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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Sergueï Lavrov. Interview du 9 octobre 2016. Syrie. Relations Russie-USA, etc...

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #Politique étrangère

Sergueï Lavrov. Interview du 9 octobre 2016. Syrie. Relations Russie-USA, etc...

Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour l'émission analytique d'information "Vremia" de la chaîne Pervy kanal, Moscou, dimanche 9 octobre 2016

 

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En 2008 Sarkozy dit à Assad : « On va mettre votre pays à feu et à sang ! », vidéo.

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

En 2008 Sarkozy dit à Assad : « On va mettre votre pays à feu et à sang ! »
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REVELATION EXCLUSIVE : en 2008, lors d'une rencontre entre Nicolas #Sarkozy et Bachar al-#Assad concernant un projet de gazoduc, le président français, contrarié par son refus, aurait promis à Assad de « mettre son pays à feu et à sang ! » Un an plus tard, des « révolutions populaires » éclataient en #Syrie... A partager massivement !
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► L'entretien intégral : https://vimeo.com/ondemand/secession

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La Sixième colonne.

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation

La Sixième colonne

 

Article original de Alexandre Douguine, publié le 23 Septembre 2016 sur le site katehon.com


Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr



La Cinquième colonne dans le système géopolitique coordonné

Sa signification est aussi définie très fermement dans les circonstances russes. Donc le terme a un cadre de signification très strict. Mais il est également très utile pour tout autre pays qui se trouve sous le contrôle indirect ou en point de mire des intérêts américains.

 

Le concept n’a de sens que si l’on admet clairement et sans ambiguïté la confrontation radicale entre la Russie d’une part et les pays de l’OTAN et les États-Unis d’autre part. La confrontation, cependant, contrairement à la période soviétique, ne peut pas être décrite en termes idéologiques, puisque la Russie et les pays occidentaux sont des sociétés démocratiques avec un marché économique capitaliste et une idéologie essentiellement libérale (individualisme, société civile, liberté d’expression et de mouvement, de conscience, droits de l’homme, etc.). Même le modèle de confrontation Est / Ouest autour du christianisme qui détermine l’opposition de l’Empire russe orthodoxe et, plus tôt, la Russie de Moscou et l’Europe catholique-protestante, ne convient pas. Aujourd’hui, la Russie et les pays occidentaux sont des sociétés laïques.

C’est pourquoi seule la géopolitique qui considère l’histoire comme un duel planétaire entre deux civilisations, celle de la mer (les pays occidentaux) et celle de la terre (Heartland, Russie), c’est-à-dire la Grande bataille des continents, est nécessaire pour déterminer la véritable nature de la confrontation. Dans ce cas, l’opposition des pouvoirs des différentes confessions chrétiennes avant la Révolution d’Octobre et après la guerre idéologique entre le socialisme et le capitalisme, puis l’expansion de l’OTAN vers l’Est dans les années 1990, sont différents moments d’un scénario géopolitique plus général qui met en lumière la contradiction permanente entre la Mer, avec ses systèmes basés sur le commerce (Carthage, Athènes, le Royaume-Uni), et la Terre, avec ses sociétés aux valeurs héroïques (Rome, Sparte, Russie). Après la fin de l’URSS, la vraie nature géopolitique de la confrontation est devenue évidente : l’ère de la géopolitique a commencé.

La géopolitique divise l’espace et les sociétés en districts selon des critères principaux : certaines terres, des comtés, des mouvements politiques et sociaux appartiennent à la civilisation de la mer, c’est-à-dire au monde occidental, à l’Empire du commerce de type colonial ; les autres font partie de la civilisation de la terre, les Empires des valeurs conservatrices. Les frontières divisent l’espace politique qui peuvent être en harmonie avec les frontières des pays ou elles peuvent les séparer par un choix de civilisation.

La zone d’influence des États-Unis (Amérique du Nord, UE, régimes et structures politiques pro-américains dans le monde) est la zone de l’atlantisme, la civilisation de la mer. La civilisation de la terre a comme noyau principal l’espace russe (c’est une constante de la géopolitique mondiale, relevait le fondateur de la discipline H. Mackinder : «Qui contrôle l’Eurasie, contrôle le monde entier»), ainsi que les domaines stratégiques limitrophes. Toutes les zones limitrophes peuvent être attirées par la civilisation terrestre ou par celle de la mer. C’est là que les réseaux géopolitiques entre en action : certains d’entre eux, l’eurasien, c’est-à-dire la culture de la société de la terre, balance pour la Russie ; l’autre, l’atlantiste, à savoir la mer, balance pour les États-Unis et l’OTAN. Le drame ukrainien prouve cette loi géopolitique : le pays a sa frontière géopolitique exactement au milieu ; dans le Sud-Est et en Crimée, les gens sont clairement eurasiens, c’est la terre, l’identité pro-russe ; dans l’Ouest et en partie dans le centre, c’est l’espace pro-américain, les atlantistes. C’est la polarité géopolitique qui a provoqué l’effondrement de l’État ukrainien immature en 2014. Après le coup d’État, les atlantistes radicaux qui étaient parvenus au pouvoir ont immédiatement fait face à une farouche opposition en Crimée et dans le Sud-Est ce qui a provoqué le retrait de la Crimée et son rattachement à la Russie, et la guerre civile.

Cependant, pour revenir à la cinquième colonne dans la société russe, on peut voir maintenant que sa nature est plus évidente : elle se compose de ces groupes qui soutiennent la civilisation de la mer (les États-Unis et l’OTAN) et s’opposent à la dominante historique de la Russie sur la terre, l’identité eurasienne. Cette cinquième colonne a soutenu l’effondrement de la structure de la terre continentale, représentée par l’Union soviétique, puis est arrivée au pouvoir sous Eltsine dans des années 1990, lorsque Andrei Kozyrev, ministre russe des Affaires étrangères, a ouvertement déclaré leur position «atlantiste», et a ensuite été à la tête des élites dirigeantes politiques, économiques et culturelles de la Russie jusqu’en 2000. Durant toute cette période, elle ne pouvait pas être traitée de «cinquième colonne» dans toute son acception car elle a pu pleinement arriver au pouvoir et réprimer l’opposition patriotique. La cinquième colonne et le régime des réformateurs libéraux russes des années 1990 sont synonymes. Néanmoins, dans le contexte géopolitique de cette époque, l’élite dirigeante russe n’était rien d’autre qu’une cinquième colonne : elle n’a pas agi pour l’intérêt national, mais a servi d’instrument de contrôle externe. Le centre de décision était localisé à l’Ouest, et les libéraux de Moscou appliquaient simplement les solutions, en essayant de maximiser les avantages et les bénéfices pour eux-mêmes et leurs entreprises. C’est là que l’oligarchie russe a été créée. La puissance d’un petit groupe de magnats a saisi, en vertu de la privatisation et de la corruption insouciante, des monopoles d’État entiers : tout d’abord, le domaine de l’énergie.

Cinquième colonne : des réformateurs libéraux au pouvoir à l’opposition anti-système

La bizarrerie la plus importante du destin de l’oligarchie compradore pro-occidentale est venue de la prise du pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Poutine a arrêté le contrôle externe et a commencé un déplacement prudent des agents les plus radicaux de l’influence de la puissance atlantisme. Depuis ce moment, la création de la cinquième colonne en tant que phénomène socio-politique indépendant a commencé. Depuis le début des années 2000, l’opposition à Poutine est composée de représentants atlantistes qui avaient dominé la scène politique dans les années 1990 et avaient été marginalisés avec le début du mandat de Poutine et son changement de politique vers la civilisation de la terre, l’eurasisme. Depuis ce moment-là, l’«opposition libérale», composée des Occidentaux, d’oligarques en disgrâce et de stricts russophobes, a commencé à rappeler de plus en plus une véritable cinquième colonne. Le combat contre Poutine est devenu plus ouvertement concentré de la part des pays de l’OTAN, dont les États-Unis, l’appuyant avec un soutien financier direct et promouvant les intérêts anti-nationaux contre la souveraineté de la Russie et en faveur de la mondialisation et du style de vie cosmopolite. Le plus important est que la cinquième colonne géopolitique (au niveau civilisationnel) a commencé à se former comme la cinquième colonne interne manœuvrant contre son pays à l’intérieur.

Mais le noyau de cette cinquième colonne est composé de ceux qui, dans les années 1990, se trouvaient au centre de l’establishment politique : les oligarques (Goussinski, Berezovsky, Khodorkovski), les décideurs (l’ancien Premier ministre Kassianov, l’ancien vice-Premier ministre Nemtsov, un ancien député du Parti du pouvoir Ryzhkov), les médias, le milieu des arts et de la culture. La cinquième colonne de l’opposition dans la rue a aussi uni d’autres personnes importantes, qui ont dû prendre leur retraite politique avec l’arrivée de Poutine. Cependant, le plus important est que la typologie  de cette cinquième de colonne reste toujours la même. Elle a sa propre position au sein du système politique et elle se présente en opposition radicale non systémique. C’est donc un double phénomène : une cinquième colonne ouverte (explicite) représentant une opposition de rue anti-Poutine, radicale, libérale,  pro-occidentale, et une autre latente (implicite) avec des oligarques, des politiciens, des fonctionnaires, des analystes, des experts, des dirigeants communautaires, des propriétaires de médias qui ont trouvé le moyen, même en étant atlantistes et même radicalement anti-Poutine, de rester dans le régime politique, après l’arrivée de Poutine et sa politique patriotique. Dans le contexte géopolitique, ces deux colonnes sont les deux faces de la cinquième colonne ; Elles sont toutes deux au service des États-Unis, de l’OTAN et des intérêts occidentaux. Elles suivent aussi les principes du système commercial, du libéralisme, de l’individualisme, de la mondialisation, etc… ; et elles sont toutes les deux opposées à l’identité d’origine russe, à sa «manière spéciale», sans tenir compte de sa souveraineté et de la valeur unique de sa civilisation (plutôt, au contraire, les considérant comme des obstacle au progrès et à la modernisation).

Mais en terme d’attitude envers Poutine, leurs positions diffèrent considérablement : certains d’entre eux s’opposent à lui strictement, d’autres, pour des raisons tactiques, trouvent qu’il est nécessaire de le soutenir et d’interpréter ses paroles et ses actions dans le sens des intérêts atlantistes, parfois même de saboter ses réformes et ses mesures patriotiques visant à renforcer la souveraineté russe. De l’avis de Poutine, les premiers sont ses vrais ennemis et des adversaires purs et simples de la Russie, qui ont choisi de façon définitive le monde occidental ; les autres sont ses disciples, partisans et collègues, même s’ils visent à la trahison civilisationnelle et au sabotage. Géopolitiquement, la cinquième colonne, à la fois au pouvoir et dans l’opposition, c’est la même chose. En termes de politique intérieure, ils sont sur des côtés opposés : le premier groupe est contre Poutine, le deuxième groupe est pour lui.

«Sixième colonne» : introduction du concept

Pour souligner la distinction entre ces deux segments de la cinquième colonne, il est important d’introduire le néologisme, de «sixième colonne». Pour le cas de la cinquième colonne, Emilio Mola, le général de Franco, avait, en plus des quatre colonnes principales, un groupe spécial de partisans favorables à Franco, sous contrôle des républicains de Madrid (elle a été appelé la «cinquième»). Le nombre « six » n’a lui pas de symbolisme. Il a été introduit uniquement pour la commodité de l’analyse politique. La cinquième et la sixième colonne peuvent être décrites comme des partisans de la civilisation de la mer au sein de celle de la terre, à savoir un réseau d’agents d’influence atlantistes au sein de la Russie moderne. Concernant leurs positions fondamentales, les priorités et les valeurs, les deux colonnes sont pratiquement les mêmes : elles ont un idéal, un propriétaire, un indice de référence, une seule idéologie, les États-Unis, l’Ouest, la civilisation euro-atlantiste, le libéralisme, la mondialisation, une oligarchie financière globale. Mais leur relation envers Poutine est fondamentalement différente : la cinquième colonne dans la société russe est généralement appelée celle qui est ouvertement et complètement contre Poutine, pour les États-Unis et l’OTAN, contre le retour de la Crimée, contre la Russie, contre l’identité russe, contre la souveraineté, contre l’intégration eurasienne, contre le retour de la Russie dans l’Histoire comme puissance mondiale. C’est une pure et totale trahison. À l’échelle du pays et du peuple, mais aussi à partir de la position de Poutine, ils sont ses ennemis évidents.

