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Le blog de Lucien PONS

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La France collabore avec la dictature allemande contre la Russie pour ses chars

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #Politique étrangère

La France collabore avec la dictature allemande contre la Russie pour ses chars

La France collabore avec la dictature allemande contre la Russie pour ses chars

on: mai 23, 2015

La France, petit pays incapable de gérer depuis 30 ans les guerres sur son sol provoquées par les hordes de nouveaux barbares (voitures brûlées en série et zones de non-droit et destruction du marché du travail), n’est non seulement sous les ordres de l’OTAN pour la décision de remettre les navires Mistral à la Russie mais aussi entre les mains allemandes pour soutenir l’effort de guerre allemand. Les ingénieurs français reprennent le service du STO (service du travail obligatoire de la période d’occupation allemande en France) en Allemagne sous peine de perdre leur emploi. L’Allemagne, qui dirige avec une main de fer les pays de l’Union européenne par son diktat financier (en appauvrissant ces pays) en donnant les directives carrément proches de celles des nazis dans le domaine social et de l’emploi (introduction du contrôle des familles et des chômeurs comme sur le modèle terrifiant du Hartz IV comme vient de l’annoncer le ministre du travail français d’ailleurs fils d’ancien nazi), utilise l’uniforme de l’OTAN pour se réarmer. La France, elle, avec ses dirigeants n’ayant absolument rien dans la culotte sauf l’intérêt des fesses de certaines starlettes comme à l’image de François Hollande et de se remplir leurs poches sur le dos de ses habitants, se fait massacrer par la politique d’Obama sur les plans financiers, migratoires et par la nouvelle Allemagne avide du pouvoir du 4. Reich. La Russie est l’excuse pour le réarmement allemand.

Réarmement de l’Allemagne. Le journal die Welt, qui appartient à ce groupe Springer, est, avec le Bild la voix du pouvoir allemand, officine de propagande d’Etat. Dans son édition du 22 mai die Welt annonce la fabrication d’une nouvelle génération de chars allemands, le Leopard 3, pour pouvoir affronter la Russie en cas de besoin mais aussi la multiplication du nombre de chars pour reconstruire l’armée allemande, les Leopards 2. C’est la ministre de la défense, von der Leyen (CDU), de la taille d’un petit roquet dans l’univers des chiens (von der Leyen est de petite taille), ex-ministre de l’emploi et de la famille (dont les résultats ont été catastrophiques dans le domaine de l’emploi et de la famille), qui a signé les nouvelles directives pour la guerre. L’Allemagne utilise l’uniforme de l’OTAN pour reprendre son pouvoir sur ses terres perdues en Europe de l’Est et pour reconstruire son armée dont les accords de la fin de la Seconde Guerre mondiale avaient interdit à ce pays d’avoir une armée. Le désastre pour l’Europe et pour la France vient de s’accélérer avec la reconstruction de l’armée allemande qui emploie les ingénieurs français en agitant le danger russe !

Méthode de l’annexion de l’Allemagne. Parmi les responsables politiques en France peu sont capables d’ouvrir leurs yeux sur les volontés du 4.Reich. Dans son dernier livre, « Le Hareng de Bismarck », Jean-Luc Mélenchon parle des dangers de cette nouvelle Allemagne pour le continent européen et pour la France. « Pourquoi tant de mépris pour les autres peuples européens ? Parce que l’Allemagne a pris l’habitude de vivre sur le dos des autres. Autant de brutalités impunies. Pourquoi se gêner ensuite? Les méthodes utilisées pour cette annexion sont devenues le modèle de référence de toute l’action européenne de l’Allemagne », écrit Jean-Luc Mélenchon quand il explique la réunification de l’Allemagne. L’auteur du « Hareng de Bismarck » écrit, « l’impérialisme allemand est de retour » ; « j ‘invite les Français à se méfier de la fascination morbide pour la prétendue efficience allemande ». Après avoir mis à sa laisse allemande les Etats européens et en organisant le vol des enfants pour repeupler son pays, l’Allemagne reconstruit son armée pour allier sa force militaire à sa puissance financière et politique. Ce n’est pas la Russie la nouvelle menace en Europe mais l’Allemagne ! La Russie est l’allié de la France et des peuples libres !

Olivier Renault

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Vladimir Poutine propose d’offrir son aide militaire à l’Irak pour combattre l’Etat islamique

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Vladimir Poutine propose d’offrir son aide militaire à l’Irak pour combattre l’Etat islamique

Le 22 mai 2015

Vladimir Poutine propose d’offrir son aide militaire à l’Irak pour combattre l’Etat islamique
MOSCOU – La Russie a offert son aide militaire à l’Irak afin de combattre les djihadistes de l’Etat islamique qui ont enregistré ces derniers jours plusieurs succès sur le terrain, notamment à Ramadi dans l’ouest irakien, mais également en Syrie avec la prise de Palmyre.

Cette proposition a été faite par Vladimir Poutine au Premier ministre irakien chiite Haïdar al Abadi lors d’une visite de ce dernier à Moscou, jeudi.

Les avancées de l’Etat islamique ont mis en lumière les limites des frappes aériennes menées en Irak et en Syrie par des coalitions internationales sous commandement américain.

« Nous élargissons notre coopération dans le domaine de la technologie militaire », a déclaré le président russe en préambule aux entretiens avec Abadi au Kremlin.

Vladimir Poutine a rappelé que l’Iran était « un partenaire ancien et fiable dans la région ».

« Nos relations se développent avec énormément de succès. Nos entreprises travaillent dans votre pays et nous parlons d’investissements se chiffrant en milliards de dollars », a poursuivi le chef de l’Etat russe.

La présence d’entreprises russes impliquées dans l’économie irakienne date de plusieurs décennies, à l’époque où Saddam Hussein dirigeait le pays.

Moscou s’était opposé à l’intervention militaire américaine en 2003 qui avait conduit à la chute du dirigeant irakien et ouvert une ère de troubles violents.

S’exprimant avant l’entrevue entre Abadi et Poutine, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait précisé que la Russie allait mettre en oeuvre tous ses efforts pour vaincre l’Etat islamique.

« Nous travaillons à développer des relations dans tous les domaines, y compris la coopération militaro-technique, la coopération économique et la coopération dans les secteurs du pétrole et du gaz », a dit Lavrov.

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Et si Poutine dit la vérité ? Par William Engdahl.

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

Et si Poutine dit la vérité ?

 
 
 

 Le 26 avril, le président russe Vladimir Poutine est apparu dans un documentaire sur Rossiya 1, principale chaîne de la télévision nationale. L’émission portait sur les derniers événements dont l’annexion de la Crimée, le coup d’état américain en Ukraine et l’état général des relations avec l’Europe et les Etats-Unis. Il a parlé ouvertement. Et, au beau milieu de son discours, l’ancien chef du KGB a lâché une véritable bombe politique connue des services secrets russes depuis une vingtaine d’années. 

Poutine a déclaré tout à coup qu’à son avis l’Occident ne serait content que lorsque la Russie serait affaiblie au point d’implorer l’aide de l’Ouest, chose que le tempérament russe n’est guère disposé à faire. Puis, le président russe a, pour la première fois en public, parlé d’une chose que les services secrets connaissent depuis près de vingt ans sans avoir jamais rien laissé transpirer. Très probablement dans l’espoir de relations un peu plus normalisées entre la Russie et les Etats-Unis.

Poutine a déclaré que la terreur  du début des années 1990 en Tchétchénie et dans le Caucase russe avait été activement soutenue par la CIA et les services secrets de l’Ouest dans le but délibéré d’affaiblir la Russie. Il a ajouté, sans donner de détails, que les services secrets du FSB étaient en possession de documents sur le rôle caché des Etats-Unis.

Ce à quoi Poutine, grand professionnel du renseignement, a fait allusion, j’en ai les preuves détaillées venant de sources non-russes. Cela a de grosses implications de révéler au monde entier le programme que les cercles d’influence à Washington ont caché pendant si longtemps. Ce programme qui avait pour but de détruire la Russie en tant qu’Etat souverain, incluait le coup d’Etat néo-nazi en Ukraine et une grave guerre de sanctions financières contre Moscou. Ce qui va suivre est tiré de mon livre Amerikas’Heilige Krieg.[1]

 Les guerres Tchétchènes de la CIA

 Peu après que les moudjahidin, financés par la CIA et les services saoudiens, eurent dévasté l’Afghanistan à la fin des années 1980 – obligeant l’armée soviétique à partir en 1989 et causant la dissolution quelques mois plus tard de l’Union Soviétique – la CIA commença à chercher des endroits où les « Arabes afghans » entraînés par elle pourraient être redéployés pour déstabiliser un peu plus encore l’influence russe sur l’espace eurasien de l’ère post soviétique.

Ils furent appelés « Arabes afghans » car ils avaient été recrutés parmi des musulmans sunnites wahhabites ultraconservateurs en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, au Koweït et dans d’autres parties du monde arabe où l’on pratiquait l’islam wahhabite très strict. C’est une recrue saoudienne de la CIA qui les amena en Afghanistan au début des années 1980. Cette recrue avait elle-même été envoyée en Afghanistan. Il s’appelait Oussama ben Laden.

Alors que le chaos le plus complet régnait dans l’ex-Union soviétique, l’administration de George H.W.Bush décida de « frapper l’ennemi tant qu’il était à terre ». Ce fut une erreur grossière. Washington redéploya ses terroristes afghans chevronnés pour renforcer le chaos et déstabiliser toute l’Asie centrale, y compris la Fédération de Russie qui se trouvait alors dans une crise profonde due à l’effondrement économique de l’époque d’Eltsin.

Au début des années 1990, Haliburton, la société de Dick Cheney, avait fait une étude complète sur les ressources en pétrole off-shore de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et de toute la mer Caspienne. Ils estimèrent que la région était « une nouvelle Arabie saoudite » valant des milliards de dollars sur le marché actuel. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étaient bien décidés à employer tous les moyens pour garder pour eux toute cette manne pétrolière, loin de tout contrôle russe. Le premier but de Washington fut de monter un coup d’état contre le président élu d’Azerbaïdjan, Abdulaf Elchibey, et d’installer un président plus favorable aux intérêts américains et à un oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) contrôlé par les Etats-Unis, « l’oléoduc le plus politique du monde », amenant le pétrole de Bakou en Azerbaïdjan en Turquie et vers la Méditerranée en passant par la Géorgie. 

A cette époque, le seul oléoduc partant de Bakou était russe et datait de l’ère soviétique. Il traversait Grozny, la capitale tchétchène. Il amenait le pétrole de Bakou vers le nord après avoir traversé la province russe du Dagestan et vers le port russe de la mer Noire, Novorossiysk, après avoir traversé la Tchétchénie. Cet oléoduc était le principal obstacle à l’autre route très coûteuse de Washington et des grandes compagnies pétrolières anglaises et américaines.

Russie - carte

Le président Bush senior donna à ses vieux amis de la CIA la mission de détruire cet oléoduc russo-tchétchène et de créer une confusion telle dans le Caucase qu’aucune compagnie russe ou occidentale n’aurait plus l’idée d’utiliser l’oléoduc russe de Grozny. 

Graham E.Fuller, ancien collègue de Bush et ex-Directeur adjoint du Conseil national de la CIA pour le renseignement, avait été un des principaux architectes de la stratégie des moudjahidin enrôlés par la CIA. Fuller a décrit la stratégie de la CIA dans le Caucase au début des années 1990 en ces termes: «  La politique consistant à guider l’évolution des musulmans et à les aider contre nos ennemis a superbement bien marché en Afghanistan au détriment de l’Armée Rouge. La même procédure peut encore être utilisée pour déstabiliser ce qui reste de l’empire russe. »

Pour mener l’opération, la CIA s’est servi d’un spécialiste des coups tordus, le général Richard Secord. Celui-ci monta une société-écran, MEGA Oil. Dans les années 1980, Secord avait été condamné pour le rôle central qu’il avait joué dans l’Irangate et les ventes illégales d’armes et de drogue allant avec.

En 1991, Secord, ex-assistant adjoint au Ministre de la Défense Nationale, arriva à Bakou et mit sur pied la société-écran de la CIA, MEGA Oil. C’était un vieux connaisseur des opérations cachées de la CIA, impliquant des ventes d’opium au Laos pendant la guerre du Vietnam. En Azerbaïdjan, il ouvrit une ligne aérienne pour amener secrètement, d’Afghanistan en Azerbaïdjan, des centaines de moudjahidin appartenant au mouvement Al-Qaïda de Ben Laden. Dès 1993, MEGA Oil avait recruté et armé 2 000 moudjahidin, faisant de Bakou une base d’opérations pour les moudjahidin terroristes prêts à sévir dans tout le Caucase.

Les opérations secrètes menées dans le Caucase par les moudjahidin du général Secord furent à l’origine du coup d’Etat militaire qui renversa cette année-là le président élu Abulfaz Elchibey pour mettre à sa place une marionnette plus maniable pour les Américains, Heydar Aliyev. Un rapport secret établi par les services turcs fut divulgué au Sunday Times à Londres. Il confirmait que « deux géants du pétrole, BP et Amoco, respectivement anglais et américain, qui forment ensemble un consortium pétrolier, l’AIOC, sont derrière le coup d’état ». 

Turki al-Faisal, chef des services secrets saoudiens, fit en sorte que son agent, Oussama Ben Laden -qu’il avait envoyé en Afghanistan dès le début de la guerre au début des années 1980- utilise son organisation afghane, Maktab al-Khidamat (MAK) afin de recruter des « Arabes afghans » pour ce qui était en train de devenir un Jihad mondial. Les mercenaires de Ben Laden furent utilisés comme troupes de choc par la CIA et le Pentagone pour coordonner et soutenir les offensives musulmanes non seulement en Azerbaïdjan, mais aussi en Tchétchénie et, plus tard, en Bosnie.

Ben Laden amena un autre Saoudien, Ibn al-Khattab, pour devenir le chef ou Emir des Moudjahidine Djihadistes en Tchétchénie (sic!) avec le seigneur de guerre tchétchène, Shamil Basayev. Peu importait qu’Ibn al-Khattab soit un arabe saoudien qui ne parlait pas un mot de tchétchène, encore moins de russe. Ce qu’il savait, c’était à quoi ressemblaient les soldats russes et comment les tuer.

La Tchétchénie était alors par tradition une société à prédominante soufie, branche modérée et apolitique de l’islam. Mais l’arrivée grandissante de moudjahidin terroristes, mandatés par les Etats-Unis, bien payés, bien entraînés et prêchant la Guerre Sainte ou le Djihad contre les Russes transforma le mouvement de résistance tchétchène, à l’origine réformiste. Ils répandirent à travers le Caucase l’idéologie islamiste radicale d’Al-Qaïda. Et sous la conduite de Secord, les opérations terroristes des moudjahidin eurent vite fait de gagner le Daghestan et la Tchétchénie, faisant de Bakou une plaque tournante pour le trafic d’héroïne afghane vers la mafia tchétchène. 

A partir du milieu des années 1990, Ben Laden se mit à verser aux leaders de la guérilla tchétchène, Shamil Basayev et Omar ibn al-Khattab, la coquette somme de plusieurs milliers de dollars par mois, l’équivalent d’un trésor royal dans la Tchétchénie économiquement dévastée de cette époque. Ceci leur permit de mettre la majorité tchétchène modérée sur la touche. Les services secrets américains restèrent très impliqués dans le conflit tchétchène jusqu’à la fin des années 1990. Selon Yossef Bodansky, qui était alors Directeur de la Force opérationnelle du Congrès américain contre le terrorisme et les guerres non-conventionnelles, Washington était très impliqué dans « un nouveau djihad anti-russe, soutenant et renforçant les forces islamistes anti-occidentales les plus virulentes ».

