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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la russie tag

Syrie : Le Noël que les médias français ne vous montreront pas

27 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #la liberté, #Terrorisme, #Daesch

vendredi 25 décembre 2015

Syrie : Le Noël que les médias français ne vous montreront pas

 


Voici des images que vous ne verrez certainement pas dans les médias français!
 
A Damas, sous la protection du régime de Bachar Al Assad que Fabius et Valls trouvent odieux (ils préfèrent les "modérés" de Jabhat Al Nosra), les syriens fêtent Noël comme chez nous en toute tranquillité...
 

 

Dans les zones sous contrôle des "rebelles modérés" que vous affectionnez tant, M. Fabius, comment se passent les fêtes de Noël ? 
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Pendant ce temps à Bethléem...
 

Le mur de la honte n'est toujours pas tombé...
 
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Poutine impose l’ordre russe au Moyen-Orient

27 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

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Que se passe-t-il en Turquie ? Par Selma Benkhelifa

27 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

22 décembre 2015

Article en PDF : Enregistrer au format PDF
 

Ces images ne sont pas prises en Syrie, mais dans l’est de la Turquie où l’armée assiège des quartiers et les villes kurdes de Cizre, Silvan, Nusaybin et Mardin. De telles exactions n’avaient plus eu lieu depuis les années 90, époque où la Turquie était unanimement décrite comme une dictature militaire.

 





Depuis quelques mois, l’armée turque assiège des villes, tire à balles réelles sur des manifestants et procède à des arrestations massives. La véritable cible de cette opération est le PKK et plus largement les Kurdes, militants pour l’autonomie ou pas. Les arrestations se font sans distinction et vont du syndicaliste, à l’instituteur en passant par les adolescents.







A l’université de Sirnak, la police turque a investi des logements étudiants et a arrêté 15 étudiantes pour avoir protesté contre le siège des villes kurdes par l’armée turque en faisant du bruit depuis leur logement.





Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Diyarbakir, Tahir Elçi a été tué d’une balle dans la tête alors qu’il s’adressait aux médias à l’occasion d’une conférence de presse. Il appelait à l’apaisement et à la fin du siège de Sur, quartier de la grande ville kurde de Diyarbakir.





La violence de l’armée a atteint des sommets difficilement compréhensibles. Des centaines de civils ont déjà été tués.
 

Du processus de paix à la guerre ouverte

Erdogan a décidé de tourner la page des négociations de paix avec le PKK entamées lors de son précédent mandat et de mener une guerre ouverte aux Kurdes, qu’ils soient modérés ou rebelles.

Erdogan a vu sa majorité mise à mal par les élections du 7 juin 2015. Avec 13% des voix et 80 députés, le parti pro-kurde et de gauche HDP lui ôtait sa majorité absolue. Il s’agit aussi de l’opposition la plus critique à son égard. Les co-représentants du groupe HDP au Parlement turc, Pervin BULDAN et Idris BALUKEN, avaient déposé une proposition d’enquête parlementaire concernant les relations existantes entre l’AKP, parti d’Erdogan, et Daesh.

Pour reprendre une majorité absolue au parlement et faire taire les critiques lui reprochant ses liens avec les islamistes les plus radicaux, Erdogan veut éjecter le HDP en les assimilant au PKK. Assimiler l’opposition kurde au PKK, c’est aussi aller dans le sens du parti d’extrême droite MHP, dont l’AKP avait besoin pour constituer une majorité.

Et puis la lutte contre le terrorisme est un argument électoral porteur, Erdogan en était bien conscient.

Erdogan a lancé des élections anticipées sans aucun fondement légal. On a rarement vu en démocratie qu’un chef d’Etat mécontent du résultat d’élections législatives en juin appelle à de nouvelles élections en novembre de la même année, soit cinq mois plus tard.

Ce détournement du processus démocratique aurait certainement fait hurler les médias et les chancelleries occidentales s’il avait eu lieu au Venezuela ou en Bolivie. Comme il s’agit d’un allié précieux et d’un membre de l’OTAN, Erdogan a pu relancer des élections et récupérer une majorité absolue sans soulever de tollé. Il a – à présent- les mains libres pour faire ce qu’il veut, même du très sale boulot.
 

L’alliance à Daesh

 

Dans ses discours, Erdogan assimile le PKK à Daesh. Il prétend lutter contre le terrorisme en général. Alors que les forces kurdes – PKK et YPG - résistent à Daesh en Syrie et en Irak et qu’Erdogan est lui-même plus que complaisant à l’égard des groupes djihadistes.

Deux attentats ont ensanglanté la Turquie, l’attentat de Suruç et celui d’Ankara qui a, le 10 octobre 2015, tué 108 militants de gauche pro-kurdes lors d’une manifestation.

Ces attentats sont revendiqués par les Islamistes de Daesh. Il faut cependant rappeler les liens entre l’Etat turc et des organisations comme Daech ou Al Nostra (Al Quaïda).

On relèvera que les djihadistes ne se sont jamais attaqués aux intérêts de l’Etat turc, mais ont concentré leurs attaques sur les ennemis traditionnels d’Erdogan, la gauche et les Kurdes.

La complaisance de l’Etat turc qui laisse les djihadistes rejoindre la Syrie alors qu’il arrête les militants qui veulent rejoindre les combattants kurdes est critiquée de très longue date déjà. Même les Etats Unis ont demandé à leur allié de fermer sa frontière avec la Syrie.

Le fait que l’Etat turc ait prétendu vouloir bombarder Daesh alors qu’il s’est quasi-exclusivement consacré à bombarder les forces kurdes qui luttent contre ce groupe est aussi très symptomatique d’un vrai malaise (1).

