Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Lire la suite

Pour la Turquie, l'ennemi est kurde. Combattre Daesh n'est pas une priorité

31 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #ISIL, #La mondialisation, #La France, #Terrorisme, #L'OTAN.

Pour la Turquie, l'ennemi est kurde. Combattre Daesh n'est pas une priorité

LE PLUS. Après une période d'accalmie, l'armée turque a repris son offensive contre les rebelles kurdes la semaine dernière. Ce combat va-t-il aussi changer quelque chose dans la lutte contre Daesh ? Pour Olivier Hanne, islamologue, rien ne bougera, que ce soit en Syrie ou en Turquie.

Édité par Justine De Almeida  Auteur parrainé par Thomas Flichy de La Neuville

 

Un policier turque après un attentat du PKK le 22/07/15 (CHINE NOUVELLE/SIPA)

 

Malgré les apparences en France, la Turquie est d’une grande cohérence et conserve la même ligne stratégique depuis deux ans : l’ennemi du Moyen-Orient est kurde, et l’État islamique est un danger secondaire, qui sera vite réglé.

 

La fragilisation du monde kurde, objectif premier de la Turquie

 

Dès le départ de la crise syrienne en 2011, Ankara a appuyé la rébellion et l’ASL (Armée Syrienne Libre) contre Bachar al-Assad, son ennemi de toujours. Ce soutien renvoie à une stratégie d’influence visant à reconquérir les marges méridionales ayant jadis fait partie de l’Empire ottoman et perdues en 1920.

 

Un autre contentieux entre Ankara et Damas concerne le Sandjak d’Alexandrette, une étroite bande de terre rattachée à la Turquie en 1939 et dont les habitants sont turcophones mais autrefois syriens et favorables à al-Assad.

 

La formation des troupes de l’ASL par des officiers turcs et l’hébergement de leur base principale à Hatay est aussi une réponse au soutien inconditionnel de Damas au PKK, le parti indépendantiste kurde qui mène des actions terroristes depuis 1984 dans le sud-est de la Turquie.

 

La guerre entre les forces turques et kurdes a fait 40.000 morts en 30 ans. Malgré l’amélioration des relations entre Ankara et le PKK depuis 2012, la fragilisation du monde kurde reste un objectif pour la Turquie afin de préserver l’intégrité de son espace national.

 

Les Kurdes entièrement mobilisés contre Daesh

 

Très implantés dans l’est et le sud du pays, les Kurdes ont profité de l’implosion conjointe de la Syrie et de l’Irak pour gagner en autonomie.

 

Le PYD, le parti kurde de Syrie, lié au PKK, a joué une partition des plus fines auprès de Bachar al-Assad en se désengageant du conflit dès juillet 2012 après avoir négocié avec lui l’autonomie de trois enclaves kurdes à la frontière turque. Depuis lors, les Kurdes se sont retournés contre toute entité voulant remettre en cause cette avancée.

 

Sans parler d’un soutien direct à l’EI et aux djihadistes de Syrie, la Turquie depuis 2011 leur a servi de plateforme logistique, faisant dire aux Iraniens que "Daesh utilisait la Turquie comme un hôtel".

 

Grâce à l’EI, la Turquie a vu se développer tout au long de sa frontière méridionale des abcès de fixation pour ses ennemis kurdes, dont les forces sont entièrement mobilisées contre Daesh.

 

 

 

Une offensive efficace contre Bachar al-Assad mais inutile contre Daesh

 

L’attentat du 20 juillet 2015 fomenté par l’organisation terroriste contre la Turquie peut faire croire à un retournement général de la situation, puisque les troupes turques ont frappé des positions de Daesh. Or, il n’en est rien.

 

Comme Ankara l’avait fait le 14 octobre 2014 en tirant sur les partisans du PKK, la Turquie va relancer son combat contre les Kurdes en rouvrant le front intérieur (arrestations de militants kurdes de Turquie, interdictions des manifestations, exécutions...), et en profitant des maladresses américaines sur le front extérieur.

 

Le président Erdogan plaide depuis un an pour la mise en place de zones-tampons sur sa frontière avec la Syrie et l’Irak, afin de sécuriser ces zones et mieux prendre en charge les réfugiés. Mais cet objectif humanitaire autoriserait l’armée turque à intervenir de l’autre côté de sa frontière et à y fortifier ses positions.

 

Or, le 28 juillet, les États-Unis se sont mis d’accord avec la Turquie pour instaurer une "ISIS-free zone" en Syrie. Il s’agira d’un espace d’exclusion aérienne, garanti par les États-Unis, et d’où Ankara s’engage à expulser Daesh.

 

À terme, cette initiative aura plusieurs conséquences :

 

-Elle autorisera la Turquie à intervenir contre les Kurdes en dehors de ses frontières,

 

-Elle donnera à Ankara l’hégémonie sur ces zones qu’elle convoite depuis un siècle,

 

-Elle accélérera le déclin militaire de Bachar al-Assad, puisque l’exclusion aérienne concernera essentiellement son aviation,

 

-Elle ne garantira nullement l’affaiblissement de Daesh, puisque la Turquie n’a pas la volonté d’aller au-delà de l’objectif de la sécurisation de ses frontières.

 

Il n’y a donc aucun retournement majeur au Moyen-Orient depuis une semaine, mais une confirmation des tendances lourdes de la politique de chacun des acteurs.

 

Lire la suite

Vers une guerre civile européenne : dynamiter l’UE et l’euro avant qu’il ne soit trop tard

31 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La dette, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Terrorisme, #Le fascisme

Par Le Yéti - 31 juillet 2015

Vers une guerre civile européenne : dynamiter l’UE et l’euro avant qu’il ne soit trop tard

Depuis la capitulation d’Alexis Tsipras face à la Troïka, les événements se seront précipités et auront mis la situation politique européenne à nu : ce sont bien tous tous les éléments d’une guerre civile européenne qui se mettent peu à peu en place.

C’est du moins la thèse de l’éditorialiste britannique Ambrose Evans-Pritchard (The Telegraph) qui, comme beaucoup d’observateurs, a noté durant cet été l’émergence d’une « alliance des fronts de libération nationaux européens » pour venger la défaite grecque.

Pour une désintégration contrôlée de la zone euro

À commencer par la révélation du plan B ourdi dans l’ombre par l’ex-ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, pour organiser un système de liquidités parallèle à l’euro, et passible à ce titre de poursuites pour haute trahison !

Que l’on puisse criminaliser un ministre pour avoir voulu décider, en accord alors avec son Premier ministre, de la politique adéquate pour tirer son pays de la mouise où il s’enfonçait, c’est dire si le vernis de toutes les apparences démocratiques a volé en éclats au sein de ce qui reste de l’Union européenne et de sa monnaie unique.

Même un partisan acharné de l’euro comme l’Espagnol Pablo Iglesias (Podemos) en convient et réagit en conséquence : la leçon léniniste de la Grèce, déclare-t-il en substance, est que les forces révolutionnaires doivent montrer une poigne de fer.

En France même, on note le revirement (encore un brin prudent) du Parti de gauche sur la nécessité d’un plan B pour une possible sortie de la zone euro. Et il n’y a plus guère à gauche qu’un vieil appareil communiste usé pour ressasser en dépit du bon sens l’idée éventée d’une réforme de l’intérieur pour une « Europe de solidarité ».

Mais c’est en Italie, note Ambrose Evans-Pritchard, que la réaction à l’invasion de la Grèce par une coalition européenne sous influence allemande est la plus vive, y compris dans des rangs où on ne l’attendait pas. Stefano Fassina, ex-ministre adjoint des Finances du gouvernement Renzi, propose rien moins qu’une union nationale élargie pour « une désintégration contrôlée de la zone euro » :

« Nous sommes à un tournant historique. Le choix est dramatique. Syriza et le peuple grec ont eu le mérite historique indéniable d’avoir arraché le voile de la rhétorique européiste. »

Le talon d’Achille du système : la dette

Ce qui ressort de toutes ces réactions politiques au coup de force des autorités européennes et des créanciers contre la Grèce, c’est qu’une simple sortie de l’UE et de sa monnaie unique ne suffira plus à garantir l’indépendance d’un quelconque pays membre dissident.

Pas plus d’ailleurs qu’un vote démocratique populaire favorable à un mouvement politique rebelle. Le cas grec est suffisamment éclairant sur le sujet : tant qu’elle restera sur pied, jamais l’UE ne permettra le moindre écart à son dogme et elle tentera tout, absolument tout, même le pire, pour tuer dans l’œuf toute déviance. Et ce pour une raison fort simple : toute déviance vaudrait condamnation à mort du système.

Dès lors, c’est aujourd’hui la destruction totale des fondations de l’UE et de sa monnaie unique qui doit impérativement être envisagée.

