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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Ils nous refont le coup des armes de destruction massive. Par Peter Hitchens

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie, #l'islamisme

Ils nous refont le coup des armes de destruction massive

Par Peter Hitchens le 04 octobre 2016

Ne vous faites pas encore avoir.

Powell montrant la « preuve » que l’Irak possède des armes de destruction massive

Powell montrant la « preuve » que l’Irak possède des armes de destruction massive

Presque tout le monde (sauf un petit groupe d’hypnotisés) sait que Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destruction massive. La plupart des gens ont compris maintenant que le colonel Kadhafi ne prévoyait pas de massacre à Benghazi, ni d’ordonner à ses troupes de se livrer à des viols en masse.

Combien faudra-t-il de temps, avant que nous saisissions aussi que ni la Russie, ni la Syrie n’ont bombardé un convoi d’aide humanitaire de l’ONU à Alep ?

Cet incident, pour lequel aucun fait indépendamment testable, vérifiable n’a encore été exposé, est l’équivalent des armes de destruction massive pour la Syrie. Si nous tombons tous dans le piège, alors nous allons bientôt nous retrouver embarqués dans une confrontation internationale, la plus dangereuse depuis la crise des missiles de Cuba.

Sous l’immense pression exercée par les despotes de l’Arabie saoudite, les États-Unis ne renonceront pas à leurs efforts pour renverser le gouvernement syrien. Il est clair qu’ils sont maintenant prêts à risquer une confrontation ouverte avec Moscou pour y parvenir. Mais pour quoi faire ? Mais pour qui se prennent-t-ils, et comment leur cause peut-elle être si bonne, qu’ils prennent de tels risques pour elle ?

Le sabotage délibéré d’un accord de paix viable en Syrie (auquel le Pentagone s’est opposé dès le départ) est l’un des scandales de notre époque. C’était une chance pour mettre fin à la misère de millions de personnes, et elle a été gâchée.

Nous, en Grande-Bretagne, devons nous opposer à être entraînés dans une guerre syrienne, notamment parce que, si nous le sommes, les troupes que nous envoyons là-bas pourraient rapidement être menacées de poursuites, dans leur propre pays, pour crimes de guerre présumés.

Cela fait trop longtemps que nous sommes trompés par cette propagande. Arrêtez d’être dupes.

Peter Hitchens – 25 septembre 2016 – Daily Mail

Article original : Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

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Kiev refuse la Paix. L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix.

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La guerre, #le nazisme, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #L'OTAN.

   Kiev refuse la Paix 

 

L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix 

Kiev refuse la Paix. L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix.

L'armée ukrainienne, en dépit des volontés marquées de mettre (enfin) en oeuvre le processus de paix, continue de saboter quotidiennement l'application des deux premiers des treize points du protocole de Minsk (1: Cessez-le-feu immédiat et 2: Retrait des armements de la ligne de contact).

En effet durant le week end, l'artillerie ukrainienne a bombardé la zone de front tuant 2 soldats républicains et occasionnant de nouvelles destructions matérielles importantes. Hier 90 tirs ukrainiens contre le territoire de la DNR ont été encore enregistrés.

Bombardements sur Yasinovataya (Nord de Donetsk)

pendant le week-end des Primaires électorales

Mais c'est surtout par des actions délibérées sur les secteurs de Petrovsky (Quartier Sud Ouest de Donetsk) et Stanitsa Lugansk (au Nord de Lugansk) que Kiev a exprimé son refus obstiné d'engager le processus de paix dans le Donbass. En effet, et conformément au point 2 du processus de Minsk, un retrait des forces combattantes doit être effectué au niveau des zones de contact or, sur les secteurs cités, les forces ukrainiennes ont non seulement refusé de se soumettre à ce protocole (au Nord de Lugansk) mais ont même ont perturbé par des tirs le retrait engagé par les forces républicaines (près de Petrovsky).

Les représentants de l'OSCE qui doivent "assurer le suivi et la vérification du cessez-le-feu" (Point 3 des accords) étaient présents à Petrovsky lors des provocations ukrainiennes (voir la vidéo ci dessous) et ils ont aussitôt demandé aux forces ukrainiennes de "prendre des mesures " pour respecter le cessez le feu, mais en vain...

La conséquence est que le commandement militaire de la DNR a donné l'ordre à une de ses divisions de revenir sur ses positions initiales tant que Kiev ne se soumettra pas également au processus de Minsk signé par elle en février 2015.


Kiev ne peut pas la guerre et ne veut pas la paix

On voit donc une armée ukrainienne qui est bloquée dans les tranchées politiques et militaires creusées par Kiev. Incapables de relancer une offensive, les unités ukrainiennes ne veulent pas pour autant se plier aux consignes données par les accords de Minsk. Aussi les soudards se contentent-ils de maintenir le front sous un feu minimum afin d'alimenter la politique de terreur lancée par Kiev au Printemps 2014, de fixer les forces républicaines et de saboter le processus de Paix...

Depuis la semaine précédent la tenue des Primaires électorales dans le Républiques, l'artillerie ukrainienne a repris ses tirs contre les populations civiles du Donbass.

Après une trop courte trêve la population du Donbass

est à nouveau sous les obus de l'armée ukrainienne

Le satrape kiévien pris à son propre piège 
 
Ce sabotage permanent du processus de paix, sans toutefois s'accompagner d'un retour à une dynamique offensive, révèle la situation de blocage du Président Porochenko, qui militairement ne peux plus attaquer le Donbass sans risquer une Bérézina catastrophique et politiquement ne peut s'y désengager sans risquer la perte des territoires occupés (de Mariupol à Slaviansk) et surtout un coup d'état immédiat des nationalistes radicaux.
 
La marionnette étasunienne de Kiev de plus en plus impopulaire en Ukraine mais aussi dans les pays occidentaux est donc aujourd'hui sur un trône éjectable. Complètement isolé Porochenko ne doit le sursis de son pouvoir qu'à la perfusion économique de ses parrains occidentaux que sa présence maintient ouverte et la guerre dans le Donbass qui nourrit satisfait les radicaux et nourrit les oligarques et alimente encore une "union sacrée" politique de plus en plus fragile...


Un conflit aux ordres de Washington
 
De toute évidence l'évolution de la situation du front du Donbass, aujourd'hui gelée entre la guerre et la paix, est dépendante du contexte international et notamment du bras de fer engagé entre Washington et Moscou en Syrie. L'Ukraine reste un "front de réserve" pour la Maison Blanche qui profite de cette guerre dans le Donbass pour renforcer sa présence militaire en Europe et faire pression sur Moscou via une "otanisation" factuelle de l'Ukraine, tant politique et économique que militaire.
 
Par exemple, alors que le mythe de l'intervention russe dans le Donbass ne survit plus que dans les bas fonds des officines propagandistes occidentales, Anders Fogh Rasmussen, l'ancien secrétaire Général de l'OTAN qui a été nommé conseiller spécial du Président Porochenko tel un fanatique possédé  invoque encore la pseudo déstabilisation de l'Ukraine causée par Moscou et appelle à "la livraison d'armes défensives mortelles pour l'Ukraine, de sorte que l'Ukraine serait mieux en mesure de se défendre". Rasmussen n'est pas le seul occidental présent dans l'appareil d'Etat ukrainien et faisnt pression avec le lobbying de la communauté ukrainienne implantée en Amérique du Nord sur les décisions nord américaines.
Ainsi, la semaine dernière le congrès étasunien a donné son accord pour la livraison d' "armes de défense létales" à l'Ukraine, ce qui constitue une nouvelle provocation et surtout une décision contraire aux accords de Minsk.
 
En attendant l'évolution syrienne, l'échéance électorale étasunienne, les forces armées ukrainiennes quant à elles, appliquant des ordres précis de leur commandement militaire et politique entretiennent "à feu doux"  le front du Donbass qui peut exploser à nouveau à tout moment.
 
Combats près de Yasinovataya (Au Nord de Donetsk) 
au niveau du blok post Kroutaya Balka, le 2 octobre
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
*
*   *
 
Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
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Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Yougoslavie, #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #l'islamisme, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

 

Joaquin Flores – Fort Russ News 26 septembre 2016

 

14. Milorad Dodik meeting Banja Luka.jpg

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitale de facto de la Republika Srpska

 

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

Dans la soirée d’hier [25 septembre, NdT], les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

 

15. Vote Serbie.jpg

 

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

 

16. Carte Balkans2010.png

 

 Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

 

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN [ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

 

17.  Local SDA candidates.jpg

Candidats du SDA

 

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

 

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d'Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine - la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska - au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

 

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu'il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

________________

* Lire aussi : « Syrie, le laboratoire d’une guerre de quatrième génération ? » - Le Grand Soir, 27 décembre 2012.

