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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Prison ferme contre 8 syndicalistes de Goodyear ! LA CGT, TOUTE LA CGT, NE LAISSERA PAS EMPRISONNER SES MILITANTS !

14 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Syndicat, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La gauche, #La lutte des classes, #Le grand banditisme, #La justice, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales

Prison ferme contre 8 syndicalistes de Goodyear ! LA CGT, TOUTE LA CGT, NE LAISSERA PAS EMPRISONNER SES MILITANTS !

Prison ferme contre 8 syndicalistes de Goodyear ! LA CGT, TOUTE LA CGT, NE LAISSERA PAS EMPRISONNER SES MILITANTS !

Prison ferme contre 8 syndicalistes : Le gouvernement devra rendre compte !

Communiqué de presse commun CGT, FNIC CGT, UD 80, UL AMIENS Z.I., SYNDICAT CGT Goodyear

Les 7 longues années de lutte des salariés de Goodyear, face à la multinationale, ont été marquées de conflits durs et âpres avec un patronat violent ayant recours à des vigiles, des hommes de main omniprésents dans les ateliers, l’entreprise, pour faire peur, faire taire les salariés et leur faire accepter la fermeture de leur usine.

Toutes les plaintes des militants CGT Goodyear pour que le droit du travail, la santé des salariés soient respectés, ont été déposées au commissariat, transmises au Procureur de la République ; mais mises au panier et classées sans suite.

Après 7 années de combat, un accord est signé entre la direction et la CGT, avec des dimensions sociales et l’abandon de toutes les procédures judiciaires à l’encontre des militants CGT.

Le Procureur de la République, sans doute soutenu par sa hiérarchie, voire le 1er Ministre, décide seul de poursuivre l’action devant les tribunaux contre 8 militants CGT. Il demande au juge de condamner ces 8 militants à 24 mois de prison dont la moitié ferme. Le juge vient de prendre la décision de suivre le pro- cureur en condamnant 8 représentants des salariés de Goodyear à 24 mois de prison dont 9 mois fermes avec 5 années de mise à l’épreuve.

Défendre les intérêts des salariés devient ainsi un délit aux yeux de ce pouvoir qui prétend rendre justice dans le pays ! Justice à soi-même, puisqu’il n’y a plus aucune plainte de la société Goodyear, ni de quelconque !

POURQUOI TANT DE HARGNE CONTRE LA CGT ?

C’est la première fois dans l’histoire de la République que, sous un gouvernement dit « de gauche », de telles peines sont infligées à des syndicalistes. Le gouvernement devra rendre des comptes aux salariés, à la population, aux électeurs le moment venu.

Le gouvernement est responsable de la justice de son pays ! Une justice qui place le militant syndical au rang de délinquant est une justice de classe.

Le contexte actuel qu’utilise le gouvernement de « l’état d’urgence » ne justifie pas la mise en cause de l’activité et de l’action syndicales. Cette décision est un choix politique répressif contre les droits et liber- tés des citoyens à se défendre dans leur travail avec les syndicats, ce que dénonce la CGT depuis l’instauration de « l’état d’urgence ».

LA CGT, TOUTE LA CGT, NE LAISSERA PAS EMPRISONNER SES MILITANTS !

Si le gouvernement veut déclarer la guerre au syndicalisme CGT, il devra en assumer les conséquences.

Toute la CGT, tous ses militants avec les salariés et tous ceux, pour qui la justice n’est pas un instrument politicien, sont appelés à organiser la riposte.

L’APPEL CONTRE CETTE DÉCISION EST ENGAGÉ ET DÈS MAINTENANT, PARTOUT, DES COMITÉS DE DÉFENSE POUR LES DROITS ET LIBERTÉS DOIVENT ORGANISER, RASSEMBLER, MOBILISER L’ENSEMBLE DES SALARIÉS, DE LA POPULATION CIVILE POUR LE RESPECT DES DROITS ET LIBERTÉS INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES.

La CGT

Montreuil, le 12 janvier 2016

SOURCE: La CGT Aujourd'hui face à l'Union européenne "

rester assis, c'est se mettre à genoux." Yannis Youlountas

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple …le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Article 35 de la Déclaration des droits de L’Homme et du citoyen 24/06/1793

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Les valeurs européennes mises à l’épreuve. Réaction de Martin Schultz Le 14 janvier 2016.

14 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #PolitiqueS, #La mondialisation, #Les transnationales

Les valeurs européennes mises à l’épreuve. Réaction de Martin Schultz

Le 14 janvier 2016.

La Pologne et la Hongrie sont mises en garde.

Les valeurs européennes mises à l’épreuve. Réaction de Martin Schultz  Le 14 janvier 2016.

Les valeurs européennes mises à l’épreuve. Réaction de Martin Schultz

Le 14 janvier 2016.

 

 

Niemiecki tygodnik JUNGE FREIHEIT namalował eurooficera Schulza, jak zapowiada zdecydowane środki w nauczaniu wartości europejskich wobec Polski i Węgier, które według dziennika Berliner Zeitung stanowią dla Europy większe zagrożenie niż ISIS. Europa Zachodnia ma bogate, wielowiekowe doświadczenie w imperatywnym nauczaniu swoich wartości.

 

 

Magazine Allemand Junge Freiheit peint eurooficera Schulz, prévoit des mesures décisives dans l'enseignement des valeurs européennes contre la Pologne et la Hongrie, qui, selon le journal pour l'Europe Berliner Zeitung font peser une menace encore plus grande que celle de l'Isis. L'Europe de l'ouest a un vieux riche expérience dans l'enseignement obligatoire de leurs valeurs.

Traduit de : Polonais

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LA GO-GAUCHE NE FAIT PLUS RECETTE DANS LES GUINGUETTES. Par Robert Bibeau. Directeur de: Les7duQuébec

14 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La gauche, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #La lutte des classes, #La mondialisation

LA GO-GAUCHE NE FAIT PLUS RECETTE DANS LES GUINGUETTES

Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

gauche3

Elles sont désespérées la gauche caviar et la go-gauche cassoulet après une série de défaites électorales sous différentes démocraties bourgeoises au Nord comme au Sud. C’est qu’elles espéraient faire recette du malheur des délaissés, des salariés paupérisés, des travailleurs saqués-chômeurs non comptabilisés dans les statistiques des gouvernements déjantés. Depuis 2008 que la nouvelle crise s’épand, le magma social aurait dû normalement fournir un terreau fertile où la go-gauche, en mal de prébendes, devait bénéficier de l’alternance. Comment expliquer qu’au milieu de la tourmente économico-politique les désœuvrés, les paumés, les chômeurs, les travailleurs, tournent le dos à la go-gauche pour n’aller nulle part (électoralement parlant s’entend) ? Comment reconstruire et mystifier à gauche se questionne-t-il ? (1)

 

En effet, si une portion des travailleurs s’éprend de la droite fanatique, la grande majorité des ouvriers ne vont plus voter. Les prolétaires se désintéressent des papotages électoralistes et de la politique des riches, et gaspillent leur temps à chercher sans trouver des moyens de survivre à la crise systémique du capitalisme.

 

Pourtant, deux voix discordantes s’élèvent dans la tourmente. La première propose de radicaliser le discours de la go-gauche jusqu’à faire germer chez les pestiférés de la désespérance l’espoir de réformer le capitalisme. La seconde voix propose de « rénover » les billevesées mensongères pour faire croire au réchauffé qu’ils déblatèrent. Les pontifes de la go-gauche devraient savoir que ces recettes ont été tentées et qu’elles n’ont rien donné. Les mêmes insignifiances vont donner les mêmes conséquences. Ainsi, Owen Jones, que les médias à la solde présentent comme le conseiller de Jeremy Corbyn, l’homme de la go-gauche au sein du Labour britannique, affirme : « En 2008, une partie de la gauche pensait que la situation entrainerait automatiquement un effondrement du capitalisme, ce qui revitaliserait la gauche. Vu dans une perspective historique, c’était naïf. La crise économique des années 1930, a finalement mené au fascisme. La crise économique des années 1970 a mené au néolibéralisme. La gauche ne profite pas automatiquement d’une crise économique (…) Il ajoute, Milton Friedman, un de leurs leadeurs, disait : « Seule une crise amène un réel changement. Et si cette crise se produit, ce qui se passe dépend des idées qui existent déjà. » Et ce qui semblait d’abord « politiquement impossible » devient subitement « politiquement inévitable ». Et c’est bien ce qui s’est passé après la crise de 1973. La droite était prête avec ses idées qui, après la crise, ont su conquérir le monde » (2).

