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Le blog de Lucien PONS

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La France invertébrée et anti-chrétienne. Par Alexandre Artamonov (Pravda France)

23 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Les transnationales

La France invertébrée et anti-chrétienne

La France invertébrée et anti-chrétienne. Par Alexandre Artamonov (Pravda France)

 

Un ami et un compagnon d’armes – André Michel Chanclu – m’a fait parvenir, par l’entremise de Françoise Compoint, une information qui m’a fait, je vous avoue, tiquer ! Lisez par vous-mêmes :

On sait que la Russie n’est pas une démocratie, on sait que la Russie est un régime instable et dangereux. La question posée c’est : est-ce qu’on doit continuer à provoquer les Russes, à refuser toute espèce de dialogue avec eux en les poussant à être de plus en plus violents, agressifs, et de moins en moins européens?

signé François FILLON.

Intéressant, non ? Je me demande bien quelle serait la réaction émotionnelle de ce cher François lorsqu’il regardera dans l’azur nordique remplissant les yeux d’un Poutine. Lui répétera-t-il ouvertement : « Vous êtes instable et dangereux, cher Ami ! » ? Les politiciens français sont-ils juste de petits apparatchiks, des nantis d’un régime qui a fait son temps qui observent le monde du haut de leur clocher villageois croyant que la planète Terre doit se presser à leurs portes ?

Vous savez, M. Fillon, vous êtes d’une désobligeance parfaitement indigène et indigeste! Et je recommanderais vivement au service de la Présidence russe de faire très attention à vous lorsque vous serez élu Président de la Cinquième République, faute de mieux, et serez de passage au Kremlin. Mais, à la différence d’un Donald Trump qui est peut-être grognon, mais est à même d’enfoncer le clou et de gueuler aussi fort que même les Séoudiens en tombent du haut de leurs minarets, à la différence de ce gros plein de soupe, dis-je, M. Fillon est tout douceur, tout miel : il a un discours réservé à ses ouailles domestiques, un autre qu’il tient à l’étranger, etc.

Vous savez, ce n’est pas de la politique : c’est de l’inconséquence dont la France pâtit, de ce double jeu style Macron lèvres pincées, « béni-oui-oui » qui est de mise à partir du temps du départ du Général De Gaulle. Les invertébrés se vendent à la pelle et pullulent, tels des têtards de marais dans les couloirs de l’Assemblée : très peu d’entre eux peuvent se gargariser d’être mâles. Et la belle Marion semble être entourée de mollusques sans méninges ni ossature.

Je veux bien croire à l’avènement de Fillon qui sauverait la République, mais injurier une grande nation continentale avant même d’avoir pris ses responsabilités relève d’un cas de myopie aggravée impardonnable chez un ex-premier ministre.

J’en déduis que Fillon est aussi atlantiste que Juppé ou Sarko. Que la France va continuer à s’écraser devant l’Amérique Trumpée (pourvu qu’elle ne soit pas trompée par ses espérances) – bref, qu’il s’agit d’un être atone qui n’arrive pas à la cheville de Marine. La Russie peut se passer des compliments de Fillon, mais jamais Poutine ou Medvedev ou le speaker de la Douma n’aurait eu le front de s’exprimer en public sur bien de choses qui émaillent le passé de la Cinquième République. Sans parler d’insulter Paris ou faire des jugements de valeur sur le caractère gaulois.

Dommage ! Grosse déception. Je dirais également qu’il y a un point très important en passe d’échapper aux observateurs français puisque ni Le Figaro ni Le Monde n’en font état : il s’agit de la loi anti-russe discutée au Parlement Européen. Le couperet tombera le 23 novembre prochain : si la loi est adoptée, les Européens n’auront plus le droit d’écouter ou lire ou regarder les médias russes jugés aussi extrémistes et propagandistes que les exhortations fanatiques de DAESH. Le Rideau de Fer s’abaissera de nouveau sur l’Europe. A ma connaissance, Angela Merkel a demandé de faire voter aussi la défense pour les autorités russes de sponsoriser une promotion agressive des valeurs chrétiennes. Si-si ! Vous avez bien compris : l’Europe se met en guerre contre le monde chrétien. D’où ma nouvelle lecture de la Syrie : on se rappelle bien que lors des bombardements alliés ou des attaques de DAESH les chrétiens étaient les premiers à périr. Et le silence médiatique fut des plus absolus en Europe.

A titre de conclusion générale je dirais que l’Europe lance une anti-croisade chrétienne et que la seule personne digne de porter la culotte en France semble être Marine Le Pen ou sa nièce Marion à l’avenir. Sic.

Alexandre Artamonov

Pravda France

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L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE. Crise inattendue ou planifiée ? Conférence organisée par l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Nice le mardi 29 novembre 2016. Analyse de Christina KOMI. Partie II.

23 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #L'OTAN., #Les transnationales, #Daesch, #Politique étrangère, #La Turquie, #l'immigration

 L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE.   Crise inattendue ou planifiée ? Conférence organisée par l'association  "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Nice le mardi 29 novembre 2016.  Analyse de Christina KOMI. Partie II.

L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE.


Crise inattendue ou planifiée ?


Aujourd'hui --26 ans après la guerre du Golfe, 13 ans après l'invasion de l'Irak par les USA et par leurs alliés européens, 15 ans après l'invasion de l'Afghanistan par les mêmes forces, 6 ans après la guerre de destruction de la Libye, et en plein milieu de la guerre en Syrie où encore les
mêmes forces étrangères donnent le rythme du tambour-- nous, citoyens des pays européens nous nous voyons concernés par deux situations graves :


1- des énormes flux de populations, en provenance de l'Asie et de l'Afrique essayent de joindre à tout prix les rives du continent européen.


2- notre vie quotidienne devient de plus en plus militarisée et surveillée pour des « questions de
sécurité ». Or, en même temps aucun contrôle d'identité des migrants n'est effectué dans les pays où ils arrivent en premier (notamment la Turquie, la Grèce, l'Italie), et aucune distinction n'est faite entre les réfugiés qui viennent vraiment de zones de guerre (qui doivent de suite être placés sous le régime de protection internationale de l'ONU qui leur attribuera les documents nécessaires) et les immigrés provenant d'autres zones. Les lois du droit international ne sont pas respectées ni appliquées et ce qui devrait être envisagé comme un problème à l'échelle internationale et planétaire est réduit à une affaire interne à l'Union Européenne. Une des fonctions des traités de Lisbonne, de Dublin et de Schengen est exactement celle-là : obliger les gouvernements nationaux des pays européens à contourner le droit international en imposant la non surveillance de certaines frontières (notamment celles de la Méditerranée) et en permettant la fermeture d'autres, notamment de celles des pays qui se trouvent au nord de la Grèce et de l'Italie.

Sous les ordres du Directoire de Bruxelles (Commission, BCE, Eurogroup, MES et d'autres organismes travaillant en réseau) encadré comme toujours par les lobbies financiers et
spéculateurs, le Sud de l’Union européenne est en train de se transformer en un énorme camp de concentration de gens d'autres continents, détenus de façon illégale en situation de misère et de désespoir. Car les autorités nationales de la Grèce et de l'Italie, qui contrôlaient
traditionnellement le mouvement à leurs frontières, se voient aujourd'hui dispensées de leurs
obligations d'antan. Les frontières italiennes et grecques de la Méditerranée sont ouvertes et
délibérément privées de tout contrôle de la police et de l'armée nationales. C'est une zone de
safari aux humains, exercé par des commerçants illégaux d'âmes, par des nombreuses ONG peu transparentes (qui n'ont à rendre de compte à personne sauf à ceux qui les financent) et par des forces armées mercenaires de compagnies privées, telle FRONTEX, et de l'OTAN.
Les photos de milliers de migrants noyés en mer ont fait le tour du monde, mais peut être
pas l'information du journal The Guardian en Avril 2016 : plus de 10.000 mineurs non
accompagnés, une fois arrivés sains et saufs en Europe, sont perdus dans les réseaux du crime organisé. Et ceci seulement entre 2014 et 2015. En fait, 60 % du nombre total des migrants qui
entrent en Europe, après avoir payé des fortunes aux commerçants illégaux pour traverser un
bout de mer, s'ils ne finissent pas noyés, terminent dans les réseaux de prostitution et de
commerce d'organes (femmes et enfants) ; le reste dans l'esclavage.
En même temps, on entend que « le terrorisme se répand de plus en plus en Europe » ou
que « l'état d'urgence est prolongé », la peur du prochain coup nous faisant accepter de plus en
plus de surveillance devant notre porte d'appartement. Pourtant le flux d'argent, seule vraie voie
pour bloquer les affaires lucratives du crime organisé et du terrorisme, reste complètement libre
et incontrôlable, tout comme le flux des migrants aux portes de l'Europe. Les consignes « à bas
les frontières », «à bas les nations » n'ont qu'un seul objectif : que l'infiltration d'éléments
potentiellement criminels continue et qu’ainsi le commerce des circuits criminels devienne de
plus en plus lucratif sans obstacles, au détriment tant des migrants que de nous, citoyens français, italiens, grecs, allemands etc.


Et voici une première question à se poser : qui en profite ?

Le bureau de l'ONU estime que pour la période du 1996-2011 le nombre des victimes du
commerce illégal d'humains était de l'ordre de 55.000 immigrés entrés en Europe, provenant de
l'Orient, de l'Afrique du Nord et de l'Ouest et apportant au crime organisé des profits de l'ordre
de 150.000.000 de dollars. Imaginons-nous l'augmentation vertigineuse de ces profits à partir de
2014 ?