Mais c’est la découverte récente d’armements que l’Etat turc livrait par camions (camions appartenant au MIT, les services secrets turcs) aux djihadistes de Daesh et d’Al Nostra (Al Quaïda) qui a révélé une véritable complicité entre la Turquie et ces organisations fanatiques et barbares.

Cette opération, sous couvert de l’ONG IHH, permettait à la Turquie de venir en aide aux groupes qui ont perpétrés des attentats extrêmement meurtriers à l’encontre de l’opposition de gauche ou pro-kurde. Des journalistes turcs ont publié les images d’armes livrées par la Turquie aux djihadistes en Syrie (2).







Face aux accusations de complicité entre IHH et les groupes djihadistes suite à la découverte de ces camions, Erdogan a réagi en imposant un black-out médiatique à ce sujet et en arrêtant les deux journalistes responsables de la fuite, pour « appartenance à une organisation terroriste ».

Les trois officiers de gendarmerie qui avaient ordonné le contrôle des camions remplis d’armes à destination des djihadistes ont été incarcérés.

Ces événements démontrent une étroite collaboration entre des organisations comme Daech ou Al Nostra (Al Quaïda) et l’Etat turc et donne une toute autre portée aux attentats commis en Turquie et aux violences régulières subies par les militants kurdes. Il ne s’agit plus de groupes fanatiques et barbares qui attaquent des civils turcs sans que l’Etat ne parvienne à réagir mais de groupes qui agissent avec le soutien de l’Etat turc pour mener une stratégie de la tension qu’Erdogan a mise en place à l’encontre d’opposants kurdes et de gauche.
 

Un autre projet de société

 

Si les Kurdes irakiens collaborent étroitement avec les Américains, il faut souligner que les Kurdes du PKK (Turquie) et du PYD (Syrie) ont une position différente.

Ils – et surtout elles - résistent aux combattants islamistes avec un courage et une ténacité exemplaire mais surtout avec un projet de société diamétralement opposé à celui des fanatiques religieux (démocratie participative, émancipation des femmes, ouverture aux minorités, écologie…).

Un projet de société surtout caractérisé par sa remise en question radicale des états nationaux et donc du monde tel qu’il existe aujourd’hui.







Les Occidentaux – Américains et Européens – acceptent difficilement des visions du monde opposées aux leurs et considèrent le PKK et son parti frère le PYD comme des organisations terroristes. Pourtant, en Syrie, les Kurdes sont les seuls alliés possibles contre Daesh.

D’abord parce que même seuls et peu armés, ils ont gagné des batailles. Après la victoire à Kobané, ils ont avancé sur le front de Hassaké, chef-lieu régional, et en ont chassé les djihadistes. Pourtant, les combattants des YPG n’ont pas reçu de missiles sophistiqués, tels que ceux qui ont été livrés à d’autres groupes (comme l’Armée syrienne libre (ASL) et les autres groupes rebelles soutenus par les Américains qui retournent leur veste, rejoignent l’EI ou leur vendent des armes fournies par Washington). Personne ne peut donc plus faire semblant de croire à la fable du soutien aux modérés d’Al Nosra (Al Qaida) contre les radicaux de Daesh.

Ensuite, parce que les Kurdes de Syrie, cherchant des alliés, pourraient se tourner vers la Russie. Il est question de l’ouverture d’une représentation officielle à Moscou. Des armes russes ont également été livrées aux combattants des YPG.

Si les Kurdes sont des alliés stratégiques dans le jeu des grandes puissances au Moyen-Orient, Saleh Muslim, coprésident du Parti de l’union démocratique (PYD), dont dépendent les YPG, est catégorique : « Nous ne sommes pas des mercenaires. Nous nous battons pour l’autonomie démocratique de la Rojava ». Et Rojava n’est pas que le nom de la région kurde de Syrie, il est devenu le nom de la société utopique qu’ils et elles défendent envers et contre tous.

Photos :











































Notes :

(1) http://www.opinion-internationale.c... https://francais.rt.com/opinions/59..., http://www.huffingtonpost.fr/olivie..., http://www.lefigaro.fr/vox/monde/20...).

(2) http://www.lemonde.fr/proche-orient...

Source : Investig’Action

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La France préfère-t-elle qu’on en sache moins sur la Crimée ?

26 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Ukraine, #le nazisme

La France préfère-t-elle qu’on en sache moins sur la Crimée ?


En 2015, les autorités françaises ont plus d’une fois annulé la projection du film russe Crimée. Retour à la Patrie


Le 16 décembre 2015 – Source sputnik.news

Crimée

A Strasbourg en juin, à Nice en septembre, à Cannes en novembre et à Bordeaux le 11 décembre : quatre fois d’affilée des autorités municipales françaises auront trouvé prétextes à ne pas montrer au grand public le film Crimée. Retour à la patrie.

 

Depuis la démonstration du documentaire à Paris, en été, le Centre de Russie pour la science et la culture à Paris a reçu plusieurs lettres réclamant d’interdire la projection du film. Ainsi, les représentants de la commune ukrainienne de France Euromaïdan Bordeaux ont collecté 1 372 signatures afin de déposer une pétition pour annuler la projection qui devait avoir lieu le 11 décembre.

L’ambassade d’Ukraine en France a largement applaudi l’initiative et a remercié les activistes ukrainiens pour leur «position civile active» ainsi que pour leur contribution à la vie culturelle de Bordeaux.

«Un grand nombre de personnes attendait la projection du film car les Européens ont besoin de découvrir un autre point de vue sur l’histoire de la réunification de la Crimée avec la Russie», estime la directrice du festival France-Russie et organisatrice de la projection du film Crimée. Retour à la patrie à Bordeaux, Daria Tsoukanova.

