Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie . Par Pepe Escobar.  

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie

La nouvelle Route de la soie passera par la Syrie . Par Pepe Escobar.  

 

Au milieu des annonces catastrophistes qui caractérisent tout ce qui traite de la Syrie, la fronde et les flèches de la fortune injurieuse [1] décochent parfois, au contraire, de la bonne fortune.

 

Prenez ce qui s’est produit ce dimanche dernier à Pékin. L’Association d’échanges Chine-Arabie (China-Arab Exchange Association) et l’ambassade de Syrie ont organisé une journée d’expo sur la Syrie remplie à craquer de centaines de spécialistes chinois en investissements dans les infrastructures. C’était une sorte de mini-réunion de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), étiquetée « Premier projet de foire de rencontres pour la reconstruction de la Syrie ».

Et il y aura des suites importantes : une expo sur la reconstruction de la Syrie ; la 59ème foire internationale de Damas le mois prochain, où quelques chose comme 30 pays arabes et étrangers seront représentés ; et les expos d’État Chine-Arabie dans le Yinchuan, province du Ningxia, en septembre.

Qin Yong, secrétaire assistant de l’Association d’échanges Chine-Arabie, a annoncé que Pékin prévoit d’investir 2 milliards de dollars dans un parc industriel en Syrie, pour 150 compagnies chinoises.

Rien ne saurait être plus logique. Avant la tragédie de la guerre par procuration en Syrie, les marchands syriens étaient déjà incroyablement actifs dans le petit commerce de la Route de la soie, entre Yiwu et le Levant. Les Chinois n’oublient pas que la Syrie contrôlait les accès terrestres à la fois à l’Europe et à l’Afrique à l’époque de l’ancienne Route de la soie, quand, après avoir traversé le désert via Palmyre, les biens arrivaient jusqu’à la Méditerranée, puis à Rome. Après la chute de Palmyre, un route secondaire longeait l’Euphrate et passait par Alep et Antioche.

Pékin planifie toujours avec des années d’avance. Et le gouvernement de Damas est impliqué aux plus hauts niveaux. Ainsi, ce n’est pas par accident que l’ambassadeur syrien en Chine Imad Moustapha a déclaré, de façon décisive : La Chine, la Russie et l’Iran auront la priorité absolue pour tous les investissements en infrastructures et en projets de reconstruction quand la guerre sera terminée.

La nouvelle Route de la soie, ou initiative One Belt, One Road, comprendra inévitablement une plate-forme syrienne – avec tous les accords légaux nécessaires aux compagnie chinoises impliquées dans les investissements, la construction et les finances via une commission spéciale créée par l’ambassade de Syrie, l’Association d’échanges Chine-Arabie et le cabinet juridique chinois basé à Pékin Shijing.

Faites-moi une place sur le train de fret Shanghai-Lattaquié

Peu de gens se souviennent qu’avant la guerre, la Chine avait déjà investi des dizaines de milliards de dollars dans l’industrie pétrolière et gazière de la Syrie. Naturellement, la priorité pour Damas, une fois que la guerre sera terminée, sera un effort massif de reconstruction des infrastructures détruites. La Chine pourrait y prendre part via la BAII. Puis viendront les investissements dans l’agriculture, l’industrie et la connectivité – des couloirs de transport dans le Levant et des connexions entre la Syrie, l’Irak et l’Iran (deux autres plate-formes de la nouvelle Route de la soie).

Ce qui compte le plus est que Pékin a déjà entrepris la démarche fondamentale de s’impliquer dans le règlement de la guerre en Syrie – géopolitiquement et géo-économiquement. Pékin a appointé un représentant spécial pour la Syrie depuis l’année dernière – et a déjà fourni une assistance humanitaire.

Inutile d’ajouter que ces plans dépendent de la fin de la fin définitive de la guerre. Et c’est là le problème.

Avec la chute de Daech, ou du moins sa perte imminente de tout centre urbain d’importance, personne ne sait de quelle façon un faux califat fragmenté pourrait être manipulé pour couper la Syrie de son avenir dans la nouvelle Route de la soie.

Le Qatar a déjà changé la donne ; Doha s’est rapprochée de Téhéran (intérêts communs dans le méga-champ de gaz South Pars/North Dome obligent), ainsi que de Damas – au grand dam de l’Arabie Saoudite. De sorte que, contrairement à son passé récent, le Qatar n’est plus impliqué dans la politique de changement de régime. Restent à considérer les intérêts divergents de l’Arabie Saoudite, de la Turquie, d’Israël et bien sûr de Washington.

Un scénario possible de ce que Poutine et Trump ont négocié à Hambourg – qui n’a été relayé ni par Tillerson, ni par Lavrov – est que le cessez-le-feu en Syrie du Sud-Ouest, s’il tient, pourrait signifier que les forces de maintien de la paix américaines créent une zone démilitarisée entre le Golan syrien et le reste du pays.

Traduction : le Golan a été annexé de facto par Israël. Et la « carotte » pour Moscou serait la reconnaissance de la Crimée russe par Washington.

C’est moins tiré par les cheveux que cela en a l’air. Les prochains mois diront ce qu’il en est de sa plausibilité.

L’autre point d’importance tient à Ankara et aux Kurdes de l’YPG. Contrairement au scénario de mauvais augure mais possible de la balkanisation, Washington et Moscou pourraient bien avoir décidé de concert de laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Nous aurons donc une occupation inévitable d’al-Bab par l’armée turque, pour une durée indéterminée.

En conclusion, l’Arabie Saoudite ne gagne rien. Et Israël et la Turquie engrangent des « victoires » politiques/militaires. Il est difficile d’imaginer comment Moscou pourrait vendre ça à l’Iran comme une victoire. Quoi qu’il en soit, Téhéran n’a peut être pas encore une route Iran-Iraq-Syrie-Hezbollah totalement fluide et active, mais il maintiendra des relations proches avec Damas et s’engagera dans l’expansion de la nouvelle Route de la soie.

La question-clé à partir de maintenant semble porter sur la politique pour le « Syrak » de l’État profond et les chances de la Maison-Blanche de la suivre – à savoir, le mantra « Assad doit partir » couplé avec le soutien et les fournitures en armes aux « rebelles modérés » inexistants ; ou si la priorité de Trump – l’élimination définitive de Daech – l’emportera.

De toutes façons, Pékin s’est décidé. Il travaillera non-stop pour que le triumvirat Iran-Iraq-Syrie devienne une plate-forme incontournable de la nouvelle Route de la soie. Qui parierait contre une future route de fret florissante Shanghai-Lattaquié ?

 

Traduction Entelekheia
Illustration : Le train du désert sur l’ancienne Route de la soie, la caravane chamelière.

[1]NdT : Citation de Shakespeare (Hamlet).

 

http://www.entelekheia.fr/nouvelle-route-de-soie-passera-syrie/

Lire la suite

Syrie et rit encore , Rédigé par Observatus geopoliticus

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #ISIL

Syrie et rit encore

16 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

L'Idlibistan (1) alterne comme à l'accoutumée entre flambées de violence inter-barbues et cessez-le-feu précaires. Après deux semaines de combats, Ahrar al-Cham et Hayat Tahrir al-Cham (= Al Qaeda) viennent de conclure une trêve et promettent pour la énième fois de lancer une offensive contre l'armée syrienne. Peu vraisemblable étant donné que le parrain turc d'Ahrar semble prendre son rôle de faiseur de paix au sérieux à Astana et est le garant de la zone de désescalade d'Idlib.

Quelques minutes après l'annonce, une bombe explosait en plein Idlib, soit à la suite d'un nouveau règlement de compte, soit le fait de cellules dormantes de l'EI. Car depuis quelques temps, la grande affaire d'Al Qaida est - défense de rire - la chasse aux terroristes de Daech ! Ô ironie... La population locale, elle, commence sans doute à se lasser et plusieurs villages se rabibochent avec le gouvernement syrien via le centre de réconciliation mis en place par les Russes.

Les Turcs ont relativement calmé leurs ardeurs contre le canton kurde d'Afrin (2) même s'ils continuent à masser des troupes et que des échanges de joyeusetés obusières ont lieu régulièrement.

Comme prévu, les zones de désescalade (encore un maître coup du Kremlin) permettent aux loyalistes de concentrer leurs forces contre l'EI, soutenus par l'aviation. A l'est de Hama (3), le saillant daéchique continue à se faire grignoter même si le relief est tout sauf aisé (montagnes, canyons). Surprise, le fameux groupe paramilitaire pro-gouvernemental des Faucons du désert, supposé être le fer de lance de l'attaque sur ce front, s'est retiré de la bataille. Les raisons ne sont pas claires mais il semble que certains désaccords aient eu lieu avec les autres groupes loyalistes. Peut-être aussi que les photos des Faucons s'affichant fièrement avec les têtes tranchées des petits hommes en noir n'ont pas trop plu en haut lieu...

Au sud de Raqqa (4), les désormais légendaires Tiger Forces libèrent localité sur localité (sans mentionner les puits de pétrole) depuis une semaine et s'enfoncent peu à peu dans le coeur du territoire daéchique, vers Soukhna et Deir ez Zoor :

Soukhna justement. Les forces gouvernementales du front Palmyre (5) n'en sont plus qu'à quelques kilomètres. Après une courte pause, elles devraient très prochainement reprendre l'offensive pour tenter de libérer le dernier verrou sur la route de Deir ez Zoor.

Tout au sud, le long de la frontière irakienne (6), la situation est calme depuis quelques jours mais l'avance devrait bientôt reprendre. Il faut dire que de l'autre côté de la frontière, les Unités de Mobilisation Populaire irakiennes traînent un peu. Après la libération de Mossoul - au prix de destructions faisant passer Alep pour un jardin d'enfants -, où l'effort principal se portera-t-il : Hawija (7) ou la province d'Anbar et la frontière (8) ? Ou les deux ?

Le futur du corridor chiite et de l'accès de Téhéran à la Méditerranée en dépendent. Plus vite les troupes afflueront vers Anbar, plus large sera le corridor en question. On imagine la frénésie tendue dans les couloirs du pouvoir à Bagdad, véritable nid d'agents d'influence, où envoyés iraniens et américains se croisent sans se parler...

Jusqu'ici, les mouvements militaires décrits sont dans la continuité des évolutions récentes. Nous sommes toutefois en présence de deux fronts qui, eux, n'étaient pas du tout prévus et participent vraisemblablement de ce qui se trame à un plus haut niveau : le sud de la badia (9) et la Ghouta orientale de Damas (10).

