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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Michel Collon sur Israël à Ce soir ou Jamais le 5 juillet 2012. Le dessous des cartes est abordé à la télévision.

13 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

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Publiée le 5 juil. 2012

 

Michel Collon sur Israël à Ce soir ou Jamais.
Michel Collon ose tenir tête aux sionistes, en exposant la situation actuelle en palestine.

Encore aujourd'hui, Israël continue de construire des logements en envahissant jours après jours les territoires des palestiniens. Une telle politique de colonisation devrait être interdite.

 


 

 

 

Avec presque 2 ans de recul  ...  pétrole, gaz, uranium ...     Mali, Niger, Algérie, Soudan Nord et Sud ...

Chypre, Turquie, Syrie, Liban, Israël et  .... Palestine  et  ...   Venezuela, Équateur, Colombie, Bolivie ...

sans oublier l'Ukraine et tous les pays traversés par des oléoducs présents et futurs.



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Gaël Giraud: Le jésuite qui tient tête aux banques.Article de Marianne.

5 Mars 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Gaël Giraud: Le jésuite qui tient tête aux banques

Mercredi 5 Mars 2014

 

Propos recueillis par Bertrand Rothé

 

L'économiste Gaël Giraud, auteur d'"Illusion financière", dénonce la collusion entre banques et haute finance publique, et propose un point de vue engagé sur la crise.


DURAND FLORENCE/SIPA
DURAND FLORENCE/SIPA
Les catholiques regroupent décidément des sensibilités très différentes. Il y a ceux qui défilent contre le mariage pour tous et puis il y en a d'autres. Et, parmi ces derniers, un qui pose beaucoup de problèmes à ce gouvernement social-libéral. Il s'appelle Gaël Giraud. Une tête bien faite : Normale sup, une thèse à Polytechnique, un économiste désormais reconnu. Un gendre parfait, sauf qu'il est entré dans les ordres et est aujourd'hui jésuite.

Marianne : Vous n'êtes pas ce que l'on peut appeler un néolibéral. Vous souhaitez une réforme de l'euro et un engagement de l'Europe en faveur d'un protectionnisme écologique et social... Vous confirmez ?

Gaël Giraud : C'est exact. J'ajouterais la nécessaire réglementation des marchés financiers, que nous avons à peine entamée après 2008. Tout cela, à mes yeux, devant être mis au service du véritable projet de société que constitue la transition énergétique.

C'est cependant pour une autre raison que le ministère de l'Economie et des Finances ne vous aime pas. Pouvez-vous nous raconter vos démêlés avec cette institution ?

G.G. : A l'origine, il y a l'excellent engagement du candidat Hollande à séparer les banques de crédit des banques de marché afin de protéger les Français des turbulences des marchés financiers. Les banques, cependant, ont largement rédigé le projet de loi durant l'été 2012. Résultat : le préambule de la loi affirme séparer alors que le corps du texte ne sépare rien.

En pratique, la loi Moscovici-Berger [Karine Berger, rapporteuse du projet de loi, l'a défendu bec et ongles] «contraint» les banques à filialiser au plus 1,5 % de leurs activités de marché. Or, primo, filialiser ne suffit pas à protéger la maison mère : l'américain American International Group (AIG, le premier assureur au monde) a été mis en faillite, en septembre 2008, par une microfiliale parisienne. Secundo, l'essentiel des activités à risques (trading haute fréquence, trading pour compte propre, transactions avec les hedge funds) reste localisé dans la maison mère. Tertio, la loi bancaire française fusionne le fonds de garantie des dépôts des Français avec le fonds de sauvetage du système bancaire. Banques et fonds spéculatifs peuvent donc puiser dans le fonds de garantie des déposants pour se sauver en cas de crise. Les déposants français ne sont donc plus assurés.

A Dublin, le gouvernement, sous la pression de la troïka [Commission européenne, Banque centrale eurpéenne et Fonds monétaire international] a osé vider le fonds de financement des retraites des Irlandais pour payer les dettes de ses banques naufragées. Nous, nous légalisons à l'avance un hold-up analogue.

En décembre 2012, j'ai pris l'initiative d'écrire un rapport pour éclairer les parlementaires sur le projet de loi. Bercy a immédiatement produit une contre-note, puis m'a imposé des participants à une table ronde que j'organisais à la Sorbonne sur le sujet, avant de réclamer, en vain, la suppression d'une note de la fondation Terra Nova que j'avais écrite avec une collègue, Laurence Scialom (1). Un banquier, que je connaissais par ailleurs, a aussi cherché à faire pression sur moi pour me faire taire.

On peut imaginer que vos choix de vie soient difficiles à comprendre pour un banquier. Ils ont opté pour les millions, vous avez fait vœu de pauvreté !

G.G. : Ils craignaient surtout que le débat ne devienne public. Si les Français s'étaient intéressés au projet de loi Moscovici-Berger, il y a fort à parier qu'ils eussent massivement réclamé une authentique séparation. C'est en tout cas l'expérience que je fais toutes les fois que je donne une conférence grand public. Tout a donc été fait, y compris dans l'organisation du calendrier parlementaire, pour que la loi bancaire fût effacée du débat public. Elle a ainsi pu être votée en juillet dernier dans l'indifférence quasiment complète du grand public.

Faut-il comprendre qu'à vos yeux le pouvoir socialiste est plus ou moins à la solde des banques ?

G.G. : En partie, oui. Il est vrai que, sous Sarkozy, les banquiers venaient en visiteurs du soir expliquer à l'Elysée la politique de la France. A présent, le gouvernement simule la mise en œuvre de ses propres promesses.

L'histoire de cette loi bancaire vient d'être racontée par trois journalistes (2), et elle n'est pas close : récemment, le commissaire européen Michel Barnier a proposé une directive de séparation bancaire qui, si elle reste insuffisante à mes yeux, est nettement plus sérieuse que la loi française. Or, le jour même, le gouverneur de la Banque de France, M. Christian Noyer, a publiquement déclaré cette proposition «irresponsable». Voilà un haut fonctionnaire qui préside l'instance de régulation du secteur bancaire français et qui se permet de déroger au devoir de réserve auquel ses responsabilités le soumettent, afin de défendre de manière outrancière le seul intérêt des banques.

Ce dérapage, parmi beaucoup d'autres, trahit la collusion entre la haute finance publique et la haute finance privée qui, aujourd'hui, paralyse notre société. Comment s'étonner, ensuite, si l'article 60 du projet de loi de finances 2014 prononce l'amnistie généralisée du secteur bancaire en interdisant aux collectivités locales, éventuellement ruinées, de porter plainte contre les banques qui leur ont vendu des actifs financiers pourris ?

Peut-on dire que le pouvoir des banques est plus important que celui du monde politique aujourd'hui ?

G.G. : Le bilan de BNP Paribas est supérieur au PIB français (en gros, 2 000 milliards d'euros). La course au gigantisme confère à ces banques un pouvoir de chantage considérable, car la France a d'autant moins les moyens d'absorber la faillite d'un tel monstre que le projet européen d'union bancaire, s'il voit le jour, ne permettra pas de sauver nos mégabanques en cas de détresse. Les banques tentent donc de neutraliser les initiatives régulatrices en faisant valoir que tout ce qui nuit à leurs intérêts immédiats les fragilise et que, si elles meurent, nous mourrons tous avec elles. Les règles prudentielles de Bâle III, par exemple, sont peu à peu rendues inoffensives par les amendements que les banques parviennent à arracher au comité de Bâle.

Autre exemple : en janvier 2012, quand il fut enfin question de restructurer la dette publique grecque, il y avait quatre négociateurs au chevet d'Athènes : Merkel, Sarkozy et deux patrons, Pébereau pour BNP Paribas et Ackermann pour Deutsche Bank. La raison immédiate de la présence de ces banquiers, discutant d'égal à égal avec des chefs d'Etat et de gouvernement du sort de la Grèce, est claire : les principaux détenteurs de dette publique grecque n'étaient autres que des banques françaises et allemandes. Et c'est essentiellement pour sauver nos banques que nous avons détruit la société grecque. Confier un tel pouvoir de négociation à des banquiers en dit long sur l'état de la démocratie en Europe : vous imaginez JP Morgan réglant les détails du traité de Versailles ?

Dans le cadre de votre travail et de vos combats, quel pouvoir vous donne votre statut de jésuite ?

G.G. : D'abord, je partage la même soupe avec mes compagnons le soir, quoi que je pense du secteur bancaire par ailleurs. Cela permet de penser librement. Ensuite, la vie de partage communautaire est une expérience essentielle des biens communs, au sens de l'économiste Elinor Ostrom : aujourd'hui, nos sociétés redécouvrent les biens communs via Vélib', Vélo'v, le covoiturage, l'économie de fonctionnalité, etc., et cet apprentissage me paraît décisif pour la transition énergétique. Il induit une transformation radicale de notre rapport à la propriété privée. Eh bien, la vie religieuse occidentale pratique tout cela depuis quinze siècles au moins !

Avez-vous des contacts fréquents avec les hommes politiques de gauche ?

