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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

18 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme, #La France, #Politique étrangère

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

Le centre de gravité des efforts fournis par la Jordanie en matière de renseignements militaires sera réorienté vers ce nouveau point de convergence avec la Russie, ce qui constitue un tremblement de terre majeur pour ces régions.

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

Dans une étape cruciale reflétant la volatilité des arrangements militaires et politiques dans le voisinage immédiat d’Israël, la Jordanie a décidé, presque en une seule nuit, d’instaurer un centre de commandement conjoint avec la Russie en vue d’une conduite concertée de leurs opérations en Syrie. Cela constitue un renversement radical de la politique menée par Amman. Jusqu’à présent, la Jordanie combattait par procuration contre le protégé de la Russie, Bachar al Assad, à partir d’un centre de commandement des opérations conjointes, situé au nord d’Amman, appelé le Centre de Commandement Central américain avancé en Jordanie, partie prenante d’un alignement entre les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël.

Mais cette semaine, la Jordanie s’est embarquée à bord d’un nouvel avion.

Les sources des renseignements militaires de Debkafile affirment que la décision du Roi Abdallah de Jordanie de faire équipe avec Moscou est le début d’une nouvelle donne complète, dans la chaîne de décision et le partage des renseignements. Il n’a pas l’intention pour autant de fermer son centre de commandement avec les Etats-Unis et Israël, mais le centre de gravité des efforts fournis par la Jordanie en matière de renseignements militaires sera réorienté vers ce nouveau point de convergence avec la Russie, ce qui constitue un tremblement de terre majeur pour ces régions.

Amman fait l’impossible pour minimiser ce nouveau partenariat, en le présentant comme destiné à forger une meilleure coordination dans les efforts militaires américains et russes en Syrie et dans la guerre contre l’Etat Islamique.

Cette représentation est trompeuse.

Avec tout le respect dû au Monarque jordanien ainsi qu’à ses services de renseignements militaires, ils ne sont pas exactement qualifiés pour ce rôle de coordinateur entre les deux puissances mondiales. Les Présidents américain et russe gèrent ces questions en personne. Et en fait, la décision d’instaurer cette nouvelle salle de commandement russo-jordanienne est survenue, selon nos sources à Washington et Moscou, au cours de la dernière conversation téléphonique entre les deux Présidents, le 13 janvier.

Obama avait alors mené une brève rencontre avec le Roi Abdallah sur la Base aérienne d’Andrews dans le Maryland et lui avait demandé quelques explications.

Pour les diverses milices rebelles qui détiennent de vastes secteurs du Sud de la Syrie, y compris les régions frontalières d’Israël, l’annonce de ce nouveau centre de commandement jordano-syrien est une très mauvaises nouvelle. Jusqu’à présent, la Jordanie constituait le principal débouché des rebelles, en combattants, en armes et en financements, de la part des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis. Les Etats-Unis dirigeaient même des campas d’entraînement en Jordanie pour les combattants rebelles syriens.

Ce débouché est, à présent, probablement sur le point d’être fermé ou réduit au minimum.

Les Jordaniens font l’impasse sur leur changement de stratégie, en prétendant qu’il n’est conçu que pour contraindre les rebelles syriens du Sud à accepter un cessez-le-feu et à se joindre aux négociations de paix avec les Etats-Unis et la Russie concernant l’avenir de la Syrie. Ce n’est rien d’autre qu’une façon de parler ou un vernis diplomatique masquant ses objectifs réels, qui consistent à les contraindre de renoncer à combattre contre Assad et de prendre la route de Moscou pour lui permettre de réaliser son principal objectif dans le secteur, qui est de restaurer le contrôle du régime Assad sur le Sud de la Syrie.

Dès le tout début de son intervention massive en Syrie, Poutine a tenté de persuader le Premier Ministre Binyamin Netanyahu de tirer le tapis sous les pieds des rebelles soutenus par Israël dans le Sud. Ils ont la réputation d’être une zone de sécurité nécessaire permettant de sécuriser la frontière nord d’Israël en bloquant ainsi la réaffirmation du pouvoir d’Assad dans cette partie du pays.

Le contenu des échanges entre Poutine et Netanyahu n’a été partagé que par des cercles très resserrés de confidents dans les secrets à Jérusalem et au Kremlin, aussi on en sait très peu de façon fiable sur leurs zones grises d’accords et de divergences.

Il ne fait aucun doute que le Premier Ministre a exprimé fermement les préoccupations constantes d’Israël, tenant au fait que dès que Assad reprendra le contrôle du Sud, il ouvrira toute grande la porte vers la frontière israélienne et laissera entrer ses alliés et ennemis jurés d’Israël, le Hezbollah et les milices chiites essentiellement irakiennes sous le commandements des officiers supérieurs des Gardiens de la Révolution.

En faisant équipe avec la Jordanie pour constituer une salle de commandement des opérations secrètes dans le Sud de la Syrie, Poutine a tourné le dos à Netanyahu pour mettre dans sa poche un aide de camp lui permettant d’évincer les rebelles syriens du Sud du pays.

Source: debka

via: https://infosdanyfr.wordpress.com/2016/01/15/poutine-contourne-israel-et-ouvre-un-qg-en-jordanie/

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Plus d’un million de réfugiés rentrés en Syrie grâce à la Russie. Le 18 janvier 2016

18 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La France, #Terrorisme, #La Russie

 Plus d’un million de réfugiés rentrés en Syrie grâce à la Russie. Le 18 janvier 2016

L’aide de la Russie au gouvernement syrien a permis de reprendre à Daech des territoires immenses et de libérer 217 localités.

Selon Contra Magazin autrichien, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a exprimé la reconnaissance de son pays à la Russie dont les frappes aériennes, dix fois plus efficaces que les frappes américaines, ont permis à plus d’un million de réfugiés de rentrer chez eux.

L’aide de la Russie au gouvernement syrien dans la lutte contre divers groupes terroristes, au premier chef contre Daech, s’est avérée très réussie, écrit le média. Grâce au soutien de la Russie, de vastes territoires ont été repris et de nombreux réfugiés sont rentrés chez eux.

Contra Magazin rapporte que les forces aériennes russes ont tiré 97 missiles de croisière contre des sites de Daech. Depuis le 30 septembre dernier, la Russie a mené 5663 attaques contre les positions des terroristes et a libéré 217 localités et plus de 1000 kilomètres carrés de territoire syrien.L’opération militaire russe en Syrie dure déjà depuis plus de 100 jours et le ministère russe de la Défense a présenté un nouveau rapport sur les opérations des forces armées avec vidéos à l’appui.

En octobre dernier, le Contra Magazin a communiqué que la participation militaire russe avait permis à plus de 800 000 réfugiés syriens de regagner leur domicile. A l’heure actuelle, leur nombre a largement dépassé le million.

« Nous sommes reconnaissants à la Russie », a dit le ministre avant de faire les éloges de la coordination entre les forces armées syriennes et russes.

source: http://fr.sputniknews.com/international/20160117/1021004400/refugies-rentrent-syrie-operation-russe.html#ixzz3xZb4iUMF

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La Syrie est le Stalingrad du Moyen-Orient. Par Andre Vltchek.

15 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

La Syrie est le Stalingrad du Moyen-Orient


Andre Vltchek

Par Andre Vltchek – Le 2 janvier 2016 – Source New Eastern Outlook

Jour et nuit, depuis des années, une force écrasante a violenté ce pays tranquille, l’un des berceaux de la civilisation humaine.

Des centaines de milliers de gens sont morts, et des millions ont été forcés de fuir à l’étranger ou ont été déplacés à l’intérieur du pays. Dans beaucoup de villes et de villages, il ne reste plus une maison intacte.

Mais la Syrie, contre vents et marées, est toujours debout.

Pendant ces trois dernières années, j’ai travaillé dans presque tous les pourtours de la Syrie, découvrant la naissance d’État islamique dans les camps gérés par l’Otan construits en Turquie et en Jordanie. J’ai travaillé dans les Hauteurs du Golan occupées, et en Irak. J’ai aussi travaillé au Liban, un pays actuellement forcé d’accueillir plus de 2 millions de réfugiés (la plupart syriens).

La seule raison pour laquelle l’Occident a commencé son épouvantable campagne de déstabilisation était qu’il «ne pouvait pas tolérer» la désobéissance de la Syrie et la nature socialiste de son État. En bref, la manière dont l’establishment syrien plaçait le bien-être de son peuple au-dessus des intérêts des entreprises multinationales.

*

Il y a plus de deux ans, mon ancienne monteuse de cinéma indonésienne a exigé une réponse sur un ton quelque peu fâché :

«Il y a tant de gens qui meurent en Syrie ! Cela en vaut-il vraiment la peine ? Ne serait-ce pas plus facile et mieux pour les Syriens de seulement renoncer et de laisser les États-Unis avoir ce qu’ils exigent ?»

Chroniquement pétrifiée, cette jeune femme recherchait toujours des solutions faciles qui la maintiendraient en sécurité, et en sécurité avec des avantages personnels importants. Comme beaucoup d’autres du même âge dans cette époque, afin de survivre et d’avancer, elle a développé un système complexe reposant sur les trahisons, l’autodéfense et les leurres.

Comment répondre à une telle question ? Elle est légitime, après tout.

Eduardo Galeano m’a dit : «Les gens savent quand il est temps de se battre. Nous n’avons pas le droit de le leur dire… mais quand ils le décident, nous avons l’obligation de les soutenir, et même de les conduire s’ils nous sollicitent.»

Dans ce cas, le peuple syrien a décidé. Aucun gouvernement, aucune force politique ne pourrait pousser un pays entier à un héroïsme et à un sacrifice aussi énormes. Les Russes l’ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale, et les Syriens le font aujourd’hui.

Il y a deux ans, j’ai répondu de la manière suivante : «J’ai été témoin de l’effondrement total du Moyen-Orient. Plus rien ne tenait debout. Les pays qui avaient choisi leurs propres voies ont été littéralement rasés. Les pays qui ont succombé aux diktats de l’Occident ont perdu leur âme, leur culture et leur essence et ont été transformés en certains des endroits les plus misérables sur la terre. Et les Syriens le savaient : s’ils se rendaient, ils seraient transformés en un autre Irak, Yémen ou Libye, ou même en un Afghanistan.»

Et donc la Syrie s’est levée. Elle a décidé de lutter, pour elle-même et pour sa région du monde.

Encore et encore, elle s’est maintenue à travers l’élection de son gouvernement. Elle s’est appuyée sur son armée. Quoi que dise l’Occident, quoique écrivent les ONG traîtresses, la simple logique le prouve.

Ce pays modeste ne possède pas ses propres médias puissants pour partager avec le monde l’étendue de son courage et de son agonie. Ce sont toujours les autres qui commentent son combat, souvent de manière totalement malveillante.

Mais il est indéniable que si les forces soviétiques ont stoppé l’avance des nazis allemands à Stalingrad, les Syriens ont réussi à arrêter les forces fascistes des alliés occidentaux dans cette partie du monde.

Bien sûr, la Russie a été directement impliquée. Bien sûr, la Chine se tenait là, bien que souvent dans l’ombre. Et l’Iran a apporté son soutien. Et le Hezbollah basé au Liban a fait face, ce que je décris souvent comme un combat épique pour le compte de Damas contre les monstres extrémistes inventés et armés par l’Occident, la Turquie et l’Arabie saoudite.

Mais le crédit principal doit revenir au peuple syrien.

Oui, aujourd’hui il ne reste rien du Moyen-Orient. Aujourd’hui, il y a plus de larmes que de gouttes de pluie qui coulent sur cette terre ancienne.

Mais la Syrie résiste. Brûlée, blessée, mais debout.

Et comme cela a été largement rapporté, après que les forces armées russes sont venues à la rescousse de la nation syrienne, plus d’un million de Syriens ont pu retourner chez eux… Souvent pour ne retrouver que cendres et dévastation, mais chez eux.

Comme les gens sont retournés à Stalingrad, il y a 70 ans.

*

Donc quelle serait maintenant ma réponse à la question de savoir «si l’autre voie ne serait pas plus facile», celle de se rendre à l’Empire ?

Je suppose que ce serait quelque chose comme ça :

«La vie a un sens, elle n’est digne d’être vécue que si certaines conditions de base sont remplies. On ne trahit pas un grand amour, que ce soit l’amour pour une autre personne ou l’amour de sa patrie, de l’humanité ou des idéaux. Si on le fait il vaudrait mieux ne pas être né du tout. Alors je dis : la survie de l’humanité est le but le plus sacré. Pas quelque gain à court terme ou la sécurité, mais la survie de nous tous, des gens, ainsi que la sécurité pour nous tous, les êtres humains.»

Lorsque la vie elle-même est menacée, les gens tendent à se lever et à combattre, instinctivement. Dans de tels moments, quelques-uns des chapitres les plus monumentaux de l’histoire humaine sont écrits.

Malheureusement, pendant ces moments, des millions meurent.

Mais la dévastation n’est pas due à ceux qui défendent notre espèce humaine.

Elle est due aux monstres impérialistes et à leurs serviteurs.

La plupart d’entre nous rêvent d’un monde sans guerre, sans violence. Nous voulons que la vraie bonté l’emporte sur la terre. Beaucoup d’entre nous travaillent sans relâche pour une telle société.

Mais jusqu’à ce qu’elle soit construite, jusqu’à ce que tout l’égoïsme extrême, l’avidité et la brutalité soient vaincus, nous devons lutter pour quelque chose de beaucoup plus modeste – pour la survie des personnes et de l’humanisme.

Le prix est souvent terrible. Mais l’alternative est un énorme vide. Ce n’est rien, simplement – la fin, l’arrêt complet !

