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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

« Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski. Par Olivier Berruyer.

15 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La Russie, #L'OTAN., #La guerre, #La nation .

Zbigniew Brzezinski

Zbigniew Brzezinski

Très proche de l’exécutif américain actuel, ancien conseiller à la sécurité de la présidence des Etats-Unis, expert fort écouté du Center for Strategic and International Studies, membre du très influent Council on Foreign Relations, Zbigniew Brzezinski est loin d’être un personnage de second rang. Quelques années après le médiatique « Clash of civilisations » de Samuel P. Huntington, où développant le concept d’Occident cet auteur désignait les adversaires des Etats-Unis et l’importance du bloc islamo-confuséen, et où le paradigme de l’après Guerre Froide devenait le choc des civilisations, Brzezinski faisait paraître The grand chessboard. Cet ouvrage est un examen sérieux de géopolitique mondiale, et trace les objectifs stratégiques des Etats-Unis pour les prochaines décennies.

« Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski. Par Olivier Berruyer.

Dès l’introduction, nous sommes renseignés sur la portée de l’ouvrage ; il ne s’agit pas d’un énième travail de géostratégie présentant les forces, les interactions, les évolutions, les constantes du monde contemporain, mais bien d’une vision de géostratégie s’inscrivant dans une eschatologie terrifiante. Le but est clair : asseoir et renforcer le rôle dominant des Etats-Unis comme première puissance mondiale ; pour cela, nous dit Brzezinski, il faut à tout prix empêcher l’émergence d’une puissance sur le continent eurasien capable de rivaliser avec les Etats-Unis. En effet, nous dit-il, celui qui tiendrait ce continent serait le maître du monde ; Hitler et Staline, qui l’avaient compris, s’y sont d’ailleurs essayés dans le passé mais sans succès. Les Etats-Unis doivent veiller au respect légitime de la primauté américaine sur cette Eurasie, car ses objectifs sont « généreux ». Ainsi, dans cette logique implacable, défier l’Amérique serait agir contre « les intérêts fondamentaux de l’humanité ». Tout est dit.

Dans le premier chapitre, nous est brossé le tableau de l’évolution de la puissance américaine depuis 1898 (guerre contre l’Espagne) jusqu’à son état actuel de première puissance mondiale. Nous y voyons cette attitude anti-européenne constitutive de la création des Etats-Unis : cette Europe aux « privilèges archaïques et aux hiérarchies sociales rigides ». La première irruption des Etats-Unis dans la géopolitique européenne n’est pas abordée du point de vue de ses portées réelles, meurtrières (les quatorze points de Wilson portant en germe les conflits européens à venir), mais sous l’angle du formidable idéalisme américain allié à une puissance militaire, économique sans précédent qui font que ses principes sont pris en compte dans la recherche de solutions aux problèmes européens ; le nouvel acteur de l’arène internationale fait valoir sa vision du monde.

La fin de la Seconde Guerre Mondiale fait émerger un monde bipolaire, et le temps de la Guerre Froide voit se mettre en place des enjeux géopolitiques clairement définis : les Etats-Unis contre l’Eurasie (URSS), avec le monde comme enjeu. Avec l’effondrement et l’éclatement de l’Union Soviétique, les Etats-Unis deviennent, nous dit Brzezinski, « la première puissance globale de l’histoire ». Le parallèle avec Rome est vite amené, et nous apprenons que Rome (empire simplement régional) est même dépassée.

L’auteur établit ensuite la liste des empires ayant eu une aspiration à la domination mondiale ; il y en a eu trois : l’empire romain, la Chine impériale et l’empire mongol. Parmi ces trois, seul l’empire mongol approche la définition moderne de puissance mondiale, nous dit Brzezinski ; seul cet empire peut être comparé aux Etats-Unis d’aujourd’hui. Mais, après deux siècles d’existence (du XIIIème au XVème siècle), cet empire disparaissait sans laisser de traces ; ce qui devrait faire réfléchir d’avantage l’auteur.

L’Europe devient ensuite le foyer de la puissance globale et le lieu où se déroule les luttes pour l’acquérir, sans toutefois être dominé par un Etat en particulier. Brzezinski note que la France en premier lieu (jusqu’en 1815), puis la Grande-Bretagne (jusqu’en 1914) ont eu leur période de prééminence. Mais, aucun de ces empires n’a vraiment été global. Le fait que les Etats-Unis se soient élevés au rang de puissance globale est, lit-on, unique dans l’histoire. Ce pays a un appareil militaire qui est le seul à avoir un rayon d’action global.

Cette prééminence fait de l’ombre à la Russie et à la Chine ; néanmoins, le retard technologique de ces deux pays fait qu’ils n’ont pas de politique significative sur le plan mondial. Dans les quatre domaines clés (militaire, économique, technologique et culturel) les Etats-Unis sont dominants, et ceci lui confère la position de seule superpuissance globale.

Brzezinski développe ensuite ce « système global » propre aux Etats-Unis. La puissance globale des Etats-Unis viendrait d’une part du pluralisme de sa société et d’autre part de son système politique. Incidemment, nous apprenons que par le passé les Européens, dans leurs visées impériales, n’ont été que des « aventuriers ». Autre élément de ce système : les idéaux démocratiques sont aujourd’hui identifiés dans le monde comme issus de la tradition politique américaine ; les Etats-Unis sont devenus Le modèle incontournable. La doctrine américaine, « mélange actif » d’idéalisme et d’égoïsme, est le seul qui prévaut ; bien entendu ceci pour le plus grand profit de tous.

Mais cette suprématie américaine repose également, apprend t-on, sur un système élaboré d’alliances couvrant la planète. L’OTAN, l’APEC, le FMI, l’OMC, etc. (dans lesquels les Etats-Unis ont un rôle prépondérant, sinon directif) constituent un réseau mondial actif et incontournable dans la constitution et la conservation de la puissance globale américaine. Et les Etats-Unis se doivent de conserver cette position d’hégémonie globale sans précédent ; il y aurait comme une « mission » confiée à ce pays. Il lui faut impérativement prévenir toute émergence de rivaux, maintenir le statu quo ; ceci au nom du bien être de l’humanité, bien entendu.

De nouveau, dans le second chapitre, et avec la même logique utilisé par l’auteur dans l’introduction, on apprend que le maintien de la prééminence des Etats-Unis dans le monde va de pair avec la paix dans le monde. L’enjeu est l’Eurasie, nous dit Brzezinski ; C’est l’Eurasie qui est « l’échiquier », c’est là que se déroule le jeu pour la domination mondiale. Apparaît alors la phobie des Etats-Unis : une éventuelle unité politique de l’Eurasie. Et l’auteur d’établir l’univers des possibles, la recension des différents cas de figures qui feraient que les Etats-Unis seraient en position d’affaiblissement ; nous apprenons que l’hégémonie américaine est superficielle, et qu’elle ne passe pas par un contrôle direct sur le monde. C’est ce qui distinguerait l’Amérique des empires du passé. De plus, toujours dans les faiblesses du « géant », il y a le fait que le système de la démocratie « exclu toute mobilisation impériale » ; mais on peut en douter justement par ces moyens d’alliances et de coalitions très « incitatifs » mis en place. Nous sommes également surpris dans la vision que Brzezinski prête aux Américains face à leur statut de superpuissance mondiale sans rivale : ils ne considèreraient pas que ce statut leur confère des avantages particuliers. Les faits prouveraient plutôt autre chose.

Nous abordons plus loin les thèmes de la géostratégie et de la géopolitique. Sans surprise, nous apprenons que la géographie prédestine les priorités immédiates des pays ; nous le savions depuis au moins Napoléon. Halford J. Mackinder au début du siècle avait tracé déjà ce que nous avions vu plus haut développé par Brzezinski, à savoir que « qui gouverne l’Europe de l’Est domine le heartland, qui gouverne le heartland domine l’île-monde, et qui gouverne l’île-monde domine le monde » (le heartland étant le coeur continental). L’Amérique suit donc cette voie pour parvenir au maintien de son rang.

Suit une analyse des principaux acteurs et une reconnaissance appropriée du terrain. Les Etats eurasiens possédant une réelle dynamique géostratégique gênent les Etats-Unis, il s’agit donc pour ces derniers de formuler des politiques spécifiques pour contrebalancer cet état de fait. Ceci peut se faire par trois grands impératifs : « éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés ; empêcher les barbares de former des alliances offensives ». Tout le programme des Etats-Unis est là. Pour la poursuite de son analyse, Brzezinski distingue les « acteurs géostratégiques » (France, Allemagne, Russie, Chine et Inde) des « pivots géopolitiques » (Ukraine, Azerbaïdjan, Corée, Turquie et Iran). Les premiers sont en mesure de modifier les relations internationales, « au risque d’affecter les intérêts de l’Amérique » ; les seconds ont une position géographique leur donnant « un rôle clé pour accéder à certaines régions ou leur permet de couper un acteur de premier plan des ressources qui lui sont nécessaires ».

La France et l’Allemagne sont deux acteurs géostratégiques clés qui, par « leur vision de l’Europe unie », (…) « projet ambitieux », (…) « s’efforcent de modifier le statu quo ». Ces acteurs sont l’objet « d’une attention toute particulière des Etats-Unis ». Cependant, on peut se poser la question de la « réelle volonté d’indépendance européenne » instiguée par ces deux pays.

La Russie, joueur de premier plan malgré l’affaiblissement de son Etat, n’a pas tranché quant à son attitude vis à vis des Etats-Unis : partenaire ou adversaire ? La Chine, puissance régionale importante, a des ambitions élevées : la Grande Chine. Le Japon, puissance internationale de premier ordre mais qui ne souhaite pas s’impliquer dans la politique continentale en Asie. Maintenir les relations avec le Japon est un impératif pour les Etats-Unis, ne serait-ce que pour maintenir la stabilité régionale. L’Inde, qui se définit comme un rival de la Chine, est le seul pôle de pouvoir régional en Asie du Sud ; cependant ce pays n’est pas gênant pour l’Amérique car il ne contrarie pas les intérêts américains en Eurasie. L’Ukraine, l’Azerbaïdjan : le sort de ces deux pays dicteront ce que sera ou ne sera pas la Russie à l’avenir. La Turquie, facteur de stabilité dans la Mer Noire, sert de contrepoids à la Russie dans le Caucase, d’antidote au fondamentalisme islamique, et de point d’ancrage au Sud pour l’OTAN. Brzezinski nous fait là un chantage à l’islamisme pour que la Turquie intègre l’Union Européenne : « l’Amérique va profiter de son influence en Europe pour soutenir l’admission éventuelle de la Turquie dans l’UE, et mettre un point d’honneur à la traiter comme un état européen » afin qu’Ankara ne glisse vers les intégristes islamiques.

Mais les motifs américains sont aussi plus prosaïques : les Etats-Unis soutiendront « avec force l’ambition qu’ont les Turcs de mettre en place un pipeline reliant Bakou à Ceyhan qui servirait de débouché à la majeure partie des ressources en énergie du bassin de la mer Caspienne ». L’Iran est, curieusement, un élément stabilisateur dans la redistribution du pouvoir en Asie Centrale ; il empêche la Russie de menacer les intérêts américains dans la région du golfe persique. « Il n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis de continuer à avoir des relations hostiles avec l’Iran », et ceci « malgré son sentiment religieux, à condition que celui-ci ne se traduise pas par un sentiment anti-occidental ». Mais les véritables raisons pointent quelques lignes plus bas, avec « la participation des Etats-Unis au financement de projets de pipelines entre l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan ».

Vis à vis de l’Europe, les USA sont, dans les principes tout au moins, pour la construction européenne ; cependant, leur souhait est une Europe vassale. L’OTAN est non seulement le support essentiel de l’influence américaine mais aussi le cadre de sa présence militaire en Europe de l’Ouest. Pour autant, c’est un réel partenariat que souhaite l’Amérique ; on peut se demander toutefois, à l’aune de ces points de vues contradictoires (une Europe à la fois vassale et partenaire), quelle est la marge de manouvre laissée à l’Europe par les Etats-Unis, et dans quels domaines elle pourrait s’exercer.

La problématique géostratégique européenne sera, lit-on, directement influencée par l’attitude de la Russie et de sa propre problématique. Et pour faire face à toute éventualité, les Etats-Unis doivent empêcher la Russie de « recouvrer un jour le statut de deuxième puissance mondiale » ; à terme, ce pays posera un problème lors de son rétablissement comme « empire ». L’Asie centrale, zone inflammable, pourrait devenir le champs de violents affrontements entre Etats-nations. Le Golfe persique est une chasse gardée des Etats-Unis ; « la sécurité dans cette zone est du ressort de l’Amérique ». On comprend mieux les enjeux de la guerre menée contre l’Irak. Le défi du fondamentalisme islamique quant à lui « n’est guère stratégique » ; ce qui expliquerait l’attitude ambiguë des USA à l’égard de celui-ci.

L’Islam n’a pas d’ « Etat-phare » dirait Huntington. La Chine pour sa part évolue, mais l’incertitude demeure quant à sa démocratisation. Brzezinski note que dans le cas de l’émergence d’une « Grande Chine », le Japon resterait passif ; cette neutralité cause quelques craintes aux Etats-Unis. De plus, les Etats-Unis doivent se prémunir contre l’éventualité d’un développement de l’axe sino-japonais. L’Amérique doit faire des concessions à la Chine si elle veut traiter avec elle ; « il faut en payer le prix » nous dit l’auteur. Toujours dans cette zone, la mesure impérative de la stratégie US est « le maintien de la présence américaine en Corée du Sud » ; elle est d’« une importance capitale ». Une autre crainte américaine serait la naissance d’une grande coalition entre la Chine, la Russie et peut-être l’Iran ; une coalition anti-hégémonique, « unie par des rancunes complémentaires ». Enfin, pour maintenir la primauté américaine, la solution adoptée et recommandée est « l’intégration de tous ces Etats dans des ensembles multilatéraux, reliés entre eux, et sous l’égide des Etats-Unis ».

Le chapitre suivant aborde l’Europe, « tête de pont de la démocratie », où il faut entendre en fait, bien sûr, « tête de pont des Etats-Unis ». L’Union Européenne, union supranationale, dans le cas où elle réussirait deviendrait une puissance globale, apprend t-on ; ce qui veut dire qu’elle ne l’est pas aujourd’hui. La réussite de ce projet, permettrait à ces pays européens « de bénéficier d’un niveau de vie comparable à celui des Etats-Unis » ; mais est-ce vraiment la panacée, et a-t-on besoin de cette Europe-là pour y parvenir ? Par ailleurs, ce niveau de vie n’est-il pas déjà atteint ? Dans l’appréciation de cette idée de projet européen, on note toujours un « oui, mais » ; en effet, cette Europe est placée incidemment « sous l’égide américaine ». Nous pouvons à juste titre nous demander où est le réel « partenariat », « la réelle équité » tant vantée par l’auteur ?

Brzezinski nous fait un tableau sans concession de l’Union Européenne : les Etats européens dépendent des Etats-Unis pour leur sécurité ; une « Europe vraiment européenne n’existe pas » ; et poursuit-il, « sans détour, l’Europe de l’Ouest reste un protectorat américain ». Tous ceci est un soufflet à ceux qui pensent que l’Europe, grâce à l’Union, est la structure permettant une indépendance vis à vis des Etats-Unis. Comme la situation de l’Union européenne est floue, indécise, « les Etats-Unis ne doivent pas hésiter à prendre des initiatives décisives ».

« Le problème central pour l’Amérique est de bâtir une Europe fondée sur les relations franco-allemandes, viable, liée aux Etats-Unis et qui élargisse le système international de coopération démocratique dont dépend l’exercice de l’hégémonie globale de l’Amérique ». Ainsi, comme partout ailleurs, les USA se moquent de leurs « alliés » du moment ; seuls comptent les intérêts finaux américains. Observant la politique européenne et son évolution récente, Brzezinski nous dit que la lutte contre la montée « de l’extrémisme politique et du nationalisme étriqué » doit se faire par la constitution « d’une Europe plus vaste que la somme de ses parties – c’est à dire capable de s’assigner un rôle mondial dans la promotion de la démocratie et dans la défense des droits de l’homme ». Le procédé est toujours le même ; pour asseoir ses fins, il faut « diluer » les entités dans des ensembles plus vastes. De plus, dans le processus de construction « européenne », l’UEO apparaît de fait comme l’antichambre de l’OTAN. Il est trop tôt, nous dit Brzezinski, pour fixer catégoriquement les limites orientales de l’Europe. Cependant, pour ce qui est du connu, « l’objectif géostratégique central de l’Amérique en Europe est de consolider sa tête de pont sur le continent eurasien » ; ceci pour constituer un tremplin dans le but « d’instaurer en Eurasie un ordre international fondé sur la démocratie et la coopération », en fait sur la domination américaine.

Le rôle de l’Allemagne est celui du bon vassal, « bon citoyen de l’Europe, partisan déterminé des Etats-Unis » ; elle n’a jamais remis en cause « le rôle central des Etats-Unis dans la sécurité du continent ». C’est l’effondrement du bloc soviétique qui a fait que « pour l’Allemagne, la subordination à la France n’offrait aucun bénéfice particulier ». Elle a aujourd’hui un rôle entraînant ; « en entretenant des relations étroites avec la puissante Allemagne, ses voisins bénéficient de la protection rapprochée des Etats-Unis ». Avec le rapprochement germano-polonais, « l’Allemagne peut exercer son influence jusque dans les pays baltes, l’Ukraine, la Biélorussie ». La sphère d’influence allemande s’est déplacée vers l’Est, et « la réussite de ces initiatives confirme la position dominante de l’Allemagne en Europe centrale ». Sans l’élargissement de l’OTAN aux pays de l’Est, « l’Amérique essuierait une défaite d’une ampleur mondiale », note Brzezinski. Ainsi, la collaboration américano-germanique est-elle « nécessaire pour élargir l’Europe vers l’Est ». Par ailleurs, nous apprenons que « l’Europe ne se réalisera pas sous l’égide de Berlin » ; parions toutefois que, pour l’auteur, cela ne s’envisage bien plutôt « sous l’égide de Washington ».

Quant à la France, « puissance moyenne post-impériale », elle n’a pas les moyens de ses prétentions. Son rêve de grandeur pour une Europe sous conduite française correspondrait pour elle, nous dit l’auteur, à la « grandeur de la France ». Cependant, elle pourrait avoir des velléités pour traiter directement avec la Russie, et ainsi s’affranchir relativement des Etats-Unis ; nous voyons poindre là une légère inquiétude vis à vis de la France. Pour autant, la France est tout de même « un partenaire indispensable pour arrimer définitivement l’Allemagne à l’Europe ». N’étant pas assez forte pour faire obstacle aux objectifs géostratégiques américains en Europe, « la France avec ses particularismes et ses emportements peut être tolérée ». Quant au couple franco-allemand est primordial pour les intérêts américains ; une remise en cause de cette unité « marquerait un retour en arrière de l’Europe », et serait « une catastrophe pour la position américaine sur le continent ». Il est clair également que les Etats-Unis se servent de l’Allemagne (dominant économiquement en Europe) pour canaliser et « tenir » la France.

La chapitre suivant, intitulé « Le trou noir », traite de la Russie à l’aune des changements survenus depuis la fin de l’Union Soviétique et la naissance de la Communauté des Etats Indépendants. « Il est indispensable que l’Amérique contre toute tentative de restauration impériale au centre de l’Eurasie » qui ferait obstacle à ses objectifs géostratégiques premiers : « l’instauration d’un système euro-atlantique ». Après l’effondrement de l’Empire, qui a vu un vide politique (le « trou noir ») s’instaurer au cour même de l’Eurasie, et qui a ramené la Russie « au niveau d’une puissance régionale du tiers monde », Brzezinski constate que cet état a très peu d’espaces « géopolitiquement sûrs ».

Les frontières actuelles de la Russie ont reculé de plus de mille kilomètres vers le Nord après 1991, et les États qui l’entourent actuellement constituent une ceinture, un obstacle à son épanouissement, à son développement ; ceci tant vers l’Est que vers la Mer Noire et le Sud-Est de l’ancien Empire. L’auteur fournit une réponse américaine aux questions russes ; l’Amérique se préoccupe de savoir « ce qu’est la Russie, et ce que doivent être ses missions ainsi que son territoire légitime ». Mais la raison essentielle qui fait le regard critique, systématique américain vis à vis de la Russie est qu’elle a « une identité eurasienne », une « personnalité eurasienne », ce que les Etats-Unis n’ont pas par nature. Et si les Etats-Unis soutiennent l’Ukraine c’est que sans ce dernier, aucune restauration impériale n’est possible pour la Russie. C’est l’application de la technique du « roll back », celle du refoulement de la Russie vers l’Asie.

Plus loin, Brzezinski note que les Etats de l’ex-URSS, pour échapper aux nouvelles visées « impériales » russes, « ont cherché à tisser leurs propres réseaux de relations internationales, avec l’Ouest pour l’essentiel, mais aussi avec la Chine ou les pays musulmans au Sud ». La seule solution honorable pour la Russie, nous dit l’auteur, est « une direction partagée avec l’Amérique » ; ce pays « devrait se résoudre à jouer un rôle de tampon entre l’expansionnisme chinois et l’Ouest », à choisir l’Europe, alliée des Etats-Unis, pour faire face à d’éventuelles visées expansionnistes chinoises. Reste donc pour Moscou le « choix européen, seule perspective géostratégique réaliste » ; et, par choix « européen » ont peut entendre, en fait, choix « occidentalo-américain ». Pour les Etats-Unis, « la Russie paraît vouée à devenir un problème », et d’autant plus si d’aventure une alliance avec la Chine et l’Iran se concrétisait. C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis doivent « éviter de détourner la Russie de son meilleur choix géopolitique » à savoir, l’Europe atlantiste. La Russie doit s’intégrer à l’Europe, en suivant un processus graduel, commençant par sa « participation au Conseil de l’Europe », à l’instar de la Turquie kémaliste qui « s’est engagée sur la voie de la modernisation, de l’européanisation et de la démocratisation » ; la deuxième étape de cet arrimage européen de la Russie serait la proposition d’une charte avec l’OTAN par l’Europe et l’Amérique. Enfin, ultime étape dans ce processus, l’intégration de la Russie dans l’Union Européenne. Cependant, précise l’auteur, le choix de l’Europe pour la Russie se fera plus facilement une fois l’Ukraine intégrée elle-même à l’OTAN et à l’Union Européenne.

Les « Balkans eurasiens » sont l’objet du chapitre suivant. Ces nouveaux « Balkans » sont constitués de neufs pays : le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie et l’Afghanistan. Les facteurs d’instabilité des ces « Balkans eurasiens » sont nombreux : de graves difficultés nationales, des frontières contestées des voisins ou des minorités ethniques, peu d’homogénéité nationale, des luttes territoriales, ethniques ou religieuses. Toutes les options peuvent donc être envisagées quant à l’avenir de cette région, nous dit Brzezinski.

