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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

[Vidéo] Dans le ventre de l’hôpital, par Arte. Source : Arte, Jérôme le Maire

7 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le “burn out” menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, “déborde, déborde, déborde”, comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir “optimiser”. Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. “Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader”. Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des “process” et de leur “efficience”…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées…–, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, “Global burn-out”.

Source : Arte, Jérôme le Maire, 02-10-2017

Dans le ventre de l’hôpital – ARTE

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

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La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique" . Fondation RES PUBLICA.

6 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Daesch, #Le fascisme, #Politique étrangère, #l'horreur économique

La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique" . Fondation RES PUBLICA.

La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique"

 
 
 

Note de lecture du livre de Pierre Conesa, "Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite" (Robert Laffont : 2016), par Baptiste Petitjean, directeur de la Fondation Res Publica.
Pierre Conesa, dans son dernier ouvrage, propose un décryptage inédit de la politique étrangère du Royaume d’Arabie saoudite. Au service d’un projet planétaire de propagation du « salafisme-wahhabisme », cette dernière a également pour objectif de préserver le règne de la maison des Saoud. Néanmoins, la diplomatie religieuse saoudienne s’inscrit dans un contexte de rivalités régionales exacerbées, menaçant de déboucher sur une « guerre de religions » au sein même du monde musulman [1].

 
Les rouages de la diplomatie religieuse saoudienne
Face à la montée des nationalismes arabes soutenus par l’Union Soviétique et incarnés par le président égyptien Nasser, le Royaume d’Arabie saoudite met en place dès le début des années 60 un système idéologique totalitaire ayant pour double objectif d’assurer la propagation de l’islam dans sa version wahhabite, étroitement liée au salafisme selon Pierre Conesa, et la sauvegarde du règne des Al Saoud, dont « les intérêts […] s’articulent avec ceux de la famille Al-Shaikh d’Abd al-Wahhab, le fondateur du wahhabisme, pour mettre sur pied un projet commun qui aboutira à l’instauration du régime » (page 27). Cette convergence se concrétise avec le pacte du Najd adopté en 1744 : les oulémas de la tribu d’Abd al-Wahhab, les Al-Shaikh, soutiennent le régime, qui en échange s’engage à propager l’islam dans sa version wahhabite. Ainsi on comprend que la diplomatie religieuse nait en même temps que le Royaume. Les chancelleries occidentales y voient quant à elle « la barrière parfaite contre le socialisme » (page 20).

En 1979, année charnière dans le déploiement planétaire de ce système, l’Arabie Saoudite fait l’expérience d’un « polytraumatisme » (page 39): en février, c’est la victoire de révolution chiite en Iran et l’ayatollah Khomeyni s’empare de l’islam politique, de l’anti-impérialisme et de l’antiaméricanisme ; en novembre, c’est l’occupation de la Grande Mosquée de La Mecque par des fondamentalistes islamistes qui secoue le Royaume ; et enfin en décembre l’URSS lance l’invasion de l’Afghanistan, déstabilisant l’allié historique des Etats-Unis depuis le pacte du Quincy de février 1945 qui garantit à la puissance américaine l’accès au pétrole du Royaume, en échange d’une protection militaire de la dynastie des Al Saoud.

Aujourd’hui, il s’agit d’étudier le régime saoudien à la lumière de trois éléments principaux : son rôle dans la propagation d’un islam fondamentaliste, le wahhabisme ; le retour de l’Iran sur la scène régionale et internationale ; et les difficultés internes liées à la crise du prix du pétrole. Les deux derniers aspects expliquent largement qu’au cours des années 2000, « la gestion de la diplomatie religieuse saoudienne [évolue] finalement pour répondre à des défis de stabilité intérieure plutôt que sous la pression internationale » [page 138].

« L’Arabie saoudite a constitué avec le temps une ‘industrie idéologique’, selon l’expression de Kamel Daoud […] entre le puissant soft power à l’américaine et le savoir-faire propagandiste du système communiste » (page 21). En effet, Pierre Conesa montre que la diplomatie religieuse saoudienne est « un hybride du système américain par la multiplicité des mécanismes et l’étroite coopération entre actions publique et privée, mais aussi du système soviétique par son idéologie totalitaire à la fois révolutionnaire et conservatrice [mais toujours adaptable ajoute plus loin Pierre Conesa], portée par un corps de commissaires politiques idéologiquement formés », les oulémas wahhabites (page 98). C’est cette combinaison qui donne au Royaume une capacité d’intervention globale qui correspond à une diplomatie d’influence (soft power, usage sophistiquée de la puissance selon Joseph Nye) financée par les pétrodollars et caractérisée par la mise en place de politiques publiques spécifiques, la création de grandes organisations internationales, et le soutien à différentes ONG, fondations privées, universités et médias traditionnels et nouveaux.

Au cœur du soft power saoudien : la LIM et l’OCI
Le roi Faysal, souhaitant mettre en place la stratégie panislamiste contre le panarabisme, développe la diplomatie religieuse avec l’aide des Frères musulmans réfugiés venus d’Egypte, et crée toute une série de structures nationales et internationales en miroir de celles voulues par Nasser (page 40). Nous retiendrons ici deux institutions qui permettent de mieux cerner la diplomatie d’influence saoudienne : la Ligue Islamique Mondiale (LIM) et l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). La LIM est une Organisation non gouvernementale (ONG) reconnue par l’ONU et elle est le véritable bras armé de la diplomatie religieuse du royaume : elle vise tout simplement à soutenir l’islam dans la monde, dans sa version wahhabite. Créée en pleine « guerre froide arabe » (page 99), elle est le miroir de la Ligue Arabe mise en place par Nasser en 1956. La LIM est présente dans 120 pays et contrôle 50 grands lieux de culte en Europe, dont la mosquée de Mantes-la-Jolie. Elle joue aussi un rôle consulaire dans les pays où Riyad n’a pas d’ambassade, et peut parfois se substituer, dans les faits, à la diplomatie officielle (page 100). Elle est dotée d’un budget exceptionnel de 5 milliards de dollars par an, chiffre qui grimpe à 7 milliards de dollars en moyenne annuelle en intégrant les dons royaux directs ou les contributions privées, ce qui correspond aux importations saoudiennes d’armement. Pierre Conesa décortique également l’organisation de la LIM et son déploiement à travers le monde : dans tous les pays où la Ligue est présente est créé un Bureau de l’organisation de la Ligue islamique mondiale, habilité à financer des projets de construction de mosquées et des centres islamiques. La LIM, à travers ses différents bureaux, est donc un acteur « qui accompagne les initiatives diplomatiques saoudiennes » (page 107). L’auteur précise qu’en France, pays laïc, « la Ligue profite de l’absence de politique publique pour financer mosquées, écoles et centres culturels » (page 115). Alex Alexiev, chercheur du Center for Security Policy, qualifie le soft power idéologique saoudien de « plus importante campagne de propagande jamais montée dans le monde entier » (page 123).

Quant à l’OCI (devenue Organisation de la Coopération Islamique en 2011), elle est une structure permanente interétatique créée en septembre 69 et qui compte aujourd’hui 57 Etats membres et dispose d’une délégation permanente à l’ONU. Elle est la seule organisation interétatique confessionnelle, et affiche, au rang de ses objectifs principaux, la promotion de la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques entre les Etats membres (grâce notamment à la Banque islamique de développement, acteur essentiel), mais aussi la sauvegarde des lieux saints de l’islam et le soutien de la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien.

L’Arabie saoudite, un acteur clé dans la guerre de religions au sein du monde musulman [2]
Pierre Conesa met en parallèle les actions religieuses d’autres grands acteurs comme la Turquie, avec la politique souvent trop vite qualifiée de néo-ottomane d’Erdogan, le Qatar, ses immenses moyens et son action anti-saoudienne, le Pakistan et ses innombrables activistes et enfin l’Iran, puissance chiite régionale incontournable dans la crise syrienne et la lutte contre Daesh. Ces rivalités – prémisses de guerre internes à l’islam, dans lesquelles les pays occidentaux n’ont d’ailleurs aucune légitimité à intervenir – se développent sur des terrains de manœuvre de plus en plus nombreux, on pense évidemment à la guerre au Yémen, où l’Arabie saoudite et l’Iran se mènent une guerre par procuration. Par ailleurs, l’aspect psychologique ne saurait être négligé selon l’auteur : alors que, dans les années 1960, le sentiment d’encerclement pour le régime saoudien venait du triomphe du panarabisme, les soulèvements du Printemps arabe, porteurs d’un effet domino en Egypte, en Syrie, en Tunisie, au Yémen, auxquels il faut ajouter le retour de l’Iran sur la scène régionale et internationale, ont réactivé cette perception. « Les grands équilibres régionaux (ou les grands déséquilibres) ne peuvent plus être gérés sans l’Iran. Riyad a de bonnes raisons de s’inquiéter de la normalisation des relations, difficile mais en cours, entre Washington et Téhéran après la signature de l’accord sur le nucléaire [3]. En effet, celui-ci reconnait à la République islamique le statut de ‘pays du seuil’ » (page 250). Cela conduit Pierre Conesa à conclure que le seul souci « de l’action religieuse de Riyad […] est de ghettoïser la population musulmane partout où cela est possible autour de la conception wahhabite-salafiste de l’islam tout en tentant de contrer une hypothétique influence chiite » (page 221).

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[1] Voir les actes du colloque de la Fondation Res Publica du 31 mars 2014 « Guerres de religions dans le monde musulman ? »
[2] Voir l’étude cartographique commandée par la Fondation Res Publica, « Guerres de religion dans le monde musulman »
[3]Le livre de Pierre Conesa est paru avant l’élection de Donald Trump, qui semblait souhaiter remettre en cause l’accord sur le programme nucléaire iranien.

