est pas parvenu à imposer la fermeture de Fessenheim.

« Ce qui a surtout manqué, observe le conseiller maître à la Cour des Comptes, c'est une vraie stratégie d'industrialisation du site suite à la fermeture ». Cette lacune traduit un manque de réelle volonté politique, indispensable pour que l'ensemble des acteurs puissent anticiper les évolutions à venir et les traduire, notamment en mesure de formation et de reconversion. C'est désormais à Emmanuel Macron qu'il revient d'y remédier.

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Trump-Lavrov: Non, la Maison Blanche n'est pas furieuse de la publication des photos. Par Karine Béchet Golovko.

12 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie

vendredi 12 mai 2017

 

Trump-Lavrov: Non, la Maison Blanche n'est pas furieuse de la publication des photos

 
 
 
Selon la presse française, la Maison Blanche serait furieuse que la Russie ait diffusé les photos de la rencontre entre D. Trump et S. Lavrov. Le seul problème, est qu'il s'agit d'un Fake. Un fake lancé par CNN et docilement repris par la presse atlantiste, c'est-à-dire la quasi-totalité des médias. Mais pourquoi? Parce que la rencontre s'est trop bien passée. Et que les photos le montrent.
 

 
CNN sort un article au titre tapageur:
 
 
Alors l'on cherche les déclarations du porte-parole de la Maison Blanche ou de D. Trump, furieux - et il sait l'être - mais rien. Il faut dire que la source est assez ... floue:
 
The White House did not anticipate that the Russian government would allow its state news agency to post photographs of an Oval Office meeting between President Donald Trump, Russian Foreign Minister Sergey Lavrov and Russia's ambassador to the US, a White House official said.
Autrement dit, CNN a trouvé la bonne personne pour faire la bonne déclaration, en espèrant qu'au minimum ils aient cherché la personne. Cela a été suffisant pour lancer la machine médiatique. Si CNN le dit, il faut le reprendre, c'est le but de la liberté de la presse. 
 
CNN, le média que Trump qualifie régulièrement de Fake News pour propager de fausses informations. Bref, une source de choix. D'ailleurs Trump s'en donne à coeur joie sur la menace russe:
 
 
 
Il faut comprendre que les médias ont été furieux pour deux raisons. Tout d'abord, le Président américain n'a pas invité de journalistes américains lors de la rencontre avec S. Lavrov et le si dangeureux ambassadeur russe aux Etats Unis, celui-là même dont la seule vue coûte leur carrière aux politiciens américains. Jamais un ambassadeur n'a fait tombé autant de têtes, ce qui montre la faiblesse et la radicalité du système américain actuel. Seuls étaient présents le photographe de D. Trump (qui a ainsi maîtrisé l'image - ce qui a dérangé) et le photographe de Lavrov, un journaliste de l'agence d'information TASS. Et les photos prises montraient une bonne ambiance et un rapport franc, qui a fortement dérangé. Voir la réaction de l'ancien ambassadeur US à Moscou:
 
 
Ils ont donc voulu boycotter les images. Surtout que, et c'est la deuxième raison, la rencontre avec le ministre des affaires étrangères d'Ukraine n'a eu lieu que après et non avant celle de Lavrov et que la photo qui en ressort a fait largement réagir la blogosphère se demandant si Klimkine apportait son café à Trump pu s'il était son caniche:
 
Президент США Дональд Трамп, вице-президент Майк Пенс и министр иностранных дел Украины Павел Климкин во время встречи в Вашингтоне. 10 мая 2017
 
L'on sent une différence d'ambiance et d'attitude:
 
 
C'est effectivement impardonnable pour la presse, qui ne s'arrête pas là. La presse anglosaxonne, The Independant et The Washington Post en tête, lance le bruit que ce photographe russe serait un espion russe qui aurait déposé des micros dans le bureau oval: laisser entrer cet individu portait atteinte à la sécurité nationale. Plus concètement pour un ancien de la CIA interrogé par The independant:
 
 
Il n'y a rien de nouveau finalement, ce n'est qu'une crise d'hystérie de plus. Mais il est important de le rappeler régulièrement, pour que cette fausse impression de normalité en Occident ne puisse s'installer. Les gens ont la mémoire courte, les piqûres de rappel doivent être régulières ... tant que la raison n'aura pas repris le dessus.
 