La sixième colonne comprend ceux qui n’ont toujours pas de définition dans le dictionnaire de la science politique : ses représentants sont pro-Poutine et pro-Russes, mais en même temps pro-libéraux, pro-occidentaux, poussant la Russie à être modernisée et occidentalisée, voulant la mondialisation et l’intégration de la Russie dans le monde occidental avec les valeurs et les institutions européennes, attendant que la Russie devienne une corporation prospère dans le monde où toutes les règles et les lois sont établies par le monde global occidental dans lequel la Russie doit devenir une partie, et est destinée à être une zone aussi profitable que possible dans le cadre de circonstances plus ou moins dignes et rentables. la sixième colonne n’est pas l’ennemie de Poutine, elle en est même un partisan. Si elle est traître, ce n’est pas à l’échelle nationale, mais à l’échelle de la civilisation.

Elle n’attaque pas Poutine dans toute sa démarche patriotique, elle le restreint. Si la cinquième colonne dénonce violemment tous les projets de Poutine, tels que les Jeux olympiques, la sixième colonne se moque de la cinquième et est fier des Jeux olympiques. Mais quand il s’agit de la Crimée, il est recommandé de s’arrêter aux succès des Jeux olympiques et de ne pas se risquer à abîmer cette image positive. Lorsque la cinquième colonne organise la marche des traîtres contre la réunification avec la Crimée, la sixième colonne essaye d’éteindre la flamme du patriotisme, acceptant l’annexion de la Crimée en tant que dépense inévitable, tout en soulignant fortement qu’il pourra y avoir un prix élevé à payer, puis conseille strictement à Poutine de se calmer avec le Sud-Est de l’Ukraine, car cela peut menacer les succès concernant la Crimée. Lorsque les troupes russes sont entrées en République populaire de Donetsk [c’est Douguine qui le dit, NdT], la cinquième colonne a dit qu’il s’agissait d’une agression militaire contre un pays démocratique et souverain, l’Ukraine. La sixième colonne a mis la pression sur Poutine pour s’arrêter là et ne pas prolonger l’opération de maintien de la paix à Kharkov et Odessa.

La cinquième et la sixième colonne sont unies. Donc, tous les représentants de l’élite politique et économique des années 1990, éjectés ou tout simplement détournés par Poutine, sont des candidats naturels pour passer de la sixième colonne à la cinquième. La chose la plus importante est que les deux colonnes sont deux parties du même réseau, s’agitant géopolitiquement contre la Russie en tant que civilisation et contre Poutine comme son leader historique.

Dans de nombreux pays européens, vous pouvez trouver la même activité. Un groupe soutient fortement la politique libérale atlantiste et celle de l’OTAN. Et une sixième colonne, fière des «valeurs européennes», exploite l’image des patriotes, mais est aussi liée à l’ordre du jour néolibéral.

La sixième colonne et le réseau CFR en Russie

Pour rendre la structure de la sixième colonne plus précise, quelques remarques doivent être notées. Les cinquième et sixième colonnes ont des soutiens légèrement différents aux États-Unis ; la cinquième colonne est soutenue et reçoit ses instructions des forces Russophobes impérialistes les plus extrêmes, promouvant ouvertement l’hégémonie américaine. La plupart d’entre eux sont des républicains néo-conservateurs (Kristol, Kagan, Nuland, Palin, McCain, etc.), et même de nombreux faucons parmi les démocrates (comme Brzezinski). La sixième colonne est basée sur la stratégie plus souple du CFR, qui est prêt à trouver un compromis avec Moscou sur certaines questions alors que ses membres estiment que la Russie est plus facile à conquérir, non par la confrontation directe, mais étape par étape par des pourparlers multilatéraux.

De toute évidence, les néo-conservateurs et les membres du CFR ont, par la suite, l’objectif commun d’étendre la domination mondiale des États-Unis, mais leurs moyens sont différents. Ainsi, les cinquième et sixième colonnes russes agissent symétriquement comme des soutiens américains : ils ont un objectif commun pour renverser Poutine et priver la Russie de sa souveraineté, mais la première s’y emploie par la confrontation directe par le bas (la cinquième colonne), et la seconde par le haut en influençant Poutine et en tentant avec soin de le remplacer par quelqu’un de plus acceptable pour l’oligarchie financière mondiale.
La sixième colonne, sous la présidence de Dmitri Medvedev, a pratiquement réussi à atteindre cet objectif souhaitable. Brzezinski a même inspiré Medvedev pour un second mandat, promettant de revenir sur sa russophobie. Mais le retour de Poutine en 2012 a complètement détruit leurs plans ; et un groupe de personnes des sixièmes colonnes est retourné vers les cinquièmes colonnes.

Sixième colonne : ennemi existentiel

Que peut-on opposer aux cinquième et sixième colonnes de la Russie à part la civilisation, la nation, la force historique et dévoiler les dessous de la politique mondiale ? Maintenant, le gouvernement mène plusieurs actions sérieuses pour lutter contre la cinquième colonne de traîtres et d’ennemis de Poutine et de sa politique patriotique. Comme les principaux contrôleurs de la sixième colonne, couvrant déjà la cinquième à l’intérieur du Kremlin, ont été renversés, les contrôles et les conventions contre l’opposition radicale atlantiste sont morts et enterrés. Poutine les a ouvertement appelé «traîtres nationaux» et a efficacement pris un certain nombre de mesures spécifiques pour les localiser ; y compris dans les espaces d’information et Internet. Dans des conditions de guerre (conflit en Ukraine), il y a peu d’efforts à faire pour lutter contre la cinquième colonne : le pays, y compris les ministères de la force [Sic, NdT] et les départements, n’a besoin que de la stricte application des règlements et des décisions prises.

Sans aucun patron au Kremlin, la cinquième colonne est extrêmement faible et incohérente. Elle n’est efficace que quand le gouvernement a les mains liées et les yeux fermés, et au cours d’une crise d’urgence, des catastrophes, etc. Voilà pourquoi maintenant la cinquième colonne peut être identifiée, localisée et mise sous contrôle. Certains de ses représentants vont s’échapper de Russie, d’autres vont se cacher, d’autre vont aller vers la sixième colonne, les plus intransigeants seront punis. Mais c’est seulement une question technique. Cela ne deviendra vraiment grave que si la Russie devait fortement s’affaiblir et faire face à des défis considérables qui, cependant, ne peuvent pas être exclus. La cinquième colonne deviendrait alors juste un groupe de saboteurs, et des mesures répressives seraient appliquées contre elle. Mais le Kremlin a assez de volonté et de compréhension de la situation pour l’empêcher.

La question la plus problématique est la sixième colonne. Sa présence dans l’élite politique et économique de la Russie est encore presque dominante. Elle ne se montre pas, soutenant vraiment Poutine et ses politiques, défendant fermement les intérêts des sociétés russes. Elle n’a pas d’objection sur des idées du président. Elle motive ses positions par les «intérêts du gouvernement», par des «ressources limitées», par le «compte tenu de la situation internationale», par le «soin de la politique étrangère et des relations économiques extérieures», par la «préoccupation concernant l’image de la Russie». La sixième colonne est composée des libéraux du système, de gestionnaires publics efficaces, d’oligarques loyaux, de bureaucrates exécutifs, de fonctionnaires actifs, et même de certains «patriotes éclairés». Poutine a confiance en eux et compte sur eux. Leur conscience d’agir selon le schéma habituel du système unipolaire d’exploitation atlantiste de l’Ouest peut ne pas être évident. Ils font partie de la civilisation de la mer, non seulement par choix personnel, mais aussi en raison des circonstances. Le paradigme a commencé à fonctionner dans les années 1990, et son influence est encore très perceptible dans la société russe, même maintenant.

Cela influence la plupart des structures économiques, des institutions éducatives et culturelles, ainsi que le style de vie russe contemporain. La Russie moderne n’est «russe» que relativement. Son identité terrestre et eurasienne ne perce que faiblement à travers des formes et des normes de la vie imposées depuis l’étranger. Maintenant, les Russes sont sous l’autorité de l’Ouest dans un sens beaucoup plus profond qu’un contrôle externe technique direct, comme cela a commencé dans les années 1990. Le monde occidental a chamboulé les Russes dans tous les sens, y compris leur esprit, leur système d’analyse, de relations, de significations et de valeurs. La civilisation actuelle n’est plus tout à fait russe. Ce n’est plus le monde russe, mais c’est quelque chose qui peut redevenir le monde russe. Bien sûr, il y a des raisons historiques, et l’Histoire elle-même exige des Russes qu’ils reviennent à leur identité la plus profonde – une Renaissance russe, un Printemps russe. Mais le processus de restauration spirituel de la patrie, de l’essence russe, des origines russes, le sort de la Russie, a un ennemi fondamental. C’est la sixième colonne. C’est si prégnant à l’intérieur de l’élite dirigeante qu’elle bloque toute initiative saine du président russe. La sixième colonne continue d’étrangler la renaissance russe au niveau politique, économique, culturel, éducatif, moral, au niveau des valeurs et dans les sphères d’information.

Elle pèse sur nous en politique, dans la transformation sociale, dans les idées et les arts. La sixième colonne trahit Poutine une centaine de fois par jour, refroidit notre renaissance, sabote les réformes patriotiques urgentes et vitales, et tourne à nouveau l’idée nationale en simulacre. Si le gouvernement a commencé la guerre contre la cinquième colonne, la sixième colonne jouit toujours de l’immunité et de la liberté. Aujourd’hui, elle est le principal obstacle en Ukraine et en Europe, à l’intégration eurasienne et à une politique intérieure. Elle est invisible, sournoise, confiante et profondément enracinée dans les structures du pouvoir, après l’exécution du plan occidental. Si Poutine ne trouve pas le courage de combattre cette sixième colonne, ses réalisations capitales, sa mission historique, sera trop fragile, réversible, et même éphémère. Poutine est maintenant occupé à faire l’Histoire. Mais la mission historique de faire revivre la Russie est le principal objet de la haine de la sixième colonne. Elle joue dans l’intérêt d’une civilisation qui est une alternative à la Russie. En fait, c’est la même chose que la cinquième colonne mais faisant seulement semblant d’être autre chose.

Aujourd’hui, la sixième colonne est la principale menace existentielle de la Russie. Dans le monde des guerres de réseau, tel un serpent, entré dans les structures d’influence de la puissance, elle devient souvent un élément crucial pour détruire les régimes politiques et renverser leur chef de file. L’Ukraine est devenue une victime non seulement de la cinquième colonne de l’Euromaïdan, mais de la sixième colonne au sein de l’administration Ianoukovitch et du Parti des Régions. Les stratèges de Washington préparent quelque chose de similaire pour la Russie. Si nous en sommes avertis, cela nous donnera un avantage. Il est possible de supporter que des agents du CFR prennent des sièges clés au sein du gouvernement. Mais il est aussi possible de ne pas le supporter. Cependant, la Russie, et pas seulement Poutine lui-même, devra payer pour guérir. Mais leurs destins sont liés. Poutine a pris le parti du peuple russe, et c’est irréversible. Son succès est le succès du peuple russe. Ses échecs seront les échecs des Russes.

Il sera très intéressant et utile de faire une analyse similaire pour la sixième colonne dans l’UE, les pays du Proche-Orient, l’Amérique latine et ainsi de suite.

Alexandre Douguine

Note du traducteur
Maintenant que vous avez lu cet article de Douguine qui fera date avec l'introduction d'un nouveau concept géostratégique, vous pouvez le relire en remplaçant Russie par France. La France balance entre son enracinement terrestre et sa projection maritime, ses côtes, ses territoires d'outre-mer. Il va falloir redéfinir l'âme française peut-être au moins autant que son identité pour nous sauver de nos sixième colonnes.

Pour être exact, on retrouve la trace de cette sixième colonne en cherchant un peu. Le site pro-sioniste JSSnews en parle un peu dans les mêmes terme que Douguine mais dans le contexte israélien, ce qui me manque pas de sel quand on connait le lobbying de ce site comme sixième colonne en France.

Et l'article wikipédia anglais nous renvoie vers un roman des années 1940, The Day After Tomorrow, de Robert A. Heinlein, qui parle des Chinois et des Japonais aux USA. C'est un renvoi historique plein de sens par rapport à la situation actuelle en France, seuls les acteurs ont changé.

