Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

LA FRANCE VUE DE LOIN (MAIS DE PRES), par Roberto Robertelli.

28 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 

LA FRANCE VUE DE LOIN (MAIS DE PRES)

mercredi 26 décembre 2012 Par  Roberto Robertelli

Tout peut arriver, même le meilleur et j’en ai fait récemment l’expérience. J’ai lu que le très sérieux " The economist", analysant la situation de la France (le prochain homme malade de l’Europe ?), considérait avec consternation que le peuple français et ses élites, n’étaient pas prêts pour un changement majeur de société. Qu’ils rejetaient encore massivement le libéralisme globalisateur qui sévit, asservit et séduit avec une étonnante efficacité une bonne partie des masses et des élites du ridicule village planétaire, ce village qui nous a gratifiés il n’y a pas si longtemps d’un magnifique feu d’artifice financier digne du château enchanté des productions "Buena Vista" (Walt Disney). C’est avec une fierté grandissante que j’ai entendu un commentateur de CNN parler d’un François Hollande qu’il avait magiquement et étrangement travesti en un incongru et mentalement arriéré marxiste-léniniste nationalisateur. Hollande avec un couteau entre les dents ; ils se laissent aller sur CNN dès qu’il s’agit d’argent ; plus de faux semblants pseudo-démocrates tendance Barak-le-presque-musulman ; non, du pur jus Coca Cola & Co. Quand j’ai enfin appris que la France avait voté à l’ONU en faveur des palestiniens, je n’ai pu retenir mon émotion. Je plaisante. Mais je souris a peine car si Hollande fait figure de dangereux révolutionnaire auprès des Grands, nous avons dépassé l’alerte rouge et la crainte qu’un jour pas si lointain le mot "gauche" ne soit plus utilisé que pour indiquer une direction donnée aux automobilistes ne semble plus si extravagante.

Mais rien n’est à jamais perdu puisque l’élite française est avec nous, citoyens (c’est bon d’être parfois optimiste) : l’élite nourrie aux seins de la république, celle issue de nos lycées-casernes et sortie gagnante de nos grandes écoles, celle aussi qui a préféré l’administration et non le privé. Cette élite qui résiste encore, qui a encore la force, le courage de continuer à aimer le peuple ; celle qu’il nous faut soutenir : ils constituent notre dernier rempart. Cela donne presque envie d’embrasser un énarque ou un fonctionnaire du Quai d’Orsay (là j’exagère un peu, j’en conviens). L’élite est aussi essentielle que la masse des travailleurs qui la fait vivre. Une élite nécessaire dans un conteste où il est indispensable de savoir déjeuner avec une aristocratie à l’arrogance sans bornes, sans tacher la nappe ou se faire bouffer une main. Mais l’élite républicaine est nombreuse (environ 1% de la population), composite, aux compétences diverses et elle a besoin des encouragements et du soutien populaire. Oui, du soutien populaire, pour essayer de sauver ce qui est encore possible ; car le pouvoir, même celui des marchés, n’est pas absolu malgré les efforts que les Grands déploient dans ce but et les sommes considérables qu’ils dépensent pour nous laisser croire qu’ils l’ont déjà atteint. Quant à l’élite de notre administration, elle a besoin de nous puisqu’une tête sans corps n’a pas de sens, qu’elle ne peut que parler quand elle se doit d’agir. Agir, agir maintenant. Nous aussi, nous surtout. Tous ces kilomètres de paves mouillés parcourus pour défendre les acquis des "enfants gâtés de la république". Se souvenir des doutes. Des doutes que nombreux nous avons nourris quant au bien-fondé de la défense de ces "privilégiés" de fonctionnaires quand les dossiers des chômeurs s’entassaient dans les soi-disant agences pour l’emploi et que le pouvoir d’achat des classes moyennes plongeait irrémédiablement sous les coups de la maximalisation du rendement du capital et de la globalisation du marché du travail. Oui, nombreux nous avons douté, harcelés et suffoqués par l’incessante propagande ultra-libérale. Un grand merci à la médiacratie, merci de nous en avoir tellement dit qu’on a tous fini par trouver louche cet empressement à détruire les piliers de la nation : nos services publics, notre nucléaire, notre industrie d’armement, notre industrie aérospatiale, ce qui reste de notre industrie lourde. Oui, les nôtres, puisque nous avons, citoyens, payé pour tout cela. Oui, les nôtres, car la République, bonne fille, rend bien l’amour qu’on lui porte. Les nôtres, puisque la nation n’est pas le refuge de ceux qui n’ont plus rien, mais le bien commun que nous voulons partager dans l’égalité et la fraternité et que nous sommes prêts à défendre. L’homme au couteau entre les dents doit pouvoir compter sur nous puisqu’ il est le seul en position de peser sur notre avenir. Ce n’est pas en se chamaillant que l’on arrivera à sauver la République, et les composantes de la vraie gauche doivent inciter avec vigueur le parti socialiste à trouver avec elle et avec tous les citoyens soucieux du bien public, les raisons et les moyens qui nous éviteront de sombrer. Pour être encore la France et non une province d’un lointain protectorat ou la bouffe est bonne et les filles charmantes. Remarquez ; c’est déjà ça.

http://www.la-gauche-cactus.fr/SPIP/spip.php?article1576
Lire la suite

Il y a pire que la guerre, c’est la guerre civile. Il y a pire que la guerre civile, c’est la guerre de religions. Pire que la tyrannie, le totalitarisme…

28 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Il y a pire que la guerre, c’est la guerre civile. Il y a pire que la guerre civile, c’est la guerre de religions. Pire que la tyrannie, le totalitarisme… Et c’est encore, hélas, le danger qui ressurgit, classiquement,  de ce que l’on nomme « la crise » en ce début de XXIème siècle.

 

Nous ne sommes pas conscients suffisamment, en France, d’habiter un îlot de laïcité, sous l’abri bienveillant de la devise républicaine, « liberté, égalité, fraternité », mais perdu dans un monde submergé par l’intolérance religieuse. Ci-dessous, un petit aperçu de ce monde tel qu’il est :

 

 http://rt.com/news/atheists-persecution-discrimination-report-692/

 

Extrait traduit.

 

« Ou comment les athées  doivent faire face actuellement à des persécutions et à des harcèlements dans le monde entier.

 

De lOccident chrétien au Moyen Orient Islamiste, les athées doivent affronter discriminations, persécutions, exécutions ou prison à vie, révocations de citoyenneté ,  l accès a l éducation leur est refusé ainsi que toute aide médicale.

Une étude de 69 pages ¨ Liberté de  pensée en 2012 : Rapport sur les discriminations à l 'encontre des humanistes, athées et autres non croyants¨, a été éditée par le IHEU ( Syndicat International  de  l' Humanisme et de l Ethique)

Cette étude aborde toutes les lois affectant la liberté de pensée dans une soixantaine de pays et nous révèle de nombreux exemples où des athées ont été persécutés pour leur non appartenance à une religion . Elle fait le point sur toutes les lois discriminatoires qui refusent aux athées ¨ le droit à l existence , bafoue leur liberté de pensée et d expression , leur droit à la citoyenneté et restreint même leur droit au mariage¨ Certaines lois vont jusqu' à leur interdire l' accès à l éducation publique et aux emplois d Etat, toute critique à l égard de la religion devenant un délit. Le seul fait d'avoir abandonné la religion parentale devient punissable par des peines allant jusqu'à la peine capitale . Ce rapport démontre que dans les pays islamistes dont l'Afghanistan, l Iran et le Pakistan les non croyants doivent faire face aux pires sévices allant jusqu'à la peine de mort. L 'étude ne cite pas des cas récents mais rapporte que dans certaines exceptions la peine capitale peut être modifiée en prison à vie. Publier des pensées jugées humanistes devient blasphème et est jugé  illégal au Bengladesh, en Egypte et en Indonésie. Dans la plupart de ces pays tout citoyen se doit de déclarer pratiquer une religion officielle : Christianisme, Judaïsme ou Islamisme. Sans cette déclaration la personne se voit refuser toute aide médicale, ne peut pas obtenir de permis de conduire, ni accéder aux Universités du pays ou partir à l étranger. Ces pratiques obligent donc les non croyants à mentir.

 

Discriminations en Europe et en Amérique du Nord

 

L 'Etude dénonce des faits similaires en Amérique du Nord et en Europe.

 

Aux Etats-Unis les non croyants ne sont pas considérés comme des citoyens à part entière. Au moins dans sept des états des lois ont été votées afin d' empêcher l 'accès à la fonction publique aux athées. Dans l'Arkansas par exemple un athée ne peut pas être cité comme témoin devant un tribunal. Des soldats de l 'armée américaine ont été forcés à participer à des fêtes Evangéliques et en Caroline du Nord un centre de détention refusa toute autre lecture que la Bible à des prisonniers.  En Ontario,  Province Canadienne , les fonds publics sont uniquement alloués aux écoles catholiques et 1/3 des écoles publiques sont catholiques. Ces établissements peuvent exclure tout professeur ou élève non pratiquant cette religion.  