 
 
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THAAD, TAPI et tempête. Rédigé par Observatus geopoliticus.

12 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

THAAD, TAPI et tempête

12 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Asie centrale, #Chine, #Gaz, #Russie, #Etats-Unis, #Extrême-Orient

Ca s'agite sur l'échiquier planétaire...

Rien ne va plus au pays des Turkmènes. Le limogeage, le mois dernier, du puissant chef du secteur de l'énergie n'est que le reflet des tensions gazières qui secouent Achgabat. Pièce absolument centrale du Grand jeu énergétique entre 1991 et 2005 - on retrouve dans cette histoire Bush, Ben Laden, les Saoudiens, Brzezinski, les Taliban ou encore Kissinger -, le Turkménistan fait maintenant face aux répercussions de l'échec de l'empire américain à s'immiscer en Asie centrale et à contrôler ses pipelines. Par contrecoup, l'inquiétude et l'intérêt de Moscou et Pékin pour le gaz turkmène ont baissé de plusieurs crans.

Les trois tubes du CAC (Central Asie-China) transportent vers la Chine 55 Mds de m3 via l'Ouzbékistan et le Kazakhstan. Une ligne D était prévue, passant par l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan (en bleu sur la carte), devant acheminer 30 Mds de m3 supplémentaires.

Cette route Sud est maintenant reportée indéfiniment. Dès la fin 2014, des problèmes apparurent pour constituer des joint-ventures sino-kirghizes et sino-tadjikes avant que la Chine et l'Ouzbékistan n'enterrent officiellement le projet.

Coïncidence ? C'est justement en 2014 que Gazprom et Pékin ont signé le deal du siècle - le plus gros contrat de l'histoire - pour la fourniture de 38 Mds de m3 de gaz russe pendant 30 ans. Notons en passant que ce projet pharaonique suit son cours avec l'ouverture un check-point frontalier sur le fleuve Amour visant à faciliter la construction de part et d'autre.

Bloqué à l'ouest par la Caspienne, délaissé au nord-est par la Chine, le Turkménistan n'a plus d'espoir que dans l'impossible TAPI au sud-est. Celui-ci aussi, nous l'avons longuement et plusieurs fois évoqué. En anglais, pipedream signifie "chimère". Jamais un gazoduc n'a aussi bien porté ce nom...

A 6 000 kilomètres de là, les Américains installent leur THAAD en Corée du sud, officiellement contre les nordistes de Kim, officieusement contre la Chine, ce que votre serviteur et nombre d'analystes répètent inlassablement. Cela a lieu dans un contexte un peu particulier avec l'élection d'un président sino-compatible moins soumis aux desiderata impériaux.

Nous nous étions arrêtés au refus coréen de payer et à l'offre américaine de prendre en charge tous les coûts. En réalité, ce cadeau de McMaster, le Conseiller à la sécurité nationale issu de l'establishment washingtonien, a été très mal pris par Trump qui l'aurait littéralement engueulé au téléphone.

Dernier épisode d'une suite d'accrocs qui commence à se rallonger sérieusement et qui débuta dès le mois de février quand, avant un discours présidentiel devant le Congrès, le général néo-con avait fortement conseillé de ne pas utiliser l'expression "terrorisme islamique radical", sans doute pour éviter de braquer la Saoudie et autres alliés. Non seulement le Donald avait employé les mots fatidiques, mais il avait pris bien soin d'en détacher chaque syllabe.

