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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg

3 Avril 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg

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Une explosion s'est produite aujourd'hui dans le métro de Saint-Pétersbourg, rapporte le site d'information russe Life News. Selon des informations préliminaires citées par l'agence Interfax, l'explosion a fait au moins dix morts, tandis que l'agence de presse RIA fait état d'au moins dix blessés.

Les causes n'étaient pas connues dans l'immédiat.

» EN DIRECT - Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg, au moins 10 morts

Le site Life News a diffusé des images de blessés allongés sur un quai. Il a également publié une photo montrant la porte éventrée d'un wagon du métro.

D'autres médias russes dont l'agence de presse RIA ont également signalé une explosion dans le métro. Un journaliste de Reuters a vu une dizaine d'ambulances s'approcher de la station Sennaïa Plochtchad.

Le site Fontanka indique pour sa part que trois stations du réseau ont été fermées aux voyageurs.

> Lire: Explosion dans le métro de Saint-Pétersbourg, plusieurs morts

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Le fabuleux discours de Donald Tusk à Rome, face à un détail de l’Histoire. Le journal Ruptures.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #le nazisme

Le fabuleux discours de Donald Tusk à Rome, face à un détail de l’Histoire

Tusk à Rome

Tout le monde connaît Donald Trump. Mais qui connaît Donald Tusk ?

A l’attention des 99% d’impardonnables ignorants qui n’ont jamais entendu parler de ce noble personnage, précisons qu’il s’agit de l’homme le plus important de l’Union européenne, puisqu’il préside le Conseil européen formé des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement. Il vient d’ailleurs d’être reconduit à ce poste le 9 mars par ces derniers. Il avait été le Premier ministre polonais de 2007 à 2014.

Il fut donc l’un des très nombreux orateurs qui s’exprimèrent à Rome à l’occasion du soixantième anniversaire du Traité du même nom. C’était le 25 mars, lors d’une célébration mémorable qui cloua littéralement les 500 millions de citoyens européens passionnés devant leurs téléviseurs, tant personne n’imaginait manquer cet événement historique. Il fut celui qui a brandi les signatures des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement qui entendent bien poursuivre la merveilleuse aventure au moins « jusqu’à son centenaire », selon la promesse de son compère de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

M. Tusk, donc, prononça une brève allocution, où il s’efforça de prendre de la hauteur par rapport aux crises et bisbilles internes qui font le quotidien bruxellois. Il y rappela que sa propre naissance coïncida avec celle de la Communauté européenne (malgré ces soixante ans de part et d’autre, aucun ne se résigne à la retraite), censée – selon l’historiographie très officielle – avoir permis « la paix sur le continent ». Et le Polonais de rappeler que sa ville natale, Gdansk, avait été « détruite par Hitler et Staline».

Renvoyées dos à dos

Manière de renvoyer – implicitement mais clairement – l’Allemagne nazie et l’URSS dos à dos. Dans le parterre des dirigeants européens, nul n’a moufté. Et on peut prendre le pari qu’au sein de l’aréopage qui l’entourait durant les festivités – le président français, la chancelière allemande, le président du Conseil italien, celui de la Commission européenne et la vaste escouade des puissants qui tentaient de festoyer dans le centre de la ville éternelle – nul n’a songé à lui rappeler un détail de l’Histoire. A savoir qu’il y eut, lors de la seconde guerre mondiale un agresseur (la guerre commença officiellement par l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht le 1er septembre 1939) et, le 22 juin 1941, un agressé.

Que ce dernier, en l’occurrence l’Union soviétique, a payé un tribut sans précédent historique – plus de vingt-cinq millions de morts – à cette tragédie, soit plus que tous les autres pays réunis. Et, surtout, que c’est grâce au sacrifice inouï mais aussi à l’effort militaire sans commune mesure avec tous les autres Alliés que le sort de la guerre fut scellé par l’écrasement du nazisme. Sans les batailles de Koursk et de Stalingrad, sans les 34 millions de Soviétiques mobilisés et les 360 divisions de l’Armée rouge qui combattirent la Wehrmacht (à comparer au 90 divisions américaines au plus fort de leur engagement), M. Tusk n’aurait sans doute pas chanté en 2017 les louanges de l’Europe. Quoique.

Celui-ci a tenu à rappeler sa jeunesse « sous le joug communiste » : « j’ai vécu plus de la moitié de ma vie derrière le rideau de fer, là où il était interdit ne serait-ce que de rêver aux valeurs européennes » au rang desquelles figure notamment « la dignité humaine ». C’était à l’époque de la Pologne socialiste, où il était en effet impossible de rêver au chômage et à l’absence de perspective pour la jeune génération.

L’intervention de M. Tusk a eu au moins un mérite : rappeler les gênes fondateurs de l’intégration européenne : celle-ci est née de, dans et par la guerre froide.

Heureusement, tout cela est aujourd’hui forclos. Les jeunes Polonais peuvent librement chercher du travail au sein de l’UE – ils sont ainsi plus de 830 000 à avoir émigré rien qu’au Royaume-Uni, certainement mus par le seul amour des voyages. Il est vrai que Donald Tusk lui-même est un travailleur détaché à Bruxelles.

Ce dernier a, dans la foulée, salué « les millions de gens qui, aujourd’hui, défilent dans les rues de nos capitales, à Rome, à Varsovie, et même à Londres » pour fêter l’Europe. Des millions ? Mais que fait le Décodex ?

Plus sérieusement, l’intervention de M. Tusk a eu au moins un mérite : rappeler les gênes fondateurs de l’intégration européenne. Celle-ci est née de, dans et par la guerre froide. Chassez le naturel, il revient au galop.

Chacun est, après tout, libre d’oublier M. Tusk. Il est en revanche des repères historiques dont il est parfois bon de se souvenir.

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L’Europe veut changer une loi russe

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La Russie, #La mondialisation, #AMERIQUE, #L'OTAN.

L’Europe veut changer une loi russe

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L’Europe veut changer une loi russe

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) s’est mise en tête de faire modifier la loi russe dite « sur les agents de l’étranger ». Cette loi prévoit de ranger dans la catégorie « agent de l’étranger » les associations russes recevant un financement de pays étrangers.

Plusieurs associations russes ont en effet saisi la CEDH, prétendant que cette loi viole la liberté de parole et de réunion en Russie. Pourtant cette loi n’interdit pas de telles associations, elle prévoit seulement des mesures de contrôle particulier concernant leur financement.

Il existe d’ailleurs à peu près la même loi aux Etats-Unis, on attend donc avec impatience que la CEDH s’y intéresse mais il semble d’ores et déjà garanti que la CEDH condamnera la Russie sans s’intéresser aux Etats-Unis!

Cette ingérence flagrante dans la souveraineté intérieure de la Russie semble toute naturelle aux Européens; il est vrai que les pays d’Europe, qui ont tous renoncé à leurs prérogatives nationales au profit de technocrates européens, ne savent plus ce qu’est la « souveraineté ». Leurs efforts seront vains, la Russie ne se laissant pas dicter d’instructions par des tiers et une éventuelle condamnation sera donc traitée comme elle le mérite: En l’ignorant.

