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Le blog de Lucien PONS

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[Syrie] Carla Del Ponte : « Je suis frustrée, j’abandonne ! » Source : Blick, Cinzia Venafro

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Source : Blick, Cinzia Venafro, 06.08.2017

Carla Del Ponte

En cinq années, elle ne serait arrivée à « absolument rien » et ne veut plus « être une enquêtrice-alibi ». Carla Del Ponte démissionne de son poste d’enquêtrice spéciale de l’ONU en Syrie.

« Nous n’avons pas obtenu le moindre succès. Nous fonçons dans le mur depuis cinq ans », a déclaré Carla Del Ponte (70 ans), la rapporteuse spéciale de l’ONU en Syrie, au quotidien Blick à l’occasion du festival du film de Lugano.

L’ancienne procureure générale du tribunal pénal international de La Haye est frustrée. Elle a dû admettre qu’elle a été nommée « uniquement en temps qu’enquêtrice-alibi sans aucun soutien politique ».

À moins que le Conseil de sécurité de l’ONU ne nomme un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre ayant lieu en Syrie, tous les rapports qu’elle rédigera demeureront complètement inutiles. La Chine et la Russie bloqueraient tout. « J’ai déjà écrit ma lettre de démission et je l’enverrai dans les prochains jours. »

Elle assistera en septembre à la dernière session de la commission d’enquête. « J’abandonne. Les États membres du Conseil de sécurité ne veulent pas que la justice s’applique. Je ne peux plus rester dans cette commission qui ne fait tout simplement rien ! »

La Syrie est un pays sans avenir. « Ils détruisent tout ce qui est, d’une manière ou d’une autre, humain. C’est inconcevable. » Il n’y a plus d’école, plus d’institution. « Et croyez-moi : des crimes aussi terribles que ceux commis en Syrie, je n’en avais vu ni au Rwanda ni en ex-Yougoslavie », affirme Del Ponte.

C’est un scandale pour l’ensemble de la communauté internationale. « Nous pensions que la communauté internationale avait tiré les leçons du Rwanda. Mais non, ils n’ont rien appris ! » dit Del Ponte, manifestement exaspérée.

« Au début, il y avait les bons et les méchants, explique Mme Del Ponte. l’opposition dans le rôle des gentils, le gouvernement dans celui des méchants. » Après six années d’enquête, ils devraient dire : « En Syrie tout le monde est méchant. Le régime d’Assad, qui a perpétré d’horribles crimes contre l’humanité et qui a utilisé des armes chimiques ; et l’opposition, composée uniquement d’extrémistes et de terroristes. »

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Voir aussi : Carla Del Ponte : “Je m’en vais car tous les 6 mois on demande justice pour les victimes en Syrie et rien ne se passe !”

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Démission de Carla Del Ponte : «Les propos du procureur prouvent qu’elle est juge et partie»

Source : Michel Raimbaud, 09-08-2017

Pour l’ancien ambassadeur de France Michel Raimbaud, le procureur démissionnaire Carla Del Ponte, incarne les insuffisances, les préjugés, les « vices de construction » de la justice internationale.

Question : « L’opposition syrienne n’est composée que de terroristes », a déclaré la chef de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie en annonçant son intention de démissionner. Que signifie ce geste de Carla Del Ponte ? Partagez-vous sa vision de l’opposition syrienne ?

Michel Raimbaud (M. R.) : Ex-procureur des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et pour l’ex-Yougoslavie, et ayant rejoint en septembre 2012 la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, Carla Del Ponte occupe une place éminente dans ce qu’il est convenu d’appeler la justice internationale. En raison de son « franc-parler », de ses « convictions » jugées hétérodoxes, et de sa posture contestatrice, elle séduit les médias mainstream occidentaux, pour lesquels elle incarne une justice décomplexée, qui ne s’encombre ni de prudence diplomatique, ni de subtilité politique, ni de discrétion judiciaire.

La magistrate démissionnaire incarne parfaitement, me semble-t-il, les insuffisances, les préjugés, les « vices de construction » de la justice internationale

De là à faire de Mme Del Ponte l’icône d’une justice d’avant-garde, rigoureuse et équitable, indépendante dans ses positions, dans ses travaux, dans ses approches, acceptable pour l’ensemble des nations, il y a une marge.

La magistrate démissionnaire incarne parfaitement, me semble-t-il, les insuffisances, les préjugés, les « vices de construction » de la justice internationale, avant tout conçue pour être l’un des multiples bras séculiers de l’Empire atlantique, qui prétend incarner la « communauté internationale ».

Carla Del Ponte a un style qui plaît, car elle a son franc-parler, mais elle endosse en fait tous les a priori, les fondamentaux, les lieux communs de l’idéologie occidentale dominante. Si elle veut que la Commission obtienne la saisine de la Cour pénale internationale (CPI), ce n’est pas tant pour juger les rebelles et opposants (jadis placés « du côté du Bien », devenus « extrémistes et terroristes »), que pour condamner le Président et les responsables syriens, auxquels elle a attribué dès le début « le rôle du Mal ». Bachar el-Assad aurait, selon elle, « perpétré de terribles crimes contre l’humanité et utilisé des armes chimiques »… C’est une rengaine bien connue.

Si Mme Del Ponte est assez compréhensive avec « l’opposition » syrienne, oubliant que celle-ci avait appelé au meurtre, à la lutte armée et à l’intervention étrangère dès le début de la guerre, elle est loin d’adopter une approche équitable à l’égard de Bachar el-Assad et de son gouvernement, reprenant les poncifs ou mensonges des « révolutionnaires » et de leurs parrains occidentaux ou islamistes. Il est étonnant que cette femme de haut vol soit si obtuse, après six ans et demi d’une tragédie dont la véritable nature, les mobiles et objectifs, sont affichés par les agresseurs de la Syrie avec tant de cynisme.

Les propos de Mme Del Ponte prouvent qu’elle est juge et partie

Je suis frappé de constater que Mme Del Ponte, membre d’une commission onusienne censée être impartiale, partage apparemment sans réserve la position des responsables et intellectuels occidentaux. Elle est venimeuse concernant Bachar el-Assad, chef d’un Etat agressé, qui défend la souveraineté, l’intégrité et l’indépendance de son pays ; elle est aveugle et sourde face aux voix venant de Syrie. En revanche, elle n’évoque aucunement l’urgence de traduire devant les tribunaux tous ceux qui, en Occident ou en Orient, dans les cercles d’influence et les rouages de « l’Etat profond » de leurs pays respectifs, ont conçu, financé, soutenu, armé les opérations de déstabilisation, de destruction et de mise à mort en Syrie comme tant d’autres pays.

Les propos de Mme Del Ponte prouvent qu’elle est juge et partie.

Question : Pensez-vous que sa démission puisse pousser la communauté internationale à changer d’avis sur l’opposition en Syrie ?

M. R. : Non, je ne crois pas, tant que l’on persistera à appeler « communauté internationale » les quelques pays occidentaux qui représentent 10% de la population de la planète, ont fait main basse sur le monde et rêvent de poursuivre leur razzia sur la planète.

Les organes de l’ONU obéissent au doigt et à l’œil à Washington et ses vassaux

Question : Comment voyez-vous le fonctionnement de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie ? Pensez-vous qu’elle puisse avoir des conclusions impartiales ?

