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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Syriza, le pillage et l’effondrement: Quand la « gauche dure » épouse les politiques de la droite dure.

27 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Gauche, #La dette, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Le capitalisme;

Syriza, le pillage et l’effondrement: Quand la « gauche dure » épouse les politiques de la droite dure

Par Prof. James Petras

Mondialisation.ca, 24 juin 2015

Url de l'article:
http://www.mondialisation.ca/syriza-le-pillage-et-leffondrement-quand-la-gauche-dure-epouse-les-politiques-de-la-droite-dure/5457775

 

greece-euro-crisis

La Grèce a fait les manchettes de la presse financière internationale durant les cinq derniers mois, alors qu’un parti de gauche nouvellement élu, « Syriza », s’oppose ostensiblement aux soi-disant « mesures d’austérité » en confrontant la troïka (le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne).

Dès le début, les dirigeants de Syriza, mené par Alexis Tsipras, ont adopté plusieurs positions stratégiques aux conséquences fatales relativement à la mise en oeuvre de leurs promesses électorales d’élever le niveau de vie, de mettre fin à la vassalité envers la « troïka » et de se doter d’une politique étrangère indépendante.

Nous allons procéder en décrivant les échecs systémiques initiaux de Syriza et les concessions ultérieures érodant davantage le niveau de vie grec, tout en accentuant le rôle de la Grèce comme collaborateur actif de l’impérialisme étasunien et israélien.

Gagner les élections et céder le pouvoir

La gauche européenne et nord-américaine a célébré la victoire électorale de Syriza comme une rupture avec les programmes d’austérité néolibérale et le lancement d’une alternative radicale, laquelle mettrait en place des initiatives populaires en faveur de changements sociaux fondamentaux. Ces initiatives comprendraient des mesures pour créer des emplois, restaurer les pensions, annuler les privatisations et réorganiser les priorités du gouvernement en favorisant le paiement des salariés avant le remboursement des banques étrangères. La « preuve » de l’existence du programme de réforme radicale se trouvait dans le « Manifeste de Thessalonique », lequel, promettait Syriza, serait le programme guidant ses nouveaux élus.

Toutefois, avant d’avoir été élu et immédiatement après, les dirigeants de Syriza ont pris trois décisions fondamentales empêchant toute modification profonde. En effet, ces décisions ont établi un parcours réactionnaire.

En premier lieu, Syriza a accepté la dette extérieure de plus de 350 milliards de dollars comme légitime, bien qu’elle ait été approuvée par les kleptocrates du gouvernement précédent, des banques corrompues et des intérêts commerciaux, immobiliers et financiers. Pratiquement aucune partie de cette dette n’a été utilisée pour financer des activités productives ou des services cruciaux qui renforceraient l’économie et la future capacité de la Grèce à rembourser les prêts.

Des centaines de milliards d’euros ont été planqués dans des comptes bancaires et des biens immobiliers à l’étranger ou investis dans des actions et des obligations à l’étranger. Après avoir d’abord affirmé la « légitimité » de la dette illicite, Syriza a ensuite déclaré sa « volonté » de payer cette dette. La « troïka » a immédiatement compris que le nouveau gouvernement Syriza serait un otage volontaire se soumettant à plus de coercition, de chantage et de paiements de la dette.

Deuxièmement, en lien avec ce qui précède, Syriza a déclaré sa détermination à demeurer au sein de l’Union européenne et de la zone euro, renonçant ainsi à sa souveraineté et à sa capacité d’élaborer une politique indépendante. Le parti a exprimé sa volonté de se soumettre aux exigences de la troïka. Une fois sous l’emprise de celle-ci, la seule politique de Syriza consisterait à « négocier », « renégocier » et faire de nouvelles concessions aux banques étrangères de l’UE dans un processus totalement unilatéral. La soumission rapide de Syriza à la troïka était la deuxième trahison stratégique de son programme électoral, mais pas la dernière.

Une fois que Syriza eut démontré à la troïka sa volonté de trahir son programme populaire, cette dernière s’est montrée plus exigeante et plus intransigeante. Bruxelles a considéré la rhétorique gauchiste de Syriza et ses gestes théâtraux radicaux comme de la poudre aux yeux de l’électorat grec. Les banquiers européens savaient que lorsqu’il serait temps de négocier de nouveaux accords de prêt, les dirigeants de Syriza capituleraient. Pendant ce temps, la gauche euro-étasunienne a complètement avalé la rhétorique radicale de Syriza sans regarder ses pratiques.

Troisièmement, dès son entrée en fonction, Syriza a négocié une coalition avec les Grecs indépendants, un parti d’extrême-droite, pro-OTAN, xénophobe et anti-immigration, garantissant que la Grèce continuerait à soutenir les politiques militaires de l’OTAN au Moyen-Orient, la campagne brutale de l’Ukraine et Israël contre la Palestine.

Quatrièmement, la majeure partie du Cabinet nommée par le premier ministre Tsipras n’avait aucune expérience dans la lutte des classes. Pire encore, la plupart étaient des universitaires et d’anciens conseillers du PASOK, sans aucune capacité ou volonté de rompre avec les diktats de la troïka. Leur « pratique » académique était constituée en grande partie de « combats » théoriques mal adaptés à de réelles confrontations avec des puissances impériales agressives.

De l’égratignure à la gangrène

En capitulant devant l’UE dès le début, en acceptant, entre autres, de payer la dette illégitime, en s’alliant à l’extrême droite et en se soumettant aux diktats de la troïka, la table était mise pour que SYRIZA trahisse toutes ses promesses et alourdisse le fardeau économique de ses partisans. Les pires trahisons comprennent : (1) ne pas avoir rétabli le paiement des pensions (2) ne pas avoir réinstauré le salaire minimum; (3) ne pas avoir annulé les privatisations; (4) ne pas avoir mis fin aux programmes d’austérité; et (5) ne pas avoir augmenté les fonds pour l’éducation, la santé, le logement et le développement local.

La troïka et ses publicistes de la presse financière exigent que Syriza fasse davantage de compression dans le régime de retraite grec, appauvrissant ainsi plus de 1,5 million de travailleurs retraités. Contrairement aux « exemples » bidons des médias sur les pensions généreuses dont jouissent moins de 5 % des retraités, les Grecs ont subi les plus importantes réductions de fonds de retraite en Europe au cours du dernier siècle. La troïka a réduit les pensions grecques huit fois au cours des quatre dernières années seulement. La grande majorité des pensions ont été réduites de près de 50 % depuis 2010. La pension moyenne est de 700 euros par mois, mais 45% des retraités grecs reçoivent moins de 665 euros par mois, un revenu se situant sous le seuil de pauvreté. Toutefois, la troïka exige des réductions encore plus importantes.

Celles-ci comprennent la fin des subventions budgétaires pour les retraités vivant dans l’extrême pauvreté, une augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans, l’abolition des dispositions des plans de retraite liées aux travaux dangereux et favorisant les mères au travail. Les mesures régressives antérieures, imposées par la Troïka et mises en oeuvre par le régime de coalition d’extrême droite précédent, ont sérieusement épuisé la caisse de retraite grecque. En 2012, le programme de « restructuration de la dette » de la troïka a mené à la perte de 25 milliards d’euros en réserves détenues par le gouvernement grec dans des obligations gouvernementales.

Les politiques d’austérité de la troïka ont veillé à ce que les réserves de la caisse de retraite ne soient pas renouvelées. Les contributions ont chuté lorsque le chômage a grimpé à près de 30 % (Financial Times, 05-06-15, p4). Malgré l’assaut frontal de la troïka sur le régime de retraite grec, l’« équipe économique » de Syriza a exprimé sa volonté d’augmenter l’âge de la retraite, de réduire les pensions de 5 % et de négocier pour trahir à nouveau les retraités qui font face à la misère. Syriza a non seulement manqué à sa promesse de campagne consistant à annuler les politiques régressives précédentes, mais s’est aussi engagé dans ses propres traîtrises « pragmatiques » avec la troïka.

Pire encore, Syriza a intensifié les politiques de ses prédécesseurs réactionnaires. Syriza (1) a promis de geler les privatisations, mais le parti s’engage maintenant à les accroître de 3,2 milliards d’euros et de privatiser d’autres secteurs publics; (2) a accepté de transférer des ressources publiques limitées à l’armée, dont un investissement de 500 millions d’euros pour mettre à jour l’Armée de l’Air grecque; (3) a pillé la caisse nationale de retraite et les trésoreries municipales pour plus d’un milliard d’euros afin de payer la dette à la troïka; (4) a réduit les investissements publics pour la création d’emplois dans des projets d’infrastructure afin de respecter les délais de la troïka; (5) a accepté un excédent budgétaire de 0,6 % au moment où la Grèce a un déficit de 0,7 % cette année, ce qui signifie davantage de réductions plus tard cette année; (6) a promis de réduire la TVA sur les éléments essentiels comme la nourriture, mais accepte aujourd’hui un taux de taxation de 23 %.

