Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

Syrie : Obama et Hollande dans un traquenard au G20.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie : Obama et Hollande dans

un traquenard au G20

Par Pierre-Alain Furbury |

 

Les dirigeants américain et français ne désarment pas, mais se retrouvent largement isolés au G20 sur la nécessité de sanctionner le régime de Bachar Al Assad.

Barack Obama et François Hollande ont tenté de pousser les feux en faveur d’une sanction contre le régime de Bachar Al Assad. Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping sont inflexibles. - AFP

Malgré une température clémente et un joli ciel bleu, ce fut un moment glacial. En début d’après-midi, hier, Vladimir Poutine a accueilli un à un – comme le veut la tradition – les chefs d’Etat et de gouvernement pour l’ouverture officielle du G20 de Saint-Pétersbourg. Sans que le moindre badaud n’y assiste, ce qui renforçait un peu plus la froideur de la cérémonie au palais Constantin, sur les rives du golfe de Finlande. Le président russe et son homologue américain, Barack Obama, se sont d’abord toisés, visage fermé, n’affichant de timides sourires diplomatiques que pour les caméras. Comme au temps de la guerre froide. Quant à François Hollande, il a, devant Vladimir Poutine, ostensiblement gardé les lèvres pincées.

Le moment, pourtant bref, illustre à lui seul l’atmosphère tendue de la première journée du sommet. Une journée dominée par la crise syrienne, au grand dam de plusieurs organisations internationales, qui regrettaient que la croissance et le développement passent au second plan. Avant leur tête-à-tête, aujourd’hui, Barack Obama et François Hollande ont ainsi tenté de pousser les feux en faveur d’une sanction contre le régime de Bachar Al Assad, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques le 21 août. Sans se faire trop d’illusion sur leur capacité à faire bouger les lignes en profondeur. Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping sont inflexibles. Dans la délégation américaine, on évoquait même une « pause » dans les relations avec Moscou.

 

Et hier, ce sont les appels à une « solution politique » qui se sont multipliés. Ils sont venus des opposants à des frappes. De la chancelière Angela Merkel. De l’ONU. Et même du pape François, qui, dans une lettre adressée à Vladimir Poutine, a souhaité « du fond du cœur » que le G20 « abandonne la recherche vaine d’une solution militaire ». Mais c’est surtout la prise de position de Herman Van Rompuy qui a fait sensation. Le président du Conseil européen a certes qualifié l’attaque chimique de « crime contre l’Humanité ». Mais il a glissé : « Il n’existe pas de solution militaire à ce conflit mais une solution politique. » «  l n’a pas de mandat particulier (pour s’exprimer ainsi) », s’est appliqué à tempérer la délégation française.

« Inacceptable »

A quelques heures de la fin du sommet, Barack Obama et François Hollande paraissent, du coup, toujours très isolés dans leur volonté de frapper militairement la Syrie. Même en Europe, ce qui constitue un revers pour le chef de l’Etat français. Son entourage a fait savoir que les cinq dirigeants européens présents à Saint-Pétersbourg avaient discuté ensemble (avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, ce soir et demain en Lituanie) mais la discussion a été brève. De source française, elle se serait déroulée... dans le bus qui les conduisait au dîner !

Faute de mieux, François Hollande ne peut espérer parvenir qu’à un « consensus politique » a minima, en Europe, sur « la condamnation que nous portons par rapport à l’attaque chimique ». Pour ce faire, il aimerait accélérer la remise des premiers éléments du rapport que doivent publier les Nations unies. « Il y a déjà un large consensus sur le plan européen pour dire qu’une attaque chimique est inacceptable », a-t-il observé. Les présidents français et américain semblent quoi qu’il en soit déterminés à passer à l’acte après le feu vert du Congrès américain, attendu en début de semaine prochaine. Barack Obama a annulé hier un déplacement prévu en Californie pour conforter ses chances de gagner la partie. Pour Washington comme pour Paris, une éventuelle solution politique ne saurait dispenser d’une sanction militaire. Malgré les fortes réticences de leurs opinions publiques. Une opinion que François Hollande garde encore espoir de convaincre...

 

Écrit par Pierre-Alain FURBURY
Journaliste
pfurbury@lesechos.fr


Lire la suite

Le 6.9.2013 - Rossiiskaïa gazeta. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry tente, avec plus ou moins de succès, de pousser les congressistes à soutenir l'opération militaire contre la Syrie.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

6.9.2013 - Rossiiskaïa gazeta

Pendant que le secrétaire d'Etat américain John Kerry tente, avec plus ou moins de succès, de pousser les congressistes à soutenir l'opération militaire contre la Syrie, les ministres de la Défense de l'UE se réunissent à Vilnius, écrit vendredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

A l'ordre du jour: la participation de l'Europe unie à une intervention militaire contre Damas.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen est venu en personne "recruter" les ministres européens. Car même si l'Alliance restera en dehors des événements en Syrie, elle n'empêchera pas les pays de l'UE de se joindre à la coalition anti-Assad. Rasmussen n'a pas la tâche facile : il doit convaincre les pays membres de violer les lois internationales, y compris la Charte de l'Onu. Cependant ni la majorité des congressistes américains ni la plupart des pays européens ne croient que l'utilisation de la force contre le régime d'Assad améliorera la situation humanitaire dans le pays. Ils n'estiment pas non plus qu'une telle méthode puisse contribuer au règlement du conflit syrien.

Les opposants au président américain craignent qu'en se retrouvant au pied du mur et en perdant ses leviers de contrôle, Damas se venge sur ses voisins en utilisant l'arme chimique contre les alliés de Washington au Moyen-Orient comme la Jordanie, la Turquie et Israël. Les autorités syriennes ont clairement annoncé leur réaction en cas d'agression. Damas a conscience qu'il ne pourra pas contrer les bombardements des adversaires, dont les navires sont hors de portée de la défense antiaérienne. Mais dans une situation critique le gouvernement syrien utiliserait tous les moyens pour se défendre. Y compris l'arme chimique.