M. R. : La question principale ne concerne pas le fonctionnement, mais la conception même de la justice internationale. Des conclusions impartiales signifieraient que la justice soit respectée et que la Commission puisse conduire ses investigations et déposer ses conclusions en toute indépendance, c’est-à-dire sans pression des « Trois » de la « communauté internationale » (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis). Dans le contexte actuel, c’est inimaginable… A l’exception du Conseil de sécurité, où, depuis quelques années, la Russie renaissante et la Chine qui ne cesse de monter en puissance, opposent leur veto, les organes de l’ONU obéissent au doigt et à l’œil à Washington et ses vassaux…

Si la Commission d’enquête de l’ONU partage tous les préjugés, toutes les approches de madame Del Ponte, elle sera sûrement dans l’incapacité d’arriver à des conclusions impartiales sur le conflit en Syrie

Si, comme on peut le craindre, la Commission d’enquête de l’ONU partage tous les préjugés, toutes les approches de Mme Del Ponte, elle sera sûrement dans l’incapacité d’arriver à des conclusions impartiales sur le conflit en Syrie. Le principe de base restera inchangé : transformé durant la double décennie de la toute-puissance US (la période unipolaire), à partir de 1991, l’appareil de la justice internationale est voué à agir au gré des intérêts et pulsions de l’Empire atlantique.

Le Conseil de sécurité sert à cet empire d’instrument de coercition : la CPI ne peut intervenir contre les Etats qui n’ont pas adhéré au Traité de Rome et ne reconnaissent pas la compétence de la Cour, mais une résolution du Conseil de sécurité peut enjoindre à la CPI de se saisir du dossier.

J’ajouterai que trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ne sont pas ou plus parties au traité de Rome (les Etats-Unis, la Chine et la Russie). En raison d’un probable veto de Moscou et de Pékin (comme en 2014), le Conseil ne votera donc pas la saisine [le 8 août 2017].

Source : Michel Raimbaud, 09-08-2017

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Deir ez-Zor libérée: le dessous des cartes . Vidéo d'Ayssar Midani

9 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Ajoutée le 5 sept. 2017

Trois ans et un mois de siège sont brisés : les forces syriennes et leurs alliés ont réussi il y a à peine une heure de briser le siège du centre-ville.

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Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie, par Joseph Kishore

31 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La guerre

Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie, par Joseph Kishore
Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie, par Joseph Kishore

Aujourd’hui, la vision des trotskystes américains…

Source : World Socialist Web Site, Joseph Kishore, 27-07-2017

La Chambre des représentants des États-Unis a adopté massivement un projet de loi mardi qui impose de nouvelles sanctions à la Russie, à l’Iran et à la Corée du Nord et limite la capacité de l’Administration Trump de les annuler. Le résultat du vote était de 419 pour et 3 contre. Cette mesure augmenterait considérablement les conflits géopolitiques entre les États-Unis et ses principaux rivaux, non seulement la Russie, mais aussi les puissances impérialistes en Europe.

Le projet de loi va maintenant passer au Sénat, où une version antérieure (sans les sanctions de la Corée du Nord) a été approuvée en juin à une marge similaire : 97 pour et 2 contre. Trump a envoyé des signaux mitigés sur la question de savoir s’il signera le projet de loi, mais les majorités d’une telle ampleur dans les deux chambres du Congrès signifient que, malgré la possibilité théorique d’un veto, il est presque certain d’être promulgué.

Les nouvelles sanctions exposent les principales questions derrière la campagne sur le « piratage électoral » des médias américains et de l’establishment politique, dirigé par les organismes de renseignement qui s’opposent à toute modification de la politique anti-Russie développée sous l’Administration Obama. Le vote presque à l’unanimité dans les deux chambres du Congrès (tous les votes « non » à la Chambre proviennent de républicains) témoigne de la mesure dans laquelle la CIA (l’Agence centrale de renseignement), la NSA (l’Agence nationale de la sécurité) et d’autres agences d’espionnage contrôlent directement les institutions de l’État et le personnel qui les composent.

Les vrais enjeux dans ce conflit âpre au sein de la classe dirigeante ont été énoncés dans un éditorial du Washington Post lundi, « La riposte drastique – mais nécessaire – du Congrès à Trump ». Le Post, qui, avec le New York Times, a été une des voix médiatiques de premier plan dans la campagne anti-Russie, a salué ce projet de loi si nécessaire pour protéger les « intérêts vitaux » des États-Unis.

L’accord sur les sanctions, écrit le Post, a placé : « la politique de Trump envers le régime de Vladimir Poutine sous séquestre, l’empêchant de lever les sanctions sans accord du Congrès ». Trump a montré une « affinité inexplicable » à l’égard de la Russie, a écrit le journal, et a mis en doute la prétendue intervention de la Russie dans la campagne électorale américaine.

« Pour la communauté du renseignement des États-Unis », a déclaré le Post, « il n’y a pas un tel doute […] Le refus de M. Trump d’accepter ces conclusions et la possibilité qu’il puisse arrêter les sanctions imposées à la Russie pour cette ingérence et pour son invasion militaire de l’Ukraine a généré un consensus extraordinaire dans un congrès autrement polarisé ».

Aucune des allégations faites par le Post sur l’implication de la Russie dans les élections ne peut être démontrée et les déclarations de la « communauté du renseignement des États-Unis » ne sont pas plus crédibles que les allégations selon lesquelles le gouvernement de Saddam Hussein possédait des « armes de destruction massive » avant l’invasion de l’Irak en 2003. Même si l’on devait accepter ces conclusions comme vraies, il ne fait aucun doute que Clinton travaillait avec toutes sortes de gouvernements étrangers pour faire progresser sa campagne électorale.

Le véritable problème n’est pas le « piratage » russe, mais les intérêts géostratégiques de l’impérialisme américain. Comme le précise le Post, sa principale préoccupation est que la Russie a entravé les opérations de l’Armée et des agences de renseignement américaines en Ukraine et en Syrie. La référence à « l’invasion militaire de l’Ukraine » fait référence à l’annexion par la Russie de la Crimée et à la guerre civile interne qui a suivi l’opération de changement de régime de 2014 organisée par les États-Unis et menée par des organisations fascistes pour démanteler un gouvernement pro-russe.

L’éditorial se plaint plus tard que les actions de Trump donnent à la Russie « des concessions majeures pour rien », y compris « le retrait du soutien américain aux forces rebelles en Syrie ». Il s’agit de la décision de Trump de mettre fin au soutien de la CIA aux forces d’opposition syrienne, dominées par Al-Qaïda, qui ont mené une guerre civile soutenue par les États-Unis pour renverser le président syrien Bashar al-Assad.

L’éditorial reconnaît que le projet de loi sur les sanctions « pourrait avoir des conséquences involontaires », y compris sur « la coordination entre les États-Unis et l’Europe sur la Russie ». Il est « néanmoins essentiel », car « Trump ne peut pas être digne de confiance pour protéger les intérêts vitaux des États-Unis contre une agression persistante de la Russie ».

Quels sont ces « intérêts essentiels des États-Unis » ? Ils n’impliquent pas l’offensive de l’Administration Trump sur les soins de santé, son assaut brutal contre les travailleurs immigrés ou son programme militariste. Il s’agit plutôt des intérêts de la classe dirigeante dans la domination du Moyen-Orient et de ses vastes ressources énergétiques et de l’expansion du pouvoir américain en Europe de l’Est. Pour les factions de la classe dirigeante pour laquelle le Postparle, en outre, l’agression américaine contre la Russie est considérée comme essentielle pour conserver l’allégeance des puissances européennes et pour s’en prendre à la Chine.

Le nouveau projet de loi sera adopté dans des conditions de tensions géopolitiques explosives qui peuvent rapidement se transformer en un conflit militaire direct impliquant des puissances nucléaires. Au cours des dernières 24 heures, les États-Unis ont procédé à des tirs d’avertissement sur un navire iranien ; l’armée chinoise a intercepté un avion américain ; le Wall Street Journal a rapporté les préparatifs de la Chine en prévision d’une guerre américaine contre la Corée du Nord ; et la Chine a organisé des opérations militaires conjointes avec la Russie en mer Baltique.