 
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A l'attention de François Hollande, si sensible aux « crimes de guerre » imputés à la Russie et à la Syrie : CHRONOLOGIE des INTERVENTIONS MILITAIRES US dans le Monde

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #L'OTAN., #Terrorisme

Publié par El Diablo

 

 

L'armée américaine en Irak (source:  fr.sputniknews.com)

L'armée américaine en Irak (source: fr.sputniknews.com)

CHRONOLOGIE DES INTERVENTIONS AMÉRICAINES DANS LE MONDE

Voici une chronologie non-exhaustive des différentes interventions impérialistes des États-Unis dans le monde depuis le Manifest Destiny de 1845. Une idéologie de colonisation, sous la présidence de James Polk, selon laquelle les États-Unis ont pour mission divine d’apporter la démocratie et la civilisation vers l’Ouest, sur les terres amérindiennes. Au début du XXème siècle, le président Théodore Roosevelt a repris le concept afin de justifier l’expansionnisme et l’interventionnisme des États-Unis hors de ses frontières quand les intérêts américains étaient menacés. Il déclara notamment : « Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté. »

 

1846 : Mexique. A l’issue d’une guerre qu’ils avaient programmées et provoquées, les États-Unis s’emparent de la moitié du territoire mexicain. Ce territoire conquis s’appelle aujourd’hui : la Californie, le Nevada, l’Utah, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie).

1852-1853 : Argentine. Les Marines  débarquent et s’installent à Buenos-Aires pour protéger les intérêts américains face à une révolution.

1853 : Nicaragua. Protection des citoyens et intérêts américains pendant des troubles politiques.

1853-1854 : Japon. « Plan d’ouverture du Japon » et expédition Perry qui conduit, avec les navires de guerre américains, à forcer le Japon à ouvrir ses ports aux États-Unis. Attendant une réponse du Japon l’autorisant à se rendre dans ce pays, le contre-amiral américain Perry, opère une démonstration navale de force et débarque par deux fois. Il obtient des autorités de Naha, sur l’île d’Okinawa, la gestion d’une concession minière. Il opère la même démonstration de force dans les îles de Bonin afin d’obtenir des facilités commerciales.

1854 : Nicaragua. Pour venger une offense faite au ministre-président américain en poste au Nicaragua : destruction de la vile de Greytown (San Juan del Norte).

1855 : Uruguay. Les armées américaines et européennes débarquent pour protéger les intérêts américains au cours d’une tentative de révolution à Montevideo.

1859 : Chine. Intervention destinée à protéger les intérêts des États-Unis à Shanghai.

1860 : Angola. Intervention en Afrique occidentale portugaise pour assurer la sécurité des citoyens et des biens américains pendant une révolte indigène à Kissembo.

1893 : Hawaii. Sous couvert officiel de protéger les vies et les biens des américains, cette intervention visa à mettre en place un gouvernement provisoire sous l’autorité de Sanford D. Dole.

1894 : Nicaragua. Intervention militaire pour protéger les intérêts américains à Bluefields à la suite d’une révolution.

1898 : Cuba. Sous prétexte de libérer l’île de la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.

1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam. Sous prétexte de défaire la tutelle espagnole, les États-Unis s’installent et imposent une base militaire, la possibilités d’investissements financiers américains et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays.

1898 : Philippines. L’archipel est vendu aux USA par l’Espagne (décembre 1898), les philippins se soulèvent contre les États-Unis (février 1899), les États-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soulèvement (des milliers de pertes humaines).

1903 : Colombie. Les États-Unis fomentent une révolution à l’issue de laquelle ils créent de toute pièce la République de Panama qui lui assure le contrôle du canal et des bénéfices qu’il génère.

1914-1918 : Première Guerre Mondiale.

1915 : Haïti. Nouvelle intervention et occupation des troupes américaines pendant 19 ans.

1916 : République Dominicaine. Quatrième intervention et maintien des troupes américaines pendant 8 ans.

1926 : Nicaragua. Nouvelle intervention et expédition de 5000 militaires pour contrer une révolution.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

 

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La Troisième Guerre mondiale n'aura probablement pas lieu mais pour quiconque allume son téléviseur en Russie, elle a déjà commencé.

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

La Troisième Guerre mondiale n'aura probablement pas lieu mais pour quiconque allume son téléviseur en Russie, elle a déjà commencé.

 
Des tanks russes dans un camp militaire en Syrie à Palmyre, le 5 mai 2016

Des tanks russes dans un camp militaire en Syrie à Palmyre, le 5 mai 2016 - VASILY MAXIMOV ©AFP

Le bateau de guerre russe class Corvette 617 "Mirazh" traverse le Bosphore à Istanbul et se dirige vers la Syrie, le 7 octobre 2016

Le bateau de guerre russe class Corvette 617 "Mirazh" traverse le Bosphore à Istanbul et se dirige vers la Syrie, le 7 octobre 2016 - OZAN KOSE ©AFP

 

La Troisième Guerre mondiale n'aura probablement pas lieu mais pour quiconque allume son téléviseur en Russie, elle a déjà commencé.

Sur la première chaîne d'Etat, c'est le présentateur de l'émission phare du dimanche soir qui annonce que les batteries antiaériennes russes en Syrie vont "abattre" les avions américains.

Sur la chaîne d'informations en continu Rossia 24, c'est un reportage sur la préparation des abris antinucléaires à Moscou.

A Saint-Pétersbourg, le site d'informations Fontanka croit savoir que le gouverneur veut rationner le pain pour une future guerre malgré les explications des autorités qui affirment vouloir simplement stabiliser le prix de la farine.

Et à la radio, on discute des exercices de "défense civile" mobilisant, selon le ministère des Situations d'urgence, 40 millions de Russes pendant une semaine. Au programme: évacuations d'immeubles et exercices d'incendie.

Pour celui qui aurait éteint son téléviseur pour se promener dans les rues de Moscou, il est fort possible de tomber sur un des immenses graffitis "patriotiques" des artistes pro-Poutine de l'organisation "Set" qui tapissent désormais les immeubles comme cet ours, symbole de la Russie, distribuant des gilets pare-balles à des colombes de la paix.

La cause d'une telle fièvre, de cet emballement pour l'imminence d'une "Troisième guerre mondiale" ? La rupture le 3 octobre des négociations entre Washington et Moscou sur le conflit syrien après l'échec d'un cessez-le-feu que les deux puissances avaient âprement négocié à Genève en septembre.

Dans la foulée, les bombes russes et syriennes ont transformé Alep en "enfer sur Terre" selon l'ONU et suscité les critiques des Occidentaux.

Sur le terrain, l'armée russe a continué la semaine à faire cavalier seul en déployant sur sa base navale, dans le port syrien de Tartous, des batteries antiaériennes S-300 aptes à détruire des avions de chasse, mais aussi en envoyant des corvettes équipées de missiles pouvant, en théorie, couler des navires de guerre. Autrement dit, une démonstration de force visant, non pas les jihadistes ou les rebelles syriens, mais bien la Marine et les avions américains.

- Confrontation -

A Moscou, où les journalistes russes et occidentaux se lèvent et se couchent en recevant les communiqués du ministère russe de la Défense, le climat de confrontation est relayé, amplifié par les médias. Le porte-parole de l'armée russe, le général Igor Konachenkov, adresse ses mises en garde à la Maison Blanche, au Pentagone, au Département d'Etat.

"Je rappelle aux +stratèges+ américains que les missiles antiaériens S-300 et S-400 qui assurent la couverture aérienne des bases russes de Hmeimim et de Tartous ont un rayon d'action qui pourraient bien surprendre n'importe quel aéronef non identifié", a-t-il dit le 6 octobre en une menace à peine voilée contre les Etats-Unis.

Sur l'antenne de la chaîne d'Etat Rossia 1, le présentateur Dmitri Kissilev, également patron de l'agence de presse Ria Novosti, résume la pensée du général Igor Konachenkov pour "les simples gens comme vous et moi": "nous abattrons" les avions américains. Puis il dévoile le "plan B" des Etats-Unis en Syrie. "Le plan B, c'est en gros que les Etats-Unis vont avoir un recours direct à la force contre les forces syriennes du président Bachar al-Assad et contre l'aviation russe", dit-il.

"Est-ce qu'il faut craindre des provocations ? C'est comme cela que les Etats-Unis ont engagé la guerre au Vietnam", conclut M. Kissilev avant de mettre en garde les Occidentaux: les missiles déployés à Kaliningrad, l'enclave russe proche de la Pologne pourraient emporter des têtes nucléaires.

"La Russie actuelle est plus que prête, mais avant tout psychologiquement, à la nouvelle spirale de confrontation avec l'Ouest", résume Gueorgui Bovt dans une tribune sur le site d'informations Gazeta.ru.

Le politologue envisage deux scénarios, compte tenu par ailleurs des difficultés économiques de la Russie. Le premier, optimiste, où les deux puissances vont "se mettre d'accord sur de nouvelles conditions de coexistence, en gros un Yalta-2", référence au partage des aires d'influence entre les Etats-Unis et l'Union soviétique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et le scénario catastrophe: la Russie va réagir selon une loi de la rue bien connue: "si la bagarre ne peut pas être évitée, frapper le premier".

Dans une interview à Ria Novosti, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et initiateur il y a 30 ans à Reykjavik avec le président américain Ronald Reagan du début de la fin de la Guerre froide, prévenait récemment: le monde flirte "dangereusement avec la zone rouge".

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Et mercredi, premier signe de détente après des jours d'invectives verbales, Moscou annonçait une réunion internationale sur la Syrie samedi à Lausanne qui a déjà des allures pour le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de rencontre de la dernière chance.

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Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire .

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire .
Dans un entretien attendu à la chaîne TF1, le président russe Vladimir Poutine a donné franchement son avis sur un nombre de sujets, mais le choix des journalistes de la chaîne surprend, beaucoup de points chauds importants sur le plan international ayant été omis. Qu'est-ce que TF1 a passé sous silence? Sputnik publie les parties qui manquent.Le nom du président russe Vladimir Poutine a été évoqué durant cette dernière semaine en France un nombre assez impressionnant de fois en raison de sa visite annulée à Paris et ce qui a précédé : le désaccord concernant la situation dans la ville syrienne d'Alep et la résolution française sur Alep qui s'est heurtée au veto russe. M. Poutine ne vient toujours pas en France, mais il accepte de parler aux journalistes français de TF1 et leur parle franchement et sans éviter les questions délicates.
 