Pour se procurer le livre > "Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite", Pierre Conesa (Robert Laffont : 2016)

Pierre Conesa est membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica.

Conseils de lecture : Arabie Saoudite - L'incontournable, de Jacques-Jocelyn Paul (Riveneuve ; janvier 2016)
 
 
Fondation Res Publica I Jeudi 5 Octobre 2017
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« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ? Le journal RUPTURES.

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La mondialisation, #Catalogne, #Espagne

« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ?

Référendum Catalogne

Le référendum organisé le 1er octobre par les autorités de Catalogne en vue de décréter l’indépendance de cette région a été très largement entravé par le gouvernement espagnol. Cette initiative avait en effet été jugée inconstitutionnelle, et donc interdite. L’utilisation des forces de police pour appliquer cette décision a soulevé, en France notamment, de nombreux commentaires et réactions.

L’émotion est, comme toujours, mauvaise conseillère. Analyser rationnellement faits et les enjeux est donc nécessaire.

Tout d’abord, quoiqu’on pense de la tentation indépendantiste, le sort de la Catalogne ne peut être en aucune manière comparé – sauf ignorance crasse ou pyramidale mauvaise foi – à la situation qui prévalait dans l’Algérie du temps de la colonisation, à celle qui soumet aujourd’hui encore le peuple palestinien au joug de l’occupation israélienne, ou encore à celle qui maintient le Sahara occidental sous le régime colonial marocain.

C’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays

Il faut ensuite rappeler l’essentiel : c’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays. Car la sécession de la Catalogne n’aurait pas seulement des conséquences majeures sur les habitants de Barcelone ou de Gérone, mais tout autant sur ceux de Madrid ou de Cordoue.

C’est la raison pour laquelle la constitution adoptée en 1978 (y compris très massivement par les électeurs catalans) prévoit que c’est à l’ensemble du pays de décider de l’éventuel départ d’une partie de son territoire. Une disposition qui est du reste en vigueur (sous forme référendaire, parlementaire ou autre) dans la plupart des pays du monde.

Le principe affirmant que c’est à la population dans son entier, et non à une partie d’entre elle, de trancher sur une indépendance est notamment nécessaire pour éviter une dérive mortifère. Car dans l’hypothèse (au demeurant peu probable) où une majorité de résidents catalans choisirait l’indépendance, qui pourra empêcher une sous-région (une province ou une comarque) de proclamer qu’elle n’entend pas faire partie du nouvel Etat, et faire sécession à son tour (éventuellement pour rejoindre l’Espagne) ? Et cette scissiparité peut continuer à l’infini, aboutissant à un inimaginable émiettement de micro-Etats.

Talon de fer de Madrid ?

En outre, nul n’est fondé, de l’extérieur, à porter de jugement de valeur sur la légitimité des aspirations autonomistes catalanes. Celles-ci existent, et ont partie liée avec l’histoire. Mais force est en revanche de constater que la Généralité dispose déjà d’une large autonomie dans nombre de secteurs, hors défense et politique étrangère. Et l’on reste tout de même perplexe devant l’affirmation que les Catalans seraient opprimés sous le talon de fer de Madrid, comme certains, en France et en Europe, tentent d’en accréditer l’idée.

Ce serait plutôt les Catalans adversaires de l’indépendance qui ont, ces dernières années, fait profil bas. Ces derniers (qui représenteraient tout de même 49% de la population contre 41%, si l’on en croit une récente étude… d’un organisme dépendant des autorités pro-indépendantistes de Barcelone) sont, eux, sous pression.

Que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, les partisans de l’unité de l’Espagne ont de moins en moins la vie facile. L’affirmation du catalan comme langue dominante provoque couramment des discriminations à l’embauche contre ceux qui ne pratiquent pas cette langue. Pour ne rien dire du climat d’intolérance, de menaces voire de violences qui s’est déployé contre les adversaires de l’indépendance durant la campagne.

Préoccupations sonnantes et trébuchantes

Enfin, il convient de noter qu’une fois passées les affirmations émotionnelles et identitaires, le seul argument concret a trait au domaine financier et fiscal : la dynamique (mais très endettée) économie catalane pourrait être libérée du poids des transferts injustes vers Madrid…

Cela s’inscrit dans un courant qui voit plusieurs régions en Europe mettre en avant des préoccupations sonnantes et trébuchantes. En substance : on en a assez d’être plombé par la solidarité nationale en faveur de régions à la traîne. C’est notamment les cas de la Flandre dont les dirigeants considèrent la Wallonie comme un poids mort assisté. C’est aussi ce qui fait le ciment des partisans de l’indépendance d’une « Padanie » (Nord de l’Italie) « plumée » par « Rome la voleuse ». Et même les dirigeants écossais avaient mis en avant le fait qu’ils s’en sortiraient bien mieux tout seuls grâce à leurs avantages (dont, naguère, le pétrole).

Les charmes de « l’Europe des régions »

Bien sûr, les uns comme les autres prennent soin de rappeler qu’ils entendent rester au sein de l’Union européenne. Ils n’hésitent pas, pour ce faire, à se draper plus ou moins discrètement dans les charmes de « l’Europe des régions » qui verrait les Etats s’effacer au profit des instances communautaires ; celles-ci se satisfaisant alors du foisonnement des identités régionales, dès lors qu’elles verraient se renforcer leurs prérogatives politiques.

Ce schéma soulève cependant pas mal de contradictions. Car nombre de dirigeants nationaux pourraient être confrontés à un nombre croissant de revendications de ce type. Dès lors, à Bruxelles – où l’on n’a guère envie de voir s’ouvrir des batailles supplémentaires entre Etats membres – on reste très prudent face à cette boîte de Pandore en puissance.

« Nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés » – Carles Puigdemont

N’empêche : le dirigeant catalan Carles Puigdemont a enfoncé le clou dès le soir du 1er octobre : « nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés ». Et de marteler que la Catalogne est devenue « un dossier qui concerne l’Europe ».

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, la figure la plus emblématique des fédéralistes européens, a immédiatement repris la balle au bond : évoquant les violences policières, il a jugé urgent de « condamne(r) énergiquement ce qui s’est passé ce jour en Catalogne ». Quant à l’indépendantiste flamand Bart de Wever (dont le parti est un pilier du gouvernement belge), il a déclaré : « qui refuse l’appel à une médiation internationale ignore la démocratie ».

Le vrai débat devrait porter sur le concept même de peuple

En réalité, la véritable démocratie devrait désormais imposer que les Espagnols, et les Catalans en leur sein, puissent débattre réellement de leur avenir.

Mais aussi que surgisse, dans tous les pays, un débat sur le concept même de peuple : selon que l’on en a une conception politique, ou bien ethno-culturelle, les réponses ne seront pas les mêmes…

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Selon le colonel Alain Corvez, la polémique de Villiers «laissera des traces dans la mémoire du pays tout entier»

25 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La République, #La France, #L'armée française

Le colonel Alain Corvez interrogé par RT France

Le colonel Alain Corvez interrogé par RT France

Pour RT France, le colonel Alain Corvez, ex-conseiller du ministère de l'Intérieur, s'épanche au sujet des coupes budgétaires dans la Défense et de l'affaire de Villiers, qui restera selon lui «une tache» dans le début du quinquennat de Macron.

Pour le colonel (en retraite) Alain Corvez, la polémique liée à la démission du général Pierre de Villiers est «très dommageable pour les relations entre l'armée et le chef de l'Etat».

Selon lui, «le pays tout entier» se souviendra de «l'attitude humiliante» qu'a eue Emmanuel Macron envers le chef d'état-major des armées, à la veille du 14 juillet. Le président de la République avait vertement recadré le haut responsable militaire, après que celui-ci avait exprimé, lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, sa désapprobation concernant les coupes dans le budget de la Défense de 2017 – il avait alors déclaré qu'il refusait de se faire «baiser» par Bercy. 

Si la terminologie des propos du général de Villiers était «un peu excessive», estime le colonel Alain Corvez, ceux-ci avaient été prononcés, rappelle-t-il, «à huit-clos, devant des députés faisant partie de la commission de la Défense».

(...)

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

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Baisse des APL de 60 euros : Macron détruit le logement social

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Le syndicalisme, #Politique intérieure

Bonjour

 

Le règne de jupiter commence sous des bons auspices pour les 0,1% des plus riches, c’est merveilleux !

Cependant ces fainéants, ces illettrés, ces arriérés qui refusent les réformes et n’accordent plus la faveur des sondages à monsieur 17%, sont dans l’œil du cyclone. Les français vont donc être confrontés à une onde de choc sans précédent.

 

La réforme du code du travail, la disparition de la démocratie de proximité (les communes et départements) sont des atteintes graves à notre modèle social.

 

La privatisation de la Sécurité Sociale est En Marche. La publication par la cour des comptes sur la Sécurité Sociale ce 20 septembre 2017, accusée- excusez du peu – de falsifier les comptes !!! C’est vrai que Didier Migaut (socialiste) et ses acolytes sont des experts et ne font pas de politique.

 

 

J’oubliais l’attaque contre les bénéficiaires de l’APL. Tout le monde se souvient de la baisse de 5 euros du montant de l’APL , mais la mesure contre les locataires de HLM est-elle moins médiatisée. Il est vrai que baisser le montant de l’allocation de 60,00 euros est très violent.

 

Il me semble que chaque décision du locataire actuel de l’Elysée est portée par les vents mauvais et porte son lot de régressions.

