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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Le gouvernement français soutient l'horreur nazie à l'oeuvre en Ukraine: Natacha, survivante des geôles du Pravy Sektor, viols et tortures.

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme, #L'horreur naize

A 55 ans Natacha m’arrive un matin dans nos bureaux, ce sont d’autres prisonniers torturés qui lui ont indiqué le travail que nous effectuons à DONi. Modeste et presque timide elle n’ose pas s’asseoir, je passerais plus de deux heures à écouter le témoignage effarant qu’elle me livre, l’histoire d’une simple femme pris dans le maelström des tortures et des violences du Pravy Sektor et de l’Ukraine du Maïdan brun. Ce témoignage est assurément le plus dur que j’ai eu à relever et pourtant j’en ai déjà entendu, trop entendu. Descente en enfer avec Natacha.

« Je suis née dans le Donbass et j’y ai vécu toute ma vie, je vivais dans un hameau près de Pervomaïskoe non loin de Makeevka et Donetsk. J’étais contrôleuse pour la compagnie locale de gaz et malgré que je ne me sois jamais intéressée à la politique, j’ai participé à l’organisation du référendum pour la fédéralisation de l’Ukraine au printemps 2014, il faut dire que j’étais aussi conseillère municipale de mon village. Malgré cela, quand nous avons vu les troupes ukrainiennes arriver, je ne me suis pas enfuie, je n’avais pas conscience de ce qui allait m’arriver, bien sûr j’étais pour la RPD, pour l’insurrection, mais je n’avais aucune activité subversive. J’ai continué mon travail, avec une petite moto je me trimballais sous le feu et les tirs dans tout le secteur qui m’était attribué pour couper les canalisations de gaz, souvent pendant des bombardements et j’ai fait cela jusqu’au 27 janvier 2015, jour de mon arrestation ».

« Quatre ou cinq solides gaillards cagoulés ont débarqué chez moi en hurlant, ils ont tout fouillé et n’ont rien trouvé, mais dans mon téléphone il y avait les nombreuses adresses des points de gaz à couper et des chiffres correspondants aux relevés. Ils ont décrétés que j’étais une coordinatrice d’artillerie pour l’Armée républicaine, je n’ai pas pu me défendre, les coups pleuvaient et j’ai été emmenée manu militari dans un véhicule. Ils m’avaient scotché la tête et les yeux en plus d’un sac. Durant le voyage, alors que j’étais couchée à l’arrière, un homme ne cessait de ne me questionner et de me frapper à la tête. Ils m’ont emmené dans un état-major du Pravy Sektor entre Celidovo et Novogrodovka où les tortures ont commencé »

« Je suis restée 19 jours en détention, dont sept jours sans nourriture, juste des vitamines dans un verre d’eau et 11 jours avec les mains attachées, jusqu’à ce jour j’en garde des séquelles. Ils m’ont battu à coup de bâton et à mains nues, j’ai eu quasiment toutes les dents du haut cassées par les coups. Ils me jetaient à terre et me frappaient lors de séances terribles. Je n’ai pas vu de médecin avant le onzième jour, on ne m’a pas autorisé à aller aux toilettes, je faisais mes besoins sur moi. En 19 jours j’ai perdu de nombreux kilos et je ne pouvais plus marcher. Ils m’ont cassé et retourné tous les ongles et j’ai un kyste dans le dos dû à des coups de pied. Ils m’ont aussi tailladé légèrement avec un couteau qu’ils m’appuyaient sur le front pour avoir des réponses. La nuit j’étais jetée dans un sous-sol, nous étions dans les locaux d’une mine. J’entendais les hurlements des torturés, beaucoup d’hommes mais aussi quelques femmes, ces cris résonneront toute ma vie dans ma tête ».

« Lorsqu’ils m’emmenaient, je passais devant une pièce où était allongée une jeune femme de peut-être 25 ans, elle s’appelait Carla ou Christina, quelque chose comme ça. Elle était entièrement nue et attachée sur un lit, les bourreaux venaient la violer à la ronde selon leurs envies, elle criait faiblement appelant sa mère « Mamioulia, Mamioula, ne me faîtes plus de mal, je vous en prie… », c’était terrifiant, les bourreaux m’ont dit qu’elle était une « sniper » et que je n’avais pas à en savoir plus, ils l’ont violentée encore longtemps, à la fin elle gémissait et quand ils la violaient, j’entendais les montants du lit qui percutaient le mur, je me trouvais de l’autre côté. J’ai été enfermée ensuite dans une cave, un jour, la jeune torturée avait disparu, je ne sais pas ce qu’ils en ont fait. Dans ce nouveau trou, je suis restée deux jours, il n’y avait pas de chauffage, je ne pouvais dormir à cause du froid, l’endroit était couvert de sang séché, des impacts de balles criblaient littéralement l’un des murs, c’était assurément un lieu de torture et d’exécution des prisonniers, des dizaines de préservatifs usagés pouvaient se voir partout au sol, jetés là après les viols. Il y avait d’autres filles qui hurlaient mais je ne pouvais les voir ».

« Ils m’ont sortis hagarde du sous-sol et j’ai été enchaînée dans une salle de sport où se trouvait une autre femme du nom de Galina Stepenienka. Elle avait la tête tuméfiée et m’a raconté avoir été violée et battue à plusieurs reprises par des soldats bourrés. Nous avions la défense de nous parler, sous peine de mort mais nous avons pu le faire. Je suis restée là, de temps à autre un soldat entrait pour nous donner des coups de pied ou nous insulter, j’ai reçu de la nourriture, un médecin militaire ukrainien m’a détaché les mains le onzième jour, je ne pouvais plus en faire l’usage. J’ai été conduite dans un WC mais je n’ai jamais pu me laver pendant 19 jours. Le dix-huitième jour ils ont placé dans notre salle un jeune prisonnier pas trop amoché, nous avons vite compris que c’était un faux prisonnier et un mouchard, de toute façon qu’avais-je à dire, je n’avais rien fait ! Nous entendions encore chaque nuit les cris des jeunes filles violées et torturées ou ceux des hommes que l’on maltraitait ».

« Le dix-neuvième jour, j’ai été emmenée dans un état pitoyable à Droujovka près de Kramatorsk dans une sorte d’état-major du SBU ou quelque chose comme ça. Là-bas les gens n’étaient pas cagoulés, ils ont préparé une déclaration où je reconnaissais mes activités séparatistes et le fait que je sois une coordinatrice d’artillerie, j’étais prête à tout après un traitement pareil et puis cela ne changeait rien, j’ai signé le papier. J’ai cru qu’ils allaient m’emmener en prison comme une autre femme qui se trouvait là du nom de Yulia Michiouka à Marioupol ou ailleurs mais ils m’ont libéré en pleine nuit. J’ai été reconduite en voiture par un jeune soldat ukrainien qui était effrayé par mon aspect et ce que l’on m’avait fait. Il m’a dit que le Pravy Sektor était toujours dans le secteur où j’habitais et que même si le tribunal m’avait libéré, j’allais disparaître comme beaucoup des gens de mon village, nous avions vu en effet disparaître des gens, comme Sergeï Vassilievitch Reznik, Vladimir Banderenka ou Alexandre Ouzakov et des dizaines d’autres ».

« Nous étions le 14 février, je suis rentrée chez moi avec ordre de ne plus en sortir, mais j’ai compris que je devais fuir. A cette époque, il n’y avait pas de laisser-passer et d’autorisations pour les autobus qui traversaient la ligne de front, alors j’ai pris juste mon sac à main, ce que j’avais comme argent et je suis montée dans un bus. C’était entre le 16 et le 18 février 2015, comme je n’étais pas encore « fichée » au niveau des passages, j’ai traversé la peur au ventre le front me retrouvant à Donetsk le jour même. Depuis je vis dans un foyer du gouvernement et avec l’aide humanitaire de la Fédération de Russie et celle de ma fille. J’ai retrouvé un travail comme cuisinière mais pour un salaire de 1 730 roubles à mi-temps, je survie, tous mes biens sont restés dans la zone occupée. J’ai été entendue par Charline, une Suisse de la Croix rouge et également par un commissaire de l’ONU, il y avait aussi un Français, peut-être de l’Union européenne, j’ai sa carte de visite quelque part… Une chose est sûre, ils ont entendu mon témoignage, mais je n’ai rien vu venir ».

