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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Fusillade Montrouge : Clarissa Jean-Philippe tuée en service.

9 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La guerre, #La mondialisation, #L'OTAN., #Europe supranationale

Fusillade Montrouge : Clarissa Jean-Philippe tuée en service

Publié le 08 janvier 2015 
clarissa.jpg
© LCI
Jean-Claude Samyde

 

Clarissa Jean-Philippe, policière municipale stagiaire, tuée dans la fusillade de ce jeudi matin aux portes de Paris à Montrouge (Hauts-de-Seine) moins de 24 heures après l'attentat contre Charlie Hebdo (sans qu'aucun lien soit établi). La jeune femme était d’origine martiniquaise.

La policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, 26 ans, originaire de Sainte-Marie, prise pour cible lors de la fusillade qui a éclaté à Montrouge (Hauts-de-Seine), au sud de Paris, jeudi 8 janvier au matin, est morte, selon plusieurs sources policières. Un agent de la voirie a également été blessé. L'auteur des coups de feu est en fuite. Ces tirs n'ont, selon les premiers éléments de l'enquête, aucun lien avec l'attentat qui a fait 12 morts mercredi au siège de Charlie Hebdo. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête.

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Sur l'Europe...Le général de Gaulle se lâche... "Je suis couillonné, eh bien, voilà, je fous le camp ! "

8 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #AMERIQUE

Jeudi 8 janvier 2015 

COMITE VALMY

 

Pour la Commission européenne :

l’appartenance à la zone euro est « irrévocable »...

Charles de Gaulle :

"Je suis couillonné, eh bien, voilà, je fous le camp ! "

Texte actualisé le 5 janvier 2015

mardi 6 janvier 2015, par Comité Valmy

  • Actualisation le 5 janvier 2015, de cet article mis en ligne en septembre 2011, en réponse à cette déclaration arrogante de la Commission européenne :
  • Grèce : pour la Commission européenne, l’appartenance à la zone euro est « irrévocable ».
  • L’appartenance d’un pays à la zone euro est « irrévocable », a rappelé lundi 5 janvier Annika Breidthardt, une porte-parole de la Commission européenne, en réponse à une question sur une possible sortie de la Grèce de la monnaie unique. Rappelant que cette règle était inscrite dans le traité européen.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/05/grece-pour-la-commission-europeenne-l-appartenance-a-la-zone-euro-est-irrevocable_4549370_3214.html

Pour Charles de Gaulle dans cette Europe, rien ne saurait être irrévocable ou irréversible. Il en est certainement de même pour le peuple de France.

 

L’article qui suit, paru le 2 septembre 2008, connait depuis quelques jours un remarquable succès. Il s’agit d’une interview du général de Gaulle alors au pouvoir, au sujet de la possibilité de quitter l’Union européenne alors que la modalité de sortie n’était pas prévue dans le traité de Rome. (comme la possibilité de sortie de l’euro n’était pas prévue dans le traité de Maastricht, ce qui oblige à quitter l’Union européenne pour quitter l’euro).

La réponse magistrale du Général est d’une lumineuse simplicité qui vérifie l’adage : "les grandes idées n’ont pas d’âge, elle n’ont qu’un avenir".

Cerise sur le gâteau, on y vérifie accessoirement que de Gaulle préférait un rapprochement avec l’Union soviétique plutôt qu’un enfermement de la nation dans le piège européen.

 

Général de Gaulle : Le Marché Commun, il n’y a en fait que deux ans qu’on a commencé à le réaliser. Or notre expansion industrielle remonte à bien avant deux ans. L’expansion industrielle allemande, italienne, de même. Ceux qui racontent des histoires sur les bienfaits incomparables de l’intégration européenne sont des jean-fout

 

Alain Peyrefitte- - Le traité de Rome n’a rien prévu pour qu’un de ses membres le quitte.

 

Général de Gaulle. - C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : "Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! " 

Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça.

 

AP. - Nous pouvons dire que ce n’est pas nous qui abandonnons le Marché commun, c’est lui qui nous abandonne.

 

GdG. - Mais non ! Ce n’est pas la peine de raconter des histoires ! D’ailleurs, tout ce qui a été fait pour l’Europe, par ceux qu’on appelle les "européens ", a très bien marché tant que c’était la France qui payait tout. On a commencé par la Communauté européenne du charbon et de l’acier.

Ça a consisté en quoi ?

 

En ce qu’on a rendu à l’Allemagne son charbon et son acier, qu’elle n’avait plus car on les lui avait retirés. On les lui a rendus pour rien. Et ça a consisté à donner aux Italiens ce qu’ils n’avaient pas : du charbon et du fer. Alors, ils ont pu faire une industrie métallurgique.

 

Mais nous, nous n’avons pas retiré un rotin de la CECA, pas un rotin !

Nous avions un problème qui était la modernisation de nos mines, mais nous les avons modernisées sans que la CECA nous donne un sou. Voilà ce qu’a été la CECA !

C’était une escroquerie, au profit des Allemands et des Italiens !

 

Après quoi, on a fait l’EURATOM. Et c’est la même chose. Dans l’EURATOM, nous apportons 95% . Il n’y a que nous qui ayons une réelle capacité atomique. Les autres n’en ont absolument aucune, ni installations, ni spécialistes pour les faire tourner. Alors, nous mettons en commun nos 95% de capacité atomique et les autres mettent leurs 5% et on partage les résultats, chacun au même titre !

 

C’est une escroquerie !

 

La Communauté européenne de défense, c’était la même chose. Pourquoi l’a-t-on inventée ? Parce que les Allemands n’avaient pas d’armée. Alors, comme on avait peur des Russes, il fallait qu’ils en fassent une, mais comme on ne voulait pas qu’elle soit sous commandement allemand, on la plaçait sous le commandement du général Norstadt.

Mais du coup, on voulait en faire autant pour l’armée française !

 

C’est l’Europe à leur façon.

Mais si l’on veut faire une Europe qui ne soit pas à notre détriment, alors, il n’y a plus personne !

