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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

1 million de signatures contre TAFTA à la poubelle.

5 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La nation .

1 million de signatures contre TAFTA à la poubelle

7 décembre 2014

7 décembre 2014

1 million de signatures contre TAFTA à la poubelle

Non, ce n’est pas Legorafi. La Commission Européenne a invalidé l’initiative citoyenne de « Stop TTIP » contre TAFTA qui vient de dépasser le million de signatures. Plus de 320 organisations de la société civile européenne se sont regroupées afin de s’opposer avec fermeté aux traités entre l’UE et les États-Unis (TAFTA / TTIP) mais aussi entre l’UE et le Canada (CETA). Ces millions de voix ne seront malheureusement pas entendues…

2 mois, 1 million d’engagements

C’est du jamais vu. Il n’aura fallu que 60 jours pour rassembler le million de signatures nécessaire pour qu’une initiative citoyenne européenne soit prise en compte par la Commission Européenne.

En effet, selon les règles européennes, une « ICE » (initiative citoyenne européenne) doit recueillir un million de soutiens pour orienter la politique de la Commission sur un sujet déterminé. En théorie, une audition publique devrait être organisée au Parlement Européen. C’était sans compter sur la décision de la Commission aux relents antidémocratiques.

1 million de signatures contre TAFTA à la poubelle.

Refus catégorique de la Commission

Les négociations commerciales sont devenues une priorité pour l’exécutif européen qui vient d’opposer une fin de non-recevoir envers la pétition. Pour le million de personnes impliquées, le statut d’initiative citoyenne européenne s’est vu refusé d’une manière unilatérale. Le pouvoir estime que ces initiatives citoyennes sont prévues pour instaurer de nouvelles lois, pas pour contester un texte en cours de législation. En d’autres termes, la contestation n’est pas autorisée. L’association Stop TTIP a immédiatement saisi la Cour de justice européenne.

Un tel mouvement de masse démontre qu’il existe une véritable inquiétude citoyenne au sein de l’Union Européenne concernant ces accords transatlantiques. Selon ces centaines d’associations, les accords représentent un véritable danger pour la démocratie. Nous aurions là le terreau d’une « corporacratie » (si tant est qu’elle n’existe pas déjà), un système de plus en plus gouverné par les multinationales.

1 million de signatures contre TAFTA à la poubelle.

Au prochain virage, la « World Company » ?

Parmi les grands dangers dénoncés par Stop TTIP, il y a cette mise en place de tribunaux d’arbitrages qui offriront la possibilité aux entreprises de contester des décisions gouvernementales. Toute décision collective qui entraverait le libre marché transatlantique serait susceptible d’être punie. Par exemple, si la France estime qu’il faut interdire un conservateur déterminé afin de protéger la population d’un risque sanitaire donné et que cette interdiction engendre une perte pour une multinationale, cette entreprise pourrait poursuivre l’état et exiger des dommages et intérêts.

Il s’agit là d’un pouvoir inédit dans l’histoire de l’Humanité qui serait offert aux grandes entreprises. Une menace directe contre toutes formes de démocraties. L’idée même de prendre des décisions démocratiques au nom de l’environnement contre une industrie serait implicitement compromise. Allons-nous laisser la démocratie mourir sous une salve d’applaudissements ?

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Portugal : l’euro m’a tuer !

5 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #L'Espagne., #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales

Portugal : l’euro m’a tuer !

 
 
 

Il est rébarbatif d’analyser les agrégats monétaires des pays de la zone euro car les données fiables ne sont généralement pas faciles à trouver et elles ne sont pas téléchargeables.
Ainsi par exemple, une recherche (de ces données) sur le site de la Banque (centrale) du Portugal ne donne aucun résultat mais la même recherche sur Google fournit la page de la Banque du Portugal où ont été publiés les derniers chiffres recherchés, sans avoir la possibilité de télécharger les séries longues.

Manifestement, personne en Europe ne s’intéresse au monétarisme qui est ainsi totalement inconnu, y compris de la part des autorités monétaires ! … ce qui est un très grand tort car c’est à partir de ces données que l’on peut voir la partie immergée des icebergs.

D’après ces données, il apparait que l’économie du Portugal est au plus mal avec un agrégat monétaire M3-M2 par rapport au PIB annuel (en pourcentage) inférieur à 2 % et en baisse!

Portugal M1 %GDP M2-M1 % GDP M3-M2 % GDP M3-M2 M3
déc-13 28,79 53,25 2,22 3,9 147,8
déc-14 31,23 50,79 1,6 2,8 146,2
janv-15 32,26 49,76 1,54 2,7 146,1
févr-15 31,8 49,87 1,49 2,6 145,4

Sommes en milliards d’euros.

… ce qui signifie que globalement les entreprises portugaises n’ont pratiquement plus de trésorerie : 2,6 milliards d’euros seulement ! … car elles ne peuvent plus faire de bénéfices à cause de l’euro trop fort compte tenu du niveau de productivité globale du Portugal.

C’est plusse pire en Grèce avec un rapport de 0,5 %, c’est moinsse pire en Italie avec 1,6 %mais à un niveau très faible, inférieur à 2 %, la situation est de toute façon désespérée.

Comme l’a dit Yanis Varoufakis, tout le monde, c’est-à-dire la nomenklatura euro-zonarde, sait que le problème essentiel de la Grèce n’est pas celui d’un manque de liquidités de l’Etat pour payer ses dettes à court terme, mais qu’elle sera de toute façon dans l’impossibilité de rembourser ses dettes, publiques et de ses banques, c’est-à-dire que la Grèce aurait dû quitter l’euro depuis longtemps (au moins depuis le mois de mai 2010, lors du krach éclair) au lieu d’accepter des plans dits de sauvetage qui ne font qu’aggraver la crise.

Après le Grexit, ce sont les dominos des autres cochons de pays du Club Med (et d’autres) qui tomberont, ceux qui ont un rapport M3-M2 par rapport au PIB très bas, létal, inférieur à 2 %.

Bien entendu, cette chute de dominos provoquera de très fortes turbulences dans le monde entier.
Pour éviter ces turbulences, la nomenklatura euro-zonarde fera tout pour maintenir en survie des pays insolvables, ce qui ne fera qu’aggraver la crise dans la vieille Europe continentale.
Tout est simple.

Cliquer ici pour voir la page de la Banque du Portugal où ont été publiés les derniers chiffres des agrégats monétaires du Portugal.

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GRÈCE: l’euro, la souveraineté, et l’État comme enjeux de la stratégie de la gauche

5 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La France, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme

Publié par Michel El Diablo

 

Panagiotis Sotiris

Panagiotis Sotiris

Version complète de l’intervention de Panagiotis Sotiris au débat organisé par le collectif Penser l’émancipation le 2 Avril 2015 à l’EHESS en présence de Fréderic Lordon

 

L’arrivée de SYRIZA au pouvoir, c'est-à-dire la première fois qu'un parti de la Gauche non social-démocrate arrive au pouvoir dans un gouvernement où la Gauche ne représente pas l’aille minoritaire d’une coalition est, de toute façon, un événement historique, l’ouverture d’une nouvelle phase historique, un message d’espoir tout à fait indispensable pour toutes les classes subalternes en Europe!

 

Cette avancée fut le résultat d’une séquence historique sans précédent. Nous avons eu à traverser la crise la plus profonde d’un modèle de croissance et de développement qui manifeste les contradictions insurmontables de la version européenne de néolibéralisme et de l’euro comme monnaie unique : une combinaison de dette incontrôlable, de perte de compétitivité, d’érosion constante de la base productive, d’un consumérisme autodestructeur basé sur l’hausse brutale du niveau d’endettement privé.

 

Non, la crise de 2009 en Grèce n’était pas l’échec de la version « périphérique » du « projet euro », c’était son « succès », c’était sa « vérité ». Le réponse Européenne à cette crise profonde du néolibéralisme européen a été de transformer la Grèce en terrain de la plus grande expérimentation sur la possibilité d’imposer, de manière extrêmement violente, un régime d’accumulation capitaliste basé sur l’élimination de tous les acquis sociaux et de tous les droits syndicaux, sur la dérégulation totale du marché de travail, sur la privatisation complète de l’infrastructure social, des ressources naturelles et de l’espace public, et sur une ponction considérable des revenus vers le capital financier. Cette réponse a aussi été un terrain d’essai de la post-démocratie autoritaire européenne, en particulier dans le cas du premier coup d’état postmoderne Européen qu’a représenté le gouvernement Papadémos, l’ex chef de la Banque de Grèce.[1]

 

Le résultat fut un désastre sociale qui ne peut être comparé qu’avec les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale : Une diminution de PNB de presque 25%, un taux de chômage qui en fin de 2013 était à 27% et qui dépasse aujourd’hui encore les 25%, une fuite massive de jeunes diplômé(e)s face à une taux de chômage pour la jeunesse qui est resté à plus de 50%, une détérioration de tous les indices de santé publique.

 

Mais le séisme électoral Grec n’est pas seulement la conséquence d’une crise sociale. L’aspect surdéterminant fut une séquence presque insurrectionnelle de luttes sociales, incluant des formes originales de protestation politique comme les rassemblements dans les Places, qui a crée de nouvelles formes d’unité entre les classes subalternes, a donné un sens antagoniste et radical au peuple comme sujet collectif de résistance, a rendu tangible la possibilité d’un nouveau « bloc historique » des forces du travail, de la culture, et du savoir. C’est cette séquence exceptionnelle qui peut expliquer de l’intensité de la crise d’hégémonie et de l’amplitude des déplacements des rapports de représentation et de ce décalage impressionnant entre le système politique et les aspirations de classes subalternes. C’est ici qu’one peut trouver les racines de la victoire de la Gauche grecque.

