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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la france tag

L'ITALIE va QUITTER la zone EURO, prédit le prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'Italie., #La France

Publié par El Diablo

 

 

L'ITALIE va QUITTER la zone EURO, prédit le prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz

A moins de deux mois du référendum constitutionnel, crucial pour l'Italie comme pour Matteo Renzi, les signaux d'alarme sur un possible "Italexit" (ou d'un "Quitaly") se multiplient. Pour le prix Nobel d'économie, ce pourrait être "l'événement cataclysmique" qui pulvérisera l'Union européenne.

Dans une interview accordée mercredi 5 octobre 2016 au quotidien allemand Die Welt, rapporte l'agence Reuters, le prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz a détaillé ses prévisions pour l'Union européenne. Et c'est rien de dire qu'elles sont pessimistes.

Il a notamment dit qu'il fallait s'attendre à ce que, dans les prochaines années, l'Italie quitte la zone euro. Les principaux facteurs économiques responsables de cette débâcle, a-t-il dénoncé, sont l'Allemagne et sa politique d'austérité, ainsi que la monnaie unique, l'euro.

« En Italie, les gens sont de plus en plus déçus par l'euro. Les Italiens commencent à réaliser que l'Italie ne fonctionne pas bien dans l'euro. »

 

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

 

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Kiev persiste et signe... "Un petit peuple libre est plus grand qu'un grand peuple esclave." Victor Hugo.

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #L'OTAN.

mardi 11 octobre 2016

Kiev persiste et signe...

 
"Un petit peuple libre est plus grand 
qu'un grand peuple esclave."
 
Victor Hugo
 
Kiev persiste et signe... "Un petit peuple libre est plus grand qu'un grand peuple esclave." Victor Hugo.
Dans la soirée du 10 au 11 octobre 2016, l'artillerie ukrainienne a continué à bombarder le territoire de la République populaire de Donetsk. Au total 462 obus ont frappé principalement les secteurs de Yasinovataya (Nord Est de Donetsk) Trudovsky, t Aleksandrovka (Sud Ouest de Donetsk) et Kominternovo,Sahanka (Sud de la DNR)
 
Mais c'est dans ce dernier secteur de Sahanka, proche de la mer d'Azov, que les tirs ukrainiens (plus de 200 obus de mortiers et d'obusiers) ont fait le plus de dégâts et surtout 2 nouvelles victimes civiles, 2 femmes touchées par des éclats d'obus dont une succombera à l'hôpital au milieu de la nuit. 

Au total depuis 3 jours cette zone du front est devenue le point le plus critique du moment enregistrant suite aux bombardements répétés et une attaque terrestre 3 morts (2 soldats et 1 civile), 5 blessés et 1 soldat capturé.
 
Pendant ce temps là à Kiev, les représentants du gouvernement Porochenko ont décliné leur participation à la prochaine réunion du Quartet Normandie (France, Allemagne, Ukraine Russie) chargé d'impulser le processus de Paix signé à Minsk. La raison invoquée à ce retrait des négociations est que le gouvernement ukrainien n'a pas donné son consentement pour l'application de la feuille de route des accords de Minsk (élections locales, statut spécial...) Nous voyons donc arriver le processus dans l'impasse inévitable du fait du refus catégorique de l'actuelle Verkona rada (assemblée ukrainienne) de procéder à une réforme constitutionnelle autorisant la mise en oeuvre des accords de Minsk.
 
Ce blocage était prévisible du fait de la constitution actuelle du parlement ukrainien sous la coupe réglée de radicaux nationalistes et d'oligarques corrompus qui refusent de voir s'achever l'éclatement de l'Ukraine par un processus de fédéralisation et d'autonomie des régions.
 
 
Les aboiements des roquets ukrops...
 
 
Encouragés par l'aggravation de le crise syrienne et des relations entre Washington et Moscou, les roquets de la "coalition de la guerre" s'en donnent à haine-joie sur les bancs de la Verkhona Rada ou sur les pages des réseaux sociaux thérapeutiques...
 
Ainsi Oleksandr Turchynov l'ex Pésident putschiste du Maïdanet actuel  chef de la sécurité et la défense du Conseil national de l'Ukraine a t-il déclaré que "la Russie est aujourd'hui un facteur de risque majeur, à la fois en Europe et dans le monde." Quant au petit Führer et député Iarosh, il pousse quant à lui le délire jusqu'à voir les chars ukrainiens dans Rostov et Kransnodar !
 
Le 23 septembre 2016, un participant à l'émission télévisée ukrainienne Shuster Live, se lâche et dénonce la réalité des parlementaires ukrainiens qui ne représentent qu'eux mêmes.
 
La réalité du parlement ukrainien
Au niveau international la crise syrienne provoque déjà des crispations diplomatiques majeures qui augurent d'une extension du conflit levantin. Ainsi pour rester autour des accords de Minsk qui sont mort nés depuis 2 ans, ils risquent d'être les premières victimes du différend qui oppose aujourd'hui Moscou à Washington via Paris qui assume plus le rôle de caniche étasunien que de médiateur européen souverain. Après la visite arrogante du ministre français des affaires étrangères à Moscou, la résolution présentée par la France à l'ONU dans le dossier syrien, plus destinée à provoquer un veto russe logique et énervé que d'ouvrir une porte à la Paix, a jeté un froid glacial entre les 2 capitales, au point que le Président russe a annulé la visite qu'il devait effectuer à Paris le 19 octobre prochain
 
Le peuple du Donbass uni autour de sa Liberté 
 
Dans le Donbass, les familles qui se préparent à affronter à nouveau les froidures de l'hiver et les brûlures de la guerre continuent de faire bloc autour de leurs représentants et de défendre leur droit à disposer d'eux mêmes en combattant l'agression ukrainienne ou en refusant comme à Lugansk une ingérence militaire occidentale qui utiliserait  dans le cheval de Troie.
 
Ainsi à Lugansk, plus de 17 000 personnes se sont rassemblées pour protester contre le projet occidental récurrent de'organiser une présence militaires armée étrangère dans le Donbass sous prétexte de mission internationale de maintien de la paix. Les milliers de familles venues manifester ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Non à l'intervention étrangère sous prétexte d'une mission armée", "Lugansk contre les envahisseurs", "la mission armée = intervention militaire" "Nous assurons nous mêmes notre propre sécurité." etc... L'expérience des opérations occidentales passées comme en Yougoslavie par exemple reste ancrée dans les mémoires ...
 
 

Un appel humanitaire
 
A Donetsk, l'approche de l'hiver inquiète les familles bombardées sur le front dont certaines démunies ont besoin d'aide pour réparer les dégâts causés par l'artillerie ukrainienne. L'action humanitaire est souvent un vol de colibris qui modestement apportent chacun leur goutte d'eau au dessus de l'incendie. 
 
Certains volontaires venus ici aident comme ils peuvent la population en donnant 500 roubles ici ou en offrant un repas ailleurs, d'autres plus démunis offrent leur temps et leurs bras pour réparer des toitures ou des fenêtres, tout ceci pendant que certains, vautrés dans leur fiel osent critiquer ces petits donateurs dont la dimension morale du plus petit de leurs gestes est aussi grande que la lâcheté méprisable des insectes nuisibles qui les calomnient.
 
"Save Donbass People" est une organisation humanitaire qui apporte son soutien et dirige les aides vers des familles durement touchées par la guerre. Ainsi, cette semaine une opération a été lancée par Christelle Néant de l'agence DONi Press pour aider une famille de Trudovsky (au Sud Ouest de Donetsk) dont la maison a été gravement endommagée par plusieurs bombardements...
 
Voir l'article référence, le lien ici : DONi Press
 
Si vous désirez participer à aider cette famille éprouvée par la vie et la guerre, vous pouvez contacter les responsables de cette action  ici :
 
- Christelle Néant  le lien ici : courriel 
- Andrey ( russophone) le lien ici : Vkontakte ou au +380 50 474-85-33.
 
Merci d'aider cette famille, soit en participant, soit en relayant comme ici l'information autour de vous 
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
*
*   *
 
Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
 
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Alep, Al-Bab, Raqqa : un état des lieux du conflit en Syrie. Par Caroline Galactéros

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère

Alep, Al-Bab, Raqqa : un état des lieux du conflit en Syrie

 

Publié le par Caroline Galactéros

Situation du conflit en Syrie : en rouge le régime de Damas ; en vert les "rebelles" ; en noir l'Etat islamique ; en jaune les kurdes. Carte Wikipédia du 6 octobre 2016

Situation du conflit en Syrie : en rouge le régime de Damas ; en vert les "rebelles" ; en noir l'Etat islamique ; en jaune les kurdes. Carte Wikipédia du 6 octobre 2016

Les lignes bougent à grande vitesse en Syrie alors que les médias pointent leurs objectifs vers la capitale économique du pays, Alep, où les forces de l’Etat syrien, appuyées par les milices chiites, les troupes iraniennes et l’aviation russe, mènent une campagne terrestre pour reprendre quartier par quartier l’Est de la ville sous contrôle des rebelles islamistes dominés par l’ex-Front al-Nosra.