La steppe syro-jordanienne est, on l'a vu à plusieurs reprises, l'un des points chauds du conflit. C'est à partir de là que l'empire pensait couper l'arc chiite, jusqu'au blitz royal des Syro-russes vers la frontière irakienne qui a pulvérisé les rêves américano-israélo-saoudiens. Après la rencontre Poutine-Trump, l'on a parlé d'un accord de cessez-le-feu "dans le sud", sans que soit bien précisé l'endroit.

Or l'armée syrienne a lancé il y a quelques jours une violente attaque contre les proxies US du territoire d'Al Tanaf sans aucune réaction américaine. Un délicieux kotel est sur le point de voir le jour dans sa partie occidentale :

Le Donald a-t-il vendu les mercenaires de cette zone en échange du cessez-le-feu autour de Deraa (11), près de la frontière de ses chers amis israéliens ? Pas impossible... Dans un article sur la Syrie et les Routes de la Soie - où il montre d'ailleurs que Pékin prépare déjà la reconstruction du pays -, le toujours excellent Pepe Escobar envisage même un troc cyclopéen entre Moscou et Washington : en échange d'une zone démilitarisée le long du Golan, avec éventuellement la présence de soldats de la paix américains, la reconnaissance officielle du rattachement de la Crimée à la Russie. L'avenir nous dira si ce scénario a quelque vraisemblance...

Revenons-en à nos petits rebelles de la poche d'Al Tanaf. Le lecteur se souvient du plan US pour faire quelque chose de ces combattants désormais inutiles :

Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière.

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Notre avertissement était prémonitoire... Les rebelles en question ont apparemment purement et simplement refusé d'être transbordés du côté du Rojava et de coopérer avec les Kurdes ! Encore un caillou dans la chaussure impériale...

Damas, enfin. La Ghouta orientale était sensée faire partie des quatre zones de désescalade mais la guerre n'y a jamais vraiment cessé, les loyalistes surfant sur l'extrême division des groupes djihadistes en guerre les uns contre les autres depuis des mois, reflétant d'ailleurs la scission du Conseil de Coopération du Golfe entre Saoudiens et Qataris. Et comme les Turcs n'ont plus de protégés dans la région, le sultan ne dit rien.

L'offensive a d'abord été lancée contre Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaeda n'est pas concernée par les accords) et son allié Faylaq Al-Rahman. Ces deux groupes auparavant soutenus par le Qatar sont désormais livrés à eux-mêmes et font face aux barbus de Jaish al-Islam, tendance Saoudie. Il y a deux jours, ce dernier a lancé un appel à l'union avec ses frères ennemis pour affronter l'armée syrienne (tentative d'unification de Riyad ?), mais on sait que ce genre de déclaration est rarement suivi d'effets.

Toujours est-il que les loyalistes avancent sur plusieurs axes (ici ou ici). Ils reçoivent des renforts (peut-être même bientôt une division démobilisée de Deraa puisque le cessez-le-feu semble y tenir) et l'apport de déserteurs qui leur donnent parfois de précieuses informations sur les tunnels et cachettes rebelles. Mais les combats sont âpres, sanglants. Le commandement syrien parle de 400 djihadistes tués depuis trois semaines, chiffre qu'il est impossible de vérifier. Une chose est sûre, c'est tout sauf une partie de plaisir.

Lire la suite

Pour une politique française en SYRIE indépendante et respectueuse du droit (Pétition adressée à Emmanuel Macron). Comité Valmy.

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit
Pétition adressée à Emmanuel Macron

samedi 15 juillet 2017, par Comité Valmy

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit

Monsieur le Président,

Vous avez déclaré que vous ne souhaitiez pas la destruction de l’Etat syrien et qu’avec vous au pouvoir, on en aurait fini avec les “néoconservateurs importés”. Plus récemment, au sortir du G20, vous avez de nouveau précisé votre détermination à œuvrer pour une sortie politique du conflit excluant le préalable d’une mise hors jeu de l’actuel Président de l’Etat syrien. Vous interrompez le soutien financier et logistique que la mandature précédente accordait à des forces combattantes terroristes qu’elle qualifiait de ‘modérées.’

 

Ce réalisme a été imposé par l’échec d’une politique d’ingérence illégitime et désastreuse. Le peuple syrien avec toutes ses composantes, en particulier une opposition authentique de l’intérieur, certes pas celle d’une poignée d’exilés exhibés à quelques occasions, s’est rangé derrière Bachar el Assad pour lutter contre la désintégration de sa nation. Avec l’aide de pays amis, il est en train de mettre fin à l’existence d’un Etat takfiriste.

Parmi ceux qui ont accueilli votre présidence avec scepticisme, beaucoup espèrent voir dans cette position une politique qui permettrait à la France d’entamer une diplomatie indépendante. Elle se déploierait fermement dans les intérêts conjoints des peuples de la région, martyrisés et décimés, et du peuple français qui n’en a récolté comme effet tangible que des attentats terroristes sur son territoire et l’instauration d’un Etat d’urgence sans cesse reconduit. Elle saurait rester insensible aux imprécations telles que celles développées dans une lettre ouverte à Libération (1). Ce véritable appel à la guerre cautionne la tentative de déstabilisation d’un Etat souverain au mépris de la loi internationale. Il se présente sous la forme d’un chantage moral habituel qui consiste à culpabiliser ceux qui refusent la guerre, en les accusant de faire de la France la « complice » des crimes imputés sans preuve au gouvernement syrien. Bien au contraire, des preuves irréfutables s’accumulent qui mettent en évidence la responsabilité des forces terroristes dans les différents événements chimiques qui ont émaillé la scénarisation d’une dictature sanguinaire qui assassine son peuple.

Nous sommes opposés à toute guerre d’ingérence franche comme celle qui a détruit la Libye et déstabilisé l’Afrique sub-sahélienne mais plus encore contre cette forme insidieuse d’agression menée par la France en Syrie à l’insu du peuple français. Aussi nous vous mettons en garde instamment contre la tentation de création de couloirs humanitaires, prétexte toujours invoqué pour établir une installation militaire étrangère dans un pays souverain.

Monsieur le Président,

Nous attendons de la part de votre gouvernement que la France réaffirme sa vocation d’indépendance et de respect du droit en matière de politique internationale, à savoir :


- Qu’elle s’oppose aux guerres visant à des « changements de régime », qui sont en réalité des guerres visant à la destruction d’États souverains qui n’agressent personne ;

- Qu’elle refuse de suivre les « diktats » de tous ceux, néoconservateurs ou « humanitaires » auto-proclamés, qui mèneraient à des guerres sans fin, illégales au regard du droit international ;

- Qu’elle fonde le prestige de la France sur sa capacité de compréhension et de médiation des conflits, ce qui est dans l’intérêt véritable des Français et des peuples du monde entier ;

Comme premier geste concret, nous vous demandons de lever les sanctions qui frappent le peuple syrien et de rétablir les relations diplomatiques avec l’Etat syrien. Cela permettrait au moins de coordonner les actions contre les takfiristes européens recrutés en Syrie et en voie de retour pour commettre des attentats.

(1) (http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_1581057) ;
Le drapeau syrien reconnu internationalement comporte deux étoiles vertes et une bande rouge contrairement à celui figurant sur cette pétition qui fut celui de la Syrie coloniale.

 

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

Premiers Signataires :

 Claude Beaulieu, président du Comité Valmy
 Badiaa Benjelloun, médecin, directrice de l’espace Maymana
 Ahmed Bensaada, enseignant, auteur et essayiste
 Joseph Berbery, retraité de l’enseignement, Canada
 Geneviève Blache, membre de la direction du Comité Valmy
 Jean Bricmont
 Vladimir Caller, journaliste, analyste politique
 Michel Collon, journaliste, écrivain, fondateur d’Investig’Action
 Comité Valmy
 Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale
 Bruno Drweski, enseignant-chercheur, historien, géopolitiste, ARAC
 Bernard Gerbier, professeur des Universités émérite
 Bruno Guigue, ex-sous-préfet de la République, analyste politique
 Youssef Hindi, écrivain, analyste politique
 Investig’Action
 Diana Johnstone, journaliste, écrivaine
 Claude Karnoouh, philosophe, anthropologue, retraité CNRS
 Jacques Kmieciak, journaliste
 Simone Lafleuriel-Zakri, professeur retraitée, écrivaine, historienne
 Jean Lévy, Comité Valmy (direction), ancien responsable CGT Banques
 Jacques Maillard, physicien, bureau national du Comité Valmy
 Alexandre Moumbaris, éditions Démocrite
 Marie-José Moumbaris, éditions Démocrite
 Majed Nehmé, journaliste franco-syrien, directeur de Afrique-Asie
 Jean-Pierre Page, syndicaliste, ancien dirigeant national CGT
 Maria Poumier
 Jean-Pierre Robert, administrateur du site Palestine-Solidarité
 Yves Vargas, Philosophe
 Jean-Michel Vernochet, journaliste
 Isabelle Voltaire, Comité Valmy (direction)
 Michel Raimbaud, ambassadeur de France (ret.), conférencier
 Francis Arzalier, historien
 Roger Akl
 Richard Labévière, rédacteur en chef du magazine en ligne prochemoyenorient.ch
 Claude Gaucherand, contre-amiral (2 S)
 Michel Debray, vice-amiral en 2e section
 Pierre Lévy, Rédacteur en Chef de Ruptures
 Hugues-Antoine Suin, diplomate à la retraite
 Hassan Hamdane, sociologue, professeur à l’Université libanaise, Beyrouth
 Ali Ibrahim, citoyen syrien, licencié es-littérature française
 Dominique Dionisi
 Guy Chayvialle
 Laurence Potier, Chef d’entreprises
 Hubert de Gevigny, contre-amiral (2 S)
 Charles Hoareau, président Association nationale des communistes
 Sylvia Cattori, journaliste indépendante
 Marie-Catherine Andreani
 Jacques Lacaze, ancien conseiller municipal Liévin (62)
 Jean-Pierre Garnier, sociologue
 Bernard Maillard
 Claude Deffontaine
 Hélène Lequien
 Mouna Alno-Nakhal, ex-biologiste
 Odile Hage, retraitée de l’enseignement
 Halima Sadki, enseignante, membre du Comité Valmy
 Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO
 Bernard Gaveaux
 Nadia Gaiddon
 Christian Bouteau
 Denis Lemercier
 Nathalie Waibel, citoyenne éclairée donc libre
 Laurent Dauré, journaliste
Ginette Hess Dkandranirédactrice de La voix de la Syrie.com
Claude Roddier - astrophysicienne retraitée - Comité Valmy
François Roddier - astrophysicien retraité - Comité Valmy
Michel Dupuy , cadre retraité, syndicaliste
Gilles Gomel, retraité
Dominique HERRBACH, Enseignant
Ulrike Darras , membre du MODEM
Jean Darras, docteur en droit, retraité de la fonction publique
Michel Leprêtre - Proviseur retraité en charge du Lycée Charles de Gaulle de Damas (2012-2016)
Walter POMATELLI technicien en retraite
Hamouda S
Henri Brosse, ouvrier retraité
Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur retraité
Guilleminot Christian, retraité
Yara Massarani
Thierry Delbós
Marie-Christine Mouranche
« Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Lucien Pons, président du « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Philippe MASSON - Professionnel de santé ; libre penseur
Gabriel Galice, ancien Conseiller régional de Rhône-Alpes, Président de l’Institut International de Recherches pour la Paix à Genève (GIPRI).
Bassam Tahan
Dominique Mazuet - Librairie Tropiques
Djamal Benmerad
Adel Ben Youssef - Historien- Universitaire - Tunisie
Nicolas Dhuicq, ancien député
Yvo Rens, Professeur honoraire Université de Genève
Jacques Durand, retraité du CNRS
Marie-Ange Patrizio, traductrice
Nora Zeghli, Directrice de publication Hawa Magazine
Denis Rancourt, Association des libertés civiles de l’Ontario, Canada
Vaneesa Beeley, journaliste indépendante
Hichem Kacem, éditeur indépendant
Ali Rastbeen, Président de l’Académie de géopolitique, Paris
Vadim Kamenka, journaliste, L’Humanité
Bahar Kimyongur
Gearoid O Coilmain