G.G. : Je rencontre des politiques de gauche comme de droite. Ce qui me frappe, c'est l'absence de projet au sein de l'aile strauss-kahnienne du PS. Ce parti, aujourd'hui, n'ose même plus autoriser le moindre débat en son sein, de peur de fragiliser le gouvernement. Quant aux principales décisions prises par ce dernier en matière économique : signature du TSCG [traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance] ; maintien de l'austérité budgétaire alors que l'expérience européenne montre que cela augmente le ratio dette/PIB ; politique de l'offre qui ne réduira pas le chômage de masse, elles menacent toutes de nous plonger dans la déflation avec l'ensemble du sud de l'Europe.

C'est pourquoi une initiative comme la création du parti Nouvelle Donne, qui possède déjà une représentante à l'Assemblée nationale, me semble extrêmement prometteuse. Il est vital que le débat en économie politique puisse renaître en Europe et que nous réapprenions à «penser en dehors de la boîte». En Espagne, l'incapacité des «indignados» à formuler une alternative articulée à l'entreprise de démolition de l'Etat-providence au profit des banques mise en œuvre par M. Rajoy a fini par épuiser le mouvement. Je suis convaincu que la transition énergétique est la voie de sortie par le haut de la trappe déflationniste dans laquelle l'austérité budgétaire et les excédents de dettes privées (et non pas publiques) enferment le continent. Ce dont nous avons besoin, c'est de créativité sociale et politique afin d'entamer ensemble cette transition.

Comment réagit votre hiérarchie jésuite à vos prises de position ?

G.G. : Mes supérieurs considèrent que participer au débat public fait partie de mon travail de directeur de recherche au CNRS. Le va-et-vient entre la recherche et l'arène publique est fécond, aussi bien pour le monde académique que pour la démocratie.

J'ai des doutes. Il y a tout de même beaucoup de conservateurs dans l'Eglise...

G.G. : Notre Eglise possède une bureaucratie qui, comme toutes les bureaucraties (l'Empire chinois, Bercy, les majors du CAC 40...) peut être tentée de faire passer sa perpétuation dans l'être avant sa propre mission évangélique. Ce «conservatisme» ne doit pas surprendre, au moins depuis Max Weber. Le pape François entame une réforme du Vatican en direction d'une plus grande transparence et collégialité et, quand j'observe le ballet des rapports entre services ministériels ou les guerres que se livrent les baronnies à l'intérieur des grandes multinationales, je me demande où sont les vrais conservateurs.

Quels sont les autres sujets qui vous occupent ?

G.G. : Il y en a deux au moins. J'ai fait partie, l'an dernier, du comité des experts pour le débat national sur la transition écologique. Ce comité a fait un travail formidable : quatre grandes familles de scénarios de transition pour la France ont été évaluées et proposées au gouvernement. Des solutions de financement innovantes ont été suggérées, qui n'accroissent pas la dette publique française. Il faut, bien sûr, continuer le travail pour apprécier la faisabilité de ces scénarios et de ces solutions de financement. Il appartient au gouvernement de s'emparer de ces feuilles de route, d'orchestrer un véritable débat démocratique sur les choix de société qu'elles impliquent et d'impulser la transition. Un peu de volontarisme saint-simonien serait sûrement nécessaire. Il faut surtout nous débarrasser de ce conte de fées selon lequel les marchés financiers dérégulés sont efficaces et relèveront le défi climat-énergie à notre place. La loi de programmation sur la transition, prévue pour l'été prochain, et le congrès de Paris 2015 pourraient être des étapes décisives dans ce sens.

Et le second ?

G.G. : C'est le traité de libre-échange en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis. En dehors de quelques journaux, cette négociation n'intéresse guère les journalistes. Or, ce traité peut devenir une véritable bombe : l'une de ses clauses pourrait autoriser les entreprises multinationales à poursuivre un Etat si celui-ci fait passer une loi qui nuit aux intérêts de l'entreprise. Par exemple, une entreprise qui aurait investi en France et qui s'estimerait pénalisée par la revalorisation du Smic pourrait obliger l'Etat français à lui verser des milliards de dédommagement. Ce serait une sorte de révocation du traité de Westphalie (1648) qui régit l'Etat-nation occidental. Il est urgent que ce sujet émerge dans le débat public français : les négociations sont loin d'avoir abouti ; tout est encore possible.

Comment expliquez-vous que le FN ne se soit pas encore emparé du sujet ?

G.G. : Le FN ne fait que piller les thèses de certains penseurs hétérodoxes : Jacques Sapir, Frédéric Lordon, François Ruffin... Comme ces derniers ne se sont pas encore exprimés sur ce nouveau sujet, le FN ne peut donc pas encore siphonner cette idée, mais ne vous faites aucun souci : il le fera peut-être dès après la lecture de cet entretien !

Propos recueillis par B.R.

(1) «Pour une réforme bancaire plus ambitieuse : vous avez dit Liikanen ? Chiche !», fondation Terra Nova. www.tnova.fr

(2) Mon amie, c'est la finance !, d'Adrien de Tricornot, Mathias Thépot, Franck Dedieu, Bayard, 2014.

 
BIO EXPRESS

Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS et membre de la Compagnie de Jésus, est né en 1970.

Il est diplômé de l'Ecole normale supérieure d'Ulm et de l'Ensae.

Il est aussi docteur en mathématiques appliquées de l'Ecole polytechnique.

En 2009, il est sélectionné pour le Prix du meilleur jeune économiste, remis par le Monde et le Cercle des économistes.

 

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Privatisation des prisons. Stade ultime de l'exploitation de la main d'oeuvre par le capitalisme du désastre. Ce retour massif de l'esclavage avait déjà été expérimenté dans un passé récent.

21 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Privatisation des prisons, le quart des prisonniers dans le monde, peines extrêmes incompressibles prononcées pour petits méfaits, racisme,

surexploitation de la main-d'oeuvre captive, exécutions extra-judiciaires par drones ou commandos privatisés de la CIA, arrestations extra-judiciaires (Guantanamo et archipel mondialisé des prisons secrètes de la CIA), gestion déléguées de l'emprisonnement à des régimes dictatoriaux à la botte, tortures par le supplice de la baignoire et autres méthodes coercitives légalisées et "humanisées", erreurs judiciaires systématiques, séjours prolongés dans le couloir de la mort, torture psychologique par isolement perpétuel, etc ....

 

Les USA qui dénoncent à tout bout de champ le souvenir du goulag devraient commencer par balayer devant leur porte, ici et maintenant.

 

USA: psychologues et médecins dénoncent l’isolement des détenus

 

Plus de 80.000 détenus américains sont actuellement en isolement disciplinaire, dont certains depuis de longues années, une pratique jugée inhumaine par les troubles psychologiques et mentaux qu'elle entraîne, selon des experts américains.
   
"Les Etats-Unis sont une aberration dans le monde libre pour le nombre de personnes condamnées à ce type d'incarcération et la durée", a estimé Craig Haney, professeur de psychologie à l'Université de Californie, qui a interviewé plus de 500 de ces prisonniers.
   
Dans certains systèmes pénitentiaires, il n'est pas rare que des détenus passent dix ans, voire plus, en régime cellulaire, a-t-il expliqué à la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS) réunie à Chicago du 13 au 17 février, où il a présenté ses travaux vendredi, avec d'autres experts.
   
Les conditions sont extrêmement dures, les prisonniers passant tout leur temps dans une cellule de 7,5 mètres carrés, sans fenêtre, qu'ils quittent brièvement chaque jour pour faire de l'exercice seul, pas dans une cour extérieure mais dans une pièce fermée, a-t-il précisé.
   
Le plus souvent ces détenus n'ont pas le droit de recevoir de visite et d'appel téléphonique, et finissent par perdre tout contact avec le monde. Ils développent souvent des troubles d'identité, perdent le sens de l'orientation, et certains développent des phobies du contact avec les autres, a constaté ce psychologue.
   
Le taux de dépression, de symptômes d'anxiété et de difficultés à contrôler ses pulsions et de concentration, est très élevé, a-t-il aussi relevé, notant qu'au total, la moitié de cette population carcérale souffrait de troubles mentaux.
   
   "Je me perds dans mon quartier"   
   
 Robert King, sorti de prison en 2001 et qui a passé 29 ans en isolement, a raconté devant la presse à la conférence de l'AAAS, avoir encore des séquelles de cette expérience.
 "J'ai des difficultés aujourd'hui à m'associer avec les gens qui m'entourent et parfois je me perds dans mon quartier. Et quand je vais à la Nouvelle Orléans, la ville où je suis né, j'ai le plus grand mal à retrouver les lieux qui m'étaient pourtant familiers quand j'étais jeune", a-t-il raconté. "Je pense que cela résulte de mon isolement prolongé en prison", a-t-il estimé.
   
L'ancien détenu --qui avait été reconnu coupable d'un meurtre en prison--, a aussi dit avoir subi une forte baisse de sa vision quand il était en isolement disciplinaire, un phénomène apparemment fréquent chez ces détenus.
   
Pour Huda Akil, professeur à l'Institut de neuroscience à l'Université du Michigan, tous ces symptômes ne sont pas surprenants.
"Le manque d'activité physique, d'interactions avec d'autres humains, l'absence de stimulation visuelle, de contact physique (...) chacun de ces facteurs étudié chez l'homme et des animaux suffit en soi à affecter le cerveau", a-t-elle expliqué.
"L'ampleur de cet impact cérébral dépend de leur durée" ont aussi révélé ces recherches, selon la scientifique.
   
