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Le blog de Lucien PONS

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[Syrie] Carla Del Ponte : « Je suis frustrée, j’abandonne ! » Source : Blick, Cinzia Venafro

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Source : Blick, Cinzia Venafro, 06.08.2017

Carla Del Ponte

En cinq années, elle ne serait arrivée à « absolument rien » et ne veut plus « être une enquêtrice-alibi ». Carla Del Ponte démissionne de son poste d’enquêtrice spéciale de l’ONU en Syrie.

« Nous n’avons pas obtenu le moindre succès. Nous fonçons dans le mur depuis cinq ans », a déclaré Carla Del Ponte (70 ans), la rapporteuse spéciale de l’ONU en Syrie, au quotidien Blick à l’occasion du festival du film de Lugano.

L’ancienne procureure générale du tribunal pénal international de La Haye est frustrée. Elle a dû admettre qu’elle a été nommée « uniquement en temps qu’enquêtrice-alibi sans aucun soutien politique ».

À moins que le Conseil de sécurité de l’ONU ne nomme un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre ayant lieu en Syrie, tous les rapports qu’elle rédigera demeureront complètement inutiles. La Chine et la Russie bloqueraient tout. « J’ai déjà écrit ma lettre de démission et je l’enverrai dans les prochains jours. »

Elle assistera en septembre à la dernière session de la commission d’enquête. « J’abandonne. Les États membres du Conseil de sécurité ne veulent pas que la justice s’applique. Je ne peux plus rester dans cette commission qui ne fait tout simplement rien ! »

La Syrie est un pays sans avenir. « Ils détruisent tout ce qui est, d’une manière ou d’une autre, humain. C’est inconcevable. » Il n’y a plus d’école, plus d’institution. « Et croyez-moi : des crimes aussi terribles que ceux commis en Syrie, je n’en avais vu ni au Rwanda ni en ex-Yougoslavie », affirme Del Ponte.

C’est un scandale pour l’ensemble de la communauté internationale. « Nous pensions que la communauté internationale avait tiré les leçons du Rwanda. Mais non, ils n’ont rien appris ! » dit Del Ponte, manifestement exaspérée.

« Au début, il y avait les bons et les méchants, explique Mme Del Ponte. l’opposition dans le rôle des gentils, le gouvernement dans celui des méchants. » Après six années d’enquête, ils devraient dire : « En Syrie tout le monde est méchant. Le régime d’Assad, qui a perpétré d’horribles crimes contre l’humanité et qui a utilisé des armes chimiques ; et l’opposition, composée uniquement d’extrémistes et de terroristes. »

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Voir aussi : Carla Del Ponte : “Je m’en vais car tous les 6 mois on demande justice pour les victimes en Syrie et rien ne se passe !”

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Démission de Carla Del Ponte : «Les propos du procureur prouvent qu’elle est juge et partie»

Source : Michel Raimbaud, 09-08-2017

Pour l’ancien ambassadeur de France Michel Raimbaud, le procureur démissionnaire Carla Del Ponte, incarne les insuffisances, les préjugés, les « vices de construction » de la justice internationale.

Question : « L’opposition syrienne n’est composée que de terroristes », a déclaré la chef de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie en annonçant son intention de démissionner. Que signifie ce geste de Carla Del Ponte ? Partagez-vous sa vision de l’opposition syrienne ?

Michel Raimbaud (M. R.) : Ex-procureur des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et pour l’ex-Yougoslavie, et ayant rejoint en septembre 2012 la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, Carla Del Ponte occupe une place éminente dans ce qu’il est convenu d’appeler la justice internationale. En raison de son « franc-parler », de ses « convictions » jugées hétérodoxes, et de sa posture contestatrice, elle séduit les médias mainstream occidentaux, pour lesquels elle incarne une justice décomplexée, qui ne s’encombre ni de prudence diplomatique, ni de subtilité politique, ni de discrétion judiciaire.

La magistrate démissionnaire incarne parfaitement, me semble-t-il, les insuffisances, les préjugés, les « vices de construction » de la justice internationale

De là à faire de Mme Del Ponte l’icône d’une justice d’avant-garde, rigoureuse et équitable, indépendante dans ses positions, dans ses travaux, dans ses approches, acceptable pour l’ensemble des nations, il y a une marge.

La magistrate démissionnaire incarne parfaitement, me semble-t-il, les insuffisances, les préjugés, les « vices de construction » de la justice internationale, avant tout conçue pour être l’un des multiples bras séculiers de l’Empire atlantique, qui prétend incarner la « communauté internationale ».

Carla Del Ponte a un style qui plaît, car elle a son franc-parler, mais elle endosse en fait tous les a priori, les fondamentaux, les lieux communs de l’idéologie occidentale dominante. Si elle veut que la Commission obtienne la saisine de la Cour pénale internationale (CPI), ce n’est pas tant pour juger les rebelles et opposants (jadis placés « du côté du Bien », devenus « extrémistes et terroristes »), que pour condamner le Président et les responsables syriens, auxquels elle a attribué dès le début « le rôle du Mal ». Bachar el-Assad aurait, selon elle, « perpétré de terribles crimes contre l’humanité et utilisé des armes chimiques »… C’est une rengaine bien connue.

Si Mme Del Ponte est assez compréhensive avec « l’opposition » syrienne, oubliant que celle-ci avait appelé au meurtre, à la lutte armée et à l’intervention étrangère dès le début de la guerre, elle est loin d’adopter une approche équitable à l’égard de Bachar el-Assad et de son gouvernement, reprenant les poncifs ou mensonges des « révolutionnaires » et de leurs parrains occidentaux ou islamistes. Il est étonnant que cette femme de haut vol soit si obtuse, après six ans et demi d’une tragédie dont la véritable nature, les mobiles et objectifs, sont affichés par les agresseurs de la Syrie avec tant de cynisme.

Les propos de Mme Del Ponte prouvent qu’elle est juge et partie

Je suis frappé de constater que Mme Del Ponte, membre d’une commission onusienne censée être impartiale, partage apparemment sans réserve la position des responsables et intellectuels occidentaux. Elle est venimeuse concernant Bachar el-Assad, chef d’un Etat agressé, qui défend la souveraineté, l’intégrité et l’indépendance de son pays ; elle est aveugle et sourde face aux voix venant de Syrie. En revanche, elle n’évoque aucunement l’urgence de traduire devant les tribunaux tous ceux qui, en Occident ou en Orient, dans les cercles d’influence et les rouages de « l’Etat profond » de leurs pays respectifs, ont conçu, financé, soutenu, armé les opérations de déstabilisation, de destruction et de mise à mort en Syrie comme tant d’autres pays.

Les propos de Mme Del Ponte prouvent qu’elle est juge et partie.

Question : Pensez-vous que sa démission puisse pousser la communauté internationale à changer d’avis sur l’opposition en Syrie ?

M. R. : Non, je ne crois pas, tant que l’on persistera à appeler « communauté internationale » les quelques pays occidentaux qui représentent 10% de la population de la planète, ont fait main basse sur le monde et rêvent de poursuivre leur razzia sur la planète.

Les organes de l’ONU obéissent au doigt et à l’œil à Washington et ses vassaux

Question : Comment voyez-vous le fonctionnement de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie ? Pensez-vous qu’elle puisse avoir des conclusions impartiales ?