 

En Suisse un professeur a été licencié en 2010 pour avoir osé abordé la question du soutien par l 'Etat du catholicisme dans les écoles publiques. On lui reprocha d'avoir enlevé des crucifix qui étaient dans les classes où il enseignait. Ces classes étant pourtant située dans une école publique.  

 

Chaque année des enfants anglais sont expulsés des écoles publiques à cause de la religion pratiquée par leurs parents.

 

La musicienne polonaise Dorota Rabczewska  a été condamnée à une amende de 1450 dollars pour avoir dit en 2012 dans un interview que la Bible était un livre rempli de fables incroyables.

 

Le Ministre italien des Affaires Etrangères Franco Frattini a appelé en 2010 les islamistes , les Juifs et les Chrétiens à s 'unir pour faire face à la menace que représenteraient les non croyants dans la société.

 

Heiner Bieleferdt,  défenseur de la liberté de religion et de la foi a accueilli favorablement cette étude et s'est déclaré très concerné par le manque d'intérêt porté aux non croyants par les associations de défenseurs des droits en comparaison à l' aide qu'elles apportent aux autres groupes discriminés. »

Lire la suite

Henri de Bodinat : « Une dose de protectionnisme pour réindustrialiser l’Europe ».

28 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Le Grand Entretien 08/12/2012

Henri de Bodinat :

« Une dose de protectionnisme pour réindustrialiser l’Europe »

 

Pour l’entrepreneur français Henri de Bodinat, la Chine a profité de la mondialisation en dupant les pays occidentaux, qui doivent rétablir des frontières commerciales.


Dans une usine de textile en République tchèque (Petr David Josek/AP/SIPA)

« Une petite dose de protectionnisme, bien ciblée sur les produits de Florange, permettrait de protéger ces emplois. »

C’est ce que le député Nicolas Dupont-Aignan propose ; comme souvent, son idée prête à sourire. Et pourtant, si les socialistes ne s’aventurent pas sur ce terrain – Montebourg s’est dégonflé pour se contenter d’enfiler une marinière –, les think tank politiques, les médias et même les éditeurs osent depuis peu employer le terme.


Couverture des « Sept Plaies du capitalisme », d’Henri de Bodinat

Au moins quatre ouvrages grands publics s’y attaquent cette année, une première. Dans « Les Sept Plaies du capitalisme », paru en septembre, Henri de Bodinat réserve ainsi au protectionnisme une bonne place.

Enarque, ancien directeur général de l’agence de publicité Saatchi and Saatchi France, de Sony Music puis du Club Méditerranée, il préside aujourd’hui un fonds d’investissement spécialisé dans les télécoms et les médias, Time Equity Partners.

Et il a une idée pour la France, ou plutôt pour l’Union européenne : des quotas d’importation et des droits de douane sur certains produits bien choisis. Que le protectionnisme soit au moins un sujet de débat.

Quelles sont les causes de la crise selon vous ?

Si je devais en privilégier deux, ce serait d’une part, la mondialisation ; d’autre part, la financiarisation de l’économie. Concentrons-nous sur la première.

Nous avons totalement abaissé les barrières douanières entre les Etats, pensant que la mondialisation allait permettre à chaque pays de se spécialiser dans ce qu’il savait faire le plus efficacement, que chaque pays allait profiter de son avantage comparatif.


Henri de Bodinat (DR)

En fait, ce n’est pas du tout comme ça que ça s’est passé. Nous avons ouvert toutes nos frontières, mais la Chine, elle, les a gardées fermées. Elle a également délibérément sous-évalué le taux de change de sa monnaie, probablement de 50%.

Quand, pendant dix ans on exporte plus qu’on importe, et à hauteur de 300 milliards de dollars, ce n’est plus un avantage comparatif, c’est un avantage absolu.

En quoi est-ce un problème pour l’Europe ?

Quand vous avez 300 milliards d’excédent commercial avec le reste du monde, en face, certains pays ont un déficit commercial à votre égard. Ça veut dire qu’il y a des Européens qui dépensent par exemple 100 milliards de plus en Chine que les Chinois ne dépensent en Europe.

Ça veut dire 300 milliards de dollars d’emplois et de croissance de plus en Chine. Et 300 milliards d’emplois en moins, de croissance en moins, dans le reste du monde. La première conséquence de la mondialisation a été de désindustrialiser l’Europe.

Quelles sont les autres conséquences ?

Il y a un autre un impact extrêmement négatif de la mondialisation, qui est la baisse des salaires et du pouvoir d’achat dans les pays occidentaux.

Dans l’industrie automobile américaine, il y a une vingtaine d’années, un ouvrier était payé 28 dollars de l’heure. Aujourd’hui, un ouvrier qui y entre est payé 15 dollars de l’heure. L’entreprise lui demande d’accepter des salaires plus bas, sinon elle menace de partir en Chine.

La mondialisation a permis à de grandes entreprises de gagner de l’argent en fabricant localement, mais également de bloquer les salaires – et donc le pouvoir d’achat – dans les pays occidentaux. Elle est à l’origine de la stagnation du pouvoir d’achat des classes moyennes que nous constatons depuis une quinzaine d’années.

Pour moi, c’est l’échec fondamental du capitalisme aujourd’hui.

Que proposez-vous pour éviter les dégâts de la mondialisation ?

Il y a plusieurs choses à faire. L’Europe a un inconvénient supplémentaire par rapport aux autres zones, notamment aux Etats-Unis, c’est l’euro.

Les décideurs cherchent à tous prix à préserver l’euro, alors qu’ils reconnaissent qu’il y a des écarts de compétitivité énormes qui se sont creusés depuis 2000 entre les pays européens. Mais comme nous n’avons plus l’arme de la dévaluation pour rétablir la compétitivité, la seule qui nous reste c’est la dévaluation intérieure, qui consiste à diminuer les salaires, ce qui est très difficile.

Il faudrait trouver un système pour pouvoir sortir de l’euro et y entrer de nouveau, mais à un cours différent. Rétablir l’écart de compétitivité qui s’est creusé entre pays et qui fait que la Grèce, l’Espagne et le Portugal sont complètement asphyxiés par rapport à des pays comme l’Allemagne.

Il faudrait pouvoir dévaluer l’euro ?

Oui, la première chose à faire, c’est de dévaluer l’euro. Les Chinois nous ont bernés et désindustrialisés. Ils ont eu raison de le faire : on les a laissés agir ainsi. Mais peut-être qu’aujourd’hui, on peut changer d’attitude.

La Banque centrale européenne (BCE), au lieu de racheter de la dette souveraine et de prêter de l’argent à 0% aux banques qui le prêtent ensuite aux Etats, ferait mieux d’acheter massivement des devises étrangères pour faire baisser l’euro. Elle ferait mieux d’accumuler des réserves en devises, comme l’a fait la Chine.

Quand je vois des commentateurs se réjouir que l’euro monte, je me dis qu’ils sont malades. Quand l’euro monte, ça veut dire que nous dégradons notre compétitivité par rapport au reste du monde. Mais, pour beaucoup, la priorité est encore d’avoir une monnaie forte...

Faut-il rétablir des barrières douanières ?

Il est évident qu’il faut rétablir le protectionnisme aux frontières européennes. Quelles seraient les conséquences ? Des mesures de rétorsion ? Elles seront très difficiles à mettre en œuvre. Les Chinois importent des machines-outils, ils en ont besoin, ils ne vont pas arrêter de le faire.

De quel protectionnisme parlez-vous exactement ?

Je ne dis pas qu’il faut fermer complètement les frontières ; il faut que ce soit sélectif. Il faut des quotas, des droits de douane pour ralentir les flux aux frontières de l’Europe.

Prenons exemple sur le Brésil. Son industrie automobile commence à être menacée par la Chine et la Corée. Et bien le Brésil a instauré 35% de droits de douanes sur ces produits.

Il faut détricoter ce qu’a fait l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a procédé à une libéralisation sauvage et asymétrique des droits de douanes, et le faire de façon intelligente. Il faut que, secteur par secteur, il y ait une réflexion.

Il faut également utiliser le protectionnisme comme un outil de politique industrielle, se demander comment l’utiliser pour réindustrialiser l’Europe, dans des secteurs dans lesquels il y a du dumping, mais des bases encore solides pour reconstruire.

Pouvez-vous donner un exemple de ce protectionnisme par secteur ?

Les équipementiers télécoms européens souffrent énormément de la concurrence chinoise, que ce soit Ericsson ou même Alcatel. On peut réfléchir à du protectionnisme, en se demandant quel pays viser. Est-ce qu’on ne vise que la Chine par exemple ?

