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Le blog de Lucien PONS

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RAZZIA SUR LA FRANCE, on liquide et on s’en va…

12 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Le traité Transatlantique., #Le capitalisme;, #Le syndicalisme, #Le grand banditisme, #La lutte des classes

RAZZIA SUR LA FRANCE, on liquide et on s’en va…

Posté par 2ccr le 18 mai 2015

aavendreExit Ducros, exit Mory, exit MoryGlobal. De reprise en reprise ce fleuron du transport routier français est mort. Avec des milliers de chômeurs sur le bord de la route.
 
Dentresangle, autre pépite du transport routier français bouffé en quelques jours par une entreprise étazunienne, XPO Logistics. Une entreprise deux fois moins puissante que Dentressangle. XPO Logistics, 2,4 milliards de dollars et une perte de 63,6 millions de dollars ; Dentressangle : 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un bénéfice de 75,9 millions d’euros (pas de dollars!), en augmentation de 8% cette année. L’étazunien emploie 10.000 personnes sur 200 sites tandis que Norbert Dentressangle emploie 42.350 personnes sur 662 sites. «Dès l’acquisition, la marque Norbert Dentressangle va disparaître» avoue Hervé Montjotin, actuel président du directoire de Dentressangle. Cherchez l’erreur…
 
L’ouverture totale des frontières offre aux entreprises états-uniennes la possibilité de faire leur marché en Europe. C’est ce qu’on appelle la globalisation, la mondialisation prédatrice à la sauce dollar. Résultat : la liste des entreprises françaises qui passent sous pavillon étranger, surtout étazunien, s’allonge, s’allonge… Rachetées pour être dépouillées de leur savoir-faire, de leurs clientèle, de leurs brevets, de leurs actifs, de leur trésorerie, puis fermées, laissant les salariés sur le carreau.
 
Vous voulez des exemples ?
 
Péchiney. Vous vous souvenez de Péchiney. Un des fleurons de l’industrie française. Champion du monde de l’aluminium. Terminé. Mort Péchiney… Le groupe français a été racheté par le canadien Alcan en 2003. En 2007, ce dernier a lui-même été racheté par Rio Tinto. Résultat : Péchiney a été racheté pour être liquidé et ainsi éliminer un concurrent.
 
Arcelor. Le groupe sidérurgique – d’abord national sous le nom d’Usinor, devenu Arcelor en 2002 en fusionnant avec d’autres sidérurgistes européens – a été bouffé en 2006 par Mittal Steel Company. On connait les résultats : fermeture des usines, des milliers de chômeurs, toute une région ruinée… L’exemple typique, quasi caricatural, d’un rachat prédateur destiné à éliminer un concurrent.
 
Rossignol. C’était le numéro un mondial du ski avec 24% de parts de marché ! Il a été bouffé en 2005 par l’américain Quiksilver, surtout connu dans le monde du surf. Salomon ayant lui aussi été bouffé par Adidas, on ne peut plus skier français…
 
TDF (Télédiffusion de France). Racheté par Intermediate Capital et Texas Pacific Group. Les émetteurs de la Tour Eiffel sous donc sous contrôle yankee ! Bonjour la fierté nationale…
 
Comment cette razzia est-elle possible ? Pour deux raisons principales :
 
1 – Les dés sont pipés puisque les Etazuniens achètent avec de la monnaie de singe, le dollar, sorti de la planche à billet de l’oncle Sam. Elles n’ont pas été « achetées » mais razziées avec de la fausse monnaie.
 
2 – Les entreprises étazuniennes prédatrices sont bourrées de thunes qu’elles volent doublement : – elles « optimisent » leur fiscalité, c’est-à-dire qu’elles volent le fisc en France. Mais si elles rapatriaient leurs bénéfs aux Etats-Unis, elles devraient payer 35 % au fisc étazunien. Ce qu’elles ne veulent pas. Elles se trouvent donc à la tête d’une montagne de pognon planqué dans des paradis fiscaux, avec lequel elles font leur marché en France et en Europe.
 
Accessoirement, la baisse de valeur de l’euro par rapport au dollar fait que les entreprises européennes valent actuellement 25% de moins qu’il y a seulement quelques mois… Voilà comment tous les bijous de la famille France foutent le camp. Et ce n’est pas sans effets. Ces investisseurs étazuniens n’ont qu’un dieu : le fric, qu’une exigence : le maximum de rentabilité pour les actionnaires. Au détriment du développement de l’entreprise et, bien sûr, de l’emploi. Les patrons-voyous imposés par les actionnaires étazuniens n’ont dès lors pas d’états d’âmes pour délocaliser les entreprises là où la main d’œuvre coûte le moins. S’ensuivent le déplacement des sièges sociaux, des centres de recherche, la rupture avec les sous-traitants français, tuant des entreprises…
 
C’est ce qui se passe pour de très nombreuses entreprises françaises :
 
Alstom, entreprise majeure, strtatégique, est passé – du moins pour sa branche énergie, sous pavillon étazunien avec son rachat par Général Electric
 
Alcatel-Lucent bouffé par le Finlandais Nokia
 
Amora Maille : le groupe français a rejoint le groupe anglo-hollandais Unilever en 2000.
 
Brasseries Kronenbourg bouffé par le groupe danois Carlsberg
 
Converteam (conversion de l’énergie électrique) : racheté par General Electric en 2011. On peut mettre en relation avec le rachat-démantèlement de Alstom.
 
ClubMed bouffé par les Chinois
 
Danone : La branche biscuit du groupe (LU) a été racheté par l’américain Mondelez International en 2007.
 
Legrand (produits et systèmes pour installations électriques et réseaux d’information) : racheté par un groupe d’investisseurs étazuniens dont KKR et Goldman Sachs.
Marionnaud, le parfumeur est passé en 2005 sous pavillon chinois.
 
PriceMinister, pionnier de l’e-commerce français, a été racheté par le japonais Rakuten.
 
SPIE (ingénierie électrique et construction) : racheté par Clayton, Dubilier & Rice en 2011 pour 3 milliards de dollars US.
 
Smoby (jouets) : en 2008, le leader français du jouet est repris par le groupe allemand Simba.
 
Solocal (ex Pages Jaunes) : racheté par KKR et Goldman Sachs.
 
Et ce n’est pas tout… On va probablement vendre aussi GDF-Suez, le fournisseur essentiel du gaz pour toute la France. L’entreprise est en train de changer de nom pour que ça fasse moins désordre…
 
Et n’oublions pas l’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois, et bientôt – Macron l’a dit – les aéroports de Nice et de Lyon…
 
Vous me direz, la France fait pareil à l’étranger… Ceci n’est pourtant qu’un hors d’œuvre avant le grand dépouillement si TAFTA passe… « Paul Emploi illimited » ! Voilà une entreprise qui va encore se développer…
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Lire également : L’ÉCONOMIE de la CRISE
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« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes »… Karl Marx
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LES ORIGINES DE LA CRISE SYSTÉMIQUE DU CAPITALISME

11 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La mondialisation

LES ORIGINES DE LA CRISE SYSTÉMIQUE DU CAPITALISME

bibeau.robert@videotron.ca

10.06.2015

Pour lire l'article sur notre webmagazine : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/des-origines-de-la-crise-systemique-du-capitalisme/

La contradiction fondamentale du capitalisme étriqué

Quand le développement des moyens de production - comprenant les forces productives vivantes [le travail] - devient incompatible avec les rapports de production capitalistes (financiers, bancaires, monétaires, etc.) le mode de production tout entier est en danger de s'effondrer. Dans le Grundrisse, Marx a décrit ce postulat de la façon suivante :

« Dès que le travail sous sa forme immédiate [vivante et productrice de plus-value] a cessé d'être la source principale de [création de] la richesse [reproduction du capital], le temps de travail [nécessaire et surtravail] cesse et doit cesser d'être sa mesure [de la reproduction du capital] et la valeur d'échange cesse donc aussi d'être de la valeur d'usage. Ainsi, la production [le mode de production] basée sur la valeur d'échange [commerciale] s'effondre." Plus loin, Marx ajoute « Dès lors, le procès de production cesse d' être un procès de travail, au sens où le travail en constituerait l' unité dominante. Aux nombreux points du système mécanique, le travail n' apparaît plus comme être conscient, sous forme de quelques travailleurs vivants, éparpillés, soumis au processus d'ensemble de la machinerie, ils ne forment qu'un élément du système, dont l'unité ne réside pas dans le travailleur vivant, mais dans la machinerie vivante (active) qui par rapport à l' activité isolée et insignifiante du travail vivant, apparaît comme un organisme gigantesque. » (K Marx. Grundrisse (1857). Chapitre 3, Le Capital, Édition 10/18, p.328.)

Que doit-on comprendre de cette loi de fonctionnement du mode de production capitaliste ? Ce mécanisme concret et objectif de délitement de la valeur d'échange des marchandises en générale et de la première marchandise entre toutes - la force de travail - entraîne la scission inévitable entre la marchandise fétiche - l'argent - et toutes les autres marchandises commercialisées qu'il est censé représenter.

