Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident.

12 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident
Le terrorisme au nom de la « démocratie »

vendredi 10 février 2012, par Comité Valmy

 

L’intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l’auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s’emploient aujourd’hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori

 


Se préparant à envahir l’Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd’hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie »

 

N’est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n’est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d’avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l’ingérence en Syrie !

 

Conformément à cette vision de la « démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l’État Syrien qu’il veut fabriquer :

 

1) Il n’a pas exigé des élections qui révéleraient l’État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu’ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu’à l’ouverture des urnes.

 

2) Il ne s’est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l’ingérence ! ».

 

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c’est la réponse des Syriens au projet de l’Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

 

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

 

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d’Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d’artistes et d’intellectuels et la délégation des opposants syriens de l’intérieur, à l’entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l’ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

 

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, les partisans de ce Conseil d’Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s’y trouvait.

 

Quelle belle expression de « démocratie » !

D’où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n’a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

 

Alors que nous, les Syriens de l’intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l’économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l’économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l’Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

 

Nous, les Syriens de l’intérieur, avions également rappelé l’œuvre de Khaled ALAZEM, l’économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d’un système public puissant, avec l’aide de l’Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l’expropriation des maisons privées.

 

Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l’eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

 

Tandis qu’aujourd’hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu’ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l’explosif à Idleb. Ou le sort de l’ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N’importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu’ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

 

La Syrie n’a jamais connu un tel mépris de l’être humain ! Et l’Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d’une dictature ?

 

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani – Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas – Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

 

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d’armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

 

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n’avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas – Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

 

Qui peut oser s’opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n’ont-ils pas été tués parce qu’ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

 

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l’Occident.

 

Voici par exemple le cas d’un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d’armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

 

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d’ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

 

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une « armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

 

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d’électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d’Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

 

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu’une armée arabe patriotique puisse être équipée d’armes fabriquées par l’État d’Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d’une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?

 

Radwan Zyiadé, membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l’article 7 [de la Charte des Nations Unies –Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

 

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l’ingérence !

 

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, et qui garantissent l’impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

 

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : « Ce que vit le monde Arabe actuellement n’est pas un printemps, c’est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

 

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d’horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l’information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s’affrontant. Nous avons su nous mettre d’accord sur la loi qui garantit le droit à l’information, l’interdiction d’emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l’interdiction d’autorisation à n’importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d’accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l’information, mais d’un « Conseil national de l’information à créer ».

 

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l’objectif de protéger la liberté d’expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

 

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l’ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

 

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu’ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d’une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l’ignorer ?

 

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d’une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J’y ai participé en tant qu’écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d’ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d’éducation nationale et d’aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d’indépendance nationale et patriotique… en feignant aussi d’ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire !

 

N’importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd’hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu’a connu l’Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l’épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s’applique aussi aux autres partis.

 

Et c’est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l’ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J’ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l’ingérence étrangère a instrumentalisée. J’ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J’ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l’ancien gouverneur de Homs, et la mise à l’écart du président de l’Union des écrivains.

 

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J’ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

 

En outre, nous avons combattu l’expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d’un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

 

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l’infiltration sioniste par des prix attribués à l’élite culturelle de Damas.

 

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi – et pas seulement le parti Baath – mettent en avant la loyauté au parti.

 

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu’on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s’importe pas.

 

Qu’amène aujourd’hui le projet « démocratique » de l’Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n’écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l’ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

 

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

 

L’opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, d’être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus « démocrates » des Syriens qui refusent l’ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l’occupant occidental, avec l’argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

 

Je n’arrive presque pas à croire qu’un intellectuel comme le chef du Conseil national d’Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu’il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l’embargo contre l’Irak, mais n’a pas libéré le Liban, et n’a pas utilisé l’article 7 pour empêcher l’État d’Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu’il ne sache pas que les « négociations » n’ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n’aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus « démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n’est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d’un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s’il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s’il est obtenu par la voix des urnes.

 

L’attaque contre les ambassades syriennes n’est pas une action politique ; c’est l’œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j’ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l’être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

 

En tous cas, ce n’est pas l’amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l’occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

 

Cette démocratie n’est qu’un papier d’emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.

 

La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari, de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

 

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l’occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l’infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l’une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu’une élite d’intellectuels et d’hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

 

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l’indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l’insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l’occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

 

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n’y a pas de Syriens de la génération de l’Indépendance qui n’aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

 

M. DEBJEN qui était à l’orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m’a raconté qu’avec deux de ses amis, il s’est engagé pour lutter contre l’occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n’est pas revenu.

 

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu’il nouerait des contacts avec l’État d’Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d’Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

 

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d’images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu’Israël, en plus d’être un État raciste, est une base militaire d’occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l’ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l’expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C’est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu’on veut arracher à la résistance arabe.

 

Dans son discours du 4 février, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l’âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n’est pas seulement l’enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d’amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : « la poésie est lâche si elle n’est pas portée par la colère ». Sa colère s’adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C’est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l’ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n’avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l’homme de l’indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

 

Les gens l’ont porté jusqu’à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l’ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu’au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l’âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

 

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu’il a cité ces deux vers du poème de Nizar : « ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l’arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu’en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

 

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l’ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n’ont pas bougé pour la terre volée et l’honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».

 

Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l’argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

 

Il est donc impossible d’imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d’histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d’intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

 

L’utilisation de l’ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n’est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

 

Par contre, ceux qui l’ont brandi n’ont pas remarqué que c’est le drapeau de la résistance contre l’occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l’Unité Arabe.

 

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l’Etat d’Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l’ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l’argent du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, n’ayant touché aucun pot de vin occidental, n’ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d’Israël et du sionisme.

 

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu’à la destruction du pays.

 

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu’un homme corrompu, comme l’ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d’un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

 

La position envers Israël, le sionisme, et l’ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c’est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l’opposition de l’intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d’Istanbul serait présent ». C’est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu’il fasse en Syrie ce qu’il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

 

Ceci n’est pas qu’une question politique, c’est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

 

Enfin, c’est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d’être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d’occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l’Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd’hui que l’armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

 

Lorsque l’on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d’États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la « démocratie occidentale » : SARKOZY n’a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d’OBAMA n’a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

 

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n’ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l’Occident colonialiste qu’il n’avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.

 

Dr Nadia KHOST 6 février 2012.

Traduit de l’arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.


Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l’opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.

Sources :
Nadia Khost

http://www.silviacattori.net/article2797.html

 

406269_3044032342457_1312577922_3884055_98722723_n.jpg

Lire la suite

A propos d’un communiqué sur la Syrie signé par la confédération CGT : le point de vue de Jacques Tourtaux, militant CGT, retraité cheminot (tribune libre).

12 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La CGT à laquelle j'aspire n'est pas celle qui s'est déshonorée, à Paris, ce samedi 11 février 2012, en défilant pour soutenir l'action des colonialistes et va-t’en guerre Obama et Sarkozy en Syrie.

Syndiqué CGT depuis janvier 1964, je suis atterré, indigné, révolté de voir que notre grande dame qu'est la CGT va être vulgairement traînée dans la boue par une direction confédérale, inféodée à la CES, courroie de transmission du patronat européen. 

Je m'insurge et dénonce cette CGT antidémocratique qui  appelle à manifester aux côtés des ennemis du peuple syrien et de son gouvernement légitime.

La direction confédérale de notre CGT fonctionne à la manière des apparatchiks. Elle s'apparente à une dictature d'appareils qui règne et use des mêmes méthodes et pratiques que celles du patronat.

En appelant à aller se vautrer ce samedi aux côtés d'ennemis du peuple syrien, la confédération CGT fait la démonstration honteuse qu'elle est inféodée et totalement en phase avec les despotes qui gouvernent actuellement la France. 