M. R. : La question principale ne concerne pas le fonctionnement, mais la conception même de la justice internationale. Des conclusions impartiales signifieraient que la justice soit respectée et que la Commission puisse conduire ses investigations et déposer ses conclusions en toute indépendance, c’est-à-dire sans pression des « Trois » de la « communauté internationale » (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis). Dans le contexte actuel, c’est inimaginable… A l’exception du Conseil de sécurité, où, depuis quelques années, la Russie renaissante et la Chine qui ne cesse de monter en puissance, opposent leur veto, les organes de l’ONU obéissent au doigt et à l’œil à Washington et ses vassaux…

Si la Commission d’enquête de l’ONU partage tous les préjugés, toutes les approches de madame Del Ponte, elle sera sûrement dans l’incapacité d’arriver à des conclusions impartiales sur le conflit en Syrie

Si, comme on peut le craindre, la Commission d’enquête de l’ONU partage tous les préjugés, toutes les approches de Mme Del Ponte, elle sera sûrement dans l’incapacité d’arriver à des conclusions impartiales sur le conflit en Syrie. Le principe de base restera inchangé : transformé durant la double décennie de la toute-puissance US (la période unipolaire), à partir de 1991, l’appareil de la justice internationale est voué à agir au gré des intérêts et pulsions de l’Empire atlantique.

Le Conseil de sécurité sert à cet empire d’instrument de coercition : la CPI ne peut intervenir contre les Etats qui n’ont pas adhéré au Traité de Rome et ne reconnaissent pas la compétence de la Cour, mais une résolution du Conseil de sécurité peut enjoindre à la CPI de se saisir du dossier.

J’ajouterai que trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ne sont pas ou plus parties au traité de Rome (les Etats-Unis, la Chine et la Russie). En raison d’un probable veto de Moscou et de Pékin (comme en 2014), le Conseil ne votera donc pas la saisine [le 8 août 2017].

Source : Michel Raimbaud, 09-08-2017

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Deir ez-Zor libérée: le dessous des cartes . Vidéo d'Ayssar Midani

9 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Ajoutée le 5 sept. 2017

Trois ans et un mois de siège sont brisés : les forces syriennes et leurs alliés ont réussi il y a à peine une heure de briser le siège du centre-ville.

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Zeus a rendez-vous avec Hermès : Vers une diplomatie de la transformation ? Par Guillaume Berlat

8 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Politique étrangère

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 04-09-2017

« La vitesse est d’essence divine. Avant le Dieu des chrétiens qui a repris l’éclair et la foudre à Zeus, c’est Hermès qui l’a incarnée. Hermés va à la vitesse du vent » (Bernard Chambaz, À tombeau ouvert, 2016)1. Pour rafraichir la mémoire de tous ceux dont les souvenirs de la mythologie grecque et latine sont un peu flous, rappelons qu’au dieu grec Zeus (roi des dieux, dieu du ciel, du Climat, du Tonnerre et des Éclairs) correspond le dieu latin Jupiter et qu’au dieu grec Hermès (messager des dieux, dieu du Voyage, des Communications, du Commerce, des Voleurs, de la Ruse, de la Langue, de l’Écriture, de la Diplomatie) correspond le dieu latin Mercure.

La traditionnelle semaine des ambassadeurs (28-31 août 2017), première du quinquennat d’Emmanuel Macron, présente, par certains aspects, une dimension mythologique. Celle d’une rencontre improbable, inédite entre deux divinités : Zeus, alias Jupiter avec Hermès, alias Mercure. On ne pouvait trouver meilleure conjonction divine, astrale pour un début de quinquennat et pour une annonce aux excellences françaises. Revenons au XXIe siècle et à l’actualité internationale de cet été 2017. Avant toute chose, il importe de replacer cette semaine des ambassadeurs dans son contexte général afin d’analyser le contenu de l’intervention du président de la République censée fixer le cap de la diplomatie française2 et de nous livrer à quelques réflexions sur la pensée jupitérienne.

LE CONTEXTE GÉNÉRAL DE LA SEMAINE DES AMBASSADEURS : UN MONDE SANS MAÎTRES

Pour mieux appréhender le sens de l’intervention du président de la République, il importe de rappeler la genèse de la semaine des ambassadeurs, sa préparation diplomatique ainsi que la vie du microcosme parisien.

La semaine des ambassadeurs : une tradition ancienne

En quoi consiste la semaine des ambassadeurs qui remplace, sous l’influence de Laurent Fabius, la traditionnelle conférence des ambassadeurs ? Il suffit de se reporter au site du Quai d’Orsay. Lancée en 1993 par le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, la conférence des ambassadeurs réunit chaque année, à la fin du mois d’août, tous nos chefs de mission diplomatique – accrédités auprès d’un État ou d’une organisation internationale – afin qu’ils reçoivent « les orientations » des plus hautes autorités françaises (président de la République, premier ministre, ministre des Affaires étrangères et, le cas échéant, les ministres concernés par l’ordre du jour de la session). Cette rencontre doit contribuer à mettre en cohérence tous les volets de l’action extérieure de la France que les ambassadeurs sont chargés de cordonner et d’animer. Nous ne sommes pas dans la simple tactique diplomatique mais dans la stratégie internationale. Cet exercice est d’autant plus attendu qu’il fournit au président de la République la première occasion du quinquennat de s’adresser à cette noble et docte assemblée et que le thème de réflexion retenu pour cette semaine des excellences est cardinal : « Renouveler notre action dans un monde de ruptures » !3

Outre les grands sujets d’actualité (avenir de l’Europe, multilatéralisme, développement du numérique…) et les questions d’organisation du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la semaine se décline autour de trois grands axes : la journée « je rencontre un entrepreneur » (au titre de la diplomatie économique) avec le désormais traditionnel speed-dating#1Ambassadeur1Entrepreneur (dans le texte) ; la journée « je rencontre un ambassadeur » et un échange sur les réseaux sociaux avec les ambassadeurs et avec les invités du studio. Les ambassadeurs ne sont plus ringards, ils sont dans le vent du numérique et de la transparence. Ils se prêtent de bon gré à cet exercice de fausse transparence4.

La préparation diplomatique : un sans-faute jupitérien… ou presque

À la veille de la semaine des ambassadeurs, le chef de l’État effectue une tournée remarquée en Europe centrale. Va-t-il exposer son projet pour sortir l’Union européenne de l’impasse dans laquelle elle se trouve ? Que nenni ! Il tente de rallier certains de ses homologues à l’idée d’un durcissement de la directive Bolkenstein au même moment où à Paris les négociations avec les partenaires sociaux sur la réforme du droit du travail s’annoncent serrées. En marge d’une réunion à Salzbourg avec les dirigeants autrichien, slovaque et tchèque (23 août 2017) et avant de se rendre en Roumanie (il déclare devant la communauté française que « les Français détestent les réformes ») et en Bulgarie5, Emmanuel Macron se montre particulièrement sévère sur la directive travailleurs détachés et sur la Pologne, dénonce une « trahison de l’esprit européen », arguant que l’Europe n’avait pas pour but de « favoriser les pays qui font la promotion du moindre droit social ». Il obtient des résultats certains6. Plutôt que de pratiquer une diplomatie d’inclusion, il privilégie une diplomatie d’exclusion, ne se rendant pas en Hongrie et en Pologne (il réussit le tour de force de créer une crise diplomatique avec Varsovie !7). Si l’on peut féliciter le président de la République pour ses bons mots (ceux de ses plumes et de ses communicants), on peut aussi regretter l’absence de grande stratégie internationale qui s’attache à sa fonction. Autre excellente nouvelle pour le chef de l’État, l’embellie économique dont profite la France en cette fin d’année 2017… à l’exception notable du chômage8.

