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Le blog de Lucien PONS

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Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Les média, #L'OTAN., #l'ONU, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'armée française, #le nazisme, #Terrorisme

Odessa, 2 mai 2014 :
un massacre occulté


« Qui ne connaît la vérité n'est qu'un imbécile.
Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge,
celui-là est un criminel ! »

Bertolt Brecht

(La vie de Galilée)

Qui s’en souvient en France ? Encerclés par une foule en furie, plusieurs dizaines de membres et partisans du mouvement anti-maïdan réfugiés à la maison des Syndicats, à Odessa le 2 mai 2014, sont brûlés vifs ou asphyxiés, d’autres achevés à coups de barres de fer après s’être jetés par les fenêtres pour échapper à l’incendie. Qualifiés de « prorusses », ils avaient fait l’objet d’une opération de « nettoyage » lancée à l’instigation de groupes néo-nazis qui s’étaient déjà illustrés à Kiev quelques semaines auparavant dans la pseudo-révolution orchestrée dans la capitale pour renverser par la force le gouvernement démocratiquement élu. Or, sans ces groupes, et leur encadrement comme fer de lance des manifestations, il n’y aurait jamais eu de « révolution » sur la place Maidan. Quant à Odessa, non seulement des activistes ukrainiens d’obédience fasciste ont bel et bien constitué les troupes de choc armées, cuirassées et casqués qui ont assailli puis envahi la Maison des Syndicats pour y « liquider la racaille pro-russe », comme en témoignent de nombreuses vidéos filmées par des gens n’ayant rien à voir avec le FSB1, mais le déroulement de cette opération a pu s’effectuer sans que les autorités locales n’interviennent pour y mettre fin, la police, présente sur les lieux faisant preuve d’une remarquable passivité, tandis que les pompiers dont la caserne trouvait à proximité, battaient le record de lenteur pour se rendre sur place.

Sans doute, le gouvernement de Kiev s’est-il vu obligé de procéder à quelques limogeages de responsables locaux, à commencer par le gouverneur de la région d’Odessa, sous peine de perdre aux yeux de l’étranger une légitimité démocratique déjà douteuse. Mais les coupables directs ou indirects du carnage semblent toujours bénéficier, bientôt deux ans après l’événement, d’une totale impunité. Bien plus, certains d’entre eux continuent de patrouiller et parader dans les rues d’Odessa, à pied ou en véhicules, pour poursuive la chasse aux « prorusses » et menacer les habitants de la ville qui trouveraient à y redire, et ce jusque dans les tribunaux. Résultat : les parents et amis des victimes en sont encore à attendre que lumière soit faite sur les conditions de leur disparition, terme à prendre dans les deux acceptions du terme, puisque les cadavres de certaines d’entre elles n’ont pas encore été retrouvés.

C’est afin que justice soit rendue qu’une Association des mères des personnes assassinées s’est constituée pour qu’une enquête sérieuse soit réalisée sur ce qui s’est passé à Odessa le 2 mai 2014. Une justice qui, jusqu’ici, semble malheureusement encore relever de la mission impossible. En ce domaine en effet, c’est la parodie qui prédomine. Seul un activiste « pro-ukrainien » c’est-à-dire antirusse et vraisemblablement sympathisant sinon militant de Pravy Sektpr ou Svoboda, a été poursuivi, alors que les assiégeants et les assaillants de la Maison des Syndicats se comptaient par dizaines. À l’inverse, mais de manière complémentaire, 20 manifestants catalogués comme « pro-russes » étaient mis en examen. « Enquête judicaire opaque » titrait un journaliste du Monde, journal pourtant acquis aux positions pro-européennes et néo-libérales des nouveaux dirigeants ukrainiens2. Effectivement, cette enquête traînait au point d’inciter un certain nombre de personnalités à former un « groupe du 2-mai » qui mènerait ses propres investigations. Néanmoins, bien que composé en principe de personnes de « toutes les opinions politiques » et que son travail ait été « considéré comme objectif et sérieux », selon le même journaliste qui ne précise d’ailleurs pas à qui ledit travail devait cette considération, il ne semble pas que l’éclaircissement des faits survenus le 2 mai 2014 auquel il a abouti ait donné pleine satisfaction. 

Il faut dire que la version des faits concoctée par ce « groupe du 2 mai » concordait un peu trop, n’en déplaise à l’envoyé du Monde, avec les attentes de tous ceux qui, à Odessa comme à Kiev, souhaitent que l’affaire honteuse d’un meurtre de masse perpétré par des ultra-nationalistes dans un pays européen dont on se félicite à l’étranger qu’il soit en passe de rejoindre la grande famille des « démocraties », soit au plus vite étouffée, enterrée et oubliée. Ainsi le coup d’envoi des affrontements était-il imputé aux activistes « prorusses » qui auraient attaqué une manifestation pacifique pro-ukrainienne, c’est-à-dire nationaliste, spontanément organisée par les supporteurs de deux équipes de football à l’issue un match. Les deux premiers morts de la journée proviendraient de leurs rangs, atteints par les balles de tireurs « russophiles » sans que cela soit encore prouvé. Un scénario qui n’était pas sans rappeler celui fabriqué après coup dans la foulée de la « révolution de Maïdan » avant que l’on ne découvre qu’en réalité, les snipers qui avaient tiré sur la police aussi bien que sur les manifestants le 20 février 2014 faisaient partie d’un « groupe clandestin » où « se trouvaient impliqués, directement ou indirectement, l’extrême-droite (Pravy Sektor, Svoboda) et un parti oligarchique pro-occidental (Patrie) », avec pour objectif, grâce à un « meurtre de masse perpétré sous une fausse bannière », de « l’emporter dans le conflit assymétrique de Maïdan et prendre le pouvoir en urkraine »3.

La suite du récit ne dépare pas le début. Les « deux camps » auraient ensuite « échangé des cocktails Molotov, provoquant l’incendie ravageur du fait de la quantité de combustible stockée par les anti-Maïdan dans le bâtiment »4. Enfin, les commandos munis de barres ou de battes cernant l’immeuble en flammes auraient « dans leur grande majorité essayé de sauver les personnes pris au piège » au lieu de les achever comme en attestent pourtant les scènes filmées de multiples videos.

Que le « journal de référence » que Le Monde est censé être — de révérence à l’égard des puissants, en fait — se fasse le relais des mensonges et des contre-vérités destinés à dissimuler ou travestir une réalité aussi gênante pour les nouveaux dirigeants ukrainiens que pour leurs alliés euro-atlantistes, n’a rien qui doive surprendre. La présentation unilatérale pour ne pas dire caricaturale qui en est faite, de même que celle de la pseudo-révolution de Maïdan, offre un bon exemple de ce manichéisme primaire auquel cède le complexe médiatico-politico-intellectuel de notre pays pour embrigader une opinion publique qu’ils formatent plutôt qu’ils ne la forment. On a là une fable typique de ce que peut produire ou, dans ce cas, reproduire une presse française mainstream en phase avec la réécriture de l’histoire en temps réel par les autorités officielles ukrainienne ; et ce afin de relativiser l’importance des évènements funestes qui ont endeuillé une partie de la population d’Odessa, en falsifier la signification et nier leur propre implication en plus de celle, avérée, de leurs supplétifs d’extrême-droite.

Si ce conte à dormir debout avait le mérite, comme s’en félicite notre journaliste mondain, d’écarter l’« hypothèse avancée par les médias russes du massacre délibéré »5, il ne pouvait toutefois convaincre que les gens déjà convaincus. Ce qui n’était apparemment pas le cas d’un groupe de membres du Parlement européen qui, préoccupés par l’absence de données fiables relatives au massacre, demanderont en mai 2015 au Premier ministre Arseni Iatseniouk de « tout mettre en œuvre pour rendre publics les résultats des enquêtes sur les meurtres commis sur le Maïdan et les meurtres de masse perpétrés à Odessa ». Peine perdue. Dans un rapport très critique publié en octobre 2015, les experts européens d’un comité consultatif international créé à l’initiative du Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland, jugeaient que l’enquête menée en Ukraine, censée établir les circonstances exactes du massacre et évaluer le travail des services municipaux d’urgence le jour des troubles, « ne répondait pas aux exigences de la Convention européenne des droits de l’homme ». Bien plus, outre qu’elle ne pouvait pas « être qualifiée d’indépendante et efficace », ils estimaient que le « contexte général » qui régnait en Ukraine empêchait les enquêteurs de « réaliser de sérieux progrès dans l’élucidation de la tragédie d’Odessa ».

On comprend dès lors que les mères des victimes du carnage n’aient plus d’autre recours aujourd’hui que de s’adresser à l’ONU pour qu’il ne demeure pas impuni. D’où leur requête auprès d’une instance compétente de cet organisme en matière de protection des droits humains, mandatée pour les cas de tortures, exécutions sommaires, disparitions forcées et détentions arbitraires, pour qu’une commission internationale réellement indépendante, impartiale et objective puisse faire enfin éclater la vérité sur ce qui s’est passé à Odessa le 2 mai 2014 et que les responsables soient punis.

C’est la raison pour laquelle, une conférence suivie d’un débat s’est tenue dans les locaux de l’ONU à Genève le 21 mars 2015 au Palais des Nations, en marge des travaux du Conseil des Droits de l’Homme, avec la participations de M. Xavier Moreau, co-fondateur du site Stratpol, spécialiste des questions géopolitique, de Mme Victoria Malchulko, fondatrice et présidente de l’Association des mères du 2 Mai, témoin direct des évènements survenus ce jour-là et de Mme Elena Radzikhovskaiya, mère d’André Brazhevsky, tué lors du siège et de l’incendie de la Maison des Syndicats, toutes deux enseignantes, l’une à la retraite, l’autre en activité, et habitantes d’Odessa. Le but de cette conférence était d’une part, de retracer l’évolution de l’Ukraine depuis la «révolution» de la Place Maïdan, d’exposer l’impact sur le pays du changement de régime qui s’en est suivi, de replacer la tuerie d’Odessa dans ce contexte socio-historique, tant national qu’international, et de pointer le rôle des différents acteurs de ce drame. D’autre part, il s’agissait de faire connaître à partir de témoignages, non seulement le déroulement concret des évènements mais aussi les multiples obstacles rencontrés pour que la lumière soit faite sur les responsabilités directes et indirectes des autorités de la ville dans cette violence sans précédent à Odessa.

