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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

A propos des Dominants par Robert Charvin

9 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Le socialisme, #La gauche, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #la liberté

 

8 janvier 2016

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En France et en Europe, l'idéologie dominante est le confusionnisme : on n'admet pas la structuration de classe, assimilée à une obscénité intellectuelle archaïque. Bourdieu a été l'objet de toutes les agressions pour avoir tenté d'établir une « anthropologie globale » de la classe dirigeante ! Il est en effet des sujets qu'il convient de ne pas aborder !

 



Les dominants entendent s’octroyer à eux-mêmes le droit de s’auto-analyser... avec l’indulgence qui s’impose. A défaut, la connaissance de ce phénomène essentiel qui est le consentement inconscient que les individus accordent au monde qui s’impose sans bénéfice pour eux, risque de conduire à la critique de la domination !

L’air du temps conduit à s’apitoyer (sans faire grand chose pour autant) sur la pauvreté extrême. Une « classe moyenne » sans frontière engloberait la grande majorité de la population ; au mieux, on la subdivise en une « upper middle class » et une « lower middle class ». Elle est idéalisée : la « moyennisation » d’ensemble permettrait l’épanouissement de la démocratie, en dépit du constat que la démonstration contraire a été faite dans les années 1930-1940 avec le ralliement aux divers fascismes des classes moyennes. Malgré aussi l’appui qu’elles apportent dans les pays du Sud où elles sont apparues aux régimes autoritaires qui leur offrent quelques privilèges (dans la Tunisie de Ben Ali, dans l’Égypte de Moubarak et dans les diverses dictatures que l’Amérique du Sud a connu, au Chili, par exemple).

== Pour comprendre le fonctionnement et les contradiction de notre société, il est pourtant indispensable de savoir qui la dirige et qui en profite effectivement. L’approche de la classe dominante est prudente et discrète. Le simple fait de noter qu’elle est très restreinte et d’analyser ses composantes relève de la subversion ! Ce petit monde est constitué des milieux d’affaires, des hauts fonctionnaires et des politiciens des sommets de l’État et de quelques personnalités médiatisées de toutes disciplines. Ces dominants sont en osmose, proches d’une caste à la fois diverse et homogène. Cette petite communauté est opaque pour tout le reste de la population : on ne connaît pas ses revenus réels ; on n’imagine pas son mode de vie, on ignore les moyens qu’elle emploie pour se pérenniser. Vouloir la rendre transparente (ce qui est un désir rare, car on préfère ausculter avec moins de risque la pauvreté) est assimilé à une agression politique destructrice de l’ordre public et qualifié de populisme anti- élitiste ! Les relations public-privé, argent-pouvoir politique et médias, clés des « réussites » individuelles « doivent » échapper à la transparence et donc à tout contrôle. La corruption (de formes variées) qui y règne échappe souvent aux procédures judiciaires qui s’enlisent faute de détenir les clés probantes. Il est difficile d’en pénétrer la réalité profonde.

Ce petit « complexe politico-médiatico-affairiste » est en effet surarmé. Il a la maîtrise de l’argent, ce qui lui permet d’en acquérir toujours davantage (sauf accident) et d’acheter les hommes qui lui sont utiles ; il dirige les communications, ayant acquis les grands médias, ce qui lui permet de formater les esprits, de fabriquer les leaders, de fixer « l’ordre du jour » et le vocabulaire du débat politique et de faire pression sur leurs comparses au sein de leurs monde ; il produit le droit (sauf exception) et l’interprète à son gré, grâce à ses juristes de cour (les vrais « intellectuels de marché »), et malgré les juges qu’il ne cesse de dénoncer les qualifiant de « rouges », ce qu’ils sont pourtant si rarement !

Tout en ayant pris ses distances vis-à-vis du catholicisme, il conserve des relations solides avec les institutions religieuses. Si la foi est tiède (le laxisme dans le domaine du sexe et de tous les plaisirs est sans borne), le respect affiché vis-à-vis du Pape et de l’Église reste « utilisable », notamment en période de crise. La caste dirigeante veut conserver la capacité de se couvrir de quelques oripeaux de spiritualité.

== On s’étonne que le parcours de nombreuses personnalités soit un cheminement de gauche à droite et pratiquement jamais l’inverse ; on ne saisit pas pourquoi toute victoire progressiste soit rapidement suivie d’un échec et d’une régression générale (Front Populaire, Libération, 1981, etc.) ; on assimile difficilement le fait que toute pensée critique est ultra minoritaire, sauf en d’exceptionnelles périodes. On est surpris de la faiblesse des opposants à ce système pourtant oligarchique.

Le plus surprenant est ailleurs. Il est dans l’existence permanente, malgré tout, d’une action contestataire et d’une réflexion anti-système vivante, alors qu’il est même difficile de savoir quel est le véritable adversaire des droits et du bien-être de la grande majorité ! Cette survie, évidemment insatisfaisante, a toutefois d’autant plus de mérite que les forces de droite et celles de la « gauche » social-démocrate créent une confusion croissante, mêlant leur programme et leur pratique au point qu’ils deviennent indistincts. Ce « mixage » délibéré, résultat de leur échec respectif, vise à la fois à satisfaire le monde des affaires et de séduire le « petit peuple ». Le grand écart et la dissimulation du réel ainsi provoqués ne dérangent aucunement les « partis de gouvernement », même s’ils perdent en route de nombreux adhérents (dont souvent ils n’ont que faire). Le résultat est un brouillard profond jeté sur la vie sociale et politique, conduisant à un discrédit du politique, à un abstentionnisme massif et croissant et à l’extension d’un esprit néo-fasciste dans la population, comme en témoignent les succès du F.N. La progression du F.N dérange davantage la droite (qui tente de lui ressembler) que la social-démocratie. Obsédés d’élections, les socialistes espèrent faire du F.N le principal adversaire au détriment de la droite classique. Ils ne se privent pas cependant d’envisager la possibilité d’une coalition « droite-gauche », qui est d’ailleurs en voie de réalisation locale.

== Ce qui caractérise la pratique constante des dominants, c’est la concentration de tous leurs efforts sur la seule tactique. Qu’il s’agisse de rivalités personnelles, de concurrences claniques, de luttes de partis, les dominants n’ont pas pour arme une stratégie ou un système de valeurs, quoiqu’ils disent. Ils ont simplement la maîtrise de toutes les procédures concevables : leur seule fin, qui est de se pérenniser, se trouve dans le meilleur usage possible des manipulations de toutes natures. A tous les récits, à toutes les idéologies, aux croyances, ils opposent la tactique !

== Cette classe dirigeante parce que dominante, vivant sur une autre planète que celle du reste de la population, a une haute considération pour elle-même et un grand mépris pour ceux qui n’appartiennent pas à cette « élite » autoproclamée. Tous ses membres se sentent les « meilleurs » et se considèrent « irremplaçables » : l’autorité leur appartient naturellement. Ces « Importants », de premier choix, se sont convaincus, comme l’était hier la noblesse d’Ancien Régime, qu’ils sont seuls à pouvoir manier le gouvernail dans tous les domaines, particulièrement dans l’économie. Mais ce ne sont pas tous des héritiers. Nombreux sont des aventuriers du système, style Tapie, qui ont « réussi » à se rapprocher des grands groupes, de type Bolloré ou Bouygues. Le petit monde politique néo-conservateur ou social-démocrate regorge de ces petits « prodiges » dont les sommets de la caste dirigeante ont besoin. Les « mal-nés » qui ont pour seule conviction de profiter à fond du système et qui ont le sens du vent dominant, s’ils savent donner des gages, sont distingués au milieu de la masse des dominés de la « France d’en-bas ». La politique professionnelle est aujourd’hui l’équivalent du rôle que jouaient l’armée et l’Église pour les cadets sans terre de l’aristocratie d’autrefois ! L’origine « populaire » peut être même un atout : ils peuvent « plaire » plus facilement, même s’ils font tout pour s’éloigner du peuple dont ils sont issus ! Ils ont le choix pour leur carrière d’opter pour les différentes droites ou pour la fausse gauche (ce qui n’engage à rien), en restant prêts à se reconvertir si nécessaire pour adhérer à la mouvance la plus rentable. L’opportunisme est leur boussole : elle indique les « valeurs » à la mode qu’il faut promouvoir et surtout les intérêts qu’il ne faut pas égratigner ! Demain, des éléments « frontistes » et « patriotes », évidemment, pourront aussi servir, s’ils n’ont pas d’exigences anti-néo-libérales !

L’aristocratie italienne, malgré son mépris pour les « chemises noires », a conclu un accord avec Mussolini ! Tout comme l’industrie lourde et l’essentiel de la bourgeoisie allemande se sont liées au nazisme hitlérien (après l’élimination du courant « national et socialiste » préoccupé réellement de social). Le patronat français n’était pas à Londres, durant les années 1940-1944, mais à Vichy : il ne s’est manifesté ni contre la Gestapo ni contre la Milice. Il faisait des affaires ! Rien n’exclut demain en France et ailleurs une « recomposition » politique, fédérant tous les courants encore divergents ayant pour trait commun de n’être pas contre le système, c’est-à-dire le capitalisme financier : les castes dirigeantes ont pour tradition de s’accommoder de tous les régimes pourvu qu’ils ne remettent pas en cause leurs privilèges et leur domination. Elles savent rendre la monnaie de la pièce !

== Les castes dominantes pour diriger ont aussi besoin d’ « experts » et d’ « intellectuels » qu’il s’agisse hier d’un « grand » comme Raymond Aron ou d’un « petit » style Zemour ! Aucun système ne peut en effet se passer de ces agents de légitimation.

La lecture de ce qui se produit dans la société ne peut être laissée à la spontanéité des consciences individuelles. Il convient de les « guider » vers les analyses ne remettant rien en cause, y compris en usant de la fausse monnaie intellectuelle sur le marché des idées ! C’est ainsi qu’il faut doctement expliquer que les Français ne sont ni racistes ni xénophobes, malgré les « apparences », à la différence de tous les autres peuples de la planète. Il faut persuader, par exemple encore, que la croissance permet de réduire le chômage quasi-mécaniquement et que la lourdeur du Code du Travail est un obstacle majeur à l’embauche, ce qui exige beaucoup de talent ! Il faut entretenir un « techno-optimisme » fondé sur la croyance que les nouvelles techniques règlent tous les problèmes, y compris sociaux, ce qui rend inutiles les révolutions. Il faut légitimer l’hostilité aux Russes qui sont mauvais par nature, communistes ou pas, incapables qu’ils sont de comprendre la bienfaisance de l’OTAN ! A la différence des États-Unis, champions du monde de la démocratie et de l’ingérence humanitaire, y compris en Irak, qu’il est convenable de toujours admirer, malgré Guantanamo et les trente mille crimes annuels (souvent racistes).