Ce mercredi 8 février 2012, journée du 50ème anniversaire du massacre le 8 février 1962, de 9 militants de la CGT, qui manifestaient pacifiquement pour la Paix en Algérie, au métro Charonne, à Paris, Bernard Thibault, Secrétaire général de notre CGT, se recueillait, en notre NOM, pour rendre hommage à nos camarades assassinés par les forces de répression du ministre Frey, du préfet de police et criminel de guerre Papon, sous la présidence et responsabilité de celui qui n'avait que morgue et mépris pour le prolétariat, un certain Charles De Gaulle.

Aujourd'hui, la direction confédérale de notre CGT a donc prise la décision de renier nos fondamentaux de Paix en appelant à une manifestation de la honte à laquelle il ne manque plus que Sarkozy et son gouvernement. 

Je pense à nos aînés qui ont tout donné pour des lendemains qui chantent. Pierre Sémard, Henri Krasucki,  André Tollet, entre autres militants et Résistants qui firent Honneur et portèrent très haut notre Drapeau Rouge de la CGT.

Si je suis fier d'avoir depuis janvier 1964 participé avec notre syndicat CGT des Cheminots à toutes les luttes de classes auxquelles il a appelé, je suis ulcéré par l'attitude renégate de notre direction syndicale traitresse actuelle. 

Jacques Tourtaux

        Ancien Secrétaire général du syndicat

des cheminots CGT de Rethel (08) 

Ancien Secrétaire général

de l'Union Locale CGT de Rethel (08) 

Membre du CA du FSC

 

 

Pour information :texte du communiqué commun CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA du 9 février 2012 :

Halte aux massacres en Syrie !

6000 tués par les forces de répression depuis près de 11 mois de contestation du régime syrien par la rue. Le massacre doit s’arrêter !

Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires saluent le courage incroyable du peuple syrien qui s’est soulevé pacifiquement contre le pouvoir despotique familial et corrompu de la famille Assad. Chaque jour ce sont des milliers de personnes qui protestent malgré une répression sauvage et qui maintenant doivent faire face à une véritable guerre à Homs et dans d’autres villes insurgées.

Assad a déclaré la guerre à son propre peuple. Face à ces crimes contre l’humanité, les responsables de ce régime qui ne possède plus aucune légitimité devront répondre devant la justice des atrocités commises.

 La Syrie ne pourra désormais plus rester isolée ni le régime imposer sa terreur. Ce n’est qu’une question de temps. Mais combien faudra-t-il de morts pour que la communauté internationale puisse condamner ce régime sanguinaire et imposer des sanctions contre celui-ci et ses dirigeants ?

 Le vent de libertés qui depuis plus d’un an souffle sur les pays arabes a emporté plusieurs despotes. Le régime syrien touche lui aussi à sa fin. Et comme en Egypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen, au Koweït ou au Bahreïn, la société civile syrienne fera valoir ses droits et un syndicalisme indépendant émergera.

 Les organisations syndicales françaises soutiennent l’appel à manifester des associations syriennes de France :

Le samedi 11 Février 2012 à 14 heures à Paris

Départ métro Temple, rue de Turbigo

en direction de la Place des Victoires.

Texte repris sur le blog d'ELDIABLO

Lire la suite

Propos recueillis par l’écrivaine Nadia Khost. Une Syrienne, dont le frère a été tué à Homs par des « opposants », témoigne.

8 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Propos recueillis par l’écrivaine Nadia Khost
Une Syrienne, dont le frère a été tué à Homs par des « opposants », témoigne

Les citoyens occidentaux sont systématiquement désinformés sur la Syrie, comme hier sur la Libye ou sur l’Irak. Le 1er février, l’écrivaine Nadia Khost, a rencontré une Syrienne qui réside à Damas, originaire de Homs, et dont le frère a été kidnappé et assassiné à Homs. Le témoignage poignant qu’elle a recueilli décrit une réalité que l’ONU, Amnesty International, Human Rights Watch ignorent ou dénaturent. - (SC)


8 février 2012

Opposants syriens
lourdement armés
(AFP)

Mon frère, qui possède un négoce, déposait son épouse tous les matins à son travail. Les jeudis, vendredis et samedis, ils quittaient Homs pour se reposer un peu de l’ambiance tendue de la ville. Mon frère n’était pas mêlé à la politique ; durant la crise que connaît son pays il prenait soin de montrer sa neutralité.

Le 3 janvier 2012, il dépose son épouse à son travail. Après l’avoir quittée, il n’est pas revenu à la maison. C’était une des journées calmes, où il n’y a eu que 3 tués. Il fut l’un d’eux.

Un homme appelle chez lui et demande : « J’appelle chez (…) Qui êtes-vous ? »
Sa fille âgée de quinze ans répond : « Je suis sa fille »

L’homme lui dit : « Ton père a été tué, je l’ai trouvé étendu au sol à Bab Dreib ; je l’ai emmené au dispensaire à Bab Sba ; j’ai ses papiers et son téléphone portable que je vais faire livrer ». [1]

La fille appelle sa mère au travail et lui raconte ce que lui a dit l’inconnu. Sa mère accourt à Bab Sba accompagnée de plusieurs collègues. À l’entrée du dispensaire elle demande des nouvelles de son époux. On lui répond qu’il est mort. Elle entre, le voit mort, mais on ne lui rend pas le corps ; et jusqu’à présent on ne lui a toujours pas remis son acte de décès.

Ceux qui l’ont tué ont photographié le cadavre et publié sa photo sur Aljazeera en attribuant la responsabilité de sa mort à l’armée syrienne. Des informations contradictoires ont circulé sur des sites internet ; l’un disant qu’il était âgé de 60 ans ; un autre le qualifiant de médecin ; ou encore de chauffeur.

Apprenant la mort de son frère, sa sœur est accourue à Homs depuis Damas pour assister aux condoléances. À l’entrée de Homs, sur les deux côtés de la route, elle a vu des voitures de particuliers détruites par les bandes armées. Et dans tout Homs, jusqu’à la maison de son frère à Jourat Chayyah, - un quartier sous l’influence des rebelles - elle n’a pas vu de bâtiments pilonnés, comme le prétend l’opposition, la chaîne Aljazeera, et les médias occidentaux qui qualifient Homs de «  ville martyre ».

La sœur et l’épouse du mort ont accueilli les visiteuses venant présenter leurs condoléances, à la maison ; les condoléances des hommes ont eu lieu à la mosquée. La sœur s’est trouvée prise dans une ambiance étrange et insupportable. Les femmes répétaient, tout comme l’ont fait les hommes à la mosquée : « Nous vous félicitons de son martyr (sacrifice) ».

La sœur devait se retenir pour ne pas leur crier : Qui vous a dit qu’il s’est sacrifié !? C’est un homme qui a été intentionnellement assassiné par les bandes armées pour ensuite envoyer sa photo à des médias internationaux, en accusant le régime de l’avoir tuée. Là s’est vérifié le dicton : « Vous le tuez et vous suivez ses funérailles ».

L’épouse lui fait signe de ne pas trop en dire. Et là, elle constate que le drame majeur de la population de Homs est d’accepter le mensonge, en assurant qu’il reflète la réalité.

Parmi les visiteuses, elle a retrouvé des camarades d’école.
« Ne trouvez-vous pas qu’à Homs il y a des bandes armées qui tuent les gens ? » demande-t-elle.
«  Non », lui répond-t-on.
« Vous ne regardez pas les chaînes syriennes, ou la chaîne Aldounia ? »
« Non pas du tout ; nous ne regardons ni la chaîne syrienne ni la chaîne Aldounia [une chaine privée syrienne]. Tu devrais toi aussi regarder Aljazeera. »

Incrédule, elle persiste à les interroger sur des faits précis : «  Mais ce sont des bandes armées qui ont tué l’enfant Sari Saoud. N’avez-vous pas entendu la douleur de sa mère ? Elle a accusé les bandes armées de son meurtre… »
Elles répondent sans hésiter : « C’est le régime qui l’a tué ».
Elle insiste : « Zainab ALHOSNI, dont Aljazeera a montré les funérailles, accusant le régime de l’avoir tuée, ne savez-vous pas qu’elle est apparue par la suite sur les écrans de la télévision syrienne, vivante, montrant sa carte d’identité… ? »
Elles répondent : « Non, les forces de sécurité du régime l’ont tuée ».

