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Le blog de Lucien PONS

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Syrie : « La France doit sortir de son aveuglement néoconservateur au plus vite », par Renaud Girard.

5 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #l'islamisme, #l'immigration, #Daesch

Renaud Girard est un journaliste, reporter de guerre et géopoliticien français, auteur de livres sur le Moyen-Orient, le Pakistan et l’Afghanistan et d’essais sur les relations internationales. Grand Prix 2014 de la Presse Internationale de L’Association de la presse étrangère pour « l’ensemble de sa carrière de Grand reporter international et pour l’excellence de ses chroniques internationales ».

Voici sa vision, dans la Revue des Deux Mondes, assez décapante.

On n’oubliera cependant pas non plus les exactions commises par les troupes du gouvernement syrien (voir ici par exemple).

Cela illustre la complexité de la Diplomatie.

Source : Revue des Deux Mondes, Jean-Loup Bonnamy, 23-08-2016

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Revue des Deux Mondes – Quelles sont les vraies causes de la guerre en Syrie ? S’agit-il d’un nouvel épisode de la guerre entre sunnites et chiites ? 

Renaud Girard – De manière générale, le monde arabe connaît actuellement une crise liée à des mutations sociologiques et anthropologiques. La Syrie est un cas particulier de cette crise globale. La crise y est renforcée par trois éléments particuliers. Tout d’abord, la société syrienne, sunnite à 70 %, est profondément divisée entre d’une part des islamistes sunnites et d’autre part tous ceux qui sont hostiles à l’islamisme et soutiennent le pouvoir. Parmi ces soutiens du régime, on compte d’ailleurs non seulement toutes les minorités mais aussi de nombreux sunnites, comme la femme de Bachar al-Assad ou Ali Mamlouk, le chef des services de renseignement.

Cette division est en partie due au fait que la région ne s’est jamais relevée de la chute de l’Empire ottoman et que les frontières de la Syrie et de l’Irak reposent sur une décision franco-britannique prise en 1916 sans égard pour les réalités historiques et sociologiques, forçant à vivre ensemble des populations très différentes.

« Les jeunes fraîchement déracinés des campagnes et installés dans les périphéries des grandes agglomérations constituent des cibles idéales pour la propagande islamiste. »

Ensuite, de 2000 à 2008, la Syrie a connu un boom économique permis par la libéralisation partielle de son économie, Internet, le tourisme. Mais les fruits de cette expansion n’ont pas été répartis équitablement, ce qui a provoqué le ressentiment de beaucoup de sunnites des classes populaires et moyennes.

Enfin, la crise a une origine écologique trop souvent négligée : de 2006 à 2011, la Syrie a été touchée par une grande sécheresse qui a poussé peut-être un million de personnes à migrer des campagnes vers les villes. Ce fut très déstabilisateur pour la société syrienne, les jeunes fraîchement déracinés des campagnes et installés dans les périphéries des grandes agglomérations constituent des cibles idéales pour la propagande islamiste.

La crise syrienne n’est donc pas en soi une guerre entre sunnites et chiites puisque de nombreux sunnites soutiennent le gouvernement de Damas. Mais au niveau international, elle s’intègre dans le Kriegspiel entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite. 

Revue des Deux Mondes – Comment jugez-vous la politique de la France sur l’affaire syrienne depuis le début de la guerre civile, en 2011 ? 

Renaud Girard – Très négativement. Nous avons péché par ignorance historique, manichéisme politique et wishful thinking diplomatique. Par ignorance historique, nous avons méconnu les profondes divisions de la société syrienne. Comme l’avait vu Michel Seurat, la société syrienne est partagée entre des islamistes très puissants, par exemple à Alep, et la coalition de ceux qui souhaitent éviter que les islamistes prennent le pouvoir (chrétiens, druzes, alaouites, Kurdes, bourgeois sunnites).

Par manichéisme politique, nous avons considéré que puisque le régime de Damas était une dictature (ce qui est vrai), ses opposants devaient être de gentils démocrates (ce qui est faux). Nous avions imaginé que ceux qui combattaient Bachar al-Assad en Syrie étaient des héros de la liberté, comparables à nos jeunes polytechniciens lors des Trois Glorieuses de la révolution de juillet 1830, alors qu’il s’agit d’islamistes radicaux hostiles à nos intérêts et à nos valeurs. Il est vrai que les manifestants des premières protestations du printemps 2011 étaient en partie de jeunes démocrates sincères. On comptait même parmi eux des chrétiens, ce que l’archevêque de Homs m’a confirmé. Mais dès qu’on a cessé d’avoir affaire à un « printemps » pour passer à une situation de lutte armée et de guerre civile, l’opposition en Syrie s’est aussitôt réduite aux seuls islamistes, habitués à la clandestinité.

« La fermeture de l’ambassade a privé la France d’un formidable instrument de dialogue et de renseignement. »

Par wishful thinking diplomatique, c’est-à-dire en formant un vœu pieux, nous avons refusé de regarder la réalité en face et de parler avec des acteurs pourtant indispensables à tout processus de paix. Nous avons exclu Bachar al-Assad et l’Iran de la table des négociations alors qu’il incarne l’État et jouit de nombreux soutiens parmi la population et que l’Iran est le premier soutien du régime syrien. 

Résultat ? La Syrie connaît une guerre terrible depuis cinq ans. En avril 2012, la France a fermé son ambassade à Damas, en faisant le pari d’une chute imminente de Bachar. Manque de chance pour elle, cette chute n’a pas eu lieu. Mais la fermeture de l’ambassade a privé la France d’un formidable instrument de dialogue et de renseignement. Une bonne diplomatie doit parler avec tout le monde, sans préjugés ni barrières morales ou idéologiques. La réalité exerce un pouvoir de contrainte : c’est pourquoi on ne peut faire de la politique que sur des réalités et donc, comme le disait le général de Gaulle au moment de reconnaître la Chine populaire en 1964, il faut prendre les réalités telles qu’elles sont et non telles qu’on voudrait qu’elles fussent.

Si la France avait maintenu son ambassade, elle aurait pu continuer à parler avec Assad, l’exhorter à plus de modération et se proposer comme médiatrice, ce qui aurait peut-être permis d’éviter beaucoup de morts inutiles. Et elle aurait aussi pu utiliser son ambassade comme relais pour collaborer avec les services secrets syriens afin de lutter contre l’ennemi commun, les djihadistes. Peut-être que des citoyens français sont morts ou vont mourir dans des attentats qui pourraient être évités si nous collaborions avec les services secrets syriens.

« Par son attitude, la France s’est ridiculisée et a été sortie du jeu. »

En octobre 2012, nous avons violé l’embargo international sur les armes pour livrer des armes à la rébellion. Ces armes, payées par le contribuable français, ont fini entre les mains de Daesh, soit qu’elles aient été prises au cours de combats, soit qu’elles aient été vendues, soit que les rebelles « modérés » aient rejoint les rangs de Daesh avec armes et bagages. Il est curieux de voir que la France, au risque de sa réputation et de ses emplois, a refusé d’honorer sa signature pour vendre des armes à la Russie ; or ces armes ne changeaient rien à l’équilibre stratégique des forces et n’auraient pas été utilisées en Ukraine ; la France a violé un embargo pour donner des armes qui finalement ont servi à détruire le patrimoine mondial de l’humanité à Palmyre et qui peut-être serviront un jour à nous attaquer.

En 2013, au moment de l’affaire des armes chimiques, elle s’est humiliée deux fois. D’une part, elle a affirmé vouloir attaquer le régime de Damas, ce qui aurait été une catastrophe. Heureusement, le plan Lavrov mis en place par la Russie et accepté par les États-Unis a permis d’obtenir le désarmement chimique de la Syrie et d’éviter toute intervention. D’autre part, elle a fait volte-face lorsqu’elle a vu que ni les États-Unis ni le Royaume-Uni n’étaient prêts à la suivre. Même si cette idée de guerre était une grave erreur, la politique de la France ne doit pas être dictée par l’attitude de ses alliés. Par son attitude, elle s’est ridiculisée et a été sortie du jeu. Si bien qu’en 2015, la France n’a même pas été invitée à la conférence internationale de Genève, alors qu’elle avait été la puissance mandataire en Syrie jusqu’en 1946 et que le Moyen-Orient était censé être l’une des régions phares de son activité diplomatique […]

Source : Revue des Deux Mondes, Jean-Loup Bonnamy, 23-08-2016

 

 réponses à Syrie : « La France doit sortir de son aveuglement néoconservateur au plus vite », par Renaud Girard

Commentaires recommandés

Caliban Le 05 septembre 2016 à 01h02
 
 

Merci pour cette interview.

Je relève : “En avril 2012, la France a fermé son ambassade à Damas,”. On rappellera que le Président était M. Sarkozy et que le ministre des Affaires étrangères était M. Juppé. Au cas où un de ces deux irresponsables sollicite un jour nos suffrages.

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Sarkozy, Montebourg : amnésie, béquilles et cannes anglaises

3 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La mondialisation, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #Terrorisme

Sarkozy, Montebourg : amnésie, béquilles et cannes anglaises

24 août 2016

Sarkozy, Montebourg : amnésie, béquilles et cannes anglaises

Arnaud Montebourg et Nicolas Sarkozy se sont tous les deux avérés incapables de tirer les leçons de leur expérience politique et ne sont donc pas les candidats à la hauteur du mandat présidentiel, estime l'économiste Jacques Sapir.

Entre dimanche 21 et lundi 22 août, deux «non-événements» ont agité le microcosme médiatique : l’annonce de la candidature d’Arnaud Montebourg et celle de Nicolas Sarkozy.

Ces deux candidatures cultivent une certaine ambiguïté. Arnaud Montebourg affirme sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle et soumet sa présence préalable à la primaire du parti «socialiste», un mécanisme qu’il avait défendu en 2006 et 2007 à de nombreux préalables. Nicolas Sarkozy se présente officiellement à la primaire organisée par les partis du centre-droit, mais semble considérer que le résultat est déjà connu, qu’il est le seul légitime pour se présenter à l’élection présidentielle.

 

Le mécanisme permettant à tout électeur, moyennant la signature d’un papier sur les «valeurs» de la «gauche» comme de la «droite», de voter introduit, en réalité, un biais non démocratique important dans ces «primaires».

Retenons, déjà, que ceci ne fait que refléter les ambiguïtés intrinsèques du mécanisme dit «de l’élection primaire», importation d’une institution étatsunienne dans le contexte, fort différent de la France. Rappelons que le mécanisme permettant à tout électeur, moyennant la signature d’un papier sur les «valeurs» de la «gauche» comme de la «droite», de voter introduit, en réalité, un biais non démocratique important dans ces «primaires». L’inexistence de frontières précises déterminant qui peut, et ne peut pas, voter, dilue la prise de responsabilité. La démocratie, il convient toujours de le rappeler, implique une délimitation précise du corps politique. Rappelons, encore, que les multiples manœuvres d’appareil qui seront possibles lors de ces primaires confirment ce biais. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de candidats ont décidé de se présenter directement aux suffrages des Français.

