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Le blog de Lucien PONS

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Et si les Russes étaient plus intelligents ? – Par Bruno Guigue . Le 18 décembre 2016

20 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

Et si les Russes étaient plus intelligents ? – Par Bruno Guigue

Barack Obama et Vladimir Poutine le 20 novembre 2016 en marge du sommet de l’Apec à Lima. (Brendan Smialowski / AFP)

Barack Obama et Vladimir Poutine le 20 novembre 2016 en marge du sommet de l’Apec à Lima. (Brendan Smialowski / AFP)

Barack Obama vient de déclarer que la Russie est « un petit pays qui ne produit rien, qui exporte du pétrole, du gaz et des armes … un pays qui n’innove pas ». La Russie ne prétend pas à l’hégémonie sur le plan économique, en effet. Elle connaît parfaitement ses limites. Mais elle ne vole pas le pétrole et le gaz des autres pays en y fomentant la guerre civile, comme les Occidentaux l’ont fait en Libye. Elle ne sème pas le chaos à l’étranger sous le prétexte hypocrite des droits de l’homme. Elle n’envahit ou ne déstabilise aucun Etat souverain, elle ne finance aucune organisation chargée d’y semer le trouble. Elle intervient en Syrie à la demande du gouvernement légal, et elle affronte les terroristes au lieu de leur livrer des armes tout en prétendant les combattre.

Les Russes ne sont pas les plus forts sur le plan militaire. Ils ne détiennent pas le dixième de la capacité de projection extérieure des forces dont disposent les USA. En pleine modernisation depuis une décennie, leur appareil militaire sert à protéger l’immense territoire de la Fédération. Leur stratégie est défensive, non offensive. Ils ont deux bases militaires à l’étranger, tandis que les USA en ont 725. Les Russes ne se laissent pas marcher sur les pieds, mais ils ont le sens de la mesure. C’est l’OTAN qui a relancé la course aux armements en déployant un bouclier antimissile, et non la Russie. On l’accuse de menacer la paix, mais son budget militaire (48 milliards) est inférieur à celui du Royaume-Uni (53 milliards) et il représente 8% de celui des USA (622 milliards).

Mais si les Russes ont des moyens modestes, ils savent les utiliser. Inutile d’employer des forces colossales pour parvenir à ses fins, il suffit de le faire à bon escient. En un mois, sans un coup de feu, la Crimée est revenue au giron de la Mère-Patrie. Les Occidentaux vont devoir s’y faire. C’est définitif. Les Russes ont aussi gagné la partie sur le théâtre syrien. En un an, l’intervention russe a enrayé l’offensive des mercenaires sponsorisés par les puissances occidentales et les pétromonarchies corrompues. Au terme d’une féroce bataille de 30 jours, la libération d’Alep, deuxième ville de Syrie, ouvre la voie à la restauration intégrale de la souveraineté syrienne.

Avec 5 000 hommes et 70 avions, Moscou a fait basculer le rapport de forces. Il a déjoué les plans du « changement de régime » conçu par Washington et déclenché en 2011 à la faveur des « printemps arabes ». Avec la déroute des bandes armées d’obédience wahhabite, les apprenti-sorciers occidentaux viennent de recevoir une dérouillée. Elle explique sans doute l’amertume d’un président américain en train de faire ses valises pour laisser la place à un successeur qui veut reprendre le dialogue avec Moscou. Quelle claque ! A croire qu’il ne suffit pas d’aligner les porte-avions sur les océans pour peser sur le cours des choses. Les Occidentaux n’ont rien compris, ou rien voulu comprendre à ce qui se passait en Syrie. Ces prédateurs arrogants ont perdu la partie.

Ce « petit pays qui ne produit rien » aura administré une leçon d’humilité à des yankees qui se prennent pour des génies de la géopolitique. Adossé à une Chine qui est la puissance montante, il aura donné ses chances à l’instauration d’un monde multipolaire. Les Américains croyaient mener le bal, et ils sont condamnés à faire tapisserie. Il va falloir l’admettre. Si les Russes dament le pion aux Occidentaux, ce n’est pas parce qu’ils sont plus forts. C’est surtout parce qu’ils sont plus intelligents. Ils comprennent le monde qui les entoure avec davantage de finesse. Ils captent mieux les inflexions du réel. Ils ont cette acuité du regard qui repère le point de bascule, l’endroit et le moment où il faut agir pour influer sur les événements. La supériorité russe n’est pas quantitative, elle est qualitative. Il en coûte de sous-estimer le pays de Tolstoï et Dostoïevski. Une culture millénaire lui a appris la patience. Une histoire tragique lui a donné le sens des réalités.

C’est ce qui manque le plus aux Américains. Barack Obama peut-il seulement comprendre ce qui se passe ? Les USA, ce sont les moyens de la civilisation pris pour la civilisation. Leur expérience historique montre qu’un PIB colossal ne se monnaye pas toujours en perspicacité. Aucune loi physique ne fait transfuser la puissance matérielle, comme par enchantement, en intelligence stratégique. Les yankees se croient supérieurs, et ce sentiment de supériorité les aveugle. Ils s’imaginent que l’attrait de leur modèle culturel vaut approbation universelle. Ils pensent que leur croyance en eux-mêmes est partagée par les autres. Quelle illusion ! Le « moment unipolaire » inauguré par la chute de l’URSS n’est pas la « fin de l’histoire », mais une parenthèse aujourd’hui refermée. Un petit pays qui ne produit rien s’est chargé de cette fermeture à double tour.

Bruno Guigue | 18 Décembre 2016

 Et si les Russes étaient plus intelligents ? – Par Bruno Guigue . Le 18 décembre 2016

 

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

English translation : http://stalkerzone.org/and-what-if-the-russians-were-more-intelligent/

Source: http://arretsurinfo.ch/et-si-les-russes-etaient-plus-intelligents-par-bruno-guigue/

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Le Conseil de sécurité se réunit à huis clos après l’arrestation d’officiers de l’Otan à Alep

19 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

Le Conseil de sécurité se réunit à huis clos après l’arrestation d’officiers de l’Otan à Alep

 
 

Réseau Voltaire — Le Conseil de sécurité siège à huis clos, ce vendredi 16 décembre 2016 à 17h temps universel, alors que des officiers de l’Otan ont été arrêtés ce matin par les Forces spéciales syriennes dans un bunker à Alep-Est.

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Alep ou la conscience humanitaire exploitée à des fins militaires. Par Mouna Alno-Nakhal

19 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #ISIL

Alep ou la conscience humanitaire exploitée à des fins militaires

 
Soldat Syrie

8 DÉCEMBRE 2016 :

Ce 8 décembre, alors que des tentatives de toutes parts cherchent à arrêter les combats à Alep, le Président Bachar al-Assad a accordé un long entretien au quotidien syrien Al-Watan pour répondre à nombre de questions qui intéressent les Syriens. Interrogé sur Alep, il a répondu en ces termes :

« La décision de libérer toute la Syrie des terroristes, y compris Alep, est prise depuis le début. Nous n’avons jamais envisagé d’autre décision pour aucune région du pays. C’est l’évolution des combats au cours de cette dernière année qui a mené aux résultats militaires auxquels nous assistons. En d’autres termes, la récente opération de libération de la région est d’Alep n’entre pas dans le cadre d’un processus politique, mais dans celui des actions militaires.

Plusieurs raisons expliquent la panique et l’inquiétude pour les individus armés retranchés dans les quartiers est d’Alep, alors que la plupart font partie du Front al-Nosra inscrit sur les listes des organisations terroristes. En résumé : après l’échec des batailles de Damas tout au long des premières années de la crise, puis l’échec des batailles de Homs censée devenir l’un des bastions de la révolution imaginaire ou virtuelle, leur dernier espoir les a dirigés vers Alep.

