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Le blog de Lucien PONS

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La Russie n’a pas de partenaires a l’Ouest. par Paul Craig Roberts

26 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

La Russie n’a pas de partenaires a l’Ouest.
par Paul Craig Roberts

lundi 26 septembre 2016, par Comité Valmy

La Russie n’a pas de partenaires a l’Ouest.

Le gouvernement russe fait toujours la même chose en s’attendant à obtenir des résultats différents. C’est que le gouvernement russe ne cesse de conclure des accords avec Washington, qui finit indéniablement par les rompre.

 

Le dernier exemple de ce qu’Einstein aurait qualifié d’insanité est le dernier accord de cessez‑le‑feu en Syrie. Washington a rompu cet accord en envoyant l’US Air Force bombarder les positions des troupes syriennes, elle a tué 62 soldats syriens et en a blessé 100 autres, laissant ainsi le champ libre à Daesh pour reprendre ses attaques.

 

La Russie avait pris Washington de court en septembre 2015, lorsqu’elle a dépêché son armée de l’air pour bombarder les positions de Daesh, permettant ainsi à l’armée syrienne de reprendre l’initiative. La Russie était en train de gagner la guerre contre Daesh lorsqu’elle s’est retirée inopinément avant de terminer le boulot. Ce qui a permis aux USA ou à ses agents de réapprovisionner Daesh, qui a repris ses attaques.

 

La Russie se devait donc de retourner en Syrie. Dans l’intervalle, Washington a réussi a s’immiscer. Ce qui a rendu les attaques aériennes russes contre Daesh plus compliquées, tout comme l’espace aérien syrien d’ailleurs. La Russie avise Washington de ses attaques planifiées contre Daesh, puis Washington avertit Daesh et peut‑être aussi la Turquie, qui a d’ailleurs déjà abattu un avion russe. N’empêche que l’armée syrienne a gagné du terrain.

 

Sauf que chaque victoire est contrecarrée par des pourparlers de paix ou par un cessez‑le‑feu, au cours duquel les forces soutenues par les USA en profitent pour se regrouper. Par conséquent, une guerre que la Russie et la Syrie auraient pu déjà gagner se prolonge, avec l’arrivée d’un nouvel élément : une attaque directe de l’armée syrienne par Washington.

 

Les militaires étasuniens affirment qu’ils croyaient frapper Daesh. Donnons-nous une minute pour y penser. Les USA prétendent être une superpuissance militaire. Ils espionnent le monde entier, y compris les courriels personnels et les conversations par téléphone cellulaire de leurs vassaux européens. Mais pourtant, cette puissance en matière d’espionnage n’a pu faire la différence entre l’armée syrienne, dont la position est connue, et Daesh. Si nous croyons à cela, nous devons conclure à l’incompétence des USA sur le plan militaire.

 

Voici ce qui s’est produit. Avant le cessez‑le‑feu en cours [c’est déjà du passé au moment de traduire ces lignes, NdT], les Russes pouvaient attaquer les djihadistes soutenus par les USA, mais les USA ne pouvaient pas s’en prendre directement aux forces syriennes. Ils devaient passer par l’intermédiaire de leurs alliés djihadistes. Les USA ont utilisé lecessez‑le‑feu pour créer un précédent et ainsi leur permettre de s’attaquer directement aux forces syriennes.

 

Les Russes, qui avaient presque gagné la guerre, ont réorienté leurs priorités en faveur de pourparlers de paix et de cessez‑le‑feu qui ont entraîné la participation directe de Washington au conflit.

 

C’est un mystère que le gouvernement russe croie que Washington et Moscou ont un intérêt commun en ce qui concerne les résultats souhaités en Syrie.

 

L’intérêt de Washington, c’est de renverser Assad et d’établir en Syrie le chaos qui règne en Libye et en Irak. L’intérêt de la Russie, c’est de stabiliser la Syrie et de l’ériger en rempart contre la prolifération du djihadisme. Il est incroyable de constater que le gouvernement russe est tellement mal informé qu’il croit que Moscou et Washington ont un intérêt commun dans la lutte contre le terrorisme, qui est pourtant l’arme utilisée par Washington pour déstabiliser le Moyen‑Orient.

 

Comment les Russes peuvent-ils avoir la mémoire si courte ? Washington avait promis à Gorbatchev que s’il donnait son accord à la réunification de l’Allemagne, l’OTAN ne se déplacerait pas d’un mètre vers l’est. Sauf que le régime Clinton a placé l’OTAN aux frontières mêmes de la Russie.

 

Le régime de George W. Bush a quant à lui violé le traité ABM concernant la limitation des systèmes de missiles antimissiles balistiques en se retirant de ce traité, tandis que le régime Obama installe des bases de lancement de missiles à la frontière de la Russie.

 

Les néoconservateurs ont rejeté du revers de la main la politique de non‑recours en premier d’armes nucléaires, pour la remplacer par une doctrine guerrière étasunienne préconisant le recours à une première frappe préventive.

 

Le régime Obama a renversé le gouvernement ukrainien et installé un gouvernement fantoche sur une ancienne partie constituante de la Russie. Le gouvernement fantoche a déclenché une guerre contre les populations russes de l’Ukraine, créant ainsi des mouvements sécessionnistes qualifiés à tort par Washington « d’invasion et d’annexion russes ».

 

Malgré tout, le gouvernement russe considère Washington comme un « partenaire » avec qui il a des intérêts communs.

 

Allez comprendre.

Paul Craig Roberts

Le 19 septembre 2016
– Sources :
Strategic Culture Foundation

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Syrie : Nous sommes passés d’une guerre par procuration à une vraie guerre ! Par Bachar al-Jaafari

26 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !
Par Bachar al-Jaafari

dimanche 25 septembre 2016, par Comité Valmy

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !

Ce 21 septembre lors d’une énième session du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie, Ban Ki-moon aurait déclaré :

« C’est l’occasion de rétablir la cessation des hostilités, faciliter l’aide humanitaire à Alep et dans tout le pays, maintenir au sol la force aérienne syrienne et voir une action militaire conjointe contre les groupes terroristes tels que Daech et Al Nosra… cela permettrait d’ouvrir la voie vers des négociations politiques » [*].


Maintenir au sol la force aérienne syrienne ! Pour quoi faire, sinon légitimer les mensonges, la cruauté et la rapacité de ses donneurs d’ordre ?

Pour mémoire, voici la réponse du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies [NdT].


Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis dans cette salle alors qu’au dehors nombre de manifestants sur la 47ème rue exigent que certains membres de ce Conseil ne touchent plus à la Syrie [Hands off Syria !], cessent leurs frappes et arrêtent de soutenir les organisations terroristes ; de telles manifestations ayant lieu dans plusieurs villes américaines, en Californie et ailleurs.

 

Monsieur le Président,

Cette importante séance du Conseil de sécurité sur la situation en mon pays se tient à un moment extrêmement sensible où nous constatons de dangereux déséquilibres contredisant les signaux indicateurs d’un dénouement positif la semaine passée.

 

Ceci, à cause des dérobades des États-Unis à l’accord conclu avec la Fédération de Russie, le 9 septembre dernier, et de leur absence de volonté d’obliger les organisations terroristes soutenues par ladite « Coalition internationale » à le respecter, en notant au passage que le caractère prétendument international de cette coalition ne correspond pas à la réalité des faits, étant donné qu’elle s’est constituée en dehors du cadre de la légalité internationale, sans résolution du Conseil de sécurité et sans consultations préalables de la partie concernée ; en l’occurrence, le Gouvernement de la République arabe syrienne.

 

Ce qui nous rappelle d’autres « coalitions destructrices », évoquées par certains intervenants que nous remercions, lesquelles coalitions n’ont engendré que des catastrophes sur des États, comme l’Irak, la Libye et le Yémen.

 

Mesdames et Messieurs,

Il y a deux ans, quand l’Administration américaine a programmé son ingérence militaire aérienne unilatérale sur mon pays, les responsables américains sont venus nous trouver pour nous signifier l’engagement de Washington à ne pas cibler l’Armée syrienne et les infrastructures vitales du pays, assurant qu’ils ne s’en prendraient qu’aux terroristes de Daech. Ce sont là des paroles qui m’ont été confiées par la déléguée permanente des USA auprès des Nations Unies, au nom de son gouvernement, et que j’ai transmises à mon gouvernement.

 

Mais voilà que deux ans plus tard, les responsables américains oublient les engagements et les promesses faites au nom de leur pays, et que l’aviation américaine frappe les bases de l’Armée syrienne ainsi que les infrastructures du pays, après avoir déployé ses soldats sur le territoire syrien.

 

L’agression militaire américaine à l’est de notre pays, l’agression turque au nord et l’agression israélienne au sud signifient clairement que nous sommes passés de l’étape d’une guerre par procuration à celle d’une vraie guerre.

 

Mon pays avait accueilli favorablement les déclarations russo-américaines du 9 septembre, lesquelles soutenaient explicitement que les deux parties avaient réussi à trouver un accord concernant la lutte contre Daech et le Front al-Nosra, quel que soit le nom qu’ils se donnent ; un accord conclu à la connaissance et avec le consentement du gouvernement syrien.

 

Il n’empêche que la Communauté internationale, représentée par ce Conseil, est restée de marbre sans exprimer, ne serait-ce que par un bref communiqué, le moindre blâme ou inquiétude devant l’immense choc provoqué par l’agression barbare et injustifiée de l’aviation militaire des USA, de la Grande Bretagne, de l’Australie et du Danemark sur des positions de l’Armée syrienne, laquelle se battait contre l’organisation terroriste Daech sur le mont de Tharda autour de l’aéroport de Deir ez-zor.

 

Aucune condamnation et pas le moindre blâme face à cette agression caractérisée contre des unités de l’Armée syrienne, pourtant connues pour défendre depuis deux ans des dizaines de milliers de civils assiégés par Daech à l’intérieur de cette ville, avec pour résultat la mort de dizaines de soldats et d’officiers syriens : 82 martyrs et plus d’une centaine de blessés.

 

Une agression qui a duré cinquante minutes… cinquante minutes de frappes, précédées par le survol de drones ayant analysé la zone pendant deux jours.

 

Une agression qui a ouvert la route aux terroristes de Daech pour occuper ces positions militaires volontairement ciblées, avant que l’Armée syrienne ne réussisse à les reprendre.

 

Pire encore, ces soldats et officiers de notre Armée ont dû subir un deuxième tour de frappes aériennes par drones de combats, alors qu’ils se retiraient de leurs positions sur le mont de Tharda.

 

Avant cette agression délibérée, le gouvernement de mon pays accordait une grande importance à la séparation entre les diverses organisations armées conformément au contenu de la Déclaration de Vienne 2, du 14 novembre 2015, quant à la définition de qui était terroriste et qui ne l’était pas, qui était opposant et qui ne l’était pas. Désormais, il faut croire que dix mois n’ont pas suffi à l’identification des indices de cette embarrassante énigme, d’autant plus que certains semblent avoir été frappés d’un Alzheimer précoce.

 

Dans ce même contexte, Damas attendait que Washington respecte ses engagements consistant à mettre un terme aux agissements des régimes de certains États impliqués dans le soutien du terrorisme politiquement, médiatiquement, logistiquement, financièrement et idéologiquement. Nous attendions aussi que cesse l’afflux des terroristes et des armes à travers les frontières de pays voisins et que cesse l’utilisation du terrorisme comme arme de chantage politique.

 

Monsieur le Président,

Les avions de reconnaissance et les satellites espions américains, ainsi que tous les Services du renseignement de ladite Coalition internationale, n’ont pas réussi à distinguer entre Daech et ceux qui combattent Daech. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’ils auraient échoué, depuis de longues années, à repérer les milliers de terroristes étrangers exportés en Syrie et en Irak à partir de différents pays ; sujet évoqué par le Premier ministre espagnol que nous remercions.

 

Ils ont échoué à repérer des éléments terroristes étrangers infiltrés en Syrie à travers notre frontière avec la Turquie et d’autres pays voisins, comme ils ont échoué à repérer les convois de véhicules armés et les milliers de terroristes de l’organisation Daech, partis de leurs bases irakiennes pour un long périple de deux cents kilomètres, en plein désert syrien, en direction de Palmyre.

 

Comme ils ont échoué à repérer les milliers de camions acheminant le pétrole syrien volé, vers la Turquie, avant de le vendre à Israël pour financer les opérations terroristes de Daech.

 

Comme ils ont échoué à mettre fin au financement et à l’armement des organisations terroristes, bien qu’ils connaissent la source du moindre dollar encaissé par Daech, le Front al-Nosra et autres organisations qui leur sont étroitement liées.

 

En revanche, leur grand succès a consisté en la fabrication d’accusations mensongères, d’événements falsifiés, de rapports politisés et de films frelatés dans le but de diaboliser le gouvernement syrien et ses alliés.