Mais, passons sur ces «détails», et concentrons-nous sur les deux possibles candidats de ce dimanche et de ce lundi.

La fausse surprise de l’Agité

La candidature de Nicolas Sarkozy n’est pas une surprise. Rappelons que l’homme, à la suite de sa défaite de 2012, avait annoncé sa volonté de quitter la vie politique. Il se renie sur ce point. Il eut été plus sage, car – après tout – il était en 2012 d’un âge où toutes les tentatives de retour en politique sont possibles, qu’il parle d’une mise entre parenthèses de ses ambitions. Nombre d’hommes (et de femmes) politiques ont connu des échecs et les ont surmontés. Le problème n’est donc pas tant qu’il annonce aujourd’hui sa candidature, mais qu’il ait annoncé, dans un grand déploiement médiatique, son supposé «retrait» en 2012. Il donne l’image soit d’un homme inconstant, soit d’un manipulateur. Aucune de ces images n’est flatteuse.

Dans le livre que Nicolas Sarkozy vient de publier, et où il annonce sa candidature, on chercherait bien en vain la moindre analyse des raisons profondes de son échec de 2012

Mais, ce n’est pas le seul problème soulevé par sa candidature. Nicolas Sarkozy a exercé un mandat présidentiel (2007-2012). Il ne peut prétendre à la nouveauté. De ce premier mandat, il devrait en tirer un bilan honnête, dire aux Français quels ont été ses échecs et ce qu’il entend faire pour y remédier. Car, il ne peut oublier que son échec de 2012 est largement le produit d’un épuisement général à la suite d’une dispersion quasiment pathologique de ses efforts et d’un rejet par une large partie des électeurs. Or, dans le livre qu’il vient de publier, et où il annonce sa candidature, on chercherait bien en vain la moindre analyse des raisons profondes de son échec de 2012. C’est bien là le problème.

Non que l’échec soit rédhibitoire. Quand on est prêt à affronter sereinement ses causes, à les analyser, à en tirer des leçons et à convaincre les électeurs que l’on s’est donné les moyens de ne pas les répéter, un échec passé peut être le fondement d’une victoire future. Pourtant, rien de cela ne transparaît à la lecture de Tout pour la France. Nicolas Sarkozy retombe dans ses pires errements. Il confond la vitesse et la précipitation. Napoléon, dans une lettre adressée à l’un de ses généraux, la concluait par ces mots : «vitesse, vitesse ; je me recommande à vous». Et il est vrai que la vitesse de réaction est importante, dans la politique comme dans la guerre… Mais, cette vitesse était, chez Napoléon, mise au service d’une vision générale. Or, telle n’est pas l’image que donne Nicolas Sarkozy. Partant dans tous les sens, multipliant les propositions dont peu donnent le sentiment d’avoir été mûrement réfléchies, il retombe dans la caricature de lui-même qu’il était devenu : l’Agité.

Intégration et assimilation

Dans les différentes propositions qu’il fait, on retiendra celles qui sont, volontairement, les plus clivantes. Postulant que l’identité sera l’un des thèmes principaux de la campagne à venir, mais sans fournir aucune définition de cette «identité», il propose de remplacer l’intégration par l’assimilation. La formule se veut un appel du pied à la frange la plus à droite de son électorat, mais elle révèle surtout que Nicolas Sarkozy ne sait pas ce dont il parle.

L’intégration est un concept essentiellement politique. On s’intègre dans un corps politique particulier en en acceptant les règles organisatrices, que ces règles soient explicites (comme la Constitution) ou qu’elle soient implicites comme l’ensemble des principes qui sont admis dans le corps politique français et dont les règles explicites sont la forme de matérialisation. On participe aux débats collectifs qui se font dans le cadre de ces règles et de ces principes, et dont certains peuvent conduire d’ailleurs à modifier certaines des règles (une Constitution n’est pas immuable). Mais, pour ce faire, il faut s’approprier, il faut faire sien, un certains nombres de principes comme celui d’égalité et de laïcité, parce que ces principes sont déterminants dans la constitution la plus large du corps politique. L’intégration n’est nullement garantie d’avance ; elle peut ne pas se faire, elle peut échouer, quand des individus ou des groupes d’individus remettent ouvertement en cause si ce n’est les règles, du moins les principes. Mais, elle peut aussi échouer quand le corps politique ne joue pas franc-jeu, ou quand il n’est plus défini, ce qui constitue à l’évidence aujourd’hui un problème quand la perte de souveraineté jette une indétermination sur ce qu’est d’être français. Les ratés de l’intégration renvoient alors soit à des différences insurmontables au niveau des principes, soit à des comportements qui nient dans les faits la possibilité de matérialiser ces mêmes principes soit encore à un contexte général qui produit une indétermination qui est contradictoire avec l’intégration.

Le discours de Nicolas Sarkozy est semé de confusions, confusions qui renvoient aux contradictions avec son action passée

L’assimilation est une notion beaucoup plus floue, qui n’est certes pas moins importante que l’intégration, mais qui ne se joue pas dans la même temporalité. On assimile (individuellement) des coutumes, des habitudes, des comportements et l’on s’assimile, de manière toujours imparfaite et toujours incomplète, ce qui est une bonne chose car une homogénéité totale n’est ni souhaitable ni possible, à la culture du pays dans lequel on vit. Ces deux mouvements sont nécessaires et ne se recoupent pas. L’assimilation des coutumes et des habitudes se fait d’habitude par l’école, par l’apprentissage de la langue et de l’histoire d’un pays. Il n’est pas anodin que Nicolas Sarkozy face de cette notion une des notions centrales de son discours alors que, durant son mandat, l’enseignement et de l’histoire et celui de la langue française ont été si maltraités (réformes de Luc Chatel). Que ce mouvement ait été continué sous la présidence actuelle ne l’exonère pas de ce qui eut lieu de 2007 à 2012. Quant au processus réflexif qui consiste donc à s’assimiler (et non seulement à assimiler l’ensemble des réflexes et comportements qui permettent de vivre ensemble), il relève d’un choix individuel qui doit être laissé à la discrétion de chacun. On n’est pas moins français parce que l’on parle, en plus du français naturellement, le breton, le provençal, le basque ou le corse, ou encore l’italien, l’espagnol, l’arabe, le chinois, le portugais ou le hongrois, le yiddish ou le russe… Cette décision, qu’elle soit consciente ou inconsciente, doit être laissée à la liberté de chacun.

La véritable question est donc de savoir s’il y a une culture française, avec ce que cela implique comme comportements communs au-delà du maintien chez ceux qui le souhaitent de racines culturelles diverses, ce que l’on peut appeler une interculturalité, ou si l’on fait d’un projet multiculturaliste l’alpha et l’omega d’un projet politique. Faute d’avoir une vision claire de ces notions, le discours de Nicolas Sarkozy est semé de confusions, confusions qui renvoient aux contradictions avec son action passée.

Réélire Nicolas Sarkozy, c’est l’assurance de la perpétuation du jeu malsain et délétère que ce dernier mena et dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences

La pluie et la rivière…

Ceci ne fait que souligner le problème que pose l’usage du mot «identité » par Nicolas Sarkozy, avec certains autres. Si l’on considère que l’identité est une notion politique, au sens ou elle définit l’appartenance au corps politique, on peut tout à fait l’admettre. La culture politique, accumulée depuis des siècles, fait qu’un Français réagira différemment sur certains sujets qu’un britannique, qu’un allemand ou qu’un italien. Mais, alors, il faut respecter le corps politique. Est-ce que le président du Traité de Lisbonne, le président qui fit avaliser par une réunion du Congrès à Versailles la plus grande partie des termes que les Français avaient rejetés lors du référendum de 2005 est le mieux placé pour défendre l’identité ?

Disons-le, en un mot comme en cent : réélire Nicolas Sarkozy, c’est l’assurance de la perpétuation du jeu malsain et délétère que ce dernier mena, de 2007 à 2012, que ce soit avec Angela Merkel ou que ce soit avec les présidents américains, et dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences. On pourrait ajouter que les mesures économiques et sociales proposées vont à l’encontre de ce que veulent les français. Assurément, Nicolas Sarkozy fut parfait dans son interprétation des discours écrits par Henri Guaino, à commencer par celui de Toulon. Mais, son action fut largement impuissante, corseté qu’il était dans sa conviction que l’UE (et la zone Euro) devait être à tout prix sauvegardée, ce qui le conduisit à entériner la politique désastreuse de François Fillon dès l’automne 2010.

Sarkozy parie sur une forme d’amnésie collective, un syndrome d’Alzheimer à l’échelle du pays tout entier pour présenter sa candidature

La confiance fut donc légitimement refusée à Nicolas Sarkozy en 2012. Or, il n’a tiré nulle leçon de cet échec et il n’y a chez lui pas l’once d’une remise en question. Il parie sur une forme d’amnésie collective, un syndrome d’Alzheimer à l’échelle du pays tout entier pour présenter sa candidature, tout comme d’ailleurs les autres candidats des «Républicains» comme François Fillon, déjà nommé, Alain Juppé, voire Bruno Le Maire. Le dégoût légitime que l’on peut avoir pour l’actuel président (François Hollande), dégoût qui fait que l’on ne votera pas pour lui, ne transformera pas en or la longue litanie d’échecs de ceux qui l’ont précédé. Aucun alchimiste n’a le pouvoir de réussir cette transmutation ! L’alternance entre les «Républicains» et le P «S» est une fausse alternance, c’est se jeter dans la rivière pour éviter la pluie qui tombe sur la hollandie…

Montebourg : béquille ou canne anglaise ?

Il faut maintenant parler de la candidature d’Arnaud Montebourg. On le sait, et je ne m’en suis jamais caché, que j’ai une certaine sympathie pour l’homme. Jusqu’à son éviction, il s’est battu avec courage dans le gouvernement et contre le gouvernement et les options désastreuses prises par l’Elysée. Il a eu des mots fort justes sur Hollande, son comportement, et la logique politique qu’il imposait. Mais, une fois remercié, il aurait pu faire l’effort de mise en cohérence de ses idées qui s’avérait nécessaire. Force est de reconnaître qu’il ne l’a pas fait. Il est resté, sur l’ensemble des sujets liés à l’économie et à l’UE, sur la position qui était la sienne à l’hiver 2011-2012. Or, il y a eu une évolution importante et rapide de la situation, du vote – honteux – du TSCG en octobre 2012 à la crise grecque de l’été 2015. On doit le répéter, cette crise grecque, et surtout le comportement des institutions européennes, ont changé le regard que l’on pouvait porter tant sur la zone euro que sur l’UE. Cette crise a montré que la coupure entre amis et ennemis, cette coupure qui définit le politique, passait là, sur le rapport avec ces institutions et la zone euro. De ces événements, certains à gauche en ont tiré les leçons, même si ce n’est qu’imparfaitement, comme Jean-Luc Mélenchon : mais pas Arnaud Montebourg.