 

source: https://rusreinfo.ru/fr/2017/03/leurope-veut-changer-une-loi-russe/


 
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Détruire Daesh ? Par Thierry Meyssan

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Détruire Daesh ?

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/03/1-5338-de192-1728x800_c.jpg

Détruire Daesh ?

Alors que Washington multiplie les signaux confirmant son intention de détruire Daesh, les Britanniques et les Français, suivis par l’ensemble des Européens, envisagent de faire bande à part. Londres et Paris auraient coordonné l’attaque de Damas et d’Hama pour contraindre l’armée arabe syrienne d’aller les défendre et de la sorte pour affaiblir sa présence autour de Rakka. Les Européens espèrent organiser la fuite des jihadistes vers la frontière turque.

La réunion de la Coalition anti-Daesh à Washington, les 22-23 mars, s’est très mal passée. Si en apparence les 68 membres ont réaffirmé leur volonté de lutter contre cette organisation, ils ont en réalité étalé leurs divisions.

Le secrétaire d’État états-unien, Rex Tillerson a rappelé l’engagement du président Trump devant le Congrès de détruire Daesh et non plus de le réduire comme l’affirmait l’administration Obama. Ce faisant, il a placé sans débat les membres de la Coalition devant le fait accompli.

Premier problème : comment les Européens en général et les Britanniques en particulier pourront-ils sauver leurs jihadistes, s’il ne s’agit plus de les déplacer, mais de les supprimer ?

Rex Tillerson, et le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, ont rendu compte de la bataille de Mossoul. Malgré les satisfecit, il est évident pour tous les experts militaires qu’elle ne sera pas terminée avant de très longs mois. Car à Mossoul, chaque famille ou presque a un de ses membres engagé dans Daesh.

Au plan militaire, la situation de Rakka est beaucoup plus simple. Les jihadistes y sont des étrangers. Il convient donc prioritairement de couper leur approvisionnement, puis de les séparer de la population syrienne.

Deuxième problème : l’armée des États-Unis doit préalablement obtenir l’autorisation du Congrès, puis de Damas, pour se déployer en territoire syrien. Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et John Dunford (chef d’état major interarmées) ont tenté de convaincre les parlementaires, mais ce n’est pas gagné. Il faudra alors négocier avec Damas et donc clarifier ce qui doit l’être.

À la question des Européens sur ce que Washington ferait de Rakka libérée, Rex Tillerson a étrangement répondu qu’il y ferait revenir la population déplacée ou réfugiée. Les Européens en ont conclu que cette population étant massivement favorable à Damas, Washington a l’intention de restituer ce territoire à la République arabe syrienne.

Prenant la parole, le ministre des Affaires étrangères portugais, Augusto Santos Silva, a souligné que cette proposition allait à l’encontre de ce qui avait été décidé précédemment. Les Européens ont le devoir moral, a-t-il souligné, de poursuivre leur effort de protection envers les réfugiés qui ont fui la « dictature sanguinaire ». Or, même libérée, Rakka ne sera pas une zone sûre, du fait de l’armée arabe syrienne qui serait pire que Daesh.

Le choix par les Européens de confier cette intervention au Portugal n’est pas neutre. L’ancien Premier ministre portugais dont Santos Silva a été ministre, António Guterres, est l’ancien haut-commissaire pour les Réfugiés et l’actuel secrétaire-général de l’Onu. Il avait été aussi président de l’Internationale socialiste, une organisation entièrement contrôlée par Hillary Clinton et Madeleine Albright. Bref, il est aujourd’hui le paravent de Jeffrey Feltman à l’Onu et du clan belliciste.

Troisième problème : libérer Rakka de Daesh, certes, mais, selon les Européens, pas pour la restituer à Damas. D’où la surenchère française.

Immédiatement, on a vu les jihadistes de Jobar attaquer le centre de la capitale et ceux d’Hama attaquer des villages isolés. Peut-être s’agit-il pour eux d’une tentative désespérée afin d’obtenir un lot de consolation à Astana ou à Genève avant la fin de la partie. Peut-être s’agit-il d’une stratégie coordonnée par Londres avec Paris.

Dans ce cas, on devrait s’attendre à une vaste opération des puissances coloniales à Rakka. Londres et Paris pourraient attaquer la ville avant qu’elle ne soit encerclée de manière à contraindre Daesh à se déplacer et ainsi le sauver. Daesh pourrait se replier à la frontière turque, voire en Turquie même. L’organisation deviendrait alors le liquidateur des Kurdes pour le compte de Recep Tayyip Erdoğan.

Thierry Meyssan

Source : Al-Watan (Syrie)

via: http://www.voltairenet.org/article195783.html

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Conflit OTAN-Russie : Qui a vraiment transgressé les tabous ? (Interview du professeur Daniele Ganser)

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine

Conflit OTAN-Russie : Qui a vraiment transgressé les tabous ? (Interview du professeur Daniele Ganser)

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/03/europe-militaire-otan-otsc-1728x800_c.jpg

Conflit OTAN-Russie : Qui a vraiment transgressé les tabous ? (Interview du professeur Daniele Ganser)

Les médias établis parlent sans arrêt d’une intervention militaire possible dans les pays baltes, c’est-à-dire dans les anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie. Le magazine politique « Rundschau » de la Télévision suisse SRF par exemple a relaté la présence en Estonie de milices qui s’entraînent régulièrement les week-ends « pour – je cite SRF – se préparer au pire ». En Estonie, en Lettonie et en Lituanie il y aurait un malaise à cause de leur « voisine russe (entre guillemets) de plus en plus agressive ».

Mais quand on regarde d’un peu plus près l’argument de la prétendue « agressivité de la voisine russe », il y a finalement ces deux affirmations qui reviennent toujours :

Premièrement « l’annexion de la Crimée » et deuxièmement « l’agression en Ukraine de l’est », deux choses qui auraient été un choc également pour les pays baltes. La Russie aurait utilisé la force pour modifier les frontières européennes existantes, ce qui serait une transgression des tabous, d’après SRF.

Mais si on parle de « transgression des tabous », il semble que les médias établis ont complètement mis de côté une chose, à savoir avec quelle affaire la transgression des tabous avait réellement commencé.

Il serait capital de savoir cela, comme l’a dit en mai 2015 sur la chaîne de télé « RT Deutsch » le professeur Daniele Ganser, historien suisse qui fait des recherches sur la paix. Capital de savoir que le changement de gouvernement en Ukraine en février 2014 a été de façon quasiment certaine un coup d’Etat sponsorisé par l’Occident. C’est uniquement ce coup d’Etat sanglant qui aurait suscité l’effondrement de l’économie et la guerre civile dans l’est de l’Ukraine. Cela ferait une grande différence ; en effet si c’est le gouvernement des Etats-Unis ou les pays de l’OTAN qui ont réellement renversé le gouvernement légitime de Kiev, la suite des événements en Crimée serait en fait une riposte et c’est l’OTAN qui serait à l’origine de la transgression des tabous.