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

SOURCE:

Lire la suite

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

 Transfert d'un message reçu :

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                                          

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                       

 9 Juillet 2017, 

Selon Le Canard enchaîné ("Un document alarmiste de la DGSE", 5.07.17), Macron aurait changé d'avis sur Assad et pris ses distances avec la politique de son prédécesseur Hollande et des néoconservateurs après avoir eu accès à des données consignées dans un rapport secret de la DGSE. On y apprendrait entre autres que le régime d'Assad n'aurait jamais été aussi fort depuis 2011 tandis que l'opposition dominée par des groupes djihadistes serait laminée, que les djihadistes en perte de vitesse tout comme l'Etat islamique pourraient après leur défaite en Syrie se rabattre sur l'Europe. Un rapport qui aurait été effectué pour le compte de la DGSE par des experts, des universitaires, des chercheurs et spécialistes de la géopolitique. Le Canard donne quelques extraits très succincts de ce rapport de 70 pages :


- "Le régime de Bachar (...) est aujourd'hui en meilleure posture qu'à aucun moment depuis 2011, grâce aux interventions russe et iranienne".

- "L'opposition est désorganisée et fragmentée, ne pose pas (sic) une menace stratégique (...). Les principaux groupes d'opposition sont de plus en plus divisés (...), souvent sous-équipés et démoralisés."
 

- "Cette opposition est de plus en plus dominée par des groupes extrémistes".
 

- "Une solution politique et militaire au conflit demeure peu probable".
 

- Daesh poursuivra son combat "en Europe, après la chute du Califat".


- "La libération de Mossoul soulèvera autant de problèmes qu'elle en résoudra (...) Les conflits latents (avec le gouvernement de Bagdad) risquent de refaire surface en 2017 et 2018, entre Kurdes et Chiites, et entre les deux principaux partis kurdes".

2°) Quand Macron cherche à se rapprocher de Trump au G20.

https://www.youtube.com/watch?v=P9yz7GWNfBQ

Bonne soirée

Lire la suite

Multi-niveau. Rédigé par Observatus geopoliticus 

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

Multi-niveau

30 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie

Une énorme partie d'échecs se joue actuellement sur plusieurs niveaux et en différents lieux, tant dans les couloirs de la Maison blanche et du Kremlin que dans la steppe désertique syro-jordanienne. Comme le dit un fidèle lecteur, il est bien difficile de s'y retrouver sur le tapis vert syrien entre les innombrables combinaisons pair-impair, rouge et noir, manque ou passe, d'autant que l'équation est encore compliquée par les traditionnels retournements et enchevêtrements moyen-orientaux. Par où commencer ?

"L'attaque chimique" n'a pas (encore ?) eu lieu et Washington plastronne. J'invente une menace imaginaire, elle ne se matérialise pas, c'est grâce à mon avertissement, applaudissez-moi. Connaissant le Donald, la gloriole gratuite à usage interne n'est certes pas à exclure. Mais toute cette affaire cache bien autre chose, et notamment les fractures béantes au sein de la nouvelle administration.

Derrière le damage control mâtiné de sauvetage de face du Pentagone, il apparaît clairement que les militaires n'étaient pas au courant de l'explosive déclaration de la Maison blanche, le Centcom allant jusqu'à dire publiquement qu'il n'a "aucune idée" des raisons qui ont conduit à cette annonce.

Fait intéressant, tout ceci est intervenu seulement trois jours après que le colonel Dillon, porte-parole de la coalition contre l'Etat Islamique, a déclaré que les Etats-Unis voyaient d'un bon oeil les efforts de l'armée syrienne et des milices pro-iraniennes dans le combat contre Daech. Des faucons (McMaster ?) voulant torpiller les ouvertures faites par les colombes ne s'y prendraient pas autrement...

Mais le panier de crabes impérial est encore plus méphistophélique. Il n'a échappé à personne que la crise a éclaté peu de temps après la visite du beau-fils Kushner en Israël. Le mari d'Ivanka (appelons-le Ivanko), qui se revendique presque ouvertement sioniste, a-t-il été chargé par Bibi la Terreur d'un message ainsi que de quelques "renseignements de première main sur une prochaine attaque chimique" - inventés - à destination du Donald ?

Pas impossible, d'autant que le président semble plus faire confiance à son gendre post-pubère qu'à ses secrétaires d'Etat aux Affaires étrangères et à la Défense. De par son amitié avec l'ambassadeur émirati à Washington, Kushner aurait par exemple eu un rôle crucial dans la tempête twittique du Donald contre le Qatar lors du conflit du Conseil de Coopération du Golfe. Au grand dam de Mattis et Tillerson, plutôt sur la ligne de Doha et qui passent leur temps à nettoyer les bêtises du gamin. On dit d'ailleurs T. Rex fatigué de voir son travail systématiquement saboté par la famille Trump et peut-être même sur la sellette. A suivre...

Ainsi donc, Ivanko aurait été mandaté par l'establishment israélien, paniqué devant la constitution de l'arc chiite, pour convaincre son beau-père de menacer Assad, menaces qui seront évidemment considérées comme un feu vert par les barbus modérément modérés ? L'hypothèse paraît plausible et séduisante, et la seconde partie de la proposition est même indiscutable. Sauf que... Quelque chose ne cadre pas tout à fait avec la première partie.

Kushner était apparemment totalement opposé à la frappe tomahawkienne d'avril :

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière.

Ajoutons qu'Ivanko est également accusé par la MSN de sympathies pro-russes, ce qui, comme chacun sait, constitue de nos jours l'acte d'accusation le plus grave que peut trouver le système impérial. Non décidément, quelque chose ne colle pas. Nous parlions plus haut d'insolubles combinaisons rouge, impair et passe...

A Moscou, on ne perd en tout cas pas son temps avec de telles subtilités et promet une réponse "proportionnée" en cas d'attaque américaine suite à un éventuel nouveau false flag chimique. Lavrov, qui ne parle jamais pour ne rien dire, a donné une intéressante conférence de presse dans laquelle une phrase intrigue :

"J'espère que cette fois, les Etats-Unis prendront en compte la nécessité de vraiment lutter contre la prolifération d'armes chimiques."

Serait-ce à dire que le facétieux Sergueï accuse les USA d'avoir permis la prolifération d'armes chimiques en Syrie par le passé ? En fournissant, exemple pris au hasard bien entendu, les barbus de Khan Cheikhoun juste avant le bombardement syrien ?

Le risque d'escalade est en tout cas pris au sérieux et l'on note une forte recrudescence de cargos russes qui passent et repassent le Bosphore en faisant l'aller-retour Russie-Tartous. On imagine que ce n'est pas pour débarquer des cargaisons de chocolats...

En un temps d'incertitude sur les intentions de Washington - même la vraie presse d'information s'y perd, le d'habitude pessimiste Moon of Alabama y voyant la fin de l'aventure US, Russia Insider prédisant au contraire une attaque imminente -, il est en effet plus prudent d'accumuler les joujoux militaires pour faire face à toute éventualité.

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? - question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l'axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l'accès à la Méditerranée pour l'Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Il y a quelques heures, toute la poche à l'est de Khanasir a été libérée - les petits hommes en noir en passe d'être totalement encerclés se sont retirés -, mettant définitivement fin à la présence de Daech dans la province d'Alep et permettant la jonction stratégique entre Ithiya et Rusafa. Sur la carte, cela représente un gain énorme pour Damas :

Désormais, les bases sont jetées pour la réduction du saillant à l'est de Hama et surtout la grande offensive orientale vers Deir ez Zoor et, plus loin, vers la frontière irakienne, où les bataillons du blitz sont d'ailleurs en train d'avancer de leur côté.

C'est le moment que choisit le sultan pour lancer une attaque très sérieuse contre le canton kurde d'Afrin (une semaine d'intenses bombardements et maintenant une forte concentration de troupes) dans le but semi-avoué de faire la jonction avec l'Idlibistan, ce qui serait évidemment totalement inacceptable pour Damas et Moscou.

Où l'on constate une nouvelle fois l'invraisemblable noeud gordien de la région : les Russes sont plus ou moins alliés aux Kurdes et depuis un an aux Turcs, qui se détestent pourtant les uns les autres. L'empire américain n'est pas le seul à allier les contraires...

Des rumeurs infondées faisaient état du retrait du contingent russe de la petite base que Moscou avait établie dans la zone kurde ; en réalité, 160 soldats supplémentaires ont apparemment été envoyés en renfort pour bien montrer qu'il est hors de question de désenclaver l'Idlibistan.