Rappelons que Jupiter envoie, le 26 août 2017 à Bagdad, le (la) ministre des Armées et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour déguster les succès de la coalition anti-EIIL in situ et « renouer un partenariat historique » avec l’Irak comme à l’époque de Saddam Hussein9. Au passage, la France accorde un prêt (de soutien budgétaire, d’encouragement aux réformes de fond et à l’assainissement financier du pays) d’un montant de 430 millions d’euros à l’Irak remboursable en 17 ans à un taux favorable de 6,75% avec de l’argent que nous empruntons nous-mêmes. Le dimanche 28 août, après une séance de « selfies » au Touquet, Emmanuel Macron s’entretient avec son homologue turc pour exiger la libération de notre compatriote journaliste, Loup Bureau, ignorant que ce genre d’affaires se traite dans la plus grande discrétion pour obtenir la plus grande efficacité10.

Mais, ce n’est pas tout, le lundi 28 août, le président de la République réunit un « séminaire gouvernemental » pour resserrer les rangs (« il ne faut jamais céder aux Cassandre »), leur donner une feuille de route (« volontarisme, ambition et exigence »), substituer le concept de « transformation » à celui plus anxiogène de « réforme ». Il accueille un mini-sommet UE/Afrique sur les migrations en présence des chefs de gouvernement allemand, italien et espagnol, de la transparente Haute représentante de l’union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Europe et de chefs d’État africains (Niger, Tchad, Libye…)11. Il remet sur la table son idée de « hot spots » et de suivi des migrants potentiels en Afrique12. On l’aura compris, Jupiter est sur tous les fronts.

La vie du microcosme : les tonton-flingueurs à la manœuvre

Mais, en ce mois d’août caniculaire, le baromètre politique est à la dépression. La politique intérieure reprend ses droits. En effet, dans le même temps (formule chère à Emmanuel Macron), nous apprenons que François Hollande entend rester dans le jeu politique et qu’il s’exprimera régulièrement « sous des formes diverses » pendant que François Fillon abandonne la politique pour se préparer à sa nouvelle vie de financier. Quant à Nicolas Sarkozy, il s’ennuie de la politique politicienne mais n’est pas mécontent de gagner plus d’argent que lorsqu’il était simple ministre. Pour sa part, l’éphémère garde des sceaux que fut François Bayrou sort de sa cure de silence pour critiquer la méthode de celui qu’il encensait il y a quelques mois encore.

Au-delà d’une critique justifiée par un sentiment d’amertume, deux de ses philippiques méritent d’être méditées : l’absence de cap de la politique actuelle (« L’opinion ne voit pas clairement la direction, le but, que l’on se fixe ») et l’absence d’un « gouvernement de plein exercice » qui dicte sa ligne à Bercy et aux grands corps de l’État (« Les hauts fonctionnaires semblent avoir plus de poids que par le passé »). Au passage, nous apprenons que le chef de l’État a dépensé 26 000 euros en frais de maquillage depuis sa prise de fonctions13. Confronté à cette impopularité croissante, le président de la République annonce qu’il change de stratégie… de communication14.

Quelques instants avant son discours aux excellences, il désigne le journaliste Bruno Roger-Petit, conseiller, porte-parole de la présidence pour relayer la parole de l’Élysée, redonner de la perspective à la parole présidentielle15. Nous sommes donc pleinement rassurés surtout en apprenant que le couple Macron vient d’adopter un chien surnommé « Nemo »16. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, le président de la République nous informe : finie la réforme, le maitre-mot de la rentrée est TRANSFORMATION17. À quand l’annonce d’une transfiguration de Jupiter pour cause de dégringolade continue dans les sondages ? Afin de faire le service après-vente de son discours aux ambassadeurs, rien de tel qu’une resucée dans son long entretien au Point du 31 août 201718. Sur le plan de la communication, le moins que l’on puisse dire est que la séquence com’ est parfaite.

Le décor intérieur et extérieur ainsi planté, qu’en est-il de l’intervention du président de la République du 29 août 2017?

LE CONTENU DE L’ANNONCE FAITE AUX AMBASSADEURS

C’est autour d’un triptyque que le président de la République organise sa présentation : sécurité indépendance, influence. Ceci permettra à notre pays d’être plus fort et de lui permettre de tenir son rang grâce à une diplomatie mondiale et globale, toujours en initiative.

La protection de la sécurité de nos concitoyens doit devenir la raison d’être de notre diplomatie

Le fil d’Ariane, la première priorité de la politique étrangère française est désormais la lutte contre le terrorisme islamiste. Elle doit se décliner dans toutes ses dimensions : géographique (se concentrer sur les zones irako-syrienne et sahelo-libyenne) ; sécuritaire (conjuguer sécurité et stabilité) ; financière (assécher les finances du terrorisme) ; diplomatique (refus de prendre parti dans la querelle entre le Qatar et ses voisins, soutenir l’accord sur le nucléaire iranien) ; globale (compléter le militaire par le politique19) ; migratoire (régler le problème en amont) : africaine (arrimer l’Afrique à l’Europe en actionnant trois leviers : défense, développement et diplomatie).

Au titre des annonces faites, nous retiendrons la création d’un conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), la désignation d’un envoyé spécial sur la sécurité et le développement en faveur du Sahel et d’un ambassadeur chargé de coordonner l’ensemble des négociations liées aux migrations ; la réunion le 12 décembre 2012 d’une conférence de suivi financière de la COP2120, la réunion au début de l’année 2018 d’une conférence consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme, présentation en 2018 d’un plan pour la promotion de la langue française et du plurilinguisme… Le président s’engage à veiller personnellement à ce que les ambassadeurs de France aient « les moyens de remplir leurs missions ». Ce qui veut tout dire et rien dire à la fois.

L’indépendance de la France suppose mobilité, autonomie et opportunisme

Le concept d’indépendance sans arrogance n’est pas celui des souverainistes mais celui de ceux qui veulent faire valoir les intérêts de la France et de ceux qui veulent ne pas être les obligés des grands. Le chef de l’État se livre à un plaidoyer pour le multilatéralisme, un multilatéralisme ouvert à de nouveaux formats, de nouvelles alliances pour organiser de grands projets qui le structurent. Il y décrit sa vision de l’Europe à laquelle il a donné corps en se rendant à Berlin pour s’accorder sur un « agenda de protection ». Il annonce son intention de la développer après les élections allemandes autour de 10 sujets de travail : protection des travailleurs, Europe de la défense, Union économique et monétaire, numérique, Europe à plusieurs formats, « simplification administrative radicale et plus de subsidiarité »… Son objectif est simple : apporter une réponse concrète aux attentes de nos citoyens. C’est pourquoi, il lancera des conventions démocratiques pour associer les citoyens à la réflexion sur l’Europe.