Et voici une deuxième :
Quel est le niveau de gains pour les entreprises multinationales en Europe quand elles ont la
possibilité de puiser de la main d'oeuvre quasi-esclave dans un énorme réservoir de miséreux,
situé à la portée de leur main --non pas en Chine mais juste à côté, en Grèce par exemple ? Quel est, dans ce cas le sort du travailleur local (français, italien, allemand etc.) ?

N'allons pas très loin, la loi El Khomri est un fait et ce n'est que le début.


Ces deux questions nous mènent à la troisième :


Est-ce que les victimes des pays détruits de l'Asie et de l'Afrique --qui sont en même temps
victimes des réseaux criminels aux portes et à l'intérieur de l'Europe et victimes de la non application du droit international-- ne deviennent pas aujourd'hui l'instrument d'une autre action
destructrice ? celle du démantèlement des Etats-nations de l'Europe, tout d'abord du Sud –
transformé en une énorme prison de déracinés miséreux-- et par la suite du Nord –car les
travailleurs seront tôt ou tard confrontés à la concurrence du travail esclave.


L'objectif de notre débat est d'essayer de comprendre la situation très complexe et cruciale dans
laquelle se trouvent aujourd'hui les peuples, tant ceux du continent européen que ceux des autres, de nous aider à poser les bonnes questions et de fournir à l'auditoire des informations et des éléments de réponse.


Christina KOMI. Enseignant-chercheur franco-grecque.
 

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L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE. Crise inattendue ou projet planifié ? Conférence organisée par l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Nice le mardi 29 novembre 2016. Partie I

23 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #L'immigration, #AMERIQUE

L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE.  Crise inattendue ou projet planifié ?  Conférence organisée par l'association  "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" à Nice le mardi 29 novembre 2016. Partie I

Préinscription obligatoire.

Merci de vous adapter aux nouvelles dispositions !

 

 

 

 

Ce 29 novembre, de 18h à 21h,

maison des associations, 12 pl. Garibaldi ( salle Avelanie ),

notre association vous invite à la Conférence/ Débat

 

 

L'IMMIGRATION MASSIVE EN EUROPE

 

Crise inattendue ou projet planifié ?

 

avec la participation de Christina Komi (enseignante-chercheur franco-grecque)

et une tribune composée de représentants d’organisations attachées à la souveraineté nationale

 

Bonjour

Suite aux attentats du 14 juillet 2016 à Nice, suite à l’état d’urgence prolongé par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme, l’activité d’éducation populaire proposée au public par l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » voit son périmètre se réduire dangereusement.

En octobre 2016 nous avons reçu un courrier du responsable de la vie associative auprès de la mairie de Nice, nous annonçant les nouvelles dispositions prises sur injonction du préfet des Alpes-Maritimes. En voici un extrait significatif:

« Dès lors qu’une manifestation organisée par votre association est ouverte au public  et qu’elle ne fait pas l’objet de réservations par les participants et qu’il n’y a pas, par conséquent, de liste d’émargement, il vous appartient de prendre des mesures de sécurité, à savoir un agent de sécurité d’une société privée agréée, pour le contrôle des sacs à l’entrée. »

Ces dispositions ont été au centre de la réunion de travail du conseil d’administration de l’association qui s’est réuni le 20 octobre 2016 à Nice. La survie de notre association est au cœur de notre réflexion et oriente les décisions prises.

Devant l’impossibilité financière de payer un agent de sécurité d’une société privée agrée – nous n’avons aucune subvention, c’est ce qui garantit notre liberté, toutes les actions sont financées par les cotisations des adhérents et par des dons – nous avons décidé d’organiser nos réunions d’éducation populaire autrement.

En voici les grandes lignes :

  • Moins de réunions dans l’année, mais sur des thèmes majeurs concernant l’objet de notre association.
  • Demander une préinscription des participants éventuels afin de présenter une liste de réservations, ce qui évitera le recours aux agents de sécurité (voir modalités d’inscription en fin de message).
  • Travailler en collaboration étroite avec des organisations préoccupées par la souveraineté populaire et par la souveraineté nationale.
  • Demander à ces organisations de lancer l’invitation auprès de leurs contacts afin de constituer une liste de participants éventuels.

Rien ne garantit la réussite de ces réunions publiques avec préinscriptions, mais cela semble être la seule issue possible pour la poursuite de nos activités. Dans ces temps incertains et troubles il semble de première nécessité de conserver cet espace de liberté.

Cette introduction doit être aussi un appel pressant auprès des gens qui apprécient notre engagement et notre travail. Il faut absolument soutenir cet outil de réflexion qui s’inspire des idéaux du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris. Le moyen de le faire est de venir régulièrement à nos réunions et de devenir membre de l’association (voir bulletin d’adhésion joint en P.J.). Faire un don est aussi une possibilité.

Il n’est pas habituel d’inviter les citoyens à nos réunions publiques par un tel message, mais les « dispositions de sécurité » prises après les attentats terroristes en France obligent à le faire.

En espérant vous voir bientôt.

Bien cordialement.

Lucien Pons. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

 

 

Comprendre qui et comment tire les ficelles de l'immigration massive vers les pays d'Europe est aujourd'hui indispensable pour comprendre notre présent et notre avenir.

Peuples en déracinement, victimes de guerres militaires ou économiques orchestrées par l'Occident, et plus particulièrement par les pays euro-atlantistes, ces milliers de gens, quand ils ne finissent pas noyés après avoir déboursé des fortunes auprès de commerçants d'âmes, se retrouvent emprisonnés dans des centres de détention et/ou canalisés vers les circuits du crime organisé et de l'esclavage, en pleine floraison en Europe actuellement. Qui en parle ? Qui se mobilise pour que tout cela s'arrête ?

Si des murs et des fils barbelés s'érigent en Europe centrale, les intérêts des spéculateurs et des financiers, protégés et promus par Bruxelles, exigent « No borders » : que les frontières du Sud, de la Méditerranée, soient privées de tout contrôle de la part des polices nationales, soient laissées aux mains des forces armées privées et de celles de nombreuses ONGs, financées directement par ces mêmes spéculateurs. L’un d'eux, l'investisseur devenu milliardaire dans une nuit, Georges Soros, fondateur de la fondation Open Society, et qui est derrière de nombreuses ONGs, déclare dans un article du Wall Street Journal que les migrants seront son prochain objectif d'investissement, pour une somme de 500 millions de dollars : voir ici (site en anglais).

Dans un des documents officiels de cette même fondation, porté à la lumière du jour cet été par DC Leaks, on lit : « la crise des réfugiés en Europe doit être acceptée comme la nouvelle réalité » et que « la crise doit être envisagée comme une nouvelle opportunité » pour la mission que la fondation de Soros a entreprise : influencer au niveau planétaire les politiques migratoires ; voir ici le document (en anglais).

Entre temps, chez nous, la menace du terrorisme est ruminé quotidiennement par les médias, mise en avant par les classes politiques au pouvoir, et suivie par la militarisation de notre vie quotidienne et la limitation progressive de nos droits et libertés. Chômage croissant, recrudescence des lois contre les travailleurs, interdiction des réunions, état d'urgence…

Nous vous attendons nombreux pour écouter ce que les médias ne disent pas et pour participer au débat.

Christina Komi, enseignante-chercheur franco-grecque

 

Seules les personnes inscrites pourront participer à cette conférence

 

Modalités d’inscription

Quelque soit le mode d’inscription choisi ci-dessous, toujours indiquer :

« prénom, NOM, code postal de résidence

je m’inscris à la Conférence sur l’immigration organisée par le CNR le 29 11 2016  »

 

  • Par courrier postal :  CNR 06  7 rue Pierre Mellarède 06100 Nice
  • Par courrier électronique : contactcnr06@laposte.net
  • Par téléphone ( SMS ou message enregistré) :  06 82 97 97 77

 

 

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Bosnie : Un futur conflit dans les Balkans ?

23 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #La guerre, #Daesch, #Politique étrangère, #Les média, #La Turquie, #ISIL, #L'OTAN., #La Russie

Source : Joaquin Flores – Fort Russ News – 26 septembre 2016

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitalede facto de la Republika Srpska

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitalede facto de la Republika Srpska

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier [25 septembre, NdT] un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

bosnie-auj

Dans la soirée d’hier, les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN[ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

Candidats du SDA

Candidats du SDA

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou  Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d’Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine – la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska – au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu’il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

Joaquin Flores – Fort Russ News – 26 septembre 2016

Article original : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser…

Traduction : ASInfo, Joaquin Flores, 04-10-2016

 

28 réponses à Bosnie : Un futur conflit dans les Balkans ?

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 23 novembre 2016 
 
 

Parler d’un régime dictatorial en Russie est un refrain usé. Un président soutenu par 85% de sa population, alors que le président français qui a plus de pouvoir, n’est soutenu que par 4%. Ce qui pose la question d’un totalitarisme caché. Le président français, selon la constitution de la Vème République, a plus de pouvoir que le président de la Fédération de Russie.
Ce refrain sans cesse répété de “régime” dictatorial en Russie est lassant.
Il est tout à fait fondé que plusieurs pays européens n’apprécient par l’implantation de l’OTAN qui ne les protège pas, mais les mets en première ligne, au service d’intérêts qui ne sont pas les leurs.

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Censure française, « Je suis MEMORIAL DE CAEN ! » Par Richard Labévière.