Pour Poutine, la responsabilité de la crise syrienne pèse sur les USA et leurs alliés Or, alors que l'intégralité de l'interview en russe se trouve sur le site de TF1, les journalistes de la chaîne ont choisi de diffuser, pour le journal de 20 heures, une sélection de sujets assez chaotique. Certes, ils n'ont pas négligé les thèmes tels que la visite du dirigeant russe annulée à Paris, sa réaction aux accusations de crimes de guerre et les bombardements à l'est d'Alep. Cependant, bien qu'il y ait bien d'autres questions à soulever, la chaîne a vite passé… à ce que Poutine pensait de Donald Trump. Donc, le reste de l'interview a-t-il paru moins important aux journalistes de TF1 ? Vladimir Poutine dit savoir qui a frappé le convoi humanitaire près d'Alep, et il dit que ce serait un groupe terroriste et que les États-Unis seraient au courant… Pas intéressant ! Il explique pourquoi la Russie n'est pas responsable de la crise migratoire que l'Europe a subie, en réponse à ces nouvelles idées circulant dans des médias occidentaux depuis quelques temps. Il dévoile une proposition extraordinaire qui a été faite à la Russie pour protéger la route avec des soldats russes ou le convoi humanitaire passera. Il revient sur le dernier cessez-le-feu en Syrie, il explique pourquoi et par qui, selon lui, il n'a pas été respecté. Intéressant ? Assez, si on a envie de connaître le point de vue du président russe sur une question sensible plutôt que savoir s'il aime bien Trump… Pour les curieux, Sputnik vous présente les extraits qui ne sont pas parus sur TF1 au journal de 20 heures. « Nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de faire des populations un bouclier humain » © REUTERS/ Abdalrhman IsmailLes terroristes pilonnent l'ouest d'Alep à l'aide du «feu de l'enfer» Pour décrire l'ampleur des atrocités aujourd'hui, le président russe a tenu à rappeler entre autres une frappe contre un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan, puis une frappe plus récente au Yémen. « Maintenant, concernant l'aspect humanitaire autour d'Alep. Est-ce que nous avons donc oublié comment l'aviation américaine avait frappé un hôpital en Afghanistan en tuant notamment le personnel de Médecins sans frontières ? Des centaines de personnes, d'invités à des fêtes de mariage, ont été supprimées en Afghanistan. Et aujourd'hui qu'est-ce qui s'est passé au Yémen ? Une seule frappe et 170 personnes tuées et 500 blessées lors d'une cérémonie funèbre », a fustigé M. Poutine. « Partout où ont lieu les combats, malheureusement les personnes absolument innocentes meurent et souffrent. Mais nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de faire des populations un bouclier humain et ne pouvons pas leur permettre de faire chanter le monde entier lorsqu'ils prennent quelqu'un en otage, lorsqu'ils tuent, lorsqu'ils décapitent », a-t-il poursuivi. « Si nous voulons mener le combat contre le terrorisme jusqu'au bout, il faut les combattre et non pas se laisser mener par la bride, ne pas s'incliner et ne pas reculer ». La trêve en Syrie « Tout récemment, nous nous sommes mis d'accord sur le fait qu'un cessez-le-feu serait déclaré, sur un jour D comme disaient nos amis américains. J'ai insisté pour qu'ils résolvent d'abord le problème de séparation du Front al-Nosra et des autres terroristes de la partie saine de l'opposition et qu'après ça, on décrète un cessez-le-feu », a commencé le président. Pourtant, les États-Unis ont affrimé qu'il fallait d'abord déclarer un cessez-le-feu et qu'après ils allaient résoudre le problème de séparation entre les terroristes et les non-terroristes. « Finalement, nous avons accédé à leurs désirs, nous avons accepté et le 12 septembre a été décrété jour de silence, d'arrêt des combats. Mais le 16 septembre, l'aviation américaine a frappé l'armée syrienne en faisant 80 morts ». La frappe de la coalition internationale dirigée par les USA « Au même moment, tout de suite après la frappe aérienne, Daech — là il s'agit déjà de Daech — est passé à l'offensive sur ce tronçon-là. Nos collègues américains nous ont dit que c'était une frappe par erreur. Mais cette erreur a conduit à la mort de 80 personnes. C'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que c'est peut-être aussi par hasard que Daech est passé à l'offensive tout de suite après ces frappes », a fait remarquer M. Poutine. En même temps, au niveau le plus bas, au niveau opérationnel, un militaire américain a raconté qu'ils avaient préparé cette frappe pendant plusieurs jours. Comment est-ce qu'ils ont pu frapper par erreur s'ils l'avaient préparé pendant plusieurs jours ?, s'est interrogé le président. « Nos accords de cessez-le-feu ont donc été compromis. Qui les a compromis ? Est-ce que c'est nous ? Non ». La situation humanitaire à Alep « Nous tous, en revenant à Alep, parlons de la nécessité de faire passer les convois humanitaires. Tout le monde essaye de nous convaincre qu'il faut le faire. Mais il ne faut pas nous convaincre, nous sommes du même avis, nous pensons qu'il faut organiser un convoi humanitaire. Mais comment le faire ? Il n'y a qu'une seule route que les convois doivent emprunter. D'un côté il y a des combattants, de l'autre les forces de l'armée syrienne. Nous savons déjà qu'il y a eu une provocation, qu'un de ces convois a été frappé, et nous savons au juste que ça a été fait par un des groupes terroristes ». © Sputnik. Michael AlaeddinMoscou reçoit une «offre exotique» pour assurer la sécurité des frets humanitaires à Alep Puis, face aux propositions russes de retirer les commandos d'un côté et l'armée syrienne de l'autre pour laisser le passage libre sur cette route aux convois humanitaires, le chef d'État russe a mentionné la « proposition exotique » que Moscou a reçue. « Et puis on nous fait une proposition exotique. Je vais vous étonner, vous et vos spectateurs. On nous propose que nos forces armées, les militaires de l'armée russe se dressent sur cette route pour garantir la sécurité. Nos militaires, gens courageux et résolus, sont venus me dire : d'accord, nous sommes prêts. J'ai dit : non, si nous le faisons, nous le faisons avec les Américains, proposez-le-leur. Nous l'avons proposé, eux [les Américains] ont tout de suite refusé, ils ne veulent pas se dresser, ils ne veulent pas retirer les unités de combat de ces groupes d'opposition, de ces groupes terroristes. Que faire ? » L'accord avec Bachar al-Assad © AFP 2016 Omar haj kadourPoutine dit savoir qui a frappé le convoi de l'Onu près d'Alep « Nous nous sommes mis d'accord avec le président Assad, il a accepté d'emprunter la voie de l'adoption d'une nouvelle constitution et à organiser des élections sur la base de cette constitution. Or, on ne parvient à en convaincre personne », a déploré M. Poutine. Si le peuple ne vote pas pour le président Assad, le pouvoir sera changé par voie démocratique, et ceci non pas au moyen d'ingérence armée extérieure, mais sous un strict contrôle international, sous le contrôle de l'Onu. « Je ne comprends pas que cela puisse ne pas arranger qui que ce soit : c'est un instrument démocratique de règlement du problème du pouvoir. Cependant, nous sommes toujours optimistes et nous espérons réussir à persuader nos collègues et partenaires que c'est l'unique moyen de régler le problème ». Crise migratoire Le dirigeant russe n'a pas non plus négligé un problème qui agace, mais persiste toujours, irrésolu : l'afflux de migrants en Europe. « Souvenons-nous que le problème des réfugiés est apparu bien avant que la Russie ait commencé à faire des efforts en vue de normaliser et stabiliser la situation en Syrie. L'exode massif des populations de cet énorme territoire du Proche-Orient et même de l'Afrique, de l'Afghanistan, il a débuté bien avant nos activités en Syrie ». « Toute accusation contre la Russie selon laquelle elle porterait la responsabilité du problème des réfugiés est absolument infondée. Notre objectif consiste justement à faire en sorte de créer les conditions de retour des gens chez eux », a résumé M. Poutine. Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

 
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SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS... La vigilance est de mise!

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

13/10/2016

SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS

1. Russian Navy.jpg

 

Saker.Is : Scott’s Corner

 

Sur le front des coups

 

tordus

 

USRAELIENS…

 

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Quelques secrets militaires à mettre dans votre pipe et à fumer

Scott Humor – The Saker.Is 10 octobre 2016

 

2. Scott - 1.jpeg

 

Les États-Unis et l'Ukraine sont peut être en train de planifier une provocation de type MH17 en Syrie.

À Washington, on veut peut-être si désespérément discréditer Poutine et Assad, sur le point d’anéantir les terroristes à Alep, qu’on est prêt à rééditer le coup honteux du Donbass.

Anna S.


Depuis le 17 Septembre, où l'US Air Force a bombardé les troupes syriennes assiégées par les troupes terroristes US dans la ville de Deir Ezzor, et le bombardement qui a suivi du convoi humanitaire de l'ONU, on guette la prochaine provocation du Pentagone et de la CIA. Les spécialistes en PSYOP militaires sont payés des millions de dollars pour inventer ces provocations, et nous, collectivement, nous essayons de les empêcher de se produire et, aussi, de les démêler après qu'elles aient eu lieu. Nous rendons ces services à titre bénévole.

 

N’oubliez pas de contribuer au Saker pour que nous puissions continuer !

 

En attendant, voici quelques bribes d'information qui pourront vous donner à réfléchir.

Le 6 octobre 2016, Christian Borys, journaliste canadien qui opère en Europe de l’Est et Centrale et qui collabore à VICE, The Guardian, RFERL, The Daily Beast, MacleansMag, The EIU, Global Television, Al Jazeera, a posté le tweet suivant :

Les États-Unis sont en train de repeindre leurs F/A-18 pour leur donner l’apparence des jets russes qui sont en Syrie. Formation courante mais néanmoins intéressante.

 

3. SCOTT - 2.jpg

 

Le 9 Octobre, certains traceurs de vol ont remarqué une incohérence dans l’itinéraire d'un avion appartenant à une compagnie aérienne ukrainienne.

Un vol civil [de passagers, NdT] d'Ukraine vers Israël, a pris une route plutôt inhabituelle et dangereuse.

État des vols de la Mediterranean Airlines ukrainienne de Kiev à Amman (Code UF781)

 

Tweet de Julian Röpcke :

Cet avion de ligne ukrainien qui va de Kiev à Amman prend une route plutôt inhabituelle et tout à fait dangeureuse.

 

4. Scott - 3.jpg

 

Tweet de Dmitry Tarasof à KatMotja :

Les Ukrainiens envoient leurs avions civils survoler la zone des hostilités. Je me fiche de cette entourloupe - mais un accident leur fournirait l’occasion d'accuser la Russie.

 

Informations générales de vol : Vol UF781 des Mediterranean Airlines ukrainiennes – informations et statut de vol.

Le vol UF 781 relie l'aéroport Borispol de Kiev à l'aéroport International Queen Alia d'Amman. Le vol est assuré par la compagnie aérienne ukrainienne Mediterranean Airlines (code IATA : UF ; code OACI : UKM). La distance entre les deux aéroports est d'environ 2,085 km et le temps de vol d'environ 3h 18m (le temps de vol est approximatif et peut varier en fonction de la route suivie et du type d'avion utilisé). Pour les vols de certaines compagnies (et vers les principaux aéroports), on peut aussi trouver des informations en temps réel sur l'arrivée ou le départ du vol, des informations sur les retards ou les annulations, et l'état du vol.

 

Tweet de KatMotja à Tarasof :

Les Ukrainiens pourraient l’abattre ou le faire tomber et en accuser les C300 mais le faire tomber sur le territoire de l’IG ilikourdaf.


Tweet de Tarasof à KatMotja :

Aller-retour par dessus un territoire contrôlé par Al-Nosra et sécurisé par Israël.

5. Scott -4.jpg

Aller

 

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Retour

 

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Comme vous pouvez le voir, le vol UF-781 a brusquement tourné à gauche et fait une boucle au-dessus du territoire syrien, au lieu de suivre une route sûre et directe vers Israël. Au retour, il a fait la même chose.

Si on considère que les troupes terroristes américaines qui combattent en Syrie viennent de recevoir des MANPADS [Man-portable Air-defense System, NdT] du Pentagone, survoler la zone de guerre syrienne n’est pas une idée particulièrement brillante. On pourrait peut-être essayer de savoir qui était le pilote ? Intéressant aussi de savoir ce que les passagers pensent de tout ça ? Parce que plusieurs choses pourraient se produire… dont je vais vous faire la liste ci-dessous.

Le 9 octobre aussi, un traceur de vols israélien a tweeté une curieuse capture d'écran.

Au moins 4 plans USN (P8A & TEX2), 1 de la NASA, 1 BE20 de l’armée US et des AZAZ909 c/s généralement utilisés par les Forces Aériennes Russes @planesonthenet ?? https://twitter.com/yanivschwartz/status/785166223134851072

On dirait que les P8 pourraient avoir été des avions qui retournaient en Floride après l’évacuation consécutive à l’ouragan. Mais pourquoi le radar a-t-il vu deux avions russes AZAZ909 et AWACS ?

Yaniv Schwartz a également tweeté :

« si vous relisez cet écran vous pouvez voir que les 2 Azazs ont exactement le même hex et le même reg ... peut-être un pépin ou quelque autre mystère ».

 Ce qui signifie que le radar a vu deux avions avec le même code hexadécimal, et le même numéro d'enregistrement. Et ça, ce n’est possible que s’il s’agit d’une falsification.

Complément d’information ici :

En résumé…

Nous avons été informés de ce qu’au moins la semaine dernière, avec sueur, sang et larmes, la force aérienne des États-Unis a repeint ses F/A-18 aux couleurs bleu ciel et blanc de la Fédération de Russie.

Au cours de cette semaine mouvementée, le Pentagone est sorti de sa réserve pour déclarer que, par l’entremise de ses suppléants ou directement, il allait tuer toujours plus de soldats russes en Syrie et plus de citoyens russes dans les villes russes. [Ce qui semblerait impliquer qu’il l’a déjà fait… dans les villes russes. NdEd.]