La politique étrangère de Syriza imite celle de ses prédécesseurs. Le ministre de la Défense de Syriza, Panos Kammenos, issu de l’extrême droite, était un fervent partisan des sanctions étasuniennes et européennes contre la Russie. Malgré la vague habituelle de fausse « dissidence » face aux politiques de l’OTAN, Syriza a totalement capitulé par la suite, afin de maintenir une bonne réputation au sein de l’OTAN. Le régime de Syriza a permis à tous les kleptocrates et fraudeurs fiscaux bien connus de conserver leur richesse illicite et d’augmenter leurs avoirs à l’étranger grâce au transfert massif de leurs «économies » à l’extérieur du pays. À la fin mai 2015, le Premier ministre et le ministre des Finances, Tsipras Varofakis, ont vidé le trésor public pour effectuer des paiements sur la dette, augmentant ainsi les perspectives que les retraités et les travailleurs du secteur public ne reçoivent pas leurs prestations. Après avoir vidé le Trésor grec, Syriza va maintenant imposer la « solution de la troïka » à la masse grecque appauvrie : ou vous acceptez un nouveau plan d’« austérité », réduisant les pensions, augmentant l’âge de la retraite, éliminant les lois du travail protégeant la sécurité d’emploi et les droits de négociation des travailleurs ou les caisses de l’État seront vides, vous n’aurez pas de pensions, le chômage augmentera et la crise économique s’aggravera. Syriza a délibérément vidé le trésor public, pillé les fonds de pension et les fonds municipaux pour faire du chantage à la population et la pousser à accepter comme un « fait accompli » les politiques régressives de banquiers intransigeants de l’UE, les soi-disant « programmes d’austérité ».

Dès le tout début, Syriza s’est plié aux diktats de la troïka, même lorsqu’il simulait leur « résistance de principe ». Ils ont d’abord menti à l’opinion publique grecque, qualifiant la troïka de « partenaires internationaux ». Ensuite, ils ont menti à nouveau en qualifiant le mémorandum de la troïka pour une plus grande austérité de « document de négociation ». Les tromperies de Syriza étaient destinées à dissimuler le fait qu’il maintenait le « cadre » très impopulaire imposé par le précédent régime discrédité de la droite dure.

Alors qu’il pillait les ressources du pays pour payer les banquiers, Syriza s’est davantage soumis aux puissances étrangères. Son ministre de la Défense a offert de nouvelles bases militaires pour l’OTAN, dont une base aérienne-maritime sur l’île grecque de Karpathos. Le parti a accru l’appui politique et militaire de la Grèce à l’intervention militaire des États-Unis et de l’UE au Moyen-Orient, ainsi que son soutien aux « terroriste modérés », invoquant le prétexte ridicule de « protéger les chrétiens ». Syriza, s’attirant les bonne grâces des sionistes européens et étasuniens, a renforcé ses liens avec Israël, évoquant une « alliance stratégique » avec l’État terroriste pratiquant l’apartheid. Dès les premiers jours de son mandat, Kammenos, le ministre de la Défense de la droite dure, a proposé la création d’un « espace de défense commun » incluant Chypre et Israël, appuyant ainsi le blocus aérien et maritime de Gaza par l’État hébreu.

Conclusion

La décision politique de Syriza d’« intégrer » à tout prix l’UE et la zone euro, signale que la Grèce continuera d’être un État vassal, trahissant son programme et adoptant des politiques profondément réactionnaires, tout en claironnant sa fausse rhétorique gauchiste et en feignant de « résister » à la troïka. Bien que Syriza ait pillé la caisse de retraite nationale et les trésoreries locales, de nombreux gauchistes égarés en Europe et aux États-Unis continuent d’accepter et de rationaliser les décisions du parti qu’ils choisissent de qualifier de « compromis réalistes et pragmatiques ».

Syriza aurait pu confisquer et utiliser 32 milliards de dollars d’actifs immobiliers détenus par les Forces armées grecques afin de mettre en oeuvre un plan d’investissement et de développement différent, soit louer ces propriétés à des ports maritimes commerciaux, des aéroports et des installations touristiques.

Syriza a enfoncé la Grèce encore plus profondément dans la hiérarchie dominée par la finance allemande en abandonnant son pouvoir souverain d’imposer un moratoire sur la dette, de quitter la zone euro, gérer les ressources financières, rétablir une monnaie nationale, d’imposer des contrôles de capitaux, de confisquer des milliards d’euros dans les comptes illicites à l’étranger, mobiliser des fonds locaux pour financer la reprise économique et réactiver le secteur public et privé. À plusieurs reprises, le faux « secteur gauche » au sein de Syriza a formulé d’impuissantes « objections », pendant que la mascarade Tsipras -Varofakis procédait à la capitulation ultime.

En fin de compte, Syriza a aggravé la pauvreté et le chômage, augmenté le contrôle étranger sur l’économie, érodé davantage le secteur public, facilité le licenciement des travailleurs et réduit les indemnités de départ, tout en augmentant le rôle de l’armée grecque en resserrant ses liens avec l’OTAN et Israël.

Autre fait tout aussi important, Syriza a totalement vidé la phraséologie gauchiste de toute signification cognitive : pour ses membres, la souveraineté nationale se traduit par la vassalité aux puissances étrangères, et l’anti-austérité consiste à capituler de façon pragmatique devant une nouvelle forme d’austérité. Lorsque l’accord Tsipras-troïka sera finalement signé et que l’opinion publique grecque prendra conscience des ravages que fera l’austérité dans les prochaines décennies, nous espérons que les trahisons susciteront une répulsion massive. Peut-être qu Syriza se divisera et que la « gauche » abandonnera enfin ses postes ministériels tranquilles pour aller rejoindre les millions de mécontents afin de former un autre parti.

James Petras

Article original en anglais: Syriza: Plunder, Pillage and Prostration: How the ‘Hard Left’ Embraces the Policies of the Hard Right, publié le 15 juin 2015.

Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Copyright © 2015 Mondialisation.ca

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L'Islande a laissé ses banques faire faillite, et jeté des banquiers en prison. Et voici ce qui s'est produit.

27 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les transnationales, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #Le grand banditisme, #l'i

L'Islande a laissé ses banques faire faillite, et jeté des banquiers en prison. Et voici ce qui s'est produit

 

 
 
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La dette grecque est illégale, illégitime et odieuse selon le rapport préliminaire du comité sur la dette

18 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #La dette

Traduit par Okéanos – une vieille connaissance :)

Les preuves présentées dans le rapport indiqueraient que la dette issue des plans d’austérité est une violation directe des droits fondamentaux de l’homme. Le comité serait arrivé à la conclusion que la Grèce ne devrait pas payer cette dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse.

E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.

E. Toussaint présentant un document du FMI qui prouve que le fonds savait que ses mesures augmenteraient la dette grecque.

Le comité sur la vérité sur la dette publique grecque présente aujourd’hui et demain ses premières conclusions. Le rapport sera officiellement publié demain vers 16h. Composé de 9 chapitres, le rapport conclut, sans vraiment beaucoup de surprise, que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse.

Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.

Les résultats sont présentés en neuf chapitres structurés comme suit (traduction du résumé publié en anglais ici) :

1. la dette avant la troïka

Ce chapitre revient sur les analyses de la croissance de la dette publique grecque depuis les années 1980.

Il conclut que l’augmentation de la dette n’est pas le résultat de dépenses publiques excessives, qui sont en fait restées inférieures aux dépenses publiques des autres pays de la zone euro, mais plutôt en raison des taux extrêmement élevés, des dépenses militaires excessives et injustifiées, de la perte de recettes fiscales due à des sorties illicites de capitaux, de la  recapitalisation  des banques privées, et des déséquilibres internationaux créés par les failles dans la conception de l’Union monétaire elle-même.

L’adoption de l’euro a conduit à une augmentation drastique de la dette privée en Grèce à laquelle les grandes banques privées européennes ainsi que les banques grecques ont été exposées. La crise bancaire a contribué à la crise de la dette souveraine grecque. Le gouvernement de George Papandreou a aidé à présenter les éléments d’une crise bancaire comme une crise de la dette souveraine en 2009 en mettant l’accent et en augmentant le déficit public et la dette.

2. Evolution de la dette publique grecque entre 2010 et 2015,

Ce chapitre conclut que le premier accord de prêt de 2010 a principalement visé le sauvetage des banques privées et a permis aux banques de réduire leur exposition aux obligations d’État grecques.

3. la dette publique grecque en 2015

Ce chapitre présente la nature controversée de la dette actuelle de la Grèce, les principales caractéristiques des prêts, qui sont analysés plus en profondeur dans le chapitre 8.

4. Mécanisme de la dette en Grèce

Ce chapitre révèle les mécanismes des accords qui ont été mis en œuvre depuis mai 2010. Ils ont créé une quantité importante de nouvelle dette, tout en générant des coûts abusifs ainsi que l’approfondissement de la crise.

Les mécanismes révèlent que la majorité des fonds empruntés ont été transférés directement aux institutions financières. Plutôt que de bénéficier à la Grèce, ils ont accéléré le processus de privatisation, par l’utilisation d’instruments financiers .