 

La reprise complète de la ville d’Alep serait une consécration pour le régime de Damas qui s’en servirait comme d’un levier diplomatique dans le cadre de futures négociations internationales : il s’agit pour Bachar el-Assad de montrer qu’il contrôle bien la « Syrie utile » et que sa guerre de contre-insurrection, certes lente et très meurtrière pour les populations civiles prises en otage par les islamistes qui s’en servent comme de boucliers humains dans cette partie de la ville, est efficace contre tous ceux qu’il dénomme les « terroristes ». Comme le disait récemment Fabrice Balanche, une guerre de contre-insurrection est une guerre d’usure qui consiste, sur le terrain, à démontrer qu’on est l’acteur qui fait le plus peur à tous les autres et qui est insensible à la pression médiatique, bref, que rien en peut faire déroger de sa ligne stratégique et de son approche tactique. En d’autres termes, on pourrait dire qu’il s’agit pour Bachar el-Assad de rappeler que l’Etat est celui qui dispose du monopole de la violence (son caractère légitime étant évidemment sujet à caution dans le cadre d’une guerre civile…). et que « L’Etat, c’est moi » pour sortir justement son pays de l’état d’anarchie. Si le régime de Damas parvient à contrôler ainsi l’ensemble des grandes villes de Damas, de Lattaquié, de Homs, de Hama, d’Alep et, plus symbolique qu’autre chose, de Palmyre, il pourra considérer que l’essentiel de cet objectif aura été réalisé.

Il restera à la myriade de rebelles islamistes quelques zones dispersées autour de Damas, de Homs, de Hama, mais aucun bloc stable sinon le gouvernorat d’Idleb qui, au Nord, jouxte la Turquie. Si les forces gouvernementales syriennes sont passées à l’offensive à Alep, c’est aussi qu’un grand nombre de rebelles présents autour de cette ville sont partis plus au Nord pour participer dans le cadre d’une Armée Syrienne Libre (ASL), remise au goût du jour, à l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate ». Trois nouveaux groupes de rebelles syriens ont été créés dans le cadre de cette opération : Liwaa thouar al-Haraka ; Liwaa el-Qadissiya ; Liwaa thouar al-Jazira. De quoi s’agit-il ? A la suite d’un accord entre Ankara et Moscou, il s’est agi d’autoriser la Turquie à mener une opération de nettoyage de la frontière Turco-syrienne de la présence de Daech, notamment dans la ville de Jarabulus. D’après le quotidien libanais L’Orient le Jour, « le compromis trouvé avec les Russes était d'opérer dans les limites d'une zone de 90 km de largeur et de 12 km de profondeur ». Il s’agissait donc d’empêcher le passage d’armes, de pétrole et de djihadistes de l’Etat islamique, mais aussi d’empêcher la constitution d’un corridor kurde qui aurait pu se constituer à partir de la reprise de la ville de Manbij cet été par les Forces Démocratiques Syriennes, dominées par les YPG, branche armée du parti politique kurde PYD, qui souhaite créer une Rojava (Kurdistan syrien) unitaire réunissant les trois cantons historiquement kurdes d’Afrin, de Kobané et de Djéziré (d’Ouest en Est). Pour les Turcs, le nom même de « Bouclier de l’Euphrate » est une mise en garde aux Kurdes de Kobané de ne pas franchir l’Euphrate vers l’Ouest pour rejoindre le canton d’Afrin. Pour l’instant, l’étape primordiale des forces turques et des rebelles qui les accompagnent est de reprendre le village très symbolique de Dabiq actuellement aux mains de Daech. Symbolique car dans sa propagande, l’Etat islamique considère que Dabiq (qui est aussi le nom de l’un de ses magazines ) sera le lieu de l'ultime bataille avant l'Apocalypse entre musulmans et infidèles.

Les Turcs iront-ils plus loin ? S’ils veulent définitivement empêcher les Kurdes de constituer un corridor, ils devront aller plus au Sud … jusqu’à rejoindre les lignes de défense contrôlées par le régime de Damas juste au-dessus d’Alep. Dans cette hypothèse, les Turcs devront reprendre la ville d’Al-Bab (100 000 habitants) qu’ils ont déjà commencé à bombarder. Qui prendra Al-Bab ? Il est possible que les Kurdes puissent l’atteindre mais Ankara aura du mal à le tolérer et pourrait donc tout faire pour ne pas permettre aux Kurdes de prendre Al-Bab, ce que craignait déjà en juillet dernier Patrice Franceschi dans une interview accordée au Figaro. Le sort de la ville dépendra sans doute d’un compromis éventuel d’Ankara avec Moscou et Damas, et donc de contreparties turques données sur d’autres dossiers ou fronts. Sans oublier l’Iran qui voit d’un fort mauvais oeil la présence des troupes turques en Syrie et en Irak et commence à le faire savoir. Sans oublier l’Iran qui voit d’un fort mauvais oeil la présence des troupes turques en Syrie et en Irak et commence à le faire savoir. D’une manière générale, c’est désormais le triangle Moscou-Ankara-Téhéran qui est à la manoeuvre face à la coalition internationale.

Pour revenir à Al-Bab, les forces du régime, qui en sont aujourd’hui les plus proches (10km seulement) tentent elles aussi de reprendre Al-Bab mais Damas pourrait avoir intérêt à favoriser aussi les Kurdes car le corridor que ces derniers constitueraient pourrait servir de « bouclier » face aux Turcs. Côté turc enfin, une offensive vers Al-Bab dépendra en partie de la facilité avec laquelle les rebelles syriens de l’ASL qu’ils soutiennent prendront le village de Dabiq où Daech a envoyé des hommes en renfort. Fabrice Balanche expliquait récemment que ces rebelles islamistes soutenus par l’Armée turque pourraient ne pas être assez nombreux pour avancer davantage au Sud. Bref, sur ce point aussi, tout va encore dépendre de la position russe.

 

Mais les choses se compliquent : la route qui part d’Al-Bab vers le Sud mène… à Raqqa (200 kilomètres plus loin). Cette ville n’est donc pas de mineure importance pour la suite des événements ! Même si une partie de cette route à quelques dizaines de kilomètres d’Al-Bab est déjà sous le contrôle du régime… La route longe ensuite le lac el-Assad qui se termine par la ville de Tabqa (où se situe un important barrage hydraulique), qui n’est distante que de quelques dizaines de kilomètres de Raqqa. On se souvient que l’Armée syrienne avait essayé cet été de reprendre Tabqa en partant de l’Ouest (la route d’Homs), mais l’opération s’était soldée par une débandade.

Pour résumer : qui veut reprendre la “capitale” syrienne de l’Etat islamique par l’Ouest doit d’abord prendre Tabqa. Pour y arriver, les Turcs et leurs “rebelles” peuvent passer par la route d’Al-Bab mais risquent de se heurter aux forces de Damas qui en contrôlent une partie. Les forces du régime, quant à elles, peuvent emprunter cette route, éventuellement depuis Al-Bab s’ils parviennent à reprendre la ville avant les Turcs, mais peuvent aussi (ré)emprunter la route venant de l’Ouest de Tabqa et qui part de Homs. Les Syriens contrôlent cette route jusqu’à Ithriyah, qui est situé à 100 km de Tabqa (précisons néanmoins qu’on est en plein désert : comme l’ont montré les Syriens cet été, une offensive peut aller très vite … tout autant qu’une contre-offensive !).

N’oublions pas un troisième protagoniste, les Forces Démocratiques Syriennes, dominées par les Kurdes et parrainées par les Etats-Unis. Ce sont les 14 000 combattants des FDS qui sont géographiquement les plus proches de Raqqa. Contrôlant tout le Nord-Est de la Syrie, les Kurdes n’en sont qu’à 50 kilomètres et pourraient quant à eux attaquer la capitale régionale de Daech par le Nord. Néanmoins, Raqqa est une ville arabe. Une opération kurde y serait considérée comme une invasion, d’autant que les Kurdes n’ont pas forcément envie de verser leur sang pour une ville qu’ils ne pourront pas contrôler longtemps et qui ne se situe pas dans les territoires qu’ils convoitent. Les Kurdes ont récemment expliqué qu’ils accepteraient de s’engager vers Raqqa si les Américains reconnaissaient officiellement le Rojava et armaient directement les YPG. L’Orient le Jour fait d’ailleurs état de pressions américaines sur la Turquie en annonçant que le Pentagone fournirait des armes aux FDS pour reprendre Raqqa… Même son de cloche chez les Kurdes et chez les Américains… Colère à Ankara ! C’est pour les Etats-Unis un moyen de faire pression sur l’opération « Bouclier de l’Euphrate » qu’ils jugent avec suspicion dans la mesure où elle est le fruit d’un accord entre Moscou et Ankara. Il en va de même de l’opération sanglante à Deir Ezzor quand l’aviation américaine a (malencontreusement…) bombardé une position du régime, tuant plus de 80 soldats loyalistes. Une opération qui pourrait d’ailleurs se répéter..