La Russie a répondu en promettant d’abattre les « objets volants non identifiés » et tout ce que la force aérienne russe pourrait percevoir comme une menace.

La Russie a aussi installé, bien sûr, ses lanceurs de missiles anti-aériens S-300.

Nous possédons donc la preuve que des avions de combat américains ont été repeints aux couleurs de la Russie. Et nous possédons la preuve que des avions de combat américains volent avec des transpondeurs capables de tromper les radars, imitant le code hexadécimal et l'enregistrement des avions de reconnaissance russes. On ne possède cette preuve que pour deux avions, mais deux avions suffisent pour une provocation.

Et nous avons enfin un jet civil ukrainien plein de passagers, en route pour Amman en Jordanie, qui survole la zone d’interdiction de vol en Syrie.


Développements possibles ...

 

  • Le camouflage des avions de combat américains aux couleurs russes n’était pas un « entraînement régulier ».

 

  • Le régime ukrainien envoie son avion de ligne plein de passagers survoler une zone de guerre pour qu’il y soit abattu par un avion de chasse américain camouflé en jet russe, de façon que la Russie soit accusée de l’avoir fait.

 

  • Variante : les États-Unis font abattre un avion de ligne ukrainien sur le territoire occupé par leurs troupes terroristes (ISIS, DAECH, Al-NOSRA, Kurdes) et clament qu’il l’a été par les S-300 russes. Le territoire étant contrôlé par eux, il serait impossible de prouver le contraire, comme dans le Donbass avec le MH17.

 

  • Au cours des deux dernières semaines, des jets de reconnaissance américains ont effectué plusieurs vols le long de la côte de Crimée pour pouvoir y lire les paramètres des radars russes, parce qu’ils avaient besoin de connaître les paramètres exacts des radars pour être en mesure de calculer ce que ceux-ci voient, de façon à pouvoir produire les signaux de transpondeurs russes AZAZ 909 et ADS-B.

 

  • Il n'y a pas eu de jets imitant l’AZAZ au-dessus du Maryland, mais c’était une tentative de tromper les radars civils et d’utiliser les traceurs de vol pour falsifier les informations de vol, c’est-à-dire en substance, pour poster sur les radars civils de faux renseignements concernant des avions inexistants, que le Pentagone veut que les services publics trouvent sur les traceurs de vol. Dans ce cas précis, le Pentagone voulait que les gens pensent que deux avions de reconnaissance russes avaient survolé Washington.

 

  • Habituellement, il arrive que d’autres traceurs de vol confirment certaines informations intéressantes. Dans ce cas-ci, ils sont tous restés muets. Sont-ils restés muets parce qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un trucage ? Il se pourrait que « Yaniv Schwartz » fasse partie d'une sorte de complot et qu’il/ils ne répandent ces informations que dans le but de provoquer une panique au sein du crédule public américain.

 

C’est tout ce que j’ai pour l’instant.

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?

Bien des choses.

Scott

Suivez-moi sur Twitter pour d’autres mises à jour.

 

Source : http://thesaker.is/a-few-military-secrets-to-put-in-your-...

(La source d’origine est KatMotja – le chat Mathieu – qui est, comme nos lecteurs le savent désormais, un analyste militaire russe, mais plus vraisemblablement un groupe de ces Messieurs.)

 

Traduction du russe : Scott Humor

Traduction de l’anglais : Anna S. pour A.S.I. et Les Grosses Orchades

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Strasbourg veut contrer la « propagande russe ». Dans le journal Ruptures

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #Politique étrangère, #Les média

Strasbourg veut contrer la « propagande russe ». Dans le journal Ruptures

Strasbourg veut contrer la « propagande russe »

L’Union européenne devrait renforcer sa « contre-propagande » contre les campagnes de « désinformation » russes, ainsi que celles des djihadistes. C’est le sens du rapport rédigé par l’eurodéputé Anna Fotyga, qui fut ministre des Affaires étrangères (PiS) de Pologne en 2006-2007. Le document a été endossé le 10 octobre par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée de Strasbourg.

Il plaide pour renforcer une unité créée il y a un an, baptisée Force de communication stratégique (StratCom) et composée de diplomates et d’experts chargés de repérer et de « déconstruire » ce que Bruxelles nomme les mythes et les mensonges concoctés et répandus par Moscou. Cette force devrait devenir une entité à part entière au sein du Service diplomatique européen, plaide le document, moyennant des effectifs propres et stables reposant sur un financement adéquat.

Pour Mme Fotyga, il y a urgence du fait de l’« extension rapide des activités inspirées par le Kremlin en Europe » qui visent à « maintenir ou accroître l’influence de la Russie, et à diviser l’UE ». Dans le viseur du rapport : les « immenses ressources des activités de propagande russe », telles que les télévisions en plusieurs langues à destination de l’extérieur, des « pseudo-agences de presse », le financement de « think-tanks » russes installés dans des pays de l’UE voire de partis politiques nationaux.

Le rapport propose par ailleurs le lancement d’un audit sur de grands projets médiatiques subventionnés par Bruxelles, comme la chaîne multilingue Euronews. Le service en langue russe de cette station pourtant très europhile serait en passe de devenir… un outil caché de propagande du Kremlin, s’inquiètent certains cercles européens.

La rédactrice, sans doute pour attirer l’attention des diplomates ouest-européens, signale par ailleurs que d’autres régimes, comme l’Iran, les « dictatures arabes » ou même la Turquie usent de fourberies médiatiques comparables. De même que le groupe Etat islamique, qui vise à propager la « haine contre les intérêts et les valeurs européens ».

Au fond, pourrait-on conclure du rapport adopté par les eurodéputés, il n’y a guère que les États-Unis d’Amérique pour n’avoir jamais imaginé de propagande à destination de pays européens, financé des médias, mis en place des réseaux d’influence, ou répandu des mensonges justifiant la politique étrangère américaine. C’est au moins une consolation.

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Syrie : La Praxis du Prédateur … Par Georges Stanechy

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

 Syrie : La Praxis du Prédateur … Par Georges Stanechy

« Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur …

Ils doivent être assoiffés de sang.
Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire.
Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. »

Eskiminzin (1)

"The resolution of the Syrian crisis will only be possible through war" : la solution de "la crise" en Syrie ne sera possible qu'à l'issue d'une guerre...

Je partage cette conclusion, ou prémonition, formulée par Semen Bagdasarov, directeur du "Center for Middle Eastern and Central Asian Studies" ; lors des dernières négociations Lavrov-Kerry à Genève. (2)

Des heures de discussions sur l’organisation d’une période de trêve en Syrie, entre le représentant du gouvernement légitime et celui d’une myriade de milices mercenaires déguisées en "rebelles" ou "opposants au régime".

Qui n'a même pas tenu une journée...

Chacun de nous savait qu’aucun accord n’était possible. Tout autant que les négociateurs eux-mêmes. Malheureusement pour la Nation Syrienne...

La Praxis du Prédateur

Deux évidences :

i) A aucun moment les USA et l’OTAN n’allaient abandonner sur le terrain les mercenaires qu’ils recrutent, entraînent, arment, équipent, soignent, et financent (directement, ou indirectement, en puisant dans les caisses de leurs colonies du Golfe). Depuis plus de 5 ans…

Notre ancien ministre des Affaires Etrangères (1984 - 1993), Roland Dumas, confirme que dès 2009 des responsables britanniques lui avaient annoncé "l’invasion de la Syrie". Le sollicitant de participer à cette opération d’envergure pour le "Bloc Occidental".

Avec de gros moyens : financiers, militaires, logistiques, sur fond de "sanctions économiques" pour ceux qui s'y opposeraient et d'une colossale campagne de désinformation couvrant des dizaines de pays.

En comparaison, la destruction de la Libye représenterait des manœuvres militaires de dimensions modestes... (3)

Non pas par scrupules quant au respect de contrats avec des voyous et des tueurs venus de tous les horizons. Selon une récente étude effectuée par le centre de recherche allemand Center for German Studies "Firil", il y en aurait eu, depuis le début de "l'invasion" : 360.000 issus de 93 pays.

La majorité en provenance d'Europe et d'Amérique : 215.000. L'Arabie Saoudite en fournissant 25.000. A ce jour 90.000 auraient été tués, et autant blessés plus ou moins grièvement ; avec évacuation et traitement dans les Etats limitrophes de la Syrie, y compris en Israël. (4)

Encore moins, par scrupules quant au respect d’engagements à l’égard d’une "coalition" de pays asservis pour lesquels la caste dirigeante des USA n'éprouve que le plus complet mépris ; la France, dans le même sac que les satrapes corrompus du Golfe...

Mais, tout simplement, par stricte application d’une géopolitique idéologiquement coloniale qui est de démanteler et contrôler tous les Etats de la région, en pillant leurs immenses ressources énergétiques (s’arrogeant, de fait, un rôle dominant sur ce marché à l'encontre, plus particulièrement, de la Russie et de la Chine) et les maintenant dans le sous-développement.

Le tristement célèbre "plan" Oded Yinon, dès 1982 - 34 ans déjà… , annonçait la volonté des occidentaux de dépecer, entre autres pays du Moyen-Orient, la Syrie. Le démembrement de l’Irak et de la Syrie étant considéré comme des priorités. Opération minutieusement exposée dans l’ouvrage : A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (ISBN 0-937694-56-8). (5)

Alors, pourquoi ce cirque diplomatique ?...

Ce théâtre d’ombres et d’illusions sert de couverture, ou de démonstration, à l’intention des deux principales "opinions publiques" de cette planète. L’une, dite « occidentale », regroupant les pays membres de l’OTAN et ses satellites, sous tutelle des USA ; l’autre, plus ou moins indépendante par rapport à cette emprise, dont Russie et Chine en tant que promoteurs d’un « monde multipolaire ».

Les USA, menant une coalition de vassaux et semi-colonies, imposant en Syrie une sauvage stratégie de conquête et d’annihilation d’un peuple et de son pays. Simulant une ferme volonté de paix, tout en en diabolisant les pays qui refusent de se soumettre à leur volonté d’hégémonie.

Le gouvernement de la Syrie, représenté par la Russie, démontrant sa volonté de conciliation tout en forçant les pays de l’OTAN à reconnaître leur entreprise criminelle, par l’aveuglant dévoilement de leur assistance et protection aux pires terroristes et assassins sur le territoire syrien. Incapables, notamment, d'indiquer les emplacements des soi-disant "rebelles modérés" qu’il conviendrait de ménager…

C’est "la logique du prédateur". Sa praxis. Dont l’Histoire aux multiples aventures et guerres coloniales a exposé, au cours des siècles, les implacables rouages et mécanismes broyant des millions de vies… (6)

Tout est formaté au service de son objectif ultime. De l’idéologie se voulant "rationnelle", à ses actions froidement criminelles justifiées par son inébranlable "Bonne Conscience", des Droits de l’Homme et de la Démocratie. Dans le temps, il s'agissait d'apporter le Christianisme ou la Civilisation à des sauvages vivant dans l'obscurantisme de la barbarie, ou risquant de sombrer, lors de la Guerre Froide, dans le "communisme"... (7)

Dans le cas syrien : qui n’est pas de « renverser le régime de Bachar el-Assad » afin d’instaurer "la démocratie" ; mais d’installer une administration de "collabos", déguisés en « opposants modérés », gérant la partition et la spoliation des ressources du pays sur instruction de leur maître : les USA.

"Le prédateur" n’a qu’un seul credo : "La Loi du Plus Fort". Méthodiquement, cyniquement, il poussera son avantage jusqu’à l’extrême, ne connaissant aucune limite à ses exigences tant qu’il sait que sa domination ne peut être remise en cause par "la force".

Certains pays y sont arrivés, dans d'épouvantables violences et dévastations. Le cas le plus emblématique, au XX° siècle, a été le Viêt Nam qui au terme d’une lutte de 20 ans a réussi à mettre en fuite les USA, ses alliés et ses "collabos". Dans un pitoyable sauve-qui-peut, le 30 avril 1975, dont les photos on fait le tour du monde.