L’avantage d’Alep, pour les terroristes et leurs souteneurs, est sa proximité géographique avec la Turquie autorisant un appui logistique beaucoup plus facile. D’où la focalisation sur Alep au cours des deux dernières années.

Par conséquent, la libération d’Alep revient à saper leur projet à sa base. Car la libération de Damas, Homs et Alep, signifie que les États concernés et évidemment, les terroristes, ne détiennent plus de véritable atout.

Quant à savoir s’il est juste de dire que « celui qui gagne la bataille d’Alep, gagne la guerre en Syrie », disons que c’est le cas du point de vue militaire, parce que celui qui gagne à Damas ou à Alep, deux villes d’une grande importance politique et économique, remporte un grand succès politique et militaire.

Alep revêt une importance particulière du fait qu’elle est à la base du projet turc. Aujourd’hui, nous savons tous que l’ensemble des États occidentaux et régionaux compte sur la Turquie pour mettre à exécution leur projet destructeur et soutenir le terrorisme. Or, étant donné qu’Erdogan a parié sur Alep en pesant de tout son poids, leur échec à Alep signifie un tournant dans la guerre sur toute la Syrie et, en l’occurrence, l’échec du projet étranger, qu’il soit occidental ou régional.

Ceci étant dit et pour rester réaliste, cela ne signifie pas que la guerre contre la Syrie soit terminée. C’est une étape très importante dans cette direction, mais la guerre ne prendra fin qu’après l’élimination totale du terrorisme. Des terroristes sont encore présents dans d’autres régions et même si nous en avons fini à Alep, nous poursuivrons notre guerre contre eux… » [1].

9 DÉCEMBRE 2016 :

Le lendemain, 9 décembre, un projet de résolution d’« inspiration canadienne » (A/71/L.39) soumis au vote de l’Assemblée Générale des Nations unies, est venu satisfaire Mme Samantha Power qui avait dit le 30 novembre :

« La Russie peut encore utiliser son veto pour empêcher le Conseil de sécurité de donner son aide aux citoyens d’Alep, comme elle l’a fait au mois d’Octobre… À ce moment là, nous devrons réfléchir aux autres moyens auxquels nous pouvons avoir recours, y compris par le truchement de l’Assemblée Générale, pour être plus efficaces et encore plus capables de faire pression… » (1h : 27’ video [2]).

Autrement dit, « nous devrons réfléchir » aux moyens d’empêcher l’Armée arabe syrienne d’éliminer totalement des groupes terroristes sévissant à Alep. Et comme moyen, quoi de mieux que les préoccupations humanitaires du Canada qui n’a pas une aussi mauvaise réputation que les USA en matière de tragédies et de catastrophes humanitaires, engendrées à chacune de leurs interventions hard ou soft ?

En voici un bref résumé [3] tel que rédigé par le site de l’ONU en langue française à l’intention des organes d’information :

« Outre l’appel à l’arrêt des hostilités et à l’accès humanitaire aux zones assiégées, le texte demande l’application intégrale de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité, laquelle réaffirme que le seul moyen de régler durablement la crise syrienne est un processus politique ouvert, conduit par les Syriens, répondant aux aspirations du peuple syrien et mené dans la perspective de l’application des dispositions du Communiqué de Genève du 30 juin 2012.

Telle qu’oralement amendée, la résolution souligne aussi que les auteurs de crimes au regard du droit international, dont certains sont susceptibles de constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité, commis en République arabe syrienne depuis mars 2011, en soient tenus responsables, par le biais d’enquêtes et de poursuites indépendantes et impartiales à l’échelle nationale ou internationale.

Enfin, elle exhorte le Conseil de sécurité à s’acquitter de sa responsabilité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales en prenant des mesures supplémentaires pour régler la crise en République arabe syrienne.

À l’origine de ce texte, le Canada a fait valoir que cette crise est devenue « la honte de notre temps » mais qu’il ne tient qu’à la communauté internationale de la résoudre. Donnant raison à l’Envoyé spécial de l’ONU, M. Staffan de Mistura, qui a dit que « la logique militaire a pris le dessus sur les préoccupations humanitaires », le représentant canadien a admis que la résolution n’était qu’« une étape ». Par ce « cri du cœur », il s’agit, a-t-il affirmé, de « mobiliser le monde pour qu’il parle clairement et d’une seule voix et dise que la vie humaine compte, que la vie des Syriens compte ».

Favorable à cette initiative, la France a appelé la communauté internationale à s’unir pour exiger l’évacuation des civils de l’est d’Alep et éviter ainsi un massacre dont la République arabe syrienne « porterait l’entière responsabilité ».  Une position partagée par les États-Unis, qui ont estimé que la résolution est une façon de dire qu’il faut mettre fin à ce « carnage » et que le « régime syrien » et son allié russe doivent désormais se conformer à leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.

En réponse à cette mise en garde, le représentant de la Fédération de Russie a dénoncé la volonté de certains acteurs régionaux et internationaux de « changer le pouvoir à Damas » et de « redessiner la carte » de la région… ».

Les mots clés de ce résumé sont : application des dispositions du Communiqué de Genève du 30 juin 2012, c’est-à-dire, le retour à la case départ après plus de cinq années de résilience et de sacrifices pour le peuple syrien, les aspirations du peuple syrien étant pures fioritures ; changer le pouvoir à Damas ; redessiner la carte de la région. Le tout emballé par les prétendues préoccupations humanitaires du Canada et, surtout, des « trois mousquetaires », selon l’expression du Dr Bachar al-jaafari, accourus au secours des terroristes de leur choix : les États-Unis, la Grande Bretagne et la France.

Le lecteur pourra suivre sur webtv.un.org [4] le débat que le Dr Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, a qualifié de « jeu de rôles » pratiqué par certaines délégations et, en l’occurrence, par la délégation canadienne. Nous trouverons, peut-être, le temps de traduire son intervention dans son intégralité, dans une deuxième partie.

La résolution a été adoptée par 122 voix pour, 13 voix contre (Bélarus, Bolivie, Burundi, Chine, Cuba, Fédération de Russie, Nicaragua, République arabe syrienne, République islamique d’Iran, République populaire démocratique de Corée, Soudan du Sud, Venezuela et Zimbabwe) et 36 abstentions. Étrangement, après son adoption, des États ayant voté « pour » ont demandé la parole et émis des réserves sur de nombreux paragraphes du préambule de la résolution, par souci humanitaire. Comment un préambule incorrect, peut-il justifier l’adoption de ce qui s’en suit ? Mystère !

Mais, ce 9 décembre, l’Armée arabe syrienne poursuivant sa mission de libération des quartiers est d’Alep a fait quelques découvertes qui devraient les refroidir. Dans deux reportages exclusifs pour Al-Mayadeen TV, la journaliste syrienne Dima Nassif est entrée, avec les premières unités de l’Armée arabe syrienne, dans les quartiers est d’Alep confisqués par les terroristes depuis quatre années.

 

Dans la première vidéo Mme Nassif a montré des caisses de missiles Grad de fabrication bulgare. Dans une deuxième vidéo, elle montre tout un arsenal, certaines caisses portant encore les étiquettes d’inspection permettant leur traçage [5] ; vidéo que nous traduisons partiellement :

Vidéo [6] ici https://www.youtube.com/watch?v=fpw3oTDeIyk

«  Les centaines de missiles entassés dans leurs caisses en bois ne détruiront plus Alep. Des munitions pour armes lourdes et des missiles anti-char que les terroristes n’auront pas eu le temps d’embarquer dans leur fuite devant l’avancée fulgurante de l’Armée syrienne. Des dizaines de caisses dont les numéros de série montrent qu’elles ont été achetées par le Pentagone en Bulgarie, en Roumanie et en Serbie, en trois transactions entre décembre et juin de l’année dernière. Les missiles Grad sont arrivées à Alep via les ports de Turquie et de Jordanie à travers la brèche d’Al-Ramoussa ; ce qui prouve que l’administration américaine a continué à envoyer des armes malgré l’accord conclu avec la Russie…

Les numéros de série des missiles TOW américains montrent qu’ils sont arrivés des entrepôts de l’Armée US en juin dernier et le « contingent 16 » de l’ASL [la soi-disant Armée Syrienne Libre], entraîné par les USA, n’a pas mieux défendu les missiles d’une valeur de plus de 100 millions de Dollars US, lesquels sont désormais entre les mains de l’Armée syrienne…

La découverte de plusieurs caches d’armes et de missiles dans les sous-sols du vieux Alep témoigne du nombre considérable de transactions conclues durant l’agression contre Alep et des milliards de dollars dépensés pour ravir la ville à la Syrie ».