Là exactement se trouve la source de tous les accès de fièvre financière - des crises successives - du mode de production capitaliste bancal. Là se trouve, à la phase impérialiste du capitalisme du moins, la manifestation profonde de la contradiction entre le capital marchandise [les moyens de production et d'échanges] et le travail marchandise [la force de travail vivante] qui perd peu à peu sa valeur d'échange et même son utilité matérielle, donc sa valeur d'usage. Attention toutefois, les robots, les machines, les ordinateurs, les puces, les logiciels qui doivent remplacer le travail vivant sont des moyens de production produits par le travail salarié vivant et ils contiennent une grande quantité de valeur marchande [ils sont dispendieux]. Ces machines de toute nature et de toute espèce sont du capital constant (Cc) qui rendent obsolète une partie - et une partie seulement - du travail vivant (Cv) le remplaçant par du travail mort ce qui amène une hausse de productivité du travail vivant (même s'il ne reste que quelques prolétaires dans l'usine) et entraîne une détérioration de la composition organique du capital Cv/Cc, donc, une baisse du taux global de plus-value et de profit.

Il faut bien réaliser le drame shakespearien qui se noue sous nos yeux. La source même de toute valeur marchande - de toute valeur d'échange -, le fondement même du mode de production capitaliste - la seule marchandise ayant le pouvoir de transmettre de la valeur aux autres marchandises - voit s'anémier sa valeur. La source de toute valeur [de toute richesse] se tarit et ne peut donc plus transmettre ce qu'elle ne possède plus en "valeur ajoutée", en "plus-value" non payée. Le capital scie la branche sur laquelle il s'est perché pour proclamer sa gloire et sa toute-puissance éternelles (sic).

Valeur d'usage et valeur d'échange

Sous le mode de production capitaliste, en phase impérialiste décadente, ce n'est pas la valeur d'usage qui détermine la valeur d'échange, mais l'inverse, c'est la valeur d'échange marchande qui attribue de la valeur d'usage à une marchandise quelconque (la condition étant que sa production entraîne la réalisation de plus-value). Pire, la contradiction entre le travail et le capital s'approfondit encore davantage puisque le capital réduit sa consommation globale - mondiale - de force de travail salarié vivante dont il est pourtant totalement dépendant pour sa valorisation-reproduction. Le capital est donc contraint d'intensifier l'extraction de plus-value relative et absolue de chaque heure de travail vivant consommée. Ce procès d'intensification de l'extraction - confiscation - de toujours plus de plus-value mène le capitalisme jusqu'à réduire le temps de travail nécessaire au-delà du minimum social requis pour sa reproduction physique élargie. Ainsi, par le processus même de son aliénation la force de travail ouvrière est menacée d'extinction. La concrétisation de cette contradiction fondamentale entre le capital et le travail entraîne le système à son autodestruction. La force de travail vivante - le prolétariat mondial - n'a alors plus aucune alternative, ou bien il dépérit petit à petit et disparaît emportant le capitalisme avec lui, ou alors il connaît un sursaut de vie insurrectionnelle prolétarienne, s'objecte à son sort abject, et engage la révolution prolétarienne socialiste.

Que vient faire la « financiarisation » dans ce processus de déperdition ?

Expliquons maintenant comment la financiarisation - l'inflation - la crédification - la monétarisation du processus de production - d'échange - de réalisation du capital est venue subsumer cette contradiction fondamentale et la porter à des sommets inégalés de décrépitude décadente.

Faute de grandes masses croissantes de valeurs d'usage à transformer en valeurs marchandes et à réaliser en valeurs financières (monnaie, actions, obligations, titres de créances, produits boursiers dérivés) - à valoriser en fait, afin de perpétuer le cycle économique de valorisation du capital - le système bancaire et financier mondialisé s'est mis à émettre de la fausse monnaie - du néant de valeur monétaire - "du crédit, créant du dépôt pour générer de nouveaux crédits" une débauche d'ajustement et de dérèglements financiers, monétaires et boursiers en cascades (1).

Examinons simplement quelques statistiques (Tableau 1) qui marquèrent la descente aux enfers d'une banque qui en 2008 a été sacrifiée, lors de la crise des "subprimes", pour donner l'exemple à toutes les autres banques, qui, de toute manière, ne pouvaient et ne pourront jamais faire autrement. C'est le mode de production qui ne peut plus remplir sa mission de reproduction élargie à la fois de la force de travail et du capital. Ces deux composantes fondamentales du mode de production capitaliste sont indissociables et l'extinction de l'une entraînera la disparition de l'autre. Du moment que le capital ne peut plus assurer la reproduction élargie de la force de travail qui lui donne vie, le MPC s'engage dans un cul-de-sac qui ne peut que lui faire perdre la confiance de la classe ouvrière et son appui et engendrer sa destruction. Nous venons d'identifier la première condition de l'insurrection prolétarienne mondiale.

Le tableau 1 montre bien que si en 2008, lors de la faillite de la Lehman Brothers, la situation financière mondiale était catastrophique, quatre ans plus tard (2012), elle avait empiré du point de vue financier. La finance n'est que le reflet bancaire et monétaire de la réalité économique globale de l'économie nationale et internationale. Convenons toutefois qu'il ne pouvait en être autrement de par la loi de la dépréciation de la valeur marchande de la force de travail vivante créatrice de toute plus-value et de tout profit capitaliste.

Tableau 1

2008

2012

Volume des produits dérivés négociés hors cote en milliards de dollars (US)

516 000 milliards de dollars

708 000 milliards de dollars

Endettement des pays de l'OCDE (pays riches)

75%

105%

Déficit des pays de l'OCDE en% de leur PIB

3,5%

5,5%

Effet de levier de crédit des banques
"trop grosses pour faire faillite" (sic)

31 pour Lehman Brothers

De 13 à 85

Bilans des banques centrales Fed et BCE (créances pourries échangées contre de l'argent du néant)

900 milliards $
1 400 MM euros

3 000 milliards $
3 000 MM euros

Taux de croissance des pays de l'OCDE

0,5

-0,1

Taux de croissance mondiale

2,7

3,2

Taux de chômage des pays de l'OCDE

5,9

8

Réserves de change mondiales

4 000 milliards $

11 200 milliards $

Réserves de change de la Chine

1 900 milliards $

3 500 milliards $


Source: The Wall Street Journal, "Crise financière : leçon d'un sauvetage, un drame en cinq actes"

Faisons davantage de ce qui ne peut pas fonctionner

Et voici que des fumistes, des opportunistes, des réformistes, des gauchistes bourgeois qui souhaitent sauvegarder le mode de production capitaliste, suggèrent de faire davantage de ce qui ne marche pas pour remettre le patient sur pied et prolonger son agonie à l'infini. Lisez ceci :

« La nouvelle banque de développement des BRICS n’est pas une alternative au FMI et à la Banque mondiale (BM), mais un complément, car elle répond aux défis qui ont été ignorés par les institutions financières internationales. Le FMI n’a fait que travailler dans l’intérêt des spéculateurs et les énormes quantités de dollars, d’euros, de livres et de yens sortant des planches à billets arrivent aujourd’hui par vagues dans les pays des BRICS, déstabilisant leurs économies. Il est par conséquent nécessaire pour les BRICS de développer leurs propres institutions financières, pour financer des projets de développement à long terme. Faisant partie de ce nouveau système (sic), il y a le Système de réserve en devise, qui prend essentiellement en compte les leçons de la crise de 1997 en Asie, au cours de laquelle les devises des pays asiatiques ont chuté, à cause de la spéculation, de 80 % en une seule semaine. Il répond également aux attaques vicieuses lancées récemment par les fonds spéculatifs à l’encontre des pays d’Amérique latine" et l'analyste financière d'ajouter « Ce système parallèle pourrait bien devenir très rapidement la bouée de sauvetage suite à l’effondrement du système financier transatlantique : car un krach pourrait survenir à tout moment, plus gros que celui de 2008, qui a suivi la faillite de Lehman Brothers. Un tel krach pourrait être provoqué par le « Grexit », l’expulsion de la Grèce de l’euro par le FMI et la Troïka. Tout le système bancaire européen et probablement américain s’effondrerait dans la foulée ; un tel krach pourrait aussi être provoqué par la faillite de l’Ukraine ; ou par une simple explosion de la bulle des produits dérivés qui se monte actuellement à 2 millions de milliards de dollars, une somme qui ne pourra jamais être payée. » (2)

En vertu des lois objectives de l'économie politique capitaliste, en phase impérialiste, c'est-à-dire en phase d'économie politique globalisée, interreliée et mondialement intégrée, une moitié des continents ne peut s'effondrer sous le poids de ses contradictions économiques alors que l'autre moitié prospère. Les fonds d'investissement, les banques, les institutions internationales les entreprises multinationales des pays du BRICS seront entraînées par le fond en même temps que celles de l'autre alliance impérialiste atlantique régit par les mêmes lois d'économie politique. Des rencontres au sommet de la pyramide décrépie de l'impérialisme financier se tiendront bientôt qui scelleront le sort de la finance internationale dans sa cavalcade vers sa débandade mondiale (3). Nous avons depuis longtemps déjà prédit la dévaluation drastique des monnaies mondiales flouant ainsi les capitalistes créditeurs et les capitalistes débiteurs et les millions de petits épargnants. Voici que cette perspective cataclysmique se rapproche.