Il faut croire, cependant, que cette recherche de la vérité ne plaisait pas à tout le monde et encore moins l’idée de créer une commission d’enquête libérée de la pression des pouvoirs en place en Ukraine. Après la tentative d’un certain Mykola Cusin, président d’un Comité de Défense de la Démocratie en Ukraine, branche européenne du Comité des Ukrainiens d’Amérique du Nord, pour faire annuler la conférence, sous prétexte qu’elle offrirait une tribune à l’anti-américanimsme, l’antisémitisme, la russolâtrie et l’extrême droite, trois agents provocateurs dont une journaliste urkrainienne mêlée de très près aux évènements du 2 mai, sont venus jouer les agents d’ambiance à leur manière : interruptions du conférencier accompagnées d’injures à son égard, prises de paroles bruyantes sans y être conviés, discours haineux interminables… L’intention de ces perturbateurs était évidente : saboter la conférence et surtout faire capoter la projet de mise en place d’une commission d’enquête internationale. Il a fallu que je leur explique ainsi qu’à l’assistance que nous étions dans une assemblée de gens de pays civilisés et non dans la jungle qu’était devenue l’Ukraine depuis l’arrivée au pouvoir de leurs commanditaires aidés de leurs acolytes néo-nazis pour les obliger à se taire, tâche rendue aisée par les applaudissements approbateurs de la plupart des gens présents.

Le calme revenu, Mme Elena Radzikhovskaiya a pu exprimer, au nom des mères qui comme elle, ont été privées de leurs fils par ce qu’il faut bien appeler un assassinat collectif, le souhait qu’un maximum de personnes des autres pays se solidarisent avec elles pour que les coupables, quels qu’ils soient, soient identifiés, poursuivis, jugés et châtiés.

Que celles et ceux qui se refusent à rejoindre la cohorte des imbéciles ou des criminels, au sens où Bertolt Brecht les désignait, signent cet appel. Les mères des Ukrainiens assassinés le 2 mai 2014 leur en sauront gré.

 

Jean-Pierre Garnier

 

 

 

 

1 FSB : Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie Service secret chargé des affaires de sécurité intérieure. Principal successeur du KGB soviétique dissous en novembre 1991.

2 Benoît Vitkine, « Odessa, un an après le drame du 2 mai », Le Monde, 02.05.2015

3 Ivan Katchanovski, « The “Sniper’s Massacre ”in the Maidan in Ukraine » september 2015 The “Snipers' Massacre” on the Maidan in Ukraine | Oriental review. org

4 Benoît Vitkine, « Odessa, un an après le drame du 2 mai », Le Monde, 02.05.2015.

5 Ibid.

Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
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Odessa, 2 mai 2014 : un massacre occulté
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Quand France 2 et Etienne Leenhardt cherchent à paniquer la population

8 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #L'armée française

8 Avril 2016

Quand France 2 et Etienne Leenhardt cherchent à paniquer la population

La propagande de guerre, c’est ça : le 6 avril 2016, l’ouverture du JT se fait sur cette annonce pressante :

En effet, comme c’était une petite journée calme au niveau du terrorisme, ils ont dû trouver autre chose :

Pujadas, ouverture : “Bonsoir à tous. Dans l’actualité ce soir, le réarmement de l’Europe face au réveil de la menace russe. Les dépenses militaires font un bond en Pologne, en Slovaquie ou dans les pays baltes. Ont-ils raison d’avoir peur ? – Etienne Leenhardt nous répondra“.

J’ai du mal à voir en quoi une augmentation des dépenses militaires au fin fond de l’Europe mérite la Une (que n’a pas eu ce soir-là le référendum sur l’UE aux Pays-Bas, en revanche…), mais passons.

Par chance, les “journalistes” n’ont pas non plus évoqué le fait que l’industrie d’armement est aussi une des plus corruptrices au monde – ce qui ne peut évidemment avoir le moindre lien avec ce fait…

Pujadas : “Bienvenue à tous. C’est un virage pour l’Europe, après des années de baisse continue de l’effort militaire, le réarmement est en cours. C’est le cas de la France ou du Royaume-Uni, dont les budgets repartent à la hausse. Mais c’est la cas, bien davantage encore, pour l’Europe Centrale. En cause, le réveil de la menace russe.”

Reportage : “En Pologne… : total : 40 milliards d’euros (!). En Estonie, on accueille à bras ouverts les navires de l’OTAN venus en renfort dans la région (sic.).

pologne

Ca, c’est de l’information utile qui nous aurait manqué…

pologne-2

Belle fin de reportage

(Dommage, ils n’ont pas pu mettre ça vu que c’est un terroriste modéré syrien qui goûte le foie d’un soldat de l’armée syrienne (chuuuuut, on ne vous le montrera pas au JT), et pas un russe…)

Retour plateau :

Pujadas : “Bonsoir Etienne Leenhardt : ces pays d’Europe centrale ont-ils raison d’avoir peur ?

Etienne Leenhardt, directeur adjoint de l’information de France 2 : “Oui. cette inquiétude elle se comprend. Si vous êtes letton, estonien, polonais, et que vous entendez Vladmir Poutine dire “qu’il faut restaurer la puissance de la Russie dans sa zone historique d’influence”.

Je n’ai pas trouvé la source de cette déclaration – si quelqu’un peut chercher et l’indiquer en commentaire, merci.

J’ai trouvé cette interview de la BBC de décembre 2015 : Russia is not trying to bring back the USSR, but “nobody wants to believe it” […] I would like to think that there is not a person on the planet crazy enough to decide to use nuclear weapons,” he said, adding that this would lead to a “planetary catastrophe

Effrayant en effet…

Que pour la seule année 2015 vous constatez que les dépenses militaires russes ont représenté plus de 20 % du budget de l’État, que vous voyez Vladimir Poutine subtiliser la Crimée à l’Ukraine il y a 2 ans sans aucune réaction de la communauté internationale.

1/ c’est amusant, il me semblait qu’on avait lancé des sanctions contre la Russie, j’ai rêvé ?

2/ mais sinon, c’est quoi alors une “réaction” : la guerre ? Qu’il n’hésite pas, ils embauchent dans l’armée ukrainienne (90 € par mois)

3/ elle avait réagi comment la “communauté internationale” (sic.) quand, en 1954, l’Ukraine avait subtilisé la Crimée à la Russie via le dictateur communiste Khrouchtchev ?

4/ il est au courant que le parlement de Crimée a voté pour, puis la population aussi ? Et que des sondages occidentaux disent que le résultat des votes est conforme à la volonté de la population ?

Eh bien OUI, il y a de quoi être inquiet !

C’est beau la subtilité quand même…

Pujadas : “on peut effectivement parler de menace russe ?”

Leenhardt : “2 opérations militaires l’Ukraine et la Syrie, à la fois limitées mais efficaces.

Sérieusement ?

Il a vu l’armée russe opérer en Ukraine ? C’est dommage qu’en 2014, on n’arrive pas à avoir d’mages quand même… Et ils ne sont pas allés jusqu’à Kiev du coup ?

Quand au rapport avec la Syrie… Après, c’est sûr que ce n’est pas comme si on avait attaqué l’Irak ou la Libye sous de faux prétexte, ou soutenu en sous-main en Syrie les terroristes ayant abattu un avion russe…

“La Russie de Poutine a atteint un de ses objectifs : elle fait à nouveau peur.”

Tiens, celle-là je la mets direct dans mon Best-of des saloperies de “journalistes”, elle est vraiment belle.

Il aurait fait merveille dans les médias il y a un siècle, pour parler du boche. Ou en Allemagne un peu plus tard…

Et même si très peu d’observateurs pensent qu’elle ira au delà,

1. Ah, ben oui, peu se défoncent au crack, c’est sûr, et encore moins sont “journalistes” par chance…

2. ben alors, c’est quoi le micmac dont on parle depuis 3 minutes en terrorisant la population ?

notamment parce que les guerres, ça coûte cher, et que l’économie russe est au plus mal.

ah pardon, j’ai cru que c’était parce que les guerres ça tuait du monde, et que la prochaine risquera même d’anéantir l’espèce humaine – je suis bête…

Et ce n’est pas comme si la Russie avait perdu 20 millions d’habitants la dernière fois, hein… La guerre, ça les fait bien rire j’imagine…

 morts de la seconde guerre mondiale décès pertes deuxième

Donc prions pour que “Poutine” n’obtiennent pas un petit crédit Sofinco, sinon, boum, la guerre…

L’OTAN a annoncé que 4 000 seraient déployés à l’année en Europe de l’Est, pour parer à toute éventualité.

De quoi stopper net l’armée russe, c’est clair… Comme les 8 missiles Patriot polonais.

En tous cas, la Russie n’a en rien menacé la Pologne ou les pays Baltes, mais elle se retrouve avec plus de soldats juste à sa frontière – c’est subtil pour améliorer notre sécurité collective…

Une grande première depuis 30 ans. [Fin]

Ce genre de discours, il avaient en effet les mêmes en URSS durant la guerre froide…

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Eh bien voilà donc une jolie trace pour l’Histoire du niveau intellectuel du directeur adjoint de l’information d’une grande chaîne française en 2016 – je pense que ça aidera probablement les historiens à mieux comprendre ce qui s’est passé ensuite – s’il en reste évidemment…

C’est le moment où je vous renvoie au formidable discours de fin de mandat du Président Eisenhower :

“Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble.” [Dwight Eisenhower, Discours de fin de mandat resté connu sous le nom du Discours du Complexe Militaro-Industriel, 17/01/1961]

Je vous ai enfin préparé une série de graphiques, que ces pantins télévisuels auraient dû faire s’ils avaient encore un peu de professionnalisme, pour informer les téléspectateurs avec quelques faits tangibles :

ue-russie-1

ue-russie-2

otan-russie-1

N.B. vous notez visuellement dans ce schéma que, par habitant, l’OTAN dépense donc en moyenne bien plus que la Russie… En fait, 980 $ contre 630 $/hbt, soit la bagatelle de 50 % de plus...

otan-russie-2

Eh oui, tu penses que les Russes rêvent d’un conflit avec une structure 7 fois plus peuplée et disposant d’un budget militaire 10 fois supérieur – qui ne ferait pas pareil ?

depenses-ue

On note qu’il n’y a que la Pologne parmi les pays cités qui augmente véritablement sur longue période ses dépenses – ce qui n’est ne rien rassurant…

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En conséquence, si tout ceci vous choque, je vous recommande vraiment de ne pas rester inactif et d’écrire (poliment…) :

 

 réponse à "Quand France 2 et Etienne Leenhardt cherchent à paniquer la population"

 

J’étais entrain de grignoter lorsque je suis tombé sur cette ouverture du journal… ma femme a cru que j’étais un poisson lune tellement mes yeux se sont agrandis à en sortir de leur orbite…
Tant de mensonges à la minutes, de contre vérités et de discours guerrier pour “affoler le lambda” qui n’a pas la capacité de réfléchir par lui même “à force d’être abreuvé par tous ces mensonges quotidiens”…
C’est pitoyable… affligeant… et dangereux/effrayant, car ils “jouent avec le feu”… le problème? ce sont “nos vies” qui sont concernées en bout de chaine… ce “pseudo” journaliste est pathétique… il devrait se voir retirer sa carte sur le champ… et par voie de conséquence, son poste…
L’idée d’en référer au CSA et au médiateur de France TV; est excellente Olivier, je suggère à toutes et à tous de le faire… Il faut qu’ils se rendent compte que les gens “ne sont pas naïfs-stupides”…

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Qu'est-ce que le Grand jeu ?