Nombre de journalistes, de juristes et surtout d’économistes (surtout ceux des organismes privés) se bousculent pour offrir une crédibilité au système moyennant leur médiatisation lorsqu’ils ont un peu de talent, donc un certain impact sur l’opinion.

La classe dirigeante n’a besoin en effet que d’une pensée « utile » à court terme, c’est-à-dire ajustée à la logique économique du système mais capable aussi de faire croire qu’il peut satisfaire tout le monde.

L’intellectuel de cour n’a qu’à se couler, en l’enrichissant, dans la pensée commune venant d’en-haut sans faire plus d’écart personnel qu’il n’en faut pour se démarquer des autres et manifester un « quant à soi », ayant la vertu de faire croire au pluralisme. Sa panoplie est standard dans le vide idéologique et l’infantilisme préfabriqués par les grands médias :

Il doit toujours se placer à l’intérieur du système, évalué comme indépassable. Il doit écarter toute recherche des causes aux problèmes qui se posent et se satisfaire d’une analyse descriptive des faits, car toute cause profonde révélée est subversive. Par exemple, l’approche de la pauvreté et du sous-développement doit éviter la recherche de leurs origines.

En tant qu’ « expert », il n’a pas besoin de penser si ce n’est à ce qu’il a intérêt à penser s’il veut rester « expert ». Il n’est chargé que d’expliciter à posteriori les décisions prises « en haut », quitte à renouveler son argumentaire, compte tenu de « l’usure » des explications précédentes. C’est d’ailleurs ce savoir-faire qu’on lui enseigne essentiellement à l’ENA, dans les écoles de commerce et les facultés de droit, chargées de la reproduction de la pensée unique.

Il doit être aussi « moralisateur » : à défaut de pouvoir invoquer la légalité et le droit « trop objectifs » (sauf le droit des affaires concocté par les intéressés eux-mêmes). L’intellectuel de service doit user à fond de « l’humanitarisme-mode ». Il permet de tout justifier, y compris la guerre (« juste », évidemment) et la politique de force, selon les opportunités. Cela offre de la « dignité » aux pratiques les plus « voyous » !

Il doit convaincre que la démocratie se résume à la désignation élective des dirigeants soigneusement pré-sélectionnés par « l’élite » et que toute autre interprétation de ce système politique est d’inspiration marxiste, ce qui est jugé évidemment totalement dépassé.

Enfin et surtout, il doit pratiquer le culte de l’Entreprise, « source de toutes les richesses », agent vertueux de la concurrence « libre et non faussée », au service de l’intérêt général, en particulier des salariés.

Le discours dominant est ainsi globalement affabulateur ; il n’a qu’une visée tactique : séduire, faire diversion, faire patienter, diviser, rassembler, selon les circonstances. Il n’aide pas à comprendre. Il manipule. Il y réussit. Grâce à ses capacités à rebondir sans cesse en sachant prendre le vent.

Dans l’histoire contemporaine, la « pensée » conservatrice a été anti-républicaine avant d’être éminemment républicaine ; elle a été belliciste avant d’être pacifiste et collaborationniste (avec les nazis) puis interventionniste aujourd’hui ; elle a été férocement antisémite avant de devenir pro-israélienne et anti-arabe ; elle a été colonialiste puis promotrice du droit des peuples (contre l’URSS) mais anti-souverainiste (avec l’Europe).

Les néo-conservateurs et la social-démocratie d’aujourd’hui font mieux encore. Ils révèrent les États-Unis (surtout les « Sarkozistes » et les « Hollandais »), comme puissances tutélaires, championnes du renseignement contre leurs alliés ; ils dénoncent Daech, mais pactisent avec ses financiers (argent et pétrole obligent !) et ses inspirateurs (Arabie Saoudite, Qatar) ; ils transfigurent l’Europe des affaires en un vaste projet de paix et de prospérité (malgré ses 20 millions de chômeurs). Dans l’ordre interne, ils applaudissent Charlie et dans le même temps, licencient des humoristes et les journalistes « dangereux » de leurs médias ; ils donnent toujours raison au Médef et toujours tort à la CGT. Ils dénoncent le FN mais lui font une publicité constante. Ils sont pour la démocratie et les libertés, mais tout autant pour un « État fort », comme l’écrit Juppée, capable de les réduire ! Grâce au terrorisme imbécile, ils peuvent instrumentaliser la peur pour leur seul profit !

En dépit du simplisme chaotique de ces positions, les victoires idéologiques s’accumulent. Les dominants subissent parfois des défaites (comme celle du référendum sur le projet de « Constitution » européenne de 2005), mais elles sont rares. Pour les néo-socialo-conservateurs, perdre la guerre contre les dominés est impensable. Tout le jeu est de « s’arranger » entre soi et tous les moyens sont bons !

Le « modèle » étasunien s’impose, qui combine conformisme et diversité, esprit libéral (à New-York) et autoritarisme raciste (au Texas), laxisme et rigorisme, obscurantisme (avec les sectes) et culte de l’innovation, etc.

Les dominants, à quelques cas particuliers près, en réalité, ne font pas de politique ; ils font des affaires et ils font carrière. Il peuvent être tout à la fois, parce que tout ce qui ne relève pas de leur petit monde leur est indifférent:ils peuvent faire dans le « démocratisme » ou dans la violence et la torture (comme durant la guerre d’Algérie). Indifféremment.

Neuilly et le « tout Paris », mobilisés par la course à l’argent, par l’auto-congratulation permanente et les « renvois d’ascenseur » nécessaires, sont loin de toute réalité concrète qui fait le quotidien du plus grand nombre. Comme l’écrit Tomaso de Lampedusa, ils sont prêts à tout, la liberté ou le fascisme, afin que « tout change pour que rien ne change » d’essentiel : leur propre fortune et leur place dans la société.

Ils mêlent dans la société tous les archaïsmes mâtinés de pseudo-modernité : ils font la promotion du « risque » qu’ils ne courent pas, de la peur dont ils ont les moyens de se protéger, du refuge identitaire, dont ils se moquent par esprit cosmopolite, du repli sur la vie privée et l’individualisme, dont ils sont les seuls à pouvoir réellement jouir.

== Nul ne sait l’heure et les modalités de « l’atterrissage » de cette « France d’en-haut ». La prise de conscience de l’échec global de cette oligarchie est une perspective très vraisemblable, tant leur système est à la fois absurde, inéquitable et intellectuellement pitoyable. Mais, disposant de tous les moyens face à ceux qui n’ont pratiquement rien, les dominants peuvent encore prospérer un temps indéterminé, mais en usant de plus en plus de la force brutale. Dans l’attente active que les peuples tournent la page en se mettant au clair sur leur propre volonté, Victor Hugo revient en mémoire : « l’Histoire a pour égout des temps comme les nôtres ».

Janvier 2016

Robert Charvin

Source : Investig’Action

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Azov à Nantes, Vichy à Paris

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme, #La mondialisation, #Terrorisme

vendredi 8 janvier 2016

Azov à Nantes, Vichy à Paris
Azov à Nantes, Vichy à Paris

Nantes, belle ville bourgeoise, invite en ses murs la réunion du bataillon Azov. Ce bataillon aux insignes nazis qui sévit en Ukraine pour le plus grand bonheur de la démocratie européenne. Il semble que les bourreaux soient plus attirant que les victimes.

Le 16 janvier, Nantes va être le témoin de la réunion du bataillon Azov, bataillon sanguinaire qui a été intégré dans la garde nationale ukrainienne. Voici son insigne:

Azov à Nantes, Vichy à Paris

Différentes vidéos circulent sur les atrocités commises par ce bataillon. Notamment, le groupe de haker Cyberberkut avait diffusé une vidéo les montrant brûlant vif un "séparatiste" baillonné. On se souviendra également des exécutions sommaires de prisonniers dans les territoires qu'ils contrôlaient dans le Donbass. La télévision allemande lors d'un reportage a montré les insignes nazis de ses membres.

C'est également ce bataillon qui fait des marches aux flambeaux la nuit pour faire peur aux populations. La dernière eut lieu à Mariupole:

Azov à Nantes, Vichy à Paris
Azov à Nantes, Vichy à Paris

Différentes vidéos circulent sur les atrocités commises par ce bataillon. Notamment, le groupe de haker Cyberberkut avait diffusé une vidéo les montrant brûlant vif un "séparatiste" baillonné. On se souviendra également des exécutions sommaires de prisonniers dans les territoires qu'ils contrôlaient dans le Donbass. La télévision allemande lors d'un reportage a montré les insignes nazis de ses membres.

C'est également ce bataillon qui fait des marches aux flambeaux la nuit pour faire peur aux populations. La dernière eut lieu à Mariupole:

Est-ce ce spectacle que veut donner Nantes aux habitants de la ville?

Occupée lors de la Seconde guerre mondiale, Nantes a été bombardée par les alliés. 700 immeubles et bâtiments ont été détruits. Près de 2000 personnes sont mortes. Il a fallu reconstruire la ville.

Nantes invite Azov, un groupe militaire nazi, à se réunir en ses murs. Un groupe interdit, justement car nazi, au Canada, aux Etats Unis et évidemment en Russie.

Même le CRIF s'inquiète, citant la presse anglosaxonne qui d'une seule voix qualifie ce bataillon de néo-nazi. Seule la presse française semble ne pas trop s'en émouvoir.

Et enfin, que peut apporter un bataillon militaire néonazi à la ville de Nantes et à ses habitants? Expliquer ses techniques de tortures? Comment fabriquer des explosifs avec ce que l'on trouve dans le garage? Comment appeurer les opposants au point qu'ils se terrent comme des rats?

Ce sera certainement un moment rare de culture et de politique.

Vive la France! Vive Vichy!