La tâche peut sembler insurmontable. Pourtant les réactions quasi spontanées qui se sont multipliées en Europe depuis la capitulation d’Alexis Tsipras montrent que l’exaspération est à son comble et qu’une volonté manifeste est en train de se dessiner en faveur d’une telle éventualité, favorisée par la conduite démentielle et suicidaire d’un appareil européen à bout de souffle et d’imagination, rendu possible en frappant le talon d’Achille du système : la dette extravagante, qu’un défaut, contraint ou mieux encore, ordonné, dynamitera sans coup férir.

Qu’on le prenne comme on veut, avec lucidité ou en se tordant le nez et les méninges pour maquiller la réalité crue, plus aucune paix ne sera possible pour les vieux peuples d’Europe tant qu’ils resteront sous la menace de cette monstruosité qu’est devenue l’UE, son traité de Lisbonne arraché au mépris de toute éthique démocratique, sa monnaie unique asphyxiante, et ses croque-morts cravatés.

S’en débarrasser apparaît comme un devoir incontournable et citoyen. Mais il serait vain de nier les risques considérables d’une telle expédition, tant elle réunit tous les ingrédients d’« une recette pour une guerre civile européenne » ("a recipe for a European civil war" - Ambrose Evans-Pritchard).

Lire la suite

La Grèce est traitée comme un état hostile occupé, par Ambrose Evans-Pritchard

29 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Economie, #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Terrorisme

 

Un nouvel accord pour Athènes qui est le plus mauvais possible et ne résout rien


Photo : AP

Par Ambrose Evans-Pritchard

Comme les Bourbons Napolitains – gentils en comparaison – les dirigeants de la zone Euro n’ont rien appris et rien oublié.

La cruelle capitulation imposée à la Grèce après 31 heures de torture diplomatique n’offre aucune sortie concevable à la crise perpétuelle du pays. Les termes en sont infiniment plus durs que ceux rejetés par les électeurs grecs lors du référendum triomphal une semaine auparavant et ne pourront donc jamais obtenir d’approbation démocratique.

Ils doivent être entérinés par un parlement grec toujours dominé par des députés de gauche et de droite qui détestent chaque ligne de la déclaration du sommet, l’infâme SN 4070/15 et ont seulement accepté – si tant est qu’ils l’aient fait – le couteau sous la gorge.

Les inspecteurs de l’Union économique et monétaire peuvent mettre un veto aux lois. L’émasculation du parlement grec a été glissée dans le texte. Il ne manque plus qu’une unité de gendarmes de l’Union économique et monétaire.

De tels termes sont inapplicables. Les créanciers ont cherché à rendre le nouveau mémorandum définitif en transférant 50 milliards d’euros d’actifs grecs “à un fonds indépendant qui monétisera les actifs par des privatisations et d’autres moyens”. Il sera utilisé en partie pour régler les dettes.

Ce fonds sera sous “la surveillance” de l’Union européenne. Les finesses cosmétiques de souveraineté seront préservées en laissant les autorités grecques gérer leurs affaires quotidiennes. Personne n’est dupe.

 

Un Tsipras “crucifié” a capitulé devant des mesures draconiennes après 17 heures de pourparlers achevés tard dans la nuit

Autrement dit, ils saisissent à la source le peu de bijoux restants de la Grèce. Ceci n’est pas vraiment différent du Comité International pour la Gestion de la Dette Grecque en 1898 imposé à la Grèce après que le pays eût fait faillite à la suite d’une guerre balkanique désastreuse.

Une ligue de six grandes puissances détentrices d’obligations, menée par des banquiers britanniques, confisquèrent les droits de douane dans le Port du Pirée, saisirent les revenus issus des droits de timbre, du tabac, du sel, du kérosène et jusqu’aux droits sur les cartes à jouer. Mais au moins il n’y eut aucune tromperie sur la solidarité et l’aide à la Grèce en cette occasion.

“C’est le Traité de Versailles d’aujourd’hui,” a dit M. Varoufakis ce matin, me parlant depuis sa maison sur une île de la mer Égée.

Selon les nouveaux termes de l’accord, la Grèce doit resserrer son budget d’environ 2% de son PIB dès l’année prochaine, poussant le pays plus loin dans une spirale de déflation-dettes et dans l’étape suivante de sa dépression de six ans.

Cela aura pour résultat que le gouvernement manquera les objectifs budgétaires encore une fois – probablement de beaucoup – dans une répétition exacte de la politique d’auto-faillite qui a rendu hors de contrôle la dynamique de la dette grecque dans les deux derniers ensembles de prêts de la Troïka.

Comme le Fonds Monétaire International l’a reconnu dans son célèbre mea culpa, si vous méjugez le multiplicateur fiscal et forcez l’austérité au-delà de la dose thérapeutique, vous aggravez les choses. Le ratio dette/PIB s’accroît malgré les coupes dans les dépenses.

Les dirigeants de l’UEM ont une réponse. Comme les courtisans de Knut le Grand, ils ordonneront simplement que les vagues refluent. Le texte déclare qu’en plus des diminutions des retraites et des augmentations des impôts il doit y avoir “des réductions de dépenses quasi automatiques en cas d’écarts par rapport aux objectifs des excédents primaires ambitieux”.

Autrement dit, ils seront forcés de mettre en œuvre des politiques restrictives pro-cycliques. La dérive fiscale qui a agi comme un léger amortisseur pendant les cinq dernières années ne sera pas tolérée cette fois.

 
 

A propos des demandes de l’UEM, l’économiste américain et Prix Nobel Paul Krugman déclare “cela va au-delà de l’intransigeance, c’est une vindicte”

Et n’oublions pas que ces excédents primaires n’ont jamais eu aucun sens en premier lieu. Ils n’ont pas été établis sur la base de l’analyse macro-économique. Ils ont été inclus dans des accords antérieurs car c’est ce qui serait nécessaire – ceteris paribus – pour faire croire que la dette est supportable et donc pour que le FMI accorde son financement. Quelle blague !

L’économiste Nobel Paul Krugman dit que les demandes de l’UEM sont “de la folie” à tous les niveaux. “Ce que nous avons appris pendant ces deux dernières semaines, c’est qu’être membre de la zone Euro signifie que les créanciers peuvent détruire votre économie si vous déviez de la norme. Ceci n’a absolument aucun rapport avec les sous-jacents économiques de l’austérité”, a-t-il dit.

“Cela dépasse l’intransigeance et devient pure vindicte, destruction complète de la souveraineté nationale, sans espoir d’apaisement. C’est probablement conçu pour que la Grèce ne puisse l’accepter ; mais quand même, c’est une trahison grotesque de tout ce que le projet européen a supposé signifier”, a-t-il dit.

Oui, Syriza a flanché, mais il y a beaucoup de chapitres encore à écrire dans cette misérable histoire.

Les banques grecques sont sur le point de s’écrouler. Il ne reste même pas assez d’argent pour couvrir les retraits aux distributeurs automatiques de 60 € par jour durant cette semaine, ou couvrir les paiements hebdomadaires de 120 € aux retraités et aux chômeurs – c’est-à-dire la minuscule fraction des chômeurs qui reçoit quelque chose.

Le contrôle des capitaux a mené à un arrêt de l’économie. Presque rien n’entre dans le pays. Les sociétés consomment leurs derniers stocks de matières premières et d’importations essentielles. Des centaines d’usines, des moulins et des unités de fabrication ont déjà réduit leurs équipes et se préparent à débrayer dès cette semaine.

Les dernières réservations touristiques se sont effondrées de 30%. Syriza a fait face à un sérieux risque du pays d’épuisement des stocks de produits alimentaires importés dès la fin de ce mois, avec des conséquences catastrophiques au sommet de la saison touristique. Ainsi oui, face à l’horreur complète de ce qui se passe, ils ont reculé.

Pas besoin d’être un oracle pour voir que la Grèce va au-devant de plus de problèmes

Il n’y a aucun doute que Syriza a vendu un programme trompeur au peuple grec avec ses promesses incompatibles de déchirer le mémorandum de la Troïka et de garder la Grèce dans l’euro. Ils ont appris une horrible leçon.

Pourtant c’est seulement la moitié de l’histoire. Nous avons aussi vu le pouvoir des créanciers de l’UEM mettre un pays à genoux en coupant la liquidité de secours (ELA) au système bancaire.

Il n’y a aucun doute, c’est la décision de la Banque Centrale Européenne de geler l’ELA à 89 milliards d’euros il y a deux semaines qui a précipité la crise finale et a détruit la volonté de résister de Syriza. Les responsabilités sur cet épisode sont confuses. Personnellement, je n’accuse pas Mario Draghi de la BCE pour cet abus de pouvoir. C’était en substance une décision politique prise par l’Euro-groupe.

