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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Compte rendu commun de la rencontre entre le PRCF et le Parti de Gauche

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La gauche, #Le socialisme, #Le syndicalisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La République, #La lutte des classes

Publié par Michel El Diablo

 

Compte rendu commun de la rencontre entre le PRCF et le Parti de Gauche

A la demande du PCRF, une rencontre officielle a eu lieu le 10 janvier 2015 à Paris entre le PRCF et le PG. Elle s’est déroulé dans un climat cordial qui a permis de faire un vaste tour d’horizon de la situation, pointer fraternellement les convergences et les désaccords.

 

=>La délégation du  PG était conduite par Eric Coquerel.

=>La délégation du PRCF était composée d’ Antoine Manessis, Benoit Foucambert, Vincent Flament.

Ce compte-rendu n’est pas exhaustif, c’est une synthèse de nos échanges approuvée par les deux organisations.

 

Les deux délégations se sont notamment rejointes sur la République, la défense de principe de la souveraineté populaire (en constatant que le cadre premier de la démocratie est aujourd’hui la nation), la centralité de l’exploitation capitaliste et de l’antagonisme des classes, et sa pertinence, sur la nécessaire indépendance des forces progressistes à l’égard du parti socialiste.

 

Sur le plan international PG et PRCF se prononcent contre l’impérialisme, pour la sortie de l’OTAN. Ils dénoncent les manœuvres dangereuses de l’OTAN derrière les États-Unis notamment en Ukraine. C’est un danger pour la paix.

Les deux délégations enregistrent aussi leurs divergences sur l’analyse de l’euro, de l’UE.

 

=> Pour le PG, si la monnaie unique a été une erreur, il n’entend pas proposer la sortie de l’Euro considéré comme un  possible contrepoids au dollar au service d’une Europe refondée.  Mais ce serait dans le cadre d’une politique de désobéissance et de rapport de forces que mènerait un vrai gouvernement de gauche comportant notamment la rupture avec les traités actuels. On ne peut pas reconstruire l’Europe sans rupture avec l’UE actuelle.

=> Pour le PRCF la nature de classe de la construction européenne rend impossible une modification de son contenu et il propose la sortie unilatérale de la France de l’euro et de l’UE engageant ainsi un processus de changements démocratiques en France et en Europe dont le terme est la rupture avec le capitalisme et la perspective du socialisme pour la France.

Les deux délégations se retrouvent sur la priorité absolue à accorder la la décision du peuple français souverain, le PG n’excluant pas de se prononcer pour la rupture totale avec l’actuelle UE si les exigences du peuple français portées par un vrai gouvernement de gauche étaient méprisées.

 

Sur le syndicalisme si le PRCF condamne un syndicalisme de collaboration de classes, affilié à la CES, et lutte pour un syndicalisme de classe et de masse, affilié à la FSM, et sans lequel les travailleurs continueront de subir l’offensive patronale, le PG refuse de commenter la vie syndicale et constate que les syndicats ont constitué un pôle de résistance à l’ordre libéral depuis 30 ans.

 

Le PRCF estime que pour répondre à la fascisation de la société et à la menace fasciste, les forces progressistes doivent constituer un Front Antifasciste Patriotique et Populaire dont le cœur serait le monde du travail.

 

Le PG va débattre des questions stratégiques lors de son prochain congrès. Il défend la nécessité d’un programme gouvernemental d’urgence et défend la 6ème République par la constituante pour l’échéance de 2017.

 

Le PG souligne également l’importance de la dimension écologique du combat progressiste, ce que le PRCF approuve.

Les deux organisations conviennent de se parler régulièrement et de rester en contact.

 

SOURCE :

 

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LIQUIDATION judiciaire de MORY GLOBAL : 2 150 licenciements qui viennent s’ajouter aux 2 900 qu’avait entraînés celle de Mory Ducros l’année dernière

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le syndicalisme, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #Le socialisme

Publié par Michel El Diablo

 

 

Les salariés de Mory Global à Évreux bloquent l’entrée de l’entreprise, rue Gay-Lussac à Évreux

Les salariés de Mory Global à Évreux bloquent l’entrée de l’entreprise, rue Gay-Lussac à Évreux

Après le retrait de la principale offre de reprise de l’entreprise (qui ne concernait que 142 employés) et le refus du gouvernement de lui venir en aide, le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a prononcé mardi la liquidation judiciaire de MoryGlobal .

Au 30 avril 2015, les 2 150 salariés repris par MoryGlobal début 2014 après la liquidation de Mory Ducros, qui s’était soldée par la suppression de 2 900 emplois, seront à leur tour licenciés, ce qui constituera de nouveau l’un des plus grands « plans sociaux » de ces dernières années.
 

C’est Thomas Hollande, avocat du comité d’entreprise du transporteur et fils du Président de la République, qui a annoncé cette décision aux dizaines de salariés rassemblés à l’extérieur du tribunal. Ces derniers ont exprimé bruyamment leur écœurement et leur colère. «On a été roulés dans la farine depuis des années», s’est écrié l’un d’eux, employé de la société Mory depuis 35 ans. Les délégués syndicaux ont annoncé qu’ils allaient continuer à se battre pour obtenir «un PSE digne de ce nom» et «les mêmes conditions de départ que leurs collègues» partis il y a un an.

 

En février 2014, l’Etat avait accordé à la société un prêt de 17,5 millions d’euros. Dans un jugement d’une rare sévérité contre l’entreprise, le tribunal de commerce de Pontoise a constaté un an plus tard que «l’actionnaire principal a semblé se désintéresser du projet de restructuration de la société MoryGlobal et de sa pérennité », ne donnant aucun «signe suffisant d’implication». Pire, il «s’est lui-même mis en difficulté» en prélevant 7,5 millions d’euros de la trésorerie de MoryGlobal pour financer le PSE de Mory Ducros, s’étonnent les juges, évoquant un «acte de gestion anormal».

 

Le gouvernement a fait savoir qu’il allait faire du «traitement social et organiser une cellule de reclassement». Son porte-parole, Stéphane Le Foll, a déclaré mercredi sur RTL qu’il mesurait la «désespérance des salariés» de MoryGlobal, en ajoutant qu’il envisageait de «discuter tout de même du code du travail pour lutter contre le chômage». Traduction: faciliter encore les licenciements, baisser les salaires et augmenter le temps de travail.

 

SOURCE:

 

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Union du peuple de France ! par Jean LEVY et Claude Beaulieu du Bureau du Comité Valmy

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme

Publié par Jean Lévy

 

 

Union du peuple de France ! par Jean LEVY et Claude Beaulieu du Bureau du Comité Valmy

Au lendemain d’un double scrutin 

 

par Jean Lévy et Claude Beaulieu
membres du Bureau national

du Comité Valmy

mercredi 1er avril 2015, par Comité Valmy

 

Au lendemain d’un double scrutin

Ces deux derniers dimanches, la France a voté.

Ou plutôt 20 millions de Français sur 42 millions d’inscrits ont choisi parmi les candidats en lice ceux qui leur convenaient.

Et 22 millions ont boudé les urnes ou voté blanc ou nul.

Ce refus de vote exprime, pour la grande majorité d’entre eux, un choix politique.

Ils ont ainsi rejeté les « partis de gouvernement », comme on dit dans la bonne société pour désigner les deux formations qui, depuis plus de trente ans, exercent alternativement le pouvoir, l’UMP et le PS, au seul profit du capital.

 

Pour autant, ces électeurs n’ont pas voté non plus pour le Front national.

Ni pour la « gauche de la gauche » engluée elle-même dans une attitude équivoque tant sur « l’Europe » qu’elle voudrait « sociale » (comme d’autres pourraient s’enticher d’une « maffia de progrès »), que sur son opposition au gouvernement PS, tempérée par un électoralisme gagne-petit.

 

Ce refus massif de vote de millions et de millions de Français montre leur disponibilité pour un autre choix, celui d’une politique de progrès social et de prospérité que seul un peuple souverain dans une France indépendante peut mener.

 

C’est dire si la question de l’enfermement de notre pays dans la « forteresse européenne » est déterminante quant au choix de société. Malheureusement, aucune formation politique de « gauche » comme de droite ne l’a posée. Et les électeurs dans leur masse sentent bien que leur devenir ne se construit pas aujourd’hui dans leur propre pays, mais dépend aujourd’hui des décisions prises à Bruxelles par les représentants directs de Business Europe, l’oligarchie financière sous domination germano-américaine.

 

Dans ces conditions pour qui voter et précisément pourquoi voter ?

Certes, le scrutin pour les « départementales » a vu la bérézina des élus du parti dit « socialiste ». Les deux-tiers des départements perdus, et parmi eux les fiefs détenus depuis des décennies par leurs barons : le Nord, comme les Bouches-du-Rhône, la Corrèze territoire du Président, l’Essonne tremplin de Manuel Valls, la Seine-Maritime de Laurent Fabius, la Charente de Ségolène Royal et de beaucoup d’autres. Cette « déculottée » bien méritée n’a pas pour autant servi de leçon à François Hollande et à ses ministres. Peu importe ce que pensent les électeurs, ils proclament tous qu’ils vont continuer leur sale besogne, en en accentuant même le rythme…

 

Mais eux, ou leurs éventuels successeurs, pourraient-ils mener une autre politique ?

Non, bien sûr, puisqu’ils sont tous des fanatiques de la religion européenne !

Ils sont là seulement pour mettre en musique les symphonies écrites au-delà des frontières. Et si le suffrage les renvoie dans leurs foyers, leurs concurrents UMP piaffent d’impatience pour tenir les rênes du pouvoir…et mener toujours plus vite la même politique.

 

Il suffit de voir Nicolas Sarkozy frétiller d’aise sur nos écrans, ou Juppé se rengorger modestement.

Comment dans ces conditions, s’étonner que plus de cinq millions d’électeurs, faute de choix, votent pour le Front national ?