La situation à Washington est paradoxale : les opposants républicains d'Obama au Congrès ont soutenu son expédition punitive contre la Syrie, tandis que ses alliés démocrates hésitent, au contraire, en posant à la future opération de nombreuses barrières et conditions. Le congressiste démocrate Gregory Mix a clairement expliqué les raisons d'un tel comportement : "Je n'ai pas été élu pour qu'on me dise ce que je dois faire. J'ai été élu au Congrès pour utiliser mes capacités intellectuelles et déterminer quelle option est préférable pour les électeurs".

Le coût de l'opération éventuelle sera un facteur important, capable d'influer sur la décision des législateurs. L'administration américaine rassure le Congrès en disant qu'il ne s'agirait que de quelques dizaines de millions de dollars. D'autant qu'une partie des dépenses pour l'opération serait prise en charge par les pays arabes comme le Qatar, l'Arabie saoudite et les EAU, selon John Kerry. Ces pays poussent en effet littéralement la Maison blanche vers la guerre en Syrie et ils sont prêts à débourser des dizaines voire des centaines de millions de dollars pour réaliser cette tâche.

Pour tenter de persuader les congressistes de soutenir le président américain, les représentants de l'administration n'hésitent pas à déformer les faits, sachant pertinemment que les auditeurs qui ne comprennent pas grand-chose à la politique internationale "goberont" même un mensonge évident. Ainsi, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a déclaré au Congrès que Moscou était impliqué dans les fournitures d'armes chimiques en Syrie. Seulement quelques heures après ces déclarations scandaleuses le Pentagone a pudiquement reconnu que le ministre s'était trompé. Il voulait parler de la coopération entre Moscou et Damas dans le domaine des armes conventionnelles, tandis que les autorités syriennes développaient le programme de création des armes chimiques par leurs propres moyens. Mais les législateurs ont-ils lu cette précision ?

Sept pays de l'UE – la France, le Danemark, la Croatie, la Roumanie, la Grèce, la Lettonie et Chypre – ont soutenu l'opération américaine conter Damas sans le mandat de l'Onu. Le droit international ne signifie donc rien pour ces Etats, qui comptent sur des compensations généreuses de la part de Washington pour leur participation à l'opération.

© RIA Novosti.

Lire la suite

Les rebelles syriens ont utilisé du gaz sarin, selon Carla Del Ponte. Repris sur le journal "Le Monde".

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Les rebelles syriens ont utilisé du gaz sarin, selon Carla Del Ponte

Le Monde.fr avec Reuters | 06.05.2013

Des rebelles syriens à Damas, le 5 mai. Des rebelles syriens à Damas, le 5 mai. | REUTERS/STRINGER

 

Des enquêteurs des Nations unies ont réuni des témoignages selon lesquels des insurgés syriens se sont servis de gaz sarin, un agent neurotoxique interdit par le droit international, a déclaré dimanche 5 mai la magistrate suisse Carla Del Ponte. Interrogée par la télévision helvète, la membre de la commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les violences en Syrie a précisé que les investigations menées jusque-là ne permettaient pas de conclure que les forces gouvernementales syriennes avaient elles aussi employé des armes chimiques.

 

"Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin", a déclaré Mme Del Ponte, qui est également l'ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. "Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu'à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin", a-t-elle ajouté. La magistrate n'a pas donné de détails sur les circonstances dans lesquelles le neurotoxique aurait été employé et a expliqué que les recherches de la commission d'enquête de l'ONU, qui doit présenter ses observations aux prochaines sessions du Conseil des droits de l'homme de l'ONU en juin, étaient loin d'être terminées.

 

 INODORE ET INVISIBLE

Le sarin est un puissant gaz neurotoxique découvert à la veille de la seconde guerre mondiale en Allemagne et utilisé dans le métro de Tokyo en 1995. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte. Il est inodore et invisible.

Les victimes se plaignent d'abord de maux de tête violents et présentent des pupilles dilatées. Surviennent ensuite convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort. Il peut être utilisé en aérosol, notamment à partir de l'explosion de munitions mais peut également servir à empoisonner l'eau ou la nourriture, selon le Center for Disease and Control Prevention d'Atlanta.

 

Lire : Gaz moutarde, sarin ou VX : des armes chimiques interdites

Le régime de Bachar Al-Assad et les rebelles se sont mutuellement accusés d'avoir utilisé des armes chimiques à trois reprises, en décembre près de Homs puis en mars près d'Alep et de Damas. Washington, de son côté, est parvenu à la conclusion "avec différents degrés de certitude" que les forces gouvernementales syriennes ont fait usage de gaz sarin contre leur propre peuple. Mardi, Barack Obama a toutefois déclaré que les Etats-Unis ne savaient "pas comment [ces armes] ont été utilisées, quand elles ont été utilisées, ni qui les a utilisées".

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/06/les-rebelles-syriens-ont-utilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html

 

Lire la suite

Syrie : une escalade aveugle vers la guerre. Par François Bonnet dans Médiapart.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie : une escalade aveugle vers la guerre

|  Par François Bonnet

Dans un isolement diplomatique sans précédent, souligné par le sommet du G20, les États-Unis et la France s'apprêtent à frapper le régime syrien. Cette aventure s'engage sans qu'aucune réponse soit apportée aux questions complexes que pose le conflit syrien, et alors que les buts de guerre varient d'un jour à l'autre.

Le premier ministre italien l'avait souligné. Le sommet du G20 était « la dernière occasion » de construire une discussion – à défaut de compromis – sur la crise syrienne. La discussion à peine ouverte fut fermée. Ce fiasco politique fait maintenant place à une escalade vers une intervention militaire contre le régime syrien, dont tout laisse penser à ce stade qu'elle pourrait dégénérer en une vaste guerre régionale impliquant une partie de l'Occident.

Barack Obama, jeudi, à son arrivée au G20.Barack Obama, jeudi, à son arrivée au G20.© Reuters

 

Car, un à un, les éléments se mettent en place qui rendent possible la catastrophe : l'isolement diplomatique des États-Unis et de la France ; par contrecoup, un durcissement de la Russie mais aussi de l'Iran (sans parler du Hezbollah) ; des objectifs de guerre qui, côté américain, semblent avoir changé ; une Europe désintégrée par l'initiative solitaire de François Hollande ; une ONU comme effacée ; le régime d'Assad qui réorganise à grande vitesse ses capacités de défense ; une ou des rébellions syriennes qui comptent bien s'appuyer sur une opération américano-française pour en finir avec le régime et ne pas s'égarer dans de longues négociations.