Mais de quelque manière qu’on le déguise, le fait demeure que la BCE a dicté par ses actes un règlement politique et servi de bras armé aux créanciers au lieu de faire respecter la loi du traité de l’UE.

Elle a adopté une attitude qui a déstabilisé encore plus le système financier d’un état membre de l’UEM qui avait déjà de graves ennuis, et l’a vraisemblablement fait en enfreignant son premier devoir fixé par les traités, celui de maintenir la stabilité financière. C’est un moment crucial.

Ce que nous avons tous vu avec une grande clarté est que les pouvoirs des créanciers de l’UEM peuvent soumettre un état indiscipliné – à condition qu’il soit petit – en bloquant son système bancaire. Nous avons aussi vu qu’un petit pays n’a pas la moindre défense. C’est le pouvoir monétaire pris d’une folie furieuse.

// VIDEO

Et comme si cela ne suffisait pas, le premier ministre grec Alexis Tsipras ne peut même pas se prévaloir auprès des Grecs d’avoir garanti l’allègement des dettes, la seule chose qui aurait pu le sauver. Même cela, l’Allemagne l’a bloqué.

Elle a agi ainsi malgré la pression conséquente de la Maison-Blanche et du FMI et bien que la France, l’Italie et les dirigeants de la Commission de l’UE et du Conseil admettent qu’une forme de réduction soit nécessaire.

Le FMI dit que l’allègement des dettes doit être d’au moins 30% du PIB. Même cela est trop bas. Étant donné les dégâts faits par six ans d’implosion économique, une décennie d’investissements perdue, une hystérésis chronique, un chômage des jeunes à 50% ou plus, une fuite des cerveaux diplômés et un système bancaire ruiné, ce serait encore insuffisant si toute la dette était annulée. Voilà ce que cette expérience de l’UEM a fait au pays. [L'hystérésis caractérise un système tendant à rester dans le même état après qu'ait cessé la cause extérieure ayant produit cet état, NdT]

Mais tout ce que les Grecs obtiennent n’est que vagues propos sur une “possible” extension des maturités, quelque part dans l’avenir, une fois qu’ils auront sauté à travers d’innombrables cerceaux et réussi leurs examens. C’est ce que l’on leur avait promis en 2012. Ce n’est jamais arrivé.

“Si les détails de l’allègement de la dette ne sont pas écrits clairement dans le plan global, cela ne vaut rien”, a dit M. Varoufakis.

Le document du sommet affirme avec une malhonnêteté égoïste que la dette de la Grèce a déraillé en raison de l’échec des gouvernements grecs à respecter les termes du Mémorandum au cours de l’année dernière. Si ceci n’était pas arrivé, la dette serait toujours soutenable.

C’est un mensonge. La dette publique a gonflé à 180% vers la fin de l’année dernière – bien avant que Syriza ne soit élu – et bien que le gouvernement de Démocratie Nouvelle ait respecté la plupart des demandes de la Troïka.

La vérité est que la Grèce était déjà en faillite en 2010. Les créanciers de l’UEM ont refusé d’accorder une restructuration normale de la dette parce que cela aurait provoqué une contagion instantanée au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie à un moment où la zone Euro n’avait aucun prêteur en dernier ressort ni aucune défense.

 

Le chef brisé de Syriza doit vendre un accord qui laisse la Grèce dans un piège de dettes permanentes

Les documents divulgués du FMI ne laissent aucun doute quant au fait que le sauvetage avait pour but de sauver l’euro et les banques européennes, pas la Grèce. Plus de dette a été déversée sur les contribuables Grecs pour gagner du temps, tant en 2010 que de nouveau en 2012, en mettant de côté la crise à laquelle l’Europe fait face aujourd’hui.

Dans une façon étrange, le seul politicien européen qui offrait vraiment à la Grèce une sortie de l’impasse était Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, même si son offre a été faite d’une façon inélégante, presque sous la forme d’un diktat.

Son plan pour un retrait adouci de l’Euro-zone pour 5 ans – un euphémisme, car il voulait vraiment dire Grexit – avec un allègement des dettes de type Club de Paris, une aide humanitaire et un ensemble de mesures de croissance, pourrait permettre à la Grèce de regagner d’une façon ordonnée de la compétitivité avec la drachme.

Une telle formule impliquerait l’intervention de la BCE pour stabiliser la drachme, empêchant une spirale de baisse incontrôlée et dangereuse. Cela aurait certainement été mieux que le document atroce que M. Tsipras doit maintenant rapporter à Athènes.

Le chef brisé de Syriza doit vendre un accord qui laisse la Grèce dans un piège de dettes permanentes, sous un contrôle néocolonial, et si fragile économiquement qu’il est quasi assuré d’éclater en une nouvelle crise à la prochaine récession mondiale ou européenne.

A ce moment-là, tout le monde accusera de nouveau les Grecs, injustement, et nous aurons encore une autre manche d’amères négociations, jusqu’à ce que quelque chose casse finalement ce cycle sinistre d’échec et de récriminations.

 

L’accord laissera la Grèce économiquement si fragile qu’il est quasi certain qu’il éclatera en une nouvelle crise à la prochaine récession mondiale

Pour la zone Euro cet “accord” est le pire possible. Ils n’ont rien résolu. L’Allemagne et ses alliés ont pour la première fois essayé d’éjecter un pays de l’euro et, ce faisant, ont violé le caractère sacré de l’union monétaire.

Au lieu d”aller de l’avant, dans ces temps de crise profonde, vers une union fiscale et politique pour maintenir ensemble l’euro – comme les architectes de l’UEM l’avaient toujours prévu – ils ont fait machine arrière.

D’un même coup ils ont converti la zone Euro en un système de change fixe, un Mécanisme de Taux de Change renouvelé (ERM) qui est en soi instable, soumis au caprice et à la merci de politiciens populistes qui font du théâtre pour leurs électeurs. Les marchés commencent déjà à l’appeler ERM3.

Dans les jours prochains je reviendrai sur le comportement de l’Allemagne et sur le désastre diplomatique auquel on a assisté. Pour le moment, j’aimerais seulement citer le verdict de l’historien Simon Schama. Il a dit :

“Si Tsipras portait la couronne du Roi Pyrrhus la semaine dernière, c’est Merkel qui la porte maintenant. Son ultimatum est le début de la fin de l’UE”, a-t-il dit. Exactement.

Crise en Grèce : ce qui est arrivé depuis le référendum

Dimanche 5 juillet

La Grèce dit “non”

L’électorat grec rejette les conditions d’un accord de renflouement, avec 61,31% de “non”, renforçant le premier ministre Alexis Tsipras qui déclare que ce vote “n’est pas un mandat de rupture avec l’Europe, mais un mandat qui renforce notre capacité de négociation pour aboutir à un accord viable”.

Lundi 6 juillet

Le ministre “rock-star” démissionne

Yanis Varoufakis démissionne de ses fonctions de ministre des finances de la Grèce pour améliorer les relations avec les créanciers de l’Euro-zone. Il est remplacé par Euclide Tsakalotos, qui a dirigé les discussions avec les créanciers de l’Union Européenne et du FMI. La BCE maintient un flux de liquidités vital vers les banques grecques mais avec des condition durcies.

Mardi 7 juillet

Les Grecs se présentent les mains vides

Les ministres des finances de l’Euro-zone se rencontrent à Bruxelles avant un sommet extraordinaire des chefs d’état et de gouvernement de l’Euro-zone. Les deux rencontrent s’achèvent sans une proposition détaillée du gouvernement grec. Il est donné à Athènes jusqu’à jeudi pour présenter un programme de réformes convaincant.

Mercredi 8 juillet

“Dernier appel”

Tsipras déclare au parlement européen que la Grèce présentera dans les 24 heures un plan “crédible” alors que le président de l’UE Donald Tusk prévient les parlementaires : “C’est vraiment le dernier appel pour la Grèce et, pour nous, notre dernière chance.” Athènes soumet formellement la demande d’une nouvelle aide au fonds de stabilité de l’Euro-zone et propose des réformes des retraites et de la fiscalité en échange d’un prêt de trois ans de l’Euro-zone.

Jeudi 9 juillet

Mieux vaut tard que jamais

Après que la chancelière allemande Angela Merkel ait répété qu’elle s’oppose à une décote sur la dette, la Grèce soumet à Bruxelles un nouveau plan de sauvetage, deux heures avant la date-butoir à minuit.

Vendredi 10 juillet

Non, mais oui

Athènes détaille les nouvelles propositions, qui ressemblent de près à celles soumises par les créanciers internationaux de la Grèce le mois précédent. La Grèce y accepte de se plier aux exigences des créanciers de décourager les retraites anticipées, de relever les cotisations de santé, d’augmenter les taxes, de vendre les parts de l’état dans le géant des télécoms OTE et de privatiser les ports du Pirée et de Thessalonique.

