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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent). Par Robert Fisk

29 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

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Robert FISK

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville.

Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu.

Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ?

Mais quand les rebelles, y compris al-Qaïda, se battaient dans l’est d’Alep, il n’en était plus question – car un conte d’héroïsme, de démocratie et de souffrance avait été mis au point pour nous, un récit avec des bons contre des méchants, du même acabit que celui explosif et malhonnête sur les « armes de destruction massive » en Irak.

À l’époque de Saddam Hussein, lorsque quelques-uns d’entre nous soutenions que l’invasion illégale de l’Irak mènerait à des catastrophes et à des souffrances incalculables, et que Tony Blair et George Bush nous poussaient dans la voie de la perdition, il nous incombait de constamment rappeler notre répugnance à l’égard de Saddam et de son régime. On nous rappelait inévitablement que Saddam était l’un des trois piliers de l’Axe du Mal.

Alors voici le mantra habituel que nous devons répéter ad nauseam pour éviter les habituels courrier haineux et les habituelles injures qui seront aujourd’hui versés sur quiconque se détournera de la version dominante et profondément biaisée de la tragédie syrienne.

Oui, Bashar al-Assad a brutalement détruit de vastes étendues de ses villes dans sa lutte contre ceux qui veulent renverser son régime. Oui, ce régime a une multitude de péchés accrochés à son nom : la torture, les exécutions, les prisons secrètes, le meurtre de civils et – si nous incluons les miliciens syriens sous le contrôle effectif du régime – une version effrayante de nettoyage ethnique.

Oui, nous devrions craindre pour la vie des médecins courageux de l’est d’Alep et des gens qu’ils ont soignés. Quiconque a vu les images du jeune homme sorti de la ligne des réfugiés fuyant Alep la semaine dernière, par les hommes du renseignement du régime devrait craindre pour tous ceux qui n’ont pas été autorisés à traverser les lignes du gouvernement. Et rappelez-vous comment l’ONU a dit avoir appris que 82 civils ont été « massacrés » dans leurs maisons dans les dernières 24 heures.

Mais il est temps de dire l’autre vérité : que nombre des « rebelles » que nous, les Occidentaux, avons soutenus – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères [saoudiens] la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables des combattants au Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs d’Isis pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à Alep, bien que vous ne le penseriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep.

Il y a seulement quelques semaines, j’ai interviewé l’une des premières familles musulmanes à fuir l’est d’Alep à l’occasion d’un cessez-le-feu. Le père venait d’être informé que son frère devait en représailles être exécuté par les rebelles parce qu’il avait traversé la ligne de front avec sa femme et son fils. Il a condamné les rebelles pour avoir fermé les écoles et avoir placé des armes à proximité des hôpitaux. Et il n’était pas un maréchal pro-régime… Il avait même eu de l’admiration pour Isis pour leur bonne conduite dans les premiers jours du siège.

Environ à la même époque, les soldats syriens exprimaient en privé leur conviction que les Américains permettraient à Isis de quitter Mossoul pour attaquer à nouveau le régime en Syrie. Un général américain avait réellement exprimé sa crainte que les miliciens chiites irakiens puissent empêcher Isis de fuir à travers la frontière irakienne vers la Syrie.

Eh bien, c’est arrivé. En trois colonnes de camions-suicides et de milliers de partisans armés, Isis vient de se frayer un chemin à travers le désert depuis Mossoul en Irak et Raqqa et Deir ez-Zour dans l’est de la Syrie, pour reprendre la belle ville de Palmyre.

Il est très instructif d’examiner nos rapports sur ces deux événements parallèles. Presque tous les manchettes parlent aujourd’hui de la « chute » d’Alep face à l’armée syrienne – alors qu’en toute autre circonstance, nous aurions certainement dit que l’armée avait « repris » la ville aux « rebelles » – tandis qu’Isis aurait « recapturé » Palmyre quand (étant donné leur propre comportement meurtrier) nous aurions certainement annoncé que la ville romaine était « tombée » une fois de plus sous leur domination grotesque.

Les mots importent. Ce sont les mêmes hommes que ceux qui, après leur première occupation de la ville l’année dernière, ont décapité le savant de 82 ans qui a essayé de protéger les trésors romains, puis ont ensuite placé ses lunettes sur sa tête décapitée.

De leur propre aveu, les Russes ont effectué 64 bombardements contre les attaquants d’Isis à l’extérieur de Palmyre. Mais étant donné les énormes colonnes de poussière soulevées par les convois d’Isis, pourquoi l’armée de l’air américaine n’a-t-elle pas participé au bombardement de leur plus grand ennemi ? Mais non : pour une raison ou une autre, les satellites américains et les drones et les services de renseignements ne les ont pas repérés – pas plus que lorsque Isis a conduit des convois identiques de camions-suicides pour capturer Palmyre en mai 2015.

Il ne fait aucun doute que Palmyre représente un revers pour à la fois pour l’armée syrienne et les Russes – revers plus symbolique que militaire. Des officiers syriens m’ont dit à Palmyre plus tôt cette année qu’Isis ne serait jamais autorisé à revenir. Il y avait une base militaire russe dans la ville. Un avion russe nous survolait. Un orchestre russe venait de jouer dans les ruines romaines pour célébrer la libération de la ville.

Alors, que s’est-il passé ? Le plus probable est que l’armée syrienne n’a tout simplement pas le nombre de soldats nécessaire pour défendre Palmyre tout en reprenant l’est d’Alep.

Ils devront reprendre Palmyre rapidement. Mais pour Bashar al-Assad, la fin du siège d’Alep signifie qu’Isis, al-Nusra, al-Qaïda et tous les autres groupes salafistes et leurs alliés ne peuvent plus revendiquer une base ou créer une capitale dans la longue lignée des grandes villes qui forment la colonne vertébrale de la Syrie : Damas, Homs, Hama et Alep.

Revenons à Alep. Le récit familier et lassant de la politique et du journalisme a besoin d’être rafraîchi. La preuve est claire depuis quelques jours. Après des mois de condamnation des iniquités du régime syrien tout en occultant l’identité et la brutalité de ses adversaires à Alep, les organisations de défense des droits de l’homme – reniflant la défaite des rebelles – ont commencé il y a quelques jours à diffuser leurs critiques à l’égard de ces mêmes défenseurs.

Prenez le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. La semaine dernière, après les craintes tout à fait compréhensibles pour la population civile de l’est d’Alep et ses médecins et infirmiers, comme pour les civils soumis aux représailles du gouvernement et les « centaines d’hommes » qui ont disparu après avoir traversé la ligne de front, l’ONU a soudainement exprimé d’autres préoccupations.

« Au cours des deux dernières semaines, le Front Fatah al-Sham [en d’autres termes, al-Qaïda] et le Bataillon Abu Amara auraient enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leurs quartiers afin d’épargner la vie des civils … « , a-t-il déclaré.

« Nous avons également reçu des informations selon lesquelles entre le 30 novembre et le 1er décembre, des groupes armés d’opposition ont tiré sur des civils qui tentaient de partir ». De plus, des « attaques aveugles » ont été menées sur des zones gouvernementales et densément peuplées à l’ouest d’Alep.

Je soupçonne que nous entendrons plus de choses dans les prochains jours. Le mois prochain, nous lirons également un nouveau livre effrayant, Merchants of Men, par la journaliste italienne Loretta Napoleoni, sur le financement de la guerre en Syrie. Elle a documenté les enlèvements-pour-argent par le gouvernement et les forces rebelles en Syrie, mais a également des mots durs pour notre propre profession de journalisme.

Les journalistes qui ont été enlevés par des gardes armés dans l’est de la Syrie, écrit-elle, « sont tombés victimes d’une sorte de syndrome d’Hemingway : les correspondants de guerre qui soutiennent l’insurrection font confiance aux rebelles et mettent leur vie entre leurs mains parce qu’ils sont de mèche avec eux. » Mais l »insurrection n’est qu’une variante du djihadisme criminel, un phénomène moderne qui n’a qu’un Dieu : l’argent. »

Est-ce trop dur pour ma profession ? Sommes-nous vraiment « de mèche » avec les rebelles ?

Certes, nos maîtres politiques sont – et pour la même raison que les rebelles enlèvent leurs victimes – inféodés à l’argent. D’où la disgrâce de Brexit May et sa bouffonnerie de ministres qui se sont prosternés la semaine dernière devant les autocrates sunnites qui financent les jihadistes en Syrie, dans l’espoir de gagner des milliards de livres dans les ventes d’armes post-Brexit au Golfe.

Dans quelques heures, le Parlement britannique doit débattre du sort des médecins, des infirmières, des enfants blessés et des civils d’Alep et d’autres régions en Syrie. Le comportement grotesque du gouvernement britannique a fait en sorte que ni les Syriens ni les Russes ne prêteront la moindre attention à nos lamentations pitoyables. Cela aussi doit être dit.

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Original : http://www.independent.co.uk/voices/aleppo-falls-to-syrian-regime-bash…

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

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Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils ! Par Robert Charvin

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Terrorisme

Source : Robert Charvin, 12-10-2016

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Lors de la Première Guerre mondiale, 5% des victimes étaient civiles ; aujourd’hui 90% des victimes des conflits armés sont des civils. Ces populations sont assassinées, affamées, déplacées, pillées. Les civils sont devenus, de plus en plus, des moyens de faire la guerre.

Cette situation est paradoxale. Le droit humanitaire s’est développé et jamais la question des droits de l’homme n’a été aussi systématiquement posée dans l’ordre international. Des tribunaux pénaux chargés de sanctionner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ont même été créés. Plus globalement, l’ « Humanitaire » jouit d’une image sacrée fortement médiatisée au point qu’exprimer un doute sur une culpabilité entraîne une suspicion de complicité criminelle sur celui qui l’émet !

Au-delà des invocations sans portée et ne témoignant qu’une compassion officielle, les Puissances violent à tour de rôle le droit humanitaire et les populations civiles sont massacrées lors de chaque conflit armé. Ces dernières décennies, il y a même une fuite en avant : refus du principe de négociation pour tenter de prévenir les conflits armés, transformation d’affrontements civils en guerres internationales infiniment plus destructrices, impunité de certains et sanctions contre d’autres, indifférence aux dispositions de la Charte des Nations Unies, etc.

