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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Alerte : la directive BRRD, et donc la ponction des comptes bancaires, est désormais légale en France

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

Alerte : la directive BRRD, et donc la ponction des comptes bancaires, est désormais légale en France

 

  • Alerte : la directive BRRD, et donc la ponction des comptes bancaires, est désormais légale en France

Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l'équipe éditoriale de Goldbroker.com

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière.

   

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La Commission européenne a annoncé jeudi dernier qu'elle allait poursuivre, devant la Cour européenne de justice, six pays européens qui n'ont pas encore transposé dans leur droit national la "Directive sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances" (BRRD pour Bank Recovery and Resolution Directive). Rappelons que cette directive "BRRD", permet, lorsqu’une banque fait faillite, de solliciter les actionnaires (rien de plus normal), ensuite les détenteurs d’obligations émises par la banque (normal également) et, si cela ne suffit pas - voici l’innovation déterminante de cette directive - de ponctionner les comptes des clients, ce qui n’est rien d’autre qu’un vol légal, une remise en cause du droit de propriété, un véritable scandale. Normalement seuls les comptes de plus de 100.000 euros peuvent servir au renflouement, mais cette garantie s’avère illusoire et tous les épargnants seront évidemment touchés comme nous l’expliquions récemment.

Ces six pays sont la République tchèque, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie et la Suède. Tiens, il n’y a pas la France ! Effectivement, nous l’avions laissé passer, cette transposition a déjà eu lieu, mais pas devant l’Assemblée nationale et le Sénat, ce qui lui aurait assurée une publicité bienvenue pour le citoyen-épargnant, et aussi très gênante pour le lobby bancaire et le pouvoir. Non, cela s’est simplement passé via une discrète ordonnance prise en catimini au cœur des vacances d’été, le 20 août.

Chacun doit désormais le savoir, si votre banque fait faillite, elle aura légalement le droit de se renflouer en puisant dans vos comptes, que ce soit en France ou très bientôt dans la totalité des pays européens.

On ne peut d’ailleurs manquer de s’interroger sur l’empressement de la Commission européenne à faire adopter cette directive et à pourchasser les derniers retardataires, "il est extrêmement important que ces règles soient en place dans tous les États membres" explique-t-elle dans un communiqué. Les poursuites devant la Cour européenne de justice ne sont tout de même pas si fréquentes, et bien d’autres directives accumulent des retards dans tel ou tel pays. Des personnes bien informées, à Bruxelles, craindraient-elles une prochaine crise financière et bancaire ?

L’épargnant doit, lui, se préoccuper au plus vite de la solidité financière de sa banque, même si cette information s’avère difficile à obtenir, et plus fondamentalement il doit s’interroger sur la justification à placer toutes ses économies sur des comptes bancaires. Il s’agit, plus que jamais, d’un comportement risqué. Il existe des alternatives, au premier rang desquelles l’or physique stocké en dehors du circuit bancaire, les lecteurs de GoldBroker le savent bien. Quoi qu’il en soit, en cas de crise bancaire, les épargnants seront en première ligne et ils subiront de lourdes pertes, le tout dans la plus parfaite légalité.

 

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors que "GoldBroker.fr tous droits réservés" est mentionné accompagné d'un lien vers cette page.

Tags : Or Économie Crise financière

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Le martyre du Kossovo, Nikola Mirkovic conférence dans le Donbass. Le 16 Nov 2015

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Terrorisme, #le nazisme

Le martyre du Kossovo, Nikola Mirkovic conférence dans le Donbass

Nikola Mirkovic a été à la pointe du combat humanitaire pour le Kossovo, il y a déjà une quinzaine d’années. D’origines serbes, il a connu les horreurs du Kossovo, l’agression de la Serbie par l’OTAN, les bombardements, les crimes commis au nom des manipulations orchestrées par l’Occident. C’est naturellement qu’il est venu au combat du Donbass en réalisant les similitudes des événements avec ce qu’il savait et ce qu’il avait connu dans le Kossovo.

 

Venu comme membre de Vostok France Solidarité Donbass dans le sein de la délégation humanitaire française qui s’est rendue à Donetsk du 5 au 9 novembre 2015, il avait déjà fait partie du voyage de l’association à Lougansk en décembre 2014. Nikola est aussi venu dans le Donbass pour parler du Kossovo. Sa riche et importante expérience de l’humanitaire et de ses problématiques, Nikola l’a exprimé dans une conférence donnée à Donetsk devant un petit public le 6 novembre dernier. Car l’homme de convictions a aussi écrit un livre : Le martyre du Kossovo : http://www.revueconflits.com/serbe-engage-nikola-mirkovic-le-martyre-du-kosovo/ .

 

Ce fut une grande chance de l’écouter développer son analyse intelligente et avisée des événements de la guerre du Kossovo, de la destruction de la Yougoslavie et des faits terribles dont il fut également le témoin. Sa démarche engagée est forte, mais se situe avant tout dans la fenêtre de l’aide humanitaire à apporter aux populations. C’est naturellement qu’il est venu à ce nouveau combat, par devoir mais aussi par sa capacité à comprendre pourquoi le Donbass. Dans cette conférence exceptionnelle, vous découvrirez un point de vue rarement et trop peu entendu en France, écarté et ostracisé des médias officiels qui ne font plus ; et pour cause ; depuis longtemps leur travail.

En exclusivité pour DONi.Press et en présence également de Xavier Moreau qui donna quant à lui une interview sur la parution de son livre Ukraine, pourquoi la France s’est trompée. Nikola donne des outils de réflexion essentiels pour la compréhension du grand jeu international et des méfaits des gouvernements occidentaux qui sous le couvert d’ailleurs illégal de l’OTAN s’adonnent à des crimes de guerre et la déstabilisation de pays et gouvernements jugés indésirables et incompatibles avec les stratégies hégémoniques concoctées par des forces qui dépassent la plupart des Occidentaux et des Français même parmi ceux qui pensent et réfléchissent.

Pour ma part, ayant de tout temps eu dans mon entourage des Serbes, n’ayant cependant jamais eu la chance de me rendre dans ce pays qui était autrefois et pendant de longues décennies un allié naturel de la France, j’espère que nous reverrons dans le Donbass Nikola Mirkovic et ses amis de Vostok France. C’est avec de telles personnes qu’un monde meilleur pourra un jour voir le jour.

Categories: à la une de DONi

Tags: Laurent Brayard

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À qui la faute ? Par Jacques-François Bonaldi

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #La mondialisation, #Le capitalisme;

Source : Le Grand Soir, Jacques-François BONALDI, 15-11-2015

L’effroi, l’horreur, la barbarie… Ces qualificatifs font florès dans les médias français (et étrangers) après les six attaques terroristes perpétrées à Paris dans la nuit du vendredi 13 (ont-ils choisi à dessein cette journée marquée, comme on le sait, de mauvais augure ?) novembre ? Oui, ces qualificatifs sont justes, indéniablement, et l’on ne saurait passer sous silence le drame vécu par les victimes et les familles directement touchées, compatir à leur douleur. Ceci dit, et qu’il faut dire, il serait trop facile d’en rester à ce que je considère une analyse sommaire et biaisée.

Qui, en France, au sein de la classe politique, de ce qu’on appelle maintenant d’un terme qui ne veut rien dire : la société civile, au sein des mouvements organisés (syndicats, partis, etc.) a, depuis maintenant cinq ans, cinq terribles et longues années, « compati » à la douleur des Syriens, qui vivent au quotidien l’effroi, l’horreur, la barbarie… Leur président, que les politiciens français vouent d’un bel unisson aux gémonies, vient, devant des députés français, de prononcer une phrase que tout le monde, si les œillères n’empêchaient pas de voir, devrait accepter comme une vérité douloureusement exacte : « Paris a connu ce que nous, les Syriens, nous vivons depuis cinq ans » !