Se dirige-t-on alors vers une confrontation russo-turque ? Improbable au vu du tectonique rapprochement entre Moscou et Ankara. Il se pourrait même que Poutine ait en réalité donné un feu vert tacite (et partiel) à Erdogan, histoire de calmer les ardeurs américano-saoudiennes des Kurdes de l'autre partie du Rojava, proxies que l'empire utilise pour descendre vers le sud et tenter de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

De fait, des voix kurdes commencent à se faire entendre, menaçant d'interrompre l'opération pour la prise de Raqqa - sans parler d'une descente méridionale - si le sultan continue de bombarder leurs frères d'Afrin. Casse-tête pour Washington. Aux dernières nouvelles, Erdogan vient de s'entretenir au téléphone pendant trente longues minutes avec le Donald puis a appelé Poutine dans la foulée. Ce qui s'est dit vaut de l'or mais nous ne le saurons pas tout de suite...

Notons en passant, afin de montrer le degré incomparable des intrications auxquelles nous assistons en spectateur comblé, que les récents ronds de jambe kurdes aux Saoudiens wahhabites que nous avions relevé la dernière fois sont également la contrepartie de la "tolérance" de Riyad vis-à-vis des idées indépendantistes kurdes. Non pas que les grassouillets cheikhs fondamentalistes se soient soudain pris de passion pour le crypto-marxisme du Rojava mais dans un but tout ce qu'il y a de machiavélique : mettre un gros caillou dans la chaussure turque et punir Ankara pour son soutien au Qatar. Le Moyen-Orient ne changera jamais...

Revenons à notre guerre syrienne. Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière. Pour résumer :

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Tout cela se décidera sur le terrain mais aussi dans les couloirs du pouvoir. A Washington, la discorde règne en maître, on l'a vu. Le Centcom tire dans les pattes de la Maison blanche qui torpille le Pentagone et le Département d'Etat. Quelle cabale prévaudra ? A Moscou, l'ours attend de pied ferme une éventuelle provocation chimique de l'un des clans américains (lequel ?) Ajoutez les facteurs turco-kurde et qataro-saoudien, mélangez et servez.

On le voit, le jeu sur le subtil échiquier multi-niveaux (local, régional, global) est d'une complexité extraordinaire...

Lire la suite

Bachar al-Assad en visite auprès des militaires russe et auprès de son peuple. Un grand chef d'état!

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #République, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

 

6. SYRIE bannière.JPG

 

Vraies niouzes

 

Au moment où Cretinho et ses Pieds Nickelés transatlantiques braillent à tous vents que Bachar al-Assad (cet affreux allié des Russes) se prépare une fois de plus à tuer des enfants syriens à coups de gaz sarin et que, quand il le fera, croyez-nous, on ne restera pas les bras croisés (niveau bac à sable, c’est vrai, et message pas du tout subliminal aux terroristes « Allez-y les mecs, on dira que c’est lui ! »), le président syrien n’est pas resté planqué dans son bunker, au contraire. Semaine de visites plutôt chargée, parfois seul, parfois en famille.

 

7. Emblem Russian Forces.gif

 

Bachar al-Assad en visite « surprise » dans une base aérienne russe en Syrie

RT français27 juin 2017

 

8. ASSAD AVION.jpg

 

Le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans une base militaire aérienne russe dans l'Ouest de la Syrie. Plusieurs photos et vidéos de ce déplacement qui n'avait pas été annoncé ont rapidement circulé sur internet.

Le président a visité la base russe dans la ville syrienne de Hmeymim ce 27 juin dans la matinée. La visite du chef de l'État a été confirmée par la présidence, alors que différentes photographies et vidéos commençaient à circuler sur les réseaux sociaux. 

On y voit le président syrien monter à bord d'un chasseur-bombardier russe SU-35 au sol, en compagnie de militaires russes.

 

 

Le président a aussi pu découvrir le BMPT-72, un blindé de dernière génération destiné à accompagner l'infanterie au sol. Son surnom est « Terminator 2 ».

 

9. Terminator.jpg

 

La Russie « a offert des armes et des munitions pour appuyer la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme, [...] elle a donné son sang à [un pays] frère », a écrit Bachar al-Assad dans le livre d'or de la base, remerciant « les combattants russes et Vladimir Poutine ».

 

10. BACHAR base russe.jpg

 

En déplacement en Syrie, le chef de l'état-major russe Valéri Guerassimov s'est entretenu avec le président syrien, selon le ministère russe de la Défense.

« Ils ont discuté de la coordination des actions des forces gouvernementales syriennes et de l'aviation russe dans la lutte contre les groupes terroristes » a déclaré le ministère dans un communiqué.

 

11. BACHAR GER1ASSIMOV.jpeg

 

C'est la première visite de Bachar al-Assad à la base de Hmeymim, située à proximité de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne du pays. La Russie a mobilisé une partie de son aviation pour soutenir les opérations de l'armée syrienne contre les différents groupes terroristes qui combattent dans la région.

Source : https://francais.rt.com/international/40269-bachar-el-ass...

 

7. Emblem Russian Forces.gif

 

the real Syrian Free Press ~ War Press Info ~ Archive of Most Important Reliable Global War News

 

12. Syrian_armed_forces_symbol x.GIF

Le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à des membres blessés de l’armée dans la campagne de Hama

 

13. Bachar Famille 1.jpg

 

Mardi 26 juin (2017) le président Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ont rendu visite à un certain nombre de soldats blessés de l’Armée et des Forces Armées, dans leurs villages de la campagne de Hama.

 

 

Dans le village de Tal Aafar, le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à Mohammad Ahmad Kalil, dont les blessures reçues au front lui ont valu d’être déclaré invalide à 90%, et qui a reçu des soins suivis d’un traitement du programme « Jarif al-Watan », qui l’aide aussi à mettre sur pied un projet d’élevage de moutons.

 

 

Le président al-Assad et sa famille ont également rendu visite, dans le village de Rabou, à Fatir Hassan Mansour qui a été lui aussi gravement blessé en combattant les terroristes, et qui se retrouve avec un taux d’invalidité de plus de 90%. Comme Khalil, il est aidé par Jarif al-Watan pour mettre en route un moyen de subvenir malgré tout à ses besoins.

 

 

Dans le village de Matna, le président al-Assad et sa famille ont ensuite rendu visite à Ahmad Mohammad al-Ali, qui est déjà en train d’élever du bétail grâce à l’aide du même programme. Toute la famille al-Assad a encore visité Ayham Mahmoud Dunya, qui était incapable de marcher, suite à ses blessures, mais qui, aujourd’hui, a reçu le Président sur ses pieds. Lui aussi a obtenu, du même programme, un soutien incluant des prothèses, de la chirurgie et le coup de pouce de départ pour lancer son entreprise.

 

 

Le programme Jarih al-Watan (« Blessés pour la Patrie ») a été lancé par la Présidence de la République Arabe Syrienne en 2014 pour soutenir les militaires blessés et pourvoir à leurs besoins, en particulier ceux dont les blessures les empêchent de reprendre le cours normal de leurs vies. Il fournit des prothèses aux grands blessés et les aide à se lancer dans des projets de travail compatibles avec leur état, tout en apportant son aide financière à ceux qui sont totalement infirmes. Le projet concerne tous les membres blessés de l’Armée, des Forces Armées [quelle est la différence ? ndt] et des forces de soutien.

 

[ Quand on sait comment sont traités, une fois démobilisés, les vétérans US, et ce, depuis le Vietnam, on comprend qu’ils soient de plus en plus nombreux à devenir pro-Poutine et pro-Assad. ]

 

____________________________________________________________________________________________________________

 

From the visit of President Assad and his family to the house of the injured Mohammed Ahmed Khalil

 

14. Bachar famille 2.jpg

 

Voir toutes les photos.

Source : https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

12. Syrian_armed_forces_symbol x.GIF

 

15. ASSAD président 2021.jpg

 

SOURCES  :

Syrian News AgencySubmitted by SyrianPatriots, Lone BearWar Press Info Network at :https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad-and-family/ ~

Re-publications are welcome, but we kindly ask you,to facilitate the correct information's diffusion,to cite all these original links and sources.

 

12. Syrian_armed_forces_symbol x.GIF

 

Mis en ligne le 29 juin 2017

 

Lire la suite

La ligne rouge de Trump

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La ligne rouge de Trump

La ligne rouge de Trump

 
Le journaliste prix Pulitzer Seymour Hersh, une légende du journalisme d’investigation américain célèbre pour la précision obsessionnelle de ses enquêtes, a notamment mis au jour le massacre de Mỹ Lai au Vietnam en 1968, et le scandale de la torture et des violations systématiques des droits de l’homme par les Américains à Abou Ghraib, en Irak, en 2004. En 2013, à propos de l’utilisation alléguée de sarin par les forces armées d’Assad, il publiait « Whose sarin ? » (Le sarin de qui ?) sur la London Review of Books, un article aujourd’hui devenu une réference mondiale.

Au bout de plusieurs mois d’enquête auprès de ses sources de la communauté du renseignement des USA, ses conclusions : il n’y a pas eu d’attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun, en Syrie, de la part des forces armées d’Assad.


Par Seymour Hersh
Paru sur Die Welt sous le titre Trump‘s Red Line


Le 6 avril, le président des USA Donald Trump a autorisé une frappe de missiles Tomahawk, à l’aube, sur la base aérienne de en Syrie centrale, en représailles contre ce qu’il a appelé un attaque avec un agent neurotoxique perpétrée par le gouvernement syrien deux jours plus tôt, dans la ville tenue pas des rebelles Khan Cheikhoun. Trump a donné cet ordre malgré les avertissements de la communauté des renseignements américains selon lesquels elle n’avait aucune preuve d’utilisation d’une arme chimique par les Syriens.

 

Les renseignements disponibles clarifiaient que les Syriens avait ciblé un lieu de rencontre djihadiste, le 4 avril, en utilisant une bombe téléguidée fournie par les Russes, et équipée d’une tête conventionnelle. Les détails de l’attaque, y compris des informations sur leurs dénommée cibles de haute valeur, avaient été fournies par les Russes plusieurs jours plus tôt aux Américains et aux militaires alliés à Doha, dont la mission est de coordonner toutes les opérations aériennes américaines, alliées, russes et syriennes dans la région.

Quelques-uns des officiels militaires et de renseignements étaient particulièrement consternés par la détermination du président à ignorer les preuves. « Cela ne tient pas debout », a dit un officier à des collègues en apprenant la décision de bombarder. « Nous SAVONS qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique… les Russes sont furieux. Proclamer que nous avons les vrais renseignements et que nous savons la vérité… apparemment, que nous ayons voté pour Trump ou Clinton, peu importe. »

Quelques heures à peine après le bombardement du 4 avril, les médias du monde entier étaient saturés de photos et de vidéos de Khan Cheikhoun. Des photos de personnes mortes ou mourantes, souffrant censément d’empoisonnement aux agents neurotoxiques, ont été publiées sur les réseaux sociaux par des activistes locaux, y compris les Casque blancs, un groupe d’intervention humanitaire célèbre pour sa proximité avec l’opposition syrienne.

