Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la guerre en syrie - depuis le 20 aout 2013 tag

(VIDEO) Maria Zakharova. Révélation choc faite le jour du crash du TU-154 le 25 décembre 2016

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère, #Les Antifafs., #Terrorisme, #Daesch

Traduit depuis le russe par Svetlana Kissileva

Lire la suite

Lettre ouverte aux journalistes de Mediapart (et à quelques autres) , le 19 déc. 2016 Par Swank

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #Les média

Lettre ouverte aux journalistes de Mediapart (et à quelques autres)

En optant pour un traitement à sens unique de la crise syrienne, les journalistes de Mediapart ont abandonné toute retenue déontologique pour verser dans la propagande de guerre la plus grossière. Lettre énervée d’un abonné dégoûté.
 

Jacques Chirac, qui devait conserver quelques restes de gaullisme enfouis quelque part, refusa d’engager la France dans cette mascarade. Et une bonne partie des Français, déjà bien échaudée par l’intoxication médiatique de la première Guerre du Golfe, ne marcha pas davantage dans la combine. L’histoire leur a donné raison. On découvrit assez vite que Saddam Hussein n’était pas un grand ami des terroristes d’Al-Qaïda, et que la présence d’ADM en Irak était un immense mensonge d’Etat, orchestré par l’Administration Bush et la CIA. Quant au plan des Alliés pour l’Irak, il tourna au fiasco intégral. En lieu et place du régime démocratique promis, le territoire irakien se transforma en un vaste champ de guérillas incontrôlables, et constitua le terreau idéal au développement de ligues fascistes obscurantistes et ultra-barbares. A l’heure qu’il est, l’armée américaine continue de larguer des bombes sur Mossoul pour vaincre Daech, une organisation terroriste créée sur les cendres de l’Etat Irakien détruit 13 ans plus tôt. Triste ironie de l’histoire.

Flash-back : c’est dans les geôles américaines de Camp Bucca, en plein désert irakien, que quelques pontes d’Al-Qaïda et d’anciens dirigeants baasistes du régime de Saddam Hussein fomentèrent la création de ce qui allait devenir la plus dangereuse et la plus abominable faction terroriste du monde moderne : l’Etat Islamique (ou Daech). Une organisation officiellement créée en 2006, qui dispose désormais de moyens considérables dans les régions qu’elle contrôle, capable de se projeter à un niveau international et de recruter par milliers des Occidentaux prêts à mourir pour la cause djihadiste. Le tout grâce aux généreux financements des monarchies pétrolières wahhabites du Golfe avec qui nous continuons de commercer sans aucun scrupule et dont nous recevons les dirigeants en grandes pompes à l’Elysée. Après avoir été frappé sur notre territoire avec une barbarie sans nom par Al-Qaïda en janvier 2015 et par Daech en novembre de la même année, par quel tour de passe-passe en sommes-nous venus à considérer Bachar Al-Assad comme le problème n°1 au Moyen-Orient alors même que Daech progresse dangereusement en Syrie ?  Et pire comment en sommes-nous venus à envisager une alliance sur le terrain avec des rebelles appartenant à la branche syrienne d’Al-Qaïda ?

L’histoire se répète, donc. Sans la moindre honte, sans le moindre mea-culpa, les mêmes journalistes qui se sont fourvoyés dans tous ces honteux mensonges (ADM en Irak, massacre de la Ghouta, etc) pour justifier des positions idéologiques qui ont conduit à la mort de milliers d’innocents, continuent encore, et sans états d’âme, d’agiter les mêmes vieilles ficelles de la propagande otanienne. A vrai dire, ces journalistes lobotomisés par la pensée BHL, ont bien le droit de penser, que s’allier à Al-Qaïda et entrer en conflit direct avec la Russie - 2ème puissance nucléaire mondiale - permettra d’établir la démocratie en Syrie et de vivre dans un monde en paix. Ils ont bien le droit d’ignorer que l’ingérence occidentale pour renverser un Etat souverain, a toujours conduit, historiquement à des désastres monumentaux (l’Irak en étant l’un des exemples les plus éclairants). Mais qu’ils cadenassent à ce point tout débat contradictoire sur un problème géopolitique aussi complexe, démontre une régression sidérante dans une démocratie comme la France où la diversité d’opinions retranscrites par la presse devrait être une évidence. En 2003, probablement portée par un Chirac non-aligné, une partie des journalistes français avaient tout de même fait acte de résistance, au contraire de leurs homologues anglo-saxons illuminés dans leur délire va-t-en-guerre. En 2016, il est tragique de constater qu’en France, même ce dernier verrou a littéralement sauté. Ce à quoi nous assistons depuis quelques jours, c’est à une atlantisation du débat public à marche forcée. Pour mesurer l’étendue du désastre, il suffisait de lire la semaine dernière dans Libération, un classement des candidats à la Présidentielle en fonction de leur soutien à Poutine. Voici donc où se situe désormais le niveau du débat.

Mediapart, journal indépendant qui n’a même pas l’excuse d’être détenu par Patrick Drahi, verse tristement dans le même matraquage éditorial. Depuis la reprise d’Alep par les forces armées syriennes, les articles du site nous imposent le récit manichéen conforme à la ligne politique de Washington et du Quai d’Orsay. Si l’histoire est connue d’avance - celui d’un dangereux régime du Moyen-Orient qu’il faudrait faire tomber à tout prix en finançant et en armant de gentils combattants rebelles –, elle s’est rafraîchie d’un nouvel arrivant ou plutôt d’un revenant : la Russie. Soit le retour in full force and effect d’une puissance majeure sur la scène géopolitique mondiale qui donne des sueurs froides au sommet des puissances de l’OTAN. Et dont le dirigeant – Vladimir Poutine – représente le méchant idéal de l’histoire pour les médias aux ordres, qui n’ont plus qu’à retranscrire, le doigt sur la couture du pantalon, les informations des organisations installées sur place, aux côtés des rebelles, financées à coups de millions de dollars et de livres sterling par les Etats-Unis et le Royaume Uni. Et Daech dans tout ça ?  Un détail de l’histoire qui ne semble même plus rentrer dans l’équation du problème pour les journalistes de Mediapart : au moment même où l’on nous répétait sur tous les tons que «L’humanité s’était effondrée à Alep», un défilé de camions coiffés du drapeau noir de l’Etat Islamique en provenance directe de Mossoul, s’engouffrait tranquillement dans la cité de Palmyre quelques mois après en avoir été chassés par l’armée syrienne et les Russes. Dans l’indifférence médiatique la plus totale.

Pour bien enfoncer le clou, Mediapart organisa un «débat» qui tourna à la discussion de salon entre cinq intervenants qui pensaient tous la même chose, le tout devant la moustache approbatrice d’Edwy Plenel, qui (dé)formé à bonne école au journal Le Monde, n’a jamais dévié de sa ligne idéologique atlantiste. Pendant plus d’une heure donc, nos invités – dont certains n’avaient plus mis les pieds en Syrie depuis des décennies - déroulèrent en toute tranquillité et sans qu’aucune contradiction ne leur soit opposée, le récit romantique de la révolution syrienne de 2011, agrémenté de quelques punchlines laissées à notre approbation («Bachar a tué plus de Palestiniens qu’Israël», «Daech est le co-produit du régime syrien», «Si l’OTAN n’était pas intervenu en Lybie, nous aurions une situation moins satisfaisante qu’aujourd’hui», «Alep, c’est notre Guernica», etc). Personne donc sur le plateau pour leur rétorquer que cette révolution (représentée à l’époque par l’ASL et d’authentiques aspirants à la démocratie) était malheureusement pliée depuis 2012 et que, comme le précisait récemment le géostratège Gérard Chaliand sur France Culture, l’opposition au régime est désormais ultra-majoritairement mené par Al-Qaïda et ses affiliés, repeints en Front Fatah-Al-Cham et Fatah Halab. Tristement, Edwy Plenel en fut réduit, pour continuer à défendre ses analyses hors-sol, à qualifier d’islamophobes, de poutinolâtres ou de complotistes tout ceux qui ne pensaient pas dans la ligne du parti. Final en apothéose, quand le sulfureux journaliste neo-con Nicolas Hénin, regretta que François Hollande n’ait pas saisi «cette belle fenêtre d’intervention en 2013» pour mener «des actions ponctuelles (…) moralement inattaquables (…) en dehors de tout cadre onusien». Et c’est soudain le spectre des «guerres justes» qui réapparut sur le plateau de Mediapart, celles des Nouveaux Philosophes en chaleur, avec de belles bombes estampillées «Droits de l’Homme». Comme en Lybie. Comme en Irak. Avec les résultats désastreux que l’on connaît. Nicolas Hénin que l’on retrouvait d’ailleurs quelques jours plus tard, sur France 2, interviewé dans le documentaire «Le Mystère Poutine». Pas de doute : la machine d’endoctrinement s’est bien remise en marche.

Affolés à l’idée qu’on puisse dévier du discours occidental officiel qu’ils imposent à la brutale depuis plusieurs jours, et submergés par une contre-propagande qui gonfle sur Internet, les médias français tentent tant bien que mal d’allumer partout des contre-feux. Car on le sait, l’information c’est le nerf de la guerre. Mais il ne suffira pas de taxer de conspirationniste la moindre vidéo posant des questions dérangeantes pour ne pas à avoir à y répondre. A savoir : Quelles sont les sources d’information à Alep-Est ? Qui les financent ? Quel est leur degré de neutralité ? Quand Hugo Clément journaliste à l’émission de grande écoute Quotidien interroge régulièrement Ismaël, un représentant des Casques Blancs pour témoigner de la situation à Alep-Est ou quand Nicole Ferroni bâtit toute une chronique larmoyante dans la matinale de France Inter sur le témoignage d’un autre Casque Blanc, il serait peut-être bon de préciser que ces fameux Casques Blancs sont une organisation humanitaire financée à hauteur de millions de dollars par Londres et Washington. Sans parler des chiffres baroques communiqués par l’étrange Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) dirigé par un seul type à Londres.

