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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Comment la Turquie soutient les jihadistes par Thierry Meyssan

25 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Turquie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Comment la Turquie soutient les jihadistes

La Russie a posé la question de l’avenir de la Turquie en remettant au Conseil de sécurité un rapport de renseignement sur les activités de soutien de ce pays aux jihadistes. Le document comprend une dizaine de révélations mettant en cause les agissements du MIT. Le problème est que chacune des opérations citées renvoie à d’autres opérations dans lesquelles les mêmes acteurs ont oeuvré avec les États-Unis ou leurs alliés contre la Russie. Ces renseignements s’ajoutent à ceux déjà disponibles sur les liens personnels du président Erdoğan avec le banquier d’Al-Qaïda et sur le recel par son fils du pétrole volé par Daesh.

| Damas (Syrie)
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La Russie a remis aux membres du Conseil de sécurité de l’Onu un rapport de renseignement sur les activités de la Turquie en faveur des jihadistes opérant en Syrie [1]. Ce document livre une dizaine de faits qui, chacun, viole une ou plusieurs résolutions du Conseil.

Ce faisant, la Russie place le Conseil devant ses responsabilités et, par extension, plusieurs autres organisations inter-gouvernementales. En droit, le Conseil devrait demander les preuves correspondantes à ces assertions et convoquer la Turquie pour explications. Dans le cas où la culpabilité de la Turquie serait établie, il devrait décider des sanctions à prendre sous le chapitre VII de la Charte, c’est-à-dire en recourant à la force. De leur côté, l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord et l’Organisation de la coopération islamique devraient exclure de leurs rangs cet État-voyou, tandis que l’Union européenne devrait cesser les négociations d’adhésion.

Cependant, une lecture attentive du rapport de renseignement russe montre que les faits allégués sont susceptibles d’ouvrir bien d’autres dossiers et de mettre en cause d’autres puissances. De sorte qu’il est plus probable que l’on ne discutera pas publiquement ce rapport, mais que l’on négociera à huis clos l’avenir de la Turquie.

Le cas Mahdi Al-Harati

Né en Libye, en 1973, Mahdi al-Harati a émigré en Irlande et y a fondé une famille.

En mai 2010, il se trouve à bord du Mavi Marmara, le navire amiral de la « Flottille de la liberté », organisée par l’ONG turque IHH, pour livrer de l’aide humanitaire à Gaza. Les bateaux sont piratés en haute mer par l’armée israélienne, provoquant un scandale international. Les passagers sont enlevés par Tsahal, séquestrés en Israël, puis finalement libérés [2]. Le Premier ministre d’alors, Recep Tayyip Erdoğan, se rend dans un hôpital pour réconforter les militants blessés. Son cabinet diffuse une photographie où l’on voit l’un d’entre eux l’embrasser comme son père. Il s’agirait d’un turco-irlandais, El Mehdi El Hamid El Hamdi, en réalité, le libyo-irlandais Mahdi al-Harati.

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En juillet 2011, sa maison de Rathkeale (Irlande) est cambriolée. Sa compagne, Eftaima al-Najar, prévient la police et déclare que les voleurs se sont emparés de riches bijoux égyptiens et libyens et de 200 000 euros en coupures de 500. Contacté par téléphone, Mahdi al-Harati confirme à la police avoir rencontré les autorités du Qatar, de France et des États-unis et avoir reçu cette somme de la CIA pour aider au renversement de Mouamar el-Kadhafi [3]. Il reviendra ultérieurement sur ses premières déclarations, lorsque la Résistance libyenne s’emparera de l’affaire [4]

En juillet-août 2011, il commande la Brigade de Tripoli —dont son beau-frère, Hosam al-Najjair, est également membre—, une unité d’Al-Qaïda encadrée par des légionnaires français, chargée par l’Otan de prendre l’hôtel Rixos [5]. Officiellement, l’hôtel est le centre de presse international, mais l’Alliance a été informée par le constructeur turc du bâtiment qu’il comprend un sous-sol aménagé, accessible de l’extérieur, où se réfugient divers membres de la famille Kadhafi et des responsables de la Jamahiriya. Durant plusieurs jours, il se bat avec les Français contre les soldats de Khamis Kadhafi [6]

En septembre 2011, l’Otan le nomme adjoint d’Abdelhakim Belhaj, le chef historique d’Al-Qaïda devenu « gouverneur militaire de Tripoli » [7]. Il démissionne le 11 octobre prétendument à la suite d’un différent avec Belhaj [8].

Pourtant, en novembre 2011, aux côtés d’Abdelhakim Belhaj, il commande un groupe de 600 à 1 500 jihadistes d’Al-Qaïda en Libye —anciennement du Groupe islamique combattant en Libye (GICL)— qui sont enregistrés comme réfugiés et transportés par mer en Turquie sous la responsabilité de Ian Martin, ancien secrétaire général de la Fabian Society et d’Amnesty International, devenu représentant spécial de Ban Ki-moon.

Arrivés en Turquie, les jihadistes sont transférés par autobus, escortés par le MIT (services secrets turcs), en Syrie. Ils s’installent à Jabal al-Zouia où ils créent pour le compte de la France, l’Armée syrienne libre (ASL). Durant près de deux mois, Abdelhakim Belhaj et Mahdi al-Harati reçoivent tous les journalistes occidentaux qui tentent de couvrir l’événement en passant par la Turquie dans ce qu’ils transforment en un « village Potemkine » [9]. Le cabinet du Premier ministre Erdoğan les met en liaison avec des passeurs qui les transportent en moto à Jabal al-Zouia. Là, ils voient de leurs propres yeux des milliers de personnes manifester « contre la dictature de Bachar el-Assad et pour la démocratie ». Conquise, la presse occidentale conclut à la révolution, jusqu’à ce qu’un journaliste du quotidien espagnol ABC, Daniel Iriarte, constate que les manifestants ne sont majoritairement pas syriens et reconnaisse leurs chefs libyens Abdelhakim Belhaj et Mahdi al-Harati [10]. Peu importe, le spectacle de la Brigade des faucons du Levant (Suqour al-Sham Brigade) a fait son effet. Le mythe d’une ASL composée de « déserteurs de l’armée arabe syrienne » est né et les journalistes qui l’ont alimenté ne reconnaîtront jamais avoir été bernés.

En septembre 2012, Mahdi al-Harati rejoint la Libye pour raisons médicales, non sans avoir au préalable formé avec son beau-frère un nouveau groupe de jihadistes, Liwa al-Umma (la Brigade de l’Oumma) [11].

En mars 2014, Mahdi al-Harati escorte un nouveau groupe de jihadistes libyens qui rejoint la Turquie par la mer. Selon le rapport de renseignement russe, il est pris en charge par le numéro 2 du régime, Hakan Fidan, le chef du MIT (services secrets), qui vient juste de réintégrer ses fonctions. Ils rejoignent Daesh par le poste frontière de Barsai. Cette décision fait suite à la réunion organisée à Washington par la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice, avec les chefs des services secrets du Golfe et de Turquie en vue de leur confier la poursuite de la guerre contre la Syrie, prétendument sans avoir à utiliser Al-Qaïda et Daesh [12].

En août 2014, Mahdi al-Harati est « élu » maire de Tripoli avec le soutien du Qatar, du Soudan et de la Turquie. Il dépend du gouvernement de Tripoli, dominé par les Frères musulmans et rejette celui de Tobrouk, soutenu par l’Égypte et les Émirats arabes unis.

Le parcours de Mahdi al-Harati atteste des liens entre Al-Qaïda en Libye, l’Armée syrienne libre, Daesh et les Frères musulmans, réduisant à néant la théorie d’une révolution démocratique en Syrie. Elle montre aussi le soutien dont ce réseau a bénéficié de la part des États-Unis, de la France et de la Turquie.

Le transfert de combattants de Daesh de Syrie au Yémen

Le rapport de renseignement révèle que les services secrets turcs ont organisé le transfert de combattants de Daesh de la Syrie vers le Yémen. Ils auraient selon les cas été transportés par avion ou par bateau vers Aden.

Cette imputation avait déjà été formulée, le 27 octobre 2015, par le porte-parole de l’Armée arabe syrienne, le général Ali Mayhub. Selon lui, au moins 500 jihadistes de Daesh avaient été aidés par le MIT turc pour se rendre au Yémen. Ils avaient été embarqués sur deux avions de Turkish Airlines, un de Qatar Airways et un des Émirats. Arrivés à Aden, les jihadistes furent divisés en trois groupes. le premier se rendit au détroit de Bab el-Mandeb, le second à Marib, et le troisième fut envoyé en Arabie saoudite.

Cette information, qui avait été largement développée par les médias arabes pro-Syriens, a été ignorée par la presse occidentale. Côté yéménite, le général Sharaf Luqman, porte parole des militaires fidèles à l’ancien président Saleh, confirma l’imputation syrienne et ajouta que les jihadistes avaient été accueillis au Yémen par des mercenaires de Blackwater-Academi.

Le transfert de combattants de Daesh d’un théâtre d’opération vers un autre atteste la coordination des opérations en Syrie et au Yémen. Il met en cause la Turquie, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et Blackwater-Academi.

Le « village tatar »

Le rapport de renseignement russe évoque également le cas du « village tatar », un groupe ethnique tatar, initialement basé à Antalya, puis déplacé par le MIT plus au nord, à Eskişehir. Bien qu’il précise qu’il comprend des combattants d’Al-Qaïda et qu’il aide des combattants islamistes en Syrie, il n’explique ni pourquoi ce groupe a été déplacé plus loin de la Syrie, ni quelles sont ses activités précises.

Les Tatars forment la seconde minorité russe et très rares sont ceux qui adhérent à l’idéologie jihadiste des Frères musulmans ou du Hizb-ut-Tahrir.
Cependant, en mars 2012, des islamistes arabes du Tatarstan se sont attaqués à une exposition sur la Syrie « berceau de la civilisation » au musée de Kazan. Un peu plus tard, le 5 août 2012, des jihadistes, à la fois arabes et tatars, se réunissent secrètement à Kazan, incluant des représentants d’Al-Qaïda.
En décembre 2013, des jihadistes tatars panturquistes du mouvement Azatlyk (Liberté), quittent le théâtre syrien pour rejoindre l’Ukraine et assurer le service d’ordre de la place Maidan, dans l’attente du coup d’État ; tandis que d’autres militants de la même organisation manifestent à Kazan.
Le 1er août 2015, un Congrès mondial des Tatars est organisé à Ankara, avec le soutien et la participation des gouvernements ukrainiens et turcs. Il est présidé par le célèbre agent de la CIA durant la Guerre froide, Moustafa Djemilev, et décide la création d’une « Brigade musulmane internationale » pour « libérer » la Crimée. Djemilev est immédiatement reçu officiellement par le président Recep Tayyip Erdoğan [13]. La Brigade dispose d’installation à Kherson (Ukraine). Elle organise divers sabotages en Crimée, dont une gigantesque panne d’électricité (coupée depuis l’Ukraine), puis ne parvenant pas à entrer massivement en Russie, va renforcer les troupes ukrainiennes au Donbass.

Si le Conseil de sécurité se mettait à creuser la question du « village tatar », il ne manquerait pas d’observer que les États-Unis, la Turquie et l’Ukraine sponsorisent les jihadistes tatars en Syrie, en Crimée et au Tatarstan, y compris des membres d’Al-Qaïda et de Daesh.

Les Turkmènes de la Brigade Sultan Abdulhamid

Alors que la Turquie n’a pas levé le petit doigt pour secourir les Turkmènes irakiens massacrés par Daesh, elle s’est appuyée sur les Turkmènes syriens contre la République arabe syrienne. Ils sont organisés par les « Loups gris », un parti politique paramilitaire turc, historiquement lié aux services secrets de l’Otan dans leur lutte contre le communisme (le « Gladio »). Ce sont eux par exemple qui organisèrent la tentative d’assassinat de Jean-Paul II, en 1981 [14]. Les Loups gris sont présents en Europe, notamment au sein des sociaux-démocrates belges et des socialistes néerlandais. Ils ont installé une coordination européenne à Francfort. En réalité ils ne sont pas un parti en eux-mêmes, mais forment la branche paramilitaire du Parti d’action nationaliste, MHP (Milliyetçi Hareket Partisi).

Les Brigades turkmènes organisent avec le MIT le pillage des usines d’Alep. Des experts turcs viennent démonter les machines-outils qui sont expédiées et remontées en Turquie. Simultanément, elles occupent la zone frontalière de la Turquie où le MIT installe et contrôle des camps de formation des jihadistes.

En novembre 2015, c’est la star des Turkmènes syriens, le Turc Alparslan Çelik —membre des Loups gris et l’un des commandants de la Brigade Sultan Abdoulhamid—, qui donnera l’ordre d’abattre les deux pilotes du Sukoï-24 qui venait d’être détruit par la chasse turque assistée d’un AWACS saoudien. L’un d’entre eux sera effectivement exécuté.

Il se trouve qu’en 1995, les Loups gris avaient organisé, avec la firme immobilière turco-US Celebiler isaat (qui finance les campagnes électorales d’Hillary Clinton), un vaste recrutement de 10 000 jihadistes pour aller combattre en Tchétchènie. Une base d’entraînement avait été installée dans la cité universitaire de Top Kopa à Istanbul. Un des fils du général Djokhar Doudaïev dirigeait le transfert depuis la Turquie via l’Azerbaïdjan aux côtés du MIT.

Le rapport de renseignement russe révèle que le MIT a constitué la Brigade Sultan Abdoulhamid —qui regroupe les principales milices turkmènes— et qu’elle a formé ses membres sur la base de Bayır-Bucak sous la direction d’instructeurs des forces d’intervention spéciale de l’état-major de l’Armée turque et d’agents du MIT. Il précise que la Brigade turkmène collabore avec Al-Qaïda.

Toute recherche un peu plus approfondie conduirait le Conseil de sécurité à rouvrir de vieux dossiers criminels et à constater les liens entre la Brigade Sultan Abdoulhamid, les Loups gris, la Turquie, les États-Unis et Al-Qaïda.