Cette absence presque totale de stimulation pendant des périodes aussi prolongées entraîne littéralement un rétrécissement d'un grand nombre de structures du cerveau chez ces prisonniers, a-t-elle résumé.
Une de ces zones cérébrales implique la mémoire, la reconnaissance de l'environnement et le contrôle des émotions, relève la neurologue.
   
Jules Lobel, président du Centre pour les droits constitutionnels et professeur de droit à l'Université du Michigan, estime que ce traitement, qui prive ces prisonniers de tout contact social, "constitue une violation de la Constitution américaine et du droit international car il est cruel, inhumain et dégradant".
 Il a engagé une action en justice contre l'Etat de Californie, au nom de mille prisonniers de la prison de Pelican Bay, dont certains ont été placés en isolement plus de 20 ans, a-t-il indiqué à la conférence de l'AAAS.
   
Peter Scharff Smith, un chercheur de l'Institut danois des droits de l'homme, a rappelé que des études faites au 19e siècle en Europe, notamment avec des centaines de milliers de prisonniers maintenus en isolement, avaient montré qu'un grand nombre devenaient mentalement malades.

 

Source: AFP

 

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Les évitements visibles du « Parlement des invisibles », par Frédéric Lordon.

19 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Les évitements visibles du « Parlement des invisibles »

Le 7 février 2014, par Frédéric Lordon

Comment pourrait-on trouver à objecter à un projet si profondément humaniste et bien-intentionné que le « Parlement des invisibles » de Pierre Rosanvallon, sinon sous l’effet de cette négativité pathologique, peut-être même compliquée d’une méchanceté fondamentale, qui trouve à redire par principe et indépendamment des circonstances. Rendre visibles les invisibles, leur offrir un « parlement », voilà bien une démonstration d’empathie sociale et d’irénisme politique qui garantit à son auteur une unanimité reconnaissante, en plus des bénéfices de « celui qui fait », forcément à son avantage dans la comparaison avec « ceux-là qui disent ».

Tout semble donc s’opposer à ce qu’on redise. Et pourtant il le faut. Il le faut même sur le mode le mieux fait pour scandaliser les amis de la bonne volonté et de l’initiative, c’est-à-dire en rapportant le présent au passé – c’est qu’on ne voit pas trop comment rendre quoi que ce soit d’intelligible autrement… –, meilleur moyen cependant de s’exposer au reproche de « rouvrir inutilement les vieilles querelles, quand le travail de l’avenir nous appelle à unir nos forces ».

Dégager le sens véritable du « Parlement des invisibles », au-delà de ses lénifiants discours, demande donc de ressaisir la trajectoire singulière du rosanvallonisme, d’ailleurs moins compris comme un courant de pensée que comme une tendance, particulièrement dynamique, il faut le lui accorder, de l’entrepreneuriat intellectuel. Qualifier adéquatement cette trajectoire demanderait alors d’en passer par une métaphore mathématique, celle de la géométrie riemannienne (la géométrie sur la sphère) dans laquelle les lignes droites (définies formellement comme le plus court chemin entre deux points) sont en fait de grandes courbes, et le fait est que si le rosanvallonisme apparaît en longue période très incurvé, il ne faut pas moins y voir un effort de maintenir, propre à une trajectoire finalement « rectiligne ».

Nul doute qu’en apparence le rosanvallonisme ne cesse de se déplacer. Mais d’un déplacement qui procède en fait d’une entreprise de rectification politique continuée, c’est-à-dire de rattrapage de mauvais placements successifs. Successifs ? En réalité c’est toujours la même tension qui est éternellement à réduire, mais aussi éternellement à reproduire, car Rosanvallon ne veut surtout pas remettre en cause le positionnement idéologique qui en est le principe. Ni par conséquent ne peut-il en résoudre l’aporie fondamentale consistant, poussé au train par un air du temps de contestation de la mondialisation, à chercher comment occuper la position de la critique du capitalisme mondialisé… sans jamais vouloir remettre en question le capitalisme mondialisé.

Saint-Simon, époque bénie
du néolibéralisme sans complexe Retour à la table des matières

Remettre en question, il n’en était vraiment pas question aux débuts. Les débuts de la Fondation Saint Simon. Beaucoup – suffisamment – a déjà été dit à ce sujet, y compris dans les commentaires récents de l’initiative du « Parlement » qui (à raison) n’ont pas manqué de rappeler ce glorieux passé [1], pour qu’il soit nécessaire d’y revenir. On sait que la Fondation Saint Simon, en son projet explicite de « rapprocher la droite modérée et la gauche intelligente » a été l’une des figurations les plus précoces, les plus nuisibles et les plus caricaturales de l’oligarchie du néolibéralisme en cours de mondialisation, entreprise de synarchie symbolique réunissant pêle-mêle grands capitalistes, hauts fonctionnaires, demi-intellectuels et patrons de presse de fausse gauche passés à droite (July, Joffrin and Co), tous bien d’accord pour en finir avec les « archaïsmes » de la lutte des classes, ça va sans dire, mais aussi, plus prosaïquement, avec les coûteuses « rigidités » de l’Etat social fordien, de la société fordienne même, qu’il est grand temps de convertir à la nouvelle ère, l’ère du capitalisme vrai, moderne, de la concurrence et de la liberté. S’il s’agit de convertir, c’est bien la « gauche » qui doit être le point d’application de l’effort. Enfin la « gauche »… Disons cette fraction de la gauche qu’on pressent très capable de passer à droite, rocardiens, PSU recyclés, cédétistes, etc. Que la droite soit de droite, c’est pour ainsi dire dans son concept, mais que la gauche devienne de droite, c’est une idée autrement audacieuse – et un défi à relever. Qui requiert alors l’appui décisif de médias de « gauche » – mais d’aussi fausse gauche que celle qu’on a pour projet de déplacer. C’est pourquoi Libération est au cœur de ce dispositif [2] (plus tard Le Nouvel Obs et Le Monde), et la présence de July-Joffrin, névralgique à tous égards.

 

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Invisibles : le "parlement" contesté de Rosanvallon. Par Anne-Sophie Jacques sur "Arrêt sur Image".

19 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 Invisibles : le "parlement" contesté de Rosanvallon

Les medias applaudissent l'initiative de l'ex- Saint-Simon. Et après ?

  

Raconter la vie, et éventuellement les souffrances, des simples Français invisibles : le dessein de Pierre Rosanvallon, historien et professeur au Collège de France, décliné sur un site et une collection de livres, est salué par les médias. Il suscite néanmoins quelques critiques : sur quel projet politique pourrait déboucher l'entreprise ? Et surtout, comment se fait-il que l’historien, fondateur de la Fondation Saint-Simon, naguère creuset de la pensée unique, entende dénoncer aujourd’hui des maux en partie causés par ce courant néolibéral ?

Rosanvallon_essai

 

La société est-elle en mille morceaux ? Serait-elle mal représentée ? Sommes-nous dans l’ignorance des uns des autres ? Oui soutient Pierre Rosanvallon, historien, éditeur de La république des idées et professeur au Collège de France qui vient de lancer Raconter la vie, projet qui a pour objectif de rendre visible les invisibles. Vous, moi, nous, tous ceux qui ont une histoire, une voix, et se sentent mal représentés, voire totalement ignorés. "Parce qu’on ne pénètre pas assez la réalité de la société", Rosanvallon invite donc à travers le récit de témoins, d’écrivains, de sociologues et de journalistes, à sortir des préjugés et des stéréotypes afin, ni plus ni moins, de refonder la démocratie.

 

Pour l’heure, l’initiative repose sur une collection de livres et un site Internet. Parmi les ouvrages publiés, on trouve Le parlement des invisibles, court essai rédigé par Rosanvallon et qui esquisse son dessein, ainsi que quatre livres : Chercheur au quotidien du physicien Sébastien Balibar, La femme aux chats, récit rédigé par le philosophe Guillaume Le Blanc, Moi, Anthony, ouvrier d’aujourd’hui – étonnamment Anthony n’a pas de nom – et enfin La course ou la ville, une tournée avec les chauffeurs-livreurs racontée par la journaliste Eve Charrin. Le site quant à lui se veut "le roman vrai de la société d’aujourd’hui" et accueille des récits regroupés en six catégories : changement de vie, impossible séparation, être au service des riches, manque de respect, être entre deux mondes et vivre low-cost. Le site se veut participatif, vous pouvez vous inscrire et commenter. Pour l’instant, si les commentaires sont dithyrambiques, ils sont loin d’être pléthoriques.