Il semble vraiment que les médias occidentaux ne s’occupent ni des véritables transgressions des tabous, ni de leur analyse. Il en est exactement de même en ce qui concerne l’élargissement de l’OTAN à l’Est. Pendant les négociations à l’occasion de la réunification de l’Allemagne en 1990, on s’était engagé à ne pas élargir l’OTAN vers l’Est. Il était prévu qu’en contrepartie toutes les troupes soviétiques se retireraient du territoire de l’ancienne RDA, ce qui avait effectivement été fait. Le magazine « DER SPIEGEL » en a même présenté des preuves claires dans son édition 48 de 2009 : L’Occident aurait « tout fait pour donner l’impression aux Soviétiques qu’une adhésion à l’OTAN de pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Tchécoslovaquie était exclue. »

Mais jugez par vous-mêmes si l’élargissement de l’OTAN à l’Est est la première transgression des tabous :

Le 12 mars 1999 la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie ont adhéré à l’OTAN.

Le 29 mars 2004 la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ont adhéré à l’OTAN.

Le 1er avril 2009 ça a été le tour de l’Albanie et de la Croatie.

Le 19 mai 2016 le Monténégro a été accueilli dans la coalition de l’OTAN.

La Géorgie et l’Ukraine pareillement aimeraient adhérer à l’OTAN le plus tôt possible. La Macédoine de même s’intéresse à une adhésion.

Egalement en ce qui concerne les dépenses militaires, les pays de l’OTAN dépassent largement la Russie. Ainsi le représentant russe de l’OTAN Alexander Grushko a dit le 16 février 2016 que les dépenses militaires de l’ensemble des pays européens de l’OTAN (plus de 250 milliards d’euros) dépassent le budget militaire total de la Russie et de la Chine réunies. Et pourtant les pays européens de l’OTAN ne contribuent même pas pour 30% de l’enveloppe budgétaire de l’OTAN, les Etats-Unis en assurant plus de 65%.

Selon une étude de l’Institut international suédois de recherche sur la paix (SIPRI) les dépenses militaires de l’OTAN se sont élevées en 2015 à 904,9 milliards de dollars, dont 595,5 milliards apportés par les Etats-Unis à eux seuls. La Russie à l’inverse a dépensé seulement 91,1 milliards de dollars.

Ces exemples montrent que dans le conflit croissant entre l’OTAN et la Russie, il faut analyser de façon très précise les véritables transgressions des tabous. Le film russe « Crimée – le retour à la patrie », que Klagemauer.TV a traduit en allemand, est indispensable pour avoir une autre image sur les véritables transgressions des tabous dans le conflit entre l’Ukraine et la Crimée. Vous allez pouvoir regarder maintenant la réponse du professeur Daniele Ganser expliquant qui, selon lui, a commencé le conflit entre l’Ukraine et la Crimée. L’interview a eu lieu en mai 2015, donc un an après le putsch en Ukraine. Depuis, comme Daniele Ganser l’a exposé dans plusieurs conférences, il n’est plus guère contesté que c’était un putsch sponsorisé par l’Occident.

Mais pour ce spécialiste de la recherche sur la paix il était primordial déjà à l’époque de savoir qui avait vraiment commencé le conflit, une question que les médias occidentaux n’ont jamais ni posée ni analysée.

de d.d.


 
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Avec les mineurs du Donetsk sur le front du Donbass - 1ère partie. "Montez de la mine descendez des collines camarades !" Par Erwan Castel.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

jeudi 30 mars 2017

 

Force et honneur (1)

 
"Montez de la mine descendez des collines camarades !"
 
Avec les mineurs du Donetsk sur le front du Donbass - 1ère partie
 
 
Lorsque l'armée ukrainienne arrive aux portes du Donbass, la population qui s'organise d'abord sur les barrages improvisées autour des localités va rapidement donner naissance à des groupes d'autodéfense qui vont évoluer vers des milices locales, embryons de la future armée républicaine.
 
L'ossature de cette milice a été formée par des volontaires étrangers, des déserteurs de l'armée ukrainienne, mais surtout des "gueules noires", ces ouvriers mineurs incarnant le Donbass et qui vont quitter leurs usines et galeries profondes pour s'opposer aux unités d'assaut de Kiev...
 
Cette "Shakhtyor Skaïa" de Donetsk n'est pas une nouveauté, elle perpétue en effet la tradition des "divisions de mineurs" du Donbass pendant la deuxième guerre mondiale, notamment la 383ème Division d’infanterie, cette unité du Donbass composée de bénévoles mineurs qui participa à la défense de la ville de Donetsk, aux combats en Crimée jusqu'à la bataille de Berlin, et qui s'est forgée une réputation exceptionnelle.
 
Aujourd'hui si le temps de l' "Opolcheny" (milice populaire) est terminé, il flotte toujours dans les rangs de l'armée de Donetsk déployée à l'ombre des terrikons (terrils) cet esprit populaire invincible qui entraîne les peuples aux moments critiques de leur Histoire à prendre en main les armes et leur destinée.
 
Ces derniers jours, avec une équipe de Novorossiya Today, je suis allé à la rencontre de la "Division des mineurs", une unité composée principalement de mineurs commandé par Constantin Kouzmin qui est également le vice-ministre des mines de la République Populaire de Donetsk. 
Formée en 2014, cette unité est toujours là, en première ligne, déployée dans le secteur de Luganskoe, sur le front Sud de la ville de Donetsk, à 500 mètres des avant-postes ukrainiens.
 
Partie 1 : Des "gueules noires" devenues "diables noirs"

Dans ce premier reportage nous évoquons l'important rôle joué par ces ouvriers dont la corporation incarne le coeur du Donbass dont elle a façonné par sa sueur et son sang autant le paysage que forgé  son esprit libre et rebelle...
 
Par son histoire, et surtout ses engagements politique et militaire, la corporation des mineurs du Donbass est devenue au fil du XXème siècle une élite de la société de l'URSS, et a conserver jalousement les valeurs d'entraide et de partage forgées dans les labyrinthes de tous les dangers à plus d'1 kilomètre de profondeur, au coeur de cette terre du Donbass. dont une ville minière porte même le nom de Stakhanov, ce "héros soviétique" qui symbolise cette élite ouvrière soviétique. 

Lorsque l'Allemagne nazie attaque l'URSS, le Donbass devient rapidement un enjeu stratégique important tant par ses richesses agricole (Hitler fera venir par trains entiers de la terre Noire du Donbass vers les champs allemands) et industrielle que par le couloir d'entrée vers le Caucase pétrolier qu'il représente. Cette terre est semée de champs de bataille dont les  noms vont resurgir du passé 70 années plus tard pour récrire une nouvelle page de son Histoire héroïque. 

 
"Les vengeurs du Donbass" 1945 pendant la bataille de Berlin
Lors de la "Grande guerre patriotique" de 1941 à 1945, les mineurs du Donbass vont s'illustrer dans les combats par leur courage extrême, leur refus de céder le terrain même lorsqu'ils sont à cours de munitions, continuant à se battre avec leurs baïonnettes et pelles de tranchée comme à Sébastopol en 1941. Leur combativité est telle que consigne est donnée aux forces allemandes de ne jamais faire de prisonnier chez les soldats des "Shakhtyor Skaïa" un ordre qui renforce encore plus encore s'il était encore possible leur ténacité et volonté de se battre jusqu'à la mort !
 