 

Source : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

Si nous comprenons bien tout, la République serbe de Bosnie se trouve aujour’dhui ou se trouvera demain dans la situation où était la Crimée, au lendemain du coup d’État Otano-nazi d'Ukraine. Si les choses pouvaient évoluer de la même manière, les deux Serbie réunies ne formeraient plus qu’un seul état, auquel pourrait se joindre, on ignore comment mais c’est envisagé, le Kosovo. Par superstition, on n’ose presque pas dire que ce serait là un premier pas vers une reconstitution, à plus ou moins long terme, de la Yougoslavie démantelée par nos soins (honte éternelle sur l’Europe !) mais il faut l’espérer.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

Et voilààààà !

 

Le Conseil européen accueille favorablement la demande d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine

Olivier Berruyer – Les crises – 2 octobre 2016

 

19. guillemets anglais.GIF

Eh oui, la Bosnie dans l’UE, génial ! Tout va bien se passer… Vivement l’Albanie ! (parce que je ne plaisante pas en plus)

C’est fascinant un machin qui sombre dans la folie, comme l’OTAN…

 

18. Juncker + Bosniaque.jpg

Denis Zvizdic a rencontré à Bruxelles Christian Danielsson, commissaire européen à l’élargissement (photo gouvernement de Bosnie-Herzégovine)

 

BOSNIE-HERZÉGOVINE. Suite à sa demande d’adhésion présentée le 15 février 2016, le Conseil européen rappelle, mardi 20 septembre 2016, “son attachement sans équivoque à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine en tant que pays unique, uni et souverain”.

Dans ces conclusions, le Conseil “réaffirme que l’avenir des Balkans occidentaux est dans l’Union européenne.”

Le président  bosnien du Conseil des ministres, Denis Zvizdic s’est félicité de ces propos : “Aujourd’hui, nous vivons véritablement un moment historique pour l’orientation européenne et l’avenir européen de la Bosnie-Herzégovine.

Tout en saluant “les progrès significatifs réalisés dans la mise en oeuvre du programme de réformes”, Bruxelles demande au pays de poursuivre ses réformes économiques mais aussi celles dans le domaine de l’Etat de droit et de l’administration publique.

La route vers l’Union européenne semble donc toute tracée.

 

Un accord de stabilisation et d’association déjà signé avec Bruxelles

La Bosnie-Herzégovine a conclu un accord sur un mécanisme de coordination concernant les questions relatives à l’UE. Ses gouvernements successifs travaillent depuis 2015 à un programme de réformes pour entrer dans les critères de Bruxelles.

Pays de 3,87 millions d’habitants, la Bosnie-Herzégovine (51 000 km²) est née en 1992 de l’éclatement de la Yougoslavie. Elle est constituée, depuis les accords de paix de Dayton (décembre 1995) mettant fin aux conflits interethniques, de deux entités : la Republika Srpska (majorité de Serbes) et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (Bosniaques et Croates).
Le pays a signé, en 2007, un accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne. Il est entré en vigueur en juin 2015.

Doté d’une banque centrale depuis 1997, sa monnaie est, depuis juin 1998, le mark bosnien (1,96 Marks = 1 €). Avec un PIB de 15,57 mrds€ en 2015, l’économie est portée par le secteur tertiaire (66% du PIB) avec le commerce, les services aux entreprises et le transport. Le secteur industriel (produits métalliques et bois) assure un quart du PIB, l’agriculture 8%.

Le pays connaît un taux de chômage de 27% (26,5% en prévision pour 2016).

Parmi ses voisins, la Croatie est devenue en juillet 2013 le second membre de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’Union européenne après la Slovénie en mai 2004.

Le Monténégro et la Serbie se trouvent également sur le chemin de l’intégration en tant que candidats officiels.

Source : Econostrum, Frédéric Dubessy

Notre source : https://www.les-crises.fr/le-conseil-europeen-accueille-f...

 

P.S. Sur les camps djihadistes prêts à donner un coup de main en cas de besoin, pour mater la République serbe, voir les commentaires en fin d’article.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

 

 

Mis en ligne le 3 octobre 2016.

Précisons :

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord nous prépare une guerre de Yougoslavie bis.

Personnages : Les groupes salafistes « rebelles modérés » sont sur place, fin prêts pour un « regime change ». Mais la résistance aussi s’organise.

Décor : La Republika Srpska ou République serbe de Bosnie (RS) au milieu. La République fédérale de Bosnie-Herzégovine – moitié croate, moitié bosniaque – (BH) à droite. La République de Serbie (S), à gauche. Par la grâce de nos protecteurs et amis, la Yougoslavie a été morcelée de façon que la première – RS – fasse partie de la deuxième (BH) et ait une frontière commune avec la troisième (S).

Action : avec le référendum dont il est question plus haut, on pourrait croire à une provocation de la part de la RS, mais il s’agit en fait d’une manœuvre de défense contre une provocation BH-UE-OTAN préparée de longue date.

Rideau :

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Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #les néocons, #La Yougoslavie, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #l'islamisme, #Terrorisme

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?
Le  30.09.2016
 
Selon l’ancien vice-président serbe Emil Vlajki, l’Occident cherche à se venger de Milorad Dodik, le turbulent patron de la «Republika Srpska» (RS) et figure de proue d’un nouveau référendum d’indépendance, en soutenant par tous les moyens un climat d’instabilité dans les Balkans.

Dans une interview accordée à Sputnik, l'ancien vice-président serbe et professeur de l'Université de Banja Luka, Emil Vlajki, explique pourquoi les récents événements en Bosnie-Herzégovine devraient être considérés dans le contexte d'une « Nouvelle guerre froide » et pourquoi la Cour constitutionnelle du pays a volontairement provoqué Belgrade. En guise de préambule, il a rappelé que la RS empêchait toujours la Bosnie-Herzégovine d'intégrer l'Otan. Ainsi, la Cour constitutionnelle ne ferait, selon lui, qu'accomplir des « commandes reçues depuis l'étranger ». À ces fins, elle cherchait à « destituer le président Dodik » et à « ouvrir au pays les portes de l'Otan ». C'est pour cela, poursuit-il, que l'Occident ne prête pas attention aux discours va-t'en-guerre de Bakir Izetbegović, le président du Présidium bosniaque, adversaire intransigeant de Dodik.
 
D'après M. Vlajki, l'Occident — et avant tout les États-Unis — se mêlerait de choses beaucoup plus dangereuses que la simple imposition de sa politique à la Serbie. Il s'agirait en fait d'une islamisation des Balkans. « Depuis 1992, ils (les États-Unis, ndlr) épaulaient la communauté musulmane. Ils ont littéralement aidé les moudjahidin à pénétrer dans le pays. Ils ont fermé les yeux sur le trafic d'armes depuis la Croatie. D'ailleurs, je dispose de documents prouvant que le président croate Franjo Tuđjman s'indignait contre cet état de choses. Cependant, il n'avait pas le choix, tant il craignait alors de perdre le soutien des États-Unis », fustige-t-il.
 
Et d'expliquer que « l'objectif ultime des États-Unis est de créer de la Bosnie-Herzégovine un État unitaire, un État de la Charia. Et ils ne vont pas y renoncer. »
 
À en croire M. Vlajki, au moins 100 000 wahhabites résident actuellement en Bosnie-Herzégovine. Ils sont à tel point radicalisés, poursuit-il, qu'ils sont faciles à manipuler. Parmi eux, il y en aurait même « cinq ou six mille prêts à recourir à une provocation armée en cas de nécessité ». « Il n'est pas exclu qu'en cas de conflit le Présidium à Sarajevo fasse appel à l'Otan pour stabiliser la situation », relève l'expert. Concernant la déclaration du Parlement européen, qui accuse la Russie de soutenir le référendum en vue de propager la confrontation dans la région, Emil Vlajki fait remarquer que « le désir de s'accaparer des ressources russes est toujours à l'ordre du jour ». « Les Russes peuvent faire ce qu'ils veulent. Ils peuvent ne rien faire du tout. Dans tous les cas, il seront accusés de tous les maux », conclut-il.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/
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Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #L'OTAN., #Daesch, #l'islamisme

Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»
 
Le groupe islamiste Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) est considéré comme une organisation terroriste aux Etats-Unis, au moins officiellement. Cependant, un haut commandant du groupe a déclaré: « les Américains sont de notre côté » en pointant une livraison présumée d'armes provenant des Etats-Unis.
Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

Le groupe terroriste Front Fatah al-Cham, selon un de ses commandants, reçoit des armes des Etats-Unis. Les Américains ont fourni aux djihadistes des missiles antichars TOW, a déclaré un commandant de l'organisation terroriste dans un entretien au journal allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/caricatures/201609261027929325-commandant-nosra-livraison-armes-usa/

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LA BATAILLE DE MOSCOU, par Erwan Castel.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #L'OTAN., #L'armée française, #Terrorisme, #le nazisme, #l'islamisme

LA BATAILLE DE MOSCOU

75 années de russophobie hystérique
 
 
Il y a 75 ans la bataille de Moscou était engagée par les unités d'assaut du régime nazi (opération "Typhon" du groupe d'armée Von Bock). Cette bataille avec celle de Stalingrad est l'une des plus importantes menées sur le front de l'Est pendant la "Grande guerre patriotique". Après 4 années de combats sanglants et de sacrifices monstrueux ( près de 20 millions de morts ), la Russie à vaincu l'Allemagne nazie.
 
