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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la liberte tag

Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #L'armée française, #la liberté

Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation

27 juin 2016,

Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation

Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation

Le Brexit, s’il est respecté, pourrait aussi bouleverser l’UE en termes militaires, explique l’amiral Debray à RT France, confiant sa vision de la sécurité en Europe, l’hégémonie américaine et l’impératif, pour un pays, d’être maître de sa défense.

Pour l'amiral Debray, le Brexit aura bien évidemment des conséquences militaires, même si le Royaume-uni est dans l'OTAN et que tous les tenants de l'UE font semblant de ne pas savoir que leur défense dépend de cette dernière.

Face au Brexit, selon lui, «il faudra revoir la façon dont les membres de l'Union européenne considèrent leur Défense». Si l'on en croit sa vision, une telle remise en question est plus que nécessaire. 

Le choix britannique sera-t-il respecté ?

Néanmoins, établissant un parallèle entre le référendum sur le Brexit et celui sur la constitution européenne de 2005 lors duquel la France et les Pays-Bas avaient voté contre mais avaient été ignorés par l'Union européenne, l'amiral se veut réaliste :

 

«Le choix des Français et des Néerlandais a été complètement contourné par la suite et aujourd'hui, il n'en reste absolument rien. Le traité de Lisbonne a obligé la France à admettre tout ce que le peuple français avait refusé.

On peut alors imaginer que le vote [du jeudi 23 juin] n'aura pas de grandes conséquences. Je souhaite que les Britanniques ne soient pas floués par leurs dirigeants, comme les Français l'ont été par les leurs.»

L'ombre américaine

Dans une vision très gaullienne, l'amiral lie intimement la question de la relation du Royaume-Uni à l'UE à celle de son appartenance à l'OTAN : 

«Depuis les origines de la construction européenne, les Etats-Unis ont tout fait pour faire [de l'Europe] un fournisseur de supplétifs, pour que les Etats-Unis fassent la politique de Défense et que les pays européens fournissent les contingents de tirailleurs qui iraient à la boucherie s'il le faut.» 

Se laisser occuper par des forces armées étrangères en temps de paix n'est pas excusable

Le Brexit serait donc une épine dans le pied des Etats-Unis, qui cherchent à l'heure actuelle à renforcer l'OTAN en Europe, dans un processus que l'amiral voit affecter la France :  

«C'est tout à fait possible que la France accueille bientôt de nouveau des bases de l'OTAN sur son territoire. C'est possible depuis que notre président a commencé à engager des conversations avec l'OTAN pour qu'on revienne sur ce qui avait été fait du temps du Général de Gaulle en 1966, lorsque la France a fait sortir de son territoire tous les contingents étrangers qui n'avaient rien à y faire.

Avoir des accords avec des Etats étrangers est absolument concevable, mais se laisser occuper par des forces armées étrangères en temps de paix n'est pas excusable. C'est un travail qui a été commencé avec Jacques Chirac, qui a été poursuivi sous Nicolas Sarkozy et qui est en train d'être achevé par François Hollande. Une nouvelle fois, les élites se moquent de l'intérêt supérieur de la patrie et du vote de leurs citoyens.

Le peuple, on ne lui demande pas son avis. On ne lui a demandé son avis ni lorsque le service national a été supprimé, ni lorsqu'il a refusé la constitution européenne. Il n'y a rien de nouveau. Dès la création de la Communauté européenne de Défense (CED), qui est un projet des européens d'alors et des Américains de toujours, le projet était de réarmer l'Allemagne et d'utiliser les nations composées de pays membres de l'UE pour les mettre au service d'une politique de défense étrangère, celle de l'impérium américain.» 

France de 2016, France de 1946 : même combat ?

L'amiral Debray a pu appeler à la constitution d'un nouveau CNR, ou Comité National de la Résistance, organe qui coordonnait la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Car, selon lui :

«Aujourd'hui la France n'est plus menacée par les divisions blindées de Hitler, mais par la volonté d'hégémonie des Etats-Unis.

Lorsque vous voyez que l'Union européenne - qui était une union économique, et qui est aujourd'hui une union sans adjectif qualificatif - condamne la France parce qu'il n'y pas de syndicat dans l'armée française... Qui commande quoi, en France ?

Un pays doit avoir la volonté de se doter de ses propres moyens de défense, voilà ma conviction.» 

Alors que le Premier ministre Manuel Valls a déclaré l'état d'urgence, que le plan vigipirate est à son niveau maximum et que la présence de soldats se fait plus que jamais sentir, les propos de l'amiral pourraient surprendre. Il est pourtant catégorique. 

«Il n'y a pas de militarisation en France depuis qu'on a supprimé le service national. Cela ne me concerne plus mais je le regrette profondément.

Le service national est pour moi un service que le France rendait à ses enfants. [...] La république manque aujourd'hui de moyens militaires.» 

Garder le contrôle de la capacité nuclaire, impératif de l'armée française

Mais, au-delà du service militaire, il y a, pour lui, un autre élément primordial à préserver afin que l'Etat protège la souveraineté nationale : le feu nucléaire. 

«L'armée française se porte très mal en grande partie depuis qu'on a supprimé le service national et du fait des diminutions des ressources qu'elle subit. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, il faut le dire, ont une obsession de contourner la volonté française de disposer de sa propre dissuasion nucléaire. C'est pour eux un objesctif perpétuel : empêcher la France de se remettre au niveau où elle était parvenue à se mettre avec sa force de dissuasion nucléaire.

La France doit pouvoir disposer de ses propres forces armées comme elle le souhaite et refuser de se faire inféoder par quelque organisme supranational que ce soit

Il ne faut pas rêver à la disparition des forces de dissuasion nucléaire. Ni les Russes, ni les Américains, ni Israël, ni l'Inde ou le Pakistan ne se sépareront de leurs armes nucléaires. L'intérêt de [cette] arme est justement de ne pas être employée. Elle agit par la menace de son emploi, en arme justement dissuasive.

Il faut donc qu'elle existe, qu'elle soit en bon état et que nous la maîtrisions complètement. La force nucléaire française existe toujours et elle est en bon état [...] La défense doit être nationale et une défense nationale ne se traduit pas par une armée commune avec d'autres pays. La France doit son statut de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU à sa capacité nucléaire. Il faut que nos dirigeants en soient conscients.»

Les conflits par nations interposées

Garder le contrôle est d'autant plus essentiel, pour lui, que le monde de la guerre évolue et que la France semble se faire entraîner vers des terrains bien éloignés de ses propres intérêts.

Qu'il s'agisse de privatisation...

«Le monde évolue, demain il ne sera plus celui qu'il était hier. Les conflits qui se présentent ne ressemblent pas à ceux que nous commémorons cent ans après Verdun, mais certaines caractéristiques me gênent énormément.

Les sociétés militaires privées ? C'est un oxymore. Un état ne doit pas s'adresser à des gens qui veulent gagner de l'argent en vendant de la sécurité. Le rôle de l'Etat c'est de défendre son peuple et on défend son peuple avec une armée qui dépend de l'Etat et non pas avec des sociétés privées. [...] En France on sous-traite, privatise et externalise dans tous les domaines. Les militaires vont bientôt être formés par des civils.»

... de concurrence d'autres Etats...

«Le Japon est en train de manœuvrer pour avoir une armée alors qu'ils ne sont pas censés en avoir. L'Allemagne, sans rien dire commence à agir à l'extérieur de ses frontières, alors qu'il est écrit noir sur blanc qu'elle ne doit pas le faire.»

... ou de problématique stratégique, la France étant amenée à faire le travail pour d'autres nations :

«On agit par Etats interposés [...] La France est allée bombarder la Libye avec une énorme violence sur ordre des américains - et au mépris d'ailleurs des décisions prises au conseil de sécurité. L'armée française a fort bien rempli sa mission et l'a remplie pratiquement sans pertes, ce qui est totalement à son honneur. Mais on peut se demander quel intérêt avait la république française à entreprendre cette action. Pour le compte de qui avons nous agi ?

La France est allée bombarder la Libye avec une énorme violence sur ordre des américains et au mépris des décisions prises au conseil de sécurité

Contrairement à la Libye, dans le cœur de l'Afrique, la France a des raisons d’intervenir pour le bien des populations avec lesquelles nous avons des accords depuis de nombreuses années, au Mali, en Centrafrique, au Congo-Brazzaville [République du Congo]...

C'est là que les populations ont besoin de notre appui. Nous ne pouvons refuser de leur apporter notre soutien militaire sous prétexte que les Etats-Unis dans des guerres qui ne nous concernent pas. C'est une question de souveraineté nationale et celle-ci ne passe que par une armée qui obéit uniquement à la volonté des responsables nationaux.»

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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Pourquoi de Gaulle défiait les Américains

26 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #la liberté, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Pourquoi de Gaulle défiait les Américains

25 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons 

Pourquoi de Gaulle défiait les Américains

Les Anglo-Saxons ne nous ont jamais considérés comme des alliés.

 

De Gaulle refusait de célébrer le débarquement anglo-américain en Normandie. Ce fameux 6 juin (sixième jour du sixième mois du sixième an de la Guerre…) était considéré par lui comme une occupation à venir de l'Europe et une mise à l'écart de la France du fait de ses élites collaboratrices. La bourgeoisie française aux ordres de l'étranger, comme dit un jour Jean-Pierre Chevènement dans un discours inspiré, changerait simplement de patron. D'allemand, il devenait américain. Aujourd'hui il est les deux.

 

Parlons du débarquement. Le Général en parle très bien dans ses Mémoires (tome II). Il redoute beaucoup les intentions de Roosevelt. Et voici ce que De Gaulle déclare à Alain Peyrefitte en 1964:

 

« La France a été traitée comme un paillasson! Churchill m'a convoqué d'Alger à Londres, le 4 juin, il m'a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d'hôtel. Et il m'a annoncé le débarquement, sans qu'aucune unité française n'ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement. Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne (il appuie). »

Churchill, de mère américaine, et qui fut l'homme des Etats-Unis avant d'être celui de l'Angleterre (balayé aux élections de 1945, il laissa son pays ruiné, soumis et sans ses Indes…) répond vertement au Général:

« Il m'a crié de toute la force de ses poumons: « De Gaulle, dites-vous bien que quand j'aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large! »

Et le Général de conclure de façon comminatoire:

« Et vous voudriez que j'aille commémorer leur débarquement, alors qu'il était le prélude à une seconde occupation du pays? Non, non, ne comptez pas sur moi! »

Ensuite il donne sa leçon d'histoire, et celle-ci est à considérer avec attention (j'ai déjà évoqué ce passage étonnant!):

« Charles-de-Gaulle: « Le débarquement du 6 juin, ç'a été l'affaire des Anglo-Saxons, d'où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s'installer en France comme en territoire ennemi! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s'apprêtaient à le faire en Allemagne! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l'avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. »

En effet, les billets de l'AMGOT commencèrent à circuler à cette époque d'occupation militaire, qui annonçaient l'euro. Et, comme s'il avait prévu un jour la énième trahison des élites françaises, le Général explique à son ministre:

« Les Français sont déjà trop portés à croire qu'ils peuvent dormir tranquille, qu'ils n'ont qu'à s'en remettre à d'autres du soin de défendre leur indépendance! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu'ils paient ensuite par des ruines et par des massacres! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes! »

Aujourd'hui nous comptons inexplicablement en France sur l'OTAN. Mais de Gaulle explique que pour les Américains, toute concession doit mener à une capitulation. Et il dit même que Roosevelt voulait simplement « dominer l'univers ». Cette guerre à laquelle il poussa délibérément les Européens (dixit Chamberlain et l'ambassadeur Kennedy, père de JFK) l'y aura bien aidé!

