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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Une leçon de politique de la part de la vice-présidente du parti "Die Linke".

8 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #Grèce, #La dette, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme

Intervention de la députée allemande Sahra Wagenknecht devant le parlement allemand le 19 mars 2015. Vice-présidente du parti de gauche allemand "Die Linke", Mme Wagenknecht est une personne dotée d'un certain franc-parler, comme vous allez le constater vous-même. Notez la présence de Mme Merkel et de M. Schauble (ministre allemand des Finances) et leurs réactions en direct au discours aussi provocant que pertinent de cette députée allemande qu'on aimerait certainement voir plus souvent en France.
Plus d'infos sur www.ilfattoquotidiano.fr

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Comment on manipule les masses

8 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #la liberté, #Politique étrangère, #Ukraine, #La Russie, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE

Comment on manipule les masses

Le présentateur de la chaîne "Méta TV" explique ce que devrait être l'information.

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Les Etats-Unis vont rétribuer le personnel du gouverneur ukrainien d’Odessa Mikheïl Saakachvili

7 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #L'OTAN., #La guerre, #le nazisme, #Terrorisme

Les Etats-Unis vont rétribuer le personnel du gouverneur ukrainien d’Odessa Mikheïl Saakachvili

Mikheïl Saakachvili, gouverneur de la région d’OdessaSource: Reuters
Mikheïl Saakachvili, gouverneur de la région d’Odessa

Le gouvernement américain va payer les salaires du personnel de l’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili qui occupe en ce moment le poste de gouverneur de la région d’Odessa, en Ukraine, lit-on sur sa page Facebook.

«Dans le cadre de la lutte d’Odessa contre la corruption, le gouvernement américain est tombé d’accord pour fournir les fonds pour payer les salaires de la nouvelle équipe de [Mikheïl] Saakachvili», a écrit le gouverneur sur sa page Facebook après sa rencontre avec Geoffrey Pyatt, ambassadeur américain en Ukraine.

Il a de plus a indiqué que la police américaine de Californie allait «former la nouvelle police d’Odessa». Pyatt a exprimé à plusieurs reprises son soutien au gouverneur Saakashvili. Plus tôt dans le mois, il a dit que Washington «soutenait pleinement Mikheïl Saakachvili et son équipe, et ferait tout son possible pour que son mandat soit un succès».

 

Les autorités américaines ont récemment envoyé d’autres instructeurs pour la formation des forces locales en Ukraine. En avril, des parachutistes de la 173e brigade aéroportée américaine basée à Vicenza, en Italie, sont arrivés dans la ville de Lvov, située à l’ouest de l’Ukraine, pour former les troupes du gouvernement ukrainien. Après quoi Pyatt avait publié sur son compte Twitter plusieurs photos des parachutistes américains marchant à travers la ville.

 

Saakachvili a été désigné par le président du pays Petro Porochenko gouverneur de la région d’Odessa en mai. Il a aussi obtenu la citoyenneté ukrainienne sous la présidence du successeur de Ianoukovitch, ce qui l’a rendu éligible pour le poste.

L’ex-président géorgien Mikheil Saakachvili, au pouvoir de 2004 à 2013, fait face à de nombreuses accusations dans son pays où on lui reproche notamment d’avoir détourné plus de 4,5 millions d’euros et d’avoir utilisé la force contre des protestataires lors des manifestations de 2007. Il doit en outre faire face à des accusations de corruption.

 

 

Le bureau du Procureur général géorgien a entamé une procédure pénale contre lui et l’a placé sur la liste internationale des personnes recherchées. Et en février 2015, Tbilissi a publié une demande d’extradition de Saakachvili, mais Kiev a refusé de s’y plier en dépit de l’accord d’extradition signé entre les deux pays. Mikheil Saakachvili est connu pour sa forte position antirusse et bénéficie d’un soutien important des Etats-Unis.

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Arménie : les révolutions de couleur. Autopsie et travaux pratiques

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #La paix, #L'armée française, #L'OTAN., #La guerre

Arménie : les révolutions de couleur. Autopsie et travaux pratiques

Par Joaquin Flores – Le 27 juin 2015 – Source FortRuss 

Manifestation à Erevan. Juin 2015

La protestation Erevan électrique nous fournit une excellente occasion de revoir certains des mécanismes de base sous-jacents et la psychologie de la tactique des Révolutions de couleur. Il est important de les partager publiquement, car il est en effet probable que cette tactique sera de plus en plus employée dans le monde comme un hybride de soft/hard power.

 

Un principe moral soutenu par Gene Sharp, l’un des principaux développeurs de la tactique, était que la violence n’est pas nécessaire pour la révolution. Ce qui est étrange, contradictoire, et même malhonnête ici, c’est que, avec ce principe, la violence est réduite à la seule violence physique des forces de sécurité de l’État contre les civils. Mais nous savons que la violence prend de nombreuses formes.

Nous vivons dans une époque de grande violence ; psychologique, juridique, physique, spirituelle, économique. Non seulement la tactique des Révolutions de couleur a généré les violence précitées, mais sa mutation dans la tactique des Printemps arabes fleuris recourt aussi à une violence physique odieuse. Nous pouvons voir aujourd’hui des dizaines de milliers de morts en Libye, des centaines de milliers en Syrie, et des chiffres en Ukraine qui menacent de dépasser les précédents.

Changement non-violent en Syrie

 

Les novices dans la science et l’activisme politiques peuvent être attirés par le spectre et le spectacle de la méthode des Révolutions de couleur qui a caractérisé les mouvements visant un changement social radical dans la dernière génération. Les symboles sont devenus des emblèmes et des clichés : la ville de tentes, les faux morts allongés, la fille qui dépose des fleurs dans les fûts des armes à feu de la police, des canons à eau et des gaz lacrymogènes, le poing sur le drapeau.

Ce qui manque, bien sûr, de ce point de vue, est une compréhension des forces sociales réelles dans une société, les classes et les forces économiques. Pendant quarante ans, le véritable militantisme, le syndicalisme militant ont été marginalisés. En lieu et place de l’action directe contre la classe dirigeante sur les lieux mêmes qui font leur richesse, on nous a montré en boucle, comme la bobine d’un film sans fin, une simulation étrange de l’activisme étudiant de la fin des années 1960.

D’autres ont pris sur le fait les États-Unis qui ont financé ces mouvements de protestation, et que ces mouvements spontanés de la base sur le terrain sont en fait des exercices sur une pelouse artificielle. Et encore maintenant, on comprend mal comment les États-Unis voyaient ces gouvernements avant d’essayer de les déstabiliser.

Une chose souvent méconnue du public, à propos de la tactique des Révolutions de couleur, par ceux qui savent que les États-Unis sont derrière elles, est que les gouvernements ciblés par les États-Unis pour un changement de régime ne sont pas seulement ceux qui ont apparemment de mauvaises relations avec eux, mais, aussi bien, les gouvernements qui ont avec eux des relations généralement amicales. En gros, ce dernier cas est le plus fréquent. Nous allons explorer cet aspect en ce qui concerne l’Arménie.

Nous allons aussi examiner quelques-unes des méthodes utilisées dans l’application de cette tactique en Arménie et le cadre psychologique et technique général des méthodes d’organisation.

Gene Sharp – Un non-violent.

Pourquoi les USA veulent-ils changer les régimes ?

Dans la tactique des Révolutions de couleur, les États-Unis peuvent cibler pour un changement de régime des pays avec lesquels ils ont eu des relations généralement constructives, mais dont les liens sont devenus de plus en plus problématiques. Cela peut être aussi des pays généralement amicaux qui refusent d’engager les ressources exigées pour remodeler l’équilibre des forces régionales, comme avec Moubarak en Égypte, qui était réticent à intervenir en Syrie. Une autre raison peut être que le pays visé entretient une relation naturelle avec d’autres pays de sa région, qui, indépendamment de la position officielle du gouvernement, favorise certaines relations et des évolutions qui sont contraires aux intérêts économiques et méta-politiques américains. Dans ce dernier cas, il peut être souhaitable d’appliquer une politique de la terre brûlée, connue sous le nom d’État failli, afin de détruire les fondements matériels de la cohérence économique et politique de ce pays.

Compte tenu de l’échec de la Révolution orange pour déjouer les relations avec la Russie, la situation en Ukraine peut être un exemple de cette stratégie de la terre brûlée contre un État failli. En conclusion, la tactique Révolution de couleur est compatible avec toutes sortes de stratégies, et peut participer à la recherche d’un certain nombre de résultats souhaités. En tant que telle, c’est une arme très utile pour celui qui sait la manier.

Comment mettre en œuvre un changement de régime ?

Dans cette tactique, les USA peuvent effectivement rester cachés. Ils travaillent à créer ou au moins à catalyser une situation, qui est exploitée ensuite. A partir des études de l’un des pionniers de la tactique des Révolutions de couleur à Dartmouth et à Harvard, Gene Sharp, dont le travail suit celui de Saul Alinsky et d’autres, nous pouvons réfléchir sur les vérités suivantes :

1. Les gens pensent souvent pouvoir redresser des griefs politiques par des protestations de citoyens ; dans un cadre juridique constitutionnel, les protestations des citoyens sont légitimes.

2. Les malversations des marchands et des intérêts privés, entreprises, multinationales, consortiums d’investissement, etc., sont souvent la source du mécontentement de la population.

3. Alors, c’est l’approbation par le gouvernement de ces intérêts privés (ou l’incapacité à travailler contre) qui, en gros, devient l’objet de la protestation des citoyens.

4. Les gens comprennent généralement que l’un des acteurs (tels que les États-Unis) peut tirer profit d’être d’un côté dans un conflit donné. Mais l’idée qu’un seul acteur peut simultanément créer le problème, provoquer une réaction du public, puis présenter une solution programmée à son goût étonne beaucoup de gens, car soit c’est difficile à comprendre, soit c’est conspirationniste par définition.

5. Ainsi, les États-Unis peuvent, avec un niveau relatif de transparence publique, être les promoteurs et les principaux bénéficiaires, à court terme, des intérêts privés décrits ci-dessus, tout en utilisant simultanément le mécontentement du public, que ces intérêts privés produisent logiquement, comme un moyen pour tirer parti à long terme des pressions sur ce même gouvernement, jusqu’à y provoquer un changement de régime.

Le cadre de base des protestations de la Révolution de couleur en Arménie, Erevan électrique, est un excellent exemple de cette dynamique. Les raisons pour lesquelles les Arméniens moyens participent et soutiennent ces manifestations sont naturelles, et même du point de vue de l’intérêt public, dignes d’être soutenues, au départ. Les États-Unis, au travers de leurs réseaux actifs d’ONG et de sociétés de bienfaisance sponsorisées par les multinationales, cherchent à orienter ces protestations dans un sens anti-russe.

Pourquoi les USA veulent un changement de régime en Arménie

Lorsque l’Arménie a rejoint l’Union économique eurasienne le 2 janvier 2015, elle a fait l’histoire. C’est une décision civilisationnelle qui définirait sa relation avec le monde pour la période à venir. Les États-Unis l’ont vu venir, en partie à cause des élections précédentes. Les États-Unis avaient été un partenaire de longue date dans divers projets économiques et politiques arméniens depuis l’effondrement de l’URSS il y a près de vingt-cinq ans.

L’Arménie n’a jamais perdu ses liens étroits avec la Russie, et dans la période précédente – qui, dans la politique étrangère des États-Unis, s’est terminée avec la crise économique de 2007, pourrions-nous dire – il était acceptable pour les États-Unis, dans le cadre de leur relation tiède avec la Russie,  que l’Arménie entretienne de bonnes relations avec cette dernière.

Néanmoins, les États-Unis n’ont jamais perdu de vue l’importance de l’Arménie pour la Russie, et vice-versa. Ils ont continué à jouer la politique d’une puissance régionale, en encourageant et en promouvant les conflits pré-existants et les récits historiques problématiques entre l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie.

Dans la mesure où les États-Unis ne pouvaient pas améliorer de façon décisive leur base de pouvoir en Arménie, ils y ont promu simultanément une politique d’affaiblissement (similaire à leur politique en Serbie), qui a favorisé considérablement la Géorgie et d’autres. À la fin de 2014, les États-Unis ont pris une décision importante.

En effet, lorsque les vents du changement ont commencé à souffler il y a quelques années en Arménie, les États-Unis ont changé de politique. Ils ont nommé un nouvel ambassadeur en décembre 2014 et ont déclaré qu’ils allaient sensiblement réduire leur financement et leur assistance à l’Arménie, et mettre fin à plusieurs projets en cours. Les élections présidentielles du 13 février 2013, ainsi que les élections législatives du 6 mai 2013, ont été critiques. L’adhésion de l’Arménie à l’Union eurasienne était discutée depuis quelques années, et les efforts des États-Unis pour changer cette orientation ont finalement échoué.

Pour comprendre le contexte général, il faut remonter à 1994. L’Arménie a alors rejoint l’importante Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Celle-ci, comme on sait, a été construite par la Fédération de Russie avec les anciennes républiques soviétiques en remplacement de la structure de commandement unifiée de l’armée soviétique.

Malgré la volonté de l’Arménie de diversifier ses partenariats à l’échelle mondiale (y compris dans les marchés de l’énergie qui sont critiqués dans le contexte de la Révolution de couleur Electric Erevan), la période post 2007 a été caractérisée par un changement dans la tolérance des États-Unis à l’égard des politique étrangères équilibrées ou multipolaires des autres pays. Les États-Unis n’ont jamais été un parangon des libertés du marché libre, mais au contraire, en tant qu’acteurs réalistes sur la scène mondiale, ils ont toujours utilisé, dans leur vaste répertoire, les protections tarifaires, les accords d’exclusivité et la diplomatie de la canonnière à la poursuite de leurs propres intérêts. A savoir les intérêts de l’élite oligarchique dirigeante. Mais la surenchère vis-à-vis des nations du BRICS et de leurs amis a considérablement changé le climat et les règles du jeu.

Malgré la volonté de l’Arménie de permettre à des entreprises américaines et à leurs ONG d’opérer dans le pays, elle est membre de l’Union eurasienne et de l’OTSC, ce qui demeure la principale raison des USA pour la cibler avec un changement de régime.

Pourquoi les États-Unis pensent-ils qu’il peuvent obtenir un changement de régime en Arménie ? 

Comme nous l’avons expliqué, l’utilisation par les États-Unis de la tactique des Révolutions de couleur ne nie pas le fait que le gouvernement arménien a fait face à un mécontentement massif du public sur plusieurs questions en cours. Parce que l’économie publique et le budget de l’Arménie sont très liés à l’économie mondiale, les initiatives du gouvernement d’augmenter les prix ou les taxes liées aux services du secteur public sont essentiellement une reconnaissance publique du fait économique ; la reconnaissance d’une réalité dont l’origine est bien au-delà des frontières de l’Arménie ou de la portée de son gouvernement.

Un certain nombre de manifestations ont précédé celle-ci, et alors qu’elles étaient populaires pour des raisons valables, elles étaient aussi un terrain d’entraînement pour les organisateurs de Electric Erevan.

Les protestations ont eu lieu il y a deux ans, lorsque le gouvernement a indiqué son besoin d’augmenter le tarif des transports de 50%. Dans ce cas, le public a protesté pendant une semaine et le gouvernement a écouté ses demandes.

Ce type de protestation s’est également produit l’année dernière en opposition à un nouveau système de fonds de pension, et la lutte pour l’abolir a duré six mois.

Mais ce qui a été promu par la direction des ONG au sujet des manifestants dans ces deux mouvements politiques contestataires est que les gens font cela sans aucune direction ou organisation.