Pendant ce temps, la presse britannique, elle, attaque. «There’s more propaganda than news coming out of Aleppo this week» titre The Independent. Le contenu du papier, lui, est édifiant . On y découvre le rôle joué par le gouvernement britannique pour financer des journalistes syriens au service de médias de propagande d’opposition ainsi que la reprise en mains progressive de la communication des rebelles par les organisations djihadistes. Dans le même journal, c’est le grand reporter Robert Fisk, qui signe un article faisant voler en éclat le scénario bien ficelé par les occidentaux de La Chute d’Alep : « Il est temps de dire l’autre vérité : nombre de « rebelles » que nous soutenons en Occident – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères saoudiens la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables combattants du Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs de Daech pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à celui d’Alep, bien que vous ne l’imagineriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep ».

S’il n’est pas question d’oublier les crimes perpétrés par le régime de Bachar Al-Assad qui a écrasé dans le sang la révolution démocratique de 2011 et dont l’armée a commis un nombre incalculable d’exactions depuis le début de la guerre civile, il va bien falloir constater l’échec de la stratégie occidentale en Syrie - celle du «regime change» - dont les seuls buts étaient d’affaiblir l’Iran et de débloquer le projet de pipeline du Qatar. Cette tactique s’est fracassée sur la réalité. La révolution ayant été tuée dans l’œuf dès la fin 2011 par le pouvoir syrien, s’allier avec des groupes terroristes – au premier rang duquel Al-Qaïda - pour renverser le régime, fut un jeu dangereux et inconscient auquel Poutine a définitivement mis fin il y a quelques jours. Pour la diplomatie pyromane Fabius/Ayrault, c’est la honte. Quant aux donneurs de leçons de morale, qui tentent de redorer leur blason politique ou médiatique sur la tragédie que vit la population syrienne, ils seraient bien avisés de comprendre qu’elle aurait pu prendre fin il y a trois ou quatre ans si l’on avait accepté de discuter avec Al-Assad et Poutine. Ce que Mélenchon avait conseillé à l’époque mais que personne n’a jamais voulu entendre. Pleurer, ils savent faire. Faire la paix, déjà moins.

Lire la suite

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

30 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme

Publié par El Diablo

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

Le 14 décembre dernier la NVO, organe de la CGT sur L'information sociale, juridique et syndicale, a publié un article intitulé : « Alep, l’agonie en direct » sous la plume d'Isabelle Avran.

On y trouve à propos de la situation en Syrie tous les poncifs du récit occidental, ceux de la droite et du gouvernement HOLLANDE - VALLS, comme ceux de tous les défenseurs du droit d'ingérence humanitaire (Gluksman, l'inévitable BHL, Nicolas Hénin, E. Guigou, Cohn-Bendit …), sans oublier les néo-conservateurs états-uniens et autres faucons masqués du parti dit "Démocrate" :

La « communauté internationale » est inerte face au martyr d'Alep, Le véto de Moscou et Pékin au Conseil de sécurité empêche tout projet de trêve, les forces « rebelles » qui contrôlent Alep-est sont en gros des forces démocratiques que la répression du régime d'Assad dès 2011 a contraint à se militariser, le régime s'est livré à des bombardements chimiques en 2013 et a libéré des criminels des prisons afin de pourchasser les militants …

Quant à l'intervention russe elle n'obéit qu'à des mobiles économiques et s'apparente aux méthodes de la guerre de Tchétchénie.
Et si l'axe Damas, Téhéran, Moscou est vilipendé, l'intervention américaine de 2003 en Irak est considérée comme ayant seulement contribué à la naissance de Daesh


Certes la situation en Syrie n'est pas simple.
Et bien sûr la guerre et ses effets sur les populations civiles sont, comme à chaque fois,abominables et inacceptables !
Qui pourrait le contester ?
MAIS le rôle d'une organisation comme la CGT en charge de la solidarité internationale et de la lutte pour la paix est-il d''enfourcher tous les clichés de la propagande médiatique qui permettent de justifier les interventions étrangères dont celle de notre pays, hors de tout mandat, ni du pouvoir légitime syrien, ni de l'ONU, en violation quotidienne des règles les plus basiques des traités internationaux, en délégitimant tout travail diplomatique nécessaire à un règlement politique permettant d'éviter la violence de la guerre.
Et sans faire allusion et sans s'interroger sur les causes profondes du chaos qui s'est instauré dans ce pays ? De surcroît sans aucune analyse de fond de ce en quoi cette guerre aux enjeux multiples est le prolongement de l'approfondissement de l'exploitation capitaliste, y compris dans les pays occidentaux, et notamment en France.
Car d'autres sources d'information et d'autres voix fussent-elles minoritaires existent
(1).
Elles se sont fortement élevées pour contester les différentes affirmations du discours officiel dominant et pointer la responsabilité majeure des interventions guerrières occidentales depuis 2003 en Irak, mais également en Lybie en 2011.
Avec l'objectif de déstabiliser les gouvernements des pays ne répondant pas avec la docilité attendue aux exigences impérialistes des grandes puissances occidentales et de procéder à un remodelage du Moyen-Orient au gré de leurs intérêts économiques et géo-politiques !


Des faits assénés et martelés sans aucune preuve :

 

Colin Powell, secrétaire d’état américain, qui devant les Nations Unies, montrant en 2003, une fiole contenant soi-disant des armes chimiques.

Colin Powell, secrétaire d’état américain, qui devant les Nations Unies, montrant en 2003, une fiole contenant soi-disant des armes chimiques.

Les précédents des mensonges médiatiques diffusés à grande échelle pour justifier les ingérences impérialistes ne manquent pas. A commencer par le mensonge éhonté du secrétaire d'état US Colin Powell en 2003 devant les Nations unies brandissant un flacon censé prouver la possession d'armes de destructions massives par Saddam Hussein et destiné à faire admettre par l'opinion l'agression de l'Irak.
Avec les conséquences que l'on peut constater aujourd'hui : le chaos dans toute la région et la naissance de Daesh !
Idem pour l'intervention en Lybie où c'est le risque, jamais prouvé, et démenti a postériori, de possibles massacres de la population de Benghazi qui a été brandi tandis que le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant l'établissement d'une « no-fly zone » était délibérément violé par Sarkozy au profit de bombardements intensifs et d'une intervention directe sur le terrain.
Un constat s'impose donc : chaque fois que les puissances capitalistes veulent intervenir militairement quelque part ALORS c'est Hitler soi-même qui se profile ou bien variante, le plus grand génocide jamais perpétré jusque là ! Chaque conflit armé est accompagné de son flot de propagande et mensonges d'Etat. Ce même pouvoir qui, ici en France, organise la dissolution de la République dans l'Europe des Régions et détruit les acquis - sociaux - du programme du Conseil National de la Résistance ; et qui là-bas poursuit d'inavouables buts de guerre.
Avec au bout, les mêmes conséquences désastreuses source de chaos et de migrations déstabilisatrices et massives des populations, lesquelles ne manquent pas de produire des effets d'aubaines pour le grand patronat Français et Européen, et au plan politique en faveur de l'extrême droite!
Précédents donc récents pour ne s'en tenir qu'à eux, qui pourraient bien être le signe de l'isolement croissant de la CGT sur le plan international, du moins son insuffisance de liens internationaux avec les organisations syndicales des pays des cette région du Proche Orient, et sans doute son assujetissement aux directions des organisations syndicales internationales confédérées comme la CES et la CSI, elles-mêmes dépendantes de l'oligarchie dont une partie a des intérêts liés avec les lobbies militaro-industriels.
Tout cela auraient du conduire la NVO à beaucoup plus de retenue et d'esprit critique face à la propagande à propos de la Syrie, et plus précisément ces derniers temps de la bataille d'ALEP dont le traitement médiatique est surabondant (tandis que silence est fait sur les bombardements du Yémen par les pétromonarchies du Golfe), et très différent de celui effectué pour la bataille de Mossoul où les bombes qui pleuvent ont manifestement la délicatesse de leurs euro-atlantistes expéditeurs ! C'est le moins qu'on puisse demander à une organisation qui se veut héritière des grandes traditions de lutte anti-impérialiste !
L'article de la NVO rend impossible aux travailleurs salariés Français auxquels il s'adresse la compréhension des enjeux, ne fait que contribuer à alimenter la source de légitimation de la guerre dont les travailleurs syriens sont les victimes. Il est par conséquent totalement condamnable au regard des devoirs de solidarité internationale et de la nécessaire contribution syndicale à la lutte pour la paix et pour une solution politique équitable des conflits.

Les ingérences guerrières occidentales, l'impérialisme demeurent les facteurs essentiels de l'instabilité et du chaos que connaît le monde actuellement.

Dénoncer ces ingérences, éclairer l'opinion publique à propos des médias-mensonges constituent un impérieux devoir pour le mouvement syndical et pour la CGT en particulier.
Et nous posons publiquement la question : cet article d'un organe officiel de la CGT exprime-t-il l'opinion de la direction confédérale de la CGT et de son secrétaire général ?