Une troisième guerre mondiale finira par se présenter comme l'unique alternative à ces contradictions économiques insolubles. Détruire des forces productives, des moyens de production, des marchandises en surplus (relatifs) deviendra l'unique solution que la mécanique du système impérialiste concurrentiel saura imposer aux plénipotentiaires de service (sous-fifres politiques et financiers déjantés) (4).

Les communistes finiront bien par comprendre que la classe prolétarienne n'a que faire de leurs querelles de chapelles grégaires - sectaires - dogmatiques (5).

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(1) https://www.youtube.com/watch?v=efIiQtfR7BI

(2) http://www.solidariteetprogres.org/zepp-larouche-lima-nouvelle-route-de-la-soie.html

(3) http://www.infowars.com/secret-meeting-in-london-to-end-cash/

(4) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/usa-otan-et-la-guerre-nucleaire/

(5) http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

POUR SE DÉSINSCRIRE DE CETTE LISTE : BIBEAU.ROBERT@VIDEOTRON.CA

POUR COMPLÉTER VOS INFORMATIONS. R. Bibeau (2014) Manifeste du Parti ouvrier. Publibook. Paris. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

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Santé en Grèce, des cobayes de l’austérité au laboratoire de l’autogestion : soyons fous, marchons sur la dette !

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Grèce, #La dette

Santé en Grèce, des cobayes de l’austérité au laboratoire de l’autogestion : soyons fous, marchons sur la dette !

Une délégation française au cœur de la tourmente grecque pour témoigner de la crise humanitaire imposée là-bas par les mémoranda européens, mais surtout pour apprendre de la résistance et de la dignité de ceux qui refusent de baisser les bras.

8 juin 2015

La pharmacie du Dispensaire KIFA, dans le centre d'Athènes

La pharmacie du Dispensaire KIFA, dans le centre d'Athènes

Au mois de mai, une délégation du collectif « Solidarité France Grèce pour la Santé » s’est rendue à Athènes pour rencontrer des équipes des dispensaires sociaux solidaires. Ce collectif soutient les personnels des dispensaires sociaux et solidaires autogérés grecs depuis deux ans, grâce à des actions concrètes comme la collecte et l’envoi de médicaments, de matériel médical et d’argent mais aussi sur un plan politique en informant sur cette nouvelle forme de résistance à l’austérité.

La délégation reçue par les personnels du Dispensaire KIFA

La délégation reçue par les personnels du Dispensaire KIFA

Du 11 au 16 mai 2015, professionnels de la santé, militants syndicaux, membres de partis politiques et personnes issues de la société civile, toutes membres de la délégation de « Solidarité France Grèce pour la Santé », ont pu visiter une dizaine de dispensaires, mais aussi rencontrer la coordination athénienne des dispensaires et pharmacies sociaux solidaires, l’association « Solidarité pour tous », la commission santé de Syriza ainsi que le ministre délégué à la santé, la confédération syndicale du privé et les équipes hospitalières et syndicales dans trois établissements.

Au moment où la délégation arrivait à Athènes, les femmes de ménage du Ministère des Finances fêtaient leur réintégration après 22 mois de lutte et d’occupation d’un coin de la place Syntagma. Leur emblème était un poing dans un gant de ménage rouge. Un signe encourageant.

Des dispensaires pour un accès à la santé pour tous

C’est leur engagement militant qui distingue ces structures au nombre de cinquante actuellement dans tout le pays, des structures humanitaires ou ONG. Les dispensaires sociaux et solidaires s’inscrivent dans une multitude d’actions solidaires sur les déterminants de santé que sont l’alimentation, le logement, les vêtements, la culture, l’éducation... Les volontaires de ces dispensaires rapportent unanimement que trois besoins font cruellement défaut actuellement : les soins bucco-dentaires, une demande psychiatrique et psychologique forte de la part des usager-es, conséquences directes de la pauvreté et de la précarité, la carence en médicaments pédiatriques et notamment vaccins et traitements de longue durée pour le diabète ou le cancer par exemple.

Affiche appelant à la grève de tout le secteur santé de Grèce le 20 mai   "pour récupérer tout ce qu’on nous a pris », pour des embauches et l’augmentation du budget de la santé".

Affiche appelant à la grève de tout le secteur santé de Grèce le 20 mai "pour récupérer tout ce qu’on nous a pris », pour des embauches et l’augmentation du budget de la santé".

Les dispensaires sociaux solidaires réunissent des volontaires professionnels de la santé, médecins, infirmiers, pédiatres, sages-femmes, dentistes, etc… mais aussi de simples citoyens, souvent habitants du quartier, qui œuvrent au fonctionnement de la structure, que ce soit en gérant l’administration, le secrétariat ou en faisant le ménage. Lorsqu’ils ne peuvent pas offrir les consultations spécialisées sur place, les dispensaires dirigent leurs patients vers des praticiens en ville qui offrent des consultations gratuites. Ces dispensaires autogérés fonctionnent en assemblée générale de façon tout à fait horizontale. Les dispensaires sociaux et solidaires de la région d’Athènes (50 % de la population grecque) travaillent en réseau, grâce à une coordination qui permet les échanges de médicaments et d’information.

Toutefois leur démarche de solidarité ne s'arrête pas aux frontières : le soutien aux combattantes et combattants kurdes de Kobané par l’apport de matériel médical en témoigne ainsi que l’aide à l’obtention de papiers pour les personnes émigrées.

Au cours de leur séjour, les membres de la délégation ont débattu avec les militants de l’association grecque « Solidarité pour tous ». Elles et ils animent des groupes de réflexion locaux pour travailler autrement, relancer les petites entreprises en autogestion, raccourcir les circuits entre les agriculteurs et les consommateurs tout en luttant contre le gaspillage… Sur le volet de la santé, ce « facilitateur » d’entraide, comme aime à se définir « Solidarité pour tous », milite aux côtés du nouveau gouvernement pour que la prise en charge des soins de santé ne dépende pas du fait d’avoir un travail, comme c’est actuellement le cas en Grèce.

Depuis un an et demi, elles et ils travaillent avec des organisations syndicales et ouvrières autour de la question de la solidarité comme élément constitutif de leurs actions.

Le co-fondateur du premier dispensaire autogéré au gouvernement

C’est avec une grande simplicité et une grande disponibilité que l’actuel Ministre délégué à la Santé, Andréas Xanthos, a reçu les membres de la délégation de « Solidarité France Grèce pour la Santé » dans son ministère. Médecin hospitalier, Andréas Xanthos est le co-fondateur du premier dispensaire social en Crête. C’était en 2008 dans le but de venir en aide aux migrants.

La délégation reçue au Parlement par les députés de Syriza.

La délégation reçue au Parlement par les députés de Syriza.

Le Ministre délégué a insisté sur la dégradation de la situation sanitaire, sous-évaluée jusqu’en 2012 par les autorités et sur la désorganisation du service public au profit du secteur privé. C’est ainsi que la demande de soin envers le secteur public a progressé de 30 % quand les moyens ont diminué de 40 % et l’effectif en personnel a diminué dans un même temps de 30 %. 2,5 millions de Grec-ques sont actuellement sans couverture sociale.

Andréas Xanthos considère que l’existence des dispensaires a permis de mesurer la réalité de la catastrophe sanitaire en Grèce. Il a argumenté ensuite sur le fait que l’affrontement sévère entre le gouvernement grec et l’Union Européenne concerne tous les peuples européens dans le sens où la Grèce sert de cobaye à l’Europe de la finance.

Le programme de santé du nouveau gouvernement Syriza prône le rétablissement et l’extension de la couverture maladie ; la suppression du forfait hospitalier de 5 € ; un accès aux soins primaires gratuits quelle que soit la nationalité, le revenu, le statut de l’emploi et la position sociale ; la restauration du système de santé (soins primaires et hôpital) ; la nécessité de créer un rapport de force européen sur la question du médicament face à la puissance des multinationales.

