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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

La Finlande délaisse les maths et la physique-chimie dans les écoles

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #Ecole, #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #Les transnationales, #Services publics

La Finlande délaisse les maths et la physique-chimie dans les écoles

Le pays, souvent présenté comme un modèle en matière d'éducation, veut délaisser les mathématiques et la chimie au profit d'« enseignements spécialisés ».

 
 
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© M.B.I / SHUTTERSTOCK
 
Régulièrement dans le top 15 des meilleurs systèmes éducatifs sélectionnés par le programme Pisa, la Finlande vient de décider d'enseigner autrement dès 2020. Fini les mathématiques, adieu la physique-chimie, place à « l'enseignement phénomène », ou plus sobrement appelé « enseignement par sujets ». Une méthode pédagogique transversale expérimentée en ce moment même à Helsinki.


Des cours de cafétéria et d'Union européenne

À quoi ressemble concrètement ce nouveau système ? Un élève de filière professionnelle peut désormais s'inscrire dans un cours intitulé « service de cafétéria ».  L'étudiant suit ensuite un programme adapté : bases de mathématiques, notions de langues pour servir d'éventuels clients étrangers et rudiments de communication... Dans les filières plus générales, on pourrait envisager de prendre un sujet « Union européenne », qui mélangerait des éléments d'économie, d'histoire, de langues et de géographie. Cette méthode encourage également la résolution de problèmes interactifs ou la collaboration par petits groupes pour aider à développer les compétences nécessaires pour faire carrière. 
Dans Le Point, l'enseignant et essayiste français Jean-Paul Brighelli s'insurge contre ce « nouveau paradis pédagogique » dans lequel les « élèves sont prêts à consommer et à être consommés – pas des êtres libres, responsables et adaptables ». Pour Pasi Silander, directeur du Développement de la capitale finlandaise, c'est le résultat d'une volonté « d'effectuer des changements en matière d'éducation nécessaires pour l'industrie et la société moderne.»


« Miracle » finlandais ?

D'après un éducateur et chercheur finlandais, Pasi Sahlberg, les cours traditionnels d'histoire, d'art et de mathématiques seront toujours bien enseignés en Finlande. La réforme qui consisterait à enseigner des matières multidisciplinaires est bien à l'étude, mais ne remplacera pas tous les autres cours. Pourtant, ce sont 70% des enseignants des écoles secondaires d'Helsinki qui sont déjà formés à cette nouvelle méthode d'enseignement. De plus, Marjo Kyllonen, chargé du secteur éducatif de la capitale, révèle que les enseignants qui se plieront le plus rapidement à cette initiative verront leur salaire augmenter. Jean-Paul Brighelli met cependant en garde contre un système que l'on érige un peu trop vite en modèle : «  On ne parle du "miracle" finlandais qu'au niveau primaire et collège. Parce qu'après, c'est beaucoup plus sauvage : un tiers des élèves passent en voie générale. Le reste va en lycée professionnel ». L'essayiste rappelle un autre triste palmarès du pays scandinave, dont le niveau d'alcoolisme et de suicide chez les jeunes est le plus haut d'Europe. 
 
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Jeu géostratégique : une alliance russo-grecque

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La dette, #La mondialisation

Jeu géostratégique : une alliance russo-grecque


Par Phil Butler – le 1er avril 2015 – Source Russia Insider

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est à la veille de rencontrer le président Poutine, le 8 avril prochain. Avec l’émergence de la Russie et de la Chine comme alternative économique à la Banque mondiale des États-Unis, un pont russo-grec pourrait être une bonne affaire.

Poutine avec le Directeur Général d’Aéroflot Vitaly Savelyev, bon signe pour le tourisme grec ? (Photo Kremlin)

Le ministre grec de la Réforme industrielle Panagiotis Lafazanis et le député de Syriza Petrakos étaient à Moscou ces jours derniers pour poser les bases de la rencontre du Premier ministre Alexis Tsipras avec Vladimir Poutine. Le nœud de vipères des banquiers fiévreux, des politiciens corrompus, et des généraux hystériques à l’Ouest du Bosphore sent que la Russie et la Chine ont là une occasion unique.

 

En guise de mise en garde, Petrakos a dit au Spiegel Online et à d’autres médias :

Cette visite est très importante pour la Grèce. Nous avons l’intention d’approfondir nos relations avec la Russie dans le secteur de l’énergie et, par conséquent, nous espérons en retirer un avantage significatif.

Il y a deux semaines, j’ai signalé que Tsipras avait avancé la date de sa rencontre avec Poutine. Avant les discussions à venir à Berlin et à Bruxelles, le Premier ministre grec a décidé de jouer la partie économique pour son pays avec les cartes qui lui ont été distribuées. Avoir un accord russo-grec par dessus la tête des banquiers, ce n’était pas du génie, mais seulement le b.a. ba d’une négociation. Mon article suivant, qui s’interrogeait sur un éventuel réchauffement de Bruxelles à l’égard des idées de Tsipras sur la dette, traitait de coopération potentielle entre la Grèce et la Russie en termes de matières premières, comme l’or, et de collatéraux pour assurer que le gain pour la Russie serait garanti sur tout accord. Ce dont je n’ai pas parlé, c’est du bénéfice à long terme pour la Russie, et tous ses projets d’investissements, si Athènes scellait ses relations avec Moscou. Voici quelques observations attentives permettant de prédire ce qui pourrait se passer lors de la prochaine rencontre.

Pour cela commençons avec une brève leçon de géostratégie. La Grèce occupe un emplacement stratégique dans la Méditerranée orientale. Le contrôle sur la mer Égée, et par conséquent le contrôle des voies maritimes entre la Méditerranée et les ports de la mer Noire, tout comme les îles proches de la Syrie et les routes maritimes qui viennent du canal de Suez, en Egypte, font d’elle un élément crucial pour toute stratégie de défense de l’Otan, ou même régionale. En outre, on estime que la mer Égée contient plus de quatre milliards de barils de pétrole, sans parler du potentiel clé dans d’autres secteurs. Pour bien comprendre cela, un bref rappel géographique et politique est nécessaire.

Le contre-coup de la doctrine Nixon

Des F16 en sortie – La Grèce dépense des milliards en achat d’armes à l’Occident.

Dans le jeu séculaire des manœuvres géostratégiques européennes, la Grèce et la Russie ont une valeur particulière. Pour la première, les théories du général Karl Haushofer et le nouveau modèle d’un Lebensraum [espace vital, NdT] allemand confirment le dilemme de Mme Angela Merkel quant au sauvetage de la Grèce ces prochaines semaines. Quant à la Russie, du moins dans le cas de la Grèce aujourd’hui, les idées d’Alfred Thayer Mahan dans son ouvrage The Problem of Asia semblent porter leurs fruits. Pour le dire simplement, les États-Unis, l’Allemagne et tout particulièrement l’Otan ont besoin de tenir fermement la Grèce. J’entends par là ce qu’on appelle les nations occidentales, qui seront dans une situation intenable sans les Grecs. C’est-à-dire, si on désire la perpétuation de l’hégémonie américano-britannique sous une forme ou une autre. Voyez-vous, Mahan a conçu avant 1900 une stratégie visant à refuser commerce et émergence à la Russie. Ses théories ultérieures ont aussi décrit l’équilibre face à la menace russe par la création d’une force en Turquie, en Syrie et en Mésopotamie (Irak) pour prévenir une future expansion russe .