L’influence de la France articulée autour de nos valeurs et de nos idéaux

Le chef de l’État décline sa pensée – souvent confuse et approximative – autour de quelques idées force censées accroître l’influence de la France dans le monde : climat (réunion d’un sommet à Paris le 12 décembre prochain) ; paix (dialogue avec les grands dont la Russie pour mettre fin au conflit ukrainien, aux conflits gelés) ; justice et libertés (ferment de notre action collective) ; culture (défense des biens culturels) ; attractivité (à travers la diplomatie économique, le tourisme, priorités du réseau, les échanges universitaires, la marque France à l’étranger, la promotion de la langue française qui doit retrouver sa place). La diplomatie économique fait l’objet d’une intervention spécifique de Jean-Yves Le Drian à l’ouverture des rencontres « un ambassadeur, un entrepreneur (28 août 2017)21 complété par un entretien au Parisien22 et d’une longue et ennuyeuse intervention du premier ministre, Édouard Philippe23.

C’est à ce prix, celui de la transformation, que la France pourra reconquérir les « leviers de la puissance », faire entendre son identité, tracer un modèle civilisationnel, faire entendre sa voix originale, celle d’une « puissance grande par ses ambitions, grande par ses idéaux, grande par ses espérances ». Désormais, « la diplomatie française doit être globale, conjuguant économie, défense, éducation, culture, environnement » afin d’assurer son rayonnement. On le constate, le lyrisme est au rendez-vous.

Que penser de cette brillante intervention et de son cadre, la semaine des ambassadeurs ?

DE QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA PENSÉE JUPITERIENNE

Parvenu à ce stade de l’exégèse du discours jupitérien, deux questions peuvent être posées : que penser de la pertinence de son intervention et de celle de la semaine des ambassadeurs ?

Que penser de la pertinence de ce premier discours jupitérien ? Diplomatie de la transformation ou pétard mouillé ?

C’est avant tout un discours impérial (80 minutes) qui ne manque jamais de charme, le charme discret du personnage, d’une sorte de contentement de soi (le terme « je » revient de manière récurrente dans son discours) qui découvre un désir infini et certain de briller à l’international face aux grands de ce monde. Le ton est diplomatique mais l’intention est ferme : comme tous les autres domaines de l’action publique, la diplomatie doit se plier au nouveau mantra jupiétérien, la « transformation ». Emmanuel Macron, qui s’éloigne souvent de son texte, dispose de réels talents d’orateur hors du commun. Il manie à la perfection l’art des concepts (creux), des bons mots (sans contenu réel), des paraboles (hors de propos), des propositions (souvent floues), des incantations (lyriques). Bien qu’il s’en défende au début de son intervention, le chef de l’État passe en revue toutes les crises du monde sur lesquelles il entend que la France ait son mot à dire. Il semble à la recherche d’un « idéal pragmatique », bannissant le dogmatisme de son prédécesseur.

Mais discours interminable qui manque en somme de plusieurs vertus : concision, clarté, cohérence, anticipation, stratégie, souffle, distance, hauteur, humilité, priorités…. La diplomatie d’Emmanuel Macron – alors que son rôle relève de la détermination de la politique étrangère – s’apparente à une diplomatie du papillonnage, une « diplomatie du coup d’éclat permanent ». Nous n’en saurons pas plus sur sa vision du « nouveau désordre international »24 (qualifié par Emmanuel Macron « d’ordre mondial profondément bousculé ») que sur les remèdes autres que les gadgets qu’il propose : convocation de conférences à intervalles réguliers, création d’un groupe international de contact sur la Syrie, d’un conseil présidentiel pour l’Afrique, nomination d’un envoyé spécial pour le Sahel, d’un ambassadeur thématique chargé des migrations, annonce de la mise en chantier de plusieurs feuilles de route….

Après pareil discours, nous sommes grisés, enivrés mais aussi perdus par une telle avalanche de mots. Nous n’en savons pas plus sur sa politique arabe qui a fait la spécificité de la diplomatie française depuis le général de Gaulle25. Nous n’en savons pas plus sur sa vision de l’Europe (« Europe à plusieurs formats ») : fédérale, confédérale…Que signifie une « souveraineté ouverte sur le monde », objectif qu’il assigne à la France ? Force est de constater que le président de la République est loin d’avoir retrouvé les chemins de la diplomatie perdue26. Le discours relève par plusieurs aspects de l’inventaire à la Prévert, de l’auberge espagnole dans laquelle : « tout a de l’importance et rien n’en a » comme le déclare son épouse au magazine Elle27. Malheureusement, comme le souligne le professeur Bertrand Badie, « sa diplomatie se résume à de la com sans aucune vision globale ». Heureusement, ses plus ardents thuriféraires nous expliquent que le président de la République inaugure une « diplomatie védrino-villepiniste » (réalisme et lyrisme) !

Quelques éléments peuvent être mis en exergue. Ils frisent parfois le comique, le ridicule. Comment peut-on dire sérieusement : « la sécurité des Français est la raison d’être de notre diplomatie » et « la politique étrangère a une seule et véritable priorité : lutter contre le terrorisme islamiste » ? La diplomatie consiste traditionnellement à informer, négocier représenter. La politique étrangère, c’est une stratégie, une tactique, une volonté et des moyens. Comment peut-on dans le même temps appeler les diplomates à se battre pour l’attractivité économique de la France à travers la diplomatie économique et leur demander de défendre avec vigueur certaines valeurs (droits de l’homme, de la femme, de la presse) ? Nous aurions aimé disposer de l’avis d’Emmanuel Macron sur l’Arabie saoudite et l’Égypte, pays à qui nous livrons larga manu des armes sophistiquées. Il nous livre un début de réponse deux jours plus tard dans son entretien accordé au Point : « nous ne pouvons pas avoir une politique commerciale qui ne prenne en compte cette sécurité ». Le marquis de Norpois n’aurait pas dit mieux. Que dire des propos enflammés, lyriques que tient le président de la République sur la défense de la langue française alors qu’il s’exprime en anglais dans des conférences internationales et autres cénacles ?28Comment parvenir à faire entrer toutes les crises de la planète dans trois concepts ? Comment éviter de dire tout et son contraire à quelques minutes d’intervalle ?

Cerise sur le gâteau, qui échappe à nos brillants experts, Emmanuel Macron confond allégrement politique étrangère (cap stratégique sur le long terme) qui relève de sa compétence et diplomatie (mise en œuvre au quotidien des grands principes) qui est du ressort de Jean-Yves Le Drian. Que font les nombreux conseillers de sa cellule diplomatique pour lui expliquer cette différence essentielle si l’on veut que la seconde soit la déclinaison de la première et prévenir la confusion des genres qui constitue la principale marque de fabrique du discours présidentiel ?

Que penser de la pertinence de cette semaine des ambassadeurs ? Diplomatie de l’efficacité ou diplomatie du tout Paris ?

« Qui veut voyager loin, ménage la superstructure » (Vincent Hervouët). A-t-on vu un secrétaire général du MAE démissionner comme vient de le faire le général Pierre de Villiers en raison des baisses de budget constantes ? On se laisse tondre avec le sourire. L’ambassadeur normal ne pratique pas l’impertinence. L’ambassadeur normal n’est pas querelleur. Il chahute dans les bus, s’épanche dans les bureaux, modère sa plume… et lorsqu’il a un solide carnet d’adresses, qu’il s’est constitué dans les cabinets ministériels, il va voir ailleurs (dans le secteur privé de préférence) pour arrondir ses fins de mois.