 

Évidemment, aujourd’hui, les Allemands commencent à se dire : « Si nous ne faisons pas le Marché commun avec les Français, les Français vont s’arranger avec les Russes. Et ensuite, qu’est-ce qui va nous arriver ? Nous serons en danger. »

Et c’est parfaitement exact. Si la politique du traité franco-allemand, c’est-à-dire le noyau de l’Europe, ne réussit pas, eh bien, nous irons vers d’autres.

 

AP. - D’autres, c’est-à-dire les Russes ?

 

GdG. - Naturellement ! Ils voient que le moment est venu. Ils nous font des mamours, en se disant : "On va pouvoir s’arranger avec les Français, comme autrefois."

Et dans ce cas, nous cesserons d’être couillonnés, ce sont les Allemands qui le seront. »

 


Extrait de "C’était de Gaulle" d’Alain Peyrefitte - Tome II - Page 267 

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EN DIRECT. Attentat à Charlie Hebdo : au moins 11 morts. Le Parisien.

7 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Politique intérieure, #La mondialisation, #SolidaritéS, #Les média

EN IMAGES. Fusillade au siège de Charlie Hebdo

07 Janv. 2015, 12h12
 
 
 
 
 
EN IMAGES. Fusillade au siège de Charlie Hebdo
Une fusillade a fait plusieurs morts ce mercredi matin au siège du journal satirique «Charlie Hebdo», dans le 11e arrondissement de Paris,en plein coeur de la capitale. (LE PARISIEN / DELPHINE GOLDSZTEJN)

Une fusillade a fait plusieurs morts ce mercredi matin au siège du journal satirique «Charlie Hebdo», dans le 11e arrondissement de Paris, en plein coeur de la capitale.

Selon les premiers éléments, vers 11 heures, plusieurs hommes encagoulés se sont introduits dans les locaux et ont fait usage d'armes automatiques. Plusieurs journalistes se sont réfugiés sur le toit. Plusieurs blessés graves ont été pris en charge.

Matignon annonce que le plan Vigipirate a été relevé au niveau «alerte attentats», le niveau le plus élevé, dans toute l'Ile de France.

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Pourquoi l'Italie doit sortir de l'OTAN Par Fausto Sorini, responsable aux relations internationales du Parti des communistes italiens (PdCI).

7 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #Europe supranationale, #L'Italie., #AMERIQUE, #La guerre, #La paix, #La mondialisation

Mercredi 7 janvier 2015
 

NATO-NO.jpg

Pourquoi l'Italie doit sortir de l'OTAN


 

Par Fausto Sorini, responsable aux relations internationales

 du Parti des communistes italiens (PdCI)

 

Traduction AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

L'Italie, en faisant partie de l'OTAN, doit destiner aux dépenses militaires en moyenne 52 millions d'€ par jour, selon les données officielles de l'euro, chiffres en réalité supérieurs que l'Institut de recherche suédois Sipri quantifie à 72 millions d'€ par jour.

 

Selon les engagements assumés par le gouvernement dans le cadre de l'Alliance, les dépenses militaires italiennes devront être portées à 100 millions d'€ par jour.

 

Cela représente une somme considérable d'argent public, qui ne va pas aux dépenses sociales, qui pourrait être fortement réduite si l'Italie sortait de l'OTAN.

 

L'Alliance atlantique poursuit une stratégie expansionniste et agressive.

 

Après la fin de la guerre froide, elle a démoli par la guerre la Fédération yougoslave ; a englobé tous les pays de l'ex-Pacte de Varsovie, trois de l'ex-URSS et deux de l'ex-Yougoslavie ; elle a occupé militairement l'Afghanistan ; elle a anéanti par la guerre la Libye et a tenté de faire de même en Syrie.

 

Elle a formé les forces néo-fascistes et néo-nazies ukrainiennes, organisant le putsch de la place Maidan qui a ramené l'Europe à une situation analogue à celle de la guerre froide, provoquant un nouvel affrontement dangereux avec la Russie.

 

Elle a commencé à projeter ses forces militaires dans l'Océan indien dans le cadre d'une stratégie qui lorgne vers la région Asie-Pacifique, provoquant un conflit militaire avec la Chine.

 

Dans ces conditions, les forces armées italiennes sont projetées dans des pays extérieurs à la région couverte par l'Alliance, pour des missions internationales qui, même quand elles sont définies de « maintien de la paix », sont des guerres visant à la démolition des États (comme cela s'est produit avec la Fédération yougoslave et la Libye).

 

En sortant de l'OTAN, l'Italie sortirait de cette stratégie de guerre permanente, qui viole notre Constitution, en particulier l'article 11 et nuit à nos véritables intérêts nationaux.

 

L'appartenance à l'OTAN prive la République italienne de la capacité d'effectuer des choix autonomes de politique étrangère et militaire, décidés démocratiquement par le Parlement sur la base des principes constitutionnels.

 

La plus haute charge militaire de l'OTAN, celle de commandant suprême allié en Europe, revient toujours à un général états-unien nommé par le président des Etats-unis. Et même les autres commandements stratégiques de l'OTAN sont confiés à des hauts responsables états-uniens.

 

L'OTAN est en cela, de fait, sous commandement des Etats-unis qui l'utilisent à leurs propres fins militaires, politiques et économiques.

 

L'appartenance à l'OTAN renforce donc la subordination de l'Italie aux Etats-unis, mise en lumière par le réseau de bases militaires des Etats-unis/de l'OTAN sur notre territoire qui a transformé notre pays en une sorte de porte-avions états-unien dans la Méditerranée.

 

Le fait que dans certaines de ces bases il y ait des bombes nucléaires états-uniennes, et que des pilotes italiennes soient formés à leur utilisation, est particulièrement grave. L'Italie viole ainsi le Traité de non-prolifération nucléaire, qu'elle a ratifié.

 

L'Italie, en sortant de l'OTAN, retrouverait sa pleine souveraineté : elle serait ainsi en mesure de jouer la fonction de pont de paix tant vers le Sud que vers l'Est.