Je n’ai pas de solution miracle, mais il ne faut pas que ce soit un mot tabou. Le libre-échange sauvage n’est pas la panacée universelle. Posons-nous la question du taux de change et d’un certain protectionnisme, sous forme de quotas ou sous forme de droits de douane. Intelligent, sélectif, pour freiner, voire renverser la désindustrialisation. Recréons les conditions du déploiement d’écosystèmes technologiques, industriels, créatifs.

Faut-il interdire les délocalisations ?

Non, on ne peut pas le faire. Je pense que c’est même très dangereux. Il faut éviter qu’il y ait des gens qui trichent, qui soient dopés, c’est tout. Il faut que nous commercions tous à armes égales.

Le protectionnisme ne consiste pas empêcher l’autre de courir, mais à faire en sorte que les décisions de délocalisation soient prises dans des conditions équitables. Une fois qu’on a rétabli les équilibres, qu’il y ait des délocalisations, pourquoi pas.

Pouvez-vous donner un exemple ?

Peut-être qu’il faut instaurer des droits de douane sur les voitures qui viennent du Maroc, plutôt que d’interdire les délocalisations de centres d’appels au Maroc. Cela permettrait d’éviter qu’il y ait à la fois tous les centres d’appels et toute l’activité automobile qui partent au Maroc.

Cela ne vous gêne pas que des centres d’appels soient délocalisés ?

Le problème des centres d’appels délocalisés, c’est l’obsession pour les coûts et la croyance qu’un service comme un centre d’appels est une « commodité ». Alors que ce n’est pas ça pas du tout. Quand vous appelez quelqu’un qui visiblement ne comprend rien à votre problème et ne peut rien pour vous, la marque détériore son image.

Je l’ai vécu en tant que consultant. Je conseillais l’un des grands FAI [fournisseurs d’accès à internet, ndlr] et je leur ai dit que leur centre d’appels n’était pas un centre de coûts, mais faisait partie de leur produit. Dans ce cas-là, il faut améliorer la qualité du service en essayant de maintenir le coût.

Ça peut impliquer de localiser le centre d’appels en France, mais avec des gens bien formés, et en même temps très bien encadrés pour qu’ils puissent rapidement résoudre les problèmes de leurs interlocuteurs, et donc finalement être productifs.

Votre argument avait-il été entendu par votre client ?

Non, il avait refusé l’idée, et délocalisé.

Faut-il alors que la France se spécialise dans le luxe et la haute technologie par exemple ?

On se spécialise pas dans le luxe, ça va délocaliser. C’est la même chose avec la haute technologie. Les décideurs français pensaient qu’ils auraient toujours le TGV ; manque de pot, les Chinois fabriquent aujourd’hui des TGV. Les décideurs français pensaient qu’ils auraient toujours l’aviation, mais bientôt les Chinois vont fabriquer des avions.

Bien sûr qu’il faut continuer à se spécialiser dans ces secteurs de pointe. Mais une erreur colossale à été commise, celle d’avoir accepté un transfert de technologie vers la Chine. Siemens et Alstom ont vendu des trains à la Chine et ont transféré en même temps leur technologie. La Chine leur a acheté trois TGV et est devenue un concurrent. C’est un manque de vision stratégique absolument démentiel.

Lorsqu’Anne Lauvergeon a refusé de vendre une centrale nucléaire à la Chine, disant qu’elle refusait le transfert technologique, Nicolas Sarkozy l’a forcée à le faire. C« est quand même hallucinant. Pour pouvoir dire qu’il était un super VRP de la France, sans aucune vision industrielle à long terme. C’est consternant. Le problème des hommes politiques, c’est leur vision à très court terme.

Leur deuxième erreur, c’est le diagnostic qu’ils font. J’avais espoir en Montebourg, qui parlait de démondialisation. Mais il n’en parle plus. Il ne parle pas plus de protectionnisme d’ailleurs.

 

Rue 89:

http://www.rue89.com/2012/12/08/henri-de-bodinat-une-dose-de-protectionnisme-pour-reindustrialiser-leurope-236656?fb_action_ids=303957839722002&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map=%7B%22303957839722002%22%3A172770009513936%7D&action_type_map=%7B%22303957839722002%22%3A%22og.likes%22%7D&action_ref_map=[]

 

Lire la suite

Nationaliser des banques, pourquoi pas ? Article de Jacques Julliard dans "Marianne".

25 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Nationaliser des banques, pourquoi pas ?

Lundi 24 Décembre 2012 Jacques Julliard dans Marianne.


Dans une France qui prend conscience de son effondrement économique et diplomatique, il n'est plus temps de s'enfermer dans les querelles politiques. La seule priorité : agir pour le redressement industriel, social et moral du pays.


Societe Generale, agence parisienne MEIGNEUX/SIPA
Societe Generale, agence parisienne MEIGNEUX/SIPA
Et un homme à la mer, un ! Accoudés au bastingage, leurs bouées de sauvetage à la main, les sauveteurs discutent avec passion : quel est donc cet homme ? Est-il jeune ou vieux ? Noir ou blanc ? Rouge ou brun ? Vert, peut-être ? Pendant ce temps, le malheureux continue de se débattre. Mais les sauveteurs, absorbés par leur débat préalable, n'en ont cure et reprennent la question à la base : avant de sauver cet homme, il importe de savoir qui nous allons sauver. Et de quelle manière ? Il serait contraire à toutes les traditions de la marine à voile de le sauver n'importe comment. Cependant, le naufragé continue de boire la tasse.  

Ce naufragé, c'est la France. Depuis le printemps dernier, un fait politique domine tous les autres. Le changement à la tête de l'Etat ? Vous n'y êtes pas. Le fait politique majeur, c'est que tous ou presque, dans ce pays, admettent désormais qu'il y a quelqu'un à la mer ; c'est la prise de conscience brutale d'une tendance en cours depuis trente ans : l'effondrement économique et diplomatique de la France. Il y a peu encore, le discours «décliniste», façon Nicolas Baverez (La France qui tombe, 2003), suscitait le scepticisme, voire la moquerie. Aujourd'hui, ce pessimisme sur l'avenir du pays est le fond de sauce qui accompagne tous les plats que l'on nous sert. Il est vrai que les faits sont trop nombreux, trop flagrants, pour être niés en bloc.  

En une vingtaine d'années, l'emploi industriel a diminué d'un tiers. Il ne représente plus désormais que de 12 à 13 % de l'ensemble des salariés. Voilà une donnée proprement effrayante, que l'on a longtemps cherché à escamoter derrière des bavardages sans contenu réel sur la «société postindustrielle» qui était censée être désormais la nôtre. Trente ans pendant lesquels tous les gouvernements, qu'ils soient de droite ou de gauche, tous les présidents, qu'ils se nomment Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, ont fait preuve de la même désinvolture, de la même insouciance. Sans y prendre garde, la France est devenue l'Angleterre, un pays qui a laissé filer son industrie, mais sans la City, c'est-à-dire un cache-misère bancaire à la désindustrialisation. Et lorsqu'un palmarès des personnages les plus puissants du monde, comme les Américains en raffolent en fin d'année, met Angela Merkel au deuxième rang derrière Barack Obama et rejette François Hollande à la 14e place, nous avons là l'expression symbolique de ce déclassement de la France, de cette perte du rang, de ce deuil de la grandeur, de ce naufrage de l'influence. Voilà pourquoi les Français n'ont plus tout à fait tort d'être encore plus pessimistes qu'ils ne le sont d'ordinaire, à un niveau qui n'a pas d'équivalent dans les pays industriels et qui ravale la France au niveau de l'Afghanistan.

A l'aune des licenciements et des fermetures d'entreprises qui tendent aujourd'hui à se multiplier, les Français réalisent que leur pays est en train de connaître un juin 40 étalé dans le temps, c'est-à-dire la débâcle de ce qui fut jadis une grande puissance industrielle. Et lorsqu'ils voient un Bernard Arnault et un Gérard Depardieu, le plus puissant de leurs hommes d'affaires et le plus célèbre de leurs comédiens, quitter le navire, ils comprennent qu'il ne s'agit pas seulement d'une «optimisation fiscale» : c'est l'exode s'ajoutant à la débâcle. Nous sommes entrés dans la France annoncée par Michel Houellebecq, celle d'un gigantesque parc d'attractions, vivotant de son tourisme et des oripeaux défraîchis de sa grandeur passée.