La décrépitude du P «S» est aujourd’hui telle que cela n’a aucun sens.

Sa candidature apparaît donc comme une ultime manœuvre pour repeindre l’édifice en ruine du vieux P «S», un parti certes jeune eu égard à l’histoire mais qui, perclus de reniements et voûté par les trahisons, semble avoir l’âge de Mathusalem. Ce parti avait une béquille, la candidature de Benoît Hamon, pâle substitut d’une candidature de Martine Aubry. Arnaud Montebourg vient de se constituer comme la seconde. Ses déclarations, ce matin 23 août, sont éclairantes : «Le président de la République doit prendre la décision qui s’impose, ne pas être candidat». Interrogé par Jean-Claude Bourdin qui lui demande : «Mais quelle est la décision qui s’impose, qu’il ne soit pas candidat ?», il a répondu : «Je crois que vous avez deviné mes pensées. […] J’écoute les Français, je vis au milieu d’eux, travaille avec eux, je vois quand même la colère très présente, l’inquiétude aussi et l’absence d’espoir.»

Disons-le : la décrépitude du P «S» est aujourd’hui telle que cela n’a aucun sens.

Si, dans le discours prononcé à Frangy le dimanche 21 août, on pouvait trouver des thèmes intéressants, ce ne sont à l’heure actuelle que des mots. Si Arnaud Montebourg veut être pris au sérieux par les Français, il doit impérativement faire la preuve que ce discours n’est pas qu’une posture, un mouvement de menton. Il doit avancer des propositions claires, qui tranchent, et en particulier sur l’UE et sur la zone Euro. C’est son intérêt. S’il veut, dans le cas ou il serait élu, pouvoir affronter les institutions européennes et l’Allemagne avec un rapport de force raisonnable, il doit proposer un référendum portant au minimum sur le TSCG, et – mieux – donnant carte blanche à son gouvernement pour refonder l’UE et dissoudre la zone Euro. L’idée d’un tel référendum serait aujourd’hui immensément populaire en France. Elle constituerait alors non pas une béquille pour sa propre candidature, mais bien une canne anglaise.

Faute d’avancer des propositions concrètes, qui pourraient crédibiliser son discours, Arnaud Montebourg court le risque de rester dans un entre-deux, trop critique envers Hollande pour espérer de rallier les derniers carrés et les hiérarques du parti, pas assez pour apparaître comme naturellement légitime. Or, en politique, le temps n’attend pas. Arnaud Montebourg a devant lui quelques semaines pour prendre les bonnes décisions ou sa candidature s’essoufflera et ce d’autant plus que celle de Jean-Luc Mélenchon apparaît d’ores et déjà comme plus cohérente et mieux construite.

Source : russeurope.hypotheses.org

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Sisco, le «burkini» et une certaine «gauche»

3 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #l'islamisme, #l'immigration, #Terrorisme, #Daesch, #La mondialisation, #l'horreur économique

Sisco, le «burkini» et une certaine «gauche»

Le site de violences à Sisco© PASCAL POCHARD-CASABIANCASource: AFP
Le site de violences à Sisco
Une tentative de prendre en photo des femmes en burkini s'est soldée par de violents incidents en Corse le 13 août. Un fait divers plus important qu'il n'en a l'air et qui rappelle l'importance de la laïcité, pour l'économiste Jacques Sapir.

La question du «burkini», avec les arrêtés d’interdictions pris dans certaines communes et les affrontements de samedi 13 août en Corse, à Sisco, repose de manière aigüe la question des modalités d’application de la laïcité, mais aussi celle des relations entre liberté individuelle et règles collectives. Il est important de ne pas chercher à envenimer une situation qui est, localement, explosive, mais il est aussi important de ne pas transiger sur un certain nombre de principes.

Les incidents de Sisco

Rappelons les faits. À l’origine des heurts, selon plusieurs sources concordantes, un accrochage entre trois familles musulmanes, qui ont accusé les vacanciers de prendre en photo leurs femmes, voilées, se baignant en djellaba et en «burkini», et des touristes qui profitaient de leur passage dans la marine de Sisco pour photographier la crique dite de «Scalu Vechju», très fréquentée par les locaux. Les trois familles ont caillassé les touristes. Un adolescent du village de Sisco est accusé d’avoir pris des photos des épouses et d’avoir filmé l’altercation. L’adolescent, secoué et agressé, et ses amis appellent alors leurs parents qui descendent précipitamment du village, et sont rejoints par plusieurs dizaines de personnes. L’un des parents, un ancien légionnaire d’origine tchèque installé à Sisco, est blessé à deux reprises, au niveau des hanches, par des flèches de fusil-harpon. Au cours des heurts, quatre autres personnes sont blessées et évacuées vers le centre hospitalier de Bastia. Le niveau de violence semble disproportionné à une réaction face à des photographies.

La pratique d’une religion ne fait pas «communauté» aux yeux du Préambule de la Constitution, ni à ceux de la loi

Il convient, alors, de dénoncer la présentation faite dans certains médias (FR2 en particulier) qui parlent à propos des affrontements de Sisco «d’affrontements intercommunautaires». Aucune «communauté» n’a été impliquée ici. Certainement pas les corses, qui ne constituent pas une «communauté» au sens strict du terme et encore moins les «musulmans». La pratique d’une religion ne fait pas «communauté» aux yeux du Préambule de la Constitution, ni à ceux de la loi. Ce langage tenu par des «journalistes» est non seulement faux, mais de plus il jette de l’huile sur le feu. On rappelle aussi que des pratiques extrémistes, et clairement le port du «burkini» relève de ces pratiques, ne peuvent servir à qualifier une religion, tout comme les discours créationnistes tenus par des extrémistes protestants ou catholiques ne peuvent qualifier ces religions.

Nous sommes donc en présence d’un incident limité, mais qui aurait pu avoir des conséquences graves (le harpon), et où les responsabilités sont claires.

Parler de «racisme» au sujet de ces mesures relève soit de la stupidité la plus crasse, soit de la mauvaise foi la plus éhontée

De l’interdiction du «burkini»

Ceci renvoie aux interdictions, validées en justice, de la baignade en «burkini». Deux arrêtés de ce type, notamment celui du maire de Cannes (David Lisnard) et celui de Villeneuve-Loubet (Lionnel Luca), ont été pris ces derniers jours. Suite aux incidents, le maire PS de la commune de Sisco, Ange-Pierre Vivoni, a pris un arrêté interdisant le «burkini» sur ses plages. Les maires qui ont pris ces mesures ne sont pas des extrémistes (LR et PS). Parler de «racisme» au sujet de ces mesures, comme l’on fait plusieurs personnes, relève soit de la stupidité la plus crasse, soit de la mauvaise foi la plus éhontée. Tout d’abord ce qui est visé n’est pas une «race» (qu’il faudrait définir) ni une religion (à ce que l’on sait toutes les musulmanes ne se baignent pas en «burkini») mais une pratique ultra-minoritaire, à l’évidence provocatrice comme le note Courrier International traduisant un journal algérien, et susceptible de «troubler l’ordre public». C’est d’ailleurs pour cela que ces mesures ont été validées par le tribunal administratif de Nice. Les attendus de ce dernier sont clairs : «Dans le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice […] la forme de tenues de plage affichant leur religion […] sont de nature à créer ou exacerber des tensions […] et un risque de trouble à l’ordre public. […] Le port d’une tenue vestimentaire distinctive […]peut en effet être interprétée comme n’étant pas […] qu’un simple signe de religiosité. […] La mesure de police limitée au mois d’août prise par le maire de Cannes[…] n’est pas disproportionnée par rapport au but poursuivi.» Pour cela, il s’appuie sur l’arrêt du Conseil Constitutionnel de novembre 2004 qui stipule : «que le droit garanti (à sa conviction religieuse en public) a le même sens et la même portée que celui garanti par l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; qu’il se trouve sujet aux mêmes restrictions, tenant notamment à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé et de la morale publics, ainsi qu’à la protection des droits et libertés d’autrui». Cet arrêt se poursuit comme suit : «la Cour a ainsi pris acte de la valeur du principe de laïcité reconnu par plusieurs traditions constitutionnelles nationales et qu’elle laisse aux Etats une large marge d’appréciation pour définir les mesures les plus appropriées, compte tenu de leurs traditions nationales, afin de concilier la liberté de culte avec le principe de laïcité ; que, dans ces conditions, sont respectées les dispositions de l’article 1er de la Constitution aux termes desquelles «la France est une République laïque», qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers». Le conseil d’Etat avait reconnu la primauté du juge administratif dans une décision du 25 novembre 2014 stipulant : «L’organisation des relations entre l’État et les Églises en France repose sur un principe simple et clair : la religion relève de la sphère privée, l’État affirmant son indépendance et sa neutralité à l’égard des institutions religieuses. Toutefois, la liberté religieuse ne se borne pas à la liberté de croire ou de ne pas croire. Elle implique une certaine extériorisation qu’il s’agisse de l’exercice du culte ou tout simplement de l’expression – individuelle ou collective – d’une croyance religieuse. Il convient dès lors de garantir la conciliation entre l’intérêt général et l’ordre public, d’une part, la liberté de religion et son expression, d’autre part».

La décision des maires est ainsi pleinement en accord non seulement avec la lettre mais avec l’esprit du Droit, ce que des responsables politiques comme Danielle Simonnet (PG) ou Ian Brossat (PCF) ignorent superbement, montrant ainsi leur mépris pour les règles collectives.

La «liberté individuelle» s’accompagne de la nécessité de respecter des règles, et en particulier celles qui concernent la notion d’ordre public.

De la liberté individuelle

On prétend alors que ces mesures portent atteinte à la «liberté individuelle». Mais, sauf sur des plages spécifiques, on ne peut se baigner nu. Le fait de déambuler en ville en maillot de bain constitue dans de nombreux endroits un délit. En fait la «liberté individuelle» s’accompagne de la nécessité de respecter des règles, et en particulier celles qui concernent la notion d’ordre public.

Plus généralement ce genre de raisonnement ignore les impératifs et de la vie en société et de la laïcité. Le «burkini» a été inventé il y a quelques années de cela en Australie pour définir la tenue de bain à l’usage des femmes musulmanes intégristes. Ce n’est donc ni une tenue «religieuse» à strictement parler, ni une tenue «coutumière», mais bien un accoutrement qui, avec d’autres (comme le niqab), pour reprendre le journal algérien traduit par Courrier International, «qui ne sont en rien garants d’une proximité particulière avec Dieu ni d’une dévotion plus authentique, traduit au mieux une méconnaissance de l’islam et au pire un endoctrinement lamentable et d’autant plus pitoyable que nous en connaissons les officines et le degré zéro d’évolution de leurs mandant».