 

L’apparence du changement s’habille en bleu marine. Une dose de social dans un bouillon sécuritaire, des gens « qu’on n’a pas encore essayé », qui se drapent dans le costume de l’Opposant, et le tour est joué ! Du pays des gueules noires, de Lens à Carvin en passant par Hénin-Beaumont, aux « petits blancs » des rives méditerranéennes, le FN moissonne les épis que d’autres n’ont pas semé.

 

Car, il faut bien mesurer le recul idéologique à dimension historique opéré depuis plus de trente ans dans notre beau pays ! La démission politique des dirigeants du PCF a laissé orphelin notre peuple, qui ne sait plus à quels saints se vouer.

 

Il est temps, grand temps même, de rassembler nos compatriotes pour que ceux-ci fassent résistance.

Résistance à la colonisation de la France par l’oligarchie, celle du CAC d’abord, qui collabore par atavisme avec le capital étranger, celle de BusinessEurope, basé à Francfort, à Bruxelles et à Berlin, celle de Wall Street qui domine tous les marchés.

 

Résistance à notre propre gouvernement PS, et à sa politique de misère et de contre-révolution sociale, 
Résistance à ses équipes concurrentes bleues ou bleue marine, qui souhaitent prendre la relève.

Résistance par l’union du peuple de France

pour l’indépendance nationale et la souveraineté populaire,

conditions de la mise en œuvre d’une politique de progrès social et de paix.

Ce sont ces objectifs que se donne le Comité Valmy.

Paris le 31 mars 2015

 

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La presse française mène la charge anti Syriza, par Jack Dion.

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La France, #La finance dérégulée, #La lutte des classes

La presse française mène la charge anti Syriza

 
Jack Dion

Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre

"Finis les enfantillages ! Rangez vos jouets, vous vous êtes bien amusés, mais maintenant il s'agit de rentrer dans le rang ! De toute façon, ça ne marche pas et ça ne marchera jamais !" Ils sont comme ça nos éditorialistes. Avec les Tsipras et les Varoufakis, ils aiment jouer les pères Fouettard. Ou plutôt les mères Merkel...
Michael Sohn/AP/SIPA

Il faudrait écrire la folle histoire de la cabale anti Syriza menée par la presse française. On y retrouverait la morgue et la suffisance de ceux qui ont mené (et perdu) le combat pour le « oui » au Traité constitutionnel européen, en 2005. Ces grands esprits traitent les nouveaux dirigeants grecs avec la même délicatesse que les partisans du « non » voués au démon de l’inquisition idéologique. A les lire, rien n’est possible hors des traités coulés dans le marbre pour l’éternité. Quiconque en dévie mérite les feux de l’enfer.

Tel est l’antienne de Jean Quatremer, de Libération, de Dominique Seux, du journal Les Echos (et de France inter quand il n’y a pas de grève), et de Nicolas Barré, qui lui officie aussi aux Echos tout en portant la bonne parole à Europe 1, au nom du pluralisme à une voix. C’est également l’avis d’Axel de Tarlé, autre chroniqueur d’Europe 1, et qui agrémente Le Journal du dimanche de sa forte pensée.

Dans l’une de ses dernières chroniques, Axel de Tarlé décrivait un Alexis Tsipras « reparti piteusement de Bruxelles », tancé par un François Hollande lui disant en substance : « Allez ouste ! Fini de rire, au travail ! » Et Axel de Tarlé d’ajouter : « C’est la fin de l’illusion Syriza », dont le programme relevait « du coup de baguette magique ».

Bien informé, le chroniqueur sachant chroniquer notait : « D’ailleurs, les Grecs eux-mêmes ne semblaient pas y croire ». S’ils ont voté Syriza, en somme, c’est parce qu’ils sont masos. Axel de Tarlé pousse alors le cri de victoire qui rallie tous les orthodoxes : « Une fois de plus, on le voit, le plan B n’existe pas. C’est la victoire du “TINA” de Margaret Thatcher, there is no alternative (« Il n’y a pas d’alternative ») incarné aujourd’hui par Angela Merkel ». Merci pour ce moment de liesse générale.          

Le Monde, qui mène l’offensive anti Syriza depuis le début (n’est-ce pas Arnaud Parmentier ?) n’a pas voulu perdre la main. Le journal du soir a donc publié une double page dont le titre est tout un symbole : « Le rude apprentissage européen de la Grèce ».

A-t-on le droit de penser autrement qu’un eurocrate pur et dur et de le dire à haute voix ?A ce simple énoncé, on devine qu’on va découvrir comment un pays membre de l’UE depuis 1981 peut se voir administrer une leçon de rattrapage sur les us et coutumes et vigueur à Bruxelles. C’est normal vu que Le Monde répète par trois fois qu’Alexis Tsipras est un « jeune » Premier ministre, autrement dit un nouveau venu qu’il est important de bizuter. C’est pourquoi ce dernier « a pris des cours accélérés d’Europe », afin de « respecter les règles ». Comme le dit un ministre : « On te comprend, tu dois comprendre comment l’Europe marche ». Traduit en bon français, cela signifie : « On te laisse parler, mais tu dois nous laisser agir ».

Tsipras entend-il mettre un terme à la folie des privatisations en laissant 51% du capital sous contrôle public?  Réponse d’Angela Merkel : « Ça n’intéresse personne ». Ah bon. Yanis Varoufakis, ministre des Finances, veut-il détailler les dégâts de l’austérité ? Michel Sapin tranche : « Ce n’est pas comme ça que l’Europe fonctionne ». Bien, Michel. A tes ordres, Michel.

A-t-on au moins le droit de penser autrement qu’un eurocrate pur et dur et de le dire à haute voix ? Pas vraiment, si l’on en croit ce commentaire de Michel Sapin à propos d’Alexis Tsipras : « Il faut qu’il fasse atterrir ses troupes et que Syriza s’adapte et resdescende sur terre ». Autrement dit, il faut que Tsipras fasse du Samaras, son prédécesseur, tout comme François Hollande fait du Nicolas Sarkozy avec la réussite électorale que l’on sait. 

Pierre Moscovici, ex-ministre reconverti en commissaire européen, le dit d’ailleurs tout de go à ses interlocuteurs du Monde, ravis du propos : « La question est de savoir, maintenant, si le gouvernement grec est capable de présenter un programme de réformes sur lequel il n’a pas été élu ».

A Paris comme à Bruxelles, faire le contraire de ce que l’on dit et dire le contraire de ce que l’on fait, c’est le summum de la politique. Reste à savoir s’il en sera de même, ou pas, à Athènes.

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L’Amérique est divisée, mais l’Europe aussi Par Giuletto Chiesa.

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La guerre, #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie

L’Amérique est divisée, mais l’Europe aussi

Par Giuletto Chiesa

Mondialisation.ca, 30 mars 2015

sputniknews.com

 

Giulietto-Chiesa

L’initiative de Moscou d’accueillir une réunion sur le « processus de paix » en Syrie semble marquer l’ouverture d’un espace de dialogue qui, jusqu’à très récemment, semblait encore impossible.

Si le Kremlin va dans cette direction, c’est que les conditions sont désormais réunies. Elles découlent d’une crise politique évidente en cours à Washington, où la récente incursion de Benjamin Netanyahou a fini par provoquer un véritable tremblement de terre…

Barack Obama, attaqué et provoqué sur son propre terrain, était obligé de réagir. S’il ne parvient pas à arrêter la ligne de conduite du futur premier ministre israélien reconfirmé dans ses fonctions, les Etats-Unis risquent de se retrouver dans une situation qu’Obama considère comme absolument non acceptable. Pire, cette situation pourrait devenir périlleuse pour les intérêts américains eux-mêmes.

Netanyahou a été clair : l’objectif doit être d’ « arrêter Téhéran » à tout prix ; d’interdire tout Etat palestinien, aujourd’hui comme demain ; et de se débarrasser définitivement de Bashar al-Assad.

Trois coups de canon, tous les trois visant l’Iran.

Et sur ces points, Netanyahou a obtenu l’ovation du Sénat américain, dominé aujourd’hui par les néocons, qui ont convaincu aussi une bonne fraction du Parti démocrate. John Kerry a ainsi été contraint de reprendre les rênes et de changer de direction : maintenant on dialogue vraiment avec Bashar al-Assad (puisqu’on ne peut pas parler directement avec Téhéran tout en continuant à bombarder Damas, une évidence que Barack Obama a perçu seulement lorsqu’il a mesuré la dimension de la menace interne).

Même chose sur la question de l’État palestinien. Et sur la question du nucléaire [iranien]. La Maison Blanche a clairement indiqué que les installations de colonies en Cisjordanie étaient inadmissibles et, encore plus significatif, que les négociations sur le nucléaire iranien iraient de l’avant quoiqu’il arrive.

Ces déclarations ont une signification bien précise : sur ces points-là, le président américain veut renouer les liens avec l’Europe, c’est-à-dire avec l’Allemagne et la France. Car Merkel et Hollande affichent désormais une ligne clairement hostile à la fourniture d’armes à Kiev. C’est exactement l’inverse de ce que voudraient les néocons, mais aussi la Pologne, les républiques baltes et la Grande-Bretagne.

Si la ligne dure contre la Russie se poursuit, les États-Unis risquent bien de perdre le contact avec leurs plus importants partenaires européens.

La nervosité à Berlin et Paris, surtout depuis l’étrange crash de l’avion de Germanwings, a augmenté l’atmosphère de suspicion. Et il est maintenant clair pour tous que le président ukrainien Petro Poroshenko –  qui s’en remet, même de façon précaire, aux conseils de Berlin – a mis au placard l’homme de Washington, Ihor Kolomoyskyi. Autant de signaux qui montrent que les partisans de la guerre en Ukraine sont en train de perdre leur popularité dans les pays les plus importants en Europe, lesquels se préoccupent de moins en moins des futures frontières étatiques de l’Ukraine.

Et donc, non seulement l’Europe est divisée, mais l’Amérique l’est aussi. Au sujet du Moyen-Orient, et aussi sur l’Ukraine.