Le comble est atteint lorsque ceux qui tuaient hier s’autoproclament juges de ceux qui tuent aujourd’hui, ou lorsque ceux qui eux-mêmes bombardent sans scrupule s’indignent des bombardements des autres !

L’actualité est révélatrice de ce délire à prétention moralisatrice !

On se souvient peut-être encore des destructions massives subies par les populations de Dresde, Hambourg, Hiroshima, Nagasaki puis, après la Seconde Guerre mondiale, de l’écrasement total sous les bombes de Pyong Yang (durant la guerre de 1950-1953), de Hanoï et de la totalité du Vietnam, etc., « quadrillée » par les B52 américains.

Plus proches de nous, on peut rappeler les bombardements de Belgrade, de l’Irak et les attaques contre Bagdad, les huit mois de guerre contre la Libye, les bombardements de Gaza matraquée par Israël, etc.

Pour excuser le fait que les bombardements tuaient des civils, les médias occidentaux dénonçaient le fait que l’ennemi et les populations civiles, « prises en otages », étaient mêlés…., l’essentiel étant cependant que les forces militaires alliées ne subissent pas de pertes importantes.

Surviennent le cas syrien et l’intervention de la Russie dans un « jeu » étrange de complicité objective des Occidentaux avec les Islamistes. Après quatre années d’une fausse guerre contre Daech, installé sur le territoire syrien, l’intervention russe a modifié les données.

La France et les États-Unis ne peuvent plus atteindre l’objectif principal : liquider le régime de Damas en se servant des forces islamistes installées solidement dans différentes villes, en particulier à Alep. En quelques mois, sur le terrain, les rapports de force se sont inversés. Les États-Unis ont même été conduits à intensifier parallèlement leurs efforts militaires contre Daech en Irak et les « préoccupations » humanitaires des autorités françaises sont devenues prioritaires !

Le « scandale » est que la Russie n’accepte plus que les « frontières » de l’OTAN s’avancent jusqu’à elle et que seules les bases militaires occidentales soient fondées à encercler les États censés être hostiles !

A propos d’Alep, l’ONU a proposé que les Islamistes quittent sous protection les quartiers de la ville où ils sont installés pour que les populations civiles soient épargnées. Mais les Puissances occidentales, subitement devenues « humanitaires » à l’approche de la défaite de leur stratégie, dénoncent seulement « Damas et son allié russe » qui bombardent Alep et ceux qu’elles qualifient opportunément non plus d’islamistes mais de « rebelles » ! (*)

C’est que des intérêts stratégiques de grande importance sont en jeu : au-delà du pétrole, la Syrie est une zone de transit de l’énergie depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières. Selon les Occidentaux et le gouvernement français en particulier, la Syrie comme l’Irak et comme la Libye devraient demeurer sous un « néo-protectorat ».

Par contre, il n’y a pas de réaction hostile à la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, si ce n’est un bref communiqué appelant à la « retenue » pour un bombardement saoudien du début du mois d’octobre faisant à lui seul 600 victimes (morts et blessés) civiles !

La reprise de Mossoul par les États-Unis et les forces de Bagdad se fera certainement sans perte civile car les bombes occidentales ont pour qualité exceptionnelle de distinguer les ennemis armés des civils désarmés !

Sera-t-il possible un jour de s’inspirer tout simplement de la Charte des Nations Unies qui interdit aux États le recours à la force armée et qui recommande la recherche de solutions politiques négociées, seules méthodes pour que les civils soient réellement en sécurité ?

* Ces « rebelles » opposés au régime de Damas sont armés par les États-Unis depuis 2013 et financés par l’Arabie Saoudite, en plus des revenus provenant du trafic pétrolier.

Source : Robert Charvin, 12-10-2016

 

59 réponses à Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils ! Par Robert Charvin

Commentaires recommandés

blue rider Le 28 décembre 2016 à 00h58
 
 

la question, du gaz naturel du Golfe Persique est largement débattue hors des circuits aboyeurs des médias traditionnels. Pour beaucoup comme moi elle est centrale et non périphérique. Même si le projet de gazoduc islamique signé entre Assad et Rouhani se heurte à de nombreuses difficultés techniques et financières (on peut compter sur les USA pour rendre le projet quasi impossible à monter), il n’en demeure pas moins que faire un gazoduc via la Syrie avec le Qatar procurerait à la France 4 fois plus de revenus qu’avec l’Iran. 1/ Par des prix du gaz plus facilement négociables 2/ Par la construction des infrastructures 3/ Par les circuits financiers privilégiant dollar, euro et banques françaises ou franco-qatarie, et surtout 4/ par le retour sur investissement : la Qatar est un tas de sable saturé. Pas l’Iran. Donc leur pognon, il le réinvestissent dans le CAC40 autant que chez eux. Pas l’Iran. Reste que le business est plus réaliste que la diplomatie française : depuis le deal Syrie-Iran, le Qatar vient de prendre 18% de Rosneft, et TOTAL d’investir pour 8 milliards d’euros en Iran. Mais la machine de guerre est lancée… combien de temps faudra-t-il pour la stopper ? Oui. Notre diplomatie a été monstrueuse sur ce coup là comme avant en Libye. Les USA abandonnent les neo-conservateurs… la France (et France Television…) suivront-ils en 2017 ?

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Conférence de presse de Bachar Ja’fari, représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, le 19 décembre 2016 (Vidéo)

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média, #ISIL, #La Russie

Bachar El Jaafari

Bachar El Jaafari

Arrêt sur Info, 25.12.2016)

 

Conférence de presse de Bachar Ja’fari, représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, le 19 décembre 2016 (Vidéo)

Transcription :

Bachar Ja’fari : Bonjour à tous. Je tiens à faire la déclaration suivante après l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2328 : l’insistance de la France et du Royaume-Uni pour présenter et adopter [à huis-clos] une telle résolution ne constitue qu’un nouvel épisode de la propagande continue contre la Syrie et son combat contre le terrorisme. Nous respectons les résolutions du Conseil de Sécurité, mais nous sommes conscients du but véritable de leurs efforts qui consiste à protéger les terroristes – je vais vous expliquer pourquoi dans un instant – et non le peuple syrien. Surtout après que la situation est devenue claire et qu’Alep a été libérée des groupes terroristes.

Je voudrais partager avec vous (cette information) : en ce moment même, les derniers terroristes dans certains districts d’Alep-Est évacuent leurs bastions, et ce soir même, Alep sera nettoyée. Le gouvernement syrien ne s’oppose pas à l’adoption de toute résolution qui respecte le droit humanitaire international, et (garantit) la protection des civils, ou vise à fournir aux civils une assistance médicale ou alimentaire, ou de protéger les installations médicales et éducatives.

Nous précisons cela car le gouvernement syrien, jusqu’à présent, fournit 80% de l’assistance humanitaire apportée à l’ensemble de notre peuple dans toute la Syrie, et en particulier aux civils qui sont toujours – espérons que ce soir, il n’y aura plus de civils – dans certains districts d’Alep-Est. L’ONU ne fait pas son travail correctement. Pour être concret, ces tâches constituent le devoir essentiel du gouvernement syrien envers ses citoyens, et il les a menées à bien durant les cinq dernières années.

Nous nous opposons aux tentatives de certains États membres de préparer et soumettre, sous une couverture humanitaire, des résolutions insidieuses formulées en termes vagues et en phrases alambiquées qui ont plus d’une interprétation, avec l’intention d’exploiter ces résolutions dans des objectifs inavouables, à savoir légitimer l’interférence étrangère et le renversement par la force d’un gouvernement légitime, ou même l’emploi de la force militaire. Ce genre de résolutions peut avoir beaucoup d’objectifs autres que les visées humanitaires annoncées. Nous nous souvenons tous de ce qu’ils ont fait à l’Irak, à la Libye et à d’autres pays, et (toujours) sous la couverture d’objectifs humanitaires. En Libye, ils voulaient (censément) protéger les civils : ils ont entièrement détruit le pays et transformé la Libye en plaque tournante internationale du terrorisme. L’Irak… il est inutile d’en parler.

Le gouvernement syrien, dans le cadre de son action humanitaire, a accueilli plus de 100 000 civils venus des districts d’Alep-Est entre le 26 novembre et le 14 décembre. De plus, le gouvernement a répondu à tous les besoins de ces civils, y compris l’assistance médicale. Il est nécessaire de souligner que le gouvernement syrien a fourni 80%, comme je l’ai dit, de la nourriture et de l’assistance d’urgence à ces familles, tandis que les organisations des Nations Unies n’en ont fourni que 20%, à peine 20%. Le gouvernement syrien exige à cet égard que les agences des Nations Unies jouent leur rôle et aident les habitants syriens d’Alep. Qu’ils les aident par des actes, et non par des paroles.

Le gouvernement syrien a accepté d’évacuer les groupes armés illégaux et leurs familles d’Alep. De nombreuses personnes appartenant aux prétendues familles des terroristes ont quitté les bus qui les transportaient vers l’extérieur d’Alep pour rejoindre l’Armée arabe de la République de Syrie et les zones contrôlées par le gouvernement. De nombreux membres de leurs propres familles ont décidé d’eux-mêmes de quitter les bus et les ont quittés, et nous avons les images, les vidéos, Youtube, Whatsapp, tout ce que vous voulez, ce qui prouve et corrobore ce dont nous parlons. Cela est très révélateur, Mesdames, Messieurs.
Cependant, les groupes terroristes armés ont à maintes reprises violé les termes de cet accord, en essayant d’emmener un certain nombre de prisonniers et de dépouilles de martyrs (de l’Armée syrienne) avec eux, ou de partir avec leurs armes à moyenne portée. Selon l’accord conclu avec eux, les terroristes devaient quitter leurs bastions en emportant seulement leurs armes légères, et sans emmener aucun otage avec eux, aucun corps de martyr. Ils n’ont pas respecté ces clauses de l’accord et ont emporté leurs armes à moyenne portée et de nombreux soldats et civils syriens kidnappés avec eux, ainsi qu’un grand nombre de dépouilles de martyrs. Telle est la raison pour laquelle toute l’opération a été arrêtée hier.

Malgré tout cela, le gouvernement syrien reste prêt à évacuer les groupes armés illégaux restants, dans les dernières poches terroristes d’Alep-Est, et il a préparé hier un convoi pour évacuer 3750 terroristes et leurs familles.