Le souvenir de ces faits d'armes, transmis de génération en génération a donné aux mineurs du Donbass cette conscience historico-politique doublée d'un courage et d'une endurance exceptionnelle forgés par des conditions de travail extrêmes, car au fond des mines de charbon ou de sel ces hommes ont appris à dominer et dépasser leur peur et leur fatigue. Lorsque  nous demandons aux soldats de la Division des mineurs à quel moment ils se sont engagés dans la défense du Donbass, tous nous répondent "pendant le Maïdan" lorsque les manifestations se transforment en coup d'état violent dirigé par des extrémistes aux discours ouvertement russophobes.
 
En ce début 2014, les mineurs sont aux premiers rangs des réunions, des manifestations anti-maïdan qui animent les débats dans les salles et les rues de Donetsk, et rapidement, la contestation devient colère après les massacres de la maison des syndicats d'Odessa (2 mai, près de 200 victimes parmi les manifestants fédéralistes), ou celui de Mariupol (9 mai, plus de 100 morts) pris d'assaut par les blindés le bataillon spécial néo-nazi Azov qui sonnent le temps de la Rébellion. 
 
 
Plus tard, en mai 2014à Slaviansk, quand la population reçoit le premier choc des colonnes blindées de l' ATO ("Opération Spéciale Anti terroriste") lancée par la junte de Kiev, de nombreux mineurs rejoignent la poignée des volontaires d'Igor Strelkov qui mène la résistance. Le 26 mai, la guerre arrive aux portes de Donetsk avec les premiers combats pour le contrôle de l'aéroport, et plus d'un millier de mineurs organisent une manifestation dans les rues de Donetsk. Le 18 juin, lorsque la violence des attaques ukrainiennes fait définitivement basculer la crise ukrainienne dans le gouffre sanglant d'une guerre civile, les mineurs de Donetsk, dont certains ont déjà formé des groupes d'autodéfense sur les barrages improvisés vont lancer un "appel aux mineurs et aux ouvriers de toute l’Europe" (Voir annexe 1).
 
Manifestations des mineurs de Donetsk le 18 juin 2014
 
Au lendemain de cette journée du 18 juin 2014, 200 mineurs se réunissent et ressuscitent l'unité "Shakhtyor Skaïa" sous le commandement de Pavel Shakun, et dont le père avait combattu dans les rangs de son aînée de la seconde guerre mondiale.
 
Pavel Shakun, le 1er commandant de la "Division des mineurs"
Les premiers volontaires ont entre 40 et 60 ans en moyenne, ce sont des mineurs qui ont fait leur service militaire dans les rangs de l'armée rouge, du temps de l'URSS. Beaucoup sont des vétérans d'Afghanistan ou de Tchétchénie, et ils vont entre les combats encadrer les plus jeunes qui commencent à accourir vers les casernes de la milice. 
 
"Baikal" qui commande aujourd'hui la position de l'unité près de Luganskoe sur laquelle nous nous sommes rendus était de ces premiers volontaires, il se souvient des premiers accrochages sur les barrages quand les volontaires étaient seulement armés de fusils de chasse, de barres de fer, de cocktails molotov, au milieu desquels se comptaient sur les doigts de la mains quelques armes de guerre dont certaines portaient gravées dans l'acier usé de leur canons les années héroïques "1941" "1943" etc... (aujourd'hui encore certaines armes de la seconde guerre mondiale continuent à équiper les unités de la DNR comme le fusil antichar PTRD par exemple). 
Rapidement des déserteurs ukrainiens vont rejoindre les rangs des milices, anciens soldats, douaniers et "berkout"  (police anti émeute), mais aussi des jeunes qui eux aussi quittent les usines ou l'université pour rejoindre leurs aînés miliciens qui sont parfois leur propre père, oncle, ou frère 
 
Mineurs du Donbass au combat : au centre un père et son fils et à gauche Baikal, qui chef commandant cette unité de la "Division des mineurs" et pour qui "il n'y a pas de combat plus important qu'un autre : tous les combats sont importants !"
Pendant l'été 2014, c'est l'escalade militaire et les escarmouches et accrochages deviennent alors de véritables batailles modernes et meurtrières. C'est le temps des "chaudrons", au cours desquels la "Division des mineurs" va être engagées 70 ans après sur les traces de son aînée. La "Shakhtyor Skaïa" est de tous les combats qui s’enchaînent semaine après semaine: "Shakhtyorsk", "Iliovaisk" "Aéroport" "Debalsevo"... Pendant toute cette période de 2014 à 2015, tous sont volontaires, bénévoles et ne survivent que grâce aux dons et aux aides de la population de Donetsk et des autres villes minières de la République de Donetsk. Aujourd'hui, l'unité a intégré le "Corpus abarone" l'armée professionnelle que la République a organisée pour homogénéiser des forces de défense, les former les structurer et leur donner équipements et statut socio-professionnel modernes.
 
 
Les mineurs du Donbass, que ce soit dans cette unité d'élite, mais aussi dans d'autres comme la brigade Kalmius par exemple dont ils forment également l'ossature, sont toujours en première ligne depuis maintenant 3 ans !
 
Sur cette position à 500 mètres des avant-postes ukrainiens, malgré des bombardements et des échanges de tirs quotidiens, la bonne humeur autant que la discipline nous accueillent dans des "blindages" impeccablement entretenus. Les hommes sont déterminés et soudés et l'esprit qui les animent semble n'être que le prolongement de celui trouvé au fond des puits de mines et où ils ont écrits sous la menace des "coups de grisou" les premières page d'une fraternité invincible. 
 
Pères et fils, ouvriers mineurs, tous deux enfants du Donbass en première ligne sur le front de Donetsk
Pour ces hommes guettant à l'horizon la menace d'un ennemi qui veut détruire leur identité, leur passé et leur avenir, la guerre est un malheur; un drame mais auquel ils participent par devoir car si la paix est ce rêve qui sommeille dans les coeurs de chacun, la Liberté est là derrière leurs tranchées, dans le secret de leurs foyers, là où une mère, une femme, des enfants les attendent en priant. Pour ces hommes, se battre est un devoir familial autant qu'un engagement politique car il veulent défendre une terre contre l'envahisseur mais aussi "construire une société avec l’esprit de solidarité que l’on trouve à la mine"
 
Ces mineurs de Donetsk que je vous invite à retrouver dans de prochains articles incarnent la rébellion contre le coup d'état du Maïdan, cette terre noire du Donbass qu'ils ont façonné depuis le XIXème siècle avec leur sueur et leur sang, autant que le rêve des peuples européens de vouloir et pouvoir vivre dans leur sanctuaire selon leurs coutumes et cultures. 
Dans cette jeune République de Donetsk dont le drapeau porte fièrement leurs outils, les mineurs représentent bien plus qu'un simple secteur économique régional: ils sont le coeur de ce peuple européen du Donbass, fidèle au passé tout en imaginant un avenir avec audace et humilité et qui sait nous montrer le chemin à suivre pour s'affranchir de l'esclavage de la ploutocratie mondialiste et de sa pensée unique déshumanisante.

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Après cette première présentation de l'unité  "Shakhtyor Skaïa" nous retournerons pour rencontrer quelque uns de ces hommes ayant troqué la pioche contre le fusil d'assaut pour continuer à faire vivre le Donbass !

