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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

Poutine démasque Obama et le force à bombarder les trafiquants de pétrole de l’EI

17 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La République, #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Poutine démasque Obama et le force à bombarder les trafiquants de pétrole de l’EI

Les États-Unis affirment qu’ils veulent frapper l’Etat islamique, mais, en un an de bombardements, ils n’ont jamais vraiment touché à l’une de ses plus grandes sources de revenus. Des centaines de camions citernes attendent tous les jours aux points de distribution de l’Etat Islamique pour amener du pétrole en Turquie et ailleurs. Un seul de ces points de distribution a été bombardé jusqu’ici et il l’a été par les forces de l’air irakiennes.

Lors de la réunion du G-20 en Turquie, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé cet état de fait, et, miracle, voilà que le problème est résolu.

L’administration Obama a récemment déclaré qu’elle allait augmenter ses frappes sur les infrastructures pétrolières les plus coûteuses du gouvernement syrien qui sont contrôlées par l’EI. Mais il a dit qu’il ne lancerait pas encore de frappes sur les grands regroupements de camions.

La campagne aérienne dirigée par les Américains a lancé des frappes aériennes périodiques contre les raffineries de pétrole et d’autres installations de production dans la partie est de la Syrie que le groupe contrôle, mais les ingénieurs de l’organisation ont pu réparer rapidement les dégâts et continuer à écouler le pétrole, selon des officiels étasuniens. L’administration Obama a également hésité à attaquer la flotte de camions citernes de l’État islamique – son principal réseau de distribution – par crainte de faire des victimes civiles.

Mais maintenant, l’administration a décidé d’augmenter les attaques et de provoquer des dégâts qui prennent plus de temps à réparer ou qui nécessitent de commander des pièces, selon des officiels étasuniens.

Si l’on veut arrêter le commerce de l’huile, il est évident que ce sont les camions qu’il faut détruire. Sans camions, les autres infrastructures n’ont plus d’utilité pour IS puisque le pétrole ne peut plus être vendu. Si les camions sont détruits, ceux qui sont derrière la contrebande ne feront plus de profit et ils laisseront tomber. L’excuse des « victimes civiles » ne tient pas. Si l’on veut vraiment éviter les pertes humaines, il suffit d’annoncer l’attaque, mais on peut aussi considérer que ces trafiquants de pétrole font des affaires avec des terroristes et que, de ce fait, ils sont leurs complices. La vraie raison pour laquelle les États-Unis répugnent à s’attaquer à la contrebande du pétrole, est plutôt qu’ils veulent ménager le gouvernement turc qui profite de ces transferts de pétrole.

Puis la Russie est arrivée et Poutine, son président, a démontré, pendant le G-20 qui se tient en ce moment, que les Etats-Unis ne combattent pas sérieusement l’EI. Aujourd’hui, le journaliste turc Abdullah Bozkurt rapporte ce qu’a dit le président Poutine en marge du G-20 :

Abdullah Bozkurt@abdbozkurt

Poutine en #Turquie: J’ai fourni des exemples, basés sur nos données, sur le financement des différentes unités de #ISIL par des personnes privées.

«Cet argent, comme nous l’avons établi, provient de 40 pays et, il y a quelques membres du G20 parmi eux », a dit Poutine.

« J’ai montré à nos collègues des photos prises d’avion et dans l’espace qui montrent clairement l’ampleur du commerce illégal de pétrole ».

Poutine a communiqué ces informations et ces photos hier. Obama doit avoir été profondément embarrassé et contrarié. Car voilà que le jour qui a suivi la dénonciation par Poutine de la réticence des États-Unis à frapper là où c’est nécessaire, un grand regroupement de camions a été bombardé :

Intensifiant la pression sur l’Etat islamique, les avions de guerre des États-Unis ont, pour la première fois, attaqué, lundi, des centaines de camions utilisés par le groupe extrémiste pour passer en contrebande le pétrole brut qu’il extrait en Syrie, ont déclaré des officiels étasuniens. Selon une première évaluation, 116 camions ont été détruits dans l’attaque qui a eu lieu près de Deir al-Zour, une zone de l’est de la Syrie contrôlée par l’État islamique.

Jusqu’à lundi, les Etats-Unis s’étaient abstenu de frapper la flotte utilisée pour le transport du pétrole, qui se monte, croit-on, à plus de 1000 camions citernes, par crainte de faire des victimes civiles. Ce qui fait que le système de distribution de l’État islamique pour exporter le pétrole est toujours intact.

Il semble que Poutine ait réussi à pousser Obama à agir contre la contrebande du pétrole en lui faisant honte devant tout le monde. Espérons que cela aura le même effet sur les sources de financement dont il a parlé.

Moon of Alabama | 16 Novembre 2015

Article original : http://www.moonofalabama.org/2015/11/putin-names-and-shames-obama-into-bombing-is-oil-smugglers.html

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo

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Diplomatie française : improvisations, revirements et amateurisme…

17 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Politique étrangère, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Diplomatie française : improvisations, revirements et amateurisme…

Source : Proche & Moyen-Orient, le 28 septembre 2015.

Quelques semaines avant l’élection de François Hollande, un groupe de hauts fonctionnaires français signait une tribune dans un quotidien parisien, appelant à rompre avec les postures médiatiques de Nicolas Sarkozy. Commentant les propositions du candidat socialiste, ce collectif écrivait : « on ne voit pas encore les axes structurants d’une politique réfléchie. Sans tabous ni autocensure, la première des préoccupations reste la non-prolifération nucléaire et le dossier iranien, mais aussi et peut-être davantage le Pakistan, ainsi que le réarmement d’autres puissances. Quelle est la meilleure politique au regard de nos intérêts? Est-ce pertinent de soutenir Israël quelles que soient les extrémités où l’on risque de nous entraîner? Quelles leçons tire-t-on de l’expédition libyenne – guerre déclenchée au nom des droits humains – dont on ne connaît toujours pas le bilan des victimes, ni l’ampleur des effets déstabilisateurs dans la sous-région sahélienne, sans parler de l’évolution inquiétante des libertés civiles et politiques? Et que penser de la politique de gribouille sur la Syrie, pouvant déboucher sur une militarisation accrue de la crise? L’appel au changement de régime est-il légitime, surtout lorsqu’il est porté par des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite? Ne reproduit-on pas ici les erreurs commises par les Américains et les Britanniques en Irak ? Cela ne ressemble-t-il pas à un vieux remugle de néo-colonialisme? Quant à l’Afghanistan, il restera à dresser un bilan de notre engagement militaire. Ces questions rompent avec le politiquement correct dominant. Il faut cesser de se gargariser des grands discours ridicules sur notre « diplomatie universelle » et de nier béatement le déclin de la France dans le monde. Il est temps d’élaborer une doctrine de redressement, fondée sur des analyses géostratégiques tenant compte de la réalité, de nos moyens d’agir, de nos intérêts ainsi que de ceux de nos voisins européens, méditerranéens et africains ».

Une fois élu, François Hollande – qui ne s’était guère intéressé aux relations internationales – nommait à la tête de la diplomatie française l’ « ancien plus jeune Premier ministre de la Vème République ». En confiant le Quai d’Orsay à Laurent Fabius, le nouveau président de la République cédait ainsi à son tropisme d’ancien premier secrétaire du PS : ménager les tribus de la rue de Solferino en considérant que Fabius serait moins nuisible à l’intérieur du gouvernement qu’abandonné à la direction d’un courant qui avait mené la bataille contre le projet de constitution européenne, notamment. Du grand art… et un signal fort adressé à nos partenaires européens. Condition de son acceptation du maroquin des Affaires étrangères, Laurent Fabius favorisait le choix d’un conseiller diplomatique faible pour l’Elysée, en l’occurrence le regretté Paul Jean-Ortiz – homme droit et affable, surtout spécialiste de l’Asie, – ne voulant pas s’encombrer d’un sherpa trop pointu, genre Jean-David Levitte qui géra les dossiers internationaux pour Sarkozy tandis que Bernard Kouchner amusait la galerie du Quai d’Orsay, multipliant les voyages et des affaires pas toujours très claires…

Cette inversion hollandaise du dispositif Sarkozy (sherpa fort/ministre faible) pour un ministre fort et un conseiller diplomatique docile ne changea pas grand-chose à une diplomatie qui accentua les évolutions impulsées par une « école française néoconservatrice » qui avait déjà commencé à sévir sous le deuxième Chirac finissant : retour dans le commandement intégré de l’OTAN, alignement sur Washington et Tel-Aviv ! Et l’un de nos grands ambassadeurs de commenter : « avec Laurent Fabius, c’est Guy Mollet, les néo-cons américains et la morgue en prime… » Sans appel, ce jugement s’illustre particulièrement sur les trois grands dossiers proche et moyen-orientaux.