 

Le plus étonnant est d’entendre le ministre américain des Affaires étrangères se fonder sur le témoignage d’un « témoin oculaire » qui aurait remarqué la présence d’engins volants au dessus du convoi d’aide humanitaire détruit hier, [le 20 septembre], par des frappes aériennes. Cet unique témoignage d’un témoin issu de ladite opposition syrienne, génétiquement modifiée en opposition armée « modérée », a suffi à Monsieur Kerry pour étayer ses accusations impliquant la Syrie et la Russie !

 

D’où la question : est-il possible qu’une seule personne ait pu remarquer la présence d’avions de combat dans le ciel d’une région peuplée par des centaines de milliers de personnes, devenues toutes aveugles à ce moment précis ?

 

D’ailleurs, ce problème des « témoins oculaires » suscite désormais beaucoup d’ironie, notamment si l’on se souvient que le gouvernement syrien a été accusé d’avoir utilisé des armes chimiques sur la foi d’un témoin oculaire, toujours issu de ladite opposition modérée génétiquement modifiée, lequel a déclaré avoir aperçu un hélicoptère lancer quelque chose qui s’est transformé en fumée orange. Là aussi, un seul de ces témoins a suffi pour en arriver à incriminer le gouvernement syrien, comme si personne ne disposait d’hélicoptères dans la zone concernée, ni l’armée turque, ni l’armée américaine, ni même les terroristes ayant notoirement volé quelques hélicoptères des aéroports syriens.

 

Pour rafraîchir la mémoire des États membres de ce Conseil je rappellerai quelques incidents qualifiés d’« erreurs » par les responsables américains, qualification qui insulte notre intelligence et suggère qu’apparemment les États-Unis ne tirent pas les leçons de leurs erreurs.

 

Ainsi, les Forces américaines se sont trompées, plusieurs fois, depuis la formation de ladite « Coalition internationale » ; laquelle a bombardé, par erreur, une école primaire pour enfants sourds et muets à Raqqa ; a balancé, par erreur, des armes, des grenades à main et des missiles tombés entre les mains de Daech à Aïn al-Arab ; a tué, par erreur, des civils syriens près de la ville de Raqqa sous prétexte d’avoir voulu détruire une usine de fabrication d’armes dépendant de Daech.

 

Et puis, les avions américains et français ont commis une grosse erreur lorsque leur raid s’est soldé par la mort de deux cents civils dans la ville de Manbej, près d’Alep ; Alep, sur laquelle vient de pleurer l’un d’entre eux, ses avions ayant frappé et tué, par erreur, les deux cents civils de Manbej.

 

Monsieur le Président,

Les dernières accusations calomnieuses portées contre le gouvernement de mon pays et de ses alliés, tous engagés dans la guerre contre le terrorisme, pour leur imputer la responsabilité de la destruction du convoi d’aide humanitaire près d’Alep, sont arrivées dans le sillage d’une guerre médiatique sans précédent et d’une sale politique, menées par des parties bien identifiées, lesquelles continuent à exploiter les souffrances du peuple syrien dans le seul but de nourrir une propagande médiocre et un chantage politique odieux censés concrétiser leurs propres calendriers. Faisant fi du prix exorbitant payé par le peuple syrien, elles sont déterminées à prolonger la crise et à torpiller tout espoir d’une solution qui serait incompatible avec leurs agendas politiques.

 

Dès l’annonce de l’accord russo-américain et avant même sa mise en exécution, mon pays a prévenu et continue à mettre en garde contre les velléités de certaines forces régionales cherchant à torpiller cet accord.

 

À cet effet, il a alerté le Conseil de sécurité pour qu’il prête son attention aux agressions israéliennes caractérisées sur le territoire syrien tout au long des semaines passées, avec une fréquence dangereusement accrue depuis que l’accord russo-américain a révélé que les deux parties s’était entendues pour mener la guerre contre le Front al-Nosra au même titre que d’autres organisations terroristes, dont le Liwa’ chouhada’ al-Yarmouk.

 

Des agressions couvertes par le terrible silence du Département des Opérations de Maintien de la Paix [DOMP ou DPKO], en dépit d’une dizaine de lettres que nous avons adressées à son Secrétaire général et à vous-même, concernant le soutien d’Israël aux terroristes du Front al-Nosra sur la ligne de séparation au Golan et les soins prodigués aux blessés de cette organisation dans les hôpitaux israéliens.

 

Par ailleurs, j’attire l’attention du Conseil de sécurité sur les opérations guerrières illégales menées par les forces aériennes et terrestres de la Turquie en territoire syrien, sous prétexte de frapper Daech et sans coordination avec le gouvernement syrien ou la direction des opérations russe ; ce qui constitue en soi un « crime d’agression » selon la Charte des Nations Unies, le Droit international et les principes du Conseil de sécurité.

 

Monsieur le Président,

Mon pays est disposé à poursuivre le dialogue entre Syriens, sans conditions préalables, conformément aux résolutions, accords et principes fixés dès le départ en faveur d’une solution politique décidée par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère. Je souligne en rouge un million de fois « par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère ».

 

Une solution qui fera qu’ils décideront de leurs choix et de leur avenir sous direction syrienne, avec la volonté de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité de la Syrie. Nous ne permettrons jamais que notre pays soit transformé en une autre Libye ou un autre Irak. Jamais !

 

À ce sujet, nous affirmons que tout processus politique en Syrie nécessite l’entière coopération et l’entière coordination avec le gouvernement syrien, en sa qualité de partenaire fondamental à tout point de vue et dans tous les dossiers en rapport avec ce processus.

 

Car, aucun comité, aucune réunion, aucun congrès prétendant aboutir à une solution de ladite crise syrienne ne peuvent réussir tant que certaines parties prenantes travaillent, volontairement ou involontairement, à soustraire le gouvernement syrien, à semer le doute sur sa réelle coopération avec les Nations Unies, à dénigrer le succès des ses efforts de réconciliations nationales fondées sur l’engagement volontaire des individus armés à abandonner leurs armes avant règlement de leur situation par une amnistie et, sinon, sur l’acheminement des récalcitrants vers d’autres zones pour assurer le retour à une vie normale dans les régions qu’ils quittent, et permettre aux institutions étatiques de réparer et de reconstruire dans le cadre de leurs missions respectives.

 

Monsieur le Président,

Je terminerai par une question. Est-il concevable que des centaines de groupes armés avec des dizaines de milliers de terroristes soient capables de mener, pendant plus de cinq ans, un tel terrorisme contre le gouvernement, le peuple, l’Armée et les infrastructures de mon pays, sans soutien de l’étranger ?

 

N’est-il pas venu le temps que certains admettent cette vérité au lieu d’égarer le monde en soutenant que ce qui se passe en Syrie est une guerre civile ?

 

Merci, Monsieur le Président

Dr Bachar al-Jaafari
Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies
21/09/2016

Source : You Tube / Al-Fadaiya TV [Syrie]
https://www.youtube.com/watch ?v=ASxdzUu2yQ8

Transcription et traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

[*] Syrie : Ban Ki-moon met le Conseil de sécurité face à ses responsabilités
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp ?NewsID=38103#.V-bIScnw_

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Le conflit au Moyen-Orient vu par un colonel russe du renseignement agissant en Syrie: En Syrie, nous combattons pour la Russie. Par Vladislav Chouryguine, expert militaire russe – Le 25 août 2016 – Source old.zavtra.ru

20 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

En Syrie, nous combattons pour la Russie


Le conflit au Moyen-Orient vu par un colonel russe du renseignement agissant en Syrie


Par Vladislav Chouryguine, expert militaire russe – Le 25 août 2016 – Source old.zavtra.ru

La cause principale de cette opposition en Syrie, si longue et si saignante, c’est en fait l’intervention en Syrie d’une internationale terroriste créée et soutenue par tout un groupe de pays, à savoir des monarchies du Golfe avec en tête l’Arabie saoudite, le principal client du soi-disant Printemps arabe, ce projet géopolitique de la dynastie des Séouds, à savoir le repartage wahhabo-salafiste du Grand Moyen-Orient réalisé depuis plus de quarante ans par les Saoudiens, leurs alliés du Qatar et la Turquie islamiste d’Erdogan qui s’y est jointe ces dernières années.

 

Après les tentatives échouées des années 1960 de rassembler l’Orient arabe et l’Afrique du Nord dans une formation géopolitique unie sous le drapeau du parti socialiste panarabe Baas, auxquelles la dynastie saoudite s’est opposée avec rage, y voyant une menace à son existence, Riyad lui-même s’est mis à l’unification du Moyen-Orient, mais sous son propre protectorat cette fois-ci.

Dans le cadre de ce plan, les Saoudiens ont établi, depuis le début des années 1970, des relations on ne peut plus étroites avec les États-Unis, en jouant le rôle d’alliés prodigues et généreux des Étasuniens au Moyen-Orient et prêts à les suivre partout. Deux générations de politiciens et diplomates étasuniens ont grandi grâce aux investissements et pots de vin de plusieurs milliards de dollars saoudiens. Avec leur soutien et par leurs propres actions, les Saoudiens, dans les années 1990-2000, ont d’abord affaibli et isolé, puis « nettoyé » les régimes laïques les plus puissants du Moyen-Orient, l’Irak et la Libye, et éliminé le parti Baas en tant qu’adversaire géopolitique.

L’étape suivante de l’expansion saoudite a commencé par le soi-disant «Printemps arabe» durant lequel des détachements et des armées entières d’extrémistes alimentés par l’argent de l’Arabie saoudite ont entrepris leur marche victorieuse à travers le Moyen-Orient en s’emparant des pays l’un après l’autre. L’Arabie saoudite et le Qatar sont les sponsors et les curateurs principaux de Daesh comme d’al-Nosra, cette fameuse al-Qaïda, ainsi que de tout un peloton de groupements terroristes de toute sorte.

Les États-Unis ont soutenu ce plan d’une manière on ne peut plus active, ayant cru aux promesses des Saoudiens de «modeler» cette région clé selon les intérêts étasuniens, ce qui s’inscrivait parfaitement dans le projet géopolitique des États-Unis visant à mettre sous leur contrôle total le «robinet» pétrolier principal de la planète.

Mais le plan des Saoudiens a très rapidement échoué. Leur progression vers un califat mondial a suscité l’opposition stricte de l’autre pôle du monde arabe, l’Iran chiite, qui a vu dans cette expansion une menace directe à son existence même. Tous les pays occupés par des forces saoudiennes ont vu apparaître des manifestations chiites, très vite transformées en opposition armée. Un autre échec du plan a eu lieu en Égypte, où les curateurs étasuniens, apeurés par une revanche brusque des islamistes, ont éliminé le groupement pro-saoudien de Morsi par l’intervention des militaires égyptiens. Ensuite le Drang nach Osten de Riyad a dérapé définitivement en Syrie, quand le gouvernement d’Assad a été soutenu par l’Iran puis par la Russie.

La position de Riyad a été affaiblie encore davantage par le soutien iranien des chiites en Irak qui, ayant pris le pouvoir, repoussent peu à peu Daesh de plus en plus loin dans le désert.

Après la levée des sanctions contre lui, l’Iran sort activement de l’isolement politique, démontrant de plus en plus clairement sa volonté de prendre part, avec détermination, au processus du repartage du Moyen-Orient et de faire valoir ses intérêts nationaux.

Nous sommes en présence d’une crise systémique où l’Arabie saoudite, n’ayant visiblement pas mesuré ses forces, s’est avérée incapable d’appliquer son plan géopolitique de s’emparer du Grand Moyen Orient.

Afin de se tirer de cette impasse, les princes saoudites essaient de transformer la guerre anti-Assad en Syrie – devenue sans perspective – en guerre de tous les sunnites contre les kouffar, les mécréants, en tentant de faire passer pour tels l’Iran et la Russie, une guerre dans laquelle les Saoudiens se réservent le rôle des défenseurs de la foi, des Saladins contemporains.

Sans l’Arabie saoudite, cette «matrice» du terrorisme, la guerre contre les islamistes serait depuis longtemps devenue une affaire locale des gouvernements des pays atteints. Mais le soutien financier, militaire et pratique des radicaux islamistes par les Saoudiens et les Qataris rend cette hémorragie chronique.

La Syrie actuelle est devenue en fait le champ de bataille global de trois projets géopolitiques, à savoir saoudo-salafiste, iranien et étasunien. Curieusement, la Russie paraît demeurer le seul pays [Protection de son ventre mou ??, NdT] qui, tout en prenant une part active au conflit, ne réalise pas ici son propre projet géopolitique, mais ne fait que défendre ses intérêts nationaux. Les intérêts de la Chine sont encore moins visibles ici [Route de la soie ??, NdT], elle observe attentivement la lutte, selon le principe chinois ancien, comme un singe observant depuis sa montagne un combat de tigres…

La Turquie, c’est un sujet à part. Il y a quelques années, les intérêts d’Erdogan, des Saoudiens et des Qataris dans la question syrienne ont coïncidé. À l’époque le «Printemps arabe» faisait rage. Des régimes tout-puissants tombaient les uns après les autres : la Tunisie, l’Égypte, le Yémen, la Libye… Des partis et des groupements islamistes y prenaient le pouvoir. Le tour de la Syrie était venu. Toute une concession, composée de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie, s’était formée pour son partage. Chacun des concessionnaires avait ses propres prétentions envers le gouvernement de Bachar el-Assad, avides qu’ils étaient de détacher de la Syrie des morceaux tentants tout en se renforçant par ce partage.