Les différents pays touchés par le projet de loi le prendront comme un signe clair que les États-Unis ont l’intention de faire face à leurs affrontements économiques et militaires avec eux. Un mémo de l’Union européenne révélé par la presse a rapporté les déclarations du chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, selon lesquelles l’UE « devrait se préparer à agir en quelques jours » après le passage du projet de loi et que les sanctions « pourraient avoir une incidence sur un nombre potentiellement important de sociétés européennes faisant des affaires légitimes régies par des mesures de l’UE avec des entités russes ».

L’Administration Trump, de plus en plus pressée et isolée, pourrait décider que la meilleure façon de résoudre sa crise interne est de commencer une guerre, peut-être avec l’Iran ou la Corée du Nord. Et si les adversaires de Trump réussissent à forcer un changement dans sa politique ou à le faire tomber, cela impliquera un changement vers une politique encore plus agressive au Moyen-Orient et, surtout, contre la Russie.

Quelles que soient les divisions au sein de l’État, la classe dirigeante américaine est poussée par une logique implacable. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 ne lui a pas apporté une « fin de l’histoire », mais un quart de siècle de guerre sans fin et en expansion, dans laquelle la classe dirigeante a cherché à inverser le déclin du capitalisme américain et à maintenir sa position économique mondiale à travers l’utilisation de la force militaire. Cette politique folle et insouciante amène le monde entier au bord de la troisième guerre mondiale.

(Article paru d’abord en anglais le 26 juillet 2017)

Source : World Socialist Web Site, Joseph Kishore, 27-07-2017

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Réponses à "Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanctions contre la Russie", par Joseph Kishore
  1. Fritz Le 31 juillet 2017

    Rien à ajouter à ce texte. Affilié au Parti socialiste de l’égalité (Socialist Equality Party), le site wsws.org est l’une de mes sources d’information préférées. il avait dénoncé la guerre de Libye dès le premier jour, comme une guerre d’agression impérialiste.

    Des trotskistes comme ça, on en voudrait davantage chez nous. Hélas, nous avons les pitres du NPA, genre Julien Salingue ou Gilbert Achcar. Les gardes rouges de l’impérialisme, les crétins utiles de l’OTAN.

    https://www.les-crises.fr/massacres-a-alep-lettre-a-un-camarade-qui-sobstine-a-justifier-linjustifiable-par-julien-salingue-reponse/
    https://www.les-crises.fr/syrie-empecher-leffondrement-du-regime-assad-entretien-avec-gilbert-achcar/

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Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)
Emir Kusturica

Evoquant les difficiles relations entre la Russie et l'Occident, le réalisateur serbe Emir Kusturica confie à RT sa vision de Vladimir Poutine, Donald Trump, et de la situation en Ukraine, en laquelle il voit une redite de la guerre de Yougoslavie.

RT : Vous avez un jour dit que la Serbie était respectée dans le monde entier, et ce grâce à Vladimir Poutine. Quelle en est selon vous la raison ?

Emir Kusturica (E. K.) : Vladimir Poutine, à mon avis, a fait quelque chose de très important pour le monde entier. Car, comme l'a dit un écrivain russe fort instruit, c’est la démocratie qui a souffert le plus après la chute de l’URSS.

A l’époque de l’Union soviétique, les démocrates français, italiens, anglais... tâchaient de démontrer à ceux qui étaient de l’autre côté du rideau de fer que régnait une vraie démocratie dans leur pays. Avec la chute de l’URSS, ils n’avaient plus rien à prouver à personne. Il ne fallait que suivre le mouvement du progrès naturel, qui est, en grande partie, alimenté par le côté obscur de la nature humaine.

Aussi, j'approuve les actions de Vladimir Poutine, qui, avec une manière, fine, qui lui est propre, remet la Russie sur pieds après la période Eltsine, afin que le peuple puisse être fier de son histoire et – et c'est le plus important – de sa culture.

Pourquoi l’Occident a-t-il des problèmes avec Vladimir Poutine ? Quels sont les avantages que présente la position du président russe ? Prenons l’exemple de l’Asie. Il s'agit de la région la plus peuplée, dotée de grandes puissances économiques, notamment la Chine. Les meilleurs réalisateurs asiatiques tournent des films dédiés à des questions d’éthique, d'auteurs des XIXe et du XXe siècles et que nous pouvons trouver dans les livres des grands écrivains russes.

C'est l'histoire qui nous montrera qui a raison et qui a tort, et non pas ceux qui essayent de réduire à zéro le rôle de la culture dans l'histoire de l’humanité. A chaque fois que je me rends en Occident, je m'entretiens avec des intellectuels qui en savent très peu sur Vladimir Poutine et la Russie contemporaine. Celui qui a interdit les importations de semences OGM mérite au minimum qu’on le respecte. C’est l’un des pires aspects de notre monde : nous sommes en proie à la production de Monsanto, qui n’a rien de naturelle et qui est quotidiennement à l'origine de cas mortels. Vladimir Poutine a interdit les OGM et revitalisé l’agriculture russe. Les résultats qu’il a obtenu sont splendides. En outre, c’est un homme qui préserve la culture de son pays. Pour cette raison, c'est un héros.

Lire aussi : Pour Emir Kusturica, Vladimir Poutine est «un type bien»

RT : Qu'avez vous pensé de la récente rencontre entre Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump ?

E. K. : Je considère que Donald Trump n’a toujours pas dit ce qu’il devait dire. Je parle des promesses faites au cours de sa campagne électorale, promesses qu’il a oubliées. Il y a deux choses à faire remarquer. Premièrement, le fait est que l’Etat profond est derrière toutes les décisions importantes prises aux Etats-Unis. Deuxièmement, le complexe militaro-industriel américain est tellement puissant que le président ne peut pas agir sans le consentement d’autres personnes. Je trouve que la position de Vladimir Poutine est positive et en même temps, supérieure. J’ai également remarqué un peu d'incertitude dans le comportement du président américain. Je dirais même que cette rencontre nous a prouvé que ce n’était pas lui qui prenait les décisions. Et ça, c’est un grand problème pour l’humanité dans son ensemble.

RT : Ici même, à Mecavnik, en Serbie, vous avez récemment tourné votre film On the Milky Road, dans lequel Monica Belucci et vous-même jouez les rôles principaux. Ce film a reçu un grand prix à Sébastopol, en Crimée. Le 23 juillet prochain, vous envisagez de donner un concert à Yalta, autre ville de Crimée. N’avez-vous pas peur des sanctions ?

E. K. : Non. La vie n'a de sens que si tu es libre, si tu fais ce que tu veux. Tout au long de ma vie, je suis resté fidèle à mes décisions, à ma façon de faire. Dans cette situation je préférerais que les sanctions soient imposées à ceux qui donnent des concerts, disons, à New York ou même à Washington, où tant de guerres ont été préparées. Prenons l’exemple de Mouammar Kadhafi, ou le chaos que les Américains sèment dans le monde entier depuis déjà 20 ans. Si on doit imposer des sanctions, ce n'est certainement pas contre des musiciens qui jouent là où ils l'entendent, surtout à Yalta.

RT : Que pensez-vous de la situation en Ukraine ?