 

Est-il vrai, comme l’affirment Milton Friedman et Owen Jones que les idées dirigent le monde, l’économie, et la société ? Évidemment non ! S’il en était ainsi, les idées de la droite bourgeoise, qui ont géré le pouvoir depuis la crise de 1973, à la fois via des partis de « gauche » et via des partis de « droite », auraient réglé les problèmes de l’économie politique et le monde n’aurait jamais connu la crise économique de 2008. L’économie mène le monde et le mouvement précède la conscience…et les idées de la go-gauche, comme celles de la droite sont à l’arrière du cortège, fermant la marche funèbre.

 

Ce que confirme monsieur Jones qui déclare : « après la crise de 2008, la gauche n’avait pas immédiatement une réponse à avancer (…) Le message de la gauche, c’était : « Stop à l’austérité, stop aux privatisations, stop à ceci, stop à cela », sans qu’elle ait une alternative cohérente ou une vision différente pour une autre sorte de société ».

 

Est-il vrai que la go-gauche n’avait aucune alternative cohérente pour une autre sorte de société ? Absolument vrai ! Ce que reprennent les propos de Peter Mertens : « En 1945, le mouvement ouvrier britannique a obtenu beaucoup. Un système national de santé a été instauré, les secteurs-clés ont été nationalisés, un ambitieux plan de logement social a été établi. Plus tard cependant, la bureaucratie au sein de ces institutions a été de plus en plus critiquée. Ce reproche légitime a été utilisé par les néolibéraux, non pas pour améliorer le système social, mais pour le démanteler et le vendre. La réponse de la gauche ne peut pas être : retour aux années 1960, retour au passé (…) Le dernier gouvernement de gauche que l’on ait connu, c’est le gouvernement de Clement Attlee, de 1945 à 1951. Ce gouvernement a mené de grandes réformes sociales, il a instauré l’État-providence avec les soins de santé nationaux, les droits des travailleurs… Mais, de cette manière, la gauche est présentée comme un courant qui veut inverser le cours des aiguilles de l’horloge pour remonter vers une sorte de passé idyllique. La gauche a toujours été le courant qui regardait vers l’avant et qui modernisait pour donner forme à la société du futur » (3).  Dans le précédent paragraphe, vous retrouvez un condensé des sophismes que présentent les thuriféraires de la go-gauche pour obtenir leur accréditation auprès des grands patrons afin qu’on leur redonne le pouvoir étatique tant convoité, ce que le prolétariat semble leur refuser. Analysons les trois sophismes de ce salmigondis.

 

  1.   Ce ne sont pas les gouvernements de la gauche bourgeoise qui ont donné en cadeau les avantages sociaux. Ce sont les travailleurs qui ont guerroyé durement pour vendre chèrement leur force de travail salarié. Étant donné qu’à cette époque les hausses de productivité du travail étaient importantes, à tout le moins suffisantes pour augmenter à la fois les taux de profits et la valeur de la marchandise « force de travail », la bourgeoisie a consenti à des hausses de salaire dont l’État bourgeois a exproprié une partie (taxes et impôts) afin d’assurer les services publics nécessaires à la reproduction de la main-d’œuvre, mise en scène que la go-gauche bourgeoise a appelé l’État providence aujourd’hui révolu étant donné l’anémie des hausses de productivité du travail salarié.  
  2. Il est vrai que des secteurs-clés de l’économie ont été « nationalisés », à la demande du grand capital et pour son profit. Ces « nationalisations » visaient strictement à s’assurer que l’État capitaliste y investit les capitaux requis pour remettre en état ces services clés de l’économie capitaliste. Ces « nationalisations » n’ont jamais été un pas pour la construction du socialisme. Il était bourgeoisement normal qu’une fois remises sur pied ces entreprises soient retournées, valorisées, à leurs propriétaires « affamés ». Ce qui fut fait à compter des années 1970, les néolibéraux, et la go-gauche « démocratique » n’ont pas imaginé ces rétrocessions, ils en ont assuré l’exécution et n’ont servi que de faire valoir dans toute cette histoire. 
  3.   La classe prolétarienne n’a jamais demandé que l’on abolisse les services publics ni les avantages sociaux qu’elle avait difficilement obtenus. Ce sont les intellectuels petits-bourgeois, de gauche comme de droite, qui se sont fait les portes-voix des patrons et qui ont dénigré la « bureaucratie – Top Down » et les services publics léthargiques afin de justifier les politiques d’austérité présentement imposées. Il faut être particulièrement tordu pour dénigrer les mouvements ouvriers de résistance aux politiques d’austérité et au démantèlement des services publics nécessaires à la reproduction de la force de travail. En effet, tous les ouvriers savent que si l’État abolit les services publics ils devront assumer par eux-mêmes les frais d’éducation, de soins de santé, de garderie, de médicaments et de retraite. Si de résister à ces attaques du capital s’apparente au retour au passé des années soixante, alors oui, les prolétaires sont en faveur que l’on préserve les concessions obtenues dans ce passé pas si éloigné.

 

Il faut admettre avec les socialistes Mertens et Jones que la gauche caviar et la go-gauche cassoulet n’ont aucune « alternative cohérente ou une vision différente pour une autre sorte de société » à proposer, raison pour laquelle elle végète dans les sondages et cela n’est pas dû à son « incapacité à communiquer », au contraire, ses intentions réformistes visant à réchapper la vieille société de production capitaliste moribonde sont si évidente que la go-gauche ne trompe plus personne – raison de leur défaite électorale à la chaine.  

 

D’ici là, la classe ouvrière comprendra un jour que la guerre de classe pour sauvegarder les « acquis » cédés par la bourgeoisie « providence » est une bataille d’arrière-garde perdue d’avance et que « Lutter contre l’austérité, c’est pas assez » (4).

 

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Ouvrez les yeux, réveillez-vous ! Par Bernard Conte

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales

Ouvrez les yeux, réveillez-vous !

Personne ne s'est réveillé {JPEG} Depuis quarante ans nos dirigeants politiques nous mentent. Ils disent lutter contre le chômage et la pauvreté, mais ils font tout le contraire.

Ouvrez les yeux !

Le chômage est passé de 2,9% de la population active en 1973 à plus de 21% en 2015 si l’on démêle l’écheveau statistique manipulé par les pouvoirs publics.

La France s’est relativement appauvrie comme le montre l’évolution de l’Indice du développement humain (IDH) du PNUD. Notre pays est passé du 2nd rang du classement en 1995, au 22ème rang en 2014, soit une chute de 20 places.

Nos dirigeants disent œuvrer pour générer de la croissance économique, mais c’est de la récession qu’ils produisent.

Sont-ils incompétents ? Je ne le crois pas vraiment. Quelle que soit leur coloration politique, ils font la même politique : celle de leurs sponsors. Le principe actif est le même, il n’y a que l’emballage qui change.

 

Ouvrez les yeux !

Notre système politique est bâti sur le clientélisme dont la croissance est le veau d’or. Notre système, caractérisé depuis plus de 40 ans par un bipartisme de connivence, dont la clé de voute est la croissance économique car elle grossit le gâteau de la richesse nationale et permet aux politiciens de créer et de distribuer de la richesse sous forme de rente.

 

De façon schématique, les politiciens au pouvoir distribuent des rentes à leurs sponsors ainsi qu’à leur clientèle politique. Les sponsors financent les campagnes électorales, influencent l’opinion publique, notamment à travers les medias qu’ils contrôlent, et la clientèle politique apporte son suffrage aux élections.

Ce système peut être qualifié de clientéliste. Tout va pour le mieux lorsque la croissance économique est de mise car le gâteau de la rente s’élargit sans cesse et permet globalement de satisfaire les demandes tant des sponsors que de la masse des électeurs. Le système clientéliste est prospère et les inégalités dans la redistribution des rentes ne suscitent pas trop de vagues conflictuelles du fait que, peu ou prou, tout le monde en profite. La rente ruissèle jusqu’au bas de la pyramide sociale.

 

Ouvrez les yeux !

La surenchère électoraliste de la démocratie de connivence a conduit à l’élargissement et à l’approfondissement de la distribution clientéliste de la rente. La multiplication des agents à la recherche de rente (entreprises, individus, groupes, communautés…) et l’accroissement de leurs exigences se sont traduits par une inflation rentière qui s’est heurtée de front à la baisse de la croissance, puis à la stagnation. La multiplication des convives et leur appétit démesuré engendrent inévitablement des tensions lorsque la taille du gâteau à partager ne grossit plus, voire se réduit.