Publié par Karine Bechet-Golovko

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Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le fascisme, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #Economie, #Terrorisme

  

Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

La situation étant problématique à tous les niveaux, inévitablement, les dettes souveraines vont voir leurs notes baissées par l’un des bras droits dont l’honnêteté reste encore à prouver: Standard and Poors. En effet, des dégradations à la pelle sont prévues donc par cette agence qui ne dégrade aucune des notes de l’un des pays les plus endettés de la planète, n’est-ce pas douteux? Et rappelez-vous qu’il y a quelques années, lorsque le PDG de l’agence a voulu dégrader la note des USA, il a été poussé vers la sortie pour être remplacé par un ancien banquier, cela ne s’invente pas!

L’effondrement se confirme donc, les cinq personnes les plus riches du monde ont vu s’évaporer en une seule journée 8,7 milliards de dollars, nous avons également des plans sociaux en pagaille, et une bonne nouvelle, Monsanto subit la chute des ventes des semences transgéniques. En tout, cette restructuration devrait lui coûter jusqu’à 1,2 milliard de dollars, cela fait 1000 emplois en moins, mais c’est peut-être une chance également de voir cette firme polluer les enfers plutôt que notre belle planète. Quand aux pays comme la France, il y aurait bien des moyens pour tenter de protéger le pays ou de récupérer un minimum d’argent, comme en interdisant l’évasion fiscale des grandes entreprises par exemple, mais l’Oncle Sam étant aux commandes, sans se gêner pour menacer au besoin, cela ne se fera pas, d’ailleurs, le vote contre l’évasion fiscale du type Luxleaks a été refusée, 97% des députés ayant été absents lors du vote.

Il faut donc que les états réunissent un maximum d’argent pour prolongé les apparences et l’arnaque financière, comment? Par exemple en spoliant les citoyens, un exemple simple avec cette taxe sur le constructible non-bâtisen protégeant les banques qui sont coupables d’avoir casés des emprunts toxiques reconnus illégaux (une solution ici), ou encore en autorisant ces mêmes banques à piocher sur le compte des épargnants pour se renflouer… Et ça, nous allons le subir en plein, et cela à déjà commencé!

 

image: http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2016/01/western-417043-jpg_276456.jpg

Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

L’heure du grand braquage est arrivée…

Tandis que les médias se concentrent sur les extrémistes de l’État islamique, une menace plane : votre épargne de toute une vie pourrait être balayée par un effondrement massif des produits dérivés. Les renflouements internes, ou bail-in, ont débuté en Europe, et l’infrastructure nécessaire est déjà en place aux États-Unis. La pauvreté peut aussi tuer.

À la fin novembre, un retraité italien s’est pendu après que la totalité de son épargne, 100 000 euros, fut confisquée dans un plan de « sauvetage » d’une banque. Il laissa une lettre blâmant la banque, où il fut client durant 50 ans et avait investi dans les obligations émises par cette même banque. Mais il aurait tout aussi bien pu blâmer l’Union européenne et le Conseil de stabilité financière du G20, qui ont imposé un régime de « résolution ordonnée » qui garde les banques insolvables à flot en confisquant l’épargne des investisseurs et des déposants. Près de 130 000 actionnaires et détenteurs d’obligations ont subi des pertes dans ce « sauvetage ».

La banque du retraité en question est une des quatre petites banques régionales qui ont été mises sous tutelle lors des deux dernières années. Le plan de sauvetage de 3,6 milliards euros (3,3 milliards $) du gouvernement italien utilise un fonds de résolution nationale récemment formé, fondé par les banques saines du pays. Mais avant que l’on puisse se servir de ce fonds, des pertes doivent être imposées aux investisseurs et, à partir de janvier, les règles de l’Union européenne exigeront que des pertes soient aussi imposées aux déposants. Selon un article de BBC.com du 10 décembre :

« Le sauvetage constituait un ‘bail-in’, dans le sens où les détenteurs d’obligations ont subi des pertes, au contraire des tristement célèbres renflouements durant la crise financière de 2008, qui ont coûté aux contribuables de l’Union européenne des dizaines de milliards d’euros.

Les correspondants affirment que le Premier ministre italien Renzi a agi rapidement, parce qu’en janvier, l’Union européenne resserrera les règles sur les sauvetages bancaires – ils imposeront des pertes aux déposants ayant plus de 100 000 euros, ainsi qu’aux actionnaires et détenteurs d’obligations.

… laisser ces quatre banques couler sous ces nouvelles règles de l’UE, l’an prochain, aurait signifié le sacrifice de l’argent d’un million d’épargnants et de près de 6 000 emplois. »

Voilà ce qui est prédit pour 2016 : d’énormes sacrifices d’épargnes et d’emplois pour soutenir un système bancaire global « mathématiquement condamné ».

Les bail-in sous Dodd-Frank

Tout cela se passe dans l’Union européenne : devrait-on s’inquiéter pour les États-Unis ?

Selon l’ancien manager de hedge fund, Shah Gilani, auteur pour Money Morning, on le devrait. Dans un article du 30 novembre, intitulé « Pourquoi je ferme mes comptes bancaires pendant qu’il est encore temps », il écrit :

« Il est tout à fait possible que, lors de la prochaine crise bancaire, les déposants dans les grosses banques « too big to fail » (TBTF) voient leur argent confisqué et changé en actions…

Si votre TBTF risque la faillite parce qu’elle ne peut pas payer ses positions prises sur les produits dérivés et que le gouvernement refuse de leur venir en aide, alors, sous un mandat intitulé Adequacy of Loss-Absorbing Capacity of Global Systemically Important Banks in Resolution, approuvé le 16 novembre 2014 par le Conseil de stabilité financière du G20, ils peuvent utiliser votre argent déposé et le transformer en actions de la banque pour essayer de garder votre TBTF à flot. »

Une fois votre argent déposé à la banque, il devient légalement la propriété de la banque. Gilani explique :

« Votre cash déposé constitue un titre de créance non garanti de votre banque. Elle vous doit cet argent.

Si vous faites affaire avec une des plus grandes banques du pays qui, ensemble, ont des milliers de milliards $ d’exposition sur les produits dérivés « hors bilan » (ce qui signifie que ces dettes ne sont pas enregistrées sur les bilans selon les pratiques comptables généralement acceptées), vous constaterez que ces paris possèdent une place légale supérieure à celle de votre épargne et qu’ils devront être repayés avant que vous ne puissiez récupérer votre épargne. »

Les grandes banques ont réussi à insérer cette clause dans la loi Dodd-Frank de 2010, supposée mettre fin aux comportements bancaires dangereux. »

Les banques ont inséré cette clause et les législateurs l’ont signée, sans nécessairement l’avoir comprise ni même l’avoir lue. Avec plus de 2 300 pages, la loi Dodd-Frank est actuellement la loi la plus longue et la plus compliquée jamais promulguée par la législature américaine.

Soutenir les produits dérivés

La loi Dodd-Frank dit, dans son préambule, qu’elle « protégera les contribuables américains en mettant fin aux bail-out (sauvetage des banques par les contribuables) ». Mais elle le fait sous le Titre II, en imposant les pertes des compagnies financières insolvables à leurs actionnaires ordinaires et privilégiés, aux détenteurs de dette, et aux autres créanciers non-garantis. Ceci inclut les déposants, la plus grande classe de créanciers non-garantis des banques.

Le Titre II vise à « assurer que les paiements aux réclamants soient au moins aussi élevés qu’ils le seraient lors d’une liquidation type faillite. » Mais voici le hic : sous les deux lois, Dodd-Frank et le Bankruptcy Act de 2005, les réclamations sur les produits dérivés ont une super-priorité sur toutes les autres réclamations, garanties ou non, assurées ou non.

Le marché de gré à gré (over-the-counter, ou OTC) des produits dérivés (le plus gros marché de produits dérivés) est composé de banques et d’autres opérateurs hautement sophistiqués, tels les hedge funds. Les produits dérivés OTC sont en fait les paris que ces acteurs financiers prennent les uns contre les autres. Les réclamations sur les produits dérivés sont considérées « garanties », parce que les parties y assignent du collatéral.

Pour une raison inexplicable, l’argent durement gagné que vous déposez dans une banque n’est pas considéré en tant que « sécurité » ou « collatéral ». Ce n’est qu’un prêt à la banque, et vous devez faire la queue avec les autres créanciers pour espérer en revoir la couleur. Les gouvernements des États et les administrations locales doivent aussi faire la queue, quoique leurs dépôts soient considérés « garantis », parce que les réclamations sur les produits dérivés ont une « super-priorité » sur eux.

Faillites à l’envers

Selon les anciennes règles de liquidation, une banque insolvable était réellement « liquidée » – ses actifs étaient vendus pour rembourser les déposants et les créanciers. Sous une « résolution ordonnée », les comptes des déposants et des créanciers sont ponctionnés pour que la banque insolvable continue d’opérer. Le but d’une « résolution ordonnée » n’est pas de satisfaire les déposants et les créanciers, mais bien de prévenir une autre « résolution désordonnée » de tout le système, comme celle qui a suivi l’effondrement de Lehman Brothers en 2008. Le fait de sortir quelques dominos du fragile édifice qu’est notre système bancaire mondial, plein à craquer de produits dérivés, pourrait faire tomber le système en entier. Les souffrances des déposants et des investisseurs représentent le prix à payer pour maintenir en vie cet édifice hautement lucratif.

Dans un article de Forbes paru en mai 2013, intitulé « Le bail-in des banques chypriotes : une autre fraude des banquiers-voyoux », Nathan Lewis explique la manigance de la manière suivante :

« À première vue, le « bail-in » ressemble au processus capitaliste normal de restructuration des responsabilités qui devrait survenir lorsqu’une banque devient insolvable…

La différence, avec le « bail-in », est que l’ordre de prévalence des créanciers est changé. Et, à la fin, il y a les copains (les autres banques et le gouvernement) et les non-copains. Les copains obtiennent 100% ou plus, et les non-copains, incluant les déposants dans des comptes sans intérêts, qui devraient détenir une super-priorité, reçoivent plutôt un coup de pied dans le ventre…

En principe, les déposants sont les premiers créanciers d’une banque. Cependant, cela a changé avec le Bankruptcy Act de 2005, qui fit changea le statu des dérivés en créances sénior, donc prioritaires. Considérant l’exposition extrême sur les dérivés qu’ont plusieurs grandes banques, ainsi que l’opportunité de bourrer une banque de dérivés au dernier moment, les autres créanciers pourraient très facilement se rendre compte qu’il ne reste plus rien pour eux. »

En septembre 2014, les produits dérivés aux États-Unis avaient une valeur notionnelle de près de 280 000 milliards $. Une étude de Citibank intégrant le coût de Dodd-Frank pour les contribuables, insérée dans la loi « omnibus » de dépenses en décembre dernier, démontre que ce changement de règle a permis aux banques de garder 10 000 milliards $ de swaps dans leurs bilans. Cela représente de l’argent que les contribuables pourraient assumer en cas d’un autre bail-out (sauvetage des banques par les contribuables), et, vu que Dodd-Frank remplace les bail-out par des bail-in, les créanciers et déposants aussi. Citibank est particulièrement vulnérable aux swaps sur le prix du pétrole. Le Brent est passé d’un haut de 114 $ du baril, en juin 2014, à un bas de 36 $, en décembre 2015.

