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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Mort du célèbre journaliste d’investigation Udo Ulfkotte. Par Olivier Renault.

15 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #le nazisme

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La gestion de la dette publique, par Jacques Sapir

14 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Economie, #Les transnationales, #La dette

La gestion de la dette publique,  par Jacques Sapir

La gestion de la dette publique

 

Une sortie de l’euro aurait, entre autres, pour implication d’obliger le gouvernement à reprendre le contrôle de la Banque de France. On étudie dans cette note les possibles avantages pour la charge des intérêts de la dette française, intérêts qui pèsent actuellement plus de 2% du PIB dans les dépenses publiques.

 

Qu’appelle-t-on la dette publique ?

Il convient ici de rappeler que le montant total de la dette qui est utilisé dans la presse et les médias est ce que l’on appelle la dette « au sens du traité de Maastricht ». Elle inclut la dette de l’Etat et celle des administrations publiques.

  1. La dette de l’État est le total des engagements financiers de l’État. Elle résulte du cumul des besoins de financement de l’État, c’est-à-dire de la différence, année après année, entre ses recettes et ses dépenses. Il existe une dette négociable, contractée sous la forme d’instruments financiers échangeables sur les marchés financiers et une dette non négociable, correspondant aux dépôts de certains organismes (collectivités territoriales, établissements publics, etc.) sur le compte du Trésor et qui constitue, elle aussi, un moyen de financement de l’État.
  2. La dette des administrations publiques au sens du Traité de Maastricht mesure l’ensemble des engagements financiers bruts des administrations publiques, à l’exception des crédits commerciaux et autres décalages de paiement. Il s’agit d’une dette brute, ce qui signifie que les avoirs financiers des administrations publiques (dépôts monétaires du Trésor auprès de la Banque de France, pensions, participations de l’État, placements en valeurs mobilières des caisses de retraite) ne viennent pas en déduction de celle-ci. La dette Maastricht est mesurée en valeur nominale et elle est consolidée, autrement dit elle exclut les dettes contractées entre les administrations publiques, notamment les dépôts des collectivités locales auprès du Trésor public.

Le champ des administrations publiques comprend :

  • – les administrations centrales, c’est à dire l’État (budget général, comptes spéciaux du Trésor, budgets annexes) et les  » organismes divers d’administration centrale  » qui incluent plusieurs centaines d’établissements de statut public ou privé, comme le CNRS, le CEA, l’ADEME, les grandes écoles, les universités, des musées. Le critère de classement d’un organisme dans la sphère des administrations publiques n’est pas son statut juridique, mais la structure de son compte d’exploitation (part du coût de fonctionnement financé par des recettes marchandes).
  • – les administrations publiques locales, qui regroupent les collectivités locales, établissements publics locaux, les organismes consulaires, les caisses des écoles, et tous les organismes publics ou parapublics financés majoritairement par les collectivités locales.
  • – les administrations de Sécurité sociale, c’est à dire l’ensemble des régimes obligatoires de Sécurité sociale, les organismes qui en gèrent le financement (ACOSS, CADES..), ainsi que les organismes financés par ces régimes.

 

Il faut alors noter que l’Agence France Trésor ne gère que la dette de l’État. Ceci passe par l’émission de divers titres.

  1. Les bons du Trésor à taux fixe et à intérêt précompté (ou BTF), qui sont des titres assimilables du Trésor à court terme, de maturité initiale inférieure ou égale à un an.
  2. Les BTAN et les OAT. Les BTAN sont bons du Trésor à taux fixe et intérêts annuels (BTAN) qui, comme les BTF, sont des bons du Trésor négociables d’une maturité à l’origine de 2 à 5 ans. Leur coupure nominale est de 1 € et leur remboursement s’effectue in fine au pair à la date d’échéance. Les OAT constituent, depuis 1985 la forme privilégiée du financement à long terme de l’État. Ce sont des titres assimilables, d’une maturité à l’origine de 2 à 50 ans, émis habituellement par voie d’adjudication dans le cadre d’un calendrier annuel publié à l’avance. La technique de l’assimilation consiste à rattacher une nouvelle émission à une tranche d’emprunt émise antérieurement (ce que l’on appelle aussi le « roulement » de la dette. L’État a ainsi la possibilité d’émettre des tranches d’emprunts dont le prix d’émission est ajusté par l’évolution du marché, mais dont les caractéristiques restent identiques à celles de l’émission initiale. Ces OAT comprennent, outre les OAT dites « normales » les OAT particulières suivantes :
  1. (a) OAT-Verte. Il s’agit d’une obligation verte ou « Green Bond » soit une obligation pour laquelle l’usage des fonds est dédié à un projet (ou ensemble de projets) engendrant un impact environnemental positif. Elle se distingue d’une obligation classique par une information précise et spécifique sur les investissements qu’elle finance et leur caractère vert tout en impliquant un risque financier identique pour les investisseurs.
  2. (b) OATi. L’État a émis, pour la première fois le 15 septembre 1998, une OAT indexée sur l’indice des prix à la consommation en France (OATi). Depuis ces dates, l’AFT s’est engagée à émettre de manière régulière et transparente des titres indexés sur l’inflation et à construire deux courbes réelles, l’une indexée sur l’inflation française, l’autre sur l’inflation européenne. Ainsi, l’AFT émet environ autour de 10 % de son programme d’émissions annuel via ces titres, et significativement plus si la demande le justifie (12 % en 2008, 7,5 % en 2009, 10,8 % en 2010, 10,9 % en 2011, 9,6 % en 2012, 9,9 % en 2013, 10,2 % en 2014).
  3. (c) OAT-EI. Il s’agit d’OAT indexée sur l’indice des prix de la zone euro (OAT€i). Les OATi et OAT€i sont destinées à toutes les catégories d’investisseurs désirant protéger le pouvoir d’achat de leurs investissements, améliorer l’adossement de leur passif, ou diversifier la composition de leur portefeuille. Elles s’adressent tant aux investisseurs institutionnels – entreprise d’assurance, caisses de retraite et de prévoyance, gestionnaires d’actifs, banques, etc… – résidents ou non-résidents, qu’aux particuliers.

Le remboursement de l’OAT s’effectue par application de la formule : nominal x coefficient d’indexation. Au cas où la référence quotidienne d’inflation à maturité serait inférieure à la référence de base, le remboursement est garanti égal au nominal.

 

Impact d’un refinancement à taux très faible (dit taux 0%) par la Banque de France

L’agence France-Trésor avait émise en décembre 2016 environ 144 milliards d’euros en BTF, dont la maturité moyenne était de 117 jours. Elle avait émise 1 482 milliards en BTAN et OAT, soit un total de 1 627 milliards d’euros. On rappelle que ceci n’est pas la somme de la dette publique française « au sens du traité de Maastricht » qui inclut les administrations publiques. Le calcul qui suit porte uniquement sur les BTAN et OAT. Le coût annuel des intérêts est de 38,791 milliards d’euros (soit 1,9% du PIB). Sur ces 1627 milliards, 60,1% sont détenus par des non-résidents soit 977,8 milliards.

 

Etat de la dette gérée par l’AFT (BTAN et OAT) au 30 décembre 2016

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A la une, Politique et économie « Une révolution démocratique a démarré ?! » L’édito de Charles SANNAT .Le 12 janvier 2017

12 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Ukraine, #La nation ., #le nazisme

« Une révolution démocratique a démarré ?! » L’édito de Charles SANNAT

 

A la une, Politique et économie	  « Une révolution démocratique a démarré ?! » L’édito de Charles SANNAT .Le 12 janvier 2017

C’est en substance le message qu’a délivré Nigel Farage, l’un des principaux artisans du Brexit et l’ancien président de l’UKIP, lors de sa dernière intervention au parlement européen. Vous avez les vidéos ci-dessous.

Pour lui, ce qu’il s’est passé en Angleterre avec le Brexit (dont il doute de la réalité à venir), ce qu’il s’est passé aux États-Unis, et ce qu’il s’est passé enfin en Italie sont autant d’éléments qui sont révélateurs à son sens d’une révolution démocratique.

Cette révolution démocratique c’est évidemment celle des peuples qui veulent reprendre le pouvoir sur les multinationales.

Cette révolution démocratique c’est celle des nations qui ne veulent pas disparaître dans l’immense trou noir de la mondialisation et de l’uniformisation de tout, y compris des us et coutumes ancestraux et si différents.

Cette révolution démocratique c’est le combat entre les souverainistes (à ne pas confondre avec les nationalistes) et les mondialistes.

Les mondialistes enchaînent revers sur défaites et c’est très logique. La mondialisation n’est pas faite pour les peuples mais contre les peuples. Il n’est pas étonnant que les peuples finissent par s’y opposer.

Une tension extrême !

Sachez que de l’autre côté de l’Atlantique, des rumeurs ont été diffusées indiquant qu’il circulait une vidéo sexuelle du nouveau président US. Pendant la campagne, les mêmes rumeurs de vidéos, pédophiles cette fois-ci, concernant Bill Clinton circulaient aussi, de même que le scandale plus ou moins étouffé autour d’un très proche des Clinton.