Mais la haine russophobe mutant tel un virus dans l'idéologie étasunienne gonflée par une arrogance universaliste se lança dans une guerre froide contre Moscou qui lui avait pourtant garanti par ses sacrifices une victoire sur le front Ouest.
 
Puis la démesure eut raison du système soviétique menaçant d'entraîner la Russie dans son effondrement jusqu'à ce que Vladimir Poutine la ressuscite des ruines de son avatar communiste. On pouvait penser que les tensions s'apaiseraient, or il n'en est rien !
 
Aujourd'hui, malgré la disparition du nazisme et du soviétisme, cette russophobie hystérique occidentale continue piétinant l'héritage du passé prouvant surtout que les motivations qui l'animent sont pas seulement politiques mais bien systémiques et métapolitiques.
 
En effet, ce sont bien 2 visions du monde qui s'affrontent aujourd'hui : celle d'un monde multipolaire défendu par la Russie et où les relations sont fondées sur le respect des diversités naturelles et humaines et celle d'une dictature de la pensée unique étasunienne qui veut imposer à l'ensemble du monde ses déclinaisons politiques, économiques, culturelles etc. dans un chaos moral organisé.
 
Depuis les crises syrienne et ukrainienne, Washington veut entraîner l'Europe dans une nouvelle bataille de Moscou, multipliant les provocations verbales bellicistes et les sabotages meurtriers des plans de paix qui essayent d'étouffer les incendies allumés par la cupidité de son appareil militaro-industriel affamé....
 
 
Une stratégie du pire agressive et désespérée
 
 
La Maison Blanche excitée par la surenchère des discours électoraux de sa campagne présidentielle vient de faire "passer à la vitesse supérieure" sa stratégie russophobe et belliciste. 
 
Rien que pour cette dernière semaine on peut relever une nombre inquiétant de bouffées délirantes de la part des "néocons" de Washington, représentants hystériques d'un Nouvel Ordre Mondial vacillant et qui désespérément se lance dans une fuite en avant suicidaire :
 
  • Le 28 septembre, John Kirby, porte-parole du Département d’Etat américain (State Department) a directement menacé la Russie d’attaques dans ses villes si la Russie ne cesse pas de soutenir le Président Assad. il évoque des attentas menés sur le sol russe par les groupes terroristes aujourd'hui soutenus par Washington en Syrie !
  • Le 28 septembre Ashton Carter, le Secrétaire américain à la Défense ou devrait-on plutôt nommer le "Docteur Folamour" évoque le déploiement d'une force d'action rapide sur les frontières de la Russie pour dans l'éventualité d'un engagement "conventionnele et nucléaire" contre Moscou !
  • Le 29 septembre, le New York Times en évoquant la situation militaire syrienne, qualifie la Russie d' "Etat hors la loi", justifiant les préparatifs d'une nouvelle escalade militaire étasunienne contre les forces gouvernementales du Président Assad, soutenues dans leur combats anti terroristes par Moscou.
Ces trois délires ne sont malheureusement pas isolés, ils font suite à des déclarations tonitruantes prononcés chaque semaine depuis les conférences de presse des généraux étasuniens jusqu'aux tribunes de la candidate "Killary" Clinton qui ne jure par par la guerre contre l'Iran et la Russie...
 
Si la Syrie cristallise aujourd'hui ces délires inquiétants c'est certainement parce que le système étasunien enrage de voir sa stratégie de préemption de cette région géostratégique échouer malgré les  5 années de chaos répandu par les islamo-terroristes d'Al Qaida and Co que toute honte bue Washington soutient à nouveau comme autrefois en Afghanistan lorsqu'elle avait créé le golem Ben Laden...
 
Cette stratégie incohérente du monstre étasunien qui sponsorise ceux là même qu'il prétend combattre, révèle d'abord l’immoralité d'un système cynique et meurtrier qui agite l'étendard des "Droits de l'Homme" pour massacrer les populations libyennes ou syriennes, tout en soutenant des régimes saoudiens ou israéliens qui quotidiennement les bafouent.
 
La Russie quant à elle refuse désormais cette politique du chaos et la tectonique géopolitique qui arrive désormais à son stade ultime de tension doit aujourd'hui se détendre ou  bien casser dans un nouveau séisme mondial. 
 
Ce séisme si la Syrie semble potentiellement en être le détonateur pourrait voir sa déflagration principale éclater ailleurs et notamment dans le Donbass où les tentatives de résolutions pacifiques de la crise ukrainienne là aussi se dirigent lentement mais surement dans une impasse dangereuse.

L'objectif prioritaire de la stratégie étasunienne reste Moscou et ses frontières occidentales.
 
 
Des accords de Minsk désaccordés
 
 
Dans le Donbass ont lieu aujourd'hui les élections primaires réalisées conformément au protocole défini par l'OSCE et malgré la désapprobation des occidentaux à commencer par Kiev bien sûr qui voit dans ce scrutin la Vérité avancer au grand jour et piétiner sa propagande mensongère.

La trêve engagée le 1er septembre ne semble être de la part de Kiev qu'un sursis éphémère voulu ou imposé par ses commanditaires occidentaux soucieux de coordonner les actions de leurs différents pions avancés sur le Grand échiquier, de la Mer de Chine à l'Ukraine en passant par la Syrie....
 
Les accords de Minsk (voir ci après) qui sont aujourd'hui la seule option présentée pour rechercher la paix. voient leur processus enlisé depuis 1 an et demi au stade des 3 premiers des 13 points évoqués. Non seulement les bombardements continuent sur une  ligne de front qui est juste mis en sommeil  mais le pouvoir ukrainien semble décidé a refuser le mise en oeuvre des points suivants et notamment les points 4, 11 et 12 (sans parler des points 6, 8 et 10 qui rencontre de fortes résistances). Et pour être honnête il est également peu vraisemblable que les Républiques acceptent de leur côté le point 9 (restitution des frontières) en tout cas avec l'actuel pouvoir de Kiev.
 
1 - Cessez-le-feu immédiat.
2 - Retrait des armements de la ligne de contact
3 - Assurer le suivi et la vérification du cessez-le-feu par l'OSCE.
4 - Entamer un dialogue sur la réalisation d'élections locale et désignation des territoires concernés
5 - Garantir l'amnistie des combattants
6 - Assurer la libération des otages
7 - Garantir l'aide humanitaire dans le Donbass
8 - Mettre fin au blocus économique du Donbass
9 - Rétablissement du contrôle des frontières après: des élections concernant les territoires concernés et sous réserve de la mise en œuvre du point 11
10 - Retrait du territoire ukrainien de toutes forces armées et milices étrangères
11- mise en œuvre de la réforme constitutionnelle prévoyant le statut spécial des territoires concernés
12 - Sur la base des lois ukrainiennes négociations sur la tenue des élections dans les territoires concernés
13 - Intensifier l'action du groupe de contact tripartite
 
Selon moi, la seule chance pour voir un quelconque processus de paix aboutir dans la Donbass serait d'inviter les Républiques a participer à égalité avec l'Ukraine aux négociations et ensuite de redéfinir dans les détails une nouvelle feuille de route car l'actuelle est de fait irréalisable.
 
Au lieu de cela, les occidentaux s'entêtent a entretenir ce blocage et la donc la guerre qui de toute évidence justifie la militarisation étasunienne de l'Ukraine et offre à Washington un moyen de pression sur Moscou et un front potentiel en cas de guerre ouverte.
 
De toute évidence, l'échéance électorale étasunienne, avant ou après son calendrier seble bien s'imposer comme un carrefour à partir duquel Washington va choisir le chemin de la folie ou celui de la raison.
 
 
Un orage de plus en plus menaçant
 
 
1 siècle donc après la première et grande boucherie européenne, le vieux continent voit une nouvelle fois ses peuples menacés par une nouvelle apocalypse fratricide.
 
Tandis que les occidentaux se noient dans les fiels haineux d'une ploutocratie incohérente et amorale, les peuples de Russie qui ont toujours offert à leur pays la victoire des armes sont prêts à défendre une nouvelle fois leur Histoire commune, leurs identités multiples, et leur terre nourricière.
 