 

Soutiens la campagne pour la sortie de l'Italie de l'OTAN.

 

La paix a aussi besoin de toi.

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Le secret que les Etats-Unis ne veulent surtout pas que les français sachent.

6 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #Le traité Transatlantique., #Economie, #Le capitalisme;

Le secret que les Etats-Unis ne veulent surtout pas que les français sachent.

Les médias ne vous l'avoueront jamais mais ce sont bien les américains qui contrôlent d'une main de fer l'union européenne. Cette vidéo vous le prouve.
L'union du peuple pour rétablir la démocratie https://www.upr.fr/

Retrouvez l’intégralité du débat à la Sorbonne: https://www.youtube.com/watch?v=BTwu-...

Merci au talentueux Geronimo pour cette vidéo: https://www.youtube.com/channel/UCjY0...

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RÉFORMES TERRITORIALES ET MOBILITÉ DES FONCTIONNAIRES : LE DÉMANTÈLEMENT ORCHESTRÉ DE LA RÉPUBLIQUE Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

6 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La réforme territoriale, #La France, #Le capitalisme;, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme

RÉFORMES TERRITORIALES ET MOBILITÉ DES FONCTIONNAIRES : LE DÉMANTÈLEMENT ORCHESTRÉ DE LA RÉPUBLIQUE
 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

 
Le 5 janvier 2015.

 

En avril 2013, Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique du gouvernement socialistes-Verts, lançait l’acte III de la décentralisation. Le premier volet sur la création des métropoles a été adopté par Le Parlement en janvier 2014.  Puis, après la valse gouvernementale et les déclarations de F. Hollande et de son nouveau Premier ministre Manuel Valls, ont surgi de nouveaux projets de loi portant sur la réduction des Conseils régionaux de 22 à 15, puis à 14, pour se fixer à 13... et la loi NOTR (nouvelle organisation territoriale de la République) qui sera débattue au premier semestre 2015.
 
L’annonce de la suppression des Conseils généraux à l’horizon 2020, le cafouillage sur la date des prochaines élections des Conseils régionaux et des Conseils généraux engendrent une confusion totale tant pour les citoyens que pour les élus. De plus, ces lois de décentralisation ne permettent pas un rapprochement du citoyen des lieux de décisions  : elles font l'inverse. Le transfert de compétences se fait toujours au niveau supérieur. Mais le niveau supérieur s'éloigne de plus en plus avec le transfert des compétences aux  Métropoles et aux grandes régions.
 
De même, les 36.700 communes de France font partie d'intercommunalités auxquelles elles doivent transférer leurs compétences (loi MAPAM : loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles). Ces « réformes » territoriales s'accompagnent nécessairement de « réformes » structurelles de façon à rendre les régions euro-compatibles et en prise directe avec l'Union européenne : régionalisation du système de santé, de l'éducation, des transports et des routes, de l'énergie...
 
Si ces « réformes » sont menées à terme en France, elles ne pourront être effectives que parce que la loi sur la mobilité des fonctionnaires aura été adoptée. Dans le cas où cette loi ne serait plus à l'ordre du jour, il ne restera plus au gouvernement qu’à appliquer la loi Sarkozy de 2009, toujours en vigueur, ou à ne pas mettre en œuvre ses mesures rétrogrades !
 
Une chose est sûre : les objectifs n’ont pas changé. Il s’agit de modeler la France selon les recommandations appuyées de l’Union européenne qui a mis tous ses espoirs dans l’euro-régionalisation pour mieux contourner et défaire l’État et la Nation.
 
Pour bien comprendre ces enjeux, le M’PEP a organisé un atelier sur le sujet lors de son Université d’automne de mi-novembre à Bordeaux avec Michèle Dessenne (porte-parole du M’PEP) et Danielle Goussot (Bureau exécutif M’PEP).

 

 



Adhérez au MPEP !

Pour imprimer le bulletin d’adhésion au M'PEP, cliquez ci-dessous :

http://www.m-pep.org/IMG/pdf/bulletin_adhesion_2015.pdf

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[Invité] La Syrie va rester pour de nombreuses années un réservoir de djihadistes, par Frédéric Pichon. Le site "Les crises".

6 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE

 

Si comme moi, vous avez avez d’en apprendre un peu plus sur la Syrie, avec un regard équilibré, je vous recommande vivement cet excellent petit livre : Syrie, Pourquoi l’Occident s’est trompé

Frédéric PICHON est diplômé d’arabe et docteur en Histoire contemporaine. Ancien élève de l’IEP de Paris, il a vécu à Beyrouth et séjourne régulièrement au Proche-Orient depuis 2002, en particulier en Syrie. Il enseigne la Géopolitique en classes préparatoires. Auteur d’une thèse sur la Syrie, il est chercheur associé à l’Equipe Monde Arabe Méditerranée de l’Université François Rabelais (Tours). Consultant médias pour la crise syrienne et le Moyen-Orient, il donne régulièrement des conférences sur les sujets en lien avec la géopolitique de la région.

Il a accepté de rédiger ce petit article pour le blog – ce dont je le remercie chaleureusement…

À la mi-mars 2011 la brutale répression des services de sécurité syriens met dans la rue une partie de la population de Deraa, ville sunnite du sud de la Syrie, à quelques encablures de la frontière avec la Jordanie. Plusieurs adolescents, accusés d’avoir réalisé des graffitis anti-régime sont arrêtés et torturés. Certains décéderont. À ce jour, les versions diffèrent encore sur le nombre des victimes et sur le jour même de l’événement[1]. C’est à partir de cette date que la contestation envers le pouvoir syrien s’amplifie, non seulement à Deraa mais aussi bientôt dans d’autres villes de Syrie, comme Lattaquié ou Banyas. Dès le 27 mars 2011, Bachar al Assad se dit prêt à des concessions : il abroge l’état d’urgence en vigueur depuis 1963 ; il relâche près de 250 prisonniers politiques, pour la plupart islamistes. Mais le mouvement s’étend à travers la Syrie sans toutefois que les grandes villes comme Alep ou Damas ne soient touchées.