Les voisins intéressés, nourrissant des visées politiques sur la région sont la Russie, la Turquie, l’Iran et la Chine. La Russie qui veut retrouver sa zone d’influence, renouer avec ses républiques d’hier, et dont les visées géopolitiques vont vers le Sud, en direction de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan. ; la Turquie qui se considère comme le leader potentiel d’une communauté turcophone aux frontières très floues ; l’Iran, dont le principal souci est le renouveau de l’islam en Asie centrale ; la Chine enfin, que les ressources énergétiques de la région attirent, et qui veut y avoir un accès direct hors contrôle de Moscou. Les motifs d’intérêts sont essentiellement économiques : « la région renferme une énorme concentration de réserve de gaz naturel, d’importantes ressources pétrolières, auxquelles viennent s’ajouter des gisements de minerais, notamment des mines d’or ». Mais il y a aussi des raisons plus profondes (et qu’il est curieux de voir soulever par un américain) des facteurs « relevant de l’histoire ».

D’autres pays ont leurs regards tournés vers cette région : le Pakistan qui veut exercer une influence politique en Afghanistan et profiter à terme de la construction de pipelines reliant l’Asie centrale à la Mer d’Oman. L’Inde qui, pour faire face aux projets du Pakistan et à la montée de l’influence chinoise, est favorable au développement de l’influence iranienne en Afghanistan, ainsi qu’à une présence russe plus importante dans ses anciennes républiques. Les Etats-Unis enfin, qui « agissent en coulisse », cherchent à ménager le pluralisme géopolitique, et tentent « d’empêcher la Russie d’avoir la suprématie ». La dynamique russe et les « ambitions anachroniques » de Moscou dans cette région sont « nuisibles à la stabilité de celle-ci ». Et nous apprenons que « les objectifs géostratégiques américains recouvrent en fait les intérêts économiques de l’Europe et de l’Extrême-Orient » ; nous sommes toujours dans cette logique « philanthropique » américaine. L’engagement des Etats-Unis dans cette région, nous dit Brzezinski, est considérée par les pays concernés comme « nécessaire à leur survie ». Les motifs généraux américains sont les pipelines et leurs tracés actuels ; le but des Etats-Unis étant de ne plus passer par des pipelines courant sur le territoire russe, non plus au Nord donc mais par le Sud et la médiane de cette région des Balkans eurasiens. « Si un pipeline traversait la Mer Caspienne pour atteindre l’Azerbaïdjan et, de là, rejoignait la Méditerranée en passant par la Turquie, tandis qu’un autre débouchait sur la Mer d’Oman en passant par l’Iran, aucune puissance unique ne détiendrait le monopole de l’accès à la région ». On comprend aisément à cette lumière les actions et les soutiens américains à tel ou tel pays ; on peut saisir ainsi la bienveillance des Etats-Unis pour les « étudiants en théologie », les Pachtouns de Kaboul, au détriment des Tadjiks d’Ahmed Shah Massoud concentrés dans les régions du Nord de l’Afghanistan.

Dans l’avenir, Brzezinski voit dans ses Balkans eurasiens une montée de l’islamisme, des conflits ethniques, un morcellement politique, et une guerre ouverte le long de la frontière méridionale de la Russie. Une zone donc qui fera sans doute parler d’elle bientôt.

Quelle doit être la politique américaine en extrême orient ? C’est l’objet du chapitre suivant. Pour être efficace, elle doit avoir un point d’ancrage dans cette région, nous dit l’auteur. Il est essentiel, poursuit-il, que les Etats-Unis aient d’étroites relations avec le Japon, et qu’ils établissent une coopération avec la Chine. Si l’extrême orient connaît aujourd’hui un dynamisme économique extraordinaire, il va néanmoins de pair avec une incertitude politique croissante. C’est « un volcan politique en sommeil » ; il ne possède pas de « structures de coopération multilatérale » comme l’Union européenne et l’OTAN, et ce malgré l’ASEAN. Cette région est devenue, selon l’Institut International d’Etudes Stratégiques, « le plus gros importateur d’armes, dépassant l’Europe et le Moyen-Orient ».

Il existe dans cette partie du monde de nombreux points de frictions : les relations entre la Chine et Taiwan ; les îles Paracels et Spratly, objets de multiples convoitises ; l’archipel Senkaku qui sont disputées par la Chine et le Japon ; la division de la Corée et l’instabilité inhérente à la Corée du Nord ; les îles Kouriles, sujets à controverses entre la Russie et le Japon ; enfin, des conflits territoriaux et / ou ethniques divers, le long de la frontière chinoise, également entre le japon et la Corée, enfin entre la Chine et l’Indonésie à propos des limites océaniques. La Chine est « la puissance militaire dominante de la région » ; et, dans l’absence d’équilibre entre les puissances, l’on a vu l’Australie et l’Indonésie se lancer dans une plus grande coopération militaire ; Singapour a également, avec ces deux pays, développé une coopérationen matière de sécurité. La probabilité de voir se réaliser ces conflits dépendront « de la présence et du comportement américains ».

Brzezinski vante la Chine du passé, « pays qui [ au XVIIème siècle ] dominait le monde en termes de productivité agricole, d’innovation industrielle et par son niveau de vie ». Puis, il compatit avec les « cent cinquante années d’humiliation qu’elle a subies » ; la Chine doit être « lavée de l’outrage causé à chaque chinois », et « les auteurs doivent être châtiés ». Parmi les auteurs, la Grande-Bretagne a été dépossédée de son Empire, la Russie a perdu son prestige et une partie de son territoire ; restent les Etats-Unis et le Japon qui sont le principal souci de la Chine aujourd’hui. Selon l’auteur, la Chine refuserait « une véritable alliance sino-russe à long terme, car elle aurait pour conséquence de renforcer l’alliance nippo-américaine » et car « cette alliance empêcherait la Chine d’accéder à des technologies modernes et à des capitaux, indispensables à son développement ».

Nous est brossé ensuite les différents cas de figure possibles. L’auteur fait état des prévisions prometteuses relatives à la Chine ; cependant, il doute de ses capacités à « maintenir pendant vingt ans ses taux de croissance spectaculaire ». Actuellement, nous dit-il, la croissance rapide de la Chine accentue la fracture sociale liée à la répartition des richesses ; ces inégalités ont un impact sur la stabilité du pays. Mais le rayonnement de la Chine « pourraient bien amener les riches chinois d’outre-mer à se reconnaître dans les aspirations de la Chine ». Autre cas de figure évoqué, l’éventualité d’un repli sur soi de la Chine.

Dans son espace régional, la Chine joue le Pakistan et la Birmanie contre l’Inde son « rival géopolitique ». L’objectif de Pékin serait « une plus grande influence stratégique sur l’Asie du Sud-Est », contrôler le détroit de Malacca et le goulet de Singapour. La Chine élabore « une sphère d’influence régionale » ceci en particulier vers ses voisins de l’Ouest qui cherchent un contre poids à l’influence russe. Brzezinski traite des relations américano-chinoise mais sans comprendre l’attitude de Pékin, et en jouant les naïfs : « (…) en raison de ce qu’ils sont et de leur simple présence, les Etats-Unis deviennent involontairement l’adversaire de la Chine au lieu d’être leur allié naturel ». Par ailleurs, les Chinois savent que « leur influence dans la région se trouverait automatiquement renforcée par la moindre attaque qui viendrait miner le prestige américain ». L’objectif central de la politique chinoise serait d’affaiblir l’Amérique pour que cette dernière ait besoin d’une Chine « dominant la région » et « mondialement puissante pour partenaire ».

Autre point d’extrême orient analysé par l’auteur : le Japon, dont les relations avec l’Amérique, nous dit-il, feraient dépendre l’avenir géopolitique de la Chine. Le paradoxe du Japon est qu’il « a beau être riche, dynamique et économiquement puissant, il n’en est pas moins un Etat isolé dans sa région et politiquement limité dans la mesure où il est tributaire d’un allié puissant qui s’avère être non seulement le garant de l’ordre mondial mais aussi son principal rival économique » : les Etats-Unis. Mais, « la seule véritable question politique pour le Japon consiste à savoir comment utiliser la protection des Etats-Unis afin de servir ses propres intérêts ». Le Japon est, apprend -t-on, un pays « qui ne se satisfait pas du statu quo mondial ». Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, note Brzezinski, on observe une redéfinition de la politique étrangère de ce pays. Cette redéfinition porte le Japon à « ménager la Chine plutôt que de laisser le soin aux Etats-Unis de la contenir directement ». Cependant « très peu [de japonais] se prononcent en faveur d’une grande entente entre le Japon et la Chine » car cela déstabiliserait la région, et provoquerait le désengagement des USA, subordonnant la Corée et Taiwan à la Chine, mettant « le Japon à la merci de cette dernière ».

Les Etats-Unis veilleront à ce que le Japon mette « en place une coopération véritablement internationale, mieux institutionnalisée » à l’instar du Canada, « Etat respecté pour l’utilisation constructive de ses richesses et de son pouvoir, et qui ne suscite ni craintes ni ressentiments ». Les objectifs globaux des USA étant de faire du Japon « le partenaire essentiel et privilégié de la construction d’un système » de coopération mondiale.

La partie n’est pas gagnée d’avance en extrême orient pour les Etats-Unis, concède Brzezinski, car « la création d’une tête de pont démocratique est loin d’être imminente (…) contrairement à ce qui s’est passé en Europe ». On note la prudence des Etats-Unis vis à vis de la Chine : « il est préférable de la traiter comme un acteur crucial sur l’échiquier mondial », et la faire participer au G7, lui donnant accordant ainsi du crédit et satisfaisant son orgueil. Les USA doivent également « se montrer conciliant sur certaines questions, tout en restant ferme sur d’autres », poursuit Brzezinski. Et revenant sur le problème de Taiwan, nous apprenons que « les Etats-Unis interviendraient pour défendre non pas l’indépendance de Taiwan, mais leurs propres intérêts géopolitiques dans la région Asie-Pacifique » ; voilà qui est clair. Pour ce qui concerne la Corée et le Japon, l’Amérique peut « jouer un rôle décisif en soutenant la réconciliation » ; la stabilité apportée faciliterait « le maintien de la présence des Etats-Unis en Extrême-Orient », et cette réconciliation « pourrait servir de base à une éventuelle réunification » de la Corée.

Dans sa conclusion, où rien de nouveau apparaît par rapport aux chapitres précédents, nous lisons quand même « qu’aucun problème d’importance ne saurait trouver d’issue contraire aux intérêts des Etats-Unis » puisque ces derniers jouent désormais le rôle d’arbitre en Eurasie, et qu’ils sont devenus « la nation indispensable de la planète ». Priorité est donc donnée à la gestion de l’émergence de nouvelles puissances mondiales « de façon à ce qu’elles ne mettent pas en péril la suprématie américaine ». Ainsi, quand Brzezinski prône la création d’un « accord de sécurité transeurasien prévoyant l’élargissement du Traité de l’Atlantique Nord », il ne fait que poursuivre la méthode qui consiste à lier les nations par des traités, des accords mondiaux, à les noyer dans des organismes multinationaux pour mieux les assujettir aux intérêts américains. Le rôle à venir des Etats-Unis sera un « rôle décisif », celui « de stabilisateur et d’arbitre en Eurasie ».

Toutefois, nous dit Brzezinski, les Etats-Unis ne sont pas seulement la première superpuissance globale, mais seront très probablement la dernière, ceci à cause de la diffusion de plus en plus généralisée du savoir et de la dispersion du pouvoir économique. Si les Etats-Unis ont pu exercer une prépondérance économique mondiale, ils le doivent à « la nature cosmopolite de [leur] société (…) qui [leur] a permis (…) d’asseoir plus facilement leur hégémonie (…) sans pour autant laisser transparaître [leur] caractère strictement national ». Il est peu probable qu’un autre pays puisse faire de même ; « pour simplifier, n’importe qui peut devenir Américain, mais seul un Chinois peut être Chinois ». Il transparaît dans ces propos une négation radicale de l’altérité. Les Etats-Unis ne veulent pas « l’autre », ils ne le conçoivent même pas ; ils ne connaissent que l’autre en tant que « même », un clone en quelque sorte ; piètre intelligence du monde, de la richesse, de la diversité de l’homme que ce rapport à l’autre, spécifiquement américain. Comme la puissance Américaine ne saurait durer sans fin (nous ne sommes pas arrivé avec le triomphe de l’Amérique et de ses « idéaux » à la fin de l’Histoire, pour reprendre les mots d’un illuminé nommé Francis Fukuyama), Brzezinski nous trace « l’après domination états-unienne ». Le legs de l’Amérique au monde, à l’histoire, doit être une démocratie planétairement triomphante, nous dit-il, et surtout, la création d’une « structure de coopération mondiale (les Nations Unies sont « archaïques ») (…) qui assumerait le pouvoir de « régent » mondial ». Voilà donc un testament établi pour la poursuite mondiale, et jusqu’à la fin des temps, du « rêve américain ». Mais chacun sait que les temps comme les rêves ont toujours une fin.

« Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski. Par Olivier Berruyer.

Si la recension des objectifs géostratégiques américains est établie, la formulation et la structure interne de l’ouvrage sont assez confuses puisque l’on retrouve souvent des éléments concernant un sujet deux ou trois chapitres plus loin. L’auteur manque un peu de rigueur dans son exposition. Plus généralement, si l’on comprend la logique de ce discours de la part d’un américain, on ne peut décemment acquiescer aux propos de Zbigniew Brzezinski . Dès lors que l’on n’est pas américain, on ne peut pas souscrire aux thèses énoncées dans ce livre ; ce serait sinon, pour prendre l’exemple d’un animal, comprendre les motivations de son prédateur, et accepter de se laisser dévorer par lui. Si certains constats de l’auteur sont justes et relèvent du bon sens, il n’en demeure pas moins qu’il faut combattre ces objectifs impériaux / impérialistes américains même si, comme le constatait Paul Valéry dans son Regard sur le monde actuel, « le rêve des Européens est d’être dirigé par une commission américaine », et malgré cette apathie qui caractérise malheureusement les Européens en général et les Français en particulier.

Philippe Raggi

Citations:

Quant à la Russie, malgré sa puissance nucléaire elle subit un recul catastrophique. Les États-Unis s’emploient à détacher de l’empire russe ce qu’on dénomme aujourd’hui à Moscou « l’étranger proche », c’est-à-dire les États qui autour de la Fédération de Russie constituaient l’Union soviétique.

A cet égard, l’effort américain porte vers trois régions clefs : l’Ukraine, essentielle avec ses cinquante-deux millions d’habi­tants et dont le renforcement de l’indépendance rejette la Russie à l’extrême est de l’Europe et la condamne à n’être plus, dans l’avenir, qu’une puissance régionale.

La perte du pivot géopolitique ukrainien réduit les choix géostratégiques de la Russie. Amputée de la Pologne et des Etats baltes, mais contrôlant l’Ukraine, elle pourrait encore tenir un empire eurasien dynamique, s’étendant, vers le sud et le sud-est, sur les domaines non slaves de l’ex-Union soviétique. Sans l’Ukraine et ses cinquante-deux millions de « frères slaves », toute tentative de restauration impériale commandée par Moscou est vouée à rencontrer la résistance prolongée de populations devenues très sourcilleuses sur la question de leur identité nationale et religieuse.

La Russie ne peut pas être en Europe si l’Ukraine n’y est pas, alors que l’Ukraine peut y être sans la Russie. On ne doit jamais perdre de vue ce constat simple et crucial. Dans le cas où la Russie miserait son avenir sur l’Europe, l’intégration de l’Ukraine servirait ses intérêts. De ce point de vue, les relations entre l’Ukraine et l’Europe peuvent constituer la pierre de touche du destin de la Russie. Cela signifie que Moscou jouit encore d’un court répit avant l’heure des choix.

On doit souhaiter que les liens entre l’Europe élargie et la Russie dépassent le cadre des relations bilatérales et s’orientent vers une coopération plus organique dans tous les domaines. Ainsi, dans les vingt premières années du prochain siècle, on peut envisager son intégration progressive au sein d’une Europe qui non seulement embrasserait l’Ukraine, mais rayonnerait jus­qu’à l’Oural et au-delà. Des formes spécifiques d’association, un statut de membre associé, conçus pour faciliter la partici­pation russe aux structures européennes et atlantistes, prépare­raient l’inclusion future des trois pays caucasiens – la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan -, si désireux d’entretenir des relations avec l’Europe.

33 réponses à « Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski

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Un général allemand de l’OTAN annonce des plans pour des manœuvres militaires visant la Russie Par Johannes Stern.

15 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #Le capitalisme;, #La mondialisation

Un général allemand de l’OTAN annonce des plans pour des manœuvres militaires visant la Russie

Soixante-quinze ans après le début de la Seconde Guerre mondiale qui est allée vers une guerre d’annihilation contre l’Union soviétique, l’état-major allemand est une fois de plus en train de préparer une guerre avec la Russie. C’est ce qui ressort clairement d’un article publié vendredi dernier dans le quotidien Die Welt et dans lequel le général allemand de l’OTAN Hans Lothar Domröse exprime ses opinions.

Les remarques faites par ce général quatre étoiles, commandant suprême du Commandement des forces alliées interarmées de l’OTAN à Brunssum (Pays-Bas), l’une des trois composantes de l’OTAN en Europe au sein de la direction opérationnelle, reviennent à une menace de guerre ouverte contre la Russie.

Dans cet article, Domröse dit que l’alliance occidentale prépare pour la première fois des manœuvres à grande échelle dans des régions frontalières de la Russie. « Jusque-là, nous n’avons mené des manœuvres de grande envergure comportant 25.000 à 40.000 hommes que dans des pays occidentaux de l’OTAN, » a-t-il dit. Il a ensuite ajouté, « Je suis tout à fait certain qu’à l’avenir nous le ferons en Europe de l’Est et dans la région de la Baltique. »

Près de 25 ans après la dissolution de l’Union soviétique, l’OTAN envisage de masser des dizaines de milliers de soldats près des frontières de la Russie.

En février dernier, Washington et Berlin ont orchestré un coup d’Etat dirigé par des fascistes à Kiev afin de mettre en place un régime pro-occidental et viscéralement antirusse. A présent, les puissances de l’OTAN poursuivent l’encerclement militaire de la Russie, une politique qui comporte un réel danger de conflit militaire avec une puissance disposant de l’arme nucléaire. Même ceux qui, parmi la presse bourgeoise, ont fait des mois durant de la propagande anti-russe, ont décrit ce plan comme une « décision provocatrice contre Moscou » (Spiegel Online).

« Nous mettrons en place une force de réaction rapide de l’OTAN comptant entre 5.000 et 7.000 soldats et qui pourra être déployée dans une région dans les deux à cinq jours », a dit le général Domröse. « Conformément à nos plans, la force de réaction rapide participera aux exercices de grande ampleur ‘Trident Juncture’ qui se dérouleront en septembre 2015 en Italie, en Espagne et au Portugal. Si tout se passe comme prévu, la force d’intervention rapide pourrait être prête à être déployée fin 2015. »

Seuls les pays de l’OTAN disposant de suffisamment d’équipements militaires de haute technologie et de soldats bien entraînés peuvent participer à cette force fer de lance, aux dires de Domröse. L’Allemagne assumera un rôle de premier plan.

« Nous projetons, » a-t-il dit, « que chacune des six à dix nations forme le fer de lance pendant un an pour être ensuite remplacée. D’après les plans actuels, chaque cycle aura une nation cadre qui inclura certainement l’Allemagne à un moment donné. Mais cette force hautement mobile doit avoir accès à une force aérienne de grande envergure et pouvoir atteindre rapidement les zones opérationnelles. » Le plus grand défi des Etats de l’OTAN est la fourniture des moyens de transport nécessaires, a fait remarqué le général.

Domröse et la direction de l’OTAN sont en train de planifier une nouvelle forme de guerre éclair (Blitzkrieg). La conférence de l’OTAN qui avait eu lieu au Pays de Galles au début de l’année avait approuvé un projet visant à accroître la volonté de déployer des forces militaires.

« L’OTAN a reconnu que nous devions être plus rapides et plus flexibles, mais aussi mieux équipés, » a dit Domröse. La précédente force de réaction rapide était trop lente.

« Il nous faut bien trop de temps pour atteindre une zone de déploiement au sein des frontières de l’OTAN, » a précisé le général. « Il s’agit de rassembler rapidement à un moment donné une force bien entraînée issue de plusieurs pays et prête à être déployée. »

Le général a parlé sans ménagement. Les plans de guerre nécessitaient une augmentation des budgets militaires et coûteraient beaucoup d’argent.

« La force doit être bien armée et bien entraînée », a-t-il dit. « Elle doit en permanence être prête au déploiement, même les week-ends. Cela ne sera pas donné. Un plus grand effort d’investissement dans la préparation de la défense de l’OTAN est requis. »

Il a ajouté que l’OTAN avait un besoin urgent de modernisation. « L’OTAN doit être prête pour une guerre potentielle au 21ème siècle. Ceci inclut la défense contre des attaques conventionnelles mais aussi la capacité de repousser des cyber-attaques et la capacité de contrôler des déstabilisations locales par des forces ennemies subversives difficilement identifiables. »

Domröse mentionna la réaction de la Russie au coup d’Etat provoqué par l’Occident en Ukraine comme justification pour de nouveaux préparatifs de guerre. « L’annexion de la Crimée et la rupture d’avec toutes les normes internationales nous a tous surpris, » a-t-il dit. « Nous ne nous y attendions pas. Nous avons vu comment le président Poutine a rendu l’armée russe encore plus combative et les troupes russes sont incroyablement rapides. »

Ces déclarations faites par l’un des généraux allemands les plus gradés soulignent le fait que l’armée allemande actuelle s’inscrit dans la tradition de l’état-major et de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale. Sous le nom de code « Opération Barbarossa, » le Troisième Reich avait attaqué l’Union soviétique le 22 juin 1941, lançant une terrifiante guerre de destruction qui a coûté la vie à 27 millions de citoyens soviétiques. Après la défaite de l’Allemagne nazie, l’impérialisme allemand a été contraint pendant plusieurs décennies d’adopter une attitude plus pacifiste. A présent politiciens, journalistes, universitaires et hauts responsables militaires allemands lancent des diatribes bellicistes contre la Russie.

Les antécédents familiaux de Domröse rendent ses déclarations encore plus sinistres. Son père, Lothar Domröse, avait combattu dans la Seconde Guerre mondiale en tant que commandant d’une unité de la Wehrmacht sur le front Est. Dans le cadre du réarmement de l’armée allemande, il lui fut permis de réintégrer l’armée allemande en 1956 et de faire une belle carrière dans l’armée.

En 1973, il fut promu major général et commandant du Groupe d’Armée Nord. En 1975, il prit les fonctions de chef des commandants divisionnaires des forces armées. Son fils s’est à présent donné pour tâche d’accomplir ce que son père n’avait pu faire au cours de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide – l’assujettissement militaire de la Russie.