Qu’en est-il de l’assurance fournie par la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) ? Elle couvre les dépôts jusqu’à hauteur de 250 000 $, mais le fonds de la FDIC ne possède que 67,6 milliards $, en date du 30 juin 2015, pour assurer environ 6 350 milliards $ de dépôts. La FDIC dispose d’une ligne de crédit avec le Trésor, mais elle n’est que de 500 milliards $… et qui rembourserait un prêt si énorme ? Le fonds de la FDIC, également, doit faire la queue devant le trou noir sans fond des produits dérivés. Comme Yves Smith l’observait en mars 2013 :

« Aux États-Unis, les déposants sont dans une situation bien pire qu’à Chypre, tout du moins ceux qui font affaire avec les grandes banques qui jouent au casino des produits dérivés. Les organismes de réglementation regardent ailleurs, alors que les banques se servent de l’argent des déposants pour financer leur exposition aux produits dérivés… les dépôts pourraient maintenant être balayés par une grosse perte sur les produits dérivés. »

Même lors des pires faillites de banques lors de la Grande dépression, note Nathan Lewis, les créanciers ont récupéré presque tout leur argent. Il conclut :

« Quand des déposants, qui devraient avoir une super-priorité, subissent de lourdes pertes de 50% ou plus, après un bail-in ou une restructuration, vous savez qu’un crime a été commis. »

Sortir du système tant qu’il en est encore temps

Comment pouvons-nous éviter ce vol criminel et garder notre argent en sécurité ? Il est peut-être déjà trop tard pour retirer vos épargnes de la banque et les mettre sous le matelas, comme l’a constaté Shah Gilani, lorsqu’il a tenté de retirer quelques milliers de dollars de sa banque. Les gros retraits sont maintenant criminellement suspects.

Vous pourriez transférer votre argent dans une des credit unions (coopératives de crédit) qui ont leur propre assurance pour les dépôts, mais les credit unions et leurs plans d’assurance font aussi l’objet d’attaques. C’est ce qu’écrit Frances Coppola dans un article du 18 décembre intitulé « Co-operative Banking Under Attack in Europe« , en parlant d’une credit union espagnole insolvable qui fut l’objet d’un bail-in en juillet 2015. Lorsque les membres-investisseurs furent remboursés par le groupe privé d’assurance de la credit union, il y a eu des plaintes selon lesquelles le sauvetage « minait le principe de bail-in par les créanciers » – et cela même si le fonds d’assurance était financé en privé. Les critiques arguaient que « cela ressemblait à une façon détournée de faire ce qui était planifié au début, c’est-à-dire d’éviter de faire subir les pertes aux créanciers privés. »

Pour faire court, le but du schéma de bail-in est de faire subir les pertes aux créanciers privés. Les alternatives leur permettant d’éviter ces pertes pourraient bientôt être bloquées.

Nous avons besoin de forcer nos législateurs à changer les règles avant qu’il ne soit trop tard. La loi Dodd-Frank et le Bankruptcy Reform Act ont tous deux besoin d’un remaniement radical, et le Glass-Steagall Act (qui met un mur de feu entre les investissements risqués et les dépôts bancaires) doit être remis en place.

Pendant ce temps, les législateurs locaux feraient bien d’instituer quelques banques détenues publiquement, sur le modèle de la banque du Dakota du Nord, détenue par l’état, des banques qui ne jouent pas avec les produits dérivés et qui sont sécuritaires pour y déposer nos fonds, publics ou privés.

Ellen Brown est une avocate, qui a fondé le Public Banking Institute, et elle est l’auteure de douze livres, incluant le best-seller Web of Debt. Son dernier livre, The Public Bank Solution, explore des modèles bancaires qui ont connu du succès, historiquement et mondialement. Ses plus de 300 articles de blogue se trouvent sur EllenBrown.com. Vous pouvez écouter « It’s Our Money with Ellen Brown » sur PRN.FM.

Source: WEB OF DEBT BLOG

Traduction intégrale sur Goldbroker via Business Bourse

Et n’oubliez pas que tout ceci n’est qu’un petit avant gout du TAFTA, une fois celui-ci en place, cela sera encore plus dingue et dangereux pour nous. Alors comme le dit si bien Charles Sannat, préparez-vous, il est déjà trop tard…

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Anniversaire, par Jacques SAPIR

5 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Politique intérieure, #Terrorisme, #La justice, #La paix, #La mondialisation

Publié par Jean Lévy

Place de la République, un jour ordinaire : camp de migrants afghans  le 21 décembre 2015...Mais dimanche, elle - la place comme la République - fait place net : François Hollande la réquisitionne...pour mémoire, un an avant les élections présidentielles - providentielles ?- ...

Place de la République, un jour ordinaire : camp de migrants afghans le 21 décembre 2015...Mais dimanche, elle - la place comme la République - fait place net : François Hollande la réquisitionne...pour mémoire, un an avant les élections présidentielles - providentielles ?- ...

RussEurope

 

Blog de Jacques Sapir sur la Russie et l'Europe

 

 

 

 

Nous vivons un temps de commémoration. Et, aujourd’hui, ce sont les victimes des attentats de janvier 2015 que l’on nous invite à honorer. Certains des témoignages qui sont publiés sont respectables, et touchants. Mais d’autres s’inscrivent dans une logique qui est un attentat de plus à la mémoire des personnes qui ont perdu leur vie.

 

L’une des victimes de ces actes atroces fut l’économiste Bernard Maris, assassiné avec une partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Fils de Républicains espagnols émigrés en France, il avait fait de brillantes études d’économie couronnées par une thèse en 1975. Il avait suivi le cursus honorum qui devait le mener au poste de professeur et enchaîné les postes, récoltant le prix de « meilleur économiste » pour 1995 décerné par Le Nouvel Economiste. Il avait aussi publié des livres importants comme Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (en 1998), ou Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles (en 1999). Il fut l’auteur du remarquable Antimanuel d’économie (publié chez Bréal en 2 volumes) et d’un ouvrage collectif important témoignant de son intérêt pour les sciences sociales, Gouverner par la peur en 2007. On pouvait le suivre à la télévision ou sur France-Inter. Il fut mon directeur de collection de 2000 à 2002 chez Albin Michel. Nous avions, alors, discuté ensemble des journées entières et, de ces discussions, devait surgir un autre livre Les économistes contre la démocratie qui fut publié en 2002. Son écoeurement était immense devant le comportement de certains économistes à gages, dont la seule fonction est de fournir des justifications à qui les payent. Le projet d’un troisième livre, rédigé avec l’un de mes anciens étudiants russes sur la « transition » en Russie ne se fit pas.

A chacune de nos rencontres, il ne cessait de fulminer contre ce gouvernement et le président. Il fut nommé en 2011 au Conseil Général de la Banque de France, alors qu’il avait déjà largement exprimé ses doutes quant à la survie de la zone Euro, il devait franchir le pas au début de 2014 et expliquer pour quelles raisons il était désormais favorable à une dissolution de la zone Euro et à un retour aux monnaies nationales. J’avais vu ses positions s’infléchir avec le temps parce qu’il comprenait dans quelle impasse l’Euro était en train d’enfermer tant la France que l’Europe. Un livre lui rend hommage qui sort le mercredi 6 janvier 2016[1].

 

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Mais Bernard Maris ne fut pas la seule victime. De grands dessinateurs, mais aussi des personnes ordinaires, ont perdu la vie lors de ces attentats qui n’ont pas frappés que Charlie Hebdo. Il faut aussi rappeler la mémoire de Ahmed Merabet, 42 ans, enfant de l’immigration, policier de la brigade VTT du commissariat du XIème, assassiné par les tueurs qui ont frappé Charlie Hebdo. De même, on s’incline devant Franck Brinsolaro, policier du service de la protection de personnalités, qui avait en charge la protection de Charb de Charlie Hebdo ou encore leur collègue tuée de sang froid par Coulibaly.

Ces attentats n’ont été que le début d’une série d’actes terroristes, dont les massacres du 13 novembre ont été comme un tragique point d’orgue. Et delà surgit une question : le gouvernement français a-t-il bien pris toute la mesure du drame de janvier 2015 ? Car, s’il est bon de s’émouvoir, de marcher et de protester, il est encore meilleur, et bien plus utile, de prévenir la répétition de tels actes. On ne peut qu’être rongé par cette question : tout a-t-il bien été fait pour tenter d’éviter la répétition de ces crimes ?

Et c’est là que la commémoration produit une gêne certaine.

A vouloir en rajouter sur le registre de l’émotion, n’a-t-on pas perdu en réflexion ? Il bien beau de produire des documentaires, d’organiser des concerts in memoriam, bref de faire ce qu’exige de nous une société du spectacle qui se repait des douleurs collectives.

Mais il serait bien plus utile de répondre à certaines interrogations. Les mesures que le gouvernement s’est enfin résolu à prendre, comme la suspension des accords de Schengen, les contrôles et les sanctions contre les « prédicateurs de haine » n’ont-elles pas été trop tardives ? A trop vouloir commémorer, nous risquons de passer à côté de véritables questions. Et de toutes, c’est bien celle de la responsabilité du gouvernement entre janvier et novembre 2015 qu’il faut poser. Pourquoi a-t-on dit après l’attentat du Thalys que des portiques étaient impossibles à mettre en place dans les gares pour découvrir soudain en décembre qu’une telle mesure était parfaitement applicable ?