Le Front Syndical de Classe
Le 27 décembre 2016

(1) Comme voix différentes de la doxa dominante citons entre autres :
Michel RAIMBAUD, ancien ambassadeur français dans le monde arabe, Pierre Le Corf, jeune humanitaire présent à Alep-Ouest, Jean-Luc Mélenchon avec une vidéo sur Youtube, Eric DÉNÉCÉ, directeur du centre français du renseignement sur LCI ...

(2) Voir à ce propos l'ouvrage de Christian Chesnot et Georges Malbrunot : "Nos très chers Emirs".

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

ARTICLE DE LA NVO 14 DÉCEMBRE 2016

Alep, l’agonie en direct


Voici trois semaines que la population d'Alep-Est meurt sous le feu du régime et des bombardements russes. Face à l'inaction de la « communauté internationale », et parce qu'il est encore temps de tout faire pour sauver ceux qui survivent dans ce vaste cimetière, mobilisation ce soir à Paris.

« C’est l’enfer ». C’est ainsi que l’organisation des secouristes des Casques blancs, qui opère dans les quartiers d’Alep-Est, qualifie ce qu’est devenue la situation dans cette partie de la ville soumise depuis mi-novembre au déluge de bombes du régime syrien et de son allié russe. Des rues jonchées de cadavres, un pilonnage permanent et « d’une intensité inouïe », des mourants sous les décombres...
Plus de 300 morts, parmi lesquels des enfants. D’autres, dont plusieurs centaines d’enfants, malades ou blessés agonisent sous les regards impuissants de leurs familles ou des médecins encore en vie qui n’ont plus rien pour les soigner dans les ruines des hôpitaux. Plusieurs dizaines de milliers de civils ont réussi à fuir, mais quelque 100.000 restent pris au piège de ce feu incessant, des pénuries de vivres, d’eau, de médicaments, de tout. A l’issue de trois semaines de ce déferlement de mort, et après que Moscou et Pékin ont opposé au conseil de sécurité des Nations unies leur véto à tout projet de trêve, les forces russes devaient enfin laisser passer mercredi 14 décembre ceux des civils qui souhaitaient quitter ce véritable cimetière urbain. Sans garantie sur leur destination. Car une partie de ceux qui sont parvenus à partir est morte, assassinée et souvent torturée par les forces loyalistes ou leurs milices.

« Ce sont des terroristes » : une propagande meurtrière
Bachar Al Assad ne cesse d’affirmer qu’Alep-Est est aux mains des terroristes, des jihadistes de l’Organisation de l’État islamiste (OEI, c’est-à-dire Daech). Pur mensonge : les forces dites rebelles qui y résistent encore sont précisément celles qui y ont vaincu l’OEI en 2014, contraignant alors ses forces à évacuer Alep. Et c’est précisément cela, que redoute le régime : une victoire ou des avancées des forces, armées, qui luttent à la fois contre lui et contre Daech.
Depuis le début du soulèvement populaire syrien, en 2011, dans la foulée des soulèvements des peuples arabes contre des dictateurs prédateurs et criminels, Bachar Al Assad a tout fait pour l’écraser, mais aussi pour le contraindre à se militariser et ainsi tenter de le délégitimer. On se souvient qu’en ce début 2011, tous les vendredis, les foules manifestaient contre le régime, là comme en Tunisie ou en Égypte ou au Yémen.... Manifestations unies dans la diversité des confessions (ou des non-confessions...), populaires, pacifistes. D’entrée de jeu, la répression a été massive. Bombardements, enlèvements, tortures... Jusqu’aux bombardements chimiques de 2013...
En bientôt six ans, plusieurs centaines de milliers de Syriens – et de réfugiés palestiniens – sont morts. Des millions ont dû fuir. Nombre de militaires, et même de haut rang, ont déserté pour créer l’Armée syrienne libre (ASL). Une militarisation marginalisant nécessairement les forces civiles des organisations démocratiques. Lesquelles témoignent aussi de la façon dont le pouvoir a ouvert les portes des prisons aux pires criminels pour pourchasser les militants.
L’OEI (Daech), elle, entrant sur le territoire syrien depuis l’Irak (un pays ravagé, détruit, divisé, par la guerre de 1 991, l’embargo, et l’invasion des États-Unis et de ses alliés en 2003) a tenté de prendre en tenailles ces forces dites « rebelles ». La victoire des « rebelles » contre l’OEI à Alep en 2014 aura marqué un tournant. Au point même que, dans un tel contexte, des groupes d’Al Nosra, en sécession avec celles de l’OEI, ont rejoint les forces rebelles…
Mais la propagande est une machine de guerre redoutable. Accusez vos ennemis d’être des terroristes, en l’occurrence accusez-les d’être des terroristes islamistes, accusez-les de prendre des civils en otages, et vous pourrez les bombarder, eux et les civils, en toute impunité...

Les gros contrats de Gazprom
Selon Vladimir Poutine, venu en aide à son fidèle Bachar Al Assad, il s’agit d’éradiquer les « rebelles ». De la même façon que dans Grozny martyrisée, dans la Tchétchénie bombardée notamment durant la Deuxième Guerre (1999-2000), il entendait les chasser jusque dans les moindres coins et recoins...
La désintégration de l’État irakien par l’invasion américaine de 2003, la division du pouvoir selon des critères confessionnels, la marginalisation des populations sunnites, tout cela a contribué non seulement à la formation et à la croissance de l’OEI, mais aussi à la division selon des critères eux aussi confessionnels des États de la région dont les dictateurs sont en quête d’hégémonie. Avec des alliances qui à une autre époque auraient pu paraître contre nature. La thèse selon laquelle « les ennemis de mes ennemis peuvent être mes amis » combine des rapprochements aussi intéressés que léthaux. Damas, Téhéran, Moscou...
Champion de la lutte contre le terrorisme, Vladimir Poutine ? De toute évidence, il craint les déstabilisations aux marges de la Russie. Mais il défend aussi quelques appétits régionaux. Le groupe pétrolier russe Gazprom a ainsi signé mardi 13 décembre à Téhéran deux protocoles d’accord pour le développement des champs pétroliers iraniens de Cheshmekosh et Changouleh, à la frontière irakienne. « Avec la signature de ces deux protocoles d’accord, l’étude de prospection de sept champs a été confiée à des sociétés russes, soit le plus grand nombre de champs iraniens attribués à un pays étranger », a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, à l’occasion d’une rencontre avec le ministre russe de l’Énergie Alexander Novak à Téhéran.
L’engagement de Moscou a donc lui aussi un goût de pétrole. Qui fait oublier à ses thuriféraires le coût du sang, payé par tout un peuple.

Pendant ce temps, à Palmyre ou sur le web...
Daech en tout cas, tandis qu’après Homs, après Darraya, les forces du régime et de Moscou pilonnaient Alep, Daech donc a pu avancer tranquillement vers Palmyre. Mais pas seulement. Car le massacre des populations par le régime nourrit aussi la propagande de l’organisation terroriste. Et sa capacité de recrutement. Terrible effet boomerang aux conséquences elles aussi incalculables.

Mobilisations citoyennes
Alep aura agonisé. En direct. Devant l’inaction de ce que l’on nomme « communauté internationale ».
Dans le monde entier, des appels d’ONG, d’organisations de médecins et soignants de la solidarité, d’associations de défense des droits humains, se sont multipliés pour réclamer la fin des bombardements, pour que les parties au conflit autorisent les civils, s’ils le souhaitent, à quitter la ville en toute sécurité, pour un accès humanitaire garanti et l’envoi urgent de vivres, d’eau, de médicaments...

Plusieurs organisations, dont Amnesty International France, le CCFD – Terre solidaire, le Collectif pour une Syrie libre et démocratique, la FIDH, Souria Houria, le MRAP... appellent ce soir (à 18 heures) à Paris (place Stavinsky, près du centre Beaubourg) à un rassemblement en ce sens. Un rassemblement de la conscience face à l’horreur. Pour dire au peuple syrien « solidarité ». Et pour tenter encore d’être efficaces.

SOURCE:

Lire la suite

Une actrice bolivienne de retour de Syrie met à mal la version des médias occidentaux sur Alep.

29 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Une actrice bolivienne de retour de Syrie met à mal la version des médias occidentaux sur Alep

Une actrice bolivienne de retour de Syrie met à mal la version des médias occidentaux sur Alep© Capture d'écran du compte Facebook @CarlaOrtizOfficial
Le documentaire de Carla Ortiz devrait être diffusé à partir de juin 2017

Carla Ortiz, célèbre actrice bolivienne vivant aux Etats-Unis, vient de passer huit mois en Syrie pour tourner un documentaire. Présente à Alep lors des derniers jours de la bataille, elle livre un récit très différent de celui des grands médias.

Exécutions de masse, tortures, viols et autres exactions. L’armée arabe syrienne a été accusée de tous les maux au crépuscule de la bataille d’Alep. La grande majorité des médias occidentaux s’est fait le relai de ce réquisitoire contre Bachar el-Assad et ses soldats. Pourtant, depuis la reprise totale de la ville par les forces gouvernementales et même avant, de nombreux observateurs ont remis en cause ce récit.

Lire aussi : Désinformation : «On se fait rouler dans la farine à Alep ?», s'interroge Yves Calvi sur LCI (VIDEO)

La dernière en date est une célèbre actrice bolivienne, Carla Ortiz, qui s'est rendue durant huit mois en Syrie pour réaliser un documentaire.

Durant son séjour, son équipe a tourné 300 heures d’images, parcouru les trois quarts du pays et visité des zones contrôlées par le gouvernement et l’opposition. Lors des derniers jours de la bataille d’Alep qui ont vu les civils de la partie est de la ville être évacués, Carla Ortiz était présente. Et ce qu’elle raconte tranche beaucoup avec le discours dominant en Occident.