 

Mais cet espoir est maintenant menacé par la perspective d’une défaite humiliante, qui sera un message de désespoir. On observe chaque jour de nouvelles formes d’extorsion cynique du gouvernement grec, sous la menace d’une asphyxie fiscale, à cause de la dépendance de la Grèce vis-à-vis des injections de crédit et de liquidité, mais aussi à cause du coût énorme des dettes déjà accumulées envers l’UE et le FMI. On observe les réquisitions d’une partie des autres membres de l’UE pour imposer de nouvelles mesures d’austérité et « reformes  structurelles », c’est-à-dire de restructuration capitaliste et néolibérale. On ne peut pas non plus ignorer le calcul politique consistant à assurer une capitulation de gouvernement grec, une défaite visant à « envoyer le message » qu’il est impossible d’échapper à l’« état d’exception permanent » néolibéral, qui est devenu la norme européenne.

 

Si cette défaite a lieu, elle sera le résultat d’une incapacité du part de la Gauche grecque, et en particulier du groupe dirigeant de SYRIZA, de se confronter à la question de pouvoir et de la souveraineté au niveau national, au niveau international et en particulier à l’intersection du niveau national et du niveau international.

 

Je voudrais insister sur le fait que tous ces développements importants n’ont pas été accompagnés d’un débat sérieux sur la question de l’État et sur la question de ce qu’il faudrait « faire » du cadre international dans lequel se trouve le nouveau gouvernement grec.

 

En ce qui concerne la situation internationale vous connaissez bien la situation. Le gouvernement grec est la cible d’une attaque extrême de la part de l’Union Européenne. À l’issue d’une élection où l’électorat avait rejeté, tout simplement, l’austérité et les reformes néolibérales, les institutions de l’Union Européenne essaient d’étouffer financièrement la société grecque dans le but de continuer la même politique. Les institutions européennes utilisent la dépendance budgétaire de la Grèce, qui ne peut continuer à financer les services publics, les salaires et les retraites, payer sa dette envers le FMI et la BCE, sans utiliser des fonds européens et en particulier les injections de liquidité de la part de la BCE. Le but des « institutions » est de faire la preuve qu’aucun pays ne peut échapper à la politique d’austérité et de l’obsession néolibérale dictée par l’Union Européenne. Ce que les représentants de l’Union Européenne veulent notamment imposer ce n’est pas seulement une adhésion aux politiques néolibérales ou sociales-libérales mais, plutôt, la mise en place d’une forme de surveillance disciplinaire constante, un processus d’évaluation, avec de critères ultralibéraux, de tous les choix politiques du gouvernement grec, avec l’autorisation de bloquer les mesures qu’ils considèrent comme une violation de l’orthodoxie néolibérale. C’est exactement cette version de souveraineté réduite et limitée que les institutions Européennes veulent imposer au nouveau gouvernement. L’aspect important ne concerne par les mesures particulières mais le mécanisme d’imposition, à perpétuité, des politiques néolibérales.

 

C’est exactement avec ce mécanisme pervers d’une combinaison entre une forme de souveraineté cédée et limitée, en particulier en ce qui concerne les politiques sociales, et l’imposition d’un régime des échanges inégale, qui trouve son manifestation plus agressive dans la négation de la souveraineté monétaire, que l’Union Européenne est devenue l’exemple le plus agressif de l’expérimentation non seulement avec les politiques économiques néolibérales, mais aussi la plus avancée version d’une post-démocratie disciplinaire et autoritaire.

 

L’évolution de formes de gouvernance Européenne représente une vaste expérimentation de cette forme de souveraineté limitée, de cette nouvelle forme de surveillance et de l’imposition violente d’un modèle social ultralibéral. L’Union Européenne accompagnée par le FMI a été prête à verser des centaines des milliards d’euros à condition que la Grèce applique des « réformes », c’est-à-dire la destruction de toute l’infrastructure sociale, et le changement violent du rapport de forces en faveur du patronat et des forces de capital. C’est exactement cela qui est en cours aujourd'hui, dans la négociation du gouvernement Grecque avec les « Institutions », c’est-à-dire l’infâme Troïka. Cette pratique prédatrice de l’Union Européenne n’est pas du ressort de l’exception. Comme « état d’exception permanente » c’est le fonctionnement « normal » de l’Europe. En ce sens on peut parler, comme Cédric Durand et Razmig Keucheyan, d’un « césarisme bureaucratique », « un césarisme non pas militaire, mais financier et bureaucratique »[2], qui représente la « crise organique » des stratégies bourgeoises et de la construction européenne, pour la simple raison que la stratégie bourgeoise néolibérale n’a jamais abouti à construire un « bloc historique ». Il est également intéressant de souligner l’observation de Durand et Keucheyan sur le fait que l’hégémonie contemporaine de la finance représente exactement ce « pseudo-bloc historique ». Quand les marchés deviennent la forme dominante des rapports et de cohésion au niveau Européen, le bureaucratisme autoritaire et punitif devient la seule forme de gouvernance possible.

 

Ce processus est autoritaire et antidémocratique de façon profonde et fondamentale. La déclaration de Jean-Claude Juncker selon laquelle « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »[3] est une manifestation de ce cynisme anti-démocratique enraciné dans le tissu institutionnel du processus d’Intégration Européenne.

 

La démocratie ce n’est pas la « deliberation », ni la « consultation », ni la « négociation », ni les « groupes de pression » et le « lobbying » obstiné (30.000 employé(e)s de la Commission Européenne et 30.000 « lobbyists » à Bruxelles), qui sont les aspects supposés « démocratiques » de la construction européenne. La démocratie signifie la capacité d’une volonté collective des classes subalternes d’imposer leurs exigences politiques et sociales. Cette possibilité est récusée dans le cadre Européen.

 

L’Europe ‘intégrée’ ne peut pas être démocratique et le retour de la démocratie en Europe nécessite la rupture avec le processus d’intégration européenne.

 

La rupture avec cette normalité Européenne, la rupture avec l’architecture monétaire, financière et institutionnelle de la zone euro et la désobéissance aux traités Européens deviennent aujourd’hui la condition nécessaire pour une sortie progressive et démocratique de la crise et pour l’ouverture de nouvelles voies socialistes en Europe. Et pour prendre l’exemple de l’euro : la sortie de la zone euro n’est pas une question technique ou un choix entre options monétaires. L’avantage d’un retour à la monnaie nationale n’est pas seulement la protection contre le dumping social généralisé et l’inégalité structurale de la zone-euro. C’est d'abord la récupération d’un contrôle démocratique sur la politique économique et sociale et la libération nécessaire de toutes les contraintes et les formes d’intervention inscrites dans le cadre des traités européens et des régulations concernant la gouvernance économique européenne.

 

En ce sens, il faut dire qu’aujourd’hui la question de la souveraineté devient un enjeu de classe, une question autour de laquelle se condensent les stratégies antagonistes de classe. On a besoin d’une souveraineté démocratique et populaire, en tant que récupération d’un contrôle démocratique et sociale contre la violence systémique du capital internationalisé. On connaît bien les problèmes associés à la notion de souveraineté, en particulier dans son association avec le nationalisme, le racisme, le colonialisme. Je peux comprendre les craintes d’une confusion entre une démarche et une revendication démocratiques et les problèmes, par exemple, avec le rapport en France entre une forme de souveraineté républicaine et le colonialisme et aussi le racisme actuel de l’État Français. Mais on parle d’une souveraineté fondée sur une alliance sociale différente de celle du « souverainisme » bourgeois: on parle d’une alliance des forces populaires, une alliance basée sur la condition commune des classes subalternes, sur la solidarité et la lutte commune. Comme Fréderic Lordon le soulignait : « Démocratie, souveraineté populaire : une seule et même idée, qui est celle de la maîtrise par une communauté de son propre destin ».[4]

 

En ce sens la récupération de souveraineté est la condition d'un changement profond dans le rapport de forces, et représente cet effort collectif et émancipateur vers une autre voie, une autre narration pour une société basée sur une hégémonie potentielle des classes travailleuses.

 

Et le nationalisme ? Qu’est-ce qu’on peut faire avec le nationalisme et l’identification historique entre la souveraineté dans le cadre de l’État-nation moderne et le nationalisme ? Je voudrais insister qu’on peut avoir une conception politique ou plutôt politiquement performative de la nation. En ce sens, la nation n’est pas la « communauté imaginaire du ‘sang commun’ » c’est l’unité dans la lutte de classes subalternes, l’unité de tous et toutes qui partagent les mêmes problèmes, la même misère, le même espoir, les mêmes luttes. La nation n’est pas l’origine commune, c’est la situation et la perspective communes. Fréderic Lordon nous offre une description suffisamment provocatrice de cette conception transformée et émancipatrice de la nation, de ce qu’il appelle le nouveau paysage de la nation :

 

« Car voilà le nouveau paysage de la nationalité : Bernard Arnault ? Pas français. Cahuzac ? Pas français. Johnny et Depardieu qui se baladent dans le monde comme dans un self-service à passeports ? Pas français. Les Mamadou et les Mohammed qui triment dans des ateliers à sueur, font les boulots que personne d’autre ne veut faire, et payent leurs impôts sont mille fois plus français que cette race des seigneurs. Le sang bleu évadé fiscal, dehors ! Passeport et bienvenue à tous les basanés installés sur le territoire, qui, eux contribuent deux fois, par leur travail et par leurs impôts, à la vie collective, double contribution qui donne son unique critère à l’appartenance de ce qui, oui !, continue de s’appeler une nation »[5]

 

Je crois qu’on a ici la possibilité de repenser les questions dites de l’ « identité » et aussi une réponse au racisme institutionnalisé des États Européens.