Dès avant le déclenchement de la révolte, les armes circulent, via les organisations islamistes des pays voisins. Au printemps 2011, elles font des victimes à Banyas parmi les forces de l’ordre et les soldats. L’opposition – et les médias occidentaux – expliqueront qu’il s’agit en fait de soldats fusillés pour avoir refusé de monter au combat. Joshua Landis, l’un des plus sérieux spécialistes américains de la Syrie fera un sort à ce qui n’était qu’une hypothèse. À Hama, des policiers sont dépecés et jetés dans le fleuve. À Jisr el Choughour, ce seront près d’une centaine de soldats qui perdront la vie, attaqués par des groupes très bien armés. La réplique est sans pitié. L’aviation reste au sol – à la demande de Moscou – dans les premiers temps, mais le régime fait donner les chars. Le contexte du « printemps arabe » est alors favorable. Il a déjà emporté le régime de Ben Ali en Tunisie en 2010. Le pharaon Hosni Moubarak est renversé en février 2011. Et les armées de l’OTAN s’apprêtent à frapper le Guide libyen Mouammar Kadhafi, lui aussi contesté. Il semble alors inéluctable que le pouvoir syrien tombe à son tour durant l’année 2011.

Près de quatre ans après, non seulement Bachar el Assad est toujours en place mais il semble même que les Occidentaux et en particulier les États-Unis se soient résignés à son maintien au pouvoir en Syrie. Le temps passant, une certitude apparaît au grand jour : malgré tous ses défauts, l’Etat syrien constitue un havre de stabilité, de respect des minorités, de laïcité et contribue de fait efficacement à la lutte contre le terrorisme incarné par l’Etat Islamique. Il reste un interlocuteur à l’ONU et la grande majorité des pays du monde entretiennent encore des relations diplomatiques avec Damas.

Trois erreurs ont été commises en Syrie :

  1. Sous-estimer la résilience de l’armée et du régime,
  2. Croire qu’une intervention internationale pourrait avoir lieu malgré les Russes,
  3. Penser que l’émotion suffirait à mettre les opinions publiques de la partie tout en se montrant peu regardants sur les « rebelles » que nous soutenions.

La France les a toutes faites, malgré une longue tradition orientaliste de qualité et des générations de diplomates, excellents connaisseurs de la région.

Il semblerait que la diplomatie française ait été depuis 2007 davantage préoccupée de nommer des humanitaires ou des businessmen en puissance, appartenant à cette génération décomplexée de nouveaux serviteurs de l’État. Les ambassadeurs chevronnés, arabisants, rompus aux usages très old school que le Proche-Orient et en particulier la Syrie affectionnent, ont été mis de côté. Qu’un ambassadeur en Syrie soit contraint de se faire expliquer avant sa prise de fonction la différence entre les Alaouites de Syrie et la dynastie alaouite du Maroc laisse pantois[2]. Certains fins connaisseurs de la Syrie, qui tendaient leurs grandes oreilles depuis des années entre Beyrouth et le Mont Qassioun, n’ont pas voulu voir ce qui se tramait. Jusqu’au bout, jetant un œil apparemment borgne sur la Syrie, ils n’ont voulu voir que des slogans correspondant à nos catégories occidentales et raconter un roman acceptable pour nos consciences soucieuses d’universalisme démocratique plutôt que de réalisme. Personne n’a réussi à persuader le Quai d’Orsay de soutenir plutôt les opposants tolérés par le régime, garants d’une légitimité irréprochable et passés par les épreuves des geôles syriennes et de la répression. Nous les connaissions pourtant fort bien. La France comme l’Union européenne, était en contact avec ces opposants qui allaient plus tard former le Comité de Coordination Nationale pour le Changement Démocratique. Fallait-il faire oublier qu’ils étaient catégoriquement hostiles à une intervention occidentale et que cela contrariait les calculs des dirigeants français à la culture atlantiste plus prononcée que par le passé ?

Or la contestation a été prise en main par les pires extrémistes, obéissant à un agenda largement dicté par les puissances du Golfe. On a beau jeu d’expliquer la radicalisation du conflit comme étant le fait du seul régime syrien. Bien sûr que ce dernier, plus à l’aise dans le combat que dans la négociation, a instinctivement pris le virage de la militarisation du conflit. Le calcul de l’Occident a été celui d’une chute rapide de Bachar al Assad et pour cet unique objectif, nous n’avons pas hésité à confier la sous-traitance du conflit à certains pays du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite en tête. Les calculs de la diplomatie française en particulier, qui a choisi dès le début de monter aux extrêmes, se sont avérés catastrophiques pour les Syriens comme pour les groupes d’opposition que la France soutenait.

Avec de telles dispositions, l’affaire se présentait assurément très mal. C’est pourtant dans cette configuration que la diplomatie française aborde au printemps 2011, la crise syrienne.

Force est de constater que rien de ce qui avait été annoncé ne s’est produit. Et bien isolés furent ceux qui ramèrent à contre-courant. Ils ne récoltèrent souvent que l’étiquette infamante de « pro-Assad ». En Syrie, la France disposait d’atouts diplomatiques non négligeables, d’une bonne connaissance du dossier régional et d’une tradition ancienne de résolution des conflits. À cela, il faut rajouter une réputation de mesure et de capacité à dialoguer avec tous. Tout cela a volé en éclats. À l’occasion de la crise syrienne, la France a donné le spectacle de l’improvisation, de la démesure, d’une diplomatie de cow-boys, à tel point que l’on peut se demander si le néoconservatisme de l’Hudson Institute n’a pas fait des émules sur les rives de la Seine.