Une troisième vidéo d’Al-Mayadeen, traduite ici en anglais [7], montre que les prétendus « rebelles » des quartiers est d’Alep, qui criaient famine, avaient largement de quoi se nourrir et se soigner grâce à la générosité des USA, de l’Arabie saoudite, et d’associations dites caritatives des pays du Golfe, contrairement à ce que raconte à qui veut l’entendre le prétendu maire d’Alep, reçu avec tous les honneurs de la République au Quai d’Orsay et les médias officiels de France et de Navarre.

Et contrairement au récit pathétique de Mme Samantha Power devant le Conseil de sécurité, réuni en urgence à la demande de M. Ayrault le 30 novembre :

« L’Égypte, l’Espagne et la Nouvelle-Zélande ont présenté une résolution qui exige une cessation immédiate des actions militaires à Alep pour dix jours au moins. Cette résolution, si elle était mise en œuvre, donnerait aux civils de l’Est d’Alep une brève pause à ceux qui sont là. Cela aiderait ceux qui sont entrain de chercher dans les poubelles ce qu’ils pourraient manger ou de manger de l’herbe. Cela permettrait de donner certains médicaments aux médecins qui sont obligés d’opérer sans anesthésiants, parfois au beau milieu de la rue, en dehors de leurs cliniques et de leurs hôpitaux qui ont été bombardés… » [2].

10 DÉCEMBRE 2016 :

Un nouveau reportage exclusif de Mme Nassif porte cette fois-ci sur les entrepôts de nourriture abandonnés par les groupes armés ayant fui le vieux Alep. Un amoncellement incroyable de vivres, le plus souvent de fabrication turque, des féculents, de la farine, du lait pour enfant, des médicaments, et même deux hôpitaux ultramodernes réservés à l’usage des terroristes [8].

Ceci, alors que deux réunions se tiennent à Paris et à Genève pour prétendument régler la tragédie humaine vécue par les gens d’Alep. Les Américains participent aux deux réunions, puisque leurs experts techniques rencontrent leurs homologues russes à Genève et que John kerry a répondu à l’invitation de M. Ayrault, ainsi que huit autre pays des prétendus « Amis de la Syrie » réduits à leur peau de chagrin : Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Jordanie, Turquie, sans oublier l’Union européenne. Et c’est Riad Hijab qui a été choisi pour représenter l’opposition syrienne, comme s’il pouvait songer une seule seconde se présenter au suffrage des Syriens…

Une réunion à l’issue de laquelle, nous apprenons par RFI [9] que l’opposition syrienne serait prête à reprendre les négociations avec le régime sans conditions préalables, John Kerry allant jusqu’à demander à Damas et Moscou « de faire preuve de compassion » !

Et le monde est toujours à l’envers. Quelle compassion ces gens là témoignent-ils à l’égard des milliers, sinon des millions, de femmes, d’hommes et surtout d’enfants, affamés ou assassinés par leur allié saoudien au Yémen, pour ne citer qu’eux ?

Quelle compassion ont-ils témoigné à l’égard des milliers de morts, de blessés, de sinistrés parmi les habitants des quartiers ouest d’Alep, massacrés depuis quatre ans sous les « canons de l’enfer », les obus de mortier, les missiles Grad, etc, par leurs prétendus opposants armés modérés ? Massacres qui continuent [10].

S’agit-il d’une réunion pour harmoniser leur compassion ou pour mettre au point leurs tactiques de l’« après Alep » en direction de Raqqa, convoitée par les Kurdes, ou d’Al-Bab, convoitée par Erdogan ? Question à poser si l’on tient compte de l’envoi de 200 militaires supplémentaires en Syrie, qui n’en compterait que 300 jusqu’ici, envoi annoncé par le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, depuis le Bahreïn dont le peuple mériterait aussi la compassion de M. Kerry. Et de quels partenaires locaux parle M. Carter ; des Kurdes ? De leur ennemi juré, Erdogan ? Lorsqu’il dit :

 « En combinant nos capacités avec celles de nos partenaires locaux, nous avons resserré l’étau autour de l’Etat islamique en appliquant une pression simultanée de tous les côtés et dans tous les domaines, par une série d’actions délibérées » ? [11].

Ou bien s’agit-il de l’obstination du Gouvernement Hollande à poursuivre sa stratégie d’alignement sur les Pays du Golfe, en exploitant le droit humanitaire international, la conscience et la compassion des Français à des fins militaires et possiblement lucratives à court terme ?

Mouna Alno-Nakhal

11 décembre 2016

Notes :

[1] Al-Watan (Syrie). Le Président Al-Assad : «  Alep va complètement modifier le cours de la bataille dans toute la Syrie et signifie l’échec du projet étranger régional et occidental ».

http://alwatan.sy/archives/82031

[2] Vidéo RT – Le Conseil de sécurité de l’ONU se met autour de la table pour discuter de la situation à Alep 30 nov. 2016, 17:34

https://francais.rt.com/international/29918-conseil-securite-onu-reunion-situation-alep

[3] AG/11871, 9 décembre 2016

http://www.un.org/press/fr/2016/ag11871.doc.htm

[4] AG/11871, 9 décembre 2016

http://webtv.un.org/watch/assembl%C3%A9e-g%C3%A9n%C3%A9rale-59e-s%C3%A9ance-pl%C3%A9ni%C3%A8re/5241997512001

[5] 9 décembre : Dima Nassif sur Al-mayadeen TV

https://www.facebook.com/Tous.avec.BACHAR.AL.ASSAD3/videos/1109164559200044/

[6] 9 décembre : Dima Nassif sur Al-Mayadeen TV

https://www.youtube.com/watch?v=fpw3oTDeIyk

[7] Entrepôt de nourriture dans les souterrains des quartiers est d’Alep

https://www.facebook.com/559663570775739/videos/1257787504296672/

[8] 10 décembre : Dima Nassif dans les souterrains du vieux Alep [7’30’’à 8’]

https://www.youtube.com/watch?v=LcSXBObl0sE

[9] Syrie: la réunion de Paris s’achève sur un constat d’impuissance

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20161210-syrie-alep-reunion-paris-constat-impuissance

[10] De Pierre le Corf … un français présent dans Alep témoigne …

http://reseauinternational.net/de-pierre-le-corf-un-francais-present-dans-alep-temoigne/#comments

[11] Les Etats-Unis envoient 200 soldats supplémentaires en Syrie, annonce le Pentagone

https://francais.rt.com/international/30424-etats-unis-envoient-200-soldats-supplementaires-syrie-pentagone

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Alep : la guerre de l’information contre la Russie va faire tomber l’ONU et l’OTAN. Par Philippe Troadec

19 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Je suis Charlie?, #La Turquie, #La Russie

Les actes de terreur dits islamistes sont, donc, aussi des actions organisées par l’armée secrète de l’OTAN ? Le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo et l’emploi immédiat du slogan «Je suis Charlie» au niveau mondial relayé par la Lügenpresse semble l’attester. La France servant de prostituée aux U.S.A pour son mythe démocratique, a permis de fédérer les alliés dans la guerre construite. En outre, la gouvernance mondiale appelle partout à censurer et à punir ceux qui publient des informations allant contre l’information officielle. Des média officiels sont associés dans cette réécriture des faits journalistiques. Associated Press (AP), ABC-News, sont, par exemple associés à la justice mondiale et à la politique de répression. Les rédactions des média officiels sont des bureaux opérationnels du bureau des armées de l’OTAN. L’information, la justice, le politique ont fusionné en une entité ! La justice, la politique, la presse, sont aux ordres de l’armée.