 

Et permettez-moi d’ajouter ici que cette position se réfère d’abord à une récupération réelle de la souveraineté et une rupture avec la « construction européenne ». Elle n’a rien à faire avec le retour d’un discours ou d’une esthétique plus « patriotique », adopté par le gouvernement grec comme un contre-pied au compromis faits au niveau européen...

 

Et ca nous pose la question de l’internationalisme. Je voudrais souligner que un des problèmes les plus importants, un des signes de la crise profonde de la Gauche Européenne c’est l’acceptation fataliste de l’Intégration Européenne. L’acceptation fataliste du processus d’Intégration Européenne comme inévitable, est, en réalité, un signe de défaite face à l’offensive néolibérale. Les accusations de social-chauvinisme à toutes celles et tous ceux qui insistent sur la rupture avec le projet Européen, la stigmatisation de toute défense de la souveraineté populaire comme une attitude « nationaliste », la diabolisation du rejet de l’euro comme monnaie unique, tous pointent dans la même direction : une confusion entre l’internationalisme ouvrier ou populaire et le nationalisme du capital.

 

L’Intégration Européenne n’est pas la forme perverse d’un cosmopolitisme ou internationalisme, c’est le nationalisme actuel du capital. L’euro c’est le nationalisme de Capital, la récupération de la souveraineté monétaire est une forme d’internationalisme populaire.

 

Et ce n’est pas par hasard que l’Union Européenne, tandis qu’elle attaque toutes les formes de souveraineté qui peuvent êtres essentielles à la défense des acquis sociaux, des droits syndicaux et des services publiques, peut en même temps s’accommoder de toutes les formes de nationalisme, de l’exclusion massive et meurtrière des refugié(e)s et des migrant(e)s, de toutes les formes de discriminations au niveau national.

 

Dans l’Union Européenne le problème n’est pas le ‘défi démocratique’ c’est le vide démocratique. Le ‘fédéralisme autoritaire’ sans légitimité démocratique, ce constitutionalisme néolibéral sans aucune forme de pouvoir constituant distinct des intérêts du patronat. 

 

On sait qu’il y a des partisans même dans la gauche radicale d’une forme de fédéralisme démocratique. Toni Negri et Raúl Sánchez Cedillo ont lancé un appel il y a quelques semaines, dans lequel ils reconnaissaient la perte de souveraineté dans le cadre Européen, et affirmait dès lors que la seule solution, c’était un fédéralisme démocratique qui transformerait l’Europe en un contre-pouvoir face à l'Atlantisme et au néolibéralisme.[6]D’ailleurs, le problème c’est que dès le début de ce processus d’intégration le fédéralisme représentait exactement la méfiance des élites économiques et politiques Européennes envers la souveraineté populaire. Comme Cédric Durand l'a souligné, c’était Hayek lui-même qui considérait le fédéralisme comme une restriction des formes d’intervention du part des couches populaires.

 

Alors, on a besoin de parler d’un nouvel internationalisme qui doit commencer par la rupture avec les de l’intégration européenne. Aujourd’hui être internationaliste signifie l’effort collectif pour rompre avec la construction Européenne, pour récupérer la souveraineté populaire, pour ouvrir une nouvelle voie basée sur la lutte et l’intelligence collective des classes subalternes. Ce processus de rupture, ce n’est pas le nationalisme ni le chauvinisme, c’est le retour de la démocratie en Europe, c’est la possibilité de repenser la coopération et la solidarité internationales en termes de bénéfice mutuels.

 

L’intégration transnationale capitaliste, dont l’UE est l’exemple le plus avancé au niveau global, n’exclut pas l’antagonisme politique et social, les confrontations politiques, les interventions impérialistes, la guerre. La contribution importante des théories marxistes classiques de l’impérialisme était l’insistance sur le fait que le comportement international des États est déterminé en dernière instance par les rapports sociaux au sein de chaque formation sociale. L’impérialisme, l’agression, l’antagonisme, sont des expressions des rapports capitalistes, en particulier dans des conjonctures de contre-offensive capitaliste. Alors la paix et la coopération sont dépendantes, en dernière instance, du rapport de force de classe et de la configuration sociale et politique dans chaque formation sociale. Chaque coup contre l’UE aujourd’hui, chaque « maillon »  qui rompt avec la chaîne, est une étape vers une Europe plus démocratique.

 

Mais tout dépend de la question de pouvoir, de la question de l’État. Dans la théorie et la politique marxistes il y a toujours eu une certaine ambivalence.

 

D’une part nous connaissons tous les références à la nécessité de la destruction de l’État, d’un processus de dépérissement de l’État, d’une conception de l’émancipation comme libération de l’État. C’est une rupture avec toute la tradition de la philosophie politique de la Modernité, dans la quelle c’est toujours l’État qui garantit la société juste et rationnelle.

 

D’autre part aussi dans la tradition marxiste, on trouve l’importance du pouvoir étatique pour commencer un processus de changement social, d’un pouvoir même despotique comme soulignait Marx dans le Manifeste où il parlait d’une « une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production », de la nécessité d’utiliser la « suprématie politique » du prolétariat pour « pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat », même s’il définissait l’État comme « le prolétariat organisé en classe dominante ».[7]

 

Comme solution à cette bifurcation entre un antiétatisme profond et la nécessité d’utiliser le pouvoir étatique, c’était Marx lui-même qui insistait que « la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre tel quel l'appareil d'État et de le faire fonctionner pour son propre compte ». Étienne Balibar avait souligné cette phrase comme une forme de rectification du Manifeste et comme indicatrice de la nécessité d’une nouvelle pratique de la politique.

 

Aujourd’hui nous sommes face à une transformation profonde, une mutation des formes étatiques dans le capitalisme contemporain. Malgré le discours « antiétatique » du néolibéralisme et les politiques de privatisation et de dérégulation, l’échelle des formes d’interventions étatiques ont augmenté. L’émergence de nouveaux marchés en particulier dans l’énergie, les infrastructures, et les services publics comme l’éducation ou la santé s'est accompagnée de nouvelles agences de régulation, d’accréditation, de ‘concurrence’ régulée, de revenus garantis pour le entreprises privés. Dans le même temps, on a pu observer l'ascension impressionnante des appareils d’État répressifs, avec la création d’une État parallèle de surveillance et des « opérations noires » antiterroristes. Mais le changement le plus profond fut l’internalisation de stratégies capitalistes dans le tissu institutionnel de l’État, déjà entrevue par Poulantzas, comme élément d'une tendance générale au déplacement d'hégémonie du législatif vers l’exécutif, qui est l’aspect principal de ce que Poulantzas lui-même avait désigné comme « étatisme autoritaire ».[8] Il en résulte un renforcement des centres de décision contre toutes formes d’intervention des mouvements populaires. Le processus d’Intégration Européenne peut être considéré comme un point haut de cette tendance. La bureaucratie de la Commission Européenne, avec ses pouvoirs de surveillance, de blocage, de veto, de négation de financement, et d’intervention, ses relations avec des centres autonomes au sein des États-membres, comme dans le cas de Banques Centrales autonomes ou des « Autorités indépendantes », représente exactement cette tendance.

 

Par conséquent, il impossible de simplement utiliser l’État, les appareils d’État existants, comme un instrument neutre. L’affirmation que l’État n’est pas un instrument mais une condensation matérielle d’un rapport de forces entre les classes (Poulantzas) ne signifie pas qu’un simple changement de rapport de forces électoraux peut changer le rôle et la fonction des Appareils de l’État. On peut aussi décrire l’État comme une condensation et une matérialisation des stratégies de classes. En ce sens, on peut dire que, dans le cas d’un gouvernement d’un Parti qui n’est pas un « parti d’État », un parti systémique, il peut exister (et c'est le plus probable) une contradiction et un antagonisme entre la volonté politique et sa capacité d’imposer des choix d'une part, et d'autre part la stratégie inscrite au sein des Appareils de l’État. On en a vu la forme la plus agressive dans le cas du gouvernement Allende. Mais on a aussi vu la possibilité d’un « coup d’état » plus lent, et plus silencieux qui jour par jour mène aux reculs et aux compromis.

 

Presque 40 ans sont passés depuis le dernier débat sérieux sur la stratégie de la Gauche face à l’État et le pouvoir gouvernemental. Dans les années 1970, avec l’optimisme suscité par des gouvernements de Gauche comme première étape d’une voie démocratique pour le socialisme, ce débat était important, même s'il fut incomplet et inachevé.[9] Et c’était Althusser en cette époque là qu’insistait sur la l’excès de force que détient la classe dominante.

 

La résultante relativement stable (et reproduite dans la stabilité par l’État) de cet affrontement de forces (rapport de force est une notion comptable car statique) est effectivement que ce qui compte, c’est l’excès de force conflictuel, réel ou potentiel, qui constitue l’énergie A, laquelle va être transformée en pouvoir par la machine d’État : transformée en droit, en lois, et en normes.[10]

 

Et on peut ajouter : en obstacles réels contre tout effort pour une politique radicale.