Bashar al-Assad a donc raison quand il fait le lien entre la crise syrienne et celle en Ukraine : dans les deux cas, l’objectif de la « coalition va-t-en-guerre » est bien d’affaiblir la Russie.

Moscou tend évidemment la main à ceux qui, en Europe comme aux USA, veulent un dialogue. Nous verrons bien ce qui se passera à Moscou, sur ce processus de Paix,  qui intéresse au plus haut point Bashar al-Assad.

Giulietto Chiesa

Source : sputniknews, le 27 mars 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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Le Conseiller du Ministre de la Défense ukrainien : Il faut déporter les habitants du Donbass.

1 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #La guerre, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #le nazisme, #La mondialisation, #Le fascisme, #Terrorisme

Le Conseiller du Ministre de la Défense ukrainien :
Il faut déporter les habitants du Donbass


Le 30 mars 2015 – Source thesaker.is 

Dmitri Yarosh, député à la Rada ukrainienne [Parlement, NdT] et chef du Secteur Droit [Parti néonazi, NdT], a déclaré que les habitants insoumis d’Ukraine de l’est doivent être déportés et déchus de leurs droits civiques avant qu’un programme d’ ukrainisation bienveillante puisse être mis en place.

Dmitri Yarosh, maintenant conseiller du Ministre de la Défense ukrainien

Yarosh a noté que la plus grande partie du Donbass est peuplée de sovoks, un terme argotique insultant en ukrainien et en russe dérivé du mot soviet. Yarosh a déclaré que la région est «peuplée de Sovoks – des vrais Sovoks. Et ils devraient être déportés. Nous devons agir avec une grande sévérité à l’égard de ceux qui ne veulent pas vivre selon les règles et les lois de l’État. Cela inclut la déportation, la privation des droits civiques, et ainsi de suite. Sans usage de la force, il ne sera pas possible de faire quoique ce soit de cette région, et d’inverser la tendance, pour ainsi dire.»

 

Le chef du Secteur Droit a ajouté que le cas des habitants insoumis de la région devait aussi être traité. «Si nous nous débarrassons de ceux qui ne respectent pas les règles, tout sera bien, tranquille et paisible. Et seulement ensuite pourra commencer un programme visant à faire aimer l’ukrainisation.» Le député a noté que la renaissance spirituelle ne pourra commencer que si les autorités agissent d’une manière cohérente et énergique.

Yarosh a cité la réponse des autorités ukrainiennes à des événements survenus dans la ville de Konstantinovka, dans le Donetsk, contrôlée par l’armée ukrainienne : le conducteur d’un véhicule blindé, qui était ivre, a percuté une foule, écrasé et tué une petite fille de huit ans avant de prendre la fuite. Ce qui a provoqué des émeutes dans les rues.

«Les événements à Konstantinovka sont un exemple de ce que je veux dire. Si nous avions montré même un tout petit peu de faiblesse… Dès le début, tout un tas de « héros » ont commencé à sortir de nulle part à quatre pattes, instrumentalisant la tragédie dans leurs propres intérêts séparatistes. Et quand nos gars sont sortis et ont commencé à tirer en l’air et à arrêter les instigateurs des émeutes, tout s’est arrêté d’un coup. C’est la règle», a expliqué Yarosh.

Le Secteur Droit, dirigé par Yarosh pendant un défilé à Kiev (RIA Novosti / Alexandr Maksimenko)

Le député a remarqué que, de son point de vue, il y a encore beaucoup de vrais patriotes ukrainiens dans la région, et que les attitudes anti-Kiev actuelles sont le résultat de nombreuses années de propagande russe et de la suppression des valeurs spirituelles véritablement ukrainiennes. Yarosh a expliqué que « les gars des régions de Donetsk et Lugansk » qui combattent pour l’armée ukrainienne «devraient devenir la nouvelle élite, sur la base de laquelle une société qualitativement neuve pourra se construire… Et ces attitudes vatnik [expression argotique désignant les Russes qui aiment leur pays d’un amour aveugle], ces attitudes oligarchiques criminelles qui colonisent l’esprit des gens ordinaires pour une raison ou une autre doivent être extirpées».

Le leader nationaliste extrémiste a indiqué qu’il a accepté l’invitation du président à venir travailler au ministère de la Défense, ajoutant qu’il a choisi de le faire sur une base volontaire. Parlant des récentes pertes de l’armée ukrainienne sur le front, Yarosh a rappelé que «nous avons subi une déroute près de Ilovaisk… D’une part, nous avons appris à combattre, avec un moral à un niveau élevé. Mais les choses se passent très mal lorsqu’un troupeau de lions est conduit par des moutons. Ils ne peuvent pas nous mener à la victoire, et nous font seulement reculer… Pour parler de la situation actuelle sur le front, nos forces sont encore menacées par divers encerclements. Et je ne sais pas, de nouveau, si les moutons vons réagir à ça ou s’ils jouent une sorte de jeu géopolitique.»

Le Secteur Droit est l’aile d’extrême-droite du Parti nationaliste ukrainien. En janvier et février 2014, les membres du mouvement ont participé massivement aux combats avec la police ukrainienne dans les rues de Kiev, et à la prise de bâtiments gouvernementaux pendant le coup d’état de l’Euro-Maïdan. Dès le mois d’avril, ils ont pris la direction dans l’écrasement des mouvements de protestation en Ukraine orientale, et dans l’application du nouvel ordre du gouvernement révolutionnaire. En outre, ils ont été impliqués dans les opérations militaires de Kiev au Donbass. Le Corps de volontaires ukrainiens du Secteur Droit comprend deux bataillons qui opèrent en Ukraine de l’Est, ainsi que huit bataillons de réserve dans le reste du pays.

En novembre 2014, la Cour suprême de Russie a déclaré le Secteur Droit organisation extrémiste, et son activité a été interdite sur le territoire de la Fédération de Russie. Plus tôt, en mars 2014, les autorités russes ont lancé un mandat d’arrêt contre Dmitri Yarosh pour incitation au terrorisme et pour les opérations militaires de son organisation contre l’armée russe lors de la première guerre de Tchétchénie.

Article original

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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L’assassinat de la Grèce, par James Petras.

1 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #La mondialisation, #La République

L’asphyxie de Syriza fait partie intégrante d’un processus qui dure depuis dix ans en vue de l’élimination de la Grèce par l’UE.

Par James Petras – le 22 février 2015

 

by Dr. James Petras

Le gouvernement grec est aujourd’hui enfermé dans une lutte à mort face à l’élite qui domine les banques et les centres du pouvoir politique de l’Union Européenne.

Ce qui est en jeu, ce sont les conditions de vie de 11 millions de travailleurs, fonctionnaires et artisans grecs, ainsi que la viabilité de l’Union Européenne. Si le gouvernement de Syriza capitule face aux exigences des banquiers de l’Union Européenne et accepte de poursuivre la politique d’austérité, la Grèce sera alors condamnée à des décennies de régression, de misère et de domination coloniale. Si la Grèce décide de résister et si elle est contrainte de quitter l’Union Européenne, il lui faudra répudier une dette extérieure de 270 milliards d’euros, provoquant la chute des marchés financiers internationaux et l’effondrement de l’Union Européenne.

 

Les dirigeants européens : des fantoches impuissants

Les dirigeants de l’Union Européenne misent sur un reniement par les dirigeants de Syriza des promesses faites à l’électorat grec qui, au début du mois de février 2015, voulait, à une écrasante majorité (plus de 70 %), en finir avec l’austérité et le paiement de la dette, développer les investissements de l’état dans l’économie nationale et le développement social (Financial Times 7-8/2/15, p. 3). Les choix sont douloureux, leurs conséquences auront une portée historique mondiale. Les enjeux vont bien au-delà de l’aspect local, ou même régional à court terme. C’est à l’échelle mondiale que tout le système financier en sera affecté (FT 10/2/15, p. 2).

Bien au-delà de l’Europe, le non-remboursement de la dette va se propager à tous, débiteurs ou créanciers ; la confiance des investisseurs à l’égard de l’empire financier occidental sera ébranlée. Avant tout, toutes les banques occidentales ont des liens directs ou indirects avec les banques grecques (FT 2/6/15, p. 3). Quand ces dernières s’effondreront, elles seront profondément affectées au-delà de ce que leurs gouvernements peuvent supporter. L’intervention massive de l’état sera à l’ordre du jour. Le gouvernement grec n’aura plus alors d’autre choix que de prendre le contrôle de l’ensemble du système financier… l’effet domino affectera en premier lieu l’Europe du Sud puis se propagera aux “régions dominantes” du nord ainsi qu’à l’Angleterre et à l’Amérique du Nord (FT 9/2/15, p. 2).

Afin de comprendre les origines de ces crises et des choix auxquels la Grèce et l’Union Européenne sont confrontées, il est nécessaire de passer rapidement en revue les développements économiques et politiques des trois dernières décennies. Nous procéderons en examinant les relations grecques et européennes entre les années 1980 et 2000, puis la crise actuelle et l’intervention européenne dans l’économie grecque. Dans la section finale, nous discuterons de l’ascension et de l’élection de Syriza et de sa soumission grandissante dans le contexte 0de domination et d’intransigeance de l’Union Européenne, mettant en évidence la nécessité d’une cassure radicale avec les anciennes relations de ‘seigneur à vassal’.

