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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Syrie et rit encore , Rédigé par Observatus geopoliticus

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #ISIL

Syrie et rit encore

16 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

L'Idlibistan (1) alterne comme à l'accoutumée entre flambées de violence inter-barbues et cessez-le-feu précaires. Après deux semaines de combats, Ahrar al-Cham et Hayat Tahrir al-Cham (= Al Qaeda) viennent de conclure une trêve et promettent pour la énième fois de lancer une offensive contre l'armée syrienne. Peu vraisemblable étant donné que le parrain turc d'Ahrar semble prendre son rôle de faiseur de paix au sérieux à Astana et est le garant de la zone de désescalade d'Idlib.

Quelques minutes après l'annonce, une bombe explosait en plein Idlib, soit à la suite d'un nouveau règlement de compte, soit le fait de cellules dormantes de l'EI. Car depuis quelques temps, la grande affaire d'Al Qaida est - défense de rire - la chasse aux terroristes de Daech ! Ô ironie... La population locale, elle, commence sans doute à se lasser et plusieurs villages se rabibochent avec le gouvernement syrien via le centre de réconciliation mis en place par les Russes.

Les Turcs ont relativement calmé leurs ardeurs contre le canton kurde d'Afrin (2) même s'ils continuent à masser des troupes et que des échanges de joyeusetés obusières ont lieu régulièrement.

Comme prévu, les zones de désescalade (encore un maître coup du Kremlin) permettent aux loyalistes de concentrer leurs forces contre l'EI, soutenus par l'aviation. A l'est de Hama (3), le saillant daéchique continue à se faire grignoter même si le relief est tout sauf aisé (montagnes, canyons). Surprise, le fameux groupe paramilitaire pro-gouvernemental des Faucons du désert, supposé être le fer de lance de l'attaque sur ce front, s'est retiré de la bataille. Les raisons ne sont pas claires mais il semble que certains désaccords aient eu lieu avec les autres groupes loyalistes. Peut-être aussi que les photos des Faucons s'affichant fièrement avec les têtes tranchées des petits hommes en noir n'ont pas trop plu en haut lieu...

Au sud de Raqqa (4), les désormais légendaires Tiger Forces libèrent localité sur localité (sans mentionner les puits de pétrole) depuis une semaine et s'enfoncent peu à peu dans le coeur du territoire daéchique, vers Soukhna et Deir ez Zoor :

Soukhna justement. Les forces gouvernementales du front Palmyre (5) n'en sont plus qu'à quelques kilomètres. Après une courte pause, elles devraient très prochainement reprendre l'offensive pour tenter de libérer le dernier verrou sur la route de Deir ez Zoor.

Tout au sud, le long de la frontière irakienne (6), la situation est calme depuis quelques jours mais l'avance devrait bientôt reprendre. Il faut dire que de l'autre côté de la frontière, les Unités de Mobilisation Populaire irakiennes traînent un peu. Après la libération de Mossoul - au prix de destructions faisant passer Alep pour un jardin d'enfants -, où l'effort principal se portera-t-il : Hawija (7) ou la province d'Anbar et la frontière (8) ? Ou les deux ?

Le futur du corridor chiite et de l'accès de Téhéran à la Méditerranée en dépendent. Plus vite les troupes afflueront vers Anbar, plus large sera le corridor en question. On imagine la frénésie tendue dans les couloirs du pouvoir à Bagdad, véritable nid d'agents d'influence, où envoyés iraniens et américains se croisent sans se parler...

Jusqu'ici, les mouvements militaires décrits sont dans la continuité des évolutions récentes. Nous sommes toutefois en présence de deux fronts qui, eux, n'étaient pas du tout prévus et participent vraisemblablement de ce qui se trame à un plus haut niveau : le sud de la badia (9) et la Ghouta orientale de Damas (10).

La steppe syro-jordanienne est, on l'a vu à plusieurs reprises, l'un des points chauds du conflit. C'est à partir de là que l'empire pensait couper l'arc chiite, jusqu'au blitz royal des Syro-russes vers la frontière irakienne qui a pulvérisé les rêves américano-israélo-saoudiens. Après la rencontre Poutine-Trump, l'on a parlé d'un accord de cessez-le-feu "dans le sud", sans que soit bien précisé l'endroit.

Or l'armée syrienne a lancé il y a quelques jours une violente attaque contre les proxies US du territoire d'Al Tanaf sans aucune réaction américaine. Un délicieux kotel est sur le point de voir le jour dans sa partie occidentale :

Le Donald a-t-il vendu les mercenaires de cette zone en échange du cessez-le-feu autour de Deraa (11), près de la frontière de ses chers amis israéliens ? Pas impossible... Dans un article sur la Syrie et les Routes de la Soie - où il montre d'ailleurs que Pékin prépare déjà la reconstruction du pays -, le toujours excellent Pepe Escobar envisage même un troc cyclopéen entre Moscou et Washington : en échange d'une zone démilitarisée le long du Golan, avec éventuellement la présence de soldats de la paix américains, la reconnaissance officielle du rattachement de la Crimée à la Russie. L'avenir nous dira si ce scénario a quelque vraisemblance...

Revenons-en à nos petits rebelles de la poche d'Al Tanaf. Le lecteur se souvient du plan US pour faire quelque chose de ces combattants désormais inutiles :

Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière.

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Notre avertissement était prémonitoire... Les rebelles en question ont apparemment purement et simplement refusé d'être transbordés du côté du Rojava et de coopérer avec les Kurdes ! Encore un caillou dans la chaussure impériale...

Damas, enfin. La Ghouta orientale était sensée faire partie des quatre zones de désescalade mais la guerre n'y a jamais vraiment cessé, les loyalistes surfant sur l'extrême division des groupes djihadistes en guerre les uns contre les autres depuis des mois, reflétant d'ailleurs la scission du Conseil de Coopération du Golfe entre Saoudiens et Qataris. Et comme les Turcs n'ont plus de protégés dans la région, le sultan ne dit rien.

L'offensive a d'abord été lancée contre Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaeda n'est pas concernée par les accords) et son allié Faylaq Al-Rahman. Ces deux groupes auparavant soutenus par le Qatar sont désormais livrés à eux-mêmes et font face aux barbus de Jaish al-Islam, tendance Saoudie. Il y a deux jours, ce dernier a lancé un appel à l'union avec ses frères ennemis pour affronter l'armée syrienne (tentative d'unification de Riyad ?), mais on sait que ce genre de déclaration est rarement suivi d'effets.

Toujours est-il que les loyalistes avancent sur plusieurs axes (ici ou ici). Ils reçoivent des renforts (peut-être même bientôt une division démobilisée de Deraa puisque le cessez-le-feu semble y tenir) et l'apport de déserteurs qui leur donnent parfois de précieuses informations sur les tunnels et cachettes rebelles. Mais les combats sont âpres, sanglants. Le commandement syrien parle de 400 djihadistes tués depuis trois semaines, chiffre qu'il est impossible de vérifier. Une chose est sûre, c'est tout sauf une partie de plaisir.

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Pour une politique française en SYRIE indépendante et respectueuse du droit (Pétition adressée à Emmanuel Macron). Comité Valmy.

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit
Pétition adressée à Emmanuel Macron

samedi 15 juillet 2017, par Comité Valmy

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit

Monsieur le Président,

Vous avez déclaré que vous ne souhaitiez pas la destruction de l’Etat syrien et qu’avec vous au pouvoir, on en aurait fini avec les “néoconservateurs importés”. Plus récemment, au sortir du G20, vous avez de nouveau précisé votre détermination à œuvrer pour une sortie politique du conflit excluant le préalable d’une mise hors jeu de l’actuel Président de l’Etat syrien. Vous interrompez le soutien financier et logistique que la mandature précédente accordait à des forces combattantes terroristes qu’elle qualifiait de ‘modérées.’

 

Ce réalisme a été imposé par l’échec d’une politique d’ingérence illégitime et désastreuse. Le peuple syrien avec toutes ses composantes, en particulier une opposition authentique de l’intérieur, certes pas celle d’une poignée d’exilés exhibés à quelques occasions, s’est rangé derrière Bachar el Assad pour lutter contre la désintégration de sa nation. Avec l’aide de pays amis, il est en train de mettre fin à l’existence d’un Etat takfiriste.

Parmi ceux qui ont accueilli votre présidence avec scepticisme, beaucoup espèrent voir dans cette position une politique qui permettrait à la France d’entamer une diplomatie indépendante. Elle se déploierait fermement dans les intérêts conjoints des peuples de la région, martyrisés et décimés, et du peuple français qui n’en a récolté comme effet tangible que des attentats terroristes sur son territoire et l’instauration d’un Etat d’urgence sans cesse reconduit. Elle saurait rester insensible aux imprécations telles que celles développées dans une lettre ouverte à Libération (1). Ce véritable appel à la guerre cautionne la tentative de déstabilisation d’un Etat souverain au mépris de la loi internationale. Il se présente sous la forme d’un chantage moral habituel qui consiste à culpabiliser ceux qui refusent la guerre, en les accusant de faire de la France la « complice » des crimes imputés sans preuve au gouvernement syrien. Bien au contraire, des preuves irréfutables s’accumulent qui mettent en évidence la responsabilité des forces terroristes dans les différents événements chimiques qui ont émaillé la scénarisation d’une dictature sanguinaire qui assassine son peuple.