L’IHH et İmkander

Le rapport de renseignement russe révèle le rôle de trois ONG humanitaires turques dans la livraison d’armes aux jihadistes, IHH, İmkander et Öncü Nesil. La Déclaration finale du Groupe de soutien international à la Syrie (GSIS), réuni à Munich les 11 et 12 février, semble valider cette accusation puisqu’elle stipule que, désormais, les Etats-unis et la Russie veilleront à ce que les convois humanitaires en Syrie ne transportent que des matériels humanitaires. Jusque-là, le gouvernement de Damas et la presse ne cessaient d’accuser ces ONG de soutenir les jihadistes, mais on ne l’écoutait pas. En septembre 2012, un cargo affrété par l’IHH transporta des armes en Syrie pour le compte des Frères musulmans [15].

Je ne connais que les deux premières organisations citées.

L’IHH est une association fondée et animée par le Parti de la prospérité turc (Refah) de Necmettin Erbakan, mais sans lien statutaire ou organique avec lui. Elle fut d’abord enregistrée en Allemagne, à Fribourg-en-Brisgau en 1992, sous le nom Internationale Humanitäre Hilfe (IHH), puis en Turquie, à Istanbul en 1995, sous le nom İnsani Yardım Vakfı. Son nouvel acronyme étant İYV et non pas IHH, elle a fait précéder son nom de İnsan Hak ve Hürriyetleri, c’est-à-dire en turc « Droits de l’homme et libertés ». Sous couvert d’aide humanitaire aux musulmans de Bosnie et d’Afghanistan, elle les fournissait en armes, ce qui s’inscrivait dans la stratégie de l’Otan. Par la suite, elle soutint militairement l’Émirat islamique d’Itchkérie (Tchétchénie) [16]. En 2006, elle organise à la mosquée Fatih d’Istanbul de grandes funérailles, sans le corps mais avec des dizaines de milliers de militants, pour le jihadiste tchétchène Chamil Bassaïev qui venait d’être tué par les Forces russes après le massacre qu’il avait commandité à l’école de Beslan [17].

L’IHH a acquis une renommée mondiale en organisant avec l’AKP (successeur du Refah) la « Flottille de la Liberté » qui devait apporter de l’aide humanitaire à Gaza en brisant le blocus israélien, là encore avec l’aval de la Maison-Blanche qui cherchait à humilier le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Parmi les passagers de la flottille se trouvait Mahdi al-Harati déjà nommé. Le rapport de la Commission des Nations unies présidée par Geoffrey Palmer atteste que, contrairement aux allégations, la flottille ne transportait aucune cargaison humanitaire. Ce qui conduit à conclure que l’IHH savait qu’elle n’arriverait jamais à Gaza et pose donc la question des buts réels de cette expédition.

Le 2 janvier 2014, la police turque —qui vient d’interpeller les fils de trois ministres et le directeur d’une grande banque pour blanchiment d’argent— intercepte un camion d’armes d’IHH destiné aux jihadistes syriens [18]. Par la suite, elle perquisitionne le siège d’IHH. Elle interpelle dans ses bureaux Halis B., suspecté d’être le leader d’Al-Qaïda en Turquie, et İbrahim Ş., commandant en second de l’organisation pour le Proche-Orient [19]. Le gouvernement parvient à limoger les policiers et fait libérer les suspects.

İmkander (en turc Fraternité, par référence aux Frères musulmans) est une autre association « humanitaire », créée en 2009 à Istanbul. Elle s’est spécialisée dans l’aide aux Tchétchènes et la défense des jihadistes du Caucase. Ainsi organise-t-elle une campagne médiatique en Turquie lorsque le représentant de Dokou Oumarov (l’auto-proclamé « émir du Caucase »), Berg-Khazh Musaev (dit Emir Khamzat) est assassiné à Istanbul. À l’époque, le FSB se considérait en guerre contre les États qui soutenaient militairement les jihadistes et n’hésitait pas à les liquider dans ces pays (comme Zelimkhan Yandarbiyev au Qatar, et Umar Israilov en Autriche). İmkander organisa de vastes funérailles à la mosquée Fatih d’Istanbul.

Les 12 et 13 mai 2012, avec le soutien de la mairie d’Istanbul, İmkander organisa un congrès international —dans la tradition des congrès de la CIA durant la Guerre froide— pour soutenir les indépendantistes du Caucase. À la fin de la manifestation, fut créé de manière permanente le Congrès des Peuples du Caucase reconnaissant l’unique autorité de l’Émirat du Caucase de Dokou Oumarov. Les délégués accusèrent l’Empire russe, l’Union soviétique et la Fédération de Russie d’avoir pratiqué et de pratiquer le génocide des Caucasiens. Dans une vidéo, l’émir Dokou Oumarov appela tous les Peuples du Caucase à rejoindre le jihad. La Russie réagit vivement [20].

En 2013, la Russie demanda au Comité des sanctions 1267/1989 du Conseil de sécurité de placer İmkander sur la liste des organisations liées à al-Qaïda. Le Royaume-uni, la France et le Luxembourg s’y opposèrent [21]. En effet, si İmkander revendique soutenir politiquement Al-Qaïda dans le Caucase, la Russie n’apporta pas de preuves jugées suffisantes par les Occidentaux d’une participation aux opérations militaires.

Ces deux ONG sont directement impliquées dans le trafic d’armes pour IHH et le soutien politique pour İmkander. Elles disposent du soutien de l’AKP, le parti que le président Erdoğan créa pour remplacer le Refah interdit par la Cour constitutionnelle.

Que faire du rapport de renseignement russe ?

Il est peu probable que le Conseil de sécurité étudiera le rapport de renseignement russe. La question du rôle des services secrets se traite généralement en secret. Quoi qu’il en soit, les États-Unis devront préciser ce qu’ils entendent faire de leur allié turc qui s’est fait prendre en violant les résolutions du Conseil.

Ces renseignements s’ajoutent à ceux déjà disponibles sur les liens personnels du président Recep Tayyip Erdoğan avec Yasin al-Qadi, le banquier d’Al-Qaïda [22], et sur le rôle de son fils Bilal dans le commerce du pétrole volé par Daesh [23].

À n’en pas douter, les rodomontades turques annonçant une possible invasion militaire en Syrie ne sont qu’un moyen de faire diversion. Quoi qu’il en soit, si une guerre venait à éclater entre la Turquie et la Russie, ce rapport de renseignement suffirait à priver Ankara du soutien de l’Alliance atlantique (article 5 de la Charte de l’Otan).

Thierry Meyssan

[1] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[2] « Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 juin 2010.

[3] “Tinker raiders, Soldier, Spy”, Sunday World, November 7, 2011.

[4] “Dublin man denies receiving funds from US to assist overthrow of Gadafy”, Mary Fitzgerald, Irish Times, November 22, 2011.

[5] “Irish Libyans join rebels trying to oust Gadafy”, Paulo Nunes Dos Santos, Irish Times, August 13, 2011.

[6] Selon son ordre de mission, qui avait été déterminé lors d’une réunion secrète de l’Alliance à Naples à laquelle participait Alain Juppé, Mahdi Al-Harati devait profiter de la confusion au Rixos pour m’éliminer.

[7] « Comment les hommes d’Al-Qaida sont arrivés au pouvoir en Libye », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 septembre 2011.

[8] “Libyan-Irish commander resigns as deputy head of Tripoli military council”, Mary Fitzgerald, Irish Times, October 11, 2011.

[9] Au XVIIIe siècle, le ministre russe Grigori Potemkine fit ériger de luxueuses façades en carton-pâte afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée. Depuis lors, l’expression « village Potemkine » désigne la création d’un lieu fictif à des fins de propagande.

[10] « Islamistas libios se desplazan a Siria para "ayudar" a la revolución », Daniel Iriarte, ABC, 17 de diciembre de 2011. Version française : « Des islamistes Libyens en Syrie pour "aider" la révolution », Traduction Mounadil Al-Djazaïri, Réseau Voltaire, 18 décembre 2011.

[11] “Irish Syrian fighters pass on lessons of revolution”, Mary Fitzgerald, Irish Times, August 1, 2012.

[12] “Spymasters gather to discuss Syria”, David Ignatius, Washington Post, February 19, 2014.

[13] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.

[14] Il s’agissait de contraindre le Saint-Siège à abandonner l’Ostpolitk que le cardinal secrétaire d’État Agostino Casaroli poursuivait dans la même optique que Willy Brandt.

[15] “Brotherhood ‘buying influence with arms’”, Sheera Frenkel, The Times, September 14, 2012.

[16] « The role of Islamic charities in international terrorist recruitment and financing », Evan F. Kohlmann, Danish Institute for International Studies, 2006.

[17] “Turkey pays homage to Basayev”, IHH, July 14, 2006.

[18] « La police turque saisit une cargaison d’armes destinées à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 janvier 2014.

[19] « La Justice turque accuse l’IHH de liens avec Al-Qaïda », Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

[20] « De "la Conférence Internationale sur le Caucase" à Istanbul », in « Le briefing d’A.K. Loukachevitch, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Russie, le 18 mai 2012 ».

[21] “Commentaire du Département de l’Information et de la Presse du Ministère des Affaires étrangères de la Russie sur une demande russe adressée au Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre Al-Qaïda”, Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, 12 septembre 2013.

[22] « Erdoğan recevait secrètement le banquier d’Al-Qaida » ; « Al-Qaida, éternel supplétif de l’Otan », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 2 et 6 janvier 2014.

[23] « Le rôle de la famille Erdoğan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015 ; « La Russie expose les preuves du trafic de pétrole de Daesh via la Turquie », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 3 décembre 2015.

Source : « Comment la Turquie soutient les jihadistes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 février 2016, www.voltairenet.org/article190350.html

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2,

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Le mensonge, la nausée et les sanctions. Par Michel Raimbaud, ambassadeur de France.

25 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère

Le mensonge, la nausée et les sanctions

Le pire ministre des affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.

Le départ d’un ministre aussi étranger aux affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar al Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.

Le partant était un pilier du « groupe des Amis de la Syrie », dont la liste des Etats membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’OTAN sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser notre pays à l’avant-garde des va-t-en guerre de la vertueuse « communauté internationale ». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il « reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions », insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?

Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale », s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de « l’Etat profond » des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment (protéger les populations civiles de la Jamahiriya libyenne en les bombardant, avant de liquider physiquement Kadhafi – NDLR), vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.

En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le net avec un titre en forme de question qui tue : « A quoi servent les sanctions contre la Syrie ? » Celle-ci, note le commentaire écrit, « fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé ». Il faut « punir et étouffer économiquement le régime de Bachar al Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif ». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine.

Notre vidéo précise que, le 23 juillet 2012, l’Union Européenne a adopté un nouveau train de sanctions, pour la 17ème fois en un an (sic). Elle rappelle que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, la Turquie et la Ligue Arabe (kidnappée par le Qatar et les régimes du Golfe) ont pris des mesures équivalentes.

Sans dresser une liste interminable des sanctions imposées, renouvelées et renforcées les années suivantes, il n’est pas inutile de rappeler au passage, à l’attention des distraits, des ignorants ou des bonnes consciences, le script général du chef-d’œuvre des dirigeants occidentaux et de leurs bureaucraties sadiques :

1/ D’abord viennent les sanctions classiques « de mise en situation » par le Conseil de Sécurité, prises en mai 2011 :

Les premières mesures prises par l’Union Européenne concernent la mise au ban (refus de délivrer des visas) et le gel des avoirs de 150 personnalités du « régime syrien ».

Par ailleurs, une cinquantaine de sociétés « soutenant le régime » sont soumises à boycott dont cinq organismes militaires, conformément à l’embargo adopté « sur les exportations d’armes et de matériel susceptible d’être utilisé à des fins de répression ». Il est ainsi interdit d’exporter vers la Syrie des équipements, des technologies ou des logiciels destinés à surveiller ou intercepter des communications sur Internet ou les téléphones.

2/ Le 10 août 2011, le gouvernement américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas, empêchant les citoyens étatsuniens de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés aux États-Unis sont gelés, autant dire volés. Hillary Clinton annonce dans la foulée un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Syrie.

Imitant aussitôt ses maîtres, l’Union Européenne décide de plusieurs trains de sanctions supplémentaires, y compris un embargo sur le pétrole.

La dernière salve visera à réduire les échanges commerciaux afin de finir d’asphyxier l’économie du pays.

3/ Viendront ensuite les sanctions diplomatiques (rappel des ambassadeurs en consultation) décidées dès l’automne 2011, après le double véto russo-chinois sur le projet de résolution islamo-occidental visant à provoquer en Syrie un processus à la libyenne. Les Etats-Unis ayant rappelé de Damas leur ambassadeur du troisième type, plusieurs Etats de l’Union Européenne rappellent les leurs.

Juppé rappellera le sien une première fois le 17 novembre 2011 : « erreur fatale » pour le ministre ordinateur. Après un faux retour, ce sera le départ définitif en février 2012. Nommé en mai 2012, Fabius fera encore mieux : à peine intronisé, il expulsera l’ambassadrice de Syrie à Paris, ayant oublié que cette dernière est également représentante auprès de l’UNESCO et qu’il ne peut la contraindre au départ.

4/ En 2012, ce sera la fermeture de la compagnie aérienne « Syrianair » à Paris, puis l’interdiction de toute liaison aérienne entre la France et la Syrie et, plus généralement, entre les capitales européennes et Damas. Etc…

Hélas, se lamentent des experts pleins d’onction et de componction, tout le monde n’est pas d’accord pour mettre en place un embargo, ce qui en limite la portée. La belle unanimité qui, de 1991 à 2011, a rassemblé les cinq Permanents du Conseil de Sécurité autour des trois Occidentaux n’existe plus et c’est un élément déterminant qui permet de briser l’arrogance et la toute-puissance des puissances atlantiques. Des doigts accusateurs pointent « certains pays qui ne jouent pas le jeu ? (sic). Mais est-ce bien un jeu ? La Russie et la Chine soutiennent le gouvernement et l’Etat syriens : ils seront priés de « rejoindre la communauté internationale » (sic). La Syrie peut également compter sur l’aide multiforme de son allié, l’Iran, mais celui-ci est déjà sous lourdes sanctions. D’autres pays, comme le Brésil, ne soutiennent pas les Occidentaux ? En outre, certains Etats traînent les pieds au sein de l’Union Européenne, et les accrocs aux engagements pris contre Damas se multiplient.