Le défi de Syriza

Quelques jours plus tard, direction le Parlement pour la délégation qui a été reçue par dix député-es de Syriza, tous membres des commissions santé. Les membres de la délégation ont particulièrement noté que la crise du service public confronté aux mesures d’austérité des mémoranda s’était couplée à une demande croissante de la population. Une demande toujours liée aux effets de la crise sur les ressources des grec-ques et sur leur santé. Les député-es de Syriza reconnaissent que les dispensaires sociaux solidaires constituent un élément essentiel de résistance et de mobilisation. Chacun d’eux allouent 20 % de leurs indemnités parlementaires à « Solidarité pour tous ». De nombreux projets sont bloqués faute de financement dans le cadre du bras de fer politique avec la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne (BCE).

En ce mois de mai, l’attente est longue, l’angoisse est grande et la fébrilité est presque palpable. Les visiteurs français se sont également beaucoup intéressés au fonctionnement du débat au sein de Syriza et à la manière dont le gouvernement pourra relever le défi.

Les hôpitaux publics au bord de l’effondrement

Sous-financement, manque crucial de personnel et de matériel, les hôpitaux de Sotiria, Geniko Kratiko Athinas et l’hôpital psychiatrique de Daphni témoignent des mêmes maux. En Grèce aujourd’hui, l'incidence de la tuberculose explose, le taux de suicide augmente et la plupart des cancers n’est plus soignée. La malaria et la rage sont réapparues. La surcharge de travail des personnels soignants est énorme et en partie due à la désorganisation des soins primaires. Avant l’arrivée de Syriza au pouvoir, l’administration demandait par exemple entre 600 et 1000 € aux femmes enceintes pour accoucher. A défaut de paiement, l’administration fiscale faisait pression sur les membres de la famille. Une pression qui pouvait aller jusqu’à la saisie des biens au domicile. Des familles étaient poussées à la ruine dans les cas où un de leurs membres était atteint de maladie chronique nécessitant une hospitalisation. Il a été ainsi fait état par le personnel hospitalier de personnes se suicidant à l’annonce d’une maladie grave pour éviter d’être une charge intolérable pour leurs proches.

Hôpital psychiatrique en résistance

Sur huit établissements publics de psychiatrie, il n’en reste que trois d’ouverts. Les structures extrahospitalières et associatives ont fermé les unes après les autres. A Daphni, 500 postes de soignant-es demeurent pourvus sur les mille à l’origine. Ce personnel assure les soins pour 1 100 patient-es hospitalisé-es et l’accompagnement de 600 autres en soin extra-hospitalier.

La demande de soins a augmenté de 60 % en quelques années, et la part des hospitalisations sur demande judiciaire est largement majoritaire (60%). Les autres patient-es sont abandonné-es à la rue ou à charge des familles. Personnels et malades collaborent à la survie de l’hôpital en vendant le produit de cultures vivrières locales à l’entrée de l’hôpital. Si les mesures imposées par l’Union Européenne sont suivies, cet hôpital devra fermer en juin. Les personnels s’organisent pour résister coûte que coûte.

Dans tout ce marasme, les personnels encore présents, toutes catégories confondues, œuvrent à maintenir des soins diversifiés et de qualité. Comme elles l’ont confié aux membres de la délégation, ces personnes sont aujourd’hui confrontées à un paradoxe. Alors qu’à une autre époque la plupart militait pour une psychiatrie extra-hospitalière sectorisée, elles et ils sont contraintes aujourd’hui de se battre pour sauver leur hôpital, seule condition pour garder leurs maigres moyens. La pédo-psychiatrie est réduite à quasi néant et il faut plus de sept mois d’attente pour obtenir un rendez-vous.

Pour une Europe sociale

La résistance du peuple de Grèce est une force motrice qui aujourd’hui doit servir de référence aux autres peuples d’Europe. Le slogan souvent repris par les militant-es rencontré-es se traduit par : « Nous ne devons pas ! Nous ne vendons pas ! Nous ne payons pas ! »

Le cabinet dentaire du dispensaire de Nea Smyrni

Le cabinet dentaire du dispensaire de Nea Smyrni

Les membres de la délégation du collectif « Solidarité France Grèce pour la Santé » ont été émus par ces rencontres souvent chaleureuses et militantes, qui témoignent de la dignité et d’un refus de la fatalité. Ils et elles retiendront l’immense engagement des volontaires, personnels, militant-es engagé-es dans des processus de solidarité, de convivialité et de lutte pour maintenir en autogestion un système de soin, dans le souci de préserver la dignité de chacun-es.

Les membres de la délégation retiendront aussi la nécessité de tous les peuples d’Europe de s’engager dans une lutte coordonnée et solidaire contre une austérité décrétée par des politiques qui agissent contre l’intérêt des peuples, pour revendiquer la construction d’un Europe sociale. Faute de quoi la situation subie aujourd’hui en Grèce sera la norme pour tous les peuples.


Le bilan de la délégation sous forme d’un dépliant PDF de 4 pages est disponible ici. N'hésitez pas à le faire circuler à vos contact. D’autres articles, vidéos et documents sonores seront bientôt publiés sur le blog et la page facebook du collectif.

 

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L’ÉVOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le M'PEP, #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le socialisme, #La lutte des classes

L’ÉVOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PE
P).

Le 8 juin 20
15.

Le M’PEP ne soutient plus l’idée de la « construction d’une grande force politique de gauche ». La gauche, en incluant le Parti socialiste (PS) comme le font certains, est déjà rassemblée en deux ensembles. Le premier gravite autour du PS avec un cercle rapproché constitué d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) et du Parti radical de gauche (PRG) qui n’en sont que des filiales. Un deuxième cercle existe, plus éloigné, qui est le Front de gauche. Le point commun à ces deux ensembles est leur accord de fond sur le maintien de la France dans l’euro, l’Union européenne et plus généralement dans les institutions qui, comme le FMI, l’OMC et la Banque mondiale sont les piliers de l’ordre néolibéral mondial. C’est pourquoi, au lieu de parler de « gauche », nous préférons parler de construction d’une force politique visant à défendre les intérêts des classes dominées. Cette nouvelle force ne peut venir ni des dirigeants du PS, ni de ceux du Front de gauche ou du NPA, c'est-à-dire de la gauche telle qu’elle est. Postuler que la gauche telle qu’elle est n’est pas fidèle à ce qu’elle devrait être ou aurait dû rester, c’est postuler l’existence d’une gauche qui ne soit pas historique mais mythique. Rien ne vient étayer ce postulat, tout vient le contredire.

(…)

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Donbass. Appel de "Texas" et de la famille Touv depuis l'hôpital

5 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #La mondialisation, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #les néocons, #le nazisme

Donbass. Appel de "Texas" et de la famille Touv depuis l'hôpital

Ajoutée le 5 juin 2015

Le citoyen américain "Texas" rend visite à Anna Touv et ses enfants.
Le 26 mai 2015 suite à des frappes d'artillerie sur des quartiers résidentiels de Gorlovka une famille a été anéantie: le père Youriy Touv et sa fille Katia de 11 ans ont été tués; sa femme Anna et ses deux autres enfants âgés de 15 jours et 2,5 ans sont à l'hôpital.
Vidéos associées: Les frappes d'artillerie anéantissent une famille :https://www.youtube.com/watch?v=U34-_...
L'interview de "Texas", citoyen américain, qui se bat aux côtés des insurgés: https://www.youtube.com/watch?v=GFAv0

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Bertrand Renouvin : "Le déni de 2005 est central dans la transformation de notre République en une gouvernance oligarchique".

5 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Politique étrangère

Publié par Jean Lévy

 

Bertrand Renouvin : "Le déni de 2005 est central dans la transformation de notre République en une gouvernance oligarchique".

Le blog de Bertrand Renouvin

02 Mardi juin 2015

 

Dix années de déni…

après le référendum du 29 mai 2005 

 

Le 29 mai 2005, le peuple français rejetait le prétendu « Traité constitutionnel ». Dès le 17 juin de la même année, le Conseil européen amorçait la procédure du déni qui allait aboutir au traité de Lisbonne signé en 2007 puis ratifié sans consultation populaire.

Le déni de 2005 est central dans la transformation de notre République – organisée selon les principes d’une monarchie élective, démocratique et parlementaire -  en une gouvernance oligarchique.

Ce déni vient après l’adoption en septembre 2000 d’un quinquennat qui assure la rotation rapide des équipes  ministérielles sous la direction d’un « président de la République » agissant comme chef de gouvernement.

Ce déni vient après le passage à l’euro qui abandonne la politique monétaire à des organes extérieurs, hors de tout contrôle démocratique.

Ce déni précède et annonce les textes par lesquels la gouvernance oligarchique se soumet à des obligations économiques et financières qui constituent des abandons de souveraineté : six pack, two pack, « semestre européen », traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) de 2012.

Ces textes opaques ont été explicités et dénoncés à de multiples reprises mais rien ne vaut l’examen des procédés mis en oeuvre. La Grèce fut le laboratoire dans lequel on expérimenta les thérapies extrêmes concoctées à Berlin, Francfort, Bruxelles et Washington et les ravages économiques et sociaux qu’elles provoquèrent s’observent, à des degrés divers, dans toute l’Europe du Sud.