Nous sommes opposés à toute guerre d’ingérence franche comme celle qui a détruit la Libye et déstabilisé l’Afrique sub-sahélienne mais plus encore contre cette forme insidieuse d’agression menée par la France en Syrie à l’insu du peuple français. Aussi nous vous mettons en garde instamment contre la tentation de création de couloirs humanitaires, prétexte toujours invoqué pour établir une installation militaire étrangère dans un pays souverain.

Monsieur le Président,

Nous attendons de la part de votre gouvernement que la France réaffirme sa vocation d’indépendance et de respect du droit en matière de politique internationale, à savoir :


- Qu’elle s’oppose aux guerres visant à des « changements de régime », qui sont en réalité des guerres visant à la destruction d’États souverains qui n’agressent personne ;

- Qu’elle refuse de suivre les « diktats » de tous ceux, néoconservateurs ou « humanitaires » auto-proclamés, qui mèneraient à des guerres sans fin, illégales au regard du droit international ;

- Qu’elle fonde le prestige de la France sur sa capacité de compréhension et de médiation des conflits, ce qui est dans l’intérêt véritable des Français et des peuples du monde entier ;

Comme premier geste concret, nous vous demandons de lever les sanctions qui frappent le peuple syrien et de rétablir les relations diplomatiques avec l’Etat syrien. Cela permettrait au moins de coordonner les actions contre les takfiristes européens recrutés en Syrie et en voie de retour pour commettre des attentats.

(1) (http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_1581057) ;
Le drapeau syrien reconnu internationalement comporte deux étoiles vertes et une bande rouge contrairement à celui figurant sur cette pétition qui fut celui de la Syrie coloniale.

 

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

Premiers Signataires :

 Claude Beaulieu, président du Comité Valmy
 Badiaa Benjelloun, médecin, directrice de l’espace Maymana
 Ahmed Bensaada, enseignant, auteur et essayiste
 Joseph Berbery, retraité de l’enseignement, Canada
 Geneviève Blache, membre de la direction du Comité Valmy
 Jean Bricmont
 Vladimir Caller, journaliste, analyste politique
 Michel Collon, journaliste, écrivain, fondateur d’Investig’Action
 Comité Valmy
 Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale
 Bruno Drweski, enseignant-chercheur, historien, géopolitiste, ARAC
 Bernard Gerbier, professeur des Universités émérite
 Bruno Guigue, ex-sous-préfet de la République, analyste politique
 Youssef Hindi, écrivain, analyste politique
 Investig’Action
 Diana Johnstone, journaliste, écrivaine
 Claude Karnoouh, philosophe, anthropologue, retraité CNRS
 Jacques Kmieciak, journaliste
 Simone Lafleuriel-Zakri, professeur retraitée, écrivaine, historienne
 Jean Lévy, Comité Valmy (direction), ancien responsable CGT Banques
 Jacques Maillard, physicien, bureau national du Comité Valmy
 Alexandre Moumbaris, éditions Démocrite
 Marie-José Moumbaris, éditions Démocrite
 Majed Nehmé, journaliste franco-syrien, directeur de Afrique-Asie
 Jean-Pierre Page, syndicaliste, ancien dirigeant national CGT
 Maria Poumier
 Jean-Pierre Robert, administrateur du site Palestine-Solidarité
 Yves Vargas, Philosophe
 Jean-Michel Vernochet, journaliste
 Isabelle Voltaire, Comité Valmy (direction)
 Michel Raimbaud, ambassadeur de France (ret.), conférencier
 Francis Arzalier, historien
 Roger Akl
 Richard Labévière, rédacteur en chef du magazine en ligne prochemoyenorient.ch
 Claude Gaucherand, contre-amiral (2 S)
 Michel Debray, vice-amiral en 2e section
 Pierre Lévy, Rédacteur en Chef de Ruptures
 Hugues-Antoine Suin, diplomate à la retraite
 Hassan Hamdane, sociologue, professeur à l’Université libanaise, Beyrouth
 Ali Ibrahim, citoyen syrien, licencié es-littérature française
 Dominique Dionisi
 Guy Chayvialle
 Laurence Potier, Chef d’entreprises
 Hubert de Gevigny, contre-amiral (2 S)
 Charles Hoareau, président Association nationale des communistes
 Sylvia Cattori, journaliste indépendante
 Marie-Catherine Andreani
 Jacques Lacaze, ancien conseiller municipal Liévin (62)
 Jean-Pierre Garnier, sociologue
 Bernard Maillard
 Claude Deffontaine
 Hélène Lequien
 Mouna Alno-Nakhal, ex-biologiste
 Odile Hage, retraitée de l’enseignement
 Halima Sadki, enseignante, membre du Comité Valmy
 Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO
 Bernard Gaveaux
 Nadia Gaiddon
 Christian Bouteau
 Denis Lemercier
 Nathalie Waibel, citoyenne éclairée donc libre
 Laurent Dauré, journaliste
Ginette Hess Dkandranirédactrice de La voix de la Syrie.com
Claude Roddier - astrophysicienne retraitée - Comité Valmy
François Roddier - astrophysicien retraité - Comité Valmy
Michel Dupuy , cadre retraité, syndicaliste
Gilles Gomel, retraité
Dominique HERRBACH, Enseignant
Ulrike Darras , membre du MODEM
Jean Darras, docteur en droit, retraité de la fonction publique
Michel Leprêtre - Proviseur retraité en charge du Lycée Charles de Gaulle de Damas (2012-2016)
Walter POMATELLI technicien en retraite
Hamouda S
Henri Brosse, ouvrier retraité
Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur retraité
Guilleminot Christian, retraité
Yara Massarani
Thierry Delbós
Marie-Christine Mouranche
« Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Lucien Pons, président du « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Philippe MASSON - Professionnel de santé ; libre penseur
Gabriel Galice, ancien Conseiller régional de Rhône-Alpes, Président de l’Institut International de Recherches pour la Paix à Genève (GIPRI).
Bassam Tahan
Dominique Mazuet - Librairie Tropiques
Djamal Benmerad
Adel Ben Youssef - Historien- Universitaire - Tunisie
Nicolas Dhuicq, ancien député
Yvo Rens, Professeur honoraire Université de Genève
Jacques Durand, retraité du CNRS
Marie-Ange Patrizio, traductrice
Nora Zeghli, Directrice de publication Hawa Magazine
Denis Rancourt, Association des libertés civiles de l’Ontario, Canada
Vaneesa Beeley, journaliste indépendante
Hichem Kacem, éditeur indépendant
Ali Rastbeen, Président de l’Académie de géopolitique, Paris
Vadim Kamenka, journaliste, L’Humanité
Bahar Kimyongur
Gearoid O Coilmain

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

SOURCE:

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Crimée. Le retour à la Patrie. Grand documentaires en 3 parties.

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme

Le retour à la Patrie. Grand documentaires en 3 parties.

Grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR] Partie 1/3: http://dai.ly/x2lr5nl Partie 2/3: http://dai.ly/x2lradq Partie 3/3: http://dai.ly/x2lrf4g

Partie 1/3

Partie 1/3

Suite du grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR]

Partie 2/3

Dernière partie du grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR]

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Conflit d’intérêts? Eurodéputée, Sylvie Goulard émargeait à un think tank US. Par Maxime Perrotin

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #L'armée française

Sylvie Goulard

Conflit d’intérêts? Eurodéputée, Sylvie Goulard émargeait à un think tank US

© AFP 2017 Benjamin Cremel
France
URL courte
Maxime Perrotin
 

Mardi dernier, Sylvie Goulard démissionnait du gouvernement, invoquant l’enquête préliminaire visant le Modem pour justifier sa décision. Pourtant, le Canard enchaîné estimait qu’elle devait plus aux «plus de 10.000 €» mensuels qu’elle touchait d’un think-tank américain, alors qu’elle était eurodéputée. Est-on face à un conflit d’intérêts?

Malgré son départ du gouvernement, Sylvie Goulard serait-elle à son tour rattrapée par les affaires? Mardi 20 juin, soit 24 h avant la formation du gouvernement d'après-législatives, celle à qui incombait la mission ardue de succéder à Jean-Yves le Drian au ministère de la Défense annonçait sa démission. Un départ qui avait surpris, tant Sylvie Goulard faisait figure de blanche colombe en comparaison à ses confrères du Modem, François Bayrou et Marielle de Sarnez.

 

 

François Bayrou
© AFP 2017 Stephane De Sakutin
 
 
 
Un geste d'autant plus incompréhensible pour les observateurs que la ministre des Armées mettait en avant une justification on ne peut plus noble: la volonté de mettre à l'abri la grande Muette de toute affaire qui pourrait l'éclabousser «dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants au Parlement européen.» Sylvie Goulard déclarait vouloir «être en mesure de démontrer librement» sa bonne foi, «la mission de défense impose une exigence particulière. L'honneur de nos armées, celui des hommes et des femmes qui y servent, parfois au péril de leur vie, ne sauraient être mêlés à des polémiques auxquelles ils n'ont aucune part,» concluait ainsi la ministre dans le communiqué qui annonçait son départ.