Comme nous le voyons clairement aujourd’hui, la force prend aujourd’hui partout la forme du conflit et du chaos. A dire vrai, nous assistons au retournement d’une doctrine imaginée par nul autre que le Dr. Henry Kissinger, le Secrétaire d’État de Nixon, et l’homme que le sénateur John McCain a défendu dans les audiences du Sénat. C’est Kissinger et Nixon qui ont planifié le réalignement de la puissance dans le monde moderne, opposant la Russie et la Chine l’une à l’autre. Ses théories ont été prolongées et développées plus tard par Zbigniew Brzezinski, qui a conseillé tous les présidents des États-Unis  depuis les années Nixon. Quelque décennies plus tard, avec une Russie qui bénéficie de la mondialisation, on voit que l’ancien jeu ne fonctionne plus du tout aussi bien. Incapable de contenir plus longtemps l’inévitable croissance de la Russie, grâce aux vastes ressources inexploitées du pays et au développement de la société, l’Otan a effectivement perdu (par rapport aux normes de sa direction) la grande guerre russophobe. Maintenant, vous avez un ticket d’entrée pour comprendre ce qui est vraiment sur le point d’arriver à Moscou un mois avant les célébrations du 9 mai, Jour de la victoire de la Deuxième Guerre mondiale.

Le président des États-Unis Richard Nixon (à gauche) et Henry Kissinger, Conseiller à la sécurité nationale et Secrétaire d’État, à la Maison Blanche.

Le 8 avril, la Grèce est appelée à devenir l’élément le plus précieux des territoires des pays de l’Otan. Là-bas, les gens qui ont longtemps souffert à cause de la corruption à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières, n’ont rien à perdre, et ils n’aiment ni l’Allemagne ni leurs compagnons de l’Otan. Pour le dire franchement, les Grecs n’adorent aucune nation autant que la leur. Je m’attends à ce que Vladimir Poutine et le Chinois Xi Jinping aient déjà réfléchi à ce que sera l’offre. Ayant déjà accepté de rejoindre la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) lancée par la Chine le 14 avril, la Russie proposera selon toute vraisemblance à Tsipras un accord qu’il ne pourra pas refuser. Une combinaison d’investissements massifs en prêts de la part de la Chine, un accord avec la compagnie russe Gazprom d’une valeur équivalente, et la Grèce sera de retour dans le jeu sans l’Otan, sans l’euro et sans soucis à propos des dépenses de défense.

Le principal char d’assaut de la Grèce – le Leopard allemand (via le site de l’armée grecque)

Une occasion pour larguer la dette ?

De nombreux investisseurs ont afflué pour lire le premier de mes articles (des indicateurs me disent que l’intérêt pour la Grèce est puissant), mais excepté Boeing, Raytheon ( et quelques autres) peu d’entre eux ont pris conscience du fait que, après les États-Unis, la Grèce dépense plus en armement que les 27 pays membres de l’Otan réunis. Les États-Unis, l’Allemagne et la France sont les bénéficiaires des dépenses en armement de la Grèce; une grande partie du budget actuel du pays va aux entrepreneurs de la défense. Sans doute, ces informations rendent-elles encore plus douloureuse pour les contribuables grecs l’austérité qu’on leur fait subir. Quand on entrera dans le vif du sujet à Moscou, je serais surpris que les financiers de Poutine ne conseillent pas à la Grèce de profiter de tous les avantages, ensuite de faire défaut et de revenir à la drachme, après quoi la Russie et la Chine pourraient facilement faire monter la nouvelle devise en misant sur les efforts des Grecs. Après tout, le sauvetage de Goldman Sachs par l’administration Obama, alors que l’implication de cette société dans la crise grecque n’a pas encore été résolue, laisse Tsipras dans la situation morale «prends tout ce que tu peux».

Avec tout ce qui se dit et se fait ces jours-ci, depuis quand tricher et faire défaut sur des obligations est-il un crime? La Grèce peut gagner 300 milliards d’euros en un jour, et encore 300 milliards d’euros avec le gaz de Gazprom, le capital de la Chine et les ventes d’armes des Russes (M. Lavrov donne des conseils) pour pénaliser les fabricants occidentaux. Ajoutez des vols gratuits de Moscou et Saint-Pétersbourg pour la saison touristique, et la Grèce pourrait être le pays le plus riche de l’est de l’Europe avant la fin de l’été. Qui pourrait vraiment le reprocher au peuple grec? Les banquiers américains deux fois ruinés? Les vendeurs d’armes allemands qui récupèrent leurs pertes par des prêts de l’Union européenne? Les 30% de chômeurs Grecs, traités de fainéants par les Allemands? Ma seule question est de savoir quand le Portugal, l’Espagne et l’Italie diront à Francfort et à Washington de foutre le camp.

Le ministre des Affaires étrangères russes Sergey Viktorovich Lavrov a discuté récemment avec le ministre des Finances grec – (le Ministère)

Très sérieusement, étant donnée la situation actuelle de la dette aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l’Union européenne, il semble clair que l’Occident ne peut pas enchérir plus que la Chine et la Russie pour garder l’affection de la Grèce. L’UE n’est pas en position de renflouer la Grèce, ou de rivaliser avec Moscou pour prétendre à ses faveurs. Les échecs catastrophiques de la politique étrangère des États-Unis depuis le 11 septembre, une bulle de la dette prête à exploser dans le pays et des problèmes dans la société qui paralyseraient tout autre pays laissent Washington se ruer pour colmater les fissures dans l’alliance de l’Otan et les limbes géostratégiques à venir. Les politiciens à Washington n’ont pas seulement mis le monde dans le pétrin, mais le peuple américain s’apprête à affronter un gouffre budgétaire les yeux bandés. David Stockman, ancien directeur du Bureau de la gestion et du budget du président Ronald Reagan, dit que l’Amérique est tellement accro à la dette qu’une catastrophe est imminente. Des experts, depuis Donald Trump, la légende de l’immobilier, jusqu’à l’auteur de livres à succès Robert Wiedemer ont prédit tout dernièrement un fiasco, quelque part entre l’effondrement catastrophique et l’effondrement total de l’économie états-unienne.

Toutes ces variables et d’autres pèsent sur le dirigeant de la Grèce, sur le chœur des dirigeants de l’UE et sur Washington qui surveille en attendant le sommet russo-grec à Moscou. Je lis en ce moment un texte sensible sur la capacité de la Grèce à saisir l’occasion en ces temps difficiles. Des idées comme une doctrine gréco-chypriote de défense commune, développées par Alexander Th. Drivas dans The New Grand Strategy of Greece and its Mediterranean Geostrategic Imperatives [La nouvelle grande stratégie et ses impératifs géostratégiques en Méditerranée], définissent un nouveau concept pour le peuple grec.

Il semble pertinent, précisément ici, de souligner que la Grèce est actuellement un bon investissement pour Poutine, ou n’importe qui d’ailleurs. Le tableau ci-dessous montre la situation, avec des dépôts déjà plus élevés qu’avant les années d’hyperinflation qui ont conduit le pays à la ruine. Une injection de business en Grèce peut certainement financer son rétablissement complet, en particulier si le pays change de monnaie et d’alliances. Je ne suis pas économiste, mais je sais que les experts fiscaux russes n’ont pas négligé son potentiel.

Via Peter Tenebrarum’s Acting Man Blog

Il est donc important que le ministre russe des Affaires étrangères ait mentionné, lors d’une récente rencontre avec le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias, les liens avec la religion orthodoxe que partagent la Russie et la Grèce. Pour citer Lavrov :

En 2016, il y aura un autre anniversaire important: les 1000 ans de la présence monastique russe au Mont Athos – des commémorations ont été prévues.