 

La vidéo ci-après est tout à fait explicite sur ce sujet précis

 

Cordialement

Lucien Pons

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Régis Debray : «L'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique». Par Vincent Tremolet de Villers

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique


Régis Debray : «L'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique»

 

 

ENTRETIEN - «Nouveaux pouvoirs et nouvelles servitudes», tel est le sujet du dernier numéro de l'excellente revue Médium que dirige Régis Debray. Il s'agit moins de détailler la dernière élection présidentielle que de décrire, selon les mots de Philippe Guibert, «les transformations silencieuses qui l'ont préparée».

 

Paul Soriano cherche ainsi les nouvelles figures de l'autorité. Régis Debray, lui, tente de saisir ce que peut être le nouveau pouvoir. Interrogation qu'il prolonge dans un court, vif et savoureux «essai d'intervention» publié aux Éditions du Cerf. On y retrouve sa distance moqueuse qui dissimule une véritable profondeur, son œil qui saisit le basculement d'une époque et sa langue plus vivante que jamais. Elle s'amuse, cabriole, mais toujours pour illustrer la cohérence d'une pensée. Les lecteurs du Figaro auront le plaisir de retrouver Régis Debray le 16 octobre à la Salle Gaveau pour une grande rencontre qui promet d'être passionnante.

LE FIGARO-. Votre essai qui succède à Civilisation s'intitule Le Nouveau Pouvoir. En quoi la victoire de Macron est-elle «neuve»? Ne peut-on pas y voir plutôt un succès balzacien ou stendhalien?

Régis DEBRAY-. Rastignac et Julien Sorel, disons le jeune à talents que les scrupules n'étouffent pas est une figure constante. Ce qui m'intéresse, en tant que médiologue, ce sont les variations climatiques de cet invariant romanesque, les voies et moyens de l'ascension. Pour aller vite, en 1910, l'ambitieux sans fortune qui veut narguer et coiffer l'ordre établi fait Normale Sup ; en 1960, il fait l'ENA ou Polytechnique ; en 2010, il fait HEC, lance une start-up et va en stage aux États-Unis. Il n'a plus besoin d'apprendre le latin et le grec ni les causes de la crise de 1929, mais la gestion comptable et financière. C'est cela le nouveau. Le numérique permet tous les raccourcis. Avant, qui voulait parvenir commençait par servir l'État et pantouflait ensuite dans les affaires. Maintenant, on commence par le business et ensuite on devient député ou ministre. C'est le triomphe de ce qu'on appelle pudiquement la société civile. «Nouveau Pouvoir» n'est qu'un article de la revueMédiumsur nos dernières servitudes technologiques. La stratégie de carrière de notre jeune président s'inscrit dans une nouvelle formule de civilisation, où le smartphone et le réseau ont changé les règles du jeu.

Et quelle est cette nouvelle formule?

Une formule où la clé de la réussite, c'est l'argent plus l'image. Le couple indispensable. Le chiffre est sec et froid, l'image réchauffe et sourit. Le calcul célibataire, cela manque d'aura. Trop rebutant. D'où l'importance stratégique de Paris Match et Elle.

Les nouveaux héros, écrivez-vous, nos Bayard, Du Guesclin, la Pérouse, sont Larry Page, Zuckerberg, Jeff Bezos… Quelle vision du monde incarnent-ils?

L'empire de la techno-économie sur la Cité, ce qui venant des empereurs de cette nouvelle économie est tout à fait naturel. Les idées dominantes sont celles de la classe dominante, disait Marx. Nos mythes d'identification viennent logiquement du pays dominant. La gloire n'est plus militaire, elle n'est plus politique, elle est entrepreneuriale.

Quant à leur vision, c'est d'abord celle d'un monde où chaque jour est le dayone. L'innovation est permanente et nous n'avons pas de dette envers un quelconque héritage. C'est un monde fluide, avec primauté des flux sur les stocks, rapide, atomisé où il n'y a pas de place pour la négativité, ou la contradiction, le devoir étant d'être positif et performant. Il ne peut y avoir de groupement que d'intérêts, notamment autour d'une marque, les brand communities. C'est un univers lisse et glissant, où chacun est invité à surfer sur la dernière vague. Le dogme, c'est l'absence de dogme, le consommateur remplace le citoyen, le marché est ouvert à tous, en libre accès. Cela peut donc s'appeler démocratie…

C'est un peu glaçant…

Non. Ces inventeurs, je leur tire mon chapeau, parce qu'ils fabriquent les outils de leur idéal et ils ont l'idéal de leurs outils. Ils intronisent non seulement une vision mais une pratique du monde. Karl Marx serait fier d'eux à double titre: d'abord parce que pour eux c'est l'infrastructure économique qui commande et parce qu'ils appliquent le mot d'ordre: le monde n'est plus à interpréter mais à transformer. Un brin de marxisme, décidément, cela peut aider à comprendre ce qui se passe.

Vous êtes «siliconisé»?

J'aimerais bien, mais ce n'est pas possible. Je suis interdit d'accès aux USA et nul en informatique. Et je n'oublie pas que le monde californien est dur aux faibles et aux perdants. Une entreprise se juge à ses résultats et liquide ceux qui ne rapportent rien. Pascal y chercherait en vain sa distinction des ordres, les corps, les esprits et la charité. Malgré le charity business, un monde-entreprise est sans justice ni charité.

Doit considérer que les GAFA sont d'ores et déjà plus puissants que nos vieilles formes politiques, notamment celle de l'État-nation?

Je l'ignore mais il est probable qu'on sait beaucoup plus de choses sur les Français, leurs désirs et leur conduite chez Google qu'à l'Élysée. Et quasiment tout ce qui vient nous frapper l'œil et l'esprit, à domicile, est issu des GAFA.

La question clé, c'est celle de la transplantation culturelle. Est-ce qu'une personnalité historique comme la France a assez de défenses immunitaires pour maintenir sa différence?

Un pays centraliste qui se fédéralise, une nation façonnée par un État qui se désétatise, une république unitaire qui se morcelle en ethnies et communautés: le socle bouge. Peut-on, cela dit, se refaire un ADN, je ne le pense pas. On va sans doute vers un montage composite que j'appellerais gallo-ricain, comme il y eut des Gallo-Romains. Regardez le Pilier des Nautes qu'on a exhumé sous le chœur de Notre-Dame. C'est une stèle élevée par les bateliers de Lutèce sous le règne de Tibère. Elle est dédiée à la fois aux divinités romaines et gauloises. Une formule mixte, fifty-fifty. On peut se recommander à la fois de Paul Ricœur et de Jeff Bezos, ce n'est pas contradictoire. La force de l'empire américain, comme jadis romain et islamique, c'est l'aptitude au trait d'union. Indo-musulman, italo-américain, gallo-ricain. Un empire mondial sait s'acclimater aux cultures régionales qui s'acclimatent à lui.

Notre société latine, dites-vous en substance, est en train de basculer dans un modèle scandinave. Les Français parviendront-ils à s'acclimater à cette nouvelle morale?

Dans la société latine, la première figure de l'autorité, c'est le père. Chez les catholiques, on dit le Saint-Père, «mon père» au prêtre, et nous avions des Pères de la nation. Dans le modèle scandinave, la figure de l'autorité, c'est le juge et la société protestante est une communauté de frères qui n'a de Père qu'au Ciel. Nous avons perdu le Père et le Juge, vu nos antécédents plutôt fâcheux, ce n'est pas pour demain. Problème. De toute façon, le Scandinave est une feuille de vigne utile pour nous cacher le devenir anglo-saxon d'une culture latine, qui d'ailleurs s'est mise à parler le globish, buzz, task-force et prime time.

En quoi la transparence peut-elle devenir tyrannique?

Est-ce que la société de la transparence ne va pas devenir une société de surveillance? Ne va-t-elle pas abolir la frontière entre le privé et le public qui est le postulat républicain? Va-ton vers la dictature du «On» sur le «moi-je» et sur le «nous»? Les grands opérateurs de la transparence sont soucieux, comme personne, du secret de leurs procédures. Qui va contrôler les contrôleurs? À voir. En tout cas, le centre du panoptique est opaque.

La politique elle-même est menacée?

La comédie, certainement pas, et d'autant moins que la politique n'est plus qu'une comédie. Le grand drame héroïque, lui, a pris congé. Peut-on avoir des héros dans une société toutes tripes à l'air où chacun est le valet de chambre de chacun? L'ivrognerie de Churchill lui aurait été fatale. Prenons une anecdote au hasard: lors d'une réception à Buckingham, il était un peu saoul. Une dame de la cour s'en indigne à haute voix. Churchill lui répond: «Vous avez raison, chère Madame, mais moi demain je serai sobre tandis que vous vous serez toujours aussi moche qu'aujourd'hui.» Imaginez cela en tweet ou sur Facebook. Notre grand homme serait mort.

Est-ce à dire que l'hypocrisie bourgeoise est un facteur de stabilité sociale et politique?

À sa manière oui, mais ne me faites pas plaider pour l'ordre moral victorien. Les mufles et les butors sont des gens sincères et spontanés, c'est-à-dire sauvages, obscènes et pulsionnels. Après tout, la courtoisie vient de la cour et les rituels nous empêchent de nous entre-tuer. La civilisation, c'est aussi éviter ou refréner le premier mouvement (qui, comme disait Talleyrand, est toujours le bon). Si l'hypocrisie, c'est la politesse, le protocole, le savoir-vivre, je vote pour. Si c'est l'inauthentique, le frelaté, la duplicité, je vote contre. C'est une question pour l'écrit du bac. On pourrait y répondre par un dialogue au théâtre entre Jean-Jacques Rousseau et Marc Fumaroli, et je risque d'être d'accord avec les deux…

Le retour des bonnes manières…

Un éloge des bonnes manières serait mal vu, mais j'aime beaucoup le costume de scène. Je trouve très bon que le juge ait une robe, le militaire un uniforme et que chaque lycée en ait un ne me gênerait pas du tout. C'est précieux, le personnel impersonnel. C'est la leçon de l'État et du monde catholique. On ne demande pas à un prêtre ou à un gendarme son nom de famille. Que la fonction dépasse la personne, c'est le début de la civilisation. L'extrême de la transparence, c'est la désublimation: vous n'êtes que ce que vous êtes, c'est-à-dire la liste de vos derniers achats. Triste, non?