La provenance des photos n’était pas claire et aucun observateur international n’a encore inspecté le site, mais dans le monde entier, les populations ont immédiatement conclu à l’utilisation délibérée de l’agent neurotoxique sarin, autorisé par le président Bachar el-Assad de Syrie. Trump a approuvé cette conclusion en faisant une déclaration quelques heures après l’attaque, décrivant « l’action odieuse » d’Assad comme une conséquence de la « faiblesse et de l’irrésolution » de l’administration Obama face à ce qu’il disait être l’usage passé d’armes chimiques par la Syrie.

Au grand désarroi de nombre de membres expérimentés de son équipe de sécurité nationale, au cours des 48 heures suivantes de réunions intensives et de discussions préliminaires à des décisions, personne n’a pu faire changer Trump d’avis. Au cours d’une série d’interviews, j’ai appris l’ampleur de la déconnexion entre le président et nombre de ses conseillers militaires et officiels des renseignements, aussi bien que des officiers de terrain dans la région, qui avaient une compréhension totalement différente de la nature de l’attaque syrienne à Khan Cheikhoun. J’ai obtenu des preuves de cette déconnexion, sous la forme de transcriptions de communications en temps réel, immédiatement après l’attaque syrienne du 4 avril. Dans un processus très important préalable à une frappe appelé déconfliction, les officiers russes et américains se fournissent mutuellement des informations détaillées sur les plans de vol planifiés et les coordonnées des cibles, pour s’assurer qu’il n’y ait aucun risque de collision ou de rencontre imprévue (les Russes parlent au nom de l’armée syrienne). Ces informations sont fournies chaque jours aux avions américains AWACS qui surveillent les vols après leur décollage. Le succès de la déconfliction peut être évalué au fait qu’à ce jour, il n’y ait pas eu une seule collision, ou même un danger de collision entre les chasseurs-bombardiers supersoniques américains, alliés, russes et syriens.

Les officiers des forces aériennes russes et syriennes avaient donné des détails sur le plan de vol soigneusement établi vers, et à partir de Khan Cheikhoun le 4 avril directement, en anglais, aux contrôleurs de déconfliction à bord de l’AWACS qui patrouillait près de la frontière turque, à 60 miles plus loin au nord.

La cible syrienne à Khan Cheikhoun, comme transmis aux Américains à Doha, était décrite comme un immeuble de deux étages en parpaings dans le nord de la ville. Les renseignements russes, qui sont transmis quand il le faut avec la Syrie et les USA dans le cadre de leur combat commun contre les groupes djihadistes, avaient établi qu’une rencontre de haut niveau de leaders djihadistes allait se produire dans l’immeuble, y compris de représentants d’Ahrar al-Sham et du groupe affilié à al-Qaïda anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra. Les deux groupes s’étaient récemment alliés, et contrôlaient la ville et ses environs. Les renseignements russes décrivaient l’immeuble en parpaings comme un centre de contrôle et de commandes qui abritait une épicerie et d’autres locaux commerciaux dans son rez-de-chaussée, avec d’autres magasins essentiels à la communauté à proximité, dont un magasin de tissus et une boutique d’électronique.

« Les rebelles contrôlent la population en contrôlant la distribution de biens dont les gens ont besoin pour vivre – la nourriture, l’eau, le gaz propane, les fertilisants pour faire pousser leurs récoltes et les insecticides pour les protéger, » m’a dit un conseiller senior de la communauté des renseignements américaine. La cave était utilisée pour stocker des roquettes, des armes et des munitions, ainsi que des produits à distribuer gratuitement à la communauté, notamment des médicaments et des décontaminants à base de chlore. Le lieu de rencontre – un QG régional – était à l’étage. « C’était un lieu de rencontre établi », a dit le conseiller senior.  « Un local de long terme sécurisé qui comprenait des armes, des communications, des dossiers et un centre de cartes d’état-major de la région. » Les Russes voulaient être sûrs de leurs informations et ont déployé un drone pendant des jours au-dessus du site pour intercepter les communications et développer ce que les services de renseignements appellent un POL (pattern of life, schéma de vie). Le but était de prendre note de ceux qui entraient et sortaient de l’immeuble et de suivre les allées et venues des armes, y compris des roquettes et des munitions.

Une des raisons du message des Russes à Washington sur la cible potentielle était de s’assurer que tout agent de la CIA ou informateur des Américains qui aurait réussi à s’infiltrer dans le commandement djihadiste serait prévenu de ne pas assister à la réunion. On m’a dit que les Russes avaient passé l’information directement à la CIA. « Ils jouaient bien le jeu, » a dit le conseiller senior. Les indications russes notaient que la réunion djihadiste venait à un moment de pressions accrues pour les insurgés : il est probable que le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham cherchaient désespérément une ouverture dans le nouveau climat politique. Dans les derniers jours de mars, Trump et deux de ses assistants-clé en sécurité nationale – le Secrétaire d’État Rex Tillerson et l’ambassadrice à l’ONU Nikki Haley – avaient fait des déclarations selon lesquelles, dans les mots du New York Times, la Maison-Blanche avait « abandonné le but » de faire pression sur Assad pour qu’il « quitte le pouvoir, marquant un changement abrupt de la politique du Moyen-Orient qui avait guidé Obama pendant plus de cinq ans. » Le Secrétaire à la presse Sean Spicer avait dit à un briefing de presse du 31 mars qu’il y avait « une nouvelle réalité politique que nous devons accepter, » impliquant qu’Assad était là pour rester.

Les officiels russes et syriens des renseignements, qui coordonnent les opérations avec les postes de commande américains, ont clarifié que la frappe planifiée sur Khan Cheikhoun était spéciale à cause de la cible à haute valeur. « C’était un vrai changement. La mission sortait de l’ordinaire – mettez le planning à jour, » le conseiller senior m’a dit. « Tous les officiers de la région – dans l’infanterie, les Marines, les forces aériennes, la CIA et la NSA – « devaient savoir ce qui se préparait. Les Russes avaient fourni une bombe téléguidée, ce qui est une occurrence rare. Ils sont avares de leurs bombes téléguidées et les partagent rarement avec les forces aériennes syriennes. Et les Syriens ont assigné la mission à leur meilleur pilote, avec leur meilleur copilote. » Les renseignements préliminaires sur la cible, tels que fournis par les Russes, ont reçu la meilleure des notes possibles dans la communauté américaine. »

L’ordre exécutif qui gouverne les opérations militaires des USA sur le théâtre, qui a été donné par le Chef d’État-Major des armées des États-Unis, comprend des instructions qui définissent les relations entre les forces armées russes et américaines présentes en Syrie. « C’est comme un ordre d’opération – ‘voici ce que vous êtes autorisés à faire’ », a dit le conseiller. « Nous ne partageons pas de contrôle opérationnel avec les Russes. Nous ne menons pas d’opérations communes avec eux, ni d’activités de soutien à l’une des leurs opérations. Mais la coordination est autorisée. Nous nous tenons mutuellement au fait des événements et ce package comprend des échanges de renseignements. Si nous obtenons un renseignement qui pourrait aider les Russes à accomplir leur mission, c’est de la coordination ; et les Russes font de même pour nous. Quand nous obtenons un renseignement sur un centre de commandement ou de contrôle, » a ajouté le conseiller en référence à la cible de Khan Cheikhoun, « nous faisons ce que nous pouvons pour les aider à agir en conséquence ». « Ce n’était pas une attaque chimique », a dit le conseiller. « C’est une histoire fantasmagorique. Si cela avait été le cas, tous les participants au transfert, au chargement et à l’armement de la bombe – il aurait fallu la faire passer pour une bombe conventionnelle de 227 kg – auraient porté des combinaisons hazmat en cas de fuite. Il y aurait très peu de chances de survie sans cette protection. Le sarin de qualité militaire inclut des additifs conçus pour en augmenter la toxicité et la létalité. Chaque lot qui sort d’usine est maximisé pour tuer. C’est la raison pour laquelle il est produit. Le sarin n’a pas d’odeur, est invisible et la mort survient en une minute. Pas de nuage. Pourquoi produire une arme si les gens peuvent y échapper ? »

La cible a été frappée à 6h55 du matin, le 4 avril, juste avant minuit à Washington. Une évaluation des dommages de bombardement menée par l’armée des USA, plus tard, a déterminé que le chaleurs et la puissance de la bombe de 227 kg syrienne avait déclenché une série d’explosions secondaires qui auraient pu générer un gros nuage toxique qui aurait pu s’étendre sur la localité, formé par la dispersion des fertilisants, désinfectants et d’autres biens stockés dans la cave, ses effets magnifiés par la densité de l’air du matin, qui avait piégé les émanations au niveau du sol. Selon les estimations des renseignements, a dit le conseiller senior, le bombardement lui-même avait tué jusqu’à quatre leaders djihadistes, et un nombre inconnu de chauffeurs et de gardes du corps. Il n’y a aucun décompte confirmé du nombre de civils tués par les gaz toxiques diffusés par les explosions secondaires, bien que des activistes de l’opposition aient rapporté qu’il y avait eu plus de 80 morts, et que des médias comme CNN aient fait grimper l’évaluation du nombre des victimes à 92 personnes.

Une équipe de Médecins Sans Frontières, qui traitait des victimes de Khan Cheikhoun dans une clinique distante de 96 kilomètres au nord, a rapporté que « huit patients présentaient des symptômes – y compris des pupilles contractées, des spasmes musculaires et un défécation involontaire – cadrant avec une exposition à un agent neurotoxique comme le gaz sarin ou des composés similaires. » MSF a également visité d’autres hôpitaux qui avaient reçu des victimes et trouvé des patients présents « qui sentaient le chlore, ce qui suggérait qu’ils y avaient été exposés. » En d’autres termes, les preuves suggèrent qu’il y avait plus d’un produit chimique en cause dans les symptômes observés, ce qui n’aurait pas été le cas si les forces armées syriennes – comme l’ont répété les activistes de l’opposition – avait largué une bombe au sarin, qui n’a pas de puissance percussive ou de système d’allumage capable de provoquer des explosions secondaires. Les symptômes décrits, toutefois, cadrent avec la dispersion d’un mélange de produits chimiques, y compris du chlore et des organophosphates utilisés dans de nombreux fertilisants, qui peuvent provoquer des effets neurotoxiques similaires à ceux du sarin.