La Syrie d’abord ! En mars 2012, Alain Juppé avait curieusement décidé de fermer l’ambassade de France à Damas, contredisant les fondamentaux de la diplomatie qui consistent, justement, à ne jamais perdre le contact avec les pays qui s’éloignent le plus de nos positions, sinon de nos intérêts… Cherchant à corriger les effets désastreux du soutien passé de Michèle Alliot-Marie au dictateur tunisien, Paris se devait de revenir dans le sens de l’Histoire : Ben Ali dégage, Moubarak dégage, Kadhafi idem… Avec Washington et Londres, Paris s’enferma dans le « Bachar dégage ! », personnalisant une situation syrienne, pourtant très différente des autres mal nommées « révolutions arabes ».

Sur la Syrie, inaugurant une « ligne Juppé consolidée », selon les propres termes d’un ancien ambassadeur de France à Damas, Laurent Fabius a été principalement inspiré par deux personnes : Eric Chevallier – un copain de Kouchner promu par ce dernier « diplomate professionnel », thuriféraire de Bachar jusqu’en juillet 2011, moment où il fut rappelé à Paris pour se faire expliquer que la suite de sa carrière dépendait d’un complet revirement anti-Bachar – et Jean-Pierre Filiu, un ancien diplomate – ayant quelque compte personnel à régler avec le régime baathiste – devenu professeur des universités et militant de la « révolution syrienne ». Fin août, lors de son discours devant la 70ème conférence des ambassadeurs, François Hollande a encore confirmé cette ligne « renforcée » du « ni-ni » – ni Bachar, ni Dae’ch – estimant que bombarder Dae’ch en Syrie pourrait renforcer le « boucher de Damas ».

Début Septembre survient la « crise des migrants », soulevant un mélange d’émotions et de craintes dans les opinions européennes, confirmant l’absence de véritable politique de l’Union européenne en la matière. La décision d’accueil massif d’Angela Merkel, qui pense ainsi combler ses déficits démographique et de main d’œuvre, embarrasse François Hollande qui doit pourtant afficher sa convergence avec la dirigeante de l’Europe. Opposée en Mai 2015 à des quotas migratoires contraignants au sein de l’UE, la France se met à en soutenir le principe en Septembre. Après avoir qualifié de « stupide » l’idée de rétablir un contrôle aux frontières, le gouvernement français affirme qu’il « n’hésitera pas » à le faire si nécessaire, après la décision allemande de fermer certaines de ses frontières. Improvisation totale, le regard rivé sur la ligne d’horizon des présidentielles de 2017, ce revirement pathétique s’opèrera naturellement sous la pression des sondages d’opinion.

Avec la crise des migrants, le Front national retrouve son « cœur de métier », mais récolte aussi les bénéfices d’une équation relativement simple : les migrants affluent pour fuir la guerre civile syrienne dont Dae’ch est l’un des principaux protagonistes. Deux corollaires s’imposent tout aussitôt : 1) il faut lutter plus efficacement contre l’organisation terroriste d’autant que le bilan d’une année de lutte de la Coalition anti-Dae’ch, regroupant les plus puissantes armées du monde, est particulièrement nul. En effet, comment expliquer aux électeurs que la Coalition n’arrive pas à venir à bout d’une organisation qui compte tout au plus 40 à 45 000 hommes, alors qu’elle signe aussi des attentats en Europe ? 2) il faut parler avec Bachar al-Assad. Les affirmations régulièrement répétées du Quai d’Orsay selon lesquelles le « dictateur de Damas » a enfanté Dae’ch tout seul font sourire depuis longtemps les connaisseurs du pays et de la région. Depuis plusieurs mois, l’Espagne, la Pologne, la Tchéquie et d’autres pays de l’UE, plus récemment l’Allemagne, disent de même. Moscou défend cette position depuis l’hiver 2011/2012 et Washington a commencé à nuancer la sienne à partir de mars 2015.

Le coup de grâce du « ni-ni » hollando-fabiusien intervient mi-septembre avec l’officialisation d’un engagement militaire russe accru afin d’épauler Bachar al-Assad pour éviter que les catastrophes d’implosion territoriale et politique, commises en Irak et en Libye, ne se répètent. Durant un déplacement de Laurent Fabius à l’étranger, Jean-Yves Le Drian, dont la compétence en matière de défense n’est plus à prouver, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), et le général Benoît Puga, chef d’état-major particulier du Président, finissent par convaincre celui-ci que la position française n’est plus tenable au risque de se trouver marginalisée dans la nouvelle donne inaugurée par l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet dernier.

C’est le deuxième échec personnel de Laurent Fabius qui rejaillit sur l’ensemble de la diplomatie française : ne pas avoir accompagné la finalisation de l’accord sur le nucléaire iranien et n’avoir pas anticipé non plus ses conséquences régionales et internationales. Pire, Laurent Fabius s’est opposé pendant plus d’un an et demi aux progrès de la négociation en relayant systématiquement les critiques et les exigences… israéliennes ! Au nom de quels intérêts français ? On se le demande encore… La signature à peine sèche, le ministre français se précipite pourtant à Téhéran afin de devancer son homologue allemand : ce voyage est une telle catastrophe que lors de la dernière visite des patrons du MEDEF à Téhéran, il préfère se faire porter pâle et céder sa place au porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Au Quai d’Orsay comme au MEDEF, personne n’ose dire que son entêtement contre l’accord a plombé les grandes, moyennes et petites entreprises françaises pour pas mal de temps ! Heureusement que les Iraniens sont pragmatiques et qu’ils ne mettent jamais tous leurs œufs dans le même panier, mais tout de même ! Pourquoi avoir refusé si longtemps cet inéluctable début de normalisation avec l’une des grandes puissances régionales du Moyen-Orient ? La question reste entière…

Les yeux toujours rivés sur le baromètre intérieur, François Hollande demande instamment à Laurent Fabius d’organiser à Paris, le 8 septembre dernier, une conférence internationale pour venir en aide aux Chrétiens et autres minorités d’Orient. Celui-ci s’exécute à reculons, toujours partisan d’armer l’opposition syrienne « laïque et modérée » pour en finir avec Bachar, c’est-à-dire « les bons p’tits gars de Nosra », comme il l’affirmait en décembre 2012 lors d’un voyage au Maroc. Rappelons que Jabhat al-Nosra, c’est tout simplement Al-Qaïda en Syrie, qui achète et absorbe, depuis plusieurs années, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) qui n’existe plus que sur le papier. Rien appris, rien oublié ! Laurent Fabius persiste et signe. Cette conférence est un fiasco absolu. Mais un autre dossier inquiète fortement le président de la République : le conflit israélo-palestinien et les gosses des banlieues françaises qui critiquent, d’une manière de plus en plus organisée, les choix inconditionnellement pro-israéliens du gouvernement français.

Laurent Fabius effectue donc plusieurs déplacements en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés. Des projets de résolution pour le Conseil de sécurité des Nations unies sont mis en chantier. Mais là encore, l’improvisation va coûter cher. Le chef de la diplomatie française s’étonne de ne pas trouver un Benjamin Netanyahou enthousiaste et surtout redevable à la France éternelle d’avoir tout mis en œuvre pour faire échec à l’accord sur le nucléaire iranien ! Le 8 juillet 2015, Paris renonce à présenter devant l’ONU son projet de résolution concernant le conflit israélo-palestinien. En coulisses, Tel-Aviv et Washington ont torpillé le texte. « Je peux dire que le projet français de résolution du conflit devant le Conseil de sécurité n’est plus une priorité pour les dirigeants français », déplore le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki.