Dans l’attente du retour de la croissance, auquel nos dirigeants font semblant de croire, ils reconduisent le système clientéliste ancien, mais sous une forme appauvrie. En d’autres mots, tous les clients ne pouvant être servis, il faut satisfaire en priorité les sponsors au détriment du reste de la population. Cela implique notamment la baisse des dépenses sociales, le détricotage du droit du travail, les privatisations, les subventions (directes ou déguisées aux multinationales), le renflouement des banques, l’augmentation de la fiscalité qui pèse sur les classes moyennes en voie d’euthanasie, etc. Toutes ces mesures étant justifiées par la lutte contre le chômage et la pauvreté, ainsi que par l’espoir d’un retour de la croissance. Néanmoins, la classe politique - qui manque de courage comme elle l’a démontré à diverses reprises dans notre histoire - ne redistribue les cartes que de façon graduelle car elle craint à la fois le résultat du suffrage universel et d’éventuel troubles sociaux graves. Cette situation se traduit par des déficits budgétaires importants et une dette publique en croissance exponentielle.

 

Ouvrez les yeux !

Lorsque les sponsors s’impatientent vraiment de la lenteur du processus de redistribution de la rente en leur faveur, la classe politique au pouvoir n’a plus qu’à obtempérer et à accélérer l’ajustement de la structure du partage de la rente.

Mais l’imposition d’une austérité rigoureuse au plus grand nombre peut engendrer des réactions de rejet. L’état d’urgence sécuritaire, bientôt inscrit dans la loi fondamentale qu’est la Constitution (comme le déficit zéro des finances publiques), va permettre d’éviter, en les dénaturant ou en les interdisant, les mouvements contestataires, les mouvements sociaux, les manifestations et cet état d’urgence va même autoriser l’embastillement d’éventuels meneurs. C’est cela qui est important et non pas la déchéance d’une binationalité qui mobilise les media.

L’état d’urgence sécuritaire va accompagner l’état d’urgence économique dont parle Monsieur Macron qui va permettre, selon ses mots, « d’engager de nouveau de grandes réformes ». Ces grandes réformes ont pour objectif de Tiers-mondialiser la France pour la rendre compétitive avec la Chine par exemple. L’état d’urgence économique, c’est la Grèce : baisse des salaires, de la protection sociale, des retraites, appauvrissement de la population,… tout cela sous prétexte de croissance, de lutte contre le chômage, contre la pauvreté… et d’équité pour, en fait, enrichir les sponsors.

Comment réagir pour ne pas en mourir ?

 

Réveillez-vous !

Le salut ne se trouve pas dans les extrêmes de l’échiquier politique. D’ailleurs, ces extrêmes font partie intégrante du système et servent avant tout à le pérenniser.

Le salut réside dans un large rassemblement, sans doute en marge des partis politiques, de personnes de bonne volonté, soucieuses d’œuvrer pour le bien commun.

Ce rassemblement se fera, vraisemblablement, tout d’abord au niveau local pour des raisons de proximité. Je rappelle que pendant la deuxième guerre mondiale, alors que la France était à genou, quelques personnes de bonne volonté, initialement peu nombreuses, il est vrai, de sensibilités politiques différentes, voire opposées, se sont réunies pour élaborer un programme pour relever notre pays.

Dans le contexte actuel de guerre économique, une démarche du même type s’impose et elle ne pourra, à mon sens, prendre naissance que dans un périmètre restreint, une commune par exemple. Par la suite, l’addition des expériences locales permettra le changement dans des niveaux plus élevés.

 

Réveillez-vous !

La clé du salut se situe avant tout au niveau local.

Ce soir n’est pas le « Grand soir ». Mais il m’aura permis d’exprimer quelques idées. Je vous remercie.

 
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L’apocalypse financière approche

9 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #Le fascisme, #Terrorisme, #Le traité Transatlantique.

L’apocalypse financière approche


Les banques US ont 247 000 milliards de dollars d’exposition sur les dérivés


Par Michael Snyder – Le 29 décembre 2015 – Source The Economic Collapse traduit par businessbourse.com

Nuclear War - Public Domain

Note du Saker Francophone

Le blog businessbourse.com ayant été plus rapide que nous à traduire le dernier Snyder, on vous le propose dans leur traduction. J'en profite pour en remettre une couche sur les aspects financiers dans le cadre de la remontée des taux de la Fed alors que la guerre semble reprendre en Ukraine et que l'Arabie saoudite s'en prend à tous ses voisins (ou presque) comme une bête furieuse, sans parler de la baisse du prix du pétrole qui touche toutes les économies dépendantes mais aussi l'économie mondiale. Étrange début d'année 2016...

Saviez-vous qu’il y a 5 banques trop importantes pour faire faillite (too big too fail) aux États-Unis, dont chacune est exposée aux instruments dérivés pour un montant supérieur à 30 000 milliards de dollars ?

 

Dans l’ensemble, les plus grandes banques américaines ont collectivement plus de 247.000 milliards de dollars d’exposition sur les produits dérivés. Ce montant est 13 fois supérieur à la taille de la dette publique des États-Unis (19 000 milliards de dollars), et c’est une bombe à retardement qui pourrait déclencher à chaque instant l’apocalypse financière.

Globalement, selon la Banque des règlements internationaux (BRI), la valeur théorique de l’ensemble des contrats de produits dérivés en circulation équivaut au montant inimaginable de 552 900 milliards de dollars. Les banquiers nous assurent que ces instruments financiers sont beaucoup moins dangereux qu’ils ne le paraissent, et qu’ils ont réparti le risque un peu partout de telle sorte qu’il est impossible de provoquer l’effondrement du système. Mais concernant le risque, vous aurez beau essayer de le répartir un peu partout et d’autant de façons possibles, vous ne pourrez jamais l’éliminer. Et lorsque cette bulle de dérivés implosera enfin, il n’y aura pas assez d’argent sur ​​toute la planète pour régler le problème.

Un grand nombre de lecteurs peuvent être tentés d’abandonner la lecture de cet article dès maintenant, parce que l’expression produits dérivés paraît assez compliquée. Et oui, les détails de ces arrangements peuvent être extrêmement compliqués, mais le concept est assez simple. Voici une bonne définition de la notion de produits dérivés, qui vient de Investopedia :

Un produit dérivé est une sécurité dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un autre produit appelé sous-jacent.

Ce produit consiste en un contrat entre deux parties, un acheteur et un vendeur, qui fixe des flux financiers futurs fondés sur ceux d’un actif sous-jacent, réel ou théorique, généralement financier. Les actifs sous-jacents les plus courants comprennent les actions, obligations, matières premières, devises, taux d’intérêt et des indices boursiers.

Le marché des produits dérivés est une forme de jeu légalisé (casino). Ceux qui sont engagés dans la négociation de produits dérivés font simplement le pari que quelque chose se produira ou non dans l’avenir. Les produits dérivés ont joué un rôle déterminant lors de la crise financière de 2008, et je suis convaincu qu’ils joueront à nouveau un rôle majeur dans cette nouvelle crise financière.

Et je ne suis certainement pas le seul qui soit préoccupé par la nature potentiellement destructrice de ces instruments financiers. Dans une lettre qu’il avait écrit aux actionnaires de Berkshire Hathaway en 2003, Warren Buffett avait qualifié les produits dérivés comme étant des «armes financières de destruction massive» :

L’apocalypse financière approche

Le mauvais génie des produits dérivés est maintenant sorti de sa bouteille et ces instruments vont certainement se multiplier en nombre et variété avant que leur toxicité n’apparaisse. Jusqu’à présent, les banques centrales et les gouvernements n’ont trouvé aucun moyen efficace de les contrôler, voire de surveiller les risques liés à ces types de contrats. Je considère les produits dérivés comme étant des armes de destruction massive, véhiculant le risque qui, même s’il est latent actuellement, est potentiellement mortel.

Depuis la dernière crise financière, les grandes banques dans ce pays sont devenues encore plus irresponsables. Et c’est un énorme problème, puisque notre économie est encore plus dépendante d’elles que nous ne l’étions la dernière fois. A ce stade, les quatre plus grandes banques aux États-Unis sont environ 40 % plus importantes qu’elles ne l’étaient en 2008. Les cinq plus grandes banques représentent environ 42 % de l’ensemble des prêts de ce pays, et les six plus grandes banques représentent environ 67 % de l’ensemble des actifs dans notre système financier.

Donc, le problème du trop importantes pour faire faillite est maintenant plus important que jamais. Si ces banques font faillite, nous souffrirons tous.

Hier, j’ai écrit sur la manière dont la Réserve fédérale avait mis en place de nouvelles règles qui limiteraient la capacité de la Fed à effectuer des prêts d’urgence à ces grandes banques lors de la prochaine crise. Donc, si la survie de ces grandes banques est menacée par une crise des produits dérivés, l’argent servant à les renflouer viendrait probablement d’ailleurs.

Dans un tel scénario, pourrions-nous voir le modèle européen de «renflouement interne» appliqué aux États-Unis ?

Ellen Brown, l’une des critiques les plus féroces de notre système financier actuel et l’auteur de Web of debt, semble le penser.

L’apocalypse financière approche

La loi Dodd-Frank stipule dans son préambule qu’elle «protégera le contribuable américain en mettant fin aux renflouements».