Le film relate les événements dramatiques qui se sont déroulés dans la péninsule au printemps 2014.

​Les auteurs du film ont réalisé deux interviews avec le président russe Vladimir Poutine qui dévoilent des détails inédits du rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie.

Le documentaire présente en outre une reconstitution de l’opération spéciale visant à exfiltrer d’Ukraine en Russie le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, renversé par une révolte populaire en février 2014.

Réalisé par Andreï Kondrachov, le film est sous-titré en français.

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La politique "Assad doit partir" mène à la guerre avec la Russie, l’Iran et le Hezbollah.

26 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

 

COMITE VALMY

Semaine 10 de l’intervention russe en Syrie

L’information qu’Israël et la Turquie violent systématiquement le droit international n’est pas nouvelle du tout. Après tout, nous savons tous que la Turquie a régulièrement bombardé les Kurdes en Irak et en Syrie, que la Turquie occupe toujours illégalement le nord de Chypre, tout comme les Israéliens ont bombardé la Syrie et le Liban depuis des dizaines d’années et occupent encore illégalement la Palestine.

 

Le développement intéressant de cette semaine est que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont décidé officiellement de rejoindre ces États voyous et d’agir exactement comme les Turcs et les Israéliens en intervenant illégalement en Syrie – en violation directe du droit international – prétendument pour combattre Daesh. Et même si Daesh est l’ennemi officiel, il se trouve précisément que des positions de l’armée syrienne ont été bombardées par l’armée de l’air US tandis que les Israéliens bombardaient des dépôts de missiles du Hezbollah.

Apparemment, la politique « Assad doit partir » est toujours à l’ordre du jour.

D’une certaine manière, on pourrait dire que l’Occident a maintenant (ré)affirmé le principe selon lequel force fait loi et que les menaces et la violence restent la seule politique de l’Empire au lieu d’une politique légale et négociée. Le problème avec ça est que l’autre côté pense fortement que se rendre aux exigences de l’Empire n’est tout simplement pas une option.

L’avertissement russe

En réalité, c’est en cours depuis des années. Depuis la récente décision de bombarder la Syrie jusqu’à la récente décision du FMI de renflouer l’Ukraine en violation directe de ses propres règles (qui, apparemment, ne seront pas réécrites), l’Empire anglosioniste a violé ses propres prétendues règles et principes depuis des décennies sur un arrière-plan d’indifférence quasi générale à l’égard de la fin de l’ordre mondial international approuvé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. 

La grande différence aujourd’hui est que son imprudente arrogance l’a mis maintenant en contact direct avec les forces armées russes qui, apparemment, ne sont pas prêtes à accepter ce genre de brutalité et riposteront si elles sont attaquées : dans son adresse annuelle, à la rencontre élargie du Comité du ministère de la Défense de la Fédération de Russie, Poutine a clairement indiqué que le fait que la Russie choisisse de ne pas riposter à la Turquie était une exception et le resterait. Il a dit :

 

« Je veux mettre en garde ceux qui pourraient de nouveau tenter d’organiser toute sorte de provocation contre nos troupes : nous avons pris des mesures additionnelles pour assurer la sécurité des troupes et de la base aérienne russe. Elle est renforcée par de nouveaux escadrons de l’armée de l’air et des défenses aériennes. Tous nos avions de combat volent maintenant avec une couverture aérienne. Je vous ordonne d’agir avec la plus extrême fermeté. Toutes les cibles qui menacent le groupe de la Russie ou notre infrastructure terrestre doivent être immédiatement détruites. »

Ce que Poutine fait là est de mettre en garde la Turquie et, en réalité, l’Otan et l’Empire, que la prochaine fois, la Russie ripostera, immédiatement.

Cela montre aussi que l’autorité quant à la riposte a été transmise aux forces russes en Syrie et qu’aucune décision au sommet ne devra être requise pour riposter. C’est vrai que ce n’est pas une première. Un ordre similaire avait aussi été donné à l’Armée de l’air russe en octobre déjà, mais puisque l’idée d’antiques Tornados abattant un SU-30SM est assez farfelue (même si la presse britannique insiste que leurs avions des années 1970 « sont capables d’exploser n’importe quel avion dans le ciel »), la capacité des SU-30SM et même des SU-34 d’abattre un avion occidental de la 4e génération ne fait aucun doute. Les Russes ont la détermination et les moyens.

 

Mais l’Occident prendra-t-il les mises en garde russes au sérieux ?

Le contre-exemple israélien

Le contraste entre les pays de l’Otan et Israël ne pourrait, dans ce cas, être plus marqué. Bibi Netanyahou, de loin l’acteur le plus intelligent de l’Empire anglosioniste, s’est immédiatement rendu à Moscou pour rencontrer ses partenaires russes et négocier une sorte d’accord qui permettrait aux Russes et aux Israéliens de poursuivre leurs buts sans risquer une fusillade. Lorsque la première incursion de l’armée de l’air russe dans l’espace aérien israélien s’est produite, les Israéliens l’ont traité comme un événement complètement anodin. Le ministre israélien de la Défense Ya’alon a déclaré :

 

« Il y a eu une légère intrusion sur 1 mile (1,6 km) de profondeur dans notre espace aérien par un avion russe venant de Syrie, mais cela a été immédiatement résolu et l’avion russe est reparti pour la Syrie. C’était apparemment une erreur du pilote qui volait près du Golan. Les avions russes n’ont pas l’intention de nous attaquer, raison pour laquelle nous ne devons pas automatiquement réagir et les abattre lorsqu’une erreur intervient. »

Plus tard, un adjoint de Ya’alon, le général (de réserve) Amos Gilad, a déclaré lors d’un événement hebdomadaire à Tel Aviv que les avions russes avaient occasionnellement pénétré dans l’espace aérien israélien – mais que « la coopération très étroite entre la Russie et Israël » à propos des opérations dans et autour de la Syrie avait prévenu tout malentendu.