Or la laïcité est essentielle si l’on veut que le «peuple» soit défini sur une base politique ainsi que je l’indiquais dans mon dernier livre Souveraineté, Démocratie, Laïcité.

Réduire un être humain à sa religion, c’est ce à quoi s’emploient les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée

La question de l’appartenance religieuse, quand elle se transforme en intégrisme, est contradictoire avec la notion de souveraineté. Il n’est pas sans signification que la Nation et l’Etat se soient construits historiquement en France à la fois dans la lutte contre les féodalités locales et contre les prétentions supranationales de la papauté et de la religion chrétienne. Il ne peut y avoir de peuple, c’est-à-dire de base à la construction politique de la souveraineté populaire, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles il ne peut y avoir de discussions. La prise en compte de l’hétérogénéité radicale des individus implique, si l’on veut pouvoir construire une forme d’unité, qui soit reconnue comme séparée et distincte la sphère privée. En cela, la distinction entre sphère privée et sphère publique est fondamentale à l’exercice de la démocratie. Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946 et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme.

 Il est aujourd’hui évident que divers courants intégristes cherchent à «tester» la République, pour imposer un recul vers un véritable communautarisme qui sera le terreau d’une guerre civile à venir. Réduire un être humain à sa religion, c’est ce à quoi s’emploient les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Il est triste, mais au-delà il est scandaleux, de voir une partie de la gauche nier ses principes fondateurs et suivre les fondamentalistes religieux, par intérêt électoraliste, clientélisme ou simplement aveuglement, sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances.

Source : russeurope.hypotheses.org

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Que sont ces "regains de tension" en Ukraine?

3 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #L'OTAN.

Que sont ces "regains de tension" en Ukraine?

Le mois dernier nous avions droit dans nos journaux à quelques évocations à caractère moqueur quant à une opération terroriste en Crimée qui aurait été "inventée". Une opération qui aurait été un prétexte pour que "la Russie attise des tensions avec l'Ukraine". Ecoutons comment Victoria Shilova (leader d'un parti ukrainien et du mouvement "anti-guerre") interprète cet événement ainsi que la façon dont il a été traité dans le contexte général, pour en venir ensuite à un constat décapant sur la situation en Ukraine. Pas de langue de bois, on ressent bien l'exaspération de V.Shilova!

Liens utiles pour justifications des faits relatés:
* A propos d'Eugène Panov, ce "touriste innocent capturé" selon Kiev et certains médias européens. Pourtant: http://theukrainians.org/mm-enerhodar/
* Rencontre G20 le 4-5 septembre : http://www.bloomberg.com/news/article... et: http://www.bloomberg.com/news/article...

Les "exploits" des bataillons de volontaires pro-Kiev, et leur état d'esprit:
(Dont les personnes citées dans la présente vidéo)
http://www.youtube.com/watch?v=iP3DaG...
http://www.youtube.com/watch?v=EvvknC...
http://www.youtube.com/watch?v=__t_Le...
http://www.youtube.com/watch?v=IdzBfD...
http://www.youtube.com/watch?v=9UadIl...
http://www.youtube.com/watch?v=3RU8jf...

Les fameuses "invasions russes":
http://www.youtube.com/watch?v=w4gT7R...
http://www.youtube.com/watch?v=iuoSPm...
http://www.youtube.com/watch?v=Lq1WaR...
http://www.youtube.com/watch?v=wHscBg...
http://www.youtube.com/watch?v=RD_Jq2...
http://www.youtube.com/watch?v=0dXUcd...

Allusion à l'affaire du MH17:
http://www.youtube.com/watch?v=4z5QJ4...

Les médias qui tuent:
http://www.youtube.com/watch?v=fhrFZP...

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Olga Vassilieva: la nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche en Russie qui redonne espoir. A quand la même chose en France?

2 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La République, #Ecole, #Europe supranationale, #La mondialisation

vendredi 2 septembre 2016

Olga Vassilieva: la nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche en Russie qui redonne espoir

Alors que #Hollande annonce la prochaine mise à mort du Lycée, que l'enseignement en #France ressemble de plus en plus à une farce de mauvais goût ou à une usine à #propagande, la #Russie met un terme aux expérimentations #néolibérales qui destructurent sa politique d'enseignement et de #recherche depuis 20 ans. La nomination d'Olga #Vassilieva au ministère de l'éducation et de la recherche redonne en fin espoir. Qu'il est agréable de pouvoir annoncer une bonne nouvelle de cette ampleur!

 

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Olga Vassilieva, nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche fait partie de ces rares personnalités que l'on sent capable de rester droite au milieu d'une tempête et d'en ressortir sans avoir été décoiffée. Et elle aura besion de toute cette force de caractère et de conviction pour remettre en place un ministère crucial, malmené par ses prédécesseurs séduits par les charmes des réformes expérimentales. Un virage politique est pris, l'éducation et la recherche sortent de la sphère d'influence des néolibéraux. Ce qui ne va pas se passer simplement.
 

 
La presse dite "libérale" crtique, sans toujours se cacher derrière des formules de politesse, cette nouvelle ministre qui ose ne pas rejeter en bloc l'enseignement soviétique et soumettre à un esprit critique les expérimentations récentes. Il faut dire que d'un pays, l'Union soviétique, qui garantissait un niveau de formation général non égalé, la Russie est tombée, de réforme post-moderne en réforme néo-libérale à un système destructuré ne permettant ni l'apprentissage, ni la réflexion et difficilement la recherche.
 
Exemples pour illustrer l'étendue des dégâts:
 
  • Fin des compositions écrites et des examens oraux, le tout remplacé par des tests à choix multiples, auxquels les élèves sont préparés dès le primaire; 
  • introduction de matière inconsistante comme "le monde qui nous entoure" où l'on peut trouver comme question au test de fin d'année pour l'équivalent du CM1 "quel shampoing est meilleur pour les enfants?" et dont le programme passe du Bénélux (sans avoir appris la géographie de l'Europe) aux règles de circulation automobile; 
  • la mise sous tutelle des instituts de recherche de l'Académie des sciences qui doivent justifier l'intérêt scientifique de  programmes de recherche devant des fonctionnaires qui "gère le patrimoine" de l'Académie, puiqu'ils n'ont plus de budget;
  • la composition du salaire des enseignants fortement dépendant de facteurs extérieurs: primes, fonds etc Ce qui les pousse à inscrire les enfants à toute une série de concours inutiles organisés on ne sait par qui, par exemple.
  • Désengagement de l'Etat dans le financement de la recherche, laissé aux entreprises et diverses fondations;
  • Destructuration de l'enseignement professionnel et technique.
La liste peut être longue, c'est pourquoi l'ancien ministre Livanov, qui a réussi à mettre à genoux l'Académie des sciences, fondée sous l'Ancien régime, qui a introduit ce fameux test de fin d'études constituant en une suite de croix à mettre dans des cases, qui a destructuré les programmes scolaires, notamment en histoire, en favorisant la démultiplications des manuels et cahiers, cet individu  a réussi a faire l'unanimité - des parents et des chercheurs - contre lui. Il était en revanche plutôt bien vu dans les milieux dits "progressistes".
 
Ces mêmes milieux qui ont immédiatement voué une haine à la nouvelle ministre de l'éducation et de la recherche. Et son parcours et ses positions dérangent.
 
Olga Vassilieva a une formation en culturologie, en histoire et en relations internationales. Sa thèse avait porté sur la question des relations entre l'Eglise orthodoxe et le pouvoir soviétique dans les années 43-48. La question religieuse a toujours occupé son esprit et explique aussi son parcours d'enseignant-chercheur, thème récurrent dans ses publications scientifiques. Elle entre ensuite à l'Administration présidentielle en 2012 et va s'occuper de la mise en place d'un nouveau manuel d'histoire et de la restructuration du programme. Elle fait également partie de l'association internationale de l'histoire des religions et du comité scientifique de plusieurs revues comme Religion et sciences.
 
Cet intérêt non caché qu'elle porte à la religion orthodoxe, au fondement de la culture russe et de la construction de l'Etat en Russie, dérange ces nouveaux "progressistes", dont l'attitude est plus empreinte de bolchévisme à l'égard du religieux que de tolérance. Elle reçoit alors l'estampillage "conservateur", ce qui vaut bannissement pour ces milieux.
 
Et son discours confirme en effet leurs pires craintes, nous redonnant par la même espoir. En ce qui concerne l'enseignement, le ton change. Le système de test automatique auquel les élèves sont formés au long des années pour arriver, comme elle le souligne, dans un état qui ne leur permet pas d'écrire, d'argumenter et de réfléchir à l'Université doit être remis en cause. Si les tests peuvent, dans une certaine mesure être gardés, des compositions et des oraux doivent être réintégrés, ainsi que des exercices dans les sciences dures. D'une manière plus générale, l'idée de développer l'enseignement on-line est abandonnée, les salaires des enseignants et des chercheurs vont être revalorisés et les problèmes budgétaires ne peuvent être invoqués, l'Etat a la charge de l'enseignement et de la recherche, il faut relancer l'enseignement professionnel en étroite colaboration avec les entreprises, etc. Le temps est arrivé où l'on affirme enfin que le succès de ce domaine dépend surtout de la qualité des hommes et pas uniquement de la quantité d'ordinateurs dans la salle de classe, du tableau électronnique ou de la construction d'une piscine dans l'école.
 
Il s'agit bien d'un tounant profond dans la politique intérieure russe et dans le discours du Gouvernement. Un tournant qui était grandement attendu et redonne espoir. Comme O. Vassilieva l'affirme, il ne s'agit pas de tout rejeter, il faut bien analyser ce qui a été fait et prendre de chaque système, du système soviétique et des inovations récentes, ce qu'il y a de meilleur pour former cette nouvelle génération, qui est l'avenir du pays.
 
Enfin un discours constructif et sain. Espèrons qu'il fera tâche d'huile au sein d'un Gouvernement qui en a bien besoin.
 
 
 
 
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Quand l'armée ukrainienne profite du cessez le feu pour préparer son offensive avec ses mentors US

2 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #Terrorisme

Reculer pour mieux sauter

Quand l'armée ukrainienne profite du cessez le feu  pour préparer son offensive avec ses mentors US

 
 
Une délégation de l'Etat Major emmenée par le lieutenant général US Frederick Benjamin "Ben" Hodges est venue à Mariupol
Quelques jours avant que le Président ukrainien, "Piètre" Porochenko, vienne en état d'ébriété vociférer à Mariupol devant un parterre de collabos amusés, une visite plus discrète et pourtant beaucoup plus importante a été réalisée dans cette même ville située sur le front Sud du Donbass par Le lieutenant-général Frederick Benjamin "Ben" Hodges, Commandant en chef des armées étasuniennes en Europe. 
 