E. K. : La situation en Ukraine, telle que je la connais, ressemble à celle qui a eu cours en Yougoslavie. Nous assistons aux pressions de l'Occident. Au cours de l'unification européenne, l’Ouest a divisé la Yougoslavie. Et quoi qu'on dise de l'impossibilité de maintenir son intégrité, la Yougoslavie divisée est devenue un casse-tête pour le monde entier. La destruction n’émane pas de ceux qui veulent sauver leur patrie, mais de ceux qui paient pour la déstabilisation de cette dernière.

Victoria Nuland [diplomate américaine, chargée de l'Europe au département d'Etat de 2013 à 2017] a déclaré publiquement qu’il avait fallu 50 milliards de dollars pour plonger l'Ukraine dans un tel chaos. En outre, comment pouvons-nous soutenir des gens qui ont des conceptions nazies ? Les événements qui ont lieu dans le monde prouvent que les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme.

Lire aussi : Non, ce n’est pas parce qu’il est ami avec Vladimir Poutine qu’Emir Kusturica ne sera pas à Cannes

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A Istres, Emmanuel Macron veut sauver les meubles après la démission du général de Villiers

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #L'armée française

A Istres, Emmanuel Macron veut sauver les meubles après la démission du général de Villiers

- Avec AFP

A Istres, Emmanuel Macron veut sauver les meubles après la démission du général de Villiers © Jean-Paul Pelissier Source: Reuters

Au lendemain de la démission fracassante du chef d'état-major des armées, Emmanuel Macron s'est évertué à reconquérir le cœur et les esprits des militaires, multipliant les hommages et les assurances budgétaires.

Emmanuel Macron est arrivé dans la matinée du 20 juillet à la base aérienne 125 d'Istres (Bouches-du-Rhône), accompagné du nouveau chef d'état-major François Lecointre. Après la démission du chef d'état-major des armées, le 19 juillet, le président a multiplié les hommages aux militaires.  

Je ne laisserai personne dire que des choix budgétaires se font aux dépens de votre sécurité. C'est faux. J'en serai le garant

«Votre engagement, l'engagement de l'armée de l'air comme celui de toutes les armées est nécessaire et je le respecte profondément, [...] je sais ce que la Nation vous doit», a insisté Emmanuel Macron, assurant les militaires de sa «profonde estime» et de sa «confiance».

«Je veux que vous ayez les moyens de vos missions», a déclaré le chef de l’Etat dans son discours. Le président de la République a réaffirmé par ailleurs que le budget de la Défense serait porté à 34,2 milliards d'euros en 2018, précisant qu'aucun budget autre que celui des armées ne serait augmenté cette année-là. Un argument de poids censé rassurer les militaires inquiets de la situation budgétaire de la Défense.

Emmanuel Macron a également réaffirmé sa volonté de porter l'effort de défense à 2% du PIB d'ici à 2025, une de ses promesses phares durant la campagne présidentielle.

«Le ministère des Armées n'est pas un ministère comme les autres parce que des vies sont engagées au quotidien», a-t-il encore observé avant d'ajouter : «Je ne laisserai personne dire que des choix budgétaires se font aux dépens de votre sécurité. C'est faux. J'en serai le garant.»

Lire aussi : Le plan d'économies drastique du gouvernement suscite inquiétude et interrogation dans l'opposition

Le chef de l'Etat a également fait savoir qu'en 2017, le montant de la loi de finances initiale serait respecté. S'il y a une «contribution des armées à la solidarité nationale», [à hauteur de 850 millions d'euros], ces décisions de gestion n'auront, selon le président «aucun impact, ni sur la stratégie, ni sur les capacités, ni sur l'effort de défense».

Emmanuel Macron a récemment annoncé d'importantes coupes budgétaires à hauteur de 850 millions d'euros imposées à la Défense.

En désaccord avec le chef de l’Etat sur ces coupes budgétaires, le général Pierre de Villiers a démissionné le 19 juillet de son poste de chef d'état-major des armées, un geste sans précédent sous la Ve République qui a marqué la première crise ouverte du quinquennat d'Emmanuel Macron.

«Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français», a déclaré le général dans un communiqué. Il s'était auparavant exprimé à huis clos à l'Assemblée nationale, où il avait assuré que la situation n'était «pas tenable».

Lire aussi : «Merci» : l'Armée rend un hommage émouvant à Pierre de Villiers lors de son départ (VIDEOS)

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Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine. Jacques Pauwels

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #De Gaulle

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine. Jacques Pauwels

Dans deux de ses livres, Le choix de la Défaite : les élites françaises dans les années 1930 et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République 1938-1940 (Paris, Armand Colin, 2010 et 2008), Annie Lacroix-Riz, spécialiste d’histoire contemporaine et professeur à l’université Paris 7, a expliqué comment, dans les années trente, l’élite de la société française – politiciens, militaires de haut rang, industriels, banquiers, le haut clergé, etc. – a voulu et planifié l’ « étrange défaite » de 1940. C’est par le biais de cette trahison que l’élite put triompher de l’« ennemi intérieur » gauchiste, empêcher d’autres réformes politiques et surtout sociales comme celles introduites par le Front Populaire, et éliminer le système, trop démocratique à son goût, de la 3e République en faveur du régime autoritaire et collaborateur de Vichy. Ce régime choya tous les éléments de l’élite du pays, mais surtout le patronat, et tandis qu’il fut un paradis pour celui-ci, il fut un enfer pour les salariés, et pour le peuple français en général ; Annie Lacroix-Riz l’a bien démontré dans un autre ouvrage, Industriels et banquiers sous l’Occupation (Armand Colin, Paris, 2013). Or, dans une toute nouvelle étude, Les Élites françaises entre 1940 et 1944 (Armand Colin, Paris, 2016), l’historienne se penche sur un autre aspect de la saga de la couche supérieure de la société française des années trente et quarante : leur passage de la tutelle allemande à la tutelle américaine.

Les défaites subies par la Wehrmacht devant Moscou (fin 1941) et surtout Stalingrad (hiver 1942-1943) ainsi que l’entrée en guerre des États-Unis et le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (novembre 1942) firent comprendre à l’élite française que l’Allemagne perdrait la guerre et que l’inévitable victoire soviétique impliquerait fort probablement pour la France le triomphe de la Résistance, « majoritairement ouvrière et communiste », et par conséquent une épuration des collaborateurs et des changements révolutionnaires. Afin d’éviter un tel scénario, catastrophique pour eux-mêmes et pour leur ordre socio-économique, la majorité des politiciens, militaires, industriels, banquiers, et autres « gens très bien », responsables directement ou indirectement pour la trahison de 1940 et la politique collaboratrice, répressive et même meurtrière de Vichy, commencèrent à se dissocier discrètement de la tutelle allemande et à préparer un « avenir américain ». Ils espéraient que l’occupation allemande de la France serait suivie par une occupation américaine, ce qui éviterait des « désordres », mot de passe pour les changements révolutionnaires associés avec la Résistance; et dans le contexte d’une Pax Americana engendrée par une victoire américaine leurs péchés pro-nazis seraient pardonnés et oubliés, leur permettant de conserver les privilèges traditionnels et nouveaux dont ils avaient joui grâce à Vichy. Sous les auspices du nouveau tuteur américain, la France serait un « Vichy sans Vichy ».

Il était possible de rêver à tout cela parce que les leaders américains détestaient également l’idée que, après le départ des Allemands, les Résistants communistes et autres puissent prendre le pouvoir en France, y provoquer des « mutations [politiques et socio-économiques] profondes » et ouvrir la porte à l’influence soviétique. À Washington on n’avait rien contre le régime de Vichy, avec lequel on maintenait jusqu’en janvier 1943 de bonnes relations diplomatiques ; et les autorités étatsuniennes, Roosevelt en tête, espéraient longtemps que dans l’après-guerre Pétain ou un des autres dirigeants vichyssois pas trop souillés par leur germanophilie – comme Weygand ou Darlan – resterait au pouvoir en France, peut-être après un léger « replâtrage parlementaire » du système vichyssois. « L’avenir américain » fut préparé dans des négociations en Afrique du Nord, où les É.-U. avaient plusieurs consulats, en Espagne et en Suisse, où Berne fut le pied-à-terre de l’agent secret étatsunien Allen Dulles, qui y « veillait à l’avenir de la France » et de l’Europe en général.