Dans son rapport, Bodansky dévoila en détail toute la stratégie de la CIA au Caucase , affirmant que des fonctionnaires du gouvernement américain étaient impliqués.

« Une rencontre officielle en Azerbaïdjan en décembre 1999 au cours de laquelle on discuta de programmes spéciaux pour la formation et l’équipement de Moudjahidin du Caucase, du monde arabe, d’Asie centrale et du sud et  sur lesquels on tomba d’accord. Le point culminant fut l’encouragement tacite prodigué aux alliés musulmans (surtout la Turquie, la Jordanie et l’Arabie saoudite) et aux entreprises de sécurité privées…d’aider les Tchétchènes et leurs alliés islamistes à déferler au printemps 2000 et à soutenir longtemps le djihad qui allait s’ensuivre….le Djihad islamiste au Caucase comme moyen de priver la Russie d’un oléoduc viable par la spirale de la violence et du terrorisme. »

La phase la plus intense des guerres tchétchènes tira à sa fin en 2000 juste après qu’une opération militaire russe d’envergure eut défait les Islamistes. Ce fut une victoire à la Pyrrhus qui coûta la vie à des milliers de personnes et entraîna la destruction de villes entières. Le nombre exact de victimes du conflit tchétchène initié par la CIA demeure inconnu. Des estimations non-officielles allèrent de 25 000 à 50 000 morts ou portés disparus, pour la plupart des civils. Le nombre de morts chez les Russes avoisinait les 11 000 selon le Comité des Mères de Soldats;

Les grandes compagnies pétrolières anglo-américaines et les agents de la CIA étaient ravis. Ils avaient ce qu’ils voulaient: leur oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, contournant l’oléoduc russe de Grozny. 

Les djihadistes tchétchène, sous le commandement islamique de Shamil Basayev, continuèrent la guérilla en Tchétchénie et aux alentours. La CIA se re-concentrait sur le Caucase.

Les contacts saoudiens de Basayev

Basayev joua un rôle central dans le djihad mondial de la CIA. En 1992, il rencontra le terroriste saoudien, Ibn al-Khattab. De l’Azerbaïdjan, Ibn al-Khattab amena Basayev en Afghanistan pour rencontrer l’allié d’al-Khattab, le saoudien Oussama Ben Laden. Le rôle d’Ibn al-Khattab était de recruter des musulmans tchétchènes prêts à se lancer dans le djihad contre les forces russes en Tchétchénie pour le compte de la CIA et sa stratégie secrète visant à déstabiliser la Russie postsoviétique et à obtenir pour les Anglo-américains le contrôle de l’énergie de la mer Caspienne. 

Une fois rentrés en Tchétchénie, Basayev et al-Khattab mirent sur pied la Brigade Islamique Internationale avec l’aide financière des services secrets saoudiens. Cette brigade reçut l’aval de la CIA et fut coordonnée par la liaison entre l’ambassadeur saoudien à Washington et le prince Bandar bin Sultan, ami intime de la famille Bush. Bandar, qui avait été l’ambassadeur saoudien à Washington pendant plus de vingt ans, était si proche de la famille Bush que George W.Bush appelait l’ambassadeur playboy « Bandar Bush » comme s’il était une sorte de membre honoraire de la famille.

Basayev et al-Khattab firent entrer en Tchétchénie des combattants issus de la tendance wahhabite fanatique de l’islam sunnite que l’on trouve en Arabie saoudite. Ibn al-Khattab dirigea ceux qu’on appelait « les moudjahidin arabes en Tchétchénie », sa propre armée privée composée d’Arabes, de Turcs, et d’autres combattants étrangers. On lui donna aussi la mission d’installer des camps d’entraînement paramilitaires dans les montagnes du Caucase en Tchétchénie où se formaient des Tchétchènes et des Musulmans venus des républiques russes du Nord Caucase et d’Asie centrale. 

La Brigade Islamique Internationale financée par la CIA et les Saoudiens ne fut pas seulement responsable de la terreur en Tchétchénie. C’est elle qui fut l’auteur de la prise d’otages au théâtre Dubrovka de Moscou en octobre 2002 ainsi que de l’horrible massacre à l’école de Beslan en septembre 2004. En 2010, le Conseil de Sécurité de l’ONU publia le rapport suivant concernant la Brigade Islamique Internationale de Basayev et d’al-Khattab :

« La Brigade Islamique Internationale a été enregistrée le 4 mars 2003…comme étant associée à Al-Qaïda, Oussama Ben Laden ou les Talibans pour « avoir participé au financement, à la programmation, à la facilitation, préparation ou perpétration d’actes ou activités en conjonction avec, sous le nom de, pour le compte de ou en soutien à » Al-Qaïda… La Brigade Islamique Internationale fut créée et conduite par Shamil salmanovich Basayev (décédé) et se trouve liée au Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchéchènes…et au SPIR (Special Purpose Islamic Regiment)…

Le soir du 23 octobre, des membres de la Brigade Islamique Internationale, du Bataillon de reconnaissance et sabotage Riyadus-Salikhin des martyrs tchétchènes et du SPIR ont opéré conjointement pour s’emparer de plus de 800 otages au théâtre Podshipnikov Zadov (Dubrovka) de Moscou.

En octobre 1999, des émissaires de Basayev et d’al-Khattab allèrent jusqu’à la base-mère d’Oussama Ben Laden dans la province afghane de Kandahar. Ben Laden fut d’accord pour fournir une aide militaire importante ainsi qu’une aide financière. Cette aide comprenait l’envoi en Tchétchénie de plusieurs centaines de combattants pour s’opposer aux troupes russes et commettre des actes de terrorisme. Plus tard cette année-là, Ben Laden envoya d’importantes sommes d’argent à Basayev, Movsar Barayev (leader du SPIR) et al-Khattab. Elles devaient servir exclusivement à la formation de terroristes armés, au recrutement de mercenaires et à l’achat de munitions. »

Le « train du terrorisme » Afghanistan-Caucase d’Al-Qaïda, financé par les services saoudiens, avait deux objectifs. L’un était un objectif saoudien, celui de répandre le djihad wahhabite fanatique dans la région d’Asie centrale qui avait appartenu à l’Union soviétique. Le deuxième était au programme de la CIA: déstabiliser la Fédération de Russie postsoviétique qui, à ce moment-là, était en train de s’effondrer.

Beslan

Le 1er septembre 2004, des terroristes armés appartenant à la Brigade Islamique Internationale de Basayev et d’al-Kattab prirent plus de 1 100 personnes en otages lors du siège d’une école. Il y avait 777 enfants. Ils les enfermèrent dans l’Ecole N° 1 à Beslan, en Ossétie du Nord, république autonome de la Fédération de Russie, dans le Nord Caucase près de la frontière géorgienne.

Le 3e jour de la prise d’otages, alors qu’on entendait des explosions dans l’école, le FSB et d’autres troupes d’élite russes prirent le bâtiment d’assaut. Quand tout fut fini, au moins 334 otages avaient trouvé la mort, dont 186 enfants. Il y eut un nombre important de personnes blessées ou portées disparues. Après coup, il apparut que les forces russes avaient très mal géré leur intervention. 

La machine à propagande de Washington, de Radio Free Europe au New York Times et CNN, ne perdit pas de temps pour diaboliser Poutine et la Russie pour leur mauvaise gestion de la crise de Beslan plutôt que de se concentrer sur les liens entre Basayev, Al-Qaïda et les services secrets saoudiens. Cela aurait attiré l’attention mondiale sur les relations étroites entre la famille du président de l’époque, George W.Bush, et la famille Ben Laden, des Saoudiens milliardaires. 

Le 1er septembre 2001, juste 10 jours avant les attaques sur le World Trade Center et le Pentagone, le chef des services secrets saoudiens, le prince Turki bin Faisal Al Saudi, éduqué aux Etats-Unis, et alors qu’il était en fonction depuis 1977- ce qui inclut la période pendant laquelle Ben Laden lança ses moudjahidin dans des opérations en Afghanistan et dans le Caucase- démissionna de façon soudaine et inexplicable. Cela se produisit quelques jours seulement après qu’il eut accepté une reconduction dans ses fonctions par son roi. Il ne donna aucune explication. On lui trouva vite un nouveau poste à Londres, loin de Washington.

Le rapport sur les liens étroits entre les familles Bush et Ben Laden fut enterré. En fait, pour des raisons de « sécurité d’état » (sic!) il fut complètement supprimé du rapport officiel de la Commission d’enquête sur le 11 septembre. Le nombre de 14 ou 19 terroristes saoudiens à New York et à Washington disparut également du dernier rapport de la Commission d’enquête mandatée par le gouvernement américain, rapport qui fut publié par l’administration Bush en juillet 2004 seulement, presque trois ans après les faits.

Basayev s’attribua le mérite d’avoir envoyé des terroristes à Beslan. Au nombre de ses exigences figurait l’indépendance totale de la Tchétchénie par rapport à la Russie, chose qui aurait mis dans les mains de Washington et du Pentagone un formidable poignard stratégique dans le bas-ventre de la Fédération de Russie.

Vers la fin de l’année 2004, suite à la tragédie de Beslan, il paraît que le président Vladimir Poutine confia aux services russes la mission secrète de retrouver et de tuer les principaux chefs des moudjahidin du Caucase menés par Basayev. Al-Khattab avait été tué en 2002. Les forces de sécurité russes ne mirent pas longtemps à découvrir que la plupart des terroristes arabo-afghans tchétchènes avaient pris la fuite. Ils avaient trouvé refuge en Turquie, membre de l’OTAN, en Azerbaïdjan qui était en passe de devenir membre de l’OTAN, en Allemagne, membre de l’OTAN ou bien à Dubai, un des pays arabes les plus proches des Etats-Unis, et au Qatar, autre proche allié des Américains. En d’autres termes, l’OTAN abritait les terroristes tchétchènes.

Par F. William Engdahl | 17 mai 2015

F.William Engdahl est consultant en stratégie du risque et conférencier. Il a obtenu à l’université de Princeton un diplôme en sciences politiques.

[1] La guerre Sainte de l’Amérique (NdT)

Source: http://arretsurinfo.ch/et-si-poutine-dit-la-verite/

 
 
 
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Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015. The Godmother of the Saker Community was in Moscow for Vday!

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La guerre, #L'OTAN.

Courrier d’une lectrice, la marraine de la communauté du Saker


Le Saker Francophone a reçu ce courrier de la part d’une de ses lectrices et il a décidé de le publier en raison de son intérêt.

Avec tous nos remerciements

 

 

Visite à Moscou à l’occasion du Jour de la Victoire le 9 mai 2015.

Lorsque le président de l’association niçoise CNR06, Lucien Pons (http://lucien-pons.over-blog.com/), m’appela le 12 mars pour me dire que nos amis odéssites cherchaient des descendants de Résistants français afin de les inviter à la parade du 9 mai à Moscou, je n’osai pas croire à cette nouvelle.

 

 

Quand il me demanda si je pourrais y aller, je lui donnai bien sûr immédiatement mon accord. Chaque invitation étant pour deux descendants, je proposai de participer avec l’un de mes enfants. Un autre groupe, un Résistant FTPF, Serge Lesou, et sa fille Sylvie furent aussi invités.

A 15 ans, Serge devint membre d’un groupe «Force unies de la jeunesse patriotique» à Montargis, puis d’un groupe FTP du Colonel Baudoin, commandant du Comité Militaire National des FTPF, à Paris. Il présentait une photo du Colonel Baudoin. Sa fille Sylvie tenait haut le drapeau français et montrait une photo de jeunes maquisards varois FTP assassinés par les Allemands en 1944.

Né à Odessa en 1911, mon père, Gleb Sivirine, est arrivé en France en 1919. Il a fait partie de la Résistance, d’abord dans un réseau marseillais, puis est devenu le chef d’un maquis MUR (…(Mouvements Unis de la Résistance) du Var, le maquis Vallier (http://maquis-vallier.fr). J’avais une photo de lui qui correspondait à ce qui nous était demandé, type de photo dont plusieurs centaines de milliers ont défilé le 9 mai. C’est cette photo que je pensais agrandir. Puis j’ai appris que François Hollande s’apprêtait à faire véritablement honte à la France. J’ai alors pensé que cette invitation me permettrait de sauver en quelque sorte l’honneur.

 

C’est ainsi qu’accompagné du drapeau français, sur une photo où se trouvent aussi mon père et l’un des chefs de la Résistance varoise, le général de Gaulle a participé à la grande marche de la victoire, descendant l’avenue Tverskaïa et traversant la place rouge pour s’arrêter face à la basilique de Saint Basile le Bienheureux.

Nous pouvions montrer deux photos. Pour la seconde j’ai tenu à honorer aussi le souvenir des Résistants des réseaux, si éprouvés et souvent oubliés. Un nom m’est venu à l’esprit, comme une évidence, celui de Vicky Obolensky (http://www.lecourrierderussie.com/2012/06/sainte-genevieve-des-bois-insolite/), princesse russe arrivée en France à 9 ans, résistante de la première heure, guillotinée en août 1944 à Berlin. C’est ma fille qui a porté cette photo.

Dès le début de la parade nous avons perdu notre groupe et nous sommes retrouvées toutes deux en compagnie de deux participants du «régiment immortel», Alik et Nikita, deux jeunes Odéssites qui au lieu de marcher tranquillement à l’allure de tous, avaient pris un rythme plus rapide. N’ayant aucun point de rendez vous fixe nous n’avons pas voulu les perdre. Nous avons donc régulièrement dépassé les autres. Nous avons pu ainsi constater que la façon dont les participants à la marche recevaient notre message était bien ce que nous espérions. Nous avons toutes deux été remerciées, photographiées, filmées tout le long de l’après midi. Plusieurs fois des personnes nous ont parlé plus longuement, se sont fait photographier avec nous. La langue utilisée était le plus souvent le français, avec cet accent russe qui, bien entendu, n’était pas l’accent «inimitable» de ma grand mère mais pourtant, en écoutant bien, eh bien si, il y avait aussi de cet accent-là.

Ce qui nous a le plus frappées est la gravité des participants. Sur les photos ils paraissent souriants. On sourit malgré soi quand on se sent photographié. En réalité, ils étaient graves, inquiets, déterminés. Il n’y avait pas la moindre agressivité dans cette immense foule. Au contraire, il s’en dégageait un sentiment bon enfant, sans que l’on comprenne très bien comment. Il n’y avait quasiment ni police ni service d’ordre. De nombreux jeunes bénévoles donnaient une note de gaité. Les gens sont venus en famille, souvent avec plusieurs photos portées par les enfants, petits-enfants ou même arrière-petits-enfants des personnes présentées.

De nombreuses photos montraient des femmes. Nikita, un des jeunes Odessites nous servant de guide, tenait fièrement deux photos: l’une d’un grand-père de sa mère l’autre d’un grand-père de son père. Le message était sans équivoque «ce que mon grand-père/arrière-grand-père a fait, je suis capable de le faire». J’ai le souvenir de mes parents parlant de l’été 1939 et de l’attente de la guerre, de cette guerre dont les Français ne voulaient pas et qui leur a été imposée. C’est cette même attente que j’ai ressentie à Moscou le 9 mai.