Les effets de ces traitements de choc s’ajoutent aux conséquences, toujours négatives, de la globalisation financière et du libre-échange. Un état de violence généralisée s’est créé. A chaque étape du processus entamé en 2000, les chefs de la droite et de la gauche ont fait cause commune. Jacques Chirac et Lionel Jospin pour le quinquennat et l’euro. Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et François Hollande pour le «Traité constitutionnel ».

Les dirigeants de l’UMP et du Parti socialiste lors de la ratification du traité de Lisbonne et du TSCG de 2012, sous les applaudissements du Patronat et des banques.

Telle est bien la définition de l’oligarchie : peu d’hommes exercent le pouvoir à leur profit et pour le service d’intérêts privés. La négation du référendum de 2005 est cruciale car l’adoption ultérieure du Traité de Lisbonne et du TSCG signifie que l’exercice de la réalité du pouvoir se fait dans l’abandon de la souveraineté.

Le passage de la République à l’oligarchie – du gouvernement en vue du bien commun à la gestion des intérêts privés – coïncide avec l’abandon de la monnaie qui est par définition un acte du pouvoir souverain, avec l’abandon de notre souveraineté nationale dans les domaines essentiels, avec la négation de la souveraineté populaire qui est au principe de la démocratie.

Or la volonté des Français et des Néerlandais exprimée au suffrage universel en 2005 n’a pas été respectée et nous constatons aujourd’hui que le gouvernement allemand, la Banque centrale européenne et la Commission européenne essaient de contraindre le gouvernement grec, légitime et légal, à renoncer à l’ensemble de son programme.

Ceci au nom de structures « européennes » qui sont étrangères à la République, faute d’Etat susceptible de mettre en œuvre son principe, et qui sont contraires à la démocratie puisque le principe de séparation des pouvoirs est violé en tous points du dispositif établi par les traités.

La réflexion selon les concepts de la philosophie politique, l’analyse juridique et la simple observation des événements politiques conduisent à la même conclusion : il existe un lien essentiel entre la République, la souveraineté de la nation définie comme collectivité historique et juridique, et la souveraineté populaire.

Si ce lien se défait, la sécurité nationale, la justice sociale et les libertés publiques, la prospérité collective et le bien être individuel sont menacés. La question du régime politique – monarchie élective ou royale, régime d’Assemblée… – perd tout sens quand la souveraineté est anéantie.

Tel n’est pas le cas. En France, la souveraineté est délaissée, abandonnée, mais elle peut être ressaisie dans toutes ses exigences selon la Déclaration de 1789, le Préambule de 1958 et la Constitution de 1958.

Ce sont les conditions politiques de ce ressaisissement qui ne sont pas réunies.

 

*** Editorial du numéro 1080 de « Royaliste » – 2015 -

 

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Transhumanisme: vers une civilisation humanoïde sans humanité?

2 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #le nazisme, #Daesch, #Répression, #Terrorisme

Transhumanisme: vers une civilisation humanoïde sans humanité?

Publié le par Thomas ROGER DEVISMES

Gentes Dames, gents Sieurs,

Bonjour.

Deux articles et une vidéo sur les menaces, relativement peu visibles actuellement, qui pèsent sur nous, ayant pour objectif le contrôle de notre cerveau.

« Le Web 4.0 sera celui du génome, et y a de quoi flipper » (Rue89)

« Transhumanisme, bienvenue au Googlistan » (Le Nouvel Économiste)

28minutes: Émission spéciale dédiée au cerveau

Gentes Dames, gents Sieurs,

Vous remerciant de votre confiance, je vous donne rendez-vous très bientôt!

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Chronique d'un désastre annoncé - En route vers le démantèlement de la SNCF

2 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Services publics, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #La finance dérégulée

Chronique d'un désastre annoncé - En route vers le démantèlement de la SNCF

VIDEO : " Services publics en danger " , documentaire de Gilles Balbastre - 2006.

 |  PAR MARTINE ORANGE

Selon le rapport parlementaire sur les trains interrégionaux, les transports régionaux sont appelés à « servir de terrain d’expérimentation à l’ouverture à la concurrence ». À terme, c’est le démantèlement d’un des derniers services publics français. Au bénéfice de la route
 

L’affaire a été prestement menée. L’annonce de la fermeture de lignes Intercités a fait polémique pendant quelques heures et l’essentiel du rapport du député socialiste Philippe Duron sur les trains interrégionaux a été oublié. Très vite, le gouvernement est passé à autre chose. Pourtant, c’est un coup fourré, mené à bas bruit, qui se prépare contre l'un des derniers services publics en France. Avançant masqué derrière des avis « d’experts », le gouvernement est en train de préparer le démantèlement de la SNCF. 

L’attaque est menée méthodiquement depuis plusieurs mois. Il y eut d’abord, en octobre 2014, le rapport de la Cour des comptes. S’instituant experte en transports ferroviaires, celle-ci préconisait de ne conserver que quelques grandes dessertes pour les TGV. Son rapport a été suivi par la loi Macron qui, dans le grand fourre-tout, est train d’organiser la libéralisation des autocarsLe rapport de Philippe Duron, député PS du Calvados et par ailleurs président de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (Afitf), sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (les trains Intercités), rapport commandé par le ministre des transports, Alain Vidalies, vient compléter l’édifice.

© DR

Ce rapport, comme l’a rappelé Philippe Duron lors de son audition devant la commission du développement durable le 26 mai, doit« s’inscrire dans le cadre de l’entrée en vigueur du quatrième paquet ferroviaire européen, qui prévoit   l’ouverture des lignes intérieures à la concurrence à partir de 2019 ». « Il nous faut un texte législatif », a-t-il insisté devant les députés. Ce projet d’ouverture doit, comme nous le promet la Commission européenne à chaque abandon de service public et ouverture à la concurrence, apporter aux usagers baisse des prix et augmentation des services. Les lignes Intercités semblent être, pour le rapporteur, le terrain d’expérimentation idéal pour s’engager dans ce grand projet. Il préconise de les ouvrir à la concurrence très vite.

La direction de la SNCF a elle-même prêté main forte à ce changement annoncé. Ces dessertes offrent un service honteux. Le matériel est vétuste, les services à bord inexistants. Les réseaux et les gares ne sont plus entretenus depuis des années, les retards sont incessants comme les annulations intempestives. Le nombre de dessertes n’a cessé d’être réduit : de 35, elles sont passées à 22 en quelques années. Les horaires ont été maintes fois changés, afin de dissuader les voyageurs de prendre ces trains et de les pousser vers les TGV ou, plus sûrement encore, la route. L’accident de Brétigny, en juillet 2013, qui concernait justement un train Intercités (Paris-Limoges), symbolise à lui seul la faillite de l’entreprise publique dans ce domaine (lire nos articlesBrétigny : un délabrement jamais vu et Un audit interne pointe les défaillances de sécurité en région Paca).

Cette situation n’est pas le fruit du hasard, mais d’une politique délibérée de la SNCF depuis des années. « Tout a été fait pour détruire la valeur positive du train », a accusé le député écologiste François-Michel Lambert. Le rapport parlementaire date la dégradation économique de ces dessertes à 1994. La date n’est pas fortuite. Cette année-là, la SNCF a tiré un trait sur la tarification au kilomètre sur les lignes TGV, et a renoncé à la péréquation sur l’ensemble du réseau ferroviaire pour instituer le système tarifaire en vigueur dans les compagnies aériennes (yield management). Cette révolution a coûté sa place au président de l’époque, Jean Bergougnoux. Mais le système a bien été mis en place, rendant la politique tarifaire incompréhensible pour les usagers, et pour finir les détournant du train, jugé prohibitif.

© DR

À partir de cette date, la SNCF a abandonné tout esprit de service public. Misant sur le tout-TGV, la direction de l’entreprise publique a délibérément sacrifié les liaisons interrégionales qui illustraient les politiques de l’aménagement du territoire, le service public. En poste depuis 1988 d’abord comme directeur de cabinet du président de la SNCF, puis comme directeur des grandes lignes (1997), puis comme directeur général exécutif (2003) avant de devenir président du groupe ferroviaire en 2008, Guillaume Pepy porte l’immense responsabilité de cet état de décrépitude, de cet abandon. Pourtant, même après Brétigny, il est resté en place. Celui-ci n’a pas éprouvé le besoin de démissionner et le gouvernement n’a pas senti la nécessité de l’exiger. En dépit de ses bilans stratégique, commercial, social et financier catastrophiques, il a même été reconduit dans ses fonctions en décembre 2014. Guillaume Pepy appartient à la République des intouchables.

Poursuivant sa politique de casse, la direction de la SNCF a décidé d’en finir avec ses dernières contraintes de service public. Les régions assurant de leur côté le pilotage des TER, l’entreprise publique, fortement soutenue par le gouvernement, ne voit plus la nécessité de maintenir ces lignes régionales, dernières survivances du service public d’antan. Il faut bien préparer la SNCF à devenir une entreprise concurrentielle et sans doute, à terme, privatisée.