  • C'est donc une dangereuse montée aux extrêmes de chacun des acteurs du conflit qui est en train de se produire, la perspective de la guerre radicalisant les positions inconciliables. Ces derniers jours, Américains et Français expliquaient au contraire qu'une opération « limitée de frappes ciblées » amènerait les parties à s'asseoir à une table de négociation. Avant même le début d'un engagement militaire, la dynamique est d'ores et déjà inverse, menaçant de déboucher sur une déflagration aux conséquences incalculables.

 

  • 1. Un isolement diplomatique sans précédent

« Nous ne sommes plus dans le cadre d'une guerre civile en Syrie, note – sous anonymat – un officiel américain cité par le New York Times. Nous sommes dans une guerre régionale dont le champ de bataille est la Syrie. » Paris et Washington en ont-ils pris la mesure ? Sourds aux inquiétudes de leurs alliés, n'écoutant pas les avertissements de grands pays émergents (Afrique du Sud, Brésil, Inde), refusant d'explorer dès maintenant les pistes d'un règlement politique, leur détermination à conduire une intervention militaire les laisse dans un stupéfiant isolement dont profite à plein la Russie.

Car il faut remonter à 1956 et à la calamiteuse expédition de Suez pour trouver une configuration diplomatique semblable. Il s'agissait alors pour la France et le Royaume Uni, et contre l'avis de tous, de “punir” le régime égyptien de Nasser après la nationalisation du canal de Suez. L'aventurisme du socialiste Guy Mollet et du conservateur Anthony Eden, avec le soutien d'Israël, fut stoppé net sous la pression conjointe des États-Unis et de la Russie.

Le socialiste Hollande et le démocrate Obama préparent-ils un Suez à grande échelle dans un Proche-Orient devenu poudrière ? L'un et l'autre assurent travailler à la constitution d'une « large coalition ». Qui les soutient, sans pour autant s'engager militairement ? L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Danemark, l'Australie, Israël. Il y aurait également, dit-on au Quai d'Orsay, la Croatie, la Grèce, la Lettonie, la Roumanie, Chypre et le Maroc...

En regard de cette maigre liste, aucun des acteurs importants, ayant participé à des interventions militaires ces vingt-cinq dernières années, ne soutient cette opération. Le Royaume Uni, par la voix de son Parlement, a dit non. L'Allemagne, appuyée par la grande majorité des pays européens, ne veut pas sortir du cadre de l'ONU. L'Union européenne estime qu'« il n'y a pas de solution militaire ». L'Otan exclut toute participation. L'Italie en appelle elle aussi à l'ONU, l'Espagne demande la prudence, le Canada est en retrait, le Japon veut une solution politique. Et il y a bien sûr l'ONU, son secrétaire général Ban Ki-moon ayant répété, jeudi, qu'une « solution politique est le seul moyen d'éviter un bain de sang ».

  • 2. L'ONU et le risque de désintégration d'un système de sécurité international

La rupture est consommée. Mettant en avant le blocage continu de la Russie au conseil de sécurité, Français et Américains ont décidé de s'affranchir des Nations unies et de la légalité internationale. « La Russie continue de prendre le conseil de sécurité en otage, a assené jeudi l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Samantha Power (voir la vidéo ci-dessus), il n'y a plus de chemin possible » vers un compromis au sein de cette instance.

Au-delà du blocage russe – et chinois –, jamais depuis un quart de siècle une intervention militaire n'a été annoncée dans un tel dédain de l'organisation internationale. Français et Américains mettent en avant l'exemple de la campagne du Kosovo, en 1999, engagée sans l'accord du conseil de sécurité. C'est une comparaison fallacieuse, tant cette intervention – d'ailleurs conduite par l'OTAN et appuyée par la quasi-totalité de l'Europe – venait après des années de résolutions de l'ONU, de négociations diplomatiques, de travail auprès de la Russie qui, d'ailleurs, finira par lâcher Milosevic (à lire ici une tribune d'un ancien conseiller de Clinton «Pourquoi la Syrie n'est pas le Kosovo»).

Même le déclenchement de la guerre d'Irak par George Bush, en 2003, avait donné lieu à des mois de bataille diplomatique à l'ONU. Le rapport de la mission d'inspection sur les armes de destruction massive conduite par Hans Blix fut âprement débattu. Des résolutions tentèrent d'éviter le recours à la guerre. Bush décidait in fine de passer outre le conseil de sécurité mais prenait soin, dans le même temps, de construire une large coalition (plus de quarante pays). On sait par ailleurs le désastre de cette guerre menée hors mandat de l'ONU.

Enfin, il faut rappeler que l'intervention en Libye, en 2011, qui a provoqué la chute de Kadhafi, combinait ces deux éléments clés : une forte coalition (Royaume-Uni, France, États-Unis, Italie, OTAN, soutien européen et soutien de la Ligue arabe) ; et une résolution du conseil de sécurité l'autorisant.

Tir d'un missile Tomahawk depuis un navire de guerre américain.Tir d'un missile Tomahawk depuis un navire de guerre américain.© (dr)

Cette fois, et avec une brutalité politique qui peut même en remontrer à George Bush, deux pays choisissent de balayer l'organisation garante de la légalité internationale. A-t-on bien pris la mesure d'une telle décision ? Que le conseil de sécurité, instance des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et des puissances nucléaires, soit imparfait, impuissant trop souvent (le génocide rwandais, les guerres de Tchétchénie, la RDC-Congo), est une plate évidence. Sa réforme, annoncée depuis vingt ans, est d'ailleurs en panne, aucun des cinq membres permanents ne voulant partager son pouvoir et, en premier lieu, son droit de veto. Mais il demeure “le moins mauvais des systèmes” dans un monde aujourd'hui largement redessiné par les dynamiques complexes portées par les révolutions arabes.