Le non-voyage à Odessa

Lorsque le départ pour Moscou fut confirmé et les visas obtenus, j’ai voulu prolonger notre itinéraire et descendre à Odessa. Je voyais ce voyage comme un remerciement aux membres de la délégation d’Irina Leskova, venue à Nice en janvier 2015, et une façon de leur montrer notre soutien. Personnellement, c’était l’occasion d’un retour aux sources, un retour vers la maison que mon père et sa famille avaient quittée pour deux mois, mais n’ont jamais revue. La ville ayant changé de mains, leurs passeports n’étaient plus valables.

La centaine de membres de notre rassemblement, invités du «régiment immortel», était logée dans un bel hôtel de la rue Kosygina, non loin de l’Université d’État. Notre petit groupe CNR06 était le seul groupe français. Les autres représentations, notamment polonaise, espagnole, italienne, étaient plus importantes que nous. Le présent et l’imaginaire se sont rejoints quand, après la parade, nous nous sommes retrouvés dans le salon de l’hôtel. Dans les livres des grands romanciers russes, j’avais souvent lu des descriptions de rencontres et de discussions qui duraient toute la nuit, retrouvées semblablement dépeintes par les dissidents soviétiques dans leurs récits. Une belle coutume à laquelle nous avons eu droit. Parmi une foule aussi internationale, l’anglais était majoritairement utilisé, avec des apartés dans la langue propre aux membres d’une même délégation. Nous nous sommes retrouvés bavardant avec des Polonais rencontrés la veille, Alik, et deux dames que je croyais russes.

Je leur ai naturellement parlé de mon départ imminent pour Odessa, expliquant la visite de la délégation à Nice et mon désir de montrer que nous n’oubliions pas le massacre du 2 mai. J’ai aussi ajouté que mon père était d’Odessa. À leur attitude déjà chaleureuse s’est ajoutée de la complicité. Galina, l’une des dames, et Alik nous ont dit qu’ils étaient odessites et venaient d’arriver à Moscou. Une bouteille de vodka est apparue sortie de nulle part avec une assiette de zakouskis préparés pour nous et nous avons trinqué à tous ceux nés à Odessa. Ils ont parlé entre eux du danger que nous pourrions courir et en sont venus à la conclusion que les risques étant minimes, le jeu en valait la chandelle.

Depuis plus d’un an, on nous parle des Ukrainiens, des séparatistes «pro-russes», des Odessites pour ou contre le gouvernement actuel de Kiev – mais sans problème ukrainien – et voilà que j’avais face à moi deux personnes, un journaliste et une colonelle de police, tous deux fiers d’être nés à Odessa, tous deux certainement en situation personnelle difficile à Moscou, qui se considéraient russes. Ils n’étaient pas pro-russes. Ils étaient russes. J’ai pensé à Marseille, la ville où ma famille s’est installée en arrivant en France; même si les politiciens arrivaient à détacher une entité occitane allant de l’Aquitaine à Nice, les Marseillais continueraient à se sentir français 25 ans après sa création. Galina nous expliquait les choses si passionnément que Sylvie l’a filmée pendant que Monika, une Polono-française, traduisait. Plusieurs bouteilles de vodka se sont succédées. Bref, nous étions bien à Moscou tel qu’on se l’imagine.

Le lendemain, nous avons repris la discussion concernant notre voyage à Odessa. Une Italienne s’était ajoutée au groupe. Plus réticente, elle trouvait déraisonnable de prendre un risque. Elle nous fit part de l’arrestation suivie de la déportation le 1er mai de Franco Fracassi, journaliste italien dont les écrits avaient déplu au régime. Il se rendait à Odessa pour la commémoration de la tragédie du 2 mai 2014. Elle nous a attesté que les journalistes, autant russes ou ukrainiens qu’étrangers, risquaient d’être arrêtés, voire de disparaitre. Alik nous a alors raconté qu’il avait également été arrêté pour ses écrits, puis avait réussi à s’en sortir et venait d’arriver indéfiniment à Moscou.

Quelqu’un a dit: «Elles ne risquent rien, elles ne sont pas journalistes, leurs noms ne figurent pas sur les listes rouges.» Oui, sauf qu’en tant que participante au blog du Saker francophone, j’avais eu l’honneur, comme le CNR06 d’ailleurs, d’apparaître sur la «liste infâme» (http://lesbrindherbes.org/2015/03/19/appel-a-la-delation-des-sites-pro-russes/) au mois de mars. J’avais même eu droit à un traitement de faveur sur cette liste, avec une mini-biographie décrivant en fait surtout mon travail d’astronome avec mon mari. Le rapport de cette anecdote a changé le ton de nos nouveaux amis. Plus question d’aller à Odessa. Nous avons changé nos billets et sommes rentrées directement à Nice.

À notre retour, un message d’Irina, la responsable de la délégation venue à Nice, en ce moment aux États-Unis où elle essaie de faire connaître la vérité sur les événements de l’année dernière, m’attendait sur mon ordinateur:

« Dear Claude! Ivan will meet you in aiport with your name table, don’t worry. How are you? I. « 

C’est le 2 mai 2016, si aucune catastrophe n’est arrivée d’ici là, que nous rencontrerons Irina, Ivan et surtout Elena qui a perdu son fils le 2 mai 2014.

Claude Roddier-Sivirine

La traduction en anglais de cette lettre est accessible sur le site du Saker US

The Godmother of the Saker Community was in Moscow for Vday!

 

 

 

 

 

 

Dear friends,

Claude Roddier, the “Godmother” of the entire Saker Community has just returned from a trip to Russia were she participated in the Vday events in Moscow alongside a delegation representing the French Resistance to the Nazi occupation of France during WWII.  Initially, Claude had planned to travel to Odessa and because of the risks associated with such a trip, we kept all these plans a secret.  Then, after speaking to trusted friends in Moscow, she decided to cancel her trip to Odessa to my immense relief.

06 - Claude Roddier in Moscow

Claude and her daughter Mireille

[Sidebar: I refer to Claude as the “Godmother” of the Saker Community because she was the very first person to contact me and suggest that my blog be translated into French.  Then, the example of the French Saker blog was followed in other countries and languages, but none of that would have happened without Claude’s suggestion.  Claude also stood by me in some truly painful moments and her kindness and support were crucial in my decision not to abandon it all last winter.  Honestly, there would be no Saker Community if not for Claude].

I am posting below three texts which are self-explanatory and which will relate to you the events surrounding this historical celebration.  At a time when France is yet again under occupation, these testimonies are a beautiful illustration of the fact that, just as during WWII, there still is a French Resistance even if nowadays the mode of resistance is different, instead of shooting at occupying foreign forces the French Resistance today struggles against collaborationist ideas, against a regime which has so clearly abandoned France’s national interests, against an Imperial policy aimed at a maximal confrontation with Russia and which has the very real risk of resulting in another world war.

What is particularly beautiful about this trip is that is is yet another shining example of this “other West” which, far from being hostile to Russia, is her real friend and wants to stand by her in these difficult and dangerous times.  To resist the current zombification and to dare defy the official ideology is also an act of great courage: not only was Claude already publicly listed by a pro-Ukronazi website as being a member of some nefarious pro-Putin blogger army, these are also the post Charlie-Hebo times in France when most people would be simply afraid to speak up and dare defy the plutocracy in power.

[Sidebar: while Claude decided to “go public” with her identity, my strictly personal advice to the members of our community is to hide their real identities, especially for Team Leaders]

I am immensely grateful to Claude whose kindness and wisdom have deeply changed my life and, I suspect the lives of many of us.  I could not have wished for a better “Godmother”!

The Saker

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CLAUDE RODDIER:

When Lucien Pons (http://lucien-pons.over-blog.com/), the president of the Association CNR06 of Nice, called me on March 12 to tell me that our friends from Odessa were looking for descendants of members of the French Resistance, in order to invite them to the May 9th parade in Moscow, I did not dare to believe it. When he asked me if I could go, of course I immediately agreed. Each invitation being for two descendants, I proposed to participate with one of my children. Another group, the FTPF resistant, Lesou Serge and his daughter Sylvie were also invited.

In 1942, when he was 15 years old, Serge met a group of young “Résistants“ who joined others to form the “United Forces of patriotic youth” in Montargis. Later, he arrived Paris, where he was greeted by Colonel Baudoin, one of the commanders of the FTP networks in Paris. As a militant in the XXth, he took part to the liberation of Paris on a barricade at the corner between Menilmontant and Sorbier street. In Moscow, Serge held up a picture of Colonel Baudoin. His daughter Sylvie had the French flag together with a picture of young FTP fighters from the Var who were murdered by the Germans in 1944.

Born in Odessa in 1911, my father, Gleb Sivirine, arrived in France in 1919. He became part of the Resistance, first with his brother in a network of Marseille before becoming the head of the largest underground group of MUR (Mouvements Unis de la Résistance) in the Var, a group known as the Maquis Vallier (http://maquis-vallier.fr). I had a picture of him that matched our needs, the kind of picture that hundreds of thousands people marched with on May 9. I was planning to enlarge this picture, when I learned that François Hollande was about to become a shame on France. I then realized that this invitation would enable me to somehow save the honor. This is how, together with the French flag, on a picture showing also my father and one of the leaders of the Var Resistance, the General de Gaulle became part of the great march of Victory down the Tverskaya Avenue and through the Red Square, ending in front of the Basilica of St. Basil the Blessed.

08 - Claude Roddier in Moscow

Remembering those who gave their lives

We were allowed to show two pictures. For the second I wanted to honor also the memory of Résistants of the networks who lost their lives while being often forgotten. A name became obvious to my mind, that of Vicky Obolensky (http://www.lecourrierderussie.com/2012/06/sainte-genevieve-des-bois-insolite/) a Russian princess who arrived in France aged 9, has been a resistant since the first hour, and was guillotined in Berlin on August 1944. My daughter carried her picture.

From the start of the parade we had lost our group. The two of us found ourselves with two young participants of the “Immortal regiment”, Alik and Nikita, both from Odessa. Instead of quietly walking at the same pace as others, they had took a faster pace. Having no fixed point appointment we did not want to lose them. So we constantly outpaced the others. Hence we could see that other participants in the march were receiving our message as we hoped they would. Both of us have been thanked, photographed, filmed throughout the afternoon. Several times people have spoken longer with us, and had their picture taken with us. Most of the time, the language used was French, with that Russian accent which, of course, was not the “inimitable” accent of my grandmother although, listening well, yes, there was something of that accent.

07 - Claude Roddier in MoscowWhat struck us most was the gravity of the participants. They look smiling on the pictures. One spontaneously smiles when photographed. In reality, they were serious, worried, determined. There was not the slightest aggressiveness in this huge crowd. Instead, it expressed a feeling of kindliness, although it was hard to understand how. There was virtually no police or security officers. Many young volunteers gave a note of gaiety. People came with their family, often with several pictures carried by the children, grandchildren or even great-grandchildren of those presented. Many photos showed women. Nikita, a young Odessite serving as our guide was proudly holding two photos: one of a grandfather from his mother, the other from a grandfather of his father. The message was clear “what my grandfather / great-grandfather did, I can do it.” I remember my parents talking about the summer of 1939 and the expectation of war, this war which the French did not want and was imposed on them. This is the same expectation that I felt in Moscow on May 9.

Failed trip to Odessa

Once our departure to Moscow confirmed and our visas obtained, I thought about extending our travel and stopping at Odessa. I saw this trip as a way to thank the members of the delegation of Leskova Irina, who came to Nice in January 2015, and to show them our support. Personally, it was an opportunity for a homecoming, a return to the house that my father and his family had left for two months, but had never seen again. The city having changed hands, their passports were no longer valid.

03 - Claude Roddier in MoscowThe hundred members of our delegation, guests of the “immortal regiment”, were housed in a beautiful hotel in Kosygina street, not far from the State University. Our little CNR06 group was the only French group. The other groups, such as the Polish, Spanish, and Italian ones, were larger than our. Reality and imagination merged when, after the parade, we met in the lounge of the hotel. In the books of the great Russian novelists, I had often read descriptions of meetings and discussions that lasted all night and had found them similarly depicted by Soviet dissidents in their accounts. A beautiful custom to which we were entitled. Among such an international crowd, English was mostly used with asides in the language of the members of the same delegation. We ended up chatting with the Poles met the day before, Alik and two ladies that I thought were russian.

Naturally I spoke to them about my imminent departure to Odessa, explaining the visit of the delegation to Nice and my will to show that we do not forget the massacre of May 2. I also added that my father was from Odessa. To their already warm attitude, complicity was added. Galina, one of the ladies, and Alik told us that they were Odessites and had just arrived in Moscow. A bottle of vodka appeared out of nowhere with a plate of appetizers prepared for us and we toasted to all those born in Odessa. They talked among themselves about the danger that we might run and came to the conclusion that the risks were minimal, the game was worth the candle.

For over a year I had heard about Ukrainians, “pro-Russian” separatists, Odessites that were for or against the current government of Kiev, but anyway Ukrainians, and now I had two people in front of me, a journalist and a police colonel, both proud to be born in Odessa, both in a certainly difficult personal situation in Moscow, who were considering themselves as Russian. They were not pro-Russian. They were Russian. I thought about Marseille, the city where my family settled on its arrival in France; even if politicians succeed in creating a separate Occitan entity, from Aquitaine to Nice, Marseille will still continue to feel French, 25 years after its creation. Galina told us things so passionately that Sylvie filmed her while Monika, a Polish-French, was translating. Several bottles of vodka came one after the other. In short, we were in Moscow as one imagines.

The next day our discussion resumed regarding our trip to Odessa. An Italian woman had been added to the group. More reluctant, she found unreasonable to take a risk. She told us about the arrest, followed by deportation on May 1, of Franco Fracassi, an italian journalist whose writings had displeased the regime. He was traveling to Odessa for the commemoration of the tragedy of May 2, 2014. She testified that journalists, Russian or Ukrainian as well as foreign, faced arrest, or even could disappear. Then Alik told us he had also been under arrest for his writings. He managed to get by and had just finally arrived in Moscow for an indefinite time.

Someone said “they do not risk anything, they are not journalists, their names do not appear on red lists”. However though, as a participant in the Francophone Saker blog, I had the honor, moreover as a member of CNR06, to appear on the infamous “list” (http://lesbrindherbes.org/2015/03 / 19 / call-a-la-delation-of-site-pro-Russian /) last March. I even got a special treatment on the list, with a mini-biography mainly describing my work as an astronomer with my husband. The account of this story changed the tone of our new friends. No more questions about going to Odessa. We changed our tickets and went back directly to Nice.

Back home was a message from Irina, the head of the delegation that came to Nice. Currently in the United States she is attempting to learn the truth about last year events. The message was waiting for me on my computer:

“Dear Claude! Ivan will meet you in airport with your name table, do not worry. How are you? I.”

On May 2, 2016, if no disaster occurs by then, we will meet again Irina, Ivan and especially Elena who lost her son on May 2, 2014.

Claude Roddier-Sivirine

Moscow, May 9th 2015

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SYLVIE PILLE:

In February 2015, Hollande travels to Saudi Arabia to pay tribute to King Abdullah: Saudi Arabia, which condemned to flogging a blogger Raef Badawi, who campaigned for a moral liberalization of his country. Saudi Arabia, which refuses to grant basic freedoms to half of its population – women- and where religious police can practice or force-on excision and infibulation on adulteresses and prostitutes. Saudi Arabia which condemns homosexuals to death.

sur_la_place_rougeIn May 2015, Hollande goes to Qatar: Qatar, a country which practices kafala (1) a form of forced labor or slavery, according to Human Rights Watch. A country where freedom of expression does not exist, as evidenced by the life sentence of the poet Mohammed Al-Ajami, aka Ibn al-Dhib, arrested in November 2011 for a poem (“poem Jasmin”) criticizing power and defending the revolutions of the “Arab Spring”, a sentence reduced to 15 years’ imprisonment in 2013. A country, some were moved of it, where the mortality rate in preparation for the world football cup was found unusually high.