 
 
Annexe 1 :
 
L'appel des mineurs du Donbass aux mineurs 
et aux ouvriers de toute l’Europe
 
"Frères mineurs!
 
Nous voulons vous expliquer la situation réelle dans le Donbass. Les médias européens faussent ou font le silence sur la véritable image des événements.Nous savons que vous ne pouvez pas obtenir facilement une image fidèle de ce qui se passe ici, c’est pourquoi nous déclarons :
 
Nous, les mineurs, nous sommes obligés de nous battre avec nos armes pour défendre notre vie, pour survivre!
 
Notre objectif dans ce défi auquel nous faisons face est celui-ci: arriver à arrêter l’effusion de sang! La fin de la guerre aura lieu avec le jugement des criminels de guerre qui l’ont provoquée. Nous ne pouvons pas abandonner ce combat, parce que cela signifierait notre anéantissement moral et physique! Dès le début, « l’Euromaïdan » s’est trouvé sous le contrôle de la grande bourgeoisie: les oligarques ukrainiens et leurs commanditaires étrangers. En Février de cette année, s’est produit un coup d’état en Ukraine avec la participation active de groupes néo-nazis. C’est en réaction à cela que s’est formé le mouvement dans le Sud-Est du pays, qui a mis en avant au début des revendications modérées de fédéralisation et de reconnaissance du russe comme deuxième langue d’État, demande auxquelles le pouvoir a répondu par la terreur.
 
 
La situation dans le Donbass prend l’allure d’une véritable guerre dans laquelle des civils sont tués: des personnes âgées, des femmes, des enfants. On vous ment de façon effronté en prétendant qu’il s’agit d’une guerre entre l’Ukraine et la Russie. Ce n’est pas vrai! La guerre se déroule entre le peuple et une poignée d’oligarques soutenus par l’UE et les Etats-Unis. Le malheur de l’Ukraine réside dans le fait que l’exercice de l’autorité est tombé aux mains de pourritures qui ont réussi à infecter par leurs idées fascistes une partie de la société. Nous, le peuple du Donbass, nous luttons contre toutes les manifestations de nazisme et de fascisme. Nous nous battons avec un fusil à la main pour notre vie et celle de nos proches. Nous n’avons pas à nous retirer-c’est notre terre! Nous nous tournons vers vous, travailleurs des pays européens, en vous demandant votre aide solidaire:aidez nous à briser le bastion du fascisme en Ukraine. Ce sera notre victoire commune !"
 
Mikhaïl Krylov, Président du Syndicat indépendant des mineurs de Donetsk, 
 
18 juin 2014
 
 
Sources de l'article : 

Les mineurs dans les armées des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk
- Appel des mineurs du Donbass
- Les mineurs du Donbass vont au charbon contre Kiev

 


 
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S'il vous plaît, pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.
 
Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass
 
Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
 
 
 



 
 
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Affaire Z. A. c. Russie ou de l'incongrüité de la frontière. Par Karine Bechet Golovko

29 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #l'immigration

mercredi 29 mars 2017

Affaire Z. A. c. Russie ou de l'incongrüité de la frontière

 
 
 
Dans sa nouvelle décision Z. A. contre Russie, la Cour européenne des droits de l'homme vient de rendre une décision intéressante, qui tend à forcer l'entrée de personnes en situation illégale sur le territoire de l'Etat, faisant reposer sur lui l'entière responsabilité de la situation. Pour continuer dans l'ubuesque ...
 

 
Le 21 mars, la CEDH a rendu un arrêt condamnant la Russie a verser 95 000 euros aux quatres personnes en situation irrégulière, dont la demande d'asile a été refusée par la Russie, pour les conditions dans lesquelles ils vécurent plusieurs mois dans la zone de transit de l'aéroport international Sheremetyevo à Moscou.
 
Le fait que des personnes soient bloquées, pour des raisons différentes dans des aéroports internationaux, n'est pas une nouveauté. L'on se souviendra de l'iranien Mehran Karimi Nasseri et de ses 18 années à l'aéroport Charles de Gaulle, de la chisoise Feng Zhenghu qui a passé plus de 3 mois dans la zone de transit de l'aéroport de Tokyo, etc.
 
En l'espèce, les faits sont assez simples:
Les requérants dans cette affaire sont quatre individus détenteurs de papiers d’identité d’Irak, des Territoires palestiniens, de Somalie et de Syrie. Alors qu’ils transitaient – séparément les uns des autres – par l’aéroport de Moscou-Sheremetyevo, les requérants se virent refuser l’entrée en Russie par les services russes des frontières, au motif que leurs documents de voyage n’étaient pas en règle. En conséquence, trois des requérants passèrent entre cinq et huit mois, en 2015/2016, dans la zone de transit de l’aéroport ; l’un des requérants, originaire de Somalie, est resté dans cette zone pendant un an et 11 mois, du 9 avril 2015 au 9 mars 2017. Les quatre requérants demandèrent le statut de réfugié en Russie mais ne l’obtinrent pas
 La surprise vient de la qualification juridique donnée par la Cour européenne, qui a assimilé cette situation à une privation de liberté:
Les intéressés, qui se trouvaient dans la situation de demandeurs d’asile dont les dossiers n’avaient pas encore été examinés, n’avaient pas choisi de rester dans la zone de transit puisqu’ils ne pouvaient entrer ni sur le territoire russe ni dans aucun État autre que celui qu’ils venaient de quitter. Ils n’ont donc pas consenti valablement à leur privation de liberté. En conséquence, la Cour conclut que leur rétention dans la zone de transit s’analyse en une privation de liberté de facto.
Pas un mot sur le fait qu'ils soient sciemment arrivés en Russie avec des documents qui ne sont pas en règle, ce qui remettrait en cause l'idée selon laquelle ils "n'avaient pas choisi". De plus, très étrangement pour des personnes privées de liberté, ils sont partis, soit dans un autre pays avec l'aide des organismes internationaux compétents (dont l'activité n'a pas été entravée), soit rentrés dans leur pays, comme le reconnaît par ailleurs la Cour:
Le requérant irakien et le requérant syrien furent finalement réinstallés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), au Danemark et en Suède respectivement. Le requérant originaire des Territoires palestiniens put quitter la zone de transit lorsque se présenta la possibilité de prendre un vol pour l’Égypte. Le requérant originaire de Somalie, ayant perdu l’espoir d’obtenir le statut de réfugié en Russie, est parti pour Mogadiscio.
La contradiction est flagrante: soit ils sont détenus contre leur volonté - et donc il y a volonté de l'Etat de les maintenir dans cet espace restreint, soit lorsque la possibilité s'est présentée et qu'ils ont compris qu'ils n'obtiendraient pas ce qu'ils étaient venus chercher ... ils sont partis, mais l'Etat, finalement, n'y est pas pour grand chose. Le "crime" de l'Etat russe est en fait de ne pas avoir laissé entrer des personnes en situation irrégulière et de ne pas les avoir prises en charge.
 
Alors pourquoi condamner la Russie? Justement pour cela.
 
L'on peut aussi se demander, s'il s'agit réellement des conditions de détention, si toutes les personnes dont le dossier de demande d'asile est en attente ou a été refusé dans les camps de transit en Italie, en Grèce, dans la Jungle en France vont être prises en charge par des ONG pour déposer un recours devant la CEDH et si l'Italie, la Grèce, la France et autres pays vont devoir payer des millions d'euros de dédommagement? Car là, il ne s'agit pas de quatre personnes ...
 