À vous lire, tous les chemins mènent au protestantisme. Le pape François participe-t-il de ce mouvement?

L'aggiornamento de l'Église depuis Vatican II se fait dans un sens qu'on peut dire protestant. Déconcentration, désacralisation du prêtre, réduction liturgique, etc. François a tout d'un pape anticlérical, mais je ne vois pas Billy Graham (le pape protestant) épouser l'option préférentielle pour les pauvres, dénoncer l'économie liquide et l'argent comme le premier des terrorismes, prêcher pour l'intégration des exclus. La centralité du pauvre, comme pour Léon Bloy, c'est absolument étranger aux religions de la prospérité et de la réussite. François l'Argentin, le Latin résiste de son mieux à ce moment néo-protestant.

Comment définir «ce moment protestant»?

Je l'appellerais plutôt évangélique, sinon pentecôtiste. Le protestantisme est plastique et multiple et sa diversité est un atout. Et comme il est né au XVIe siècle de la première sécularisation de l'Occident, il se marie mieux que le catholicisme avec un monde pleinement sécularisé. Le protestantisme venu du Nord commercial est passé à l'Ouest américain et nous revient par le Sud afro-antillais, ce qui apporte un certain réchauffement climatique des froidures calvinistes. J'ai longtemps cru que la civilisation de l'image devait donner au catholicisme un avantage sur son rival iconoclaste, mais j'avais sous-estimé le protest-song, la World Music, le retour de l'émotionnel et l'éclatement des institutions.

 

 

 

- Crédits photo : Medium

Sommes-nous définitivement sortis de l'Histoire?

Tout dépend de ce que vous mettez dans ce nous. Si c'est l'Européen de l'euro, oui, il a déjà beaucoup donné au tragique et jouit d'une retraite bien méritée. L'Europe officielle est devenue un Dominion: on peut vaquer à nos affaires intérieures, mais pour les choses sérieuses, la guerre ou la paix, c'est l'Otan qui décide, donc Washington. Quant à la France «en marche», qui rêve d'un pays bien managé, apaisé, sans débat de fond, où une pure gestion technique viendrait dissoudre les contradictions de classe et de convictions, oui, elle a dételé, elle aussi. Mais si le nous, c'est l'humanité, alors non. L'uniformisation techno-économique a provoqué en contrecoup une formidable fragmentation politico-culturelle du monde, où chaque peuple se raccorde à ses racines pour se redonner une appartenance et qui retrouve ses racines, notamment religieuses, a toutes les chances de retrouver ses vieux ennemis. On peut le regretter mais ce phénomène, la post-modernité archaïque, couvre les cinq continents. C'est en quoi l'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique, tout comme celle des États-Unis d'Europe. Au point qu'on peut se demander si notre marche actuelle vers un État-nation transformé en holding et des responsables en managers ne revient pas à prendre l'air du temps à rebours ou l'autoroute à contresens.

 Vincent Tremolet de Viller

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« Pour l’ONU, les emplois qualifiés sont menacés dans les pays développés » L’édito de Charles SANNAT

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le débat sur les conséquences de la « robolution », c’est-à-dire de la révolution robotique qui en est à ses balbutiements, n’est pas près de se terminer ! Au contraire, il va s’amplifier et devenir de plus en plus violent, entre ceux qui pensent que les robots prennent le boulot, et ceux qui pensent qu’il n’y a rien de grave, que c’est aussi vieux que le monde, qu’il ne faut craindre ni les progrès ni le changement !

Que finalement les Canuts avaient déjà peur pour leur travail… Alors, pensez donc, les robots n’empêcheront pas l’homme d’avoir du travail.

En termes philosophiques, je reste persuadé que depuis que l’homme a été « chassé du paradis » et qu’il a été contraint au travail après avoir mangé une pomme… qu’il n’aurait pas dû croquer ou quelque chose de ce genre d’après quelques légendes partagées, tout le génie humain a été mis au service de son confort, avec à chaque fois comme objectif d’adoucir ses peines.

Il est donc logique, normal, et même souhaitable, qu’à un moment de notre évolution, nous n’ayons plus besoin de travailler pour produire ! C’est cela… le paradis perdu.

Le confort matériel sera assuré inévitablement par les machines. Cela n’est pas un problème, il n’y a pas à le redouter, il y a même à le souhaiter.

La question à mon sens n’est pas de savoir si les robots vont nous supprimer notre travail. Il faut que les robots suppriment le travail, car c’est le sens du progrès humain depuis la nuit des temps.

La véritable question porte sur les modes de partage des richesses quand cela ne peut plus passer par le salaire lié au travail… Voilà la véritable question.

L’une des réponses est le revenu universel. Idée séduisante, mais prématurée pour le moment. Il n’en demeure pas moins qu’un jour, il faudra soit réduire drastiquement la population humaine, soit donner à chacun les moyens de sa subsistance dans la dignité. Et cela passera par des modes de partage très différents.

D’ici-là et de manière plus prosaïque, nous vivons une période transitoire.

L’inconfort de la période transitoire

Durant cette période où l’on voit finir le monde ancien hérité de la révolution industrielle et de ce système de consommation de masse nécessitant des masses de bras pour assurer les productions nécessaires, et le passage au nouveau monde qui verra le règne absolu des machines, de l’intelligence artificielle pour assurer les tâches de production, les choses seront de plus en plus difficiles.

D’ailleurs, le dernier rapport de la CNUCED recommande « qu’une politique industrielle numérique soit mise en œuvre pour veiller à ce que la robotique contribue à un développement inclusif et non à l’entraver »…

Je ne sais pas ce que vous avez compris de cette phrase… Moi, rien !

« Dans son dernier rapport, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) plaide en faveur de l’usage de robots collaboratifs dans l’industrie.
Les travailleurs qualifiés vont-ils se faire remplacer par des robots ? À l’heure où une compagnie d’assurance japonaise a remplacé 34 de ses salariés par des robots et des banques américaines testent des agences automatiques sans employés, les emplois qualifiés pourraient être de plus en plus menacés par l’automatisation du travail. Selon le dernier rapport de la CNUCED, ”la menace que fait peser la robotisation sur les bons emplois s’étend à certains pays en développement”. Le secrétaire général de l’organisation Mukhisa Kituyi a ajouté :

”L’utilisation de robots menace les emplois aussi bien dans les pays développés que dans les pays émergents, mais comme pour toute nouvelle technologie, cette situation offre des possibilités autant qu’elle présente des risques.” »

Tout le monde sait que ce sera un carnage sur l’emploi y compris qualifié !

Demain, plus d’ouvriers certes, mais plus non plus d’assureurs du coin ou de banquiers, tout se passera sur Internet, en ligne, et sur ces sujets, nous sommes déjà demain !
Après-demain, les femmes de ménage seront des robottes, les voitures et les camions se piloteront seuls, etc., etc. ; même les pilotes de ligne disparaîtront au profit de machines autonomes, de « drones » et les technologies sont déjà là.

L’agence de l’ONU pointe la notion de répartition

« La CNUCED pointe le risque d’une répartition inégalitaire des revenus issus de la production robotique. ”Si rien n’est fait, les effets distributifs de la robotisation accroîtraient la part du revenu revenant aux propriétaires des robots et aux détenteurs des droits de propriété intellectuelle qui y sont associés, ce qui aggraverait les inégalités existantes.” Elle recommande donc une certaine vigilance.
”Pour éviter cette situation, on pourrait mettre en place des dispositifs par lesquels les revenus des employés seraient liés à la rentabilité de leur entreprise et proviendraient donc pour une part substantielle de la détention de capital et non du travail.” »

Aïe, voici encore un changement de fiscalité qui se profile. Va-t-on taxer les robots ? Et si l’on taxe les robots chez nous, mais pas le voisin et que nous restons dans un monde sans frontière avec la libre circulation des biens… où les entreprises iront-elles produire ?

Il sera donc impossible de taxer unilatéralement les usines de robots dans un monde ouvert…

Il s’agit donc là de redoutables questions, non pas sur les décennies qui viennent mais entre aujourd’hui et demain… La robolution c’est maintenant et le carnage sur l’emploi a déjà commencé, vous en voyez les conséquences tous les jours.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source La Tribune ici

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Rohingyas : idéologies et approche victimaire Par Philippe Raggi

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La guerre

Aung San Suu Kyi.

Aung San Suu Kyi.

Rohingyas : idéologies et approche victimaire

 

L’ennui avec une idéologie, quelle qu’elle soit, c’est que son approche de la réalité est rarement conforme avec les faits. Lénine disait qu’il n’y avait que deux idéologies, l’idéologie bourgeoise ou l’idéologie socialiste (1). En cela, comme sur d’autres points d’ailleurs, il avait tort. Il y en a une troisième : l’idéologie de l’Islam militant ou islamisme. Ainsi Jules Monnerot avait-il bien raison de dire que l’Islam serait le communisme du XXème siècle (2). Cette affirmation se révèle et se constate tous les jours. L’actualité nous en donnant des éléments à flot constant. Pour l’illustrer, nous nous pencherons sur ce qu’il se passe en Asie du Sud-Est, précisément au Myanmar, l’ancienne Birmanie.