Dans ce dernier cas, les médias se sont toujours montrés plus que prudents et n’ont jamais évoqué ces rumeurs contre les époux Clinton.

Le groupe CNN, qui a diffusé ces rumeurs, s’est évidemment aliéné et pour longtemps le nouveau président américain et une partie des services de renseignements aussi.

Dans tous les cas, et quelle que soit la vérité, vous devez comprendre que la tension est extrême entre les mondialistes qui ne veulent pas perdre leur pouvoir ni l’extension de leur vision et les souverainistes qui veulent revenir à plus de nation, à plus de pays.

Trump n’a pas encore prêté serment que la bataille se poursuit d’une façon aussi violente que lors de la campagne présidentielle américaine.

Pour tout vous dire, je pensais que cela se calmerait un peu mais non, les tensions sont toujours aussi vives, et c’est particulièrement inquiétant.

Cela montre bien que les enjeux sont terriblement élevés tout comme les risques associés.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine. Par Bruno Guigue

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Ukraine, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère.

Pour justifier l'ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l'affabulation et un manque évident d'imagination. Les dirigeants US n'oublient jamais d'inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. Le plus étonnant n'est pas que Washington fasse preuve d'une telle répétition dans son répertoire, c'est plutôt qu'on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d'eux-mêmes. L'analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.

Premier cas d'école, la guerre du Vietnam. En août 1964, le fameux incident du Golfe du Tonkin fait subitement basculer l'opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions nord-vietnamiennes.

A l'époque, la presse occidentale reprend mot pour mot la version officielle, accréditant la thèse d'une agression des forces communistes nord-vietnamiennes qui seraient donc responsables de l'escalade militaire. Pourtant, cette narration de l'incident est totalement fictive. Elle a été fabriquée de A à Z. En réalité, aucune attaque n'a eu lieu. Le « Maddox » était dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et non dans les eaux internationales. Il a bien tiré 350 obus, mais dans le vide, contre un ennemi parfaitement imaginaire, pour faire croire à une attaque. Mais peu importe. Il fallait démontrer l'agressivité criminelle du camp adverse, lui faire porter la responsabilité d'une guerre totale. Elle fera trois millions de morts, et les USA la perdront.

Deuxième cas d'école, la guerre contre l'Irak. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 fournissent à l'administration Bush un prétexte idéal pour lancer une vaste offensive au Moyen-Orient. Elle passe d'abord par la destruction du régime taliban en Afghanistan (pourtant installé avec la bénédiction de Washington), puis par l'attaque contre l'Irak de Saddam Hussein (mars 2003). Privée de toute légitimité internationale, cette agression militaire contre un Etat qui ne menace personne se prévaut, officiellement, d'un double « casus belli ». Bagdad détiendrait des armes de destruction massive représentant un danger mortel pour la sécurité collective, et le régime baasiste fournirait une aide logistique à l'organisation terroriste Al-Qaida.

Comme pour l'incident du Golfe du Tonkin, cette double accusation est une monstrueuse affabulation. On eut beau faire semblant de les chercher, on n'a trouvé aucune arme de destruction massive en Irak, ni aucune connivence entre le régime irakien et l'organisation terroriste fondée par Ben Laden. En revanche, l'implication des services secrets américains et saoudiens dans les attentats du 9/11 est un secret de polichinelle. La version officielle permet donc d'occulter cette responsabilité (qui reste obscure dans ses détails) en se livrant à une inversion accusatoire. Pour justifier la liquidation d'un Etat qui s'oppose à ses ambitions, Washington l'accuse de ses propres turpitudes. Habituée à avaler des couleuvres, la presse occidentale reproduira servilement l'argumentaire contre Bagdad.

Troisième cas d'école, la Syrie. A partir du printemps 2011, une contestation minoritaire et encouragée de l'extérieur, sur le modèle préfabriqué des « révolutions arabes », réclame la destitution du président syrien. Des provocations et des attentats créent un climat de guerre civile, aggravé par l'aide massive que fournissent à la rébellion armée les puissances occidentales et les pétromonarchies du Golfe. Refroidi par les fiascos afghan et irakien, Washington préfère intervenir contre Damas en utilisant des « proxys », des organisations de mercenaires. Mais une partie de l'establishment, acharnée, veut provoquer la chute de Bachar Al-Assad en persuadant Barack Obama d'infliger des frappes aériennes aux forces syriennes.

Pour justifier cette intervention, il faut évidemment un prétexte. On va vite le trouver ! Par l'horreur qu'il inspire, l'usage de l'arme chimique contre des populations civiles constitue le motif idéal. Le 21 août 2013, des images d'enfants gazés dans la banlieue de Damas font le tour du monde. Faute de preuves, les enquêteurs de l'ONU ne désignent aucun coupable. Une étude menée par le prestigieux MIT révélera que cette attaque ne pouvait provenir que des zones rebelles. Mais c'est trop tard. La machine à mensonges tourne à plein régime. Accréditée par Washington, avalisée par ses alliés, la version officielle est reprise par la presse et les ONG subventionnées. Elle devient « la vérité » sur le conflit syrien, le prétexte de l'ingérence étrangère et le faux-nez du néo-colonialisme.

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère. Lyndon Johnson invente des vedettes-lance-torpilles, Colin Powell brandit sa fiole de jus de pomme à l'ONU, Barack Obama désigne le coupable d'une attaque chimique organisée par ses protégés. Tout est bon pour édifier le bon peuple.

La formule-clé de cette politique, c'est « mensonge, fausse bannière et vidéos ». Le mensonge est l'élément générateur de la guerre impérialiste, sa matière première, son carburant. La fausse bannière (« false flag ») est son mode opératoire préféré, car il autorise l'inversion accusatoire, l'imputation de ses propres crimes à l'adversaire qu'on veut abattre. Les vidéos, enfin, sont l'instrument de communication qui donne corps à la fable fondatrice. Avec la force persuasive de l'image, avec ses effets de réel, elles permettent de substituer une post-vérité construite à la simple véracité des faits. Ce n'est pas un hasard si le Pentagone a dépensé 500 millions de dollars pour fabriquer de fausses vidéos djihadistes, et si les Casques Blancs, en Syrie, montaient leurs vidéos dans des décors de cinéma.

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Dhuicq en Syrie : «La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version des médias occidentaux»

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le capitalisme;, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Dhuicq en Syrie : «La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version des médias occidentaux»

Dhuicq en Syrie : «La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version des médias occidentaux»© Bassam Diab/UNHCR/Handout Source: Reuters
Des enfants poussent un chariot d'aide humanitaire dans les rues d'Alep-est.
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De retour de son voyage en Syrie, le député républicain Nicolas Dhuicq revient sur son expérience à Alep. Il décrit une ville aux réalités éloignées du discours occidental classique, des habitants porteurs d'espoirs mais aussi les défis à relever.

RT France : Vous avez vécu un voyage en Syrie émouvant lors des célébrations du Noël orthodoxe avec la communauté chrétienne arménienne d'Alep mais également éprouvant et intense. Vous qui vous êtes déjà rendu plusieurs fois en Syrie, en quoi ce voyage a-t-il été différent ?

Nicolas Dhuicq (N. D.) : Ce voyage a été différent par son intensité et parce que nous avons visité Alep. Lors de mon premier séjour en Syrie, je m'étais fait la promesse personnelle d'aller un jour voir Alep libérée. J'ai été particulièrement ému de me rendre dans cette ville, qui est l'une des plus anciennes du monde, et de rencontrer là-bas non seulement les communautés chrétiennes arméniennes mais également les autorités et les habitants de la ville pour entendre la réalité du terrain et ce que les habitants ont vécu. En particulier ceux qui ont été pendant des années sous le joug des organisations islamiques.

En réalité, il y a entre 50 et 60% de la ville qui est intacte. On est loin de ce qui a été décrit par les médias occidentaux

RT France : Que vous ont-ils appris sur la situation à Alep justement ? Dans quel état avez-vous trouvé la ville et ses habitants ?

N. D. : La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version que nous entendons dans les médias occidentaux. 15 à 20% de la ville est entièrement détruite et nécessite une reconstruction totale, 20 autres pourcent de la ville a besoin de travaux importants. C'est-à-dire que les immeubles sont debout, que la structure a tenu mais qu'il faut refaire tout le reste. En réalité, il y a entre 50 et 60% de la ville qui est intacte. On est loin de ce qui a été décrit par les médias occidentaux. Nous avons aussi appris qu'il y avait eu entre 30 et 40 000 morts civils à Alep, dont près de la moitié ont été tués par les bombardements islamiques qui ont commencé en janvier 2013 dans les quartiers qu'ils n'avaient pas réussi à occuper. Rien que ces bombardements, souvent par bonbonnes de gaz, ont fait au moins 18 000 morts chez les habitants de la ville. Si on revient au chiffre global de 30 à 40 000 civils tués, ce qui représente à peu près 2% de la population de la ville, c’est évidemment énorme et effarant mais c'est loin du discours des médias occidentaux qui déclaraient que quasiment toute la population avait été tuée.