Pour le Qatar et l’Arabie saoudite le territoire de la Syrie est un corridor de transport pour des nouveaux oléoducs et gazoducs, ainsi que le contrôle de Damas, l’un des centres mystiques principaux du Moyen-Orient, dont la prise par Daesh aurait signifié une montée au niveau quasi-étatique et un affermissement définitif de son rôle de leader de la renaissance islamique. Pour les Turcs, le contrôle des provinces du nord de la Syrie et d’Alep aurait signifié une victoire stratégique dans sa guerre demi-séculaire contre les Kurdes – le mal de tête principal de la Turquie – qui se seraient trouvés dans l’isolement complet, coincés entre les Turcs et Daesh. Voilà comment la coalition irréconciliable anti-Assad est née.

Mais bientôt la divergence des buts entre les Saoudiens et les Turcs s’est manifestée. Les princes saoudiens bâtissent un califat wahhabite mondial qui devrait réunir tous les sunnites sous son drapeau noir, tandis que la Turquie aspire à élever son influence jusqu’au niveau d’une puissance régionale. Erdogan, tout en restant islamiste, n’est pas un fanatique religieux et ne voit guère la Turquie en tant que partie d’un califat saoudite. Son but est de moderniser la Turquie en empire indépendant Osman du XXIe siècle.

Tandis que pour les Saoudiens une marche arrière est impossible, Daesh étant impliqué dans la guerre implacable contre le monde entier et des centaines de milliards de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar y étant déjà investis, pour Erdogan tout semble encore possible. Pendant deux années la Turquie a essayé de manœuvrer entre les centres de force mondiaux, en cherchant l’appui tantôt auprès des États-Unis, tantôt auprès de l’Allemagne, tantôt auprès de la Russie. Pourtant les Étasuniens, comme les Européens, n’ont pas manifesté d’intérêt à rapprocher  la Turquie, tout en la laissant dans l’antichambre de l’UE à laquelle la Turquie aspirait tant à adhérer. Les partenaires d’hier dans la coalition anti-Assad, mécontents de l’incohérence d’Erdogan, ont frappé ostensiblement l’aéroport d’Istanbul, ce qui était une « marque noire » adressée à Erdogan pour lui faire comprendre qu’il pourrait bien emboîter le pas à Hussein, Kadhafi et Assad et, après eux, être déclaré hors la loi s’il continuait à mener sa politique ambiguë, et pour démontrer leur empressement à étendre le djihad au territoire turc. En même temps un putsch militaire a été provoqué à Ankara et à Istanbul, visant au renversement d’Erdogan et au rétablissement du modèle «traditionnel» de gestion de la Turquie, à savoir du régime laïque sous le protectorat de l’armée. Il est évident que les Étasuniens possédant des possibilités énormes de renseignement dans cette région clé ne pouvaient pas ignorer un putsch en préparation et peut-être se trouvaient derrière ses organisateurs, si l’on considère les liens solides entre l’administration militaire turque et les états-majors américains. Néanmoins ils n’ont pas prévenu Erdogan du putsch en préparation et de ce fait se sont solidarisés avec les rebelles à ses yeux.

Dans cette situation Erdogan a décidé de rétablir manifestement ses relations avec la Russie, malgré le fait de les avoir rompues définitivement il y a un an en abattant le bombardier russe. Cette volte-face de la Turquie ne peut pas ne pas susciter une inquiétude extrême chez les Étasuniens, qui comprennent très bien que le rapprochement éventuel entre la Russie et la Turquie deviendra la menace la plus sérieuse à leurs plans géopolitiques pour cette région. Il est évident que les Étasuniens cherchent fébrilement des moyens d’y faire obstacle, mais ils n’ont pas de possibilités réelles. En tout cas, l’administration d’Obama ne les a pas. Il ne leur reste qu’une mesure extrême, celle de l’élimination physique d’Erdogan. Mais après le putsch récent ce serait très difficile…

Évidemment la Syrie est devenue une véritable écharde qui attire vers elle tout le pus du radicalisme islamiste. Qui n’a-t-on pas rencontré ici ? Il y a des Arabes, des Afghans, des Malaysiens, des Ouzbeks, des Kirghizes, des Ouïgours, des Caucasiens de Russie, des Africains, des Turcs, des Pakistanais, des Étasuniens, des Européens. Quels passeports n’a-t-on pas cueilli sur les cadavres ? On peut en faire toute une collection de tous continents, sauf peut-être l’Antarctique. Toute la basse pègre mondiale afflue ici comme dans une warzone où il est permis de tout faire : tuer, piller, violer, torturer, martyriser, exécuter par des procédés les plus sadiques. Et les soi-disant «combattants» se pervertissent en leurs fantaisies sanglantes : des décapitations, des incinérations, des immersions, des démembrements collectifs. Ils organisent des vrais spectacles de la mort, aux rituels et à la mise en scène minutieusement réfléchis. Cette cruauté devrait, selon eux, priver leurs adversaires de toute volonté de résistance, les démoraliser et les paralyser.

Il faut dire que les chefs des radicaux, connaissant bien la valeur de leur matériel humain, ne se gênent guère avec lui. La mort est la seule punition admise ici. On tue pour tout. Le degré de punition ne diffère que par le procédé du meurtre. Pour la lâcheté, pour «l’espionnage» (c’est le «complexe» principal des soldats de l’Islam, le soupçon permanent de tous d’espionnage et de trahison), pour la non-exécution d’un ordre, pour des erreurs et des échecs. De sorte qu’une fois la frontière syrienne traversée, le combattant est poussé en avant par les transes de la mort, qu’il noie dans une atrocité envers tout ce qui n’est pas partisan de l’islamisme. Ce sont de vrais zombies ! Et il est impossible de comprendre s’ils sont mûs par leur foi fanatique ou par leur peur de recevoir la mort de la main de leurs confrères.

C’est pourquoi il est si facile d’enrôler ici des chahîds suicidaires. Maintes fois nous les avons capturés vifs, donc nous sommes au courant du mécanisme de cet enrôlement. C’est qu’en fait il n’existe pas ! On prend simplement des combattants ordinaires, pour la plupart des recrues jeunes et sans l’instruction nécessaire, et on leur annonce une volonté suprême, à savoir accepter le destin du chahîd. Si tu n’acceptes pas, une mort douloureuse dans une mise en scène sanglante de plus t’attend en tant que poltron et traître. Tout le monde est au courant de tels spectacles, car des exécutions publiques sont effectuées régulièrement dans des localités plus ou moins peuplées, occupées par des islamistes, dans le but d’effrayer les leurs et de maintenir la population locale dans une soumission servile. Donc la recrue peut choisir entre l’éparpillement instantané dans l’explosion ou les tortures suivies d’une longue mise à mort. D’habitude on choisit la première solution. Ensuite on se met à préparer le chahîd : des prédicateurs spéciaux l’imbibent pendant des semaines de récits sur l’exploit suicidaire pour la foi ; on le nourrit bien ; on lui amène des femmes, pour la plupart des esclaves captives, tout en lui promettant davantage de vierges dans les cieux ; on lui fournit souvent de la drogue, pas du tout interdite pour un vrai chahîd. De sorte qu’à la veille d’une attaque on a à sa disposition tout un détachement de chahîds tenus, jusqu’à leur «utilisation», séparément d’autres combattants, en fait en situation de prisonniers sous la garde de bandits expérimentés. Juste avant le combat, on leur annonce que leurs proches recevront une aide généreuse s’ils accomplissent leur devoir, ou qu’ils seront tués s’ils flanchent. Ensuite on les met au volant d’un camion bourré d’explosifs, aux leviers d’une BMP pleine d’obus ou bien on leur met une ceinture de chahîd – et en avant ! Allahou akbar ! Ces attaques de kamikazes sont le know how militaire principal des islamistes.

La plus grande illusion des philistins éloignés du sujet, c’est que toute la Syrie serait divisée sur le principe religieux. Selon eux, tous les sunnites seraient pour les islamistes, tandis que les chrétiens, les alaouites, les Kurdes et les chiites seraient pour le Damas officiel. Et que nous soutiendrions ceux qui sont en minorité. Un délire d’ignorant ! Les 90 % de la population de la Syrie actuelle sont tout simplement pris de peur tripale pour leur existence même et haïssent ceux qui ont fait dérailler leur vie paisible d’autrefois. Il suffit de visiter une seule fois un village sunnite libéré des islamistes pour voir des larmes aux yeux des gens que l’on vient de tirer littéralement de l’enfer. Il faut voir avec quel bonheur ils rasent leurs barbes détestées et se changent pour mettre un costume civil ordinaire, comment ils se redressent au sens propre du mot et comment ils reviennent à eux après le cauchemar.

Peut-on vaincre en Syrie ? C’est une question épineuse.

Si une telle tâche était fixée à l’armée russe, je crois qu’elle serait résolue en deux mois environ. Tandis qu’au plan tactique les combattants sont persévérants et fermes, combattent à mort pour chaque mètre, aux plans opérationnel et stratégique leurs actions ne sont qu’un ensemble de coups locaux, avec un manque total d’armements modernes. Les combattants ont des commandants expérimentés, capables de planifier et de porter des frappes imprévues, ils ont de bons éclaireurs, mais pour une résistance sérieuse, ils n’ont pas de moyens.

Le fait est que l’armée russe ne mène pas de guerre ici. Nous n’effectuons qu’un soutien aérien de l’armée syrienne et des milices populaires. Et ça, c’est un niveau tout à fait différent d’une participation militaire.

L’armée syrienne actuelle, c’est une équipe de sapeurs-pompiers qui se jette de tous côtés pour parer des attaques de terroristes. Elle n’a pas de forces pour agir d’un coup et partout. Les trois ans de guerre ont épuisé dramatiquement ses ressources humaines. C’est pourquoi ces ressources sont de plus en plus compensées par l’aide de chiites iraniens et libanais…

À part cela, comme j’ai déjà dit, il sera très difficile de mettre fin à la guerre sans avoir résolu le problème du sponsor principal des terroristes, l’Arabie saoudite. Si à chaque attaque des terroristes nous répondions par la destruction d’un palais de princes saoudiens au moyen des bombes et des missiles, la guerre finirait très vite. Mais ils se sentent en sûreté sous le protectorat étasunien de longue date. Et personne ne se décide à les accuser directement d’avoir déchaîné la grande guerre du Moyen-Orient.

Aujourd’hui nous visons à scinder la coalition anti-Assad en certains islamistes modérés prêts à dialoguer avec le pouvoir et en irréconciliables également inacceptables pour tous : pour les Étasuniens, pour les Iraniens et pour nous-mêmes. Ce processus est en progression, mais très lent et patinant affreusement. En premier lieu, c’est conditionné par la conduite des Étasuniens qui, menant soi-disant la guerre contre Daesh, ne font plutôt que la simuler tout en se concentrant sur une autre tâche, à savoir le renforcement et le soutien des islamistes modérés de toute sorte qui mènent la guerre contre Assad. En fait les Étasuniens sont occupés à repousser la Russie d’ici, et pas à vaincre Daesh. Il suffit de regarder les statistiques de leurs frappes aériennes sur les terroristes en Syrie et les comparer à celles en Irak durant la guerre du Golfe ou à celles en Libye, sur les troupes fidèles à Kadhafi.

Avec cela la communauté internationale ne prête pas attention, pour des raisons inconnues, au fait que les États-Unis, à l’égal de Daesh, prennent part à l’occupation de la Syrie, ayant déployé ses détachements dans les régions nord-ouest du pays sans aucun consentement du Damas officiel.

Peut-être quelque chose changera-t-il après les élections aux États-Unis, au cas où les Républicains, avec leur aversion prononcée pour le radicalisme islamiste, l’emportent. Mais c’est une question du futur éloigné.

C’est pourquoi nous menons ici des opérations sans nous imposer la tâche de vaincre. Aujourd’hui nous exterminons méthodiquement la lie radicale islamiste internationale afin de ne pas lui permettre de se précipiter vers nos frontières, sur notre terre – l’intention que les leaders des islamistes ne dissimulent guère. Et ceux de nous qui disent aujourd’hui que nous n’avons rien à faire en Syrie et que Daesh ne nous menace aucunement, soit biaisent, soit ignorent les faits. Il y a quatre ans, les leaders des radicaux ont déclaré nettement que leur but suivant après la Syrie, c’est l’Asie centrale, le Caucase et les régions islamiques de Russie. Et nous n’avons pas à négliger ces menaces.

En Syrie nous combattons pour la Russie !

Traduit par Roman Garev, relu par Catherine pour le Saker francophone

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Donald Trump est-il une ruse de la raison ? Par Marc Rameaux.

18 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #humanisme, #l'islamisme, #Terrorisme, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La guerre

 

samedi 17 septembre 2016

Donald Trump est-il une ruse de la raison ?