«Le centre de média d’Alep». A Alep « Le centre de média d’Alep » se révèle comme avoir été un centre de la propagande pro-OTAN avec l’Arabie saoudite et le Qatar depuis le début de la guerre en Syrie et révèle dans ce microcosme syrien la vaste manipulation planétaire. Le centre de média d’Alep a été fondé par des dits Syriens vivant aux U.S.A, «the Syrian Expatriates Organisation (SEO)» disposant de fonds très importants. L’organisation des casques blancs célébrée comme étant des sauveurs par la Lügenpresse s’avère comme avoir été une organisation de propagande liée aux actes de terreur des dits djihadistes de l’EI, cette organisation de l’EI soutenue par la fondation Clinton, elle même financée par l’Arabie saoudite, et l’administration Obama. Les contenus par les textes, les vidéos, les images, sont manipulés par Washington et les services secrets par divers relais (média officiels, attachés de presse des divers gouvernements pour donner du contenus à des armées de journalistes sous les ordres) qui se trouvent dans les capitales de l’Union européenne. Les agences politiques « les SARL, Assemblée nationale, Bundestag, ou Parlement européen… », ou les SARL sous la forme des agences de média et des ONG parlent de la même façon pour désinformer le grand public. Le centre de média d’Alep a été un centre de coordination pour alimenter tous les média officiels du monde. Et le centre de média d’Alep n’est qu’un exemple pour les autres et nombreux centres mis en place pour manipuler le grand public. Du coup les média occidentaux comme le Zeit titre «Sanktionen gegen Russland, jetzt!» (Des sanctions maintenant contre la Russie) réclame encore des sanctions contre la Russie après la libération d’Alep. Le Zeit, comme les autres Lügenmedien européens, explique que c’est la Russie qui est responsable des crimes de guerre en Syrie !

Enfant produit marketing. Dans cette guerre de l’information pour gagner les soutiens des peuples du monde, on se souvient de cet enfant couvert de poussière blanche à Alep, placé dans une ambulance, après un dit bombardement «sauvé» par les casques blancs. C’était une mise en scène ! L’enfant a été employé pour apitoyer le grand public, une technique déjà employée de manière marketing par l’ONU dont l’UNICEF pour récupérer des fonds importants et pour orienter la politique internationale. Cette mise en scène rappelle celle de la la petite Syrienne qu’on sauve tout le temps  . Par ces images, il fallait donner une occasion pour bombarder les troupes d’Assad et dénoncer l’action militaire russe en gagnant le grand public contre la Russie. La Lügenpresse et la Lügenpolitik des pays européens, alliées des djihadistes, inféodées à l’OTAN, ont dénoncé, d’une même voix, le rôle de la Russie en disant que c’est la Russie qui tue et bombarde des hôpitaux. La perversité, le cynisme atteignent des niveaux inimaginables dans notre monde. Les rebelles dits modérés par les divers politiques de France, d’Allemagne, de Bruxelles, ont bombardé des hôpitaux pour accuser la Russie.

Photographe dit humanitaire un tueur ! Le photographe qui a mis en scène ce petit garçon pour le compte de l’ONU est Mahmoud Raslan un djihadiste et certainement pas un humanitaire. Le même photographe a été découvert sur la scène de crime d’un enfant de 12 ans, Abdullah Issa, qui a été décapité. Les casques blancs et le centre de média d’Alep, qui a fourni les images de la guerre en Syrie, n’étaient qu’un relais de l’EI en Syrie en étant soutenus par l’ONU et l’OTAN ! De nombreux témoignages de civils d’Alep ont expliqué que ces casques blancs ne sauvaient pas les civils sous les décombres. Les casques blancs n’étaient là que pour les images de propagande et pour relayer l’information à l’OTAN et ses divers groupes terroristes tournant sous l’EI et les divers djihadistes. Les casques blancs d’Alep ou les casques bleus de l’ONU le lien est fait. Il suffit de se souvenir du rôle des casques bleus et des ONG en Serbie pour accuser la Serbie de crimes de guerre pour gagner le soutien du grand public et donner le feu vert à l’OTAN pour bombarder un Etat indépendant. Du temps de la guerre en Ex-Yougoslavie le Net n’existait pas. La seule voix officielle venant des ministères via la Lügenpresse maintenait le grand public dans une désinformation globale.

Sous les noms d’organisations humanitaires, ONU, UNICEF, casques blancs, le centre de média d’Alep, se cachent les réseaux de la propagande pour l’OTAN et l’ONU. DAESH, EI, les casques blancs, sont des agences appartenant à l’ONU et l’OTAN qui utilisent des âmes perdues, des mercenaires et des agents de l’OTAN. L’ONU, Washington et ses alliés usent de la religion musulmane pour provoquer un conflit entre le monde européen et le monde musulman pour contrôler le monde. L’islam est employé comme une arme pour faire régner la peur parmi les Européens et pour déstabiliser les nations, pour attaquer la Russie et pour augmenter le système policier sur les citoyens. Derrière le drapeau de Daesh et de l’EI se trouvent des officiers de l’OTAN. La guerre en Syrie a commencé avec le slogan des nombreux printemps arabes en 2011. Les révolutions de couleurs sont des concepts de marketing de guerre employés en Ukraine, en Afrique, en Europe, avec des tentatives en Russie, pour détruire les civilisations libres et rééduquer les peuples par la réécriture de l’Histoire. Les organismes d’Etat et la presse officielle sont les relais pour encadrer par la justice et l’information les peuples. La libération d’Alep sonne la chute de l’OTAN et de l’ONU. La guerre de l’information contre la Russie va faire tomber l’ONU et l’OTAN car c’est la vérité qui gagne toujours !

Philippe Troadec

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Ce que j’ai vu à Mossoul : « Ici, il n’y a ni espoir, ni eau, ni nourriture » Par Mustafa Al-Dabbagh

19 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Terrorisme, #Politique étrangère

Ce que j’ai vu à Mossoul : « Ici, il n’y a ni espoir, ni eau, ni nourriture »

 
 
 Pendant que la France se polarise sur Alep...
Les restes d’armes diverses et variées jonchent les alentours de Mossoul (Mustafa al-Dabbagh)

Les restes d’armes diverses et variées jonchent les alentours de Mossoul (Mustafa al-Dabbagh)

 

 

Comment un groupe d’amis, dont les proches sont piégés à l’intérieur de Mossoul, ont décidé qu’il leur fallait apporter de la nourriture dans la ville dévastée par la bataille

En roulant dans Mossoul, on avait l’impression de traverser les scènes d’un film hollywoodien post-apocalyptique.

Partout se voyaient les traces des combats : douilles et cylindres de missiles jonchaient le sol parmi les carcasses de véhicules ayant servi de bombes.

En roulant dans Mossoul, on avait l’impression de traverser les scènes d’un film hollywoodien post-apocalyptique

Presque tous les bâtiments en bordure des rues avaient été détruits ou carbonisés et il n’y avait pas âme qui vive, à part une ambulance, ou un hummer militaire déboulant à tombeau ouvert.

Subitement, en nous rapprochant des régions récemment libérées, les gens sont sortis de leur maison pour s’élancer derrière notre convoi, plein de farine, d’eau et de produits alimentaires de première nécessité.