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #Politique étrangère

 

Qu'est-ce que le Grand jeu ?

6 Juin 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Qu'est-ce que le Grand jeu ?

Expression popularisée par Rudyard Kipling, le « Grand jeu » fut, au XIXème siècle, la rivalité pour le contrôle de l'Asie centrale entre l'Angleterre victorienne, installée aux Indes, et la Russie tsariste. Cet affrontement épique, qui prenait la forme d'une lutte d'influence, d'une course à l'exploration ou de tentatives d'alliances, mettait en scène aventuriers, espions ou explorateurs et se déroulait dans les décors somptueux de l’Himalaya, du Pamir, des déserts du Taklamakan ou de Gobi.

Il n'est pas un géopolitologue qui ne parle à présent d'un « nouveau Grand jeu » en Eurasie, moins romanesque mais tout aussi passionnant, dont les ramifications s’étendent à l’échelle de la planète et qui vise, ni plus ni moins, à la prééminence mondiale. Une partie de poker infiniment plus complexe, à plusieurs joueurs - Russie, Etats-Unis et Chine, auxquels il faut ajouter les éternels frères ennemis Inde et Pakistan, l'Iran, la Turquie, les pays européens –, le tout saupoudré d'islamisme et de terrorisme, de ressources énergétiques fabuleuses qui vont conditionner le futur développement économique du monde, d'une guerre des pipelines sans merci et de conflits locaux anciens et irréductibles, dans la zone la plus disputée du globe : le cocktail est explosif ! Faites vos jeux, rien ne va plus…

Le pivot du monde

Dans la foulée d’Halford Mackinder (1861-1947), la pensée géopolitique britannique puis celle des Etats-Unis, qui en ont hérité, s’articule autour de la thèse de pivot du monde (Heartland). Pour l’école anglo-saxonne, c’est autour de l’Eurasie, plus particulièrement de son centre, que s’articulent toutes les dynamiques géopolitiques de la planète : « Celui qui domine le Heartland commande l’Ile-Monde. Celui qui domine l’Ile-Monde commande le Monde ». Disciple de Mackinder, Nicholas Spykman (1893-1943) est considéré comme l’un des pères de la géopolitique aux Etats-Unis. S’il reprend la théorie du Heartland, il y rajoute un Rimland, sorte de croissant entourant le cœur du monde, région intermédiaire entre le Heartland et les mers riveraines et comprenant l’Europe, le Moyen-Orient, le sous-continent indien et l’Extrême-Orient. Pour Spykman, c’est dans cette zone tampon du Rimland que se joue le vrai rapport de forces entre la puissance continentale et la puissance maritime et il convient d’empêcher à tout prix l’union du Rimland et du Heartland en soutenant les Etats du croissant contre le centre. Cela correspond ni plus ni moins à la politique de « containment » menée durant la Guerre froide par les Etats-Unis contre l’URSS. Cette vision marquée par le sentiment d’insularité d’une puissance maritime excentrée, « en bordure » du centre du monde – Grande-Bretagne puis Etats-Unis – a également été influencée par les travaux de l’historien et stratège naval américain Alfred Mahan (1840-1914) qui explique la puissance britannique par sa suprématie maritime face à une Eurasie divisée. De fait, la politique étrangère britannique depuis le XVIIème siècle vise à prévenir et à lutter contre toute tentative d’unification continentale – Habsbourg, Napoléon, Allemagne hitlérienne. La crainte, reprise ensuite par les géopolitologues américains à une échelle plus vaste, sera d’assister à l’émergence d’une puissance continentale hégémonique contrôlant l’Eurasie, donc le monde…

Cette idée force, constante de la pensée géopolitique anglo-saxonne, se retrouve de nos jours chez Zbigniew Brzezinski, l’une des têtes pensantes de l’école américaine. Dans Le Grand échiquier, l’ancien conseiller à la sécurité du Président Carter adjure ses dirigeants : « Il est impératif qu'aucune puissance eurasienne concurrente capable de dominer l'Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester l'Amérique ». Le message est clair : c’est sur le grand échiquier eurasiatique que se joue l’avenir du monde et les Etats-Unis se doivent de le contrôler afin de maintenir leur primauté globale. Diviser pour mieux régner, l’idée est vieille comme le monde mais très actuelle dans la politique des dirigeants américains vis-à-vis de l’Eurasie. Les menées de Washington sous-tendues par cette conception géopolitique et, par contrecoup, les réactions de ses rivaux russe et plus récemment chinois expliquent pour bonne partie les événements que le monde a connus ces vingt dernières années. Derrière l'écume de l’actualité, la lutte qui sourd est celle-ci. Le Grand jeu conditionne tout, c'est l'armature du théâtre sur la scène duquel se jouent les événements quotidiens de l'actualité. Guerres du Golfe de 1991 et 2003, guerre de Tchétchénie, guerre du Kosovo de 1999, attentats du 11 septembre et intervention américaine en Afghanistan, guerre de Géorgie de 2008, isolation de l'Iran, "révolutions colorées" des années 2000, coupures de gaz répétées entre la Russie et l'Europe, mise en place de l’Organisation de Coopération de Shanghai, discours des néo-conservateurs américains sur la « nouvelle Europe », « guerre fraîche » entre Moscou et Washington, crise ukrainienne de 2014 etc. ; tous ces événements découlent du Grand jeu ou s’y rattachent d’une manière ou d’une autre.

Pipelineistan ou la guerre des tubes

En plus d’être le pivot du monde, le point névralgique du globe, l’Eurasie est également terre de richesses, d’immenses richesses. Les soieries, le jade, les épices, les tapis persans ou le caviar ont été remplacés par les hydrocarbures, pétrole et gaz, principalement en Russie et autour de la Caspienne

Aussi important sinon plus que les ressources elles-mêmes, c’est leur acheminement par les gazoducs et oléoducs et le moyen d’influence qui en découle qui cristallise les tensions et les grandes manœuvres, ce que d’aucuns nomment la géopolitique des tubes. Complétant la pensée de Mackinder, un nouvel axiome est apparu : « Qui contrôle les sources et les routes d’approvisionnements énergétiques mondiales contrôle le monde. » C’est particulièrement vrai pour les Etats-Unis dont les stratèges sont conscients de l’inévitable déclin américain : le monde est devenu trop vaste, trop riche, trop multipolaire pour que les Etats-Unis puissent le contrôler comme ils l’ont fait au XXème siècle. Du Projet pour un nouveau siècle américain des néo-conservateurs au Grand échiquier de Brzezinski, une même question prévaut en filigrane : comment enrayer ce déclin, comment le retarder afin de conserver aux Etats-Unis une certaine primauté dans la marche du monde ? La réponse, qui n’est certes pas ouvertement explicitée, passe par le contrôle de l’approvisionnement énergétique de leurs concurrents. « Contrôle les ressources de ton rival et tu contrôles ton rival », Sun Tzu n’aurait pas dit autre chose. Et c’est toute la politique étrangère américaine, et subséquemment russe et chinoise, de ces vingt-cinq dernières années qui nous apparaît sous un jour nouveau.

Les pipelines jouent ainsi un rôle crucial, leur tracé étant la matérialisation sur le terrain des objectifs stratégiques de leur promoteur. Les tubes russes sont autant de flèches visant à percer le Rimland afin de gagner les marchés de consommation européen ou asiatique. Ceux promus par les Américains courent le long de ce même Rimland et tentent d’isoler la Russie tout en contrôlant l’approvisionnement énergétique de leurs « alliés », européens notamment, pour garder un levier de pression sur eux. L’équation est encore compliquée du fait de l’irruption chinoise ainsi que l’émergence d’autres acteurs : Turquie, Inde, Pakistan, Iran, Japon…

La bataille pour les sources et les routes énergétiques combinée à la domination du Heartland et du Rimland, sont les éléments constitutifs de ce nouveau Grand jeu qui définira les rapports de force mondiaux pour les siècles à venir.

Pour aller plus loin, l'analyse de votre serviteur dans la revue Conflits : http://www.revueconflits.com/le-nouveau-grand-jeu-bonus/

 
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L'empire contre-attaque ou le Titanic ?

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #Les média

L'empire contre-attaque ou le Titanic ?

6 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

Nous avons volontairement laissé passer quelques jours après la publication des Panama papers car il était évident que ce qui avait motivé ces ""révélations""" (oui, plusieurs guillemets ne sont pas de trop) allait sortir au grand jour. C'était trop beau pour être vrai : le camp du Bien était composé de blanches colombes immaculées (mis à part quelques exceptions pour la forme) tandis que les adversaires de l'empire - Poutine, Assad, les Chinois, les partis eurosceptiques - étaient cloués au piloris, souvent sur des allégations peu probantes mais dans un défoulement général de la volaille médiatique. Trop beau pour être vrai, effectivement...

On savait que la fondation Soros était derrière l'International consortium of investigate journalists (ICIJ) à la base de la publication, ce qui jette une ombre indélébile sur toute cette affaire. Wikileaks, qu'aucun plumitif occidental ne cite jamais, curieusement, va plus loin : "L'attaque contre Poutine est le fruit d'une collaboration entre l'USAid et la fondation Soros".

Pour mémoire, l'USAid, la (très) mal nommée Agence américaine pour le développement, est derrière la tentative de coup d'Etat contre Hugo Chavez au Venezuela en 2002 et traîne un certain nombre d'autres casseroles. Pas étonnant qu'aucun Américain ne soit cité par l'ICIJ, ce que le directeur de l'organisme justifie avec une hypocrisie invraisemblable :

"Nous n'avons pas l'intention de publier toutes les informations qui pourrait heurter la sensibilité d'innocents individus. Nous ne sommes pas Wikileaks, nous faisons du journalisme responsable" (ÉNORME !)

Ainsi, le gouvernement américain est directement impliqué dans ces fuites, ce qui, toujours selon Wikileaks, est un coup sérieux porté à son intégrité. Faut-il que l'empire soit désespéré pour ressortir à ce genre de tactique... Va-t-elle tout de même payer ? L'avenir nous le dira.