Nous avons constaté que les Alépins reprenaient possession de leur ville en famille et allaient se promener autour de la forteresse

RT France : Quelles sont les préoccupations principales des autorités comme des habitants pour la reconstruction de la ville ?

N. D. : Il reste de nombreuses difficultés à Alep. Principalement l'accès à l'eau qui pose d'importants problèmes d'hygiène et de santé. Mais Alep n'est pas la seule. Damas est régulièrement privée d'eau par les organisations terroristes qui font tout pour saboter le système d'eau potable notamment en y versant des hydrocarbures. L'accès à l'électricité et l'état des habitations est aussi problématique à Alep. Nous avons visité un camp de réfugiés à proximité de l'aéroport d'Alep, tenu par le gouvernement syrien, où les habitations sont en dur. Les autorités ont tenu à ce que les Alépins ne vivent pas sous des tentes mais sous de vrais toits. D'anciens bâtiments utilisés par des entreprises ont été aménagés pour loger les habitants en attendant la reconstruction de la ville. A mon sens, ce sont les trois premières questions qui se posent. Malgré tout, le plus important c'est que les gens se sentent libres. Le vendredi 6 janvier nous avons pu aller près de la forteresse d'Alep et nous avons constaté que les Alépins reprenaient possession de leur ville en famille et allaient se promener autour de la forteresse. Nous avons discuté avec des femmes et des enfants qui avaient vécu sous le joug islamiste pendant des années et se sentaient désormais libres.

RT France : Ce voyage, ces visites, ces rencontres à Damas comme à Alep vous ont-ils donné de l'espoir pour l'avenir du pays ?

N. D. : Oui, j'ai eu beaucoup de signes d'espoir. J'en avais déjà eu lors de mon deuxième voyage lorsque nous étions allés voir des jeunes dans un grand bâtiment inauguré à Damas qui est à la fois une maison d'artistes et salle d'exposition et nous avions rencontré de jeunes plasticiens et plasticiennes qui y travaillaient. J'avais trouvé une très grande force de vie chez ces jeunes. A Alep, j'ai trouvé une autre raison d'espérer avec les enfants. Ils veulent tous faire quelque chose d'utile pour leur pays. C'est un espoir majeur pour l'avenir de ce pays. Néanmoins, il ne faut pas se leurrer, la Syrie va, dans sa reconstruction, connaître un problème d'importance : oublier l'extrémisme religieux. Sur le camp de réfugiés que nous avons visité, il y avait une majorité de femmes et d'enfants. Ce qui signifie que certains des hommes étaient ou sont toujours des combattants terroristes. La question que l'on se pose maintenant est psychologique pour l'avenir : comment ces enfants vont-ils pouvoir grandir et réagir ? Nous avons vu des femmes qui portaient encore les tenues noires wahhabites. Ceci est une source d'inquiétude pour l'avenir de la Syrie qu'il faudra surveiller.

J'ai un espoir politique et économique dans nos relations franco-syriennes

RT France : Vous avez aussi rencontré Bachar Al-Assad. Dans son interview donné aux médias français, il a déclaré entre autres que «la politique française en Syrie avait nui aux intérêts français». A l'heure où les pays occidentaux sont absents des discussions de paix et du destin de la Syrie, quelle place peut encore avoir la diplomatie française dans ce conflit et ce pays ? 

N. D. : Mon espoir est que les élections présidentielle et législatives du printemps prochain nous permettent d'avoir un nouveau président de la République élu qui soit favorable au retour d'une position plus gaullienne de la politique française avec une présence en Syrie qui soit culturelle, diplomatique et économique. J'ai posé la question directement à Bachar Al-Assad sur la reconstruction du pays. Il a répondu de manière très pragmatique et je pense aussi que la France, de manière tout aussi pragmatique, a besoin de s'allier à des puissances régionales et la Syrie en fait partie. A terme j'espère que les entreprises françaises comprennent leur intérêt à aller investir en Syrie et d'y reprendre bien. J'ai un espoir politique et économique dans nos relations franco-syriennes. Sans oublier l'aspect affectif et culturel de la présence française en Syrie. Une partie de sa population est encore francophone. je me souviens des mots d'un journaliste syrien qui disait «Nous avons eu pendant trois siècles les Ottomans, nous ne parlons pas turc. Vous êtes restés quelques dizaines d'années et nous parlons toujours français.» C’est dire l'attachement qu'il y a entre le peuple syrien et la France.

 

Lire aussi : Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep

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Ex-agent du renseignement US : «L’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur»

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La nation ., #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La Chine, #La guerre

     

Ex-agent du renseignement US : «L’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur»

Ex-agent du renseignement US : «L’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur»© Nikola Solic
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Trouver un ennemi extérieur est un moyen pour les Etats-Unis de bénéficier d'un soutien public pour promouvoir leurs guerres, détournant ainsi l'attention de problèmes intérieurs, explique Matthew Hoh, ancien agent des services américains.

RT : Les Occidentaux ont, paraît-il, peur d'une éventuelle Troisième Guerre mondiale – qu’est-ce qui les fait craindre un tel cataclysme ?

Matthew Hoh (M. H.) : Malheureusement, les tensions viennent de la politique américaine, du fait que les hommes politiques américains ont envie d’avoir, de nouveau, la Russie comme ennemi. C’est dû à divers facteurs, et notamment à un budget militaire excessif : nous dépensons aux Etats-Unis plus que les dix autres pays suivants réunis, nos militaires sont dans 113 pays de par le monde, nous avons 800 bases à l’étranger. En effet, l’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur et son entousiasme pour la guerre afin de bénéficier d'un soutien du public.

Le meilleur moyen de faire les gens penser à autre chose qu'à nos problèmes intérieurs, est de créer un ennemi étranger.

RT : Y-a-t-il un objectif final à tout cela ? Car il va y avoir, à un moment donné, une réponse…

M. H. : Ce qu’ils cherchent, c’est à garder le statut quo, à garder l’empire en vie. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Ils ont à justifier ces 600-700 milliards de dollars dépensés pour le budget de la défense américain. Il faut que les démocrates aient l’air aussi fermes que les républicains quand il s’agit de la politique étrangère. Il faut détourner le peuple américain de tous les problèmes que nous avons aux Etats-Unis. Encore une fois, souvenez-vous de l’histoire du monde, le meilleur moyen de faire les gens penser à autre chose qu'à nos problèmes intérieurs est de créer un ennemi étranger.

RT : Les dirigeants européens soutiennent-ils cette tendance, ou les force-t-on à aller dans ce sens ?

M. H. : Je pense quece sont les gens ordinaires qui y sont forcés. Mais il y a certainement des nationalistes un peu partout en Europe – que ce soit en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Pologne, ou dans les pays Baltes – et ils agissent ainsi pour les mêmes raisons, parce qu’ils croient que les chars américains vont les rendre plus forts, plus populaires, plus fermes, et que cela les aidera à combattre un ennemi, outre-mer ou transfrontalier, détournant ainsi à nouveau l’attention des gens de leurs propres problèmes, dans leur propre pays de résidence.

L’expansion de l’OTAN n’a apporté que des difficultés et des souffrances à l’Europe

RT : Un vrai conflit pourrait être déclenché par erreur. Y pensent-ils ?

M. H. : Non, ils n’y pensent pas. Historiquement, aux Etats-Unis et en Europe, se trouvent au pouvoir des ignorants. Ils ne se préoccupent que de ce qui existe ici et maintenant, ils ne pensent pas à tirer des leçons du passé ou à éviter l’aventurisme militaire. Dans notre histoire récente, nous avons élargi l’OTAN jusqu’à la Pologne, nous avons envoyé les militaires américains et ceux de l’OTAN vers les frontières russes et des massacres se poursuivent depuis trois ans déjà en Ukraine. L’expansion de l’OTAN n’a apporté que difficultés et souffrances à l’Europe. L’année dernière nous avons eu les plus grandes livraisons des munitions en Europe depuis la guerre froide. C’est extrêmement dangereux.

RT : Y aura-t-il des changements sous Donald Trump ?

M. H. : Malheureusement, ce sera la même chose sous Donald Trump. Ils sont aussi bellicistes que Barack Obama et les siens.

Lire aussi : «Pas assez d'Américains protestent contre l'expansion de l'OTAN vers l'Est»

 

 

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Choisir une guerre avec la Chine, par John Pilger

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Chine, #La guerre

Source : Consortium News, le 04/12/2016

Le 4 décembre 2016

Comme Washington est obsédé par la Russie, l’administration Obama monte une stratégie similaire contre la Chine, l’encerclant et puis l’accusant ensuite d’agression, comme l’explique John Pilger.

Par John Pilger

Quand je suis arrivé pour la première fois à Hiroshima, en 1967, l’ombre sur les marches était toujours là. C’était une impression presque parfaite d’une personne humaine décontractée : jambes allongées, penchée en arrière, une main sur le côté alors qu’elle attendait assise l’ouverture de la banque. A 8h15 au matin du 6 août 1945, elle et sa silhouette furent calcinées dans le granit. J’ai observé l’ombre pendant une heure ou plus, inoubliable. Quand je suis revenu de nombreuses années plus tard, elle était partie, emportée, “disparue”, politiquement embarrassante.