Le gouvernement allemand est conscient de la signification historique des déclarations de Domröse. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a tenté de désamorcer la situation en affirmant que des exercices de cette envergure en Europe de l’Est n’étaient pas planifiés pour un avenir proche. Il a dit, « Nous prenons très au sérieux le maintien de relations bonnes et constructives avec la Russie. »

Quelle hypocrisie! Le fait est que les déclarations de Domröse correspondent à la nouvelle politique étrangère agressive du gouvernement allemand et qu’elles ont été discutées au plus haut niveau.

Domröse a des liens étroits avec le président allemand Joachim Gauck qui a joué un rôle de premier plan dans la relance du militarisme allemand. Lors de la dernière fête officielle du Nouvel An, le général était apparu de façon démonstrative devant les médias aux côtés de Gauck et de sa compagne, Daniela Schadt, à la résidence officielle du président à Berlin.

Quelques semaines plus tard à peine, lors de la Conférence sur la sécurité à Munich, Gauck, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, avaient annoncé la fin de la ‘retenue militaire’ allemande. Depuis lors, les événements ont évolué rapidement. Le coup d’Etat en Ukraine fut suivi de la participation allemande à l’intervention militaire au Moyen-Orient et maintenant on procède de plus en plus ouvertement à des préparatifs de guerre contre la Russie.

Si les élites allemandes parviennent à leurs fins, le militarisme, la dictature et la guerre deviendront la norme, tout comme lors de la période de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Dans une récente interview accordée au magazine Die Zeit sous le titre « Rester à l’écart n’est pas une option, » le ministre des Affaires étrangères Steinmeier a fait cette mise en garde : « Nous devons planifier le fait que des crises vont devenir chose courante dans les prochaines années. »

Lorsque Die Zeit l’interpella en disant que « contrairement à l’élite politique, les citoyens allemands n’étaient pas intéressés à entendre parler de davantage d’engagements internationaux, et encore moins d’interventions militaires, le ministre des Affaires étrangères a déclaré de manière provocatrice : « Et quand bien même, l’abstention n’est pas une option. La conviction que nous pouvons vivre sur une île tranquille en Europe et que nous serons laissés en paix par le monde ne fonctionnera pas. »

(Article original paru le 10 novembre 2014)

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Un général allemand de l’OTAN annonce des plans pour des manœuvres militaires visant la Russie Par Johannes Stern 11 novembre 2014.

12 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #La Russie, #La République, #L'OTAN., #Europe supranationale

Un général allemand de l’OTAN annonce des plans pour des manœuvres militaires visant la Russie

Soixante-quinze ans après le début de la Seconde Guerre mondiale qui est allée vers une guerre d’annihilation contre l’Union soviétique, l’état-major allemand est une fois de plus en train de préparer une guerre avec la Russie. C’est ce qui ressort clairement d’un article publié vendredi dernier dans le quotidien Die Welt et dans lequel le général allemand de l’OTAN Hans Lothar Domröse exprime ses opinions.

Les remarques faites par ce général quatre étoiles, commandant suprême du Commandement des forces alliées interarmées de l’OTAN à Brunssum (Pays-Bas), l’une des trois composantes de l’OTAN en Europe au sein de la direction opérationnelle, reviennent à une menace de guerre ouverte contre la Russie.

Dans cet article, Domröse dit que l’alliance occidentale prépare pour la première fois des manœuvres à grande échelle dans des régions frontalières de la Russie. « Jusque-là, nous n’avons mené des manœuvres de grande envergure comportant 25.000 à 40.000 hommes que dans des pays occidentaux de l’OTAN, » a-t-il dit. Il a ensuite ajouté, « Je suis tout à fait certain qu’à l’avenir nous le ferons en Europe de l’Est et dans la région de la Baltique. »

Près de 25 ans après la dissolution de l’Union soviétique, l’OTAN envisage de masser des dizaines de milliers de soldats près des frontières de la Russie.

En février dernier, Washington et Berlin ont orchestré un coup d’Etat dirigé par des fascistes à Kiev afin de mettre en place un régime pro-occidental et viscéralement antirusse. A présent, les puissances de l’OTAN poursuivent l’encerclement militaire de la Russie, une politique qui comporte un réel danger de conflit militaire avec une puissance disposant de l’arme nucléaire. Même ceux qui, parmi la presse bourgeoise, ont fait des mois durant de la propagande anti-russe, ont décrit ce plan comme une « décision provocatrice contre Moscou » (Spiegel Online).

« Nous mettrons en place une force de réaction rapide de l’OTAN comptant entre 5.000 et 7.000 soldats et qui pourra être déployée dans une région dans les deux à cinq jours », a dit le général Domröse. « Conformément à nos plans, la force de réaction rapide participera aux exercices de grande ampleur ‘Trident Juncture’ qui se dérouleront en septembre 2015 en Italie, en Espagne et au Portugal. Si tout se passe comme prévu, la force d’intervention rapide pourrait être prête à être déployée fin 2015. »

Seuls les pays de l’OTAN disposant de suffisamment d’équipements militaires de haute technologie et de soldats bien entraînés peuvent participer à cette force fer de lance, aux dires de Domröse. L’Allemagne assumera un rôle de premier plan.

« Nous projetons, » a-t-il dit, « que chacune des six à dix nations forme le fer de lance pendant un an pour être ensuite remplacée. D’après les plans actuels, chaque cycle aura une nation cadre qui inclura certainement l’Allemagne à un moment donné. Mais cette force hautement mobile doit avoir accès à une force aérienne de grande envergure et pouvoir atteindre rapidement les zones opérationnelles. » Le plus grand défi des Etats de l’OTAN est la fourniture des moyens de transport nécessaires, a fait remarqué le général.

Domröse et la direction de l’OTAN sont en train de planifier une nouvelle forme de guerre éclair (Blitzkrieg). La conférence de l’OTAN qui avait eu lieu au Pays de Galles au début de l’année avait approuvé un projet visant à accroître la volonté de déployer des forces militaires.

« L’OTAN a reconnu que nous devions être plus rapides et plus flexibles, mais aussi mieux équipés, » a dit Domröse. La précédente force de réaction rapide était trop lente.

« Il nous faut bien trop de temps pour atteindre une zone de déploiement au sein des frontières de l’OTAN, » a précisé le général. « Il s’agit de rassembler rapidement à un moment donné une force bien entraînée issue de plusieurs pays et prête à être déployée. »

Le général a parlé sans ménagement. Les plans de guerre nécessitaient une augmentation des budgets militaires et coûteraient beaucoup d’argent.

« La force doit être bien armée et bien entraînée », a-t-il dit. « Elle doit en permanence être prête au déploiement, même les week-ends. Cela ne sera pas donné. Un plus grand effort d’investissement dans la préparation de la défense de l’OTAN est requis. »

Il a ajouté que l’OTAN avait un besoin urgent de modernisation. « L’OTAN doit être prête pour une guerre potentielle au 21ème siècle. Ceci inclut la défense contre des attaques conventionnelles mais aussi la capacité de repousser des cyber-attaques et la capacité de contrôler des déstabilisations locales par des forces ennemies subversives difficilement identifiables. »

Domröse mentionna la réaction de la Russie au coup d’Etat provoqué par l’Occident en Ukraine comme justification pour de nouveaux préparatifs de guerre. « L’annexion de la Crimée et la rupture d’avec toutes les normes internationales nous a tous surpris, » a-t-il dit. « Nous ne nous y attendions pas. Nous avons vu comment le président Poutine a rendu l’armée russe encore plus combative et les troupes russes sont incroyablement rapides. »

Ces déclarations faites par l’un des généraux allemands les plus gradés soulignent le fait que l’armée allemande actuelle s’inscrit dans la tradition de l’état-major et de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale. Sous le nom de code « Opération Barbarossa, » le Troisième Reich avait attaqué l’Union soviétique le 22 juin 1941, lançant une terrifiante guerre de destruction qui a coûté la vie à 27 millions de citoyens soviétiques. Après la défaite de l’Allemagne nazie, l’impérialisme allemand a été contraint pendant plusieurs décennies d’adopter une attitude plus pacifiste. A présent politiciens, journalistes, universitaires et hauts responsables militaires allemands lancent des diatribes bellicistes contre la Russie.

Les antécédents familiaux de Domröse rendent ses déclarations encore plus sinistres. Son père, Lothar Domröse, avait combattu dans la Seconde Guerre mondiale en tant que commandant d’une unité de la Wehrmacht sur le front Est. Dans le cadre du réarmement de l’armée allemande, il lui fut permis de réintégrer l’armée allemande en 1956 et de faire une belle carrière dans l’armée.

En 1973, il fut promu major général et commandant du Groupe d’Armée Nord. En 1975, il prit les fonctions de chef des commandants divisionnaires des forces armées. Son fils s’est à présent donné pour tâche d’accomplir ce que son père n’avait pu faire au cours de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide – l’assujettissement militaire de la Russie.

Le gouvernement allemand est conscient de la signification historique des déclarations de Domröse. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a tenté de désamorcer la situation en affirmant que des exercices de cette envergure en Europe de l’Est n’étaient pas planifiés pour un avenir proche. Il a dit, « Nous prenons très au sérieux le maintien de relations bonnes et constructives avec la Russie. »

Quelle hypocrisie! Le fait est que les déclarations de Domröse correspondent à la nouvelle politique étrangère agressive du gouvernement allemand et qu’elles ont été discutées au plus haut niveau.

Domröse a des liens étroits avec le président allemand Joachim Gauck qui a joué un rôle de premier plan dans la relance du militarisme allemand. Lors de la dernière fête officielle du Nouvel An, le général était apparu de façon démonstrative devant les médias aux côtés de Gauck et de sa compagne, Daniela Schadt, à la résidence officielle du président à Berlin.

Quelques semaines plus tard à peine, lors de la Conférence sur la sécurité à Munich, Gauck, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, avaient annoncé la fin de la ‘retenue militaire’ allemande. Depuis lors, les événements ont évolué rapidement. Le coup d’Etat en Ukraine fut suivi de la participation allemande à l’intervention militaire au Moyen-Orient et maintenant on procède de plus en plus ouvertement à des préparatifs de guerre contre la Russie.

Si les élites allemandes parviennent à leurs fins, le militarisme, la dictature et la guerre deviendront la norme, tout comme lors de la période de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Dans une récente interview accordée au magazine Die Zeit sous le titre « Rester à l’écart n’est pas une option, » le ministre des Affaires étrangères Steinmeier a fait cette mise en garde : « Nous devons planifier le fait que des crises vont devenir chose courante dans les prochaines années. »

Lorsque Die Zeit l’interpella en disant que « contrairement à l’élite politique, les citoyens allemands n’étaient pas intéressés à entendre parler de davantage d’engagements internationaux, et encore moins d’interventions militaires, le ministre des Affaires étrangères a déclaré de manière provocatrice : « Et quand bien même, l’abstention n’est pas une option. La conviction que nous pouvons vivre sur une île tranquille en Europe et que nous serons laissés en paix par le monde ne fonctionnera pas. »

(Article original paru le 10 novembre 2014)

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"Total" : Quand les affaires et la politique anti-russe de la France ne font pas bon ménage... Le blog de Jean Lévy.

6 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Economie, #Energie, #Le capitalisme;

Jeudi 6 novembre 2014

"Total" : Quand les affaires et la politique anti-russe de la France ne font pas bon ménage...

Total: le nouveau patron

met l'accent sur

la continuité et la stabilité

30/10/2014 23:20

Le nouveau directeur général de Total, Patrick Pouyanné, lors de la conférence Oil & Money à Londres, le 30 octobre 2014 - AFP Ben Stansall

Le nouveau directeur général de Total, Patrick Pouyanné, lors de la conférence Oil & Money à Londres, le 30 octobre 2014 - AFP Ben Stansall

Le nouveau directeur général de Total, Patrick Pouyanné, a promis jeudi "continuité et stabilité" à la tête du groupe pétrolier français alors qu'un second contrôleur aérien a été inculpé en Russie dans le cadre de l'enquête sur le crash de l'avion fatal à Christophe de Margerie la semaine dernière.

"Mon objectif est principalement la continuité et la stabilité", a déclaré M. Pouyanné lors de la conférence Oil & Money à Londres, qui constituait sa première intervention publique depuis sa prise de fonction à la tête de la plus grande entreprise française.

"Nous sommes une entreprise solide, forte, grâce à l'ensemble de son personnel qui a fait preuve d'une grande union sacrée au cours des derniers jours. (...) Continuons et nous continuerons vers le succès que voulait Christophe de Margerie", a-t-il ajouté auprès d'un groupe de journalistes en marge de la conférence.

Patrick Pouyanné a été nommé la semaine dernière directeur général du groupe et il deviendra PDG l'an prochain lors du départ à la retraite de Thierry Desmarest. Ce tandem remplace Christophe de Margerie, mort le 20 octobre dans la collision de son avion privé avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo de Moscou.

"C'était ma première apparition publique depuis ma prise de fonction. Si j'ai été capable de répondre aujourd'hui comme je l'ai fait, c'est grâce à Christophe", a-t-il conclu à la fin de son intervention avec un sanglot dans la voix.

Le nouveau patron de Total a évoqué la dernière journée de Christophe de Margerie, au cours de laquelle ce dernier a rencontré les autorités russes.

"Il a passé des messages sur l'engagement de Total vis-à-vis de la Russie, sur le fait qu'il souhaitait pouvoir continuer en Russie et qu'en même temps il y avait un cadre de sanctions que nous devions respecter mais que nous étions en Russie pour le long terme", a détaillé M. Pouyanné.

Le nouveau patron de Total a dit partager la position de Christophe de Margerie sur les sanctions, que ce dernier jugeait "injustes et improductives" et le fruit d'un "échec de la diplomatie".

La Russie est un pays clé pour Total, qui est présent dans ce pays depuis 1991 et y affichait l'année dernière une production d'un peu plus de 200.000 barils équivalent pétrole par jour.

Le groupe pétrolier français y est associé au producteur russe Novatek, ainsi qu'au chinois CNPC, dans le projet Yamal LNG de contruction d'une usine géante de liquéfaction de gaz naturel, en Sibérie.

Total est également associé à Gazprom dans le projet d'exploitation du gisement gazier géant de Chtokman, en mer de Barents, pour lequel les deux groupes cherchent une solution rentable d'exploitation.

Par Jessica BERTHEREAU© 2014 AFP

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L’aberration de Libération. Publié le 27 octobre 2014. Par Jacques Sapir

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La République, #La Russie, #Les Antifafs., #la liberté

L’aberration de Libération

27 octobre 2014

L’aberration de Libération. Publié le 27 octobre 2014. Par Jacques Sapir

Libération vient ce commettre un mauvais coup, quelque chose dont ce journal moribond nous avait donné l’habitude depuis 2005 et la campagne du référendum sur le projet de constitution européenne. Mais, cette fois, ce mauvais coup porte sur la Russie et prend la forme d’une pseudo-enquête sur les « réseaux de Poutine » en France. Il est frappant que, dans l’esprit de ces « journalistes », on ne puisse défendre des positions qu’au travers de réseaux. Sans doute est-ce le reflet du monde grégaire dans lequel ils vivent. Mais il y a plus grave. Il y avait une tradition dans la presse française, qui remontait à Émile Zola ; c’était celle de « J’accuse ». Aujourd’hui, les journalistes dénoncent. Le passage d’un mot à un autre en dit long sur le processus de dégénérescence. Cette « dénonciation » se trouve dans le numéro de vendredi 24 octobre. Je n’aurais pas relevé ce qu’elle avait d’ignominieux si certains de mes collègues et amis n’étaient aussi mis en cause.

Du journalisme d’investigation au journalisme d’inquisition

Le soi-disant dossier fait sept pages. C’est rendre beaucoup d’honneur à ceux qui sont mis en cause. Je suis persuadé que d’autres, hommes politiques ou industriels, sauront y répondre. Je me contenterai de ce que je connais, et je prêcherai pour ma paroisse.

Courriel de présentation de la journaliste de Libération

De: “Lorraine Millot” <lorrmillot@gmail.com>

À: sapir@msh-paris.fr

Envoyé: Lundi 8 Septembre 2014 17:05:08

Objet: Interview avec Libération

Cher Monsieur Sapir,

serait-il possible de vous rencontrer pour un entretien avec Libération? Je voudrais vous interroger sur la relation franco-russe et l’image du régime russe en France, dans le contexte actuel du conflit en Ukraine.

En tant qu’ancienne correspondante à Moscou, et Washington, je serais aussi très heureuse de cette occasion de faire votre connaissance.

Lorraine Millot

Libération

—–

La journaliste, qui s’était présentée ainsi le lundi 8 septembre, commence son papier par cette affirmation : « il nous cueille par une question, la même exactement que celle posée par John Laughland de l’étrange Institut de la démocratie et de la coopération ‘pouvez-vous prouver que la Russie est intervenue cet été en Ukraine ?’ » C’est tout simplement faux. La conversation n’a pas commencé sur ce point, et je ne suis pas si mal élevé que j’apostropherais de la sorte une personne ayant demandé à me voir. Quand la discussion est venue sur ce sujet, j’ai demandé à la journaliste si elle avait les preuves d’une présence massive de l’armée russe dans l’Est de l’Ukraine. Je lui ai fait part de mes doutes sur ce point, mais aussi du fait qu’il était certain que la société russe s’était assez largement, et avec l’accord du gouvernement, portée au secours des forces insurgées. La présentation de cette partie de notre entretien est tout simplement mensongère.

Nous avons ensuite longuement évoqué mes recherches sur la Russie, qui datent de 1976 et je me suis attardé sur les problèmes de financement que connaissent les chercheurs. Ceci donne, retraduit en langage de journaliste de Libération : « Pour ce qui est des financements de son centre d’études, Jacques Sapir explique bénéficier de contrats avec des entreprises occidentales ». Le fait que le CEMI et le séminaire Franco-Russe aient bénéficié d’un soutien constant et intangible tant de l’EHESS, dont nous dépendons, que la Fondation Maison des sciences de l’homme, est ainsi passé sous silence. Que plusieurs de mes thésards aient eu des allocations de recherches (on dit aujourd’hui « bourses doctorales ») est tout autant ignoré, et je suis bien obligé de constater que cela est volontaire, et fait avec une évidente intention de nuire. Par ailleurs, oui, nous avons eu des contrats, des administrations (par exemple le Ministère de la Défense) comme de sociétés occidentales, et pour tout dire françaises. En quoi cela est-il différent de la situation des centres de recherches en économie de Toulouse (où officie Jean Tirole) et de Paris de l’EHESS ? Ici encore, on ne peut que relever l’intention de nuire, de discréditer. Je le dis sans fard : je suis fier d’avoir trouvé pour certains de mes étudiants des contrats. Je sais que nous, économistes, avons plus de facilité pour ce faire que les historiens ou les anthropologues. C’est pourquoi j’ai toujours considéré de ma responsabilité vis-à-vis de collègues opérant dans des disciplines importantes mais moins reconnues, de trouver par moi-même des financements afin de leur laisser une plus grande part des maigres ressources qui nous sont allouées par l’administration. Cela, je l’ai aussi dit à cette journaliste, mais à la lire, j’aurais pu tout aussi bien pisser dans un violon !

Cerise sur le gâteau, cette journaliste m’a posé une question sur mes revenus personnels. Comme s’il était impossible que l’on ait des positions convergentes avec celle du gouvernement russe sans être payé par ce dernier. Voilà qui en dit long sur la mentalité mercenaire qui sévit, semble-t-il, à Libération. On entendrait les cris d’orfraie de ces journalistes si l’on se mettait à noter la liste de leurs commanditaires. Nous aurions instantanément les oreilles cassées par des cris de défense de la « liberté d’expression ». Qu’une journaliste soit incapable de penser qu’une personne a des postions, justes ou fausses, simplement parce qu’il a fait une certaine analyse de la situation sur le terrain signe le triste constat d’une presse non pas aux ordres mais à gages.

Les individus et la profession

Ceci cependant soulève un problème qui dépasse de loin le cas d’une journaliste. Tout d’abord, et je connais un peu les us et coutumes de la profession, cet article a été discuté en conférence de rédaction. Il a été relu. Nul ne s’est offusqué des imprécisions, mensonges et calomnies fielleuses qu’il contenait. Nul n’a demandé des comptes à la journaliste, ne lui a suggéré que des références aux travaux des uns et des autres, qu’il s’agisse d’Hélène Carrère d’Encausse ou de Philippe Migaut s’imposaient, simplement pour que le lecteur puisse se forger une opinion par lui-même. Il y a donc ici responsabilité collective de la rédaction de Libération dans la volonté non pas d’informer mais de désinformer. C’est en cela qu’il est révélateur d’un problème général qui touche une partie de la presse écrite française. On peut d’ailleurs signaler que les lecteurs de Libération, à la différence de ceux du Guardian en Grande Bretagne, du Spiegel en Allemagne, ne sauront rien des fosses communes découvertes par les insurgés après le repli des troupes du gouvernement de Kiev, ni de l’emploi d’armes à sous-munitions ou de missiles lourds, signalés par l’ONG Human Right Watch. C’est bien à une désinformation, qui s’inscrit dans une propagande de guerre, que se livre Libération.

Non qu’il soit interdit à un journaliste d’avoir des opinions ; bien au contraire. Mais, un journaliste devrait faire la distinction entre ses opinions et les informations qu’il rapporte. Dans la presse anglaise et américaine, ceci est même institutionnalisé par la séparation nette entre articles d’informations et éditoriaux. Mais, il est clair que ce genre de distinction, et donc d’éthique, est étrangère à une partie de nos journalistes, qui vit d’ailleurs bien souvent dans des relations incestueuses avec le monde politique ou celui des affaires. La presse écrite d’information est mourante en France. Il suffit de lire The Guardian ou le Washington Post et de les comparer à Libération ou au Monde pour comprendre pourquoi. Non qu’il n’y ait de bons journalistes en France. On en trouve encore quelques uns. Mais la profession elle-même, faute d’accepter un regard critique sur sa pratique, est en train de faillir. Car ce dossier de Libération n’est hélas ! pas isolé. On se souvient du dossier du Point sur les « néo-conservateurs », qui par un mélange d’insinuations, de mensonges francs, et de détournements d’étiquettes cherchait à construire un bloc qui n’existait que dans le cerveau malade de ses rédacteurs. On se souvient aussi des mensonges proférés à mon égard par des journalistes de l’AFP 1. Mais, dans ce cas, la direction du bureau Russie avait rapidement corrigé le tir et s’était excusée du préjudice commis, ce qui est tout à son honneur, et prouve, s’il en était besoin, qu’il y a encore des femmes et des hommes de conscience et d’honneur parmi les journalistes.