Car le point de départ est bel et bien là. L’État islamique a « fleuri » sur le fumier entassé en Syrie par l’OTAN, en tout premier lieu, par la France et son soi-disant « tranquille » président, François Hollande, le principal boutefeu occidental, le plus fanatique va-t-en-guerre, celui qui a fait (et qui fait toujours) du renversement de Bachir el-Assad une question quasiment personnelle, tout autant son prédécesseur Sarkozy avec Kadhafi en Libye. Lui au moins avait des prétextes, guère avouables certes. Mais quels sont les motifs censément plus avouables de Hollande ? Les a-t-il jamais énoncés ? Pour quelles raisons lui et l’OTAN sont-ils allés fomenter de l’extérieur ce que la presse bien-pensante appelle maintenant une « guerre civile » ou, tout simplement, une « crise », et qu’un peu de bon sens permet de qualifier plus justement de « guerre importée » ? Je lis les grandes explications sociologiques du Monde sur la raison pour laquelle la France serait le pays que les djihadistes « aiment haïr ». Un article sans doute satisfaisant sur le plan intellectuel, mais qui, sur le plan politique, laisse dans l’ombre le fond même de la question : pourquoi et comment une organisation (il faudrait trouver un autre mot, bien entendu) terroriste a-t-elle pu surgir et surtout se développer avec une telle vitesse et, surtout encore, se doter en si peu de temps de moyens financiers, logistiques et militaires absolument inouïs qui feraient pâlir d’envie n’importe quelle autre ? Quand un « mouvement » terroriste arrive à s’emparer de territoires aussi grands que ceux qui sont tombés sous la coupe de l’État islamique (nous sommes là très loin du fameux « foco » des guérilleros latino-américains des années 60 et 70), à faire régner sa sinistre loi sur des régions entières, à s’emparer de puits de pétrole, à les faire fonctionner, à vendre leur pétrole sur on ne sait trop quels marchés, c’est, d’une part – comment en douter ? – qu’il bénéficie de très puissants appuis, et, de l’autre, qu’il répond aux attentes de certains États, de vrais États, eux, qui ont besoin de lui pour arriver à leurs propres fins.

Nul n’ignore les visées que s’étaient fixé les États-Unis au Moyen-Orient à l’époque des Bush père et fils – des visées que les administrations démocrates n’ont jamais cherché à infléchir, pas plus Clinton qu’Obama : elles apparaissent dans leur stratégie qui consistait en gros à « foutre le merdier » dans cette région du monde, à la balkaniser en entités inviables et invivables, d’une part, pour pouvoir continuer de dominer plus facilement un coin de la planète richissime en pétrole, d’autre part pour pouvoir mieux « protéger » leur grand allié de la région, Israël. Sur ce plan-là, comme stratégie, c’est réussi, il faut bien le reconnaître. Que ce fût à la longue une stratégie foncièrement stupide crève autant les yeux. À plus forte raison quand, à cette stratégie imbécile sur le long terme, s’en est ajoutée une autre tout aussi stupide, issue du 11 septembre 2001 (un événement aussi « mystérieux » que l’assassinat de Kennedy en novembre 1963, et qui le restera encore très longtemps) : « faire la guerre » au terrorisme, menacer de bombarder une soixantaine de « trous perdus » du monde ! Comme si on pouvait liquider le terrorisme par des bombardements ou alors, en assassinant un par un les chefs les plus connus !

On a vu les conséquences de cette stratégie à la cow-boy en Irak, qui est précisément le fumier sur lequel ont commencé à bourgeonner, à fleurir puis à pousser dru et fort d’abord Al-Qaeda, et maintenant l’État islamique. Le bouillon de culture du terrorisme djihadiste tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec ses terribles conséquences –parce qu’aucun mouvement précédent n’a jamais été dotée de tels moyens de faire du mal – c’est, ne l’oublions pas, l’Iraq et la stratégie politique et militaire fondamentalement erronée de la Maison-Blanche et de son Pentagone.

Mais si l’on peut comprendre que la Maison-Blanche, dont la tradition n’a jamais été, au fond, que celle consistant à « rouler des mécaniques » et à régler les problèmes à coups de feu, comme si notre planète était un saloon du Far West, comme elle l’a fait depuis deux cents ans (sinon, demandez leur opinion aux Latino-Américains), bref, si la diplomatie étatsunienne se caractérise, encore et toujours, par son primitivisme, on a du mal à s’expliquer comment la France (j’entends : son gouvernement), dont la diplomatie a été, des siècles durant, symbole de subtilité, de capacité à analyser et à nuancer les problèmes, emboîte d’une manière si cavalière et si guillerette le pas des nouveaux maîtres du monde (qui le seront, certes, de moins en moins, mais qui le resteront aussi longtemps que l’Europe ne se dotera pas d’une politique internationale à elle) et les accompagne dans toutes leurs équipées. Sur ce point, le « suivisme » est de mise, qu’on se revendique de la droite décomplexée à la Sarkozy ou de la gauche « nominale » : chacun y est allé de sa petite « proxy war ». Sarkozy a eu sa Libye, et Hollande a toujours (hélas) sa Syrie. Au moins, Chirac s’était fait un point d’honneur de ne pas accompagner Bush dans son aventure irakienne… Un beau moment d’indépendance française en politique internationale que ses successeurs auraient dû avoir le bon goût d’imiter, car il n’a été qu’un feu de paille.

Comme si l’Irak n’avait pas été suffisant ! Comme si les conséquences de cette terrible erreur (pour le reste du monde, pas pour les États-Unis, bien entendu, puisque cette décision faisait partie de leur stratégie) n’avaient pas assez sauté aux yeux de tous les gouvernements du monde et qu’il faille en rajouter ! Comme si la décision la plus intelligente quand on veut éteindre un feu, c’est jeter de l’huile dessus ou y rajouter des bûches ? Comme si la politique la plus subtile était de monter sur le char étasunien et d’accompagner toutes les équipées de la Maison-Blanche et du Pentagone (pour lequel, rappelons-le, la guerre est une affaire absolument juteuse) !

Qu’on me dise un peu ce que la France (son gouvernement et ensuite son peuple qui en paie les conséquences) avait à gagner en attaquant la Libye, en détruisant ce qui était jusque-là un État fort et en la transformant en ce qu’elle est maintenant : un patchwork de tribus et d’ethnies ? Qu’on me dise un peu ce que la France avait à gagner en imposant de l’extérieur une guerre à l’un des rares États laïques et solides du Proche-Orient et du monde musulman ?

Et tout ça, quelle pitié ! uniquement pour renverser un président syrien qui n’a pas l’heur de plaire à Washington parce qu’il est l’allié de l’Iran, contre lequel la Maison-Blanche a une dent depuis 1979 ? Faut-il donc adopter sans broncher, quand on se dit représenter la France et mener une politique sensée, la politique saloonesque de Washington selon laquelle les problèmes se règlent à coups de bombes et par la force militaire ? Et maintenant que les États-Unis ont été contraints de mettre de l’eau dans leur vin et de négocier avec l’Iran, faute d’avoir pu renverser son gouvernement, quelle mine fera notre Hollande et son gouvernement et son parti « socialiste », puisque l’un des motifs jamais dits de la guerre contre la Syrie était d’enlever à Téhéran l’un de ses alliés les plus solides et donc de l’affaiblir ?

Alors, oui, il faut le répéter : l’État islamique (ou Daesh, comme on voudra) s’est développé à toute allure sur cette guerre-ci, tout comme les champignons après la pluie. Parce que ce genre d’armée (Valls vient de dire que c’en était une) ne pullule que dans le chaos. Et du chaos, l’OTAN et ses premiers va-t-en guerre, Sarkozy et Hollande, en ont semé à tour de bras : l’Irak, la Libye, la Syrie (autrement dit, ce qui n’est pas un hasard, les gouvernements, les États laïques les plus solides du Moyen-Orient, puisque, contradictoirement, des monarchies archiréactionnaires et théocratiques comme l’Arabie saoudite, n’auront jamais rien à craindre, elles, de l’OTAN dont elles sont les meilleurs alliées).