Les Allemands étaient à la hauteur mais toléraient ces initiatives parce que l’élite du Reich préparait son propre « avenir américain », ce qui impliquait des industriels et banquiers allemands avec de bons contacts américains – y compris Dulles – et même des chefs de la SS/Gestapo. Afin de permettre à quelques-uns des plus fermes suppôts du nazisme au sein de de l’élite allemande, par exemple le banquier Hjalmar Schacht, de se poser en « résistants » quand le régime nazi s’écroulerait, on les enferma dans des camps de concentration comme Dachau, où ils étaient « entièrement séparés de la masse des détenus du camp proprement dit » et bien traités. De façon similaire, les autorités allemandes en France eurent la gentillesse d’arrêter de nombreux « collaborationnistes de premier plan » et de les « déporter » vers le Reich pour y attendre la fin de la guerre dans un confortable lieu de « détention d’honneur », par exemple des hôtels à Bad Godesberg et au Tyrol. Cette expérience devait servir de « brevet de ‘résistance’ » à ces personnages, leur permettant de poser en héros patriotiques à leur retour en France en 1945.

Tandis qu’à l’occasion du choix du tuteur allemand comme « protecteur des coffre-forts » en 1940, « un chef français compatible avec le guide allemand » se tenait déjà prêt dans les coulisses, à savoir Pétain, la sélection d’un chef français compatible avec le nouveau guide américain était nettement moins facile. Le tandem de l’élite française et les autorités américaines détestaient celui qui apparaît aujourd’hui comme un choix manifeste, à savoir Charles de Gaulle, le chef des « Français libres ». La raison ? Ils le regardaient comme un « fourrier du bolchevisme », « un simple tremplin vers le pouvoir des communistes ». Ce n’est que très tard, à savoir le 23 octobre 1944, donc plusieurs mois après le débarquement en Normandie et le début de la libération du pays, que de Gaulle fut reconnu officiellement par Washington comme chef du Gouvernement provisoire de la République française. La chose devint possible à cause de plusieurs facteurs. Primo, les Américains ont fini par se rendre compte que le peuple français ne tolérerait pas qu’après le départ des Allemands « le tout-Vichy [fût] maintenu en place ». Ils ont compris que, inversement, de Gaulle bénéficiait d’une grande popularité et du soutien d’un grande partie de la Résistance. Par conséquent, ils avaient besoin de lui pour « neutraliser les communistes au lendemain des hostilités ». Secundo, de Gaulle négocia auprès de Roosevelt afin d’adopter une politique « normale », ne menaçant aucunement « le statu-quo socio-économique » ; et il donna des gages en « repêchant » de nombreux collaborateurs vichyssois qui avaient été les favoris des Américains.  Tertio, le chef des « Français libres » avait pris ses distances avec l’Union Soviétique. C’est ainsi que le gaullisme s’est « respectabilisé » et que de Gaulle est devenu « un leader de la droite », acceptable à élite française aussi bien qu’aux Américains, les successeurs des Allemands dans le rôle de « protecteurs » des intérêts de cette élite. Or, du point de vue des nouveaux vrais maîtres de la France – et de la plupart du reste de l’Europe – il fut et resta une sorte de « rebelle » qui continua longtemps à leur causer des ennuis.

Les Élites françaises entre 1940 et 1944 est une étude surprenante, fascinante, rigoureusement et minutieusement documentée, comme les autres livres d’Annie Lacroix-Riz. De ceux-ci, il faut encore mentionner Aux origines du carcan européen (1900-1960) : La France sous influence allemande et américaine (Paris, Éditions Delga, 2014). On peut y apprendre comment, à la suite de la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont su consolider leur domination politique et économique de l’Europe occidentale par le biais de la création d’institutions européennes. Et ils l’ont fait en collaboration avec des élites françaises, allemandes et autres – y compris des collaborateurs vichyssois « recyclés » tels que Jean Monnet. Dans ce contexte aussi, leur ancien antagoniste, de Gaulle, leur a causé quelques ennuis.

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“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (2/2). Par Robert Charvin

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #De Gaulle

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (2/2)

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (2/2). Par Robert Charvin

…Cette justice, surtout après 1947, avait pour mission de rompre avec le pouvoir résistant, et surtout de dissocier les différentes tendances de la Résistance, tout comme les préfets s’opposaient aux commémorations des associations d’anciens résistants et à l’édification de monuments souvenir (par exemple à Monceau les Mines en 1949). Le caractère des procédures ouvertes contre les anciens résistants apparaissait d’autant plus « décalé » que diverses lois d’amnistie précitées avaient déjà été votées au bénéfice des collaborateurs et que des officiers allemands précédemment condamnés à mort par contumace étaient acquittés.

 

Les résistants poursuivis étaient le plus souvent d’anciens Francs-Tireurs et Partisans, plus ou moins isolés du parti communiste auquel ils avaient appartenu et qui n’étaient donc pas en mesure de bénéficier d’un soutien conséquent. Le PCF avait procédé après la Libération à l’exclusion de certains résistants, au nom de « l’anti-titisme », souvent aussi parce qu’ils étaient simplement des militants « incontrôlables » se refusant à la discipline politique imposée parfois en raison de la contestation de certains dirigeants, comme J. Duclos, dont les positions durant la guerre n’avaient pas été claires.

Lorsque ces ex-résistants étaient suspectés par la justice d’affaires relevant du droit commun (par exemple, d’actes de pillages dans les maquis), le parti préférait prendre ses distances pour échapper au discrédit, dans une période de haute tension politique.

Si les cas sont nombreux, seuls sont encore connus, un demi-siècle plus tard, ceux qui ont fait l’objet d’études universitaires, à partir des archives locales. On peut citer, par exemple, le cas d’Émile Philippot, des FTP de l’Yonne, dont toute la famille est engagée dans la Résistance. Il est chargé des réquisitions pour le ravitaillement des partisans. Il dynamite des trains de marchandises et procède à l’exécution d’une informatrice de la Gestapo.

Arrêté par les Allemands pour « terrorisme », il est condamné par la Cour Spéciale de Dijon à perpétuité puis remis aux Allemands. Rien d’étonnant : « L’État Français » qui collaborait avec le Reich assimilait tous les résistants à des « terroristes », agents de Moscou, « siège d’une politique impérialiste renouvelée de la politique nationaliste des Tsars ».

Cette Résistance n’était qu’un « moyen de préparer une invasion issue des tendances ataviques à la marche vers l’ouest, […] tout en se ménageant des partisans, […] traîtres à leurs pays », […] » et « prêts à se sacrifier au nationalisme russe aux dépens du nationalisme français ». Philippot est libéré en septembre 1944, alors qu’il était incarcéré dans les locaux de la Gestapo, gravement malade. Dès 1945, il est à nouveau incarcéré en tant que « faux » résistant, et condamné pour vols et recels, c’est-à-dire pour les réquisitions qu’il avait pratiquées pour ravitailler son maquis. Un témoin de la défense dénoncera cette accusation mettant sur le même plan « des kilos de lard récupérés et les cadavres des fusillés et déportés » !