Donald 2.0 redeviendrait-il Donald 1.0 ? L'ambiance générale parmi l'Etat profond est à la désillusion et, après la vraie-fausse frappe sur la Syrie grâce à laquelle le président américain a connu un répit, la MSN, fidèle porte-voix du système impérial, retombe dans l'habituelle hystérie.

Il est vrai que Trump tend parfois le bâton pour se faire battre, en virant le directeur du FBI - "bonne décision, mauvais timing" comme le disent certains - alors même qu'il accueille avec égard Lavrov à la Maison blanche. Il n'en fallait pas plus à la presstituée pour reprendre du service.

Sur le fond, les deux hommes ont discuté extensivement de la Syrie. Si l'on ne connaît évidemment pas le contenu des échanges, cela s'est apparemment très bien passé au vu des réactions des uns et des autres : "Pragmatisme", "très bonne rencontre"... De quoi faire enrager un peu plus le Deep State.

 

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La présence militaire française sur le front russe. Par Lucien Pons

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La guerre, #le nazisme

La présence militaire française sur le front russe. Par Lucien Pons

Bonjour.

Tristes constats, la France réduite à un dominion anglo-saxon, la France totalement soumise à l’OTAN envoie des troupes en Estonie afin de préparer la guerre à notre alliée de toujours : la Russie.

Depuis 1970, nos dirigeants n’ont eu de cesse de nous fondre dans le giron atlantique contre l’avis du peuple.

Quel est donc ce tropisme caractéristique des décideurs français qui consiste à préférer l’étranger à la France ! En 1940 déjà, la classe dirigeante avait fait le choix de la honte ; « l’étrange défaite » de Marc Bloch donne des pistes utiles pour comprendre. C’est vrai que la formule « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire » a fait florès chez les dirigeants (politiques, économiques, …) de l’époque.

L’atlantisme assumé de nos dirigeants actuels conduit aux mêmes trahisons.

Le retour total dans l’OTAN a des conséquences très graves quant à notre souveraineté militaire et à notre indépendance tout simplement.

Qu’en sera-t-il de notre armée républicaine dont la mission est la défense de notre territoire et de nos intérêts ?

Qu’en sera-t-il de notre dissuasion nucléaire ? Sera-t-elle donnée à l’OTAN ?

Qu’en sera-t-il de nos industries stratégiques de défense ? Hélas la dérive est actée, la prédation d’Alstom par Général Electric en est seulement la partie visible

Depuis longtemps la machine à décérébrer nos concitoyens tourne à plein régime. Il est urgent de modifier l’entendement des patriotes, et c’est « En Marche » !

Nous ne sommes plus reconnaissants à l’Armée Rouge pour sa victoire sur le nazisme. Pire, nous considérons le communisme comme l’équivalent du nazisme en terme de répressions et d’horreurs.

 

 

Nous sommes heureux de nous soumettre à l’impérialisme allemand et américain.

Nous sommes disposés à transmettre la dissuasion nucléaire française à cet empire sous prétexte que notre dette ne nous permet plus d’assumer cette charge.

Nous sommes incapables de voir que le mécanisme de la dette remplace avantageusement les divisions nazies sur les champs Elysées.

Nous sommes prêts à avaler - après la pilule Macron - le mensonge qui désigne la Russie comme notre principal ennemi.

 

 

Lors du sommet de l’OTAN les 8 et 9 juillet 2016 à Varsovie cette attitude belliqueuse à l’égard de la Russie avait été actée. Présence de troupes de l’OTAN sur le front de l’est. Système Aegis en Roumanie et prochainement en Pologne, cela permet d’installer des missiles offensifs de dernière génération, dits de première frappe afin d’anéantir les défenses russes. Il va de soi que ces missiles seront aussi nucléaires. En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur «Projet pour un nouveau siècle américain», qui théorise cette politique agressive.

