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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la mondialisation tag

Un nouveau Venezuela est en train de naître. Par Jean Ortiz.

30 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Amérique Latine, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La nation ., #Le socialisme, #La lutte des classes, #Le capitalisme;

Un nouveau Venezuela est en train de naître. Par Jean Ortiz

Un Article du blog de Jean Ortiz

Un nouveau Venezuela est en train de naître. Par Jean Ortiz.

L'acteur de cet accouchement n'est autre que « le peuple président », sujet politique, orphelin de Chavez, mais devenu une sorte de « Chavez collectif ».

Nous venons de séjourner plusieurs semaines au Venezuela, de sillonner le pays, des « llanos » (plaines) aux Andes, puis à la forêt amazonienne, de Caracas au delta de l'Orénoque, au contact des populations et communautés de base, en toute liberté de déplacement, dans un pays peu équipé pour recevoir le « tourisme international ». Un séjour en deux parties, la première plutôt brute , sans trop de médiations, à l'intérieur d'un pays-continent laboratoire, et la seconde à Caracas, plus protocolaire, afin de participer à la « Rencontre des intellectuels, artistes et mouvements sociaux, pour la défense de l'humanité ».

Durant notre parcours, très politique, nous avons été accueillis par des paysans, des pêcheurs, des enseignants, des « afro-descendants », des « peuples indigènes », des « comuneros » qui s'investissent dans la mise en place des « communes socialistes » (loi organique du 21 décembre 2010) et d'un « Etat communal » afin de consolider un « pouvoir populaire » et une révolution qu'ils veulent « irréversibles ».

Un premier constat s'impose : un nouveau Venezuela est en train de naître, le plus souvent dans l'invention, le tâtonnement, parfois même dans la douleur, aux forceps, dans le cadre d'une lutte des classes implacable. L'acteur de cet accouchement n'est autre que « le peuple président », sujet politique, orphelin de Chavez, mais devenu une sorte de « Chavez collectif ». La « vieille société », le système capitaliste encore dominant, l'Etat bourgeois, ne sont pas prêts à céder leur place démocratiquement, au nouveau né socialisant.

Ils se préparent à « l'affrontement final ». Infiltrés de Colombie, des groupes paramilitaires vont et viennent, dans la plupart des Etats. « Lorsque l'on partage équitablement le gâteau, il y en a qui perdent un peu, et qui ne s'y résignent pas ». Tirso Cereno  préside  l'association des pêcheurs du village de Querepare. « Avant Chavez, nous étions abandonnés, oubliés ». Cette fierté de « désormais exister », de compter, nous la retrouverons majoritairement partout. Tout comme l'esprit et la présence de Chavez. Présence, plus que souvenir. Les « bases chavistes » parlent du « comandante » au présent, imprégnées de sa présence absente. « Beaucoup déifient  Chavez », nous confie un enseignant de l'école expérimentale de « Pueblo nuevo », à Mérida. La déification sert de ressort propulseur, mais reste sur une base essentiellement affective, insuffisante face aux nouveaux défis.

Incontestablement, le chavisme, un corpus doctrinal intégrant le marxisme, le « nationalisme  révolutionnaire », la théologie de la libération et la pensée de Simon Bolivar, a survécu à Chavez, décédé le 2 mars 2013. L'opposition et son marionnettiste étatsunien escomptaient qu'une fois levé « l'obstacle Chavez », la révolution serait à cueillir comme un fruit mûr. D'où la tentative insurrectionnelle du printemps dernier (opération « Salida ») contre le président Maduro, mise en échec par le sang-froid du président, sa volonté pacificatrice, et le soutien populaire.

Malgré l'accentuation des contradictions internes du chavisme, le « camarade président-ouvrier » a consolidé son assise et pris une stature étonnante. Moins charismatique que Chavez, celui que l'opposition méprise parce que « prolétaire » (donc incompétent !),  gouverne avec une assurance et une force tranquilles, compétentes, en délégant beaucoup à la base, aux autogouvernements locaux que sont les « communes socialistes », en tenant des « séances gouvernementales de rue ». Le « camarade président -ouvrier » « se ha crecido » (« s'est affirmé »), nous dit-on souvent, et a pris une dimension qui n'a rien à envier aux médiocres politiciens occidentaux de marché. Il a annoncé une « offensive socialiste » pour le début de 2015, inspirée du « Plan Patrie, 2013-2019 », sorte de testament de Chavez. Ceux qui, de l'opposition ou à l'intérieur du chaviste PSUV, voudraient pactiser, freiner le cours des changements, en seront pour leurs frais. Maduro a opté pour une stratégie de réorganisation de l'Etat et de la société autour « d'espaces libérés » et de l'« empoderamiento » (transfert de pouvoir) aux acteurs sociaux et aux structures de base du « pouvoir populaire ». Un nouveau modèle politique et économique de développement s'esquisse, mais il reste pour l'essentiel à inventer, en cheminant.

La « guerre économique » que mènent l'opposition et l'oligarchie, prétend « user » la population afin qu'elle se retourne contre le gouvernement. Et tout fait ventre : sabotages, organisation de pénuries de produits de première nécessité (à Valencia, fin novembre, on ne trouvait ni antibiotiques pour enfants ni lait en poudre), stockage clandestin, marché noir, spéculation sur l'écart vertigineux entre le taux de change officiel de la monnaie, le bolivar, et celui « de la rue ».

Depuis deux ans, le pays doit affronter une crise économique qui affecte la vie quotidienne et peut menacer la stabilité politique. Lors de la clôture du congrès des mouvements sociaux du « Grand pôle patriotique », le 8 décembre 2014, le président a annoncé la création de « sept conseils présidentiels de pouvoir populaire », dont un de « la classe ouvrière et des courants syndicaux », et la décision de s'investir principalement sur le « front économique ».

Les cours du pétrole sont au plus bas depuis 2009. Les Etats-Unis et leurs relais au sein de l'OPEP, jouent de l'arme redoutable du pétrole. Ils inondent le marché du brut, provoquent la surabondance de l'offre afin de faire baisser le prix du baril et d'affecter les finances de pays comme le Venezuela et la Russie. Par ailleurs, le Venezuela reste prisonnier d'une politique intérieure, aberrante, des hydrocarbures, qui fait qu'un plein de cinquante litres d'essence nous a coûté 4 centimes d'euros. Le Venezuela a certes les plus grandes réserves pétrolières au monde mais il manque de moyens pour exploiter la riche « franja » (bande) de l'Orénoque. La « rente pétrolière » pousse à la facilité, à l'importation, au « court-termisme ». Mise désormais au service de la lutte contre la pauvreté, de la construction de milliers de logements sociaux (« Gran Mision Vivienda Venezuela »), elle ne parvient pas à générer pour l'instant un système économique diversifié et solide, moins dépendant d'un seul produit et d'un « monde globalisé ». L'inflation galope au-dessus de 70% et le gouvernement a dû augmenter les salaires de plus de 75%.

La guerre économique se double d'une guerre idéologique de tous les instants. Le Venezuela, victime du « blocus financier » du FMI, de la Banque Mondiale, vient de se voir attribuer, par des mercenaires de Washington, le « risque pays » le plus élevé au monde. Ahurissant pour qui s'y est promené de long en large, mais nécessaire pour préparer le terrain à « la reconquête » d'un pays clé pour la géopolitique mondiale.

A Caracas, faire la revue de presse consiste à acheter des quotidiens bien faits, mais rageusement et grossièrement antichavistes, comme « El Nacional », « El Universal », « Tal Cual » (qui intitule son éditorial du 24 novembre : « L'extermination de l'intelligence » -par le chavisme- ), et plus modérément : « Ultimas Noticias ». Le quotidien chaviste (gratuit) « Ciudad Caracas » n'est, lui, distribué qu'en centre ville.

L'opposition s'est redéployée autour des secteurs les plus extrémistes, partisans de « chasser Maduro » à n'importe quel prix. Son leader, martyr préfabriqué, Leopoldo Lopez, est toujours emprisonné à la suite des violences meurtrières (« guarimbas ») du printemps 2014 (43 victimes, la plupart chavistes). Dans tous les pays démocratiques, la subversion, l'appel à la violence, à la sédition, tombent sous le coup de la loi. « Au Venezuela, il n'y a pas de prisonniers politiques, seulement des politiques mafieux et subversifs en prison », opine le jeune militant Jenny Pacheco. L'ex-candidat présidentiel de la MUD (Table de l'opposition, de « l'unité démocratique », allant des sociaux-démocrates aux groupes fascisants), Henrique Capriles, jugé trop mou, se retrouve marginalisé et sans doute hors course.