Malheureusement, certains États membres du Conseil de Sécurité et les médias dominants continuent à défendre et à soutenir l’opposition syrienne armée génétiquement modifiée, qui est par définition modérée, tout en fermant les yeux sur leurs crimes, comme l’incendie des bus d’évacuation hier. J’imagine que vous êtes au courant. Les médias vous ont dit que les terroristes n’ont brûlé que 5 bus. Non, ce n’est pas vrai. Ils ont brûlé 25 bus, et ont pris leurs chauffeurs en otages. Et ils en ont tué 3. Et ils ont utilisé une fillette de sept ans pour commettre un attentat suicide. Sept ans. Une fillette kamikaze. Contre un poste de police à Damas il y a deux jours. J’imagine que vous êtes aussi au courant de cela. Mais la France et d’autres pays membres, et le Conseil lui-même, n’ont pas prononcé le moindre mot de condamnation contre ces attaques terroristes contre les bus d’évacuation qui devaient évacuer les malades et les blessés de Kafraya et Alfou’a. Ils n’ont pas dit un seul mot sur cette fillette de sept ans envoyée commettre un attentat-suicide, activé par télécommande depuis l’extérieur du poste de police. Ces Messieurs à l’intérieur n’ont pas pu trouver le temps pour émettre une condamnation.

Bien que nous soyons convaincus que certains États membres du Conseil de Sécurité cherchent à sauver leurs terroristes modérés de leur sort, nous considérons l’adoption de cette résolution comme un test légal et moral pour ces pays, comme une chance qui leur est donnée, si vous voulez, de prouver leurs bonnes intentions, pour autant qu’ils en aient la moindre, et leur véritable intérêt à répondre aux besoins humanitaires du peuple syrien, sans aucun agenda caché hostile et agressif à l’encontre du gouvernement et du peuple syriens.

Je voudrais enfin partager avec vous cette information : les autorités syriennes compétentes ont obtenu des informations selon lesquelles de nombreux officiers étrangers des services de renseignements et de l’armée qui se trouvent à Alep-Est avec les groupes terroristes essayent de quitter leurs bastions et Alep-Est.

Je vais vous révéler leurs noms et nationalités :

Mutaz Oglakan Oglu, turc.
David Scott Winer, américain.
David Schlomo Aram, israélien.

Muhammad Cheikh al-Islam al-Tamimi, qatari.
Muhammad Ahmad al-Sibyan, saoudien.
Abd al-Mun’im Fahd Lahrej, saoudien.
Ahmad b. Nawfal Ladrij, saoudien.
Muhammad Hassan al-Subayi, saoudien.
Qasim Sa’d al-Chumri, saoudien.
Ayman Qasim al-Tha’labi, saoudien.
Amjad Qasim al-Tirawi, jordanien.

Muhammad al-Chafi’i al-Idrisi, marocain.

Ces individus appartenant à « l’opposition syrienne modérée« , qui sont de nationalités étrangères, essaient de s’échapper d’Alep-Est avec les terroristes, et c’est la raison pour laquelle vous avez vu ce mouvement hystérique vers le Conseil de Sécurité depuis trois jours. Car l’objectif principal est de sauver ces terroristes étrangers, officiers des services de renseignements, de la part de ces pays mêmes qui ont poussé à l’adoption de la résolution, pour les faire sortir d’Alep.

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, l’ONU déclare, au plus haut niveau, que votre gouvernement ne permet pas l’acheminement d’aide humanitaire en Syrie, mais vous affirmez que l’ONU ne joue pas son rôle pour acheminer cette aide humanitaire. Je n’ai que deux petites questions, Monsieur l’ambassadeur. Premièrement, allez-vous pleinement appliquer cette résolution en Syrie, et deuxièmement, allez-vous permettre l’acheminement de l’aide humanitaire de l’ONU à Alep et aux autres parties de la Syrie. Merci.

Bachar Ja’fari : La résolution que nous venons d’adopter au Conseil a été appliquée par le gouvernement syrien depuis 5 ans. Ce n’est donc pas quelque chose de nouveau pour nous. Au contraire, nous accueillons volontiers les bonnes intentions (pour autant qu’elles existent) derrière l’adoption de cette résolution. C’est-à-dire que nous aimerions voir des partenaires sincères à nos côtés pour appliquer cette résolution, car jusque-là, nous avons toujours eu un « aller simple » dans le déploiement de l’assistance humanitaire en Syrie. Ça a toujours été le gouvernement syrien qui fournissait 80% de l’assistance totale. Il est donc temps pour ceux qui prétendent avoir de bonnes intentions à l’égard du peuple syrien de partager ces fardeaux humanitaires avec le gouvernement syrien. Nous ne sommes pas attristés par cette résolution, car cela va dans le sens de nos efforts quotidiens.

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, deux petites questions. Dans les prochaines 24 heures, votre gouvernement permettra-t-il aux observateurs de l’ONU d’accéder à Alep-Est ? Et votre gouvernement garantit-il la sécurité des observateurs de l’ONU à Alep ?

Bachar Ja’fari : Attendez, attendez, vous lisez mal la carte, mon ami. Vous lisez mal la carte, et vous n’avez pas lu la résolution, ou vous ne suivez pas correctement les événements.

Est-ce que nous allons implémenter la résolution, est-ce votre question ?

Journaliste : Oui. Allez-vous laisser les observateurs accéder à Alep?

Bachar Ja’fari : Très bien. Excellent. Nous parlons d’observateurs qui sont déjà sur place, nous ne parlons pas d’observateurs qui vont venir de Mars ou Jupiter. La résolution parle des observateurs qui sont déjà sur place. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge syrienne, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), les Nations Unies, toutes ces organisations sont déjà sur place. Personne d’autre ne viendra en plus de ceux qui sont déjà présents. Il n’est nullement question de former ou d’établir une nouvelle force venant de l’extérieur pour remplacer ceux qui sont sur place. La résolution mentionne l’ONU, l’ICRC, la Croix-Rouge syrienne comme les organisations devant superviser et appliquer cette résolution. Elles sont (déjà) là-bas ! Elles appliquent cette résolution depuis des années.

Journaliste : Est-ce que votre gouvernement garantit leur sécurité ?

Bachar Ja’fari : Cela fait 6 ans que nous garantissons la sécurité des personnels de l’ONU. Six ans ! Et aucun des personnels de l’ONU n’a été tué, blessé ou enlevé. Pour votre information, cher Monsieur. Et cela nous a coûté très cher car beaucoup de nos officiers et de nos travailleurs humanitaires ont été tués pour cela.

Journaliste : Selon votre gouvernement, qui est responsable de l’incendie des bus à Al-Foua et Kafraya ? Quels groupes ?

Bachar Ja’fari : Le groupe qui a brûlé les bus s’appelle Saraya al-Tawhid. Saraya al-Tawhid, qui fait partie d’al-Qaïda, et Jaysh al-Fatah, affilié aux services de renseignement turcs.

Journaliste : Des gens ont-ils pu quitter ces deux localités ? Quel est le statut des civils à Al-Foua et Kafraya ?

Bachar Ja’fari : Ils ont tué 3 chauffeurs, kidnappé les 22 chauffeurs restants, brûlé 25 bus. Ils ont bien sûr empêché l’évacuation des blessés de Kafraya et Al-Foua. Mais aujourd’hui, nous sommes parvenus à évacuer des centaines de ces blessés de Kafraya et Al-Foua.

Journaliste : Monsieur l’ambassadeur, vous avez donné ces noms et ces nationalités (d’officiers étrangers), que comptez-vous faire d’eux ? Allez-vous les laisser partir allez-vous les arrêter ? Car vous avez manifestement toutes les informations, et vous contrôlez la zone et le terrain Qu’allez-vous donc faire ?

Bachar Ja’fari : Nous allons les capturer, mon ami, et vous les montrer.

Journaliste : Seulement eux, ou également d’autres combattants ?

Bachar Ja’fari : Je parle des officiers de renseignement étrangers dont j’ai mentionné les noms il y a quelques minutes. Vous voulez les voir ? On va vous les montrer [*].

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, les bus qui ont supposément été brûlés à Alep-Est…

Bachar Ja’fari : Ils n’ont pas été « supposément » brûlés. N’avez-vous pas vu les photos ?

Journaliste : Je dis « supposément » car ils n’ont pas été brûlés par ceux que vous prétendez (coupables) de l’incendie. Certaines personnes disent qu’ils ont été brûlés par des combattants étrangers comme le Hezbollah…

Bachar Ja’fari : Oubliez ces prétendues personnes, j’ai le film de l’incendie des bus, avec le leader du mouvement qui a brûlé ces bus criant « Allahu akbar » et s’identifiant, nous avons leur déclaration à ce propos… Voyons, mon ami, voyons. Laissez-moi respirer. Laissez-moi respirer, s’il vous plaît.

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, vous avez donné toute une liste de noms d’individus qui sont selon vous…

Bachar Ja’fari : Des gens très bien, oui.

Journaliste : … des agents de renseignement originaires de…

Bachar Ja’fari : Non, non, ils font partie de l’opposition syrienne modérée.

Journaliste : Oui.

Bachar Ja’fari : Génétiquement modifiés.

Journaliste : Sont-ils toujours à Alep-Est ?

Bachar Ja’fari : Oui.

Journaliste : Ils sont toujours là-bas ?

Bachar Ja’fari : Oui. Et c’est pourquoi vous avez vu ce mouvement hystérique (à l’ONU) durant le week-end par la France, le Royaume-Uni et les Américains, car ils veulent garantir leur sortie d’Alep-Est en sécurité.

Journaliste : Monsieur l’ambassadeur, comment avez-vous pu obtenir leurs noms ?

Bachar Ja’fari : Nous n’avons pas de services de renseignements efficaces. Merci infiniment.

Traduction Sayed Hasan

[*] Cette nouvelle a été propagée au départ par trois sites internet qui ne sont pas forcément fiables. Chacun doit savoir que dans tout conflit des agents secrets occidentaux sous anonymat – spécialement israéliens, français, israéliens, britanniques, américains – sont très nombreux à être mêlés aux forces belligérantes en présence. Dès l’instant où Bachar Ja’fari voit son intérêt à donner du poids à ce qui est une donnée de routine, et qu’il affirme vouloir montrer « ces officiers », il doit être cohérent avec ce qu’il a dit en montrant les photos. Dans toute guerre la propagande est massive de tout côté. Tout journaliste se doit de ne pas y prêter le flanc et à ne publier que « des informations dont l’origine est connue ou les accompagner des réserves qui s’imposent« .