L’essentiel de ces idées, des rumeurs et des vraies affaires concrètes viennent à l’appui de ma théorie selon laquelle les offres de Poutine visent à aider la Grèce à redevenir la puissance régionale qu’elle a été un jour. Il est clair que les Grecs ont plus à gagner à sortir de l’UE et de l’Otan qu’ils ne l’ont fait en s’accrochant à de mauvaises idées devenues désastreuses. Attendons-nous à un grand jeu dans les informations du 9 avril.

Phil Butler

 

Note du Saker Francophone
L’allusion de Lavrov à la communauté de destin de la Russie et de la Grèce à travers des siècles de civilisation chrétienne orthodoxe a quand même une autre allure que la crispation des gnomes bureaucrates de Bruxelles sur les pseudos valeurs d’une culture euro-atlantique rance et les discussions de gros sous entre marchands pour organiser la misère des peuples.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Le Donbass peine à se relever, l’Europe fait honte. Par Pepe Escobar.

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Les transnationales, #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE, #le nazisme, #Le fascisme

Le Donbass peine à se relever, l’Europe fait honte


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 31 mars 2015 – Source : Sputnik

Me voici sur une terre sacrée au Donbass, qui était aussi une terre sacrée à l’époque de l’Union soviétique. Du haut de cette colline se trouvant à peu près à mi-chemin entre Donetsk et Lougansk, s’érigeait un monument à la mémoire des héros de la Deuxième Guerre mondiale qui ont défait le nazisme et le fascisme.

 

Dans le cadre de ce qu’il appelle ses opérations antiterroristes, Kiev, qui continue de diaboliser toute la population du Donbass, a tout mis sens dessus dessous. L’an dernier, les forces de Kiev ont pris Saur-Mogila et bombardé tout le monument. Les forces armées des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ont repris la colline depuis, non sans peine. Aujourd’hui, le drapeau rouge, blanc et bleu de la résistance, qui flotte au vent, domine le paysage.

Le sommet de la colline à Saur-Mogila

En montant la colline, je suis tombé accidentellement sur une vision aussi nette qu’éloquente de la guerre civile en cours en Ukraine, théâtre à échelle réduite de la Guerre froide 2.0, cette confrontation géopolitique par procuration à laquelle se livrent les USA et la Russie et qui ne fait pas de quartier.

Une des statues du monument, qui représente un héros de la Deuxième Guerre mondiale, est en fragments, mais pas détruite. Son torse déchiré surgit du sol. Soixante-dix ans après la victoire contre le nazisme et le fascisme, la statue a failli être réduite en poussière par les forces de Kiev, alliées à des éléments nazis et fascistes qui les ont aussi infiltrées. L’Europe, qui refuse de voir ce qui se passe vraiment dans ses régions frontalières orientales, fait de nouveau preuve d’une insensibilité extraordinaire.

Un dirigeant de la République populaire de Donetsk suggère que les troupes de Kiev ont abandonné leurs armes à Debaltsevo (AP Photo/Effrem Lukatsky)

Du haut de la colline, j’ai fini par obtenir une perspective géographique complète des batailles de l’été dernier. Au loin en direction du nord-est, se trouvaient les forces armées du chef fasciste du Secteur droit Dmytro Yarosh. La Russie se trouve à droite.
Le chaudron de Debaltsevo (trois chaudrons en fait), où les forces de Kiev ont été encerclées, prises en étau et détruites par la résistance, se trouve au nord-ouest, à 40 kilomètres de distance. Les habitants de Donetsk disent qu’il pourrait y avoir eu au moins 10 000 morts du côté de Kiev pendant toute la durée du siège.

« Leurs enfants seront terrés dans des caves »

Saur-Mogila représente une grande victoire militaire pour le Donbass. Mais ce qui importe le plus pour les simples citoyens, c’est la situation humanitaire, qui demeure grave. Le médecin en chef spécialiste des traumatismes de l’hôpital général de Donetsk m’a assuré que l’aide de la Croix-Rouge ou de la communauté internationale n’a jamais atteint la ville.

L’UE devrait s’intéresser à la crise humanitaire en Ukraine avant de s’occuper de réformes constitutionnelles (Reuters/Shamil Zhumatov)

Après tout, pour les bureaucrates corporatistes manucurés de Washington et Bruxelles, les habitants du Donbass sont tous des terroristes, conformément au scénario préparé par Kiev, qui sort tout droit de l’ère Debeliou Bush dominée par les néocons.

L’Occident, ô combien civilisé, mais peu enclin à tirer des leçons de l’histoire, devrait plutôt s’attarder davantage à la valse des oligarques à Kiev qui, telles des araignées dans une bouteille, ne présentent qu’un simulacre de démocratie en ces temps orwelliens.

Voici comment l’oligarque théoriquement à la tête de l’État (il ne l’est pas; ce rôle revient à la CIA et au département d’État des USA), Petro Porochenko, traite toute la population du Donbass: Nos enfants iront à l’école et à la maternelle, tandis que leurs enfants seront terrés dans des caves! 

Le Président ukrainien Porochenko admet faire la guerre contre son propre peuple de l'Ukraine de l'est, contre les retraités, les ouvriers et les enfants: "Bravo" m'sieur le P-resident de l'Ukraine "unie"....

« Chez nous il y aura du travail — chez eux, non.
Chez nous, il y aura des retraites — chez eux, non.
Chez nous, on s’occupera des enfants et des retraités — chez eux, non
Chez nous, les enfants iront à l’école et dans les jardins d’enfants — chez eux, ils se terreront dans les caves.
Parce qu’ils ne savent rien faire.
C’est comme ça que nous gagnerons la guerre. » [Petro Porochenko, discours à Odessa, 14/11/2014]

Ce sont là les paroles du dirigeant d’un État (en déliquescence) aspirant à rejoindre l’Union européenne qui, c’était prévisible, regarde ailleurs.

Des gens terrés dans des caves, c’est ce que j’ai vu à Donetsk (ça aussi c’était prévisible), dans des centres pour anciens combattants transformés en refuges et dans des abris antiaériens de l’ère soviétique avec toute l’iconographie de l’époque peinte sur les murs. Des familles entières, des vieillards, des gens qui n’osent même pas sortir en plein jour et des dizaines de bébés, enfants et adolescents traumatisés.

40% des Ukrainiens sous le seuil de pauvreté (Sputnik/Mikhaïl Voskrenzensky)

D’après Iskander Sultan, un coordonnateur de groupes formés de bénévoles basé à Moscou, pas moins de deux millions de réfugiés auraient quitté le Donbass au cours de la dernière année. Au début des années 2000, quatre millions de réfugiés afghans avaient fui les talibans.

D’autres ont décidé de rester, notamment les retraités dont les pensions, gelées par Kiev, leur seront de nouveau versées par les deux Républiques populaires (leur parlement compte 60 membres; 30 de Donetsk et 30 de Lougansk, qui travaillent en étroite collaboration).

Vu de Donetsk, le sort de tant de familles de la classe ouvrière et de la classe moyenne inférieure, qu’on pourrait aussi bien retrouver à Manchester, Lille, Bologne ou Valence, qui ont été déplacées par une guerre par procuration qu’elles n’ont jamais voulue, qui sont diabolisées en bloc comme des méchants terroristes, qui sont menacées de déportation et complètement ignorées par l’Occident, ô tellement civilisé, est tout aussi ahurissant que l’arrogance et l’ignorance crasse du discours civilisé, qui ne voit en Ukraine qu’une lutte sans merci entre les bons démocrates de Kiev et les méchants rebelles contrôlés à distance par la Russie.