Les visiteuses sont parties, une dernière est restée. La sœur de la victime lui demande : « Est-ce possible que toutes ces femmes ne sachent pas que les bandes armées sévissent à Homs ? »
La visiteuse lui répond : « Entre nous, il y a des bandes armées, mais ne dis à personne qu’on en a parlé ».

La sœur n’était pas seulement triste de ce qu’elle découvrait, mais révoltée et en colère. Elle m’a dit en revenant sur ces faits :

« J’ai détesté Homs, ma ville, j’ai détesté la conspiration qu’il y a, oui la conspiration…
L’épouse d’un marchand, voisin du négoce de mon frère, a raconté que son mari a accompagné le tué, pas à pas, après son assassinat et comment, alors qu’il était présent lors de la toilette du mort, il a assisté à la préparation à l’enterrement. Je lui ai alors demandé : « Comment as-tu appris que mon frère avait été tué ? »
Elle a répondu : « Au même moment, on a suivi cela sur internet. »

Nous étions étonnées. Cette femme analphabète suivait-elle internet ? Protégeait-elle les hommes armés qui ont tué son voisin, nous sommes-nous demandé ?

Autre élément troublant. Les traiteurs et magasins d’alimentation étant fermés, d’où venaient alors les plats cuisinés de viande et de riz ? (offerts lors des funérailles).

Ceux qui se taisent ne voient-ils pas que les bandes armées ont versé de la colle et du bitume dans les distributeurs de billets, pour que les gens ne touchent pas leurs salaires ? N’ont-ils pas compris que ces bandes détruisent le pays ? Les négoces sont fermés le travail des gens est paralysé, la vie commerçante est au point mort, les poubelles s’amoncellent sur les trottoirs, et les jeunes voyous armés se déploient autour des mosquées avant la prière du vendredi pour fabriquer une prétendue manifestation pacifique spontanée.

Ne croyez pas ces assassins qui prétendent vouloir des réformes et la démocratie ! Ce sont des voyous armés ! Ils allument une guerre confessionnelle, et plantent à Homs la haine contre d’autres villes syriennes, Damas, Alep, Latakié…

Leurs crimes, commis rien que dans ma famille, en témoignent. Ils ont tué mon frère, et le jeune cousin de ma mère, avec un de leurs obus ou mortier, alors qu’il était chez lui. Ils ont kidnappé mon cousin, et ne l’ont relâché qu’après avoir touché la rançon demandée : 3 millions de livres.

Entendez-moi bien : Je ne suis affiliée à aucun parti, je ne suis ni pro-régime, ni dans l’opposition. Je suis une citoyenne syrienne ; je comprends que la Syrie est en danger, que ses traditions morales et les relations simples et normales des gens entre eux sont en danger.

Ces opposants introduisent dans notre société des concepts nouveaux dont nous n’avons pas l’habitude : le sectarisme et la haine entre les villes qui signifient déchirement de la Syrie ; ils menacent notre Histoire et notre existence. »

Ici se termine le témoignage que nous a livré cette femme à Damas le 1er février 2012.

Cette femme voilée nous a raconté - au travers de son expérience douloureuse - ce que racontent, par leur cris, toutes les femmes syriennes voilées ou pas, lors des manifestations pacifiques à Damas ou dans d’autres villes syriennes. Elle a répété leurs mots, - qui étaient, après tout, ses mots à elle - sincères, du fond du cœur. Ce sont les mots des Syriens, hommes et femmes. Des mots issus de la douleur de la mort de son frère, issus de sa douleur personnelle à la vue de ce que Homs, sa ville d’origine, est devenue, désormais soumise à la terreur et aux atrocités d’hommes armés dont ils occupent des quartiers en pratiquant le lavage de cerveau sur leurs habitants.

Dans le contexte traumatique entretenu par cette « démocratie armée » qui répand la terreur, nous ne pouvons pas divulguer le nom de la femme qui témoigne ici, ni celui de son frère, pour ne pas exposer ses enfants et son épouse, à un enlèvement ou un assassinat.

Nous gardons le nom du frère disparu, pour le livrer à ceux qui, plus tard, jugeront les assassins.

Dr Nadia KHOST
2 février 2012


Post scriptum

Le témoignage poignant que Nadia Khost a recueilli décrit une réalité que l’ONU, Amnesty International, Human Rights Watch, - et les journalistes de nos radios, télévisions, et presse écrite - se refusent obstinément à reconnaître en reprenant sans examen comme véridiques les massacres attribués par l’opposition uniquement aux forces de sécurité de Damas. Ainsi que le nombre de tués et de blessés livrés par un douteux « Observatoire syrien des droits de l’Homme », basé à Londres, financé et créé à des fins de propagande par des États du Golfe et des Etats occidentaux. Ce qui revient à soutenir, au moins passivement, les gouvernements qui, sous couvert de «  démocratisation » et de « protection des civils », attisent cyniquement - dans ces pays qui, comme la Syrie, échappent à leur influence - tous les germes de division, sans la moindre considération pour les malheurs qui vont en résulter pour les populations concernées.

Les envoyés spéciaux ne parlent jamais de l’angoissante réalité des Syriens tétanisés par la peur de ces gangs armés qui kidnappent, torturent, rançonnent, tuent leurs père, fils, cousin, et les soldats qui viennent à leur secours ; horrifiés quand ils reconnaissent un parent parmi les cadavres mutilés montrés sur Aljazeera ou Alarabya, et entendent les véritables assassins dire que les auteurs de ces atrocités « sont les soldats de Bachar el-Assad. »

C’est de cette dure et invraisemblable réalité que parle ce témoignage. Il conduit à comprendre que ce n’est pas l’armée régulière du gouvernement el-Assad qui fait le plus de mal au peuple syrien. Et à s’interroger sur les biais et la responsabilité de journalistes qui se contentent - intentionellement ou pas - de répéter ce que disent ces « opposants » armés qu’ils présentent en «  libérateurs ».

Silvia Cattori
7 février 2012

Traduit par Rim (le 6 février 2012) pour le site silviacattori.net.

L’écrivaine syrienne Nadia Khost — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

 942587-1118937


 

[1] Les quartiers de Bab Sba et Bab Dreib sont sous le contrôle des groupes armés opposés au gouvernement.

 

Lire la suite

Homs, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas

7 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Se312770_250229411699179_100001363671692_613111_952180859_n.jpgnt: Tuesday, February 07, 2012. Subject: http://www.silviacattori.net/article2787.htmlHoms, une ville plongée dans l'horreur organisée par des groupes armés et non par Damas
Le Syrien qui témoigne ici vit à Homs, dans le quartier où a été tué Gilles Jacquier en même temps que huit sympathisants syriens du gouvernement Assad. Les obus tombaient tout autour de son immeuble au moment où nous parlions. Tétanisé par la peur et l’angoisse de la mort qui rôdait, il parlait à voix basse, difficilement.

Nous croyons ce que ce cadre, père de deux enfants, nous a dit avec sobriété. Nous croyons en sa sincérité. Ce qu’il affirme contredit ce qu’affirment les autorités politiques -impliquées dans le conflit- et nos médias, qui persistent à nier la réalité ; à attribuer les destructions et les assassinats aux forces armées syriennes et à affirmer à tort qu’elles torturent des enfants, violent des jeunes filles, tuent intentionnellement des civils.

En opposant leur véto à la résolution proposée par l’Occident et ses alliés arabes des pays du Golfe, la Chine et la Russie viennent de montrer qu’elles ne sont pas dupes de cette colossale désinformation. Mais, depuis que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni, ces bandes armées ont redoublé de sauvagerie se sentant de toute évidence fortes du soutien que leur apporte la prétendue « communauté internationale ».