Les parents aussi bien putatifs que biologique de l’État islamique, ce sont les gouvernements occidentaux qui, nul ne l’ignore, non seulement ne l’ont pas combattu quand il aurait été encore temps, mais l’ont accouché, puis l’ont soutenu, financé, approvisionné en armes (et même de celles dont ne disposent que des gouvernements constitués) tant que celui-ci leur convenait pour renverser Bachir el-Assad (ainsi que les autres groupements terroristes qualifiés ni plus ni moins que d’opposition modérée). Et comme tous les Frankenstein de l’histoire, le monstre inventé de toutes pièces a brisé ses liens, est sorti des laboratoires et, pour se venger (d’on ne sait quoi), fait la guerre à tout le monde, tue à gauche et à droite, pourfend les « infidèles », autrement dit tous ceux qui ne sont pas lui-même. Tandis que ses inventeurs, absolument dépassés par les événements, ne savent plus quoi faire pour le ramener à la raison…

Hollande va lui déclarer la « guerre à mort », qui est, j’ose le rappelle, justement la seule solution que ce sous-doué de Bush avait trouvée pour se venger du 11 septembre… On en a vu le résultat. Espérons du moins qu’il lui fera une « guerre » un peu plus sérieuse que dans le cadre de la « coalition » conduite – une fois de plus – par les États-Unis depuis plus d’un an et qui n’a servi strictement à rien ! (Soit dit en passant, la Russie, avec le soutien du gouvernement légitime – je le rappelle – de Syrie et de son armée à terre a plus fait en un mois pour briser l’avancée de l’État islamique et à en desserrer l’étau et détruire ses infrastructures et sa logistique, ainsi que celles des autres groupes terroristes, que la « coalition » internationale dont tout le monde constate, par comparaison, qu’il ne s’agissait que de la poudre aux yeux. On ne saurait être à la fois l’allié et l’adversaire des terroristes, en choisissant entre bons terroristes, les miens, et mauvais terroristes, ceux d’en face…)

Alors, oui, coupable, Hollande, pour avoir contribué plus que quiconque à faire de l’État islamique – cet amalgame de « fous de Dieu » assoiffés de sang qui ne vivent que de tueries et de massacres d’innocents – ce qu’il est devenu : un Frankenstein incontrôlable !

Mais coupables aussi, les Français, pour avoir permis à leur classe politique de mener cette guerre immonde contre la Syrie ! Car, autant qu’il m’en souvienne, jamais personne, aucun parti, aucun mouvement syndical, aucun groupement d’intellectuels, aucune entité de la prétendue « société civile » n’a protesté contre cette guerre que Hollande et son gouvernement ont pu engager et mener comme s’ils avaient derrière eux l’approbation de la nation entière, toutes tendances confondues. Et ce, depuis maintenant cinq ans !

Combien de morts en France, mais surtout combien de dizaines de milliers d’autres morts en Syrie faudra-t-il donc pour que le peuple français oblige son gouvernement à cesser d’appuyer ses « bons » terroristes et à renoncer à sa si coûteuse idée fixe, qui vire à l’obsession : liquider Bachir el-Assad ?

Parce qu’apparemment les deux cent mille victimes à ce jour des cinq ans de guerre de l’OTAN et de la France contre la Syrie ne suffisent pas à faire prendre conscience aux Français que leur gouvernement fait absolument fausse route. Même pas quand les survivants déferlent en masse sur les côtes européens pour fuir l’horreur, l’effroi, la barbarie dont ils sont victimes ! Celles-ci sont des victimes « interlopes », comme dirait Brassens, des « métèques », qui, apparemment, ne pèsent pas, sur la balance de la vie, autant que les victimes parisiennes. Comme toujours, il faut que les victimes soient européennes ou vivent dans le Premier monde pour que l’horreur éclate aux yeux de tous ! Voilà à peine quelques jours, il y a eu des dizaines de victimes dans un attentat terroriste au Liban, qui n’ont eu droit qu’à de petits entrefilets ! Sans parler des attentats dans le reste du Moyen-Orient, qui y sont devenus le pain quotidien.

Le monde s’émeut devant les attentats absolument condamnables de Paris. Tous les grands de ce monde y vont de leur petit couplet, à commencer par ceux qui sont les premiers responsables de l’existence de Daesh, les créateurs du Frankenstein, les seuls responsables, par leur politique erronée, du chaos régnant au Proche-Orient (je ne parlerai pas des bombardements sur le Yémen de l’Arabie saoudite, ce grand allié occidental qui a plusieurs fers au feu et mange à différents râteliers, sous l’œil complaisant et approbatif de l’OTAN). Mais aucun ne bat sa coulpe…

Mais qui s’émeut en France depuis cinq ans (mais depuis bien avant ailleurs) devant les enfants syriens tués par les bombes et les armes de l’Occident, devant les civils innocents, les femmes, les personnes âgées dont le seul crime est de vivre sous un gouvernement qui ne plaît pas à Hollande et à son grand patron, la Maison-Blanche ?

Oui, je me demande que diantre Hollande avait à faire dans la galère syrienne ? Et les Français qui n’ont jamais dit mot ?

Alors, oui, émouvons-nous avec raison des morts parisiens, mais, vous les Français, agissez pour que votre gouvernement cesse de commettre les crimes qu’il commet aujourd’hui même en Syrie, par action et par omission…

Jacques-François Bonaldi

La Havane

Samedi 14 novembre 2015

Source : Le Grand Soir, Jacques-François BONALDI, 15-11-2015

 

 

24 réponses à À qui la faute ? Par Jacques-François Bonaldi

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Liban. L'attentat de l'EI fait 43 morts et 239 blessés. L'Humanité.

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #La Russie

Liban. L'attentat de l'EI fait 43 morts et 239 blessés

l'Humanité.fr avec AFP
Vendredi, 13 Novembre, 2015
L'attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) contre un fief du mouvement chiite Hezbollah jeudi au sud de Beyrouth a fait 43 morts et 239 blessés, selon un nouveau bilan fourni par la Croix-Rouge libanaise vendredi. Une journée de deuil national était observée vendredi au Liban.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière commise par l'EI au Liban et l'une des plus sanglantes depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Plusieurs des blessés sont dans un état critique et le dernier bilan fait état de 43 morts et 239 blessés.
Aujourd'hui vendredi, les familles se préparaient à enterrer leurs morts alors que le pays observait une journée de deuil national avec notamment la fermeture des écoles publiques et privées.
L'attaque a eu lieu dans une rue commerçante bondée du quartier de Bourj al-Barajné, dans la banlieue sud de Beyrouth. Selon l'armée, deux hommes y ont successivement fait détoner leurs ceintures explosives et un troisième "terroriste" qui n'a pu faire exploser sa ceinture a été retrouvé mort. Mais l'EI, tout en parlant de deux attaques, a fait état d'un seul kamikaze. "Des soldats du califat ont réussi à faire exploser une motocyclette piégée garée contre un rassemblement de 'rafida'", terme péjoratif désignant les chiites, et "après que des apostats sont accourus sur les lieux, un des chevaliers du martyre a fait détoner sa ceinture explosive au milieu du groupe", a affirmé l'EI.
L'EI et le Hezbollah, un allié du régime en Syrie voisine, se font la guerre dans ce pays déchiré par un conflit de plus en plus complexe qui a fait depuis 2011 plus de 250.000 morts.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a condamné ce double attentat et appelé les forces de sécurité et les autorités libanaises "à empêcher que cet acte méprisable détruise le calme relatif qui a prévalu dans le pays au cours de l'année écoulée"
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la stratégie de la France en Syrie.

