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Le blog de Lucien PONS

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l’augmentation du chômage se poursuit : CICE ANI Loi Travail… l’euro austérité c’est plus de chômage, plus d’exploitation !

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le syndicalisme

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/augmentation-du-chomage-se-poursuit/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

 

l’augmentation du chômage se poursuit : CICE ANI Loi Travail… l’euro austérité c’est plus de chômage, plus d’exploitation !

Les chiffres de la DARES le confirme, l’augmentation du chômage s’est poursuivie au mois de février 2016

Chiffres du chômage pour février 2016 : l’augmentation du chômage se poursuit

chomage hollande UEHollande, pour justifier les dizaines et dizaines de milliards d’euros de cadeaux donnés au grand patronat, aux banques et aux multinationales (CICE, pacte de responsabilité ….), pour justifier la destruction des droits des travailleurs (ANI, Loi Macron, Loi travail, contre réforme des retraites Ayrault, baisse des indemnités chômages …) et les coupes sombres dans les services publics (Réforme du Collège, loi santé etc…) et la centralisation/féodalisation du territoire en des euro régions et eurométropoles a promis que cela inverserait la courbe du chômage.

courbe du chômage 2007-2015Loin de diminuer, l’augmentation du chômage se poursuit en février 2016, tandis que les profits de l’oligarchie capitaliste eux explosent. Et ce malgré l’utilisation de tous les artifices et manipulation des chiffres disponibles : radiations, formation bidon etc. Et Hollande, sous la pression de l’Union Européenne, s’attaque désormais à la suppression du Code du travail. Pour que les patrons puissent licencier à tour de bras comme cela leur chantent ! Pour augmenter le temps de travail et faire baisser les salaires.

Selon les études des économistes, et l’on peut citer ici les travaux détaillés de J Sapir par exemple, la sortie de l’Euro et le contrôle de la politique monétaire par les travailleurs et pour les travailleurs permettrait de réduire de plus de la moitié le chômage. En sortant de l’euro austérité. D’ailleurs, plus de la moitié des Français veulent un referendum pour la sortie de l’UE et de l’euro. Pour que ce soit les travailleurs qui décident souverainement, c’est pour cela que le PRCF – avec un large rassemblement – a lancé une campagne de pétition pour exiger la tenue de ce referendum (signature en ligne en cliquant ici)

La loi travail : augmenter le temps de travail pour fabriquer de nouveaux chômeurs, casser le code du travail pour licencier plus !

Pour fixer les idées, baisser la durée hebdomadaire du temps de travail à 27h/semaine permettrait de supprimer immédiatement le chômage. Augmenter le temps de travail des 25 millions de salariés de 35h à 40h c’est l’équivalent de 2 millions d’emplois à temps plein. Augmenter le temps de travail c’est fabriquer des chômeurs (source)

Et en supprimant le code du travail, le gouvernement répond à l’ordre de libéralisation du « marché du travail » donné par l’Union Européenne. Pour permettre aux patrons de licensier plus et plus facilement afin d’exercer une pression encore plus forte sur les travailleurs, réduire leurs droits, leurs salaires.

CA SUFFIT !

le 31 mars, les travailleurs, tous ensemble seront dans la rue pour lancer la riposte populaire. La contre offensive du mouvement social, pour briser les chaines de l’exploitation capitaliste et de son Union Européenne de malheurs.

Les chiffres du chômage en février 2016 : 6.5 millions de chômeurs

capitalisme chomage tueIl y a toujours en France plus de 6,5 millions de chômeurs, dont moins de la moitié bénéficient d’une indemnisation. Il est notable de souligner que contrairement à ce que la droite (UMP, PS, FN ) voudraient faire croire, les travailleurs ne sont pas des assistés. Moins de 80% des 63% des travailleurs qui sont en droit de prétendre à une indemnisation bénéficient d’une indemnisation. (chiffres de juin 2015). Dans le détail, 2,7 millions de chômeurs touchent l’assurance chômage, 0,5 millions ne touchent plus que les aides d’état (ASS, AER, ATS, ATA2, FSP et RFF).

d’après la DARES. 

Demandeurs d’emploi par catégories :

A : 3 591 000 +1.1 % ( + 2.5 % sur 1 an ).

B : 706 400 -0,4 % ( +3 % sur 1 an ) travailleurs pauvres travaillant moins de 78 heures/mois.
C : 1 165 400 -2.7 % ( + 7.9 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures.

D : 273500 -0.0 % ( -1.4 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc.
E : 422700 +0.1 % ( +11,6 % sur 1 an ) contrats aidés etc.

TOTAL : 6 159 000 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 4 % sur 1 an, 234 500 chômeurs de plus depuis février 2015

TOTAL, dom-tom compris : 6 494 500

  • 517 000 jeunes de moins de 25 ans sont au chômage inscrit en catégorie A et le gouvernement veut augmenter le temps de travail.
  • 2177300 travailleurs entre 25 et 50 ans sont au chômage inscrit en catégorie A et le gouvernement avec la loi travail veut faciliter les licenciement
  • 896800 travailleurs de plus de 50 ans sont au chômage inscrit en catégorie A. +8.1% en un an. Et le gouvernement et l’UE voudrait encore reculer l’age de départ à la retraite
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La double inspiration du projet de loi El Khomri sur le démantèlement du code du travail : le Medef et l’Union européenne. Par Jacques Nikonoff

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Le syndicalisme

Spécial manifestations…

Source : m-pep, Jacques Nikonoff, 30-03-2016

Jacques-Nikonoff-01

Par Jacques Nikonoff, professeur associé à l’Institut d’études européennes, Université Paris 8

Le 30 mars 2016

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat français (le Medef). C’est à l’occasion de son Assemblée générale du 18 janvier 2000 que le Medef a décidé de lancer l’idée de la « refondation sociale ». Il ne veut plus de lois constitutives de droits pour les salariés, il veut généraliser la notion de « contrat » entre l’employeur et le salarié.

Par ailleurs, dans le cadre du « Semestre européen », la Commission européenne publie des rapports par pays. Rappelons que le Semestre européen est un cycle de coordination des politiques économiques et budgétaires au sein de l’Union européenne (UE), à l’occasion desquels les États membres alignent leurs politiques économiques et budgétaires sur les règles et les objectifs arrêtés au niveau de l’UE. Il s’inscrit dans le cadre de la « gouvernance » économique de l’Union européenne. Ce cycle se concentre sur les six premiers mois de chaque année, d’où son nom. La Commission européenne a fait cette proposition en mai 2010, les ministres de l’Économie et des Finances l’ont adopté et introduit en septembre 2011. Le processus consiste à coordonner les politiques économiques et budgétaires de la zone euro, en lien avec le Pacte de stabilité et de croissance et la stratégie Europe 2020. Dans ce but, un calendrier d’intégration des budgets des États membres de l’UE au niveau européen a été mis en place en 2011 (le semestre européen). Concrètement, il s’agit de faire « dialoguer » la Commission, chargée du respect du pacte de stabilité et de croissance, et les États membres tout au long de leur processus d’élaboration budgétaire. Des prévisions économiques sont produites trois fois par an par la Commission qui, en janvier, présente un « Examen annuel de croissance » (EAC) pour chaque État membre. Cet EAC met au jour les « réformes » et les « efforts » à effectuer par ces pays. Il débouche sur l’établissement de priorités par le Conseil européen, transmises ensuite, en mars, aux États. En avril, ces derniers doivent élaborer à partir de ces priorités, un « programme de stabilité » qui est ensuite transmis à la Commission (comprendre un programme d’austérité. Celle-ci transmet alors en juin des recommandations pour chaque pays au Conseil européen qui les adopte en juillet. Dès lors, les États doivent intégrer ces recommandations dans leurs projets budgétaires pour l’année suivante. Le semestre européen correspond à une nouvelle étape dans le démantèlement de la souveraineté des États membres.

I- LE COMMUNIQUE DE PRESSE DU 26 FEVRIER 2016 DE LA COMMISSION EUROPEENNE PRESENTANT LE « RAPPORT SUR LA FRANCE »

La Commission européenne a publié le 26 février 2016 son analyse annuelle « des défis économiques et sociaux, auxquels font face les États membres de l’UE », à savoir les « rapports par pays ». Ces rapports sont un instrument destiné à suivre les « réformes » engagées (comprendre la mise en œuvre de politiques néolibérales). Ils servent de base au « dialogue » avec les États membres concernant leurs choix nationaux en vue de l’adoption de leurs programmes nationaux en avril et conduiront à la formulation, à la fin du printemps, des recommandations de la Commission par pays.

Étrangement, le rapport sur la France n’est disponible qu’en anglais. La charge symbolique est très forte, comment inciter au « dialogue » si une partie de la population, du fait de la barrière de la langue, ne peut accéder à des données, analyses ou recommandations concernant son propre pays ?

A.- Décentralisation de la négociation collective à l’échelle de l’entreprise conformément au projet du Medef

La Commission européenne constate avec gourmandise qu’un « glissement » s’est produit vers la décentralisation de la négociation collective. Le cadre introduit en 2004 par la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social (dite loi Fillon) a étendu la portée de la négociation collective aux entreprises moyennes. Les accords d’entreprise ou de branche ont été autorisés à déroger aux accords de branches ou interprofessionnels, même si les conditions sont moins favorables aux travailleurs. Néanmoins, regrette la Commission européenne, le principe de faveur, qui établit qu’une révision à la baisse des conditions d’emploi ne peut pas se produire, reste valable « pour le salaire minimum, les classifications, les mesures supplémentaires de protection sociale, les fonds interprofessionnels de la formation professionnelle ». On comprend que la Commission européenne va agir pour continuer la délocalisation vers l’entreprise de la négociation collective sur ces sujets.

Depuis que les dérogations aux accords de branche ou interprofessionnels ont été autorisées, la Commission européenne constate avec regret que les résultats ont été particulièrement faibles. Depuis 2013, seulement 10 accords d’entreprise ont été conclus (accords de maintien de l’emploi), couvrant moins de 2 000 travailleurs. Pour tenter de redresser la situation, la loi n°2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (dite loi Macron) a étendu la durée de ces accords à 5 ans et a introduit la notion de cause « réelle et sérieuse  » pour licencier les salariés refusant les termes de l’accord, réduisant de ce fait l’incertitude pour les entreprises dans les litiges avec leurs salariés.

À la suite du rapport Combrexelles de septembre 2015, la Commission européenne donne un coup de chapeau au gouvernement qui aurait ainsi manifesté « son intention de réformer progressivement le code du travail pour renforcer l’autonomie de négociation au niveau de l’entreprise » et annoncé qu’une loi serait présentée (le projet de loi El Khomri).

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat (le Medef)

La Commission européenne ne s’arrête pas aux encouragements à détruire le Code du travail, elle insiste également sur la nécessité de poursuivre la destruction du modèle social européen issu de l’après-guerre, reprenant ainsi toutes les exigences du grand patronat.

L’organisation sociale idéale, pour le Medef, est celle dans laquelle les entreprises pourraient définir les contenus des contrats de travail sans aucune contrainte, comme au XIXe siècle avec le contrat de louage où les ouvriers se présentaient en place de Grève… Démunis de tous droits individuels et collectifs, les salariés n’auraient plus aucun recours légal. Car placer le contrat au-dessus de la loi revient à remettre en cause le principe de la hiérarchie des normes juridiques. Selon ce principe la Constitution se place au sommet de notre architecture juridique. Tous les autres textes en découlent en formant une hiérarchie : les traités internationaux, les lois, les règlements… Un arrêté municipal, par exemple, reste subordonné aux principes généraux du droit et ne peut contrevenir aux stipulations d’un texte d’un niveau supérieur. Si la loi fixe le SMIC à 1 500 euros mensuels, aucun accord de branche ou d’entreprise ne peut aujourd’hui fixer un seuil inférieur. Le Medef veut pourtant obtenir la possibilité, avec l’appui de la Commission européenne, de signer des accords de branche ou d’entreprise qui fixeraient le SMIC à 1 000 euros par exemple pour les salariés de cette branche ou de cette entreprise… C’est ce qu’il exprime clairement quand il critique le système actuel qui « hiérarchise les règles sociales suivant le principe de la clause dite la plus favorable » (le principe de faveur). Le Medef a trouvé dans le Parti socialiste et le gouvernement Hollande-Valls un agent beaucoup plus efficace que le dernier gouvernement Sarkozy-Fillon qui n’avait pas osé aller si loin.

La « refondation sociale » engagée par le MEDEF est une tentative de coup d’État

En République, la souveraineté appartient au peuple, directement et par l’intermédiaire de ses représentants, les députés. Il leur revient de décider des conditions du travail, de sa protection et de sa promotion par le vote de la loi. Selon l’Article 34 de la Constitution, « La loi détermine les principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale. » Ces questions relèvent donc d’abord de la représentation nationale (le Parlement) – c’est-à-dire du champ politique – et ensuite des partenaires sociaux. La raison est simple. La représentation nationale, qui vote la loi, est l’émanation du peuple alors que les partenaires sociaux n’en représentent qu’une fraction. C’est ce que souhaite changer le Medef. C’est pourtant devant la loi, et uniquement devant la loi, que « tous les citoyens sans distinction » se trouvent égaux. Si la loi devenait seconde au regard du contrat, devant qui ou quoi seraient égaux les citoyens ? Par nature le contrat ne peut satisfaire au principe d’égalité, a fortiori lorsqu’il se contracte individuellement entre un salarié et un employeur.
Avec l’inversion de la hiérarchie des normes, le pouvoir d’édicter les règles sociales passerait au patronat, principalement le grand patronat, et plus précisément dans les bureaux du Medef. Seul à décider, il pourrait ainsi accroître l’insécurité, la flexibilité et la précarité. Les temporalités sociales seraient alignées sur les temporalités du marché.