Une mesquinerie

Il reste à signaler une ultime mesquinerie dans cet article crapuleux de Libération. Il est en réalité réservé aux seuls abonnés. Si on ne me l’avait pas signalé, et si un ami ne me l’avait pas fait parvenir, je l’eusse ainsi ignoré. Il semble bien loin le temps où un journaliste, mettant en cause une personne, lui faisait parvenir en avance l’article litigieux pour qu’il puisse, si l’envie l’en prenait, y répondre. Le savoir-vivre se perd, tout comme le savoir-faire. Un petit travail de vérification aurait évité de dire les énormités que l’on peut lire dans cet article. Mais aujourd’hui, visiblement, il ne reste que le faire-savoir. On ne cherche plus à informer, mais à communiquer.

Il n’en reste pas moins, exiger d’une personne mise en cause qu’elle paye pour lire les énormités sur son compte, c’est ajouter à l’escroquerie intellectuelle la rapine en bande organisée.

  1. Voir « Basile est bien vivant et il vit en France », note publiée sur RussEurope le 10 juin 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1347 []
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Ukraine/Novorossia : Journée du 03.11.2014, les résultats des élections dans le Donbass. Par Bertrand du Donbass.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La mondialisation, #La guerre, #La nation .

lundi 3 novembre 2014

Ukraine/Novorossia : Journée du 03.11.2014, les résultats des élections dans le Donbass. Par Bertrand du Donbass.
Graham Phillips après le concert d'hier soir à Donetsk + friends

Graham Phillips après le concert d'hier soir à Donetsk + friends


R. Lyagin (CCE-RPD) : "le Donbass ne fait plus partie de l'Ukraine, que cela plaise ou non."

Après dépouillement de 100% des bulletins, le chef d'état élu de la RPD est le premier ministre sortant de la République Alexandre Zakharchenko qui a rassemblé 765.340 électeurs. Vient ensuite le vice-président du Parlement de Nouvelle Russie Alexandre Kofman, avec un résultat de 111.024 votes, et ferme la marche le président du Conseil suprême de la RPD Youri Sivokonenko, qui a recueilli 93.280 votes.

A. Zakharchenko

A. Zakharchenko

Dans les élections au parlement de la RPD, le plus grand nombre de votes obtenu est pour l'association publique "République de Donetsk", avec 662.752 électeurs devant "Donbass Libre" avec 306.892 votes.
A l'annonce des résultats, le président du Comité Consultatif Électoral (CCE) Roman Lyagin a noté que le pourcentage du vote n'a pas été compté, car il "considère les chiffres bruts plus transparents et suffisamment clairs". Il a annoncé la formation d'un pouvoir légitime en RPD.
"Les élections étaient légitimes et sans violations importantes qui auraient pu influer sur le résultat. Maintenant, nous avons une autorité légitime, le Donbass ne fait plus partie de l'Ukraine, que cela plaise ou non, ". L'inauguration du nouveau siège de la république non reconnue, selon Lyagin, sera faite "un de ces prochains jours" (cité par Interfax)- (source)


Sergei Koziakov (CCE-RPL) a annoncé les résultats définitifs des élections du Conseil du peuple et de la République populaire de Lougansk.

Igor Plotnisky

Igor Plotnisky

Dans la République Populaire de Lougansk (RPL), le président de la république sortant I.V. Plotnisky a été réélu largement. les observateurs internationaux ont été unanimes dans leur évaluation des élections en RPL - elles sont en conformité avec les procédures démocratiques et les normes internationales (Source).

Le nombre d'électeurs inscrits est 1.027.012. Ainsi, le taux de participation était de 68,7%.

Résultats du vote dans les élections de la RPL: Plotnisky : 445 095 votes (63,08%), Akimov : 106 661 votes (15,12%), Penner : 71 140 votes (10,08%), Hayrapetyan 51 341 votes (7,28%)
Résultats du vote pour l'élection du Conseil national: "Mir Luganshchine" - 489 805 votes (69,42%), "Union économique de Lougansk" 156 855 votes (22,23%), "Union populaire" - 27 181 votes (3,85%). (source)


Aux élections d'hier dans le Donbass, le taux de participation a été sans précédent pour l'Europe, a déclaré l'observateur autrichien Ewald Stadler, représentant du parti "REKOS"

Ukraine/Novorossia : Journée du 03.11.2014, les résultats des élections dans le Donbass. Par Bertrand du Donbass.

«Je veux dire la chose principale: je n'ai jamais vu autant de gens dans les bureaux de vote. Certaines personnes ont attendu plus d'une heure pour voter. Pour l'Europe, c'est sans précédent - aux élections européennes jamais plus de cinq minutes d'attente n'est nécessaire.
Dans les médias européens, je vois des informations qui disent que les gens sont opprimés, intimidés, mais ici nous voyons le contraire : les gens sont vraiment sympas, tout le monde est très sympathique, on peut même dire détendu, ça se passe très bien, et imaginer que cela se passe en pleine guerre civile - est impossible. Et nous pouvons dire que les autorités ukrainiennes ont fait une erreur de ne pas répondre à ces gens. L'Ukraine a perdu non seulement les voix mais aussi les cœurs des habitants de Donetsk, qui ne pourront jamais retourner à l'Ukraine ", a dit Stadler qui a également commenté la déclaration du SBU selon laquelle les observateurs étrangers seront désormais déclarés persona non grata. "Vraiment? Eh bien, pour moi il n'y a rien de nouveau, puisque je suis déjà dans la liste noire depuis le référendum en Crimée. Mais croyez-moi, il en faut plus pour m’empêcher de dormir. Je ne suis pas le premier qui est mis à l'index, et pas le dernier". (Source)

Conférence de presse des observateurs étrangers (en français à partir de 0'40")

Vidéos :

Les troupes de Motorola et Guivi ont voté sur la ligne de front à l'aéroport.

Mozgovoï : "Il faut libérer le territoire de Kharkov à Odessa"

01.11.2014, Interview de Guivi. Pour toutes les personnes en Ukraine qui ne soutiennent pas le gouvernement actuel, mais craignant pour leur vie ne peuvent rien faire contre lui, Guivi promet de venir et libérer leurs oblasts : "Attendez-nous, nous arrivons."

Spectacle de feu à Makeïevka, le 31.10... Burn, Bandera, burn!

Spectacle de feu, mais cette fois-ci ukrainien, à base de bombes incendiaires tombant sur l'aéroport de Donetsk, ce soir du 3 novembre.

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Du "Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Article d'Hélène Richard-Favre.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #Les média, #La Russie

04/11/2014

Du "Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes"
Du &quot;Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes&quot;. Article d'Hélène Richard-Favre.

Ici et là et en particulier pour ce qui concerne la situation en Ukraine, on a pu lire ce rappel concernant le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".

La formule aidant, on y recourt dans le sens qui arrange les intérêts à défendre.

Combien de fois, en effet, personnalités politiques, journalistes, commentateurs ou autres spécialistes et analystes occidentaux, n'ont-il répété en boucle et en choeur que la Russie avait bafoué ce "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes"?

Est-ce au nom de ce même "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" que nombre d'entre elles et eux se sont hâtés de rejoindre le Maïdan envahi de snipers* et autres membres de partis néo-nazis plus que prêts à en découdre avec le pouvoir encore en place?

Il est bienvenu de le rappeler ce "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".

Il l'est d'autant en toutes circonstances et en tous lieux.

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[Dossier] Une enquête unique sur le rôle des « tireurs d’élite » dans le massacre de Maïdan. Le Saker francophone.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La guerre, #La Russie, #La nation .

[Dossier] Une enquête unique sur le rôle des « tireurs d’élite » dans le massacre de Maïdan

4 novembre 2014 The French Saker

Préambule : de Maïdan à Maïdanek

Nous vous proposons une longue enquête réalisée par Ivan Katchanovski, un chercheur universitaire canadien, qui analyse en détail le massacre de Maïdan du 20 février 2014, à partir de différents éléments d’information disponibles : vidéos des médias, données balistiques tirées de Google Earth, types de munitions et impacts de balles, communications radio des services de sécurité ukrainiens, témoignages sur les mouvements des tireurs embusqués, positions occupées par l’opposition, tirs déclenchés contre des journalistes. Cette enquête a été présentée le 1er octobre au Séminaire des études ukrainiennes de l’université d’Ottawa, au Canada. En l’absence d’un véritable rapport officiel, elle constitue un document historique unique, dont l’historiographie est constituée de tous ces médias qui enregistraient en continu l’Euro Maïdan.

En synchronisant les différents éléments d’information disponibles, l’auteur révèle… un massacre organisé :

  • les victimes sont autant des policiers que des manifestants ;
  • les forces de l’ordre ont tiré et donc tué des manifestants (cette enquête indépendante le souligne), mais la majorité des tirs meurtriers provenaient de tireurs du Secteur droit qui ont méticuleusement visé et abattu non seulement des policiers, mais aussi beaucoup de manifestants désarmés ;
  • les tireurs n’ont jamais été inquiétés, ni recherchés par les responsables pro-Maïdan ;
  • Les responsables pro-Maïdan étaient parfaitement informés de la présence de nombreux tueurs dans leurs rangs, comme en attestent leurs déclarations et leurs prises de paroles.

Alors on peut dire pour l’instant que le « crime paie », puisque, parmi les responsables du mouvement pro-Maïdan, ceux qui sont impliqués dans le massacre font aujourd’hui partie des instances dirigeantes de l’Ukraine. Ils sont largement secondés par les médias, qui ont couverts avec frénésie les violences du Maïdan, mais, étrangement, ne veulent pas investiguer davantage sur les responsables, et relaient sans aucune déontologie les allégations du gouvernement en place. Ainsi, quelles informations fiables attendre de ceux qui affirment que les séparatistes du Donbass bombardent leur propre population ?

Seules des enquêtes comme celle-ci peuvent nous alerter sur la nature de ceux qui gouvernent l’Ukraine aujourd’hui, en nous montrant qu’ils ne reculent (et ne reculeront) devant rien. Comme l’a écrit Michel Collon en présentant la version anglaise de ce document, « on nous a menti. Les snipers provenaient des rangs de l’opposition, ils ont tué des policiers et des militants de base de l’opposition, mais ont soigneusement épargné les dirigeants de l’opposition. Cette technique de provocation n’est pas nouvelle, elle fut employée à Caracas le 11 avril 2002 par la CIA pour justifier le coup d’État contre Chavez ».

Le Saker francophone

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Le massacre perpétré par les snipers sur la place Maïdan en Ukraine

Le massacre de plusieurs dizaines de manifestants sur le Maïdan le 20 février, 2014 a été un tournant dans la politique ukrainienne et un point déclencheur dans l’escalade du conflit sur l’Ukraine entre l’Occident et la Russie. Le meurtre de nombreux manifestants et le nombre de tirs de la police qui l’a précédé a conduit au renversement du gouvernement très corrompu et pro-russe, mais démocratiquement élu, de Viktor Ianoukovitch et a déclenché un conflit violent à grande échelle, qui continue maintenant dans le Donbass, en Ukraine orientale.

La conclusion promue par les gouvernements post-Ianoukovitch et les médias en Ukraine, que le massacre a été perpétré par des tireurs embusqués du gouvernement sur ​​ordre de Ianoukovitch, a été presque universellement acceptée par les gouvernements occidentaux et les médias, au moins publiquement, sans aucune enquête et sans prendre en compte des faits évidents.

Par exemple, le président de l’Ukraine, Petro Porochenko, dans son discours devant le Congrès américain, le 18 septembre 2014, a de nouveau affirmé que le gouvernement Ianoukovitch a été renversé par des manifestations de masse pacifiques contre la violence policière, en particulier, les meurtres de plus de 100 manifestants par des tireurs embusqués, le 20 février 2014. La question est : qui a organisé ce massacre par des tireurs d’élites ?

Ce document est la première étude académique de cette affaire cruciale, qui est un assassinat de masse. L’analyse d’une grande quantité d’éléments de preuve dans cette étude révèle que certains éléments de l’opposition Maïdan, et son aile d’extrême droite, ont été impliqués dans ce massacre, afin de prendre le pouvoir, et que l’enquête du gouvernement a été falsifiée pour cette raison.

Les éléments utilisés dans cette étude ont été rendus public, mais souvent tronqués, parfois supprimés, ou des vidéos et des photos de tireurs suspects truquées, des déclarations faites en direct sur le Maïdan, d’enregistrements de communications radio des snipers côté Maïdan, de celles des tireurs d’élite et des commandants de l’unité spéciale Alfa du Service de sécurité ukrainien (SBU), de l’analyse balistique des trajectoires, des rapports de deux manifestants Maïdan, témoins oculaires, et de commandants d’unité spéciale du gouvernement, de déclarations publiques faites par deux anciens et actuels responsables gouvernementaux, des munitions et des armes utilisées, des types de blessures des deux côtés, manifestants et police, et des références à des antécédents de fausses déclarations des politiciens Maïdan quant à d’autres cas de violence, pendant et après l’Euromaïdan, et au sujet de conflits plus anciens.

En particulier, cette étude examine quelque 30 Go d’échanges radio interceptés, provenant de l’unité Alfa du Service de sécurité d’Ukraine, des Berkout, des troupes internes, Omega et d’autres agences gouvernementales, pendant le déroulement des protestations de Maïdan. Ces enregistrements ont été fournis par un radio amateur pro-Maïdan, sur un forum de détection radio, mais ils n’ont jamais été mentionnés par les médias ni par le gouvernement ukrainien.

Le déroulement précis du massacre a été minuté, les positions des tireurs et des tireurs gouvernementaux sont établies avec certitude, fondées sur la synchronisation du son sur la scène principale du Maïdan, les images et d’autres sources sûres, qui se corroborent toutes entre elles.

L’étude utilise le contenu de toutes les analyses et de toutes les vidéos publiques disponibles, en particulier, la version minutée et largement diffusée d’une longue vidéo du massacre sur la rue Instytutska, les vidéos de tireurs suspects en direct de chaines TV et de diffusions internet sur le Maïdan (la place de l’Indépendance), les enregistrements radio minutés et inédits entre les tireurs du Alfa SBU et leur commandement, les enregistrements radio des Forces intérieures présentes sur le Maïdan. L’analyse utilise aussi des émissions en direct sur Internet. Les enregistrements de toutes les TV et Internet, les émissions en direct du massacre par Espresso TV, Hromadske TV, Spilno TV, Radio Liberty et Ukrstream TV, soit ont été retirés de leurs sites Web, immédiatement après le massacre, soit n’ont jamais été publiés.

Ces enregistrements ont été principalement effectués par des témoins bénévoles, sur le Maïdan, mais ils ont suscité très peu d’attention ou été retirés de l’accès par le public.

De même, les résultats officiels des analyses balistiques, des armes et des examens médicaux et d’autres éléments de preuve recueillis au cours des enquêtes concernant ce massacre n’ont pas été rendu public, alors que des informations cruciales, y compris sur les armes et les munitions ont disparu sous le gouvernement post-Ianoukovitch. Cette enquête repose sur ces éléments de preuve, rapportés par des médias d’information fiable sur les médias sociaux. L’auteur a également mené une recherche sur le site du massacre de Maïdan lui-même, et sur la ​​rue Instytutska.

Une enquête académique

La version horodatée récemment publiée sous la forme d’une vidéo de plus de 40 minutes de long, filmée à distance rapprochée sur la rue Instytutska à partir de 9 h 6, couvre, avec quelques omissions inexpliquées, les parties les plus intenses de ces meurtres. Elle confirme que le massacre des manifestants, le 20 février 2014, sur Maïdan, a commencé dans la rue adjacente, rue Instytutska. La police anti-émeute Berkout et les unités de troupes internes, qui assiégeaient et bloquaient le Maïdan depuis près de trois mois, ont abandonné subitement leurs positions et se sont enfuis à 9 h. Les manifestants ont alors commencé à progresser, à partir de leur bastion sur le Maïdan, vers la rue Instytutska.

Cette version et d’autres vidéos montrent les membres de l’unité d’élite spéciale de la police anti-émeute Berkout et l’unité Omega des troupes spéciales de l’intérieur, dont deux tireurs d’élite, arrêtant temporairement l’avance de manifestants, près du Palais Jovtnevyi, à partir de 9 h 5, tirer avec des fusils d’assaut Kalachnikov (de type AKMS) à la fois à balles réelles et avec des balles en caoutchouc, et pointant des fusils dans la direction des manifestants, avant de se retirer avec les Berkout et les troupes des unités de l’intérieur, qui stationnaient dans le Palais Jovtnevyi.

Après un recul, sous le feu, de ces barricades, respectivement, à 9 h 20 et 9 h 28, les Berkout et les Omega ont fait la même chose depuis des barricades sur la rue Instytutska et des bâtiments de la Banque Nationale et du Club du Cabinet des ministres. Les traces de nombreux impacts de balles et leurs marques d’impact dans les poteaux électriques, les arbres, et les murs du Palais Jovtnevyi et de l’Hôtel Ukraine indiquent également que la police a tiré en direction des manifestants et des bâtiments occupés par les manifestants. Les tireurs du SBU se trouvaient dans le Cabinet des ministres, l’administration présidentielle, et les bâtiments voisins.

Le nouveau gouvernement ukrainien et le chef de la Commission parlementaire a publiquement déclaré que les tireurs d’élite qui ont massacré les manifestants non armés faisaient partie de ces unités. Plus précisément, le Bureau du Procureur général a annoncé le 12 septembre 2014 que son enquête a révélé qu’un commandant Berkout et deux membres de son unité étaient responsables du meurtre de 39 manifestants Euromaïdan, soit la majorité absolue des quelque 50 manifestants tués ou mortellement blessés le 20 février 2014.

Mais ce commandant Berkout a ensuite été placé en résidence surveillée, et il a disparu.

En revanche, le gouvernement refuse ou néglige délibérément de prendre en compte les preuves de la présence de tireurs et de pointeurs dans au moins 12 bâtiments occupés par le camp Maïdan ou situés sur leur territoire au cours du massacre. Cela comprend l’Hôtel Ukraine, le Palais Jovtnevyi, les bâtiments des deux côtés qui ne sont pas déjà mentionnés comme des emplacements de tireurs d’élite, et plusieurs bâtiments sur le Maïdan (Place de l’Indépendance), comme le Conservatoire, le siège de l’Union du commerce, et le Bureau de poste principal. (Voir carte 1).

L’Hôtel Ukraine a été contrôlé par le camp Maïdan à partir de 9 h environ. Au cours d’une salve de tirs provenant des forces gouvernementales près du Palais Jovtnevyi à 9 : 10-9 : 11 heures, et au bout de quelques minutes d’appels pour les ambulances et les médecins, un annonceur sur la scène Maïdan a averti publiquement les manifestants que deux à trois tireurs d’élite se trouvaient sur l’étage du pendule (deuxième à partir du haut) de l’Hôtel Ukraine sur le côté opposé de la rue. Dans la première vague de blessés parmi les manifestants figure Bohdan Soltchanyk, un professeur d’histoire à l’Université catholique d’Ukraine de Lviv.

Carte 1. Carte du massacre perpétré à Maïdan le 20 février 2014

Carte 1. Carte du massacre perpétré à Maïdan le 20 février 2014

Il a été tué par une balle de 7,62 mm dans la zone située entre l’hôtel et Jovtnevyi à 9 h 12 ou quelques minutes plus tôt. Les vidéos indiquent que l’un des deux manifestants tués ici à 9 h 14 semble avoir été blessé dans son dos depuis l’hôtel.

Une vidéo Radio Liberty montre au moins un manifestant abattu du côté Maïdan du Jovtnevyi Palais à 9 h 10 et deux autres manifestants sur le sol près de la partie centrale de ce bâtiment à 9 h 19. Le premier emplacement correspond à un lieu de meurtre de Vasyl Moisei signalé par l’organisation de l’auto-défense de Maïdan nommée Volhynie et d’un autre manifestant probablement, Chilling Iosyp. L’enquête du gouvernement, les médias, et les responsables de Volhynie ont conclu que les Berkout ont abattu ces manifestants durant leur contre-attaque.

Toutefois, ils ont omis les traces d’impact de balles dans les arbres, les poteaux, et sur la façade du Jovtnevyi Palais à quelques mètres des lieux des meurtres. De même, ils ont omis de rapporter le témoignage de manifestants du Maïdan concernant les tireurs de l’Hôtel Ukraine au moment de ces meurtres.

En plus des avertissements provenant de la scène Maïdan de la présence de tireurs dans l’Hôtel Ukraine à 9 h 11, une vidéo montre des manifestants qui se cachent sous un pont piétonnier sur la rue Instytutska entre l’hôtel et le Palais Jovtnevyi et qui indiquent à 9 h 23 des tirs à balles réelles sur eux en provenance d’un étage de l’hôtel.

Une vidéo BELSAT de l’Hôtel Ukraine permet de voir une balle frapper un arbre en face d’un groupe de manifestants en provenance de l’hôtel à 9 h 38.

Une vidéo de la BBC montre un tireur embusqué viser l’équipe de télévision de la BBC et les manifestants du Maïdan depuis une fenêtre donnant sur la terrasse de l’étage du pendule de l’hôtel à 10 h 17, et le correspondant de la BBC identifie le tireur comme ayant un casque vert porté par les manifestants Maïdan.

Deux manifestants à 10:24 désignent des tirs de snipers à partir de l’étage du pendule de l’Hôtel Ukraine dans une autre vidéo tournée au sein d’un groupe de manifestants et sous un feu meurtrier dans la rue Instytutska. Un compte-rendu de première main par Ilya Varlamov, ses photos, un témoignage d’un autre témoin oculaire, et deux coups de feu à proximité de la diffusion en direct, qui a été enregistré à partir de cet hôtel à partir de 8 h 49, suggèrent que deux autres personnes ont été tuées à 10 h 30-10 h 31 sur le Maïdan à partir de l’Hôtel Ukraine.

Des cris, depuis la scène du Maïdan, sur trois tireurs d’élite ou snipers « tirer pour tuer », de manifestants du Maïdan sur des tirs en provenance du même hôtel, en particulier sur la rue Instytutska, ont été lancées à plusieurs reprises pendant que la tuerie continuait ici, par exemple, à 10:36, 10:59, 11:07, 11:09 et à la diffusion en direct.

Des témoins oculaires dans une autre vidéo de la fusillade autour de 16 h et la position de sa blessure indiquent qu’un passant a été tué par une balle tirée depuis l’Hôtel Ukraine devant le Palais Jovtnevyi.

En fin d’après-midi, l’un des porte-paroles sur la scène de Maïdan a menacé de bruler l’hôtel Ukraine, comme cela avait été fait pour l’immeuble des syndicats un jour plus tôt, en se référant aux nombreux rapports signalant des snipers dans l’hôtel. Ainsi une conversation radio, d’abord non-diffusée, de l’officier et d’autres éléments de l’unité Omega (Pegas) signalait des coups de feu venant de l’hôtel Ukraine, à 10 h 37 le 21 février.