Les enfants se sont mis à courir vers nous en souriant, dans un concert d’acclamations, en faisaient un V avec leurs doigts en guise de signe de paix, dans l’espoir de grappiller quelque secours. En les observant plus attentivement, c’est la peur et l’appréhension qui se lisaient sur leur visage. Ils avaient survécu à deux ans sous la loi de l’État islamique (EI), et ne savaient pas à quoi s’attendre de la part de ces nouveaux visiteurs.

Quelques semaines après le lancement par le gouvernement irakien de son offensive, la « Bataille pour Mossoul », pour chasser l’EI de la ville, nous avons, avec un groupe d’amis tous d’origine irakienne, décidé que nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Chacun de nous avons de la famille et des amis proches toujours piégés à l’intérieur, et c’est pourquoi, fin novembre, nous nous sommes retrouvés à Mossoul, pour tenter d’apporter notre aide à ceux qui en avaient le plus besoin.

Ce que j’ai vu à Mossoul : « Ici, il n’y a ni espoir, ni eau, ni nourriture »  Par Mustafa Al-Dabbagh

Piégés à l’intérieur

À ce jour, les forces irakiennes, soutenues par leurs alliés occidentaux, ont à peu près réussi à déloger les militants de l’EI des quartiers Est de la ville. Elles avancent lentement mais sûrement.

Cependant, au-delà des victoires et des pertes militaires, la situation humanitaire est épouvantable et empire jour après jour. Les deux millions de civils piégés à l’intérieur de la ville, dont nos familles et nos amis proches, sont soumis à des conditions de vie infernales.

Ils ont un accès limité aux produits de première nécessité, dont nourriture et électricité et, à l’approche de l’hiver, n’ont aucun appareil de chauffage. De récents rapports estiment qu’un demi-million de personnes sont totalement privées d’eau courante potable.

À l’extérieur de la ville, l’ONU estime qu’environ 75 000 résidents ont fui, chiffre qui ne cesse d’augmenter chaque jour, car les réfugiés déferlent, toujours plus nombreux, dans les camps installés dans les faubourgs de Mossoul.

Génération sacrifiée

Au départ, nous avions l’intention d’apporter de l’aide aux personnes déplacées, parquées dans les camps de réfugiés au nord de l’Irak.

Fonctionnaires locaux, représentants de l’ONU et autres ONG nous ont expliqué que les zones fraîchement libérées n’avaient toujours pas reçu le moindre secours. Ils avaient donc encore plus besoin de notre aide et nous avons décidé de nous rendre dans ces quartiers pour y distribuer tout ce que nous pourrions.

De nouveaux venus se préparent à affronter l’hiver, piégés à l’intérieur d’une tente au milieu du désert irakien, où les températures descendent souvent bien au-dessous de zéro

Pourtant, nous sommes d’abord passés par les camps de réfugiés d’Hassan Shami et de Khazir, qui, à l’époque, accueillaient respectivement 15 000 et 35 000 personnes environ ayant fui Mossoul et d’autres villes d’Irak.

Dès mon arrivée à Khazir, j’ai été frappé par ces foules de gens agglutinés contre les clôtures, les yeux rivés sur les camions garés à proximité – qu’ils savaient chargés de bouteilles d’eau et de tonnes de nourriture –, les yeux brillants d’espoir, dans l’attente d’un peu d’aide supplémentaire.

À perte de vue, se dressaient des tentes et encore des tentes, faites d’une simple toile de bâche, complètement recouvertes de poussière de sable. De petits canaux, creusés pour servir de tout-à-l’égout de fortune, évacuaient les eaux usées vers la route principale – en terre battue – rapidement transformée en champ de boue épaisse.

Pendant les quelques heures passées là, nous avons été complètement couverts de sable et de poussière, qui ne partaient pas facilement. Dans ces deux camps, nous avons passé le plus clair du temps à distribuer des couvertures aux nouveaux arrivants, qui allaient tous devoir affronter l’hiver piégés à l’intérieur d’une tente, au cœur du désert irakien, où les températures descendent parfois en dessous de zéro.

Ce que j’ai vu à Mossoul : « Ici, il n’y a ni espoir, ni eau, ni nourriture »  Par Mustafa Al-Dabbagh

Toute une génération a été privée d’enfance et d’innocence

Une ancienne directrice d’école primaire à Mossoul qui vit désormais dans le camp d’Hassan Shami, a évoqué pour nous sa fuite en pleine nuit avec sa famille. Ils ont laissé tous leurs biens derrière eux.

Elle nous a décrit avec fierté sa vie avec sa famille, à l’abri d’une maison construite avec son mari, à la sueur de leur front. Ils avaient tout abandonné, nous a-t-elle dit : bijoux, argent et les économies de toute une vie.

Sans nourriture, sans cuisinière à gaz, elle a raconté comment ils avaient dû préparer leurs plats dans d’autres tentes du camp, et emporter ensuite les restes.

Au beau milieu de tout cela, ce qui me restera à l’esprit pendant longtemps, ces sont ces enfants qui s’amusaient à courir autour des tentes, des bouts de ficelle à la main, ou simplement un bâton ou une pierre, et parvenaient ainsi à s’abstraire de l’horreur de leur cadre de vie.

Cependant, à la réflexion, je dois bien avouer que c’est une génération toute entière qui a été ainsi privée d’enfance et d’innocence.

La chose qui m’a le plus brisé le cœur, c’est cette petite fille d’à peine 2 ans. Elle s’était blottie dans les bras de sa mère, genoux serrés contre la poitrine, menton posé dessus, yeux bien clos, et elle se bouchait les oreilles, parcourue de frissons et gémissant sans interruption.

Si quelqu’un tentait de s’approcher ou de lui parler, elle se mettait à pleurer et à crier. J’en suis resté sans voix, me demandant ce dont elle avait été témoin pour avoir de telles réactions.

Ce que j’ai vu à Mossoul : « Ici, il n’y a ni espoir, ni eau, ni nourriture »  Par Mustafa Al-Dabbagh

Livraison de l’aide

Notre deuxième voyage nous emmena dans les quartiers récemment libérés de Mossoul, dans le quartier de Zahraa, qui, à peine cinq jours avant notre arrivée, était encore tenu par les militants de l’EI.

En atteignant notre destination finale, nous sommes passés en voiture dans des quartiers complètement abandonnés, poursuivis par des centaines de gens dont certains avaient parcouru des centaines de kilomètres à pied. Quelques milliers de personnes s’étaient rassemblées et une marée humaine se pressait contre le camion en files d’attente interminables. Leur impatience à recevoir de l’aide rendait presqu’impossible la distribution.

Après deux ans passés sous l’EI, ils affrontent désormais un hiver rigoureux sans disposer des moyens les plus basiques

J’ai moi-même été pris dans ce flot et me suis retrouvé écrasé contre la carrosserie d’une voiture tandis que les gens se précipitaient, toujours plus nombreux, dans l’attente de quelque secours.

Les choses se sont finalement calmées et j’ai eu l’occasion de parler à deux ou trois civils.

Un monsieur se plaignait d’un missile qui avait récemment frappé la principale conduite d’eau de la région. Elle avait fracassé le tuyau, le rendant inutilisable, et coupé ainsi la distribution d’eau.

Quelqu’un d’autre, une dame, suppliait qu’on lui donne, non pas de la farine ou de l’eau, mais une miche de pain pour nourrir sa famille nombreuse qui, disait-elle, n’avait rien mangé depuis plusieurs jours.

En regardant le visage de ces gens qui affluaient vers notre convoi, on voyait qu’ils souffraient depuis longtemps. Après avoir passé deux ans sous l’EI, ils affrontent désormais un hiver rigoureux sans disposer des produits les plus basiques.

Ce que j’ai vu à Mossoul : « Ici, il n’y a ni espoir, ni eau, ni nourriture »  Par Mustafa Al-Dabbagh

Accrochés à l’espoir

Au sortir de la ville, plusieurs familles avançaient à pied, chargées de leurs affaires. Nous nous sommes arrêtés pour leur parler et avons appris qu’elles se dirigeaient vers des camps de réfugiés, éloignés de 50 kilomètres.