Pourquoi ces considérations ? Parce qu'on ne peut les formuler sans en tirer les conséquences. Pour moi, les choses sont claires. A la question : êtes-vous socialiste dur, social-démocrate ou social-libéral ?, je réponds que ce n'est pas aujourd'hui le problème ; je suis pour le redressement français, qui n'est pas qu'industriel, mais aussi social et moral. A la question : êtes-vous pour ou contre François Hollande ?, je réponds que je suis pour le redressement français. A la question : est-ce la faute à la gauche ou à la droite ?, je réponds que cela m'est bien égal : je suis pour le redressement français. A la question : êtes-vous pour l'écologie ou pour l'expansion ?, je réponds que je suis d'abord pour le redressement industriel. Or, je constate que si, dans leur grande majorité, mes compatriotes raisonnent comme moi, il n'en va pas de même de la classe politique tout entière, étendue aux journalistes et aux intellectuels, qui continuent de se livrer à leur sport favori : ils jouent à Fillon et Copé. Ou, si l'on préfère, à ce n'est pas moi, c'est lui.

Voyez ce qui s'est passé à propos d'ArcelorMittal. Face aux diverses issues possibles à cette crise, sauvegarde de l'emploi ou nationalisation temporaire, les intervenants ne se prononçaient jamais sur le coût et l'efficacité des solutions envisagées, mais toujours sur le positionnement idéologique de chacune d'entre elles. Pour s'affirmer de gauche, on se prononçait pour la nationalisation ; pour soutenir le gouvernement, on se «contentait» de la sauvegarde de l'emploi ; pour s'opposer à lui, on affirmait qu'en tout état de cause, c'était la faute de François Hollande. Le plus souvent, les arguments échangés ont atteint un niveau d'irresponsabilité et de puérilité qui fait douter de la capacité de la classe politique tout entière à mener à bien le redressement français. Nous sommes des nommeurs : nous estimons que nous avons assez contribué au débat national quand nous avons collé des étiquettes sur les différentes personnes et sur les différentes solutions. Ainsi, avoir choisi le seul maintien de l'emploi était pour beaucoup de citoyens de gauche la preuve irréfutable du caractère «social-libéral» du gouvernement Ayrault. CQFD.

Devant toute mesure économique, la question que posent les «augures» n'est pas de savoir si elle est efficace ou non, souhaitable ou non, la seule question qui vaille, en France, est de savoir si elle relève ou non de la «rigueur». Devant un site touristique, les gens ne se demanderont plus bientôt s'il est beau ou non, mais s'il est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Depuis Louis XIV, l'étiquette désigne à la fois une appellation, un rituel et une préférence. Il est vain d'espérer que la France renoncera un jour à sa passion nationale : l'étiquetage. Qu'importe l'ivresse pourvu qu'on ait le flacon ! Et quel beau débat national, comme on les aime, que celui qui continuera d'opposer les tenants du social-libéralisme, de la social-démocratie et du social-socialisme quand il n'y aura plus d'industrie, plus d'usines et plus d'ouvriers en France !

Lorsque, il y a trois ans, le 18 janvier 2010, je publiai dans Libération «20 thèses pour repartir du pied gauche» qu'avait alors refusées le Nouvel Observateur, la question de la nationalisation se trouva au centre du débat que je soulevai. Elle suscita l'indignation ou l'ironie de la quasi-totalité de mes interlocuteurs de gauche, qui me taxèrent d'«archaïsme». Je me permets de me citer, ne serait-ce que pour mesurer le chemin parcouru.

«19. Le premier objectif du rassemblement populaire doit être la maîtrise du crédit, au moyen de la nationalisation, au moins partielle, du système bancaire, qui est à la source de la crise actuelle. Telles qu'elles fonctionnent actuellement, la plupart des banques ont déserté leur mission essentielle, à savoir la collecte des capitaux au service de l'expansion économique, au profit d'activités purement spéculatives et nuisibles. Le but de la nationalisation est de ramener le système bancaire à sa fonction productive.»

Cette position, qui est plus que jamais la mienne, me permet de répondre aux deux questions qui se sont posées en cette fin d'automne.

1. J'étais personnellement hostile à la nationalisation provisoire d'ArcelorMittal parce que la sidérurgie ne fait plus partie du secteur stratégique sur lequel l'Etat se doit de conserver un contrôle. Aurait-il fallu nationaliser la marine à voile au moment de l'apparition de la vapeur ? La nationalisation des secteurs archaïques est la négation même de la mission qui incombe aujourd'hui à l'Etat : réorienter et redynamiser le secteur industriel. La nationalisation d'ArcelorMittal risquait d'entraîner le gouvernement dans le cercle infernal de la reprise des entreprises en faillite et des secteurs en perte de vitesse. En dépit d'une invraisemblable cacophonie, des stratégies personnelles et des promesses de bonimenteur, il a eu raison de s'en tenir à la défense des emplois. Mais il doit s'y tenir !

2. Pour la même raison, je désapprouve formellement la timidité, que dis-je, la capitulation de ce même gouvernement à l'égard du secteur bancaire. Il est non seulement en grave recul par rapport à ses promesses, mais, en renonçant à s'en donner les moyens financiers, il paraît renoncer à tout rôle stratégique à venir. On ne saurait oublier que la prospérité de la période gaullienne (les années 60) est due au lancement de grands programmes industriels : l'espace, les télécoms, le TGV, le nucléaire, l'aéronautique, le Plan calcul *. Seul ce dernier a échoué.

On peut comprendre la volonté de François Hollande de subordonner la relance sociale à la relance économique. Mais de relance économique, pour le moment, on n'en voit guère. Et de contrôle public du crédit, on n'en voit pas non plus. C'est là pourtant, François Hollande, que nous vous attendons. Sans surenchère, mais sans faiblesse. Car c'est là que se joue notre avenir - et le vôtre.

*La femme qui résiste, d'Anne Lauvergeon, Plon, 237 p., 20,50 € ; et le commentaire de Bertrand Renouvin, dans Royaliste du 10 décembre 2012.
Lire la suite

François Hollande doit revenir à l'esprit du discours du Bourget". Article du "Monde.fr".

21 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 

"François Hollande doit revenir à l'esprit du discours du Bourget"

Le Monde.fr | 19.12.2012 à 18h22 • Mis à jour le 20.12.2012
 

François Hollande dans son bureau à l'Elysée, le 17 décembre 2012. François Hollande dans son bureau à l'Elysée, le 17 décembre 2012. | REUTERS/POOL

Dans un chat sur Le Monde.fr, François Kalfon, délégué général aux études d'opinion au PS et cosignataire d'une lettre appelant le chef de l'Etat à changer de cap, estime que le parti socialiste ne peut "pas renvoyer aux calendes grecques le temps de la redistribution"

Certes François Hollande n'est pas Nicolas Sarkozy, des changements de nature progressistes commencent à voir le jour (mariage homosexuel, débat sur l'euthanasie...), mais d'un point de vue économique, il semble marcher sur des œufs. Les œufs du Capital sont-ils si gros ?

François Kalfon : Il est certain qu'aujourd'hui, les marges de manœuvre de l'action politique sont limitées face à une économie mondialisée qui tend à imposer ses règles. Mais faut-il pour autant abdiquer ? Faut-il, une fois élu, céder avant même d'avoir construit un rapport de force ? Je ne le crois pas.

 

Du reste, ce n'est pas ce qui a été fait à Florange. Voyez comme la menace d'une nationalisation temporaire a permis, finalement, de sauver l'ensemble des emplois que Mittal avait prévu de supprimer.

 

FG : Pouvez-nous expliquer le sens de votre démarche ?

 C'est simple : je suis un militant politique et un élu socialiste. J'ai vu l'espoir levé par le candidat Hollande lors du discours du Bourget, qui disait : "Mon ennemi, c'est la finance." J'ai vu ces salariés modestes venir voter en masse pour la gauche. Je vois maintenant le décrochage des catégories populaires, que l'on peut observer à la fois dans les sondages, mais aussi dans les suffrages, comme en témoignent les trois élections partielles que nous venons de connaître.

Et tout simplement, j'entends ce que les citoyens me disent. Ils sont, sans surprise, préoccupés par la situation économique du pays, inquiets pour leur pouvoir d'achat, menacés dans leur propre emploi. Eh bien, je dis qu'il n'y a pas un jour où nous devons oublier la revendication du pouvoir d'achat. C'est sur cette revendication non satisfaite que Nicolas Sarkozy a été battu. Or, il nous reste plus de quatre ans dans ce quinquennat pour la satisfaire.

Dans la boîte à outils que proposaient les soixante propositions du candidat François Hollande, il y en a une qui permet de répondre immédiatement à cette revalorisation salariale : c'est la réforme fiscale redistributive. L'engagement 14. Elle permet, en fusionnant l'impôt sur le revenu et la CSG, de rétablir la progressivité de l'impôt tel qu'il avait été conçu initialement. C'est la possibilité de redistribuer 800 à 1 200 euros par an de pouvoir d'achat aux travailleurs modestes.