L’internet s’est mis en action dans les heures qui ont suivi, et des photos macabres des victimes ont envahi les réseaux et Youtube. Les services de renseignement américains ont reçu la mission d’établir ce qui s’était produit. Parmi les informations reçues, il y avait une interception de communication syrienne collectée par une nation alliée avant l’attaque. La communication interceptée, qui avait eu un gros effet sur quelques-uns des assistants de Trump, ne mentionnait pas de gaz neurotoxique ou de sarin, mais elle citait la discussion d’un général syrien sur une arme « spéciale » et sur le besoin d’un excellent pilote pour manoeuvrer l’avion d’attaque. Il se référait, comme les gens des renseignements l’avaient compris, contrairement, semble-t-il, à nombre d’assistants inexpérimentés et de membres de la famille de Trump, à la bombe fournie par les Russes, avec son système de téléguidage. « Si vous avez déjà décidé que c’était une attaque au gaz chimiques, vous verrez inévitablement une référence à une bombe de sarin dans cette discussion sur une arme spéciale, » a dit le conseiller. « Est-ce que les Syriens ont planifié l’attaque de Kahn Cheikhoun ? Absolument. Est-ce que nous avons les communications interceptées qui le prouvent ? Absolument. Est-ce qu’ils avaient prévu d’utiliser du sarin ? Non. Mais le président n’a pas dit, ‘Nous avons un problème et nous allons enquêter’. Il voulait bombarder la Syrie. »

A l’ONU le jour suivant, l’ambassadrice Haley a créé une sensation médiatique quand elle a exhibé des photos des victimes et accusé la Russie de complicité. « Combien d’enfants morts de plus faudra-t-il pour que la Russie s’en inquiète ? » a-t-elle demandé. NBC News, dans un rapport typique de leur style, le même jour, a cité des officiels américains confirmant que du gaz neurotoxique avait été utilisé et Haley a lié l’attaque directement au président Assad. « Nous savons qu’avec l’attaque d’hier, le régime barbare Assad est tombé encore plus bas, » a-t-elle dit. Il était ironique que l’Amérique se précipite pour blâmer Assad et reprocher sur complicité aux Russes, au prétexte de leur soutien aux dénégations de la Syrie quand à une utilisation de gaz neurotoxiques à Khan Cheikhoun, comme l’ambassadrice Haley et d’autres à Washington l’ont fait. « Ce dont la plupart des Américains ne se rendent pas compte, » a dit le conseiller, « est que s’il y avait eu une attaque au gaz neurotoxique autorisée par Bachar, les Russes seraient dix fois plus consternés que n’importe qui en Occident. La stratégie russe contre Daech, qui implique la coopération des Américains, aurait été détruite et Bachar serait responsable d’avoir contrarié la Russie, avec des conséquences imprévisibles pour lui. Bachar ferait ça ? Alors qu’il a presque gagné sa guerre ? C’est une blague ? »

Trump, un consommateur avide d’infos télévisées, a dit, alors que le roi Abdallah de Jordanie était assis à ses côtés dans le Bureau ovale, que ce qui s’était passé était « horrible, horrible » et un « affront terrible à l’humanité ». A la question de savoir si son administration allait changer sa politique envers le gouvernement Assad, il a répondu « Vous verrez ». Il a donné un indice de la réplique à venir dans une conférence de presse subséquente avec le roi Abdallah : « Quand vous tuez des enfants innocents, des bébés innocents – des bébés, de petits bébés – avec un gaz chimique si létal… cela dépasse beaucoup, beaucoup de lignes, au-delà d’une ligne rouge… Cette attaque sur des enfants hier, a eu un gros impact sur moi. Gros impact… il est très, très possible… que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé. »

Quelques heures après avoir vu les photos, le conseiller a dit, Trump a donné des instructions à l’appareil de la défense nationale pour des représailles contre la Syrie. « Il a fait ça avant d’en parler à qui que ce soit. Les planificateurs ont ensuite demandé à la CIA et à la DIA s’il y avait des preuves selon lesquelles la Syrie avait du sarin stocké dans un aéroport à proximité ou quelque part dans la zone. Leur armée avait dû en avoir pour bombarder avec. La réponse a été, « nous n’avons aucune preuve que la Syrie détienne du sarin ou en ait utilisé, » a dit le conseiller. La CIA leur a également dit qu’il n’y avait pas de livraison résiduelle de sarin à Al-Chaayrate [la base aérienne d’où les SU-24 syriens ont décollé le matin du 4 avril] et Assad n’avait aucune raison de commettre un suicide politique. » Tous les participants, sauf peut-être le président, comprenaient aussi qu’une équipe de haut vol de l’ONU avait passé plus d’un an, après une attaque syrienne alléguée au sarin en 2013, à éliminer toutes les armes chimiques, dans une douzaine de dépôts d’armes chimiques en Syrie.

A cette étape, le conseiller a dit, les planificateurs de la sécurité nationale étaient plutôt déconcertés : « Personne ne savait d’où venaient les photos. Nous ne savions pas qui étaient les enfants ou comment ils avaient été blessés. Le sarin est très facile à détecter parce qu’il pénètre la peinture, et tout ce dont on a besoin est d’un échantillon de peinture. Nous savions qu’il y avait eu un nuage et qu’il avait atteint des gens. Mais vous ne pouvez pas vous baser là-dessus pour en conclure en toute certitude qu’Assad avait caché du sarin à l’ONU parce qu’il voulait l’utiliser à Khan Cheikhoun. » Les renseignements avaient clarifié qu’un chasseur-bombardier SU-24 des forces armées syriennes avait utilisé une arme conventionnelle pour frapper sa cible : elle n’avait pas de tête chimique. Et pourtant, il a été impossible aux experts de persuader le président de ce fait ; il avait pris sa décision. « Le président a vu les photos de petites filles empoisonnées et a déclaré que c’était une atrocité d’Assad. « C’est typique de la nature humaine. Vous sautez aux conclusions que vous voulez. Les analystes des renseignements ne discutent pas avec un président. Ils ne vont pas dire au président, « si vous interprétez les données de cette façon, je démissionne. »

Les conseillers de la sécurité nationale comprenaient leur dilemme : Trump voulait répondre à l’affront à l’humanité commis en Syrie et il ne voulait pas en être dissuadé. Ils avaient affaire à un homme qu’ils ne considéraient ni comme méchant, ni comme stupide, mais dont les limitations en matière de décisions de sécurité étaient sévères. « Tous ses proches connaissent ses tendances à agir précipitamment quand il n’a pas connaissance des faits. Il veut des briefings verbaux et des photos. C’est un risque-tout. Il peut assumer les conséquences d’une mauvaise décision dans le monde des affaires ; il ne peut perdre que de l’argent. Mais dans notre monde, des vies peuvent être perdues et il peut y avoir des dommages graves à notre sécurité s’il se trompe. On lui a dit qu’il n’y avait pas de preuves d’un implication syrienne et pourtant, Trump dit : « Allez-y. »

Le 6 avril, Trump a organisé une réunion d’officiels de la sécurité nationale dans sa résidence secondaire de Mar-a-Lago, en Floride. La réunion ne servait pas à décider quoi faire, mais comment le faire au mieux – ou, comme certains le souhaitaient, comment en faire le moins possible tout en faisant plaisir à Trump. « Le patron savait avant la rencontre qu’ils n’avaient pas de preuves, mais ce n’était pas la question, » a dit le conseiller. « La réunion portait sur ‘Voici ce que je vais faire’, et puis on lui expose les options. »

Les renseignements détenus par les USA n’avaient aucune importance. Le plus expérimenté, à la table, était le Secrétaire de la défense James Mattis, un général du corps des marines à la retraite qui jouit de la confiance du président et qui comprenait peut-être la vitesse à laquelle cela peut s’évaporer. Mike Pompeo, le directeur de la CIA dont l’agence avait répété qu’elle n’avait pas de preuves d’une bombe chimique syrienne, n’était pas présent. Le Secrétaire d’État Tillerson était admiré à l’intérieur pour sa capacité à travailler des longues heures et ses lectures avides de câbles diplomatiques et de rapports, mais il ne savait que très peu de chose sur la guerre et l’organisation d’un raid de bombardement. Les participants étaient dans une impasse, a dit le conseiller. « Le président était émotionnellement galvanisé par le désastre et il voulait des options. » Il en a eu quatre, en ordre croissant. L’option N°1 était de ne rien faire. Les participants, a dit le conseiller, comprenaient tous qu’elle était vouée à l’échec. L’option N°2 était une tape sur la main : bombarder une base aérienne en Syrie, mais seulement après avoir alerté les Russes, et à travers ces derniers les Syriens, pour éviter qu’il y ait trop de victimes. Quelques-uns des planificateurs appelaient ça « l’option gorille » : les USA allaient jeter des regards noirs et se frapper la poitrine pour faire peur et montrer leur détermination, mais ne causeraient que peu de dégâts significatifs. La troisième option était d’adopter le package de frappes qui avait été présenté à Obama en 2013, et qu’il avait fini par rejeter. Le plan impliquait un bombardement massif des principales bases aériennes syriennes et des centres de commandes et de contrôle, avec des bombardiers B1 et B52 au départ de leurs bases aux USA. L’option N°4 était la « décapitation » : éliminer Assad en bombardant son palais à Damas, ainsi que son réseau de commande et de contrôle et tous les bunkers souterrains où il aurait éventuellement pu faire retraite en cas de crise.