22 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Politique étrangère, #ISIL, #Daesch

Censure française, « Je suis MEMORIAL DE CAEN ! » Par Richard Labévière

Censure française, «  Je suis MEMORIAL DE CAEN ! »

Coupure d’électricité au Pays des Lumières… Donc, le colloque scientifique sur la Syrie qui devait avoir lieu le samedi 26 novembre prochain au Mémorial de Caen a été annulé sans autre forme de procès. « On ne pouvait pas laisser les clés du Mémorial à un colloque suspecté de défendre les positions de Bachar al-Assad, lequel depuis 2011 conduit une guerre infâme », a déclaré à l’AFP Stéphane Grimaldi, le directeur du Mémorial de Caen. Et notre courageux redresseur de torts – qui a été directeur de la communication de la mairie de Bordeaux de 1995 à 2000 et de l’Association des maires de France de 2000 à 2002 – de préciser que sa décision a été prise à la suite d’une campagne menée sur les « réseaux sociaux », qualifiant les intervenants pressentis du colloque scientifique du Mémorial de Caen (universitaires, journalistes, députés PS, Républicains et UDI) comme proches, sinon carrément d’extrême-droite ! Bigre, ça ne s’invente pas !

Si d’aventure des comploteurs du Net venaient à lancer une campagne pour affirmer que le débarquement du 6 juin 1944 n’a jamais eu lieu, ce bon Stéphane Grimaldi risquerait bien de fermer sa boutique sans autre forme de procès non plus, ni autre espèce de vérification et de contrôle du contenu des multiples fadaises qui circulent sur la toile ! En tout cas, la décision de Stéphane Grimaldi est édifiante et fait symptôme sur l’état des libertés civiles et politiques de notre vieux pays : il suffit qu’une bande de crétins s’agitent sur des réseaux « numériques », qui n’ont du reste rien de « sociaux », pour qu’un fonctionnaire territorial ou déterritorialisé décide de censurer telle ou telle expression qui n’aurait pas l’avantage de correspondre à sa perception très personnelle de l’actualité internationale.

Qui est à l’origine de la petite campagne haineuse déclenchée contre le colloque scientifique du Mémorial de Caen sur les réseaux numériques ? On retrouve les mêmes tristes sires et sirettes qui ont déjà mené une entreprise similaire contre l’émission Un Oeil sur la Planète de France-2, qui pour une fois faisait la part des choses pour mieux comprendre la guerre globale de Syrie. La présentatrice du magazine s’est même vue trainée dans la boue, y compris par des amis Tunisiens, la poussant à se désolidariser de son producteur, pourtant grand reporter et professionnel reconnu des dossiers les plus difficiles. Au final, ces hystériques ont fini par avoir gain de cause, puisque la courageuse Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a tout simplement supprimé l’émission prétextant quelque mesure d’économie.

De retour depuis plusieurs années dans la France « Je suis Charlie », la censure se pare toujours de l’argument dominant, imparable et susceptible d’habiller chaudement toutes les lâchetés : les restrictions budgétaires, mesures d’économie s’entend… C’est tellement commode !

Parmi ces grands courageux des « réseaux sociaux », on retrouve – en première ligne – un « journaliste » du Point qui s’était retrouvé en Syrie comme le Fabrice del Dongo de La Chartreuse de Parme à Waterloo, ne voyant que de la fumée et des chevaux sans véritablement comprendre ce qui était en train de se passer… avant d’être enlevé.

En France, et c’est une autre particularité nationale, un journaliste quel qu’il soit – qui a été pris en otage durant une courte, moyenne ou longue durée – peut, à peu près tout se permettre et se voit aussitôt promu en expert d’à peu près tout et n’importe quoi. C’est, évidemment le cas de notre imprécateur, qui à part son séjour prolongé-contraint en Syrie, ne connaissait pas grand-chose de ce pays et de sa région complexes, ses écrits et autres prestations audiovisuelles en attestent avec éloquence. Cela n’empêche nullement ces accidentés de l’information de faire la morale à tort et à travers en prétendant dire le bien et le mal tout en calibrant ce qu’il est correct de faire ou de ne pas faire ; tout en s’affirmant « Charlie », bien-sûr, c’est-à-dire le défenseur interplanétaire des droits humains, de la liberté de pensée et d’expression bien-sûr…

Vient ensuite, un « chercheur » dont quelques-unes des spécialités les plus connues sont la haine de l’Iran, la défense des intérêts d’Israël et une admiration inconditionnelle de l’OTAN. On retrouve aussi deux sœurs assez fofolles autant que pittoresques. La première « chercheuse » elle-aussi ayant été longtemps la « secrétaire » d’un vieil agent inamovible du MI-6 (services extérieurs britannique) en poste à Paris, a pigé pour la Fondation Ford et d’autres Think tanks anglo-saxons juteux avant d’être décorée de la Légion d’honneur. Militante psychiatrique de la « Révolution syrienne », sa sœur se présente comme « journaliste », envoyée spéciale permanente du quotidien Libération en Syrie… Qui lit encore ce « journal » passé de Jean-Paul Sartre à Rothschild ? Un autre activiste, ancien patron de l’IFPO (Institut français du Proche-Orient) à Damas, est aussi à la manoeuvre. Amoureux transi des Frères musulmans et de Tariq Ramadan, ce Crétin des Alpes ne supporte pas qu’on ne partage pas ses obsessions, surtout lorsqu’il abuse de la gnôle de ses belles montagnes.

Quant à classer les intervenants du colloque scientifique du Mémorial de Caen dans la catégorie « extrême-droite », disons spontanément que c’est très exagéré !!! aurait dit Mark Twain répliquant ainsi à un grand quotidien newyorkais qui venait d’annoncer sa propre mort alors qu’il était en train de mettre la touche finale à l’un de ses plus grands romans…

Quoi qu’il en soit, la décision du directeur du Mémorial de Caen constitue clairement une nouvelle manifestation de la censure qui sévit à nouveau dans le pays de Voltaire, Condorcet, Alain Badiou, Frédéric Lordon et Bernard Stiegler… Quelle tristesse !

ALAIN CHOUET

A chaud, notre ami Alain Chouet nous a fait parvenir le texte suivant : « Le Colloque sur la Syrie – Les enjeux de la Syrie et de la région – qui devait se tenir le 26 novembre prochain au Mémorial de Caen et auquel j’avais été invité à participer vient d’être annulé sur décision du directeur du Mémorial qui, après avoir donné son accord à la tenue de ce colloque il y a plusieurs mois, vient d’annuler cet accord au dernier moment.

Le directeur du Mémorial dit avoir pris cette décision de refus après avoir été alerté « par des réseaux sociaux » (sans autre précision) sur le fait que ce colloque réunissait « des militants d’extrême droite bien connus et partisans de Bashar al-Assad »… Il aurait tout de même été intellectuellement honnête de sa part de vérifier ces assertions avant de prendre sa décision.

Je ne connaissais pas tous les participants à ce colloque mais ceux que je connais ne sont ni d’extrême droite ni partisans de Bashar al-Assad, en particulier :

– Michel Raimbaud, ancien ambassadeur, ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

– René Nabaa, ancien correspondant de l’AFP à Beyrouth, consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève ;

– Richard Labévière, journaliste et écrivain, membre du Parti socialiste ;

– Joël Bruneau, maire UMP-UDI-Modem de Caen ;

– Gérard Bapt, député à l’Assemblée nationale, groupe PS ;

– Adonis, philosophe et poète syro-libanais ;

– Jean Marie Schléret, député à l’Assemblée nationale, groupe UMP, ancien président du Conseil national consultatif des personnes handicapées ;

– Majed Nehmé, directeur du journal Afrique-Asie ; (ce journal créé par Simon Malley s’est illustré dans la lutte contre les dictatures arabes et africaines et dans la lutte anti-apartheid) ;

– … et enfin moi-même, écarté de mes fonctions à l’été 2002 sous le soupçon d’appartenance au PS et de « jospinisme »…

Toutes ces personnes ne sont ni des militants d’extrême droite ni partisans ou soutiens des dictateurs. Certains, comme le poète Adonis, sont au contraire d’inlassables combattants contre la violence d’Etat dont ils ont été eux-mêmes victimes.

En ce qui me concerne, j’ai été il y a plus de vingt ans le premier en France à essayer de prolonger les travaux de Michel Seurat sur ce qu’il appelait « l’Etat de barbarie ». Dans un très long article publié par la Documentation française, j’ai décrit en détail les méthodes et les mécanismes par lesquels Hafez el-Assad s’était approprié entre 1970 et 1990 – par la duplicité et la violence – l’ensemble de l’appareil d’Etat syrien au profit de sa famille et de sa communauté. Ce texte reste encore aujourd’hui – en France comme à l’étranger – l’une des premières références universitaires sur le sujet.

Je défie quiconque de trouver dans mes nombreux écrits, entretiens, conférences, le moindre soutien aux auteurs – quels qu’ils soient – des violences commises en Syrie ou ailleurs, le moindre soutien aux dictateurs et la moindre référence aux thèses de l’extrême droite, du conspirationnisme, de l’antisémitisme que je combats au contraire avec véhémence depuis cinquante ans.