Mais elle ne le fait pas en vertu du second point, en imposant les pertes des sociétés financières insolvables à leurs actionnaires principaux, puis minoritaires, et aux autres créanciers non garantis. Ce qui comprend les déposants qui représentent la plus grande catégorie de créanciers non garantis de n’importe quelle banque.

Ce second point vise à «assurer que le paiement des demandeurs soit au moins équivalent à ce qu’ils auraient reçus dans le cas d’une faillite». Mais voici le hic : en vertu de la Loi Dodd-Frank et de celle de 2005 sur les faillites, les réclamations sur les dérivés ont une super-priorité sur toutes les autres demandes, garantis et non garantis, assurés et non assurés.

L’apocalypse financière approche

Le marché des dérivés de gré à gré over-the-counter (OTC) (le plus grand marché pour les produits dérivés) est constitué de banques et d’autres acteurs très sophistiqués tels que les hedge funds. Ces produits dérivés OTC sont les paris que ces acteurs financiers prennent les uns contre les autres. Les réclamations sur ces produits dérivés sont considérées comme garanties, parce que la garantie est affichée par les parties.

Pour une raison inexplicable, l’argent durement gagné que vous déposez à la banque n’est pas considéré comme sécurisé ou garanti. C’est seulement un prêt à la banque, et vous devez faire la queue avec les autres créanciers dans l’espoir de le récupérer.

L’apocalypse financière approche

Comme je l’ai dit hier, la FDIC est supposée garantir les dépôts bancaires faits aux États-Unis, mais en réalité, elle a seulement une très, très petite quantité d’argent pour couvrir toutes les demandes (jusqu’à concurrence de 250 000 dollars en 2012). Mais comme Brown l’a souligné, la FDIC compte environ seulement 70 milliards de dollars pour couvrir les faillites bancaires.

Si des centaines de milliards, voire des milliers de milliards de dollars étaient finalement nécessaires pour renflouer le système bancaire, alors d’où viendra tout cet argent ?

Il serait difficile de surestimer la menace que les produits dérivés posent à nos banques trop importantes pour faire faillite. Les chiffres suivants proviennent directement du plus récent rapport trimestriel du Bureau du contrôleur de la monnaie (Office of the Comptroller of the Currency – OCC) (voir le tableau 2), et ils révèlent une telle irresponsabilité qu’il est difficile de l’expliquer par des mots…

Citigroup

Actifs totaux: 1 808 356 000 000 $ (plus de 1 800 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 53 042 993 000 000 $ (plus de 53 000 milliards de dollars)

JP Morgan Chase

Actifs totaux: 2 417 121 000 000 $ (environ 2 400 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 51 352 846 000 000 $ (plus de 51 000 milliards de dollars)

Goldman Sachs

Actifs totaux: 880 607 000 000 $: (moins de mille milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 51 148 095 000 000 $ (plus de 51 000 milliards de dollars)

Bank of America

Actifs totaux: 2 154 342 000 000 $ (un peu plus de 2 100 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 45 243 755 000 000 $ (plus de 45 240 milliards de dollars)

Morgan Stanley

Actifs totaux: 834 113 000 000 $: (moins de mille milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 31 054 323 000 000 $ (plus de 31 000 milliards de dollars)

Wells Fargo

Actifs totaux: 1 751 265 000 000 $ (plus de 1.750 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 6 074 262 000 000 $ (plus de 6 000 milliards de dollars)

Comme l’économie réelle se détériore, les principaux hedge funds continuent de tomber comme des mouches, et nous nous dirigeons vers une nouvelle récession, il semble y avoir très peu d’inquiétude dans la population en général par rapport ce qui se passe et à la situation actuelle.

Les médias traditionnels nous assurent que tout est sous contrôle, et d’ailleurs, il suffit de le constater en lisant ce gros titre pendant cette saison de fêtes : Kylie Jenner montre ses fesses pour dévoiler son nouveau tatouage.

Mais dans l’ombre, les problèmes menacent.

Une nouvelle crise financière a déjà commencé, et elle va s’intensifier à mesure que nous avançons dans 2016.

Et comme cette nouvelle crise se développe, je crains que vous n’ayez à entendre souvent parler des produits dérivés, parce qu’ils joueront un rôle majeur dans l’apocalypse financière qui est imminente.

Michael Snyder

Traduit par businessbourse.com

Note du Saker Francophone

En Europe, la situation est à peine mieux avec cette étude de 2012 du site les-crises.fr, avec la Deutsche Bank 73 000 Md$, la BNP, 62 000 Md$ ou la Société Générale, 25 000

Comme je l’ai dit hier, la FDIC est supposée garantir les dépôts bancaires faits aux États-Unis, mais en réalité, elle a seulement une très, très petite quantité d’argent pour couvrir toutes les demandes (jusqu’à concurrence de 250 000 dollars en 2012). Mais comme Brown l’a souligné, la FDIC compte environ seulement 70 milliards de dollars pour couvrir les faillites bancaires.

Si des centaines de milliards, voire des milliers de milliards de dollars étaient finalement nécessaires pour renflouer le système bancaire, alors d’où viendra tout cet argent ?

Il serait difficile de surestimer la menace que les produits dérivés posent à nos banques trop importantes pour faire faillite. Les chiffres suivants proviennent directement du plus récent rapport trimestriel du Bureau du contrôleur de la monnaie (Office of the Comptroller of the Currency – OCC) (voir le tableau 2), et ils révèlent une telle irresponsabilité qu’il est difficile de l’expliquer par des mots…

Citigroup

Actifs totaux: 1 808 356 000 000 $ (plus de 1 800 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 53 042 993 000 000 $ (plus de 53 000 milliards de dollars)

JP Morgan Chase

Actifs totaux: 2 417 121 000 000 $ (environ 2 400 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 51 352 846 000 000 $ (plus de 51 000 milliards de dollars)

Goldman Sachs

Actifs totaux: 880 607 000 000 $: (moins de mille milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 51 148 095 000 000 $ (plus de 51 000 milliards de dollars)

Bank of America

Actifs totaux: 2 154 342 000 000 $ (un peu plus de 2 100 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 45 243 755 000 000 $ (plus de 45 240 milliards de dollars)

Morgan Stanley

Actifs totaux: 834 113 000 000 $: (moins de mille milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 31 054 323 000 000 $ (plus de 31 000 milliards de dollars)

Wells Fargo

Actifs totaux: 1 751 265 000 000 $ (plus de 1.750 milliards de dollars)

Exposition totale aux produits dérivés: 6 074 262 000 000 $ (plus de 6 000 milliards de dollars)

Comme l’économie réelle se détériore, les principaux hedge funds continuent de tomber comme des mouches, et nous nous dirigeons vers une nouvelle récession, il semble y avoir très peu d’inquiétude dans la population en général par rapport ce qui se passe et à la situation actuelle.

Les médias traditionnels nous assurent que tout est sous contrôle, et d’ailleurs, il suffit de le constater en lisant ce gros titre pendant cette saison de fêtes : Kylie Jenner montre ses fesses pour dévoiler son nouveau tatouage.

Mais dans l’ombre, les problèmes menacent.

Une nouvelle crise financière a déjà commencé, et elle va s’intensifier à mesure que nous avançons dans 2016.

Et comme cette nouvelle crise se développe, je crains que vous n’ayez à entendre souvent parler des produits dérivés, parce qu’ils joueront un rôle majeur dans l’apocalypse financière qui est imminente.

Michael Snyder

Traduit par businessbourse.com

Note du Saker Francophone

En Europe, la situation est à peine mieux avec cette étude de 2012 du site les-crises.fr, avec la Deutsche Bank 73 000 Md$, la BNP, 62 000 Md$ ou la Société Générale, 25 000
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A propos des Dominants par Robert Charvin

9 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Le socialisme, #La gauche, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #la liberté

 

8 janvier 2016

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En France et en Europe, l'idéologie dominante est le confusionnisme : on n'admet pas la structuration de classe, assimilée à une obscénité intellectuelle archaïque. Bourdieu a été l'objet de toutes les agressions pour avoir tenté d'établir une « anthropologie globale » de la classe dirigeante ! Il est en effet des sujets qu'il convient de ne pas aborder !

 



Les dominants entendent s’octroyer à eux-mêmes le droit de s’auto-analyser... avec l’indulgence qui s’impose. A défaut, la connaissance de ce phénomène essentiel qui est le consentement inconscient que les individus accordent au monde qui s’impose sans bénéfice pour eux, risque de conduire à la critique de la domination !