 B.- Diminution généralisée des dépenses sociales

Dans ses « recommandations spécifiques » (Specific recommendations – CSRs), la Commission européenne demande à la France de :

  • identifier les « sources d’économies sur la Sécurité sociale, les collectivités locales, les retraites complémentaires, les retraites de base grâce aux encouragements pour travailler plus longtemps »,
  • poursuivre les « progrès substantiels » obtenus dans la baisse du coût du travail,
  • lutter contre les « rigidités » du marché du travail,
  • « modifier les modalités de fixation du salaire minimum » (le SMIC) car en 2015 il a augmenté de 0,6% de plus que l’inflation à cause de l’indexation automatique sur les salaires réels alors que le chômage continuait d’augmenter,
  • réformer le code du travail pour encourager les entreprises à embaucher des CDI,
  • faciliter les dérogations accordées aux entreprises notamment pour l’aménagement du temps de travail,
  • réformer le système d’assurance chômage pour qu’il revienne à l’équilibre financier et qu’il encourage mieux les chômeurs à retourner au travail.

La Commission regrette que la France ait fait « des progrès limités pour faciliter les dérogations à la loi au niveau de l’entreprise. La réforme du code du travail devrait permettre une meilleure prise en compte du niveau de l’entreprise et de la branche pour les dérogations à la loi. »

La Commission européenne veut accélérer la baisse des salaires réels en France

Le salaire réel correspond au pouvoir d’achat du salaire nominal, c’est-à-dire la quantité de biens et de services qu’un agent économique peut acheter avec son salaire nominal (celui que son employeur lui verse sur son compte en banque).

Motif : la récente décélération des salaires réels en France resterait « insuffisante pour rattraper le retard entre le coût du travail et le ralentissement de la croissance de la productivité ».

La Commission européenne donne les chiffres suivants : entre 2008 et 2012, le revenu par salarié a augmenté de 2,5% en moyenne par an, alors que la croissance du PIB moins l’inflation était autour de 1%. Le gain de 1,5% pour les salariés serait donc extravagant. D’où le principe suivant que l’on peut déduire de cette déclaration de la Commission européenne : les salaires ne doivent pas permettre une amélioration du pouvoir d’achat.

La Commission européenne ne veut pas entendre parler d’augmentation du SMIC

Pour elle, « l’augmentation du SMIC induit une augmentation des salaires pour toutes les catégories de travailleurs, particulièrement pour les ouvriers et employés. » La Commission européenne ajoute « en période de faible inflation, les règles d’ajustement du salaire minimum (le SMIC) peuvent être une source de rigidité des salaires depuis qu’elles sont partiellement indexées sur l’évolution des salaires réels. Le processus de fixation des salaires contribue ainsi aux pressions salariales. » On peut ainsi déduire un autre principe imaginé par la Commission européenne : non seulement les salariés ne doivent pas connaître d’augmentation de leur pouvoir d’achat (progression du salaire supérieure à l’inflation), mais le salaire minimum (le SMIC en France) ne doit jamais augmenter.

La Commission européenne veut diminuer les prestations de Sécurité sociale

Pour elle, « Le coût du travail en France reste parmi les plus élevés de l’UE, essentiellement du fait des cotisations sociales élevées payées par les employeurs, la France se place juste après la Belgique, le Danemark, la Suède, le Luxembourg. Ce rang n’a pas évolué depuis 10 ans, malgré la décélération du coût du travail observée depuis 2012 ». Ce coût du travail serait « élevé principalement à cause de la fiscalité comptant pour plus de 30% de l’heure travaillée, comparé à une moyenne de 24% dans l’UE. »

La Commission se réjouit néanmoins que des « mesures ont été récemment introduites pour réduire le fardeau fiscal sur le travail » : réduction fiscale dans le cadre du CICE de décembre 2012 ; diminution des cotisations sociales des employeurs pour la Sécurité sociale dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité de janvier 2014. « Au total ces mesures vont baisser la fiscalité patronale de 1,5% du PIB (30 milliards d’euros) entre 2013 et 2017 ». On doit contester la notion de « fardeau fiscal » pour les entreprises, elles devraient au contraire être fière de contribuer ainsi aux biens communs. Le gouvernement devrait même publier la liste des meilleurs contributeurs ayant payé le plus d’impôts.

La Commission européenne veut réduire les indemnités des chômeurs

Elle constate la détérioration de l’équilibre financier du système d’assurance chômage qui, malgré la Convention d’assurance chômage entrée en vigueur le 1er juillet 2014, reste insuffisante pour réduire son déficit. En octobre 2015 les projections de déficit étaient estimées passer de 21,3 milliards d’euros en 2014 à 25,8 milliards d’euros en 2015 et 29,4 milliards en 2016. Pour l’UE, « La conception du système d’allocations chômage réduit les incitations à retourner au travail ». Hélas, la Commission européenne est restée muette sur les conséquences du déficit financier des familles de chômeurs.

On peut déduire un troisième principe de ces déclarations et de ces silences : il faut baisser les indemnités des chômeurs, autrement dit les affamer, pour les obliger à chercher du travail.

II.- LES « RECOMMANDATIONS DU CONSEIL » DU 13 MAI 2015

Le document concerné s’intitule « Recommandations du Conseil COM(2015) 260 final », daté du 13 mai 2015. Il concerne le programme national de réforme de la France pour 2015 et porte avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2015. Ce texte a été soumis par le gouvernement français, en application de l’article 88-4 de la Constitution, à l’Assemblée nationale et au Sénat le 21 mai 2015.

Les « recommandations » du Conseil sont ainsi devenues le programme du gouvernement français : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme de la France et son programme de stabilité. Ses recommandations formulées en vertu de l’article 6 du règlement (UE) nº1176/2011 se reflètent dans les recommandations figurant aux points (1) à (6) ci-dessous. RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2015-2016 : » On trouve alors deux catégories de recommandations : celles qui portent sur la destruction du Code du travail, celles qui portent sur la destruction d’autres éléments de la protection sociale.

 A.- Le projet de loi El Khomri découle directement des recommandations du Conseil européen

La Commission européenne regrette que « les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche. Cela limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins. Il conviendrait d’accorder aux branches et aux entreprises la possibilité de déterminer de façon flexible, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, s’il y a lieu de déroger à la durée légale du travail de 35 heures par semaine. La loi portant création des accords de maintien de l’emploi n’a pas produit les résultats escomptés. Très peu d’entreprises ont fait usage des nouveaux dispositifs permettant un assouplissement des conditions de travail dans le cadre d’accords d’entreprise. Ce dispositif devrait être revu afin de donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique.

On retrouve cette analyse dans sa recommandation n° 6 : « réformer le droit du travail afin d’inciter davantage les employeurs à embaucher en contrats à durée indéterminée ; à faciliter, aux niveaux des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail ; à réformer la loi portant création des accords de maintien de l’emploi d’ici à la fin de 2015 en vue d’accroître leur utilisation par les entreprises ; à entreprendre une réforme du système d’assurance chômage afin d’en rétablir la viabilité budgétaire et d’encourager davantage le retour au travail. »

On comprend donc que c’est la fin programmée des 35h et l’accentuation de la flexibilité des salaires et des horaires, autrement dit travailler plus pour gagner moins. L’incitation à embaucher davantage en contrats à durée indéterminée ne doit pas faire illusion. Comme la flexibilité des horaires et des salaires va croître, le CDI formel deviendra un CDD réel. Tel est l’objet du projet de loi de Madame El Khomri.

 B.- Destruction d’autres éléments de la protection sociale.

Ralentir « considérablement » la croissance des dépenses de Sécurité sociale

Pour la Commission européenne « Il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale, qui ont représenté 26% du PIB en 2014, soit près de la moitié des dépenses totales du secteur public. Des économies de 11 milliards d’EUR sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. Il est notamment possible de renforcer encore la mise en œuvre des politiques de maîtrise des coûts dans le domaine des prix des médicaments et des dépenses hospitalières. »

Résultat prévisible : diminution des remboursements des médicaments, des consultations et des hospitalisations qui frapperont plus particulièrement les ménages les plus en difficulté, diminution des embauches dans la fonction publique hospitalière.

Baisser les retraites

Pour la Commission, « Le déficit du système de retraite pourrait continuer à se creuser dans les années à venir et les réformes des retraites menées précédemment ne suffiront pas à le combler. En particulier, le déficit imputable aux régimes des agents de l’État et des salariés des entreprises publiques continue de peser sur le déficit global du système de retraite. »
Conclusion : des mesures de diminution du montant des retraites devront encore être prises.

Étrangler les collectivités locales

Pour la Commission « La France a entrepris de réformer ses collectivités locales en vue d’améliorer l’efficacité du système. Elle devrait continuer à mettre en œuvre la réduction prévue des dotations de l’État et renforcer le contrôle des dépenses des collectivités locales moyennant un plafonnement de l’augmentation annuelle des recettes fiscales de celles-ci, en tenant compte des plafonds qui s’appliquent déjà à un certain nombre d’impôts locaux. Des mesures sont également nécessaires pour maîtriser la hausse des dépenses de fonctionnement des collectivités locales. »
Résultat prévisible : diminution des embauches dans la fonction publique territoriale, diminution des subventions aux associations, coupes dans les dépenses sociales.

Baisser le coût du travail

Pour la Commission « Des mesures ont été prises pour réduire le coût du travail et améliorer les marges bénéficiaires des entreprises, notamment le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi de 20 milliards d’EUR et l’allègement des cotisations patronales de 10 milliards d’EUR supplémentaires prévu dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité. Ces deux mesures, qui représentent 1,5% du PIB, devraient contribuer à combler l’écart entre la France et la moyenne de la zone euro concernant le coin fiscal sur le travail. Leur mise en œuvre devrait se poursuivre en 2016 mais, compte tenu de leur coût élevé pour les finances publiques, il est important d’évaluer leur efficacité au niveau des entreprises. »
Résultat prévisible : de nouvelles subventions publiques aux entreprises privées.

Casser le mécanisme de fixation du salaire minimum

Pour la Commission il faut « tenir compte des rigidités affectant le marché du travail et le marché des produits, et tout spécialement celles affectant les salaires. Le coût du salaire minimum reste élevé si on le compare à celui des autres États membres. Le salaire minimum continue d’évoluer d’une manière qui n’est pas propice à la compétitivité et à la création d’emplois. De plus, dans un contexte d’inflation faible, son indexation automatique pourrait conduire à des hausses de salaires supérieures à ce qui est nécessaire pour préserver le pouvoir d’achat. »

Pour l’instant le gouvernement n’a pas encore osé s’attaquer à ce sujet.

Affamer les privés d’emploi

Pour la Commission européenne « La dégradation persistante de la situation sur le marché du travail a affecté le système d’assurance chômage, au point de remettre en cause la viabilité du modèle. La nouvelle convention d’assurance chômage, qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2014, est insuffisante pour réduire le déficit. Les différentes mesures mises en place ont permis d’économiser 0,3 milliard d’EUR en 2014. D’après les estimations, elles réduiront le déficit de 0,8 milliard d’EUR supplémentaire en 2015, le faisant passer de 5,2 milliards d’EUR à 4,4 milliards d’EUR, et la dette du système augmenterait encore pour s’élever à 25,9 milliards d’EUR. Des mesures structurelles sont nécessaires pour garantir la viabilité du système. Les conditions d’éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés. »
Tout le monde aura compris que « réexaminer » la dégressivité des allocations chômage et les taux de remplacement signifie les abaisser.

Tout ceci converge dans les recommandations n°2 et n°3 :

2.- à accentuer les efforts visant à rendre efficace la revue des dépenses et à recenser les possibilités d’économies dans tous les sous-secteurs des administrations publiques, et notamment aux niveaux de la sécurité sociale et des collectivités locales ; à prendre des mesures pour limiter l’augmentation des dépenses de fonctionnement des collectivités locales ; à prendre des mesures supplémentaires d’ici à mars 2016 pour ramener le système de retraite à l’équilibre, notamment en s’assurant que la situation financière des régimes de retraite complémentaire soit viable à long terme ;

3.- à maintenir les réductions du coût du travail découlant du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité, notamment en les mettant en œuvre comme prévu en 2016 ; à évaluer l’efficacité de ces dispositifs en tenant compte des rigidités du marché du travail et du marché des produits ; à réformer, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, le système de formation des salaires pour que ceux-ci évoluent au même rythme que la productivité ; à veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec les objectifs de promotion de l’emploi et de la compétitivité ;

L’Union européenne impose des politiques d’austérité (notamment des « réformes structurelles du marché du travail ») qui consistent à affaiblir les droits et les protections des salariés face aux risques sociaux. L’exemple emblématique est celui de la Grèce avec un double résultat : très positif pour les créanciers qui ont recouvré leurs capitaux avec profits ; très négatif pour la population qui est frappée d’un recul social invraisemblable. Ces politiques empêchent la reprise de l’emploi et, à terme, le remboursement lui-même de la dette publique.

L’euro interdit l’ajustement des monnaies par le taux de change et impose la « compétitivité » par la baisse des salaires et la dérèglementation du travail, c’est-à-dire une concurrence acharnée entre pays, dont les salariés font les frais, alors que l’UE avait pour ambition affichée la coopération. La lutte contre la loi El Khomri, pour être victorieuse, doit intégrer la nécessité absolue de sortir de l’euro et de l’Union européenne, unilatéralement et sans préavis.