Au-delà, la récupération politicienne des attentats de janvier 2015 par le gouvernement pose problème. On a dit tout le dégoût que la mise en scène de la marche de masse du 11 janvier 2015 pouvait inspirer et pourquoi, en dépit de dégoût, il fallait y participer quand même[2].

En prenant la responsabilité de faire manifester les Français en compagnie de gens infréquentables, le gouvernement français a pris la responsabilité de salir un mouvement de masse.

On dira que ceci n’est qu’un épiphénomène, et que les millions et millions qui ont marché dans toute la France représentaient bien plus que ces rangs de politiciens qui n’ont eu aucune honte à marcher sur des morts. Et l’on aura sans doute raison. L’ampleur du mouvement était telle que rien ne pouvait réellement l’atteindre. Et pourtant, cette récupération mesquine ne faisait qu’anticiper sur d’autres qui sont encore en cours. Parler ainsi d’un “génération Bataclan” est une profonde ignominie. La dignité est visiblement un mot inconnu des responsables de la cellule de communication de François Hollande.

Ces événements terribles auront, pour la génération de 1968 et des années qui suivirent, marqués un tournant radical. Nous sommes définitivement sortis du temps de l’espérance et de la joie pour entrer dans une période sombre, même si ce tournant était manifeste depuis des années. Il nous faut en tirer les leçons.

NOTES :

[1] Collectif, Pour saluer Bernard Maris, éditions Flammarion, Paris, en librairie le 6 janvier

[2] Sapir J. « A dimanche, hélas… », note publiée sur le carnet RussEurope le 10 janvier 2015, 

http://russeurope.hypotheses.org/3259

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Meilleurs voeux 2016. Garder la Foi et l'Espérance. Erwan Castel, groupe de volontaires dans le Donbass.

2 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #le nazisme, #La mondialisation

Meilleurs voeux 2016

 
Garder la Foi et l'Espérance
 
Je vous adresse à toutes et à tous mes plus chaleureux remerciements pour votre soutien fidèle et actif aux volontaires du groupe, et vous adresse pour vous et vos proches mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2016.
 
Photo Guillaume Chauvin
Pour notre groupe de volontaires déployé sur le front, l'année 2015 s'achève dans la tristesse et l'attente. 
 
La tristesse tout d'abord d'avoir perdu Dietrich, un camarade tué par une mine au cours d'une mission le 1er décembre, suivi le jour de Noël d'Aleksandr, grièvement blessé dans les mêmes circonstances. Nos pensées vont à la famille de notre camarade disparu et nos encouragements à notre ami pour qui 2016 va être l'année d'un nouveau combat pour retrouver sa liberté avec une prothèse réparatrice.
L'attente ensuite sur un front suspendu entre la guerre et la paix mais qui, tel un minotaure continue de réclamer sa dose quotidienne de larmes et de sang. Cette attente est pire que le froid de l'hiver qui paralyse les corps ou le feu des canons qui anime le sol autour de nous, c'est un poison qui lentement peut éteindre l'attention de la sentinelle.
 
Si 2014 fut l'année de la rébellion, 2015 aura été celle de la résistance, et les jeunes Républiques ont confirmé leur qualité de "laboratoire du futur" dans lequel un Peuple tout en étant fidèle à ses traditions défend les armes à la main sa liberté de pouvoir choisir son destin dans une vision sociétale créatrice nouvelle, épurée des errements et dérives du passé. Désormais les jeunes Républiques sont écloses et grandissent chaque jour en force et en beauté, malgré cette armée de soudards grouillant au pied de leurs remparts
 
2016 doit être l'année de la Liberté et de la Paix, pour les Républiques du Donbass, mais aussi pour leurs territoires occupés écrasés sous la botte des bataillons ukrainiens, mercenaires étrangers, fanatiques néo-nazis ou conscrits forcés, tous à la solde d'un l'impérialisme étasunien esclavagiste...
 
Cette Victoire qui ne sera assurée qu'après l'effondrement inévitable du régime totalitaire installé à Kiev par la ploutocratie mondialiste, sonnera la reconquête de l'Europe par ses peuples natifs et la disparition d'un Nouvel Ordre Mondial hégémonique et amoral.
En attendant, il nous faut protéger avec ténacité mais aussi avec patience cette promesse d'avenir née ici grâce au courage et à l'abnégation de ce peuple héroïque du Donbass car, en défendant les marches du monde russe ces femmes et ces hommes défendent aussi les libertés fondamentales des autres peuples d'Europe et leur offre par l'exemple un message d'espoir.
 
Voilà pourquoi, au nom de toutes celles et ceux qui sont tombés depuis 2 ans sur cette terre noire du Donbass pour défendre la Liberté, il nous faut garder la Foi et l'Espérance, et continuer le combat jusqu'à la Victoire !
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
Dietrich, tué au combat le 1er décembre 2015, un homme et un chef de groupe de grande valeur dont le grand coeur n'avait d'égal que son courage et son humilité.  

"Que le souvenir des morts soit la force des vivants !"
 
Photo Guillaume Chauvin
 
Nous souhaitons à notre camarade Aleksandr, qui continue par delà sa blessure a nous offrir un exemple de dignité et de courage, un rétablissement physique pour qu'il continue son chemin d'Homme libre... 

2016 l'année de toutes les victoires !
 
 
__________
 
 
Ce qui n'a pas encore été fait dans le Donbass 
et ce qui doit être fait en 2016
 
 
"Depuis l'hiver 2014, les événements en Ukraine se sont déroulés à une vitesse kaléidoscopique: un coup d'état à Kiev, des manifestations anti-nazies pacifiques dans les villes de la Nouvelle Russie, les premiers affrontements, l'escalade de la violence et les "unités d'auto-défense du Maïdan" faisant le tour du pays. Les "hommes polis" en Crimée et le "Printemps russe" dans tout le Sud-Est, l'émergence des punisseurs ukrainiens, la tragédie d'Odessa et la chute de Kharkov, et puis le début de l'opération anti-terroriste, la proclamation de l'indépendance du Donbass et la guerre…
 
Suite à l'évolution des événements, les idées sociales dominantes ont elles aussi évolué: le soutien aux autorités légitimes, la fédéralisation de l'Ukraine, l’indépendance du Sud-Est, rejoindre la Russie…
 
Ces événements nous ont guidé tout le long, et il n'était pas possible de s'arrêter et de réfléchir, de faire des plans sur le long terme pour le futur. Et parfois la questions se posait de savoir si nous avions même un futur.
 
La première année et demie d'existence de la RPD a été une période de survie à la fois pour le jeune état et pour les gens ordinaires. Maintenant il est déjà clair que l'état a prévalu, même si l'agression ukrainienne et le blocus ont infligé un coup terrible à la région de mineurs. Maintenant nous pouvons voir ce que nous avons laissé et ce à quoi nous devrions aspirer.
 
Commençons par les choses tristes. Si en 2013 Donetsk était juste derrière Kiev en terme de niveau de vie, maintenant, le revenu de ses résidents a considérablement diminué. Ainsi, les autorités de la République vont devoir travailler dur pour restaurer l'économie. Cependant, il y a de nombreux obstacles ici, comme l'instabilité de la situation, la situation politico-militaire complexe et, le plus important, le fait que l'enthousiasme au travail des résidents du Donbass a fortement diminué et leur motivation est proche du zéro. Beaucoup d'entre eux sont fatigués et ont perdu la foi. Même ceux qui travaillent, sans même parler des retraités, ont à peine assez d'argent pour le strict nécessaire.
 
L'aide humanitaire améliore un peu la situation, mais elle ne peut pas couvrir tous les besoins de la région, et il est impossible de vivre de subventions à vie.
 
Ainsi, les autorités et les entreprises ont beaucoup à faire pour neutraliser les effets du blocus, créer de nouvelles chaînes de production, trouver des clients à l'étranger, construire le système bancaire… En fait, ce travail est déjà en cours, mais il faudra beaucoup de temps et d'efforts pour normaliser la situation.
 
Un autre problème du peuple du Donbass c'est l'effondrement des espérances. Au début du "Printemps russe” tout le monde espérait un scénario comme celui de la Crimée, et il y avait toutes les raisons pour de tels espoirs. Les gens espéraient des salaires du même niveau d'en Russie mais, en fait, ont perdu même ce qu'ils avaient du temps de Ianoukovitch. Les prix montant en flèche et les bas salaires ont provoqué une dépression sociale et de la déception. Les gens sont épuisés mentalement et physiquement. Il n'y a pas de famine, mais il n'y a pas de prospérité. Il n'y a pas de guerre, mais il n'y a pas de paix. En conséquence, l’enthousiasme de 2014 s'est évaporé. Ainsi, nous devons commencer la renaissance de la région par le peuple, sans qui nous ne pourrons pas construire une nouvelle société, peu importe ce qui est écrit sur le papier. Il est nécessaire de maintenir et de renforcer leur foi en la victoire.
 
Bien que nous devions admettre qu'il s'est avéré y avoir bien plus de combattants loyaux envers le Donbass que ce que nous pouvions imaginer avant la guerre. Aujourd'hui, des milliers de gens du Donbass risquent leur vie dans l'armée et sont prêts à combattre pour la victoire mais, de même, à cause des difficultés à l'arrière, beaucoup sont épuisés et déprimés.
 
Bien sûr, l'expérience historique du peuple Russe montre que, même sans argent, vous pouvez faire renaître votre pays de ses cendres et construire un nouveau monde. Néanmoins, pour bâtir un pays sans argent vous avez besoin d'une idée unissant et mobilisant tout le peuple. Jusqu'à présent, l'idée principale du Donbass était de combattre l'abomination qu'est le nationalisme ukrainien. Maintenant, il est temps de passer du combat contre quelque chose au travail pour quelque chose. Nous avons besoin d'objectifs concrets qui pousseront la société à atteindre un but positif commun.
 
Que devons-nous faire? Les gens ont besoin de croire à l'inéluctabilité de la victoire, il est nécessaire de leur faire sentir, même un peu, les avantages de cette nouvelle vie. La lutte constante pour la survie, l'incapacité de se déplacer librement, le manque d'argent, etc conduit la majorité de la population à la méfiance et aux rumeurs internes. Souvenons-nous de ce que Staline a fait dans les difficiles années d'après-guerre – il diminuait les prix de la nourriture, même de cinq kopecks, même d'un kopeck. Et cela donnait au peuple la foi en une vie meilleure, un espoir pour le futur, et la volonté de supporter les difficultés.
 