L’Orient le Jour l’explique ainsi : « La difficulté à lire la stratégie américaine pourrait s'expliquer par l'absence de consensus stratégique aujourd'hui sur ce dossier. L'opération de Deir Ezzor a été, selon un grand nombre d'acteurs, voulue par le Pentagone, la ligne la plus dure de l'establishment américain, afin de remettre en cause l'accord conclu avec la Russie. Cette lutte sourde au sein de l'Administration pour la réorientation de la politique étrangère américaine a été longuement traitée dans un article de l'intellectuel libanais Ziyad Hafez : « L'État profond aux États-Unis est le parti de la guerre ». Ziyad Hafez voit dans les contradictions entre Pentagone et l'administration Obama l'illustration d'un véritable « coup d'État » qui marque le retour à la direction des affaires « du parti de la guerre », la Syrie apparaissant comme le champ de compétition et de guerre d'usure avec la Russie ». C’est bien ce qui inquiète les Faucons américains : profitant de la fin de règne de Barack Obama et de la priorité que celui-ci a donné à la reprise de Mossoul en Irak, Vladimir Poutine est celui qui, en Syrie, donne le rythme aux événements. Si l’année 2015 a consisté pour le Kremlin à sauver le régime de Damas menacé d’implosion, l’année 2016 est marquée par une phase beaucoup plus offensive : reprise symbolique de Palmyre en mars suivie d’une longue phase d’offensive pour reprendre Alep, laquelle semble bien engagée pour le régime. Pour l’instant, loin d’un bourbier, la Russie mène avec succès son grand retour dans les affaires du Moyen-Orient. Un exemple est assez frappant. En Syrie, les Russes parlent avec presque tous les acteurs, avec l’axe chiite évidemment (Iran ; Irak ; régime de Damas), mais aussi avec les Kurdes (qui s’appuient sur Moscou pour se protéger des Turcs), avec la Turquie (qui s’appuie sur Moscou pour prendre un peu d’indépendance par rapport à Washington). La Russie, malgré son alliance avec Téhéran, est même loin d’avoir rompu tout dialogue avec l’Arabie Saoudite et le Qatar : un dialogue fondé sur les questions économiques, financières et énergétiques se maintient malgré leurs divergences géostratégiques. Moscou n’exclut même pas de vendre des armes à Riyad… On pourrait encore citer l’Egypte, Israël ou la Jordanie qui, chacun à leur manière, entretiennent des relations cordiales voire chaleureuses avec Moscou. On voit ainsi que, diplomatiquement, Moscou n’est pour l’instant aucunement prisonnier de la rivalité des axes chiite/sunnite et que, militairement, la Syrie n’est pas l’Afghanistan.

En 2017, on voit donc se dessiner une Syrie quadripartite :

  • “La Syrie utile” (Lattaquié, Damas, Homs, Hama, Alep) acquise au régime de Bachar el-Assad, progressivement consolidée et placée sous l’influence de la Russie et de l’Iran ;
  • La Syrie des rebelles islamistes sunnites soutenus par la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, laquelle ne se limiterait plus qu’à quelques poches près des grandes villes, au gouvernorat d’Idleb et à une zone tout au Nord issue de l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate » (notons bien que la Russie force le bras turc depuis leur « réconciliation ») ;
  • La Syrie des Kurdes dite « Rojava » avec l’incertitude de sa continuité territoriale dépendant de la création d’un corridor entre l’Ouest (Afrin) et l’Est (Kobané & Djéziré). Soutenus par les Etats-Unis (mais avec des hauts et des bas car Washington ne veut pas se froisser avec son allié stratégique turc), les Kurdes sont historiquement proches de la Russie (qui a été le premier pays à ouvrir un bureau de représentation du Rojava sur son territoire) même s’ils se méfient du deal entre le Tsar et le Sultan…
  • La Syrie de l’Etat islamique le long de la vallée de l’Euphrate, dont le territoire se réduit peu à peu pour se concentrer autour de la capitale régionale, Raqqa. L’une des questions encore en suspens sera de savoir qui s’emparera de cette quatrième Syrie, la diabolique. Rien ne se profile à l’horizon : le régime n’a pas pour priorité de reprendre Raqqa, mais de consolider son territoire en brisant les « rebelles » autour d’Alep (avec l’interrogation autour du gouvernorat d’Idleb…) ; les FDS dominées par les Kurdes n’ont pas les moyens aujourd’hui d’entrer dans une telle offensive et les Américains sont tournés vers Mossoul en Irak ; l’intervention turque ne peut pour l’instant pas aller trop loin sans froisser Moscou et Téhéran. Et puis, tout dépendra évidemment des élections américaines entre le faucon Hillary Clinton et la colombe Donald Trump (à moins que ce ne soit l’inverse…).

 

Dans cette partie du territoire syrien comme à Alep, force est de constater que Moscou poursuit son oeuvre de réduction sans pitié des positions islamistes. Les civils aux mains des gens de l'Etat islamique, d’Al Nosra et ses innombrables avatars ou ramifications, quels que soient leurs noms, en font les frais. L’indignation internationale monte devant les horreurs de la guerre mais de manière bien sélective faut-il le rappeler... Quoi qu’il en soit, ni les menaces, ni le chantage, ni les intimidations américaines, ni l’opprobre international relayé médiatiquement ni d’ailleurs les cris d’orfraie de notre propre diplomatie n’entameront la détermination russe à mener une lutte élargie contre les islamistes qui ont pris la Syrie à la gorge et à pousser ses feux pour prendre l’ascendant militaire et politique en vue d’une négociation ultime sérieuse avec Washington. Washington qui n’en peut mais et semble se rendre progressivement à l’évidence d’un compromis inéluctable sur lequel il n’aura pas la main tout en poursuivant son soutien aux “rebelles” et en se répandant en anathèmes moralisateurs qui ne trompent plus grand monde.

48h après avoir dit qu’ils jugeaient l’attitude russe insupportable et rompaient le dialogue, les Américains reprennent langue avec Moscou. Ils nous utilisent pour cela en guise de missi dominici. Paris dont la parole ne compte plus depuis longtemps et qui cherchait fébrilement l’occasion de donner l’illusion de reprendre l’initiative, ... au nom d’une vision qui demeure à la fois irréaliste, dogmatique et idéaliste. Un os à ronger pour notre diplomatie qui a perdu contact avec la réalité et oscille entre aveuglement aggravé et cynisme pur. Cela aussi fait des morts, aussi sûrement que les bombes qui tombent sur Alep Est. De cela aussi il faudra un jour rendre compte.

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Le torchon brûle entre Paris et Moscou. Le clabaudage pitoyable du caniche français contre l'ours russe. Par Erwan Castel.

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Ukraine, #le nazisme, #L'OTAN.

Le torchon brûle entre Paris et Moscou

Le clabaudage pitoyable du caniche français contre l'ours russe

Le torchon brûle entre Paris et Moscou. Le clabaudage pitoyable du caniche français contre l'ours russe. Par Erwan Castel.
La diplomatie française est bien à l'image de son maladif porte avions Charles de Gaulle naviguant vers la Syrie sous commandement étasunien : celle d'un roquet affamé chassant pour son maître en échange de quelques os à ronger...
 
Depuis le départ du Général De Gaulle, qui avait su garantir une indépendance de la France autant qu'il savait entretenir malgré la guerre froide des relations amicales avec la Russie, les gouvernements successifs (dont on peut se demander si l'équation qualitative n'est pas n+1 < n) n'ont eu de cesse de s'aligner sur la politique étasunienne, jusqu'aux 2 derniers gouverneurs de la colonie France qui sont retournés servilement s'enfermer dans l'enclos de l'OTAN. 
 
La Russie n'oublie pas la perfidie française de Nicolas Sarkozy qui pour servir la stratégie de déstabilisation des pays arabes non alignés de son mentor américain va déclencher une agression militaire contre la Libye paralysée par une zone d'exclusion aérienne...
 
En Syrie, alors que les djihadistes lâchés par l'Oncle Sam contre le régime de Bachar el Assad ( et surtout les projets gaziers qu'il a signé avec l'Iran) subissent de graves revers militaires la diplomatie française aux ordres de Washington a tenté le 8 octobre de resservir à l'ONU la recette libyenne pour autoriser une agression des forces de l'OTAN contre l'Etat syrien.
Cette arrogance du laquais étasunien n'avait pas d'autre objectif que de provoquer un veto russe logique qui bien que légitime allait à son tour déclencher une levée d'indignations occidentales préparées, masquant dans l'opinion le refus de la résolution pacifique proposée par Moscou...
 
Ce veto Russe conspué par les représentants occidentaux a été qualifié "d'abus de pouvoir", alors que 3 jours avant les USA avaient bloqué une résolution condamnant le bombardement de l'ambassade russe de Damas par des djihadistes du Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra). Intervenant à quelques jours d'intervalle dans le même dossier, ces 2 vetos, l'américain protégeant une attaque terroriste et le russe empêchant une agression contre la Syrie, sont symboliques, en dehors des antagonismes politiques et économiques, de la fracture morale qui sépare la politique occidentale de la politique russe...
 
Le pire c'est que, pratiquant comme à l'accoutumée l'inversion accusatoire, les occidentaux relayés, par leurs chiens de garde propagandistes, ont accusé la Russie d'être cynique, dans la continuité des dernières vociférations psychotiques des néocons étasuniens...
 