L’air du temps conduit à s’apitoyer (sans faire grand chose pour autant) sur la pauvreté extrême. Une « classe moyenne » sans frontière engloberait la grande majorité de la population ; au mieux, on la subdivise en une « upper middle class » et une « lower middle class ». Elle est idéalisée : la « moyennisation » d’ensemble permettrait l’épanouissement de la démocratie, en dépit du constat que la démonstration contraire a été faite dans les années 1930-1940 avec le ralliement aux divers fascismes des classes moyennes. Malgré aussi l’appui qu’elles apportent dans les pays du Sud où elles sont apparues aux régimes autoritaires qui leur offrent quelques privilèges (dans la Tunisie de Ben Ali, dans l’Égypte de Moubarak et dans les diverses dictatures que l’Amérique du Sud a connu, au Chili, par exemple).

== Pour comprendre le fonctionnement et les contradiction de notre société, il est pourtant indispensable de savoir qui la dirige et qui en profite effectivement. L’approche de la classe dominante est prudente et discrète. Le simple fait de noter qu’elle est très restreinte et d’analyser ses composantes relève de la subversion ! Ce petit monde est constitué des milieux d’affaires, des hauts fonctionnaires et des politiciens des sommets de l’État et de quelques personnalités médiatisées de toutes disciplines. Ces dominants sont en osmose, proches d’une caste à la fois diverse et homogène. Cette petite communauté est opaque pour tout le reste de la population : on ne connaît pas ses revenus réels ; on n’imagine pas son mode de vie, on ignore les moyens qu’elle emploie pour se pérenniser. Vouloir la rendre transparente (ce qui est un désir rare, car on préfère ausculter avec moins de risque la pauvreté) est assimilé à une agression politique destructrice de l’ordre public et qualifié de populisme anti- élitiste ! Les relations public-privé, argent-pouvoir politique et médias, clés des « réussites » individuelles « doivent » échapper à la transparence et donc à tout contrôle. La corruption (de formes variées) qui y règne échappe souvent aux procédures judiciaires qui s’enlisent faute de détenir les clés probantes. Il est difficile d’en pénétrer la réalité profonde.

Ce petit « complexe politico-médiatico-affairiste » est en effet surarmé. Il a la maîtrise de l’argent, ce qui lui permet d’en acquérir toujours davantage (sauf accident) et d’acheter les hommes qui lui sont utiles ; il dirige les communications, ayant acquis les grands médias, ce qui lui permet de formater les esprits, de fabriquer les leaders, de fixer « l’ordre du jour » et le vocabulaire du débat politique et de faire pression sur leurs comparses au sein de leurs monde ; il produit le droit (sauf exception) et l’interprète à son gré, grâce à ses juristes de cour (les vrais « intellectuels de marché »), et malgré les juges qu’il ne cesse de dénoncer les qualifiant de « rouges », ce qu’ils sont pourtant si rarement !

Tout en ayant pris ses distances vis-à-vis du catholicisme, il conserve des relations solides avec les institutions religieuses. Si la foi est tiède (le laxisme dans le domaine du sexe et de tous les plaisirs est sans borne), le respect affiché vis-à-vis du Pape et de l’Église reste « utilisable », notamment en période de crise. La caste dirigeante veut conserver la capacité de se couvrir de quelques oripeaux de spiritualité.

== On s’étonne que le parcours de nombreuses personnalités soit un cheminement de gauche à droite et pratiquement jamais l’inverse ; on ne saisit pas pourquoi toute victoire progressiste soit rapidement suivie d’un échec et d’une régression générale (Front Populaire, Libération, 1981, etc.) ; on assimile difficilement le fait que toute pensée critique est ultra minoritaire, sauf en d’exceptionnelles périodes. On est surpris de la faiblesse des opposants à ce système pourtant oligarchique.

Le plus surprenant est ailleurs. Il est dans l’existence permanente, malgré tout, d’une action contestataire et d’une réflexion anti-système vivante, alors qu’il est même difficile de savoir quel est le véritable adversaire des droits et du bien-être de la grande majorité ! Cette survie, évidemment insatisfaisante, a toutefois d’autant plus de mérite que les forces de droite et celles de la « gauche » social-démocrate créent une confusion croissante, mêlant leur programme et leur pratique au point qu’ils deviennent indistincts. Ce « mixage » délibéré, résultat de leur échec respectif, vise à la fois à satisfaire le monde des affaires et de séduire le « petit peuple ». Le grand écart et la dissimulation du réel ainsi provoqués ne dérangent aucunement les « partis de gouvernement », même s’ils perdent en route de nombreux adhérents (dont souvent ils n’ont que faire). Le résultat est un brouillard profond jeté sur la vie sociale et politique, conduisant à un discrédit du politique, à un abstentionnisme massif et croissant et à l’extension d’un esprit néo-fasciste dans la population, comme en témoignent les succès du F.N. La progression du F.N dérange davantage la droite (qui tente de lui ressembler) que la social-démocratie. Obsédés d’élections, les socialistes espèrent faire du F.N le principal adversaire au détriment de la droite classique. Ils ne se privent pas cependant d’envisager la possibilité d’une coalition « droite-gauche », qui est d’ailleurs en voie de réalisation locale.

== Ce qui caractérise la pratique constante des dominants, c’est la concentration de tous leurs efforts sur la seule tactique. Qu’il s’agisse de rivalités personnelles, de concurrences claniques, de luttes de partis, les dominants n’ont pas pour arme une stratégie ou un système de valeurs, quoiqu’ils disent. Ils ont simplement la maîtrise de toutes les procédures concevables : leur seule fin, qui est de se pérenniser, se trouve dans le meilleur usage possible des manipulations de toutes natures. A tous les récits, à toutes les idéologies, aux croyances, ils opposent la tactique !

== Cette classe dirigeante parce que dominante, vivant sur une autre planète que celle du reste de la population, a une haute considération pour elle-même et un grand mépris pour ceux qui n’appartiennent pas à cette « élite » autoproclamée. Tous ses membres se sentent les « meilleurs » et se considèrent « irremplaçables » : l’autorité leur appartient naturellement. Ces « Importants », de premier choix, se sont convaincus, comme l’était hier la noblesse d’Ancien Régime, qu’ils sont seuls à pouvoir manier le gouvernail dans tous les domaines, particulièrement dans l’économie. Mais ce ne sont pas tous des héritiers. Nombreux sont des aventuriers du système, style Tapie, qui ont « réussi » à se rapprocher des grands groupes, de type Bolloré ou Bouygues. Le petit monde politique néo-conservateur ou social-démocrate regorge de ces petits « prodiges » dont les sommets de la caste dirigeante ont besoin. Les « mal-nés » qui ont pour seule conviction de profiter à fond du système et qui ont le sens du vent dominant, s’ils savent donner des gages, sont distingués au milieu de la masse des dominés de la « France d’en-bas ». La politique professionnelle est aujourd’hui l’équivalent du rôle que jouaient l’armée et l’Église pour les cadets sans terre de l’aristocratie d’autrefois ! L’origine « populaire » peut être même un atout : ils peuvent « plaire » plus facilement, même s’ils font tout pour s’éloigner du peuple dont ils sont issus ! Ils ont le choix pour leur carrière d’opter pour les différentes droites ou pour la fausse gauche (ce qui n’engage à rien), en restant prêts à se reconvertir si nécessaire pour adhérer à la mouvance la plus rentable. L’opportunisme est leur boussole : elle indique les « valeurs » à la mode qu’il faut promouvoir et surtout les intérêts qu’il ne faut pas égratigner ! Demain, des éléments « frontistes » et « patriotes », évidemment, pourront aussi servir, s’ils n’ont pas d’exigences anti-néo-libérales !

L’aristocratie italienne, malgré son mépris pour les « chemises noires », a conclu un accord avec Mussolini ! Tout comme l’industrie lourde et l’essentiel de la bourgeoisie allemande se sont liées au nazisme hitlérien (après l’élimination du courant « national et socialiste » préoccupé réellement de social). Le patronat français n’était pas à Londres, durant les années 1940-1944, mais à Vichy : il ne s’est manifesté ni contre la Gestapo ni contre la Milice. Il faisait des affaires ! Rien n’exclut demain en France et ailleurs une « recomposition » politique, fédérant tous les courants encore divergents ayant pour trait commun de n’être pas contre le système, c’est-à-dire le capitalisme financier : les castes dirigeantes ont pour tradition de s’accommoder de tous les régimes pourvu qu’ils ne remettent pas en cause leurs privilèges et leur domination. Elles savent rendre la monnaie de la pièce !

== Les castes dominantes pour diriger ont aussi besoin d’ « experts » et d’ « intellectuels » qu’il s’agisse hier d’un « grand » comme Raymond Aron ou d’un « petit » style Zemour ! Aucun système ne peut en effet se passer de ces agents de légitimation.