Histoire ancienne : la fondation de l’empire européen

En 1980 la Grèce fut admise dans la Communauté économique européenne (CEE) comme un état vassal de l’empire émergent franco-allemand. Avec l’élection d’Andreas Papandréou, chef du parti panhellénistique socialiste grec qui disposait d’une majorité absolue au Parlement, l’espoir d’un changement radical dans les affaires intérieures et extérieures se faisait jour. 1/ En particulier, pendant la campagne électorale, Papandréou avait promis la sortie de l’OTAN et de la CEE, l’annulation des accords autorisant les États-Unis à maintenir des bases militaires en Grèce et une économie fondée sur la “propriété sociale” des moyens de production. Après avoir été élu, Papandréou a immédiatement assuré à la CEE et à Washington que son gouvernement resterait au sein de la communauté européenne et de l’OTAN et renouvelé les accords sur les bases militaires des États-Unis. Des études, commandées par le gouvernement au début des années 80, montrant les résultats à moyen et long terme du maintien de la Grèce dans la CEE, notamment la perte de contrôle du commerce, des budgets et des marchés, ont été ignorées par Papandréou qui a choisi de sacrifier l’indépendance politique et l’autonomie économique sur l’autel des transferts de fonds à grande échelle, des prêts et des crédits venant de la CEE. Depuis son balcon, Papandréou a parlé aux masses d’indépendance, de justice sociale, alors qu’il conservait des liens avec les banquiers européens et les oligarques grecs, armateurs comme banquiers. L’élite européenne à Bruxelles et les oligarques grecs à Athènes ont gardé la mainmise sur les hautes sphères du système politique et économique de la Grèce.

Papandréou a conservé les pratiques de clientélisme politique mises en place par les précédents gouvernements de droite, remplaçant uniquement les fonctionnaires de droite par des membres du parti PASOK.

La CEE a balayé la rhétorique radicale bidon de Papandréou et s’est focalisée sur le fait qu’elle achetait le contrôle et la soumission de l’état grec en finançant un régime clientéliste corrompu, qui détournait les fonds des projets de développement de la compétitivité économique grecque au profit d’un système de favoritisme fondé sur une consommation accrue.

Les élites européennes savaient, au final, que la mainmise financière sur l’économie leur permettrait de dicter la politique grecque et de la garder au sein de l’empire européen émergent.

En dépit de la rhétorique démagogique “tiers-mondiste” de Papandréou, la Grèce était profondément ancrée au sein de l’Union Européenne et de l’OTAN. Entre 1981 et 1985, Papandréou a rejeté sa rhétorique socialiste en faveur d’une augmentation des dépenses sociales pour les réformes de l’aide sociale, l’augmentation des salaires, des pensions et de la couverture de santé, tout en renflouant les entreprises en faillite économique mises à terre par des capitalistes kleptocrates. Résultat, tandis que le niveau de vie augmentait, la structure économique de la Grèce ressemblait toujours à celle d’un état vassal fortement dépendant de la finance de l’Union Européenne, des touristes européens, et à une économie de rente basée sur l’immobilier, la finance et le tourisme.

Papandréou a consolidé le rôle de la Grèce comme avant-poste vassalisé de l’OTAN, une plate-forme pour une intervention militaire américaine au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale doublée d’un marché pour les produits manufacturés d’Allemagne et d’Europe du Nord.

D’octobre 1981 à juillet 1989 la consommation grecque a augmenté tandis que la productivité stagnait. Papandréou a remporté les élections en 1985 en utilisant les fonds de la CEE. Pendant ce temps la dette grecque européenne s’envolait… Les dirigeants de l’UE ont condamné la mauvaise utilisation des fonds par la vaste armée de kleptocrates de Papandréou mais pas trop bruyamment. Bruxelles reconnaissait que Papandréou et le PASOK représentaient le meilleur moyen pour museler l’électorat radical grec et garder la Grèce sous tutelle de la CEE et comme fidèle vassal de l’OTAN.

Des leçons pour Syriza : les réformes à court terme et la stratégie vassaliste du PASOK

Qu’il soit dans le gouvernement ou en dehors, le PASOK a suivi les traces de son adversaire de droite (Nouvelle Démocratie) en acceptant la camisole de force de l’OTAN-CEE. La Grèce a continué à maintenir les dépenses militaires par habitant au niveau le plus élevé de tous les membres européens de l’OTAN. Résultat, la Grèce a reçu prêts et crédits pour financer des réformes sociales à court terme et la corruption à grande échelle à long terme, tout en élargissant l’appareil politique de l’état-parti.

Avec l’ascension du premier ministre ouvertement néolibéral Costas Simitis en 2002, le régime du PASOK a manipulé les comptes, fabriqué des données gouvernementales sur son déficit budgétaire, avec l’aide des banques d’investissement de Wall Street, et est devenu un membre de l’Union Monétaire Européenne. En adoptant l’euro, Simitis a favorisé une plus grande subordination financière de la Grèce aux fonctionnaires européens non élus de Bruxelles, dominés par le ministère allemand des finances et les banques.

Les oligarques grecs ont fait de la place au sommet pour une nouvelle espèce d’élite kleptocratique issue du PASOK, qui a détourné des millions sur les achats militaires, commis des fraudes bancaires et s’est livrée à une évasion fiscale massive.

Les élites bruxelloises ont permis à la classe moyenne grecque de vivre l’illusion d’être des “européens prospères” car elles conservaient une influence décisive à travers les prêts et l’accumulation des dettes.

Une fraude bancaire à grande échelle – trois cent millions d’euros – a même impliqué le bureau de l’ex-premier ministre Papandréou.

Les relations clientélistes à l’intérieur de la Grèce n’avaient d’égales que les relations clientélistes entre Bruxelles et Athènes.

Même avant le krach de 2008 les créanciers de l’UE, banquiers privés et prêteurs officiels, fixaient les paramètres de la politique grecque.

Le krach mondial révéla les fondations fragiles de l’état grec – et conduisit directement à l’intervention directe et brutale de la Banque Centrale Européenne, du Fonds Monétaire International et de la Commission Européenne – la tristement célèbre « Troïka ». Cette dernière a imposé les politiques « d’austérité » comme condition du “sauvetage”, qui ont dévasté l’économie, provoquant une crise économique majeure, appauvrissant plus de 40% de la population, réduisant les revenus de 25% et générant 28% de chômage.

La Grèce : captivité par invitation

Prisonnière de l’UE politiquement et économiquement, la Grèce était impuissante au plan politique. Mis à part les syndicats qui ont lancé trente grèves générales entre 2009 et 2014, les deux principaux partis, PASOK et Nouvelle Démocratie, ont amené la prise de contrôle par l’UE. La dégénérescence du PASOK en un appendice de l’UE constitué d’oligarques et de vassaux collaborateurs a vidé de son sens la rhétorique ‘socialiste’. Le parti de droite Nouvelle Démocratie a renforcé et rendu plus profonde encore la mainmise de l’UE sur l’économie grecque. La Troïka a prêté à son vassal grec des fonds (“de sauvetage”) qui furent utilisés pour rembourser les oligarques financiers allemands, français et anglais et renforcer les banques privées grecques. La population grecque était ‘affamée’ par les politiques “d’austérité” destinées à maintenir le flot des remboursements sortant vers le haut.

L’Europe : Union ou Empire ?

La crise de L’Union Européenne de 2008/2009 eut plus d’impact sur ses maillons faibles, l’Europe du Sud et l’Irlande. L’Union Européenne a révélé sa véritable nature d’empire hiérarchique, dans lequel les états puissants, l’Allemagne et la France, pouvaient ouvertement et directement contrôler l’investissement, le commerce, les politiques monétaires et financières. Le “sauvetage” de la Grèce tant vanté par l’UE était en fait le prétexte pour imposer de profonds changements structurels. Ceux-ci incluaient la dénationalisation et la privatisation de tous les secteurs économiques stratégiques, les remboursements de dettes perpétuels, les diktats étrangers sur les politiques de revenus et d’investissements. La Grèce a cessé d’être un état indépendant : elle a été totalement et absolument colonisée.

Les crises perpétuelles de la Grèce : la fin de “l’illusion européenne”

L’élite grecque et, au moins depuis 5 ans, la plupart des électeurs, ont cru que les mesures régressives (“austérité”) adoptées – les licenciements, les coupes budgétaires, les privatisations, etc., étaient des traitements amers de courte durée qui mèneraient rapidement à une réduction de la dette, à l’équilibre budgétaire, à de nouveaux investissements, à la croissance et au redressement. Du moins, c’est ce que leur disaient les experts économiques et les dirigeants de Bruxelles.

En réalité, la dette a augmenté, la spirale descendante de l’économie s’est poursuivie, le chômage s’est amplifié, la dépression s’est aggravée. “L’austérité” était une politique de classe instaurée par Bruxelles pour enrichir les banquiers étrangers et piller le secteur public grec.

La clé du pillage par l’UE a été la perte de la souveraineté grecque. Les deux partis majoritaires, Nouvelle Démocratie et le PASOK, en étaient des complices actifs. Malgré un taux de chômage de 55% chez les 16-30 ans, la coupure de l’électricité de 300 000 foyers et un exode de masse (plus de 175 000), l’UE (comme on pouvait le prévoir) a refusé d’admettre que le plan d’”austérité” avait échoué à redresser l’économie grecque. La raison pour laquelle l’UE s’obstinait dans cette “politique ayant échoué” résidait dans le fait qu’elle bénéficiait du pouvoir, des privilèges et des profits du pillage et de sa suprématie impériale.

De plus, la reconnaissance par l’élite de Bruxelles de son échec en Grèce aurait probablement pour résultat qu’il lui serait demandé de reconnaître également ses échecs dans le reste de l’Europe du Sud et au-delà, y compris en France, en Italie et chez d’autres membres clés de l’UE (Economist 17/1/15, p. 53). Les élites dirigeantes, financières et entrepreneuriales, d’Europe et des USA ont prospéré par les crises et la dépression, en imposant des coupes budgétaires dans les secteurs sociaux, les salaires et les traitements. Admettre un échec en Grèce aurait des répercussions en Amérique du Nord et en Europe, remettant en question leurs politiques économiques, leur idéologie et la légitimité des dirigeants. La raison pour laquelle tous les régimes de l’UE soutiennent l’insistance de l’UE à ce que la Grèce continue à respecter cette politique “d’austérité” manifestement perverse et rétrograde et impose des “réformes structurelles” réactionnaires, est que ces mêmes gouvernants ont sacrifié le niveau de vie de leur propre population active au cours des crises économiques (FT 13/2/15, p. 2).