Parce qu’il y a une histoire de l’organisation des manifestations, avec les organisateurs prenant des notes et perfectionnant diverses méthodes et stratagèmes sur le terrain, les organisateurs financés par les US peuvent maintenant croire qu’ils sont dans la position d’intensifier l’actuelle protestation vers un scénario de changement de régime.

Ils pourraient le croire, car elles se sont intensifiées. Dans le travail et l’action d’organisations syndicales et communautaires, la planification fonctionne par la méthode de l’escalade. Chaque étape qui dégénère est plus difficile à calmer, mais il est aussi plus difficile pour la cible de résister. Si vous avez évalué avec précision les résultats de votre organisation jusqu’ici, et si les escalades antérieures ont réussi, alors la prochaine étape signifie une meilleure chance de succès.

Maintenant, cette protestation surnommée Electric Erevan, organisée sous le nom de projet Non au pillage, contre l’augmentation du coût de l’électricité, est promue comme une protestation interne auto-organisée qui n’a pas de leader ni  d’affiliation politique, y compris avec l’opposition.

Les militants affirment, et beaucoup le croient, qu’il n’y a pas de dimension politique, pas de slogans politiques, et aucun appel à la démission. Ils affirment qu’ils ne sont contre aucun pays (Russie), ni en faveur d’autres pays ou organismes internationaux (États-Unis ou l’Otan), et qu’ils n’appellent pas à la révolution ni n’exigent un changement de politique du gouvernement.

A ce stade, nous pouvons voir qu’ils ont tenté de présenter les protestations comme étant neutres politiquement, et demandant uniquement une enquête sur le fonctionnement des réseaux électriques de l’Arménie.

La demande des protestataires révèle la véritable cible

La raison pour laquelle cette demande est en effet politique, géopolitique, géostratégique, est que le distributeur d’énergie Réseaux électriques d’Arménie est contrôlé par l’un des successeurs du géant russe de l’électricité, Unified Energy System of Russia (RAO UES). En vertu d’un plan de réorganisation de 2008, RAO UES a  techniquement cessé d’exister, avec 51% des parts de l’État largement privatisées, mais le réseau successeur continue communément d’être appelé par ce nom par habitude, et parce que les différentes entités sont essentiellement gérées de la même manière centralisée.

Ce qui en fait un narratif parfait pour diriger ce mécontentement dans le sens anti-russe, et jeter le blâme sur la relation du gouvernement avec des entreprises russes. Le but de cet appel à une enquête sur les réseaux électriques de l’Arménie est plus clair quand nous comprenons qui les organisateurs de la manifestation ignorent : la société américaine ContourGlobal.

ContourGlobal a acheté le Vorotan Hydro Cascade, un complexe composé de trois centrales hydroélectriques, le 6 juin 2015. ContourGlobal a ensuite augmenté ses coûts d’exploitation prévus, forçant la main du gouvernement pour qu’il répercute l’augmentation sur les consommateurs par le biais du distributeur, Réseaux électriques d’Arménie.


En d’autres termes, les exigences des organisateurs des manifestations excluent à la fois les faits et l’histoire récente de la question, en se concentrant plutôt sur un élément en aval, le distributeur.

Plutôt que d’exiger la socialisation de Vorotan Hydro Cascade, les organisateurs de la protestation – non sans raison – orientent hystériquement le public dans une direction anti-russe. Cette hystérie se concentre seulement sur les réseaux électriques de l’Arménie et son contrôle par RAO UES. Cette relation est renforcée par l’Union eurasienne.

Les économies d’échelle ont tendance à fournir des biens et services à un coût inférieur à celui d’opérations de moindre envergure. L’Arménie a une population d’environ 3 millions de personnes. RAO UES, dans le sillage de l’effondrement de l’URSS, était bien placée pour gérer les affaires de Réseaux électriques d’Arménie. RAO UES a essentiellement hérité du système utilisé par l’URSS, qui avait été conçu pour maximiser la production sur une base non lucrative, en utilisant un système de gestion centralisée. Cependant, RAO UES et ses successeurs ne sont plus à but non lucratif, et l’indignation du public porte sur le fait qu’un utilitaire de base comme l’énergie soit géré dans un but lucratif.

Néanmoins, on peut croire au premier abord que la demande limitée de se concentrer seulement sur la RAO UES pourrait être assez bénigne : tenir compte des exigences des manifestants, mener l’enquête et gérer les postes budgétaires concernés, ou s’endetter davantage afin de subventionner le coût des hausses de tarif.

Organiser et manipuler: la course à l’escalade

En fin de compte, la tactique des Révolutions de couleur – en empruntant à la riche histoire des protestation sociales par les mouvements de gauche, étudiés par Saul Alinsky dans Règles pour les radicaux – commence avec des exigences minimales avant de passer à des maximales. Cela déplace le mouvement de protestation au départ relativement bénin, basé sur un cadre populaire de manifestation pacifique et des exigences apparemment réalistes et nécessaires, vers une scène de chaos et de désordre qui oblige les forces de l’ordre à agir, ce qui finalement délégitime le gouvernement déjà chancelant.

Les exigences changent au fur et à mesure que les choses changent ; la nature de la tactique Révolution de couleur implique toujours une liste de demandes qui évoluent et changent selon les étapes d’une planification stratégique. Chaque réforme que le gouvernement accepte à titre de compromis, pour répondre aux exigences des organisateurs de la manifestation, n’est pas considérée par ces derniers comme un signe de bonne volonté de la part du gouvernement.

Les concessions sont plutôt utilisées comme une preuve que le gouvernement a eu tort dès le départ, la preuve aussi que tous les excès présumés dans l’application des lois étaient en effet des actes criminels, et la preuve enfin que le peuple est de plus en plus fort, que le gouvernement a peur, qu’il est faible et divisé, et que le moment est venu d’aller de l’avant avec de plus en plus de demandes.

Alinsky fait une distinction intéressante entre l’organisation et la manipulation. Il y a organisation lorsque le deus ex machina agit dans l’intérêt de ceux qui sont dirigés. La manipulation, c’est l’inverse : le leader agit contre les intérêts de ceux qu’il dirige. Compte tenu des résultats de la tactique Révolution de couleur dans les dernières décennies, l’adoption par les États-Unis de l’œuvre de Alinsky correspond probablement à la dernière description; et par les propres idées qu’ils professent, les employés et les bénévoles de ces ONG US adossées à Electric Erevan devraient être appelés manipulateurs et non organisateurs.

De la révolte à la révolution : la psychologie de la dynamique de groupe

La psychologie de groupe des protestataires qui campent à Erevan change de jour en jour. Plus les manifestants passent de temps ensemble, plus ils ont des souvenirs communs et plus ils pensent et agissent comme une seule entité. Le ton du mouvement de protestation devient plus sévère, plus fataliste : il devient l’ultime position finale. Les manifestants sont manipulés par les organisateurs et perdent tout sens de l’histoire ou de la proportion. Ceux qui parlent le plus, qui appellent à des réunions régulières, semblent des personnages charismatiques honnêtes et naturels. Ils projettent et communiquent symboliquement la bonté. En réalité, ils sont très entraînés, et leur première tâche est de minimiser ou de dissimuler l’organisation qui les a embauchés et formés, et le caractère organisé de la procédure. Le témoignage sous serment des participants réguliers du campement affirmant qu’il n’y a pas de leadership est un témoignage honnête ; la simulation a été très bien exécutée.

Une autre raison pour laquelle les manifestants réguliers en Arménie ne croient pas qu’ils sont menés, est que le leadership est souvent conçu comme une seule personne, attirant les gens à elle.

Le leadership est conçu comme étant assuré par des gens qui parlent bien, professionnels, comme les gens que nous voyons à la télévision, comme ceux qui remportent les élections.

Alinsky enseigne dans les Règles pour les radicaux que le leadership ne s’exerce pas en tirant les gens à soi, ou en se tenant debout à l’avant, mais plutôt en poussant par derrière. La plupart des gens ne veulent pas diriger les autres, et ils craignent de parler en public. Les tactiques des syndicats et des organisations communautaires enseignent que les leaders efficaces agissent comme s’ils ne voulaient pas diriger, ils peuvent même feindre un peu d’inconfort et d’humilité à parler publiquement. La masse commence alors à s’identifier très intimement avec cette personne qui conduit en poussant.

Comment le 1% prétend être les 99%

Une méthode de la tactique utilisée en Yougoslavie, en Syrie, en Ukraine, en Macédoine, et en Arménie, fonctionne de cette manière, elle est identique à la méthode d’incitation à l’émeute : dans une foule d’un millier de personnes, dix ou quinze individus crient dans la foule. Leurs paroles sont émouvantes, leurs sentiments semblent honnêtes ; mais leur calendrier et son contenu sont programmés. Ils peuvent sembler en désaccord les uns avec les autres sur des questions mineures, mais ils sont d’accord sur l’essentiel – les choses doivent dégénérer et «nous ne partirons pas, jusqu’à la victoire». L’État va riposter «et nous devons être prêts à rester ici pour supporter leur violence. Ils utilisent la violence parce qu’ils ont peur de nous, cela prouve que nous allons gagner et ils le savent».

Bien que représentant au départ seulement 1% des manifestants, leur monopole sur le temps et le message crée un sentiment d’unanimité, de consentement mutuel, et un consensus au sein de la foule. Chaque individu croit, à tort, que ce que ce que disent ces organisateurs infiltrés reflète l’opinion de la majorité ; mais à travers ce processus, la simulation du consensus est réifiée et, dans la réalité, devient le point de vue majoritaire.

La science des organisations montre que les manifestations de masse sans organisation ni leadership ne se produisent pas de manière efficace, voire pas du tout. Quand elles sont efficaces et apparaissent comme spontanées et sans chef, c’est intentionnel de la part des organisateurs de la manifestation.

Freud et l’anarchisme

Cette attraction de masse pour la résistance spontanée s’inscrit dans une variante simplifiée émotionnelle de l’anarchisme / idéalisme radical-libéral : des conceptions abstraites de la liberté qui sont irrationnellement connectées à la vie matérielle physique.

Ces concepts sont souvent compris et même verbalisés comme des préoccupations sociales sur les conditions de travail, les attentes sociétales sur le sexe ou sur les actes répréhensibles du gouvernement ou des multinationales. Cependant au niveau subconscient, ces aspirations à la liberté sont enracinées dans les conflits concernant des questions existentielles innées à l’expérience humaine, et subsistent au niveau de la psyché comme une force motrice. Ce qui est écrit, fort à propos, avec une clarté remarquable par les théoriciens de la Révolution de couleur, et emprunte énormément à l’œuvre de Sigmund Freud Malaise dans la civilisation.

Pour Freud, les êtres humains ont évolué sur des millions d’années dans des conditions de pré-civilisation, où l’expérience humaine s’est forgée dans une lutte pour la survie marquée par l’adversité.

Ainsi chaque concession par le gouvernement tend à résoudre des problèmes réels, mais excite simultanément la nature illimitée de l’imagination en ce qui concerne le domaine des possibilités ouvertes. Ainsi, les demandes initiales relativement simples des manifestants ne sont, ou n’étaient pas, aussi importantes que ce qu’en disent les organisateurs à un moment donné. Ce qui importe est le jeu des forces et la création de nouveaux faits accomplis sur le terrain, qui génèrent à leur tour des changements dans la conscience collective. Dans le contexte de nombreux acteurs mondiaux avec plusieurs hégémonies concurrentes, il est irrationnel de penser que ces hégémonies ne se font pas concurrence pour le contrôle du mouvement de protestation. Dans de nombreux cas, ils l’ont financé.

Ce que nous pourrions attendre des manifestants

A un stade ultérieur de la manifestation, les médias occidentaux se concentrent uniquement sur certaines personnes qui ont déjà été sélectionnées par les organisateurs pour être interrogées. Cette situation est commune à la fois dans les syndicats et les organisations communautaires aux États-Unis. Les délégués du personnel seront les seuls à parler aux médias quand ils se présentent comme des manifestants ; ils sont presque impossibles à distinguer visuellement, ils semblent seulement un peu plus cultivés ou intelligents que la moyenne. Il est souhaitable de préparer des éléments de langage à destination des manifestants sélectionnés qui pensent déjà ce que vous voulez qu’ils disent avant de les présenter aux médias.

Cela nécessite aussi un encadrement qualifié pour les liaisons et les communications aux médias travaillant pour l’ONG, mais surtout une participation volontaire de ces derniers. La BBC, CNN, et d’autres relais similaires de la propagande de l’Otan , sont toujours prêts à coopérer.

A ce stade, plus tard, la personne interrogée pourra exagérer, inventer, ou fausser le récit sur la nature de l’intervention de la police qui sera livré à l’audience du public occidental, avec les références culturelles occidentales appropriées et les récits qui justifient des changements dans l’action de leurs propre gouvernements contre le régime ciblé.

D’autres fois, la BBC, CNN et les autres vont purement et simplement inventer ou  lire un script qui explique la présence des manifestants. Ils diront seulement :

«Après la répression brutale par les forces de sécurité du régime, ce qui a commencé comme une protestation sur les tarifs de l’électricité s’est transformé en une manifestation demandant la démission du gouvernement.»

Le spectateur voit, en direct ou sur des images d’archives tournées quelques semaines auparavant, des dizaines de milliers de manifestants qui sont là tout simplement pour protester contre les tarifs d’électricité. Mais il entend en même temps le récit de la BBC. Dans cette présentation des faits, le langage et les images se combinent pour créer une perception basée sur le fait que les images sont la preuve du commentaire. Ainsi, la combinaison de sons et d’images des médias crée une vérité distincte de ce qui s’est effectivement produit.

Cela va créer la justification dont l’Ouest a besoin pour sanctionner et engager d’autres formes de guerre du genre Printemps arabe contre le régime cible. Il faut maintenant comprendre comment une Révolution de couleur se transforme en Printemps arabe.

Comment contrer la Couleur avant le Printemps

Ce que le gouvernement arménien peut faire est d’utiliser la même science de l’organisation, et travailler les protestations dans le sens inverse. Il ne devrait pas, dans la plupart des cas, engager les forces de l’ordre pour expulser les campements. Au contraire, il doit couper la tête et prendre le contrôle du corps.

Les gouvernements ciblés par cette tactique ont besoin de leur propre équipe d’organisateurs communautaires et de travailleurs contestataires pour infiltrer et contre-agiter, en utilisant les mêmes méthodes de direction en coulisse pour discréditer les leaders établis sur le terrain. Dans certains cas, des bagarres à mains nues peuvent être provoquées avec les organisateurs identifiés afin de justifier leur éloignement individuel du site. C’est pourquoi ces gouvernements  devraient déjà avoir une opération miroir en place ; nous avons vu celle utilisée avec une grande efficacité à la fois par la Russie et par la Macédoine.

Ensuite, ils doivent agir à l’extérieur pour arrêter les organisateurs au prétexte de diverses charges, hors caméra. Les tribunaux doivent être prêts à commander des saisies d’actifs des ONG, des fermetures de bureaux, même temporaires, et même si les fonds sont finalement restitués.

Le campement des manifestants sur le terrain est considéré comme une forteresse. Une intervention directe des services de sécurité du gouvernement contre les manifestants sera perçue comme un crime contre l’humanité.

La méthode correcte contre cette situation est de mener une contre-siège. Le campement fonctionne sur un réseau d’approvisionnement par des lignes à la fois réelles et virtuelles. Ces lignes doivent être coupées, tout en facilitant leur accès aux agents du gouvernement qui font le contre-travail. Finalement, la ligne normale prévaudra comme le modèle prédominant parmi les manifestants, les anciens dirigeants seront marginalisés, et de nouveaux leaders sains pourront émerger.