Le témoignage de Natacha se termine ainsi à nouveau sur les traces de la Croix rouge, avec toujours et encore… Charline, avec l’ONU, avec des responsables européens peut-être de l’OSCE. En haut lieu, les autorités européennes et occidentales, sans parler de la Croix rouge, savent, ils savent donc la vérité sur les tortures, sur les viols, les exécutions. Pendant ce temps-là, des journalistes nient encore l’horreur des actes terribles commis par Kiev, son armée, ses services de sécurité et jusqu’à présent pas un des correspondants français des grandes officines médiatiques nationales n’a jamais sorti le moindre témoignage, pourtant à portée sur les crimes contre l’Humanité qui sont perpétrés par l’Ukraine dans le Donbass. Le silence continuera-t-il longtemps ?

Laurent Brayard pour DONi.Press

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Sur le front de Donetsk. Le 4 Avril 2016

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Politique étrangère

Nous déambulons Janus Putkonen et moi sur le front Nord-Ouest de Donetsk entre la gare routière et l’aéroport quelque part aux frontières de la capitale du Donbass. Le décor est cataclysmique, au milieu des destructions, la vie pourtant continue. Un monument à la gloire de l’aventure spatiale de l’URSS trône dans une rue criblée d’éclats d’obus et de balles. Il reste des gens autour, tels des fantômes ils déambulent et vaquent à leur occupation. Au loin, alors que le front est calme ce jour-là nous percevons le bruit d’une meuleuse, sans doute un civil se livre dans ce moment d’accalmie à quelques réparations de son habitation certes encore debout mais passablement constellée des projectiles ukrainiens.

 

C’est le contraste de la ville de Donetsk, cinq kilomètres en arrière, s’il existe des traces de destruction, elles se raréfient pour être minimes dès que l’on se trouve dans le cœur de la ville, au centre de la place Lénine, même si en y regardant de près, des destructions sont apparentes même à cet endroit-là. Ce matin, alors que j’écris ces lignes, une détonation forte d’un obus ukrainien de gros calibre s’est faite entendre, c’est la triste réalité de cette guerre dont plus personne ne veut parler en Occident. Et pourquoi en parler ? Alors que la France à travers la présence du Président François Hollande se portait garante pour l’Ukraine devant la Russie et le Donbass, Kiev multiplie sans fin les provocations que vous pouvez découvrir à travers des centaines d’articles et de vidéos. Ce travail de journalistes, vous ne le trouverez pas en France, vous le trouverez peut-être plus sûrement dans les coins en Allemagne ou en Grande-Bretagne, mais pas en France.

Les destructions s’empilent, alors que nous étions samedi dernier avec Ulfdis sur trois endroits du front autour de Gorloka, les civils nous ont dit que « cela a chauffé la journée précédente et surtout la nuit, nous avons été bombardés à l’artillerie lourde et au mortier », déclare une jeune mère, la trentaine, qui vit avec son compagnon et ses deux enfants sous la menace constante des bombardements ou des snipers ukrainiens. Voici la triste réalité des oubliés du Donbass, ces gens qu’en France, certains voudraient voir mourir, que l’immense majorité préfère ignorer ou carrément par l’effet de la désinformation de nos médias, ignorent bel et bien.

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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"La future Constitution est affaire du peuple syrien", par le Président Bachar al-Assad

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 "La future Constitution  est affaire du peuple syrien",  par le Président Bachar al-Assad

COMITE VALMY

1ère partie de l’entrevue accordée par le Président syrien au Directeur général de l’agence russe Sputnik [Texte intégral]


Question 1 : On parle beaucoup des réfugiés syriens, la majorité des migrants en Europe se présentant comme des Syriens, même les Pakistanais. Selon les évaluations allemandes, 77% sont sans papiers d’identité. Nous aimerions comprendre comment vous évaluez le nombre de déplacés à l’intérieur de la Syrie, ainsi que le nombre de ceux qui ont été forcés à quitter le pays et les raisons de leur fuite. Nous aimerions mettre les points sur les « i » en ce qui concerne ce sujet.

 

Le Président Al-Assad : Il n’y a évidemment pas de chiffres précis. Les chiffres sont approximatifs. Ainsi, ceux qui se déplacent à l’intérieur du pays pour se rendre chez des proches, dans d’autres villages, ne se déclarent pas en tant que réfugiés. La plupart, en quête de sécurité, quittent des zones infiltrées par des terroristes pour aller dans les zones contrôlées par l’État.

 

Ceci dit, je ne crois pas que le problème réside dans les chiffres. Le problème est que, jusqu’à présent, il n’y a eu aucun travail sérieux de la part de nombreux États. Ils traitent la question des réfugiés comme si elle ne concernait que l’étranger.

 

Certains pays européens veulent bien les accueillir pour leur assurer le gîte et des aides. Il arrive même qu’ils envoient des aides aux personnes déplacées à l’intérieur du pays. Mais cela ne résout pas le problème. Le problème fondamental est le terrorisme. Nous devons le combattre au niveau international car il n’est pas uniquement lié à la Syrie. Il sévit aussi en Irak. Il est directement soutenu par la Turquie, la famille des Al-Saoud et une partie des pays occidentaux, notamment la France et la Grande-Bretagne, tandis que d’autres se contentent de regarder sans agir sérieusement. Je pense que plus qu’une question de chiffres c’est là que réside le problème.

 

Question 2 : Je suis persuadé que vous attendez le retour des Syriens dans leur pays, ce qui pourra se faire à partir du moment où vous aurez démarré la reconstruction. Avez-vous déjà estimé l’étendue des destructions et des dommages subis par la Syrie ces dernières années ?

 

Le Président Al-Assad : Les dommages portant sur l’économie et les infrastructures dépassent deux cents milliards de dollars. Le secteur économique pourra être relevé dès que la Syrie retrouvera sa stabilité, mais la reconstruction des infrastructures exigera plus de temps.

 

Nous avons initié le processus de la reconstruction avant que la crise ne soit résolue afin de soulager, autant que possible, le citoyen syrien des dommages subis par l’économie et les infrastructures et, en même temps, diminuer l’émigration vers l’étranger, car il se peut que ceux qui souhaitent revenir soient encouragés au retour par l’espoir d’une amélioration de la situation.

 

L’émigration n’est pas uniquement due au terrorisme et à l’insécurité, mais aussi au blocus et aux sanctions occidentales imposées à la Syrie. Beaucoup de gens résidant en zones sécurisées, indemnes de terrorisme, ont émigré parce que le citoyen ne peut plus assurer les nécessités de sa vie quotidienne.

 

Par conséquent, en tant qu’État, il est impératif que nous agissions pour offrir les moyens, mêmes élémentaires, pouvant améliorer la situation économique et les services à la population. C’est ce que nous faisons en travaillant dès maintenant à la reconstruction.

 

Question 3 : La Syrie devra évidemment compter sur l’aide de la communauté internationale. Sur l’aide de qui compterez-vous pour la reconstruction du pays et comment envisagez-vous le rôle des sociétés et entreprises russes ?

 

Le Président Al-Assad : Dans tous les cas, le processus de reconstruction est un processus gagnant pour les entreprises qui y contribueront, surtout si leurs États les soutiennent en leur accordant les crédits nécessaires. Bien sûr, il est à prévoir que ce processus repose sur les trois États qui se sont tenus à nos côtés tout au long de cette crise : la Russie, la Chine et l’Iran.

 

Mais je pense que nombre d’États qui se sont positionnés contre la Syrie, et en premier lieu les États occidentaux, tenteront d’envoyer leurs propres entreprises pour participer à ce processus. Cela dit, il ne fait aucun doute qu’en ce qui nous concerne, nous nous adresserons principalement aux pays amis. D’ailleurs, ce serait assurément la réponse, politique et affective, de n’importe quel citoyen syrien que vous questionneriez à ce sujet. Il vous dira que nous réserverons le meilleur accueil aux entreprises de ces trois pays, à commencer par la Russie.