 

La contrepartie du côté de la Russie était tout aussi évidente, sinon officiellement admise : lorsque les Israéliens ont bombardé un dépôt d’armes du Hezbollah près de Damas, les Russes ont regardé de l’autre côté. Considérant que presque au même moment les agents du Hezbollah risquaient leurs vies pour sauver un pilote russe abattu, cette sorte d’accord est tout sauf d’une moralité exemplaire, mais les gens du Hezbollah sont aussi réalistes : il suffit de regarder comment ils ont toléré Assad même lorsqu’il torturait des gens pour la CIA (l’infâme programme de restitution) ou lorsque Imad Mughniyeh a été assassiné avec la complicité évidente de membres haut placés du régime de Assad.

Les dirigeants du Hezbollah ont compris ce qui se passait ici : que cela plaise ou non, la Russie et Israël ont une relation spéciale qui, quoique loin d’être une lune de miel, inclut une combinaison unique de dur réalisme, confinant souvent au cynisme, et une reconnaissance réciproque qu’aucun des camps ne veut un conflit ouvert. Dans ce cas, on a dit aux Israéliens en termes très clairs que l’intervention russe pour sauver la Syrie de Daesh n’était pas négociable, mais que la Russie n’avait pas l’intention de protéger le Hezbollah des actions israéliennes aussi longtemps que celles-ci ne menacent pas les objectifs russes en Syrie. Comme Netanyahou est un réaliste, il a accepté le contrat.

 

Bien qu’il y ait eu une certaine confusion à ce propos, je crois comprendre que les Russes ont déployé des S-400 en Syrie, et qu’il existe quelques preuves de livraison (enfin) aux Syriens de batteries S-300 et qu’ilspourraient les avoir utilisées contre les Israéliens à une occasion au moins. Ce qui est absolument certain, c’est que selon le droit international, les Syriens auront le droit de tirer sur tout avion américain, français, allemand, turc ou autre volant dans leur espace aérien et que si cela arrive, les pays ayant violé le droit international n’auront aucun argument d’auto-défense légitime à invoquer. Par extension, cela signifie aussi que la Russie a également le droit de détruire tout système d’armement aérien, terrestre ou basé en mer visant l’aviation russe.

Malheureusement, les politiciens et les propagandistes occidentaux (c.a.d les journalistes) font des contorsions verbales extraordinaires pour éviter de mentionner ces faits. Et si quelqu’un ose effectivement poser la bonne question, les responsables occidentaux ont un truc. C’est exactement ce qu’il s’est passé récemment entre la journaliste de RT Gayane Chichakyan et le porte-parole du département d’État John Kirby [Kirby attaque la journaliste sur sa bonne foi, tactique usée : tuer le messager pour tuer le message]. Regardez (la vidéo est en anglais)

 

L’avertissement iranien

La Russie n’est pas le premier pays qui aurait mis l’Occident en garde à plusieurs reprises sur les dangers à rester crispé sur la politique « Assad doit partir » : l’Iran a aussi répété de tels avertissements. Le dernier est venu directement du conseiller en politique étrangère de la Révolution islamique d’Iran, Ali Akbar Velayati, qui a ouvertement déclaré que Bachar al-Assad est le président légal de la Syrie et que « l’Iran le considère comme sa ligne rouge ». Velayati a aussi dit que « seul le peuple syrien, qui a élu Assad, est habilité à décider de l’avenir de son pays (…) et aucun pays étranger ne sera autorisé à interférer dans les affaires internes de la Syrie ». De plus, un autre haut responsable, le président du Parlement iranien Ali Larijani, a ditque « la Russie n’a pas besoin d’un accord préalable pour utiliser l’espace aérien iranien pour bombarder des sites en Syrie » – autrement dit, un tel accord a déjà été négocié. Si on considère que Larijani et Velayati sont parmi les responsables les plus influents et de ceux qui font le plus autorité en Iran, on ne peut que conclure que les Iraniens sont en train de déclarer ouvertement qu’ils soutiennent pleinement les efforts russes en Syrie. Et cela, à son tour, signifie que l’Iran enverra autant de troupes que nécessaire pour empêcher Daesh de s’emparer de Damas. C’est l’autre facteur essentiel auquel l’Occident essaie désespérément de ne pas penser.

 

Le récit actuel de l’Occident tente de montrer que c’est la Russie (et seulement la Russie) qui maintient Assad au pouvoir. Mais c’est complètement faux. La réalité est que tant le Hezbollah que l’Iran sont pleinement engagés pour empêcher Daesh de renverser le gouvernement syrien et leur engagement est allé plus loin que les mots : le Hezbollah a envoyé des centaines de ses meilleurs combattants en Syrie et l’Iran a promis des milliers de soldats, la plupart membres de la Brigade al-Quds, pour faire la guerre en Syrie. Ce que ce degré de détermination montre est que l’Iran et le Hezbollah, exactement comme la Russie, ont conclu que leurs intérêts vitaux, existentiels, sont en danger et qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’entrer en lutte contre Daesh. Je crois que cette évaluation est absolument correcte.

 

Donc c’est la question essentielle ici : est-ce que les élites de l’État profond qui gouvernent l’Empire américain comprennent que ni la Russie ni l’Iran ni le Hezbollah ne pensent qu’ils peuvent reculer et accepter une victoire de Daesh en Syrie ? Est-ce que les dirigeants occidentaux réalisent que la Russie, l’Iran et le Hezbollah ne peuvent pas laisser l’Empire renverser Assad ? Y a-t-il quelqu’un là-bas qui ne réalise pas que la politique « Assad doit partir » implique une guerre contre la Russie, l’Iran et le Hezbollah ? La seule manière d’éviter une guerre est de renoncer enfin, même si c’est d’abord nié publiquement, à la politique « Assad doit partir ».