Alors seulement le gouvernement pourra annoncer des concessions, dans le cas de l’Arménie, l’abrogation de la hausse des taux ou une sorte de subvention. Une concession du gouvernement avant que le leadership de protestation adéquat soit mis en place ne conduira qu’à amplifier les crises, comme décrit précédemment.

Pour les prévenir, en premier lieu, et en visant à long terme, les sociétés doivent travailler à créer une vie culturelle riche, basée sur des amis et des familles, et sur des associations fondées sur des buts collectifs. Ceux-ci peuvent être construits et consolidés quelle que soit la façon dont la tradition les fournit. Cela peut être renforcé en opposition à la vie relativement futile proposée par le libéralisme commercial occidental dans le modèle du consommateur individualiste. Le modèle occidental engendre l’aliénation, la dépression, l’introversion, la répression et l’angoisse. Ce sont des conditions préalables pour que ces problèmes psychologiques négligés soient redirigés et se manifestent dans des mouvements de protestation qui perdent le sens des proportions et de la réalité.

Danse folklorique et vêtements arméniens

Enfin, une bonne culture ne peut pas résoudre ou masquer la corruption réelle émanant des aventuriers du capitalisme. Les problèmes économiques existants sont souvent d’ordre politique, comme dans le cas des marchés de l’énergie en Arménie. Les gens doivent apprendre à créer des mouvements sociaux réels qui ne soient pas une partie de la tactique des Révolutions de couleur. La différence est que ces dernières fonctionnent uniquement avec un soutien étranger massif, et principalement aussi par la façon dont le public occidental interprète les récits des médias, qui justifient l’action des gouvernements occidentaux contre les gouvernements cibles. La tactique reproduit aussi la méfiance et la division dans les sociétés, comme une règle et comme un objectif.

Si le gouvernement arménien n’avait pas permis la vente de l’une de ses ressources les plus précieuses aux États-Unis, il aurait eu plus de contrôle sur les coûts du distributeur d’électricité, et il n’y aurait pas eu une augmentation de prix.

Remédier à ce problème nécessite un changement dans les engagements et la réflexion en matière de gouvernance arménienne. Les infrastructures de base sont un élément essentiel de la vie économique et sociale, mais aussi une grande partie de la souveraineté. Les procureurs arméniens peuvent chercher à savoir à quoi les manifestants sont intéressés, et constater que les États-Unis se sont entendus pour créer ce problème afin de dynamiser l’instabilité en Arménie. Cela pourrait être utilisé comme un prétexte légal pour dénoncer l’accord avec ContourGlobal. Ensuite, l’État serait dans une bonne position pour nationaliser cette ressource précieuse d’électricité hydraulique.

Le mouvement de protestation redirigé pourrait ajouter la demande d’un comité de supervision publique indépendant, composé de dirigeants de confiance, d’universitaires et de lanceurs d’alertes. Ils auraient un droit de veto sur certaines décisions du conseil d’administration de l’entreprise hydro-électrique nationalisée.

Conclusion

Le mouvement de protestation à Erevan sur le projet d’augmentation du prix de l’électricité présente beaucoup de signes clairs de la tactique des Révolutions de couleur.

Les États-Unis eux-mêmes s’impliquent dans une grande partie du financement des mouvements de protestation, et ce dans le but de travailler contre les intérêts des manifestants eux-mêmes. Mais cela ne signifie pas que les exigences à Erevan et ailleurs ne sont pas légitimes, ou ne reflètent pas les intérêts réels du peuple. Ce n’est pas incompatible et il est difficile de le comprendre avec les seules lunettes de la dichotomie.

Les États-Unis créent des problèmes économiques concrets, exportent leur chaos. Ils interviennent ensuite de l’autre côté et gèrent l’orientation des efforts dans la lutte contre les problèmes qu’ils ont créés. Mais les solutions que celle-ci propose créent en fait davantage de problèmes.

Les organisateurs des protestations et les participants ont tendance à souligner que leurs objectifs sont limités, simples, définis et réalisables. C’est vrai dans les premiers stades, mais le discours peut changer rapidement lorsque les conditions sont remplies. Finalement, les organisateurs travaillent en étroite collaboration avec les médias occidentaux à façonner la perception des événements, restituant une réalité très différente de ce qui se passe effectivement. Ce formatage est d’abord destiné aux citoyens du pays cible, dans les médias locaux, dont les propriétaires font partie du réseau de l’Ouest.

Les gens dans la modernité ont tendance à partager des aspirations vagues et frustrées pour la liberté et l’individualisme, des sentiments que beaucoup de gens éprouvent, suite à l’impression d’avoir été incompris dans leur enfance. Les difficultés à grandir spécifiques à l’occidentalisation sont politisées d’une manière manipulatrice dans les schémas d’organisation politique post-modernes. Le sexe et la sexualité ne sont également pas hors du champ en termes de manipulation. Les problèmes abstraits ou innés, liés à l’expérience humaine, se concrétisent et prennent forme dans l’organisation des Révolutions de couleur.

Ils sont combinés avec de vrais problèmes concrets, souvent économiques et politiques, mais ils le sont de manière à ce que toutes les solutions réalisables et les concessions des autorités soient rejetés pour des raisons irrationnelles, basées dans le psychisme comme force motrice.

La tactique de la Révolution de couleur peut être renversée avant qu’elle n’arrive jusqu’au Printemps arabe si le régime ciblé a lui-même également accès à la technologie de l’organisation des communautés. Le siège occupé peut être infiltré, et les lignes d’approvisionnement peuvent être coupées.

La tactique de la Révolution de couleur exige certains pré-requis, y compris l’accès des États-Unis aux sociétés sous le couvert du pluralisme et de la société civile. Cet accès peut passer par des organismes de bienfaisance non lucratifs, dont les gestionnaires peuvent être forcés, pour commencer, à s’enregistrer comme organisation étrangère. Le problème est que certaines de ces organisations passent par l’ONU, donc un mouvement mondial de sensibilisation doit être entrepris contre l’abus des institutions des Nations Unies, complices des malversations de l’empire.

Les révolutions de couleur peuvent être évités si :

1. Il y a une monoculture multi-générationnelle forte qui donne aux gens un sentiment robuste des principes et de l’histoire de la communauté, ce que le modèle du citoyen ne fait pas. En effet, ce dernier modèle est atomisé dans des projets sociaux occidentaux et modernistes dans le moule de la société américaine.

2. Les actifs économiques et infrastructurels critiques sont des propriétés d’État gérées par l’État, et toutes les coupes nécessaires dans la santé, le logement, l’éducation et le bien-être général sont un dernier recours et non les premières mesures à prendre en cas de crise.

Joaquin Flores est un expatrié mexicain-américain basé à Belgrade. Il est analyste à temps plein et directeur du Centre d’études syncrétiques, un groupe public de réflexion géostratégique et de conseil, ainsi que le co-rédacteur en chef du service de nouvelles Fort Russ. Son expertise englobe la main-d’œuvre, la politique et l’organisation des communautés ainsi que la géopolitique de l’Europe de l’Est, de l’Eurasie, avec une forte compétence dans les affaires du Moyen-Orient. Flores est particulièrement habile à analyser l’idéologie et le rôle de la psychologie de masse, ainsi que les méthodes de la guerre de l’information dans le contexte de la G4G et des nouveaux médias. Il est politologue et a été formé à l’Université d’État de Californie. Aux États-Unis, il a travaillé pendant quelques années comme organisateur syndical, négociateur en chef et stratège pour une importante fédération syndicale.

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Washington est incapable d’empêcher l’Armageddon. Par Dr. Paul Craig Roberts

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #La Russie

Washington est incapable d’empêcher l’Armageddon

Par Dr. Paul Craig Roberts

Mondialisation.ca, 30 juin 2015

 

 

Discours de Paul Craig Roberts à la conférence sur la crise Europe / Russie à Delphes, Grèce, 20-21 juin 2015

 

Les États-Unis ont poursuivi leur quête d’impérialisme depuis le début de leur histoire, mais c’est l’effondrement soviétique de 1991 qui a permis à Washington de comprendre que le monde lui appartient.

 

L’effondrement de l’Union Soviétique a entraîné la montée des néoconservateurs au pouvoir et de leur influence au sein du gouvernement américain. Les néoconservateurs ont interprété l’effondrement soviétique comme le choix de l’Histoire d’un « capitalisme démocratique américain » comme Nouvel Ordre Mondial.

 Choisi par l’Histoire comme le pays exceptionnel et indispensable, Washington revendique le droit et la responsabilité d’imposer son hégémonie sur le monde. Les néoconservateurs considèrent leur plan comme trop important pour être contraint par des lois nationales et internationales ou par les intérêts des autres pays. En effet, en tant que Puissance Unique, Washington est requis par la doctrine néoconservatrice d’empêcher la montée d’autres pays qui pourraient restreindre la puissance américaine.

Paul Wolfowitz, un néoconservateur de premier plan, a écrit la doctrine Wolfowitz peu de temps après l’effondrement soviétique. Cette doctrine est la base de la politique étrangère et militaire des États-Unis.

  

La doctrine stipule :

« Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union Soviétique ou ailleurs, qui constituerait une menace de l’ordre de celle posée auparavant par l’Union Soviétique. Ceci est une considération dominante qui sous-tend la nouvelle stratégie de défense régionale et exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources, sous contrôle consolidé, seraient suffisantes pour créer une puissance mondiale « .

Notez que le « premier objectif » de Washington n’est pas la paix, ni la prospérité, ni les droits de l’homme, ni la démocratie, ni la justice. Le « premier objectif » de Washington est l’hégémonie mondiale. Seul le très confiant révèle de manière aussi flagrante son objectif.

En tant qu’ancien membre du Comité de la Guerre Froide sur le Danger Présent, je peux expliquer ce que les mots de Wolfowitz signifient. La « menace posée précédemment par l’Union Soviétique » était la capacité de l’Union Soviétique à bloquer l’action américaine unilatérale dans certaines régions du monde. L’Union Soviétique était une contrainte sur l’action unilatérale des États-Unis, pas partout mais dans certains endroits. Toute contrainte sur Washington est considérée comme une menace.

Une « puissance hostile » est un pays avec une politique étrangère indépendante, comme les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) l’ont proclamé. L’Iran, la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela, l’Argentine, Cuba, la Syrie et la Corée du Nord avancent également une politique étrangère indépendante.

Washington ne peut tolérer autant d’indépendance. Comme le président russe Vladimir Poutine l’a récemment déclaré, « Washington ne veut pas de partenaires. Washington veut des vassaux. »

La doctrine Wolfowitz exige de Washington qu’il se dispense ou qu’il renverse les gouvernements qui ne soumettent pas à sa volonté. Ceci est le « premier objectif. »

 L’effondrement de l’Union Soviétique a amené à ce que Boris Eltsine devienne le président d’une Russie démembrée. Washington s’est habitué à la soumission de Eltsine et s’est lui-même absorbé dans ses guerres au Moyen-Orient, attendant de Vladimir Poutine qu’il perpétue la vassalité de la Russie.

 Cependant, lors de la 43e Conférence de Munich sur la politique de sécurité, M. Poutine a déclaré: « je considère que le modèle unipolaire est non seulement inacceptable mais aussi impossible à tenir dans le monde d’aujourd’hui. »

Poutine a poursuivi en disant :

« Nous voyons un mépris croissant des principes fondamentaux du droit international, et les normes juridiques indépendantes sont, de fait, devenues de plus en plus proches des systèmes juridiques d’un État. Un Etat et, bien sûr, d’abord et avant tout les États-Unis, ont outrepassé leurs frontières nationales dans tous les sens du terme. Ceci est visible dans les mesures économiques, politiques, culturelles et éducatives qu’ils imposent aux autres nations. Eh bien, qui aime cela ? Qui est heureux avec cela ? »

Lorsque Poutine a publié ce défi fondamental à la Puissance Unique américaine, Washington était préoccupé par son manque de succès dans ses invasions de l’Afghanistan et de l’Irak. La mission n’était pas un succès.

En 2014, il était venu à l’attention de Washington, tandis qu’ils faisaient sauter mariages, funérailles, anciens du village et matchs de football des enfants au Moyen-Orient, que la Russie était devenue indépendante du contrôle de Washington et présentait un formidable défi pour la puissance unilatérale de Washington. Poutine a bloqué l’invasion de la Syrie planifiée par Obama et le bombardement de l’Iran.

La montée indéniable de la Russie a recentré Washington du Moyen-Orient vers les vulnérabilités de la Russie.

L’Ukraine, longtemps un élément constitutif de la Russie et par la suite l’Union soviétique, a été séparée de la Russie dans le sillage de l’effondrement soviétique suite aux manœuvres de Washington. En 2004, Washington avait essayé de capturer l’Ukraine pendant la Révolution Orange, qui échoué à remettre l’Ukraine dans les mains de Washington. Par conséquent, selon la Secrétaire d’État Adjoint néocon Victoria Nuland, Washington a dépensé 5 milliards de dollars sur la décennie suivante pour le développement d’organisations non gouvernementales ukrainiennes (ONG) qui pourraient être appelées dans les rues de Kiev et pour la formation de leaders politiques ukrainiens prêts à représenter les intérêts de Washington.

 Washington a lancé son coup d’Etat en Février 2014 avec des manifestations orchestrées qui, par l’ajout de violences, ont entraîné le renversement et la fuite du gouvernement démocratiquement élu de Victor Ianoukovitch. En d’autres termes, Washington a détruit la démocratie dans un nouveau pays par un coup d’état avant que la démocratie ne puisse prendre racine.

 La démocratie ukrainienne ne signifiait rien pour Washington. Washington avait l’intention de se saisir de l’Ukraine afin de créer un problème de sécurité pour la Russie et aussi pour justifier les sanctions contre « l’agression russe » dans le but de rompre les relations économiques et politiques croissantes de la Russie avec l’Europe. Washington craignait que ces relations puissent saper la mainmise de Washington sur l’Europe.

Les sanctions sont contraires aux intérêts de l’Europe. Néanmoins les gouvernements européens ont satisfait aux intentions cachées de Washington. La raison m’a été expliquée il y a plusieurs décennies par le Docteur Président du comité de thèse, qui est devenu secrétaire adjoint à la Défense pour les affaires de sécurité internationale. J’ai eu l’occasion de lui demander comment Washington a réussi à faire agir des gouvernements étrangers dans l’intérêt de Washington plutôt que dans l’intérêt de leur propre pays. Il m’a répondu, « l’argent. » Je lui ai dit, « vous voulez dire aide étrangère? ». Il a répondu, « non, nous donnons des sacs remplis d’argent aux politiciens. Ils nous appartiennent. C’est de nous qu’ils répondent ».

 Le journaliste allemand Udo Ulfkotte a récemment écrit un livre, Journalistes corrompus, dans lequel il a indiqué que, comme lui auparavant, tous les journalistes européens importants travaillent comme agents de la CIA.

 Cela ne me surprend pas. La situation est identique aux États-Unis.

Alors que l’Europe devient un appendice de Washington, un ensemble d’Etats vassaux, l’Europe rend possible la quête hégémonique de Washington au point même d’être entraînée dans un conflit avec la Russie dans une « crise » qui est entièrement une création de propagande de Washington.

 Les médias déguisent la réalité. Pendant le régime Clinton, six sociétés dites méga-médias ont été autorisées à acquérir 90% de la presse américaine, TV, radio, et de divertissement ; une concentration qui a détruit la diversité et l’indépendance. Aujourd’hui, les médias à travers le monde occidental servent de ministères de la propagande pour Washington. Les médias occidentaux sont le Ministère de la Vérité de Washington. Gerald Celente, le prévisionniste de tendances, appelle les médias occidentaux « presstitutes, » une combinaison de « prostituées » et de « presse ».