Source : m-pep, Jacques Nikonoff, 30-03-2016

 

Réponses à La double inspiration du projet de loi El Khomri sur le démantèlement du code du travail : le Medef et l’Union européenne. Par Jacques Nikonoff

Commentaires recommandés

FracoisG Le 31 mars 2016 à 02h38
 
 

La lutte contre la loi El Khomri et contre la crise européenne actuelle , pour être victorieuse, doit intégrer la nécessité absolue de sortir de l’euro et de l’Union européenne, unilatéralement et sans préavis.
Tout est dit.

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Nous ne revendiquons rien, par Frédéric Lordon.

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La mondialisation, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #Les transnationales, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La lutte des classes

 
 

Nous ne revendiquons rien

Photo source : Convergence des luttes

Au point où nous en sommes, il faut être épais pour ne pas voir qu’il en va dans les mouvements sociaux actuels de bien plus qu’une loi et ses barèmes d’indemnités. Mais l’épaisseur, en tout cas en ce sens, c’est bien ce qui manque le moins à ceux qui nous gouvernent et à leurs commentateurs embarqués. Aussi tout ce petit monde continue-t-il de s’agiter comme un théâtre d’ombres, et à jouer une comédie chaque jour plus absurde, les uns affairés à peser au trébuchet leurs concessions cosmétiques, les autres leurs gains dérisoires, les troisièmes à faire l’éloge du raisonnable ou à préparer gravement « la primaire ». Et tous se demandent quelle est la meilleure couleur pour repeindre la clôture du jardinet qu’ils continuent d’entretenir sur les flancs du volcan déjà secoué de grondements.

Par un paradoxe caractéristique des époques finissantes, ce sont les seigneurs du moment qui accélèrent eux-mêmes le processus de la décomposition, dont on reconnaît les étapes aux seuils de corruption du langage enfoncés l’un après l’autre. On a pour habitude en cette matière de faire d’Orwell une référence. Mais Orwell était un petit joueur qui manquait d’imagination. Soyons juste : il n’était pas complètement sans talent, il a d’ailleurs fallu attendre un moment pour que son clou lui soit rivé. Enfin c’est fait. Et c’est Bruno Le Roux, président du groupe « socialiste » à l’Assemblée, qui s’est chargé de lui enseigner à quels sommets on peut emmener le prodige du renversement des mots : « il faut que le CDI ne soit pas une prison pour le chef d’entreprise (1 ». Il faut admettre qu’on peine à faire le tour d’un trait de génie pareil et qu’il faut être bien accroché pour ne pas céder complètement au vertige. Ceux qui s’en souviennent penseront également à cet extrait des Nouveaux chiens de garde (2) où Bénédicte Tassart (RTL), croyant vitupérer les séquestrations de patrons, s’exclamait qu’il « est inadmissible de retenir des personnes contre leur volonté dans des bureaux », manifestement sans se rendre compte qu’elle livrait par-là même un point de vue éditorial aiguisé sur le rapport salarial (sans doute limité au secteur tertiaire mais aisément généralisable). La malheureuse cependant était tout à fait innocente. Les évocations carcérales de Bruno Le Roux sont bien mieux pesées. Tellement bien d’ailleurs qu’elles donnent considérablement à penser — quoique peut-être hors de ses intentions de départ.

Il se pourrait en effet que tout ce qui se passe en ce moment se joue précisément autour de la connexion, puissamment mise en évidence par Bruno Le Roux, du contrat salarial et de la prison. Qui se trouve enfermé vraiment, c’est bien sûr là le point de controverse résiduel, auquel par bonheur ne s’arrêtent pas trop longtemps tous ceux qui, bombes de peinture à la main, réélaborent pour leur propre compte, et de manière assez vigoureuse, la grande intuition rouquinienne.

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Loi travail : des étudiants s’expriment sur la « jeunesse » du mouvement
Source : lundi.am
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À franchement parler, le travail ne nous intéresse pas
Source : lundi.am

Et pas seulement celle-là. Car c’est décidément un gouvernement qui ne manque pas de philosophes et s’y entend dans l’art de donner à penser. On se souvient d’Emmanuel Macron méditant sur les fins dernières et qui suggérait qu’« il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires ». Passer à l’article indéfini pour lui faire dire qu’il faudrait que « les jeunes aient envie de devenir milliardaires » serait-il faire violence à une pensée que, visiblement, seule la crainte de réactions arriérées retient de la conséquence ? De l’un à l’autre en tout cas — de Le Roux à Macron — et quoique par des voies différentes, c’est bien une idée générale de l’existence qui nous est proposée.

Il y a là une invitation et il faut y être sensible. Prenons donc les choses au niveau même de généralité où elles nous sont soumises — le seul moyen de leur apporter une réponse adéquate. Disons avec honnêteté que celle-ci a pris du temps à murir. Il est vrai que tant la brutalité de l’assaut néolibéral que l’effondrement de l’« alternative communiste » n’étaient pas propices à reprendre rapidement ses esprits. Cependant trois décennies d’expérimentation soutenue en vraie grandeur ne pouvaient pas ne pas produire quelques aperceptions. Le travail du réel fait son chemin, et il le fait d’autant mieux que se développent les lieux de mise en commun (au tout premier chef le site #OnVautMieuxQueCa), où les gens découvrent que ce qu’ils vivaient chacun par devers soi est en fait très largement partagé.

Et puis, mais il faut en savoir gré à ce gouvernement dont les stimulations à penser n’ont jamais cessé, ladite « loi travail » vient là, comme une sorte d’apothéose, qui aide considérablement à ce que s’opèrent les dernières clarifications. L’idée de la vie que ces personnes nous offrent nous apparaît maintenant avec une grande netteté. C’est pourquoi, désormais en toute connaissance de cause, et y ayant bien réfléchi, nous pouvons leur répondre que non. Soulignons-le à l’usage des mal-entendants, qui se sont toujours comptés en grand nombre du côté du manche : c’est de cela qu’il est question aujourd’hui. Pas de CDD télescopiques, de comptes rechargeables, ou de barèmes à mollette : de cela, une idée de l’existence.

On peut convaincre avec des principes, on le peut encore mieux avec des images. Pour qui n’aurait pas encore les idées bien fixées quant au type de monde que la philosophie gouvernementale désire pour nous — en tous les sens de l’expression : à notre place et pour nous l’imposer —, il suffirait de regarder une ou deux choses dont le pouvoir d’éloquence posera un rude défi à la pédagogie ministérielle. Il y a bien sûr, mais tout le monde les a vues, ces images d’une controverse entre trois policiers et un lycéen parisien surarmé, celles également d’un retour des CRS sur les bancs de la faculté de Tolbiac, qui font entendre une résonance particulière des propos de François Hollande en 2012 — « Je veux redonner espoir aux nouvelles générations » — ou bien plus récemment de Najat Vallaud-Belkacem (24 mars 2016) — « Education : ce que nous faisons pour la jeunesse » (3). A moins qu’il ne s’agisse en fait de leur note tout à fait juste.

La réalité de l’ordre social se trouve pourtant autrement mieux figurée dans deux vidéos dont la première, de pur témoignage, a été faite par Fakir et laisse Henri (son nom n’est pas donné) raconter comment, employé d’un sous-traitant, il s’est trouvé dénoncé par Renault où il intervenait pour avoir, depuis sa messagerie personnelle, fait la promotion du film Merci patron ! auprès des syndicats du Technocentre… Dénoncé et puis, il va sans dire, interdit d’accès au site… et maintenant en procédure de licenciement auprès de son propre employeur. Plus confondante encore, cette scène filmée au bureau de Poste d’Asnières, lors d’une réunion syndicale à laquelle des étudiants sont venus participer pour informer de leur mobilisation… tous se retrouvant face à des policiers armés de flashball, semble-t-il appelés par la direction, et que seule la cohésion du groupe, emmené par une grande gueule de Sud PTT, armée de ce qu’il reste de droits syndicaux, permet de refouler.

Et c’est peut-être celle-là la scène canonique, celle qui dit tout : la hantise du pouvoir — la réunion des étudiants et des salariés ; la surveillance en dernière instance policière du salariat rétif, c’est-à-dire la fusion de l’Etat et du capital, paradoxalement — ou à plus forte raison — quand il s’agit du capital public ; l’alternative radicale de la soumission ou de la lutte collective. Il est bien certain qu’avec de pareils spectacles la clarté de l’entendement reçoit un puissant renfort de l’imagination. Une fameuse poussée des affects aussi. Et voici ce que cette belle propulsion nous permet de leur dire : comprenez bien que nous ne revendiquons rien. Entendez qu’après quelques décennies à faire, vous et vos semblables, la démonstration de vos talents et de votre hauteur de vue, l’idée de négocier quoi que ce soit avec vous nous apparaît absolument sans objet. C’est que « revendiquer » n’a de sens que dans un certain cadre qu’on reconnaît par-là implicitement comme légitime, et tautologiquement comme hors du champ de la revendication elle-même — puisqu’il en est le cadre… Or, vient fatalement un moment où, à force de combats dérisoires pour des miettes, et même en l’occurrence pour simplement résister à la diminution des miettes, l’impensé du cadre revient à la pensée. Non plus comme objet de « revendication » mais comme objet de renversement.

Certes, nous le savons, pour continuer d’entretenir l’illusion, vous pouvez compter sur le syndicalisme du bouton d’or, celui qui voit des « ambitions de progrès (4) » au fond des plus notoires régressions, et dont la science héraldique a maintenant établi aussi bien les armoiries — « de serpillière sur balais de pont croisés » — que l’éternelle devise : « Affalé toujours déjà ». Contre un certain syndicalisme couché, ce qui naît en ce moment serait plutôt de l’ordre du mouvement debout. Comme on sait, le mouvement, entendu en ce sens, commence par le rassemblement. Des gens ont opiné que simplement manifester une fois de plus sur des trajets convenus, c’est-à-dire « revendiquer », ne serait plus suffisant. En conséquence de quoi, ils ne rentreront pas chez eux et se retrouveront quelque part pour commencer quelque chose de tout autre. Nuit Debout (5), est le nom de cette initiative, et son exposé des motifs, décalqué à même le message du film Merci patron ! dit assez son nouveau rapport au « cadre » : « leur faire peur »… Nous rassembler, ne pas rentrer, ne pas revendiquer : concentré d’inquiétante étrangeté en effet pour les administrateurs de cadre.

Et c’est vrai que, même si nous ne connaissons pas encore bien notre force, ce qui ne fait peut-être que commencer ici a tout du cauchemar pour l’Etat, qui voit ses grand-peurs s’aligner dans une conjoncture astrale du pire : la hantise de la convergence, l’abandon « en face » de la revendication, son remplacement par des affirmations.

Il se pourrait en effet que nous soyons sur le point de vivre un de ces moments bénis de l’histoire ou des groupes ordinairement séparés redécouvrent ce qu’ils ont de profondément en commun, ce commun massif institué par le capitalisme même : la condition salariale. Salariés maltraités d’aujourd’hui, lycéens et étudiants, maltraités de demain, précarisés de toutes sortes, mais aussi toutes les autres victimes indirectes de la logique générale du capital : objecteurs aux projets d’aménagement absurdes, mal-logés, sans-papiers corvéables à merci, etc.

Mais que peut faire un ministre, ou son directeur de cabinet, de tous ces gens qui en ont soupé de revendiquer ? Rien, absolument rien, ils le savent d’ailleurs, et c’est bien ce qui leur fait peur. C’est que, quand ils abandonnent le registre infantile de la revendication, les gens retrouvent aussitôt le goût du déploiement affirmatif — effroi de l’Etat qui s’est réservé le monopole de l’affirmation. Pour son malheur, la loi El Khomri aura peut-être été l’abus de trop, celui qui fait passer un point de scandale et produit dans l’esprit des gens un remaniement complet de la vision des choses, des places et des rôles. Nous n’avons aucune intention de nous battre pour des codicilles : nous voulons affirmer de nouvelles formes de l’activité et de la politique (6).

Il faut entendre le poignant appel de Michel Wievorka à « sauver la gauche de gouvernement (7) » pour mesurer le degré d’inclusion des desservants intellectuels du « cadre », et par suite leur incompréhension radicale, fussent-ils sociologues, de ce qui se passe dans la société. Dans une tentative de redéfinition performative des catégories politiques qui dit tout de la glissade à droite de ce personnel d’accompagnement (à la suite de leurs maîtres auxquels il s’agit de toujours bien coller), Wievorka fait désormais représenter « la gauche de la gauche » par… Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ! Manière d’indiquer où se situent à ses yeux les bords du monde fini — car par définition, à gauche de la gauche de la gauche… il n’y a plus rien. Ou plutôt si : il y a les fous. « La gauche folle », c’est l’expression préférée de tous les éberlués de gauche passés à droite qui n’en reviennent pas qu’on puisse ne pas se rendre à la simple raison qui donne à choisir entre « la gauche libérale-martiale de Manuel Valls » (sic), « la gauche sociale-libérale d’Emmanuel Macron », et donc « la gauche de la gauche, de Benoît Hamon à Arnaud Montebourg ». Et qui s’efforcent sans cesse, repliés dans leur peau de chagrin, de ramener toujours plus près d’eux le commencement du domaine de la folie. Alors il faut le dire à Wievorka et à tous ses semblables, Olivennes (8), Joffrin, etc. : c’est vrai, nous sommes complètement fous. Et nous arrivons.

Frédéric Lordon

(1) LCP, 10 mars 2016.

(2) Les nouveaux chiens de garde, film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Epicentre films éditions, 2011.

(3) Petits collages aimablement proposés par le compte Twitter @vivelefeu de Sébastien Fontenelle.

(4) Laurent Berger, « La loi Travail “peut répondre à une ambition de progrès” », L’Obs, 24 mars 2016.