 
 
 
Que révèle cette candidature ?
 
Démagogue, sexiste, raciste, grossier, simpliste, vulgaire, inconscient, … aucun épithète n’a manqué à l’appel dans les jugements portés sur Donald Trump, y compris et en premier lieu en provenance de son propre camp politique.
 
Je refuse de rentrer dans ce débat, de rentrer dans cette guerre des jugements et des alertes. Il est impossible à ce stade de savoir qui est Donald Trump, quelle est la mesure de ce qu’il pense sincèrement et du personnage qu’il joue, des dérapages voulus ou non contrôlés, de la part de bêtise ou de provocation savamment calculée.
 
Certaines interviews suggèrent que le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît, que la folie de nos interventions au moyen-orient qui ont plongé le monde dans le chaos lui est évidente, qu’il paraît presque sage sur ces sujets. Ses déclarations publiques sont quant à elles inquiétantes, mais à un point tel qu’en sonner l’alerte est un truisme.
 
Aussi la question n’est pas tant de s’horrifier de la candidature de Donald Trump que de savoir ce que signifie qu’une telle candidature ait été rendue possible. Quelles sont les vagues de fond plus profondes qu’il est possible de détecter, derrière le fait que le candidat élu et désigné des républicains est à présent un tel homme ?
 
 Vous avez dit violent et grossier ?
 
Inutile de revenir sur le vocabulaire et les fameuses tournures du candidat républicain : elles font la joie de la presse et des réseaux sociaux. Reste à savoir ce qu’est la véritable violence verbale et psychique, ainsi que la vulgarité, au-delà des apparences immédiates.
 
En matière de violence psychologique, la perversion est toujours plus forte que l’expression directe. Dans ce domaine, Trump est un amateur : beaucoup trop direct pour être manipulateur, il fait sourire ceux qui exercent la vraie violence, ceux qui se donnent des dehors convenables et raisonnables, mais intérieurement méprisent l’être humain qu’ils ont en face d’eux.
 
Un bon échantillon de la véritable violence verbale et psychologique nous a été donné il y a quelques mois, lors du vote du Brexit. Jamais un tel déferlement de haine et de mépris de l’autre ne fut aussi patent, de la part de ceux qui se plaisent à donner des leçons dans ce domaine. Extraits :
 
« Ce référendum a fait ressurgir l'autre Angleterre, celle des hooligans et des Little Englanders. Cela semble méprisant? Oui. Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l'histoire humaine, et méprise les nationalistes. (Gaspard Koenig) »
 
Commentaire : Gaspard Koenig sait très bien quelle est la différence entre un patriote et un nationaliste, et que nombreux sont les premiers parmi les partisans du Brexit. Il se garde bien de faire cette différence, ni de rentrer dans ce qui aurait été une véritable analyse de la conciliation entre identité et ouverture. Il est beaucoup plus simple d’ignorer les distinctions chez l’adversaire, pour les noyer dans une seule catégorie infamante. Le mépris total de l’autre est toujours accompagné de la malhonnêteté intellectuelle, autre forme de la violence.
 
« C’est la victoire des casseurs et des gauchistes débiles, des fachos et hooligans avinés et embiérés, des rebelles analphabètes et des néonationalistes à sueurs froides et front de bœuf (BHL) »
 
Commentaire : Il faut donc considérer selon BHL que la quasi-totalité de la rédaction de « Marianne », de « Causeur » et du « FigaroVox » est constituée de « fachos avinés et embiérés ». On notera au passage l’extrême violence dans l’essentialisation de l’autre : les adversaires de BHL, de l’UE et de la mondialisation heureuse sont cantonnés dans une sous-humanité de nature.
 
« British 'deserters' will face the consequences » (J.C. Juncker)
 
Commentaire : La violence du parrain qui use de la menace et de l’intimidation, du racketteur jurant qu’il punira et rendra la vie impossible à celui qui ne se plie pas à son chantage, est un grand classique. Il est toujours amusant de noter cette convergence entre les costumes trois-pièces / cravate des petits hommes de l’UE prétendument distingués et les pratiques de petites frappes.
 
 
« Ceux qui ont fait cette réconciliation franco-allemande avaient raison contre les peuples. Il y a des moments où il faut prendre ses responsabilités. Si le peuple veut la peine de mort, je suis contre le peuple, parce que la peine de mort, c'est indigne de l'humanité. Il faut arrêter de dire que le peuple a toujours raison. Quand un peuple vote pour l'extrême droite, quand un peuple vote pour le nazisme, il n'a pas raison, même si c'est le peuple ! » (Cohn-Bendit)
 
Commentaire : Cohn-Bendit a visiblement oublié l’ironie mordante de Bertolt Brecht, pourtant l’un des fonds culturels qu’il revendique : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». Notre cher Dany ne se trouve pas ainsi aux côtés du talentueux metteur en scène, mais au sein de la pièce pour tenir fort bien le rôle de l’imbécile suffisant se prenant pour une élite. On notera au passage la sempiternelle utilisation du point Godwin et l’essentialisation de l’adversaire ravalé au rang de rebut de l’humanité. Voter pour le Brexit est donc assimilable à l’adoration de la croix gammée. Le langage a été si déformé et vidé de sa substance par nos « élites » que les mots perdent un par un leur signification. Une faute d’autant plus grave si le terme de « nazisme » perd son sens, à l’heure où il faudrait le réserver à des réalités hélas présentes de notre temps, mais certainement pas là où on le pense. Enfin, il est savoureux de voir l’ancien chef de file de 68 habité par une mentalité digne d’Adolphe Thiers. L’imposture des faux révolutionnaires mais vrais opportunistes ne surprendra que les cerveaux affadis : Cohn-Bendit est tout à fait à sa place dans le camp des Versaillais, il a toujours rêvé d’y appartenir, dès les barricades.
 
« J’ai presque envie de dire que les jeunes devraient avoir deux voix dans un référendum sur l’UE (François Fillon) ».
 
Commentaire : j’ai réservé le meilleur pour la fin. Pas de commentaire explicite, l’énormité de la proposition et la discrimination anti-vieux et anti mal votants parlant d’elle-même. Bien entendu, ce cher François a dû s’apercevoir de la maladresse de son dérapage en même temps qu’il prononçait cette pertinente proposition, surtout sur le plan de la rentabilité électorale, certainement pas sur celui de la morale, il ne faut tout de même pas pousser. Il crût bon d’ajouter que sa remarque était faite « sur le ton de l’ironie », s’enfonçant encore un peu plus : prendre ouvertement les gens pour des imbéciles par le cynisme glacé de ceux qui se pensent supérieurs est encore l’une de ces marques d’extrême violence, de non-respect absolu de l’humanité. Il est vrai que notre si distingué François nous a montré par la suite combien il aimait plaisanter dans la bonne humeur : son fou rire inextinguible avec Bernard Cazeneuve en pleine messe d’hommage au père Hamel qui venait d’être égorgé montrait cet excellent tempérament. Lorsque le cynisme et le mépris total du peuple atteignent le haut de la jauge, il arrive qu’ils débordent, éclaboussant de fange et d’excréments les si jolis complets trois pièces en pleine cérémonie.
 
D’autres exemples de cette violence extrême et feutrée nous sont donnés régulièrement. Ainsi de ce cénacle de patrons d’Air France, dont l’attitude boursouflée d’arrogance satisfaite à l’égard d’une de leurs salariées était visible à l’œil nu dans cette vidéo :
 
 
Une telle prétention satisfaite est toujours proportionnelle à l’incompétence crasse de celui qui la commet. Le distingué état-major qui se rengorge sur cette vidéo venait d’enfoncer la compagnie aérienne encore un peu plus dans le rouge économique. C’est en cela qu’il ne faut nullement rentrer dans le mode de protestation des « petits » contre les « puissants » contre de tels personnages : ce serait leur faire bien trop d’honneur. Il faut leur retourner leur mépris glacé, leur faire sentir qu’eux-mêmes ne sont que des déchets sans aucune valeur, des imposteurs terrifiés à l’idée d’être un jour balayés comme de la saleté par une élite véritable.
 
Terminons cette visite du musée des horreurs de l’ultra-violence feutrée par un pourvoyeur inépuisable : Jean-Claude Juncker. Il faut remercier le président de la commission européenne pour nous révéler si souvent au grand jour l’inconscient inavouable du néo-libéralisme, de cette étrange dictature qui ne dit pas son nom, cette usine à captation de la valeur d’autrui pour le profit de quelques parasites. Est-ce un effet de l’excès de boisson dont le président de la commission est coutumier ? Parfois, les exhalaisons fétides du cloaque mental ne peuvent être contenues à l’intérieur, mais remontent à la surface pour éclater en bulles telles que celles-ci :
 
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »
 
« Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d'attirer l'attention du public sur ce fait ? »
 
Le cynisme des « élites » atteint dans ce cas une telle cote d’alerte qu’il ne s’embarrasse plus de précautions. Traduit dans le langage de leurs excrétions mentales, cela donne à peu près ceci : pourquoi éviter de faire comprendre aux gens que nous les prenons ouvertement pour des imbéciles ? Ayant affaire à une sous-humanité, il n’est même plus nécessaire de prendre ce soin.
 
 
Le sale gamin et les vrais salauds
 
Prendre ouvertement les gens pour des imbéciles et les considérer comme des déchets humains est le soubassement mental du néo-libéralisme, idéologie régnante des 40 dernières années. J’ai déjà eu l’occasion d’analyser en profondeur les principes inconscients qui guident ceux qui suivent cette idéologie dans le texte suivant, montrant que nous ne sommes pas exposés à « une ère du vide » ou à une « perte de sens », mais au contraire à un sens fort, plein et entier, dont le discours implicite est à hurler :
 
 
Les postes de direction politiques et économiques ont ainsi été investis progressivement par des psychopathes et pervers narcissiques en lieu et place de véritables dirigeants. Il ne faut, encore une fois, pas les combattre sur le mode de la plainte et de la révolte, qui serait leur faire trop d’honneur, mais leur renvoyer leur mépris. Le cauchemar du pervers narcissique qui nie l’humanité d’autrui est de se voir lui-même considéré comme un moins que rien, son univers totalement égocentré étant son seul horizon.
 
Face à l’extrême violence mentale de ces prétendues « élites », les foucades de Trump apparaissent non seulement bénignes mais presque rafraîchissantes de candeur. Trump a probablement considéré des milliers de fois que l’interlocuteur qu’il avait en face de lui était un con et le lui a dit, mais sans doute pas qu’il était un sous-homme en demeurant dans une perversion silencieuse.
 
Celui qui insulte, tempête, éructe est certainement vulgaire, mais il montre par là qu’il nous considère tous humains, lui comme nous. Lorsque l’on rentre dans l’arène en se salissant ainsi les mains, on fait signe que l’on est soi-même au sein de l’humanité, que l’on appartient à la condition humaine parmi les autres, même pour les apostropher. L’excrétion mentale n’est pas celle de l’insulte voyante, mais celle du mépris glacé, de l’indifférence, de l’absence silencieuse et hypocrite d’empathie, parce qu’elle sépare implicitement l’humanité en deux.
 
 
Il faut dans ce domaine beaucoup se méfier des apparences. L’intérieur et l’extérieur d’un homme peuvent être en totale opposition. Le général George Smith Patton haranguait ses hommes en jurant comme un charretier, mais intérieurement tenait une noblesse et une notion impeccable de la dignité humaine. Lorsque les autres étaient des « sons of bitches », ce qui était d’ailleurs assez souvent affectueux, il faisait comprendre voire disait explicitement qu’il était lui-même un sacré « son of a bitch ».
 
A contrario, beaucoup se pinceront le nez et offriront un extérieur très policé, mais maintiendront un cloaque mental véritable, celui de la véritable bassesse qui nie l’humanité de l’autre.
 
Si beaucoup d’électeurs se tournent vers Trump, ce n’est pas par un goût particulier et un peu vulgaire pour les tycoons à la moumoute peroxydée et proférant des gros mots, comme aimerait à le croire notre « élite », y voyant là une confirmation de la nature inférieure de la partie de l’humanité qu’ils exploitent.
 
Si beaucoup d’électeurs se tournent vers Trump, c’est parce qu’à tout prendre, entre l’éructation grossière mais sincère, et le mépris glacé caché derrière de fausses valeurs, il faut préférer l’éructation. Trump n’est peut-être pas sympathique, mais il bénéficie de l’affection que l’on a pour le sale gamin lorsqu’il est au milieu de vrais salauds, notamment lorsque ces derniers sont des monuments d’hypocrisie et de cynisme.
 
 
Le grand talon d’Achille des pervers narcissiques est de considérablement sous-estimer les hommes, et de penser que l’on peut prendre impunément une majorité d’entre eux pour des imbéciles, parce que telle est la loi du monde. Sur le long terme, les hommes sont et seront toujours d’une très grande lucidité, même lorsque cela n’est pas apparent. Et la majorité des hommes est parfaitement lucide sur ce que vaut notre « élite » - c’est-à-dire rien - la rendant pour cette raison très nerveuse, expliquant ses débordements de haine récurrents.
 