Mais, finalement, ce n'est pas de Bruxelles que les coups pourraient venir, mais de l'autre côté de l'Atlantique. En effet, le Canard enchaîné évoquait dans son édition de la semaine dernière, que Sylvie Goulard avait touché une confortable rémunération de «plus de 10.000 euros» mensuels de l'institut Berggruen — un think-tank américain pro-Union européenne — en complément de ses émoluments d'eurodéputée. Une somme que l'ex-ministre aurait perçue, selon le JDD, d'octobre 2013 à janvier 2016.

Bien qu'il juge «très sain» le fait qu'un député — dans le cadre du débat démocratique — puisse participer à des think-tanks, Stephen Boucher, ancien codirecteur du think-tank Notre Europe/Institut Jacques Delors également coauteur de l'ouvrage Les thinks-tanks: cerveaux de la guerre des idées (Ed. Du Félin, 2012) s'étonne du niveau —et de la régularité- de ces honoraires:

«Cela fait naître effectivement la question de pourquoi cette rémunération? Qu'est-ce que cela achète comme potentielle influence ou accès que d'autres n'auraient pas? Pourquoi cette personne ne se consacre-t-elle pas entièrement à son mandat et aurait besoin d'être rémunéré par ailleurs?»

Une activité de «conseiller spécial» dont ne se cachait pas la ministre- puisqu'elle avait soigneusement reporté ces émoluments sur sa déclaration d'intérêts financiers transmise au Parlement de Strasbourg. Dans son interview accordée au JDD et publiée le 25 juin, elle évoque «un non-sujet» que l'hebdomadaire chiffre pourtant à « 300.000 dollars ».

 

Emmanuel Macron
© AFP 2017 Kenzo Tribouillard
 
 
 
 
Néanmoins, l'Élysée partage-t-elle cet avis? Dans son édition de mercredi dernier, le Canard enchaîné évoquait de son côté la nature même de l'institut Berggruen, citant un proche de la ministre selon lequel le think-tank serait soupçonné par «certaines barbouzes françaises […] d'avoir été infiltré par les services américains.»

Une rémunération conséquente d'un décideur politique, de la part d'un organisme étranger, qui soulève la question d'un éventuel conflit d'intérêt. Un élément que semble réfuter Stephen Boucher, mettant en avant l'essence des think-tanks qui ont pour «pour ambition de contribuer à l'intérêt général par la réflexion» notamment sur les questions de politiques publiques. Un point clef sur lequel François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), n'a pas souhaité répondre explicitement, évoquant une question de morale il propose une comparaison:

«D'une certaine façon on peut se demander, Emmanuel Macron a touché deux millions de la banque Rothschild, est-il vraiment totalement indépendant des intérêts de la banque Rothschild? C'est à chacun d'en juger.»

Pour François-Bernard Huyghe, au-delà de ce montant qui fait «un petit peu rêver» — lui-même étant employé par un think-tank — c'est la nature de l'institut Berggruen qu'il tient à mettre en avant:

«Ce think-tank est voué à exercer une influence idéologique au profit d'intérêts pro-européens, pro-occidentaux, affichés, avoués: ils ont des convictions qu'ils ne dissimulent pas. Donc, c'est la question de l'influence idéologique et le retour sur ce que les Américains dans les années 60 appelaient la diplomatie publique, c'est-à-dire d'exercer une influence idéologique à travers les élites des autres pays en s'y rendant favorables. Ceci parallèlement à l'utilisation de radios internationales à l'époque.»

En effet, si un bon nombre de think-tanks avancent être « indépendants » et « non-partisan », les établissements américains sont généralement réputés pour leur approche «offensive» de la promotion de leurs idées.

«Derrière la question des think-tanks se pose la question de l'indépendance de la réflexion. En général les think-tanks se disent au-dessus de la mêlée, réfléchissant au bien commun et indépendant, mais naturellement en politique la notion d'indépendance est très relative. On peut défendre- et c'est tout à fait légitime- un point de vue particulier allant plutôt dans le sens d'une intégration européenne plus forte ou non,» souligne Stephen Boucher.

 

Influencer, un travail qui n'est pas sans évoquer celui des lobbys. Mais pour François-Bernard Huyghe il faut différencier l'activité des lobbyistes de celle des think-tankers «même si les premiers se dissimulent souvent sous le masque des seconds». En effet, si les lobbyistes recherchent à influencer les décisions d'hommes politiques afin de défendre les intérêts de leurs clients, dans le cadre des think-tanks, ce sont les leaders politiques eux-mêmes qui se chargent de véhiculer leurs idées, leur idéologie. Une idéologie, dans le cas de l'institut Berggruen, d'inspiration libérale. À titre d'exemple, on y retrouve le conseiller politique Alain Minc ou la fondatrice du Huffington Post, Arianna Huffington.

 

Sans doute la pratique est-elle assez courante à Bruxelles et l'éphémère ministre des Armées ne voyait-elle pas de mal à «arrondir» ses fins de mois grâce à un organisme ouvertement pro-européen, un «non-sujet», pour reprendre ses mots. Il n'en reste pas moins que la question de son allégeance, tiraillée entre ses fonctions d'eurodéputée rémunérée «5 à 10.000 euros» par mois et celles de conseiller à «plus de 10.000» euros mensuels peut se poser. Quoi qu'il en soit, médiatiquement, l'affaire semble faire l'effet d'un pétard mouillé, probablement n'est-ce pas étranger à la vision atlantiste qu'offre l'Institut Berggruen… on n'ose imaginer les réactions qu'une telle affaire aurait pu susciter, si un eurodéputé avait été rémunéré pour des activités similaires au sein d'un think-tank russe.

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CNN, la Pravda américaine: reportage en interne. Par Karine Bechet Golovko.

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Les média

lundi 3 juillet 2017

CNN, la Pravda américaine: reportage en interne

 
 
 
Nous avons parlé il y a quelques jours du scandale autour de CNN qui, allée trop loin dans la propagande anti-russe, s'est retrouvée dans l'obligation de faire le ménage à l'intérieur (lire notre article ici). Voici maintenant une vidéo cachée sur un producteur de CNN, très locace, expliquant que tout cela n'est que du business, les journalistes de CNN n'ayant aucune preuve d'un quelconque lien entre Trump et la Russie.
 

 
Voici la vidéo en anglais sur J. Bonifield, producteur à CNN, qui éclaire la face cachée de ce qui est devenu une machine de propagande anti-russe:
 
 
L'on apprend ainsi que depuis l'entrée en fonction de Trump, CNN a cité dans ses nouvelles la Russie 15694 fois, ce qui est un record absolu. J. Bonifield reconnait que l'utilisation de la Russie contre Trump est très vendeur, car leur auditoire est principalement libéral et démocrate et n'aurait pas supporté un tel traitement de Obama. Ou quand le business rejoint la politique. C'est exactement de cette manière que l'on forme une machine propagandiste. Et en plus c'est rentable.
 
Notamment, depuis l'adoption de cette stratégie, le raiting de la chaîne est systématiquement supérieur à celui de l'année précédente:
 
 
Taper sur Trump rapporte autant que la politique anti-russe. Les deux ensemble permettent de décrocher le jackpot. Donc, lorsque les journalistes commençaient à passer trop de temps sur le climat, la direction de CNN leur a rappelé de revenir aux fondamentaux: la Russie - l'ennemi numéro Un qui instrumentalise Trump. 
 
 
Il faut faire du sensationnel, car il faut faire de l'audimat et de l'argent. L'éthique journalistique n'a ici que peu de place. Et cela aussi est une politique assumée:
 
 
Ainsi, la soi-disant collusion entre Trump et la Russie n'est qu'une opération médiatique, montée de toute pièce, qui sert particulièrement les intérêts de néoconservateurs qui viennent de perdre la présidence, mais veulent garder le pouvoir. Les commissions d'enquête n'ont rien, les journalistes n'ont rien. Mais tout le monde en parle, la communication est parfaitement bien coordonnée.
 
 
Et si personne n'a rien et que les médias continuent à en parler. Si CNN n'est qu'une nouvelle version couleur de la Pravda. Pourquoi les journalistes, français notamment, reprennent comme de bons petits soldats ces fausses informations. Pourquoi en France aussi la presse s'efforce tant et si bien à créer ce climat de défiance envers la Russie? 
 
Ceci laisse à penser que non seulement le pays n'a plus d'intérêt national propre pour s'investir dans le jeu politique interne des Etats Unis en soutenant le clan néoconservateur, mais que les journalistes politiques, français notamment, ne cherchent pas plus à faire leur travail que leurs collègues américains et nous créent une version provinciale de la Pravda US. La France elle-même semblant être devenue une province éloignée du néoconservatisme (version américaine du néolibéralisme européen), dont le centre reste toujours à Washington, quels que soient les Présidents - les autres pouvoirs, y compris la presse, y veillent.
 