Pouvez-vous imaginer quelle vie ces gens ont dû endurer, forcés à parcourir une telle distance à pied pour se retrouver sous une tente ?

Je prierai pour les enfants, les veuves, les mères, les pères, et pour toute ma famille qui affrontent seuls une telle calamité

« Ici, nous n’avons aucun espoir, pas d’eau ni d’électricité, encore moins de nourriture, et nous ne savons pas si nous allons survivre ou mourir », proteste une mère. « Dans les camps, au moins, nous avons un toit sur la tête, de l’eau et plus d’un repas par jour ».

L’opération militaire n’a fait que commencer et la situation empire jour après jour, mais j’ai trouvé par hasard quelques personnes qui gardaient espoir et optimisme. Un homme s’est écrié : « Al-Hamdulilah (Loué soit Allah) j’ai un toit sur la tête et ma famille est encore vivante ».

C’est leur espoir et leur confiance qui a évité aux habitants de Mossoul de sombrer dans la folie. On ne que peut prier pour tous ces gens piégés à l’intérieur.

Je sais que pour ma part je prierai pour les enfants, les veuves, les mères, les pères et ma famille qui affrontent seuls cette calamité.

Mustafa Al-Dabbagh – 15 décembre 2016

Traduction de l’anglais (original) de dominique@macabies.fr. pour http://www.middleeasteye.net/fr

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Alépins : «Quand les caméras s’éteignent, les Casques blancs laissent les gens sous les décombres»

16 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

Alépins : «Quand les caméras s’éteignent, les Casques blancs laissent les gens sous les décombres»

© Casques blancs
 

Lizzie Phelan de RT, qui est sur le terrain à Alep, a parlé à plusieurs survivants qui accusent les activistes antigouvernementaux d'être des «poseurs d'appareil photo, des voleurs et des pilleurs».

Les militants financés par l’Occident et appelés «Casques blancs» ont fait la Une des journaux, les principaux médias les qualifiant de «héros de la paix» pour leur travail. Cependant, les habitants d'Alep récemment libérés par les forces gouvernementales syriennes ont une opinion toute différente.

Les Casques blancs sont un groupe de défense civile soutenu par les Occidentaux, composé de «volontaires» opérant en Syrie. Alors que, officiellement, leur mission est d’assurer les premiers secours aux victimes de bombardements, les autorités syriennes et russes les ont accusés de répandre de la propagande antigouvernementale, de publier de fausses nouvelles et de maintenir des liens étroits avec des groupes terroristes islamistes comme le Front Fatah al-Cham, ce qui a été en partie filmé par le caméra.

 

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15 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #La Turquie, #ISIL

Sur la Syrie, la France est en état d’extinction cérébrale

 

La Tour Eiffel éteinte le 14 décembre.@ LUDOVIC MARIN / AFP


Provoquée par la cupidité des puissances occidentales et des pétromonarchies corrompues, la guerre en Syrie connaît avec la libération d’Alep un tournant majeur. Le dernier carré des terroristes d’Al-Qaida et consorts, cerné dans les décombres, est sur le point de céder devant la progression fulgurante de l’armée arabe syrienne. Les civils s’enfuient en masse vers le reste de la ville, tenu par les troupes gouvernementales.

Que fait la France ? Elle éteint la Tour Eiffel par solidarité avec Alep. Avec les habitants d’Alep, avec tous ses habitants ? Non. Le million d’Alépins réfugié dans les quartiers Ouest, pour le gouvernement français et pour les médias qui le servent, ce sont des gens qui n’existent pas. Et même s’ils existaient, ils ne mériteraient pas de vivre. Lorsqu’ils subissaient les tirs de mortier des courageux rebelles en lutte pour la démocratie, leurs morts demeuraient invisibles, effacés des écran-radar.

Car ils ont commis une faute impardonnable, ces Syriens qui ne demandaient qu’à vivre en paix, un crime qu’on ose à peine nommer. Ils n’ont pas pris les armes contre le gouvernement de leur pays. Ils n’ont pas obéi aux gouvernements occidentaux qui leur demandaient de renverser le pouvoir bassiste. Sourds aux appels des prédicateurs saoudiens, ils n’ont pas réclamé l’instauration de la charia wahhabite. Alors on n’en parle pas, c’est plus simple.

On fait l’impossible, en revanche pour sauver la peau des mercenaires recrutés en masse pour détruire l’Etat syrien, laïque et souverain, et le remplacer par un Etat-croupion d’obédience wahhabite. Encerclés dans ce qui reste de la « capitale » d’une révolution-bidon, ces mercenaires sont les mêmes que ceux qui ont tué nos compatriotes au Bataclan. Ce sont les charognards du takfir, les seconds couteaux des Saoud, les petites frappes du gangstérisme sponsorisé par l’OTAN.

La cuisante défaite de ces desperados de la terreur leur arrache des larmes, à nos faiseurs d’opinion, elle les met en transe compassionnelle comme si ces coupeurs de tête étaient nos frères d’armes, ou de pauvres victimes sur le sort desquelles il faudrait s’apitoyer. Avec un art consommé du mensonge et de la manipulation, ces affabulateurs professionnels font comme si le sort des terroristes était lié aux populations civiles qui leur servent de boucliers humains, comme si les souffrances des innocents causées par la guerre justifiaient notre soutien aux terroristes qui en sont responsables.

Pourtant on les voit, ces civils, qui fuient les quartiers rebelles dès qu’ils le peuvent, essuyant les tirs de leurs soi-disant protecteurs. Les médias parlent de 100 000 personnes qui seraient recluses dans le dernier réduit « rebelle », mais sans nous expliquer comment elles peuvent contenir dans trois kilomètres carrés ! Plus les heures passent, en réalité, et plus ce dernier bastion de fanatiques se vide de ses civils, et plus les gouvernements occidentaux, relayés par leurs perroquets médiatiques, s’en affligent.

Avec un cynisme sans limite, nos dirigeants voudraient que ces civils restent bien sagement avec les terroristes dans leur trou à rats, pour servir d’alibi à la poursuite de la guerre par procuration contre la souveraineté syrienne. Complices des allumés du takfir maquillés en rebelles démocrates, nos dirigeants aimeraient les prendre en otages, ces civils, les avoir sous la main comme des preuves vivantes de cette révolution-bidon, en nous faisant croire que lorsque l’armée syrienne frappe Al-Qaïda, elle s’acharne en fait contre des innocents.

Mensonge pour mensonge, on nous dit aussi que des dizaines de civils ont été froidement abattus par des milices chiites. Mais ceux qui rapportent cette accusation oublient de dire que selon l’ONU il n’y a pas de preuve de ces massacres et que ces allégations sont « invérifiables ». Peu importe, c’est un détail ! Les mêmes accusateurs diront alors que des massacres auront lieu, que c’est inévitable, qu’il y aura un « génocide » ! Impuissante à produire la moindre preuve sur des faits passés, l’accusation se conjugue au futur, elle se fait prophétique, elle vaticine en prenant ses désirs pour des réalités.

La désinformation bat son plein, l’esprit collabo se déchaîne et l’hexagone, comme d’habitude, bat tous les records. Quel pays de masochistes ! On éteint la Tour Eiffel pour pleurer la défaite de ceux qui mitraillent les terrasses de nos cafés, mais on impose un embargo sur les médicaments à un peuple qui ne nous a rien fait en croyant punir un gouvernement qui combat ces assassins sans frontières. Alors, oui, éteignons la Tour Eiffel et tout le reste. De toute façon, la France est un pays en état d’extinction cérébrale, une colonie de l’Empire dirigée par des imposteurs qui, en faisant le malheur des autres, feront aussi le nôtre.

Bruno Guigue | 15 décembre 2016

 

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles. 