Le vote pour Trump n’est pas un vote d’adhésion, son « programme » est d’ailleurs extrêmement flou. Ce n’est pas non plus un vote de protestation ou de colère, excuse trop facile souvent invoquée par ceux qui se pensent supérieurs, pensant que « le peuple ne maîtrise pas ses pulsions », quand eux-mêmes sont habités par des pulsions infiniment plus répugnantes. Le vote pour Trump est simplement un message de ceux qui veulent signifier qu’ils ne sont pas dupes et qu’ils ne se laissent pas tromper par la hiérarchie des apparences.
 
 
La ruse de la raison et la survie de la civilisation
 
Hegel introduisit la notion de « ruse de la raison » pour expliquer certains détours inattendus de l’histoire. Certains événements qui semblent provoqués par la pure passion d’un seul ou de quelques hommes se révèlent être l’instrument de la civilisation, qui avait besoin de passer par des détours pour franchir un cap historique.
 
Ainsi, la biographie de Thémistocle donne l’image d’un dirigeant humainement critiquable, en proie à de fortes passions personnelles. Thémistocle fut pourtant l’homme de la situation qui permit à Athènes sa survie face à l’empire Perse. La lecture selon la ruse de la raison dira que les outrances de Thémistocle étaient le vecteur nécessaire pour que la Grèce athénienne voie le jour. De semblables lectures furent faites quant à la personnalité d’un Churchill. Les passions de certains hommes réalisent un dessein historique qui échappe à eux-mêmes, même lorsque ces passions suivent des détours qui semblent absurdes.
 
Mes lecteurs savent que je ne suis en rien Hégélien et encore moins historiciste. Je ne fais donc pas appel à la ruse de la raison parce que je crois en sa réalité, en la marche d’une « Idée » façonnant le destin historique du monde, et que l’intelligence humaine ne peut déchiffrer et comprendre qu’a posteriori. Mais elle est une grille de lecture du monde qui s’avère utile dans certains cas, si l’on n’oublie pas qu’elle n’est qu’un simple moyen de présenter les choses. Et elle est probablement très adaptée à la compréhension du « cas » Donald Trump.
 
La civilisation va être confrontée dans les prochaines années à l’un de ses plus graves périls, qui s’avérera peut-être plus dangereux encore que le nazisme : l’islamisme. Son règne signifierait la destruction de toute forme évoluée de pensée et de l’ensemble des héritages humanistes, occidentaux ou non. Vicieux, intelligent, cohérent, l’islamisme s’insinue dans toutes nos failles et exploite toutes nos démissions, notre incapacité à distinguer la tolérance du relativisme, la justice de la victimisation, la méritocratie de la course aux ambitions.
 
Dans l’ordre des causes, j'ai rappelé dans un autre texte que ce péril est d’autant plus redoutable qu’il est engendré en partie par nous-mêmes :
 
 
Le néo-libéralisme, fondé sur la considération d’êtres humains comme des déchets a vu apparaître l’islamisme comme la pustule apparaît sur le corps malade. A force de cultiver ce cloaque intérieur, il a été rendu explicite par des agents qui préfèrent le renvoyer à la face du monde et mettre l’équarrissage de l’humain en pratique, afin que cela soit dit sans hypocrisie.
 
L’islamisme n’est en rien l’adversaire du néo-libéralisme, ni son contraire logique parce que l’un se présente comme moderne et l’autre comme archaïque. L’islamisme, c’est le portrait de Dorian Gray du néo-libéralisme, l’éruption de ses stigmates traduisant son état intérieur qu’il cherche à enfouir mais qui déborde sous la masse de ses turpitudes. L’islamiste agit par la violence mimétique chère à René Girard. Il n’y a d’ailleurs pas plus assujetti aux valeurs factices qu’un islamiste, à la fois fasciné et haineux de grosses cylindrées et de filles faciles, sa spiritualité de pacotille n’étant issue que de sa frustration de n’avoir pas réalisé ce rêve inconscient.
 
Je l’ai également déjà écrit, ce n’est en rien une excuse ou même une circonstance atténuante à l’islamisme, comme le pensent certains qui renvoient du coup la responsabilité à l’occident : complotistes et islamo-gauchistes en font leur beurre rance. Il n’y a aucune excuse à l’islamisme pour la raison simple que le combat contre le néo-libéralisme peut prendre de toutes autres formes, légitimes celles-ci, à commencer par toute entreprise auto-gestionnaire. La liaison entre néo-libéralisme et islamisme est celle de la cause mécanique, non de la justification morale. Néo-libéralisme et islamisme sont tous deux adversaires de l’humanisme, il n’y a donc pas à verser dans la repentance ou la culpabilité, mais à retrouver le véritable fonds de nos civilisations.
 
Nous allons donc devoir rentrer en situation de combat. Lorsque c’est le cas, l’homme civilisé doit affronter un paradoxe : rentrer en combat signifie faire taire en grande partie son intelligence ou sa conscience, faire taire les discussions ou les objections, être totalement déterminé.
 
Il n’y a que ceux qui idéalisent le combat, c’est-à-dire ceux qui ne l’ont jamais connu en pratique, pour imaginer qu’il peut y avoir un combat conscient, lucide, moral. Une fois rentré dans le combat, il n’y a plus rien qui fasse appel à la conscience : la morale a lieu avant, lorsque l’on a encore le loisir de délibérer de ce qui est moral ou de ce qui ne l’est pas.
 
C’est pourquoi il faut très fortement soupeser les raisons qui nous poussent à rentrer en combat avant de décider de le faire, car une fois dedans, il sera trop tard pour savoir si elles sont fondées ou non. Rentrer en combat nécessite de fermer son intelligence, d’abandonner en grande partie sa conscience en espérant la retrouver à la sortie.
 
C’est ici que Trump est peut-être l’instrument de la ruse de la raison. L’homme qui affirme maladroitement ce qui est à faire, sans se poser de questions, abruptement et de manière fausse dans les moyens, mais souvent exacte dans l’objectif. Quelqu’un qui ne passera pas son temps en repentance, en fausse raisons, en préservation d’un humanisme d’apparat destiné à s’auto-glorifier ou à cultiver son clientélisme et ses intérêts personnels.
 
Parce que le combat nécessite de faire taire un temps notre intelligence, nos délibérations trop conciliantes, trop compromises ou trop complices, les détours de l’histoire nécessitent peut-être de passer par Trump pour que plus tard notre civilisation survive.
 
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, aussi contradictoire le personnage de Trump fût-il vis-à-vis de la civilisation, nous savons maintenant que c’est pour échapper à des hommes qui la nient et la démolissent bien plus fortement en se donnant des allures respectables que nous emprunterons ce détour inattendu. Espérons qu’une fois ce détour emprunté, nous verrons le retour d’une élite véritable aux commandes, celle qui terrifie les actuels imposteurs, celle d’hommes qui ont l’humilité de l’empiriste, le courage de la confrontation au réel, la simplicité qui est la marque des grands.
 
La morale de la ruse de la raison est celle du fameux « dîner de cons ». Ceux qui se pensent supérieurs mais sont en réalité infiniment plus vulgaires et plus sales que ceux qu’ils méprisent pourraient être pris à leur propre système de pensée. Si Donald Trump est élu, le traditionnel dîner de Thanksgiving qui aura lieu quelques semaines après l’élection leur rappellera qu’ils sont devenus les dindons de leur propre farce.
 
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Interdite en Corée du Nord, elle est bien là, la B61-12, la nouvelle bombe nucléaire étasunienne en Italie

17 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'Italie., #L'armée française, #Europe supranationale, #Terrorisme, #La Russie

Interdite en Corée du Nord, elle est bien là,   la B61-12, la nouvelle bombe nucléaire étasunienne en Italie
Interdite en Corée du Nord, elle est bien là,   la B61-12, la nouvelle bombe nucléaire étasunienne en Italie
Interdite en Corée du Nord, elle est bien là,   la B61-12, la nouvelle bombe nucléaire étasunienne en Italie

La Bombe est autorisée

par Manlio Dinucci

La 31st Fighter Wing, l’escadrille de chasseurs-bombardiers USA F-16 basée à Aviano, est prête à l’attaque nucléaire vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et, comme le démontre la Fas, des pilotes italiens aussi sont entraînés à l’attaque nucléaire sous commandement USA avec les chasseurs-bombardiers Tornado basés à Ghedi. En attendant qu’arrivent aussi à l’aéronautique italienne les chasseurs F-35 dans lesquels, annonce l’US Air Force, « sera intégrée la B61-12 »

La B61-12, la nouvelle bombe nucléaire étasunienne destinée à remplacer la B-61 stockée en Italie et dans d’autres pays européens, a été « officiellement autorisée » par la National Nuclear Security Administration (Nnsa), l’agence du Département de l’Energie chargée de « renforcer la sécurité nationale à travers l’application militaire de la science nucléaire ».

Après quatre années de projetisation et expérimentation, la Nnsa a donné son feu vert à la phase d’ingénierisation qui prépare la production en série. Les nombreux composants de la B61-12 sont projetés et testés dans les laboratoires nationaux de Los Alamos et Albuquerque (Nouveau Mexique), de Livermore (Californie), et produits (en utilisant en partie ceux de la B-61) dans une série de sites au Missouri, Texas, Caroline du Sud et Tennessee. A quoi s’ajoute la section de queue pour le guidage de précision, fournie par Boeing. Les B61-12, dont le coût est prévu autour de 8-12 milliards de dollars pour 400-500 bombes, commenceront à être fabriquées en série dans l’année fiscale 2020, qui commence le 1° octobre 2019. A partir de là elles commenceront à remplacer les B-61.

Selon les estimations de la Fédération des scientifiques américains (Fas), les USA ont aujourd’hui 70 bombes nucléaires B-61 en Italie (50 à Aviano et 20 à Ghedi Torre), 50 en Turquie, et 20 respectivement en Allemagne, Belgique et Pays-Bas, pour un total de 180. Mais personne ne sait exactement combien il y en a effectivement : à Aviano (Région Frioul) il y a 18 bunkers en mesure d’en stocker plus de 70. Dans cette base et à Ghedi ont déjà été effectuées des modifications, comme le montrent des photos satellitaires publiées par la Fas. Des préparatifs analogues sont en cours dans les autres bases en Europe et Turquie.

La Nnsa confirme officiellement que la B61-12, définie comme « un élément fondamental dans la triade nucléaire USA » (terrestre, navale et aérienne), remplacera les actuelles B61-3, -4 et -10. Ce qui confirme donc ce que nous avons déjà documenté. La B61-12 n’est pas une simple version modernisée de la précédente, mais une nouvelle arme : elle a une tête nucléaire à quatre options de puissance sélectionnables, avec une puissance moyenne équivalente à quatre bombes de Hiroshima ; un système de guidage qui permet de la larguer à distance de l’objectif ; la capacité de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement dans une attaque nucléaire surprise. Les nouvelles bombes, que les USA se préparent à installer en Italie et dans d’autres pays européens dans le cadre de l’escalade contre la Russie, sont des armes qui abaissent le seuil nucléaire, c’est-à-dire rendent plus probable le lancement d’une attaque nucléaire.

La 31st Fighter Wing, l’escadrille de chasseurs-bombardiers USA F-16 basée à Aviano, est prête à l’attaque nucléaire vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et, comme le démontre la Fas, des pilotes italiens aussi sont entraînés à l’attaque nucléaire sous commandement USA avec les chasseurs-bombardiers Tornado basés à Ghedi. En attendant qu’arrivent aussi à l’aéronautique italienne les chasseurs F-35 dans lesquels, annonce l’US Air Force, « sera intégrée la B61-12 ».

La première escadrille de F-35, dont le siège est la base de Hill dans l’Utah, a été officiellement déclarée « combat ready » (prête au combat). L’US Air Force dit ne pas prévoir quand l’escadrille de F-35 sera « combat proven» (essayée au combat), mais qu’est « probable son déploiement outre-mer au début de 2017 ».

La ministre (de la Défense) Pinotti espère qu’elle sera déployée en Italie, déjà « choisie » par les USA pour l’installation du Muos qu’«aurait voulu d’autres nations ».

Avec les B61-12, les F-35 et le Muos sur son territoire, l’Italie sera aussi choisie, par le pays attaqué, comme cible prioritaire des représailles nucléaires.

Edition de mardi 13 septembre 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-bomba-e-autorizzata/

Traduit de l’italien

par Marie-Ange Patrizio

Pétition contre le déploiement des bombes

atomiques en Italie.  

 

 

La pétition émane du comité de soutien à la campagne du:  Non à la guerre, non à l(OTAN

"Soutien à la campagne pour la sortie de l'Italie de l'OTAN, pour une Italie neutre "

Avec info sur la nouvelle bombe nucléaire et son autorisation dans les pays de l'UE

LA BOMBA E' AUTORIZZATA – Aggiornamento su "LA PACE HA BISOGNO DI TE: Sostieni la campagna per l'uscita dell'Italia dalla NATO per un’Italia neutrale."