De nombreux témoins parmi les manifestants de Maïdan ont signalé des snipers faisant feu depuis l’hôtel Ukraine lors du massacre des manifestants, tuant en particulier huit d’entre eux, et au moins un membre de la compagnie Volhynian, des forces d’auto-défense de Maïdan (Maïdan Self-Defense) dans la rue Instytutska. Des impacts de balles dans les arbres et les poteaux électriques sur le site du massacre et sur les murs du palais Jovtnevyi montrent que les coups de feu venaient de la direction où se trouve l’hôtel.

Lorsque l’hôtel Ukraina était contrôlé par les snipers de Maïdan, il y a également eu des tirs dirigés vers la police. Un policier membre des unités Berkout a été tué devant le palais Jovtnevyi de deux coups de feu à 9 h 16, quelques minutes après les annonces alertant sur la présence de snipers dans l’hôtel. Des impacts de balles ont été retrouvés dans des arbres et des poteaux à quelques mètres de là, et provenant de la direction où se trouve l’hôtel Ukraine. Un officier des unités Berkout a indiqué que des francs-tireurs dans l’hôtel Ukraine tiraient sur les policiers avec des fusils de chasse calibre 7,62 mm.

Une vidéo du côté des barricades contrôlées par la police montre quelques policiers Berkout portant des AKM calibre 7,62 et de nombreux membres des troupes internes spéciales Omega armées d’AKS-74 de différents calibres, dont quelques tireurs d’élite, se mettant à couvert sous un feu à balles réelles, juste au moment où le massacre des manifestants battait son plein, quelques minutes avant 10 h. Elle montre, tout à la fin, un tireur Omega viser une fenêtre ouverte de l’hôtel Ukraine et un autre tireur pointant son fusil dans la même direction, mais plus haut, sans doute vers le palais Jovtnevyi.

Le journaliste de la télévision ukrainienne qui a filmé cette vidéo, a confirmé qu’ils avaient été la cible de tirs et qu’ils cherchaient à localiser un sniper dans l’hôtel Ukraine. La vidéo montre deux membres des Berkout pointant leurs fusils kalachnikov ou tirant depuis le toit d’un camion Kamaz, sans doute dans la même direction, ou dans la direction des immeubles de l’allée Mouzeinyi, à l’endroit où des snipers pouvaient être vus sur les vidéos tournées en temps réel à peu près au même moment. Tous ces immeubles et les manifestants sur la rue Instytutska étaient en contrebas de cette barricade de police.

Mustafa Nayem, l’un des organisateurs des manifestations EuroMaïdan, et un journaliste de renom de la Ukrainska Pravda, un journal en ligne ouvertement pro-Maïdan, a twitté à 11 h 58 une photo de snipers du côté tenu par la police de la barricade située à l’intersection des rues Instytutska et Bankova. Cette photo a été présentée par les journaux ukrainiens comme une preuve qu’il s’agissait des snipers ayant massacré les manifestants.

Cependant, ces snipers, et les tireurs des compagnies spéciales Berkout ne se cachaient généralement pas, et ils ont autorisé les médias et les passants à les filmer durant le massacre.

De nombreuses sources montrent que les membres des unités Berkout et Omega ont utilisé leurs AKMS, leurs AKS et leurs fusils de tireurs d’élite, pour tirer à balle réelle en direction des manifestants et des présumés « snipers » de Maïdan. Ces balles ont été tirées à peu près au moment où de nombreux manifestants ont été tués ou blessés. Des vidéos montrent qu’au moins une large proportion des victimes ont été abattues à ce moment, alors qu’elles se mettaient à couvert derrière des murs, des arbres et une barricade, étant par là même hors de la zone de tir en provenance de la barricade de police et des immeubles du gouvernement non loin, comme le montre cette Google street view. Mais la possibilité que certains des manifestants, en particulier ceux qui étaient armés, notamment des « tireurs embusqués », aient été blessés ou tués par le feu des policiers ne peut être exclue.

L’officier de l’unité Omega et un officier des Troupes internes, en charge de ces unités spéciales, ont affirmé qu’ils ont reçu l’ordre de cibler les snipers à l’hôtel Ukraine et dans d’autres endroits, et qu’ils ont eu la permission de tirer sur les manifestants armés. Un ancien officier Berkout a indiqué qu’un tireur d’élite qui accompagnait la compagnie spéciale Berkout avait reçu la mission de rechercher un tireur embusqué du Secteur droit (Pravy Sektor) dans l’hôtel Ukraine.

Des vidéos montrent le sniper allongé sur le sol et pointant son fusil dans la direction de l’hôtel Ukraine à 9 h 23, au moment exact où un manifestant non armé est filmé en train d’être abattu non loin de la barricade.

Ceci a été interprété comme une preuve d’un tir direct [du policier sur le manifestant], mais la direction du fusil du tireur, le bruit du coup de feu, la blessure qui a été reportée, avec une entrée dans l’épaule droite et une sortie apparente sur le côté avant gauche du torse, ainsi que l’absence d’un impact de balle sur le bouclier [du manifestant] montre que le coup de feu venait d’un immeuble situé dans le fond ou sur le côté droit. Un reportage de la BBC montre un autre manifestant non armé abattu à peu près au même endroit et apparemment depuis une direction similaire, une minute auparavant.

Un manifestant armé et portant un uniforme ressemblant à celui d’un Berkout a été blessé au bras, alors qu’il s’enfuyait de la scène. De nombreux officiers et membres des compagnies Omega, Alfa et des compagnies spéciales Berkout, après qu’elles aient été dissoutes, ont été déployés par le gouvernement post-Ianoukovitch au côté des forces d’auto-défense de Maïdan et du Secteur droit, dans la guerre civile avec les séparatistes pro-russes dans le Donbass en Ukraine de l’Est.

Une vidéo de la chaine Ruptly TV montre trois manifestants pro-Maïdan armés tirant depuis le dernier étage de l’hôtel Ukraine dans la direction, non pas de la place de l’Indépendance, mais de la rue Instytutska, à en juger par les immeubles qui peuvent être aperçus. Volokymyr Ariev, un journaliste d’investigation et un membre du parlement du parti de la coalition Maïdan, en a conclu que les « ’snipers »’avaient atteint l’hôtel Ukraine depuis le côté du conservatoire de musique, et qu’ils ont bloqué l’équipe de Ruptly TV sur le 14e étage de l’hôtel. Un reportage de Russia Today indique que cette vidéo, ainsi qu’une autre, montrent qu’il s’agissait de manifestants de Maïdan armés. Mais Ariev affirme, sans fournir aucune preuve, que ces snipers travaillaient pour le gouvernement russe.

Une conversation radio interceptée de l’officier du SBU Alfa, non diffusée auparavant, contient des indications spécifiques, par le chef de cette unité des Services de Sécurité (Souddia) et son adjoint (Indejets), suivant lesquelles ces tireurs ou ces snipers se dirigeaient vers l’hôtel Ukraine depuis Maïdan. Ceci est cohérent avec une interview d’un ancien chef du SBU, qui a annoncé que la moitié d’une vingtaine de snipers transportant des AKM cachés dans des sacs ont fait mouvement depuis le conservatoire de musique voisin, qui était tenu par les pro-Maïdan, vers l’hôtel Ukraine, alors que l’autre moitié s’est dirigé vers l’hôtel Dnipro, sur la place de l’Europe à côté de la rue Mouzeinyi. La version la plus complète et la plus fiable de la transmission radio de l’officier Alfa, synchronisée à l’heure locale, montre qu’ils ont signalé le mouvement des tireurs vers l’hôtel Ukraine à 9 h 23. On peut la trouver parmi les échanges radio entre les unités Alfa, Berkout, Omega, les troupes internes, et d’autres agences du gouvernement, qui ont été enregistrées durant toute la durée des manifestations sur Maïdan.

Les transmissions radio de l’officier Alfa montrent que les snipers de cette unité du SBU ont reçu l’ordre de se déployer sur les lieux de l’administration présidentielle, peu après qu’une alerte pour la préparation au combat ait été annoncée à 7 h 24. Ces transmissions contiennent des ordres similaires, donnés à d’autres unités du SBU, de s’armer et se déployer à cet endroit et en d’autres lieux contrôlés par le gouvernement, à peu près au même moment. Contrairement à de nombreuses preuves et affirmations fabriquées de toutes pièces et diffusées par le gouvernement ukrainien, ces enregistrements radio ne sont pas falsifiés.

Leur diffusion publique s’est faite par différentes sources pro-Maïdan. Une version, avec des parties retirées, a été postée par un site internet d’informations, dirigé par un conseiller de l’actuel ministre des Affaires internes d’Ukraine, mais cette version n’a pas été reconnue par le gouvernement.

Une version non éditée et validée d’une communication radio de cette équipe de tireurs d’élite du SBU, menée par « ’Miron »’, montre qu’ils étaient chargés de surveiller l’hôtel Ukraine, en particulier ses derniers étages, et d’autres immeubles avoisinants, pour repérer des snipers et leurs assistants qui les aidaient à diriger leur feu, après que le massacre ait déjà commencé.

Ces tireurs d’élite ont détecté des hommes en armes, tirant depuis le haut des immeubles, se sont rapidement déplacés, une fois que la position a été communiquée par radio aux tireurs du SBU. Les tireurs Alfa se trouvaient dans l’immeuble du Cabinet des ministres (voir la carte 1).

On n’entend pas de coups de feu de la part de ces tireurs Alfa du SBU, et les transmissions radio ne présentent pas d’éléments permettant d’affirmer qu’ils soient en train de tirer, sur toute la durée de la plus intense phase du massacre, entre 9 h 35 et 11 h 13. De même, aucune preuve n’a été produite, montrant que les manifestants aient été tués avec les fusils allemands utilisés par ce groupe de tireurs d’élite. Ceci est cohérent avec les informations fournies par trois officiers commandants des unités Alfa, durant l’enquête parlementaire, et avec leurs conclusions délivrées aux réseaux de télé ukrainiens.

Cependant, une version modifiée des communications radio de cette équipe de tireurs du SBU a été postée sur YouTube, le jour du massacre, avec des ajouts et des photos du massacre, organisés pour affirmer qu’il s’agissait des tueurs. Cette version a été très vite utilisée par les politiciens ukrainiens, notamment le chef de la commission parlementaire, et par les médias, comme une preuve concluante que ces snipers du SBU étaient responsables de la tuerie. « ’Miron »’a affirmé que cette version très répandue a été expurgée de certains éléments, et n’incluait pas leur rapport signalant la présence de civils transportant des armes dans des sacs sur la place de l’Europe. La version la plus fiable inclus ces parties manquantes au début et à la fin, mais quelques passages clés durant le massacre en ont également été retirés.

Photo 1. Les tireurs présumés, sur le toit du Palais Jovtnevyi, lors du massacre. Source : reportage Espresso TV

Photo 1. Les tireurs présumés, sur le toit du Palais Jovtnevyi, lors du massacre. Source : reportage Espresso TV

Dans leurs communications radio enregistrées, les tireurs du SBU affirment entendre de nombreux coups de feu, et ils indiquent apercevoir les présumés snipers ou leurs coordinateurs de tirs, dans d’autres immeubles, alors tenus par les pro-Maïdan, comme sur le toit de Kinopalats à 9 h 43.

Les porte-paroles de Maïdan ont signalé trois snipers tirant pour tuer depuis le toit du Palais Jovtnevyi, qui est connecté au Kinopalats, à 9 h 46-9 h 47, et ils ont répétés ces messages d’alertes au moins jusqu’à 10 h 53. Une balle a touché un arbre près d’un groupe de manifestants depuis un de ces immeubles durant l’une des premières vagues d’assassinats de masse à 9 h 45, lorsqu’en quelques minutes, au moins huit manifestants ont été tués ou gravement blessés, à quelques mètres de cet arbre.

Les impacts de balles à cet endroit proviennent de la même direction (voir la photo 2). Ces trois snipers présumés sur le toit du Palais Jovtnevyi ont été vu et identifiés comme tels durant une autre vague d’assassinats de manifestants autour de 10 h dans une diffusion en direct (voir photo 1). L’un d’entre eux est repéré au même endroit, au sommet de cet immeuble jaune dans une vidéo de la BBC, à 10 h 04, alors qu’il n’y avait pas été vu précédemment. Deux « ’Snipers »’ont été montrés par ICTV le 20 février 2014. Une forme humaine est visible sur le toit de Kinopalats dans une photo prise par un photographe français en plein milieu du massacre, lorsque plusieurs manifestants ont été tués ou sérieusement blessés à côté de lui autour de 10 h 20-10 h25. Les forces d’auto-défense de Maïdan ont rapporté avoir trouvé plus de 80 cartouches de balles, plus tard, sur le toit du Palais Jovtnevyi. Des témoins parmi les manifestants pro-Maïdan ont confirmé la présence d’au moins trois snipers sur le toit du Palais Jovtnevyi et dans ses étages supérieurs.

Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Jovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).

Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Jovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).

Une vidéo le confirme. De même, les points d’impact de balle dans les arbres confirment le tir à balles réelles en provenance de ce côté. Il est à noter que certains de ces éléments essentiels ainsi que d’autres vagues de meurtres sont absents de cette longue vidéo filmée par un activiste de Zelenyi Front, une organisation de Kharkov.

Cette organisation est associée à l’un des anciens dirigeants de l’opposition, qui est devenu ministre de l’Intérieur dans le gouvernement post-Ianoukovitch. Un autre militant pro-Maïdan est vu dans différentes vidéos filmant et prenant des photos pendant le massacre des manifestants qui avançaient, dont beaucoup ont ensuite été tués ou blessés.

Ses vidéos et photos rendues publiques ne contiennent pas de nombreux éléments essentiels sur le massacre. Il a servi plus tard dans le bataillon de la police spéciale Azov, qui a été créé sous le commandement formel du ministère de l’Intérieur, et il a gagné en notoriété en peignant une étoile au dessus d’un immeuble de grande hauteur à Moscou.

Dans les vidéos de ces deux photographes amateurs pro-Maïdan, il n’y avait pas de tentatives de localiser les positions des snipers Maïdan dans les bâtiments environnants, en dépit de leur proximité, ou des cris d’avertissement en provenance du Maïdan indiquant que des tireurs embusqués ce trouvaient là. De même, les snipers ne semblent pas les viser pour éviter ainsi d’être identifiés, en revanche, ils visent de nombreux journalistes étrangers professionnels, y compris le correspondant de la BBC, dans la même zone, les journalistes de l’Associated Press, TVP, ABC News et australiens de la Radio Company, et au moins deux fois les journalistes de ARD and RT.

Photo 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source : Espresso TV/Spilno TV broadcast

Photo 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source : Espresso TV/Spilno TV broadcast

Une autre indication que les tireurs étaient du côté Maïdan est que les coups de feu sur la rue Instytutska ont considérablement diminués ou se sont arrêtés vers environ 10 : 50-11 : 8 h, mais ils continuaient sur le Maïdan même. Cette place, avec les bâtiments principaux et les aires avoisinantes, étaient sous le contrôle de l’opposition.

Cela correspond à l’heure à laquelle un vieux leader de l’opposition, à la tête de l’administration présidentielle depuis le renversement violent du gouvernement précédent, a reçu un SMS vers 10 h 45 en provenance du commandant d’un groupe de tireurs d’élite, comme Alfa, Omega, or Sokil, afin de chercher ensemble avec les représentants de Maïdan des snipers dans l’Hotel Ukraine. Il a également dit qu’il y avait eu une réunion ultérieure entre lui et Andrii Paroubii, le commandant Maïdan d’auto-défense, et un groupe de tireurs d’élite du gouvernement.

Les faits rapportés et le lieu de cette réunion, dans la zone contrôlée par le gouvernement près de la même barricade entre Berkout et Omega sur la rue Instytutska près de l’administration présidentielle, indiquent également que ces tireurs d’élite n’étaient pas considérés comme les vrais tueurs par les leaders de l’opposition, et en contradiction avec leurs déclarations publiques. De même, il y avait deux membres de la direction Svoboda près de l’Hôtel Ukraine au moment du massacre.

Les tireurs d’élite du gouvernement accompagnés de l’auto-défense Maïdan sont restés dans la zone de l’hôtel jusqu’à 1 : 00-1 : 30pm. Les emplacements exacts des snipers auraient pu être facilement déterminés par les fenêtres ouvertes à l’Hôtel Ukraine et grâce aux témoins qui les avaient identifiés. Il y avait également de rapports des médias sur quelques « snipers » capturés dans cet hôtel. Mais les dirigeants Maïdan ont nié que des snipers étaient là et ont affirmé que plusieurs recherches, celles d’auto-défense Maïdan et de Secteur droit à l’Hôtel Ukraine, celles menées vers midi par des manifestants de Maïdan armés de AKMS ou AKS et de fusils, au Palais Jovtnevyi, et au Conservatoire pendant le massacre et peu de temps après, n’ont pas trouvé de sniper.

Pour exemple, Mustafa Nayem, qui intervient en direct pour Hromadske TV, a déclaré à 15 h que la recherche du Secteur droit et d’auto-défense Maïdan n’a pas permis de trouver les snipers qui avaient été repérés à l’étage de l’Hôtel Ukraine. Comme constaté durant la fusillade de l’hôtel, en particulier l’un de ses étages supérieurs, d’où les tirs ont continué par la suite.

De la même façon, plusieurs leaders des partis d’opposition (Svoboda, le Parti radical, et Patrie) intervenaient sur les lieux du Maïdan, et critiquaient le gouvernement Ianoukovitch et ses tireurs d’élite pendant ou juste après que de nombreux coups de feu étaient tirés à partir des bâtiments voisins situés sur le Maïdan.

Par exemple, une synchronisation d’un enregistrement de la diffusion en direct et une brève communication radio interceptée des tireurs réels montrent qu’ils ont tiré plusieurs coups ensembles, 10 tirs en rafale à 11 : 33-11 : 34am.

Le grand bruit de ces coups de feu dans un enregistrement de l’émission en direct (1 h 08-1 h 09) à l’Hôtel Kozatsky sur le Maïdan indique que ces tirs partaient de là ou d’endroits proches, tels que les bâtiments de l’Union du commerce.

Une minute après, Oleksander Tourtchynov, un ancien chef du service de sécurité de l’Ukraine qui allait devenir le chef du parlement ukrainien et le président par intérim après le renversement violent du gouvernement Ianoukovitch, a commencé son discours avec l’annonce « Slava Ukraini », qui a été utilisée par l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et adoptée sur le Maïdan. D’autres coups de feu et des sirènes d’ambulances mobiles peuvent être entendus dans la diffusion en direct lors de son discours.

La façon de communiquer de ces tireurs dans le seul enregistrement disponible public est très différente de celle des tireurs d’élite du SBU et Omega et d’autres organismes gouvernementaux dans leurs échanges radio de plus de 30 giga-octets, enregistrés et publiés au cours des manifestations de Maïdan dans leur intégralité.

Ces enregistrements radios, les leaders du Maïdan ont reconnu avoir ces enregistrements, une déclaration du commandement d’Alfa, indiquait que les tireurs et leurs assistants avaient ces enregistrements radios et évitaient ainsi d’être repérés par les tireurs du SBU en se déplaçant.

De même, une femme médecin a été blessée, et un autre manifestant debout devant elle a été tué sur le Maïdan près de l’Hôtel Kozatsky à 11 h 43. Cela s’est produit lors d’un discours par Oleh Liachko, un chef de file du Parti radical, qui a coopéré ouvertement après le renversement de M. Ianoukovitch avec les néonazis de l’Assemblée sociale-nationale, qui était un des fondateurs de Secteur droit.

Le son d’un tir, plus lointain que les tours mentionnées ci-dessus, est entendu à 1 heure et 18 minutes dans l’enregistrement de la diffusion en direct, qui commence à 10 h 23. Des témoins oculaires et la position de la blessure indiquent que ce tir a été effectué à partir du bâtiment principal du bureau de poste, qui était occupé par le Secteur droit. Ce tir a attiré l’attention des médias ukrainiens et occidentaux, mais comme pour tous les tirs sur les manifestants, les journalistes et la police sur la Place de l’Indépendance ont accusé les tireurs d’élite du gouvernement et aucune enquête réelle n’a été réalisée.

Des témoins oculaires parmi les manifestants, le correspondant TVP et la trajectoire des balles aussi, indiquent des tireurs au même moment dans le bâtiment de l’Union du commerce, l’Hôtel Kozatsky, les bâtiments Conservatoire de musique, et d’autres bâtiments sur le Maïdan lui-même. À 11 h 43, un intrus non identifié fait irruption dans une communication radio des troupes des unités de l’intérieur, qui se retiraient du Maïdan, et les a informés qu’il y avait des personnes qui lançaient des fusées avec des lance-grenades dans l’Hôtel Ukraina depuis le 6e étage de l’immeuble des syndicats.

Les tireurs du SBU ont mentionné des personnes au sommet de ce bâtiment à 10 h 53 et 10 h 59. Un correspondant de RT a rapporté à 10 h 58 qu’une balle de 7,62 mm AKM l’a manqué de justesse à une fenêtre de l’Hôtel Ukraine et il a souligné que la trajectoire indiquait le bâtiment du Conservatoire. Un correspondant de l’Associated Press a également indiqué avoir essuyé des tirs dans sa chambre Hôtel Ukraine donnant sur le Maïdan dans la matinée du 20 février, et il a constaté que balle était sur son balcon.

La chambre d’hôtel d’un journaliste australien ABC a également essuyé des tirs provenant de la direction du Maïdan au même moment. Une chambre occupée par la BBC a également été visée. Diverses sources indiquent que les tireurs de Maïdan ont utilisé ces bâtiments pour tirer à balles réelles sur les journalistes, sur les Berkout et les troupes de l’intérieur durant la nuit ou tôt le matin du 20 février. Deux chambres de journalistes allemands dans l’hôtel Ukraina ont essuyé des tirs en provenance de la Poste principale, comme un journaliste ukrainien travaillant pour une télévision allemande a indiqué sur sa page Facebook, ou en provenance du Conservatoire, situé en face de la rue du nouveau siège d’auto-défense Maïdan et le du Secteur droit.

La commission parlementaire a déclaré, en se basant sur le rapport des services médicaux d’urgence, que les tirs sur les Berkout et les troupes de l’intérieur du Maïdan et dans les rues voisines ont commencé le 20 février à 6 h 10. Un membre du parlement de l’opposition Maïdan a déclaré avoir reçu un appel téléphonique d’un commandant des Berkout juste après 7 h indiquant que 11 membres de son unité de police ont été blessés par des tireurs depuis le bâtiment du Conservatoire de musique.

Une recherche d’autodéfense Maïdan n’a trouvé aucun tireur après que le membre du parlement a informé Paroubiii et d’autres dirigeants de l’opposition. Mais, de nouveau, le commandant Berkout a rapporté qu’en une demi-heure ses pertes unitaires ont augmenté de 21 blessés et de trois morts.