Or, il suffit de lire les justifications à ce veto données par le Ministère russe des Affaires Etrangères pour s'apercevoir que la décision de Moscou contrairement aux clabaudages des serviteurs de Wall street et de la City, obéit à des principes moraux et des valeurs civilisatrices qui sont d'ailleurs défendues par le Droit international.
 
 
De la Syrie à l'Ukraine, défendre le Droit et la Civilisation
 
Vitaly Tchourkin l'ambassadeur de la Russie au Conseil de l'ONU
Ce texte est très important car il ne révèle pas seulement la position précise et technique de la diplomatie russe en Syrie, mais l'état d'esprit qui guide ses décisions à travers le Monde, et particulièrement en ce moment en Syrie et en Ukraine, l'autre dossier brûlant où Moscou doit affronter les déstabilisations étasuniennes que tentent de cacher des valets européens.
 
"Le 8 octobre, la Russie a voté contre le projet de résolution sur la Syrie présenté par la France au Conseil de sécurité de l'ONU.
 
Son texte, manifestement présenté sous incitation de Washington immédiatement après le refus des Etats Unis de remplir les accords russo-américains sur le règlement du conflit syrien, a profondément déformé la réalité de la situation, était politisé, déséquilibré et partisan. Toute la responsabilité quant à l'escalade des tensions en Syrie est en bloc attribuée au pouvoir du pays. Dans le même temps, en voulant interdire l'aviation dans la région d'Alep, il y a une réelle tentative de garantir une protection à Al Nusra et aux groupes terroristes affiliés malgré l'obligation des pays membres de l'ONU de mettre tous les moyens en oeuvre pour lutter contre la menace terroriste. Le projet français taisait totalement le fait que la crise humanitaire à Alep ait été artificiellement provoquée quand, en août et en septembre, les groupes terroristes ont refusé de laisser passer les convois humanitaires et ont menacé de tirer dessus. Dans le même temps, le projet ignore les enjeux d'un début, le plus rapide possible, du processus politique entre les forces syriennes, processus qui a été justement saboté par ces mêmes opposants que l'Occident protège et couvre envers et contre tout.
 
Lors de la discussion du projet, la partie russe a proposé toute une série d'amendements constructifs, dans le but de le rendre plus objectif. Nous avons insisté sur l'intégration du principe aujourd'hui essentiel d'une distinction claire et nette des forces ressortant d'une opposition "modérée" des terroristes. Nous avons rappelé les enjeux d'un déblocage de la route de Castello par les groupes combattant, qui est l'une des artères principales d'accès à l'est d'Alep. Nous avons défendu des mécanismes de cessez-le-feu, qui avaient été acceptés par le Groupe international de soutien à la Syrie, nous avons insisté pour une confirmation absolue des fondements négociés de la régulation de la crise syrienne dans les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.
 
Afin de ne pas permettre une scission du Conseil de sécurité, nous avons proposé un compromis de projet de résolution.
 
Toutefois, les co-auteurs du projet français, encouragés par des critiques déchaînées de Damas, n'ont pu faire preuve de sagesse politique. A des négociations orientées vers des résultats positifs concrets, ils ont préféré la langue de l'ultimatum, une forte opération de communication, l'exploitation de la problématique humanitaire dans des buts politiques, éloignés des intérêts réels du peuple de Syrie, et également des autres peuples de la région. Il est significatif que notre refus de partager une telle ligne soit partagé par toute une série de membres du Conseil de sécurité.
 
L'échec de la tentative d'abus de l'autorité du Conseil de sécurité montre l'obsession des initiateurs de la résolution française pour l'idée d'un changement inconstitutionnel du régime en Syrie par l'implication des ressources de l'internationale terroriste, largement alimentée depuis l'étranger.
 
Il est parfaitement connu que la Russie n'est pas intervenue dans le conflit syrien pendant les quatre années durant lesquelles les gouvernements occidentaux ont alimenté les groupes armés terroristes et elle n'est entrée en Syrie sur demande de son gouvernement légitime que lorsqu'il y a eut un réel risque pour Damas d'être pris par les terroristes. Il était inadmissible que la Syrie encoure le même sort que l'Irak ou la Libye, avec le renversement desquels a commencé la déstabilisation du Moyen Orient, engendrant et l'état islamique et de nouvelles réincarnations d'"Al Qaïda" comme "Nusra". Il est regrettable que certains de nos partenaires ne tirent pas les leçons de l'histoire.
 
 
En regrettant profondément le préjudice qui a été porté aux efforts pour la régulation du conflit syrien par les tenants de l'intensification de la confrontation, la Russie reste fidèle à sa position de la recherche d'une solution politique à long terme du conflit syrien. Nous sommes prêts à un travail collectif constructif dans l'intérêt de l'exécution volontaire des engagements déjà pris et à la discussion concernant des pas supplémentaires, qui permettraient aux syriens eux-mêmes, par le dialogue de tous les groupes politiques et confessionnels, de déterminer l'avenir de leur pays sans intervention étrangère."
 
 
Le lendemain: les médias occidentaux rapportaient un clash entre les présidents russe et français au cours d'une conversation téléphonique. Cette conversation qui reste à confirmer aurait dégénéré après que Hollande se soit permis de critiquer le Président Poutine à propos des bombardements russes sur les "rebelles modérés". De là le ton aurait monté entre les 2 hommes, le russe rappelant au laquais étasunien l'agression illégale contre la Libye et que la Russie empêcherait même au prix d'une guerre que cela se reproduise ailleurs.
 
Une servilité française qui révèle l'hypocrisie de la stratégie occidentale en Ukraine
 
"La voix de son maître" 
La même politique française, servile en Syrie ne peut pas être indépendante en Ukraine, pas plus que les objectifs géopolitiques des occidentaux devant le même adversaire russe, ne peuvent être différents. Il faut donc ne voir dans les gesticulations menées par le Président français autour des accords de Minsk qu'une opération de contournement diplomatique et un gain de temps pour mieux terminer le travail de préemption territoriale de l'Ukraine entamée en 2014 sur le Maïdan. 

En effet si les occidentaux soutiennent si ouvertement la paix en Ukraine, c'est parce qu'ils savent justement les accords de Minsk impossibles à réaliser du côté ukrainien, et par le cynisme de cette politique hypocrite, ils peuvent faire traîner le conflit dans le Donbass dans, ou provoquer en cas de forcing du processus de paix un nouveau Maïdan et l'arrivée d'une équipe radicale encore plus russophobe...

Soutenir les accords de Minsk sans leur donner de vrais moyens d'être mis en oeuvre c'est juste cacher derrière un masque politiquement correct une stratégie de déstabilisation régionale qui n'attend que le feu vert de Washington et l'évolution syrienne pour réactiver ce deuxième front anti russe... Comme dans le jeu de Go la diplomatie étasunienne pousse son pion français à l'opposé de son objectif pour engager une diversion vers un blocage qui accélérera ensuite son attaque...

D'ailleurs la duplicité de cette diplomatie occidentale en Ukraine qui cherche à entretenir un conflit à feu doux, s'observe chaque jour sur la ligne de front du Donbass où , sous le regard laxiste des observateurs de l'OSCE, les soudards ukrainiens ont repris leurs bombardements contre la populations civile et leurs attaques sur le front, grâce aux aides de l'OTAN et aux subventions européennes.

Si le conflit syrien explose, ce que les derniers sabotages occidentaux réalisés à l'ONU laissent craindre, plusieurs scénarios sont alors possibles :
  • Suite à 1 incident initial grave (avion abattu par exemple) la peur d'un chaos nucléaire l'emporte et les négociations reprennent en Syrie (peu probable) et en Ukraine
  • La confrontation s'ouvre sur un conflit localisé entre les 2 coalitions (USA, OTAN et terroristes contre Russie Syrie et Iran) (difficile). Les négociations sont alors suspendues en Ukraine et :
  1. Soit la Syrie est libérée et les USA jettent l'éponge (ce qui m'étonnerait vu les enjeux)
  2. Soit la Syrie connait une partition territoriale et un nouveau conflit frontalier enlisé.
  • Les USA étendent progressivement leur confrontation avec Moscou à l'Europe par la réactivation d'un deuxième front en Ukraine pour forcer la Russie à contre-attaquer et engager un conflit mondial dans une phase  initiale conventionnelle.
  • La confrontation en Syrie provoque immédiatement un conflit global entre Washington et Moscou qui chercheront probablement à limiter sa durée par des frappes nucléaires stratégiques.
Dans toutes ses hypothèses il est regrettable et même dramatique d'observer le suivisme suicidaire des pays de l'Union Européenne comme cette France pris en otage par la mafia financière internationale et l'OTAN et qui risque de servir de chair à canon et champ de bataille pour défendre les intérêts d'une ploutocratie mondialiste qui elle restera à l'abri dans ses bunkers dorés d'outre atlantique. 