Par ailleurs, mettre en avant le blocage russe (réel et participant aujourd'hui de cette escalade vers la guerre) ne suffit pas à l'expliquer. Or plusieurs experts, et pas seulement les Russes, estiment que dans les multiples cycles de négociations menés depuis deux ans, les puissances occidentales, convaincues qu'elles étaient d'une chute imminente du régime de Bachar al-Assad, n'ont pas construit les conditions d'un possible accord avec Moscou, écartant l'Iran comme des représentants du régime syrien. D'où le rejet par la Russie de tout projet de résolution au conseil de sécurité.

Des buts changeants

  • 3. Quels buts de guerre, quel “jour d'après” ? La liste des questions sans réponse

Les buts de guerre ont-ils déjà changé ? On se souvient de la dynamique créée par l'intervention en Libye. Il ne s'agissait à l'origine que de créer des zones d'interdiction aérienne et de protéger les populations contre d'éventuels massacres : le résultat fut la chute et la mort de Kadhafi ainsi qu'un changement de régime.

Dans le cas syrien, Américains et Français se sont défendus de toute stratégie de « regime change », c'est-à-dire de renversement du dictateur de Damas. Une réponse limitée, proportionnée, ciblée et dissuasive, a-t-il été dit. « Un avertissement », a répété Jean-Marc Ayrault pour que le régime de Damas renonce à l'usage d'armes chimiques et accepte de négocier. Or les Américains sont en train de revoir leurs objectifs. Quand il n'était pas question, il y a quelques jours, de changer véritablement l'équilibre des forces en Syrie, il s'agit désormais de « dégrader significativement les capacités militaires » de Bachar al-Assad, a expliqué jeudi le Pentagone.

L'administration américaine répondait ainsi à un torrent de critiques et d'interrogations : des frappes limitées, pour quoi faire ? Et en quoi dissuaderaient-elles un régime prêt à tout, donc sans doute au pire, pour se sauver ?

Le président Obama a ainsi demandé au Pentagone de revoir ses plans d'intervention et d'élargir l'opération initialement prévue. Selon le New York Times, la liste première de 50 cibles a été allongée. Les tirs de dizaines de missiles Tomahawk pourraient être relayés par une offensive aérienne et une campagne de bombardements conduite par des avions américains et français. Les frappes viseraient les unités militaires en charge des armements chimiques, les aéroports, les sites de défense anti-aériens ainsi que les sites de commandement de l'armée syrienne. Bachar al-Assad, profitant du délai précédant une intervention, réorganise et “déménage” stocks d'armes, centres de commandements, unités d'élite, multipliant donc les cibles potentielles.

Ainsi l'opération se profile déjà très différente de celle qui fut présentée aux opinions comme aux parlementaires. Cette dynamique de guerre rend plus urgente encore la nécessité pour le pouvoir américain et l'exécutif français de s'expliquer par le menu s'ils veulent espérer convaincre l'opinion.

Car les questions s'accumulent face à des réponses floues ou dilatoires.


1. Est-il vraiment impossible de construire un consensus sur la responsabilité directe du régime d'Assad dans l'utilisation d'armes chimiques ? Pourquoi, plutôt qu'un rapport de cinq pages de synthèse, ne pas rendre publics des éléments matériels de preuves : script des enregistrements de communications de militaires syriens, analyses scientifiques des échantillons collectés sur le terrain ; photos satellites ?

2. Quels sont les termes de l'analyse qui conduit Washington et Paris à affirmer que des frappes « dissuaderont » Assad de recommencer ?

3. Quelles sont les analyses des militaires sur les capacités de représailles du régime syrien ?

4. Quelles sont les garanties que l'opération militaire sera « limitée » ?

5. Y a-t-il une estimation des dommages collatéraux sur la population civile d'une telle campagne ?

6. Pourquoi le Hezbollah, aujourd'hui engagé sur le champ de bataille syrien, serait-il dans l'incapacité de récupérer des armes chimiques ? Quelles sont les garanties qu'il ne mette pas le Liban à feu et à sang ou ne s'en prenne à Israël ?

7. Comment la Russie, l'Iran mais aussi les milices chiites irakiennes peuvent-elles répondre à une telle intervention ?

8. Comment et par qui, jusqu'à aujourd'hui, ont été armées les forces rebelles syriennes ? Comment distinguer entre l'Armée syrienne libre, des forces kurdes, les combattants islamistes, les groupes liés à Al Qaïda ? Comment armer les uns et pas les autres ?

9. Quels ont été les rôles de l'Arabie saoudite et du Qatar. Comment s'impliqueraient-ils dans une telle opération militaire ?

10. Pourquoi la France n'a-t-elle pas convoqué un conseil européen extraordinaire ou, à tout le moins, une réunion en urgence des ministres européens des affaires étrangères ?

11. Pourquoi une politique de sanctions drastique (gel des avoirs, interdiction de voyager, embargo) n'a-t-elle pas été mise en place depuis des mois ?

12. Pourquoi Bachar al-Assad et les principaux dirigeants et militaires syriens ne sont-ils pas inculpés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, dont la mission est justement de « punir et sanctionner » ?

L'avertissement d'International Crisis Group

A-t-on entendu des réponses précises à ces questions simples (et il pourrait y en avoir bien d'autres) ? La pauvreté du débat parlementaire français du 4 septembre (lire ici) a interdit de seulement les aborder. Elles ne sont pourtant que le préalable à un autre débat autrement décisif et qui porte sur l'après-Bachar al-Assad. Cette intervention militaire, assurent Paris et Washington, doit être le prélude à la mise en place d'une solution politique.

François Hollande accueilli par Vladimir Poutine au sommet du G20.François Hollande accueilli par Vladimir Poutine au sommet du G20.

Qu'a-t-il été dit de cette solution politique ? Rien, à ce jour, sauf la volonté de mettre autour d'une même table les différents acteurs du conflit. Assad, affaibli, s'en remettrait à la négociation. Rien ne permet de l'affirmer. Jeudi, l'ambassadrice américaine aux Nations unies a d'ailleurs enterré le seul embryon de processus politique existant, la conférence de Genève-II, repoussée depuis plusieurs mois et où devait se discuter une transition politique. Dans les conditions de blocage actuelles, aucune avancée n'est à attendre de ce côté, a-t-elle noté.