Au Liban, Paris tente de débloquer la situation politique pour l’élection d’un président de la République (chrétien selon la constitution). Le palais de Baabda est inoccupé depuis août 2014. A la demande de Laurent Fabius, le patron d’ANMO (Direction Afrique du Nord/Moyen-Orient) Jean-François Girault multiplie vainement les consultations au Pays du cèdre, en Iran, en Jordanie et en Egypte. En fait, Paris ne fait plus rien sans en référer au nouvel allié saoudien. A la « politique arabe » du général de Gaulle et de François Mitterrand s’est substituée une « politique sunnite » de la France ! Il faut dire que cette « évolution » pèse quelque 35 milliards d’euros pour les grandes sociétés du CAC-40. Quant aux droits de l’homme tellement sollicités afin de pouvoir « punir », sinon « neutraliser » Bachar al-Assad, ils n’empêchent guère les ronds de jambe et les courbures d’échine répétés devant les dictateurs du Golfe.

Aux dernières nouvelles, un jeune saoudien chi’ite, Ali Mohamed al-Nimr risque d’être décapité puis crucifié, pour avoir « manifesté » contre le régime saoudien – cet ami de la France qui nous achète nos matériels d’armement et finance les Rafale pour l’Egypte… Une diplomatie époustouflante, en effet !

Richard Labévière
28 septembre 2015

1. « Pour un changement de politique étrangère » – Libération du 13 mars 2012.

2. Eric Chevallier coule aujourd’hui des jours heureux à Doha comme ambassadeur de France. Ayant tellement mis de cœur à l’ouvrage dans son revirement anti-Bachar en faveur de « l’opposition » syrienne, financée par le Qatar, les autorités du petit émirat pétrolier sont intervenues directement auprès de François Hollande pour qu’il y soit nommé représentant de la France.


[2012]Pour un changement de politique étrangère

Source : Les amis d’Etienne Pellot, pour Libération, le 13 mars 2012.

Alors que l’éventualité d’une attaque israélienne des sites nucléaires iraniens préoccupe les chancelleries occidentales, les différents cercles qui conseillent François Hollande s’affrontent à fleuret moucheté. Les gaullo-mitterrandiens préconisent une ligne d’indépendance nationale et de refus d’alignement sur le camp occidental alors que les néoconservateurs se satisferaient d’une politique extérieure proche de celle de Nicolas Sarkozy. Dans son discours devant les ambassadeurs en 2008, celui-ci avait annoncé cinq ruptures : le rapprochement avec les Etats-Unis et l’Otan au sein de la «famille occidentale» ; une nouvelle politique au Proche-Orient reposant sur une amitié affichée avec Israël ; le retour de la France en Europe, appuyé sur la Grande-Bretagne pour équilibrer la relation privilégiée avec l’Allemagne ; un recentrage sur le «business» de notre relation avec l’Afrique ; enfin, les droits de l’homme comme alpha et oméga de notre politique étrangère. Ne parlons pas de Bernard Kouchner qui, à peine nommé, menaçait de déclarer la guerre à l’Iran.

Au-delà de ces ruptures proclamées, c’est en réalité une politique purement opportuniste et souvent incohérente qui a été menée, à coups de postures médiatiques, de volontarisme déclamatoire et d’arrogance, avec de bien piètres résultats. Pire, l’affichage du mépris pour les diplomates non seulement français mais étrangers, les conduites inconsidérées vis-à-vis de nos partenaires, les apparitions minutées dans des pays d’importance majeure tels l’Algérie, l’Inde et la Turquie, les gaffes magistrales au Sénégal, au Mexique ou en Chine, ont considérablement affaibli l’image et la réputation de la France.

Le défi pour François Hollande, s’il est élu, sera de reconstruire une politique cohérente, s’appuyant sur des priorités clairement affichées, des engagements crédibles de coopération à long terme ou encore une capacité à peser sur les crises. Pour redonner à notre pays sa juste place dans le monde, il lui faudra veiller à ce que l’intendance suive en restaurant les moyens de la diplomatie française, sabotés par la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et par des réformes ayant tourné court. Les six propositions du candidat socialiste, trois sur l’Europe et trois sur les questions internationales, donnent des orientations mais sont loin d’épuiser le débat que nous réclamons.

L’Europe: au-delà de propositions de sortie de crise privilégiant la croissance et l’emploi, des programmes de réindustrialisation et des règles de réciprocité sociales et environnementales en matière commerciale, il manque une vision politique d’ensemble, d’autant que ce qui se passe en Grèce pose crûment la question de la démocratie et de la souveraineté. La poursuite d’une simple coopération intergouvernementale suffira à résoudre une crise structurelle liée à l’impuissance des Etats face aux marchés ?

Pour le reste – renouveau du multilatéralisme, politique méditerranéenne, abandon de la Françafrique, relance de la francophonie, Afghanistan, reconnaissance de l’Etat palestinien, vocation de l’Otan -, on ne voit pas encore les axes structurants d’une politique réfléchie. Sans tabous ni autocensure, la première des préoccupations reste la non-prolifération nucléaire et le dossier iranien, mais aussi et peut-être davantage le Pakistan, ainsi que le réarmement d’autres puissances. Quelle est la meilleure politique au regard de nos intérêts ? Est-ce pertinent de soutenir Israël quelles que soient les extrémités où l’on risque de nous entraîner ? Quelles leçons tire-t-on de l’expédition libyenne – guerre déclenchée au nom des droits humains – dont on ne connaît toujours pas le bilan des victimes, ni l’ampleur des effets déstabilisateurs dans la sous-région sahélienne, sans parler de l’évolution inquiétante des libertés civiles et politiques ? Et que penser de la politique de gribouille sur la Syrie, pouvant déboucher sur une militarisation accrue de la crise ? L’appel au changement de régime est-il légitime, surtout lorsqu’il est porté par des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite ? Ne reproduit-on pas ici les erreurs commises par les Américains et les Britanniques en Irak ? Cela ne ressemble-t-il pas à un vieux remugle de néocolonialisme ? Quant à l’Afghanistan, il restera à dresser un bilan sans concessions de notre engagement militaire.

Ces questions rompent avec le politiquement correct dominant. Il faut cesser de se gargariser des grands discours ridicules sur notre«diplomatie universelle» et de nier béatement le déclin de la France dans le monde. Il est temps d’élaborer une doctrine de redressement, fondée sur des analyses géostratégiques tenant compte de la réalité, de nos moyens d’agir, de nos intérêts ainsi que de ceux de nos voisins européens, méditerranéens et africains.

 

 

7 réponses à Diplomatie française : improvisations, revirements et amateurisme…

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Pourquoi l’état d’urgence et les mesures de haute sécurité ne réussiront pas à arrêter Daesh, par Patrick Cockburn.

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Le fascisme, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Daesch

Pourquoi l’état d’urgence et les mesures de haute sécurité ne réussiront pas à arrêter Daesh

Par Patrick Cockburn le 16 novembre 2015

Nul doute que « l’Etat islamique », comme se nomme lui-même ISIS, se félicitera du résultat de ses attaques à Paris. Il a montré qu’il pouvait se venger, avec sa sauvagerie habituelle, d’un pays qui bombarde son territoire, et qu’il faut le craindre même quand il est soumis à une dure pression militaire. Les faits et gestes de seulement huit kamikazes et hommes armés d’ISIS dominent l’agenda international, jour après jour.

Il n’y a pas grand-chose qu’on puisse y faire. Les gens sont naturellement anxieux de savoir quelle chance ils ont d’être attaqués à la mitrailleuse, la prochaine fois qu’ils s’assiéront dans un restaurant ou qu’ils assisteront à un concert, à Paris ou à Londres.

Mais le ton apocalyptique de la couverture médiatique est exagéré : la violence dont Paris a été l’objet jusqu’ici n’est pas comparable à ce que Belfast et Beyrouth ont subi dans les années 1970, ni à ce que Damas et Bagdad vivent aujourd’hui. Contrairement à ce que la couverture massive de la télévision semble indiquer, le choc de s’apercevoir qu’on vit dans une ville où des bombes explosent, s’émousse rapidement.