A Stalingrad, des millions sont morts pour que nous puissions vivre. Rien n’est resté de la ville, à part quelque acier fondu, des briques éparses et un océan de cadavres. Le nazisme était stoppé. L’expansionnisme occidental a entamé sa retraite, cette fois en direction de Berlin.

Aujourd’hui la Syrie, calmement mais stoïquement et héroïquement, résiste aux plans occidentaux, qataris, saoudiens, israéliens et turcs de mettre fin au Moyen-Orient.

Et les Syriens ont gagné. Pour combien de temps, je ne sais pas. Mais ils ont prouvé qu’un pays arabe peut encore vaincre les hordes meurtrières les plus puissantes.

Andre Vltchek est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a créé Vltchek’s World, il est un utilisateur de Twitter engagé et travaille en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Ludovic, relu par Literato pour le Saker francophone

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La vérité sur la situation en Syrie. Interview avec Mme Roueida KHOURY, présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix ».

15 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Politique étrangère, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #AMERIQUE, #La Turquie

La vérité sur la situation en Syrie. Interview avec Mme Roueida KHOURY, présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix ».

 

Les médias occidentaux n’arrêtent pas de raconter que Bachar el Asad – une incarnation du diable sur Terre – fait la guerre contre l’« opposition modérée ». Qu’est ce qui se cache derrière ce terme ? Qui sont ces groupes qui bénéficient du soutien quasi-total des pays de l’OTAN ? Comment était la Syrie avant la guerre ? Au nom de quoi a été détruit et plongé dans le chaos ce pays paisible où toutes les religions cohabitaient ? Comment vit la population au quotidien ?

Interview avec Mme Roueida KHOURY, présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix »

Paris, le 6 octobre 2015

 

00′ 07″ – Différence entre Daesh et les terroristes « modérés ».

11′ 30″ – Tactiques du déclenchement des hostilités. Répartition géographique des forces.

24′ 30″ – Motivations des gens qui soutiennent Bachar el Assad.

26′ 50″ – Attitude de différentes confessions envers le gouvernement.

31′ 10″ – Relations entre différentes confessions.

33′ 46″ – Syrie d’avant la guerre.

35′ 40″ – Vie quotidienne des gens pendant la guerre.

41′ 35″ – Soutien militaire de l’aviation russe à l’armée syrienne.

43′ 54″ – Présentation de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix »

Réalisé par EdT

Présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix »

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La presse de l’Ouest affame de vérité sur la Syrie.

14 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #L'OTAN.

La presse de l’Ouest affame de vérité sur la Syrie.
 

La presse occidentale raconte à nouveau des mensonges éhontés et des demi-vérités sur la famine dans les villes syriennes libérées du blocus. De fausses images d’enfants émaciés sont aussi publiées pour appuyer leurs  racontars frauduleux.

Prenez l’image de la petite fille sous-alimentée que la BBC et le journal britannique Independent ont affirmé être de la ville syrienne de Madaya. Il s’avère que la fillette vient du Sud Liban. Son nom est Marianna Mazeh. La photo largement publiée cette semaine par la presse de l’Ouest date de trois ans. Néanmoins, les mêmes médias racontent qu’elle est l’une des habitantes de la ville syrienne de Madaya qui, selon les mêmes menteurs, aurait été assiégée par les forces gouvernementales du Président Bachar el-Assad.

Il s’avère aussi que la famille de Marianna est furieuse que son image triste soit mise en circulation à des fins de propagande. « Je vis à Tayr Filsey [Sud Liban], pas à Madaya, et je suis très bien, » a dit la petite fille à l’agence de presse Al Manar. Elle est maintenant âgée de sept ans et s’est apparemment complètement remise de son ancien état maladif. La raison de sa maladie passée n’est pas claire.

Un tout-petit est soutenu devant la caméra dans cette image d’une vidéo dite tournée à Madaya le 5 janvier 2016

Un tout-petit est soutenu devant la caméra dans cette image d’une vidéo dite tournée à Madaya le 5 janvier 2016

Mais ce qui est clair, c’est que les médias occidentaux ont été pris – une fois encore – à falsifier la réalité sur les villes syriennes prises à présent libérées.

La chaîne publique britannique BBC nous dit qu’il y a jusqu’à 400 000 personnes détenues dans quelques 15 villes assiégées en Syrie. La BBC et les autres médias occidentaux disent que ces endroits « sont tenus par les rebelles » et, par un procédé purement mensonger ou des demi-vérités, ils en déduisent qu’ils sont assiégés par l’armée syrienne aidée par les miliciens du Hezbollah et les forces aériennes russes.

Parfois, comme le New York Times l’a rapporté cette semaine, les médias occidentaux laissent échapper que « des gens tentant de fuir » les villes occupées sont abattus. Ils se font tirer dessus – par les soi-disant rebelles qui gardent les habitants en otages, mais le New York Times a omis ce fait.

La demi-vérité que les médias occidentaux omettent, c’est que de nombreuses villes syriennes ont été, et sont encore, envahies par des milices de mercenaires soutenues depuis l’étranger. Ce sont des terroristes, pas des « rebelles », appartenant à des groupes comme le soi-disant État islamique, le Front al Nusra et Jaish al-Islam. Tous adhèrent à une version tordue, corrompue de l’Islam, qui décrète que tout opposant peut être décapité ou que ses enfants peuvent être violés.

Selon les médias occidentaux, les forces du « régime syrien » ont bloqué des villes et se servent de la famine comme arme contre les habitants. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

Les populations ont été prises en otage par des groupes terroristes et servent de « boucliers humains » pour empêcher l’armée syrienne d’avancer afin de libérer ceux qui sont détenus contre leur volonté.

Cette semaine, les villes assiégées signalées dans les actualités sont Madaya, près de la capitale Damas, ainsi que les régions au nord de Kefraya et Foua. Mais la même situation de siège, et de libération éventuelle, s’est répétée auparavant dans bien d’autres villes et villages, comme Zabadani, Kessab, Adra, Homs et Maloula.

Dans tous les cas, les habitants ont accueilli l’armée syrienne à bras ouverts, comme des « libérateurs » – reconnaissants d’avoir été libérés du cauchemar de la captivité sous des mercenaires soutenus de l’étranger. Leur état d’inanition et de maltraitance générale n’est pas dû au prétendu blocus des forces étatiques syriennes, comme le racontent les médias occidentaux, mais est plutôt la conséquence directe d’avoir été enlevés en masse par les mercenaires.

Le Dr Declan Hayes, militant d’Irish peace, nous a dit avoir été témoin en 2014 de la libération de Maloula, près de la frontière du Liban. Il nous a raconté :

C’était le dimanche de Pâques, le 24 avril, quand nous entrâmes dans la ville avec les forces de l’armée syrienne. Elle avait été prise par des mercenaires depuis plusieurs mois. Nous avons été accueillis par les acclamations des enfants, des jeunes et des vieux chrétiens et musulmans agitant des drapeaux. L’atmosphère était euphorique.

Vous auriez dû voir les destructions à Maloula pour le croire. Tout avait été détruit par les occupants mercenaires. Les gens étaient encore en état de choc des brutalités endurées. Décapitations, fusillades, enlèvements, viols. Les soi-disant djihadistes avaient couvert les murs de graffitis qui disaient : « Couper les têtes de nos ennemis nous rapproche de Dieu. »

Ce sont ces mêmes mercenaires que les régimes occidentaux et leur presse qualifient de « rebelles ». Comme le siège de Madaya et d’autres villes a été levé cette semaine, les médias occidentaux ont pondu une fable disant que Maloula avait été aussi assiégée par l’armée syrienne.

La raison pour laquelle l’Ouest parle de « rebelles », et surtout pas de « terroristes », réside bien sûr dans le fait que les terroristes sont pris en charge par les régimes occidentaux et leurs alliés régionaux, Saoudie, Qatar et Turquie. Des demi-vérités sont inventées parce que la vérité révèle de façon atterrante la réalité, la nature criminelle des régimes occidentaux sponsorisant leur guerre secrète en Syrie pour leur magouille illicite visant à renverser l’administration Assad.

Le Dr Hayes dit que les villes et les communautés syriennes ont été plongées méthodiquement dans une folie clinique. Le but étant de détruire le riche tissu pluraliste de la société et la culture syrienne. Il explique :

Maloula est l’un des premiers lieux chrétiens du monde. Les gens y parlent l’araméen datant de l’époque de Jésus. Mais la communauté comprend aussi des Musulmans, sunnites, chiites, alaouites, druzes, et des gens d’autres religions. Ils ont vécu ensemble en paix pendant des siècles. Maloula est l’incarnation de la plus tolérante société syrienne. Elle coexiste pacifiquement dans le pluralisme.

Depuis que le conflit a éclaté en mars 2011, ce que les mercenaires soutenus de l’étranger ont essayé de faire, c’est de détruire la mosaïque de la société syrienne en brutalisant les communautés et en tentant de faire pénétrer des schismes sectaires.

Hayes estime que les hordes de mercenaires qui se déchaînent en Syrie depuis les cinq dernières années, sont dirigés par l’intelligence militaire de l’Ouest, CIA étasunienne et MI6 britannique, avec le renseignement turc. « Le commandement et le contrôle de ces terroristes se trouve en dehors de la Syrie. Les terroristes suivent un plan démoniaque, mais délibéré, visant à détruire la société. »

La presse de l’Ouest est l’arme propagandiste de l’agression terroriste parrainée par des États contre la Syrie. Une tempête démolissant tout a été déchaînée à l’intérieur du pays pour le transformer en État raté, comme tant d’autres pays où les puissances occidentales ont interféré illégalement « pour apporter la démocratie ».

Fin septembre 2015, l’intervention militaire russe à tiré la Syrie du bord du gouffre. Ce sont les forces aériennes russes, ainsi que les forces terrestres de l’armée syrienne, du Hezbollah et de l’Iran, qui contraignent maintenant les terroristes à capituler. D’où la fin rapide de tant de sièges.

Tissant toujours plus de mensonges, les médias occidentaux tentent à présent de dire à leur public que le « malveillant régime Assad » change (inexplicablement) d’avis et autorise les convois d’aide pour les populations touchées par la famine.

La vérité est que les Syriens sont tenus captifs par les terroristes mis en scène par l’Ouest.

Un siège d’un autre genre est aussi forcé sur l’esprit du public occidental par la presse occidentale ; il consiste à l’affamer de vérité.

Sputnik International, Finian Cunningham

Original : sputniknews.com/columnists/20160111/1032965548/west-syria-media-misinformation.html
Traduction Petrus Lombard

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Syrie : Qui affame vraiment la population de Madaya ? (MàJ)

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

lundi 11 janvier 2016

Syrie : Qui affame vraiment la population de Madaya ? (MàJ)

 
 
 
Sa photo a servi pour plusieurs faux articles, tantôt présentée comme une jeune syrienne en Jordanie, tantôt comme une palestinienne bloquée à Madaya
 
Photo de Marianna en 2014
Marianna Aujourd'hui
Parmi les multiples photos diffusées sur les réseaux sociaux sensées prouver la prétendue famine  de Madaya, ville de 40.000 habitant occupée par la rebellion dite "modérée" située à 30 km de Damas près de la frontière libanaise, les médias relayant la propagande anti-Bachar faisaient récemment circuler un fake ignoble pour faire croire que cette petite fille prétendument palestinienne, dont la photo de 2014 avait été très diffusée et faussement présentée comme celle d'une réfugiée syrienne prise en Jordanie, était en train de mourir de faim à Madaya. En réalité, si elle a effectivement bien grandi, elle va bien et se trouve au Sud Liban (elle est en fait libanaise*), région sous la protection des "méchants" alliés du pouvoir syrien, le Hezbollah...
 
 Ses parents ont fait publier une vidéo (voir ci-dessous) pour démentir les rumeurs et montrer que leur petite fille n'a rien à voir dans tout ça...

Vidéo où Marianna dément elle-même etre une victime de la "famine de Madaya"

 
 
Quelques-uns des montages de propagande sur la soit-disant famine de Madaya. (cliquez sur l'image pour l’agrandir)
 
En Réalité,
Les camions d'aide humanitaire du gouvernement syrien, du Croissant Rouge et de l'ONU sont entrés dans la localité de Madaya. Le problème va être de veiller à ce que l'aide atteigne bien la population et ne soit pas détournée par les "rebelles modérés" pour etre revendue à prix d'or aux pauvres civils comme ils l'ont fait avec les convois d'aide précédents du gouvernement de Damas et dont témoignent les habitants de la ville dans la vidéo ci-dessous :

(activer les Sous-titres en français en bas à droite de la vidéo)

Mise A Jour (12.01) :

Les premiers camions d’aide humanitaire sont arrivés dans la ville syrienne assiégée de Madaya. Mais il n’est pas dit que les civils puissent en profiter car les 600 rebelles réfugiés dans la ville pourraient bien faire main basse sur la nourriture. (VOST FR)

Reportage de RT en anglais sur l'arrivée des secours + Débunkage des fakes publiés par la rébellion sur les "affamés de Madaya" (en réalité, affamés par les rebelles)

Publié par Bertrand Riviere

http://gaideclin.blogspot.fr/2016/01/syrie-qui-affame-vraiment-la-population.html

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L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #l'ONU, #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #La guerre, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #le nazisme

L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949

 
NATO-Russia

 

En 1990, après la chute du Mur de Berlin, le président américain George H. W. Bush, par l’intermédiaire de son secrétaire d’État James Baker, promit au Premier secrétaire Mikhaïl Gorbatchev qu’en échange de la coopération soviétique dans la réunification allemande, l’Otan, alliance de la Guerre froide, ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’Est, en direction de la Russie. Baker dit à Gorbatchev : «Écoutez, si vous retirez vos 300 000 troupes d’Allemagne de l’Est et permettez la réunification de l’Allemagne dans le cadre de l’Otan, l’Otan ne s’étendra pas d’un pouce vers l’Est.»