Et de conclure magnifiquement:

« Allons, allons, Peyrefitte! Il faut avoir plus de mémoire que ça! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons! Dites-le à vos journalistes. »

En 1944, il rencontre à Washington « l'homme qui veut dominer l'univers », Roosevelt. Et cela donne dans ses mémoires ces lignes étonnantes sur le Nouvel Ordre Mondial américain avec ses bases et son parlement:

« Il est vrai que l'isolationnisme des États-Unis est, d'après le Président, une grande erreur révolue. Mais, passant d'un extrême à l'autre, c'est un système permanent d'intervention qu'il entend instituer de par la loi internationale. Dans sa pensée, un directoire à quatre: Amérique, Russie soviétique, Chine, Grande-Bretagne, réglera les problèmes de l'univers. Un parlement des Nations Unies donnera un aspect démocratique à ce pouvoir des « quatre grands ». Mais, à moins de livrer à la discrétion des trois autres la quasi-totalité de la terre, une telle organisation devra, suivant lui, impliquer l'installation de la force américaine sur des bases réparties dans toutes les régions du monde et dont certaines seront choisies en territoire français. »

Les bases US partout… Et le président visionnaire (un visionnaire à la Chaplin ou presque) d'ajouter:

«…le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'appui offert par Washington, l'existence des bases américaines, vont susciter, en Afrique, en Asie, en Australasie, des souverainetés nouvelles qui accroîtront le nombre des obligés des États-Unis. »

De Gaulle prend peur et explique (comme il a raison!) que l'on risque d'assister à la mort de l'Europe de l'Ouest, ce qu'il appelle lui l'Occident. Mais qui peut alors en « Occident » résister à Roosevelt? L'Occident est la terre de la mort et du hors-caste, rappelle Guénon dans ses Symboles de la Science sacrée.

Et de Gaulle sait que Roosevelt le considère comme un gêneur:

« Bref, sous les manières courtoises du patricien, c'est sans bienveillance que Roosevelt considérait ma personne. »

La « nouvelle vedette du monde », comme dit de Gaulle ailleurs, impose ses conceptions (qui ne sont hostiles alors ni à la Russie ni à la Chine). La guerre se termine, vite remplacée par notre Guerre Froide, formulée par Churchill dans son discours sur le rideau de fer. L'Empire et le Pentagone comprennent qu'il ne faut jamais être à court d'ennemi. On est à l'époque de 1984, lorsqu'Orwell explique que le pouvoir océanien (une subtile allusion à Cromwell en fait) a besoin de créer son Goldstein — et aussi ses conspirations et attentats —pour bien se maintenir en place! Goldstein annonce ainsi le russe, le chinois, le communiste, l'islamiste, ces nécessaires ennemis de toujours qui justifient 50% des dépenses militaires de la planète et les centaines de bases US.

 

Cette lutte contre le mal suppose un chef autoritaire. Vingt ans plus tard, le Général de Gaulle tient encore ses propos qu'approuveraient Vladimir Poutine et les leaders des BRICS:

 

« Les Américains font croire que ne pas être d'accord avec eux, si vouloir rompre l'alliance atlantique et mettre en danger la liberté de l'Occident. Cuba leur est montée à la cervelle. En Amérique du Sud, en Europe, en Asie, tout le monde en colonne par deux derrière l'Oncle Sam, sinon gare à vous! (Rire.) Ce serait contraire à la solidarité et à la morale! Voyons, Peyrefitte, c'est de la rigolade! »

Et le Général de Gaulle de conclure avec une belle inspiration:

« Le grand problème, maintenant que l'affaire d'Algérie est réglée, c'est l'impérialisme américain. Le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes. »

Des mots prémonitoires? Ils permettent peut-être de mieux comprendre pourquoi mai 68 fut la première révolution orange… 



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150722/1017177924.html#ixzz3gvtqJWvf

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PÉTITION contre une PRESSE AUX ORDRES du pouvoir

3 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #Les média, #la liberté

Publié par El Diablo

 

Aude Lancelin

Aude Lancelin

A l’état d’urgence, à la déchéance de la nationalité, au 49.3, il manquait encore une vilenie pour achever le quinquennat, et la voici : la presse aux ordres. A un an de la présidentielle, le premier hebdomadaire de la gauche française, l’Obs, a brutalement décidé d’engager une procédure de licenciement à l’égard de sa numéro 2. Pétition en soutien à Aude Lancelin...

A l’état d’urgence, à la déchéance de la nationalité, au 49.3, il manquait encore une vilenie pour achever le quinquennat, et la voici : la presse aux ordres. A un an de la présidentielle, le premier hebdomadaire de la gauche française, l’Obs, a brutalement décidé d’engager une procédure de licenciement à l’égard de sa numéro 2, Aude Lancelin. On a du mal à croire que les raisons de cette éviction puissent revêtir un caractère «managérial», comme s’obstine à le soutenir curieusement la direction du journal.

On lit, en effet, dans la presse qu’il y aurait eu un conflit entre la prétendue ligne de M. Croissandeau, dite «de toutes les gauches», et celle d’Aude Lancelin que certains ont voulu mensongèrement réduire à la «gauche de la gauche». Il suffit de lire les éditoriaux dudit directeur de la rédaction pour s’apercevoir que «toutes les gauches», ce sont, en fait, les seules «gauches» de Hollande, Valls et Macron…

Nous autres savons très bien, au contraire, que l’un des seuls lieux réellement ouverts à toutes les gauches dans ce journal était précisément les pages dédiées aux idées, aux interventions intellectuelles, aux débats, dont Aude Lancelin avait plus particulièrement la charge. Mais toutes les gauches, c’était sans doute encore trop pour la gauche aujourd’hui au pouvoir. La chose est donc clairement signifiée : toutes les gauches n’ont pas droit de cité dans certains journaux de gauche. Il fallait par conséquent en chasser la personne qui leur donnait la parole. Cette opération de police intellectuelle ne prend pleinement son sens qu’à la lumière de l’élection de l’année prochaine que François Hollande, dont la candidature est désormais un secret de polichinelle, envisage visiblement avec appréhension. Et avec le souci que ce qu’il considère comme «sa» presse soit en ordre de marche, c’est-à-dire débarrassée de toute voix dissonante. Propriétaires des médias, les actionnaires de groupes qui vivent en symbiose avec l’Etat sont là pour comprendre les instructions. Et les faire exécuter.

 On n’imaginait pas qu’en 2016, et sous un gouvernement de gauche, on pouvait encore assister à des mises au pas d’une telle brutalité. Tout est donc dit à propos d’un gouvernement qui n’a décidément plus de principe, et considère la presse comme un outil à sa discrétion. Un des actionnaires a reproché, en conseil de surveillance, à Aude Lancelin d’avoir laissé ­publier des articles «antidémocra­tiques». On se demande bien ce que ce genre de chose peut simplement vouloir dire. En revanche, on voit très bien dans quel type de démocratie, ou plutôt d’antidémocratie, les gens qui agissent ainsi se proposent de nous faire vivre.

 Si nos interprétations sont erronées, et nous ne souhaiterions rien tant qu’elles le soient, il suffirait à François Hollande, pour nous rassurer, de s’émouvoir publiquement de cette décision aussi inique qu’alarmante pour les mœurs ­démocratiques dont il est supposément le gardien. Nous ne pouvons même pas exclure que cette parole puisse émouvoir les actionnaires de l’Obs à leur tour, et les ramener à une préoccupation dont ils avaient pourtant proclamé haut et fort, au début de leur aventure, combien elle leur était chère : «la liberté de la presse».

Signataires :

Denis Podalydès, acteur; Etienne Balibar, philosophe; Claude Lanzmann, réalisateur;Emmanuel Todd, démographe et historien; Michela Marzano, philosophe; Julia Cagé, économiste; Alain Badiou, philosophe; John MacArthur, directeur du magazine Harper’s;La Rumeur, groupe; Jérôme Prieur, auteur et réalisateur; François Bégaudeau, écrivain;Christian Salmon, essayiste; Jacques Rancière, philosophe; Laurent Binet, écrivain;Raphaël Liogier, sociologue et philosophe; Bernard Stiegler, philosophe; Gérard Mordillat, écrivain et réalisateur; Stéphanie Chevrier, éditrice; André Orléan, économiste;Christian Laval, sociologue; Pierre Dardot, philosophe; Hugues Jallon, éditeur; Michaël Fœssel, philosophe; Cédric Durand, économiste; Chloé Delaume, écrivaine; Geoffroy de Lagasnerie, sociologue; Guy Walter, écrivain et directeur de la Villa Gillet; Chantal Jaquet, philosophe; Razmig Keucheyan, sociologue; Edouard Louis, écrivain; Frédéric Schiffter, philosophe; Jacques de Saint-Victor, historien; Caroline de Haas, militante féministe; Christine Delphy, sociologue; Benjamin Stora, historien; Mathieu Terence, écrivain;Bernard Lahire, sociologue; Roland Gori, psychanalyste; Elsa Dorlin, philosophe; Patrick Chamoiseau, écrivain; Anne Dufourmantelle, psychanalyste; Annie Ernaux, écrivaine;Guillaume Le Blanc, philosophe; Ollivier Pourriol, philosophe; Hervé Le Bras, démographe; François Gèze, éditeur; Sophie Wahnich, historienne; Lydie Salvayre, écrivaine; Quentin Meillassoux, philosophe; Romain Bertrand, historien; François Schlosser, ancien rédacteur en chef du Nouvel ObservateurDaniel Lindenberg, historien; Jean Loup Amselle, anthropologue, Stéphanie Polack, directrice littéraire, Paul Holdengraber, directeur des programmes live à la New York Public Library, Marin de Viry, écrivain.

Le 25 mai 2016

 

SOURCE:

 

 

 
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La mafia UM-PS décortiquée dès 1970 par Henri Guillemin

29 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #la liberté, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Culture

La mafia UM-PS décortiquée dès 1970 par Henri Guillemin

Ajoutée le 12 avr. 2014

Les dossiers de l'histoire source RTS:https://www.youtube.com/watch?v=PweOo...

La gauche et la droite en France ou centre gauche ou centre droit sont exactement les mêmes gens qui font semblant de s'étriper devant l'assemblée nationale alors qu'ils vivent ensemble.

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De la sortie de l’Euro à la reconstruction de l’économie française par Jacques Sapir

11 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #la liberté

De la sortie de l’Euro à la reconstruction de l’économie française par Jacques Sapir

Euro et reconstruction de l’économie française

 

De la sortie de l’Euro à la reconstruction de l’économie française

 

Une sortie, ou une dissolution, de la zone Euro marquerait une rupture fondamentale avec le contexte économique, mais aussi le contexte institutionnel qui domine en France depuis le début des années 1990. Si l’Euro a eu des effets directs extrêmement nocifs sur l’économie française, ses effets indirects ont été probablement encore plus nocifs et ont été multipliés par l’effet dépressif général joué par la zone Euro[1]. La France n’a pas été épargnée par le second choc des années 1990, choc qui correspond à la mise en place de l’Union économique et monétaire symbolisée par l’euro. Il a été marqué par la stagnation des salaires réels liées au chômage de masse de la fin de cette première phase, qui sera relayé par la politique dite du « franc fort[2] » pour réunir les conditions d’entrée dans la zone euro. Cette politique a provoqué environ un million de chômeurs supplémentaires en France et ce avant même que l’Euro ne devienne une réalité.