Que dit-il lorsque les anciens membres des cabinets pensent d’abord à se servir (un bon poste d’ambassadeur, la tête d’une direction, d’une sous-direction) au lieu de servir l’intérêt général et laissent bon nombre de ses collègues, qui n’ont pourtant pas démérité, moisir sur l’étagère ? Rien. C’est le courage fuyons ! Il est vrai que le Quai a été frappé depuis le début de l’année 2017 par une maladie mystérieuse : la macronnite aigüe. C’est pourquoi, il est encore trop tôt pour critiquer Jupiter dans la Maison. La semaine des ambassadeurs tourne à l’événement mondano-médiatique, à l’émission de télé-réalité sans la moindre consistance diplomatique : on distingue les ambassadeurs soucieux de la protection de l’environnement par la délivrance d’un diplôme. Dépourvus de ligne stratégique, les ambassadeurs sont comme des poules sans cou qui courent dans toutes les directions sans savoir où le vent divin les porte. Comme le disait en son temps un ambassadeur de France dignitaire : « les ambassadeurs ne sont pas des animaux de foire que l’on exhibe pour un numéro de cirque ». Le premier ministre réunit les ambassadeurs à la station F, haut lieu des start-up.

Peut-être serait-il grand temps de mettre fin à ce stupide exercice sans le moindre intérêt diplomatique ?29 L’intervention du président de la République, clou du spectacle, pourrait être diffusée sur le fil du Département (appellation interne du ministère des Affaires étrangères) comme elle l’est sur internet. Les ambassadeurs n’ont nul besoin qu’on les présente aux entrepreneurs, les fréquentant régulièrement à Paris et à l’étranger. Ils n’ont nul besoin de s’exposer sur les réseaux sociaux comme de vulgaires cabotins.

Quant aux jeunes étudiants qui caressent le projet d’entrer dans la « Carrière », ils n’ont qu’à s’adresser au bureau des concours du ministère pour en connaître les modalités pratiques (sélectivité des concours en raison du nombre restreint de postes proposés). Que font à l’Élysée, hormis se montrer et se pavaner ostensiblement, le président du Conseil constitutionnel (le ministre des Affaires étrangères émérite, Laurent Fabius auquel un hommage est rendu), le vice-président du Conseil d’État (le fourbe Jean-Marc Sauvé), le président de l’Institut du monde arabe (l’inoxydable Jack Lang) et bien d’autres parasites, fâcheux au lieu de s’occuper de leurs propres affaires ? À une époque où Bercy fait la chasse au moindre euro dépensé, il y aurait matière à économie en supprimant ce coûteux spectacle où la parole libre est proscrite, l’impertinence est bannie, la courtisanerie est reine.

« La valeur n’attend pas le nombre des années ». Emmanuel Macron est jeune et beau parleur30. Son intervention devant les excellences laisse l’observateur sur sa faim. Il est permis d’entrevoir de meilleures cuvées dans les éditions à venir de la semaine des ambassadeurs, si tant est qu’elle ne soit pas supprimée dans le cadre d’une vaste réforme de l’organisation de la diplomatie. Il est vrai que le président de la République n’a pas eu beaucoup de mal à faire un tout petit mieux que son prédécesseur lors de sa dernière intervention devant les ambassadeurs en août 201631. Mais rien ne parait impossible à Jupiter confronté aux dix travaux de réforme32 qui pourraient se transformer en pièges de la rentrée !33 Il est sans complexe. Il martèle que « la France (est), plus grande qu’elle-même ». Souvenons-nous que si la diplomatie est l’art des mots, elle se méfie des mots magiques qui vous reviennent à la figure comme par effet boomerang.

Que signifie au juste cette litanie de propositions, de coups de menton, de cartons rouges aux tyrans de la planète, de descriptions sans fin… ? Rien ou presque rien dans cette interminable intervention (20 pages autant que son entretien au Point) dont les deux destinataires principaux sont, d’abord et avant tout, les citoyens (je vous protège) et les médias (je communique pour vous) et, accessoirement, les ambassadeurs, à la recherche d’un improbable cap (je vous aime). Ne serait-ce pas un vulgaire exercice de salut par la diplomatie ?34

De cap, nos excellences n’en auront pas reçu un seul mais une foultitude, de quoi en perdre leur latin même si abondance ne nuit pas. Charles Trenet nous chantait : « le soleil a rendez-vous avec la lune ». Avec Emmanuel Macron, cette éclipse diplomatique prend la forme d’un rendez-vous entre Zeus et Hermès. Le premier apporte en présent divin au second la diplomatie de la transformation : « vous êtes ainsi appelés à devenir les ambassadeurs de la transformation de la France ».

Guillaume Berlat
4 septembre 2017
 

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 04-09-2017

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« L’État islamique prépare une vague d’attentats en Europe ! » L’édito de Charles SANNAT

8 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Avant de vous parler des attentats qui risquent d’endeuiller notre pays prochainement, avec en fond la crainte sourde d’un « hyper-attentat » chimique, je vais faire une petite digression sur cette histoire de pyramide dite “de Maslow”.

Vous allez très vite comprendre le rapport entre l’un et l’autre, et ce qui nous préoccupe tous ici.

C’est en 1970, dans la deuxième édition de son ouvrage Motivation and Personality, qu’apparaît l’exposé le plus complet de la théorie de la motivation de Maslow, à savoir la hiérarchie des besoins.

Recherchant ce qui se cache derrière ces motivations, il met à jour cinq (groupes de) besoins fondamentaux : les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d’appartenance et d’amour, les besoins d’estime et le besoin d’accomplissement de soi. Cette taxinomie des besoins est, selon Maslow, universelle. En effet, le caractère particulier d’une motivation a pour origine les nombreux déterminismes tels que la culture, le milieu social ou l’éducation. Ainsi une personne peut satisfaire son estime en étant reconnue comme un bon chasseur par ses pairs et une autre en possédant du pouvoir. En conclusion, derrière chaque motivation ou chaque objet de désir se cache un besoin fondamental.

Maslow découvrit par la suite que les besoins s’inscrivaient dans le cadre d’une hiérarchie. Tous les besoins sont continuellement présents, mais certains se font plus sentir que d’autres à un moment donné.

Comme vous pouvez le voir sur cette image de la pyramide de Maslow, après avoir été nourri, votre second besoin immédiat est très logiquement celui de sécurité.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les idées de liberté, de démocratie, ou encore de droit, ne pèsent pas bien lourd lorsque les gamelles sont vides ou que la sécurité n’est plus assurée.

Dans nos sociétés complexes, il est évident que la sécurité est la condition sine qua non au bon fonctionnement de notre système économique.

Sans sécurité, le système économique ne peut plus s’épanouir et matérialiser son potentiel de croissance.

Les attentats et les guerres que nous menons ont un coût évident. Ce coût psychologique, financier, humain, a bien oblitéré notre croissance. Ce n’est vraisemblablement, hélas, que le début d’un processus qui devrait s’aggraver, et si l’on en croit la dernière livraison du Telegraph de Londres, il y a de quoi nourrir les plus grandes inquiétudes.

Daech prépare une nouvelle vague d’attentats en Europe

Selon le journal The Telegraph, qui cite un représentant des forces antiterroristes kurdes, Lahur Talabany, le chef de l’État islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, est toujours en vie et prépare de nouvelles attaques terroristes visant les pays européens en guise de vengeance pour les défaites subies en Irak et en Syrie.