L’année suivante, l’Union soviétique se désintégrait officiellement. Son alliance militaire défensive (le Pacte de Varsovie) s’était déjà dissoute. La Guerre froide était finie.

Pourquoi l’Otan ne s’est-elle alors pas dissoute mais au contraire s’est-elle étendue sans cesse, encerclant la Russie européenne ? Pourquoi n’est-ce pas un sujet central de discussion et de débat dans ce pays ?

L’Otan : une alliance anti-russe de la Guerre froide

Certains doutent que l’engagement de Bush ait jamais été pris, bien que Baker l’ait répété publiquement en Russie. Ou prétendent que l’engagement ne fut jamais mis par écrit d’où sa nullité légale. Ou prétendent que toute promesse faite aux dirigeants de l’Union soviétique, qui disparut en 1991, est inapplicable aux relations russo-américaines postérieures. Mais il est clair que les États-Unis, à la consternation des dirigeants russes, ont continué à se confronter à leur ennemi de la Guerre froide, principalement via l’expansion de l’Otan. Cette expansion n’est pas commentée dans les médias de masse américains qui traitent l’entrée d’une nouvelle nation dans l’Otan comme de l’entrée d’un nouvel État dans l’ONU, comme si c’était naturel et non problématique.

Mais rappelez-vous quelques points de l’histoire. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) fut créée le 4 avril 1949 comme une alliance militaire contre l’Union soviétique, principalement contre la Russie, composée initialement des États-Unis, du Canada, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, du Danemark, de l’Islande, de la Norvège et du Portugal.

Elle se forma quatre ans après que les Soviétiques prirent Berlin d’assaut battant les nazis. (Comme vous le savez, l’Allemagne envahit la Russie six mois avant que le Japon n’attaque Pearl Harbour ; les États-Unis et la Russie furent alliés contre les fascistes ; les victoires clés dans la guerre européenne – Moscou, Stalingrad, Koursk – furent des victoires soviétiques contre les nazis. Les soldats US ne traversèrent le Rhin que le 22 mars alors que l’armée Rouge se rapprochait de Berlin, prenant la ville entre le 16 avril et le 2 mai, au prix de la mort de 80 000 Soviétiques. Si vous ne savez pas cela, vous n’avez pas reçu d’éducation correcte !)

Dans les quatre ans qui séparent la mort de Hitler de la formation de l’Otan, les deux grands vainqueurs de la guerre divisèrent l’Europe en zones d’influence. L’Union soviétique voisine avait contribué de façon écrasante à la défaite fasciste : plus de 8 millions de militaires et 12 millions de civils furent tués, comparés aux pertes des lointains États-Unis, qui subirent 186 000 morts en Europe et 106 000  dans le Pacifique.

Il peut sembler étrange que le moindre des héros de l’histoire (dans ce conflit épique contre le fascisme) ait reçu la plus grosse part du gâteau après la bataille : les États-Unis créèrent un bloc incluant la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, la plus grande partie de l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la plupart de la Scandinavie, alors que les Soviétiques imposèrent leur hégémonie – ou essayèrent – sur leur États clients moins riches. Mais les Soviétiques ne furent en aucun cas principalement intéressés à attirer les nations les plus riches dans leur orbite. Si tel avait été le cas, ils n’auraient pas retiré leurs troupes d’Autriche en 1955.

Au contraire, la Russie qui fut envahie plusieurs fois dans l’histoire depuis l’Ouest – par la Suède, la Lituanie, la Pologne, la France et l’Allemagne –, voulait surtout sécuriser sa frontière occidentale. Pour assurer l’établissement de régimes amis, elle organisa des élections en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et ailleurs (ces élections avaient autant de légitimité que celles tenues sous occupation américaine de l’Irak ou de l’Afghanistan ces dernières années ou n’importe quand en Amérique latine). Elles engendrèrent les républiques populaires d’Europe de l’Est.

Les États-Unis et les Britanniques grommelèrent contre les avancées géopolitiques de leur allié de guerre. En mars 1946, l’ex-premier ministre Winston Churchill, en visite aux États-Unis, fit allusion à un rideau de fer tombant sur l’Europe (peut être utilisait-il sans le savoir l’expression que Joseph Goebbels avait utilisée 13 mois plus tôt. Le ministre allemand de la propagande avait déclaré à un journal que «si le peuple allemand déposait les armes, les Soviétiques occuperaient toute l’Europe. Un rideau de fer tomberait sur cet énorme territoire»). Très effrayant.

Mais les États-Unis travaillaient dur à l’époque pour consolider leur propre bloc en Europe. En mai 1947, la CIA força les gouvernements italien et français à purger les ministres communistes des cabinets formés après les succès électoraux des années précédentes. (Les États-Unis avaient un énorme pouvoir acheté par les 13 milliards de dollars du Plan Marshall à partir d’avril 1947, destiné à raviver le capitalisme européen et à diminuer l’attractivité du marxisme).

Le chef de la station de la CIA à Rome se vanta plus tard que sans la CIA, qui finança une campagne incitant à la peur des Rouges et fomenta des clashs violents ayant fait parfois des victimes lors de meetings, «le Parti communiste aurait sûrement gagné les élections italiennes en 1948». (Toute personne qui pense que les Soviétiques truquèrent leurs élections alors que par principe, les États-Unis facilitèrent des élections honnêtes est un indécrottable naïf.)

Pendant ce temps – avant l’établissement de l’Otan en avril 1949 – les États-Unis et la Grande Bretagne avaient mené à partir de 1946 une guerre en Grèce, en faveur de la monarchie et contre les forces communistes qui avaient été la colonne vertébrale du mouvement anti-fasciste durant la Seconde Guerre mondiale. Les communistes jouissaient d’un large appui populaire et auraient pu gagner la guerre civile si les Soviétiques les avaient soutenus. Mais en respectant l’accord sur les zones d’influence établi à Yalta et à Potsdam, Staline ignora les appels à l’aide des communistes grecs et yougoslaves. Les partisans grecs capitulèrent en octobre 1949, six mois après la formation de l’Otan. (Mais l’Otan ne fut pas déployée durant cette intervention militaire qui fut considérée comme la première opération militaire de la Guerre froide des États-Unis selon la doctrine Truman, anti-communiste au sens large.)

Exactement un mois après la formation de l’Otan, les dirigeants pro-américains en Allemagne de l’Ouest annoncèrent unilatéralement la formation de la République fédérale d’Allemagne. (La République démocratique allemande, pro-soviétique, fut déclarée seulement six mois plus tard. Comme en Corée, les Soviétiques soutenaient la réunification des territoires occupés. Mais les États-Unis avaient l’intention d’établir des États clients et de diviser des nations, si nécessaire, pour endiguer les percées soviétiques. Ce fut aussi le cas avec le Vietnam.)

Quatre mois après la création de l’Otan, les Soviétiques effectuèrent leur premier test nucléaire avec succès. La Guerre froide commençait pour de bon.

L’Otan fut formée pour se confronter agressivement à l’URSS et exploiter les peurs d’une supposée menace d’attaque soviétique vers l’Ouest (pour imposer le système social soviétique à des peuples qui n’en voulaient pas). Cette menace ne s’est bien sûr jamais matérialisée. Les Soviétiques coupèrent Berlin-Est de la partie Ouest par le mur de Berlin pour éviter des évasions massives embarrassantes. Mais ils n’envahirent jamais l’Allemagne de l’Ouest et ne provoquèrent aucun conflit avec une nation de l’Otan durant la Guerre froide. (En fait, par comparaison avec les carnages qui s’abattirent sur l’Europe depuis 1989, des guerres civiles dans les Balkans et dans le Caucase aux bombardements terroristes de Londres, Madrid et Paris et au putsch néo-fasciste en Ukraine l’année dernière, la Guerre froide apparaît rétrospectivement comme une longue période de prospérité et de paix relative sur le continent.)

Comparons les Agressions US et Russo/Soviétiques durant la guerre froide

L’OTAN s’agrandit en 1952, incorporant la Grèce pacifiée et son rival historique, la Turquie. En 1955, il amena la RFA en son sein. A ce moment seulement, en mai 1956, 7 ans après la formation de l’OTAN, les Soviétiques établirent en réponse leur propre alliance militaire défensive. Le traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle (Pacte de Varsovie) n’incluait que 8 nations (contre 15 pour l’OTAN) : L’URSS, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et l’Albanie.

Les forces du Pacte de Varsovie ne se déployèrent qu’une fois durant la guerre froide, pour écraser le mouvement de réforme en Tchécoslovaquie en 1968 (Elles ne furent pas utilisées durant la répression de la « révolution hongroise » de 1956, qui eut lieu cinq mois après la fondation de l’alliance. Cette opération fut effectuée par des troupes soviétiques et des forces loyalistes hongroises.). L’intervention en Tchécoslovaquie provoqua le retrait de l’Albanie du Pacte alors que la Roumanie protesta et refusa d’envoyer des troupes. Pratiquement, le Pacte fut réduit à 6 membres à comparer aux 15 de l’OTAN. L’alliance occidentale s’agrandit à 16 quand l’Espagne la rejoignit en 1982.

Entre 1945 et 1991 (quand le pacte de Varsovie et l’URSS se désintégrèrent), les Etats-Unis se sont engagés dans trois guerres majeures (Corée, Vietnam, Golfe Persique), ont envahi la Grenade et le Panama, sont intervenus militairement au Guatemala, République Dominicaine, Liban, Cuba, Cambodge, Laos, Nicaragua, Haïti et dans d’autres pays.

Durant la même période, les soviétiques ont envahi deux fois des nations est-européennes (la Hongrie 1956 et la Tchécoslovaquie 1968), pour maintenir le statu quo. Ailleurs, il y eut un bref conflit frontalier avec la Chine qui fit 150 morts de chaque coté. Et les Soviétiques ont bien sûr envahi l’Afghanistan en 1979 pour consolider le régime laïque aux prises avec l’opposition islamiste. C’est tout. En fait, si vous comparez avec le bilan américain, le leur est un peu maigre pour une superpuissance.

Cette opposition islamique en Afghanistan, comme nous le savons, s’est transformée en Talibans, al-Qaeda et le groupe fondé en Irak par l’ancien rival de Ben Ladan Abu Moussah al Zarqawi appelé maintenant ISIL ou Etat Islamique. Appelés, presque affectueusement par la presse américaine en 1980 moudjahidines (ceux qui sont engagés dans le djihad), ces militants religieux ont été glorifiés comme des combattants anti communistes sacrés par le conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter Zbigniew Brzezinski.

Brzezinski annonça au président américain six mois avant que les soviétiques n’envoient de troupes qu’en soutenant les djihadistes les US pourraient provoquer une intervention militaire soviétique. Les Etats-Unis, déclara-t-il, ont l’opportunité d’infliger aux Soviétiques leur guerre du Vietnam et peuvent saigner les Soviétiques comme ils ont saigné les Etats-Unis au Vietnam.

Attardons nous un moment sur la moralité de ceci. Les soviétiques ont aidé les vietnamiens à combattre un régime impopulaire soutenu par les Etats-Unis et à confronter l’horreur des assauts américains contre leur pays. Maintenant, en retour, comme Brzezinski le déclara, les Etats-Unis pouvaient aider les extrémistes islamistes à l’esprit médiéval à provoquer une intervention soviétique pour tuer des jeunes conscrits soviétiques et empêcher l’avènement de la modernité.

Les djihadistes anti-soviétiques furent accueillis à la Maison Blanche par le président Ronald Reagan pendant une visite en 1985. Reagan, montrant peut-être les premiers symptômes d’Alzheimer, clama qu’ils étaient « l’équivalent moral des pères fondateurs de l’Amérique ». A cette époque, une grande partie de l’aide américaine (CIA) aux moudjahidines était destinée à Gulbudding Hekmatyar, un féroce chef de guerre maintenant aligné avec les Talibans. Comme de nombreux anciens alliés des US (incluant Saddam Hussein) tombés en disgrâce, il fut la cible d’au moins une frappe ratée par drone en 2002.

Donc le seul et unique conflit militaire prolongé soviétique durant la guerre froide, de décembre 1979 à février 1989 et qui a coûté 14’000 vies soviétiques, fut un conflit avec ce que les experts américains vont appeler « terrorisme islamiste »

Les Soviétiques n’ont sûrement pas affronté des anticommunistes désirant la « liberté » comme cela peut être conceptualisé dans certaines idéologies modernes. L’ennemi incluait des leaders tribaux et des religieux qui s’opposaient à tout changement du statut des filles et des femmes, en particulier leur code vestimentaire et leur soumission à l’autorité patriarcale en matière de mariage.

Les révolutionnaires soutenus par les soviétiques étaient confrontés à des fanatiques ignorants des besoins médicaux des femmes, hostiles à l’idée de cliniques publiques et opposés à l’éducation des femmes. (En fait, les soviétiques ont réussi à augmenter le taux d’alphabétisation des femmes durant les années 80 – un fait non égalé par les nouveaux occupants depuis 2001 – mais ceci était principalement dû au fait qu’ils gardèrent le contrôle de Kaboul, où les femmes purent non seulement recevoir une éducation, mais aussi se déplacer sans foulards.)

Cette époque prit fin quand le régime de Mohammad Najibullah installé par les soviétiques fut renversé par les forces de l’alliance du Nord en Avril 1992. Les choses empirèrent. La guerre civile entre le pachtoune Hekmatyar et ses rivaux tadjiks éclata immédiatement et les forces d’Hekmatyar bombardèrent brutalement la capitale – chose qui n’était jamais arrivée durant les pires jours de la période soviétique.