No matter the rights ….

On January 27, 2015, Holland goes to Auschwitz Birkenau for the celebration of the 70 years of the camp liberation. But, although the camp was liberated by the Soviet army, he is not annoyed that the Russian president was not invited by Poland.

On May 9, 2015 Holland does not go to Russia for the commemoration of the victory over Nazism, under the pretext of …. But what excuse can we offer to the Russian people? The Soviet Union bore the brunt of the war effort, the Soviet people paid the price of it: more than 25 million deaths. The fact that the US has delayed the landing as much as possible, in the hope that the Nazis would crush the USSR, did not prevent Holland to celebrate with great pomp the anniversary of the landing (2) – a landing that de Gaulle did not celebrate – a participation to a true revisionist operation of the history of the 2nd World War. It means bending slavishly to a communication operation which legitimizes the current hegemony of the United States over Europe and France – with the European Union and NATO in between.

serge-sylvieOn May 9, 2015, holding their three color flags, 4 French people – Serge Lesou and her daughter Sylvie Pillé, Claude Roddier and her daughter Mireille – who or whose relatives were involved in the struggle against Nazism, acknowledge the invitation of the “Eternal Regiment” via the « nouveau CNR, an association of the Alpes Maritimes.

These invitations came after meetings with a delegation of Ukrainians who came in January 2015, to bear witness of the assassination of militants by fascists in the house of the Unions of Odessa, on May 2, 2014.

More than 25 million deaths! How many Russian families affected? Today, these events remain engraved in the collective memory. For proof, one has just to look at the gravity with which the combatants grant children or great grand children were participating to the ceremonies. Above all, it suffices to attend this huge mobilization, with young people, hundreds of volunteers, supervising the parade.

But beyond the commemoration, it is the aspiration for peace that was claimed, that showed up in every conversation we had: MIR! Druzhba!

Hence we went on, with our pictures, parading with thousands of participants, some of them coming from the most remote regions of Russia. We met Ouzbecks, Kyrgyz, having all participated to the fight against the Nazis, whose dean was 101 years old. But also people from Spain, Italy, Poland, Ukraine (most of them refugees in Russia, because of the fascist danger that threatens them in their country) …

What a thrill that being mixed together with all these people, serious, aware of the threats posed by the United States on peace, all these people united by the same desire to fight against the resurgence of the extreme right, of fascism and neo-Nazism all over Europe and particularly Ukraine.

Everywhere, the sight of French flags, raised the same warm reactions, “thank you for being here.”

Hopefully, in the mind of these Russians, all four of us have helped cleaning the honor of France.

(1) Kafala: a system that governs the lives of all the foreigners working in Qatar. It requires them being “mentored” by a Qatari, without whom authorization they can neither change jobs, get a driver’s license, rent a house, open a bank account or, especially, leave the country.

images(2) By their landing, the US aimed more at occupying France rather than freeing it. They had trumped up a program called AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) and created an American franc, denounced by de Gaulle as counterfeit money.

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LUCIEN PONS 

Presence in Moscow of a delegation of the association “Committee for a New Resistance-CNR” for the 70th anniversary of the victory.

We live in a very dangerous period. But the French, under-informed, are not aware of it.

The cannon thunders in the east of Europe. NATO countries are gradually drawn into a war against Russia. France has always had excellent relations with That country. General de Gaulle even said that he wanted to build Europe from the Atlantic to the Urals.

The association “Committee for a New Resistance” supports the full exercise of our national sovereignty. Its purpose is inspired by the ideals and achievements of the National Council of Resistance created by Jean Moulin on May 27th, 1943 in Paris. True to the ideals of the Resistance, faithful to the words and actions of the leader of the France Libre, General de Gaulle, we refuse to submit to the submission to the policy of the United-States, we want the policy of France to fall in with friendly relations with Russia for a fair balance in Europe and in the world.

The voice of France must serve negotiation and dialogue, not confrontation.

nikita2We also believe that we must express to Russia the gratitude due to it, following its essential contribution to the defeat of Nazism. You must remember that this country allowed the destruction of the brown plague in Europe by sacrificing over 25 million Soviets in this merciless war.

Our association has been investigating since September 2014 on the rise of fascism and the war in Ukraine. Our goal is to inform our citizens on other aspects of the conflict.

 

 

We hosted on January 29th in Nice a delegation of Ukrainians from Odessa. These people explained to us the ongoing conflict and they also testified about the massacre of May 2nd 2014. On that day more than forty people died, burned alive in the Trade-Unions house. One person of the delegation lost, in these dramatic circumstances, his 27 years son brutally finished off by barbarians after trying to escape the flames by jumping out the window.

Following this meeting we were invited by the leaders of the demonstration on May 9th in Moscow to attend the parade for the 70th anniversary of the victory over Nazism. The Delegation of the “Committee for a New Resistance-CNR”, an association composed of Resistants and children of Resistants, has acquired an important symbolic value.

Here are the four members of our delegation:

– Serge Lesou, resistant FTP and his daughter Sylvie Pillé.

– Claude Roddier, daughter of the commander of a “maquis” MUR of the Var, the maquis Vallier, and her daughter.

A conference to report on the official participation of our association in this event will

Take place in Nice, on Tuesday, June 9th, 2015. The members of the delegation will provide information about it. This will be an opportunity to continue our work for peace in Ukraine and Europe.

Lucien PONS President of the association “Committee for a New strength-CNR

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Des hommes au grand coeur: Les "gens polis" de Novorossiya

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La paix

Des hommes au grand coeur

 
Les "gens polis" de Novorossiya
 
En 2014, alors que l'Ukraine implosait sous le choc du Maïdan, les régions russophones du pays refusant légitimement le coup d'état constitutionnel orchestré par les USA faisaient appel au droit sacré des peuples à disposer d'eux mêmes pour se protéger de la folie ethnocentrée et violente des nouveaux maîtres de Kiev. D'Odessa à Kharkov, l'inquiétude des populations ostracisées par les putschistes se transforma rapidement en manifestations de  protestation puis en revendication fédéraliste... 
 
La première région à basculer dans la rébellion fut la Crimée, protégée par la présence légale des Forces Armées russes de la Flotte de la Mer Noire basée dans la péninsule. Dès le référendum organisé et annoncé début mars 2014, les unités militaires russes se sont déployées dans la péninsule pour protéger la population et prévenir les réactions violentes d'une dictature ethnocentrée de plus en plus menaçante. 
 
L'aventure des "gens polis" commence...
 
Un symbole 
Un soldat russe basé en Crimée en avril 2014, redonne à un enfant son chat perdu, au moment du référendum.
Tandis que le retour dans la Fédération de Russie par référendum populaire était sans appel (96.7%) clôturant la courte histoire ukrainienne (1954-2014) de cette péninsule russophone, la répression de Kiev commençait a frapper les autres régions rebelles de Kharkov, Lugansk, Donetsk et Odessa notamment, devenues la cible d'une opération militaire disproportionnée et violente déclenchée le 13 avril 2014, au lendemain de la visite à Kiev de John Brennan... le directeur de la CIA ! La guerre venait de commencer en Ukraine et les fédéralistes refusant de se soumettre à l'esclavage devinrent séparatistes...
 
Soucieuse du droit international, la Fédération de Russie ne pouvait pas protéger les populations révoltées, faute de présence militaire autorisée dans leurs régions, c'était dons à elles de s'organiser à partir des comités d'autodéfense improvisés et des unités militaires mutines...Lorsque les premiers bombardements frappent les populations civiles de Kramatortsk et Slaviansk,le 21 avril 2014, l'opération spéciale "antiterroriste" soutenue par les discours russophobes des putschistes de Kiev, affiche alors toute sa réalité génocidaire, confirmée par le massacre d'Odessa le 2 mai 2014.
 
Venant de Russie et de Crimée, des volontaires individuels affluent alors vers la zone des combats, pour aider cette population qui tente sur quelques barrages improvisés de s'opposer à la terreur de Kiev. Accompagné par 52 volontaires, un ancien officier russe, Igor Strelkov prend le commandement et organise avec la milice populaire la défense de Slaviansk et Kramatorsk. La résistance héroïque de ce secteur va durer jusqu'au 10 juillet 2014 et permettre à Donetsk et Lugansk de s'organiser à leur tour en bastions invincibles...
 
Les "gens polis" entrent dans la l'Histoire...
 
 
 
Depuis plus d'un an, des femmes et des hommes viennent de tous les horizons géographiques, culturels, ethniques, religieux ou politiques pour soutenir et défendre cette terre du Donbass et sa population martyrisée...
 
Ils sont de plus en plus nombreux à rallier la rébellion du Donbass: frères de Russie, de Tchétchénie, de Crimée, de Serbie, mais aussi d'Espagne, d'Allemagne, d'Italie, de Suède, du Brésil et même des Etats Unis, ce pays dont le gouvernement est à l'origine du coup d'Etat du Maïdan et de la guerre lancée par la dictature de Kiev. Je peux témoigner que les volontaires rencontrés ici, et qui ont abandonné leurs pays et leurs foyers pour suivre l'appel de leur coeur, se sont tous élevés au delà de leurs opinions personnelles et de leurs origines pour former une fraternité combattante servant les jeunes républiques du Donbass et l'espoir d'une Europe des peuples libérés...

Ces femmes et ses hommes qui rejoignent le front du Donbass sont des rebelles dans le sens jungerien du terme, Venus d'horizons différents ils partagent un sens aigu de la justice et de la Liberté. Leur présence sur le front, les armes à la main est un engagement sans haine ni euphorie, pour protéger un peuple et son territoire contre une agression russophobe primaire, viscérale et meurtrière réveillant les forces obscures et démentes du passé pour servir un Nouvel Ordre Mondial agonisant. 

 
"Le recours aux forêts demeure possible lors même que toutes les forêts ont disparu 
pour ceux là qui cachent en eux des forêts
Le rebelle a pour tâche de fixer la mesure de liberté qui vaudra dans des temps à venir"
Ernst Jünger
 
Le volontaire est un homme qui a développé sa liberté jusqu'à en être l'esclave volontaire et lui sacrifier ses plaisirs et intérêts personnels. l Et même si "nul destin n'est plus désespérant que d'être entraîné dans cette suite fatale où le droit se change en arme" (E.J) le volontaire entraîne alors sa liberté sur le chemin du devoir quels que soient les conséquences personnelles de son action... "Fais ce que dois advienne que pourra" !
 
La dimension internationale de ce conflit déclenché par le Nouvel Ordre Mondial contre le monde russe s'exprime donc également dans la rébellion de ces Hommes libres refusant sa dictature. Partout s'organise dans les consciences une résistance à l'hégémonie étasunienne et à la vision unipolaire esclavagiste que la ploutocratie mondialiste cherche à imposer au monde. Dans les steppes du Donbass, cette résistance se concrétise sur la front et autour du projet de la Novorossiya.
 
Une poignée de français a rejoint depuis plusieurs mois les "gens polis", défendant le peuple russe du Donbass, déployés, les uns dans des unités militaires autour du bastion de Donetsk, les autres dans des services humanitaires et hospitaliers de la République. Nous formons avec d'autres camarades étrangers des unités internationales défendant la liberté du Donbass, le projet de la Novorossiya et les valeurs civilisationnelles fondatrices communes...Je sers par exemple dans une unité de reconnaissance de la Garde Nationale de Donetsk aux côtés d'autres volontaires du Donbass, mais aussi de Russie, de Slovénie, des Etats Unis et de France. Ailleurs, d'autres français luttent avec des volontaires brésiliens, espagnols, suédois etc....
 
 
Volontaires français quelque part sur le front du Donbass,
et toujours avec les "petits compagnons de Novorossiya"
Les "gens polis" ambassadeurs de la liberté des peuples...
 
Servir dans les rangs des Forces Armées de Novorossiya n'est pas rejoindre seulement le front du Donbass, c'est également et surtout participer en tant qu'hommes libres à la résistance à l'esclavage de ce monde moderne qui cherche a asservir les vivans à une pensée unique servant exclusivement l'intérêt de quelques uns.
 
Nous ne cherchons pas les honneurs mais l'Honneur de témoigner et représenter la Liberté et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et défendre leurs identités et nous portons ce titre de "volontaire" avec gravité car "ce n'est pas le titre qui honore l'homme mais l'Homme qui honore le titre"(Machiavel). Le Nouvel Ordre Mondial tente, par le chaos de sauver son système économique autophage en cherchant à en faire l'Unique système régnant sur un monde repu mais asservi. Un proverbe russe avertit que "c'est lorsqu'un monstre se noie qu'il fait les plus grosses vagues !" et les différents conflits et crises déclenchés par les USA à travers le monde semblent confirmer effectivement que nous assistons à la fin d'un cycle systémique majeur.
 
Nos gouvernements et leurs serves médiacraties sont tombés aujourd'hui en esclavage par la cupidité des élites et la stupidité de la masse,et ne représentent plus leurs peuples. Ces satrapes étasuniens qu'ils soient dans les palais nationaux ou ceux de l'Union Européenne, ne servent rien d'autre que leurs intérêts personnels et ceux de la finance internationale dont ils sont devenus des laquais pitoyables. 
Des hommes et des femmes se dressent aujourd'hui au milieu des ruines, refusant l'avenir orwellien que le système mondialiste cherche à leur imposer. Fidèles au passé et tournés vers l'avenir ces ambassadeurs de la Liberté imaginent avec un stylo ou un fusil d'assaut comment résister au monstre et créer un monde nouveau organisé autour d'un principe de subsidiarité respectueuse de la diversité des identités humaines et naturelles.
 
La Novorossiya est devenue aujourd'hui un athanor d'où surgira vraisemblablement une nouvelle vision sociétale plus humaine et naturelle, débarrassée de la cupidité folle de la domination de l'argent et d'une pensée unique suicidaires. Voilà pourquoi il est prioritaire de défendre et de libérer le sanctuaire du Donbass des griffes du Nouvel Ordre Mondial, et en soutenant ou rejoignant les volontaires qui le défendent, de permettre l'éclosion de ce monde nouveau.
 
Erwan Castel
 
"вежливые люди" : "les gens polis" sont devenus le symbole des volontaires étrangers
Je terminerai sur une note plus prosaïque par un appel aux dons, car l'argent est malheureusement toujours "le nerf de la guerre" et la tenue opérationnelle du groupe croissant des volontaires exige un minimum de ressources matérielles. 
 
LE BILAN 
 
Depuis le 1er janvier à ce jour, 4900 euros ont été collectés depuis janvier 2015 qui ont financé en partie :
 
- Une dotation initiale d'équipements radio et optiques pour 7 volontaires (2000 euros environ)
- Un complément d'équipement individuel pour 5 volontaires (500 euros environ) 
- Un entretien voiture (200 euros)
- Des frais d'approche depuis Rostov jusqu'à Donetsk pour 3 volontaires (150 euros)
- Des frais d'hébergement sur Donetsk pour 12 volontaires du 19 février au 29 mars (250 euros) 
- Des frais de vie courante sur Donetsk pour 6 volontaires depuis le 1er avril (250 euros)
- Des frais divers de transport, administratifs (renouvellement visas) déplacement etc... (450 euros) 
- Des dons ont été envoyés vers des structures hospitalières et humanitaires dans lesquelles servent des volontaires français(1000 euros).
 