Ce blocus qui asphyxie progressivement la Syrie est certes difficile à mettre en œuvre, mais que nos perfectionnistes se consolent : il est indéniable que les résultats escomptés sont là. Après cinq années de sanctions et d’acharnement collectif, le peuple syrien est épuisé et vit dans des conditions terrifiantes. Nos grands dirigeants, si bons et si pudiques, ne connaissent-ils pas la vérité, non pas celle de leurs protégés émigrés qui vivent au chaud ou au frais à l’ombre de leurs protecteurs, mais la vérité des habitants qui ont tenu bon dans leur pays. Loin du paradis de la révolution auquel les premiers feignent de croire, loin du paradis auquel aspirent les djihadistes démocratiques et les terroristes modérés, c’est un enfer que vivent les Syriens de la Syrie réelle, un enfer qu’ils doivent au fanatisme de leurs « libérateurs » et de leurs alliés turcs ou arabes ainsi qu’au sadisme de l’« Axe du Bien », parrain des terroristes et grand déverseur de punitions devant l’éternel.

Les sanctions sont parvenues à détruire un pays qui était plutôt prospère, quasiment sans endettement, autosuffisant pour l’essentiel de ses besoins et globalement bien parti. Elles ont fini par entamer le tissu national syrien, soudé par une tolérance « laïque » assez exemplaire, sans réussir toutefois à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et reste toujours) de démoraliser les populations, en les amenant à perdre confiance dans la légitimité de leur Etat, de leur gouvernement, de leurs dirigeants, de leurs institutions, de leur armée, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est heureusement là pour les « sauver du tyran qui les massacre » et accueillir en son sein les réfugiés et les transfuges.

Le terrible bilan enregistré en Iraq - un million et demi de morts, dont 500 000 enfants - est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les « maîtres du monde ». Pour Madeleine Albright évoquant sans doute des « dégâts collatéraux », « cela en valait la peine ». On voit le résultat.

En Syrie, les « punitions » occidentales ne sont pas mieux intentionnées. Elles visent à mater un peuple résistant et à le forcer à accepter la fatalité d’un changement de régime, ou bien à l’amener à fuir ou à déserter…Quitte à saigner le pays de sa jeunesse déjà formée, de ses cadres aspirant à vivre mieux dans un climat de paix…Quitte à faire de ces réfugiés un peuple de mendiants, à la merci des trafiquants de toutes spécialités : en témoignent ces femmes et enfants installés la nuit au coin des boulevards parisiens par des équipes inquiétantes.

Depuis cinq ans, nos politiciens combinards, nos journalistes complaisants, nos intellectuels perdus ou dévoyés participent, à quelques exceptions près, à l’énorme conspiration du mensonge qui fait passer la Syrie souveraine et légale pour usurpatrice et massacreuse, et ses agresseurs et leurs parrains, orientaux ou occidentaux, pour des libérateurs révolutionnaires. Outre l’horreur et l’effroi que soulèvent les images de cette guerre sauvage, comment ne pas avoir la nausée devant l’aveuglement, volontaire ou non, de nos élites qui préfèrent donner du crédit aux mensonges de leurs alliés et protégés criminels plutôt qu’aux témoignages innombrables des victimes qui désignent sans ambigüité leurs bourreaux ? Comment ne pas avoir la nausée devant cette complicité assumée, à peine camouflée par une omerta systématique ? Comment enfin ne pas frémir devant cet aplomb et cette bonne conscience bétonnée de nos faiseurs d’opinion ?

La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre universelle d’agression et le djihad en Syrie. Il faut lever immédiatement, sans délai et sans conditions, les sanctions qui sont destinées à briser tout un peuple. Il faut mettre fin à la guerre et non en décupler l’impact par les moyens minables, sournois et iniques que sont les sanctions à la mode occidentale.

Il faut rendre justice à ce peuple martyrisé et humilié. Et la plus élémentaire des justices, la première, est de ne plus couvrir d’un voile de vertu les criminels féroces qui cherchent à détruire au nom de l’intolérance la Syrie tolérante. Elle implique également de ne plus cautionner les impudeurs des maîtres fouettards qui punissent en toute impunité avec la morgue des arrogants. Assez de mensonges, assez d’hypocrisie, assez de leçons.

Répétons-le, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates qui tuent la Syrie et son peuple. Ni dans un mois, ni dans un an, mais maintenant. Ce n’est pas une question de diplomatie, c’est une affaire d’honneur, et la France s’honorerait en prononçant, pour sa part et à titre national, la levée des sanctions.

Le 22 février 2016

Michel Raimbaud

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Alain Benajam: Où va le monde ?

24 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #la Chine, #La France, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée

Alain Benajam: Où va le monde ?

Alain Benajam: Où va le monde ?

on: février 24, 2016

Des rumeurs d’une possible guerre mondiale sont diffusées maintenant d’une façon permanente par tous les moyens de propagande de l’impérialisme y compris les fictions. La falsification des paroles de Medevedev premier ministre de Russie laisserait même entendre que la Russie serait prête pour cet affrontement mondial. Qu’en est -il en réalité ?+

La thalassocratie anglo-saxonne est maîtresse depuis toujours dans la propagande et la manipulation de ces pauvres populations qui vivent sous sa dépendance. La stratégie du choc, faire peur au bas peuple, est une vielle ficelle pour le conditionner et le bâillonner.+

Les rodomontades habituelles et les gesticulations guerrières des anglo-saxons ne sont que des preuves de faiblesse. Par ailleurs, et en apparente contradiction, un accord est intervenu entre la Russie et les USA pour mettre fin aux hostilités en Syrie et peut-être dans le Donbass+

Comment peut-on analyser tout ceci ?

Il faut tout d’abord ne pas oublier le fondamental, l’intangible, le perpétuel, sans lequel toute analyse géopolitique serait mal comprise. La Russie possède pour ennemie permanente la thalassocratie anglo-saxonne quel que soit le régime politique russe et quel que soit l’époque. De la guerre de Crimée au « Maidan » ukrainien, passant par la guerre de Mandchourie et la « guerre froide », l’impérialisme anglo-saxon n’a qu’un rêve, se saisir complètement de « l’Île Monde » ainsi qu’il appelle le continent eurasiatique et surtout son cœur le « heart land » qui est la Sibérie lieu de toutes les richesses et surtout des réserves d’or non extraites. Selon Zbigniew Brzeziński dans son livre « le grand échiquier » l’impérialisme a pour volonté de réduire la Russie à sa plus simple expression territoriale et de soumettre l’ensemble du continent à sa volonté.+

Cependant, cette volonté thalassocratique, se heurte à un obstacle de taille, l’armée russe. La Russie a réussi à relever son armée datant de l’URSS avec en plus l’usage de technologies avancées en électronique permettant la surveillance de l’adversaire mais surtout le brouillage ou même l’extinction de ses signaux, (technologies déjà en émergence en URSS, en avance dans ce domaine sur l’occident, comme j’avais pu le constater en 1991-92). Un affrontement électronique eu lieu fin août 2013 face aux côtes syriennes entre les marines US et russes, cet affrontement fut perdu par la 6eme flotte qui dut renoncer à bombarder la Syrie. Cette date marqua la fin de l’hégémonie militaire US et tout ce qui suit dans la politique de l’impérialisme est obligé de tenir compte de cet événement. Cette infériorité étasunienne fut confirmée à partir du 30 septembre 2015 quand, à la demande du gouvernement légitime syrien la Russie intervint pour contrer le flot des mercenaires pseudo djihadistes envoyé depuis 2011 mais dont les effectifs ne cessaient de grandir. La Russie fit alors une démonstration de force indiquant nettement à l’adversaire impérialiste qu’il ne pouvait que s’abstenir militairement.+

L’impérialisme doit abandonner maintenant son option militaire en Syrie face à l’échec de ses mercenaires et à son impossibilité d’intervention, en dépits des dernières rodomontades de ses marionnettes turques et saoudiennes qui rechignent à s’avouer vaincues.+

L’armement pléthorique étasunien (la moitié des budgets militaires mondiaux) est quasiment bon pour la ferraille car absolument mal conçu pour une guerre moderne contre la Russie.+

L’armée de la thalassocratie, comme son nom l’indique a été conçue pour occuper les parties maritimes et océaniques du globe afin d’assiéger « l’île monde » (l’Eurasie) et de prendre pied sur ses rives, le « rimland ». Cette force militaire est essentiellement aéronavale, composée de 10 porte-avions géants portant 3700 aéronefs le tout assisté par 110 unités navales. Chaque porte-avion est entouré d’unités équipées de moyens de détection ayant pour fonction d’interdire à tout attaquant de pénétrer dans sa bulle électronique de protection aérienne et sous-marine. L’étendue de cette bulle doit être supérieure au rayon d’action des missiles d’attaque aériens, sous marins ou « raz des flots » équipant l’adversaire. L’invincible armada d’attaque US, ne sert plus à rien, ce fut démontré fin août 2013 devant les côtes syriennes, elle ne pouvait servir que contre des nations militairement sous équipées comme l’Irak ou la Libye ou éventuellement la Syrie si la Russie n’était pas intervenue.+

Contrairement à la thalassocratie anglo-saxonne la Russie n’est pas équipée d’armements offensifs conséquents mais a tout misé sur différents systèmes de défense étudiés pour spécifiquement contrer toute attaque aéronavale ou aéroterrestre. Ces systèmes sont extrêmement performants et non possédés par l’armée US. De plus, la Russie a conclu avec la Chine une alliance stratégique de fond, tout en la dotant de sa technologie de défense. La Chine a également mis au point des missiles balistiques hypersoniques visant à détruire toute flotte de porte-avion.+

La Russie et la Chine c’est à dire pour les anglo-saxons, le « heart land » sont maintenant inexpugnables.+

En conséquence l’état financier étasunien a pour le moment renoncé à toute agression militaire usant de ses propres armes.+

Première conclusion : si les USA ont renoncé à attaquer la Syrie en août 2013 ce n’est certainement pas pour attaquer la Russie aujourd’hui.+

Sans pouvoir combattre directement car n’en ayant plus les moyens, comment les USA essayent de procéder Depuis 2011 et la guerre de Libye ils ont inauguré une nouvelle tactique militaire, celle d’utiliser ce que l’on appelle aujourd’hui des proxies.+

Que sont ces « proxies » ? Ce sont des mercenaires motivés par une idéologie agressive et violente, financés, armés et soutenus pour leur logistique militaire par des états soumis.+

Évidemment sans logistique, ces armées de mercenaires ne pourraient combattre longtemps.+

En parallèle les USA, ayant la haute main sur tous les médias et moyens de propagande occidentaux, mènent des campagnes afin de présenter leurs violents mercenaires pour de gentils résistants. L’un ne peut aller sans l’autre car les coûts du soutien militaire à ces mercenaires sont supportés par des états certes soumis mais où il est aussi nécessaire de convaincre les peuples de ces états du bien fondés des dépenses et des actions diplomatiques pour soutenir ces agressions.+

Les mercenaires proxies de l’impérialisme anglo-saxons, choisis pour leur idéologie violente, sont tout d’abord de pseudo-musulmans wahhabites soumis à l’idéologie takfiris. Les wahhabo-takfiris sont engagés plutôt dans le monde arabo-musulman. Pour le monde russe et occidental ce sont des nazis traditionnellement antirusses, actuellement engagés en Ukraine et en Europe contre la Russie et les populations russophones d’Ukraine.+

Ces deux groupes nazis et wahhabites takfiris sont d’ailleurs étroitement liés et combattent ensemble en Ukraine contre les républiques libérées du Donbass.+

Bien entendu, la violence paroxystique, sous l’effet de la même drogue, le Captagon utilisée par ces mercenaires est soigneusement masquée par la propagande médiatique, ces combattants étant présentés comme des insurgés, révolutionnaires.+

Le dispositif « proxy » de la guerre étasunienne.

Qui sont les états qui assurent la logistique militaire de ces proxies des USA ? On peut les diviser en trois niveaux d’implication qui marquent leur proximité avec les combattants.
Le premier contact assure une logistique directe, il est composé pour des pays musulmans : l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, cette dernière appartenant à l’OTAN possède une frontière avec la Syrie permettant un approvisionnement direct des mercenaires en argent, armes et munitions provenant essentiellement des deux autres.+

En Europe contre la Russie et les populations du Donbass, ce sont l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes.+

Le deuxième niveau assure un soutient technologique en armement sophistiqué, en moyen de communication, en conseil militaire et en action diplomatique. Ce sont essentiellement la France, le Royaume Unie et l’Allemagne.+

Le troisième niveau est assuré par les USA bien entendu qui supervise, aide çà et là avec de l’armement sophistiqué, comme les missiles anti-char Tow mais en s’efforçant de rester dans l’ombre+

Mais voilà, cette nouvelle tactique à des limites, si elle a fonctionné en Libye, avec difficulté, elle ne fonctionne plus par ailleurs. La Syrie a résisté face au flot ininterrompu de mercenaires pseudo djihadistes recrutés autant dans le monde arabe qu’en Chine en Russie et en Europe occidentale.+

Les populations du Donbass résistent toujours avec leurs républiques de Donetsk et le Lougansk en ayant infligé une lourde défaite militaire à l’armée ukrainienne et ses mercenaires.+

L’autre action de l’impérialisme pour établir sa domination sur les nations insoumises est de favoriser la prise du pouvoir politique par des politiciens qu’ils ont recrutés, politiciens qu’ils tiennent par la corruption et le chantage. Ces politiciens ont pour tâche une fois au pouvoir de maintenir le pays dans l’orbite financière étasunienne et d’y favoriser l’endettement. Le paiement des intérêts de la dette est aujourd’hui la principale ressource de l’impérialisme. Peu de pays échappent aujourd’hui à la mainmise financière du système étasunien. La Syrie et l’Iran y échappent totalement la Russie et la Chine partiellement. Nous verrons en fin d’article quelques éléments de la lutte finale financière entre le système chinois et le système anglo-saxon.+

Si la Russie est maintenant le principal adversaire militaire des USA, ceux-ci y possèdent encore quelques atouts. En effet, l’économie russe est encore soumise au système oligarchique de prédation sur les ressources naturelles. Les « oligarques » qui vivent du pétrodollar y tiennent encore le haut du pavé, ils détiennent pour beaucoup les médias et nombre d’entreprises. Bien entendu l’oligarchie russe tient fortement à rester dans l’orbite financière étasunienne et tant que Poutine ne se sera pas débarrassé du pouvoir de ces gens, la Russie pourrait de nouveau retomber totalement dans l’escarcelle financière étasunienne alors qu’elle n’y est que partiellement. Les « sanctions » contre la Russie n’ont pour but que d’inciter les oligarques à se saisir du pouvoir.+

Quel est la marge de manœuvre actuelle de la puissance étasunienne ?