Samedi 11 juillet

Un Grexit temporaire ?

Une réunion des ministres des finances de la zone euro s’achève par de profondes divisions sur la confiance à accorder à Tsipras pour un troisième plan d’aide de plus de 80 milliards d’euros. Un document du ministère des finances allemand indique que Berlin attend bien plus d’engagements concrets de la Grèce, faute de quoi la Grèce devrait quitter la zone euro pendant cinq ans jusqu’à ce qu’elle ait remis les choses en ordre.

Dimanche 12 juillet

Les choses se gâtent

L’UE annule un sommet des 28 à Bruxelles pour décider si la Grèce devrait rester dans l’euro. Il est remplacé par un sommet des 19 dirigeants de l’Euro-zone, où il est demandé à Athènes de faire passer de nouvelles réformes dans la semaine.

Lundi 13 juillet

“A-grec-ment”

Tusk annonce que le sommet est parvenu à un accord unanime sur un “plan pour la Grèce avec d’importantes réformes et un soutien financier”. Un document de 7 pages révèle ses termes : hausse de la TVA et baisse des retraites, mais avec 50 milliards d’euros de privatisations dont une partie sera affectée à des initiatives de croissance. Athènes doit aussi réorganiser son système de justice civil et aligner ses lois bancaires sur le reste de l’UE.

Source : The Telegraph, le 13/07/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Lire la suite

Zoe Konstantopoulou au Parlement grec le 22 juillet 2015 : "La soumission totale d’un pays démocratique à la volonté d’autres gouvernements ne constitue pas un accord"

29 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La justice, #Europe supranationale, #Economie, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Terrorisme, #Le fascisme

Publié par Jean Lévy

 

Zoe Konstantopoulou au Parlement grec le 22 juillet 2015 : "La soumission totale d’un pays démocratique à la volonté d’autres gouvernements ne constitue pas un accord"

Entre les lignes entre les mots

Résultat de recherche d'images pour "Zoe Konstantopoulou au Parlement grec Images"

Je dois bien l’admettre, cette session parlementaire aura vu se multiplier des choix personnellement et politiquement douloureux.

En ma capacité de Présidente du Parlement, j’ai écrit au Président de la République grecque, M. Prokopis Pavlopoulos et au Premier Ministre Alexis Tsipras ( voir http://cadtm.org/Lettre-de-Zoe-Konstantopoulou-Le) pour leur faire remarquer qu’il est de ma responsabilité institutionnelle de souligner que les conditions dans lesquelles cette loi est présentée (voir http://cadtm.org/Post-scriptum-Les-consequences-de) n’offre aucune garantie que la Constitution sera respectée, pas plus que le processus démocratique que doit favoriser le Parlement dans l’exercice du pouvoir législatif, pas plus qu’elle ne permet aux députés de voter en conscience. Nous nous trouvons dans une situation de chantage flagrant exercé par les gouvernements d’autres États membres de l’Union européenne sur ce gouvernement et sur les membres du parlement.

En effet comme le reconnait le Ministre de la Justice que je respecte profondément comme il le sait, à cause des exigences d’autres Etats membres, le parlement ne peut pas amender le texte de cette loi qui constitue une intervention majeure dans le fonctionnement de la justice et dans l’exercice des droits fondamentaux des citoyens, d’une manière qui nie le fonctionnement de la démocratie grecque en tant qu’Etat de droit qui doit préserver la séparation des pouvoirs selon la Constitution ainsi que le principe de jugements équitables.

Actuellement, les ministres sont obligés de présenter des mesures législatives qu’ils désapprouvent (et la déclaration du Ministre de la Justice est révélatrice à cet égard), des mesures auxquelles ils sont en fait directement opposés, et les députés sont obligés de les voter alors qu’ils y sont également opposés, comme l’exprime clairement chacune des prises de position des députés appartenant aux deux familles politiques de la majorité.

Tout ceci se passe sous la menace d’une faillite désordonnée et révèle qu’en fait ces mesures qui sont une exigence préalable de gouvernements étrangers, constituent une tentative de mener à terme la dissolution de notre système, car elles prévoient une intervention majeure dans le troisième pouvoir indépendant, à savoir la justice. Ces mesures veulent miner la fonction judiciaire et supprimer desgaranties fondamentales à un procès équitable et les droits fondamentaux des citoyens.

Je considère qu’il est de mon devoir institutionnel de réagir en tant que Présidente du Parlement et de demander à mes homologues de tous les parlements des Etats membres de l’Union européenne, ainsi que je l’ai déjà fait dans le passé et comme je l’ai fait dans ma lettre au Président du Parlement européen (voir http://cadtm.org/Courrier-de-Zoe-Konstantopoulou), et d’appeler à s’opposer à pareille dissolution.

De même dans ma lettre au Président et au Premier Ministre, qui sera reprise dans le compte-rendu, je leur demande d’informer leurs homologues des conditions de chantage dans lesquelles nous sommes amenés à voter.

Monsieur le Ministre, je m’adresse à vous en me référant aux fonctions que j’occupais lors de la législature précédente : le groupe parlementaire de SYRIZA et le Premier Ministre actuel, alors chef de l’opposition, m’avaient placée à la tête du groupe parlementaire pour la transparence, la justice et les droits humains. Précédemment, à ce titre, je vous ai félicité pour les projets de lois que vous avez présentés, et particulièrement pour votre projet de loi sur le système pénitentiaire. Aujourd’hui, en cette capacité, je vous dis qu’il est évident que personne dans le groupe parlementaire de SYRIZA ne peut soutenir les clauses de cette loi puisque pendant la législature précédente, le groupe parlementaire de SYRIZA s’est expressément et farouchement opposé à ces mêmes mesures, qui là, non sans ironie, nous sont présentées sous une forme quasi identique au projet de votre prédécesseur M. Athanassiou, et sont imposées avec une urgence proprement choquante par les créanciers afin de se débarrasser définitivement de la démocratie.

En effet, exactement comme ils ont essayé de transformer le NON du peuple grec en un OUI tant dans le communiqué du sommet de la zone euro que la loi présentée ici à nouveau en urgence le mercredi 15, ils essaient ici de transformer en OUI, 93,12% de NON lors du référendum organisé auprès des avocats en décembre 20141.

Ces démarches qui nient les résultats de deux référendums montrent clairement que pour les créanciers tout processus démocratique est vain, que la démocratie directe par laquelle se sont exprimés les citoyens ou les avocats n’a aucune pertinence. C’est là un message empoisonné pour les sociétés européennes, c’est un message dont la gauche et SYRIZA doivent empêcher la propagation.

Il est clair que l’objectif visé est l’anéantissement du gouvernement et du groupe parlementaire qui le soutient, par le chantage. Il est clair que ce qui est mis en cause est la démocratie dans notre pays. Ce qui nous est demandé, ce qui m’est demandé par les créanciers, c’est en fait de leur remettre un sceau qui dirait « Parlement grec » pour valider leurs diktats.

Il n’est pas acceptable qu’aujourd’hui, après la lutte acharnée menée en novembre 2012 par SYRIZA et la commission pour la transparence, la justice et les droits humains contre les 800 pages de manipulation antidémocratique que constituaient ces mesures, le gouvernement soit obligé par le chantage de présenter deux articles comprenant 977 pages, le premier contenant 1008 articles du Code de Procédure civile et l’autre 130 articles transposant une directive européenne, dont beaucoup couvrent deux à trois pages ; le résultat recherché est l’humiliation. Le gouvernement de gauche ne peut pas être obligé de présenter ces mesures urgentes, dans des délais intenables, alors qu’il les a dénoncées par le passé.

M. le Ministre, je sais qu’en m’adressant à vous, je frappe à une porte ouverte puisque vous avez combattu ces mesures, vous avez analysé les raisons qui font que ce code devait être retiré en 2014, et l’a d’ailleurs été, ce qui était une grande victoire non seulement pour les avocats qui s’étaient battus pour défendre les citoyens mais aussi pour les mouvements citoyens, pour toutes ces associations qui s’étaient mobilisées, et enfin pour le principal parti d’opposition de l’époque et pour l’opposition dans son ensemble.

C’est cette victoire qu’ils veulent transformer en défaite pour envoyer le message que nous devons légiférer sous l’égide de la peur. M. Juncker a dit sans vergogne : l’accord a été obtenu par la peur. Est-il possible que ceci soit jamais accepté et toléré dans une Union européenne qui reprend dans ses principes fondateurs la protection des droits des citoyens et de la démocratie ?

M. le Ministre, le NON des avocats en décembre 2014 voulait et veut toujours dire NON à des évictions en référé, NON à des mises en vente forcées, NON à des procès bidons sur papier qui court-circuitent les procédures d’audience, NON à la détérioration de la justice, qui est un pilier de la démocratie, il veut dire NON à la destruction des droits constitutionnels des citoyens.