Aux États-Unis, la Russie et Poutine sont diabolisés 24h sur 24. Chaque émission nous alerte sur « la menace russe. » Même les expressions du visage de Poutine sont analysées psychologiquement. Poutine est le nouvel Hitler. Poutine nourrit l’ambition de recréer l’empire soviétique. Poutine a envahi l’Ukraine. Poutine va envahir les Etats baltes et la Pologne. Poutine est une menace du niveau d’Ebola et de l’État Islamique. Les experts américains de la Russie, tels que Stephen Cohen, déclarent que les faits sont rejetés car « apologistes de Poutine. » Tous ceux qui osent s’excuser de la propagande anti-Poutine et anti-russe sont accusés d’être des « apologistes de Poutine », à l’instar des sceptiques du 11 septembre qui ont été rejetés comme des « théoriciens du complot ». Dans le monde occidental, les chercheurs de vérité sont diabolisés avec Poutine et la Russie.

Le monde devrait noter qu’aujourd’hui, en ce moment, la vérité est la présence la plus malvenue dans le monde occidental. Personne ne veut l’entendre à Washington, Londres, Tokyo, ou dans l’une des capitales politiques de l’empire de Washington.

 La majorité de la population américaine a sombré dans la propagande anti-russe, tout comme ils ont cru aux « armes de destruction massive  de Saddam Hussein », « l’utilisation d’armes chimiques par Assad contre son propre peuple, » les armes nucléaires iraniennes, « les mensonges sans fin à propos de Kadhafi », le 11 septembre, les chaussures explosives, les vestes piégées, les bombes dans les shampoings et les bouteilles d’eau. Il y a toujours un nouveau mensonge pour maintenir le facteur peur dans le camp des guerres sans fin de Washington et des mesures d’un état policier qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres.

> La crédulité du public a permis à Washington d’établir les bases d’une nouvelle guerre froide ou d’une frappe nucléaire préventive contre la Russie. Certains néoconservateurs préfèrent la dernière alternative. Ils pensent qu’une guerre nucléaire peut être gagnée, et ils demandent, « Quel est le but des armes nucléaires si elles ne peuvent pas être utilisés? ».

La Chine est l’autre puissance montante que la doctrine Wolfowitz exige de limiter. « Le pivot vers l’Asie » de Washington crée de nouvelles bases navales et aériennes pour contrôler la Chine et perpétuer l’hégémonie de Washington dans la mer de Chine méridionale.

Tout cela pour dire que la position de Washington est non négociable. Washington n’a aucun intérêt au compromis avec la Russie ou la Chine. Washington n’a aucun intérêt dans les faits. L’offre de Washington est la suivante: « Vous pouvez faire partie de notre nouvel ordre mondial comme nos vassaux, mais pas autrement. »

 Les gouvernements européens et, bien sûr, le petit roquet qu’est le gouvernement britannique, sont complices dans cette déclaration de guerre implicite contre la Russie et la Chine. Si on en vient à la guerre, les Européens devront payer le prix ultime pour la trahison de leurs dirigeants comme Merkel, Cameron et Hollande, pendant que l’Europe cessera d’exister.

La guerre avec la Russie et la Chine est au-delà des capacités de Washington. Toutefois, si « l’ennemi » diabolisé ne succombe pas à la pression en acceptant le leadership de Washington, la guerre sera inévitable. Washington a lancé une attaque. Comment Washington peut reculer ? N’attendez pas d’entendre le régime américain dire « nous avons fait une erreur, trouvons une solution ». Tous les candidats annoncés pour la présidence américaine est engagé envers l’hégémonie américaine et la guerre.

Washington considère que la Russie peut être isolée de l’Occident et que cet isolement va motiver les éléments sécularisés et occidentalisés en Russie, qui désirent faire partie de l’Occident, dans une opposition plus active contre Poutine. Le Saker appelle ces Russes les « intégrationnistes atlantistes ».

Après deux décennies d’infiltration de la Russie par les ONG de la cinquième colonne de Washington, le gouvernement russe a enfin pris des mesures pour réglementer les centaines d’ONG financées par l’occident à l’intérieur de la Russie et qui composent la subversion de Washington du gouvernement russe. Cependant, Washington espère toujours utiliser les sanctions pour provoquer assez de perturbation de la vie économique en Russie pour être en mesure d’envoyer des manifestants dans les rues. Le changement de régime, comme en Ukraine, est l’un des outils de Washington. En Chine, les États-Unis ont organisé les émeutes « étudiantes » de Hong Kong, en espérant qu’elles se propagent en Chine, et Washington soutient l’indépendance de la population musulmane dans la province chinoise qui borde le Kazakhstan.

Le problème avec un gouvernement qui contrôle une idéologie est que l’idéologie et non la raison dirige l’action du gouvernement. Alors que la majorité des populations occidentales manquent d’intérêt à rechercher des explications indépendantes, les populations n’imposent pas de contrainte sur les gouvernements.

Pour comprendre Washington, allez en ligne et lisez les documents néoconservateurs et leurs prises de position. Vous verrez un programme au-dessus de la loi, la morale, la compassion, et le sens commun. Vous verrez un programme du mal.

Qui est le secrétaire d’état adjoint de M. Obama dans la partie ukrainienne du monde ? C’est la néoconservatrice Victoria Nuland, qui a organisé le coup d’Etat ukrainien, qui a placé le nouveau gouvernement fantoche, qui est mariée à un néoconservateur encore plus extrême Robert Kagan.

Qui est le conseiller d’Obama à la sécurité nationale ? C’est Susan Rice, une néoconservatrice.

Qui est l’ambassadeur d’Obama à l’ONU? C’est Samantha Power, une néoconservatrice.

Maintenant, intéressons-nous vers les intérêts matériels. L’agenda néoconservateur de l’hégémonie mondiale sert le puissant complexe militaire / de sécurité dont le budget annuel d’un billion de dollars dépend de la guerre, chaude ou froide.

L’objectif caché de l’hégémonie américaine sert les intérêts de Wall Street et des méga-banques. L’impérialisme financier américain se propage à la mesure de la puissance et de l’influence de Washington. Il en va de même pour les sociétés pétrolières américaines et les sociétés agro-alimentaires américaines telles que Monsanto.

L’hégémonie de Washington signifie que les sociétés américaines obtiennent le droit de piller le reste du monde.

 Le danger de l’idéologie néoconservatrice est qu’elle est en parfaite harmonie avec des intérêts économiques forts. Aux États-Unis la gauche s’est rendue impuissante. Elle croit tous les mensonges gouvernementaux fondamentaux qui ont donné à l’Amérique un état policier incapable de produire un leadership alternatif. La gauche américaine, pour le peu qu’il en reste, croit en la version gouvernementale du 11 septembre pour des raisons émotionnelles. La gauche anti-religieuse croit en la menace posée à la liberté de pensée par une Russie chrétienne. La gauche, convaincue que les Américains sont racistes, croit aux explications du gouvernement sur l’assassinat de Martin Luther King.

 La gauche accepte la fable évidente du gouvernement sur le 11 septembre, car il est émotionnellement important pour la gauche américaine que les peuples opprimés ripostent. Pour la gauche américaine, il est émotionnellement satisfaisant que le Moyen-Orient, longtemps opprimé et exploité par les Français, les Britanniques et les Américains, ait frappé en retour et humilié la puissance unique dans l’attaque du 11 septembre.

 Ce besoin émotionnel est si puissant pour la gauche qu’il les aveugle sur l’improbabilité que quelques Saoudiens, qui ne savaient même pas piloter des avions, aient pu déjouer non seulement le FBI, la CIA et la NSA, qui espionne le monde entier, mais aussi l’ensemble des 16 agences de renseignement américaines et les agences de renseignement des états vassaux américains de l’OTAN et du Mossad israélien, qui a infiltré toutes les organisations terroristes y compris celles créés par Washington lui-même.

On ne sait comment, ces Saoudiens ont aussi réussi à déjouer le NORAD, la sécurité des aéroports, provoquant quatre échecs de sécurité en une heure le même jour. Ils ont réussi à empêcher, pour la première fois, l’US Air Force d’intercepter les avions détournés. Le contrôle du trafic aérien a, on ne sait comment, perdu sur son radar les avions de ligne détournés. Deux avions de ligne se sont écrasés, un dans la campagne de Pennsylvanie et l’autre sur le Pentagone, sans laisser de débris. Le passeport du responsable de l’attaque, Mohammed Atta, a été stipulé comme le seul élément intact retrouvé dans les débris des tours du World Trade Center. L’histoire du passeport était si absurde qu’elle a dû être modifiée.

Ce récit invraisemblable n’a pas fait soulever un seul sourcil dans les médias presse et TV occidentaux si bien dressés.

 La droite est obsédé par l’immigration des peuples à peau foncée, et le 11 septembre est devenu un argument contre l’immigration. La gauche attend que les opprimés ripostent contre leurs oppresseurs. La fable du 11 septembre survit car elle sert les intérêts de la gauche autant que la droite.

Je peux vous dire avec certitude que si la sécurité nationale américaine avait totalement échoué comme présenté dans l’explication officielle du 11 septembre, la Maison Blanche, le Congrès, les médias auraient hurlé pour une enquête. Des têtes seraient tombées dans les agences qui ont permis un tel échec de la sécurité nationale de l’état. L’embarras qu’une superpuissance puisse si facilement être attaquée et humiliée par une poignée d’Arabes agissant indépendamment de toute agence de renseignement aurait créé un tel tollé qu’ils auraient du rendre des comptes.

Au lieu de cela, la Maison Blanche s’est opposée à toute enquête pendant un an. Sous la pression des familles qui ont perdu des membres de leur famille dans les tours du World Trade Center le 11 septembre, la Maison Blanche a créé une commission politique composée de politiciens contrôlés par la Maison Blanche. La commission s’est assise et a écouté le récit du gouvernement et l’a écrit. Cela n’est pas une enquête.

 Aux États-Unis, la gauche se concentre à diaboliser Ronald Reagan, qui n’avait absolument rien à voir avec tout cela. La gauche déteste Reagan parce qu’il a dû utiliser une rhétorique anti-communiste afin de garder sa base électorale tandis qu’il cherchait à mettre fin à la guerre froide face à l’opposition du puissant complexe militaro / sécuritaire.

Est-ce que la gauche est plus efficace en Europe? Pas que je sache. Regardez la Grèce par exemple. Le peuple grec s’est fait enfoncer par l’UE, le FMI, les banques allemandes et néerlandaises, et les fonds spéculatifs de New York. Pourtant, lorsqu’il leur a été présenté un candidat promettant de résister au pillage de la Grèce, les électeurs grecs lui ont donné à peine 36% des voix, suffisamment pour former un gouvernement mais pas assez pour avoir une influence auprès des créanciers.

> Après avoir paralysé leur gouvernement avec un si faible soutien électoral, le peuple grec enfonce encore l’impuissance de leur gouvernement en demandant à rester dans l’UE. Si quitter l’UE n’est pas une menace crédible, le gouvernement grec perd tout pouvoir de négociation.

> De toute évidence, la population grecque a subi un lavage de cerveau si profond sur la nécessité de faire partie de l’UE qu’elle est prête à être économiquement dépossédée plutôt que de quitter l’UE. Ainsi, les Grecs ont perdu leur souveraineté et leur indépendance. Un pays sans sa propre devise n’est pas, et ne peut pas être, un pays indépendant.

> Dès que les intellectuels européens ont apposé leur signature à l’UE, ils ont soumis les nations à la vassalité, à la fois aux bureaucrates de l’UE et à Washington. Par conséquent, les pays européens ne sont pas indépendants et ne peuvent pas exercer une politique étrangère indépendante.

> Leur impuissance signifie que Washington peut les conduire à la guerre. Pour bien comprendre l’impuissance de l’Europe jetons à oeil à la France. Le seul leader en Europe digne de ce nom est Marine Le Pen. A peine prononcé, je suis immédiatement dénoncé par la gauche européenne comme un fasciste, un raciste, et ainsi de suite. Cela montre immédiatement la réponse conditionnée de la gauche européenne.

 Ce n’est pas moi qui partage les vues de Le Pen sur l’immigration. C’est le peuple français. Le parti de Le Pen a remporté les dernières élections européennes. Le Pen est synonyme de l’indépendance française de l’UE. La majorité des Français se considèrent comme français et veulent rester français avec leurs propres lois et coutumes. Seule Le Pen parmi les politiciens européens a osé déclarer qu’à l’évidence: « Les Américains nous conduisent à la guerre ! ».

 Malgré le désir français pour l’indépendance, les Français vont élire le parti de Le Pen à l’UE mais ne lui donneront pas les votes pour gouverner la France. Les Français renient leur propre indépendance parce qu’ils sont fortement conditionnés par le lavage de cerveau, en grande partie venu de la gauche, et ont honte d’être racistes, fascistes, et tout autre épithète attribué au parti politique de Le Pen, un parti qui prend position pour l’indépendance de la France.

La gauche européenne, jadis une force progressiste, même révolutionnaire, est devenue une force réactionnaire. Il en est de même aux États-Unis. Je dis cela comme l’un des contributeurs populaires de Counterpunch.

 L’incapacité même d’intellectuels à reconnaître et à accepter la réalité signifie que les oppositions aux néoconservateurs ne sont présentes nulle part, sauf en Russie et en Chine. L’Occident est incapable d’empêcher l’Armageddon.

Tout dépend de la Russie et de la Chine, car Washington a formulé le dilemme de telle manière que pour éviter l’Armageddon, la Russie et la Chine doivent accepter de devenir des vassaux.

Je ne crois pas que cela se produira. Pourquoi des gens qui se respectent ne soumettraient à un Occident corrompu?

L’espoir repose sur Washington pour qu’il provoque la rébellion chez ses vassaux européens en les poussant trop fort au conflit avec la Russie. L’espoir que les pays européens soient contraints à une politique étrangère indépendante semble aussi être la base de la stratégie du gouvernement russe.

Peut-être que les intellectuels peuvent aider à faire concrétiser cet espoir. Si les politiciens européens venaient à rompre avec l’hégémonie de Washington et au lieu de cela venaient à représenter les intérêts européens, Washington serait privé de couverture pour ses crimes de guerre. Les agressions de Washington seraient limitées par une politique étrangère européenne indépendante. La destruction du modèle néoconservateur de puissance unique serait alors visible, même à Washington, et le monde deviendrait un endroit plus beau et plus sûr.

Paul Craig Roberts


 

Choc de civilisation ou choc des ignorances : La réalité des choses

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 02 juillet 2015

 

 

«La barbarie n’appartient pas à la préhistoire de l’humanité, elle est l’ombre qui l’accompagne à chaque pas.»

Alain Finkielkraut

 

Le spectre de la peur est agité suite à l’attentat dans des conditions troubles en Isère (France) . Le Premier ministre Manuel Valls a évoqué la lutte contre le terrorisme, employant le terme de «guerre de civilisation» lors de l’émission Le «Grand Rendez-vous» d’Europe 1-ITele-Le Monde. Il a cependant précisé: «Ce n’est pas une guerre entre l’Occident et l’islam.» «Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons» «Ce n’est pas une guerre entre l’Occident et l’islam», a-t-il insisté. Cette «bataille se situe aussi, et c’est très important de le dire, au sein de l’islam. Entre d’un côté un islam aux valeurs humanistes, universelles, et de l’autre un islamisme obscurantiste et totalitaire qui veut imposer sa vision à la société». (1)

 Est-ce la réalité? Les citoyens français pour certains de confession musulmane sont montrés du doigt et des amalgames peuvent être faits par ceux qui ne veulent pas la paix en France.