 

Par conséquent, la question de la transformation de l’État par rapport aux exigences de nouvelle forme de souveraineté populaire ne peut pas être conçue comme une « démocratisation » de l’État actuel, comme disait Althusser, « ce n’est pas ajouter l’adjectif « démocratique » à chaque appareil d’État existant ».[11] Cette transformation doit être conçue comme le résultat d’un « processus constituant » au delà de l’acquis institutionnel des classes dominantes. Avec de nouvelles formes de participation démocratique à tous les niveaux, avec l’introduction des nouvelles formes de contrôle social, avec la reconnaissance des pratiques d’autogestion, avec l’imposition des limites aux droits de propriété, avec des nouvelles formes de contrôle démocratique et de transparence en ce qui concerne les appareils répressifs.

 

Et c’est pourquoi on peut dire qu’un des problèmes avec le gouvernement de SYRIZA c’est exactement cette manque de volonté d’initier un processus de transformation institutionnelle. Par contre, ce qu’on peut observer c’est l’acceptation, comme limite absolu, de la légalité actuelle, y comprise la légalité européenne, et le recyclage des cadres venant des partis systémiques et en particulier du PASOK.

 

Tandis que cette transformation profonde du tissu institutionnel de l’État est tout-à-fait indispensable, en même temps, elle ne suffit pas. Face à l’excès de force des classes dominantes déjà inscrite dans la matérialité de l’État contemporain, on a besoin d’un excès de force des classes subalternes. L’existence de mouvements autonomes et radicaux, le refus de tout « étatisation » des mouvements, l’expansion des formes autonomes d’organisation populaire et des « contre-institutions » de (contre)pouvoir populaire, sont plus nécessaires face à un gouvernement de Gauche, même si, comme signalait Poulantzas, cela signifie aussi une « tension irréductible entre les partis ouvriers et les mouvements sociaux » comme une « condition nécessaire de la dynamique d’une transition au socialisme démocratique ».[12] Althusser, en 1978, dans une interview à Rossana Rossanda, en se référant au grand débat au sein de la gauche communiste européenne sur le thème d’un gouvernement potentiel de la gauche, soulignait que « le fait que la lutte des classes (bourgeoise et prolétarienne) a l’État pour enjeu (hic et nunc) ne signifie nullement que la politique doive se définir par rapport à l’État ».[13] C’est exactement cette nouvelle pratique de la politique, dont parla Althusser, qui reste jusqu’à nos jours un des plus grandes enjeux pour la gauche. On peut aussi la formuler comme la question de quelle pratique de la politique pour une nouvelle forme de souveraineté populaire, et aussi la question d’une nouvelle relation entre partis de gauche et l’État, ce qu'Althusser désignait comme la thèse que même si les partis de la gauche arrivent au pouvoir gouvernemental, ils ne peuvent pas être de « partis de gouvernement tout court », [14]mais doivent avoir une « toute autre ‘pratique politique’ »[15] que les partis bourgeois.

 

C’est exactement cette nouvelle pratique de la politique avec un programme de ruptures, une conception radicale de la souveraineté populaire et aussi le déclenchement des expérimentations avec un nouveau paradigme de croissance (ou de « dé-croissance ») basé sur les expériences des luttes collectives et l’intelligence collective, combiné avec des formes de politisation de masse, d’une nouvelle intellectualité politique de masses, qui peut transformer les dynamiques actuelles et les alliances des classes en un nouveau « bloc historique ».[16]

 

Est-ce que j'ai fait ce détour théorique seulement pour démontrer l’impossibilité d'un changement en Grèce ou l’incapacité de SYRIZA à diriger, dans le sens que Gramsci donnait à ce terme, un processus de formation d'un nouveau  « bloc historique » ? Non ! J'ai parlé au nom de la possibilité ouverte par un mouvement sans précédent, au nom du potentiel de transformer la Grèce en premier « maillon faible » de l’Union Européenne, au nom de la potentialité d’une autre voie, d’un autre paradigme pour la société grecque. Avec une stratégie de ruptures avec la dette, l’euro, l’UE. Avec un mouvement fort et militant. Avec une dialectique entre gouvernement et mobilisation populaire. Pour éviter la défaite et l’humiliation. Pour donner un exemple nécessaire pour tous les mouvements en Europe et créer, pour utiliser de terminologie spinozienne, de nouvelles notions communes de lutte effective.

 

J’ai commencé cette présentation en parlant de l’espoir. On sait que pour Spinoza l’espoir et le peur ne peuvent pas être per se des bons affects.[17] Peut-être est-ce la voie qu’on doit suivre. Au-delà de l’espoir comme investissement sur la possibilité d’avoir des résultats concrets en faisant simplement appel aux exigences morales face au cynisme des élites européennes. Mais aussi au delà de la peur que la rupture soit impossible et irrationnelle. Avec la fortitude, la fermeté et la générosité,[18] la rationalité et l’intelligence d’un peuple en lutte pour créer un nouveau futur !

 

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[1]Sur le concept de la post-démocratie voir Colin Crouch, Post-Democracy, Londres : Polity, 2004.
[2]Cédric Durand et Razmig Keucheyam, ‘Un césarisme bureaucratique’, dans Cédric Durand (dir.), En finir avec l’Europe, Paris : La fabrique, 2013.
[4]Frédéric Lordon, ‘Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas’, 2013, http://blog.mondediplo.net/2013-07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas
 
[5]Ibid.
[6]Antonio Negri et Raúl Sánchez Cedillo, ‘The new left in Europe needs to be radical - and European’,http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/feb/27/new-left-europe-greece-democratic-capitalism-nato.
[7]Karl Marx et Friedrich Engels, Le manifeste du Parti communiste, https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000b.htm
[8]Nicos Poulantzas, L'État, le pouvoir, le socialisme, Paris, PUF, 1978.
[9]Sur ce débat voir Giorgos Kalampokas, Tassos Betzelos et Panagiotis Sotiris, ‘State, Political Power and Revolution: Althusser, Poulantzas, Balibar and the “Debate on the State”, présentation au Congrés Historical Materialism London, Novembre 2013.https://www.academia.edu/5106893/State_political_power_and_revolution_Althusser_Poulantzas_Balibar_and_the_Debate_on_the_State_%CE%97%CE%9C_2013_paper_
[10]Louis Althusser, Écrits philosophiques et politiques, Paris : Stock/IMEC, 1995, p. 468.
[11]Louis Althusser, 22ème congrès, Paris: Maspero, 1977, p. 54.
[12]Nicos Poulantzas, Repères, Paris: Maspero / Dialectiques, p. 177.
[13]Louis Althusser, Solitude de Machiavel, Paris, PUF, 1998, p. 287.
[14]Louis Althusser, Sur la reproduction, Paris, PUF, 1995, p. 261.
[15]Ibid, p. 262
[16]Sur la notion gramscienne du “bloc historique”, voir Panagiotis Sotiris, « Gramsci et la stratégie de la gauche contemporaine : le «bloc historique comme concept stratégique » », Période, http://revueperiode.net/gramsci-et-la-strategie-de-la-gauche-contemporaine-le-bloc-historique-comme-concept-strategique/.
[17]Ethique, IVp47.
[18]Ethique, Vp41 et 41s.

 

SOURCE:

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Traité Transatlantique : tribunaux privés contre services publics locaux

4 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique., #Les transnationales, #La France, #Europe supranationale, #Economie, #La République, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

Traité Transatlantique : tribunaux privés contre services publics locaux

By Mickael - Fondateur de News360x -

mai 1, 2015

Pour Vivien Rebière, auteur de « Les territoires face au Grand marché transatlantique », le dispositif de règlement des litiges investisseurs/Etat prévu dans le traité transatlantique « est un mécanisme dangereux pour nos services publics, nos normes sociales et environnementales, pour la souveraineté de nos Etats ». Car de fait, « les nationalisations, régionalisations, municipalisations d’entreprises et de services publics seront considérées comme des expropriations directes et des mesures déraisonnables ». Des décisions susceptibles d’être attaquées par les multinationales…

L‘Investor State Dispute Settlement (ISDS), en français le Règlement des litiges investisseur/État est un mécanisme d’arbitrage qui existe dans plus de 3 000 traités de libre-échange. Le principe est simple : les différends entre la puissance publique et les entreprises sont réglés non pas devant les tribunaux nationaux et publics, mais devant une cour arbitrale privée, sans possibilité d’appel. L’objectif est double : protéger les investisseurs de la meilleure façon, en s’assurant que ceux-ci évoluent dans un cadre économique stable où l’État de droit est respecté, et permettre aux entrepreneurs d’attaquer la puissance publique en cas d’atteinte à leurs investissements. Or, l’État de droit est respecté aux États-Unis et dans l’Union européenne et la sécurité des investissements largement assurée.

Le mandat de négociations de la Commission européenne avance clairement les raisons de l’ISDS : l’« interdiction des mesures déraisonnables, arbitraires ou discriminatoires », le refus du « traitement national », la « protection contre l’expropriation directe et indirecte », la « protection et sécurité entières des investisseurs et des investissements ». Toutes les formes de protectionnisme seront proscrites. Les nationalisations, régionalisations, municipalisations d’entreprises et de services publics seront considérées comme des expropriations directes et des mesures déraisonnables. On peut légitimement supposer que les critères sociaux et environnementaux (interdiction des OGM, des pesticides, etc.) seront jugés comme des freins au libre commerce. Ainsi, la véritable raison de l’ISDS est politique et économique. Le but est d’assurer le moins d’entraves possibles aux investisseurs et d’empêcher toutes les mesures publiques qui iraient à l’encontre du libre-échange.