Quand à l’été 2014, M. Hardouvelis a repris à son compte l’obligation imposée par la Troïka de compenser toute conséquence de décision judiciaire qui irait à l’encontre des clauses des protocoles d’accord, l’opposition d’alors, la commission pour la transparence, la justice et les droits et le département de la justice de SYRIZA ont été les premiers à proclamer que c’était intolérable, qu’une telle ingérence dans le fonctionnement judiciaire était inacceptable, et pourtant, c’est ce même projet qui nous est imposé sous le chantage. Il serait donc bon que les collègues et camarades, que je respecte sans exception, n’oublient pas leurs convictions et n’aillent pas parler d’accord. La coercition n’est pas un accord. Le chantage n’est pas un accord. La soumission totale d’un pays démocratique à la volonté d’autres gouvernements et d’autres pays n’est pas un accord.

Et nous ne devons pas oublier nos convictions parce qu’alors nous pourrions aussi bien tout oublier et en venir à parler de ces textes comme s’ils étaient à nous. Ils ne sont pas à nous, le contenu de cette loi, ce n’est pas le souhait et la volonté du gouvernement. C’est aussi manifeste, M. le Ministre, dans le fait que vous ayez créé une commission spéciale pour étudier un nouveau code de Procédure Civile.

Et ce n’est pas non plus le souhait des députés qui vont voter pour et font partie de groupes parlementaires qui soutiennent le gouvernement. Ils ne souhaitent pas appliquer ces mesures inhumaines, qui laissent les citoyens (surtout les emprunteurs) sans aucune défense face aux banques.

M. le Ministre, vous le savez, vous, mais peut-être les citoyens ne le savent-ils pas aussi bien, qu’à la tête de la commission qui a rédigé ce code se trouvait M. Chamilothoris, qui était responsable de l’odieuse loi 4055 sous le mémorandum de 2012, une loi qui a été dénoncée non seulement par des associations mais aussi par les avocats et des représentants de l’appareil judiciaire et que SYRIZA s’est engagé à faire abroger, vous le savez aussi que des membres de cette commission étaient des conseillers de banques privées. Il ne doit donc faire aucun doute que l’objectif est à nouveau de dépouiller les citoyens au profit des banques, de servir les banquiers au détriment des citoyens (voir http://cadtm.org/Post-scriptum-Les-consequences-de).

Nous ne devons pas permettre que cet objectif soit atteint, un objectif que vise précisément l’adoption aujourd’hui de ce Code de Procédure Civile et je voudrais ici vous demander à vous et à mes collègues avocats de vous exprimer franchement ; voter une loi n’est pas à prendre à la légère, ce n’est pas juste pour un temps, et ça n’a rien d’une plaisanterie. Il va s’agir d’un cadre législatif qui stipule que l’Etat grec cède le pas aux banques et passe après elles en cas de liquidation. Il va s’agir d’un cadre législatif qui stipule que les travailleurs cèdent le pas aux banques et passent après elles en cas de liquidation. Il ne suffit pas de dire que ce que nous votons maintenant nous ne l’appliquerons pas. Ils nous diront « Vous l’avez voté » et quelle que soit la position que nous occupons, nous savons que ce n’est que pour un temps.

Il s’agit d’une loi applicable à partir du 1er janvier 2016. Cela montre bien qu’il n’y a pas urgence et que nous pouvons prendre le temps de débats dans des conditions normales mais soulève également de grandes inquiétudes quant aux aspirations et aux capacités de nuire de ceux qui cherchent à renverser ce gouvernement et à humilier les forces politiques qui le soutiennent, dont l’objectif immédiat est de les discréditer aux yeux des citoyens.

Collègues, en tant que députée de SYRIZA je ne pourrai jamais voter cette loi ; en tant que responsable de la commission pour le contrôle du travail parlementaire sur des questions de justice, transparence et droits humains du groupe parlementaire de SYRIZA, un poste où pendant trois ans j’ai combattu les attaques des Protocoles d’accord contre la justice et les droits humains mais aussi l’orgie de corruption et d’intérêts privés inscrite dans les Protocoles, je ne pourrai jamais voter cette loi ; en tant qu’avocate, je ne pourrai jamais voter cette loi, et en tant que Présidente du parlement, je ne pourrai jamais rendre légales des procédures qui font du Parlement un élément décoratif, qui nient son rôle de garantie du citoyen, qui circonviennent la conscience de parlementaires et finalement se débarrassent de la démocratie. Je vous remercie pour votre attention.

Zoe Konstantopoulou

Traduit par le CADTM

http://cadtm.org/Discours-de-Zoe-Konstantopoulou-au

Lire la suite

Islande dit adieu à l'Union européenne, sans même un référendum

29 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #La nation ., #la liberté

Islande dit adieu à l'Union européenne, sans même un référendum

L'Islande va sans doute se passer de référendum pour mettre fin aux négociations avec l'UE
L'Islande va sans doute se passer de référendum pour mettre fin aux négociations avec l'UE (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

Reykjavik devrait retirer officiellement sa candidature à l'UE déposée en 2009 sans en passer par une consultation populaire, contrairement aux promesses du gouvernement.

{C}

Adieu l'UE. Comme la Suisse et la Norvège en 1994, l'Islande devrait refuser officiellement son adhésion à l'Union européenne. Vendredi, les deux partis de centre-droit de la coalition au pouvoir, le parti du Progrès et le parti de l'Indépendance se sont mis d'accord sur une proposition de loi qui sera soumise à l'Althing, la chambre unique du parlement islandais. Ce texte prévoit de retirer la candidature du pays à l'UE sans passer par la voie du référendum comme l'avait promis le gouvernement lors de son entrée en fonction en avril dernier.

 

Négociations au point mort

 

En réalité, les négociations avec l'UE entamée en juillet 2009 sont au point mort depuis un vote de l'Althing de janvier 2013, précédant donc les dernières élections parlementaires, qui demandait le gel des discussions. En avril, le centre-droit au pouvoir avait confirmé la suspension de toutes les négociations en attendant un référendum. C'est le gouvernement de centre-gauche issu de la crise violente qu'a connu le pays en 2009 qui avait décidé de lancer l'Islande dans une procédure d'adhésion. Cette adhésion devait être suivie d'une adoption rapide de l'euro afin de donner au pays une « stabilité » dont elle rêvait alors. Mais ces négociations qui ne devaient être qu'une formalité ont achoppé sur trois sujets principaux.

 

Le problème de la pêche

 

Le premier, le plus essentiel, est le problème de la pêche. Avec l'effondrement de son système financier, la pêche est redevenue un secteur essentiel de l'économie islandaise. Son poids dans le PIB est passé de 4,7 % en 2008 à 7,1 % en 2012 et 42 % des exportations islandaises sont des produits de la pêche. Or, l'entrée dans l'UE signifierait l'adoption de quotas de pêche plus restreints. Or, compte tenu du poids économique de ce secteur, Reykjavik veut continuer à disposer de cette liberté. L'embargo imposé par l'UE aux harengs et maquereaux des îles Féroé en août dernier a inquiété beaucoup en Islande. Et puis, il y a cette épineuse question de la chasse à la baleine, toujours pratiquée en Islande à la grande indignation de Bruxelles et qui est un sujet fort sensible dans l'île nordique.

 

L'euro peu attirant

 

Le deuxième écueil est celui de l'euro. Sans doute pouvait-on voir la zone euro en juillet 2009 comme un « havre de stabilité. » Ce n'est plus guère le cas après quatre ans de crise profonde de l'UEM. Sans compter que, parallèlement, l'Islande a beaucoup profité (au prix d'une très forte inflation) de la dépréciation de la couronne qui a atteint jusqu'à un quart de sa valeur. Beaucoup d'Islandais doutent donc qu'il soit utile de perdre la maîtrise de sa politique monétaire. L'Islande, avec un PIB d'une dizaine de milliards d'euros et 380.000 habitants, sera certaine de voir ses intérêts ignorés par la BCE. Or, les avantages de l'euro sont assez limités puisque les importations en provenance de la zone euro ne représentent que 27 % du total (32 % avec le Danemark dont la monnaie est ancrée sur l'euro). Le jeu pourrait ne pas en valoir la chandelle. Mais enfin, l'Islande pourrait entrer dans l'UE en conservant la couronne.

 

Un intérêt limité

 

Troisième raison de l'échec des négociations, c'est la gestion de l'UE. L'Islande est sortie de la crise en tentant de préserver les intérêts de ses nationaux, notamment en pratiquant un défaut sur les investisseurs étrangers et en renonçant de facto à l'indépendance de sa banque centrale. C'eût été évidemment impossible en cas d'adhésion à l'UE. Les partis opposés à l'UE soulignent aussi combien la technocratie bruxelloise serait négative pour la démocratie islandaise. D'autant que, ajoute-t-il, l'Islande, membre de l'accord de libre-échange avec l'UE et de l'espace Schengen, bénéficie déjà d'une bonne intégration dans l'espace européen. Une adhésion à l'UE n'apporterait rien de plus à un pays qui compterait bien peu à Bruxelles.