Les réactions de la classe politique

A droite justement, c’est l’euphorie. La formule de «guerre de civilisation» n’a rien d’anodin. Et elle avait été utilisée, après les attentats de janvier à Paris et au Danemark en février, par Nicolas Sarkozy. L’ancien chef d’Etat expliquait que les attentats relevaient «d’une guerre déclarée à la civilisation. Au parti Les Républicains on se réjouit que le Premier ministre utilise ce terme, estimant que Manuel Valls fait désormais preuve de «réalisme». Cependant, la formule n’a pas fait mouche parmi les centristes ou au Front national. «Ce n’est pas une guerre de civilisation, c’est une guerre de la barbarie contre la civilisation.»

 «Je ne partage pas cette vision héritée de George W. Bush», déclare le député PS Pascal Cherki, Julien Dray (PS) fustige «l’amalgame idéologique» de Manuel Valls L’emploi de la notion de guerre de civilisation par Manuel Valls fait craindre au secrétaire national du PS qu’elle encourage une division encore accrue de la société française «Il n’y a pas de guerre de civilisation’. ´´Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde´´, disait Camus», cite Julien Dray. «Il faut éviter la peur. Parce que chacun va assimiler son voisin à un djihadiste présupposé, chacun va assimiler toute une communauté à une menace. Le moment aujourd’hui, implique de savoir raison garder. Parce que les premières victimes du djihadisme, ce sont d’abord les communautés musulmanes dans différents pays», Pour combattre le salafisme, j’ai besoin des musulmans, et de toute la communauté française rassemblée». Pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. «Manuel Valls a raison: les fanatiques islamistes veulent la guerre de civilisation.»

Les réactions indignées des « concernés » par les amalgames

 Pour Abdellah Zekri président de l’Observatoire de lutte contre l’islamophobie.:

«Ces propos sont inqualifiables et insoutenables. Il a parlé dernièrement d’islamofascisme et là, il récidive. Manuel Valls parle de guerre de civilisation, il faut qu’il définisse et explique contre quelle civilisation il veut faire la guerre. Avec ses dires, il a choqué les musulmans de France et à travers le monde. S’il veut combattre Daech et le terrorisme, il a besoin des musulmans qui pensent que l’islam est une religion de paix et de tolérance. Je pense que le président de la République devrait se prononcer à propos des déclarations de son Premier ministre pour essayer de ramener l’apaisement. (…) »(3)

 « Il y a, certes, des lieux de culte salafistes et des salafistes qui sont présents en France. Le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur passent leur temps à dire qu’il y a 150 lieux de prières tenus par les salafistes. Qu’est-ce qu’ils attendent pour fermer ces lieux et pour expulser ces gens chez eux? (…) La France et les USA ont une part de responsabilité dans ce terrorisme latent qui est en train de déstabiliser certains pays et la première victime est le monde musulman et non le monde européen. (…) C’est plutôt le comportement de certains musulmans de France qui est choquant. Est-il juste qu’ils prient tarawih sur la voie publique avec des haut-parleurs alors qu’aucune église n’est autorisée à organiser les messes selon le rite chrétien dans un pays musulman?» (3)

Le Choc des civilisations

 Il est usage de croire que le lit de la croisade néo- conservatrice de Bush a été légitimée par toute une littérature  qui s’est fixée d’abord un but pour l’Amérique Celui d’une reconquête du monde à travers d’une étude celle du PNAC ( Project for New American Century), Projet pour un Nouveau Siècle Américain. . Ensuite, il fallu ensuite trouver des idéologues capables d’expliquer le nouveau monde après la chute de l’URSS, et de ce fait chercher un nouvel adversaire seul capable d relancer la machine de guerre américain. C’est à cette époque qu’on on entend parler du Choc des civilisations. L’ennemi était tout trouvé, il tombait du ciel, l’islam fut le Nouveau Satan de rechange qui remplace l’Empire du mal selon l’expression de Ronald Reagan à propos de l’Union Soviétique. La croisade était donc dans l’air. Bush n’a fait qu’exécuter les ordres de ses conseillers pour la plupart de plus sionistes.

 Le Choc des civilisations (The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order) est le titre d’un ouvrage de l’Américain Samuel Huntington, professeur à Harvard, paru en 1996 Le projet de Huntington est d’élaborer un nouveau modèle conceptuel pour décrire le fonctionnement des relations internationales après l’effondrement du bloc soviétique à la fin des années 1980. Il s’appuie sur une description géopolitique du monde fondée non plus sur des clivages idéologiques «politiques», mais sur des oppositions culturelles plus floues, qu’il appelle «civilisationnelles», dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale, et sur leurs relations souvent conflictuelles. Après la guerre froide, le modèle bipolaire n’est plus pertinent pour expliquer la nature des relations internationales et d’autres modèles ont émergé. Le modèle le plus célèbre est celui de Francis Fukuyama qui a avancé la thèse de la fin de l’histoire, il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine, envisagée comme un combat entre des idéologies, touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale qui tendrait à se former après la fin de la Guerre froide». (4)

  «Mais pour Huntington si le monde est devenu différent après la chute du mur, il n’est pas devenu pacifique et l’harmonie n’est qu’une illusion déjà rencontrée à la fin de la Première Guerre mondiale avec le concept de «der des der» qui n’a pas empêché la montée du fascisme et des nationalismes ayant débouché sur la Seconde Guerre mondiale qui elle-même a engendré la guerre froide.(…) Pour Huntington, les civilisations ont toutes pour origine une grande religion qui en a formé le socle moral et politique». (4)

La débâcle du Monde arabe n’est pas liée à l’Islam

Il y a quelques années, déjà je tenais  à propos des Arabes un jugement sans concession qui n’a pas pris un pli  «Depuis la chute de l’empire soviétique, écrivais-je en 2009 il est apparu que la guerre froide, n’ayant plus raison d’être, des idéologues américains ont cherché et trouvé comment donner un leadership à l’Amérique.  Ceci a donné lieu après l’invasion de l’Irak, à l’avènement d’un «Nouvel ordre mondial» à des floraisons d’étude. Cela va de «La Fin de l’histoire» de Francis Fukuyama, à Samuel Huntington avec «Le Clash des civilisations» qui désigne le péril vert et le péril jaune comme adversaires de la civilisation judéo-chrétienne. L’Islam, «Le tiers exclu de la révélation abrahamique» est le bouc émissaire des maux actuels de l’Occident. Une étude de The Pew Forum on religion & public life sur les musulmans du monde, intitulée Mapping the Global Muslim Population est édifiante. Si l’on compte 1,57 milliard de musulmans (23% de la population mondiale), l’Asie représente la plus grande proportion d’entre eux, soit plus de 60% du total. Les quatre pays les plus peuplés de musulmans sont, dans l’ordre: l’Indonésie (202 millions), le Pakistan (174 millions), l’Inde (160 millions) et le Bangladesh (145 millions). Le pays arabe le plus peuplé de musulmans n’arrive qu’en cinquième position, c’est l’Egypte (78 millions). L’Afrique du Nord et le Proche-Orient ne comptent que 315 millions de musulmans (20% du total), suivis de l’Afrique subsaharienne (240 millions) (5)

 «Quels sont les rêves secrets des Musulmans? Un ouvrage important écrit par John L. Esposito, un des meilleurs spécialistes américains de l’Islam, et Dalia Mogahed, une analyste Who speaks for Islam? What a billion muslims really think («Qui parle au nom de l’Islam?»). Alain Gresh, qui le présente, écrit: «Cet ouvrage s’appuie sur une très large enquête d’opinion, à travers plus de 35 pays et plus de 90% des 1,3 milliard de musulmans. «Les musulmans n’ont pas une vision monolithique de l’Occident. Ils jugent les différents pays en fonction de leur politique, pas de leur culture ou de leur religion. Leur principal rêve est de trouver du travail, pas de s’engager dans le djihad. Ceux qui approuvent des actes de terrorisme sont une minorité et cette minorité n’est pas plus religieuse que le reste des musulmans. Ce que les musulmans admirent le plus dans l’Occident, c’est sa technologie et la démocratie; ce que les musulmans condamnent le plus en Occident, c’est la «décadence morale» et la rupture avec les valeurs traditionnelles (dans des proportions similaires à celles des… Américains). Les femmes musulmanes veulent à la fois des droits égaux et le maintien de la religion dans la société alors qu’elles admirent certains aspects de l’Occident, elles n’adoptent pas toutes les valeurs de l’Occident. La majorité ne veut pas que les dirigeants religieux aient un rôle direct dans l’élaboration des Constitutions, mais est favorable à ce que la loi religieuse soit une source de la législation. Pour beaucoup, l’Islam ‘est une boussole mentale et spirituelle qui donne un sens à la vie, les guide et leur donne de l’espoir.» (5)

 «Les auteurs montrent les changements de la situation des femmes depuis quelques décennies, avec leur intégration massive dans l’éducation (notamment au niveau de l’université). Elles veulent toutes plus de droits et notamment l’égalité juridique avec les hommes, le droit de vote en dehors de toute pression familiale, la possibilité de travailler à n’importe quel poste en fonction de leur qualification (c’est notamment le cas de 76% des Saoudiennes). Pourtant, quand on leur demande si adopter les valeurs occidentales ferait avancer leur cause, seules 12% des femmes indonésiennes, 20% des Iraniennes et 18% des Turques sont d’accord. Elles pensent que l’attachement à leurs valeurs spirituelles et morales est un élément important dans les progrès que leur situation doit connaître. ‘Travailler pour le progrès des femmes en s’appuyant sur la charia plutôt qu’en l’éliminant est un thème qui renaît dans les sociétés musulmanes contemporaines’ (…) ‘.» (5)

La réalité du monde: le grand échiquier

 Une toute autre thèse que celle de Huntington et qui a été le bréviaire des néoconservateurs sionistes est celle de Zbigniew Brezinski dans son ouvrage «Le Grand échiquier».  La finalité est la même , mais  comme nous allons le lire , l’analyse  de Brezinski est beaucoup plus fine,  voire même prophétique tant il est vrai que ce qu’il écrivait presque à la même époque en  1997, que Huntington est entrain de se réaliser

Pour Gérard Chalian directeur du Centre d’étude des conflits, qui a préfacé l’ouvrage de Brezinski, :

> «Le choc des civilisations est un thème ancien. À la veille de la Première Guerre mondiale, lorsque l’Europe dominait le monde, celle-ci s’inquiétait déjà du «péril jaune». Pourtant, depuis deux siècles au moins, l’histoire était faite par les «Blancs» et leurs rivalités constituaient, tant en Europe qu’outre-mer. L’essentiel des relations internationales. De 1792 à 1945, militairement, la supériorité des Européens est quasi absolue comme le montre aussi bien l’expédition de Bonaparte en Egypte que le recul continu de l’Empire ottoman. Seul le Japon, en empruntant les techniques occidentales, parvient en 1905 à battre la Russie. Aujourd’hui, le retour sur la scène internationale de ce qu’on appelait le tiers-monde ramène l’attention sur des civilisations tenues, hier encore, pour négligeables sur le plan des rapports de force.» (6)

 «En désignant désormais les civilisations comme les protagonistes de l’histoire, Samuel Huntington semble oublier que le triomphe persistant de l’idée occidentale de l’Etat-nation établit des divisions et des rivalités à l’intérieur même des civilisations. N’est-ce point toute l’histoire de l’Europe depuis au moins le XVIIIe siècle? Comment peut-on considérer l’islam comme un adversaire global dans un monde où s’opposent la Syrie et l’Irak, l’Arabie saoudite et l’Iran, le Maroc et l’Algérie? Où même cinquante années d’antagonisme aigu avec Israël n’ont pu susciter l’unité arabe autrement que de façon circonstancielle?» (6)

«Les États-Unis ne sont-ils pas, depuis longtemps déjà, les alliés de la Turquie, de l’Indonésie, du Pakistan, de l’Egypte, de la Jordanie? L’inimitié de l’ Irak, de la Libye ou du Soudan et de quelques mouvements extrémistes, suffisent-ils à fonder une hostilité structurelle avec l’islam? Hier fondé sur la race (péril jaune), le fantasme aujourd’hui s’est transposé sur le religieux. Quant aux confucéens, personne n’ignore les antagonismes multiséculaires entre le Viêtnam et la Chine ou plus récemment entre la Corée et le Japon. Le livre de Samuel Huntington a certes d’autres vertus, mais sa thèse centrale repose sur cet amalgame. Rien de tel chez Zbigniew Brezinski. Les Etats-Unis règnent comme superpuissance unique et l’avenir se joue sur la scène eurasiatique où ils sont pour une durée indéterminée en position d’arbitre. Aucun Etat ne pourra au cours des 30 prochaines années disputer aux Etats-Unis la suprématie dans les quatre dimensions de la puissance: militaire, économique, technologique et culturelle.» (6)

C’était il y a  presque 20 ans depuis, l’ascension fulgurante de la Chine a suscité des inquiétudes à Washington, parce que la Chine est une menace pour ses voisins et pour les intérêts nationaux américains. L’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, avait déclaré avec raison «La politique future sera décidée en Asie, pas en Afghanistan ou en Irak, et les États-Unis seront en plein coeur des évènements», Magazine Foreign Policy.

> L’impasse radicale du modèle néolibéral

Parler de guerre de civilisation dénote une méconnaissance réelle des grands enjeux du monde. Le vrai problème qu’on occulte est un problème de prédation planétaire. Tout est bon pour créer le chaos. Si Daesh prospère c’est que quelque part on le laisse faire et on l’encourage d’une façon indirecte quand le pétrole irakien à 30 dollars en Turquie à des intermédiaires européens. Le vrai problème c’est que nous allons vers  un chaos voulu, entretenu, encouragé, structuré pour que les personnes, notamment du Sud, passent leur temps à chercher ce qu’elles sont plutôt qu’à aller à la conquête de la science.

 C’est en fait le capitalisme triomphant qui fait son miel du malheur du monde et principalement de l’Islam arabe, les autres Islam qui représentent plus de 80% ne sont pas concernés. Parler de guerre de civilisation ne veut rien dire car les valeurs de la tolérance, de liberté, les droits humains ne sont pas qu’occidentales et peuvent être revendiquées par tous les citoyens du monde. Comment ne pas donner crédit à un rapport secret «le rapport Lugano», conçu par des experts américains. Dans cette apocalypse annoncée et qui selon le juste mot de Susan George, les experts sont les légionnaires de la mondialisation, il est recommandé aux grands de ce monde, de favoriser dans les pays vulnérables l’émiettement identitaire et la fragmentation, de telle façon «à ce que les intéressés passent plus de temps à se demander ce qu’ils sont que de se mettre au travail».(7)

 Il n’y a pas de mon point de vue de choc des civilisations. Par contre, il y a un choc des ignorances surtout dans le fait de refuser d’écouter cette communauté qu’on veut à tout prix monolithique, coupable et qui doit passer son temps à s’excuser à s’aplatir en vain. N’en déplaise aux boutefeux pour la plupart qui émargent au CRIF et qui veulent arriver au grand remplacement à l’envers tel que suggéré par Eric Zemmour, les musulmans en France sont d’abord des citoyens français à part entière; l’Islam de France ou encore l’Islam gallican pour reprendre la belle expression de Jacques Berque pourrait être un référent si le temps lui est donné, à travers une formation adéquate en phase avec les lois de la République, de pouvoir graduellement contribuer par un discours du vrai  islam maghrébin depuis quatorze siècles fait d’empathie et de tolérance à contribuer à la sérénité de la République et non pas à cette atmosphère où le voisin basané est frappé de suspicion… Les cités ou ghettos, le chômage et l’assistanat, l’huile sur le feu pour tout ce qui y trouvent leur compte dans la marginalisation de ces Français entièrement à part,    sont autant de vecteurs d’émiettement de la République qui devrait prouver encore et toujours sa forte volonté intégratrice et prôner plus que jamais le désir d’être ensemble pour constituer Une nation,  qui doit être selon Ernest Renan, quelque soient les circonstances, notamment dans les situations difficiles,  un plébiscite de tous les jours

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Notes

1.Anne-Laëtitia Béraud http://www.20minutes.fr/politique/1641275-20150628-quand-manuel-valls-utilise-terme-guerre-civilisation#xtor=RSS-176

2.http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2015/06/28/25005-20150628ARTFIG00154-guerre-de-civilisation-julien-dray-fustige-l-amalgame-ideologique-de-manuel-valls.php

 3.http://www.tsa-algerie.com/20150629/ france-manuel-valls-a-choque-les-musulmans/

4.Le choc des civilisations; Encyclopédie Wikipédia

 5.Chems Chitour: http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-debacle-du-monde-arabe-l-islam-est-il-responsable-37991378.htmll

 6.Gérard Chalian: Préface de l’ouvrage de Zbigniew Brezinski: «le Grand échiquier»

7.http://www.monde-diplomatique.fr/2000/ 05/GEORGE/2263

Les USA sur le point d’entreprendre l’invasion de la Syrie. Les décideurs de Washington appellent à la division, à la destruction et à l’occupation militaire de la Syrie

Par Tony Cartalucci

Mondialisation.ca, 02 juillet 2015

 

À l’insu du grand public, ce ne sont pas les politiciens élus qui sont à l’origine des politiques qui lient leur destinée à celui de la nation ou à la sphère géopolitique. Ce sont plutôt les groupes de réflexion financés par la grande entreprise et les grands financiers – des équipes de décideurs non élus qui transcendent les élections et qui produisent des documents servant ensuite de fondement aux dispositions législatives qui reçoivent l’aval des « législateurs » et qui sont aussi repris et répétés ad nauseam par les grands médias.