J’ignore quels sont les « réseaux sociaux » qui ont alerté le directeur du Mémorial de Caen sur cette réunion de « dangereux fascistes ». J’en ai trouvé un qui s’intitule « Gauche de combat » avec comme sous-titre « Gauchiste et fier de l’être ». Il y en a sans doute d’autres mais je ne les ai pas vus. J’y note la présence de deux personnes qui avaient exigé en février 2016 de Mme Delphine Ernotte (Présidente de France Télévisions) la mise à pied de Mme Samah Soula, présentatrice de l’émission Un Oeil sur la planète, au motif que l’un de ses documentaires consacrés à la Syrie ne leur convenait pas car sa description des atrocités commises par les djihadistes s’analysait à leurs yeux en un soutien implicite au régime de Damas ».

RENE NABAA

La réaction de notre ami et grand journaliste René Nabaa vaut aussi le détour : « Au XXème siècle, à l’époque de la montée du totalitarisme, du fascisme et du nazisme, les États ont failli, en cédant sous la pression de groupuscules minoritaires… Ce n’était pas les fascistes qui avaient fait sombrer la République de Weimar mais le manque de démocrates », disait non sans raison Richard von Weizsäcker, président de la République Fédérale Allemande de 1984 à 1994. Gardons présent à l’esprit cette leçon d’histoire.

Stéphane Grimaldi, le directeur du Mémorial de Caen, paraît un ferme partisan de la liberté d’expression, mais à l’épreuve des faits ce bureaucrate s’est révélé, sinon un homme sans vertébration intellectuelle, à tout le moins sans consistance morale. Un démagogue bas de gamme : Charlie à Paris, Charlot à Caen et parfait zozo for ever, au vu des péripéties qui ont émaillé sa dernière prestation administrative.

Se drapant de l’autorité que lui confère sa fonction de serviteur d’un majestueux monument, le Mémorial de Caen, cet ancien directeur de la communication de la Mairie de Bordeaux, ancien administrateur de l’office des investissements internationaux, notamment pétromonarchies, s’est imaginé en auguste personnage bravant l’infâme. Un chevalier blanc terrassant l’ignominie, grisé par la tentation de son « quart d’heure de célébrité médiatique », chère à Andy Warhol. Ah les ravages des frustrations des bureaucrates anonymes et sans relief.

Confondant sans doute sa mission et sa dimension, ce scribe – un serviteur, non un régent, un simple exécutant, non un prescripteur – prétendument incommodé par les gazouillis d’un groupe frelon protestataire a décrété l’annulation d’un colloque prévu le 26 novembre 2016 au Mémorial de Caen, sans le moindre égard pour le maître des lieux : le Maire de Caen. Sans égard pour un aréopage constitué de grands serviteurs de l’État: Véronique Bouté, cancérologue de renom, présidente de l’Université pour la Méditerranée, Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie, ancien président de l’Office de protection des réfugiés et des apatrides, Alain Chouet, ancien haut fonctionnaire de la DGSE en charge du monde arabe musulman, Alain Corvez, officier de marine du cadre de réserve, Richard Labévière, ancien Rédacteur en chef de la revue Défense, le vecteur médiatique de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (IHEDN) et auteur de plusieurs ouvrages sur le terrorisme et son financement dont Les dollars de la terreur – Les États-Unis et les islamistes, paru aux Éditions Grasset en 1998.

Un colloque organisé sous le parrainage notamment de l’Université pour la Méditerranée et du mensuel Afrique-Asie, fondé par Simon Malley, compagnon de route des guerres de libération nationale du Tiers Monde, dont le propre fils Robert Malley est le conseiller du président américain Barack Obama pour le Moyen Orient.

Du beau monde en somme. De grands serviteurs de l’Etat apparent et de l’Etat profond, non des soudoyeurs et des soudards du « tueur d’enfants Bachar Al Assad », qui seraient cimentés, de surcroît, par leur attachement commun à une déologie d’extrême droite…

Le signataire de ce texte a figuré dans ce lot, alors qu’en quarante ans de carrière dans les grandes entreprises de la presse française, il passait, de l’aveu même de sa hiérarchie administrative, pour être un « incontrôlable », expression qui signifie dans le jargon professionnel, un être qui exerce un journalisme d’impertinence et d’irrévérence et non un journalisme de déférence et de connivence, comme ont tendance à l’être ses détracteurs.

D’origine libanaise, d’une famille chrétienne, natif du Sénégal, pays de l’Afrique noire francophone, majoritairement musulman, cette naissance a signé sa culture de base, une culture de métissage culturel et de brassage humain, où se conjuguent, Islam et Chrétienté, bi-culturalisme franco-arabe, sur fond de rapport colonial entre oppresseurs et opprimés, entre exploiteurs et exploités. La matrice de sa structuration intellectuelle et morale.

D’un ancrage solide à gauche, nullement adossé à la moindre structure pour sa subsistance matérielle ou sa substance intellectuelle – contrairement à ses détracteurs -, l’auteur est animé de la ferme conviction que les Arabes n’ont pas vocation à être d’éternels harkis, ni à configurer leur pensée en fonction des besoins stratégiques de leurs prescripteurs occidentaux. Son combat est mené, simultanément, contre les tyrans arabes ou non arabes et contre la tyrannie de la pensée occidentale. Ses amis sont ses amis, ses ennemis des ennemis qu’il combat comme tels, mais en aucun cas les amis de ses ennemis peuvent espérer devenir ses amis. Un combat dans la clarté. Front contre Front. Bloc contre Bloc. Stéphane Grimaldi a été notifié de la tenue du colloque le 26 septembre, soit deux mois avant sa tenue. Le déclic salvateur lui est parvenu, assure-t-il, sous la forme d’une salve de tweet provenant d’une meute haineuse des intellectoïdales.

Bien connue de la blogosphère nauséabonde, cette meute répond aux noms des habituels abonnés toxiques aux protestations sélectives, dont voici la liste sur ce lien: http://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/polemique-caen-le-colloque-sur-la-syrie-derange-le-memorial-4611267

Nicolas Hénin, ancien otage en Syrie et générateur involontaire d’un flux financier de 16 millions d’euros au djihadisme terroriste, la rançon payée à ses geôliers, Jabhat al Nosra, le commanditaire du carnage de Charlie Hebdo, le ravisseur des 17 religieuses de la bourgade chrétienne de Maaloula (Syrie). La rançon fixée à 20 milllions pour Hénin et ses trois journalistes compagnons d’infortune, a été réduite de 4 millions à titre de bonus pour la politique menée par le plus célèbre ronfleur des forums internationaux, Laurent Fabius, qui leur avait décerné auparavant un brevet d’honorabilité.

Le « forfait » a été obtenu en vertu d’une transaction menée par les services de renseignements turcs avec le Qatar, avec la caution de la France. Un forfait apparu rétrospectivement comme une forfaiture abominable, qu’aucun des participants au colloque de Caen ne s’est jamais hasardé à commettre à l’égard de sa patrie.

Dans sa rage hennissante, Nicolas Hénin a toutefois omis de signaler que sa captivité a fait l’effet d’un jackpot. Ré-animateur du blog « un oeil borgne sur la Syrie du Journal Le Monde, propriété du trio millardaire BNP (Bergé, Niel Pigasse), il est de surcroît commentateur sur BFM-TV, salarié du groupe de presse de Patrick Drahi, le milliardaire franco-israélien. En la matière on aurait rêvé meilleure posture morale de la part d’un allié objectif volens nolens du terrorisme djihadiste.

Nicolas Tenzer, l’autre indigné de service, n’est que le passeur de plats de Bernard-Henri Lévy, le philosophe du botulisme, le naufrageur de la Libye et de la Syrie, en droite ligne des objectifs globaux de la stratégie israélienne, responsable, à ce titre, au premier chef du flux migratoire qui a déferlé depuis la rive sud de la Méditerranée sur la France, mettant en péril la blancheur immaculée de sa population. Le troisième ange exterminateur n’est autre que l’ultra faucon Bruno Tertrais, professeur des relations internationales à l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, une institution dont le papa de Nicolas Hénin était le président. Ah les ravages de l’entre soi égotique du parisianisme calfeutré !

Une conjuration de cloportes, chassant en meute depuis le début de la guerre de destruction de la Syrie avec pour grand gourou François Burgat/Burqa, « l’idiot utile » du djihadisme erratique et bénéficiaire à ce titre d’une subvention de deux millions d’euros du Conseil Européen des Relations extérieures. Secondé par le colonel Salafi, alias Romain Caillet, Fiché S mais néanmoins boursier de l’Etat français, ainsi que la cohorte des suffragettes de la contre révolution syrienne, dont l’une, – fâcheuse coïncidence -, Hala Kodmani, est également salariée du milliardaire franco israélien Patrick Drahi, en sa qualité de graphomane au journal Libération.

Enfin dernier et non le moindre des imprécateurs n’est autre que Ziad Majed, le dernier chouchou de l’intelligentsia parisienne, qui s’étrangle de rage devant la « République monarchique » constituée par le clan Assad en Syrie, – éminemment critiquable -, mais lourdement taiseux sur les dynasties africaines: Laurent et Joseph Kabila au Congo Kinshasa, Omar et Ali Bongo au Gabon, Gnassingbé et Faure Eyadema au Togo, sans doute en raison de leur rôle de pourvoyeur de djmebés et de mallettes de la classe politico médiatique française. La dernière coqueluche à la mode des plateaux de télévision est un parfait représentant de la gauche mutante libanaise dont le plus illustre exemple n’est autre que Samir Kassir, ancien compagnon de route communiste syro palestinien de la Révolution Palestinienne reconverti en fer de lance de l’invasion américaine de l’Irak (2003) ; un reniement que ce «martyr de la presse» a sans doute payé de sa vie.