 

Rosanvallon_Libé

 

Ce projet est accueilli avec bienveillance par Libération qui, le week-end dernier, lui consacrait cinq pages. Certes, le directeur adjoint de la rédaction, Sylvain Bourmeau, rappelle que l’initiative est loin d’être nouvelle. Reprenant les exemples cités dans l’essai de Rosanvallon, Bourmeau évoque entre autre La misère du monde, œuvre dirigée par Pierre Bourdieu il y a vingt ans ou plus récemment La France des invisibles de Joseph Confavreux, Jade Lindgaard – tous deux aujourd’hui journalistes à Mediapart – et Stéphane Beaud, sociologue qui a également pris part à l’ouvrage de Bourdieu. Il évoque également les initiatives passées comme l’enquête proto-sociologique de Charles Booth dans l’East End de Londres à la fin du XIXe siècle ou le programme d’histoire orale de Studs Terkel dont les livres "racontaient la vie, les vies, à travers les voix d’Américains témoins de leur histoire, de la Grande Dépression à la guerre du Vietnam."

 

Raconter la vie... et les travaux similaires

Un rappel au passé que ne manque pas de compléter Joseph Confavreux dans un article de Mediapart : comme Bourmeau, le journaliste reprend les exemples donnés par Rosanvallon et cite Les Français peints par eux-mêmes, une série "publiée à partir de 1839 et constituée de 400 petites brochures illustrées, consacrées chacune à un «type social», de «l’épicier» à la «femme comme il faut», pour laquelle les plus grandes plumes de l’époque, notamment Balzac, avaient été mobilisées" ou encore un "précédent projet éditorial, porté en 2008 par les éditions La Découverte, qui avaient demandé à des écrivains contemporains de reproduire au présent le projet initié en 1839 par l’éditeur Léon Curmer, mais en se contentant de faire appel à la seule littérature et sans interaction avec internet."


Pourtant, dans cette liste de références qui vise à inscrire le projet dans une longue tradition, Confavreux pointe des oublis. Selon lui, Rosanvallon "néglige, de manière étonnante pour qui veut réactiver un usage politique du terme «invisible», la manière dont un mouvement collectif ainsi baptisé a émergé, à la fin des années 1990, après que le maire de Milan, élu du parti de la Ligue du Nord, a traité les occupants d’un centre social évacué de «fantômes». Reprenant l’insulte pour la retourner, ces «invisibles» aux yeux du pouvoir revêtent alors des tuniques blanches (Tute bianche) pour signaler la présence de chômeurs, travailleurs précaires ou immigrés dans leurs rangs, et jettent les combinaisons, une fois utilisées, pour symboliser les millions d’individus abandonnés par l’économie italienne. Ces Tute bianche ont été les fers de lance du mouvement altermondialiste, notamment à Gênes en 2001, et les précurseurs des stagiaires ou des anonymous défilant masqués et prétendant faire foule à partir d’un anonymat revendiqué et affiché comme tel."

 

99%

Des anonymous aux 99%


De la même façon, Rosanvallon ignore notamment les travaux du géographe à gauche de la gauche Christophe Guilluy – ses analyses ont été abordées dans cette émission – et dont le livre Fractures françaises décrit une nouvelle géographie sociale composée de classes populaires vivant dans des petites villes rurales ou des villes moyennes et qui passent totalement sous le radar des politiques – hormis celui de Sarkozy en campagne comme nous le racontions ici.

 

Des oublis surprenants ? Confavreux l’explique ainsi : Rosanvallon "n’a pas été toujours aussi sensible aux forces profondes et collectives de la société qu’il veut, avec ce nouveau projet, mobiliser. La portée des manifestations de 1995 en France, ou l’ébullition de la société civile mondiale, soutenue par le développement d’internet, qu’a été le mouvement altermondialiste, sont passés à l’écart du cofondateur d’une fondation Saint-Simon dont on ne peut oublier qu'elle a accompagné les mutations socio-économiques produisant aujourd’hui nombre des dégâts en termes d’invisibilité, de souffrance sociale et de déficit de représentation que le projet Raconter la vie souhaite résoudre…" Le journaliste se défend pour autant de vouloir assigner l’historien à son passé et considère, après avoir étudié de près l’évolution éditoriale des ouvrages de la République des idées, que l’homme s’est depuis radicalisé. Mais ce n’est pas l’avis de certains lecteurs de Mediapart qui, dans le forum, accusent Rosanvallon "d'escroquerie morale". Et de rafraîchir la mémoire sur ce que fut la Fondation Saint-Simon.

la fondation saint-simon : minc, lagardère, joffrin, july, elkabbach, etc


La Fondation Saint-Simon ? Bourmeau, dans son article de Libé, l’évoque à demi-mot. Selon lui, cette fondation "tenta, au prix du brouillage du clivage droite-gauche, de rapprocher élites économiques et académiques". C’est court. Les lecteurs de Mediapart, eux, relaient la page Wikipedia bien plus consistante : on y apprend que cette fondation, créée en 1982 et dissoute en 1999, avait pour membres Rosanvallon donc mais aussi Alain Minc, côté patrons Jean-Luc Lagardère et Francis Mer ou encore des journalistes vedettes comme Jean Daniel, Laurent Joffrin, Serge July, Christine Ockrent, Anne Sinclair, Franz-Olivier Giesbert et Jean-Pierre Elkabbach. La fondation visait à "réconcilier le monde de l'université, celui de l'entreprise et celui de la haute administration en France". Elle soutenait "une démocratie accompagnée d'un libre développement du marché […] et insistait en particulier sur le caractère indissociable de l'économie de marché et de la démocratie".

 

Ses détracteurs l’ont vite qualifiée de cercle de la pensée unique. On rappelle notamment l’épisode de 1995, évoqué brièvement par Confavreux. A l’époque, le projet Juppé de réforme du système des retraites provoque une vague de manifestations. Nicole Notat, la secrétaire générale de la CFDT, décide d’appuyer le projet. Elle est soutenue par une pétition de la revue Esprit largement relayée par les saint-simoniens. Une félonie pour les intellectuels rassemblés autour de Bourdieu qui prennent la plume et lancent un contre-appel de soutien aux grévistes. Ce contre-appel prend le nom de "pétition Bourdieu".

 

Grève 95

Manifs monstres de 95 / copie écran du site de La Dépêche

 

Vous me direz : ça date. De l’eau a passé sous les ponts. Mais pourquoi cette référence au passé est-elle passablement occultée ? Confavreux m’explique : "l'histoire précise de la fondation Saint Simon n'a pas été faitec'est Pierre Rosanvallon qui en détient les archives – et elle n'est pas monolithique. Il faut notamment distinguer le côté «club social des élites», où s'est manifestée la conversion de toute une gauche au libéralisme, des publications de petits livres, qui ont accueilli des économistes critiques comme Thomas Piketty". Un passé forcément complexe qui n’abrite pas d’un côté les méchants et de l’autre les gentils. Confavreux poursuit : "son projet est peut-être un peu tardif mais je préfère voir un professeur du Collège de France plonger dans l’arène plutôt que de se contenter de ses séminaires".

Raconter la vie... et après ?

D’accord. Le passé est le passé. Revenons au présent. Ne blâmons pas d’avance un projet qui se veut ambitieux. Car de l’ambition, Rosanvallon en a. Dans son essai, il affirme vouloir contribuer "à faire reculer les idéologies de l’identité et du repli sur soi qui fondent la montée en puissance des populismes et du racisme". Une ambition qui fait sourire Sonia Kronlund sur France Culture. Invitée mardi dernier lors de La grande table en compagnie de Rosanvallon, la productrice de l'émission Les pieds sur terreque je citais pas plus tard que mercredi à propos de Goodyear– revient sur son travail débuté suite à 2002 et l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles. Kronlund explique qu’à l’époque, on estimait ne pas avoir assez écouté les gens. Pendant dix ans, elle n’a donc cessé de raconter la vie. Mais aujourd’hui elle ne peut faire que ce constat : "rien n’a changé. Dix ans après, les idéologies sont toujours aux mêmes endroits, les gens votent Front national. Peut-être qu’on n’a pas été aussi utiles que ça l’a été dans notre rêve". Et de soumettre son autocritique à l’historien : plutôt que d’être écoutés sous prétexte qu’ils ne sont pas assez représentés, "les gens veulent qu’on tienne compte de leurs intérêts". Réponse de Rosanvallon : il faut multiplier les expériences comme les nôtres ! Réponse de Normand.

 

Rosanvallon France Inter

Rosanvallon sur France Inter jeudi 9 janvier


Quel est le dessein politique de Raconter la vie ? On peine à le cerner. Invité dans la matinale de France Inter, l’historien esquive une fois encore le sujet. Quand une auditrice lui fait part de sa défiance vis-à-vis du maire de sa ville, se trouvant ainsi désemparée par la perspective de devoir voter aux élections municipales, Rosanvallon lui rétorque que l’homme politique n’est pas le seul à représenter la société – et donc une re-représentation de cette dernière, objet de son projet, est indispensable. Mais encore ? Confavreux, sceptique également sur la vision politique du projet, s’interroge dans son article : "quelle pourrait être, d’abord, la nature de ce «parlement des invisibles» constitué d’un ensemble de récits de vie ? Si l’on perçoit bien le déficit de reconnaissance et d’image qu’il pourrait contribuer à combler, on voit encore mal comment il pourrait pallier l’absence de mandat. La multiplication des récits sur le site ou l’écho médiatique du projet suffiront-ils à en faire une forme d’assemblée populaire et horizontale incontournable ?"

Où sont les haches de guerres ?