5. conditionnalités contre la durabilité

Ce chapitre présente comment les créanciers ont imposé des conditions intrusives attachés aux accords de prêt, ce qui a conduit directement à l’impossibilité économique et à l’insoutenabilité de la dette. Ces conditions, sur lesquelles les créanciers insistent encore, ont non seulement contribué à la baisse  du PIB, mais aussi à un emprunt public plus élevé, faisant la dette de la Grèce plus insoutenable encore, mais a également provoqué des changements dramatiques dans la société, et a provoqué une crise humanitaire.

La dette publique de la Grèce peut être considérée comme tout à fait insoutenable à l’heure actuelle.

6. Impact des “programmes de sauvetage” sur les droits de l’homme

Ce chapitre conclut que les mesures mises en œuvre dans le cadre des “plans de sauvetage” ont directement affecté les conditions de vie des personnes et ont violé les droits de l’homme, que la Grèce et ses partenaires sont tenus de respecter, de protéger et de promouvoir en vertu du droit national et international.

Les ajustements drastiques imposés à l’économie grecque et à la société dans son ensemble ont provoqué une détérioration rapide du niveau de vie, et restent incompatibles avec la justice sociale, la cohésion sociale, la démocratie et les droits humains.

7. les questions juridiques entourant les protocoles d’entente et de prêt

Ce chapitre soutient qu’il y a eu violation des droits de l’homme de la part de la Grèce elle-même et des prêteurs que sont les États membres de la zone euro, la Commission européenne, le Parlement Européen, la Banque Centrale et le Fonds monétaire International, qui ont imposé ces mesures à la Grèce.

Tous ces acteurs ont échoué à évaluer les violations des droits de l’homme comme un résultat des politiques qu’ils ont obligés de poursuivre, et ont aussi directement violé la Constitution grecque en dépouillant efficacement la Grèce de la plupart de ses droits souverains.

Les accords contiennent des clauses abusives, qui contraignent la Grèce à capituler sur des aspects importants de sa souveraineté. Ceci est imprimé dans le choix de la loi anglaise comme régissant le droit pour ces accords, ce qui a facilité le contournement de la Constitution grecque et les obligations internationales des droits de l’homme.

Il y a plusieurs indications qui montrent que les parties contractantes ont agi de mauvaise foi, ce qui rendent ces accords invalides.

8. évaluation des dettes illégitimes, odieuses, illégale et la non-viables

Ce chapitre fournit une évaluation de la dette publique grecque selon les définitions relatives à la dette odieuse, illégitime, illégale et non viable adoptées par le Comité.

Ce chapitre conclut que la dette publique grecque, en date de juin 2015 est insoutenable, puisque la Grèce est actuellement incapable de rembourser sa dette sans compromettre gravement sa capacité à remplir ses obligations de base des droits humains. En outre, pour chaque créancier, le rapport fournit des preuves de cas indicatifs de dettes illégales, illégitimes et odieuses.

Dette envers le FMI : Elle doit être considérée comme illégale puisque qu’elle a violé les propres statuts du FMI, et ses conditions enfreignaient la Constitution grecque, le droit international coutumier, et les traités auxquels la Grèce est partie. Elle est également illégitime, puisque les conditions incluses empiétaient sur les obligations en matière de droits de l’homme. Enfin, elle est odieuse puisque le FMI savait que les mesures imposées étaient antidémocratiques, inefficaces, et conduiraient à de graves violations des droits socio-économiques.

Dettes envers la  BCE: Elles doivent être considérées comme illégales car la BCE a sur-intensifié son mandat en imposant l’application des programmes d’ajustement macro-économiques (par exemple la déréglementation du marché du travail) par l’intermédiaire de sa participation à la Troïka. Les dettes envers la BCE sont également illégitimes et odieuses, puisque la principale raison d’être du programme était de servir les intérêts des institutions financières, permettant aux grandes banques privées européennes et grecques de se débarrasser de leurs obligations grecques.

9. les fondations juridiques pour la répudiation et la suspension de la dette souveraine grecque

Ce chapitre présente les options concernant l’annulation de la dette, et en particulier les conditions dans lesquelles un Etat souverain peut exercer le droit de répudiation ou la suspension du paiement de la dette en vertu du droit international.

Plusieurs arguments juridiques permettent à un Etat de répudier unilatéralement sa dette illégale, odieuse et illégitime. Dans le cas de la Grèce, un tel acte unilatéral peut être fondée sur les arguments suivants :

  • la mauvaise foi des créanciers qui ont poussé la Grèce à violer la loi nationale et les obligations internationales relatives aux droits de l’homme;
  • la prééminence des droits humains sur les accords tels que ceux signés par les gouvernements précédents avec les créanciers ou la troïka;
  • la coercition;
  • les clauses abusives qui violent de manière flagrante la souveraineté grecque et violent la Constitution;
  • et enfin, le droit reconnu en droit international à un Etat de prendre des contre-mesures contre les actes illégaux commis par ses créanciers, qui endommagent délibérément sa souveraineté budgétaire, l’obligent à assumer la dette odieuse, illégale et illégitime, violent l’autodétermination économique et les droits humains fondamentaux.

En ce qui concerne la dette insoutenable, chaque État est légalement en droit d’invoquer la nécessité dans des situations exceptionnelles afin de sauvegarder les intérêts essentiels menacés par un péril grave et imminent. Dans une telle situation, l’Etat pourra être dispensé de l’accomplissement de ces obligations internationales qui augmentent le péril, comme cela est le cas avec les contrats de prêts en suspens.

Enfin, les Etats ont le droit de se déclarer unilatéralement insolvable quand le service de leur dette est insoutenable, dans ce cas, ils ne commettent aucun acte illicite et donc n’en portent pas la responsabilité.

La dignité des personnes vaut plus qu’une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable

Ayant achevé son enquête préliminaire, le Comité estime que la Grèce a été et est la victime d’une attaque préméditée et organisée par le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne, et la Commission Européenne. Cette mission violente, illégale et immorale était exclusivement destinée à transférer la dette privée sur le secteur public.

En mettant ce rapport préliminaire à la disposition des autorités grecques et du peuple grec, le Comité estime avoir rempli la première partie de sa mission telle que définie dans la décision du président du Parlement du 4 Avril 2015. La commission espère que le rapport sera un outil utile pour ceux qui veulent sortir de la logique destructrice de l’austérité et défendre ce qui est aujourd’hui mis en péril : les droits humains, la démocratie, la dignité des peuples, et l’avenir des générations futures.

Source : Okeanos, repris depuis Left.gr, pour Okeanews, le 17 juin 2015.

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Les néocons français, la une du point du 28 novembre 2013

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE

Bonjour.

Le magazine « Le Point » a fait sa une du 28 novembre 2013 en traitant les eurosceptiques

de Néocons ! Mais la mayonnaise ne prend pas ! Comment peut-on confondre les patriotes attachés viscéralement aux valeurs de la République, issues du siècle des Lumières et de toutes les conquêtes sociales, avec ces adeptes du bushisme total ? Ces cavaliers de l’apocalypse étasuniens ont amené le monde au bord du gouffre : la guerre en Irak, la guerre en Libye, la guerre en Syrie et j’en passe, sont des trophées qu’il faut inscrire à leur sinistre palmarès.

Une vidéo d’Hervé Juvin* en réponse au journal Le Point à propos de sa UNE sur le « Néo-conservatisme » français. Les néocons français

Bien cordialement.

Lucien PONS.

*Hervé Juvin

Originaire de Bretagne, il fait ses études à Sciences-Po à Paris. En parallèle, il écrit des essais et fait du cinéma expérimental.

Plus tard, il se rapproche de Marcel Gauchet et de Raymond Barre.

Hervé Juvin … (lire la suite).

Hervé Juvin

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29 mai, par Jacques Sapir

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE

14 juin 2015

 

Le 29 mai 2015, nous fêterons le dixième anniversaire du referendum sur le projet constitutionnel, qui vit ce dernier rejeté par une large majorité (54,68%). Ce vote ne fut pas isolé. Quelques jours plus tard, les électeurs néerlandais rejetaient à leur tour le projet de traité. Mais, ce 29 mais sera l’occasion aussi de commémorer, car peu de gens auront à cœur de « fêter » cela, le déni de démocratie qui vit, quelques années après, l’essentiel du traité qui avait été rejeté être finalement adopté par un tour de passe-passe dans lequel l’UMP comme le P« S » ont été connivents. Ce déni a provoqué une véritable rupture dans la vie politique française. Nous en vivons aujourd’hui les conséquences. Dix années, donc, se sont écoulées, et les enseignements que l’on peut tirer des événements qui sont survenus depuis fondent la situation politique actuelle.

La crise démocratique.

Il ne faut guère aller chercher beaucoup plus loin la crise de la démocratie institutionnelle que traverse notre pays. J’écris « démocratie institutionnelle » et non démocratie, car de nombreux indices témoignent de ce que la démocratie est, elle, bien vivante même si les formes qu’elle prend peuvent surprendre, voire scandaliser. Ce qui est en cause c’est la crise de certaines institutions, crise qui découle de leur perte de légitimité.