La population civilisée n’est au courant de rien, parce que les médias institutionnels occidentaux ne sont pas autorisés à l’informer. À Donetsk, en revanche, l’avenir du Donbass est amplement débattu. Certains favorisent l’établissement d’une région autonome au sein de l’Ukraine (sauf qu’ils reconnaissent la minute suivante qu’après le massacre d’Odessa en mai dernier et avec cette junte à Kiev qui les traite de terroristes, cela n’arrivera jamais). D’autres préfèrent l’annexion à la Russie (sauf qu’ils reconnaissent la minute suivante que ce serait un fardeau que Moscou ne devrait pas endosser).

Dans l’intervalle, c’est la lutte pour la survie qui prime. Primorka (terre à l’orée de la mer), qui borde la mer d’Azov dans la région de Rostov, est l’un des camps de réfugiés de l’est de l’Ukraine en territoire russe. Il abrite actuellement 246 personnes, y compris 51 enfants qui vont à l’école et trois nouveau-nés. La plupart des réfugiés sont âgés, proviennent surtout de Donetsk, n’arrivent pas à trouver du travail, mais rêvent de retourner chez eux. Une des familles est même parvenue à sortir du chaudron de Debaltsevo.

Le lieu a déjà été un camp d’été pour les enfants, qui a fermé il y a quelques années. Sa réouverture est due à l’initiative d’un simple citoyen, Alexander Dobrovolsky, qui a vendu son appartement pour financer l’opération. Au départ, Primorka comptait plus de 1 300 réfugiés. Le camp a depuis fini par obtenir une aide financière municipale et fédérale.

Parmi les chiens errants se promenant dans le camp très propre et bien entretenu situé juste au bord de la mer, il y en a un qui s’appelle Obama. Un autre s’appelle Yats. Il y avait aussi un chien qui s’appelait Porochenko, mais il est mort il y a deux semaines.

Pepe Escobar s’est rendu à Donetsk à l’invitation du projet médiatique Europa Objektiv, basé en Allemagne.

Traduit par Daniel, relu  par jj et Diane pour Le Saker francophone.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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Comme le magazine "Elle", le Guardian "glamourise" les néo-nazies ukrainiennes (Vidéo Sous-titrée français)

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La France, #Europe supranationale, #La guerre, #La mondialisation, #Les transnationales

Bonjour.

Je reprends la vidéo postée hier sur la banalisation du nazisme en Europe et plus généralement en occident. En France on traque les "Rouges-Bruns" et autres patriotes qui osent défier l'exceptionnalisme de l'Empire. La France, la langue française, la souveraineté nationale et populaire, l'indépendance nationale, tout doit disparaître!

L'excellent article publié par Bertrand Rivière permet d'ouvrir les yeux. Merci à lui!

Voici un extrait:

Sur l'Ukraine, le Guardian est en phase avec "La pensée de groupe" ["group think" - NDT[ des grands médias internationaux qui postule que la guerre menée par le régime installé à Kiev contre le peuple de l'est de l'Ukraine n'est pas une guerre civile sanglante et brutale remplie de crimes de guerre dont il est coupable. Non, c'est une guerre "défensive" menée par le pays ukrainien contre les menaces et l'agression de la Russie. 

 

Lucien Pons.

NOTA: Deux commentaires seront reproduits.  

vendredi 3 avril 2015

Comme le magazine "Elle", le Guardian "glamourise" les néo-nazies ukrainiennes (Vidéo Sous-titrée français)

 
Cette femme est nommée «Anaconda» au sein du bataillon 'Aidar'. Le panneau latéral du véhicule porte le symbole néo-nazi '1488'. Photo The Guardian du 5 Mars 2015, par Jonathan Alpeyrie, Transterra médias
Vous avez dit apologie ?

Le quotidien The Guardian en Grande-Bretagne a publié un article glamour chantant les louanges des femmes ukrainiennes qui ont rejoint le bataillon paramilitaire néo-nazi appelé 'Aidar'.

L'article a été publié le 5 mars. Il se compose de profils de six femmes membres de 'Aidar'. Voici le paragraphe d'introduction de l'article :
 
Les bataillons de volontaires qui combattent aux côtés de l'armée ukrainienne sont connus pour être sans peur sur le champ de bataille. Ils ont aussi une réputation de nationalisme féroce et d'opinions d'extrême-droite. Une de ces unités est le bataillon d'assaut Aidar, basé dans la ville de Chtchastia, dont les membres ont été accusés de violations des droits de l'homme par Amnesty International. Ce qui est moins connu est que les bénévoles comprennent plusieurs femmes parmi leurs rangs - certaines travaillent comme médecins et personnel de soutien, mais d'autres occupent des rôles de combat actifs. Bien qu'aucune de ces femmes ne croit que le cessez-le-feu actuel tiendra, elles se préparent déjà à la vie après la guerre. Voici leurs histoires ...

Pour brouiller les pistes du glamour néo-nazi qu'il publie, l'auteur du Guardian emploie un phrasé édulcoré voire obscur pour décrire 'Aidar' et autres bataillons néo-nazis. Ils sont diversement appelés «bataillons de volontaires» ou «bataillons d'assaut». Les femmes qui les rejoignent ne sont pas «extrémistes», «néo-nazis» ou quoi que ce soit dans le genre. Non, elles sont «volontaires», inspirées par l'amour de la patrie et la haine de la Russie à sortir de chez elles pour aider au meurtre d'autres ukrainiens.
 
Youlia Tolopa, volontaire russe du bataillon ukrainien "Aidar"
Le Guardian aime à se considérer comme libéral et progressiste. C'était, après tout, l'un des médias qui ont rendu possible les révélations fracassantes de l'ancien agent de renseignement américain Edward Snowden. Mais sur l'Ukraine, le Guardian est en phase avec la «pensée de groupe» ["group think"-NDT] des grands médias internationaux qui postule que la guerre menée par le régime installé à Kiev contre le peuple de l'est de l'Ukraine n'est pas une guerre civile sanglante et brutale remplie de crimes de guerre dont il est coupable. Non, c'est une guerre «défensive» menée par le pays ukrainien contre les menaces et l'agression de la Russie.

Un des piliers de la "pensée de groupe" des médias qui s'emploient à systématiquement "blâmer la Russie" est l'affirmation selon laquelle il y a un an, la Russie a "annexé" la Crimée. Dans ce récit médiatique, aucune mention n'est autorisée du fait que le peuple de Crimée a voté pour quitter l'Ukraine et rejoindre la Fédération de Russie lors d'un référendum le 16 Mars 2014. Ou s'il est mentionné, il est immédiatement discrédité ou rabaissé au rang d'un exercice de manipulation. Aujourd'hui, deux résultats récemment publiés d'enquêtes sur la population de Crimée réduisent en miettes le conte de fées selon lequel le peuple de Crimée serait la malheureuse victime d'une «annexion» par la Russie. Les deux enquêtes, séparées, menées en Décembre 2014 et Janvier 2015, montrent un soutien massif pour la séparation de l'Ukraine, même chez les Ukrainiens ethniques en Crimée. Vous ne trouverez rien sur ces enquêtes dans le Guardian.
 
Combattants du bataillon Aidar
Deux des plus grands journaux du Canada ont également pris part à la "glamourisation" de l'extrême droite en Ukraine. Le Toronto Star et le Globe and Mail, tous deux résolument pro-guerre dans leur couverture de l'Ukraine ont publié des articles faisant la promotion des campagnes de collecte de fonds de l'extrême droite.