Dans le genre non plus sceptique mais cinglant, Christian Salmon, chercheur et auteur de Storytelling, y voit carrément une imposture. Sur son blog de Mediapart, il estime que "ce projet se manifeste par une soumission manifeste à l'air du temps. L'absence de précautions méthodologiques concernant les conditions concrètes d'une «observation participante» va de pair avec une démarche politico-citoyenne irréfléchie qui prétend lutter contre la crise démocratique et l'essor du FN en mobilisant la même catégorie, le même fantasme des «invisibles». C'est au fond la résurgence du vieux projet néolibéral qui souhaite mobiliser contre les fractions syndicalisées du salariat ou ses minorités trop «visibles» et trop bruyantes une mythique majorité «silencieuse»." Et le passé revient au galop. Confavreux est plus nuancé :"s’il n’y avait que le projet Raconter la vie dans sa forme d’aujourd’hui, c’est-à-dire une collecte de récits, je serais d’accord avec l'idée que cela manquerait de méthode sociologique. Mais Rosanvallon dirige par ailleurs trois collections de sciences humaines et sociales hyper sérieuses".

 

A bien y regarder, Salmon vise tout autant Rosanvallon que Libération et ne mâche pas ses mots vis-à-vis de "l'ex quotidien […] qui a perdu tout repère et se place définitivement «hors sol»". Cela dit, on ne peut que souligner la constance de Bourmeau. Journaliste pour Mediapart à l’époque où le site faisait ses premiers pas, Bourmeau avait déjà encensé Rosanvallon, lequel soutenait la création de ce nouveau média. Et là encore – ou plutôt là déjà – stupeur des lecteurs dans le forum : l’un d’eux dénonce l’arrivée de "ces intellectuels médiatiques […] qui nourrissent ce que d'aucuns appellent une «pensée unique» i.e. une social-démocratie molle". Surprise : Edwy Plenel en personne vient au secours de Rosanvallon. Le patron de Mediapart réplique au lecteur contrit : "votre vision de Pierre Rosanvallon me semble réductrice, tant son itinéraire témoigne d'une prise de distance avec ce que fut son passage à la Fondation Saint-Simon, de même que la collection La République des idées au Seuil prouve une curiosité à la fois savante et critique de la société telle qu'elle est vraiment".

Un ex-trotskiste qui prend la défense d’un promoteur de la deuxième gauche, on aura tout vu. Mais le passé est le passé, et certaines haches de guerre sont visiblement enterrées.

 



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NEOLIBERALISME ET FEODALISME, rédigé par L'oeil de Brutus.

18 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

NEOLIBERALISME ET FEODALISME

12 Février 2014 , Rédigé par L'oeil de Brutus                                                                                                     

NEOLIBERALISME ET FEODALISME
Néolibéralisme et féodalisme

Billet initialement paru sur le site Gaulliste libre.

Réflexions issues d’un billet antérieur publié ici.


Imaginons un instant que nous soyons allés jusqu’à l’extrême logique libérale : tout est privatisé. Par exemple, la sécurité. C’est-à-dire que dans ce domaine (comme dans tous les autres), vous devez souscrire un contrat d’assurance auprès d’une entreprise privée qui en retour se charge d’assurer votre sécurité[i]. Bien évidemment, l’enfant de pauvres n’a pas ce luxe. Il peut donc allégrement se faire tabasser et racketter à la sortie de l’école. En fait, c’est encore plus simple que cela : il ne va pas à l’école puisque celle-ci étant également privatisée, ses parents n’ont pareillement pas les moyens de la lui payer[ii]. Ils n’ont d’ailleurs également pas les moyens de le nourrir : au chômage dans le monde ultralibéral, on ne touche pas d’aides sociales[iii].

Il ne leur reste alors que deux solutions : soit vivre de brigandages (mais étant donné que les possédants sont bien « assurés », ils ne pourront que brigander les plus pauvres qu’eux …), soit offrir le seul bien qu’ils aient, leur main d’œuvre, à un puissant qui en retour leur assurera le minimum de sécurité, d’alimentation et éventuellement de formation – et non pas d’instruction et encore moins d’éducation[iv] - selon ses besoins en main d’œuvre qualifiée. Bien évidemment, ce minimum pourra fortement varier selon, bien sûr, la loi de l’offre et de la demande et la situation économique du dit puissant ainsi que. Celui-là même devra d’ailleurs s’inscrire dans un schéma similaire de vassalité auprès de plus puissant que lui. Mais rassurez-vous, dans ce monde là nous sommes libres … de changer de « puissant » comme nous le désirons … enfin, selon le contrat qui nous lie à lui[v]. Et quand on a le ventre creux, on n’est généralement pas en très bonne posture pour bien négocier un contrat[vi].

Revenons à notre enfant, qui finit bien, bon gré mal gré, par grandir et à son tour avoir des enfants. Ceux-ci s’en retrouveront eux aussi analphabètes, sans instruction et sans éducation et donc fermement résolus à suivre les traces de leurs parents et grands-parents. C’est ce qui permet d’aboutir ainsi à la « division du travail » si chère aux libéraux, avec de plus l’avantage non négligeable, car plus « efficiente », qu’elle en devient héréditaire comme le revendiquait … Charles Maurras ! : « Il s’agit d’utiliser les aptitudes particulières, spéciales et techniques, qui sont fixées à quelque degré par le sang, mais surtout par la tradition orale et par l’éducation. Il ne s’agit point du degré de ces aptitudes, mais de leurs qualité, ou si l’on veut, de leur orientation coutumière … On naît juge ou marchand, militaire, agriculteur ou marin, et lorsqu’on est né tel ou tel on se trouve en outre, non point seulement par nature, mais encore par position, plus capable d’accomplir d’une façon utile la fonction correspondante : un fils de diplomate ou de commerçant trouvera dans les entretiens de son père, dans le cercle de sa famille et de son monde, dans la tradition et la coutume qui l’envelopperont et qui le soutiendront, les vivants moyens d’avancer plus rapidement que tout autre, soit dans le commerce, soit dans la diplomatie. La carrière de sa famille lui aura fait trouver la ligne du moindre effort et du plus grand effet utile, c’est-à-dire du meilleur rendement humain »[vii].

Et ce n’est pas là le moindre des points de convergence entre certaines idéologies plus ou moins nauséabondes du passé et le néolibéralisme d’aujourd’hui : l’espèce de moraline libérale-libertaire qui place l’individu au centre de tout en lui donnant un caractère narratif qui prétend dépasser le réel (comme par exemple dans le cadre du marché tout puissant, de la « main invisible » et autres niaiseries néo-panthéistes style « ordre spontané », mais aussi de la théorie du genre) n’est pas sans rappeler certaines formes de l’essentialisme cher au même Charles Maurras. C’est d’ailleurs ce qu’avait constaté Alain Finkielkraut il y a déjà presque 30 ans : l’alliance de fait entre une espèce de néo-romantisme ultralibéral et un libertarisme anarchisant, avec comme ennemi commun l’esprit des Lumières et tout ce qui en découle (Raison, Etat, Nation, laïcité, etc.). Et comme seul horizon, fort logique : le retour du monde féodal.

Cette description peut vous paraître caricaturale. Et certes elle l’est. Du moins en partie. Car regardez ce que deviennent nos systèmes éducatifs, nos systèmes de sécurité, notre justice (de plus en plus vénale[viii]), nos systèmes de protection sociale (qui ne perdurent encore que pour verser quelques oboles aux nécessiteux afin d’éviter qu’ils ne se révoltent). Et pire encore : le fusionnement des élites politiques, économiques, administratives et médiatiques[ix] qui aboutit à la formation d’une oligarchie coupée du peuple dans laquelle les petits arrangements, services et divers renvois d’ascenseur commencent de plus en plus à faire office d’établissements de liens de vassalité (pour l’instant) non formalisés (du moins à la vue de tous). Et qu’en est-il quand cette oligarchie commence à exempter elle-même l’un des siens de rendre des comptes à la justice[x] ?

Cette oligarchie n’est ni plus ni moins qu’une ploutocratie tendant au régime féodal : « Les populations n’ont plus d’emprise réelle sur l’économique et le social, quel que soit leur vote. Comme les régimes politiques tendent vers un bipartisme aux programmes convergents, et que l’oligarchie contrôle les partis politiques susceptibles de gouverner, la démocratie cède progressivement la place à une sorte de néo-féodalisme[xi] ».