Pour la première fois depuis sa prise de fonction en mai 2012, le président de tous les français s’est opposé à l’envoi de troupes françaises sur la frontière russe. Ce sursaut gaullien n’a pas été relayé par la presse atlantiste. Il est vrai qu’après la fête nationale du 14 juillet cette volonté d’opposition a disparu. Aujourd’hui des troupes françaises sont intégrées à un bataillon britannique de l’OTAN pour préparer la guerre à notre allié de toujours. Dans un des documents ci-après on peut apprécier le degré de vassalisation de la France : le responsable militaire français s’exprime en anglais !!!

Cordialement

Lucien Pons

 

Voici trois documents intéressants

  1. Des soldats français en Estonie pour renforcer le flanc oriental de l'Otan face à la Russie

 

Les "Scorpions" du 2e RIMa partent en Estonie

  1. Voici le plan du Pentagone pour l’Europe. Par Manlio Dinucci.

En préparation de la visite du président Trump en Europe -le 24 mai à Rome, le 25 au Sommet Otan de Bruxelles, les 26-27 au G7 de Taormina- le Pentagone a présenté son plan stratégique pour le « théâtre européen ». Il l’a fait par la voix du général Curtis Scaparrotti qui, étant à la tête du Commandement européen des Etats-Unis, est automatiquement à la tête de l’Otan avec la charge de Commandant suprême allié en Europe. Au Sénat des Etats-Unis, le 2 mai, le général rappelle que « le théâtre européen reste d’une importance cruciale pour nos intérêts nationaux » et que « l’Otan nous donne un avantage unique sur nos adversaires ». Cet avantage se trouve cependant à présent mis en danger par « une Russie résurgente, qui essaie de miner l’ordre international sous conduite occidentale et de se réaffirmer comme puissance mondiale ».

Le Commandant suprême appelle les alliés européens à serrer les rangs autour des Etats-Unis pour défendre par tous les moyens l’ « ordre international » -celui qui est fondé sur la suprématie économique, politique et militaire de l’Occident- mis en péril par l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux.

Il concentre le feu sur la Russie, en l’accusant d’ « activités malignes et actions militaires contre l’Ukraine » (juste au troisième anniversaire du massacre de dizaines de Russes perpétré à Odessa le 2 mai 2014 par des néo-nazis ukrainiens sous direction USA/Otan). Mais la « menace » ne provient pas que de la Russie : les Etats-Unis -déclare l’amiral Harris, chef du Commandement Pacifique- sont défiés dans cette région simultanément par « une Chine agressive et une Russie revancharde ».

En réponse à ces défis, annonce Scaparrotti, le Commandement européen des Etats-Unis « est en train de revenir à son rôle historique de combat, en adaptant ses plans aux menaces que nous avons face à nous ». Il demande donc au Congrès d’augmenter les fonds pour la «European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les USA en 2014 officiellement pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens, pour laquelle 3,4 milliards de dollars ont été attribués en 2017. « De significatifs investissements sont nécessaires -souligne le général- pour augmenter dans toute l’Europe notre présence avancée, le pré-positionnement de matériels militaires, les exercices pour la préparation aux conflits ».

Le plan est clair et il est déjà en acte : transformer l’Europe en première ligne de la confrontation avec la Russie. C’est ce que confirme l’annonce, faite le 4 mai, que l’Armée USA en Europe a constitué un nouveau quartier général à Poznan, en Pologne, pour commander les plus de 6 mille soldats étasuniens basés en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, dans le but de « renforcer le flanc oriental de l’Otan comme dissuasion envers la Russie ».

Au déploiement sur le flanc oriental -comprenant forces blindées, chasseurs-bombardiers, navires de guerre et unités de missiles y compris nucléaires- participent les puissances européennes de l’Otan, comme le démontre l’envoi de troupes françaises et de chars d’assaut britanniques en Estonie.
Et l’armée européenne ? Dans la rencontre avec les ministres de la défense de l’Union européenne, le 27 avril à Malte, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg n’a laissé aucun doute : « Il a été clairement convenu par l’Union européenne que sont objectif n’est pas de constituer une nouvelle armée européenne ou des structures de commandement en compétition avec celles de l’Otan, mais quelque chose qui soit complémentaire à ce que fait l’Otan ».