Commençons par la presse : rarement depuis qu’il y a une presse libre en France son discours a été aussi et autant discrédité. On le constate dans l’effondrement du lectorat, mais aussi dans l’émergence, certes brouillonne et non dénuée de problèmes et d’abus, d’une « presse alternative ». Cette dernière s’est largement développée sur INTERNET. Le pire y côtoie le meilleur. Mais ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur. Le présent carnet en témoigne, avec un nombre de connexions mensuelles et un nombre de lecteur qui sont dignes d’un grand hebdomadaire. Pourtant, si tant de français vont aller chercher sur INTERNET des informations qu’ils n’estiment plus être fiables dans les médias institués, c’est bien parce que ces derniers ont par trop confondu l’opinion – légitime – avec l’information. Le fait qu’en 2005 ils aient pris, dans leur immense majorité, fait et cause pour le projet de traité sans laisser aux opposants, qui allaient pourtant s’avérer majoritaire, un espace d’expression digne et équilibré, n’y est pas étranger.

Mais, cette crise de légitimité touche aussi les partis traditionnels. A multiplier les grands écarts entre les proclamations d’avant les élections et les actes une fois arrivés au pouvoir, en étalant par trop leur cynisme et leur arrogance, ils ont rompu le lien de confiance qui les unissaient à la population. On voit ainsi la côte de popularité monter et descendre dans les sondages au gré de leur exercice du pouvoir. Tel Président, honni à la fin de son mandat, se refait une – timide – santé parce que son successeur s’est avéré aussi hypocrite et aussi cynique que lui même ne l’avait été. Entre le discours du Bourget, où François Hollande clame que « son ennemi est la finance » et la pratique du pouvoir qui le voit s’accroupir devant cette même finance au point de nommer un ancien banquier d’affaires comme Ministre de l’économie, on comprend qu’il y ait un malaise. Et le refus du président d’en prendre acte ne fait que le rendre plus important et plus évident.

Sur le fond, la crise de légitimité qui touche nos institutions, car la justice est elle aussi frappée, traduit l’impuissance, soit subie soit assumée, de ceux qui nous gouvernent. Et cette impuissance a un nom : la crise de l’Etat. Victor Hugo, dans Le Roi s’amuse fait dire au bouffon Triboulet « Je ne viens pas vous réclamer ma fille/ Quand on n’a plus d’honneur on n’a plus de famille ». Ces vers furent l’une des raisons de l’interdiction de la pièce par le pouvoir royal. On peut dire que quand on n’a plus d’Etat, quand on a abdiqué la souveraineté, on ne peut plus prétendre à la légitimité. Ajoutons à cela une atmosphère générale de collusion et de corruption au sein des élites, et l’on aura un tableau, certes pas exhaustif – il y faudrait un livre – des maux qui rongent notre démocratie depuis 10 ans et qui condamnent nombre des institutions de cette dernière.

Les transformations des partis politiques.

Dans ce cadre, on assiste à la transformation à marche forcée des principaux partis politiques français.

Pour le parti « socialiste », il est clair que l’on a deux mensonges pour une même expression. Ce n’est plus un parti depuis longtemps, mais une bande de dirigeants qui consentent, de temps à autre, à se plier aux rites d’une onction, à vrai dire assez peu démocratique, de la part de leurs sympathisants. Ce n’est pas, non plus, un parti « socialiste » ou les mots n’ont plus aucun sens quand ont voit le gouvernement issu de ce parti, et avec l’appui de la majorité de ses représentants, casser le code du travail, détruire l’école républicaine, renier ses promesses aux travailleurs, multiplier les cadeaux aux grandes entreprises alors même que les plus fragiles sont confrontés à une insécurité juridique destructrice. Plus fondamentalement, le parti « socialiste » a acquis sa base de classe. Il est devenu le parti de la petite bourgeoisie cosmopolite, celle qui ne voit dans l’Euro qu’un instrument utile pour ses déplacements (ignorant semble-t-il que moins de 10% des français va passer ses vacances à l’étranger). Assurément, il reste à l’intérieur de ce mouvement des femmes et des hommes de qualité et qui sont porteurs d’une réelle aspiration socialiste et républicaine. Mais, ces personnes sont condamnées à n’être que des buttes témoin d’une évolution aujourd’hui irrémédiable.

Le tableau n’est pas plus brillant pour l’UMP, désormais en passe d’être rebaptisé « Les républicains » par un de ces tours de prestidigitateur dont la communication politique est farcie. Mais, en réalité, nous n’avons qu’un conglomérat d’ambitions personnelles qui, pour l’instant, sont fédérées par un chef, pas si charismatique que cela, et dont on ne sait s’il finira devant le Parquet ou sur le tapis. Le programme de ce conglomérat est une catastrophe dans l’attente d’un détonateur. Qu’il s’agisse des propositions économiques, dont on voit bien qu’elles replongeraient la France dans la récession. Qu’il s’agisse des éléments de programme social, qui rivalisent dans l’ardeur réactionnaire avec celles des « socialistes ». Car, si ce sont eux qui portent à l’école de la République l’assaut final, ce dernier a bien été préparé par les réformes d’un dénommé Luc Chatel, ex-chef de produit chez L’Oréal, et qui avait mis en place tous les éléments idéologiques des décisions actuelles. Mais, du corps idéologique du gaullisme, que l’on pouvait admirer ou combattre mais qui avait sa cohérence et sa logique, il ne reste plus rien.

Face à ces deux transformations, aujourd’hui achevées, le champ politique présente des forces en mutation. La mouvance écologiste, dont EELV est une des principales composantes, est traversée par des crises à répétition. Certains, conscients qu’ils ne seront jamais gagnants préfèrent jouer placés en se rapprochant du P« S ». Si le rêve d’un mouvement écologique indépendant survit, ses forces déclinent alors même que de plus en plus de personnes sont convaincus de l’urgence de la crise écologique. La mouvance écologique a clairement échoué dans sa mutation. Pour la gauche radicale, le Front de Gauche et en son sein le Parti de Gauche, c’est aussi d’un échec qu’il nous faut bien parler. Jean-Luc Mélenchon avait mené une belle campagne lors des élections présidentielles de 2012. Mais, il a gaspillé une large part de son acquis à ne pas savoir choisir entre une logique clairement souverainiste et le fédéralisme européen. Cela témoigne, aussi, d’une incompréhension de la période ouverte avec le résultat du référendum de 2005. Il témoignait de la montée en puissance des thèses souverainistes, que ce soit par une intime conviction ou par le constat de l’échec du fédéralisme européen. Le saut aurait dû être fait, si ce n’est en 2012, très vite en 2013. A avoir trop voulu tergiverser, Jean-Luc Mélenchon, et avec lui le Front de Gauche, ont laissé échapper la possibilité que se constitue en France un mouvement similaire à SYRIZA ou à PODEMOS. On peut le regretter, mais il faut en prendre acte.

Dernière force en mutation, le Front National. On ne dira pas le cheminement compliqué, et seulement en partie réalisé, qui a conduit d’une formation clairement d’extrême droite vers un grand parti populiste. Rien n’était acquis en 2005. Pourtant, l’évolution est claire. Elle a bénéficié de la paralysie du Front de Gauche après l’élection de 2012. En un sens le FN-Phillipot est le produit de l’échec du FdG-Mélenchon. Mais, aujourd’hui, l’espace politique structuré par les idées souverainistes est en passe d’être hégémonisé par le Front National. Ce dernier connaît des crises internes, et la dernière a été la plus spectaculaire. Mais, ces crises sont le symptôme et non le moteur de cette évolution.

Dès lors, pour tous ceux qui ont voté « non » en 2005, il y a dix ans de cela, se pose la question de leurs relations avec le Front National. Dans un espace politique où la question de la souveraineté, c’est-à-dire celle de l’Etat, est aujourd’hui la question centrale en cela que toutes les autres en dépendent, il faudra bien l’aborder de face et trancher ou renoncer.

La crise de l’Union européenne.

Car ce qui donne à la question de la souveraineté toute son importance c’est aussi le fait que dans ces dix dernières années la crise des institutions de l’Union Européenne est allée en s’amplifiant.

Le Traité de Lisbonne, cette monstruosité née d’une forfaiture, établit de fait un régime de souveraineté limitée pour les pays qui en sont signataires. On a vu les conséquences s’en développer depuis la crise de 2008-2009. Le Traité sur la gouvernance européenne, que la France a ratifié sur la base d’un reniement (celui de François Hollande) et d’une nouvelle forfaiture, n’a fait qu’approfondir cette situation. Nous en voyons tous les jours les applications, qu’il s’agisse de notre impuissance organisée sur le plan diplomatique, qui se manifeste tant sur le dossier de l’Ukraine ou sur celui de la négociation du Traité de Libre-Echange transatlantique connu sous le nom de TAFTA, ou qu’il s’agisse de réformes imposées par la logique de Bruxelles et par celle de Francfort, c’est à dire l’Euro. Ces réformes inspirent les mesures mise en place par le gouvernement, que ce soit sur le droit du travail ou sur l’éducation.