L'Oeil de Brutus

[i] C’est déjà progressivement le cas aujourd’hui lorsque l’Etat externalise ses divers dispositifs de surveillance (des caméras de vidéos surveillance aux dispositifs les plus sophistiqués d’espionnage) à des entreprises privées ou encore lorsqu’il se décharge de ses fonctions fondamentalement régaliennes de sécurité sur les collectivités locales. Ce dernier cas est d’ailleurs le plus criant d’injustice : les collectivités aisées – donc celles qui regroupent majoritairement des contribuables aisés – se trouvent plus à même de garantir leur sécurité à ses habitants tandis que les moins aisés s’en trouvent beaucoup moins à même de le faire. Ce phénomène souffre en plus d’un effet d’auto-entrainement : les contribuables aisés en viennent alors à fuir ces quartiers défavorisés et donc à donner leurs contributions à des collectivités qui en ont déjà plus que de soif (le même raisonnement sied pour la fiscalité). Toutes ces manières de mener la décentralisation en se déchargeant sur les collectivités (notamment par le biais de la fiscalité locale) sont, dans les faits, de graves atteintes à l’unicité de la République et l’égalité de ses citoyens (notamment devant l’impôt, mais pas seulement). Mais c’est peut-être le but recherché …

[ii] Aujourd’hui, il lui reste encore (pour l’instant) l’école des pauvres que commencent à largement fuir les classes moyennes soucieuses d’assurer un avenir à leurs enfants (tant qu’il existe encore des classes moyennes …). Et on ne peut guère leur donner tort lorsque l’on voit l’état, tant dans la pratique que dans son idéologisation, de cette école qui autrefois faisait l’orgueil de la République et qui aujourd’hui ne tient encore péniblement debout que de par la volonté et le courage de professeurs largement abandonnés par les oligarques politiques et les idéologues de ministère. Sur ce sujet, on pourra lire avec attention les divers billets de La Vie moderne ou de Bonnet d’âne.

[iii] Dans un tel système, l’Etat n’a pas forcément entièrement disparu : il faut bien que demeure « quelque chose » qui puisse fixer quelques normes de référence, et peu importe si ces normes sont intrusives et liberticides (les puissants peuvent toujours s’en exempter …). Ce « quelque chose » normalisateur (quand il n’est pas aussi moralisateur) ressemble d’ores et déjà furieusement aux institutions de l’Union européenne.

[iv] : Dans le monde ultralibéral, ces mots (instruction, éducation) n’existent plus puisqu’ils n’ont pas d’utilité économique en eux-mêmes.

[v] : Dans le monde ultralibéral, le contrat (qui n’a rien à voir avec le contrat social, c’est même son antithèse) prime sur la Loi (cf note ci-après). On peut donc parfaitement imaginer un contrat qui lie les générations futures ….

[vi] On remarquera que du « contrat de génération » au « pacte de responsabilité » (en passant par une multitude de foutaises du genre), notre actuel président de « gauche de droite » est déjà très féru de philosophie du contrat (qui, notamment, l’exempte de responsabilité à défendre la loi qu’il pourrait vouloir imposer au nom de l’intérêt général). Et ne parlons mêmes pas des fameux « contrats » que la chancelière allemande rêve d’imposer à l’Europe entière.

[vii] Charles Maurras, Enquête sur la monarchie.

[viii] La complexité croissante des lois (et des contrats !) faisant qu’il faut avoir les moyens de s’offrir un avocat pour se défendre … ou jouer sur les vices de formes pour s’exempter de rendre des comptes à la justice. Qu’est-ce alors si ce n’est, ni plus ni moins, que le rétablissement de la vénalité de la justice que l’on retrouvait dans l’Ancien Régime ?

[ix] Sur le sujet, lire en particulier Sophie Coignard et Romain Gubert, L’Oligarchie des incapables, ainsi que Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde.

[x] Comme dans l’affaire Dassault.

[xi] Bernard Conte, La Démocratie défaite in Perspectives Libres n°6, La Crise de l’idéologie globale, avril 2012.

 

http://loeildebrutus.over-blog.com/2014/02/neoliberalisme-et-feodalisme.html

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09h15 le neuf-quinze. La quenelle du bureau ovale, par Daniel Schneidermann

12 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

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La quenelle du bureau ovale
Par Daniel Schneidermann

le 12/02/2014

Eh quoi ? On n'a plus le droit de s'amuser ? Mais si. Amusez-vous. Comme Obama lui-même s'amusait aux obsèques de Mandela, avec la première ministre danoise. Comme Obama s'est encore amusé à la conférence de presse qui a suivi sa rencontre avec Hollande, à menacer les patrons français. Comment ? Vous n'avez rien lu sur le sujet ? Ah oui, les accrédités comptaient le nombre de retweets de leurs selfies. On ne peut pas être partout. Alors voilà. La semaine dernière, une délégation de 116 entreprises françaises, emmenées par le Medef, s'est rendue à Téhéran. "En visite exploratoire", a expliqué le Quai d'Orsay, alors que les sanctions contre l'Iran ne sont pas encore levées. Mais il faut bien occuper le terrain comme les copains : les patrons allemands, italiens, turcs, coréens du Sud, etc, se succèdent en Iran. Les Américains n'ont pas été contents du tout. Eh ! Nos sanctions, qu'est-ce qu'elles deviennent ? Kerry a appelé Fabius, qui a regardé le bout de ses chaussures. Et donc, devant Hollande, le facétieux Obama a menacé ces entreprises de leur envoyer "une tonne de briques" sur la tête, si elles cassaient l'embargo (dans le cadrage de la video embeddée par le New York Times, on ne voit pas la tête de l'ami François. Dommage). Voilà l'affaire; En France, le media mainstream qui le mieux traité la question est Le Parisien.

Il y a eu d'autres moments bien amusants, dans cette conférence de presse. Par exemple, quand François a promis à Barack d'accélérer la mise en oeuvre du traité tansatlantique, ce traité qui fait peser de lourdes craintes sur la sécurité sanitaire et sur l'environnement (notre enquête est ici, notre émission est là), et inquiète, parait-il, la gauche du PS. Rigolo, oui. Mais beaucoup moins, je l'admets, que de savoir qui était assis (e) à côté du french bachelor au dîner d'Etat, question qui a ouvert le journal de 8 heures de France Inter (je ne vous fais pas languir, il était finalement entre Barack et Michelle).

 

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=16907

 

 On ne s'en lasse pas. Il faut voir, et revoir, ce selfie de la colo hollando-journalistique française dans le bureau ovale. Ce n'est pas seulement un défoulement de gamins en sortie scolaire (toute la galerie photos est là). Il y a dans cette jubilation profondément, délibérément régressive, un bras d'honneur à l'actualité dramatique que ces journalistes sont censés traiter. Pour la première et sans doute dernière fois de leur vie, ils sont au coeur du coeur du coeur du pouvoir. Ils n'y reviendront jamais. C'est le sommet de leur carrière. Il faut immortaliser l'instant, pour le montrer plus tard aux enfants. Et, improvisant, ils inventent donc la quenelle des pro-Système. A poil Hollande ! A poil Obama ! Il faut remercier la mode du selfie, qui nous révèle, mieux que toutes nos émissions ne sauraient le faire, ce qu'est devenu le journalisme mainstream. Cette image (au premier rang, oui, c'est Thomas Wieder, du Monde) mérite bien d'incarner désormais notre dossier sur la mondialisation heureuse. Clic clac

 
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Iran: ferme avertissement d'Obama aux entreprises françaises.

12 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

marche-transatlantique-barak-copie-1.jpgIran: ferme avertissement d'Obama aux entreprises françaises


WASHINGTON - Barack Obama a lancé mardi une ferme mise en garde aux entreprises qui feraient affaire avec l'Iran tant qu'un accord nucléaire définitif n'aura pas été trouvé, après une récente visite de firmes françaises à Téhéran.

M. Obama, qui recevait son homologue français François Hollande en visite d'Etat à la Maison Blanche, a prévenu que les entreprises étrangères qui prospectaient en Iran le faisaient à leurs risques et périls.

Fin novembre à Genève, l'Iran a conclu avec le groupe 5+1 (Chine, Etat-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) un premier accord de six mois sur un gel de certaines activités nucléaires en échange d'une levée partielle des sanctions qui étranglent son économie.

Nous avons été particulièrement fermes sur le fait que pendant la durée de cet accord intérimaire, nous allions appliquer toutes les sanctions applicables (...) nous avons dit clairement aux Iraniens que nous ne relâcherions pas la pression, a expliqué le président Obama.

Le président Hollande est du même avis, a ajouté le dirigeant américain, à l'issue de deux heures de discussions en tête-à-tête dans le Bureau ovale.

Des entreprises peuvent toujours prospecter sur les chances à plus ou moins long terme de s'installer en Iran et sur l'échéance d'un accord international sur le nucléaire iranien, a expliqué Barack Obama. Mais je peux vous dire qu'elles le font, pour l'heure, à leurs risques et périls. Parce que nous allons leur tomber dessus, a-t-il juré.

Une délégation de 116 représentants d'entreprises françaises menée par le Medef International s'est rendue à Téhéran début février.

Mis sur la défensive, le président Hollande a acquiescé aux déclarations de son homologue, mais précisé que le président de la République n'était pas le président de l'organisation patronale française.

Le Congrès inquiet

Par conséquent, les entreprises se déplacent librement mais je leur ai fait savoir que le régime des sanctions demeurait en Iran (et que) ces contacts ne pouvaient pas déboucher aujourd'hui sur des accords commerciaux, a ajouté le dirigeant français.

Quant aux sanctions, a-t-il précisé, elles ne pourront être levées que s'il y a un accord définitif. Dans la période de l'accord intérimaire, ces sanctions pour l'essentiel demeureront.

Ces négociations, qui reprennent le 18 février, visent un accord global garantissant à la communauté internationale la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien.