Même si la paix reste dans les coeurs des hommes de raison, j'ai bien peur que, tel le Phoenix la civilisation européenne a besoin de son lit de cendres pour renaître épurée du cancer qui la ronge et la dénature depuis des siècles d'universalismes divers, qu'ils soient religieux, politiques, économiques ou culturels.
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
*
*   *
 
Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
 
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Depuis un an, nous sommes en guerre contre les États-Unis par A.Dugin.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'islamisme

Depuis un an, nous sommes en guerre contre les États-Unis [A.Dugin]

2016-09-07_094859

Traduction rapide en français ci-dessous

Le 30 septembre marque exactement un an depuis le début de nos opérations militaires en Syrie. Bien sûr, il est trop tôt pour faire un bilan définitif. Nous sommes en guerre. Nous combattons. Nous attaquons. Nous subissons parfois la perte. Et notre guerre n’est pas encore terminée. Mais nous allons regarder de plus près cette guerre, qui depuis un an fait partie de nos vies – en tant que société, en tant que peuple, en tant que nation. Et qui se poursuivra encore un certain temps – jusqu’à la victoire.

En Syrie, nous luttons contre l’organisation terroriste « Etat islamique », organisation interdite en Russie. En d’autres termes, notre objectif est l’islam radical qui menace non seulement de détruire définitivement la Syrie, mais de plonger l’ensemble du Moyen-Orient dans un véritable enfer sanglant. L’horrible pratique de la torture des terroristes de l’EI , l’abattage des personnes vivantes en morceaux, la vente des enfants en esclavage sexuel, l’extermination des chrétiens simplement parce qu’ils sont chrétiens, n’épargne rien ni personne.

En regardant les visages, les expressions faciales franches et brutales, les vêtements en désordre et les yeux vitreux, vous comprenez que quelque chose ne va pas avec la simple existence de ce mal dans notre monde. Et en fait, il y a des états entiers, tels que l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent à dessein, les finances et les bras de cette horde d’orcs.

Si nous sommes en guerre avec ces créatures en Syrie, c’est pour ne pas avoir à se battre en Asie centrale, dans le Caucase, ou dans nos propres villes. L’Europe a deja commencé à ressentir leurs actions en un court laps de temps – les viols collectifs du « Bataclan » ou l’écrasement des innocents en vacances [Attentat de Nice, NDLR]. Par conséquent, nous combattons en Syrie non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour les Européens. Nous sommes en guerre depuis un an. Déterminés, confiants, recueillis. Et comme dans toute guerre, nous avons des victimes. Ce sont les héros de l’armée Russe de la Lumière. Et pour chacun d’entre nous, pour le philosophe, ceci doit être parfaitement clair, face à l’obscurité.

Mais vous devez vous demander, d’où viennent ces bâtards de l’EI? Une simple analyse superficielle montre que le vrai mal est plus profond, que l’EI n’est que le decor, des marionnettes. Derrière eux, les vrais marionnettistes, et ils ont l’air tout à fait différent. Aujourd’hui, il n’est plus inconnu que le terrorisme islamique a été créé par les États-Unis et leurs services spéciaux. Si cela n’etait pas le cas il serait facile de règler le problème de ces fanatiques pour les gouvernements de Syrie, Libye ou d’Irak.

L’EI ne devient vraiment dangereux que les grandes puissances mondiales – les Etats-Unis- ne commencent à le soutenir et à l’équiper. Alors les hordes disparates se transforment soudainement en une véritable force. Et commencent à semer autour d’eux la mort, la violence, les massacres, la destruction des personnes, des cultures, des pays.

Lors des débats pré-électoraux brulants aux États-Unis, Donald Trump a été contraint de jeter à la face d’Hillary Clinton la désagréable vérité: Elle, ou plutôt des faucons néo-conservateurs, partisans de la mondialisation et de gouvernement du monde, ont créé L’EI, l’ont équipé et soutenu jusqu’à aujourd’hui. Et quand les affaires de leurs creatures tournent mal, ils frappent sur les troupes légitimes du gouvernement syrien. Et l’EI revient.

Depuis un an donc, nous sommes en guerre contre les États-Unis. Au début des années 2000 ils ont proclamé le plan du Grand Moyen-Orient. Ce plan appelle à redessiner les frontières de tous les Etats arabes. Et ils l’exécutent. Les bras de l’EI, ce sont les bras de leurs prétendus ennemis et leurs alliés – la Turquie et Israël. Les Etats-Unis envahirent sous de faux prétextes l’Afghanistan. L’Afghanistan est en ruines. Les US ont renversé et pendu Saddam Hussein en Irak, et l’Irak est inondé de sang, déchiré. Les US ont tué Kadhafi, et avec elle – la Libye, où les gangs d’aujourd’hui s’entretuent dans un pays exangue quasiment détruit.

Les US ont attaqué la Syrie. Et si nous n’étions pas intervenu, comme en Afghanistan, en Irak et en Libye, la Syrie aurait déjà disparu. Mais nous sommes intervenus.

https://tvs24.ru/cumulus/videos/95/un-an-de-guerre-en-syrie-a-dugin/

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La bataille d'Alep: « Les bouchers de la guerre en Syrie… ça suffit ».

1 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie

La bataille d'Alep: « Les bouchers de la guerre en Syrie… ça suffit ».

Bonjour

La Syrie encore et toujours.

Interview intéressante de Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen Orient et de la Syrie. Interview du 29 septembre 2016 par Frédéric Saillot d’EURASIEXPRESS.

Le thème est la bataille d’Alep ;: « Les bouchers de la guerre en Syrie… ça suffit ».

https://www.youtube.com/watch?v=Awe2ASdZExs&list=PL9Fa29olRAo13FVRvk2Y8__VGPs4wz-3R

Amitiés

Lucien Pons

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De l’odieuse morale des seigneurs du chaos. Par Françoise Compoint.

30 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration, #l'islamisme

De l’odieuse morale des seigneurs du chaos. Par Françoise Compoint.

De l’odieuse morale des seigneurs du chaos

on: septembre 30, 2016

Chassez le naturel et il revient au galop ! Plein de bon sens, le gouvernement français avait osé prendre quelques distances avec l’Etat profond US, belliciste, jusqu’au-boutiste et particulièrement sanglant quand il en va de ses intérêts. On aurait pu alors croire que le départ de Fabius, fin 2015, allait préfigurer une nouvelle ère dans le traitement européen (pas occidental !) du dossier syrien et une alliance de revers anti-salafiste entre la France et la Russie. Quelle naïveté impardonnable ! Début février 2016, le Point publie un article dont le contenu rappelle… en tout point, l’ « indignation » française face aux « crimes de guerre » commis par les bombardiers russes dans certains quartiers d’Alep.

Voici ce que nous lisions le 3 février 2016: « Paris condamne l’offensive du régime syrien, avec le soutien russe, pour encercler puis asphyxier Alep et ses centaines de milliers d’habitants » (…). Quelques lignes plus tard : « L’armée syrienne, soutenue par l’armée russe, a réussi à resserrer l’étau autour des rebelles (…) après avoir coupé leur principale route d’approvisionnement. Un nouveau succès pour le régime depuis l’intervention de Moscou dans le conflit ».+

On tombe des nues attendu que :+

  • Même l’Observatoire anglo-syrien des droits de l’homme qui n’a jamais eu aucune légitimité en Syrie n’arrive pas à citer ne serait-ce qu’un groupe armé (dit rebelle) non-salafiste.+

  • Le but final est la reprise d’Alep et la stabilisation tant de la ville que de la région. Cet impératif présuppose le retour de tous les quartiers d’Alep sous le contrôle de l’armée arabe syrienne.+

  • L’expression « régime syrien » est dénuée de sens. Si légitimité est synonyme de soutien populaire massif, il vaut mieux parler du « régime de Hollande ».+

Le conflit syrien étant parsemé de tragiques déjà-vu, on apprend, le 25 septembre, que Ban Ki-moon est « consterné » par l’escalade militaire liée à la reprise d’Alep, là encore, avec le soutien de l’aviation russe. Le 26 septembre, un journaliste du Point publie un article dans lequel il insiste lourdement sur la barbarie des frappes, car les pilotes russes auraient utilisé des bombes à sous-munitions. Après une longue série d’évocations à emphase sensationnaliste, l’article se clôt par une question digne d’un aphorisme : « La faute à la Russie ? ». Remettons les points sur les i.+

  • La Russie n’a jamais signé la convention sur la non-utilisation des armes à sous-munitions ce qui est le cas de la quasi-majorité des grandes puissances qui en ont dans leur arsenal.+

  • Interrogés en avril sur l’éventuelle utilisation de ce type de bombe, les experts militaires russes ont été formels : il s’agit de bombes à fragmentation faciles à confondre avec les bombes à sous-munitions. Cette réponse n’a jamais été médiatisée par les médias occidentaux qui avaient fondé leurs accusations sur deux captures d’écran publiées par … Russia Today et Sputnik !+