Mais, en même temps qu’elle étendait et confortait son pouvoir en dehors de toute sanction démocratique véritable l’Union européenne entrait aussi dans une crise profonde. Les prémisses étaient visibles dès les années 1990 quand l’UE s’est lancée, faute de projet interne cohérent, dans la course aux adhésions, course qui a aboutit aujourd’hui à une crise diplomatique majeure avec la Russie. Mais, cette crise s’est surtout développée au moment même où se jouait la négociation du Traité de Lisbonne. Aujourd’hui il est clair que l’UE est un échec économique. Dans pratiquement tous les pays dits du « Sud » de l’Europe, mais ceci inclut aussi la France, le PIB par habitant stagne, voire est resté inférieur, à ce qu’il était avant la crise de 2008-2009. Et encore ceci n’inclut pas les pays qui ont été ravagés par des politiques d’austérité aussi stupides que meurtrières. Jamais les relations entre les Etats de l’UE n’ont été aussi hypothéquées par des récriminations, des critiques, voire des retours de l’Histoire. L’UE, établie soi-disant au nom de la paix dresse actuellement les peuples les uns contre les autres, provoque par son action inconsidérée des conflits à sa périphérie, et se révèle incapable d’y faire face.

Cette crise de l’Union européenne ne se limite pas à a crise de l’Euro. Car la zone Euro est bel et bien en crise. Quand bien même les problèmes de la Grèce seraient-ils réglés que l’on verrait surgir ceux de l’Italie, et derrière ceux de l’Espagne. Même le très conservateur, et très soumis à Mme Merkel, Premier-ministre espagnol commence à ruer dans les brancards. Il faut y voir, bien entendu, une des conséquences des succès électoraux remportés par PODEMOS récemment. Mais, au-delà de la crise de la zone Euro, on constate tous les jours la réalité d’une crise de l’UE, crise qui aiguise les appétits des Etats et dont la première victime a été le budget de l’UE. Les progrès des partis « eurosceptiques » ou souverainistes dans de nombreux pays ne font que refléter la profondeur de cette crise. Avec le référendum britannique, qui se tiendra soit en 2016 soit en 2017, l’UE va affronter un test sévère.

Si, encore, l’UE reconnaissait la réalité de cette crise, il y aurait un espoir d’évolution. Mais, plus la crise s’approfondit et plus elle est niée par les politiciens européens. Plus elle s’approfondit et plus l’UE se plonge dans les délices d’une gouvernance délivrée de tout contrôle démocratique. Désormais, la « démocratie sans le peuple » semble être son unique avenir. L’UE s’est lentement mais surement transformée en une machine d’oppression. C’est le signe indiscutable qu’elle est entrée dans sa crise terminale. De ce point de vue aussi, les dix ans qui nous séparent du 29 mai 2005 n’ont pas été anodins. Certains diront qu’ils ont révélé la véritable nature de l’UE. Je pense, pour ma part, qu’incapable de supporter la moindre critique, incapable de se livrer à la moindre autocritique, elle s’est lancé dans une fuite en avant qui en a changé la nature.

La révolution qui vient.

Pourtant, d‘autres évolutions auraient été possibles. S’il est bon et juste d’accabler tant Nicolas Sarkozy que François Hollande, les deux vaincus du 29 mai 2005, les deux dirigeants qui s’étaient le plus engagés pour le « Oui » et qui ont été désavoués lors du référendum, ceux là même qui sont devenus par la suite Président de la République, il convient de ne pas oublier la responsabilité de Jacques Chirac. Au soir du référendum, il avait toutes les cartes en main. Il aurait pu fédérer les « non » et s’appuyer sur eux pour tout à la fois imposer une renégociation et reconstruire une alliance politique qui lui aurait permis de faire élire son successeur désiré, dont on peut penser qu’il ne s’appelait pas Nicolas Sarkozy. Venant après l’attitude courageuse qui avait été la sienne en 2003 lors de l’intervention américaine en Irak, ceci lui aurait conféré une écrasante légitimité et l’aurait fait maître du jeu. Mais, il faut croire que toute son énergie avait été dépensée justement en 2003. En 2005, il fit les mauvais choix, et ces chois ont conditionné, en bonne partie, la suite.

Dés lors, et compte tenu de la décomposition sur pied des deux partis dominants, de la perte totale de légitimité qui les frappe et qui frappe aussi certaines de nos institutions, il est de plus en plus évident que nous sommes entrés dans une période révolutionnaire. Il faut cependant bien mesurer les mots. Cela ne veut pas dire qu’il y aura nécessairementune révolution – l’histoire se rit des déterminismes sommaires – ni que cette révolution correspondra nécessairement aux modèles de celles du XIXème et du XXème siècle. Parler de révolution signifie que l’ordre constitutionnel sera probablement interrompu, et en tous les cas probablement à reconstruire et que les partis, et les alliances politiques, que nous connaissons seront vraisemblablement pulvérisés ou à tout le moins profondément transformés. Cela veut aussi dire que la violence directe retrouvera sa place dans la lutte politique. On le sait, « la révolution n’est pas un dîner de gala ».

Dans une période révolutionnaire, il convient avant tout de ne pas se tromper d’ennemi. Le seul, le véritable ennemi des français et de la France, c’est tout ce qui s’oppose à ce que le pays retrouve sa souveraineté et, avec elle et grâce à elle, les conditions réelles de la démocratie. Si nous voulons retrouver la capacité de penser un modèle social dans un cadre collectif, si nous voulons mettre à bas l’euro-austérité, il nous faudra au préalable retrouver notre souveraineté. C’est ce que SYRIZA a bien compris en passant une alliance non pas avec le parti avec lequel les points d’accord étaient les plus grands sur la question sociale, mais avec les “Grecs Indépendants” (ou An.El) qui partageaient avec SYRIZA cette conception de la lutte pour l’austérité.

Le camp de ceux qui veulent sincèrement que la France et son peuple regagnent la souveraineté est composite. On peut y trouver nombre de points d’opposition, voire de fracture. Ceci fut déjà le cas dans la Résistance et l’une des taches du CNR fut justement de donner un cadre où ces oppositions pouvaient se manifester mais sans porter atteinte au combat pour la Libération. Que ce camp soit composite est d’ailleurs profondément logique dans une société qui est largement hétérogène et traversée d’intérêts différents. Mais, la constitution, et ici on a envie de dire la reconstitution de ces « choses communes », de ces res publica est aujourd’hui une priorité absolue. A quoi bon, en effet, se battre pour des parcelles de « pouvoir » si ce dernier est vide de sens ?

Cela impose que, dans le camp des souverainistes, on établisse une trêve sur ce qui divise afin de se concentre sur ce qui nous unit. J’écris « trêve » et non paix, car, une fois la souveraineté retrouvée, une fois l’Etat reconstruit, les luttes sociales et politiques reprendront de plus belle. Mais, dans la période actuelle, il faut comprendre que ces luttes doivent être soumises à l’objectif principal, celui du rétablissement de la souveraineté. Non que ces luttes soient contradictoires avec cet objectif. Je suis persuadé que dans la lutte contre le TAFTA tout comme dans celle contre la réforme des collèges et la casse de l’éducation nationale, c’est en réalité la souveraineté que l’on défend. Mais, nous pouvons avoir, et il n’y a rien de plus normal à cela, des points de vue qui différent dans le cadre de ces luttes. Ces contradictions, il faudra si ce n’est les faire taire, du moins les réguler pour qu’elles n’empêchent pas la constitution d’une large alliance. Cela implique que nos coups devront porter en priorité contre l’ennemi et non entre nous. Mais cela implique aussi qu’entre la souveraineté et l’utopie fédérale, il faudra choisir.

Source : Jacques Sapir, pour son blog RussEurope, le 28 mai 2015.

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Des esclaves thaïlandais derrière les crevettes vendues en supermarchés.

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Terrorisme

 Les crevettes de Thaïlande vendues en supermarché cachent un lourd trafic d'êtres humains.  afp./Joel Saget

Les crevettes de Thaïlande vendues en supermarché cachent un lourd trafic d'êtres humains. afp./Joel Saget

En Thaïlande, des hommes sont enchaînés, battus ou tués sur des bâteaux de pêche, révèle The Guardian, afin de fournir en crevettes les groupes de supermarchés Walmart, Tesco, Costco et Carrefour.

Un arrière-goût amer pour la crevette. Le quotidien britannique The Guardian révèle ce mercredi les résultats d'une enquête de six mois en Thaïlande, dans le milieu de la pêche industrielle à la crevette. Et le constat est effarant: des hommes sont vendus, enchaînés, battus voire tués sur les bateaux qui pêchent de quoi nourrir les crevettes des fermes marines spécialisées.

Selon The Guardian, la plus importante ferme de crevettes au monde, Charoen Pokphand CP Foods, se fournit en nourriture auprès de ces bateaux esclavagistes, qu'elle garde pour ses crevettes ou revend à d'autres fermes.

Les crevettes sont ensuite revendues dans les supermarchés du monde entier. Parmi les chaînes nommées se trouvent Walmart, Tesco, Costco et Carrefour.

Côté supermarchés, les réactions sont unanimes: ils sont contre l'esclavage et des enquêtes sont en cours. Carrefour rappelle au Guardian que des audits étaient effectués auprès de ses fournisseurs. Bien que les enquêtes aient été renforcées depuis 2012, le groupe admet ne pas avoir enquêté au-delà de CP Foods.