C'est-à-dire la possibilité pour eux de payer des vacances à leurs enfants, alors que nombre d'entre eux ne le peuvent plus. Alors pourquoi s'en priver ? Sans doute que les hauts fonctionnaires de Bercy expliquent à longueur de journée aux ministres que cette réforme est compliquée. Sans doute expliquent-ils aussi que la pression fiscale sur les catégories supérieures est déjà suffisamment forte.

Mais moi, je sais de quel côté est l'urgence sociale. Il nous faut choisir, nous ne pouvons contenter tout le monde au même moment. Il faut hiérarchiser nos priorités. Les Français font des efforts, ils acceptent la réduction des déficits et la règle d'or. Nous nous sommes engagés pour rétablir notre compétitivité grâce au crédit d'impôt emploi-compétitivité. Alors, nous ne pouvons renvoyer aux calendes grecques le temps de la redistribution.

Visiteur :  Quel accueil a reçu la lettre que vous avez envoyée à François Hollande ? Aura-t-elle des suites ?

 J'ai reçu de nombreux mails et courriers d'électeurs de gauche qui me disent leur soutien et leur satisfaction de notre démarche. Car ils se sentent ainsi légitimes et entendus. En ce qui concerne le gouvernement, le président ou le parti, je sais qu'ils nous entendent, je sais qu'ils font leur maximum.

A nous de les aider à construire un rapport de force suffisamment efficace pour s'extraire des pesanteurs de la technostructure, de la pression des lobbys, afin qu'ils mettent ce sujet de la redistribution immédiate du pouvoir d'achat en tête des priorités.

Visiteur :  La politique actuelle de François Hollande est cohérente avec ses textes publiés dans les années 1980 (cf . "Pour être modernes, soyons démocrates", Le Monde, 1984) et une ligne économique libérale. Dès lors, la question n'est-elle pas plus simplement de savoir si M. Hollande n'a jamais été du côté des classes populaires ?

 Je m'inscris en faux sur cette lecture libérale de notre politique. Beaucoup de choses ont été faites. Je pense au blocage des loyers dans les grandes villes : cela a un effet immédiat sur le pouvoir d'achat. Pas plus tard qu'aujourd'hui, le gouvernement a proposé un projet de loi bancaire qui luttera contre les interdits bancaires et contre les pénalités que les banques imposent aux personnes en difficulté financière.

Je pourrais citer beaucoup d'autres exemples, comme la discussion actuelle par les partenaires sociaux, que le gouvernement soutient, qui propose de rendre obligatoire le fait d'avoir une mutuelle de salariés, ce qui est loin d'être le cas.

Tout cela, ce sont des régulations au marché. Alors, bien sûr, quand on est au pouvoir, on est confronté à un certain nombre de réalités, on est confronté aux rapports de force qui existent dans la société et qui sont favorables aux mécanismes de marché. Il faut avoir "du ventre" pour tenir bon. Regardez l'histoire de la nationalisation temporaire : hier, tout le monde considérait cela comme archaïque, aujourd'hui, tout le monde convient que c'est un outil utile. Même si, bien sûr, l'opportunité de son utilisation fait encore débat.

Mais contrairement au passé, où certains de ses prédécesseurs ont dit : "Face au chômage, on a tout essayé", je vois un gouvernement qui a entamé le redressement productif, même si, bien sûr, jour après jour, il faut l'appuyer dans ses combats et ses décisions.

Mais n'oublions pas, tout de même, que pour redistribuer du pouvoir d'achat, il faut produire. Or, ce sont les entreprises qui le font. Il faut donc leur permettre de le faire dans de bonnes conditions. Cela signifie aussi qu'il ne saurait y avoir de compétitivité sans un juste équilibre entre logique de marché et demande sociale légitime.

Visiteur : La question elle-même peut surprendre ; le PS n'est pas particulièrement le parti, traditionnellement, des classes populaires, mais celui des fonctionnaires et de la classe moyenne urbaine... Les "classes populaires" votent plus à gauche ou très à droite (cf. la composition de l'électorat FN)... Hollande fait-il donc un tel reniement, voire un tel sacrifice que ça ?

Votre analyse de sociologie électorale me semble factuellement assez pertinente. Et moi-même, qui suis un analyste de la vie politique, expert des questions d'opinion, je peux partager un tel constat. Mais ce qui nous différencie, c'est que je ne suis pas simplement dans le commentaire. Je suis un homme d'action, un militant politique, et si je me suis engagé dans cette voie, à gauche, c'est que je veux que les inégalités sociales régressent et que le champ des possibles s'élargisse pour ceux qui subissent davantage de domination.

Cela signifie que je suis soucieux du destin des catégories populaires. Lutter contre l'injustice sociale fait partie des éléments identitaires de la gauche. C'est pourquoi, même si, comme d'aucuns l'ont théorisé, on pourrait envisager un PS réduit aux fonctionnaires, aux habitants des centres urbains, aux jeunes et aux minorités, moi, je ne m'y résous pas. C'est le sens du combat de la gauche populaire et de la quinzaine de parlementaires qui ont signé avec nous cet appel, parmi lesquels mes amis Philippe Doucet et Laurent Baumel.

Visiteur :  Parmi les onze députés cosignataires de la lettre appelant le chef de l'Etat à réorienter sa politique, neuf ont voté en faveur du traité budgétaire européen et deux se sont abstenus. N'y a -t-il pas un paradoxe à se déclarer partisan d'une vraie politique sociale tout en validant un mécanisme dont on sait déjà qu'il conduira à l'austérité imposée et à la fin de l'Etat providence ?

Vous savez, si on cherche l'équation chimiquement pure, me semble-t-il qu'on s'éloigne de la politique et de la volonté de rassemblement. Si François Hollande a gagné, c'est qu'après la fracture sur le traité constitutionnel européen que le PS a vécue, nous avons su dépasser ce clivage et nous rassembler sur une ligne de réorientation de la construction européenne.

C'est la thématique du juste échange. C'est le combat pour la réorientation de la construction européenne, pour la réorientation du budget européen en faveur de l'industrie. Bref, pour la fin d'une vision univoque de la concurrence libre et non faussée.

Le "produire français", on pourrait même dire le "produire européen", a le vent en poupe. A nous d'identifier les filières d'excellence européennes : les énergies vertes, l'économie créative, les grandes infrastructures de transport, qui ne sont pas soumises à la concurrence des pays à bas coûts. A nous aussi de sortir de la naïveté de la Commission européenne, qui, au lieu de construire des champions européens, a préféré traquer de façon maladive les "ententes" et fluidifier de façon névrotique les mécanismes de marché là où nos concurrents asiatiques et américains consolidaient leurs champions et protégeaient leurs marchés.

Visiteur :  Ne pensez-vous pas qu'il y ait un important décalage entre le François Hollande candidat qui s'est appuyé sur les ouvriers, en leur promettant notamment le retour partiel de la retraite à 60 ans et l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire (modeste en coût), et celui qui accorde un crédit d'impôt de 20 milliards aux entreprises? Pourquoi cette dernière mesure ne figurait-elle pas au programme?

Vous avez raison, les socialistes auraient dû d'emblée prendre au sérieux le sujet de la compétitivité qui, autrement dit, est celui de la protection de nos emplois industriels. Mais pour des raisons d'opportunité, nous n'avons pas voulu traiter sérieusement la question de la TVA sociale, parce que la droite le proposait.

On a préféré penser que les délocalisations n'étaient qu'une question de compétitivité "hors coûts". Or, compte tenu du faible degré de spécialisation de notre industrie, le problème de la compétitivité coûts se pose bel et bien. Ce crédit d'impôt accordé aux entreprises est une manière de redonner de la compétitivité à nos entreprises, et donc de protéger les emplois les plus exposés.

Car la France connaît une originalité dévastatrice : elle fait reposer l'essentiel du financement de sa protection sociale sur le seul travail, ce qui le renchérit de façon invraisemblable. Ce crédit d'impôt permet simplement une chose : rendre le travail moins cher sans aucune perte de salaire pour les salariés. Ce qui, pense-t-on, doit permettre de protéger leur emploi.

Guillaume :  Quand on observe le contenu de la loi bancaire, on a l'impression que le gouvernement a abdiqué. J'attends beaucoup des députés d'ailleurs dans les amendements qu'ils vont proposer.

Commençons par dire que la loi bancaire française est la première qui soit votée en Europe. C'est même la première transcription dans notre droit positif des recommandations du G20 post-crise Lehman Brothers. Ensuite, la séparation des activités de dépôt et de marché est quand même faite, puisque ces dernières devront être filialisées.

Toutefois, il est extrêmement difficile de qualifier l'activité purement spéculative d'une banque, parce que parfois, elle agit sincèrement pour un client. Prenons un exemple : si une banque achète à terme du kérosène pour le compte d'une compagnie aérienne, on ne peut pas dire qu'elle spécule : elle couvre la compagnie du risque de variation des prix du pétrole.