Les crises économiques, de 2008/2009 jusqu’à aujourd’hui (2015), demandent toujours de durs sacrifices pour perpétuer les profits des classes dirigeantes et financer les subventions publiques des banques privées. Toutes les institutions financières majeures – la BCE, la Commission Européenne et le FMI – suivent la même ligne : aucune contestation ou écart ne sera toléré. La Grèce doit accepter les diktats de l’UE ou faire face à d’énormes représailles financières. “Etranglement économique ou servage perpétuel envers la dette” est la leçon que Bruxelles envoie à tous les états membres de l’UE. Alors que, ostensiblement, elle parle à la Grèce – c’est un message destiné à tous les états, mouvements d’opposition et syndicats qui mettraient en question les diktats de l’oligarchie bruxelloise et de ses suzerains allemands.

Tous les principaux médias et grands pontes de l’économie ont servi de mégaphone aux oligarques de Bruxelles. Le message répété sans cesse par les libéraux, conservateurs et sociaux démocrates aux nations persécutées, aux travailleurs dont les revenus baissent, qu’ils soient salariés ou payés à la tâche, ainsi qu’aux petits entrepreneurs, est qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter des mesures rétrogrades, taillant dans le vif de leurs conditions de vie (les “réformes”) s’ils veulent espérer la ‘reprise économique’ – qui, bien sûr, n’a pas eu lieu depuis cinq ans !

La Grèce est devenue la cible principale des élites économiques en Europe car les grecs sont passés de manifestations sans conséquence au pouvoir politique. L’élection de Syriza, sur la base d’une souveraineté convalescente, rejetant l’austérité et redéfinissant ses relations avec les créditeurs en faveur d’un développement national marque les prémices d’une éventuelle confrontation à l’échelle du continent.

L’ascension de Syriza : héritage douteux, luttes de masse et promesses radicales (non tenues)

La croissance de Syriza, d’une alliance de petites sectes marxistes en un parti électoral de masse, est largement due à l’incorporation de millions de fonctionnaires des classes moyennes, de retraités et de petits entrepreneurs. Beaucoup soutenaient le PASOK auparavant. Ils ont voté Syriza pour retrouver leurs conditions de vie et la stabilité de l’emploi de la précédente période de “prospérité” (2000-2007) qu’ils avaient obtenue au sein de l’UE. Le rejet total du PASOK et de la Nouvelle Démocratie fut l’aboutissement de 5 années de profondes souffrances qui auraient pu provoquer une révolution dans un autre pays. Leur radicalisme commença par des manifestations, des marches, et des grèves qui furent autant de tentatives de pression sur les régimes de droite pour qu’ils changent le cap de l’UE et que cesse l’austérité tout en restant au sein de l’UE.

Ce secteur de SYRIZA est ‘radical’ en ce qu’il oppose le conformisme présent à la nostalgie du passé – le temps des vacances à Londres et Paris financées par l’euro, du crédit facile pour acheter voitures et mets importés, pour ‘se sentir moderne’ et ‘européen’ et parler anglais !

La politique de Syriza reflète, en partie, cette part ambigüe de son électorat. D’un autre côté, Syriza s’est assuré le vote des jeunes radicaux, chômeurs et travailleurs, qui n’ont jamais fait partie de la société de consommation et qui ne s’identifient pas à “l’Europe”. Syriza s’est imposé comme un parti de masse en moins de 5 ans et ses sympathisants comme ses dirigeants reflètent un haut degré d’hétérogénéité.

La branche la plus radicale, idéologiquement, est représentée principalement par des groupes marxistes qui à l’origine se sont regroupés pour former un parti. La branche des jeunes chômeurs s’y est jointe suite aux émeutes contre la police déclenchées par l’assassinat d’un jeune activiste lors des premières années de la crise. La troisième vague est composée en majorité de milliers de fonctionnaires licenciés et de retraités qui ont souffert de larges coupes dans leurs pensions sur ordre de la troïka en 2012. La quatrième vague représente les membres de l’ex PASOK qui ont fui le naufrage d’un parti en faillite.

La gauche de Syriza se trouve principalement dans la base populaire et parmi les dirigeants des mouvements locaux issus des classes moyennes. Les grands dirigeants de Syriza qui tiennent les postes-clés sont des universitaires, dont certains étrangers. Beaucoup sont des membres récents voire ne sont même pas membres du parti. Peu d’entre eux ont pris part aux luttes de masse – et beaucoup n’ont que peu de liens avec les militants de base. Ils sont les plus enclins à signer un “accord” trahissant des grecs appauvris.

Depuis que Syriza a remporté les élections en 2015, le parti a commencé à enterrer son programme initial de changements structurels radicaux (socialisme) et à adopter des mesures visant à s’adapter aux intérêts du secteur des affaires grec. Tsipras a parlé de la “négociation d’un accord” dans le cadre d’une Union Européenne dominée par les allemands. Tsipras et son ministre des finances ont proposé de renégocier la dette, l’obligation de payer et 70% des réformes ! Quand un accord a été signé, ils ont complètement capitulé !

Pendant un court moment, Syriza a maintenu une position double : “s’opposer” à l’austérité et parvenir à un accord avec ses créanciers. Cette politique “réaliste” reflète les positions des nouveaux ministres universitaires, des anciens membres du PASOK et de la classe moyenne qui s’enfonce. La rhétorique et les postures radicales de Syriza sont révélatrices de la pression des chômeurs, de la jeunesse et de la masse pauvre, qui seraient ceux qui auraient à perdre si un accord de paiement aux créanciers était négocié.

Union Européenne – SYRIZA : les concessions avant la lutte ont mené à la reddition et à la défaite

La “dette grecque” n’est pas vraiment une dette des grecs. Les créanciers institutionnels et les banques européennes ont prêté sciemment et à grand risque de l’argent à des kleptocrates, des oligarques et des banquiers qui en ont siphonné la plus grande partie dans des comptes en Suisse, dans de l’immobilier de grand standing à Londres et à Paris, activités incapables de générer des revenus afin de rembourser la dette. En d’autres termes, la dette est en grande partie illégitime et a été mise à tort sur le dos des grecs.

Syriza, depuis le début des “négociations”, n’a pas remis en question la légitimité de la dette ni identifié les catégories spécifiques de personnes et les entreprises qui devraient la payer.

De plus, pendant que Syriza contestait la politique “d’austérité”, il ne remettait pas en cause les organisations et les institutions européennes qui l’imposaient.

Depuis ses débuts, Syriza a accepté l’adhésion à l’Union Européenne. Au nom du “réalisme”, le gouvernement Syriza a accepté de payer la dette ou une partie de celle-ci comme base de négociation.

Structurellement, Syriza a développé une direction très centralisée dans laquelle toutes les décisions majeures sont prises par Alexis Tsipras, ce qui limite l’influence des militants de base radicalisés. Cela a facilité les “compromis” avec l’oligarchie de Bruxelles qui vont à l’encontre des promesses de campagne et qui peuvent mener à la perpétuelle dépendance de la Grèce aux dirigeants et créanciers de l’UE.

De plus, Tsipras a resserré la discipline au sein du parti au lendemain de son élection, s’assurant qu’aucun compromis douteux ne ferait l’objet d’un quelconque débat public ou d’une révolte extra-parlementaire.

L’Empire contre le succès démocratique grec

 

Lors des élections parlementaires grecques, probablement les plus importantes depuis la seconde guerre mondiale, les travailleurs grecs ont défié une incroyable campagne médiatique de peur et ont voté massivement pour le parti de gauche, anti-austérité, SYRIZA.

Dès l’instant où Syriza a reçu un mandat démocratique, l’élite de l’UE a suivi la route autoritaire typique de tous les monarques impériaux. Elle a exigé de Syriza (1) une reddition inconditionnelle, (2) le maintien des structures, politiques et pratiques du précédent régime vassal de coalition (PASOK-Nouvelle Démocratie) (3) que Syriza suspende toute réforme sociale, (augmentation du salaire minimum, augmentation des dépenses dans le secteur des retraites, de la santé, de l’éducation et de la lutte contre le chômage) (4) que SYRIZA se plie aux directives économiques strictes et à la supervision développées par la “troïka” (la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne, et le Fonds Monétaire International) (5) que SYRIZA conserve l’objectif actuel d’excédent budgétaire primaire de 4,5% du PIB en 2015-2017.

Pour renforcer sa stratégie de strangulation du nouveau gouvernement, Bruxelles a menacé de couper brusquement toutes les facilités de crédit présentes et futures, de réclamer tous les paiements de dette, de mettre fin à l’accès aux fonds d’urgence, et de ne pas soutenir les obligations bancaires grecques – lesquelles fournissent les prêts aux entreprises locales.

Bruxelles offre à Syriza la funeste “solution” de commettre un suicide politique en acceptant le diktat qui lui est imposé, s’aliénant ainsi son électorat. En trahissant son mandat, Syriza se confronterait à des manifestations de colère populaire. En rejetant le diktat de Bruxelles et en mobilisant son électorat, Syriza pourrait chercher de nouvelles sources de financement, en imposant un contrôle des capitaux et en s’orientant vers une « économie d’urgence » radicale.

Bruxelles s’est retranché sur ses positions et a fait la sourde oreille aux premières concessions de Syriza, préférant interpréter celles-ci comme une avancée vers une capitulation totale, au lieu d’y voir des efforts pour parvenir à un “compromis”.

Syriza a déjà abandonné ses demandes d’effacement de grandes parts de la dette, en faveur d’une extension de la période de recouvrement de celle-ci. Syriza a accepté de continuer à payer ses échéances, du moment qu’elles soient liées au taux de croissance économique. Syriza accepte la supervision de l’UE, tant qu’elle n’est pas menée par la “troïka” honnie, laquelle a des connotations toxiques pour la plupart des grecs. Malgré tout, les changements sémantiques ne changent pas la substance de la “souveraineté limitée”.

Syriza a déjà accepté une dépendance structurelle à moyen et long terme dans le but de s’assurer le temps et la marge de manœuvre nécessaires afin de financer ses programmes populaires à court terme. Tout ce que Syriza demande c’est un minimum de flexibilité fiscale sous la supervision de “radicaux” ayant la qualité de ministre des finances allemand !