J’ai passé deux ans à réaliser un documentaire, “La Prochaine Guerre avec la Chine”, dans lequel l’évidence et des témoignages avertissent qu’une guerre nucléaire n’est plus une hypothèse, mais une possibilité. L’accumulation la plus importante des forces militaires américaines est en cours. Elles sont dans l’hémisphère nord, aux frontières ouest de la Russie, en Asie et dans le Pacifique, face à la Chine.

Le nuage en forme de champignon après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, au Japon, le 6 août 1945.

Le nuage en forme de champignon après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, au Japon, le 6 août 1945.

Le grand danger que tout ceci représente n’est pas nouveau, ou il est enterré ou déformé : la batterie de fausses informations grand public qui fait écho à la peur psychopathique ancrée dans la conscience du public durant le 20e siècle.

Comme le renouveau de la Russie post-soviétique, l’avènement de la Chine en tant que puissance économique est déclaré comme une “menace existentielle” pour le droit divin des États-Unis à diriger et dominer les affaires humaines.

Pour contrer cela, en 2011, le président Obama a annoncé un “basculement vers l’Asie”, ce qui veut dire que près des deux-tiers des forces navales américaines seraient transférées en Asie et dans le Pacifique en 2020. Aujourd’hui, plus de 400 bases militaires américaines encerclent la Chine, avec des missiles, des bombardiers, des bateaux de guerre et, par-dessus tout, des armes nucléaires. Depuis le nord de l’Australie jusqu’au Pacifique et le Japon, de la Corée à l’Eurasie via l’Afghanistan et l’Inde, les bases forment – comme le dit un stratège américain”, “le parfait nœud coulant”.

Plus de pensées impensables

Une étude de la Rand Corporation – qui, depuis le Vietnam, a planifié les guerres de l’Amérique – est titrée, La guerre avec la Chine : penser l’impensable. Mandatés par l’US Army, les auteurs évoquent la Guerre froide quand la Rand a rendu officiel le cri du stratège en chef, Herman Kahn – “penser l’impensable”. Le livre de Kahn, De la guerre thermonucléaire, élaborait un plan pour gagner une guerre nucléaire face à l’Union soviétique.

Les iles au centre d'un territoire disputé par la Chine et le Japon. (Crédit: Jackopoid)

Les iles au centre d’un territoire disputé par la Chine et le Japon. (Crédit: Jackopoid)

De nos jours, cette vision apocalyptique est partagée par ceux détenant la vraie puissance aux États-Unis : les militaristes et les néoconservateurs de la branche exécutive, le Pentagone, les services de renseignement et l’establishment de la sécurité nationale et le Congrès.

L’actuel secrétaire à la Défense, Ashley Carter, un provocateur verbeux, affirme que la politique US est de se confronter à ceux qui “voient la domination américaine et veulent nous la retirer.”

De toutes les tentatives pour détecter une évolution de la politique étrangère, c’est certainement la position de Donald Trump, dont les propos abusifs sur la Chine durant la campagne électorale sont allés jusqu’à parler de “viol” de l’économie américaine. Le 2 décembre, dans une provocation directe face à la Chine, le nouveau président élu Trump a dialogué avec la présidente de Taiwan, que la Chine considère comme une province renégate de la patrie. Equipée de missiles américains, Taiwan demeure un dossier brûlant entre Washington et Pékin.

“Les États-Unis,” a écrit Amitai Etzioni, professeur en politique étrangère à l’université George Washington, “sont en train de préparer une guerre avec la Chine, une décision capitale qui n’a pas réussi à être analysée en détail par les élus, c’est-à-dire la Maison-Blanche et le Congrès.” Cette guerre pourrait débuter par “une attaque aveuglante contre des installations de défense chinoises, y compris des lanceurs de missiles basés au sol ou en mer… des satellites et des armes anti-satellite.”

Le risque incalculable est que “des frappes dans l’intérieur du pays pourraient être perçues par erreur par les Chinois comme des tentatives préventives de détruire ses armes nucléaires, les acculant dans un terrible dilemme de les utiliser ou les perdre, ce qui entraînerait une guerre nucléaire.”

En 2015, le Pentagone a diffusé son Manuel sur la Loi de la Guerre. “Les États-Unis,” y est-il-dit, “n’ont pas accepté de signer un traité interdisant les armes nucléaires en soit, aussi les armes nucléaires sont des armes légales pour les États-Unis.”

A la recherche d’un ennemi

En Chine, un stratège m’a précisé : “Nous ne sommes pas votre ennemi, mais si vous (à l’Ouest) décidez que nous les sommes, nous devrons nous préparer sans délai.”

Le président chinois Xi Jinping accueille le président Barack Obama lors de son arrivée au sommet du G20 au centre international de Hangzhou, à Hangzhou, en Chine, le 4 septembre 2016. (Photo de Pete Souza, photographe officiel de la Maison Blanche)

Le président chinois Xi Jinping accueille le président Barack Obama lors de son arrivée au sommet du G20 au centre international de Hangzhou, à Hangzhou, en Chine, le 4 septembre 2016. (Photo de Pete Souza, photographe officiel de la Maison Blanche)

L’arsenal et les forces militaires chinoises sont petits comparés à ceux de l’Amérique. Cependant, “pour la première fois,” a noté Gregory Kulacky de l’Union des Scientifiques Concernés, “la Chine discute de mettre ses missiles nucléaires en alerte maximale de telle sorte qu’ils puissent être lancés rapidement en cas d’une alerte d’attaque… Ceci sera une évolution significative et dangereuse de la politique chinoise. En fait, les politiques en termes d’armement nucléaire des États-Unis sont le principal facteur extérieur influençant la Chine à augmenter son niveau d’alerte de ses forces nucléaires.”

Le professeur Ted Postol a été conseiller scientifique de la direction des opérations navales US. Une autorité sur les armes nucléaires, il m’a dit : “Tout le monde ici veut montrer sa force. Regardez comment je suis fort… Je n’ai pas peur de me lancer dans des opérations militaires, je n’ai pas peur de menacer, je suis un gorille à la poitrine velue. Et nous sommes arrivés dans un état, les États-Unis se sont mis dans une situation où il y a beaucoup d’esbroufe, et ceci est réellement orchestré depuis le sommet.”

J’ai dit : “Tout cela semble incroyablement dangereux.”

“C’est un euphémisme,” a répondu Postol.

En 2015, dans le secret le plus total, les US mirent en scène le plus important exercice militaire américain depuis la Guerre froide. Ce fut Talisman Sabre, une armada de vaisseaux et de bombardiers à long rayon d’action répétant un scénario type “Concept de Bataille Air-Mer pour la Chine” (ASB pour Air-Sea Battle), avec blocage des routes maritimes du détroit de Malacca et coupure de l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.

C’est une telle provocation, et la crainte d’un blocus par l’US Navy, que la Chine a en toute urgence mis en place une stratégie de construction d’aéroports sur des îlots disputés et des îles de l’archipel Spratly en mer de Chine du Sud. En juillet dernier, la cour permanente d’arbitrage des Nations Unies a condamné la souveraineté affirmée de la Chine sur ces îles. Même si la dénonciation est venue des Philippes, elle a été présentée par les avocats américains et anglais, et sa source se retrouve du côté de la secrétaire d’État US Hilary Clinton.

En 2010, Clinton s’est rendue à Manille. Elle a demandé que l’ancienne colonie américaine ré-ouvre les bases militaires US fermées dans les années 1990 après une campagne populaire face à la violence qu’elles généraient, notamment face aux femmes philippines. Elle a déclaré que la revendication chinoise sur les îles Spratly – qui se trouvent à plus de 7500 miles des États-Unis – constituait une menace pour la “sécurité nationale américaine” et la “liberté de navigation”.

Après avoir reçu des millions de dollars d’armes et d’équipement militaire, le président d’alors Benigno Aguino a rompu des négociations bilatérales avec la Chine et signé un Accord de Coopération Militaire Renforcée avec les USA. Ce dernier établit le retour de cinq bases US et remit au goût du jour une décision coloniale haïe que les forces américaines et leurs contractants ne sont pas concernés par les lois des Philippines.

L’élection de Rodrigo Duterte, en avril, a énervé Washington.

Se définissant lui-même comme socialiste, Duterte a déclaré : “Dans nos relations avec le monde, les Philippines poursuivront une politique étrangère indépendante” et a noté que les États-Unis ne se sont pas excusés pour leurs atrocités coloniales. “Je vais rompre avec l’Amérique,” a-t-il dit, et il a promis d’expulser les troupes US. Mais les US restent aux Philippines, et les exercices militaires conjoints se poursuivent.

“La domination de l’information”

En 2014, sous la rubrique “La domination de l’information” – le jargon pour dire “manipulation médiatique”, ou fausses informations, pour lesquelles le Pentagone dépense plus de quatre milliards de dollars – l’administration Obama lançait une campagne de propagande qui faisait de la chine, la plus grande nation commerciale du monde, une menace pour la “liberté de navigation”.