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme, #La mondialisation, #L'OTAN.

la stratégie de la France en Syrie

Par Arabi Press le 15 novembre 2015

Selon un ex-officier des renseignements français, « la crise syrienne a réveillé l’ours russe… Assad tiendra et notre politique doit changer »

3 janvier 2013

A. D., ex-officier de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure française) parie sur le temps pour rattraper les erreurs commises par le gouvernement français, dans la gestion de la crise syrienne, tout au long de ces deux dernières années. De retour de Beyrouth (il refuse d’avouer s’être rendu en Syrie et y avoir rencontré des responsables de différents services de sécurité), il énumère les erreurs commises par la France :

Le ralliement à la politique américaine d’alliance avec les islamistes, sans tenir compte des intérêts historiques de la France en Syrie.

Le renoncement à la précieuse mine syrienne de renseignements que lui fournissaient les services anti-terroristes syriens et qui protégeaient la France du terrorisme depuis de nombreuses années.

Le pari irréfléchi sur la chute du régime de Bachar al-Assad, un pari qui a réveillé l’ours russe acculé, depuis le précédent libyen, à défendre férocement ses intérêts. Il en résulte une nouvelle guerre froide qui met à mal les fragiles intérêts de la France à travers le monde.

La perte de la coopération stratégique avec la Syrie, en matière de sécurité et de politique au profit d’une situation dont le dénouement est amer dans le meilleur des cas et dans le pire des cas, un immense chaos qui risque de ne pas épargner les rues de Paris dont les banlieues contiennent une forte concentration de populations musulmanes.

Que fait un ancien officier de renseignement français au Liban et à proximité de la frontière syrienne ?

Réponse d’un autre expert des politiques sécuritaires occidentales :

« Chez vous, un officier des renseignements à la retraite devient soit un fermier soit un intellectuel soit un commerçant soit un fou. En France, continue l’expert, il devient chercheur, par engagement personnel ou met ses compétences au service de l’un des nombreux instituts ou cabinets d’experts qui offrent leurs services de consultants au pouvoir en place ou à l’opposition ou bien à des parties influentes dans les deux camps. »

Notre officier retraité A. D., devenu chercheur, estime que la France a commis en Syrie des erreurs stratégiques et stupides, car elle est entrée dans un jeu (contre le régime syrien) dans lequel elle est perdante d’avance et dont les seuls gagnants, s’il en est, sont les Américains. Quant aux pertes, la France en aura la part du lion si le régime triomphe de ses ennemis armés et financés par les pays de l’Otan et des monarchies du Golfe.

À propos de la coopération franco syrienne dans le passé, l’ex-officier français confie :

« L’escalade politique entre la France et la Syrie n’est pas un problème en soi, car entre États, il n’y a ni amitié ni animosité éternelles ; seuls les intérêts décident de la nature des relations. La grande perte de la France est la perte de sa coopération sécuritaire avec la Syrie. »

Il ajoute :

« Les services de sécurité syriens ont épargné à la France, à plusieurs reprises, de terribles catastrophes que des terroristes d’origines arabes s’apprêtaient à provoquer. Seuls les renseignements fournis par les services syriens nous ont permis de les déjouer et de sauver des vies innocentes. »

La parole est toujours à l’ex-officier :

« Jusqu’aux débuts de la crise actuelle, la coopération continuait encore et des officiers des deux côtés coopéraient étroitement contre le terrorisme international. Mais la stupidité des politiciens français a acculé les services anti-terroristes syriens à mettre fin à cette coopération. Je ne les blâme pas ! Comment peut-on mettre sur la liste des sanctions françaises et européennes un officier (Hafez Makhlouf) blessé lors d’une opération contre des terroristes qui visaient les ambassades française et américaine à Damas ? Imaginez quelqu’un qui sauve nos enfants d’une mort certaine, et au lieu de l’en remercier, notre diplomatie le traite de terroriste et le met tel un criminel sur une arrogante liste de sanctions. »

Et de poursuivre :

« Hafez Makhlouf et bien d’autres officiers syriens ont mené à bien des missions dont les retombées positives ne se sont pas limitées à la seule Syrie, mais ont bénéficié au peuple français et à d’autres peuples de l’est et de l’ouest. Je ne divulguerai pas un secret en disant que cet homme a reçu les remerciements de grands groupes pharmaceutiques pour avoir démantelé des fabriques clandestines de faux médicaments et pour avoir arrêté de grands trafiquants de drogues qui utilisaient la filière syro-libanaise pour écouler leurs marchandises de mort en Europe et surtout en France. Au lieu de les remercier, nous les avons mis sur la liste des sanctions ! »

La source française continue :

« Nous avons obtenu, grâce à la coopération avec la Syrie, de précieux renseignements qui nous ont conduits à déjouer en 2008 un plan terroriste qui aurait fait des milliers de morts dans le métro de Paris. Les services de renseignement syriens ont obtenu leurs précieux renseignements après avoir arrêté, par le colonel Makhlouf, un groupe des plus dangereux terroristes d’Al-Qaïda dont Aymen el Daher alias Khaled Elkashef, Abdallah Azzam (qui n’a rien à voir avec le célèbre théoricien palestinien, aujourd’hui disparu, qui fut le mentor de Oussama Ben Laden et qui portait le même nom), Ghassan Abou Qassab, Abdelhakim Qassem, Naaman el Mandou, Layth Badran et le plus dangereux d’entre tous, Asaad Hourieh le chef de l’opération avortée du « métro de Paris » qui aurait fait des milliers de morts si elle n’avait pas été déjouée à temps. Cette opération, Al-Qaïda a mis des années pour la mettre au point, et ce groupe a été arrêté sur le chemin de la France, à travers la Syrie et le Liban et son aéroport de Beyrouth. Ils s’y rendaient pour mettre à exécution leur plan terroriste. »

Les officiers des services antiterroristes français avaient presque élu domicile à Damas. Ils s’entretenaient avec les chefs des services de sécurité syriens. « Ces chefs vont-ils continuer à coopérer avec nous contre le terrorisme qui cible nos civils en France, alors que nous les avons mis sur la liste noire et leur avons interdit l’entrée de notre territoire ? ! », s’interroge cet ancien officier français qui connaît sur les bouts des doigts ce dossier ?

« Les politiciens français sont-ils raisonnables quand ils croient qu’ils rendent service aux aspirations légitimes du peuple syrien en soutenant des terroristes, ceux-là même que nous avons combattus côte à côte avec nos homologues syriens ? L’État syrien nous a sauvés des attentats terroristes et nous sommes en train de les remercier en finançant des attentats terroristes sur leur territoire ! Est-ce une politique raisonnable ? ! »

Cette analyse désabusée de cet ancien officier français, qui a l’aval d’une écrasante majorité des services antiterroristes français, finira-t-elle par peser sur les décideurs politiques à Paris et les amener à changer d’orientation avant qu’il ne soit trop tard ?

À cette question, l’ancien officier français répond :

« Oui ! Il y a beaucoup de gens raisonnables dans les services français. Ils sont capables de peser sur le cours de l’actuelle politique française à l’égard de la Syrie, surtout après le fiasco du scénario libyen conçu et mis en œuvre par Paris et Londres. La position russe finira par conforter le camp des pragmatiques et mettra dans l’embarras les jusqu’au-boutistes qui cherchent à satisfaire les États-Unis. D’autant plus qu’il est devenu clair que le régime syrien tiendra, que le soutien russe au régime n’est pas conjoncturel : il est stratégique, constant et ne changera pas. C’est à nous de changer et il faut qu’on le fasse pour l’intérêt même de la France. »

Arabi Press | Afrique Asie – 3 janvier 2013

Toutes les versions de cet article :
Un ex ufficiale dell’intelligence francese si ribella alla strategia

Source: http://www.silviacattori.net/article4106.html

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Bachar Al-Assad sur l’attentat au Bataclan à Paris, le 15 novembre 2015.