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Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Europe supranationale, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

Par Moon of Alabama le 05 avril 2016

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme. Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique. Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ». On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie. Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit: sur le champ de bataille. Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets. Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep. Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra). Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

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Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme. Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique. Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ». On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie. Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit: sur le champ de bataille. Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets. Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep. Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra). Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

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Les rebelles « modérés » d’aujourd’hui ont aussi lancé des attaques d’artillerie improvisées contre le quartier Sheikh Maqsoud, à dominante kurde, dans la partie de la ville d’Alep tenue par le gouvernement. Au moins 17 civils ont été tués et plus de 50 ont été blessés.

L’opposition « modérée » en Syrie qui reçoit le soutien officiel des Etats-Unis ne veut pas prendre ses distances vis à vis à al-Qaïda:

« Nous ne sommes absolument pas d’accord avec Jabhat Al-Nusra. Nous ne voulons pas de l’idéologie de Jabhat Al Nusra s en Syrie, ni maintenant, ni à l’avenir. Mais nous avons besoin de combattants qui se battent avec nous contre le régime », a déclaré Zakaria Malahefji, un officier politique de Fastaqim Kama Umrit, une coalition de groupes rebelles de la ville d’Alep.

« Les membres de Jabhat Al Nusra sont nos frères », a déclaré Hajj Bakri, un chef rebelle de Hama. « On n’a pas de problème avec eux. »

«Notre relation avec Jabhat Al-Nusra est bonne et nous collaborons avec Jabhat Al-Nusra dans les opérations militaires et pour assurer la sécurité », a déclaré Abou Zeid, un commandant d’Ahrar Al Sham, une milice salafiste pure et dure d’Akrad, dans les montagnes du nord-ouest de la Syrie. Ahrar Al Sham, qui est une des plus puissantes factions rebelles de la guerre, est l’allié individuel le plus important d’Al Nusra.

Tout comme l’État islamique, Al-Qaïda en Syrie ne faisait pas partie de l’accord de cessez-le feu. Les Etats-Unis considèrent officiellement al-Qaïda en Syrie comme une entité terroriste et ennemie. Al-Qaïda n’a aucun intérêt à voir la paix s’installer et le groupe fait donc de son mieux pour la saboter. Au cours des dernières semaines, il a réussi à convaincre les « modérés » de se joindre à lui pour reprendre les combats:

Confronté à une cessation des hostilités sous médiation internationale qui menace d’éroder de façon irréversible son influence, dès la mi-mars, Al-Nusra a entamé une série de pourparlers à l’intérieur de la Syrie pour convaincre les groupes d’opposition de reprendre leur lutte contre le régime. Les dernières 48 heures de progrès de l’opposition au sud d’Alep sont le signe qu’Al-Qaïda a réussi à saper le processus politique et à revenir à une situation qui se prête mieux à sa stratégie de long terme en Syrie.

Samedi, plusieurs groupes rebelles « modérés » soutenus par les États-Unis se sont joints à al-Qaïda dans une attaque contre la ville de Tal Eis, dans la campagne au sud d’Alep, qui est tenue le gouvernement :

Le cessez-le-feu partiel en Syrie semblait se déliter samedi avec de violents combats entre les forces gouvernementales et les combattants de l’opposition, y compris les membres du Front Al-Nusra affilié à Al-Qaïda, aux abords d’Alep, la deuxième plus grande ville du pays, et d’autres endroits du nord du pays.

Au moins 25 combattants pro-gouvernement et 16 de l’opposition sont morts dans des affrontements au sud d’Alep, où le Front Nusra et les milices rebelles ont capturé un village surplombant une route importante, a déclaré à Associated Press un groupe de suivi basé en Grande-Bretagne.

Un certain nombre de groupes – dont certains font officiellement partie de l’accord de cessez-le-feu – ont reconnu, sur les médias sociaux, qu’ils étaient en train de se battre contre les forces gouvernementales.

L’Armée de l’Islam, dont le coordinateur politique dirige la délégation de l’opposition pendant l’interruption des pourparlers de paix à Genève, a annoncé qu’elle avait tué 20 soldats du gouvernement dans des combats à l’extérieur de Damas, vendredi. Elle a annoncé samedi, qu’elle se battait aussi dans la campagne au sud d’Alep, bien qu’on ne pense que le groupe y ait un contingent important.

Il est donc clair que les rebelles « modérés » ont rompu le cessez-le feu et coopèrent pleinement et ouvertement avec al-Qaïda.

À moins que les sponsors de l’opposition ne parviennent à enrêner immédiatement leurs troupes par procuration, il y aura bientôt à nouveau une guerre générale en Syrie. Le gouvernement syrien et ses alliés sont en train de mobiliser plus de forces pour reprendre les zones perdues au sud d’Alep. Pour la première fois, des « conseillers » de l’armée iranienne régulière (pas la Garde révolutionnaire) prendront part aux combats. La force aérienne russe est susceptible de réintroduire en Syrie une partie du contingent qu’elle avait retiré.

Le camp russe avait convenu avec les Etats-Unis d’arrêter les combats et de suivre la voie politique par le biais des négociations à Genève. Cette décision a été prise contre la volonté du gouvernement syrien et de ses alliés iraniens. Ils auraient préféré libérer au moins la ville d’Alep de toutes les forces de l’opposition avant toute négociation.

Mais même si le cessez-le-feu se rompt maintenant, ce que les Russes ont fait aura été très utile. Cela a montré que les Russes étaient capables de faire respecter un cessez-le-feu par leurs alliés quand ils s’engagent à le faire. Cela a également montré que le camp américain, soit n’est pas capable, soit n’a pas envie de faire respecter un cessez-le-feu auquel il s‘est engagé, et, qu’au contraire, il le viole en réarmant ses mandataires pour de nouveaux combats.

La future campagne du gouvernement syrien, sera probablement, avec le plein appui de ses alliés, plus intensive que sa dernière offensive. Cette attaque avait provoqué la dispersion des rebelles, ils étaient vaincus et faisaient retraite dans plusieurs endroits quand leur fuite a été stoppée par l’accord de cessez-le-feu. La prochaine attaque sera plus intense et ne s’arrêtera pas avant que l’opposition ne soit hors de combat.

Aujourd’hui, l’armée syrienne a publié une déclaration demandant à tous les civils de quitter les zones tenues par l’opposition dans les 48 heures. La nouvelle campagne « donnera une bonne leçon » à Al-Qaïda et ses partisans, assure-t-elle.

Moon of Alabama | 4 avril 2015

Article original:http://www.moonofalabama.org/2016/04/syria-as-rebels-break-ceasefire-army-gathers-for-new-campaign.html

Traduction : Dominique Muselet

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Pourquoi les « Panama Papers » ?

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Pourquoi les « Panama Papers » ?

Contrairement aux apparences, la campagne des « Panama Papers » n’aura pas pour conséquence de restreindre les malversations financières et d’augmenter les libertés, mais exactement le contraire. Le système va se contracter un peu plus autour du Royaume-Uni, de la Hollande, des États-Unis et d’Israël, de sorte qu’eux et eux seuls en auront le contrôle. En violant le principe d’égalité devant la Justice et leur éthique professionnelle, les membres de l’International Consortium of Investigative Journalists se sont mis aux service des ennemis de la liberté et des défenseurs du Grand capital, et le fait qu’ils aient épinglé au passage quelques malfrats n’y changera rien. Explications.

| Damas (Syrie)
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La doctrine Romer : contraindre les paradis fiscaux non-anglo-saxons à renoncer et déstabiliser l’Union européenne jusqu’à ce que les capitaux refluent vers les paradis fiscaux du Royaume-Uni, de la Hollande, des États-Unis et d’Israël.

La stratégie économique des États-Unis

Au début de son mandat, le président Obama a désigné l’historienne Christina Romer pour présider son Comité des conseillers économiques. Ce professeur à l’Université de Berkeley est une spécialiste de la crise de 1929. Selon elle, ni le New Deal de Roosevelt, ni la Seconde Guerre mondiale n’ont permis de sortir de cette récession, mais l’afflux de capitaux européens, à partir de 1936, fuyant la « montée des périls ».

C’est sur cette base que Barack Obama a conduit sa politique économique. En premier lieu, il a agi pour fermer tous les paradis fiscaux que Washington et Londres ne contrôlent pas. Puis, il a organisé la déstabilisation de la Grèce et de Chypre, de sorte que les capitaux européens se réfugient dans les paradis fiscaux anglo-saxons.

Tout a commencé en Grèce, en décembre 2008, avec des manifestations à la suite de l’assassinat d’un adolescent par un policier. La CIA a transporté par autobus des casseurs du Kosovo pour perturber une manifestation et installer un début de chaos [1]. Le département du Trésor a pu alors vérifier que des capitaux grecs quittaient le pays. L’expérience étant concluante, la Maison-Blanche décida de plonger cet État fragile dans une crise financière et économique qui remit en cause l’existence même de la zone euro. Comme prévu, à chaque fois que l’on s’interroge sur une éventuelle expulsion de la Grèce de l’euro ou sur une dissolution de la zone euro, des capitaux européens se précipitent dans les paradis fiscaux disponibles, principalement britanniques, états-uniens et hollandais. En 2012, une autre opération fut conduite contre le paradis fiscal chypriote. Tous les comptes bancaires furent confisqués au-delà de 100 000 euros. C’était la première et unique fois, dans une économie capitaliste, que l’on observait ce type de nationalisation [2].

Au cours des huit dernières années, nous avons assisté à de nombreuses réunions du G8 et du G20 qui ont établi toutes sortes de règles internationales, prétendument pour prévenir l’évasion fiscale [3]. Cependant, une fois ces règles adoptées par tous, les États-Unis —et dans une moindre mesure Israël, les Pays-Bas et le Royaume-Uni— s’en sont dispensés.

Les paradis fiscaux

Chaque paradis fiscal a un statut juridique particulier, généralement saugrenu.

Actuellement, les principaux paradis fiscaux sont l’État indépendant de la City de Londres (membre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord), l’État du Delaware (membre des États-Unis), et Israël, mais bien d’autres paradis fiscaux existent, surtout britanniques, à commencer par les îles de Jersey et de Guernesey (membre du duché de Normandie et à ce titre placé sous l’autorité de la reine d’Angleterre, mais ni membre du Royaume-Uni, ni de l’Union européenne), Gibraltar (un territoire espagnol dont la propriété foncière est anglaise et que le Royaume-Uni occupe illégalement), jusqu’à Anguilla, les Bermudes, les îles Caïmans, les îles Turques, les îles Vierges ou Montserrat. Il y a en aussi quelques uns rattachés à la Hollande : Aruba, Curaçao, ou Sint Maarten.