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/

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La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154. Par Alexandre Artamonov

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre

La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154

Un avion de la Défense russe se dirigeant à Khmeimim, base aérienne russe en Syrie, est tombé après le décollage dans les eaux territoriales russes. Les musiciens et les journalistes se trouvant à bord ont tous péri dans cet accident. Aucun rescapé, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une catastrophe aérienne... Ces lignes qui ont fait le tour du monde ne reflètent pas vraiment tout le dramatisme de ce qui est en train de se jouer dans le bassin de la mer Noire.

http://pravda-team.ru/france/image/preview/article/9/1/4/1303914_five.jpeg

 

Il se trouve que l'avion en question a été en « grande visite », comme disent les avionneurs, en septembre dernier ce qui veut dire que tous les systèmes - avionique, propulseurs, hydraulique - ont été mis en révision. Qui plus est, cet avion desservait une commande spéciale : les musiciens de l'ensemble de musiciens Alexandrov (Choeur de l'Armée Rouge), les ballerines qui s'y sont associées et les journalistes de la grande chaîne de télévision devant participer aux festivités du Nouvel An organisées par la Défense russe pour le corps expéditionnaire russe en Syrie. Vous pouvez bien imaginer que l'appareil aurait dû être bichonné jusqu'au dernier boulon. Mais voilà qu'il tombe sans raison apparente, un peu comme si c'était dans le Triangle de Bermudes.

Il est à dire que le désastre est arrivé juste après le décollage les 3 moteurs s'étant arrêtés simultanément parce que le Tupolev est tombé dans un total silence - tel que les observateurs de passage se trouvant sur la berge, à une distance d'1,5 km, ont entendu le bruit de l'eau qui se refermait sur la coque engloutie. L'épave gît à une profondeur de 50-70 mètres avec les débris qui se sont dispersés à une très grande distance à cause du courant qui est particulièrement fort dans cet endroit et une mer hivernale démontée. Tout ça pour dire qu'il serait difficile de retrouver les boîtes noires qui, dans ce type d'avion, ne sont pas encore pourvus de balises électroniques. Difficile, mais possible puisqu'une équipe de plongée faisant plus d'un millier de personnes est déjà sur place pour travailler dans les conditions particulièrement éprouvantes.

Les avions tombent, hélas, et assez régulièrement, mais la bizarrerie de ce dernier crash a été remarquée par plus d'un observateur. Non seulement l'avion était dans un état excellent et le vol étroitement surveillé, mais, qui plus est, l'équipage n'a donné aucune alerte par radio. La tour de contrôle a pu juste constater la disparition du Tupolev. Point, à la ligne.

Ayant passé plus de 15 ans dans l'aviation civile et militaire, je suis en droit de dire qu'il s'agit d'un cas rarissime - beaucoup plus rare que la disparition de l'avion de ligne Malaysian Airlines dont l'épave n'a jamais été découverte ni aucune hypothèse viable sur le crash avancé. Quoi qu'il en soit, un grand nombre de professionnels militaires russes estiment qu'aucune raison logique n'aurait pu mener à un tel dénouement tragique. D'aucuns avancent l'hypothèse d'un missile de croisière ou d'un missile antiaérien portable de type « Stinger ». Il est cependant sûr que si ça avait eu lieu, on aurait dû enregistrer l'impact et l'éclair au moment de la déflagration sans parler du suivi du tracé du missile qui eût pu être réalisé par les moyens de surveillance de la mer Noire. Donc une telle éventualité de tir terroriste est fort peu probable.

Reste la dernière version des faits qui, à bien y réfléchir, n'est pas si futuriste que ça. Depuis très longtemps, les Russes parlent de leurs armes ultra-sophistiquées dans le domaine de la défense anti-aérienne et du brouillage électronique. Les moyens de la guerre électronique seraient tellement sophistiqués que le passage d'un seul avion russe au-dessus d'un croiseur américain qui était d'ailleurs en mer Noire à ce moment-là, a provoqué le blocage de tous les systèmes électroniques y compris la liaison avec le satellite et les systèmes d'armements embarqués. Le croiseur a dû même rebrousser chemin pour revenir à Istanbul. Cette information prouve, de façon éloquente, que l'on peut très bien bloquer l'avionique de bord avec les moyens de guerre radio-électronique qui peuvent servir d'arme offensive. Si les Russes l'ont fait, il serait logique de supposer que l'OTAN a à sa disposition les armements de même type. Un groupe aéronaval américain est actuellement localisé en mer Noire et a été même renforcé de plusieurs bâtiments. Deux bâtiments de guerre français « Dupuy- De-Lôme », le meilleur d'ailleurs dans le domaine de la lutte radio-électronique et « Le Chevalier Paul » croiseraient également dans le même périmètre. Il est extrêmement difficile de repérer un faisceau radio-électronique dirigé. Et quand bien même les Russes réussissent à démêler l'écheveau, auraient-ils le courage de faire porter le chapeau à l'OTAN ?

Il est également vrai que s'il s'agit d'une acte ennemi (l'usage d'un bâtiment de guerre n'a rien d'un acte terroriste mais équivaut à des hostilités ouvertes entre les Etats), le moment a été très bien choisi. Non seulement la date est symbolique : c'était Noël hier (c'est vrai que les Russes orthodoxes le fêtent selon le calendrier julien plutôt le 7 janvier, mais une partie d'Eglises orthodoxes le fait bien le 25). En plus, l'avion appartenait à la Défense russe et le Choeur de l'Armée Rouge est le symbole même de l'armée russe. Enfin, dernière chose à dire, la catastrophe s'est passée au moment du départ d'Obama qui crache le feu à propos de l'avènement de Donald Trump et de l'éventuelle amélioration des relations avec la Russie.

Le symbolisme a forcément un rôle a joué. On n'a pas oublié la tempête diplomatique qu'avait déchaînée le concert donné par l'orchestre russe dirigé par le très célèbre Guerguiyev dans le théâtre antique d'Alep, juste après la libération de la cité antique. De tout temps les symboles ont leur force et leur mysticisme : faire tomber un avion militaire avec le Choeur de l'Armée Rouge qui s'est envolée pour célébrer le Nouvel An après la libération d'une grande partie de la Syrie est plus que symbolique. Quant aux moyens mis à exécution, je considère que la piste mentionnée serait à prendre en considération. Et si la France en sait quelque chose, on ne serait pas étonné par le laquais de l'Elysée qui, à la différence de la majorité des chefs de l'État (y compris les Américains), s'est bien gardé d'exprimer ses condoléances au Kremlin se limitant juste à un bref message de la part de l'ambassadeur à Moscou. S'agit-il juste d'un acte cynique ou y a-t-il là matière à réflexion ?


http://www.pravdafrance.com/authored/26-12-2016/1303914-RUSSIA-0/

 

Par Alexandre Artamonov

Le 26 décembre 2016

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Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #La République, #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable

ILLUSTRATION
Je suis Charlie à Alep (source Huffington Post)

Autour de moi, pendant le siège d’Alep-est, combien d’amis proches, ou même moins proches mais néanmoins amis, submergés par une émotion fabriquée, ont cru et reproduit inconsidérément une grossière propagande médiatique ?

Alep-est a été libérée de ses faux “rebelles modérés”, mais réellement islamistes, et la propagande occidentale mainstream est en train de voler en éclat.

Les civils innocents du quartier assiégé se sont précipités vers la zone tenue par les forces loyalistes et préparent les fêtes de Noël avec leurs voisins d’Alep-ouest.

Les jiihadistes n’ont pas été massacrés sur place, mais expulsés en autobus sous contrôle de la Croix rouge.

Et les témoins-martyrs appelés à la rescousse par nos “journalistes” enfiévrés — la petite Bana, Ismaël le casque blanc protégé de Yann Barthès, l’américain Bilal Abdul Kareem, et deux ou trois autres sources d’information garanties présentes sur site — se sont tous comme par enchantement volatilisés… quand on ne les retrouve pas en Turquie dans les bras de Recep Tayyip Erdogan (Bana) ou paradant aux côtés d’islamistes armés jusqu’aux dents (Bilal Abdul Kareem).

Bana_Erdogan.png
Bilal_Abdul_Kareem.png

Vous étiez Charlie, vous voilà Alep embarqués dans le même fiasco de la compassion télécommandée

Comment avez-vous pu vous laisser enfumer de la sorte, camarades ? Sans doute peut-être parce que ce déluge de propagande était si outrancier et cousu de fil blanc que paradoxalement on ne parvenait plus à imaginer qu’il puisse être faux.

Mais tout de même, n’y en avait-il pas parmi vous qui soient restés assez lucides pour percevoir ces grossières manipulations et alerter les autres ? Je pense à des personnalités suffisamment au fait du monde de l’information et de ses coups tordus : Julien Salingue, le fondateur d’Acrimed (Action-Critiques-Médias), Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, tous les deux mes amis Facebook ou Twitter.

Eh bien, non. Julien Salingue a cru devoir se fendre — sur un site bien mal nommé “Résister à l’air du temps” —  d’une lettre dégoulinante de commisération déplacée adressée « à un “camarade” qui s’obstine à justifier l’injustifiable » :

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

Et Edwy Plenel en a profité, avec son compère François Bonnet, pour dézinguer stupidement Mélenchon… tout en se défendant — ben, tiens ! — d’être atlantiste !

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

La propagande de l’empire est en train de retomber comme mauvais soufflé. Il y eut dans Alep une situation de guerre douloureuse, mais qui ne correspondait pas au spectacle larmoyant qu’on voulait nous vendre. Des voix montent enfin, qui dénoncent la supercherie. L’indigeste brouet était pourtant patent depuis longtemps, depuis qu’il était évident que le vieil empire dominant poussait très fort ses cris d’orfraies sans avoir la moindre intention d’intervenir sur le terrain (ou alors en catimini et du mauvais côté), signe d’impuissance et du désarroi des vaincus.