 

Quant aux infrastructures en question, elles nécessitent la collaboration de centaines de spécialités et de compétences. C’est pourquoi je crois que le champ d’action sera très large pour toutes les entreprises russes qui participeront à la reconstruction.

 

Question 4 : Monsieur le Président, nous passons aux questions politiques. Comment évaluez-vous les résultats des « négociations » à Genève sur la Syrie, lesquelles ont eu lieu la semaine dernière ?

 

Le Président Al-Assad : Jusqu’ici, nous ne pouvons certainement pas dire que quelque chose ait abouti suite à ces derniers « pourparlers » de Genève, si ce n’est que nous avons abordé des sujets fondamentaux en posant les principes de base des futures négociations, car des négociations sans principes sous-jacents se transforment en palabres chaotiques improductives, autorisant chaque partie à camper sur ses positions et d’autres États à s’ingérer indûment.

 

Nous avons donc commencé par présenter un « document de principes », mais nous n’avons encore travaillé qu’avec M. De Mistura sans entrer en contact avec la partie censée négocier avec nous. Nous devrions poursuivre les discussions et le dialogue autour de ce document lors de la prochaine session. Par conséquent, je peux dire à propos de la dernière session que nous avons initié une méthodologie susceptible d’aboutir au succès des futures négociations et que si nous la respectons, les prochaines sessions seront bénéfiques.

 

Question 5 : Je voulais justement aborder le positionnement de la Syrie lors des prochaines sessions. Quand est-ce qu’elle discutera de ladite « transition politique », laquelle amènera le sujet d’un « organe de transition » qui gouvernerait le pays ? Quel est votre point de vue sur le mécanisme adopté à cet égard ?

 

Le Président Al-Assad : Premièrement, il n’existe pas de définition d’une « période transitoire ». Ensuite, en Syrie, nous pensons que ce concept implique une transition d’une Constitution à une autre, car c’est la Constitution qui définit le système politique souhaité.

 

Par conséquent, la période transitoire doit nécessairement courir sous la Constitution actuelle. Nous ne passerons à une nouvelle Constitution qu’une fois que le peuple syrien l’aura approuvée par son vote.

 

D’ici là et selon notre perception en tant que Syriens, ce que nous pouvons faire est de veiller à la formation d’un gouvernement regroupant les diverses forces politiques syriennes, y compris celles de l’opposition et des indépendants. Une structure transitoire ou un gouvernement momentané, dont le but principal sera de travailler à la nouvelle Constitution avant de la soumettre au suffrage des Syriens et qui ne sera applicable qu’après leur approbation.

 

Rien dans la Constitution syrienne, ni dans aucune autre, ne correspond à un « organe de transition ». C’est un discours illogique et inconstitutionnel. Quels seront les pouvoirs d’un tel organe ? Comment pourrait-il gérer le quotidien des citoyens ? Qui évaluera leurs besoins ? Aujourd’hui, nous disposons d’une Assemblée du peuple [le Parlement syrien] et d’une Constitution qui dirigent le gouvernement et l’État. C’est pourquoi la solution est celle d’un « gouvernement d’union nationale » qui préparera la nouvelle constitution.

 

Question 6 : À ce stade et concernant ce gouvernement, je souhaitais vous interroger sur les modalités de sa formation. Qui le composera ? Serait-ce le Parlement élu le 13 avril prochain ou bien vous-même ? Accepteriez-vous une participation internationale à sa formation ?

 

Le Président Al-Assad : Tel est l’objectif des pourparlers de Genève, un dialogue entre Syriens pour que nous nous mettions d’accord sur la composition de ce gouvernement. Nous n’avons pas encore d’idée définitive étant donné que, mis à part certaines personnes, les autres parties n’ont toujours pas accepté ce principe.

 

Une fois que nous nous serons tous entendus sur ce principe, nous dirons comment il nous faudra l’exécuter. La logique voudrait que soient représentées les forces indépendantes, les forces de l’opposition et les forces en accord avec l’État actuel. Théoriquement, cela pourrait se faire rapidement.

 

Quant aux modalités techniques devant aboutir à la formation de ce gouvernement, comme vous le savez, existent des ministères avec ou sans portefeuille et certains y entreront sans avoir l’expérience du travail gouvernemental. Dès lors, nombre de questions devront être discutées et détaillées à Genève. Je ne pense pas qu’elles seront sources de complications insolubles, car elles sont toutes susceptibles de trouver un règlement.

 

Concernant le Parlement, il n’a aucun rôle à jouer dans ce processus qui doit être réglé entre nous et l’ « opposition à l’étranger ». Il supervise le gouvernement syrien mais ne le nomme pas.

 

Question 7 : Pensez-vous que le prochain Parlement sera de toutes les couleurs ?

Le Président Al-Assad : Cela dépend des électeurs syriens. Y’aura-t-il de nouvelles couleurs dans la société syrienne ? Il ne suffit pas qu’il y’ait de nouveaux partis, comme cela fut le cas lors des élections législatives en 2000, car il est possible qu’existent une centaine de partis sans qu’ils aient tous leurs représentants aux élections. Que souhaitera le citoyen syrien pour aller voter ? Comme vous le savez, ce sont des questions qui demandent du temps. N’importe quel nouveau parti en a besoin pour prouver le bien-fondé de son programme politique aux citoyens. Actuellement, étant donné les circonstances difficiles, il est possible qu’ils ne souhaitent pas tenter trop de nouveautés, comme il est probable que ce soit le cas quand la situation sécuritaire ira vers le mieux et que les préoccupations politiques du citoyen prendront le pas sur ses préoccupations vitales. Aujourd’hui, le citoyen syrien pense d’abord à sa vie, à sa sécurité, ensuite aux nécessités de son quotidien, aux études de ses enfants et à sa santé ; le reste est du domaine du secondaire. C’est pourquoi je ne m’attends pas à un changement radical dans l’immédiat.

 

Question 8 : Vu la situation dans sa globalité, comment croyez-vous que vos succès sur le terrain et les victoires des forces gouvernementales pourront aider la transition politique, certains étant convaincus que ces victoires consolideront vos positions lors des pourparlers de Genève, d’autres déclarant qu’elles menacent le processus politique ?

 

Le Président Al-Assad : C’est une question très importante. Il y a, en effet, ceux qui présentent le positionnement de la Russie contre le terrorisme comme un simple soutien au Président, ou au gouvernement, et donc comme un obstacle au processus politique. Ce serait vrai si nous n’avions pas été souples dès le départ et si nous nous étions vraiment butés.

 

Or, si vous reveniez sur la politique suivie par l’État syrien depuis cinq ans, vous constateriez que nous avons tenu compte de toutes les initiatives avancées par toutes les parties, sans exception, même lorsqu’elles n’étaient pas sincères ; notre but étant de ne rater aucune occasion susceptible de résoudre la crise.

 

C’est pourquoi, ma réponse à ce sujet se résumera à dire que le soutien militaire russe et le soutien des amis de la Syrie, ainsi que les victoires militaires syriennes, mèneront à l’accélération de la solution politique, non l’inverse. Nous n’avons pas modifié nos positions, ni avant, ni après le soutien russe. Nous nous sommes rendus à Genève avec toujours autant de souplesse.

 

En même temps, je dirai que ces victoires auront leur influence sur les forces et les États qui empêchent la solution, à commencer par l’Arabie Saoudite, la Turquie, la France et la Grande-Bretagne qui parient sur notre échec sur le terrain, afin d’imposer leurs conditions lors des négociations politiques. Raisons pour lesquelles, je pense que ces avancées militaires aboutiront à accélérer la solution politique et non à la menacer.

 

Question 9 : S’agissant de l’avenir, comment envisagez-vous la présence de bases militaires étrangères sur le territoire syrien ? À quelles conditions elles y resteront et est-ce que la Syrie en a besoin ?

 

Le Président Al-Assad : Si nous parlons de la période actuelle, oui, nous en avons certainement besoin, parce qu’elles sont efficaces dans la guerre contre le terrorisme. Et même si la situation sécuritaire se normalisait, la lutte contre le terrorisme ne sera ni rapide, ni éphémère. Le terrorisme s’est répandu dans cette région sur des décennies et il faudra le combattre sur une longue période. D’un autre côté, ces bases ne sont pas uniquement liées à la lutte contre le terrorisme, mais sont aussi liées à la situation internationale générale.