Ce 28 août, lors de ce qu'il convient d'appeler une tournée d'inspection, le Généralissime US en Europe, visitant le groupe opérationnel tactique "Mariupol a prononcé des discours lourds de signification : "Quand nous nous souvenons de nos camarades morts et de blessés, nous comprenons que nous devons nous préparer pour l'exécution des tâches officielles plus efficaces et répondre sérieusement aux demandes pour préparer les jeunes soldats, qui sont l'avenir de l'armée. Par conséquent, les forces américaines continueront à fournir une assistance à l'armée ukrainienne"
 
Cette coopération entre les forces américaines et l'armée de Kiev a commencé avec un programme de modernisation et de formation des unités ukrainiennes restées dans des concepts désuets datant des années 70-80. Ces programmes de formation encadrés par des unités étasuniennes de canadiennes se déroulent officiellement à Yavoriv dans la région de Lviv (Ouest de l'Ukraine) où un "Centre de sécurité internationale et de maintien de la paix" a été créé. Le premier bataillon ukrainien vient d'ailleurs d'y achever sa formation...
 
Ces actions faites dans le cadre de l'OTAN qui a nommé l'Ukraine "pays allié non intégré" sont complétées par des fournitures d'équipements et de matériels militaires de plus en plus importantes, ainsi que d'exercices et manœuvres "interalliées" auxquelles participent les forces ukrainiennes et dont beaucoup se déroulent sur leur territoire. 
 
Lorsqu'on observe l'évolution des coopérations entre l'armée américaine et des pays ou des structures "alliées" (je pense à l'Irak, ou aux djihadistes en Syrie) on sait que les GI's de l'Oncle Sam ne se limitent pas à jouer les professeurs dans des écoles militaires et à fournir des radios et des médicaments à leurs élèves... D'ailleurs un lot de drones de combat américains destinés à guider les tirs d'artillerie est arrivé par avion sur l'aéroport de Kramatorsk au Nord Ouest de Donetsk.
 
Pour finir avec cette inspection du patron des forces étasuniennes en Europe à Mariupol, imaginez un court instant le concert d'aboiements que les merdias occidentaux nous auraient gratifié si un général russe (et même un simple caporal) était venu à Donetsk ou Lugansk visiter des unités républicaines déployées sur le front. Or ici cette visite étasunienne sur le front qui est autant une inspection qu'une provocation, passe inaperçue, pour ne pas dire normale aux yeux des journalopes qui hurlent à longueur à l'invasion russe dans le Donbass...
 
Une veillée d'armes entre fleurs et obus

Sans vouloir jouer les Cassandre, et briser les espoirs de paix que devrait normalement générer ce nouveau cessez le feu engagé à partir du 1er septembre à minuit, force est de constater que sur le front si le fracas des canons a effectivement diminué, en revanche le grondement des chenilles, lui, ne cesse de se rapprocher des lignes de défense républicaines.

Pendant la soirée, un nouveau civil du village d'Aleksandrovka (au Sud-Ouest de Donetsk) a été victime d'un tir de sniper ukrainien embusqué à Marinka qui l'a. sérieusement blessé à l'épaule .

Mais c'est dans la nuit du 1er au 2 septembre à 00h15, que le cessez le feu a été le plus violé, quand des combats ont éclaté dans le secteur Nord de Donetsk suite à des tirs ukrainiens engagés contre les positions républicaines de Spartak et Yasinovataya, avec des véhicules blindés, des Lances Grenades Automatiques et des armes d'infanterie. 

Ces accrochages ont confirmé le renforcement important du dispositif d'assaut ukrainien et son déploiement au plus près des lignes républicaines de ce secteur vital pour la défense du Donbass 
 
Devant le carrefour stratégique de Yasinovataya, les forces ukrainiennes continuent, malgré le cessez le feu en vigueur de réaliser une pression offensive sur les positions républicaines et de déployer de plus en plus d'unités d'assaut et de bombardement dans la zone d'Avdeevka
Ici le secteur très tendu de la zone industrielle située entre Avdeevka (en haut de la photo) et Yasinovataya (en bas). En bleu la ligne de front ukrainienne, en rouge, la ligne de front républicaine
Point positif, dans cette atmosphère de veillée d'armes au calme trompeur d'un œil de cyclone, la rentrée scolaire des enfants du Donbass a pu se dérouler ce 1er septembre dans la quiétude, et des milliers d'enfants, bouquets de fleurs traditionnels à la main ont pu retrouver leurs enseignants pour apprendre à construire un monde meilleur bâti sur la paix et la fraternité.

La veille, les familles s'étaient rassemblées par milliers sur la place centrale de Donetsk pour rendre hommage à leurs enfants tués par les soudards ukrainiens et porter au monde un message de Foi et d'espérance...

 
 

Pendant ce temps là, à Odessa, ville russe occupée par l'armée ukrainienne, les parents ont été obligés de donner de l'argent pour l' "Opération Spéciale anti-terroriste" dans le Donbass au lieu du traditionnel bouquet de fleurs... 

Chacun ses priorités, pour les uns la guerre, pour les autres la fraternité !

 
Dans le Donbass, les enfants ont pu retrouver le chemin de l'école sans regarder le ciel avec inquiétude, mais pour combien de temps ?
En attendant, de part et d'autres du front, chacun multiplie chaque jour les alertes criant "au loup" comme le berger d'Esope, et j'ai conscience de faire partie de ces pessimistes (en espérant secrètement me tromper) mais tout, sur le terrain diplomatique comme militaire, laisse a penser que le front du Donbass est au bord d'une nouvelle éruption...

Car si les canons ont diminué leurs aboiements meurtriers, en revanche ils sont toujours là et de plus en plus nombreux, rapprochant chaque jour leurs gueules noires et béantes des positions républicaines.

Et si d'un côté nous avons les enfants du Donbass, fleurs à la main, qui portent des espoirs de paix dans leurs écoles, de l'autre c'est un général US, la haine aux lèvres, qui visite le front de Mariupol chargé de promesses de guerre...


Ce cessez le feu ressemble plutôt à l'oeil d'un cyclone grandissant !

Voilà pourquoi, contrairement à la fable d'Esope où à la "drôle de guerre" de 1940, il ne faut pas s'endormir dans nos tranchées de combats et laisser s'émousser par les vagues d'alertes répétées nos sens réactifs car, provoquée volontairement ou exploitée circonstanciellement par l'ennemi, cette attention prolongée sur les remparts présente toujours le risque d'user les sens et fatiguer les muscles des défenseurs de la cité.

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
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Comment les mondialistes vont tenter de contrôler les populations après l’effondrement

1 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Comment les mondialistes vont tenter de contrôler les populations après l’effondrement


Par Brandon Smith – Le 17 août 2016 – Source alt-market.com

Il y a une déconnexion intéressante avec certaines personnes lors de l’examen du concept de centralisation mondiale. Naturellement, l’esprit est saisi d’horreur à cette idée, parce que beaucoup d’entre nous savons, au fond de notre cœur, que la centralisation est la racine de la tyrannie. Nous savons que lorsque le pouvoir absolu est remis entre les mains d’une élite peu nombreuse ayant tout pouvoir sur la vie des masses, de très mauvaises choses arrivent. Aucun petit groupe de personnes ne s’est jamais de lui-même montré digne de confiance, rationnel, empathique ou assez sage pour gérer une telle responsabilité. Ils regardent TOUJOURS vers le haut, ou, ils prennent délibérément avantage de leur position extrême d’influence pour imposer une idéologie particulière sur tout le monde.

 

Cela conduit à la résistance, la résistance conduit à la répression sociopolitique et un grand nombre de personnes sont emprisonnées, mises en esclavage ou même assassinées. Cela conduit à une résistance encore plus forte jusqu’à ce que l’un des deux résultats possibles émerge, le chaos et la révolution ou le totalitarisme complet et micro-géré du collectivisme.

Il n’y a aucun moyen de contourner ce conflit éventuel. Tant que les centralistes continuent à poursuivre leur objectif de puissance totale, des hommes et des femmes se réuniront pour les combattre et la situation dégénérera. La seule façon concevable par laquelle ce combat pourrait être désamorcé serait que les élites cessent de faire ce qu’elles font. Si elles devenaient soudainement éclairées et se rendaient compte de l’erreur de leurs manières de faire, alors peut-être que nous pourrions échapper aux ennuis et en sortir indemnes. Ou si ces mêmes élites devaient toutes subir une fin abrupte et que leur influence soit neutralisée, le monde pourrait avoir une chance de s’ajuster et de s’adapter de façon plus organique.

Malheureusement, il y a des gens qui refusent de croire qu’un combat est inévitable. Ils veulent désespérément croire qu’il existe une autre façon de faire, et ils vont se livrer à une étonnante démonstration de gymnastique mentale pour justifier cette croyance.

Tout d’abord, je pense qu’il est important de noter comme je l’ai toujours fait valoir que les globalistes finiront par échouer dans leur quête. Je trouve que certaines personnes interprètent mal ma position quand je décris les stratégies des globalistes et elles supposent que je présente la centralisation mondiale comme une condition sine qua non. Je ne prétends pas que les élites vont gagner le combat, je soutiens qu’il n’y a aucun moyen d’éviter le combat.

Ceux qui veulent connaître mon point de vue sur la raison pour laquelle la défaite globaliste est une certitude peuvent lire mon article Les raisons pour lesquelles les mondialistes sont destinés à perdre.

La question rhétorique se pose toujours: « Comment les globalistes pourraient-ils jamais espérer obtenir la domination sur le monde entier ? , n’est-ce pas une tâche impossible ? ».

Je crois, au vu de ma connaissance de l’histoire et de la psychologie humaine, que c’est une tâche impossible, mais cela ne va pas empêcher les globalistes d’essayer.

C’est une chose que les cyniques ne semblent pas saisir ; nous avons affaire à un groupe de psychopathes narcissiques organisés autour d’un culte idéologique et avec des ressources presque illimitées à portée de main. Ces gens pensent qu’ils sont les nouveaux hommes-dieux, comme les pharaons égyptiens anciens. Ils ne peuvent pas être convaincus par la logique supérieure ou l’aspect émotionnel. Ils ne seront pas dissuadés par un activisme de masse ou une action pacifique. Ils ne comprennent qu’une chose – la force des armes et l’utilité des mensonges.