La lecture de ce qui se produit dans la société ne peut être laissée à la spontanéité des consciences individuelles. Il convient de les « guider » vers les analyses ne remettant rien en cause, y compris en usant de la fausse monnaie intellectuelle sur le marché des idées ! C’est ainsi qu’il faut doctement expliquer que les Français ne sont ni racistes ni xénophobes, malgré les « apparences », à la différence de tous les autres peuples de la planète. Il faut persuader, par exemple encore, que la croissance permet de réduire le chômage quasi-mécaniquement et que la lourdeur du Code du Travail est un obstacle majeur à l’embauche, ce qui exige beaucoup de talent ! Il faut entretenir un « techno-optimisme » fondé sur la croyance que les nouvelles techniques règlent tous les problèmes, y compris sociaux, ce qui rend inutiles les révolutions. Il faut légitimer l’hostilité aux Russes qui sont mauvais par nature, communistes ou pas, incapables qu’ils sont de comprendre la bienfaisance de l’OTAN ! A la différence des États-Unis, champions du monde de la démocratie et de l’ingérence humanitaire, y compris en Irak, qu’il est convenable de toujours admirer, malgré Guantanamo et les trente mille crimes annuels (souvent racistes).

Nombre de journalistes, de juristes et surtout d’économistes (surtout ceux des organismes privés) se bousculent pour offrir une crédibilité au système moyennant leur médiatisation lorsqu’ils ont un peu de talent, donc un certain impact sur l’opinion.

La classe dirigeante n’a besoin en effet que d’une pensée « utile » à court terme, c’est-à-dire ajustée à la logique économique du système mais capable aussi de faire croire qu’il peut satisfaire tout le monde.

L’intellectuel de cour n’a qu’à se couler, en l’enrichissant, dans la pensée commune venant d’en-haut sans faire plus d’écart personnel qu’il n’en faut pour se démarquer des autres et manifester un « quant à soi », ayant la vertu de faire croire au pluralisme. Sa panoplie est standard dans le vide idéologique et l’infantilisme préfabriqués par les grands médias :

Il doit toujours se placer à l’intérieur du système, évalué comme indépassable. Il doit écarter toute recherche des causes aux problèmes qui se posent et se satisfaire d’une analyse descriptive des faits, car toute cause profonde révélée est subversive. Par exemple, l’approche de la pauvreté et du sous-développement doit éviter la recherche de leurs origines.

En tant qu’ « expert », il n’a pas besoin de penser si ce n’est à ce qu’il a intérêt à penser s’il veut rester « expert ». Il n’est chargé que d’expliciter à posteriori les décisions prises « en haut », quitte à renouveler son argumentaire, compte tenu de « l’usure » des explications précédentes. C’est d’ailleurs ce savoir-faire qu’on lui enseigne essentiellement à l’ENA, dans les écoles de commerce et les facultés de droit, chargées de la reproduction de la pensée unique.

Il doit être aussi « moralisateur » : à défaut de pouvoir invoquer la légalité et le droit « trop objectifs » (sauf le droit des affaires concocté par les intéressés eux-mêmes). L’intellectuel de service doit user à fond de « l’humanitarisme-mode ». Il permet de tout justifier, y compris la guerre (« juste », évidemment) et la politique de force, selon les opportunités. Cela offre de la « dignité » aux pratiques les plus « voyous » !

Il doit convaincre que la démocratie se résume à la désignation élective des dirigeants soigneusement pré-sélectionnés par « l’élite » et que toute autre interprétation de ce système politique est d’inspiration marxiste, ce qui est jugé évidemment totalement dépassé.

Enfin et surtout, il doit pratiquer le culte de l’Entreprise, « source de toutes les richesses », agent vertueux de la concurrence « libre et non faussée », au service de l’intérêt général, en particulier des salariés.

Le discours dominant est ainsi globalement affabulateur ; il n’a qu’une visée tactique : séduire, faire diversion, faire patienter, diviser, rassembler, selon les circonstances. Il n’aide pas à comprendre. Il manipule. Il y réussit. Grâce à ses capacités à rebondir sans cesse en sachant prendre le vent.

Dans l’histoire contemporaine, la « pensée » conservatrice a été anti-républicaine avant d’être éminemment républicaine ; elle a été belliciste avant d’être pacifiste et collaborationniste (avec les nazis) puis interventionniste aujourd’hui ; elle a été férocement antisémite avant de devenir pro-israélienne et anti-arabe ; elle a été colonialiste puis promotrice du droit des peuples (contre l’URSS) mais anti-souverainiste (avec l’Europe).

Les néo-conservateurs et la social-démocratie d’aujourd’hui font mieux encore. Ils révèrent les États-Unis (surtout les « Sarkozistes » et les « Hollandais »), comme puissances tutélaires, championnes du renseignement contre leurs alliés ; ils dénoncent Daech, mais pactisent avec ses financiers (argent et pétrole obligent !) et ses inspirateurs (Arabie Saoudite, Qatar) ; ils transfigurent l’Europe des affaires en un vaste projet de paix et de prospérité (malgré ses 20 millions de chômeurs). Dans l’ordre interne, ils applaudissent Charlie et dans le même temps, licencient des humoristes et les journalistes « dangereux » de leurs médias ; ils donnent toujours raison au Médef et toujours tort à la CGT. Ils dénoncent le FN mais lui font une publicité constante. Ils sont pour la démocratie et les libertés, mais tout autant pour un « État fort », comme l’écrit Juppée, capable de les réduire ! Grâce au terrorisme imbécile, ils peuvent instrumentaliser la peur pour leur seul profit !

En dépit du simplisme chaotique de ces positions, les victoires idéologiques s’accumulent. Les dominants subissent parfois des défaites (comme celle du référendum sur le projet de « Constitution » européenne de 2005), mais elles sont rares. Pour les néo-socialo-conservateurs, perdre la guerre contre les dominés est impensable. Tout le jeu est de « s’arranger » entre soi et tous les moyens sont bons !

Le « modèle » étasunien s’impose, qui combine conformisme et diversité, esprit libéral (à New-York) et autoritarisme raciste (au Texas), laxisme et rigorisme, obscurantisme (avec les sectes) et culte de l’innovation, etc.

Les dominants, à quelques cas particuliers près, en réalité, ne font pas de politique ; ils font des affaires et ils font carrière. Il peuvent être tout à la fois, parce que tout ce qui ne relève pas de leur petit monde leur est indifférent:ils peuvent faire dans le « démocratisme » ou dans la violence et la torture (comme durant la guerre d’Algérie). Indifféremment.

Neuilly et le « tout Paris », mobilisés par la course à l’argent, par l’auto-congratulation permanente et les « renvois d’ascenseur » nécessaires, sont loin de toute réalité concrète qui fait le quotidien du plus grand nombre. Comme l’écrit Tomaso de Lampedusa, ils sont prêts à tout, la liberté ou le fascisme, afin que « tout change pour que rien ne change » d’essentiel : leur propre fortune et leur place dans la société.

Ils mêlent dans la société tous les archaïsmes mâtinés de pseudo-modernité : ils font la promotion du « risque » qu’ils ne courent pas, de la peur dont ils ont les moyens de se protéger, du refuge identitaire, dont ils se moquent par esprit cosmopolite, du repli sur la vie privée et l’individualisme, dont ils sont les seuls à pouvoir réellement jouir.

== Nul ne sait l’heure et les modalités de « l’atterrissage » de cette « France d’en-haut ». La prise de conscience de l’échec global de cette oligarchie est une perspective très vraisemblable, tant leur système est à la fois absurde, inéquitable et intellectuellement pitoyable. Mais, disposant de tous les moyens face à ceux qui n’ont pratiquement rien, les dominants peuvent encore prospérer un temps indéterminé, mais en usant de plus en plus de la force brutale. Dans l’attente active que les peuples tournent la page en se mettant au clair sur leur propre volonté, Victor Hugo revient en mémoire : « l’Histoire a pour égout des temps comme les nôtres ».

Janvier 2016

Robert Charvin

Source : Investig’Action

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Azov à Nantes, Vichy à Paris

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme, #La mondialisation, #Terrorisme

vendredi 8 janvier 2016

Azov à Nantes, Vichy à Paris
Azov à Nantes, Vichy à Paris

Nantes, belle ville bourgeoise, invite en ses murs la réunion du bataillon Azov. Ce bataillon aux insignes nazis qui sévit en Ukraine pour le plus grand bonheur de la démocratie européenne. Il semble que les bourreaux soient plus attirant que les victimes.

Le 16 janvier, Nantes va être le témoin de la réunion du bataillon Azov, bataillon sanguinaire qui a été intégré dans la garde nationale ukrainienne. Voici son insigne:

Azov à Nantes, Vichy à Paris

Différentes vidéos circulent sur les atrocités commises par ce bataillon. Notamment, le groupe de haker Cyberberkut avait diffusé une vidéo les montrant brûlant vif un "séparatiste" baillonné. On se souviendra également des exécutions sommaires de prisonniers dans les territoires qu'ils contrôlaient dans le Donbass. La télévision allemande lors d'un reportage a montré les insignes nazis de ses membres.