La délégation d'entreprises françaises, parmi lesquelles se trouvaient le constructeur automobile Peugeot, le pétrolier Total ou encore le cimentier Lafarge, est la première délégation européenne de cette importance à s'être rendue en Iran depuis la signature des accords de Genève fin novembre.

Dès début février, le secrétaire d'Etat John Kerry avait fait part de son inquiétude à son homologue français Laurent Fabius, selon une responsable du département d'Etat.

Téhéran n'est pas ouvert aux affaires car la suspension de nos sanctions est assez temporaire, limitée et ciblée, a déclaré Wendy Sherman, numéro trois du département d'Etat, lors d'une audition au Sénat américain.

Les élus américains, dont nombreux sont déjà sceptiques vis-à-vis des intentions de Téhéran, au point d'exiger de nouvelles sanctions contre l'avis de M. Obama, se sont alarmés de l'arrivée de délégations d'entreprises étrangères en Iran depuis la mise en place, le 20 janvier, de l'accord intérimaire de Genève.

Le secrétaire Kerry a parlé directement au ministre des Affaires étrangères Fabius sur la délégation commerciale, qui était une délégation privée d'entreprises et non gouvernementale, et il lui a dit que cela n'aidait pas les choses, et qu'il ne s'agissait pas de +business as usual+, avait expliqué Mme Sherman.

A la plupart de ces délégations --et nous leur parlons à toutes--, nous leur disons quelles sont les limites de ce qu'elles peuvent faire et leur expliquons que nous les sanctionnerons. Peu importe que ce soit des pays amis ou pas, s'ils enfreignent nos sanctions, nous les identifierons, et nous les sanctionnerons tous. C'est le message que nous avons envoyé, avait-elle prévenu.

ha-tq/are/nas

PSA PEUGEOT CITROEN

LAFARGE

TOTAL


(©AFP / 11 février 2014 21h21)  

 

http://www.romandie.com/news/n/_Iran_ferme_avertissement_d_Obama_aux_entreprises_francaises_RP_110220142143-16-446074.asp

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Comment General Motors a délogé PSA d’Iran. Par Pauline Ducamp.

12 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Comment General Motors a délogé PSA d’Iran

Par  - Publié le 04 novembre 2013.

  
General Motors
© DR

General Motors avancerait ses pions pour retourner en Iran, après avoir empêché PSA d’y poursuivre son activité, avancent plusieurs quotidiens.

"Fais ce que je dis, pas ce que je fais", telle pourrait être la devise de General Motors en ce qui concerne le marché iranien. Alors que l’américain a fait pression l’année dernière sur son partenaire PSA, lors de la signature de leur alliance, afin que le français interrompe ses livraisons de pièces détachées dans le pays, GM mène depuis six mois une offensive pour y étendre ses propres activités commerciales, ont révélé Le Figaro et Le Canard Enchainé.

Des négociations avec GM en Iran

GM aurait notamment pris contact avec Iran Khodro, la société iranienne qui assemblait pour le compte de PSA des 206 et 405 à partir de kits de pièces préparés dans l’usine de Vesoul (Haute-Saône). Des tractations seraient actuellement en cours pour le retour de l’américain dans le pays. Le Figaro souligne même que GM a importé cet été depuis l’Azerbaïdejan des Camaro, sa "muscle car" star de la série cinématographique "Transformers". Un moyen de tester le marché.

Cet intérêt croissant pour l’Iran des firmes américaines ne date pas d’hier (General Motors était bien implanté dans le pays jusqu’en 1981, après le renversement du Chah). L’Iran compte en effet 80 millions de consommateurs, de quoi attiser les convoitises.

Historiquement, PSA, et depuis son retrait, Renault dominaient ce marché. En 2011, la maison de la Grande Armée avait écoulé dans le pays près de 458 000 véhicules. L’arrêt de ces expéditions a coûté au français entre 600 et 800 millions d’euros. Renault a lui assemblé l’année dernière un peu moins de 100 000 véhicules, des opérations qui se sont arrêtées à l’été et pour lesquelles le groupe français a provisionné 512 millions d’euros dans ses comptes.

Sanctions contre les européens

C’est en fait un décret signé par Barack Obama le 3 juin 2013, l’Executive Order Act 13645, qui a poussé cette offensive américaine. Ce décret aggrave les sanctions contre l’Iran : la fourniture de pièces détachées ou de services à des sociétés iraniennes est ainsi sanctionnée. Mais, pour le secteur automobile, la fourniture de véhicules n’est pas répréhensible. Ce qui dans les faits avantage un constructeur comme GM, qui n’a pas d’activité industrielle dans le pays, mais interdit à Renault d’assembler en CKD (Complete Knock Down, en français un "nécessaire non assemblé").

Et le pire reste peut-être à venir, si les Etats-Unis envisagent une baisse des sanctions, prévient un diplomate iranien dans Le Figaro : "Les Français devraient se rendre compte qu’en cas d’accord entre nous et les Américains, leurs entreprises ne récolteront que des miettes". A bon entendeur…

Pauline Ducamp

 

http://www.usinenouvelle.com/article/comment-general-motors-a-deloge-psa-d-iran.N214606

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Vers une dictature du capital financier sur le monde dominé par le "marché"...

11 Février 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Mardi 11 février 2014     

TEXTE REPRIS SUR
LE BLOG DE DIABLO
Commun Commune

euro-cap

Qu’y a-t-il de commun entre le Chili de Pinochet, la Russie d’Eltsine, les USA de George Bush, l’Afrique du Sud de Mandela, l’Irak post-Saddam Hussein, la Pologne de Lech Walesa, l’Indonésie de Suharto, l’Argentine de Videla ?

 

Tous ont subi la « stratégie du choc », une politique ultralibérale dévastatrice menée après une situation de crise économique, politique ou environnementale, ou après une guerre comme le rappelle le nom donné à la campagne de bombardements intensifs américains sur l’Irak en avril 2003 : Shock and Awe (choc et effroi).

Il s’agit ni plus ni moins que d’appliquer à grande échelle les techniques de torture mentale et de privation sensorielle employées par la CIA afin de contrôler la volonté, les facultés de compréhension et les perceptions de l’adversaire pour in fine le priver de toute capacité à agir et réagir. Sans points de repères, littéralement en état de choc, les populations victimes de ce traitement se sont vues spoliées de leurs biens publics (éducation, santé, retraites) et de leurs libertés par l’oligarchie et ses élites sans même pouvoir et vouloir se défendre.

L’Europe de l’Ouest a été relativement épargnée par ce scénario cauchemardesque… jusqu’à la crise des subprimes de 2007-2008.

mario-Draghi.jpg

Bienvenue en Grèce,  laboratoire européen du « capitalisme du désastre » où sont testées les limites de la résistance humaine : un taux de chômage (officiel) à 28 %, un tiers de la population vivant sous le seuil de pauvreté, plus d’un tiers sans couverture maladie, des services publics en déliquescence laminés par des cures d’austérité draconiennes, un patrimoine public (sites archéologiques, îles, forêts, aéroports, compagnie de gaz ou d’électricité, …) bradé pour une bouchée de pain à des sociétés privées… et une population à bout se souffle, devenue incapable de se défendre.

La raison de cette capitulation ?

Le traumatisme provoqué par la violence de la crise imposée au peuple grec par l’oligarchie, sapant toute velléité de résistance à la destruction systématique de la sphère publique : « Attendre une crise de grande envergure, puis, pendant que les citoyens sont encore sous le choc, vendre l’État morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s’arranger pour pérenniser les « réformes » à la hâte [1] » est un bon résumé de ce qu’ont subi les Grecs.

Ce véritable coup d’État financier a nécessité plusieurs phases de préparation. Récit d’une tragédie (grecque) en 5 actes.

1er acte : créer les conditions d’une crise du crédit (2000-2007)

Au début de la décennie 2000, les USA se lancent dans la folie du crédit sans limites. Les emprunteurs, même non solvables, contractent des formules de prêts immobiliers de plus en plus risquées, et le plus souvent à taux variable.

Dans les premières années, les taux sont bas et les emprunteurs peuvent rembourser facilement mais au fur et à mesure qu’ils augmentent un nombre croissant de personnes ne peuvent plus rembourser leur emprunt immobilier et sont contraintes de vendre leur bien, faisant ainsi chuter les prix du marché, première étape de la crise.

Ces emprunts "toxiques" (car ayant des risques élevés d’être non-remboursés) sont compilés avec d’autres produits financiers bénéficiant artificiellement de la meilleure note (AAA) des agences de notation pour être ensuite échangés sur les places boursières du monde. La banque d’affaires américaine Goldman Sachs est l’une des pionnières dans la création de ces "subprimes".

Coup d’arrêt au printemps 2008 : les ménages emprunteurs ne peuvent plus rembourser leurs prêts à cause de la montée des taux d’intérêts, la bulle de l’endettement privée éclate et le système se grippe. Le système financier est contaminé par ces titres pourris et la contagion est rapide : leur valeur s’effondre, la confiance des investisseurs chute et le système du prêt interbancaire est vite gelé.

Le bénéfice est triple pour l’oligarchie bancaire : après avoir tiré profit du crédit facile dans la première phase, elle fabrique les conditions d’une crise artificielle qui obligera les États (donc l’argent public) à les renflouer dans la seconde phase et elle décuplera ses gains en plaçant des pays entiers sous sa dépendance grâce au creusement des dettes souveraines et au gonflement des taux d’intérêt de leur financement, dans la troisième.