Cela implique qu’une sortie de l’Euro ne prend sens que si on aboutit à un changement radical de l’ensemble du cadre économique. En effet, si l’effet direct de la sortie de l’Euro serait important[3], mais limité dans le temps, la fin de la monnaie unique permettrait aussi, et peut-être surtout, de reconstruire un cadre économique qui serait orienté vers la croissance. Ce cadre doit poser la question de la ré-industrialisation de la France comme une priorité car les emplois industriels ont un effet d’entraînement extrêmement fort sur l’ensemble des autres emplois. Cela implique que la sortie de l’Euro ne peut être considérée uniquement du point de vue de la monnaie. Quelle que soit l’importance pour la France de retrouver sa monnaie, et donc de pouvoir le cas échéant piloter son taux de change, la fin de la monnaie unique est surtout importante parce qu’elle permettrait d’élaborer une nouvelle stratégie économique[4].

 

  1. L’enjeu de la stratégie économique

 

Cet enjeu renvoie à la question de l’intégration générale de la politique monétaire dans une stratégie économique globale. L’effet d’une dissolution de l’Euro sera d’entraîner certaine monnaie à se déprécier et d’autres aux contraires à s’apprécier. On aura des effets positifs sur les pays dépréciant leur monnaie et des effets négatifs sur les pays connaissant une forte appréciation. L’élasticité, de la demande et de l’offre, doit donc être étudiées attentivement. On sait, par expérience, que cette élasticité n’est pas identique entre les pays, et qu’elle n’est pas stable mais dépend de l’ampleur de la dépréciation (ou de l’appréciation) de la monnaie. De ce point de vue, deux dépréciations de 10% ne sont pas équivalentes à une dépréciation de 20%. Il convient donc de préciser les ordres de grandeur de ces mouvements. Par ailleurs, si le volume de la demande peut décroitre dans un pays connaissant une forte appréciation de sa monnaie (l’Allemagne), le niveau monétaire de cette demande se réduira moins que le volume, en raison de l’effet d’appréciation.

 

Ampleur des dépréciations monétaires dans le cas d’une dissolution de la zone Euro

  Dépréciation Dépréciation

 

relative à l’Allemagne sans contrôle

Dépréciation par rapport à la France (avec contrôle).
France -20,0% -40,0% 0
Espagne -17,5% -37,5% +2,5%
Portugal -12,5% -32,5% +7,5%
Italie -27,0% -57,0% -7,0%
Grèce -25,0% -55,0% -5,0%
Allemagne (avec contrôle) 0,0%   +20,0%
Allemagne (sans contrôle) + 20,0% 0  

 

L’internationalisation du secteur bancaire et assurancielle français est aujourd’hui importante, avec larges engagements sur l’Italie, sur la Belgique, et dans une bien moindre mesure sur l’Espagne. Mais, une sortie de l’Euro par la France entraînerait en fait un éclatement de cette zone. La conclusion est que pour l’ensemble du secteur financier français les pertes ne devraient pas excéder 5 milliards d’Euros (actuels). Il importera donc, pour pouvoir réaliser une gestion globale du secteur financier des effets d’une sortie de l’Euro, de procéder à une nationalisation temporaire de ce secteur (banques et assurances). Or, ce qui caractérisait bien le contexte financier de 1948 à 1975 c’était au contraire l’existence d’une forte réglementation. Le système bancaire résultait de la loi du 2 décembre 1945, loi qui instaurait la spécialisation bancaire (sur le modèle du Glass-Steagal Act des Etats-Unis de 1933[5]) et qui nationalisait les principaux établissements dédiés à la collecte des dépôts, c’est à dire 4 établissements, le Crédit lyonnais, la Société générale, le Comptoir national d’escompte de Paris et la BNCI[6]. La Banque de France, déjà placée sous l’autorité de l’Etat, fut alors formellement nationalisée elle aussi. La Banque de Paris et des Pays-Bas fut nationalisée au début de 1946. Avec une sortie de l’Euro, il faudrait revenir sur le statut d’indépendance de la Banque de France et en faire l’un des instruments de la politique économique, tout en lui gardant une autonomie dans le choix des instruments utilisés.

La garantie des dépôts bancaires (en monnaie nationale), pour les particuliers comme pour les entreprises, et ce sans limite de somme doit être réaffirmée. Ceci n’est pas entièrement satisfaisant du point de vue d’une analyse en termes de justice sociale. Mais, ici encore, ce qui prime est bien la notion de « confiance ». De ce point de vue, une garantie pour la totalité des dépôts apparaît plus apte a convaincre la population de l’engagement du gouvernement à assurer la stabilité du secteur financier plutôt qu’un système certes théoriquement plus juste mais bien plus complexe à mettre en œuvre de garanties différenciées. De ce point de vue la « justice » des mesures dépendra en réalité de leur capacité à engendrer la confiance. La possibilité d’une nationalisation temporaire du système bancaire doit être envisagée. Ici encore, il est certain que des mesures différenciées, nationalisation pour certains établissements, contrôles pour d’autres, seraient en théorie justifiées et sans doute plus adaptées. Mais, la différence entre le monde théorique et le monde réel est que dans ce dernier apparaissent des « frictions » qui compromettent les mesures en apparence les meilleures mais aussi les plus complexes. Il conviendra de faire simple et robuste. C’est pourquoi, la nationalisation temporaire de l’ensemble des banques et des assurances, le temps de procéder à une séparation entre les activités de dépôts et les activités spéculatives, sera très probablement la mesure la plus robuste et susceptible de produire les effets les plus positifs.

Cette politique monétaire se caractérisera donc par une dé-financiarisation de l’économie, ou plus précisément par le cantonnement des activités financières au financement des activités productives. Elle permettra la mise en place d’une planification stratégique qui se donnera pour objectif de créer les conditions d’un développement des activités privées (avec le développement des services publics qui constituent actuellement un facteur majeur d’attractivité de l’économie française), mais aussi de développer des activités dont le taux de rentabilité est initialement faible mais qui sont potentiellement fortement rentable. Ceci impliquera la mise en place d’une politique industrielle qui ne se limiterait pas aux conditions de concurrence. Ces activités pourraient se situer dans le domaine des biotechnologies, dans l’économie de la transition énergétique et dans l’exploitation systématique du domaine maritime français.

Mais, la sortie de l’Euro impliquera l’adoption d’un régime de contrôle des capitaux (mais pas de contrôle des changes). Dans ce régime, les Banques Centrales adopteront des « cibles » de taux de change réel pour la période suivant la sortie de l’Euro. Le contrôle des capitaux aura pour but d’éviter que les marchés financiers ne commencent à « jouer » sur les cours des monnaies. Ce contrôle doit restreindre les mouvements des capitaux de court et très court terme, tout en laissant libre les mouvements de long terme qui correspondent à des flux d’investissement. Compte tenu du fait que pratiquement la totalité des mouvements de capitaux sont gérés électroniquement, la mise en place de ces contrôles serait en réalité bien plus facile aujourd’hui qu’elle ne l’avait été dans les années 1980. La sortie de l’Euro rendrait ainsi possible la mise en place d’une politique que l’on appelle la « répression financière ». Le terme de « Répression Financière » est en réalité mal choisi. On réprime des individus ou des populations mais pas un phénomène général, comme les institutions financières. Derrière ce terme se cache un a-priori normatif en faveur d’une sphère financière dérégulée ou plus exactement dérèglementé. Ce terme exprime en réalité une préférence pour le « tout marché » dans le domaine financier. En fait, l’alternative à la « répression financière » est la « répression salariale », telle qu’elle est mise en œuvre en France depuis plus de vingt-cinq ans. Si l’on veut sortir de cette logique de « répression salariale » pour mettre en œuvre un partage de long terme des gains de productivité, il est impératif d’introduire la « répression financière ».

Une fois ces politiques mises en place, il deviendrait possible, si un accord politique se dessinait entre certains pays de l’ex-zone Euro, d’aboutir à une « Co-fluctuation » des taux de change, avec des révisions périodiques (tous les ans) pour tenir compte de la détérioration ou de l’amélioration du taux de change réel (soit le taux nominal corrigé de l’inflation et de la productivité). En fait, il serait possible d’aboutir à un système monétaire « européen » (ou sur une partie de l’Europe) qui respecterait les spécificités nationales en matière de modèle social et de modèle productif, qui garantirait la flexibilité nécessaire pour que chaque pays puisse s’ajuster en cas de crise et qui dans le même temps serait relativement stable par rapport à l’extérieur. Nous aurions l’équivalent du Système Monétaire Européen mais sans les inconvénients qu’il avait à l’époque[7]. L’explicitation d’un objectif en matière de taux de change réel pour les Banques Centrales, combiné à des objectifs en matière d’inflation (avec la définition d’un taux d’inflation structurel) et d’un objectif en matière de stabilité du système bancaire et financier donnerait à la fois une flexibilité bien plus importante à ce nouveau système et imposerait un dialogue constant entre l’autorité politique et la Banque Centrale. Les mesures économiques et financières qu’il faudra donc techniquement mettre en œuvre dans le cas d’une dissolution de la zone Euro dessinent en réalité un mécanisme plus souple et plus robuste que la monnaie unique, et ceci sans les aspects dépressionnaires qui sont connus à cette monnaie unique.

 

2. Les leçons du modèle de financement de l’après-guerre

Cette politique et ce système de financement s’inspirent de ce qui fut adopté par la France au sortir de la seconde guerre mondiale et qui constitue aujourd’hui encore une référence pour certains pays. Cela revient à poser le problème de savoir quelle politique monétaire peut-on avoir quand on est dans une situation ou les taux d’intérêts sont très faibles, voire nuls[8]. C’est bien ici l’expérience particulière des instruments quantitatifs (plafonds de réescompte, volume des effets à taux bonifiés, admission de certains effets au réescompte de la Banque de France) qui interpelle le chercheur[9].

Mais, il est aussi important de noter que ces instruments n’ont pu être efficace que parce que la France exerçait sa souveraineté sur le domaine financier et avait disposé de filtres, les contrôles de capitaux et les contrôles de change, entre la sphère financière internationale et la sphère financière nationale. Cette dernière ne fut jamais complètement isolée des relations financières internationales. Ce système s’apparente plus à une forme de protectionnisme financier et non d’autarcie. La parité du Franc dut d’ailleurs être plusieurs fois réajustées durant cette période. On doit ici souligner que cette idée de « protectionnisme financier » connaît aujourd’hui un retour en grâce à la suite de la crise financière internationale de 2007-2011[10].

Le paradoxe entre l’existence d’une situation dite de « répression financière », que l’on associe en général avec un faible développement des institutions financières, et la présence d’une forte croissance, qui se traduit non seulement par un développement quantitatif mais aussi qualitatif de la France, apparaît comme évident quand on regarde l’histoire économique de la France durant ce qu’il est convenu d’appeler les « 30 glorieuses »[11]. La croissance de la France apparaît très forte durant ces années, et n’est égalée que par la croissance de l’Italie. En fait, la croissance française a été, en moyenne, supérieure à la croissance allemande, mais aussi à celle des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. La littérature en langue anglaise portant sur cette période ignore les structures de financement très particulières qui furent employées à cette époque[12]. Mais, il est aussi remarquable que, dans leur étude importante sur cette période, trois auteurs majeurs français l’ignorent tout aussi autant[13]. Pourtant, l’importance de ces structures pour la croissance a été largement décrite et étudiée[14]. Des auteurs ont insisté en particulier sur la dépendance de la croissance par rapport aux institutions financières[15].