Syriza a temporairement suspendu les privatisations en cours de secteurs clés de l’infrastructure (infrastructures portuaires et aéroportuaires), de l’énergie et des télécommunications. Cependant, elle n’y a pas mis fin, ni révisé les privatisations passées. Mais pour Bruxelles, la “liquidation” des lucratifs secteurs stratégiques grecs est une partie essentielle de son agenda de “réformes structurelles”.

Les propositions modérées de Syriza et ses efforts pour opérer dans le cadre structurel de l’UE établi par les précédents gouvernements vassaux ont été rejetés par l’Allemagne et ses 27 larbins de l’UE.

L’affirmation dogmatique de politiques extrémistes, ultra néolibérales de l’UE, y compris le démantèlement de l’économie nationale grecque et le transfert des secteurs les plus lucratifs dans les mains d’investisseurs impériaux, est répétée dans les pages de tous les principaux quotidiens. Le Financial Times, le Wall Street Journal, le New York Times, le Washington Post, le Monde sont des armes de propagande de l’extrémisme de l’Union Européenne. Confronté à l’intransigeance de Bruxelles et face au ‘choix historique’ de la capitulation ou de la radicalisation, Syriza a essayé de persuader des gouvernements clés. Syriza a tenu de nombreuses réunions avec des ministres de l’UE. Le premier ministre Alexis Tsipras et le ministre des finances Yanis Varoufakis sont allés à Paris, Londres, Bruxelles, Berlin et Rome pour chercher un accord de ‘compromis’. Cela n’a servi à rien. L’élite bruxelloise martelait sans relâche :

La dette devra être payée entièrement et dans les temps.

La Grèce devrait restreindre ses dépenses pour accumuler un surplus de 4,5% ce qui assurerait les paiements aux créanciers, aux investisseurs, spéculateurs et kleptocrates.

Le manque de toute flexibilité économique de l’Union Européenne, comme de toute disposition à accepter le moindre compromis, est une décision politique : humilier et détruire la crédibilité de SYRIZA en tant que gouvernement anti-austérité aux yeux de ses soutiens nationaux et de ceux qui seraient susceptibles de l’imiter à l’étranger, en Espagne, en Italie, au Portugal ou en Irlande (Economist1/17/15, p. 53).

Conclusion

 

Yánis Varoufákis and Aléxis Tsípras (Voltaire)

L’étranglement de Syriza fait partie intégrante du processus, long de 10 ans, visant à l’assassinat de la Grèce par l’Union Européenne. Une réponse brutale à la tentative héroïque d’un peuple entier, projeté dans la misère, condamné à être dirigé par des conservateurs kleptocrates et des sociaux-démocrates.

Les empires ne se défont pas de leurs colonies par des arguments raisonnables ni par la faillite de leurs “réformes” régressives.

L’attitude de Bruxelles envers la Grèce est guidée par la politique du “diriger ou ruiner”. “Sauvetage” est un euphémisme pour recycler les financements, traversant la Grèce et retournant aux banques contrôlées par la zone euro, pendant que les travailleurs et salariés grecs sont accablés par une dette toujours plus importante et une domination durable. Le “plan de sauvetage” de Bruxelles est un instrument de contrôle par des institutions impériales, qu’elles s’appellent “troïka” ou autre.

Bruxelles et l’Allemagne ne veulent pas de membres contestataires, ils peuvent néanmoins condescendre à faire de petites concessions afin que le ministre des finances Varoufakis puisse revendiquer “une victoire partielle” – une comédie grotesque ayant pour euphémisme “rampez ! Sinon…”

Le plan de sauvetage sera décrit par Tsipras-Varoufakis comme étant “nouveau” et “différent” des accords passés ou encore comme un repli “temporaire”. Les allemands peuvent “accorder” à la Grèce de réduire son excédent de budget primaire de 4,5 à 3,5% ‘l’an prochain’ – mais elle devra toujours réduire les fonds destinés à stimuler l’économie et “reporter” la hausse des retraites, des salaires minimums…

Les privatisations et autres réformes régressives ne s’arrêteront pas, elles seront “renégociées”. L’état ne gardera qu’une “part” minoritaire.

On demandera aux ploutocrates de payer quelques taxes supplémentaires mais pas les milliards d’euros d’impôts non payés au cours des dernières décennies.

De même les kleptocrates du Pasok-  Nouvelle Démocratie ne seront pas poursuivis en justice pour pillage et vol.

Les compromis de SYRIZA démontrent que la définition délirante donnée par la droite (the Economist, Financial Times Times, NY Times, etc.) de Syriza comme appartenant à la “gauche dure”, ou ultra-gauche n’est nullement fondée sur la réalité. Car “l’espoir pour l’avenir” de l’électorat grec pourrait à présent virer à la colère. Seule une pression populaire peut inverser l’apparente capitulation de Syriza, et les infortunés compromis du ministre des finances Varoufakis. Comme celui-ci manque de soutien dans son parti, Tsipras peut facilement le démettre pour avoir signé un “arrangement” qui sacrifie les intérêts fondamentaux du peuple.

Cependant, si, dans les faits, le dogmatisme de l’Union Européenne et son intransigeance excluent même les accords les plus favorables, Tsipras et Syriza (contre leur volonté) pourraient être forcés de quitter l’Empire de l’Euro et faire face au défi de bâtir une politique et une économie vraiment nouvelles et radicales, en tant qu’état libre et indépendant.

Une sortie réussie de la Grèce de l’empire germano-bruxellois entraînerait probablement la dissolution de l’UE, car d’autres états vassaux se rebelleraient et suivraient l’exemple grec. Ils renieraient non seulement l’austérité mais aussi leurs dettes extérieures et le paiement éternel des intérêts. L’empire financier tout entier – le prétendu système financier mondial pourrait être ébranlé… La Grèce pourrait redevenir le “berceau de la démocratie”.

 

Post-scriptum : Il y a trente ans, je fus un participant actif et un conseiller pendant trois ans (de 1981 à 1984), du premier ministre Papandréou. Tout comme Tsipras, il a commencé avec des promesses de changement radical et a fini par capituler devant Bruxelles et l’OTAN, se rangeant aux côtés des oligarques et des kleptocrates au nom de “compromis pragmatiques”. Espérons que face à une révolte de masse, le premier ministre Alexis Tsipras et Syriza prendront un tout autre chemin. L’Histoire n’est pas obligée de se répéter comme une tragédie ou une farce.

[1] Le compte-rendu du régime d’Andreas Papandreou s’appuie sur mon expérience personnelle, des interviews et des observations et sur mon article (écrit en collectif) “Socialisme grec : L’état patrimonial revisité” paru dans Paradoxes méditerranéens : la structure politique et sociale de l’Europe du Sud, James Kurth et James Petras (Oxford : presse de Berg 1993/ pp. 160-224)

 

Source : James Petras, My Catbird Seat, le 22/02/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 
 

 

4 réponses à L’assassinat de la Grèce, par James Petras

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«Reuters a menti» : un témoin du crash du vol MH-17 déclare que ses mots ont été falsifiés (VIDEO).

30 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La guerre, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La République, #La Russie, #La mondialisation, #La finance dérégulée

«Reuters a menti» : un témoin du crash du vol MH-17 déclare que ses mots ont été falsifiés (VIDEO)

30 mars 2015

Reuters aurait falsifié les propos d’un habitant de la région de Lougansk au sujet du crash du MH-17 en évoquant un missile anti-aérien tiré du territoire des milices. En fait, la personne aurait mis en cause l’armée ukrainienne dans son récit.

Dans son rapport de mars sur le crash du vol MH-17, Reuters a parlé avec Pyotr Fedotov, un habitant de 58 ans du village Chervonniy Zhovten dans la région de Lougansk à l’est de l’Ukraine.

«Dans une interview pour Reuters, Fedotov, le témoin qui a décrit la trajectoire du missile, a d’abord dit que le missile a été lancé depuis un territoire contrôlé par l’armée ukrainienne. Ensuite, hors caméra, il a dit qu’il a été lancé du territoire voisin contrôlé par les rebelles. Quand on lui a demandé il avait d’abord dit le contraire, il a répondu qu’il avait peur de rebelles», lit-on dans le reportage de Reuters.

RT est allé à la rencontre de Pyotr Fedotov et a appris que le correspondant de Reuters Anton Zverev avait été pour le moins inexact dans la transcription de l’interview.

«Quand nous avons parlé du Boeing devant les caméras, j’ai tout expliqué comme je l’avais vu. Les choses que j’aurais dites hors caméra ont été inventées par le journaliste. C’est un mensonge. A aucun moment, nous n’avons discuté du Boeing hors caméra», a annoncé Fedotov à RT.

Il a ajouté que le journaliste de Reuters l’a contacté après l’interview, mais ne lui a jamais présenté un brouillon de l’article. Zverev, à plusieurs reprises, lui a demandé s’il avait été inquiété à cause de son récit.

«Le journaliste m’a téléphoné et m’a demandé si j’avais des problèmes. J’étais vraiment étonné. Pourquoi je devais avoir des problèmes, si j’ai dit la vérité ? Et ensuite mes amis m’ont rapporté que j’ai dit des choses différentes devant les caméras et en privé. A ce moment, j’ai compris pourquoi il voulait savoir si j’avais eu des problèmes», a expliqué le témoin.

«Soit ce journaliste est fantaisiste, soit il a fait ça par opportunisme», a-t-il ajouté.

Reuters n’a pas répondu à la demande de RT de commenter la controverse, aucune transcription exacte de l’interview avec Fedotov n’a été publiée depuis la sortie de cet article.

Le vol MH-17 effectuant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur a été abattu au-dessus de l’est ukrainien le 17 juillet 2014. Toutes les personnes se trouvant à bord, soit 283 passagers et 15 membres d’équipage, ont péri dans la catastrophe. L’Ukraine et ses soutiens occidentaux, malgré l’absence de preuves, ont immédiatement accusé les milices populaires et la Russie d’avoir abattu l’appareil.