« Le coût moyen d’une procédure est de 8 millions de dollars »

En effet, les multinationales ne se privent pas d’attaquer les Etats via les tribunaux d’arbitrage existants. L’entreprise américaine Lone Pine réclame 250 millions de dollars au Canada après que le Québec a imposé un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste. Le suédois Vattenfall exige 4,7 milliards d’euros à l’Allemagne pour sa sortie du nucléaire. Or le coût moyen d’une procédure est de 8 millions de dollars (il peut atteindre 30 millions). Et c’est sans compter le montant des dédommagements obtenus par les multinationales. A ce prix, nul doute que la meilleure option pour les États serait d’obtenir un accord à l’amiable et de se conformer aux desiderata des grands groupes.

Puisque tous les échelons de gouvernement seront visés par l’accord, du gouvernement à la commune, les services publics locaux seront directement touchés. La reprise en gestion publique de l’eau semble compromise par le principe des « expropriations », ou à défaut très coûteuse pour la collectivité. Le mandat de négociations évoque l’obligation d’équité entre secteur public et privé. Il serait donc impossible de soutenir une entreprise publique ou une association au détriment d’entreprises privées, à moins de financer ces dernières au même niveau. L’insertion dans un contrat de marché public de clauses environnementales ou sociales, l’instauration de politiques sanitaires ou écologiques (paquets de cigarettes neutres, indicateurs de polluants sur les produits de consommation, etc.) qui visent à protéger les consommateurs, pourront être perçues comme une expropriation indirecte. D’après les ONG, les services de santé seront aussi concernés. Les centres de santé municipaux feront-ils une concurrence déloyale aux centres privés ?

Pour l’heure, les positions sur l’ISDS sont confuses. Le gouvernement Merkel semblait très réticent, mais l’Allemagne est le pays européen qui pousse le plus à la conclusion d’un accord. Le grouvernement français envoie des messages contradictoires. Matthias Fekl, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur se dit très vigilant sur le mécanisme, mais Matignon aurait envoyé aux eurodéputés français des consignes de vote en faveur du tribunal d’arbitrage. Par ailleurs, les sociaux-démocrates européens ont tranché en faveur d’un ISDS amendé le 21 février dernier, lors d’une réunion à Madrid, en présence de Manuel Valls, Sigmar Gabriel et Martin Schulz. Alors qu’à la commission emploi du Parlement européen, les députés ont voté le 1er avril pour l’exclusion de l’ISDS, la Commission européenne a rejeté l’initiative citoyenne européenne demandant son exclusion, et ne prend pas en compte sa propre consultation publique qui a révélé de véritables inquiétudes sur le sujet.

L’ISDS est un mécanisme dangereux pour nos services publics, nos normes sociales et environnementales, pour la souveraineté de nos Etats. Mobilisons-nous le 18 avril, pour la journée internationale contre les traités de libre-échange et d’investissement, contre le tribunal d’arbitrage et le Tafta.

VIA sott

SOURCE Stop Tafta

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Femen : stratégie morbide et complaisance médiatique ?

4 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #le nazisme, #Le fascisme

Femen : stratégie morbide et complaisance médiatique ?

par Jonathan Sturel (son site)
lundi 4 mai 2015

Trois femmes sur un balcon pour siffler un cortège du Front National, et les médias en font une information capitale.


Quelle stratégie militante germe dans les esprits troublés des "têtes pensantes" de ce mouvement artificiel qui n’existe que parce que les médias joue son jeu ?

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Ets-ce le meilleur moyen de combattre le Front national ?

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #Les média, #La gauche, #Le socialisme, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Les transnationales

Publié par Jean Lévy

 

Ets-ce le meilleur moyen de combattre le Front national ?

EL DIABLO [le blog]

 

par Stéphanie Roza

professeure 
de philosophie politique

 

Une alternative aux replis communautaires 

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L’heure n’est pas à hurler au fascisme : oui, le FN a changé, il a notoirement changé de stratégie. Avant de se précipiter pour faire tomber d’hypothétiques masques et dévoiler la face hideuse de la bête immonde aux yeux d’un peuple qui comprend de moins en moins bien un tel langage, la gauche radicale doit se pencher sur ces transformations, les analyser sans complaisance, mais sans l’hystérie qui trop souvent tient lieu de politique antifasciste.

Le FN n’a pas seulement changé par un phénomène naturel de remplacement par lequel, aux nostalgiques de Vichy et aux tortionnaires de la guerre d’Algérie, se substitue peu à peu une génération de politiciens toujours réactionnaires, toujours nationalistes, mais également opportunistes, technocrates…, en un mot, plus « classiques ». Les crânes rasés, les croix gammées, les amateurs de ratonnades n’ont certes pas disparu, mais ils se sont faits plus discrets. Ils font même l’objet de mesures disciplinaires parfois radicales.

Des mesures d’affichage ?

Sans doute. Mais qui disent quelque chose d’essentiel, pour qui sait l’entendre, des objectifs actuels de ce parti qui, désormais, se rêve sous les ors de la République. Qui, une fois au pouvoir, appliquerait bien évidemment une politique rétrograde, xénophobe, mais ne mettrait personne dans des chambres à gaz. Ni même n’abolirait, vraisemblablement, le suffrage universel.

 

Le FN brigue le pouvoir dans une situation qui n’a pas grand-chose à voir avec celle des années 1930. Il ne dispose pas de centaines de milliers de partisans en uniforme prêts à saccager les permanences des partis de gauche, à en assassiner les militants, à en disperser les meetings. Il dispose, en revanche, d’une base de millions d’électeurs qui, pour la plupart, ne sont pas même prêts à se déplacer à une de ses réunions publiques, mais qui ne comprennent ni n’approuvent ce qu’est devenue la France d’aujourd’hui. Qui sont remplis de méfiance et de préjugés. Qui se sentent bafoués et trahis. Et qui se vengent de tous et de tout en glissant discrètement un bulletin dans l’urne. De ces électeurs, des petits Blancs, pour la plupart, mais aussi désormais des juifs, des Arabes, des Noirs (qui l’eût cru), on a tiré des portraits divers, et qui tous contiennent une part de vérité : petits employés barricadés dans des pavillons dont ils peinent à rembourser le crédit et qui n’ont de l’Autre que l’image renvoyée par un écran de télévision ou d’ordinateur ; chômeurs des territoires saccagés par la désindustrialisation, emplis d’un sentiment de relégation ; petits patrons néo-poujadistes et racistes.

Aux opprimés parmi eux, la gauche radicale devrait avoir des choses à dire et à proposer : pour eux, elle devrait substituer à la confusion idéologique et aux stigmatisations une explication rationnelle des causes historiques et économiques de la désagrégation du tissu social, de l’agonie des solidarités, de la montée de l’individualisme consumériste ; proposer une alternative aux replis communautaires en promouvant une société basée sur l’égalité, le progrès culturel, la mixité ; mettre fin au désespoir en redessinant la perspective d’un avenir collectif meilleur.

Mais, pour cela, encore faudrait-il être, face au FN, « en ordre de marche »… comme dirait Marine Le Pen.

Or la gauche de la gauche est dans un état préoccupant. Déchirée par des dissensions d’appareils, incapable d’ouvrir un vrai et vaste débat sur des sujets brûlants comme la souveraineté nationale, la laïcité, l’école, la forme parti. Incapable de trancher ces questions, de dégager une majorité et de défendre un minimum de positions communes.

Manquant d’unité, de contenu idéologique clair, et finalement de courage politique, la gauche de la gauche, depuis la chute du mur, n’en finit plus de se chercher. Trouvons-nous donc enfin, avant qu’il ne soit trop tard.

 

SOURCE: 

 

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Vidéo, Gérard Filoche : « Tôt ou tard vous aurez une explosion sociale »

3 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Le socialisme

Vidéo, Gérard Filoche : « Tôt ou tard vous aurez une explosion sociale ».

« Les 1er Mai, ils ont toujours eu des hauts et des bas depuis un siècle, mais le 1er mai sera toujours là et vous verrez, tôt ou tard vous aurez une explosion sociale ». Gérard Filoche est l’invité d’Objections cette semaine. A un mois du congrès du PS il pense que son parti fait face à « un enjeu historique ».

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La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? Par Laurent de SUTTER Professeur de théorie du droit,

2 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #Grèce, #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le fascisme, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme

La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? Par Laurent de SUTTER Professeur de théorie du droit,

La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ?

Laurent de SUTTER Professeur de théorie du droit, à la Vrije Universiteit de Bruxelles et directeur de la collection «Perspectives critiques» aux Presses universitaires de France 10 février 2015

Il est temps d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison. Mais la raison que manifestent tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent forcés de discuter avec le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, est en réalité une raison délirante. Elle l’est sur plusieurs plans.

Premièrement, la raison européenne est délirante sur le plan politique : chaque nouveau geste posé par les autorités de l’Europe (ainsi, en dernier lieu, celui du directeur de la Banque centrale, Mario Draghi) affiche davantage le mépris des principes sur lesquels elle se prétend fondée par ailleurs. En proclamant que les traités européens sont soustraits à tout vote démocratique, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne l’avait pas caché : la démocratie, en Europe, n’est qu’un mot vide. Qu’il ait pointé une réalité juridique (il est vrai que les traités sont négociés entre Etats et non entre populations) n’empêchait pas moins qu’il s’agissait là d’une déclaration de renégat. Non, l’Europe ne vous appartient pas, peuples d’Europe - pas plus qu’elle n’appartient aux gouvernements que vous avez élus, si ceux-ci ne marchent pas au rythme que nous souhaitons lui voir adopter. Tel était le message que Juncker souhaitait faire passer - et qui a été entendu.