D’abord les contradictions de sa politique d’agression deviennent visibles et ingérables notamment face à la Russie.+

L’idéologie promue dans les pays dits occidentaux par les USA au travers de leurs médias et leurs politiciens est en contradiction avec leurs actes et cela commence à se voir.+

Cette idéologie est fondée :+

  1. Sur un ersatz de démocratie dans laquelle encore un certain nombre de citoyens croient.

Pourtant toute démocratie est inexistante les peuples, sous un flot de propagande ininterrompu, sont sommés de choisir entre deux nomenklaturas politiciennes pratiquant exactement la même soumission à l’impérialisme.+

  1. L’instrumentation de la Shoah, (l’extermination des juifs d’Europe par les nazis) qui permet d’accuser de « fascisme » tout adversaire de l’impérialisme américano-sioniste.

Pourtant les USA et leurs soumis occidentaux supportent les pires nazis antisémites en Ukraine qui ne cachent nullement leur idéologie.+

  1. La guerre des civilisations présentant l’islam comme ennemi juré de l’occident et facteur de terrorisme favorisant une hystérie islamophobe.

Pourtant les USA et leurs soumis occidentaux supportent les parrains du terrorisme wahhabito- takfiris que sont l’Arabie Saoudite le Qatar et la Turquie.+

Ces contradictions sont dénoncées dans les réseaux sociaux et font le « buz » comme on dit maintenant. L’importance de cette dénonciation du double langage impérialiste a conduit des états comme à France à tenter de contrer ce flot en taxant les contradicteurs de conspirationnisme et d’antisémitisme tout en mettant en place des moyens conséquents de justification de leur propagande. Gageons que ces moyens ne pourront que donner du crédit aux contradicteurs en démontrant l’efficacité de leur action.+

Les USA obligés de reculer. Pourquoi ?

L’état financier étasunien est à la peine sur tous les fronts.+

  • Sur le front militaire direct, son armée a montré son obsolescence face à l’armée russe.
  • Sur le front de la guerre par proxies interposés en Syrie et en Ukraine ils ne parviennent pas à finaliser leurs actions.
  • Sur le front idéologique, les contradictions de sa politique montrées plus haut sont de plus en plus dénoncées par le moyen de l’internet qui remplace la communication verticale de la version officielle par la communication horizontale de la contestation.
  • Sur le front économique, la finance spéculative sur laquelle est fondée cette entité étatique est en crise profonde, sa bulle financière sur le point d’exploser encore une fois et tout le monde prédit le « big one ».

S’il y a une guerre mondiale elle sera financière.

Nous avons vu que les USA sont dans l’incapacité militaire de gagner une guerre conventionnelle contre la Russie et la Chine, ils pourraient déclencher une guerre nucléaire mais cela signifierait la fin du monde. Les militaires russes et étasuniens en relation permanente, surveillent étroitement les dispositifs militaires nucléaires pour empêcher des politiciens irresponsables de les utiliser. Une guerre nucléaire mondiale a peu de chance de survenir.+

La lutte finale est financière, elle scellera la victoire totale du système chinois, à moins qu’il y ai un compromis, mais le système étasunien tel qu’il est actuellement ne peut survivre.+

Les USA ne sont pas un état-nation mais un état financier appartenant en toute propriété privée à la maison Rothschild ce système financier est basé sur les accords dits de Bretton Wood de 1945 qui consacra le dollar comme seule monnaie fiduciaire mondiale basée sur l’or.+

Tout système monétaire fiduciaire doit reposer sur une entité minérale négociable, possédant un cours. Au moyen âge en Europe c’était l’argent qui a d’ailleurs donné son nom à la monnaie en français. Mais l’or a pris le dessus à partir du 14ème siècle et est toujours resté en référence. Cependant, en 1971 le lien entre l’or et le dollar fut supprimé, le dollar obligatoire n’était plus qu’un papier sans valeur intrinsèque négociable auprès de la maison Rothschild, toutes les possibilités de spéculation étaient ouvertes ainsi et surtout la possibilité de créer de la monnaie sans limites, la fameuse bulle financière put gonfler. Pourtant le monde croyait encore en un lien or dollar, pour conserver la confiance cette fiction devait subsister alors qu’il y a bien longtemps que la quantité de dollar émis n’a plus d’équivalent en réserve d’or aux USA.+

Pour assurer la suprématie du dollar sa monnaie privée, la maison Rothschild avec son armée privée, celle des USA s’est évertué à faire main basse sur l’or du monde qui pouvait être à sa portée. L’or de l’Allemagne, du Japon, et récemment de l’Irak, de la Libye et de l’Ukraine, leur agent Sarkozy leur fit même cadeau d’une quantité prélevé à la banque de France, cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Mais le stock d’or métal extrait le plus important au monde est chinois et la plus grande réserve non extraite est russe. Depuis 2500 ans les différentes dynasties impériales chinoises stockent de l’or, cet or appartient légalement aux descendant de ces dynasties que l’on appelle les « Dragon Families » ces « Dragon Families » sont aujourd’hui étroitement liées à l’état chinois et son armée (la finance ne va pas sans armée) dans l’érection d’un nouveau système monétaire fondé sur le Yuan convertible et véritablement indexé sur l’or. En 1911 la République de Chine de Sun Ya Sen s’empara d’une partie de cet or qui appartenait à la dernière dynastie Qing, l’or revint au Guomindang de Chang Kai Check, celui-ci en bon agent US le confia aux USA en 1938. Aujourd’hui les « Dragon Families » en ont besoin pour indexer le Yuan sur l’or et le réclame aux USA. Les « Dragon Families » ont intenté des poursuites en justice internationale depuis plusieurs années pour récupérer leur or. Mais cet or était stocké dit-on sous le « World Trade center » de Manhattan et aurait disparu.+

La Chine a fermement l’intention de remplacer le dollar par sa propre monnaie le Yuan comme monnaie de référence internationale véritablement indexée sur l’or et d’ainsi tuer le dollar et la Maison Rothschild. La Chine avait pour ça besoin d’une armée pour faire face à celle des Rothschild (US) elle convint que l’armée russe ferait l’affaire d’où l’accord stratégique de fond entre la Chine et la Russie.+

L’état financier étasunien est au bord de la faillite mais conserve encore un certain nombre d’atouts qu’il est difficile d’évaluer. L’état chinois adossé à la Russie va le remplacer. Alors que va-t-il se passer ? On voit que les USA sont obligés de reculer afin de négocier ce qui pourrait les sauver. L’accord récent russo-étasunien indique que ces négociations vont bon train et puis l’essentiel des entreprises étasuniennes est établi maintenant en Chine. La maison Rothschild pourrait faire un compromis avec les « Dragon Families » c’est ce que je pense. Tout ceci avant que les peuples fatigués ne s’en mêlent ce qui pourrait bien arriver un jour.+

Alain Benajam

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Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

24 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La France, #AMERIQUE, #L'armée française, #l'Allemagne, #L'Italie., #La Turquie, #Grèce, #Ukraine, #La Russie

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

Bonjour.

Les bruits de bottes sont de jour en jour plus forts ! L’OTAN est une alliance criminelle qui cherche à imposer le Nouvel Ordre Mondial au profit des 1% les plus riches qui pillent le monde sans entraves ou presque. La Russie est la seule à s’opposer efficacement à cette opération terroriste. Elle s’appuie sur le droit international mis en place à la fin de la seconde guerre mondiale par tous les pays du monde afin d’éviter les conflits entre les nations. Elle défend le « Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». La France était dans le même camp lorsque gaullistes et communistes refusaient le carcan otanesque imposé par les Etats-Unis.

Fleurissait alors en France le slogan « US GO HOME » que nous aimerions voir à nouveau refleurir sur nos murs. Hélas cet héritage issu de la Résistance est lui aussi menacé, « Nike la France » tagué un peu partout et particulièrement sur des lieux symboliques (La statue du Général de Gaulle à Calais ) a remplacé « US go Home ».

Autres temps autres mœurs, nous avons depuis réintégré le commandement intégré de l’alliance atlantique sous commandement américain.

Nous avons démantelé l’armée française en fermant de plus en plus de casernes sans pour autant diminuer les dépenses militaires, elles sont en augmentation au contraire…

Nous avons démantelé nos industries nationales stratégiques, Alstom par exemple, qui permettaient l’indépendance de la France.

Le gouvernement actuel est sur le point d’offrir les bases militaires désaffectées par notre armée aux armées mercenaires de l’OTAN. Les militaires et soudards ainsi installés sur notre sol ne seraient pas soumis à nos lois ! C’est vrai que l’intégration européenne à marche forcée imposée par notre président vise à effacer définitivement notre état-nation. La souveraineté nationale et populaire sera bientôt un lointain souvenir…

Les armées de réserve de cette organisation terroriste sont incompatibles avec notre sens de la justice et de la démocratie. Elles peuvent être néonazies en Ukraine et appelées à se répandre dans les pays de l’Union Européenne. Elles peuvent aussi être terroristes islamiques au Proche et Moyen Orient. Le Front Al Nosra - qui fait du bon boulot en Syrie aux dires de l’ancien ministre français des affaires étrangères – est de ceux-là ! La compagnie est grande, les armées mercenaires que sont Daesch et autres monstres sont également au service de l’Empire du bien.

L’étrange ballet avec la Turquie va-t’en guerre du Calife Erdogan a de quoi inquiéter ! Les manœuvres otanniennes dans la mer Egée sont à surveiller de près, la Turquie y joue un rôle prépondérant.

Pour toutes ces raisons nous devons informer et mobiliser afin d’éviter les catastrophes programmées. Le texte ci-dessous apporte des précisions très importantes.

Bien cordialement

Lucien Pons

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ “NON À LA GUERRE, NON À L’OTAN

Nous sommes en état de guerre sur deux fronts qui deviennent de jour en jour plus incandescents et périlleux.

Tout en accusant la Russie de “déstabiliser l’ordre de la sécurité européenne“, l’OTAN sous commandement US a rouvert le front oriental, nous entrainant dans une nouvelle guerre froide qui par certains côtés est plus dangereuse que la précédente. Cette guerre, voulue par Washington, a pour but de briser les rapports Russie-Union européenne nuisibles aux intérêts des États-Unis.

Alors que les USA quadruplent les financements destinés aux forces militaires en Europe, décision a été prise de renforcer la présence militaire “avancée” de l’OTAN en Europe de l’Est. Après avoir englobé tous les pays de l’ex-Pacte de Varsovie, trois de l’ex-Yougoslavie et trois de l’ex-URSS -, L’OTAN continue son expansion vers l’Est et prépare l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine (déjà, de fait, dans l’OTAN), en déplaçant ses bases et ses forces armées, y compris nucléaires, toujours plus près de la Russie.

Une telle stratégie représente une menace croissante également pour l’Europe. L’Ukraine, où les formations néonazies ont été utilisées par l’OTAN lors du putsch de l’Euromaidan, est devenue le centre de recrutement des néonazis pour toute l’Europe. Ces éléments une fois formés par les instructeurs de la 173e division aéroportée en provenance de Vicenza sont renvoyés dans leur pays munis du “laissez-passer” de leur passeport ukrainien. Il se crée ainsi les bases d’une nouvelle organisation paramilitaire secrète de type “Gladio”.

Les USA et l’OTAN préparent d’autres opérations sur le front méridional, en lien étroit avec celui oriental. Après avoir fait semblant pendant des années de combattre l’EIIL et d’autres groupes, en leur fournissant secrètement des armes via la Turquie, les USA et leurs alliés demandent aujourd’hui un cesser-le-feu pour “raisons humanitaires”. La raison en est simple : les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie sont en train de libérer toujours plus de portions du territoire syrien jusqu’ici occupées par l’EIIL et d’autres formations, qui reculent également en Irak.

Dans le même temps, l’OTAN renforce son soutien militaire à la Turquie, qui avec l’Arabie saoudite, vise à occuper une partie du territoire syrien proche de la frontière. C’est dans ce but que l’OTAN, sous le couvert officiel de contrôler le flux de réfugiés (résultat de la guerre USA/OTAN) déploie en Mer Égée ses navires de guerre du 2e groupe naval permanent, qui vient tout juste de terminer une série d’opérations d’entrainement avec la marine turque.

[…]

La suite : http://www.mondialisation.ca/il-est-urgent-de-sortir-de-lotan/5509734

- See more at: http://www.mondialisation.ca/il-est-urgent-de-sortir-de-lotan/5509734#sthash.iXGXNTnA.dpuf

D’autres liens:

http://francaislibres.org/2015/10/27/petition-du-comite-valmy-pour-la-sortie-de-la-france-de-lotan/

http://ilfattoquotidiano.fr/il-est-urgent-de-sortir-de-lotan/#.Vs1hV3n2bX4

http://ilfattoquotidiano.fr/litalie-toujours-plus-au-coeur-du-dispositif-europeen-de-lotan/#.Vs1h2Xn2bX4

http://ilfattoquotidiano.fr/giulietto-chiesa-pacte-usa-turquie-contre-leiil-les-deux-comperes-feignent-de-combattre-les-coupeurs-de-tetes/#.Vs1iRnn2bX4

La pétition sortir de l’OTAN initiée par le Comité Valmy :

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6031

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Il est urgent de sortir de l’OTAN, par Comita No Nato.