Pendant que la guerre civile s’aggravait, les Talibans apparurent, se présentant comme des leaders moralement justes inspirés par la Shariah. Acquérant une large base sociale, ils prirent Kaboul en septembre 1996. Un de leurs premiers actes fut de saisir Najibullah, qui s’était réfugié dans un bâtiment des Nations Unis trois ans plus tôt , de le castrer et de le pendre en public, lui refusant un enterrement selon les rites musulmans.

Juste au moment où les néoconservateurs clamaient le triomphe du capitalisme sur le communisme et la supposée fin de l’histoire, le monstre de Frankenstein de l’Islamisme sortait sa vilaine tête. Il n’y eut pas de larmes pour Najibullah dans les capitales occidentales. Mais les Talibans étaient considérés avec inquiétude et dégoût et le siège aux Nations Unies resta aux mains du régime de l’alliance du Nord qui ne contrôlait que 10% du pays.

Comment la Guerre Froide encouragea l’Islamisme Radical

Bien sûr les Etats-Unis- qui ont fait leurs valises et sont partis après le retrait soviétique, laissant les pakistanais avec un problème massif de réfugiés et l’Afghanistan dans le chaos, ont saigné les soviétiques et quiconque osant s’allier avec eux. Et sûrement cette expérience contribua à la réalisation du voeu le plus cher de Brzezinski : l’écroulement de l’Union Soviétique.

Mais elle a aussi produit le terrorisme islamiste, à grande échelle, alors que les Etats-Unis, ayant auparavant organisé le recrutement et l’entraînement de légions de djihadistes provenant de tout le monde musulman pour attaquer l’Union Soviétique, étaient et sont encore obligés d’en gérer les conséquences et leur réponse provoque invariablement plus de terrorisme.

N’est-il pas évident que les actions militaires américaines contre les différentes cibles terroristes dans le Moyen Orient « élargi », incluant l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Yemen et la Libye ont grandement gonflé les rangs d’Al Qaeda et de l’Etat Islamique ?

Et est ce que le cours des évènements en Afghanistan – où le gouvernement de Kaboul reste paralysé et stupide, les seigneurs de la guerre gouvernent les cités de province, la Cour suprême condamne des gens à mort pour des offenses religieuses, la plus grande partie de l’arrière pays est aux mains des talibans and les militants pénètrent vers le Nord – ne vous convainc pas que les Etats-Unis n’auraient pas dû s’allier aux djihadistes contre les forces laïques soutenues par les soviétiques il y a 35 ans ?

Dans une interview en 1998 publiée par le Nouvel Observateur, on demanda à Brzezinski s’il regrettait d’avoir donné des armes et des conseils aux futurs terroristes islamistes.

Brzezinski : Qu’est ce qui le plus important dans l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Q : Quelques musulmans agités ? Mais il a été dit et repété : Le fondamentalisme islamique représente une menace mondiales de nos jours.

Brzezinski : N’importe quoi ! Il a été dit que l’Occident avait une politique globale concernant l’Islam. C’est stupide. Il n’y a pas d’Islam global. Regardez l’Islam de façon rationnelle et sans démagogie ou émotion. C’est la religion dominante dans le monde avec 1.5 milliards de croyants. Mais qu’y a-t-il de commun entre les fondamentalistes saoudiens, les modérés marocains, les militaristes pakistanais, les pro-occidentaux égyptiens et le sécularisme d’Asie Centrale ? Rien de plus que ce qui unit les pays chrétiens.

En d’autres mots, gagner la compétition contre la Russie, la saigner jusqu’à l’effondrement, était plus important que le risque de promouvoir le fondamentalisme musulman militant. Il est évident que cette mentalité demeure, quand, dans le monde post 11 septembre, certains officiels du département d’Etat préfèreraient voir Damas tomber aux mains de l’EI plutôt que de la laisser défendre par les Russes en appui d’un régime laïque.

L’OTAN à la rescousse du monde post guerre froide.

Depuis la chute de l’Union Soviétique et la disparition du Pacte de Varsovie, qu’a manigancé l’OTAN ? Premièrement, elle a rempli un vide de pouvoir dans les Balkans. La Yougoslavie s’écroulait. Elle avait été neutre pendant la Guerre Froide, ni membre de l’OTAN ni du pacte de Varsovie. A mesure que les gouvernements tombaient en Europe de l’Est, les mouvements sécessionistes dans les républiques multi ethniques produisaient des conflits étendus. Le secrétaire d’Etat Baker s’inquiétait de ce que l’écroulement de la Yougoslavie ne provoquât une instabilité régionale et s’opposa à l’indépendance de la Slovénie.

Mais le ministre allemand des affaires étrangères, Hans Dietrich Genscher et le chancelier Helmut Kohl-grisés par la fierté de la réunification allemande et décidés à jouer un rôle plus important dans le monde – firent pression pour le démantèlement de la Yougoslavie. (Il y avait d’importants intérêts historiques allemands dans ce pays. Les Nazis avaient occupé la Slovénie de 1941 à 1945, établissant une garde slovène de 21’000 hommes et initiant des affaires économiques. L’Allemagne est maintenant de loin le premier partenaire commercial de la Slovénie. La position de Kohl prévalut.

La Yougoslavie, qui était un modèle d’harmonie interethnique,fut déchirée par des conflits ethniques dans les années 1990. En Croatie, les Croates combattirent les Serbes aidés par l’armée populaire yougoslave. En Bosnie Herzégovine, les bosniaques, les croates et les serbes se querellèrent sur la façon de diviser le pays. En Serbie, l’annulation de l’autonomie des provinces du Kosovo et de la Voïvodine provoqua la colère des Albanais. En 1995, les images d’hommes bosniaques émaciés dans des camps de prisonniers serbes furent largement diffusés dans les médias mondiaux alors que Bill Clinton était résolu à ne pas laisser un nouveau Rwanda (lisez génocide) se produire. Pas sous son mandat. L’Amérique allait sauver la situation.

Ou plutôt : L’OTAN allait sauver la situation. Loin d’avoir perdu son utilité après la guerre froide, déclara Clinton, l’OTAN était la seule force capable de relever ce genre de défi. Et donc, l’OTAN bombarda et bombarda , pour la première fois dans une vraie guerre, jusqu’à ce que les Serbes bosniaques implorent pitié. La configuration actuelle de la Bosnie herzégovine, une fédération dysfonctionnelle, incluant une mini république serbe, fut dictée par le secrétaire d’Etat Warren Christopher et son envoyé Richard Holbrooke au meeting de Dayton, Ohio en Novembre 1995.

La Russie, alliée traditionnelle des serbes, fut obligée de regarder passivement pendant que les Etats-Unis et l’OTAN redessinaient les cartes de l’ancienne Yougoslavie. La Russie était elle-même dans les années1990, sous la direction du bouffon alcoolique Boris Yeltsin, en piètre état. L’économie piquait du nez, le désespoir régnait, la longévité masculine avait dégringolé. La nouvelle politique était tout sauf stable. Pendant la crise constitutionnelle de septembre-octobre 1993, le président avait même ordonné à l’armée de bombarder le bâtiment du Parlement, pour forcer les législateurs à se soumettre à son décret de dissolution. Sous la poigne d’oligarques corrompus et du capitalisme sauvage occidental, les Russes étaient sans illusion et démoralisés.

Puis d’autres insultes arrivèrent de l’Occident. Durant la dernière année de Yeltsin, en Mars 1999, l’OTAN accueillit trois nations supplémentaires : la Tchécoslovaquie (plus tard la République tchèque et la Slovaquie), la Hongrie et la Pologne. Ce furent les 3 nations les plus puissantes du pacte de Varsovie, URSS et Allemagne de l’Est mise à part. Ceci était la première expansion de l’OTAN depuis 1982 (quand l’Espagne avait adhéré) et énerva le Kremlin, ce qui était compréhensible. Quelle peut bien être la raison pour l’expansion de l’OTAN à présent ? demandèrent les Russes, qui furent assurés que l’OTAN n’était dirigée contre personne.

Le Sénat a voté pour étendre l’adhésion à la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie en 1998. A l’époque, George Kennan, le fameux diplomate américain qui développa la stratégie d’isolement de l’URSS pendant la guerre froide fut interrogé :

“Je crois que c’est le début d’une nouvelle guerre froide, prévint Kennan, âgé de 94 ans. Je pense que les Russes vont réagir petit à petit et cela va affecter leur politique. Je crois que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison. Cela démontre un manque de compréhension de l’histoire Russe et soviétique. Bien sûr que la Russie va réagir négativement et ensuite les avocats de l’extension de l’OTAN prétendront qu’ils avaient toujours dit que les Russes sont comme cela mais ceci est simplement faux”

L’OTAN contre la Serbie

Dans le même mois de Mars 1999, l’OTAN (y compris ses trois nouveaux membres) bombarda Belgrade, la capitale de la Serbie. C’était la première fois depuis la deuxième guerre mondiale qu’une capitale européenne était victime de bombardements. La raison officielle était que les forces de l’état Serbe persécutaient les albanais de la province du Kosovo. La diplomatie avait échoué et l’intervention de l’OTAN était nécessaire pour remettre les choses en place. Cette justification fut accompagnée de rapports très exagérés de forces serbes tuant des kosovars, perpétrant un génocide.

C’était des bêtises. Les Etats-Unis avaient demandé à la conférence de Rambouillet, France que la Serbie retire ses forces du Kosovo et restaure l’autonomie de la province. Le président Serbe Slobodan Milosevic avait accepté. Mais les Etats-Unis avaient aussi exigé que Belgrade accepte des forces de l’OTAN sur tout le territoire de la Yougoslavie, quelque chose qu’aucun leader d’un état souverain ne peut accepter. Belgrade refusa, soutenu par la Russie.

Un officiel haut placé du Département d’Etat (probablement la secrétaire d’Etat Madeleine Albright) se vanta à des reporters qu’à Rambouillet « Nous avions intentionnellement mis la barre trop haute pour que les Serbes acceptent. Les Serbes avaient besoin d’un petit bombardement pour être raisonnables ». Henry Kissinger, pas un pacifiste, déclara à la presse en juin : « Le texte de Rambouillet, qui appelait la Serbie à admettre des troupes de l’OTAN sur tout le territoire yougoslave, était une provocation et une excuse pour commencer à bombarder. Rambouillet n’est pas un document qu’un Serbe angélique aurait pu accepter. C’était un document diplomatique affreux qui n’aurait jamais du être présenté sous cette forme »

Les Etats-Unis avaient obtenu l’approbation de l’ONU pour les frappes de l’OTAN en Bosnie Herzegovine quatre ans plus tôt. Mais ils ne la cherchèrent pas cette fois, et n’essayèrent pas d’organiser une force des Nations Unis pour résoudre le problème du Kosovo. En effet, ils insistèrent pour que l’OTAN soit reconnue comme le représentant de la communauté internationale.

C’était outrageux. Mais l’opinion publique américaine était largement persuadée que les Serbes avaient refusé de négocier la paix de bonne foi et donc méritaient des bombardements applaudis par la presse, en particulier par la correspondante internationale de CNN Christiane Amanpour, qui avait ses entrées au département d’Etat et n’arrêtait pas de dire à ses spectateurs « Milosevic continue à faire des pieds de nez à la communauté internationale », parce qu’il refusait un ultimatum brutal de l’OTAN que même Kissinger avait qualifié de provocation.

Après que le massacre de masse des Kosovars est devenu une réalité (comme les bombes de l’OTAN commencèrent à tomber sur le Kosovo) et après deux mois et demi de bombardement sur Belgrade, un accord médié par les russes mit fin aux combats. Belgrade put éviter l’occupation de l’OTAN qu’il avait précédemment refusé ( en d’autres termes, l’OTAN n’était parvenu à rien de plus que ce que les Serbes avaient déjà concédé à Rambouillet)

Comme le cessez le feu entrait en vigueur le 21 juin, une colonne d’environ 30 véhicules blindés transportant 250 soldats russes fut déplacée de sa mission de maintien de la paix en Bosnie pour prendre le contrôle de l’aéroport de Pristina au Kosovo (Un petit rappel que la Russie aussi avait un rôle à jouer dans la région)

Ceci prit le commandant américain de l’OTAN Wesley Clark par surprise. Il ordonna que des parachutistes français et britanniques sautent sur l’aéroport mais le général britannique Sir Mike Jackson se déroba prudemment « Je ne vais pas faire commencer la troisième guerre mondiale par mes soldats » déclara-t-il.

Je pense que ce geste dramatique de dernière minute à l’aéroport a été décidé par l’étoile montante Vladimir Poutine, un conseiller d’Eltsin bientôt nommé Vice Président puis successeur d’Eltsine début décembre 1999. Poutine allait devenir un ennemi bien plus coriace pour l’OTAN que son embarrassant prédécesseur.

Coopération rime avec provocation

Rappelez vous comment deux ans plus tard, après le 11 septembre, quand les Etats-Unis invoquèrent la charte de l’OTAN auprès de ses alliés pour s’engager dans la guerre en Afghanistan, Poutine offrit d’autoriser l’alliance à transporter du matériel de guerre à travers le territoire russe (en 2012, le ministre des affaires étrangères Lavrov offrit à l’OTAN l’utilisation d’une base à Ulvanovsk pour transporter de l’équipement hors de l’Afghanistan). Cette invasion de l’Afghanistan était le troisième déploiement des forces de l’OTAN dans une guerre, après la Bosnie et la Serbie, et Moscou l’accepta comme un fait accompli. La Russie passa même sous silence ses inquiétudes quand les Etats-Unis établirent des bases dans les anciennes républiques soviétiques d’Ouzbekistan et du Kirghizistan.