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La mondialisation

Publié en Nov 13, 2015

La petite remarque de Bachar Al-Assad sur les attentats en Europe, notamment en France – Paris comme nous l’avons vécu hier au Bataclan ou au stade

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Grave accusation sur Hollande au sujet des attentats

15 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Le grand banditisme

Grave accusation sur Hollande au sujet des attentats

Artémisia Collège

Ajoutée le 14 mai 2015

Collection : "Les pépites d'Artémisia Collège"
Le management de la terreur… Ah ces Allemands… en plus, cette personne sait de quoi elle parle…
Énorme !
Source : https://www.youtube.com/watch?v=1pcvG...
Nos autres vidéos :
https://www.youtube.com/channel/UC38x...

Artémisia Collège a 30 ans, c'est une association loi 1901 sans but lucratif.
Association pour l’enseignement et la promotion des sciences et techniques naturelles de santé physique et psychique, en particulier l’aromatologie.
Pour le développement et la promotion des produits biologiques, des énergies renouvelables.
Pour la défense de l’environnement et l’écologie.
Pour rechercher et défendre la vérité dans tous les domaines.

« Nous n’avons pas LA vérité, nous la recherchons et nous encourageons les gens à la chercher par eux-mêmes, voire à chercher LEUR vérité ! Nous ne sommes pas pour le prêt-à-penser, mais pour le sur mesure, la réflexion personnelle. »
http://artemisia-college.info/
http://ecobio-attitude.org/

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Christine Lagarde exhorte l’Europe à accueillir davantage de réfugiés !

14 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Les transnationales, #Terrorisme, #Daesch

12 Novembre 2015 

Christine Lagarde exhorte l’Europe à accueillir davantage de réfugiés

Christine Lagarde estime que ce flux de migrants peut s’avérer bénéfique aux pays d’accueil. Photo © AFP ,

 

Migrants. La directrice du FMI a appelé les « pays riches » de l’Union européenne à accueillir davantage de réfugiés, ce qui pourrait, à terme, être bénéfique pour la croissance du Vieux Continent.

« Certains pays ont accepté d'accueillir un large flot de réfugiés et ont fait tout leur possible pour leur fournir de la nourriture et un abri », a déclaré la dirigeante dans un blog mis en ligne par le Fonds monétaire international. « D'autres, spécialement parmi les pays avancés, doivent voir comment ils peuvent élargir leur approche pour accueillir plus de réfugiés », a-t-elle ajouté, appelant à une action internationale à quelques jours du sommet des chefs d'Etats et de gouvernement du G20 d'Antalya (Turquie).

Fort de ce postulat, la dirigeante du Fonds monétaire international estime que ce flux de migrants, s’il est géré avec les mesures appropriées, peut s’avérer bénéfique aux pays d’accueil, en augmentant leur population active, afin notamment de contrebalancer le vieillissement de la population, et en galvanisant l’activité. Une analyse qui fait, en outre, écho à celle de la Commission européenne et de son commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici, qui estimait également il y a quelques jours, que l’arrivée massive de migrants aurait un impact positif sur l’économie du Vieux Continent.

« Un impact positif sur la croissance »

Evoquant ensuite, la situation des pays d’origine des migrants, l’ancienne ministre des Finances française souligne que si ces derniers vont pâtir de l’exil d’une population jeune et qualifiée, ils bénéficieront, en contrepartie, des transferts de fonds des migrants vers leurs familles.

Une somme qui s’élevait, en 2014, à 436 milliards de dollars, soit un montant trois fois supérieur à celui de l’aide publique au développement. Christine Lagarde souhaite ainsi que les frais annexes à ces transferts de fonds soit réduits.

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Bernard Conte : la vidéo sur la conférence sur les migrants et réfugiés africains en France

11 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #La mondialisation

COMITE VALMY

1) Conférence (vidéo) :
Migrants et réfugiés africains en Europe 
2) Marée migratoire vers l’Europe,
la permanence de coefficients élevés 
Par Bernard Conte

mardi 10 novembre 2015, par Comité Valmy

Conférence : Migrants et réfugiés africains en Europe

 

Travailleurs sans papiers

Marée migratoire vers l’Europe, 
la permanence de coefficients élevés

 

Nous publions cette analyse de notre ami Bernard Conte. Il s’agit d’un texte qui traite essentiellement un aspect économique concernant l’origine des flux migratoires qui se développent massivement.
Le Comité Valmy reviendra sous peu sur le fait qu’il existe actuellement également, une immigration importante due aux massacres barbares des guerres impérialistes et takfiristes ainsi qu’au développement du chaos constructeur, imposé un peu partout dans le monde par les dirigeants étasuniens, en particulier au moyen orient.

 

Depuis plusieurs mois, l’actualité se focalise sur le flux, sans cesse croissant et renouvelé, de boat people affluant vers l’Europe du Sud. Les medias qualifient de « migrants », de « réfugiés »[1]… les personnes composant ces flux. La différence entre les deux qualificatifs apparaît ténue car « un migrant est une personne qui effectue une migration qui est l’action de passer d’un pays à un autre » et « un réfugié est une personne qui a cherché refuge dans un pays étranger »[2]. Nous définirons la grande majorité des migrants comme des personnes qui fuient un « ici » hostile pour un « ailleurs » plus clément.

 

Les chiffres de l’immigration sont souvent discutables et souvent discutés car il s’agit d’un domaine politiquement sensible. En tout état de cause les flux sont importants et en croissance, semble-t-il. Dans ce texte, nous tenterons de mettre en lumière les incitations économiques qui déterminent le migrant à venir en Europe et particulièrement en France, parfois au prix de mille dangers. Nous montrerons que pour le candidat à l’émigration, la décision de migrer peut se révéler un acte tout à fait rationnel, fruit d’un calcul économique[3]. Dans ces conditions, « toutes choses étant égales par ailleurs »[4], la nature de l’environnement économique et social mondial, actuel et prévisible à terme, devrait maintenir des coefficients élevés à la marée migratoire (à caractère économique) entrant en Europe et en particulier en France.

Les estimations des flux d’immigration

« En sept mois seulement, l’année 2015 établit déjà une triste record : 340 000 migrants ont déjà tenté de franchir les frontières extérieures de l’Union européenne, d’après les chiffres de l’agence Frontex. Rien qu’en juillet 2015, 107 500 entrées illégales ont été recensées : c’est plus que le total de l’année 2013.[5] »

 

Le graphique met en lumière l’explosion du nombre d’entrées illégales dans l’Union européenne. Aux chiffres de l’immigration illégale, il convient, au moins pour la France, d’ajouter : les visas, l’immigration familiale, le séjour des étudiants étrangers, les étrangers malades et leurs accompagnants, les autres types de droit au séjour[6].

 

Malgré l’absence de données statistiques réellement fiables, il apparaît que les flux d’immigration, notamment extra-européenne, sont importants. A l’intérieur de l’Union européenne, il y aurait selon l’OCDE, 21 millions d’étrangers non européens[7].

 

Au total, l’importance des flux migratoires à destination de l’Europe révèlent un attrait certain de cette région. Au-delà du climat tempéré, des arts et de la culture, de la gastronomie, de la sécurité, de la démocratie… l’attrait peut résulter d’un calcul économique mettant en concurrence des territoires et leurs caractéristiques politiques, économiques et sociales, à l’instar des décisions de délocalisation de leurs activités par les firmes multinationales.