(5) Voir également sur le site Convergence des luttes.

(6) Voir « Pour la république sociale », Le Monde Diplomatique, mars 2016.

(7) Michel Wievorka, « Il faut sauver la gauche de gouvernement », entretien, L’Obs, 27 mars 2016.

(8) Denis Olivennes, La maladie de la gauche folle, Plon, 2000.

»» http://blog.mondediplo.net/2016-03-29-Nous-ne-revendiquons-rien

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http://www.legrandsoir.info/nous-ne-revendiquons-rien.html

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10 000 manifestants à Nice contre la loi travail

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La lutte des classes, #Europe supranationale

Publié par Jean Lévy

 

Manifestation du jeudi 31 mars à Nice © Radio France - France Bleu Azur

Manifestation du jeudi 31 mars à Nice © Radio France - France Bleu Azur

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La mobilisation contre la loi travail est en hausse à Nice avec davantage de manifestants pour la quatrième journée organisée par plusieurs syndicats. Ils étaient entre 10.000 selon la CGT (et 3 000 manifestants selon la police...) à défiler ce jeudi en début d'après-midi dans le centre-ville.

Un défilé bon enfant composé de nombreux salariés du public, quelques retraités et des salariés du secteur privé venus d'hypermarchés. En tête de cortège, environ 400 lycéens et étudiants.

Les banderoles visibles étaient surtout celles de la CGT et de FO. Plusieurs syndicats avaient appelé à participer à cette manifestation pour demander le retrait du projet de loi de la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

En tête de cortège, des lycéens et des étudiants

Manifestation du jeudi 31 mars à Nice - Radio France

Manifestation du jeudi 31 mars à Nice © Radio France - France Bleu Azur

Les transports urbains et les TER ont été fortement perturbés par la grève à Nice toute la journée. Le trafic du tramway et de certaines lignes de bus était pratiquement nul et très peu de TER ont circulé dans les Alpes-Maritimes.

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Une ambiance de convergence des luttes à Tolbiac avec Lordon, à la veille du 31 Publié le 30 mars 2016

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La lutte des classes, #Les transnationales, #La mondialisation

Frédéric Lordon, les Goodyear, les cheminots, lycéens et étudiants à Paris 1

[Vidéo] Une ambiance de convergence des luttes à Tolbiac avec Lordon, à la veille du 31

Publié le 30 mars 2016

 Une ambiance de convergence des luttes à Tolbiac avec Lordon, à la veille du 31  Publié le 30 mars 2016

L’ambiance était effervescente ce soir au centre Tolbiac de l’Université de Paris 1 où plus de 900 personnes ont répondu présentes pour le grand meeting de convergence de luttes, « Tou.te.s ensemble », organisé par le comité de mobilisation de Paris 1. A l’affiche se trouvaient des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Paris 1 et de Paris 8, un lycéen, des cheminots de la gare d’Austerlitz et de la gare Saint Lazare, l’avocat des Goodyear, un étudiant sud-africain ayant participé aux grandes mobilisations qui ont traversé son pays l’année dernière, et l’économiste Frédéric Lordon. Le premier jalon, donc, d’un « tous ensemble » qu’il faudrait désormais traduire massivement demain dans la rue et approfondir dans les semaines à venir !

 Une ambiance de convergence des luttes à Tolbiac avec Lordon, à la veille du 31  Publié le 30 mars 2016

Université alternative et de convergence des luttes : réinvestir la fac pour aller vers le tou.te.s ensemble

L’amphithéâtre N était plein à craquer lorsque le meeting a commencé vers 19h. Fait fort rare dans ce centre universitaire, y compris pour des cours, comme l’a rappelé l’une des membres du comité de mobilisation. La salle brandissait les symboles d’une mobilisation contre la loi travail qui est née voilà bientôt un mois à Paris 1. Sur les grandes banderoles qui pendaient des murs, on pouvait lire : « Grève générale », « Facs – Usines – Lycées – A Tolbiac on contre-attaque », « Pour une université gratuite, populaire et émancipatrice – Paris 1 en lutte » ou encore « Etudiant-e-s solidaires des travailleur-se-s en lutte ». Des pancartes et des affiches fabriquées peu à peu pendant la mobilisation ont également orné la salle.

C’est Elsa, militante du comité de mobilisation de Paris 1, qui a ouvert le meeting. En organisant celui-ci, le comité tenait à envoyer un message fort à la vieille de la journée nationale de grève générale du 31 mars : la nécessité d’être « tou.te.s ensemble ». « Ce ’tous ensemble’, a-t-elle affirmé, c’est certes ce qu’on va faire demain, la démonstration de notre force et notre nombre. » « Mais c’est aussi ce qu’on fait en rendant la grève vivante, en rompant avec la pression des cours, des examens pour réinvestir l’université » a-t-elle poursuivi. C’est effectivement ce que les étudiant-e-s mobilisé-e-s de Paris 1 ont fait ce soir en ouvrant leur université aux différents secteurs de la jeunesse et du monde du travail en lutte avec l’objectif d’étendre la dynamique de mobilisation de la jeunesse au monde du travail. Et au fur et à mesure de la soirée, les différentes interventions ont effectivement posé les bases de cette convergence des luttes si nécessaires pour construire un mouvement capable de gagner.

Les universités et les lycées mobilisés, le poumon de la mobilisation (jusque-là...)

La parole était d’abord aux différentes universités et lycées mobilisés, lesquels sont jusque-là, comme l’ont rappelé de nombreux intervenants salariés, le véritable « poumon de la mobilisation ».

Layla était la première à intervenir au nom du comité de mobilisation de Paris 1 afin de raconter le mouvement depuis le début. Elle est revenue sur la première assemblée générale à laquelle ont participé plus de 700 étudiant-e-s, sur l’activité du comité de mobilisation qui s’est consacré ces dernières semaines à faire vivre la grève en organisant des cours alternatifs, des projections de film (comme celle de Merci Patron ! mardi soir au centre Tolbiac qui a réuni plus de 500 personnes), mais surtout en « mettant des actes derrière le mot d’ordre de convergence des luttes ». En effet, les étudiant-e-s mobilisé-e-s de Paris 1 sont allé-e-s à plusieurs reprises à la rencontre des personnels et des professeurs de l’université, des cheminot-e-s de la gare d’Austerlitz ou encore des salarié-e-s de l’hôpital Pitié-Salpêtrière.

Elle a surtout mis l’accent sur la stratégie mise en œuvre par la présidence de l’université et le gouvernement pour briser le mouvement. D’abord, il y a eu les modifications cosmétiques apportées par le gouvernement au projet de loi travail qui ont été massivement rejetées par les jeunes déjà en mouvement. Puis, est venu le temps de la répression administrative sous la forme de fermetures administratives de l’université pour empêcher la tenue d’assemblées générales à Tolbiac, à René Cassin, au Panthéon et en Sorbonne, mais qui n’a fait qu’étendre le mouvement du quartier des Olympiades au Quartier latin. Répression administrative qui s’est très rapidement transformée en répression policière lorsque 250 CRS ont évacué manu militari quelques dizaines d’étudiant-e-s occupant un amphithéâtre pour tenir une assemblée générale et d’autres dizaines encore à l’extérieur du centre Tolbiac à coups de matraque et gaz lacrymogène. « Mais on ne va pas en rester là, a-t-elle martelé, si la fac est fermée, on fera nos AG dehors ! »

Ensuite Claire et Bryan, tou-te-s deux étudiant-e-s à Paris 8, ont pris la parole pour raconter comment se passe la grève dans leur université. La mobilisation est rythmée par deux AG par semaine et a commencé à se structurer plus profondément avec l’entrée en grève de nombreuses UFR. Elle est également ponctuée depuis le 17 mars par des blocages qui permettent de faire grossir les assemblées générales et de faire participer celles et ceux sur qui les pressions universitaires pèsent les plus. Les étudiant-e-s mobilisé-e-s ont entrepris un travail interprofessionnel depuis quelques temps, et ont notamment prévu pour la manifestation du 31 un départ commun regroupant l’université, les lycées et les secteurs du travail en lutte de Saint-Denis.

Enfin, c’était au tour des lycéens d’enflammer la salle. Nathan, lycéen mobilisé depuis le 9 mars, a commencé son intervention en annonçant la décision du gouvernement de fermer administrativement au moins 25 lycées parisiens demain. « Qu’est-ce que le gouvernement cherche à freiner en faisant ça ? Un mouvement beaucoup plus large que le 9, le 17, le 24... La jonction qui se fait ce soir, le ’tous ensemble’ ! » a-t-il martelé. Depuis le début, la ministre du Travail et celui de l’Economie ne cessent de répéter à longueur de journées que les lycéens qui bloquent sont des branleurs qui ne veulent pas aller en cours, qu’ils n’ont rien compris à la loi. Au contraire, ils ont très bien compris. « Je suis né en 1998. La plupart des lycéens sont nés à la fin des années 1990 ou au début des années 2000. C’est-à-dire qu’ils ont 8 ans quand la crise éclate » rappelle-t-il. « On n’a rien à voir avec leur crise ! On refuse de se serrer la ceinture pour les patrons et leurs profits ! » a-t-il conclu sous un tonnerre d’applaudissements.

Le monde du travail doit faire éruption aux côtés des jeunes

La parole est passée ensuite aux cheminots de la gare d’Austerlitz et de la gare Saint Lazare, qui sont venus partager leurs expériences avec le public. Actuellement, les cheminots sont en lutte à la fois contre la loi travail et le décret socle, conséquence de la réforme ferroviaire de 2014 et sorte de loi travail interne à la SNCF. Ce décret, s’il passe, enlèvera entre 10 et 20 jours de repos par an aux cheminots et aggravera considérablement leurs conditions de travail, la direction étant dorénavant obligée de fournir les plannings seulement trois jours à l’avance ! « Ils cherchent plus de flexibilité pour augmenter la productivité. Pour baisser le coût du travail » selon l’un d’entre eux. « C’est le même combat dans le public que dans le privé ! ».

Si le 9 mars a été une journée de mobilisation massive à la SNCF contre la loi travail et le décret socle avec des taux de grève s’élevant jusqu’à 80, voire 90 %, les directions syndicales ont prévu un calendrier de mobilisation comprenant des journées d’action espacées jusqu’en mai. « Les états-majors syndicaux ont prévu un calendrier jusqu’en mai. Malgré l’ampleur de la mobilisation, ils n’ont pas changé ce calendrier. » Ce qu’il faut, selon eux, c’est « la grève générale reconductible à la SNCF » comme partout. Et c’est surtout ça qu’il s’agit de préparer à partir du 31 mars.

Devenu un véritable symbole de la colère et de la résistance ouvrière depuis plusieurs mois, c’est Fiodor Rilov, l’avocat des ex-syndicalistes de l’usine Goodyear, condamnés à de la prison ferme pour leur lutte contre la fermeture de leur usine, qui est ensuite intervenu. Pour lui, la convergence des luttes est la condition nécessaire pour le mouvement si on veut éviter un retour à l’âge de pierre social. En effet, « cette loi a pour toile de fond une chose : la baisse des salaires. Et ils ont inventé une mécanique d’une efficacité redoutable... Soit on accepte à l’intérieur de l’entreprise la mise en place d’un accord d’entreprise qui réduit les salaires, qui augmente la durée du travail, qui casse les conditions de travail. Soit on est licencié du jour au lendemain sans aucune justification. C’est un rapport de force auquel très peu de monde sera capable de résister » a-t-il expliqué. « C’est une longue bagarre qui s’engage, a-t-il poursuivi, et on ne peut pas gagner les uns sans les autres ! ».

Leçons de #RhodesMustFall

Le meeting a pris des couleurs internationalistes avec la présence de Niall Reddy, étudiant sud-africain ayant participé au mouvement étudiant #RhodesMustFall en 2015. Ce mouvement est parti à l’Université du Cap en Afrique du Sud en mars dernier de la revendication du démantèlement de la statue du colonisateur Cécile Rhodes. Au cours des mois qui s’en sont suivis, ce mouvement a posé le problème du racisme structurant qui continue à diviser la société sud-africaine. La présidence et le gouvernement ont répondu par un mélange savant de réforme – ils ont enlevé la statue sans se préoccuper des autres revendications – et de répression – exclusions, coups de matraques, etc.

Très rapidement, le mouvement s’est répandu aux différents campus à travers le pays et les revendications se sont multipliées : contre l’augmentation des frais de scolarité, pour la décolonisation de l’université, contre la sous-traitance et la précarité. Peu à peu, et notamment face à la décision du gouvernement d’augmenter les frais de scolarité et à la répression brutale des policiers, ce mouvement est devenue une contestation de masse. 7 000 étudiants ont protesté devant le Parlement, 15 000 devant le siège de l’exécutif. Devant l’ampleur du mouvement et des liens tissés entre les étudiants et les travailleurs, le gouvernement s’est vu obligé de satisfaire les revendications : l’augmentation programmée des frais de scolarité a été abandonnée et les salaires et conditions de travail des travailleurs des universités seraient améliorés. Une démonstration très concrète et tout récente, alors, de la puissance de l’action et de l’organisation collectives et de la convergence des luttes.