Le grand public a découvert ces dernières années et plus encore ces derniers mois, une minorité dont elle ignorait jusqu’à lors l’existence : les Rohingyas. Minorité ethnique et religieuse, elle est une de celles qui composent l’ensemble des habitants du Myanmar, avec la majorité Birmane bouddhiste. Malheureusement, ce public approche le conflit en question, par les informations qui lui sont données, de façon tronquée ; l’explication qui lui est donnée est monocausale. Rien n’est plus faux, surtout en matière géopolitique.

Un tiers exclu

Les Rohingyas sont un sous-groupe du peuple bengalais situé sur le territoire de l’actuel Myanmar suite aux affres de la colonisation britannique. Les Britanniques ayant utilisé les Rohingyas dans la répression contre les Birmans, que ce soit lors de la conquête de ce qui allait devenir le Raj britannique ou au moment de l’indépendance birmane, cette minorité n’a jamais été considérée par la quasi totalité des habitants de la Birmanie (puis du Myanmar) comme faisant légitimement partie des peuples constituant la « nation birmane ». Des groupes ethniques, le Myanmar en compte de nombreux – pas loin de 130 (3) – et pas toujours en sympathie avec le pouvoir de la capitale actuelle, Naypyidaw (4). En effet, que ce soit avec les Chans, les Chins, les Karens bien sûr, de nombreux conflits ont émaillé les rapports avec le pouvoir en place depuis l’indépendance en janvier 1948, notamment sous la junte militaire entre 1962 et 2011 et ce jusqu’à aujourd’hui.

Les Rohingyas ne parlent quasi exclusivement que le Bengali, et ne sont ni intégrés et encore moins assimilés à leurs compatriotes bouddhistes. Depuis longtemps discriminés et persécutés dans le pays (ils n’ont pas le droit de sortir du Rakhine, n’ont pas de papiers d’identité), ils ne sont véritablement des citoyens mais ont le statut d’« associés » à la Birmanie ; bref, ils sont dans une situation bien plus difficile  comparativement aux autres minorités ethniques ou religieuses, elles mêmes souvent persécutées.

Géographiquement, les Rohingyas se regroupent à l’Ouest du Myanmar, près de la frontière avec le Bangladesh, dans le Nord de la province de l’Arakan (Etat de Rakhine), en un territoire ouvert sur le Golfe du Bengale. Ils constituent une des minorités dans ladite province, face aux Arakanais (bouddhistes) majoritaires.

Minorité ethnique, les Rohingyas sont aussi une minorité religieuse en ceci qu’ils sont musulmans. C’est là qu’intervient l’approche idéologique du conflit (dont nous parlions au préambule), c’est là que les faits sont travestis, que s’ouvre le Story telling. Alors que l’on nous présente le conflit sous un angle exclusivement religieux (gentils musulmans contre méchants bouddhistes), nous pourrions dire en utilisant un terme de juriste, que l’Islam n’est en définitive pas le « fait générateur » du conflit. En effet, il y a d’autres fortes minorités musulmanes au Myanmar : il y a ceux d’origine indienne et ceux d’origine chinoise (Panthays). Or, que constate-t-on ? Que ces deux autres minorités musulmanes du Myanmar n’ont aucun souci d’intégration et qu’elles ne font pas l’objet de discrimination et de mépris de la part du pouvoir et/ou de la population du Myanmar, qu’il n’y a pas de conflit de la nature dont sont partie prenante les Rohingyas. Ainsi, présenter ce qui s’y passe sous l’angle d’une minorité musulmane opprimée du fait seul qu’elle professe l’Islam ne tient pas la route. Par contre, ceux qui ont un intérêt particulier à ce que le conflit soit perçu de la sorte sont les idéologues : les islamistes et les mondialistes.

Les islamistes

Les premiers idéologues sont les islamistes, qu’ils soient locaux (Rohingyas, Bangalais), régionaux (du Sud de la Thaïlande, de Malaisie, des Philippines et d’Indonésie) et aussi bien sûr, ceux de la mouvance islamique pro-califat (Al-Qaida, Etat Islamique, Hizb-ut-Tahrir, etc.). Par la mise en avant de cette posture victimaire, « les » musulmans n’apparaissant plus médiatiquement avec le label « barbares terroristes », « oppresseurs » et « sanguinaires » mais comme des opprimés, un statut privilégié qui apitoie l’opinion et exonère de toute analyse (5), tant l’émotion tue la raison. De plus, en appeler à l’action des musulmans du monde contre les responsables au pouvoir à Naypyidaw, permet à ces idéologues non seulement de permettre l’ouverture d’un nouveau foyer-creuset pour combattants jihadistes, mais encore de mobiliser les musulmans du monde (la Oumma) face à l’ennemi impie en une cause transnationale, globale.

Soulignons que dans ce conflit, les armes ne sont pas que d’un seul côté. Les Rohingyas ne sont pas que des victimes, tuant et détruisant eux aussi ; et ce, avec autant de sauvagerie, de haine que les extrémistes birmans bouddhistes, civils ou militaires. Les Rohingyas ne sont pas épars et sans structures combattantes. Ils ont des groupes armés, mobiles et entraînés, dont le Harakah al-Yaqin qui se fait appeler Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) lorsqu’il communique avec des journalistes occidentaux. Enfin, ce conflit n’est pas circonscrit aux seules limites du territoire birman de l’Arakan. Un certain nombre de combattants Rohingyas sont des jihadistes militants, en liaison étroite avec le Harakat al Jihad al Islami du Bengladesh voisin, ayant été entraînés par l’ISI (les Services pakistanais), souvent passés par les madrassas pakistanaises et ayant connu le théâtre afghan. Des liens ont été observés, par ailleurs, notamment entre les insurgés des trois provinces du Sud thaïlandais et les musulmans birmans des organisations Rohingya Solidarity Organization (RSO), Arakan Rohingya Islamic Front (ARIF) et de l’Arakan Rohingya National Organization (ARNO). Il est à noter, au passage, que la plupart de ces groupes islamistes armés ont leur siège au Bengladesh et qu’ils bénéficient de la bienveillance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.

Les mondialistes

Les autres idéologues sont les mondialistes. Ces derniers utilisent, eux, un autre ressort idéologique : les « droits de l’Homme », ceci pour de simples mais colossaux intérêts financiers. Ces mondialistes appartiennent à deux groupes qui ne sont pas sans liens : des intérêts privés et des intérêts étatiques. Les premiers étant de grands groupes pétroliers (notamment britanniques et américains, tels Exxon, British Petroleum, mais aussi Shell, etc.). En effet, on constate que le groupe Total présent au Myanmar depuis 1992, subit depuis deux décennies des attaques incessantes via des ONG anglo-saxonnes, des organisations « humanitaires » poussées et financées par les groupes pétroliers ; le but de ces actions aux paravents « droits de l’hommistes » étant d’évincer Total de sa licence d’exploitation des ressources en hydrocarbure (gaz et pétrole) au Myanmar et en particulier du champ gazier off shore de Yadana (dont Total est opérateur à hauteur de 31,2 %)(6), une éviction qui se ferait au profit de ses concurrents (7). Les autres mondialistes étant les Etats-Unis dans une action visant non pas Naypyidaw directement en tant que tel, mais bien plutôt la Chine, pilier du régime birman, en un jeu de billard à plusieurs bandes. Rappelons qu’un pipe-line a été construit, reliant le Yunan (Kunming) aux rives du Golfe du Bengale (port de Kyaukphyu, dans la province de l’Arakan) ; un pipe-line financé par les Chinois et qui compte beaucoup en tant que voie d’acheminement énergétique pour Pékin. Il est aisé de comprendre que des troubles dans la région, un conflit armé et un pipe-line endommagé et/ou rendu inopérant, un pays (le Myanmar) mis au ban des nations pour ses exactions directes ou indirectes sur une partie de sa population, gênerait la République Populaire de Chine.

Ces deux types d’idéologues, par delà leurs motivations respectives, ne peuvent donc qu’applaudir si ce n’est pousser à la mise en avant de ce conflit (au détriment d’autres sur la planète), car pour l’un, il mobilise au niveau mondial non seulement la Oumma, mais la tendance islamiste radicale et jihadiste en un nouvel abcès de fixation et de trouble régional ;  et pour l’autre, il permet d’avancer des intérêts économiques et de déstabiliser un rival de poids, ceci par le biais d’organisations relais aux intentions « humanistes » qu’ils financent et qu’ils manipulent (8).

Jusqu’à lors louée par les capitales occidentales, Aung San Suu Kyi se voit reprocher aujourd’hui de ne rien dire sur ce conflit. Il faut dire que l’ancienne égérie des mondialistes – coqueluche des droits de l’hommistes, enfant chérie de l’hyper-classe et lauréate du Prix Nobel de la Paix – qui avait été utilisée pour diminuer le pouvoir de la junte dans les années 1990-2010, étant Birmane et bouddhiste ne peut se désolidariser de la majorité de son peuple composé à 88 % de bouddhistes. Par ailleurs, elle sait l’importance de Pékin et de l’aspect vital du pipe-line chinois. Elle mesure également l’influence au sein de la population des bouddhistes nationalistes, qu’ils soient du Mouvement 969 du moine Ashin Wirathu ou de la Fondation Philanthropique Buddha Dhamma dirigée par le moine Tilawka Biwuntha. Ainsi, Aung San ne défendra-t-elle jamais la cause des Rohingyas et son éclat d’icône de la démocratie bâtie dans les années 90 sera vraisemblablement de plus en plus terni dans les médias mainstream. Il est donc fort à craindre que ces affrontements ne cessent, compte-tenu du fait qu’ils sont nourris et souhaités tant en interne, par des extrémistes bouddhistes et militaires ainsi que des Rohingyas, qu’à l’extérieur du pays par des idéologues islamistes et mondialistes.

 | 9 septembre 2017

Philippe Raggi est chercheur en géopolitique, spécialisé sur l’Asie du Sud-Est. Chef du département Asie du Sud-Est, à l’Académie Internationale de Géopolitique. Chargé de recherche, au Centre Français de Recherches sur le Renseignement (CF2R).