La migration, un acte parfaitement rationnel

La théorie économique dominante (néolibérale) affirme que la principale motivation du comportement humain est la recherche du plaisir et l’évitement de la peine. Elle considère que les comportements humains sont universellement rationnels, totalement égoïstes et parfaitement raisonnables, les individus (agents) cherchant à maximiser leur bien-être (utilité ou profit) ou à minimiser leur peine. « Nous voulons tous le bonheur et nous voulons tous éviter la souffrance[8] ». Le comportement des migrants répond certainement à des préoccupations similaires. Leur déplacement volontaire s’opère pour des raisons économiques[9], politiques, culturelles… dans un souci de « mieux vivre » accru dans le pays d’accueil. Nous nous intéresserons ici aux raisons microéconomiques des migrations.

La décision de migrer comme 
résultat d’un calcul économique coûts-bénéfices

La décision de migrer peut résulter d’un calcul économique rationnel mettant en balance l’espérance de « revenus » futurs plus conséquents que ceux auxquels peut prétendre le migrant potentiel dans son pays d’origine ainsi que les coûts liés à la migration. Dans cette logique, pour les pays du Tiers-Monde, ont été construits des modèles économiques explicatifs du phénomène de l’exode rural, c’est-à-dire de la migration vers les villes.

Le modèle de Todaro – Harris[10]

Ce modèle tente de fournir une explication aux migrations vers les villes (l’exode rural), et ce, malgré le chômage qui y règne. Schématiquement, la décision de migrer apparaît comme la résultante d’un calcul économique mettant en balance un revenu rural certain attendu et un revenu urbain permanent (salaire) espéré sur une longue période en fonction de la probabilité de trouver un emploi en ville. La décision dépend de la valeur actuelle nette (VAN[11]) de la différence entre les flux de revenus urbains et ruraux attendus. La migration vers la ville s’opère si elle est économiquement rentable. L’accroissement de la rentabilité de la migration intensifie l’incitation au départ. A l’opposé, l’exode rural s’arrête lorsque la rentabilité de l’opération disparaît.

Le calcul économique des migrants vers l’Europe

Le modèle de Todaro a le mérite d’éclairer la réalité de l’exode rural dans le Tiers-Monde, mais il perd de sa capacité explicative pour les flux migratoires transnationaux, notamment ceux en direction de l’Europe et particulièrement de la France. En effet, il ne prend pas en compte certains paramètres majeurs ayant trait d’une part, à la situation dans le pays de départ et, d’autre part, à celle du pays d’accueil.

Les carences relatives dans les pays de départ

Le revenu est faible. Par exemple, le PIB par habitant (exprimé en PPA[12]) s’élevait en 2013, à 604 dollars en République Centrafricaine, à 655 dollars en République démocratique du Congo (RDC), à 748 dollars au Malawi… Le PIB par habitant du Luxembourg représentait, à la même date, 142 fois celui de la Centrafrique, 139 fois celui de la RDC… Le PIB par habitant de la France vaut 66 fois celui de la Centrafrique et 61 fois celui de la RDC.

 

La pauvreté est très prégnante. Selon la Banque mondiale, le pourcentage de la population disposant de moins de 1,25 dollar par jour (PPA) était en 2011, de 42,7% dans le monde, de 46,8% en Afrique subsaharienne et de 0,5% en Europe et Asie centrale[13].

 

Le chômage « de masse » sévit. Malgré le manque de fiabilité des statistiques, il apparaît que le taux de chômage « officiel » dans certains pays de départ est élevé (en 2013[14]) : 31% en Mauritanie, 24,9% en Afrique du Sud, 23,4% en Cisjordanie et Gaza, 19,6% au Gabon… Il est vrai que depuis la crise de 2008, le chômage s’est accru dans certains pays du Nord : 27,3% en Grèce, 26,6% en Espagne, mais ce taux reste encore contenu dans d’autres pays : 10,4% en France et 5,3% en Allemagne (en 2013).

 

Les conditions de vie sont difficiles car, notamment, beaucoup de services publics sont défaillants et payants, ce qui fait qu’une large part de la population n’y a pas accès. Nous nous attacherons simplement aux domaines de la santé et de l’éducation-formation.

 

L’espérance de vie à la naissance s’élève à 46 ans en Sierra Leone, 50 ans en République démocratique du Congo, 51 ans en Côte d’Ivoire et au Tchad,… contre 82 ans en France, Italie, Luxembourg, Suède[15] (2013) … En Afrique, les infrastructures de santé sont peu nombreuses et souvent en mauvais état. Par exemple, « les hôpitaux sont sous équipés, le matériel est vétuste, les locaux inadaptés au nombre grandissant de malades et le personnel est mal rémunéré.[16] » Sur le continent « où les revenus fiscaux sont faibles et le financement de la santé majoritairement d’origine privée, la collectivité laisse les patients seuls face à leurs besoins […] contrairement à la plupart des pays riches, en Afrique, les patients doivent payer la totalité des coûts sans qu’aucun système d’assurance ne rembourse leurs frais.[17] »

 

Le taux d’alphabétisation des adultes s’élève à 25,3% en Guinée, 28,7% au Burkina Faso et au Niger, 33,4% au Mali, 39% en Ethiopie… ce même taux a pour valeur, 99% en Italie et 97,7% en Espagne[18]. La part de la population de 25 ans et plus ayant suivi un enseignement secondaire ou supérieur est de 2% au Burkina Faso, 3,6% au Mozambique, 5,5% au Tchad, 10,9% au Mali… contre 99% en Norvège et 100% en Suisse[19]. Les piètres résultats des systèmes d’éducation en Afrique s’expliquent notamment par la lourde charge que représentent les frais de scolarité. Par exemple, « actuellement, le gouvernement de la République démocratique du Congo alloue autour de 8 pour cent de son Produit intérieur brut au soutien de l’éducation, ce qui est insuffisant pour couvrir les frais d’entretien du système éducatif sur l’ensemble du pays. Le reste du financement pèse donc lourdement sur les parents, à qui l’on demande de payer une moyenne de 65 dollars par an, par enfant, pour compléter les salaires des enseignants, les dépenses de maintenance et autres coûts d’exploitation scolaire.

 

En moyenne, une famille congolaise typique gagne seulement 140 dollars par an, aussi ces coûts scolaires ne permettent pas aux parents d’envoyer tous leurs enfants à l’école.[20] »

L’écart entre le mieux vivre dans les pays de départ et celui des pays d’arrivée est important et semble représenter une incitation majeure à la migration. Encore faut-il que le migrant puisse bénéficier assez rapidement des conditions du mieux vivre du pays d’accueil, compte tenu de la législation souvent restrictive et de la situation du marché du travail.

L’« Eldorado » de là-bas

Pour profiter pleinement du bien être là-bas (dans le pays de destination de la migration) il faut des revenus. Le modèle de Todaro considère un niveau de salaire urbain pondéré par la probabilité de trouver un emploi en raison de l’existence d’un volant de chômage. En ce qui concerne l’Europe et particulièrement la France, cette hypothèse ne tient pas car il n’est pas nécessaire de trouver un emploi pour bénéficier de revenus et de prestations sociales.

 

En France, les immigrés sans papiers qui arrivent de là-bas ont des droits ici non liés à l’occupation d’un emploi qui, avec l’entrée progressive dans la légalité, donnent lieu à des prestations, tant financières qu’en nature, croissantes notamment liées à la composition de la famille.