De même, les rapports dans la matinée du 20 février par le Ministère de l’Intérieur, les déclarations des anciens chefs du SBU et le ministère de l’Intérieur, les enregistrements radio des troupes de l’intérieur, des vidéos et des témoignages des manifestants, dont un Suédois néo-nazi bénévole, confirment de manière indépendante que les unités de police sur le Maïdan ont été tués par des tirs à balles réelles en provenance du Conservatoire et des bâtiments de l’Union du commerce avant 9 h et qu’ils se sont rapidement retirés face à l’incendie et des diverses blessures dont ils souffraient. Par exemple, dans leurs communications radio, les unités de troupes de l’intérieur, stationnées sur le Maïdan près du bâtiment des syndicats, ont fait des demandes urgentes pour une ambulance à 8 h 08, un véhicule de secours à 8 h 21, une ambulance à 8 h 29, deux ambulances à 8 h 39, cinq ambulances à 8 h 46, et les ordres de retraite sont alors émis à 8 h 49 et 8 h 50.

Un haut responsable des troupes interne a déclaré qu’ils avaient l’information que cinq francs-tireurs s’étaient déplacés de l’Union du commerce vers le bâtiment du Conservatoire après l’incendie déclenché par les manifestants lors de la tentative d’assaut d’Alfa après 23 h le 18 février. Il a également confirmé que des tireurs ont tué et blessé de nombreux policiers depuis le bâtiment de l’Union du commerce et depuis les tentes du Maïdan avant qu’ils ne brulent, quand ils étaient occupés et utilisés comme siège de l’auto-défense Maïdan et du Secteur droit.

Au moins 17 d’entre eux ont été tués et 196 blessés par balles les 18-20 février, dont trois tués et plus de 20 blessés le 20 février. Les enregistrements radio des unités de troupes de l’intérieur et les commandants d’Alfa et des tireurs d’élite indiquent que leurs tentatives pour saisir le Maïdan et pour renforcer le bâtiment des syndicats le 18 février ont été arrêtées par l’incendie de ce bâtiment provoqué par ses défenseurs et par des tirs à balles réelles provenant de l’auto-défense Maïdan et du Secteur droit. La saisie de Maïdan et de son siège a été ordonnée par le gouvernement Ianoukovitch dans le cadre des plans « Boomerang » et « Khvylia ».

Ces plans ont été mis en vigueur après la tentative de prise d’assaut de parlement par l’opposition dirigée par l’auto défense Maïdan et le Secteur droit et l’incendie du siège du Parti des régions qui a causé la mort d’un employé travaillant le matin même.

Un officier Alfa, qui a dirigé l’un des groupes SBU pendant l’assaut du bâtiment de l’Union du commerce, a déclaré que leur tâche consistait à se saisir du 5e étage, qui contenait beaucoup d’armes.

Le Secteur droit occupait tout l’étage qui servait comme quartier général et comme base du Secteur droit et de l’auto-défense Maïdan. Une interception radio des commandants Alfa contient le rapport sur ​​le déploiement des tireurs d’élite SBU visant deux snipers et pointeurs du côté Maïdan qui avaient été localisés sur un bâtiment contrôlé par Maïdan, leur préparation pour attaquer ce bâtiment, et l’ordre de leur supérieur Alfa pour lancer l’attaque conjointement avec les troupes de l’intérieur.

Le gouvernement actuel et la commission parlementaire ont affirmé sans fournir la moindre preuve qu’Alfa avaient brûlé le bâtiment de l’Union du commerce et que les agents infiltrés du SBU avaient brûlé le siège du Parti des Régions. Après ces attaques, les Berkout, les troupes de l’intérieur, et Titouchki rassemblés par le gouvernement Ianoukovitch ont lancé une contre-attaque, et au moins cinq manifestants sont morts après avoir été frappés, renversés ou blessés par des grenades assourdissantes.

Au moins six manifestants ont été tués à Maïdan, le 18 et 19 février par des coups de feu, principalement des armes de chasse et des cartouches, comme ce fut le cas avec trois manifestants tués à la fin de janvier, 2014.

L’opposition de Maïdan et le gouvernement actuel ont affirmé sans fournir la moindre preuve que ces manifestants ont été abattus par les Berkout et les tireurs d’élite, tandis que des similitudes avec le massacre perpétré par des tireurs isolés côté Maïdan ne sont pas prises en compte ni investiguées.

Le bureau de poste principal à l’époque des fusillades du 20 février était occupé par le Secteur droit, une alliance nationaliste radicale et les organisations néonazies de groupes de football ultras, qui ont participé activement aux attaques violentes contre l’administration présidentielle le 1er décembre, 2013 et du parlement à la fin de janvier et le 18 février 2014.

Le commandant de la compagnie Maïdan a confirmé qu’à cette époque, sa compagnie de combat spécial, qui comprenait des manifestants armés ayant une expérience de combat dans les conflits armés, était basée dans le bâtiment du Conservatoire. Il a déclaré que cette compagnie a été créée à l’initiative de Secteur droit.

Dans un nouveau documentaire américain qui enquête sur le massacre de Maïdan, des membres des Berkout disent qu’ils avaient remarqué des manifestants avec l’insigne Secteur droit dans le bâtiment du Conservatoire de Musique le 19 février, que des manifestants armés ont pris position là-bas, et qu’ils ont été visés et blessés, tandis que d’autres officiers Berkout ont été tués par des tireurs postés au deuxième étage du Conservatoire dans la matinée du 20 février. Des témoins oculaires du Maïdan parmi les manifestants ont déclaré que les groupes organisés de régions de Lviv et Ivano-Frankivsk en Ukraine occidentale sont arrivés sur le Maïdan et déplacés vers le Conservatoire de Musique dans la nuit précédant le massacre du 20 février, et que certains d’entre eux étaient armés de fusils.

L’absence apparente (dans ce documentaire) du Secteur droit et de cette compagnie de combat durant le massacre des manifestants par des tireurs d’élite est le « chien qui n’a pas aboyé » de nombreuses preuves montrant leur implication. Le chef de file du Secteur droit peu après minuit a annoncé que son organisation n’a pas accepté un accord de trêve avec Ianoukovitch et allait entreprendre des actions décisives contre les forces gouvernementales.

Un rapport du chef de la commission parlementaire a conclu que les organisations civiques inconnues auraient pu être des tireurs de la police. Mais ces cas de morts et de blessés dans la police ne sont pas examinés par le gouvernement, notamment le ministère de l’Intérieur. Ce ministère a créé, avec le Secteur droit et l’Assemblée nationale, des bataillons spéciaux de la police, qui ont combattu dans le Donbass. De même, la Garde nationale a été récemment constituée de troupes de l’intérieur et de l’auto-défense Maïdan.

Ce fut le commandant de cette même compagnie spéciale de combat qui a appelé à partir de la place du Maïdan, dans la soirée du 21 février, à rejeter un accord signé (accord médiatisé par les ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne et de Pologne et par un représentant du président russe), et qui a émis un ultimatum public poussant le président Ianoukovitch à démissionner avant 10 h le lendemain. Il a justifié son ultimatum en accusant Ianoukovitch du massacre, a déclaré que sa compagnie de combat basé au Conservatoire de musique était responsable du point de non-retour de l’Euromaïdan, et menacé d’une attaque armée si Ianoukovitch ne démissionnait pas. Ianoukovitch a fui Kiev le même jour peu de temps après cet ultimatum.

Les types d’armes et de munitions utilisées ainsi que la direction et la position des blessures des manifestants et des policiers confirment également que les tireurs sont venus du côté Maïdan.

La commission parlementaire a rapporté que 17 manifestants ont été tués par chevrotines (pellets), les autres ont été abattus avec des AKMS (7,62х39 mm calibre), un avec l’arme de poing Makarov, les balles ayant le plus souvent traversé les corps.

Le 2 avril, le Bureau du Procureur général a déclaré qu’une carabine SKS semi-automatique sniper qui a le même calibre que les AKMS, avait été utilisée pour tirer sur les manifestants depuis l’Hôtel Ukraine, même si cette arme à feu est très ancienne, n’est pas utilisée par les tireurs d’élite professionnels et qu’elle est disponible en Ukraine comme une arme de chasse. Mais le Bureau du Procureur général a alors commencé à prétendre qu’ils vérifiaient toujours si des tireurs d’élite se trouvaient dans l’hôtel alors.

Les snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas Paet.

Les snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas Paet.

Le chef du service médical de l’Euromaïdan et autres médecins ont déclaré que tant les manifestants que les policiers ont été tués par des munitions similaires, notamment dans des balles de calibre 7,62 mm et chevrotine (pellets), et qu’ils avaient des types de blessures similaires. Cette information a été relayée par le ministre estonien des Affaires étrangères dans un appel téléphonique intercepté, qu’il a eu avec la responsable des Affaires étrangères de l’Union européenne.

Diverses déclarations faites par des médecins, des vidéos, des photos, et les rapports des médias confirment que des dizaines de manifestants ont été abattus précisément dans le cou, la tête, les cuisses, et les cœurs, les endroits les plus vitaux, et que de nombreux points d’entrée des blessures étaient dans la partie supérieure, sur le côté ou au dans le dos. Ceci est cohérent avec l’emplacement des tireurs sur les toits ou les étages supérieurs de tous les bâtiments spécifiés.

Des coups de feu précis et mortels et les fusils d’assaut 7,62 de type kalachnikov AKMS et diverses armes de chasse et les munitions utilisées indiquent également que les snipers étaient placés à quelques dizaines de mètres des lieux où la police et les manifestants ont été tués ou blessés. Photos, vidéos, témoignages de témoins oculaires et d’autres sources montrent des manifestants tirant avec portant ouvertement des fusils de chasse ou des fusils de sport, des fusils d’assaut Kalachnikov et leurs versions de chasse, Makarov, et d’autres armes de poing pendant les tirs massifs contre la police et les manifestants.

La commission parlementaire a conclu qu’il était très probable que les policiers sur le Maïdan ont été abattus par les armes à feu et les munitions qui ont été prises par les manifestants à la police, aux troupes internes, et dans les bureaux du SBU et des arsenaux en Ukraine occidentale le 18 février et 19. Ces armes, 1008 exactement, incluent des armes de poing Makarov, 59 AKMS (fusils d’assaut Kalachnikov calibre 7,62, deux fusils de sniper SVD, et divers autres fusils et des carabines. Leur localisation actuelle n’est pas connue.

L’échec du gouvernement est patent pour localiser et identifier ceux qui ont tirés sur des manifestants et pour enquêter sur la fusillade de la police, ainsi que l’échec de l’auto-défense Maïdan pour arrêter et les retenir pendant le massacre, alors que leurs emplacements étaient connus à l’époque et en dépit des appels des manifestants et des fonctionnaires du gouvernement, qui indiquent que les tireurs étaient bien du côté Maïdan.

Les rapports des médias, les témoignages, l’audio des tireurs et déclarations de l’ancien chef du SBU et ministre des Affaires internes suggèrent la participation de manifestants armés et de personnes recrutées de l’Ukraine et des pays étrangers avec une expérience appropriée.

Mais les identités précises des snipers et les politiciens qui les dirigeaient restent inconnus. Il y avait plusieurs allégations publiques concernant une implication d’hommes politiques et de partis politiques précis dans le massacre, mais ces allégations ne donnent pas lieu à des enquêtes et depuis ces politiciens ou leurs partis occupent divers postes dans le nouveau gouvernement.

Les organisateurs et les auteurs de ce massacre ne sont pas susceptibles d’être découverts par le gouvernement actuel, et tous les éléments disponibles n’ont pas été rendus publics. Parmi ces éléments des vidéos de snipers sur Muzeinyi Lane et les bâtiments de l’Union du commerce, les communications radio de Berkout interceptées, et des rapports d’experts balistiques et médicaux.

Des Vidéos et photos de membres armés Berkout tirant pendant leur contre-attaque et ensuite depuis les barricades ont été cités par les représentants du gouvernement ukrainien et par le chef de la commission parlementaire spéciale et rapportés par les médias comme la preuve incontestable que les unités spéciales de la police ont massacré les manifestants. L’agence Reuters a rapporté que le dossier d’accusation contre trois membres Berkout repose sur des vidéos et des photos dont les moments clés ont de toute évidence été trafiqués ou ignorés.

Cependant, l’analyse des données publiques disponibles ne permet pas de conclure que les Berkout et Omega ont tué un seul manifestant, surtout ceux qui n’étaient pas armés, puisqu’il y avait d’autres tireurs qui tuaient les manifestants au même moment. Le chef de la commission parlementaire spéciale a signalé que l’expertise des munitions, contrairement à une revendication antérieure du ministre de l’Intérieur, ne permettait pas de relier l’une de leurs armes aux manifestants tués et que beaucoup de leurs fusils d’assaut Kalachnikov, des enregistrements de leur utilisation, et la base de données des munitions a disparu lorsque le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir.

De même, alors que le nouveau gouvernement et le chef de la commission parlementaire ont affirmé publiquement que l’ordre de tuer des manifestants non armés a été délivré personnellement par M. Ianoukovitch et que son gouvernement et les services répressifs, les commandants des Berkout, les troupes internes et Alfa SBU entières, ont été impliqués dans cette « organisation criminelle » par la mise en œuvre de cet ordre et en donnant des ordres similaires, aucune preuve d’une telle ordonnance n’a été produite. Les commandants d’Alfa et son équipe de tireurs d’élite, des troupes internes et Omega ont tous nié avoir reçu un tel ordre, et leurs enregistrements radio le confirment.

Le massacre par des tireurs embusqués correspond à un modèle de fausses déclarations de meurtre de masse et d’autres cas de violence, politiquement instrumentalisées par les mêmes forces politiques ukrainiennes et les mêmes médias. Ces cas comprennent le massacre d’Odessa, le 2 mai 2014, les meurtres de civils au Donbass, et l’agression de Tetiana Tchornovol en décembre dernier et l’enlèvement de Dmytro Boulatov, ces deux activistes pro Maïdan sont devenus ministres du gouvernement suite à la médiatisation de leur affaire. Les nouvelles enquêtes désignent les mêmes suspects arrêtés en décembre dans l’affaire Chornovol et poursuivis en envisageant la version dans laquelle l’enlèvement de Boulatov a été mis en scène.

Contrairement aux divers éléments disponibles, le gouvernement a affirmé que plus de 40 manifestants étaient morts à Odessa à la suite d’un incendie qu’ils avaient déclenché eux-mêmes, et il a affirmé que les séparatistes ont tué plus de 1000 civils au Donbass en bombardant leurs propres villes. Des cas similaires de fausses déclarations sur l’implication de l’OUN et de l’UPA dans les massacres de masse de Polonais ainsi que leur participation aux massacres de juifs au côté des nazis, fausses déclarations aussi quant à 2000 victimes récemment découvertes, dans la ville de Volodymyr-Volynskyi, principalement juives exécutées par les nazis, comme étant des Polonais exécutés par le NKVD soviétique.

Lorsque les éléments disponibles indiquent que l’avion de la Malaysian Airlines au Donbass a surement été abattu par les séparatistes, il y a de quoi se poser des questions.

Conclusion

L’analyse et les éléments fournis par cette étude académique placent l’EuroMaïdan et le conflit en Ukraine sous une nouvelle perspective.

Les tirs irrationnels massifs portés sur les manifestants et la police le 20 février semblent être inscrits dans une démarche rationnelle si l’on se base dans une perspective d’intérêt individuel et dans la théorie wéberienne du choix et de l’action rationnelle instrumentalisée

Si la fusillade et le massacre en nombre de manifestants et de policiers le 20 février paraissent irrationnels, ils apparaissent bien plus rationnels si l’on se base dans une perspective d’intérêt individuel et dans la théorie wéberienne du choix et de l’action rationnelle instrumentalisée. Ainsi : Les leaders du Maïdan ont gagné du pouvoir suite à ce massacre, le Président Ianoukovitch et ses autres hauts responsables du gouvernement fuient Kiev le 21 février 2014, puis l’Ukraine, et la police se retire.

Dans ce même esprit, les manifestants de Maïdan ont été envoyés sous un feu meurtrier vers des lieux sans signification et ont été ensuite tués vague après vague depuis diverses positions. Mais aussi, les tireurs d’élite tuaient des manifestants désarmés, visaient des journalistes étrangers, mais jamais sur les leaders du Maïdan, sur le quartier général d ‘auto-défense Maïdan ou de Secteur droit, sur le parvis de Maïdan, ni sur les photographes pro Maïdan. Tout cela devient bien plus rationnel. Pourquoi toutes ces actions sont rationnelles du point de vue d’une perspective théorique de choix instrumentalisés, le massacre n’a pas simplement mis fin à la vie de nombreux humains, mais il a également miné la démocratie, les droits humains et la primauté du droit en Ukraine.

Le massacre des manifestants et des policiers représentait un renversement violent du gouvernement en Ukraine et un grand crime contre les droits de l’homme. Ce renversement violent constitue un changement anti démocratique du gouvernement. Il a déclenché un violent conflit à grande échelle qui se transforma en une guerre civile dans l’Est de l’Ukraine, à une intervention militaire de la Russie à l’appui de séparatistes en Crimée et au Donbass, et à une rupture de facto avec l’Ukraine.

Les faits indiquent que l’alliance des éléments de l’opposition Maïdan et de l’extrême droite a été impliquée dans le meurtre de masse à la fois des manifestants et des policiers, tandis que la participation des unités spéciales de la police dans les meurtres de certains manifestants ne peut pas être totalement exclue sur la base sur les données publiques disponibles. Le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir en grande partie à la suite du massacre a falsifié son enquête, tandis que les médias ukrainiens ont contribué à déformer le meurtre de masse des manifestants et la police. Les faits indiquent que l’extrême droite a joué un rôle clé dans le renversement violent du gouvernement en Ukraine. Cette enquête universitaire apporte également de nouvelles questions importantes qui doivent être abordées.

Ivan Katchanovski
Ph.D. School of Political Studies & Department of Communication University of Ottawa Ottawa, ON K1N 6N5, Canada

Traduit par Francis B. et Étienne pour vineyardsaker.fr

Source : The “Snipers’Massacre” on the Maïdan in Ukraine [PDF] (anglais)

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MH17 : rapport des services de renseignement allemands. Par Alexander Mercouris. Traduit par Etienne pour vineyardsaker.fr

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre, #La Russie, #La nation .

MH17 : rapport des services de renseignement allemands. Par Alexander Mercouris.
Traduit par Etienne pour vineyardsaker.fr.

31 octobre 2014

Préambule

Le Service de renseignement extérieur du gouvernement fédéral allemand (Bundesnachrichtendienst, alias BND), qui est sous la tutelle du Chancelier fédéral, sert les intérêts de la politique allemande et, ce n’est pas un scoop, les intérêts atlantistes

– Qu’est-ce que tu as écrit sur la bombe ? – Une bonne excuse

– Qu’est-ce que tu as écrit sur la bombe ? – Une bonne excuse

Le 8 octobre, plus pour la forme qu’autre chose (depuis quand informe-t-on les parlementaires avec des faits réels et des détails ?), il a présenté à huis-clos, devant la commission du Bundestag (la chambre basse du parlement allemand) chargée du contrôle du Renseignement, « un » rapport, davantage en fait que « son » rapport. Un rapport dont il savait parfaitement qu’il allait fuiter sans tarder. Un rapport exempt d’éléments concrets et de preuves. Et qui ne s’intéresse d’ailleurs nullement aux diverses pièces manquantes du puzzle (résultats d’analyse des boites noires, renseignements issus des enregistrements de vols, images des satellites étatsuniens, etc.).

Ce rapport, aussi peu convaincant que convaincu, était au demeurant démenti avant même sa présentation (on pourra lire à ce sujet l’article publié par le réseau Voltaire ).

Si l’on résume, le double choix (catégorique et vague tout à la fois) des « conclusions » du BND :

  • entre la thèse de l’avion de chasse et celle du missile, c’est la seconde qui est retenue (sans que l’on sache sur la base de quels éléments elle l’est, ni sur quelle base l’autre possibilité est écartée) ;
  • des divers auteurs possibles (les Forces de défense de la Novorossia, la Russie, Kiev), le service fédéral allemand retient les premières.

Pour transparent que soit son objectif (dédouaner les Russes), le service de renseignement allemand ne pouvait s’offrir le luxe de renier le positionnement fédéral de soutien aux putschistes ukrainiens. Il s’agissait avant tout d’assouplir les relations avec un partenaire économique dont il semble que les intérêts allemands aient quelque mal à se passer. C’est chose faite, avec ce message, avant tout destiné à Moscou.

Kiev étant (pour l’instant) sauvée par le gong, ne restaient que les Forces de défense de la Novorossia, sacrifiées sur l’autel du réalisme politique. Ce qui a tout aussitôt permis à une certaine presse de profiter de l’aubaine, en titrant « MH17 : Berlin accuse les séparatistes pro-russes » . C’est là le genre de gage qui aide à faire mieux passer la pilule chez les « amis » de l’ouest.

Restent des scrupules, sur la finalité desquels on peut s’interroger. Le BND note en effet les mensonges d’un certain « allié » (le plus sacrifiable de tous ). Sans parvenir pour autant à véritablement cacher qu’il ment lui-même.

A-t-il (volontairement) entrebâillé la boite de Pandore ? Car qui a menti déjà peut mentir encore…

Le Saker francophone

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MH17 : rapport des services de renseignement allemands

Il semble que le BND, le service de renseignements allemand, a transmis à un comité du Bundestag un rapport qui attribue une fois encore la destruction du vol MH17 aux Forces armées novorossiennes (FAN).

Le rapport n’a pas été publié, mais, pour moi, la seule chose intéressante dans ce document est le fait qu’il semble définitivement démolir la théorie suivant laquelle MH17 a été abattu par un système BUK transféré secrètement aux FAN par les russes. Il semble que nous soyons retournés aux théories suivant lesquelles les FAN ont abattu MH17 avec un système lance-missile BUK capturé chez les ukrainiens.