Comitato promotore della campagna #NO GUERRA #NO NATO ha appena postato un aggiornamento sulla petizione che hai firmato, LA PACE HA BISOGNO DI TE: Sostieni la campagna per l'uscita dell'Italia dalla NATO per un’Italia neutrale.

Sostieni la campagna per l'uscita dell'Italia dalla NATO per un’Italia neutrale.

https://www.change.org/p/la-pace-ha-bisogno-di-te-sostieni-la-campagna-per-l-uscita-dell-italia-dalla-nato-per-un-italia-neutrale

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Bientôt, le retour à l’internement administratif ? ¨Par Robert Charvin

17 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme

Bientôt, le retour à l’internement administratif ?

Bientôt, le retour à l’internement administratif ?  ¨Par Robert Charvin

La mode politique en Europe et aux États-Unis est à la légitime défense « préventive ». Cette prévention, c’est-à-dire les mesures prises pour empêcher un mal qui risque de survenir, ne joue que très peu dans le domaine social. Dans le domaine médical, elle coûterait, dit-on, trop cher si elle était généralisée ; dans le monde des affaires, il ne faut surtout pas se prémunir contre les licenciements de masse et jouer au contraire sur l’effet de surprise et sur le désarroi qui en résulte pour les salariés ; en matière environnementale, le principe de précaution est très fortement contesté par les entreprises, parce qu’il serait source de paralysie !

Les gérants (privés) des grands moyens de production doivent être toujours plus libres de leur stratégie, profit oblige, y compris lorsque l’entreprise ne survit qu’avec l’argent public (par exemple, le groupe Alstom).

Par contre, dans le secteur strictement politique, les pouvoirs publics n’ont jamais trouvé mieux que de jouer aux victimes (il faut bien se défendre contre les agresseurs, y compris potentiels) ou aux protecteurs (le petit peuple a besoin d’une autorité sécuritaire au-dessus de lui).

Dans l’ordre international, il y a longtemps que les agresseurs se prétendent agressés.

Les nazis dénonçaient l’asphyxie que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale avaient tenté d’imposer aux Allemands qui avaient pourtant besoin « d’espace vital » ; de surcroît, les juifs et les bolcheviques constituaient une menace chronique dissolvante pour le Reich. Il fallait donc agresser les Tchécoslovaquie, la Pologne, la France, la Grande Bretagne, l’URSS, etc. pour que le peuple allemand « respire » !

Plus près de nous, les démocraties (occidentales) ont remis à l’ordre du jour la prévention. Pour « contenir » et refouler le communisme dans un premier temps, (prétendument omniprésent, y compris lorsqu’il n’y avait que nationalisme et revendication d’indépendance de la part des peuples colonisés) ; puis, pour sauver la paix, ce qui exigeait la guerre, contre les prétendus détenteurs d’armes « de destruction massive » (comme l’Irak de Saddam Hussein, par exemple), ou pour protéger un allié contre une « menace » militaire, ce qui justifie le maintien de bases militaires américaines « d’intérêt stratégique » en Corée du Sud, proches de Pyong Yang, mais surtout de la frontière chinoise. On n’est jamais trop prudent contre l’ennemi nord-coréen détenteur d’une force nucléaire, alors que les alliés (Israël ou le Pakistan) n’ont que des bombes atomiques « dissuasives » !

Les manœuvres de l’OTAN, aux frontières russes, en Pologne et dans les pays Baltes, par exemple, sont aussi des mesures de précaution contre le risque d’une invasion des troupes russes sous la direction d’un chef d’État qui ne rêve, comme chacun sait, qu’à une Troisième guerre mondiale ayant oublié les 20 millions de victimes soviétiques de la Seconde Guerre ! « Il vaut mieux prévenir que guérir » disent les états-majors étasuniens, sans se préoccuper de la tension internationale ouverte que provoque la mise en œuvre de leurs arrière-pensées.

L’attaque contre la Libye (dont on connaît les brillants résultats et qui vient de faire l’objet d’un rapport très sévère des parlementaires britanniques) était aussi un acte de prévention. Il ne s’agissait pour les interventionnistes français et anglais, soutenus par les États-Unis, que de « prévenir un massacre » à Benghazi. Il y avait une telle urgence que les « protecteurs » occidentaux n’ont pas pris le temps d’évaluer la véracité des faits et la nature (islamiste) des forces hostiles à Tripoli qui se manifestaient !

La Charte des Nations Unies qui retire aux États l’usage de la force armée à l’exception du cas de légitime défense est balayée, avec la théorie de la « légitime défense préventive » qui juridise l’agression et celle de « la responsabilité de protéger » qui prétend légaliser l’ingérence (ce qui ne peut être le fait que des Grandes Puissances).

Une fois encore dans l’Histoire, on fait des mensonges d’État une arme à la discrétion des Puissances : il suffit de manipuler, d’aller vite et de ne pas avoir en face un État ayant les moyens de réagir avec force. Peu importe qu’au bout des quelques années, la vérité s’impose et que l’on dénonce l’arbitraire des agressions contre l’Irak ou la Libye. Les résultats sont là : les initiateurs ont été réélus et le chaos règne au sein de deux pays « non fiables » !

Et les États-Unis finiront bien par se débarrasser du phénomène Guantanamo, totalement hors-légalité, et par continuer à bénéficier dans le monde de la fascination entretenue de l’American way of life !

Si le court-termisme règne chez les politiciens occidentaux dans le domaine de la politique étrangère, il règne aussi dans l’ordre interne.

Le cas de la France hollando-sarkozienne est exemplaire, comme l’ont été les pratiques antérieures du gouvernement Daladier (sous la III° République), du gouvernement de Vichy et des gouvernements successifs (y compris « socialistes ») durant la guerre d’Algérie.

Le Décret-loi du 18 novembre 1939 prévoit l’internement administratif, c’est-à-dire l’arrestation et la détention, sans intervention de l’autorité judiciaire, de personnes jugées par l’administration « dangereuses pour la défense nationale et la sécurité publique », c’est-à-dire, à l’époque, surtout les communistes !

Le régime de Vichy, en vertu des « lois » prises par Pétain (3 septembre 1940, 28 juin, 18 juillet et 28 octobre 1941) frappe les communistes, les juifs, les auteurs d’infraction économique, les auditeurs de Radio Londres, et les résistants.

L’internement administratif réapparaît durant les « opérations de police » menées contre les « bandits » (les fellagas) en Algérie et leurs complices français (comme par exemple, Maurice Audin, exécuté par l’armée française ou contre Henri Alleg, torturé).

Il fonctionne aussi contre les autonomistes corses ou basques lors des voyages officiels !!

Le pouvoir exécutif frappe ainsi ses adversaires politiques sans que l’autorité judiciaire n’exerce son contrôle, parfois avec la complaisance de juristes aptes à se plier à toutes les autorités !

Le pouvoir politique, périodiquement, fait la démonstration que la justice et le droit sont inadaptés au « maintien de l’ordre public » ou du moins qu’il estime que telle est la solution. Autant dire que la sûreté personnelle n’est garantie que lorsqu’elle n’a pas vraiment à l’être !

Avec les attentats islamistes, de forts courants politiques réclament le retour de l’internement administratif pour tous ceux qui sont « susceptibles » de commettre un attentat. A la différence des socialistes de 1956-1957 qui se refusaient à admettre qu’il y eut une « guerre » en Algérie, le Parti Socialiste de 2016 estime que la France est en « guerre » contre les islamistes (ce qui n’a pas préoccupé les dirigeants français en Libye ou en Syrie).

Or, l’état de guerre, même « officieux » justifierait l’internement des 10.000 personnes « fichées S », car elles sont « susceptibles de troubler l’ordre public » ! L’opinion est largement mobilisée sur ce thème par des médias sans scrupule. Comme si la répression, quelle qu’elle soit, était l’arme exclusive pour régler les problèmes !

Comme si l’Histoire ne montre pas l’extrême diversité des victimes de ces internements arbitraires par nature !

Comme si chacun de nous n’était pas, selon tel ou tel pouvoir exécutif, « susceptible » de troubler l’ordre public, et par là même de connaître, à son tour, l’internement administratif !

Source: 16 septembre 2016, Robert CHARVIN, Investigaction.

Retrouvez le livre de Robert Charvin, Faut-il détester la Russie, sur notre boutique.

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Bientôt, le retour à l’internement administratif ?  ¨Par Robert Charvin

Devons-nous « assimiler, coloniser et civiliser » la Russie ? Et même « l’affaiblir par tous les moyens », comme le recommande le stratège US Brzezinski ? Quels intérêts sert la campagne actuelle de diabolisation de la Russie ? D’où vient ce courant de révisionnisme historique qui minimise la contribution de l’URSS à la victoire des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale et qui tend à assimiler le communisme au nazisme ? Pourquoi, Vassili Kononov, un résistant antinazi a-t-il été accusé de « crime de guerre » par la Cour suprême de Lettonie ? Pourquoi a-t-il été envoyé en prison à l’âge de 75 ans, un demi-siècle après les faits ? Ce livre original nous met en garde : une certaine propagande médiatique peut nous mener tout droit vers une nouvelle guerre froide. Pas si froide ? - See more at: http://www.investigaction.net/bientot-le-retour-a-linternement-administratif/#sthash.PI6TQQfC.dpuf

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Le Donbass. La guerre comme seul programme par Sébastien Hairon.

17 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme, #La mondialisation

samedi 17 septembre 2016

Le Donbass. La guerre comme seul programme par Sébastien Hairon, volontaire français dans le Donbass.
Le Donbass. La guerre comme seul programme par Sébastien Hairon.

Cette semaine aura été riche en enseignement en Ukraine. Il y a eu la visite des ministres des affaires étrangères Allemand et Français les 14 et 15 septembre lien. Cette visite n'aura globalement rien apporté de neuf dans le processus qui est censé diriger l'Ukraine et les 2 Républiques du Donbass vers la paix. Car pour faire la paix , il faut-être deux , et malheureusement , le dirigeant Ukrainien n'est pas un partisan de celle-ci source et ici. Nous pouvons constater que les diplomates ouest Européens n'ont absolument plus aucunes crédibilités , et encore moins , la moindre influence sur des conflits , celui-ci se déroulant pourtant sur notre continent. Dans ce jeu de dupe , la marionnette de Kiev , ne prend pas ses ordres auprès des subalternes , mais bien de Washington , le véritable chef d'orchestre de la tragédie Ukrainienne.

                                             Les institutions financières

En plus de la visite des ces 2 touristes , l'autre information importante de la semaine , est la reprise officielle de l'aide financière du FMI source. Mardi 14 septembre , cette institution , basée à Washington , a débloqué une nouvelle tranche du prêt de 17,5 milliards de dollars accordé en mars 2015. Cette aide de 1 milliards , est ni plus ni moins qu'un chèque en blanc accordé à la junte putschiste de Kiev , pour pouvoir continuer la guerre contre la population du Donbass. Tout est bon pour le FMI pour donner de l'argent frais à Kiev , même de changer ses règles d'attribution source . Outre le FMI , la banque mondiale et l'Union Européenne s'apprêtent elles aussi , avec notre argent , à donner des fonds à l'Ukraine source.

                                    Porochenko le fossoyeur de l'Ukraine  

Depuis sa mise en place par Washington à la tête de l'Ukraine , Porochenko , cet oligarque multimilliardaire , n'a apporté que la désolation et la guerre. Car il ne faut jamais oublier les buts de cette guerre dans le Donbass. Il s'agit de voler les richesses de l'Ukraine source, et en particulier ses terres fertiles. Parallèlement au pillage de l'Ukraine , il s'agit de provoquer la Russie à sa frontière , pour la forcer à intervenir dans ce conflit meurtrier. Les USA étant virtuellement en faillite , ils ont besoin d'une guerre majeure , loin de chez eux pour ne pas changer une formule qui gagne à tous les coups. Ce qui leur permettrait d'échapper au naufrage économique qui arrive à grands pas , de ne pas rembourser ses dettes , et de faire comme en 1944 , arriver en "sauveur" de l'Europe , tel le pompier pyromane ! Depuis maintenant plusieurs années , la presse occidentale , valide systématiquement , la théorie de Washington et de ses laquais , selon laquelle , ce serait la Russie qui menace ses voisins et la paix en Europe. Un dessin vaut mieux qu'un long discours pour contrer et ridiculiser cette rhétorique mensongère :
 


Porochenko , en ce faisant le porte-voix de ses maîtres atlantiste , porte une lourde responsabilité dans cette guerre , pudiquement appelé , opération antiterroriste Car, étant de plus en plus contesté par plus va en guerre que lui , il se condamne lui-même à plus ou moins brève échéance à être emporté par une contestation interne de plus en plus forte. Car pour faire la guerre , cet oligarque s'est appuyé sur les bataillons spéciaux , essentiellement composé de nazillon et autres nostalgiques du collaborateur du 3ème reich , Stepan Bandera. Pour celle et ceux qui douteraient du caractère nazi de ces gens là , je vous invite à lire ceci et cet article.
Il y a eu aussi l'excellent documentaire du journaliste d'investigation , Paul Moreira , qui a fait une enquête sur le sujet , avec en toile de fond le massacre de la maison des syndicats à Odessa le 2 mai 2014 article

Ici , un reportage de la télévision Ukrainienne sur le procès en cours du chef du bataillon tornado

Dans ces conditions , nous comprenons mieux pourquoi le courageux peuple du Donbass résiste à l'Ukraine , dont la colonne vertébrale est totalement opposée à ses valeurs humanistes et généreuses. Car en plus de devoir affronter ces nazillons de la sous-culture , l'Armée Ukrainienne n'est en reste au niveau criminalité. Les ukrops , comme nous les appelons ici , ont en dans leurs rangs , de véritables voyous et criminels en tous genres

Mais finalement , ces criminels ne font qu'imiter et exécuter sur le terrain , les propos de leur président !