Mais en 2004, l’OTAN s’étendit encore, pour intégrer l’Estonie, la Lettonie et la Lithuanie, qui avaient toutes fait part de l’Union soviétique et avoisinent la Russie. Au même moment, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovénie furent admises, avec la Slovaquie qui s’était séparée de la République tchèque. Les Russes demandèrent à nouveau « Pourquoi ? »

En 2007, les Etats-Unis commencèrent à négocier avec les Polonais l’installation d’un complexe anti-missile en Pologne, avec un système radar en République tchèque. En principe, cet armement était destiné à détruire tout futur missile iranien lancé contre l’Europe ! Mais Moscou devint furieux, accusant les Etats-Unis de vouloir lancer une nouvelle course aux armements. En raison des sentiments anti-militaristes chez les Polonais et les Tchèques, les plans furent annulés en 2009. Mais ils pourraient être réactivés à tout moment.

En 2008, les Etats-Unis reconnurent le Kosovo, qui abrite désormais la plus grande base américaine hors des Etats-Unis (camp Bondsteel), comme un pays indépendant. Bien que les Etats-Unis aient considéré jusque là le Kosovo comme une province de la Serbie (et peut-être même avaient-ils compris sa signification profonde comme coeur de l’orthodoxie serbe), ils proclamèrent (par la voix de Condoleezza Rice) le Kosovo un phénomène « sui generis » (seul de son genre). Oubliez la loi internationale, elle ne s’applique pas.

La même année 2008, l’OTAN annonça effrontément que la Géorgie et l’Ukraine « deviendraient membres de l’OTAN ». Là dessus, le président comique de la Géorgie Mikheil Saakasvili bombarda Tskhinvali, capitale de la république autoproclamée d’Ossétie du Sud qui avait résisté à son intégration dans la république de Géorgie depuis la chute de l’Union Soviétique en 1991. Dans ce cas, la Russie défendit l’Ossétie du Sud, envahissant la Géorgie, et elle reconnut ensuite l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de la République d’Abkhazie. (Ceci peut être vu comme une réponse du tac au tac à la décision américaine de reconnaître l’indépendance du Kosovo six mois plus tôt.)

Ce fut une guerre de 6 jours, coûtant la vie à 280 militaires (y compris 100 du coté Ossète du Sud/Russe) et environ 400 morts civils. Et il n’y a plus eu de guerre russe depuis. La Crimée n’a pas été « envahie » l’année dernière mais plutôt saisie par les force russes en place, bénéficiant du soutien populaire général. Et il y a peu d’indices que les forces régulières russes se battent contre les forces d’état ukrainiennes. Des Ukrainiens d’origine ethnique russe le font, recevant sans aucun doute du soutien de leurs cousins à travers la frontière historiquement changeante. Mais l’accusation de l’invasion russe de l’Ukraine est un cheval de bataille du département d’Etat, de la propagande automatiquement reprise par les experts-marionnettes de la presse officielle, pas une réalité contemporaine.

Saakasvili s’attendait peut être à être soutenu par les Etats-Unis lorsqu’il provoqua Moscou en août 2008. Mais alors qu’il recevait un soutien ferme du sénateur John McCain, qui déclara « Nous sommes tous Géorgiens maintenant », il reçut peu d’aide du département d’Etat de George W Bush, soucieux de ne pas provoquer la 3e guerre mondiale. La Géorgie n’était pas encore un état membre de l’OTAN capable d’invoquer la clause de défense mutuelle de la charte de l’OTAN.

Saakasvili quitta ses fonctions en 2010 et est maintenant poursuivi par la justice géorgienne pour abus de fonctions. Après un bref passage à la Fletcher School of International Law and Diplomacy in 2014, il a acquis la nationalité Ukrainienne, perdant par la même occasion sa nationalité géorgienne et (un des nombreux exemples de la folle gouvernance ukrainienne , incluant Yatsenyev et Poroshenko) fut nommé gouverneur d’Odessa en mai dernier !

Etant donné la débâcle de 2008, des pays comme l’Allemagne sont peu enclins à accepter une admission de la Géorgie. Ils voient peu de bénéfices à provoquer la Russie en étendant sans arrêt l’alliance défensive de la guerre froide. Cependant, la Croatie et l’Albanie furent ajoutées à l’OTAN en 2009, la première année de l’administration Obama, juste à temps pour participer à la quatrième guerre de l’OTAN contre la Libye.

A nouveau, il n’y avait aucune raison pour une guerre. Le colonel Kadhafi avait été très amical avec les régimes occidentaux depuis 2003, et coopérait avec la CIA contre le terrorisme islamiste. Mais quand le « printemps arabe » balaya la région en 2011, certains leaders occidentaux (dirigé par le président français Nicolas Sarkozy mais incluant la toujours va-t-en guerre Hillary Clinton) se sont convaincus eux-mêmes que la chute de Kadhafi était imminente et qu’il valait mieux aider l’opposition à le déposer et ainsi rentrer dans les grâces de n’importe quel successeur.

Le conseil de sécurité de l’ONU approuva une résolution pour établir une zone de non-survol pour la protection des civils des troupes supposés génocidaires de Kadhafi. Mais ce que l’OTAN libéra fut quelque chose de différent. Une guerre contre Kadhafi, qui mena à son meurtre brutal et à l’horrible chaos qui règne depuis en Libye, une base fiable pour Al-Qaida et l’EI. La Russie et la Chine protestèrent toute les deux, alors que la guerre était encore en cours, que l’OTAN avait déformé la signification de la résolution de l’ONU. Il est peu probable que ces deux membres permanents du conseil de sécurité se laisseront à nouveau duper dans une telle coopération.

Nous pouvons donc ajouter l’échec de Libye aux états dysfonctionnels de Bosnie, Kosovo et Afghanistan à notre liste des exploits de l’OTAN depuis 1991. Pour résumer : Depuis la chute de l’URSS, les US et certains alliés (souvent en leur qualité d’alliés de l’OTAN) ont mené des guerre contre les Serbes Bosniaques, la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak et la Libye tout en frappant des cibles au Pakistan, au Yemen, en Somalie, et ailleurs avec impunité. La Russie est allée en guerre une seule fois : pour 8 jours en août 2008, contre la Géorgie.

Et pourtant, tous les commentateurs des principaux journaux télévisés vous disent, en vous regardant droit dans les yeux, que Poutine est un envahisseur.

Pourquoi l’extension de l’OTAN

Donc pendant que l’OTAN ne cessait d’accueillir de nouveaux membres, elle montrait un penchant grandissant à partir en guerre, d’Asie Centrale à l’Afrique du Nord. On peut se demander pourquoi ?

La raison putative en 1949 était la défense de l’Europe occidentale contre une supposée invasion soviétique. Cette justification est encore utilisée : quand les supporters de l’OTAN parlent aujourd’hui en faveur de l’inclusion de la Lithuanie par exemple, ils vont argumenter, que si la Lithuanie était restée en dehors de l’alliance, les Russes l’auraient sûrement déjà envahie en prétextant la défense des droits des minorités russes.

Il y a en fait très peu d’indices des ambitions russes ou des ambitions personnelles de Poutine de recréer l’empire tsariste ou l’Union soviétique. Poutine s’est plaint il y a quelques jours « Nous ne voulons pas du retour de l’URSS mais personne ne nous croit. » Il a aussi affirmé que les gens qui ne ressentent pas de nostalgie pour l’Union soviétique, comme le disent la plupart des citoyens de l’ancienne URSS assez âgés pour s’en rappeler, n’ont pas de coeur alors que ceux qui veulent la restaurer n’ont pas de cerveau.

Pendant l’expansion inexorable de l’OTAN entre 1999 et 2009, la Russie répondit non pas par des menaces mais avec une calme indignation.

Les remarques de Poutine sur la dissolution de l’Union soviétique comme une tragédie géopolitique et ses affirmations occasionnelles au sujet du droit de la langue et des autres droits des Russes dans les anciennes républiques soviétiques ne constituent pas des menaces militaires. Comme toujours, les néoconservateurs sélectionnent une phrase ici et là quand ils essaient de décrire Poutine comme (encore) un autre Hitler. En fait, les Russes ont, de façon relative, été la voix de la raison ces dernières années. Alarmés par les conséquences des actions américaines dans le Moyen Orient, ils ont cherché à contenir l’impérialisme américain tout en défiant le terrorisme islamiste.

En août 2013, Obama menaça d’attaquer la Syrie, pour punir le régime d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple (les accusations ont été discréditées par Seymour Hersh entre autres). Une intervention adroite du ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et le refus de la Chambre des communes britannique d’appuyer une attaque (s’assurant que, comme la guerre d’Irak, elle ne recevrait pas le soutien de l’OTAN) et une opposition interne ont contribué à éviter une autre guerre américaine au Moyen Orient.

Mais c’est comme si les va-t-en guerre du département d’Etat dépités par le succès russe à protéger leur allié syrien du destin de Kadhafi, et vexés de leur capacité constante à maintenir des bases aériennes et navales sur la cote Syrienne, redoublaient d’efforts pour provoquer la Russie. Comment le faire mieux qu’en interférant en Ukraine, qui a non seulement fait partie de l’Union soviétique mais aussi de l’Etat Russe depuis 1654 et qui était le centre du Rus de Kiev originel au dixième siecle ?

L’OTAN courtisait l’Ukraine depuis 1994, cinq ans avant que l’alliance ne s’étende pour inclure la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Kiev a signé le plan d’action d’adhésion à l’OTAN en 2008, quand Victor Yushchenko était président, mais c’était en suspens quand Victor Ianoukovitch fut élu en 2010. Jouissant du solide soutien de l’Est russophone, Ianoukovitch gagna ce que les observateurs internationaux appelèrent une élection libre et démocratique.

Ianoukovich ne voulait pas que l’Ukraine rejoigne l’OTAN. Il voulait une Ukraine neutre maintenant les relations traditionnelles entre l’Ukraine et la Russie. Cela exaspéra Victoria Nulan, la tête du bureau Eurasie au Département d’Etat qui fit du projet d’attirer l’Ukraine dans l’OTAN le but de sa vie. Ceci serait le prix ultime pour l’OTAN en Europe de l’Est. Un pays de 44 millions d’habitants bien éduqués, de la taille de la France, stratégiquement situé sur la Mer noire historiquement dominée par la flotte russe de la Mer noire. Un pays divisé ethniquement entre l’Est russophone et généralement pro russe et l’Ouest plus orienté vers l’Occident et parlant l’ukrainien, avec un mouvement néofasciste vigoureux et férocement anti-russe- prêt à être utilisé.

Nuland, une ancienne aide de Cheney dont la vision du monde néoconservatrice a attiré favorablement l’attention de Hillary Clinton, et donc sa promotion, est la femme du politologue néoconservateur et avocat de la guerre en Irak Robert Kagan (Kagan fut un membre fondateur du célèbre think tank Project for a New American Century). Le couple représente les deux facettes d’un incessant complot néoconservateur : ceux qui travaillent à la destruction de la Russie et ceux qui travaillent à la destruction du Moyen Orient, utilisant consciemment des mensonges pour embrouiller les masses quant à leur but véritable.

Au National Press Club en Décembre 2013, Nuland se vanta que les Etats-Unis (à travers des ONG comme le « National Endowment for Democracy ») avait dépensé 5 milliards de dollars pour soutenir les « aspirations européennes » de l’Ukraine. Cette formulation délibérément vague est censée faire référence au soutien américain à l’admission de Kiev dans l’Union européenne. Le tort de Ianoukovitch, selon les US, n’était pas qu’il rejetait l’adhésion à l’OTAN, ceci ne fut jamais mentionné. Ianoukovitch avait soi-disant trahi les aspirations pro européennes de son peuple en ayant initié puis rejeté un accord d’association avec le bloc de commerce, craignant que cela ne signifie un régime d’austérité de style grec imposé au pays depuis l’extérieur.

A partir de Novembre 2013, la foule se rassembla sur le Maidan à Kiev pour protester entre autres contre le changement d’avis de Ianoukovitch au sujet de l’adhésion à l’EU. Le département d’Etat américain embrassa leur cause. On peut se demander pourquoi les Etats-Unis auraient des intérêts à promouvoir l’adhésion d’un pays à l’UE alors qu’elle constitue un bloc commercial concurrent. Quelle différence cela fait-il pour vous et moi si l’Ukraine a des liens économiques plus étroits avec la Russie ou l’Union Européenne ?

Le sale petit secret des Etats-Unis est de vouloir tirer profit de cet élan à rejoindre l’Europe pour attirer l’Ukraine dans l’OTAN, ce qui aurait pu être considéré comme la prochaine étape naturelle dans le réalignement de l’Ukraine.

Profitant de la colère populaire contre la corruption de Ianoukovitch mais aussi travaillant avec des politiciens connus pour être favorables à l’admission dans l’OTAN et à l’expulsion des forces navales russes de leur base de Crimée qu’elles occupent depuis 1780, et incluant les forces néofascistes qui haïssent la Russie mais détestent aussi l’Union européenne, Nuland et son équipe, y compris l’omniprésent John Mc Cain, firent leur apparition sur le Maidan, distribuant des cookies et encourageant la foule à destituer le président.

Cela fonctionna bien sûr. Le 22 février, à un jour de la signature d’un accord médié par l’Europe en vue de réformes gouvernementales et de nouvelles élections, et pensant que la situation s’était détendue, Ianoukovitch fut forcé de fuir pour sauver sa vie. Les forces néo-fascistes de Svoboda et du Secteur droit servirent comme troupes d’assaut pour renverser le régime. Les manoeuvres machiavéliques de Nuland avaient triomphé.

Il semblait qu’aprés 14 ans d’expansion, l’OTAN pourrait bientot être capable d’accueillir un énorme nouveau membre dans ses rangs, complétant l’encerclement de la Russie et fichant dehors la flotte russe, transformant la Mer noire en un lac de l’OTAN.