La révolution doit « se révolutionnner », lance le président Maduro le 15 décembre 2014, lors de la célébration du 15ième anniversaire du processus constituant et de la nouvelle constitution bolivarienne . L'avenue Bolivar de Caracas, bénie des dieux par un soleil complice, a revêtu, sur des kilomètres, le rouge, dégoulinant de sueur, du chavisme. Parmi les dizaines de milliers de manifestants, une majorité d'ouvriers et de jeunes, qui scandent : « C'est ainsi, c'est ainsi que l'on gouverne !!», « Vers le haut, vers le bas, que les gringos aillent se faire foutre !! », « Ils ne reviendront pas !!», « Maduro, cogne dur sur les gringos !!», « Maduro, ami, le peuple est avec toi ». Plus que des slogans : des professions de foi et un engagement à la vie-à la mort.

Pour ce peuple des « ranchitos » (quartiers pauvres), des usines, des ateliers, pour ces jeunes étudiants des « universités bolivariennes », pour ces femmes libérées, ces militants de la « sexo-diversité », acteurs « visibles » d'une l'histoire qui s'écrit fièrement à chaque moment, « la révolution ne peut faire marche arrière », les « Missions sociales » « ne sont pas négociables ».

« Palante ! », « En avant donc ! », même si le président vient d'annoncer « une réduction des dépenses publiques » et des « ajustements nécessaires » à la suite de la chute de plus de 50% des cours du pétrole ; mais pas question de toucher aux budgets sociaux. Le gouvernement va réduire les importations, les investissements superflus, les salaires des hauts fonctionnaires, prélever sur les riches... Les couches moyennes, tiraillées, attendent de voir... Pour les chavistes, il faut gagner significativement les élections législatives de 2015, la 19ième consultation électorale depuis 1998. Si le résultat s'avérait serré, l'opposition pourrait recourir au « référendum révocatoire ».

Les Etats-Unis viennent de franchir un pas supplémentaire dans leur stratégie d'hostilité et d'agressions contre un Venezuela qu'ils veulent ramener sous leur coupe. Début décembre 2014, le congrès américain a voté un projet de loi (signé depuis par Obama), qui applique en fait des sanctions unilatérales à l'ensemble d'un peuple. Washington a décidé de s'ingérer toujours plus dans les affaires d'un pays souverain, en refusant tout visa à une liste de personnalités coupables, selon l'étalon autoproclamé étatsunien,  de « violation des droits de l'homme ». La vieille ficelle, qui a beaucoup servi, relève désormais du câble attrape-nigauds. Avec « l'empire », les violeurs ne sont jamais ceux qui sont pointés du doigt. De lourds nuages s'amoncèlent sur le Venezuela, coupable de récuser tranquillement le néolibéralisme, de transformer une utopie égalitaire en réalité naissante.

Simon Bolivar disait : « on ne guérit pas les gangrènes politiques avec des palliatifs »

Jean Ortiz

Un Article du blog de Jean Ortiz 

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UKRAINE LA PROPAGANDE MÉDIATIQUE FRANÇAISE S'EMBALLE 18.05.2014

29 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #Les média, #La France, #La nation ., #La République, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La guerre

UKRAINE LA PROPAGANDE MÉDIATIQUE FRANÇAISE S'EMBALLE 18.05.2014

18.05.2014 UKRAINE LA PROPAGANDE MÉDIATIQUE FRANÇAISE S'EMBALLE... BFM TV, France 24, Euronews, LCI, etc.. ainsi que les radios ont décidé de multiplier la propagande russophobe. Les experts pro Kiev sont envoyé sur les plateaux TV pour déverser leur grotesques mensonges dans la plus grande sollicitude. De la vérité qui se joue en Ukraine il en est jamais question, elle est pourtant là, apparaissant encore plus éclatante sous cet écran de fumée. Le fascisme et les mafieux se sont emparé de l'Ukraine. Galia Ackermann, la journaliste Alla Lazareva sont de menteurs de première mais il y en a d'autres comme cette psychopathe Nathalie Pasternak, Jacques Sapir,

UKRAINE LA PROPAGANDE MÉDIATIQUE FRANÇAISE S'EMBALLE 18.05.2014

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LE CENTRE FRANÇAIS DE RECHERCHE SUR LE RENSEIGNEMENT (CF2R) PUBLIE UN RAPPORT SUR ALSTOM QUI CONCLUT À UN « SCANDALE D’ÉTAT ». Le 29 décembre 2014.

29 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #La guerre, #Economie, #La mondialisation, #Politique étrangère, #Les transnationales, #Le traité Transatlantique.

  LE CENTRE FRANÇAIS DE RECHERCHE SUR LE RENSEIGNEMENT (CF2R) PUBLIE UN RAPPORT SUR ALSTOM QUI CONCLUT À UN « SCANDALE D’ÉTAT ». Le 29 décembre 2014.

LE CENTRE FRANÇAIS DE RECHERCHE SUR LE RENSEIGNEMENT (CF2R) PUBLIE UN RAPPORT SUR ALSTOM QUI CONCLUT À UN « SCANDALE D’ÉTAT ».

29 décembre 2014,

  LE CENTRE FRANÇAIS DE RECHERCHE SUR LE RENSEIGNEMENT (CF2R) PUBLIE UN RAPPORT SUR ALSTOM QUI CONCLUT À UN « SCANDALE D’ÉTAT ». Le 29 décembre 2014.

 LES ANALYSES DE L’UPR CONFIRMÉES PAR LE CENTRE FRANÇAIS DE RECHERCHE SUR LE RENSEIGNEMENT (CF2R) ==

 

LE CF2R PUBLIE UN RAPPORT SUR ALSTOM QUI CONCLUT À UN « SCANDALE D’ÉTAT » ET QUI DÉNONCE LE « RACKET AMÉRICAIN », L’« AMATEURISME DU GOUVERNEMENT », LA « TRAHISON DES ÉLITES » ET LA « DÉMISSION D’ÉTAT » QUI RÈGNENT EN FRANCE.

 

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Fondé en 2000, le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) est un « think tank » indépendant, régi par loi de 1901, spécialisé sur l'étude du renseignement et de la sécurité internationale. Comme il se présente lui-même, le CF2R a pour objectifs :

  • le développement de la recherche académique et des publications consacrées au renseignement et à la sécurité internationale ,
  • l'apport d'expertise au profit des parties prenantes aux politiques publiques (décideurs, administration, parlementaires, médias, etc.),
  • la démystification du renseignement et l'explication de son rôle auprès du grand public.

 

Depuis sa création il y a 14 ans, le CF2R a réalisé un travail considérable pour une meilleure connaissance du renseignement en France et dans le monde francophone. Il a publié plus de 70 livres, 60 rapports de recherche, 300 articles, 350 notes d'analyse et 700 bulletins d'écoute radio. Le Centre a créé quatre revues ou lettres électroniques et a organisé 40 dîners-débats et une dizaine de colloques. Ses chercheurs ont donné plus de 150 conférences, animé de nombreux séminaires et ont accordé plus de 2 000 interviews dans les médias (TV, radio, presse écrite).

 

Le CF2R n’est cependant pas beaucoup médiatisé dans les très grands médias parce que certaines de ses analyses ne sont pas conformes à la pensée imposée par l’oligarchie euro-atlantiste.

 

En mars 2014, par exemple, son directeur Éric Denécé a publié une analyse sur la crise en Ukraine intitulée   « UKRAINE : LE MONDE À L'ENVERS ! », qui dénonçait point par point la manipulation et l’attitude agressive des États-Unis et des pays de l’Union européenne à l’encontre de la Russie :

http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece-lst/ukraine-le-monde-a-envers.php

 

 

Eric Denécé

Eric Denécé

 

NOTA : Au cours de sa carrière, Éric Denécé a été Officier-analyste à la direction de l'Évaluation et de la Documentation stratégique du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), Ingénieur commercial export chez Matra Défense.  Responsable de la communication de la société NAVFCO, filiale du groupe DCI (Défense Conseil International),  Directeur des études du Centre d'études et de prospective stratégiques (CEPS), Fondateur et directeur général du cabinet d'intelligence économique ARGOS et  Créateur et directeur du département d'intelligence économique du groupe GEOS.

  • UN RÉQUISITOIRE QUI CONFIRME LES ANALYSES DE L’UPR

 

En ce mois de décembre 2014, le CF2R vient de récidiver sur une toute autre échelle en publiant un long rapport de 41 pages sur l’affaire de la vente des activités d’énergie d’Alstom à l’entreprise américaine General Electric.  