Ces gens sont connus pour emmener des civilisations entières avec eux dans la tombe plutôt que de céder leurs trônes. Il est insensé de planifier une réponse à leur faire sur l’hypothèse selon laquelle un combat peut être évité. Quand je dis que les globalistes sont destinés à perdre, c’est fondé sur ma compréhension qu’un certain pourcentage des êtres humains aura toujours une capacité intrinsèque de résistance à la tyrannie. Les globalistes seront vaincus parce qu’il n’y a aucun moyen de quantifier chaque menace à leur cadre utopique. Tant que les gens continuent à les combattre, physiquement et avec des informations, quel que soit le coût personnel, leurs faiblesses seront trouvées et ils tomberont.

Cela ne se fera pas, cependant, sans des sacrifices considérables.

Quand je parle d’effondrement, je veux parler d’un processus. L’effondrement n’est pas un événement singulier, c’est une série continue d’événements. Les USA, par exemple, sont au milieu d’un effondrement depuis 2008. La fin de cet effondrement viendra lorsque la bulle économique finale étayant notre système éclatera et que le processus de reconstruction commencera. La question la plus importante est : qui assurera la reconstruction ? Les globalistes avec leur agenda de prise du pouvoir, ou le peuple en quête de liberté et de prospérité ?

Je l’ai souligné dans de nombreux articles, la réalité est qu’une déstabilisation permanente de grandes parties du cadre économique mondial sera utilisée par les élites comme levier pour convaincre le public qu’une plus grande centralisation est nécessaire, y compris la gestion économique mondiale par le FMI et la BRI, une monnaie mondiale utilisant les droits de tirage spéciaux du FMI comme un pont et la gouvernance mondiale par les Nations Unies ou un organisme similaire pas encore développé. Ce plan est de plus en plus ouvertement discuté par les globalistes dans les médias grand public. Ce n’est presque plus un secret.

Beaucoup de gens vont sans doute soutenir cette centralisation de peur de l’instabilité. Cela dit, beaucoup de gens vont aussi refuser de la soutenir.

Voici comment je crois, par ordre de préséance historique et d’après les écrits des globalistes, qu’ils vont tenter pour faire valoir la centralisation globale de l’après-effondrement et la faire respecter.

Gestion des ressources et distribution

Comme je le souligne dans plusieurs de mes articles sur les contraintes du localisme, sans nourriture suffisante, sans eau et sans abris auto-entretenus par des groupes de citoyens conscients, aucune résistance ne peut être montée contre une force centralisatrice. Si vous ne pouvez pas fournir votre propre logistique, vous devez alors la voler à l’ennemi. De toute évidence, il est moins risqué de vous organiser vous-même, si possible.

Après l’effondrement, lorsque l’application du droit dans de nombreux endroits sera en panne et que les ressources ne pourront plus être transférées en toute sécurité d’une région à l’autre, le fond du jeu sera le contrôle des nécessités et des producteurs de ces nécessités. C’est également utilisé par les totalitarismes lorsque le danger de troubles est présent. Un excellent exemple de cette méthode en action a été la consolidation stalinienne de l’Union soviétique.

Le fait est que les rébellions réussies dans les pays occupés ont tendance à se développer dans un environnement rural. Les villes sont des bastions souvent totalitaires, car elles offrent plus de moyens de surveillance, une population plus passive et, une fois prises en charge, elles sont plus faciles à sécuriser et à défendre. Je l’appelle la « doctrine de la zone verte » ; l’utilisation des villes verrouillées comme points de pivot pour lancer des attaques sur les populations rurales.

Staline a utilisé exactement ce modèle, l’envoi de troupes des villes contrôlées pour aller piller les ressources des communautés agricoles périphériques. Il a ensuite stocké ces fournitures pour les « redistribuer » ; les personnes jugées les plus utiles au régime ont été nourries, les personnes jugées non utiles ou menaces potentielles n’ont pas été nourries. En fin de compte, Staline a tué de nombreux rebelles potentiels tout simplement en les privant de la production alimentaire ou de l’accès aux aliments.

Les élites n’ont pas besoin de posséder chaque pouce de terrain en vue de lancer une campagne efficace de loi martiale. Tout ce qu’elles doivent faire, c’est de tenir les villes clés grâce à la technologie de surveillance et à la présence de troupes, puis d’utiliser ces villes comme lieu de stockage pour confisquer les ressources des zones aux alentours où se trouvent des personnes qu’elles n’aiment pas. Si vous pensez que le gouvernement ne poursuivrait pas ce genre de tactique aux États-Unis, je vous suggère fortement de regarder dans l’Executive Order 13603, signé par Barack Obama en 2012. Cette directive donne l’autorité au président, lors d’une urgence nationale, de prendre toute propriété privée ou ressource si elle est jugée « nécessaire à la défense nationale ».

Il convient de noter que la famine a été une arme extrêmement utile pour les élites dans le passé.

Le modèle de contrôle malaisien

Si les élites sont tout, elles sont plutôt prévisibles, ceci parce qu’elles ont l’habitude d’utiliser systématiquement des stratégies qui ont bien fonctionné pour elles avant. Dans mon article Quand les élites déclareront la guerre à l’Amérique : voilà leur plan de bataille, j’examine les écrits de Max Boot, membre du Council On Foreign Relations, sur les méthodes pour réprimer les insurrections. Aux États-Unis, l’insurrection est une donnée de l’après-effondrement. La seule question est de savoir si ce sera une grande insurrection ou une petite.

Je ne fonde pas beaucoup d’espoir concernant la plupart du reste du monde en termes de génération d’une rébellion utile. La plupart des citoyens en Europe et en Asie ne sont pas armés et sont sans formation. Toute résistance dans ces régions sera très faible et structurée autour de cellules de survie.

Les méthodes décrites par Max Boot tendent vers de plus grandes menaces envers l’establishment. Boot mentionne spécifiquement le grand succès par les Britanniques en Malaisie de 1948 à 1960 contre les guérillas et les terroristes communistes pourtant très efficaces. Ce succès peut être attribué à plusieurs facteurs :

1) Les Britanniques ont utilisé des camps de concentration à grande échelle pour séparer les centres de production de l’influence rebelle. Ce sont des camps massifs entourés de barbelés et de tours de garde, utilisés principalement pour loger les agriculteurs et d’autres travailleurs avec leurs familles. Cela a mis fin au camouflage de la guérilla se cachant parmi la classe ouvrière et y opérant leur recrutement. Cela fait suite à la « doctrine de la zone verte » que j’ai décrite ci-dessus.

2) Les Britanniques ont mis en place un système d’identification sophistiqué pour tous les citoyens malaisiens, y compris avec les empreintes digitales. Ils ont ensuite mis en place de nombreux points de contrôle à travers le pays où les citoyens devaient montrer leurs documents. Toute personne qui n’avait pas ses papiers était soupçonnée d’être un insurgé. Les rebelles en Malaisie ont tenté de contrer cela en prenant de force les bâtiments et les autobus occupés, puis en brûlant tous les identifiants. Ce ne serait pas une tactique très efficace dans un monde numérisé où l’identification serait réalisée par une biométrie de pointe.

3) Au lieu d’utiliser des brigades militaires très nombreuses dans un effort inutile pour couvrir de grandes étendues de terre, les espions et les informateurs britanniques étaient utilisés pour localiser les bastions rebelles, puis on envoyait des unités des forces spéciales pour les neutraliser. Encore une fois, ils n’avaient pas besoin de contrôler chaque pouce de terrain ; ils utilisaient des moyens militaires là où les rebelles étaient, puis ils se retiraient. Leur but n’était pas de contrôler beaucoup de terrain, mais de tuer les rebelles. Les Britanniques ont utilisé une brutalité considérable dans leurs efforts, y compris une potence mobile qui a parcouru le pays en laissant les cadavres pendus se décomposer à la vue de tous pour semer la peur dans le mouvement d’insurrection.

4) Les élites politiques en Grande-Bretagne ont aussi combattu via des armes de guerre psychologique en offrant des promesses de paix et de prospérité pour les roturiers malaisiens s’ils soutenaient l’effort contre l’insurrection. Ils n’ont pas nécessairement eu besoin de donner suite à ces promesses, tout ce qu’ils devaient faire était de créer quelques exemples de récompenses pour leur coopération, pour vendre cette image au public d’une manière convaincante. Une fois qu’une partie suffisante de la population a fini entre les mains des Britanniques, l’insurrection a perdu des ressources d’approvisionnement et a également eu à se soucier des informateurs.

Grille technologique pour la tyrannie

La Malaisie est un exemple d’une stratégie efficace pour déraciner les insurgés, mais il y a aussi eu de nombreux échecs et pièges. Les élites tentent d’atténuer les futures inconnues lors du combat contre les rébellions à travers l’utilisation des nouvelles technologies.

La doctrine de la zone verte ne peut être couronnée de succès aujourd’hui qu’avec l’utilisation de la surveillance biométrique. Les restrictions de mouvements ne peuvent être effectives que dans les villes avec de vastes réseaux de surveillance. Les insurgés dans un avenir post-effondrement auront beaucoup de mal à s’infiltrer ou s’exfiltrer d’une zone verte avec la reconnaissance faciale actuellement disponible, la reconnaissance de la démarche et de la marche, de la numérisation de la rétine et des empreintes digitales, etc. La reconnaissance faciale est même allée explorer le domaine de l’imagerie thermique ; les caméras peuvent utiliser la signature unique de chaleur à partir des vaisseaux sanguins du visage humain pour identifier une personne à partir d’une distance relative. Le maquillage et les prothèses ne seraient pas utiles contre cela. Seul un masquage thermique serait une solution.

Au-delà, une insurrection devrait faire preuve de bon sens technologique. La guerre cybernétique devrait faire partie intégrante de sa méthodologie. Aucune rébellion dans l’histoire n’a eu à se battre dans de telles conditions.

Une insurrection empotée et mal éduquée

La stratégie des globalistes pour déclencher le chaos économique et social, puis verrouiller certaines régions et offrir la centralisation comme solution à la population, est beaucoup plus facile à réaliser quand l’opposition qu’ils ont en face manque de perspicacité, de patience, de planification et d’initiative.

Les Britanniques ont été partiellement couronnés de succès en Malaisie parce que les guérilleros étaient ignorants de la perception du public. Alors qu’ils étaient des combattants efficaces et impitoyables, leur méchanceté a donné lieu à un manque de soutien du public. Bien qu’un large soutien du public ne soit pas nécessaire pour la victoire, il aide très certainement.

Des multiples révolutions contre le pouvoir de Staline, certaines très importantes, ont été mises à bas à cause d’une mauvaise planification. Les rebelles ont massé des forces considérables dans des espaces restreints, comme une seule montagne ou une série de monticules. Staline a simplement largué des gaz toxiques sur les insurgés qui avaient mis tous leurs œufs dans le même panier et avaient oublié de stocker des masques à gaz. Il est essentiel de reconnaître que, après l’effondrement, les gouvernements du monde et les élites ne feront plus l’objet d’un examen public, et seront donc libres d’agir aussi méchamment qu’elles le veulent. Toutes les éventualités doivent être envisagées.