En RPD nous devons agir de la même façon, par des améliorations petites mais régulières de la situation. En outre, nous devons informer les citoyens de la République des ouvertures d'entreprises, des restaurations d'infrastructure, etc, afin qu'ils sachent que la vie ne s'est pas arrêtée, que nous surmontons progressivement la dévastation d'après-guerre.
 
Nous avons déjà surmonté beaucoup de difficultés et nous allons faire face à tout le reste; le point principal est de ne pas abandonner à mi-chemin. Après tout, la libération du cauchemar ukrainien vaut le prix que nous payons pour elle. Je pense qu'il est opportun de rappeler les paroles de Ivan Prikhodko, l'actuel chef de l'arrondissement de Kouïbychev, "Avant d'abandonner, rappelez-vous pour quoi vous avez commencé!".
 
Nous avons commencé pour restaurer le monde russe déchiré par les frontières. Nous avons rejeté le régime nécrophile de Kiev et sommes partis sur le chemin de la lumière. Et nous allons suivre ce chemin jusqu'au bout.
 
Selon une théorie, la vie organique sur Terre serait née dans la «soupe primordiale» constituée d'eau, d'acides aminés, de polypeptides, de bases azotées, nucléotides et d'autres composés chimiques. Sous l'influence de décharges électriques, de la chaleur et du rayonnement cosmique, les composés chimiques les plus simples se sont combinés en molécules complexes qui sont ensuite devenues des composés organiques, donnant ainsi naissance à la vie qui existe sur la planète.
 
Aujourd'hui, le Donbass ressemble à une espèce de "soupe primordiale" sociale. Après le renversement de Ianoukovitch, toute la structure politique et sociale du Donbass s'est retrouvée paralysée puis complètement détruite. En conséquence, les processus économiques, sociaux et politiques sont devenus chaotiques et imprévisibles. Différentes forces, parfois concurrentes et parfois en interaction, ont essayé de construire une nouvelle réalité, et petit à petit s'est formée la structure sociale primaire de la nouvelle société, qui a abouti au "Printemps russe" et à la création de la RPD. Pour le peuple du Donbass, ces processus se sont avérés économiquement et mentalement difficiles mais pas fatals, comme les partisans de la junte l'espéraient.
 
Et maintenant nous entrons graduellement dans une nouvelle étape de notre histoire – la renaissance de la région. Personne ne dit que nous allons atteindre facilement et rapidement le niveau de vie d'avant-guerre, mais avec chaque mois qui passe notre vie sera meilleure.
 
À long terme, le Donbass surmontera toutes les difficultés et sortira du feu de la guerre trempé et purifié des souillures!"
 
 
Sergueï Bountovsky, écrivain, historien, Donetsk
 
Sources de l'article :
 
- Site DONi news, le lien : ICI
 
 
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De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...

2 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Chine, #AMERIQUE, #Terrorisme, #La mondialisation, #Les transnationales, #Les média, #La France

 

 

De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...
De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...
De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...

Pour lire sans a priori ce qui va suivre, il faut avoir remarqué que l’auteur d’un article sur les USA (un film, un livre, des inondations, le Grand Canyon du Colorado...) n’a jamais à préciser au préalable qu’il se démarque du génocide des Peaux Rouges ou des massacres de l’armée US au Vietnam (ou en plein d’autres endroits, il n’en manque pas).

De même, il devrait être possible d’écrire sur l’engagement russe en Syrie sans commencer par une longue dénonciation du goulag. Par conséquent, il devrait être admis d’écrire sur un événement précis survenu en Chine sans être obligé de prendre ses distances avec la Révolution culturelle, Mao, le culte de la personnalité, le système politique, médiatique, policier, judiciaire chinois, sans jurer que l’auteur n’y voit pas un modèle dont il souhaiterait l’importation en France.

Oui, il devrait être permis d’éviter pareil préambule mais, en vérité, il est préférable d’y faire une halte, faute de quoi les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs attaquent sur une étiquette, sur une supposée allégeance politique, pour ne pas avoir à contre-argumenter sur le fond.

Parlons maintenant d’Ursula Gauthier.

Le 18 septembre 2015, des extrémistes ouïgours (que le ministre sarko-socialiste Kouchner appela les « Yoghourts ») habitants du Xinjiang, République autonome chinoise « géographiquement plus proche de Kaboul que de Pékin », armés de couperets et autres armes blanches, ont assassiné une cinquantaine de mineurs Han travaillant dans une mine de charbon. La chasse policière aux terroristes s’est soldée par la mort de 28 d’entre eux.

Alors que la Chine est sous le choc, Ursula Gauthier, correspondante de L’Obs à Pékin, nie le caractère terroriste du pogrom anti-mineurs puisque, à ses yeux, ce qui s’est passé au Xinjiang n’avait rien de commun avec les attentats parisiens de janvier et novembre : il s’agissait d’une réplique à la politique de la Chine qui brime ses minorités ethniques.

Le monde entier a exprimé son émotion après les attentats du 13 novembre à Paris. La Chine aussi, mais Ursula Gauthier décèle dans ce pays (et dans lui seul) une « arrière-pensée ». Arrière-pensée qui vise ici à créer « un amalgame entre la lutte contre le terrorisme international et la répression contre la minorité ouïgoure, dans le Xinjiang ».

Ces partis pris de la journaliste ont indisposé les autorités de Pékin et le visa de presse d’Ursula Gauthier ne lui a pas été renouvelé. Elle doit quitter la Chine.

L’immuable ONG pro-américaine Reporters sans frontières dénonce le « lynchage médiatique » et la« campagne de diffamation et d’intimidation » visant la journaliste. Son patron, Christophe Deloire (un Ménard-bis, à croire qu’ils en font l’élevage, à RSF) demande au gouvernement français « une défense ferme », etc.

La plupart des médias hexagonaux se déclarent solidaires de la journaliste de l’Obs, mais se gardent de publier l’article qui a ulcéré Pekin.

Le magazine Challenge ici s’étonne de l’adhésion du peuple chinois à la réaction chinoise :

« Chine : 95% des internautes "soutiennent l’expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle.
Selon un pointage réalisé lundi soir, 202.318 votes sont en faveur de la décision d’expulsion, soit 94,4% du total.
La plupart des internautes chinois n’ont cependant pas pu lire l’article de la journaliste, non traduit intégralement en mandarin et désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte censure des contenus en ligne.
 »

La plupart des citoyens français ne l’ont pas lu non plus. Il n’est même pas sûr que tous les journalistes qui font corps l’ont lu. Probablement des extraits. Pour combler cette lacune, LGS vous invite donc à lire l’article dans son intégralité : ici

A présent, nous allons en examiner quelques détails ensemble.

Ursula Gauthier  : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng [le 18 septembre 2015]ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée ». En effet, « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïgours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation ... »

Traduire « s’en était pris » par « ont massacré plusieurs, dizaines de... ». Comprendre dans le« probablement » que la journaliste n’en sait rien, mais il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure sur laquelle les historiens nous en diront plus un de ces quatre, mais dont il semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient pas responsables.

Et encore : « Mais pour Pékin qui refuse de reconnaître sa propre responsabilité dans la montée de l’exaspération de ses minorités, la multiplication récente des incidents sanglants au Xinjiang ne peut être que l’œuvre d’une organisation djihadiste internationale. »

Si vous êtes joueur, remplacez dans la phrase ci-dessus, Pékin par Paris, Xinjiang par Bataclan et calculez à quelle heure le RAID va débarquer chez vous, vous plaquer à terre et vous déboiter l’épaule devant vos enfants.

Et encore : « Le hic, c’est que de nombreux experts doutent que l’ETIM [mouvement terroriste ouïgour] soit ce groupe cohérent et dangereux décrit par la Chine. Certains vont même jusqu’à douter de son existence. Après les attentats du 11 septembre, George Bush, désireux par dessus tout de nouer une alliance avec Pékin, avait accepté d’inscrire l’ETIM sur sa liste des organisations terroristes. Aujourd’hui, il ne figure plus sur cette liste ».

Notez : de « nombreux experts » (Lesquels ?) doutent de l’existence de ce groupe naguère inscrit sur la liste des organisatioins terroristes par G. W. Bush dont on connaît la faiblesse, la naïveté et le refus de créer une CIA ou une NSA pour lui ouvrir les yeux.

Ursula Gauthier invoque aussi comme explication « la radicalisation de jeunes poussés à bout par la répression impitoyable qui écrase tous les aspects de la vie des Ouïgours : culture, langue, religion, accès à l’éducation, au travail, voire à un simple passeport »

Le problème est que ce genre d’affirmations a déjà été avancé pour le Tibet et que les observateurs pour qui le goût de la vérité journalistique l’emporte sur la sinophobie ont démontré qu’elles étaient fausses (Voir mon livre : « Le dalaï lama pas si zen » , éditions Max Milo, 2011). Elles entrent en contradiction avec d’autres informations.

Par exemple, dans son livre publié chez Denoël, « Les Chinois sont des hommes comme les autres » , Zheng Ruolin, grand ami de la France où il a vécu une vingtaine d’années, révèle que dans le Xinjiang, quand l’assemblée des élus se réunit il faut 5 interprètes pour qu’ils se comprennent. Cinq langues pratiquées, donc.

L’article d’Ursula Gauthier est un article à charge contre le gouvernement chinois. Et pourquoi pas ? C’est son droit. Il n’a jamais été exigé (et c’est heureux) aux correspondants de presse occidentaux d’adhérer au PCC.

Cette correspondante de l’Obs a même le droit (tenez-vous bien), de trafiquer un peu la réalité, de manipuler le lecteur, de parer des atours de l’information un texte de propagande que des terroristes ne renieraient pas. En France, on est habitué à ça. Le Grand SoirAcrimedInvestig’action (pour ne citer qu’eux) en font régulièrement la démonstration.