Or c'est bien cette trame d'un possible règlement politique qui manque cruellement aujourd'hui à la France comme aux États-Unis. Dans un document remarquable (à lire intégralement ici), le centre d'études International Crisis Group met en garde contre les risques d'une guerre sans fin. Réputé et influent, d'ordinaire peu suspect de pacifisme et plutôt en phase avec les politiques des démocrates américains, l'ICG pointe l'extrême complexité de la situation. Des frappes militaires « renforceraient davantage l’incertitude qui caractérise un conflit au bilan humain extrêmement lourd, qui se déroule dans une région au bord de l’implosion. Les conséquences seront très certainement imprévisibles. » Une telle guerre « pourrait entraîner une escalade de la violence en Syrie dans la mesure où le régime pourrait se venger contre les rebelles, tandis que l’opposition pourrait tenter de saisir cette occasion pour en tirer profit et améliorer ses positions ».

 

Surtout le risque est qu'une telle intervention ferme les voies déjà très étroites d'un règlement politique négocié. Il faut, insiste l'ICG, « d’une part, élaborer un compromis politique réaliste, et d’autre part, solliciter la Russie et l’Iran afin de susciter leur intérêt, qui n'est pas de s’embourber dans un conflit sans fin qui semble s’aggraver sans cesse ». Démarches que se sont jusqu'à maintenant refusés à faire la France et les États-Unis. « La seule issue est politique. Chaque partie doit faire des concessions importantes et réduire ses exigences. Seul un compromis qui protégerait les intérêts de toutes les parties au conflit syrien et qui refléterait, plutôt que d’altérer, le rapport de force régional, permettra de sortir de la crise », ajoute le centre d'études. Dans un rapport datant de juin (il est à lire ici), l'ICG soulignait combien les « métastases » de la guerre civile syrienne se propageaient dans toute la région et combien les différentes factions combattantes de la rébellion avaient des intérêts divergents.

 

« Il faut faire bouger les lignes », disait avec assurance Laurent Fabius en début de semaine. Après deux ans d'inaction ou de faible mobilisation, la politique de la canonnière aujourd'hui annoncée risque d'abord d'ajouter la catastrophe au désastre syrien déjà là (plus de 100 000 morts et un pays détruit). Ou alors, il faut que l'exécutif français nous explique en détail les vertus de ce qui est aujourd'hui une aventure militaire.

http://www.mediapart.fr/journal/international/060913/syrie-une-escalade-aveugle-vers-la-guerre?onglet=full

 

Lire la suite

Nos médias découvrent la lune par Gaston Pellet.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Nos médias découvrent la lune

 

Pour ceux qui n'écoutent pas France Inter : ce matin, au journal de 7h30 ils ont fait état d'une vidéo envoyée au NY Times montrant l'exécution de 7 ou 8 soldats par les "rebelles". Nos médias découvrent la lune, nous en avons vu des dizaines depuis 2 ans et souvent bien pire : par exemple des gens balancés du haut de la terrasse d'un immeuble, des gens exécutés à peu près dans les mêmes conditions au nom d'Allah, un homme martyrisé, au sol, menotté et bâillonné que les sauvages charcutent jusqu'à lui ôter la tête et la brandir toujours à la gloire d'Allah, etc...

Ce qu'il faut noter à propos de nos médias, et de FI donc, c'est qu'il a été question de cette vidéo une seule fois à 7h30 durant tout le 7/9 et l'"ami" de Taddéï*, Patrick Cohen, s'est bien gardé de laisser dire par les journalistes (il faudrait mettre des guillemets") que cette vidéo est visible sur le site de Marianne, on ne sait jamais qq'un pourrait la regarder plus facilement que sur celui du NYT ! La voici pour le cas où... :

http://www.marianne.net/Syrie-la-video-qui-devrait-faire-reflechir-Obama-et-Hollande_a231761.html

* Ne pas rater Michel Collon ce soir à 22h25 sur FRance 2 chez Taddéï.

Lire la suite

Obama déplace ses ogives nucléaires sur la côte est et des bombardiers B-1 et B-2 ont quitté leurs bases...

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Une source de haut niveau au sein de la hiérarchie militaire nous a maintenant confirmé que la base aérienne de Dyess transfère de manière active des ogives nucléaires vers la côte Est des Etats-Unis et ce dans un transfert secret sans documentation officielle (sans traces administratives…). 

D’après cette sourse de haut niveau militaire, qui a fourni des informations correctes dans le temps au sujet des activités militaires profondes de l’état, le commandant de la base aérienne de Dyess a autorisé des tiers inconnus à transférer des ogives nucléaires vers une destination inconnue devant être de manière supposée en Caroline du Sud, de là les ogives seront récupérées pour être potentiellement utilisées. Ceci revêt un intérêt tout particulier non seulement dans le contexte de la situation en Syrie qui a dégénérée au point d’un scenario très réaliste de guerre déclarée, mais aussi dûe au fait que la base de Dyess a nié de manière répétitive être en possession d’ogives nucléaires. 

Le bref rapport de cette source en haut lieu, qui a été écrit à la hâte afin de faire sortir cette information stipule: 

“Dyess commence à transférer des ogives nucléaires aujourd’hui. J’ai eu une note de DERMO plus tôt. Il dit que cela est la première fois qu’ils sont sollicités depuis que ces ogives y ont été placées dans les années 1980. Aucune signature n’a été requise pour le transfert… Pas de directive… Il dit que le commandant en chef de la base de Dyess était sur place pour autoriser le transfert. Personne ne savait où les ogives allaient vraiment, mais le chauffeur du camion a dit qu’il les emmenait en Caroline du Sud et que là un autre transfert était arrangé.” 

Le fait que ce transfert a été effectué sans documentation administrative et sans que des papiers n’eurent à être signés est très important. Cela montre que l’armée est maintenant dans le processus de transferts secrets de têtes nucléaires et de plus, nous savons que DERMO (une base aérienne en Floride) est un repère pour les opérations spéciales. Pourquoi DERMO transfère t’il des ogives nucléaires de la base de Dyess sans aucun papier administratif ? Ceci montre que cela est hautement secret, du type d’opérations secrètes des forces spéciales et que l’armée ne veut aucune trace de ce qui se trame. 