2ème acte : déclencher une crise de la dette (automne 2008)

Le déclencheur de la crise dite des « subprimes » est connu. L’administration Bush nationalise AIG et Bank of America, rachète Merril Lynch … mais refuse de sauver la banque d’investissement Lehman Brothers qui se déclare en faillite le 15 septembre, faisant alors chuter toutes les places boursières mondiales.

Par cette décision, le secrétaire au Trésor Henry Paulson fait d’une pierre trois coups : il sacrifie un concurrent direct de Goldman Sachs – banque qu’il a présidé entre 1998 et 2006  et dont il continue en sous-main de défendre les intérêts –, et il fabrique les conditions d’une crise providentielle pour la finance tout en raflant l’argent public aux seuls bénéfices des banques privées grâce au "plan Paulson".

3ème  : fabriquer une crise bancaire en Europe (2008-2009)

Conjointement présenté par la Réserve fédérale et le Trésor, le "plan Paulson" de rachat des actifs toxiques américains, d’un montant de 700 milliards de dollars, est voté au Congrès américain mais sans toutefois convaincre les investisseurs.

Le CAC40 et le Dow Jones connaissent une chute historique le "lundi noir" (6 octobre 2008). Il faudra, pour calmer les marchés, que 7 banques centrales mondiales (États-Unis, Europe, Royaume-Uni, Canada, Suède, Suisse et Chine) s’accordent pour baisser leurs taux directeurs d’un demi-point.

4ème acte : la transformer en crise économique (à partir de 2009)

La crise financière devient rapidement une crise économique. De nombreux pays rentrent en récession, la consommation des ménages chute, les entreprises accusent des pertes énormes et sont obligées de réduire leurs effectifs salariés ou font faillite, le chômage explose : de l’automne 2008 à fin 2009, le taux passe en France de 7,9% à  10%, aux USA il double de 5 % à près de 10 % et il triple en Grèce de 8 % à plus de 24 %. Le secteur automobile est particulièrement touché. Aux États-Unis, le géant américain General Motors se déclare en faillite en juin 2009, seulement trois mois après Chrysler.

5ème acte : Goldman Sachs peut alors placer ses pions en Europe…

La Grèce a joué le rôle du cheval de Troie d’une gouvernance bancaire européenne. 

Première étape, la faire entrer dans la zone euro. C’est ce à quoi s’est employée activement la banque Goldman Sachs en maquillant ses comptes pour sous-estimer ses dettes et ses déficits déjà élevés, notamment par la levée de fonds hors bilan.

Deuxième étape : provoquer une crise de la dette européenne en étranglant financièrement la Grèce par une montée des taux d’intérêt et attendre la contagion à d’autres États.

Troisième étape, placer ses pions dans les États les plus sévèrement touchés par la crise de la dette qui débute au printemps 2010 :

Lucas Papadémos, nouveau Premier ministre grec, Mario Monti, nouveau président du Conseil des ministres italien (nommé et non élu),

et Mario Draghi, nouveau président de la Banque centrale européenne sont tous les trois des cadres de Goldman Sachs.

Lucas Papadémos fut gouverneur de la Banque de Grèce entre 1994 et 2002, et à ce titre a activement participé aux opérations de malversations perpétrées par Goldman Sachs.

Mario Monti est conseiller international de Goldman Sachs depuis 2005, et nommé à la Commission Européenne. Il est également le président pour l’Europe de la Commission Trilatérale et membre du groupe Bilderberg, deux organisations mondialistes. Il est aussi l’un des membres fondateurs du groupe Spineilli, une organisation qui veut promouvoir un fédéralisme européen.

Mario Draghi fut vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005 et, à ce titre, est soupçonné d’avoir permis la dissimulation d’une partie de la dette souveraine des comptes grecs en les embellissant.

Quatrième étape : faire plier les États les plus fragiles en leur octroyant des aides irremboursables à des taux prohibitifs. Face au risque de défaut souverain, les investisseurs imposent des taux d’emprunt impraticables aux Etats en difficulté, qui ne peuvent alors plus se financer.

Ces plans successifs sont assortis de conditions drastiques d’austérité, mettant en péril l’équilibre social des pays. 

En Grèce, la sécurité sociale part en lambeaux, le ramassage des ordures n’est plus assuré, les musées ferment les uns après les autres, la télévision publique n’émet plus, les livres disparaissent peu à peu des écoles, lesenfants tombent d’inanition… Les salaires du privé ont baissé de 25% en 2011, le SMIC est ramené à 586 euros bruts, faisant tomber le salaire moyen à 803 euros en 2012 puis en 2013 à 580 euros, soit l’équivalent du salaire moyen chinois. La Grèce est désormais considérée comme un pays du Tiers-Monde.

Tous les prêts octroyés à la Grèce sont d’autant moins susceptibles de faire redémarrer son économie qu’ils sont en grande partie captés par l’oligarchie financière : les banques grecques (pour 58 milliards), les créanciers de l’État grec (pour 101 milliards), la plupart des banques et fonds d’investissement ont reçu l’essentiel des aides débloquées par l’UE et le FMI depuis 2010, soit 207 milliards d’euros. Les trois-quarts de l’aide attribuée n’ont pas bénéficié aux citoyens mais, directement ou indirectement, au secteur financier.

Une étude d’Attac Autriche montre ainsi que seuls 46 milliards ont servi à renflouer les comptes publics – et toujours sous forme de prêts, tandis que dans le même temps 34 milliards ont été versés par l’État à ses créanciers en intérêt de la dette. Ou comment transformer la dette privée détenue par les banques et les créanciers, en dette publique.

… prélude à une dictature mondiale de la finance

Les politiques d’austérité de la Troïka seront-elles bientôt étendues à tout le continent ? Et de là, au monde entier ?

Ce véritable racket imposés aux États (et donc aux populations) a été rendu possible par les différents traités européens : celui de Maastricht qui fait de la BCE le garant de la monnaie commune et le maître d’œuvre de la politique monétaire (article 105) et celui de Lisbonne qui grave dans le marbre l’interdiction faite aux Banques nationales des États membres ainsi qu’à la BCE de financer directement les dettes souveraines et soumet ainsi les États aux appétits des banques privées [2] (article 123).

La souveraineté nationale, principal obstacle à la gouvernance mondiale de la finance, est mise à mal par ces traités, de même que la souveraineté populaire allègrement bafouée. Le vote de refus aux consultations référendaires sur la constitution Européenne, que ce soit en France, aux Pays-bas ou en Irlande, n’a pas empêché la commission Européenne de les imposer.

 De plus en plus de décisions importantes en Europe sont prises par des fonctionnaires et lobbyistes non élus, au mépris des choix clairement exprimés par les citoyens… les rares fois où ils sont consultés.

La souveraineté populaire et nationale sont des obstacles directs à la prédation financière ? Il suffit alors de les liquider purement et simplement ! Pour rendre acceptable la baisse d’un tiers de nos salaires comme le préconise Goldman Sachs , l’oligarchie veut mettre en place des régimes autoritaires en Europe.

JP Morgan considère sans rire que des réformes politiques d’ampleur abrogeant les constitutions démocratiques bourgeoises protectrices de l’après-guerre seront nécessaires pour supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui s’annoncent.

L’anxiété sociale provoquée par la crise a bien joué un rôle de frein aux revendications – 2011 première année de la crise de la dette a vu une baisse spectaculaire du nombre de journées de grèves en Franceet les réformes les plus dévastatrices pour le monde du travail, l’Accord National sur l’Investissement et le Pacte de responsabilité, sont passées comme une lettre à la poste alors qu’elles auraient provoqué avant la crise une levée massive de boucliers – mais l’oligarchie veut aller plus loin et plus vite et elle est prête à utiliser tous les moyens pour casser les résistances populaires. 

On comprend mieux le sens de l‘acharnement contre la famille dont fait preuve le gouvernement Hollande : en s’attaquant à la notion même de filiation on fabrique des individus fragilisés, sans histoire et sans mémoire, en détruisant les solidarités familiales on facilite l’avènement des dictatures de demain qui serviront les intérêts de la finance mondialisée.

Faire table rase du passé en coupant les individus de leurs racines sociales, familiales, nationales ou religieuses – équivalent collectif des techniques de lavage de cerveau et de dépersonnalisation employées par la CIA – est l’objectif de la "stratégie du choc".

La Grèce et son  patrimoine public dévasté aura bien été le laboratoire d’une nouvelle forme de dictature particulièrement destructrice que l’oligarchie va imposer à l’Europe entière… à moins que les peuples et les nations ne se décident à reprendre la main.


Nicolas Bourgoin

Démographe, maître de conférences à l’Université de Franche-Comté

 

 

 


[1] Naomi Klein, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, 2007.

[2] Cette situation est celle que connaît la France depuis la loi Pompidou-Giscard de janvier 1973 qui interdit à l’État de se financer auprès de la Banque de France.

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-vers-une-dictature-du-capital-financier-sur-le-monde-domine-par-le-marche-122472599.html

 

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