LE PRÉVISIONNEL
 
Désormais les volontaires français, reconnus par les autorités de la République se voient affecter de nouveaux volontaires étrangers. Ainsi ce sont 1 français, 1 américain et 1 slovène qui viennent d'arriver dans l'unité de reconnaissance, tandis que 5 autres (dont 3 français) sont en approche. 

Aujourd'hui, le groupe des volontaires doit s'organiser à partir d'un local sur Donetsk, qui servira de base logistique, administrative, repos et accueil des volontaires. En effet cela permettra de subvenir aux besoins de vie courante minima (déplacement, linge, courrier etc...)
 
Les besoins estimés de fonctionnement de la structure sont d'environ 400 euros par mois, ils comprennent la location de la maison, les frais de fonctionnement et le salaire du permanent. Par ailleurs une ressource de 100 euros par volontaire et par mois suffit a subvenir aux dépenses de vie courante individuelle.
 
LES DONS
 
Les dons sont donc toujours les bienvenus ! Le compte paypal étant provisoirement bloqué (car limité à 2500 euros), nous vous prions d'envoyer vos contributions sur le compte référencé ci après qui est le compte à partir duquel est ventilé l'argent vers les différents postes occupés...
 
Merci de signaler vos dons par mail à l'adresse suivante : alawata@gmail.com en précisant :
- somme et date de virement 
- destination souhaité (unités hospitalières, humanitaires, combattantes, base arrière)

Observation : la plus petite somme (comme celle d'un paquet de cigarette) est une pierre importante ajoutée à la fortification que nous devons bâtir autour des volontaires français civils et militaires.
 
En vous remerciant de votre soutien moral et matériel nous vous prions de recevoir tous nos remerciements chaleureux 
 
Les volontaires français 
 
Appel aux dons
 
 

Additif du 22 mai 2015...
 
Merci à Kat Kan pour apporter à cet article ce témoignage artistique réalisé en Crimée récemment et qui confirme la portée symbolique de ce geste immortalisé maintenant en sculpture...
 
 


A propos des chats du Donbass....

Voir l'article sur les chats de Novorossiya , le lien ici : "Les petits compagnons de Novorossiya"

 
 
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Le Donbass plutôt que la France? Par Hélène Richard-Favre

20 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La guerre, #Europe supranationale, #AMERIQUE

 Le Donbass plutôt que la France? Par Hélène Richard-Favre

La lecture des articles que Laurent Brayard a consacrés au Donbass invite à lui poser d'autres questions, tant son approche tranche avec ce que l'on peut apprendre de la situation sur place.

Ainsi s'entretient-il avec la conservatrice du Musée d'archéologie et de paléontologie de Donetsk -ou plutôt de ce qu'il en reste tant son patrimoine historique et culturel a été détruit- et elle lui dit n'éprouver point de haine pour les Ukrainiens, que leurs écoles dans le Donbass continuent à enseigner la langue ukrainienne comme capital commun mais qu’elle ne comprend pas ceux de l’Ouest, cet acharnement. *

Laurent, ces propos semblent rejoindre vos observations relatives à la distorsion que vous avez observée entre forces militaires en présence et populations concernées. N'est-ce pas là une constante que l'on observe dans tout conflit?

A mon sens, il faut rappeler que si j’ai été impressionné par cette leçon de démocratie dans le Donbass, comme, par exemple, lors de ma rencontre avec un couple de personnes âgées vivant dans la Novorossia et clamant haut et fort être pour l’Ukraine unique de Porochenko, ou encore par la déclaration que vous citez de cette conservatrice du musée de Donetsk, mon sentiment est que les populations dans le Donbass, les gens que j’ai rencontrés, veulent effectivement la paix. Mais attention, pas à n’importe quel prix.

S'ils sont très motivés pour obtenir leur indépendance, beaucoup d'entre eux me disaient que l’autonomie, dans l’Ukraine actuelle qui pratique l’épuration ethnique, les persécutions politiques, les enlèvements et l’assassinat de dissidents, serait le plus grand malheur qui puisse arriver après celui d’une éventuelle et catastrophique défaite du Donbass et le carnage que tout cela entraînerait. Donc la paix, oui, mais comme je l’ai dit ailleurs, dans l’honneur et la dignité. Dans le Donbass ces gens m’ont tous dit qu’ils étaient effarés par la folie de ceux de l’Ouest, par cette hystérie collective de l’Euromaïdan et qu’ils étaient choqués par le massacre d’Odessa suivi de tant de meurtres, de viols et de pillages. Ils se souviennent de la Grande Guerre patriotique, ils se souviendront des exactions commises longtemps encore.

Cela dit, oui, les populations civiles sont toujours les victimes innocentes et tragiques de n’importe quelle guerre, celle-ci, peut-être plus que tout autre.

Laurent, en conclusion d’un de vos articles*, vous écrivez Pour moi ma décision est prise. Comme l’ambassadeur français à Prague en 1939 demandait la nationalité tchèque alors que les divisions allemandes forçaient la frontière, je demande la nationalité du Donbass. Je préfère partager le sort de braves gens que de me taire et suivre tacitement des politiques qui déshonorent leurs charges et à travers elle, la France, chaque jour qui passe.

Est-ce le fait de vous être rendu au Donbass qui vous a inspiré ces mots?

Notre gouvernement, le régime présidentiel si peu démocratique qu’est celui de la France, a trahi depuis longtemps son Peuple, pis encore, en soutenant, dans le monde, des dictatures, en trempant les mains dans le sang d’autres peuples.

Nos dirigeants ont montré qu’ils avaient déchiré le contrat populaire entre eux et la Nation, ils ont écrasé au pied toutes les valeurs républicaines, trahi notre histoire, notre pays et mieux encore, à l’exemple du TAFTA qui arrive en France, ils ont achevé quasiment de réduire notre pays, sensé être celui des Droits de l’Homme, à une caricature, une pantomime ridicule. Songeons que, suite au référendum sur le traité européen en 2005, nous avions répondu NON… mais qu’une poignée d’oligarques a fait fi du résultat pour répondre OUI.

Quant à l’écho rencontré par mes articles, je reçois des soutiens de partout mais je ne m’illusionne pas sur la suite. Si ma voix était vraiment entendue, je serais bientôt en danger d’une manière ou d’une autre. La chasse aux opposants, à mon avis, ne tardera pas, dans les prochaines décennies, en France.

Lorsqu’un interlocuteur m’indique « mais que voulez-vous comme régime ? », je lui réponds immanquablement : « Mais fondons la République ! ». Toujours, je lis alors dans son regard l’incompréhension béate totale. Alors je le redis à nouveau, les gens du Donbass donnent un exemple, sachons ouvrir les yeux, faire preuve d’Humanité, défendre les valeurs démocratiques en supportant les peuples qui ont choisi leur indépendance. Sachons revenir à nos valeurs sacrées, sachons réveiller la Nation, ce qui se passe au Donbass est historique, ce qui pourrait se passer en France ne le serait pas moins !

Encore une fois, Laurent, merci d’avoir répondu à nos questions.

Merci à vous de m’avoir donné la parole, l’ostracisme en France je connais!

http://voix.blog.tdg.ch/

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L’infiltration par les russes de l’armée ukrainienne complique la mission de formation canadienne

20 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre, #L'OTAN., #le nazisme

Le gag du jour

Par Dagmar Henn – 17 mai 2015 – Source vineyardsaker.de

L’article ci-dessous a paru dans le journal canadien National Post. Il est si divertissant que je ne veux pas vous en priver. Mais attention, veillez à être bien assis… (et merci à la page Facebook Initiative citoyenne pour la paix en Ukraine, qui a découvert cette friandise). 

Et oui, naturellement, c’est aussi un morceau de vile propagande. Mais quand on s’abaisse à ça, voilà ce que ça donne.

L’infiltration par les russes de l’armée ukrainienne complique la mission de formation canadienne

L’infiltration par les russes de l’armée ukrainienne complique la mission de formation canadienne

Former des Ukrainiens pour lutter contre les séparatistes pro-russes pourrait se révéler une entreprise beaucoup plus difficile pour les 200 soldats canadiens, dont Ottawa a annoncé mardi le déploiement en Ukraine, que la mission similaire qu’assurent quelque 70 formateurs canadiens en Irak.

Selon une nouvelle note, destinée au bureau des études militaires pour les Affaires étrangères de l’armée US, à Fort Leavenworth, Kansas, la raison en est que des agents russes de services de renseignement de toute nature ont infiltré si profondément l’armée ukrainienne que presque rien de ce qu’ils disent ou font ne reste secret longtemps,

Citant des sources non classifiées, principalement russes, Roger McDermott, dans son essai Frères ennemis : l’usage par la Russie de la puissance militaire en Ukraine, met en garde contre «l’infiltration de l’appareil de renseignement de l’État ukrainien, le SBU (Service de sécurité d’Ukraine), par les services de renseignement russes, y compris par le GRU (Direction générale des renseignements russe), le FSB (Service fédéral de sécurité) et le SWR (Service des renseignements extérieurs)».

L’infiltration de l’armée ukrainienne n’implique pas seulement des agents officiels des services de renseignement russes. On croit que des Ukrainiens qui sympathisent avec Moscou travaillent au sein, ou à proximité, de presque toutes les unités de l’armée ukrainienne, ce qui rend tous les aspects du conflit – y compris la formation pour la guerre – plus difficiles pour tous ceux qui soutiennent le camp ukrainien.

Soldats ukrainiens en position dans le village de Berdyanske, à l’est de l’Ukraine, le mardi 14 Avril, 2015. Les agents pro-russes sont soupçonnés d’avoir infiltré l’armée ukrainienne. AP Photo/Evgeniy Maloletka

Plusieurs officiers canadiens, qui connaissent bien la situation ukrainienne, ont dit qu’ils étaient au courant d’un possible intérêt russe pour les activités des formateurs canadiens, mais ils n’ont pas précisé davantage.

En raison de l’omniprésence de l’espionnage russe en Ukraine, les images satellites que le Canada a commencé à livrer à l’Ukraine ont pu aussi rapidement finir à Moscou. On pense que la raison pour laquelle Washington ne voulait pas partager ses meilleures images satellites avec l’Ukraine est qu’il ne veut pas que les Russes découvrent quelles sont les capacités de ses satellites.

Tandis que l’espionnage russe va indubitablement compliquer la mission canadienne, il ne fait probablement pas courir de risque physique supplémentaire aux formateurs canadiens. Comme le ministre de la Défense Jason Kenney l’a souligné à plusieurs reprises, lorsqu’il a annoncé à Ottawa l’engagement prévu pour l’été, les Canadiens travailleront avec les formateurs états-uniens et de l’Otan loin de la zone de conflit en Ukraine de l’Est. Si la situation en Ukraine se dégrade, a fait remarquer Kenney, les Canadiens peuvent se mettre en sécurité en Pologne voisine, d’où ils peuvent être évacués.

Contrairement à ce qui se passe en Irak, où des formateurs des unités spéciales canadiennes travaillaient parfois très près de la ligne de front et où ils ont été impliqués dans des échanges de tirs à courte distance, les formateurs mandatés, qui viennent principalement de la base de Petanawa dans la vallée d’Ottawa supérieure, n’accompagneront pas les unités ukrainiennes sur le terrain pour les aider dans l’identification et la détection de l’ennemi. Ils délivreront plutôt tout leur enseignement dans des bases fortifiées, à l’image de la mission de formation beaucoup plus importante en Afghanistan, qui a suivi la participation canadienne aux combats à Kandahar.

Selon le gouvernement, la mission assumera les activités suivantes : formation à l’élimination des munitions explosives et des explosifs improvisés ; formation de la police militaire ; formation médicale ; entraînement à la sécurité en vol ; et formation à la modernisation du système logistique.

Les officiers du renseignement russe et les sympathisants ukrainiens russophiles qui travaillent pour eux vont presque certainement tenter de saper la mission canadienne en recensant avec précision les stratégies et les tactiques pour lesquelles les Ukrainiens reçoivent une formation, ainsi que la logistique de la mission.

Quant aux Russes, ils ont formé l’an dernier les forces séparatistes rebelles à la stratégie, à la tactique et au maniement de systèmes d’armes de pointe, tant en Ukraine que dans le sud de la Russie. Mais ces séparatistes ne craignent pas, et de loin, la même infiltration par les services de renseignement ukrainiens, et les Ukrainiens de l’Est qui soutiennent Kiev ont fui depuis longtemps pour sauver leur vie.

Effectivement, conclut McDermott, les Russes, en plus de prendre l’initiative de nombreux combats, et de fournir l’équipement et le ravitaillement, ont donné la priorité à la formation de leurs alliés, longtemps avant que l’Otan se décide à faire de même.

Les pays occidentaux, dont le Canada, ont répondu très lentement à la demande pressante de l’Ukraine de livraison d’armes. Mais les Canadiens, de par l’expérience, en termes de combats et de formation, qu’ils ont acquise pendant une dizaine d’années en Afghanistan, sont particulièrement adaptés à la mission de formation ukrainienne.

Comme en Afghanistan, les Canadiens ont beaucoup de pain sur la planche. Depuis la chute de l’Union soviétique en 1991, les Ukrainiens, comme les Afghans, ont consacré peu de ressources à la formation ou au rééquipement de leurs troupes. Ils ont un urgent besoin d’aide dans presque tous les domaines.

Matthew Fisher.

Article original  publié par nationalpost

A part que je peux difficilement concevoir que les Canadiens apportent là-bas des choses encore inconnues en Russie, et que les Ukrainiens soient ravis d’être comparés aux Afghans, il n’y a qu’un commentaire à faire, pour finir : à hurler [de rire, NdT].

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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SOUVERAINETÉ, LAÏCITÉ & HISTOIRE AVONS-NOUS PERDU LES TROIS ???

20 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Ukraine

SOUVERAINETÉ, LAÏCITÉ & HISTOIRE
AVONS-NOUS PERDU LES TROIS ???
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19 mai 2015
Par Jacques Sapir

Alors que les projets de nouveaux programmes d’Histoire prétendent déconstruire en collège la question d’un récit (et non « roman ») national, il faut aujourd’hui revenir sur les conditions de construction de l’Etat moderne. Elles montrent l’importance des conflits, mais aussi des solutions historiques à ces conflits, solutions qui une fois agglomérées les unes aux autres ont construit l’identité politique du peuple français. Parmi ces solutions, la question de la laïcité occupe une place prépondérante.

D’autres solutions auraient été sans doute possibles. Mais il n’est pas sur qu’elles aient été meilleures ou plus adaptées aux problèmes rencontrés dans la construction d’une société moderne. De ce point de vue, si l’enseignement d’un récit national ne peut avoir pour but fonder une identité, il faut admettre que la construction des institutions produit nécessairement une identité politique précise. De ce point de vue, ne pas le reconnaître revient à se voiler la face. C’est pourquoi, on peut voir dans ces nouveaux programmes d’Histoire la matérialisation d’une haine de la Nation, et au delà d’une haine de la souveraineté.


La construction de l’Etat moderne.
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La constitution de l’Etat se fait à l’horizon historique. Pour comprendre l’État moderne, il faut comprendre le principe de dépersonnalisation de l’État, qui lie désormais la souveraineté non plus à une personne donnée mais à un principe politique. L’affirmation du peuple, lui même représenté symboliquement, comme Prince à la place d’un prince donné, a constitué un élément important dans le constitution de l’État moderne. Ceci peut prendre des formes concrètes différentes par ailleurs. Dire que le peuple est souverain n’implique pas de dire qu’il doit exercer ce pouvoir mais qu’il est la source ultime de ce pouvoir. Quel que soit la personne ou l’institution qui l’exerce, elle doit par contre admettre qu’elle tire son pouvoir du peuple et elle est donc soumise, à des intervalles réguliers, à des procédures de vérification.