Le « tous ensemble », cette hantise du pouvoir au carré

Enfin, c’était à l’économiste Frédéric Lordon de prendre la parole. Comme on le répète souvent, « une mobilisation de jeunesse est un cauchemar des ministres, une hantise du pouvoir. Le contact de la jeunesse avec les salariés, c’est la hantise du pouvoir au carré. » L’économiste a même souhaité adresser ses remerciements à la ministre El Khomri car « il manquait un petit quelque chose pour faire exploser tout ce qui était jusque-là en suspension. » Il a notamment appelé les jeunes et les salarié-e-s à sortir de l’enfance politique dans laquelle l’État les enferme depuis leur tout jeune âge, à ne pas réclamer, ou à revendiquer le retrait sans négociation de la loi, mais à en affirmer haut et fort leur rejet et leur volonté d’en découdre. Car ce moment, selon lui, pose une question fondamentale : « Qui a le plus besoin de qui ? » C’est cette prise de conscience qu’il faut faire progresser dans les semaines à venir. « La France exporte des produits de très haute valeur. Pas seulement des produits de luxe. En 2010, Cameron est arrivé au pouvoir et annoncé une augmentation des frais de scolarité, déclenchant des manifestations importantes dans Londres » a-t-il rappelé. « Qu’est-ce que les étudiants mobilisés chantaient ? Tous ensemble, tous ensemble... » C’est ce tous ensemble qu’il s’agit de cultiver, d’approfondir dans les jours et les semaines à venir.

A la fin de la soirée, les murs de Tolbiac résonnaient sous les cris euphoriques de « grève générale ! ». Des cris qui doivent se concrétiser le 31 et continuer à se concrétiser « le 32 » si on veut emporter une véritable victoire pour notre camp social !

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La manifestation du 31 mars 2016 contre la loi travail à Nice.

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La lutte des classes, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le syndicalisme

La manifestation du 31 mars 2016 contre la loi travail à Nice.

Bonjour.

La manifestation du 31 mars à Nice débutait à 14 h face à Acropolis devant la « Tête au carré » (bibliothèque Louis Nucéra). Elle s’est terminée vers 17h 30 devant la gare centrale SNCF, la gare Thiers. Beaucoup de monde au RDV, environ 10 000 personnes ont défilé. Beaucoup de jeunes étaient là. Présence écrasante de la CGT, c’est rassurant de voir que les différentes sections de la CGT se mobilisent et obligent ainsi les dirigeants à s’investir dans ce mouvement contestataire. Comme l’ont dit beaucoup de militants « cela va être chaud à Marseille lors du congrès de la CGT » qui se tiendra en avril 2016.

Il y avait aussi une présence affirmée de militants FO, quelques drapeaux UNSA également. La FSU et le SNES faisait partie du cortège, les militants défilaient derrière un véhicule spécifique à ces syndicats. Il y avait aussi une présence marquée de Solidaires avec quelques drapeaux SUD. Présence également du CNT.

Pour les partis politiques, le PCF était celui qui était massivement représenté. Le PG était également présent. Ensemble était également visible. Le PRCF aussi avec une pétition qui circulait. Le M’PEP était représenté. Le Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR était représenté. Le RPS FIERS l’était également. Lutte Ouvrière était représenté. Pas de présence de militants du PS, les seuls que j’ai reconnus étaient avec l’étiquette «  JLM 2017 » !

J’ai sans doute oublié de citer d’autres organisations présentes dans le défilé. Je n’ai pas fait de relevé exhaustif.

J’avais tiré 300 tracts R/V*. Avant même le départ du défilé, j’avais déjà tout distribué ! Vraisemblablement 1000 tracts auraient pu être distribués sans problème.

A chaque fois que j’en avais l’opportunité je donnais l’information suivante : « Cette loi nous est imposée par l’Union Européenne », …, « ni Hollande, ni Valls, ni El Khomri ne sont à l’origine de cette casse du droit du travail, ce sont des injonctions de Bruxelles imposées à la France comme aux autres pays de l’Union Européenne ». A ma grande surprise personne n’a contesté ces propos, tous étaient d’accord, tous lisaient attentivement le tract. J’ai pris soin également de signaler le lien sur le document qui valide les propos tenus. Cela a eu pour conséquence qu’aucun tract n’a été jeté sur la voie publique contrairement à certains autres.

D’autres rassemblements sont prévus, l’espoir chez les manifestants était sensibles, 1995 et 2010 sont des moments forts inscrits dans l’inconscient collectif. J’espère que cette fois la naïveté fera place au réalisme !

Cordialement

Lucien Pons

RPS FIERS PACA

 

*Le lien: ici

 

La manifestation du 31 mars 2016 contre la loi travail à Nice.

Je joins ci-après un commentaire relevé sur la toile qui exprime cette volonté d’aboutir à un changement réel.

Propos de Vincent Christophe Le Roux

J'hallucine aujourd'hui : 31 Mars ; je vais à la manif ce matin; beaucoup de monde, 10 fois plus que pour la dernière manif contre la loi El Connerie; drapeaux rouges, CGT, syndicats, et, la meilleure surprise : beaucoup de jeunes étaient là, dont l'une a pris la parole. Car si nous ne sommes que des mémères à manifester dans la rue, on n'ira pas loin... J'ai crié "HOURRAH" pour cette jeune fille qui reprenait le flambeau, dont c'est l'avenir qui est en jeu; voire, l'humanité.

Mais tout de même, dans tous les discours, aucune mention du fait que la casse du travail est une directive EUROPEENNE; seuls le MEDEF ou HOLLANDE sont fustigés. C'est mentir aux citoyens, c'est mentir aux jeunes qui arrivent en politique; car 80% des lois (hormis l'implantation des sanisettes) et des décisions sont prises par le CONSEIL EUROPEEN, et la loi El Connerie est en fait un "AJUSTEMENT STRUCTUREL" réclamé par les marchés ,ceux-là mêmes qui ont mis en place ,créé ,écrit, et fait fonctionner cette UE qui se méfie des peuples comme de la peste, les dits peuples n'étant à leurs yeux que la variable d'ajustement nécessaire, et ,comme énoncé dans les textes de l'OMC, le «capital humain d'exploitation"; et surtout ...les éponges à dettes pour renflouer les spéculations pourries effectuées par les banques privées. RIEN D'AUTRE.

Toute la gauche, hormis quelques voix rares, je pense au PRCF, à quelques communistes bien au parfum, quelques militants du parti de gauche, n'oserait - au grand jamais !!!! se fendre d'une critique contre l'Union Européenne, quand bien même les suicides grecs ont été multipliés par huit, quand bien même huit millions de Français et des millions d'européens se trouvent en "précarité énergétique ", comme ils disent dans leur jargon aseptisé, quand bien même notre industrie crève, le commerce aussi ,l'agriculture aussi; bref ,la DEFLATION la plus morbide et la plus conne qui se puisse concevoir économiquement; eh bien non, pas un mot au bas peuple assemblé là ce matin, l'Union Européenne n'est pour rien dans la loi El Connerie, le regard s'arrête là où aucune décision n'est prise, là où se joue le théâtre des valets téléguidés.

Enfin, l'accent est mis sur le danger du "POPULISME" et du "NATIONALISME" ; autrement dit, toute critique eurosceptique est vouée aux gémonies, aux péchés capitaux, pour cette bonne raison que seul l'espace démocratique national a encore le pouvoir de freiner ou de renverser cette dictature. Eh bien ,dissolvons les états, adoptons les retraites allemandes à 400 euros, les retraites anglaises qui ne permettent pas de se chauffer en hiver , le système grec qui laisse sur le carreau tomber ses malades, le système irlandais qui permet à la petite vieille de s'acheter UNE carotte et nous aurons fait l'Europe ! Le rêve absolu !!! Mais je mesure alors combien la GAUCHE est à côté de la plaque

La manifestation du 31 mars 2016 contre la loi travail à Nice.
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ENTRETIEN – « Tuer pour exister, et mourir » avec David Thomson

29 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La mondialisation, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Très important article, d’un des spécialistes français des jihadistes. A lire en entier sur Non fiction

Source : Non Fiction, David Thomson, 23-03-2016

5f08bf8dada63010715fdfca926f9000-0David Thomson est journaliste à RFI. En mars 2014, il publiait Les Français jihadistes (Les Arènes), une vaste enquête basée sur une vingtaine d’entretiens avec des jeunes Français ayant décidé de partir combattre le régime syrien auprès des troupes islamistes. A ce jour, c’est encore la seule enquête de terrain disponible sur le sujet. Dans cet entretien, il revient sur les profils, les motivations et les itinéraires de ces jeunes jihadistes dont la voix révèle des pans considérables du mystère de la « radicalisation » à qui prend le temps de les écouter.

Nonfiction.fr – Votre livre demande Qui sont ces citoyens en rupture avec la République ? Au-delà de la rupture avec la République, observez-vous des régularités dans les profils sociaux des jihadistes que vous avez interrogés ?

David Thomson – Ce qu’il faut prendre en compte avant tout, c’est qu’il n’existe pas de statistiques sur ce sujet, et que la sociologie n’est pas tout-à-fait la même pour les hommes et pour les femmes. Pour les hommes, on a clairement une majorité de personnes qui ont grandi dans les quartiers populaires français, ce qui ne veut pas dire qu’on ait une majorité de personnes désocialisées. Au contraire, un grand nombre étaient bien installés dans la vie active, avec une famille et des salaires corrects voire supérieurs à la moyenne nationale, avant de tout quitter pour partir en raison de leurs convictions religieuses ou politiques. D’autres jeunes hommes ou jeunes femmes viennent par ailleurs des classes moyennes, ou du monde rural : c’est par exemple le cas de celle que j’appelle « Clémence », qui s’est convertie après avoir trouvé un exemplaire du Coran à la Fnac et qui y a trouvé les réponses aux questions religieuses qu’elle se posait en tant que catholique pratiquante. Ce qui l’a conduite à adopter l’Islam, c’est qu’elle y a trouvé le monothéisme pur qui résolvait à ses yeux les complexités de la Trinité.

Incontestablement, la majorité appartient à une même génération, ou plutôt à une même fourchette d’âge, qui s’étend en gros de 16 à 30 ans. Mais dans l’ensemble, les profils sociaux sont donc extrêmement variés, comme c’était d’ailleurs déjà le cas dans les années 1990 et 2000, lorsque des Français partaient rejoindre les troupes islamistes de Bosnie ou d’Afghanistan : dans le « gang de Roubaix », Christophe Caze et Lionel Dumont étaient tous les deux blancs, ancien étudiant en médecine pour l’un et ancien militaire pour l’autre. La seule nouveauté à cet égard aujourd’hui, c’est l’ampleur inédite du phénomène.

S’il existe un dénominateur commun entre tous les « Français jihadistes », au-delà des générations et des époques, c’est qu’ils se reconnaissent tous une djahilia, c’est-à-dire une période d’« ignorance » pré-islamique. Certains étaient dans la musique, beaucoup étaient dans le rap, d’autres étaient militaires, fonctionnaires, intérimaires ou employés, certains étaient dans la délinquance mais d’autres menaient une existence familiale tout-à-fait rangée. Mais tous évoquent une vie en-dehors de la piété avant de se convertir, ou de retourner à un Islam religieux et non seulement culturel.

On est néanmoins frappé de constater dans le livre que quelque soit leur origine, tous vos interviewés (en tout cas ceux qui s’expriment sur la question) disent avoir reçu une éducation religieuse, mais une éducation religieuse assez souple, peu pratiquante. Confirmez-vous cette impression ? 

Oui, effectivement. C’est bien sûr le cas pour les musulmans de culture qui découvrent la foi et se mettent à pratiquer, mais les convertis non-musulmans viennent aussi souvent de familles catholiques ou protestantes plus ou moins pratiquantes. Il existe aussi de rares personnes issues d’autres horizons religieux ou politiques : l’un de ceux que j’ai interrogé était passé par le bouddhisme avant de faire le choix de l’Islam, et j’ai même rencontré des jihadistes issus de familles juives ou encore d’autres qui militaient dans les rangs de l’extrême-droite. En fait on trouve un peu de tout, et toutes sortes de cas qui ne sont absolument pas représentatifs. Mais dans l’ensemble, il est assez clair que la conversion s’inscrit dans une quête spirituelle, une démarche rédemptrice, ou en tout cas, qu’elle apporte une réponse à une question latente. Ce mélange de découverte et de retour au religieux est quelque-chose qui vaut pour tous les jihadistes, de « Clémence » à Abou Moussab Al-Zarqaoui .

Dans ce sens, tous sont des « convertis » et se regardent comme tels. Et cette bascule est structurante : un jihadiste issu de la grande délinquance, qui avait déjà du sang sur les mains avant de se convertir, me disait même que son passé criminel le renforçait dans sa vérité, dans la mesure où ce passé le rapprochait des compagnons du Prophète Mohamed, passés de la violence séculière à la violence religieuse. Cette personne a intégré la police islamique, et il m’a un jour confié qu’il prenait du plaisir à tuer des gens. Dans son cas, le jihadisme lui a permis de légitimer sa violence, il lui a offert une raison d’assouvir totalement ses pulsions meurtrières. Ce n’est bien sûr pas le schéma majoritaire – il n’y en a pas – mais chacun à sa manière, tous font nettement la différence entre un avant et un après.

Le débat sur l’interprétation du phénomène jihadiste invoque parfois la relégation sociale des personnes qui se radicalisent, leur mise à l’écart de la société par le système scolaire lui-même. On peut aussi avoir l’impression d’avoir affaire à des personnes mal armées intellectuellement pour faire face aux discours complotistes et obscurantistes des islamistes. Observez-vous quelque chose comme le produit d’un échec de l’école républicaine ? 

En l’absence de chiffres, il est difficile de dire quoi que ce soit de précis concernant le niveau de formation des Français jihadistes. Si je m’en tiens aux personnes dont je parle dans mon livre, quelques uns ont fait des études universitaires – en lettres, en sciences, en droit… – mais la plupart se sont arrêtés après le bac, voire après un BEP. C’est d’ailleurs un motif de blagues entre eux, qui prouve qu’il existe une conscience collective assez forte de ce niveau général d’instruction (universitaire et religieux) assez bas.