 

À notre grand regret, l’Occident, tout au long de la guerre froide, au-delà et jusqu’aujourd’hui, n’a pas changé sa politique. Il veut étendre son hégémonie et décider pour les autres nations. Malheureusement, les Nations Unies n’ont pas été en mesure de jouer leur rôle dans le maintien de la paix internationale. Par conséquent, tant qu’elles ne retrouveront pas leur véritable rôle, ces bases militaires seront nécessaires, pour nous, pour vous et pour l’équilibre du monde. C’est un fait. Que nous soyons d’accord ou pas, c’est actuellement une nécessité.

 

Question 10 : Des bases militaires de quels États parlez-vous exactement ?

Le Président Al-Assad : Je parle uniquement des bases russes. Nous n’avons pas de bases d’un autre État. D’une part, parce que nos relations avec la Russie datent d’une soixantaine d’années et sont fondées sur la confiance et la transparence. D’autre part, parce qu’en matière de politique la Russie s’appuie sur des principes et que nous respectons ces mêmes principes. C’est pourquoi, la présence de bases militaires russes en territoire syrien n’est pas une occupation. Bien au contraire, elle renforce nos relations, notre amitié, la stabilité et la sécurité. Et c’est ce que nous voulons.

 

Question 11 : Pouvez-vous imaginer ou accepter l’idée que le système de gouvernance de l’État syrien se transforme en un système fédéral ? Si oui, quelle forme prendrait l’autonomie kurde et quelle en serait l’étendue ?

 

Le Président Al-Assad : Du point de vue géographique, la Syrie est trop petite pour se transformer en État fédéral, elle est probablement moins étendue que la plupart des Républiques de Russie. En principe, la Syrie ne me paraît pas destinée au fédéralisme, faute de facteurs naturels pouvant justifier un tel système. Mais naturellement, en tant qu’État, nous approuvons ce que le peuple approuve, et le fédéralisme dépend de la Constitution, laquelle est soumise à l’approbation de ce même peuple.

 

Ceci étant dit, le concept de fédération kurde aurait besoin d’être corrigé. La majorité des Kurdes de Syrie veulent vivre au sein d’un État unitaire dirigée par un gouvernement central non fédéral. Il ne faut donc pas confondre certains Kurdes qui réclament un système fédéral et tous les autres Kurdes. D’ailleurs, d’autres composantes non-kurdes, aussi peu représentatives quantitativement, cherchent la même chose. Ce n’est pas pour autant que l’idée du fédéralisme soit acceptée par la majorité du peuple syrien. C’est pourquoi, je ne pense pas qu’au cas où cette idée serait soumise à son suffrage direct, elle aurait son approbation.

 

Question 12 : Mais maintenant, on parle d’une nouvelle Constitution. Êtes-vous d’accord sur le fait que la nouvelle Constitution devrait être prête en août, une date fixée par John Kerry après ses entretiens au Kremlin, alors que la position de la Russie n’a pas encore été annoncée ?

 

Le Président Al-Assad : La rédaction de la constitution pourrait être prête en quelques semaines, les experts en la matière et les propositions ne manquent pas. Ce qui prend du temps ce sont les discussions. La question devient donc : quel est le processus politique qui devrait nous mener à débattre de la Constitution ?

 

En tant qu’État, nous pouvons aujourd’hui rédiger une Constitution et la soumettre aux citoyens, mais lorsque nous parlons de « forces politiques », quelles sont-elles ? Nous ne le savons toujours pas. Nous posons la question à M. De Mistura, il ne le sait pas ! Même les Américains ne savent pas, tandis que l’Occident, par moments, ainsi que certains autres États, notamment l’Arabie saoudite, veulent restreindre toutes les autres parties au seul « groupe d’opposants de Riyad », lequel comprend des membres terroristes, dans le but de donner une image unique de l’opposition avec laquelle nous serions censés négocier une Constitution. C’est une opposition qui n’existe pas en Syrie. À part cela, le délai du mois d’août est correct et suffisant.

 

Docteur Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
30/03/2016

Source : SANA [Syrian Arab News Agency], 1ère partie.
http://sana.sy/ ?p=361365

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

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13e voyage de Le Drian au Qatar : “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France”

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #Terrorisme

13 voyages chez un pays croupion qui soutient le terrorisme, pour quelques milliards – le prix de notre âme…

Source : Le Point, AFP, 29/03/2016

L’armée qatarie a passé commande de 24 Rafale en 2015 pour 6,3 milliards d’euros et plusieurs gros contrats pourraient être signés prochainement.

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Ce mardi, le ministre français de la Défense a défendu les couleurs de l’industrie française de l’armement, sur les rangs pour de juteux contrats au Qatar dans la foulée du succès de l’avion de combat Rafale. “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France. Il ne faut pas mégoter sur les mots”, a déclaré Jean-Yves Le Drian en marge du salon de l’industrie militaire navale DIMDEX à Doha, faisant référence à la proximité de vues entre les deux pays sur la situation régionale et aux liens de défense bilatéraux.

Signe le plus concret de ce partenariat, l’armée qatarie a passé commande de 24 Rafale en 2015 pour 6,3 milliards d’euros. “Ce succès, je l’espère, en appellera d’autres”, a déclaré le ministre devant les industriels français présents au Doha International Maritime Defense Exhibition (Dimdex). Le groupe de construction navale militaire DCNS est candidat pour la vente de trois frégates antimissiles au Qatar – un marché de trois à quatre milliards d’euros – et le constructeur Nexter pour celle de 300 véhicules de combat de type VBCI (deux milliards). “Peut-être que le chiffre 13 est un chiffre de chance”, a lancé le ministre, qui effectuait son 13e déplacement à Doha depuis sa prise de fonctions en mai 2012.

Le Qatar, soutien actif des Frères musulmans

Au Dimdex, Jean-Yves Le Drian a fait le tour de plusieurs stands tricolores avec le jeune émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, visiblement très à l’aise en français. “Je connais”, a souri l’émir devant le stand de Dassault, constructeur du Rafale. Les deux hommes ont aussi échangé quelques mots sur le match de football qui opposera le PSG, financé par le Qatar, à Lorient, ville natale du ministre français en Bretagne, en demi-finale de la Coupe de France en avril. Jean-Yves Le Drian a aussi eu l’occasion de vanter les mérites du “made in France” lors d’un entretien avec le ministre d’État qatari à la Défense, Khaled ben Mohamed al-Attiya. À l’appui du savoir-faire français, la frégate L’Aconit, déployée dans la région, avait fait escale au Dimdex, au côté de sept autres bâtiments étrangers (britannique, italien, indien…)

Le Qatar, soutien actif des Frères musulmans et de groupes armés radicaux en Syrie, est un allié jugé parfois encombrant pour Paris, même s’il rejette, comme l’Arabie saoudite, tout lien politique ou financier avec le groupe État islamique. “Nous parlons très franchement (..) Nous avons une relation saine“, a riposté Jean-Yves Le Drian aux critiques politiques en France sur la proximité entre les deux pays. DCNS est en concurrence avec une offre de l’Italien Fincantieri. Doha, qui veut acquérir ces bâtiments avant le Mondial de football de 2022, devrait annoncer d’ici l’été sur quel constructeur se porte son choix, la première livraison devant intervenir dès 2021.

Le prix du baril, trouble-fête

Le Qatar a par ailleurs entrepris la modernisation de son armée de terre avec, outre 60 chars Leopard-2 allemands commandés en 2013, un appel d’offres pour 300 véhicules de combat. En 2014, Doha a également signé une lettre d’intention pour l’achat de 22 hélicoptères européens NH90. Ce contrat de près de deux milliards d’euros est “prêt, mais pas encore signé”, relève-t-on à Paris. Les appareils doivent être fabriqués en France et en Italie. L’effondrement des prix des hydrocarbures a bousculé le calendrier d’acquisitions du Qatar, en difficulté budgétaire comme d’autres pays du Golfe et qui du coup a fait des frégates sa priorité. Doha s’inquiète du potentiel militaire de l’Iran chiite, puissance régionale rivale des monarchies sunnites du Golfe, et cherche à se doter de capacités antimissiles pour protéger notamment sa plateforme gazière offshore. Le Qatar constitue un enjeu important à l’export pour DCNS en 2016, avec l’Égypte et l’Australie.