  • L’utilisation de bombes à sous-munitions dans les villes n’a aucun sens. Elles sont larguées en terrain vague.+

Les cris d’orfraie des journaleux du mainstream médiatique français sont d’autant plus déplacés que le Ministère des Affaires étrangères a caché une série de dérapages commis en Irak fin 2015. Ainsi :+

  • Le 25 octobre 2015, un Rafale cible une école primaire située près de Mossoul. 28 écoliers sont tués sur le coup. Le gouvernement essaye alors de nier, sans grande conviction, son implication. L’affaire est étouffée. Malgré une ribambelles de promesses, Mossoul, la capitale de l’EI en Irak, n’a toujours pas été repris.+

  • Le bombardement français de Raqqa du 26 octobre 2015 aussi connu sous le nom d’opération de Chammal a lui aussi emporté des vies d’enfants. C’est un fait confirmé par l’OSDH, l’Observatoire syrien des droits de l’homme dont on connaît la position farouchement anti-Assad. Et que dire de la ville turkmène de Tall Afar avec ses multiples victimes collatérales ?+

  • Pour remonter un peu dans le temps et sortir des frontières syriennes, je vous conseille la lecture de la Lettre Ouverte de médecins russes au Président de la Fédération de Russie (voir Note Editorial de Global Research) qui fait état, sur un ton glaçant de neutralité, des crimes de l’OTAN et des USA contre les habitants de la banlieue de Tripoli dont le bombardement d’une maternité pour femmes atteintes de maladies cardiovasculaires. C’était en 2011. Où était Ban-Ki moon, en fonction depuis 2007 ?+

Le 28 septembre, Washington passe aux menaces. Kerry se dit prêt à suspendre la collaboration US avec la Russie accusant cette dernière, de pair avec la France, de crimes de guerre comparables à ceux de l’EI (SIC). Le partenariat stratégique US/Russie est ajusté à la cessation des bombardements d’Alep, d’une part, au retour à un cessez-le-feu généralisé, de l’autre. Ce qui revient à demander à l’AAS d’arrêter la reprise d’une ville dont plusieurs grands quartiers sont aux mains des salafistes de l’EI et à d’autres franges apparentées, d’une part, de l’autre, donner un temps de répit aux « rebelles » qui en profiteront pour recevoir une aide médicale, logistique et militaire.+

Comme les masques sont définitivement tombés, cela ne m’étonnerait pas d’apprendre que les Américains essayent d’évincer les troupes russes du Castello, voire, pour en finir au plus vite, qu’ils essayent de miser sur un ou des traîtres dans l’entourage d’Assad. Par contre, ce qui ne cesse de m’étonner, peut-être parce que je n’arrive pas à être objective, c’est le vassalisme mal assumé mais flagrant du gouvernement français qui en plus n’a pas l’Atlantique pour rempart.+

Françoise Compoint, Pravda.ru

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Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes.

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes.

L’histoire a fait la une partout : «Petit garçon sorti vivant des décombres». La vidéo et la photographie produites par le Aleppo Media Centre (AMC), qui montrait Omran Daqneesh, alias «le petit rescapé d’Alep» prétendument sauvé par les notoirement connus casques blancs dans la partie est d’Alep tenue par les terroristes, est aussitôt devenue virale et a été propulsée bien haut dans la stratosphère de la propagande médiatique occidentale.

Pratiquement tous les grands organes de presse du monde entier ont montré la vidéo et ce qui est devenu depuis la célèbre photographie d’Omran, le «petit rescapé d’Alep». Le garçon couvert de poussière et de sang a été placé sur une chaise dans ce qui semble être une ambulance en parfait état, malgré sa présence dans une prétendue zone de guerre, pour ensuite être photographié en rafale par un nombre incalculable de caméras et de téléphones portables. Pendant tout ce temps, personne ne lui a prodigué des soins, comme s’il s’agissait d’une séance photo montée de toutes pièces.

Personne ne l’a réconforté, n’a pansé ses prétendues plaies, ne lui a posé un collier cervical ou ne l’a placé dans une civière au cas où il aurait subi des lésions cervicales (procédure de premiers soins habituelle), lui qui venait d’être sauvé de «sous les décombres» d’un immeuble bombardé qui, selon l’AMC, était visé par des «frappes aériennes russes et syriennes».

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/Aleppo-Media-Center-768x372.jpg

CARREFOUR DE LA PROPAGANDE : Le Aleppo Media Centre fournit des images appelant à un changement de régime en Syrie aux médias des États-Unis, du Royaume-Uni, des États membres de l’OTAN, à Al Jazeera du Qatar et à bien d’autres, en appui à la campagne de relations publiques en faveur d’organisations terroristes reconnues actives en Syrie.

CARREFOUR DE LA PROPAGANDE : Le Aleppo Media Centre fournit des images appelant à un changement de régime en Syrie aux médias des États-Unis, du Royaume-Uni, des États membres de l’OTAN, à Al Jazeera du Qatar et à bien d’autres, en appui à la campagne de relations publiques en faveur d’organisations terroristes reconnues actives en Syrie.

Le Aleppo Media Centre a vraiment réussi un beau coup de propagande, qui a suscité bien des appels en faveur d’une zone d’exclusion aérienne et d’une intervention occidentale, donnant ainsi un nouveau souffle à la feuille de route fripée des États-Unis préconisant un « changement de régime » en Syrie. Cependant, un certain nombre de journalistes indépendants internationaux, d’analystes des médias et de militants pour la paix ont commencé à avoir des doutes sur l’image et sa source, en révélant des détails extrêmement troublants non seulement à propos de la photo, mais surtout au sujet de l’organisation qui l’a fournie aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

«Récemment, la photo poignante d’un enfant syrien ensanglanté et apparemment en état de choc, assis dans une ambulance à Alep, a été largement diffusée et commentée dans les médias nationaux et internationaux. En réponse, des journalistes ont appelé l’administration Obama à prendre des mesures, y compris le bombardement de cibles militaires du gouvernement syrien.» – Déclaration du groupe Veterans for Peace

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/1-BBC-Omran-768x616.jpg

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Une analyse rétrospective de cette histoire montre que toute cette fureur médiatique pilotée par Washington, Londres, l’Europe, les pays du Golfe, la Turquie et Israël a été délibérément montée en épingle. En plus de servir de catalyseur aux réactions concertées des gouvernements néocolonialistes, elle est parvenue aussi à ériger un écran de fumée pour mieux dissimuler les massacres quotidiens commis par les terroristes soutenus par les États-Unis, l’OTAN et les pays du Golfe, ces soi‑disant «rebelles modérés» à l’est d’Alep (où il reste environ 220 000 personnes, dont de nombreux terroristes et membres de leurs familles), contre des civils syriens comptant parmi les 1,5 million d’habitants à l’ouest d’Alep, un secteur sous le contrôle et la protection du gouvernement syrien et des forces armées nationales syriennes.

Dans les deux premières semaines d’août seulement, 143 civils ont été tués par des tirs de mortier du Front aI-Nosra visant l’ouest d’Alep, dont 54 enfants et 23 femmes. Cette information a été fournie à Vanessa Beeley par le Dr Zahar Buttal, directeur de la Aleppo Medical Association lorsqu’elle s’est rendue à l’ouest d’Alep le 14 août 2016.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/aleppo-media-center-production-injured-child-1000x445-768x342.jpg

C’est le photographe de l’AMC Mahmoud Raslan qui a remis la photo de la mise en scène montrant Omran aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

C’est le photographe de l’AMC Mahmoud Raslan qui a remis la photo de la mise en scène montrant Omran aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

Les suspects habituels

Si la BBC, CNN, le New York Times, le Washington Post, Al Jazeera et consorts avaient fait une recherche rapide sur Internet, ils seraient vite tombés sur ce que des médias plus consciencieux ont découvert.

Le prétendu photographe d’Omran, le «petit rescapé d’Alep», s’appelle Mahmoud Raslan [ou Rslan], qui se décrit comme un «photo-journaliste militant». L’examen de son propre profil et de ses photos sur les médias sociaux a révélé que Raslan est un sympathisant terroriste à part entière, ce qu’ont très rapidement rapporté un certain nombre de médias respectables et fiables dont Telesur et Sputnik News :

«Des photos circulant en ligne tirées du compte du photographe d’Omran sur les médias sociaux, un homme du nom de Mahmoud Raslan, le montrerait en train de sympathiser avec les tueurs d’un autre enfant, un gamin de 12 ans appelé Abdullah Tayseer Issa, qui a été décapité de façon grotesque par des rebelles modérés soutenus par les USA le mois dernier […]. Les photos circulant sur les médias sociaux, qui ont été recueillies par LiveLeak (avertissement, images choquantes), montrent des captures d’écran de la page Facebook de Raslan, dont une photo qui le montre posant et souriant avec les mêmes terroristes du mouvement Nour al-Din al-Zenki qui ont tué Issa de sang-froid.»