 
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Syrie, six ans de guerre… Après le cauchemar, les rêves ou la réalité ? Par Michel Raimbaud — 01 juillet 2017

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie, six ans de guerre…Après le cauchemar, les rêves ou la réalité ?

Intervention de l’Ambassadeur Michel Raimbaud à la Conférence organisée par « Chrétiens d’Orient pour la paix » le 27 juin 2017

I/ Un conflit universel

Par un vilain jour de mars 2011 était donné le coup d’envoi de cette interminable guerre syrienne qui est aujourd’hui l’objet de notre réflexion. Qui aurait pu deviner alors qu’elle allait s’installer dans l’opinion sous l’image labellisée que nous lui connaissons : celle d’une guerre soi-disant « oubliée » entre un mouvement populaire « démocratique et pacifique » et un « régime massacreur », une bonne cause à défendre pour les élites (de droite ou de gauche) qui depuis vingt ans communient dans un consensus bétonné autour de toutes les certitudes molles héritées du « néoconservatisme » à l’américaine. L’adhésion spontanée ou calculée aux « valeurs » véhiculées par ce consensus, signant leur allégeance (ou leur appartenance) à « l’Etat profond », leur confère le droit – le privilège devrait-on dire – de s’exprimer sur les antennes, les écrans et dans les gazettes.

C’est adossé à cette foi idéologique sommaire que notre mainstream va très vite se polariser sur l’urgence de faire « dégager Bachar » et de renverser « le régime syrien » tout en s’employant – avec un certain succès – à faire partager cette hantise par de larges couches de la population.

Dans le paysage audio-visuel, intellectuel et politique naîtra donc comme par enchantement un front sans faille qui veillera à rendre inaudibles les contestataires de la narrative officielle. Le conflit syrien sera catalogué d’emblée comme un épisode des « printemps arabes », dans la lignée de ceux de Tunis, du Caire, du Yémen, de Libye, et on décrètera une fois pour toutes qu’un scénario à la libyenne est inéluctable en Syrie.

On croyait naguère le lavage de cerveau réservé aux régimes totalitaires : or, le conflit de Syrie, comme celui de Libye auparavant, aura donné aux « grandes démocraties », la nôtre y compris, l’occasion de montrer tout leur savoir-faire en la matière. En occultant la mise à mort d’un peuple attaché à la souveraineté, à l’intégrité et à l’indépendance de son pays, en faisant le silence sur les destructions massives, en falsifiant les réalités, c’est la résistance stoïque du peuple syrien qui sera volontairement ignorée, l’image héroïque d’une armée nationale qui sera défigurée, le déni amplifiant d’autant la souffrance.

Il faut bien le dire, la volonté de dégager Bachar al Assad (qui « ne mérite pas d’être sur terre » mais serait mieux « six pieds au-dessous »), la volonté de détruire (Bachar ne partira peut-être pas, mais nous aurons détruit sa Syrie, comme osait le dire récemment encore un opposant démocrate « modéré ») et la volonté de tuer (nous sommes prêts à sacrifier les deux tiers de la population syrienne afin de sauver le dernier tiers) n’ont pas choqué grand monde du côté de chez nous durant ces années de dévastation de la légalité et de la morale internationales. Malgré les contradictions, les évidences, les révélations, les témoignages, on trouve encore des fanatiques ou des naïfs, des cas désespérés, pour défendre mordicus la thèse selon laquelle la guerre de Syrie serait réductible à la lutte d’un peuple révolté contre un régime oppresseur. Un épisode des « printemps arabes » qui aurait mal tourné, mais n’aurait pas dit son dernier mot…

Toutefois, trop c’est trop. Les rangs des soutiers et des charbonniers de la « révolution » auront fini par s’éclaircir. Quand on a le nez plongé dans les décombres du chaos créateur, si l’on n’a pas les yeux emplis d’effroi devant la sauvagerie et la conscience révulsée par la gestion de la barbarie djihadiste, c’est que l’on a choisi de fermer les yeux. Il faut être aveugle et se contenter d’analyses convenues ou d’idées reçues pour ne voir dans la tragédie syrienne qu’un évènement banalisé dans une séquence épidémique de « printemps arabes » épars. Il faut avoir un cerveau délabré ou particulièrement sommaire pour refuser par principe d’insérer cette tragédie dans le contexte qui est le sien, et qui saute aux yeux si l’on se réfère aux crises et aux guerres des dernières décennies. C’est celui d’une entreprise géopolitique et géostratégique globale de déstabilisation et de destruction, inspirée, planifiée, annoncée, conduite par l’Empire sous direction américano-israélienne, utilisant systématiquement des régimes inféodés et des complices de circonstance (islamistes dans le cas d’espèce) dont l’agenda, pour différent qu’il soit, est compatible à court et moyen terme avec celui des maîtres atlantiques.

Vu par la lorgnette des neo-cons qui l’inspirent depuis maintenant un quart de siècle, l’Occident (l’Amérique, Israël et ses alliés européens) a pour vocation de disputer à l’Eurasie russo-chinoise la maitrise de la planète, et la déconstruction du monde arabo-musulman, qui sépare ces deux ensembles, est une condition imposée par la géopolitique. Pour les forces islamistes radicales, la décomposition des Etats de cette « ceinture verte musulmane » en entités à base ethnique ou confessionnelle est le passage obligé vers la création d’une bouillie d’Emirats, étapes incertaines vers la refondation d’un Etat islamique fondé sur la Charia (loi coranique) ou le rétablissement du Califat, un siècle après son abolition. Pour des raisons historiques, culturelles, religieuses, politiques et géopolitiques, la Syrie est le centre et l’épicentre de cette confrontation dont l’issue sera déterminante pour l’instauration d’un nouvel ordre mondial en gestation.

En tout cas, il est difficile de nier que les guerres de Syrie (ou les guerres en Syrie) ont dégénéré en un conflit universel qui oppose deux camps, l’un ayant démontré sa solidité et le second se trouvant en pleine dislocation:

– Le camp de la Syrie légale et de ses alliés (Iran, Hezbollah, Russie et Chine, par extension les BRICS), mais aussi des pays comme l’Algérie, et de plus en plus l’Irak, ses forces armées, son Hachd al Chaabi (rassemblement populaire), le Yémen « légal » du Président Ali Abdallah Saleh et d’autres forces résistantes à l’hégémonie.

– Le camp adverse, regroupant les régimes islamistes (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar et émirats du Golfe Persique), les terroristes et djihadistes ainsi que les groupes de miliciens divers, financés, armés, soutenus par Israël et – malheureusement – les Occidentaux. Tous ces adversaires de la « Syrie légale » se concerteront régulièrement dans le cadre du groupe dit « des Amis de la Syrie ».

Cet affrontement universel, qui a connu depuis plus de six ans de nombreux développements, peut se décliner – j’ai tenté d’en faire une recension dans mon ouvrage « Tempête sur le Grand Moyen Orient » publié en février 2015, puis en février 2017 – en une bonne douzaine de conflits aussi impitoyables les uns que les autres, mêlant l’odeur de sainteté au fumet du gaz, les illuminations messianistes et les ambitions stratégiques, les références aux valeurs morales et les valeurs boursières, la guerre sainte pour la religion et la lutte profane pour le pouvoir étatique :

1/ Sur le plan syrien proprement dit :

– 1/ C’est au premier abord une guerre pour le pouvoir conduite par une opposition soi-disant « démocratique et pacifique » contre l’oppression d’un « régime massacreur ».

– 2/ Cette lutte interne se militarisera rapidement, transformée sous la plume des analystes en une « guerre civile », qui n’en est pas une dans la mesure où elle est importée…

– 3/ En effet, le conflit sera internationalisé par l’intervention massive des régimes sunnites radicaux et de combattants étrangers aux côtés de l’opposition (lourdement) armée, puis par l’ingérence et le soutien ouvert des Occidentaux, devenant clairement une guerre d’agression, le crime international par excellence, selon le Tribunal de Nuremberg.

– 4/ Elle constituera en fait un politicide – qui est à l’encontre d’un Etat ce que l’homicide est à l’encontre d’un être humain – visant à provoquer un éclatement de l’Etat-nation syrien en mini-entités à base confessionnelle ou ethnique, conformément aux plans israélo-américains. C’est l’objectif du Protocole de Doha adopté sous l’égide du Qatar en novembre 2012 par la Coalition Nationale Syrienne des Forces de l’Opposition et de la Révolution.
2/ Sous l’angle religieux :

– 5/ C’est une guerre au nom de l’islam contre un « régime impie », placée sous le signe du djihad, de « la sauvagerie et la gestion de la barbarie » qui constitue la stratégie officielle de l’Etat Islamique (Da’ech).

– 6/ Recyclée en guerre sainte par les islamistes, la guerre d’agression se résumera donc bientôt pour la communauté internationale à une guerre terroriste.

– 7/ Elle engendrera ainsi une reprise de la guerre globale contre le dit terrorisme, considéré (en paroles du moins) comme l’ennemi numéro un de tous les pays, une guerre vouée à servir de feuille de vigne à la guerre d’agression contre la Syrie.