Et vous, mes chers amis, dont la bonne foi ne peut pourtant être mise en doute, vous voilà à nouveau en pleine confusion, cocus des bons sentiments frelatés. Vous étiez Charlie défilant derrière le gratin faux-cul du clan impérial, vous voilà Alep embarqués dans le même fiasco de la compassion télécommandée par une propagande imbuvable. En tirerez-vous jamais leçon ?

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Alep : Eric Dénécé dénonce la falsification de l'information par les médias (LCI, 21/12/16)

23 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #Les média

INTERVIEW INTEGRALE : https://www.youtube.com/watch?v=VDcbB...
Le 21 décembre 2016 sur LCI, Eric Dénécé (Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement - CF2R) dénonçait la falsification par les médias français de la crise d'Alep.

"On est à mon sens sur une falsification de l'information qui est énorme. Bien sûr qu'on est sur une guerre civile en Syrie, mais ça ne concerne que 30% d'Alep, ce sont soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu'ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie. On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas de victimes innocentes qui périssent (...) Seul 1/3 d'Alep est victime des bombardements, et j'insiste, c'est 1/3 de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd'hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, des sites archéologiques détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l'autre jour nous disait qu'en Syrie, il y a des tas d'endroits où les choses se passent bien où on peut dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, aller au bord de la mer, donc le pays n'est pas à feu et à sang. Au Yémen, c'est totalement différent, il n'y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, et on ne parle pas de cela. Dans les années 90, dans une ancienne colonie française (belge NDLR), le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4M d'habitants, soit 10% de la population. On n'en parle pas non plus. Aujourd'hui, le focus qui est mis sur la Syrie d'une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu'on défende Bachar El Assad, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d'extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd'hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d'Alep est une motivation pour passer à l'action.

(Yves Calvi fait remarquer qu'Eric Dénécé tient les mêmes propos que les invités qu'il avait reçus la semaine précédente qui dénonçaient aussi la présentation biaisée de la crise d'Alep https://www.youtube.com/watch?v=k0XkD...)

La communauté Syrienne en France et dans d'autres pays européens est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Nos médias en France sont suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d'absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c'est quelque chose d'horrible, 90 000 militaires tués, 70 000 personnes soutenant le régime ou en tout cas neutres massacrés, on nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

(Nous participons à la naissance des djihadistes et des assassins de demain) en étant toujours en relation avec des Etats qui encouragent directement ou indirectement le djihadisme - par le wahhabisme notamment - comme l'Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l'autre côté, sur ce qui se passe aujourd'hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que "les pauvres populations islamistes" de ces quelques quartiers d'Alep sont des victimes de l'Occident, on redonne du carburant à ceux qui dans nos banlieues ou à l'étranger considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l'ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l'action."

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La rage des médias occidentaux contre Poutine : La bataille de la vérité. Par Chems Eddine Chitour

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #Les média

La rage des médias occidentaux contre Poutine : La bataille de la vérité

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/12/Putin_propaganda-400x275-1728x800_c.jpg

La rage des médias occidentaux contre Poutine : La bataille de la vérité

«L’armée russe met très longtemps à sceller sa monture, mais ensuite plus aucune armée au monde ne peut l’arrêter.»

Citation d’un général prussien

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Depuis quelques jours nous sommes confrontés à une deuxième bataille qui est celle de la fausse information diffusée en boucle par tous les médias qui n’arrêtent pas de raconter des mensonges sur la réalité de la situation à Alep. Le camp occidental dans sa version obamienne et hollandaise livre une ultime bataille, celle de désigner la Russie comme bouc émissaire et de désigner le gouvernement légitime de la Syrie comme bourreau de son peuple. Un constat: les médias se déjugent sans fausse honte, mais ont des difficultés à prendre les virages de la réalité. On aurait voulu présenter des cohortes de hères mourant de faim, de froid et que voit-on des cars où les réfugiés montent calmement, des voitures avec des enfants qui ne semblent ni mourir de faim ni de froid faisant même en riant le V de la victoire en face de la caméra occidentale qui aurait voulu capter autre chose. N’ayant rien à se mettre sous la dent, les médias recrutent des journalistes «libres» qui sont payés proportionnellement au déversement de fiel sur le pouvoir.

En fait et comme entendu sur la chaîne LCI, le journaliste qui sévit avec sa phrase élimée: «Ainsi va le monde» interviewant un expert sur la situation de l’après-Alep comme il la voyait, «les Français dit-il ne voulant pas de Bachar». Cette phrase m’a intrigué, elle dénote du fait que le logiciel colonial est toujours ancré dans la tête de ces «saigneurs». Les gueux, les faibles n’ont pas à discuter les ordres de l’Occident symbolisé par l’Empire et justement les vassaux qui -on l’aura compris- font les matamores avec les faibles, mais sont toujours ser(viles) avec l’Empire.

Cette fin de l’année 2016 a vu la fin de l’Empire dans sa version dicteur de la norme. On a beau arguer que le monde a changé, que les peuples relèvent la tête et ont une égale dignité. Le coup de baroud est donné par l’acharnement sur Poutine tout en faisant preuve d’un silence quasi religieux s’agissant de Mossoul où les coalisés ne savent pas comment s’en sortir – c’est-à-dire en définitive faire coup double, sauver Daesh et lui permettre de prospérer en Syrie- eux qui avaient prévu de donner une porte de sortie aux combattants de Daesh pour qu’ils aillent sur Raqua. Les brigades chiites irakiennes ont vite verrouillé cet accès et la situation semble s’éterniser depuis quatre mois.

Les officiers de l’Otan faits prisonniers

 «On apprend que plus de 110 officiers de l’Otan ont été capturés dans un bunker des terroristes Al-Nosra à Alep. Selon des rapports concordants sortant d’Alep ce 16 décembre 2016, au moins 14 officiers militaires de la coalition de l’Empire anglo-sioniste ont été capturés par les forces spéciales syriennes ce matin dans un bunker terroriste d’Al-Qaïda/Al-Nosra à Alep Est. Mais selon Veterans ToDay, le nombre d’officiers capturés serait supérieur à 110. VT donne les chiffres suivants: Américains 22, Britanniques 16, Français 21, Israéliens 7, Turcs 62.» (1)

La liste est très incomplète. Que devaient-ils faire avec des terroristes qu’ils ont «officiellement dénoncés?». En attendant, un silence assourdissant des médias sans honneur sur la Syrie et ce sujet en dit long sur le côté explosif de l’affaire si elle se répandait plus largement… Les médias enragés quand il s’agit de diaboliser sans preuve Assad se font d’un silence assourdissant quand il s’agit de signaler la présence illégale des officiers de l’Otan et même de l’Arabie saoudite et du Qatar dans un bunker à Alep et si tout le tintamarre était de faire exfiltrer ces mercenaires qui ne peuvent pas invoquer la convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Ils serviront vraisemblablement de monnaies d’échange et on peut penser que la réunion du Conseil de sécurité à huis clos va débattre aussi de cela, car mettre de l’humanitaire comme s’entête à le demander Obama par Hollande interposé est irréalisable pour l’ambassadeur russe aux Nations unies.

Poutine: l’âme damnée de Obama

Vladimir Poutine reste l’homme le plus puissant du monde, devant Donald Trump et Angela Merkel, selon le classement 2016 du magazine Forbes. A 64 ans, le président russe remporte le classement du magazine américain pour la quatrième année consécutive. «Depuis son pays natal jusqu’en Syrie en passant par les élections américaines, le dirigeant russe continue à parvenir à ses fins», estime Forbes. (2)

Le moins que l’on puisse dire est que Poutine dérange les dirigeants occidentaux. On se souvient comment il avait fait la leçon à Sarkozy au dernier G8 auquel il a participé: Morceaux choisis: «Dans un documentaire diffusé ce jeudi, le journaliste Nicolas Hénin raconte les coulisses d’une rencontre en 2007 entre Nicolas Sarkozy, et Vladimir Poutine. Un face-à-face au cours duquel l’homme fort de la Russie aurait si violemment humilié son homologue français que celui-ci était apparu chamboulé lors de son point presse.»

«Vladimir Poutine userait de méthodes d’intimidation face à ses homologues, ne se privant pas de les remettre à leur place quand leur attitude lui déplaît, voire de les humilier. L’homme qui en fait les frais dans cet extrait est le nouveau président français d’alors, Nicolas Sarkozy.» «Selon le compte rendu que dresse le journaliste Nicolas Hénin d’un tête-à-tête en 2007 entre les deux dirigeants dans Le mystère Poutine, le chef de l’Etat français, qui à l’époque a pris ses fonctions depuis peu, commence par expliquer sur un ton assuré à Vladimir Poutine qu’avec lui, «on va parler des sujets qui fâchent». Les centaines de morts en Tchétchénie? «Inadmissible», lâche le locataire de l’Elysée. Anna Politkovskaïa, la journaliste russe assassinée? «Inadmissible». D’après les sources de Nicolas Hénin, le président russe aurait d’abord répondu par un silence. Malaise dans la pièce. L’homme fort de Moscou aurait ensuite entrepris de rappeler à Nicolas Sarkozy de ne pas trop jouer les insolents.» (3)

«Bon alors je vais t’expliquer. Tu vois, ton pays, il est comme ça», lui aurait-il dit, mimant un petit écart avec ses mains. «Mon pays, il est comme ça», aurait-il poursuivi, écartant cette fois largement ses bras. Alors maintenant, de deux choses l’une, ou bien tu continues sur ce ton et je t’écrase. Ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras. Tu viens juste de devenir Président de la France mais je peux faire de toi le roi d’Europe», lui aurait-il lancé, dans un discours ponctué d’insultes et de propos humiliants. Selon le journaliste, Nicolas Sarkozy serait ressorti complètement «éberlué» de cette rencontre. Comme «K.-O. debout». Choqué au point de paraître encore tout chamboulé, bien que souriant, lors du point presse.» (3)

On reproche à Poutine pourquoi il a tenu tête à la normalisation voulue par l’Empire après la reddition en rase campagne de Gorbatchev à qui on a donné le hochet du prix Nobel. C’est un fait que les Etats-Unis de Fukushima pensaient que c’était la fin de l’Histoire, notamment en installant Eltsine qui a achevé de dépecer la Russie en la confiant aux oligarques. Avec Poutine qui a une haute idée de la grande Russie de Pierre le Grand, de Catherine II celle qui avait pensionné Voltaire venu se ressourcer.