Le bâton de commandement reste donc solidement dans les mains du Commandant suprême allié en Europe, un général étasunien nommé par le président des Etats-Unis.

Edition de mardi 9 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/ecco-il-piano-del-pentagono-per-leuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

Leurs livres ne se répètent pas : ils se complètent. Après Jacques Sapir (L’Euro contre la France, l’euro contre l’Europe, au Cerf), après Coralie Delaume et David Cayla (La fin de l’Union européenne, chez Michalon) et avant que je présente le livre de Frédéric Farah (Europe : La grande liquidation démocratique, Editions Bréal), voici les 30 bonnes raisons de quitter l’Europe (Editions H&O) exposées par Olivier Delorme, agrégé d’histoire, historien de la Grèce et des Balkans.

Résistant, Jean-Louis Bory publia en 1945 un roman écrit pendant la lutte de libération nationale et qui eut un immense succès : Mon village à l’heure allemande. Historien, lui aussi romancier, inspiré par le général de Gaulle et resté étranger au gaullisme partisan, Olivier Delorme aurait pu titrer son livre « Mon Europe à l’heure allemande » car l’Allemagne est le fil noir qui relie les trente chapitres du livre.

Bien entendu, il n’y a pas plus de « complot allemand » pour retrouver une position hégémonique en Europe qu’il n’y a de « complot américain » ourdi dans les couloirs de Washington et de Wall Street. Le jeu des acteurs se déroule pour l’essentiel dans la pleine lumière des rapports de force géopolitiques. Après 1945, les Etats-Unis sont en position dominante en Europe de l’Ouest et l’Allemagne vaincue, massivement criminelle (1), veut faire reconnaître à la fois sa respectabilité et son rôle dans la reconstruction européenne. La France, mais aussi le Vatican, jouent un rôle décisif dans cette reconstruction qui se fait contre l’Union soviétique. De l’exposé très complet et limpide d’Olivier Delorme, je retiens ici trois courtes leçons d’histoire :

L’Europe dont on nous parle – l’Ouest du continent – est le produit de la Guerre froide et elle n’a existé, jusqu’en 1990, que par la Guerre froide. Quelques dates suffisent pour établir ce point : la première bombe atomique soviétique explose le 22 août 1949 ; le coup de Prague qui a lieu le 25 février 1948 et la fin de la guerre civile en Grèce, le 16 octobre 1949, achèvent de délimiter les deux camps ; c’est le 9 mai 1950 que Robert Schumann, ministre français des Affaires étrangères, fait la fameuse Déclaration qui lance la « construction européenne ».

Cette Europe de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), du Marché commun puis de la Communauté Economique européenne a la particularité de ne pas être européenne : elle ne se produit pas elle-même, ce sont les Etats-Unis qui lui accordent leurs crédits (le plan Marshall) et qui exigent en avril 1948 la création de l’Organisation économique de coopération européenne (OECE devenue OCDE). Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie internationale et déployé leurs forces armées sur le sol européen, leur voix est évidemment prépondérante !

Durement éprouvée par l’Occupation et les combats de la Libération, embourbée en Indochine et sans capacités atomiques, la France peut d’autant moins contester la politique européenne des Etats-Unis que son personnel politique est largement convaincu que les nations doivent être dépassées dans « l’Europe ». Ce dépassement qui est présenté comme une loi de l’histoire se résume à un tour de passe-passe : alors que l’Allemagne n’est pas encore une nation puisqu’elle n’a connu dans sa brève existence que la forme impériale à l’exception des quatorze années de la République de Weimar, on proclame que toutes les nations sont belliqueuses par essence et on réclame leur fusion dans l’Europe supranationale. Ce qui permet d’ailleurs de noyer la culpabilité allemande dans le flot des condamnations des nationalismes-fauteurs-de-guerre.