Deuxièmement, la raison européenne est délirante du point de vue économique : ce que les autorités européennes sont en train de réaliser, c’est tout simplement la ruine d’un continent entier. Ou, plutôt : la ruine de la population d’un continent entier - à l’heure où la richesse globale de l’Europe, en tant qu’entité économique, ne cesse de croître. Les autorités économiques européennes, en tentant de tuer dans l’œuf le programme grec, pourtant d’une impeccable rationalité économique, de Yánis Varoufákis, le disent là aussi sans ambages. Ce qui les intéresse, c’est la perpétuation d’un statu quo financier permettant au capitalisme, dans son caractère le plus désincarné et le plus maniaque, de continuer à produire une richesse abstraite. Il n’est pas important que la richesse en Europe profite aux personnes ; en revanche, il est d’une importance croissante qu’elle puisse continuer à circuler - et toujours davantage. Pourtant, qu’en déséquilibrant de manière aussi radicale le système économique européen, les autorités en question risquent d’aboutir à la destruction du système capitaliste lui-même, comme ne cessent de le souligner les analystes financiers, ne leur traverse même pas l’esprit. Car, au bout du compte, il ne s’agit pas vraiment de capitalisme, ni même d’économie ; il s’agit de pouvoir, et de sa pure imposition.

Troisièmement, la raison européenne est délirante du point de vue de la raison elle-même. Derrière les différents appels au «raisonnable», que le nouveau gouvernement grec devrait adopter, se dissimule en réalité la soumission à la folie la plus complète. Car la raison à laquelle se réfèrent les politiciens européens (par exemple, pour justifier les mesures d’austérité débiles qu’ils imposent à leur population) repose sur un ensemble d’axiomes pouvant tout aussi bien définir la folie. Ces axiomes sont, tout d’abord, le refus du principe de réalité - le fait que la raison des autorités européennes tourne dans le vide, sans contact aucun avec ce qui peut se produire dans le monde concret. C’est, ensuite, le refus du principe de consistance - le fait que les arguments utilisés pour fonder leurs décisions sont toujours des arguments qui ne tiennent pas debout, et sont précisément avancées pour cela (voir, à nouveau, l’exemple de l’austérité, présentée comme rationnelle du point de vue économique alors que tout le monde sait que ce n’est pas le cas). C’est, enfin, le refus du principe de contradiction - le fait que l’on puisse remonter aux fondements mêmes des décisions qui sont prises, et les discuter, possibilité suscitant aussitôt des réactions hystériques de la part des autorités.

Ce délire généralisé, que manifestent les autorités européennes, doit être interrogé. Pourquoi se déploie-t-il de manière si impudique sous nos yeux ? Pourquoi continue-t-il à faire semblant de se trouver des raisons, lorsque ces raisons n’ont plus aucun sens - ne sont que des mots vides, des slogans creux et des logiques inconsistantes ? La réponse est simple : il s’agit bien de fascisme. Il s’agit de se donner une couverture idéologique de pure convention, un discours auquel on fait semblant d’adhérer, pour, en vérité, réaliser une autre opération. Comme je l’ai suggéré plus haut, cette autre opération est une opération d’ordre : il s’agit de s’assurer de la domestication toujours plus dure des populations européennes - de ce qu’elles ne réagiront pas aux mesures de plus en plus violentes prises à leur encontre. Des gouvernements qui se prétendent démocratiques ont été élus par les différentes populations européennes - mais ce sont des gouvernements dont le programme caché est tout le contraire : ce sont des gouvernements qui souhaitent la fin de la démocratie, car la démocratie ne les arrange pas. Tout le reste n’est que prétexte. Or, ce que le nouveau gouvernement grec tente de réaliser, c’est réintroduire un peu de réalisme au milieu de l’invraisemblable délire politique, économique et rationnel dans lequel baigne l’Europe - donc un peu de démocratie. Mais, ce faisant, il rend apparent l’ampleur de la crapulerie régnant dans les autres pays du continent - et, cela, on ne le lui pardonnera pas.

Laurent de SUTTER Professeur de théorie du droit, à la Vrije Universiteit de Bruxelles et directeur de la collection «Perspectives critiques» aux Presses universitaires de France

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La tragédie en méditerranée : un crime de l’impérialisme

1 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Afrique, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Le socialisme, #La lutte des classes

http://www.sitecommunistes.org/ch401tragedie.htm

La tragédie en méditerranée :

un crime de l’impérialisme

L’horrible tragédie qui se déroule en Méditerranée avec ces milliers de morts fuyant l’Afrique et le Moyen-Orient est un crime dont les responsables doivent être dénoncés et punis. En 2010 on comptait 250.000 demandeurs d’asile, leur nombre a dépassé 450.000 en 2013 et aujourd’hui leur nombre dépasse de loin de demi-million. En 10 ans les demandes ont progressé de 30% en Europe. Le Haut Commissariat de l’ONU affirme que 500.000 personnes campent sur les côtes libyennes et cherchent à faire la traversée vers l’Europe par n’importe quel moyen.

Les représentants des gouvernements et des médias font porter le chapeau de la catastrophe humanitaire aux trafiquants qui profitent de la misère des Libyens, Syriens, Africains et autres pays de la région. Avec une parfaite hypocrisie, les chefs de gouvernements européens et les politiciens versent des larmes de crocodile sur les victimes de leurs propres crimes de guerre. Les seuls responsables seraient-ils ces passeurs criminels ? Réponse facile pour éviter d’aller plus loin ! Ces sinistres individus ne sont que le dernier maillon d’une longue chaîne de responsables. « Penser qu’on va trouver la solution en coulant des bateaux, c’est dérisoire. C’est l’histoire du sage qui montre la montagne et de l’idiot qui regarde le doigt, pas la montagne » vient de déclarer J.L. Borloo dans la presse (JDD du 26 avril) avant d’ajouter : « le 23 avril à Bruxelles nous autres européens, avons regardé le doigt » (ce jour là s’est tenue une réunion des dirigeants européens qui devait apporter des « solutions »). Si Borloo ce proche de Sarkozy le dit…

Reste que ces dirigeants européens, Etats-Uniens et autres évitent soigneusement de désigner les vrais responsables de cette situation parce que les responsables ce sont eux-mêmes. Les médias ne disent rien sur les guerres dites « humanitaires » menées par les USA, la France et leurs complices européens en Afrique et au Moyen-Orient, qui détruisent des sociétés entières, tuent des centaines de milliers de personnes et laissent dans leur sillage le chaos.

65% des terres arables situées en Afrique sont dans les mains des grandes sociétés capitalistes qui s’en sont emparées. Au Nigéria, 8ème producteur pétrolier du monde, Texaco, Exxon Mobile, Shell, British Petroleum… exploitent le pays avec la complicité des gouvernements pendant que Boko–Haram sévit dans le Nord. Areva et les autres entreprises françaises pillent littéralement les mines d’uranium du Niger, les gisements d’Or du Mali, les terres fertiles de la boucle du fleuve Sénégal. Toute l’Afrique Subsaharienne est touchée, cette vaste région (qui « séduit les banques étrangères » écrit la presse) est celle où la plus forte croissance de l’industrie bancaire mondiale est concentrée. On sait ce que ça veut dire !

L’appareil de propagande impérialiste cache que les conditions catastrophiques existant dans ces pays sont le résultat direct des guerres et des opérations menées par les Etats-Unis et les puissances européennes.

Des milliers fuient l’effondrement des pays d’Afrique occidentale sous l'effet conjugué de la crise économique, de la sécheresse, de la maladie et des exactions causées par les puissances impérialistes. La France y joue là encore un rôle de premier plan, en Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Haute-Volta, Côte-d'Ivoire, Cameroun, République centrafricaine…

Un autre million de réfugiés a été déplacé en Irak.

Des millions d'autres réfugiés fuient le Yémen, que l'Arabie saoudite bombarde à l’aide d’avions de guerre, de bombes et de missiles américains.

Le Haut Commissariat des Nation Unies estime qu’un demi-million de personnes campent sur les côtes libyennes et cherchent un passage à bord de tout navire disponible pour faire la traversée vers l’Europe. Deux millions de réfugiés pour la seule Libye, déplacés par la guerre de l’OTAN et des USA en 2011.

Des milliers d'autres ont été déplacés dans les pays de la Corne de l'Afrique Érythrée, Éthiopie et Somalie, ravagés par la famine, la guerre civile ou les frappes de drones américains.

Les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur de l'Union européenne, prônent une nouvelle intervention impérialiste en Libye, des options militaires de plus grande ampleur sont à l'étude, objectif : la saisie de plates-formes pétrolières et de raffineries. La Sixième flotte américaine pourrait également être impliquée.

Des plans détaillés pour une intervention militaire beaucoup plus large sont déjà été mis au point, dont le déploiement de soldats européens pour sécuriser les installations pétrolières de la Libye afin de permettre aux entreprises internationales de recommencer les opérations.

Obama a même déclaré : « On est bien obligés de tordre le bras des pays qui ne font pas ce que nous voulons » (entretien à Vox le 11 février 2015).

Hollande qui a soutenu l’intervention en Libye en 2011 décidée par Sarkozy ne la remet pas en cause. Il vient de dire son accord avec une nouvelle intervention dans ce pays.