Comme l’écrit Merzak Tigrine:

«Pour sa dernière sortie médiatique à la Maison-Blanche, le président Barack Obama a mis en garde son successeur républicain, Donald Trump, contre l’intention de Vladimir Poutine d’affaiblir les États-Unis comme il fait avec l’Europe. Vladimir Poutine est au centre des préoccupations de la Maison-Blanche, notamment après que le FBI a conforté la CIA dans ses conclusions sur une intervention de la Russie dans l’élection américaine. C’est ce qui ressort des déclarations de Barack Obama lors de sa conférence de presse vendredi soir en sa qualité de président des États-Unis. Il a promis d’envoyer un “message clair” à la Russie après les cyber-attaques qui ont perturbé l’élection américaine. (…)La Russie « est un pays plus petit, un pays plus faible », a lancé Barack Obama dans une formule qui devrait à coup sûr faire bondir son homologue russe, « mais ils peuvent nous affecter si nous oublions qui nous sommes », a-t-il ajouté.” M. Poutine peut nous affaiblir, comme il tente d’affaiblir l’Europe, si nous commençons à admettre l’idée qu’il est acceptable d’intimider la presse, ou d’enfermer les dissidents”, a souligné le président américain. (…)Dans la foulée, il a aussi révélé avoir demandé directement en septembre, en marge d’un sommet du G20 en Chine, à Vladimir Poutine de “cesser” les cyberattaques, au risque de ´´conséquences sérieuses s’il ne le faisait pas”. Réagissant à ces accusations, Moscou a riposté par la voix du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en marge du déplacement de Vladimir Poutine à Tokyo. ” Il faut soit cesser d’en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu’indécent”, a-t-il déclaré (4).

Le sacerdoce de Poutine

Dans cette affaire, personne ne parle des méfaits de la NSA qui espionne tout le monde, à commencer par les portables des vassaux (Merkel). Ariane Walter résume magistralement à la fois les combines de l’Occident devant ce personnage qui ne veut pas rentrer dans le rang et dans le mouvement, elle décrit avec délice les avancées de Poutine et sa méthode pour éviter les pièges.

«Je dois avouer écrit-elle, que je reste assez stupéfaite de ce que j’ai vu, en consacrant quatre longues heures de ma soirée, à deux documentaires sur Poutine. ‘Le mystère Poutine” et ‘Poutine, le nouvel empire”. Après les évènements d’Alep et le concert de pleureuses hystériques made in Soros, on pouvait s’attendre au pire, mais non. La grâce du sujet a dépassé les lourdeurs d’une intention propagandiste qui n’a pu tenir ses promesses.» (5)

Ariane Walter nous décrit comment les médias ont traité l’itinéraire de Poutine L’enfance du héros. (..) Poutine, comme Macron, a eu une institutrice dévouée qui, nous dit-on, l’a sauvé des mauvais quartiers, mais il ne l’a pas épousée ce qui détermine deux destins très différents! L’émission explique comment cet être, au demeurant fade et soumis, finit par être remarqué pour ces deux qualités et placé au pouvoir par les oligarques qui comptaient en faire leur marionnette. Surprise. Poutine mouche un oligarque et lui demande de lui rendre son stylo! Le présent du dictateur. On l’attendait, on l’a. La Tchétchénie avec cette accusation non prouvée du rôle de la FSB dans trois attentats à Moscou, les médias muselés et fermement, les assassinats de journalistes, les témoignages à charge. Main de fer dans un gant de velours. Ceci existe. C’est une réalité. Mais le documentaire a l’honnêteté de montrer comment Poutine a sauvé la Russie du marasme Eltsinien».(5)

«Poutine le nouvel empire» va alors être la divine surprise. D’une part par la qualité de ses intervenants, en particulier Hubert Védrine et Hélène Carrère d’Encausse, et surtout par son propos: de l’Histoire et non de la propagande de basse Amérique. Avec cette étude passionnante d’un destin tellement inattendu, forgé par les circonstances. Passionnant d’apprendre comment cet homme, favorable à l’Union européenne au début de sa carrière, va être traité comme une merde par le cartel capitaliste et, sentant la menace infinie de l’Otan, entamera, le couteau sous la gorge, pour ne pas devenir un nouveau Kadhafi, une partie d’échecs qui le place très haut dans l’Histoire de notre monde. J’ai un peu l’impression que Védrine et d’Encausse sont amoureux de Poutine..!» (5).

Poutine est entré dans l’Histoire des débuts d’un autre monde au moment où Hollande, notre clown de service, s’apprêtait à aller bombarder la Syrie. De graves accusations étaient portées contre Assad, que la suite a révélées fausses: l’utilisation de gaz sarin contre sa population. Le fil rouge avait été franchi! Et c’est là que Poutine, soutenu par le pape (!) a fait cette proposition: qu’Assad se débarrasse de tout son arsenal chimique! Proposition acceptée par les Etats-Unis dans un monde de menteurs où tout est ruse et trahison. C’est à ce moment-là que pour beaucoup d’entre nous, Poutine est sorti de son armure de dictateur infréquentable pour devenir un sauveur. Merci Poutine. En face de lui, une clique qui avait laissé faire le 11 septembre pour ne pas dire, ce qui sera révélé demain, qu’elle l’a organisé. Et ce n’était sans doute pas le premier crime auquel l’Etat profond mettait la main à la pâte. N’est-ce pas JFK?» Le peuple et les faiseurs d’argent qui font plus leur beurre en temps de paix qu’en temps de guerre. Sans oublier les États-Uniens qui, comme Snowden, au FBI et ailleurs, connaissaient le dessous des cartes et en avaient assez d’être dirigés par des fous!» (5).

«(…) Le petit blondinet conclut Anne Walker,  de Saint-Petersbourg a brusquement sorti de son sac des armes qui prouvaient qu’en cas de conflit nucléaire il ne resterait pas grand chose, en quelques minutes, des plus grandes villes des États-Unis. (…) Cette année le Père Noël ne va pas se fatiguer pour ses cadeaux. Nous avons déjà reçu le Brexit, la fin de Ceta et de Tafta, la défaite de Clinton, l’élimination de Hollande, de Juppé, de Sarkozy, de Renzi, la victoire d’Alep!!! Au coeur de toutes ces victoires, Poutine. Etudier la savante partie d’échecs qu’il a menée est un régal. Comment, boudé, humilié, menacé il a continué son chemin et fini par faire la conquête de tous les peuples. Poutine et la Crimée, Poutine et la Syrie, Poutine et les élections aux États-Unis. A-t-il hacké ces élections? S’il ne l’a pas fait, c’est un imbécile. Et il ne l’est pas. (…) Seul bémol à ses triomphes, la présence, en face de lui d’ennemis faibles, démasqués et haïs. Conquérir tous les peuples quand on a pour adversaires Hollande, Merkel, Cameron, et la clique Obama, c’est quand même facile.» (5)

Coup de tonnerre ! L’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie

Alors que chacun présageait un apaisement dans la situation à Alep et partant la résolution globale du transfert des habitants d’Alep retenus en otage, notamment par l’acceptation conditionnelle de la Russie, d’observateurs  avec le postulat : «  La Syrie une et indivisible avec le gouvernement actuel légitime, voilà qu’une mauvaise nouvelle s’abat sur la communauté humaine, l’assassinat du diplomate russe Andreï Korlov  à Ankara : Qui a intérêt à mettre de l’huile sur le feu ? Pour qui roulent les commanditaires de cet assassinat et on nous dit que l’assassin  a été abattu Ce qui va compliquer considérablement l’enquête. Des écrits se font jour pour rappeler qu’il y a un siècle à deux années près, l’assassinat de l’archiduc autrichien à  Sarajevo par un anarchiste serbe  donnait le coup d’envoi de la plus grande boucherie du XXe siècle . Là encore il est heureux que Vladimir Poutine « calme le jeu » en  affirmant que cet assassinat ne doit pas le détourner de son objectif  la recherche de la paix. Pour les citoyens du monde, et pour avoir démontré jusqu’à présent son sang froid dans pas mal de conflits et provocations en tout genre, le président russe mérite le prix Nobel de la paix de 90 % de la planète et plus si on compte aussi tout ceux qui sont épris de paix  dans le monde occidental. [ voir http://reseauinternational.net/poutine-prix-nobel-de-la-paix-2013/ (note RI) ]

On le voit, Poutine est le digne héritier des héros de l’Union Soviétique que sont le peuple et ses généraux, tels que Guiorgui Joukov l’officier général le plus décoré de l’histoire de l’Union soviétique qui réussit à terrasser l’ordre nazi avec des généraux et non des moindres comme Von Paulus à Stalingrad,. Poutine est aussi l’héritier du maréchal Koutouzov celui qui battit la grande armée de Napoléon et amena la Berezina devenue par la suite une expression signifiant la débâcle. Le général prussien a mille fois,  raison. Il est à craindre que l’Occident ne tire pas suffisamment les leçons de l’Histoire et il n’a pas compris que le barycentre lui a définitivement échappé au profit d’un multilatéralisme de l’apaisement et du soleil pour tous.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

1.http://numidia-liberum.blogspot.com/2016/12/au-moins-14-officiers-de-lotan-captures.html

2.http://www.bfmtv.com/international/classement-forbes-poutine-homme-le-plus-puissant-du-monde-devant-trump-1070988.html

3.http://www.bfmtv.com/international/comment-sarkozy-s-est-fait-humilier-par-poutine-en-2007-au-point-qu-il-semblait-ivre-1071168.html

4.Merzak Tigrine http://www.liberte-algerie.com/international/obama-met-en-garde-contre-poutine-260629

5.Ariane Walter https://www.legrandsoir.info/poutine-un-ovni-sur-france-2.html


 
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Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain… Le 06 septembre 2013

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL

Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain…

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Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain…

Tribune libre Byblos

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2013/09/ma_loula.jpg

Ma’loulaMesdames et Messieurs,

 

Permettez-nous de vous apprendre ce qui s’est passé aujourd’hui dans notre ville de Ma’loula [1], avant de vous rappeler ce qu’elle signifie.