Mais dans ce cas précis se posent trois problèmes spécifiques  :

1- Ursula Gauthier escamote la réalité d’un terrorisme ouïgour. Les autorités chinoises, en butte à une minorité de Ouïgours musulmans contaminés par les propagandistes d’Al Qaida à travers leurs centaines de kilomètres de frontière poreuse avec le Pakistan (et une autre, plus courte, avec l’Afghanistan) doivent faire face à un terrorisme réel, sanglant, appuyé depuis l’étranger. Les USA déploient (financent), via la National Endowment for Democracy (NED) plusieurs programmes en direction du Xinjiang (comme en direction du Tibet d’ailleurs, ces deux régions voisines étant chacune un talon d’Achille de la Chine). La plupart des figures historiques de la CIA ont siégé un jour ou l’autre au Conseil d’administration ou à la direction de la NED, dont John Negroponte, nommé ensuite ambassadeur en Irak occupé, puis, de retour aux USA, big chief de tous les services de renseignements US (à ce titre, c’est lui qui avait la charge de nommer le directeur de la CIA).

  • La responsabilité d’un commando ouïgour est établie dans l’attaque d’un poste de police le 4 août 2008 au moment des jeux Olympiques de Pékin dans le Xinjiang : 16 morts.
  •  Le 28 octobre 2013, un commando ouïgour commet un attentat sur la place Tian’anmen à Pékin : 5 morts et 40 blessés.
  • Le 1er mars 2014, un commando ouïgour commet un attentat à la gare de Kunming, capitale du Yunnan : 29 tués au couteau et 130 blessés.
  • Le 18 septembre 2015 donc, c’est l’assassinat d’une cinquantaine de mineurs.

Policiers, touristes et promeneurs, voyageurs, travailleurs, telles sont les catégories de victimes dont on serait étonné d’apprendre qu’elles ont commis un abus, une injustice, une expropriation au Xinjiang avant d’être rassemblées par pas-de-chance sur le lieu de leur mort.

2- Dans une vidéo, Ursula Gauthier se défend ici en disant qu’à aucun moment elle n’a approuvé le terrorisme. Certes, mais à aucun moment elle ne l’a dénoncé, à aucun moment elle n’a exprimé de la compassion envers les victimes, à aucun moment elle n’a eu une once de compréhension pour le gouvernement chinois qui prend des mesures (trop nombreuses, trop tatillonnes, trop brutales ?) pour préserver sa population des attentats et massacres aveugles contre des innocents.

A aucun moment elle n’a des mots d’amitié pour le peuple chinois, sentiment qu’elle revendique un mois après son article militant, à quelques jours de l’expiration de son visa.

Comment croire en effet à la sincérité de son amour (tardif et brisé) qu’elle clame dans une vidéo (ci-dessus) sous l’avalanche des reproches et dont les mots sont en contradiction avec le ton de son article, lequel est consacré à trouver, sinon des excuses, tout au moins des « justifications » aux actes sanglants ? Comment parier un yuan sur son objectivité quand pas un mot de son article n’est de nature à irriter les tueurs ?

Si les mots « terroristes » ou « terrorisme » reviennent 17 fois dans son article, c’est toujours, entre guillemets.

Et qui se douterait, à la lire, que des combattants Ouïgours ont rejoint Daesh en Syrie ? 
Pour y retrouver leur langue et la maison dont ils ont été expropriés ? Par horreur de l’autorité, poussés à bout par l’impossibilité d’obtenir un passeport ? C’est cela-même ; évitons, avec l’Obs, de les confondre avec les terroristes qui ravagent la Syrie et qui envoient en Europe leurs métastases.

3Si Ursula Gauthier avait écrit sur les attentats terroristes de Paris (janvier et novembre) ce qu’elle a écrit sur les attentats au Xinjiang, elle aurait eu à en répondre devant la Justice française et elle aurait été licenciée par son journal, avec l’approbation des médias et dans le silence de RSF.

Car, rappelons-nous Charlie Hebdo, ce n’est pas si vieux  

Des fous du même métal que les fanatiques ouïgours se sont livrés à un massacre odieux à Charlie Hebdo.

Et, dans la France saisie d’effroi et de pitié, pas une seule Ursula Gauthier ne s’est avisée d’écrire ce qu’elle écrit des massacres aveugles en Chine.

Pas un seul journaliste n’a mis alors des guillemets à terroristes !

En janvier 2015, le gouvernement français a demandé qu’une minute de silence soit observée dans les écoles. Les cas de non respect ont été signalés. Ecoutons la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 14 janvier 2015, à l’Assemblée nationale (Questions au gouvernement) :ici :

 « S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés. Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. »

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a publié une circulaire demandant aux procureurs de la République de faire preuve d’une « extrême réactivité » et de « fermeté ». 

  • Un enfant de 8 ans a été conduit au commissariat pour ne pas avoir voulu « être Charlie » et pour avoir parlé de terroristes, mot dont il s’est avéré qu’il ne connaissait pas la signification.
  • Un basketteur professionnel, Akin Akingbala, pivot nigérian de l’équipe de Rouen, a été mis à la porte de son club sportif le 17 février pour un message privé repris sur le réseau social Twitter. Celui-ci, écrit à l’origine par un journaliste britannique, disait en anglais « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort.... ».
  • Le mensuel Le Monde Diplomatique de Janvier 2015 signale que la répression va de« l’inculpation de jeunes pour des dessins (oui !) à la condamnation à Grenoble à six mois de prison ferme d’un déficient mental »
  • Un homme de 28 ans qui avait crié à l’adresse de policiers : « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé », a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère. 
  • Le quotidien Ouest France du 14 janvier 2015 nous apprend que « Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo il y a une semaine, d’après le ministère de la Justice ».

Les rigolos, les ivrognes, les bravaches, qui se défoulent avec des plaisanteries de mauvais goût sur le sujet sont jugés sans tarder. Une dizaine de condamnations - plutôt lourdes - sont prononcées dans les jours qui suivent.

C’était la France traumatisée de janvier 2015, celle qui sentait le Patriot act, celle où un message privé, un mot dans la rue, un article pouvaient vous conduire devant un tribunal.

Pour Ursula Gauthier, si la Chine « une société qui n’éprouve que peu de sympathie pour le reste du monde » (mais qu’elle adôôôre, découvre-t-elle en bouclant ses valises) s’est associée en novembre à la douleur de la France c’est pour obtenir « en retour le soutien de la communauté internationale dans ses propres démêlés avec sa minorité la plus remuante : les Ouïgours du Xinjiang ». 

D’où le titre de l’article d’Ursula Gauthier dans l’Obs : « Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées ».

A croire que le rassemblement des chefs d’Etat pour Charlie Hebdo à Paris était dépourvu d’arrière-pensées.

Si la presse française traverse une crise grave, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l’Etat, la conjoncture n’explique pas tout : la profession est largement discréditée et nous venons de mieux comprendre pourquoi, grâce à Ursula Gauthier. Le péché mortel d’un journaliste est de croire qu’il est intellectuellement supérieur à tous ses lecteurs, que ceux-ci n’ont aucun moyen de vérifier ce qu’il écrit ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé et un coeur froid.

Et ces silences !

Comment faire comprendre au lecteur la nervosité de Pékin face aux terroristes islamistes et aux séparatistes si l’on ne lui dit pas que le Xinjiang est la seconde région productrice de pétrole du pays, qu’il fournit un tiers de la consommation nationale en gaz naturel, qu’il est le premier producteur de charbon avec 40% des réserves nationales. On y trouve le plus grand gisement d’uranium du pays. Ajoutez à cela les passages de gazoducs et d’oléoducs et vous en saurez plus sur le Xinjiang.

Ah, vraiment, il n’est pas besoin d’avoir la nostalgie de la Révolution culturelle, du Grand Timonier,Grand Commandant en Chef et Grand Pilote, de vouloir importer en France le système politique, médiatique, policier, judiciaire, culinaire (je fais référence aux insectes grillés et aux brochettes de scorpions, pas à la Tsingtao) chinois pour se démarquer de cette journaliste et pour ne pas rejoindre la meute qui regrette son expulsion alors qu’il urge surtout de dénoncer ce qu’elle écrit et son manque de probité qui est pointé par une grande partie des Internautes... sur le site de l’Obs.

Ah, madame Gauthier, comme vous nous dites bien que vous vous en f... des 50 mineurs massacrés à la machette, 50 prolos qui travaillaient pour nourrir leur famille, mais qui, aux yeux « d’assassins que craignent les panthères et dont tremble un poignard quand leurs mains l’a touché » (Aragon) présentaient les défauts rédhibitoires qui attisent les haines et qui leur ont été signifiés par des cris :« On est chez nous ! » et « Allahou akbar ! ». Probablement, comme vous diriez.

Maxime Vivas

PS. Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’Ursula Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le nationalisme, le racisme, l’intégrisme religieux, la sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois.

Mais, puisqu’elle rentre en France, je conseille à l’Obs (par gentillesse) de ne pas lui commander des articles sur le terrorisme, calqués sur sa vision pékinoise du problème.

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De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales

De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

Le 23 décembre 2015 – Source entrefilets.com

L’expérience est étonnante. Vous mettez une bouteille d’eau au congélateur environ deux heures et demie puis vous la ressortez délicatement. Vous constaterez que l’eau est toujours liquide bien que sa température soit largement descendue en-dessous de zéro. Il suffit alors d’un simple choc sur la bouteille pour que l’eau se transforme instantanément en glace. L’effet est saisissant. C’est la surfusion. Cette transition de phase brutale peut aussi s’appliquer à la biologie, comme aux sociétés humaines. Ainsi, à l’image de l’eau de notre bouteille, le Système néolibéral américaniste qui a produit notre contre-civilisation se trouve-t-il déjà bien en-dessous du degré zéro fatidique. Malgré son apparente normalité, il est ainsi dans un état de désorganisation totale et un simple choc pourrait suffire à provoquer son effondrement. La chute de l’Empire US, aujourd’hui en phase terminale, sera à n’en pas douter le choc décisif en question.

 

L’illusion de l’hyperpuissance

Depuis plusieurs années déjà, le déclin de l’Empire étasunien connaît une accélération phénoménale. Son économie ne tient debout qu’au prix d’un endettement permanent. Sur le plan militaire, le Pentagone engage des moyens toujours plus colossaux pour des résultats toujours plus lamentables, butant même contre un plafond de verre en matière de technologie militaire. Enfin, au plan géopolitique, l’Empire accumule les ratages et les erreurs et ne peut qu’assister au reflux de son leadership sur les affaires mondiales.