"Ils nous ont vendus comme des animaux"

Des esclaves qui ont réussi à s'échapper racontent aux journalistes leur quotidien à bord: 20 heures de travail d'affilée, des passages à tabac, de la torture et des exécutions par les capitaines. Quinze Birmans et Cambodgiens expliquent comment ils ont été capturés, puis vendus pour 300 euros minimum. "J'ai cru que j'allais mourir, se rappelle Vuthy, ancien moine cambodgien, vendu de capitaine en capitaine. J'étais enchaîné en permanence, sans soin ni nourriture. Ils nous ont vendus comme des animaux. Mais nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des êtres humains!"

La plupart des malheureux sont des migrants, venus de Birmanie ou du Cambodge pour travailler sur les sites de construction et embarqués de force sur des navires. Certains sont drogués. Un esclave se rappelle avoir vu 20 personnes être tuées devant lui. L'une d'elles a été "écartelée" puis "dispersée" dans la mer. "Nous étions frappés même si nous travaillions dur, ajoute un autre rescapé. Il y avait tellement d'esclaves qu'il était impossible de les compter."

Le quotidien britannique rappelle que CP Foods affiche un bénéfice annuel de 24,8 milliards d'euros et se surnomme "la cuisine du monde". CP Foods admet être au courant de l'esclavagisme en cours en Thaïlande. "Nous n'allons pas défendre cela, affirme au Guardian Bob Miller, directeur à CP Foods au Royaume-Uni. Nous savons qu'il y a des problèmes avec ce qui est livré au port. Or nous n'avons aucune visibilité sur l'ampleur du problème."

"Si vous achetez des crevettes de Thaïlande, vous achetez le produit de l'esclavage"

Certes, l'esclavage sur ces navires en Thaïlande a déjà été pointé du doigt par des associations, des ONG et même l'ONU. Cependant c'est la première fois que le lien est fait entre les esclaves et l'achat par le consommateur. "Si vous achetez des crevettes de Thaïlande, vous achetez le produit de l'esclavage", lance Aidan McQuade, d'Anti-Slavery, une ONG.

Si l'esclavage y est interdit, la Thaïlande est considérée comme un plaque tournante de trafic d'êtres humains. Il y aurait 500 000 esclaves dans le pays. L'industrie de la pêche emploie 300 000 personnes, dont 90% de migrants. "La Thaïlande se bat contre l'esclavage, affirme l'ambassadeur du pays aux Etats-Unis, Vijavat Isarabhakdi. Des progrès ont été constatés, même s'il y en a encore beaucoup à faire." Les Etats-Unis envisagent maintenant de placer la Thaïlande sur la liste noire du trafic d'êtres humains. Et donc de mettre en place des sanctions économiques.

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Discours de Rockefeller à la Commission Trilatérale en Juin 1991:

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme

Discours de Rockefeller à la Commission Trilatérale en Juin 1991:

Discours de Rockefeller à la Commission Trilatérale en Juin 1991:

« Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. »

http://www.wat.tv/video/rockefeller-remercie-medias-1zrrh_2hm19_.html

On notera au passage que la conseillère économique de Hollande et le directeur général de sécurité intérieure (DGSI) seront de la fête parmi les 8 autres français (140 participants au total). On retrouve aussi le directeur des services de renseignements danois, un représentant du département d’Etat américain, le ministre des Entreprises et de l’Innovation suédois, des finances hollandais, de la défense allemande, le Premier secrétaire d’État britannique, le premier ministre belge, hollandais et finlandais.

Même le président de l’Autriche et la reine Beatrix en personne assisteront à cette réunion dont une fois encore aucun média français ne parlera. Pourtant, il y aura 10 médias (écrits, télé). A noter la présence de 14 banques aussi

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L’IMPOSSIBLE PARTAGE

12 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le syndicalisme, #Le grand banditisme, #Le traité Transatlantique.

L’IMPOSSIBLE PARTAGE

Posté par 2ccr le 2 janvier 2014

Parfois, à l’occasion de grandes envolées médiatiques, certains hommes politiques de gauche, mais aussi de droite, déclarent : «il faut un partage équitable des richesses» ! Mais ces effets d’annonce restent toujours sans lendemain. Pourquoi ? Parce que cette mesure touche de plein fouet les fondements même du système capitaliste, et les hommes que nous élisons sont les garants de ce système.

Évidemment le Medef à chaque fois tempère l’enthousiasme, car pour le syndicat patronal : «les profits des entreprises ne sont pas négociables, seul l’actionnaire peut décider du montant de ses dividendes». C’est clair, pour eux, le salarié n’a aucun droit sur les richesses produites : l’actionnaire est tout, le salarié n’est rien ! Il ne faut pas intervenir dans la gestion des entreprises. D’ailleurs ils clament haut et fort que le problème de répartition des richesses n’est pas du ressort de l’État ! Or s’il est un problème essentiellement politique, c’est bien celui là !

Le patronat et les actionnaires ne veulent pas que l’État intervienne dans leurs affaires, par contre eux ne se gênent pas pour intervenir dans les affaires de l’État. Prétextant la fuite des capitaux ou les délocalisations, ils réclament sans cesse des baisses d’impôt, des allègements de charge ou davantage de subventions. Et toutes ces mesures qui consistent à gaver les plus riches n’ont eu jusqu’a présent qu’un seul effet : l’augmentation du chômage et de la précarité ! La course en avant des plus riches vers toujours plus de richesse est une des principales conséquences de la hausse des inégalités ; donc tant que nous ne remettrons pas en cause le droit de s’enrichir sans compter et sans morale, toutes les autres déclarations ne seront que de la poudre aux yeux !

Pour justifier ces inégalités, on nous a fait croire que les dépenses des plus riches relanceraient l’économie. Ce qui est faux, pour une raison toute simple, c’est que le taux d’épargne s’élève avec le revenu. Ils investissent principalement dans leur capital financier en demandant des rendements de plus en plus élevés. Cela entraine les baisses de salaires, des licenciements et des délocalisations. La seule chose que l’on a favorisée c’est la fuite de capitaux vers les paradis fiscaux. Il serait temps de se reprendre et de mettre fin à une politique qui ne produit que les effets contraires à ceux espérés ! Enfin, je dirais plutôt auxquels on nous fait croire, car ceux qui prennent ces décisions ne sont pas dupes !

Comme les plus pauvres ne peuvent plus consommer par manque d’argent, pour compenser le manque de salaire on a favorisé le crédit. L’illusion du pouvoir d’achat à été de courte durée, car il a fallu rembourser et avec des salaires à la baisse et le chômage à la hausse, les difficultés n’ont fait qu’empirer. Mais au passage les actionnaires des banques et des organismes de crédit se sont «sucrés». Profitant de la paupérisation des salariés, le patronat leur fait miroiter le fameux « travailler plus pour gagner plus », alors qu’il y a 5 millions de chômeurs et autant de précaires et de temps partiels ! Ces chiffres sont de véritables scandales qui justifieraient qu’on remise le capitalisme au rang des idéologies aberrantes.

Ce qui favorise la croissance à long terme c’est de développer des services publics de qualité. Mille fonctionnaires injecteront davantage d’argent dans «la machine» qu’un milliardaire ! Et que se soit dans l’éducation, la santé, ou les transports, la fonction publique fait travailler de nombreuses entreprises privées. Et combien le boulanger, le restaurateur ou l’artisan du coin ont-ils de fonctionnaires parmi leurs clients ? Le secteur économique privé ne peut se passer d’un secteur public fort ! Mais pour nos capitalistes cela ne suffit pas, ils veulent s’approprier les services publics pour pouvoir les « rentabiliser » et les gérer comme des entreprises privées, c’est à dire dégager des dividendes pour les actionnaires, créer de nouveaux chômeurs, exclure ceux qui ne pourront pas payer et bien sûr continuer à toucher de l’argent public pour les faire fonctionner !

Toucher à la répartition des profits c’est toucher au socle même du système capitaliste, à la propriété des moyens de production et à l’organisation du travail. La question du partage des richesses est la question fondamentale de savoir quel type de société nous voulons.

«Le capital c’est du travail volé»…Auguste Blanqui

Lire également : HEUREUSEMENT QU’IL Y A DES RICHES POUR …

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RAZZIA SUR LA FRANCE, on liquide et on s’en va…

12 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Le traité Transatlantique., #Le capitalisme;, #Le syndicalisme, #Le grand banditisme, #La lutte des classes

RAZZIA SUR LA FRANCE, on liquide et on s’en va…

Posté par 2ccr le 18 mai 2015

aavendreExit Ducros, exit Mory, exit MoryGlobal. De reprise en reprise ce fleuron du transport routier français est mort. Avec des milliers de chômeurs sur le bord de la route.
 
Dentresangle, autre pépite du transport routier français bouffé en quelques jours par une entreprise étazunienne, XPO Logistics. Une entreprise deux fois moins puissante que Dentressangle. XPO Logistics, 2,4 milliards de dollars et une perte de 63,6 millions de dollars ; Dentressangle : 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un bénéfice de 75,9 millions d’euros (pas de dollars!), en augmentation de 8% cette année. L’étazunien emploie 10.000 personnes sur 200 sites tandis que Norbert Dentressangle emploie 42.350 personnes sur 662 sites. «Dès l’acquisition, la marque Norbert Dentressangle va disparaître» avoue Hervé Montjotin, actuel président du directoire de Dentressangle. Cherchez l’erreur…
 
L’ouverture totale des frontières offre aux entreprises états-uniennes la possibilité de faire leur marché en Europe. C’est ce qu’on appelle la globalisation, la mondialisation prédatrice à la sauce dollar. Résultat : la liste des entreprises françaises qui passent sous pavillon étranger, surtout étazunien, s’allonge, s’allonge… Rachetées pour être dépouillées de leur savoir-faire, de leurs clientèle, de leurs brevets, de leurs actifs, de leur trésorerie, puis fermées, laissant les salariés sur le carreau.
 