 Un document de politique de ce genre a été récemment produit par le tristement célèbre groupe de réflexion US Brookings Institution, document intitulé Deconstructing Syria: Towards a regionalized strategy for a confederal country [Déconstruction de la Syrie : vers une stratégie régionale pour la création d’un pays confédéré]. Cette conspiration à découvert, signée et datée, visant à diviser, à détruire, puis à occuper progressivement une nation souveraine située à des milliers de kilomètres des rives de l’Amérique illustre de manière peu rassurante à quel point l’impérialisme moderne demeure dangereux et tenace, même en ce 21e siècle.

Le groupe armé État islamique (EI) comme prétexte : les USA ont versé des milliards de dollars à des « modérés » qui n’existent pas

 Les auteurs de ce document admettent ouvertement que les USA ont fourni des milliards de dollars pour armer et entraîner des militants qui ont servi à alimenter un conflit dévastateur aux proportions de plus en plus régionales. Ils admettent que les USA maintiennent des opérations en Jordanie et en Turquie, membre de l’OTAN, afin d’injecter encore plus d’armes, d’argent liquide et de combattants dans ce conflit déjà catastrophique, et qu’ils devraient même élargir leurs opérations.

Ils relatent ensuite l’ascension du prétendu « État islamique » (EI), sans toutefois expliquer la provenance de son financement et de ses armes. Le lecteur comprendra sans peine que si les États‑Unis ont engagé des milliards de dollars en argent comptant, en armement et en entraînement pour soutenir sur de multiples fronts de prétendus « modérés » qui, en somme, n’existent pas sur le champ de bataille, un soutien étatique plus grand encore serait requis pour la création et le maintien d’e l’EI et du Front al‑Nosra d’al‑Qaida qui, de l’aveu même de la Brookings Institution, dominent sans conteste l’« opposition ».

En réalité, les lignes d’approvisionnement d’e l’EI conduisent tout droit aux zones opérationnelles US en Turquie et en Jordanie, car c’est bien l’Ei et al‑Qaida que l’Occident prévoyait utiliser avant même que le conflit n’éclate en 2011, et sur lesquels il a depuis fondé sa stratégie – y compris la plus récente étape de la campagne.

 

Image : Au dire de tous, y compris des groupes de réflexion et des grands médias occidentaux, le territoire du groupe armé État islamique englobe des corridors qui vont jusqu’à la Turquie, membre de l’OTAN, et jusqu’à la frontière de la Jordanie, alliée des USA. Ces deux pays hébergent un personnel militaire US considérable ainsi que des contingents de la CIA et des forces spéciales. Il va de soi que l’EI est une création et un prolongement de l’Occident qui subsiste grâce au flux constant de fournitures provenant de ces deux bases d’opération.

L’invasion US de la Syrie

Après avoir armé et financé une armée de terroristes d’al‑Qaida occupant littéralement la superficie d’une région entière, les États‑Unis prévoient maintenant profiter du chaos qui en résulte pour justifier ce qu’ils recherchent depuis le début du conflit, alors qu’il était devenu évident que le gouvernement syrien n’allait ni capituler ni s’effondrer – soit l’établissement de zones tampons aujourd’hui qualifiées par la Brookings Institution de « zones sécuritaires».

Une fois créées, ces zones accueilleront des forces armées US, qui occuperont littéralement des territoires syriens saisis, nettoyés par des alliés interposés, dont des groupes kurdes et des bandes de combattants d’al‑Qaida dans le Nord, et des milices terroristes étrangères opérant le long de la frontière jordano‑syrienne dans le Sud. La Brookings Institution va même jusqu’à admettre que plusieurs de ces zones seraient créées par des extrémistes, mais que les critères de « pureté idéologique » seraient en quelque sorte « abaissés ».

Image : L’Occident n’a que légèrement voilé son soutien à al‑Qaida et à l’EI à un grand public impressionnable. Dans les milieux politiques, les propos concernant l’utilisation d’al‑Qaida pour diviser et détruire les ennemis de Wall Street partout dans le monde sont animés et enthousiastes.

> Les États‑Unis supposent que lorsqu’ils se seront approprié ce territoire et que des troupes US y seront stationnées, l’Armée arabe syrienne n’osera pas attaquer de crainte de provoquer une réaction militaire US directe contre Damas. Dans son document, la Brookings Institution affirme ce qui suit (c’est nous qui soulignons) :

 L’idée serait d’aider les éléments modérés à établir des zones sécuritaires fiables à l’intérieur de la Syrie lorsqu’ils seraient en mesure de le faire. Les forces étasuniennes, de même que les forces saoudiennes, turques, britanniques, jordaniennes et autres forces arabes, agiraient comme soutiens, non seulement à partir des airs, mais par la suite au sol, et ce, par l’intermédiaire des forces spéciales. La stratégie mettrait à profit le terrain désertique ouvert de la Syrie, qui permettrait la création de zones tampons où serait surveillé tout signe d’attaque ennemie au moyen d’outils technologiques, de patrouilles et autres méthodes pour la mise en place desquelles les forces spéciales externes pourraient venir en aide aux combattants syriens locaux.

Si Assad était assez bête pour menacer ces zones, et même s’il parvenait en quelque sorte à forcer le retrait des forces spéciales externes, il perdrait sans doute sa puissance aérienne au cours des frappes de représailles qui s’ensuivraient, menées par ces mêmes forces, ce qui priverait ses militaires de l’un des seuls avantages dont ils bénéficient par rapport à l’EI. Il serait donc peu probable qu’il le fasse.

> En un seul énoncé, la Brookings Institution admet que le gouvernement syrien n’est pas engagé dans une guerre contre son peuple, mais contre l’« Etat islamique » (EI). Il est évident que la Brookings Institution, les politiciens et autres stratèges partout en Occident se servent de la menace que représente l’EI combinée à celle d’une intervention militaire directe comme levier devant finalement leur permettre d’envahir le territoire syrien pour se l’approprier entièrement. 

L’invasion pourrait réussir, mais pas au profit des alliés interposés des USA

 Le plan tout entier suppose de la part des États‑Unis d’abord la capacité de s’approprier ces « zones » et de s’y maintenir et, ensuite, celle de les articuler en régions autonomes fonctionnelles. Des tentatives similaires de « construction de nations » par les USA sont aujourd’hui visibles en Afrique du Nord dans l’État en déroute qu’est devenue la Libye, voisine sud‑est de la Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Somalie… la liste est longue.

> La folie de ce plan, tant par les tentatives de recourir pour le mettre en œuvre à une crédibilité non existante et à la force militaire, que du fait de ceux qui sont suffisamment bêtes pour faire confiance à un pays qui a laissé dans son sillage à l’échelle de la planète une bande de destruction et d’États en déroute allant du Vietnam du Sud à la Libye, aller-retour, ne peut être qualifiée que de monumentale.

> Il est presque certain que cette stratégie peut servir à achever la destruction de la Syrie. Elle ne peut toutefois pas servir à réaliser l’une ou l’autre des promesses que feront les États‑Unis, quelles qu’elles soient, pour obtenir la coopération des divers acteurs nécessaires à sa réussite.

>

 Image : « Libérée » par les USA et par l’OTAN, la Libye est sous la domination d’al‑Qaida, qui s’est récemment rebaptisée elle‑même EI. Les allégations des décideurs US selon lesquelles leur invasion progressive de la Syrie se traduira par quelque chose de différent pour les Syriens sont à tout le moins malhonnêtes.

 Il existe assurément des mesures que la Syrie, ses alliés l’Iran et le Hezbollah, de même que la Russie, la Chine et d’autres nations qui subissent les menaces hégémoniques occidentales peuvent prendre pour empêcher les forces US de s’approprier et de conserver des parties du territoire syrien et de réaliser ce qui constitue essentiellement une lente invasion. Déjà, les USA ont utilisé comme prétexte la présence de leurs propres hordes d’ISIS pour se livrer à des opérations militaires sur le territoire syrien, ce qui, comme prévu, a conduit à l’étape suivante d’invasion progressive.

 Une augmentation des forces de maintien de la paix non otanaises en Syrie pourrait en définitive faire échec aux plans de l’Occident. La présence d’Iraniens, de Libanais, de Yéménites, d’Afghans ou d’autres forces partout en Syrie, particulièrement en bordure de la « zone » que les USA s’efforcent de créer, pourrait placer ces derniers devant l’éventualité d’une confrontation multinationale pour laquelle ils n’ont ni la volonté politique ni les ressources nécessaires.

 En dernière analyse, la capacité de la Syrie et de ses alliés à opposer une force de dissuasion suffisante à l’agression US en Syrie, et ce, tout en coupant les lignes logistiques utilisées par les USA pour approvisionner ISIS et d’autres groupes terroristes actifs en Syrie et en Irak, sera déterminante pour la survie de la Syrie.

Tony Cartalucci

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La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (II)

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Economie, #le nazisme, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN.

La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (II)

Valentin Katasonov
Valentin Katasonov

Par Valentin KATASONOV – Le 5 mai 2015 – Source strategic-culture

Voir la Première partie

 

La Banque des règlements internationaux (BRI) a joué un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Tête de pont des intérêts américains en Europe, elle assurait la liaison entre les entreprises anglo-américaines et allemandes. C’était en quelque sorte une zone offshore abritant le capital cosmopolite contre les initiatives politiques, les guerres, les sanctions, etc.

 

Cette banque a été créée sous la forme d’une entité commerciale publique. Son immunité face aux interférences gouvernementales et, par exemple, à l’imposition, était garantie par l’accord international signé à La Haye en 1930.
Les banquiers de la Réserve fédérale de New York, proches des Morgan, de Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre, ainsi que des financiers allemands tels que Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement de Hitler), Walther Funk (qui a remplacé Hjalmar Schacht au poste de président de la Reichsbank) et Emil Puhl, tous ont joué un rôle important dans la fondation de la Banque. Parmi les fondateurs figuraient les banques centrales de Grande-Bretagne, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Belgique et quelques banques privées.

La Banque fédérale de New York a fait de son mieux, mais n’a pas fait partie des établissements fondateurs de la BRI. Les États-Unis étaient représentés par la banque privée First National Bank of New York, J.P. Morgan and Company, la First National Bank of Chicago, qui faisaient toutes partie de l’empire Morgan. Le Japon était également représenté par des banques privées. En 1931-1932, 19 banques centrales européennes rejoignaient la Banque des règlements internationaux. Gates W. McGarrah, banquier du clan des Rockefeller, était le premier président du conseil d’administration de la BRI. Il a été remplacé par Leon Fraser, qui représentait le clan des Morgan. Pendant la guerre, la banque était présidée par un citoyen américain, Thomas H. McKittrick.

Beaucoup d’encre a coulé au sujet des activités de la BRI au service des intérêts du Troisième Reich. La Banque était impliquée dans des transactions avec différents pays, y compris ceux avec lesquelles l’Allemagne était en guerre.

Depuis Pearl Harbor, la Banque des règlements internationaux jouait le rôle de correspondant de la Federal Reserve Bank de New York. Elle était sous contrôle nazi pendant la guerre, même si c’est l’Américain Thomas Huntington McKittrick qui la présidait. Les soldats mouraient sur les champs de bataille pendant que la direction de la BRI se réunissait à Bâle avec les banquiers d’Allemagne, du Japon, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis.

Dans ce havre de paix que constituait la zone offshore suisse, les représentants des belligérants travaillaient tranquillement dans un climat de compréhension mutuelle.

C’est en Suisse que l’Allemagne a mis en lieu sûr l’or saisi aux quatre coins de l’Europe. En mars 1938, lorsque Hitler s’est emparé de Vienne, une partie de l’or autrichien a été transférée dans les coffres-forts de la BRI. La même chose a été faite avec l’or de la Banque nationale tchèque (48 millions de dollars). Lorsque la guerre a éclaté, l’or entrait à pleines portes à la Banque des règlements internationaux. L’Allemagne le récupérait dans les camps de concentration et par le pillage des pays occupés (y compris de tout ce qui appartenait à des civils : bijoux, dents en or, étuis à cigarettes, ustensiles divers, etc.). C’est ce que l’on a appelé l’or nazi. Il était fondu en lingots afin d’être entreposé à la Banque des règlements internationaux, en Suisse ou hors d’Europe.

Dans son livre Trading With The Enemy: An Expose of The Nazi-American Money Plot 1933-1949, Charles Higham écrit que, pendant la guerre, les nazis ont transféré 378 millions de dollars sur les comptes de la Banque des règlements internationaux.

Quelques mots au sujet de l’or tchèque. Certaines informations ont fait surface après l’ouverture des archives de la Banque d’Angleterre en 2012. (1) En mars 1939, l’Allemagne s’emparait de Prague. Les Nazis ont exigé 48 millions de dollars des réserves d’or nationales. Il leur a été répondu que cette somme avait déjà été transférée à la Banque des règlements internationaux. Par la suite, on a su que cet or avait été transféré de Bâle dans les coffres-forts de la Banque d’Angleterre. Sur l’ordre de Berlin, l’or a été transféré sur le compte de la Reichsbank à la BRI. Ensuite, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans les transactions effectuées sur les ordres donnés par la Reichsbank à la Banque des règlements internationaux. Ces ordres étaient retransmis à Londres. Il y a donc eu collusion entre la Reichsbank allemande, la Banque des règlements internationaux et la Banque d’Angleterre. En 1939, un scandale a éclaté en Grande-Bretagne lorsqu’on a su que la Banque d’Angleterre exécutait les transactions portant sur l’or tchèque sur les ordres de Berlin et de Bâle, et non du gouvernement tchèque. Par exemple, en juin 1939, trois mois avant le début de la guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la Banque d’Angleterre a aidé les Allemands à transférer sur leur compte l’équivalent en or de 440 000 livres sterling, et à acheminer une partie de l’or à New York (l’Allemagne s’assurait ainsi de la neutralité des États-Unis en cas d’intervention allemande en Pologne).