Il faudra du temps pour se remettre de cette séquence. La France peinera à retrouver une voix audible dans le monde arabe et même plus largement dans un monde où l’« Occident » n’a plus la même signification ni les mêmes atouts. Dans ce nouvel ordre international, les relations entre les nations auront massivement besoin d’équilibre, de mesure, de concessions et de souveraineté. À vouloir contenter ses alliés du Golfe sur toute la ligne, la France s’est attirée la méfiance des pays émergents comme la Russie ou la Chine, mais aussi le Brésil ou l’Afrique du Sud. Pays qui sont avides de reconnaissance et arc-boutés sur leurs souverainetés. En excluant la Russie et l’Iran de toute négociation régionale, la France  a donné des gages à ceux qui voient du néocolonialisme dans les initiatives de l’Occident. Paradoxalement, alors que les États-Unis ont compris la nécessité de « réduire leur empreinte », les gesticulations françaises n’ont fait qu’aggraver le fossé entre un discours universaliste de moins en moins performant et les réalités très prosaïques qui président aux rapports de forces mondiaux. Tout se passe comme si Paris avait voulu rivaliser avec Londres dans le rôle du plus fidèle valet de Washington.

De telles incohérences ne sont pas à rechercher dans nos forces militaires ou dans les services de renseignement. Elles sont imputables à la grande majorité des hommes qui composent notre personnel politique, pour qui les questions stratégiques sont subalternes, ou pensées selon le temps court de l’électoralisme. Le maniement de l’émotion, la manipulation des postures régaliennes et les envolées martiales, sont devenus le cache-sexe d’une politique indigente, menée par des hommes que fondamentalement ces questions n’intéressent pas. Tactiquement, les responsables politiques occidentaux ont été contraints de nier le caractère fondamentaliste de la « révolution » en Syrie. Il fallait laisser au seul régime l’usage infâmant du terme « terroriste ». La France soutenait les « opposants » et les laissait financer par les pays du Golfe, Arabie saoudite et Qatar en tête, pays qui ont soigneusement acheté une partie des élites françaises, empêchant ainsi tout débat sur la question. Cette alliance contre nature, court-termiste, est à l’origine d’une des plus grandes erreurs stratégiques de ces dernières années.

La Syrie va rester pour de nombreuses années un réservoir de djihadistes, à quelques heures du cœur de l’Europe. Nous avons laissé s’installer à nos portes une zone grise d’où viendra la violence de demain : une violence aveugle qui balaiera nos sociétés fragiles. Et qui a déjà détruit en partie un pays et ses habitants.

Frédéric Pichon, 12/2014


[1]. Voir à ce propos l’analyse qu’en fait Barbara Loyer, directrice de l’Institut Français de Géopolitique dans Hérodote, n° 146-147, 3e-4e trimestre 2012, pp. 97-99.

[2]. Il faut cependant reconnaître que l’ambassadeur de France à Damas Éric Chevallier, a alerté sa hiérarchie sur la résilience certaine du régime dès les premières semaines et qu’il n’a pas été suivi par un ministre qui a proclamé partout que sa chute était une question de jours…

 

 

7 réponses à [Invité] La Syrie va rester pour de nombreuses années un réservoir de djihadistes, par Frédéric Pichon 

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[Reprise] Grexit : le piège tendu par Angela Merkel aux électeurs grecs. Le blog d'Olivier Berruyer.

6 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #Grèce, #Economie, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La lutte des classes

Reprise d’un article de l’excellent Romaric Godin pour La tribune

Ah que j’aime l’euro, cette magnifique construction qui fait trembler l’Europe dès qu’il y a un soupçon de problèmes à Chypre ou en Grèce… “Construit pour durer” ça, à l’évidence…

En agitant le chiffon rouge de la sortie de la Grèce de la zone euro, l’Allemagne cherche surtout à l’éviter en pesant sur le choix des électeurs helléniques.

La menace allemande de ne rien faire pour empêcher le « Grexit », la sortie de la Grèce de la zone euro, publiée ce lundi par une indiscrétion de l’hebdomadaire Der Spiegel, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Le démenti peu convaincant du gouvernement fédéral qui a suivi laisse les Européens dans le flou quant aux réelles motivations de Berlin. Une chose est sûre : les indiscrétions du Spiegel ne sortent jamais au hasard.

Feindre de laisser choisir l’électeur grec
Pour comprendre les motivations de Berlin, il faut réfléchir en termes tactiques. Angela Merkel feint la retraite, mais en réalité, elle entre désormais de plain-pied dans la campagne électorale grecque tout en ayant l’air d’en sortir. En affirmant qu’elle est prête à laisser sortir la Grèce de l’euro en cas de victoire de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) d’Alexis Tsipras, Berlin feint de laisser le choix au peuple grec. L’Allemagne prendra acte du résultat des élections et en tirera les conséquences. Mais c’est bien là que le bât blesse. Syriza ne veut pas sortir de la zone euro, mais renégocier les conditions imposées par le mémorandum et la troïka.

Dramatisation à outrance de l’élection grecque
Berlin refuse donc d’emblée toute discussion avec Syriza : si Alexis Tsipras l’emporte, alors la Grèce sera exclue de la zone euro, il n’y aura aucune négociation avec le nouveau pouvoir grec. Bref, l’Allemagne pose les termes du choix de l’électeur grec en ces termes : ou l’actuel premier ministre Antonis Samaras et l’euro ou Alexis Tsipras et le chaos. C’est évidemment biaiser la campagne électorale hellénique et chercher à peser considérablement sur le choix des Grecs. Comme lors du scrutin de juin 2012, l’Allemagne dramatise volontairement à outrance l’issue de l’élection pour imposer son choix.

Eviter le Grexit en l’agitant
Au final, la manœuvre allemande a pour but d’éviter à tout prix le « Grexit. » Dans son « Morning Briefing » de ce lundi 5 janvier, le directeur de la rédaction du quotidien allemand des affaires Handelsblatt, très proche de la chancellerie, affirme ainsi que la « fonction de ces menaces est précisément d’éviter leur réalisation concrète. » L’Allemagne espère que les Grecs, craignant que l’Allemagne ne les rejette de la zone euro et ne les entraîne dans le chaos, feront le choix du camp du premier ministre sortant. Antonis Samaras peut donc remercier une nouvelle fois son « amie » Angela Merkel pour le coup de pouce.