Cette thématique du dépassement s’est inscrite dans une idéologie douce, fade au regard des idéologies totalitaires, mais qui donne encore un semblant d’esprit aux classes dirigeantes : il s’agit du démocratisme chrétien, incarné par Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer qui opèrent sous impulsion vaticane. De ces trois « pères fondateurs », le français fut assurément le pire. On a trop oublié que Robert Schuman, député mosellan entre les deux guerres, défenseur du patronat, admirateur de Salazar et de Franco, avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avant de s’abstenir scrupuleusement de toute activité résistante. Frappé d’une peine d’indignité nationale dont le Général eut la faiblesse de le faire relever, mais encouragé par Pie XII et le patronat, ce familier de l’American Commitee for United Europe s’ingénia à bâtir une Europe qui n’a cessé de contredire l’ambition catholique d’universalité, de justice et de paix puisque la reddition progressive à l’ultra-concurrence coïncide avec l’extension de la guerre de tous contre tous.

Sous l’égide de Jean Monnet, proche, très proche des Etats-Unis avant, pendant comme après la guerre, la CECA créée en 1951 par le traité de Paris fut le premier organe supranational qui géra la production de charbon et d’acier en faisant primer la solidarité transatlantique sur les impératifs hautement proclamés de la construction européenne : la CECA accepta notamment de renoncer aux importations de charbon polonais pour leur substituer le charbon étatsunien. Les gaullistes et les communistes s’opposèrent sans succès au traité de Paris mais, en mobilisant l’opinion publique, ils réussirent à faire échouer le projet de Communauté Européenne de Défense qui impliquait le réarmement de la République fédérale allemande. Du moins, cette moitié d’Allemagne, où la dénazification fut une « farce », était redevenue respectable aux yeux des Etats-Unis et d’anciens vichystes : membre du Conseil national de Pétain, Antoine Pinay est le chef du gouvernement qui signe en mai 1952 le traité de CED.

Mais quelle respectabilité ? On répète depuis cinquante ans que l’Allemagne s’est relevée par ses efforts et la rigueur imposée par l’économie sociale de marché. Olivier Delorme détruit la légende : l’économie ouest-allemande a bénéficié des crédits américains, de l’annulation d’une grande partie de ses dettes, de l’échelonnement à long terme du reliquat, de l’ajournement du remboursement des intérêts et de l’oubli des dommages de guerre. Si nous avions puni l’Allemagne de l’Ouest et ses Allemands pour leurs crimes aussi méthodiquement que Berlin punit la Grèce pour des légèretés qui n’ont jamais tué personne, si nous avions pillé l’Allemagne vaincue aussi systématiquement que l’Allemagne pille aujourd’hui la Grèce, le pays que nous prenons pour modèle serait encore couvert de ruines.

Il était certes nécessaire de relever une République fédérale soumise, comme la République démocratique allemande, à occupation militaire : pour la France, les territoires de l’Est constituaient un glacis face à une possible invasion soviétique et il était important que la population y vive confortablement afin de ne pas se tourner vers les communistes. Mais il était non moins important de conserver le contrôle de l’ensemble des affaires de la Bundesrepublik. Né après l’échec du plan Fouchet d’Europe politique, le traité franco-allemand fermement proposé par le général de Gaulle au chancelier Adenauer visait à établir une entente politique qui reposait sur une base fragile car le chancelier allemand, qui avait accepté la participation allemande à la Force nucléaire multilatérale (MLF) proposée par les Etats-Unis, était aux prises avec ses ministres qui ne voulaient pas de traité bilatéral avec la France (2). D’ailleurs, comme le rappelle Olivier Delorme, le célèbre traité de l’Elysée, fondateur de l’amitié franco-allemande et du non moins célèbre « couple franco-allemand » fut affublé par le Bundestag, en juin 1963, d’un préambule interprétatif unilatéral précisant que les liens entre la République fédérale et les Etats-Unis primeraient toujours sur les liens avec la France.