À quatre heures du matin, heure de Damas, les gangs armés de la prétendue Armée Syrienne Libre [ASL], les terroristes de , et les meurtriers de l’État islamique d’ et du Levant, ont attaqué notre ville paisiblement installée dans le Djebel Qalamoun, puis ont entrepris le saccage de ses monastères, de ses églises et de ses icônes historiques, avant d’exiger de tous les habitants de se convertir à l’Islam !

Oui, c’est ce qui est arrivé à l’aube de ce jour dans notre petite ville de Ma’loula. Les gangs armés se sont répandus partout, exposant toute leur artillerie sur la place après avoir interdit tous les accès aux .

Ces actes criminels, ce saccage systématique de villes chrétiennes, ce terrorisme frappant leurs habitants, font partie d’un plan global visant à déplacer les chrétiens de leurs patries depuis les origines [2]. C’est ce que nous venons de vivre alors que l’Etat est toujours fort. Qu’est-ce qui nous arrivera si jamais ce n’est plus le cas, une fois que les Forces US nous auront bombardés ?

Ce qui attend les chrétiens de nos villes et villages, aux mains de l’organisation terroriste Jabhat al-Nosra et de ses semblables, est tout simplement terrifiant…  Pouvons-nous espérer que toutes les terribles agressions subies par les monastères et églises de la chrétienté telles celles qui ont eu lieu à Ghassanieh, à Saint Siméon, à l’Église de la ceinture à Homs… finiront par réveiller un tant soit peu la conscience du monde pour qu’il reconnaisse le crime terroriste commis à l’encontre de la Syrie [3] [4] ?

Nous n’aborderons même pas les perpétrés dans toutes les villes et tous les villages où cohabitent ceux que vous désignez par « minorités », puisque vous en connaissez tous les détails !

Mesdames et Messieurs, permettez que nous vous rappelions l’Histoire de Ma’loula qui remonte à des milliers d’années, à l’époque araméenne où elle dépendait du Royaume de Homs, à l’époque romaine quand elle s’appelait Celeokoboles, à l’époque byzantine lorsqu’à partir du IVe siècle elle est devenue le centre d’un épiscopat de première importance qui a duré jusqu’au XVIIe siècle.

Permettez-nous de vous parler du « Monastère de Mar Sarkis » [5] construit au IVe siècle après JC et conçu selon la simple architecture de l’époque des premiers martyrs, Saint Sarkis étant l’un des cavaliers d’origine syrienne exécuté sous le règne du roi Maximanus en l’an 297 après JC ; monastère qui était resté intact jusqu’ici !

Permettez-nous de vous parler du « monastère de Mar Taqla » [6] où sont conservés les restes de Saint Thècle, fille d’un prince Séleucide et élève de Saint-Paul. Un lieu bien visible de toute la petite ville et où l’eau est à jamais de « l’eau bénite ». Un lieu élevé face à la caverne où elle s’était réfugiée après avoir échappé à la persécution des Romains. Un lieu qui depuis ces temps reculés est resté un symbole de la spiritualité et un témoignage de la vie des saints. Des religieuses en prenaient grand soin ainsi que des pèlerins venus de tous les horizons. De là, ils pouvaient contempler les refuges troglodytiques où les premiers chrétiens jeûnaient, méditaient et priaient; preuve, s’il en fallait, que Ma’loula est une ville monastique d’où l’on prie Dieu, le jour comme la nuit.

C’est Ma’loula… Ce lieu célèbre de où une fissure ouverte dans la montagne se remplit ou se vide d’eau en fonction des saisons, et où les pèlerins venaient chercher la bénédiction, la guérison et la pureté depuis la nuit des temps !

Les habitants de Ma’loula

05/09/2013

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Texte original : Al-tayyar

 

http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/maaloula-pb-1630838827.htm#.UihWC5oqCXM.facebook

 

Notes :

[1] Syrie : le village chrétien de Maaloula attaqué par des rebelles islamistes

http://www.france24.com/fr/20130905-syrie-al%20nosra-village-chretien-maaloula-attaque-rebelles-islamistes

[2] Le Président Sarkozy au Patriarche maronite : « Que les chrétiens de Syrie et du Liban émigrent pour l’Europe, ils n’ont plus leur place au Proche Orient »

http://www.silviacattori.net/article2394.html

 [3] Syrie : Juppé « en faveur d’une intervention » même sans le mandat de l’ONU

http://lci.tf1.fr/politique/syrie-juppe-en-faveur-d-une-intervention-meme-sans-le-mandat-de-8259196.html

[4]  Syrie: Alain Juppé ne défend pas les minorités… il fabrique des révolutions

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29676

[5] Ma’loula – Le couvent Saint Serge ( Mar Sarkis )

http://www.levoyageur.net/photo-1607.html

[6] La Syrie, un pays historiquement Chretien ou il faisait bon vivre, il y a encore peu

http://lesamisdejesus.forumactif.org/t5786-la-syrie-un-pays-historiquement-chretien-ou-il-faisait-bon-vivre-il-y-a-encore-peu


 
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Le Bloc atlantiste au bord de la crise de nerfs

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le Bloc atlantiste au bord de la crise de nerfs

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2016-07-19_11h15_59Le 13 décembre 2016 – Source entrefilets

On en espérait pas tant. En quelques semaines seulement, le Bloc atlantiste a fait un saut qualitatif remarquable sur l’échelle de Richter du désordre globalisé.

 

De la panique intégrale déclenchée par l’élection du déplorable Trump à la débandade des coupeurs de têtes modérés d’Alep-Est, le joli petit monde du néolibéralisme militarisé prend l’eau de toutes parts.

Alors forcément le Bloc réagit, sur-réagit même, avec le savoureux avantage que dans la précipitation, les marionnettistes de la pantalonnade ambiante ne prennent même plus la peine de camoufler un tant soit peu leurs manigances. Tout se fait ainsi à ciel ouvert, y compris le pire, le honteux, le normalement inavouable, et il n’y a qu’à se baisser pour ramasser les pépites. Inutile de dire que c’est évidemment sur le pont du Titanic US que l’on récolte les plus grosses.

Ainsi, entre la CIA qui entre en guerre contre le FBI en essayant de renverser Trump avant même son entrée en fonction, et le Congrès qui vote des livraisons d’armes aux terroristes d’al-Qaïda supposés responsables des attentats du 11 septembre, on nage en plein vaudeville à l’échelle planétaire. Du caviar on vous dit. L’implosion est proche.

Le very very bad trip de Killary

Dès les premiers signes laissant penser que Trump avait tout pour devenir un adversaire sérieux d’Hillary-la-démente, nous nous étions pourtant étonnés que le bonhomme ne soit pas victime du déséquilibré de service ou d’un accident de savonnette qui l’aurait laissé gisant dans une marre de Chanel 5, la mèche empalée sur la robinetterie en or de sa salle de bains. Quelle ne fut pas dès lors notre surprise non pas de le voir élu, on savait la chose possible sinon probable, mais de le voir tout simplement arriver vivant au scrutin. Il faut dire qu’enfermés dans leur bulle, ni l’élite-Système ni son clergé médiatique n’avaient pu imaginer ne serait-ce qu’un instant que le peuple aurait l’audace de les envoyer bouler.

Au soir du vote maudit donc, ce fut comme il se doit le séisme, le Big One, façon Fukushima, avec dévastation des esprits effarés de toute la volaille médiatique planétaire et stupéfaction générale, cosmique même, de toute la pègre néolibérale dirigeante et de ses hordes de bobos-zombies.

En savoureux point d’orgue de la soirée, on avait même eu droit au pétage de plomb d’Hillary-la-démente qui, réalisant qu’elle ne serait jamais présidente après tous les sacrifices consentis aux côtés de son ahurissant mari, s’était jetée toutes griffes dehors en hurlant comme une possédée sur son improbable chargé de campagne Podesta. Tétanisée, son équipe avait d’abord hésité à appeler enfin un prêtre exorciste avant de se contenter de lui administrer une dose massive de psychotropes – beaucoup plus que d’habitude – pour la faire redescendre de son very very bad trip.

Le joker Poutine, comme toujours

Sous l’aiguillon de la clique à Soros, la sidération générale avait rapidement laissé place à une presque révolution-orange avec ses incontournables flashmobs de bobos-zombies indignés, jusqu’à une abracadabrantesque tentative de recomptage qui devait finalement tourner court.

Rien de très sérieux donc, mais il restait bien sûr le joker Poutine. C’est désormais chose faite avec la publication par le Washington Post des «résultats d’une évaluation secrète de la CIA» (SIC). C’est-à-dire pas secrète du tout puisque transmise encore chaude directement à la rédaction du valeureux canard. Tout cela pour nous dire que le tentaculaire Poutine aurait gravement interféré dans le processus électoral de la plus grande démocratie du monde [rires…] pour favoriser l’élection du Grand Déplorable. Et que donc cette élection ne serait implicitement pas valide…

Et comment l’épouvantable Vladimir aurait-il commis son forfait ? Ah oui, en commanditant le fameux piratage des emails du chargé de campagne de Killary, l’inénarrable Podesta donc, ventilés par Wikileaks alias Poutinoleaks durant les semaines précédant le scrutin. Des emails qui révélèrent au passage toutes les petites maladies honteuses du clan Clinton et notamment ses manigances pour évincer l’autre démocrate Bernie Sanders et faire place nette à Hillary-Strangelove. Bien sûr, la CIA ne fournit aucune preuve de ses allégations, mais c’est là son privilège. Il faut dire qu’à une semaine de la nomination officielle de Trump à la Présidence par les Grands électeurs, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.

Reste que là où la chose devient savoureuse, c’est que, ce faisant, la CIA a déclaré la guerre au FBI qui, lui, avait tout fait durant la campagne pour flinguer la candidature d’Hillary-la-démente.

Ce qu’il y a de réjouissant dans toute cette affaire, quelle qu’en soit l’issue, le désordre général ne pourra qu’amplifier : si la manœuvre réussit, la probabilité de troubles importants voire d’une guerre civile augmentera d’autant, avec au minimum l’éclatement des structures politiques de cet État faussaire ; si elle échoue, la guerre CIA-FBI perdurera sous la présidence de Trump qui, plus que jamais, s’annonce donc comme la présidence du désordre absolu – la seule vertu que nous lui reconnaissons pour l’heure étant de vouloir apaiser les tensions avec la Russie et réduire la voilure mortifère de l’Empire.
On attend donc la suite avec une certaine impatience, un peu taquine il faut bien l’avouer.