Mettant en avant son déficit, celle-ci a donc annoncé son intention de fermer les vingt-deux lignes ferroviaires interrégionales et huit lignes de nuit qui subsistent encore à la fin de 2015, si rien n’était fait. La charge, a expliqué la direction de l’entreprise ferroviaire, est devenue insupportable : de 100 millions d’euros en 1990, le déficit s’élève à 340 millions d’euros, compensé par des subventions de l’État. « Si rien ne vient arrêter le mouvement, le déficit risque d’atteindre 500 millions d’euros dans les prochaines années », prédit Philippe Duron.

L'exemple britannique

Un service dégradé, un endettement colossal, des élus qui s’inquiètent de voir disparaître des liaisons essentielles pour l’aménagement du territoire : tous les ingrédients sont réunis pour pousser à la « réforme » et s’attaquer au démantèlement d’un des derniers services publics nationaux français, honnis par notre élite néolibérale depuis des années.

Chronique d'un désastre annoncé - En route vers le démantèlement de la SNCF
 
Carte du réseau interrégional © rapport Duron

C’est la mission à peine cachée qui a été confiée au député Philippe Duron. Il s’est entouré de deux cabinets de conseil, étrangers (l’allemand Roland Berger et le britannique Atkins) « afin d’éviter toute proximité avec la SNCF », a-t-il expliqué. Il aurait sans doute été préjudiciable d’avoir des conseillers ayant des références politiques, historiques, sociales sur le rôle du chemin de fer en France.  La  commission a auditionné les responsables de la SNCF, des élus, les constructeurs de matériel ferroviaire, des usagers. Il est allé voir ce qui se fait en Allemagne, en Autriche, en Grande-Bretagne.

L’exemple britannique a manifestement séduit. « Le régulateur britannique a un rôle très puissant et très important. Il y a plus de 200 personnes qui travaillent sur les franchises ferroviaires au moment de leur attribution. 10 à 20 personnes qui surveillent par la suite que les contrats sont bien respectés », a expliqué Philippe Duron, admiratif, à ses collègues de l’Assemblée. Entendre vanter les mérites de la libéralisation du rail en Grande-Bretagne, alors que les gouvernements britanniques, après les multiples accidents mortels et défaillances de tout ordre, ont reconnu qu’elle était un échec patent et ont été obligés de revenir en arrière, avait quelque chose d’étrange. Mais cela n’a, semble-t-il, pas choqué outre mesure les membres de la commission développement durable.

Philippe Duron le 26 mai devant la commission du développement durablePhilippe Duron le 26 mai devant la commission du développement durable © DR

C’est vers ce modèle que le député et la haute administration des transports préconisent d’aller, mais en empruntant des chemins détournés. Officiellement, il s’agit de renforcer le rôle de l’État, en lui donnant compétence pour « organiser le système ferroviaire lors du vote de la loi sur la réforme ferroviaire ». « La commission considère qu’il appartient à l’État de définir les conditions garantissant la mise en place d’un service performant aux voyageurs et assurant sa viabilité économique, en concertation avec les parties prenantes », est-il écrit. À cet effet, le rapport suggère de créer une nouvelle autorité de régulation – une de plus – qui serait à l’avenir chargée de toute l’organisation ferroviaire et de l’attribution des réseaux en France. Il préconise également un changement dans le système de maintenance qui, selon lui, pourrait être à l’avenir confié aux constructeurs ferroviaires. De même, il se demande si l’État ne doit pas lui-même prendre en charge le matériel roulant. Toutes ces mesures n’ont qu’un objectif : démanteler la SNCF, revenir sur toute l’intégration verticale, facteur pourtant d’économies d’échelle, en un mot en finir avec le monde des cheminots.

En route vers la privatisation. Car c’est bien de cela qu'il s’agit. Le rapport d’ailleurs ne parle plus de la SNCF, mais de l’opérateur qui aurait des missions de délégation de service public pour exploiter telle ou telle ligne. Comme en Grande-Bretagne, on risque donc de voir apparaître très prochainement des Veolia, Virgin et autres pour exploiter un bout du réseau.

Mais quelles lignes et comment ? Car de nombreuses dessertes ne sont pas intéressantes pour des groupes privés. La commission paraît avoir des idées très précises en tête, si précises qu’elles semblent répondre à un schéma préparé de longue date, ailleurs. Reprenant l’ensemble des dessertes, la commission s’est livrée à une analyse de chaque liaison ferroviaire.

Il y a les lignes intéressantes, très fréquentées (Paris-Rouen, Paris-Orléans, Paris-Caen) ou qui desservent des villes importantes sans liaison TGV comme Paris-Clermont-Ferrand ou Paris-Limoges, ou la transversale Nantes-Lyon. Pour celles-ci, la commission préconise leur modernisation rapide, l’augmentation de la vitesse avec de nouveaux matériels et bien sûr un changement du système tarifaire. Le « yield management », si apprécié par les usagers du TGV, deviendrait de mise pour ces dessertes. Fini, donc, les trains encore assez pratiques à un prix abordable. « Le système tarifaire devrait être encadré », tente de prévenir le rapport. Curieusement, à la lecture, on pense que ces liaisons sont destinées à devenir « le premier terrain d’expérimentation de l’ouverture à la concurrence ».

Tout pour la route

Accident de Brétigny-sur-Orge en juillet 2013Accident de Brétigny-sur-Orge en juillet 2013 © Reuters

Et puis, il y a les autres, pas forcément très fréquentées mais qui jouent un rôle réel dans l’aménagement du territoire, de liaison entre des villes moyennes, entre des régions. La commission préconise d’en garder certaines comme le Clermont-Ferrand-Nîmes (le Cévenol), parce qu’il n’y a pas « d’alternative routière ». Pour d’autres, comme Nantes-Quimper, Caen-Tours, Marseille-Nice, Charleville-Hirzon, Paris-Belfort et bien d’autres, pour tous les trains de nuit, elle recommande leur disparition pure et simple.

Ces fermetures annoncées entérinent l’exclusion des territoires périphériques et semi-ruraux, la relégation définitive de millions d’habitants, la fin d’une certaine idée de la République. Elles sonnent le glas de toute politique d’aménagement, de toute égalité territoriale. Une politique déjà à l’œuvre dans la réforme territoriale. Il ne va pas faire bon, à l’avenir, habiter Brive-la-Gaillarde, Abbeville, ou Montluçon. Pour les élus – dont certains se rêvent en grands féodaux régionaux – comme pour la haute administration, le territoire français ne se découpe plus qu’entre quelques grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Montpellier, Toulouse, Strasbourg…) drainant la vie économique. Tous les territoires à l’écart de ces grands réseaux économiques sont destinés à être sacrifiés et abandonnés.

« L’offre n’est plus adaptée aux besoins de mobilité des Français », s’est justifié Philippe Duron. Les TGV en liaison avec les TER, selon lui, peuvent offrir des moyens de substitution. S’y ajoutent les voyages aériens low cost. « Toutes les villes n’ont pas la chance d’avoir des lignes TGV ou des aéroports à proximité. Il n’y a plus aucune liaison aérienne entre Clermont-Ferrand et Paris », a rappelé le député UMP de la Loire, Yves Nicolin. Mais surtout, il y a la route, le covoiturage et enfin les bus. L’arrivée des autocars privés, rendue possible dans le cadre de la loi Macron, est une véritable chance pour Philippe Duron. « Ils sont utilisés par 30 millions de voyageurs au Royaume-Uni. En trois ans, les bus en Allemagne ont fait voyager 18 millions de personnes », a-t-il souligné. Le même succès lui semble promis en France. Pour des liaisons comme Toulouse-Hendaye ou Clermond-Ferrand-Béziers, où « il existe des infrastructures autoroutières de très bonne qualité », note le rapport, l’autocar apparaît comme la meilleure solution. Sept ou huit  heures de temps de parcours, quel progrès ! Mais les pauvres ont le temps. Ils peuvent prendre le bus.  

« Les autocars modernes sont confortables. Ils offrent de vrais services. Il y a la Wifi à bord. Les bus modernes d’ailleurs sont beaucoup moins polluants qu’une locomotive diesel », a assuré Philippe Duron. Bien que siégeant à la commission de développement durable, peu de députés ont réagi à cette affirmation. Au contraire. Certains en ont même rajouté. « Je m’insurge contre l'affirmation que quand c’est collectif, c’est écologique. Il faut faire le coût kilomètre par voyageur. Le train n’est pas forcément le moins consommateur de CO2 », a insisté le député UMP Jean-Marie Sermier, largement soutenu par Philippe Duron.