Le Caire pourrait commander deux corvettes Gowind supplémentaires au constructeur français – outre les quatre déjà négociées – et deux bateaux plus petits pour un total de 500 millions d’euros, selon plusieurs sources françaises. DCNS est également sur les rangs pour le “contrat du siècle”, la vente de 12 sous-marins à l’Australie pour plus de 20 milliards d’euros. Sur ce créneau, la partie s’annonce toutefois très serrée face à l’allemand ThyssenKrupp et à un consortium japonais. Si le Qatar passe commande, les trois frégates seront construites à Lorient, une bouffée d’air pour le site industriel et la ville natale de Jean-Yves Le Drian, également président de la région Bretagne.

Source : Le Point, AFP, 29/03/2016

 

Réponses à: 13e voyage de Le Drian au Qatar : “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France”

 

Spectre Le 03 avril 2016 
 
 

Le cumulard Le Drian, qui s’est tranquillement assis sur l’article 4 de la Charte de déontologie qu’il avait pourtant signée, pourra profiter de son séjour au soleil pour s’inspirer de la législation sociale locale : link to lemonde.fr La loi Travail reste un peu molle, il y a de toute évidence matière à puiser dans le meilleur du savoir-faire qatari pour doper la compétitivité de nos entreprises.

On pourrait par exemple demander son avis à un autre grand amoureux du Qatar, M. de Juniac (PDG d’Air France) : « Comme le disait mon homologue de Qatar Airways, hier, à propos de la grève, “Monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison”. » link to francetvinfo.fr

Anecdote amusante : le Qatar, qui n’est pas un pays francophone, est pourtant… membre de la Francophonie. link to lemonde.fr Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour que le pognon wahhabite continue à pleuvoir !

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Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps.

Le 03 avril 2016

Je n’ai jamais beaucoup apprécié le manichéisme. Réducteur jusqu’à exclure tout ce qui est entre le Noir et le Blanc, il m’a longtemps semblé que le monde était infiniment plus complexe que cela. La lecture en classe de Terminale du Prince de Machiavel m’en avait définitivement convaincu. La politique ne puit être fondée que sur le realpolitik, nos prises de position individuelles ne sont dignes d’intérêt que si elles prennent en compte le Gris et ses 50 nuances. Qu’importe, au fond, que certains principes moraux édifiants en pâtissent, de toute façon, notre vie n’est qu’un combat harassant que se livrent le Bien et le Mal et en plus, dans une optique dialectique, ces deux entités produisent de petits démons souvent bien sympathiques. Les années ont vite passé. L’expérience personnelle mariée à mes activités de journaliste m’ont démontrée que le manichéisme avait non seulement droit d’existence mais que, dans un cadre bien défini, il avait le devoir de régner en politique à côté du realpolitik qui lui fonctionne avec des nuances morales marquées. Le drame ukrainien et, simultanément, le drame syrien, ont conforté ce point de vue. J’ai alors commencé à mieux comprendre ce que sous entendait l’Apocalypse selon Saint Jean par la fin des Temps, ce que sous-entendaient les révélations faites à Léon XIII où Satan parle de détruire l’Eglise du Christ 75-100 ans plus tard (c’était vers la fin du XIXème siècle) et les révélations faites à Pie XII dans le même esprit. Le Bien et le Mal interagissent en se livrant un combat acharné. Aucun combat ne dure indéfiniment. Tôt ou tard, l’un des partis va l’emporter. Il n’y a donc pas de place pour les nuances auxquelles nous, hommes doués de raison, sommes habitués, et qui nous arrangent tant.+

Il y a peu, un journaliste russe dont je ne retrouve plus le nom avait remarqué que la position souverainiste russe différait en cela de celle de l’opposition libérale genre Echo de Moscouque même quand elle commettait des erreurs tactiques, elle croyait bien faire. Ce trait de probité est aux antipodes d’une hypocrisie qui devrait être indigeste mais que nous nous contentons de critiquer mollement considérant que le drame des Autres (Syriens, Irakiens, Ukrainiens, etc.) n’est pas spécialement le nôtre. Nous restons tièdes. Cette déclaration avait été faite lors d’une émission-débat entre souverainistes et libéraux. Curieusement, ces derniers ne trouvèrent rien à répondre. Pourquoi donnerais-je raison aux premiers et non pas aux seconds ? Serait-ce par sympathie pour Poutine ? Non. C’est simplement que je m’appuie sur les faits. Tout comme l’analyse politique, les choix moraux s’appuient sur des faits. Ils sont empiriques.+

Lorsque des enfants syriens se font massacrer par les ordures de l’EI dont nous connaissons pertinemment les sources de financement, c’est à peine si les peuples occidentaux ou les libéraux russes se prononcent. Au mieux, quelques organisations du type SOS Chrétiens d’Orient dont j’admire le courage essayent d’attirer l’attention du grand public après s’être rendues sur place. Autrement, RIEN. 13 novembre 2015. Paris vit en un soir « le quotidien des Syriens ». Quelques médias commencent à se réveiller en se disant que peut-être, finalement, le Président syrien démocratiquement élu est un moindre mal. Et si le Bataclan se reproduisait ? Après s’être adressé, voix tremblante, aux Français, François Hollande revient à son engagement auprès d’Erdogan qui est de contribuer à la création d’une espèce de Kurdistan au nord de la Syrie. La famille d’Erdogan achète et revend le pétrole syrien volé par Daesh.Cherchez l’erreur.+

Le 22 mars, Bruxelles vit lui aussi le quotidien des pays en voie de démocratisation. Peu avant cet-te tragédie, l’UE entendait réviser sa position vis-à-vis du conflit syrien. Assad n’était plus tenu de se retirer sans conditions. La Belgique est même allée jusqu’à accueillir des leaders du PKK. Le 5 mars, un attentat est perpétré en plein centre d’Ankara. S’ensuit le discours en fait menaçant d’Erdogan qui déclare, lors du sommet UE/Turquie, que la bombe qui a explosé à Ankara pourrait exploser dans n’importe quel pays de l’UE. La façon dont la mise en garde est formulée est absolument fabuleuse : l’Europe accueillerait et subventionnerait des organisations terroristes qui ne manqueront pas de se retourner contre elle. S’agirait-il du PKK allié au PYG contre Daesh ? Il n’en demeure pas moins que la « prophétie » d’Erdogan se vérifie très vite. Bruxelles pleure toujours ses morts, le gouvernement d’Erdogan vit les heures les plus noires de son existence mais il n’est pas question de virer la Turquie de l’Alliance, quant à Assad, réélu ou pas réélu, finalement, il doit partir.Ah, j’oubliais ! La Turquie est allée jusqu’à abattre, en février 2016, des réfugiés (enfants y compris) à la frontière syrienne. C’est peut-être fort regrettable mais, que faire, un membre de l’Alliance n’a rien à se refuser. Le maximum de ce qu’il risquerait, c’est d’aller récolter une formidable raclée chez l’oncle Sam. Ce qui vient de se faire avec ordre de reprendre contact avec le Kremlin, cela, le hasard a porté ses fruits, après la visite du chef de la CIA, John Brennan, à Moscou.Entre-temps, Vitaly Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l’ONU, présente au Conseil de sécurité des documents fiables faisant état des sommes coquettes déboursées durant l’année 2015 par Ankara à ses partenaires de Daesh, quelque chose comme 1.909.800 de dollars si bien sûr ma calculette ne délire pas.+