Hélas pour les néoconservateurs et les « interventionistes libéraux », le nouveau régime d’Arseniy Yatsenyuk et de ses alliés du Parti de Svoboda, choisi par Nuland, s’aliéna immédiatement la population russophone, qui demeure en rébellion armée rendant le pays ingouvernable, alors même que son économie s’effondre ; et l’idée d’expulser les russes de Sebastopol est devenue inimaginable.

Mais que veulent les stratèges de l’OTAN ? Où vont cette expansion sans fin et ces provocations irréfléchies ?

La Russie, une menace existentielle ?

Avant tout, les avocats de l’OTAN, bien qu’ils répètent souvent « qu’ils ne sont pas contre la Russie, que ceci n’a rien à voir avec la Russie » prennent en considération effectivement une constante menace russe. Le général Sir Adrian Bradshaw, l’officier britannique le plus gradé de l’OTAN, déclara en février que la Russie pose une évidente menace à notre existence ». Le général Joseph Votel, commandant des opérations spéciales US déclara au forum d’Aspen sur la sécurité en juillet que la « Russie pourrait poser une menace existentielle aux Etats-Unis »

Le président du House Armed Service Committee Mac Thornberry (R-Texas) a conseillé à Obama de signer une loi de financement militaire car la Russie pose une menace existentielle aux Etats-Unis. Le philanthrope George Soros (qui aime financer des révolutions « de couleur ») écrivit dans la New York Review of Books en octobre que l’Europe « est face à un défi russe à sa propre existence »

Ce sont des mots absurdes et stupides venant de personnalités haut placées. N’est-il pas évident que c’est la Russie qui est encerclée, pressée et menacée ? Que son budget militaire est une fraction du budget américain et que sa présence militaire globale est minuscule comparée à l’empreinte américaine ?

Mais quiconque regarde les débats des candidats présidentiels américains et qui peut percevoir la prévalence de la paranoïa au sujet de la Russie, la qualification sans réfléchir de Poutine comme nouveau Hitler, et l’expression obligatoire de la détermination à rendre l’Amérique plus forte peut comprendre pourquoi l’expansion de l’OTAN est horriblement dangereuse.

Les gens qui ne pensent pas rationnellement ou dont l’esprit est tordu par l’arrogance peuvent regarder la carte de l’expansion de l’OTAN et penser fièrement « Les choses doivent être ainsi ! Pourquoi quiconque questionnerait le besoin des nations de se protéger en s’alliant avec les Etats-Unis ? Ce sont des alliances comme l’OTAN qui préservent la paix et la stabilité dans le monde »

(Certains sont capables de penser cela, peut-être, mais le fait est que le monde est devenu moins paisible et beaucoup moins stable qu’il ne l’était pendant la guerre froide, quand les deux superpuissances se contrôlaient l’une l’autre. Les Etats-Unis ont émergé comme, ce qu’un diplomate français a appelé une « hyper-puissance » ou un hyper pouvoir intervenant avec impunité dans de multiples pays et produisant de nouvelles et souvent horribles formes de résistance.)

Les gens regardant une carte de l’OTAN en Europe peuvent aussi mentalement colorier le Montenegro. Cette petite république de l’Adriatique de moins de 650’000 habitants a été formellement invitée par l’OTAN à soumettre sa candidature le 2 décembre. Quels autres pays devront encore signer ?

Comme mentionné en 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie et l’Ukraine adhéreraient. Mais leur cas est actuellement en attente. La Biélorussie, coincée entre la Pologne et l’Ukraine, a été sous le contrôle autoritaire du président Alexander Lukashenko depuis 1994. Le régime, considéré comme proche de Moscou, a été visé par une révolution de couleur ratée financée par les Etats-Unis en mars 2006. Le favori américain était Mikhail Marynich, un ancien ambassadeur en Lettonie et supporter de l’adhésion à l’OTAN. (Il participa à une réunion de l’OTAN à huis clos « Guerre et Paix » à Riga en Novembre 2006.)

Puis il y a la Moldavie, l’ancienne République soviétique de Moldavie, située entre la Roumanie et l’Ukraine. A l’est se trouve la république sécessioniste de Transnistrie, où les Moldaves sont une minorité et les Russes et les Ukrainiens représentent presque 60% de la population. C’est une zone de conflit gelé. Le rêve néoconservateurservateur est de changer tous ces régimes et de tous les amener dans le giron de l’OTAN.

Un Anneau pour les gouverner tous, Un Anneau pour les trouver,

Un Anneau pour les ramener tous et dans les ténèbres les lier

Au pays de Mordor où s’étendent les Ombres.

Que faites-vous quand vous avez complété l’encerclement occidental de la Russie ? Mais bien entendu vous déstabilisez le pays lui-même, espérant le scinder ! La Russie reste une nation multi-ethnique, multi-culturelle. Il y a des tensions et des mouvements sécessionistes à exploiter dans le Caucase en particulier, mais aussi en Sibérie et dans la péninsule de Karélie.

Si la Russie est une menace existentielle, sa propre existence est une menace, juste ? Donc pourquoi ne pas la démembrer ? La logique de l’expansion de l’OTAN ne requiert-elle pas un ennemi ? Et l’Amérique ne dirige telle pas le monde en battant des ennemis ?

Et si c’était l’OTAN la vraie menace ? (Après tout, dans son dernier projet majeur, n’a-t-il par détruit totalement l’état moderne de Libye et comme résultat déstabilisé le Mali ?)

Ne devrions-nous pas nous réjouir des tensions dans l’OTAN et de l’échec des états membres à allouer 2% de leur recette aux dépenses militaires ? Ne devrions-nous pas nous réjouir des résistances à l’extension de l’OTAN, des plaintes au sujet des pressions coercitives des Etats-Unis et des appels à plus de coopération avec la Russie plutôt qu’à la confrontation et la destruction ?

Gary Leupp

Article original en anglais :

NATO-Russia

NATO: Seeking Russia’s Destruction Since 1949

source originale : counterpunch.org, le 25 décembre 2015

Traduction : https://beerblogsite.wordpress.com

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Cologne à une longueur de bras de la culture européenne. Par Karine Bechet-Golovko.

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #l'Allemagne, #L'Italie., #l'immigration, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

lundi 11 janvier 2016

Cologne à une longueur de bras de la culture européenne

 
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Les agressions massives de femmes au Nouvel An en Allemagne par des immigrés met la société bien pensante en difficulté. Comment une victime peut-elle être un agresseur? Pourquoi la police n'a-t-elle pu intervenir avec efficacité? Pourquoi les féministes de gauche se distencient-elles des victimes?
 

 
Les migrants "nouvelle génération" semblent décidément ne suivre aucune règle sociale. Ils passent les frontières en force et brisent la possibilité des Etats à défendre et contrôler leur territoire. Comme nous l'avions alors écrit, plus que des migrants, ce sont des soldats. Et ces mouvements organisés, par hordes comme lâchées contre la civilisation européenne, contre l'Etat et ses symboles, viennent de se reconstituer à l'occasion du Nouvel An. En Allemagne et pas seulement. Des groupes de migrants, à Cologne et dans d'autres villes d'Allemagne, agressent des jeunes femmes. En masse.
 
Des attouchements très prononcés, des viols et des vols. Beaucoup d'attouchements. Plus de 500 plaintes déposées rien qu'à Cologne. Une telle masse d'agressions pousse le ministre de la justice allemand à affirmer que ça ne peut être qu'organisé et planifié. Tant de jeunes femmes terrorisées, qui ont perdu confiance en la capacité de la police de les protéger.
 
Mais si cela est organisé, par qui alors? Ils se sont organisés tout seul? En même temps dans plusieurs villes d'Allemagne et dans d'autres pays comme en Finlande? Tous seuls, ils auraient tout organisé avec internet dans les lieux d'hébergement? Mais ils sont très doués! Ou bien ils ont été aidé. Et ce qui est étonnant est que si le caractère organisé est reconnu, tout s'arrête là. Organisé par qui? Par ceux-là mêmes qui formaient aux passages musclés de frontières? 
 
Car autrement, ce n'est pas logique. Vous avez là des gens qui font des milliers de kilomètres pour venir en Europe, en Allemagne. Ils y sont et la première chose qu'ils font, c'est terroriser en masse des femmes? Non ce n'est pas logique. Ce n'est pas logique s'ils sont réellement des demandeurs d'asile. S'il s'agit réellement de victimes. Mais il ne suffit pas de venir d'un pays pauvre, d'un pays en guerre pour être une victime. 
 
Et d'ailleurs, les féministes ne savent pas toujours très bien comment réagir. Car ce sont "nos" réfugiés qui ont fait ça. Même si les médias répètent en boucle qu'il ne faut pas faire d'amalgame, il n'y a pas d'amalgame. Ce sont des réfugiés qui ont fait ça. S'is n'avaient pas été là, ces femmes, près d'un millier dans toute l'Allemagne, n'auraient pas été victimes d'agression. Et il n'y a aucune circonstance atténuante à être demandeur d'asile. Une agression reste une agression. Il n'y a pas d'amalgame. C'est la première fois que l'Allemagne se trouve confrontée à des agressions en masse, planifiées. Il n'y a pas d'amalgame.
 
"Imaginons un instant que l’inverse se soit produit à Cologne. Le soir du 31 décembre, des hordes d’Allemands « de souche » se promènent dans les rues des villes et encerclent des femmes voilées, migrantes, réfugiées, et les harcèlent, les agressent, les tripotent et dans certains cas les violent. Imaginons que 516 plaintes soient déposées à la police, que 32 Allemands "de souche" soient arrêtés. Qu’auraient dit les féministes et notre gauche québécoises  ? (...) La gauche féministe se trouve bien mal en point face à ce qui est arrivé à Cologne. Comment dénoncer haut et fort des agressions commises par des migrants sans passer pour racistes ou xénophobes ?"
 
Mais les féministes de gauche ne peuvent pas le reconnaître. Et elles préfèrent manifestement oublier les victimes pour fermer les yeux sur les bourreaux. La présidente d'Osons le féminisme qui refuse de condamner les viols de Cologne pour ne pas faire d'amalgame entre les gentils et les méchants ... violeurs. Elle oublie juste du coup de condamner les violeurs. A force de distinction. Elle devrait oser d'être une femme.
 
Ce discours dégoulinant d'absurdité bien pensante on le retrouve chez la maire de Cologne, qui se met à plus d'une longueur de bras de tout bon sens:
 
« Et bien, il y a toujours la possibilité de garder une certaine distance, qui est plus grande que la longueur d’un bras. Il faut éviter par soi-même d’être trop près des personnes en qui on n’a pas vraiment confiance.
Mais il existe d’autres possibilités, comme se déplacer en groupe ou ne pas se séparer, ou encore de pas se laisser emporter par la fête et décider de suivre telle ou telle autre personne, mais de rester avec la troupe avec laquelle on est parti au départ. »
C'est bien connu, une femme qui se fait violer, le veut bien, au minimum le provoque.  Alors gardez vos distances et déplacez-vous en groupe. Sinon, vous l'avez bien cherché. Face à des groupes d'une vingtaine de jeunes hommes en pleine force de l'âge.

Si c'est organisé, ça l'est par qui? On en revient toujours à cette question. Qui obstinément ne veut pas trouver de réponse. Car il ne faut pas faire d'amalgame. Il faut rester à une longueur de bras de toute réponse logique. Et pendant ce temps, la ministre française de la culture, applaudie ce qui se présente comme de l'art: pas la France aux français, les françaises aux africains.



Décidément, ces vagues d'immigrés font tomber bien des masques.
 
 
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Le ministre de la Justice allemand dénonce la planification des viols par des immigrés

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #L'Italie., #l'immigration, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie

Le ministre de la Justice allemand dénonce la planification des viols par des immigrés

 
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Commentant les violences du Nouvel an, le ministre fédéral allemand de la Justice et de la Protection du consommateur, Heiko Maas, a déclaré : « Quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît sous une forme ou une autre planifié. Personne ne peut m’expliquer que cela n’a pas été coordonné ou préparé ».

Durant la nuit de la saint Sylvestre, des groupes d’hommes étrangers ont attaqué et violé des femmes à Cologne, Bielefeld, Stuttgart et Hambourg. Les faits les plus importants ont été enregistrés à Cologne, mettant en cause 1 000 à 2 000 agresseurs, plus de 500 plaintes y ont été déposées dont près de la moitié pour agression sexuelle.

Heiko Maas est une personnalité très à gauche. Membre du SPD, il débuta en politique sous le mentorat d’Oskar Lafontaine. Il est le premier à évoquer une organisation derrière ces crimes, alors que la presse accuse des immigrés illégaux et des demandeurs d’asile d’avoir perpétré ces violences.

De son côté, le ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller, a ajouté à la confusion en déclarant : « Seulement 10 % des réfugiés en provenance de Syrie et de l’Irak ont atteint l’Europe jusqu’à présent, et 8 à 10 millions d’entre eux sont encore sur le chemin », des chiffres qui supposent que tous les réfugiés de Syrie et d’Irak souhaiteraient venir en Europe.

Gerd Müller est une personnalité de la CSU chargée au sein du gouvernement de coalition de la gestion de la crise migratoire. Il a co-présidé les réunions internationales sur les réfugiés de Syrie et d’Irak. Il avait alors mis en cause la responsabilité du Qatar dans le soutien aux organisations terroristes.

Enfin, lors d’une conférence de presse à Bratislava, le 7 janvier 2016, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, s’est à nouveau opposé à la politique des quotas de l’Union européenne contre laquelle il a saisi la Cour de justice de l’UE. Établissant un lien entre « l’arrivée massive de migrants, les attentats de Paris et les événements récents en Allemagne », il a déclaré : « Les quotas temporaires ne prévoient que 2 000 réfugiés [en Slovaquie], mais selon le système de quota permanent, on pourrait parler de 50 000 réfugiés. Cela créerait automatiquement une communauté dense, avec tous les risques que nous avons vu dans différents pays ».