Condamné à 5 ans de réclusion en 1948, en pleine crise du blocus de Berlin Ouest, et des grandes grèves en France, il sera gracié par le Chef de l’État en 1949. De nombreuses autres affaires, de même nature, se sont produites, dans un climat d’acharnement judiciaire : certains magistrats, impliqués dans la répression vichystes, prenaient leur revanche.

On peut citer encore le cas de Francis Flamand, responsable d’un groupe de résistants de Bresse du Nord, dont le chef de corps était le capitaine Otcharenko, officier de l’Armée Rouge, prisonnier évadé et rallié au maquis français. Il est accusé de pillage et d’exécution d’agents de la Gestapo, sans aucune considération des conditions de guerre. Toutefois, la procédure fut suspendue définitivement.

Robert Serant, jeune communiste né en 1925, condamné le 18 juillet 1941 pour ses premiers actes de résistance, FTP à 17 ans, arrêté à nouveau, déporté, il s’évade en 1945 et rejoint la Première Armée française. Mais en 1946, il est poursuivi par la Cour de Justice de Dijon pour « dénonciation » par un parquetier, proche de Vichy. Il est condamné à 3 ans de prison. En 1946, il est à nouveau poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dijon pour attentats contre des collaborateurs. Il sera libéré en 1948.

L’affaire qui a eu le plus de retentissement est celle de Guingouin, chef FTP, dans le Limousin39, devenu le Maire de Limoges à la Libération. En rupture avec la direction nationale du PCF40, Georges Guingouin, qui pendant 4 ans défia la police de Vichy, la milice et les SS, s’est fait arrêter 9 ans après la Libération, en été 1953, dans le bureau d’un juge (qui poursuivait déjà une instruction contre lui durant la guerre). Pourtant, la loi d’amnistie du 6 août 1953 s’appliquait à tous les crimes commis par des résistants entre 1940 et janvier 1946, en tant qu’actes de guerre. L’affaire Guingouin officiellement relevait du droit commun !

Au plan politique, ce sont les Socialistes de la SFIO qui sont les plus actifs contre les « crimes qui déshonorent la Résistance ». Pour eux, l’objectif est de discréditer les communistes, sans réelle préoccupation de l’image de la Résistance. Guingouin, l’ancien maire de Limoges, condamné à 20 ans de travaux forcés pour « crime de guerre » (il s’agissait de l’exécution par les FTP de personnes suspectées de collaboration avec la police allemande), a purgé 4 ans de prison, malgré une absence presque totale de charge.

Refusant l’amnistie, Guingouin réclame la révision de son procès. Une campagne nationale de solidarité s’est alors développée (avec Claude Bourdet, J. Debu-Bridel, Léo Hamon, Jean Rous, J.M. Domenach, F. Mauriac, etc.). Son avocat est Roland Dumas.

De Gaulle lui-même lui manifeste son soutien : « Je n’ai pas oublié que Guingouin fut un combattant de la liberté et qu’il a maintes fois risqué sa vie pour la France » (message du 14 avril 1955). En 1959, enfin, c’est le Parquet lui-même chargé de l’accusation, qui prononce une véritable plaidoirie en faveur de Guingouin. C’est le non-lieu. La Ligue des droits de l’homme a même demandé l’ouverture d’une information judiciaire contre les responsables des poursuites et contre les personnels de la prison de Brive où Guingouin a failli être assassiné.

Dans les grands journaux français, en particulier Le Figaro (26-27 décembre 1953), on évoquait les « centaines de crimes commis dans les maquis limousins ». Un journal allemand comparait le Limousin à Katyn (Deutsche Soldaten Zeitung). On médiatisait à outrance « la terreur rouge » qui régnait dans le Limousin et « l’imposture » du résistancialisme. Le Président de la République R. Coty, élu, était un ancien parlementaire ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 : le climat est propice à une campagne nationale de dénigrement de la Résistance. Elle est utile à la politique de soutien au réarmement de l’Allemagne, qui a besoin de l’oubli des crimes du nazisme.

Un procès à Bordeaux de janvier-février 1953 jugeait 21 des SS ayant participé au massacre d’Oradour. Le 20 février 1953, le Parlement réuni en urgence vota par 319 voix contre 211, une loi d’amnistie exceptionnelle entraînant leur libération immédiate. Le Général Lammerding, chef de la division « Das Reich » ne fut pas extradé par les Britanniques qui contrôlaient la région de Düsseldorf. Les « exigences » de la guerre froide se substituent à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Avec l’affaire Guingouin, il n’y a plus un seul acte de guerre accompli par la Résistance qui ne puisse être remis en question. Il s’agit de juger en temps de paix des actes n’ayant de signification qu’en temps de guerre, mais qualifiés de crimes de droit commun !

 

Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : Le Procès de la résistance)

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“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2). Par Robert Charvin

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation .

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2)

“La mémoire de la Résistance était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli” (1/2). Par Robert Charvin

La méconnaissance de la Résistance en Occident est aujourd’hui quasi-totale. Il s’est agi, non seulement de réhabiliter un passé trop souvent jugé, aux yeux des milieux les plus conservateurs, honteux parce qu’antinational, mais aussi de discréditer ceux qui avaient été reconnus comme « héros de la Résistance ». Un long travail de sape a été mené durant des décennies en France, particulièrement après les premières lois d’amnistie de 1947 et 1951 effaçant les condamnations pour faits de collaboration.

 

Tout a été entrepris pour que la Résistance (communiste notamment) ne soit plus perçue comme patriotique, mais seulement comme subversive, préparant la Révolution sociale, tout comme le combat de la Russie était dénoncé comme la préparation de la révolution communiste dans toute l’Europe. Ceux qui avaient bradé la Nation faisaient ainsi sans retenue le procès du « faux » patriotisme de la Résistance.

La Résistance française a été ainsi « dénationalisée » par l’accusation de n’avoir débuté qu’avec l’agression allemande contre la Russie en 1941. Malgré son unité durant la guerre jusqu’à la Libération, tout a été fait pour faire imploser la Résistance, dissociant les communistes des non communistes, la seule « authentique » étant celle des Gaullistes.

Les seules personnalités – peu nombreuses – issues de l’élite traditionnelle, ralliées à la Résistance, furent tolérées. Le peuple de la Résistance, essentiellement composé de communistes et de citoyens anonymes, subit une propagande destructrice. La clandestinité avait entraîné de nombreux problèmes, tels ceux, par exemple, du ravitaillement et de l’équipement des maquis. Ils étaient parfois contraints de pratiquer des réquisitions sur l’habitant, source de mécontentement de certaines populations. Les dénonciations n’étaient pas rares ; les trahisons de quelques- uns menaçaient des réseaux entiers.

La torture, les déportations et les exécutions sommaires frappaient les résistants faits prisonniers, particulièrement les communistes jugés « irrécupérables ». Selon l’historien peu contesté H. Michel, la Résistance française eut au moins 20.000 fusillés et sur ses 115.000 déportés, 40.000 seulement revinrent. Cette violence subie provoquait une violence en retour contre les collaborateurs avérés mais aussi contre de simples suspects.

La justice expéditive et sommaire à l’encontre des amis de l’ennemi n’excluait évidemment pas les erreurs et les injustices. Dès lors que l’ordre traditionnel a été rétabli et que la Résistance ne fut plus qu’un souvenir, assimilé au désordre et à une révolution avortée, des opérations visant à son discrédit se sont multipliées. L’une des voies empruntées est celle du judiciaire, les tribunaux étant chargés, totalement éloignés du contexte de guerre, de juger de la légalité des actes d’une Résistance condamnée à l’illégalité par des occupants et leurs collaborateurs locaux.