 

Pas de folie meurtrière de la part de l’armée syrienne

«Il n'y a pas eu d’exécutions de masse à Alep [de la part des soldats de l’armée arabe syrienne]. Oui, bien sûr, il y a eu ces bombardements massifs. Il y avait 47 groupes terroristes, plus les rebelles, plus l'Armée syrienne libre. Tout le monde bombardait tout le monde», a-t-elle déclaré le 21 décembre sur CNN.

Sur la chaîne américaine, elle a fait un terrible récit de la situation des civils bloqués à Alep-Est durant de longs mois de combats : «Ils vous racontaient comme ils mourraient de faim, comme ils étaient privés d'éducation, comment, s'ils avaient voulu passer à n'importe quel autre quartier, les terroristes les auraient tués, comment les jeunes filles, les petites filles, étaient exploitées pour ce djihad sacré, et victimes d'abus sexuels. C'est vraiment allé trop loin.»

L’actrice et réalisatrice est également revenue sur les tweets de Bana, la petite fille syrienne qui racontait son quotidien d’enfant à Alep-Est et dont les publications ont été largement reprises par une partie de la presse occidentale.

Je veux voir une vraie vidéo. Montrez-moi une vraie vidéo du moment où elle est exfiltrée d'Alep-Est, et je le croirai

«Je peux aussi vous assurer, quand je lisais les notes de préparation de tournage, à propos de ces jeunes filles qui tweetent, c'est impossible. J'ai été sur place... franchement... il n'y a pas d'internet, spécialement dans cette partie d'Alep, il n'y a pas d'électricité depuis plus de 85 jours, et très peu de gens ont la 3G !», a expliqué Carla Ortiz à CNN.

Auteur: RT France

 

Lorsque la journaliste lui a demandé comment Bana a pu envoyer ses tweets, la star bolivienne s’est faite catégorique : «Je suis vraiment désolé d'avoir à vous dire cela mais j'étais moi-même à Alep, et je ne pense pas qu'elle était à Alep, et je comprends toutes ces choses. Je veux voir une vraie vidéo. Montrez-moi une vraie vidéo du moment où elle est exfiltrée d'Alep-Est, et je le croirai.»


Pointée depuis des années par des observateurs du conflit tel que le spécialiste de la Syrie et chercheur à l’université de Tours Frédéric Pichon, la porosité entre les groupes de «rebelles modérés» et les djihadistes semble se confirmer avec les témoignages recueillis par Carla Ortiz. «J’étais là pendant une dizaine de jours du temps des évacuations. J’ai observé. Les gens vous racontaient leur histoire. Ils vous disaient : "Ce gars là est un terroriste." Pour eux c’est juste Daesh. Ils se moquent de savoir si c’est un rebelle, un soldat de l’armée syrienne libre, ils se fichent de savoir ce que c’est.»

Moi, j’étais là durant les fusillades et je peux vous en parler. Et eux, d’où tiennent-ils leurs histoires ?

Carla Ortiz se montre également critique vis-à-vis de la couverture médiatique occidentale des événements qui se déroulent en Syrie. Se confiant à Sputnik le 28 décembre, elle s’est notamment étonnée de l’absence de reporters occidentaux au coeur de l’action : «Même les médias les plus autoritaires qui opèrent dans le pays, je ne les ai jamais vus dans des situations comme celles où je me suis retrouvée [l'actrice a été kidnappée deux fois par des groupes rebelles]. Durant les derniers jours de mon séjour en Syrie, il y avait des membres des grandes chaînes qui ne sortaient pas de l’hôtel où je vivais.» «Moi, j’étais là durant les fusillades et je peux vous en parler. Et eux, d’où tiennent-ils leurs histoires ?», a-t-elle ajouté.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201612281029391249-syrie-vision-actrice-bolivienne/
 

 

Lors de son passage du 21 décembre sur CNN, la réalisatrice avait conclu son intervention en larmes appelant à la fin du conflit : «En tant qu'humains, en tant que femmes, nous comprenons, en tant que mères, en tant que sœurs, et plus encore en tant que filles, que nos enfants ont le droit d'avoir le choix, et toutes les décisions que nous prenons dorénavant, que ce soit dans le business du divertissement, dans le milieu des médias d'informations, doivent participer à mettre fin à cette guerre.»

© Capture d'écran du compte Facebook @CarlaOrtizOfficial
Carla Ortiz a été particulièrement touchée par le sort des enfants lors de son long séjour en Syrie

 

La voix de la Syrie, le documentaire réalisé par Carla Ortiz, devrait sortir en Syrie et en Bolivie en juin 2017.

Lire la suite

TU-154: Une attaque électronique?

29 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #ISIL

TU-154: Une attaque électronique?

Selon des sources internes, les enquêteurs qui travaillent sur le crash du vol TU-154 qui transportait les « Choeurs de l’Armée Rouge » envisagent très sérieusement qu’une attaque par des moyens électroniques et électromagnétiques ait été à l’origine de la chute de l’avion.

Il est notoire que la Russie a développé des moyens d’attaques dans ce domaine, comme elle l’a montré en avril 2014 lorsque un simple survol par des jets Russes du bâtiment « USS Donald Cook » en Mer Noire avait bloqué tous ses équipements électriques. Le Donald Cook avait dû se faire remorquer pour rentrer à son port d’attache.
Il est donc tout a fait probable que l’OTAN et les Etats-Unis aient développé le même type d’armes.

On notera que des navires français sont positionnés dans la Mer Noire, dont le bâtiment « Dupuy de Lome »spécialisé dans les mesures radio électroniques. Dans l’Etat Major Russe on fait remarquer que le message de « condoléances » de la France n’a été transmis que par l’ambassadeur à Moscou, alors que la plupart des autres pays l’ont fait par leurs Présidents. Une manière de signer le crime?

Il sera quoiqu’il en soit très difficile de prouver une telle attaque, tout au moins sera-t’il possible de réfuter les autres hypothèses. Dans un tel cas de figure, cette attaque qui, selon un très haut responsable Russe, « nous atteint dans ce que nous avons de plus cher » devrait alors provoquer des « faits inexpliqués » touchant certains pays occidentaux dans les semaines à venir.

Lire la suite

Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent). Par Robert Fisk

29 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

arton31318-da23a

Robert FISK

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville.

Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu.

Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ?

Mais quand les rebelles, y compris al-Qaïda, se battaient dans l’est d’Alep, il n’en était plus question – car un conte d’héroïsme, de démocratie et de souffrance avait été mis au point pour nous, un récit avec des bons contre des méchants, du même acabit que celui explosif et malhonnête sur les « armes de destruction massive » en Irak.

À l’époque de Saddam Hussein, lorsque quelques-uns d’entre nous soutenions que l’invasion illégale de l’Irak mènerait à des catastrophes et à des souffrances incalculables, et que Tony Blair et George Bush nous poussaient dans la voie de la perdition, il nous incombait de constamment rappeler notre répugnance à l’égard de Saddam et de son régime. On nous rappelait inévitablement que Saddam était l’un des trois piliers de l’Axe du Mal.

Alors voici le mantra habituel que nous devons répéter ad nauseam pour éviter les habituels courrier haineux et les habituelles injures qui seront aujourd’hui versés sur quiconque se détournera de la version dominante et profondément biaisée de la tragédie syrienne.

Oui, Bashar al-Assad a brutalement détruit de vastes étendues de ses villes dans sa lutte contre ceux qui veulent renverser son régime. Oui, ce régime a une multitude de péchés accrochés à son nom : la torture, les exécutions, les prisons secrètes, le meurtre de civils et – si nous incluons les miliciens syriens sous le contrôle effectif du régime – une version effrayante de nettoyage ethnique.

Oui, nous devrions craindre pour la vie des médecins courageux de l’est d’Alep et des gens qu’ils ont soignés. Quiconque a vu les images du jeune homme sorti de la ligne des réfugiés fuyant Alep la semaine dernière, par les hommes du renseignement du régime devrait craindre pour tous ceux qui n’ont pas été autorisés à traverser les lignes du gouvernement. Et rappelez-vous comment l’ONU a dit avoir appris que 82 civils ont été « massacrés » dans leurs maisons dans les dernières 24 heures.

Mais il est temps de dire l’autre vérité : que nombre des « rebelles » que nous, les Occidentaux, avons soutenus – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères [saoudiens] la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables des combattants au Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs d’Isis pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à Alep, bien que vous ne le penseriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep.

Il y a seulement quelques semaines, j’ai interviewé l’une des premières familles musulmanes à fuir l’est d’Alep à l’occasion d’un cessez-le-feu. Le père venait d’être informé que son frère devait en représailles être exécuté par les rebelles parce qu’il avait traversé la ligne de front avec sa femme et son fils. Il a condamné les rebelles pour avoir fermé les écoles et avoir placé des armes à proximité des hôpitaux. Et il n’était pas un maréchal pro-régime… Il avait même eu de l’admiration pour Isis pour leur bonne conduite dans les premiers jours du siège.

Environ à la même époque, les soldats syriens exprimaient en privé leur conviction que les Américains permettraient à Isis de quitter Mossoul pour attaquer à nouveau le régime en Syrie. Un général américain avait réellement exprimé sa crainte que les miliciens chiites irakiens puissent empêcher Isis de fuir à travers la frontière irakienne vers la Syrie.

Eh bien, c’est arrivé. En trois colonnes de camions-suicides et de milliers de partisans armés, Isis vient de se frayer un chemin à travers le désert depuis Mossoul en Irak et Raqqa et Deir ez-Zour dans l’est de la Syrie, pour reprendre la belle ville de Palmyre.