Ces transactions illégales sur l’or tchèque ont été effectuées avec l’accord tacite du gouvernement de Grande-Bretagne, qui savait parfaitement ce qui était en train de se passer. Le Premier ministre Neville Chamberlain, le Chancelier de l’Échiquier Sir John Simon et les autres responsables de haut rang ont tout fait pour dissimuler la vérité, y compris en mentant éhontément (en affirmant que l’or avait été restitué à son propriétaire légitime ou qu’il n’avait jamais été transféré à la Reichsbank). Les documents de la Banque d’Angleterre rendus publics dernièrement révèlent les faits et montrent que les responsables gouvernementaux ont menti, afin de se couvrir eux-mêmes et de couvrir les activités de la Banque d’Angleterre et de la Banque des règlements internationaux. La coordination de ces activités criminelles conjointes était un jeu d’enfant lorsqu’on sait que Montagu Norman, directeur de la Banque d’Angleterre, présidait également le conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux. Il n’a d’ailleurs jamais caché ses sympathies pour les fascistes.

La Conférence de Bretton Woods, officiellement Conférence monétaire et financières des Nations unies, a réuni les 730 délégués des 44 pays alliés au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods (New Hampshire), aux États-Unis, en vue de réguler la vie monétaire et financière internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944. La Banque des règlements internationaux se retrouvait soudain sous le feu des projecteurs. On rapportait qu’elle avait collaboré avec l’Allemagne fasciste. Sans entrer dans les détails, je me limiterai à dire qu’après bien des aléas (certains délégués étatsuniens s’étant opposés à la motion), les délégués sont tombés d’accord pour fermer la BRI. Cette décision de la conférence internationale n’a jamais été appliquée. Toutes les informations susceptibles de jeter le discrédit sur les activités de la BRI pendant la guerre ont été classées. Aujourd’hui, cela contribue à falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Pour finir, quelques mots sur Hjalmar Schacht (1877-1970), ancien président de la Reichsbank et ministre de l’économie du gouvernement fasciste de l’Allemagne. Il a joué un rôle de premier plan dans le contrôle de la machine économique du Troisième Reich en agissant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du capital anglo-américain en Allemagne. En 1945, Schacht a été jugé à Nuremberg et acquitté le 1er octobre 1946. Il échappait aux accusations de meurtre. Tout comme Hitler. Pour des raisons qui demeurent inexpliquées, il ne figurait pas sur la liste des principaux criminels de guerre de 1945. Mieux, Schacht a repris sa vie professionnelle comme si de rien n’était et fondé la société Schacht GmbH à Düsseldorf. Ce détail peut sembler insignifiant, mais il confirme une fois de plus que les ploutocrates anglo-américains et leurs représentants plénipotentiaires en Allemagne avaient préparé et, dans une certaine mesure, influencé l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Les ploutocrates veulent réécrire l’histoire de la guerre et changer ses résultats.

Valentin KATASONOV

(1)http://www.bankofengland.co.uk/archive/Documents/archivedocs/wwh/2/p3c9p1292-1301.pdf

Traduit par Gilles Chertier, relu par jj pour le Saker Francophone.

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La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (I)

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La Russie, #le nazisme, #Daesch, #Terrorisme

La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (I)

Valentin Katasonov
Valentin Katasonov

Par Valentin KATASONOV – Le 4 mai 2015 – Source strategic-culture

La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

 

Utilisant des instruments tels que la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre, ils ont commencé à se préparer pour le prochain conflit d’ampleur mondiale immédiatement après la Première Guerre mondiale. Leur cible était l’URSS.

Les plans Dawes et Young, la création de la Banque des règlements internationaux (BRI), la suspension du paiement des réparations par l’Allemagne prévues par le Traité de Versailles et l’acquiescement des anciens alliés de la Russie à cette décision, les investissements étrangers massifs dans l’économie du Troisième Reich, la militarisation de l’économie allemande et les violations du Traité de Versailles sont autant de jalons sur le chemin conduisant à la guerre.

Derrière ce complot se tenaient des personnages-clefs : les Rockefeller, les Morgan, Lord Montagu Norman (gouverneur de la Banque d’Angleterre) et Hjalmar Schacht (président de la Reichsbank et ministre de l’Économie du gouvernement de Hitler). Le programme stratégique des Rockefeller et des Morgan était de subjuguer l’Europe économiquement, de saturer l’Allemagne d’investissements et de crédits étrangers, et de l’amener à délivrer un coup mortel à la Russie soviétique, afin que celle-ci revienne au capitalisme en tant que colonie.

Montagu Norman (1871-1950) a joué un rôle important d’intermédiaire dans le dialogue entre les milieux financiers américains et les chefs d’entreprise allemands. Hjalmar Schacht a organisé la reconstitution du secteur défense de l’économie allemande. L’opération menée par les ploutocrates était dissimulée par des politiciens tels que Franklin Roosevelt, Neville Chamberlain et Winston Churchill. En Allemagne, ces projets étaient exécutés par Hitler et Hjalmar Schacht. Selon certains historiens, Hjalmar Schacht a joué un rôle plus important que Hitler. Seulement, il restait dans l’ombre.

À l’issue de la Première guerre mondiale, le Plan Dawes visait à compromettre la Triple Entente et à collecter les réparations de guerre auprès de l’Allemagne. Le Plan Dawes (proposé par le Comité Dawes, présidé par Charles G. Dawes) désignait une tentative faite en 1924 de résoudre le problème des réparations, qui avait miné la politique internationale après la Première guerre mondiale et le Traité de Versailles (la France, réticente, a perçu plus de 50 % du montant des réparations). Entre 1924 et 1929, l’Allemagne a reçu 2,5 milliards de dollars des États-Unis et 1,5 milliards de la Grande-Bretagne dans le cadre du Plan Dawes. Il s’agit de sommes considérables, qui correspondent à 1 trillion (mille milliards) de dollars d’aujourd’hui. Hjalmar Schacht a joué un rôle actif dans la mise en œuvre du Plan Dawes. En 1929, il a résumé les résultats en déclarant qu’en 5 ans, l’Allemagne avait reçu davantage de prêts étrangers que les États-Unis au cours des 40 années ayant précédé la Première guerre mondiale. En conséquence, en 1929, l’Allemagne était devenue la deuxième puissance industrielle mondiale, devant la Grande-Bretagne.

Dans les années 1930, l’Allemagne a continué de bénéficier d’investissements et de prêts. Rédigé en 1929 et adopté officiellement en 1930, le Plan Dawes désignait un programme visant à régler les dettes de guerre allemandes à l’issue de la Première guerre mondiale. Il a été présenté par le comité présidé (1929-30) par l’industriel américain Owen D. Young, fondateur et ex-premier président de Radio Corporation of America (RCA). À l’époque, Young siégeait également au conseil d’administration de la Fondation Rockefeller, et il avait en outre été l’un des représentants impliqués dans un dispositif de réaménagement des réparations de guerre, le Plan Dawes de 1924. Selon le plan, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a été créée en 1930 pour permettre à l’Allemagne de payer les réparations aux vainqueurs. En réalité, l’argent a pris une toute autre direction, à savoir qu’il est parti des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour arriver en Allemagne. Le capital de la majorité des sociétés allemandes ayant une importance stratégique était, intégralement ou partiellement, américain. Une partie était détenue par des investisseurs britanniques. Les secteurs du raffinage du pétrole et de la liquéfaction du charbon de l’économie allemande étaient dans les mains de Standard Oil (les Rockefeller). Le géant de l’industrie chimique Farbenindustrie AG est passé sous le contrôle du groupe Morgan. Quarante pourcent du réseau téléphonique et 30 % des actions de Focke Wulf étaient sous le contrôle de la société américaine ITT. La radio et les géants de l’industrie électrique AEG, Siemens et Osram sont passés sous le contrôle d’American General Electric. ITT et General Electric faisaient partie de l’empire de Morgan. Cent pourcent des actions Volkswagen appartenaient à l’Américain Ford. Au moment où Hitler a accédé au pouvoir, le capital financier US contrôlait quasiment tous les secteurs d’importance stratégique de l’industrie allemande : raffinage du pétrole, production de carburant de synthèse, chimie, construction automobile, aviation, ingénierie électrique, radio, ainsi qu’une grande partie de l’industrie de la construction mécanique (278 sociétés au total). Les grandes banques allemandes, telles que la Deutsche Bank, la Dresdner Bank, la Donat Bank et quelques autres, étaient sous contrôle US.

Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier d’Allemagne. Auparavant, sa candidature avait été étudiée à la loupe par les banquiers américains. Hjalmar Schacht s’est rendu aux États-Unis à l’automne 1930 pour parler de cette nomination avec des collègues américains. La désignation de Hitler a finalement été approuvée lors d’une réunion secrète de financiers aux États-Unis. Schacht a passé toute l’année 1932 à convaincre les banquiers allemands que Hitler était le meilleur candidat au poste. Il a atteint son objectif. À la mi-novembre 1932, 17 des plus grands banquiers et industriels allemands ont adressé une lettre au Président Hindenburg, dans laquelle ils exigeaient qu’il nomme Hitler chancelier. La dernière réunion de travail des financiers allemands avant l’élection s’est tenue le 4 janvier 1933 à Cologne, au domicile du banquier Kurt von Schröder. Ensuite, le parti national-socialiste est arrivé au pouvoir. Les relations financières et économiques de l’Allemagne avec les Anglo-saxons se sont alors resserrées d’un cran.

Hitler a immédiatement annoncé qu’il refusait de payer les réparations de guerre. Il a mis en doute la capacité de l’Angleterre et de la France à rembourser leurs propres dettes de la Première guerre mondiale aux États-Unis. Washington n’a émis aucune objection à l’annonce de Hitler. En mai 1933, Hjalmar Schacht s’est rendu une nouvelle fois aux États-Unis. Il y a rencontré le président Franklin Roosevelt et les grands banquiers en vue de demander une ligne de crédit de 1 milliard de dollars. En juin de la même année, Hjalmar Schacht s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec Montagu Norman. Tout est passé comme une lettre à la poste. Les Britanniques ont consenti un prêt de 2 milliards de dollars. Ils n’ont soulevé aucune objection quant à la décision de l’Allemagne de suspendre le remboursement de sa dette.

Selon certains historiens, les Américains et les Britanniques étaient accommodants parce que, dès 1932, l’Union soviétique avait réalisé le plan quinquennal de développement économique en vue d’atteindre de nouveaux sommets en tant que puissance industrielle. Quelques milliers d’entreprises avaient vu le jour, en particulier dans l’industrie lourde. La dépendance de l’URSS à l’importation de produits industriels avait ainsi considérablement diminué. Les chances d’étrangler l’Union soviétique économiquement s’en trouvaient quasiment réduites à zéro. Il a alors été décidé de recourir à la guerre et de lancer la militarisation accélérée de l’Allemagne.

Pour celle-ci, l’obtention de crédits américains ne posait aucun problème. Hitler est arrivé au pouvoir dans son pays à peu près en même temps que Franklin Roosevelt aux États-Unis. Les banquiers qui ont soutenu Hitler en 1931 sont précisément ceux qui ont soutenu l’élection de Roosevelt. Une fois en poste, le nouveau président ne pouvait guère faire moins qu’accorder de généreux crédits à l’Allemagne. D’ailleurs, beaucoup on remarqué la grande similitude entre le New Deal de Roosevelt et la politique économique du Troisième Reich. Rien d’étonnant. Ce sont en effet les mêmes qui assuraient le sauvetage des deux gouvernements tout en les conseillant. Ils représentaient principalement les milieux financiers US.

Le New Deal de Roosevelt n’a pas tardé à capoter. En 1937, les États-Unis étaient embourbés dans la crise économique. En 1939, l’économie US tournait à 33 % de sa capacité industrielle (19 % au pires moments de la crise de 1929-1933).

Rexford G. Tugwell, un économiste du premier Brain Trust, équipe d’universitaires de l’Université de Columbia mise en place par Franklin Roosevelt et ayant contribué aux recommandations politiques qui ont conduit au New Deal de Roosevelt, écrivait qu’en 1939 le gouvernement avait échoué. La situation est restée figée jusqu’à l’invasion de la Pologne par Hitler. Seuls les puissants vents de la guerre pouvaient dissiper la brume. Quoi que Roosevelt puisse tenter, ses initiatives étaient condamnées à l’échec. (1) Seule une guerre mondiale pouvait sauver le capitalisme US. En 1939, les ploutocrates ont mis en œuvre tous les moyens à leur disposition pour faire pression sur Hitler et l’inciter à lancer une guerre à grande échelle à l’Est.

Valentin KATASONOV

À Suivre deuxième partie

(1) P.Tugwell, The Democratic Roosevelt, A Biography of Franklin D. Roosevelt, New York, 1957, p 477.

Traduit par Gilles Chertier, relu par jj pour le Saker Francophone.

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le rôle géopolitique de la Grèce.

3 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La dette, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE

 le rôle géopolitique de la Grèce.

Bonjour

Dans l’analyse de la crise grecque nous oublions le volet géopolitique qui à mon sens est primordial. Un peu d’histoire en tout premier lieu :

http://www.les-crises.fr/la-grece-au-xxe-siecle-grecs-courageux/

Après la seconde guerre mondiale les USA ont pris le relais de la Grande Bretagne pour le contrôle du verrou grec dans cette partie du monde hautement stratégique. Ils ont soutenu la dictature des colonels pour « stabiliser » ce pays. Ils ont confié à l’Union Européenne et particulièrement à la zone euro le rôle de chien de garde.

Suite aux spéculations (CDS), https://www.youtube.com/watch?v=E0bbQHb-mRw, sur la dette grecque par les fonds vautours anglo-saxons, la sinistre troïka a imposé au peuple hellène les pires régressions. J’ai entendu hier des chroniqueurs et des « experts » déverser des tombereaux de mensonges et de calomnies. Au-delà des lieux communs sur le côté fainéant et tricheurs de ces cueilleurs d’olives, les saillies portaient sur des affirmations scandaleuses : « La Grèce est un pays du tiers monde et il doit être traité comme tel », « C’est pays sous développé et la population doit être contrôlée… ».

N’oublions pas que la Grèce est prête à coopérer avec le projet « Turkish Steam » afin de se procurer des sources de revenu conséquentes. Le vendredi 19 juin, le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak et son homologue grec Panagiotis Lafazanis ont signé un mémorandum sur la coopération en matière de construction et d'exploitation d'un gazoduc connecté à Turkish Stream.

La visite du premier ministre grec Alexis Tsipras au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui s'est tenu les 19 et 20 juin, a confirmé les solides relations politiques entre le président russe Vladimir Poutine et le gouvernement grec. Elle fait suite à la visite de Tsipras à Moscou le 8 avril 2015 où des bases solides avaient été évoquées lors de la conférence de presse commune entre les deux présidents. Il était alors question de faire une avance sur les bénéfices à venir à la Grèce. Ce qui aurait pour fonction de faire un prêt sous une forme détournée.

Gageons qu’à Saint Pétersbourg les deux présidents ont à nouveau travaillé sur cette question, affaire à suivre donc avec la plus grande attention. Il se joue en plus de la dette et de l’intransigeance de l’eurogroupe une question géopolitique de première importance.

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150622/1016644787.html#ixzz3eogkf5K9 ; http://fr.sputniknews.com/international/20150622/1016644787.html#ixzz3eobgrzUB

Lire la suite: http://francais.rt.com/lemonde/1593-quon-doit-savoir-sur-rencontre

La vidéo est : https://www.youtube.com/watch?v=gJ6duNB76Dw

Il faut examiner avec attention les autres foyers de tension que la CIA sous fausse bannière humanitaire va mettre en place pour faire capoter ce projet. Troubles en Macédoine, troubles en Voïvodine (Serbie). Le Gazoduc pour desservir l’Europe passera par ces deux pays pas entièrement soumis aux intérêts étasuniens.