Le fait est qu’ils ne bougent pas ce type de matériel s’ils ne prévoient pas de l’utiliser. Des ogives nucléaires ne peuvent pas être bougées vers la côte Est sans aucune raison et le fait est que ces missiles ont toutes les chances d’être utilisés pour quelque chose de plus gros que la Syrie. 

Un officier supérieur de haut rang est “extrêmement alarmé” 

Cette fuite en provenance du complexe militaro-industriel vient après que plusieurs sources nous aient aussi révélé que des bombardiers B-1 et B-2 ont reçu l’ordre de quitter leurs bases respectives à travers la nation et ne sont toujours pas revenus. Tout ceci se produit au milieu de la crise syrienne qui s’est développée et qui a dégénérée en un bras de fer entre les Etats-Unis et la Russie qui pourrait bien déboucher sur la 3ème guerre mondiale. Maintenant, au vu de ce transfert secret sans documentation administrative vers la Caroline du Sud, nous pourrions bien contempler quelque chose qui mènerait à un scenario particulièrement chaud. 

Voici ce qu’il est essentiel de comprendre: Il n’y a aucun doute que cette affaire syrienne est énorme, il est très possible que l’armée américaine soit maintenant sous les ordres d’Obama et se prépare à attaquer, mais la réalité est ce qu’il se passe entre les Etats-Unis et la Russie. Ce a quoi nous assistons maintenant est qu’une guerre par procuration en Syrie tourne à la guerre ouverte de manière provoquée et nous avons couvert cela depuis plusieurs mois maintenant. Même les médias de masse ont rapporté comment l’évolution de la crise syrienne est passé à une situation bien plus chaude et vers une guerre par procuration contre la Russie au travers des rebelles syriens et des troupes d’Assad. 

Nous avons maintenant les médias russes eux-mêmes discutant ouvertement d’une guerre ouverte des Etats-Unis envers la Russie et comment cela mènera immanquablement à la 3ème guerre mondiale. Mais le fait est que nous avons déjà bougé vers cette 3ème guerre mondiale. Obama et les officiels américains parlent déjà d’envoyer la troupe au sol en Syrie et de renverser physiquement le régime d’Assad soutenu par la Russie. Ils ont déjà fait un pas en avant en perpétuant cette attaque chimique manifestement arrangée et effectuée par les “rebelles” financés par Obama afin d’insuffler un scenario de guerre. 

Pourquoi croyez-vous qu’Obama ait aidé dans le financement, l’entrainement et la logistique de ces “rebelles” syriens sanguinaires depuis 2011, au travers d’ordres secrets, admis même par Reuters ? Le point de vue ici n’est pas du tout d’aider les civils en Syrie, que les mercenaires d’Obama décapitent et massacrent à tour de bras sous les acclamations de la foule. Non, ceci a toujours été un processus de développement de la 3ème guerre mondiale entre la Russie et les Etats-Unis, Maintenant, avec l’insanité absolue d’Obama et du complexe militaro-industriel poussant ces guerres, nous y sommes…

La troisième guerre mondiale commence 

J’ai discuté avec mes connexions dans les médias russes et ils ont tous confirmé que la 3ème guerre mondiale et le sujet chaud, chaud, chaud, parmi la population et que le sommet de la hiérarchie militaire russe regarde les évènements de syrie comme le catalyste, l’étincelle. Il y a une raison pour laquelle la Russie a commencé à amasser 160 000 troupes et de l’équipement lourd après des frappes israéliennes sur la Syrie. Il y a une raison pour laquelle les troupes furent appelées avec des navires de guerre et des bombardiers pour se mettre en “état d’alerte et de combat immédiat” le long de la frontière. Nous l’avons rapporté il y a des mois tandis que les médias étaient trop occupés de s’occuper de l’affaire Trayvon Martin pour parler du déclenchement de la 3ème guerre mondiale. 

Ce que nous contemplons maintenant est le commencement de la 3ème guerre mondiale à moins que nous ne puissions l’arrêter. Les “élites” sont suffisamment folles et shootées au pouvoir pour commencer n’importe quoi pourvu que cela fasse avancer leur désir psychopathe de pouvoir et de contrôle. Heureusement, nous avons maintenant un public qui est maintenant bien plus éveillé et conscient de ce qui se passe et capable de mettre quelques “gendarmes couchés” sur la route de ce plan de guerre comme l’a admis le conseiller d’Obama Zbigniew Brzezinski la semaine dernière, mais cela demandera beaucoup d’éveil et d’attention pour arrêter Obama de lancer ces attaques qui sont le fruit d’un travail de plusieurs années. 

url de l’article original: 

http://www.storyleak.com/exclusive-high-level-source-confirms-secret-us-nuclear-warhead-transfer-east-coast/ 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ 

 http://resistance71.wordpress.com/2013/09/04/le-pays-du-goulag-levant-ex-usa-en-preparation-active-de-la-3eme-guerre-mondiale-docteur-folamour-le-retour/

Lire la suite

Syrie : Occidentalistes et Islamistes à l’offensive. Par Gabriel Galice.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie : Occidentalistes et Islamistes à l’offensive

 

 

La mise en scène de l’horreur et la diabolisation des adversaires sont les deux outils de la communication belliqueuse des Islamistes et des Occidentalistes (partisans de « L’Occident contre tous les autres » selon Jean-Pierre Chevènement) qui pointent les responsabilités de la Russie et de la Chine dans les violences syriennes. La rhétorique de la lutte entre le bien et le mal dispense d’une réflexion historique, géographique, politique, en faisant fi du droit à la guerre (jus ad bellum), du droit dans la guerre (jus in bello), du droit après-guerre (jus post bellum).