Désormais, même si la puissance US est encore bien réelle, elle est sans commune mesure avec l’idée que l’on s’en fait. C’est que l’image de l’hyperpuissance étasunienne est surtout le fruit d’une illusion fantastique, d’une merveilleuse opération de com’ soutenue par 70 ans de propagande hollywoodienne qui ont hypnotisé les esprits. Sous le vernis, l’Empire se fissure. Il est même en train de perdre la dernière bataille, celle des cœurs, et il n’y a plus guère que la caste politique libérale et son clergé médiatique pour croire encore à ses tours de magie.

Une économie faisandée

Ainsi, au plan économique d’abord, la résilience américaine est un leurre. Aujourd’hui aux États-Unis, plus de 46 millions d’Américains font la queue devant les banques alimentaires 1. Le chômage explose malgré des statistiques bidouillées 2 qui permettent au Marché des fous de croire encore au mirage. Mais en réalité, si l’on inclut les chômeurs de longue durée éjectés des statistiques sous Clinton, le chômage US oscille entre 13% de la population active pour les estimations les plus optimistes, et 23% 3 pour les plus réalistes.
Seule la toute-puissance du dollar dans le négoce international, dopé par une planche à billets qui tourne à plein régime, maintient le Titanic US à flot au prix d’un endettement sans fin. A l’heure actuelle, le cumul des dettes publique et privée US culmine au chiffre stratosphérique de 64 000 milliards de dollars 4.
Le dollar est désormais une telle monnaie de singe que même le FMI a intégré le yuan chinois comme monnaie de réserve. La montée en puissance des BRICS leur a aussi permis toutes les audaces, y compris celle de créer leur propre banque d’investissements concurrente de la Banque mondiale sous obédience américaine.

En réalité, les États-Unis n’ont plus les moyens de défendre leur hégémonie monétaire et même le négoce de l’énergie, et notamment du pétrole, commence à se faire en roubles ou en yuan, ce qui était impensable il y a quelques années encore. Tous les régimes qui avaient eu jusque là eu la prétention de se passer du dollar dans le négoce énergétique, comme l’Irak ou la Libye, ont été rayés de la carte.

On en est plus là.

Désormais, il ne s’agit plus de savoir quelle sera la prochaine bulle spéculative made in US à éclater, mais quand, sachant qu’elle est là, sous le vernis, en train d’enfler, inéluctablement.

Un Rambo aux pieds d’argile

Au niveau militaire, c’est le même mirage, la même fascination construite, la même illusion. Malgré 620 milliards de dollars de budget annuel, 1,5 millions de personnels militaires, 20 000 tanks et avions, une dizaine de porte-avions et des centaines de sous-marins, des dizaines d’agences de renseignements regroupant des milliers de barbouzes, les performances militaires de l’Empire sont lamentables.

Depuis 25 ans, toutes ses interventions se sont soldées par de cuisants échecs, que ce soit en Irak et en Afghanistan ou, maintenant, dans la guerre par procuration syrienne.

En un quart de siècle de gesticulations militaires, et malgré l’inside job du 11 Septembre 5 et le fameux remodelage du Moyen-Orient qu’il avait permis, l’Amérique après avoir perdu l’Asie centrale est en train de perdre le Moyen-Orient.

Bien sûr, la fascination reste. Les États-Unis ont de merveilleux porte-avions qui sillonnent les mers en permanence, de fabuleux bombardiers officiellement furtifs qui scintillent dans le ciel, mais à quoi servent-ils au juste ?

Qui se soucie encore en effet de contrôler à grands frais la surface totale des mers à la manière des thalassocraties des siècles passés, alors qu’un seul avion russe, grâce à ses nouveaux systèmes de brouillage 6, peut s’approcher suffisamment de chacun de ces mastodontes pour les envoyer par le fond en un clic ? A quoi sert-il encore d’avoir des bombardiers furtifs si chers à produire que le Pentagone n’ose pas sortir sans une escadrille complète de chasseurs en escorte, annulant du même coup leur si onéreuse furtivité ?

De même, alors que la Russie et la Chine multiplient les avancées technologiques en matière d’armement en construisant des outils simples mais performants et efficaces, le Pentagone est désormais incapable de briser le plafond de verre technologique qui le conduit à enchaîner les fiascos comme des perles [7 Les limites de la quincaillerie US], à l’image de ce fameux bombardier du futur le F-35 dont le prix ne cesse de s’envoler mais qui, lui, ne vole toujours pas.

Aujourd’hui, même les analystes anglo-saxons estiment que les États-Unis sont dépassés en matière de technologies militaires face aux matériels russes et chinois 7.

Géopolitique de la fuite en avant

Au plan géopolitique enfin, le constat est également douloureux pour l’Empire. Même sa tentative de fracturer l’Eurasie en créant de toutes pièces une guerre en Ukraine est loin d’avoir donné les résultats escomptés. En un tour de main et avec l’aide de quelques petits hommes verts, Vladimir Poutine a tourné la manœuvre à son avantage en rapatriant la Crimée dans le giron russe, s’assurant ainsi un accès définitif aux mers chaudes de manière quasi inespérée.

Cette nouvelle Guerre Froide 2.0 a même été un formidable accélérateur pour pousser la Russie et la Chine à intensifier leur coopération à tous les niveaux. Dans sa tentative désespérée de créer son fameux intermarium 8 pour empêcher tout rapprochement entre l’Europe et la Russie, les États-Unis ont précipité la constitution d’un bloc asiatique redoutable avec lequel, tôt ou tard, l’Europe opérera une jonction.

Même l’Inde et le Pakistan sont désormais en passe d’intégrer l’Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe déjà nombre de républiques d’Asie centrale en plus de la Chine et de la Russie. Cet affrontement homérique où l’Empire recule inexorablement prend toute son ampleur dans le nouveau Grand Jeu autour des ressources énergétiques et de la fameuse guerre des tubes ou pipelineistan, c’est-à-dire la guerre pour le contrôle des routes d’acheminement du pétrole et du gaz. Une guerre qui explique d’ailleurs en grande partie la soudaine réhabilitation de l’Iran et la guerre actuelle en Syrie, notamment.

Mais là aussi, là encore, les États-Unis voient leurs projets sévèrement contrariés 9, armes à la main si nécessaire. Russie et Chine n’hésitent désormais plus à défendre militairement leurs intérêts face aux manigances d’un Empire US qui ne fait plus peur. Or un Empire que l’on ne craint plus est un Empire à l’agonie. L’Empire US ne se bat plus aujourd’hui pour grandir, ni même pour se maintenir, il se bat pour freiner son déclin. Et si l’Empire n’est certes pas mort et conserve une terrible capacité de nuisance, il n’en est pas moins vaincu.

De l’indignation à la révolte

La chute de l’Empire est donc une affaire de temps, et elle entraînera tout aussi inéluctablement la chute du Système néolibéral dont il est la matrice. Nous ne croyons pas en effet à un simple basculement des centres de pouvoir de l’Occident vers l’Asie, avec la simple reprise en mains des mêmes structures néolibérales mortifères par d’autres, ce qui reviendrait à reculer pour mieux sauter.

Nous avons la conviction que la chute de l’Empire US sera le point de rupture, le choc qui provoquera la surfusion 10 du Système. Le séisme sera sans aucun doute terrible, mais salutaire. Le modèle de société néolibéral qui a produit la contre-civilisation qui est la nôtre est en effet un cancer qui ronge et détruit non seulement le vivant, la terre, les mers, l’air, tout ce qui marche, nage, pousse ou vole, mais qui annihile aussi les sociétés humaines, les rabaissant à un agglomérat d’égoïsmes en concurrence, de consommateurs compulsifs aliénés aux cerveaux [définitivement] disponibles.

Notre planète n’est déjà plus capable de digérer toutes les déjections de ce Système de production de masse et, si cette folie propre à consommer tout l’univers ne cesse pas, il est évident que nous disparaîtrons. En provoquant une surfusion du Système par sa dynamique propre, l’Histoire pourrait cependant nous sauver de nous-mêmes en nous aidant à tirer la chasse sur cette pègre néolibérale et en offrant l’occasion d’un changement radical.

Il appartiendra alors aux sociétés civiles de saisir la chance offerte, de cesser de s’indigner inutilement pour enfin se révolter, d’abord pour empêcher le Système d’instaurer ce totalitarisme qui constitue son aboutissement naturel et sa dernière ligne de défense, ensuite pour se prendre en mains et développer d’autres façons d’être, de cohabiter et de coopérer, pour nourrir d’autres idéaux que la propriété et la possession, pour chercher à bâtir, enfin, cette société libre, égalitaire et décente à laquelle nous avons pour l’instant renoncé.

Note du Saker Francophone

Le site entrefilet.com nous gratifie d’un excellent texte pour finir l’année. Je vous propose quelques liens complémentaires pour étayer cette analyse.

  • 22/12/15 : François Roddier : Thermodynamique de l’évolution
    Un essai de thermo-bio-sociologie. Je vous conseille la lecture de la 4e de couverture en lien ci-dessus et la lecture du livre qui est une mine de savoir sur la notion d’évolution. Vous saurez tout sur la théorie de la surfusion, de la criticalité auto-organisée, les domaines d’Ising et bien d’autre encore.
  • 09/12/15 : Jean-Philippe Immarigeon : État de l’Empire états-unien
    Une courte vidéo 24’57 qui développe cette notion de «fruit d’une illusion fantastique», avec quelques exemples.
  • 01/09/15 : Le désespérant désert de l’Esprit par Adam pour le Club Orlov
    Le texte est très bon mais c’est la conclusion, sur la gestion de fin de vie de l’Empire, qui est à lire et complète cet article.
 
  1.  La réalité économique rattrape les fantaisies du marché 
  2.  248 000 postes créés aux États-Unis : la réalité derrière les chiffres 
  3.  L’effondrement de l’économie américaine 
  4.  US Debt Clock 
  5.  Sur le 11 Septembre 
  6.  La Russie brouille les commandes du porte-avions Ronald Reagan et de la 7ème flotte 
  7.  The Economist : les cinq faiblesses de l’armée américaine 
  8.  Ukraine-Russie : quand l’Empire tombe le masque 
  9.  Syrie : sang contre pétrole, l’ultime guerre du Pipelinestan 
  10.  Surfusion de l’eau 
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