– 8/ Un assaut des radicaux sunnites wahhabites (et assimilés) contre « l’axe chiite » allant de Téhéran au Liban, via la Syrie et l’Irak, présenté par les wahhabites et leurs alliés comme un volet du combat anti-terroriste.

– 9/ Une guerre acharnée entre les deux camps du radicalisme sunnite (Turquie et Qatar contre Arabie Saoudite, Frères Musulmans contre Wahhabites) pour la direction de l’islam sunnite et de l’islam.

3/ Du point de vue géopolitique

– 10/ Une guerre Atlantique/Eurasie par procuration

– 11/ Une guerre pour l’énergie, pour le gaz notamment

– 12/ Une guerre pour l’intérêt supérieur d’Israël, omniprésent dans les préoccupations américaines et occidentales

– 13/ Pour couronner l’ensemble, un kriegspiel planétaire joué sur le « grand échiquier », ayant pour enjeux le contrôle du « Grand Moyen-Orient » revisité et le leadership du monde.

Le bilan humain, matériel et financier de ces seules guerres syriennes à tiroirs est terrifiant, à l’image du bilan global de la « démocratisation du Grand Moyen-Orient » que l’on doit à George W. Bush et ses sbires .

II/ En légitime défense, la Syrie fait vaillamment face à la guerre d’agression
1/ La légitimité de l’Etat syrien.

Membre des Nations-Unies, la Syrie est un Etat indépendant et souverain. Son régime est républicain et de style laïcisant. Parler du « régime syrien » pour désigner son gouvernement vise évidemment à le délégitimer, au mépris d’un principe en général oublié : si l’on mentionne volontiers le droit des peuples à l’autodétermination, on oublie fréquemment le droit des Etats à décider de leur régime politique, hors de toute ingérence étrangère.

Selon la loi internationale, le gouvernement dispose du monopole d’usage légal de la force : ceci doit être rappelé à tous ceux qui ont rêvé de détruire un Etat récalcitrant, à ceux qui voulaient le « politicider » parce qu’il résistait à leurs visées néocoloniales.

L’armée syrienne n’est pas « l’armée du régime alaouite », mais une armée nationale, de conscription. Elle a le droit absolu de reconquérir ou de libérer toute portion du territoire sans demander l’autorisation de quiconque. En restaurant la souveraineté de l’Etat sur le sol national, elle ne fait que permettre à l’Etat dont elle est l’un des organes régaliens d’exercer son droit de contrôle du territoire. Elle ne fait qu’affirmer le droit de la Syrie à préserver sa souveraineté, son intégrité, son indépendance.

Depuis plus de six ans, un pays qui n’agressé personne, doit résister à une guerre d’agression impliquant d’une façon ou d’une autre (ressortissants, combattants, gouvernements…) plus d’une centaine de pays membres des Nations-Unies, se heurtant en outre à un appareil international et onusien qui est loin d’être neutre. La résistance du « régime syrien » et de ses alliés a pourtant grippé l’entreprise des « neocons » et des takfiristes, ses détracteurs et ennemis admettant désormais (comme l’ancien ambassadeur US à Damas Robert Ford) que la Syrie a potentiellement gagné.

2/ La Syrie vit dans une atmosphère de fin de guerre

Sur le front des opérations militaires : depuis la libération d’Alep qui a fait date et marqué les esprits en décembre 2016, l’armée syrienne est partout à l’offensive, du côté de Damas, d’Alep, de Homs, de la frontière jordanienne, de la steppe syrienne. Malgré les intimidations américaines, elle reconquiert peu à peu le territoire national. Même si la guerre risque d’être encore longue, l’évolution favorable de la “bataille du désert” actuellement en cours laisse entrevoir une accélération des avancées.
Passant outre aux injonctions et menaces américaines, l’armée syrienne a opéré sa jonction avec les forces irakiennes du « Hachd Chaabi » sur la frontière entre les deux pays, exploit qui semblait improbable il y a quelques mois. Cette remise en cause des frontières Sykes-Picot entre la Syrie et l’Irak est un fait considérable, puisqu’elle signifie la mise en échec ab initio du mémorandum concocté par Tel-Aviv et présenté à Trump avant ses voyages en Arabie et en Israël, qui proposait une nouvelle base de coopération avec les Etats-Unis. Repris tel quel lors des sommets de Riyad, ce plan mort-né prévoit :
°la reconnaissance par Washington de la souveraineté d’Israël sur le Golan
°le refus de toute présence militaire permanente de l’Iran en Syrie
°l’alourdissement des sanctions contre Téhéran en raison de « son soutien au terrorisme »
°l’accroissement de la pression sur le Hezbollah
°Un engagement visant à empêcher l’établissement d’un corridor Iran – Irak – Syrie – Liban qui donnerait à l’Iran un débouché sur la Méditerranée.

Les multiples provocations (un avion, puis un drone syriens abattus par les Américains, des frappes ici ou là, des attaques ponctuelles contre l’armée syrienne) ne changeront rien, tant elles apparaissent contre-productives. Loin d’intimider, ce combat d’arrière-garde mené par une puissance en déclin (et donc dangereuse) a provoqué un raidissement de Moscou quant aux conditions futures de la coopération technico-militaire entre Russes et Américains contre le terrorisme. Il a inspiré aux Iraniens une grande première, sous la forme d’un tir de missile sur Da’esh en Syrie, à partir de leur territoire.

On pourrait dire la même chose des « Forces Démocratiques de Syrie », qu’elles soient kurdes, arabes ou turkmènes, qui pourraient faire un mauvais calcul en recherchant la création d’un Kurdistan « introuvable » en Syrie.

Sur le plan politico-médiatique, la Syrie semble bel et bien avoir gagné. Les officines de propagande et les donneurs de leçons de morale ont prétendu et prétendent toujours avec l’aplomb des escrocs qu’un peuple unanime se dressait et se dresse contre « le dictateur » ou le « tyran massacreur ». Depuis 2011 pourtant, il n’est pourtant pas difficile de voir, malgré l’omerta, que les narratives officielles sèment à tous vents des farandoles de « false flags » (faux drapeaux), arme favorite des terroristes démocrates, des cannibales modérés, des révolutionnaires du circuit Elizabeth Arden et des révérends prêcheurs de l’Axe du Bien.

Les populations votent toujours avec leurs pieds lorsqu’elles en ont la possibilité, et ce genre de scrutin n’a pas besoin d’un long dépouillement. Au fur et à mesure que l’armée reconquiert le territoire national, ceux qui en ont la possibilité fuient les zones rebelles et accueillent l’armée syrienne en libératrice.

Durant des années, il a été à la mode en France, en Navarre ou ailleurs, de répéter comme des perroquets que « Bachar doit partir », que « Bachar n’a pas de place dans l’avenir de la Syrie » : or, on ne compte plus les arrogants perroquets qui ont disparu et n’ont plus de rôle à jouer dans l’avenir de leur pays, alors que leur tête de turc est toujours là. C’est que ce président, cette tête de turc est resté pour beaucoup et devenu pour beaucoup d’autres le symbole de la résistance de l’Etat et de l’attachement du peuple syrien à son modèle de société tolérante.

3/ Diplomatiquement, les évènements se bousculent

La solidité de l’alliance entre la Syrie et ses alliés (Hezbollah, Iran, Irak, Russie, Chine) contraste avec la dislocation de la coalition adverse:

°La dislocation du bloc islamiste (entre l’Arabie et la Turquie, entre l’Arabie et le Qatar, la scission au sein du Conseil de Coopération du Golfe) est si évidente qu’elle se passe de commentaires.

°Le désengagement progressif de Trump vis-à vis de l’Arabie de Ben Salman et son souci de faire payer très cher à Riyad (des centaines de milliards de dollars déjà) le maintien d’une fiction d’alliance à la vie à la mort est assez transparent. Il faut être aussi inexpérimenté et brouillon que Mohammad Ben Salman pour ne pas voir que le contrat sécurité contre pétrole a cédé la place à un arrangement armes contre dollar. De même, ses décisions ambigües concernant le Qatar, son attitude ambigüe sur les Kurdes et la Turquie, ne sont pas très rassurantes pour les intéressés. Pour reprendre la formule usuelle des humoristes : « il est dangereux d’avoir les Etats-Unis pour ennemis, mais il est deux fois plus dangereux encore de les avoir pour amis ».

°Le désamour entre l’Europe et les Etats-Unis, mis en lumière par le sommet de l’OTAN a déjà introduit une manière de schisme atlantique, sur la même base : les Européens veulent de la sécurité à nos dépens ; qu’ils la paient le juste prix ».

°L’interview accordée par le nouveau Président de la République à plusieurs journaux européens et consacrée à sa vision à venir de la politique de la France a été qualifiée par beaucoup de virage à 180° en ce qui concerne la Russie, la Syrie et le Président Bachar al Assad:

– Pour Emmanuel Macron, le départ de Bachar al Assad ne serait plus une obsession. Il n’y a pas de « successeur légitime » à Bachar al Assad. Le chef de l’Etat syrien n’est pas l’ennemi de la France.

– Le seul ennemi de la France en Syrie est Da’ech…Il faut une solution politique, avec une feuille de route.