 

Ce rapport, intitulé « RACKET AMÉRICAIN ET DÉMISSION D’ÉTAT : LE DESSOUS DES CARTES DU RACHAT D’ALSTOM PAR GENERAL ELECTRIC », est signé du directeur Éric Denécé et de Leslie Varenne.

 

Non seulement tout le rapport vaut la lecture mais sa conclusion est un véritable réquisitoire qui conclut au « scandale d’État » et qui dénonce le « racket américain », l’ « amateurisme du gouvernement », la « trahison des élites » et la « démission d’État » qui règnent en France.

 

  • La responsabilité conjointe du gouvernement, des parlementaires, des hauts fonctionnaires, des syndicats et des médias dans ce « scandale d’État » de démission devant les États-Unis.

Cette conclusion confirme les analyses que fait l’UPR depuis sa création quant à cette haine de la France et son mépris des intérêts du peuple français qui se sont emparé des élites dirigeantes, - et le rapport du CF2R note que « de tels comportements ne s’observent nulle part ailleurs en Europe » - . On retrouve ainsi ce trait de caractère suicidaire des dirigeants indignes que l'on a toujours connu dans les pires moments de notre histoire nationale, et que Charles de Gaulle nommait « l’esprit d’abandon ».

 

Cette conclusion est à lire in extenso car elle souligne la responsabilité conjointe des membres du gouvernement, des parlementaires, des hauts fonctionnaires, des syndicats et des médias qui ont plié devant les  États-Unis dont « nous ne sommes plus amis », et qui ont purement et simplement « abandonné notre indépendance et notre souveraineté nationales ».

 

  • Les raisons de l'hypermédiatisation du FN dans les grands médias euro-atlantistes

Un dernier point, qui n’est pas le moindre : le rapport du CF2R souligne aussi – et c'est exceptionnel dans un rapport d’un cabinet d’intelligence économique – que l’invocation du Front National est l’une des raisons essentielles avancées dans les sphères gouvernementales et de la haute administration pour ne pas défendre nos intérêts nationaux.

 

Là aussi, donc, le rapport du Centre français de recherche sur le renseignement rejoint les analyses que fait l’UPR depuis 7 ans : à savoir que le véritable rôle du FN dans la société française est d’avoir pestiféré toute idée de défense des intérêts nationaux. Car ce souci, ô combien essentiel et naturel, est désormais assimilé, dans la tête de 80% des Français, aux fameux « dérapages » continuels du mouvement d’extrême-droite.

 

Depuis un tiers de siècle, les Français ont été pris en otage conjointement par les médias "mainstream" et la famille Le Pen, qui leur font croire que défendre notre industrie, notre agriculture, notre diplomatie, nos intérêts nationaux, revient grosso modo à tenir des propos abjects sur la Deuxième Guerre mondiale, à faire la chasse aux immigrés, à fricoter avec des néo-nazis, ou à justifier la torture par la CIA, comme s’y est encore livrée Mme Le Pen voici moins d’un mois. C'est l'un des mérites du rapport du CF2R que de souligner, après l'UPR, cette manipulation capitale qui explique le blocage de la situation et la passivité des Français face à la guerre qui leur est livrée.

 

L’extravagante publicité qui est constamment donnée à la SARL Le Pen dans tous les grands médias euro-atlantistes trouve ici l’une de ses principales explications : si le FN n’existait pas pour pourrir toute idée de défense de nos intérêts nationaux dans l’esprit de 80% des Français, jamais les élites moutonnières qui président au naufrage actuel de la France n’accepteraient de laisser sans réagir le pillage de notre pays et jamais les 80% de Français en question ne les laisseraient faire.

 

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Je laisse ici la place à cette conclusion du rapport sur l’affaire Alstom du Centre français de recherche sur le renseignement (rapport n°13 de décembre 2014)

 

François ASSELINEAU

29/12/2014

 

----------------- Extrait du Rapport n°13 de décembre 2014 du CF2R ------------------

 

CONCLUSION: LA TRAHISON DES ÉLITES

 

Derrière un discours circonstancié sur l’inéluctabilité de la mondialisation, nos élites sont en train de vendre  nos joyaux industriels à l’étranger, motivées par la satisfaction d’intérêts personnels ou la dissimulation d’erreurs stratégiques, n’hésitant pas à sacrifier notre indépendance militaire et nucléaire sous de faux prétextes.

 

Elles semblent ne plus croire à la nécessité d’une industrie française, et ne se considèrent plus comme solidaires avec leurs concitoyens. De tels comportements ne s’observent nulle part ailleurs en Europe.

 

Rappelons que dès l’arrivée des socialistes au pouvoir, en 2012, Patrick Kron avait commencé à préparer le déménagement du siège d’Alstom à Singapour afin de s’affranchir de la fiscalité française et de s’installer dans un pays n’ayant pas d’accord d’extradition avec la France. Par ailleurs, la campagne de communication lancée par GE en France au printemps 2014 pose la question des agences médias françaises y ayant collaboré à des fins mercantiles.

 

Ce phénomène se trouve amplifié par l’incompétence ou la compromission d’une partie des dirigeants  politiques et des hauts  fonctionnaires. Dans  ce dossier, le gouvernement n’a pas été à la hauteur des enjeux. Rien n’a été fait.

 

Pire, certains, dans la haute administration ont torpillé dès le départ la solution d’un un rachat d’Alstom par la France. Cette option a donc à peine été étudiée. 139 hauts fonctionnaires de Bercy ont eu le culot – faute d’autres arguments valables - de justifier cette décision au nom de l'intégration silencieuse des discours du Front national dans la politique économique de la France. Affligeant. Défendre les intérêts nationaux, c’est aujourd’hui être du Front national !

 

De plus, il convient de signaler l’irresponsable passivité des parlementaires sur ce dossier, qui n’ont jamais mesuré l’ampleur des enjeux en cours et ont laissé le gouvernement cafouiller à sa guise. En particulier, pourquoi Jean-Pierre Chevènement, dans un premier temps fortement opposé au démantèlement d’Alstom, a-t-il aussi rapidement changé d’avis? Serait-ce à cause de sa circonscription de Belfort où GE et Alstom sont les premiers employeurs?

 

Enfin, il convient de ne pas oublier le silence assourdissant des syndicats, que l’on n’a pas entendus dans cette affaire. Comment la CGT, d’habitude plus réactive, a-t-elle pu rester aussi silencieuse sur ce dossier et pendant autant de temps ? En effet, rappelons que le 4 novembre 2014, au terme de la procédure d’information-consultation des instances représentatives du personnel, le conseil d’administration d’Alstom a autorisé, à l’unanimité, la signature d’un accord avec General Electric pour la cession des activités Énergie. Ainsi que l’a déclaré lui-même Patrick Kron, les partenaires sociaux ont émis un avis favorable, ce qui n'est pas très fréquent dans ce type d'opérations.

 

Ce sont là autant de signes  inquiétants d’une démission collective. Entre la trahison des élites, l’amateurisme dont a fait preuve le gouvernement dans ce dossier, l’abandon par la France de son indépendance et sa souveraineté nationales et les multiples affaires, la cession des activités énergie d’Alstom est  un véritable scandale d’État.

 

L’affaire Alstom révèle par ailleurs l’incompréhension de la compétition économique des dirigeants politiques français. Elle est à rapprocher d’autres offensives que les États-Unis ont déclenché contre nous, profitant de notre faiblesse politique du moment à cause d’un président impopulaire et passif : remise en cause par Washington de la vente de navires Mistral à la Russie et le racket dont a été victime BNP/Paribas.

 

C’est pourquoi il est temps de sortir de l’aveuglement dans lequel nous baignons : nous ne sommes plus amis avec les États-Unis, tout au plus alliés… La guerre économique est depuis longtemps déclarée et il est affligeant que nous ne rendions pas les coups ! »

 

 

Signé

Éric Denécé

Leslie Varenne

Centre français de recherche sur le renseignement sur l'affaire Alstom

(rapport n°13 de décembre 2014 ; source : http://www.cf2r.org/images/stories/RR/rr13.pdf )

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Etat des lieux des neo nazis au pouvoir a Kiev. Par Xavier D. sur Médiapart.

28 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Le capitalisme;

Etat des lieux des neo nazis au pouvoir a Kiev

02 mars 2014 | Par Xavier D

Vous trouverez ici un resume des membres du gouvernement non elu de Kiev et appartenant a des groupes neo nazis.

A la fin, j'ai ajoute le profil du leader de Svoboda, ainsi que de son conseiller, afin de mieux cerner leur profil.

Si vous voulez apporter des modifications, ou ajouts, n'hesitez pas, les informations seront verifiees.