Après la dissolution du Pacte de Varsovie, les Occidentalistes ont renforcé l’OTAN dont ils ont étendu la compétence à la planète entière. Ses bases entourent la Russie au prétexte de contenir l’Iran. En 2003, année de l’attaque de l’Irak, G W Bush a mis la conquête du « Grand Moyen-Orient » (du Maghreb à l’Afghanistan) à l’ordre du jour. Rebaptisé « Partenariat pour le progrès et un avenir commun », il sera amendé par le G8 et l’OTAN. Les « Révolutions arabes » sont la résultante de deux processus : des révoltes populaires et civiques d’une part, l’avancée des ambitions occidentale et islamiste, attisant les feux, d’autre part. La double offensive islamiste et occidentaliste place les autres (dont les Russes et les Chinois) sur la défensive. En 1971, Moscou et Damas ont signé un accord permettant à la flotte russe de stationner à Tartous, seule base navale qu’ils aient à l’étranger. En 2011, l’intervention militaire en Libye a basculé de la « responsabilité de protéger » au renversement du régime, au grand dam des Russes et des Chinois, qui avaient initialement avalisé l’opération.

Pour qui veut bien élargir sa vision de la situation, il est notoire que des djihadistes ont, eux aussi, commis des exactions en Syrie et peut-être même utilisé des armes chimiques, selon Carla Del Ponte (« Couper aux spin-docteurs le chemin de la guerre » dans Horizons et Débats et aussi « Qui utilise du gaz toxique en Syrie ? » ). Il est loisible de disserter sur les bonnes et les mauvaises armes. Les Etats-Unis ont utilisé à Falloujah du phosphore blanc et des bombes à fragmentations, l’arme atomique au Japon, l’agent orange au Vietnam et les drones en Afghanistan, en toute impunité.

Les frappes à distance feraient des victimes civiles. Le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui arment des djihadistes syriens, poussent les Occidentaux à l’intervention musclée, escomptant, là comme ailleurs, profiter du chaos pour installer un régime islamiste sunnite.

Russes, Chinois, Iraniens réagiront d’une manière ou d’une autre pour contenir la double avancée islamiste et occidentaliste. La « punition » invoquée par Obama et Hollande est davantage digne d’un surveillant dans une cour d’école que d’un chef d’Etat.

Ni les raisons invoquées du droit à la guerre, ni les conditions du droit de la guerre n’autorisent à condamner unilatéralement le régime syrien, les Russes et d’autres.

Le droit d’après-guerre est plus incertain encore. Les parrains des belligérants se disputeraient leurs zones d’influence au travers des protagonistes indigènes du conflit syrien. La « guerre par procuration » est une loi du genre. Ce qui semble impossible aujourd’hui autour d’une table de négociations serait plus improbable encore après des frappes occidentales. Les dirigeants politiques et les commentateurs formatés seraient avisés de relire Max Weber. L’éthique de conviction ne saurait estomper l’éthique de responsabilité, qui consiste à anticiper les conséquences des décisions prises. Faire le contraire au nom de l’indignation témoigne au mieux de naïveté, au pire de cynisme pour dissimuler d’inavouables projets de conquête.

La seule question est de savoir si le partage du pouvoir et des zones d’influence se fera par la diplomatie ou par la guerre. Ceux qui privilégient la solution militaire font le pari d’un bénéfice plus grand pour un changement des rapports de force dans la région et dans le monde. Les habillages humanitaires ne sont que poudre aux yeux.

Richard Labévière remarque justement que le drame syrien illustre la thèse d’Alain Joxe sur « les guerres de l’empire global ». Il s’agit de « promouvoir des démocraties corrompues et policières comme systèmes locaux de l’ordre financier néolibéral, quitte à s’accommoder avec des partis islamistes conservateurs, mais nullement hostiles aux avantages, pour les riches, de ces systèmes. »

Le peuple syrien est le grand perdant, il risque fort de continuer à souffrir de tous ses protecteurs intéressés, de tous bords.


Par Gabriel Galice
http://www.espritcorsaire.com/?ID=134/Gabriel_Galice/
Lire la suite

A voir absolument : l'entretien avec les journalistes de Vladimir Poutine au sujet de la position américaine sur la Syrie le 31 août 2013.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

A voir absolument : l'entretien avec les journalistes de Vladimir Poutine au sujet de la position américaine sur la Syrie le 31 août 2013

On notera que Vladimir Poutine parle sans notes ni téléprompteur et avec une franchise, un sens des responsabilités et une clarté d’exposition remarquables.

Il n’est pas besoin d’être un grand psychologue pour mesurer le gouffre qui sépare cette intervention, sans faux semblants et courageuse, de celles d’un François Hollande. Le “locataire de l’Élysée” donne le sentiment révoltant d’être à la fois un mauvais acteur, d’ânonner laborieusement des propos qui ne sont pas de lui, et d’être un va-t-en-guerre complètement irresponsable.

On notera aussi que Russia Today, qui a répercuté cet entretien sur son site, a été bloquée aux États-Unis il y a 2 jours. C’est ce qu’a révélé la rédactrice en chef de la chaîne, Margarita Simonyan, sur son compte Twitter.

CONCLUSION

Il est à la fois fascinant et effrayant de constater à quel point, en l’espace d’à peine un quart de siècle, le renversement des rôles est complet sur la scène mondiale.

Dans les années 80, la langue de bois et le verrouillage médiatique étaient principalement subis par les citoyens de l’URSS et de ses “satellites”.

Désormais, ils sont le menu quotidien imposé aux citoyens des États-Unis et de leurs “satellites” européistes.

 

François ASSELINEAU

http://www.upr.fr/actualite/monde/voir-absolument-lentretien-les-journalistes-vladimir-poutine-au-sujet-position-americaine-syrie-31-aout-2013

 

Lire la suite

Syrie, Al-Nosra s’est emparé de l’ancienne ville de Maaloula, dont les habitants parlent encore la langue de Jésus.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie
Al-Nosra s’est emparé de l’ancienne ville de Maaloula, dont les habitants parlent encore la langue de Jésus (Vidéo)

Les terroristes d’Al-Nosra ont pris le contrôle de l’antique cité de Maaloula -où les habitants parlent encore la langue de Jésus, et où le célèbre monastère est situé- après une attaque suicide à la voituré piégée contre le seul check-point tenu par les forces de sécurité gouvernementales. Les membres des comités populaires qui défendaient ce village ont tous été tués. Des renforts de l’armée syrienne sont arrivés sur place et s’apprêtent maintenant à contre-attaquer pour reprendre le contrôle de cette ancienne cité située au nord de la province de Damas.
[Silvia Cattori]


5 septembre 2013 | Thèmes (S.Cattori) : Syrie

Sans aucune raison, à 4 heures mercredi 4 septembre, un grand nombre de terroristes de l’Armée syrienne libre, du Front Jabhat Al-Nosra et de l’État islamique d’Irak et du Levant, ont attaqué la ville antique de Maaloula et commencé à tuer des personnes innocentes, et à détruire leurs maisons, monastères et églises.