Silvia Cattori : Dans un article du 4 février, le journaliste de l’AFP, Khaled Soubeih [1], affirme que, selon des militants, « dans la nuit, les forces du régime ont bombardé au mortier et au char plusieurs quartiers rebelles comme Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Wadi Araba, et surtout Khaldiyé. » Le Conseil national syrien (CNS) fait, lui, état d’au moins 260 morts et de centaines de blessés. Est-ce bien votre point de vue sur ce qui s’est passé dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 février 2012 ?

Réponse : Ils tirent de tous côtés…ils veulent juste tuer…Leurs tirs ont tué 20 militaires qui se trouvaient dans notre quartier (Hadara)… Ce sont eux qui tirent et nous bombardent. Vous entendez ? Ils lancent des bombes sur notre quartier en ce moment [11h40 du dimanche 5 février] Ils tirent et tuent pour tuer aussi bien des alaouites que des sunnites dont ils contrôlent les quartiers.

Silvia Cattori : Quand vous dites « ils », « eux » qui désignez-vous ?

Réponse : Je parle des opposants armés contre Bachar.

Silvia Cattori : On a vu des images montrant des opposants devant des dizaines de corps recouverts de linceuls blancs que l’on a dit avoir été tués dans le quartier de Khaldiyé. Alors, selon vous, ce sont les corps de civils et de militaires exécutés par des groupes armés ?

Réponse : Oui. Ce sont eux qui les ont tués. Parmi ces corps, des gens de notre quartier ont reconnu des personnes qui avaient été kidnappées [2], certaines depuis longtemps. Ils ont enlevé beaucoup de gens. Les enlèvements ont commencé en avril.

Silvia Cattori : A-t-on reconnu parmi ces corps une personne enlevée que vous connaissiez ? Le ministre des Affaires étrangères françaises, Alain Juppé, a parlé de 100 enfants tués à Homs l’autre jour…

Réponse : Des parents de mon quartier ont reconnu, parmi ces cadavres, une vingtaine d’hommes qui avaient été kidnappés. Ils portaient des traces de torture. Ils n’ont pu voir tous les corps. Ils n’ont vu ni femmes ni enfants, parmi les cadavres. Ils ont vu les corps d’hommes, de disparus, de parents, présentant pour certains des traces de torture apparemment antérieures à la mort ; ils ont assuré que ces hommes avaient été enlevés auparavant, qu’ils paraissaient avoir été exécutés et non pas tués par des obus.

Silvia Cattori : Savez-vous combien de personnes ont été enlevées par ces groupes armés depuis avril ?

Réponse : On ne sait pas exactement…mais beaucoup d’hommes ont disparu. L’un d’eux est mon cousin. Ils l’ont kidnappé il y a 15 jours. On n’a plus eu aucune nouvelle. Il y a des familles ici qui ont eu des fils, des pères ou des oncles kidnappés. On estime à quelques 400 le nombre de personnes enlevées, disparues.

Je connais un autre cas récent. Celui du frère d’une amie. Il est parti en voiture le 24 janvier et on ne l’a plus revu. Sa famille a eu des nouvelles de lui par téléphone il y a 4 jours disant que ses ravisseurs demandent une rançon. La famille est en train de trouver une somme importante … Il arrive que, une fois trouvé, l’argent se perde en route, car le médiateur se fait tuer…

Silvia Cattori : Mais, ici, on dit que l’armée viole, torture les enfants...On dira en vous lisant que c’est peut-être l’armée qui kidnappe les gens ?

Réponse : Tout cela ne reflète pas ce que nous voyons depuis notre côté. Ce sont les opposants armés qui assiègent, qui kidnappent, qui tuent et torturent les enfants dont l’on voit ensuite la photo sur Aljazeera. Ils attribuent leurs crimes à l’armée syrienne. Les destructions, les morts, les blessés que nous avons, ce sont les opposants armés qui en sont responsables.

Silvia Cattori : Toujours est-il que ce chiffre de 260 civils [3] « dont une centaine d’enfants et de femmes », qui auraient péri sous les obus de l’armée d’Assad dans le faubourg de khalidiya, à Homs, la nuit du vendredi 3 février, ont mis le monde en émoi ; ce qui n’arrange pas les choses. Or, parmi les corps exposés à Khaldiyé on ne voit ni femmes ni enfants. On voit des jeunes hommes dont les corps portent des traces de tortures. Ils ne paraissent pas avoir été tués sous les décombres, suite à des bombardements. Tout cela confirme ce que vous nous avez dit. Que les tueries sont davantage le fait de groupes armés. Il est important de mettre cela au clair ; car si ce que vous dites - que les corps exposés sont ceux de gens qu’ils ont préalablement enlevés et exécutés - cela incrimine ceux qui, comme Obama et Sarkozy, couvrent les atrocités de ces opposants car ils veulent obtenir le renversement d’Assad coûte que coûte. Y a-t-il des photos des immeubles qu’ils auraient bombardés ?

Réponse : Oui. Ils ont bombardé Hadara, notre quartier (là où ils ont tué Gilles Jacquier - Nda) vendredi nuit. Les tirs partaient depuis Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé …dans tous les sens. Ce n’étaient pas des tirs qui partaient de l’endroit où se trouvaient des forces armées gouvernementales qui sont ici dans notre quartier pour nous protéger. C’est un petit quartier le nôtre.

Silvia Cattori : Alors, ce qu’ont rapporté des Syriens par téléphone au journaliste de l’AFP n’est pas vrai ?

Réponse : Non, ce n’est pas vrai. Ils sont lourdement armés. Ils ont pris le contrôle de Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé... Ils détruisent, tuent, blessent les gens. Ils bombardent en ce moment…Ce sont eux (les groupes islamistes armés) qui font exploser des bâtiments, qui menacent les gens pas seulement dans notre quartier, partout. Il y a des tirs en ce moment dans plusieurs endroits. Les habitants appellent l’armée à l’aide.

Silvia Cattori : Avez-vous peur en ce moment ?

Réponse : Oui, on est effrayés. C’est très dangereux pour nous.

Silvia Cattori :On peine à comprendre comment ces groupes peuvent « contrôler » la population de quartiers entiers de la ville de Homs ?

Réponse : Ils sont entrés dans les quartiers ; ils s’y sont installés par la terreur ; ils maintiennent les habitants sous la menace ; ils les obligent à collaborer pour les protéger ; ils les obligent à fermer leurs échoppes, les écoles.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous qui êtes exposés à leurs tirs ?

Réponse : On ne peut pas sortir, on ne peut pas voir d’autres gens, on vit dans la crainte permanente qu’une bombe nous touche, nous tue. Nous ne vivons pas en sécurité…Je ne peux pas aller à mon travail ; il y a sans cesse des bombardements dehors ; ils nous tuent dès que l’on sort ; la maison de mon voisin a été détruite…

Silvia Cattori : Depuis quand la situation est-elle devenue à ce point intenable ?

Réponse : Depuis deux jours cela est allé de pire en pire. Mais les choses se sont aggravées depuis sept jours.

Silvia Cattori : Avez-vous l’impression que l’administration d’el-Assad ne fait pas ce qu’il faut pour vous protéger ?

Réponse : Ils font de leur mieux dans un contexte très difficile.

Silvia Cattori : Les journalistes des médias traditionnels parlent de manifestants pacifiques, d’une révolution qui promet la démocratie…

Réponse : Non, il n’y a pas de manifestations pacifiques de leur côté. Toutes leurs manifestations sont violentes, sont des incitations à la violence.

Silvia Cattori : Ce que vous dites atteste que ce que les politiques et les médias qualifient chez nous de « militants pro-démocratie » sont en réalité des groupes armés qui terrorisent la population. C’est tout de même une douloureuse équation. Que ressentez-vous quand vous entendez MM. Alain Juppé et Gérard Araud, l’ambassadeur de France à l’ONU, donner raison à ces opposants armés qui vous tuent, vous kidnappent et tuent les soldats qui, avec la meilleure volonté, n’arrivent pas à vous protéger ?