Pour le moment les postes occupes sont par les nazis, au gouvernement en place a Kiev sont :

Vice Premier Ministre : Oleksandr Sych

Ministre de la Defense : Ihor Tenyukh

Responsable du Conseil de Securite et Defense Nationale : Andriy Parubiy (sorte de stasi, police interieure)

Membre du Conseil de Securite et Defense Nationale

Ministre de l'Ecologie : Andriy Mokhnyk

Ministre de l'Agriculture : Ihor Shvaika

Procureur General : Oleg Mokhnytsky (bras executif de la justice)

  Andriy Parubiy, l'organisateur :

Andriy Parubiy, l'organisateur :

role : membre du pari Fatherland, Union panukrainienne « Patrie », parti de Tymochenko

role dans le maidan : le Commandant du Maidan, reconnu par tous

role dans le gouvernement : A la tete du conseil national de securite et de defense (police interieure)

Revenons sur le parcours, avant Tymochenko :

il est l'un des fondateurs du parti national socialiste d'Ukraine.

logo originel du parti, on le retrouve encore de nos jours sur eux

logo originel du parti, on le retrouve encore de nos jours sur eux

Ce parti a ete fonde en 1990, par Parubiy, Oleg Tyagnibok (qui est toujours le president de ce parti, renomme recemment en Svoboda). Ils sont tres proches, ont fait parti du conseil regional de Lviv.

C'est un parti ouvertement nazi, pas de gene, on defile dans les rues sans crainte

 

defile a Lviv dans les annees 90

defile a Lviv dans les annees 90

En 2004 Andriy Parubiy participe activement a la revolution Orange, revolution qui nous le savons a ete aide par l'occident. Il a ensuite rejoint le parti Pour l'Ukraine.

Nous le retrouvons donc en plein milieu de cette revolution, et il est unaniment reconnu comme en etant le "commandant".

http://www.metronews.fr/info/ukraine-andriy-parubiy-nous-sommes-la-pour-la-revolution/mnbs!cSw0WJ6VjTN8/

Il a organise les forces militaires, les siennes, pour encadrer le mouvement Maidan, former les jeunes, les equiper, etc

Ses militaires sont des anciens d'Afghanistan, des veterans donc. Chaque jour des reunions sont faites pour suivre et organiser le Maiden

reunion du "Commandant" durant la revolution Maiden, 2014

reunion du "Commandant" durant la revolution Maiden, 2014

Oleksandr Sych, Vice Premier Ministre

Oleksandr Sych, Vice Premier Ministre

encore un membre du parti nazi Svoboda.

son role dans le gouvernement : Vice Premier Ministre

Ce monsieur s'est fait connaitre pour des positions tres tranchees depuis son entree dans le gouvernement.

Il a deja propose une loi sur l'avortement :une interdiction pure et simple, complete meme dans les cas de viol.

Il a ajoute une petite phrase :

"Les femmes feraient mieux d'apprendre a mener un genre de vie pour éviter le risque de viol, y compris celle de la consommation d'alcool et d'être en mauvaise compagnie."

 

Andriy Mokhnyk, Ministre de l'ecologie

membre du parti nazi Svoboda

 

Ihor Shvaika, Ministre de la politique agraire et de la nourriture d'Ukraine

Ihor Shvaika, Ministre de la politique agraire et de la nourriture d'Ukraine

membre du parti nazi Svoboda

Alexandre Mirny

membre du parti nazi Svoboda

Ministre de la politique agrairee (peut etre remplace par Shvaika, pas tres clair)

A noter que ces trois la n'aiment pas le fraking (Svoboda en general d'ailleurs), peut etre pour cela que Chevron a mis en pause le programme.

 

Oleg Mokhnytsky, Procureur General

membre du parti nazi Svoboda

 

 

Ihor Tenyukh, Ministre de la Defense   membre du parti nazi Svoboda

Ihor Tenyukh, Ministre de la Defense membre du parti nazi Svoboda

nom : Dmytro Yarosh, le bras arme d Pravy Sektor

nom : Dmytro Yarosh, le bras arme d Pravy Sektor

role : le leader de Pravy Sektor      

role dans le maidan : bras arme

position dans le nouveau gouvernement : membre du conseil national de securite et de defense.

il dirige groupe paramilitaire, neofasciste, le bras arme de la revolution. Tres organises, tres determines (lisez son interview)

 

une video le montrant dans un camp d'ete que son groupe paramilitaire organise regulierement dans la region occidentale de l'Ukraine

ces camps d'ete, non sans rappeler ceux des chemises brunes, sont organises depuis longtemps dans la region de Ternopil, dans la zone 'ultranationaliste' de Svoboda. Dmytro Yarosh lui meme a commence par ces camps d'initation. Le but de ces camps est de former les plus jeunes, endoctrines aussi.

Il est a noter cette interview de Dmyto Yarosh au Time, ou il dit clairement avoir un arsenal d'armes a sa disposition et qu'il est la pour faire tomber le gouvernement. Il y a donc eu premeditation, nous ne sommes pas dans un mouvement spontane : on ne cree pas magiquement des arsenals, tout comme on ne s'entraine pas des annees pour le plaisir.

http://world.time.com/2014/02/04/ukraine-dmitri-yarosh-kiev/

"Yarosh, dont la marque militant nationaliste rejette toute influence étrangère sur les affaires ukrainiens, a révélé pour la première fois que Pravy Sektor a amassé un arsenal d'armes mortelles. Il a refusé de dire exactement combien d'armes dont ils disposent. «C'est assez», dit-il, «pour défendre toute l'Ukraine des occupants internes» - par quoi il entend le gouvernement au pouvoir - et de poursuivre la révolution si les négociations avec ce gouvernement se décomposent".

 

Etat des lieux des neo nazis au pouvoir a Kiev. Par Xavier D. sur Médiapart.

D'autres membres influents de Svoboda :

Oleg Tyagnibok, le politicien:

role : leader de Svoboda

role dans le maidan : l'un des trois grands leaders reconnus et appuyes par l'occident, il a fait parti de toutes les negociations avec l'occident

role dans le gouvernement : depute

Il a fonde le parti nazi avec son ami Andriy Parubiy, l'a renomme en 2005 en Svoboda (liberte) et change le logo pour quelque chose de plus innocent.

Il a ete a toutes les negociations, son parti etait present en masse sur la place, on voyait son drapeau partout.

le nouveau logo du parti, plus cool, celui pour la presse

le nouveau logo du parti, plus cool, celui pour la presse

Il a reussi a obtenir le soutien des americains, un soutien officiel et sans aucune concession en retour.

 

ici avec Nuland, chargee du gouvernement americain

ici avec Nuland, chargee du gouvernement americain

ici avec McCain, Senateur US

ici avec McCain, Senateur US

ici avec Fabius, je pense que vous le connaissez

ici avec Fabius, je pense que vous le connaissez

ici avec Fabius, je pense que vous le connaissez

defile a la torche organise par Svoboda, avec en premier plan une croix celtique, signe distinctif des neo nazis

http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9onazisme

 

Yuri Mykhailyshyn, l'intellectuel

fondateur du ‘Joseph Goebbels Political Research Centre"

membre svoboda,membre du conseil municipal de Lviv, depute au parlement

ami proche du leader, il sert d'intellectuel pour valider les theses racistes du mouvement

un exemple 

Yuriy Mykhalchyshyn a qualifie l’holocauste comme « une période de lumière dans l’histoire » (http://uainfo.org/heading/accident/2531-mihalchishin-schitaet-holokost-svetlym-periodom-v-istorii-evropy.html)

il a aussi ecrit l'ABC du National Socialism vatra-1-0-mala.png

il a aussi ecrit l'ABC du National Socialism vatra-1-0-mala.png

Etat des lieux des neo nazis au pouvoir a Kiev. Par Xavier D. sur Médiapart.

Svoboda a un programme clair : l'Ukraine aux Ukrainiens. L'Ukraine au dessus de tout (message ecrit sur les banderoles)

 

Le Pen et Svoboda

 "notre but ensemble c'est la construction d'une europe des nations" dit il a Le Pen

 

 Svoboda fait parti du Front National Europeen http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_europ%C3%A9en

et de l'Alliance européenne des mouvements nationaux, fonde par Golnisch (a titre d'observateur depuis 2013) http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_europ%C3%A9enne_des_mouvements_nationaux

 

Note :

pour se faire une idee, mettre en perspective, voici les ministeres qui ont ete donne aux activistes euromaiden :

Ministere de la Sante, Ministere de la Culture, Ministere des jeunes et du sport

 

deux videos de propagande de secteur droit, de cette annee, plus un defile de Svoboda et Secteur Droit de 2011

Right sector. Ukrainian Revolution 2014

defile de Svoboda et Secteur Droit en la memoire d'une fete nazi, 2011

Les racines de ce mouvement nazi, on tombe sur l'histoire de la division SS Galicie. Son palmarès nazis fait froid dans le dos

http://fr.wikipedia.org/wiki/Division_SS_Galicie

voici le blason de cette division

voici le blason de cette division

Cette division SS a ete formee de volontaires Ukrainiens, l'une des plus grosses divisions de volontaires hors territoire allemand d'ailleurs.