Enseignement incontournable de l’Histoire impériale, coloniale, spoliatrice, ou autre : à défaut de recevoir une vigoureuse raclée, "le prédateur" considérera tout accord ou traité comme un « chiffon de papier »…

Fuite de Saigon par les occupants US (toit de l'ambassade) et leurs "collabos-opposants modérés" - 30 avril 1975 -

Fuite de Saigon par les occupants US (toit de l'ambassade) et leurs "collabos-opposants modérés" - 30 avril 1975 -

Chiffon de papier

Je n’ai pas cru un dixième de seconde à la fable, circulant abondamment dans les médias, sur de supposées « divergences » entre la présidence américaine et la hiérarchie militaire qui ne lui obéirait pas. Scénario à grosses ficelles rappelant les romans ou films policiers, avec la paire du méchant qui cogne le "présumé coupable", et du bon qui lui offre des cigarettes… Même objectif : le faire "craquer".

Les pouvoirs civils et militaires, aux USA comme en Europe, cooptés par l’Etat profond et à son service zélé, agissent en parfaite coordination. Dans une répartition des rôles rigoureusement définie : "le gentil" donneur de leçon de morale paravent de sa fourberie (8) ; "le traîneur de sabre", qui menace ou tue sans prévenir. A l'exemple du massacre aérien - une heure durant - des troupes gouvernementales syriennes à Deir Ezzor ; au lendemain des dernières négociations sur la trêve…

Dans une guerre de conquête lancée contre des nations estimées plus faibles que lui, face à une forte résistance le prédateur n’hésitera pas à multiplier négociations, signatures, accords, traités, de cessez-le-feu, de trêve, ou de "paix". Qu’il s’empressera de renier, sous le moindre prétexte. Rejetant systématiquement la responsabilité sur son opposant. Alors qu’en réalité, l’état de faiblesse militaire et économique de la partie adverse ne lui permet pas, en aurait-elle la volonté, de se livrer à pareille pratique.

Les invasions et conquêtes coloniales des puissances européennes, qui ont marqué les siècles passés sur tous les continents et océans, en sont jalonnées ; plus particulièrement : Espagne, France, Grande-Bretagne, Hollande (Indonésie), Italie (Ethiopie - Somalie), Portugal, etc.

Dès le XIX° siècle, les Etats-Unis ont pris le relais de cette féroce expansion. Dans l’hyper-violence d’impitoyables massacres, dissimulée par une cynique propagande, tant à l’égard de son opinion publique qu’à celle des pays partenaires ou étrangers. Autorités civiles et militaires en parfaite interaction, sur fond de rituelles "grandes déclarations" la main sur le cœur et postures diplomatiques "Humanitaires". Massacrer, occuper, piller, en défendant énergiquement "La Civilisation".

Les traités ne sont que des pauses pour mieux relancer actions ou pressions, guerrières ou financières, brigandages ou destructions, afin de briser toute résistance à sa domination. Jusqu’à l’acceptation de l’intégralité de ses exigences et volontés.

A commencer par l’invasion des terres de l’Amérique du nord : perpétuelle violation des traités et accords signés avec les nations et peuples amérindiens ou indiens dits "peaux-rouges". Les Guerres Indiennes, socle de massacres sur lequel se sont édifiés les Etats-Unis, ont duré plus d'un siècle - de 1778 à 1890 - constituant un effrayant et dramatique témoignage d’accusation sur la barbarie humaine.

Conséquence de cette invasion, rien que sur le territoire actuel des USA : plus de "6 millions de morts" au sein de ces nations, pire : une dizaine de millions… Dont la civilisation a pratiquement été éradiquée, alors qu’elle a tant à nous apprendre sur la relation de l’Homme avec la Nature et le Cosmos. (9)

D’après historiens et démographes, la population de ces peuples est estimée entre 9 et 11,5 millions au début du XVI° siècle. En 1890, les indiens d’Amérique du nord n'étaient plus que 250.000 environ, la plupart malades, souffrant de malnutrition et de désespoir ; déportés, enfermés, dans des "Réserves" loin de leurs terres ancestrales. (10)

Howard Zinn, a été un des rares historiens américains à avoir le courage de dénoncer le machiavélisme, la cruauté, des gouvernements américains successifs, organisant, gérant, impitoyablement ce génocide, rappelant qu’ils ont « signé plus de quatre cents traités avec les Amérindiens et tous violés, sans exception. » (11)

Oui… Rien qu’avec les Nations Indiennes : 400 Traités et Accords, systématiquement violés par les Etats-Unis !…

Rien de surprenant de voir les Etats-Unis, au Moyen-Orient, par l’entremise de son "51° Etat", Israël, violer en permanence les "accords de paix" avec la Nation Palestinienne ; tout en ignorant les résolutions de l’ONU sur la protection de son peuple et son territoire, ses poètes et sa longue civilisation. Depuis des décennies…

D’Accords de Camp David en Accords d’Oslo, négociations et traités ne représentent qu’une mascarade pour anesthésier les opinions. Permettant au prédateur d’étendre méthodiquement ses "colonies" en Palestine, tout en réduisant en cendres, à intervalles réguliers, dans l'impunité et une abjecte monstruosité, les moindres efforts du peuple spolié pour sortir de son état de détresse…

Le spoliateur ne lâchera pas sa proie. Pas encore. Mais, inéluctablement…

Débâcle de Saigon - 30 avril 1975 - l'US Navy jettant par-dessus bord ses hélicoptères pour embarquer davantage de fuyards

Débâcle de Saigon - 30 avril 1975 - l'US Navy jettant par-dessus bord ses hélicoptères pour embarquer davantage de fuyards

Tigre de papier

On n’en parle jamais dans nos livres d’histoire, mais même la Chine a enduré les "négociations", multiples exigences et spoliations, imposées par la « Coalition » des grandes puissances de l’époque, pendant un siècle (1840-1940) : un “Traité” suivant l’autre pour mieux piller et asservir la Chine. Jusqu’au jour où elle a pu y mettre fin "par la force", mettant en fuite leur marionnette Tchang Kaï-chek, le 8 décembre 1949, se réfugiant sur l’île de Taïwan (ex-Formose) ; annexée et occupée par le Japon de 1895 à 1945…(12)

Pas de quoi s’étonner de voir qu’un an après la signature de l’accord sur le fumeux dossier nucléaire iranien, les Etats-Unis n’ait pas encore levé "les sanctions" comme tous les signataires s’y étaient engagés à compter du 1er janvier de cette année ; l’Iran ayant respecté à la lettre ses propres engagements.

Bloquant ainsi tous les grands projets économiques ou d’investissements en perspective avec, notamment, l’Europe (Chine, Russie, Inde, Corée du sud, Japon, profitant de l'opportunité). Entravant non seulement, les intérêts de ses partenaires européens, mais allant jusqu’à leur infliger des "pénalités" à effet rétroactif pour non respect d'un embargo unilatéralement imposé.

Les oligarques français se taisent et rasent les murs, dans une obséquieuse servilité. En premier : tous les Young Leaders, cinquième colonne de notre servitude atlantiste, qui truffent notre gouvernement et notre « haute administration »… Les allemands, en visite actuellement à Téhéran se sont laissés allés à quelques grognements d’impatience. Les responsables des 160 entreprises, en délégation avec leur ministre de l'économie et Vice Chancelier, commencent à s’impatienter des délires des néoconservateurs US. (13)

En France, on n'ose même pas...

Il est vrai que pour les milliardaires qui gouvernent les USA, depuis l’origine, "partenaires" ou "alliés" étrangers ne sont tout au plus que des larbins…

Souvenons-nous, malgré le silence hermétique de nos historiens, même le silence "académique" s’achète…

A peine leur indépendance obtenue (3 septembre 1783), avec l’aide considérable pour l’époque de notre armée de terre, de notre marine, de notre diplomatie, de nos services de renseignement, sans oublier de "nos finances" alors mal en point, les Etats-Unis, profitant de la période révolutionnaire en France, refusèrent de rembourser leur dette !... Prétextant qu’elle ne concernait que la "France royale" et non pas la "France républicaine"… Même les invalides (certains y laissèrent un bras, une jambe, ou un œil...) et vétérans français ne reçurent pas leurs pensions promises pour partager les combats des indépendantistes, malgré une délégation auprès de Thomas Jefferson…

Le Directoire, précédant le Consulat et l'Empire, insistant lourdement, dénonçant un peu trop bruyamment ce comportement, la réaction fut immédiate :

« Le Congrès américain abrogea tous les traités bilatéraux signés au préalable avec la France. Le président John Adams refusa d'engager son pays dans une guerre formelle.

Cependant, par mesure de rétorsion, et avec l'autorisation du Congrès, il instaura un embargo sur les produits français, chargea le docteur Edward Stevens de soutenir la révolution haïtienne contre la présence coloniale française et ordonna à la marine américaine de capturer les navires français. » (14)

Les Etats-Unis se livrèrent ainsi à une "guerre non déclarée" à l’encontre de la France, de 1798 à 1800 : appelée pudiquement "Quasi-Guerre" - "Quasi-War" dans les ouvrages en anglais. La France y perdit une centaine de bâtiments de guerre, un millier de canons de marine, et quelques uns de ses meilleurs officiers et marins, qui lui firent grand défaut lors des combats navals de la période napoléonienne…

Et ce ne fut pas "une guerre en dentelles"…

La corvette Le Berceau que commandait un de nos plus vaillants officiers de marine, le capitaine Senez, fut obligée de se rendre après avoir été démâtée, dans l’impossibilité de manœuvrer, après un violent combat naval provoqué par une frégate américaine Le Boston ; bâtiment plus gros et plus puissamment armé (en portée et calibre). Fait prisonnier le capitaine Senez, à son retour de captivité livra un témoignage accablant : contrairement aux usages de la guerre navale, il vit ses bagages et effets personnels pillés, et tous les marins français "mis au fer" (en clair : "enchaïnés") après avoir été régulièrement "maltraités" (en clair : "tabassés"). (15)

Ce survol de l’Histoire donne la lucidité suffisante pour comprendre que les Etats-Unis au Moyen-Orient comme ailleurs et de tout temps, plus spécialement en Syrie actuellement, ne respectent rien, et ne respecteront rien. Dans leur vision, leur projet, leurs valeurs : tout n’est que « chiffon de papier ».

Ils veulent la guerre. Une guerre régionale. Ils l’auront. Tout le monde s’y prépare. Mais, il est affligeant de voir nos forces armées, inféodées à des va-t-en-guerre hallucinés, semer le chaos dans des pays qui ne nous ont rien fait.

Outre l'aspect matériel, le coût humain sera gigantesque, pas seulement pour les populations locales... Il sera difficile d'en limiter les effets à la seule région. La diplomatie de la Russie parle des "conséquences tectoniques" qu’elle va entraîner. Entre autres, la disparition des entités nées de la dissolution de l’Empire Ottoman : monarchies du Golfe et entités coloniales artificielles …

Mais, peut-être est-ce le dernier sacrifice que cette région martyrisée depuis des décennies doit consentir ?... Sachant que ce n’est, comme les Vietnamiens ont pu le réaliser, qu’en jetant par-dessus bord agresseurs, occupants et collabos que "La Renaissance" de cette région pourra enfin éclore. Dans la paix et le développement concerté, entre pays voisins et frères.

Le "prédateur" oublie toujours qu'au fil du temps sa politique du "Chiffon de papier", le réduit en "Tigre de papier"…

Mao Tsé-toung le prophétisait, en 1956…

La Chine sortait épuisée d’une longue occupation occidentale, puis japonaise, suivie d’une guerre civile entretenue par les Etats-Unis. Ces conflits provoquant la mort de plus de 30 millions de personnes et d’immenses destructions ; épuisement accentué par les mesures d’embargo et de sanction prises par les membres de l’OTAN et ses soubrettes, dès la naissance de la République chinoise en 1949.

Mao considérait l’impérialisme américain comme un « Tigre de papier » (16) :

« Aujourd'hui, les Etats-Unis sont puissants, mais à envisager les choses dans un cadre plus large, dans leur ensemble et à longue échéance, du fait qu'ils sont impopulaires, que leur politique est détestée et qu'ils oppriment et exploitent le peuple, "le tigre est voué à la mort".

Par conséquent, il n'a rien de terrible, et on peut le mépriser. »

Panique à Saïgon - 30 avril 1975 - Explications fraternelles entre "occupants" et "collabos-opposants modérés" lors du sauve-qui-peut. Préfigurant les scènes à venir au Moyen-Orient...

Panique à Saïgon - 30 avril 1975 - Explications fraternelles entre "occupants" et "collabos-opposants modérés" lors du sauve-qui-peut. Préfigurant les scènes à venir au Moyen-Orient...

1. Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire des Apaches – La fantastique épopée du peuple de Géronimo – 1520-1981, Albin Michel, 1987, p. 177.
2. Pentagon 'Succeeded in Ruining' Lavrov-Kerry Deal on Syria, 20 septembre 2016,
https://sputniknews.com/politics/20160920/1045493789/pentagon-russia-us-deal.html
3. Entretien avec Roland Dumas sur la crise syrienne et la politique étrangère de la France,
par Observatoire Des Mensonges d’Etat, lundi 24 février 2014,
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/entretien-avec-roland-dumas-sur-la-148405
4. Report: 360,000 Foreign Nationals from Tens of States Fighting Alongside Terrorists in Syria, Fars News, 9 août 2016,
http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13950519000699
5. Georges Stanechy, Calife ?... Moi : Archevêque !, 30 septembre 2014,
http://stanechy.over-blog.com/2014/09/calife-moi-archeveque.html
6. Lire et relire l’ouvrage fondamental écrit par l’universitaire français Olivier Le Cour Grandmaison pour prendre conscience de ce pan de l’Histoire humaine, complètement occulté dans nos enseignements, réflexions et analyses : Coloniser - Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial, Fayard, 2004.
7. Georges Stanechy, Et, Un Tonneau d'Oreilles !... Un !..., 6 septembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-12203963.html
8. Leaked Tapes Reveal Secretary of State John Kerry Still Wants War Against Syria - Des enregistrements révèlent que le Ministre des Affaires Etrangères John Kerry souhaite la guerre contre la Syrie - 1er octobre 2016,
https://sputniknews.com/middleeast/20161001/1045910436/john-kerry-war-syria-assad.html
9. David Roberts, Nous étions libres comme le vent, De Cochise à Géronimo – Une histoire des Guerres Apaches, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993.
10. Georges Stanechy, Geronimo…, 8 mai 2011, http://stanechy.over-blog.com/article-geronimo-73423407.html
11. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 592.
12. Ce chef de guerre ultra-corrompu, malgré l'appui du colossal arsenal des USA accumulé dans le Pacifique par les USA à l'issue de la 2° guerre mondiale, était l'objet de la détestation du peuple chinois. Vaincu, il a pu s'enfuir sur les bâtiments de l'US Navy avec sa bande, ses milices et "... tous les trésors artistiques de la Chine ancienne. Ils font aujourd'hui la fierté du musée national de Taïpeh, la capitale de l'île."
https://www.herodote.net/8_decembre_1949-evenement-19491208.php
Qu'on se rassure : la Chine les récupérera lors de la future et inévitable réunification avec Taïwan.
13. Germany to press US to effectively lift Iran sanctions : Vice chancellor, 3 octobre 2016,
http://www.presstv.ir/Detail/2016/10/03/487449/Iran-Germany-Gabriel-US-sanctions
14. https://fr.wikipedia.org/wiki/Quasi-guerre
15. http://penelope.uchicago.edu/Thayer/F/Journals/Revue_Historique/85/2/La_guerre_francoamericaine*.html
16. http://classiques.chez-alice.fr/mao/imperialismeus.html

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Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem

Marie-Ange Patrizio

Jeudi 27 février 2014

L’information sur les pays en « révolution » (hors zone Otan où il n’y a pas de révolution) est généralement étayée, dans nos médias, par des analyses de journalistes spécifiés pour l’occasion indépendants, et de chercheurs, le plus souvent politologues, tenant le rôle du spécialiste dont le savoir scientifique rigoureux viendrait garantir l’impartialité.
Ces feuilletons quotidiens doivent parfois être complétés par un Temps Fort, où des artistes et écrivains, plus ou moins clandestins dans leur pays d’origine et réfugiés officiels ici, apportent leur contribution au récit. « Visages de Syrie. La vie qui résiste »[1] au Mucem de Marseille en a donné un exemple récemment avec « quelques figures emblématiques de Syrie, des artistes et personnalités culturelles au coeur du questionnement pour la liberté de pensée et de création. Des hommes et des femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille, et pensent et créent en dépit de l’explosion des violences. […] En partenariat avec Le Monde », et Christophe Ayad dans le rôle du journaliste indépendant.
En bref : redire «les manipulations du régime et l'inconstance des Etats démocratiques, dont la faiblesse du soutien a contribué à renforcer la présence et la légitimité d'organisations islamistes, comme... le Front de Soutien »[2].

Extraits d’échanges informels dans l’auditorium et de propos à la tribune ; et commentaires et questions y afférents.

Samar Yazbek, écrivain « réfugiée à Paris depuis l’été 2011 » était ici une des « femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille ». Sa vitalité n’arrivera pas ce jour-là à retenir la salle, qui se vide discrètement au fur et à mesure du documentaire puis de l’interview où elle explique sa passion pour l’écriture et la liberté ; la lecture de son roman Un parfum de cannelle[3] va m’aider ensuite à appréhender sa démarche. Extrait de la 4ème de couverture : « Hanan al-Hachimi, bourgeoise oisive et aisée» découvre « la jeune Alya, sa servante, en pleins ébats avec [son vieux mari honni] ! Si le jour, l’une exerce son pouvoir sur la domestique […], le soir venu, les rapports s’inversent, et les deux femmes s’adonnent secrètement aux plaisirs saphiques avec une étrange volupté […]. Ce roman sulfureux d’un écriture réaliste bouleverse l’ordre établi de la société syrienne en y dénonçant les conditions réservées aux femmes ».
Au bout des 122 pages, si on se demande où est la censure d’un régime qui a laissé S. Yazbek écrire et publier 4 romans « dénonçant l’ordre établi » etc., on comprend vite par contre pourquoi ça n’est pas dans les monarchies du Golfe, dénonçant pourtant elles aussi l’ordre établi d’Assad, que l’auteur a cherché asile.
Yassin Al-Hadj Saleh est, lui, présenté -et traduit- par le politologue libanais Ziad Majed : « médecin et écrivain, engagé de gauche dans une fraction du PC qui était opposée à Assad (père)» il a été pour cela emprisonné pendant 16 ans. A sa libération, « par défi » il a repris des études de médecine interrompues par son arrestation, et passé ses examens ; « mais n’a jamais exercé ensuite, et a opté pour l’écriture ; il était devenu un des meilleurs écrivains syriens et même arabes » ; « les plus grands journaux se disputent ses contributions »[4]. «Il a vécu dans la ghouta de Damas quand elle a été libérée par des jeunes combattants de la région [entendre : pas les fous furieux décrits et manipulés par le régime, nda] et encerclée ensuite par l’armée ; puis a quitté la ghouta pour aller à Raqqa, tenue par l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant), où se trouve aussi notre ami (sic) le Père Paolo retenu (re-sic) par l’EIIL. ». C’est donc possible de quitter la ghouta encerclée par l’armée, puis Raqqa tenue par l’EIIL, quand on est un écrivain et opposant « de gauche » « très connu en Syrie et dans l'ensemble des pays arabes ».
Majed (traduisant longuement Saleh) explique en plusieurs points le fascisme du régime syrien, et évoque « des photos qui commencent (sic) à sortir des prisons, photos de 11 000 détenus soumis à la torture »[5].
Mais ces horreurs non plus n’arrivent pas à saisir l’attention de toute l’assistance ; une dame devant moi fait des mots croisés sur son Ipad, un homme dort au bout de ma rangée, quelques personnes, dont certains intervenants aux séances précédentes, entrent et sortent ; Mr. Burgat, en haut de l’auditorium, a remis son chapeau : c’est vrai qu’on sent un courant d’air.
En bas, à la tribune, lapsus sur le Golan : « Le régime a utilisé cet argument là, en fait cette réalité-là » : mais oui, le Golan est occupé, ce n’est pas qu’un argument du régime. Majed-Saleh démonte longuement les thèses conspirationnistes d’un régime qui est arrivé à endormir sa population en détruisant ses propres monuments historiques, tirant sur ses propres soldats, conscrits et officiers, et sur les gens qui manifestent pour lui, ou contre lui, en torturant (puis photographiant), terrorisant, privant de médicaments, affamant, gazant et bombardant sa propre population etc. Dans l’indifférence de la communauté internationale.
Entracte.

J’avais entendu l’ex directeur de l’Institut Français du Proche-Orient (Ifpo), François Burgat, aux Matins de France Culture le 26 décembre 2013, sur le thème Et pendant ce temps en Syrie[6]. Puis sur France Inter[7], la veille ; noté aussi le lancement, grâce à un financement européen, du projet Wafaw[8] par un “Kick-off meeting” à Amman les 5-6 Octobre 2013[9].
Pendant l’entracte, je vais poser quelques questions à Mr. Burgat :
1) Quand avait-il été au camp de Zaatari en Jordanie, pour l’interview du « capitaine déserteur de la Garde Républicaine » ? Réponse immédiate : « 22 novembre, c’est pour ça que l’entretien n’est pas dans le livre »[10].
2) Quand avait-il quitté Damas ? « Janvier 2012 ».
3) Etait-il à Damas le 13 novembre 2011 ? « …oui sans doute ».
4) Se souvient-il du dimanche 13 novembre à Damas ? Apparemment non.
Rappel : énorme manifestation après la suspension de la Syrie, le 12 novembre, de sa qualité de membre, par la Ligue arabe[11]. Je dis combien cette manif était impressionnante.
« Ah oui ! c’étaient des fonctionnaires et des scolaires, on les avait amenés en bus de toute la Syrie, j’étais au Qassioun, on s’est amusé à compter les centaines de cars, et d’ailleurs je n’ai pas pu repartir [en voiture], j’étais bloqué par les bus ».
Je raconte brièvement ce que j’ai vu, en ville, à pied : des manifestants de tous âges, avec, en effet, une majorité de jeunes, joyeux, chaleureux ; j’étais avec une vidéaste algérienne qui filmait et traduisait ce que les gens venaient nous dire ; j’ai fait des photos… « Moi aussi j’ai beaucoup de photos, elles sont sur mon site ». Pas trouvé de site, peut-être un compte Facebook ? « Mais les gens étaient embrigadés, vous savez, c’est ça la dictature ».
Sur l’embrigadement par la dictature, je parle des chiffres donnés par la Cia, en mai 2013 : 70% de votes en faveur d’Assad en cas d’élections. « Oh, la CIA, vous savez… » ; mon interlocuteur tourne les talons et descend à la tribune, pourtant vide à ce moment-là. Mais je me suis trompée, ce n’est pas la Cia qui a publié ces chiffres ; c’est l’OTAN, où Mr. Burgat, d’après wikipedia, est conférencier.
C. Ayad, venu se mêler à notre conversation, me dit « je serais curieux de savoir où vous avez trouvé ces chiffres» mais rejoint son ami sans attendre la réponse[12].
Nous reviendrons sur les propos tenus hors micro par l’ex directeur de l’IFPO, propos impromptus dont je le remercie.
Dans une mise à jour du 21/10/2011 du site de l’Institut, on apprend que « Le site de Jisr al-Abyad (Damas) est définitivement fermé depuis septembre 2011 » puis, dans la mise à jour du 27/10/2011, que « le site de l’Ifpo Abou Roumaneh est provisoirement fermé au public (depuis juillet 2011) »[13].
Un site peut être « définitivement fermé » pour des raisons banalement financières, et on se félicite de la bonne gestion de notre administration. Et l’autre « provisoirement fermé » pour des raisons politiques, datant de la deuxième guerre mondiale, paraît-il : tout changement important dans l’Institut doit avoir la signature des deux présidences, syrienne et française. Même pendant la crise de Suez, en 1956, l'Institut (alors Ifead) avait suspendu ses activités mais gardé le personnel syrien dans les locaux. Actuellement, le personnel syrien devrait donc toujours être en poste (à domicile), disponible pour toute réquisition y compris à Beyrouth où l’administration a été transférée[14]. Mais depuis le début de la crise en mars 2011, l'administration avait interdit à ses employés syriens de manifester : que ce soit pour ou contre le régime. Démocratie à la française, qu’on veut apporter –pas en bus- aux Syriens.
Mais même avec un Institut fermé, le directeur peut avoir fait quelque séjour dans la capitale syrienne jusqu’en « janvier 2012 ». Soit officiellement, et on ne manquera pas de remarquer la tolérance du « régime » qui laisse un fonctionnaire notoire des Affaires étrangères d’un pays qui a rappelé son ambassadeur et fermé toutes ses installations, aller « s’amuser à compter les bus » les jours de manif. Soit discrètement, et on notera alors l’incompétence des forces sécuritaires, pourtant décrites comme redoutables, qui ne voient pas nos agents même quand ils sont bloqués dans les embouteillages du Qassioun, ou ailleurs.
Soit Mr. Burgat n’était tout simplement pas à Damas le 13 novembre 2011. Et qui le lui reprocherait ?