 

The Saker

Le 12 décembre 2015 – Source thesaker.is

Article original paru sur Unz Review

Traduction : le Saker Francophone

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Poutine recommande à J. Kerry de dormir un peu

16 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #le nazisme, #La France, #L'OTAN.

mercredi 16 décembre 2015

Poutine recommande à J. Kerry de dormir un peu

 
Résultat de recherche d'images pour "путин керри"
 
L'échec pour les Etats Unis de la visite du secrétaire d'état J. Kerry était évidente pour tous, dès les premiers mots du Président Poutine à son adresse, après la longue discussion de S. Lavrov avec son collègue américain et malgrè le gros dossier que Kerry pose sur la table.
"Il est important que vous dormiez, à ce que je vois"
Il est difficile de montrer plus clairement l'absence totale de confiance que la Russie a envers les Etats Unis.


 
Le chef de la diplomatie américaine est venu en urgence à Moscou pour discuter de la situation en Syrie et également en Ukraine.  Le simple fait de lier ces deux questions, qui devraient pourtant être étrangères l'une à l'autre, montre bien que le problème n'est ni en Ukraine ni en Syrie. Mais que l'Ukraine et la Syrie sont utilisées pour régler un autre problème, celui de l'acceptation par les Etats Unis d'un monde multipolaire ou de l'abdication de la Russie devant le Monde unipolaire américano-centré.
 
Ainsi le constant double discours tenu par les Etats Unis n'arrive plus à convaincre. Les grosses ficelles tirées des mauvaises séries policières avec le gentil et le méchant, J. Kerry dans le rôle du gentil affirmant sans broncher:
"Non, nous ne menons pas de politique qui ait pour but l'isolement de la Russie"
Kerry, donc, dans le rôle du gentil. Et les autres, les méchants. Le discours d'Obama et encore plus clairement les mots du porte-parole de la Maison blanche et ceux du porte-parole aux affaires étrangères.
 
Pour J. Ernst, porte-parole de la Maison blanche, la Russie attend un isolement encore plus profond si elle continue à soutenir Assad en Syrie et ne se range pas aux côtés de la coalition dirigée par les Etats Unis.
 
Dans la foulée, le porte-parole aux affaires étrangères, J. Kirby, insiste en affirmant qu'un plus grand isolement attend la Russie et que les Etats Unis ont les instruments pour cela.  
 
Donc, lorsque J. Kerry arrive en Russie pour discuter de la question syrienne, commençant par affirmer que Assad ne peut faire partie du futur politique de la Syrie (quelle que soit la position du peuple syrien par ailleurs), qu'aucune liste des groupes terroristes n'a été mise en place car aucun accord n'est obtenu, comment prendre au sérieux ces pourparlers.
 
Et le Président russe ne les a pas pris au sérieux. Il les a pris pour ce qu'ils sont: beaucoup de vent, beaucoup de bruit, finalement pour pas grand chose. Ainsi, V. Poutine de déclarer:
 
"Je sais que la partie américaine a préparé pour aujourd'hui sa vision du règlement des problèmes, notamment syrien. Cher Monsieur le secrétaire d'état, nous voyons combien d'efforts vous faites pour régler tant de problèmes délicats. Tant que nous n'arrivons pas à vous suivre, à suivre vos déplacements. Il est important que vous dormiez, à ce que je vois"
Voici en images. A ne pas rater, juste pour l'expression des visages:

La Russie a ainsi apporté sa réponse aux menaces dans un gant de velours. Allez dormir un peu pour avoir les idées claires, et nous nous continuons notre politique, avec ou sans vous. Jusqu'où vont devoir aller les Etats Unis? Un projet de loi est à l'étude devant le Congrès pour lever l'interdiction historique d'exportation du pétrole. La même arme, qui avait servie lors de l'Union soviétique, serait-elle ressortie des placards? Faire totalement chuter le cours du baril pour couler l'économie russe, encore trop dépendante et du dollar et du pétrole? A suivre.

Publié par Karine Bechet Golovko

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Quelques poussières d’argent pour atténuer de grands malheurs. 15 Dec 2015

16 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Ukraine, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Europe supranationale

Quelques poussières d’argent pour atténuer de grands malheurs

Dans le froid hivernal et alors que la neige tombe, je me trouve au milieu des ruines d’un bourg à la lisière du front de Gorlovka. Dans cette ville symbolique par la bataille âpre et sanglante qui s’y déroula à la fin de l’hiver dernier, je marche dans la neige dans les pas d’Elena et Svetlana. L’une et l’autre ne cesse de me raconter leur quartier où autrefois la vie se déroulait dans la tranquillité. Ici c’était un voisin qui est parti au front, il est assez paradoxal de le dire alors que ce dernier ne se trouve qu’à quelques mètres de là. Nous sommes en face de la ville de Dzerjinsk, là-bas les bataillons de représailles campent dans les maisons des habitants qu’ils ont chassés ou qui se sont enfuis à leur approche.