 

Des sondages peu favorables à l'adhésion

 

Les derniers sondages laissaient peu de chances à l'adhésion à Bruxelles. Celui paru dans le quotidien Frettabladid du 3 février indiquait que 49 % des Islandais refusaient l'adhésion, 26 % l'acceptaient.

 

#Iceland - Fréttablaðið 2 poll: 74.6% want to hold a referendum on membership talks with the EU. 49% oppose EU membership, 26% are in favour

- electionista (@electionista) 3 Février 2014
 

Néanmoins, ce chiffre semblait en recul par rapport à l'an dernier. Le gouvernement a donc préférer clore le débat plutôt que de faire campagne et prendre un risque. C'est sans doute un oubli des promesses. Et la question est de savoir si les électeurs en tiendront rigueur au gouvernement. Car selon le même sujet, trois quarts des Islandais voulaient un référendum sur la question.

 

 

Lire la suite

La Turquie bombarde les positions kurdes en Syrie, faisant le jeu de des terrroristes de l'Etat islamique, qu'elle prétend combattre...(Vidéo)

27 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme

francetvinfo.fr

La Turquie bombarde les positions des Kurdes du PKK en Syrie

 

Le gouvernement turc s'est lancé dans une double offensive, contre l'Etat islamique (EI) et contre les rebelles kurdes du PKK. La Turquie a déclenché la semaine dernière une offensive après l'attentat-suicide meurtrier, attribué aux jihadistes de l'EI, qui a fait lundi dernier 32 morts à Suruç, près de la Syrie.

Simultanément à cette offensive contre les jihadistes, Ankara a ordonné des frappes contre le PKK, dans le cadre d'un effort global de "lutte contre les groupes terroristes", après une série d'attaques contre ses forces de sécurité. Si les Kurdes sont en première ligne dans la lutte contre l'EI, le président Erdogan veut éviter que le PKK en profite pour pousser sa revendication de la création d'un Etat indépendant.

Des chars turcs ont donc bombardé, dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 juillet, un village du nord de la Syrie, Zor Maghar, tenu par les forces kurdes. Une offensive qui a fait au moins quatre blessés parmi les combattants kurdes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des militants.

Lire la suite

L’histoire secrète d’une victoire des lobbies à Bruxelles, contre la santé publique.

27 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La santé, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Politique étrangère, #Le grand banditisme, #La mondialisation

Excellent article du Canard

Des échanges de mails révèlent comment l’industrie chimique a torpillé l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Un récit perturbant…

Ce n’est plus du lobbying, c’est de l’art… A Bruxelles, l’industrie chi­mique a réussi à saboter l’interdic­tion des perturbateurs endocriniens. Ces composés chimiques que l’on retrouve par­tout, dans les plastiques, les tapis, les den­tifrices, les cosmétiques, les pesticides, et qui sont soupçonnés d’être responsables, même à très faible dose, de cancers, de troubles de la croissance et autres menus dégâts sur la santé.

Avec une maestria qui laisse baba, les lobbies ont reporté l’échéance d’au moins quatre ans. Dans un rapport rédigé en an­glais et publié le 20 mai, une organisation indépendante, Corporate Europe Observatory, dévoile les coulisses de ce feuille­ton. Des coulisses pas faciles à visiter : il a fallu deux ans à la journaliste française Stéphane Horel, coauteure du rapport, pour obtenir des milliers de pages de documents et plusieurs courriels croquignolets…

Experts gavés

Février 2013. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa, en anglais) s’apprête à publier un rapport étonnam­ment sympa pour l’industrie. A vous don­ner envie de déguster du perturbateur endocrinien au petit dej ! Pas si surprenant, en réalité : près de la moitié des 18 experts qui tiennent le stylo ont des liens d’intérêt étroits avec l’industrie, via des animations de colloques, des travaux de recherche ou des boulots de consultant, et les chèques qui vont avec. Manque de bol, au même moment, le 19 février exactement, le Programme des Nations unies pour l’en­vironnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publient leur propre rapport. Et leur conclusion dépote :

Les perturbateurs endocriniens constituent « une menace globale » sur la santé, « qui impose de trouver une solution ». C’est clair et tranché.

Avec leur avis tiédasse, les experts de l’Efsa ont l’air malin ! Et ils s’en rendent vite compte. Le 20 février, dans un courriel à ses confrères, l’un d’eux gémit : « Chers collègues, la vie est compliquée… Il est presque embarrassant de comparer notre version actuelle avec le rapport de l’OMS / PNUE. » Et de se lamenter, en dé­voilant toute leur cuisine, au passage : « Quand le rapport de l’OMS / PNUE sou­ligne certaines caractéristiques des pertur­bateurs endocriniens et les signale comme spécifiques, notre rapport, au contraire, les minimise (sic) ou évite de les mentionner (re-sic). »

L’humiliation ne s’arrête pas là :

Quand le rapport de l’OMS / PNUE par­vient à la conclusion que la méthode traditionnelle d’évaluation des risques des pro­duits chimiques est inadéquate [pour les perturbateurs endocriniens], nous arrivons à la conclusion exactement opposée. » Notre expert n’a plus qu’à se planquer sous la table : « Je suis heureux de ne pas avoir à être présent à la conférence de presse (…) pour défendre le rapport actuel (…), sachant que l’auditoire aura lu le rapport de l’OMS. Un vrai cauchemar !» Seule solution, sou­pire ce grand déprimé : « refaire notre rap­port ou, au moins, le modifier de manière significative… » Scientifiquement, bien sûr. Pif, paf, pouf, à quoi ça tient, la santé de 500 millions d’Européens…

Du rapport ou du cochon ?

A peine moins effondré, son collègue Ber­nard Bottex, qui supervise le travail du groupe, répond, en opinant du chef : « Les (…) conclusions actuelles où nous expliquons que les perturbateurs endocriniens peuvent être traités comme la plupart des autres substances chimiques (…) nous isolent du reste du monde et pourraient être difficiles à défendre, étant donné les incertitudes [et] le manque de données et de méthodes que nous avons identifiées. » Bref, on a fait un travail de cochon, et ça va se remarquer ! Il n’y a plus qu’à relancer la foire aux idées : « Toute suggestion de reformulation (…) sera bienvenue. » Ce détricotage de der­nière minute était sans doute trop com­pliqué : la conclusion du rapport n’a fina­lement pas bougé d’un iota…

Le ridicule ne tue pas. Avec l’aide de ses « experts », l’industrie repart au combat. Pour elle, il est vital de gagner du temps : le règlement européen sur les pesticides prévoit d’établir une nomenclature des perturbateurs endocriniens avant dé­cembre 2013. Une étape en forme de cou­peret : sitôt inscrits sur la liste, plusieurs pesticides, suivis d’un tas d’autres pro­duits, seront interdits. Pour les lobbies, il y a le feu au lac : un premier rapport de travail, peu favorable à leurs intérêts, a déjà été remis à la Commission euro­péenne. Commander un second rapport, inutile, à l’Efsa, était une première façon de jouer la montre. Mais il y a plus effi­cace pour gagner du temps : réclamer une étude d’impact sur le coût économique d’une éventuelle interdiction. Si c’est trop cher, tant pis pour les cancers ?

Dans les couloirs de Bruxelles, les croche-pattes de dernière minute s’en­chaînent. Le 7 juin 2013 à 9 h 30, la Di­rection générale de l’environnement tient une réunion cruciale pour approuver un projet de définition. A 14 h 04, le géant de la chimie Bayer la court-circuite et envoie un courriel au plus haut niveau de la Com­mission : au secrétariat général de Barroso. Une définition « inappropriée » des perturbateurs aurait des conséquences dé­sastreuses sur la « production agricole », plaide Bayer. Et de sortir une étude, en­core une, de son chapeau. Après le déjeu­ner — et l’ultime message de Bayer —, la réunion capote : aucune définition n’est, validée…

Vite ! Le fer est chaud, il n’y a plus qu’à le battre et à faire monter une « contro­verse scientifique » là où l’OMS et les Na­tions unies n’en voyaient aucune… Dix jours plus tard, le 17 juin 2013, un groupe de 56 experts envoie un courrier à Anne Glover, la conseillère scientifique de Barroso. Sor­tis de nulle part, sans aucune lettre de mis­sion, ces visionnaires descendent en flèche un projet qui n’est même pas encore ficelé : « Le projet actuel est basé sur une ignorance complète des principes de pharmacologie et de toxicologie. » Pas le cas de ces experts, qui connaissent leur sujet…

La victoire en chantage

Entre 2007 et 2012, le toxicologue Wolfgang Dekant, qui emmène les signataires, a cumulé à lui seul 18 contrats de re­cherche avec l’industrie. Un deuxième est consultant pour BASF. Un troisième, Gio Batta Gori, a empoché «plusieurs millions de dollars » avec l’industrie du tabac, selon des factures consultées par Stéphane Horel. Mais cela ne perturbe personne.