C'est également ce bataillon qui fait des marches aux flambeaux la nuit pour faire peur aux populations. La dernière eut lieu à Mariupole:

Azov à Nantes, Vichy à Paris
Azov à Nantes, Vichy à Paris

Différentes vidéos circulent sur les atrocités commises par ce bataillon. Notamment, le groupe de haker Cyberberkut avait diffusé une vidéo les montrant brûlant vif un "séparatiste" baillonné. On se souviendra également des exécutions sommaires de prisonniers dans les territoires qu'ils contrôlaient dans le Donbass. La télévision allemande lors d'un reportage a montré les insignes nazis de ses membres.

C'est également ce bataillon qui fait des marches aux flambeaux la nuit pour faire peur aux populations. La dernière eut lieu à Mariupole:

Est-ce ce spectacle que veut donner Nantes aux habitants de la ville?

Occupée lors de la Seconde guerre mondiale, Nantes a été bombardée par les alliés. 700 immeubles et bâtiments ont été détruits. Près de 2000 personnes sont mortes. Il a fallu reconstruire la ville.

Nantes invite Azov, un groupe militaire nazi, à se réunir en ses murs. Un groupe interdit, justement car nazi, au Canada, aux Etats Unis et évidemment en Russie.

Même le CRIF s'inquiète, citant la presse anglosaxonne qui d'une seule voix qualifie ce bataillon de néo-nazi. Seule la presse française semble ne pas trop s'en émouvoir.

Et enfin, que peut apporter un bataillon militaire néonazi à la ville de Nantes et à ses habitants? Expliquer ses techniques de tortures? Comment fabriquer des explosifs avec ce que l'on trouve dans le garage? Comment appeurer les opposants au point qu'ils se terrent comme des rats?

Ce sera certainement un moment rare de culture et de politique.

Vive la France! Vive Vichy!

Publié par Karine Bechet-Golovko

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Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le fascisme, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #Economie, #Terrorisme

  

Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

La situation étant problématique à tous les niveaux, inévitablement, les dettes souveraines vont voir leurs notes baissées par l’un des bras droits dont l’honnêteté reste encore à prouver: Standard and Poors. En effet, des dégradations à la pelle sont prévues donc par cette agence qui ne dégrade aucune des notes de l’un des pays les plus endettés de la planète, n’est-ce pas douteux? Et rappelez-vous qu’il y a quelques années, lorsque le PDG de l’agence a voulu dégrader la note des USA, il a été poussé vers la sortie pour être remplacé par un ancien banquier, cela ne s’invente pas!

L’effondrement se confirme donc, les cinq personnes les plus riches du monde ont vu s’évaporer en une seule journée 8,7 milliards de dollars, nous avons également des plans sociaux en pagaille, et une bonne nouvelle, Monsanto subit la chute des ventes des semences transgéniques. En tout, cette restructuration devrait lui coûter jusqu’à 1,2 milliard de dollars, cela fait 1000 emplois en moins, mais c’est peut-être une chance également de voir cette firme polluer les enfers plutôt que notre belle planète. Quand aux pays comme la France, il y aurait bien des moyens pour tenter de protéger le pays ou de récupérer un minimum d’argent, comme en interdisant l’évasion fiscale des grandes entreprises par exemple, mais l’Oncle Sam étant aux commandes, sans se gêner pour menacer au besoin, cela ne se fera pas, d’ailleurs, le vote contre l’évasion fiscale du type Luxleaks a été refusée, 97% des députés ayant été absents lors du vote.

Il faut donc que les états réunissent un maximum d’argent pour prolongé les apparences et l’arnaque financière, comment? Par exemple en spoliant les citoyens, un exemple simple avec cette taxe sur le constructible non-bâtisen protégeant les banques qui sont coupables d’avoir casés des emprunts toxiques reconnus illégaux (une solution ici), ou encore en autorisant ces mêmes banques à piocher sur le compte des épargnants pour se renflouer… Et ça, nous allons le subir en plein, et cela à déjà commencé!

 

image: http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2016/01/western-417043-jpg_276456.jpg

Faillite bancaire: Les renflouements internes ont débuté en Europe et les ponctions des comptes aussi !

L’heure du grand braquage est arrivée…

Tandis que les médias se concentrent sur les extrémistes de l’État islamique, une menace plane : votre épargne de toute une vie pourrait être balayée par un effondrement massif des produits dérivés. Les renflouements internes, ou bail-in, ont débuté en Europe, et l’infrastructure nécessaire est déjà en place aux États-Unis. La pauvreté peut aussi tuer.

À la fin novembre, un retraité italien s’est pendu après que la totalité de son épargne, 100 000 euros, fut confisquée dans un plan de « sauvetage » d’une banque. Il laissa une lettre blâmant la banque, où il fut client durant 50 ans et avait investi dans les obligations émises par cette même banque. Mais il aurait tout aussi bien pu blâmer l’Union européenne et le Conseil de stabilité financière du G20, qui ont imposé un régime de « résolution ordonnée » qui garde les banques insolvables à flot en confisquant l’épargne des investisseurs et des déposants. Près de 130 000 actionnaires et détenteurs d’obligations ont subi des pertes dans ce « sauvetage ».

La banque du retraité en question est une des quatre petites banques régionales qui ont été mises sous tutelle lors des deux dernières années. Le plan de sauvetage de 3,6 milliards euros (3,3 milliards $) du gouvernement italien utilise un fonds de résolution nationale récemment formé, fondé par les banques saines du pays. Mais avant que l’on puisse se servir de ce fonds, des pertes doivent être imposées aux investisseurs et, à partir de janvier, les règles de l’Union européenne exigeront que des pertes soient aussi imposées aux déposants. Selon un article de BBC.com du 10 décembre :

« Le sauvetage constituait un ‘bail-in’, dans le sens où les détenteurs d’obligations ont subi des pertes, au contraire des tristement célèbres renflouements durant la crise financière de 2008, qui ont coûté aux contribuables de l’Union européenne des dizaines de milliards d’euros.

Les correspondants affirment que le Premier ministre italien Renzi a agi rapidement, parce qu’en janvier, l’Union européenne resserrera les règles sur les sauvetages bancaires – ils imposeront des pertes aux déposants ayant plus de 100 000 euros, ainsi qu’aux actionnaires et détenteurs d’obligations.

… laisser ces quatre banques couler sous ces nouvelles règles de l’UE, l’an prochain, aurait signifié le sacrifice de l’argent d’un million d’épargnants et de près de 6 000 emplois. »

Voilà ce qui est prédit pour 2016 : d’énormes sacrifices d’épargnes et d’emplois pour soutenir un système bancaire global « mathématiquement condamné ».

Les bail-in sous Dodd-Frank

Tout cela se passe dans l’Union européenne : devrait-on s’inquiéter pour les États-Unis ?

Selon l’ancien manager de hedge fund, Shah Gilani, auteur pour Money Morning, on le devrait. Dans un article du 30 novembre, intitulé « Pourquoi je ferme mes comptes bancaires pendant qu’il est encore temps », il écrit :

« Il est tout à fait possible que, lors de la prochaine crise bancaire, les déposants dans les grosses banques « too big to fail » (TBTF) voient leur argent confisqué et changé en actions…

Si votre TBTF risque la faillite parce qu’elle ne peut pas payer ses positions prises sur les produits dérivés et que le gouvernement refuse de leur venir en aide, alors, sous un mandat intitulé Adequacy of Loss-Absorbing Capacity of Global Systemically Important Banks in Resolution, approuvé le 16 novembre 2014 par le Conseil de stabilité financière du G20, ils peuvent utiliser votre argent déposé et le transformer en actions de la banque pour essayer de garder votre TBTF à flot. »

Une fois votre argent déposé à la banque, il devient légalement la propriété de la banque. Gilani explique :

« Votre cash déposé constitue un titre de créance non garanti de votre banque. Elle vous doit cet argent.

Si vous faites affaire avec une des plus grandes banques du pays qui, ensemble, ont des milliers de milliards $ d’exposition sur les produits dérivés « hors bilan » (ce qui signifie que ces dettes ne sont pas enregistrées sur les bilans selon les pratiques comptables généralement acceptées), vous constaterez que ces paris possèdent une place légale supérieure à celle de votre épargne et qu’ils devront être repayés avant que vous ne puissiez récupérer votre épargne. »

Les grandes banques ont réussi à insérer cette clause dans la loi Dodd-Frank de 2010, supposée mettre fin aux comportements bancaires dangereux. »

Les banques ont inséré cette clause et les législateurs l’ont signée, sans nécessairement l’avoir comprise ni même l’avoir lue. Avec plus de 2 300 pages, la loi Dodd-Frank est actuellement la loi la plus longue et la plus compliquée jamais promulguée par la législature américaine.