Le Pentagone, quartier général du Département de la Défense américain, vue de la rivière Potomac, et Washington D.C. en arrière-plan. (Photo du Département de la Défense)

Le Pentagone, quartier général du Département de la Défense américain, vue de la rivière Potomac, et Washington D.C. en arrière-plan. (Photo du Département de la Défense)

CNN a montré la voie avec son “journaliste de la sécurité nationale” qui fait un reportage enthousiaste à bord de l’avion de surveillance de la Navy survolant les îles Spratly. La BBC persuada des pilotes Philippins apeurés de faire un vol dans un Cessna mono-moteur au-dessus des îles disputées “pour voir comment la Chine réagirait.” Aucun de ces journalistes ne se demanda pourquoi les chinois étaient en train de mettre en place des couloirs aériens en dehors de leur ligne côtière, ou pourquoi les forces militaires américaines se massaient alors aux portes de la Chine.

Le chef assigné à la propagande est l’amiral Harry Harris, commandant militaire américain en Asie et dans le Pacifique. “Mes fonctions,” déclara-t-il au New York Times, “allaient de Bollywood à Hollywood, des ours polaires aux pingouins.” Jamais la domination impériale n’avait été décrite de manière plus concise.

Harris est un des nombreux amiraux et généraux du Pentagone à faire des comptes-rendus à une poignée de journalistes et de présentateurs malléables, avec l’objectif de justifier une menace aussi spécieuse que celle utilisée par George W. Bush et Tony Blair pour détruire l’Irak et la plupart du Moyen-Orient.

A Los Angeles en septembre, l’amiral Harris a déclaré qu’il était “prêt à se confronter à une Russie revancharde et à une Chine assertive… Si nous devons combattre ce soir, je ne veux pas que ce soit un combat équitable. Si c’est un combat au couteau, je veux ramener un pistolet. Si c’est un combat au pistolet, je veux ramener l’artillerie…et tous nos alliés avec leur artillerie.”

Ces “alliés” incluent la Corée du Sud, le site de lancement pour le dispositif “THAAD” du Pentagone (Terminal de Système de Défense Aérienne en Haute Altitude), ostensiblement tourné vers la Corée du Nord. Comme le souligne le professeur Postol, ce dispositif vise la Chine.

A Sydney, en Australie, l’amiral Harris a appelé la Chine à “démanteler sa grande muraille en mer de Chine du sud.” L’image a fait la une de la presse. L’Australie est le “partenaire” le plus obséquieux de l’Amérique ; son élite politique, militaire, ses agences de renseignement et ses médias sont intégrés dans ce qu’on connait sous le nom d'”alliance”. Fermer l’accès au pont du port de Sydney pour le défilé d’un “dignitaire” américain en visite n’est pas rare. Le criminel de guerre Dick Cheney a eu droit à cet honneur.

Bien que la Chine soit le premier partenaire commercial de l’Australie, dont la plupart de l’économie dépend, “affronter” la Chine est le diktat de Washington. Les quelques dissidents politiques à Canberra risquent un marquage maccarthyste dans la presse de Murdoch.

“Vous les Australiens êtes avec nous quoiqu’il advienne,” a dit un des architectes de la guerre du Vietnam, McGeorge Bundy. Une des plus importantes bases militaires américaines se situe à Pine Gap, près d’Alice Springs. Créée par la CIA, elle espionne la Chine et toute l’Asie, et contribue de manière irremplaçable à la meurtrière guerre par drone au Moyen-Orient.

En octobre, Richard Marles, le porte-parole de la défense du principal parti d’opposition australien, le Parti travailliste, a demandé que les “décisions opérationnelles” de lancer des opérations de provocation contre la Chine devraient être laissées au commandement militaire en mer de Chine du Sud. En d’autres termes, une décision qui pourrait mener à une guerre avec une nation dotée de la puissance nucléaire ne serait pas prise par des personnes élues ou par un parlement, mais par un amiral ou un général.

L’autorité du Pentagone

C’est la ligne officielle du Pentagone, le point de départ historique de tout pays qui se considèrerait comme démocrate. L’ascendant du Pentagone sur Washington – que Daniel Ellsberg appelle coup d’État silencieux – se voit clairement dans le montant record de 5000 milliards de dollars que l’Amérique a dépensé dans des guerres d’agression depuis le 11 septembre 2001, selon une étude de l’université Brown. La conséquence : un million de morts en Irak, et le flux massif de 12 millions de réfugiés en provenance d’au moins 4 pays.

Le lanceur d'alerte Daniel Ellsberg, qui a révélé les dossiers du Pentagone.

Le lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, qui a révélé les dossiers du Pentagone.

L’ile japonaise d’Okinawa possède 32 installations militaires, desquelles la Corée, le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan et l’Irak ont étés attaqués par les États-Unis. Aujourd’hui, la cible principale est la Chine, avec laquelle Okinawa a des liens très forts tant commerciaux que culturels.

Les avions militaires sillonnent le ciel d’Okinawa constamment, ils se crashent parfois sur des maisons ou des écoles. Les gens de peuvent pas dormir, les enseignants ne peuvent pas enseigner. Où qu’ils aillent dans leur propre pays, ils sont enfermés et interdits de sortir.

Un mouvement populaire anti-bases américaines formé par les habitants d’Okinawa grossit depuis qu’une fillette de 12 ans a subi un viol en réunion par des soldats américains en 1995. C’était un crime parmi des centaines, dont de nombreux n’ont jamais fait l’objet d’une enquête. A peine connu en dehors de l’île, la résistance a permis l’élection du premier gouverneur anti-bases, Takeshi Onaga, et présenté un obstacle inhabituel au gouvernement de Tokyo et au plan du premier ministre ultra-nationaliste Shinzo Abe pour révoquer la “constitution de paix” japonaise.

Ce mouvement de résistance comprend Fumiko Shimabukuro, agée de 87 ans, une survivante de la Seconde Guerre mondiale alors qu’un quart des habitants d’Okinawa périrent lors de la l’invasion américaine. Fumiko et des centaines d’autres trouvèrent refuge dans la magnifique baie d’Henoko, qu’elle se bat pour défendre désormais. Les États-Unis veulent raser la baie pour étendre les pistes de décollage pour leurs bombardiers.

“Nous devons faire un choix,” a-t-elle déclaré, “le silence, ou la vie.” Alors que nous nous rassemblions pacifiquement en dehors de la base américaine de Camp Schwab, d’énormes hélicoptères Sea Stallion faisaient des cercles au-dessus de nos têtes sans aucun autre but que de nous intimider.

L’île coréenne de Jeju se trouve en mer de Chine de l’Est, c’est un sanctuaire semi-tropical et un héritage du patrimoine mondial déclaré “île de la paix mondiale”. Sur cette île de la paix a été bâtie une des bases militaires les plus provocantes du monde, à moins de 650 kilomètres de Shanghai. Le village de pêcheurs de Gangjeong est dominé par une base navale sud-coréenne bâtie pour les porte-avions américains, sous-marins nucléaires et destroyers équipés de missiles Aegis, pointant vers la Chine.

Un mouvement de résistance populaire contre ces préparatifs de guerre existe sur Jeju depuis presque 10 ans. Chaque jour, souvent deux fois par jour, des villageois, des prêtres catholiques et des militants venant de partout dans le monde forment une masse fervente qui bloque l’entrée de la base. Dans un pays dans lequel les manifestations sont souvent interdites, mais pas les religions influentes, cette tactique a produit un résultat digne d’inspiration.

Un des leaders, le père Mun Jeong-hyeon, m’a dit : “Je chante chaque jour 4 chansons à côté de la base, quelle que soit la météo. Je chante même pendant les typhons – aucune exception. Pour construire cette base, ils ont détruit l’environnement, et la vie des villageois, et nous devons témoigner de cela. Ils veulent contrôler le pacifique. Ils veulent isoler la Chine sur le plan international. Ils veulent faire du monde leur empire.”

Une Chine très moderne

La dernière fois que j’ai décollé de Jeju pour Shanghai remonte à plus d’une génération. La dernière fois que je suis allé en Chine, je me souviens que le bruit le plus fort que j’ai entendu provenait du tintement des sonnettes de bicyclettes ; Mao Zedong était mort depuis peu, et les villes semblaient sombres, faites d’un mélange d’attente et de crainte. En quelques années, Deng Xiopeng, “l’homme qui a changé la Chine”, était le “leader suprême”. Rien ne m’avait préparé aux changements stupéfiants de la Chine actuelle.

La Chine a lourdement investi dans des infrastructures de transport modernes, dont des lignes de train à grande vitesse.

La Chine a lourdement investi dans des infrastructures de transport modernes, dont des lignes de train à grande vitesse.

La Chine est faite d’une délicieuse ironie, notamment la maison de Shanghai dans laquelle Mao et ses camarades ont fondé secrètement le parti communiste de Chine en 1921. Aujourd’hui, elle se tient au milieu d’un quartier commercial très capitaliste ; vous sortez de ce temple du communisme avec votre petit livre rouge et votre statuette de Mao et rentrez directement dans l’univers de Starbucks, Apple, Cartier, Prada.