Réponse : Ce que je ressens ? De la tristesse. Je suis très triste pour mon pays, mon peuple…je ne cesse de me demander pourquoi ils mentent…Nous sommes ici face à l’inconnu…Je remercie la Russie et la Chine pour avoir opposé leur veto au Conseil de sécurité. Car si eux aussi laissent faire ce que veulent d’autres pays, ce qui est arrivé en Libye arrivera ici en pire…

J’aimerais dire aux journalistes et aux responsables politiques que par leurs mensonges, par leur biais en faveur des opposants armés qui nous terrorisent, ils détruisent l’esprit, et surtout l’âme de notre jeunesse.

Silvia Cattori : Nous vous remercions d’avoir accepté de nous répondre. Nous allons faire de notre mieux pour faire connaître votre témoignage.

*****
Atterrée par ce que nous venions d’entendre, nous avons posé le téléphone tout en sachant que nos politiciens et nos médias ne voudront pas l’entendre [4]. (5 février 2012 )

Post scriptum

Ce matin, 6 février, alors que nous nous apprêtions à publier ce témoignage, en entendant dire sur France Culture que l’armée syrienne pilonnait sans discontinuer depuis samedi les opposants, et l’invité du matin, Salam Kawabiki, opposant syrien résidant à Paris, se plaindre que « malheureusement les médias du régime (sont) relayés par des sites d’extrême droite français... » [5], nous avons dressé l’oreille. Salam Kawabiki parlait de plus de 400 morts du côté des opposants dans la nuit de vendredi. Opposants qu’il présente comme étant totalement pacifiques, manifestant en chantant, comme les membres d’une révolution qui a «  développé un humour syrien ».

Nous ne l’avons pas cru. Tout ce qu’il disait transpirait la propagande, ne cadrait aucunement avec ce que, depuis des mois, nos contacts à Homs, terrorisés par les opposants armés, disent et répètent. Nous les avons rappelés pour leur demander qui les pilonnait aujourd’hui. Il nous ont dit : « Aujourd’hui les groupes armés ont attaqué le centre de communication ; ils ont fait exploser des immeubles dans le quartier d’al-Nazihin et le quartier al-Inchaat ; ils ont menacé de faire sauter d’autres immeubles dans d’autres quartiers ; sur les toitures des pneus brûlent [6] ; les habitants appellent l’aide de l’armée ».

Silvia Cattori

Pour des raisons de protection nous n’indiquons pas le nom de nos correspondants.

Cet entretien n’aurait pas pu être réalisé sans le précieux soutien de Rim, une jeune Syrienne.



 

[1] « Syrie : choc et horreur dans la ville dévastée de Homs », par Khaled Soubeih, (AFP) 4 février 2012.

[2] Mgr Jean-Clément Jeanbart dit lui aussi que « des gens sont tués en plein jour, kidnappés par des gangsters, qui demandent des rançons élevées » Voir :
http://www.silviacattori.net/article2780.html

[3] Le correspondant de la BBC en Arabe qui se trouvait à Homs du côté des rebelles estime lui à 50 le nombre des tués (et non pas 260), tout en précisant que, dans le chaos actuel, il est difficile de compter.

[4] Voir : « Les Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre », par Jonathan Steele, The Guardian, 17 janvier 2012.

[5] Il y a de nombreux sites d’information en France, de sensibilités politiques diverses, qui publient des auteurs sérieux et sans biais, (traduisent également des auteurs étrangers comme MAHDI DARIUS NAZEMROAYA, BILL VAN AUKEN, PEPE ESCOBAR, JEREMY SALT, JONATHAN STEELE, etc), infiniment plus crédibles, au sujet de ce qui se passe au Moyen et au Proche Orient, que les journalistes Christophe Ayad ou Georges Malbrunot, publiés par Le Monde et Le Figaro

[6] Il y a deux jours, sur Facebook, de prétendus « révolutionnaires démocrates épris de liberté » ont appelé à mettre le feu a des pneus sur les toitures

166934 234517459950607 100001770649973 533313 995009093 n

Lire la suite

La Libye pacifiée? Peut-on y croire?

5 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

34448-char-1,bWF4LTY1NXgwRony Brauman ne peut bien entendu pas se départir d'une certaine bienséance de langage, et traite au passage comme le veut la tradition, Kadhafi de Tyran. Cela déforme évidemment ce qu'il dit, car après tout, tout est bon pour se débarrasser d'une tyrannie, non?, mais l'essentiel n'est pas là. Aujourd'hui il nous faut bien hurler tous en coeur contre ces salauds de Russes et de Chinois qui empêchent le si brave Occident de venir en aide aux Syriens, - et parler le moins possible des conséquences directes d'une telle «aide», ou alors sur le ton des phénomènes naturels inévitables.
  

 

En Libye, la responsabilité de protéger à l'épreuve des faits

 
Par Rony Brauman, membre du Crash (http://www.msf-crash.org/)
 
MSF vient de retirer ses équipes de Misrata (Libye), refusant le rôle d'auxiliaire médical de la torture que voulaient lui attribuer des chefs de milices locales. En prenant cette décision, MSF s'est appliquée la règle éthique qui, du code de Nuremberg à l'appel d'Amnesty aux médecins, nous enjoint de ne soigner qu'au bénéfice du patient. Traiter un blessé pour permettre à ses bourreaux de le torturer à nouveau, c'est s'inscrire dans le processus même de la torture et c'est ce refus qu'a justement exprimé MSF.
 
La nouvelle n'est pas passée inaperçue mais a filé dans le flot d'une actualité au demeurant chargée. Discrète, elle n'a manifestement pas troublé ceux qui n'avaient pas assez de mots pour dénoncer ces pratiques il y a quelques mois, lorsqu'elles servaient de paravent de légitimité à l'opération «Unified Protector».
 
Cette guerre, on le sait, a été conduite au nom de la «responsabilité de protéger les populations civiles» (dite R2P), ce qui appelle une responsabilité politique particulière de la part des «protecteurs» vis-à-vis des «protégés». Rappelons que c'est pour fournir un bouclier à la population de Benghazi que fut enclenchée la campagne militaire, et que de cet objectif limité, l'Otan est passée à une guerre contre le régime lui-même. C'est notamment parce que les conséquences de cette guerre me paraissaient à l'évidence impossibles à assumer que j'ai pris position contre elle. De fait, la situation en Libye se dégrade continûment. Les affrontements entre groupes armés se multiplient, la société se militarise et se fragmente en identités locales, on se bat pour le contrôle des ressources. Le CNT est impuissant. Reconnu dans une précipitation sans précédent (à peine trois semaines après sa constitution, dans l'ignorance de sa composition), dûment consacré «révolutionnaire», «démocratique» et «légitime» par la France et le Royaume Uni, il n'est visiblement rien de tout cela aux yeux d’une bonne partie de la population libyenne.
 
Le gouvernement de transition n'a pas plus de pouvoir, ne disposant d'aucune base institutionnelle sur laquelle (re)construire un État comme l'a montré Patrick Haimzadeh dans le livre et les articles qu'il a publiés à ce sujet [1] . Au moment où les forces occidentales entamaient leur retrait d'Afghanistan et d'Irak, avouant à demi-mot leur total échec, les mêmes s'engageaient en Libye pour en changer le régime également, mais avec une nouvelle recette intitulée «no boots on the ground». Cette fois-ci, ça allait marcher. De fait, cette guerre sans aucune perte du côté Otan s'est conclue par la mise à mort du tyran. La victoire militaire est incontestable, ce dont personne ne pouvait douter sérieusement. Son résultat politique, autrement dit les conséquences pratiques pour les Libyens, est une tout autre affaire, dont se détournent visiblement ceux que la Libye semblait encore obséder il y a peu. On les comprend car il n'y a pas lieu de pavoiser. La guerre est le terrain d'élection des entrepreneurs de violence, elle a sa dynamique propre, favorise les plus radicaux ; les réactions en chaîne, les mèches qu'elle allume sont incontrôlables, et c'est pourquoi la notion de «guerre humanitaire» réapparue sous le nom de code R2P est à mon sens intenable.
 