 

La neige ne tombe plus lorsque nous poursuivons notre « voyage » dans les ruines, l’endroit est fantomatique. Des chiens hurlent et jappent, ils ont faim ou craignent notre présence. De place en place des panneaux « mines » nous indiquent pudiquement que nous ne sommes pas particulièrement dans un endroit paisible. Un coup de feu claque, puis un autre, les Ukrainiens ne respectent jamais les fameux accords de Minsk. C’est déjà une triste habitude que d’entendre partout où je me rends sur le front, les bruits de la guerre. Autour de nous gambadent gaiement Macha et Marina, elles ont moins de 10 ans, pour elles c’est une promenade inhabituelle, pensez donc, un journaliste français à leur rencontre ! Je viderai mon sac par la suite des petites choses que je garde pour ces occasions, ici un aimant pour orner le frigo, ailleurs une tablette de chocolat, une petite chose, un petit rien

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Riyad: une coalition contre qui?

16 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Arabie, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Riyad: une coalition contre qui?

Riyad: une coalition contre qui?

© AFP 2015. STR
International

L'Arabie saoudite s'est décidée à passer à une phase active dans la lutte antiterroriste, en créant une coalition excluant pourtant la Russie, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Quels sont ses buts et saura-t-elle y parvenir sans coopérer avec les maîtres du jeu contre Daech? Mohammad Ali Mohtadi, orientaliste, explique, dans un entretien à Sputnik.

 

La coalition comprend 34 Etats au total dont par exemple la Sierra Leone, la Somalie, les Comores, la Mauritanie et le Niger.

Les pays-membres viennent de publier une déclaration conjointe prévoyant l'instauration d'une coalition militaire, conduite par l'Arabie saoudite, censée lutter contre le terrorisme, la corruption, ainsi que le chaos qui sévit dans le monde musulman. Selon la déclaration, la coalition islamique sera dotée d'un centre de commandement dans la capitale saoudienne et ses membres vont mutualiser leurs efforts pour contrer le terrorisme afin d'assurer la paix et la sécurité, et vont d'ailleurs coopérer avec d'autres pays aspirant à la paix mondial. Des pays comme la Syrie et l'Irak, dont le gros des territoires est sous la coupe de Daech, pas plus que la Russie et l'Iran, les acteurs les plus forts dans la guerre antiterroriste, ne font curieusement partie de cette coalition.

Que recouvre cette coalition nouvellement créée?

Pour autant, les informations sur la formation de la coalition devraient être remises en cause, estime Mohammad Ali Mohtadi, professeur-orientaliste et représentant de l'Institut d'études stratégiques du Moyen-Orient, à Téhéran.

"Il est peu probable qu'une union constituée d'un tel nombre de membres soit créée en une période si courte. L'Arabie saoudite avait plutôt contacté des représentants de ces pays et, d'une manière frauduleuse, a annoncé la tenue d'une réunion lors de laquelle une alliance antiterroriste a été formée soi-disant à l'unanimité", a affirmé M. Mohtadi à Sputnik.

Dans le même temps, les pays qui s'engagent sérieusement à contrer les groupes terroristes dans la région, notamment Daech et le Front al-Nosra, ne font pas partie de la coalition.

"C'est pourquoi, il est évident que la nouvelle alliance est formée dans l'intérêt des Saoudiens. La lutte contre le terrorisme n'est qu'un prétexte qu'on ne peut pas prendre au sérieux. Annoncer la création d'une nouvelle coalition, c'est un artifice afin de démontrer une prétendue activité sur le champ de bataille contre le terrorisme", explique l'interlocuteur de Sputnik.

Lutte contre Daech, un grand mensonge

Après avoir lutté contre Daech depuis à peu près deux ans, toute coalition ne se révèle pas être efficace. Preuve en est la campagne militaire des pays occidentaux en Syrie. Pour l'Arabie saoudite, il ne s'agit pas non plus d'écraser les terroristes à tout prix.

"La coalition dirigée par les Etats-Unis, soi-disant des amis de la Syrie, n'a pas eu de succès dans la lutte anti-djihadiste. Et maintenant émergent des preuves que des groupes terroristes tels que Daech, le Front al-Nosra et Al-Qaïda ont été créés et alimentés par les services de renseignement américains, occidentaux et israéliens en coopération avec leurs alliés arabes, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie entre autres. Ainsi, les déclarations des Etats-Unis et de leurs alliés s'agissant de leur détermination à casser les terroristes ne sont qu'un grand mensonge, qu'une hypocrisie politique", insiste M. Mohtadi.

Selon lui, la coalition avec l'Arabie saoudite à sa tête vise vraisemblablement à endiguer les forces antiterroristes. Sa déclaration, publiée par des médias officiels en Arabie

saoudite, prévoit une guerre contre les terroristes de toutes les madhhab, alors que l'on sait bien que Daech et les groupes similaires font partie du mouvement wahhabite, explique l'orientaliste Mohtadi.

Le wahhabisme est l'idéologie religieuse officielle de l'Arabie saoudite. Et tout attentat commis tant dans la région qu'aux Etats-Unis ou en Europe témoigne du fait que les terroristes soit sont Saoudiens soit ont reçu une instruction religieuse sous l'influence du madhhab wahhabite, promu par le Royaume saoudien.

"C'est pourquoi, il est probable que la coalition créée ait pour but de contrer les forces qui luttent pour l'indépendance de la région de la politique expansionniste des Etats-Unis et d'Israël", conclut M. Mohtadi. "Et l'accent fait sur la notion de terroriste, quoi que soit le madhhab, peut attester du fait que la coalition cible les militaires du groupe libanais chiite Hezbollah ou l'Ansarullah yéménite, ou les milices populaires irakiennes, vu que l'Arabie saoudite et les Etats-Unis les considère comme terroristes. Ce qui suscite des préoccupations, en premier lieu, c'est que de cette manière l'Arabie saoudite est déterminée à attiser une guerre opiniâtre entre les sunnites et les chiites dans la région".