 

A qui appartiennent les ressources minières énergétiques et agricoles et autres que l’économie capitaliste mondialisée s’accapare ? demandent deux africaines auteures du livre « l’Afrique mutilée ». Elles devraient appartenirà ces enfants qui viennent mourir aux portes de l’Europe.

 

 

www.sitecommunistes.org

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 http://www.humanite.fr/boat-people-en-mediterrannee-le-monologue-europeen-572297

Boat-people en Méditerrannée : le monologue européen

AMINATA DRAMANE TRAORÉ ET NATHALIE M’DELA-MOUNIER

VENDREDI, 24 AVRIL, 2015

HUMANITE.FR

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Photo AQOSI

Par Aminata Dramane Traoré Et Nathalie M’Dela-Mounier, auteures de L’Afrique mutilée, Taama Editions, 2012 : "Il faut en finir définitivement avec des relations totalement déséquilibrées et essentiellement tournées vers les intérêts de l’Europe, de la finance et du commerce. Au risque de voir notre monde sombrer. Le naufrage serait alors global. "

L’infernale comptabilité macabre

Assez ! Trêve de diversion !

Ils sont, ils étaient, ils seront des centaines, des milliers, des centaines de milliers à partir pour ne jamais arriver. Et comme d’habitude, après le temps de l’émotion et de l’indignation viendra celui de l’oubli et de l’indifférence. Ils sont,  ils étaient,  ils seront tous oubliés parce que des politiques économiques inégalitaires et assassines  continueront à secréter le chômage et la pauvreté de masse, les conflits armés et le réchauffement climatique.

 Au cours des vingt dernières années, presque 30 000 personnes ont péri aux portes de l'Europe dont 3 500  en 2014. Depuis le début janvier de cette année 2015 que l’Europe a proclamé « l’année du développement », on estime à 1700 le nombre de morts, voire plus car cette compatibilité macabre est hasardeuse.

L’Europe ne peut contribuer à remédier à cette tendance mortifère de l’évolution du monde globalisé qu’en admettant ce que Michèle Rivasi, députée européenne du parti Europe Ecologie les Verts (EELV), rappelle à propos du Mali : « la nécessité d’analyser l’échec du développement économique qui a délégitimé la démocratie. Les jeunes quittent le pays car ils n’y ont pas d’avenir. Pourtant, le Mali a des atouts dans le secteur agricole ou minier». Cette remarque est valable pour les conflits armés : les jeunes prennent également les armes au nom de l’ethnie ou de la religion quand le développement économique ne tient pas ses promesses.

 Encore un sommet ! Et cette fois ci, entre soi ?

 D’un sommet à l’autre, les dirigeants occidentaux et africains ont cautionné l’idée selon laquelle le développement pourvoira aux besoins du continent, dont ceux des candidats à l'émigration. Il en a été ainsi à l’occasion des conférences euro-africaines de Rabat (juillet 2006), de Tripoli (novembre 2006), de Ouagadougou (mai 2008), de Paris (novembre 2008)… Cette fois ci, les Européens sont entre eux. Dans l’urgence, ils ont décidé de se réunir à Bruxelles pour des solutions d’urgence. Chaque Etat  ergote, botte en touche et passe à son voisin. On traite, on sous-traite, on assigne à résidence, on externalise, on envisage un archipel de camps de rétention loin des yeux, loin des droits, même si le cœur n’y est pas… 

Les dirigeants africains qui se laissent persuader que notre tour de profiter de la « mondialisation heureuse » est venu et, qu’il leur suffit d’accélérer le rythme  de la croissance en la portant de 5% à 8 ou 9 % vont devoir tempérer leur ardeur.  Les jeunes subsahariens, par leur mort dans le désert ou en mer, les interpellent au même titre que l’Europe. Au-delà de ces deux continents, les Etats-Unis d’Amérique et l’organisation des Nations-Unies (ONU) sont concernés par cette hécatombe qui vaut à elle seule le bilan des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui s’achèvent cette année. Les dirigeants européens voudront-ils l’interpréter en ces termes ?

 Non ! les passeurs ne sont pas les premiers fautifs

Le jeune tunisien de 27 ans et ses deux camarades qui ont été arrêtés doivent indiscutablement répondre de leurs crimes. Mais les passeurs ne constituent que le dernier maillon d’une longue chaine de responsables. D’ailleurs, par le passé, les migrants eux-mêmes étaient traités de « terroristes ». Parce qu’il est politiquement incorrect d’avancer un tel argument face à tant d’êtres humains désespérés venant de tant de lieux différents, on met le curseur sur la responsabilité des passeurs. Ils  seraient les premiers fautifs à réprimer.

Plus que les migrants et leurs parcours, les filières,  la situation des pays d’origine et de transit, c’est la nature de l’Europe qui est en question. En plus des rapports de domination qu’elle entretient avec l’Afrique, à qui elle impose son modèle de développement, elle se barricade, devient forteresse mais aussi carcérale. La question n’est pas seulement de savoir si elle fait assez et comment elle s’y prend pour sauver des vies humaines en Méditerranée.  Mais qu’a-t-elle fait et que fera-t-elle en amont dans les pays d’origine des candidats au départ ? Et pourquoi les solutions précédemment retenues lors des différents sommets n’ont pas empêché cette catastrophe ? L’Europe forteresse, dont les experts militaires ont participé à l’élaboration du « concept stratégique », a également érigé à l’intérieur de ses frontières/remparts des centres de rétention administrative à l’intérieur desquels elle bafoue, à la fois, le droit international de l’asile et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui stipule «le droit de toute personne à quitter librement tout pays, y compris le sien».

Oui, nous avons entendu parler de corridors humanitaires, de règles sécuritaires, de Frontex, de surveillance aux frontières, de présence militaire et imaginons encore les crocodiles qui hantent ces eaux-là en embuscade, vaguement ensommeillés ou veillant prêts à punir, à surgir, à refermer  le piège de leurs mâchoires sur la chair tendre des songes, à ramener le rêveur imprudent sur sa rive, mort ou vif.

Oui, nous entendons parler de doublement des moyens de Triton, d’élargissement de son champ d’action, d’arraisonnement des bateaux le long des côtes libyennes et d’intervention à la « source » en Libye.

 La Libye ? Parlons-en !

Hautement édifiant est le Troisième sommet Afrique-UE, les 29 et 30 novembre 2010, en Lybie, où Mouammar Kadhafi accueillit, en grande pompe, les dirigeants de 80 pays africains et européens. Les participants s’étaient mis d’accord sur un « plan d’action » pour un partenariat Afrique-UE allant de 2011 à 2013. Création d’emplois, investissements, croissance économique, paix, stabilité, migration et changement climatique étaient à l’ordre du jour.

En lieu et place de cette perspective, la Libye a été déstabilisée et le  Guide libyen tué. En plus de la prolifération des armes provenant des arsenaux libyens, des dizaines de milliers de travailleurs originaires de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb ont perdu leur travail. Ils sont venus grossir les rangs des demandeurs d’emploi dans leurs pays d’origine, prêts à partir à n’importe quel prix. 

Jean Pierre Chevènement, l’ancien ministre de la défense et de l’intérieur, en nommant Nicolas Sarkozy, dit à propos de l’immigration en Europe, ce qui de notre point de vue est valable pour la prolifération des armes au Sahel et la force de frappe des djihadistes, «La Libye de Mouammar Kadhafi avait beaucoup de défauts mais elle exerçait un contrôle sur ses frontières».  «Nous avons violé la résolution des Nations unies, qui nous donnait le droit de protéger les populations de Benghazi, on est allé jusqu'au changement de régime» a-t-il déploré.

On arrête les passeurs. Qui traduira devant la Cour Pénale Internationale (CPI) les fauteurs de la guerre en Lybie dont le Mali est la première victime collatérale en Afrique subsaharienne ?  Il est pernicieux de poser la question de la gestion des conséquences de cette ingérence en termes de « service après-vente » qui n’aurait pas été assuré. La vérité est qu’elle ne devait tout simplement pas avoir lieu parce que la démocratie ne s’exporte pas. A l’intention des donneurs de leçons de démocratie rappelons que :

-la gouvernance managériale n’a rien à voir avec la gouvernance démocratique, participative et respectueuse des droits humains ;

-le climat des affaires n’a pas plus à voir avec le climat social que la santé de l’économie libéralisée avec celle des êtres humains ;

-la sécurité des investissements n’est pas la sécurité humaine.

Déni de réalité

Bien avant la Grèce, le Portugal et d’autres pays européens, aujourd’hui confrontés au chômage, la précarité et la peur du lendemain, nous avons subi, dès la décennie 80, la médecine de cheval de l’ajustement structurel.« Contre l’austérité, pour l’égalité, la justice économique et sociale » sont des mots d’ordre des peuples d’Europe  qui auraient pu être mobilisateurs et fédérateurs ici aussi, au Mali, au Sahel et en Afrique, d’une manière générale, si les victimes africaines du capitalisme mondialisé et financiarisé étaient bien imprégnées  elles-aussi des causes structurelles du chômage et de leur paupérisation. La quasi-totalité des migrants en difficulté n’aurait pas pris le risque de partir si les politiques économiques mises en œuvre étaient créatrices d’emplois. Les règles de l’OMC  sont hautement destructrices. « Nous sommes menacés par un génocide, une catastrophe d’une ampleur telle qu’elle fera plus de victimes que le bilan cumulé de toutes les guerres et les catastrophes naturelles que l’histoire a connues »prévient Samir Amin du fait de l’ouverture de l’agriculture à la concurrence en novembre 2001 par l’OMC. (Interview accordée à Ake Kilander dans le magazine suédois FiB/K n°2, février 2006). La mainmise des sociétés transnationales sur les terres agricoles exclura davantage de paysans et de paysannes de la production. « Un travailleur agricole bien équipé pourrait remplacer 2 000 paysans pauvres.  Trois milliards de personnes ne pourront pas être absorbées par l’industrie, même avec une croissance fantastique ».