Non, le but est ailleurs: il faut forcer la frontière. La frontière est le symbole de l'Etat, son attribut, comme la porte de votre maison. Aujourd'hui, la frontière ne doit pas être une barrière, l'Etat doit laisser passer les clandestins qui sont devenus une catégorie spéciale, celle d'une sorte de "réfugiés de fait", dont l'expulsion est rendue de plus en plus difficile et contraignante pour l'Etat. L'Italie avait été ainsi condamnée en 2011 pour avoir voulu renvoyer des tunisiens dans leur pays et au passage pour les conditions de détention à Lampedusa. C'était déjà en 2011, tout au début de la grande vague d'immigration en Europe. Il a fallu faire passer le message aux Etats qui auraient des tentations souverainistes. Depuis, la pression n'a fait qu'augmenter.
 
Cet arrêt contre la Russie se situe dans cette jurisprudence constante de la CEDH qui fait poser sur les Etats l'obligation de prise en charge des personnes en situation illégale dès le moment où ils ont posé le pied, de manière illégale, sur leur territoire. Ce n'est pas la personne en situation illégale qui a des obligations, c'est l'Etat. La personne en situation irrégulière a des droits, c'est l'Etat qui a les obligations. 
 
Pour illustrer cette tendance, bien implantée en France, l'on peut se rappeler du communiqué du ministère de l'intérieur de l'été 2016 pour la prise en charge des "migrants", faisant fi de toute distinction entre immigré en situation illégale et légale. La notion même d'immigré est pieusement remplacée par celle de "migrant", dont la charge symbolique est différente, même si un migrant est bien un immigré, mais manifestement principalement en situation irrégulière, d'où la nécessité de le taire.
La prise en charge en CAO doit ainsi permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d'un temps de répit et d'engager, si elles le souhaitent, une démarche de demande d'asile. Elle leur permet également d'avoir accès à une offre de soins adaptée et d'être orientées rapidement vers des structures qui correspondent à leur situation (CADA pour les demandeurs d'asile, etc.). 
C'est exactement ce qui est reproché à la Russie: d'avoir maintenu la distinction classique pour un Etat de droit souverain de la distinction entre immigration légale et illégale et ainsi d'avoir maintenu la frontière. 
 
 
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Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ? par Thierry Meyssan

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ?

La volonté du président Trump de combattre Daesh et d’en finir avec le terrorisme international est extrêmement difficile à mettre en œuvre. En effet, elle porte préjudice aux États qui l’ont organisé et implique une réorientation de la politique internationale. Le nouveau président états-unien ne semble pas en mesure de donner ordre à ses troupes de passer à l’attaque tant qu’il n’a pas trouvé et scellé de nouvelles alliances.

Le 21 mars 2017
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L’opposition que rencontre le président Donald Trump est si forte que le plan de lutte contre Daesh, qui devait être présenté le 22 mars lors d’un sommet de la Coalition à Washington, n’est toujours pas prêt. Sa ligne politique est toujours aussi floue. Seul l’objectif d’éradication du jihadisme a été acté, mais aucune de ses implications n’a été résolue.

Le général Joseph Votel, le patron du CentCom, n’a toujours pas présenté les options sur le terrain. Il devrait le faire uniquement début avril.

Sur le terrain, on se contente donc d’échange d’information entre États-uniens d’un côté, Russes et Iraniens de l’autre. Pour maintenir les choses en l’état, les trois puissances sont convenues de prévenir un affrontement entre Turcs et kurdes. Et des bombardements intenses sont menés contre Al-Qaïda au Yémen et contre Daesh en Irak. Mais rien de décisif. L’attente est de rigueur.

Pour le compte de Londres et de Washington, l’arme du terrorisme international est gérée par la Ligue islamique mondiale depuis 1962. Elle comprend à la fois la Confrérie des Frères musulmans (composée d’arabes) et l’Ordre des Naqchbandis (surtout composé de turco-mongols et de caucasiens).

Jusqu’à la guerre du Yémen, le budget militaire de la Ligue était plus important que celui de l’armée saoudienne, de sorte que la Ligue est la première armée privée au monde, très loin devant Academi/Blackwater. Même s’il s’agit uniquement d’une armée de Terre, elle est d’autant plus efficace que sa logistique dépend directement du Pentagone et qu’elle dispose de nombreux combattants suicides.

C’est la Ligue —c’est-à-dire les Séoud— qui fournit à Londres et à Washington le personnel qui organisa la seconde « Grande Révolte arabe », en 2011, sur le modèle de celle de 1916, mais sous la dénomination de « Printemps arabe ». Dans les deux cas, il s’agissait de s’appuyer sur les wahhabites pour redéfinir les frontières régionales au profit des Anglo-Saxons.

Il ne s’agit donc pas simplement d’abandonner l’arme du terrorisme, mais aussi :
 de rompre l’alliance entre Londres et Washington pour le contrôle du Moyen-Orient élargi ;
 de priver l’Arabie saoudite et la Turquie de l’arme qu’ils développent pour le compte de Londres et de Washington depuis un demi-siècle ;
 de déterminer le futur du Soudan, de la Tunisie et de la Libye.
En outre, il faut également trouver un accord avec l’Allemagne et la France qui ont abrité des dirigeants de la Confrérie depuis 1978 et ont financé le jihad.

D’ores et déjà, nous voyons que le Royaume-Uni ne l’entend pas de cette oreille. Il s’avère que c’est le GCHQ (service d’interception satellitaire britannique) qui a placé la Trump Tower sous écoutes durant la campagne électorale et la période de transition. Tandis que, selon l’Agence jordanienne Petra, l’Arabie saoudite a secrètement financé un tiers de la campagne électorale d’Hillary Clinton contre Donald Trump.

C’est pourquoi le président Trump semble chercher de nouveaux alliés pour lui permettre d’imposer ce changement.

Il organise actuellement une rencontre avec le président Xi Jinping au cours de laquelle il pourrait planifier l’adhésion de son pays à la Banque d’investissement chinoise. Il placerait alors ses alliés devant le fait accompli : si les États-Unis participent à la construction des routes de la soie, il deviendrait impossible au Royaume-Uni, à l’Arabie saoudite et à la Turquie, à l’Allemagne et à la France de poursuivre le jihad en Irak, en Syrie et en Ukraine.

Source
Al-Watan (Syrie)

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L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine. Par Karine Bechet Golovko.

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #Ukraine

jeudi 23 mars 2017

 

L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine

 
Ioulia Samoïlova, chanteuse russe
 
 
Le concours de l'Eurovision est plus un indicateur social qu'un évènement musical central. Dans le cadre du conflit ukrainien, il est devenu une plateforme politique pour Kiev. Cette année, allant encore plus loin, l'Ukraine interdit à la chanteuse russe, Ioulia Samoïlova, contre l'avis de l'union européenne de radio-télévision qui organise l'évènement. Pourtant, ceci n'est que la conséquence de la politisation de ce concours que les organisateurs ont accepté l'année dernière.
 