24 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Grèce, #L'OTAN., #L'Italie., #l'Allemagne, #La France, #L'armée française, #La Russie, #Ukraine

Il est urgent de sortir de l’OTAN

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Le 20 février s’est tenue l’assemblée nationale du Comité No Guerra No Nato (Non à la Guerre, Non à l’OTAN), qui a validé le document que nous soumettons à votre attention ici. Ce texte synthétise un jugement extrêmement critique de la situation dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui, avec un risque de guerre toujours plus fort chaque jour. […] 

* * *

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ “NON À LA GUERRE, NON À L’OTAN“ 

Nous sommes en état de guerre sur deux fronts qui deviennent de jour en jour plus incandescents et périlleux.

Tout en accusant la Russie de “déstabiliser l’ordre de la sécurité européenne“, l’OTAN sous commandement US a rouvert le front oriental, nous entrainant dans une nouvelle guerre froide qui par certains côtés est plus dangereuse que la précédente. Cette guerre, voulue par Washington, a pour but de briser les rapports Russie-Union européenne nuisibles aux intérêts des États-Unis.

Alors que les USA quadruplent les financements destinés aux forces militaires en Europe, décision a été prise de renforcer la présence militaire “avancée” de l’OTAN en Europe de l’Est. Après avoir englobé tous les pays de l’ex-Pacte de Varsovie, trois de l’ex-Yougoslavie et trois de l’ex-URSS -, L’OTAN continue son expansion vers l’Est et prépare l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine (déjà, de fait, dans l’OTAN), en déplaçant ses bases et ses forces armées, y compris nucléaires, toujours plus près de la Russie.

Une telle stratégie représente une menace croissante également pour l’Europe. L’Ukraine, où les formations néonazies ont été utilisées par l’OTAN lors du putsch de l’Euromaidan, est devenue le centre de recrutement des néonazis pour toute l’Europe. Ces éléments une fois formés par les instructeurs de la 173e division aéroportée en provenance de Vicenza sont renvoyés dans leur pays munis du “laissez-passer” de leur passeport ukrainien. Il se crée ainsi les bases d’une nouvelle organisation paramilitaire secrète de type “Gladio”.

Les USA et l’OTAN préparent d’autres opérations sur le front méridional, en lien étroit avec celui oriental. Après avoir fait semblant pendant des années de combattre l’EIIL et d’autres groupes, en leur fournissant secrètement des armes via la Turquie, les USA et leurs alliés demandent aujourd’hui un cesser-le-feu pour “raisons humanitaires”. La raison en est simple : les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie sont en train de libérer toujours plus de portions du territoire syrien jusqu’ici occupées par l’EIIL et d’autres formations, qui reculent également en Irak.

Dans le même temps, l’OTAN renforce son soutien militaire à la Turquie, qui avec l’Arabie saoudite, vise à occuper une partie du territoire syrien proche de la frontière. C’est dans ce but que l’OTAN, sous le couvert officiel de contrôler le flux de réfugiés (résultat de la guerre USA/OTAN) déploie en Mer Égée ses navires de guerre du 2e groupe naval permanent, qui vient tout juste de terminer une série d’opérations d’entrainement avec la marine turque.

C’est aussi la raison du déploiement des avions-radars AWACS, véritables centres de commandement volants pour la gestion des zones de guerre.

C’est dans ce même contexte stratégique que s’inscrit l’opération, emmenée en théorie par l’Italie, mais pilotée en réalité par les USA à la tête de la “coalition” qui s’apprête à envahir la Libye pour occuper les zones côtières, les plus importantes stratégiquement et économiquement, sous le prétexte officiel de les libérer des terroristes de l’État islamique (EIIL). Un nouvelle guerre USA/OTAN se prépare, après celles de l’Irak en 1991, la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2003, la Libye en 2011, la Syrie en 2013, toutes accompagnées de formations terroristes comme l’EIIL, pièces essentielles dans cette stratégie.

Cette opération a été mise en point par les Etats-Unis, en concertation non pas avec l’Union européenne (UE), parfaitement inexistante comme entité unitaire, mais avec les grandes puissances européennes que sont la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Des puissances qui, souvent concurrentes entre elles ou avec les USA, se rejoignent et unissent leurs efforts lorsqu’il s’agit de leurs intérêts fondamentaux.

Auourd’huit, 22 des 28 pays de l’UE, avec plus de 90% de la population de l’Union, font partie de l’OTAN, qui est reconnue par l’UE comme fondamentale pour la défense collective“. Le commandement est toujours US : le commandant suprême allié en Europe est nommé par le président des États-Unis, et tous les hauts postes de commandement-clefs de l’OTAN sont aux mains des USA.

Rappelons à ce propos l’orientation stratégique énoncée par Washington au moment de la dissolution du Pacte de Varsovie et du démantèlement de l’URSS : “Les États-Unis restent le seul État avec une force, une portée et une influence en toutes dimensions – politique, économique et militaire- réellement mondiale. Il n’existe aucun substitut au leadership américain. Il est fondamental de conserver l’OTAN comme canal d’influence et de participation étasunienne aux affaires européennes, en interdisant la création de dispositifs purement européens qui nuiraient à la structure de commandement de l’Alliance.”

On ne peut pas imaginer construire une Europe différente sans se libérer de la domination et de l’influence que les USA exercent sur l’Europe, directement ou par l’intermédiaire de l’OTAN.

Aussi parce que l’avancée USA/OTAN vers l’Est et le Sud concerne déjà la région Asie-Pacifique, avec pour objectif final la Chine, qui est en train de se rapprocher de la Russie. C’est l’ultime tentative des États-Unis et des autres puissances occidentales pour maintenir leur suprématie économique, politique et militaire, dans un monde où les 1% plus riches possèdent plus de la moitié de la richesse globale, et dans lequel apparaissent de nouveaux acteurs sociaux et étatiques qui pressent pour l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial.

Cette stratégie agressive a provoqué une hausse considérable des dépenses militaires mondiales, entrainées par celles des USA, qui sont remontées en valeur réelle, au niveau de ceux de la Guerre froide : presque 5 milliards de dollars par jour. La dépense militaire italienne se situe en 12e position, avec pratiquement 85 millions par jour. Un gigantesque gâchis de ressources, soustraites aux besoins vitaux des populations.

Dans ce contexte, la position de l’Italie est particulièrement grave : déjà emprisonnée dans la nasse des bases de l’OTAN sous commandement US, elle se voit transformée en plateforme de lancement pour toutes les guerres USA/OTAN sur les fronts orientaux et méridionaux. De plus, violant le Traité de non-prolifération, l’Italie est utilisée comme base avancée des forces nucléaires étasuniennes en Europe, qui sont d’ailleurs sur le point d’être renforcées par l’arrivée des bombes B61-12 destinées à la “première frappe nucléaire.”

Pour sortir de cette spirale guerrière à l’issue catastrophique, il est vital de construire un puissant et vaste mouvement pour sortir l’Italie de l’OTAN, pour une Italie libérée de la présence des bases militaires étasuniennes, pour une Italie souveraine et neutre, pour une politique étrangère basée sur l’article 11 de la Constitution, pour une nouvelle Europe indépendante qui contribue à des relations internationales basées sur la Paix et le respect réciproque, et à la justice économique et sociale.

Rome, le 20 février 2016

Source : Megachip, traduction Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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Kerry invité à donner des preuves sur le vol MH-17

23 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Europe supranationale

Source : Consortiumnews.com, le 21/01/2016

Le 21 janvier 2016

Exclusif : Le père d’un jeune américain qui est mort à bord du vol 17 de la Malaysia Airlines insiste pour que le Secrétaire d’État John Kerry fournisse la preuve de ses déclarations précoces selon lesquelles le gouvernement étatsunien possède des détails sur le tir du missile qui a tué 298 personnes, rapporte Robert Parry.

Par Robert Parry

Le père de Quinn Schansman, le seul citoyen américain à avoir trouvé la mort dans la chute du vol 17 de la Malaysia Airlines abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine en 2014, a demandé au Secrétaire d’État John Kerry de fournir les informations étatsuniennes qu’il avait citées en déclarant qu’il avait une connaissance précise du lieu d’où le missile anti-aérien suspecté d’être à l’origine de la chute avait été tiré.

Un des mystères du cas MH-17 est le suivant : pourquoi les États-Unis – après avoir déclaré qu’ils possédaient l’information mettant en cause les rebelles prorusses et le gouvernement russe – ont-ils évité de la rendre public, ou même apparemment évité de la partager avec les enquêteurs néerlandais qui menaient l’enquête sur la manière dont l’avion a été abattu et sur qui était responsable.

 

Quinn Schansman, un citoyen à la double nationalité américaine et néerlandaise tué à bord du vol 17 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014. (Photo issue de Facebook)

Quin Schansman, qui avait la double nationalité américaine et néerlandaise, embarqua sur le vol MH-17 avec 297 autres personnes pour un vol d’Amsterdam à Kuala Lumpur le 17 juillet 2014. Le jeune homme de 19 ans rejoignait sa famille pour les vacances en Malaisie.

Dans une lettre du 5 janvier 2016, Thomas J. Schansman, le père de Quinn, pointe une remarque de Kerry lors d’une conférence de presse du 12 août 2014, lorsque le Secrétaire d’État dit à propos du missile Buck anti-aérien suspecté d’avoir abattu l’avion : “Nous avons vu le lancement. Nous avons vu la trajectoire. Nous avons vu le choc. Nous avons vu cet avion disparaitre des écrans radar. Et donc il n’y a en réalité aucun mystère sur le lieu d’où il a été tiré ni sur l’origine de ces armes.”

Toutefois, le lieu d’où le missile a été tiré est resté un mystère lors de l’enquête sur le vol MH-17. En octobre dernier, lorsque le bureau de la sécurité néerlandais a rendu son rapport final sur la catastrophe, il ne parvenait à situer le lieu du tir que dans une zone de 320 kilomètres carrés dans l’est de l’Ukraine, territoire alors contrôlé à la fois par des forces ukrainiennes et rebelles. (Le bureau de la sécurité n’a pas cherché lequel des adversaires avait tiré le missile fatal.)

Entre-temps, Aimaz-Antey, le fabricant d’armes russe des systèmes Buck, a effectué ses propres expérimentations pour déterminer l’emplacement probable du tir, et l’a situé dans une zone beaucoup plus réduite près du village de Zaroshchenskoye, à environ 20 kilomètres à l’ouest de la zone retenue par le bureau de la sécurité néerlandais, et dans une zone sous contrôle du gouvernement ukrainien.

Quelques jours après la chute, Kerry et d’autres officiels autorisés américains pointèrent du doigt les rebelles prorusses qui résistaient alors à une offensive militaire du régime de Kiev soutenu par les É-U. Le gouvernement russe était alors accusé d’avoir supposément fourni aux rebelles un puissant système Buck anti-aérien capable de descendre un avion de ligne civil volant à 33 000 pieds (10 000 mètres).

Mais  – plus de 18 mois après la tragédie – le gouvernement des É-U n’a jamais rendu publique la preuve annoncée, alors que la Russie a démenti avoir fourni un système Buck aux rebelles et alors que les rebelles ont déclaré qu’ils ne possédaient pas de missiles Buck en état de fonctionner.

Un père angoissé

Thomas Schansman, qui vit en Hollande, a écrit à Kerry, en soulignant que “passer les fêtes de Noël et du Nouvel An sans mon fils, a été dur pour ma famille et moi-même” et en insistant auprès du Secrétaire d’État pour qu’il donne l’information américaine sur le sujet.

“Ce que je comprends, c’est que ni le gouvernement néerlandais ni le bureau de la sécurité néerlandais n’ont reçu officiellement l’information radar de la part des É-U à laquelle vous aviez fait référence. Elle n’est pas présente dans le rapport du bureau de la sécurité et n’est pas non plus du domaine public,” écrivait Schansman.

“Au nom des parents en deuil, et pour aider la recherche de la justice, je demande que les États-Unis fournissent au bureau de la sécurité néerlandais les informations radar auxquelles vous avez fait allusion dans votre conférence de presse et tout autre information disponible et pertinente (comme des données satellitaires et des données infrarouges) que votre gouvernement a en sa possession.

“Je vous serais très reconnaissant si les États Unis, directement ou par l’intermédiaire de l’OTAN, pouvaient publiquement transmettre au bureau de la sécurité néerlandais les enregistrements radar et satellite des minutes qui ont précédé et suivi la catastrophe… Cela permettrait au bureau de la sécurité de ré-ouvrir l’enquête et d’y inclure un chapitre relatif à cette information, laquelle est essentielle pour la réussite de la poursuite pénale. Je compte sur le soutien du gouvernement des États-Unis pour trouver et poursuivre les responsables de la mort de mon fils, votre concitoyen.”

Kerry n’a toujours pas répondu, mais un officiel consulaire américain, Pamela J. Hack, a envoyé à Schansman une lettre du 14 janvier exprimant ses condoléances pour la mort de son fils et disant : “J’espère que vous recevrez une réponse sous pli séparé… de Washington.”

Un jugement prématuré

Dans les jours qui ont suivi la chute de l’avion, Kerry se positionna en accusant les rebelles prorusses (et implicitement leurs soutiens à Moscou) d’avoir abattu le vol MH-17. Trois jours après la tragédie, Kerry fit le tour des plateaux d’émissions télévisées du dimanche avec des déclarations qui laissaient peu de doute sur la responsabilité des rebelles et des Russes.

Après avoir mentionné des informations glanées sur les “réseaux sociaux”, Kerry déclara au cours de l’émission de la NBC “Meet the Press” (Rencontre avec la Presse) : “Mais plus important encore, nous avons saisi l’image de ce lancement. Nous connaissons la trajectoire. Nous savons d’où il est parti. Nous connaissons le détail horaire. Et c’est exactement à ce moment que cet avion a disparu de l’écran radar.”