Rappelons en les principales caractéristiques. Le système bancaire fut à cette époque obligé de détenir des obligations du gouvernement pour permettre au gouvernement de budget de financer les déficits à un faible coût; le développement des marchés boursiers était faible et il fut en pratique découragé. Le système bancaire devait faire face à des plafonds de taux d’intérêt, plafonds qui étaient fixés par l’Etat, afin d’éviter la concurrence avec le secteur public de collecte de fonds. Si les banques de dépôts avaient été nationalisées elles bénéficiaient d’une très large autonomie dans leur gestion quotidienne. Ce système n’était possible que dans la mesure où le gouvernement détenait ou contrôlait les principales banques nationales et les institutions financières (Caisse des Dépôts, Crédit National[16] etc.). Par ailleurs, il convient de signaler que le transfert des actifs à l’étranger avait été limité par l’imposition de contrôles des capitaux[17]. Inutile de dire que ces traits étaient communs dans l’Europe de l’Ouest mais aussi au Japon et en Asie du Sud-Est à l’époque (et même jusqu’aux année 1990 pour le Japon et l’Asie[18]) et qu’ils caractérisent toujours de nombreux pays en développement. Ces mécanismes s’intègrent dans ce qui fut appelé la « planification à la française », et il aboutit à la fois à la constitution d’anticipations convergentes chez les différents acteurs économiques et à la capacité de l’Etat de diriger le flux de financement et de créer certaines de ces anticipations.

De nouvelles institutions de réglementation et le Conseil National du Crédit[19] furent donc créés à partir de 1945 afin de veiller à ce que l’attribution de crédit serve en priorité les industries ou les secteurs considérés comme des priorités nationales. Le CNC pouvait influencer la politique des taux d’intérêt et du réescompte de la Banque de France[20]. Si le CNC ne fixait pas directement des volumes de crédit suivant les différents secteurs de l’économie, il pouvait cependant influencer de manière importante la répartition des capitaux entre ces secteurs[21]. L’idée étant qu’une planification fonctionnant par incitations et concertation est naturellement plus efficace qu’une planification fonctionnant uniquement par la contrainte. Mais, l’élément de contrainte était cependant présent dans certaines des mesures prises par le CNC. Le rôle du CNC ne peut se comprendre que si l’on a en mémoire le mouvement de nationalisation du crédit de l’époque[22]. Cela signifie que l’État a dû organiser un réseau d’institutions publiques et privées ainsi que les organismes de contrôle qui garantissent que le crédit serve bien à financer les priorités économiques et sociales nationales[23].

L’idée de base était que les industriels français puissent recevoir suffisamment de crédit pour investir et d’accroître leur productivité et la croissance[24]. Une forte croissance n’est possible qu’avec des gains de productivité importants. La part de la l’industrie dans le PIB « par origine » s’est ainsi accrue de 9 points (18% à 27%) entre 1950 et 1977. Or, cette progression se fait alors que dans le même temps la production agricole se développe elle aussi très fortement. Cette période peut donc bien être considérée comme celle de la modernisation qualitative et pas seulement de la croissance quantitative de la France. Le taux d’investissement traduit lui aussi les effets de ce système de financement particulier. Il était tombé autour de 15% du PIB en 1952-1953, et il remonta jusqu’à atteindre 25% en 1974[25]. Cette forte croissance du taux d’investissement ne se fit pas au prix d’une forte restriction de la consommation des ménages. Au contraire, celle-ci se développa de plus en plus rapidement dans les années 1950et 1960[26].

Ce système institutionnel produisit des résultats spectaculaires[27]. Eric Monnet les décrit dans plusieurs publications[28]. Ainsi, le taux marginal d’efficacité du capital est-il positivement corrélé avec les crédits alloués[29]. Or, d’un strict point de vue de la théorie néo-classique (ou théorie dite « standard »), on aurait du s’attendre à ce que l’efficacité marginale du capital diminue avec l’accroissement de l’investissement[30]. Que cela n’ait pas été le cas indique que l’on se trouve, durant toute cette période (1945-1975) dans une situation où les rendements sont croissants. Mais, l’une des conséquences d’une telle situation est que les fonctionnements traditionnels de marché ne peuvent plus s’imposer. La présence de rendements croissants est d’ailleurs l’un des facteurs classiques de l’échec de marché.

Le système de financement largement contrôlé par l’Etat, ce que l’on appelle la « répression financière », a donc eu des conséquences positives pour le développement et la modernisation de l’économie française. On peut considérer qu’en réalité il n’y avait pas d’autres solutions aux problèmes posés tant par la reconstruction du pays après les destructions de la guerre que par l’impératif de développement et d’industrialisation qui s’est imposé à une grande partie de l’élite et de la population française. Ces leçons sont aussi confirmées par la trajectoire des pays de l’Asie du Sud-Est[31], et en particulier, le Japon, la Corée du Sud et Taiwan. Ces pays ont, eux aussi, utilisé peu ou prou des mesures fortement réglementaires, des instruments quantitatifs du crédit, et une forte intervention de la puissance publique[32]. Ces diverses expériences confirment que la préservation de la souveraineté économique, mais aussi monétaire, est bien un élément décisif dans la mise en place de politiques favorables au développement économique et social. Ces politiques s’adossent très souvent à un fort sentiment patriotique dans la société du pays considéré[33].

Ceci confirme les travaux de Dani Rodniki[34]. Les différents auteurs qui ont travaillés sur le développement économiques des pays d’Asie soulignent cinq conditions préalables qui ont contribué au succès de l’Asie de l’Est[35]: une politique de crédit qui devrait viser à atteindre les externalités positives plutôt que d’aider sans conditions industries en déclin, le fait que les entreprises doivent jouir d’une indépendance managériale sans interventions des créanciers et dans le cas des entreprises publiques que ces dernières ne doivent recevoir que des instructions générales de l’Etat et être libre de leurs choix de gestion, que l’Etat doit veiller à ce que les prêts sont remboursés, que la communication entre intervention publique et le secteur privé est effectivement essentielle et notamment la collecte et la diffusion de l’information sur les marchés, et que les taux d’intérêt réels devraient être positifs (ce qui nécessite une stabilité du taux d’inflation). Il faut noter ici que, dans le cas de la France, les taux d’intérêts réels furent très bas, et même, dans un certains nombre de cas, négatifs, pendant une partie de cette période. Il est donc possible que cette dernière condition ne soit pas nécessaire. Les périodes dans lesquelles le taux d’intérêt réel a été négatif, ou pratiquement proche de 0, ont été celles où la part de l’autofinancement dans le financement des investissements a été historiquement la plus élevée. De fait, dans le cas français, ce fut bien la situation qui a prédominé dans les années d’après-guerre[36]. En fait, l’une des conditions absolument essentielle est que la politique de financement soit pensée et intégrée comme une partie prenante de la politique de développement, et qu’elle soit à son service[37].

 

Cependant, pour obtenir ce renversement de la politique de financement, et cette mise au service de la croissance de la population et du bien-être de la population, il est impératif de sortir du cadre de l’Euro qui, aujourd’hui, impose au contraire une situation dite de « financiarisation » à l’économie française. Une sortie de l’Euro pour appliquer le même type de politique économique que dans la zone Euro n’a qu’un intérêt limité. Au contraire, si la sortie de l’Euro aboutit à cette transformation générale de la politique économique et de ses instruments, elle devient la condition initiale pour que la France rompe avec le chômage de masse et la faible croissance qui la minent depuis maintenant près de trente ans.

 

Notes

[1] Bibow J., « Global Im balances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This », in J. Bibow et A. Terzi (dir.), Euroland and the World Economy: Global Player or Global Drag?, New York (N. Y.), Palgrave Macmillan, 2007.

[2] Sur cette politique, F. Lordon, Les Quadratures de la politique économique, Albin Michel, 1997.

[3] Blanchard O. et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C., 2013. A. J. Auerbach et Y. Gorodnichenko « Measuring the Output Responses to Fiscal Policy », American Economic Journal: Economic Policy 2012, Vol. 4, n° 2, pp 1–27

[4] Ce point est développé dans Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’Euro, Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

[5] Le Glass-Steagall Act, qui fut voté le 16 juin 1933, était typique de ce que l’on a appelé la réglementation prohibitionniste. Il organisait le système bancaire américain en distinguant soigneusement les activités de « crédit » des activités de « marchés » en réaction aux désordres financiers qui avaient provoqué la crise de 1929. Ses deux auteurs ont été le sénateur de Virginie Carter Glass, qui en tant que secrétaire d’État au trésor avait créé la Réserve fédérale en 1913, et le représentant de l’Alabama Henry B. Steagall, alors président du Comité aux affaires bancaires et monétaires de la Chambre des représentants.

[6] Bloch-Lainé F. et J. Bouvier, (1986), La France restaurée 1944-1954, Paris, Fayard.

[7] Sapir J., Faut-il sortir de l’Euro ?, Le Seuil, Paris, 2012.

[8] Monnet E., (2016), ‘Monetary policy without interest rates – The French experience with quantitative controls (1948 to 1973)’ in Rue de la Banque newsletter de la Banque de France, n°17, janvier.

[9] Margairaz M., (1991) L’État, les finances et l’économie. Histoire d’une conversion, 2 tomes, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France. Bruguière M, (1992) Pour une renaissance de l’histoire financière XVIIIe-XIXe siècle, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France.

[10] Stiglitz J.E. (2010), ‘Risk and Global Economy Architecture: Why Full Financial Integration May Be Undesirable’ in American Economic Review, vol. 100, n°2, (May 2010), pp. 388-392.

[11] Carré, J., Malinvaud, E. & Dubois, P. (1972), La croissance française , un essai d’analyse

économique causale de l’après-guerre, Le Seuil, Paris

[12] Crafts, N. F. R. & Toniolo, G. (1996), Economic growth in Europe since 1945, Cambridge

University Press. Eichengreen, B. J. (2006), The European Economy Since 1945: Coordinated Capitalismand Beyond, Princeton University Press. Eichengreen, B. & Ritschl, A. (2009), ‘Understanding west German economic growth inthe 1950s’, Cliometrica, Vol. 3(3), pp. 191-219

[13] Carré, J., Malinvaud, E. & Dubois, P. (1972), La Croissance française , un essai d’analyse

économique causale de l’après-guerre, op.cit..

[14] Rousseau, P. L. & Sylla, R. (2001), ‘Financial systems, economic growth, and globalization’,

NBER Working Paper Series, Cambridge, MA., No. 8323

[15] Rajan, R. G. & Zingales, L. (1998), ‘Financial dependence and growth’, in The American

Economic Review vol. 88, n°(3), pp. 559-586 et Rousseau, P. L. (2002), ‘Historical perspectives on financial development and economic growth’, National Bureau of Economic Research, Cambridge, MA., Working Paper Series No. 9333

[16] Crédit national 1919-1969, Paris, Havas-Conseil, 1969. Le Crédit National fut constitué en 1920, pour servir la reconstruction des régions dévastées par la 1ère guerre mondiale.

[17] Wilson, J. S. G., (1957), French banking structure and credit policy., Bell, Londres ; Loriaux, M. M. (1991), France after hegemony, op.cit..

[18] Wade, R. (1992), Governing the Market, Princeton University Press.

[19] Le CNC fut un organisme créé en 1945, lors de la nationalisation de la Banque de France. Le Conseil National du Crédit détenait un pouvoir réglementaire sur l’appareil bancaire français et pouvait donner son avis sur toutes les structures concernant la distribution du crédit. Par la loi bancaire du 29 janvier 1984, il a été dessaisi de ses attributions réglementaires au profit du Comité de la réglementation bancaire et du Comité des établissements de crédit. La loi du 2 décembre 1945 « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit » a créé le Conseil national du crédit (CNC) et a défini ses fonctions.

[20] Andrieu, C. (1984), ‘A la recherche de la politique du crédit, 1946-1973’, in Revue Historique, vol. 271, n°(2), pp. 377-417

[21] Wilson, J. S. G., (1957), French banking structure and credit policy., op.cit.

[22] Andrieu, C. (1984), ‘A la recherche de la politique du crédit, 1946-1973’, Revue Historique, vol.