Cependant, l’État a existé bien avant l’évolution qui a conduit à l’Etat moderne. Ce dernier n’est qu’un sous-ensemble dans la catégorie « État ». L’émergence de ce dernier, la distinction entre la principauté comme principe et la principauté comme propriété du Prince, se déroule depuis le Moyen Age. En France, c’est avec le règne de Philippe le Bel (1285-1314) que l’on commence à voir s’autonomiser un appareil d’État, les « légistes royaux »[1], dont le champ des attributions dépasse largement celui de la propriété royale. C’est aussi sous son règne que le double mouvement de lutte contre les seigneuries locales (lutte commencée un siècle plus tôt) et contre un pouvoir à vocation internationale (celui du pape[2]) a pris toute son ampleur[3]. La dissociation entre la « propriété du Prince » et l’État où le Prince est souverain s’affirme par étape. Commencée avec Philippe-Auguste[4], magnifiée par les conquêtes militaires du roi[5], consolidée par la naissance d’une « idéologie royale », elle est à peu de choses complète sous Philippe le Bel. Cette dissociation entre la propriété privée du Prince et son pouvoir public sort renforcée de l’épreuve de la guerre de 100 ans, où commence à s’affirmer un patriotisme français à travers l’épopée tant réelle que mythique de Jeanne d’Arc.

Ce patriotisme va révéler toute sa force au XVIème siècle sous Henri IV. La bataille, on aurait envie de dire « l’escarmouche »[6], de Fontaine-Française symbolisant l’union des Catholiques et des Huguenots Français contre le roi d’Espagne[7]. Désormais, la Nation a remplacé le lien religieux comme lien principal. La majorité des contemporains se définissent dès lors comme « Français » et non plus à travers leur allégeance religieuse. Quels que pourront être les soubresauts de l’histoire, les tentatives pour revenir en arrière, il y a un acquis fondamental. L’idée qu’il existe un « bien commun » entre Français, cette fameuse Res Publica, a été théorisée par Jean Bodin, qui servit Henri III et se rallia à Henri IV, dans Les Six Livres de la République[8]. Cet ouvrage montre que la période de constitution de l’Etat-Nation est close, puisque l’on peut en produire la théorie, et ouvre celle de l’évolution vers l’Etat moderne. Bodin, à la suite de Machiavel et vraisemblablement sous son inspiration à distance, imagine la puissance profane, lui qui se destinait pourtant dans sa jeunesse à être prêtre.


La laïcité, ciment des sociétés hétérogènes.
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L’horreur des guerres de religions, de cette tentative pour restaurer une homogénéité religieuse devenue impossible, se retrouve dans l’obligation d’évacuer le fondement divin du pouvoir puis de l’ensemble de la vie sociale, ce que Bodin théorisera dans l’Heptaplomeres. Ce faisant il évacue aussi la loi naturelle et divine. Si la souveraineté doit être dite, en son essence, puissance profane, c’est parce qu’elle ne repose pas sur une loi de nature ou une loi révélée. De ce point de vue, Bodin anticipe Spinoza qui écrira lui aussi que « la nature ne crée pas le peuple », autrement dit qu’il est vain de vouloir imaginer une origine « naturelle » à l’ordre social. Elle ne procède pas de la loi divine comme de son origine ou de son fondement. Si le prince pour Jean Bodin est « image » de Dieu, il ne tient pas pour autant son pouvoir de Dieu. La distinction entre le monde symbolique et le monde réel est désormais acquise. On repense alors à la citation de Maurice Godelier. Le sacré, le religieux, est appelé à la rescousse pour configurer l’imaginaire des contemporains, mais il est mis au profit d’une situation qui tire ses racines du monde réel. Bodin affirme entre autres que le sacrement à Reims n’est pas de l’essence de la souveraineté. Le monarque n’a pas lieu d’être chrétien. Il peut l’être, mais c’est son choix personnel.

Dans le creuset des Guerres de religions, à l’ombre du massacre de la Saint-Barthélemy (1572), il élabore sa doctrine de la souveraineté absolue. Fors celle-ci, il ne peut y avoir de Res Publica, il ne peut y avoir de bien commun entre les hommes d’un pays donné. Il y a là une leçon importante, et même fondamentale pour le monde moderne.


La symbolique de l’Etat et l’erreur de François Hollande.
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C’est là que nous voyons la grande faiblesse des théories de la légalité absolue qui sont aujourd’hui tant à la mode[9]. Si la loi seule dit qui doit détenir ce pouvoir, alors il faut une loi qui ne puissent être contestée. Or, toutes les lois sont, de par la nature humaine des législateurs, contestables. C’est pourquoi il faut fonder ce pouvoir sur une légitimité ou une Auctoritas. De ce point de vue, on comprend instantanément la folie qu’il y eut de proclamer une « Présidence normale » de la part de François Hollande. L’acte d’exercer le pouvoir présidentiel étant tout sauf « normal ».

François Hollande quand il affirmait vouloir faire une présidence « normale », a confondu le « normal » avec le « commun ». Car, dans « normal » il y a norme et il peut y avoir plusieurs types de normes. En particulier on peut penser qu’il y a une norme « héroïque » qui convient bien mieux à l’exercice du pouvoir suprême. Pour l’avoir oublié, pour avoir tiré la fonction présidentielle vers le « commun », et certes il ne fut pas le premier Nicolas Sarkozy ayant bien entamé cette tache, il risque de passer à la postérité pour le Président le plus détesté des Français. Ce n’est pas par hasard si, aujourd’hui, il y a une telle nostalgie pour le personnage qu’incarnait le général de Gaulle. Et les français savent bien que l’homme ne correspondant pas nécessairement à l’image qu’il nous a léguée. Mais, ils lui sont reconnaissants d’avoir tenu ce personnage public même s’il pouvait être assez différent dans la vie privée. François Hollande, dès lors qu’il avait décidé de briguer la Présidence de la république aurait pu, et dû, comprendre que la dignité de la fonction qu’il allait exercer impliquait des contraintes sur sa vie personnelle. Mais, à avoir voulu vivre une vie « normale », au sens de « commune », alors qu’il était dans une fonction exceptionnelle, il risque fort d’avoir tout perdu. Il a sous-estimé la dimension symbolique de la Souveraineté qu’il allait incarner et cela sans doute, parce qu’européiste convaincu, et ses convictions sont respectables même si on ne les partage pas, il ne pouvait comprendre le caractère spécifique et particulier de la Souveraineté et ce qu’elle implique pour qui l’incarne. Ici repose sans doute l’un des malentendus les plus tragiques et les plus destructeurs du mandat de François Hollande.


L’impasse du religieux.
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La vision religieuse de l’Auctoritas fut, il faut le dire, dominante pendant des siècles, et elle continue d’être sous jacente à certains des discours politiques que l’on peut entendre. D’ailleurs, dans de nombreux pays, le lien entre le pouvoir suprême et une foi religieuse est explicite. Le Président des Etats-Unis d’Amérique prête serment sur la bible et la formule qu’il prononce alors, « and help me God » (et que Dieu me vienne en aide), marque de manière claire cette présence du religieux au sein du politique. Il y a la nostalgie d’un âge mythique où était affirmée la trilogie « Un Roi, une Loi, une Foi ». Mais, cet idéal mythique a été fracassé un fois pour toute par l’hétérogénéité des croyances qui s’impose comme un fait majeur avec la Réforme. Les guerres qui ont résulté du refus de prendre en compte ce changement radical ont été parmi les plus atroces et les plus inexpiables que l’Europe a connues.

La seule solution résidait dans le découplage entre la vie publique et la vie privée, et le cantonnement de la religion à cette dernière. Ceci a été reconnu et théorisé à la fin des Guerres de Religion par Jean Bodin dans une œuvre posthume, l’Heptaplomeres[10], qui est le compagnon secret des Six livres de la République. Il est d’ailleurs de peu d’importance de savoir si cet ouvrage, tel qu’il nous est parvenu est bien entièrement de la main de Bodin. Son contenu ne fait que prolonger celui des Six livres. De quoi s’agit-il donc ? Bodin imagine que sept personnages, qui tous pratiquent la médecine[11] et qui professent tous une foi différente, sont réunis dans un château. Chacun son tour, il vont prendre la parole et chercher à convaincre les six autres. Naturellement, c’est à chaque fois un échec, et pour une raison simple à comprendre : la foi n’est pas affaire de raison. Quand le septième de ces personnages a parlé se pose alors une question redoutable : que vont-ils faire ? La réponse est éclairante à deux titres. La première est qu’ils décident de ne plus parler entre eux de religion, autrement dit celle-ci est exclue du débat public et devient une « affaire privée », même si, par courtoisie, ils s’engagent tous à aller aux célébrations des uns et des autres. La seconde est qu’ils décident d’œuvrer en commun « pour les bien des hommes ». Une autre fin eut été possible. Ils auraient pu décider de se séparer et de travailler séparément chacun dans leur communauté. Il y a là la seconde « invention » de Bodin. On insiste, à juste titre, sur la première qui est la distinction entre une sphère publique et une sphère privée. Elle est essentielle et fondatrice de la possibilité de la démocratie. Mais, elle ne doit pas masquer la seconde, qui n’est pas moins importante. L’invention de la sphère privée, et du cantonnement de la foi à cette dernière, ne prend sens que parce que des personnes de fois différentes se doivent de cohabiter ensemble.


La centralité de la laïcité.
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Que Jean Bodin insiste sur l’action en commun de personnes aux convictions religieuses différentes est très important. C’est là que l’on retrouve le raisonnement des Six livres et c’est en cela que l’on peut affirmer que l’Heptaplomeres est un approfondissement de l’ouvrage précédent. Cela veut dire qu’il y a des choses communes, des Res Publica, qui sont plus importantes que les religions. Cela signifie aussi que ce que nous appellerions dans notre langage la « laïcité » est une des conditions de l’existence des sociétés hétérogènes[12]. En retranchant de l’espace public les questions de foi on permet au contraire au débat de se constituer et de s’approfondir sur d’autres sujets. En un sens, Bodin pose le problème de l’articulation de l’individualisme avec la vie sociale, problème qui est au cœur du monde moderne. On notera ici que pour Bodin, il s’agit bien de « religion » au sens chrétien du terme et non de la religio civique des Romains. Bodin, rappelons le, est un fervent Catholique, et se destinait même à la prêtrise dans sa jeunesse. Il ne reniera jamais sa foi, même s’il exprime un intérêt important pour le Judaïsme. Rien ne permet de penser qu’il ait été agnostique sans même parler d’athée et il est important qu’un tel raisonnement ait été tenu par un Catholique.

Le raisonnement politique qu’il tient n’est pourtant pas une théologie politique et s’en éloigne beaucoup, même si il inclut une dimension symbolique importante. De ce point de vue, il faut rapprocher le raisonnement que suit Jean Bodin de la réflexion contemporaine d’Ernst Kantorowicz sur les « Deux Corps du Roi »[13]. Cet historien avait bien relevé l’importance de la légitimation religieuse dans la figure du Roi, mais il avait alors souligné que, et cela même pour les contemporains, n’établissait nullement une nature religieuse du monarque. Ce dernier ne faisant que « recevoir » son royaume des mains de son prédécesseur, il ne lui « appartient » pas[14]. Bodin a procédé de la même manière, d’une manière décisive et fondatrice, à la séparation entre religion et politique, et à la naissance de la laïcité. Il le fait parce qu’il constate, et son action auprès d’Henri III a du être pour lui importante, l’inanité des tentatives soit de « concile général », et il y en eut plusieurs, soit d’éradication de l’hétérogénéité religieuse. Il arrive à cette position, qu’il cachera soigneusement à ses contemporains, comme point d’aboutissement de son œuvre politique, l’établissement de la souveraineté comme principe absolu, fondant l’Auctoritas c’est à dire le principe de légitimité dont découle toute légalité.


La souveraineté fondatrice.
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La question de la souveraineté prend alors tout son sens si l’on considère sa place dans l’ordre symbolique de choses. La souveraineté ne dépend pas seulement de qui prend les décisions, autrement dit de savoir si le processus est interne ou externe à la communauté politique concernée. La souveraineté, telle qu’elle se construit dans l’œuvre de Jean Bodin, réside dans la prise en compte d’intérêts collectifs, se matérialisant dans la chose publique[15]. Le principe de souveraineté se fonde alors sur ce qui est commun dans une collectivité, et non plus uniquement sur celui qui exerce cette souveraineté[16]. La souveraineté, pour l’exprimer en des termes plus actuels, correspond ainsi à la prise de conscience des effets d’interdépendance et des conséquences de ce que l’on a appelé le principe de densité sociale[17], soit les effets non-intentionnels que toute action individuelle peut avoir sur autrui. Elle traduit la nécessité de fonder une légitimation de la constitution d’un espace de méta-cohérence, conçu comme le cadre d’articulation de cohérences locales et sectorielles. Cette nécessité n’existe que comme prise en compte subjective d’intérêts communs articulés à des conflits. Que des éléments objectifs puissent intervenir ici est évident; néanmoins la collectivité politique ne naît pas d’une réalité “objective” mais d’une volonté affirmée de vivre ensemble. Quand cette volonté n’existe plus, la communauté se défait. Voila pourquoi la substitution d’une soit disant « ingéniérie » institutionnelle à la décision politique[18], la tentative de « neutraliser » une notion comme la souveraineté, tentative qui est la logique dans laquelle se sont aujourd’hui engagé les européistes et les partisans de l’Union européenne, est sur le fond une négation du principe même de l’action politique et de la République. On peut considérer qu’elle nous engage dans un « fascisme mou »[19]. Nous avons là une piste pour comprendre pourquoi la négation de la souveraineté, et avec elle celle du principe de légitimité, provoque au sein des Nations qui composent l’Union européenne cette crise massive des sociétés. L’Union européenne, par ses pratiques mais aussi par ses principes (ou pourrait-on dire son absence de principe justifiant une accusation en immoralité latente), ouvre en vérité la voie à la guerre civile.


Souveraineté et décision.
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La souveraineté dépend aussi de la pertinence des décisions qui peuvent être prises sur la situation de cette communauté et de ses membres. Une communauté qui ne pourrait prendre que des décisions sans importance sur la vie de ses membres ne serait pas moins asservie que celle sous la botte d’une puissance étrangère. Ceci rejoint alors une conception de la démocratie développée par Adam Przeworski. Pour cet auteur, dans un article où il s’interroge justement sur les transitions à la démocratie en Europe de l’Est ou en Amérique du Sud, la démocratie ne peut résulter d’un compromis sur un résultat. Toute tentative pour prédéterminer le résultat du jeu politique, que ce soit dans le domaine du politique, de l’économique ou du social, ne peut que vicier la démocratie. Le compromis ne peut porter que sur les procédures organisant ce jeu politique[20], et nullement prédéterminer d’une quelconque manière le résultat.