En s’érigeant ainsi en gardien de la vertu républicaine, le charlot de Caen a fourvoyé sa fonction, disqualifiant par la même sa mission de gardien du temple. Frappé d’indignité dans sa personne et dans sa fonction. Ne ultra sutor crepidam : « que le cordonnier ne juge pas au-delà de la chaussure ». «Apelle, le plus illustre des peintres grecs (IVe siècle av. J.-C.) vécut à la cour d’Alexandre le Grand, dont il fit le portrait. Il se signala par le charme souverain de ses figures, rehaussées d’un brillant coloris. Apelle, loin de s’offenser des critiques, les provoquait pour en faire son profit. On rapporte qu’il exposait quelquefois ses tableaux en public, et qu’il se cachait derrière la toile pour entendre les réflexions de chacun. Un jour, un cordonnier trouva à redire à la sandale d’un personnage. Apelle corrigea le défaut. Le lendemain, le même ouvrier s’avisa d’étendre ses critiques à d’autres parties du tableau. L’artiste sortit aussitôt de sa cachette et lui dit : « cordonnier, tiens-t’en à la chaussure ». De là est venu ce proverbe : ne sutor ultra crepidam. Stéphane Grimaldi : Tenez-vous à la chaussure. Ne dépassez pas votre seuil d’incompétence, immense, de crainte de sombrer dans le ridicule : Charlot de Caen. Zozo for ever. Et risée planétaire pour l’éternité ».

MICHEL RAIMBAUD ET ALEXIS CHEBIS

Enfin, nous laissons conclure Michel Raimbaud et Anas Alexis Chebis conclure : « Liberté, liberté chérie… Nul ne pouvait penser que le colloque du 26 novembre organisé au Mémorial de Caen par le Collectif pour la Syrie pourrait passer inaperçu, la guerre de Syrie et ses enjeux étant un sujet ultra-sensible qui exacerbe les passions, mais qui n’a jamais été présenté au public comme il conviendrait dans un Etat démocratique.

Voilà en effet près de six ans que nous entendons une seule version des faits, et ce monolithisme, quasiment sans précédent dans l’histoire contemporaine de notre pays, est déplorable et inadmissible. Il en dit long sur la déliquescence intellectuelle et morale de nos « élites ». La pensée unique n’est jamais bon signe, encore moins si elle se greffe sur un récit simplificateur, désinformateur et menteur.

Il ne s’agit pas de faire de la propagande, mais de proposer une lecture différente, et en tout cas de présenter une vision plus équitable et plus équilibrée des faits et des réalités. Le Colloque de Caen a été annulé sous l’effet de pressions qui ne visaient qu’à déconsidérer, selon une méthode bien connue, les organisateurs et les intervenants en mettant en cause leur « moralité » ou leur « rigueur scientifique ». Pourtant, s’il y avait vraiment des gages à demander quelque part, c’était plutôt aux « révolutionnaires offshore » syriens qui hantent les palaces et les palais nationaux ainsi qu’aux allumeurs des réseaux sociaux, experts en la matière. Il est vrai que nos censeurs ont un culot assez phénoménal et qu’ils ne brillent pas par leur tolérance. Ils aspirent à diriger la Syrie, mais ils censurent, ils menacent déjà. Qui aimerait être gouverné par de tels révolutionnaires, même affublés du qualificatif de modérés, à part leurs sponsors, qui ont du mal à faire la part des choses entre les effusions et les explosions. Il aura suffi d’un seul colloque (qui n’avait d’ailleurs pas encore eu lieu) sur les centaines qui ont anesthésié et intoxiqué l’opinion française pour faire sortir de leurs gonds, à en perdre la raison, les « démocrates » et leurs protecteurs.

« On ne pouvait pas (paraît-il) laisser les clés du Mémorial à un colloque suspecté de défendre les positions de Bachar Al Assad, lequel depuis 2011 conduit une guerre infâme », mais la décision (du Mémorial) d’annuler le colloque revient à donner aux lobbies bien connus la faculté de pouvoir, au choix, verrouiller ou ouvrir les portes…

La politique française, bien qu’elle se veuille décomplexée, n’est pas au-dessus de tout soupçon et il ne semble pas immoral de la remettre en question : l’acharnement à détruire un Etat souverain avec lequel aucune guerre n’a été déclarée, à saper toutes les chances de règlement politique, à bafouer toutes les règles du droit international et la légalité onusienne, est contraire à la tradition de notre pays : c’est sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité qui assure à la France une bonne partie de son rang . Ne serions-nous pas en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ?

La Syrie est déjà en partie détruite et les Syriens se sentent oubliés, seuls avec leur malheur, d’autant plus grand qu’il est occulté en Occident et dans ceux des pays musulmans qui ont pris fait et cause pour la « révolution » dont se réclame l’opposition armée. A Paris, on préfère en rester à des obsessions qui ne sont plus à l’ordre du jour et à des nostalgies de contrats qui ne seront jamais honorés. Ce n’est ni honorable, ni raisonnable.

La vérité est limpide et il suffirait de regarder pour voir, d’écouter les témoignages pour comprendre et de prêter attention au flot grandissant des voix qui contestent la vision truquée que l’on nous inflige en toute circonstance. Au pays de la raison, il n’en est rien. Oui, sur ce point, on peut bien parler de « l’exception française », et elle n’est pas glorieuse car, à la coupe du monde diplomatique, nous sommes d’ores et déjà hors-jeu ou sur le banc de touche, et nos protégés « révolutionnaires » avec.

Nombreux sont les Français qui rêvent du jour où se lèvera une équipe de visionnaires hardis, capable d’accompagner l’émergence d’un nouvel équilibre mondial et de redonner à leur pays, celui des Lumières, la place qu’il a hélas perdue dans le concert international. La France doit retrouver au plus vite sa liberté de décision et ne plus laisser des « alliés » qui ne nous veulent pas de bien, des « amis » de circonstance ou des groupes de pression divers décider de son destin. Les Français doivent tout simplement recouvrer la liberté, celle de s’exprimer en premier lieu. Assez de censeurs, de maîtres chanteurs, de gourous, de terroristes intellectuels : ils n’ont pas leur place au pays de la raison et la liberté ».

Nous rentrons d’Alger où nous avons participé au 21ème Salon international du livre (SILA). Cette manifestation populaire qui a vu la fréquentation de plus d’un million et demi de visiteurs reste incroyable par la variété de ses exposants et de ses dizaines de conférences et débats sur les sujets nationaux et internationaux les plus sensibles. Croisements multiples et baroques de moustachus, de barbus, de mini-jupes et de hijabs, d’Africains du Nord, du Sud, de l’Est, du Centre et de l’Ouest, d’Européens de toutes nationalités et notamment française, ce SILA s’est imposé, depuis de nombreuses années déjà, comme l’un des théâtres mondiaux de la liberté de penser, d’imprimer et de diffuser, de la liberté tout court !

Une évidence aujourd’hui : la liberté d’expression est plus grande à Alger qu’à Paris. Nous l’écrivons et le proclamons depuis Genève, refuge de Jean-Jacques Rousseau et de tant d’autres. La semaine prochaine – et toujours des rives du lac Léman -, nous reviendrons sur les situations militaires d’Alep et de Raqqa. Bonne semaine quant même !

Richard Labévière

source: http://prochetmoyen-orient.ch/censure-francaise-je-suis-memorial-de-caen/


 
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De mai 68 et des conspirations anglo-saxonnes Par Nicolas Bonnal

22 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #De Gaulle.

De mai 68 et des conspirations anglo-saxonnes
Par Nicolas Bonnal

dimanche 20 novembre 2016, par Comité Valmy

De mai 68 et des conspirations anglo-saxonnes

Le gaullisme fut en fait sauvé par la Russie et par la CGT. Et comme dit un inspiré Guy Debord, « rien, depuis vingt ans, n’a été recouvert de tant de mensonges commandés que l’histoire de mai 1968 ».

Parlons de mai 68. Comme disait le philosophe libertarien Murray Rothbard (aux antipodes des néocons et de leurs relais médiatiques), « on appelle conspirative l’histoire qui n’est pas rédigée par l’autorité étatique officielle » et ses rédacteurs orwelliens. Cette citation importante met en relief le fait que l’histoire officielle (celle qu’on enseigne à l’école) est en elle-même une conspiration destinée à couvrir les crimes et les méfaits de nos élites privées ou bureaucratiques, et ce, quelles que soient les prétentions des fonctionnaires qui l’enseignent ; Nietzsche en parle déjà dans la deuxième considération. La désintégration de l’enseignement historique en France (ou de ce qu’il en restait…) sous le gouvernement socialiste met en lumière cette tentative.

 

L’universitaire Ralph Raico en Amérique décrit, dans A libertarian rebuttal (sur Mises.org) les nuisances que représentèrent les présidents mythiques comme Lincoln, Wilson ou Roosevelt. Et Rothbard explique ailleurs que l’Amérique n’a livré que deux guerres justes : la guerre d’indépendance et la guerre de Sécession, mais côté sudiste bien entendu. Revoyez le meccano de la générale !

 

Mais restons en France – ou dans notre hexagone !