Il paraît qu’un des axes politiques forts de la présidence de la République est de lutter contre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre. Il paraît que le gouvernement a, dans son programme, la grande ambition d’engager une politique de transformation énergétique. Pourtant, toutes les décisions prises depuis un an sont en faveur de la route. Après l’abandon du système Écomouv, le gouvernement a définitivement renoncé à tout système de taxation des transports des marchandises par camion. Il a préféré une augmentation générale de 2 centimes sur le gasoil. Un choix dont Philippe Duron, en tant que président de l’agence de financement des infrastructures de transports, se félicite : « Avec Écomouv, nous n’aurions touché que 800 millions d’euros par an. Grâce à l’augmentation de la fiscalité sur le gasoil, nous allons toucher 1,1 milliard d’euros », a-t-il expliqué aux parlementaires qui, une fois de plus, sont restés parfaitement stoïques.

Ces chiffres sont d’autant plus troublants que la justification donnée pour l’extension des concessions autoroutières – un cadeau d’une dizaine de milliards d’euros – était la nécessité de compenser l’abandon de l’écotaxe. Le gouvernement aurait donc menti ? Y aurait-il quelques intérêts particuliers qu’il faille préserver à tout prix, en allant même contre l’avis des parlementaires qui demandaient la reprise en main étatique des concessions autoroutières ?

En choisissant de maintenir Guillaume Pepy à la tête de la SNCF, en laissant la direction de l’entreprise poursuivre sa politique de démolition systématique, le gouvernement a décidé de ne donner aucune chance de rebondir au système ferroviaire. La mesure, en apparence anodine, de la libéralisation des autocars, dans le cadre de la loi Macron, vient parachever l’édifice : elle est là pour servir de levier en vue de dynamiter le service public de transports. Quel bilan ! Rarement gouvernement aura pratiqué avec un talent si  consommé l’art du double langage et de la duperie.

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Partenariat Trans-Pacifique et mort de la République, par Ellen Brown.

2 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le traité Transatlantique., #Europe supranationale, #Economie

Partenariat Trans-Pacifique et mort de la République


par Ellen Brown

 

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Alors que la Commissaire européenne Cecilia Malmström vient de défendre le projet du TTIP devant le parlement fédéral belge, Investig'Action vous propose cette analyse d'un autre accord de libre-échange qu'est en train de négocier Washington. Le TPP, tout aussi discret que son pendant transatlantique, est un accord entre les Etats-Unis, le Mexique, le Canada, le Japon, Singapour et sept autres partenaires concernant 40 % de l’ensemble des marchés mondiaux. La juge Ellen Brown relève comment cet accord ferait passer le droit des multinationales avant celui des citoyens. Un problème qui se pose aussi à travers le TTIP.

 



«  Les Etats-Unis s’engagent à garantir à chaque état de l’Union une forme de gouvernement républicaine » - Article IV . Section 4. Constitution des Etats-Unis

Une forme républicaine de gouvernement est celle qui donne le pouvoir à des représentants des citoyens, officiellement élus et exerçant le pouvoir conformément aux termes de la loi. Dans The Federalist Papers, James Madison définit la république comme « un gouvernement qui tient tous ses pouvoirs directement ou indirectement de l’ensemble de la population… »

Or il faut savoir que, le 22 avril 2015, la commission Finance du sénat a approuvé une loi autorisant le traitement accéléré du Partenariat Trans-Pacifique (TPP), important accord commercial qui court-circuiterait notre forme républicaine de gouvernement et confierait le pouvoir législatif et judiciaire à un groupe étranger d’avocats associés constitué de trois personnes.

Ce si discret TPP est un accord entre le Mexique, le Canada, le Japon, Singapour et sept autres partenaires concernant 40 % de l’ensemble des marchés mondiaux. L’autorité compétente pour le traitement accéléré - fast track - de ce dossier peut désormais soumettre son texte en séance plénière au Sénat dès la semaine prochaine. Fast track signifie que le Congrès ne pourra amender l’accord commercial qui sera soumis à un vote à la majorité simple des élus. La négociation secrète du traité et son vote accéléré par le Congrès est ainsi jugée indispensable pour en assurer l’approbation car, si l’opinion publique avait le temps d’en étudier tous les aspects, l’opposition pourrait s’organiser et le rejeter.

 

Abdiquer le pouvoir judiciaire en faveur d’un groupe d’avocats associés

 

James Madison a écrit dans The Federalist Papers : La concentration de tous les pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire dans les mêmes mains peut être fort justement qualifiée de tyrannie… « Quand le pouvoir de juger est associé au pouvoir de légiférer, la vie et la liberté du citoyen est exposée à l’arbitraire car le juge est celui qui rédige les lois… »

Et cela sera la conséquence inéluctable de ce que nous savons des termes secrets des accords du TPP.

La disposition la plus controversée du TPP est l’ISDS (Investor-State Dispute Settlement)- Organe de règlement des conflits entre Etat et Investisseurs- qui renforce les procédures existantes. Cet ISDS est apparu en 1959 à la faveur d’un premier accord commercial bilatéral. Selon The Economist, l’ISDS octroie aux firmes étrangères le droit inhabituel de déposer plainte auprès d’une cour d’arbitrage discrète constituée d’avocats très bien rémunérés en vue de demander des compensations chaque fois que le gouvernement vote une loi qui, selon elles, porterait atteinte à leurs bénéfices (comme des mesures contre le tabagisme, les dégradations de l’environnement ou encore les risques d’accidents nucléaires).

Ces juges arbitres officient au salaire horaire de 600 à 700 US Dollars, ce qui les incite peu à écarter les plaintes. Le caractère secret des procédures d’arbitrage et le manque de jurisprudence en ces matières laisse libre cours aux décisions les plus fantaisistes et arbitraires.

A ce jour, la compensation la plus élevée exigée par l’ISDS s’élève à 2,3 milliards d’US Dollars demandés par l’Occidental Oil Company au gouvernement équatorien pour l’interruption d’un contrat d’exploitation pétrolière pourtant décidée d’une manière formellement légale. Une autre procédure d’arbitrage est en cours, lancée par Vattenfall, une entreprise suédoise qui gère deux sites nucléaires en Allemagne et qui réclame une compensation de 4,7 milliards d’US Dollars sur base d’une clause de l’ISDS en matière d’investissements énergétiques, après que le gouvernement allemand ait décidé de mettre un terme à ses activités nucléaires après le désastre de Fukushima en 2011 au Japon.

Sous le régime du TPP pourtant, des décisions judiciaires plus dramatiques encore peuvent être attendues dans la mesure où la nature des investissements qu’ils protègent comprend non seulement « l’engagement de capitaux ou d’autres ressources » mais aussi « les gains et bénéfices escomptés ». Cela signifie l’extension d’un droit des entreprises dans d’autres pays que le leur, non seulement sur leurs infrastructures et les capitaux investis mais aussi sur les revenus et bénéfices qu’elles en attendent.

Dans un article adressé par Yves Smith, Joe Firestone émet quelques hypothèses intéressantes : Avec ce TPP, le gouvernement des Etats-Unis pourrait-il être poursuivi et tenu pour responsable s’il décidait de ne plus émettre de bons du trésor et finançait ses déficits d’une autre manière (par exemple en augmentant la masse monétaire ou en émettant des pièces de milliards de dollars ?) Pourquoi pas ? Sauf qu’il ne le fera pas parce que des compagnies privées en subiraient des pertes de profits. Avec le TPP ou le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership, en français « Partenariat Transatlantique de commerce et d’investissement ») en cours de discussion avec l’Union Européenne, la Réserve Fédérale risquerait elle des poursuites si elle refusait de soutenir des banques trop grosses pour tomber en faillite ?

Firestone rappelle que sous l’accord commercial Tchèco-Néerlandais la république Tchèque a été condamnée dans un différend Investisseur-Etat pour n’avoir pas accordé sa garantie financière à une banque insolvable où le plaignant avait des intérêts. L’investisseur a obtenu une compensation de £236 millions pour clore le différend. Quels seraient les dégâts se demande Firestone si la FED décidait de ne plus soutenir la Bank of America et qu’une compagnie d’investissement Saoudienne décide de la poursuivre ?

 

Céder le pouvoir législatif aux multinationales

 

La simple menace d’une réparation aussi extravagante d’un préjudice contestable suffirait à bloquer les projets de loi en cours. Mais le TPP prend les devants et s’accapare d’emblée la fonction législative en empêchant toute forme de régulation.

Public Citizen fait observer que le TPP offre aussi aux grosses banques de bons moyens d’édulcorer les efforts de régulation de Wall Street après que les dérégulations aient entraîné la pire crise financière depuis la grande dépression. Le TPP empêcherait les Etats d’exclure les produits financiers particulièrement risqués, tels les dérivés toxiques qui ont forcé le gouvernement à couvrir AIG pour un montant de 130 milliard d’US Dollars. Il interdirait les choix politiques qui empêcheraient les banques de devenir trop grandes pour faire faillite et ferait obstacle aux pare-feu envisagés pour prévenir la conversion de nos comptes épargne en fonds de casinos que sont les hedge funds.