Mao en serait-il choqué ? J’en doute. Cinq ans avant sa grande révolution de 1949, il a envoyé ce message secret à Washington. “La Chine doit s’industrialiser,” a-t-il écrit. “Cela ne peut être réalisé que par la libre entreprise. Les intérêts chinois et américains vont ensemble, économiques comme politiques. L’Amérique n’a pas besoin de craindre que la Chine ne coopère pas. Nous ne pouvons nous permettre aucun conflit.”

Mao a proposé de rencontrer Franklin Roosevelt à la Maison-Blanche, et son successeur Harry Truman, et son successeur Dwight Eisenhower. Ses invitations ont été déclinées, ou volontairement ignorées. L’opportunité de changer l’histoire contemporaine, d’empêcher des guerres en Asie et de sauver d’innombrables vies a été perdue car l’authenticité de cette ouverture a été niée par Washington quand “la transe catatonique de la guerre froide,” écrit le critique James Naremore, “a maintenu notre pays dans une position figée.”

Les fausses informations des média grand public qui présentent une fois de plus la Chine comme une menace procèdent de la même mentalité.

“La Nouvelle Route de la soie”

Le centre de gravité du monde bascule inexorablement vers l’Est ; mais la stupéfiante vision qu’a la Chine de l’Eurasie est mal comprise par l’Ouest. La “Nouvelle Route de la soie” est une voie d’échanges commerciaux, de ports, de pipelines et de trains à grande vitesse rejoignant l’Europe. En tant que leader mondial de la technologie ferroviaire, la Chine est en train de négocier avec 28 pays pour installer des lignes sur lesquelles les trains pourront transiter jusqu’à 400km/h. Cette ouverture au monde a le soutien de la plupart de l’humanité, et permet en plus d’unifier la Chine et la Russie.

“Je crois en l’exception américaine au plus profond de moi,” a affirmé Barack Obama, évoquant le fétichisme des années 30. Ce culte moderne de la supériorité c’est l’américanisme, le prédateur dominant du monde. Durant le mandat du libéral Obama, qui a remporté le prix Nobel de la paix, les dépenses de fabrication de nouvelles têtes nucléaires ont été plus élevées que sous n’importe lequel des mandats des présidents américains depuis la fin de la Guerre froide. Une mini arme nucléaire est prévue. Connue sous l’appellation B61 modèle 12, elle signifiera, selon le général James Cartwright, ex vice-président du Staff des Chefs des Armées, que “la rendre plus petite [rendra son usage] plus imaginable.”

En septembre, le “Atlantic council”, un think-tank géopolitique américain grand public, a publié un rapport qui prédit un monde Hobbesien [https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Hobbes, NdT], “marqué par le désordre, un violent extrémisme [et] une ère de guerre perpétuelle.” Les nouveaux ennemis étaient une “Russie” renaissante et une Chine “de plus en plus agressive”. Seule l’Amérique héroïque peut nous sauver.

Cette belligérance est de la pure démence. C’est comme si le “siècle américain” – proclamé en 1941 par l’impérialiste américain Henry Luce, propriétaire du magazine Times – s’était terminé sans préavis et que personne n’ait le courage de dire à l’empereur de ramasser ses armes et de retourner chez lui.

Source : Consortium News, le 04/12/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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L’accord Colombie-OTAN est dirigé contre le Venezuela et vers le pillage des ressources naturelles. Par Dick Emanuelsson

10 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Economie, #La lutte des classes, #Politique étrangère, #Le fascisme, #Amérique Latine

L’accord Colombie-OTAN est dirigé contre le Venezuela et vers le pillage des ressources naturelles

http://www.investigaction.net/laccord-colombie-otan-est-dirige-contre-le-venezuela-et-vers-le-pillage-des-ressources-naturelles/#sthash.5xmijOqo.dpuf

09 Jan 2017

Dick Emanuelsson

http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/01/otan_col2-640x324.jpg

 

L’éventuel accord militaire entre le Gouvernement de la Colombie et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une provocation contre les accord de paix de l’Amérique du Sud signés à la CELAC et à l’UNASUR, des accords ratifiés même par le Gouvernement colombien lui-même. Ils ont les yeux fixés sur les réserves de pétrole aussi bien au Venezuela qu’en Colombie et sur les ressources naturelles de l’Amazonía en Amérique du Sud, déclare Horacio Duque, analyste politique colombien à Resumen Latinoamericano.

Mais le président colombien Juan Manuel Santos ne se souvient déjà plus de la promesse qu’il a faite en 2010 au président vénézuélien de l’époque, Hugo Chávez Frías de ne faire aucune alliance militaire avec l’OTAN. Le 23 décembre 2016, il a déclaré ce qui suit (https://youtu.be/kb2hVqZBqIo):

« Je suis plein de joie et de satisfaction parce que cet objectif, nous l’avions depuis l’époque où j’étais ministre de la défense. Nous avons fait la demande il y a 9 ans pour signer un accord de coopération qui est la possibilité la plus importante que l’OTAN a avec les pays qui ne osnt pas membres de l’OTAN pour collaborer mututellement et ils m’ont remis la lettre dans laquelle ils disent que « la Colombie a été acceptée ! »

L’accord de 2013

Le 5 mars 2013, Chávez est mort et le Gouvernement colombien, cette fois sous la baguette de Santos, a mis « mois pour que le ministre de la défense, Juan Carlos Pinzon, au siège de l’OTAN en Belgique, informe que la Colombie avait déjà un accord avec l’OTAN sur l’échange d’informations et la sécurité. Cela a été le premier memorandum de cette nature que l’Alliance ait singé avec un pays d’Amérique Latine.

Le Congrès de la République de Colombie a soutenu le 1é août 2014 l’accord signé le 25 juin 2013. Le 24 février 2015, le Procureur Général de Colombie a demandé qu’on déclare irrecevable l’accord signé entre la Colombie et l’OTAN en 2013 parce qu’il considérait que le document signé « n’indiquait pas avec précision sa finalité. »

En juin 2015, la Cour Constitutionnelle Colombie a supprimé l’accord signé en 2013 pour vices de forme quand il a été approuvé au Congrès colombien. Le 26 octobre 2016, le Sénat colombien a approuvé en seconde lecture l’accord sur la coopération et la sécurité concernant l’information entre la Colombie et l’OTAN. Le 23 décembre 2016 Santos annonce que l’OTAN a à nouveau accepté de commencer des négociations avec la Colombie.

Le but : contrôler le Venezuela

Le sénateur Paul Cordwell a été très sincère quand il a parlé au Congrès états-unien du Plan Colombie à la fin des années 90. Il a dit : « Pour contrôler le Venezuela, il faut occuper militairement la Colombie ! »

Avec le Plan Colombie, l’occupation militaire et la dépendance de ce pays envers les Etats-Unis se sont accélérées. Le 1é juin 2008, on a réactivé la 4° Flotte qui avait été inactive depuis 1950. Cette flotte opère dans les Caraïbes, l’Amérique du Sud et l’ Amérique Centrale et leurs 2 côtes.

Le 30 octobre 2009, l’ex président Álvaro Uribe Vélez a signé un accord avec le Commando Sud pour lui fournir 7 bases militaires en Colombie. Parmi ces 7 bases se trouvent la base navale de la Baie Málaga, construite au début des années 80 par la transnationale de construction suisse ABV. Santos non seulement est accusé de jouer au poker politique mais aussi d’être un menteur et un tricheur, ce qui se confirme avec le mensonge qu’il a dit à Chávez 2010. Nicolás Maduro a rappelé cette promesse violée quand il a commenté et condamné cette information, le 23 décembre :

« Nous allons chasser l’OTAN de là, j’appelle le peuple colombien et les peuples d’ Amérique du Sud et du Venezuela à lutter contre l’OTAN, non à l’OTAN en Amérique du Sud, ça suffit, ses guerres bien loin d’ici, l’Amérique du Sud sans alliances militaires avec des armes nucléaires et de guerre, » a déclaré Maduro dans son émission « La hora de la salsa. »

Horacio Duque Giraldo est un analyste politique colombien et il soutient aussi que la cible d’un éventuel accord entre la Colombie et l’OTAN est Caracas. A ce journaliste, il adit :

« Je crois que le but concret est le Venezuela, nous ne devons pas nous y tromper. Indépendamment de tous les problèmes et de toutes les contradictions d’un processus comme le processus vénézuélien, ici, le problème essentiel est les grandes entreprises pétrolières et minières et les armées qui travaillent pour leur sécurité. Elles sont derrière la rente pétrolière et les richesses du Venezuela et de l’Amazonie colombienne. »

Le général Kelly une vraie menace pour le Venezuela.

Duque continue:

« Les 7 bases militaires en Colombie et l’accord avec l’OTAN, la nomination comme ministre de l’Intérieur et de la Sécurité du Gouvernement de Donald Trump du général John Kelly, cet ex commandant de la 4° Flotte et du Commando Sud qui fut un interventionniste déclaré en ce qui concerne la situation au Venezuela, tout cela montre qu’il se charge de détruire la structure démocratique du Venezuela. Pour la détruire, ils ont décimé et traqué économiquement (le Venezuela), ce qu’ils ont voulu faire pendant tant d’années avec Cuba.