La rhétorique excessive qui entoure le massacre est aussi un problème : au lieu que les atrocités ne conduisent à agir concrètement et efficacement, les paroles de colère deviennent un substitut à une véritable politique. Après les meurtres de Charlie Hebdo en janvier, 40 dirigeants du monde entier ont défilé en se tenant par le bras dans les rues de Paris* proclamant, entre autres choses, qu’ils allaient faire leur priorité de la défaite d’ISIS et ses collègues d’al-Qaïda.

Mais, dans la pratique, ils n’ont rien fait de tel. Lorsque les forces d’ISIS ont attaqué Palmyre en Syrie orientale, en mai dernier, les Etats-Unis n’ont pas lancé de frappes aériennes contre le groupe parce que la ville était défendue par l’armée syrienne et que Washington avait peur d’être accusé de vouloir maintenir le président Bachar al-Assad au pouvoir.

De ce fait, les Etats-Unis ont donné à ISIS un avantage militaire, que le groupe a prestement mis à profit pour se saisir de Palmyre, décapiter les soldats syriens capturés et faire sauter les ruines antiques.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré lors de la réunion du G20 en Turquie que « le temps des discussions était terminé » et qu’il devait y avoir une action collective contre le « terrorisme ».

Cela sonne comme une prise de position turque de première importance contre ISIS, mais M. Erdogan a expliqué que sa définition des « terroristes » était vaste et englobait les Kurdes syriens et leur Unités paramilitaires de Protection du Peuple (UPP) que les États-Unis considèrent comme leurs meilleurs alliés militaires contre ISIS.

La détermination de M. Erdogan à attaquer les insurgés kurdes en Turquie et au nord de l’Irak s’est avérée beaucoup plus forte que son désir d’attaquer ISIS, Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham.

Il y a peu de signes que les dirigeants du G20 réunis en Turquie aient compris la nature du conflit dans lequel ils sont engagés. La stratégie militaire d’ISIS est une combinaison unique de terrorisme urbain, de tactiques de guérilla et de guerre conventionnelle. Dans le passé, de nombreux États ont utilisé le terrorisme contre leurs adversaires, mais, dans le cas présent, les escadrons kamikazes qui ciblent des civils sans défense, dans leur pays et à l’étranger, font partie intégrante de la stratégie de guerre d’ISIS.

Lorsque les UPP ont coupé la route transfrontalière qui allait de la Turquie vers ISIS, à Tal Abyad, en juin, le groupe terroriste a riposté en envoyant des combattants habillés en Kurdes dans la ville kurde de Kobani où ils ont massacré plus de 220 hommes, femmes et enfants.

Lorsque la Russie a commencé sa campagne aérienne contre ISIS et les djihadistes radicaux, le 30 septembre, ISIS a répondu en plaçant une bombe sur un avion russe en provenance de Charm el-Cheikh, faisant 224 victimes.

Une autre erreur que font les dirigeants du G20 est de persister à sous-estimer ISIS. David Cameron a déclaré que le groupe n’était pas digne d’être appelé « Etat islamique », mais malheureusement, c’est bien un état et, de surcroît, plus puissant que la moitié des membres de l’ONU, avec son armée expérimentée, sa conscription, ses impôts et son contrôle sur tous les aspects de la vie dans la vaste région qu’il gouverne.

Tant qu’il existe, il projettera sa puissance à travers des opérations-suicides comme celles que nous venons de voir à Paris. Parce que les cibles potentielles sont les populations civiles dans leur ensemble, on aura beau augmenter les contrôles de sécurité, cela ne changera pas grand-chose. Les kamikazes réussiront toujours à passer au travers.

La seule vraie solution est la destruction d’ISIS: seule une campagne aérienne américaine et russe, coordonnée avec ceux qui combattent vraiment sur le terrain, peut y parvenir.

L’US Air Force l’a fait très efficacement avec les UPP, ce qui a permis à ces derniers de vaincre ISIS à Kobani, et avec les Peshmergas kurdes irakiens, qui ont réussi à prendre la ville de Sinjar, la semaine dernière. Mais les Etats-Unis répugnent à attaquer ISIS quand le groupe se bat contre l’armée syrienne ou les milices chiites en Irak. Étant donné que ce sont les deux plus fortes formations militaires combattant ISIS, la force militaire étasunienne est bridée là où elle serait la plus utile.

Compte tenu de la sympathie internationale pour les Français après le massacre à Paris, il est inévitable qu’il n’y ait presque pas de critiques de la politique brouillonne de la France dans le conflit syrien.

Plus tôt dans l’année, lors d’une interview avec Aron Lund de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un des principaux experts français sur la Syrie, Fabrice Balanche, qui est actuellement à l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, a déclaré : « Nous avons en 2011-12 été victimes d’une sorte de maccarthysme intellectuel sur la question syrienne: si vous disiez qu’Assad n’était pas sur le point de tomber dans les trois mois, vous pouviez être soupçonné d’être à la solde du régime syrien ».

Il a fait remarquer que le ministère français des Affaires étrangères avait pris fait et cause pour l’opposition syrienne, tandis que les médias refusaient de voir la révolte syrienne autrement que comme la poursuite des révolutions tunisienne et égyptienne. Ils refusaient de voir les divisions sectaires, politiques et sociales qui montraient que la guerre civile syrienne n’était pas aussi simple que cela.

Du fait que l’administration, l’état-major de l’armée, et les services de sécurité de l’Etat regorgent d’Alaouites, il est presque impossible de se débarrasser de M. Assad et de son régime dont les dirigeants sont issus de la communauté alaouite, sans que l’Etat ne s’effondre, laissant un vide qui sera comblé par ISIS et ses homologues d’Al-Qaïda.

Malgré les récentes attaques terroristes, on ne voit toujours pas s’élaborer de politique à long terme pour empêcher que cela ne se reproduise.

Patrick Cockburn| 16 novembre 2015

Patrick Cockburn est l’auteur de La montée de l’Etat islamique: ISIS et la nouvelle Révolution sunnite.

Note du traducteur :

* Il semble qu’ils se soient en réalité contentés de se faire photographier à l’extérieur de la marche.

Attention la France choisit ses amis

CounterPunch

Traduction : D.B.

Source: http://arretsurinfo.ch/pourquoi-letat-durgence-et-les-mesures-de-haute-securite-ne-reussiront-pas-a-arreter-daesh/

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Communiqué de IRIB. Recep Tayyip Erdogan, homme d’État turc, a menacé, hier, la France, de «graves» conséquences, si elle continue ses frappes aériennes contre Etat Islamqiue.

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Turquie, #AMERIQUE, #La Russie, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Communiqué de IRIB. Recep Tayyip Erdogan, homme d’État turc, a menacé, hier, la France, de «graves» conséquences, si elle continue ses frappes aériennes contre Etat Islamqiue.

IRIB- Recep Tayyip Erdogan, homme d’État turc, a menacé, hier, la France, de «graves» conséquences, si elle continue ses frappes aériennes contre Etat Islamique.

Le 16 novembre 2015 à 18:10

«Si ces frappes contre les millitants "modérés" syriens ne s’arrêtent pas, de la part du gouvernement francais, les conséquences, sur les relations politiques, économiques, culturelles et dans tous les domaines avec la France, seront graves», a averti M. Erdogan, dans un entretien exclusif avec le journal "Ar-Rayah". "Quant à l’Etat Islamique, il y a des Turcs, des Arabes et des Kurdes dedans. Les mécontentements du passé ont provoqué une large réaction. (…) Si les Arabes sunnites n’avaient pas été exclus, en Irak, il n’y aurait pas une telle accumulation de colère, il faut les entendre, au lieu de les réprimer, au profit du régime syrien". Recep Tayyip Erdogan, dont le pays aurait facilité l’approvisionnement en armes des Jihadistes de l’État islamique, en Syrie, garde une position ambiguë, face à l’État islamique. Erdogan évoque l’impact «irréparable», sur les relations franco-turques qu’auraient ces frappes contre les militants syriens. M. Erdogan a, en outre, appelé la France à faire preuve de «bon sens» et à empêcher de se mettre en danger, en matant un mouvement populaire, faisant allusion aux militants syriens.