Raslan a su tirer parti de sa nouvelle gloire médiatique en livrant un témoignage poignant, en commençant par The Telegraph qui a repris son histoire en omettant, semble-t-il, de se pencher sur ses racines terroristes :

«Mes larmes ont commencé à couler quand j’ai pris la photo. Ce n’est pas la première fois que je pleurais. J’ai pleuré bien souvent en filmant des enfants traumatisés. Je pleure toujours. Nous, les photographes de guerre, pleurons tout le temps.»

Apparemment, les mauvais traitements, la torture et la décapitation d’Abdullah Issa, un gamin de 12 ans (par les tueurs d’enfants posant avec lui sur la photo ci‑dessous), n’ont pas réussi à faire couler les mêmes larmes de crocodile des yeux de Raslan, le sympathisant terroriste.

 

Au cours de ses diverses incursions dans l’univers trouble des médias oiseaux moqueurs sous le contrôle de l’État profond, Raslan a toujours soutenu être un «pigiste» travaillant en dilettante auprès d’Al Jazeera et de l’AFP «affilié» au Aleppo Media Centre.

Sarah Flounders, la directrice du International Action Centre, a affirmé ceci à RT :

«Non, je crois que ce photographe est bien connu sur Facebook et YouTube, où il publie continuellement des images, des photos faisant l’éloge de la milice Zinki, qui était en fait une organisation terroriste bien connue avant même cette décapitation horrible d’un enfant palestino-syrien. Il est bien loin d’être un militant des droits de la personne. Il se décrit comme un militant des médias, mais son rôle consiste à applaudir et à soutenir les activités terroristes en Syrie.»

Entre autres déclarations, Raslan a écrit sur sa page Facebook que «certains des meilleurs moments que j’ai passés, c’est avec des kamikazes».

Dans une interview accordée plus tard à Al Babwa, Raslan fait de son mieux pour réparer les dommages causés à sa réputation :

«Je ne travaillerais jamais avec un groupe qui s’inscrit en faux contre mes croyances personnelles, mais il faut parfois se faire prendre en photo avec eux.» Il poursuit : «Je prends habituellement des centaines de selfies avec tous ceux que je rencontre sur le front. Nous qui travaillons dans les médias prenons des centaines de photos que nous gardons dans nos archives.»

Ces propos nous amènent à déduire que la prochaine fois que Raslan sera «au front», ses pages Facebook et Twitter seront inondées de selfies le montrant avec des partisans de Daesh, du Front al-Nosra (al-Qaïda), d’Arar al-Sham, de Nour al-Din al-Zenki et de quiconque s’y trouvera.

Suivons la trace de l’argent : qui finance le Aleppo Media Centre ?

Lorsqu’on suit la trace de l’argent, les choses deviennent plus intéressantes encore. Anne Barnard du New York Times a rédigé un compte rendu émouvant de l’histoire d’Omran. Rappelons qu’elle a aussi rendu un bel hommage à un kamikaze il n’y a pas si longtemps. Dans son reportage, elle décrit le Aleppo Media Centre comme suit :

«Un groupe constitué de longue date qui réunit des militants et des citoyens journalistes, hostiles au gouvernement, qui rendent compte du conflit (…).»

Lorsqu’on suit cette guerre sale en Syrie avec un esprit critique, les termes «militants» et «citoyens journalistes» dans la même phrase ont de quoi rendre perplexe. En ajoutant qu’ils sont «hostiles au gouvernement», elle brosse ainsi un beau tableau de propagande.

Ce que Anne Barnard du NYT ne dit pas à ses lecteurs, c’est que cette terminologie [employée par les médias assurant les relations publiques de l’OTAN] laisse planer une préférence pour les barbus wahhabites, qui scandent la formule du takbir [Dieu est grand] en faisant déferler une pluie de missiles sur des civils, ainsi qu’une adhésion à un processus de sélection des «rebelles modérés» qui veille à ce que ceux qui n’adhèrent pas à leur idéologie extrémiste soient déclarés infidèles et sommairement exécutés.

La trace de l’argent

Commençons par examiner les sources de financement de ce groupe de citoyens journalistes militants intégrés à la ribambelle de groupes terroristes extrémistes religieux et à d’autres au service des États-Unis et de l’OTAN, localisés exclusivement dans les secteurs à l’est d’Alep dominés par le Front al-Nosra, d’où sont lancés quotidiennement les canons de l’enfer qui brisent les vies des 1,5 million de Syriens demeurant à l’ouest d’Alep, sous le contrôle de l’armée arabe syrienne.

 

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Comme l’a souligné à juste titre le site Sott.net, le Aleppo Media Centre est un «projet» de la Syrian Expatriates Organization [SEO] :

«La SEO est exactement ce que son nom laisse entendre, c’est-à-dire un groupe de citoyens américains d’origine syrienne qui a ses bureaux sur K Street à Washington D.C., une rue reconnue pour être le cœur de l’industrie du lobbying politique aux USA, où se trouvent une multitude d’organes de réflexion, de lobbyistes et de groupes de défense.»~ Sott.net

Le site Web de la SEO nous apprend qu’elle a joué un rôle déterminant dans la création du Aleppo Media Centre :

«Les reportages de nouvelles et la sensibilisation des médias sont des tâches jugées cruciales au soulèvement civil en Syrie. Le Aleppo Media Centre, un centre de nouvelles spécialisé qui dessert Alep et ses banlieues, a été mis sur pied grâce à une généreuse contribution de la SEO. Depuis octobre 2012, la SEO est responsable d’assurer la coordination du Aleppo Media Centre et de lui procurer une aide technique et logistique, en plus de l’aide financière qu’elle lui a fourni.»  

Cependant, la SEO n’est pas l’unique mécène de ce centre des médias fréquemment cité, bien ancré dans le territoire du Front al-Nosra. En décembre 2015, Canal France International (CFI), un organisme de l’État français, était tout heureux d’annoncer que la radio du Aleppo Media Centre allait commencer à émettre sur les ondes FM dans les villes d’Alep, d’Idlib et d’Hama. Idlib et Hama, ainsi que l’est d’Alep, sont tous des bastions du Front al-Nosra.

L’annonce du lancement de la radio du AMC se trouve sur le site Web de CFI :

«Le Aleppo Media Centre, qui rassemble de manière permanente une vingtaine de journalistes basés en Syrie, produit et diffuse depuis 2012 une information continue sur l’actualité de la région, publiant des articles, des photos et des vidéos sur son site Internet et les réseaux sociaux.

Grâce au soutien de l’incubateur des médias syriens de Gaziantep (Turquie), ce centre voit désormais se concrétiser un nouveau projet : créer une radio locale à Alep, qui sera diffusée deux heures par jour sur la fréquence FM 99.00 et environ 15 heures par jour sur Internet.

En 2015, l’Incubateur a proposé aux journalistes du Aleppo Media Center plusieurs formations dans le domaine de la radio et de la vidéo. En novembre, il a soutenu l’achat d’équipements pour le studio, l’installation du studio, et formé l’équipe à son utilisation.

En décembre, deux membres du centre ont aussi bénéficié d’une formation de formateur qui leur permettra de former à leur tour des citoyens journalistes à l’intérieur même de la Syrie.»

Le Aleppo Media Centre reçoit donc aussi le «soutien» d’une organisation appelée l’incubateur des médias syriens basée à Ganziatep, en Turquie. Le choix du nom est intéressant, puisque la Turquie aussi a servi d’incubateur aux mercenaires terroristes de tout acabit soutenus par les États-Unis et l’OTAN, les pays du Golfe et Israël qui ont envahi la Syrie par la frontière turque avec leurs armes et leur équipement. C’est d’ailleurs la principale cause du prolongement du conflit syrien en cours, qui a engendré ce cycle perpétuel de misère et de carnage que subit le peuple syrien.

 

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C’est ici que les choses deviennent plus croustillantes. «L’incubateur des médias syriens» est un projet financé par Canal France International (CFI), l’agence de coopération et opérateur du ministère des Affaires étrangères de la France dans le domaine des médias. Oui, c’est bien le Quai d’Orsay qui finance le Aleppo Media Centre, la principale source d’«informations» sur Alep larguées à l’ensemble des médias de masse au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Europe.

C’est écrit en bleu, blanc et rouge sur le site Web du gouvernement  français :

«Canal France International (CFI), agence française de coopération, opérateur du ministère français des Affaires étrangères dans le domaine des médias, vient de signer deux contrats importants (2,7M€) avec l’Union européenne pour développer des projets en faveur des médias indépendants du monde arabe.