2013 ils ont celebre le 70eme anniversaire de la formation de cette division, a Lviv

cela donne des ceremonies etranges, par exemple celle ci, ou l on voit diverses generations, avec un pretre, celebrer le nazisme

http://youtu.be/jSpX0K6KfB0

et bien sur des marches dans la ville ou se melangent tous les extremistes/nationalistes/nazis

http://youtu.be/ICNof2839GI

 

voici une photo d'un defile a Lviv, une commeration, en 2010

voici une photo d'un defile a Lviv, une commeration, en 2010

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Cédric DURAND, Le capital fictif – Comment la finance s’approprie notre avenir, Paris, 2014, Les prairies ordinaires. Par Jacques Sapir.

28 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La France, #La lutte des classes

L'hiver vient...

28 décembre 2014

Cédric DURAND, Le capital fictif – Comment la finance s’approprie notre avenir, Paris, 2014, Les prairies ordinaires

Cédric DURAND, Le capital fictif – Comment la finance s’approprie notre avenir, Paris, 2014, Les prairies ordinaires. Par Jacques Sapir.

Les lecteurs de ce carnet connaissent sans doute le nom de Cédric Durand, et ils l’associent à plusieurs ouvrages sur l’Europe, comme celui qu’il a dirigé en 2013[1], ou sur l’Euro, comme celui publié à la fondation ResPublica[2]. On sait moins cependant que ce brillant jeune professeur est l’auteur de nombreux articles publiés dans des revues prestigieuses[3]. Cédric Durand est l’un des plus prometteurs parmi les jeunes économistes universitaires français. Aussi est-ce pourquoi on attendait la publication de son nouveau livre avec trépidation. Disons le tout de suite, le résultat en valait l’attente. Son dernier ouvrage, Le capital fictif, est un essai important qui tente de donner un sens aux dérives du capitalisme depuis ces dernières quarante années et au développement de la finance. Ce livre est important non seulement par son sujet mais surtout par l’approche qu’il nous propose, réhabilitant la notion ancienne, mais bien oubliée de « capital fictif ». Ce faisant, il ouvre un débat théorique important, mais un débat aussi qui n’est pas QUE théorique. Derrière le concept se profilent des enjeux politiques importants, et en particulier celui de la dépossession réalisée par les financiers.

Une analyse précise

Les deux premiers chapitres de cet ouvrage sont consacrés aux pratiques de la finance, dans ce qu’elles ont souvent de plus scandaleuses, mais aussi de plus révélatrices. Dans le chapitre premier, après avoir décrit les dérives individuelles des acteurs (et elles furent nombreuses), il montre que ces dérives ont peu à voir avec la cupidité personnelle, mais doivent beaucoup au cadre systémique dans lequel elles ont pu prendre place. C’est ainsi le cas de Jérôme Kerviel, victime tout autant que coupable, pris dans une logique qui le dépassait. Les différents scandales sur lesquels il revient éclairent le cynisme, mais aussi la dimension de système, de ces dérives financières. De ce point de vue, ce livre est une rigoureuse explication des comportements qu’avait décrit J. Wedel dans son ouvrage fameux sur les dérives des acteurs occidentaux de la transition[4]. On sait que ce scandale éclata avec une force redoutable en 1998, et qu’il donna lieu à un témoignage qu’il convient de relire de l’un des responsables de la CIA devant le Congrès des Etats-Unis[5]. En un sens, le scandale de la faillite du fond d’investissement LTCM en 1998 préfigurait bien des dérives de la crise de 2007[6]. Mais, de cela Cédric Durand est parfaitement au courant, lui qui soutint il y a plus de dix une thèse remarquable (et remarquée) sur la sidérurgie russe dans la transition.

Ce constat le conduit à s’interroger sur la responsabilité des économistes. Il y a bien entendu des responsabilités immédiates, et il le montre bien quand il souligne le rôle de justification qu’ont eu certaines théories par rapport à la déréglementation  très intéressée de la finance, déréglementation dont on savait depuis les années 1990 qu’elle était porteuse de crises graves[7]. De ce point de vue, on peut regretter qu’il ne pousse pas l’analyse jusqu’à faire un sort particulier à des auteurs comme Eugene Fama dont la théorie de « l’efficience des marchés » a joué un rôle très pervers dans le processus de libéralisation de la finance[8]. Mais, il est clair que cette responsabilité est aussi engagée dans l’usage d’une méthodologie profondément irréaliste qui, comme l’écrivait un épistémologue réputé, Daniel Hausman[9] conduit les économistes à nier l’impact de l’environnement sur les préférences individuelles : "La complaisance généralisée dont la plupart des économistes font preuve à propos des prétentions de la théorie économique et leur mauvaise volonté quand il s'agit de prendre en compte sérieusement des hypothèses psychologiques importantes est difficile à défendre. L'attirance pour une science séparée est profonde, mais mettre l'accent sur une telle structure n'est pas justifié, et ce faisant créé des barrières déraisonnables au progrès théorique et empirique"[10]. Ces démarches conduisent à privilégier l’idée d’une autoréglementation de la finance, ce que l’on appelle les règles prudentielles. Mais, ces règles sont une illusion profonde[11].

Il reste à analyser la logique de l’instabilité financière. Dans le deuxième chapitre de l’ouvrage il montre toute la pertinence des analyses de H.P. Minsky[12], mais il montre aussi que ces analyses sont incomplètes. En effet, si l’analyse postkeynésienne de Minsky est d’une redoutable efficacité descriptive, elle s’inscrit dans un contexte particulier, celui de la fin des années 1970 et des années 1980. Minsky n’a pas vécu assez longtemps pour voir se déployer toute la logique de la financiarisation de l’économie. C’est ce qui conduit Cédric Durand à développer l’idée que la finance, et la financiarisation actuelle des économies, sont un symptôme de l’automne du capitalisme. Comme le dit un des héros de la série Game of Thrones, l’hiver vient…

Une analyse rigoureuse.

Dans les chapitres suivants, Cédric Durand va expliciter et développer le concept de « capital fictif ». Il en fait tout d’abord la généalogie, rappelant qu’il a été utilisé tant par Hayek que par Marx, même si ces deux auteurs en donnent, on peut s’en douter, des définitions différentes lais surtout en tirent des implications quasiment opposées. Le « capital fictif », pour Cédric Durand qui reprend une large part de la définition de Marx, c’est la « pré-validation » du capital, notion qui est en réalité quasiment le cœur de cet ouvrage. Ce point requiert l’attention et si l’on peut faire un (petit) reproche à l’ouvrage c’est de ne pas expliciter des notions qui sont en amont au concept de « capital fictif » et qui permettent de mieux en comprendre le sens.

Marx raisonne en effet dans une économie à trois catégories d’agents, ce qui est conforme d’ailleurs à de multiples auteurs avant lui comme Say, Ricardo ou Sismondi. Dans cette économie les capitalistes qui détiennent le capital (sous forme physique mais aussi sous forme monétaire), les entrepreneurs et les salariés. Les entrepreneurs doivent emprunter l’argent (capital monétaire), le transformer en marchandises pour produire d’autres marchandises puis vendre ces dites marchandises (retransformant le capital physique en capital monétaire) et sur le produit de cette vente payer les ouvriers, rembourser (avec les intérêts) les capitalistes et se payer enfin eux-mêmes. C’est ce que l’on appelle le cycle:

 Agent---->Marchandises---->Argent.

Mais, dans cette double transformation git une double incertitude radicale. Les entrepreneurs, ayant emprunté la somme initiale l’ont fait sur la base d’un calcul ex-ante. Rien ne prouve que le résultat ex-post de ce calcul sera le bon. Cette distinction entre les calculs ex-ante et les vérifications ex-post est fondamentale si l’on veut comprendre l’instabilité intrinsèque de l’économie capitaliste[13]. L‘emprunt initial représente en réalité un pré-validation des choix économiques de l’entrepreneur. De même, il a fait un second calcul ex-ante portant sur les conditions de ventes de sa production. Il va soit lui falloir contracter un nouvel emprunt (s’il vend lui-même sa production) pendant la durée du cycle de vente, soit il devra faire crédit à un distributeur (le fameux « crédit à trois mois ») qui portera alors le risque de la réalisation de cette production. Dans ces deux cas, il faut encore pré-valider la valeur du capital-marchandise le temps que ce capital redevienne du capital monétaire. On le voit, la pré-validation est au cœur même des processus du capitalisme. Mais, en réalité, et c’est là que se situe la nouveauté de l’ouvrage de Cédric Durand, il y a un basculement dans ce mécanisme.