Et maintenant, ils vont, comme en ont l’habitude les oligarchies d’Amérique Latine et de l’Empire, provoquer subrepticement toutes les actions nécessaires pour atteindre leur objectif très ponctuel qui est de rétablir la domination de l’oligarchie au Venezuela, la vieille oligarchie d’AD et du COPEI vénézuéliens que nous connaissons et attaquer et piller la rente pétrolière et attaquer et piller les ressources de l’Amazonie colombienne, brésilienne et équatorienne. Sur cela, nous ne pouvons pas nous tromper. C’est le but central de cet accord qu’ils annoncent avec l’OTAN. »

La sous-traitance des Forces Armées de Colombie

Horacio Duque soutient que l’Accord de Paix avec les FARC et la fin d’un conflit social et armé doivent avoir des conséquences pour les Forces Militaires Colombiennes, les plus importantes du continent. Sur le demi-million d’unités militaires, elles devraient se réduire au oins de 100 000 militaires bien que Santos ait dit qu’il en les réduirait pas. L’idée, dit Duque, est de faire une sous-traitance, ce qui signifie que même l’Armée est « victime » du modèle néolibéral dans lequel l’Etat reste seulement l’administrateur d’un petit noyau de productions et de services, le reste étant fragmenté en coopératives ou privatisé.

Dans ce cas, l’Etat colombien a son « produit d’exportation » qui est le Plan Colombie. Il a réussi : seulement sur le continent latino-américain et dans les Caraïbes, 12 pays ont des contrats avec Bogota dans e domaine de la sécurité et de la formation.

L’un d’entre eux est le Honduras, la seconde nation la plus pauvre du continent américain où la pauvreté extrême atteint 42,6% de la population. Les militaires et les civils colombiens ont remplacé en grande partie les conseillers militaires et policiers du Commando Sud des Etats-Unis. Les militaires colombiens forment leurs collègues honduriens. C’est la même chose avec la police, les organismes de sécurité et de renseignement militaire. Des avions vont tous les jours de Tegucigalpa à Bogotá avec des Honduriens qui doivent être formés par les Colombiens alors que la Colombie a de nombreux contingents de militaires en terre hondurienne.

Après le coup d’Etat de juin 2009, des rumeurs ont couru aussi bien au Honduras qu’en Colombie, disant que les grands propriétaires terriens de la côte nord du Honduras recrutaient des paramilitaires colombiens démobilisés venant de Magdalena Medio. Après la visite au Palais de Nariño d’une délégation hondurienne de la junte civique et militaire qui a été reçue par Álvaro Uribe en juin 2009, un mois après le coup d’Etat, Alvaro Uribe s’est rendu au Honduras en janvier 2010 et un accord a été signé entre les 2 pays pour la « lutte commune contre le terrorisme (lisez « contre la résistance hondurienne ») et le trafic de drogues ». Depuis cette date, les corps de l’armée et de la police honduriennes se sont remplis de militaires colombiens.

Le fond de l’Accord avec les FARC

C’est cette sorte de « conseils » qui ont été et seront les tâches des Forces Militaires (dans lesquelles on inclut aussi la Police Nationale colombienne). Par un accord avec l’OTAN, ce processus peut s’intensifier encore plus. Les militaires et les policiers colombiens qui ne veulent pas continuer à travailler pour les Forces Militaires peuvent devenir ouvertement des mercenaires recrutés par les alliés des Etats-Unis dans le Golfe Persique comme les 800 ex membres colombiens des Forces Spéciales colombiennes qui tuent aujourd’hui des Yéménites au Yemen, victimes d’un terrible génocide perpétré par l’Arabie Saoudite et l’Emirat Arabe.

« D’une certaine manière, l’Accord de Paix en Colombie poursuit ce but, c’est à dire déblayer les zones dans lesquelles se trouvent les grandes richesses minières et pétrolières, agricoles et agro-industrielles en Colombie. Les déblayer pour que les grandes multinationales viennent piller et emporter toutes les richesses, organiser de grandes étendues et de grandes propriétés foncières pour renforcer la politique de sécurité et des entreprises alimentaires des états qui vont venir profiter des grandes étendues de terre en Colombie, c’est ce que nous avons appelé « l’étrangérisation » de la terre en Colombie. C’est le but de l’accord de l’OTAN, c’est ce qu’ils veulent et qu’ils cherchent avec l’Accord de Paix en croyant que le mouvement populaire va baisser la garde et ne va pas se mobiliser. »

Il n’y a qu’un « mais » : Donald Trump a dit que l’OTAN n’a plus de raison d’exister mais une chose est ce que dit Trump et une autre ce que dit et fait le Pouvoir de Fait. Même le président Dwight Eisenhower admettait dans les années 50 que le Complexe Militaire et Industriel est le véritable Pouvoir aux Etats-Unis. Tous les autres, c’est RIEN !

Traduit de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source: Resumen Latinoamericano

 

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Le deuil peut-il teinter de rose les œillets d’Avril au Portugal ? Par Pedro da Nóbrega

10 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #l'horreur économique

 
Le deuil peut-il teinter de rose les œillets d’Avril au Portugal ?

 

  
Pedro da Nóbrega
 

 

La multiplication des panégyriques en cours à l’occasion du décès de Mario Soares, ancien secrétaire général du PS portugais, ancien ministre des Affaires Étrangères des gouvernements de la Révolution des Œillets, ancien Premier ministre et Président du Portugal, doit-elle obligatoirement comprendre un moment œcuménique d’amnésie sur le rôle qu’aura joué ce personnage politique dans l’évolution du pays depuis la libération des 48 ans de dictature fasciste par le biais de la Révolution des Œillets entamée par l’action des militaires du Mouvement des Forces Armées le 25 avril 1974 ?

Car si l’histoire retiendra son rôle de premier plan dans l’histoire du Portugal depuis la chute du régime fasciste, le moins que l’on puisse écrire est que son action a non seulement suscité des fortes contestations de la part de ceux qui précisément ont été des acteurs de cette révolution comme elle n’a jamais mérité de sa part un quelconque début d’autocritique.

Il aura tout fait pour empêcher que cette révolution puisse entraîner des transformations sociales, économiques et politiques permettant au peuple de prendre son destin en main, d’abord à l’occasion d’un processus de décolonisation laissant l’initiative aux mouvements de libération des pays concernés puis lors d’un processus politique à même de libérer le pays des tutelles économiques qu’il subissait depuis si longtemps.

C’est d’ailleurs en tant que ministre des Affaires Étrangères du gouvernement provisoire qu’il imposera, sur injonction des USA, la présence de l’UNITA à la conférence d’Alvor au Portugal en janvier 75 sur l’accession à l’indépendance de l’Angola, alors que ce mouvement qui est né de la collaboration avec l’armée coloniale portugaise pendant le conflit contre le MPLA, mouvement historique de libération, n’était même pas reconnu comme mouvement de libération par l’O.U.A., avec le résultat tragique pour le peuple angolais qui en résultera.

Il n’a jamais non plus hésité à présenter le Général Spinola, ancien Commandant du corps expéditionnaire de l’armée coloniale portugaise en Guinée, premier Chef de la Junte de Salut National, mise en place le 25 avril 1974 pour remplacer le pouvoir fasciste comme un grand chef militaire opposé au dernier Président du Conseil fasciste, Marcelo Caetano le successeur de Salazar, et comme un homme du 25 avril. Or Spinola, membre par le passé de la « División Azul » ayant combattu aux côtés des nazis sur le front soviétique, n’a jamais été lié aux Mouvements des Capitaines. S’il est devenu Chef de la Junte de Salut National, c’est par le biais d’un compromis entre le Mouvement des Forces Armées, auteur du mouvement militaire ayant mis fin au fascisme et qui lui préférait le Général Costa-Gomes , et les dirigeants de la dictature. Lorsque son interlocuteur avait l’outrecuidance de rappeler les liens de Spinola avec l’extrême-droite et ses tentatives de coup d’État contre la Révolution des Œillets, notamment le 11 mars 1975, SOARES ne s’embarrassait pas en répondant « qu’il ne sait pas s’il a tenté ou non un coup d’État et encore moins s’il avait des relations avec l’extrême-droite » alors que ces faits sont historiquement avérés. Mais il a sans ambages affirmé « Spinola a été un grand chef militaire, d’un courage exemplaire d’ailleurs. »

Lorsqu’il était questionné sur ses liens privilégiés avec Frank CARLUCCI, ambassadeur des USA nommé juste après le 25 avril 1974 et haut fonctionnaire notoire de la CIA, il avait le culot de dire qu’il n’en savait rien : « Les attaques des communistes contre Carlucci ont été totalement inutiles. Quant à être ou pas de la CIA, je ne saurais le dire, cela ne m’a d’ailleurs jamais intéressé. » Des faits pas même contestés pourtant.