Le Français moyen, comme le chien Ran-Tan-Plan, « sent confusément quelque chose à propos de mai 68 ». Le bataclan de ce mois légendaire avait tout, en fait, d’une révolution orange destinée à mettre à l’écart un pouvoir hostile, celui du gaullisme, et de soumettre la France, pardon, l’hexagone, à des intérêts occultes. Sempiternel malaise social français mis à part (voyez Vallès, Zola, Le Bon), on utilisa des émeutiers, on manipula des grévistes, on dénonça un despote, on déploya le beau slogan « CRS SS ». Le gaullisme fut en fait sauvé par la Russie et par la CGT. Et comme dit un inspiré Guy Debord, « rien, depuis vingt ans, n’a été recouvert de tant de mensonges commandés que l’histoire de mai 1968 ». Roger Frey parla de l’argent qui passait par la Suisse (L’Express N°2437) ; le fils du Général a dénoncé le rôle de forces opaques durant les événements si mal expliqués de notre post-histoire.

 

Le cruel dominion socialiste et chrétien-démocrate de la Quatrième république avait donné à l’empire américain toutes les garanties. Baroud colonial humiliant. Puis vint au pouvoir le Général, dont les convictions anti-impériales ne plurent pas à tout le monde. S’ensuivit une longue bataille politique et médiatique contre le pouvoir gaulliste en France et dans le « monde libre ».

 

Il est clair que le sinistre Lyndon B. Johnson et son administration Deep State détestaient de Gaulle. Le Général dénonce en 1964 à Peyrefitte les agissements de l’ambassadeur américain Bohlen (de la dynastie Krupp) avec la presse et la bourgeoisie aux ordres. Sur cette bourgeoisie, Chevènement a dit un jour, lors d’une vieille émission de l’ORTF : elle était aux ordres des Allemands pendant la Guerre, elle est aux ordres des Américains aujourd’hui. Et le gaullisme prétendait gêner le Lebensraum germano-américain qui engloutit aujourd’hui nos vieilles nations, pendant que la nouvelle Europe des Baltes, dirigée par des professeures américaines, exige en trépignant sa guerre nucléaire contre la Russie.

 

On retrouve deux éléments importants chez Carroll Quigley. Il dit, dans son opus sur l’établissement anglo-américain (il y célèbre la création de la table Ronde), que la France fut poignardée dans le dos (stab in the back) par l’Angleterre au cours des années trente, au moment notamment de l’accord naval anglo-nazi de 1935, parce que le groupe Milner ne voulait pas d’une grande guerre contre le nazisme ; il ajoute qu’on déclarerait la guerre au nazisme, mais qu’on ne la mènerait (wage) pas. Ce fut la drôle de guerre anglo-allemande, qui dura après le 10 mai 1940 : l’anglophilie nazie fit le reste, en Méditerranée et ailleurs. On préférait tuer du Russe. Guido Preparata explique tout cela très bien. Pour lui, les nazis ont joué les idiots utiles pour anéantir la puissance allemande et la Russie ; et ils n’ont jamais bien compris l’hostilité de l’élite anglo-américaine (elle ne veut que contrôler l’île-monde) alors qu’ils croyaient œuvrer pour elle. Preparata donne une fascinante interprétation cryptée des Falaises de marbre de Jünger.

 

Sur de Gaulle, Quigley, qui fut le professeur d’histoire de Bill Clinton, ajoute haineusement ceci, cette fois dans Tragédie et espoir :

 

« La France, malgré de Gaulle, devra accepter une Europe politique… Les USA veulent que l’Europe soit unifiée et alliée ; De Gaulle veut l’Europe désunie et indépendante… Il semble évident que l’Europe, malgré un considérable retard causé par De Gaulle, émergera unifiée et indépendante. »

Indépendante ???

Nicolas Bonnal
Le 25 octobre 2016

Bibliographie

Quigley (Carroll) – Tragedy and hope ; The anglo-american establishment

Preparata (Guido) – Conjuring Hitler

Peyrefitte – C’était de Gaulle

Rothbard (Murray) – A libertarian manifesto

Raico (Ralph) – A libertarian rebuttal

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Le chaos s’éclaircit : voici pourquoi les USA utilisent l’ISIS pour conquérir l’Eurasie

9 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Comité pour une Nouvelle résistance, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'Italie, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Le chaos s’éclaircit : voici pourquoi les USA utilisent l’ISIS pour conquérir l’Eurasie

 
Comme tout document exceptionnel, le texte qu’Arrêt sur Info reproduit ci-dessous, rédigé en 2014, demeure d’actualité.
Le chaos s’éclaircit : voici pourquoi les USA utilisent l’ISIS pour conquérir l’Eurasie

 

L’auteur développe là une analyse unique en son genre, comparant les pratiques de premières frappes préventives des USA et de leurs associés à celles des guerres de course menées par les corsaires et les pirates… il y a seulement quelques siècles. Il y aborde notamment les risques d’une troisième guerre mondiale, le Pape, ISIS, les Baptistes, l’Ukraine, la question kurde…


Au XVIe siècle, les pirates et les corsaires semaient la terreur sur les mers

Les corsaires étaient des particuliers (souvent des armateurs), qui engageaient des capitaines habiles dans la navigation, pour poursuivre leurs propres intérêts, en collaboration avec les intérêts politiques d’une puissance, qui leur fournissait, justement, une « lettre de course ». Cette lettre les habilitait à attaquer et à piller les vaisseaux d’autres puissances, sous certaines conditions (en général une guerre).

Les activités des pirates et celles des corsaires étaient pratiquement les mêmes. Seules changeaient les couvertures politiques officielles. Certains corsaires finissaient leur carrière comme pirates, parfois pendus par les mêmes gouvernements qui les avaient engagés.

De fait, les corsaires pouvaient se permettre de faire les choses qu’un État considérait comme politiquement ou économiquement imprudent de faire lui-même.

Les Compagnies commerciales constituaient une variante à bien plus grande échelle, et bien plus organisée. Elles étaient dotées de privilèges, comme la célèbre Compagnie anglaise des Indes orientales, qui, quoique totalement privée (la Couronne anglaise ne possédait pas même une action des Compagnies anglaises), jouissait du nihil obstat [1] [l’autorisation donnée par l’autorité compétente, NdT] pour conduire des guerres et des activités de gouvernement.

« Corsaires » et pirates ont suscité les fantaisies romantiques et libertaires de générations de gens qui, par contre, fronçaient le nez devant les entreprises de leurs mandants.

Aujourd’hui, l’histoire se répète, en pire

Depuis plus de 30 ans, les groupes armés des soi-disant fondamentalistes islamiques constituent une forme encore plus perverse de ces grandes compagnies d’aventuriers, au service de l’Empire étatsunien. Les bases de cette alliance-service furent jetées pendant la Première Guerre mondiale par des gens comme St. John Philby [2] et Gertrude Bell [3], brillants agents anglais parfaitement préparés, qui travaillaient en contact étroit avec les princes saoudiens.

On a vu cette alliance à l’œuvre en Afghanistan dans les années 80, sous la savante conduite criminelle de Zbigniew Brzezinski [4], puis en Bosnie, au Kosovo, en Tchétchénie, en Libye, en Syrie et maintenant en Irak. Il est vraisemblable que son bras long s’étendra jusqu’en Inde, via le Pakistan, et jusqu’au Xinjiang ouighour, en Chine.

L’ISIS, c’est-à-dire l’État Islamique de l’Irak et du Levant (Syrie), est la forme la plus sophistiquée de cette stratégie corsaire. Plus encore qu’Israël [5], l’ISIS est la quadrature du cercle : un État-non-État qui, étant par définition une entité terroriste, a le « droit » d’être en dehors de quelque légalité que ce soit. Les USA ont raison, de leur point de vue, de l’appeler « organisation terroriste » : le soutien politique direct, le soutien organisationnel via l’Arabie saoudite, et, justement, cette définition elle-même, constituent la « lettre de course » que la Superpuissance leur fournit. En d’autres termes, ils ont le droit-devoir d’être des terroristes.

Exactement comme c’était le cas des corsaires jadis, sous le déguisement de « combattants de la liberté » (anti-Assad), ils ont suscité les fantaisies romantiques d’humanistes ingénus (parfois, hélas, ils sont même tombés dans la mortelle toile d’araignée) et de soi-disant internationalistes, dont Jupiter avait décidé la perte. Nous pouvons supposer qu’à présent ils se sentent un peu perdus. Nous, au contraire, nous commençons à voir plus clairement les contours d’un dessin assez précis.

La stratégie des premières attaques, analogue à celle des corsaires avec leurs Guerres de course

Dans les années 80 déjà, la Rand Corporation [6] avait « prévu » que les guerres futures seraient un mixte de conflits stellaires et de conflits prémodernes menés par des entités infra-étatiques. Prévision aisée à faire, puisque la Rand faisait partie du complexe qui était en train de préparer ce scénario.

Cette stratégie s’appuie sur une parfaite logique. En fait, les « guerres des étoiles », menées jusqu’à leurs dernières conséquences, ne peuvent que se transformer en conflits nucléaires. Par contre, la guerre de course, par l’intermédiaire d’entités infra-étatiques, conduite par les USA, après les premiers coups « orthodoxes » portés par l’engeance des Bush et Clinton, a permis à la Superpuissance de lancer cette série de premières attaques (first strikes), qui auraient été très risqués, et donc impossibles, sous forme de guerres orthodoxes entre États, même si la nouvelle attitude nucléaire (New Nuclear Posture [7]) élaborée par les néo-cons sous bush Jr. ne les excluait pas.

La débandade initiale des rivaux stratégiques démontre qu’il y avait là un coup de génie, évidemment criminel. On a même l’impression que ces rivaux préfèrent courir le risque de guerres terroristes infra-étatiques plutôt que celui d’un conflit ouvert avec un adversaire sans scrupules, et de plus en plus agressif, parce que de plus en plus en difficulté. Une difficulté toutefois relative, que nous chercherons à préciser.