Une menace sérieuse ?
En fait, la menace allemande ne semble pas réellement sérieuse. L’argument développé par Der Spiegel sur l’absence de contagion de la Grèce vers les autres pays de la zone euro est en effet discutable. Certes, la nouvelle crise grecque à la fin décembre n’a pas eu pour effet de peser sur les taux des autres pays de la zone euro. Certes, il existe désormais des « pare-feu » disposant d’une certaine force de frappe, notamment le MES et ses 500 milliards d’euros. Certes, la BCE pourrait contraindre le pays à quitter la zone en coupant l’aide d’urgence au secteur bancaire. Mais il convient de ne pas oublier l’essentiel : l’existence d’un précédent pèsera en effet fort lourd dans l’avenir.

L’existence d’un précédent
Quelles que soient les conséquences de cette sortie pour la Grèce, preuve aura été faite que l’adhésion à l’euro n’est pas le « processus irréversible » que l’on présente aujourd’hui. C’est donc ouvrir la boîte de Pandore. Si le Grexit est catastrophique, il sera toujours possible de présenter la catastrophe comme une conséquence du cas hellénique, très particulier. Les partis défavorables à l’euro pourront, un peu partout, promettre de faire mieux et s’appuyer sur ce précédent pour affirmer qu’un retour aux monnaies nationales n’est pas un rêve irréalisable. Et si le Grexit se passe mieux que prévu, alors ce sera encore mieux pour les Eurosceptiques. Berlin sortirait très affaibli de cette aventure : ses partenaires pourront mettre dans la balance une sortie de la zone euro pour faire céder son intransigeance. En réalité, ce précédent changerait toute la donne dans la zone euro. Or, rappelons-le, l’Allemagne peut certes supporter la sortie de la Grèce de la zone euro, mais pas celle de la France et encore moins de l’Italie, car aussitôt, la monnaie allemande s’apprécierait considérablement, ce qui pèserait sur les exportations qui restent – le coup de « mou » conjoncturel du pays au troisième trimestre l’a prouvé – le vrai moteur de l’économie allemande.

La facture pour le contribuable allemand
Un Grexit serait aussi une défaite politique pour Angela Merkel qui, depuis 2010, a fait de la survie de l’euro le point d’orgue de sa politique européenne. Si la Grèce est exclue de l’union monétaire, Athènes n’aura d’autres choix que de proclamer un défaut unilatéral sur sa dette extérieure. Après tout, rien de plus logique : l’exclusion de la zone euro n’étant pas la volonté du gouvernement grec et n’étant pas prévu dans les traités, la réponse ne peut être qu’une telle mesure. Du reste, ce serait l’occasion de profiter réellement de l’excédent primaire (hors service de la dette) dont se vante tant Antonis Samaras, mais qui n’est d’aucune utilité à l’économie grecque aujourd’hui puisqu’il est englouti par les intérêts. En faisant défaut sur sa dette, le gouvernement grec récupèrerait des moyens d’agir pour son économie.

Mais alors, le contribuable allemand devrait passer à la caisse. Car la dette grecque est très largement détenue aujourd’hui par les européens : MES, Etats membres de la zone euro, banque publique allemande KfW et BCE. Un défaut grec conduirait à une facture qui, au pire, pourrait s’élever à 260 milliards d’euros. L’Allemagne serait le premier contributeur à cette facture. Ce serait alors pain béni pour les Eurosceptiques allemands qui ne manqueraient pas alors de retrouver leur unité autour de la dénonciation de la politique européenne d’Angela Merkel et de la CDU…

L’Allemagne ne peut imposer le Grexit
Enfin, l’Allemagne se donne ici plus de pouvoirs qu’elle n’en a réellement. L’euro est officiellement irréversible, il n’est juridiquement pas prévu de pouvoir sortir de la zone euro. Le traité de Lisbonne prévoit une possibilité de sortir de l’UE, mais à la demande du pays concerné seulement. Et encore, une sortie de l’UE ne signifie pas une sortie de la zone euro. De facto, le Monténégro et le Kosovo utilisent l’euro sans être membre ni de l’UE ni de la zone euro. Même en cas de faillite de la Grèce, de défaut sur sa dette, il n’y a là rien qui contraigne le pays à quitter la zone euro. Du reste, a-t-on oublié déjà que la Grèce a, par deux fois, en 2011 et 2012, fait défaut sur sa dette en restant dans la zone euro ?

Que fera la BCE ?
Bref, Syriza pourrait fort bien rejeter le mémorandum, imposer des négociations et, si elles sont refusées, restructurer sa dette, sans quitter la zone euro. L’Allemagne n’y pourrait rien faire. La seule puissance qui, en réalité, pourrait contraindre la Grèce à quitter la zone euro est la BCE. Si Mario Draghi coupe l’aide à la liquidité d’urgence du secteur bancaire grec, le pays pourrait se retrouver en pénurie d’euros et, pour fonctionner, devrait émettre sa propre monnaie. Mais la BCE osera-t-elle créer un précédent ? Certes, elle a menacé de le faire à l’Irlande en 2010 et à Chypre en 2013, mais elle savait que ses menaces suffiraient. Avec Syriza au pouvoir à Athènes, sera-ce la même musique ? Pour Mario Draghi, confronté au risque d’une déflation dans la zone euro, « exclure » la Grèce de la zone euro serait jouer avec le feu. Les banques des autres pays périphériques pourraient alors relever leurs taux et se montrer prudentes. Enfin, la menace déjà citer du précédent est très dissuasif pour une BCE qui n’existe que par l’euro et ne peut donc prendre le risque d’un affaiblissement de l’euro. D’une certaine façon, ce serait la fin du « whatever it takes » (quoi qu’il en coûte) prononcé en juillet 2012 par Mario Draghi pour sauver l’euro. Enfin, on voit mal l’Italien, actuellement en conflit larvé avec la Bundesbank sur la question de l’assouplissement quantitatif, céder à des demandes allemandes sur ce point.

La menace allemande de Grexit est donc purement politique. Il s’agit d’impressionner l’électeur grec, de lui faire peur, comme en juin 2012 pour qu’il vote « correctement. » De plus en plus, dans la zone euro, la démocratie semble ainsi « dirigée » grâce à l’usage de la crainte. Reste à savoir sir les Hellènes tomberont dans le piège grossier que leur tend Angela Merkel.