Le 2 juillet 2013, la secrétaire générale de Barroso, Catherine Day, se fend d’une très officielle note interne : étant donné les « vues divergentes » de la communauté scientifique « et les impacts potentiels sur l’industrie chimique et le commerce inter­national », il convient de mener « une étude d’impact », laquelle renvoie l’interdiction aux calendes grecques… Le soir même, elle gèle le processus.

Victoire sur toute la ligne, et même au-delà : l’étude d’impact vient seulement d’être lancée, deux ans plus tard. Aucune interdiction ne sera possible avant 2017. Bingo ! C’était tout le plan de l’industrie : entre-temps, les négociations sur l’accord transatlantique de libre-échange (Tafta) ont bien avancé et ont rendu l’interdiction encore plus compliquée, sous la pression américaine. Le lobbying, c’est une subtile chimie…

Source : Isabelle Barré, pour le Canard Enchaîné, juin 2015

===============================================

Une molécule qui imite, change ou bloque l’action d’une hormone et perturbe le fonctionnement de l’organisme

L’exposition à certaines substances toxiques peut par exemple perturber la fonction reproductrice, avec la création d’anomalies au niveau des organes reproducteurs, baisse de qualité du sperme, etc…

Ces substances se comportent comme des hormones et peuvent interagir avec notre système hormonal, d’où le terme de « perturbateurs endocriniens ».

Une liste des perturbateurs endocriniens

C’est bien joli tout ça, mais on entend parler de perturbateurs endocriniens à tout va, encore faudrait-il savoir identifier toutes les substances qui correspondent à ces fameux perturbateurs. Si les effets nocifs des perturbateurs endocriniens sont difficiles à prouver, la recherche actuelle se focalise sur 5 familles de substances douteuses:

  • 1. Les Parabènes.
  • 2. Les Bisphénol A.
  • 3. Les Phtalates.
  • 4. Les Composés perfluorés.
  • 5. Les Composés polybromés.

Nous sommes tous exposés à ces substances toxiques via notre alimentation, notre respiration et notre peau. Par mesure de précaution, les autorités sanitaires ont défini pour certains perturbateurs endocriniens une dose maximale d’exposition. Or nos expositions sont tellement diverses et variables, qu’il est bien difficile de savoir exactement à quelle dose nous sommes réellement exposés quotidiennement, sans parler des effets combinés (exposition simultanée à plusieurs substances).

Dans quoi se cachent les perturbateurs endocriniens ?

1.Le bisphénol A

Le bisphénol A fait beaucoup parler de lui en ce moment, ce composé chimique rend les plastiques incassables et résistants à la chaleur. Autrement dit, il y en a partout et plus principalement dans les plastique dur et transparent, et même à l’intérieur des boîtes de conserve: bouteilles plastiques, gobelets, assiettes et couverts en plastique, lunettes de soleil, téléphones portables, jouets, cannettes…
S’il est aujourd’hui difficile d’y échapper, on peut au moins limiter l’usage des plastiques alimentaires : bouteilles et récipients en verre, plats en inox, etc… Et surtout, évitez de faire chauffer au four micro-ondes un plat ou une barquette en plastique, car ce fameux bisphénol A passe dans les aliments sous l’effet de la chaleur !

Evitez donc d’acheter des produits qui affichent les signes BPA ou PC (polycarbonate).

Nota : la Commission européenne a voté l’interdiction du bisphénol A dans les biberons au printemps 2011 ?!? Mais pas pour le reste, donc ce qui est dangereux pour bébé ne l’est pas pour maman ou papa ?…C’est à mourir de rire !

2. Les parabènes

Les parabènes sont des conservateurs très abondamment utilisés dans les cosmétiques, aliments, boissons et médicaments. Butylparaben ou propylparabens, également mentionné parahydroxybenzoate de propyl. Les parabènes se cachent aussi sous divers codes: E214, E215, E218, E219…

Pour ne pas se tromper au niveau de votre alimentation, privilégiez le bio pour limiter les conservateurs en général. Pour le reste lisez les étiquettes pour éviter les produits qui en contiennent. Encore plus simple, il suffit de privilégier les produits qui affichent clairement sur leur emballage : « sans parabènes ».

3. Les phtalates

Les phtalates contrairement au bisphénol A, sont incorporés aux plastiques pour leur donner de la souplesse, ils sont présents dans les emballages alimentaires, rideaux de douches, certains dispositifs médicaux, etc… Les phtalates sont également utilisés pour dénaturer l’alcool dans les produits cosmétiques et particulièrement les parfums.

Certains de ces phtalates sont interdits dans les jouets et les articles de puériculture. Une forte odeur de plastique dégagée par les produits neufs peuvent nous aider à repérer leur présence, les emballages alimentaires portant le code de recyclage n°3, le nom diéthylphtalates ou DET dans la liste des ingrédients des cosmétiques, les termes « alco(h)ol dénat » et « ethanol » indiquent également les présences de phtalates.

Nota : Pas de micro-ondes ni de lave-vaisselle pour ces plastiques, bien aérer longuement et souvent en cas d’achat de produit ou matériel plastique neuf, pour évacuer les fortes émanations de phtalates !

4. Les composés perfluorés

Les composés perfluorés sont présents dans les ustensiles de cuisson antiadhésifs, dans les produits imperméabilisés et traités antitaches (moquettes, vêtements, cartons alimentaires…).

Lorsque vous faites la cuisine, évitez de rayer les revêtements antiadhésifs et remplacez-les dès les premiers signes d’usure. Pour les vêtements et les tissus d’ameublement, favorisez les produits affichant « sans composés perfluorés » ou « sans PFOA ».

Au niveau de l’alimentation, les composés perfluorés se concentrent dans les poissons gras (saumon, maquereau…) en raison du rejet industriel.

5. Les composés polybromés

Moins connus, les composés polybromés sont des retardateurs de flamme, les (CPB & PBDE) ils sont incorporés dans les produits inflammables : sièges, télé, ordinateurs, vêtements, capitonnage, tissus d’ameublement…

Ils sont libérés petit à petit dans l’air ambiant, ils se concentrent dans l’habitacle de notre voiture, notre bureau et notre logement : il est donc impératif d’aérer tous les jours, et encore plus après l’achat de matériels et produits neufs.

Dans l’alimentation les composés polybromés s’accumulent dans les produits riches en graisses, grâce encore une fois aux rejets industriels. On en retrouve dans les poissons, le lait, la viande… Pour s’en protéger il suffit de privilégier les produits le plus naturels possibles.

Conclusion

En attendant que d’autres études évaluent et confirment les risques sanitaires réels dus à ces substances, nous devons éliminer au maximum ces molécules par quelques petits gestes quotidiens, dans le choix de notre alimentation, de nos cosmétiques, de nos ustensiles de cuisine, et en aérant quotidiennement notre logement, voiture et lieu de travail.

Source : bon-coin-santé

Voir aussi ici

 

 

2 réponses à L’histoire secrète d’une victoire des lobbies à Bruxelles, contre la santé publique

Lire la suite

La colonisation de la Grèce par l'Allemagne, ce que les nazis n'ont pas réussi à faire l'Union Européenne le fait.

26 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #le nazisme, #Terrorisme

La colonisation de la Grèce par l'Allemagne, ce que les nazis n'ont pas réussi à faire l'Union Européenne le fait.

Enquête de la télévision allemande :

Parmi les biens publics que la Grèce doit vendre, il y a les 14 aéroports régionaux les plus rentables du pays qui doivent être vendus à une firme allemande, Fraport.

Le maire de Corfou, Kostas Nikolouzos (120 000 habitants, 1 million de touristes par an, chiffre en augmentation) : «L'aéroport rapporte beaucoup d'argent, pourquoi devrait-on le céder ? Nous sommes en crise, n'est-ce pas ? Si on se prive des moyens de produire de la richesse dans ce pays pour relancer l'économie, comment fera-t-on ensuite ?».

Selon «l'accord» de colonisation européen, tout doit être bradé : la poste, les installations d'eau, les autoroutes, le réseau de gaz et d'électricité, les ports et les aéroports. Et donc, les 14 aéroports situés sur les îles les plus touristiques, Mykonos, Santorin, Kos, Corfou, etc.

La firme allemande doit donner 1, 23 milliard d'euros et une taxe annuelle de 22,9 millions pour récupérer les 14 aéroports.