En effet, la pré-validation est en réalité une pseudo-validation qui, si elle se dénoue mal doit être réglée « rubis sur ongle » par l‘entrepreneur. Ce n’est que dans le capitalisme financiarisé contemporain, qui est l’objet réel du livre, que cette pseudo-validation se transforme en une quasi-réelle pré-validation, que ce soit par l’action des banques centrales ou par celle du gouvernement. Cela équivaut à dire que le capital « pseudo-validé » ex-ante le sera bien, dans une grande majorité des cas et ceci indépendamment de la conjoncture économique, ex-post. Mais, ce glissement de la pseudo-validation à une quasi-certaine pré-validation a un coût : celui du déploiement d’un immense secteur financier qui va alors « pomper » littéralement la valeur produite dans la production, soit directement soit indirectement.

Cédric Durand identifie 4 formes à ce processus :

  • -       Le « Profit d’aliénation » qui est représenté par l’ensemble des mécanismes de crédits à la consommation faisant porter sur le salarié une partie du coût de la pré-validation réalisée par l’entrepreneur.
  • -       Le « Profit politique » qui provient de la dette publique et de son financement par les banques, et que l’on peut considérer en réalité comme un rente.
  • -       Les prélèvements sur la plus-value réalisés dans le cadre du passage de la pseudo à la pré-validation.
  • -       Le « Profit d’intermédiation » réalisé par la chaîne des intermédiaires financiers.

Sur ce dernier point Cédric Durand note très justement que contrairement à ce qu’avait prévue la théorie néo-classique, ce n’est pas la « désintermédiation » qui a prospéré dans le processus de financiarisation, mais au contraire une intermédiation beaucoup plus opaque car réalisée hors des banques (plus ou moins surveillées, c’est selon…) par le Shadow Banking, qui est très souvent l’intermédiaire obligé et naturel d’ailleurs de ces banques, ce que la crise de 2007-2008 a amplement prouvé[14]. Cette prolifération de sociétés non-réglementées pose d’ailleurs un redoutable problème aux autorités publiques. On voit bien ici pourquoi l’idée d’une réglementation prudentielle est une illusion et pourquoi des réglementations coercitives s’imposent. Sur ce point (comme sur beaucoup d’autres), la trahison des socialistes français est totale et appelle une sanction implacable.

La dématérialisation du capital

Le capital fictif plane désormais comme un sombre nuage au-dessus de l’économie. Il freine les processus d’investissement et déprime conjointement la consommation, produisant ces économies de chômage de masse que l’on voit de développer dans les pays occidentaux. L’ampleur de ce chômage nous ramène donc à la situation décrite par les grands auteurs socialistes du début du XXème siècle. Ceci est très justement noté par Cédric Durand. Il montre aussi comment l’appareil productif se transforme sous la pression de la globalisation financière, point que j’avais déjà décrit dans la Démondialisation[15] et où nos analyses sont convergentes. Cédric Durand apporte en plus sa connaissance fine des « chaînes de valeur » qui lui vient de ses études post-doctorales qui furent en partie consacrées à la grande distribution et à son développement dans les pays émergents. Il montre de manière ingénieuse comment les entreprises, pour ne pas se voir vider de la valeur produite, sont obligées d’internaliser en partie le processus de financiarisation et de développer des branches financières de plus en plus importantes.

Dans ce monde où les rentiers dominent, et l’on aurait aimé qu’il fasse un plus ample usage du concept de rente, y compris dans ses différentes formes, car il y a là une piste à creuser, on aboutit logiquement à des processus de déflation généralisés. Il montre aussi à quel point les logiques monétaires, et l’Euro en fait partie bien entendu, jouent un rôle essentiel dans ce processus de financiarisation et de dématérialisation. De ce point de vue, et l'on connait son opinion à ce sujet, une sortie de l'Euro s'impose comme acte fondateur d'un processus de ré-appropriation des processus productifs.

 

Au total, c’est donc un ouvrage d’une grande importance, tant descriptive que théorique ; que nous livre ici Cédric Durand. La description des processus de pré-validation en constitue un point central. Elle suggère une analogie avec l’économie de type soviétique, que j’avais moi-même analysée comme un système où dominait la pré-validation du capital[16], mais ici asservissant la finance au système productif et à l’Etat. Ceci montre que les deux systèmes ne sont que l’image inversée l’un de l’autre, et appartiennent bien à la même catégorie des économies capitalistes. La fin de l'URSS laisse présager celle du capitalisme financiarisé. Mais cette fin sera probablement plus tragique que ne le fut le démantèlement du système soviétique. Oui, l'hiver vient...


[1] C. Durand (sous la direction de), En Finir avec l’Europe, Paris, La Fabrique, mai 2013.

[2] J. Sapir, P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’Euro, Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

[3] Citons ainsi Durand C., Externalities from FDI in the Mexican Retailing Sector  », Cambridge Journal of Economics, 2007, ou C. Durand (avec P. Légé), “Over-Accumulation, Rising Costs and ‘Unproductive’ Labor: The Relevance of the Classic Stationary State Issue for Developed Countries”,  Review of Radical Political Economics ou encore C. Durand, « Pourquoi les firmes métallurgiques russes s’internationalisent-elles ? Une perspective institutionnelle et systémique », Revue d’études comparatives est-ouest, vol. 38, n° 1, mars 2007, p. 151-194.

[4] Wedel J.R., (1998), Collision and Collusion - The strange case of Western Aid to eastern Europe, 1989-1998, New York, St Martin's Press.

[5] F.W. Ermarth, “ Testimony of Fritz W. Ermarth on Russian organized crime and money laundering before the House committee on Banking and Finance ”, 21 septembre 1999, Washington, USGPO. (www.house.gov/banking/testoc2.htm )

[6] R. Lowenstein, When Genius Failed: The Rise and Fall of Long-Term Capital Management Random House, Septembre 2000.

[7] J. R. Barth, The Great Savings and Loan Debacle, Washington (D. C.), American Enterprise Institute Press, 1991 ; L. J. White, The S & L Debacle. Public Policy Lessons for Bank and Thrift Regulation, Oxford/New York, Oxford University Press, 1991.

[8] E. Fama, « Efficient Capital Market: a Review of Theory and Empirical Work », Journal of Finance, vol. 25, n° 2, 1970, p. 383-417 ; E. Fama, K. French, « Permanent and Temporary Component of Stock Prices », Journal of Political Economy, vol. 96, n° 2, 1988, p. 246-273. Pour une analyse critique du concept, voir C. Walter, « Une histoire du concept d’efficience sur les marchés financiers », Annales. Histoire, sciences sociales, vol. 51, n° 4, 1996, p. 873-905

[9] D.M. Hausman, The inexact and separate science of economics, Cambridge University Press, Cambridge, 1994, voir le chapitre 13, "On dogmatism in economics: the case of preference reversals".

[10] Idem, p. 244.

[11]  J. Sapir, « L’illusion prudentielle » in C. Walter (dir.), Nouvelles normes financières. S’organiser face à la crise, Paris/Berlin/Heidelberg/New York, Springer/Verlag France, 2010, p. 161-188

[12] H. P. Minsky, Stabilizing an Unstable Economy, New Haven (Conn.), Yale University Press, 1986. Idem, « The Financial-Instability Hypothesis: Capitalist Processes and the Behaviour of the Economy » in C. Kindleberger, H. Laffargue (dir.), Financial Crises: Theory, History and Policy, Cambridge, Cambridge University Press, 1982.

[13] Point déjà signalé par Gunnar Myrdal avant la seconde guerre mondiale ; G. Myrdal, The Political element in the Development of Economic Theory, publié initialement en suédois en 1930, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1954 pour la traduction en langue anglaise

[14] Sapir J., « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy » in Internationale Politik und Gesellschaft, n°1/2009, pp. 27-44 et « Global finance in Crisis : a provisional account of the ‘subprime’ crisis and how we got into it », Real-world economics review, issue n° 46, 18 May 2008, pp.     ,URL http://www.paecon.net/PAEReview/issue46/Sapir46.pdf

[15] Sapir J. La Démondialisation, Le Seuil, Paris, 2011.