Plus généralement, ce qui revient en permanence, c’est un sentiment de frustration très largement partagé qui touche tous les milieux pour des raisons différentes. Le jihadisme propose à des égos froissés d’accéder au statut valorisant de héros de l’islam sunnite. Il y a un volet individualiste dans ce projet. Chez certains, elle vient du fait d’être issus d’une minorité, ce qui fait naître le sentiment de vivre en situation d’infériorité du fait de son origine. L’une des personnes dont je dresse le portrait dans mon livre menait une vie active et familiale en apparence très satisfaisante, mais il me disait : « Là, en tant que fils d’immigré, j’ai atteint le maximum de ce que je pouvais espérer. » Et il ajoutait que pour lui comme pour la plupart de ses frères d’armes, l’Islam leur avait rendu la « dignité » après que la France les a « humiliés ». De fait, parmi les convertis, on trouve aussi beaucoup de personnes issues des territoires d’outre-mer et de Français issus d’autres immigrations – subsaharienne, portugaise, mais aussi coréenne, vietnamienne… – pour lesquels la donnée identitaire doit être prise en compte.

La frustration peut aussi être religieuse, notamment chez un certain nombre de personnes qui se sont d’abord tournées vers un salafisme quiétiste, et qui ont eu le sentiment de ne pas pouvoir exercer leur religion en France en raison de la place de la laïcité. Ces personnes perçoivent la législation française comme un instrument tourné contre l’Islam. Là, on a un motif de frustration qui ne se limite en rien aux milieux populaires.

D’autres racontent aussi avoir vécu un traumatisme d’ordre privé ou un choc qui a débouché sur un processus de réflexion et une quasi-révélation: un jeune raconte ainsi s’être converti après avoir échappé miraculeusement à un accident de voiture, un autre est revenu vers l’islam après avoir survécu à un coup de couteau dans une bagarre parce qu’il « avait récité en continu la shahada » disait-il. Certains ont vécu des violences sexuelles, d’autres ont été confrontés à la mort brutale, la maladie, la toxicomanie voire la prostitution, l’absence ou l’abandon d’un de leurs parents. Des dysfonctionnements, parfois imperceptibles de prime abord au sein des cellules familiales, sont souvent aussi à prendre en compte. Les acteurs concernés vivent ainsi le jihadisme comme une purification qui les laverait de ce qu’ils perçoivent comme étant des souffrances ou des péchés qu’eux ou leurs proches auraient commis. En ce sens, cette idéologie les soulage, les apaise et leur redonne foi en un avenir promis comme paradisiaque dans l’au-delà, avec un code de conduite qui régit tous les aspects de la vie terrestre et qui leur redonne un sentiment de fierté, de supériorité sur les non-croyants, l’impression d’une renaissance en appartenant à la communauté des élus. Bien sûr, l’addition de ces cas particuliers ne suffit pas non plus pour dresser des tendances lourdes tout simplement parce que beaucoup de jihadistes n’ont jamais vécu le moindre traumatisme et affichent un parcours scolaire et familial qui frappe uniquement par sa grande banalité.

Et puis il y a aussi le vide « idéologique » contemporain, l’absence de « transcendance » dont le sentiment offre un terrain très favorable à l’accueil de la propagande jihadiste. Finalement, un certain nombre de jeunes vivent mal de se retrouver dans un monde sécularisé. Dans ces cas-là, le jihadisme vient s’installer dans le désœuvrement spirituel ou matériel. L’un de mes interviewés raconte par exemple que pour lui, tout a commencé à un moment de sa vie où il se retrouvait chez lui sans avoir rien à faire. Par ennui, il s’est mis à poster sur Facebook des vidéos jihadistes qui lui ont valu de plus en plus de « likes », et qui lui ont donc donné un sentiment d’importance dont il était totalement privé jusque-là. Le même jeune homme me racontait d’ailleurs qu’une fois arrivé en Syrie, il postait des photos de lui avec sa « kalach » qui lui valaient une dizaine de demandes en mariage par jour, alors qu’en France il n’avait jamais pu avoir de relation sexuelle. Pour beaucoup finalement, le jihadisme, c’est une manière d’exister, de trouver un sens.

Au-delà des critères socio-économiques, ethniques ou culturels, le vécu semble donc prépondérant face aux échecs réels ou supposés de la machine d’intégration.

Le terrain économique, les difficultés sociales ne sont pas toujours un facteur de compréhension. Tout simplement parce que les classes moyennes, voire, dans de rares cas, supérieures de la société, sont également concernées. Et cela vaut pour la France comme pour la Tunisie où j’ai commencé à étudier cette question en 2011 et qui est actuellement le pays le plus touché au monde par ce phénomène. Mais pour tous ceux qui n’étaient « rien » en France, pour tous les jihadistes issus de milieux pauvres ou de l’assistance publique, il est évident que le jihad permet de se réaliser spirituellement mais aussi socialement. Mais quand on regarde la situation d’autres personnes bien installées avant de se radicaliser, on voit bien que c’est le sentiment qui prime, plus que la réalité matérielle. Pour bien comprendre ces motivations, il est en réalité assez utile de déplacer le regard et de s’extraire des spécificités du contexte français. Quand j’ai commencé mon enquête, j’étais en Tunisie, dans une société musulmane où le parti islamiste Ennahdha était au pouvoir : ce n’est donc clairement pas la prégnance des sentiments islamophobes qui a conduit près de 6000 jeunes Tunisiens à partir rejoindre l’EI en Syrie, en Irak ou en Libye. En revanche, en l’espace d’un an, ce sont les mêmes Tunisiens qui cherchaient initialement à rejoindre l’Europe via Lampedusa en 2011 qui, par la suite, en 2012, ont commencé à partir en masse vers la Syrie. Leurs espoirs se sont déplacés, et ils sont en quelque-sorte passés de l’idéal d’un pays de Cocagne matériel à celui d’un paradis céleste. Et parmi eux, il y avait toutes sortes de personnes : de jeunes médecins, des chanteurs ou des sportifs, et pas seulement des chômeurs de Sidi Bouzid. Il se trouve qu’Al-Qaïda (qui se cachait derrière le groupe « rebelle » Jabhat Al-Nosra) et surtout l’EI aujourd’hui ont réussi à offrir un débouché à leurs espoirs, en promouvant une nouvelle forme d’universalisme.

Le nombre de jeunes femmes qui partent pour la Syrie est impressionnant, ahurissant même aux yeux de nombre d’Occidentaux qui perçoivent l’islamisme comme un régime d’oppression des femmes. À leur sujet, peut-on aussi penser les choses en termes de frustrations et d’espoirs ?

Le cliché est effectivement que les femmes jihadistes sont des femmes soumises qui obéissent et suivent leur mari. Mais c’est plutôt l’inverse que j’ai observé depuis que je travaille sur ce sujet : l’engagement féminin est souvent plus déterminé que celui des hommes. Dans certains couples, c’est la femme qui est le moteur de la radicalisation, et certaines sont plus favorables aux attentats terroristes que leurs époux. Cela peut paraître incompréhensible, mais toutes celles avec qui je discute après leur retour me disent qu’elles ont vécu le port du sitar – qui dissimule jusqu’aux yeux et aux mains – comme une « libération ». Elles rejettent violemment et elles combattent (par les armes si elles le pouvaient) à la fois le modèle de société que leur impose la République française mais aussi les obligations perçues comme étant celles de la femme moderne: l’injonction sociétale de réussir sa vie professionnelle, sociale et familiale dans un contexte concurrentiel entre les individus. Dans cette idéologie, sans pour autant avoir toujours grandi dans des quartiers populaires, elles disent trouver la satisfaction de ne plus être jugées sur le physique ou sur la marque de leurs vêtements, de se retrouver dans une situation d’« égalité », entre elles mais pas seulement. Même si en Syrie, là aussi, elles sont encore jugées sur le physique, lorsqu’elles doivent passer par le mariage.

À côté de l’enjeu spirituel et de la quête de reconnaissance, quelle place ont les considérations politiques ?

La grande majorité des jihadistes que j’ai interviewés est aussi motivée par des questions politiques. Ils combattent la démocratie et le modèle de société français perçus comme « ennemis de l’islam » et ils partent en ayant la conviction de participer à un moment historique en réalisant l’utopie d’une cité idéale pour les musulmans. Et pour construire « cet État » régi par leur lecture littéraliste de la religion, ils estiment que la seule solution est de passer par la violence, la guerre perçue comme obligation religieuse et moyen politique. Même lorsqu’ils tuent, ils sont convaincus de faire le bien. En ce sens, ce sont des acteurs rationnels et pas uniquement de simples fous au sens psychiatrique. Même si des cas cliniques existent aussi dans ce milieu. Mais beaucoup basculent dans cette croyance après être passés par des théories complotistes (qu’ils rejettent en bloc par ailleurs) qui témoignent d’une perte de confiance absolue vis-à-vis des médias traditionnels et des institutions. Au départ, on a souvent une démarche de recherche individuelle de la vérité, qui explique notamment l’importance de l’usage d’internet dans l’adhésion à la cause jihadiste – car il n’y a plus que sur internet qu’on trouve aujourd’hui la propagande, l’actualité et la production idéologique jihadistes.

Mais l’engagement dans le jihad a lui-même un contenu politico-religieux assez clair. Deux ans avant la proclamation du « Califat », des jeunes qui avaient une vision totalement eschatologique de l’histoire me disaient voir des signes précis de la fin des temps, et pensaient se trouver au moment de l’histoire qui allait voir le dernier rassemblement des fidèles et la dernière grande bataille apocalyptique avant le retour de l’Antéchrist. De fait la propagande fait correspondre étroitement les prophéties coraniques avec les événements ou les lieux de l’histoire récente. Deux ans avant la proclamation de l’ « État islamique », l’un deux m’a dit : « tu verras, nous allons créer un Califat ». Et il me disait également : « selon un hadith, à ce moment-là, une grande coalition internationale se mettra en branle contre nous, dans laquelle il y aura 80 étendards, et sous chaque étendard, 12 000 combattants ». Cet argument est utilisé pour motiver les troupes depuis l’Afghanistan… Mais de fait, la mise en relation des prophéties et des événements par la propagande fournit aux yeux de nombreux jihadistes la preuve de la vérité coranique dont ils pensent détenir le monopole.

L’EI (Etat Islamique) est très habile à établir ces correspondances, dont la force est telle que rien ne peut les combattre. Les jeunes qui découvrent les hadiths sur internet sont complètement sourds à tous ceux qui, à la mosquée, peuvent essayer d’expliquer que le sens des prophéties s’inscrit dans un contexte : pour eux, qui sont venus aux textes sacrés seuls ou avec la propagande jihadiste, l’interprétation historique ou figurée est une « innovation », c’est-à-dire la pire des choses puisqu’elle dénature et biaise le sens qu’ils pensent être original.

Cette conception politico-religieuse est en réalité assez « rationnelle », ou en tout cas cohérente : les jihadistes combattent la démocratie parce que la souveraineté populaire usurpe le droit à produire la Loi, qui n’appartient qu’à Dieu, et parce que ce faisant, elle met l’homme à la place de Dieu.

À partir de ces convictions, le passage à l’acte est-il le résultat d’un long processus de radicalisation dont on pourrait dessiner un itinéraire standard ?

Non il n’existe pas de schéma type. Certains sont dans une quête spirituelle et basculent dans la violence idéologique, mais d’autres partent sans aucune conviction, pour rejoindre un copain du quartier ou un frère, et s’initient seulement ensuite à l’Islam et à l’islamisme. La logique mimétique du « groupe de potes » n’est pas universelle, mais elle est aussi un facteur important. C’est celle qui a prévalu dans la ville de Lunel, d’où on a compté une vingtaine de départs parmi un groupe de copains : après eux, le mouvement s’est tari. L’un deux me racontait d’ailleurs qu’un de ses frères, qui dealait et faisait du rap, avait été envoyé en Syrie pour qu’un autre de ses frères lui remette les idées en place. Il est mort à Deir Ezzor en Syrie quelques mois après son arrivée.

Du côté des filles aussi, certaines sont absolument indifférentes aux raisons religieuses ou autres, et partent seulement parce qu’elles sont tombées amoureuses de jeunes hommes dont elles ont vu les photos en armes. Là on a affaire à des jeunes femmes qui pensent que les Occidentaux ne sont plus des hommes, et qui ont l’idéal de cette virilité d’hommes pieux et en armes. Ces idéaux sont souvent aux antipodes des convictions familiales. Bref on trouve toujours des cas qui font mentir les grandes tendances, et un grand nombre de facteurs secondaires qui rendent les parcours très divers et parfois incomparables.

[…]

Les jihadistes reprochent donc aux quiétistes leur compromission avec les régimes se revendiquant de la souveraineté populaire : quel est, globalement, le rapport de ceux qui choisissent la guerre de religion vis-à-vis des musulmans de France ?

À ce sujet, on entend souvent un discours très erroné qui voudrait que le jihadisme, en France, soit le fruit du communautarisme. C’est exactement l’inverse : l’un des points communs à presque tous ces jeunes est justement qu’ils n’étaient pas insérés dans une communauté. Et c’est peut-être plutôt l’absence de communauté qui leur a donné l’envie d’en retrouver une, de recréer une grande fratrie universelle – même si cette « communauté » est en réalité déchirée sur place par les rivalités internes. Dans ce sens, leur idéologie se construit contre l’Islam de France qu’ils déclarent « apostat » : en tant que tel, il est lui aussi à combattre et à éliminer.