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Réactio d'Eric Cantona après les attentas du 13 novembre 2015 à Paris

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Eric Cantona

Voici les vrais responsables de nos malheurs (sarkozy, hollande et marine...). Jusqu'à Jacques CHIRAC, la France n'avait que des amis et des alliés dans le monde arabe. La France était perçue comme une nation qui partout favorisait la paix et le dialogue.

Puis Sarkozy est arrivé et tout a changé. Nos amis d'hier sont devenus nos ennemis. Nos alliés d'hier sont devenus nos adversaires d'aujourd'hui.

En Afghanistan, en Irak, en Libye, au Tchad, en Syrie nous avons semé la mort et la terreur. Nous avons voulu imposer "la démocratie" à coups de bombes à des peuples qui n'en veulent pas. Nous avons voulu exporter des valeurs auxquelles nous-mêmes ne croyons plus. Nous avons infligé tellement de souffrances qu'aujourd'hui nous récoltons ce que nous avons semé.

Nos politiciens font les guerres au lieu de s'occuper des problèmes graves de notre pays. Le chômage explose, la misère s'étend, nos retraités font les poubelles pour pouvoir survivre, notre jeunesse n'a plus d'espoir et nos gouvernements dépensent des milliards à bombarder des pays et des peuples étrangers.

Arrêtons de nous mêler des affaires du monde. Nous ne sommes ni des exemples à suivre ni des justiciers.

Il est temps d'ouvrir les yeux : à force de semer la haine, le racisme et la mort, nous, nous récoltons le terrorisme et la peur.

Et ces politiciens irresponsables qui nous conduisent vers l'abîme, ces pompiers pyromanes, profitent du terrorisme pour nous infliger l'état d'urgence, réduire nos libertés et nous dresser les uns contre les autres au risque de provoquer une guerre civile dans notre propre pays.

Ces politiciens qui nous gouvernent ne méritent pas notre confiance car ils nous ont tous trahis. Il n'y en a pas un pour sauver l'autre.

Malgré la peine immense, la légitime colère et la tristesse que nous éprouvons tous, nous devons rester lucides et unis.

Ne nous trompons pas d'ennemis et ne faisons pas payer à nos compatriotes musulmans, les conséquences de la folie guerrière de nos gouvernements. Nous sommes gouvernés par des pompiers pyromanes qui sont les vrais responsables de ce que nous sommes en train de vivre.

Ne nous laissons pas égarer par l'émotion et laissons plutôt place à la lucidité et la RAISON.

Ces politiciens ne sont pas qualifiés pour garantir notre sécurité car leur politique de guerre ne fera que favoriser encore plus le terrorisme.

Eric Cantona

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Le choix de François Hollande d'après Emmanuel Todd: Un nain ou un géant. Politique fiction. Communiqué de l'Elysée - lundi 16 novembre 2015]

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Le choix de François Hollande d'après Emmanuel Todd: Un nain ou un géant. Politique fiction. Communiqué de l'Elysée - lundi 16 novembre 2015]

Le choix de François Hollande d'après Emmanuel Todd:

Un nain ou un géant.

Communiqué de l'Elysée - lundi 16 novembre 2015].

Politique fiction.


Suite aux événements tragiques de vendredi, il a été décidé que la France réexaminera sa stratégie et politique étrangère.


1) Considérant les soutiens de certains pays avec les mouvements terroristes, soit par leur création à des fins géostratégiques douteuses, soit par leur financement, soit par une complaisance à leur égard, la France révisera ses relations avec les Etats-Unis, le Qatar, l’Arabie-Saoudite, Israël et la Turquie.


2) Considérant le rôle actif joué par la France elle-même dans le point 1), les membres des gouvernements successifs annoncent leur démission en bloc et leur mise à disposition de la Justice française et internationale, non sans avoir au préalable engagé des actions contre les figures politiques, culturelles et médiatiques qui ont défendu et encouragé ces politiques criminelles.


3) Considérant que les 5 années d’interventions occidentales en Syrie et les 15 années de campagnes « d’éradication du terrorisme » ont produit moins de résultats qu’un mois d’intervention russe, la France révisera ses alliances stratégiques en matière de lutte contre le terrorisme et reconsidérera les propositions russes et autres pour une paix au Moyen-orient.


4) Constatant le rôle extrêmement belliqueux et destructeur de l’OTAN ces 30 dernières années, la France se retire de toutes les instances de cette organisation et soumet à l’examen de la Justice la responsabilité des dirigeants de cette organisation pour des actes de guerre illégaux et actes de crimes contre l’humanité.


5) Reconnaissant le rôle indispensable joué par les marchands d’armes dans les guerres, l’Etat français procédera à la nationalisation sans indemnisation et la liquidation de toutes les entreprises privées engagées dans cette filière. Un référendum sera soumis au peuple français sur le devenir d’un éventuel secteur public dédié exclusivement à la Défense.


6) Constatant qu’il circule librement et à ciel ouvert des « armes interdites » par les Conventions internationales, la France lancera des mandats d’arrêt internationaux contre les responsables d’entreprises et leurs subordonnés employés dans les services de Recherche et Développement (l’argument « je ne faisais qu’obéir aux instructions » ou « si ce n’est pas nous, c’est quelqu’un d’autre qui le fabriquera » ne saurait être opposé).


7) Considérant que « lorsque nos réactions sont prévisibles, nous devenons manipulables », le Gouvernement de la France se refuse à tomber dans le piège tendu et retire toutes les mesures de surveillance massive et d’atteintes aux libertés publiques et engagera une véritable lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, d’où qu’il vienne, et contre tous ses promoteurs, alliés ou non.


8) Prolongeant l'esprit de notre devise nationale, un processus constituant et citoyen démarrera en 2016, permettant l'établissement de notre souveraineté pleine et entière, quitte à envisager une sortie de la France de l'Union Européenne.


9) Constatant l’impossibilité de préserver sa pleine souveraineté, l’État décide de se retirer de l’Union Européenne et notifiera son intention au Conseil européen conformément à l’article 50 du traité de l’Union Européenne.


Vive la France, vive la République.


Fait à l’Elysée, le 16 novembre 2015.

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L'hypocrisie autour des attentats de Paris, complaisamment reproduite par des médias en dessous de tout, est si indécente qu'il est nécessaire de remettre les points sur les i, par simple respect pour la mémoire des victimes.

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN.

Publié par Jean Lévy

 

 

 

 

 

Et pourtant, ce n'est pas Assad qui sème la mort en France...Ce sont ceux que Hollande et Fabius arment !

Et pourtant, ce n'est pas Assad qui sème la mort en France...Ce sont ceux que Hollande et Fabius arment !

Chroniques du Grand jeu

 

L'hypocrisie autour des attentats de Paris, complaisamment reproduite par des médias en dessous de tout, est si indécente qu'il est nécessaire de remettre les points sur les i, par simple respect pour la mémoire des victimes. Les cofondateurs de l'Etat Islamique viennent aujourd'hui verser des larmes de crocodile ; au royaume de la com', le foutage de gueule est roi.

Obama fut l'un des premiers à exprimer ses condoléances et sa "sympathie". Il ne nous a malheureusement pas expliqué pourquoi son pays a amoureusement accompagné la montée en puissance de Daech. Des documents déclassifiés du DIA (le renseignement militaire américain) datant de 2012 montrent que les Etats-Unis, ses alliés du Golfe et la Turquie souhaitaient favoriser la création d'une "principauté salafiste" dans l'est de la Syrie "afin d'isoler le régime" Assad. Le directeur de l'époque du DIA, le général Michael Flynn, a avoué que l'administration Obama était parfaitement au courant de ce qui allait arriver et que c'était souhaité ("une décision délibérée").

Erdogan a fait part de sa compassion, c'est gentil à lui... Il n'est cependant un secret pour personne que le sultan soutient à bout de bras Al Qaeda, à qui il a été jusqu'à fournir du sarin, et surtout l'Etat Islamique, ce qu'a reconnu le vice-président US Biden l'année dernière. Pour continuer à alimenter Daech en armes, Ankara est même prêt à faire la guerre aux Kurdes, ce qui ne semble absolument pas gêner l'Occident prêt à toutes les compromissions. Mais après tout, n'est-ce pas Fabius qui déclarait qu'Al Nosra (= Al Qaeda en Syrie) faisait "du bon boulot" ?