Il est très instructif d’examiner nos rapports sur ces deux événements parallèles. Presque tous les manchettes parlent aujourd’hui de la « chute » d’Alep face à l’armée syrienne – alors qu’en toute autre circonstance, nous aurions certainement dit que l’armée avait « repris » la ville aux « rebelles » – tandis qu’Isis aurait « recapturé » Palmyre quand (étant donné leur propre comportement meurtrier) nous aurions certainement annoncé que la ville romaine était « tombée » une fois de plus sous leur domination grotesque.

Les mots importent. Ce sont les mêmes hommes que ceux qui, après leur première occupation de la ville l’année dernière, ont décapité le savant de 82 ans qui a essayé de protéger les trésors romains, puis ont ensuite placé ses lunettes sur sa tête décapitée.

De leur propre aveu, les Russes ont effectué 64 bombardements contre les attaquants d’Isis à l’extérieur de Palmyre. Mais étant donné les énormes colonnes de poussière soulevées par les convois d’Isis, pourquoi l’armée de l’air américaine n’a-t-elle pas participé au bombardement de leur plus grand ennemi ? Mais non : pour une raison ou une autre, les satellites américains et les drones et les services de renseignements ne les ont pas repérés – pas plus que lorsque Isis a conduit des convois identiques de camions-suicides pour capturer Palmyre en mai 2015.

Il ne fait aucun doute que Palmyre représente un revers pour à la fois pour l’armée syrienne et les Russes – revers plus symbolique que militaire. Des officiers syriens m’ont dit à Palmyre plus tôt cette année qu’Isis ne serait jamais autorisé à revenir. Il y avait une base militaire russe dans la ville. Un avion russe nous survolait. Un orchestre russe venait de jouer dans les ruines romaines pour célébrer la libération de la ville.

Alors, que s’est-il passé ? Le plus probable est que l’armée syrienne n’a tout simplement pas le nombre de soldats nécessaire pour défendre Palmyre tout en reprenant l’est d’Alep.

Ils devront reprendre Palmyre rapidement. Mais pour Bashar al-Assad, la fin du siège d’Alep signifie qu’Isis, al-Nusra, al-Qaïda et tous les autres groupes salafistes et leurs alliés ne peuvent plus revendiquer une base ou créer une capitale dans la longue lignée des grandes villes qui forment la colonne vertébrale de la Syrie : Damas, Homs, Hama et Alep.

Revenons à Alep. Le récit familier et lassant de la politique et du journalisme a besoin d’être rafraîchi. La preuve est claire depuis quelques jours. Après des mois de condamnation des iniquités du régime syrien tout en occultant l’identité et la brutalité de ses adversaires à Alep, les organisations de défense des droits de l’homme – reniflant la défaite des rebelles – ont commencé il y a quelques jours à diffuser leurs critiques à l’égard de ces mêmes défenseurs.

Prenez le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. La semaine dernière, après les craintes tout à fait compréhensibles pour la population civile de l’est d’Alep et ses médecins et infirmiers, comme pour les civils soumis aux représailles du gouvernement et les « centaines d’hommes » qui ont disparu après avoir traversé la ligne de front, l’ONU a soudainement exprimé d’autres préoccupations.

« Au cours des deux dernières semaines, le Front Fatah al-Sham [en d’autres termes, al-Qaïda] et le Bataillon Abu Amara auraient enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leurs quartiers afin d’épargner la vie des civils … « , a-t-il déclaré.

« Nous avons également reçu des informations selon lesquelles entre le 30 novembre et le 1er décembre, des groupes armés d’opposition ont tiré sur des civils qui tentaient de partir ». De plus, des « attaques aveugles » ont été menées sur des zones gouvernementales et densément peuplées à l’ouest d’Alep.

Je soupçonne que nous entendrons plus de choses dans les prochains jours. Le mois prochain, nous lirons également un nouveau livre effrayant, Merchants of Men, par la journaliste italienne Loretta Napoleoni, sur le financement de la guerre en Syrie. Elle a documenté les enlèvements-pour-argent par le gouvernement et les forces rebelles en Syrie, mais a également des mots durs pour notre propre profession de journalisme.

Les journalistes qui ont été enlevés par des gardes armés dans l’est de la Syrie, écrit-elle, « sont tombés victimes d’une sorte de syndrome d’Hemingway : les correspondants de guerre qui soutiennent l’insurrection font confiance aux rebelles et mettent leur vie entre leurs mains parce qu’ils sont de mèche avec eux. » Mais l »insurrection n’est qu’une variante du djihadisme criminel, un phénomène moderne qui n’a qu’un Dieu : l’argent. »

Est-ce trop dur pour ma profession ? Sommes-nous vraiment « de mèche » avec les rebelles ?

Certes, nos maîtres politiques sont – et pour la même raison que les rebelles enlèvent leurs victimes – inféodés à l’argent. D’où la disgrâce de Brexit May et sa bouffonnerie de ministres qui se sont prosternés la semaine dernière devant les autocrates sunnites qui financent les jihadistes en Syrie, dans l’espoir de gagner des milliards de livres dans les ventes d’armes post-Brexit au Golfe.

Dans quelques heures, le Parlement britannique doit débattre du sort des médecins, des infirmières, des enfants blessés et des civils d’Alep et d’autres régions en Syrie. Le comportement grotesque du gouvernement britannique a fait en sorte que ni les Syriens ni les Russes ne prêteront la moindre attention à nos lamentations pitoyables. Cela aussi doit être dit.

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Original : http://www.independent.co.uk/voices/aleppo-falls-to-syrian-regime-bash…

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

Lire la suite

Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils ! Par Robert Charvin

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Terrorisme

Source : Robert Charvin, 12-10-2016

b_1_q_0_p_0

Lors de la Première Guerre mondiale, 5% des victimes étaient civiles ; aujourd’hui 90% des victimes des conflits armés sont des civils. Ces populations sont assassinées, affamées, déplacées, pillées. Les civils sont devenus, de plus en plus, des moyens de faire la guerre.

Cette situation est paradoxale. Le droit humanitaire s’est développé et jamais la question des droits de l’homme n’a été aussi systématiquement posée dans l’ordre international. Des tribunaux pénaux chargés de sanctionner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ont même été créés. Plus globalement, l’ « Humanitaire » jouit d’une image sacrée fortement médiatisée au point qu’exprimer un doute sur une culpabilité entraîne une suspicion de complicité criminelle sur celui qui l’émet !

Au-delà des invocations sans portée et ne témoignant qu’une compassion officielle, les Puissances violent à tour de rôle le droit humanitaire et les populations civiles sont massacrées lors de chaque conflit armé. Ces dernières décennies, il y a même une fuite en avant : refus du principe de négociation pour tenter de prévenir les conflits armés, transformation d’affrontements civils en guerres internationales infiniment plus destructrices, impunité de certains et sanctions contre d’autres, indifférence aux dispositions de la Charte des Nations Unies, etc.

Le comble est atteint lorsque ceux qui tuaient hier s’autoproclament juges de ceux qui tuent aujourd’hui, ou lorsque ceux qui eux-mêmes bombardent sans scrupule s’indignent des bombardements des autres !

L’actualité est révélatrice de ce délire à prétention moralisatrice !

On se souvient peut-être encore des destructions massives subies par les populations de Dresde, Hambourg, Hiroshima, Nagasaki puis, après la Seconde Guerre mondiale, de l’écrasement total sous les bombes de Pyong Yang (durant la guerre de 1950-1953), de Hanoï et de la totalité du Vietnam, etc., « quadrillée » par les B52 américains.

Plus proches de nous, on peut rappeler les bombardements de Belgrade, de l’Irak et les attaques contre Bagdad, les huit mois de guerre contre la Libye, les bombardements de Gaza matraquée par Israël, etc.

Pour excuser le fait que les bombardements tuaient des civils, les médias occidentaux dénonçaient le fait que l’ennemi et les populations civiles, « prises en otages », étaient mêlés…., l’essentiel étant cependant que les forces militaires alliées ne subissent pas de pertes importantes.

Surviennent le cas syrien et l’intervention de la Russie dans un « jeu » étrange de complicité objective des Occidentaux avec les Islamistes. Après quatre années d’une fausse guerre contre Daech, installé sur le territoire syrien, l’intervention russe a modifié les données.

La France et les États-Unis ne peuvent plus atteindre l’objectif principal : liquider le régime de Damas en se servant des forces islamistes installées solidement dans différentes villes, en particulier à Alep. En quelques mois, sur le terrain, les rapports de force se sont inversés. Les États-Unis ont même été conduits à intensifier parallèlement leurs efforts militaires contre Daech en Irak et les « préoccupations » humanitaires des autorités françaises sont devenues prioritaires !

Le « scandale » est que la Russie n’accepte plus que les « frontières » de l’OTAN s’avancent jusqu’à elle et que seules les bases militaires occidentales soient fondées à encercler les États censés être hostiles !

A propos d’Alep, l’ONU a proposé que les Islamistes quittent sous protection les quartiers de la ville où ils sont installés pour que les populations civiles soient épargnées. Mais les Puissances occidentales, subitement devenues « humanitaires » à l’approche de la défaite de leur stratégie, dénoncent seulement « Damas et son allié russe » qui bombardent Alep et ceux qu’elles qualifient opportunément non plus d’islamistes mais de « rebelles » ! (*)

C’est que des intérêts stratégiques de grande importance sont en jeu : au-delà du pétrole, la Syrie est une zone de transit de l’énergie depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières. Selon les Occidentaux et le gouvernement français en particulier, la Syrie comme l’Irak et comme la Libye devraient demeurer sous un « néo-protectorat ».