Le TPP limiterait aussi le contrôle des mouvements des capitaux, instrument essentiel de prévention des déstabilisations créées par les flux de monnaies spéculatives… Et l’accord interdirait la taxation des mouvements spéculatifs de Wall Street comme le propose la Taxe Robin des bois qui pourtant permettrait de libérer des milliards de dollars pour l’aide sociale, la santé ou l’environnement.

Les décisions résultant de libres accords commerciaux antérieurs sont évoquées pour défier les tentatives de régulation du monde des affaires. Le monde de l’industrie des énergies fossiles tente de contourner les mesures du Québec visant à interdire le cracking écologiquement catastrophique pour exploiter le gaz de schiste. Veolia, compagnie française connue pour la construction d’un réseau de tramways desservant les colonies israéliennes à Jérusalem Est et dans les territoires occupés bloque le relèvement des salaires minimum en Egypte. Philip Morris, le grand cigarettier, poursuit l’Uruguay et l’Australie pour leurs mesures anti-tabac.

L’objectif du TPP n’est pas uniquement d’accroître le pouvoir des industriels étrangers mais celui du monde international de la finance afin qu’il puisse s’en prendre devant des tribunaux étrangers aux politiques financières qui les contrarient et pouvoir ainsi demander des compensations aux contribuables pour les lois et règlements qui, selon eux, limiteraient leurs profits et décevraient leurs espérances de rentabilité.

 

Hypothéquer la souveraineté nationale

 

Comment justifier de telles entraves aux droits souverains des gouvernements ? Officiellement, l’ISDS les stimulerait en sécurisant les investissements étrangers. Mais, comme le fait remarquer The Economist, les investisseurs peuvent se protéger en contractant des assurances « risques politiques ».

D’autre part, le Brésil continue à bénéficier d’importants investissements étrangers alors qu’il se refuse à signer tout traité de type ISDS. De plus en plus de pays commencent à imiter le Brésil sur ce point.

Le rapport de ce 22 avril du Centre de Recherche Economique et Politique révèle pourtant à quel point les bénéfices de la libéralisation commerciale internationale sont dérisoires, équivalant à peine à 0.014 % de la consommation, soit environ 0.43 $ par personne et par mois. Cela, en supposant que les bénéfices soient uniformément répartis sur l’ensemble du paysage économique. En réalité, les sociétés multinationales perçoivent l’essentiel des bénéfices au détriment de la population mondiale.

Il semble bien que tout autre chose se prépare au-delà d’un appel aux investissements et d’un encouragement du commerce international. Le TPP voudrait plutôt saper notre forme de gouvernement républicain régi par les lois en plaçant les droits des investisseurs - également appelés « droits du capital »- au-dessus des droits du citoyen.

En clair, le TPP est formellement anticonstitutionnel . Mais comme le fait remarquer Joe Firestone, le néolibéralisme et ses alliés du monde des affaires ont si bien camouflé les éléments du traité qu’ils empêchent de voir à quel point il vend la souveraineté des Etats-Unis à l’étranger et aux grandes sociétés multinationales.

Ellen Brown est juge, fondatrice du Public Banking Institute et auteure d’une douzaine de livres parmi lesquels le best-seller Web of debt. Son dernier livre The Public Bank Solution, étudie sur le plan historique et universel les différents modèles bancaires. Ses 300 articles peuvent être consultés sur son blog EllenBrown.com. Vous pouvez aussi écouter « It’s our money with Ellen Brown » sur PRN fm.

Traduit de l’anglais pour Investig’Action par Oscar GROSJEAN.

Source : Investig’Action

Source originale : Counter Punch

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Le califat voulu par les États-Unis, par Manlio Dinucci

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

Le califat voulu par les États-Unis

Revenant sur les documents disponibles, Manlio Dinucci affirme que sans l’ombre d’un doute
(1) Daesh est fonctionnel à la stratégie des États-Unis au Levant
(2) la CIA arme Daesh pendant que la Coalition internationale dirigée par le Pentagone fait mine de le combattre.
Cependant, son analyse diffère de celle de Thierry Meyssan pour qui Washington a deux fers au feu et choisira au dernier moment lequel lui est le plus profitable. En effet, pour Manlio Dinucci, les États-Unis poursuivent avec détermination l’installation du chaos.
Cette différence de conclusions s’explique par le fait que le consultant Thierry Meyssan observe à la fois les opérations militaires et les tractations en cours, tandis que le géographe Manlio Dinucci se fonde exclusivement sur les rapports de force sur le terrain.

| Damas (Syrie)
 
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Pour prendre Ramadi (Irak), Daesh est arrivé en colonne, une proie facile pour d’éventuels bombardements. Mais, à la surprise générale, la Coalition internationale n’est pas intervenue. Par contre, pour prendre Palmyre (Syrie), Daesh a pris soin de se déplacer en petits groupes coordonnés, rendant impossible une opération aérienne de l’Armée arabe syrienne. À l’évidence, la Coalition internationale n’est pas sérieuse lorsqu’elle prétend combattre les jihadistes et ceux-ci le savent.

Pendant que l’Isis (Daesh) occupe Ramadi, la deuxième ville d’Irak, et le jour suivant Palmyre dans le centre de la Syrie, en tuant des milliers de civils et en en contraignant des dizaines de milliers d’autres à la fuite, la Maison-Blanche déclare « Nous ne pouvons pas nous arracher les cheveux à chaque fois qu’il y a un obstacle dans la campagne contre l’ISIL » [1].

La campagne militaire, « Inherent Resolve », a été lancée en Irak et Syrie il y a plus de neuf mois, le 8 août 2014, par les USA et leurs alliés : France, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn et autres. S’ils avaient utilisé leurs chasseurs-bombardiers comme ils l’avaient fait en Libye en 2011, les forces de Daesh, opérant dans des espaces ouverts, auraient été une cible facile. Celles-ci ont au contraire pu attaquer Ramadi avec des colonnes de véhicules blindés chargés d’hommes et d’explosifs. Les USA sont-ils devenus impuissants ? Non : si Daesh avance en Irak et en Syrie, c’est parce qu’à Washington on veut justement cela.

C’est ce que confirme un document officiel de l’Agence de Renseignement du Pentagone (DIA), daté du 12 août 2012, déclassifié le 18 mai 2015 par initiative du groupe conservateur Judicial Watch dans la compétition pour les présidentielles [2]. Il rapporte que « les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent en Syrie les forces d’opposition qui tentent de contrôler les zones orientales, adjacentes aux provinces iraniennes occidentales », en les aidant à « créer des refuges sûrs sous protection internationale ». Il existe « la possibilité d’établir une principauté salafiste en Syrie orientale, et cela est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, pour isoler le régime syrien, arrières stratégiques de l’expansion chiite (Irak et Iran) ». Le document de 2012 confirme que l’Isis (Daesh), dont les premiers noyaux viennent de la guerre en Libye, s’est formé en Syrie, en recrutant surtout des militants salafistes sunnites qui, financés par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies, ont été approvisionnés en armes à travers un réseau de la CIA [3].

Cela explique la rencontre en mai 2013 (documentée photographiquement) entre le sénateur états-unien John McCain, en mission en Syrie pour le compte de la Maison-Blanche, et Ibrahim Al-Badri, le « calife » à la tête de Daesh [4]. Cela explique aussi pourquoi Daesh a déclenché l’offensive en Irak au moment où le gouvernement du chiite al-Maliki prenait ses distances de Washington, en se rapprochant de Pékin et Moscou.

Washington, en déchargeant la responsabilité de la chute de Ramadi sur l’armée irakienne, annonce maintenant vouloir accélérer en Irak l’entraînement et l’armement des « tribus sunnites ». L’Irak est en train d’aller dans la même direction que la Yougoslavie, vers la désagrégation, commente l’ex-secrétaire à la Défense états-unien Robert Gates. Pareil en Syrie, où USA et alliés continuent à entraîner et armer des miliciens pour renverser le gouvernement de Damas. Avec la politique du « diviser pour régner », Washington continue ainsi à alimenter la guerre qui, en 25 années, a provoqué massacres, exodes, pauvreté, au point que de nombreux jeunes ont fait des armes leur métier. Un terrain social sur lequel font prise les puissances occidentales, les monarchies qui sont leurs alliés, les « califes » qui instrumentalisent l’islam et la division entre sunnites et chiites. Un front de la guerre, à l’intérieur duquel il y a des divergences sur la tactique (par exemple sur quand et comment attaquer l’Iran), pas sur la stratégie.

Front armé par les USA, qui annoncent la vente (pour 4 milliards de dollars) à l’Arabie Saoudite de 19 autres hélicoptères, pour la guerre au Yémen, et à Israël de 7 400 autres missiles et bombes, parmi lesquelles celles anti-bunker pour l’attaque de l’Iran.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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