Aujourd’hui, c'est sans conteste cette servilité hallucinante à l'impérialisme étasunien des pays européens qui est la plus grande menace pour la paix et la civilisation occidentale, car sans cette soumission aveugle, les USA ne pourraient pas imposer leur ingérence arrogante de par le Monde et détruire impunément les valeurs humaines qui l'on bâti
 
Aujourd'hui le Monde danse sur un volcan et même si on s'efforce comme nous conseillait Antonio Gramsci « d'allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté », il faut reconnaître que notre avenir ressemble plus à une tempête de plus en plus sombre et inquiétante qu'à un oasis de tranquillité.
 
En attendant, ce qui est sûr, c'est que la France a définitivement baissé la tête et la culotte devant l'Oncle Sam, et que la clique d'incompétents qui est censé la représenter au lieu de soutenir aveuglément des criminels qui servent les intérêts étasuniens. 

Dans une bouffée délirante pitoyable, François Hollande, le gouverneur de la colonie étasunienne France,  a même menacé de Président Vladimir Poutine dont l'armée défait les terroristes en Syrie, de la Cour pénale internationale.

Ce pauvre hère qui fait honte à son pays devrait plutôt méditer cette formule de Jean Jacques Rousseau avant de rencontrer une nouvelle fois le Président russe Vladimir Poutine qui compte venir le 19 octobre inaugurer la nouvelle église orthodoxe de Paris:

 
« Un diplomate est celui qui tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de se taire. »
 
 
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
Source de l'article :
 


 
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Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
 
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Désespérée, l’Administration Obama se raccroche à des inventions, et peut-être pire… Par Moon of Alabama

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Désespérée, l’Administration Obama se raccroche à des inventions, et peut-être pire…

Par Moon of Alabama le 10 octobre 2016

Le 28 septembre la mission française à l’ONU a affirmé que deux hôpitaux d’Alep-est avaient été bombardés. Elle a montré dans un tweet une photo de bâtiments détruits à Gaza. Plus tard, les Français ont supprimé ce tweet.

Désespérée, l’Administration Obama se raccroche à des inventions, et peut-être pire…  Par Moon of Alabama

Ce n’est pas la première fois que des officiels « occidentaux » se rendent coupables d’allégations mensongères et de falsification volontaires de la vérité, mais en général, ils évitent les mensonges trop voyants.

Pas John Kerry, le secrétaire d’État des États-Unis. Hier, pendant la conférence de presse qui a précédé son entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, au sujet d’une nouvelle résolution de l’ONU, il a dit ceci ( vidéo @ 1 : 00) sur la Syrie :

Hier soir, le régime a attaqué un autre hôpital, 20 personnes ont été tuées et 100 ont été blessées. La Russie et le régime doivent plus qu’une explication au monde sur la raison pour laquelle ils ne cessent de frapper les hôpitaux, les installations médicales et les enfants et les femmes. Ce sont des actes qui exigent une enquête pour crimes de guerre. Et ceux qui commettent ces crimes doivent et devront rendre des comptes .

Aucun groupe d’opposition n’a dit qu’une telle chose, qui serait extrêmement grave, était arrivée. Aucun. Aucune agence de presse ne l’ a mentionnée. Le SOHR, l’organe de désinformation du MI-6 en Grande-Bretagne, qui recense de manière très fiable tous les dégâts signalés et qui est fréquemment cité dans les médias « occidentaux », n’en a pas parlé non plus.

Le grave incident que Kerry dénonce n’a pas eu lieu. Kerry l’a inventé. (Était-il censé se produire, a-t-il été annulé et Kerry a-t-il raté la note de service ?) Kerry a utilisé ce mensonge pour appeler à une enquête pour crimes de guerre et à des sanctions. Cela devant les caméras, lors d’un événement officiel avec un hôte étranger dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.

C’est grave. C’est presque aussi grave que les fausses déclarations de Colin Powell sur les armes de destruction massive en Irak devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Les premiers rapports, comme celui de CBSNews, relaient l’accusation de Kerry :

Kerry a déclaré que les forces syriennes avaient frappé un hôpital pendant la nuit, tuant 20 personnes et en en blessant 100, ce qui constituerait la dernière frappe de Moscou ou de son allié à Damas sur une cible civile.

Cependant l’ article du New York Times sur l’événement indique bien que Kerry a demandé l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre, mais il ne mentionne pas le bombardement de l’hôpital. Il n’en parle pas du tout. Pour le « journal de référence » autoproclamé, le mensonge de Kerry n’a pas eu lieu. De même, le Washington Post, dans son propre article, ne faitaucune mention de l’accusation mensongère de Kerry.

Le dernier article Matthew Lee d’AP omet également le mensonge. C’est curieux parce que Matt Lee sait très bien ce que Kerry a dit. Le briefing du Département d’État d’hier y a consacré un long chapitre. Sur la vidéo (@ 3 : 30) on voit que c’est Matt qui pose les questions :

QUESTION : D’accord. Sur la Syrie et les commentaires du Secrétaire plus tôt ce matin, ma question est : Savez-vous de quelle frappe il parlait dans ses commentaires cette nuit concernant un hôpital à Alep ?

M. KIRBY : Je pense que le Secrétaire faisait référence en fait à une frappe que nous avons vu se produire hier sur un hôpital de campagne dans le gouvernorat de Rif Dimashq. Je ne suis pas tout à fait sûr que c’est ce à quoi il faisait allusion, mais je crois bien qu’il parlait de celle qui a eu lieu à –

QUESTION : Pas à Alep ?

M. KIRBY : Je crois que c’était – je pense que c’était – je pense qu’il – je suppose – il me semble qu’il a fait une petite erreur sur le lieu en se référant à une –

… QUESTION : Mais vous n’êtes pas sûr ?

M. KIRBY : Non. Tout ce que je peux vous dire, au mieux de mes connaissances, c’est qu’il faisait très probablement référence à une frappe hier dans ce gouvernorat, mais il probablement fait cette erreur en toute bonne foi.

QUESTION : Si nous pouvions – si nous pouvions savoir avec précision ce dont il parlait –

M. KIRBY : Je vais faire de mon mieux, Matt. …

Et ça continue comme ça encore un moment. Mais il n’y a pas d’attaque d’hôpital ni à Rif Dimashq, ni à Alep. Plus tard, Kirby, le porte-parole du Département d’Etat, a pratiquement reconnu que Kerry avait menti en disant : « Je ne peux pas confirmer cela. »

Il apparaît également que Kerry n’a pas de preuve du moindre crime de guerre ni aucune possibilité de lancer une procédure internationale officielle à ce sujet. Et à quelle fin de toute façon ? Intimider la Russie ? Il n’y a aucune chance d’y parvenir, ce serait parfaitement inutile d’essayer, et Kerry devrait le savoir.

Kerry est désespéré. Il a complètement perdu la direction des opérations en Syrie. La Russie mène l’affaire et elle fera tout ce qui doit être fait. En dehors d’entamer une guerre mondiale, l’administration Obama n’a plus aucun moyen d’influencer de manière significative le cours des choses.

Kerry est seulement un des outils de l’administration Obama. Plus tard dans la même journée, le directeur du renseignement national américain, James Clapper, a porté d’autres accusations contre la Russie :

La communauté du renseignement américain (USIC) pense pouvoir dire que le gouvernement russe est à l’origine des récents piratages d’e-mails de citoyens et d’institutions des États-Unis, y compris des organisations politiques étasuniennes. Les récentes diffusions d’e-mails, vraisemblablement piratés, sur des sites comme DCLeaks.com et WikiLeaks, et par Guccifer 2.0, cadrent avec des méthodes et des motivations d’inspiration russe. Ces vols d’informations ont pour but d’interférer avec le processus électoral américain. Cela n’est pas nouveau pour Moscou – les Russes ont utilisé des tactiques et des techniques similaires en Europe et en Eurasie, par exemple, pour influencer l’opinion publique. Nous croyons que, du fait de l’importance et de la sensibilité de l’entreprise, seuls les officiels les plus haut-gradés de la Russie auraient pu autoriser ces activités.

Traduction : « ON NE SAIT PAS du tout (« pense pouvoir dire », « nous croyons », « d’inspiration ») qui est responsable de ces piratages et nous N’AVONS PAS la moindre preuve (cadre avec », « du fait de l’importance et de la sensibilité ») que la Russie est impliquée, alors il ne nous reste plus qu’à essayer de vous embrouiller et de vous embobiner. »

L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray a appelé ça un flagrant mensonge néoconservateur. C’est clairement le Comité national démocrate qui a manipulé l’élection américaine en faisant, contrairement à son mandat, la promotion de Clinton aux dépens de Sanders. C’est cela seulement que les pirates ont montré. Il est également facile de comprendre pourquoi ces accusations sont portées maintenant. Murray :

Le fait que l’administration Obama ait porté une accusation officielle contre la Russie qui ne soit fondée sur aucune preuve est, d’une certaine manière, étonnant. Mais c’est un acte de désespoir. WikiLeaks a déjà annoncé qu’ils avaient une énorme quantité d’autres documents secrets sur les manigances d’Hillary. La Maison Blanche cherche simplement à les discréditer par avance en les reliant mensongèrement aux services secrets russes.