Les Pays-Bas mènent une enquête sur le crash. Le rapport préliminaire publié en septembre 2014 n’a fait plus que confirmer que l’avion avait été détruit en l’air par un grand nombre de projectiles à haute charge énergétique, donnant libre cours aux spéculations sur le type de missile employé ?

En savoir plus : MH-17 : Les Pays-Bas estiment que le crash du Boeing n’a pas été provoqué par un missile Bouk

La Russie a appelé à ne pas faire des conclusions hâtives et a publié des données radar suggérant d’autres possibilités, dont celle d’une attaque par un avion de combat ukrainien.

Auparavant, les médias ukrainiens ont faussement affirmé que les enquêteurs hollandais avaient mis en cause un missile anti-aérien russe Bouk lancé par les milices dans l’affaire du vol MH-17, citant un article néerlandais qui relayait la théorie populaire sans la confirmer. Les enquêteurs néerlandais ont ensuite confirmé à RT qu’aucune conclusion sur la provenance du missile n’avait été faite.

Le monde

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LA MORT D’UNE USINE EST AUSSI UN ATTENTAT !!! Par Michel Etievent.

30 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #La lutte des classes, #Le grand banditisme, #La République

Michel Etievent

30 mars 16:52

Voilà le texte tract que j'ai écrit pour mes camarades de l'usine savoyarde Graphtec ( usine à hauts savoir faire et produits à haute valeur ajoutée) qui se battent pour leur usine menacée de fermeture sur l'autel des fonds de pensions américains; le texte sera distribué devant l'usine le mercredi 1er avril ( 10h) à Notre Dame de briançon lors du grand rassemblement contre cette fermeture scandaleuse. bises à tous Michel Etievent

LA MORT D’UNE USINE EST AUSSI UN ATTENTAT !!!

Mes ami(e)s, mes camarades, la mort d’une usine est aussi un attentat. Un attentat à la vie, à l’espoir. Un attentat au futur de nos familles et de nos enfants. Depuis plus d’un siècle, ici, au prix d’un acharnement de générations d’ouvriers à construire un avenir décent, l’usine a toujours été l’un des piliers essentiels de la vie locale. Savent-ils ce qu’ils font ceux qui, d’un trait de bourse, au nom d’intérêts froids et lointains, font basculer d’un coup des vies d’humains ?
L’usine, nous le savons, est à l’origine d’une longue chaine de vie qui passe par le maintien de l’agriculture et de l’entretien de la nature par le biais de l’ouvrier paysan et paysagiste, se prolonge par l’existence de produits performants à haute valeur ajoutée affinés par des savoir-faire irremplaçables. L’usine c’est aussi la garantie de notre indépendance nationale, la force du budget communal, l’existence de la sous-traitance, du commerce, de l’artisanat, des services publics qui lui sont liés depuis toujours.
C’est enfin un siècle de mémoire et de conquis sociaux arrachés par de justes colères pour un peu de dignité. Des conventions collectives décentes, des lois sociales et un code du travail à hauteur d’hommes, à l’image de celles qu’un de nos grands anciens comme Ambroise Croizat, né à cent mètres d’ici, fils de cette même usine, nous a donné.
Que veulent-ils ceux qui cassent, ceux qui nous privent d’avenir sans autre raison qu’un profit encore plus grand, plus immédiat ? Nous refusons que notre vallée devienne un pays d’errance, de désespérance, de portes fermées, de tôles rouillées à quatre mois d’espérance de vie. Nous refusons que notre pays devienne un parking de chômeurs au pied d’une montagne de luxe.
Ensemble, unis, nous nous battrons avec la dernière énergie pour que notre vallée reste ce que nos aînés, par leur abnégation, leur combat au quotidien ont voulu qu’elle soit : un pays à vivre et à aimer. Parce que nous le savons, rien n’est plus beau qu’une main d’humain quand elle sert à quelque chose… DEMAIN….Alors mes amis, debout, debout… !

Michel ETIEVENT

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Le business-modèle de la guerre éternelle : Une petite entreprise familiale typique qui ne connaît pas la crise. Le Saker francophone.

30 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #La guerre, #Terrorisme, #La mondialisation

Le business-modèle de la guerre éternelle : Une petite entreprise familiale typique qui ne connaît pas la crise


Robert Parry
Robert Parry

Par Robert Parry – Le 20 mars 2015 – Source consortiumnews

L’expert néoconservateur Robert Kagan et sa femme, la secrétaire d’État adjointe Victoria Nuland, font tourner une entreprise familiale remarquable : elle a suscité une guerre ouverte en Ukraine et a aidé à relancer la guerre froide avec la Russie – et elle intervient pour exiger que le Congrès augmente les dépenses militaires pour que l’Amérique puisse mieux se défendre contre ces nouvelles menaces à sa sécurité.

 

Robert Kagan, éminent intellectuel néoconservateur (Photo credit: Mariusz Kubik,

Ce duo mari-et-femme extraordinaire fait d’une pierre deux coups pour le complexe militaro-industriel, une équipe intérieure-extérieure qui crée les justifications aux dépenses militaires, applique la pression politique pour s’assurer de crédits plus élevés et s’assure que les fabricants d’armes reconnaissants prodiguent des subventions généreuses aux groupes de réflexion bellicistes de même opinion qu’eux à Washington.

 

 

Non seulement la communauté plus large de néoconservateurs en bénéficie, mais d’autres membres du clan Kagan le font aussi, y compris le frère de Robert, Frederick, qui émarge à l’American Enterprise Institute, et sa femme Kimberly, qui dirige sa propre affaire l’Institute for the Study of War.

Robert Kagan, chercheur principal à la Brookings Institution (qui ne divulgue pas de détails sur ses fondateurs), s’est placé vendredi dernier sur son perchoir préféré, la tribune libre du Washington Post, pour faire mordre les Républicains  à l’hameçon et obtenir qu’ils renoncent aux plafonds de dépenses limitant le budget du Pentagone, qu’il a calculé à environ 523 milliards de dollars (apparemment sans compter les dépenses de guerre supplémentaires). Kagan invite les législateurs du parti républicain à y ajouter au moins 38 milliards de dollars et, de préférence, plutôt entre 54 milliards et 117 milliards de dollars :

«Le fait que ceux qui préconisent plus de dépenses mènent une bataille difficile et en arrivent finalement à voter un montant plus bas dans un Congrès contrôlé par les Républicains, en dit long – sur l’hypocrisie républicaine. Les Républicains peuvent dénoncer bruyamment le [président Barack] Obama qui affaiblit la sécurité nationale, pourtant lorsqu’il s’agit de payer pour la politique étrangère que toute leur rhétorique robuste implique, trop d’entre eux restent introuvables. […]

»Les éditorialistes et les chroniqueurs qui s’en sont pris à Obama et ont acclamé les républicains doivent dire à ces derniers, et à leurs lecteurs, que la sécurité nationale coûte de l’argent et que sinon les lettres et des discours ne sont que des paroles creuses.  […]

»Cela ennuiera cette partie de la base républicaine qui veut voir l’importance du gouvernement diminuer, qui aime plafonner les dépenses budgétaires et ne se soucie pas de ce qu’il fait pour la défense. Mais le leadership [le rôle exceptionnel des États-Unis, NdT] consiste à dire parfois aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre. Ceux qui se proposent de diriger les États-Unis dans les années à venir, républicains et démocrates, doivent montrer quel est leur genre de courage politique, tout de suite, au moment où les décisions budgétaires cruciales sont prises.»

Ainsi, la façon de montrer son courage – du point de vue de Kagan – c’est de déverser toujours plus de milliards dans le complexe militaro-industriel, donc de mettre de l’argent là où les républicains parlent du besoin de défendre l’Ukraine et de résister à un mauvais accord nucléaire avec l’Iran.

Pourtant, s’il n’y avait pas eu les efforts de Nuland en tant que secrétaire adjointe au Département  d’État pour les affaires européennes, il n’y aurait pas de crise de l’Ukraine. Survivante néocon(ne) qui a conseillé le vice-président Dick Cheney,  Nuland à obtenu des promotions sous l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et a aussi reçu le soutien du Secrétaire d’État actuel,  John Kerry.

 

La secrétaire d’État adjointe pour des Affaires européennes Victoria Nuland, s’adressant aux chefs d’entreprise ukrainiens et au National Press Club à Washington,le 13 décembre 2013, lors d’une réunion parrainée par Chevron.

Confirmée dans son poste actuel en septembre 2013, Nuland a bientôt déployé des efforts extraordinaires pour promouvoir un changement de régime en Ukraine. Elle a vivement recommandé aux chefs d’entreprises et aux activistes politiques de défier le Président élu Viktor Ianoukovitch. Elle a rappelé aux chefs d’entreprises que les États-Unis avaient investi 5 milliards de dollars dans leurs aspirations européennes, et elle a littéralement distribué des cookies aux manifestants antigouvernementaux sur la place du Maïdan de Kiev.

En travaillant avec d’autres néoconservateurs importants, y compris le président du National Endowment for Democracy, Carl Gershman, et avec le sénateur John McCain, Nuland a fait comprendre que les États-Unis soutiendraient un changement de régime contre Ianoukovitch, ce qui est devenu plus probable
lorsque les néonazis et d’autres milices de droite venant de l’Ukraine occidentale ont afflué à Kiev.

Début février 2014, Nuland a discuté de ce changement souhaité par les États-Unis avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt (lui-même vétéran d’une opération de changement de régime à l’Agence internationale de l’énergie atomique qui avait aidé à installer le béni-oui-oui Yukiya Amano au poste de directeur général en 2009.

Nuland a traité le nouveau groupe de fonctionnaires ukrainiens qui lui était proposé comme si elle négociait les postes dans une équipe de base-ball, rejetant certains, en appréciant d’autres. «Yats est le bon mec», a-t-elle dit de son favori Arseniy Iatseniouk.