Deux jours plus tard, le 22 juillet 2014, le bureau du directeur du renseignement national fit connaître une “déclaration gouvernementale”, citant aussi “les réseaux sociaux” et semblant impliquer les rebelles. Puis ce document donnait la liste des équipements militaires supposément fournis par la Russie aux rebelles. Mais cette liste ne comprenait pas de batterie de missiles Buck ou d’autres puissants missiles anti-aériens.

Le directeur du renseignement national fit en sorte que des analystes du renseignement informent quelques reporters sélectionnés des médias importants, mais les analystes montrèrent bien moins de conviction que leurs mentors auraient pu l’espérer, soulignant qu’il y avait encore de très grosses incertitudes au sujet de la responsabilité du tir.

L’article du Los Angeles Times déclarait “les agences américaines de renseignement ont été jusqu’à présent incapables de définir la nationalité ou l’identité de l’équipe qui a lancé le missile. Des officiels américains ont déclaré qu’il était possible que le SA-11 (désignation du missile anti-aérien Buck de fabrication russe) ait été lancé par un transfuge de l’armée ukrainienne entraîné à utiliser de tels systèmes de missiles.”

L’incertitude des analystes corroborait partiellement ce que m’avait dit une source qui avait été informée par les analystes américains du renseignement peu après la chute de l’avion au sujet de ce qu’ils avaient pu voir sur des photos satellite de haute résolution, et qui selon eux montrait ce qui semblait être du personnel militaire ukrainien actionnant la batterie censée avoir tiré le missile.

La source qui m’a parlé plusieurs fois après avoir reçu des informations supplémentaires au sujet de l’avancement de l’enquête déclara qu’au fur et à mesure que les analystes américains obtenaient davantage d’éléments sur la chute du MH-17 de la part de sources techniques et autres, ils en venaient à penser que l’attaque avait été menée par des éléments voyous de l’armée ukrainienne, ayant des liens avec un oligarque extrémiste ukrainien. [Voir, par exemple, sur Consortiumnews.com “Flight 17 Shoot-Down Scenario Shifts” et “The Danger of an MH-17 Cold Case.”]

Création d’un paria

Mais, officiellement, le gouvernement des É-U ne s’est jamais rétracté, ni n’a précisé ses déclarations initiales. Simplement il est resté silencieux, laissant la place à la croyance répandue que c’était des rebelles prorusses qui étaient responsables de ces atrocités et que le gouvernement russe avait été complètement irresponsable de fournir un puissant système Buck aux rebelles.

Les habitudes de pensée occidentales eurent tôt fait de convaincre l’Union Européenne de rejoindre le gouvernement des É-U en imposant des sanctions économiques à la Russie et en traitant le président Vladimir Poutine comme un paria international.

Pendant que le gouvernement des É-U accusait haut et fort et en même temps cachait les preuves qu’il disait détenir, il devint clair que les agences de renseignement des É-U n’avaient pas de preuves pour étayer la déclaration initiale de Kerry et son jugement précipité mettant en cause les rebelles et les Russes.

En dépit d’une surveillance aérienne intensive de l’est de l’Ukraine à l’été 2014, les É-U et d’autres services de renseignement occidentaux ne purent trouver de preuves que la Russie ait jamais fourni de système Buck aux rebelles ou en ait introduit dans la zone. Le renseignement satellite – examiné aussi bien avant qu’après la chute – ne détecte de système de missile Buck que relevant de militaires ukrainiens dans la zone de conflit.

On pourrait être conduit à la même conclusion du fait que le directeur du renseignement national, le 22 juillet 2014, n’ait pas avancé que des missiles Buck figuraient parmi les systèmes d’armes que la Russie avait fournis. Si de tels Bucks fournis par les Russes avaient été repérés – et les batteries de quatre missiles de 16 pieds de longueur tractées par des camions sont difficiles à louper – leur présence aurait certainement été soulignée.

Mais il n’est pas nécessaire de se fonder sur cette absence de preuve. Dans un rapport du renseignement néerlandais peu remarqué, en octobre dernier et citant des informations du service du renseignement et de la sécurité militaire néerlandais (le renseignement néerlandais), qui en tant que participant à l’OTAN a accès à la surveillance aérienne sensible et à d’autres données pertinentes, il apparaissait que les seules armes anti-aériennes dans l’est de l’Ukraine – capables d’abattre le MH-17 à 33 000 pieds d’altitude – appartenaient au gouvernement ukrainien.

Ce service de renseignement militaire néerlandais fit cette déclaration en tentant d’expliquer pourquoi les vols commerciaux continuaient de survoler la zone de combats de l’est de l’Ukraine à l’été 2014. Il indiqua que sur la base d’informations couvertes par le “secret d’État” il savait que l’Ukraine possédait quelques anciens mais puissants systèmes d’armes anti-aériennes et que “un certain nombre de ces systèmes étaient localisés dans la partie est du pays.”

Mais l’agence de renseignement ajoutait que les rebelles n’avaient pas cette capacité, ne disposant que de missiles anti-aériens à courte portée et de quelques missiles Buck non opérationnels qui avaient été pris sur une base militaire ukrainienne. “Pendant le mois de juillet plusieurs sources crédibles indiquaient que les systèmes présents sur cette base militaire n’étaient pas opérationnels,” déclara le service militaire du renseignement néerlandais. “Donc ils ne pouvaient être utilisés par les séparatistes.”

Les raisons des Ukrainiens

Autrement dit, il est clair – sur la base des commentaires explicites du service de renseignement militaire néerlandais et des omissions des “déclarations gouvernementales” des É-U – que les puissances occidentales n’avaient aucune preuve que les rebelles prorusses ou leurs alliés russes disposaient de missiles Buck opérationnels dans l’est de l’Ukraine, mais le gouvernement ukrainien avait bel et bien plusieurs batteries de tels missiles.

Cela avait également du sens que l’Ukraine déplace des systèmes anti-aériens à proximité de la frontière en raison de la crainte d’une invasion russe, tandis que les militaires ukrainiens poussaient leur “opération antiterroriste” contre les combattants séparatistes d’origine russe qui résistaient au coup d’ État soutenu par les É-U du 22 février 2014, lequel avait évincé le président élu Victor Ianoukovitch dont le soutien politique était dans l’est.

Selon le rapport du bureau de sécurité néerlandais, un avion de combat ukrainien avait été abattu probablement par un missile air-air (vraisemblablement par un chasseur russe) le 16 juillet 2014, ce qui signifie que les défenses ukrainiennes étaient probablement en alerte forte. Les militaires russes déclarèrent aussi que l’Ukraine avait activé un système radar qui est utilisé pour guider les missiles Buck.

Une source du renseignement m’a indiqué que les analystes des É-U examinaient sérieusement la possibilité selon laquelle l’objectif visé était l’avion officiel du président Poutine qui rentrait d’une visite d’État en Amérique du Sud. Son avion et le MH-17 portaient des marques semblables rouge-blanc-bleu, mais Poutine prit une route plus au Nord et arriva sain et sauf à Moscou.

D’autres scénarios possibles consistent en une erreur d’identification par un escadron ukrainien mal entraîné et indiscipliné qui aurait confondu le MH-17 avec un avion russe qui aurait pénétré l’espace aérien ukrainien ou bien que cet escadron aurait procédé à une provocation volontaire en vue de faire porter le chapeau aux Russes.

Quels qu’aient été les coupables, quels qu’aient été leurs mobiles, un point n’aurait pas dû rester dans l’ombre, c’est le lieu d’où est parti le tir. Kerry répéta à plusieurs reprises dans les jours qui ont suivi la tragédie que le renseignement des É-U avait détecté le lancement et savait d’où il provenait.

Alors pourquoi le bureau de sécurité néerlandais doit-il se gratter la tête au sujet d’un missile provenant d’une zone de 320 kilomètres carrés, alors que le fabricant russe localise le lancement 20 km plus à l’ouest ? Alors que l’emplacement du tir est un point crucial dans le débat, pourquoi le gouvernement des É-U empêche-t-il un allié de l’OTAN (ainsi que des enquêteurs à propos d’une catastrophe aérienne majeure) de connaître sa localisation.

On peut penser que si l’administration Obama avait eu des preuves sérieuses montrant que le tir provenait du territoire rebelle, ainsi que Kerry l’insinuait, les officiels des É-U auraient été trop heureux de fournir les données. Ces données pourraient être aussi les seules preuves radar précises. L’Ukraine prétendit que ses principaux systèmes radar étaient hors d’usage au moment de l’attaque, et les Russes– alors qu’ils avaient avancé que leurs écrans radars faisaient état d’un autre avion à l’approche du MH-17 – n’ont pas conservé leurs données brutes.

Thomas Schansman nota dans sa lettre à Kerry : “Le DSB (bureau de sécurité néerlandais) déclara qu’il n’avait reçu aucune donnée brute, d’aucun État… La résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies n°2166 requiert explicitement que les États membres fournissent toute assistance demandée et coopèrent pleinement dans l’enquête. Les données primaires (brutes) des radars sont essentielles pour établir la cause, pour identifier et poursuivre les responsables de cet acte haineux.”

L’opinion communément admise

En dépit des étonnantes failles dans les preuves et de l’échec des É-U à présenter les preuves qu’ils se targuent de posséder, l'”opinion communément admise” des Occidentaux demeure que soit les rebelles prorusses, soit les Russes eux-mêmes ont abattu le MH-17 et ont cherché à cacher leur culpabilité. Une partie de cette certitude provient du jeu pour simple d’esprit qui consiste à répéter que les missiles Buck sont “fabriqués en Russie”, ce qui est vrai mais non pertinent quant à savoir qui a tiré le missile, d’autant que les militaires ukrainiens possèdent des Bucks de fabrication russe.

En dépit du manque de coopération des É-U à l’enquête – et de l’échec du renseignement occidental à détecter des Russes ou des rebelles prorusses armés d’une batterie Buck dans l’est de l’Ukraine – les magistrats néerlandais qui travaillent en relation étroite avec le gouvernement ukrainien disent qu’ils prennent au sérieux les déclarations faites par des blogueurs sur un site britannique appelé Bellingcat et qui ont identifié des soldats russes attachés au maniement d’une batterie de missiles Buck les tenant pour les suspects numéro 1 de l’attaque.

Ainsi, la possibilité n’est pas à écarter que l’enquête conduite par les Néerlandais – en coordination avec le gouvernement ukrainien – finira par mettre en cause des soldats russes alors même que le gouvernement des É-U retient des données qui pourraient résoudre des questions clés telle que localiser l’endroit d’où le missile fatal est parti.

Une accusation de soldats russes justifierait un regain de propagande anti-Poutine et déclencherait sûrement un chœur de dénonciations contre Moscou de la part des médias dominants occidentaux. Mais un tel développement contribuerait peu à élucider le mystère de savoir qui a réellement abattu le MH-17, tuant ainsi Quinn Schansman et 297 autres personnes à son bord.

Le reporter d’investigation Robert Parry a élucidé de nombreuses affaires sur l’Iran et les Contras pour l’Associated Press et Newsweek dans les années 80. Vous pouvez acheter son dernier livre, America’s Stolen Narrative [Les contes volés de l’Amérique], soit sur papier ici ou sous forme électronique (chez Amazon et barnesandnoble.com)

Source : Consortiumnews.com, le 21/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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La nouvelle dialectique « humanitaire » en Syrie, par Guillaume Borel

6 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Turquie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie

La nouvelle dialectique « humanitaire » en Syrie, par Guillaume Borel

Par Guillaume Borel le 05 février 2016

Syrie Arabie saoudite Etats-Unis France Russie Turquie Crises


Alep et les villages environnants se vident des milliers de combattants -et leurs familles- notamment du groupe terroriste Al-Nosra (la branche syrienne d’al-Qaida) devant l’avancée de l’armée régulière syrienne. Ces fuyards, qui ont semé la terreur et la mort durant 3 ans à Alep, vont maintenant en partie grossir les rangs des camps de réfugiés en Turquie. Les Etats qui – comme la Turquie, l’Arabie saoudite et la France – ont soutenu ces groupes terroristes « modérés » n’apprécient pas de voir l’armée gouvernementale reprendre le dessus. Ils sont maintenant plus que jamais à la manœuvre, comme l’expose l’analyse de Guillaume Borel ci-dessous. [Silvia Cattori]

Suite à l’avancée majeure de l’armée régulière syrienne dans la région d’Alep, les alliés régionaux de l’État Islamique et du Front Al-Nosra, la Turquie et l’Arabie Saoudite, montrent à nouveaux des velléités d’intervention directe sur le terrain syrien.

Soutenue par l’aviation russe, l’armée syrienne est en mesure de reprendre la ville d’Alep, fief des djihadistes du Front al-Nosra, et de libérer le gouvernorat régional. La principale route d’approvisionnement des djihadistes en provenance de Turquie a notamment été reprise par l’armée, qui a libéré plusieurs villages et localités de la province. Les quartiers rebelles sont sur le point d’être totalement encerclés. Selon le responsable de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane :

« Les pro régime encerclent les quartiers rebelles à Alep des côtés sud, est et nord, à l’exception d’une seule ouverture dans le Nord-Ouest qui permet aux insurgés d’accéder à la province voisine d’Idlib. »

Ce n’est donc probablement qu’une question de jours avant que les positions des djihadistes soient totalement bouclées. L’armée pourra alors lancer une vaste offensive afin de libérer l’intégralité de la ville. Toujours selon l’OSDH, le bouclage d’Alep pourrait « marquer le début de la fin pour eux, [les djihadistes] à moins qu’ils ne reçoivent une aide urgente des pays du Golfe et de la Turquie. »

Dans ce contexte militaire extrêmement préoccupant pour les alliés de la Turquie, Ankara semble montrer des velléités d’appuyer plus directement le Front al-Nosra. Les militaires turcs ont ainsi interdit un vol d’inspection russe au-dessus de leur territoire, qui devait s’effectuer dans le cadre du traité « ciel ouvert » qui autorise ce type de vols d’inspection afin de renforcer la transparence et l’ouverture militaire entre les principaux membres de l’OTAN et la Russie.