Malheureusement , pour le Donbass , mais aussi pour le peuple Ukrainien , la paix n'est clairement pas à l'ordre du jour avec Porochenko et ses parrains yankees. Le 1er septembre , un nouveau cessez-le-feu , un de plus , a , comme les précédents , été violé de manière massive par les ukrops , allongeant encore un peu plus la liste des victimes dans le Donbass lien.
Tant que cette marionnette sera soutenue par l'occident et les institutions financières internationales , aucune solution de paix ne sera accepté par la junte de Kiev. Le courageux peuple n'a donc pas fini de payer le prix du sang pour pouvoir vivre libre et en sécurité contre la folie meurtrière de certains hommes ivres de pouvoirs et de déprédations !

Sébastien Hairon , volontaire en République de Donetsk.

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Besoin d'aide

Je vous envoie un s.o.s , même si j'ai honte de le faire , mais j'ai besoin de votre soutien. Même le plus petit don , me sera d'un précieux secours dans ce combat. Car malheureusement , et de tout temps , l'argent reste le nerf de la guerre.Je vous remercie pour votre soutien et vos messages d'amitiés , et je vous souhaite une agréable journée. Cordialement.
Sébastien Hairon

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« 4000 combattants de l’EI ont-ils pénétré en Europe en tant que réfugiés » ? Par Sputnik News le 07 septembre 2015

9 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #l'islamisme, #l'immigration, #Terrorisme, #Daesch

« 4000 combattants de l’EI ont-ils pénétré en Europe en tant que réfugiés » ?

Par Sputnik News le 07 septembre 2015

 « 4000 combattants de l’EI ont-ils pénétré en Europe en tant que réfugiés » ? Par Sputnik News  le 07 septembre 2015

Plus de 4.000 combattants de l’organisation terroriste Etat islamique (EI) ont pénétré en Europe en tant que réfugiés, annonce le journal Sunday Express citant une source de l’EI. Le transfert a été « réussi », selon cette dernière.

Les combattants s’intègrent aux flux de réfugiés dans les ports turcs d’Izmir et de Mersin pour arriver en Italie via la mer Méditerranée. Ensuite, ils se dirigent vers d’autres pays européens notamment la Suède et l’Allemagne.Deux passeurs ont confirmé cette information. L’un d’eux a confié avoir aidé une dizaine de terroristes à pénétrer en Europe. Certains prétendaient vouloir rendre visite à leurs familles, d’autres voulaient juste y aller pour « se tenir prêt ».

L’envoi de combattants est le début d’une action de représailles pour les frappes aériennes de la coalition internationale en Irak et en Syrie dirigée par les Etats-Unis, selon la source du Sunday Express au sein de l’EI.

« Nous voulons établir le califat non seulement en Syrie mais aussi dans le monde entier », a-t-elle souligné.L’Etat islamique est un groupe terroriste qui a instauré un califat autoproclamé à l’été 2014 sur les territoires syriens et irakiens qu’il contrôle. Les troupes loyales envers Damas, les rebelles syriens, l’armée irakienne, les miliciens chiites, les forces d’autodéfense kurdes et la coalition guidée par les Etats-Unis essaient de le combattre. Selon la CIA, l’EI compte plus de 30.000 combattants.

07.09.2015
Source: http://fr.sputniknews.com/international/20150907/1018022589.html#ixzz3l3H1QJ6F

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Mis à jour | 8 sept 2015

Des cellules dormantes de l’EI présentes en Europe?

Selon un expert, l’EI pourrait commettre des attentats en Europe si l’Occident n’arrête pas de jouer avec le terrorisme.

Il y aurait des cellules dormantes du groupe terroriste Etat islamique (EI) en Europe qui pourraient se réveiller à un moment donné, a déclaré lundi à Sputnik Riadh Sidaoui, le directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales (Caraps) basé à Genève.

« Il y a des cellules dormantes qui n’ont pas forcément de liens directs et qui reçoivent des ordres directs de l’état-major de Daesh (…). On peut avoir ces cellules qui se réveillent pour commettre des attentats », a indiqué M.Sidaoui.

© AP PHOTO/ MILITANT WEBSITE

© AP PHOTO/ MILITANT WEBSITE

Le journal Sunday Express a rapporté lundi, citant une source de l’EI, que plus de 4.000 combattants de Daesh avaient pénétré en Europe en tant que réfugiés.Selon M.Sidaoui, il est « fort possible » qu’il y ait des terroristes parmi les milliers de réfugiés syriens qui arrivent en Europe. Mais le problème est que les médias occidentaux sont en train de diaboliser cette vague d’immigration et le régime du président syrien Bachar el-Assad au lieu de parler de « l’EI, qui est à l’origine de ce drame ».

« On instrumentalise le terrorisme contre Bachar (…). On ne peut pas jouer avec le terrorisme. Si on banalise le terrorisme en Syrie ou ceux qui financent ce terrorisme, à un certain moment donné, le terrorisme va frapper », a noté l’expert. Selon lui, « la guerre contre le terrorisme doit être globale, totale sans hésitation et sans instrumentalisation ».

Organisation terroriste Etat islamique

Organisation terroriste Etat islamique

Un autre expert interrogé par Sputnik a toutefois émis des doutes quant à la présence de djihadistes de l’EI parmi les migrants. »Le mouvement terroriste, quand il forme des activistes, il ne prend pas le risque de mettre ses gens sur des bateaux qui risquent de couler et dont on ne connaît pas exactement la destination. Ils ont les moyens de leurs payer des billets d’avion en première classe en passant par des zones détournées pour rejoindre les pays cibles », a indiqué Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme et de la criminalité organisée du Centre français de recherche sur le renseignement.

Source: http://fr.sputniknews.com/international/20150907/1018040208.html#ixzz3lAtczsvD

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STOP à la guerre en Syrie ! Ne vous laissez pas tromper par la propagande de guerre ! Par Veterans for Peace, le 06 septembre 2016

9 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

STOP à la guerre en Syrie ! Ne vous laissez pas tromper par la propagande de guerre !

Par Veterans for Peace le 06 septembre 2016

 STOP à la guerre en Syrie ! Ne vous laissez pas tromper par la propagande de guerre ! Par Veterans for Peace, le 06 septembre 2016

Récemment, la photo poignante d’un enfant syrien ensanglanté et apparemment en état de choc, assis dans une ambulance à Alep, a été largement diffusée et commentée dans les médias nationaux et internationaux. En réponse, des journalistes ont appelé l’administration Obama à « prendre des mesures », y compris le bombardement de cibles militaires du gouvernement en Syrie.

«Veterans For Peace» éprouve une grande sympathie pour toutes les victimes en Syrie, et pour tous ceux qui ont perdu des membres de leur famille, des amis et des proches dans cette guerre terrible.

Beaucoup d’entre nous sont des vétérans de conflits militaires qui ont été « vendus » aux citoyens américains grâce à des messages et des images poignants mais trompeurs. Nous dénonçons la manipulation d’images choisies de souffrance humaine comme une propagande destinée à justifier de nouvelles agressions militaires qui ne peuvent conduire qu’à davantage et morts et de souffrances. Pourquoi ne voit-on pas d’image de souffrance des deux côtés de cette guerre en Syrie ? Pourquoi utilise-t-on l’image d’un enfant blessé pour appeler à plus de violence ?

Les «zones d’exclusion aérienne» et les « zones de sécurité » que certains pontes veulent imposer en Syrie sont des actes de guerre qui ne conduiraient qu’à davantage de violence et de destruction, comme cela a été le cas en Libye, un pays qui a été pratiquement détruit par une soi-disant «intervention humanitaire ».

Les «zones d’exclusion aérienne» et les « zones de sécurité » mettraient les pilotes américains au contact direct des pilotes russes, ce qui conduirait à une dangereuse escalade militaire entre deux puissances nucléaires – une menace existentielle pour toute vie sur terre.

Cette diffusion à grande échelle de la photographie de l’enfant syrien n’est que l’exemple le plus récent et le plus révélateur du climat de guerre psychologique engagé contre l’opinion publique américaine et mondiale. Les médias déforment presque quotidiennement la guerre qui se déroule en Syrie en la présentant comme un combat entre des « rebelles » épris de démocratie et le « cruel dictateur Assad ». Ce qui se passe réellement en Syrie, ce sont des interventions étrangères visant à détruire le dernier pays laïc et multi confessionnel du Moyen-Orient. Des groupes d’extrémistes radicaux reçoivent des Etats-Unis des armes, un entraînement militaire et du soutien logistique ; ils reçoivent aussi des milliards de dollars de l’Arabie Saoudite et du Qatar, deux monarchies non démocratiques, qu’un « changement de régime » en Syrie arrangerait bien.

Pour nous, la seule issue à cette crise syrienne et l’unique aide à apporter aux victimes de ce conflit, c’est l’arrêt des combats et non leur escalade. Le peuple syrien a le droit de choisir ses dirigeants et de décider de son avenir.

Nous appelons le gouvernement américain à cesser toute assistance armée, politique et économique aux groupes armés qui combattent contre l’Etat syrien syrienne et à prendre des mesures pour amener ses alliés à faire de même.

« Veterans for Peace » appelle aussi à l’arrêt de toutes les sanctions économiques prises à l’encontre de la Syrie, surtout en matière de médicaments, y compris les anti-cancéreux.

Nous appelons le gouvernement américain à fournir l’assistance humanitaire nécessaire aux millions de réfugiés syriens et à autoriser l’entrée de davantage de réfugiés aux Etats Unis.

Le peuple syrien a le droit de se défendre contre les agressions étrangères et de s’opposer aux projets de « changement politique » que les Etats Unis et leurs alliés imposent à leur pays. Nous appelons tous les protagonistes de cette guerre à faire tout ce qu’ils peuvent pour que cesse cette tuerie de civils innocents.

Il est temps d’en finir avec la guerre en Syrie. Il est temps de se mettre à soigner les blessures de ce terrible conflit qui a été imposé aux Syriens. Nous devons assumer nos responsabilités quant au rôle de notre propre gouvernement. Nous devons permettre aux peuples de Syrie et du Moyen-Orient de vivre en paix.

Veterans for Peace | 06 septembre 2016

Article original en anglais : Veterans for peace.org

Traduction : Sylvie Jolivet

Source: http://arretsurinfo.ch/stop-a-la-guerre-en-syrie-ne-vous-laissez-pas-tromper-par-la-propagande-de-guerre/

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Comprendre la géopolitique de la troisième guerre mondiale Par Olivier Demeulenaere

7 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La guerre, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Comprendre la géopolitique de la troisième guerre mondiale

Ou la vraie raison pour laquelle la Russie et la Syrie sont ciblées en ce moment.

petrodollar-world-war-3

[un article de SCGnews.com traduit par Les Brindherbes engagés]

Une synthèse de très bonne facture pour qui veut comprendre les grands enjeux géopolitiques de notre époque – jusqu’aux développements les plus récents et les plus brûlants. Les habitués du blog s’y sentiront en terrain familier : Le cocktail explosif de pétrole, de gaz et de dollars de l’Empire états-unien va-t-il nous mener à la troisième guerre mondiale ? OD

 

« Contrairement à la croyance populaire, la conduite des nations sur la scène internationale n’est presque jamais motivée par des considérations morales, mais plutôt par un cocktail obscur d’argent et de géopolitique. Ainsi, lorsque vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante commencer à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être « qu’y a-t-il réellement en jeu ici ? »

Depuis quelque temps la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent dans le monde en ce moment prennent beaucoup plus de sens.

Le dollar américain est une monnaie unique. En effet, son design actuel et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire. Si elle a été la monnaie de réserve mondiale depuis 1944, ce n’est pas ce qui la rend unique. Beaucoup de monnaies ont successivement tenu le statut de réserve au cours des siècles, mais ce qui rend le dollar unique, c’est le fait que depuis le début des années 1970, il a été, à quelques exceptions notables près, la seule monnaie utilisée pour acheter et vendre du pétrole sur le marché mondial.