[1] Au cœur de la Libye de Kadhafi, JC Lattès, mars 2011, « Libye: qui veut lâcher BHL? », Mediapart, 22 avril 2011.
  
++++
  

Libye: Un ancien ambassadeur en poste à Paris torturé à mort
Reuters le 03.02.12

 
Omar Brebech, qui était ambassadeur de Libye en France en 2008, a été torturé à mort le mois dernier par des miliciens révolutionnaires de la ville de Zentane, affirme ce vendredi le groupe de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).
 
Zentane, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, est la ville où est détenu Saïf al Islam Kadhafi et l'annonce de la mort d'Omar Brebech renforce les craintes sur le sort réservé au fils de l'ancien «guide» libyen.

Blessures multiples et plusieurs côtes cassées
 
Selon un rapport d'autopsie que HRW a pu consulter, l'ancien ambassadeur libyen à Paris a été retrouvé mort le 20 janvier à Zentane, au lendemain de son arrestation à Tripoli. Il avait des blessures multiples et plusieurs côtes cassées.
 
«Human Rights Watch a consulté le rapport de la police judiciaire de Tripoli qui précise que Brebech est mort sous la torture et qu'un suspect non identifié a reconnu l'avoir tué», précise l'ONG basée à New York.
  
 
HRW ajoute que des photos du corps montrent bien que Brebech a été torturé. La milice de Zentane qui serait responsable de cet assassinat, Al Chohada Achoura, n'a pu être jointe vendredi.
 
Omar Brebech, qui était âgé de 62 ans, a été en poste à Paris de 2004 à 2008, d'abord comme attaché culturel puis comme ambassadeur par intérim lors des neuf derniers mois de son affectation en France.

Reuters
 
++++++
 

Libye: le premier procès de partisans de Kadhafi est reporté au 15 février

AFP, 5/02/12

BENGHAZI — Le premier procès de partisans de Mouammar Kadhafi s'est ouvert dimanche devant un tribunal militaire à Benghazi (est), avec 41 personnes accusées d'avoir comploté contre la révolution libyenne, avant d'être reporté au 15 février à la demande de la défense.

"Nous ouvrons le premier procès en relation avec la révolution du 17 février", a déclaré le juge Ali Hamdi à l'ouverture d'une audience publique entourée de strictes mesures de sécurité.

La défense composée d'une quinzaine d'avocats a contesté la tenue du procès devant un tribunal militaire, la grande majorité des accusés étant des civils.

Les partisans de Kadhafi sont accusés notamment de "soutenir l'ancien régime contre la révolution libyenne" déclenchée le 17 février, de former "une bande dans le but de commettre des actes criminels" et d'aider des détenus à s'évader de leur prison.

Les accusés ont été arrêtés fin juillet à Benghazi après un raid meurtrier mené par les ex-rebelles libyens contre un groupe de partisans de l'ancien régime, qui avait fait 15 morts, dont quatre ex-rebelles.

[...] Ce procès se tient au moment ou des milices formées d'anciens rebelles qui avaient combattu le régime Kadhafi font l'objet de critiques grandissantes de la part d'organisation de défense des droits de l'Homme, qui les accusent de torturer des prisonniers, pour la plupart des fidèles à l'ancien pouvoir.

La semaine dernière, Amnesty International et Médecins sans frontières (MSF) ont dénoncé une pratique "généralisée" de la torture, parfois à mort, sur des détenus partisans présumés de l'ancien régime. Les autorités ont assuré jeudi qu'elles enquêteraient sur ces affaires.

Les Nations unies ont aussi pointé du doigt les "brigades révolutionnaires" accusées de détenir des milliers de personnes dans des prisons secrètes. Selon les ONG, la Libye compte environ 8.500 détenus dans une soixantaine de prisons gérées en majorité par les milices.

317482_237618702960250_100001363671692_580537_1810-copie-1.jpg

 

 

Lire la suite

L’armée syrienne est passée à la contre-offensive générale.

30 Janvier 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Lundi 30 janvier 2012

Il se confirme que l'armée syrienne s'est lancée dans une vaste (contre) offensive visant les poches d'insécurité créées par les insurgés dans plusieurs villes du pays. L'OSDH rend compte à sa manière de cette montée en force en publiant un bilan record de victimes pour la journée du dimanche 29 janvier avec 80 morts, "dont au moins la moitié de civils". On sait que les "civils" de l'OSDH ne sont pas garantis sans armement  Ce qui tend  à dire qu'une [...]



L’armée syrienne est passée à la contre-offensive générale



Activistes de sensibilité "pro-démocratie" dans un faubourg de la capitale, le 23 janvier : Damas veut mettre les grands moyens pour débarasser le pays des "islamo-atlantistes"

Il se confirme que l’armée syrienne s’est lancée dans une vaste (contre) offensive visant les poches d’insécurité créées par les insurgés dans plusieurs villes du pays. L’OSDH rend compte à sa manière de cette montée en force en publiant un bilan record de victimes pour la journée du dimanche 29 janvier avec 80 morts, « dont au moins la moitié de civils« . On sait que les « civils » de l’OSDH ne sont pas garantis sans armement  Ce qui tend  à dire qu’une quarantaine de ces victimes sont des combattants. Des deux camps. L’OSDH parle explicitement d’ailleurs de « combats« , dans la région et la ville d’Idleb, de Homs, de Hama, de Deraaa ainsi que dans des villages situés à l’est immédiat de Damas, comme Ain Tarma et Kafar Batna. C’est-à-dire tous les points chauds de ces derniers jours, où les bandes armées tiennent plus ou moins certains quartiers : à Hama, l’offensive des militaire a démarré mardi 24 janvier, donnant le signal d’une stratégie plus vaste de reconquête. A l’est de Damas, le gouvernement aurait dépêché dimanche, selon un correspondant travaillant pour France Info, 2 000 hommes et des blindés « ultra-modernes » en renfort aux unités combattant déjà les insurgés, notamment à Ghouta, une zone d’exploitations agricoles à une dizaine de kilomètres à l’est de la capitale. Sur la toile des vidéos amateurs montrent des civils fuyant les zones de combats.

L’essentiel de ces nouvelles étant le fait de l’OSDH, officine stipendiée du gouvernement britannique, elles sont à prendre avec précaution : la centrale de désinformation londonienne a une tendance irrépressible à transformer une incursion ponctuelle d’activistes dans un quartier en « libération  » durable d’une ville, et un accrochage de coin de rue en Stalingrad syrien.

Mais, incontestablement, il y a une escalade. Et es militaires loyalistes continuent de payer le prix du sang pour mette fin à la terreur et à l’anarchie de ces bandes qu’on peut qualifier sans les diffamer d’ »atlanto-islamistes » : l’OSDH et l’agence Sana, pour une fois d’accord, évoquent la mort de de 16 soldats dans deux attentats distincts : dix auraient péri dans l’explosion d’une bombe au passage de leur convoi à Kansafra, près de Jebel al-Zaouia (nord-ouest) ; six autres sont tombés dans une embuscade à Sahnaya, dans la banlieue de Damas. En tout, l’OSDH, dans son bilan global pour dimanche, prétend que neuf déserteurs, 26 militaires et cinq policiers ont péri dans les affrontements et attentats.

Le bus où six militaires ont péri dans l'attaque de Sahnaya

L’AFP, de son côté, dans un souci de recherche de la vérité qui l’honore tardivement, s’est efforcée de faire une synthèses des dépêches de l’OSDH et de l’agence Sana pour arriver à un bilan de 229 morts dont 145 civils depuis mardi. Pour invérifiables qu’ils soient, et gonflés qu’ils puissent être, ces chiffres traduisent une incontestable montée en intensité des affrontements.

E finita la commedia

La fin brutale, cette semaine, de la comédie diplomatique jouée depuis deux mois par la Ligue arabe, avec sa « solution » politique inspirée par le Qatar et aussitôt repoussée par Damas et Moscou, et la suspension de la mission des observateurs, tout a a conforté le gouvernement syrien dans sa volonté de porter le fer dans la plaie infectée du terrorisme, un terrorisme dont les observateurs de la mission arabe en Syrie avaient très clairement dénoncé les responsables : les groupes armés se réclamant de l’opposition radicale.