Par contre, si elle achète des options d'achat sur ce carburant sans lien avec une volonté de couverture d'un client, là, nous entrons clairement dans une activité spéculative. Mais soyons honnêtes : ce n'est pas toujours facile à identifier. Et soyons lucides : l'imposition de règles prudentielles saines est un combat de longue haleine, auquel s'opposent à la fois le lobby bancaire, qui est puissant, et des Etats importants de l'Union. Je pense notamment à la Grande-Bretagne.

Visiteur :  Le PS se rend-il compte qu'il se coupe profondément de ses électeurs par sa manière de vouloir imposer par la force et la violence un projet aussi aberrant et inutile que celui de Notre-Dame-des-Landes ?

D'une façon générale, il me semble sain, dans les grands projets d'infrastructure, de passer par une phase approfondie de concertation. Ce projet d'aéroport ne date toutefois pas d'hier. Cela fait très longtemps que la nécessité de cet équipement est en débat.

Alors, cela a fait l'objet d'une confrontation, parfois violente, qui bien évidemment n'était pas souhaitable. Le gouvernement a entendu, après cette phase de contestation, que la discussion devait reprendre son cours. Une commission a été créée. J'espère que l'esprit de responsabilité prévaudra. Maintenant, distinguons quand même ceux qui sincèrement et pacifiquement contestent le bien-fondé de cet aéroport, et les groupes autonomes ultraviolents qui nous renvoient à une forme d'intolérance bien plus grande encore que ceux qui s'entêteraient à vouloir coûte que coûte un tel équipement.

Visiteur :  La Gauche populaire va-t-elle se constituer en courant du PS, et présenter des candidats aux élections internes du PS ?

Nous n'en sommes pas là. Nous en sommes simplement à affirmer une sensibilité politique, celle qui place la question sociale au cœur, et qui remet en avant ces fameuses catégories populaires oubliées, et cela est en soi un combat. Ensuite, quelle forme cela prendra ? Nous en discuterons avec ceux qui partagent nos perceptions, nos orientations, qu'ils soient dans le PS ou ailleurs.

Maintenant, est-ce que l'orientation et les analyses de la Gauche populaire ont vocation à imprimer le débat du Parti socialiste ? Je réponds qu'il serait dommage de s'en priver, car laisser faire une certaine dérive, c'est abdiquer de ses convictions. Or, il s'agit là précisément du sens inverse de notre démarche.

givensunday : Etant donné que les caisses de l'Etat sont plus que vides, quel argent voulez-vous redistribuer ? Cela passe-t-il par une augmentation des prélèvements ?

En ce qui concerne la réforme fiscale, nous l'envisageons à prélèvements constants. C'est une autre répartition de l'effort que nous imaginons. Maintenant, cela peut paraître étrange de dire cela, avec un peu de courage, des marges de manœuvre, il y en a ! Songez que le programme emplois-jeunes coûtait au budget de l'Etat 3 milliards d'euros et que les dépenses de formation professionnelle, dont on peut sérieusement douter de l'efficacité, représentent un pactole de 31 milliards d'euros ! Il y a donc de l'argent dès lors qu'on s'attaque à un certain nombre de tabous.

De la même façon, si c'est la lutte contre les injustices qui guide nos pas, il y a sans doute d'autres façons de faire pour gérer l'argent public. Songez que nos dépenses d'éducation sont, avec les Etats-Unis, les plus élevées au monde (rapportées au PIB). Alors que la Finlande, qui n'apparaît qu'au 15e rang pour ces dépenses, dispose du système scolaire reconnu dans tous les classements comme le meilleur du monde. Tout simplement parce qu'on place la réussite scolaire au cœur du système, plutôt que l'aberrante logique de sélection qui conduit en fait à la reproduction sociale.

Visiteur :  Le problème de popularité de l'actuel gouvernement n'est- il pas aggravé par une contestation systématique à sa gauche, le bloquant au Sénat et rendant confus ses propositions ? Votre lettre ne risque-t-elle pas d'aggraver les critiques, au risque de restreindre davantage le champ d'action du gouvernement ?

Dans votre question, il y a deux aspects. C'est vrai que la gauche est divisée, entre ceux qui assument l'exercice du pouvoir et ceux qui le rejettent. C'est regrettable, et cela ne correspond d'ailleurs pas au souhait des électeurs du Front de gauche qui, dans leur immense majorité, veulent la réussite de ce gouvernement.

Comme en témoignent la qualité des reports des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour sur François Hollande (plus de 90 %) et le haut niveau de soutien dans les sondages de son électorat à la politique du gouvernement, qui tranche avec le front du refus d'un certain nombre d'élus de cette sensibilité.

En ce qui nous concerne, nous assumons complètement la logique de gouvernement et l'identité sociale-démocrate. Simplement, quand beaucoup de clignotants passent à l'orange, et que de nombreux responsables préfèrent regarder dans une autre direction, alors, oui, nous prenons la responsabilité d'interpeller ceux de nos amis qui sont au pouvoir. En espérant être entendus.

Pierre Sel :  Pensez vous que la politique présidentielle, désavouée par les Français, risque de refaire basculer les mairies et régions à droite ? Dans quelle mesure le PS se bat-il pour expliquer la politique gouvernementale, notamment aux classes populaires ?

Expliquer la politique gouvernementale aux classes populaires, faire partager l'urgence populaire à ceux des nôtres qui sont en responsabilité, est une préoccupation quotidienne pour mes amis de la gauche populaire et pour moi-même.

Oui, nous craignons une sanction aux élections municipales et régionales si nous ne sommes pas capables d'envoyer des signaux forts. C'est le sens même de notre adresse au gouvernement. Non pas comme une contestation ou une sanction, mais comme une invitation que je m'adresse d'abord à moi-même, celle qui consiste à revenir à l'esprit du Bourget, dans lequel beaucoup d'électeurs des classes populaires se sont retrouvés, permettant à François Hollande de devenir président de la République.

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/12/19/francois-hollande-doit-revenir-a-l-esprit-du-discours-du-bourget_1808636_823448.html

Lire la suite

Florange : Une occasion manquée de collaboration entre la France et la Russie.

17 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

L'économiste Jacques Sapir  tient une tribune pour Ria Novosti . Il revient sur le " Florange finning " , la " découpe de Florange " à l'image de la " découpe des ailerons de requins " [ lien ] , que le financier transnational Lakshmi Mittal a entrepris à Florange .

Il souligne qu'avant le choix financier de Mittal , le groupe Russe SEVERSTAL s'était porté candidat pour l' OPA sur ARCELOR . A l'époque les plumitifs , les économistes et les politiques Français s'étaient distingués par leurs déclarations Russophobes  - et Mittalophiles - allant jusqu' à parler d' " argent sale " !

 Il est ainsi fort probable , Jacques Sapir n'évoque pas cette possibilité , que la dernière décision du gouvernement Français sur Florange  ait été motivée par une crainte de voir le groupe SEVERSTAL accéder avec des financements Européens aux technologies UCLOS . [ lien ] et [ lien ]

Mais pour paraphraser Coluche , les hauts-fourneaux de Florange n'émetteront plus de CO2 car ils seront arretés !

 

L'article est particulièrement intéressant car Jacques sapir y parle de politique industrielle en descendant jusqu' à la couche technique , ce qui est la nature même de la sidérurgie ! 

 

Alors qu’il est beaucoup question d’accords économique entre la France et la Russie, les derniers événements à Florange laissent planer un doute sur le sérieux avec lequel le gouvernement français traite ces questions.

Florange restera, et avec raison, dans les mémoires comme l’un des plus grands échecs du début de quinquennat de François Hollande. Les ouvriers se sont sentis trahis et abandonnés. Mais cela a été aussi un mauvais coup porté à la collaboration économique Franco-Russe.

Les négociations entre le gouvernement français et MITTAL au sujet du site de Florange ont accouché  de l’un des plus mauvais accords que l’on puisse imaginer. Il revient à faire confiance au groupe MITTAL pour investir sur une période de 5 ans 180 millions d’Euros (mais dont 127 millions étaient déjà programmés), alors que ce groupe n’a pas exactement bonne réputation sur ce point. La manière dont le groupe MITTAL s’est brutalement désengagé du projet à hautes technologies européen ULCOS, qui devait être mis en œuvre à Florange, prouve que ce groupe n’a nullement l’intention d’investir dans le long terme.

Par ailleurs, si MITTAL s’engage à reclasser les salariés de la « partie chaude » du site de Florange le gouvernement français a très peu obtenu de MITTAL(1), qui va pouvoir continuer de se désengager de son activité de production d’acier pour se désendetter et continuer de se tourner soit vers l’amont (les mines) soit vers l’aval (l’utilisation des métaux).