Le vol en question devait effectuer une reconnaissance entre le 1er et le 5 février sur la région frontalière avec la Syrie, et reconnaître notamment la base aérienne d’Incirlik utilisée par l’OTAN.

Le commandement militaire russe a logiquement interprété cette interdiction comme une volonté de dissimuler la préparation d’une offensive militaire sur le terrain syrien.

Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, l’armée russe «enregistre un nombre croissant de signes d’une préparation secrète des forces armées turques afin de mener des opérations sur le territoire syrien», et d’ajouter : « «Si quelqu’un à Ankara pense que l’interdiction d’un vol de reconnaissance russe permettra de cacher quoi que ce soit, il n’est pas professionnel ».

La coordination entre la Turquie et l’Arabie Saoudite semble également avoir franchi un cap devant l’urgence de la situation militaire. Les deux pays poussent notamment à la création d’une force militaire islamique de « maintien de la paix » sur le territoire syrien. Cette proposition a été formulée en janvier par un député du parti du président Erdogan, l’AKP, lors d’une réunion du conseil de l’Organisation de la Coopération Islamique basée en Arabie Saoudite. L’envoi d’une telle force sur le terrain pourrait en effet mettre un terme à l’avancée de l’armée régulière syrienne et geler le conflit sur ses positions actuelles.

Selon Erdogan Toprak, député turc du parti d’opposition d’extrême gauche Parti démocratique du peuple, la visite récente du premier ministre Ahmet Davutoglu à Riyad en compagnie du chef de l’état-major turc, est le signe de la volonté d’Ankara d’une intervention armée conjointe sur le théâtre syrien. La question actuellement débattue à Ankara serait donc « de savoir si la Turquie — qui a déployé des efforts énergiques conjointement avec l’Arabie saoudite en vue de tenir les Kurdes syriens à l’écart des négociations de Genève — lancera une opération en Syrie pour empêcher les troupes d’Assad soutenues par l’aviation russe d’établir un contrôle sur les territoires turkmènes. »

Dans cette optique, le bloc américano-occidental et ses alliés régionaux ont rompu les pourparlers de paix de Genève qui s’étaient ouverts lundi, en prétextant l’offensive militaire actuelle du régime syrien et en conditionnant la réouverture des négociations à la mise en place d’un processus humanitaire, validant ainsi le plan turco-saoudien d’une force d’interposition de « maintien de la paix » dans le but d’offrir une porte de sortie aux groupes djihadistes encerclés par l’armée régulière et de reconstituer probablement des « zones refuge » près de la frontière turque.

Le secrétaire d’état américain John Kerry a ainsi dénoncé : « La poursuite de l’assaut des forces du régime syrien – renforcées par les frappes russes – contre des zones tenues par l’opposition » qui traduirait selon lui « le désir de chercher une solution militaire plutôt que de permettre une solution politique ».

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, qui a mis en oeuvre depuis sa prise de fonction un soutien logistique et opérationnel aux groupes djihadistes et au Front al-Nosra, a également jugé que les circonstances militaires « privaient de sens » les discussions de Genève « auxquelles ni le régime de Bachar al-Assad ni ses soutiens ne souhaitent visiblement contribuer de bonne foi, torpillant ainsi les efforts de paix ».

Le 4 février, l’Arabie Saoudite se positionnait officiellement pour un engagement armé direct dans le conflit contre l’État Islamique sous-direction américaine, par la voix du porte-parole du ministre de la défense.

La stratégie de guerre par procuration menée par la coalition occidentale et les Etats du Golfe dans le but de renverser Bachar-al-Assad au profit d’un protectorat islamique étant sur le point d’échouer du fait de l’entrée en guerre de la Russie, c’est maintenant au nom de l’urgence « humanitaire » que les sponsors occidentaux et régionaux des groupes djihadistes ayant semé le chaos et la mort en Syrie tentent de sauver leurs mercenaires. Le soudain intérêt porté à la situation humanitaire des syriens masque ainsi une tentative désespérée de geler le conflit afin d’offrir une porte de sortie aux rebelles armés et soutenus par la coalition. Nul doute que la thématique « humanitaire » n’en est qu’à ses premiers développements et que le système médiatique va s’en emparer de manière massive afin de conditionner les opinions à la nouvelle dialectique du conflit syrien.

Une première offensive préparatoire a ainsi eu lieu début janvier autour de la situation de la ville de Madaya, qui a notamment donné lieu à différentes supercheries et montages photographiques qui ont servi à alimenter une campagne de communication virale sur les réseaux sociaux mettant en scène une population civile en état de sous-nutrition avancée. Certains clichés mensongers véhiculés par les médias, notamment des pays du Golfe, n’étaient pas sans rappeler les images des détenus des camps de concentration…

Guillaume Borel | 5 février 2016

Guillaume Borel est l’auteur de l’essai Le travail, histoire d’une idéologie. Éditions Utopia: 2015. Il s’intéresse aux questions de macro-économie, à la géopolitique et aux questions de propagande et d’intoxications médiatiques.

Crédit photo AP

Source: http://arretsurinfo.ch/la-nouvelle-dialectique-humanitaire-en-syrie/

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Washington accuse Moscou de financer des mouvements politiques et caritatifs en vue de déstabiliser l’Europe politiquement...

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #Les transnationales, #L'OTAN.

Washington accuse Moscou de financer des mouvements politiques et caritatifs en vue de déstabiliser l’Europe politiquement...
Maxime Perrotin
187111653

Washington accuse Moscou de financer des mouvements politiques et caritatifs en vue de déstabiliser l’Europe politiquement...

Selon le quotidien britannique The Telegraph, les Etats-Unis vont lancer une enquête approfondie en Europe afin de déterminer à quel point les autorités russes auraient infiltré les milieux politiques européens en vue de « porter atteinte à la cohésion politique » de l'Union. Une stratégie du Kremlin, qui reposerait, selon Washington, depuis une décennie sur des « financements clandestins » alloués par les autorités russes à des organisations politiques ou caritatives.

 

Pour les autorités américaines, l'ombre de Moscou planerait derrière l'organisation du référendum au Pays-Bas, une allégation qui se justifierait par le fait que certains arguments développés dans le soutien de cette consultation nationale, relative au rapprochement entre l'Union Européenne et l'Ukraine, « ressembleraient fort » à ceux que l'on retrouve dans la « propagande russe ». Un plébiscite, qui n'a rien à voir avec une initiative du gouvernement hollandais, rendu possible par 420 000 signatures rassemblées par une pétition: soit bien plus que les 300 000 requises par la constitution.

 

Pour diligenter cette enquête de la plus haute importance sur le vieux continent, le Congrès américain a mandaté James Clapper, Directeur du renseignement national — qui à la tête de la Communauté du Renseignement, coordonne près de 17 services de renseignements — on y retrouve aussi bien le Trésor, la Marine, les gardes côtes et le Département d'Etat que le FBI et la NSA.

 

Aucune précision n'est apportée quant au type d'organisations dont les comptes vont être passés au crible par cette enquête fédérale américaine, afin de trouver des « liens » entre ces acteurs nationaux-européens et la Russie. Le journaliste de The Telegraph explique néanmoins que certains partis d'extrême droite semblent correspondre parfaitement: comme Jobbik en Hongrie, Aube Dorée en Grèce, la Ligue du Nord en Italie ou encore… Le Front National en France, notamment suite à son prêt de 9 millions d'euros contracté auprès d'une banque russe.

 

Une information qui n'a pas manqué de faire réagir Wallerand de Saint Just, Trésorier National du Front-National:

 

​« Ce n'est pas étonnant de la part des États-Unis, mais c'est tout aussi scandaleux, de toute façon il ne sera pas question que les Etats-Unis puissent venir enquêter en quoi que ce soit et une seule minute sur le territoire français. Il n'y a aucune raison que je réponde à quelqu'un qui provienne des Etats-Unis sur ces questions-là, il n'est pas question qu'il m'appelle pour me poser une question, s'il le fait je ferai en sorte qu'il quitte le territoire français le plus rapidement possible, enfin c'est incroyable. Mais bon pour le moment, il ne s'agit que d'une information de presse […] Je ne sais pas du tout si c'est vrai, mais si c'est vrai, c'est scandaleux, mais ça ne pourra pas se réaliser, c'est sûr: en tout cas je ne déférerai à aucune convocation d'une CIA quelconque ».

 

Mais ce qui pourrait le plus étonner dans cette annonce, c'est la provenance des accusations d'ingérences via des financements d'organisations politiques: Washington. Washington qui est bien loin d'être exempte d'activités en la matière, comme nous l'explique François Asselineau, Président du parti politique l'Union Populaire Républicaine:

 

« Quand j'ai pris connaissance de cette nouvelle, j'avoue que j'ai été partagé entre l'envie d'un grand éclat de rire et l'envie d'une grande indignation, parce que s'il y a bien un pays au monde qui ferait bien de balayer devant sa porte quand il s'agit des questions d'infiltration des partis et des mouvements politiques en Europe, c'est bien les Etats-Unis d'Amérique. Les Etats-Unis d'Amérique, je rappelle que depuis 1945, ont une politique constante d'infiltration des milieux politiques ».

Et François Asselineau n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit de citer quelques exemples…

 

« Premier exemple, le Daily Telegraph lui-même, que vous citez, a révélé le 19 Septembre 2000 dans un article retentissant d'Ambrose Evans-Pritchard […] que les documents classés secret défense du Département d'Etat pour les années 50 et 60 venaient d'être déclassifiés. Qu'apprenait-on dans cet article? On apprenait notamment que Robert Schuman, que Paul-Henri Spaak, étaient traités comme des agents d'influences par les services américains, on a appris que l'American Committee on United Europe avait financé les mouvements pro-européens, par l'intermédiaire de fondations privées, comme la Fondation Ford, on y apprenait également qu'il y avait eu une réunion le 11 Juin 1965 au Département d'Etat, où Robert Marjolin qui à l'époque était le vice-président de la Communauté Economique Européenne, avait été convoqué par le Département d'Etat, et il avait été sommé de s'expliquer sur l'Etat d'avancement de la construction européenne, et en particulier, les dirigeants américains lui avaient demandé où on en était de la mise en place d'une monnaie européenne, ce qui allait devenir ultérieurement l'Euro, et les américains avaient conseillé d'y aller de façon discrète, pour en fait mettre les peuples devant le fait-accompli, qu'il n'y ait pas de débat sur le sujet ».

Si certaines références ont beau dater de la Guerre Froide, certains exemples sont encore nombreux de nos jours:

« Je citerai l'exemple de la création des syndicats, comme Force Ouvrière en France au début de la Guerre Froide, qui a été financé par les services américains, on peut citer également les réseaux Gladio et Stay-behind, où les services américains soutenaient des mouvements d'extrême-droite dans les pays d'Europe en cas d'invasion soviétique et puis on peut citer également, ce qui est d'ailleurs tout à fait d'actualité, des fondations comme par exemple la French-American Foundation, qui a été créé par les Etats-Unis et la France, du temps de Giscard d'Estaing lorsqu'il était Président de la République, et les américains sélectionnent 4 ou 5 personnes par an qu'ils vont formater à leurs intérêts et qu'ils vont promouvoir en France dans les milieux politiques, médiatiques et journalistiques comme étant un peu des agents d'influence […] Côté américain cela avait été lancé par John Negroponte, qui était un homme proche de la C.I.A.».

 

Le territoire de l'Union Européenne n'est pas le seul, les pays de l'ex-bloc soviétique sont aussi concernés… Notamment avec le cas de ces révolutions dites « colorées »: le rose en Géorgie, l'orange en Ukraine et les tulipes pour le Kirghizstan, respectivement en 2003, 2004 et 2005 pour ne citer que les plus « emblématiques »…

 

Des « révolutions » et divers autres opérations de subversion qui ont été soutenues par des organisations telles que l'Institut International Républicain (IRI) de John Mac-Cain, l'Institut National Démocrate pour les Affaires Internationales (NID) de Madeleine Albright, l'Open Society Foundations de George Soros, le National Endowment for Democracy ou encore Freedom House, qui venaient financer des journaux, des hommes et des mouvements politiques d'opposition, allant jusqu'à leur apporter encadrement logistique et formation, des organisations également en charge du recrutement des « observateurs indépendants » et finançant la surveillance du « bon déroulement des élections ».

 

Des aides parfois directes: comme au Kirghizstan, où pour la seule année électorale de 2005, 30 millions de dollars avaient été accordés par les Etats-Unis à l'opposition si on en croit la lettre d'autocongratulation que Stephen Young, ambassadeur américain au Kirghizstan, avait envoyée à Washington avant le début des émeutes qui allaient conduire à la destitution d'Askar Akaïev. 30 millions de dollars, un montant annuel constituant une « nette augmentation », mais « une augmentation conforme aux instructions du Département d'Etat ».

 

Et aussi des aides plus indirectes: comme par exemple, l'attribution de bourses à certaines personnalités prometteuses… On pourrait citer à ce titre Mikheil Saakachvili qui, avant d'être le plus jeune président du monde suite au renversement d'Edouard Chevardnadze, a pu suivre ses études à Columbia et à George Washington University, grâce à une bourse du Département d'Etat…

 

Il est aujourd'hui en Ukraine, à la tête de la très russophone Odessa, cette ville fondée par la tsarine Catherine II et qui connut son essor sous la gouvernance d'Armand-Emmanuel du Plessis, Duc de Richelieu. Odessa, ville portuaire et ferroviaire qui se révèle donc nœud stratégique pour la Transnistrie voisine, depuis que le gouvernement moldave, « changé », lui aussi, en 2009, en a fermé l'espace aérien.

 

Que dire aussi des déclarations de Victoria Nuland, Secrétaire d'état adjointe affaires européennes et eurasiennes, qui déclarait le 21 Avril 2014 lors d'une interview accordée à la journaliste britanico-iranienne Christiane Amanpour sur CNN, que les Etats-Unis avaient investi, depuis 1991, près de 5 milliards de dollars en Ukraine afin de soutenir « les aspirations du peuple ukrainien à avoir un gouvernement démocratique »…

« Ça fait vraiment penser à cette maxime prêtée à Goebbels que « plus le mensonge est gros plus il a de chances d'être cru » ou alors un autre dicton français qui est « la meilleure défense c'est l'attaque »: les américains en fait reprochent aux russes ce que eux font en Europe depuis bientôt 60 ans ».