L’UE paye les pots cassés. Un attentat d’envergure imminent vient d’être déjoué à Argenteuil, mais … Assad est méchant. Il doit partir. Les Molenbeek en acte et en puissance menacent réellement la France et l’ensemble de l’UE mais … Assad est méchant. Il doit partir. Sauf que ! La France se met le doigt dans l’oeil croyant peut-être (ou du moins feignant) contrôler quoi que ce soit non pas seulement en Syrie mais sur l’ensemble du Moyen-Orient. On sent bien ce mélange infernal d’égarement et de mauvaise foi à la lumière d’une interview recueillie le 28 mars par BFM TV auprès du député et ancien ministre Thierry Mariani : « Vous avez donc fait votre choix entre le régime insupportable d’Assad et les djihadistes? », demande le journaliste, imbu de cette suffisance malsaine caractéristique des donneurs de leçon atlantistes. OUI, répond, sans ciller, le député. Il en va des intérêts nationaux, dit-il, mais ilen va aussi, compléterais-je de mon côté sachant qu’il revient de Syrie, d’un choix moral. L’on ne peut et l’on ne doit en faire abstraction.+

Face au sommeil de la raison et à l’ébat des monstres, le choix de Mariani a donc à sa façon une dimension morale. Comme celui, à sa façon à elle, périlleux, de Mère Agnès-Mariam de la Croix, supérieure du monastère Saint-Jacques le Mutilé sis Qâra. Comme celui de Daniel Maes, père Prémontré de l’abbaye flamande Postel-Mol parti servir le Christ à Qâra, al-Qalamoun, et qui a écrit une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères belge. Je pourrais poursuivre cette énumération jusqu’à l’infini. Cependant, s’il y a nom sur lequel je voudrais m’arrêter, une âme vers laquelle vont souvent mes pensées de ces derniers jours, c’est bien celui du jeune officier russe,Alexandre Prochorenko, tombé lors de la reprise de Palmyre. Piégé par Daesh et se sachant perdu, il a appelé des frappes aériennes sur sa position. Très franchement, plus j’en apprends sur des gens de cet acabit, plus les élites atlantistes et les pseudo-libéraux criards de Russie me donnent la nausée. Plus j’en apprends, plus je conçois que la Syrie, au bout de cinq années de cauchemar abyssal, est devenue le terrain, direct et/ou médiatique, d’une Lutte ultime dont le dénouement annoncera le début de la fin d’un Monde. Duquel ? Le longuissime dossier syrien n’étant qu’une case départ, je pense que l’alternance des défaite/victoires du Bien et du Mal durera pendant quelques années encore s’étendant progressivement, comme le feu gagne un immeuble. Les délais se préciseront après la reprise (ou la perte, Dieu en préserve Damas) de Raqqa, l’attitude ultérieure d’Erdogan après sa reprise en main, le degré d’impatience du salafisme à soumettre l’Occident, enfin, les présidentielles US qui approchent. J’espère alors, de tout coeur, qu’il se trouvera en UE plus d’Alexandre Prochorenko que de journalistes de BFM TV. Car je désire vivement la survie et le triomphe de l’Europe comme je désire le triomphe de cet élément transcendant que nous appelons Moraleet sans lequel le droit international, garant de la stabilité dans le monde, n’aurait aucun fondement.+

Françoise Compoint

Alexandre Prokhorenko

Alexandre Prokhorenko

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Arménie Azerbaïdjan, ça chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme

Ca chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Caucase, #Histoire, #Russie

Ca chauffe au Caucase

La situation dégénère sérieusement au Caucase entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Erevan reconnaît 18 soldats tués et Bakou 12, sans compter les hélicoptères et chars détruits des deux côtés, lors des violents affrontements qui ont soudain éclaté dans le Haut-Karabagh.

Cette région est une pomme de discorde entre les deux pays depuis l'éclatement de l'URSS et même un peu avant (1988). Enclave arménienne en Azerbaïdjan, réclamant son rattachement à l'Arménie, elle se proclama indépendante en 1991, marquant le début d'une guerre qui fit environ 25 000 morts et mit sur les routes un million d'Azéris qui se réfugièrent en Azerbaïdjan. Depuis 1994, le Nagorno-Karabadh est de facto contrôlé par l'Arménie mais aucun traité de paix n'a été signé et Bakou revendique ses droits sur la région.

Ca chauffe au Caucase

Des escarmouches ont régulièrement lieu sur la ligne de cessez-le-feu mais la flambée de violence de ce week-end interroge : il s'agit des plus importants combats depuis 1994 et aucun des deux pays ne veut reculer. Tandis qu'Erevan met en alerte son aviation, Bakou se dit prêt à une solution militaire. Diantre. Comme si la zone ne connaissait pas suffisamment de conflits... Guerre civile turco-kurde juste à l'ouest, guerres syrienne et irakienne à quelques encablures au sud, conflits gelés en Géorgie voisine (Ossétie du sud et Abkhazie), crise ukrainienne à l'horizon septentrional.

Alors qu'Arméniens et Azéris se renvoient la faute, Poutine a compris le danger et appelle à un cessez-le-feu immédiat tandis que Lavrov use de son entregent pour ramener les deux parties à la raison. Car la Russie est un peu en porte-à-faux sur la question : alliée de l'Arménie où elle a des bases, elle ne veut pas s'aliéner l'Azerbaïdjan, lui-même en froid avec l'Occident ces derniers temps. Les Russes ont une intéressante carte à jouer, mais la condition sine qua non est le gel du conflit du Nagorno-Karabagh, évitant à Moscou de prendre ouvertement parti.

A qui profite donc le crime, en l'occurrence le net regain de tension ? Pas à l'Occident en tout cas, qui appelle comme le Kremlin à une cessation immédiate des hostilités. L'Azerbaïdjan est le point de départ du BTC qui amène le pétrole caspien en Méditerranée en squizant la Russie, grande victoire énergétique des Américains au début des années 2000. Quant à l'Arménie, même si elle est dans l'orbite russe, Washington ne voudrait pas tout à fait la perdre, sachant également que le petit pays caucasien chrétien bénéficie d'un capital sympathie évident dans les opinions publiques occidentales.

Qui alors ? Et si c'était Erdogan... Ankara a immédiatement assuré Bakou de son soutien moral. Rien de plus logique : l'Arménie est l'ennemi historique tandis que l'Azerbaïdjan, malgré qu'il soit chiite, est un pays cousin, de population et de culture turciques. Chose intéressante, le sultan fait ici passer le fait national avant le fait religieux, lui qui a pourtant, selon le roi de Jordanie, des rêves de "sunniser" le Moyen-Orient (nous reviendrons dans un prochain billet sur les déclarations explosives du roi Abdallah).

Le vice-président de la Douma a en tout cas embrayé, dénonçant une "troisième force" à l’œuvre derrière la récente flambée de tension. S'il n'a pas nommé la Turquie, l'accusation est claire comme un verre de vodka (ou d'arak en l'occurrence) : "La force qui continue d'attiser les flammes au Moyen-Orient, en Asie centrale et au Caucase n'est pas satisfaite de nos réussites et de celle de nos alliés dans la lutte anti-terroriste en Syrie et joue à exacerber du conflit du Nagorno-Karabagh". Info, intox ? Difficile à dire en ces temps incertains nimbés de mystère...

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Les derniers mots de l’officier russe mort en héros à Palmyre (Syrie) - Alexandre Prokhorenko

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La Turquie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Bonjour.

Nous devons rendre hommage à ceux qui combattent efficacement cette armée du diable qui a ensanglanté la France en 2015, la Belgique en 2016, le Pakistan (Lahore) le jour de Pâques, etc…

Le 24 mars 2016 l‘armée régulière de l’état syrien appuyée par l’aviation russe a nettoyé Palmyre.

Je vous transmets la vidéo relatant la communication d’un officier russe avec son commandement.

Il a donné sa vie pour notre liberté pour que nous puissions nous aussi éliminer Daesch dans nos pays.

Le 24 mars 2016, encerclé par les djihadistes à Palmyre, en Syrie, Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes, a ordonné un tir sur sa position afin d’emporter ses assaillants avec lui. Voici la retranscription des derniers mots, traduits du russe par le Comité Valmy, échangés par radio avec son commandant .