Les rebelles dans l’Union soviétique avaient également la mauvaise habitude d’ignorer la logistique. Beaucoup étaient armés de fusils dépareillés et d’une vaste sélection de munitions différentes au lieu d’armer tous les hommes avec le même fusil et d’utiliser les mêmes munitions pour avoir de la redondance. Des rébellions ont échoué dans le passé simplement parce que les combattants armés d’un trop large éventail d’armes n’avaient plus assez de munitions pour alimenter aucun d’entre eux.

Les insurgés ont également souffert historiquement d’une incapacité à frapper les centres de direction des empires contre lesquels ils se sont battus. Principalement parce qu’ils ne savaient pas qui détenait le véritable leadership. C’est seulement dans notre ère moderne que nous disposons d’informations  pour identifier les élites et leurs organisations. Les mondialistes sont souvent très volubiles aujourd’hui dans les médias au sujet de qui ils sont et de ce qu’ils veulent. Voilà pourquoi les élites cherchent à faire de la prochaine insurrection LA dernière insurrection. Jamais auparavant ils n’ont été aussi vulnérables.

Je crois que les globalistes utiliseront leur stratégie standard de désinformation et de division entre les peuples pour acquérir la centralisation, mais ils finiront par se tourner vers un modèle Staline / Malaisie pour le contrôle sur le terrain. Je vais devoir décrire les contre-stratégies spécifiques à ces tactiques dans un autre article. Pour certaines d’entre elles, je doute de pouvoir légalement en discuter. La chose la plus importante à se rappeler, cependant, c’est que le travail des globalistes est plus difficile que notre travail. Ils doivent contrôler les gens, les biens, les ressources et la psychologie de masse. Ils ont des milliers de variables à prendre en compte, et des milliers de situations qui pourraient mal tourner.

Tout ce dont nous avons à nous soucier est notre propre organisation locale, notre propre boussole morale, notre propre survie et supprimer les têtes d’affiches globalistes du jeu.

Brandon Smith

Note du traducteur

Brandon parle d'une période où le totalitarisme mou aura laissé place au totalitarisme dur. Ceux qui aujourd'hui sont les alliés objectifs de ce totalitarisme mou en seront probablement les premières victimes car, réellement convaincus de la véracité des objectifs humanistes affichés, ils ne verront pas venir la grande faucheuse.

On risque d'assister au même réveil tardif que celui des communistes sincères découvrant les goulags et l'amertume devant le gâchis du combat d'une vie. L'histoire risque de balbutier encore.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Un seul monde ? Par Robert Charvin

1 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #l'ONU, #AMERIQUE, #La Russie

Un seul monde ?

Un seul monde ? Par Robert Charvin

Les mondialisateurs qui font régner la loi du dollar ou de l’euro, qui imposent leur conception de la « démocratie » (exclusivement électorale), de leur mode de vie, c’est-à-dire de leurs objets et marchandises, de leurs croyances (catholique, évangélique, etc.), de leur paix (celle des Israéliens et pas des Palestiniens, par exemple), proclament qu’il y a un seul monde !

Mais cette unité du monde proclamée n’est pour l’heure qu’une fiction qui reste à réaliser. Ce n’est que le faux monde du capitalisme déchaîné et des pays les plus riches.

Il n’est constitué que de petits bourgeois blancs « civilisés » à l’occidental, « modèle » prétendument indépassable exigeant des Autres, c’est-à-dire la grande majorité, de s’aligner ou de se « faire discrets ». La majorité de l’Humanité est ainsi rejetée dans un « autre » monde dévalué, dont il convient de se séparer par des normes, des contrôles, par le mépris, voire la guerre et la mort.

Dans ce monde « unique » privilégié, il « faut » des gens du même monde ! Les « étrangers » par le niveau de vie, la langue, le costume (y compris de bain!), la religion, l’éducation n’y ont pas leur place (sauf, à la rigueur sur les chantiers difficiles). De surcroît, ces gens « différents » doivent aimer ce monde : « Si les étrangers veulent rester en France, qu’ils aiment la France sinon qu’ils s’en aillent », disait Sarkozy.

Lors de la conquête de l’Algérie, les métropolitains s’étonnaient déjà : « comment peut-on être arabe », tout comme Montesquieu ironisait sur ceux qui ne concevaient pas que l’on puisse être Persan ! Les Français de « souche » d’aujourd’hui (surtout les « bons » chrétiens, peu à l’écoute de leur nouveau Pape) s’exclament « Comment peut-on être musulman » : ils ont peur de s’affirmer ce qu’ils sont, c’est-à-dire des racistes, comme les colons d’hier !

L’Islam, méconnu de la plupart des « blancs », incultes en la matière malgré des décennies de colonisation, est invoqué comme une couverture plus élégante que la haine raciale élémentaire. Les mosquées ne s’inscriraient pas convenablement dans le paysage, bien qu’il faille protéger par les armes les Églises d’Orient !

On veut imposer en France un Islam gallicanisé, sans rien exiger des religions fidèles au Vatican ou à Israël !

Des élus préoccupés de leur réélection, par-delà tous les principes, vont jusqu’à placer la laïcité dans les culottes de bain, à défaut de promouvoir l’École publique et de réclamer l’abrogation du Concordat de l’est de la France !

L’antisémitisme, qui a duré des siècles à l’instigation du christianisme, ayant perdu avec le nazisme toute légitimité, a cédé la place au rejet de « l’arabe » !

La xénophobie anti-russe et anti-chinoise vient compléter la panoplie des États européens, tous les jours plus xénophobes parce que toujours plus impuissants à régler les problèmes sociaux.

Toute l’Europe en crise est balayée par ces nouveaux boucs-émissaires, préfabriqués par la férocité primitive d’une droite au seul service d’elle-même et du monde des affaires, et par une social-démocratie affectée d’un crétinisme électoraliste avancé et prête à toutes les compromissions.

L’élection n’est ainsi plus « un espace de choix réel, mais quelque chose qui enregistre, comme une sismographie passive des dispositions qui sont tout à fait étrangères au vouloir éclairé » (A. Badiou).

Le suffrage universel, conquête extraordinaire des mouvements révolutionnaires du passé, est devenu un outil contre la démocratie authentique (ce sont des majorités qui ont imposé Hitler, Pétain, la guerre d’Algérie, l’attaque contre l’Irak, le rejet des réfugiés, etc.) et un instrument pervers pour la maintenance de l’ordre établi.

Que reste-t-il contre les avancées de ce racisme, de la violence, de la confessionnalisation des luttes, contre cette pseudo-libre concurrence source de paupérisation absolue, contre la bêtise politicienne électoraliste ?

Affirmer, à notre tour, l’unité du monde mais sans exiger que pour y vivre, il faille être « comme tous les autres ! ». Le monde unique est au contraire le lieu où existe « l’infinité des différences », source d’un irremplaçable échange d’expériences utiles pour chacun !

Et avec Badiou, l’urgence est d’avoir pour morale (provisoire), par ces gros temps difficiles, du « courage », cette « vertu qui se manifeste par l’endurance dans l’impossible »1.

Ce n’est pas pour rien si Lénine a dansé sur la neige quand le pouvoir insurrectionnel en Russie a duré un jour de plus que la Commune de Paris.

1A. Badiou. De quoi Sarkozy est-il le nom ? Edition Lignes. 2007.

Source: Investig’Action

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Un seul monde ? Par Robert Charvin

Devons-nous « assimiler, coloniser et civiliser » la Russie ? Et même « l’affaiblir par tous les
moyens », comme le recommande le stratège US Brzezinski ?
Quels intérêts sert la campagne actuelle de diabolisation de la Russie ?

D’où vient ce courant de
révisionnisme historique qui minimise la contribution de l’URSS à la victoire des Alliés pendant la
Seconde Guerre mondiale et qui tend à assimiler le communisme au nazisme ? Pourquoi, Vassili
Kononov, un résistant antinazi a-t-il été accusé de « crime de guerre » par la Cour suprême de
Lettonie ?

Pourquoi a-t-il été envoyé en prison à l’âge de 75 ans, un demi-siècle après les faits ?
Ce livre original nous met en garde : une certaine propagande médiatique peut nous mener tout droit vers une nouvelle guerre froide. Pas si froide ?

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«L'Ouest n'entend pas vraiment lutter contre le terrorisme», selon la conseillère de Bachar el-Assad

1 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #l'immigration, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch

«L'Ouest n'entend pas vraiment lutter contre le terrorisme», selon la conseillère de Bachar el-Assad
Bouthaina Shaaban© StringerSource: Reuters
Bouthaina Shaaban
 

Bouthaina Shaaban, conseillère politique et médiatique du président Bashar el-Assad, raconte à la journaliste Eva Bartlett comment les médias occidentaux font taire les voix syriennes en propageant de fausses accusations contre le gouvernement.

Concernant la réaction de ces médias aux libérations par l'armée arabe syrienne des territoires contrôlés par les terroristes à qui l'Occident accorde une assistance (parmi les exemples les plus récents la libération des districts industriels d'Alep Bani Zaid et Layramoune de la soi-disant «armée syrienne libre» (FSA), du Front al-Nosra, du Harakat Nour al-Din al-Zenki et de l'Ahrar al-Sham, parmi d'autres groupes terroristes), Bouthaina Shaaban les a accusés d’avoir «deux poids deux mesures». Ils ont accueilli ces nouvelles par un silence assourdissant.

Ils se moquent non seulement des vies des civils à Alep et en Syrie, mais aussi des vies des civils à Nice, à Paris ou aux Etats-Unis

«Si l’Occident veut vraiment mettre fin à ces actes de terrorisme, pourquoi sont ils si mécontents de la libération de Bani Zaid, à Alep, où des milliers de civils ont péri ? Ils auraient dû saluer l’armée arabe syrienne qui avait affranchi les citoyens syriens du terrorisme, ils auraient dû se réjouir du fait que les groupes terroristes qui créaient l'enfer à Alep aient subi une défaite.»

Il n'y a pas vraiment de position contre le terrorisme», a ajouté la conseillère du président syrien. «Ils se moquent non seulement des vies des civils à Alep et en Syrie, mais aussi des vies des civils à Nice, à Paris ou aux Etats-Unis. Les vies de la population civile en Syrie valent autant que celle de n'importe quel pays européen, il faut être humain à cet égard.»

Comparant la méthode russe de lutter contre le terrorisme en Syrie à celle des forces de la coalition occidentale,  Bouthaina Shaaban a indiqué que les forces occidentales manquaient de la volonté nécessaire pour accomplir leur mission.

«La Russie perçoit le terrorisme comme une tumeur mondiale contre laquelle il faut vraiment lutter de façon radicale pour éviter qu'elle se propage dans d'autres pays. Mais l’Occident n’a pas cette conviction, cette volonté ou cette intention.