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De l’Ukraine, du Syrak et de quelques autres choses

16 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Source : Chroniques du Grand Jeu, 11-12-2015

Ben Erdogan semble condamné à réparer chaque bourde antérieure par une aventure encore plus folle. C’est sans doute dans ce contexte qu’il faut voir son escapade nord-irakienne. L’incident du Sukhoi lui a semble-t-il définitivement fermé les portes de la Syrie et créé les conditions propices à l’émergence de ce qu’il craignait le plus : un Kurdistan autonome sous direction PYD le long de la frontière turque. Passant de Charybde en Scylla et jouant sa dernière carte, il se rabat sur l’Irak, surfant sur la profonde division du Kurdistan et les liens très lâches entre cette province et Bagdad.

L’idée finale est-elle de favoriser, après la chute du califat, la création d’un “sunnistan” sous égide turque ? Le sultan pense-t-il sérieusement que l’Iran et la Russie laisseront faire ? Il y a quelque chose de profondément suicidaire chez lui, qui se coupe tour à tour de ses seuls fournisseurs possibles en énergie (Russie, Irak, Iran).

En tout cas, sa folle équipée offre l’Irak sur un plateau à Poutine, à la grande rage des Américains, obligés de soutenir publiquement quoique à demi-mot leur encombrant allié otanien tout en désapprouvant en privé cette nouvelle frasque (est-ce un hasard si, pour la première fois, Washington a reconnu que le pétrole daéchique prenait la direction de la Turquie ?). Le Parlement irakien prévoit maintenant de revoir et peut-être d’annuler l’accord de sécurité entre l’Irak et les Etats-Unis. On devine aisément par qui les Américains seraient alors remplacés en Irak :

En attendant, c’est le statu quo. La Turquie semble quand même avoir pris conscience de cette nouvelle impasse et commence à mettre les petits plats dans les grands. Faut dire que de l’autre côté, ça rigole pas, Ankara recommandant même à ses ressortissants de quitter l’Irak !

En Syrie même, où la coopération franco-russe atteint d’ailleurs de nouveaux niveaux, Poutine a lancé un cinglant avertissement : “Toute menace envers les forces russes doit être immédiatement détruite”. Le sultan sera obligé de raisonner ses F16 récalcitrants. Déjà qu’il est occupé à emprisonner des enfants qui arrachent ses affiches de campagne… (oui, oui, bonnes gens, c’est ce même Erdogan que l’UE courtise et à qui elle offre 3 milliards)

De Turquie en Ukraine, il n’y a qu’un pas – est-ce d’ailleurs un hasard si les dirigeants de ces deux républiques bananières s’entendent soudain très bien ? A Kiev, les députés de la Rada s’amusentcomme des petits fous (le lancer de nain putschiste deviendra-t-il nouvelle discipline olympique ?) :

L’Italie a fait preuve d’audace en bloquant l’extension des sanctions européennes contre la Russie. On imagine les eurocrates et autres hommes de paille de Washington se précipiter sur les vols à destination de Rome pour “amicalement” convaincre nos amis transalpins de changer leur position. Le summum de l’hypocrisie a été atteint il y a quelques jours par le Département d’Etat US, critiquant presque dans la même minute les sanctions russes contre la Turquie et justifiant les sanctions occidentales contre la Russie.

Le FMI vient d’entrer à son tour dans la Guerre froide 2.0 en changeant les conditions d’attribution de son aide pour venir au secours des putschistes installés par la CIA à Kiev et leur permettre de ne pas rembourser leur dette à la Russie. Nous avions déjà vu à quel point les institutions financières internationales mises en place au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale visaient à assurer l’hégémonie du dollar. A défaut d’aider directement l’Ukraine (voir cette étonnante histoire de livraisons de matériel US périmé et inutilisable), l’empire continue d’utiliser tous les moyens à sa disposition, et notamment sa mainmise sur les institutions financières, pour mener sa guerre hybride contre Moscou.

On comprend dans ces conditions la croisade dédollarisatrice mondiale lancée par la Russie, la Chine et quelques autres. De la kyrielle de banques parallèles qui en sont nées – BAAI chinoise, Banque des BRICS, Fonds route de la Soie – une nouvelle pourrait bientôt être créée : un organisme financier propre à l’Organisation de Coopération de Shanghai !

Et puisque nous évoquons le monde multipolaire concurrent de l’Occident américanisé, un mot tout de même sur l’élection de Macri en Argentine. Candidat de la droite libérale, traditionnellement proche des Etats-Unis en Amérique latine, le nouveau président pourrait faire sortir son pays du grand mouvement dans lequel l’avait engagé les Kirchner (alliance avec la Russie et la Chine, future entrée dans les BRICS, dédollarisation…). Macri prétend vouloir maintenir des liens privilégiés avec Moscou. Wait and see

Cela n’empêche certes pas la Russie de signer contrats sur contrats dans le domaine militaire (derniers en date : Mexique et Inde) ni la Chine de faire feu de tout bois. Pékin ouvre sa première basemilitaire en Afrique, continue sa course folle aux armements révolutionnaires et prévoit de lancer en collaboration étroite avec la Russie 100 satellites dont la finalité n’est pas tout à fait claire…

 Source : Chroniques du Grand Jeu, 11-12-2015
 

Ca continue de plus belle…

Source : Chroniques du Grand Jeu, 8-12- 2015

Nous avons évoqué hier trois incendies – Irak vs Turquie, Russie vs Turquie, Etats-Unis vs Damas – qui, s’ils se ne sont pas éteints, pourraient bien faire s’embraser le Moyen-Orient. Or, loin de se calmer, le feu repart de plus belle.