« Trump a éliminé l’option N°1 d’entrée, «  a dit le conseiller senior, et l’assassinat d’Assad n’a pas été envisagé. « Mais il a dit, en essence : ‘Vous êtes des militaires et je veux de l’action militaire.’ ». Le président était également initialement opposé à l’idée d’avertir les Russes avant la frappe, mais il a fini par l’accepter à contrecoeur. « Nous lui avons donné l’option Boucles d’or – ni trop chaud, ni trop froid, juste à la bonne température. » La discussion a eu ses moments de bizarrerie. Au cours de la réunion de Mar-a-Lago, Tillerson s’est demandé pourquoi le président ne pouvait tout simplement pas appeler des bombardiers B52 et pulvériser la base aérienne. On lui a répondu que es B52 étaient très vulnérables aux missiles sol-air (SAMs) dans la zone et qu’employer de tels avions aurait demandé des tirs de suppression qui pourraient tuer des défenseurs russes. « Qu’est-ce que c’est ? » a demandé Tillerson. Bien, monsieur, lui a-t-on répondu, cela veut dire qu’il nous faudrait détruire les sites de SAMs au long de la trajectoire de vol des B52, or ils sont contrôlés par des Russes, et nous nous retrouverions probablement dans une situation beaucoup plus difficile. « La leçon en était : Dieu merci, des militaires assistaient à la réunion, » a dit le conseiller. « Ils ont fait de leur mieux face à une décision qui avait déjà été prise. »

Cinquante-neuf missiles Tomahawk ont été lancés de deux destroyers de l’US Navy en service dans la Méditerranée, le Ross et le Porter, vers la base aérienne Al-Chaayrate près de Homs, une ville contrôlée par le gouvernement. La frappe a rempli sa mission dans la mesure où elle a causé aussi peu de dégâts que possible. Les missiles ont une faible charge explosive – à peu-près 100 kg de HBX, la version militaire moderne du TNT. Les réservoirs de stockage de carburant, une cible première, ont été pulvérisés, le conseiller senior a dit, déclenchant un incendie et des nuages de fumée qui ont interféré avec le système de guidage des missiles suivants. Au moins 24 des missiles ont raté leur cible et seuls quelques-uns d’entre eux ont pénétré dans les hangars, détruisant neuf avions syriens, nettement moins que n’en a annoncé l’administration Trump. On m’a dit qu’aucun des neuf n’était opérationnel : des avions aussi endommagés sont ce que les forces aériennes des USA appellent des reines de hangar. « C’étaient des agneaux sacrificiels, » a dit le conseiller senior. Le personnel important et les avions chasseurs opérationnels avaient été évacués vers des bases proches des heures avant le début du raid. Les deux pistes et les postes de stationnement des avions, qui avaient également été ciblées, étaient réparées et de nouveau opérationnelles dans les huit heures suivantes. En résumé, ce n’était pas grand-chose de plus qu’un coûteux feu d’artifice.

« C’était un spectacle monté par Trump du début jusqu’à la fin, » a dit le conseiller senior. « Quelques-uns des conseillers seniors en sécurité nationale du président ont considéré la mission comme une mauvaise décision présidentielle minimisée, qu’ils avaient l’obligation de de mener à bien. Mais je ne pense pas que notre personnel de la sécurité nationale se laissent de nouveau emporter dans une autre mauvaise décision. Si Trump avait choisi l’option 3, il y aurait peut-être eu des démissions immédiates. »

Après la rencontre, avec les Tomahawks en route, Trump a parlé à la nation à partir de Mar-a-Lago, et a accusé Assad d’avoir utilisé du gaz neurotoxique pour asphyxier « les vies d’hommes, de femmes et d’enfants sans défense. C’était une mort lente et brutale pour beaucoup… aucun enfant de Dieu ne devrait souffrir une telle horreur. » Les jours suivants ont été ses plus réussis en tant que président. L’Amérique s’est regroupée autour de son commandant en chef, comme elle le fait toujours en temps de guerre. Onze semaines après son investiture, Trump, qui avait fait campagne sur des préconisations de paix avec Assad, bombardait la Syrie sous les applaudissements des Républicains, des Démocrates et des médias.

Un célèbre présentateur de télé, Brian Williams de MSNBC, a utilisé le mot « beau » pour décrire les images des Tomahawks lancés depuis la mer. Sur CNN, Fareed Zakaria a dit, « Je pense que Donald Trump est devenu président des États-Unis. » Une revue de presse des 100 principales publications de presse américaines montre que, dans leur sillage immédiat, 39 d’entre elles ont publié des éditoriaux en faveur des frappes de missiles, y compris le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal.

Cinq jours plus tard, l’administration Trump réunissait les médias nationaux pour un briefing sur le contexte de l’opération en Syrie. L’essentiel du briefing portait sur des accusations selon lesquelles les dénégations catégoriques et répétées des Russes quant à un quelconque usage de sarin à Khan Cheikhoun étaient des mensonges, parce que le président Trump avait dit que du sarin avait été utilisé. Cette affirmation, qui n’a été ni contestée, ni disputée par l’un des reporters présents, est devenue la base de critiques subséquentes :

  • Les mensonges répétés de l’administration Trump sur l’utilisation de sarin par la Syrie a mené à une croyance généralisée dans les médias et le public américains selon laquelle la Russie a choisi de s’impliquer dans une campagne corrompue de désinformation et de dissimulation en soutien à la Syrie.
     
  • Les forces armées russes étaient hébergées, avec celles de la Syrie, dans la base d’ Al-Chaayrate (comme elles le sont à travers toute la Syrie), évoquant la possibilité selon laquelle la Russie aurait été informée de la détermination de la Syrie à utiliser du gaz sarin à Khan Cheikhoun, et n’aurait rien fait pour l’en empêcher.
     
  • L’usage allégué de gaz sarin par la Syrie et la défense de cet usage par la Russie suggéreraient fortement que la Syrie avait caché des stocks illicites de sarin à l’équipe de désarmement de l’ONU qui avait passé presque toute l’année 2014 à inspecter et à éliminer toutes les armes chimiques des 12 dépôts d’armes chimiques syriens, à la suite de l’accord entre l’administration Obama et la Russie passé après l’usage allégué, mais jamais prouvé, de gaz sarin contre une redoute militaire rebelle dans la banlieue de Damas, l’année précédente.

A sa décharge, au cours du briefing, le porte-parole avait pris soin d’employer des mots comme « pense », « suggère » et « croit » au moins dix fois pendant les 30 minutes de l’événement. Mais il a également dit que son briefing était fondé sur des données qui avaient été déclassifiées par « nos collègues de la communauté du renseignement ». Ce que le porte-parole n’a pas dit, et ne savait peut-être pas, était que l’information classifiée de la communauté soulignait que la Syrie n’avait pas utilisé de sarin dans le bombardement du 4 avril.

La presse grand public a réagi comme la Maison-Blanche l’avait espéré : les articles attaquant la dissimulation alléguée des Russes en soutien à l’utilisation de sarin par la Syrie ont dominé les informations et de nombreuses plate-formes médiatiques ont ignoré les myriades de précautions oratoires du porte-parole. Une ambiance de renouveau de la Guerre froide régnait. Le New York Times, par exemple – le plus célèbre des journaux des USA – avait titré « La Maison-Blanche accuse la Russie de dissimulation dans l’attaque chimique syrienne ». Le Times notait bien que la Russie niait tout en bloc, mais ce qui avait été décrit par le porte-parole comme « des données déclassifiées » étaient soudain devenues « un rapport déclassifié des services de renseignement ». Il n’y avait pourtant pas de rapport des services de renseignement officiel déclarant que la Syrie avait utilisé du sarin, seulement un « résumé fondé sur des données déclassifiées sur l’attaque », comme l’avait dit le porte-parole.

La crise est passée au second plan vers la fin du mois d’avril, alors que la Russie, la Syrie et les USA restaient concentrés sur l’annihilation de Daech et des milices d’al-Qaïda. Quelques-uns de ceux qui avaient travaillé sur la crise, toutefois, en ont gardé une inquiétude. « Les salafistes et djihadistes ont obtenu tout ce qu’ils voulaient avec ces manigances sur le gaz neurotoxique syrien », m’a dit le conseiller senior à la communauté du renseignement des USA en référence à une escalade des tensions entre la Syrie, la Russie et l’Amérique. « La question est, qu’est-ce qui se passe s’il y a une autre attaque au sarin sous fausse bannière, et qu’on en rejette la responsabilité sur la Syrie haïe ? Trump a fait monter les enchères et s’est mis tout seul le dos au mur avec sa décision de bombarder. Et n’imaginez pas que ces types ne soient pas en train de planifier une nouvelle fausse attaque. Trump n’aura pas d’autre choix que de bombarder de nouveau, et plus durement. Il est incapable d’admettre qu’il a fait une erreur. »

La Maison-Blanche n’a pas répondu à des questions spécifiques sur le bombardement de Khan Cheikhoun et de la base d’Al-Chaayrate. Ces questions ont été envoyées par e-mail à la Maison-Blanche le 15 juin et n’ont reçu aucune réponse.

Seymour Hersh

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo Pixabay

[Update]NdT : Il semble que la question soit effectivement revenue sur le tapis. La Maison-Blanche s’accroche, comme prévu, à sa version des faits et ajoute même une deuxième couche de stupidité en prévoyant, sans aucune preuve, une « nouvelle attaque au sarin » par Assad et des représailles… et en nous entraînant tous dans le risque d’un conflit ouvert avec la Russie. Voir à ce sujet Conflagration ? Sur les Chroniques du Grand Jeu.
Lire la suite

Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/06/4bmy449806582esg4g_800C450-1728x800_c.jpg

Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

Certaines sources syriennes ont fait part des agissements inhabituels américains dans le ciel syrien.

Selon la chaîne al-Mayadeen, ces nouveaux agissements des États-Unis ressemblent à ceux menés par eux avant leurs frappes balistiques sur la base militaire de Shayrat en Syrie, en avril dernier.

Ces sources ont confié à al-Mayadeen avoir observé, au cours de ces derniers jours, des activités d’espionnage inhabituelles des Américains au large de la Syrie, ce qui laisse penser qu’un incident aurait lieu.

De même, trois avions d’espionnage de la marine américaine ont effectué des vols au large de la Syrie.

Selon Sputnik, plusieurs sites occidentaux suivant les déplacements des avions militaires ont recensé les vols de trois avions de reconnaissance américains à proximité du littoral syrien, plus particulièrement de la base navale russe de Tartous.

Dans ce droit fil, Guennadi Gatilov, vice-ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde les États-Unis contre tout acte unilatéral.

Les déclarations de Washington selon lesquelles Damas serait en train de préparer des « attaques chimiques », entraveront le processus des négociations d’Astana et de Genève consacrées au règlement de la crise syrienne.

« Les tentatives US visant à faire monter la tension en Syrie sont inadmissibles », a-t-il indiqué.

Il a également réitéré que pour la Russie, l’armée syrienne ne représentait aucune menace pour les experts américains.

Pour rappel, la Maison Blanche a prétendu, mardi 27 juin, dans un communiqué sans aucun document à l’appui, que le gouvernement syrien serait en train de préparer une attaque chimique.