271, n°(2), pp. 377-417. Feiertag, O. (2006), Wilfrid Baumgartner : Un grand commis des finances à la croisée des pouvoirs, Comité pour l’Histoire économique et financière, Paris. Margairaz, M. (1991), L’Etat, les finances et l’économie : histoire d’une conversion, 1932-1952, op.cit..

[23] Kuisel, R. F. (1983), Capitalism and the state in modern France: renovation and economic

management in the twentieth century, Cambridge University Press, Cambridge – New York (édition o. Nord, P. G. (2010), France’s New Deal: From the Thirties to the Postwar Era, Princeton University Press Princeton, NY.

[24] Bouvier, J. (1979), L’investissement et son financement en France, 1945-1952, in Actes du

colloque: Le rôle des capitaux publics dans le financement de l’Europe occidentale, Bruylant, Bruxelles

[25] Guillaumont-Jeanneney S., (1992), « La politique monétaire française pendant la présidence du général de Gaulle », in De Gaulle en son siècle, Plon, La Documentation française, tome III, p. 74-93

[26] Bouvier J. et F. Caron (1982), in Braudel F. et E. Labrousse (edits.), Histoire économique et sociale de la France, PUF, 1982, book III, p. 1177 and ssq.

[27] Guillaumont-Jeanneney S., (1969), Politique monétaire et croissance économique en France 1950-1966, Paris, Colin.

[28] Monnet E., (2013), Financing a Planned Economy: Institutions and Credit Allocation in the French Golden Age of Growth (1954-1974), BEHL WORKING PAPER SERIES, WP-2013-02, Berkeley CA. Idem, (2014), “Monetary policy without interest rates. Evidence from France’s Golden Age (1948-1973) using a narrative approach”, in American Economic Journal: Macroeconomics , Octobre, Vol. 6, n°(4), pp. 137–169.

[29] Monnet E., (2013), Financing a Planned Economy: Institutions and Credit Allocation in the French Golden Age of Growth (1954-1974), op.cit., p. 8-9.

[30] Berrebi E et G. Abraham-Frois, (1995), Instabilité, Cycles et Chaos, Economica, Paris.

[31] Deyo F.C., (éd.), (1987), The Political Economy of the New Asian Industrialism, Cornell University Press, Ithaca, (NY.).

[32] Amsden A.H, (1994), ‘Why Isn’t the Whole World Experimenting with the East Asian Model To Develop?’ in World Development ,vol.22, n°4.

[33] Marshall B.K. (1967), Capitalism and Nationalism in Pre-War Japan. The Ideology of the Business Elite, 1868-1941, Stanford University press, Syanford, (Ca.). Yoshino M.Y. (1968), Japan’s Managerial System: Tradition and Innovation, MIT Press, Cambridge, (Mass.).

[34] Rodrik, D., Grossman, G. & Norman, V. (1994), ), ‘Getting interventions right: How South

Korea and Taiwan grew rich’, in Economic Policy vol. 10, n°(20), pp. 55-107.

[35] Vittas, D. & Cho, Y. J. (1995), Credit policies : lessons from east asia, Technical report,

The World Bank, Washington DC, Wade, R. (1992), Governing the Market, op.cit.. Arestis, P. & Demetriades, P. (1997), ‘Financial development and economic growth: assessing the evidence’, in The Economic Journal vol. 107, n°(442), pp. 783-799. Calomiris, C. W. & Himmelberg, C. P. (1995), Government credit policy and industrial performance : Japanese machine tool producers, 1963-91, Technical report, The World Bank, Washington DC.

[36] Villa P., « Productivité et accumulation du capital en France depuis 1896 », Document de recherches, INSEE, Paris, 1992.

[37] Okimoto D, T.Sugano, F.B.Weinstein, (1984), Competitive Edge , Stanford University Press, Stanford, CA. Amsden A. (1989), Asia’s Next Giant: South Korea and Late Idustrialization, Oxford University Press, Oxford et New York.

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Les vents mauvais soufflent sur Nuit debout !

10 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #La gauche, #Les Antifafs., #Antifascisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #la liberté

Nuit Debout et Antifas. Sylvain baron exclu de la place de la République vendredi 8 avril par des antifas (menacé par des antifas )

Bonjour.

Les vents mauvais soufflent sur Nuit debout ! Les Antifas tombent le masque à défaut de tomber la chemise.

Vous découvrirez que les antifas et autres personnes si promptes à débusquer un rouge-brun fut-il progressiste – cette personne ayant la mauvaise habitude de défendre une vision du monde non compatible avec l’Empire - restent bien timorés lorsqu’il s’agit de dénoncer les horreurs perpétrées par d’authentiques nazis.

Il suffit de défendre la République et l’Etat-nation, seuls remparts efficaces contre la déferlante ultralibérale qui balaie les conquis sociaux et autres services publics, pour recevoir l’estampille infamante de la part de ces chasseurs de pacotille.

C’est vrai que la répartition des rôles proposé par les maîtres du jeu, a laissé ce créneau souverainiste au seul Front National ! Il est très facile ensuite de pratiquer l’amalgame comme savaient si bien le faire les ministères de la propagande des régimes totalitaires, le docteur Goebbels en est la parfaite illustration.

Ces chasseurs de fascistes sont incapables de voir le vrai nazisme s’installer en Ukraine et y perpétrer d’horribles massacres. Comme ce fut le cas à Odessa le 2 mai 2014 où les descendants de la tristement célèbre division « DDASS Reich » ont brûlé vivants des militants pacifistes dans la maison des syndicats .

Ces chasseurs de fascistes deviennent fascistes eux-mêmes.

Peut-être sont-ils là sur ordres de leurs mentors atlantistes.

Peut-être ne voient-ils pas les nazis en Ukraine parce qu’ils ont les mêmes commanditaires ?

Seront-ils appelés à jouer le rôle des révolutionnaires du Maïdan ?

Ouf, ils ne sont pas encore armés de barre de fer, de chaînes d’acier, de fusils et autres pistolets. Pour l’instant ils ont seulement des couteaux.

Leur proximité avec les casseurs professionnels que sont les Black Blocks est surprenante. Ils sont cagoulés et violents … Toutes les caractéristiques du vrai fascisme tout de même.

Mais ne prêtez pas attention à mes propos ! Selon les spécimens sévissant dans les Alpes-Maritimes:

Je suis un affreux fasciste. Je suis un affreux rouge-brun. Je suis un défenseur du boucher Bachar El Assad. Je suis un défenseur du tyran et dictateur Poutine. Je suis un affreux complotiste. Je suis un affreux conspirationiste, et j’en passe…

Ne portez aucune attention à mes propos ! Ces gardiens de l’orthodoxie ordolibérale (j’espère à l’insu de leur plein gré) ont lancé toutes les fatwas nécessaires contre moi. Il n’y a pas de doute, je suis donc dangereux. Mes propos ne doivent pas être entendu…

Mais tout de même.

Pourtant il est urgent d’identifier l’adversaire, je dirais même qu’il est urgent d’identifier l’ennemi.

C’est simple pourtant, il suffirait de suivre les traces de ceux qui ont arraché par la lutte des classes tous les conquis sociaux que nous ne sommes même pas capables de préserver. Nous aurions automatiquement en contre point nos adversaires de classe, que dis-je, nos ennemis de classe !

C’est vrai que pour cela il faudrait avoir le courage et l’honnêteté d’identifier le relais institutionnel de la ploutocratie qu’est L’Union Européenne.

Il n’est pourtant pas bien difficile de s’apercevoir que le progrès social est incompatible avec la dictature de l’Union Européenne.

Bien cordialement

Lucien Pons

 



 



Je fus sans doute le premier arrivé ce jeudi 31 Mars 2016. Un jour pluvieux, où tandis que les manifestations de la journée se terminaient, j'errais trempé et frigorifié sur la place de la République en attendant que l'équipe de Fakir s'installe. Je répondais présent à leur appel diffusé sur facebook visant à s'opposer à la loi El Khomri par une occupation d'une grande place parisienne. Ce fut en effet bien moins la revendication de départ (avec laquelle j'étais de toute façon en osmose) que la volonté d'occuper le pavé la nuit durant qui m'attirait. Il y avait comme un parfum de révolution, et pour la première fois, un élément stratégique s'agglomérait à l'appel au rassemblement : après la manif, la manif continue ! Tout le temps, sans arrêt !
 
Le camionnette de l'équipe de Fakir arriva donc et débarqua du matériel. Je discutais un peu avec Manu rencontré sur place, militant communiste qui a pris le parti de suivre Jean-Luc Mélenchon dans son initiative de sortir de la logique des partis pour présenter sa candidature à la présidentielle. Un peu plus tard, une équipe du Droit au Logement (D.A.L) vint installer un barnum. J'aidais un peu et continuais à discuter avec deux sénégalais du problème du FRANC CFA. Peux renseignés sur les conséquences de la vassalisation monétaire de leur pays au Trésor Français, je leur recommandais de chercher sur internet une conférence de Nicolas Agbohou qui met un grand talent à expliquer ce mécanisme monétaire inventé par les nazis, et encore employé aujourd'hui par la France à l'encontre des peuples de 17 pays en Afrique. Bien que je fus élevé par un Tchadien, ce n'est pas mon beau-père ou nos amis d'Afrique qui m'ont expliqué le problème du FRANC C.F.A. Ce sont mes recherches propres qui ont fini par me faire connaître ce mécanisme de maintien de la colonisation en Afrique de notre propre pays. 
 
Ce premier soir était donc plein de promesses. Des discussions avec des dizaines de personnes tout au long de la soirée. La diffusion du film "Merci Patron" de François Ruffin, des concerts, des sourires, et même en milieu de nuit, un bref échange avec Frédéric Lordon où il accepta de me confier son numéro de téléphone, après que je lui eu indiqué que je terminais la rédaction d'un essai portant sur le droit de résistance à l'oppression, et que j'exerçais symboliquement ma propre part de résistance contre l'U.E en décrochant des drapeaux européens des institutions publiques. Je n'ai pas encore eu l'occasion de le contacter. Il faut dire que les jours et les nuits s’enchaînent depuis.
 
La première nuit donc, je notais que la place était ceinturée de chaque côté par des C.R.S. Nous fûmes d'ailleurs délogés à 5h30 du matin, au prétexte que nous ne faisions manifestement pas tous partie du D.A.L, qui avait réservé la place de la République auprès de la préfecture afin de permettre une telle opération. Lorsque je revins le second soir, je partis m'informer immédiatement auprès du commissaire ayant à superviser les C.R.S encore sur place, pour savoir qu'elles étaient les consignes qu'il avait reçu du préfet. Celui-ci se contenta de me signifier qu'il y aurait bien une évacuation dans la nuit. Lorsque je partis rejoindre les camarades sur la place, je discutais un peu avec des organisateurs du problème. J'avais en tête quelques idées, à savoir pour commencer veiller à ce que les autorités ne puissent plus utiliser un tel prétexte pour nous déloger, en demandant au D.A.L de nous proposer d'adhérer à leur association, ce qui permettrait donc de justifier que nous étions bien légitimes à occuper la place. En outre, je proposais de converger vers les médias dès lors que le préfet nous enverrait sa horde de "Robocop" pour nous "disperser". L'objectif : une occupation mobile de Paris nous permettant à la fois de ne pas rentrer en confrontation avec la maréchaussée (la vision d'une jeune fille au crâne fracassé par une matraque m'indispose terriblement), tout en permettant au mouvement de s'amplifier puisqu'il s'agirait dans ce cas d'obtenir quelques minutes d'antenne pour inviter les citoyens à nous rejoindre et nous renforcer, cela tout en portant les revendications que nous pourrions voter en Assemblée Générale, au-delà du prétexte de la loi El Khomri.