Par contre, il n’y a pas de réaction hostile à la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, si ce n’est un bref communiqué appelant à la « retenue » pour un bombardement saoudien du début du mois d’octobre faisant à lui seul 600 victimes (morts et blessés) civiles !

La reprise de Mossoul par les États-Unis et les forces de Bagdad se fera certainement sans perte civile car les bombes occidentales ont pour qualité exceptionnelle de distinguer les ennemis armés des civils désarmés !

Sera-t-il possible un jour de s’inspirer tout simplement de la Charte des Nations Unies qui interdit aux États le recours à la force armée et qui recommande la recherche de solutions politiques négociées, seules méthodes pour que les civils soient réellement en sécurité ?

* Ces « rebelles » opposés au régime de Damas sont armés par les États-Unis depuis 2013 et financés par l’Arabie Saoudite, en plus des revenus provenant du trafic pétrolier.

Source : Robert Charvin, 12-10-2016

 

59 réponses à Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils ! Par Robert Charvin

Commentaires recommandés

blue rider Le 28 décembre 2016 à 00h58
 
 

la question, du gaz naturel du Golfe Persique est largement débattue hors des circuits aboyeurs des médias traditionnels. Pour beaucoup comme moi elle est centrale et non périphérique. Même si le projet de gazoduc islamique signé entre Assad et Rouhani se heurte à de nombreuses difficultés techniques et financières (on peut compter sur les USA pour rendre le projet quasi impossible à monter), il n’en demeure pas moins que faire un gazoduc via la Syrie avec le Qatar procurerait à la France 4 fois plus de revenus qu’avec l’Iran. 1/ Par des prix du gaz plus facilement négociables 2/ Par la construction des infrastructures 3/ Par les circuits financiers privilégiant dollar, euro et banques françaises ou franco-qatarie, et surtout 4/ par le retour sur investissement : la Qatar est un tas de sable saturé. Pas l’Iran. Donc leur pognon, il le réinvestissent dans le CAC40 autant que chez eux. Pas l’Iran. Reste que le business est plus réaliste que la diplomatie française : depuis le deal Syrie-Iran, le Qatar vient de prendre 18% de Rosneft, et TOTAL d’investir pour 8 milliards d’euros en Iran. Mais la machine de guerre est lancée… combien de temps faudra-t-il pour la stopper ? Oui. Notre diplomatie a été monstrueuse sur ce coup là comme avant en Libye. Les USA abandonnent les neo-conservateurs… la France (et France Television…) suivront-ils en 2017 ?

Lire la suite

Conférence de presse de Bachar Ja’fari, représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, le 19 décembre 2016 (Vidéo)

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média, #ISIL, #La Russie

Bachar El Jaafari

Bachar El Jaafari

Arrêt sur Info, 25.12.2016)

 

Conférence de presse de Bachar Ja’fari, représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, le 19 décembre 2016 (Vidéo)

Transcription :

Bachar Ja’fari : Bonjour à tous. Je tiens à faire la déclaration suivante après l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2328 : l’insistance de la France et du Royaume-Uni pour présenter et adopter [à huis-clos] une telle résolution ne constitue qu’un nouvel épisode de la propagande continue contre la Syrie et son combat contre le terrorisme. Nous respectons les résolutions du Conseil de Sécurité, mais nous sommes conscients du but véritable de leurs efforts qui consiste à protéger les terroristes – je vais vous expliquer pourquoi dans un instant – et non le peuple syrien. Surtout après que la situation est devenue claire et qu’Alep a été libérée des groupes terroristes.

Je voudrais partager avec vous (cette information) : en ce moment même, les derniers terroristes dans certains districts d’Alep-Est évacuent leurs bastions, et ce soir même, Alep sera nettoyée. Le gouvernement syrien ne s’oppose pas à l’adoption de toute résolution qui respecte le droit humanitaire international, et (garantit) la protection des civils, ou vise à fournir aux civils une assistance médicale ou alimentaire, ou de protéger les installations médicales et éducatives.

Nous précisons cela car le gouvernement syrien, jusqu’à présent, fournit 80% de l’assistance humanitaire apportée à l’ensemble de notre peuple dans toute la Syrie, et en particulier aux civils qui sont toujours – espérons que ce soir, il n’y aura plus de civils – dans certains districts d’Alep-Est. L’ONU ne fait pas son travail correctement. Pour être concret, ces tâches constituent le devoir essentiel du gouvernement syrien envers ses citoyens, et il les a menées à bien durant les cinq dernières années.

Nous nous opposons aux tentatives de certains États membres de préparer et soumettre, sous une couverture humanitaire, des résolutions insidieuses formulées en termes vagues et en phrases alambiquées qui ont plus d’une interprétation, avec l’intention d’exploiter ces résolutions dans des objectifs inavouables, à savoir légitimer l’interférence étrangère et le renversement par la force d’un gouvernement légitime, ou même l’emploi de la force militaire. Ce genre de résolutions peut avoir beaucoup d’objectifs autres que les visées humanitaires annoncées. Nous nous souvenons tous de ce qu’ils ont fait à l’Irak, à la Libye et à d’autres pays, et (toujours) sous la couverture d’objectifs humanitaires. En Libye, ils voulaient (censément) protéger les civils : ils ont entièrement détruit le pays et transformé la Libye en plaque tournante internationale du terrorisme. L’Irak… il est inutile d’en parler.

Le gouvernement syrien, dans le cadre de son action humanitaire, a accueilli plus de 100 000 civils venus des districts d’Alep-Est entre le 26 novembre et le 14 décembre. De plus, le gouvernement a répondu à tous les besoins de ces civils, y compris l’assistance médicale. Il est nécessaire de souligner que le gouvernement syrien a fourni 80%, comme je l’ai dit, de la nourriture et de l’assistance d’urgence à ces familles, tandis que les organisations des Nations Unies n’en ont fourni que 20%, à peine 20%. Le gouvernement syrien exige à cet égard que les agences des Nations Unies jouent leur rôle et aident les habitants syriens d’Alep. Qu’ils les aident par des actes, et non par des paroles.

Le gouvernement syrien a accepté d’évacuer les groupes armés illégaux et leurs familles d’Alep. De nombreuses personnes appartenant aux prétendues familles des terroristes ont quitté les bus qui les transportaient vers l’extérieur d’Alep pour rejoindre l’Armée arabe de la République de Syrie et les zones contrôlées par le gouvernement. De nombreux membres de leurs propres familles ont décidé d’eux-mêmes de quitter les bus et les ont quittés, et nous avons les images, les vidéos, Youtube, Whatsapp, tout ce que vous voulez, ce qui prouve et corrobore ce dont nous parlons. Cela est très révélateur, Mesdames, Messieurs.
Cependant, les groupes terroristes armés ont à maintes reprises violé les termes de cet accord, en essayant d’emmener un certain nombre de prisonniers et de dépouilles de martyrs (de l’Armée syrienne) avec eux, ou de partir avec leurs armes à moyenne portée. Selon l’accord conclu avec eux, les terroristes devaient quitter leurs bastions en emportant seulement leurs armes légères, et sans emmener aucun otage avec eux, aucun corps de martyr. Ils n’ont pas respecté ces clauses de l’accord et ont emporté leurs armes à moyenne portée et de nombreux soldats et civils syriens kidnappés avec eux, ainsi qu’un grand nombre de dépouilles de martyrs. Telle est la raison pour laquelle toute l’opération a été arrêtée hier.

Malgré tout cela, le gouvernement syrien reste prêt à évacuer les groupes armés illégaux restants, dans les dernières poches terroristes d’Alep-Est, et il a préparé hier un convoi pour évacuer 3750 terroristes et leurs familles.

Malheureusement, certains États membres du Conseil de Sécurité et les médias dominants continuent à défendre et à soutenir l’opposition syrienne armée génétiquement modifiée, qui est par définition modérée, tout en fermant les yeux sur leurs crimes, comme l’incendie des bus d’évacuation hier. J’imagine que vous êtes au courant. Les médias vous ont dit que les terroristes n’ont brûlé que 5 bus. Non, ce n’est pas vrai. Ils ont brûlé 25 bus, et ont pris leurs chauffeurs en otages. Et ils en ont tué 3. Et ils ont utilisé une fillette de sept ans pour commettre un attentat suicide. Sept ans. Une fillette kamikaze. Contre un poste de police à Damas il y a deux jours. J’imagine que vous êtes aussi au courant de cela. Mais la France et d’autres pays membres, et le Conseil lui-même, n’ont pas prononcé le moindre mot de condamnation contre ces attaques terroristes contre les bus d’évacuation qui devaient évacuer les malades et les blessés de Kafraya et Alfou’a. Ils n’ont pas dit un seul mot sur cette fillette de sept ans envoyée commettre un attentat-suicide, activé par télécommande depuis l’extérieur du poste de police. Ces Messieurs à l’intérieur n’ont pas pu trouver le temps pour émettre une condamnation.

Bien que nous soyons convaincus que certains États membres du Conseil de Sécurité cherchent à sauver leurs terroristes modérés de leur sort, nous considérons l’adoption de cette résolution comme un test légal et moral pour ces pays, comme une chance qui leur est donnée, si vous voulez, de prouver leurs bonnes intentions, pour autant qu’ils en aient la moindre, et leur véritable intérêt à répondre aux besoins humanitaires du peuple syrien, sans aucun agenda caché hostile et agressif à l’encontre du gouvernement et du peuple syriens.