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i39750-agissements_inhabituels_des_états_unis_dans_le_ciel_de_la_syrie

 

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/agissements-inhabituels-des-etats-unis-dans-le-ciel-de-la-syrie/#KU1fWJYJPdIY2ekP.99

 

Lire la suite

Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/06/1031907856-1728x800_c.jpg

Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

Le pilote du vieux bombardier léger syrien Sukhoï Su-22 (« Fitter ») abattu par des F/A-18E Super Hornet US pour protéger un convoi spécial d’anciens combattants de Daech (acronyme arabe péjoratif désignant l’organisation terroriste de l’État Islamique) près d’Al-Riqqa, est parvenu à s’éjecter à temps en évitant un premier missile. Il s’appelle Ali Fahd et est père de trois enfants.

Des forces spéciales de l’armée syrienne ont pénétré en pleine nuit dans la zone où l’appareil s’est abattu pour tenter de le secourir. Une opération SAR du type le plus extrême car les hordes de Daech et des mercenaires kurdes soutenus par des Navy Seals US sont aux trousses du pilote syrien.

Dans de telles conditions, les chances de survie d’Ali Fahd sont minimes selon des analystes. Cependant, tout demeure possible. Personne ne s’attendait qu’un vieil appareil comme le Su-22, destiné principalement à l’attaque au sol puisse réussir à  esquiver une première salve de missile AA (Air-Air) de dernière génération.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/06/wp-1497901304166.jpg

Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriete plan, le nez d’un Su-22

Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriere plan, le nez d’un Su-22

Le mystère demeure quant à savoir pourquoi des F/A-18E US en provenance du Qatar se sont rués sur l’appareil syrien pour protéger un convoi spécial de Daech évoluant au sud de Tabaqa et fort éloigné des forces démocratiques kurdes (soutenues par les US).

Washington a justifié cet acte traduisant une extrême frustration par des règles d’engagement destinées à protéger les alliés de la coalition dont les forces démocratiques kurdes. Un prétexte qui ne tient pas du tout la route.

Selon certaines informations émanant de sources très au fait de la guerre de l’ombre en Syrie, le convoi transportait d’anciens combattants de Daech en phase de reconversion pour servir au sein des Maghawir Al-Thawra (les « commandos de la Révolution », un terme typiquement inventé par Washington) et avec eux se trouvaient deux responsables du département des opérations de la CIA et des agents arabisants du Mossad israélien.

source:https://strategika51.wordpress.com/2017/06/19/syrie-laviation-us-est-intervenue-pour-proteger-un-convoi-tres-special-de-daech/

 

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/syrie-laviation-us-est-intervenue-contre-un-bombardier-syrien-pour-proteger-un-convoi-tres-special-de-daech/#EtIzfYrs13XjU6XR.99

 

Lire la suite

3 questions à Bruno Drewski sur Macron et le départ d’Assad par GRÉGOIRE LALIEU

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

3 questions à Bruno Drewski sur Macron et le départ d’Assad

27 Jun 2017

Grégoire Lalieu

http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/06/macron-poutine-640x427.jpg http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/06/macron-poutine-640x427.jpg

 

Alors que le gouvernement Hollande avait fait du départ de Bachar Al-Assad une priorité absolue, Emmanuel Macron a déclaré que la destitution du président syrien n’était pas un préalable à tout. Quelques jours plus tôt, c’est l’Allemagne qui condamnait les sanctions US contre la Russie. Historien spécialiste du monde slave et maître de conférence à l’INALCO, Bruno Drewski est l’un des experts interviewés dans notre dernier livre, Le monde selon Trump. Il nous éclaire sur le revirement de Macron ainsi que sur les relations mouvantes entre les Etats-Unis et l’Europe.

 

Emmanuel Macron a déclaré que « la destitution de Bachar Al-Assad n’était pas un préalable à tout ». Un revirement de taille pour la France. Comment l’expliquez-vous ?

 

Je pense que l’évolution de la situation en Syrie impose aujourd’hui aux autorités françaises de faire preuve de réalisme. À moins de s’engager dans une guerre totale au profit des mêmes terroristes responsables des attentats en France, elles ne peuvent plus s’empêcher de voir que l’armée syrienne est en train de gagner la guerre. Même si Israël et les Etats-Unis font tout pour retarder ce scénario. Sans une décision du Pentagone, l’hypothèse d’un engagement militaire français semble exclue. Le changement de gouvernement en cours à Paris donne donc le prétexte nécessaire pour changer de ton vis-à-vis de la Syrie.

La guerre contre la Syrie et son gouvernement semblant en passe d’être perdue, le gouvernement Macron se prépare sinon à accourir au secours de la victoire, au moins à la prendre en compte. Il essaiera sans doute en même temps de limiter et de retarder le plus possible les possibilités de rétablissement et de reconstruction de ce pays « rebelle » à l’ordre occidental. La crise récente entre les monarchies du Golfe et les intérêts de ces entités dans l’économie française ont également pu pousser le gouvernement Macron à faire preuve de plus de prudence. L’avenir dira si ce changement de ton ira plus loin en direction du réalisme et d’une réelle réconciliation franco-syrienne.

 

 

Quelques jours plus tôt, l’Allemagne critiquait vivement les nouvelles sanctions que veut imposer Washington à la Russie. Assistons-nous à la fin de la lune de miel entre l’Europe et les Etats-Unis ? 

 

Depuis le début de la crise ukrainienne, l’Allemagne a toujours été divisée. D’un côté, une fraction de son patronat a un intérêt direct à coopérer le long de l’axe Eurasie-Asie, donc avec Moscou. De l’autre côté, certains continuent à suivre la politique des États-Unis, surtout à cause de la pénétration très ancienne d’importants secteurs de la bureaucratie allemande par les agents d’influence d’outre-Atlantique. La gauche allemande tend elle aussi vers une coopération avec la Russie.

Avec la crise de régime en cours à Washington, les gouvernements européens, en particulier l’Allemagne, se sentent un peu « orphelins », même s’ils gardent des contacts privilégies avec les cercles néocons (« interventionnistes libéraux » selon la nouvelle appellation « clintonienne »). Ces cercles avaient agi en faveur de l’élection de Hillary Clinton. Ils gardent une influence clef dans leur pays.

Enfin, depuis assez longtemps, les stratèges à Washington se méfient du potentiel d’autonomie de l’Allemagne et derrière elle de l’Union européenne. C’est pourquoi les Etats-Unis ont cherché à établir des relations privilégiées avec les pays de l’« Intermarium ». Terme de l’entre-deux-guerres qui recouvre l’isthme Baltique-mer Noire. Ce territoire permet de séparer l’Allemagne de la Russie par un axe Pologne-pays Baltes-Ukraine. Il pourrait éventuellement être élargi à d’autres petits pays voisins, selon le vieux modèle du « cordon sanitaire » devant entourer la Russie et la séparer de l’Europe occidentale.

 

 

Quel impact ces éventuels changements d’alliance pourraient-ils avoir sur les Etats-Unis ? Trump va-t-il se retrouver isolé sur la scène internationale ?

 

Ces évolutions tendent évidemment à affaiblir la position déjà difficile de Trump à Washington. Avec la crise de pouvoir en cours aux Etats-Unis, beaucoup de dirigeants européens jusque-là très atlantistes commencent à comprendre que le grand frère n’est plus ce qu’il était en termes de puissance, de santé économique et de cohésion interne. Cela menace la sécurité des institutions et des élites européennes qui se sentaient jusque-là protégées par le gendarme Otan. Car l’objectif de cette alliance militaire n’était pas seulement de se projeter vers l’extérieur, mais aussi de garantir la stabilité des instances dirigeantes européennes et de sécuriser les mouvements de capitaux en son sein.

Toutes ces nouvelles incertitudes ont en tout cas soulevé un vent de panique à Berlin, à Bruxelles, à Paris et ailleurs. Suffisant pour que les pays d’Europe de l’Ouest, au sein de l’UE ou de manière isolée comme le montre le Brexit, tentent à nouveau de devenir des puissances plus autonomes ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais le contexte est là : crise du capitalisme mondialisé, crise de régime aux Etats-Unis, crise de l’Union européenne, échecs des politiques de l’OTAN hors de sa zone et désaffection massive des citoyens envers les régimes occidentaux… Tout cela pourrait amener une partie au moins des élites dirigeantes à envisager une recomposition de la scène politique internationale. Cela dépendra dans une large mesure des capacités économiques des uns ou des autres à forcer le destin dans une direction ou une autre.

Par ailleurs, avec la perte du contrepoids communiste et le verrouillage grandissant du système politique, médiatique et sécuritaire, tant au niveau national que supranational, les peuples semblent aussi de plus en plus désabusés. Cela peut évidemment entrainer une passivité grandissante, mais aussi provoquer des mobilisations de plus en plus fortes. Par exemple, alors qu’il n’a rassemblé qu’un faible pourcentage d’approbation de la part des électeurs, Macron a manifesté une certaine prudence dans la foulée du scrutin. Cela témoigne sans doute d’une nervosité au sein du régime actuel. Et cela pourrait pousser Paris à prendre plus d’autonomie par rapport à Washington. Des phénomènes semblables peuvent se produire dans d’autres pays de l’Union européenne, car partout, le mécontentement est perceptible.

Je ne pense pas que les élites actuelles des différents pays européens soient néanmoins déjà prêtes à faire un saut dans l’inconnu. Car ce n’est certainement pas l’esprit visionnaire, le courage politique et l’esprit de risque qui les caractérisent. Mais on doit se rappeler qu’à la veille du démantèlement du bloc soviétique, peu nombreuses étaient les élites des nomenklaturas locales alors prêtes à sauter vers l’inconnu. Toutefois, la désagrégation interne du système a finalement entraîné un phénomène généralisé de sauve-qui-peut vers l’Ouest. On ne doit donc pas exclure aujourd’hui un retour du balancier vers l’Est avec la crise généralisée du système économique, social et politique. D’autant plus qu’à l’Est, c’est désormais aussi le capitalisme, même si là-bas il est plus encadré par l’État.

Une refonte fondamentale de l’architecture internationale est donc possible. Elle n’entrainera pas forcément un changement de régime social, économique et politique. Il faudrait pour cela une véritable reconstruction des mouvements alternatifs et révolutionnaires. La pente vers la désagrégation du camp nord-atlantique semble malgré tout engagée. Les pays européens ont tout intérêt à prendre en compte le fait que le monde est désormais multipolaire, que le processus de rapprochement eurasiatique est lancé et que ce sont les puissances eurasiatiques, en particulier la Russie, qui sont en passe de reconstruire un équilibre dans les pays du monde arabo-musulman saccagés par l’aventurisme des Etats-Unis, d’Israël et de l’Otan.

 

Source: Investig’Action

http://www.investigaction.net/fr/3-questions-a-bruno-drewski-sur-macron-et-le-depart-dassad/

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>