 

Il serait fastidieux d’en dresser une liste exhaustive, mais il est possible de signaler[21] : (i) l’aide temporaire d’attente pour les demandeurs d’asile (la France est la plus prodigue en Europe[22] - 336€ par mois en 2014 – au total 180 millions inscrits au budget 2015) ; (ii) l’aide médicale de l’État (AME), soins gratuits[23], 263 962[24] bénéficiaires en 2013 et 800 millions d’euros inscrits au budget 2015, ce qui représente 3 030 euros, en moyenne, par bénéficiaire ; (iii) « l’aide sociale à l’enfance (ASE) n’est subordonnée ni à la régularité du séjour, ni même à une durée minimale de résidence en France »[25] ; (iv) la scolarisation est un droit et elle est gratuite pour tous : « tous les enfants mineurs présents sur le territoire français doivent être scolarisés sans condition de régularité de séjour de leurs parents ou de leurs responsables légaux, ni de condition d’entrée dans le cadre du regroupement familial[26] » ; (v) le texte suivant du Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s (Gisti) synthétise les droits des migrants sans papiers : « déclarer ses revenus chaque année, donc recevoir l’avis d’imposition ou de non-imposition, est un droit mais aussi une obligation à laquelle est tenu tout « citoyen », c’est-à-dire toute personne vivant au sein de la société française, qu’elle soit en situation régulière ou non. » […] l’avis d’imposition ou de non-imposition, « est le justificatif de ressources souvent nécessaire pour accéder à un ensemble de droits et prestations : aide juridictionnelle, couverture maladie universelle complémentaire, minimum vieillesse, prestations familiales, demande de logement social, bourse des collèges ou des lycées, tarification des modes de garde collectifs, des cantines scolaires ou des activités périscolaires, réduction ou gratuité des transports en commun, etc »[27].

 

Il apparaît difficile de chiffrer un montant moyen des revenus (directs ou indirects) espérés dans le pays de destination car il dépend de la législation du pays d’accueil, de l’état du marché de l’emploi dans ledit pays, de la composition de la famille du migrant… Néanmoins, dans tous les cas, ce montant est vraisemblablement très supérieur à celui obtenu dans les pays de départ.

Les coûts attachés à l’opération migratoire

Le différentiel élevé entre le niveau de bien-être dans le pays de départ et celui du pays d’arrivée constitue, pour le candidat, une incitation majeure à la migration. Ce différentiel représente les avantages au départ. Néanmoins, il doit être minoré des coûts liés au déplacement : le voyage et les coûts connexes.

 

Le « passage » a un coût très souvent élevé. Selon les lieux de départ, les lieux de destination, les modes de transport, le coût peut varier fortement. « En moyenne, le prix d’une traversée [de la Méditerranée] pour un clandestin oscille entre 800 et 8 000 euros. D’après les informations recueillies par la presse italienne, une place de bateau dans le Blue Sky M aurait coûté aux migrants la somme de 5 500 dollars par personne »[28]. « A ces « billets » aux prix exorbitants s’ajoutent parfois de coûteuses « options » : 170 euros pour un gilet de sauvetage et même 250 euros pour pouvoir passer un coup de fil via un téléphone satellitaire[29] ». Concernant les migrants chinois, « le voyage pour la France nécessiterait une somme variant de 12 000 à 18 000 euros. Pour l’Angleterre le coût serait de 22 000 à 30 000 euros, quant aux Etats-Unis, la somme est 3 fois plus importante[30] ».

 

Dans tous les cas, le coût de la migration représente un multiple élevé du revenu moyen du pays de départ. Si le migrant peut financer avec ses propres deniers le coût de la migration, ce n’est pas un « pauvre » fuyant la misère. Dans le cas contraire, l’opération est financée par l’emprunt qui doit être remboursé par le produit des « activités » dans le pays d’accueil. De plus, le remboursement est généralement garanti contre un éventuel défaut de l’emprunteur[31].

Le problème de la dette

Dans certains cas, le migrant débarque dans le pays d’accueil chargé du fardeau de la dette relative à l’opération de migration. Etant donné les engagements pris, la pression possible sur le reste de la famille restée au pays, les représailles sur place des réseaux liés au financement du « passage »… le migrant doit impérativement trouver rapidement des ressources. Elles peuvent émaner des prestations sociales de l’État providence du pays d’accueil, de revenus du travail (généralement non déclaré pour les sans-papiers) ou d’activités plus « illicites ».

 

Par exemple, « face à la fermeture du marché du travail et aux restrictions d’entrée en Europe, les femmes [nigérianes] migrantes n’ont bien souvent qu’une alternative professionnelle : travail de service aux personnes ou travail du sexe[32] ». Pour certaines travailleuses du sexe, le remboursement de la dette se fera sur « une période qui peut aller de deux à cinq ans[33] ». Il est possible d’imaginer quels autres types d’activités illicites sont susceptibles d’être menées par les migrants asservis par la dette.

 

Malgré les coûts, le calcul économique du migrant potentiel, dont l’horizon se situe souvent à très long terme (sur plusieurs générations), se révèle généralement favorable au départ.

Un calcul coûts-bénéfices généralement favorable au départ

Il est évident que le coût de la migration peut être amorti dans un avenir relativement proche en fonction de l’importance des revenus dégagés par le dispositif de l’État providence et des activités.
L’espérance de revenus croissants dans le temps avec la régularisation, les changements dans la structure familiale… majorent les anticipations de mieux vivre. Même si certaines anticipations s’avèrent initialement surévaluées, « l’Europe est un eldorado » et le « départ représente un espoir de mieux-être matériel pour l’ensemble de la famille » tant pour la partie qui migre que pour celle qui reste au pays[34].

 

Le pays de destination choisi sera rationnellement celui qui dégage le solde coûts-bénéfices le plus élevé. En Europe, les medias répètent, à l’envi, que le Royaume-Uni et l’Allemagne seraient les destinations les plus prisées des migrants. La France ne serait qu’un second choix.

Le Royaume-Uni et l’Allemagne 
destinations « préférées » des migrants

L’attrait de la Grande-Bretagne s’explique principalement pour des raisons communautaires[35] et de « moindre » contrôle. « Pour le logement par exemple,[…] à Paris, les demandeurs d’asile peuvent attendre plusieurs mois avant d’être logés.

 

En revanche, la grande majorité des demandeurs d’asile ont un toit au Royaume-Uni, notamment grâce à l’aide de leur communauté sur place. » De plus, « la perspective d’être dans un pays dont la langue est moins étrangère, où l’on pourra compter sur l’aide d’une communauté pour trouver du travail[36] et un logement, où l’on a même parfois des membres de la famille, est pour beaucoup dans le mythe de l’eldorado anglais. » « Une différence de taille rend la situation de clandestin moins effrayante au Royaume-Uni qu’en France : nos voisins britanniques n’ont aucun système de carte d’identité »[37].

 

Avec 800 000 migrants attendus en 2015, l’Allemagne est le premier pays européen d’accueil car « l’Allemagne a besoin de migrants et facilite leur mise à l’emploi[38] ». 
« Le problème est bien connu : une population vieillissante, un taux de fécondité parmi les moins élevés en Europe et, dans le même temps, une économie qui tourne à plein régime[39] ». Pour les migrants, « souvent jeunes et qualifiés mais confrontées à des taux de chômage très élevés dans leurs pays, l’Allemagne est actuellement une terre d’opportunités. Ils y sont accueillis à bras ouverts par beaucoup d’entrepreneurs allemands, et souvent, ils bénéficient d’aides à l’intégration (cours de langue, etc.)[40] ».

 

En fait, la plus forte attractivité respective de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne semble résider dans les facilités d’accueil offertes aux migrants principalement soucieux de trouver un emploi (souvent à n’importe quel prix).

Flux migratoires et loi du marché

La mondialisation néolibérale réalise, à l’échelle planétaire, l’extension du marché qui met en concurrence les territoires et les hommes qui les habitent. Ainsi, à travers la délocalisation géographique de leurs activités, les entreprises multinationales migrent vers les zones à profit maximal, c’est-à-dire vers des zones à niveaux de salaire et de protection sociale minimaux. La loi du marché favorise les espaces les moins bien disant dans les domaines économique, social, règlementaire…

 

A l’instar des multinationales, les mouvements migratoires se dirigent vers les territoires où ils peuvent bénéficier d’un maximum d’avantages. Ils visent les espaces les mieux disant pour les migrants dans les domaines économique, social, règlementaire…

 

En définitive, la migration (à caractère économique) respecte la loi du marché, celle de l’offre et de la demande. La demande de migration privilégie l’offre la plus attrayante.