Lucien Pons

Le 24 mars 2016, encerclé par les djihadistes à Palmyre, en Syrie, Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes, a ordonné un tir sur sa position afin d’emporter ses assaillants avec lui. Voici la retranscription des derniers mots, traduits du russe par le Comité Valmy, échangés par radio avec son commandant :

Officier : Commandant je suis piégé, je répète je suis piégé.
Commandant : S’il vous plaît, répétez et confirmez.
Officier : Ils m’ont vu, il y a des tirs partout, je suis coincé. Je demande l’évacuation immédiate.
Commandant : Demande d’évacuation reconnue.
Officier : S’il vous plaît dépêchez-vous, il me reste peu de munitions, ils semblent partout, je ne peux pas tenir très longtemps, s’il vous plaît dépêchez-vous.
Commandant : Confirmé, retenez-les, continuez à riposter, allez dans une position sûre, l’appui aérien suit, donnez vos coordonnées.
Officier : (il donne les coordonnées, qui sont floues dans la traduction)
Commandant : (le Commandant répète les coordonnées) Confirmez.
Officier : Confirmé, s’il vous plaît dépêchez-vous, j’ai peu de munitions, ils m’encerclent, les salauds.
Commandant : Douze minutes jusqu’à l’évacuation, retournez à une position sûre. Je répète : retournez à une position sûre.
Officier : Ils sont proches, je suis encerclé, c’est peut-être la fin, dites à ma famille que je les aime tendrement.
Commandant : Retournez à la ligne verte, continuez le feu, l’aide est en route, suivie d’un appui aérien.
Officier : Négatif, je suis encerclé, il y a tant de ces salauds.
Commandant : Dix minutes, retournez à la ligne verte.
Officier : Je ne peux pas. Ils m’ont encerclé et se rapprochent. S’il vous plaît dépêchez-vous.
Commandant : Allez à la ligne verte, je répète allez à la ligne verte.
Officier : Ils sont là dehors, menez l’attaque aérienne maintenant s’il vous plaît. Dépêchez-vous, c’est la fin, dites à ma famille que je les aime et meurs en me battant pour ma patrie.
Commandant : Négatif, retournez à la ligne verte.
Officier : Je ne peux pas. Commandant, je suis encerclé. Ils sont là dehors. Je ne veux pas qu’ils me prennent et me paradent. Menez l’attaque aérienne. Ils vont faire une mascarade de moi et de cet uniforme. Je veux mourir avec dignité et que tous ces salauds meurent avec moi. S’il vous plait ma dernière volonté, menez l’attaque aérienne. De toute façon, ils vont me tuer.
Commandant : S’il vous plaît confirmez votre demande.
Officier : Ils sont là dehors, c’est la fin commandant, je vous remercie. Dites à ma famille et à mon pays que je les aime. Dites-leur que j’ai été courageux et que je me suis battu jusqu’à ce que je n’en puisse plus. S’il vous plaît prenez soin de ma famille, vengez ma mort, au revoir commandant, dites à ma famille que je les aime.
Commandant : (pas de réponse, ordonne la frappe aérienne)

Il n’avait que 25 ans. Marié depuis 18 mois, il allait bientôt être papa. Alexandre va prochainement recevoir la distinction de Héros de la Russie à titre posthume, la récompense la plus élevée du pays.
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Encerclement de la Russie : la guerre pour le Haut-Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

2 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #Europe supranationale

Encerclement de la Russie : la guerre pour le Haut-Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

Encerclement de la Russie : la guerre pour le Haut-Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

Des affrontements militaires entre les armées arméniennes et d’Azerbaïdjan ont lieu depuis la nuit de vendredi à samedi. De nombreux morts sont à déplorer. De forts combats ont lieu entre Hadrut et Martakert sur la ligne du front. L’armée arménienne basée dans le Haut-Karabagh, essentiellement habité d’Arméniens, aurait abattu 2 drones, détruit des chars et 2 hélicoptères selon des sources de l’agence arménienne. Bakou annonce aussi que l’armée arménienne a perdu de nombreux soldats.

Encerclement de la Russie : la guerre pour le Haut-Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan
Encerclement de la Russie : la guerre pour le Haut-Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

Plan U.S. L’Arménie est une base de l’OTAN. L’OTAN soutient l’Arménie dans sa volonté de garder pour elle le Haut-Karabagh ? L’OTAN a la volonté d’ouvrir un nouveau front contre la Russie ? La guerre entre l’OTAN et la Russie reprend au Haut-Karabagh pendant que l’OTAN menace la Russie en Ukraine et dans les pays baltes. Depuis 2014 de forts mouvements de troupes de l’OTAN sont observés en Europe centrale. Des convois militaires de l’OTAN sont vus par les habitants en Allemagne, en Lettonie, en Estonie, en Pologne, la nuit. En 2017 l’OTAN doit consolider ses troupes dans les pays de l’Union européenne frontaliers avec la Russie. Avec les nouveaux combats dans le Haut-Karabagh la menace d’une Troisième guerre mondiale se fait plus proche. En tout cas les plans de l’OTAN pour encercler la Russie se confirment.

Olivier Renault

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Le Syria-express à pleine vapeur

2 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN.

Le Syria-express à pleine vapeur

1 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Le Syria-express à pleine vapeur

Face aux Cassandre ou aux propagandistes stipendiés par Seoud qui prédisaient le lâchage d'Assad par Moscou (j'en ris encore), nous avions averti que le retrait partiel russe de Syrie n'était qu'un trompe-l’œil qui n'allait guère changer l'équation stratégique sur le terrain. Le départ de quelques Sukhois ainsi que des milliers de troupes protégeant désormais inutilement les bases de Tartous et Khmeimim ne présageait en rien un adoucissement de la campagne contre les terroristes modérés et surtout immodérés, les premiers étant maintenant neutralisés par la trêve.

Or, non seulement les Russes restent fermement dans leurs bases syriennes et continuent à pilonner Daech, mais ils semblent même en réalité renforcer leur présence ! Le Syria-express tourne à plein régime, ce qui est une bien mauvaise nouvelle pour Ankara et Riyad...

Un intéressant article de Haaretz (résumé en français ici) montre que les navires russes font le voyage à plein vers la Syrie et reviennent à vide vers Novorossiysk. La ligne de flottaison bateaux est scrutée à la loupe et l'on imagine la rage impuissante du sultan à voir passer dans le Bosphore le Caesar Kounikov, le Saratov et le Yauza, les cales bourrées d'équipement. Sur le chemin retour, l'Alexandre Otrakovski, le Minsk et le Dvinitsa-50, eux, n'avaient aucun chargement lourd, contrairement à l'aller...

Comme le note un observateur : "Puisque la majeure partie des forces russes est de facto restée, il n'y a aucune raison de réduire le trafic". OK, c'est noté, une baffe en passant aux djihadistes et à leurs parrains de l'autoproclamé camp du Bien qui se réjouissaient de la "fuite" des Russes. Quant au trafic, non seulement il n'est pas réduit mais il semble même augmenter.

Malgré le goût d'Assad pour la cuisine russe, on imagine que Poutine ne lui envoie pas du bortsch... Le mystère plane sur le type d'armes ainsi que les destinataires : l'armée syrienne bien sûr, sans doute le contingent russe lui-même et peut-être le Hezbollah.

Indice : un système de missiles balistiques Iskander-M à capacité nucléaire a été vu sur la base de Khmeimim. Apparemment, il a été déployé le 25 mars, soit dix jours après l'annonce du retrait partiel. Pour mémoire, ce missile tactique à trajectoire changeante et volant à 5 000 km/h est à peu près invulnérable. Les colonnes turques qui voudraient faire du tourisme en Syrie sont prévenues... Notons en passant que ces terribles Iskander sont déjà présents en Arménie depuis 2013 - sans que l'on sache d'ailleurs très bien s'ils ont été livrés aux forces arméniennes ou à la base russe de Gyumri -, participant du lent mais implacable encerclement de la Turquie par Moscou.

Mais revenons à la Syrie. Avec les S-400 et les Iskander, la voilà quasiment sanctuarisée. Pour le reste, si des Sukhois sont partis (combien ?), les hélicoptères semblent plus nombreux que jamais (arrivage par bateau ?) et ont participé allègrement aux combats de Palmyre. Notons que durant l'opération pour reprendre la cité de Zénobie, l'aviation russe a effectué 500 sorties et frappé 2 000 objectifs (!), chiffres qui laissent pour le moins rêveur et circonspect sur la réalité du retrait. Poutine a eu l'élégance (et l'intelligence politique) de féliciter Assad mais ce sont bien les Russes qui ont gagné la bataille de Palmyre. Et ils ne s'arrêtent pas en si bon chemin...