[16]  Sapir J., L'économie mobilisée. Essai sur les économies de type soviétique, La Découverte, Paris, janvier 1990 ; Idem, Les fluctuations économiques en URSS - 1941-1985, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, novembre 1989.


Jacques Sapir

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro

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Projet MACRON: en route pour L'ESCLAVAGE ?

28 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #La mondialisation, #Le syndicalisme, #Le socialisme

Dimanche 28 décembre 2014

Projet MACRON: en route pour L'ESCLAVAGE ?

Dans le langage orwellien du gouvernement actuel ce projet s'appelle:

"Projet de loi pour l'Activité et pour l'Egalité des chances"

Projet MACRON: en route pour L'ESCLAVAGE ?

Un tel projet ne doit pas seulement être analysé pour ce qu’il est, il faut aussi le traduire avec nos mots, tant depuis une trentaine d’années la syntaxe patronale a envahi lois, accords collectifs, médias et hélas de plus en plus souvent contaminé le discours des « partenaires sociaux ». Des licenciements pour motif économique aux plans de « sauvegarde de l’emploi » en passant par les plans « sociaux », du chômage partiel à l’ « activité partielle », de l’exploitation des travailleurs à la « compétitivité », des qualifications collectives aux « compétences » individuelles, du droit à la formation à l’obligation de « formation tout au long de la vie », des contrats de merde aux « contrats courts » ou « aidés », du revolver sur la tempe au « dialogue social », il est difficile d’échapper complètement au lavage de cerveau quotidien qui leur permet d’affirmer sans honte et sans grand risque d’être vraiment contredit que ce qui est noir est blanc.

 

Reste enfin la tactique qui consiste à mettre en avant, pour cacher le reste, ce qui fera discussion, en boucle, dans les médias : le travail du dimanche. Qu’on limitera ensuite volontiers à la question du nombre à la discrétion du maire (5 ou 12), ce qui permettra ensuite, en fonction du rapport de forces à trouver un nombre (7, 9 ?, déjà le projet déposé est passé de 12 à 7) qui apparaîtra comme un compromis et pourra laisser l’impression qu’il y a eu finalement beaucoup d’agitation pour rien.

 

D’où l’urgente nécessité de détailler ce « rien » en mettant en lumière une des dispositions du projet MACRON qu’aucun média n’a relevé, bien que le bureau national du PS ait été dûment alerté par Gérard Filoche : le projet déposé à l’Assemblée nationale prévoit rien de moins que de supprimer le droit du travail : il s’agit de la modification discrète de l’article 2064 du CODE CIVIL et de l’abrogation de l’article 24 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à l’organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative. 

 

Au vu de la place de ces modifications dans le projet déposé à l’Assemblée nationale (Chapitre II DROIT DU TRAVAIL section I Justice prud'homale - article 83), l’interprétation de l’intention est peu douteuse : le « volontariat » des salariés pourrait désormais permettre à l’employeur de s'exonérer de la loi et des accords collectifs, du moment qu'avec le salarié ils règlent leurs litiges par convention entre eux !, les prud'hommes étant alors dessaisis.

 

C’est un retour à 1804.

 

Le droit du travail repose sur la réalité de l’exploitation des travailleurs qui, en langage juridique est nommée « subordination ». Le salarié est aux ordres, soumis à son employeur pour son embauche, son contrat, l’exécution de son contrat et son licenciement. L’exact contraire du droit civil dans lequel les deux parties sont à égalité. Il a donc été ajouté dans le code civil actuel que les contrats de travail étaient exclus de ce droit entre égaux, le code du travail servant précisément à limiter pour partie l’arbitraire patronal.

 

Le projet MACRON, sans qu’aucun média ne le soulève, abroge l’alinéa qui, dans le code civil, exclut les contrats de travail. Ce n’est ni plus ni moins que la suppression du droit du travail.Un retour au code Napoléon, et à la loi Le Chapelier : plus aucune entrave à la liberté d’exploiter. Il suffira au patro n, pour chaque litige, d’obtenir « l’accord » du salarié et aucun juge, prud’homal ou non, ne pourra venir troubler cet « accord » au nom d’un quelconque droit du travail. Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord ».

 

A y regarder de près, cette incroyable tentative du gouvernement et du MEDEF n’est pas si nouvelle : elle est ici et là inscrite déjà dans de plus en plus nombreuses dispositions du droit du travail, qu’il s’agisse d’ « accords collectifs » signées par des organisations syndicales et/ou de lois : ainsi, dès décembre 1981, un accord collectif permettait de faire faire 12 h x 12 jours = 144 h à un salarié agricole avec son « accord », l’ANI du 11 janvier 2013 et la loi du 14 juin 2013 permettent de ne pas respecter le plancher de 24 h avec l’ « accord » du salarié. Et, pour le travail du dimanche, il serait, pour l’essentiel, réservé aux « volontaires ». Ce « volontariat », dont Gérard Filoche ne cesse de répéter qu’il n’existe pas en droit du travail, on en mesure toute l’irréalité quand l’ex présidente du MEDEF n’a pu trouver mieux que l’oxymore de « soumission volontaire ».

 

Le 18 DÉCEMBRE 2014 

 

Richard ABAUZIT

 

 

 

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E=MC² (l'euro, c'est des Mensonges économiques multipliés par des Crétins au carré!). Par Olivier Delamarche.

28 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #La France, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #La mondialisation

E=MC² (l'euro, c'est des Mensonges économiques multipliés par des Crétins au carré!). Par Olivier Delamarche.

La Relativité

 

Depuis cinq ans l’administration américaine annonce la reprise du marché du travail alors que cinquante millions d’américains ont besoin des food stamps pour manger et 60 % des ménages américains doivent emprunter pour assumer une dépense de 400 dollars.

 

Depuis cinq ans la banque centrale américaine a fait trois QE et mis ses taux à zero. Le S P 500 est au plus haut alors que la croissance est seulement de 1,8 %. 7500 Mds de dette supplémentaire pour 1500 Mds de PIB en plus .

 

Depuis deux ans Mr Abe fait marcher la planche à billets à un rythme d’enfer, le marché action monte, le yen baisse. Pendant ce temps la population Japonaise est exsangue l’économie s’effondre, ce qui finira par entrainer un véritable Tsunami financier sur toute la planète.

 

Depuis 5 ans Monsieur Obama est prix Nobel de la Paix et fait la guerre partout sur le globe, il est même à deux doigts d’en déclencher une avec la Russie.

 

Depuis deux ans on nous annonce une forte reprise en Grande Bretagne alors que cette reprise en trompe l’œil n’est due qu’a un copieux déficit budgétaire et une dette abyssale.

 

Ces dernières années la chine affiche une croissance de 7,5 % du PIB alors que tous les autres chiffres montrent une croissance d’à peine la moitié.

 

On nous dit depuis 2008 qu’on a mis en place une régulation bancaire qui empêche que 2008 ne se reproduise alors que les banques d’aujourd’hui sont plus dangereuses qu’elles n’ont jamais été, avec des effets de levier qui n’ont pas diminué et qui ne peuvent, ni être couvert par des Fonds propres, ni par la garantie d’Etats en faillite. A ce propos, on orchestre une campagne de publicité nommée Stress tests pour vanter la sécurité des banques, et particulièrement des banques françaises, alors que c’est tout le contraire.

 

On cite depuis quatre ans, ou plutôt depuis que l’on a besoin qu’ils sortent leur chéquier, l’Allemagne comme un modèle à suivre alors que l’Allemagne est le Japon d’il y a dix ans.

 

On a expliqué aux Européens que l’Europe et l’euro c’était la prospérité, la sécurité pour les siècles à venir et au bout de dix ans, c’est le chômage de masse, la pauvreté, la faillite et la ruine et un risque de guerre avec la Russie si on continue de suivre aveuglement les consignes données par le prix Nobel de la Paix cité plus Haut. Pour Albert Einstein la relativité se formulait de cette façon E=M*C² pour un européen la formule est la même avec E= euro M= mensonges C= crétins

 

On nous parle des reformes de Monsieur Macron en France, ensemble de mesurettes sensées relancer la croissance. Il y a un an on faisait des gorges chaudes de l’arrivée de Mattéo Renzi, aujourd’hui l’Italie est dans un tel état qu’elle est un bon candidat pour jouer le déclencheur de l’éclatement de l’euro.

 

On nous parle des avantages de la baisse de l’euro sans jamais expliquer que pour la plupart c’est un handicap. C’était un avantage il y a cent ans, depuis la mondialisation et les délocalisations des exportateurs les inconvénients dépassent de beaucoup les avantages.