Jusqu’où ira donc la république bananière d’Erdogan ? Ankara refuse en effet de retirer ses troupes d’Irak comme le lui intime pourtant Bagdad. La situation est ubuesque et Davotuglu, le premier ministre turc, ne craint pas le ridicule quand il affirme que les autorités irakiennes ont autorisé le déploiement – ce dont elles n’ont apparemment pas le souvenir. Encore plus absurdes sont ses récriminations sur les… “provocations” irakiennes !

Résumons : la Turquie envoie des troupes dans un pays souverain sans sa permission, prétend contre toute vraisemblance que ce pays l’a autorisé à le faire et ose parler de “provocation” quand le pays envahi se plaint. Erdogan ou le foutage de g…. en 3D. Au XIXème siècle, la Turquie était souvent appelée “l’homme malade de l’Europe” du fait de sa faiblesse. Le sultan a réussi en ce début de XXIème à faire de son pays le malade mental de l’Eurasie. Que pense l’OTAN de la pomme pourrie dans son panier ?

En plus de la menace porter l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU qui devrait se concrétiser ces prochaines heures, Bagdad envisage maintenant des sanctions contre la Turquie. Quant aux milices chiites irakiennes parrainées par l’Iran, qui avaient déjà de sérieux griefs envers Ankara accusée avec raison de soutenir Daech, elles appellent maintenant à cibler tout intérêt turc en Irak (pour ce genre de milice, “cibler” veut dire “éliminer”).

Bien sûr, Ankara a d’excellentes raisons stratégiques : avoir une tête de pont près des champs pétroliers du nord de l’Irak et au coeur des voies de communication de ses ennemis de toujours (PKK et YPG), avoir son mot à dire lorsque l’EI perdra Mossoul et que le nord de l’Irak sera recomposé. Mais le sultan en herbe, tout à son rêve néo-ottoman, se rend-il compte de l’isolement de plus en plus sinistre de son pays, désormais en froid avec tous ses voisins ?

Et puisqu’on en parle, l’inénarrable Davotuglu remplit parfaitement son rôle de bouffon du pacha et s’en prend maintenant verbalement à la Russie qu’il menace de contre-sanctions, oubliant sans doute que c’est la Turquie qui a abattu un avion russe et non l’inverse – on ne voit d’ailleurs pas très bien quelles sanctions Ankara serait susceptible de mettre en oeuvre -, et, fait nouveau, à l’Iran.

Sur le front, cela n’empêche en tout cas pas l’armée irakienne de continuer son avancée : une partie de Ramadi a été reprise à Daech. Le fait a son importance car Ramadi est sur les arrière de Fallujah, ville symbole de l’Etat Islamique en passe d’être encerclée, comme Mossoul au nord.

Sur le théâtre d’opération syrien, les Sukhois continuent leurs mortelles (pour les terroristes modérés) escapades : 600 cibles en trois jours ainsi que les fameux missiles Klibr lancés à partir d’un sous-marin . L’armée syrienne progresse lentement mais sûrement sur à peu près tous les fronts. Mais un nouveau bombardement attribué aux Américains provoque une levée de boucliers. Un jour après avoir tué 3 soldats du régime à Deir Ez Zor et en avoir accusé de manière ridicule la Russie, l’oncle Sam frappe encore, tuant des dizaines de civils. Encore quelques bombardements comme ça et Poutine aura le prétexte tout trouvé pour déployer ses S400 sur tout le territoire syrien. D’ailleurs, deux nouvelles bases russes sont sur le point d’être achevées, se rapprochant dangereusement et de Daech et des avions américains.

Source : Chroniques du Grand Jeu, 8-12- 2015

 

 

Une réponse à De l’Ukraine, du Syrak et de quelques autres choses

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Syrie : des sociétés européennes organisent la diffusion de la propagande de Daech par internet par Alger républicain.

15 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Syrie : des sociétés européennes organisent la diffusion de la propagande de Daech par internet
par Alger republicain

dimanche 13 décembre 2015, par Comité Valmy

Syrie : des sociétés européennes organisent
la diffusion de la propagande de Daech par internet

Le Spiegel Online International a mené une enquête pour comprendre comment Daech arrive à utiliser internet dans une région où l’infrastructure des télécommunications est massivement détruite.

 

Selon les documents obtenus par le Spiegel Online, ce sont des entreprises européennes qui lui donnent l’accès à Internet. Le font-elles en connaissance de cause ? Il ressort des résultats des investigations des journalistes qu’elles pourraient bloquer Daech si elles le décidaient.

 

Les technologies d’accès à l’Internet arrivent au Proche-Orient de l’Europe, elles sont fournies par de grands fournisseurs de services satellitaires comme Avanti Communications britannique, SES luxembourgeois et surtout Eutelsat français. Tooway d’Eutelsat est notamment présent sur le marché depuis des années et ses satellites couvrent l’ensemble de la Terre.

 

Il ressort aussi des commentaires de Le Spiegel Online que la divulgation d’informations sur l’existence de connections d’Eutelsat avec Daech pourrait être très inconfortable pour le gouvernement français qui détient 26% de cette entreprise par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts. Le groupe français Eutelsat a cherché à masquer sa responsabilité dans l’utilisation du web par Daech en s’abritant derrière l’affirmation de l’impossibilité d’empêcher l’exploitation « illicite » de petits récepteurs satellites.

 

Rappelons pour saisir la duplicité des Etats qui ont décidé depuis 2011 d’abattre le régime syrien, qu’elles ont supprimé sans difficultés de leurs satellites la retransmission des chaînes de TV syriennes. De même il est impossible depuis plus d’un an d’accéder au site internet de l’agence syrienne Sana par exemple à partir de la France ou de certains pays occidentaux. A qui fera-t-on avaler qu’il est possible de faire barrage aux sites web du régime syrien mais pas à Daech ?

 

vendredi 11 décembre 2015

 

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