L'Arabie saoudite et le Qatar se sont fendus d'un communiqué pour déplorer les attaques de Paris. On aimerait qu'ils déplorent également les milliards de pétrodollars qu'ils déversent chaque année pour financer des milliers d'écoles coraniques dans le monde promouvant leur vision fondamentaliste de l'islam, véritables usines à terroristes. On aimerait qu'ils déplorent le fait d'avoir, après Al Qaeda dans les années 80, une nouvelle fois aidé et armé un monstre - Daech - censé casser l'arc chiite que leur mentalité moyenâgeuse et sectaire craignait plus que tout. Secret de polichinelle éventé par Biden encore, ou par le général Clarke, gens peu suspects de "conspirationnisme". Cela n'empêche pourtant pas nos dirigeants d'aller se vautrer dans les ors des palais saoudiens pour signer des contrats.

Quant à Merkel et son pathétique "nous mènerons le combat ensemble", qu'elle nous explique déjà comment a pu lui venir l'idée abracadabrante de vouloir, pour les beaux yeux du patronat allemand à la recherche de main d'oeuvre bon marché, ouvrir l'Europe à des millions de réfugiés parmi lesquels s'étaient évidemment infiltrés des terroristes, comme le répétaient les services de renseignement. L'un des tueurs de vendredi avait un passeport syrien... Combien d'autres dans des cellules dormantes ?

N'est-ce pas cette même clique de dirigeants occidentaux, pétromonarchiques et turc qui ont, tous ensemble, semé le chaos en Irak, en Libye et en Syrie, détruisant les structures étatiques fragiles de ces pays, ouvrant la voix à la guerre civile et à l'anarchie, créant d'énormes sanctuaires djihadistes dont Ben Laden n'aurait même pas pu rêver ?

Je n'ai jamais été adepte du "tous pourris", formule généralement creuse et qui ne règle rien. Mais il est difficile en l'occurrence de penser autre chose...

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Liban. L'attentat de l'EI fait 43 morts et 239 blessés. L'Humanité.

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #La Russie

Liban. L'attentat de l'EI fait 43 morts et 239 blessés

l'Humanité.fr avec AFP
Vendredi, 13 Novembre, 2015
L'attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) contre un fief du mouvement chiite Hezbollah jeudi au sud de Beyrouth a fait 43 morts et 239 blessés, selon un nouveau bilan fourni par la Croix-Rouge libanaise vendredi. Une journée de deuil national était observée vendredi au Liban.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière commise par l'EI au Liban et l'une des plus sanglantes depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Plusieurs des blessés sont dans un état critique et le dernier bilan fait état de 43 morts et 239 blessés.
Aujourd'hui vendredi, les familles se préparaient à enterrer leurs morts alors que le pays observait une journée de deuil national avec notamment la fermeture des écoles publiques et privées.
L'attaque a eu lieu dans une rue commerçante bondée du quartier de Bourj al-Barajné, dans la banlieue sud de Beyrouth. Selon l'armée, deux hommes y ont successivement fait détoner leurs ceintures explosives et un troisième "terroriste" qui n'a pu faire exploser sa ceinture a été retrouvé mort. Mais l'EI, tout en parlant de deux attaques, a fait état d'un seul kamikaze. "Des soldats du califat ont réussi à faire exploser une motocyclette piégée garée contre un rassemblement de 'rafida'", terme péjoratif désignant les chiites, et "après que des apostats sont accourus sur les lieux, un des chevaliers du martyre a fait détoner sa ceinture explosive au milieu du groupe", a affirmé l'EI.
L'EI et le Hezbollah, un allié du régime en Syrie voisine, se font la guerre dans ce pays déchiré par un conflit de plus en plus complexe qui a fait depuis 2011 plus de 250.000 morts.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a condamné ce double attentat et appelé les forces de sécurité et les autorités libanaises "à empêcher que cet acte méprisable détruise le calme relatif qui a prévalu dans le pays au cours de l'année écoulée"
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Vendredi noir à Paris : premières récoltes d’une Grande Tempête?

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Vendredi noir à Paris : premières récoltes d’une Grande Tempête?

Vendredi noir à Paris : premières récoltes d’une Grande Tempête?

Vendredi noir à Paris : premières récoltes d’une Grande Tempête?

Le 15 novembre 2015

L’exercice du deuil est toujours un travail de longue haleine. A peine avions-nous commencé à concevoir que les 224 passagers de l’Airbus russe abattu dans le Sinaï sont partis à tout jamais dans les nuages qu’une nouvelle tragique nous vient de Paris. Un vendredi 13. Vendredi de malheur rajoutant un symbolisme moqueur aux évènements : une centaine de personnes ont été massacrées en plein Paris par des éléments salafistes prétendant venger leurs frères d’armes en Syrie. Une centaine de personnes se trouvent entre la vie et la mort, des centaines d’autres ont reçu des blessures qui même sans engager leur pronostic vital ne sont pas sans gravité. Bien que l’épicentre du massacre ait été partagé entre le Bataclan et le Stade de France, huit points névralgiques au total ont subi des coups durs dont l’avenue de la République et le boulevard Voltaire.

Les détails abondent mais n’apportent pas un éclairage définitif des évènements. On relèvera avant tout la façon extrêmement minutieuse dont les attentats ont été préparés, leur caractère manifestement international – passeports égyptien et syriens retrouvés sur les lieux, deux voitures transportant des kamikazes immatriculées l’une en Allemagne, l’autre en Belgique –et surtout le fait que les auteurs de cette tuerie agissaient à visage découvert. Ce dernier aspect est lié à la découverte des passeports, suspecte quant à elle au regard de certains collègues qui auraient tendance à soutenir la thèse d’un coup monté. Si c’est le cas, il faudrait décliner les mobiles de ceux qui seraient à l’origine de cet espèce de false flag supérieurement incandescent.

Avant de nous attarder sur ladite hypothèse, demandons-nous si oui ou non l’EI par lui-même avait intérêt à orchestrer un bain de sang à Paris.

Objectivement : suite au revirement d’une certaine partie de l’élite politique française vis-à-vis du dossier syrien et son rapprochement avec le Kremlin, Paris a déployé, début novembre, le Charles de Gaulle, navire à propulsion nucléaire avec des Rafales à son bord. Son but : lutter contre Daesh mais cette fois, voudrais-je rajouter, pour de bon, en envoyant au diable vauvert les petits émissaires malins de Big Brother.

Toujours aussi objectivement, la France a bombardé le 8 novembre un important centre d’approvisionnement pétrolier de Daesh jouxte Deir Ezzor. C’est dire que le vent commence vraiment à changer de direction pourvu cependant que le naturel – ou plutôt le contre-naturel – ne revienne au triple galop !

Partant de ce double constat, il n’y a rien de surprenant à ce que l’EI, tentaculaire, ait cherché à intimider les autorités en leur infligeant une démonstration de force inégalée depuis les jours sombres de l’Occupation. S’y ajoutent deux facteurs regrettables au plus haut point : les lacunes du renseignement français évoquées d’ailleurs la veille par l’ancien chef du Mossad et la forte présence de cellules islamistes dormantes à travers l’ensemble du pays. Ceci dit, il est vrai que la Belgique en est bien riche elle aussi sans pour autant devenir une cible de prédilection. S’il y a un facteur autrement plus déterminant mais hélas souvent oublié, c’est le fait que la France a le plus grand arsenal nucléaire d’Europe. S’il venait à l’esprit de l’EI – qui se revendique en tant qu’Etat aspirant à la reconstruction du califat et à son extension –de défier une Europe submergée de clandestins et paradoxalement tolérante là où il ne le faut pas, il serait logique de commencer par la France. Si nous raisonnons dans une logique d’invasion – et invasion il y a – le tableau qui vient d’être brossé explique tout.