D’après le Telegraph, al-Baghdadi se cache probablement dans le désert à la frontière entre la Syrie et l’Irak et envisage de lancer une vague d’attentats en Europe destinée à revigorer le moral des terroristes de l’État islamique afin de démontrer que le groupe djihadiste est toujours capable de mener la guerre contre l’Occident.

D’après les forces de renseignement, c’est une vague d’attentats sans précédent qui se prépare, et le dernier démantèlement fortuit d’un laboratoire de fabrication d’explosif en région parisienne montre bien que nous sommes assis sur une poudrière.

Les hyper-attentats seront dévastateurs pour la croissance économique

La stratégie de la montée des tensions entre les communautés qui désormais tiraillent les pays européens a pour objectif de semer le chaos dans nos sociétés très complexes donc par nature très fragiles.

Aucun groupe terroriste ne pourra mettre à genou un pays comme la France ou le Royaume-Uni en termes de pertes humaines même si cela est évidemment dramatique.

L’objectif poursuivi est celui de la déstabilisation des relations entre les communautés afin d’aboutir à un climat de telle terreur que la société civile, dans son ensemble, se trouve paralysée ou très fortement ralentie dans son fonctionnement, sans oublier les coûts exorbitants des besoins en sécurité qu’exige la menace permanente qui pèse sur chacune de nos activités.

Peu d’attentats nous coûtent en réalité très cher. Ils nous obligent à déployer des troupes, à surveiller nos lieux sensibles, etc.

La stratégie de l’État islamique est donc aussi profondément militaire que sociale ou encore économique, et nous sommes particulièrement vulnérables.

Cette situation aura des répercussions économiques et patrimoniales évidentes. À vous de les anticiper. Je vous en parlerai bien évidemment dans ma lettre STRATÉGIES.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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"LA DETTE" le documentaire - non censuré + Bonus Etienne CHOUARD

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #Terrorisme, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

"LA DETTE" le documentaire - non censuré + Bonus Etienne CHOUARD

 
Ajoutée le 5 mars 2017

« En janvier 2012, il y a deux ans, je vous avais signalé (sur le blog) un film qui allait sortir, intitulé "LA DETTE", pour lequel les réalisateurs (Nicolas et sa petite famille, bien sympas) étaient passés à la maison (durant l'été 2011) pour évoquer les enjeux et les mécanismes de la création monétaire et de la dette publique.

Ce film a d'abord tourné dans les réseaux militants, avec succès.
Après un an, en 2013, il a été décidé de distribuer le film LA DETTE en salle, comme les vrais films.
Mais à cette occasion, sans doute par peur des calomnies des talibantifas, "on" a retiré tous les passages du père Chouard : sur le site du film, plus la moindre trace de nos entretiens... ni dans la bande-annonce... ni dans les interviews... ni dans les bonus du DVD... gommé, le Chouard, vaporisé... :-)

On avait déjà vu une autre censure de mon travail (différente cependant) avec le (bon) film "Dédale, un fil vers la démocratie". » Etienne Chouard

La DETTE, le documentaire
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Vous allez enfin savoir pourquoi les caisses de l'Etat sont vides... et où l'argent public s'est volatilisé...

Soyons francs. Jusqu’ici, la dette de la France ne nous avait jamais empêchés de dormir. Mais depuis quelques années, les discours politiques ont fait de cette question du remboursement de la dette une telle obsession, qu’il a bien fallu y regarder d’un peu plus près. Faut-il privatiser les services publics, vendre notre patrimoine, réduire les salaires, travailler plus longtemps, moins rembourser les médicaments, fermer des hôpitaux et des écoles, augmenter la TVA, les impôts, les taxes en tout genre...

POUR REMBOURSER LA DETTE ? QUELLE DETTE ?

La réduction de la dette est aujourd'hui au centre de toute la politique économique et sociale de notre gouvernement. L'argument semble irréfutable, il faut réduire les dépenses pour payer la dette, sinon c'est la faillite. Personne ne peut souhaiter la faillite.

Les sacrifices qu'il va falloir faire pour payer cette dette méritent néanmoins qu'on s'attarde sur la logique de l'argument, pour en vérifier la solidité. D'abord de quelle dette parle-t-on? Qui doit à qui ? Combien ?

Il a fallu reprendre les manuels d’économie, retenir des chiffres, des ordres de grandeur. Notre table de nuit s’est peu à peu couverte d’ouvrages aux titres improbables sur la dette et la monnaie. Mais en réalité le sujet est vite devenu passionnant car derrière le problème de la dette se cache celui de l’argent et de sa création par les banques.


UNE QUESTION D'ARGENT

En fait, les attaques contre la dette des pays de l’Union Européenne posent la question du financement de ces pays et de leurs économies. Les Etats ont besoin d’argent. Et doivent l’acheter à des taux de plus en plus élevés. Depuis la fin des trente glorieuses, le système bancaire s’est peu à peu privatisé et aujourd’hui contrairement à une idée fréquemment répandue, l’Etat ne peut pas créer de la monnaie, il doit l'emprunter sur le marché.

On prête donc de l'argent à l'Etat, contre intérêt. Et ces intérêts varient, de 1,5 à 5 % mais parfois jusqu'à 20% ou plus selon les croyances du marché et les publications des agences de notation.


LA FAILLITE ?


En 2012, avec le montant des intérêts accumulés depuis 30 ans, la dette atteindrait plus de 1800 milliards d’euros. C’est ce que l’Etat français devrait rembourser pour retrouver des comptes équilibrés. Mais le peut-il vraiment ?
Chaque année, l’Etat rembourse péniblement 50 milliards d’Euros d'intérêts. C'est la totalité de ce que rapporte l'impôt sur le revenu des français.

Cette somme est versée chaque année aux banques et aux créanciers de la France. A ce rythme, l'Etat n'aura pas fini de payer en 2030 en espérant qu’aucune crise ne vienne aggraver les dépenses ni augmenter les taux auxquels la France peut emprunter aujourd’hui. Ce qui est fort improbable… En incluant le remboursement du capital, la dette est devenue le premier poste de dépense de l'Etat : 100 milliards d'euros au total sont engloutis chaque année au paiement de la dette. Une hémorragie permanente d'argent public vers un petit nombre de créanciers. Pendant ce temps, les villes, les régions, les administrations et de plus en plus de particuliers, sont dans un état proche sinon avéré de surendettement. Il n'y aura bientôt plus d'argent...

Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne ou l'Italie, la France est sur la liste des victimes de la dette.

Mais alors pourquoi les Etats ont-ils donné aux banques le pouvoir de créer la monnaie s'ils pouvaient la faire eux-même ?

Vaste question... à laquelle vous saurez bientôt répondre grâce au film que vous pouvez commander en DVD. Alors c'est parti, vous allez bientôt en savoir davantage que la plupart des "experts" en économie...

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Les habits neufs de l’aliénation. Par André Bellon  

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le fascisme, #l'horreur économique

  Les habits neufs de l’aliénation

Les habits neufs de l’aliénation

Par André Bellon  |  6 septembre 2017     → 

Le dogme est de retour, plus insidieux qu’autrefois car il se coule dans les déguisements inattendus de la raison. L’Homme peut-il résoudre cette aporie ?