 
Lors du précédent concours de l'Eurovision, l'Ukraine a présenté une chanteuse présentant une chanson politique sur les tatars de Crimée, violant ainsi le principe de fonctionnement de l'Eurovision (voir notre article ici). Sans même parler de la question du vote. Peu importe, l'Ukraine a donc eu le droit d'organiser ce concours.
 
Et elle ne peut accepter la participation d'une chanteuse russe. C'est viscérale. C'est une question de principe. Dès l'annonce de la candidature de I. Samoïlova, son nom et ses coordonnées ont été publiées sur le site ukrainien Mirotvorets, à l'origine de l'assassinat d'opposants. Le conseiller Guerashenko, qui justement est en charge du site des ennemis de l'Ukraine Mirotvorets, a tout d'abord expliqué à quelles conditions elle pourrait participer. La chanteuse ne doit plus participer à des évènements anti-ukrainiens et ne doit pas se prononcer pour le rattachement de la Crimée à la Russie. Or, son crime est simplement d'avoir participé, avec beaucoup d'autres artistes internationaux, à un concert en Crimée. 
 
Les réactions sur les réseaux sociaux sont assez choquantes. Alors que l'Ukraine se veut "tolérante" et ait trouvé un slogan on ne peut plus politiquement correct, Celebrate diversity, les ukrainiens se moquent de son invalidité. Toute la distance entre les prétentions de respect de l'autre tel qu'il est et la bassesse des instincts primaires est ici révélée. Les coups volent très bas, mais il est vrai que les réseaux sociaux ne sont, en général, pas réputés pour leur hauteur de vue. 
 
"Comme en raison du dopage, les invalides ont perdus le droit de participer aux Jeux Paralympiques, la Russie a décidé d'envoyer leur représentant au moins à l'Eurovision"
 
Et sa candidature est vécue comme une provocation, en raison de ses concerts en Crimée:
 
 
"Si Kiev permet à la pro-russe Samoïlova d'entrer en Ukraine, ce sera à 100% interprété comme une reconnaissance de fait que la Crimée est un territoire russe".
 
L'Ukraine n'a pas pris ce risque en raison des dangers que pouvaient présenter la chanteuse pour la sécurité nationale. Elle est donc interdite de territoire pendant trois ans. La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, M. Zakharova, a fait une déclaration intéressante mettant la société tolérante occidentale face à son hypocrisie:
"Je pense que maintenant le moment de vérité est arrivé pour la société européenne: est-ce qu'elle va se laisser promener en laisse par le SBU (services de sécurités ukrainiens) et ainsi motiver les radicaux ukrainiens à d'ultérieurs exploits, ceux-là mêmes qui ont enterrés tous les efforts des accords de Minsk, ou bien va-t-elle quand même démontrer que l'Europe et ses valeurs fondamentales, que les politiciens ukrainiens ont soutenus en paroles, est encore bel et bien vivante."
 
L'Ukraine n'en a pas terminé avec les conséquences de son coup d'Etat. Car nombres de chanteurs sont allés se produire en Crimée. Ce qui pose aussi un problème pour la chanteuse arménienne à l'Eurovsion. Comme le déclarent les services spéciaux ukrainiens:
Il n'est physiquement pas possible de contrôler tout le monde, mais le cas de la chanteuse arménienne sera analysé pour voir si elle s'est produite ou non en Crimée.
La réaction de la presse française est significative. Pas un mot pour défendre cette chanteuse handicapée, alors que, parrait-il, l'Europe est particulièrement préoccupée par les droits des handicapés. A moins que, comme pour ce qu'ils considèrent être des minorités - et non plus des humains à part entière - tout ne dépende du contexte politique et non d'une réelle empathie. Car, finalement, personne ne semble choqué.
 
Au contraire, l'on appréciera l'article de l'Express qui semble même trouver ça normal, puisque c'est une provocation. Dans la logique française, la Crimée semble avoir été, d'un coup d'un seul, occupée par la force et des combats sanglants, la population forcée d'être russe, alors que tout était calme à Kiev et que les criméens pleuraient de désespoir en appelant Bandera au secours. Ce mythe, quelque peu pariodié aussi, est devenu un élément de la propagande occidentale. Et comme toute propagande, elle est caricaturale. Autant que les raccourcis historiques en ce qui concerne les tatars de Crimée, dont la déportation n'a pas été due à une crise caractérielle de Staline, comme vous pouvez le lire ici dans notre article.
 
La discussion qui se pose maintenant pour la Russie est de savoir quoi faire, car elle se trouve dans une situation asymétrique avec l'Ukraine. Le pouvoir ukrainien a une haine profonde et solide pour la Russie et les russes et il est prêt à se battre contre civils, femmes et enfants, utilisant même des méthodes de terroriste si elles peuvent être nécessaires. La Russie, elle, ne se bat pas contre les ukrainiens, elle les recueille. L'on compte plus d'un million d'ukrainiens réfugiés en Russie suite à la guerre civile. A part les poussées hytériques de Jirinovsky qui déclarait hier soir, dans l'émission de V. Soloviev, vouloir renvoyer tous les ukrainiens qui sont en Russie en Ukraine, les politiques russes comprennent très bien l'importance de protéger ces gens, et dans un but humanitaire et sur un plan stratégique. Sinon, c'est tout le peuple ukrainien qui peut se retourner contre la Russie.
 
L'idée se fait jour de n'envoyer simplement personne dans ce cas et de boycotter ce concours étrangement populaire en Russie. Ce sera peut être l'occasion, salutaire, de remettre en cause la popularité de ce show, dont le mauvais goût a peu d'égal.
 
 
 
 
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Vers un nouveau Yalta. Par Karine Bechet Golovko.

20 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #le Libéralisme

Lundi 20 mars 2017

 

Vers un nouveau Yalta

 
Comité d'intégration Russie-Donbass


Le 17 mars 2017 a été fondé, en Crimée, le Comité d'intégration Russie-Donbass à l'occasion du 3e anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie. Va-t-on vers un nouveau Yalta?


 
Dans le Palais de Livadia, à Yalta, comme en 1945, s'est tenue l'assemblée constitutive du Forum d'intégration Russie-Donbass, à laquelle ont pris part des députés russes, des membres du Conseil de la Fédération, des représentants des régions, des experts et les dirigeants de DNR et LNR. Si pour l'instant aucune décision politique officielle n'a été prise concernant l'intégration de ces républiques dans la Fédération de Russie, des mécanismes d'intégration sectorielle sont mis en place.
 
 
Le blocus mis en place par l'Ukraine a contraint le Donbass à renforcer ses liens avec la Russie et celle-ci est manifestement prête à assumer ses obligations. Ainsi, le député A. Kozenko a déposé un projet de loi visant, après la reconnaissance des passeports de DNR et LNR, à permettre à leurs titulaires à ne pas avoir besoin d'autorisation de travail en Russie et devant faciliter l'intégration des entreprises dans l'espace russe.
 
V. Konstantinov, premier ministre de Crimée, a insisté sur le fait que l'intégration politique ne devait pas trop tarder, car le retour vers l'Ukraine n'était plus possible. Il est vrai que la Crimée est particulièrement sensible à ces processus, les ayant elle-même vécus il n'y a que trois ans de cela. Et lancer le processus d'intégration du Donbass à l'occasion des cérémonies de commémoration du rattachement de la Crimée est fortement symbolique.
 