Que l’EI soit le Frankeistein des USA, ce djinn sorti de sa bouteille irakienne après des années de détention, cela ne fait aucun doute. Que la politique idiote d’Al-Maliki ait joué un rôle tragique, cela aussi est incontestable. S’y superpose la destruction de la Libye avec le pillage des arsenaux kadhafistes et la déstabilisation de la Syrie au moyen d’une guerre non point civile mais d’une guerre, comme l’a si bien illustré Ayssar Mi-dani, scientifique franco-syrienne, d’agression. Maintenant, est-il certain que le BAO continue à contrôler l’EI ? D’un côté, l’inefficacité quasi-totale de la coalition indique que l’EI est toujours tenu en laisse puisqu’il n’y a aucune volonté réelle d’en finir. D’un autre côté, qu’est-ce qui nous fait penser que l’ensemble des combattants de l’EI (qui ne sont quand même pas tous des robots à charge ou des mercenaires !) ne seraient pas enclins à prendre le projet du grand califat au pied de la lettre ?

A côté de cette volonté – certaine quoiqu’on ne veuille guère le reconnaître – il y a la désimmunisation diplomatique de la France en particulier et de l’UE en général. Souvenons-nous : la Serbie avait cruellement souffert de l’OTAN au début des années 90 alors qu’elle luttait contre les jihadistes alabano-kosovars, ces deux remparts édifiants que furent l’Irak et la Libye ont été littéralement détruits sous de faux prétextes qui ne correspondaient nullement aux intérêts européens, cette fois, pour ne saisir que l’exemple de la France, la ligne atlantiste Juppé persiste dans l’exercice de sa légendaire stupidité en insistant sur le départ d’Assad. Assad devrait partir, ânonnent-ils tous en choeur telle une meute de zombies ! Aurions-nous affaire à des incompétents ou à des ennemis de la France, de l’Europe, du monde non-américanisé ? A vous d’y répondre. Je penche vers l’option numéro 2. Milosevic, Hussein et Kadhafi ne sont plus. La chute de Damas équivaudrait et à celle de la région et à celle de l’Europe. CQFD. Cette désim-munisation patente s’est longuement nourrie des égarements de certains intellectuels au discours tentateur. C’est le vendredi 13 qu’eurent lieu les obsèques d’A.Gluksmann, représentant par excellence de cet univers de fossoyeurs qui croyait peut-être bien faire – je ne sais s’il faut comparer Gluksmann à BHL le deuxième étant à charge en se cachant derrière cette cause juive qu’il dessert –et qui ont applaudi la chute des « vilains dictateurs » que l’on rêverait aujourd’hui de ressusciter.Le même Gluksmann avait en son temps soutenu les moudjahidines tchétchènes appelant au renversement du sanglant Poutine. Le 13 novembre, ce n’est pas seulement ce philosophe de tous les égarements qui fut mit en bierre mais tout cet héritage de 68 qui enfanta bien des traîtres à la Patrie. Les attentats du soir ont enfoncé un clou supplémentaire au cercueil. Mais ils ont aussi démontré qu’il ne suffisait pas d’être Charlie pour défendre son droit de rester français.

Une deuxième version – non dénuée de logique mais à consommer avec modération – revient à considérer que les derniers attentats de Paris sont le fruit d’une entente entre la CIA et leurs marionnettes modérées/radicales au gré de la météo et des caprices de Washington. Si c’est le cas, les mobiles envisageables recouperaient ceux dont serait mû le monde salafiste : punir la France pour ses revirements par rapport à la Syrie, bien entendu, mais aussi l’affaiblir de l’intérieur en déclenchant une guerre civile (entre autres passage à l’action des mouvances identitaires) et en grossissant le rôle protecteur des States. Le FBI a déjà proposé ses services à la DGSI. Précisons encore une fois que cette hypothèse reste à vérifier (sans doute restera-t-elle invérifiable) car nous sommes déjà loin de l’ « effroyable imposture » (cf. T. Meyssan) d’il y a 14 ans et qu’il semble que les tireurs de ficelle n’exercent plus les pleins pouvoirs comme ce fut le cas il y a peu.

Le point fort des salafistes, c’est que beaucoup d’entre eux ont la foi. Le dieu qu’ils servent n’est pas Allah mais ils sont tellement convaincus du contraire qu’ils se sentent prêts à mourir pour l’Antéchrist qu’ils vénèrent ne faisant plus qu’un avec ce dernier. L’Occident n’a plus la foi. On ne meurt pas pour des pseudo-valeurs nominales. Pas plus qu’on ne conclut d’alliance militaire avec une hyper-puissance dont les intérêts n’ont rien à voir avec les nôtres.

Sur le terrain ou sur le champ – car, l’ancien chef de la DST a raison, la France est en guerre–reste à résoudre un dilemme bien complexe :

  • Soit la France continue son rapprochement avec la Russie à travers la Syrie et, ultérieurement, l’Irak, s’émancipant de facto d’une tutelle à terme meurtrière. Les horreurs du vendredi 13 risqueraient de gagner en régularité mais au moins une partie de ceux qui se faufileront demain avec les réfugiés – la fermeture des frontières n’est que provisoire – seront liquidés dans les sables syriens et non pas dans les rues parisiennes. L’opération anti-salafiste sur le sol français (destitution de la nationalité française pour les radicaux, renvoi des imams salafistes, etc.) n’aurait pas grand sens en dehors de cet engagement à l’extérieur.
  • Soit la France se contente de dissoudre pour l’exemple deux ou trois cellules islamistes et de renvoyer quelques imams sulfureux mais revient sur ses positions farouchement anti-Assad en faisant mine, comme l’ont fait les 22 de la coalition pendant presque 1,5 ans, de combattre les salafistes en distinguant les modérés des radicaux – tâche un peu plus difficile quand on sait que les USA se sont enfin donnés le mal de porter l’EI et le Front al-Nosra dans la liste des organisations « terroristes ». En ce cas, le pays gagnera en illusion de stabilitépendant quelques mois, voire un an ou un peu plus, mais il perdra davantage encore en immunité et en temps.

Je n’ai jamais caché ce que je pensais de l’équipe UMP dans sa version atlantiste et du PS. Mais je comprends fort bien que la façon dont se pose le dilemme engage plutôt des hommes politiques qui auraient la pointure d’un de Gaulle. Bien que je n’en vois pas, l’espoir fait vivre. Il reste encore du temps avant la Grande Tempête.

Françoise Compoint

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Attentats de Paris - Conséquences du double jeu des pays occidentaux !

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Attentats de Paris - Conséquences du double jeu des pays occidentaux !

par eau-du-robinet (son site)
samedi 14 novembre 2015

La France est de nouveau plongée dans un deuil.

Les attentats, la prise d'otages à Paris dans la soirée du vendredi 13 Novembre 2015, lesquels ont fait plus de 120 morts et plus d'une centaine de blessés, étalés sur plusieurs lieux d’attentats différents, est un nouveau traumatisme pour le pays, un nouveau traumatisme pour le monde occidental.

Cet article va essayer de dévoiler voire de dénoncer l'origine du terrorisme qui vient à nouveau de frapper la France !

 

 

Le constat

Le président français F. Hollande annonce la fermeture des frontières suite aux attentats / la France est dans un état d'urgence / ceci malgré le programme Vigipirate qui avait été élevé au niveau maximum suite aux attentats de Janvier 2015.

Des refugiés des guerres qui affluent par millions en Europe en cette année 2015, essentiellement en provenance des pays du proche et moyen orient (pays en guerre).

Des frontières sont établies voire fermées dans un bon nombre des pays européens mettant en cause l’accord de Schengen.

Des pays du proche et moyen orient sont mis à feux et à sang, les uns après les autres, par divers groupes terroristes.

Des groupes terroristes qui se sont multiplié ces dernières années.... Terrorisme qui ne s'arrête plus devant nos portes !

Puis il y a la propagande des médias occidentaux pour diaboliser la Russie suivie d'un boycott prononcé de la part de l'Europe envers les Russes suite à la crise / guerre en Ukraine.

Les Questions que les grands médias occidentaux devront se poser :

-   Malgré le renforcement du plan Vigipirate, malgré les écoutes de la NSA (surveillance généralisé), comment se fait-il que l'état français, ses services secrets n'ont pas pu éviter ces attentats ?

-   Existe-t-il un lien entre tous ces événements dressés dans mon constat, et si OUI quel est-il ?

-   Comment se fait-il qu'il y a des groupes terroristes qui « fleurissent - prospèrent » durant ces dernières années au proche et moyen orient ?