Une autre phrase qui pourrait résumer la situation vient du président des Etats-Unis, Barack Obama qui, lorsqu'il accorda, fin janvier 2015, une interview au média en ligne Vox, déclara quant aux buts de la politique étrangère américaine « De temps à autre nous avons à tordre le bras à des pays qui ne voudraient pas faire ce que nous avons besoin qu'ils fassent », avant d'évoquer les différents leviers, économiques, diplomatiques et militaires, dont les Etats-Unis disposent…

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.



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Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, s'est déclaré dimanche en faveur de la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine".

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Agriculture

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, s'est déclaré dimanche en faveur de la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine".

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, s'est déclaré dimanche en faveur de la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine".

Le président français et l'ensemble du gouvernement du pays veulent que l'embargo alimentaire, imposé par la Russie, soit levé. Cependant, "ce n'est ni le ministre de l'Agriculture ni même la France qui négocie avec la Russie", mais l'Union européenne, a déclaré dans son entretien aux médias français dimanche, le ministre français de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

 

"Bien sûr, je souhaite une levée des sanctions, le président de la république le souhaite également, je suis allé en Russie pour négocier avec les Russes à ce sujet", a déclaré M. Le Foll lors de l'émission Le grand rendez-vous Europe 1-iTÉLÉ-Le Monde.

La position sur la levée des sanctions est partagée par l'ensemble du gouvernement, notamment, "Emmanuel Macron, qui est allé en Russie il n'y a pas longtemps, souhaite que les sanctions soient levées", a affirmé le ministre.

"Ces sanctions sont liées à une crise diplomatique, en partie également à une décision de la Russie sur un embargo sanitaire. Nous avons tout fait, je me suis déplacé en Russie à ce sujet, pour obtenir une levée des sanctions", a souligné le ministre de l'Agriculture.

La semaine dernière, les agriculteurs français se sont rassemblés dans différentes villes du pays pour manifester contre la crise du secteur agricole français, en particulier contre des cours trop bas, inférieurs aux coûts de production.

 

Les relations entre la Russie et les pays occidentaux se sont dégradées suite au rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Fédération de Russie en 2014. Les pays de l'UE ainsi que les Etats-Unis ont adopté plusieurs volets de sanctions contre des secteurs entiers de l'économie russe en 2014 et en 2015. La Russie a riposté, en frappant d'embargo en août 2014 plusieurs denrées alimentaires, notamment les produits laitiers, la viande, et les fruits et légumes en provenance de l'UE, du Canada, d'Australie et de Norvège.

Sanctions antirusses: l'UE subit de grandes pertes
© Sputnik.
Sanctions antirusses: l'UE subit de grandes pertes



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Le roi est nu. Demain, il mourra. Par Françoise Compoint

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Europe, #La France, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #l'islamisme, #La Russie, #Ukraine

Le roi est nu. Demain, il mourra. Par Françoise Compoint

Le roi est nu. Demain, il mourra.

Heureusement que la cruauté du titre n’est que métaphorique. Le roi ou plutôt le roitelet, passez-moi cet accès de condescendance, désigne ce système politique occidental qui est à bout de souffle – pas facile d’être vassalisé en long et en large –et qui, croyant jusqu’ici ses valeurs universalisables car infaillibles, constatent son déclin sans pour autant vouloir changer quoi que ce soit. Or, comme ses représentants ne veulent rien changer, ils essayent de se redorer le blason en s’en prenant à d’autres systèmes qu’il est de bon ton d’agonir, voire de menacer. Que ce soit par la force persuasive des médias de propagande, par des sanctions qui n’ont ni queue ni tête ou par le biais d’armées satellites enfermées dans l’Alliance.

Ce qui prête à rire, c’est la mal fou que se donne une civilisation en déroute à montrer qu’elle est exclusive et à donner des leçons de démocratie alors que ses agissement sont simplement ridicules. Ce qui prête moins à rire, c’est le fait que le chaos de la pensée se juxtapose au Mal absolu. Mais au préalable, quelques traits humoristiques pour s’éclater un peu avant de passer aux choses sérieuses …

Alors que les présidentielles étasuniennes approchent, le ministère des Finances US nous annonceque Poutine est corrompu. Suite à ladite déclaration, Gallup relève que 3/4 des Américains trouvent que leur gouvernement est corrompu jusqu’au fin fond des poches obamiennes. Si donc, à en croire le ministère, Poutine a cela en commun avec Obama, je ne vois pas où est le problème. La mort de Litvinenko, agent du MI6, mort survenu suite à un empoisonnement au polonium il y a près de dix ans, serait cette fois et plus que jamais imputable aux méchants gobelins du Kremlin. Outre les accusations de sa veuve, il n’y a rien qui puisse ressembler ne serait-ce qu’à un soupçon de preuve. Toutes mes condoléances au passage, mais tout de même, quand on est lié à la fois au renseignement et aux séparatistes djihadistes tchétchènes, il faut être prêt à se faire liquider à tout moment.

Tout comme pour l’affaire du Boieng malaysien abattu, les griefs les plus tirés par les cheveux sont bons quand il s’agit d’infliger à la Russie de nouvelles sanctions dont la seule visée consiste à exaspérer les masses et orchestrer une énième révolution de couleur, plutôt rouge qu’orange comme l’a joliment démontré le Maïdan. Or, sachant que Kiev a refusé d’annuler son veto sur le déroulement ultérieur de l’enquête – ce qui démontre la culpabilité de la partie ukrainienne – et que les désastres du Maïdan mariés aux joyeusetés migrationnistes que connaît à l’heure actuelle les villes les plus paisibles de l’UE sont autant d’épouvantails même pour certains libéraux russe, il faudrait être d’une stupidité affligeante, voire d’un masochisme incurable pour se laisser encore tenter par ce qui fut la veille encore le fameux rêve civilisationnel européen.

Même la virilité n’a plus sa place dans ce petit monde consumériste que les éléments les plus crados et les plus vils arrivent à envahir, de un, par leur idéologie obscurantiste, de deux, par le viol qui est une arme de guerre psychologique avant même que d’être un moyen de satisfaire ses besoins primaires. Elle est dure la vie quand il faut éviter de léser les sentiments des transexuels et ceux des clandestins délinquants, les deux catégories devenant progressivement les vaches sacrées des sociétés civilisées qui par excès de civilisation s’évertuent à produire des Barbies obèses par égard pour les petites filles obèses. Si un réfugié afghan lapide un trans, je suppose que l’opinion allemande sera très gênée pour choisir la bonne victime.

La France va plus loin ! Sarkozy flirte avec un futur (éventuel) électorat LGBT en déclarant avoir révisé ses vues quant à la loi Taubira et en scandant studieusement que la menace numéro un ce serait, allez donc deviner,non pas le TAFTA, non pas l’impossibilité d’inverser la courbe du chômage, l’endettement exponentiel du pays ou les cellules salafistes actives, que non, mais le FN ! Pendant ce temps, se donnant corps et âme à toutes ces splendeurs du Nouveau Monde, Kiev n’exclut pas un nouveau premier ministre … suédois. Oui, parfaitement, suédois. Un certain Karl Bildt, ministre des Affaires étrangères dans sa dernière vie. S’il aura quelque mal à capter les subtilités du nationalisme ukrainien du moins aura-t-il le mérite d’être tout sauf ukrainien.

Examinés séparément, ces symptômes ne trahiraient pas grand-chose. En revanche, imbriqués comme ils le sont ici, ils révèlent un monde moribond qui s’inscrit dans la phase 6 du déclin des Empiresdécrite par le Lieutenant-Général Sir Glubb(voir le Destin des Empires). J’ajouterais qu’en plus d’être moribond ce monde est aussi criminel. Les oligarques qui le dirigent sont des criminels hélas partiellement élus par des nations qui ne voient pas ou ne veulent pas voir qu’ils sont tels.

Voici deux exemples d’actualité qui permettront d’éviter des énumérations par trop redondantes.

Premier exemple. Le système atlantiste a l’habitude de flanquer le nez là où il conviendrait de le lui couper à des fins de sécurité. Comme en général il reproduit le même scénario, il ne nous échappera pas que l’un de sesleviers d’influence privilégiés, ce sont des opposants dits libéraux du genre Kassianov, chef du parti PARNAS et ancien Premier ministre de Poutine. Il importe peu de savoir si ce triste sire récolte 1,5% ou 2% des voix tout comme en récoltait, de son vivant, Nemtsov. Ce qui importe, c’est le choix d’une personnalité quiinvitée à s’exprimer devant l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe appelle à rendre la Crimée à l’Ukraine quitte – connaissant les résultats du référendum du 16 mars 14 – à noyer la péninsule dans le sang. Ce qui importe aussi, dans cette optique, ce sont les liens entretenus par cet « opposant » anti-national et anti-systémique avec l’ancien président du Majlis tatar criméen, Djemilev,qui avec le ministre de l’Intérieur turc concoctent tout deux, enfin, tout trois, avec Kassianov, la libération d’une Crimée qu’ils estiment occupées … comme par hasard, j’imagine, par des Criméens. Gardons bien à l’esprit que la Turquie participe à l’organisation et au financement de bataillons salafistes qu’elle pense diriger, l’instant propice, contre un territoire revendiqué depuis plus de 200 ans. Gardons également à l’esprit que le soi-disant pacifique Djemilev n’a pas hésité à se présenter en 2006 au Congrès constitutif du Front anti-impérialiste rassemblant islamistes et néo-nazis, le sulfureux Iarosh en tête. En d’autres termes, Strasbourg en vient à donner une tribune – tribune d’honneur ! – à un collabo aussi proche, à ses fins traîtressses, du salafisme que du néo-nazisme. Bravo. On savoure à fond les fameuses valeurs démocratiques atlantistes.

Deuxième exemple. Ça repasse par la Turquie, désolée pour si peu d’originalité! J’ai comme l’impression que la comédie anti-Daesh de la coalition se termine au nord et au nord-est de la frontière turco-syrienne une forte concentration de troupes turques y étant avérée. Expliquant cette percée progressive par la nécessité de réprimer le séparatisme kurde et la montée en puissance des takfiris, la Turquie reste très discrète quant à son intention de créer une sorte de zone tampon entre les villes syriennes de Djarablous et d’Azaz. Le hasard a voulu qu’une telle initiative voit le jour après la visite de Biden à Ankara ce qui est d’autant plus inquiétant quand on sait qu’il s’agit du tuteur de Porochenko et quand on voit ce que ça donne en plein centre de l’Europe. Si donc on en arrive demain à une confrontation armée massive et directe entre les forces armées turques et les forces armées syriennes, je me demande ce que pourra entreprendre la Russie contre un membre de l’OTAN. Un membre de l’OTAN, soulignons-le, qui parvient à le rester, de un, en assurant le passage de convois pétroliers de l’EI via son territoire, de deux, en en achetant une certaine partie comme en témoignent non pas les médias russes mais le New York Time et le Guardian, de trois, à faire transiter du coton syrien comme le rapporte la Tribune de Genève, de quatre, à acheminer du shit afghan vers l’Europe en le faisant préalablement passer via la Syrie et l’Irak … de quoi se poser quelques questions avant de griller un joint.Plus concrètement encore, il y a quelques jours, la police serbe a mis la main sur 16 kg de joyeusetés évanescentes exportées grâce à Daesh en direction de l’Europe via notre alliée, la Turquie. Celle-ci est même tellement notre alliée que le Conseil de l’Europe vient d’adopter le turc comme une de ses langues officielles : reconnaissons qu’il faut vraiment l’avoir mérité !

Résumons : l’euro-intégration passe fichtrement mieux si vous violez des Européennes et/ou trafiquez d’une façon ou d’une autre avec l’EI en en faisant profiter les oligarchies occidentales.

Si vous voulez rester ce qu’on vous demande d’être – un bon citoyen de l’UE attaché aux valeurs démocratiques qui sont forcément votre religion – vous devez, si vous êtes du sexe mâle, éviter de défendre vos femmes et vos filles, si vous êtes des deux sexes, accepter toutes les conditions que vous imposent, sous couvert de nobles principes, les oligarchies au pouvoir qui à leur tour sont les marionnettes d’autres oligarchies qu’on voit un peu moins sur le petit écran et qui elles ne risquent pas de se retrouver à défendre leur bout de terre contre les mujâhid. En attendant l’inévitable, on nous enjoint de rester politiquement correct. Même l’Eglise est politiquement correcte. Comment défendrait-elle alors sa Fille aînée? Permettez-moi de citer la très juste remarque de l’archevêque d’Alep, Monseigneur Jeanbart, pour qui l’Eglise, à l’instar du Christ, n’a pas à être politiquement correcte mais politiquement juste. Aujourd’hui, l’Europe vassalisée n’a ni politique, ni diplomatie, ni valeurs réelles.Comment tendrait-elle au Juste? Suspendue entre les lauriers d’un passé glorieux, de vagues espoirs projetés dans un non moins vague futur, elle patauge dans un présent mêlant le ridicule au crime.

Cela étant dit, quand un cycle touche à sa fin, il repart à zéro. Le monde que je viens de décrire est un monde moribond. Demain, il mourra. L’Humanité étant prête à souffrir tant que les maux sont supportables est-il dit dans un extrait de la Déclaration d’indépendance des USA, il se trouve que les maux qui minent aujourd’hui les Européens sont de moins en moins supportables. Le réveil n’est pas loin et sera dans une certaine mesure conditionné par trois facteurs :

  1. L’issue des négociations de Genève entre les pro et les anti-Assad. S’y surajoutent les provocations armées que semble préparer la Turquie ses forces aériennes venant de passer au niveau d’alerte orange.
  2. L’issue des élections présidentielles US.
  3. L’attitude des clandestins déjà présents en UE suite aux flux massifs attendus au printemps 2016.

Françoise Compoint

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