C’est le même Soares qui n’hésitait pas à traiter, lors d’un meeting contre la Révolution à Lisbonne le 19 juillet 1975, la direction du Parti Communiste Portugais « d’irresponsables et de cercle de paranoïaques » ainsi que les dirigeants de la grande centrale syndicale portugaise, la CGTP-Intersindical, d’être aussi un « repaire d’irresponsables que ne représentent pas le peuple portugais. » Lui aussi qui avouait que « lors du moment le plus difficile du Processus Révolutionnaire, Monsieur le Patriarche nous a aidés, j’ai d’ailleurs sollicité plusieurs audiences qu’il nous a accordés, certaines d’ailleurs secrètes. » Quand l’on sait quel a pu être le rôle contre la Révolution des Œillets de la hiérarchie catholique portugaise de l’époque, voilà qui se passe de commentaires.

Il est vrai qu’il n’hésitait pas à se targuer des excellentes relations qu’il entretenait avec Manuel Fraga Iribarne, franquiste notoire ainsi qu’avec Adolfo Suarez, autre néo-franquiste notoire.

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Portrait officiel de Mário Soares en Président de la République, réalisé en 1992 par Júlio Pomar et placé dans la Galerie des Portraits officiels du Musée de la Présidence

Après avoir réussi à inverser le cours historique de la Révolution avec le Coup d’État du 25 Novembre 1975, il s’est méticuleusement investi dans la remise en cause de ses grandes conquêtes sociales comme la Réforme Agraire, les nationalisations et les droits des travailleurs notamment. Il aura été à ce titre le maître d’œuvre de l’adhésion du Portugal à la C.E.E., ancêtre de l’actuelle Union Européenne. Cela lui permettra, après une défaite aux législatives de 1985, d’être élu Président de la République en 1986 pour deux mandats successifs, sachant que le Président de la République au Portugal n’a pas le rôle de chef de l’exécutif qu’il a en France.

Là encore quelques citations de l’intéressé s’imposent :

« J’ai décidé de présenter ma candidature aux présidentielles en 1986, tout en ayant conscience d’avoir mené au gouvernement une politique impopulaire mais nécessaire, courant le risque de perdre les élections ! »

« Pour le Portugal, l’adhésion à la CEE représentait une option fondamentale vers un futur de progrès et de modernité. »

Les Portugais, confrontés à des politiques sociales de plus en plus dures et injustes justifiées soi-disant au nom de l’Union Européenne apprécieront sans aucun doute ces oracles lénifiants. Qu'il s'agisse des retraités obligés de survivre dans la misère, des jeunes contraints de s'expatrier pour essayer de trouver une planche de survie après s'être épuisés à force de contrats précaires, de tous les citoyens morts de n'avoir pu être pris en charge par un Service National de Santé sinistré malgré l'extrême dévouement de personnels pressés jusqu'au citron, de tous ceux qui se gèlent dans les établissements d'enseignement du pays depuis qu'ils ne sont plus chauffés, ils sont nombreux les Portugais à apprécier tout le sel, si tant est qu'il leur en reste pour agrémenter leur rata, de ces propos.

À propos justement de l’entrée dans l’Union Européenne, il ne dira rien sur la soumission aux logiques de marché du capital des forces politiques qu’il a mené, avec d’autres, pas un mot sur la responsabilité des dirigeants politiques, dont lui-même, dans cette évolution. Il gardera silence sur la complicité avérée de la social-démocratie et de la droite européenne dans ce processus d’éloignement des centres de décision des mécanismes de contrôle démocratique dont le rôle joué par Jean-Claude Juncker, actuel Président de la Commission Européenne pourtant mouillé jusqu’au cou dans le scandale LuxLeaks, n’est qu’une des tristes illustration.

Alors, un peu de décence malgré tout ne saurait nuire dans ce cortège funèbre qui n’est pas obligé de virer au funeste.

 

 

Merci à Tlaxcala
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19642
Date de parution de l'article original: 09/01/2017
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« Trump met la pression : Fiat Chrysler annonce 2 000 nouveaux postes dans le Midwest !!» L’édito de Charles SANNAT

10 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Economie, #Les transnationales, #Les média

« Trump met la pression : Fiat Chrysler annonce 2 000 nouveaux postes dans le Midwest !!» L’édito de Charles SANNAT

« Trump met la pression : Fiat Chrysler annonce 2 000 nouveaux postes dans le Midwest !!»

L’édito de Charles SANNAT

En France, on vous explique que l’État ne « peut pas tout », ce qui est vrai, et ce qui est même d’ailleurs souhaitable, car il faut que chacun reste à sa place, et l’État, l’un des acteurs les plus importants de l’économie, doit savoir le premier rester à sa place pour ne pas nuire plus que nécessaire.

Pourtant, l’État n’est pas impuissant.

Le politique n’est pas impuissant.

L’impuissance généralisée de ces dernières décennies, cette impuissance devenant d’ailleurs exponentielle, n’est en aucun cas une fatalité.

Cette impuissance, c’est l’abdication de notre puissance publique, c’est l’abdication de nos hommes et femmes politiques, de nos dirigeants, massivement « corrompus », massivement arrosés par le totalitarisme marchand et ses grandes multinationales.

Notre impuissance collective, c’est notre perte de croyance en nous-mêmes car si l’État, qu’il soit français ou américain, ne peut pas tout, il peut tout de même des choses considérables pour peu qu’il accepte d’user de sa force légitime.

La force légitime de l’État, c’est lorsqu’il s’agit de l’intérêt de son peuple et de la protection de ce dernier.

Fiat Chrysler va créer 2 000 emplois aux États-Unis

« Un investissement d’un milliard de dollars dans le Midwest et la création de 2 000 emplois. Telle est la promesse de Fiat Chrysler Automobiles, annoncée dimanche, alors que Donald Trump met la pression sur les constructeurs automobiles.

Le constructeur va investir un milliard de dollars pour le rééquipement et la modernisation de deux usines situées dans le Midwest dont une produira des pick-up utilitaires de type Ram actuellement fabriqués au Mexique.

Cette annonce intervient alors que le président élu américain Donald Trump a menacé jeudi Toyota d’une « lourde taxe frontalière » si le constructeur exporte vers les États-Unis des voitures assemblées au Mexique. »

Le protectionnisme est une évidence de bon sens !

Si nos dirigeants n’étaient pas massivement vendus, il n’y aurait jamais eu d’ouverture inconsidérée à une concurrence totalement faussée ! La libre concurrence, et tous les économistes seront d’accord là-dessus, permet une saine émulation économique uniquement lorsqu’il s’agit de compétiteurs qui ont le même type de structure de coûts ! Une structure équivalente ne veut pas dire identique.

Autrefois, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, la structure de coût était équivalente entre les États-Unis et l’Europe malgré nos différences de systèmes. Nos entreprises ne délocalisaient pas en masse aux USA et réciproquement, ce qui ne nous a jamais empêché de commercer.

La mondialisation a été menée consciemment contre les peuples et contre les nations avec le résultat funeste que nous voyons aujourd’hui.

Trump est subversif sur cette idée de mondialisation justement !

Que nous montre Trump, que l’on aime son style ou qu’on le déteste ? Qu’avec du courage politique et la force de s’opposer aux intérêts marchands en mettant dans la balance le poids et la force de l’État, on peut faire revenir les entreprises et les emplois.

Pas tous évidemment. Mais, il est possible, en réinstaurant des droits de douane, de faire venir les usines… et donc du boulot et de la création de richesse sur son propre sol.

Et ils se précipitent tous pour ouvrir des usines et créer des emplois aux États-Unis, tellement ils ont peur de Trump !

« Le président directeur général de Daimler, Dieter Zetsche a annoncé dimanche que le groupe prévoyait d’investir 1,3 milliard de dollars supplémentaires pour développer la production de SUV dans son usine de l’Alabama. »

« Hinrich Woebcken, directeur général de Volkswagen en Amérique du Nord a dit dimanche à Reuters anticiper des investissements de 7 milliards de dollars aux États-Unis entre 2015 et 2019 ainsi que le lancement de la fabrication aux États-Unis de son nouveau modèle de SUV Atlas. »

Trump pourra-t-il démondialiser ?

Je n’en sais rien.

Mon analyse fondamentale m’incite à dire que oui, parce qu’il n’est pas seul à vouloir le faire.

Vous avez, aux États-Unis, trois grandes forces qui s’affrontent souvent et travaillent ensemble parfois. Le complexe militaro-industriel, les « nationalistes » et les « mondialistes ». Aujourd’hui, une grande partie de l’élite américaine pense qu’il est grand temps de changer les règles du jeu car ces dernières, avec la mondialisation actuelle, ne sont plus favorables aux USA et menacent évidement le leadership américain battu en brèche par la Chine, aujourd’hui, et l’Inde, demain.

Alors oui, Trump va considérablement démondialiser l’économie, réintroduire du protectionnisme. Nous ferons la même chose en Europe et le monde va à nouveau considérablement changer.

Si Trump le fait, c’est qu’il est soutenu par une frange non négligeable de l’élite américaine. Trump n’est pas seul. Loin de là. Sera-t-il l’empereur de la démondialisation ou une simple étape ? Il est trop tôt pour l’affirmer avec certitude.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

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