Le président a publié un décret accordant la clémence aux mercenaires et groupes anti-gouvernementaux. C'est le paroxysme de l'amnistie.

L'amnistie gouvernementale ignorée

Dès le début de la guerre le gouvernement syrien a fait preuve de sa volonté de trouver une solution politique, y compris en créant en 2012 un ministère de la réconciliation qui a supervisé de nombreux accords permettant aux Syriens emprisonnés pendant la guerre de rendre leurs armes et de bénéficier d'une amnistie officielle.

Or, les médias occidentaux ont ignoré cette volonté de mettre en place des moyens politiques de réintégration dans la société syrienne.

«Indépendamment de ce que [les mercenaires/groupes anti-gouvernementaux] ont fait, le président a publié un décret leur accordant la clémence, sans avoir recours aux mesures pénitentiaires, les appelant à retourner dans leur pays et à le reconstruire. C'est le paroxysme de l'amnistie. Je ne pense pas qu'un autre pays ou un autre président en soit capable.

Mais les médias occidentaux n'en ont pas dit un mot. Même le médiateur des Nations Unies ne l'a jamais mentionné, ce qui en dit long sur les «efforts» qu’ils déploient pour trouver une solution politique en Syrie.»

La population occidentale n'entend pas notre voix. Nous n’avons aucun moyen de communication, les médias importants bloquent toute communication entre nous et l'Occident.

A cette étape de l’interview, la conseillère présidentielle a eu des mots durs, évoquant l'état actuel des médias occidentaux qui «falsifient les faits» de manière régulière.

«A l'Ouest il n’y a aucune liberté de presse. Les grands médias ont un agenda et cherchent à tout représenter sous sa lumière. Soit ils cataloguent contre nous des accusations, soit ils falsifient les fait et publient des choses qui n’ont rien à voir avec la vérité...»

Bouthaina Shaaban a déploré que les médias les «aient diabolisés aux yeux de la population occidentale qui ne sait pas qui ils sont.»

«La population occidentale n'entend pas notre voix. Nous n’avons aucun moyen de communication ; les médias importants bloquent toute communication entre nous et l'Occident», a-t-elle ajouté.

Rien, en Syrie, ne peut être appelé "opposition modérée

La conversation a ensuite porté sur l'annonce récente selon laquelle le Front al-Nosra avait changé de nom et si cela voulait dire qu'ils n'étaient plus des terroristes.

«Ce sont des terroristes», a répondu Bouthaina Shaaban. «Ce sont les actes qui comptent, pas le nom. C'est un excellent sujet pour un film hollywoodien : une organisation terroriste, branche d'Al-Qaïda, qui a passé cinq ans à tuer des gens en Syrie, change désormais de nom, ce qui veut dire qu'elle ferait partie de  «l'opposition modérée». C'est absolument ridicule et aucune personne sensée ne prendrait cela au sérieux.»

Bouthaina Shaaban a exprimé de sérieux doutes concernant le terme d’«opposition modérée» qui, selon elle, n'existe pas en Syrie.

«Rien, en Syrie, ne peut être appelé "opposition modérée". Tous ces groupes criminels tuent des gens, confisquent des terrains, pillent les hôpitaux et les usines. Ils sont tous pareils, peu importe quels noms ils prennent.»

La résolution de l’ONU disparue

Bouthaina Shaaban s'est egalement prononcée au sujet de la lutte de l’Occident contre le terrorisme, qu’elle décrit comme une «farce». Pour appuyer ses propos, elle a fait référence au fait que les dirigeants occidentaux, et l'ONU elle-même, n'avaient pas tenu compte de la Résolution 2 253 du Conseil de sécurité de l'ONU qui appelait à mettre fin au terrorisme en Syrie. Ils ont en même temps soutenu la résolution 2 254 et le plan de l'OTAN pour la mise en œuvre d’un changement du gouvernement en Syrie.

«Je voudrais que quelqu'un, à l'ONU, réponde à mes questions : Vous souhaitez la mise en œuvre de la résolution 2 254 ? Pourquoi ne parlez-vous pas de la résolution 2 253 ? Ce serait logique de les mettre en œuvre dans l'ordre dans lequel elles ont été adoptées : d'abord la 2 253, ensuite ce serait plus facile de réaliser la 2 254», a-t-elle estimé.

C’est l’hypocrisie de l’Occident : ils présentent au public leur position contre le terrorisme et leur volonté de le combattre, alors que, en réalité, ils le favorisent.

La résolution 2 253 se focalise précisément sur la lutte contre le terrorisme de «Daesh, d' Al-Qaïda et des groupes et des individus associés» en Syrie, pour qu’une résolution politique du conflit syrien puisse voir le jour. Parmi ses disposition figurent la cessation du financement des groupes terroristes (y compris les rançons), l'interdiction de voyager, l'embargo sur les armes et la nécessité de «traduire en justice, extrader ou poursuivre en justice toute personne qui soutient, favorise le financement direct ou indirect des activités menées par Daesh, Al-Qaïda et des personnes ou des groupes associés, participe ou tente de participer à leur financement...», ainsi que l’indique le communiqué de presse des Nations Unies au sujet de la résolution.

Evoquant la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU 2 253, Bouthaina Shaaban a affirmé : «C'est une résolution du Conseil de sécurité adopté en conformité avec le chapitre 7, elle donne plus d'obligations que la résolution 2 254. Pourtant même ceux qui travaillent aux Nations Unies ne la mentionnent pas. C’est l’hypocrisie de l’Occident : ils présentent au public leur position contre le terrorisme et leur volonté de le combattre, alors que, en réalité, ils le favorisent, sans même mentionner cette résolution du Conseil de sécurité adopté en conformité avec le chapitre 7, 24 heures avant que ne sois passée la résolution 2 254.

Je pense qu'ils ne l'évoquent pas, parce que cette résolution a la condition sine qua non pour mettre fin au terrorisme, parce qu'elle implique la punition pour le financement, l'armement et le soutien aux terroristes en Syrie. Si cette résolution était mise en œuvre, cela signifierait la fermeture de la frontière turque, l’Arabie saoudite et le Qatar seraient rappelés à l'ordre pour avoir financé le terrorisme, les terroristes ne pourraient plus traverser la frontière et venir en Syrie.»

Il n’y a pas de volonté internationale réelle de mettre fin à cette guerre contre la Syrie, malgré tout ce qu’ils disent

En conclusion, le docteur Shaaban a expliqué ce que ce non respect de cette résolution 2 253, disparue et non discutée, signifiait pour elle : «Cela montre d'abord que ceux qui ont pris la décision, y compris l’ONU et l’Occident, n'ont pas sérieusement envie de lutter contre le terrorisme. En fait, ils n'ont pas envie de lutter contre le terrorisme. Ce qu'ils veulent, c'est utiliser le terrorisme à leurs propres fins, pour réaliser leur agenda avec le terrorisme comme arme.

Ensuite, ils ne seraient pas capables de mettre en place la résolution 2 254, même avec toutes les bonnes intentions du monde, car pour ce faire, il faut remplir la condition sine qua non, en mettant le terrorisme au moins sous contrôle. Sinon, comment peut-on aspirer à une solution politique en Syrie ? Comment peut-on négocier et libérer Raqqa, Deir ez-Zor et le reste d'Alep sans affaiblir le terrorisme d'abord ?

Il n’y a pas de volonté internationale réelle de mettre fin à cette guerre contre la Syrie, malgré tout ce qu’ils disent. Peu importe ce qu'ils disent, ce qui importe, c'est ce qu'ils font. Malheureusement, le premier à en payer le prix est le peuple syrien.

Ceux qui ont dès le début visé la Syrie, que ce soit des partenaires régionaux ou internationaux, ne veulent pas la fin de cette guerre contre la Syrie. Cela devient donc une guerre d'usure contre le peuple syrien.»

Lire aussi : Poursuivant ses objectifs bellicistes, l'Occident exploite sans vergogne l'image d’un garçon syrien

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Le contrat d’Alstom aux États-Unis, le démantèlement programmé de l'industrie française

1 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Alstom

 

Le contrat d’Alstom aux États-Unis, le démantèlement programmé de l'industrie française
Le contrat d’Alstom aux États-Unis, le démantèlement programmé de l'industrie française
Le contrat d’Alstom aux États-Unis, le démantèlement programmé de l'industrie française
Le contrat d’Alstom aux États-Unis, le démantèlement programmé de l'industrie française

Une prise de contrôle l'Alstom par les Américains

765 emplois  de moins en France !

« Historique », « contrat du siècle », les superlatifs s’enchaînent depuis samedi pour qualifier le contrat que vient de décrocher Alstom aux États-Unis.

Nous aimerions nous réjouir à l’unisson et considérer que « ce succès rejaillira sur toute l’économie française » et pouvoir saluer un retour de politique industrielle dans notre pays.

Qu’en est-il en réalité ?

Après avoir vendu Péchiney, Arcelor, Alcatel, Lafarge, c’est le démantèlement d’Alstom qui a eu lieu le 2 novembre 2015, avec la vente des activités énergie à Général Electric, vente qualifiée à juste de titre de « scandale d’État ».

Deux mois après, le géant américain a annoncé qu’il allait supprimer 6 500 postes en Europe en 2016 et 2017 dont 765 en France.

Aujourd’hui, l’entreprise Alstom est entièrement recentrée sur le transport ferroviaire.
Quelles seront les retombées du contrat à hauteur de 1,8 milliard d’euros passé avec la compagnie ferroviaire américaine Amtrak ?

Alstom fera fabriquer aux Etats-Unis à Hornell le "TGV" américain. Ce site de production assurera aussi la maintenance de ces trains pendant 15 ans avec une option de 15 années supplémentaires. Ce contrat devrait créer 400 emplois dans l’État de New-York, ce qui est une bonne nouvelle pour les citoyens américains.
Les sites français d’Alstom sont, quant à eux, dans une situation préoccupante de manque de charge.

Ce sont donc les actionnaires qui vont bénéficier en premier lieu de cette aubaine. Ainsi, la deuxième place européenne et la troisième place mondiale de la France en termes de hausse des dividendes, derrière les Pays-Bas et la Corée du Sud se voient renforcées (avec déjà une hausse de 11,2 % des dividendes versés au deuxième trimestre avec plus de 35 milliards d’euros…).

On se trompe si l’on pense que la nécessaire réindustrialisation du pays ne passe que par l’exportation de notre technologie.

L’argent engrangé doit servir impérativement à développer les capacités humaines ; c’est-à-dire la formation, la qualification, les salaires, l’investissement pour moderniser l’appareil industriel, la recherche et développement.

Sous peine que le seul profit tiré de cette « affaire du siècle » soit la « fierté » de voir des rames de couleur bleu blanc rouge circuler aux États-Unis...

Montreuil, le 29 août 2016

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