Un paradis fiscal, c’est une « zone franche » étendue à tout un pays. Cependant, dans l’imaginaire collectif, une zone franche est indispensable à l’économie, tandis qu’un « paradis fiscal » est une calamité, c’est pourtant exactement la même chose. Bien sûr, certaines entreprises abusent des zones franches pour ne pas payer d’impôts, et d’autres abusent des paradis fiscaux, mais ce n’est pas une raison pour remettre en question l’existence de ces dispositifs indispensables au commerce international.

Dans leur guerre contre les paradis fiscaux non-anglo-saxons, les États-Unis ont surtout porté des coups contre la Suisse [4]. Ce pays avait développé un strict secret bancaire permettant à de petits opérateurs de mener des transactions à l’insu des gros. En contraignant la Suisse à abandonner son secret bancaire, les États-Unis ont étendu leur surveillance de masse aux transactions économiques. De la sorte, ils peuvent aisément truquer la concurrence et saboter l’action des petits opérateurs.

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Durant une dizaine d’années, Forbes a classé Fidel Castro comme le chef d’État le plus fortuné au monde. S’il est aujourd’hui admis que c’était de la pure propagande, Forbes ne s’est jamais excusé.

Les « Panama Papers »

C’est dans ce contexte que Washington a fourni au Süddeutsche Zeitung 11 500 000 fichiers informatiques piratés au quatrième cabinet d’avocat au monde chargé de créer des sociétés off shore. Cet espionnage étant un crime, les prétendus « lanceurs d’alerte » qui l’ont accompli sont restés anonymes. Bien sûr Washington a d’abord soigneusement trié les dossiers et a exclu en premier lieu tous ceux relatifs à des ressortissants ou à des entreprises états-uniennes, puis probablement ceux qui concernent ses bons alliés. Le fait que quelques prétendus alliés, en délicatesse avec l’administration Obama, —comme le président Petro Porochenko— figurent dans ces documents, nous confirme qu’ils viennent d’être lâchés par leur puissant protecteur.

Alors que le Panama est un État de langue espagnole et que le Süddeutsche Zeitung est édité en Allemagne, les fichiers volés ont été dénommés en anglais par leurs espions : « Panama Papers ».

Au passage, les auteurs de cette carabistouille tentent de nous persuader que tous les hommes qui se dressent contre Washington seraient des voleurs. Souvenons-nous par exemple des campagnes qui furent menées contre Fidel Castro, accusé d’être un trafiquant de drogue et classé par Forbes parmi les plus grandes fortunes du monde [5]. Pour avoir constaté les difficiles conditions de vie de la famille Castro à Cuba, je me demande comment on a pu monter un bobard pareil. Les nouveaux magnats secrets seraient donc Vladimir Poutine, Bachar el-Assad et Mahmoud Ahmadinejad —dont la frugalité est pourtant légendaire—.

Cette propagande contre des adversaires politiques, n’est que la partie émergée de l’iceberg, l’important étant l’avenir du système financier international.

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Violation de l’éthique des journalistes

Le Süddeutsche Zeitung fait partie de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), une association spécialisée non pas dans le journalisme d’investigation comme son intitulé pourrait le faire croire, mais dans la dénonciation de crimes financiers.

Dans les sociétés républicaines, la Justice doit être égale pour tous. Mais l’ICIJ, qui a déjà rendu publics plus de 15 millions de fichiers informatiques depuis sa création, n’a jamais attenté aux intérêts des États-Unis. Elle ne peut donc certainement pas prétendre agir par souci de justice.

En outre, des principes républicains de notre société découlent des obligations pour les journalistes. Celles-ci ont été formalisées dans la Charte de Munich, adoptée en 1971 par tous les syndicats professionnels du Marché commun, puis étendue au reste du monde par la Fédération internationale des journalistes.

Je comprends parfaitement que ce texte impose des limitations parfois difficiles à supporter. Et j’ai, il y a quelques années, fait partie de ceux qui croyaient utiles de pouvoir la violer de temps à autres. Mais l’expérience prouve qu’en la violant, on ouvre la voie à d’autres violations qui se retournent contre les citoyens.

Les journalistes de l’International Consortium of Investigative Journalists ne se sont pas posés de question éthique. Ils ont accepté de travailler sur des documents volés et triés, sans avoir la moindre capacité de vérifier leur authenticité.

La Charte de Munich stipule que les journalistes ne publieront que des informations dont l’origine est connue, qu’ils ne supprimeront pas d’informations essentielles et n’altéreront pas les textes et les documents ; enfin qu’ils n’useront pas de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.
Trois exigences qu’ils ont violées en parfaite connaissance de cause, ce qui devrait les exclure des instances professionnelles et provoquer la révocation des directeurs de la BBC, de France-Télévisions, de NRK, et pourquoi pas de Radio Free Europe/Radio Liberty (la radio de la CIA qui est elle aussi membre du Consortium des journalistes).

L’International Consortium of Investigative Journalists n’en est pas à sa première affaire. C’est lui qui avait rendu publics, en 2013, 2,5 millions de fichiers informatiques volés à 120 000 sociétés off shore. Puis, c’est lui encore qui avait révélé, en 2014, les contrats signés entre des multinationales et le Luxembourg pour bénéficier d’une fiscalité privilégiée. Et c’est lui toujours qui révéla, en 2015, les comptes de la banque britannique HSBC en Suisse.

L’International Consortium of Investigative Journalists, on s’en doute, est financée par de nombreux organismes liés à la CIA, comme la Fondation Ford, et les fondations de George Soros. Ce dernier exemple est le plus intéressant : pour les membres de l’ICIJ, l’argent de M. Soros ne vient pas de la CIA, mais de ses spéculations financières au détriment des peuples ce qui le rendrait plus acceptable.

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Principe fondamental des sociétés républicaines : pour être légitime, la Justice doit s’appliquer également à tous (article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789). Or, depuis sa création, l’ICIJ s’abstient de dévoiler les crimes des États-Unis. Ce faisant, elle accroît les injustices.

Plus de Résistance sans paradis fiscaux non-anglo-saxons

Que le Hezbollah détienne des sociétés et des comptes secrets au Panama et ailleurs n’a rien de surprenant. J’évoquais dans un récent article les efforts de la Résistance libanaise pour s’auto-financer sans avoir à dépendre des subventions iraniennes. Le complexe montage financier auquel il s’est livré devra être entièrement recomposé, faute de quoi le Liban redeviendra la proie de ses voisins israéliens.

Que le président Ahmadinejad ait créé des sociétés off shore pour contourner l’embargo dont son pays était victime et vendre du pétrole n’est non seulement pas un crime, mais c’est tout à son honneur.

Que la famille Makhlouf, les cousins du président el-Assad, ait utilisé un montage financier pour contourner l’embargo illégal des puissances occidentales et permettre aux Syriens de se nourrir durant cinq années de guerre d’agression est tout aussi légitime.

Que va-t-il rester de ce vaste déballage ? D’abord la réputation de Panama est détruite et mettra de longues années à se relever. Ensuite, de petits malfrats qui ont abusé du système seront poursuivis en justice, tandis que quantité de commerçants honnêtes devront longuement se justifier devant les tribunaux. Mais contrairement aux apparences, ceux qui animent cette campagne veilleront à ce que rien ne change. Le système restera donc en place, mais toujours plus au seul profit du Royaume-Uni, de la Hollande, des États-Unis et d’Israël. En croyant défendre leurs libertés, ceux qui auront participé à cette campagne l’auront en réalité réduite.

[1] Merci aux lecteurs qui retrouveront l’interview que j’ai donné à un média grec à ce sujet en 2009. Je n’avais pas écris d’article, juste un paragraphe incident dans « La "révolution colorée" échoue en Iran », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 juin 2009.

[2] « Le pion chypriote », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 25 mars 2013.

[3] « Le G 20 : une hiérarchisation des marchés financiers », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 9 avril 2009.

[4] « Lutte contre la fraude fiscale ou main mise sur le système financier international ? », « UBS et l’hégémonie du dollar », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 3 mars et 21 octobre 2009.

[5] « Forbes invente la fortune de Fidel Castro », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 24 mai 2006.

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Le gouvernement français soutient l'horreur nazie à l'oeuvre en Ukraine: Natacha, survivante des geôles du Pravy Sektor, viols et tortures.

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme, #L'horreur naize

A 55 ans Natacha m’arrive un matin dans nos bureaux, ce sont d’autres prisonniers torturés qui lui ont indiqué le travail que nous effectuons à DONi. Modeste et presque timide elle n’ose pas s’asseoir, je passerais plus de deux heures à écouter le témoignage effarant qu’elle me livre, l’histoire d’une simple femme pris dans le maelström des tortures et des violences du Pravy Sektor et de l’Ukraine du Maïdan brun. Ce témoignage est assurément le plus dur que j’ai eu à relever et pourtant j’en ai déjà entendu, trop entendu. Descente en enfer avec Natacha.

« Je suis née dans le Donbass et j’y ai vécu toute ma vie, je vivais dans un hameau près de Pervomaïskoe non loin de Makeevka et Donetsk. J’étais contrôleuse pour la compagnie locale de gaz et malgré que je ne me sois jamais intéressée à la politique, j’ai participé à l’organisation du référendum pour la fédéralisation de l’Ukraine au printemps 2014, il faut dire que j’étais aussi conseillère municipale de mon village. Malgré cela, quand nous avons vu les troupes ukrainiennes arriver, je ne me suis pas enfuie, je n’avais pas conscience de ce qui allait m’arriver, bien sûr j’étais pour la RPD, pour l’insurrection, mais je n’avais aucune activité subversive. J’ai continué mon travail, avec une petite moto je me trimballais sous le feu et les tirs dans tout le secteur qui m’était attribué pour couper les canalisations de gaz, souvent pendant des bombardements et j’ai fait cela jusqu’au 27 janvier 2015, jour de mon arrestation ».