 

Dans ce contexte, sur le plan théorique, les flux migratoires ne pourront se tarir que lorsqu’il y aura égalisation des conditions - c.-à-d. des incitations nettes au départ nulles[41] - au niveau planétaire. A priori, ce n’est pas pour demain et la marée migratoire vers l’Europe conservera certainement encore longtemps des coefficients élevés.

 

Bernard Conte 
Comité Valmy
le 24 août 2015

Mise en ligne : 26 août 2015

 

NOTES :

 

[1] Le dictionnaire tv5monde propose au mot « réfugié » les synonymes suivants : étranger, déplacé, expatrié, fuyard, dissident, immigrant, immigré, allogène, métèque [péj], résident, apatride, sinistré, émigré, victime. 
http://dictionnaire.tv5.org/dictionnaire/synonymes/refugie Au terme « migrant », le Centre national de ressources textuelles et lexicales indique le synonymes suivants : immigré, immigrant, émigré.
http://www.cnrtl.fr/synonymie/migrant/substantif

[2] Source : http://dictionnaire.tv5.org/dictionnaire/definition/migration

[3] Il s’agit d’une approche micro (individuelle) et non macro qui envisagerait les mécanismes et les effets globaux de l’immigration.

 

[4] (ceteris paribus) Dans un contexte donné, la variation d’un seul paramètre est étudiée tandis que les autres facteurs ne sont pas pris en compte.
http://www.linternaute.com/expression/langue-francaise/14713/toutes-choses-egales-par-ailleurs/

[5] 

[6] http://www.immigration.interieur.gouv.fr/Immigration

[7] http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/24/migrants-europe-chiffres-immigration_n_7133634.html

[8] Dalaï-lama, Le pouvoir de la bonté, Paris, Marabout, 2005, p.46.

[9] « Pour la plupart, les migrants sont venus en France dans l’espoir de percevoir des salaires plus élevés que ceux auxquels ils peuvent prétendre dans leur patrie (Giraud-PamartNouv.1974). Cité par le Centre National de ressources textuelles et lexicales.http://www.cnrtl.fr/lexicographie/migrant

[10] Harris J.R. et Todaro M. (1970), « Migration, unemployment and development : a two-sector analysis », American Economic Review, n° 60, p. 126-142.

 

[11] Un euro disponible aujourd’hui et un euro disponible dans un an n’ont pas la même valeur présente (actuelle), ne serait-ce qu’en raison de l’incertitude (je peux mourir demain) et de l’inflation. Pour cela, les sommes (revenus) futur(e)s doivent être actualisé(e)s. Les méthodes d’actualisation prennent en considération deux facteurs humains principaux déterminant la valeur-temps de l’argent : la préférence pour la jouissance immédiate et l’aversion au risque

[12] « La parité de pouvoir d’achat (PPA) est un taux de conversion monétaire qui permet d’exprimer dans une unité commune les pouvoirs d’achat des différentes monnaies. Ce taux exprime le rapport entre la quantité d’unités monétaires nécessaire dans des pays différents pour se procurer le même « panier » de biens et de services. Ce taux de conversion peut être différent du « taux de change » ; en effet, le taux de change d’une monnaie par rapport à une autre reflète leurs valeurs réciproques sur les marchés financiers internationaux et non leurs valeurs intrinsèques pour un consommateur. »,

http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp ?page=definitions/parite-pouvoir-achat.htm

[13] http://donnees.banquemondiale.org/theme/pauvrete

[14]http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.UEM.TOTL.ZS ?order=wbapi_data_value_2013+wbapi_data_value+wbapi_data_value-last&sort=asc

[15] http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SP.DYN.LE00.IN ?order=wbapi_data_value_2013+wbapi_data_value+wbapi_data_value-last&sort=asc

[16] http://www.afrik.com/hopital-public-a-qui-la-faute

[17] Valéry Ridde et Karl Blanchet, Vers la gratuité des soins en Afrique ?
http://humanitaire.revues.org/480

[18]http://www.undp.org/content/dam/undp/library/corporate/HDR/2014HDR/HDR-2014-French.pdf p212 et suiv.

[19] Source :
http://www.undp.org/content/dam/undp/library/corporate/HDR/2014HDR/HDR-2014-French.pdf

[20] Unicef, « La faiblesse des taux de scolarisation incitent à investir davantage dans l’éducation en République démocratique du Congo »,
http://www.unicef.org/french/infobycountry/drcongo_51031.html

[21] Pour une présentation exhaustive des droits des immigrés, voir : Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s, Sans papiers mais pas sans droits, Gisti-Les notes pratiques 6ème édition, Paris, 2013.

 

[22] Capital, « Aides aux sans-papiers : la France généreuse »
http://www.capital.fr/a-la-une/politique-economique/aides-aux-sans-papiers-la-france-genereuse-1011588

[23] « Charge supportée par le patient pour une consultation chez un généraliste : Prix de la consultation : 23 euros Reste à charge pour le patient avec l’AME : 0 euro ; Reste à charge pour le patient avec la CMU : 0 euro ; Reste à charge pour le patient avec le régime général : 7,90 euros », source : cf. note précédente.

 

[24] Ces chiffres semblent sous-estimés car selon Claude Goasguen : « Le nombre de bénéficiaires de l’AME était de 220 000 pour les trois premiers mois de l’année 2012 et de 270 000 pour la même période en 2013. », » Sans-papiers : alerte sur le coût de l’aide médicale »,

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/10/23/01016-20131023ARTFIG00482-sans-papiers-alerte-sur-l-aide-medicale.php

[25] (article L 111-2 du CASF)http://www.gisti.org/doc/publications/2004/sans-papiers/ase.html

[26]http://www.gisti.org/doc/publications/2004/sans-papiers/scolarite.html

[27] Sans papiers mais pas sans droits, op.cit. p 21.

[28] http://www.valeursactuelles.com/monde/clandestin-quel-prix-pour-la-traversee-vers-leurope-49926#

[29] http://www.metronews.fr/info/immigration-combien-coute-une-traversee-clandestine-de-la-mediterranee/moae !gtVafSjuMa/

[30] Gao Yun, Véronique Poisson, « Le trafic et l’exploitation des migrants chinois en France », Genève, BIT, 2005.

[31] Interview d’une immigrée nigériane : « Même les personnes qui n’ont pas beaucoup d’argent peuvent partir, car une fois en Europe tout le monde rembourse. On a donné sa parole, et la famille est garante », Françoise Guillemaut « Sexe, juju et migrations. Regard anthropologique sur les processus migratoires de femmes africaines en France »,

http://rsa.revues.org/404

 

[32] Idem.

[33] Idem.

[34] Sexe, juju et migrations… op. cit.

[35] Il y a de fortes communautés émanant des anciennes colonies britanniques : Soudan, Irak, Somalie, Pakistan,…

[36] En Grande-Bretagne, « pour les sans-papiers, il y est plus facile de trouver un travail au noir, faiblementrémunéré »
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/03/01016-20141103ARTFIG00299-

[37] http://www.slate.fr/story/10799/le-royaume-uni-est-il-vraiment-un-eldorado-pour-les-refugies

[38] http://www.rtbf.be/info/monde/europe/detail_les-pays-europeens-ont-ils-besoin-des-migrants-pour-assurer-leur-avenir ?id=9048246

[39] Idem.

[40] http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2015/04/03/allemagne-immigration-migrants-13826.html

[41] Dans ce cas, le résultat du calcul coûts-bénéfices de la migration est égal à zéro et la migration ne présente plus aucun intérêt.

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