Vous voulez des exemples ?
 
Péchiney. Vous vous souvenez de Péchiney. Un des fleurons de l’industrie française. Champion du monde de l’aluminium. Terminé. Mort Péchiney… Le groupe français a été racheté par le canadien Alcan en 2003. En 2007, ce dernier a lui-même été racheté par Rio Tinto. Résultat : Péchiney a été racheté pour être liquidé et ainsi éliminer un concurrent.
 
Arcelor. Le groupe sidérurgique – d’abord national sous le nom d’Usinor, devenu Arcelor en 2002 en fusionnant avec d’autres sidérurgistes européens – a été bouffé en 2006 par Mittal Steel Company. On connait les résultats : fermeture des usines, des milliers de chômeurs, toute une région ruinée… L’exemple typique, quasi caricatural, d’un rachat prédateur destiné à éliminer un concurrent.
 
Rossignol. C’était le numéro un mondial du ski avec 24% de parts de marché ! Il a été bouffé en 2005 par l’américain Quiksilver, surtout connu dans le monde du surf. Salomon ayant lui aussi été bouffé par Adidas, on ne peut plus skier français…
 
TDF (Télédiffusion de France). Racheté par Intermediate Capital et Texas Pacific Group. Les émetteurs de la Tour Eiffel sous donc sous contrôle yankee ! Bonjour la fierté nationale…
 
Comment cette razzia est-elle possible ? Pour deux raisons principales :
 
1 – Les dés sont pipés puisque les Etazuniens achètent avec de la monnaie de singe, le dollar, sorti de la planche à billet de l’oncle Sam. Elles n’ont pas été « achetées » mais razziées avec de la fausse monnaie.
 
2 – Les entreprises étazuniennes prédatrices sont bourrées de thunes qu’elles volent doublement : – elles « optimisent » leur fiscalité, c’est-à-dire qu’elles volent le fisc en France. Mais si elles rapatriaient leurs bénéfs aux Etats-Unis, elles devraient payer 35 % au fisc étazunien. Ce qu’elles ne veulent pas. Elles se trouvent donc à la tête d’une montagne de pognon planqué dans des paradis fiscaux, avec lequel elles font leur marché en France et en Europe.
 
Accessoirement, la baisse de valeur de l’euro par rapport au dollar fait que les entreprises européennes valent actuellement 25% de moins qu’il y a seulement quelques mois… Voilà comment tous les bijous de la famille France foutent le camp. Et ce n’est pas sans effets. Ces investisseurs étazuniens n’ont qu’un dieu : le fric, qu’une exigence : le maximum de rentabilité pour les actionnaires. Au détriment du développement de l’entreprise et, bien sûr, de l’emploi. Les patrons-voyous imposés par les actionnaires étazuniens n’ont dès lors pas d’états d’âmes pour délocaliser les entreprises là où la main d’œuvre coûte le moins. S’ensuivent le déplacement des sièges sociaux, des centres de recherche, la rupture avec les sous-traitants français, tuant des entreprises…
 
C’est ce qui se passe pour de très nombreuses entreprises françaises :
 
Alstom, entreprise majeure, strtatégique, est passé – du moins pour sa branche énergie, sous pavillon étazunien avec son rachat par Général Electric
 
Alcatel-Lucent bouffé par le Finlandais Nokia
 
Amora Maille : le groupe français a rejoint le groupe anglo-hollandais Unilever en 2000.
 
Brasseries Kronenbourg bouffé par le groupe danois Carlsberg
 
Converteam (conversion de l’énergie électrique) : racheté par General Electric en 2011. On peut mettre en relation avec le rachat-démantèlement de Alstom.
 
ClubMed bouffé par les Chinois
 
Danone : La branche biscuit du groupe (LU) a été racheté par l’américain Mondelez International en 2007.
 
Legrand (produits et systèmes pour installations électriques et réseaux d’information) : racheté par un groupe d’investisseurs étazuniens dont KKR et Goldman Sachs.
Marionnaud, le parfumeur est passé en 2005 sous pavillon chinois.
 
PriceMinister, pionnier de l’e-commerce français, a été racheté par le japonais Rakuten.
 
SPIE (ingénierie électrique et construction) : racheté par Clayton, Dubilier & Rice en 2011 pour 3 milliards de dollars US.
 
Smoby (jouets) : en 2008, le leader français du jouet est repris par le groupe allemand Simba.
 
Solocal (ex Pages Jaunes) : racheté par KKR et Goldman Sachs.
 
Et ce n’est pas tout… On va probablement vendre aussi GDF-Suez, le fournisseur essentiel du gaz pour toute la France. L’entreprise est en train de changer de nom pour que ça fasse moins désordre…
 
Et n’oublions pas l’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois, et bientôt – Macron l’a dit – les aéroports de Nice et de Lyon…
 
Vous me direz, la France fait pareil à l’étranger… Ceci n’est pourtant qu’un hors d’œuvre avant le grand dépouillement si TAFTA passe… « Paul Emploi illimited » ! Voilà une entreprise qui va encore se développer…
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Lire également : L’ÉCONOMIE de la CRISE
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« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes »… Karl Marx
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LES ORIGINES DE LA CRISE SYSTÉMIQUE DU CAPITALISME

11 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La mondialisation

LES ORIGINES DE LA CRISE SYSTÉMIQUE DU CAPITALISME

bibeau.robert@videotron.ca

10.06.2015

Pour lire l'article sur notre webmagazine : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/des-origines-de-la-crise-systemique-du-capitalisme/

La contradiction fondamentale du capitalisme étriqué

Quand le développement des moyens de production - comprenant les forces productives vivantes [le travail] - devient incompatible avec les rapports de production capitalistes (financiers, bancaires, monétaires, etc.) le mode de production tout entier est en danger de s'effondrer. Dans le Grundrisse, Marx a décrit ce postulat de la façon suivante :

« Dès que le travail sous sa forme immédiate [vivante et productrice de plus-value] a cessé d'être la source principale de [création de] la richesse [reproduction du capital], le temps de travail [nécessaire et surtravail] cesse et doit cesser d'être sa mesure [de la reproduction du capital] et la valeur d'échange cesse donc aussi d'être de la valeur d'usage. Ainsi, la production [le mode de production] basée sur la valeur d'échange [commerciale] s'effondre." Plus loin, Marx ajoute « Dès lors, le procès de production cesse d' être un procès de travail, au sens où le travail en constituerait l' unité dominante. Aux nombreux points du système mécanique, le travail n' apparaît plus comme être conscient, sous forme de quelques travailleurs vivants, éparpillés, soumis au processus d'ensemble de la machinerie, ils ne forment qu'un élément du système, dont l'unité ne réside pas dans le travailleur vivant, mais dans la machinerie vivante (active) qui par rapport à l' activité isolée et insignifiante du travail vivant, apparaît comme un organisme gigantesque. » (K Marx. Grundrisse (1857). Chapitre 3, Le Capital, Édition 10/18, p.328.)

Que doit-on comprendre de cette loi de fonctionnement du mode de production capitaliste ? Ce mécanisme concret et objectif de délitement de la valeur d'échange des marchandises en générale et de la première marchandise entre toutes - la force de travail - entraîne la scission inévitable entre la marchandise fétiche - l'argent - et toutes les autres marchandises commercialisées qu'il est censé représenter.

Là exactement se trouve la source de tous les accès de fièvre financière - des crises successives - du mode de production capitaliste bancal. Là se trouve, à la phase impérialiste du capitalisme du moins, la manifestation profonde de la contradiction entre le capital marchandise [les moyens de production et d'échanges] et le travail marchandise [la force de travail vivante] qui perd peu à peu sa valeur d'échange et même son utilité matérielle, donc sa valeur d'usage. Attention toutefois, les robots, les machines, les ordinateurs, les puces, les logiciels qui doivent remplacer le travail vivant sont des moyens de production produits par le travail salarié vivant et ils contiennent une grande quantité de valeur marchande [ils sont dispendieux]. Ces machines de toute nature et de toute espèce sont du capital constant (Cc) qui rendent obsolète une partie - et une partie seulement - du travail vivant (Cv) le remplaçant par du travail mort ce qui amène une hausse de productivité du travail vivant (même s'il ne reste que quelques prolétaires dans l'usine) et entraîne une détérioration de la composition organique du capital Cv/Cc, donc, une baisse du taux global de plus-value et de profit.