Il y a avait pourtant une autre solution, représentée par un groupe de repreneurs potentiels de l’ensemble du site, parmi lesquels on comptait le groupe belge Cockerill Maintenance et le groupe russe SEVERSTAL. Une fois encore, un gouvernement français a fait un choix purement financier, au détriment de ceux représentant une logique industrielle. Rappelons qu’en 2006, SEVERSTAL avait cherché à reprendre ARCELOR, pour se voir devancer par MITTAL.

 

La suite sur Ria Novosti : http://fr.rian.ru/tribune/20121215/196922183.html





http://zebrastationpolaire.over-blog.com/ 

Lire la suite

Un message de Philippe Derruder le dimanche 16 décembre 2012. Son cadeau de Noël.

16 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

15125 306139939490667 1111996910 nUn message de Philippe Derruder le dimanche 16 décembre 2012. Son cadeau de Noël.

 

En regardant ses vidéos je vous conseille de visionner les vidéos d’Henri Guillemin sur Robespierre, c’est très enrichissant.


Bonjour toutes et tous


Depuis quelques années, j'ai pris l'habitude de partager avec vous quelque chose pour célébrer la fin de l'année et le commencement de la nouvelle; une réflexion, un texte... Cette année je veux vous offrir un film sur lequel je travaille depuis un an avec l'aide précieuse de quelques amis. Ce film s'intitule : "La monnaie, du pouvoir d'achat au pouvoir d'être" Vous savez que depuis 20 ans j'ai consacré une bonne partie de ma vie à tâcher de comprendre pourquoi l'humanité, en dépit des connaissances et technologies phénoménales dont elle dispose aujourd'hui, reste toujours incapable à établir des conditions de vie de suffisance et de dignité pour tous. Pire, que ce XXIéme siècle s'ouvre sur une crise majeure dont on ne peut encore mesurer l'ampleur des souffrances qu'elle engendrera, est une insulte à l'intelligence.
Sans prétendre détenir la vérité, je partage dans mes livres, conférences et ateliers le fruit de mes recherches et celui de mon propre cheminement; mais cela reste limité. L’idée m'est donc venue d'offrir dans un film une synthèse de ce que j'ai identifié comme étant le fond du fond des problèmes actuels débouchant sur le constat enthousiasmant que tout est là pour réaliser ce monde de suffisance et de dignité, si nous le voulons. Mais une chose me semble certaine: Pour le moment, l'impasse se referme sur nous car la classe dirigeante mondiale fait tout pour maintenir en place ce qui assure son pouvoir et sa fortune tandis que les peuples s'agitent pour dénoncer ce qu'ils ne veulent plus, sans toutefois savoir vraiment ce qu'ils veulent, tant le conditionnement qu'ils ont subi étouffe l'imaginaire. Ceci me pousse à croire que la solution est entre les mains des citoyens de ce monde, à condition de les aider à se libérer du conditionnement qui les tient prisonniers
C'est pourquoi mon objectif est que ce film soit le plus possible regardé afin d'informer et d'aider à comprendre que nos problèmes, pourtant vitaux, n'ont que l'épaisseur d'une pensée. Ainsi ai-je choisi de le diffuser gratuitement sur youtube et en trois langues : français, anglais et espagnol.
Pour le moment, seule la version française est disponible. Les deux autres ont encore besoin d'un peu de travail. Toutes les personnes qui l'ont déjà vu l'ont hautement apprécié, mais comme il est riche en informations, elles m'ont conseillé de le découper en séquences d'une dizaine de minutes chacune. Vous le trouverez donc sous forme de 7 séquences
1/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=XMs0aI4C0Ro]

2/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=7MsQ8kUGDIs]

3/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ciF3gSM5qzE]

4/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=Wfwkry67icg]

5/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=6nGKYbm7nHk]

6/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=m78ZfKs9jO4]

7/7 - [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=-wbujBsvEbw]

... je vous invite à le regarder, à votre rythme, et si vous estimez que les informations et messages contenus peuvent contribuer utilement à relever le défi qui est le nôtre, alors merci d'en diffuser le lien à tous vos réseaux et connaissances. Dès que les versions espagnoles et anglaises seront prêtes je vous le dirai aussi pour que vous puissiez prévenir les contacts que vous avez dans les pays parlant ces langues. Ce faisant, pensez à demander à vos contacts d'en diffuser le lien à leur tour afin que l'effet boule de neige puisse agir.
Maintenant si vous avez envie d'acquérir la vidéo (contenant le film sous deux formes : séquencée et non séquencée), vous pouvez le commander en ligne sur le site aises. http://aises-fr.org/260b-liv-monnaie-FR%20achat.html Il est libre de tous droits de sorte que vous avez l'autorisation de le projeter en public si vous le souhaitez. Comme vous le comprendrez, nous ne demandons que le paiement des frais de fabrication, d'emballage et de poste. Nous apprécierons toutefois une adhésion ou un don à notre association (bien sur facultatifs) pour nous aider à poursuivre notre action. http://aises-fr.org/104-adhesion.html
J'espère que ce film contribuera à ouvrir vos horizons. 2012 s'achève. On parle beaucoup de fin du monde, ou de fin d'un monde. Si l'ancien monde se meurt effectivement, un nouveau est en train de naître, et beaucoup d'entre nous, souvent sans le savoir, en sont déjà les accoucheurs. J'espère que ce film facilitera cet accouchement.
Bonne fin d'année, joyeuses fêtes et mes meilleurs vœux pour la nouvelle année qu'il nous appartient de rendre belle, chacun à notre niveau.

 goldman-sachs-vampire-squid

Lire la suite

Le Secours populaire effrayé devant la montée de la misère!

14 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

 
Vendredi 14 décembre 2012

 secours_pop.jpg

 

"Nous sommes effrayés au Secours populaire devant cette montée de la misère, de la pauvreté, de l'exclusion", s'est insurgé Julien Lauprêtre, président du Secours populaire sur Europe 1 mercredi matin. L'association aide cette année 2,5 millions de personnes, contre environ 2 millions l'année dernière. "Des femmes seules avec des enfants, des travailleurs pauvres, des petits commerçants et artisans" viennent chercher de l'aide. Parmi eux, des jeunes : "l'année dernière, nous en avons aidé 150.000, précise Julien Lauprêtre. Et combien sont-ils à ne pas oser venir ?"

 

 

"L'enfance va mal", alerte en particulier le président du Secours populaire. "2 millions d'enfants ne mangent pas à leur faim" et "cette année, un enfant sur trois n'est pas parti en vacances".

 

Quant aux  pour lutter contre la pauvreté, Julien Pauprêtre se montre plutôt sceptique : "je ne crois que ce que je vois", affirme-t-il, précisant que "l'une des grandes faiblesses du plan, c'est qu'il n'y a rien dans le domaine alimentaire." Sur les 181 millions de repas distribués l'année dernière par le Secours populaire, la moitié était financée par un programme d'aide européen aujourd'hui menacé, a-t-il souligné.

 

Europe 1

 

http://www.mleray.info/article-le-secours-populaire-effraye-devant-la-montee-de-la-misere-113431036.html

Lire la suite

Florange : la honte après la trahison. Par Jacques Sapir.

9 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Florange : la honte après la trahison

6 décembre 2012
Par Jacques Sapir
 

Et cela continue. Comme si la liste des avanies infligées par le groupe MITTAL aux salariés de Florange ne suffisait pas, il faut que ce dernier achève de ridiculiser le gouvernement français et son Premier ministre ! Le groupe MITTAL vient d’annoncer le retrait du site de Florange pour le projet ULCOS, soutenu par la Commission Européenne. Ce n’est qu’un camouflet de plus, mais il met cruellement en lumière les mensonges du Premier ministre, hier soir, sur France-2.

  • L’accord avec MITTAL garantit qu’il n’y aura pas de licenciements ? À la bonne heure ; quand on regarde l’accord on voit que MITTAL prévoit plusieurs centaines de mises à la retraite anticipée et n’exclut pas des « départs volontaires ». Tout cela rappelle le plan social le plus traditionnel.
  • Le groupe MITTAL se serait engagé sur 180 millions d’euros d’investissements ? On apprend que 127 millions sont programmés pour des opérations de maintenance, nécessaires en tout état de cause, que seuls 53 millions peuvent être considérés comme des « investissements stratégiques ».
  • Il n’y aurait pas eu de repreneur ? ici encore Jean-Marc Ayrault prend ses aises avec la vérité des faits. Bernard Serin de Cockerill Maintenance était bien sur les rangs, et, derrière lui, le groupe russe SEVERSTAL, intéressé de longue date par l’acquisition d’ARCELOR, et qui avait été évincé en 2006 par MITTAL. Cela impliquait de réaliser une opération non seulement sur la partie « chaude » et la partie « froide » su site de Florange, mais d’y associer les autres établissements d’ARCELOR-MITTAL en France très probablement. Mais, une telle opération impliquait un plan stratégique pour la sidérurgie en France. Et de cela, en réalité, le Premier ministre et les libéraux du gouvernement ne veulent sous aucun prétexte.
  • Une nationalisation de Florange aurait coûté à l’État 1 milliard d’euros ? C’est, encore une fois, une contrevérité. La présence d’un repreneur assurait à l’État la possibilité de revendre les installations. La solution d’une participation dans une société d’économie mixte avec les repreneurs aurait été aussi possible. Dans tous les cas, les sommes dépensées auraient été nettement inférieures au milliard lancé à la cantonade par le Premier ministre.