« Quatre ou cinq solides gaillards cagoulés ont débarqué chez moi en hurlant, ils ont tout fouillé et n’ont rien trouvé, mais dans mon téléphone il y avait les nombreuses adresses des points de gaz à couper et des chiffres correspondants aux relevés. Ils ont décrétés que j’étais une coordinatrice d’artillerie pour l’Armée républicaine, je n’ai pas pu me défendre, les coups pleuvaient et j’ai été emmenée manu militari dans un véhicule. Ils m’avaient scotché la tête et les yeux en plus d’un sac. Durant le voyage, alors que j’étais couchée à l’arrière, un homme ne cessait de ne me questionner et de me frapper à la tête. Ils m’ont emmené dans un état-major du Pravy Sektor entre Celidovo et Novogrodovka où les tortures ont commencé »

« Je suis restée 19 jours en détention, dont sept jours sans nourriture, juste des vitamines dans un verre d’eau et 11 jours avec les mains attachées, jusqu’à ce jour j’en garde des séquelles. Ils m’ont battu à coup de bâton et à mains nues, j’ai eu quasiment toutes les dents du haut cassées par les coups. Ils me jetaient à terre et me frappaient lors de séances terribles. Je n’ai pas vu de médecin avant le onzième jour, on ne m’a pas autorisé à aller aux toilettes, je faisais mes besoins sur moi. En 19 jours j’ai perdu de nombreux kilos et je ne pouvais plus marcher. Ils m’ont cassé et retourné tous les ongles et j’ai un kyste dans le dos dû à des coups de pied. Ils m’ont aussi tailladé légèrement avec un couteau qu’ils m’appuyaient sur le front pour avoir des réponses. La nuit j’étais jetée dans un sous-sol, nous étions dans les locaux d’une mine. J’entendais les hurlements des torturés, beaucoup d’hommes mais aussi quelques femmes, ces cris résonneront toute ma vie dans ma tête ».

« Lorsqu’ils m’emmenaient, je passais devant une pièce où était allongée une jeune femme de peut-être 25 ans, elle s’appelait Carla ou Christina, quelque chose comme ça. Elle était entièrement nue et attachée sur un lit, les bourreaux venaient la violer à la ronde selon leurs envies, elle criait faiblement appelant sa mère « Mamioulia, Mamioula, ne me faîtes plus de mal, je vous en prie… », c’était terrifiant, les bourreaux m’ont dit qu’elle était une « sniper » et que je n’avais pas à en savoir plus, ils l’ont violentée encore longtemps, à la fin elle gémissait et quand ils la violaient, j’entendais les montants du lit qui percutaient le mur, je me trouvais de l’autre côté. J’ai été enfermée ensuite dans une cave, un jour, la jeune torturée avait disparu, je ne sais pas ce qu’ils en ont fait. Dans ce nouveau trou, je suis restée deux jours, il n’y avait pas de chauffage, je ne pouvais dormir à cause du froid, l’endroit était couvert de sang séché, des impacts de balles criblaient littéralement l’un des murs, c’était assurément un lieu de torture et d’exécution des prisonniers, des dizaines de préservatifs usagés pouvaient se voir partout au sol, jetés là après les viols. Il y avait d’autres filles qui hurlaient mais je ne pouvais les voir ».

« Ils m’ont sortis hagarde du sous-sol et j’ai été enchaînée dans une salle de sport où se trouvait une autre femme du nom de Galina Stepenienka. Elle avait la tête tuméfiée et m’a raconté avoir été violée et battue à plusieurs reprises par des soldats bourrés. Nous avions la défense de nous parler, sous peine de mort mais nous avons pu le faire. Je suis restée là, de temps à autre un soldat entrait pour nous donner des coups de pied ou nous insulter, j’ai reçu de la nourriture, un médecin militaire ukrainien m’a détaché les mains le onzième jour, je ne pouvais plus en faire l’usage. J’ai été conduite dans un WC mais je n’ai jamais pu me laver pendant 19 jours. Le dix-huitième jour ils ont placé dans notre salle un jeune prisonnier pas trop amoché, nous avons vite compris que c’était un faux prisonnier et un mouchard, de toute façon qu’avais-je à dire, je n’avais rien fait ! Nous entendions encore chaque nuit les cris des jeunes filles violées et torturées ou ceux des hommes que l’on maltraitait ».

« Le dix-neuvième jour, j’ai été emmenée dans un état pitoyable à Droujovka près de Kramatorsk dans une sorte d’état-major du SBU ou quelque chose comme ça. Là-bas les gens n’étaient pas cagoulés, ils ont préparé une déclaration où je reconnaissais mes activités séparatistes et le fait que je sois une coordinatrice d’artillerie, j’étais prête à tout après un traitement pareil et puis cela ne changeait rien, j’ai signé le papier. J’ai cru qu’ils allaient m’emmener en prison comme une autre femme qui se trouvait là du nom de Yulia Michiouka à Marioupol ou ailleurs mais ils m’ont libéré en pleine nuit. J’ai été reconduite en voiture par un jeune soldat ukrainien qui était effrayé par mon aspect et ce que l’on m’avait fait. Il m’a dit que le Pravy Sektor était toujours dans le secteur où j’habitais et que même si le tribunal m’avait libéré, j’allais disparaître comme beaucoup des gens de mon village, nous avions vu en effet disparaître des gens, comme Sergeï Vassilievitch Reznik, Vladimir Banderenka ou Alexandre Ouzakov et des dizaines d’autres ».

« Nous étions le 14 février, je suis rentrée chez moi avec ordre de ne plus en sortir, mais j’ai compris que je devais fuir. A cette époque, il n’y avait pas de laisser-passer et d’autorisations pour les autobus qui traversaient la ligne de front, alors j’ai pris juste mon sac à main, ce que j’avais comme argent et je suis montée dans un bus. C’était entre le 16 et le 18 février 2015, comme je n’étais pas encore « fichée » au niveau des passages, j’ai traversé la peur au ventre le front me retrouvant à Donetsk le jour même. Depuis je vis dans un foyer du gouvernement et avec l’aide humanitaire de la Fédération de Russie et celle de ma fille. J’ai retrouvé un travail comme cuisinière mais pour un salaire de 1 730 roubles à mi-temps, je survie, tous mes biens sont restés dans la zone occupée. J’ai été entendue par Charline, une Suisse de la Croix rouge et également par un commissaire de l’ONU, il y avait aussi un Français, peut-être de l’Union européenne, j’ai sa carte de visite quelque part… Une chose est sûre, ils ont entendu mon témoignage, mais je n’ai rien vu venir ».

Le témoignage de Natacha se termine ainsi à nouveau sur les traces de la Croix rouge, avec toujours et encore… Charline, avec l’ONU, avec des responsables européens peut-être de l’OSCE. En haut lieu, les autorités européennes et occidentales, sans parler de la Croix rouge, savent, ils savent donc la vérité sur les tortures, sur les viols, les exécutions. Pendant ce temps-là, des journalistes nient encore l’horreur des actes terribles commis par Kiev, son armée, ses services de sécurité et jusqu’à présent pas un des correspondants français des grandes officines médiatiques nationales n’a jamais sorti le moindre témoignage, pourtant à portée sur les crimes contre l’Humanité qui sont perpétrés par l’Ukraine dans le Donbass. Le silence continuera-t-il longtemps ?

Laurent Brayard pour DONi.Press

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Sur le front de Donetsk. Le 4 Avril 2016

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Politique étrangère

Nous déambulons Janus Putkonen et moi sur le front Nord-Ouest de Donetsk entre la gare routière et l’aéroport quelque part aux frontières de la capitale du Donbass. Le décor est cataclysmique, au milieu des destructions, la vie pourtant continue. Un monument à la gloire de l’aventure spatiale de l’URSS trône dans une rue criblée d’éclats d’obus et de balles. Il reste des gens autour, tels des fantômes ils déambulent et vaquent à leur occupation. Au loin, alors que le front est calme ce jour-là nous percevons le bruit d’une meuleuse, sans doute un civil se livre dans ce moment d’accalmie à quelques réparations de son habitation certes encore debout mais passablement constellée des projectiles ukrainiens.

 

C’est le contraste de la ville de Donetsk, cinq kilomètres en arrière, s’il existe des traces de destruction, elles se raréfient pour être minimes dès que l’on se trouve dans le cœur de la ville, au centre de la place Lénine, même si en y regardant de près, des destructions sont apparentes même à cet endroit-là. Ce matin, alors que j’écris ces lignes, une détonation forte d’un obus ukrainien de gros calibre s’est faite entendre, c’est la triste réalité de cette guerre dont plus personne ne veut parler en Occident. Et pourquoi en parler ? Alors que la France à travers la présence du Président François Hollande se portait garante pour l’Ukraine devant la Russie et le Donbass, Kiev multiplie sans fin les provocations que vous pouvez découvrir à travers des centaines d’articles et de vidéos. Ce travail de journalistes, vous ne le trouverez pas en France, vous le trouverez peut-être plus sûrement dans les coins en Allemagne ou en Grande-Bretagne, mais pas en France.

Les destructions s’empilent, alors que nous étions samedi dernier avec Ulfdis sur trois endroits du front autour de Gorloka, les civils nous ont dit que « cela a chauffé la journée précédente et surtout la nuit, nous avons été bombardés à l’artillerie lourde et au mortier », déclare une jeune mère, la trentaine, qui vit avec son compagnon et ses deux enfants sous la menace constante des bombardements ou des snipers ukrainiens. Voici la triste réalité des oubliés du Donbass, ces gens qu’en France, certains voudraient voir mourir, que l’immense majorité préfère ignorer ou carrément par l’effet de la désinformation de nos médias, ignorent bel et bien.

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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"La future Constitution est affaire du peuple syrien", par le Président Bachar al-Assad

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 "La future Constitution  est affaire du peuple syrien",  par le Président Bachar al-Assad

COMITE VALMY

1ère partie de l’entrevue accordée par le Président syrien au Directeur général de l’agence russe Sputnik [Texte intégral]


Question 1 : On parle beaucoup des réfugiés syriens, la majorité des migrants en Europe se présentant comme des Syriens, même les Pakistanais. Selon les évaluations allemandes, 77% sont sans papiers d’identité. Nous aimerions comprendre comment vous évaluez le nombre de déplacés à l’intérieur de la Syrie, ainsi que le nombre de ceux qui ont été forcés à quitter le pays et les raisons de leur fuite. Nous aimerions mettre les points sur les « i » en ce qui concerne ce sujet.

 

Le Président Al-Assad : Il n’y a évidemment pas de chiffres précis. Les chiffres sont approximatifs. Ainsi, ceux qui se déplacent à l’intérieur du pays pour se rendre chez des proches, dans d’autres villages, ne se déclarent pas en tant que réfugiés. La plupart, en quête de sécurité, quittent des zones infiltrées par des terroristes pour aller dans les zones contrôlées par l’État.

 

Ceci dit, je ne crois pas que le problème réside dans les chiffres. Le problème est que, jusqu’à présent, il n’y a eu aucun travail sérieux de la part de nombreux États. Ils traitent la question des réfugiés comme si elle ne concernait que l’étranger.