Le 14 Novembre dernier, le magazine de mode français Elle avait lui aussi publié un article glamour sur les femmes rejoignant les bataillons d'extrême-droite en Ukraine. La rédaction du magazine a fait paraitre plus tard des excuses en ligne, mais pas pour la publication de l'article. Ils se sont excusés car l'une des jeunes femmes dont ils faisaient l'éloge dans l'article était plus expansive sur son idéologie néo-nazie que les auteurs ne l'avaient cru initialement. Elle avait de façon embarrassante publié sur sa page Facebook des photos d'elle effectuant des saluts nazis au milieu d'un attirail décoratif sans équivoques...
Source : newcoldwar.org   

Une vidéo du journaliste ukrainien réfugié aux Pays-Bas Anatoly Shary sous-titrée en français par Yelena Delville (un grand merci à elle au passage!)

Publié par Bertrand

Liens connexes:
Ukraine. La petite frappe néonazie, l'héroïne du magazine "Elle", dans toute sa splendeur. https://www.youtube.com/watch?v=QQdml...
La même à Chirokino, à 20 km à l'est de Mariupol, en exercice de ses .... de sa haine : https://www.youtube.com/watch?v=mBKEk...
D'autres vidéos sur la guerre en Ukraine dans la même chaîne: https://www.youtube.com/playlist?list...
Toute la crise ukrainienne chez Vincent Parlier: https://www.youtube.com/watch?v=ESib3...

Dossier Ukraine chez "les-crises": http://www.les-crises.fr/ukraine/
Vidéo originale: Anatoliy Shariy https://www.youtube.com/watch?v=YtNwL...

Les commentaires.

N°1.

Laurence

L'excellent Shari dit qu'en Europe, on met les gens en prison pour l'usage d'une symbolique nazie. Pour bien moins que cela, en réalité. Mais on nous vend la junte néonazie par tous les moyens possibles. Cela m’écœure tellement que, bien que je ne souhaite faire aucun révisionnisme stalinien, j'en deviendrais presque communiste. Je comprends qu'au Donbass on le devienne tout-à-fait, ce qui permet de justifier une croisade contre une idéologie qui n'existait plus sous sa forme initiale depuis longtemps.

N°2.

L'article et la vidéo de Shary sont à diffuser un maximum. Ceux qui persistent dans leur soutien à Kiev après avoir lu et vu cela sont forcément complices de néonazis conscients et déclarés. "En Europe, on met les gens en prison pour l'usage d'une symbolique nazie" dit Anatoli Shary. Pour beaucoup moins que cela, et nous le savons tous. Or les chasseurs de quenelle et les adversaires de le Pen sont ceux-là même qui nous vendent les gentils néonazis du bataillon Aïdar et tout leur joli folklore, financés par des oligarques juifs et bénis des deux mains par BHL et tout ce que la France compte de progressiste et d'éclairé, de procureurs méticuleux, de pisseurs de diatribes qui nous e... depuis 40 ans en nous traitant de fachos, de racistes et de franchouillards. J'avoue avoir du mal à comprendre, ou bien est-ce que les mineurs du Donbass (j'ai lu le commentaire d'un jeune homme qui ne comprenait pas comment on pouvait s'enthousiasmer pour ces minables prolétaires) sont d'une nature inférieure qui permet de les chasser et de les exterminer comme des Peaux-Rouges? Je me refuse absolument à faire du révisionnisme stalinien, cependant, à voir ce qui se passe, je finirais par devenir communiste. Les gens du Donbass, selon le même principe, ont tendance à le redevenir, ce qui permet de justifier la croisade qui sert de prétexte aux yeux des imbéciles incapables de comprendre que la perestroïka a eu lieu et que si le communisme renaît, c'est devant la saloperie, la rapacité et l'hypocrisie des atlantistes néocons.

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L'Empire exige l'hégémonie linguistique. Au Québec l'antibilinguisme prend de l'ampleur.

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La défense de la langue française., #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #La finance dérégulée

Antibilinguisme

Le débat prend de l’ampleur

Le débat entourant "l’Anglo Society et le bilinguisme" s’est transporté sur Internet.

mercredi 4 août 2010

Le débat entourant l’Anglo Society et le bilinguisme s’est transporté sur Internet. Des anglophones accusent les Acadiens et les Québécois de vouloir faire disparaître leur culture.

Le mouvement antifrancophone crée un mouvement de panique après de la population anglophone. Le groupe antibilinguisme fait circuler des photos et des messages haineux sur les médias sociaux, comme Facebook.

Des photos de tuniques du Ku Klux Klan aux couleurs des drapeaux acadien et québécois circulent sur la toile. D’après les propos affichés, les Québécois et les Acadiens porteraient ces tuniques pour comploter contre les anglophones.

Selon l’Anglo Society, une minorité du Canada tenterait de prendre le contrôle de la majorité.

L’artiste acadien Mario Doucette s’est joint au groupe Facebook pendant une semaine afin de rectifier les faits, avant de se faire expulser.

Les internautes l’ont traité de raciste envers les anglophones parce que ses toiles sont souvent inspirées de la déportation des Acadiens.

« Cela a créé de l’anxiété et de la peur envers les gens du Québec et les Acadiens, déplore-t-il. Je pense qu’on cherche à créer un complot Acadie-Québec, qui vise à éliminer la culture anglophone de la province. Au début, je trouvais ça tout à fait ridicule, mais je vois bien que, d’après les propos qui sont affichés sur Facebook, il y a des gens qui croient vraiment à ça. Il y avait beaucoup de ces commentaires qui étaient des incitations à la haine. Il y en a plusieurs que je trouve criminels envers les Québécois et les Acadiens. »

De leur côté, d’autres anglophones se dissocient de ce mouvement. Certains réussissent à traiter cela avec humour, à travers une parodie de bulletin de nouvelles, mettant en vedette le groupe l’Anglo Society.


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Charles Enderlin décrypte les périls du messianisme juif

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre, #Politique étrangère, #La France, #La mondialisation, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Charles Enderlin décrypte les périls du messianisme juif

31 mars 2015 |  Par René Backmann (http://www.mediapart.fr/)

France 2 a diffusé mardi soir le documentaire de son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin, sur la montée en puissance du messianisme juif. Un éclairage salutaire sur les forces qui ont aidé Netanyahou à remporter les dernières élections et à se maintenir au pouvoir.

Après quinze mois de réflexion, France 2 s’est finalement décidé à diffuser le documentaire sur le messianisme juif réalisé par son correspondant à Jérusalem depuis 1981, Charles Enderlin. Au nom du temple était au programme d’Infrarouge mardi 31 mars à…23 h 40. Difficile de trouver un horaire plus discret pour ce document d’une actualité brûlante.

Deux semaines exactement après la victoire aux élections législatives de Benjamin Netanyahou, porté par une coalition de la droite et de l’extrême droite, au sein de laquelle les colons religieux bénéficient d’un poids majeur, l’enquête de Charles Enderlin, qui suit la trame de son livre éponyme publié en 2013 (*), jette une lumière utile sur ces autres « fous de Dieu » qui guettent fiévreusement l’arrivée du Messie.

Netanyahou sort grand vainqueur des élections législatives de la mi-mars.

Netanyahou sort grand vainqueur des élections législatives de la mi-mars. © Pierre Puchot

Archives et témoignage des partisans du « Grand Israël » à l’appui, le film, où interviennent aussi experts et historiens, décrit quarante ans d’une inexorable progression du sionisme messianique au sein de la société israélienne. Au point qu’aujourd’hui, comme le constate la sociologue Tamar Hermann, 51 % des Israéliens sont convaincus de la venue du Messie, 67 % estiment que le peuple juif est le peuple élu, 73 % pensent que la prière peut les aider et 80 % croient en l’existence de Dieu.