Car au premier comme au second jour, seuls les altermédias et un journaliste de France Culture étaient présents. BFM, France Télévisions, France Info et toute la médiacratie, se contentèrent de brefs communiqués ne s'intéressant aucunement aux discussions citoyennes qui sévissaient sur la place de la République. On préférait évoquer le nombre de manifestants, un petit témoignage sur la loi El Khomri, la dispersion à 5h30 du matin ou encore le soucis que cela causait à Anne Hidalgo de voir ces jeunes qui "privatisaient" une place publique. La bouffonnerie n'aura donc jamais aucune limite pour ces gens là....
 
Lorsque vers Minuit, dans la nuit du 1er au 2 Avril, je proposais une telle stratégie d'occupation mobile de Paris en Assemblée Générale, je perçus bien que pour une partie des camarades de lutte présents sur place, cela ne semblait pas faire consensus. Mais il restait toute la nuit pour discuter. Des petits groupes se formaient, on échangeait, et finalement je me rendais compte que beaucoup de jeunes se montraient intéressés par ma proposition, de même qu'ils saluaient l'idée d'adhérer au D.A.L pour occuper plus sereinement la place. Je partis à la rencontre à nouveau de leurs responsables du moment sur la place, pour savoir quand cesserait l'autorisation d'occupation. Lundi matin me répondit t-on. Je suggérais alors tant à ces responsables qu'aux coordinateurs qui œuvraient à animer la place de la République, à penser à réserver au plus vite un nouveau lieu d'occupation (j'avais évidemment en tête encore et toujours les médias) ou à minima veiller à ce que la place de République restât le lieu de rendez vous.
 
La proposition intéresse, je ne sais pas encore à ce stade si des démarches ont été entreprises en ce sens. Comme prévu, la horde de "Robocops" sera finalement déployée à 5h30 du matin, et si la plupart se montrèrent aimables lorsque je leur demandais de m'indiquer où se trouvait leur autorité, d'autres (dont un portant un foulard sous son casque) me regarda avec mépris sans me répondre. Ce fut le même dont se plaignirent deux jeunes qui venaient de se faire bousculer, simplement parce qu'ils venaient d'être réveillés et que l'un d'entre eux prenait "trop de temps" pour refaire ses lacets. Il n'y avait pourtant pas urgence, la ligne formée par les CRS ne correspondait pas à un encerclement visant à préparer notre dispersion. Il n'y avait donc aucune raison de bousculer qui que ce soit, et il serait une exigence tout à fait légitime pour les contribuables que nous sommes, que les officiers de police, qu'ils soient casqués ou non, se comportent comme des gens civilisés à notre égard. Répondre à des questions simples de citoyens et se montrer prévenant avec des jeunes ne provoquant manifestement aucun trouble à l'ordre publique, sont un devoir qui va au-delà de l'honneur de la fonction régalienne du policier. C'est un devoir vis à vis de son employeur qu'est le peuple, missionnant les forces de police pour garantir notre droit à la sûreté, non pour se comporter en cow-boys pétant plus haut que leur cul sous prétexte d'un uniforme et d'un bâton dans les pognes pour jouer les gros durs.

Je revins hier soir en me promettant d'aller m'entretenir avec le commissaire pour lui intimer l'ordre - et j'estime en tant que contribuable, être en droit d'intimer cet ordre - de rappeler aux forces mobilisées que l’amabilité est due à tout citoyen, et que le port de l'uniforme ne justifie aucune provocation ou bousculade de jeunes gens souhaitant juste récupérer leur affaires tranquillement s'il fallait quitter la place. Mais ce soir, pas de policiers aux quatre coins de la République. Pas de cars de C.R.S, pas de commissaire. J'apprendrais en revanche que les médias mainstream étaient enfin venus en nombre. Sans doute du fait qu'Olivier Besancenot soit venu faire sa promotion. 
 
Tout ce manège m’indifférait, je fis la bise à des personnes rencontrées les nuits précédentes, on discutait. Un camarade me suggéra d'aller me porter candidat pour animer un pôle action, car il pensait que je pouvais aider avec ma proposition d'occupation mobile de Paris. Je lui promis d'aller faire un tour vers le barnum ou l'on enregistrait les volontaires et les initiatives et où l'on tentait de coordonner les humains et les idées. Je partis avant écouter un peu des gens s'exprimer à la tribune. Une jeune femme relatait la loi Urvoas qui sera prochainement votée au Sénat et nous invitait à venir nous y opposer le jour du scrutin. Pour ma part, je demandais une prise de parole pour expliquer un peu la haute trahison au sens du droit pénal, et quels crimes objectifs pouvait-on reprocher au président de la République. Il s'agit bien de légitimer l'exercice de notre droit de résistance en démontrant que nous avons affaire à une tyrannie qui pratique "des intelligences avec des puissances étrangères". Faire comprendre la différence entre l'acte ou la décision politique profondément immorale ou antisociale d'un dirigeant, d'un véritable crime de lèse-nation était mon seul soucis du moment. Je ne crois pas que ceux qui m'ont écouté m'en ont voulu de mon petit laïus. D'ailleurs, certaines personnes sont venues ensuite m'interroger sur les lois que je soulevais. 
 
Peu après, alors que je discutais des ressorts ayant permis au Mouvement Podemos de s'instituer en Espagne avec une artiste venue nous renforcer, un type au crâne rasé m'interpelle par mon nom. Habitué à ce que des gens me reconnaissent dans des manifs, je confirme que c'est bien moi en tendant ma main pour le saluer. Mais celui-ci se montre immédiatement menaçant en refusant ma main tendue. Il m'explique que je ne suis pas le bienvenue et qu'il va me faire sortir. Je reconnais que sur le moment, le poivre me monta vite au nez. Je compris en effet que des antifas qui n'étaient pas présents les jours précédents, avaient décidé de venir troller le mouvement. J'attrapais donc crâne d'oeuf par le col, le repoussa et lui fis clairement comprendre que si une personne risquait bien de devoir partir, c'était lui. Un nouveau gros con (désolé mais je n'ai pas meilleur mot) apparut alors sur le côté et sortit ce qui semblait une lame de son blouson en espérant m'intimider ainsi [édit : après échanges avec l'adversaire, il s'agissait d'une cigarette électronique]. Je lui demandais s'il avait besoin d'un couteau pour régler ses conflits avec moi. D'autres antifas s'approchèrent. Ils étaient au nombre de huit ou neuf, dont un grand costaud portant un béret noir avec une étoile rouge. C'était visiblement le meneur du groupe de nazillons "antifas". En bande serrée, ils me repoussèrent vers l'extérieur de la place de la République en me signifiant que j'étais "d'extrême droite, car c'est bien connu" (vous avouerez que l'argument ne souffre ainsi d'aucun débat). Je tentais de résister avec quelques amis présents sur place sans parvenir à mes fins. J'avais envie de mettre au tapis le grand costaud tant j'étais sous l'emprise de ma propre fureur, dans l'espoir que cela démoraliserait sa petite bande qui le suivait de près avec une méthode très "CRS" pour le coup. Mais je me méfiais. Le grand con qui avait sorti sa lame quelques minutes auparavant pouvait partir dans un mauvais délire, et nous ne faisions pas le poids en nombre.
 
Au final, des gens qui n'étaient pas présents les jours précédents, se présentant avec un brassard "sécurité", certains ayant la dégaine de néo-nazis ou encore de black-blocks avec le look "capuche/écharpe" sur la bouche, étaient en train de souiller mon honneur, mes idéaux, me menacer physiquement et cette fois-ci donc, pas de flics pour assurer mon droit à la sûreté. Ces fachos entravaient la liberté d'expression par la violence et jetaient leurs vents mauvais sur "Nuit debout".

Ce n'est pas sur mon blog que je compte me justifier d'être un bon gauchiste dans l'âme. Ceux qui me connaissent savent - et pour certains me reprochent - d'être quelque peu "bisounours" sur mes valeurs libertaires. De même que je me revendique très clairement de l'éco-socialisme s'agissant de mes vues économiques. Plus gauchiste que moi, tu meurs, diraient certains, mais je ne suis pas homme d'étiquette. Malgré qu'il est bien connu que je sois malgré tout un indécrottable gauchiste, j'étais donc désormais un type d'extrême droite, moi qui n'ait jamais eu besoin de tomber dans les pièges de la haine. Cette agression intervint après un lobbying intensif sur ma propre page facebook (où je ne le censurerais pas)  d'un troll se faisant appeler "Bordeaux Gironde" tenant un blog lui-même intitulé "BordeauxBordel.antifa-net". Une page dédiée à la calomnie des activistes et lanceurs d'alerte n'ayant rien à voir de près ou de loin à l'extrême droite, va alors me diffamer en motivant son accusation avec un lien renvoyant à l'appréciation de "Bordeaux Bordel" sur le journal "Poil à Gratter !" que j'ai contribué à mettre en place :
 
 
Me voila donc associé à la mouvance Soralienne. N'ayant jamais adhéré à Egalité & Réconciliation ni même donné considération tant aux idéaux qu'en la personne d'Alain Soral, je suis malgré tout salis sans que je ne puisse y changer quoi que ce soit. Ajoutons que l'administrateur de la page "Citoyens contre le FN" parle explicitement de "virer" tant ma trogne que tous militants de l'UPR ou journalistes du Cercle des Volontaires, dont j'assume ici de dire qu'ils n'ont rien voir dans leurs idéaux avec les thèses de M. Soral. Mais bon, il s'agissait de salir par association toute entité un peu trop habile dans son travail d'éducation populaire. En tout cas, que l'administrateur de cette page m'explique comment on vire des personnes autrement que par la violence d'un lieu de rassemblement et qui est il pour décider de qui peut se présenter ou non dans un lieu public pour manifester avec ses concitoyens ?
 
Il faut dire que le reportage d'Agence infolibre a fait quelques 26.000 vues sur facebook et près de 800 partages en moins de 24 heures. L'on m'entend y proposer la stratégie d'occupation mobile de Paris qui a dû inquiéter sans doute quelques personnes quelque part...
 
Je suis donc un type d'extrême droite qui est un défenseur acharné de la démocratie directe, qui tolère même d'être accusé sur ma propre page de "facho" par des trolls sans jamais les censurer par seul souci d'être intègre sur la liberté d'opinion des uns et des autres, y compris à mon encontre ; je suis un facho d'extrême droite hostile à la peine de mort ; favorable à la légalisation du cannabis ; un facho d'extrême droite n'ayant jamais voté FN de ma vie, et qui dans une manifestation où j'étais finalement en osmose avec une jeunesse aussi réaliste sur notre condition sociale qu'universaliste dans ses valeurs, qui se retrouvait ainsi sanctuarisé dans son extrême-droititude "car c'est bien connu" et "qu'on ne discute pas avec l'extrême droite". Des arguments forts, n'est-il pas ?
 
Mon droit à la sûreté n'étant plus garanti, et la liberté d'expression qui se doit d'être un empire dans un mouvement tel que "Nuit Debout" n'étant plus assurée avec la présence de ces individus qui sont pourtant eux, de parfaits fachos, je ne pourrais donc être présent ce soir parmi vous. 
 
Je suis terriblement en colère et frustré de ce qu'il s'est passé. Jamais ces individus n'ont souhaité démontrer par la preuve que j'étais un type aux idées sulfureuses. Des manifestants consternés s'indignaient de ce qu'il se passait, mais comme aucun C.R.S n'était là pour exfiltrer ces merdeux, alors que leur présence fut constante les jours précédents, j'en arrive tout de même à m'interroger sur l'identité de mes agresseurs. 
 
Si toute ou partie d'entre eux provenaient des "services", dans ce cas, il revient aux policiers de faire eux-même le ménage dans leur institution. Car il est intolérable que nos forces de police soient utilisées à des fins politiques au profit de la tyrannie actuellement à l'oeuvre au plus haut sommet de l'Etat.
 