 

On nous parle aussi des avantages de la baisse du pétrole sans jamais parler des pertes que cela va occasionner, des faillites des licenciements dans l’industrie pétrolière, parapétrolière, les sociétés de services qui gravitent autour, et les banques qui leur ont prêté.

 

On nous parle de la baisse des taux sans jamais dire que l’argent qui ne coute rien va s’investir dans des projets qui ne rapportent rien.

 

On nous parle d’une reprise de la consommation aux Etats Unis alors que les prochains subprimes seront sur le crédit étudiant et sur le crédit automobile dont les américains abusent car ils font face à une forte baisse de leurs revenus.

 

On nous présente les gens qui nous dirigent, les politiques et leurs conseillers, les dirigeants économiques comme les élites alors que ce sont des incompétents pour ne pas utiliser d’autres qualificatifs.

 

Olivier Delamarche

      

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Samedi 27 décembre 2014. Ce que POUTINE ne nous dit pas! Le blog d'Eldiablo.

27 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #Politique étrangère, #La mondialisation, #La nation ., #La République

Samedi 27 décembre 2014. Ce que POUTINE ne nous dit pas! Le blog d'Eldiablo.

 Samedi 27 décembre 2014. Ce que POUTINE ne nous dit pas! Le blog d'Eldiablo.

Lors de sa conférence de presse annuelle et du marathon de questions et réponses qui a suivi, même aux prises avec ce qui, à tous égards, constitue une tempête parfaite, le président Poutine a affiché un comportement extrêmement mesuré.

 

Cette tempête parfaite évolue sur deux fronts : une guerre économique ouverte (comme un siège mené à coup de sanctions) ainsi qu’une attaque concertée et secrète menée dans l’ombre, au cœur même de l’économie russe. Pour Washington, l’objectif ultime est clair : appauvrir et dégriffer l’adversaire, pour le forcer à s’incliner docilement devant les lubies de l’Empire du chaos [1]. Et s’en vanter à tout bout de champ jusqu’à la victoire [2].

Le problème, c’est qu’il se trouve que Moscou a impeccablement percé le jeu, et ce, même avant que Poutine, lors de la réunion du club Valdaï d’octobre dernier, ne décrive avec perspicacité la doctrine Obama, en disant que nos partenaires occidentaux sont des adeptes de la théorie du chaos contrôlé.

 

Poutine a donc parfaitement compris en quoi consistait l’attaque monstre de cette semaine, de type chaos contrôlé. L’Empire dispose d’un pouvoir monétaire massif, d’une influence énorme sur le Produit intérieur brut mondial de 85 000 milliards de dollars et du pouvoir bancaire qui sous‑tend tout ça. Rien de plus facile donc que de faire jouer ce pouvoir, par l’entremise des systèmes bancaires privés, qui contrôlent en réalité les banques centrales, pour lancer une attaque sur le rouble. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Empire du chaosrêve de faire chuter le rouble d’environ 99 % (anéantissant du même coup l’économie russe). N’est‑ce pas là la meilleure façon d’imposer à la Russie la discipline impériale ?

 Samedi 27 décembre 2014. Ce que POUTINE ne nous dit pas! Le blog d'Eldiablo.

L’option nucléaire

La Russie vend son pétrole à l’Occident en dollars US. Lukoil, par exemple, possède un dépôt en dollars US dans une banque américaine pour ses ventes de pétrole. Pour verser des salaires en roubles en Russie, Lukoil devra vendre ses dépôts en dollars US pour acheter en Russie un dépôt en roubles pour son compte bancaire, ce qui aura pour effet de soutenir la valeur du rouble. La question n’est pas de savoir s’ils accumulent des fonds à l’étranger, cela est une donnée.  La seule question est de savoir s’ils ne les font plus revenir en Russie. La réponse est non. Et il en va de même pour d’autres entreprises russes.

 

La Russie n’est pas en train de perdre ses économies, comme en jubilent les grands médias occidentaux. Elle peut toujours exiger des compagnies étrangères de se délocaliser en Russie. Apple pourrait par exemple y ouvrir une usine de fabrication. Les récents accords commerciaux sino‑russes incluent, entre autres, la construction d’usines en Russie par les Chinois. Vu la dépréciation du rouble, la Russie est en mesure d’exiger des entreprises manufacturières établies dans l’Union européenne de se délocaliser sur son territoire, sous peine de perdre leur accès au marché. Poutine a, en quelque sorte, admis que la Russie avait trop tardé à imposer une telle demande. La chose (positive en soi) est désormais inévitable.

 

Puis il y a aussi l’option nucléaire (option que Poutine n’a même pas eu à mentionner). Si la Russie devait décider d’imposer un contrôle des mouvements de capitaux ou un congé de remboursement de larges tranches de sa dette venant à échéance au début de 2015, cela équivaudrait au pilonnage du système financier européen (dans le style choc et stupeur). Après tout, une bonne partie du financement des banques et des grandes entreprises russes a été approuvée en Europe.

 

Pour ce qui est de la Russie elle‑même, l’exposition au risque n’est pas l’enjeu. Ce qui importe, ce sont les liens avec les banques européennes. Un banquier d’affaires me citait l’exemple de Lehman Brothers, qui a provoqué tout autant l’effondrement de l’économie européenne, que celui de la ville de New York (par le jeu des liens d’interconnexion). Et ça, même si Lehman était basée à New York. Ce qui compte, c’est l’effet domino.

 

Si la Russie devait déployer cette option financière nucléaire, le système financier occidental ne serait pas en mesure d’absorber le choc causé par l’interruption du service de la dette. Et cela prouverait (une fois pour toutes) que les spéculateurs de Wall Street ont érigé un château de cartes tellement fragile et corrompu, que la première vraie tempête aura suffi à le réduire en poussière.

 

Un seul coup suffirait

Et si la Russie cessait d’assurer le service de sa dette, créant du coup une sainte pagaille, compte tenu de ce que ça représente 600 milliards de dollars ? Ce scénario transparaît dans le fait que les Maîtres de l’univers demandent à Janet Yellen et à Mario Draghi de créer des crédits dans les systèmes bancaires, pour prévenir les dommages indus (comme ceux subis en 2008).

 

Mais imaginons qu’ensuite la Russie décide de couper l’acheminement du gaz et du pétrole vers l’Ouest (tout en maintenant les pipelines ouverts en direction de l’Est). Les services de renseignements russes pourraient causer des dommages considérables et constants aux postes de pompage, du Maghreb jusqu’au Moyen‑Orient. La Russie pourrait bloquer tout le gaz naturel et le pétrole en provenance des stans d’Asie centrale [3]. Le résultat ? L’effondrement financier le plus gigantesque de toute l’histoire. Et la fin des prétentions à l’exceptionnalisme de l’Empire du chaos.

 

Il s’agit bien sûr d’un scénario apocalyptique. Mais il ne faut pas provoquer l’Ours, car, ce scénario, il pourrait le réaliser en un éclair.

 

Lors de sa conférence de presse, Poutine [4] a affiché une attitude vraiment sereine, calme, contenue (et une ardeur à plonger dans les détails), car il sait que Moscou a les moyens d’une autarcie complète. Il va de soi qu’il s’agit d’une guerre asymétrique contre un empire dangereux qui s’écroule. Qu’en pensent les nains intellectuels qui fourmillent au sein de l’administration du canard boiteux Obama ? Qu’ils pourront vendre à l’opinion publique américaine (et mondiale) l’idée selon laquelle Washington (en fait, leurs caniches européens) affrontera une guerre nucléaire sur le théâtre européen au nom de l’État ukrainien en déroute ?

 

C’est une partie d’échecs. Le raid sur le rouble était censé faire échec et mat. Ça n’a pas marché. Pas quand le coup est porté par de simples amateurs de scrabble. Et n’oubliez pas le partenariat stratégique sino‑russe. La tempête est peut‑être en train de s’apaiser, mais la partie, elle, se poursuit.

Pepe Escobar

 

Article original : What Putin is not telling us (rt.com, anglais, 18-12-2014)

 

Traduit par Jacques pour vineyardsaker.fr

[1] Empire of Chaos: The Roving Eye Collection [amazon.fr, Kindle Edition]

[2] White House Brags Sanctions Put Russia On ‘Brink of Collapse’: Crippling Russian Economy Could ‘Force’ Putin to Obey US (antiwar.com, anglais, 16-12-2014)

[3] Les stans sont les pays dont le nom comporte ce suffixe : Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan

[4] Putin: Russian economy will inevitably bounce back, 2 years in worst case scenario (rt.com, 18-12-2014)

 

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

 

 

Lu sur Mondialisation.ca

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