 

« Ceux qui étaient jusque-là considérés comme des héros locaux
furent l’objet de poursuites judiciaires »

 

En France, par exemple, quelques années seulement après la victoire des Alliés, la justice pénale s’est saisie d’un certain nombre d’affaires mettant en cause quelques résistants dans le but de discréditer toute la Résistance, dont la mémoire était considérée comme une menace pour l’ordre traditionnel rétabli, alors qu’il était jugé nécessaire de renoncer à l’indépendance nationale vis- à-vis des États-Unis et de faire endurer l’Histoire à la population comme une fatalité excluant tout volontarisme politique. La guerre froide, comme dans d’autres pays de l’Europe occidentale – surtout après 1947 – a conduit à multiplier les procès d’anciens résistants pour des faits de guerre.

Ceux qui étaient jusque-là considérés comme des héros locaux en raison de leur engagement durant la Seconde Guerre mondiale furent l’objet de poursuites judiciaires pour des affaires liées à la vie difficile des maquis : réquisitions, exécution sommaire de dénonciateurs ou de suspects de trahison. Dans tous les maquis, les deux questions majeures étaient en effet la sécurité et le ravitaillement. La seule façon de limiter les dénonciations potentielles était de faire exemple en éliminant les suspects.

Ces procès s’inscrivaient dans la continuité de la répression « Vichyste » : c’était la même police qui arrêtait, les juges qui poursuivaient les anciens résistants étaient les mêmes, qui lors de la Libération, avaient échappé à l’épuration, c’est-à-dire la quasi-totalité du corps de la police et de la magistrature et qui fonctionnaient dans le même esprit après la guerre comme durant son déroulement…

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Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : Le Procès de la résistance)

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« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus ». Par Robert Charvin.

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus »

« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus ». Par Robert Charvin.

Comme les vainqueurs de la Commune de Paris, les vainqueurs de la « guerre froide » ne se contentent pas de la répression (dans la France de 1871) ni du démembrement (de l’URSS dans les années 1990) ; ils ont besoin de la diabolisation des vaincus.

 

Pour Bismark et les « républicains » conservateurs français, les Communards n’étaient que des délinquants de droit commun qu’il fallait traiter comme tels en en tuant le souvenir. Quant à la révolution en Russie, elle n’était qu’une manifestation supplémentaire de son retard culturel qu’il s’agissait d’associer au mépris antirusse traditionnel.

Dans les deux cas, il s’agissait de l’élimination d’une soudaine irruption de la barbarie au sein de la civilisation. La « preuve » de cette théorie est l’analogie des méthodes répressives, c’est-à-dire la violation des droits de l’homme : l’exécution des otages dont l’Archevêque de Paris et le vandalisme des Communards ; les crimes du bolchevisme dont l’exécution de Nicolas II et la brutalité du stalinisme en Russie.
 
La diabolisation de la Russie post-soviétique passe par l’accusation portée contre elle de violation des principes démocratiques : cette violation est dans la « nature » même de la société russe. Elle est « incorrigible ».  En réalité, ce dont on fait le procès et ce qui est en cause, c’est la réaffirmation par les autorités russes de la souveraineté de la Russie et la renaissance de sa puissance, réduisant la marge de manœuvre du monde occidental. Les campagnes antirusses (comme antichinoises) résultent de l’irritation suscitée par le fait que d’immenses territoires échappent à l’influence politique américaine et ouest-européenne, limitant le déploiement des intérêts occidentaux. C’est un immense « manque à gagner » pour l’Occident.
 
Il est évident que le savoir historique progresse par « une révision perpétuelle des contenus par approfondissement et rature ». Au contraire, l’attitude vis-à-vis de la Russie est la répétition permanente d’une approche permanente et systématique : il est répété sans cesse que « rien n’est plus étranger à la tradition culturelle au monde russe que les valeurs de la démocratie libérale, que l’idée de contrat social et de souveraineté populaire, fondements du monde occidental ».

Ce qui régnerait en Russie aujourd’hui comme hier c’est « la paranoïa collective, le complexe de l’assiégé », la conviction qu’une « conspiration universelle menace ». Le constat que tout est entrepris en Occident pour provoquer par des ingérences multiformes, en premier lieu celle de l’argent distribué et des médias mobilisés, la désagrégation du monde russe, le fait de multiplier les bases militaires de l’OTAN enserrant la Russie pourtant « post-soviétique », les diverses restrictions commerciales prises à son encontre, ne sont pas pris en considération. La Russie serait atteinte d’une pathologie historique sans remède qu’il convient de dénoncer sans trêve.
 
Les juristes occidentaux sont à l’avant-garde de cette agression idéologique et fournissent les outils théoriques aux campagnes médiatiques. Ils inventent, au mépris du principe de l’égale souveraineté des États, membres des Nations Unies, pourtant toujours en vigueur dans la Charte, celui « d’État non démocratique » qui n’aurait pas les mêmes droits que les autres dans l’ordre international. La définition occidentale de la démocratie se résumant à des élections « libres » et répétitives serait intégrée à la légalité internationale, c’est-à-dire au droit des « nations civilisées », comme au XIXème siècle.
 
Il est à noter que ces « élections libres », sources de toutes les interprétations, peuvent être récusées a posteriori dès lors qu’elles sont considérées comme « insuffisamment libres » (en Côte d’Ivoire, par exemple) ou lorsqu’elles ne débouchent pas sur la pratique politique souhaitée (comme en Ukraine).
 
Le droit international perdrait ainsi son universalité de la fin du XXème siècle : tous les États ne sont pas éligibles au « nouveau » droit international. Ainsi la démocratie n’est plus une affaire intérieure et les interventions « pro-démocratiques », c’est-à- dire « pro-occidentales » seraient légitimes. La « démocratie » est ainsi devenue (après la notion de « civilisation » de l’époque coloniale) un moyen pour les puissances occidentales de « réinterpréter » les règles de la coexistence pacifique entre tous les États prévues dans la Charte des Nations Unies.

L’ingérence (malgré le principe qui l’interdit) et même le recours à la force (malgré la disparition pour les États du droit de guerre) tendent à devenir une pratique que les puissances occidentales s’autorisent. Parfois, c’est dans le cadre des Nations Unies : elles procèdent à des interprétations extensives et de mauvaise foi des résolutions votées par le Conseil de Sécurité.
 
Il en a été ainsi, par exemple, dans le cas de la Libye. Une simple interdiction de survol du territoire par l’aviation libyenne au nom du « devoir de protéger les populations civiles » a permis à l’OTAN une intervention armée terrestre, maritime et aérienne à l’origine de plusieurs dizaines de milliers de victimes et à l’issue de huit mois de conflits armés, à la liquidation du régime libyen et à l’exécution de son chef.

Il en a été de même pour la Côte d’Ivoire, à l’initiative de la France, avec la caution des Nations Unies, au nom de la « démocratie élective » et de la « protection des civils », où le recours à la force armée a conduit à l’élimination du Président Gbagbo et à son transfert devant la Cour Pénale Internationale.

Extrait du livre “Faut-il détester la Russie ?” (Chapitre : La Russie perçue par l’Occident)

 


Retrouvez le livre de Robert Charvin,
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« Les vainqueurs de la “guerre froide” ont besoin de la diabolisation des vaincus ». Par Robert Charvin.

Quels intérêts sert la campagne actuelle de diabolisation de la Russie ?
D’où vient ce courant de révisionnisme historique qui minimise la contribution de l’URSS à la victoire des Alliés pendant la  Seconde Guerre mondiale et qui tend à assimiler le communisme au nazisme ?  Ce livre original nous met en garde : une certaine propagande médiatique peut nous mener tout droit vers une nouvelle guerre froide. Pas si froide ?