Charles Enderlin le rappelle utilement, ce sionisme biblique a eu pour prophète le rabbin Zvi Yehouda Ha Cohen Kook. C’est de sa célèbre yeshiva Merkaz Ha Rav que sont issus les militants, souvent d’anciens soldats, qui vont créer après la guerre de 1967 et la conquête de la Cisjordanie et de Jérusalem, le mouvement Goush Emounim, le « Bloc de la foi », qui sera le fer de lance de la colonisation. « Nous avions le sentiment d’écrire un nouveau chapitre de la Bible », confie l’ancien parachutiste Hanan Porat, devenu colon religieux.

C’est avec cette conviction d’être la « génération de la rédemption », selon la formule d’un autre vétéran de 1967, Ouri Elitzour, que les membres du Goush Emounim investissent les collines de Cisjordanie – désormais redevenue, pour eux, la biblique « Judée- Samarie » – armés de leurs fusils d’assaut et de leurs truelles pour vivre sur cette terre que Dieu a donnée au peuple juif. Dix ans après la conquête de la Cisjordanie, 20 000 colons  sont déjà installés en Cisjordanie. Dix ans encore et ils seront 70 000.

Dès 1968, une colonie est créée au cœur de Hébron, la ville des patriarches, par un groupe de juifs religieux convaincus d’exaucer là une promesse des prophètes. « Nous n’avons rien vu venir. Et quand nous avons mesuré ce qui se passait, c’était trop tard. La présence des colons à Hébron était un fait accompli »,admet aujourd’hui l’ancien général Schlomo Gazit, à l’époque gouverneur militaire de la Cisjordanie. « Lorsque la droite est partie à l’assaut de la Cisjordanie, constate aujourd’hui l’historien du sionisme Zeev Sternhell, nous n’avons compris ni la profondeur de ses sentiments religieux ni le sérieux de l’entreprise. »

Le film de Charles Enderlin le montre on ne peut plus clairement : le messianisme religieux, qui enjoignait aux fidèles de vivre sur la terre de la Bible, et le nationalisme sioniste, qui dictait aux militants du Grand Israël d’occuper cette terre « du Jourdain à la Méditerranée » ont convergé, avec le soutien et les encouragements des gouvernements successifs – à de rares exceptions près – pour devenir une véritable stratégie de colonisation.

Stratégie adoptée avec constance par tous les chefs de la droite nationaliste : Begin, Sharon, puis Netanyahou. Avec le même objectif : tout faire pour interdire l’échange de la paix contre la terre, et rendre impossible la création d’un État palestinien, clés de la fin du conflit. Au point de tenir pour des traîtres ceux qui plaideraient pour le contraire. Et à plus forte raison entreprendraient de le réaliser.

Le documentaire de Charles Enderlin rappelle sur ce point qu’avant d’être assassiné en 1995 par un illuminé des collines, Ygal Amir, militant assidu de la colonisation biblique, le premier ministre Itzhak Rabin, artisan avec Yasser Arafat des accords d’Oslo, en 1993, avait été à la fois la cible d’une campagne haineuse de la droite nationaliste – qui n’hésitait pas à le déguiser en nazi – et de l’équivalent d’une fatwa, prononcée devant sa résidence par un groupe de rabbins messianiques.

L'électorat de Netanyahou

À ceux qui l’avaient oublié, Au nom du temple rappellera aussi que Benjamin Netanyahou, lorsqu’il était devenu premier ministre pour la première fois, avait remercié son électorat ultrareligieux en ouvrant un souterrain sous l’Esplanade des mosquées, initiative qui avait provoqué un embrasement de la Cisjordanie et de Jérusalem, où les affrontements avaient fait 95 morts palestiniens et 15 morts israéliens. Quatre ans plus tard, c’est une autre initiative provocatrice d’un dirigeant de la droite nationaliste, la visite d’Ariel Sharon, alors chef de l’opposition à Ehoud Barak, sur l’Esplanade des mosquées qui avait déclenché la seconde intifada. En deux ans, 1 599 Palestiniens et 577 Israéliens avaient été tués.

La colonie juive de Givat Zeev, près de Jérusalem, en Cisjordanie, en 2013.

La colonie juive de Givat Zeev, près de Jérusalem, en Cisjordanie, en 2013. © Reuters

Le statu quo instauré en 1967 autour de l’Esplanade demeure en d’autres termes fragile et explosif. Les fanatiques du messianisme n’ignorent pas cette vulnérabilité. Au contraire. Ils apparaissent dans le documentaire prêts à tout pour reconquérir ce lieu, où les lieux saints musulmans – le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa – ne représentent à leurs yeux que des constructions provisoires, vouées à la destruction lorsque le Temple sera reconstruit. Certains s’y préparent.

À côté de préparatifs quasi folkloriques, comme la recherche de l’indispensable vache rousse dont les cendres serviront à purifier le sanctuaire, ou comme la fabrication des objets qui serviront au culte, y compris l’Arche d’alliance bis, d’autres, plus sérieux, sont dans l’air. Plusieurs des interlocuteurs de Charles Enderlin le proclament : l’objectif est l’annexion pure et simple de la « Judée-Samarie », du « Jourdain à la mer », comme l’affirme Uri Ariel, colon et ministre, qui se déclare disposé, dans ce « Grand Israël », à « donner des droits » aux Palestiniens.

Benjamin Netanyahou, qui décida peu après sa première élection au poste de premier ministre de lancer la construction, au sud de Jérusalem, de la colonie de Har Homa, dans le but déclaré de créer un obstacle entre Bethléem et la Ville sainte et d’empêcher la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, avoue aussi dans le film comment il accepta, début 1997, d’appliquer un accord conclu par Shimon Pérès et de retirer l’armée israélienne de « la partie arabe de Hébron, en échange de la totalité de la Judée-Samarie. Ou presque ».

Alors que le nombre de colons atteint aujourd’hui 360 000 en Cisjordanie et 200 000 à Jérusalem-Est, et que les divers courants de la droite nationaliste ou messianique viennent de contribuer à la nouvelle victoire de Netanyahou, est-il encore temps d’écouter le cri d’alarme de Zeev Sternhell : « Il faut arrêter cette poussée messianique vers le mont du Temple. Le mont du Temple, ce sont les mosquées arabes. Un point, c’est tout. Le fait que les messianiques pensent qu’ils ont gagné en Cisjordanie ne peut pas constituer une permission de la part de l’État d’Israël. Il faut que l’État montre qu’il n’accepte pas ces activités qui mettront le feu aux poudres. Ce serait Israël non seulement contre les Arabes palestiniens, mais contre le monde arabe, comme l’Islam en général. À quoi ça sert ? »

Ancien analyste des services de renseignements intérieurs, Matti Steinberg est plus alarmiste encore : « La défense du mont du Temple, estime-t-il, va pousser les chiites et les sunnites à s’unir. L’affrontement entre eux, au centre de l’agitation actuelle dans le monde arabe, va disparaître. Ce sera une guerre de religions à tous points de vue, fondée sur des valeurs sacrées, absolues… »

« Au nom du Temple », de Charles Enderlin et Dan Setton, 55 minutes

* « Au nom du Temple » par Charles Enderlin, éditions du Seuil, 2013.

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ET MAINTENANT ? [Le point de vue du P.O.I.]

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Le socialisme, #La mondialisation, #La lutte des classes

Publié par Michel El Diablo

 ET MAINTENANT ?  [Le point de vue du P.O.I.]