Le néolibéralisme, nouvelle idéologie de la pensée économique, se pare, en effet, des attributs qui caractérisent traditionnellement la science. Ainsi, des économistes tels que Kydland et Prescott, prix Nobel [1] 2004, appellent à enserrer dans des règles incontournables une démocratie jugée trop soumise à l’incertitude. De nouveaux grands inquisiteurs dénoncent les hérétiques et fulminent contre eux des anathèmes. Le livre intitulé Le Négationnisme économique : et comment s’en débarrasser [2] ? dessine ainsi les bûchers modernes au nom de la science.

L’esprit critique

Le développement de ces thèses s’est fait avec le soutien plus ou moins assumé des forces dites « de gauche ». La phrase honteuse de François Mitterrand, « Contre le chômage, on a tout essayé » fut prononcée dans le cadre d’un discours politique qui se voulait rassembleur sur la base d’une « France unie » autour d’un discours européen commun. La mondialisation sert de justification à l’extension universelle de cette pensée présentée comme une vérité.

Mais, comme le rappelle Alain Supiot [3], « les véritables scientifiques savent que les lois découvertes par les sciences de la nature sont inhérentes aux phénomènes observés, alors que celles qui donnent ordre et sens à la vie humaine sont nécessairement postulées. Les scientistes, au contraire, croient trouver dans une science fétichisée les vraies lois qui régiraient l’humanité et s’emploient à les faire régner ». En présentant la mondialisation comme un fait de nature et non comme une construction humaine contestable, les principales forces politiques ont fermé la discussion sur les politiques menées.

Paradoxalement donc, des méthodes dites scientifiques détruisent l’esprit critique qui est pourtant la base fondamentale de la science [4]. Méthode ou apparence ? S’interroge-t-on sur la manière dont sont conçus les chiffres qui abreuvent le public, par exemple le taux de « prélèvements obligatoires » [5], véritable épouvantail des faux débats de plateaux télévisés ?

Méthode ou vocabulaire ? Je repense souvent à Horace, ce personnage d’Eugène Labiche qui déclare à un parvenu plutôt méprisant : « Nous avons de par le monde une bande de petits poseurs… sérieux, graves, avec de grands mots dans la bouche… ça étonne les imbéciles » [6].

Certes le monde est complexe, pour reprendre une formule largement répandue. Mais la complexité doit-elle être le paravent d’un refus d’analyser ou d’une renonciation à comprendre ? Doit-elle in fine servir à empêcher toute contestation ?

La mythification de la complexité aboutit à magnifier les experts, nouvelle élite censée porter la vérité. Que des experts soient utiles pour éclairer la décision publique, pour aider aux choix démocratiques, va de soi. Mais éclairer ne veut pas dire choisir. Car l’expertise se présente de plus en plus comme le substitut à l’échange et à la confrontation des arguments. Elle permet trop souvent d’empêcher la contestation. On est loin du « débat libre et raisonné » proposé par Condorcet. L’esprit critique se méfie des évidences, il questionne, il cherche, il se confronte aux autres, il construit une pensée. A l’inverse, la vision dominante aujourd’hui tend à imposer des a priori.

Dans sa Tour, en Gironde, au plafond de son bureau, sur les poutres du plafond, Montaigne avait fait peindre des maximes, généralement tirées de la Bible. L’une d’elles est particulièrement d’actualité : « Malheur à vous qui vous pensez sages ! [7] ». Peut-on revenir à ce précepte ? Le peut-on, alors que les médias jouent un rôle très négatif en simplifiant à outrance les enjeux, en déséquilibrant la parole publique au profit de la pensée dominante, en plaçant sur le même plan simples témoignages et travaux scientifiques ? Qui plus est, l’absence de critique résulte également de l’évolution des contenus enseignés dans les écoles : la diminution des horaires de philosophie n’est-elle pas un signe de ce refus d’analyse ?

On ne s’étonnera pas, dans ce contexte, de la propagation du complotisme et des intox (fake news). Une société qui a désappris à réfléchir et à débattre est particulièrement vulnérable à ces phénomènes et démunie pour les combattre. Mais, au fond, l’irréalisme du complotisme n’est-il pas le miroir de l’irréalisme du discours dominant ? Au-delà de ces considérations, c’est la conception même de l’être humain qui est en jeu. Car l’esprit critique est le fondement de l’humanisme qui donne au citoyen le rôle de décideur dans la Cité, à l’homme la maîtrise de son propre destin.

Défaite de la volonté

Pour sa part, la pensée dominante magnifie les émotions au détriment de la raison [8]. Elle se caractérise par une justification des démissions face aux défis extraordinaires d’un tournant historique profond. Loin de mobiliser les volontés, elle privilégie les remords et les condamnations sans conséquences. Non seulement les porte-parole les plus écoutés dégoulinent de bonne conscience, mais ils croient, de plus, faire œuvre novatrice en ressassant les mêmes prêches.

Ainsi, on ne peut plus évoquer la République sans s’indigner des abominations de la colonisation, la nation sans s’apitoyer sur les malheurs de la guerre, le peuple sans évoquer les débordements de violence. Dans le panthéon des personnages historiques, la victime a remplacé le héros. Parmi les symboles de cette dérive, évoquons le choix consternant du monument érigé à Paris pour représenter le général Dumas, père de notre grand écrivain, né esclave et devenu héros de la Révolution [9]. Alors qu’un projet du sculpteur sénégalais Ousmane Sow représentant la force et la fonction du général avait été proposé, la mairie de Paris a inauguré, le 4 mai 2009, une énorme chaîne d’esclave. Ainsi, un symbole de la fraternité révolutionnaire, de la promotion républicaine, de la volonté nationale, est-il réduit à son ancienne condition servile.

L’Histoire ne peut alors plus mobiliser une volonté collective. L’analyse de la Révolution française, considérée par le grand écrivain mexicain Carlos Fuentes comme « la meilleure révolution du millénaire [10] », n’est présentée qu’au travers des violences, conduisant par exemple Jean-François Copé à déclarer qu’il régnait « en France, une ambiance malsaine de nuit du 4 Août [11] », anathème porté contre l’abolition des privilèges, symbole historique jusqu’alors consensuel.

Nombre d’intellectuels dits « de gauche » se laissent aller à ces facilités. Ainsi, François Ewald et Dominique Lecourt s’indignent-ils publiquement que, « sous la Terreur, [les révolutionnaires] éliminaient les scientifiques eux-mêmes (Bailly, Condorcet, Lavoisier) » parce qu’ils voulaient « rabaisser l’arrogance du savant que son savoir distinguait trop du peuple des sans-culottes [12] ». Analyse stupide quand on connaît la fascination scientiste de la Révolution et le rôle qu’a joué, sous la Convention, le comité des savants avec Berthollet, Chaptal, Lakanal, Monge.

Ces déclarations ne seraient jamais que des interjections anecdotiques absurdes si l’invasion du politiquement correct ne formatait pas les pensées des citoyens, si les lois mémorielles ne restreignaient pas la liberté de pensée au bénéfice des juges, si le champ du débat n’était pas, par ces biais, réduit à la peau de chagrin.

Notre propos n’est pas de justifier la violence. Mais la volonté de ne regarder l’histoire, ou du moins les moments que l’on choisit de condamner [13], qu’au travers des violences, est totalement contraire à toute utilisation de la raison. Il ne reste à l’homme, ramené à une condition de pécheur, qu’à demander l’absolution.