L’annonce que MITTAL vient de rendre publique aura au moins eu l’avantage d’exposer en pleine lumière la situation tragique et ridicule dans laquelle s’est mis le gouvernement français. Tragique, parce que l’on joue avec le travail et avec la vie de centaines de personnes. Ridicule, parce que tout le monde peut voir à travers cet exemple que le gouvernement de la France ne compte pas, que l’on peut lui raconter des bobards en toute impunité. Et, le plus grave, c’est que cette réputation va coller à ce gouvernement. On le verra dans toutes les négociations qui auront lieu dans les semaines et les mois prochains avec de grandes entreprises. Il a visiblement échappé à Jean-Marc Ayrault que, derrière le cas Florange et ses relations avec MITTAL, il en allait de la crédibilité de son équipe pour tous les dossiers qui viendront s’ajouter à celui-ci. C’était bien pourquoi Florange avait valeur d’exemple. Si le gouvernement avait montré ne serait-ce qu’une once de fermeté, même avec des coûts, il aurait été en bien meilleure position pour négocier par la suite. La bêtise d’un choix à courte vue, de l’absence d’une politique d’ensemble, se paye toujours au centuple.

Le Premier ministre a désormais le choix entre deux solutions. S’il a un peu de courage, il doit renverser la table, annoncer rapidement la nationalisation de l’ensemble des sites de Florange et engager la négociation pour que MITTAL quitte le territoire français tout en ouvrant immédiatement des discussions avec les repreneurs pressentis. Ce faisant, il ouvre le débat sur l’avenir des activités sidérurgiques en France. S’il a un peu de dignité, il doit admettre qu’il s’est fait rouler dans la farine, et le gouvernement avec lui, et en tirer, par sa démission, la conclusion logique. Cet aveu vaudrait rédemption. À être l’homme qui, selon la Constitution, « conduit et dirige la politique de la nation », nul n’est obligé. Et ce n’est pas démériter que de le reconnaître. Mais, son choix se réduit à ces deux options.

Gageons, hélas, qu’il n’aura ni courage ni dignité, qu’il cherchera par quelques explications alambiquées à justifier l’injustifiable. On disait de l’ancienne social-démocratie qu’elle était couverte de crimes, par référence au rôle joué par le SPD dans l’écrasement sanglant de l’insurrection allemande de 1918. La nouvelle social-démocratie, si bien représentée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault, s’est aujourd’hui couverte de honte.

 

Citation

 

Jacques Sapir, “Florange : la honte après la trahison”, billet publié sur le carnet Russeurope le 06/12/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/577

Lire la suite

Florange: la trahison… BIS. Par Jacques Sapir.

9 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Florange: la trahison… BIS

3 décembre 2012
Par Jacques Sapir
 

Ainsi, c’était donc ça. L’accord avec MITTAL, sur lequel on pouvait déjà avoir des doutes importants compte tenu de la « réputation » de la société à ne pas tenir ses promesses, se révèle n’être qu’un plan social camouflé. On annonce déjà plusieurs centaines de départs en préretraite. Les investissements promis ne sont que ce qui était prévu avant la négociation, essentiellement pour le partie « froide » du site. Les travailleurs ont été roulés dans la farine par le Premier ministre et le Président. À vrai dire, on s’y attendait. Mais pas que le vernis craque aussi vite, en moins de 72h. Le problème, en l’occurrence, est que ceci était d’emblée dans la tête de J.-M. Ayrault, qui semble avoir été plus intéressé à sauver des emplois dans sa région que par le sort des ouvriers de Florange. Tel est le « secret » d’un accord qui n’en est pas un et qui constitue une capitulation en rase campagne de la part du gouvernement.

Reprenons depuis le début ; MITTAL veut liquider la partie « chaude » du site (les hauts-fourneaux), mais tient à garder la partie « froide » qui fabrique des emballages à partir du métal, et qui gagne de l’argent. MITTAL, par ailleurs, emploie 20 000 ouvriers sur divers sites en France. Le gouvernement a fait l’erreur de traiter ce problème de manière parcellaire, se mettant ainsi lui-même la tête sur le billot, et celle des ouvriers de Florange par la même occasion. On lit sans problème la stratégie de MITTAL, qui consiste à menacer, en cas de nationalisation de l’ensemble du site de Florange, de cesser ses investissements dans le reste du pays, et qui menace donc l’emploi. Cette stratégie est efficace, mais elle ne l’est que parce que le gouvernement ne veut pas traiter du problème dans son ensemble, c’est-à-dire de l’ensemble des installations de MITTAL en France. On dira que le coût serait extrêmement élevé. Non, si on le fait dans une logique où ces activités seraient reprises par un ou plusieurs repreneurs. La question de la gestion et des activités commerciales serait réglée par des sociétés déjà existantes.

Jean-Marc Ayrault prétend que ce repreneur n’existe pas. Or, les deux sites de Florange sont connus pour intéresser beaucoup de monde, le groupe russe SEVERSTAL entre autres, mais pas seulement. La possibilité de trouver un repreneur était bien présente, mais à la condition d’une reprise globale du site. C’est sur cette ambiguïté qu’a jouée le Premier ministre pour imposer l’accord qu’il voulait. Cet homme, de Notre-Dame-des-Landes à Florange, sera désespérément resté un élu local.

Le problème fondamental est celui de la logique financière qui est celle du groupe MITTAL. Entendre qualifier « d’entrepreneur » Lakshi Mittal a de quoi faire se retourner dans sa tombe Joseph Schumpeter. Dors en paix, pauvre Joseph, ils ne savent pas ce qu’ils disent. Lakshi Mittal est essentiellement un financier, sans logique industrielle d’ensemble, qui n’est intéressé que par le rendement immédiat de ses entreprises. Il n’a de cesse, pour utiliser une expression un peu vulgaire, que de faire « pisser du cash », et ceci sans souci du moyen ou du long terme. Un entrepreneur, et il faut le rappeler à tous ceux qui n’ont que ce mot à la bouche, y compris au MEDEF et à la sinistre Parisot, est quelqu’un qui entreprend une activité dont il pense que grâce à une innovation de produit ou de procédé, il tirera profit. Un entrepreneur industriel, de plus, a dans la tête la notion de filière et de pérennité de son entreprise. Pas un opportuniste ou un preneur de rente.

La mise en place d’une logique industrielle d’ensemble cohérente est la seule réponse possible à l’attitude du groupe MITTAL. Les éléments de cette logique existent, ainsi que les partenaires, qu’il s’agisse de sociétés françaises ou de sociétés étrangères. Mais, cette logique étant contradictoire avec celle de MITTAL, il convient donc de se débarrasser de ce groupe, et pour cela d’en nationaliser l’ensemble des établissements sur le territoire français. On fera l’objection des obstacles que pourrait soulever l’Union européenne. Mais, étant contributrice nette à hauteur de 7 milliards d’euros par an, la France peut parler fort à Bruxelles. La véritable réponse à l’arnaque que prépare MITTAL, avec l’assentiment du Premier ministre, est bien une nationalisation d’ensemble, mais accompagnée de la constitution d’un syndicat de repreneurs, appelé à reprendre les diverses activités et à les développer dans la lignée de ce que l’on a décrit dans la première note. Ici encore, cela implique une politique industrielle d’ensemble sur la filière sidérurgique de la part du gouvernement français. Or, c’est bien ce qui manque aujourd’hui.

Ou, plus précisément, c’est bien la volonté de penser le développement d’ensemble de l’industrie, les coexistences de filières sur un même site, qui est aujourd’hui absente dans le pôle libéral de ce gouvernement, représenté par Sapin, l’homme qui accepte le chômage, par Moscovici, l’homme qui accepte l’Euro et les pertes de compétitivité qui en découlent, et par Ayrault, Premier ministre plus attaché à sa circonscription qu’aux intérêts du pays et de l’ensemble de ses travailleurs.

Oui, le « socialisme » compassionnel a bien trahi les travailleurs de Florange, et d’autres trahisons se préparent, qui laisseront toutes un goût de plus en plus amer. Jusqu’à ce que ce gouvernement soit régurgité par ceux-là même qui l’ont élu.

 

Citation

 

Jacques Sapir, “Florange: la trahison… BIS”, billet publié sur le carnet Russeurope le 03/12/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/567

Lire la suite