Les intervenants ont mis en avant le renforcement prévu de la coopération culturelle, mais aussi dans le domaine médical ou de l'enseignement, des processus d'intégration économique et sociale. A ce jour, la Russie a envoyé 62 convois humanitaires dans le Donbass, mais ce n'est plus suffisant. Pour le membre du Conseil de la Fédération S. Mamedov, si la Russie s'est toujours prononcée pour le respect et l'exécution des accords de Minsk 2, il faut être aveugle pour ne pas voir par la faute de qui ils ne sont pas exécutés et ne le seront pas. Il y a donc une reconnaissance de l'échec de ces accords.
 
Les dirigeants des Républiques de Donetsk et Lugansk ont largement soutenu ce processus qu'ils appellent de leurs voeux, estimant que trois années à verser leur sang pour garder le droit d'appartenir au monde russe légitime leur position.
 
I. Plotnitsky, le dirigeant de LNR, a déclaré que le Donbass était le coeur de la Russie. Il s'est retrouvé en Ukraine à la suite d'une erreur historique qu'il convient de corriger. 
 
Quant à A. Zakharchenko, le dirigeant de DNR, le Donbass a toujours été intégré dans l'économie russe, que ce soit à la période impériale ou soviétique, et il réoriente son activité, à nouveau, vers la Russie. Quant à l'avenir, ils prennent pour exemple la Crimée.
 
A la fin de l'assemblée, les participants ont fondé le Comité d'intégration Russie-Donbass, ayant qualité d'association. Il a officiellement pour but de renforcer le processus d'intégration culturelle, humanitaire, économique et sociale. Officiellement, il ne s'agit pas encore d'intégration politique, mais le processus est lancé.
 
Le choix du lieu pour l'organisation de cet évènement est loin d'être anodin. C'est dans ce Palais qu'en 1945 un nouvel ordre mondial, malgré les résistances des "alliés", fut institué. En lançant le processus d'intégration du Donbass, la Russie se prononce pour un nouvel ordre mondial, multipolaire, dans lequel les Etats sont responsables de leur politique et en assument les conséquences.
 
Il est évident que l'Occident ne va pas prendre la chose à la légère, car il n'est pas prêt de remettre en cause ni ses avantages, ni son impunité. Jusqu'à présent, depuis la chute de l'URSS, les Etats Unis, avec l'OTAN et l'UE, ont pris l'habitude de pouvoir écarter du pouvoir les dirigeants qui dérangent, de faire exploser les pays et les recomposer à leur guise et en fonction de leurs intérêts du moment, de mettre des territoires sous gouvernance internationale et l'Europe de l'Est et la Russie sous "contrôle démocratique". Le tout en se fondant sur sa volonté souveraine et sans avoir à répondre des conséquences de ses politiques, lorsque les Etats sont détruits, la population livrée à elle-même mais les actifs "utilement" répartis entre les sociétés "démocratiques".
 
La Russie a déjà lancé deux alertes. La première avec l'intégration de la Crimée suite au référendum populaire des habitants de la presqu'île, voulant fuire ce chaos fascisant en Ukraine. Ainsi, le message était le suivant: vous pouvez lancer des mouvements révolutionnaires et faire tomber les régimes, mais dans ce cas il y a risque de perte de l'intégrité territoriale, puisque l'Etat a été remis en cause. La seconde alerte a été lancée avec la Syrie. Depuis la chute de l'URSS, la Russie ne se mêlait pas des affaires de l'Occident à l'étranger, même dans son étranger proche. En Yougoslavie, elle a pu réagir diplomatiquement, mais elle était encore trop faible pour pouvoir mettre un frein aux appétits occidentaux. Or, le temps a passé et l'Etat a été rétabli. Elle a ainsi, à la surprise générale, répondu à l'appel du Gouvernement syrien pour l'aider à lutter contre les mouvements islamistes, dont certains, comme Al Quaïda, bénéficient d'un soutien ouvert des pays démocratiques. L'intervention militaire de la Russie en Syrie a permis de renverser le rapport de force, ce que la coalition américaine n'a pu ou voulu faire et de permettre de laisser au peuple syrien la liberté de choisir son avenir politique, la décision prise par la coalition américaine de renverser Assad ayant été reportée sine die. Ici aussi, le message est clair: la communauté internationale n'a pas le droit de retirer aux populations nationales le droit de décider de leurs dirigeants sous couvert d'intervention militaire presqu'humanitaire.
 
Pour autant, à chaque fois que la Russie ne fait montre de force, on la considère comme faible. Lorsqu'elle négocie les accords de Minsk, les "partenaires" la font passer du rôle de garant à celui de partie et justifient ainsi l'adoption de sanctions. Quant au discours, il atteint des sommets de violence - pour l'instant verbale. La guerre de l'information discrédite des médias ayant pourtant très longtemps bénéficié d'une excellente réputation, discrédite un système idéologique, le libéralisme, considéré comme libérant l'homme. Ces crises fondamentales de notre système entraînent une période d'hésitation, de vide. Car les médias ne peuvent être remplacés par d'autres plus sûrs et une sorte de guerre interne a commencé, chacun avaçant sa Vérité, la radicalisation devenant preuve d'objectivité, la partialité remplaçant l'investigation, la description biaisée l'analyse. Crise idéologique aussi suite à la radicalisation du libéralisme discréditant a priori toute contestation, devenant totalitaire en ce qu'il s'est donné pour mission de créer cet homme nouveau sans frontières et sans culture, cet homme mondialisé.  Mais aucune idéologique acceptable ne l'a remplacé et l'on tourne toujours dans une graduation variable autour du paradigme libéralisme/conservatisme. Les Etats étant classés non pas en fonction de leur politique réelle, mais en fonction de l'image que l'on veut donner d'eux, sachant que "libéralisme" est toujours synonyme de "Bien".
 
L'Ukraine est, en ce sens, un bon pays, car elle a choisi la voie "européenne". Elle est contre la Russie, donc elle est démocratique et libérale. Et l'on ne veut pas voir les groupes néonazis, l'on ne veut pas voir la répression de l'opposition, la destruction des mécanismes judiciaires, les dysfonctionnements du Parlement. Elle est du côté du bien. Et l'Occident ne peut réellement voir le blocus. 
 
La Russie a envoyé son troisième signal. Dans ce cas, l'on ne laisse pas les populations souffrir parce que les "valeurs" européennes ne permettent plus de les protéger. Elle lance le processus d'intégration du Donbass.
 
Chaque étape de la radicalisation de la politique menée par ce monde unipolaire arquebouté sur une période révolue a entraîné une réaction asymétrique de la Russie. L'hystérie qui s'empare tant des médias que des politiques occidentaux est surtout le signe de leur faiblesse et de leur démission morale. Ils ne peuvent reconnaître ni leurs actes, ni leur échec et se drapent dans une dignité d'autant plus affichée qu'elle est maltraitée. 
 
Le temps n'est-il pas venu d'en tirer les conséquences? L'ère d'un nouveau Yalta est venue, elle se construira avec ou sans nous.
 
 
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