Le ministre des infrastructures grec, Christos Spirtzis : «l'Etat grec doit vendre les 14 aéroports qui rapportent et les 30 autres aéroports qui ne font aucun profit doivent rester à sa charge. C'est un modèle qui ressemble à l'état des choses dans une colonie, pas dans un état membre de l'Union européenne».

D'après les chiffres de l'administration grecque, le nombre de vols via les 14 aéroports l'an passé a augmenté de 13,8%, le nombre de passagers a connu une augmentation de 19%. Un expert de la Lufthansa qualifie la transaction de «économiquement lucrative».

Mais on garde le meilleur pour la fin. S'agît-il vraiment d'une privatisation ? La société anonyme Fraport est une firme allemande mais surtout la majorité de ses parts est détenue par la ville de Francfort et la région de Hesse.

Prof. Rudolf Hickel de l'Université de Brême : «ce qui va se produire est un changement de propriétaire — ce qui était propriété de l'Etat grec va pour ainsi dire devenir propriété de l'Etat allemand. Et à la fin, ce qui compte, c'est que les profits qui seront réalisés dans ces 14 aéroports financeront les services publics allemands».

Et que deviendra le petit milliard récolté pour la vente ? Il servira à rembourser la dette.

Lire la suite

L'AUTRICHE en route pour un référendum sur la SORTIE de l’Union Européenne

26 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La finance dérégulée

L'AUTRICHE en route pour un référendum sur la SORTIE de l’Union Européenne

L'AUTRICHE en route pour un référendum sur la SORTIE de l’Union Européenne

L'AUTRICHE en route pour un référendum sur la SORTIE de l’Union Européenne

 

Passée totalement inaperçue dans la presse de grande diffusion, une pétition pour demander un référendum sur la sortie de l’Union Européenne vient de recueillir plus de 260 000 signatures en Autriche, soit bien plus que les 100 000 signatures requises pour lancer l’examen de la pétition au parlement. C’est donc plus de 3% de la population qui a signé cet appel en seulement quelques jours, entre le 24 juin et le 1er juillet. 

En France cela correspondrait à plus de 2 000 000 de signatures !

Le Cercle des Volontaires a pu s’entretenir avec Inge Rauscher, responsable du mouvement « EU- Austritts Volksbegehren » que l’on pourrait traduire par« Initiative populaire pour la sortie de l’UE » qui a porté cette pétition.

******

Cercle des Volontaires – Bonjour Mme Rauscher et merci de nous accorder cette interview, pourriez-vous vous présenter aux lecteurs français ?

Inge Rauscher – Bonjour, je suis traductrice à la retraite, aujourd’hui responsable du mouvement EU- Austritts Volksbegehren qui milite pour la sortie de la République autrichienne de l’Union Européenne. Nous sommes un comité de 6 personnes et nous recevons l’aide de centaines de bénévoles.

CdV – Comment financez-vous votre mouvement ?

IR – Nous sommes indépendants et ne percevons aucun fonds d’entreprises ou d’organisations quelle qu’elles soient. Les faibles moyens dont nous disposons proviennent des dons des particuliers.

CdV – Pourquoi menez-vous cette action ?

IR – Parce que l’appartenance à l’UE est source de nombreux inconvénients pour l’Autriche, elle provoque le déclin économique, nous prive de notre neutralité, a remplacé notre monnaie nationale qui était performante par une monnaie qui ne fonctionne pas et qui a provoqué une forte inflation des biens de la vie quotidienne. Aujourd’hui les taux de chômage et d’endettement sont à des plus hauts historiques, nous ne pouvons pas continuer dans cette voie.

CdV – Mais êtes-vous sûre que tous ces problèmes viennent de votre appartenance à l’UE ?

IR – La plupart d’entre eux, c’est une certitude. Avant de rejoindre l’UE notre développement était très proche de celui de la Suisse, ce pays voisin qui présente beaucoup de similitudes avec le nôtre, ne serait-ce que par la géographie. Il pèse démographiquement moins que l’Autriche mais n’est absolument pas isolé du fait qu’il ne fasse pas partie de l’UE. Sortir de l’UE nous permettrait de relancer notre économie, de retrouver des niveaux de croissance et d’emploi comparables à ceux de la Suisse.

CdV – Et ne pensez-vous qu’il soit possible de changer l’UE plutôt que de la quitter ?

IR – Cela fait plus d’une décennie que de nombreuses personnes essaient de changer l’UE et quel est le résultat ? L’UE est devenue pire que jamais ! Donc nous devons trouver une alternative, et cette alternative c’est la sortie. Mais quitter l’UE ne signifie pas se couper du reste du monde, nous serons toujours membre de l’OMC, nous pourrions par exemple rejoindre l’EFTA (European Free Trade Association) dont la Suisse fait partie, mais nous n’avons pas besoin d’institutions supranationales qui sont à la botte des américains. De plus, nous ne souhaitons pas prendre part aux sanctions économiques contre la Russie. Nous devons conserver des relations amicales avec tout le monde, nous n’avons pas à choisir entre la Russie et les Etats-Unis; l’UE nous empêche de nous en tenir à notre neutralité.

CdV – Vous avez obtenu beaucoup plus de signatures que nécessaire, c’est un énorme succès…

IR – Malgré le boycott des médias mainstream ! Vous savez quel temps de parole nous a accordé l’ORF (Österreichischer Rundfunk, le service publique autrichien nldr) ? Une minute ! Et pourtant nous avons obtenu un résultat qui fera date dans l’histoire de l’Europe. Plus de 3% des autrichiens ont signé cette pétition sachant qu’ils devaient indiquer leur nom, prénom, adresse et date de naissance, il s’agit d’un acte politique bien plus fort que d’aller voter dans un isoloir.

CdV – Comment parvenez-vous à surmonter cette omerta médiatique ?

IR – Des centaines de bénévoles ont distribué près d’un million de tracts expliquant notre action. Il y a également les médias alternatifs qui font échos à notre combat ainsi que les réseaux sociaux; environ 65 vidéos de notre mouvement circulent sur le net. Ces outils de diffusion nous permettent d’intéresser les gens à la vie politique.

CdV – Quelle est la réaction de la classe politique autrichienne ?

IR – Il est trop tôt pour le dire. Ce qui nous intéresse particulièrement est de savoir quelle sera la réaction du FPÖ (« Freiheitliche Partei Österreichs« , soit « Parti Autrichien de la Liberté » nldr) qui s’intéresse à notre action sans pour autant promouvoir la sortie de l’UE. Notre victoire devrait permettre de déclencher des débats, au sein du FPÖ mais également au sein d’autres formations politiques qui, bien que majoritairement favorables à l’UE, comptent dans leur rangs des opposants.

CdV – Quelle est la prochaine étape ? Pensez-vous vraiment que le gouvernement va organiser ce referendum ?

IR – Nous devons nous battre pour le referendum, obliger le gouvernement à suivre la procédure qui lui impose de l’organiser. Et je pense qu’il aura lieu car les politiciens n’ont qu’une marge de manœuvre extrêmement réduite. Premièrement, comme je l’ai dit, les partis politiques rencontrent des oppositions en interne sur la question de l’UE, et deuxièmement, le risque de discrédit serait trop grand pour le ou les partis qui refuseraient d’accéder à une requête populaire, légale et démocratique; ils perdraient leurs électeurs. Le parlement doit se saisir de cette question à partir de fin août et devrait se prononcer d’ici fin 2015.

CdV – Les autrichiens ne semblent pas les seuls à se poser des questions sur les institutions européennes. Que pensez-vous de la situation actuelle en Grèce ?

IR – Les grecs n’ont aucun intérêt à rester dans l’UE et dans l’euro. Ils ont besoin de retrouver une monnaie nationale afin de mener leur propre politique monétaire. L’euro est un projet des élites qui a des conséquences désastreuses sur l’emploi, cette folie ne tiendra plus longtemps.

CdV – Souhaitez-vous ajouter quelque chose pour finir ?

IR – Oui je voudrais soulever un élément très important qui est la volonté de la Commission Européenne de mettre en place le TTIP, un accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis. Ceci représente un énorme danger pour les normes écologiques et sociales. Sortir de l’UE nous permettrait d’échapper à cette menace. Nous souhaitons commercer avec tous les pays du monde, pas seulement l’Europe et les Etats-Unis; la Russie est également un partenaire important et il est inconcevable de ne pas la traiter avec respect. Bien que ne faisant pas partie de l’OTAN, nous sommes engagés malgré nous dans la politique exterieure de l’UE, qui mène une guerre économique contre la Russie à l’encontre de nos intérêts. Nous devons redevenir un pays indépendant.

Interview et traduction par Baptiste Mannaia

SOURCE:

 

 

Cercle des Volontaires

 

Lire la suite