L’administration Obama est en train de perdre. Elle n’arrive plus à imposer ses désidératas, ni en Syrie, ni pour les élections. Trump, malgré ses gros mots de sale gamin, a une très bonne chance d’emporter la présidence. Lui (-44%) et Clinton (-41%) sont plus détestés de l’électorat étasunien que Poutine (-38%). N’importe quelle solution en Syrie sera plus avantageuse pour la Russie que pour Washington.

Un tel désespoir peut être dangereux. Kerry est aux abois quand il ment sur la Russie. Mais le président et ses collègues du Pentagone et de la CIA ont des moyens plus concrets de s’exprimer. Espérons qu’ils ne se lanceront pas dans quelque chose de vraiment insensé !

Moon of Alabama| 8 octobre 2016

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/desesperee-ladministration-obama-se-raccroche-a-des-inventions-et-peut-etre-pire/

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur

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FIGAROVOX - « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française ». Par Caroline Galactéros

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère, #Terrorisme

FIGAROVOX - « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »

Publié le par Caroline Galactéros

FIGAROVOX - « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »

Voici ma dernière tribune pour le FigaroVox.

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Vladimir Poutine a annoncé qu'il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n'est que la suite logique d'un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

 

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame - à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux ? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de « pensée magique », funeste version 2016 de « Boucle d’or au Pays des trois ours » découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique ? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne ? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme « le camp du Bien » …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du cœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. « L’Occident » ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle : il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste « respectable » l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme « légitimes » et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter « à la source » le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi - qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart facial stratégique... aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad...tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu ? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s’expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n’imaginait qu’il résisterait si longtemps aux feux croisés de l’Amérique et de ses alliés sunnites. L’exigence américaine -reprise à son compte par Paris- d’une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est « pour raisons humanitaires » aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu’Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d’obus sur la partie ouest de la ville et d’empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l’Etat syrien dans le cadre d’une négociation ultime. Qui a d’ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève ? Les groupes terroristes qui n’en voulaient pas (et ont très probablement bombardé le convoi humanitaire du Croissant rouge aux portes d’Alep) et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l’Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

Temps court versus temps long, individu versus groupe, froideur politique versus empathie médiatique (sélective) : On se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l’attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l’individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d’un affrontement sans scrupules de part et d’autre, dont en l’espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant : Si Assad, « bourreau de son propre peuple » selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer ? A qui sera livrée la Syrie, « utile » ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement « exfiltré » vers d’autres macabres « territoires de jeu », en Libye par exemple ? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat ? Quels individus veut-on mettre au pouvoir ? Les pseudo « modérés » qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève ? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom - Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu ? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un « go » pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, « par erreur » naturellement ? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de « l’Armée de la Conquête » qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles - apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps ?

Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux « patrons » du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences « démocratiques » ? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel ? … « Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? je ne vois que l’herbe qui verdoie et la terre qui poudroie » … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait !

L’interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu’il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

 « La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes » - Jean-Marc Ayrault

Est-ce à dire qu’il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu’ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie ? Faut-il ne plus agir en espérant qu’ils vont s’arrêter ?!!! De qui se moque-t-on ? Adieu Boucle d’Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l’efficacité de leurs frappes contre les terroristes d’Alep-Est « sont cyniques » … - Jean Marc Ayrault

Qui est cynique ici ? Celui qui déforme la réalité d’un affrontement pour ne pas avouer qu’il est (avec d’autres) à la manœuvre d’une déstabilisation d’Etat par des groupuscules terroristes liés à Al Qaida (matrice de DAECH) sous couvert d’aspiration à la démocratie ? Ou ceux qui cherchent à réduire l’emprise djihadiste et à renforcer des structures d’Etat laïques avec ou sans Bachar ?

« La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. »  - Jean-Marc Ayrault

Ah ?! Laquelle ? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets : action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire : les Syriens.

En dépit de l’excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n’est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s’est en plus retourné contre nous dès l’été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d’un usage d’armes chimiques qui n’a d’ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d’autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que « Bachar el Assad ne méritait pas d’être sur terre » et, en décembre 2012, « qu’Al Nosra faisait du bon boulot ». L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi - en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. N’en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n’est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu’il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d’amener Moscou à lever le pied d’une implication trop efficace à notre goût.

« Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. » - Jean-Marc Ayrault

Mais c’est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l’Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n’existe pas « d’islamistes modérés » ; combattre le terrorisme revient à combattre l’EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c’est aujourd’hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l’Iran et le régime syrien, « fait la guerre », se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l’Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils « font le job ». Un horrible job. Dans l’immédiat, il faut choisir entre le soutien à l’Etat syrien - que le régime d’Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Le sommet est atteint à la fin de l’intervention ministérielle, lorsque l’on apprend que « la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services… » (sic) ! Les bras nous en tombent. Voilà décrite…la Syrie d’avant la guerre !  Ce terrifiant carnage n’aurait-il donc été qu’un coup d’épée dans l’eau ?

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun -comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres-, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain !!!! « P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non … » La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre : le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine : la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir ?

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Alep, Al-Bab, Raqqa : un état des lieux du conflit en Syrie. Par Caroline Galactéros

11 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Politique étrangère

Alep, Al-Bab, Raqqa : un état des lieux du conflit en Syrie

 

Publié le par Caroline Galactéros

Situation du conflit en Syrie : en rouge le régime de Damas ; en vert les "rebelles" ; en noir l'Etat islamique ; en jaune les kurdes. Carte Wikipédia du 6 octobre 2016

Situation du conflit en Syrie : en rouge le régime de Damas ; en vert les "rebelles" ; en noir l'Etat islamique ; en jaune les kurdes. Carte Wikipédia du 6 octobre 2016

Les lignes bougent à grande vitesse en Syrie alors que les médias pointent leurs objectifs vers la capitale économique du pays, Alep, où les forces de l’Etat syrien, appuyées par les milices chiites, les troupes iraniennes et l’aviation russe, mènent une campagne terrestre pour reprendre quartier par quartier l’Est de la ville sous contrôle des rebelles islamistes dominés par l’ex-Front al-Nosra.

 

La reprise complète de la ville d’Alep serait une consécration pour le régime de Damas qui s’en servirait comme d’un levier diplomatique dans le cadre de futures négociations internationales : il s’agit pour Bachar el-Assad de montrer qu’il contrôle bien la « Syrie utile » et que sa guerre de contre-insurrection, certes lente et très meurtrière pour les populations civiles prises en otage par les islamistes qui s’en servent comme de boucliers humains dans cette partie de la ville, est efficace contre tous ceux qu’il dénomme les « terroristes ». Comme le disait récemment Fabrice Balanche, une guerre de contre-insurrection est une guerre d’usure qui consiste, sur le terrain, à démontrer qu’on est l’acteur qui fait le plus peur à tous les autres et qui est insensible à la pression médiatique, bref, que rien en peut faire déroger de sa ligne stratégique et de son approche tactique. En d’autres termes, on pourrait dire qu’il s’agit pour Bachar el-Assad de rappeler que l’Etat est celui qui dispose du monopole de la violence (son caractère légitime étant évidemment sujet à caution dans le cadre d’une guerre civile…). et que « L’Etat, c’est moi » pour sortir justement son pays de l’état d’anarchie. Si le régime de Damas parvient à contrôler ainsi l’ensemble des grandes villes de Damas, de Lattaquié, de Homs, de Hama, d’Alep et, plus symbolique qu’autre chose, de Palmyre, il pourra considérer que l’essentiel de cet objectif aura été réalisé.

Il restera à la myriade de rebelles islamistes quelques zones dispersées autour de Damas, de Homs, de Hama, mais aucun bloc stable sinon le gouvernorat d’Idleb qui, au Nord, jouxte la Turquie. Si les forces gouvernementales syriennes sont passées à l’offensive à Alep, c’est aussi qu’un grand nombre de rebelles présents autour de cette ville sont partis plus au Nord pour participer dans le cadre d’une Armée Syrienne Libre (ASL), remise au goût du jour, à l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate ». Trois nouveaux groupes de rebelles syriens ont été créés dans le cadre de cette opération : Liwaa thouar al-Haraka ; Liwaa el-Qadissiya ; Liwaa thouar al-Jazira. De quoi s’agit-il ? A la suite d’un accord entre Ankara et Moscou, il s’est agi d’autoriser la Turquie à mener une opération de nettoyage de la frontière Turco-syrienne de la présence de Daech, notamment dans la ville de Jarabulus. D’après le quotidien libanais L’Orient le Jour, « le compromis trouvé avec les Russes était d'opérer dans les limites d'une zone de 90 km de largeur et de 12 km de profondeur ». Il s’agissait donc d’empêcher le passage d’armes, de pétrole et de djihadistes de l’Etat islamique, mais aussi d’empêcher la constitution d’un corridor kurde qui aurait pu se constituer à partir de la reprise de la ville de Manbij cet été par les Forces Démocratiques Syriennes, dominées par les YPG, branche armée du parti politique kurde PYD, qui souhaite créer une Rojava (Kurdistan syrien) unitaire réunissant les trois cantons historiquement kurdes d’Afrin, de Kobané et de Djéziré (d’Ouest en Est). Pour les Turcs, le nom même de « Bouclier de l’Euphrate » est une mise en garde aux Kurdes de Kobané de ne pas franchir l’Euphrate vers l’Ouest pour rejoindre le canton d’Afrin. Pour l’instant, l’étape primordiale des forces turques et des rebelles qui les accompagnent est de reprendre le village très symbolique de Dabiq actuellement aux mains de Daech. Symbolique car dans sa propagande, l’Etat islamique considère que Dabiq (qui est aussi le nom de l’un de ses magazines ) sera le lieu de l'ultime bataille avant l'Apocalypse entre musulmans et infidèles.