La démocratie

Ce sont alors la volonté, la souveraineté populaire, le suffrage universel, en un mot la démocratie, qui sont attaqués. On ne compte plus les déclarations ramenant le suffrage universel à sa caricature au travers d’allégations plus ou moins subtilement discutables. Ainsi, anathème commode, le suffrage universel aurait créé Hitler [14]. Que le suffrage universel soit bafoué, ou que le mépris du suffrage soit amplifié par des institutions antidémocratiques, est une évidence que le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen a particulièrement éclairée. Mais en quoi cela remet-il en cause son principe ?

Les attaques contre le suffrage universel sont, en fait, des attaques contre la raison humaine présentée comme dangereuse ou antisociale. Ainsi, la volonté fort répandue de promouvoir le tirage au sort est une insulte à la particularité, à la parcelle de souveraineté que porte tout être humain. Au nom de l’égalité, on promeut par ce biais l’uniformité, comme si tous les individus étaient interchangeables. Ce n’est sans doute pas par hasard que les thuriféraires d’une telle idée proposent que les heureux gagnants de cette loterie soient entourés par des experts qui vont guider leur réflexion. Coucou, les revoilà !

L’histoire de la République est évidemment contradictoire. Rappeler ceux qui se sont battus pour ses valeurs essentielles, pour la libération de l’humanité et la démocratie, ne peut être que salutaire. C’est Jean Jaurès qui souhaitait amplifier l’œuvre républicaine et déclarait : « Ceux qui prévoient la prise de possession brusque du pouvoir et la violence faite à la démocratie, ceux-là rétrogradent au temps où le prolétariat était réduit à des moyens factices de victoire [15] ». C’est Pierre Mendès France qui, votant contre le traité de Rome, proclamait son refus « de la délégation des pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique [16] ».

Nous sommes loin de telles pensées. Aujourd’hui, loin de chercher à identifier et résoudre les conflits, la vie politique cherche à imposer des consensus, à empêcher l’expression des divergences fondamentales, bref à marginaliser le rôle créatif de l’esprit critique dans la vie publique.

Demain n’est pas fatal

C’est donc la place et le rôle mêmes de l’Homme qui doivent être le cœur du débat aujourd’hui. C’est de lui que doit émaner le pouvoir car c’est la seule manière de faire face efficacement aux défis de ce moment dramatique. C’est dans cette logique que l’élection aux États généraux de 1789 avait été précédée par l’élaboration des cahiers de doléances.

Une telle perspective ne saurait émaner des institutions actuelles. Elle doit être construite par les citoyens, en même temps qu’elle construit les citoyens. Et, tout particulièrement, la présidentielle, élection particulièrement aliénante, ne peut rebâtir la citoyenneté. La logique du scrutin présidentiel est personnalisante et destructrice de la liberté de pensée. En acceptant les moyens, elle privilégie le « faire » par rapport au « penser ».

La reconstruction démocratique doit être un travail philosophique autour de la liberté. Il ne saurait évidemment être lié à un extérieur autoritaire qui enserre la pensée en même temps qu’il donne plus ou moins les réponses. Il doit, de plus, se construire de la façon la plus décentralisée possible pour affirmer la place et la force des initiatives les plus locales possibles. La commune, aujourd’hui massacrée par les pouvoirs successifs, nationaux autant qu’européens, peut être la base de cette dynamique. C’est dans un tel cadre que les initiatives associatives nombreuses peuvent trouver une capacité de synergie.

L’objectif démocratique peut trouver ainsi sa réalisation car une telle démarche allie la liberté de l’individu à la recherche de l’intérêt général. Notre époque n’est plus à la présentation de solutions clefs en main, mais à la reconnaissance de la volonté humaine sur son propre destin.

 

 

Illustration : Affichette de la Révolution française, entre 1789 et 1794

 

Notes

[1] Il s’agit du prix de la Banque de Suède en sciences économiques, en mémoire d’Alfred Nobel, généralement appelé prix Nobel d’économie.

[2] Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le Négationnisme économique : et comment s’en débarrasser, Flammarion, Paris, 2017.

[3] Alain Supiot, L’Esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total, Seuil, Paris, 2010.

[4] André Bellon, « Science sans critique », La Jaune et la Rouge, août-septembre 2015.

[5] Censée représenter la part de la richesse nationale affectée aux agents publics, cette expression désigne le rapport entre un chiffre d’affaires et une valeur ajoutée, ce qui n’a aucun sens.

[6]  Les Vivacités du capitaine Tic, acte II, scène 6.

[7] Jérémie, V.

[8] Lire Anne-Cécile Robert, « La stratégie de l’émotion », Le Monde diplomatique, février 2016.

[9] Sur cette place du général Catroux étaient érigées avant la guerre les statues des trois générations : le général ; son fils Alexandre Dumas ; et son petit-fils, l’auteur de La Dame aux camélias. Celle du général fut détruite par les Allemands sous l’occupation.

[10] Carlos Fuentes, « Ma révolution préférée », Le Monde, 23 septembre 1999.

[11] France Inter, 20 juillet 2010.

[12] Lire François Ewald et Dominique Lecourt, « Les OGM et les nouveaux vandales », Le Monde, 4 septembre 2001.

[13] Faut-il rappeler que la semaine sanglante de liquidation de la Commune par Thiers, ou même la répression du mouvement ouvrier de 1848 firent plus de morts que la Terreur ?

[14] Hitler, en dépit de résultats très importants, n’a jamais été majoritaire seul. Ce sont des alliances avec d’autres partis très présentables, ainsi que le soutien de la bourgeoisie allemande, qui lui ont donné les pleins pouvoirs.

[15] Jean Jaurès, « Question de méthode », article-préface du 17 novembre 1901 au Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels.

[16] Discours de Pierre Mendès France à l’Assemblée nationale le 18 janvier 1957.

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Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #Economie, #alstom

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

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Dans un entretien à Ouest-France à paraître mercredi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a confirmé que l'Etat allait céder pour 10 milliards d'euros d'actifs qui serviront à crée un fonds de "l'innovation de rupture", fonds souhaité par le président Emmanuel Macron.

Début juillet, Bercy avait déjà fait comprendre qu'une série d'actifs seraient cédés par l'Etat pour financer l'innovation. Pour l'essentiel, ce devrait être des participations minoritaires dans des entreprises du secteur concurrentiel c'est-à-dire non stratégiques.

Pour rappel, la France dispose, selon le rapport du Compte Général de l'Etat 2016, de 1817 participations financières pour un montant de 262,7 milliards d'euros. Dans le détail, 137,5 milliards d'euros correspondent à des valeurs relatives à des entités contrôlées par l'Etat - comme EDF, la Poste ou SNCF mobilités - et 125,2 milliards d'euros concernent des entités non contrôlées par l'Etat. On compte parmi celles-ci Engie, Orange, Renault, Dexia ou encore Alstom.

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Le système Bancaire de A à Z

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique

Le système Bancaire de A à Z

Un documentaire sur le fonctionnement du système bancaire

Ajoutée le 18 nov. 2012

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Comprendre la dette publique (en quelques minutes). Par MrQuelquesMinutes

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Comprendre la dette publique (en quelques minutes). Par MrQuelquesMinutes

Ajoutée le 28 sept. 2011

 

Site internet: www.mrquelquesminutes.fr/#dettepublique_video Apprenez en quelques minutes ce qu'est la création monétaire par le crédit, le système des réserves fractionnaires, et l'article 123 du traité de Lisbonne... sans lesquels il est impossible de comprendre l'origine des dettes publiques et privées qui ravagent l'ensemble des pays développés.

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