– M. Macron a du respect pour Vladimir Poutine et souhaite engager une coopération avec Moscou, y compris sur la Syrie.

– Le Président affirme vouloir tourner la page sur dix années de « logique néo-conservatrice »…

III/ La Syrie est désormais à la croisée des chemins

1/ « Syria invicta » : c’est le titre d’un sous-chapitre de « Tempête sur la Grand Moyen-Orient », mentionné précédemment. Participant en février dernier à une conférence à Damas, j’avais avancé l’idée que si « la Syrie victorieuse » (c’était le slogan choisi par les organisateurs) n’avait pas encore gagné, elle le ferait de toute façon. S’agissant d’une conviction intime depuis le début de la crise, il serait malvenu de me dédire, alors que se produisent des changements radicaux, militaires d’une part, politiques et diplomatiques d’autre part. Les clignotants s’allument de toutes parts pour signifier que la victoire politique de la Syrie légale semble acquise. Cette perspective devrait aller de pair avec le maintien du Président en place et avec un « adieu aux révolutions arabes », dont la flamme – on peut en être certain – sera entretenue pendant quelque temps dans les palaces occidentaux et les palais orientaux.

Invaincue, la Syrie est néanmoins dévastée. A elle seule, elle compte environ 400 000 morts, sans doute 15 millions de réfugiés, déplacés et exilés, 1,5 million de blessés et handicapés divers. Près des 2/3 du pays sont en ruines, avec des dégâts estimés par certains à 1 300 milliards de USD, sans compter l’impact continu des sanctions, blocus et embargos divers…
Une question reste posée : Faut-il arrêter la guerre ? De l’avis des experts russes, bien placés pour en débattre étant donné l’investissement de leur pays dans le conflit syrien, il n’y a pas d’issue militaire à la crise. Il faudrait garantir un règlement politique en établissant un dialogue avec les représentants de l’opposition, les plus présentables d’entre eux du moins. Selon la directrice de recherches au Centre d’Etudes Arabes et Islamiques à l’Académie des Sciences de Russie, une désescalade serait susceptible de permettre le déploiement de forces de maintien de la paix. Selon Alexander Aksenyonok, membre du Conseil russe des Affaires Etrangères, l’engagement « nécessaire » de la Russie dans les dossiers du Moyen-Orient a eu des résultats positifs, en interdisant l’arrivée des forces radicales au pouvoir à Damas. Mais il pourrait y avoir des retombées négatives, telles que le risque de compétition militaire entre Russie et Etats-Unis : d’où la nécessité de maintenir ouverts des canaux diplomatiques et d’accepter de grands compromis, comme celui de s’asseoir à la table des négociations avec certaines organisations qui n’y sont pas vraiment à leur place. (Club de Valdai, 27 et 28 février 2017 à Moscou).
Cette option diplomatique est discutable et discutée, au vu des expériences de la guerre de Syrie. Certes, la guerre ne peut mettre fin à la guerre et la diplomatie seule mettra fin à la tragédie. Cependant, il est clair que l’Etat syrien doit pouvoir négocier en position de force relative : l’évolution actuellement constatée n’est pas le fruit de bons sentiments, mais le résultat de la montée en puissance de l’option militaire face aux provocations.

Le Moyen-Orient ne sera plus jamais le même. Il en ira de même pour la Syrie. Avant même l’après-conflit, la fin de guerre risque d’être longue. Pourtant il est temps de songer :

°A la poursuite du difficile dialogue politique qui aura été entamé à l’occasion des pourparlers de Genève ou d’Astana. Selon toute vraisemblance, il n’est pas facile pour ceux qui ont défendu leur pays contre l’agression dans des conditions éprouvantes de discuter « diplomatiquement » avec des interlocuteurs qui ont appelé avec constance à l’intervention étrangère afin de détruire la Syrie.

°A l’immense travail de reconstruction du pays, de ses infrastructures, de son économie, ramenée plusieurs décennies en arrière par le chaos. Le choix des partenaires s’annonce délicat.

°A la réconciliation de sa société (sérieusement ébranlée dans ses valeurs ou ses fondements), avec la poursuite du travail discret mais impressionnant conduit par le gouvernement, en particulier le ministère de la réconciliation nationale. Des expériences comme celles de l’Algérie, serviront d’inspiration.

°Au réapprentissage du vivre ensemble des forces vives, avec un soin particulier pour la jeunesse qui a grandi dans la guerre, et qui constitue à la fois l’avenir de la Syrie et un bassin de recrutement pour les groupes terroristes.

A l’incitation au retour et à la réinstallation des millions de migrants (déplacés, réfugiés, exilés), un enjeu décisif pour l’avenir du pays.

Mais, ce sera mon mot de la fin, au plan diplomatique et politique, la France, à l’origine de tant de décisions hostiles et ravageuses contre la Syrie (sanctions, soutien à la rébellion armée, rupture des relations diplomatiques, appui aux régimes islamistes et aux « amis de la Syrie ») et qui a entraîné l’Europe dans son sillage, devrait bien admettre qu’elle a un devoir de réparation. En tant qu’ancien diplomate, je ne puis que souhaiter le retour à la grande tradition gaullienne de la France, cette politique de dialogue, d’ouverture, de conciliation envers tous les autres partenaires de la communauté des nations, qui faisait notre fierté, mais qui a sombré dans les eaux de l’atlantisme.

La priorité des priorités pour la France, étant donné ses responsabilités, serait qu’elle décide la levée unilatérale des sanctions qui ont été imposées, en bonne partie à son initiative et sous ses pressions, au peuple syrien. Mais le fera-t-elle ? Espérons sans trop y croire que M. Macron joindra les actes à la parole et les mettra en conformité avec ses effets d’annonce, espérons au minimum que ses actes ne contrediront pas ses discours. Dans le climat empoisonné qui règne depuis des années du fait de notre diplomatie, il faudra plus qu’une déclaration pour réparer les dégâts.

Michel Raimbaud | 27 juin 2017

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Merci pour cette conversation, M. Poutine . Par Bruno Guigue — 30 juin 2017

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #le nazisme

 Merci pour cette conversation, M. Poutine .  Par Bruno Guigue — 30 juin 2017

liver Stone avec Vladimir Poutine. Capture d’écran de l’émission Conversations avec Vladimir Poutine


C’est un événement. Pendant quatre heures, les Français ont pu regarder sur France 3 les “Conversations avec M. Poutine” du cinéaste Oliver Stone. Comment ce documentaire de qualité, où la parole est longuement donnée au président de la Fédération de Russie, a-t-il pu passer entre les mailles du filet ? Comment a-t-il pu échapper à la vigilance de nos censeurs qui, au nom des droits de l’homme, nous infligent leur propagande en guise d’information ? Mystère, mais ne boudons pas notre plaisir.

Oliver Stone étant citoyen des USA, ces entretiens filmés entre juin 2015 et février 2017 portent pour l’essentiel sur les tensions géopolitiques entre Moscou et Washington. Lorsque le cinéaste lui demande, en février 2017, si l’élection d’un nouveau président américain est susceptible de changer quelque chose, Vladimir Poutine répond : “presque rien”. C’est “la bureaucratie”, explique-t-il, qui exerce le pouvoir à Washington, et cette bureaucratie est inamovible. En effet. A peine élu, Donald Trump est devenu l’otage de “l’Etat profond”.

L’intérêt de ces entretiens est qu’ils mettent en perspective la pesanteur du “deep State”, sa dimension structurelle. Les Russes ont le sens de l’histoire, et c’est pourquoi M. Poutine, pour comprendre le monde actuel, évoque l’usage de l’arme atomique contre Hiroshima et Nagasaki (août 1945). Privé de toute justification militaire, ce crime de masse a plongé l’humanité dans l’ère nucléaire. Pour Moscou, c’est le moment-clé de l’histoire contemporaine, celui qui fait tout basculer. En faisant peser la menace d’une destruction totale, Washington a pris une responsabilité gravissime.

La course aux armements n’est pas une invention moscovite. Dans les années 1980, une URSS fossilisée s’était laissé piéger par cette compétition mortifère, précipitant sa chute. Dans les années 2000, c’est encore Washington qui suspend les discussions sur les armes anti-missiles et s’empresse d’élargir l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Que dirait-on à Washington si la Russie nouait une alliance militaire avec le Mexique et le Canada ? Quand Oliver Stone évoque l’affaire – aujourd’hui oubliée – du destroyer US qui s’était dangereusement approché de la Crimée, M. Poutine demande ce que ce navire pouvait bien faire dans les parages. Mais la propagande a l’art d’inverser les rôles, et elle parla de provocation russe.

Passionnante mise en perspective, aussi, à propos de la lutte contre le terrorisme. La seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009) fut déclenchée par l’agression djihadiste contre le Daghestan russe. Or les USA y ont joué un rôle particulièrement trouble. “Les Américains nous soutiennent en paroles contre le terrorisme, mais en réalité ils l’utilisent pour fragiliser notre situation intérieure”, dit le président russe. En 1980, Brzezinski tenait déjà les combattants du djihad antisoviétique pour des “Freedom Fighters”. Dans le Caucase, en Syrie, en Libye, la CIA a armé, financé et manipulé les desperados de l’islamisme radical. La Russie soviétique, puis post-soviétique, les a toujours combattus.