Source : La Tribune, 5/1/2015

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Je complète par cette intéressante vidéo de Anne-Laure Delatte, économiste, chargée de recherche au CNRS et chercheuse associée à l’OFCE, professeure invitée à l’université de Princeton :

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Élections en Grèce et en Espagne. Peur et chantage 5 janvier 2015 par Serge Truffaut sur "Le Devoir".

6 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #Grèce, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La mondialisation, #La gauche

Élections en Grèce et en Espagne

Peur et chantage

5 janvier 2015 |Serge Truffaut | Europe

La Commission européenne (CE) a peur. Les marchés financiers également, ainsi que les dirigeants de diverses nations. La cause ? Les uns et les autres craignent que la gauche dite radicale sorte victorieuse des élections, en Grèce d’abord et en Espagne ensuite. Retour sur une angoisse percluse de paradoxes.

 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a osé ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé : il s’est invité dans le débat des élections grecques qui se tiendront à la fin du mois. Il a affiché sa préférence en ces termes : « Je n’aimerais pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir. » Il préférerait « revoir des visages familiers en janvier ». Par forces extrêmes, Juncker entend celles qui ont fondé le parti Syriza, qui, selon les sondages, est en avance sur « les visages familiers » de l’alliance conservatrice qui a gouverné le pays au cours des dernières années. En fait, les conservateurs se sont davantage comportés en administrateurs du cocktail d’austérité confectionné par la troïka — la Banque centrale européenne (BCE), le FMI et l’Union européenne — qu’en gouvernants.

 

Dans la foulée de Juncker, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a emprunté les accents qui distinguent le préfet de discipline pour mieux asséner ceci : « Les nouvelles élections ne changeront pas les accords que nous avons passés avec le gouvernement grec. Tout nouveau gouvernement sera tenu par les engagements pris par ses prédécesseurs. » Histoire de ne pas être en reste, le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, paravent de la fraude politique qu’est le Parti socialiste français, a menacé comme suit : « La Grèce doit respecter les engagements pris et mettre en place les réformes qui s’imposent. » Fermez le ban !

 

Lorsqu’on ajoute le chantage exprimé par divers banquiers de la City, on obtient un sous-texte. Lequel ? Les militants et élus de Syriza ainsi que leur chef, Alexis Tsipras, et leurs homologues espagnols du parti Podemos sont des… bolcheviques ! Étrange, très étrange, quand on songe que, contrairement aux partis d’extrême droite qui ont envoyé une flopée d’élus au Parlement européen de Strasbourg, ni Syriza ni Podemos n’ont inscrit l’abandon de l’euro à leur programme. Envisagent-ils la nationalisation des banques ? Non !

 

Étrange, extrêmement étrange, lorsqu’on songe qu’avant d’être président de la CE, Juncker fut ministre des Finances et premier ministre du Luxembourg dix-huit ans durant. Et alors ? Il a mis à profit ses pouvoirs en transformant le Luxembourg en un paradis fiscal qui, contrairement à la Suisse ou au Liechtenstein, ne se présente pas comme tel légalement. Il a été l’architecte d’un programme qui a garanti des avantages fiscaux énormes à plus de 340 multinationales. Bref, il a saigné — indirectement, il va sans dire — les recettes fiscales de la Grèce, de l’Espagne, de la France et d’autres. Ce faisant, il a été l’artisan du dégoût qu’éprouvent des centaines de milliers d’Européens pour Bruxelles.

 

Étrange, bigrement étrange, lorsqu’on songe qu’au lendemain de la crise de 2008, qualifiée de pire crise depuis celle des années 1930, les autorités dites compétentes ont dressé la liste des 25 établissements financiers Too Big to Fail ou trop gros pour que l’État se permette de les laisser faillir. Depuis lors, rien ou si peu n’a été fait pour modifier la culture d’entreprises qui disposent de droits refusés aux moins « grosses ». On insiste : les gouvernements ne se sont pas attelés à la réduction du risque que les BNP, Deutsche Bank et autres font peser sur des millions et des millions de citoyens.

 

Étrange, affreusement étrange, lorsqu’on songe que le quotidien allemand Bild, plus gros tirage du pays, et d’autres avec lui ont traité les Grecs comme une bande de paresseux et de profiteurs. Comme si, pour être plus exact, l’ADN de la magouille était une exclusivité grecque. Bon. Il est vrai qu’il est beaucoup plus facile de filmer la fameuse piscine construite sur les hauteurs d’Athènes afin d’illustrer le topo télévisé sur le filou local que de filmer le chiffre inscrit sur une feuille de papier déposée dans le coffre d’une banque sise à Zurich et qui décline, lui, le montant des détournements fiscaux effectués par les 1000 plus importantes fortunes allemandes.

 

Cela étant, les programmes des partis grec et espagnol consistent d’abord et avant tout à mettre entre parenthèses les politiques d’austérité qui ont eu les effets contraires de ceux avancés, ainsi que l’a d’ailleurs reconnu… le FMI ! En d’autres termes, ces partis veulent redonner à la démocratie la qualité qu’on lui prête. Au fond, c’est cette ambition qui effraie.

 
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[Mediapart, c'est aussi ça...] Affaire Piketty : histoire d’une amnésie collective par Hubert Huertas. le blog d'Olivier Berruyer.

4 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Economie, #Politique intérieure, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme

Parce que Mediapart, c’est aussi ça – et ça vaut donc le coup de les soutenir, malgré les fortes réserves sur l’international…

L’affaire Piketty ne se résume pas à une histoire de breloque et de vanités. Elle est un symbole ravageur. Elle ne parle pas d’un homme qui refuse une médaille, mais d’un chef de l’État qui ne tient pas sa parole. C’est ce face-à-face avec soi-même qui donne son côté accablant à une affaire au départ insignifiante.