Le premier contrat de deux ans concerne un projet d’accompagnement du développement de médias syriens, principalement par le biais de formations.

D’un montant de 1,5 million d’euros, il est financé à hauteur de 1,2 million par l’Union Européenne. L’objectif principal du projet est de préparer une nouvelle génération de journalistes syriens capables, aujourd’hui, de produire une information de qualité et professionnelle, et demain de constituer les piliers des médias de l’après-crise.

Dès le mois d’avril 2014, CFI ouvrira les portes d’un centre de médias, baptisé «Syrian Media Incubator», dans la ville turque de Gaziantep, à 60 km de la frontière syrienne, au nord d’Alep. Cet espace de travail collectif vise à fournir des outils modernes de télécommunication et à accompagner les journalistes syriens décidés à continuer, coûte que coûte, de relayer l’information de leur pays.»

Cet aveu du gouvernement français n’est rien de moins que spectaculaire. Examinons de près cette annonce : la France et l’UE, qui sont loin d’être des observateurs impartiaux de la guerre que livrent en Syrie les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, les pays du Golfe et Israël, financent et soutiennent un organe de presse qui attise le feu de la propagande à des points stratégiques dans la bataille que livre l’Armée arabe syrienne pour libérer Alep des griffes des gangs terroristes de la coalition des États-Unis. Le feu qu’il attise permet de détourner le regard du public des véritables atrocités commises par les entités terroristes contre des civils syriens à Alep et de relancer les appels en faveur d’une zone d’exclusion aérienne, l’outil ultime que veut se procurer l’OTAN pour réduire la Syrie à un État en déliquescence comme la Libye.

 

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Rami-SOHR-259x300Il convient de noter aussi que l’UE est aussi l’une des principales sources de financement de cette autre ONG de «l’opposition syrienne» qu’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR), un one-man show basé en Grande-Bretagne donné par un ancien condamné syrien appelé Rami Abdelrahman (dont le véritable nom est Osama Ali Suleiman ; photo, à gauche). Celui-ci travaille en coordination avec le ministère britannique des affaires étrangères et du Commonwealth. Il est important d’en parler parce qu’à l’instar du Aleppo Media Centre, l’Observatoire est la source d’où l’ensemble des médias institutionnels occidentaux, ainsi que le département d’État des États-Unis et leurs alliés, puisent toutes leurs «nouvelles» et leurs «données» à propos de ce qui se passe prétendûment en Syrie.

 

Qu’il s’agisse de l’histoire d’Omran ou des récentes allégations d’attaque au chlore par l’armée arabe syrienne, toutes ces nouvelles font partie d’un programme qui a peu à voir avec le bien-être de la Syrie et relève bien plus de la volonté d’atteindre l’objectif politique de changement de régime déclaré des États-Unis et de l’OTAN, qui était en tête de liste des choses à faire en Syrie bien avant 2011 (lorsque la guerre sale planifiée en cours en Syrie a vraiment commencé à prendre de l’ampleur) par les agences de Washington responsables de l’édification [destruction] de la nation.

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UN HOMME TRANSPORTE UN ENFANT, D’AUTRES ONT L’AIR OCCUPÉS : mise en scène familière d’une image émouvante par le Aleppo Media Centre (Source : AMC/Washington Times)

UN HOMME TRANSPORTE UN ENFANT, D’AUTRES ONT L’AIR OCCUPÉS : mise en scène familière d’une image émouvante par le Aleppo Media Centre (Source : AMC/Washington Times)

Là encore, nous voyons les mêmes «citoyens journalistes» autoproclamés bien enracinés dans les colonies terroristes nouvellement établies, ces enclaves terroristes qui regorgent de criminels fanatiques sous l’effet de la drogue, instables et violents, qui n’hésitent pas à lancer aveuglément sur les zones résidentielles densément peuplées de l’ouest d’Alep des contenants emplis de verre, d’éclats, de chlore ou d’explosif.

Ces «citoyens journalistes» apprécient leurs rôles et leur cantonnement en territoire terroriste et ne craignent aucunement les meurtriers qui n’éprouvent aucun scrupule à commettre les pires atrocités, y compris la décapitation d’un gamin de 12 ans émacié et fiévreux, Abdullah Issa, dont il a été question précédemment.

Nous assistons à la création d’une autre composante de l’État de l’ombre de l’Occident, qui se cache derrière toute une série de projets des ONG qu’il finance, et qui s’échafaude dans le brouillard de la guerre, brique après brique, jusqu’à ce que se dresse une barrière infranchissable entre le grand public et la vérité sur ce à quoi la Syrie et le peuple syrien sont réellement confrontés.

Cette enclave de médias de l’ombre s’installe dans la caisse de résonance de la propagande érigée par les États-Unis et l’OTAN, qui réduit au silence les appels provenant de la Syrie qu’on entendrait normalement, au profit d’une image faussée et artificielle et de reportages tordus qui utilisent sans ambages les termes «rebelles» et «combattants de la liberté» pour décrire des terroristes islamistes.

L’appel authentique est celui de la majorité de ce qui forme le peuple syrien, et non pas les cris de guerre de «l’opposition» choisie par les États-Unis et l’OTAN, dont la plupart des partisans ne vivent même pas en Syrie.

La méthode

«Pour mémoire, en partenariat avec International Media Support (IMS) et Reporters sans frontières (RSF), CFI a notamment contribué en 2013 à la création de la radio syrienne indépendante Radio Rozana qui émet depuis Paris et s’appuie sur un réseau de 30 correspondants basés en Syrie. Ces derniers ont bénéficié en 2013 de plusieurs formations organisées par CFI.»

Les pays visés

«Le second contrat signé avec l’Union européenne, d’une durée de trois ans, permettra à CFI de financer des projets visant à développer l’information en ligne en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte, en Jordanie, en Palestine, au Liban et en Syrie.»

Leur objectif clair et la fin en soi

«Dans un paysage arabe en pleine mutation, CFI renforce ainsi ses efforts pour accompagner les médias indépendants appelés à jouer un rôle majeur dans les fragiles processus de démocratisation en cours.»

L’aval du gouvernement français

«Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI) confie à CFI la mission de mettre en œuvre sa politique d’appui au développement des médias publics et privés, et plus généralement du secteur audiovisuel dans une perspective tri‑media, dans les pays bénéficiaires de l’aide publique au développement.

Ses objectifs demeurent la diffusion de l’information [propagande], la consolidation de la société civile et de l’État de droit et l’appui aux nouvelles démocraties ou “États fragiles”. Son endossement à France Télévisions et Arte France est le garant de son professionnalisme.»

Des organes de presse comme le Aleppo Media Centre sont décrits dans une étude de CFI, «en opposition à la propagande de Damas». Pourtant, lorsqu’on sait que la soi‑disant propagande de Damas est aussitôt rejetée de tous les côtés par les gouvernements de la coalition menée par les États-Unis, leurs médias d’État, les groupes de défense des droits de la personne, les groupes d’opposition contrôlés, toutes les ONG antisyriennes financées par Soros, les chouchous de l’OTAN que sont  les casques blancs et, enfin, les groupes de réflexion alignés sur l’OTAN, il est difficile de comprendre cet appel à une opposition en présence d’un si puissant lobby international opposé à l’État syrien.

L’aval des Israéliens

Rappelons qu’Israël, qui est le principal bénéficiaire de la guerre menée par la coalition des États-Unis en Syrie selon Bouthaina Shaaban (conseillère politique et médiatique du président syrien Bachar Al Assad), tenait une page consacrée aux reportages du Aleppo Media Centre sur le site Web du Times of Israel jusqu’en mars 2015. Cet honneur n’est réservé qu’à ceux qui s’inscrivent dans le cadre très étroit de la vision géopolitique sioniste préconisant la fragmentation du Moyen‑Orient et le déchirement de la Syrie, son rival de toujours, le long de lignes de fracture sectaires, une politique menée par Israël et par son complice de crime, plus exposé que jamais, qu’est l’Arabie saoudite.

Les principaux acteurs

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Zein Al Rifai, cofondateur du Aleppo Media Centre. Photo : Rozana.fm

Zein Al Rifai, cofondateur du Aleppo Media Centre. Photo : Rozana.fm

Un des cofondateurs du Aleppo Media Centre est Zein Al Rifai, l’autre étant Youcef Seddik. Dans une interview accordée au  Syria Deeply, une autre étoile de la constellation des centres des médias nouvellement constitués pour diffuser de la propagande contre l’État syrien et son armée nationale, Al Rifai répond aux questions en proférant les mêmes clichés et mensonges éhontés.

«Alep a été l’une des premières villes à protester. Les manifestations qui ont eu lieu à l’Université d’Alep étaient importantes, mais malheureusement, les médias ne parlaient pas d’Alep à cette époque et les premières manifestations ne sont pas bien documentées, explique Al Rifai.»