Le ministre de l’Intérieur syrien Mohammad Ibrahim al-Chaar, dans une déclaration diffusée samedi, a officialisé ce tournant stratégique : « Les forces de sécurité sont déterminées à aller de l’avant pour rétablir l’ordre et la sécurité, et nettoyer le territoire des hors-la-loi qui tuent des citoyens innocents« . Et qui ont tué plus de deux mille policiers depuis le mois de juin dernier, et continuent d’en tuer une dizaine chaque jour.

Après 11 mois de crise, dont les six derniers ont vu la montée en force, puis la banalisation d’une véritable guérilla plus ou moins contrôlée par une Armée syrienne libre elle-même totalement contrôlée par le gouvernement turc, Damas change de ton et de stratégie. Fort du soutien d’une forte majorité des Syriens excédés par l’irakisation (de moins en moins) rampante de leur pays, de la solidité de ses forces armées et de l’appui diplomatique voire militaire réaffirmé de la Russie et de la Chine, ainsi que de celui, plus ou moins fermement exprimé, de plusieurs nations arabes, Bachar al-Assad et son gouvernement ont estimé que le moment était venu de parler aux radicaux le seul langage qu’ils puissent entendre, celui de la force.

La stratégie de reconquête qui semble bien être désormais celle de la direction syrienne présente de risques en termes de pertes civiles. Mais il y aurait, pour le régime, un risque plus grand encore à laisser pourrir plus longtemps encore la situation, et laisser les bandes armées appuyées par l’étranger se comporter dans certaines parties de la Syrie comme en pays conquis. Seule une victoire militaire sur les tueurs pourrait ramener un apaisement, une baisse de tension, condition première de l’établissement de ce dialogue que tout le monde réclame avec plus ou moins de sincérité. Il n’y aura pas de démocratisation possible en Syrie tant qu’une ASL ou des djihadistes s’y « exprimeront ».

L'armée syrienne est pour beaucoup de Syriens une armée de libération du terrorisme

Lire la suite

Des vérités sur la Syrie.

25 Janvier 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Mardi 24 janvier 2012 28362-copie-1.jpg
Par Jeremy Salt* (revue de presse : Palestine Chronicle – extraits - 13/1/12)
Dans son discours à l’Université de Damas, la semaine dernière, Bashar al-Assad  a évoqué un  complot contre la Syrie. Vous pouvez chercher un autre mot, et bien sûr il y en a un. Les fantassins de cette campagne pour abattre le gouvernement syrien sont des hommes armés qui s’appellent l’Armée Libre de Syrie et des gangs en armes, ramassés au hasard. Aucun de ces groupes ne pourrait poursuivre les violences constatées sans un soutien extérieur. A moins d’une intervention armée directe, ils ne peuvent pas renverser le régime syrien. Ce qu’ils peuvent faire, c’est continuer de tuer et de déstabiliser en espérant qu’il s’effondrera.

Seul point d’accord :
détruire le régime baasiste
Leurs parrains sont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Frères Musulmans, le Conseil National Syrien, un assortiment d’« exilés », certains très étroitement liés au Foreign Office britannique et au Département d’Etat, et aux salafistes de la région. Les réformes ne sont pas l’enjeu et même si leurs agendas divergent, ils convergent tous sur un point : leur volonté de détruire le régime baasiste. Pour les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne – « l’Occident » - l’objectif est de se débarrasser d’un gouvernement et d’un parti politique qui se sont mis sur leur chemin, depuis trop longtemps.

Pour l’Arabie Saoudite,  il s’agit de confronter l’Iran et de contenir l’expansion du chiisme dans la région. Pour les Frères Musulmans, la répression de leur mouvement par Hafez al- Assad en 1982 doit être vengée par  la mise à bas d’un gouvernement séculier et l’installation, en remplacement, d’une domination fondée sur la charia. Pour les salafistes et les Frères, la question est aussi de détruire les Alaouites comme force socio-politique en Syrie.

Les Etats-Unis tout comme l’Arabie saoudite considèrent l’Iran, la Syrie et le Hezbollah comme les facettes d’un même problème. L’Arabie saoudite voit en l’Iran la « tête du serpent » et cherchait, dans les dernières années de l’administration Bush, à ce qu’il soit attaqué, mais une guerre ouverte, levant le voile sur la guerre souterraine qui se déroule déjà, aurait été catastrophique pour les pays y prenant part. (…)

Depuis le début de l’année, la carte géopolitique de la région a été dramatiquement redessinée. Les partis islamistes sont au gouvernement, ou en feront partie, que ce soit au Maroc, en Tunisie et en Egypte. Ils obtiendront de bons résultats en Libye lors des  prochaines élections. Ce que les partis politiques disent en tant qu’opposants et ce qu’ils accomplissent une fois au pouvoir sont généralement deux choses différentes et les partis islamistes ne font pas exception. Sur la question épineuse des relations avec Israël, Rachid Ghanouchi, le chef du parti Al-Nahda, a eu des entretiens discrets avec les Israéliens à Washington et il a indiqué que la Palestine ne serait pas une question prioritaire pour le nouveau gouvernement tunisien. (…)

L’Occident est à l’affût
d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient
Dans ce paysage politique en constant changement, la Syrie est un Etat qui tient. Il résiste aux Etats-Unis et Israël d’une part, et aux islamistes/salafistes de l’autre. L’opposition pacifique a, depuis longtemps, été balayée par la violence, avec l’armée se battant contre «des déserteurs » et des gangs armés dont la création, selon les médias, est l’œuvre du gouvernement. La presse doit toujours interviewer les familles des milliers de soldats et de civils qui sont tombés sous les balles de ces «déserteurs » et autres bandes armées pour savoir ce qu’ils pensent des événements dans leur pays. Ne se fondant que sur les accusations non vérifiées d’ «activistes » et de sources suspectes, elle a joué un rôle critique dans la propagation de nouvelles fausses. La semaine dernière, The Guardian a touché le fond en publiant une accusation fournie par un « activiste » basé à Londres accusant les forces de sécurité  syriennes d’enfourner des détenus dans des containers qu’il jetait ensuite à la mer… Aucune preuve n’a été apportée, mais cela donne un exemple de la manière dont The Guardian a informé ses lecteurs de bout en bout. Quand Damas a été victime d’un attentat à la bombe, le Guardian et la BBC ont entonné l’accusation que ces attentats étaient, selon les opposants, le fait du gouvernement Aucune preuve n’a été donnée à l’appui alors même que les Syriens étaient encore en train de laver le sang des rues et de ramasser les débris des corps de ceux qui  avaient été tués. Quand la Ligue arabe a émis une déclaration provisoire sur la mission de ses émissaires en Syrie dans laquelle elle demandait au gouvernement syrien et aux bandes armées de faire cesser la violence, la BBC sur sa page web tronquait l’appel pour ne le concentrer que sur l’appel destiné au gouvernement.

L’Occident est à l’affût d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient car telle est l’essence de la campagne contre la Syrie. L’Iran reçoit des provocations tous les jours de sorte qu’un scientifique nucléaire iranien a été assassiné dans l’espoir que l’Iran réagirait et enclencherait la nouvelle intervention militaire qu’en Israël et aux Etats-Unis beaucoup souhaitent.

Il ne fait aucun doute que la Syrie doit procéder à des réformes mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas ce qui motive les Etats-Unis, la France, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Qatar. Ceux qui le pensent font un doux rêve. Chaque information provenant des activistes aussi énormes soit-elle, a une audience respectueuse des médias, correspondant à leurs attentes. La fin de la violence n’est pas au programme de ces protagonistes. Ils veulent qu’elle continue jusqu’à la chute du gouvernement syrien et ils en ont les moyens, presque indéfinis. S’ils plongent et provoquent une attaque ouverte contre la Syrie ou l’Iran, ils enclencheront une guerre régionale et, de l’avis de certains, une guerre générale. Dans leurs costumes gris et leurs cravates pastel, ces gens sont fous comme l’étaient les nazis en chemises brunes.