Si en revanche, ces individus venaient d'une toute autre entité (tel que le NPA de M. Besancenot, dont on sait qu'avec la C.N.T que cette formation politique est devenue un haut lieu d'infiltration pour ces milices fascistes promouvant l'inversion des valeurs et des idées par la violence), il revient de toute façon aux services de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, dont je suis parfaitement conscient qu'elle surveille mes travaux y compris sur ce blog, de faire son travail pour s'assurer que de telles milices ultra-violentes, soient surveillées et exfiltrées le cas échéant, par les autorités compétentes. Certains parmi mes amis, déjà, me parlent de disposer d'un "service de sécurité personnel" du fait que, toute relative que soit ma visibilité sur internet, je gène forcément certains intérêts qui n'hésitent pas à recourir à des milices fascistes intelligemment auto-proclamées "antifas" pour chercher à m'intimider et m'empêcher de militer librement.
 
Je refuse de succomber à la peur. Le droit à la sûreté est la base du contrat social impliquant la légitimité d'un ordre juridique sur nos vies. Si pas un seul îlotier - en plein climat anxiogène sur l'état d'urgence - n'est là pour assurer le droit à la sûreté de tout un chacun, ou que les amitiés que je noue progressivement avec des gens dans un Mouvement où je ne me suis jamais senti dépaysé dans mes aspirations libertaires, ne permettent pas pour autant de garantir que ce seront bien les fachos réels qui seront poussés vers la sortie par le nombre, et non des "bisounours" dans mon genre, alors c'est qu'il n'y rien à espérer de notre désir de partage, d'échange, indépendamment de tous nos horizons de croyances et de questionnements politiques. Ces réflexions politiques seront donc réduites à des échanges sur quantités de sujets certes, mais je ne serai plus là pour évoquer le droit de résistance, la haute trahison dans le droit pénal, ce que l'on peut trouver dans les traités européens, le droit international, ou encore des stratégies d'occupation de la capitale qui soient à la fois pacifiques et efficientes.
 
Je ne suis certes pas indispensable, et je conviens que mes préoccupations sont tout à fait celles véhiculées par l'extrême droite. Mais si finalement, un seul d'entre nous n'a plus le droit de circuler et exprimer librement ses opinions dans un Mouvement populaire, alors nous avons déjà perdu la bataille qui visait à nous unifier vers un combat bien plus large que celui de mettre en échec la loi El Khomri. Je ne pourrais donc que m'en remettre à mes premiers réseaux, ceux pour qui mes idées affreusement "droitières" font sens, que l'on s'estime de gauche, de droite, ou comme moi, sans étiquette sur le front, si ce n'est celle de notre libre raison critique sur l'état social et démocratique de notre pays. De toute façon, demain matin, lundi, la réservation par le D.A.L de la place de la République sera terminée, et à n'en pas douter, Madame Hidalgo sera ravie de constater que les hordes de Robocop s'assureront que les braves gauchistes que nous étions, cesseront de "privatiser" l'espace public avec un petit coup de pouce de l'association militant pour le droit au logement.

Le Jubilé des peuples, répondant lui de la stratégie d'occupation que je proposais dans la vidéo qu'a relayé Agence Infolibre, ainsi que de revendications plus larges telles que la destitution du chef de l'Etat, la sortie de l'U.E, l'euro et l'OTAN et l'organisation d'une Constituante, est toujours prévue pour le 7 ; 8 et 9 mai prochain. A défaut de voir Nuit Debout trouver sa chance de créer les convergences et peut-être la stratégie d'occupation mobile pour initier un Mouvement durable et pacifique du fait que ces vents mauvais viennent compliquer le soutien "technique" que j'espérais apporter, je sais cependant que tous ceux qui viendront chatouiller les journalistes de propagande avec moi en Mai prochain, eux ne se poseront pas de question pour distinguer qui sont les vrais fachos des démocrates.
 
Je reconnais ma part d'amertume. Je ne me sens pas sali dans mon cœur, car je sais qui je suis et quelles sont mes valeurs, mais mon agression ne fait que succéder à de nombreuses autres ces derniers jours d'activistes ou alter-journalistes que je connais bien, que ce soit à Brest ou à Paris. Ce ne sont en rien des fascisants, et ils ne lâcheront rien comme moi, malgré ces agressions répétées au fil des années, voire des semaines pour certains d'entre nous. Les lanceurs d'alerte n'ont qu'à bien se tenir, tant que les cagoulés, crânes rasés et nervis de tous poils se réclamant de "l'antifascisme" continueront leur basse besogne, avec le quasi soutien des services de police et des formations politiques de gauche et les syndicats rendues totalement aveugles, car "c'est bien connu", "on ne discute pas avec l'extrême droite" au risque d'apprendre que l'extrême droite serait finalement de gauche...
 
Avec mes amitiés pour Matthieu et Jonathan qui ont mangé bien plus souvent que moi les coups des milices contre-révolutionnaires, et mes regrets de ne pouvoir être avec vous ce soir pour les indignés de la place de la République.
Sylvain Baron

Commentaire d'Alain Benajam.

Nous discutons en ce moment avec Thierry Meyssan sur le sens de la révolte des bobos parisiens bien encadrés par une milice du régime.
Ceci présente tous les signes du révolution colorée en devenir. Dans ce type d'action menée en sous main par des organisations étasuniennes (autour de Soros). C'est l'état français qui serait visé, les danseurs de nuit ne sont là que pour faire diversion et bien sure au moment voulu servir de victimes nécessitant un cou d'état (voir Maiden)
Les désastreuses prestations de Flamby et avant lui de Sarko. pourraient obliger le maître mondialiste à changer de cheval et de nous en présenter un plus présentable plus mondialiste, plus doux, plus gauchiste.
Il est certain que si les successions de bons à nibes continent en France c'est une véritable révolution patriotique et nationale qui risque de survenir et ce serait terrifiant pour l'oligarchie d'ou les expulsions manu militari de notre ami Sylvain Baron
Alors le gauchisme, c'est bon pour le mondialisme et l'impérialisme.

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Référendum : les Néerlandais disent non à l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Ukraine, #Europe supranationale, #la liberté

Référendum : les Néerlandais disent non à l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE

 

Les électeurs néerlandais ont dit massivement non, mercredi, à l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne lors d'un référendum «consultatif» qui a seulement mobilisé deux Néerlandais sur trois.

Correspondant à Bruxelles

Deux Néerlandais sur trois n'ont pas pris la peine de se rendre à l'isoloir, mais le résultat est sans appel: à plus de 60%, les électeurs ont rejeté mercredi l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE, dans un scrutin considéré comme une gifle de plus pour l'Europe. Un taux qui semblait se confirmer en fin de soirée à en croire les projections de l'agence de presse néerlandaise ANP, basée sur près de 40% des votes.

Une heure après la clôture des bureaux de vote, l'incertitude subsistait toutefois sur la validité du référendum «consultatif» lancé après une campagne de signatures, comme le permet la loi néerlandaise. En dessous de 30% de participation, le vote est considéré comme nul et non avenu.

Les Pays Bas ont une image de trouble-fête parmi les pays fondateurs de l'UE. En 2005, ils avaient rejeté le traité de Constitution européenne, trois jours après que la France en eut fait tout autant. Cette fois le résultat s'inscrit dans une spirale continentale de pessimisme, liée aux doutes des électeurs, au suspense sur le référendum britannique du 23 juin et à l'impuissance politique de l'Europe.

La Haye est la dernière des 28 capitales à n'avoir pas ratifié l'accord d'association conclu l'an dernier avec l'Ukraine, un traité-valise qui encadre les liens politiques, culturels et commerciaux que Kiev veut nouer avec l'UE. Un vote au parlement aurait pu suffire. Jusqu'à ce que 300.000 Néerlandais motivés n'alignent les signatures requises au bas d'une pétition pour obtenir un référendum.

Depuis, la cabale s'est emballée et le «non» a soudé une coalition hétéroclite de souverainistes, d'europhobes, d'extrémistes des deux bords et d'admirateurs de Vladimir Poutine. En face, peu de Néerlandais ont saisi l'enjeu et réalisé que le référendum dépassait la question du soutien à l'Ukraine pour se muer en vote pour ou contre l'UE. Il risque maintenant de retentir bien au-delà des frontières.

L'ironie est que le référendum ne lie pas constitutionnellement les mains du gouvernement. Il est purement consultatif et son résultat non-contraignant. Mais si le résultat est validé, le gouvernement de Mark Rutte devra au moins en tenir compte, à moins d'un an d'élections législatives. Appliquer le traité avec l'Ukraine malgré le «non» ne ferait qu'ancrer des critiques récurrentes contre le «déficit démocratique» en Europe, à deux mois du vote des Britanniques sur leur appartenance à l'UE.

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Non au hold-up sur la présidentielle, non à la loi Urvoas !

5 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #la liberté, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le fascisme

Non au hold-up sur la présidentielle, non à la loi Urvoas !

La loi de « modernisation des règles applicables à l’élection présidentielle », introduite fin octobre 2015 par le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, a été adoptée le 16 décembre 2015 à l’Assemblée Nationale.

Dans cette vidéo vous comprendrez en quoi les principes de cette loi verrouillent le débat présidentiel pour le rendre captif des grands partis, des médias et des puissances d’argent qui les possèdent.

Signez la pétition contre cette loi scandaleuse :
http://www.holdup-presidentielle.fr/form/form_petition2.php

Partagez la vidéo, demandez à vos associations favorites de devenir partenaire de la pétition et laissez votre email pour être tenu au courant des suites de la bataille.

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Action contre Linky! agissez!…

27 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #la liberté, #Energie, #Services publics

Action contre Linky! agissez!…

 

De la part d’Annie Lobé, journaliste scientifique indépendante

Le président d’ERDF Pierre Monloubou a envoyé par courrier postal ET
par mail à tous les maires une lettre et une documentation qui
s’avèrent, à l’examen, être passibles de la qualification de faux en
écriture :

http://www.santepublique-editions.fr/objects/examen-lettre-de-pierre-monloubou-ERDF-aux-maires.pdf

Je vous suggère vivement d’envoyer par mail ce lien à votre maire,
ainsi qu’à tous les maires dont vous pourrez trouver les coordonnées.

(voir dans mon précédent mail comment procéder :
http://www.santepublique-editions.fr/objects/mail-d-annie-lobe-14-mars-2016.pdf
http://www.santepublique-editions.fr/objects/mail-d-annie-lobe-14-mars-2016.doc
http://www.santepublique-editions.fr/objects/mail-d-annie-lobe-14-mars-2016.rtf)

Alors que le président de l’AMF François Baroin vient de rendre
publique hier une lettre qu’il a adressée à Manuel Valls et Ségolène
Royal pour leur demander de « rassurer les maires » à propos du Linky :

 

http://www.connaissancedesenergies.org/afp/letat-doit-rassurer-sur-le-compteur-linky-demande-lassociation-des-maires-de-france-160324

ces manipulations sont de plus en plus intolérables et doivent cesser.

Il reste une semaine pour envoyer en recommandée avant le 31 mars
2016, si vous ne l’avez pas déjà fait, au Gouvernement et aux trois
responsables nationaux d’ERDF, la mise en demeure d’abroger les
articles de loi instaurant le déploiement des compteurs communicants,
de cesser immédiatement ce déploiement sur tout le territoire français
et de procéder à la dépose de tous les compteurs déjà installés* :

http://www.santepublique-editions.fr/petition-contre-linky-le-compteur-a-radiofrequences-c.html#abrogation
http://www.santepublique-editions.fr/petition-contre-linky-le-compteur-a-radiofrequences-c.html#lettreerdf

Merci à tous ceux qui ont agi et agiront dans ce sens !