Soutenir les produits dérivés

La loi Dodd-Frank dit, dans son préambule, qu’elle « protégera les contribuables américains en mettant fin aux bail-out (sauvetage des banques par les contribuables) ». Mais elle le fait sous le Titre II, en imposant les pertes des compagnies financières insolvables à leurs actionnaires ordinaires et privilégiés, aux détenteurs de dette, et aux autres créanciers non-garantis. Ceci inclut les déposants, la plus grande classe de créanciers non-garantis des banques.

Le Titre II vise à « assurer que les paiements aux réclamants soient au moins aussi élevés qu’ils le seraient lors d’une liquidation type faillite. » Mais voici le hic : sous les deux lois, Dodd-Frank et le Bankruptcy Act de 2005, les réclamations sur les produits dérivés ont une super-priorité sur toutes les autres réclamations, garanties ou non, assurées ou non.

Le marché de gré à gré (over-the-counter, ou OTC) des produits dérivés (le plus gros marché de produits dérivés) est composé de banques et d’autres opérateurs hautement sophistiqués, tels les hedge funds. Les produits dérivés OTC sont en fait les paris que ces acteurs financiers prennent les uns contre les autres. Les réclamations sur les produits dérivés sont considérées « garanties », parce que les parties y assignent du collatéral.

Pour une raison inexplicable, l’argent durement gagné que vous déposez dans une banque n’est pas considéré en tant que « sécurité » ou « collatéral ». Ce n’est qu’un prêt à la banque, et vous devez faire la queue avec les autres créanciers pour espérer en revoir la couleur. Les gouvernements des États et les administrations locales doivent aussi faire la queue, quoique leurs dépôts soient considérés « garantis », parce que les réclamations sur les produits dérivés ont une « super-priorité » sur eux.

Faillites à l’envers

Selon les anciennes règles de liquidation, une banque insolvable était réellement « liquidée » – ses actifs étaient vendus pour rembourser les déposants et les créanciers. Sous une « résolution ordonnée », les comptes des déposants et des créanciers sont ponctionnés pour que la banque insolvable continue d’opérer. Le but d’une « résolution ordonnée » n’est pas de satisfaire les déposants et les créanciers, mais bien de prévenir une autre « résolution désordonnée » de tout le système, comme celle qui a suivi l’effondrement de Lehman Brothers en 2008. Le fait de sortir quelques dominos du fragile édifice qu’est notre système bancaire mondial, plein à craquer de produits dérivés, pourrait faire tomber le système en entier. Les souffrances des déposants et des investisseurs représentent le prix à payer pour maintenir en vie cet édifice hautement lucratif.

Dans un article de Forbes paru en mai 2013, intitulé « Le bail-in des banques chypriotes : une autre fraude des banquiers-voyoux », Nathan Lewis explique la manigance de la manière suivante :

« À première vue, le « bail-in » ressemble au processus capitaliste normal de restructuration des responsabilités qui devrait survenir lorsqu’une banque devient insolvable…

La différence, avec le « bail-in », est que l’ordre de prévalence des créanciers est changé. Et, à la fin, il y a les copains (les autres banques et le gouvernement) et les non-copains. Les copains obtiennent 100% ou plus, et les non-copains, incluant les déposants dans des comptes sans intérêts, qui devraient détenir une super-priorité, reçoivent plutôt un coup de pied dans le ventre…

En principe, les déposants sont les premiers créanciers d’une banque. Cependant, cela a changé avec le Bankruptcy Act de 2005, qui fit changea le statu des dérivés en créances sénior, donc prioritaires. Considérant l’exposition extrême sur les dérivés qu’ont plusieurs grandes banques, ainsi que l’opportunité de bourrer une banque de dérivés au dernier moment, les autres créanciers pourraient très facilement se rendre compte qu’il ne reste plus rien pour eux. »

En septembre 2014, les produits dérivés aux États-Unis avaient une valeur notionnelle de près de 280 000 milliards $. Une étude de Citibank intégrant le coût de Dodd-Frank pour les contribuables, insérée dans la loi « omnibus » de dépenses en décembre dernier, démontre que ce changement de règle a permis aux banques de garder 10 000 milliards $ de swaps dans leurs bilans. Cela représente de l’argent que les contribuables pourraient assumer en cas d’un autre bail-out (sauvetage des banques par les contribuables), et, vu que Dodd-Frank remplace les bail-out par des bail-in, les créanciers et déposants aussi. Citibank est particulièrement vulnérable aux swaps sur le prix du pétrole. Le Brent est passé d’un haut de 114 $ du baril, en juin 2014, à un bas de 36 $, en décembre 2015.

Qu’en est-il de l’assurance fournie par la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) ? Elle couvre les dépôts jusqu’à hauteur de 250 000 $, mais le fonds de la FDIC ne possède que 67,6 milliards $, en date du 30 juin 2015, pour assurer environ 6 350 milliards $ de dépôts. La FDIC dispose d’une ligne de crédit avec le Trésor, mais elle n’est que de 500 milliards $… et qui rembourserait un prêt si énorme ? Le fonds de la FDIC, également, doit faire la queue devant le trou noir sans fond des produits dérivés. Comme Yves Smith l’observait en mars 2013 :

« Aux États-Unis, les déposants sont dans une situation bien pire qu’à Chypre, tout du moins ceux qui font affaire avec les grandes banques qui jouent au casino des produits dérivés. Les organismes de réglementation regardent ailleurs, alors que les banques se servent de l’argent des déposants pour financer leur exposition aux produits dérivés… les dépôts pourraient maintenant être balayés par une grosse perte sur les produits dérivés. »

Même lors des pires faillites de banques lors de la Grande dépression, note Nathan Lewis, les créanciers ont récupéré presque tout leur argent. Il conclut :

« Quand des déposants, qui devraient avoir une super-priorité, subissent de lourdes pertes de 50% ou plus, après un bail-in ou une restructuration, vous savez qu’un crime a été commis. »

Sortir du système tant qu’il en est encore temps

Comment pouvons-nous éviter ce vol criminel et garder notre argent en sécurité ? Il est peut-être déjà trop tard pour retirer vos épargnes de la banque et les mettre sous le matelas, comme l’a constaté Shah Gilani, lorsqu’il a tenté de retirer quelques milliers de dollars de sa banque. Les gros retraits sont maintenant criminellement suspects.

Vous pourriez transférer votre argent dans une des credit unions (coopératives de crédit) qui ont leur propre assurance pour les dépôts, mais les credit unions et leurs plans d’assurance font aussi l’objet d’attaques. C’est ce qu’écrit Frances Coppola dans un article du 18 décembre intitulé « Co-operative Banking Under Attack in Europe« , en parlant d’une credit union espagnole insolvable qui fut l’objet d’un bail-in en juillet 2015. Lorsque les membres-investisseurs furent remboursés par le groupe privé d’assurance de la credit union, il y a eu des plaintes selon lesquelles le sauvetage « minait le principe de bail-in par les créanciers » – et cela même si le fonds d’assurance était financé en privé. Les critiques arguaient que « cela ressemblait à une façon détournée de faire ce qui était planifié au début, c’est-à-dire d’éviter de faire subir les pertes aux créanciers privés. »

Pour faire court, le but du schéma de bail-in est de faire subir les pertes aux créanciers privés. Les alternatives leur permettant d’éviter ces pertes pourraient bientôt être bloquées.

Nous avons besoin de forcer nos législateurs à changer les règles avant qu’il ne soit trop tard. La loi Dodd-Frank et le Bankruptcy Reform Act ont tous deux besoin d’un remaniement radical, et le Glass-Steagall Act (qui met un mur de feu entre les investissements risqués et les dépôts bancaires) doit être remis en place.

Pendant ce temps, les législateurs locaux feraient bien d’instituer quelques banques détenues publiquement, sur le modèle de la banque du Dakota du Nord, détenue par l’état, des banques qui ne jouent pas avec les produits dérivés et qui sont sécuritaires pour y déposer nos fonds, publics ou privés.

Ellen Brown est une avocate, qui a fondé le Public Banking Institute, et elle est l’auteure de douze livres, incluant le best-seller Web of Debt. Son dernier livre, The Public Bank Solution, explore des modèles bancaires qui ont connu du succès, historiquement et mondialement. Ses plus de 300 articles de blogue se trouvent sur EllenBrown.com. Vous pouvez écouter « It’s Our Money with Ellen Brown » sur PRN.FM.

Source: WEB OF DEBT BLOG

Traduction intégrale sur Goldbroker via Business Bourse

Et n’oubliez pas que tout ceci n’est qu’un petit avant gout du TAFTA, une fois celui-ci en place, cela sera encore plus dingue et dangereux pour nous. Alors comme le dit si bien Charles Sannat, préparez-vous, il est déjà trop tard…

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