 Dans les régions en conflit, l’insécurité entrave la totalité des activités économiques. Agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, commerçants, artisans ne peuvent pas vaquer à leurs occupations. Les migrants sont composés de tous ceux-là. Les Accords de Partenariat Economiques (APE) imposés aux Etats africains ne sont pas faits pour arranger cette situation. Pas plus que le TAFTA, qui se traduira lui aussi par la suppression des barrières tarifaires et douanières entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe, n’est à l’avantage des peuples d’Europe ! Au regard de cette réalité,  une solidarité de combats s’impose entre les peuples du monde et en l’occurrence, ceux d’Afrique et d’Europe. 

Ce sont nos enfants !

Le nombre important de femmes, parfois avec leurs enfants, à bord des embarcations qui coulent si souvent en Méditerranée est rarement relevé et commenté. Pourquoi ? Parce que contrairement aux violences domestiques, sexuelles et sexistes dont l’instrumentalisation permet de justifier l’ingérence, la violence inouïe du système capitaliste et prédateur est occultée. Or, dans le drame de l’émigration, les femmes sont omniprésentes, en tant que mères, épouses et migrantes elles-mêmes.

Chaque migrant avalé par la méditerranée ou par le désert est l’un de nos enfants. Les cris de ceux qui aujourd’hui périssent au fond des cales s’ajoutent à ceux qui ont déjà sombré dans le ventre de l’Atlantique aux temps maudits de la traite inscrits dans notre chair comme dans notre mémoire.

En tant que mères, sur la scène du monde globalisé, nous voyons se dérouler le destin de nos enfants devenus chômeurs, migrants « clandestins », narcotrafiquants, rebelles et à présent, djihadistes. Nous ne baissons pas les bras. Depuis les évènements de Ceuta et de Melilla, nous avons pour notre part alerté et essayé de trouver des alternatives à ces départs du désespoir, ainsi qu’une vie digne pour  ceux qui nous sont revenus, la mort des autres dans leur âme tourmentée. Mais comment les retenir dans le contexte économique déjà décrit ?

De Thiaroye au Sénégal, les mères et les veuves des migrants disparus en mer avec à leur tête la courageuse Yayi Bayam Diouf sont venues à nous à Bamako, au Mali. Ensuite, avec des mères et des veuves de migrants maliens disparus dans les mêmes conditions, nous nous sommes rendues à notre tour à Thiaroye où, au bord de la mer gloutonne qui avale nos enfants, nous nous sommes recueillies. Nous avons prié pour ceux qui ne sont plus et pour les rescapés, plutôt les morts-vivants, qui nous sont revenus.

Parce que nous sommes ces mères inquiètes et pensantes, parce que nos enfants sont en danger, parce que notre monde vacille, apeuré mais aveugle et sourd à leur douleur, nous restons vigilantes et refusons qu’ils soient sacrifiés sur l’autel du marché roi.

Ce sont leurs richesses

A qui appartiennent les ressources minières (or, platine, fer, bauxite, coltan, nickel, étain, plomb, manganèse, argent…), énergétiques (pétrole, gaz naturel, uranium…), agricoles (café, cacao, coton…), forestières, halieutiques et autres dont l’économie mondialisée a cruellement besoin ? Elles appartiennent à ces enfants qui viennent mourir aux portes de l’Europe. Pour notre malheur, la sécurité énergétique dont dépend la croissance, la compétitivité et l’emploi en France et en Europe est, en partie,  liée à l’accessibilité des sources de pétrole, d’uranium, de gaz ainsi que des voies de leur acheminement. Les pays d’origine des migrants indésirables et jetables, du Sahel et du Maghreb, qui regorgent de ces richesses, deviennent des champs de bataille.

La France et l’Europe doivent se dire que nous sommes tous perdants. Partout les yeux s’ouvrent. Paris croit-il réellement défendre le rang et l’image de la France dans le monde en instrumentalisant le Conseil de sécurité et en violant ses résolutions comme il l’a fait en Libye ? Défend-t-il durablement les intérêts des entreprises françaises lorsque les puits de pétrole et les mines d’uranium et autres ressources stratégiques deviennent des poudrières ? Défend-t-il les Français et leur liberté de circulation lorsque les zones dites à risques dont le nombre ne cesse d’augmenter leur sont interdites ? Nous finirons par être tous assignés à résidence !

 La convergence des luttes : l’Afrique et l’Europe des peuples

 Bruxelles se dit choquée. Elle a une occasion historique de dire la vérité sur l’ensemble des causes de cette tragédie et de rendre ainsi justice aux peuples spoliés et humiliés d’Afrique. C’est certainement trop lui demander. Mais elle le doit, non seulement par respect pour les vies qu’elle se propose de sauver mais aussi pour ses propres peuples dont une bonne partie se doute qu’il a dû arriver à l’Afrique ce qui arrive en ce moment à la Grèce, à l’Espagne et à l’Italie.

Nous ne voyons pas comment un modèle économique qui ne fait pas le bonheur des peuples d’Europe pourrait sortir l’Afrique de l’impasse. Ce sont les lobbies (cotonniers, pétroliers, miniers, de l’armement et autres) qui déterminent la politique étrangère des puissances occidentales. « Nous sommes cernés » relève Susan George à propos de ce qu’elle appelle « l’autorité illégitime » en Europe. « Lobbyistes au service d’une entreprise ou d’un secteur, PDG de Transnationales dont le chiffre d’affaire est supérieur au PIB de plusieurs pays dans lesquels elles sont implantées, instance quasi étatique dont les réseaux tentaculaires se déploient bien au-delà des frontières nationales : toute une cohorte d’individus et d’entreprises qui n’ont pas été élus, qui ne rendent de compte à personne et dont le seul objectif est d’amasser des bénéfices est en train de prendre le pouvoir et d’orienter la politique officielle. »

Il est du gonflement des flux migratoires vers l’Europe comme de la rébellion, au nord du Mali, et du djihad. Ce sont autant de conséquences de l’échec lamentable du développement économique de l’Afrique dans le cadre de la mondialisation capitaliste ; des conséquences que l’Europe n’a pas la volonté ni la sagesse de voir ni de comprendre à travers tous ces corps errants ou sans vie devant ses portes.

Il faut en finir définitivement avec des relations totalement déséquilibrées et essentiellement tournées vers les intérêts de l’Europe, de la finance et du commerce.

 Au risque de voir notre monde sombrer.

 Le naufrage serait alors global.

Un autre partenariat franco-malien et euro-africain s’impose

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Loi Touraine sur la SANTÉ : une ATTAQUE MAJEURE contre les HÔPITAUX et la SÉCURITÉ SOCIALE

1 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La santé, #La sécurité sociale, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

 

Loi Touraine sur la SANTÉ : une ATTAQUE MAJEURE contre les HÔPITAUX et la SÉCURITÉ SOCIALE

Le gouvernement vient de remettre aux autorités de Bruxelles son «programme national de réformes», cela en application des traités européens, en particulier le TSCG.

En réponse aux exigences de la Commission européenne qui affirme que le pacte de responsabilité était insuffisant, le gouvernement Hollande-Valls a annoncé 9 milliards de coupes supplémentaires dans les dépenses publiques.

Dans tous les domaines, le gouvernement s’attaque aux droits ouvriers et démocratiques.

Le 14 avril 2015, la loi Touraine a été adoptée par les députés en première lecture. Marisol Touraine, en présentant sa loi, explique : « Il s’agit de remettre en cause un système centré sur l’hôpital » ; et précise : « Le dispositif fera en sorte que les patients n’aient plus accès à l’hôpital qu’en dernier recours ».

La loi Touraine, c’est la régionalisation accentuée de la santé avec l’article 27 qui impose le regroupement des établissements de santé sur un même territoire ; régionalisation accentuée puisque les Agences régionales de santé deviennent responsables de la « maîtrise des dépenses de santé et d’assurance maladie ».

Or, encore aujourd’hui, la Sécurité sociale, en particulier sa branche maladie, reste nationale.

C’est cela qui serait remis en cause avec des budgets régionaux.

La loi Touraine, c’est aussi :

  • la mainmise des assurances privées sur la Sécu sous prétexte de tiers payant ;
  • la chirurgie dite « ambulatoire » : le patient renvoyé chez lui au lendemain de l’opération, voire le jour même ;
  • la suppression de 22 000 postes dans les hôpitaux ;
  • des auxiliaires médicaux appelés à porter des diagnostics, des prescriptions médicales ou d’examens à la place des médecins ;
  • la suppression d’activités et de services entiers dans les hôpitaux ;
  • les médecins sommés de réduire leurs prescriptions de prothèses, de médicaments…

Le 9 avril dernier, des centaines de milliers de travailleurs ont manifesté et fait grève contre la loi Macron et le pacte de responsabilité, deux mesures qui concentrent la soumission du gouvernement Hollande-Valls aux institutions de l’Union européenne.

La défense du droit aux soins exige aujourd’hui que la loi Touraine soit retirée !

 

SOURCE:

 

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