Source: http://arretsurinfo.ch/sur-la-syrie-la-france-est-en-etat-dextinction-cerebrale/

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Les leçons de Palmyre, par Karine Bechet Golovko

15 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

lundi 12 décembre 2016

 

Les leçons de Palmyre

 
 
 
Palmyre est retombée entre les mains de l'Etat islamique. Le coup porté, comme le reconnaît à l'unanimité la presse russe, est particulièrement dur en terme d'image. Certainement plus que militairement. Après le concert de la paix, après les discussions sur la reconstruction de la cité antique. Effaçant immédiatement, dans les esprits, la victoire d'Alep. Palmyre rappelle une réalité presque violente sous cet éclairage: on ne fait pas de grande parade avant la fin de la guerre
 
Mais comment "Palmyre" fut possible?
 

 
Alors que pendant le week end, l'aviation russe aide efficacement l'armée syrienne à repousser l'attaque d'environ 500 terroristes de Daesh contre Palmyre, ceux-ci changent de stratégie et se replient vers les quartiers habités et les zones historiques, que l'aviation ne peut pas pilonner. Par ailleurs, de très importants renforts, environ 5000 personnes, se regroupent sur différents fronts et reprennent simultanément l'attaque des hauteurs stratégiques, des routes d'accès et finalement de la ville elle-même. L'armée syrienne, devant l'avancée des groupes terroristes, évacue 80% de la population, les réserves d'armes et les moyens militaires stockés en vue de l'attaque de Deir ez-Zor et Rakka. Hier soir, les forces syriennes reconnaissent avoir laissé la ville aux mains de l'Etat islamique.
 
D'où viennent ces 5000 terroristes sortis du désert?
 
Ils viennent de différents points géographiques, qui ont pour point commun d'être soi-disant dans les zones de combat de la coalition américaine. 
 
Ils viennent de Deir ez-Zor et Rakka, où la coalition américaine a décidé depuis une semaine environ de lever le pied, avec l'effet attendu. Ils viennent également d'Irak, où l'on a vu environ 5000 combattants envoyé vers la Syrie. Rappelons que l'aviation américaine a, évidemment par erreur, bombardé l'armée irakienne qui combat justement à Mossul, faisant 90 morts et une centaine de blessés. Les terroristes ont pu être très efficacement exfiltrés. Le Plan B, réalisé en urgence suite à la libération d'Alep, a fonctionné à merveille.
 
Comment ont-ils pu tranquillement traverser le désert?
 
Pourtant, ce plan n' a pu fonctionné que suite à une série d'erreurs, comme le souligne la presse russe . Ainsi, se pose la question du renseignement: qui était responsable du renseignement militaire? Parce que faire traverser le désert, où il est difficile de se cacher des satellites ou des drones, avec armes et bagages, blindés et autres véhicules et artillerie lourde, sans se faire remarquer, pose la question non plus de l'efficacité du renseignement militaire dans la zone, mais de son existence même.
 
Et de remarquer que le plus dangereux est quand une certaine euphorie gagne les troupes, lorsque l'on ne veut plus voir certains faits, lorsqu'on les interprète comme l'on aimerait et non comme il se doit. Il est dangereux de célébrer la victoire avant terme.
 
Palmyre est un symbole. Un symbole qui est tombé. Il y aura certainement encore une bataille pour la ville, il est même possible qu'elle soit reprise et à nouveau libérée, mais l'image ne sera pas rétablie, elle est tombée avec la ville. Il n'y a victoire qu'une seule fois, c'est pourquoi il est souhaitable qu'elle soit la dernière bataille.
 
Quelle est cette stratégie "post-moderne"?
 
La réaction de l'ancien chef d'état major des forces armées russes (2004-2008), le général Yuri Baluevsky, est très révélatrice de la rupture stratégique des guerres dites "post-modernes":
"C'est encore un coup porté au prestige, notamment à notre prestige. Que les combattants n'allaient pas arrêter le combat, c'était évident. Mais ce que nous faisons, nous, aujourd'hui, j'avoue que, comme militaire, j'ai du mal à comprendre, ces pauses humanitaires par exemple ..."
En effet, je ne me souviens pas de corridors humanitaires lors de la Seconde guerre mondiale, lors de la guerre du Vietnam, lors de la guerre l'Algérie ... de corridors par lesquels les gentils ennemis pouvaient sortir, être amnistiés, s'ils laissaient leurs armes. Voire, pouvaient sortir avec leurs armes. 
 
Comme l'expérience le montre, ils ne se "dissolvent" pas d'eux-mêmes, naturellement, dans le paysage, ils se regroupent, reprennent les armes et repartent évidemment au combat.
 
Le mythe de la fin des guerres "traditionnelles"
 
Ces "corridors" et autres amnisties viennent du mythe selon lequel, ces guerres ne sont pas des guerres "traditionnelles", car elles ne se déroulent pas entre armées régulières d'états souverains, mais entres des "civils qui ont pris les armes" et des soldats. Donc, les armées régulières n'ont pas le droit de guerroyer de la même manière que contre d'autres soldats. 
 
On ne tue pas l'ennemi, on négocie. On ne fait pas de prisonniers, on ouvre des corridors humanitaires. Puisqu'il s'agit simplement de "civils", certes armés jusqu'aux dents, mais de "civils", certes qui savent se servir de lance-missils, de l'artillerie lourde, mais des "civils". Le mythe de David contre Goliath, même si nous sommes très loins du lance-pierre.
 
Il faut donc parlementer avec ces civils, qui doivent, une fois revenus à la raison, rentrer pacifiquement dans la vie civile et s'occuper de leur famille et de leur jardin. 
 
Sauf que ces "civils" sont des combattants entraînés par des professionnels et que beaucoup d'entre eux ne sont pas syriens. Que ces combattants sont dans une logique terroriste qui en fait justement des "combattants" et non d'innocents civils. Les innoncents civils, eux, sont pris en otage par ces groupes extrémistes pour se protéger de l'armée.
 
Le mythe des guerres "propres"
 
Pourtant, l'Occident a détourné les yeux de ces simples réalités, car il préfère se voiler la face avec le mythe des guerres propres. Des guerres technologiques, faites du ciel, avec des drones et des jeux vidéos à quelques milliers de km des opérations, des guerres déshumanisées menées par un Occident qui ne veut plus se salir les mains.
 
Après les horreurs de la Seconde guerre mondiale (sans même parler du génocide, l'on n'oubliera pas les milliers de villes et villages brûlés, des populations massacrées), après les bombes atomiques lancée presque gratuitement par les Etats Unis sur le Japon, après le Napalm dans la guerre du Vietnam et toutes le exactions contre les populations civiles, après les tueries de la guerre d'Algérie, l'on veut des guerre propre, l'on ne veut plus de guerre. Car une guerre, c'est sale. Par essence. A la guerre on tue.
 
Les populations ont besoin de se sentir lavées, propres, totalement désinfectées de ces époques "barbares", faites de sang et de chair. Mais comme les pouvoirs ne peuvent survivre sans guerres, ils vendent des "guerres propres" à des populations délavées prêtent à ingurgiter pour avoir l'esprit tranquille.
 
Ce mythe n'est possible qu'avec un contrôle total de l'information qui:
 
  1. conditionne l'opinion publique à accepter les "erreurs" de tirs comme des erreurs regrettables, mais ne remettant pas en cause le bien-fondé de l'action menée et justifiée par leur société, 
  2. bloque toute possibilité d'une transparence de l'information sur ce qui se passe réellement sur le terrain. 
Lorsque, plus tard, l'information passe, le temps a passé. Les Etats Unis ont pu faire un rapport sur la torture qu'ils pratiquent, ils ont trouvé cela regrettable, l'opinion publique a applaudi à tant de transparence démocratique, et la vie continue - et la torture aussi. Et personne ne sait ce qui se passe à Mossul, quand la campagne russe se déroule sous caméras.
 