Avant 1971, le dollar américain était indexé sur la valeur de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, dès 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards de dollars américains, mais les États-Unis avaient seulement 3,2 milliards de dollars en or alloué pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction : la Réserve fédérale a imprimé plus d’argent qu’elle ne pouvait réellement garantir.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est devenu plus tard le «choc Nixon», le président Nixon a complètement supprimé l’étalon-or du dollar.

À ce stade, le dollar est devenu une monnaie fiduciaire basée uniquement sur la dette. Avec une monnaie indexée sur la dette, l’argent est littéralement fabriqué a la demande.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créée par les banques ordinaires qui sont autorisées à prêter plus que ce qu’elles ont véritablement sur leurs comptes.

Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’elle n’a pas, la plupart du temps au gouvernement.

Un peu comme des chèques en bois, sauf que pour les banques, c’est légal. Cette pratique qui est appelé le système bancaire de réserve fractionnaire est soi-disant régulé par la Réserve fédérale, une institution qui se trouve être détenue et contrôlée par un conglomérat de banques privées, et aucune agence ou succursale du gouvernement ne réglemente la Réserve fédérale.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes ces prêts de réserve fractionnaires ont des intérêts attachés, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, la somme de la dette totale est toujours supérieure a la somme d’argent en circulation, et pour pouvoir subsister l’économie doit sans cesse croître.

Ce n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous vous demandez peut-être comment le dollar a maintenu une position dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si ce n’est rien de plus qu’une chaîne de Ponzi élaborée.

Eh bien c’est là que le dollar rencontre la géopolitique.

En 1973, sous couvert de la crise artificielle du pétrole dans l’OPEP, l’administration de Nixon a entamé des négociations secrètes avec le gouvernement d’Arabie Saoudite pour établir ce qui est depuis appelé le système de recyclage des pétrodollars. En vertu de l’accord, les Saoudiens ne vendraient leur pétrole qu’en dollars américains, et devraient investir la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux. Le FMI devrait alors utiliser cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés a assumer l’augmentation des prix du baril. Le paiement et les intérêts sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission Américano-Saoudienne sur la coopération économique » mise en place par Henry Kissinger, le secrétaire d’Etat de Nixon en 1974.

Un autre document publié par le Congressional Research Service (service de recherche du Congrès) révèle que ces négociations leur donnaient un avantage supplémentaire, puisque les responsables américains discutaient ouvertement la possibilité de saisir militairement des champs de pétrole en Arabie Saoudite.

“Aux États-Unis, le choc pétrolier a entraîné une inflation, de nouvelles préoccupations quant aux investissements étrangers des pays producteurs de pétrole, et la spéculation ouverte sur ​​l’opportunité et la faisabilité de prise militaire des champs de pétrole en Arabie Saoudite ou d’autres pays. Dans la foulée de l’embargo, les deux responsables saoudiens et américains ont travaillé à renforcer la relation bilatérale sur la base d’une opposition commune au communisme, une coopération militaire renouvelé, et grâce à des initiatives économiques qui ont favorisé le recyclage des pétrodollars saoudiens aux États-Unis par l’intermédiaire d’investissements saoudiens dans les infrastructures, l’expansion industrielle, et des titres américains.”

Le système a été élargi en 1975 pour inclure le reste des membres de l’OPEP.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, ce dispositif a eu un effet secondaire caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve fédérale est depuis libre d’augmenter les réserves monétaires à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permet d’éviter l’abandon du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes à l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie indexée sur l’or à une monnaie soutenue par l’or noir. Il est également devenu premier produit d’exportation des USA.

◊  Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot tout en ayant plusieurs milliards de dollars de déficit commercial pendant des décennies ?

◊  Vous êtes-vous déjà demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale quand 70% de l’économie américaine est basée sur la consommation ?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation : l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître encore et toujours.

Tant que le monde a besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole est vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande de dollars, et c’est cette demande qui donne au dollar sa valeur.

Pour les États-Unis c’est une affaire primordiale. Les dollars sortent, soit en tant que papier ou chiffres dans un système informatique, tandis que des produits et des services réels et tangibles entrent.

Cependant, pour le reste du monde, ce n’est qu’une forme très sournoise d’exploitation.

Que le commerce mondial se fasse principalement en dollars fournit également à Washington une arme financière puissante au travers de sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions à grande échelle en dollars doivent nécessairement passer par les États-Unis.

Ce système des pétrodollars est resté incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de vendre le pétrole irakien en euros plutôt qu’en dollars. C’était une attaque directe contre le dollar, et certainement l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux anglophones l’a mentionné.

project for a new american centuryLe même mois où Saddam annonçait qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée le «Projet pour un Nouveau Siècle Américain », dont il s’avère que Dick Cheney est membre, a publié un document intitulé «Reconstruire la stratégie, les forces et ressources de défense américain pour un nouveau siècle ».

Ce document a appelé à une augmentation massive des dépenses militaires américaines et une politique étrangère plus agressive afin d’étendre la domination des États-Unis dans le monde entier. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs risquait de prendre de nombreuses années « en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard ils avaient ce qu’ils souhaitaient.

Profitant de la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush fut capable d’envahir l’Afghanistan et l’Irak ainsi que de voter le Patriot Act sans réelle résistance.

Il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak et ce n’était en aucun cas une question de mauvais renseignements. C’était purement et simplement un mensonge prémédité, et la décision d’invasion a été prise en parfaite connaissance des désastres qui en découleraient.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois les champs de pétrole irakiens sous contrôle des États-Unis, les ventes de pétrole en euros ont été immédiatement interrompues. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Le gouvernement iranien aurait soit-disant travaillé à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco irakien, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée et par conséquent ils n’ont pas réussi à mobiliser le soutien international ou national pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui ont publiquement affirmé que l’Iran n’avait pas encore pris la décision de développer des armes nucléaires, encore moins commencé à le faire. Toutefois, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même sous l’administration Obama.

Pourquoi ?

Eh bien, pourrait-il y avoir quelque chose à voir avec le fait que depuis 2004, l’Iran a entamé l’organisation d’une bourse pétrolière indépendante ? Ils construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendus sur ce marché en juillet 2011.

Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien qu’elles aient infligé des dégâts sur l’économie iranienne, les mesures n’ont pas réussi à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie à contourner les restrictions bancaires étatsuniennes.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un État unifié avec une monnaie unique. C’était la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union africaine a publié un document intitulé «Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document précisent les avantages et les techniques de gestion d’une banque centrale africaine utilisant l’étalon-or. À la page 94 il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « l’indexation éventuelle d’une monnaie unique africaine au plus monétaire de tous les biens – l’or. » (Notez que le numéro de page est différent selon les versions du document qu’ils ont publié.)

En 2011, la CIA s’est installée en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi alors que les États-Unis et l’OTAN imposaient et élargissaient une résolution de zone d’exclusion aérienne Onusienne pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été discrètement étouffée.

La Libye, comme l’Iran et l’Irak avait commis le crime impardonnable de remettre en cause le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye a continué dans une guerre secrète contre la Syrie. Les arsenaux du gouvernement libyen ont été pillés et les armes ont été expédiés via la Turquie aux groupes rebelles syriens travaillant pour renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade que beaucoup de ces combattants avait des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis considère qu’il s’agit d’un mal nécessaire. En fait, le Conseil sur les relations étrangères (CFR) a publié un article en 2012 déclarant que

«L’afflux de djihadistes apporte la discipline, la ferveur religieuse, l’expérience de combat d’Irak, le financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des conséquences mortelles. Bref, l’Armée Libre Syrienne (ALS) a besoin d’al-Qaïda en ce moment. »

(Chapeau à theantimedia.org pour avoir mis le doigt là-dessus.)

Soyons clairs ici, les États-Unis ont mis l’EIIL/ISIS/Daesh au pouvoir.

En 2013, ces mêmes rebelles syriens en cheville avec Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Il s’agissait d’une tentative pour faire accuser Assad et mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les enquêteurs de l’ONU et les Russes et l’appel à des frappes aériennes est tombé complètement à l’eau quand la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour le changement de régime en Syrie, comme en Libye a été présenté en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce n’est pas le véritable motif.

En 2009, le Qatar a mis sur la table une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie à destination de l’Europe. Assad a toutefois rejeté cette offre, et en 2011 il a arrangé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour faire un pipeline vers l’est, mettant ainsi le Qatar et l’Arabie Saoudite complètement sur la touche. Il n’est pas surprenant que le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie aient été les puissances régionales les plus insistante en faveur d’un renversement du gouvernement syrien.

Mais pourquoi cette histoire de pipeline a mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington ? Trois raisons:

1. Cette disposition du pipeline aurait significativement renforcé la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduit évidemment l’effet de levier du gouvernement américain.

2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement affaiblirait intrinsèquement l’Iran.

3. Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échec mondial s’est emballé sur un nouveau territoire : l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Voyez-vous, la Russie se trouve être le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine diplomatique dans le pied de Washington, mais ils ont également ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. Ce projet était en préparation depuis 2006, ils ont également travaillé avec la Chine à retirer le dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.

La Russie a également travaillé à l’organisation d’une Union économique eurasienne, qui comprend l’intention d’adopter une unité monétaire commune, et qui devrait avoir son propre marché énergétique indépendant.

Ce qui nous mène à la crise en Ukraine. Celle-ci s’est vue offrir un choix : rejoindre l’UE ou adhérer à l’Union eurasienne. L’Europe a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une offre exclusive. L’Ukraine ne pouvait pas joindre les deux. La Russie, pour sa part, affirmait que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le président Ianoukovitch a décidé d’écouter la Russie.

En réponse, le dispositif de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux : ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington à la veille du coup d’état regardez « La crise en Ukraine ce qu’on ne vous dit pas » (en anglais, ndlr).

Cet article du Guardian est également intéressant à lire.

Bien que tout cela semblait se passer au mieux dans un premier temps, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour la sécession de l’Ukraine et la réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement maquillé l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu dès lors le leitmotiv.

La Crimée est importante sur ​​le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire qui permet la projection de la puissance navale Russe dans la Méditerranée. Elle a également fait partie du territoire russe pour la plupart de l’histoire récente.

Les États-Unis pressent pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années. Une telle démarche placerait les forces américaines à la frontière de la Russie et aurait pu potentiellement aboutir à la perte de bases navales Russes en Crimée. C’est pourquoi la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et rapidement renforcé le territoire.

Pendant ce temps dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance de Kiev et ont tenu leurs propres référendums. Les résultats sont évidemment quasi unanimement en faveur de l’indépendance.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appellent des opérations anti-terroristes. En pratique, cela a été une campagne massive et aveugle des bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’est pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a mis en garde explicitement le gouvernement provisoire que leur prêt de 17 milliards de dollars d’aide pourrait être en danger s’il n’était pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine de l’Est faisait rage, des élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il s’avère que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique divulgué et publié par Wikileaks en 2008 après avoir travaillé comme informateur pour le Département d’Etat des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme «Notre taupe Ukrainienne» et la plupart des câbles visés faisaient état de l’information qu’il fournissait. (Un câble distinct a montré que les États-Unis savaient Porochenko corrompu, même à ce moment-là.)

Avoir une marionnette en place ne s’est cependant pas avéré être suffisant pour donner à Washington la plus haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand elle n’a pas d’autre moyen de pression ? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils montrent les dents (ou utilisent une opération sous fausse bannière).

Ce n’est pas une très bonne stratégie pour traiter avec la Russie. En fait, elle a déjà fait contre-feu. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine dans une coopération plus étroite et accéléré le programme de dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit à l’isolement de la Russie. Les États-Unis et l’OTAN ont mis un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde (cherchez ‘BRICS’ si vous n’êtes pas sûr à ce sujet).

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. C’est pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Examinez les implications ici tandis que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Ce n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la Guerre Mondiale 3.0. Les masses peuvent ne pas encore voir l’ensemble du tableau, mais l’Histoire s’en souviendra de cette façon.

Les alliances se solidifient déjà et une guerre chaude est en cours sur plusieurs fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, ce n’est qu’une question de temps avant que les grandes puissances s’affrontent directement, et ça c’est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela vous semble fou ?

Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public somnambule marche vers une tragédie. Si vous voulez modifier le cours des affaires courantes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Vous devez réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes sont neutralisées si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la gâchette.

Comment pouvons-nous réveiller les masses me demanderez-vous ? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde à votre place. Faites preuve de créativité. Agissez comme si le futur de vos enfants et petits-enfants en dépendait, car c’est exactement le cas.

Source : SCGnews.com, le 11 septembre 2014

Traduit par Manu Gignoux pour Les Brindherbes Engagés

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Quelques rappels :

En route vers la troisième guerre mondiale ?

La chute du pétrodollar résonnera sur la planète entière (Jim Willie)

11 septembre, Journée officielle des « merdias » et du mensonge d’Etat

Nous avons le pouvoir de refuser le projet des Etats-Unis ! (Peter Koenig)

« Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur » (D. Ganser)

Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

Revoir aussi :

[Vidéo] Pourquoi l’Amérique a-t-elle besoin d’une grande guerre en Europe ?

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