Se pourrait-il que ces «premières manifestations» n’aient pas été bien documentées parce qu’elles n’ont pas eu lieu, contrairement à ce qu’affirme Zein Al Rifai, fondateur du Aleppo Media Centre ?

NOTA – Syria Deeply est financé par la Asfari Foundation, dirigée par son PDG Ayman Asfari, qui a aussi attribué un financement de démarrage de 300 000 dollars pour la campagne syrienne, dont l’équipe est à l’origine du plus grand succès de l’intervention d’agents de l’OTAN sur le terrain : les Casques blancs.

Voici la réponse du Dr Tony Sayegh, un éminent chirurgien basé à l’ouest d’Alep, lorsqu’on lui a demandé comment c’était à Alep avant le conflit :

«C’est en juillet 2012 que tout a changé. Mais ce ne sont pas les résidents d’Alep qui se sont rebellés contre les dirigeants. Des parties de la ville ont été envahies par des groupes armés provenant d’ailleurs en Syrie et d’autres pays.» Tony Sayegh croit que les intérêts en cause dans cette invasion dépassaient largement le contrôle d’une seule ville.

«La tentative de renverser le gouvernement de la Syrie par les armes et les émeutes avait échoué. Ils ont alors décidé de se concentrer sur Alep, pour faire buter toute l’économie syrienne. Les groupes armés ont pris les services d’eau et les centrales électriques afin de stopper l’approvisionnement des résidents, puis ont jeté leur dévolu sur les industries. Des usines au complet ont été démantelées et transportées en Turquie. Ils ont tout volé. C’est à ce moment que tout a chamboulé et que le malheur d’Alep a commencé.»

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Image sur la page Facebook de Zein Al Rifai : tous ces drapeaux associés à l’opposition syrienne expriment clairement où se situent ses sympathies. Photo : page Facebook

Image sur la page Facebook de Zein Al Rifai : tous ces drapeaux associés à l’opposition syrienne expriment clairement où se situent ses sympathies. Photo : page Facebook

Une recherche sur les activités d’Al Rifai et de Seddik révèle que ces deux «citoyens journalistes» opposés au gouvernement syrien n’ont aucune difficulté à entrer en France pour y faire des tournées promotionnelles, ce qui est quand même extraordinaire quand on sait qu’il est pratiquement impossible pour la majorité des citoyens syriens laïcs favorables au gouvernement [ou simplement opposés à l’intervention de l’OTAN] d’obtenir un visa, en raison des dures sanctions que les États-Unis et l’UE imposent contre l’État syrien, qui affectent avant tout le peuple syrien.

En outre, les deux hommes sont immanquablement décrits par la presse française comme des «opposants à Bachar el-Assad» et des «journalistes» qui n’ont pas d’objection à maintenir des relations avec des entités terroristes comme le Front al-Nosra (Al-Qaida en Syrie), puisqu’ils partagent le même but, qui est de renverser le président Assad.

«Nous maintenons de bonnes relations avec la plupart des factions de l’opposition. Nous partageons tous le même objectif : libérer la Syrie de la tyrannie, sauf que chacun d’entre nous suit sa propre voie pour y parvenir. Nous avons couvert des secteurs sous le contrôle du Front al-Nosra à Alep et à Idlib. Ils nous ont toujours laissés tranquilles.» ~ Zein Al Rifai à Syria Deeply

 

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Dr_KodmaniEn plus de manifester leur attachement à une organisation qui est responsable d’un pourcentage énorme des atrocités commises contre la majeure partie du peuple syrien et ailleurs, les deux hommes se font souvent accompagner dans leurs tournées par nulle autre qu’Hala Kodmani, la soeur de la directrice du Conseil national syrien, Basma Kodmani (photo, à gauche).

 

Les qualifications de Basma Kodmani comme candidate de l’opposition favorisée par l’OTAN, qui a participé deux fois aux réunions du Groupe Bilderberg, ont été passées au peigne fin par Charlie Skelton du quotidien The Guardian :

«Il en ressort que Kodmani est un fidèle lieutenant de l’industrie de la promotion de la démocratie anglo-américaine. Sa «province d’origine» (selon le site Web du Conseil national syrien) est Damas, mais son parcours professionnel est lié étroitement et depuis longtemps aux pouvoirs qu’elle supplie d’intervenir en Syrie.»

Conclusions

Une recherche très rapide à partir des termes Aleppo Media Centre + Omran fait ressortir le rôle crucial de cet organe de presse soutenu par l’Occident dans le moulin de la propagande des médias alignés à l’OTAN. Pratiquement tous les grands médias institutionnels utilisent les vidéos et les reportages du AMC pour encourager et maintenir le flot incessant de chroniques de la coalition des États-Unis anti Assad. The Guardian, Channel 4, la BBC, The Telegraph, CNN, Fox News, Time, FT et bien d’autres dépendent tous du AMC pour livrer le produit qu’ils nous concoctent à propos de la Syrie.

Bref, c’est le Smart Power (pouvoir de l’intelligence) en action, l’instauration d’un monde meilleur où les gros bonnets des médias, dans le confort de leurs tours de bureaux à Londres, Paris et Manhattan, n’ont plus à se salir les mains en zone de guerre, laissant le soin aux «militants» et aux «citoyens journalistes» de faire le boulot à leur place.

Le problème du point de vue professionnel et éthique c’est que, dans le cas du Aleppo Media Centre, ses reportages ne sont pas équilibrés ni objectifs. Le AMC est financé par le Quai d’Orsay, l’UE et les États-Unis, qui ont tous investi massivement dans l’opération militaire de la coalition menée par les États-Unis, dans la «feuille de route» pour la Syrie et dans l’hypothétique changement de régime qu’ils souhaitent ardemment.

Pire encore, le Aleppo Media Centre est intégré exclusivement au Front al-Nosra, à Arar al-Sham et dans les secteurs contrôlés par les terroristes. Ceux qui en font partie disent eux-mêmes qu’ils travaillent en étroite collaboration avec le Front al-Nosra, puisque tous partagent le même objectif qui est un changement de régime, peu importe le nombre de civils syriens massacrés en cours de route, ce qui ne manque pas de se produire à Alep.

Le AMC constitue un élément crucial d’un réseau beaucoup plus vaste et sinistre formé de partisans de la démocratisation et de prédateurs néocolonialistes. Il est aussi mis en valeur par Israël, le bénéficiaire principal d’un conflit et d’un chaos perpétuels en Syrie et dans la région.

Finalement, tout ce beau monde cherche à promouvoir l’idée que pour améliorer la Syrie, il faut commencer par la détruire. Sur la base de l’ensemble des renseignements pertinents disponibles, il est clair que les médias commandités par les États occidentaux sont des agences de relations publiques chargées de vendre cette idée à la population délibérément mal informée.

Ces mêmes médias syriens intégrés, ainsi que les médias institutionnels qu’ils alimentent, ne se gênent pas pour coller l’étiquette Hitler sur le dos du président Assad, une forme de diabolisation à rabais qu’eux et leurs équipes du Smart Power utilisent à répétition pour obtenir les changements de régime qu’ils convoitent, que ce soit en Libye (Mouammar Kadhafi), en Irak (Saddam Hussein) ou en Yougoslavie/Serbie (Slobodan Milosevic), pour citer quelques exemples.

Ces campagnes d’«hitlérisation» s’avèrent fructueuses, mais on ne peut s’empêcher de constater, à la lecture de la propre thèse d’Hitler à propos de la propagande, qu’il est évident que les États du Nord et la machine médiatique institutionnelle respectent rigoureusement la vue de l’esprit décrite en détail par Hitler lui-même, qui considérait la propagande comme l’élément essentiel pour contrôler les masses et garantir l’acceptation d’une guerre éternelle.

«L’art de la propagande consiste à être capable d’éveiller l’imagination publique en faisant appel aux sentiments des gens, en trouvant des formules psychologiquement appropriées qui attireront l’attention des masses et toucheront les cœurs.»~ Hitler, Mein Kampf

Vanessa Beeley

Vanessa Beeley est contributrice à 21WIRE, et depuis 2011, elle a passé la majeure partie de son temps au Moyen-Orient, reportant les événements qui s’y déroulent – comme chercheuse indépendante, écrivain, photographe et militante pour la paix. Elle est également membre du Comité directeur du Mouvement Solidarité Syrie, et une bénévole de la Campagne mondiale pour le retour en Palestine. Voir son travail sur son blog The Wall Will Fall.

Traduit par Daniel, édité par Wayan et relu par Cat pour le Saker Francophone.

source:http://lesakerfrancophone.fr/le-quai-dorsay-lue-et-les-usa-financent-le-aleppo-media-centre-qui-defend-la-cause-des-djihadistes


 
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