Robert Fico est une personnalité de gauche qui a fait alliance avec des nationalistes anti-magyars, ce qui lui a valu d’être suspendu du Parti socialiste européen.

Depuis plusieurs semaines, les Européens réalisent que, parmi les Syriens et les Irakiens qui affluent sur leur sol, se sont infiltrés des mercenaires qui fuient les bombardements de l’armée russe.

Réseau Voltaire

 

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En 2016, l’État doit combattre réellement le terrorisme, par Maxime Chaix

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Source : Maxime Chaix, pour maximechaix.info, le 10 janvier 2016.

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En novembre 2015, moins d’un an après les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher, la France était à nouveau frappée par le terrorisme. Il est donc légitime de s’interroger sur les réponses de nos gouvernants : sont-elles adaptées pour contrer ce fléau jihadiste et limiter son essor ? Affirmons-le d’emblée : les États occidentaux ne peuvent combattre le terrorisme en bombardant des pays majoritairement musulmans (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie…), en protégeant les parrains étatiques des islamistes (Arabie saoudite, Qatar, Turquie…), et en soutenant secrètement des milices jihadistes pour renverser des dirigeants jugés hostiles (Mouammar Kadhafi, Bachar el-Assad…). Ce fut le principal message de mon article publié au lendemain des attentats du 13-Novembre. Depuis le blog Les-Crises.fr, cette analyse été diffusée sur les réseaux sociaux par des dizaines de milliers de citoyens indignés par ces politiques étrangères aussi dangereuses que schizophrènes. Ce diagnostic étant posé, il est impératif de proposer des remèdes pour combattre réellement le terrorisme, qui menace notre paix sociale et notre sécurité nationale. En effet, il est évident que les solutions mises en oeuvre par nos dirigeants ne sont pas les bonnes, en ce qu’elle ne remettent pas en cause le statu quo qui nous a précipités dans cette impasse. Par conséquent, dans un contexte d’instabilité globale et de tensions exacerbées, il est impératif :

1) que l’État interrompe le processus de constitutionnalisation de l’état d’urgence dans lequel il s’est engagé. Il s’agit d’une grâve dérive qui menace nos libertés fondamentaleset qui n’empêchera pas de nouveaux attentats, mais qui est particulièrement inquiétante au regard des précédents historiques européens. En effet, comme l’a récemment souligné dans Le Monde le philosophe italien Giorgio Agamben, « [o]n ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie. Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l’Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire. Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lorsqu’on s’étonne des crimes qui ont pu être commis impunément en Allemagne par les nazis, on oublie que ces actes étaient parfaitement légaux, car le pays était soumis à l’état d’exception et que les libertés individuelles étaient suspendues. On ne voit pas pourquoi un pareil scénario ne pourrait pas se répéter en France  : on imagine sans difficulté un gouvernement d’extrême droite se servir à ses fins d’un état d’urgence auquel les gouvernements socialistes ont désormais habitué les citoyens. Dans un pays qui vit dans un état d’urgence prolongé, et dans lequel les opérations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions publiques. » Ce parallèle historique dérangeant doit nous alerter, nous faire réfléchir et nous mobiliser dans la défense pacifique de nos libertés publiques et de nos droits fondamentaux ;

2) que l’État cesse de surveiller massivement et arbitrairement sa propre population – une politique démocracide, nocive et contre-productive. En effet, la légalisation et l’extension incontrôlée d’une surveillance de masse extrajudiciaire est avant tout favorable à des intérêts privés et étrangers, mais totalement inefficace pour empêcher des attentats – du moins selon la NSA elle-mêmele FBI ou l’ancien responsable du contre-terrorisme à la DGSE. Pour citer à nouveau Giorgio Agamben, « [l]a sécurité dont il est question aujourd’hui ne vise pas à prévenir les actes de terrorisme (…), mais à établir une nouvelle relation avec les hommes, qui est celle d’un contrôle généralisé et sans limites – d’où l’insistance particulière sur les dispositifs qui permettent le contrôle total des données informatiques et communicationnelles des citoyens, y compris le prélèvement intégral du contenu des ordinateurs. Le risque, le premier que nous relevons, est la dérive vers la création d’une relation systémique entre terrorisme et État de sécurité : si l’État a besoin de la peur pour se légitimer, il faut alors, à la limite, produire la terreur ou, au moins, ne pas empêcher qu’elle se produise. On voit ainsi les pays poursuivre une politique étrangère qui alimente le terrorisme qu’on doit combattre à l’intérieur et entretenir des relations cordiales et même vendre des armes à des États dont on sait qu’ils financent les organisations terroristes. » Dans ce contexte, comment pouvons-nous accepter que nos libertés publiques soient inutilement sacrifiées, alors que des réseaux jihadistes pourtant hostiles sont clandestinement soutenus par des puissances occidentales et leurs alliés pour renverser des gouvernements étrangers ;

3) que l’État cesse sans délai d’appuyer secrètement des factions extrémistes en Syrie, qui finissent par attaquer les populations occidentales et qui déstabilisent un nombre grandissant de pays. Diplomate au Quai d’Orsay jusqu’à son limogeage en décembre 2012, Laurent Bigot a récemment déclaré que « [l]e principe même de la diplomatie est de parler avec tout le monde, ce qui ne signifie pas, bien entendu, soutenir tout le monde.Bachar el-Assad est un tyran, mais ce n’est pas une raison pour soutenir le Front al-Nosra, équipé de missiles français notamment. Notre réponse à la barbarie, c’est soutenir une autre barbarie ? » En décembre dernier, le député (LR) et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud m’avait affirmé qu’« il n’est pas sérieusement contesté qu’à un moment ou un autre l’État français a facilité les actions d’al-Nosra qui, je vous le rappelle, est une filiale d’al-Qaïda [en Syrie]. J’ai eu l’occasion de montrer à l’Assemblée Nationale des photos de combattants d’al-Nosra en possession de fusils d’assaut français. Il n’y avait bien évidemment aucune volonté du gouvernement français de voir mis en évidence une telle collaboration avec un groupe terroriste. Ainsi fut rejetée toute idée d’enquête parlementaire. »

L’abandon définitif de ces politiques secrètes aussi dangereuses que scandaleuses doit être décidé non seulement en France, mais également chez nos alliés occidentaux, tels que les États-Unis et la Grande-Bretagne. Et puisqu’ils sont les principaux financeurs du jihadisme, nos « alliés » du Golfe et de Turquie doivent eux aussi stopper ces politiques profondes de soutien clandestin au terrorisme. L’Union européenne autant que les États-Unis disposent de moyens de pression diplomatiques, juridiques, économiques, médiatiques voire militaires pour les contraindre de changer d’attitude à l’égard du jihadisme international. Ces moyens de pression m’ont été confirmés par plusieurs experts, dont un journaliste d’investigation particulièrement bien informé sur ces questions ;

4) que l’État priorise le renseignement humain et les actions judiciaires et policières pour combattre efficacement le fléau jihadiste. La « guerre contre le terrorisme » lancée par l’administration Bush à l’automne 2001 continuera d’enrichir une minorité de multinationales et leurs actionnaires, aux États-Unis comme en France. Néanmoins, cette militarisation obsessionnelle de la lutte antiterroriste ne pourra qu’amplifier le désordre mondial et la haine anti-occidentale. Les trois ouvrages de Peter Dale Scott traduits en français, dont le dernier vient d’être recensé par l’IRIS, le démontrent indiscutablement. Récemment, un expert du prestigieux Council on Foreign Relations a souligné que « [l]e problème avec cette politique de type “tuez-les-tous avec des frappes aériennes” est qu’elle ne fonctionne pas. Les officiels du Pentagone affirment qu’au moins 25 000 combattants de l’État Islamique ont été tués (…) En 2014, l’Agence Centrale de Renseignement (CIA) estima que l’État Islamique comptait dans ses rangs entre 20 000 et 31 000 combattants. Or, mercredi dernier, le colonel Warren a répété cette estimation de 30 000 miliciens. Voici un calcul qui résume cette campagne anti-Daech : 30 000 – 25 000 = 30 000. »

Comme l’a récemment déclaré l’ancien haut-fonctionnaire Pierre Conesa, « [o]n ne combat pas le terrorisme avec des moyens militaires. Un attentat est précisément destiné à provoquer une riposte. Cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas répliquer, mais il faut y aller avec un calendrier de retrait. Il faut dire aux pays du Golfe : “La guerre sunnites contre chiites, on ne peut rien y faire. Le massacre des Kurdes, on peut tempérer, mais c’est à vous de régler le problème. Quant à la question d’Assad contre tous les autres, c’est votre problème.” Il faut arrêter de se voir comme des chevaliers blancs qui vont remettre de l’ordre dans une région. On peut accepter d’être facilitateur politique, mais en aucun cas belligérant. On a commencé par être anti-Iraniens, puis anti-Assad et maintenant on est anti-Daech pour défendre l’Arabie saoudite… Soyons sérieux ! Notre diplomatie est ridicule. » Le gouvernement français doit en tirer les conclusions qui s’imposent ;

5) que l’État réévalue ses alliances avec les principaux soutiens étatiques du fléau jihadiste, qui pourraient nous entraîner automatiquement dans de nouvelles guerres au Moyen-Orient. Selon le professeur Jean-François Bayart, « [à] partir des années 1970 ont été signés toute une série d’accords de défense entre la France et les Emirats arabes unis, puis le Qatar et dans une moindre mesure le Koweït, auxquels s’ajoute en outre un partenariat très développé avec l’Arabie saoudite de même qu’avec le Pakistan. Le propos des Français était avant tout commercial. Nous sommes alors dans le contexte des chocs pétroliers et d’un grave déficit de la balance commerciale de la France. Le premier objectif concernait ce que l’on appelle “les grands marchés”, dont l’exportation française est très tributaire, à l’inverse par exemple de l’Allemagne dont les exportations reposent davantage sur un tissu de petites et moyennes entreprises beaucoup plus dense et performant. Dans ces accords de défense, [il existe] certaines clauses secrètes et différées dans le temps. Ces clauses étaient “très engageantes” comme on dit dans le vocabulaire militaire français, c’est-à-dire qu’elles impliquent l’automaticité. Très concrètement, si demain il y a un conflit entre l’Iran et le Qatar, ces accords de défense stipulent l’intervention militaire automatique de la France. »

D’aucuns pourraient alors justifier ces politiques par des intérêts économiques majeurs, qui lient notamment l’Arabie saoudite et la France. Or, comme l’a récemment souligné l’expert en questions militaires Jean-Dominique Merchet, « la France se retrouve prise au piège de son alliance avec l’Arabie saoudite. Ce choix stratégique de première importance, jamais vraiment débattu, s’est renforcé depuis l’arrivée de François Hollande à l’Élysée. Cette entente serait, dit-on, le prix à payer pour de mirifiques contrats. Pourquoi pas ? Sauf que ces promesses sont bien souvent comme [des] mirages dans le désert. Les exportations françaises vers l’Arabie saoudite restent dix fois moins importantes que celles vers… la Belgique ! Que l’Élysée, au nom du réalisme (socialiste ?), passe les droits de l’homme par pertes et profits est une chose. Mais son tropisme anti-iranien et pro-sunnite conduit lentement notre pays à l’impuissance diplomatique. Dans le conflit entre Téhéran et Riyad, la France est perçue comme l’adversaire de l’un et l’obligé de l’autre. Autant dire, hors-jeu. » Il est donc urgent que le gouvernement français abandonne ses sanctions économiques contre des États luttant réellement contre le terrorisme salafiste, tels que l’Iran et la Russie. Il faudrait alors se rapprocher de ces pays, notamment au plan commercial. Ce processusa été lancé avec l’Iran, et les perspectives d’une intervention militaire désastreuse contre ce pays s’éloignent durablement. Comme l’avait écrit Montesquieu, « [l]’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. » Cette solution, bien qu’imparfaite, est nettement préférable au pillage brutal des nations à travers la « stratégie du choc », comme on a pu l’observer en Irak ou en Libye ;

6) que l’État instaure un état d’urgence économique et social tout en interrompant l’état d’urgence sécuritaire qui détruit notre démocratie de l’intérieur, et dont le bilan est si maigre en termes d’efficacité antiterroriste que François Hollande s’est senti obligé d’engonfler les chiffres. Essentiellement, il faut mobiliser les ressources de l’État dans des plans de relance ambitieux, afin de favoriser l’emploi et de limiter ainsi les risques de radicalisation individuelle ou collective. Le « pacte d’urgence » qu’avait annoncé l’État français est un signe positif en ce sens, mais il sera loin d’être suffisant si l’on maintient des mesures d’austérité détruisant notre avenir au nom du dogme budgétaire des « 3 % », qui est « né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique ». Un état d’urgence socioéconomique – dont François Hollande a lui-même reconnu l’utilité dans ses voeux –, doit être financé par la collectivité, mais aussi en luttant contre l’optimisation et l’évasion fiscales des entreprises et des individus qui fuient la solidarité nationale. Ces pratiques menacent la stabilité de notre société, car elles engendrent un manque à gagner annuel de plusieurs dizaines de milliards d’euros dans les caisses de l’État. Parmi les solutions audacieuses pour lutter contre ces comportements malveillants, le député PS Yann Galut a suggéré « à son groupe de déposer une proposition de loi pour déchoir de la nationalité française les contribuables qui fuient leurs obligations fiscales. Faisant référence au départ de Gérard Depardieu qui rejoint, selon lui, Bernard Arnault et Johnny Hallyday “dans cette triste liste”, ces people “soustraient à la juste contribution leurs patrimoines astronomiques au mépris de la solidarité nationale”. (…) “Notre pays, dans l’effort historique auquel il soumet toutes les forces de la nation, ne peut tolérer un tel abandon de citoyenneté” (…). » À défaut d’adopter une mesure aussi radicale, le gouvernement devrait prendre exemple sur les États-Unis, qui assujettissent à l’impôt leurs expatriés.