Le redressement économique ouest-allemand se fit dans un pays dont l’existence dépendait du maintien de l’équilibre de la terreur et qui était voué, dans la très faible hypothèse d’un déferlement de troupes russes, à servir de champ de bataille – placé par précaution sous le feu de nos missiles nucléaires tactiques Pluton. Ce dispositif n’empêchait pas la France gaullienne de maintenir de bonnes relations avec l’Union soviétique qui garantissait quant à elle la division des deux Allemagnes (3).

La chute du mur de Berlin a détruit cet équilibre très favorable à la France. L’absorption de la RDA par la République fédérale a ravivé les inquiétudes françaises que François Mitterrand voulut apaiser en arrimant l’Allemagne par le traité de Maastricht. La manœuvre fut un échec complet puisque le « nain politique » allemand du temps de la Guerre froide se mua en puissance dominante par l’effet de l’Union économique et monétaire, du laxisme français face aux menées allemandes lors de l’éclatement de la Yougoslavie et de la fascination de l’élite française du pouvoir et des affaires pour le prétendu modèle allemand.

Au cours de cette période qui n’est malheureusement pas terminée, nous avons pu vérifier que l’Europe réduite à l’Union européenne ne garantissait ni la paix, ni la prospérité, ni la démocratie. Quant au « couple franco-allemand », mariage de raison lourd d’arrière-pensées, il s’est disloqué dès la réunion des deux Allemagnes. Le constat d’Olivier Delorme est implacable. C’est l’Allemagne qui a déclenché la catastrophe yougoslave en reconnaissant la Slovénie et la Croatie selon des affinités historiques qui l’ont poussée à soutenir les extrémistes croates (4) et c’est encore l’Allemagne qui a été à la manœuvre aux côtés des Etats-Unis et de la Pologne lors du renversement de Ianoukovitch. C’est l’Allemagne qui détient la réalité du pouvoir monétaire dans la zone euro, organisée à l’allemande, selon les règles et les fantasmes du patriotisme monétaire allemand qui font de l’euro une monnaie allemande, justement analysée comme « carcan idéologique » et moyen de contrainte effectif, déflationniste et rigoureusement antisocial, utilisé pour punir la Grèce – comme fut punie l’Allemagne de l’Est – et pour décourager tout mouvement de révolte contre l’ordre monétaire.

Olivier Delorme ne montre aucun signe de découragement. Pour lui comme pour nous, la reconquête de la souveraineté nationale est possible à brève échéance et il faut dès à présent envisager la réunion des Etats nationaux du continent dans une Europe enfin européenne. C’est pour l’Union européenne que sonne le glas.

Bertrand Renouvin

***

(1) Ce ne sont pas seulement des SS mais l’ensemble de l’armée allemande soutenue par la très grande majorité du peuple allemand qui s’est rendue coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cf. Christian Baechler, Guerre et exterminations à l’Est, Hitler et la conquête de l’espace vital – 1933-1945. Tallandier, Texto, 2016.

(2) Sur ce point, cf. Pierre Maillard, De Gaulle et le problème allemand, Ed. de Guibert, 2001 et plus particulièrement le chapitre IX : La crise du traité franco-allemand ; cf. également la communication de Jacques Bariety : « De Gaulle, Adenauer et la genèse du traité de l’Elysée du 22 janvier 1963, in De Gaulle en son siècle, tome 5 : L’Europe. Page 352-364. Institut Charles de Gaulle, Plon/ La Documentation française, 1992.

(3) Georges-Henri Soutou, L’Alliance incertaine, Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996. Fayard, 1996, et ma présentation de l’ouvrage : http://www.bertrand-renouvin.fr/france-allemagne-lavenir-incertain/

(4) Cf. http://www.bertrand-renouvin.fr/francois-mitterrand-la-france-et-letat-4-chronique-114/

 

SOURCE :

 

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