Notes :

(1) Les Origines intellectuelles du léninisme, éd. Calmann-Lévy, 1977.

(2) Sociologie du communisme, échec d’une tentative religieuse au XXe siècle, Paris,  éd. Libres-Hallier, 1979.

(3) Officiellement, il y en a 135.

(4) L’ancienne capitale, Rangoun demeurant néanmoins capitale économique.

(5) On lira avec intérêt le livre de François Thual, Les conflicts identitaires, éd. Ellipses, 1995.

(6) Lire : http://www.total.com/fr/medias/actualite/communiques/myanmar-total-met-en-production-le-projet-gazier-badamyar?xtmc=exploration%20production%20myanmar&xtnp=1&xtcr=3

(7) Cf. l’étude faite par Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, sur le sujet de ces ONG en Birmanie (http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece.php).

(8) Cette instrumentalisation d’idiots utiles en arrive à un tel point que l’on devrait requalifier certaines ONG en GONG, des Governemental ONG, comme le dirait Eric Denécé.

 

URL de cette page: http://arretsurinfo.ch/rohingyas-ideologies-et-approche-victimaire/

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George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution — 14 septembre 2017

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La guerre

George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution

George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution  — 14 septembre 2017

Meeting with George Soros and Rohingya Representatives in Yangon – january 2015


George Soros, Financier and Chairman of the Open Society Foundations and promoters of democratization, delivered his pre-recorded speech at the Oslo Conference to End Myanmar’s Persecution of Rohingya, The Norwegian Nobel Institute, 26 May 2015

George Soros: Myanmar’s Rohingya Persecution parallels Nazi genocide

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La crise des réfugiés rohingya et le problème de l’objectivité Par Gearóid Ó Colmáin — 16 septembre 2017

18 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation

La crise des réfugiés rohingya et le problème de l’objectivité

 
 

Cet article aurait dû s’intituler « la crise des réfugiés dans l’État d’Arakan » ou « la crise des réfugiés birmans/bengalis ». Mais les lecteurs sont plus familiers avec des titres comme « la crise des réfugiés rohingya » ou « le génocide rohingya ». Pour quelle raison? Le 25 août, un groupe terroriste de l’Armée du Salut Rohingya d’Arakan [ARSA, Arakan Rohingya Salvation Army, anciennement Harakah al-Yaqin, NdT] appuyé par l’Arabie Saoudite a pris d’assaut trente postes de police dans l’État d’Arakan au Myanmar, tuant 12 officiers de police et deux civils. Le gouvernement birman a réagi en lançant une opération militaire de contre-insurrection à grande échelle. 59 insurgés furent tués.

Les autorités birmanes ont laissé fuiter des informations qui prouvent que le chef d’ARSA, Ata Ullah, avait préparé ces attaques avec le concours d’agents extérieurs des services de renseignements pakistanais et de terroristes de l’EI en Irak. Ceux qui soutiennent l’ARSA et la cause des Rohingyas accusent les militaires birmans (Tatmadaw) d’incendier des villages rohingya (bengalis orientaux). Le Tatmadaw affirme que les villages ont été incendiés par des terroristes, infiltrés parmi les communautés d’immigrants illégaux bengalis. Des milliers de Musulmans, de Bouddhistes et de Hindous ont fui les violences. De nombreux témoins oculaires et victimes bouddhistes ont décrit des massacres commis par des terroristes bengalis à des journalistes locaux au Myanmar. Ces nouvelles n’ont pas atteint les gros titres internationaux.

Des agences des droits de l’homme financées par le Département d’État US et par l’Arabie Saoudite, notamment Human Rights Watch, ont imputé l’ensemble des violences au Tatmadaw. Ainsi que l’a démontré l’expert de la Birmanie Rick Heizman, Human Rights Watch a publié des images de Bouddhistes s’enfuyant devant des terroristes bengalis, y compris un cliché montrant un homme être battu à mort par des Musulmans, prétendant que ce sont des Bouddhistes d’Arakan qui sont responsables des faits. Heizman définit ces actes comme de la désinformation délibérée, et entend apporter ces preuves devant la Cour Pénale Internationale et poursuivre Human Rights Watch pour crimes contre l’humanité.

Dans des articles précédents j’ai expliqué les raisons derrière la guerre médiatique en cours contre le Myanmar et les forces complexes d’origine ethnique, religieuse, historique et géopolitique qui alimentent cette violence. Aucun chercheur – pas même le gouvernement birman – ne prétend que toute la violence provient d’un seul camp. Mais tous les médias grand public, ainsi que la plupart des sources médiatiques alternatives, accusent le gouvernement du Myanmar et des « moines bouddhistes fascistes et racistes ». J’ai contesté ce consensus pendant ces deux dernières années, comme une simplification outrancière d’un conflit ethno-religieux compliqué et je continuerai à le faire. Ce qui suit est un échange entre un journaliste bangladais et moi-même. Le Bangladesh fait d’énormes efforts pour prendre soin des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les violences dans le nord de l’État d’Arakan. Le gouvernement de la Ligue Awami du Premier Ministre Sheikh Hasina possède une longue histoire de lutte contre l’impérialisme et, comme le Myanmar, est confronté à la sinistre possibilité d’une campagne de déstabilisation et de changement de régime soutenue par Israël et les États-Unis. Le journaliste qui m’a contacté est désigné par les lettres « BJ », ci-dessous:

 

BJ: Je travaille pour le quotidien anglophone à plus grand tirage du Bangladesh. Tous les reporters qui reviennent de la région frontalière me disent la même chose, 99,99% des gens auxquels ils ont parlé leur disent qu’ils fuient le gouvernement/armée. Et je sais pertinemment, au moins pour certains d’entre eux, qu’ils ne sont pas en train de « mentir/tromper intentionnellement ». Cependant, en ce qui concerne la plupart des choses, j’ai du monde une opinion assez différente de la leur. Cette affaire, je ne la connais pas assez bien de première main, mais toutes les informations disponibles autour de moi racontent le même récit. Cela dit, je conserve encore l’esprit ouvert. J’ai suivi votre travail, et crois pleinement que vous êtes un homme doué d’éthique, par conséquent, s’il vous plaît continuez de progresser dans votre travail. Si ce que vous dites est vrai, alors les gens ont besoin de le savoir, en particulier autour de moi et vite. « Si » vous avez raison, ce qui n’entend pas que je pense le contraire. En dépit de tant d’apparentes « preuves convaincantes » qui ont atteint mes oreilles, c’est précisément dans ces moments-là, hé bien, qu’il y a souvent un rat quelque part.

GOC: Quand j’étais en Syrie à la fin du mois de mars 2011, juste deux semaines après que la première attaque des Islamistes ait tué de nombreux policiers et civils, j’ai parlé à de nombreux individus professant être anti-Assad, et qui étaient vraiment aimables. Certains d’entre eux étaient membres des Frères Musulmans. J’ai dîné avec eux. Ils étaient extrêmement amicaux. Ils m’ont dit des choses, plein de choses. J’ai entendu des histoires à propos des « Shabiha », la milice du gouvernement etc., sur le manque de liberté dans le pays; comment des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite seraient meilleurs. J’ai écouté et pris note de ce qu’ils m’ont dit. Puis j’ai dîné avec des gens qui sont pro-Assad. Ils étaient aussi extrêmement aimables et amicaux. Je les ai écoutés. Ils avaient une toute autre histoire. Une fois que j’avais parlé à des gens de tous bords, j’ai pris du recul et considéré les puissances mondiales impliquées, les raisons de leur hostilité envers la Syrie et l’historique de leurs techniques de déstabilisation. C’était plus facile pour moi de placer ce qui se passait en contexte, car j’avais lu de nombreux documents de recherches US en politique étrangère et comprenais l’objectif du Sionisme au Moyen-Orient. J’avais également écrit au sujet de la guerre en Libye, et étudié les événements qui avaient mené au bombardement français de la Côte d’Ivoire l’année précédente. Quand vous étudiez de près les guerres menées par l’OTAN ou l’Occident, vous commencez à déceler des schémas et des motifs qui reviennent, comme les mouvements d’une symphonie. Beaucoup de gens ont été bernés par le Printemps Arabe parce qu’ils n’avaient pas étudié l’histoire des programmes US de « démocratisation ». Même si le gouvernement US confirme être l’instigateur des mouvements de contestation, de nombreux activistes continuent de répéter les mêmes slogans et mèmes diffusés par les agences US. L’empire US n’est pas omnipotent mais nombre des stratèges qui le servent ont un QI plus élevé que celui de leurs détracteurs gauchistes. Les médias de masse publient régulièrement des histoires épouvantables venant de « réfugiés syriens » à propos des crimes allégués d’Assad. Mais ils n’interviewent jamais les gens qui le soutiennent et qui ont été protégés par l’Armée Arabe Syrienne des terroristes soutenus par l’Occident. Ces gens-là se chiffrent par millions. Pourquoi ne sont-ils jamais entendus? Vos reporters ont-ils enquêté sur les manifestations pro-gouvernementales qui se sont déroulées au Myanmar, dénonçant les terroristes bengalis et leurs groupes de lobbyistes des droits de l’homme? Avez-vous examiné tous les exemples de fausses informations, de retouches d’images, etc.?