Il est donc faux de faire remonter la laïcité aux affrontements de 1904-1905, et à la séparation de l’Eglise et de l’État, même si cette dernière est un moment incontestablement important de notre histoire politique. La laïcité remonte bien plus en arrière dans notre histoire, et l’on peut voir très clairement qu’elle est la fille des Guerres de Religion et de leurs horreurs. Mais, surtout, elle s’impose comme la seule solution possible de manière durable quand un pays est confronté à l’hétérogénéité religieuse. Une autre solution est en apparence possible, c’est celle adoptée par les pays allemands après la Paix d’Augsbourg[21] (1555) puis la Guerre de Trente Ans, celle ou peuvent coexister des principautés dont les souverains professent des fois différentes, le Cujus Regno, ejus Religio. Mais, cette solution est bancale. Ne reconnaissant pas la liberté de conscience, elle impose une forme d’homogénéité à une société décidément hétérogène. C’est pourquoi, ce principe s’est progressivement érodé dans les différents pays qui l’ont appliqué. On est donc revenu à la seule solution stable, celle qui fut proposée par Jean Bodin.



NOTES :

[1] Favier J., Les légistes et le gouvernement de Philippe le Bel », in Journal des savants, no 2, 1969, p. 92-108. Idem, Un Conseiller de Philippe le Bel : Enguerran de Marigny, Paris, Presses universitaires de France, (Mémoires et documents publiés par la Société de l’École des chartes), 1963.

[2] C’est le fameux « incident d’Anagni ».

[3] Voir Carré de Malberg R., Contribution à la Théorie Générale de l’État, Éditions du CNRS, Paris, 1962 (première édition, Paris, 1920-1922), 2 volumes. T. 1, pp. 75-76.

[4] Flori J., Philippe Auguste – La naissance de l’État monarchique, éditions Taillandier, Paris, 2002 ; Baldwin J.W., (trad. Béatrice Bonne, préf. Jacques Le Goff), Philippe Auguste et son gouvernement. Les fondations du pouvoir royal en France au Moyen Âge, Paris, Fayard, Paris,1991.

[5] Qui, après la bataille de Bouvines fut le premier roi à être dit « empereur en son royaume ». Duby G., Le Dimanche de Bouvines, Gallimard, Paris,1973.

[6] Berger H., Henri IV à la bataille de Fontaine-Française, Dijon, 1958.

[7] Babelon J-P., Henri IV, Fayard, Paris, 1982.

[8] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

[9] Jakab A., « La neutralisation de la question de la souveraineté. Stratégies de compromis dans l’argumentation constitutionnelle sur le concept de souveraineté pour l’intégration européenne », in Jus Politicum, n°1, p.4, URL : http://www.juspoliticum.com/La-neutralisation-de-la-question,28.html

[10] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591.

[11] Ce qui n’est pas sans importance car la médecine, sous l’impulsion de personnes comme Ambroise Paré, et par la pratique de la dissection des cadavres, est devenue la science du corps humain, et a commencé la démarche qui en fera un savoir scientifique.

[12] On trouvera un commentaire éclairant de sa contribution aux idées de tolérance et de laïcité dans: J. Lecler, Histoire de la Tolérance au siècle de la réforme, Aubier Montaigne, Paris, 1955, 2 vol; vol. 2; pp. 153-159

[13] Kantorowicz E., The King’s Two Bodies: A Study in Mediaeval Political Theology, Princeton (NJ), Princeton University Press, 1957.

[14] Jordan W.E., préface à The King’s Two Bodies: a study in mediaeval political theology, Princeton (NJ), Princeton University Press, réédition, 1997.

[15] Goyard-Fabre S., Jean Bodin et le Droit de la République, Paris, PUF, 1989.

[16] J. Bodin, Les six livres de la République, op.cit..

[17] E. Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Presses Universitaires de France, coll. Quadrige, Paris, 1999 (première édition, P.U.F., Paris, 1937).

[18] Comme le défend Cohen E., L’ordre économique mondial, Fayard, Paris, 2001.

[19] De Sutter L., « La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? » in Liberation, 10 février 2015, http://www.liberation.fr/monde/2015/02/10/la-raison-delirante-de-l-europe-un-nouveau-fascisme-mou_1199605

[20] A. Przeworski, “Democracy as a contingent outcome of conflicts”, in J. Elster & R. Slagstad, (eds.), Constitutionalism and Democracy, Cambridge University Press, Cambridge, 1993, pp. 59-80.

[21] Voir le texte du traité en allemand sur l’URL : http://www.lwl.org/westfaelische-geschichte/portal/Internet/finde/langDatensatz.php?urlID=739&url_tabelle=tab_quelle

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Alors que les projets de nouveaux programmes d’Histoire prétendent déconstruire en collège la questi...

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La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.

19 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #Histoire, #le nazisme, #Comité pour une Nouvelle résistance

Claude Roddier dans le défilé avec trois étendards. Le drapeau français. Le Général de Gaulle félicitant des Résistants. La princesse Véra Obolensky  surnommée Vicky, née le 11 juin 1911 et morte le 4 août 1944 guillotinée à la prison de Plötzensee à Berlin, est une héroïne de la résistance française d'origine russe.

Claude Roddier dans le défilé avec trois étendards. Le drapeau français. Le Général de Gaulle félicitant des Résistants. La princesse Véra Obolensky surnommée Vicky, née le 11 juin 1911 et morte le 4 août 1944 guillotinée à la prison de Plötzensee à Berlin, est une héroïne de la résistance française d'origine russe.

La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou.  Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.

 

Le message comporte:

  1. ​Le texte du Président de l'association.
  2. Le texte de Claude Roddier-Sivirine, membre de la délégation.
  3. Le texte de Sylvie Pillé-Lesou, membre de la délégation.
  4. Une photo de la délégation des ukrainiens d'Odessa présents à Nice le 29 janvier 2015.
  5. De nombreuses photos prises à Moscou.
La délégation d'Odessa à Nice le 29 janvier 2015

La délégation d'Odessa à Nice le 29 janvier 2015

Le texte du Président de l'association

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

Présence à Moscou d'une délégation de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" pour le 70ème anniversaire de la victoire.

 

 

Nous vivons une période extrêmement dangereuse. Mais les Français, sous-informés, n'en n'ont pas conscience.

Le canon gronde à l'est de l'Europe. Les pays de l’OTAN sont peu à peu entraînés dans une guerre contre la Russie. La France a toujours eu d’excellentes relations avec elle. Le général de Gaulle disait même qu’il voulait construire l’Europe de l’Atlantique à l’Oural.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance » est favorable au plein exercice de notre souveraineté nationale. Son objet s’inspire des idéaux et des acquis du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris. Fidèles à l'idéal de la Résistance, fidèles aux paroles et à l'action du chef de la France Libre, le général de Gaulle, nous refusons la soumission à la soumission à la politique des Etats-Unis, nous voulons que la politique de la France s'inscrive dans des rapports d'amitié avec la Russie pour un juste équilibre en Europe et dans le monde.

 

La voix de la France doit servir la négociation et le dialogue et non pas l'affrontement.

Nous pensons également qu’il faut témoigner à la Russie la reconnaissance qui lui est due, suite à sa contribution essentielle pour terrasser le nazisme. Il faut quand même rappeler que ce pays a permis d’abattre la peste brune en Europe en sacrifiant plus de 25 millions de Soviétiques dans cette guerre à mort.

 

Notre association travaille depuis septembre 2014 sur la montée du fascisme et la guerre en Ukraine. Notre objectif est de faire connaître à nos concitoyens d’autres aspects de ce conflit.

 

Nous avons accueilli le 29 janvier à Nice une délégation d’Ukrainiens d’Odessa. Ces personnes ont expliqué le conflit en cours et elles ont témoigné également du massacre du 2 mai 2014. Ce jour-là plus de quarante personnes sont mortes, brûlées vives dans la maison des syndicats. Une des personnes de la délégation a perdu dans ce drame son fils de 27 ans, achevé sauvagement par des barbares après avoir essayé d’échapper aux flammes en se jetant par la fenêtre.

 

Suite à cette rencontre nous avons été invités par les responsables de la manifestation du 9 mai à Moscou pour assister à la parade pour le 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme. La délégation de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » composée de Résistants et d’enfants de Résistants, a pris ainsi une valeur symbolique importante.

 

Voici les quatre personnes de notre délégation :

- Serge Lesou, Résistant FTP et sa fille Sylvie Pillé.

- Claude Roddier, fille du commandant du grand maquis MUR du Var, le maquis Vallier, et sa fille.

Une conférence pour rendre compte de la participation officielle de notre association à cet évènement aura lieu à Nice le mardi 9 juin 2015. Les membres de la délégation donneront des informations à ce sujet. Ce sera l’occasion de poursuivre notre travail pour la paix en Ukraine et en Europe.

 

 

Lucien PONS Président de l’association « Comité pour une Nouvelle résistance-CNR

 

Claude Roddier, membre de la délégation française. 

Des photos.

La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé

La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé

Le texte de Claude Roddier. 

Membre de la délégation de l'association

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

 

Lorsque le président de l'association niçoise CNR06, Lucien Pons* m'appela le 12 mars pour me dire que nos amis odessites cherchaient des descendants de Résistants français afin de les inviter à la parade du 9 mai à Moscou, je n'osai pas croire à cette nouvelle. Quand il me demanda si je pourrais y aller, je lui donnai bien sûr immédiatement mon accord. Chaque invitation étant pour deux descendants, je proposai de participer avec l'un de mes enfants. Un autre groupe, un Résistant FTPF, Serge Lesou et sa fille Sylvie furent aussi invités.

*(http://lucien-pons.over-blog.com/),

A 15 ans, en 1942, Serge rejoint à Montargis, un groupe de jeunes résistants qui convergeront avec d'autres pour former les "Forces unies de la jeunesse patriotique". Puis, arrivé à Paris il est accueilli par le Colonel Baudoin, un des commandants des réseaux FTP de la région parisienne. Il milite dans le XXe arrondissement, et participe à la libération de Paris sur la barricade à l'angle de la rue de Ménilmontant et de la rue Sorbier. Il présentait, une photo du Colonel Baudoin. Sa fille Sylvie tenait haut le drapeau français et montrait une photo de jeunes maquisards varois FTP assassinés par les Allemands en 1944.

Né à Odessa en 1911, mon père, Gleb Sivirine, est arrivé en France en 1919. Il a fait partie de la Résistance, d’abord dans un réseau marseillais, puis est devenu le chef d'un maquis MUR (Mouvements Unis de la Résistance) du Var, le maquis Vallier**

(http://maquis-vallier.fr). J'avais une photo de lui qui correspondait à ce qui nous était demandé, type de photo dont plusieurs centaines de milliers ont défilé le 9 mai. C'est cette photo que je pensais agrandir. Puis j'ai appris que François Hollande s'apprêtait à faire véritablement honte à la France. J'ai alors pensé que cette invitation me permettrait de sauver en quelque sorte l'honneur. C'est ainsi qu’accompagné du drapeau français, sur une photo où se trouvent aussi mon père et l'un des chefs de la Résistance varoise, le général de Gaulle a participé à la grande marche de la victoire, descendant l'avenue Tverskaïa et traversant la place rouge pour s'arrêter face à la basilique de Saint Basile le Bienheureux.

**(http://maquis-vallier.fr).

Nous pouvions montrer deux photos. Pour la seconde j'ai tenu à honorer aussi le souvenir des Résistants des réseaux, si éprouvés et souvent oubliés. Un nom m'est venu à l'esprit, comme une évidence, celui de  Vicky Obolensky (http://www.lecourrierderussie.com/2012/06/sainte-genevieve-des-bois-insolite/), princesse russe arrivée en France à 9 ans, résistante de la première heure, guillotinée en août 1944 à Berlin. C'est ma fille qui a porté cette photo.

Dès le début de la parade nous avons perdu notre groupe et nous nous sommes retrouvées toutes deux en compagnie de deux participants du “régiment immortel", Alik et Nikita, deux jeunes Odessites qui au lieu de marcher tranquillement à l'allure de tous, avaient pris un rythme plus rapide. N'ayant aucun point de rendez-vous fixe nous n'avons pas voulu les perdre. Nous avons donc régulièrement dépassé les autres. Nous avons pu ainsi constater que la façon dont les participants à la marche recevaient notre message était bien ce que nous espérions. Nous avons toutes deux été remerciées, photographiées, filmées tout le long de l'après-midi. Plusieurs fois des personnes nous ont parlé plus longuement, se sont fait photographier avec nous. La langue utilisée était le plus souvent le français, avec cet accent russe qui, bien entendu, n'était pas l’accent "inimitable" de ma grand-mère mais pourtant, en écoutant bien, eh bien si, il y avait aussi de cet accent-là.

Ce qui nous a le plus frappées est la gravité des participants. Sur les photos ils paraissent souriants. On sourit malgré soi quand on se sent photographié. En réalité, ils étaient graves, inquiets, déterminés. Il n'y avait pas la moindre agressivité dans cette immense foule. Au contraire, il s'en dégageait un sentiment bon enfant, sans que l'on comprenne très bien comment. Il n'y avait quasiment ni police ni service d'ordre. De nombreux jeunes bénévoles donnaient une note de gaité. Les gens sont venus en famille, souvent avec plusieurs photos portées par les enfants, petits enfants ou même arrière petits enfants des personnes présentées. De nombreuses photos montraient des femmes. Nikita, un des jeunes Odessites nous servant de guide, tenait fièrement deux photos: l'une d'un grand père de sa mère l'autre d'un grand père de son père. Le message était sans équivoque "ce que mon grand-père/arrière grand-père a fait, je suis capable de le faire". J'ai le souvenir de mes parents parlant de l'été 1939 et de l'attente de la guerre, de cette guerre dont les Français ne voulaient pas et qui leur a été imposée. C'est cette même attente que j'ai ressentie à Moscou le 9 mai.

 

Le non-voyage à Odessa

Lorsque le départ pour Moscou fut confirmé et les visas obtenus, j'ai voulu prolonger notre itinéraire et descendre à Odessa. Je voyais ce voyage comme un remerciement aux membres de la délégation d’Irina Leskova venue à Nice en janvier 2015 et une façon de leur montrer notre soutien. Personnellement, c’était l’occasion d’un retour aux sources, un retour vers la maison que mon père et sa famille avaient quittée pour deux mois, mais n’ont jamais revue. La ville ayant changé de mains, leurs passeports n’étaient plus valables. 

La centaine de membres de notre rassemblement, invités du « régiment immortel », était logée dans un bel hôtel de la rue Kosygina, non loin de l’Université d’État. Notre petit groupe CNR06 était le seul groupe français. Les autres représentations, notamment polonaise, espagnole, italienne, étaient plus importantes que nous. Le présent et l'imaginaire se sont rejoints quand, après la parade, nous nous sommes retrouvés dans le salon de l'hôtel. Dans les livres des grands romanciers russes, j’avais souvent lu des descriptions de rencontres et de discussions qui duraient toute la nuit, retrouvées semblablement dépeintes par les dissidents soviétiques dans leurs récits. Une belle coutume à laquelle nous avons eu droit. Parmi une foule aussi internationale, l'anglais était majoritairement utilisé, avec des apartés dans la langue propre aux membres d’une même délégation. Nous nous sommes retrouvés bavardant avec des Polonais rencontrés la veille, Alik, et deux dames que je croyais russes.

Je leur ai naturellement parlé de mon départ imminent pour Odessa, expliquant la visite de la délégation à Nice et mon désir de montrer que nous n'oubliions pas le massacre du 2 mai. J'ai aussi ajouté que mon père était d'Odessa. À leur attitude déjà chaleureuse s’est ajoutée de la complicité. Galina, l'une des dames, et Alik nous ont dit qu'ils étaient odessites et venaient d'arriver à Moscou. Une bouteille de vodka est apparue sortie de nulle part avec une assiette de zakouskis préparés pour nous et nous avons trinqué à tous ceux nés à Odessa. Ils ont parlé entre eux du danger que nous pourrions courir et en sont venus à la conclusion que les risques étant minimes, le jeu en valait la chandelle.