 

Certains pays européens veulent bien les accueillir pour leur assurer le gîte et des aides. Il arrive même qu’ils envoient des aides aux personnes déplacées à l’intérieur du pays. Mais cela ne résout pas le problème. Le problème fondamental est le terrorisme. Nous devons le combattre au niveau international car il n’est pas uniquement lié à la Syrie. Il sévit aussi en Irak. Il est directement soutenu par la Turquie, la famille des Al-Saoud et une partie des pays occidentaux, notamment la France et la Grande-Bretagne, tandis que d’autres se contentent de regarder sans agir sérieusement. Je pense que plus qu’une question de chiffres c’est là que réside le problème.

 

Question 2 : Je suis persuadé que vous attendez le retour des Syriens dans leur pays, ce qui pourra se faire à partir du moment où vous aurez démarré la reconstruction. Avez-vous déjà estimé l’étendue des destructions et des dommages subis par la Syrie ces dernières années ?

 

Le Président Al-Assad : Les dommages portant sur l’économie et les infrastructures dépassent deux cents milliards de dollars. Le secteur économique pourra être relevé dès que la Syrie retrouvera sa stabilité, mais la reconstruction des infrastructures exigera plus de temps.

 

Nous avons initié le processus de la reconstruction avant que la crise ne soit résolue afin de soulager, autant que possible, le citoyen syrien des dommages subis par l’économie et les infrastructures et, en même temps, diminuer l’émigration vers l’étranger, car il se peut que ceux qui souhaitent revenir soient encouragés au retour par l’espoir d’une amélioration de la situation.

 

L’émigration n’est pas uniquement due au terrorisme et à l’insécurité, mais aussi au blocus et aux sanctions occidentales imposées à la Syrie. Beaucoup de gens résidant en zones sécurisées, indemnes de terrorisme, ont émigré parce que le citoyen ne peut plus assurer les nécessités de sa vie quotidienne.

 

Par conséquent, en tant qu’État, il est impératif que nous agissions pour offrir les moyens, mêmes élémentaires, pouvant améliorer la situation économique et les services à la population. C’est ce que nous faisons en travaillant dès maintenant à la reconstruction.

 

Question 3 : La Syrie devra évidemment compter sur l’aide de la communauté internationale. Sur l’aide de qui compterez-vous pour la reconstruction du pays et comment envisagez-vous le rôle des sociétés et entreprises russes ?

 

Le Président Al-Assad : Dans tous les cas, le processus de reconstruction est un processus gagnant pour les entreprises qui y contribueront, surtout si leurs États les soutiennent en leur accordant les crédits nécessaires. Bien sûr, il est à prévoir que ce processus repose sur les trois États qui se sont tenus à nos côtés tout au long de cette crise : la Russie, la Chine et l’Iran.

 

Mais je pense que nombre d’États qui se sont positionnés contre la Syrie, et en premier lieu les États occidentaux, tenteront d’envoyer leurs propres entreprises pour participer à ce processus. Cela dit, il ne fait aucun doute qu’en ce qui nous concerne, nous nous adresserons principalement aux pays amis. D’ailleurs, ce serait assurément la réponse, politique et affective, de n’importe quel citoyen syrien que vous questionneriez à ce sujet. Il vous dira que nous réserverons le meilleur accueil aux entreprises de ces trois pays, à commencer par la Russie.

 

Quant aux infrastructures en question, elles nécessitent la collaboration de centaines de spécialités et de compétences. C’est pourquoi je crois que le champ d’action sera très large pour toutes les entreprises russes qui participeront à la reconstruction.

 

Question 4 : Monsieur le Président, nous passons aux questions politiques. Comment évaluez-vous les résultats des « négociations » à Genève sur la Syrie, lesquelles ont eu lieu la semaine dernière ?

 

Le Président Al-Assad : Jusqu’ici, nous ne pouvons certainement pas dire que quelque chose ait abouti suite à ces derniers « pourparlers » de Genève, si ce n’est que nous avons abordé des sujets fondamentaux en posant les principes de base des futures négociations, car des négociations sans principes sous-jacents se transforment en palabres chaotiques improductives, autorisant chaque partie à camper sur ses positions et d’autres États à s’ingérer indûment.

 

Nous avons donc commencé par présenter un « document de principes », mais nous n’avons encore travaillé qu’avec M. De Mistura sans entrer en contact avec la partie censée négocier avec nous. Nous devrions poursuivre les discussions et le dialogue autour de ce document lors de la prochaine session. Par conséquent, je peux dire à propos de la dernière session que nous avons initié une méthodologie susceptible d’aboutir au succès des futures négociations et que si nous la respectons, les prochaines sessions seront bénéfiques.

 

Question 5 : Je voulais justement aborder le positionnement de la Syrie lors des prochaines sessions. Quand est-ce qu’elle discutera de ladite « transition politique », laquelle amènera le sujet d’un « organe de transition » qui gouvernerait le pays ? Quel est votre point de vue sur le mécanisme adopté à cet égard ?

 

Le Président Al-Assad : Premièrement, il n’existe pas de définition d’une « période transitoire ». Ensuite, en Syrie, nous pensons que ce concept implique une transition d’une Constitution à une autre, car c’est la Constitution qui définit le système politique souhaité.

 

Par conséquent, la période transitoire doit nécessairement courir sous la Constitution actuelle. Nous ne passerons à une nouvelle Constitution qu’une fois que le peuple syrien l’aura approuvée par son vote.

 

D’ici là et selon notre perception en tant que Syriens, ce que nous pouvons faire est de veiller à la formation d’un gouvernement regroupant les diverses forces politiques syriennes, y compris celles de l’opposition et des indépendants. Une structure transitoire ou un gouvernement momentané, dont le but principal sera de travailler à la nouvelle Constitution avant de la soumettre au suffrage des Syriens et qui ne sera applicable qu’après leur approbation.

 

Rien dans la Constitution syrienne, ni dans aucune autre, ne correspond à un « organe de transition ». C’est un discours illogique et inconstitutionnel. Quels seront les pouvoirs d’un tel organe ? Comment pourrait-il gérer le quotidien des citoyens ? Qui évaluera leurs besoins ? Aujourd’hui, nous disposons d’une Assemblée du peuple [le Parlement syrien] et d’une Constitution qui dirigent le gouvernement et l’État. C’est pourquoi la solution est celle d’un « gouvernement d’union nationale » qui préparera la nouvelle constitution.

 

Question 6 : À ce stade et concernant ce gouvernement, je souhaitais vous interroger sur les modalités de sa formation. Qui le composera ? Serait-ce le Parlement élu le 13 avril prochain ou bien vous-même ? Accepteriez-vous une participation internationale à sa formation ?

 

Le Président Al-Assad : Tel est l’objectif des pourparlers de Genève, un dialogue entre Syriens pour que nous nous mettions d’accord sur la composition de ce gouvernement. Nous n’avons pas encore d’idée définitive étant donné que, mis à part certaines personnes, les autres parties n’ont toujours pas accepté ce principe.

 

Une fois que nous nous serons tous entendus sur ce principe, nous dirons comment il nous faudra l’exécuter. La logique voudrait que soient représentées les forces indépendantes, les forces de l’opposition et les forces en accord avec l’État actuel. Théoriquement, cela pourrait se faire rapidement.

 

Quant aux modalités techniques devant aboutir à la formation de ce gouvernement, comme vous le savez, existent des ministères avec ou sans portefeuille et certains y entreront sans avoir l’expérience du travail gouvernemental. Dès lors, nombre de questions devront être discutées et détaillées à Genève. Je ne pense pas qu’elles seront sources de complications insolubles, car elles sont toutes susceptibles de trouver un règlement.

 

Concernant le Parlement, il n’a aucun rôle à jouer dans ce processus qui doit être réglé entre nous et l’ « opposition à l’étranger ». Il supervise le gouvernement syrien mais ne le nomme pas.

 

Question 7 : Pensez-vous que le prochain Parlement sera de toutes les couleurs ?

Le Président Al-Assad : Cela dépend des électeurs syriens. Y’aura-t-il de nouvelles couleurs dans la société syrienne ? Il ne suffit pas qu’il y’ait de nouveaux partis, comme cela fut le cas lors des élections législatives en 2000, car il est possible qu’existent une centaine de partis sans qu’ils aient tous leurs représentants aux élections. Que souhaitera le citoyen syrien pour aller voter ? Comme vous le savez, ce sont des questions qui demandent du temps. N’importe quel nouveau parti en a besoin pour prouver le bien-fondé de son programme politique aux citoyens. Actuellement, étant donné les circonstances difficiles, il est possible qu’ils ne souhaitent pas tenter trop de nouveautés, comme il est probable que ce soit le cas quand la situation sécuritaire ira vers le mieux et que les préoccupations politiques du citoyen prendront le pas sur ses préoccupations vitales. Aujourd’hui, le citoyen syrien pense d’abord à sa vie, à sa sécurité, ensuite aux nécessités de son quotidien, aux études de ses enfants et à sa santé ; le reste est du domaine du secondaire. C’est pourquoi je ne m’attends pas à un changement radical dans l’immédiat.

 

Question 8 : Vu la situation dans sa globalité, comment croyez-vous que vos succès sur le terrain et les victoires des forces gouvernementales pourront aider la transition politique, certains étant convaincus que ces victoires consolideront vos positions lors des pourparlers de Genève, d’autres déclarant qu’elles menacent le processus politique ?

 

Le Président Al-Assad : C’est une question très importante. Il y a, en effet, ceux qui présentent le positionnement de la Russie contre le terrorisme comme un simple soutien au Président, ou au gouvernement, et donc comme un obstacle au processus politique. Ce serait vrai si nous n’avions pas été souples dès le départ et si nous nous étions vraiment butés.

 

Or, si vous reveniez sur la politique suivie par l’État syrien depuis cinq ans, vous constateriez que nous avons tenu compte de toutes les initiatives avancées par toutes les parties, sans exception, même lorsqu’elles n’étaient pas sincères ; notre but étant de ne rater aucune occasion susceptible de résoudre la crise.

 

C’est pourquoi, ma réponse à ce sujet se résumera à dire que le soutien militaire russe et le soutien des amis de la Syrie, ainsi que les victoires militaires syriennes, mèneront à l’accélération de la solution politique, non l’inverse. Nous n’avons pas modifié nos positions, ni avant, ni après le soutien russe. Nous nous sommes rendus à Genève avec toujours autant de souplesse.

 

En même temps, je dirai que ces victoires auront leur influence sur les forces et les États qui empêchent la solution, à commencer par l’Arabie Saoudite, la Turquie, la France et la Grande-Bretagne qui parient sur notre échec sur le terrain, afin d’imposer leurs conditions lors des négociations politiques. Raisons pour lesquelles, je pense que ces avancées militaires aboutiront à accélérer la solution politique et non à la menacer.