Revenons sur les éléments rapportés par celui qui a dirigé pendant 4 ans des « chercheurs [qui] ont développé un savoir scientifique rigoureux »[15].
Des « centaines de cars » ont amené les « fonctionnaires et scolaires» :
- sachant que le nombre des manifestants a été estimé entre 1 et 1,5 million de personnes ; si, prudemment, on retient le chiffre le plus bas (genre OSDH) et qu’on le divise, mettons, par deux pour ne garder que la moitié des manifestants comme ayant été « amenée», cela ferait dans les 500 000 personnes dans des bus.
- sachant qu’un car –grand modèle- a environ 70 places mais que dans une dictature on n’ira pas se gêner pour y entasser 100 personnes, il aurait donc fallu, estimation minimale, 5000 cars pour amener les gens, « de toute la Syrie », manifester à 10h du matin à Damas.
Admettons que le parc des bus syriens possédait au moins 5000 véhicules en novembre 2011, avant que le régime (selon la logique de tous les intervenants du Mucem ce jour-là) ou les terroristes (selon la propagande complotiste du régime) n’en fassent sauter pas mal dans des attentats, de préférence avec ses occupants.
- Sachant par ailleurs qu’un autobus est long d’environ 12 à 15 mètres et qu’avec les dégagements pour se garer, il faut 13 à 16 mètres de stationnement minimum disponibles par bus, on peut garer 62 à 76 bus par kilomètre. Pour garer 5000 bus, il faut de 65 à 80 kilomètres de route.
- Sachant que le bout de l’unique route du Mont Qassioun est à 8 Kms environ (estimation large) de Damas, sans espace qui puisse servir de parking en dehors du bas-côté (d’un seul côté et pas partout), on peut s’interroger sur la rigueur scientifique des observations et du raisonnement apportés ici, quoique hors micro, par un de nos éminents spécialistes. Je ne dis pas l’exactitude ou la vérité ; seulement la plausibilité des propos.
Les manifestants, d’après Mr. Burgat, étaient majoritairement des fonctionnaires et scolaires : beaucoup d'administrations avaient fermé ce jour-là et donc « libéré » le personnel en donnant, du même coup, congé aux écoliers et étudiants. D’après mes observations tout à fait empiriques, il y avait en effet plutôt une majorité de jeunes, et, pour le reste, des hommes et des femmes de tous âges, qui ne défilaient pas en groupes encadrés et organisés, loin de là : les gens manifestaient avec enthousiasme, gaieté, parfois ferveur et détermination, mais en tous cas dans un grand désordre. Le Baas et la mairie (dit-on) distribuant des bouteilles d'eau car ça a duré longtemps.
Des jeunes manifestaient encore en fin d’après-midi près des Omeyyades : j’en ai photographié parcourant le souk avec le portrait du président et chahutant… en faisant des bulles de savon. Comportement peut-être typique en Syrie de ces gens embrigadés par un « régime fasciste », ou bien forcés de manifester (et faire des bulles de savon) contre leur gré. Les chercheurs sociologues et politologues du Wafaw[16] nous expliqueront peut-être ces comportements dans des séminaires et publications scientifiques (donc impartiaux) que nous finançons via l’Ue.

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

Précisons à propos du 13 XI que l’appel à descendre dans la rue avait été lancé la veille au soir, notamment par le parti Baas et des organisations étudiantes. Une efficience étonnante malgré la désorganisation constatée ensuite sur le terrain. On imagine le temps qu’il aura fallu pour faire remonter ces centaines de milliers de gens dans les bus…
Les chercheurs et politologues avertis diront, à juste titre, que quand on débarque à Damas, comme moi, la veille de ce genre de manif, on n’a pas forcément, pour observer et analyser les événements, cette base de la rigueur scientifique que sont le recul, la distance ; qu’ont par contre les chercheurs sur le terrain. Notamment du haut du Qassioun ; mais au risque de ne pas entendre et voir les manifestants chanter, danser, faire des bulles, manger des sucettes, puis s’immobiliser au son de l’hymne national et scander « Souria ! », ou nous demander d’où on vient et nous dire alors en riant « Sarkozy, Joupé…[et geste de ce qu’on écrase sous le talon] ! ». Tous embrigadés.
Et moi avec, parmi ces « intellectuels subissant les ravages de la propagande » comme l’a ensuite déploré Mr. Burgat dans son intervention à la table ronde géopolitique, sachant qu’au moins une personne dans l’assemblée était perplexe sur ses observations.
Perplexe aussi face aux témoignages trouvés par le chercheur. Comme celui de ce « capitaine de la Garde Républicaine », réfugié depuis 2 ans et demi au Camp de Zaatari[17], à la frontière jordanienne où F. Burgat me dit qu’il repart « dans quelques jours, car on ne peut plus aller en Syrie, mais en Jordanie, on peut y aller facilement » ; surtout avec un financement du Conseil Européen de la Recherche[18].
Questions après lecture du témoignage :
- Pourquoi le pouvoir envoie-t-il un capitaine de la Garde Républicaine désarmé se faire tirer dessus par les « hommes du colonel Hafez Makhlouf, de la sécurité d’Etat » alors que l’armée syrienne est une armée de conscription et qu’on pouvait envoyer de pauvres bidasses plus faciles à berner, à tuer et dont le sacrifice coûte bien moins cher ? Parce que dans l’armée syrienne, les capitaines des unités d’élite sont toujours en première ligne ?
- Pourquoi avoir ensuite laissé les militaires –capitaines ou pas, loyaux ou pas mais armés, cette fois - tuer « les hommes de Makhlouf » afin -ou au risque- de découvrir « ce que faisait exactement le régime » ? Pour tester leur loyauté ? Pour provoquer des désertions ? Pour faire le ménage chez Makhlouf ? Le régime a donc beaucoup d’officiers en réserve pour faire de tels paris.
- Sachant que nos journalistes et même notre ministre des Affaires Etrangères[19] étaient allés à Zaatari, comment donc notre capitaine a-t-il dû attendre du printemps 2011 au 22 novembre 2013 qu’un « advanced grant » arabophone vienne enfin l’interviewer sur ce qui lui est arrivé ? À temps, pour Genève II.

Quels récits aurons-nous maintenant ? Les journalistes non arabisants se chargent d’interviewer (par téléphone) des jeunes de nos banlieues partis faire une croisade inversée ; on arrivera même à en faire passer quelques uns pour des Brigades internationales. Les spécialistes arabophones vont, sur le terrain, se charger des « témoignages » plus recherchés : quelques combattants islamistes plus présentables que ceux que nous montre, voire manipule (cf. Majed et Burgat) le régime ? Des démocrates pacifiques des classes moyennes ? Si possible quelques « communistes » (maintenant appréciés par nos médias, surtout quand ils s’opposent à Assad en Syrie). Tous, devant notre inaction, ayant dû prendre les armes : où ? « La communauté internationale ne leur a pas fourni un seul stinger, même pas au marché noir (sic)» (Majed). Tous Syriens ; que « le régime [avait] montés les uns contre les autres », enfin unis si ce n’est à Paris ou à Genève, au moins dans les camps de réfugiés (jordaniens de préférence, pour ne pas avoir le Hezbollah dans les pattes).
De quoi justifier qu’il faut armer les « rebelles », puisque jusqu’à présent « la communauté internationale n’a rien fait » : ah bon ? Rien, l’embargo économique étasunien depuis 2003 et européen depuis septembre 2011 ? Pour ne parler que de ce que nos gouvernants et leurs spécialistes assument au grand jour.

Dernier acte : « Que se passe-t-il sous nos yeux en Syrie ? » que nous persistons à ne pas voir. Ayad présente : Basma Kodmani «chercheur engagée en sciences sociales, fondatrice et directrice de l'Initiative de Réforme Arabe[20], fondé avant la révolution », « revenue [maintenant] à sa recherche » ; François Burgat « que j’ai rencontré il y a 20 ans déjà » (petit échange de coquetteries avec l’ami de 20 ans qui fait rire la salle), « qui a produit énormément de travail en sciences sociales » ; Ziad Majed, « politologue libanais, enseignant à l’Université Américaine de Paris, qui a eu des responsabilités politiques au Liban » mais on ne nous dira pas lesquelles. Et Y. Al-Haj Saleh, « écrivain, médecin etc. ».
La tribune, où tout le monde se tutoie, revient une dernière fois sur une clé de la rencontre, « le récit fait par le régime » : « son effort de propagande est à la mesure de son manque de légitimité » (Kodmani). Proposition qu’une logique scientifique interrogerait pour toutes les parties, y compris celle, unanime et univoque, représentée ici.
En quittant la séance vers 20h, je m’enquiers auprès du vigile du nombre d’auditeurs : 113 personnes (tribune comprise), dans une salle de 300 places. Petite audience malgré une entrée « libre » dans un des plus beaux (et très médiatisé) lieux de la ville. Mais les bus sont rares le samedi soir dans notre Marseille démocratique et si peu corrompue. Et personne n’était obligé de venir. D’autant qu’on trouve le même récit en boucle dans tous nos médias.
Et il pleuvait.

m-a patrizio
Marseille, 27 février 2014

[1] http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2007411/VisagesdeSyrie1.pdf .

[2] Blog de « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2013/12/03/syrie-temoignage-dun-deserteur-capitaine-dans-la-garde-republicaine/ .

[3] Disponible à la BMVR de Marseille.

[4] Cf. Ziad Majed : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=73&nid=3929 ; et, non mentionné par Majed, son troisième livre a été récompensé par la Fondation Prince Claus des Pays-Bas, voir (encore) « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/09/09/un-opposant-syrien-vivant-en-clandestinite-honore-par-une-fondation-neerlandaise/ .

[5] « [Le photographe] aurait fait sortir les images du pays en les transmettant à un contact au sein d'un groupe d'opposition soutenu par le Qatar. Après l'avoir rencontré à trois reprises lors des dix derniers jours, les experts l'ont jugé « crédible » et « sincère ». » http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/20/syrie-le-regime-accuse-de-torture-a-grande-echelle_4351376_3218.html. Selon d’autres sources, non démenties, le rapport a été commandé au « cabinet Carter-Ruck [qui] a admis travailler pour le Qatar. Surtout, le cabinet Carter-Ruck ne rend accessibles que 10 des 55 000 photographies qu’il décrit » http://www.voltairenet.org/article181850.html .

[6] http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-2eme-partie-et-pendant-ce-temps-en-syrie-avec-francois-burgat-politolog

[7] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?article2252

[8] « Wafaw, Un programme financé sur quatre ans (2013-2017) par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) – advanced grant. » http://www.wafaw.org/about/french/

[9] http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/

[10] « Pas de printemps pour la Syrie : les clés pour comprendre les acteurs et les défis de la crise » : ouvrage collectif, sous la direction de F. Burgat avec Bruno Paoli, décembre 2013.

[11] Dont elle est un des 7 pays fondateurs.

[12] Voir http://www.worldtribune.com/2013/05/31/nato-data-assad-winning-the-war-for-syrians-hearts-and-minds/ (31 mai 2013) repris sans modification jusqu’en décembre 2013: “The data, relayed to NATO over the last month, asserted that 70 percent of Syrians support the Assad regime. Another 20 percent were deemed neutral and the remaining 10 percent expressed support for the rebels”.

[13] http://www.ifporient.org/node/134 .

[14] Mais quand l’ambassade de France à Damas avait fait l’objet de quelques actes de vandalisme, le 11 juillet 2011, l’administration de l’Ifpo avait refusé la protection de l’armée syrienne…

[15] http://www.ifporient.org/node/1

[16] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?rubrique400

[17] Supra note 3.

[18] Supra note 7, et Kick-off meeting in Amman (5-6 October, 2013)

http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/ .

[19] Voir la visite de L. Fabius en août 2012 : http://www.youtube.com/watch?v=OQ_fs_YO0cs

[20] Voir détail : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bassma_Kodmani .

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