Chaque fois que son interlocuteur (qui n’est pas dupe) mentionne la rhétorique occidentale sur la menace russe, M. Poutine demeure le plus souvent impassible, esquissant parfois un sourire narquois. A Moscou, on l’a compris depuis longtemps : les Américains font le contraire de ce qu’ils disent et ils vous accusent de faire ce qu’ils font eux-mêmes. L’accusation d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine (2016) est un véritable cas d’école. Lorsque la présidente du conseil national démocrate démissionna à la suite de la publication d’emails compromettants, Julian Assange a nié que sa source fût russe. Mais l’establishment a quand même pointé un doigt vengeur vers Moscou.

Car il fallait un coupable, et il ne pouvait être que moscovite. “Dans cette affaire, souligne M. Poutine, les Américains prétextent une intervention extérieure pour régler leur problèmes intérieurs”. Pour les USA, la Russie est à la fois un repoussoir et un bouc-émissaire. Un repoussoir, quand on brandit la prétendue “menace russe” pour contraindre les Européens à faire bloc derrière les USA. Un bouc-émissaire, quand on attribue à Moscou la responsabilité de sa propre incurie. Tout se passe comme si l’affrontement idéologique hérité de la “Guerre froide” avait fourni un prêt-à-penser inusable. Le manichéisme américain peint le monde en noir et blanc, et Moscou sera toujours la source du mal.

L’accusation d’ingérence russe dans la démocratie américaine est d’autant plus ahurissante que les dirigeants US, eux, interviennent ouvertement en Russie. Lors de la campagne présidentielle russe de 2012, Victoria Nuland, secrétaire d’Etat adjoint US, a déclaré : “Nous travaillons à l’intérieur et à l’extérieur de la Russie avec les militants russes qui souhaitent renforcer l’état de droit et la liberté de la presse, avec les LGBT”. Que dirait-on si le gouvernement russe “travaillait” aux USA avec des militants américains qui combattent le gouvernement des Etat-Unis ? Mais cette hypothèse est invraisemblable, car comme le dit M. Poutine, “nous ne nous mêlons pas des affaires intérieures des autres pays”.

Respect de la souveraineté des Etats et refus de l’ingérence étrangère, ces deux principes (qui en réalité n’en font qu’un) définissent l’approche russe des relations internationales. Si Moscou intervient en Syrie, c’est à la demande d’un gouvernement légitime en proie à l’invasion étrangère et au terrorisme de masse. Si la Russie a accueilli la Crimée, c’est parce que le peuple de Crimée l’a voulu expressément, au terme d’un référendum organisé par le Parlement de Crimée. Et cette sécession de la péninsule n’eût peut-être pas vu le jour si un putsch des nationalistes ukrainiens soutenu par la CIA, en février 2014, n’avait renversé le pouvoir légalement issu des urnes à Kiev.

Mais il est vrai que la Russie, elle, ne fomente pas de coup d’Etat avec l’aide de néo-nazis. Elle ne finance pas d’ONG pour déstabiliser les autres pays au nom des droits de l’homme, elle n’envoie pas ses troupes pour y instaurer la “démocratie”, et elle ne bombarde pas les populations pour “punir” les dirigeants qui lui déplaisent. Elle ne provoque pas la guerre civile pour s’approprier les ressources des autres pays, elle ne finance, n’arme ou ne manipule aucune organisation terroriste. Que l’on sache, la Russie n’a jamais utilisé l’arme atomique, ses services secrets n’ont jamais créé de “centres de torture” à l’étranger, et elle n’envoie pas ses drones tueurs dans une douzaine de pays. Elle ne couvre pas les océans de ses porte-avions, elle a 5 bases militaires à l’étranger quand les USA en ont 725, et son budget militaire représente 8% de celui du Pentagone. La Russie telle qu’elle est gagne à être connue.

Merci, M. Poutine, pour cette conversation.

Bruno Guigue| 30 JUIN 2017

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Source: BRUNO GUIGUE·

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Multi-niveau. Rédigé par Observatus geopoliticus 

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

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30 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie

Une énorme partie d'échecs se joue actuellement sur plusieurs niveaux et en différents lieux, tant dans les couloirs de la Maison blanche et du Kremlin que dans la steppe désertique syro-jordanienne. Comme le dit un fidèle lecteur, il est bien difficile de s'y retrouver sur le tapis vert syrien entre les innombrables combinaisons pair-impair, rouge et noir, manque ou passe, d'autant que l'équation est encore compliquée par les traditionnels retournements et enchevêtrements moyen-orientaux. Par où commencer ?

"L'attaque chimique" n'a pas (encore ?) eu lieu et Washington plastronne. J'invente une menace imaginaire, elle ne se matérialise pas, c'est grâce à mon avertissement, applaudissez-moi. Connaissant le Donald, la gloriole gratuite à usage interne n'est certes pas à exclure. Mais toute cette affaire cache bien autre chose, et notamment les fractures béantes au sein de la nouvelle administration.

Derrière le damage control mâtiné de sauvetage de face du Pentagone, il apparaît clairement que les militaires n'étaient pas au courant de l'explosive déclaration de la Maison blanche, le Centcom allant jusqu'à dire publiquement qu'il n'a "aucune idée" des raisons qui ont conduit à cette annonce.

Fait intéressant, tout ceci est intervenu seulement trois jours après que le colonel Dillon, porte-parole de la coalition contre l'Etat Islamique, a déclaré que les Etats-Unis voyaient d'un bon oeil les efforts de l'armée syrienne et des milices pro-iraniennes dans le combat contre Daech. Des faucons (McMaster ?) voulant torpiller les ouvertures faites par les colombes ne s'y prendraient pas autrement...

Mais le panier de crabes impérial est encore plus méphistophélique. Il n'a échappé à personne que la crise a éclaté peu de temps après la visite du beau-fils Kushner en Israël. Le mari d'Ivanka (appelons-le Ivanko), qui se revendique presque ouvertement sioniste, a-t-il été chargé par Bibi la Terreur d'un message ainsi que de quelques "renseignements de première main sur une prochaine attaque chimique" - inventés - à destination du Donald ?

Pas impossible, d'autant que le président semble plus faire confiance à son gendre post-pubère qu'à ses secrétaires d'Etat aux Affaires étrangères et à la Défense. De par son amitié avec l'ambassadeur émirati à Washington, Kushner aurait par exemple eu un rôle crucial dans la tempête twittique du Donald contre le Qatar lors du conflit du Conseil de Coopération du Golfe. Au grand dam de Mattis et Tillerson, plutôt sur la ligne de Doha et qui passent leur temps à nettoyer les bêtises du gamin. On dit d'ailleurs T. Rex fatigué de voir son travail systématiquement saboté par la famille Trump et peut-être même sur la sellette. A suivre...

Ainsi donc, Ivanko aurait été mandaté par l'establishment israélien, paniqué devant la constitution de l'arc chiite, pour convaincre son beau-père de menacer Assad, menaces qui seront évidemment considérées comme un feu vert par les barbus modérément modérés ? L'hypothèse paraît plausible et séduisante, et la seconde partie de la proposition est même indiscutable. Sauf que... Quelque chose ne cadre pas tout à fait avec la première partie.

Kushner était apparemment totalement opposé à la frappe tomahawkienne d'avril :

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière.

Ajoutons qu'Ivanko est également accusé par la MSN de sympathies pro-russes, ce qui, comme chacun sait, constitue de nos jours l'acte d'accusation le plus grave que peut trouver le système impérial. Non décidément, quelque chose ne colle pas. Nous parlions plus haut d'insolubles combinaisons rouge, impair et passe...

A Moscou, on ne perd en tout cas pas son temps avec de telles subtilités et promet une réponse "proportionnée" en cas d'attaque américaine suite à un éventuel nouveau false flag chimique. Lavrov, qui ne parle jamais pour ne rien dire, a donné une intéressante conférence de presse dans laquelle une phrase intrigue :

"J'espère que cette fois, les Etats-Unis prendront en compte la nécessité de vraiment lutter contre la prolifération d'armes chimiques."

Serait-ce à dire que le facétieux Sergueï accuse les USA d'avoir permis la prolifération d'armes chimiques en Syrie par le passé ? En fournissant, exemple pris au hasard bien entendu, les barbus de Khan Cheikhoun juste avant le bombardement syrien ?

Le risque d'escalade est en tout cas pris au sérieux et l'on note une forte recrudescence de cargos russes qui passent et repassent le Bosphore en faisant l'aller-retour Russie-Tartous. On imagine que ce n'est pas pour débarquer des cargaisons de chocolats...

En un temps d'incertitude sur les intentions de Washington - même la vraie presse d'information s'y perd, le d'habitude pessimiste Moon of Alabama y voyant la fin de l'aventure US, Russia Insider prédisant au contraire une attaque imminente -, il est en effet plus prudent d'accumuler les joujoux militaires pour faire face à toute éventualité.