 

Question 9 : S’agissant de l’avenir, comment envisagez-vous la présence de bases militaires étrangères sur le territoire syrien ? À quelles conditions elles y resteront et est-ce que la Syrie en a besoin ?

 

Le Président Al-Assad : Si nous parlons de la période actuelle, oui, nous en avons certainement besoin, parce qu’elles sont efficaces dans la guerre contre le terrorisme. Et même si la situation sécuritaire se normalisait, la lutte contre le terrorisme ne sera ni rapide, ni éphémère. Le terrorisme s’est répandu dans cette région sur des décennies et il faudra le combattre sur une longue période. D’un autre côté, ces bases ne sont pas uniquement liées à la lutte contre le terrorisme, mais sont aussi liées à la situation internationale générale.

 

À notre grand regret, l’Occident, tout au long de la guerre froide, au-delà et jusqu’aujourd’hui, n’a pas changé sa politique. Il veut étendre son hégémonie et décider pour les autres nations. Malheureusement, les Nations Unies n’ont pas été en mesure de jouer leur rôle dans le maintien de la paix internationale. Par conséquent, tant qu’elles ne retrouveront pas leur véritable rôle, ces bases militaires seront nécessaires, pour nous, pour vous et pour l’équilibre du monde. C’est un fait. Que nous soyons d’accord ou pas, c’est actuellement une nécessité.

 

Question 10 : Des bases militaires de quels États parlez-vous exactement ?

Le Président Al-Assad : Je parle uniquement des bases russes. Nous n’avons pas de bases d’un autre État. D’une part, parce que nos relations avec la Russie datent d’une soixantaine d’années et sont fondées sur la confiance et la transparence. D’autre part, parce qu’en matière de politique la Russie s’appuie sur des principes et que nous respectons ces mêmes principes. C’est pourquoi, la présence de bases militaires russes en territoire syrien n’est pas une occupation. Bien au contraire, elle renforce nos relations, notre amitié, la stabilité et la sécurité. Et c’est ce que nous voulons.

 

Question 11 : Pouvez-vous imaginer ou accepter l’idée que le système de gouvernance de l’État syrien se transforme en un système fédéral ? Si oui, quelle forme prendrait l’autonomie kurde et quelle en serait l’étendue ?

 

Le Président Al-Assad : Du point de vue géographique, la Syrie est trop petite pour se transformer en État fédéral, elle est probablement moins étendue que la plupart des Républiques de Russie. En principe, la Syrie ne me paraît pas destinée au fédéralisme, faute de facteurs naturels pouvant justifier un tel système. Mais naturellement, en tant qu’État, nous approuvons ce que le peuple approuve, et le fédéralisme dépend de la Constitution, laquelle est soumise à l’approbation de ce même peuple.

 

Ceci étant dit, le concept de fédération kurde aurait besoin d’être corrigé. La majorité des Kurdes de Syrie veulent vivre au sein d’un État unitaire dirigée par un gouvernement central non fédéral. Il ne faut donc pas confondre certains Kurdes qui réclament un système fédéral et tous les autres Kurdes. D’ailleurs, d’autres composantes non-kurdes, aussi peu représentatives quantitativement, cherchent la même chose. Ce n’est pas pour autant que l’idée du fédéralisme soit acceptée par la majorité du peuple syrien. C’est pourquoi, je ne pense pas qu’au cas où cette idée serait soumise à son suffrage direct, elle aurait son approbation.

 

Question 12 : Mais maintenant, on parle d’une nouvelle Constitution. Êtes-vous d’accord sur le fait que la nouvelle Constitution devrait être prête en août, une date fixée par John Kerry après ses entretiens au Kremlin, alors que la position de la Russie n’a pas encore été annoncée ?

 

Le Président Al-Assad : La rédaction de la constitution pourrait être prête en quelques semaines, les experts en la matière et les propositions ne manquent pas. Ce qui prend du temps ce sont les discussions. La question devient donc : quel est le processus politique qui devrait nous mener à débattre de la Constitution ?

 

En tant qu’État, nous pouvons aujourd’hui rédiger une Constitution et la soumettre aux citoyens, mais lorsque nous parlons de « forces politiques », quelles sont-elles ? Nous ne le savons toujours pas. Nous posons la question à M. De Mistura, il ne le sait pas ! Même les Américains ne savent pas, tandis que l’Occident, par moments, ainsi que certains autres États, notamment l’Arabie saoudite, veulent restreindre toutes les autres parties au seul « groupe d’opposants de Riyad », lequel comprend des membres terroristes, dans le but de donner une image unique de l’opposition avec laquelle nous serions censés négocier une Constitution. C’est une opposition qui n’existe pas en Syrie. À part cela, le délai du mois d’août est correct et suffisant.

 

Docteur Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
30/03/2016

Source : SANA [Syrian Arab News Agency], 1ère partie.
http://sana.sy/ ?p=361365

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

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13e voyage de Le Drian au Qatar : “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France”

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #Terrorisme

13 voyages chez un pays croupion qui soutient le terrorisme, pour quelques milliards – le prix de notre âme…

Source : Le Point, AFP, 29/03/2016

L’armée qatarie a passé commande de 24 Rafale en 2015 pour 6,3 milliards d’euros et plusieurs gros contrats pourraient être signés prochainement.

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Ce mardi, le ministre français de la Défense a défendu les couleurs de l’industrie française de l’armement, sur les rangs pour de juteux contrats au Qatar dans la foulée du succès de l’avion de combat Rafale. “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France. Il ne faut pas mégoter sur les mots”, a déclaré Jean-Yves Le Drian en marge du salon de l’industrie militaire navale DIMDEX à Doha, faisant référence à la proximité de vues entre les deux pays sur la situation régionale et aux liens de défense bilatéraux.

Signe le plus concret de ce partenariat, l’armée qatarie a passé commande de 24 Rafale en 2015 pour 6,3 milliards d’euros. “Ce succès, je l’espère, en appellera d’autres”, a déclaré le ministre devant les industriels français présents au Doha International Maritime Defense Exhibition (Dimdex). Le groupe de construction navale militaire DCNS est candidat pour la vente de trois frégates antimissiles au Qatar – un marché de trois à quatre milliards d’euros – et le constructeur Nexter pour celle de 300 véhicules de combat de type VBCI (deux milliards). “Peut-être que le chiffre 13 est un chiffre de chance”, a lancé le ministre, qui effectuait son 13e déplacement à Doha depuis sa prise de fonctions en mai 2012.

Le Qatar, soutien actif des Frères musulmans

Au Dimdex, Jean-Yves Le Drian a fait le tour de plusieurs stands tricolores avec le jeune émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, visiblement très à l’aise en français. “Je connais”, a souri l’émir devant le stand de Dassault, constructeur du Rafale. Les deux hommes ont aussi échangé quelques mots sur le match de football qui opposera le PSG, financé par le Qatar, à Lorient, ville natale du ministre français en Bretagne, en demi-finale de la Coupe de France en avril. Jean-Yves Le Drian a aussi eu l’occasion de vanter les mérites du “made in France” lors d’un entretien avec le ministre d’État qatari à la Défense, Khaled ben Mohamed al-Attiya. À l’appui du savoir-faire français, la frégate L’Aconit, déployée dans la région, avait fait escale au Dimdex, au côté de sept autres bâtiments étrangers (britannique, italien, indien…)

Le Qatar, soutien actif des Frères musulmans et de groupes armés radicaux en Syrie, est un allié jugé parfois encombrant pour Paris, même s’il rejette, comme l’Arabie saoudite, tout lien politique ou financier avec le groupe État islamique. “Nous parlons très franchement (..) Nous avons une relation saine“, a riposté Jean-Yves Le Drian aux critiques politiques en France sur la proximité entre les deux pays. DCNS est en concurrence avec une offre de l’Italien Fincantieri. Doha, qui veut acquérir ces bâtiments avant le Mondial de football de 2022, devrait annoncer d’ici l’été sur quel constructeur se porte son choix, la première livraison devant intervenir dès 2021.

Le prix du baril, trouble-fête

Le Qatar a par ailleurs entrepris la modernisation de son armée de terre avec, outre 60 chars Leopard-2 allemands commandés en 2013, un appel d’offres pour 300 véhicules de combat. En 2014, Doha a également signé une lettre d’intention pour l’achat de 22 hélicoptères européens NH90. Ce contrat de près de deux milliards d’euros est “prêt, mais pas encore signé”, relève-t-on à Paris. Les appareils doivent être fabriqués en France et en Italie. L’effondrement des prix des hydrocarbures a bousculé le calendrier d’acquisitions du Qatar, en difficulté budgétaire comme d’autres pays du Golfe et qui du coup a fait des frégates sa priorité. Doha s’inquiète du potentiel militaire de l’Iran chiite, puissance régionale rivale des monarchies sunnites du Golfe, et cherche à se doter de capacités antimissiles pour protéger notamment sa plateforme gazière offshore. Le Qatar constitue un enjeu important à l’export pour DCNS en 2016, avec l’Égypte et l’Australie.

Le Caire pourrait commander deux corvettes Gowind supplémentaires au constructeur français – outre les quatre déjà négociées – et deux bateaux plus petits pour un total de 500 millions d’euros, selon plusieurs sources françaises. DCNS est également sur les rangs pour le “contrat du siècle”, la vente de 12 sous-marins à l’Australie pour plus de 20 milliards d’euros. Sur ce créneau, la partie s’annonce toutefois très serrée face à l’allemand ThyssenKrupp et à un consortium japonais. Si le Qatar passe commande, les trois frégates seront construites à Lorient, une bouffée d’air pour le site industriel et la ville natale de Jean-Yves Le Drian, également président de la région Bretagne.

Source : Le Point, AFP, 29/03/2016

 

Réponses à: 13e voyage de Le Drian au Qatar : “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France”

 

Spectre Le 03 avril 2016 
 
 

Le cumulard Le Drian, qui s’est tranquillement assis sur l’article 4 de la Charte de déontologie qu’il avait pourtant signée, pourra profiter de son séjour au soleil pour s’inspirer de la législation sociale locale : link to lemonde.fr La loi Travail reste un peu molle, il y a de toute évidence matière à puiser dans le meilleur du savoir-faire qatari pour doper la compétitivité de nos entreprises.

On pourrait par exemple demander son avis à un autre grand amoureux du Qatar, M. de Juniac (PDG d’Air France) : « Comme le disait mon homologue de Qatar Airways, hier, à propos de la grève, “Monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison”. » link to francetvinfo.fr

Anecdote amusante : le Qatar, qui n’est pas un pays francophone, est pourtant… membre de la Francophonie. link to lemonde.fr Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour que le pognon wahhabite continue à pleuvoir !

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