 

[…]

La différence aujourd’hui est donc que tous – Al-Qaïda comme l’EI – sont d’accord pour considérer comme étant de leur devoir de revenir combattre en France. Il existe encore des débats sur les cibles et sur l’opportunité de tuer des civils, mais la plupart des jihadistes considèrent que cela ne pose aucun problème puisqu’au fond, il n’y a pas de civils. En septembre, je discutais avec un Français de l’EI directement lié aux attentats 13 novembre qui affirmait que dans un État où les gens participent au financement de leur armée par l’impôt, tout le monde était l’ennemi. Il refusait ainsi le statut de civils et donc d’innocents. La majorité des Français soutenaient les frappes de la coalition, donc la majorité des Français étaient des « cibles légitimes » pour reprendre son expression. Cette idée est par ailleurs renforcée par leur prétention à appliquer la loi du talion : puisque les bombardements tuent des civils, il leur semble légitime de frapper des civils en France.

Depuis 2014, observez-vous d’autres évolutions du « jihadisme français », dans le recrutement ou sous d’autres aspects ?

 

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La DETTE! Non ce n’est pas une véritable crise, mais un colossal système de détournement de capitaux!

27 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #La France, #La dette, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Non ce n’est pas une véritable crise, mais un colossal système de détournement de capitaux!

 

Il y a certaines vérités qui dépassent tellement l’entendement, qu’elles en deviennent difficile à croire, ce qui est le cas pour cette crise systémique. Depuis des années, on nous explique que nous sommes en crise, que les problèmes entrainent inévitablement des solutions parfois contestées sans pour autant nous expliquer les véritables origines des-dits problèmes, certains expliquent même que la situation est tellement catastrophique que nous n’avons pas encore été confronté au pire, et/ou que tout devient totalement incontrôlable, ce qui fut le cas dernièrement avec plusieurs journaux français quoi qu’en dise Michel Sapin qui pour le coup est soit complètement déconnecté, soit malhonnête et menteur comme un politicien (en fait c’est les trois à la fois…):

 

image: http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2016/03/Braquage.jpg

La DETTE! Non ce n’est pas une véritable crise, mais un colossal système de détournement de capitaux!
  • Les échos: Crise : pourquoi 2016 pourrait être pire que 2008: « Au vue du récent krach boursier de janvier, l’économie mondiale se dirige vers une crise économique et monétaire d’une intensité inégalée. Elle dépasserait celle des subprimes en 2008« .
  • Le Huffingtonpost.fr: Pourquoi une nouvelle crise économique serait pire que celle de 2008
  • Le Monde: Revivons-nous la crise de 2008 ?
  • Le Figaro: Banques : les fantômes de la crise de 2008
  • Atlantico.fr: 2008, le retour ? Cette jolie crise financière qui s’amorce avec le matraquage des banques européennes dans la chute des bourses mondiales
  • FranceTVinfo: Un krach boursier bien plus grave qu’en 2008 se prépare
  • Bfmbusiness.bfmtv.com: Les banques ont supprimé plus de 600.000 emplois depuis 2008
  • Lesechos.fr: De nouvelles chaines de Ponzi plus dangereuses que l’affaire Madoff ont été découvertes.

Bien évidemment nous ne pouvons que constater deux faits bien établis: tout n’est pas expliqué car toute vérité n’est pas bonne à dire, et nous-même avons largement entretenu ce climat parfois anxiogène en relayant nombre d’informations sérieuses et vérifiables, mais offrant une un champs de vision limité de la situation.

Nous sommes donc en crise, nous ne pouvons le nier, la situation est plus que critique, mais il ne s’agit pas d’une crise accidentelle, due à l’incompétence de certains, mais d’une crise organisée, voulue, qui suit un agenda bien précis, rien n’est fait au hasard, ce que nous allons voir par la suite.

La crise est effectivement là, le krach financier total et planétaire n’est pas très loin, les médias se délectant de tout cela ne se comptant plus. Parmi le nombre d’articles disponibles sur le sujet (et ils se comptent pas milliers), nous pouvons par exemple citer:

  • ZeroHedge: L’exposition de la Deutsche Bank aux Produits Dérivés est totalement inconsciente et irresponsable
  • Letemps.ch: Les dérivés d’UBS, Credit Suisse et d’autres prépareraient un «Fukushima bancaire»
  • Occ.gov (site gouvernemental américain): les plus grandes banques américaines ont collectivement plus de 247.000 milliards de dollars d’exposition sur les produits dérivés.
  • Bis.org (Banque Internationale des Règlements): La valeur théorique de l’ensemble des contrats de produits dérivés en circulation équivaut au montant inimaginable de 552.900 milliards de dollars.
  • The Atlantic: Près de 47 millions d’américains vivent dans la pauvreté, et 46 millions d’américains vivent de coupons alimentaires, deux faits tragiques parmi beaucoup d’autres
  • Lesechos.fr: De nouvelles chaines de Ponzi menacent les Etats-Unis, dont certaines pires que celle de Madoff.
  • Theexaminer.com: La FED ne sauvera plus aucune banque en cas de défaillance, terminé les « to big to fail »…
  • Fortune.com: « Les 6 plus grandes banques américaines représentent 67% de la finance mondiale.
  • Lebilan2: Selon le FMI, la plus grosse bulle financière de l’Histoire va bientôt exploser

Les faits ne mentent généralement pas, la crise est bien là, mais il serait intéressant de savoir si celle-ci touche réellement tout le monde, ou si elle ne concerne qu’une partie des humains… Suivant la réponse trouvée, l’on peut découvrir que cette crise ne serait en fait qu’un argument, un outil pour atteindre des buts non affichés, et non un problème imprévu. Cette crise dans la réalité ne serait qu’un système d’appropriation des capitaux, des biens et des ressources de la planète par une poignée de financiers sans scrupules, et cela fonctionne, quels que soient les moyens utilisés.

Nous allons citer quelques exemples, bien que beaucoup plus pourraient être mis en avant, mais le mieux étant l’ennemi du bien, nous allons nous limiter à quelques exemples donc certains ne concernent que la France.

Exemple N°1: La dette française

Incontournable, le détournement des capitaux français via une simple loi qui n’aurait jamais du exister.

La loi Pompidou-Rothschild passée en Janvier 1973 a interdit à l’état d’emprunter à la Banque de France pour emprunter sur des marchés privés, en clair, une trahison qui n’avait rien de bénéfique pour la France, obligeant celle-ci à emprunter à des taux variables plutôt qu’aux taux extrêmement bas que pouvait proposer la BDF. Cette loi porte le nom de « Loi Pompidou-Rothschild », la banque Rothschild étant celle dont est issu notre cher Ministre de l’économie Manuel Macron, un homme très dangereux à plus d’un titre qui ne travaille en aucun cas pour la France, mais pas que, puisque cette banque a également employé Georges Pompidou en tant que Directeur Général.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que:

  • la dette publique française se serait élevée, fin 2008, à 21,4 milliards d’euros au lieu de 1327,1 milliards si une telle loi n’était pas passée, et qu’en 2015
  • elle a atteint les 96,9% du PIB en Janvier pour atteindre 2 103,2 milliards d’euros
  • Avec l’Europe, la loi Pompidou-Rothschild a laissé place aux traités de Maastrich et de Lisbonne, l’article 123 de ce dernier étant on ne peut plus clair:

Article 123 : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres. L’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. » L’article 123 reprend l’article 104 du traité de Maastricht, également identique à l’article 181 du traité constitutionnel européen.

La DETTE! Non ce n’est pas une véritable crise, mais un colossal système de détournement de capitaux!

Le véritable problème de la France, c’est cette dette qui n’a pu être mise en place que grâce à Georges Pompidou, cela suite à la démission un peut forcée de Charles De Gaulle. À l’heure actuelle, l’ensemble des impôts sur le revenu sert à payer les intérêts de la dette, l’intégralité des impôts est détourné vers des investisseurs privés et ne reste pas en France, tout simplement. N’est-ce pas là un détournement de capitaux colossal? Et qu’on fait nos politiciens pour empêcher cela? Rien en fait… Nous sommes dans une guerre économique comme l’avait expliqué François Mitterand, et rien n’est fait, pas même une bataille…

C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »François Mitterrand juste avant de mourir.

(Source : Le dernier Mitterrand de Georges-Marc Benamou – Date de publication : 27/1/1997 – Editeur : Plon – Omnibus).

 
La dette souveraine française est déjà un exemple magnifique de détournement de capitaux, le tout légalisé et couvert par les plus hautes instances politiques depuis des décennies, alors qu’il y a des solutions qui ne sont ni envisagées, ni même suggérées. Mais si cette dernière et ultime trace de souveraineté du pays l’a bien affaibli économiquement, il y a encore mieux, encore plus osé, et c’est passé, ce sont les emprunts dits toxiques.
 

Exemple N°2: Les emprunts toxiques

Les emprunts toxiques sont phénoménaux, comment une telle escroquerie, d’une telle ampleur, a-t-elle pu passer dans un pays comme la France? Demandez à nos politiques, ils sauront peut-être vous répondre, s’ils en ont le courage. Le scénario est simple, proposer un maximum d’emprunts « toxiques sécurisés » aux collectivités françaises, augmenter les taux d’intérêts, pousser les collectivités à se saigner un maximum pour payer sans pouvoir se défendre, et continuer à faire le maximum d’économies notamment en licenciant des employés, tout cela pour détourner l’argent. Impossible? Et pourtant, c’est e qui est arrivé…

Des emprunts ont été proposés à un grand nombre de communes, de départements, de régions, d’institutions et d’établissements à travers le pays avec la même promesse: de gros avantages à la clé dont sur les taux d’intérêts. Le souci, c’est que ces taux d’intérêts étaient variables, et lorsque la victime est coincée, les taux explosent. L’ensemble des collectivités se sont donc retrouvées prises à la gorge financièrement parlant suite à de fausses promesses, et ont commencé à se retourner par voie de justice contre les banques, sachant que celles qui se faisaient de gros profits étaient entre autres la Goldman Sachs, la JP Morgan, la RBS, la Dexia…


En savoir plus sur http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/03/non-ce-nest-pas-une-veritable-crise-mais-un-colossal-systeme-de-detournement-de-capitaux/#3L6bCLJ47U2AijvB.99
Carte des emprunts toxiques en France de la Dexia, et uniquement de la Dexia, imaginez en y ajoutant toutes les autres banques… Source de la carte: Impots-economie.com En savoir plus sur http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/03/non-ce-nest-pas-une-veritable-crise-mais-un-colossal-systeme-de-detournement-de-capitaux/#3L6bCLJ47U2AijvB.99

Carte des emprunts toxiques en France de la Dexia, et uniquement de la Dexia, imaginez en y ajoutant toutes les autres banques… Source de la carte: Impots-economie.com En savoir plus sur http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/03/non-ce-nest-pas-une-veritable-crise-mais-un-colossal-systeme-de-detournement-de-capitaux/#3L6bCLJ47U2AijvB.99

Ces «emprunts toxiques» sont vendus, non seulement par des banques d’affaires étrangères telles que la Royal Bank of Scotland (RBS) ou la Deutsche Bank, mais surtout par des banques usurpant la bonne réputation de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), telles que Dexia Crédit Local (dont la CDC possède 17,6%) et Natixis, assignées devant les tribunaux par un nombre croissant d’élus de collectivités locales acculées à des réductions budgétaires dramatiques, voire à la faillite.

En France, de nombreuses collectivités territoriales, de droite comme de gauche, petites ou grandes, sont embourbées dans ce type d’emprunts toxiques.

5.500 collectivités locales et établissements publics français ont souscrit des emprunts toxiques entre 1995 et 2009, selon un document confidentiel de la banque Dexia crédit local (DCL), dont a fait état Libération le 20.09.11. sic…

Et les grands gagnants sont :

Mais le grand gagnant de l’opération n’est pas Dexia crédit local (DCL), car elle s’était à l’époque couverte en revendant ces emprunts à des grandes banques internationales dont JP Morgan, Goldman Sachs et Royal Bank of Scotland.

Du coup, Dexia n’a même plus le pouvoir d’offrir une alternative à ses clients.

Au final, les 3,9 milliards d’euros d’intérêts iront dans la poche des banques internationales. Et on voit mal pourquoi JP Morgan (712 millions d’€uros ), Royal Bank of Scotland (676 millions), Goldman Sachs (507 millions) et les autres, décideraient de renoncer à leurs gains.

Source et article complet sur Archives-lepost.huffingtonpost.fr

Soit-dit en passant, l’état français est actionnaire dans la banque Dexia qui est en faillite depuis longtemps, et si la Dexia touche de l’argent entre autre grâce aux emprunts toxiques, ce sont également les caisses de l’état qui se remplissent.

Les collectivités ont donc commencé à se retourner contre les banques, et le gouvernement pour qui « la finance est l’ennemie intime » se devait de réagir, ils ont proposé des aides financières, des rallonges à condition d’abandonner toute poursuite devant les tribunaux des banques, alors que ces emprunts ont été reconnus comme étant illégaux!!! Les collectivités se sont retrouvées au bord du gouffre, les banques ont alors été protégées par le gouvernement socialiste qui ont fait passer une loi pour protéger les banques de toute attaque:

Les élus locaux crient au scandale après que l’État a fait voter une loi leur enlevant leur principal argument de recours contre les banques dans ce dossier à 17 milliards.

David contre Goliath! Dans la guerre qu’ils ont lancée contre les banques, les élus locaux viennent de perdre une bataille. Avant la crise, de nombreuses collectivités se sont endettées en souscrivant des emprunts dont les taux d’intérêt étaient libellés en devises étrangères ou en matières premières. Des emprunts qui sont vite devenus «toxiques», les taux souscrits grimpant en flèche et entraînant des niveaux de remboursement insurmontables pour les collectivités fragiles.