L’ÉDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIÈRES

Le deuxième tour des élections départementales confirme le premier : un immense rejet du gouvernement. Il faut toute l’arrogance provocatrice d’un Valls pour oser déclarer : « Les Français, par leur vote, et même leur abstention, ont dit à nouveau leurs attentes, leurs exigences, leur colère, leur fatigue face à une vie quotidienne trop difficile : le chômage, les impôts, la vie trop chère. J’ai entendu ce message. »
 

Il faut toute l’arrogance provocatrice d’un Valls pour en conclure qu’il faut accélérer les contre-réformes. Il annonce, en particulier, le vote de quatre contre-réformes avant l’été, parmi lesquelles un projet permettant d’imposer la baisse des salaires (y compris ceux inférieurs à 1,2 fois le Smic) en augmentant le temps de travail, et de faciliter le licenciement de ceux qui refuseraient ces mesures iniques !
Quant à ceux qui prétendent incarner une « alternative à gauche » : les uns (les dirigeants du Parti communiste français), après s’être alliés au deuxième tour au Parti socialiste, s’apprêtent à gouverner avec lui des dizaines de départements pour y répercuter les mesures du pacte de responsabilité et les restrictions budgétaires ; les autres (Mélenchon) appellent… à préparer les élections régionales de décembre… Comme si toute la situation n’était pas marquée par l’abstention massive, le rejet des institutions de la Ve République, de la régionalisation et des mesures dictées par l’Union européenne !

 

Cet épisode des élections départementales marque le franchissement d’un nouveau cran dans la crise de décomposition. A tous les niveaux, le pays se délite. Les institutions pourrissantes de la Ve République — elles-mêmes encamisolées dans l’Union européenne et ses traités — apparaissent clairement comme contradictoires à la démocratie. La reconquête de la démocratie passera par le démantèlement
de ces institutions.

 

Ce que nous écrivions au soir du premier tour se vérifie : « Ce qui ne peut plus s’exprimer sur le terrain électoral cherchera inévitablement à se résoudre sur un autre plan. » Seule l’intervention de la classe ouvrière sur son propre terrain, entraînant avec elle tous les exploités et les opprimés, pourra modifier l’ordre actuel des choses. La même question se pose, sous des formes diverses, dans tous les pays où les travailleurs sont frappés par les plans de l’Union européenne. Lundi 30 mars, aux cris de « Pas de solution, grève générale », des milliers d’ouvriers ont défilé à Bruxelles avec leurs organisations syndicales contre les mesures d’austérité et de régression sociale dictées par un gouvernement appliquant les diktats européens. En Grèce, les dockers du Pirée menacent d’engager la grève si le gouvernement cède à l’exigence de l’Union européenne de privatisation du port. En France, à l’initiative des confédérations CGT, CGT-Force ouvrière (avec FSU et Solidaires), se préparent activement, pour le 9 avril, la grève interprofessionnelle et la manifestation contre la loi Macron et le pacte de responsabilité.
 

La décomposition des partis qui, historiquement, plongent leurs racines dans le mouvement ouvrier souligne la nécessité d’une représentation politique de la classe ouvrière fidèle à ses intérêts. Une représentation politique qui se construira dans la libre discussion entre travailleurs et militants de toutes tendances, dont le Parti ouvrier indépendant sera partie prenante, à égalité avec tous. C’est à cet effet qu’il invite ceux qui le souhaitent à participer aux assemblées organisées par ses comités, dans tout le pays, pour débattre de la situation.

Paris, le 31 mars 2015
Gérard SCHIVARDI, Jean MARKUN, Daniel GLUCKSTEIN,
secrétaires nationaux du
Parti Ouvrier Indépendant

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Compte rendu commun de la rencontre entre le PRCF et le Parti de Gauche

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La gauche, #Le socialisme, #Le syndicalisme, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La République, #La lutte des classes

Publié par Michel El Diablo

 

Compte rendu commun de la rencontre entre le PRCF et le Parti de Gauche

A la demande du PCRF, une rencontre officielle a eu lieu le 10 janvier 2015 à Paris entre le PRCF et le PG. Elle s’est déroulé dans un climat cordial qui a permis de faire un vaste tour d’horizon de la situation, pointer fraternellement les convergences et les désaccords.

 

=>La délégation du  PG était conduite par Eric Coquerel.

=>La délégation du PRCF était composée d’ Antoine Manessis, Benoit Foucambert, Vincent Flament.

Ce compte-rendu n’est pas exhaustif, c’est une synthèse de nos échanges approuvée par les deux organisations.

 

Les deux délégations se sont notamment rejointes sur la République, la défense de principe de la souveraineté populaire (en constatant que le cadre premier de la démocratie est aujourd’hui la nation), la centralité de l’exploitation capitaliste et de l’antagonisme des classes, et sa pertinence, sur la nécessaire indépendance des forces progressistes à l’égard du parti socialiste.

 

Sur le plan international PG et PRCF se prononcent contre l’impérialisme, pour la sortie de l’OTAN. Ils dénoncent les manœuvres dangereuses de l’OTAN derrière les États-Unis notamment en Ukraine. C’est un danger pour la paix.

Les deux délégations enregistrent aussi leurs divergences sur l’analyse de l’euro, de l’UE.

 

=> Pour le PG, si la monnaie unique a été une erreur, il n’entend pas proposer la sortie de l’Euro considéré comme un  possible contrepoids au dollar au service d’une Europe refondée.  Mais ce serait dans le cadre d’une politique de désobéissance et de rapport de forces que mènerait un vrai gouvernement de gauche comportant notamment la rupture avec les traités actuels. On ne peut pas reconstruire l’Europe sans rupture avec l’UE actuelle.

=> Pour le PRCF la nature de classe de la construction européenne rend impossible une modification de son contenu et il propose la sortie unilatérale de la France de l’euro et de l’UE engageant ainsi un processus de changements démocratiques en France et en Europe dont le terme est la rupture avec le capitalisme et la perspective du socialisme pour la France.

Les deux délégations se retrouvent sur la priorité absolue à accorder la la décision du peuple français souverain, le PG n’excluant pas de se prononcer pour la rupture totale avec l’actuelle UE si les exigences du peuple français portées par un vrai gouvernement de gauche étaient méprisées.

 

Sur le syndicalisme si le PRCF condamne un syndicalisme de collaboration de classes, affilié à la CES, et lutte pour un syndicalisme de classe et de masse, affilié à la FSM, et sans lequel les travailleurs continueront de subir l’offensive patronale, le PG refuse de commenter la vie syndicale et constate que les syndicats ont constitué un pôle de résistance à l’ordre libéral depuis 30 ans.

 

Le PRCF estime que pour répondre à la fascisation de la société et à la menace fasciste, les forces progressistes doivent constituer un Front Antifasciste Patriotique et Populaire dont le cœur serait le monde du travail.

 

Le PG va débattre des questions stratégiques lors de son prochain congrès. Il défend la nécessité d’un programme gouvernemental d’urgence et défend la 6ème République par la constituante pour l’échéance de 2017.

 

Le PG souligne également l’importance de la dimension écologique du combat progressiste, ce que le PRCF approuve.

Les deux organisations conviennent de se parler régulièrement et de rester en contact.