 

Avec une préface originale de Michel Collon

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Chateaubriand et la nécessaire alliance franco-russe. Par Nicolas Bonnal

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #De Gaulle

Chateaubriand et la nécessaire alliance franco-russe. Par Nicolas Bonnal
Nicolas Bonnal
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Chateaubriand était un ami de la Russie comme le tsar Alexandre 1er fut un ami de la France, même celle de Napoléon.

En 1814, Alexandre écrivit une émouvante lettre au peuple de Paris avant d'occuper cette ville. Il produisit alors ce discours généreux écrit dans un français d'exception, qui était celui de la belle élite russe d'alors:

Les Français sont mes amis, et je veux leur prouver que je viens leur rendre le bien pour le mal. Napoléon est mon seul ennemi. Je promets ma protection spéciale à la ville de Paris; je protégerai, je conserverai tous les établissements publics; je n'y ferai séjourner que des troupes d'élite; je conserverai votre garde nationale, qui est composée de l'élite de vos citoyens. C'est à vous d'assurer votre bonheur à venir; il faut vous donner un gouvernement qui vous procure le repos et qui le procure à l'Europe. C'est à vous à émettre votre vœu: vous me trouverez toujours prêt à seconder vos efforts. "

Paris est donc occupée. Et sur l'occupation de cette capitale par les troupes russes en 1814, après l'abdication de Napoléon, mais avant les Cent Jours, voici ce qu'écrit Chateaubriand:

Toutefois cette première invasion des alliés est demeurée sans exemple dans les annales du monde: l'ordre, la paix et la modération régnèrent partout; les boutiques se rouvrirent; des soldats russes de la garde, hauts de six pieds, étaient pilotés à travers les rues par de petits polissons français qui se moquaient d'eux, comme des pantins et des masques du carnaval. Les vaincus pouvaient être pris pour les vainqueurs; ceux-ci, tremblant de leurs succès, avaient l'air d'en demander excuse. (*)

Cela nous change un peu du mercenaire américain à Bagdad!

On sait que Chateaubriand devint un excellent ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII après la guerre; puis il entra dans l'opposition et demeura le témoin lucide son temps, après la prise du pouvoir de Louis-Philippe qui entame la longue et surtout infatigable décadence française, dont des présidents comme Charles de Gaulle ou Valéry Giscard d'Estaing prirent conscience.

C'est dans une lettre très riche qu'il joint à ses Mémoires (**), que Chateaubriand commence à soutenir l'idée d'une alliance franco-russe contre les intérêts de l'Autriche et de l'Angleterre. A cette époque le tzar est Nicolas; il désire reprendre Constantinople et défendre les chrétiens d'Orient. Chateaubriand souligne déjà l'hypocrisie antirusse et la trahison occidentale en faveur des puissances islamiques:

Une attaque de l'Autriche et de l'Angleterre contre la Croix en faveur du Croissant augmenterait en Russie la popularité d'une guerre déjà nationale et religieuse.

L'Angleterre… alors qu'il a été réfugié — pendant la Terreur — puis ambassadeur à Londres, Chateaubriand remarque ce qui suit:

L'Angleterre, d'ailleurs, a toujours fait bon marché des rois et de la liberté des peuples; elle est toujours prête à sacrifier sans remords monarchie ou république à ses intérêts particuliers. Naguère encore, elle proclamait l'indépendance des colonies espagnoles, en même temps qu'elle refusait de reconnaître celle de la Grèce… L'Angleterre est vouée tour à tour au despotisme ou à la démocratie selon le vent qui amenait dans ses ports les vaisseaux des marchands de la cité.

Cette diplomatie des coups tordus annonce bien sûr la diplomatie américaine qui mêle le libéralisme le plus rapace au plus violent messianisme humanitaire, quitte à plonger des populations entières dans un chaos durable. Chateaubriand ajoute sur ce dernier point, au moment de la révolution de juillet 1830:

« Ces Anglais qui vivent à l'abri dans leur île, vont porter les révolutions chez les autres; vous les trouvez mêlés dans les quatre parties du monde à des querelles qui ne les regardent pas: pour vendre une pièce de calicot, peu leur importe de plonger une nation dans toutes les calamités. »

Comme l'Amérique d'aujourd'hui, l'Angleterre épuisée par sa guerre perpétuelle contre la France est d'ailleurs très endettée!

« L'Autriche n'a rien à demander à l'Angleterre; celle-ci à son tour n'est bonne à l'Autriche que pour lui fournir de l'argent. Or, l'Angleterre, écrasée sous le poids de sa dette, n'a plus d'argent à prêter à personne. »

Alors Chateaubriand se prend à rêver de l'Alliance franco-russe qui sera réalisée au début des années 1890 entre le cabinet français et le tzar Alexandre III, le parrain de Sacha Guitry. Il en trouve tout de suite les causes si naturelles et culturelles, à la fois donc littéraires, historiques et… géographiques:

" Il y a sympathie entre la Russie et la France; la dernière a presque civilisé la première dans les classes élevées de la société; elle lui a donné sa langue et ses mœurs. Placées aux deux extrémités de l'Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs frontières, elles n'ont point de champ de bataille où elles puissent se rencontrer; elles n'ont aucune rivalité de commerce, et les ennemis naturels de la Russie (les Anglais et les Autrichiens) sont aussi les ennemis naturels de la France.

Il voit tout de suite que la France et la Russie peuvent contrôler l'Europe, comme Napoléon l'avait compris à Tilsitt en 1807, lorsqu'il rêvait d'un « partage du monde » franco-russe:

« En temps de paix, que le cabinet des Tuileries reste l'allié du cabinet de Saint-Pétersbourg, et rien ne peut bouger en Europe. En temps de guerre, l'union des deux cabinets dictera des lois au monde. »

Enfin Chateaubriand propose à la diplomatie française de soutenir la Russie dans l'affaire orientale et de s'adresser ainsi au tzar:

« Nous pouvons tenir ce langage à Nicolas:" Vos ennemis nous sollicitent; nous préférons la paix à la guerre, nous désirons garder la neutralité. Mais enfin si vous ne pouvez vider vos différends avec la Porte (Istanbul) que par les armes, si vous voulez aller à Constantinople, entrez avec les puissances chrétiennes dans un partage équitable de la Turquie européenne. »

Et de juger ainsi les intérêts des deux grandes nations alliées:

« J'ai fait voir assez que l'alliance de la France avec l'Angleterre et l'Autriche contre la Russie est une alliance de dupe, où nous ne trouverions que la perte de notre sang et de nos trésors. L'alliance de la Russie, au contraire, nous mettrait à même d'obtenir des établissements dans l'Archipel et de reculer nos frontières jusqu'aux bords du Rhin. »

On sait que de Gaulle était un lecteur de Chateaubriand, avec qui il partageait un certain pessimisme historique… De Gaulle d'ailleurs pensait que « la Russie boirait le communisme, comme le buvard boit l'encre ». Quant à la France, elle boirait souvent la « tasse », en 1919 comme en 1939 ou 56, en se mettant aux ordres des Anglo-Saxons!

Et Chateaubriand, soudain moins rêveur, sentait venir ce vent de trahison:

« Maintenant, mes projets ne sont plus réalisables: la Russie va se tourner ailleurs. »

Les grands esprits n'ont pas besoin de boule de cristal.



(*) Mémoires d'Outre-tombe, Tome 2, Livre XXII, chapitre 13)
(**) Mémoires, Tome III, livre XXIX, chapitre 13

 

https://fr.sputniknews.com/opinion/201507111016957660/

 

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