En juillet, le Conseil constitutionnel a validé une loi protégeant les banques de multiples recours. Avec ce texte, un établissement ne pourra plus se faire condamner pour ne pas avoir mentionné ou avoir mal mentionné le taux effectif global (TEG, mesurant le coût total du crédit) ou d’autres indicateurs (taux de période, durée de la période) dans les documents échangés avec un client. Les communes, départements et régions se voient donc désormais privés d’un argument d’attaque efficace, qui avait permis à plusieurs collectivités de gagner des procès face aux banques.

Source et article complet sur Le Figaro

Le 15 Janvier 2015, la Suisse a abandonné la parité franc/euro, jusqu’à ce jour, un franc suisse plafonnait à 1,20 euro, mais avec l’abandon de cette parité, cela à entrainé un maximum de vagues qui ont empiré l’endettement des collectivités:

Le 15 janvier dernier, la Banque centrale suisse a décidé brutalement de renoncer à maintenir le cours plafond de 1,20 franc suisse pour 1 euro. La réaction des marchés des changes a été immédiate : le même jour, le franc suisse s’envole et 1 euro s’échange contre 0,9944 franc suisse.

Si cette envolée du franc suisse a eu pour conséquence un net recul de la Bourse de Zurich, de l’ordre de 8,7 %, les entreprises exportatrices suisses, les hedge funds et les riches particuliers spécialisés dans la spéculation sur le marché des devises n’ont pas été les seules victimes de ce changement de politique. Plus près de nous, en France, des collectivités locales, des hôpitaux publics et des organismes de logement social piégés par des emprunts toxiques dont le taux est indexé sur l’évolution de l’euro et du franc suisse, sont frappés de plein fouet. Plus sur Mediapart

Si les impôts locaux augmentent autant, c’est donc AUSSI à cause des emprunts toxiques qui sont un véritable scandale d’état, le gouvernement à autorisé la spoliation des villes, régions, départements et hôpitaux du pays tout en protégeant les banques!

L’arnaque n’est-elle pas géniale? Des milliards de détournés au profit des banques intouchables, certaines régions ne sont même plus en mesure de verser le RSA, et des taux qui montent, qui montent… Et cela passe comme dans du beurre! Pourtant, il y a des solutions, dont celle-ci.

Cet argent pourrait être utilisé POUR LA FRANCE, il ne fait que fuiter vers des groupes privés et rarement situés en France.

Et comme si cela ne suffisait pas, si les capitaux sont détournés afin d’affaiblir le pays, il faut également les empêcher de rentrer, ce que nous connaissons sous le nom de scandale Luxleaks.

Exemple N°3: le scandale Luxleaks

Combien de milliards d’impôts n’ont jamais été payés en France par certaines multinationales? Allez, avançons un chiffre, 1000 milliards pour l’Europe, et suivant Ladepeche.fr, ce sont entre 60 et 80 milliards échappent au fisc français chaque année!!! Alors tous les regards se sont tournés vers le Luxembourg, mais celui-ci n’est qu’un maillon de la chaine, le petit poisson qui cache le banc de requins.

Un petit rappel des faits s’impose:

Quelque 28 000 documents fiscaux luxembourgeois, issus d’accords passés par PricewaterhouseCoopers ont été révélés mercredi. Découvrez les en intégralité…

Le Consortium international des journalistes d’investigation a eu accès à des dizaines de milliers de pages de documents de «tax ruling» montrant comment des grandes entreprises «s’appuient sur le Luxembourg et ses règles fiscales souples, mais aussi sur les déficiences de la règlementation internationale, pour y transférer des profits afin qu’ils n’y soient pas taxés, ou très faiblement», selon le quotidien français Le Monde.

Cette pratique, qui est légale, permet à une entreprise de demander à l’avance comment sa situation sera traitée par l’administration fiscale d’un pays, et d’obtenir certaines garanties juridiques. Les groupes concernés – sont cités notamment Apple, Amazon, Verizon, AIG, Heinz, Pepsi, Ikea ou les Français Axa et Crédit agricole – réalisent ainsi des milliards d’euros d’économies chaque année grâce à la création d’une filiale, d’une holding ou au déplacement d’un siège social sur le territoire du Grand-Duché. Avec pour but de payer le moins d’impôt possible.

Pour permettre de s’y retrouver parmi toutes ces informations, un site a été mis en place. Reprenant les différentes thématiques présentes dans les documents – énergie, finance ou bien encore santé -, le site permet de connaitre les sociétés concernées par ces avantages fiscaux. Et ce, dans 85 pays à travers la planète…

Source: Lessentiel.lu

Il fallait donc que les états réagissent, la Commission Européenne l’a fait, elle a mis en place une commission d’enquête dont les droits sont limités, merci à Jean-Claude Junker qui a tout fait pour bloquer les enquête et pour étouffer le scandale, tout est normal, la fraude peut continuer. Et petite cerise sur le gâteau, il n’y a pas que des multinationales d’impliquées, un ex-président a également tenté la fraude sans être inquiété.

Trois exemples parmi beaucoup d’autres, puisque la situation est similaire pour la Grèce, pour l’Italie, pour l’Irlande, pour l’Espagne, l’argent est détourné, celui des contribuables, celui des impôts, des taxes, celui que vous vous échinez à gagner chaque jour, est détourné au lieu de rester en France.

On vous présente cette crise comme étant un véritable problème, mais le problème vient des fraudes et de la spoliations des capitaux qui sont organisées, légalisées, validées par nos politiques.

Et pourquoi parler de crise alors s’il y a l’argent? Pour justifier les décisions politiques comme l’augmentation des taxes et impôts (la France battant des records), les mesures d’austérités plus ou moins officielles, toujours pour récupérer un maximum de capitaux, c’est un détournement massif sur le dos des populations, et il suffit juste de relier les points pour le comprendre.Et les banques peuvent continuer le braquage…

Depuis le 1er Janvier 2016, les banques ont reçu l’autorisation de braquer les comptes des clients en cas de problème financier important, c’est exactement la technique expérimentée à Chypre, cela a fonctionné sans déclencher de révolution, alors cela peut être appliqué à d’autres pays comme la France, ce qui avait été annoncé dès 2014. Nos banques, aussi malhonnêtes et confrontées à des risques de faillites comme jamais auparavant vont donc pouvoir nous faire les poches en toute tranquillité, surtout si celles-ci contiennent plus de 100 000 euros officiellement, un plancher qui risque de ne pas tenir bien longtemps surtout lorsque l’on connait l’état des fondations. Mais il n’y a pas que ceux ayant un minimum d’argent qui font être dépouillés, il y a également ceux qui détiennent des « parts sociales ».

Pour l’instant, leurs petites économies sont censées être protégées, pour l’instant, mais parmi nous, certains ont ce qui s’appelle des « parts-sociales » dans leur banque. C’est sympathique les parts-sociales, le journal Le Monde nous explique d’ailleurs que ce bon placement de « bon père de famille » a « perdu de sa splendeur »:

À la belle époque, c’est-à-dire avant 2009, les parts sociales faisaient le bonheur de leurs détenteurs. Considérées comme un placement sans risque, elles offraient plus de 4 % de rendement brut par an et ne supportaient aucun frais. Alors quand les banques mutualistes (ce sont les seules pouvant proposer des parts sociales) conseillaient à leurs clients de souscrire des parts, souvent lors de la signature d’un prêt immobilier, histoire de les fidéliser, ils avaient l’impression de faire un bon placement.

Aujourd’hui les caisses régionales du Crédit agricole, de la Caisse d’épargne, de la Banque populaire et du Crédit Mutuel incitent toujours leurs clients à devenir sociétaires. Pour elles, c’est l’occasion de renforcer leurs fonds propres à moindres frais. Mais pour l’épargnant ce placement de « bon père de famille » a perdu de sa superbe.

Article complet sur Le Monde

Mais dans la réalité, il en est tout autrement, car concrètement, ceux ayant des parts sociales ont beaucoup, beaucoup à perdre comme l’explique cet article à lire absolument en intégralité:

On a beaucoup glosé ces derniers temps sur le risque de spoliation qui pesait désormais sur les comptes clients supérieurs à 100 000 euros. Mais savez-vous qu’en cas de faillite de votre banque, quel que soit le montant de votre épargne, vous pourriez être amenés à couvrir ses pertes bien au-delà des sommes que vous lui avez confiées, voire à être contraint de vendre vos biens pour payer la note ? En effet, si vous possédez des parts sociales de votre établissement bancaire, vous avez sans le savoir engagé votre responsabilité financière à des niveaux que vous ne soupçonnez même pas.

Suite sur Loretlargent.info

Et il est vain de vouloir revendre ses parts sociales, car le système est verrouillé, tant et si bien que même si vous parvenez à revendre ces parts à la banque émettrice, « votre retrait ne vous exonèrera pas toujours de vos responsabilités en cas de faillite, même si celle-ci intervient APRÈS que vous ayez revendu vos parts sociales ; par exemple, pour les ex-sociétaires de la Caisse d’Épargne, leur responsabilité reste engagée à hauteur du montant de leurs parts sociales pendant cinq années à compter de leur date de retrait. »

À se demander si là aussi la situation est avant tout un prétexte pour récupérer le maximum d’argent, ou s’il y a réellement urgence pour ces banques qui vont vous braquer encore et toujours plus. Il y a quand-même quelque chose qui ne va pas et qui éveille quelques soupçons:

On estime à plus de 56 000 milliards $ la dette mondiale des États en 2015. Un rapport de 2012 réalisé par le Tax Justice Networkindique qu’il y a aurait entre 21 000 et 32 000 milliards $ dans les paradis fiscaux. Aujourd’hui, cette somme est sûrement plus élevée. L’économiste français Gabriel Zucman estime le montant à 7 600 milliards$ en 2013. Il avoue toutefois que sa méthode prend uniquement en compte les richesses financières et non les actifs tangibles comme les œuvres d’art, les immeubles ou l’or. On sait aussi que plusieurs propriétaires d’immeubles de luxe « résident » dans les paradis fiscaux. Zucman calcule une perte fiscale de 200 milliards $ par année en raison de l’évasion fiscale. Enfin, il estime que 8% de la richesse mondiale se trouvait dans les paradis fiscaux en 2013.

Source et plus sur Esuqam

Le journal La Tribune donne des chiffres similaires également, entre 20 000 et 30 000 milliards dans les paradis fiscaux, officiellement, mais officieusement? Difficile de quantifier le montant, sachant que chaque jour, le phénomène prend de l’ampleur. Si réellement les banques sont en difficulté, pourquoi sont-elles aussi présentes dans les paradis fiscaux? Combien de milliards ont-elles amassés sans que ceux-ci n’apparaissent dans leurs bilans?

Au niveau des fraudes, le Crédit Mutuel a été cité, UBS également, mais ce n’est pas tout:

  • Les banques françaises massivement présentes dans les paradis fiscaux: « Les grandes banques françaises sont massivement présentes dans les paradis fiscaux, selon une étude relayée par France Info. Diligentée par la plateforme « Paradis fiscaux et judiciaires », qui réunit plusieurs associations de lutte contre l’évasion fiscale, cette enquête révèle notamment qu’un tiers des filiales à l’étranger des cinq plus grands établissements français sont installées dans les paradis fiscaux. D’après France Info, « BNP-Paribas détient 31 % de ses filiales étrangères dans des paradis fiscaux, et le Crédit mutuel 54 % ». 26 % du chiffre d’affaires international des grandes banques françaises serait ainsi réalisé dans les paradis fiscaux. Le Luxembourg est le pays le plus prisé avant la Belgique, les Pays-Bas, l’Irlande et la Suisse. Les établissements enregistrent dans ce pays près d’un quart du chiffre d’affaires qu’elles réalisent dans les paradis fiscaux ».
  • 2014 : Que font les plus grandes banques françaises dans les paradis fiscaux? : « Combien les cinq plus grandes banques françaises font-elles de chiffre d’affaires dans chaque pays où elles sont implantées, y compris dans les paradis fiscaux et judiciaires (PFJ) ? Combien y ont-elles de salariés et de filiales et quelle est la nature de leurs activités ? En 2014, pour la première fois, les banques françaises ont rendu ces informations publiques, conformément aux nouvelles obligations introduites par la loi bancaire de juillet 2013 [1] ».
  • Les banques françaises adorent les paradis fiscaux: « Un tiers des filiales à l’étranger des cinq plus grands établissements bancaires sont installées dans les paradis fiscaux, selon une récente étude ».

Pourquoi ne rien faire pour lutter réellement contre cela si ce n’est par ce que le but final est de détourner au maximum les richesses des pays? Les beaux discours durent un moment, mais la réalité est là, ce sont des sommes colossales qui sont détournées. Ajoutez juste les sommes détournées avec la dette souveraine française, plus celles des emprunts toxiques, et enfin celle du Luxleaks, combien de milliards cela représenterait-il chaque année? Suffisamment pour redresser le pays, et eut-être même pour redevenir une des plus grandes puissances économiques de la planète, tout simplement…

Il y a les moyens de lutter surtout que l’ensemble des noms sont connus, et que les banques favorisant l’évasion fiscales sont elles aussi connues.

Une dernière information, et non des moindres qui montre bien que tout cela est voulu et organisé. Dernièrement, un amendement a été déposé pour lutter contre la fraude fiscale en France, une avancée magnifique qui aurait pu changer les choses! Celui-ci a été validé en première lecture, un résultat qui ne plaisait pas, un autre vote a alors été réalisé dans une assemblée nationale pratiquement vide, seuls 3% des députés ont voté, les 97% restants étaient absents, et l’amendement a été rejeté!!!

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