Des artistes, des savants, des acteurs publics qui refusent la légion d’honneur, il y en a des dizaines, pour des motifs les plus divers. L’indépendance, comme Edmond Maire l’ancien patron de la CFDT ; la protestation, comme la chercheuse Annie Thébaud-Mony en 2012 ; la colère, comme Hector Berlioz à qui l’État devait de l’argent ; le haussement d’épaules comme le dessinateur Jacques Tardi en 2013 ; Georges Brassens en son temps, se moquant du « fatal insigne qui ne pardonne pas », ou Léo Ferré dénonçant « ce ruban malheureux et rouge comme la honte ». Claude Monet, Georges Bernanos, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Georges Sand, Pierre Curie, à chaque refus son anecdote et son bon mot.

La différence avec Piketty, c’est que l’État n’a pas écrit de roman avec Georges Sand, n’a pas cherché avec Pierre Curie, n’a pas chanté avec Brassens ou Ferré, ni dessiné avec Tardi, alors que le candidat François Hollande n’avait à la bouche que « la grande réforme fiscale » inspirée par un économiste en vue, dont le nom circulait sur toutes les lèvres.

Thomas Piketty, dans la campagne victorieuse de François Hollande, de l’automne 2011 au printemps 2012, ce n’était pas un conseiller parmi tant d’autres, c’était l’inspirateur, et la caution. La preuve que les quelques hardiesses économiques du candidat n’étaient pas improvisées. Si l’équipe entourant le futur président, et si le candidat lui-même promettaient d’agir sur la relance en pleine période de crise, c’est qu’une répartition plus juste de l’argent public recueilli par l’impôt allait créer un choc de confiance. À chaque question sur le déficit, ou sur la faisabilité de telle ou telle mesure, François Hollande répondait par « la grande réforme fiscale », et cette grande réforme fiscale, avec, entre autre, la fusion de la CSG et de l’Impôt sur le revenu, était issue des travaux de Thomas Piketty…

“Piketty”, c’était le Sésame, un mélange de magie et de science… La réponse globale et la réponse à tout.

Après les élections, la réponse globale s’est transformée en une succession d’ajustements qui ne répondaient qu’aux exigences de la droite et des organisations patronales, et le Sésame fut renvoyé à ses chères études, ses conférences, ses critiques, puis son best-seller mondial, tandis que le nouveau Président se consacrait aux 20 milliards d’allègements de charge du CICE, puis aux 40 milliards du pacte de responsabilité.

La grande réforme fiscale fut vaguement évoquée par Jean-Marc Ayrault en décembre 2013 avant d’être définitivement enterrée par la nomination de Manuel Valls au printemps 2014.

Si bien que l’attribution de cette Légion d’honneur apparaît, au seuil de 2015, comme une brassée de fleurs et de couronnes jetées sur la tombe d’une promesse, plutôt que l’aboutissement d’une carrière au service de la Nation… Geneviève Fioraso, la secrétaire d’État chargée de l’enseignement supérieur, à l’origine de cette proposition, aurait pu deviner que cette “récompense” ne chatouillerait pas la vanité du bouillant Piketty, mais l’agacerait plutôt.

Elle n’a pas réalisé. Elle n’a pas mesuré la dimension symbolique de cette décision a priori anecdotique, et elle n’est pas la seule. Quand l’affaire a éclaté, c’est tout le gouvernement qui a semblé frappé d’amnésie. Piketty n’était plus l’homme qui avait travaillé avec les ministres d’aujourd’hui, autour du candidat devenu Président, il était un intello, une espèce d’allumé, une star de l’édition dont on moquait les caprices…

Pour l’excellent Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, il y a d’un côté quelqu’un « qui a des idées intéressantes mais qui est un chercheur dans son bureau, qui fait des calculs », et de l’autre « la politique, qui est confrontée à la réalité ». Ah bon… Donc, François Hollande ne faisait pas de politique pendant sa campagne présidentielle !

Pour le secrétaire d’État Thierry Mandon, la réforme fiscale de Thomas Piketty est simplement inapplicable. Ah bon… Une réforme peut donc être inapplicable et promise à la fois !

Pour Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique, Thomas Piketty « confond peut-être le fait qu’une légion d’honneur est une récompense pour un mérite reconnu par la Nation, et pas une adhésion à une politique économique »… Ah bon. Donc, François Hollande n’adhérait pas au discours de sa campagne.

De bout en bout, de l’attribution de la médaille aux éléments de langage distillés dans les médias, le gouvernement et le Président se retrouvent confrontés à eux-mêmes, dans une sorte d’amnésie collective, et c’est ce face-à-face avec soi-même qui donne son côté accablant à cette affaire au départ insignifiante.

Pire encore. En opposant le mauvais coucheur Piketty au bon récipiendaire Jean Tirole, prix Nobel d’Économie, qui a accepté la médaille, les ministres confirment leur virage politique, c’est-à-dire la “trahison” que leur reproche le Front de gauche, la plupart des écologistes, et les frondeurs du PS. Car Tirole, pour Nobelisé qu’il soit, n’est pas un homme de gauche. Il a dû frémir au discours du Bourget (« mon ennemi, c’est la finance ») inspiré par Piketty. Jean Tirolle, le nouveau compagnon de route, est d’abord un libéral, et c’est lui le bon élève.

Pour compléter le tableau, notons encore ce “détail” de l’histoire… L’année éditoriale de la France a été marquée par deux livres. La vengeance de Valerie Trierweiller, et les errances d’Éric Zemmour. Tout le monde en parle parce qu’ils se sont beaucoup vendus. Le succès de Zemmour serait même un symptôme de l’extrême droitisation de la société française. Or Piketty, dans un pavé de 900 pages, publié en 2013, un ouvrage exigeant qui démonte les excès d’un libéralisme tout puissant en Europe, a vendu trois fois plus, et que trouve à déclarer le gouvernement PS, vexé : que cet économiste ferait mieux de retourner à ses chères études.

Si ce n’est pas un divorce, c’est carrément une fracture.

Source : Hubert Huertas, Mediapart, 3/1/2015

 
 
 

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