Je voudrais enfin partager avec vous cette information : les autorités syriennes compétentes ont obtenu des informations selon lesquelles de nombreux officiers étrangers des services de renseignements et de l’armée qui se trouvent à Alep-Est avec les groupes terroristes essayent de quitter leurs bastions et Alep-Est.

Je vais vous révéler leurs noms et nationalités :

Mutaz Oglakan Oglu, turc.
David Scott Winer, américain.
David Schlomo Aram, israélien.

Muhammad Cheikh al-Islam al-Tamimi, qatari.
Muhammad Ahmad al-Sibyan, saoudien.
Abd al-Mun’im Fahd Lahrej, saoudien.
Ahmad b. Nawfal Ladrij, saoudien.
Muhammad Hassan al-Subayi, saoudien.
Qasim Sa’d al-Chumri, saoudien.
Ayman Qasim al-Tha’labi, saoudien.
Amjad Qasim al-Tirawi, jordanien.

Muhammad al-Chafi’i al-Idrisi, marocain.

Ces individus appartenant à « l’opposition syrienne modérée« , qui sont de nationalités étrangères, essaient de s’échapper d’Alep-Est avec les terroristes, et c’est la raison pour laquelle vous avez vu ce mouvement hystérique vers le Conseil de Sécurité depuis trois jours. Car l’objectif principal est de sauver ces terroristes étrangers, officiers des services de renseignements, de la part de ces pays mêmes qui ont poussé à l’adoption de la résolution, pour les faire sortir d’Alep.

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, l’ONU déclare, au plus haut niveau, que votre gouvernement ne permet pas l’acheminement d’aide humanitaire en Syrie, mais vous affirmez que l’ONU ne joue pas son rôle pour acheminer cette aide humanitaire. Je n’ai que deux petites questions, Monsieur l’ambassadeur. Premièrement, allez-vous pleinement appliquer cette résolution en Syrie, et deuxièmement, allez-vous permettre l’acheminement de l’aide humanitaire de l’ONU à Alep et aux autres parties de la Syrie. Merci.

Bachar Ja’fari : La résolution que nous venons d’adopter au Conseil a été appliquée par le gouvernement syrien depuis 5 ans. Ce n’est donc pas quelque chose de nouveau pour nous. Au contraire, nous accueillons volontiers les bonnes intentions (pour autant qu’elles existent) derrière l’adoption de cette résolution. C’est-à-dire que nous aimerions voir des partenaires sincères à nos côtés pour appliquer cette résolution, car jusque-là, nous avons toujours eu un « aller simple » dans le déploiement de l’assistance humanitaire en Syrie. Ça a toujours été le gouvernement syrien qui fournissait 80% de l’assistance totale. Il est donc temps pour ceux qui prétendent avoir de bonnes intentions à l’égard du peuple syrien de partager ces fardeaux humanitaires avec le gouvernement syrien. Nous ne sommes pas attristés par cette résolution, car cela va dans le sens de nos efforts quotidiens.

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, deux petites questions. Dans les prochaines 24 heures, votre gouvernement permettra-t-il aux observateurs de l’ONU d’accéder à Alep-Est ? Et votre gouvernement garantit-il la sécurité des observateurs de l’ONU à Alep ?

Bachar Ja’fari : Attendez, attendez, vous lisez mal la carte, mon ami. Vous lisez mal la carte, et vous n’avez pas lu la résolution, ou vous ne suivez pas correctement les événements.

Est-ce que nous allons implémenter la résolution, est-ce votre question ?

Journaliste : Oui. Allez-vous laisser les observateurs accéder à Alep?

Bachar Ja’fari : Très bien. Excellent. Nous parlons d’observateurs qui sont déjà sur place, nous ne parlons pas d’observateurs qui vont venir de Mars ou Jupiter. La résolution parle des observateurs qui sont déjà sur place. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge syrienne, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), les Nations Unies, toutes ces organisations sont déjà sur place. Personne d’autre ne viendra en plus de ceux qui sont déjà présents. Il n’est nullement question de former ou d’établir une nouvelle force venant de l’extérieur pour remplacer ceux qui sont sur place. La résolution mentionne l’ONU, l’ICRC, la Croix-Rouge syrienne comme les organisations devant superviser et appliquer cette résolution. Elles sont (déjà) là-bas ! Elles appliquent cette résolution depuis des années.

Journaliste : Est-ce que votre gouvernement garantit leur sécurité ?

Bachar Ja’fari : Cela fait 6 ans que nous garantissons la sécurité des personnels de l’ONU. Six ans ! Et aucun des personnels de l’ONU n’a été tué, blessé ou enlevé. Pour votre information, cher Monsieur. Et cela nous a coûté très cher car beaucoup de nos officiers et de nos travailleurs humanitaires ont été tués pour cela.

Journaliste : Selon votre gouvernement, qui est responsable de l’incendie des bus à Al-Foua et Kafraya ? Quels groupes ?

Bachar Ja’fari : Le groupe qui a brûlé les bus s’appelle Saraya al-Tawhid. Saraya al-Tawhid, qui fait partie d’al-Qaïda, et Jaysh al-Fatah, affilié aux services de renseignement turcs.

Journaliste : Des gens ont-ils pu quitter ces deux localités ? Quel est le statut des civils à Al-Foua et Kafraya ?

Bachar Ja’fari : Ils ont tué 3 chauffeurs, kidnappé les 22 chauffeurs restants, brûlé 25 bus. Ils ont bien sûr empêché l’évacuation des blessés de Kafraya et Al-Foua. Mais aujourd’hui, nous sommes parvenus à évacuer des centaines de ces blessés de Kafraya et Al-Foua.

Journaliste : Monsieur l’ambassadeur, vous avez donné ces noms et ces nationalités (d’officiers étrangers), que comptez-vous faire d’eux ? Allez-vous les laisser partir allez-vous les arrêter ? Car vous avez manifestement toutes les informations, et vous contrôlez la zone et le terrain Qu’allez-vous donc faire ?

Bachar Ja’fari : Nous allons les capturer, mon ami, et vous les montrer.

Journaliste : Seulement eux, ou également d’autres combattants ?

Bachar Ja’fari : Je parle des officiers de renseignement étrangers dont j’ai mentionné les noms il y a quelques minutes. Vous voulez les voir ? On va vous les montrer [*].

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, les bus qui ont supposément été brûlés à Alep-Est…

Bachar Ja’fari : Ils n’ont pas été « supposément » brûlés. N’avez-vous pas vu les photos ?

Journaliste : Je dis « supposément » car ils n’ont pas été brûlés par ceux que vous prétendez (coupables) de l’incendie. Certaines personnes disent qu’ils ont été brûlés par des combattants étrangers comme le Hezbollah…

Bachar Ja’fari : Oubliez ces prétendues personnes, j’ai le film de l’incendie des bus, avec le leader du mouvement qui a brûlé ces bus criant « Allahu akbar » et s’identifiant, nous avons leur déclaration à ce propos… Voyons, mon ami, voyons. Laissez-moi respirer. Laissez-moi respirer, s’il vous plaît.

Journaliste : Monsieur l’Ambassadeur, vous avez donné toute une liste de noms d’individus qui sont selon vous…

Bachar Ja’fari : Des gens très bien, oui.

Journaliste : … des agents de renseignement originaires de…

Bachar Ja’fari : Non, non, ils font partie de l’opposition syrienne modérée.

Journaliste : Oui.

Bachar Ja’fari : Génétiquement modifiés.

Journaliste : Sont-ils toujours à Alep-Est ?

Bachar Ja’fari : Oui.

Journaliste : Ils sont toujours là-bas ?

Bachar Ja’fari : Oui. Et c’est pourquoi vous avez vu ce mouvement hystérique (à l’ONU) durant le week-end par la France, le Royaume-Uni et les Américains, car ils veulent garantir leur sortie d’Alep-Est en sécurité.

Journaliste : Monsieur l’ambassadeur, comment avez-vous pu obtenir leurs noms ?

Bachar Ja’fari : Nous n’avons pas de services de renseignements efficaces. Merci infiniment.

Traduction Sayed Hasan

[*] Cette nouvelle a été propagée au départ par trois sites internet qui ne sont pas forcément fiables. Chacun doit savoir que dans tout conflit des agents secrets occidentaux sous anonymat – spécialement israéliens, français, israéliens, britanniques, américains – sont très nombreux à être mêlés aux forces belligérantes en présence. Dès l’instant où Bachar Ja’fari voit son intérêt à donner du poids à ce qui est une donnée de routine, et qu’il affirme vouloir montrer « ces officiers », il doit être cohérent avec ce qu’il a dit en montrant les photos. Dans toute guerre la propagande est massive de tout côté. Tout journaliste se doit de ne pas y prêter le flanc et à ne publier que « des informations dont l’origine est connue ou les accompagner des réserves qui s’imposent« .

Source : http://sayed7asan.blogspot.fr/

Lire la suite

La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154. Par Alexandre Artamonov

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre

La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154

Un avion de la Défense russe se dirigeant à Khmeimim, base aérienne russe en Syrie, est tombé après le décollage dans les eaux territoriales russes. Les musiciens et les journalistes se trouvant à bord ont tous péri dans cet accident. Aucun rescapé, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une catastrophe aérienne... Ces lignes qui ont fait le tour du monde ne reflètent pas vraiment tout le dramatisme de ce qui est en train de se jouer dans le bassin de la mer Noire.

http://pravda-team.ru/france/image/preview/article/9/1/4/1303914_five.jpeg

 

Il se trouve que l'avion en question a été en « grande visite », comme disent les avionneurs, en septembre dernier ce qui veut dire que tous les systèmes - avionique, propulseurs, hydraulique - ont été mis en révision. Qui plus est, cet avion desservait une commande spéciale : les musiciens de l'ensemble de musiciens Alexandrov (Choeur de l'Armée Rouge), les ballerines qui s'y sont associées et les journalistes de la grande chaîne de télévision devant participer aux festivités du Nouvel An organisées par la Défense russe pour le corps expéditionnaire russe en Syrie. Vous pouvez bien imaginer que l'appareil aurait dû être bichonné jusqu'au dernier boulon. Mais voilà qu'il tombe sans raison apparente, un peu comme si c'était dans le Triangle de Bermudes.