Une autre source de friction, en plus, se trouve en Transnistrie où les étasuniens veulent entrainer la Russie dans une guerre directe.

Cordialement

Lucien PONS

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Hervé Juvin : «L'union européenne, une entreprise à décerveler les peuples»

3 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie

Hervé Juvin : «L'union européenne, une entreprise à décerveler les peuples»

 

Publié

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - D'après les révélations de Wikileaks, les trois derniers présidents auraient été mis sur écoute par la NSA. Hervé Juvin voit dans ce scandale le symbole de l'hégémonie américaine et de la naïveté des Européens.

Hervé Juvin est un écrivain et essayiste français. Il poursuit un travail de réflexion sur la transformation violente de notre condition humaine qui, selon lui, caractérise ce début de XXIè siècle. Il est par ailleurs associé d'Eurogroup Consulting. Il est l'auteur de Pour une écologie des civilisations (Gallimard) et vient de publier aux éditions Pierre-Guillaume 

Votre livre s'intitule Le mur de l'ouest n'est pas tombé. Comment analysez-vous l'affaire Franceleaks?

Ne nous faites pas rire! L'affaire des écoutes américaines des Présidents français, dont il est promis juré qu'elles se sont arrêtées en 2012, en dit plus sur l'état de la France que sur la réalité des écoutes. Partons du principe que tout le monde écoute tout le monde, suggérons avec le sourire que les Français ne sont pas les derniers à le faire, ajoutons que l'explosion de l'espionnage de données par les systèmes américains ne leur assure pas des triomphes stratégiques bien marquants, et regardons-nous!

«L'affaire des écoutes américaines des Présidents français, dont il est promis juré qu'elles se sont arrêtées en 2012, en dit plus sur l'état de la France que sur la réalité des écoutes.»

Les Français veulent croire que nous vivons dans un monde de bisounours. L'Europe est une entreprise à décerveler les peuples européens, ceux du moins qui croiraient que les mots de puissance, de force, d'intérêt national, ont encore un sens. C'est l'étonnement général qui devrait nous étonner; oui, l'intérêt national américain n'est pas l'intérêt français! Oui, entre prétendus alliés, tous les coups sont permis, et les entreprises françaises le savent bien! Oui, les Américains ne manquent pas de complices européens qu'ils savent diviser pour mieux régner! Oui encore, l'exceptionnalisme américain leur permet d'utiliser tous les moyens pour dominer, pour diriger ou pour vaincre, et la question n'est pas de protester, c'est de combattre!

Édouard Snowden est en Russie et ces révélations servent objectivement les adversaires des États-Unis. N'est-ce pas tout simplement de la géopolitique?

Le premier fait marquant de l'histoire Snowden, c'est que des pays qui se disent attachés à la liberté d'expression et indépendants n'ont pas souhaité l'accueillir, voire se sont alignés sur l'ordre américain visant à le déférer à la justice américaine. Il n'y a pas de quoi être fiers, quand on est Français, et qu'on a été l'un des champions des non-alignés! Nous sommes rentrés dans le rang ; triste résultat de deux présidences d'intérim, avant de retrouver un Président capable de dire «non!».

Le second fait, c'est que Snowden a révélé un système de pouvoir réellement impérial, qui tend à assurer de fait un empire mondial américain. Nous sommes face au premier nationalisme global. Le point crucial est l'association manifeste d'une surpuissance militaire, d'une surpuissance d'entreprise, et d'un universalisme provincial - une province du monde se prend pour le monde et veut imposer partout son droit, ses normes, ses règles, ses principes, en recrutant partout des complices. Ajoutons que l'affaire des écoutes, celle de la livraison des frégates «Mistral», comme celle des sanctions contre la Russie, éclairent la subordination absolue de ceux que les États-Unis nomment alliés, alors qu'ils les traitent comme des pions ; est-ce la manifestation de la stratégie du «leading from behind» annoncée par Barack Obama dans un célèbre discours à West Point?

«Le second fait, c'est que Snowden a révélé un système de pouvoir réellement impérial, qui tend à assurer de fait un empire mondial américain. Nous sommes face au premier nationalisme global.»

Le troisième fait est au cœur de mon livre, Le Mur de l'Ouest n'est pas tombé. Les États-Unis attendent la guerre, ils ont besoin de la guerre extérieure qui seule, va les faire sortir de la crise sans fin où l'hyperfinance les a plongé. Seul, un conflit extérieur les fera sortir du conflit intérieur qui monte. D'où la rhétorique de la menace, du terrorisme, de la Nation en danger, qui manipule l'opinion intérieure et qui assure seule l'injustifiable pouvoir de l'hyperfinance sur une Amérique en voie de sous-développement.

Quel est, selon vous, le jeu américain vis-à-vis de la Russie?

La Russie est l'un des pôles de la résistance à l'ordre américain. Et c'est, à ce jour, la seule puissance militaire réellement capable de faire échec à une agression américaine. Cantonner, encercler, affaiblir la Russie, vient donc en tête de l'agenda effectif des États-Unis. Le général Wesley Clark l'a dit sans ambages ; «il faut en finir avec les États-Nations en Europe!» Voilà pourquoi, entre autres, l'idéologie américaine nous interdit toute mesure pour lutter contre l'invasion démographique qui nous menace, promeut un individualisme destructeur de nos démocraties et de notre République, veut nous contraindre à une ouverture accrue des frontières, notamment par le traité de libre-échange transatlantique, et nous interdit de réagir contre les atteintes à notre souveraineté que représente l'extraterritorialité montante de son droit des affaires.

«C'est, à ce jour, la seule puissance militaire réellement capable de faire échec à une agression américaine. Cantonner, encercler, affaiblir la Russie, vient donc en tête de l'agenda effectif des États-Unis.»

Les États-Unis réveillent le fantôme de la guerre froide pour couper le continent eurasiatique en deux. C'est le grand jeu géopolitique des puissances de la mer qui est reparti ; tout, contre l'union continentale eurasiatique! Bill Clinton a trahi les assurances données à Gorbatchev par George Bush ; l'Otan ne s'étendra jamais aux frontières de la Russie. Les États-Unis accroissent leur présence militaire dans l'est de l'Europe, dans ce qui s'apparente à une nouvelle occupation. Que font des tanks américains en Pologne et dans les pays baltes? Le jeu géopolitique est clair ; l'Eurasie unie serait la première puissance mondiale. Les États-Unis, on les comprend, n'en veulent pas. On comprend moins leurs complices européens. Et moins encore ceux qui répètent que la puissance, la force et les armes ne comptent pas!

Poutine ne cède-t-il pas au défaut (autocratie, volonté expansionniste) que l'Occident lui prête?

Critiquer la volonté impériale des États-Unis n'est pas encenser Monsieur Poutine! Quand je critique la confusion stratégique américaine, je n'écris rien que des élus américains, comme Elizabeth Warren, comme Rand Paul, comme Jeb Bush lui-même, qui vient de déclarer qu'il n'aurait jamais envahi l'Irak, ont déclaré!

Je constate simplement que les États-Unis ont eu peur du rapprochement entre l'Union européenne et la Russie, qui aurait menacé le privilège exorbitant du dollar, et qu'ils se sont employés à la faire échouer, comme ils s'étaient employés à affaiblir l'euro. Je constate ensuite que le Président Poutine a tourné la page du communisme pour renouer avec la tradition des tsars ; il a un confesseur, il favorise l'orthodoxie et redonne prestige et autorité à la troisième Rome, il discute avec le Pape François, etc. tout ceci dans un contexte où les États-Unis utilisent les droits de l'individu, sans origine, sans sexe, sans race, sans quoi que ce soit qui le distingue, sauf l'argent, pour dissoudre les sociétés constituées et en finir avec la diversité des cultures et des civilisations, qui n'est rien si elle n'est pas collective. Je salue le fait que la Russie soit un pôle de résistance à l'individualisme absolu, comme l'Inde, comme la Chine, comme l'Islam à sa manière, et qu'elle garde le sens de la diplomatie, qui est celui de reconnaître des intérêts contraires, pas d'écraser ses opposants. La France ne l'est plus. On n'est pas obligé d'être d'accord avec eux sur leur manière singulière d'écrire l'histoire de leur civilisation, pour être d'accord sur le fait que leur singularité est légitime, puisqu'ils l'ont choisie, et mérite d'être préservée!

«Le Président Poutine a tourné la page du communisme pour renouer avec la tradition des tsars ; il a un confesseur, il favorise l'orthodoxie et redonne prestige et autorité à la troisième Rome, il discute avec le Pape François.»

La chute de la diversité des sociétés humaines est aussi, elle est plus grave encore que la chute de la biodiversité animale et végétale. Car c'est la survie de l'espèce humaine qui est en danger. Il n'y aura plus de civilisation, s'il n'y a pas des civilisations. Et la Russie orthodoxe, comme l'Islam chiite, comme l'hindutva de Narendra Modi, sont des incarnations de cette merveille ; la diversité des formes que l'homme donne à son destin.

Les Russes savent aussi écouter leurs partenaires et leurs adversaires?

Un peu d'histoire. L'invention, l'entraînement, le financement d'Al Qaeda, des talibans, a enfoncé une épine dans le pied de l'URSS, dont elle ne s'est pas relevée. Brzezinski l'a dit avec une rare franchise ; «Al Quaeda a produit des dégâts collatéraux ( side effeects) sans importance dans la lutte que nous avons gagnée contre l'URSS». Partout, y compris pour justifier l'intervention armée en Europe et pour défendre l'islamisation de l'Europe, les États-Unis derrière leur allié saoudien, se sont servis de l'Islam. Ils s'en servent en Inde, en Chine, ils s'en sont servis en Tchetchénie. Et ils se préparent à renouveler l'opération au sud de la Russie, en déstabilisant les États d'Asie centrale et l'extrême-est de la Chine.

«La diplomatie française, sidérée par les néo-cons qui l'ont envahie, ne semble plus savoir lire une carte de géographie.»

Parmi les preuves multiples, regardons la prise de Palmyre par l'État islamique. Admettons qu'un vent de sable ait effectivement empêché toute intervention aérienne pour la prise de Ramadi, quelques jours plus tôt. Mais Palmyre! Dans une zone désertique, sans grand relief, Palmyre qui ne peut être atteinte que par des pistes ou des routes droites sur des kilomètres, en terrain découvert ; une armée qui dispose de l'exclusivité aérienne, comme celle de la coalition, peut empêcher toute entrée ou sortie d'un seul véhicule de Palmyre! L'inaction de la coalition est inexplicable. La diplomatie française, sidérée par les néo-cons qui l'ont envahie, ne semble plus savoir lire une carte de géographie. Mais une France devenue pauvre en monde, livrée à la confusion des valeurs et des intérêts, une France qui n'incarne plus la résistance à l'intérêt mondial dominant qu'est l'intérêt national américain, qui sera peut-être demain l'intérêt chinois, est-elle encore la France?

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La Finlande interdit la Russie d'assemblée parlementaire de l'OSCE

2 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Le grand banditisme

mercredi 1 juillet 2015

La Finlande interdit la Russie d'assemblée parlementaire de l'OSCE

 
Председатель Государственной думы России Сергей Нарышкин
S. Narychkine, visage de l'ennemi public en Europe 
 
Le président du Parlement russe, S. Narychkine, et l'intégralité de la délégation russe, se voient interdits de séjour en Finlande à l'occasion de la session d'été de l'assemblée parlementaire de l'OSCE en raison des sanctions prises par l'UE. Rappelons que l'OSCE est un organe indépendant de l'UE. De fait, l'UE a réussi à exclure la Russie, membre fondateur de cette organisation, sans que des sanctions supplémentaires ne soient nécessaires. Même si la décision est légalement contestable, elle reste dans la ligne directe de la politique européenne contemporaine.
 

 
Ainsi, la Finlande s'est retrouvée face à une situation délicate. En accueillant l'assemblée d'été de l'OSCE, elle est obligée d'accueillir l'ensemble des délégations participantes. Or, la délégation russe est sous sanctions  européennes et la Finlande est un pays obéissant, qui ne veut surtout pas faire de vagues.    
 
Donc pour garder sa tranquillité d'esprit, elle s'adresse à l'UE pour une "consultation juridique" - politiquement tout est clair. Le problème est que les membres russes, qui sont des parlementaires de haut rang, sont munis de passeports diplomatiques. Ils n'ont donc pas besoin de faire une demande de visa pour entrer en Finlande, mais ils ne bénéficient pas des avantages reconnus au statut de diplomate et la Convention de Vienne ne s'applique pas à eux. La question n'est pas là. La Finlande s'adresse à l'UE pour savoir quoi faire avec ses hôtes inconvenants, pour savoir s'ils peuvent participer à un événement de l'OSCE, non de l'UE, organisé sur son territoire.
 
Vous saisissez l'absurde? Pour ceux qui aurait un doute imaginez la situation suivante: Claude interdit à ses amis de recevoir Serge, il n'aime pas du tout son comportement. Sauli, un des amis de Claude, ne sait pas comment faire, car Serge est invité par Ilkka pour participer de droit aux travaux de son groupe d'amis. Comme Sauli ne veut pas se faire disputer par Claude, il lui demande quoi faire. Et bien sûr Claude, qui ne va pas se dédire, lui dit de ne pas l'inviter. C'était la réponse évidente. S'il s'était adressé à Ilkka, il aurait reçu une réponse diamétralement opposée. C'est ce que la Finlande a appelé une "consultation juridique".
 
Bref, les sanctions prises par l'UE empêchent des parlementaires d'exercer leurs fonctions dans des structures internationales qui ne dépendent pas de l'UE. Et là, ce n'est plus une figure de style.
 
Ensuite, pour justifier une décision politique, il est toujours possible de développer une argutie teintée de juridique. La décision prise par les instaces européennes s'appliquerait à tous les pays membres. Soit, mais alors pourquoi ce même S. Narychkine a pu participer à l'invitation de l'UNESCO à l'événement de Paris. Qui est en France. Qui est membre de l'UE. La seule explication qui fut fournie est que "la situation est différentes".
 
Et en effet, elle est politiquement différente. A l'UNESCO on n'allait pas parler de l'Ukraine. Et il est tellement plus simple de parler de la grande et mystique agression russe en Ukraine sans la Russie pour rappeler que ce sont les chars ukrainiens qui tirent sur les habitations du Donbass, que c'est l'aviation ukrainienne qui larguait des bombes sur les villes de l'Est de l'Ukraine. C'est tellement plus pratique.  
 
Quelques conclusions:
1) Le masque de l'Etat de droit dans les pays européens est de plus en plus difficile à garder. Puisque le droit est ouvertement instrumentalisé à des fins politiques.
2) La Finlande ne cherche même plus à faire semblant de préserver sa souveraineté, puisque le droit d'accepter ou de refuser quelqu'un sur son territoire est justement un des attributs de la souveraineté nationale. Elle s'en remet totalement à l'Union européenne qui n'est pas une structure étatique.
3) La participation de la Russie est de plus en plus bloquée au niveau des instances internationales. Cela démontre la faiblesse de la position sur le fond des pays du bloc américano-centré qui ne peuvent se permettre de risquer un véritable dialogue, mais également pour l'instant leur force politique de blocage.
4) Le bloc américano-centré ira jusqu'au bout, c'est une condition de sa survie. En rejetant le droit et le respect de la pluralité politique comme modalité d'existence, ils ne peuvent se permettre de renoncer, car cela les obligerait à reconnaître leur trahison fondamentale, ce qui sera fatal. Le combat contre la Russie a donc de beaux jours devant lui. 
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