Les Turcs iront-ils plus loin ? S’ils veulent définitivement empêcher les Kurdes de constituer un corridor, ils devront aller plus au Sud … jusqu’à rejoindre les lignes de défense contrôlées par le régime de Damas juste au-dessus d’Alep. Dans cette hypothèse, les Turcs devront reprendre la ville d’Al-Bab (100 000 habitants) qu’ils ont déjà commencé à bombarder. Qui prendra Al-Bab ? Il est possible que les Kurdes puissent l’atteindre mais Ankara aura du mal à le tolérer et pourrait donc tout faire pour ne pas permettre aux Kurdes de prendre Al-Bab, ce que craignait déjà en juillet dernier Patrice Franceschi dans une interview accordée au Figaro. Le sort de la ville dépendra sans doute d’un compromis éventuel d’Ankara avec Moscou et Damas, et donc de contreparties turques données sur d’autres dossiers ou fronts. Sans oublier l’Iran qui voit d’un fort mauvais oeil la présence des troupes turques en Syrie et en Irak et commence à le faire savoir. Sans oublier l’Iran qui voit d’un fort mauvais oeil la présence des troupes turques en Syrie et en Irak et commence à le faire savoir. D’une manière générale, c’est désormais le triangle Moscou-Ankara-Téhéran qui est à la manoeuvre face à la coalition internationale.

Pour revenir à Al-Bab, les forces du régime, qui en sont aujourd’hui les plus proches (10km seulement) tentent elles aussi de reprendre Al-Bab mais Damas pourrait avoir intérêt à favoriser aussi les Kurdes car le corridor que ces derniers constitueraient pourrait servir de « bouclier » face aux Turcs. Côté turc enfin, une offensive vers Al-Bab dépendra en partie de la facilité avec laquelle les rebelles syriens de l’ASL qu’ils soutiennent prendront le village de Dabiq où Daech a envoyé des hommes en renfort. Fabrice Balanche expliquait récemment que ces rebelles islamistes soutenus par l’Armée turque pourraient ne pas être assez nombreux pour avancer davantage au Sud. Bref, sur ce point aussi, tout va encore dépendre de la position russe.

 

Mais les choses se compliquent : la route qui part d’Al-Bab vers le Sud mène… à Raqqa (200 kilomètres plus loin). Cette ville n’est donc pas de mineure importance pour la suite des événements ! Même si une partie de cette route à quelques dizaines de kilomètres d’Al-Bab est déjà sous le contrôle du régime… La route longe ensuite le lac el-Assad qui se termine par la ville de Tabqa (où se situe un important barrage hydraulique), qui n’est distante que de quelques dizaines de kilomètres de Raqqa. On se souvient que l’Armée syrienne avait essayé cet été de reprendre Tabqa en partant de l’Ouest (la route d’Homs), mais l’opération s’était soldée par une débandade.

Pour résumer : qui veut reprendre la “capitale” syrienne de l’Etat islamique par l’Ouest doit d’abord prendre Tabqa. Pour y arriver, les Turcs et leurs “rebelles” peuvent passer par la route d’Al-Bab mais risquent de se heurter aux forces de Damas qui en contrôlent une partie. Les forces du régime, quant à elles, peuvent emprunter cette route, éventuellement depuis Al-Bab s’ils parviennent à reprendre la ville avant les Turcs, mais peuvent aussi (ré)emprunter la route venant de l’Ouest de Tabqa et qui part de Homs. Les Syriens contrôlent cette route jusqu’à Ithriyah, qui est situé à 100 km de Tabqa (précisons néanmoins qu’on est en plein désert : comme l’ont montré les Syriens cet été, une offensive peut aller très vite … tout autant qu’une contre-offensive !).

N’oublions pas un troisième protagoniste, les Forces Démocratiques Syriennes, dominées par les Kurdes et parrainées par les Etats-Unis. Ce sont les 14 000 combattants des FDS qui sont géographiquement les plus proches de Raqqa. Contrôlant tout le Nord-Est de la Syrie, les Kurdes n’en sont qu’à 50 kilomètres et pourraient quant à eux attaquer la capitale régionale de Daech par le Nord. Néanmoins, Raqqa est une ville arabe. Une opération kurde y serait considérée comme une invasion, d’autant que les Kurdes n’ont pas forcément envie de verser leur sang pour une ville qu’ils ne pourront pas contrôler longtemps et qui ne se situe pas dans les territoires qu’ils convoitent. Les Kurdes ont récemment expliqué qu’ils accepteraient de s’engager vers Raqqa si les Américains reconnaissaient officiellement le Rojava et armaient directement les YPG. L’Orient le Jour fait d’ailleurs état de pressions américaines sur la Turquie en annonçant que le Pentagone fournirait des armes aux FDS pour reprendre Raqqa… Même son de cloche chez les Kurdes et chez les Américains… Colère à Ankara ! C’est pour les Etats-Unis un moyen de faire pression sur l’opération « Bouclier de l’Euphrate » qu’ils jugent avec suspicion dans la mesure où elle est le fruit d’un accord entre Moscou et Ankara. Il en va de même de l’opération sanglante à Deir Ezzor quand l’aviation américaine a (malencontreusement…) bombardé une position du régime, tuant plus de 80 soldats loyalistes. Une opération qui pourrait d’ailleurs se répéter..

L’Orient le Jour l’explique ainsi : « La difficulté à lire la stratégie américaine pourrait s'expliquer par l'absence de consensus stratégique aujourd'hui sur ce dossier. L'opération de Deir Ezzor a été, selon un grand nombre d'acteurs, voulue par le Pentagone, la ligne la plus dure de l'establishment américain, afin de remettre en cause l'accord conclu avec la Russie. Cette lutte sourde au sein de l'Administration pour la réorientation de la politique étrangère américaine a été longuement traitée dans un article de l'intellectuel libanais Ziyad Hafez : « L'État profond aux États-Unis est le parti de la guerre ». Ziyad Hafez voit dans les contradictions entre Pentagone et l'administration Obama l'illustration d'un véritable « coup d'État » qui marque le retour à la direction des affaires « du parti de la guerre », la Syrie apparaissant comme le champ de compétition et de guerre d'usure avec la Russie ». C’est bien ce qui inquiète les Faucons américains : profitant de la fin de règne de Barack Obama et de la priorité que celui-ci a donné à la reprise de Mossoul en Irak, Vladimir Poutine est celui qui, en Syrie, donne le rythme aux événements. Si l’année 2015 a consisté pour le Kremlin à sauver le régime de Damas menacé d’implosion, l’année 2016 est marquée par une phase beaucoup plus offensive : reprise symbolique de Palmyre en mars suivie d’une longue phase d’offensive pour reprendre Alep, laquelle semble bien engagée pour le régime. Pour l’instant, loin d’un bourbier, la Russie mène avec succès son grand retour dans les affaires du Moyen-Orient. Un exemple est assez frappant. En Syrie, les Russes parlent avec presque tous les acteurs, avec l’axe chiite évidemment (Iran ; Irak ; régime de Damas), mais aussi avec les Kurdes (qui s’appuient sur Moscou pour se protéger des Turcs), avec la Turquie (qui s’appuie sur Moscou pour prendre un peu d’indépendance par rapport à Washington). La Russie, malgré son alliance avec Téhéran, est même loin d’avoir rompu tout dialogue avec l’Arabie Saoudite et le Qatar : un dialogue fondé sur les questions économiques, financières et énergétiques se maintient malgré leurs divergences géostratégiques. Moscou n’exclut même pas de vendre des armes à Riyad… On pourrait encore citer l’Egypte, Israël ou la Jordanie qui, chacun à leur manière, entretiennent des relations cordiales voire chaleureuses avec Moscou. On voit ainsi que, diplomatiquement, Moscou n’est pour l’instant aucunement prisonnier de la rivalité des axes chiite/sunnite et que, militairement, la Syrie n’est pas l’Afghanistan.