Pour gagner ce combat, unissons les efforts de tous et de toutes dans
une action commune !

58 communes à ce jour ont fait connaître leur délibération de refus du
Linky.

Ces délibérations sont le meilleur moyen d’action car elles protègent
les citoyens et les élus, et font pression sur le Gouvernement.

Si votre maire est de bonne volonté, il peut être utile de lui
communiquer un modèle de délibération solide juridiquement :
http://www.santepublique-editions.fr/objects/refus-du-linky-extrait-du-registre-des-deliberations-cales-en-perigord.pdf

Il trouvera sur cette page toutes les informations utiles pour agir :

http://www.santepublique-editions.fr/Linky.html

Si votre maire est de mauvaise volonté, il convient de lui envoyer la
lettre recommandée :

http://www.santepublique-editions.fr/agir-avec-vos-voisins-contre-l-implantation-des-compteurs-linky-dans-votre-immeuble-c.html#linkymaire
(Première version : « opposition », Deuxième version : « soft)

Des nouvelles informations (notamment par rapport aux assurances) ont
été mises en ligne ici :

http://www.santepublique-editions.fr/questions-reponses-sur-le-linky.html

Voilà.

Merci à vous, merci à tous et à toutes.

Bien sincèrement à vous,
Annie Lobé
Journaliste scientifique indépendante

PS : Il est totalement gratuit d’écrire en recommandée avec accusé de
réception au président de la République.
ll suffit pour cela de ne pas mentionner, sur l’enveloppe, le nom du
chef de l’Etat, écrire seulement :

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Et sur le bordereau à l’emplacement du coût, le-la préposé-e qui
effectuera votre envoi indiquera simplement « FP » (Franchise postale).
Donc n’hésitez pas à glisser, dans l’enveloppe avec la lettre de mise
en demeure au 31 mars 2016, la première lettre qui a déjà été envoyée
par 400 personnes et qui figure ici.

http://www.santepublique-editions.fr/lettre-a-envoyer-a-francois-hollande-pour-garantir-la-france-contre-l-accident-nucleaire.html
(au choix, version « Linky + nucléaire » ou version « Linky seul »)

Puisque c’est gratuit, atteignons les 4000 envois !

* Si vous n’avez pas d’imprimante, vous pouvez envoyer les mises en
demeure par mail :
http://www.santepublique-editions.fr/petition-contre-linky-le-compteur-a-radiofrequences.html


En savoir plus sur

http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/26/action-contre-linky-agissez/#WyzFtllQPLzsFIfh.99

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[Propagande] Trop fort Bruno Denaes, le médiateur de Radio France !

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Les média, #la liberté

Petit coup de gueule du soir.

Radio France dispose d’un médiateur pour “porter votre parole auprès des unités de programmes et des rédactions.”

mediateur-3

Après un nouvel accès de racisme ordinaire anti-russe sur les ondes, un auditeur a réagi en saisissant le médiateur :

mediateur-4

“Depuis un moment déjà une sorte de propagande anti-russie semble régner au sein de la rédaction comme de certaines émissions sur tous les “fronts” (intérieur, personnel/Poutine, Syrie, Crimée, etc.). Celle-ci s’entend dans les tournures des journalistes eux-mêmes mais surtout dans les interventions des correspondants et des “experts” choisis pour intervenir et dont l’orientation est assez systématique. Il n’est pas rare d’entendre deux et même trois de ces dernier(e)s invités en même temps et défendre un point de vue identique, ce qui de surprenant devient ridicule de caricature. On a l’impression d’écouter radio-OTAN… faire son travail de désinformation pour formater l’opinion. Un minimum de pluralité de vues serait bienvenue.”

Demander une pluralité de vues pour mieux comprendre les problèmes complexes actuels ? Quel rêveur !

Voici la réponse de Bruno Denaes, nouveau médiateur de Radio France :

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“Non, il ne s’agit pas de propagande, mais de faits et d’explications de ces faits. A défaut, justement, d’être aveugle ou… militant, il est difficile d’admettre que la Russie soit un havre de démocratie (les médias sont à la solde du gouvernement), qu’elle défend les droits de l’homme en Syrie (elle s’est engagée auprès du dictateur qui dirige ce pays), qu’elle ne soit pas “impérialiste” (elle s’approprie la Crimée, appartenant pourtant à un pays légitime, l’Ukraine)… “

J’avoue avoir été scié – mais bon, après tout, le médiateur ne s’informe-t-il qu’en écoutant Radio France, ce qui doit expliquer tout ceci…

Je précise que Bruno Denaes a été rédacteur en chef en charge de la journée, et qu’il intervient régulièrement à l’Institut de journalisme de Bordeaux-Aquitaine, de l’Ecole de journalisme de Toulouse et de l’ESJ Lille.

 

Je rappellerai que, bien évidemment, comme l’explique Chomsky par exemple (il est enseigné à l’ESJ ?), les médias de chaque pays réalisent une propagande qui va dans le sens de leur gouvernement.

Et que, oui, la propagande en Russie est souvent plus intense que chez nous – la différence étant cependant que les Russes, eux, on facilement accès à des sources alternatives étrangères… Mais la propagande en Russie est le problème des Russes, le nôtre est de limiter au maximum celle que nous subissons en France – a fortiori si elle est subventionnée par nos propres impôts…

Alors pour répondre à cette prose, je rappellerai par exemple :

  • que non, tous les médias en Russie ne sont pas “à la solde du gouvernement”, il existe une presse d’opposition férocement anti-Poutine – et on lira dans ces journaux d’opposition des choses d’une virulence introuvable en France
  • que tous NOS journaux appartiennent à des milliardaires, et qu’il n’en existe aucun d’opposition au Système actuel
  • que je ne sais pas si la Russie est “un havre de Démocratie”. Je sais qu’elle dispose d’un Président élu, populaire à 80/90 %, d’un Parlement élu, à la proportionnelle où tous les partis sont représentés équitablement, etc. Je sais que ce n’est pas parfait, mais quand on voit le parcours en 30 ans, on peut être optimiste.
  • que je sais en revanche que la France n’est pas une Démocratie – qui s’entend comme “le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple” – puisque nous avons “le gouvernement du peuple, par les énarques, pour le compte du 0,1 %”. Bien entendu, seuls les sots penseront que le contraire de la Démocratie est la Dictature, alors que le ce contraire de la Démocratie est la “non-Démocratie”. La Dictature est une non-Démocratie, mais le système de non-Démocratie libérale dans laquelle nous sommes en est une aussi – évidemment bien plus confortable que la Dictature, vu que je peux (pour le moment) écrire ceci sans risquer une balle dans la tête demain. Mais notre combat devrait être d’instaurer la Démocratie chez nous (du genre “réaliser des référendums régulier et les respecter”, “ne pas espionner sa population”, “limiter les inégalités”, “lutter contra la corruption du système politique”, “arrêter d’effrayer la population en parlant sans cesse de terrorisme” etc). Quand on voit le parcours en 30 ans, on peut être très pessimiste
  • que je ne connais aucun gouvernement qui “défende les Droits de l’Homme en Syrie”, ni ailleurs. C’est un conte pour enfants, comme le père Noël. Eh oui, désolé, la géopolitique, c’est un peu plus compliqué que “les gentils contre les méchants”…
  • que je connais un gouvernement, le mien, qui défend des Djihadistes et leur a livré des armes (Hollande l’a lui même reconnu, ce qui est évidemment totalement illégal au niveau du droit international, mais chut), entrainant la mort de dizaines de milliers de troufions syriens (mais l’appelé du contingent syrien étant une “non-personne”, sa mort n’émeut jamais un journaliste occidental), qui décore de la légion d’honneur un prince moyenâgeux d’un pays qui finance le terrorisme (l’Arabie), et négocie l’entrée dans l’UE d’un autre pays sponsor du terrorisme, qui vient d’ailleurs de la rançonner de 6 milliards d’euros (la Turquie)
  • dans notre Démocratie exemplaire, avec des Médias aussi indépendants, j’attends toujours l’enquête sur l’Élysée qui aurait trafiqué le rapport devant nous convaincre de bombarder Assad en 2013, et plus largement sur le rôle de la France dans la guerre en Syrie Je recommande enfin l’écoute de cette formidable émission de France Inter : Daesh : autopsie d’un monstre, dont le reste de l’antenne de Radio France ferait mieux de s’inspirer…
  • qu’oser éructer sur “l’impérialisme” de la Russie en dit long sur les œillères du locuteur – surtout quand on appartient au pays qui a détruit la Libye (avec le soutien de Radio France qui a par exemple ouvert ses ondes à BHL pour qu’il y délivre sa propagande – à quel titre, on ne le saura jamais) , ultime victime d’une litanie de souffrance que nous avons causées dans le monde
  • que, quand la France, ancienne puissance coloniale, s’occupe de la Syrie, en aidant les allahuakbars locaux, c’est juste pour l’aider, hein…
  • que, comme au Kosovo, le Parlement de la République Autonome de Crimée a voté son indépendance (et si ça s’appelle justement République Autonome, cela a des implications, hein…), mais qu’à la différence du Kosovo, la population (majoritairement russe) a voté pour son indépendance (le Parlement avait même demandé des observateurs de l’OCDE, mais l’Occident a refusé). Et que de nombreux juristes contestent le rattachement de la Crimée à l’Ukraine en 1954 (Lire par exemple ici, ici ou ici – ça sert à ça le pluralisme…). L’Ukraine a eu le droit de quitter l’URSS, mais la Crimée n’aurait donc pas le droit de quitter l’Ukraine – pourquoi, on ne le saura pas…
  • et qu’enfin, je ne sais pas ce qu’est “un pays légitime” hein…

Et je re-précise qu’on peut dire ceci sans être le moins du monde un soutien de Vladimir Poutine – il suffit juste d’avoir une certaine idée de l’éthique de la profession de journaliste.

Bref, M. Denaes, n’hésitez pas à demander qu’on invite au hasard, Jacques Sapir, Pascal Boniface, Fabrice Balanche, Frédéric Pichon, Georges Malbrunot – vous allez apprendre plein de trucs ! :)

Sans rancune – on compte vraiment sur vous – il n’y a pas de Démocratie sans Pluralisme…

 

Alors, si vous aussi vous avez des choses à dire au Médiateur, n’hésitez pas, on peut lui écrire ici, ou le contacter sur Twitter ici – c’est important de ne pas laisser passer…

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 [Propagande] Trop fort Bruno Denaes, le médiateur de Radio France !

Commentaires recommandés

Nicolas Le 21 mars 2016 à 22h05
 
 

Ce n’est même pas parce que nos médias sont contrôlés par l’Etat ou des milliardaires que les journalistes sont d’un tel parti pris. C’est parce qu’ils y croient dur comme fer. Bien sûr, la nomination des directeurs de publication et des rédacteurs en chef permet d’orienter l’information. Mais pour Le Monde, Libération, Le Figaro, France Inter, … il n’y en a même pas besoin. C’est un petit milieu où tout le monde pense la même chose. Les auditeurs qui se plaignent sont soit des cons, soit des militants. C’est presque plus effrayant que si les journalistes recevaient réellement des ordres. En même temps, cela peut avoir des aspects comiques. C’est parce qu’il n’y a pas de contrôle “actif” qu’un Paul Moreira peut diffuser son reportage sur l’Ukraine sans problème. Du coup, ce sont ses confrères qui lui sont tombés dessus. Idem pour l’émission de France 2 il y a quelques semaines qui, pour la première fois, donnait un autre son de cloche sur la Syrie.

Bref, l’incompétence des journalistes est bien plus à craindre que leur éventuel contrôle.

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