Un État-non-État à l’abri de son drapeau noir de pirate

Qu’y a-t-il de mieux pour les USA que d’installer dans le centre névralgique de l’Eurasie (déjà objet des cauchemars et des désirs du conseiller de Carter pour la sécurité, le « prophétique » Zbigniew Brzezinski) un État-non- État, un État-zombie, un être-non-être, une organisation territoriale qui, à l’abri de son drapeau noir de pirate, peut menacer d’actions effroyables tous les États voisins, depuis la Syrie, la Russie, l’Iran, la Chine, les républiques centre-asiatiques, puis, tout au long du corridor qui, à travers du Pakistan, pénètre en Inde et qui, à travers le Xinjiang ouighour, prend la Chine à revers ? Difficile d’imaginer meilleure arme non conventionnelle. Très difficile. C’est un terrible pieu planté au beau milieu de l’Organisation de coopération de Shanghaï.

Mais ce n’est pas tout : même l’Europe peut être menacée (cela n’a-t-il pas déjà été fait ?). Cela peut être utile, si elle se montrait trop récalcitrante face au projet néo-impérialiste états-unien, avec des annexes et des connexions du type du criminel Traité transatlantique de libre-échange (TTIP).

La difficulté où se trouveraient, disions-nous, les USA, ne réside pas dans un éventuel déclin inexorable du pays, selon on ne sait quelles lois géopolitiques ou économiques. En réalité, la difficulté réside dans le système capitaliste même, qui est aujourd’hui encore centré sur les USA, ce qu’on ne peut contester que si l’on pense que le système capitaliste est mesurable en termes de profits, Produit intérieur brut, échanges commerciaux et réserves de devises. Cela compte aussi, mais pas uniquement, parce que le système capitaliste est un système de pouvoir.

De plus, les puissances émergentes ont émergé, pour ainsi dire, « en retard » (il ne pouvait en être autrement), c’est-à-dire que les capacités destructrices militaires, industrielles, écologiques et financières mondiales ont déjà été massivement hypothéquées par un État-continent appelé États-Unis d’Amérique et par ses vassaux. Il est vrai que nous, pays capitalistes occidentaux à capitalisme mûr, ne comptons que pour 1/7e de la population mondiale, mais c’est justement ce qui donne l’inquiétante mesure du problème, puisque nous comptons immensément plus pour ce qui est de la capacité destructrice.

Une totale absence de scrupules

Le réalisateur Oliver Stone et l’historien Peter Kuznick ont fait remarquer, avec beaucoup d’acuité, qu’avec Hiroshima et Nagasaki, les USA ne voulaient pas seulement démontrer qu’ils étaient surpuissants, mais aussi (ce qui encore plus préoccupant) qu’ils n’auraient aucun scrupule dans la défense de leurs intérêts propres : ils étaient prêts à réduire massivement en cendres hommes, femmes et enfants.

Les populations libyennes, syriennes et irakiennes, martyrisées par les corsaires fondamentalistes, sont l’effroyable démonstration de cette absence de scrupules : ces épisodes de génocides par étapes sont accomplis en lieu et place de l’unique extermination nucléaire, jugée trop risquée. Dans ce sens précis, l’ISIS est utilisée comme une arme de destruction massive échelonnée.

En Occident, cette stratégie reste incompréhensible pour la plupart des gens

Il est vrai qu’elle est complexe, parce qu’elle se fonde sur un jeu complexe d’intérêts différenciés, depuis des intérêts purement idéologiques jusqu’à des intérêts purement maffieux. Cela n’en reste pas moins surprenant, parce que, outre que cette stratégie est désormais claire dans ses objectifs (évidemment parce que les USA eux-mêmes les ont éclaircis), elle est, comme on l’a vu, la réédition d’une stratégie connue et bien connue.

Sa perception pouvait être confuse pendant le conflit afghan des années 80. Il pouvait alors être difficile de comprendre la connexion entre choc des cultures, invasion soviétique et naissance de la guérilla islamiste, soutenue et organisée par les USA. Pourtant, certains chercheurs, en petit nombre, il est vrai, et traités comme des excentriques, avaient déjà fait remarquer les connexions entre crise systémique, reaganomics [8], financiarisation, conflits géopolitiques, et la reprise d’initiative néo-impériale des USA après la défaite au Vietnam (combien de fois a-t-on présenté les USA comme fichus !). Je veux parler des chercheurs regroupés dans l’école du « système-monde ».

Il est en tout cas curieux qu’une gauche aussi déterminée dans les années 60 et 70 à lutter pour la défense du prosoviétique Vietnam se soit retrouvée, très peu d’années après, à faire des clins d’œil aux fondamentalistes soutenus par les USA contre une Union soviétique maintenant considérée comme l’Empire à détruire à tout prix.

Les ex-militants de gauche sont devenus des supporters de la nouvelle politique impériale

Avec les Tours jumelles, début de la Troisième Guerre Mondiale par zones dont parle même aujourd’hui le Pape (a-t-il vraiment fallu 13 ans au Vatican pour le comprendre ?), la dérive totale de la gauche était pré-annoncée par un spectaculaire chant du cygne : les énormes manifestations contre les guerres de Bush Jr. et les politiques néo-libérales globalisées. On était sur la bonne voie, car c’étaient là exactement les deux aspects complémentaires du mariage entre argent et pouvoir, mis à nu par la crise systémique. Et pourtant, il a suffi de l’approfondissement de cette crise et de son irruption dans les centres capitalistes occidentaux, puis de l’élection sanctifiée de Barack Hussein Obama, pour faire dérailler tout raisonnement : et des centaines de milliers d’ex-militants ont été transformés en supporters actifs, passifs ou inconscients de la nouvelle politique impériale. Ce n’est pas une exagération : il suffit de comparer les 3 millions de personnes dans la rue à Rome en 2003 contre la guerre contre l’Irak et les 300 (trois cents !) personnes dans la rue à Rome en 2011 contre la guerre contre la Libye.

Mais le pire, c’est que ce n’est pas le résultat d’un programme de conditionnement sophistiqué ! C’est le succès des stratégies de communication introduites en leur temps par le Nazi Goebbels, redistribuées à travers les vieux et les nouveaux médias, avec une variante décisive : non seulement des mensonges gros comme des maisons répétés partout à l’unisson et par tous les médias, mais, en plus, assaisonnés avec les termes et les concepts qui plaisent le plus à la gauche. Si lancer des bombes fait froncer le nez, il suffit de dire qu’elles sont intelligentes ou même humanitaires, voire qu’elles constituent tout bonnement des aides humanitaires.

L’Empire parle alors un langage d’un registre étendu, depuis le registre réactionnaire, jusqu’au registre du progrès technique, social et politique. Ce n’est pas vraiment une nouveauté, mais sa cible est une société en voie de désarticulation, à cause de la crise toujours plus féroce, abandonnée et même trahie par les intellectuels et les politiciens auxquels elle s’était confiée, et où, hélas, même dans les quelques bastions de résistance qui restent, les effets mutagènes du langage impérial exercent leurs ravages.

Comme le commenta alors [2011] une vignette d’Altan [Dessinateur humoriste italien, NdT], il y a un truc, cela se voit parfaitement, mais tout le monde s’en fiche. Les raisons devraient en être étudiées de façon beaucoup plus approfondie que dans les rapides propositions qui précèdent, pour comprendre comment on peut sortir de ces limbes suspendus au-dessus du gouffre.

De toute façon, la « guerre contre le terrorisme » n’a abattu aucun terrorisme, parce qu’il n’y avait aucun terrorisme à abattre. En revanche, elle a détruit des États, d’abord l’Afghanistan, puis l’Irak.

Entre temps, le terrorisme est entré en sommeil, et n’est réapparu que pour donner quelques nécessaires preuves de vie, à Madrid et Londres, au cœur de l’Europe. En réalité, il était en phase de réorganisation, dans le sens où on était en train de le réorganiser pour les nouveaux théâtres d’opérations, peut-être, au début, pas encore très clairs dans l’esprit des stratèges états-uniens parce que, dans les crises systémiques, même celui qui génère et utilise le chaos en ressent les conséquences.

La gauche a déployé une stupéfiante capacité à ne rien comprendre

Avec Obama, les objectifs et la stratégie s’éclaircissent progressivement. Une fois la nouvelle armée corsaire réorganisée et montée en puissance, éclate la nouvelle offensive, moyennant deux préludes : le discours d’Obama à l’Université du Caire en 2009 et les « printemps arabes » commencés l’année suivante.

Dans les deux cas, la gauche a déployé une stupéfiante capacité à ne rien comprendre. Ayant désormais complètement séparé l’anticapitalisme de l’antiimpérialisme, la plus grande partie du « peuple de gauche » s’est laissé envelopper dans la mélasse du couple « bonnes intentions-droits humanitaires » [… ], élevant n’importe quel bla-bla au rang de concept, puis de Verbe. Il suffit qu’Obama parle, et on s’écrie en chœur : que c’est beau ! Quelle différence entre Obama et ce belliciste antimusulman de Bush ! Vous avez entendu ce qu’il a dit au Caire ?

Pas le plus léger soupçon que l’Empire est en train d’exposer sa nouvelle doctrine d’alliance avec l’Islam politique (alliance qui a son centre logistique, financier et organisationnel en Arabie saoudite, le partisan le plus fidèle et le plus ancien des USA au Moyen-Orient).