Le commencement de la guerre en Syrie était très semblable au Myanmar actuel. Avez-vous interviewé les minorités bouddhistes de votre pays pouvant avoir des liens avec des Bouddhistes du Myanmar? Avez-vous interviewé un seul des milliers de Bouddhistes qui déclarent fuir la terreur bengalie, et qui sont désormais eux aussi dans des camps de réfugiés? Les réfugiés bengalis sont des malheureux. Ce sont de pauvres gens qui sont manipulés par des criminels sans scrupules, dont la cervelle a été lessivée par une idéologie sataniste importée d’Arabie Saoudite. L’identité rohingya a été concoctée par la classe dirigeante bien introduite du Bangladesh, du Pakistan et du nord de l’État d’Arakan. Ce sont les paysans bengalis qui souffrent, pour servir leurs seigneurs des Frères Musulmans. Les Wahhabites peuvent polluer l’esprit de millions de gens. Le parti pris est une chose que la plupart des gens ne peuvent tout simplement pas surpasser. À chaque fois que j’ai interrogé des Musulmans pro-rohingya sur les crimes contre les Bouddhistes, ils ont tout simplement ignoré ma question. La seule conclusion que j’en tire, c’est qu’ils considèrent les Bouddhistes comme des sous-hommes. Je trouve particulièrement troublant de voir combien la bigoterie est répandue parmi les Musulmans – même parmi ceux qui affirment totalement rejeter le racisme et qui dans de nombreux cas défendent des causes justes. Je soupçonne qu’il existe un niveau équivalent de bigoterie parmi de nombreux Bouddhistes et Hindous. La bigoterie ne résoudra pas le problème.

BJ: Des points très intéressants. Je ne peux pas diverger sur la Syrie, ni sur l’Arabie Saoudite. Ni sur le fait qu’il y a en effet une similitude entre le Bangladesh (un peuple satisfait) et la Syrie avant le début de la guerre. Comme je vous l’ai dit M. Ó Colmáin, tous les éléments autour de moi sont criants du « récit officiel », comme c’est généralement le cas quand il se mijote quelque chose. Et même pour dire ouvertement que ce n’est peut-être pas ce qui se passe, hé bien disons que je ne l’ai pas beaucoup fait, tout simplement parce que les gens ne vont pas bien le prendre. C’est pourquoi je garderai l’esprit ouvert. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose de pourri là-dessous. Et c’est pourquoi je vais attendre la suite de vos travaux avec enthousiasme.

Pour ce qui est des questions qui me sont directement adressées. Personnellement, je n’ai interviewé personne. Des gens que je connais ont interviewé des Bouddhistes birmans qui sont plutôt anti-Myanmar ou d’ONGs (je considère les deux comme nuls et inutiles). Ils ont interviewé des Rohingyas et des non-Rohingyas musulmans et hindous. Et ils ont dit que l’histoire qui domine, en prenant les deux groupes ensemble, est de loin que c’est l’armée qui est coupable (mais serait-il trop difficile de prétendre être l’armée?) mais apparemment très peu de Bouddhistes ont dit que c’était l’ARSA.

Je n’ai pas entendu parler des Bouddhistes, rien du tout, je ne sais même pas s’ils sont ici.

GOC: Encore une fois, le problème est tel que vous l’avancez. Les gens qu’ils ont interviewé sont anti-Myanmar ou viennent d’ONGs. Il y a plein de gens au Myanmar qui travaillent pour des ONGs occidentales, des officines médiatiques, etc. Et ils chantent tous la même chanson. Mais il y a des millions d’autres gens dotés d’une opinion différente. Pourquoi l’opinion de la majorité des citoyens du Myanmar est-elle systématiquement invalidée? Vous dites que les gens vont mal le prendre. La vérité peut être dure à entendre, et nombreux sont les gens qui la prennent mal. Les médias occidentaux parleront du manque de « transparence » et de « démocratie » au Myanmar mais ces termes sont vides de sens. En Occident nous vivons dans des oligarchies et toutes les décisions importantes affectant le public sont prises derrière des portes closes. Les opinions du public sont implantées par le biais de slogans répétés par des sténographes ignorants de médias cooptés. Dans notre société la recherche de la vérité est devenue un crime.

BJ: J’ai deux questions pour vous, et j’imagine que vous devrez deviner les réponses. 1) Que pense le gouvernement de la Ligue Awami de tout ceci, que projettent-ils de faire en fonction de leur compréhension de la situation. 2) Pareil, en ce qui concerne les gouvernements de l’Inde et de la Chine?

J’ai également vu beaucoup de photos prises par nos photographes directement dans les camps de réfugiés. Les conditions « ont l’air » terribles, je veux dire vraiment, vraiment mauvaises. Et bien sûr la plupart des gens ont un air un peu différent, mais beaucoup d’entre eux (peut-être 70%) ont cette touche bengalie très classique, comme les gens qui viennent de cette région.

Je demanderai peut-être à mon patron d’y aller moi-même, en fait.

GOC: Il n’y a aucun doute à propos de l’horreur des camps de réfugiés, et de l’infortune tragique dans laquelle se trouvent les réfugiés bengalis. La plupart des pays qui appellent à ce que la « communauté internationale » fasse quelque chose sont eux-mêmes responsables de la création de millions de réfugiés, et ont commis des génocides dans de nombreux pays. La Turquie et l’Arabie Saoudite sont les propagandistes-en-chef des Rohingyas! Je ne vais pas présumer pouvoir dire à un Bangladais ce que fabrique son propre gouvernement. Mais voici comment je vois la situation.

 

Les USA veulent écraser le Bangladesh

 

Les États-Unis n’ont jamais voulu du gouvernement de la Ligue Awami au pouvoir. Ils ont des liens historiques avec la Russie de l’époque soviétique; ce sont des progressistes sociaux dotés d’une forte base à gauche. Ils s’opposent aux arnaques de micro-crédit de Mohamed Yunus, et ils sont réellement déterminés à hisser le Bangladesh au niveau des pays développés par une planification stratégique étatique, comme par exemple dans leurs politiques agricoles mues par un désir d’autosuffisance alimentaire. L’autosuffisance alimentaire est la fondation de la liberté et de l’indépendance nationale. Les USA veulent qu’aucun pays ne soit autosuffisant dans son alimentation. Il y a eu, au moins depuis 2013, une guerre discrète de basse intensité menée par les agences US contre le Bangladesh – en particulier de la part des médias et d’ONGs, mais également par des remous politiques qui ont par la suite été injustement imputés au gouvernement. Les accusations autour des droits de l’homme, les inquiétudes concernant des dirigeants syndicaux disparus qui n’ont jamais été des dirigeants syndicaux; le sujet de l’objectivité des procès sur le génocide, où beaucoup d’informations sur les complicités US dans le génocide de 1971 vont probablement ressortir.

Récemment, nous avons pu voir le complot israélien utiliser le parti pro-islamiste du BNP. Israël cherche à influencer la minorité hindoue afin de mettre un coin entre l’Inde et le Bangladesh. J’imagine qu’ils espèrent que Modi laissera faire le changement de régime au Bangladesh, si l’Inde peut y conserver une influence à travers une espèce de fusion hybride hindoue/islamiste. Regardez l’Ukraine! Des Juifs à côté de Nazis. La fusion est tendance de nos jours aux USA, en termes de changements de régimes.

Les réfugiés bengalis pourraient être utilisés dans des mouvements contestataires de masse et des insurrections contre le « régime » de Hasina. La presse française l’appelle déjà un régime! Nous sommes donc dans les premiers stades d’une guerre hybride. Sheikh Hasina est une femme intelligente. Elle comprend que les Bengalis que les USA lui intiment d’accueillir sont pro-pakistanais, wahhabisés et dangereux. Elle ne veut plus les voir. Donc, elle rejette le problème de l’autre côté du fleuve Naf. Mais cela ne fonctionnera pas. Il faudra qu’elle rencontre Aung San Suu Kyi, pour déterminer d’un plan.

Mais le Myanmar ne peut pas non plus résoudre ce problème car en ce qui les concerne, ce sont pour la plupart des immigrants illégaux. La Russie a de bonnes relations avec les deux pays et œuvrera à désamorcer la situation. Ils concevront peut-être des mécanismes à l’ONU dans ce sens. La Chine n’a pas le temps pour ce genre de bêtises. Beijing soutiendra Naypyidaw mais apaisera également Islamabad et Dacca, tout en émettant de tièdes déclarations conciliantes à l’ONU. Islamabad, tout en jouant le jeu de l’indignation musulmane, reste en bons termes avec Naypyidaw. J’ai suggéré qu’il s’agit de l’État Profond au Pakistan, d’éléments de l’ISI [Inter-Services Intelligence, services de renseignements pakistanais, NdT] et, pareillement au Bangladesh, d’éléments anti-AL [Awami League, Ligue Awami, NdT] et pro-islamistes du DGFI [Directorate-General of Forces Intelligence, services de renseignements bangladais, NdT].

Il existe un réseau terroriste international opérant dans ces pays mais nombre de ses dirigeants sont à Londres, sous la protection des renseignements britanniques. L’Occident réclame désormais des résolutions à l’ONU. Les Russes et les Chinois commencent à s’interposer. Beaucoup dépend de la manière dont vont réagir les pays musulmans. La Russie dispose d’un homme au tempérament sauvage en Ramzan Kadyrov, qui agit avant de réfléchir. Poutine a besoin de le prendre à part, de lui expliquer la situation et de lui dire de se taire. Les Iraniens ont déjà mis le pied dedans, avec des déclarations très mal avisées. Ils peuvent toujours prétendre que la cause a été « piratée » par les Saoudiens! Pour ce qui est des médias alternatifs gauchistes qui crient à hue et à dia qu’un génocide est en cours, ils se tairont et prétendront qu’ils n’y avaient jamais cru de toute façon dès que l’info aura fait son tour. Je ne fais là référence qu’à ceux qui affirment être anti-impérialistes – pas les adeptes de Chomsky; ceux-là sont déjà une farce.