En 2017, on voit donc se dessiner une Syrie quadripartite :

  • “La Syrie utile” (Lattaquié, Damas, Homs, Hama, Alep) acquise au régime de Bachar el-Assad, progressivement consolidée et placée sous l’influence de la Russie et de l’Iran ;
  • La Syrie des rebelles islamistes sunnites soutenus par la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, laquelle ne se limiterait plus qu’à quelques poches près des grandes villes, au gouvernorat d’Idleb et à une zone tout au Nord issue de l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate » (notons bien que la Russie force le bras turc depuis leur « réconciliation ») ;
  • La Syrie des Kurdes dite « Rojava » avec l’incertitude de sa continuité territoriale dépendant de la création d’un corridor entre l’Ouest (Afrin) et l’Est (Kobané & Djéziré). Soutenus par les Etats-Unis (mais avec des hauts et des bas car Washington ne veut pas se froisser avec son allié stratégique turc), les Kurdes sont historiquement proches de la Russie (qui a été le premier pays à ouvrir un bureau de représentation du Rojava sur son territoire) même s’ils se méfient du deal entre le Tsar et le Sultan…
  • La Syrie de l’Etat islamique le long de la vallée de l’Euphrate, dont le territoire se réduit peu à peu pour se concentrer autour de la capitale régionale, Raqqa. L’une des questions encore en suspens sera de savoir qui s’emparera de cette quatrième Syrie, la diabolique. Rien ne se profile à l’horizon : le régime n’a pas pour priorité de reprendre Raqqa, mais de consolider son territoire en brisant les « rebelles » autour d’Alep (avec l’interrogation autour du gouvernorat d’Idleb…) ; les FDS dominées par les Kurdes n’ont pas les moyens aujourd’hui d’entrer dans une telle offensive et les Américains sont tournés vers Mossoul en Irak ; l’intervention turque ne peut pour l’instant pas aller trop loin sans froisser Moscou et Téhéran. Et puis, tout dépendra évidemment des élections américaines entre le faucon Hillary Clinton et la colombe Donald Trump (à moins que ce ne soit l’inverse…).

 

Dans cette partie du territoire syrien comme à Alep, force est de constater que Moscou poursuit son oeuvre de réduction sans pitié des positions islamistes. Les civils aux mains des gens de l'Etat islamique, d’Al Nosra et ses innombrables avatars ou ramifications, quels que soient leurs noms, en font les frais. L’indignation internationale monte devant les horreurs de la guerre mais de manière bien sélective faut-il le rappeler... Quoi qu’il en soit, ni les menaces, ni le chantage, ni les intimidations américaines, ni l’opprobre international relayé médiatiquement ni d’ailleurs les cris d’orfraie de notre propre diplomatie n’entameront la détermination russe à mener une lutte élargie contre les islamistes qui ont pris la Syrie à la gorge et à pousser ses feux pour prendre l’ascendant militaire et politique en vue d’une négociation ultime sérieuse avec Washington. Washington qui n’en peut mais et semble se rendre progressivement à l’évidence d’un compromis inéluctable sur lequel il n’aura pas la main tout en poursuivant son soutien aux “rebelles” et en se répandant en anathèmes moralisateurs qui ne trompent plus grand monde.

48h après avoir dit qu’ils jugeaient l’attitude russe insupportable et rompaient le dialogue, les Américains reprennent langue avec Moscou. Ils nous utilisent pour cela en guise de missi dominici. Paris dont la parole ne compte plus depuis longtemps et qui cherchait fébrilement l’occasion de donner l’illusion de reprendre l’initiative, ... au nom d’une vision qui demeure à la fois irréaliste, dogmatique et idéaliste. Un os à ronger pour notre diplomatie qui a perdu contact avec la réalité et oscille entre aveuglement aggravé et cynisme pur. Cela aussi fait des morts, aussi sûrement que les bombes qui tombent sur Alep Est. De cela aussi il faudra un jour rendre compte.

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Interview de Artem Studennikov (Ministre Conseiller de l'Ambassade de Russie) faite le 7 octobre 2016.

10 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #La Russie, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale

Extrait de notre interview de Artem Studennikov (Ministre Conseiller de l'Ambassade de Russie) faite le 7 octobre 2016.
La vidéo entière ici : https://youtu.be/N845HBEzzGY

Sujets abordés :
Conflit Nucléaire, Ministre Conseiller, Russie, USA, Iran, Arabie Saoudite, Syrie, Libye, France, Liban, Yémen, OTAN, Guerre froide, Moyen-Orient, Afghanistan, Cameroun, Tchad, Mali, Nigeria, Tchétchénie, Terrorisme, Déstabilisation extrémiste, opposition modérée, Etat Islamique, Égypte, Bavures, Alep.

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De Gaulle nous explique l'esprit de la constitution et 1958 et nous met en garde contre le régime des partis.

10 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique intérieure, #Politique étrangère

1964 : De Gaulle nous explique l'esprit de la constitution et 1958 et nous met en garde contre le régime des partis.

Depuis que le président est aussi chef du parti de la majorité, il ne subit aucun contre-pouvoir.
Les partis politiques, loin de rechercher le bien commun, luttent avant tout pour leur propre subsistance.

Notre constitution, galvaudée, détournée (cf l'utilisation du 49-3) ne nous permet de plus de nous protéger des abus de pouvoir.

Pour instaurer une vraie démocratie, nous (le peuple) devons réécrire la constitution.

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Plus d'infos sur :
> http://le-message.org/
> http://lavraiedemocratie.fr/

Les Gentils Virus :
> Site : http://gentilsvirus.org/
> Groupes Facebook : http://bit.ly/gv-groupes

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Et si, au lieu du "Journal pour Anne", ses lettres d'amour, on parlait des "collabos" fidèles à Mitterrand ?

10 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Culture, #Chroniques du fascisme ordinaire

 

 

Et si, au lieu du &quot;Journal pour Anne&quot;, ses lettres d'amour, on parlait des &quot;collabos&quot; fidèles à Mitterrand ?

Vrai ou faux ?

Le Point

DE NOTRE CORRESPONDANT À GENÈVE, 

François Mitterrand fidèle à ses "collabos"

Ministre de l'Intérieur sous Pierre Mendès France, le futur président s'était entouré de hauts fonctionnaires révoqués proches de son ami René Bousquet.

Pourquoi un homme aussi brillant et ambitieux que François Mitterrand s'est-il entouré, après la Libération, de personnages sulfureux, mouillés dans la collaboration, au risque de compromettre définitivement sa carrière ? Le futur président socialiste de la Ve République a même continué à fréquenter d'anciens responsables de la Cagoule, cette organisation criminelle et fascisante démantelée en 1938. François Gerber, auteur de Mitterrand, entre Cagoule et Francisque, peine à répondre à cette question (*). Est-ce, tout simplement, parce que François Mitterrand éprouvait une réelle fascination pour René Bousquet, l'ancien secrétaire général de la police sous Vichy, impliqué dans la traque des juifs et des résistants, notamment dans la rafle du Vel' d'Hiv' ?

L'écrivain le dit clairement : contrairement à certaines légendes, François Mitterrand n'a jamais appartenu à la Cagoule. Contrairement à son ami d'enfance Jean-Marie Bouvyer, charentais comme lui, inculpé de complicité dans l'assassinat des frères Rosselli, des antifascistes italiens réfugiés en France. Jean-Marie Bouvyer a été recruté en 1941 par le Commissariat général aux questions juives. « En revanche, il est certain que le futur président, à partir de son retour en France en janvier 1942, évolue dans un milieu totalement infiltré par les cagoulards. » Et cela suppose « qu'il ait bénéficié d'un capital confiance qui n'était jamais spontané de la part de ces hommes rompus à la clandestinité », ajoute François Gerber, avocat pénaliste au barreau de Paris.

« Des fidélités assumées envers et contre tous »

Les connexions de François Mitterrand étudiant avec l'extrême droite avant-guerre sont connues du grand public, depuis l'ouvrage de Pierre Péan, Une jeunesse française, paru en 1994. Tout comme son passage à Vichy, si longtemps occulté. On savait également qu'il avait été embauché, peu après la Libération, par Eugène Schueller, patron de L'Oréal et ancien financier de la Cagoule, en tant que rédacteur en chef du magazine Votre beauté. En revanche, comment imaginer que ce jeune homme, qui aspire aux plus hautes fonctions de l'État, prenne des risques insensés pour s'entourer d'admirateurs du maréchal Pétain et de fanatiques de la collaboration avec l'Allemagne nazie ? Or François Mitterrand « assume des fidélités envers et contre tous ».

À commencer par le si mystérieux Jean-Paul Martin, haut fonctionnaire de Vichy dont le dossier d'épuration a curieusement « été égaré au cours de ces dernières années ». En septembre 1942, Jean-Paul Martin accepte de distribuer aux Allemands de vraies-fausses cartes d'identité françaises « pour dissimuler des espions à la solde du Reich en zone libre et débusquer les émetteurs radio clandestins qui transmettent régulièrement des messages vers Londres ». Directeur de cabinet de Bousquet, Jean-Paul Martin participe à la déportation des juifs étrangers au printemps et à l'été 1942, puis aux arrestations de juifs français, en zone occupée et en zone libre, au cours des années 1942-1943.    

Nommé ministre de l'Intérieur par Pierre Mendès France en 1954, François Mitterrand choisit Jean-Paul Martin, pourtant exclu de la fonction publique à la Libération, comme directeur adjoint de cabinet. Il sera même fait officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre national du mérite ! Présent lors de son enterrement, le président « veillera personnellement à ce que le drapeau tricolore couvre le cercueil ».

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