Une autre solution innovante pour remédier aux déficits budgétaires chroniques de l’État a été proposée par le professeur de finance Marc Chesney : « Il s’agirait, comme le propose le financier zurichois Felix Bolliger, de taxer tous les paiements électroniques, comme les factures de restaurant… et pas seulement les achats d’actions ou d’obligations. En Suisse ces paiements sont de l’ordre de 100  000 milliards de francs par an. C’est énorme. Il s’agit d’environ 160 fois le PIB du pays. Il suffirait de prendre 0,2% sur chaque transaction pour obtenir 200 milliards, soit davantage que l’ensemble des impôts perçus en suisse, qui est de l’ordre de 170 milliards. Une telle taxe, si elle était introduite, pourrait théoriquement remplacer tous les impôts actuels et permettrait de simplifier le système fiscal. Cela pourrait délester l’économie d’activités qui lui sont néfastes comme le trading à haute fréquence. » Indépendamment de ces solutions, l’État ne peut poursuivre une politique austéritaire qui aggrave nos problèmes économiques et qui encourage la radicalisation de la population, alors que les multinationales du CAC 40 sont jugées « trop généreuses » à l’égard de leurs actionnaires et que l’exil fiscal est toléré. Le gouvernement ne pourra lutter contre l’extrémisme et le terrorisme en menant des politiques qui appauvrissent la majorité des citoyens ;

7) que l’État combatte par voie législative, règlementaire et judiciaire la surmédiatisation des actes de Daech et d’autres groupes ou individus terroristes, afin de mettre un terme au climat d’hystérie collective qui est imposé à la population française. Récemment, un instituteur a simulé une agression par un membre imaginaire de Daech, ce qui a engendré un emballement médiatique immédiat. Cet épisode regrettable doit nous faire réfléchir sur le rôle des médias dans ce climat de tension permanente, qui est préjudiciable à l’ensemble de la société, et qui encourage le passage à l’acte de déséquilibrés cherchant à médiatiser leur folie meurtrière. Comme l’a récemment soulignéle site TheIntercept.com, « [d]ans une interview à NPR (…) cette semaine, le Président Obama se plaint que les médias soient hyper-saturés par la couverture du terrorisme. “Si vous avez regardé la télévision ce dernier mois, tout ce que vous avez vu, tout ce que vous avez entendu concernait ces gars avec des cagoules ou des drapeaux noirs qui vont potentiellement venir vous attaquer”, a déclaré Obama. Les remarques du Président ont été rapidement condamnées par la presse de droite, mais les faits confirment ses déclarations. The Intercept a analysé la couverture de différents sujets par les chaînes d’information (…) et a constaté que le terrorisme est le principal sujet traité dans l’actualité. »

Dans ce même ordre d’idée, le géopoliticien Gérard Chaliand a déclaré que l’« [o]n ne montre pas en boucle, à la télévision, les images des cadavres et les familles, cousin après cousin, pour dire que les victimes étaient formidables. On dit qu’un bus a sauté et qu’il y a quinze morts ; point final. L’autre jour, je suis passé à la pharmacie et la pharmacienne me disait que les clients défilent, depuis le 13 novembre, pour prendre des calmants. Les gens se demandent ce qui va se passer ; ils ont peur. Les médias nous pourrissent la vie avec leur audimat. Ils rendent service à Daech ; ils font leur propagande : si je relaie six fois un crime de guerre de l’ennemi, je lui rends cinq fois service. C’est la société du spectacle. C’est minable. » Il semble donc indispensable de se questionner sur le rôle des médias dans la diffusion irréfléchie de la propagande de Daech, et de prendre des mesures concrètes pour limiter cette couverture médiatique nocive et disproportionnée ;

8) que l’État durcisse parallèlement sa législation pour combattre tout discours incitant à la haine des minorités ethniques, sexuelles ou religieuses, des migrants et des personnes vulnérables en général. Je songe notamment aux propos révoltants de Marine Le Pen, qui a promis d’« éradiquer l’immigration bactérienne ». Je pense également aux déclarations scandaleuses de Georges Bensoussan, qui avait affirmé sur France Culture que « dans les familles arabes en France, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». De tels propos s’apparentent à des incitations à la haine, qui alimentent les tensions intercommunautaires et qui n’ont pas leur place dans le débat public. Comme l’a expliqué Gilles Kepel, la montée du jihadisme et celle du FN sont « deux phénomènes qui se ressemblent », et qui selon moi s’auto-alimentent du fait de leur surmédiatisation. Or, Monsieur Kepel a manifestement oublié que certains « pompiers pyromanes », qui ont été critiqués par le géopoliticien Pascal Boniface, jouent également un rôle actif dans la dégradation continuelle du débat public. Dans ce contexte de tensions exacerbées, je préconise une forme d’« état d’urgence médiatique » temporaire et encadré par le CSA, qui doit notamment imposer la mise en priorité des informations enrichissantes, positives et apaisantes dans les médias.

Un an après les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo, force est de constater que la liberté d’expression, lorsque l’on en abuse à outrance, est une source majeure d’aggravation des problèmes que nous subissons collectivement. Ainsi, la violence psychologique engendrée par la surexposition médiatique de discours haineux et d’actes de terrorisme doit être combattue en priorité, car ce processus amplifie les risques de guerre civile. En France, le droit à la liberté d’expression est garanti par l’article 11 de la déclaration de 1789, mais il est encadré par la loi. En effet, cet article prévoit que « [l]a libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Cet article est le fondement denombreuses dispositions législatives et juridiques qui encadrent cette liberté, dont lesdiscours haineux ou les vidéos de propagande terroristes constituent des abus flagrants. Ces dérives doivent être plus strictement encadrées et limitées, car leur surmédiatisation place les citoyens dans un état de tension permanente. Ce phénomène menace le vivre-ensemble et la paix sociale, donc il est temps que les pouvoirs publics en prennent conscience ;

9) que l’État interdise le salafisme, qui est incompatible avec les fondements de la République et qui constitue le terreau du jihadisme violent. Il s’agit d’une question de sécurité nationale qui doit être considérée comme prioritaire. Comme le préconise l’ancien haut-fonctionnaire Pierre Conesa, « [i]l faut fermer les sites salafistes sans craindre de stigmatiser la communauté musulmane. Quand un boucher assassine sa femme, on ne s’interroge pas pour savoir si on stigmatise tous les bouchers ? Eh bien là, c’est pareil. Ces sites expliquent que l’on peut frapper sa femme ou que l’on devient un chien en écoutant de la musique, il n’y a même pas de question à se poser. C’est comme cela que l’on arrêtera le discours de la victimisation. Parallèlement, il faut adopter les mesures pour normaliser les relations avec la communauté musulmane et encourager, par exemple, la formation des imams et l’étude. » Mais comme Pierre Conesa l’a souligné dans une autre interview, il est impératif de « “désigner la cible”, car “c’est le seul moyen de faire comprendre que la composante musulmane de la société française n’est pas concernée dans sa totalité par ces comportements”. La cible, pour ce spécialiste des questions stratégiques internationales, a un nom : le salafisme. “Le salafisme est une idéologie propagée par l’Arabie saoudite dans les années 1980-90 pour lutter contre les Frères musulmans, qui avaient fait l’erreur de soutenir Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe. Le salafisme, abondé par l’argent de l’Arabie saoudite, a propagé partout des mosquées avec des imams salafistes, y compris en Algérie, et nos amis algériens l’ont payé”. » Lutter sans relâche contre le salafisme en prenant soin de ne pas alimenter les amalgames et l’islamophobie est donc indispensable pour combattre efficacement le terrorisme ;

10) que l’État maintienne l’éducation dans ses priorités budgétaires. Néanmoins, il faut plus que jamais promouvoir une compréhension du monde qui fait défaut dans notre jeunesse, ce qui favorise la radicalisation et l’essor des « théories du complot ». Or, selon l’enseignant Bernard Girard, « [a]lors que les préconisations du socle [commun] faisaient de l’histoire un outil de formation proprement “humaniste” – car l’humanisme, ce n’est pas simplement un point du programme obligatoire à étudier avant la fin de l’année – on en revient aujourd’hui à un triste récit moralisateur, (…) à visée exclusivement identitaire, une sorte d’histoire sainte, en réalité une négation de l’histoire, dont l’objectif est de former des croyants, des fidèles mais sûrement pas des citoyens éclairés. En quelque sorte, une fabrique de l’obscurantisme. » Dans un article plus récent, il fustigeait un enseignement historique « recadré sur le pré carré national et l’histoire purement institutionnelle. (…) [A]rrivé à 15 ans, un jeune n’est donc pas censé savoir que le monde existe. » Un collectif de spécialistes, dont fait notamment partie l’historien Benjamin Stora, défend lui aussi un enseignement de l’Histoire moins romancé : « À cet élitisme conservateur s’ajoutent les peurs identitaires de ceux qui fustigent le dévoiement des programmes d’histoire. Car ce qu’ils redoutent est l’ensevelissement de l’identité française sous la repentance postcoloniale, l’ouverture à l’islam et le culte des pages les plus sombres de notre histoire… Outre qu’elles sont souvent infondées, comme on l’a vu, ces attaques traduisent une étrange conception de l’enseignement de l’histoire. Que recherche-t-on à travers lui ? Le développement de l’enthousiasme patriotique ou l’éducation d’un citoyen capable de s’orienter à la lumière des enseignements du passé ? Dans le premier cas, les programmes d’histoire devraient s’efforcer – et pourraient se contenter – de raconter une belle histoire. Dans le second cas, ils ont vocation à s’approcher de la vérité et à dissiper les fantasmes. C’est, selon nous, cette seconde version qui doit être privilégiée dans l’intérêt de tous. »

Au-delà de cette question de l’enseignement de l’Histoire, ce collectif souligne que l’« on n’accepte toujours pas de prendre en considération les pertes d’opportunité des élèves en difficulté, ou même des élèves moyens. Ce qu’il faudrait valoriser, c’est justement tout ce qui permet de combattre l’échec scolaire. » L’éducation doit donc rester une priorité du gouvernement, et la lutte contre l’échec scolaire doit être repensée et intensifiée. Pour prévenir au plus tôt la radicalisation des jeunes, il faut susciter le développement de l’esprit critique et d’une curiosité intellectuelle permanente. Les risques de basculement vers l’extrémisme en seraient nettement réduits. En effet, toute personne éduquée, lorsqu’elle se retrouve face à des fondamentalistes, est culturellement mieux armée pour résister à leurs manipulations. Alors que la guerre et les politiques sécuritaires sont mises en avant pour répondre au terrorisme, l’éducation doit être une priorité pour combattre efficacement ce fléau.

Je continuerai de développer ces axes de réflexion, étant convaincu que nous subissons de trop nombreuses urgences socioéconomiques, et que celles-ci suscitent différentes formes de radicalisation. Nos gouvernants le reconnaissent mais, au lieu d’agir pour améliorer le sort de leurs administrés, ils maintiennent un état de guerre perpétuelle et ils affaiblissent notre état de droit après chaque attentat. Des solutions plus innovantes, audacieuses et durables doivent être mises en oeuvre. Et il est clair que les discours martiaux et démagogiques de l’Exécutif – pourtant accompagnés d’un faible engagement militaire –, sont des politiques aussi dangereuses qu’inutiles. « Dangereuses », car l’État expose la France à un péril terroriste encore plus grand en répondant à la violence de Daech par une surenchère militariste aux effets limités sur le terrain. « Inutiles », car lutter contre le terrorisme en bombardant des pays lointains dans lesquels nous n’avons aucune légitimité pour intervenir ne fera qu’attiser la haine anti-occidentale, et non tarir les sources de financement du jihadisme. Comme l’a récemment souligné le spécialiste Richard Labévière,

« Pour lutter efficacement contre les dollars de la terreur, inutile de bombarder Raqqa, Mossoul ou Alep. Il faudrait plutôt cibler Genève, Zurich, Lugano, la City, Monaco, les îles anglo-normandes, les Bahamas, les Vierges ou les Caïmans… pas forcément avec des Rafale mais à coup de commissions rogatoires. La difficulté majeure est qu’une fois celles-ci établies en bonne et due forme, les structures financières visées auront changé de forme, de conseil d’administration et de villégiature. Le manque de coopération et de détermination internationales est évident et, malheureusement, la dernière résolution des Nations unies en la matière risque bien de s’avérer aussi inefficace que les textes précédents adoptés, à l’époque, pour lutter contre le financement d’Al-Qaïda… »

J’ajouterais enfin que, pour combattre réellement le terrorisme, il est tout aussi vain et contre-productif de transformer notre démocratie certes imparfaite en un État sécuritaire néolibéral sans cesse plus inégalitaire et autoritaire. Néanmoins, je vais continuer de réfléchir à des solutions, et ne pas me contenter de critiquer ce dangereux triptyque qui nous est imposé par nos gouvernants : état de guerre perpétuelleÉtat profond normaliséétat d’urgence permanent.

Ainsi, je vous encourage à diffuser cet article aux médias, à vos élus et à votre entourage, tout en demandant des comptes à vos députés afin de mettre un terme aux politiques profondes exposées sur mon site, puisqu’elles déstabilisent le monde et menacent nos démocraties. Dans ce contexte difficile, et sachant que d’autres attentats nous menacent, restons unis derrière ce triptyque essentiel : Liberté, Égalité, Fraternité.

 

Source : Maxime Chaix, pour maximechaix.info, le 10 janvier 2016.

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