Il faut bien réaliser le drame shakespearien qui se noue sous nos yeux. La source même de toute valeur marchande - de toute valeur d'échange -, le fondement même du mode de production capitaliste - la seule marchandise ayant le pouvoir de transmettre de la valeur aux autres marchandises - voit s'anémier sa valeur. La source de toute valeur [de toute richesse] se tarit et ne peut donc plus transmettre ce qu'elle ne possède plus en "valeur ajoutée", en "plus-value" non payée. Le capital scie la branche sur laquelle il s'est perché pour proclamer sa gloire et sa toute-puissance éternelles (sic).

Valeur d'usage et valeur d'échange

Sous le mode de production capitaliste, en phase impérialiste décadente, ce n'est pas la valeur d'usage qui détermine la valeur d'échange, mais l'inverse, c'est la valeur d'échange marchande qui attribue de la valeur d'usage à une marchandise quelconque (la condition étant que sa production entraîne la réalisation de plus-value). Pire, la contradiction entre le travail et le capital s'approfondit encore davantage puisque le capital réduit sa consommation globale - mondiale - de force de travail salarié vivante dont il est pourtant totalement dépendant pour sa valorisation-reproduction. Le capital est donc contraint d'intensifier l'extraction de plus-value relative et absolue de chaque heure de travail vivant consommée. Ce procès d'intensification de l'extraction - confiscation - de toujours plus de plus-value mène le capitalisme jusqu'à réduire le temps de travail nécessaire au-delà du minimum social requis pour sa reproduction physique élargie. Ainsi, par le processus même de son aliénation la force de travail ouvrière est menacée d'extinction. La concrétisation de cette contradiction fondamentale entre le capital et le travail entraîne le système à son autodestruction. La force de travail vivante - le prolétariat mondial - n'a alors plus aucune alternative, ou bien il dépérit petit à petit et disparaît emportant le capitalisme avec lui, ou alors il connaît un sursaut de vie insurrectionnelle prolétarienne, s'objecte à son sort abject, et engage la révolution prolétarienne socialiste.

Que vient faire la « financiarisation » dans ce processus de déperdition ?

Expliquons maintenant comment la financiarisation - l'inflation - la crédification - la monétarisation du processus de production - d'échange - de réalisation du capital est venue subsumer cette contradiction fondamentale et la porter à des sommets inégalés de décrépitude décadente.

Faute de grandes masses croissantes de valeurs d'usage à transformer en valeurs marchandes et à réaliser en valeurs financières (monnaie, actions, obligations, titres de créances, produits boursiers dérivés) - à valoriser en fait, afin de perpétuer le cycle économique de valorisation du capital - le système bancaire et financier mondialisé s'est mis à émettre de la fausse monnaie - du néant de valeur monétaire - "du crédit, créant du dépôt pour générer de nouveaux crédits" une débauche d'ajustement et de dérèglements financiers, monétaires et boursiers en cascades (1).

Examinons simplement quelques statistiques (Tableau 1) qui marquèrent la descente aux enfers d'une banque qui en 2008 a été sacrifiée, lors de la crise des "subprimes", pour donner l'exemple à toutes les autres banques, qui, de toute manière, ne pouvaient et ne pourront jamais faire autrement. C'est le mode de production qui ne peut plus remplir sa mission de reproduction élargie à la fois de la force de travail et du capital. Ces deux composantes fondamentales du mode de production capitaliste sont indissociables et l'extinction de l'une entraînera la disparition de l'autre. Du moment que le capital ne peut plus assurer la reproduction élargie de la force de travail qui lui donne vie, le MPC s'engage dans un cul-de-sac qui ne peut que lui faire perdre la confiance de la classe ouvrière et son appui et engendrer sa destruction. Nous venons d'identifier la première condition de l'insurrection prolétarienne mondiale.

Le tableau 1 montre bien que si en 2008, lors de la faillite de la Lehman Brothers, la situation financière mondiale était catastrophique, quatre ans plus tard (2012), elle avait empiré du point de vue financier. La finance n'est que le reflet bancaire et monétaire de la réalité économique globale de l'économie nationale et internationale. Convenons toutefois qu'il ne pouvait en être autrement de par la loi de la dépréciation de la valeur marchande de la force de travail vivante créatrice de toute plus-value et de tout profit capitaliste.

Tableau 1

2008

2012

Volume des produits dérivés négociés hors cote en milliards de dollars (US)

516 000 milliards de dollars

708 000 milliards de dollars

Endettement des pays de l'OCDE (pays riches)

75%

105%

Déficit des pays de l'OCDE en% de leur PIB

3,5%

5,5%

Effet de levier de crédit des banques
"trop grosses pour faire faillite" (sic)

31 pour Lehman Brothers

De 13 à 85

Bilans des banques centrales Fed et BCE (créances pourries échangées contre de l'argent du néant)

900 milliards $
1 400 MM euros

3 000 milliards $
3 000 MM euros

Taux de croissance des pays de l'OCDE

0,5

-0,1

Taux de croissance mondiale

2,7

3,2

Taux de chômage des pays de l'OCDE

5,9

8

Réserves de change mondiales

4 000 milliards $

11 200 milliards $

Réserves de change de la Chine

1 900 milliards $

3 500 milliards $


Source: The Wall Street Journal, "Crise financière : leçon d'un sauvetage, un drame en cinq actes"

Faisons davantage de ce qui ne peut pas fonctionner

Et voici que des fumistes, des opportunistes, des réformistes, des gauchistes bourgeois qui souhaitent sauvegarder le mode de production capitaliste, suggèrent de faire davantage de ce qui ne marche pas pour remettre le patient sur pied et prolonger son agonie à l'infini. Lisez ceci :

« La nouvelle banque de développement des BRICS n’est pas une alternative au FMI et à la Banque mondiale (BM), mais un complément, car elle répond aux défis qui ont été ignorés par les institutions financières internationales. Le FMI n’a fait que travailler dans l’intérêt des spéculateurs et les énormes quantités de dollars, d’euros, de livres et de yens sortant des planches à billets arrivent aujourd’hui par vagues dans les pays des BRICS, déstabilisant leurs économies. Il est par conséquent nécessaire pour les BRICS de développer leurs propres institutions financières, pour financer des projets de développement à long terme. Faisant partie de ce nouveau système (sic), il y a le Système de réserve en devise, qui prend essentiellement en compte les leçons de la crise de 1997 en Asie, au cours de laquelle les devises des pays asiatiques ont chuté, à cause de la spéculation, de 80 % en une seule semaine. Il répond également aux attaques vicieuses lancées récemment par les fonds spéculatifs à l’encontre des pays d’Amérique latine" et l'analyste financière d'ajouter « Ce système parallèle pourrait bien devenir très rapidement la bouée de sauvetage suite à l’effondrement du système financier transatlantique : car un krach pourrait survenir à tout moment, plus gros que celui de 2008, qui a suivi la faillite de Lehman Brothers. Un tel krach pourrait être provoqué par le « Grexit », l’expulsion de la Grèce de l’euro par le FMI et la Troïka. Tout le système bancaire européen et probablement américain s’effondrerait dans la foulée ; un tel krach pourrait aussi être provoqué par la faillite de l’Ukraine ; ou par une simple explosion de la bulle des produits dérivés qui se monte actuellement à 2 millions de milliards de dollars, une somme qui ne pourra jamais être payée. » (2)

En vertu des lois objectives de l'économie politique capitaliste, en phase impérialiste, c'est-à-dire en phase d'économie politique globalisée, interreliée et mondialement intégrée, une moitié des continents ne peut s'effondrer sous le poids de ses contradictions économiques alors que l'autre moitié prospère. Les fonds d'investissement, les banques, les institutions internationales les entreprises multinationales des pays du BRICS seront entraînées par le fond en même temps que celles de l'autre alliance impérialiste atlantique régit par les mêmes lois d'économie politique. Des rencontres au sommet de la pyramide décrépie de l'impérialisme financier se tiendront bientôt qui scelleront le sort de la finance internationale dans sa cavalcade vers sa débandade mondiale (3). Nous avons depuis longtemps déjà prédit la dévaluation drastique des monnaies mondiales flouant ainsi les capitalistes créditeurs et les capitalistes débiteurs et les millions de petits épargnants. Voici que cette perspective cataclysmique se rapproche.

Une troisième guerre mondiale finira par se présenter comme l'unique alternative à ces contradictions économiques insolubles. Détruire des forces productives, des moyens de production, des marchandises en surplus (relatifs) deviendra l'unique solution que la mécanique du système impérialiste concurrentiel saura imposer aux plénipotentiaires de service (sous-fifres politiques et financiers déjantés) (4).

Les communistes finiront bien par comprendre que la classe prolétarienne n'a que faire de leurs querelles de chapelles grégaires - sectaires - dogmatiques (5).

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(1) https://www.youtube.com/watch?v=efIiQtfR7BI

(2) http://www.solidariteetprogres.org/zepp-larouche-lima-nouvelle-route-de-la-soie.html

(3) http://www.infowars.com/secret-meeting-in-london-to-end-cash/

(4) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/usa-otan-et-la-guerre-nucleaire/

(5) http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

POUR SE DÉSINSCRIRE DE CETTE LISTE : BIBEAU.ROBERT@VIDEOTRON.CA

POUR COMPLÉTER VOS INFORMATIONS. R. Bibeau (2014) Manifeste du Parti ouvrier. Publibook. Paris. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

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