-   Qui finance voire soutient ces groupes terroristes ?

-   Les pays occidentaux jouent-ils un double jeu en prétendant vouloir combattre les terroristes tout en les soutenant, par des "canaux secrets", notamment par l'intermédiaire des pays vassaux comme l’Arabie-Saoudite et le Qatar (les Wahhabites), assurant le financement et l’approvisionnement en armes des terroristes ?

-   Les lois liberticides en France sont-elles adaptées pour combattre le terrorisme et ne serviront-elles pas d'autres intérêts, des intérêts de l’oligarchie financière ?

 

Une des revendications des terroristes à Paris avait rapidement donné l'orientation des attentats !
"Nous sommes là pour venger nos frères en Syrie" annoncent-ils.

 

Retour vers l'origine du "terrorisme islamique"

Depuis le terrible échec de la guerre américaine au Vietnam, les Etats Unis ont décidé à ne plus se faire piéger dans ce type de conflit et d'employer d'autres stratégies pour déstabiliser les états pour combattre leurs "ennemis" dans le monde pour rétablir soi-disant leur vision de "démocratie".

Au lieu d'affronter directement les ennemis en envoyant des soldats américains dans des zones de conflit les américains ont décide de soutenir des groupes "dits d'opposition", des groupes terroristes ! Les Etats-Unis ont ainsi ouvert la boîte de pandore.

Zbigniew Brzezinski : "Oui. Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c’est-à-dire après que l’armée soviétique eut envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979."

"Mais la réalité gardée secrète est tout autre : c’est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux « opposants du régime prosoviétique de Kaboul ». Et ce jour-là j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques."
http://www.voltairenet.org/article165889.html

Remarque : Brezinski est d'origine polonaise, il déteste les Russes."

Le terrible aveu d’Hillary Clinton

Nous avons créé et financé Al-Qaïda !

Zbigniew Brzeziński à Poutine : « Arrêtez de frapper NOTRE Al-Qaïda, ou bien c’est la troisième guerre mondiale »
http://www.alterinfo.net/Brzezinski-a-Poutine-Arretez-de-frapper-NOTRE-al-Qaida-ou-bien-c-est-la-troisieme-guerre-mondiale_a117806.html

Toutes ces guerres au proche et moyen orient sont initiées par une politique du "Chaos contrôle", Chaos contrôlé par les les États-Unis et Israël (projet de balkanisation du proche et moyen orient => démantèlement des états par des guerres / des attentats / la division des états en ethnies religieuses les affaiblissent ainsi) !
Toutes ces guerres au proche et moyen orient sont également soutenues par des pays vassaux des Etats Unis ....

La France avait agressé en 2011 un pays souverain, la Libye en le bombardant (quand N. Sarkozy été président). C’est sans être mandaté par personne que BHL s’est attribué un rôle diplomatique officiel !
http://rue89.nouvelobs.com/2012/04/07/libye-quand-bhl-engageait-la-france-sans-laval-de-sarkozy-230933

Mais, soixante ans après son décès, certains gouvernements ne semblent pas avoir intégré cette vérité et persistent à commettre les mêmes fautes sur la base des mêmes calculs erronés s’attendant, à chaque fois, à des résultats différents.
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Il est prouvé que l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États ne mène qu’à leur destruction, engendrant opportunément les crises humanitaires et le chaos, les transformant en usines de fabrication d’extrémistes et de terroristes.
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C’est exactement ce qui s’est passé quand ils ont détruit l’Irak, la Libye, en Syrie, au Yemen et d’autres pays. C’est exactement ce qui se passe depuis qu’ils nous ont expédié Daech, Jabhat al-Nosra, Khorassan et d’autres encore ; le terrorisme possédant désormais un État ou un Khalifat, comme certains se plaisent à le qualifier.

Malgré cela, les mêmes gouvernements ayant enfreint la logique qui veut que les mêmes causes produisent les mêmes effets, insistent à appliquer la même recette empoisonnée en Syrie et à user des mêmes slogans mensongers, en dépit des dévastations consécutives à leur ingérence, dont l’ampleur est reconnue par tous, y compris les planificateurs. Témoin en est la dernière sortie de l’ex-premier ministre de Grande Bretagne, Tony Blair, nous avouant vingt-deux ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis qu’elle s’était fondée sur des « informations fausses » et mensongères.

Et nous voici, quatorze années après l’attaque terroriste sur le World Trade Center à New York, bien obligés de constater que les stratégies appliquées dans le cadre de la « Guerre contre le terrorisme » ont créé cent Ben Laden au lieu d’un, et des dizaines d’organisations ayant adopté l’idéologie d’Al-Qaïda dans plusieurs pays au lieu d’une seule en Afghanistan, le terrorisme s’étant propagé jusqu’aux pays de ses créateurs et promoteurs jusqu'à en France, jusqu'à Paris !

Une courte vidéo de 13 minutes avec Michel Collon qui évoque Zbigniew Brzeziński 2 fois dans cette vidéo.

Zbigniew Brzeziński fait partie des gens qui ont élaborée entre autres le projet américano / sioniste de la balkanisation du proche et et moyen orient ...

Lisez Zbigniew Brzeziński [ “Le Grand Échiquier”, 1997.]
Il se vante, notamment, d’avoir fait tomber l’Union Soviétique grâce aux légions islamistes d’Al-Qaïda en Afghanistan financé par les États-Unis dans les années 80.
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L’Occident, en tête de liste États-Unis et Israël, a inventé le terrorisme islamique globalisé et l’instrumentalise en fonction de ses objectifs géostratégiques.

Michel Collon - L'OTAN est une association de criminels

Parce que la paix n’est pas assez capitaliste, parce que la paix contrarie les rêves de grandeur d’une élite paranoïaque dont les citoyens n’ont manifestement jamais la possibilité de se débarrasser, que ce soit ici en Occident ou en Orient, les États-Unis et Israël cherchent à précipiter le monde dans une guerre permanente et généralisée, dont la Syrie, après la Libye et avant le Liban et l’Iran, n’est que la préfiguration accablante de ce qui nous attend : un monde où l’Empire règne sur le chaos, « car il vaut mieux dominer des ruines que ne pas dominer du tout » !?!

D’un coté, le gouvernement étasunien de Barack H. Obama a transgressé ouvertement le droit international en soutenant d’une manière active et en l’armant une insurrection et une guerre civile contre le gouvernement de Bachar el-Assad en Syrie. De l’autre, ce même gouvernement étasunien fait mine de considérer illégitime l’organisation terroriste de l’État Islamique (EI), soutenue de l’extérieur par la mouvance sunnite, et déclare vouloir la “dégrader et la détruire” à l’aide de bombardements.
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Si un gouvernement étranger voulait détruire un pays et le mettre en ruines, ce serait probablement la chose à faire, car c’est ce que le gouvernement étasunien a fait au cours des dernières années en soutenant les protestations contre le gouvernement syrien et en fomentant un soulèvement contre ce même gouvernement, selon le modèle des révolutions colorées que la CIA a parrainées dans plusieurs autres pays (révolution des roses en Géorgie en 2003, orange en Ukraine en 2004 et en 2014 et des tulipes au Kirghizistan en 2005, etc.). Pour cette raison, on peut dire que le gouvernement américain a facilité, directement et indirectement, la montée de l’extrémisme islamique au Proche Orient, dans l’espoir que ce dernier réussisse à renverser le régime séculier de Bachar al-Assad.
http://www.mondialisation.ca/la-situation-confuse-en-syrie-face-a-letat-islamique-ei/5476863

La France a été frappé dans son cœur, à Paris, des innocentes victimes sont de nouveaux morts, …. des victimes qui allongent la longue liste des victimes qui fuyant les zones des guerres et mettant l'Europe et l'occident devant ses responsabilitées.

Il est important pour moi de dénoncer les instigateurs, les causes, qui ont permis que le terrorisme se développe dans le monde et qui risque de bientôt frapper la Russie, pays qui combat le terrorisme depuis le soutien de Al-Qaïda par les américains en Afghanistan.

« La folie c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Einstein.

L’occident doit arrêter sa politique du pompier pyromane dont les grands médias sont coresponsables !

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