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? - question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l'axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l'accès à la Méditerranée pour l'Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Il y a quelques heures, toute la poche à l'est de Khanasir a été libérée - les petits hommes en noir en passe d'être totalement encerclés se sont retirés -, mettant définitivement fin à la présence de Daech dans la province d'Alep et permettant la jonction stratégique entre Ithiya et Rusafa. Sur la carte, cela représente un gain énorme pour Damas :

Désormais, les bases sont jetées pour la réduction du saillant à l'est de Hama et surtout la grande offensive orientale vers Deir ez Zoor et, plus loin, vers la frontière irakienne, où les bataillons du blitz sont d'ailleurs en train d'avancer de leur côté.

C'est le moment que choisit le sultan pour lancer une attaque très sérieuse contre le canton kurde d'Afrin (une semaine d'intenses bombardements et maintenant une forte concentration de troupes) dans le but semi-avoué de faire la jonction avec l'Idlibistan, ce qui serait évidemment totalement inacceptable pour Damas et Moscou.

Où l'on constate une nouvelle fois l'invraisemblable noeud gordien de la région : les Russes sont plus ou moins alliés aux Kurdes et depuis un an aux Turcs, qui se détestent pourtant les uns les autres. L'empire américain n'est pas le seul à allier les contraires...

Des rumeurs infondées faisaient état du retrait du contingent russe de la petite base que Moscou avait établie dans la zone kurde ; en réalité, 160 soldats supplémentaires ont apparemment été envoyés en renfort pour bien montrer qu'il est hors de question de désenclaver l'Idlibistan.

Se dirige-t-on alors vers une confrontation russo-turque ? Improbable au vu du tectonique rapprochement entre Moscou et Ankara. Il se pourrait même que Poutine ait en réalité donné un feu vert tacite (et partiel) à Erdogan, histoire de calmer les ardeurs américano-saoudiennes des Kurdes de l'autre partie du Rojava, proxies que l'empire utilise pour descendre vers le sud et tenter de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

De fait, des voix kurdes commencent à se faire entendre, menaçant d'interrompre l'opération pour la prise de Raqqa - sans parler d'une descente méridionale - si le sultan continue de bombarder leurs frères d'Afrin. Casse-tête pour Washington. Aux dernières nouvelles, Erdogan vient de s'entretenir au téléphone pendant trente longues minutes avec le Donald puis a appelé Poutine dans la foulée. Ce qui s'est dit vaut de l'or mais nous ne le saurons pas tout de suite...

Notons en passant, afin de montrer le degré incomparable des intrications auxquelles nous assistons en spectateur comblé, que les récents ronds de jambe kurdes aux Saoudiens wahhabites que nous avions relevé la dernière fois sont également la contrepartie de la "tolérance" de Riyad vis-à-vis des idées indépendantistes kurdes. Non pas que les grassouillets cheikhs fondamentalistes se soient soudain pris de passion pour le crypto-marxisme du Rojava mais dans un but tout ce qu'il y a de machiavélique : mettre un gros caillou dans la chaussure turque et punir Ankara pour son soutien au Qatar. Le Moyen-Orient ne changera jamais...

Revenons à notre guerre syrienne. Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière. Pour résumer :

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Tout cela se décidera sur le terrain mais aussi dans les couloirs du pouvoir. A Washington, la discorde règne en maître, on l'a vu. Le Centcom tire dans les pattes de la Maison blanche qui torpille le Pentagone et le Département d'Etat. Quelle cabale prévaudra ? A Moscou, l'ours attend de pied ferme une éventuelle provocation chimique de l'un des clans américains (lequel ?) Ajoutez les facteurs turco-kurde et qataro-saoudien, mélangez et servez.

On le voit, le jeu sur le subtil échiquier multi-niveaux (local, régional, global) est d'une complexité extraordinaire...

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Bachar al-Assad en visite auprès des militaires russe et auprès de son peuple. Un grand chef d'état!

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #République, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

 

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Vraies niouzes

 

Au moment où Cretinho et ses Pieds Nickelés transatlantiques braillent à tous vents que Bachar al-Assad (cet affreux allié des Russes) se prépare une fois de plus à tuer des enfants syriens à coups de gaz sarin et que, quand il le fera, croyez-nous, on ne restera pas les bras croisés (niveau bac à sable, c’est vrai, et message pas du tout subliminal aux terroristes « Allez-y les mecs, on dira que c’est lui ! »), le président syrien n’est pas resté planqué dans son bunker, au contraire. Semaine de visites plutôt chargée, parfois seul, parfois en famille.

 

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Bachar al-Assad en visite « surprise » dans une base aérienne russe en Syrie

RT français27 juin 2017

 

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Le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans une base militaire aérienne russe dans l'Ouest de la Syrie. Plusieurs photos et vidéos de ce déplacement qui n'avait pas été annoncé ont rapidement circulé sur internet.

Le président a visité la base russe dans la ville syrienne de Hmeymim ce 27 juin dans la matinée. La visite du chef de l'État a été confirmée par la présidence, alors que différentes photographies et vidéos commençaient à circuler sur les réseaux sociaux. 

On y voit le président syrien monter à bord d'un chasseur-bombardier russe SU-35 au sol, en compagnie de militaires russes.

 

 

Le président a aussi pu découvrir le BMPT-72, un blindé de dernière génération destiné à accompagner l'infanterie au sol. Son surnom est « Terminator 2 ».

 

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La Russie « a offert des armes et des munitions pour appuyer la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme, [...] elle a donné son sang à [un pays] frère », a écrit Bachar al-Assad dans le livre d'or de la base, remerciant « les combattants russes et Vladimir Poutine ».

 

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En déplacement en Syrie, le chef de l'état-major russe Valéri Guerassimov s'est entretenu avec le président syrien, selon le ministère russe de la Défense.

« Ils ont discuté de la coordination des actions des forces gouvernementales syriennes et de l'aviation russe dans la lutte contre les groupes terroristes » a déclaré le ministère dans un communiqué.

 

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C'est la première visite de Bachar al-Assad à la base de Hmeymim, située à proximité de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne du pays. La Russie a mobilisé une partie de son aviation pour soutenir les opérations de l'armée syrienne contre les différents groupes terroristes qui combattent dans la région.

Source : https://francais.rt.com/international/40269-bachar-el-ass...

 

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the real Syrian Free Press ~ War Press Info ~ Archive of Most Important Reliable Global War News

 

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Le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à des membres blessés de l’armée dans la campagne de Hama

 

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Mardi 26 juin (2017) le président Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ont rendu visite à un certain nombre de soldats blessés de l’Armée et des Forces Armées, dans leurs villages de la campagne de Hama.

 

 

Dans le village de Tal Aafar, le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à Mohammad Ahmad Kalil, dont les blessures reçues au front lui ont valu d’être déclaré invalide à 90%, et qui a reçu des soins suivis d’un traitement du programme « Jarif al-Watan », qui l’aide aussi à mettre sur pied un projet d’élevage de moutons.

 

 

Le président al-Assad et sa famille ont également rendu visite, dans le village de Rabou, à Fatir Hassan Mansour qui a été lui aussi gravement blessé en combattant les terroristes, et qui se retrouve avec un taux d’invalidité de plus de 90%. Comme Khalil, il est aidé par Jarif al-Watan pour mettre en route un moyen de subvenir malgré tout à ses besoins.

 

 

Dans le village de Matna, le président al-Assad et sa famille ont ensuite rendu visite à Ahmad Mohammad al-Ali, qui est déjà en train d’élever du bétail grâce à l’aide du même programme. Toute la famille al-Assad a encore visité Ayham Mahmoud Dunya, qui était incapable de marcher, suite à ses blessures, mais qui, aujourd’hui, a reçu le Président sur ses pieds. Lui aussi a obtenu, du même programme, un soutien incluant des prothèses, de la chirurgie et le coup de pouce de départ pour lancer son entreprise.

 

 

Le programme Jarih al-Watan (« Blessés pour la Patrie ») a été lancé par la Présidence de la République Arabe Syrienne en 2014 pour soutenir les militaires blessés et pourvoir à leurs besoins, en particulier ceux dont les blessures les empêchent de reprendre le cours normal de leurs vies. Il fournit des prothèses aux grands blessés et les aide à se lancer dans des projets de travail compatibles avec leur état, tout en apportant son aide financière à ceux qui sont totalement infirmes. Le projet concerne tous les membres blessés de l’Armée, des Forces Armées [quelle est la différence ? ndt] et des forces de soutien.

 

[ Quand on sait comment sont traités, une fois démobilisés, les vétérans US, et ce, depuis le Vietnam, on comprend qu’ils soient de plus en plus nombreux à devenir pro-Poutine et pro-Assad. ]

 

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From the visit of President Assad and his family to the house of the injured Mohammed Ahmed Khalil

 

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Voir toutes les photos.

Source : https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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SOURCES  :

Syrian News AgencySubmitted by SyrianPatriots, Lone BearWar Press Info Network at :https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad-and-family/ ~

Re-publications are welcome, but we kindly ask you,to facilitate the correct information's diffusion,to cite all these original links and sources.

 

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Mis en ligne le 29 juin 2017

 

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