SOS al-Qaïda

L’autre foyer de désordre intégral est bien sûr la victorieuse alliance Bachar-Poutine-Hezbollah en Syrie. En effet, la chute d’Alep, imminente à l’heure où nous écrivons ces lignes – question d’heures même –, a elle aussi déclenché un séisme de magnitude 1000 dans la basse-cour politico-médiatique du Bloc atlantiste.

Dès les premiers signes de faiblesses des coupeurs de tête modérés qui tenaient la population de la ville en otage, le Bloc a immédiatement mobilisé l’entièreté de sa puissance.

À grands coups d’éditos mensongers, mièvres ou dégoulinants de mauvaise foi, tous les médias embarqués ont été mobilisés pour pointer Poutine comme le responsable de la «pire catastrophe depuis la Deuxième Guerre mondiale», des pires crimes de guerre, crimes contre l’humanité, contre le monde, l’univers, le cosmos etc…

Parallèlement, des hordes de bobos-zombies s’offraient en solde leur supplément d’âme du mois en participant, la mine grave, à toutes sortes de manifestations héroïques dans les capitales de notre vertueux monde libre pour dénoncer la pire horreur jamais survenue depuis l’apparition de l’Homme sur terre, et même de l’amibe sous les mers.

Enfin, surfant sur cette vague d’indignation aussi sélective que gélatineuse, le Bloc atlantiste a ensuite vaillamment tordu le bras de tous les petits pays clients pour imposer résolution sur résolution devant le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU. Tout ce cirque n’ayant qu’un seul but : sauver les gentils terroristes du Bloc atlantiste, leur offrir ne serait-ce qu’un bol d’air, qu’un peu de répit, et surtout bien sûr des armes, des munitions et des troupes fraîches à la faveur d’une énième trêve humanitaire.

Pourtant, échaudé par une série de cessez-le-feu qui n’avaient déjà servi qu’à cela, Poutine a cette fois répondu «niet».

Vous en reprendrez bien une tranche ?

Bien lui en a pris. Car aujourd’hui enfin, Alep au moins est libérée des coupeurs de tête qui mettent le pays à feu et à sang depuis plus de cinq ans maintenant. Détail piquant : les égorgeurs modérés se rasent désormais la barbe à tous les coins de rue d’Alep pour tenter de passer incognito et sauver leur peau.

Bien sûr, la riposte ne s’est pas fait attendre et l’Empire a immédiatement donné le coup de pouce nécessaire à la reprise de Palmyre par Daesh, histoire d’élever le coût d’Alep pour la Russie.

Dans le même temps, le Congrès US s’affolait et levait toutes les restrictions à la livraison d’armes sophistiquées aux groupes terroristes en Syrie, officiellement bien sûr pour soutenir une «opposition modérée» qui n’a jamais existé que dans la narrative officielle.

Outre le fait que la livraison prévue de lance-missiles sol-air fournira sans aucun doute à des groupes terroristes les moyens d’abattre désormais des avions de ligne – merci d’avance –, il est savoureux de constater que le Congrès US se bat comme un beau diable pour sauver en Syrie les terroristes qu’il accuse parallèlement d’avoir abattu les tours du WTC un certain 11 septembre 2001. Et ce n’est même pas nous qui le disons, mais la députée US Tulsi Gabbard, cheffe de file d’une fronde bipartite certes bien minoritaire, mais qui tente justement de «stopper la livraison d’armes aux terroristes» par son pays.

Nous voilà donc aux prises avec un Empire aux portes de l’effondrement intérieur et qui, sur le front extérieur, se proclame tout à la fois en guerre perpétuelle contre le terrorisme alors qu’il sponsorise désormais ouvertement les pires groupes terroristes que le monde ait connu.

Un tel degré d’entropie confine décidément au sublime, et prend même des allures de signe pour nous dire que l’implosion n’est plus très loin.

Piloté par une capitainerie US devenue folle, le Bloc atlantiste accuse ainsi difficilement le coup. L’élection de Trump et la perspective d’un apaisement avec la Russie avec une possible disparition de l’OTAN à la clé ; la lame de fond qui menace de plus en plus clairement de couler bientôt l’UE technocratique de Bruxelles ; et enfin la perte l’Alep qui signe l’échec de l’opération atlantiste de regime-change en Syrie, tout cela commence à faire beaucoup, et peut-être même trop.

Le nervous breakdown menace.

entrefilets.com

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Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe. Par Paul Craig Roberts.

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La Turquie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe. Par Paul Craig Roberts.

Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe


Par Paul Craig Roberts – Le 10 Décembre 2016 – Source paulcraigroberts.org

Puisque l’époque est aux « fausses nouvelles », le dernier numéro du National Enquirer, vendu aux caisses du supermarché, donne aux médias pressetitués une bonne longueur d’avance : « Confession de Castro sur son lit de mort: j’ai tué JFK. Comment j’ai manipulé Oswald. »

C’est presque aussi bon que la fausse nouvelle qui circule dans les médias pressetitués, comme les stations de télévision, le Washington Post, le New York Times et le Guardian – oui, même l’ancien journal britannique de gauche a rejoint les rangs des prostituées de la presse – disant que la CIA a conclu que « les agents russes ont secrètement interféré dans la campagne électorale, dans le but d’assurer la victoire du candidat républicain ».

 

Si la CIA est assez stupide pour le croire, c’est que les États-Unis n’ont pas d’agence de renseignement compétente. Bien sûr, la CIA n’a jamais dit et ne croit pas une telle chose. Les fausses nouvelles dans les médias pressetitués sont toujours fournies par des fonctionnaires anonymes. L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray a décrit les articles avec précision : « Un tas de conneries ».

Alors, qui invente ces histoires, un autre groupe anonyme lié à Hillary comme PropOrNot, l’organisation secrète et cachée qui a publié une liste de 200 sites Web qui sont des agents russes ?

Les fausses nouvelles sont le produit des pressetitués. Tout au long des primaires et de la campagne présidentielle, il fut tout à fait évident que les principaux médias imprimés ou télévisés publiaient sans arrêt de fausses nouvelles, visant à nuire à Trump et à stimuler Hillary. Nous l’avons tous vu. Nous avons tous vécu cela. Qu’est ce que c’est que cette histoire de Russie source de fausses nouvelles ?

Nous n’avons eu que des fausses nouvelles, de la part des pressetitués depuis le régime klingon [Référence à Star Trek, NdT]. Des fausses nouvelles ont été utilisées contre la Yougoslavie et la Serbie, afin de dissimuler les crimes de guerre de Bill Clinton.

De fausses nouvelles ont été utilisées contre Oussama ben Laden, l’Afghanistan, l’Irak, le Pakistan, le Yémen et la Somalie, afin de dissimuler les crimes de guerre du régime Bush.

De fausses nouvelles ont été utilisées contre la Libye et la Syrie, afin de camoufler les crimes de guerre du régime Obama.

Sans ces fausses nouvelles, ces trois présidences couvertes de sang auraient fini devant la Commission pour crimes de guerre, jugées et condamnées.

Quelqu’un peut-il produire une déclaration véridique de la part des médias pressetitués, sur quelque chose d’important ? Le vol MH-17 ? La Crimée ? L’Ukraine ?

Ironique, n’est-ce pas, que ce soient ceux qui prétendent être libéraux et progressistes, qui sont responsables de la renaissance du maccarthysme en Amérique. Et en plus, ce sont ces progressistes libéraux qui vont institutionnaliser le maccarthysme dans le gouvernement américain. Il y a manifestement un effort concerté pour définir la vérité comme des fausses nouvelles et pour définir le mensonge comme la vérité.

Ironie, n’est-ce pas, que ce soit la criminelle de guerre Hillary, responsable de la destruction de la Libye et de la quasi destruction de la Syrie jusqu’à ce que les Russes interviennent, que les forces progressistes libérales veulent désespérément avoir en tant que président. Non seulement les forces libérales progressistes ont tenté d’élire un président criminel de guerre, mais elles font de leur mieux pour délégitimer le président élu, qui s’oppose au conflit orchestré contre la Russie.

Ironique, n’est-ce pas, que le bloc progressiste libéral refuse de donner une chance à la paix.

Le faux rapport de presse des imbéciles de PropOrNot, qui a été mis en avant par le journal des fausses nouvelles, le Washington Post, prétend que je suis un agent russe, tout cela pour tenter d’altérer ma crédibilité. Au lieu de cela, la liste des 200 a dit à tout le monde où l’on pouvait obtenir de bonnes informations, et le nombre de mes lecteurs a grimpé. De plus, j’ai presque obtenu un passeport russe grâce à cela. Mais avant de l’envoyer, Poutine a vérifié auprès du renseignement russe et a été informé que je n’étais pas sur leur liste.

La rumeur est que si le projet de loi sur le renseignement de la Chambre passe avec le chapitre V intact, ceux d’entre nous nommés sur la liste PropOrNot pourraient être appelés devant le Congrès, comme à l’époque du maccarthysme. S’ils me soumettent à la simulation de noyade, je risque de craquer et d’impliquer Ronald Reagan, George H.W. Bush, Jim Baker, David Stockman, et tous les autres. Les preuves contre nous sont assez fortes. Trump est suspect, parce qu’il veut la paix avec la Russie, comme le voulait aussi Reagan. Du point de vue des forces pro Hillary et des pressetitués, quiconque veut la paix avec la Russie est un agent russe.

Vu la façon dont les pressetitués manipulent le sujet, il n’y aurait pas de raison légitime d’être pour la paix.

Si Poutine et ceux d’entre nous sur la liste des 200 sont ceux qui ont réellement fait élire Trump, c’est Poutine ou la liste qui devrait être la personne de l’année du magazine Time, et pas Trump. Après tout, si Poutine et moi faisons le travail, ne devrions-nous pas en obtenir la reconnaissance ? Pourquoi donner le mérite à la marionnette que nous avons mise en place ?

Pourquoi le Time nous rejette-il, nous les responsables, à l’arrière-plan ?

Ha, mais je sais ! Le Time est également un agent russe et nous protège en attribuant à Trump le crédit de notre travail. Ouf ! Après tout, je ne serai peut-être pas soumis à la simulation de noyade.

Paul Craig Roberts

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe. Par Paul Craig Roberts.
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