 

Maaloula, dominée par des familles chrétiennes depuis le début du christianisme est l’un des 3 endroits sur terre, qui parle encore l’araméen la langue de Jésus-Christ.

,

Traduit en français pour le site silviacattori.net
Lire la suite

Syrie – les ‘rebelles’ admettent leur responsabilité dans le mas sacre chimique.

6 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie – les ‘rebelles’ admettent leur responsabilité dans le mas sacre chimique


Des "rebelles" ont déclaré à un reporter d’Associated Press avoir commis une erreur dans la manipulation d’armes chimiques fournies par l’Arabie saoudite, ce qui a causé un accident :

« Les Saoudiens ne nous ont pas dit de quel type d’armes il s’agissait ou comment les utiliser. Nous ne savions pas qu’il s’agissait d’armes chimiques. Nous n’aurions jamais imaginé qu’il pouvait s’agir d’armes. »

Il semble que les armes étaient initialement censées être données au front al-Nosra, une émanation d’al-Qaïda.

« les miliciens du front al-Nosra ne coopèrent pas avec les autres rebelles, sauf dans les combats sur le terrain. Ils ne partagent pas les informations secrètes. Ils ont simplement utilisé des rebelles ordinaires pour transporter et utiliser ce matériel. »

Voici divers articles dont deux en français et quatre en anglais qui citent diverses sources. Ceux en français reprennent les articles en anglais. Et un article en arabe est aussi sauvegardé sous forme d’image :

FAIRE CIRCULER RAPIDEMENT

Attaque chimique en Syrie : des rebelles de la Ghouta avouent l’avoir causée

http://www.almanar.com.lb/french/ad…

L.Mazboudi

31-08-2013 – 15:33

Des miliciens syriens dans la banlieue est de Damas, dans la Ghouta orientale, ont admis qu’ils étaient responsables de l’incident d’armes chimiques de la semaine dernière, imputé par les puissances occidentales aux forces de Bachar Al-Assa

 

Ces aveux ont été faits à la correspondante de l’agence américaine Associated Press au Moyen Orient, Dale Gavlak, dont la crédibilité est impressionnante. Elle a aussi travaillé pour National Public Radio (NPR) et écrit des articles pour la BBC News.

 

Elle assure que des miliciens syriens lui ont rapporté que l’accident a été causé en raison d’une mauvaise manipulation des armes chimiques qui leur avaient été fournies par l’Arabie saoudite

Produits toxiques qui ont été retrouvés par l’armée syrienne dans un tunnel de Jobar dans la Ghouta orientale

« Dans de nombreux entretiens avec des médecins, des résidents de la Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles,… beaucoup affirment que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et sont responsables de la perpétration de l’attentat au gaz mortel », ajoute Gavlak.

Les rebelles dévoilent aussi à Gavlak qu’ils n’ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques ou même informés de ce qu’elles étaient. Il semble que les armes étaient initialement censées être données au front al-Nosra, une émanation d’al-Qaïda.

« Nous étions très curieux au sujet de ces armes. Malheureusement, certains des combattants les ont manipulées de façon inappropriée déclenchant les explosions », assure un chef de milice nommé J., sous le couvert de l’anonymat. Il rapporte aussi que « les miliciens du front al-Nosra ne coopèrent pas avec les autres rebelles, sauf dans les combats sur le terrain. Ils ne partagent pas les informations secrètes. Ils ont simplement utilisé des rebelles ordinaires pour transporter et utiliser ce matériel ».

 

Produits toxiques qui ont été retrouvés par l’armée syrienne dans un tunnel de Jobar dans la Ghouta orientale

Ces conclusions sont reprises par un autre combattant nommé « K », qui dit à Gavlak : « Ils ne nous ont pas dit comment manier ces armes ou comment les utiliser. Nous ne savions pas que c’étaient des armes chimiques. Nous n’avions jamais imaginé qu’ils s’agissait d’armes chimiques ».

Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle de l’opposition, a également dit à Gavlak : « Mon fils est venu me voir il y a deux semaines, demandant ce que je pensais des armes qu’il avait été invité à réaliser », les décrivant comme ayant une structure en forme de tube, tandis que d’autres se présentaient sous forme d’énormes bouteilles de gaz.

Révélant que le milicien saoudien qui a fourni les armes est connu sous le sobriquet Abou Ayesha, Abdel-Moneim assure aussi que les armes ont explosé à l’intérieur d’un tunnel, tuant 12 rebelles dont son fils.

 

Produits toxiques qui ont été retrouvés par l’armée syrienne dans un tunnel de Jobar dans la Ghouta orientale

Dans son article, Gavlak assure aussi que plus d’une douzaine de rebelles interrogés ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien.

Le site sur lequel cette information est apparue à l’origine est Mint Press, une organisation médiatique légitime fondée dans le Minnesota. Il est signalé sur ce site que l’article a été rédigé avec la collaboration de Yahya Ababneh, un journaliste jordanien freelance qui écrit pour Amman net, Saraya news, Gerasa News et autre.

Le site rappelle que le rôle présumé de l’Arabie saoudite dans la fourniture d’armes chimiques aux rebelles n’a rien d’une surprise, étant donné les révélations faites plus tôt cette semaine que les Saoudiens ont menacé la Russie d’attaques terroristes aux Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi l’an prochain, à moins qu’ils abandonnent leur soutien au président syrien Bachar el-Assad.

« Je peux vous donner une garantie pour protéger les Jeux olympiques d’hiver de l’année prochaine. Les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par nous » aurait dit le prince Bandar au président russe Vladimir Poutine, rapporte The Telegraph.

Quant au site Infowarqui a repris l’article, il a indiqué que l’agence Associated Press l’a contacté pour confirmer que Dave Gavlak est correspondante chez elle mais que son histoire n’a pas été publié sous sa bannière.

Lire la suite