Qui est responsable de la violence?

Dans les dépêches des médias de masse j’ai entendu des Bengalis dire qu’ils fuyaient la violence et certains dire qu’ils fuyaient l’armée. C’est logique. L’armée a pris d’assaut les communautés bengalies, à la recherche d’armes et de terroristes. Qu’étaient-ils censés faire? Ils étaient probablement terrifiants et ont pu commettre des atrocités mais pour l’instant je n’ai vu aucune preuve de ces atrocités. Donc, il y a des gens qui fuient la violence. Ça c’est vrai. Mais qui a commencé ces violences? Les terroristes de l’ARSA. Et quelle est la position officielle du Tatmadaw? Ils sont à la recherche des terroristes. Qui met le feu aux villages? Les Bengalis disent l’armée, l’armée dit les Bengalis. Afin de discerner lequel des deux dit probablement la vérité nous avons besoin de considérer les forces en présence, à la fois dans le pays et à l’extérieur de celui-ci. Quels sont les intérêts qui profitent de ces incendies? Les activistes bengalis ont attiré beaucoup d’attention et leur récit d’oppression est d’ores et déjà imprimé dans l’esprit des gens. Tout le monde a entendu parler du terme « Rohingya », qu’ils sont « le peuple le plus opprimé du monde et que le Myanmar est coupable de génocide », et ainsi de suite. Donc, si j’étais général du Tatmadaw je tannerais rudement le cuir de mes soldats s’ils donnaient à l’Occident ce que je pense qu’ils veulent, c’est-à-dire un prétexte pour imposer des sanctions ou occuper le pays avec des troupes de l’ONU, ou les deux. Le Kosovo est le précédent historique le plus proche. Nous pourrions également considérer l’histoire des groupes terroristes islamistes. L’incendie volontaire est chez eux une technique guerrière commune. Nous savons aussi que le terrorisme sous faux drapeau est la technique standard des groupes liés à al-Qaeda. Donc, pourquoi devrions-nous rejeter les accusations du Tatmadaw qui affirment que les terroristes bengalis mettent le feu à leurs propres villages? Nous verrons peut-être des preuves concluantes d’incendies de la part du Tatmadaw. Mais nous devons garder l’esprit ouvert et écouter toutes les parties avant de juger.

Activiste sur Internet: « pourquoi Press TV publie-t-il de fausses informations sur le Myanmar?

 

L’Iran veut s’affirmer en tant que leader dans le monde musulman. L’Iran est une puissance émergente et potentiellement un empire régional, doté d’une longue histoire d’hégémonie culturelle et politique dans la plus vaste région, s’étendant jusqu’à Chittagong. Le philosophe Abul Ala Maududi influença l’Ayatollah Khomeini, il y a donc aussi des liens idéologiques. Maududi avait des idées intéressantes mais il disait aussi que toutes les autres religions doivent se soumettre à l’Islam. Comment songez-vous que les Bouddhistes du Myanmar puissent accueillir cette idée alors qu’ils ont vu le Bangladesh, l’Afghanistan et la Malaysie, jadis bouddhistes, devenir maintenant complètement islamiques? Dans ces pays, les Bouddhistes subissent actuellement des violences et des discriminations.

Les Bouddhistes Theravada du Myanmar craignent d’être les suivants et dans le nord de l’État d’Arakan où les Musulmans composent la majorité, ils ont fait l’expérience du nettoyage ethnique. Nombreux sont les moines qui doivent être escortés jusqu’au temple par des soldats. J’espère voir un jour un reportage sur Press TV à ce sujet. Mon ami, vous dites que vous n’êtes pas conscients des Bouddhistes dans votre pays. Le Bangladesh était naguère plein de Bouddhistes. L’Islam n’est pas une religion menacée. Elle est vivante, se porte bien et progresse. Les Bouddhistes se sentent menacés et l’attitude horrible consistant à ignorer leurs craintes et à les diaboliser, nourrit la perception que les Musulmans veulent que tout le monde les tolère mais que pour leur part, ils ne toléreront pas tout le monde. Si un dialogue est ouvert entre les intellectuels bouddhistes et musulmans sur ce thème, le Myanmar et le Bangladesh seront tous deux engloutis dans la guerre civile. Je ne parle pas ici du Dalaï-Lama de la CIA. Il soutient la « cause rohingya » parce qu’il travaille pour les Étasuniens. On vous manipule tous, pour que vous vous haïssiez et que vous vous combattiez. Tout cela fait partie du pivot impérial US vers l’Asie.

Mais le problème est que désormais l’Iran alimente le même genre d’individus qu’il combat en Syrie. Mais ils ont fait la même chose en Libye, à travers une rhétorique anti-Kadhafi. L’Iran a soutenu les terroristes bosniaques et kosovars pendant les guerres en Yougoslavie. Le Parti Républicain a publié un rapport détaillé démontrant que le Président Clinton avait autorisé la livraison d’armes iraniennes aux terroristes appuyés par la CIA. Les terroristes bosniaques et kosovars ont perpétré un génocide contre les Serbes. L’Église Catholique a soutenu les fascistes croates et le Pontifex Maximus actuel soutient ceux qui haïssent les Chrétiens au Myanmar. Lucrèce avait dit, « religio peperit scelerosa atque impia facta » – la religion attire le crime et les actes impies. Lucrèce n’avait pas tort!

Lors d’une récente conférence d’intellectuels internationaux à Téhéran, j’ai rencontré un dirigeant nationaliste serbe. Il soutient l’Iran et leur pardonne pour la Yougoslavie, et l’Iran entretient désormais de bonnes relations avec les pays des Balkans. La Yougoslavie et la Libye étaient des erreurs. Le dialogue est la clé. Je sais pertinemment que des gens au plus haut niveau des corps militaires et des renseignements iraniens sont entièrement dévoués à l’anti-impérialisme. Ainsi, l’espoir est là que l’Iran joue à l’avenir un rôle diplomatique plus constructif dans ces conflits.

La situation birmane est particulièrement complexe et je ne pense pas que l’Ayatollah Ali Khameneï ait été bien informé par les émissaires iraniens qui s’y trouvent. Ceci étant dit, les médias iraniens sont actuellement les seuls à réellement évoquer sérieusement le sujet, à l’exception de la Chine. Il n’est pas possible d’exprimer une réelle opinion sur quoi que ce soit dans les médias occidentaux de nos jours. C’est toujours possible en Iran. Et Press TV m’a assuré qu’ils veulent savoir la vérité. Donc, espérons que nous parviendrons à faire passer l’information. L’Iran est le seul pays en mesure d’être médiateur dans ce conflit et d’y prendre un rôle pré-éminent, mais ils devront aussi se soucier des gens appartenant à d’autres religions. Je n’en ai pas encore été témoin. Prenez mes deux contradicteurs lors des deux débats auxquels j’ai participé sur Press TV. Aucun d’entre eux n’a témoigné d’empathie au sujet des meurtres de Bouddhistes et de Hindous par des Bengalis. Ils s’en fichaient. Comment faut-il l’interpréter? C’est très laid. Je n’ai pas pris parti dans cette affaire. Je n’ai pas nié qu’il y a eu du terrorisme bouddhiste. Le seul moyen de rester objectif est d’interroger votre propre parti pris. Si les Tatmadaw ont jeté des bébés dans les flammes, s’il existe des preuves de tels crimes, je serai le premier à les dénoncer. Je n’ai vu aucune preuve de ce type. J’ai vu des preuves de bébés torturés et les vidéos servir à blâmer le Tatmadaw. Les armées torturent. AUCUN doute là-dessus. Mais aucune armée professionnelle ne torture quelqu’un en le filmant, pour ensuite donner le film à son ennemi pour qu’il s’en serve contre lui. Il faut examiner les preuves. J’ai vu comment al-Qaeda tue des enfants en Syrie et accuse le gouvernement, donc je n’ai aucune hésitation pour affirmer que c’est ce qu’ils font aussi au Myanmar. Mais si vous pouvez me fournir des preuves du contraire je devrai réviser ma position sur les bases de ces preuves. Je me souviens quand les premières photos de policiers morts à Benghazi en Libye ont été vues, en 2011. Les médias ont dit qu’ils avaient été abattus par Kadhafi parce qu’ils refusaient de tirer sur leur propre peuple. J’avais alors affirmé qu’aucun militaire ne serait assez stupide pour filmer une exécution militaire pour trahison puis la donner à l’ennemi. Si les militaires libyens avaient voulu les tuer, ils l’auraient fait en privé en s’assurant qu’il n’y avait aucune image. Un an après que le pays le plus riche d’Afrique ait été détruit, le journal britannique The Independent a reconnu que ces hommes avaient été abattus par des rebelles appuyés par l’OTAN dans le but d’en imputer la cause au gouvernement libyen. Mais les gens ont la mémoire courte et de pauvres capacités d’analyse. Les impérialistes le savent. Maintenant, ils disposent d’un nouveau scénario et peuvent le regarder décoller sur pilote automatique. Une fois de plus, les gauchistes bien-pensants sont les turboréacteurs de l’empire.

Par Gearóid Ó Colmáin, le 14 septembre 2017

Article original: http://www.gearoidocolmain.org/2221-2/

Traduit par Lawrence Desforges

Source: https://globalepresse.net/2017/09/15/la-crise-des-refugies-rohingya-et-le-probleme-de-lobjectivite/

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