Le problème de la Russie est qu'elle a fait le choix des guerres "post-modernes" avec corridors et pauses humanitaires, tout en menant une véritable guerre contre les terroristes sur le terrain, sans pour autant maîtriser l'espace médiatique, jouant réellement la carte de la transparence. Par là-même, elle a eu Palmyre et l'urgence de revoir sa stratégie. Vue la réaction de la presse, le message est passé.
 
 
 
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En Syrie, la fête est finie pour les charlatans. Par Bruno Guigue

9 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère, #La Turquie, #Daesch

En Syrie, la fête est finie pour les charlatans


 

alep 27-novembre-2016

Un tank dans les rues d’Alep-Est, le 27 novembre 2016. / AFP

En sonnant le glas d’une insurrection télé-guidée de l’étranger, la débâcle d’Alep dissipe une énorme supercherie. Il aura fallu six années de malheur pour que cette tragédie provoquée et entretenue par une avalanche de pétrodollars sur fond de crise régionale apparaisse sous son vrai jour. Ce n’était pas une révolution, mais une opération ratée de « regime change » voulue par Washington et ses alliés. De l’aveu d’Hillary Clinton elle-même, cette opération fut menée en utilisant des organisations terroristes dont la maison-mère (Al-Qaida) était déjà une coproduction saoudo-américaine dans les années 80. Al-Nosra, Daech et consorts, à leur tour, furent mis au service d’une stratégie du chaos qui visait à pulvériser les Etats de la région au profit d’entités ethno-confessionnelles dont la fragmentation garantirait la docilité.

Il en résulta une farce sanglante, désormais ensevelie sous les gravats de cette ville martyrisée par une guerre impitoyable que provoqua l’appétit de domination impérialiste allié au fanatisme sponsorisé de desperados crétinisés jusqu’au dernier centimètre cube de leur cerveau. Le pire n’est jamais sûr, dit-on, mais on eut droit à tout ce qu’il était possible de faire, y compris l’inimaginable ! Des dirigeants occidentaux qui prétendent combattre les terroristes tout en leur procurant des armes au nom des droits de l’homme. Des puissances étrangères qui infligent un embargo sur les médicaments à des populations civiles coupables de ne pas combattre leur gouvernement. Des familles royales sanguinaires et débauchées qui donnent des leçons de démocratie tout en sponsorisant la terreur. Des intellectuels français qui exigent comme un impératif moral le bombardement d’un pays qui ne nous a rien fait. C’est un triste privilège, mais il faut reconnaître que le drame syrien a généré un impressionnant florilège de saloperies.

Qu’on se souvienne seulement avec quels accents enflammés les chantres hexagonaux de cette révolution-bidon nous serinaient depuis six ans qu’une glorieuse insurrection allait mettre à bas l’odieuse tyrannie ! Jour après jour, ils noyaient hypocritement d’un écran de fumée humanitaire la haine que leur inspirait cet Etat syrien dont le seul tort était de rester debout face à la coalition prédatrice des puissances occidentales et des pétromonarchies corrompues. Sans vergogne, ils couvraient de leur clameur mensongère, en les attribuant aux soldats syriens défendant leur patrie menacée, les atrocités commises par des bandes criminelles dont l’ambition monomaniaque était d’imposer la charia wahhabite et de liquider les minorités confessionnelles.

On les a vus, on les a entendus pendant de longues années, ces charlatans. Les Jean-Pierre Filiu, François Burgat, Jean-Paul Chagnollaud, Pascal Boniface, Dominique Vidal, Ziad Majed, Romain Caillet, Bruno Tertrais et consorts intoxiquèrent l’opinion de leurs mensonges en respectant scrupuleusement le cahier des charges atlantiste. Experts en affabulation, ces mythomanes multi-cartes ont craché sur la Syrie, son peuple, son armée et son gouvernement. Ils n’ont cessé de les calomnier, relayés par des journalistes dont l’inculture n’avait d’égale que leur partialité. Niant l’évidence d’un mercenariat international financé par les pétromonarchies, ces pseudo-progressistes se sont rangés, servilement, du côté d’un obscurantisme wahhabite mis au service de l’impérialisme occidental. Prenant des grands airs, ils donnaient des leçons d’humanisme tout en tressant des couronnes aux milices mafieuses et sectaires qui détruisaient la Syrie. Faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes, ils brandissaient les droits de l’homme côté cour et soutenaient les tortionnaires takfiris côté jardin.

Pour incriminer le gouvernement syrien et ses alliés, ils voulaient enrôler au service de leur cause frelatée le sort des civils assiégés à Alep, mais en omettant de dire que 80% de ces civils se trouvaient dans les quartiers protégés par le gouvernement, et que les autres, retenus prisonniers par les djihadistes, étaient utilisés par ces glorieux « révolutionnaires » comme boucliers humains. Ils voulaient nous faire croire que l’aviation russe bombardait les hôpitaux d’Alep, mais sans préciser que la majorité des hôpitaux étaient à Alep-Ouest et subissaient le feu incessant et meurtrier des mortiers rebelles. Orchestrant une indignation sélective fondée sur le déni de réalité permanent, ils ont accrédité cette monumentale escroquerie des « Casques Blancs », brillamment démasquée par une courageuse journaliste, Vanessa Beeley, qui administra à ces fumistes une leçon définitive d’honnêteté intellectuelle et de probité professionnelle.

La reconquête de la deuxième ville de Syrie par son armée nationale ne rend pas seulement l’espoir au peuple syrien, qui aperçoit désormais le bout du tunnel après tant de souffrances. Cette victoire d’une armée majoritairement composée de conscrits de confession sunnite (comme l’a récemment rappelé le géographe et excellent analyste Fabrice Balanche) ne dissipe pas seulement le mythe d’une guerre confessionnelle forgé de toutes pièces par les pousse-au-crime du wahhabisme. Cette reconquête balaye aussi d’un grand courant d’air frais, en ce victorieux mois de décembre, les miasmes putrides largués dans l’atmosphère par six années de propagande à grande échelle.

Orchestrée par les larbins de l’impérialisme US et les collabos de l’obscurantisme wahhabite (ce sont souvent les mêmes), cette propagande a diabolisé le gouvernement syrien en lui attribuant la responsabilité des crimes commis par ses adversaires. Elle a aussi diabolisé la Russie, dont l’intervention militaire en Syrie, contrairement à celle des pays de l’OTAN, respecte le droit international et frappe sans lésiner les terroristes de tous poils. Il faut vivre en France, ce pays de masochistes, pour voir la haine de la Russie se déchaîner, avec une rare violence, chaque fois qu’elle fait reculer les terroristes. A chaque défaite infligée sur le terrain aux commanditaires du massacre du Bataclan, nos charlatans hexagonaux, du gouvernement aux médias, se répandent en clameurs indignées !

Le drame syrien est un révélateur chimique. Jamais depuis Vichy notre intelligentsia ne s’était autant vautrée dans la fange, jamais elle n’avait mis un tel point de déshonneur à célébrer l’esprit collabo. Mais voilà, la roue tourne. Que reste-t-il aujourd’hui du dogme interventionniste cher aux néocons, au moment où Donald Trump le dénonce, où Vladimir Poutine mène le bal au Moyen-Orient et où l’Etat syrien expédie les mercenaires de Riyad dans les poubelles de l’histoire ? Doublement orphelins, les charlatans du droit-de-l’hommisme (à géométrie variable) risquent de perdre leur héros yankee, fatigué de mener des guerres stupides, et leur piétaille moyen-orientale, taillée en pièces par cette armée syrienne qu’ils méprisaient. Pour les charlatans, décidément, la fête est finie.

Bruno Guigue | 7 décembre 2016

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Lire aussi:  Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue/

Source: http://arretsurinfo.ch/en-syrie-la-fete-est-finie-pour-les-charlatans/

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