A ce point, on peut présenter plusieurs remarques :

  1. Lorsque MH17 a été abattu, les médias occidentaux ont tous affirmé d’une seule voix que les russes étaient responsables. Toutes sortes de rumeurs se sont mises à circuler à propos d’une livraison secrète d’un système lance-missile BUK à travers la frontière, transmis par les russes aux ukrainiens, et qui aurait été utilisé par les FAN pour abattre MH17. Ces rumeurs ont joué un rôle majeur pour influencer l’opinion du public occidental en défaveur de la Russie. Les allemands ont forcé la main d’autres états de l’UE pour imposer des sanctions sectorielles à la Russie, celles-ci justifiées par le fait que les russes seraient responsables de la tragédie, puisqu’ils armaient les FAN. Les rumeurs à propos d’un système BUK faisant en secret un aller-retour à travers la frontière [russo-ukrainienne] (et les vidéos présentées comme provenant des réseaux sociaux et supposés le surprendre sur le fait) ont sans aucun doute joué un rôle dans la tentative de rendre ces accusations plausibles. Le BND a maintenant admis que les russes n’étaient pas impliqués dans la destruction de MH17, et que MH17 n’avait pas été abattu par un système BUK russe ayant passé la frontière en cachette. Il apparait donc que toutes ces rumeurs qui ont tant fait parler d’elles, et qui ont tant dégradé l’image de la Russie, étaient infondées. Je me demande si les sanctions sectorielles auraient été imposées à la Russie, s’il avait alors été su que ces rumeurs étaient fausses.
  1. En affirmant que MH17 a été abattu par les FAN en utilisant un système BUK, le BND est en contradiction avec les affirmations de la junte, à l’époque et aujourd’hui. La junte continue à affirmer qu’aucun de ses systèmes BUK n’a été capturé par les FAN. Au contraire, le BND admet maintenant que ce que disaient les russes en juillet – qu’ils n’avaient pas fourni de système BUK aux FAN, et qu’ils n’étaient pas impliqués dans la destruction de MH17 – était vrai.
  1. Le BND semble également admettre que les ‘’preuves’’ présentées par la junte et censées avoir été récoltées sur les réseaux sociaux, ont été fabriquées ou falsifiées. C’est de grande importance, car c’est la première foi que l’occident admet le fait que la junte ait menti. Jusqu’à maintenant, aucun gouvernement et aucune agence de renseignement occidentale n’avait jamais remis en question une quelconque affirmation de la junte. Bien sûr, si la junte a falsifié ou fabriqué des preuves à propos du MH17, elle pourrait avoir fait de même pour d’autres sujets (par exemple, les snipers de Kiev, ou l’incendie d’Odessa).
  1. Avant la tragédie du MH17, il y avait bien eu quelques rapports indiquant que les FAN avaient réussi à capturer un système BUK. Il est difficile d’estimer leur crédibilité. Comme je l’ai déjà indiqué, la capture d’un tel système aurait été une réussite considérable et, dans le cas où ils en auraient capturé un, on peut supposer que les FAN en auraient profité pour publier des photos du système en question. Mais cela n’a pas été le cas. Absence de preuve n’est pas forcément preuve d’absence, mais je souhaite avoir une preuve convaincante que les FAN ont vraiment eu accès à un lance-missile BUK (et à une équipe capable de le manier), avant d’accepter ces rapports. Des affirmations ukrainiennes au beau milieu d’un conflit armé, non confirmées, et déniées depuis ne sont pas des preuves suffisantes et ne prouvent rien. En l’absence de preuves concrète, je ne peux que noter (1) que les FAN continuent de dénier avoir eu accès à, ou avoir manipulé un système BUK lorsque MH17 a été abattu et (2) qu’il n’existe pas de preuve, en tout cas aucune qui ait été rendue publique, venant réfuter ce déni.
  1. Les informations transmises par les médias à propos du rapport du BND indiquent que le BND a présenté des preuves au comité du Bundestag, et il semble que celles-ci incluraient des images satellites. Ces preuves n’ont cependant pas été rendues publiques, et à nouveau, il faut se demander pourquoi ? Il est difficilement imaginable qu’il y ait quelque chose de si secret à propos de la manière de collecter ces preuves, que cela les empêche d’être rendues publiques. Les russes et les chinois savent certainement tout ce qu’il y a à savoir des moyens occidentaux de collecter des imageries et autres renseignement depuis leurs satellites. Ce n’est pas comme si publier ces preuves allait compromettre une source ou un moyen de renseignement. Alors, pourquoi le secret, et pour un sujet d’une telle importance ? Que les puissances occidentales veuillent l’admettre ou non, leur refus de rendre ces preuves publiques jette un doute sur leur valeur véritable.
  1. En l’absence de publication de ces preuves (ce qui permettrait de les examiner et les expertiser correctement) il est impossible de les accepter comme base d’un argumentaire. Il y a déjà eu trop de cas d’agences de renseignement occidentales nous garantissant des vérités qui se sont par la suite révélés fausses, sur de nombreux sujets, et ce sur la base de ‘’preuves’’ gardées secrètes. Des exemples récents incluent les fausse affirmations d’agences de renseignement occidentales, dont le BND, concernant les armes de destructions massives non-existantes de Saddam Hussein, les investissements illégaux massifs de russes cachés à Chypre, une rumeur provenant d’ailleurs du BND, et les affirmations de toutes les agences de renseignement occidentales, dont le BND, suivant lesquelles les rebelles syriens n’ont pas utilisé de gaz sarin l’an dernier, un acte qu’un rapport des Nations-Unies a depuis confirmé comme presque certain.
  1. Il y a une chose que je veux cependant signaler à propos du MH17. Dans l’ensemble, et bien que le corps de l’un des passagers a été retrouvé portant un masque à oxygène, je pense que l’explication la plus probable de cette tragédie est que le vol MH17 a été abattu par un missile BUK. Je réalise que d’autres (par exemple Petri Kohn) sont en désaccord avec moi. Je ne suis pas qualifié techniquement pour trancher la question.

Je suis cependant inquiet de voir que certains essaient de réduire ce problème à une fausse solution binaire, qui serait SU25 = la junte contre BUK = les FAN. C’est précisément ce que la BBC a tenté de faire dans un récent programme Panorama.

Ce qui attire dans l’affirmation que le MH7 a été abattu par un SU25 est le fait que, dans ce cas, seule la junte pourrait l’avoir fait, puisque personne ne dit que les FAN avaient des SU25 opérationnels et capables d’abattre MH17. Le danger, en insistant sur le fait que MH17 a été abattu par un SU25, et que si des preuves en arrivent à montrer que MH17 a été en fait abattu par un missile BUK, alors beaucoup en occident considèreront cela comme une preuve de la culpabilité des FAN.

Ce n’est pas du tout le cas. On ne peut répéter assez fort qu’aujourd’hui, il n’existe aucune preuve que les FAN aient été en possession d’un SU25 opérationnel ou d’un système BUK en état de marche, au moment ou MH17 a été abattu, alors qu’il y a des preuves suffisantes que la junte possédait les deux. Et tant que le BND ou toute autre agence de renseignement occidentale n’a pas rendu publiques des preuves indiquant le contraire, cela doit rester notre position.

Alexander Mercouris
Traduit par Etienne pour vineyardsaker.fr

Source : German intelligence report on MH17 (vineyardsaker, anglais, 21-10-2014)

NOS ARTICLES DÉJÀ PUBLIÉS SUR LE MH17
par ordre chronologique décroissant

  1. [Dossier] Analyse des causes de l’accident du vol MH17 par l’Union des ingénieurs russes (28-10-2014)
  2. [Vidéo] Satire : la guerre de l’information autour de l’Ukraine (29-09-2014)
  3. Une agence allemande de services financiers et d’investigation offre 30 millions de dollars de récompense pour savoir qui a descendu le MH17 (18-09-2014)
  4. MH17 : un prétexte pernicieux pour une guerre avec la Russie (15-09-2014)
  5. MH17 : Le silence des menteurs (10-09-2014)
  6. La Pravda américaine : qui a abattu le vol MH17 en Ukraine ?(22-08-2014)
  7. MH17 : Les raisons du crash du Boeing 777 classées secret défense ! (02-08-2014)
  8. [L’œil itinérant] Volatilisations (15-08-2014)
  9. [Vidéo] MH17 — We know with 99 % certainty who shot down MH17 (anglais, 15-08-2014)
  10. MH17 : analyse des hypothèses et rapports du Saker (v09-08-2014)
  11. L’étrange Monsieur Dunleavy (Des questions qui tuent ! Et qui ont peut-être tué…) (05-08-2014)
  12. Décevant, le Service de Sécurité d’Ukraine révèle des photos qui de toute évidence sont truquées (03-08-2014)
  13. MH17 : un rebondissement ? (31-07-2014)
  14. MH17. Notre volonté de ne pas chercher à mieux comprendre (31-07-2014)
  15. [L’œil itinérant] Crime (Israël) et châtiment (Russie) (31-07-2014)
  16. La catastrophe du vol MH17 : la BBC à la recherche du missile « Bouk » – Le rapport vidéo censuré par la BBC (27-07-2014)
  17. Autres points rapportés par le Saker (27-07-2014)
  18. [Vidéo] Toujours aucune preuve de la version US du crash du MH17, par A. Antonov, Vice-ministre de la Défense de la Russie (26-07-2014)
  19. La Russie dit détenir des photos de l’Ukraine en train de déployer des missiles BUK à l’est, et des preuves de la présence d’avions de guerre dans le voisinage du MH17 (24-07-2014)
  20. Les anglo-sionistes présentent leur preuve (23-07-2014)
  21. Qu’ont vu les satellites-espions US en Ukraine ? (22-07-2014)
  22. Propagande de guerre : le premier tabloid hollandais demande une intervention de l’OTAN pour protéger le site du MH17, et Feinstein dit à Poutine « Soyez courageux, avouez ! » (22-07-2014)
  23. Souvenirs, réminiscences, suppositions et spéculations à propos de l’affaire du vol MH17 (21-07-2014)
  24. Rutte, le Premier ministre hollandais, presse Poutine « vous devez faire maintenant tout ce qui est en votre pouvoir [pour établir la vérité] ! » (21-07-2014)
  25. [Vidéo] Conférence de presse d’Alexandre Borodaï à propos du crash du vol MH17, le 19 juillet 2014, sous-titrée en français (21-07-2014)
  26. MH17 : A y est ! L’enquête est bouclée (20-07-2014)
  27. [L’œil itinérant] Le missile, c’est Poutine ! (20-07-2014)
  28. Les preuves continuent à émerger : l’affaire du vol MH17 est une opération sous fausse bannière (19-07-2014)
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[Dossier] Analyse des causes de l’accident du vol MH17 par l’Union des ingénieurs russes. Par Le Saker français.

5 Novembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La guerre, #La mondialisation, #Europe supranationale, #La Russie

[Dossier] Analyse des causes de l’accident du vol MH17 par l’Union des ingénieurs russes

28 octobre 2014. The French Saker. 36 commentaires

Préambule

Pour ceux qui en douteraient encore, l’évaporation fait des ravages (pas seulement en été) chez les sujets qui dérangent. Al Zheimer (et sa bande) se sont abattus sur ce qui restait de journalisme d’investigation dans nos pays occidentaux. La psittacose a eu raison du quatrième pouvoir. Et le sens de la vérité, s’il existait, a fondu comme flocon d’hiver au haut-fourneau chez les dirigeants de nos démocratures tellement éprises de valeurs et de droits de l’homme. Un crime ? Qui s’en soucie ? Des victimes ? Qui s’en souvient ? Des mensonges ? Qui le saura ?

« Il est arrivé quelque chose à un Boeing malaisien au-dessus de l’Ukraine, dites-vous ? Curieux, je ne m’en souviens pas…

Ah… vous voulez parler de cet avion scandaleusement abattu par les « séparatistes pro-russes » (© médias occidentaux officiels, marque déposée) à l’aide de missiles que leur avaient fournis les Russes ! Comment cela, on n’en parle plus ? Mais pour dire quoi ?? C’est réglé, non ? Poutine est un assassin.

Comment cela, l’enquête ? Mais puisqu’on sait déjà tout…! Les boîtes noires ? Ma foi, elles sont à l’étude, oui. Les enregistrements ? Mais de quels enregistrements parlez-vous ? Vous n’avez donc pas entendu le président Obama ? Il sait, lui, il a des moyens, vous pensez ! Bon bien sûr, il ne peut pas dévoiler toutes les preuves dont il dispose, il faut lui faire confiance. En homme d’État responsable, il l’a dit très clairement, dès le début : l’avion a été abattu par un missile sol-air anti-aérien russe tiré par les terroristes rebelles de l’est. Il vous faut quoi de plus ? Oui, 298 morts, je sais, c’est bien triste… Mais les Russes ne reculent devant rien, vous savez.

La vérité ? Mais la vérité on la connaît déjà !! Vous ne croyez tout de même pas qu’on aurait pris toutes ces « sanctions » contre les coupables, s’il en était autrement ? Les résultats de l’enquête ?? Pff… mais je ne sais pas, moi. Vous voulez quoi de plus ? Vous n’êtes jamais satisfait, vous, décidément. »

Le Saker francophone

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L’Union des ingénieurs russes

L’Union des ingénieurs russes

1. L’événement

Le vol de Malaysia Airlines (Amsterdam — Kuala Lumpur), un Boeing 777, a quitté l’aéroport de Schiphol le 17 juillet 2014 à 10 h 14 UTC (14 h 14 GMT) et devait arriver à destination le lendemain à 6 h 10, heure locale (22 h 10 UTC/02 h 10, heure de Moscou).

Le Boeing volait à une altitude de 33.000 pieds, soit environ 10.000 mètres, niveau ouvert aux vols commerciaux internationaux survolant le territoire de l’Ukraine. Selon la compagnie aérienne, la communication avec l’avion a été interrompue à 14 h 15 GMT, à environ 50 km de la frontière russo-ukrainienne. Selon les données du portail Flightradar24 (Radar de vol 24), l’avion a cessé d’émettre sa position grâce au système ADS-B au-dessus de Snejnoe (les dernières coordonnées transmises étaient 48° 2′ 25,08″ nord, 38° 46′ 22,0794″ est) après 13 h 21 min 28 s UTC (17 h 21 min 28 s, heure de Moscou, 16 h 21 min 28 s, heure locale) au niveau de vol 33.000 pieds (juste au-dessus de 10.000 mètres).

Les débris encore fumants de l’avion ont été retrouvés ultérieurement au sol en Ukraine. L’avion est tombé près du village de Grabovo (proche de la ville de Thorez). Aucun occupant de l’avion n’a survécu.

2. Questions de l’enquête

Quelles sont les circonstances de l’accident ?

Qui aurait pu être impliqué dans la destruction de l’avion ?

3. Groupe d’analyse

Un groupe d’experts de l’Union des ingénieurs russes s’est réuni pour analyser la situation. Il comprend des officiers de réserve ayant une expérience dans l’utilisation de systèmes de missiles anti-aériens, ainsi que des pilotes ayant une expérience avec les armes aériennes. Ce dossier a également fait l’objet d’une réunion de l’Académie des problèmes géopolitiques, où de nombreux scénarios ont été envisagés et à nouveau discutés. Au cours de leur analyse, les experts ont utilisé des documents matériaux provenant de sources publiques, glanés dans les médias. Un simulateur de vol informatique d’un avion SU-25 a également été utilisé pour vérifier certaines hypothèses.

L’analyse matérielle suivante est le fruit de ce travail.

4. Données de base générales

4.1. Situation aérienne générale dans la région de Donetsk

La situation aérienne générale dans les environs de Donetsk a fait l’objet d’une conférence spéciale tenue le 21/07/2014 par le Ministère de la Défense russe, portant sur la destruction du vol MH17 alors qu’il était dans le ciel de l’Ukraine.

Lors de cette conférence, le chef de la Direction des opérations principales, chef adjoint de l’État-major général des forces armées russes, le lieutenant-général Andreï Kartapolov, a présenté les données objectives de surveillance de 17 h 10 à 17 h 30 heure de Moscou.

Au cours de cette période, dans cet espace aérien, trois avions civils effectuaient des vols réguliers :

  • Un vol de Copenhague à Singapour à 17 h 17 ;
  • Un vol de Paris à Taipei à 17 h 24 ;
  • Un vol d’Amsterdam à destination de Kuala Lumpur.

En outre, le centre de contrôle aérien russe a enregistré l’ascension d’un avion des forces aériennes ukrainiennes, probablement un Su-25, dans la direction du Boeing 777 malaisien. La distance entre le SU-25 et le Boeing 777 était de 3 à 5 km.

Fig.1 Diagramme de la situation aérienne dans la zone où le Boeing 777 a été détruit  (selon les données du ministère de la Défense de la Fédération de Russie)

Fig.1 Diagramme de la situation aérienne dans la zone où le Boeing 777 a été détruit (selon les données du ministère de la Défense de la Fédération de Russie)


4.2. Conditions météorologiques dans la zone que le Boeing 777 survolait :


4.3. Données initiales du site de l’écrasement du Boeing 777

Une analyse détaillée des fragments offre une image plus complète des causes de l’accident. L’examen des photos des fragments d’avion présentées sur Internet permet d’observer différentes formes de dégâts sur sa coque ou sur son revêtement — des déchirures et des fractures, des perforations avec des plis sur la surface extérieure et intérieure du fuselage, signes révélateurs d’un puissant impact externe qui a frappé l’avion.

Photo 1. Fragment du Boeing 777 et Photo 2. Fragment du revêtement du Boeing 777

Photo 1. Fragment du Boeing 777 et Photo 2. Fragment du revêtement du Boeing 777

Photo 3. Fragment du Boeing 777 et Photo 4. Détail de l’avion Boeing 777

Photo 3. Fragment du Boeing 777 et Photo 4. Détail de l’avion Boeing 777

Photo 5. Détail du fuselage du Boeing 777 et Photo 6. Détail de la cabine de pilotage du Boeing 777
Photo 5. Détail du fuselage du Boeing 777 et Photo 6. Détail de la cabine de pilotage du Boeing 777

Photo 5. Détail du fuselage du Boeing 777 et Photo 6. Détail de la cabine de pilotage du Boeing 777

On notera en particulier les trous dans le fuselage, et les bords pliés vers l’intérieur. Les trous sont arrondis, et généralement regroupés. Seuls des objets métalliques à section circulaire peuvent avoir causé ces perforations, par exemple des tiges en métal ou des obus tirés par le canon d’un avion. La question se pose : qui pourrait tirer de tels projectiles sur l’avion, par quels moyens et à quoi ces projectiles pourraient-ils ressembler ?

4.4. Caractéristiques du Boeing 777 en tant que cible aérienne

Les données fondamentales nécessaires à l’analyse de cette situation sont les suivantes : les données techniques du Boeing 777 ; la route qu’il suivait ; son altitude et sa vitesse ; tout changement dans sa trajectoire par rapport à celle prévue à l’origine ; l’endroit où il s’est écrasé ; photos et vidéos des débris de l’avion ; une description du rayon (champ de débris) et la nature des débris dispersés.

Photo 7. Boeing 777

Photo 7. Boeing 777

Un avion comme le Boeing 777 n’est pas une cible difficile pour des éléments de défense anti-aérienne. Il s’agit d’une cible de haute altitude (de 4.000 à 12.000 m) à très grande surface réfléchissante efficace dont la surface équivalente radar (SER) est d’au moins 10 m², alors que des appareils comme le SU-25 n’ont qu’une SER de 0,5-0,6 m². Il a une maniabilité limitée et n’a aucun moyen de défense anti-aérienne (brouillage actif ou passif). Un Boeing 777 peut être abattu à l’aide d’avions de combat (chasseurs intercepteurs ou ’autres types d’aéronefs qui opèrent dans la même gamme d’altitudes et de vitesses), ainsi qu’à l’aide de systèmes de missiles (comme les S-200 ou S-300) ou de missiles antiaériens militaires (comme le « Bouk-M1 »).

5. Aspect technique de la question

Une défense aérienne moderne comprend trois catégories de moyens de désactiver des cibles aériennes, classées en trois types :

  • Type A – cessation du vol motorisé ;
  • Type B – poursuite du vol avec perte partielle des commandes sans possibilité d’atterrir ;
  • Type C – poursuite du vol avec possibilité d’atterrir si les réparations nécessaires peuvent être faites.

Dans ce cas, selon les données disponibles, il y a des raisons de croire que l’attaque était de type (A) – fin du vol motorisé.

Nous avons étudié les versions préliminaires présentées par des experts de différents pays. Prenant en considération l’aspect technique de la question, nous pouvons affirmer que le Boeing 777 a été détruit à l’aide d’armes anti-aériennes : par des missiles anti-aériens sol-air ou par un autre aéronef armés de missiles et de canons.

En utilisant les méthodes de l’analyse technique, les experts de l’Union des Ingénieurs russes se sont penchés sur ces deux scénarios, qui recueillent l’assentiment de pratiquement tous les experts et des spécialistes.

6. Premier scénario : le Boeing 777 a été détruit par un système de missiles anti-aériens, par exemple un « Bouk-M1 »
Photo 8. SAM 9K37M1 « Bouk-M »

Photo 8. SAM 9K37M1 « Bouk-M »

6.1. Circonstances qui militent en faveur du premier scénario

6.1.1. La probabilité de détruire des cibles aériennes comme le Boeing 777 à l’aide du SAM 9K37M1 « Bouk-M1 » est élevée.

L’avion se déplaçait à une altitude de 10.100 mètres, à une vitesse de 900 km/h, ses paramètres étaient connus. Il représentait une cible aérienne appropriée pour le « Bouk-M1 ». La probabilité de succès d’une telle attaque par un SAM « Bouk-M1 » va de 0,8 à 0,95. Il était donc, techniquement, possible de frapper une telle cible aérienne.

Fig.2. Emplacements des SAM ukrainiens

Fig.2. Emplacements des SAM ukrainiens

Parmi les troupes ukrainiennes situées dans la zone de l’écrasement, le 17 juin, se trouvaient 3 ou 4 positions de missile « Bouk-M1 ». C’est ce qu’a déclaré le ministère de la Défense russe. Le chef de la Direction des opérations principales de l’État-major général, le lieutenant-général Andréï Kartapolov, a souligné que la partie russe avait des images-satellites des différents emplacements des unités de l’armée ukrainienne dans le sud-est de l’Ukraine, en particulier d’une unité « Bouk » à 8 km de Lougansk. Et la matinée du jour où l’avion malaisien a été abattu, les Russes ont détecté une batterie SAM « Bouk-M1 » près du village de Zarochtchenskoe. Ce jour-là, elle a été déplacée vers Donetsk, dans la région où se trouvaient les milices. Nous considérons ces données objectives et fiables.

6.1.2. La station de détection et de repérage 9С18 « Coupole » est capable de détecter et reconnaître des cibles volantes jusqu’à une distance de 100 à 160 km.

En outre, le système d’armes peut détecter des cibles volant à basse altitude (à partir de 30 m) avec une portée maximale de 45 km. Cette station de détection et de repérage peut être utilisée pour détecter et suivre un Boeing 777.

Photo 9. RLC 9С18М1 « Coupole »

Photo 9. RLC 9С18М1 « Coupole »

6.1.3. De plus, nos experts de l’Union des ingénieurs russes insistent sur le fait que le lancement d’un missile « Bouk M-1 » est accompagné par quatre effets audio-visuels remarquables.

  1. Émission d’un bruit fort, à la fois au lancement et pendant la durée du vol (audible entre les altitudes de 100 m et 3000 m)
  2. Puissante explosion sur le site du lancement (Photo 10).
  3. Panache de fumée, émis par le missile, qui résulte de la combustion du carburant durant le vol (Photo 11).
  4. Explosion avec une signature identifiée dans le ciel, à l’emplacement du point d’impact entre le missile et sa cible (Photo 12).

6.1.4. D’après l’opinion de nos experts, le récit détaillant l’usage du complexe « Bouk M1 » rencontre un grand nombre d’écueils, ce qui laisse penser que c’est une chronique inexacte des événements.