 

SOURCE :

 

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LIQUIDATION judiciaire de MORY GLOBAL : 2 150 licenciements qui viennent s’ajouter aux 2 900 qu’avait entraînés celle de Mory Ducros l’année dernière

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le syndicalisme, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #Le socialisme

Publié par Michel El Diablo

 

 

Les salariés de Mory Global à Évreux bloquent l’entrée de l’entreprise, rue Gay-Lussac à Évreux

Les salariés de Mory Global à Évreux bloquent l’entrée de l’entreprise, rue Gay-Lussac à Évreux

Après le retrait de la principale offre de reprise de l’entreprise (qui ne concernait que 142 employés) et le refus du gouvernement de lui venir en aide, le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a prononcé mardi la liquidation judiciaire de MoryGlobal .

Au 30 avril 2015, les 2 150 salariés repris par MoryGlobal début 2014 après la liquidation de Mory Ducros, qui s’était soldée par la suppression de 2 900 emplois, seront à leur tour licenciés, ce qui constituera de nouveau l’un des plus grands « plans sociaux » de ces dernières années.
 

C’est Thomas Hollande, avocat du comité d’entreprise du transporteur et fils du Président de la République, qui a annoncé cette décision aux dizaines de salariés rassemblés à l’extérieur du tribunal. Ces derniers ont exprimé bruyamment leur écœurement et leur colère. «On a été roulés dans la farine depuis des années», s’est écrié l’un d’eux, employé de la société Mory depuis 35 ans. Les délégués syndicaux ont annoncé qu’ils allaient continuer à se battre pour obtenir «un PSE digne de ce nom» et «les mêmes conditions de départ que leurs collègues» partis il y a un an.

 

En février 2014, l’Etat avait accordé à la société un prêt de 17,5 millions d’euros. Dans un jugement d’une rare sévérité contre l’entreprise, le tribunal de commerce de Pontoise a constaté un an plus tard que «l’actionnaire principal a semblé se désintéresser du projet de restructuration de la société MoryGlobal et de sa pérennité », ne donnant aucun «signe suffisant d’implication». Pire, il «s’est lui-même mis en difficulté» en prélevant 7,5 millions d’euros de la trésorerie de MoryGlobal pour financer le PSE de Mory Ducros, s’étonnent les juges, évoquant un «acte de gestion anormal».

 

Le gouvernement a fait savoir qu’il allait faire du «traitement social et organiser une cellule de reclassement». Son porte-parole, Stéphane Le Foll, a déclaré mercredi sur RTL qu’il mesurait la «désespérance des salariés» de MoryGlobal, en ajoutant qu’il envisageait de «discuter tout de même du code du travail pour lutter contre le chômage». Traduction: faciliter encore les licenciements, baisser les salaires et augmenter le temps de travail.

 

SOURCE:

 

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Union du peuple de France ! par Jean LEVY et Claude Beaulieu du Bureau du Comité Valmy

2 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme

Publié par Jean Lévy

 

 

Union du peuple de France ! par Jean LEVY et Claude Beaulieu du Bureau du Comité Valmy

Au lendemain d’un double scrutin 

 

par Jean Lévy et Claude Beaulieu
membres du Bureau national

du Comité Valmy

mercredi 1er avril 2015, par Comité Valmy

 

Au lendemain d’un double scrutin

Ces deux derniers dimanches, la France a voté.

Ou plutôt 20 millions de Français sur 42 millions d’inscrits ont choisi parmi les candidats en lice ceux qui leur convenaient.

Et 22 millions ont boudé les urnes ou voté blanc ou nul.

Ce refus de vote exprime, pour la grande majorité d’entre eux, un choix politique.

Ils ont ainsi rejeté les « partis de gouvernement », comme on dit dans la bonne société pour désigner les deux formations qui, depuis plus de trente ans, exercent alternativement le pouvoir, l’UMP et le PS, au seul profit du capital.

 

Pour autant, ces électeurs n’ont pas voté non plus pour le Front national.

Ni pour la « gauche de la gauche » engluée elle-même dans une attitude équivoque tant sur « l’Europe » qu’elle voudrait « sociale » (comme d’autres pourraient s’enticher d’une « maffia de progrès »), que sur son opposition au gouvernement PS, tempérée par un électoralisme gagne-petit.

 

Ce refus massif de vote de millions et de millions de Français montre leur disponibilité pour un autre choix, celui d’une politique de progrès social et de prospérité que seul un peuple souverain dans une France indépendante peut mener.

 

C’est dire si la question de l’enfermement de notre pays dans la « forteresse européenne » est déterminante quant au choix de société. Malheureusement, aucune formation politique de « gauche » comme de droite ne l’a posée. Et les électeurs dans leur masse sentent bien que leur devenir ne se construit pas aujourd’hui dans leur propre pays, mais dépend aujourd’hui des décisions prises à Bruxelles par les représentants directs de Business Europe, l’oligarchie financière sous domination germano-américaine.

 

Dans ces conditions pour qui voter et précisément pourquoi voter ?

Certes, le scrutin pour les « départementales » a vu la bérézina des élus du parti dit « socialiste ». Les deux-tiers des départements perdus, et parmi eux les fiefs détenus depuis des décennies par leurs barons : le Nord, comme les Bouches-du-Rhône, la Corrèze territoire du Président, l’Essonne tremplin de Manuel Valls, la Seine-Maritime de Laurent Fabius, la Charente de Ségolène Royal et de beaucoup d’autres. Cette « déculottée » bien méritée n’a pas pour autant servi de leçon à François Hollande et à ses ministres. Peu importe ce que pensent les électeurs, ils proclament tous qu’ils vont continuer leur sale besogne, en en accentuant même le rythme…

 

Mais eux, ou leurs éventuels successeurs, pourraient-ils mener une autre politique ?

Non, bien sûr, puisqu’ils sont tous des fanatiques de la religion européenne !

Ils sont là seulement pour mettre en musique les symphonies écrites au-delà des frontières. Et si le suffrage les renvoie dans leurs foyers, leurs concurrents UMP piaffent d’impatience pour tenir les rênes du pouvoir…et mener toujours plus vite la même politique.

 

Il suffit de voir Nicolas Sarkozy frétiller d’aise sur nos écrans, ou Juppé se rengorger modestement.

Comment dans ces conditions, s’étonner que plus de cinq millions d’électeurs, faute de choix, votent pour le Front national ?

 

L’apparence du changement s’habille en bleu marine. Une dose de social dans un bouillon sécuritaire, des gens « qu’on n’a pas encore essayé », qui se drapent dans le costume de l’Opposant, et le tour est joué ! Du pays des gueules noires, de Lens à Carvin en passant par Hénin-Beaumont, aux « petits blancs » des rives méditerranéennes, le FN moissonne les épis que d’autres n’ont pas semé.

 

Car, il faut bien mesurer le recul idéologique à dimension historique opéré depuis plus de trente ans dans notre beau pays ! La démission politique des dirigeants du PCF a laissé orphelin notre peuple, qui ne sait plus à quels saints se vouer.

 

Il est temps, grand temps même, de rassembler nos compatriotes pour que ceux-ci fassent résistance.

Résistance à la colonisation de la France par l’oligarchie, celle du CAC d’abord, qui collabore par atavisme avec le capital étranger, celle de BusinessEurope, basé à Francfort, à Bruxelles et à Berlin, celle de Wall Street qui domine tous les marchés.

 

Résistance à notre propre gouvernement PS, et à sa politique de misère et de contre-révolution sociale, 
Résistance à ses équipes concurrentes bleues ou bleue marine, qui souhaitent prendre la relève.

Résistance par l’union du peuple de France

pour l’indépendance nationale et la souveraineté populaire,

conditions de la mise en œuvre d’une politique de progrès social et de paix.

Ce sont ces objectifs que se donne le Comité Valmy.

Paris le 31 mars 2015

 

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