Il est à dire que le désastre est arrivé juste après le décollage les 3 moteurs s'étant arrêtés simultanément parce que le Tupolev est tombé dans un total silence - tel que les observateurs de passage se trouvant sur la berge, à une distance d'1,5 km, ont entendu le bruit de l'eau qui se refermait sur la coque engloutie. L'épave gît à une profondeur de 50-70 mètres avec les débris qui se sont dispersés à une très grande distance à cause du courant qui est particulièrement fort dans cet endroit et une mer hivernale démontée. Tout ça pour dire qu'il serait difficile de retrouver les boîtes noires qui, dans ce type d'avion, ne sont pas encore pourvus de balises électroniques. Difficile, mais possible puisqu'une équipe de plongée faisant plus d'un millier de personnes est déjà sur place pour travailler dans les conditions particulièrement éprouvantes.

Les avions tombent, hélas, et assez régulièrement, mais la bizarrerie de ce dernier crash a été remarquée par plus d'un observateur. Non seulement l'avion était dans un état excellent et le vol étroitement surveillé, mais, qui plus est, l'équipage n'a donné aucune alerte par radio. La tour de contrôle a pu juste constater la disparition du Tupolev. Point, à la ligne.

Ayant passé plus de 15 ans dans l'aviation civile et militaire, je suis en droit de dire qu'il s'agit d'un cas rarissime - beaucoup plus rare que la disparition de l'avion de ligne Malaysian Airlines dont l'épave n'a jamais été découverte ni aucune hypothèse viable sur le crash avancé. Quoi qu'il en soit, un grand nombre de professionnels militaires russes estiment qu'aucune raison logique n'aurait pu mener à un tel dénouement tragique. D'aucuns avancent l'hypothèse d'un missile de croisière ou d'un missile antiaérien portable de type « Stinger ». Il est cependant sûr que si ça avait eu lieu, on aurait dû enregistrer l'impact et l'éclair au moment de la déflagration sans parler du suivi du tracé du missile qui eût pu être réalisé par les moyens de surveillance de la mer Noire. Donc une telle éventualité de tir terroriste est fort peu probable.

Reste la dernière version des faits qui, à bien y réfléchir, n'est pas si futuriste que ça. Depuis très longtemps, les Russes parlent de leurs armes ultra-sophistiquées dans le domaine de la défense anti-aérienne et du brouillage électronique. Les moyens de la guerre électronique seraient tellement sophistiqués que le passage d'un seul avion russe au-dessus d'un croiseur américain qui était d'ailleurs en mer Noire à ce moment-là, a provoqué le blocage de tous les systèmes électroniques y compris la liaison avec le satellite et les systèmes d'armements embarqués. Le croiseur a dû même rebrousser chemin pour revenir à Istanbul. Cette information prouve, de façon éloquente, que l'on peut très bien bloquer l'avionique de bord avec les moyens de guerre radio-électronique qui peuvent servir d'arme offensive. Si les Russes l'ont fait, il serait logique de supposer que l'OTAN a à sa disposition les armements de même type. Un groupe aéronaval américain est actuellement localisé en mer Noire et a été même renforcé de plusieurs bâtiments. Deux bâtiments de guerre français « Dupuy- De-Lôme », le meilleur d'ailleurs dans le domaine de la lutte radio-électronique et « Le Chevalier Paul » croiseraient également dans le même périmètre. Il est extrêmement difficile de repérer un faisceau radio-électronique dirigé. Et quand bien même les Russes réussissent à démêler l'écheveau, auraient-ils le courage de faire porter le chapeau à l'OTAN ?

Il est également vrai que s'il s'agit d'une acte ennemi (l'usage d'un bâtiment de guerre n'a rien d'un acte terroriste mais équivaut à des hostilités ouvertes entre les Etats), le moment a été très bien choisi. Non seulement la date est symbolique : c'était Noël hier (c'est vrai que les Russes orthodoxes le fêtent selon le calendrier julien plutôt le 7 janvier, mais une partie d'Eglises orthodoxes le fait bien le 25). En plus, l'avion appartenait à la Défense russe et le Choeur de l'Armée Rouge est le symbole même de l'armée russe. Enfin, dernière chose à dire, la catastrophe s'est passée au moment du départ d'Obama qui crache le feu à propos de l'avènement de Donald Trump et de l'éventuelle amélioration des relations avec la Russie.

Le symbolisme a forcément un rôle a joué. On n'a pas oublié la tempête diplomatique qu'avait déchaînée le concert donné par l'orchestre russe dirigé par le très célèbre Guerguiyev dans le théâtre antique d'Alep, juste après la libération de la cité antique. De tout temps les symboles ont leur force et leur mysticisme : faire tomber un avion militaire avec le Choeur de l'Armée Rouge qui s'est envolée pour célébrer le Nouvel An après la libération d'une grande partie de la Syrie est plus que symbolique. Quant aux moyens mis à exécution, je considère que la piste mentionnée serait à prendre en considération. Et si la France en sait quelque chose, on ne serait pas étonné par le laquais de l'Elysée qui, à la différence de la majorité des chefs de l'État (y compris les Américains), s'est bien gardé d'exprimer ses condoléances au Kremlin se limitant juste à un bref message de la part de l'ambassadeur à Moscou. S'agit-il juste d'un acte cynique ou y a-t-il là matière à réflexion ?


http://www.pravdafrance.com/authored/26-12-2016/1303914-RUSSIA-0/

 

Par Alexandre Artamonov

Le 26 décembre 2016

Lire la suite

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #La République, #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable

ILLUSTRATION
Je suis Charlie à Alep (source Huffington Post)

Autour de moi, pendant le siège d’Alep-est, combien d’amis proches, ou même moins proches mais néanmoins amis, submergés par une émotion fabriquée, ont cru et reproduit inconsidérément une grossière propagande médiatique ?

Alep-est a été libérée de ses faux “rebelles modérés”, mais réellement islamistes, et la propagande occidentale mainstream est en train de voler en éclat.

Les civils innocents du quartier assiégé se sont précipités vers la zone tenue par les forces loyalistes et préparent les fêtes de Noël avec leurs voisins d’Alep-ouest.

Les jiihadistes n’ont pas été massacrés sur place, mais expulsés en autobus sous contrôle de la Croix rouge.

Et les témoins-martyrs appelés à la rescousse par nos “journalistes” enfiévrés — la petite Bana, Ismaël le casque blanc protégé de Yann Barthès, l’américain Bilal Abdul Kareem, et deux ou trois autres sources d’information garanties présentes sur site — se sont tous comme par enchantement volatilisés… quand on ne les retrouve pas en Turquie dans les bras de Recep Tayyip Erdogan (Bana) ou paradant aux côtés d’islamistes armés jusqu’aux dents (Bilal Abdul Kareem).

Bana_Erdogan.png
Bilal_Abdul_Kareem.png

Vous étiez Charlie, vous voilà Alep embarqués dans le même fiasco de la compassion télécommandée

Comment avez-vous pu vous laisser enfumer de la sorte, camarades ? Sans doute peut-être parce que ce déluge de propagande était si outrancier et cousu de fil blanc que paradoxalement on ne parvenait plus à imaginer qu’il puisse être faux.

Mais tout de même, n’y en avait-il pas parmi vous qui soient restés assez lucides pour percevoir ces grossières manipulations et alerter les autres ? Je pense à des personnalités suffisamment au fait du monde de l’information et de ses coups tordus : Julien Salingue, le fondateur d’Acrimed (Action-Critiques-Médias), Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, tous les deux mes amis Facebook ou Twitter.

Eh bien, non. Julien Salingue a cru devoir se fendre — sur un site bien mal nommé “Résister à l’air du temps” —  d’une lettre dégoulinante de commisération déplacée adressée « à un “camarade” qui s’obstine à justifier l’injustifiable » :

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

Et Edwy Plenel en a profité, avec son compère François Bonnet, pour dézinguer stupidement Mélenchon… tout en se défendant — ben, tiens ! — d’être atlantiste !

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

La propagande de l’empire est en train de retomber comme mauvais soufflé. Il y eut dans Alep une situation de guerre douloureuse, mais qui ne correspondait pas au spectacle larmoyant qu’on voulait nous vendre. Des voix montent enfin, qui dénoncent la supercherie. L’indigeste brouet était pourtant patent depuis longtemps, depuis qu’il était évident que le vieil empire dominant poussait très fort ses cris d’orfraies sans avoir la moindre intention d’intervenir sur le terrain (ou alors en catimini et du mauvais côté), signe d’impuissance et du désarroi des vaincus.

Et vous, mes chers amis, dont la bonne foi ne peut pourtant être mise en doute, vous voilà à nouveau en pleine confusion, cocus des bons sentiments frelatés. Vous étiez Charlie défilant derrière le gratin faux-cul du clan impérial, vous voilà Alep embarqués dans le même fiasco de la compassion télécommandée par une propagande imbuvable. En tirerez-vous jamais leçon ?

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>