Jusqu’à maintenant, personne n’a été en mesure d’apporter la preuve crédible du tir d’un missile surface-air, dont le lancement, c’est bien connu, est accompagné d’effets audio-visuels significatifs.
Le nuage de fumée du lancement montera jusqu’aux nuages et sera visible dans le ciel durant 10 minutes.

Le bruit du tir de missile est audible à quiconque dans un rayon de 7 à 10 km autour du site de lancement.

Photo 10. Lancement d’un missile « Bouk-M1 »

Photo 10. Lancement d’un missile « Bouk-M1 »

Le vol du missile est accompagné d’un bruit fort. Le vol sera facilement observé grâce au panache de fumée issu de la combustion de carburant par le missile.

Dans ce cas, il n’y a eu aucune preuve de ce qu’un panache de condensation blanc résultant de la combustion du carburant serait apparu et aurait persisté durant quelques minutes après le lancement, ni aurait été visible aux personnes au sol dans un rayon de 10 km autour du site de lancement.

Photo 11. Missile « Bouk-M1 » en vol

Photo 11. Missile « Bouk-M1 » en vol

L’impact de la charge militaire suit un schéma caractéristique qui peut être observé du sol par temps clair.

Photo 12. Explosion d’un « Bouk-M1 » atteignant une cible

Photo 12. Explosion d’un « Bouk-M1 » atteignant une cible

Le Missile 9 min 38 s est propulsé par un moteur à carburant solide à deux étages (durée de combustion approximative estimée de 15 secondes).

Photo 13. Missile antiaérien 9М38 « Bouk M1

Photo 13. Missile antiaérien 9М38 « Bouk M1

Un missile surface-air avec une charge militaire pesant 40 à 50 kg n’explose pas directement dans la cible, mais plutôt à proximité, à une distance comprise entre 50 et 100 mètres. La détonation de la charge militaire produira une onde de choc qui va propulser du shrapnel à grande vitesse. Ce shrapnel peut pénétrer le fuselage d’un avion. Cependant, considérant les dimensions d’un Boeing 777 (longueur 63,7 mètres, avec une envergure de plus de 60 mètres), le shrapnel sera incapable d’infliger des dégâts suffisants, comme c’est le cas s’agissant de la destruction d’un avion six ou sept fois plus petit. Lors de l’impact avec un Boeing 777, de tels fragments pourraient causer des dommages à l’alimentation en carburant, ce qui provoquerait des fuites de carburant à l’extérieur du fuselage et l’inflammation de l’appareil.

De même, si le système hydraulique avait été endommagé, les commandes du Boeing n’auraient plus répondu ou, à tout le moins, le contrôle en aurait été sérieusement altéré (conformément au scénario « c »). Dans ce cas, si un appareil aussi imposant que le Boeing 777 de la Malaysian Airlines avait été touché par un missile surface-air, l’équipage aurait été en mesure d’informer le contrôle du trafic aérien de la situation de l’avion ; rien de tel cependant ne s’est produit, selon les mass-médias révélant les données décodées des enregistreurs de vol, ce serait chose certaine.

L’avion de ligne a été abattu en pleine journée, dans une zone à forte densité de population, en présence non seulement des parties militaires observant le ciel, mais aussi de journalistes pourvus de caméras et également de la population locale, elle aussi équipée de téléphones et de caméras.

On devrait aussi remarquer qu’une seule personne ne suffit pas à lancer le missile, mais qu’il faut au moins qu’une escouade militaire soit présente au lancement d’un « Bouk M1 », ce qui rend sa dissimulation impossible.

En conséquence de quoi, ces photographies et enregistrements vidéo pris en temps réel depuis différentes perspectives et montrant les différentes étapes du vol du missile, seraient arrivées sur internet pratiquement en temps réel (cf. l’évènement médiatique autour de l’astéroïde qui a touché Tcheliabinsk). Les résidents ont uniquement confirmé que des explosions se sont produites, et que des corps humains sont tombés du ciel sur leurs maisons.

Au moment où le Boeing 777 était abattu, il y avait un satellite américain au-dessus de la zone. De ce fait, l’armée russe estime que leurs partenaires américains devraient porter les images prises durant la destruction de l’appareil à la connaissance d’une audience plus large, si de telles images devaient se trouver entre les mains de Washington.

Conclusion du premier scénario

Ce qui précède rend douteuse la proposition initiale, selon laquelle le Boeing aurait été abattu au moyen d’un tir de missile antiaérien depuis une installation « Bouk-M1 ».

7. Second scénario : le Boeing 777 est détruit par un tir conjoint de missile air-air et de canon

7.1 Pour soutenir ce scénario, on peut s’appuyer sur les circonstances décrites ci-après.

7.1.1 De nombreux témoins attestent de la présence dans le ciel d’un appareil militaire dans la région du crash du Boeing (certains témoins parlent de deux), présumé être un chasseur étant donné l’altitude et la vitesse (altitude d’un chasseur entre 5000 et 7000 m, vitesse de 950 km/h). Il y a aussi des signalements de bruits d’avion dans le ciel. Il est possible que ces signalements soient en rapport avec des avions de type MiG-29 ou Su-25.

Photo 14. MIG-29

Photo 14. MIG-29

Armement du SU-25 : 1 × GSh-30-2 (canon de 30 mm monté sous le nez de l’appareil avec 250 coups).

Missiles guidés : Kh-23 (AS-7), AS-9, Kh-25L (AS-10), Kh-29 (AS-14) missiles air-surface, K-13 (AA-2) ou R-60 (AA-8) missiles air-air ; SPPU-22 Conteneurs avec canon bitube 23 mm GSH-23L Canons avec 260 coups.

De par ses spécifications, le Su-25 est capable d’atteindre brièvement une altitude supérieure à 10.000 mètres. Son équipement standard inclut des missiles air-air R60. Ces missiles peuvent engager et détruire des cibles à plus de 10 km avec un taux de réussite de 100 % jusqu’à 8 km. En conséquence, il n’est pas nécessaire pour l’appareil d’approcher sa cible de près, il suffit de s’assurer que la distance d’engagement correspond à la portée garantie par le missile.

7.1.2. Le ministère de la Défense russe a déclaré que l’armée russe a détecté l’activation de la « Coupole » d’un système de défense antiaérien ukrainien « Bouk-M1 » le jour de la catastrophe du Boeing 777 de la Malaysian.

Fig.3. Statistiques de l’activité des radars ukrainiens aux environs de l’heure de la destruction du Boeing 777 malaisien, du 15 au 20 juillet 2014

Fig.3. Statistiques de l’activité des radars ukrainiens aux environs de l’heure de la destruction du Boeing 777 malaisien, du 15 au 20 juillet 2014

L’activité des Stations de localisation radar (SLR) peut témoigner du déploiement actif de l’aviation militaire dans la mesure où les SLR sont activement utilisés pour la reconnaissance aérienne et la transmission d’informations au centre de contrôle de l’aviation. Pour mener à bien certaines missions, il est commun de fournir des données au navigateur permettant la coordination d’un ou plusieurs chasseurs.

Il peut s’agir de missions de supériorité aérienne ou d’embuscade. Dans de telles missions, l’attaque peut être opérée par l’avant ou en poursuite avec coordination depuis le sol.

7.1.3. Un Su-25 ou un MiG-29 apparaissent identiques au radar, dans la mesure où ils ont des tailles et surfaces réflectives similaires. Le plafond pratique d’un MiG-29 est de 18.013 m, de sorte qu’il peut facilement atteindre l’altitude à laquelle volait l’appareil de la Malaysian (10.100 m). Le MiG-29 a deux moteurs qui génèrent une forte poussée, permettant à l’appareil d’atteindre des vitesses de l’ordre de 2.000 km/h.

7.1.4 Les conditions météorologiques sont aussi en faveur de l’attaque du Boeing 777 par un autre avion. La météo dans la région de la ville de Donetsk entre 15 h et 18 h le 17 juillet 2014 se caractérise par de la pluie et une forte couverture nuageuse. La route du vol passe au-dessus de la base nuageuse la plus élevée. À cette altitude, seuls les nuages de type cirrus sont présents. Ceux-ci sont de faible densité, des nuages fibreux blancs et transparents, avec des formations denses occasionnelles. Ils sont comme massés par paquets échoués ici ou là, tel un cordon s’étirant jusqu’à l’horizon. L’altitude moyenne de la limite basse de ces nuages se situe entre 7 et 10.000 mètres, tandis que la couche nuageuse peut s’étendre de plusieurs centaines de mètres à quelques kilomètres.

Une attaque par un appareil militaire montant rapidement à travers la couche nuageuse prendrait l’équipage du Boeing 777 par surprise, et ne serait pas observable depuis le sol en raison de l’épaisse couverture nuageuse aux niveaux bas et intermédiaire.

Sur la base de ces éléments, on peut avoir confiance dans la thèse, selon laquelle le Boeing 777, volant sur une trajectoire horizontale à 10 000 mètres d’altitude, aurait pu sans grande difficulté se retrouver à portée de l’armement canon et missile d’un chasseur, qu’il s’agisse d’un MiG-29 ou d’un Su-25.

7.1.5. La question logique est alors : quels armements ont conduit à la destruction du Boeing 777 de la Malaysian Airlines ?

Missiles

Aussi bien le MiG-29 que le Su-25 peuvent être équipés avec les missiles à courte portée guidés par infra-rouge R-60M.

 Photo 16. Missiles R-60M sur point d’emport externe R-60M

Photo 16. Missiles R-60M sur point d’emport externe R-60M

Le MiG-29 est équipé d’un canon de 30 millimètres GSh-301, d’une cadence de tir de 1.500 coups par minute. Ce canon est chargé de 150 obus perforants avec une flèche en alliage de tungstène. La portée pratique pour des cibles aériennes se situe entre 200 et 800 mètres, pour des cibles au sol entre 1200 à 1800 mètres. Ce type de projectile traverse la cible de part en part, laissant un orifice de passage de forme parfaitement ronde ; ils n’explosent pas à l’intérieur et ne sont pas incendiaires, mais ils peuvent tuer l’équipage et détruire la cabine. Les orifices d’entrée et de sortie ont une configuration caractéristique. Les trous d’entrée ont les bords évasés vers l’intérieur ; du côté opposé les bords sont tordus vers l’extérieur.

Photo 17. Canon aérien G-Sh301

Photo 17. Canon aérien G-Sh301

Le Su-25 est équipé du canon GSH-2-30.

Photo 18. Canon aérien GSH-2-30

Photo 18. Canon aérien GSH-2-30

D’autre part, le Su-25 peut emporter des canons bitubes GSh-23L sur point d’emport externe avec le conteneur SPPU-22.

Dans un combat, les deux types de canons s’utilisent contre des cibles aériennes et causent des dégâts analogues à ceux observés sur l’épave du Boeing 777.

Conclusion du second scénario

Selon les analystes de l’Union des ingénieurs russes, la destruction complète du Boeing 777 résulte de l’usage conjoint des deux types d’armes : des missiles à courte portée air-air et un canon de 30 mm, ou bien un canon bitube GSh-23L de 23 mm dans un conteneur SPPU-22. Afin d’améliorer la précision du tir de manière significative, on peut utiliser un télémètre laser ou un viseur laser (ou même une conduite de tir prédisant le point d’impact). Cette conclusion s’appuie sur la forme et la disposition des dégâts observés sur les débris : des trous ronds, qui sont le résultat typique d’un tir au canon, et des trous discontinus, caractéristiques de missiles fléchettes.

8. Analyse des débris

Si l’on considère la première version du crash, il est évident que la façon dont sont disposés les trous et les fragments sur les surfaces planes du fuselage ne reflète pas la disposition typique de l’impact d’un missile « Bouk-M1 », qui aurait laissé des dégâts à la forme très remarquable et caractéristique. Dans ce cas, il est manifeste que de telles traces sont inexistantes sur les débris.

Si l’on examine la possibilité de tels dégâts occasionnés par des missiles air-air à courte portée, on doit avoir à l’esprit que le R-60 (Su-25) et le R-73 (MiG-29) sont des missiles de combat aérien à courte portée, de faible puissance et à guidage infrarouge. Leur rayon de destruction n’est que de 3 à 5 mètres, et un coup au but nécessite un impact direct. La masse de la charge militaire est de 3,5 kg pour le plus ancien, 5 kg pour le plus récent. Cette charge contient de fines particules de fil de tungstène. Il s’agit de missiles plutôt faibles, conçus exclusivement pour de petites cibles. Ces armes suivent la trainée de chaleur, elles ont été conçues pour cibler le moteur.

Il serait logique de présumer que les dommages visibles sur la photo 19 sont le résultat du tir d’un canon du type GSh ou SPPU.

Photo 19. Dégâts sur les surfaces planes du Boeing 777

Photo 19. Dégâts sur les surfaces planes du Boeing 777

Photo 20. La nature des dégâts sur la cabine du Boeing 777

Photo 20. La nature des dégâts sur la cabine du Boeing 777

La photographie des trous d’entrée et de sortie sur le cockpit du Boeing 777 correspond parfaitement avec le passage d’obus de calibres 20 à 30 mm, tels qu’on en trouve sur les avions militaires, ce qui confirme le second scénario de ce qui a abattu le Boeing. Ce point est appuyé par la dispersion des trous crevant la surface de l’appareil. Sur le débris du côté gauche de la cabine, les bords des trous sont tordus de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui nous indique qu’une explosion significative s’est produite à l’intérieur du cockpit à la suite de l’impact dynamique des obus frappant le côté droit.

Sur le panneau de garniture, les trous d’entrée sont visibles, de même que quelques points de sortie. Les bords des trous sont tordus vers l’intérieur. Ils sont nettement plus petits et de forme bien circulaire. Les trous de sortie ont une forme plus brouillonne, leurs bords sont tordus vers l’extérieur. De plus, il est clair que les trous de sortie se sont formés à travers la double épaisseur d’aluminium, et qu’ils l’ont tordue vers l’extérieur. C’est le résultat d’éléments d’assaut (à en juger par le type d’impact, des obus de canon aérien) traversant le cockpit. Les rivets ont aussi été tordus vers l’extérieur.

La photo 21 montre un fragment du Boeing 777. On y voit clairement les trous d’entrée (cerclés de rouge) dans la couche externe, tordue vers l’intérieur par un canon de 30 mm. Cette torsion vers l’intérieur est caractéristique de ce type de projectile.

Photo 21. nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777

Photo 21. nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777

La photo 22 montre une autre partie des débris du Boeing 777. On y voit (1 rouge) que les rivets ont disparu et (2 rouge) que le fuselage s’est rompu, de l’intérieur vers les bords extérieurs du point d’impact, ce qui a été causé par une explosion à l’intérieur de l’avion, ou part une violente perte de pression à haute altitude.

Photo 22. Nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777

Photo 22. Nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777

La topologie générale des trous et leurs emplacements suggèrent qu’il est très vraisemblable que le Boeing 777 a été la cible d’un tir de canon GSh-2-30 ou d’un conteneur SPPU-22 avec canon bitube-23mm GDh-23L visant la zone du cockpit. Lorsque les munitions ont eu traversé le cockpit, elles sont ressorties de l’autre côté et ont endommagé la surface de l’aile (voir photo 20). Les deux types d’armement causent des dégâts sur les aéronefs, qui sont analogues à ceux observés sur les fragments du Boeing 777.

La nature des trous visibles sur les fragments de surfaces externes et de fuselage, disponibles sur les réseaux médiatiques, nous autorise à affirmer que c’est bien la combinaison d’un missile et d’un tir de canon qui en est la cause.

9. Reconstitution de ce qui s’est passé

En se basant sur ce qui précède, nous pouvons reconstituer l’événement selon deux angles.

9.1. En relation avec les circonstances de l’écrasement du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Le 17 juillet 2014, le Boeing 777 de la Malaysia Airlines effectuait le vol Amsterdam — Kuala Lumpur dans le couloir de vol établi par les contrôleurs aériens. En même temps, il est probable que le contrôle manuel des commandes a été éteint et que l’avion a été mis en ​​pilotage automatique, volant sur un plan horizontal, le long de l’itinéraire aménagé et adapté par les contrôleurs de la circulation aérienne, sur la partie ukrainienne du vol.

De 17 h 17 à 17 h 20, le Boeing 777 volait dans l’espace aérien ukrainien près de la ville de Donetsk, à l’altitude de 10 100 m. Un avion de combat non identifié (probablement un Su-25 ou MiG-29), qui était un niveau en dessous, sur une trajectoire de collision, dans la couche de nuage, a rapidement pris de l’altitude et est soudainement apparu au-dessus des nuages ​​à l’avant de l’avion civil, ouvrant le feu sur le poste de pilotage avec un canon de calibre 30 mm ou moins. Le pilote d’un avion de chasse peut le faire en mode « chasse libre » (à l’aide du radar de bord) ou avec l’aide du guidage de navigation et des données sur l’espace aérien transmises depuis un radar au sol.

De multiples tirs d’obus ont causé de gros dégâts sur l’habitacle, et une dépressurisation soudaine, qui a provoqué la mort immédiate de l’équipage, du fait des impacts et de la décompression. L’attaque a été soudaine : une fraction de seconde. Dans de telles circonstances, l’équipage n’a pas pu lancer d’alerte : le vol s’est poursuivi de façon apparemment normale, comme si aucune attaque n’était intervenue.

Puisque ni les moteurs, ni le système hydraulique, ni aucun autre organe vital nécessaire à la poursuite du vol n’ont été touchés, le Boeing 777, sous pilote automatique (procédure standard), a continué sa trajectoire horizontale, en perdant peut-être graduellement de l’altitude.

Le pilote de l’avion de combat non identifié s’est placé à l’arrière du Boeing 777. Ensuite, tandis que l’avion non identifié restait sur la zone de combat, le pilote, au moyen de son équipement de poursuite de cible, a verrouillé la cible et lancé ses missiles R-60 ou R-73.

Le résultat en a été la perte de pressurisation à l’intérieur de l’appareil, la destruction du système de contrôle de l’avion et la mise hors service du pilote automatique. L’avion a perdu alors toute capacité à maintenir son assiette et il est parti en vrille. C’est là le résultat de grosses défaillances mécaniques à haute altitude.

L’avion, selon les informations fournies par l’enregistreur de vol, s’est brisé en l’air, mais cela n’est possible que dans le cas d’une chute verticale depuis une altitude de 10 000 mètres, et seulement lorsque la surcharge maximum admissible est dépassée. Aussi bien la cabine de pilotage que les cabines des passagers s’étant dépressurisées, l’équipage n’était plus en mesure de contrôler l’avion, qui s’est mis à tomber en vrille et s’est rompu à haute altitude. Cela explique que les débris se sont éparpillés sur plus de 15 km2.

9.2. Au sujet de la responsabilité dans la mort de 283 passagers et de 15 membres d’équipage.

Ce 17 juillet 2014, les Forces armées de la République nationale de Donetsk n’avaient pas d’avion de combat capable de détruire une cible volante telle que le Boeing 777, ni le réseau de contrôle aérien, ni le matériel radar de détection, de ciblage et de poursuite adéquats.

Aucun avion de combat des forces armées de la Fédération russe n’a violé l’espace aérien de l’Ukraine, ce qui est confirmé non seulement par les Ukrainiens, mais aussi par les tierces parties chargées de la surveillance de leur espace aérien.

Pour établir la vérité, il est nécessaire d’enquêter objectivement et impartialement sur toutes les circonstances de la destruction du Boeing 777, d’interroger les centaines de citoyens qui peuvent avoir vu quelque chose. Naturellement, cette enquête doit être conduite par des professionnels. Aller vers la vérité, poser les bonnes questions, est une science rigoureuse, qui nécessite un savoir-faire.

Les informations importantes sont contenues dans l’épave de l’avion et les restes des victimes, mais ces informations précises sont faciles à détruire, à déformer et à cacher. Et il y a beaucoup de parties intéressées à occulter la réalité des faits. Comme le confirme le fait que l’Ukraine, les Pays-Bas, la Belgique et l’Australie ont signé un accord le 8 août, indiquant que les informations sur l’enquête relative à l’accident ne seraient divulguées qu’avec le consentement de toutes les parties.

« L’enquête suit son cours, par des expertises et d’autres actes d’instruction », a annoncé le porte-parole du Procureur général de l’Ukraine, Youri Boytchenko. « Les résultats seront annoncés lors de la conclusion de l’enquête et avec le consentement de toutes les parties qui ont signé l’accord ».

La procrastination et le manque d’investigation objective de tous côtés, avec la participation de prestigieuses organisations internationales, font d’autant plus douter que les parties concernées rendent jamais publiques les véritables circonstances qui entourent le crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Ivan A. Andrievskii, le 15 août 2014
Traduit de l’anglais au français par Patrick, Lionel, Francis et Goklayeh (qui a écrit le préambule). Traduction du russe à l’anglais : Alice & Gideon (Russian Saker / Oceania Saker).

Sources : Анализ причин гибели рейса МН17 (малайзийскогоBoeing 777) [PDF] (российский-союз-инженеров.рф, russe, 15-08-2014) et Malaysian Flight MH17 crash analysis, by The Russian Union of Engineers (vineyardsaker, anglais, 18-09-2014)

Ivan A. Andrievskii est Premier Vice-président de l’organisation publique pan-russe« Union des ingénieurs russes » et président du conseil d’administration de la compagnie d’ingénierie « 2K ».

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  16. Autres points rapportés par le Saker (27-07-2014)
  17. [Vidéo] Toujours aucune preuve de la version US du crash du MH17, par A. Antonov, Vice-ministre de la Défense de la Russie (26-07-2014)
  18. La Russie dit détenir des photos de l’Ukraine en train de déployer des missiles BUK à l’est, et des preuves de la présence d’avions de guerre dans le voisinage du MH17 (24-07-2014)
  19. Les anglo-sionistes présentent leur preuve (23-07-2014)
  20. Qu’ont vu les satellites-espions US en Ukraine ? (22-07-2014)
  21. Propagande de guerre : le premier tabloid hollandais demande une intervention de l’OTAN pour protéger le site du MH17, et Feinstein dit à Poutine « Soyez courageux, avouez ! » (22-07-2014)
  22. Souvenirs, réminiscences, suppositions et spéculations à propos de l’affaire du vol MH17 (21-07-2014)
  23. Rutte, le Premier ministre hollandais, presse Poutine « vous devez faire maintenant tout ce qui est en votre pouvoir [pour établir la vérité] ! » (21-07-2014)
  24. [Vidéo] Conférence de presse d’Alexandre Borodaï à propos du crash du vol MH17, le 19 juillet 2014, sous-titrée en français (21-07-2014)
  25. MH17 : A y est ! L’enquête est bouclée (20-07-2014)
  26. [L’œil itinérant] Le missile, c’est Poutine ! (20-07-2014)
  27. Les preuves continuent à émerger : l’affaire du vol MH17 est une opération sous fausse bannière (19-07-2014)
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