Dénigrant l’Union européenne pas suffisamment agressive à son gré dans l’affaire ukrainienne, elle a déclaré «Fuck the UE» – et se demandait comment  «faire coller ce truc» alors que Pyatt réfléchissait pour savoir comment «faire accoucher cette chose». Leur appel téléphonique non sécurisé a été intercepté et diffusé.

Le changement de régime en Ukraine

Le coup d’État contre Ianoukovitch a eu lieu le 22 février 2014, quand les milices néonazies et autres extrémistes violents ont envahi des bâtiments gouvernementaux, forçant le président et d’autres fonctionnaires à fuir pour sauver leurs vies. Le Département d’État de Nuland a rapidement déclaré le nouveau régime légitime, et Iatseniouk est devenu Premier ministre.

Le président russe Vladimir Poutine, qui présidait alors les jeux Olympiques d’hiver à Sotchi, a été pris au dépourvu par le coup d’État chez ses voisins et a tenu une réunion de crise pour déterminer comment protéger les Russes ethniques et une base navale russe en Crimée, ce qui a conduit à la sécession de la Crimée et à son annexion par la Russie il y a un an.

Quoiqu’il n’y ait aucune preuve que Poutine avait provoqué la crise en Ukraine – et en effet toutes les preuves indiquent le contraire – le Département d’État a colporté un thème de propagande auprès des médias d’information américains  dominants et crédules, affirmant que Poutine avait orchestré la situation en Ukraine, d’une façon ou d’une autre, et que donc il pourrait commencer à envahir l’Europe. L’ancienne secrétaire d’État Clinton a comparé Poutine à Adolf Hitler.

Alors que le nouveau gouvernement de Kiev avait lancé une opération anti-terroriste brutale pour mater un soulèvement au sein des importantes populations russes ethniques de l’Ukraine de l’est et du sud, Nuland et d’autres néocons américains ont poussé à des sanctions économiques contre la Russie et ont exigé la livraison d’armes au régime issu du coup d’État. [Voir Consortiumnews.comCe que les Néoconservateurs attendent de la crise de l’Ukraine.]

Dans le tir nourri de la guerre de l’information destinée au public américain et mondial,  une nouvelle guerre froide a pris forme. Des néocons éminents, y compris le mari de Nuland, Robert Kagan, co-fondateur du New American Century qui a dirigé la guerre en Irak, ont insisté aux États-Unis sur un sujet de politique intérieure : la faiblesse qu’Obama avait manifestée, invitant ainsi l’agression de Poutine.

En mai 2014, Kagan a publié un long essai dans The New Republic intitulé Superpowers Don’t Get to Retire [Les superpuissances ne partent pas en retraite],
dans lequel Kagan reproche vigoureusement à Obama d’échouer à prolonger la domination américaine dans le monde et à exiger une attitude américaine plus musclée envers ses adversaires.

Selon un article du New York Times décrivant comment cet essai est né et quelles seraient ses conséquences, l’auteur Jason Horowitz raconte que Kagan et Nuland ont partagé à la fois une même vision du monde et des ambitions professionnelles, avec Nuland qui édite les articles de Kagan, y compris celui qui démolissait son prétendu patron.

Quoique Nuland ne fasse pas de commentaires spécifiques sur l’attaque de son mari contre Obama, elle a indiqué qu’elle partageait des vues semblables. «Inutile de le dire, a déclaré Nuland, mais rien ne sort de la maison qui ne soit digne de ses talents. Disons-le comme ça.»

Horowitz a relaté qu’Obama a été si préoccupé par l’attaque de Kagan qu’il a révisé son discours à West-Point pour désamorcer un peu la critique et a invité Kagan à déjeuner à la Maison Blanche, où une source m’a dit que cela ressemblait à une rencontre d’égal à égal. [Voir Consortiumnews.comLa vraie politique étrangère d’Obama: la faiblesse]

Saborder un accord de paix

Et, quand la paix menace d’éclore en Ukraine, Nuland intervient pour s’assurer que les intérêts de la guerre sont protégés. Le mois dernier, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont conclu un accord pour un cessez-le-feu et un règlement politique, connu comme Minsk 2, incitant Nuland à s’engager dans la manœuvre en coulisses pour saboter l’accord.

Dans une autre conversation entendue à Munich, Nuland a raillé l’accord de paix comme le truc de Merkel à Moscou, selon le quotidien allemand Bild, citant des sources anonymes, probablement du gouvernement allemand qui peut avoir mis la salle de conférences du luxueux hôtel Bayerischer Hof sur écoute et avoir diffusé les détails par la suite.

En écho au mépris de Nuland à l’égard de Merkel, un autre fonctionnaire américain a parlé des Accords de Minsk 2 comme de la connerie des Européens à Moscou .

Nuland a suggéré que Merkel et Hollande n’étaient préoccupés que par l’impact concret sur l’Europe de la guerre en Ukraine : «Ils ont peur que les sanctions contre la Russie fassent des dégâts à leur économie.» Selon l’histoire de Bild, Nuland a aussi défini une stratégie destinée à contrer la diplomatie de Merkel passant par des propos virulents pour décrire la crise en Ukraine.

«Nous pouvons nous battre contre les Européens, nous pouvons utiliser contre eux l’arme de la rhétorique», aurait affirmé Nuland.

Le général Philip Breedlove,  commandant des forces aériennes de l’Otan, aurait déclaré qu’envoyer plus d’armes à Kiev «augmenterait le prix à payer par Poutine dans cette bataille». Nuland a lancé aux politiciens américains présents : «Je vous recommande vivement de parler des systèmes défensifs que nous pourrions livrer pour contrer les systèmes offensifs de Poutine.»

Nuland semblait déterminée à faire couler l’initiative de paix de Merkel et Hollande, bien qu’elle ait été arrangée par deux alliés américains majeurs et ait été approuvée par le président Obama. Et, cette semaine, l’accord semble en effet avoir été taillé en pièces par Iatseniouk, le Premier ministre choisi par Nuland, qui a inséré une pilule empoisonnée dans la législation destinée à mettre en œuvre les Accords de Minsk 2.

Le Parlement ukrainien de Kiev a en effet ajouté une clause exigeant que les rebelles commencent par se soumettre et laissent le gouvernement ukrainien organiser des élections sur place avant de définir une structure fédérale. Ceci alors que Minsk 2 avait appelé au dialogue avec les représentants des territoires rebelles de l’Est dans la perspective d’élections et de l’établissement d’une large autonomie pour la région.

Au lieu de quoi, reflétant la position dure de Nuland, Kiev a refusé les pourparlers avec les chefs rebelles et a insisté pour rétablir le contrôle sur  ces territoires avant toute avancée du processus. Si cette loi est maintenue, cela débouchera presque certainement sur une reprise de la guerre entre des forces militaires soutenues par la Russie dotée de l’arme nucléaire et les États-Unis, un développement très dangereux pour le monde. [Voir Consortiumnews.com: Du poison dans les pourparlers de paix]

Non seulement la guerre civile en Ukraine reprendra, mais aussi la guerre froide entre Washington et Moscou, ce qui générera beaucoup d’argent pour le complexe militaro-industriel.  Vendredi, le mari de Nuland, Robert Kagan, a insisté pour que ce dernier point soit mis en exergue dans le journal néocon, le Washington Post.

La Récompense

Kimberly Kagan, fondatrice et présidente de l’Institut pour l’étude de la guerre.

Mais ne pensez pas que les portefeuilles des contribuables américains ne s’ouvrent qu’à propos de ce couple. D’autres cercles de réflexion néocons gravitant autour de Washington vont aussi se faire plein d’argent, dont Frederick Kagan, qui travaille pour l’American Enterprise Institute, une officine de droite, et sa femme, Kimberly, qui dirige son propre groupe de réflexion, l’Institute for the Study of War (ISW) [Institut pour l’étude de la guerre, NdT].

Selon les rapports annuels de cet institut, ses premiers partisans étaient surtout des fondations de droite, comme Smith-Richardson Foundation et la Lynde and Harry Bradley Foundation, mais il a été ensuite soutenu par une foule d’entrepreneurs dans la sécurité nationale, y compris des entreprises très importantes comme General Dynamics, Northrop Grumman and CACI, ainsi que par des sociétés moins connues comme DynCorp International, qui a assuré la formation de la police afghane, et Palantir, une entreprise de technologie, fondée avec le soutien du capital risque de la CIA, In-Q-Tel. Palantir a fourni des logiciels aux services du renseignement militaire états-uniens en Afghanistan.

Depuis sa création en 2007, ISW s’est surtout concentré sur les guerres au Moyen-Orient, particulièrement l’Irak et l’Afghanistan, y compris en coopérant étroitement avec le général David Petraeus lorsqu’il commandait l’armée américaine dans ces pays. Plus récemment, cependant, ISW a commencé à traiter surtout de la guerre civile en Ukraine. [Voir Consortiumnews.com: Des néocons ont guidé Petraeus pendant la guerre afghane]

Autrement dit, la famille Kagan a mis au point un modèle économique circulaire, qui se perpétue indéfiniment : il œuvre dans les coulisses à encourager les guerres, influençant en même temps le débat public par des articles rédigés par des cercles de réflexion et des tribunes libres dans les journaux prônant l’augmentation des dépenses militaires. Puis en collectant des subventions et autres financements de la part de fournisseurs d’armements reconnaissants.

Pour être juste, le petit commerce familial Nuland–Kagan n’est qu’un exemple, à toute petite échelle, illustrant la manière dont le complexe militaro-industriel a fonctionné pendant des décennies : les analystes des cercles de réflexion fournissent des justifications aux dépenses militaires, les bureaucrates gouvernementaux mettent en œuvre les politiques de guerre nécessaires et les producteurs d’armements se font beaucoup d’argent avant d’en restituer une part aux cercles de réflexion – la boucle est bouclée, le cycle sanglant mais rentable peut repartir pour un tour.

La seule originalité de l’opération Nuland–Kagan est peut-être que tout le processus reste entièrement dans la famille.

Traduit par Jefke, relu par Diane et jj pour le Saker Francophone.

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