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Mission aérienne russe en Syrie terminée : raisons et implications

2 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #La Turquie, #Daesch

Source : Oriental Review, le 16/03/2016

Mercredi 16 mars 2016

Par Oriental Review

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Le 14 mars la Russie a annoncé que ses troupes allaient prochainement se retirer de Syrie – l’opération militaire lancée le 30 septembre de l’année dernière à la demande du président Bachar el-Assad va bientôt se terminer. La Russie a fait tout son possible pour ramener la situation à la normale dans un pays qui fut submergé par le chaos durant les cinq dernières années.

Tout s’est mis en place pour rendre cette étape faisable : le nouveau traité de paix entre les troupes du gouvernement d’Assad et les forces d’opposition, qui a été négocié par la Russie et les États-Unis le 27 février ; les avancées victorieuses des troupes syriennes (y compris celles de l’opposition et des Kurdes) ; la récupération par le gouvernement de certaines régions détenues par les terroristes de Daesh et Jabhat al-Nosra. La Russie a donc réalisé les objectifs militaires qu’elle s’était fixés.

Depuis le 30 septembre 2015, lorsque le président russe a ordonné aux forces aéronautiques russes de mener des frappes contre Daesh et d’autres groupes terroristes, des provinces entières ont été libérées des miliciens ; les personnes qui jusque récemment prévoyaient de partir pour l’Europe ont maintenant décidé de rester chez elles ; et il y a maintenant un espoir de paix. Cet espoir n’a pas seulement été inspiré par le succès des pilotes russes qui ont effectué des douzaines de sorties chaque jour mais aussi par le succès des diplomates qui finalement – et seulement après l’intervention de la Russie – ont attiré l’attention sur le problème de la menace du terrorisme mondial, problème sur lequel le président russe avait alerté l’Occident depuis 2007 lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Comme nous le savons, à cette époque, ses paroles furent tout simplement ignorées.

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Cependant, il n’était plus possible d’ignorer les opérations militaires des troupes russes : malgré les efforts de façade de la coalition occidentale menée par les États-Unis pour combattre Daesh (ils ont mené cette opération depuis août 2014) et l’intervention active de l’Arabie Saoudite, ces deux forces combinées n’ont pu stopper l’avancée des terroristes – au contraire, les miliciens ont réussi à s’emparer de plus en plus du territoire syrien. La vraie bataille contre le terrorisme sur le sol syrien a seulement débuté le 30 septembre dernier, après que le président Bachar el-Assad a demandé à la Russie son aide pour soutenir les opérations au sol des forces gouvernementales. Depuis lors, l’Occident a reconnu, bien qu’avec réticence, la contribution décisive de la Russie pour ramener la situation à la normale dans le pays.

“Etant donné ces circonstances, nous n’avons naturellement pas l’intention de nous enliser complètement dans ce conflit. Nous agirons strictement en accord avec la mission fixée. Premièrement, nous soutiendrons l’armée syrienne uniquement dans son combat légitime contre les groupes terroristes. Deuxièmement, notre soutien sera limité à des frappes aériennes et n’impliquera pas d’opérations au sol. Troisièmement, notre soutien aura une durée limitée et ne continuera tout autant que l’armée syrienne mènera des offensives antiterroristes.” – Vladimir Poutine, le 30 septembre 2015.

Lorsqu’on revient sur les déclarations faites par les autorités russes et les chefs militaires concernant le calendrier de leurs opérations militaires en Syrie, leurs principaux objectifs étaient de porter un coup sans équivoque dans le cœur du terrorisme international et de préparer le terrain à un dialogue entre les différentes parties syriennes qui s’opposent – l’armée gouvernementale et l’opposition “modérée”. Maintenant que les terroristes perdent le contrôle des villes syriennes presque chaque jour et que les rebelles se rendent massivement au gouvernement légitime, les objectifs militaires sont assurément remplis. Créant ainsi les conditions politiques nécessaires pour qu’un dialogue se mette en place. De plus, chaque jour de plus en plus de villes – actuellement plus de 100 – rendent les armes et respectent le cessez-le-feu. Plus récemment, les civils ont pu retourner en sécurité chez eux sans risquer leur vie à Bir Abou Ali, Wadi za Zaydi, Nahtah, Atbah, Darayya et Tell Maraq.

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Carte de la situation en Syrie le 14 mars 2016 – Source: http://syria.liveuamap.com/

Au total, durant les 5 mois et demi qu’ont duré les frappes aériennes, les forces aéronautiques russes ont réalisé plus de 9 000 vols, 26 000 infrastructures terroristes ont été frappées. Parmi elles : 2584 unités de commandement et de communication, 401 camps d’entraînement, 181 lieux de fabrication de munitions, 2043 dépôts de carburant et de munitions, 9318 fortifications de toutes sortes, 287 infrastructures pétrolières, 2912 camions citernes. 400 villes et plus de 10 000 kilomètres carrés de territoire libérés par l’Armée Arabe Syrienne. La province de Lattaquié complètement libérée, les communications avec Alep restaurées. Palmyre est assiégée, le contrôle des champs de pétrole et de gaz a été rétabli. La majorité du territoire des provinces de Hama et Homs a été libérée, l’encerclement  de la base aérienne de Kuweires supprimé. Nombre total des victimes au sein du personnel russe durant les opérations : 5.

Après tant d’années, le processus de réconciliation nationale en Syrie a finalement commencé, comme mis en évidence par le travail de toutes les parties prenantes pour se diriger vers un projet collaboratif de nouvelle constitution pour le pays. De plus, les parties belligérantes se réunissent de plus en plus dans les provinces syriennes pour discuter des problèmes immédiats et pour déterminer une stratégie de développement pour la république. Il aurait été possible d’accomplir cela il y a longtemps déjà et avec moins de victimes civiles, si le combat contre le terrorisme, sous le prétexte duquel l’Occident a envahi l’État souverain, avait bien été le but recherché.

La Russie se retire après avoir accompli son devoir pas seulement envers le peuple syrien mais aussi envers la communauté internationale. Il est maintenant temps pour l’Occident et ses alliés de trouver une solution à l’amiable afin de continuer le travail et résoudre la situation. Les Américains et les Saoudiens – qui ont un grand intérêt à garder la mainmise sur le Moyen-Orient – ont déjà réalisé ce que jouer avec les terroristes causera à leur réputation. Par le retrait de ses troupes, la Russie permet aux Américains et à leurs partenaires de sauver la face – tout comme ils l’ont fait en 2013 lorsque Obama s’apprêtait à bombarder Damas. Et les indices semblent montrer que cette fois l’administration présidentielle ne prendra pas ce risque.

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Quelles seront les conséquences de la décision du président russe ?

1) Il n’y a pas de raison de penser que la situation militaire de l’armée de la République arabe syrienne va s’affaiblir. Les équipements fournis par la Russie, les deux bases militaires (une navale et une aérienne) et le reste des forces aéronautiques laissées sur place pour surveiller le cessez-le-feu, plus les conseillers militaires russes, resteront en Syrie. Les infrastructures de Daesh ont largement été détruites et le cessez-le-feu sécurisé.

2) Les négociations entre la Russie et les États-Unis sont imminentes, et à en juger par la réaction de la Maison-Blanche, le retrait de la majeure partie des forces russes s’est avéré un choc total.

3) La machine de propagande qui a activement alerté l’Europe sur comment “la Russie conduit les réfugiés dans l’Union européenne” est subitement tombée en panne – tout comme l’entière stratégie de “couverture” du conflit syrien par les médias mondiaux, dont les reporters ont fait preuve d’une partialité politique sans vergogne ces derniers mois.

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Principaux résultats de l’opération aérienne russe en Syrie, septembre 2015 – mars 2016. Source: RIA

Source : Oriental Review, le 16/03/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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