Depuis plus d'un an on nous parle des Ukrainiens, des séparatistes "pro-russes", des Odessites pour ou contre le gouvernement actuel de Kiev—mais sans problème Ukrainiens—et voilà que j'avais face à moi deux personnes, un journaliste et une colonelle de police, tous deux fiers d'être nés à Odessa, tous deux certainement en situation personnelle difficile à Moscou, qui se considéraient russes. Ils n'étaient pas pro-russes. Ils étaient russes. J'ai pensé à Marseille, la ville où ma famille s'est installée en arrivant en France; même si les politiciens arrivaient à détacher une entité occitane allant de l’Aquitaine à Nice, les Marseillais continueraient à se sentir français 25 ans après sa création. Galina nous expliquait les choses si passionnément que Sylvie l'a filmée pendant que Monika, une Polono-française, traduisait. Plusieurs bouteilles de vodka se sont succédées. Bref, nous étions bien à Moscou tel qu'on se l'imagine.

Le lendemain, nous avons repris la discussion concernant notre voyage à Odessa. Une italienne s'était ajoutée au groupe. Plus réticente, elle trouvait déraisonnable de prendre un risque. Elle nous fit part de l’arrestation suivie de la déportation le 1er mai de Franco Fracassi, journaliste italien dont les écrits avaient déplu au régime. Il se rendait à Odessa pour la commémoration de la tragédie du 2 mai 2014. Elle nous a attesté que les journalistes, autant russes ou ukrainiens qu’étrangers, risquaient d’être arrêtés, voire de disparaitre. Alik nous a alors raconté qu’il avait également été arrêté pour ses écrits, puis avait réussi à s’en sortir et venait d’arriver finalement à Moscou.

Quelqu'un a dit "elles ne risquent rien, elles ne sont pas journalistes, leurs noms ne figurent pas sur les listes rouges". Oui, sauf qu’en tant que participante au blog du Saker francophone j'avais eu l'honneur, comme le CNR06 d’ailleurs, d'apparaître sur la "liste infâme" (http://lesbrindherbes.org/2015/03/19/appel-a-la-delation-des-sites-pro-russes/) au mois de mars. J'avais même eu droit à un traitement de faveur sur cette liste, avec une mini-biographie décrivant en fait surtout mon travail d'astronome avec mon mari. Le rapport de cette anecdote a changé le ton de nos nouveaux amis. Plus question d'aller à Odessa. Nous avons changé nos billets et sommes rentrées directement à Nice.

 

À notre retour, un message d'Irina, la responsable de la délégation venue à Nice, en ce moment aux Etats Unis où elle essaie de faire connaître la vérité sur les événements de l'année dernière, m'attendait sur mon ordinateur:

"Dear Claude! Ivan will meet you in airport with your name table, don't worry. How are You? I. "

C'est le 2 mai 2016, si aucune catastrophe n'est arrivée d'ici là, que nous rencontrerons Irina, Ivan et surtout Elena qui a perdu son fils le 2 mai 2014.

 

Claude Roddier-Sivirine

Serge Lesou et sa fille Sylvie Pillé. 

Membres de la délégation française.

Des photos

La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.
La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.

Le texte de Sylvie Pillé. 

Membre de la délégation de l'association 

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

 

9 Mai 2015, à Moscou

 

 

Février 2015,  Hollande se rend en Arabie Saoudite, rendre hommage au roi  Abdallah  

L'Arabie Saoudite, qui condamne à la flagellation un blogueur Raef Badaoui, qui militait pour une libéralisation morale de son pays. L'Arabie Saoudite, qui refuse d'accorder les libertés élémentaires à la moitié de sa population – les femmes- et où la police religieuse peut faire pratiquer - de force- sur les femmes adultères et les prostituées l'excision et l'infibulation.  L'Arabie Saoudite qui condamne à mort les homosexuels.

Mai 2015, Hollande se rend au Qatar.

Le Qatar, pays qui pratique, avec la kafala 1 une forme de travail forcé, voire d'esclavage selon l'ONG Human Rights Watch. Pays où la liberté d'expression n'existe pas, comme en atteste la condamnation à perpétuité du poète Mohammed Al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, arrêté  en novembre 2011 pour un poème "poème du Jasmin"  critiquant le pouvoir et défendant les révolutions du « Printemps arabe », condamnation réduite à 15 ans d'emprisonnement en 2013. Pays, où certains s'en sont émus, le taux de mortalité sur les chantiers de la coupe du monde de foot est anormalement élevé.

Qu'importe les droits de l'Homme ….

27 Janvier 2015 Hollande se rend à Auschwitz Birkenau pour la célébration des 70 ans de la libération du camp.  Mais, bien que le camp ait été libéré par l'armée soviétique,  il ne s'indigne pas de la non invitation, par la Pologne, du président russe.

9 Mai 2015 Hollande ne se rend pas en Russie pour les commémorations de la victoire sur le nazisme. Sous prétexte de ….

Mais quel prétexte peut-on évoquer contre le peuple russe ?

L'URSS, a supporté le plus gros de l'effort de guerre, le peuple soviétique en a payé le prix : plus de 25 millions de morts. Que les Etats-Unis aient retardé au maximum le débarquement dans l'espoir de voir les nazis écraser l'URSS,  symbole pour eux de communisme, n'a pas  empêché Hollande  de  célébrer en grande pompe l'anniversaire du débarquement2 – ce que de Gaulle ne célébrait pas-.  Ce faisant, il participe à une véritable opération révisionniste de l'histoire de la 2° guerre mondiale,  se pliant servilement à une opération de communication, légitimant l'hégémonie actuelle des Etats-Unis sur l'Europe et la France- par l'Union européenne et l'OTAN interposés- 

 9 mai 2015, munis de leur drapeaux tricolores, 4 Français - Serge Lesou3 et sa fille Sylvie Pillé, Claude Roddier4 et sa fille Mireille,  qui ont ou dont des proches ont participé à la lutte contre le nazisme,  répondent à l'invitation du « Régiment Eternel », via le nouveau CNR des Alpes maritimes.  Ces invitations font suite aux rencontres avec la délégation d'Ukrainiens venus, en janvier 2015, témoigner de l'assassinat de militants, par les fascistes, dans la maison des syndicats d'Odessa le 2 Mai 2014.

Plus de 25 millions de morts !  Combien de familles russes touchées ?  Aujourd'hui, ces évènements restent gravés dans la mémoire collective.

Pour s'en convaincre, il suffit de regarder avec quelle gravité les petits enfants ou arrières petits enfants de combattants participent aux cérémonies. Il suffit surtout,  d'assister à cette mobilisation considérable, celle des jeunes aussi qui par centaines de bénévoles, ont encadré le défilé.

 Mais au-delà de la commémoration, c'est  l'aspiration à la paix qui est revendiquée, en témoigne toutes les conversations que nous avons eues : MIR ! Droujba !

Nous avons donc, munis de nos portraits, défilé avec ces milliers de participants, venus des régions les plus éloignées de la Russie, - nous avons ainsi rencontré des Ouzbecks, des  Kirghizes, ayant tous participé à la lutte contre les nazis, dont le  doyen avait 101 ans-.  Mais venus aussi d'Espagne, d'Italie, de Pologne, d'Ukraine (la plupart réfugiés en Russie, en raison du danger fasciste qui  les menace dans leur pays)...

Quelle émotion que de se retrouver mêlé à tous ces gens, graves, conscients des menaces que font peser les Etats-Unis sur la paix, tous ces gens unis par cette même volonté de lutter contre la résurgence de l'extrême droite, du fascisme et du néo-nazisme partout en Europe et en particulier en Ukraine. 

Partout, la vue des drapeaux français,  a soulevé les mêmes réactions chaleureuses, les « merci d'être là ».

Peut-être auprès de ces Russes auront nous tous les quatre contribué à  laver l'honneur de la France.  

 

1  Kafala système qui régit la vie de tous les étrangers qui travaillent au Qatar, les oblige à se placer sous le « tutorat » d'un qatari, sans l'autorisation duquel il ne peut ni changer de travail, ni obtenir un permis de conduire, ni louer un logement  ni ouvrir un compte en banque  ni surtout quitter le pays, 

 

 2  Par leur débarquement, les Etats-Unis visaient davantage à occuper la France qu'à la libérer. Ils nous avaient  « concocté » un programme, l'AMGOT, gouvernement militaire des territoires occupés (Allied military Government of Occupied Territories, édité un franc américain, dénoncé par de Gaulle comme fausse monnaie.

Les francs américains, dénoncés par de Gaulle comme étant de la fausse monnaie.

Les francs américains, dénoncés par de Gaulle comme étant de la fausse monnaie.

3 A 15 ans, en 1942, Serge rejoint à Montargis, un groupe de jeunes résistants qui convergeront avec d'autres pour former les "Forces unies de la jeunesse patriotique". Puis, arrivé à Paris il est accueilli par le Colonel Baudoin, un des commandants des réseaux FTP de la région parisienne. Il milite dans le XXe arrondissement, et participe à la libération de Paris sur la barricade à l'angle de la rue de Ménilmontant et de la rue Sorbier. Il présentait, une photo du Colonel Baudoin. Sylvie tenait haut le drapeau français et montrait une photo de jeunes maquisards varois FTP assassinés par les Allemands en 1944.

4 Claude Roddier est la fille de Gleb Sivirine, arrivé en France en 1919 qui entre dans la Résistance, d’abord dans un réseau marseillais, puis qui devient le chef d'un maquis MUR (Mouvements Unis de la Résistance) du Var, le maquis Vallier"

Sylvie Pillé Lesou

D'autres photos représentant ce jour anniversaire.

Le ruban de Saint Georges est omni présent dans la manifestation

Le ruban de Saint Georges est omni présent dans la manifestation

Le Président Poutine dans le défilé avec la photo de son père.

Le Président Poutine dans le défilé avec la photo de son père.

Natalia Poloskaïa, Procureur de Crimée.

Natalia Poloskaïa, Procureur de Crimée.

L'escadrille Normandie-Niémen, engagée dans le combat auprès des russes.

L'escadrille Normandie-Niémen, engagée dans le combat auprès des russes.

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La trêve n’existe pas. par Hélène Richard-Favre

19 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme

18/05/2015

La trêve n’existe pas

 

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Laurent Brayard est Français, journaliste, a vécu longtemps à Moscou.

Il vient de publier un ouvrage consacré à la problématique ukrainienne,

 

L’Ukraine le royaume de la désinformation.* 

 

De retour du Donbass, dans l’Est de l’Ukraine, il nous a livré ses impressions.

 

 

Laurent Brayard, qu’avez-vous découvert dans cette région de l’Ukraine qui vous a le plus marqué ?

 

Le courage incroyable d’une population digne. La vie, pour elle, continue alors que les tirs d’artillerie ne cessent pas, surtout la nuit, sans compter l’ambiance des destructions dans la ville. Mais ces gens sont tellement incroyables qu’ils relèvent immédiatement les ruines, nettoient et remettent en état ce qui est possible de l'être. Au-delà des ruines, des routes défoncées et parsemées de cratères d’obus, au-delà des forces ukrainiennes aux portes de Donetsk, du Donbass, ces gens qui n’ont plus grand-chose, font preuve d’une extraordinaire solidarité. L’aide humanitaire arrive au compte-goutte de la Russie, du côté de l’Occident, les Ukrainiens pratiquent un blocus total, la situation sanitaire est mauvaise, la disette guette.

Dans une soupe populaire que nous avons visitée, on y partage la conserve de viande en 30 portions mélangées à du Kacha, à des céréales ou à un autre plat rudimentaire. La boîte de sardines est répartie en 20 portions… Il n’y avait qu’une semaine de réserves, et encore, sans plus de pâtes, quasiment rien, en fait.

Les habitants ont mis en place un pain « républicain » à 2,8 grivnas les 600 grammes, soit environ 10 centimes d’euros, une sorte de loi du Maximum (comme sous la Révolution française) pour empêcher les spéculateurs de proliférer. L’essence manque, beaucoup de magasins sont fermés, les banques ne fonctionnent plus, victimes du blocus et j’en passe. Mais quel courage ! Ces gens sont incroyables. 

 

Au-delà de l’émotion, certes et obligatoirement forte que vous avez dû ressentir, quelle analyse de la situation livreriez-vous ?

 

Le front est tenu fermement, les Ukrainiens se renforcent chaque jour, ils reçoivent des instructeurs, énormément d’argent des USA et de l’Union européenne, achètent des armes malgré la situation économique grave qui les frappe également du côté de Kiev qui pourrait pourtant bien avoir la tentation d’écraser les Républicains du Donbass. Les Ukrainiens sont encouragés par l’inertie de l’Union européenne et par le grand soutien qu’ils reçoivent, par exemple, puissamment de France, du gouvernement, de personnalités politiques.

La trêve n’existe pas, en réalité, les Ukrainiens tirent tous les jours sur les positions des forces des deux Républiques de Donetsk et Lougansk. Ils espèrent l’embrasement et multiplient les provocations. L’affaire se décidera, soit dans un nouveau bain de sang voulu par Kiev, dont l’Union européenne et les Etats-Unis rendront coupable la Russie, soit par une nécessaire négociation finale mais cette fois avec les représentants des Républiques. Leurs habitants ont déjà choisi l’indépendance, mais en Europe il est dit que des élections doivent être tenues ! Elles ont déjà eu lieu, les citoyens ont proclamé leur liberté… par un référendum et élu un gouvernement.

Une intense vie politique et démocratique existe déjà dans le Donbass, il n’y a pas d’armée russe, c’est un mensonge éhonté, je suis allé jusqu’à 500 mètres de l’aéroport, à l’arrière immédiat du front, cela tirait. Pendant tout mon séjour je n’ai pas vu le moindre véhicule, bataillon, régiment ou division de l’armée russe.

Mais on persiste à dire que 50 000 soldats russes sont dans le Donbass ! C’est un terrible mensonge dont les gens du Donbass meurent.

 

Un avenir plus stable est-il envisageable ? Et si oui, selon vous, qui semble le souhaiter vraiment ?

 

A mon sens, oui, c’est possible, il faudra bien que tous s’assoient autour d’une table, il faudra bien que le Donbass soit reconnu indépendant, ces gens sont libres, ils ont choisi, ils ont décidé démocratiquement et sans la Russie. Soutenir le contraire est une absurdité totale. Que ces journalistes français qui le prétendent fassent comme moi, qu’ils s’y rendent et fassent leur travail, pour une fois ! Qu’ils ne donnent pas qu'une seule opinion, celle des Ukrainiens de la Junte de Kiev et alors nous pourrons espérer aussi changer les choses, ici, en France. Le combat du Donbass est le nôtre, ces gens soulèvent un immense espoir, celui de comprendre que nous aussi, nous avons été un peuple libre et que nous pouvons le redevenir, rappelons-nous que nous sommes les fils des Lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et de la Résistance.

Quant à la paix, elle n’est souhaitée par aucun des deux camps, du point de vue des militaires, mais les peuples ukrainiens et russophones du Donbass aspirent massivement à la paix.

Toutefois, le sang a coulé, cette paix ne pourra se faire que dans le respect de l’intégrité morale, physique et idéologique des deux parties. Et cela signifie la reconnaissance de l'indépendance pour les deux Républiques. 

 

Merci, Laurent, d’avoir répondu à nos questions.

 

Merci à vous, Hélène, de m’avoir donné la parole. 

 

*  http://livre.fnac.com/a8168017/Laurent-Brayard-Ukraine?Origin=fnac_google.
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