C’est encore pire avec les « printemps arabes »

Même alors que les bombardements sur la Libye ont commencé, la gauche n’a pas le bon sens de réviser son enthousiasme pour ces « révoltes ». Paradigmatique fut le démentiel et déplaisant appel de Rossana Rossanda [9] à s’enrôler dans les rangs des égorgeurs de Benghazi (dont le chef venait directement de Guantanamo, avec couverture de l’Otan), « comme les antifascistes l’avaient fait en Espagne ». Cet appel était le signe de la corruption aristotélicienne, non pas d’un cerveau de vieillard, mais de plusieurs générations de rêveurs ayant grandi sous le ciel de l’empire américain, naturel comme le firmament, et invisible comme le temps, donc non perceptible. Sous cette coupole étoilée et globalisée, le capitalisme devenait non plus un rapport social vivant dans une société et des lieux géographiques matériels, mais un simple concept qui s’opposait à un autre concept, celui du capital à celui du travail. Rien de moins matérialiste depuis les temps des discussions sur le sexe des anges.

Désaccoupler le capitalisme de l’impérialisme c’est comme prétendre dissocier l’hydrogène de l’oxygène, tout en voulant en même temps conserver l’eau. Pour un chrétien, c’est comme dissocier le Christ du Saint-Esprit : il en reste quelque chose, qui hésite entre l’érudition livresque et les bons sentiments instinctifs, livré comme une proie à tout démon fourbe et déterminé.

On est arrivé au point qu’un chef d’état-major étatsunien, le général Wesley Clark, révèle que la Libye et la Syrie étaient déjà en 2001 sur une liste d’objectifs sélectionné par le Pentagone, et que de soi-disant marxistes continuent, tranquillement, à croire à des « révoltes populaires », ces révoltes populaires qu’eux-mêmes n’ont pas été et ne sont pas capables de susciter dans leur propre pays. Bref, ce sont là les effets de crises d’abstinence.

Le Mouvement 5 étoiles et Sinistra Ecologia Libertà, apportent un peu de lucidité en Italie

Mais ce sont là désormais des détails résiduels, qui concernent des résidus historiques, privés de valeur politique. Ils servent tout au plus à illustrer le bien plus grave phénomène de toute une gauche confrontée à la Troisième Guerre Mondiale, et qui y arrive dans un état d’impréparation totale, sur les plans théorique, politique et idéologique. Elle est plus désarmée que le « peuple de droite », et souvent se range ouvertement dans le camp des bellicistes.

Ah ! Pasolini, comme tu avais raison de tonner contre les « irresponsables intellectuels de gauche » ! Jusqu’où sommes-nous arrivés !

Il n’y a qu’un petit rayon dans cet été si nuageux. On ne peut qu’être d’accord avec le Mouvement 5 étoiles [10] et le Sinistra Ecologia Libertà [11] sur leur opposition à l’envoi d’armes aux Kurdes (d’ailleurs à quels Kurdes ?). Divers raisonnements s’unissent ici, comme l’indécence d’exporter des armes et l’inutilité de la chose pour résoudre le conflit. Mais la vraie inutilité et l’indécence résident dans le fait que ce conflit est un jeu à somme nulle, dans lequel se trouveront prises des milliers de personnes, à 90 % des civils, comme c’est le cas dans tous les conflits modernes, et comme nous en avertissent des organisations comme Emergency.

Les preuves de ces forfaitures sont là, il suffit de les regarder

Le sénateur John McCain, en apparence franc-tireur, mais en réalité agent plénipotentiaire de la politique de chaos terroriste d’Obama, s’est mis d’accord aussi bien avec les leaders du Gouvernement régional kurde en Irak qu’avec le Calife de l’ISIS, Abu Bakr al- Baghdadi, ex Abu Du’a, ex Ibrahim al-Badri, un des cinq terroristes les plus recherchés par les USA, avec une récompense de 10 millions de dollars.

Il y a des témoignages et des preuves photographiques. Et c’est sur ces photos que se fonde la dénonciation devant l’autorité judiciaire, présentée par leurs familles, du sénateur McCain comme complice de l’enlèvement au Liban, par l’ISIS, de plusieurs personnes.

De même que Mussolini avait besoin d’un millier de morts à jeter sur la table des négociations de paix, les USA, l’ISIS et les dirigeants kurdo-irakiens ont besoin de quelques milliers de morts (civils) à jeter sur la scène de la tragédie moyen-orientale, afin de mener à bien la tripartition de l’Irak et le vol de zones du nord-est de la Syrie (ce qui est le contraire d’une union contre les terroristes de la Syrie et des USA, comme l’écrivent des voyous frivoles dont la plume est vendue au régime). Le tout au bénéfice du réalisme du spectacle.

[…]

En 1979, Zbigniew Brzezinski avait compris et écrit que le futur problème des USA était l’Eurasie et qu’il fallait donc la balkaniser, en particulier la Russie et la Chine.

Au début du siècle passé, en pleine hégémonie mondiale de l’Empire britannique, le géographe anglais Halford Mackinder [12] écrivait « Qui contrôle l’est de l’Europe commande le Heartland, qui contrôle le Heartland commande l’Ile-Monde, qui contrôle L’Ile-Monde commande le monde ».

Les infatigables déambulations de McCain entre Ukraine et Moyen-Orient ne sont donc pas un hasard. La pensée dominante est toujours la même. Ce qui a changé, c’est que les USA ont compris qu’il n’est pas nécessaire que ce soit ses propres troupes qui fassent tout le sale boulot.

Piotr | 25 Août 2014

[1] Nihil obstat est une locution latine signifiant proprement « rien ne s’oppose ».

[2] Harry St. John Bridger Philby (né le 3 avril 1885 à Badulla, Ceylan – mort le 30 septembre 1960 à Beyrouth, Liban), également connu sous les noms de Jack Philby ou Sheikh Abdullah (الشيخ عبدالله), fut espion britannique, explorateur, écrivain, et ornithologue (wikipedia, français).

[3] Gertrude Margaret Lowthian Bell, née le 14 juillet 1868 à Washington Hall dans le comté de Durham en Angleterre et décédée le 12 juillet 1926 à Bagdad, était une femme de lettres, analyste politique, archéologue, alpiniste, espionne et fonctionnaire britannique (wikipedia, français).

[4] Zbigniew Kazimierz Brzeziński (né le 28 mars 1928 à Varsovie en Pologne) est un politologue américain d’origine polonaise. Il a été conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis Jimmy Carter, de 1977 à 1981 (wikipedia, français). Il est l’auteur du fameux livre Le grand échiquier (les-crises.fr, français).

[5] Étant formellement un État internationalement reconnu, Israël doit se soumettre à la légalité internationale, même s’il ne le fait pratiquement jamais (il se prévaut de larges dérogations), et il a une organisation politico-institutionnelle complexe (mais celle-ci compte de moins en moins, comme chez nous [en Europe, NdT]).

[6] La RAND Corporation, fondée en 1945, est une institution américaine à but non lucratif qui a pour objectif d’améliorer la politique et le processus décisionnel par la recherche et l’analyse (wikipedia, français).

[7] A New Nuclear Posture (armscontrol.org, anglais, 05-2010)

[8] Le terme de Reaganomics, mot-valise de « Reagan » et « economics » se réfère aux politiques en matière d’économie du président américain Ronald Reagan. Ses quatre piliers furent d’augmenter les dépenses du gouvernement, notamment militaires, de réduire les impôts sur le revenu du travail et du capital, de réduire la régulation, et de contrôler l’argent utilisé pour réduire l’inflation (wikipedia, français).

[9] Rossana Rossanda (Pola, aujourd’hui en Croatie, 23 avril 1924), est une journaliste et une femme politique italienne, dirigeante du Parti communiste italien dans les années 1950 et 1960 (wikipedia, français).

[10] Le Mouvement 5 étoiles (en italien, Movimento 5 Stelle ou Cinque Stelle, M5S) est un mouvement politique italien qui se qualifie d’« association libre de citoyens » (wikipedia, français).

[11] Gauche, écologie et liberté, un des petits partis à gauche de la gauche (wikipedia, français).

[12] Halford John Mackinder (15 février 1861 – 6 mars 1947) est un géographe et géopoliticien britannique. D’après sa théorie du Heartland, on observerait ainsi la planète comme une totalité sur laquelle se distinguerait d’une « île mondiale », Heartland (pour 2/12e de la Terre, composée des continents eurasiatique et africain), des « îles périphériques », les Outlyings Islands (pour 1/12e, l’Amérique, l’Australie), au sein d’un « océan mondial » (pour 9/12e). Il estime que pour dominer le monde, il faut tenir ce heartland, principalement la plaine s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie occidentale, qui rayonne sur la mer Méditerranée, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et la Chine (wikipedia, français).

Note du traducteur : Nous avons supprimé deux courts passages concernant la politique intérieure italienne, qui nous paraissent trop spécifiques pour le public francophone. Nous les avons signalés par la mention […].

 

Original : Perché gli USA usano l’ISIS per conquistare l’Eurasia

Traduit par Rosa Llorens 

Source:https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/030914/le-chaos-s-eclaircit-voici-pourquoi-les-usa-utilisent-l-isis-pour-conquerir-l-eurasie 

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Richard Labéviére Écrivain français, consultant international Des questions géopolitiques

7 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Europe supranationale, #La nation ., #Daesch

Richard Labéviére Écrivain français, consultant international Des questions géopolitiques 

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