Traduction : Xavière Jardez - Titre et sous titres: AFI-Flash
Texte intégral : Truth About Syria: Crazy Men In Grey Suits
Jeremy Salt enseigne l’histoire à l’Université de Bilkent à Ankara, au Département du Moyen-Orient moderne à la Faculté de Science Politique. Il collabore au site Palestinechronicle.com

http://www.france-irak-actualite.com/article-des-verites-sur-la-syrie-97784842.html

Lire la suite

Enlèvement d’Abuzed Dorda, ex représentant de la Libye à l’ONU dans un hôpital

25 Janvier 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

921475329-copie-1.jpg

Enlèvement d’Abuzed Dorda, ex représentant de la Libye à l’ONU

 dans un hôpital

Enlèvement  d’Abuzed Dorda, ex représentant de la Libye à l’ONU et fidèle de Kadhafi… dans un hôpital

Je viens   de recevoir un mail du fils d’Abuzed Dorda, l’ex représentant de la Libye aux Nations Unies qui a soutenu Kadhafi jusqu’au bout et qui est depuis torturé et retenu par les rebelles.

 

Voici le message envoyé par son fils qui est également un ami    » ll semble que mon père ait été capturé par une milice la nuit dernière à l’hôpital. Il est toujours dans une situation critique et ne devrait pas quitter l’hôpital pour préserver sa santé.

Certaines personnes responsables de sa torture et qui le surveillaient à l’hôpital font parti des kidnappeurs.
Vu la condition physique de mon père,  je ne pense pas qu’il survivra longtemps entre les mains des terroristes.
 J’ai besoin que tu transmettes cette information à autant de personnes qu’il le sera possible. Plus les gens sont au courant, plus les terroristes sont effrayés des retours possibles. »

 

Merci dont de faire tourner l’information,

bien à vous,

Julien

Vu la férocité de ses kidnappeurs, et l’état de santé d’Abouzed Dorda,  nous avons intérêt à diffuser cette information  le plus largement possible
Ginette
Lire la suite

Aux responsables nationaux du Mouvement de la Paix

23 Janvier 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

166934_234517459950607_100001770649973_533313_9950-copie-1.jpg
Bonjour,
Je vous prie de trouver ci-après, aux fins que vous jugerez utiles, le texte d'un message que je viens d'adresser aux responsables nationaux du Mouvement de la Paix.
Vous en souhaitant bonne réception, je vous prie de croire à mes meilleurs sentiments.
Jean-François Autier
 

Aux responsables nationaux du Mouvement de la Paix

 

Avec votre "Infos-Paix 344 du 21 janvier 2012", comme vous l'aviez déjà fait pour la Libye, vous colportez sur la Syrie des informations dont vous ne pouvez ignorer le caractère fallacieux.
Certes, pour la Libye, vous pouviez avoir "l'excuse" d'être manipulés par tout ce que l'OTAN compte de médias à son service. Mais au vu du résultat de votre "soutien au peuple libyen", qui vient d'exprimer sa "satisfaction" en saccageant le siège du CNT à Benghazi, berceau de la "révolution" (1), la circonspection aurait dû être de mise avec la Syrie.
 
Ainsi, quand le 28 novembre 2011, dans Le Figaro, Georges Malbrunot écrit que "Paris soutient logistiquement les insurgés syriens", vous ne vous demandez pas qui sont ces insurgés que le "démocrate" Sarkozy (celui qui s'est permis un coup d'État face au vote NON majoritaire du peuple de France le 29 mai 2005) peut bien soutenir. Et lorsque le 9 décembre 2011, toujours Malbrunot dans Le Figaro interroge : "L'armée syrienne libre : Couverture turque ? Ou faux-nez islamiste ?", ça ne vous fait pas réfléchir non plus...
 
C'est donc sans ambiguïté que votre récidive syrienne prouve votre choix : vous avez décidé d'être complices des fauteurs de guerre, ce qui est un comble pour un mouvement de la paix...
 
Pour vous permettre de rectifier vos "erreurs" auprès des destinataires de votre lettre "Infos-Paix", je vous signale que le 2 janvier 2012, le site qatari The Doha Debates a publié un sondage indiquant que 55 % des Syriens soutenaient leur président Assad (2) ; information reprise par The Guardian du 17 janvier (3) : "Most Syrians back President Assad, but you'd never know from western media. Assad's popularity, Arab League observers, US military involvement: all distorted in the west's propaganda war", article dont vous pourrez lire une traduction en français titrée "Les Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre", sur le site de Réseau Voltaire (4).
 
D'autre part, au cas ou vous auriez "gobé" la fable des iPhone interdits en Syrie (Le Monde, 5 décembre 2011), n'hésitez pas à prendre le temps de découvrir la supercherie de la BBC (5), et souvenez-vous de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande de l'Allemagne nazie...
 
Enfin, s'agissant du rapport de la Mission d'observation arabe en Syrie, il n'est sans doute pas inutile de comparer les informations données par la presse française avec celles publiées en français par l'agence de presse syrienne Sana sous le titre : "La mission d'observation arabe confirme dans son rapport les actes de violence des groupes armés contre l'armée, les civils et les édifices étatiques" (6). Au cas où vous ne sauriez pas ce qui se passerait légalement en France en pareilles circonstances, je vous invite à consulter le "décret n° 2011-795 du 30 juin 2011 relatif aux armes à feu susceptibles d'être utilisées pour le maintien de l'ordre public".
 
En attendant votre prochaine parution et vos excuses au peuple syrien ainsi qu'aux destinataires de votre lettre "Infos-Paix", je fais suivre ce message à mon carnet d'adresses et vous prie d'agréer mes salutations.
 
Jean-François Autier,
ajusteur mécanicien retraité, ancien combattant.
 
 
Lire la suite

Après le caniche de Bush, voila l'idiot utile d'Obama!

23 Janvier 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

http://comaguer.over-blog.com

Au fil des jours et des lectures n°129

22 Janvier 2012

Un idiot utile…

395279_2969424034076_1215980212_3264616_728665846_-copie-1.jpg

Chacun se souvient encore du croisé flamboyant partant à l’assaut du régime libyen après les prêches enflammés d’un prédicateur qui, à défaut d’être directement  inspiré par Yahvé lui-même, était probablement stipendié par quelques uns de ses fidèles.

Tous Rafales déployés, le plus gros de sa flotte de combat concentrée au large du golfe de Syrte, sous les applaudissements quasi unanimes d’un parlement outrageusement colonialiste, le croisé chevauchait à la tête de coalisés curieusement rassemblés sous la bannière d’une institution moribonde chargée jadis de maintenir la paix.

Cette campagne honteuse conclue par l’assassinat d’un chef d’Etat en exercice entrainait l’écroulement d’un Etat souverain  et ouvrait la porte au   partage entre les croisés d’un immense butin.

Quelques mois ont passé …

La geste guerrière a fait place au travail obscur des liquidateurs et des comptables. Mais L’Etat croupion prestement mis en place par les coalisés n’est là que pour donner l’apparence d’un pays gouverné et  n’a pas reçu mission d’arbitrer entre leurs appétits concurrents

Derrière les officiels assis posément à  la table de négociation qui parlent contrats, forages pétroliers, pipelines, bases et matériel militaires,  se tiennent désormais de solides gaillards la poche gonflée par la crosse des instruments convaincants en dernier ressort.

Dans cette partie de poker menteur, le « croisé flamboyant » a perdu toute sa superbe et menace même de se retirer de la table de jeu afghane où il avait également misé quelques milliards d‘euros. Un des coalisés moins claironnant dans les débuts de la croisade mais toujours très actif et dont la contribution à l’organisation et à la coordination des actions militaires a été décisive, a attendu patiemment le moment où il faut montrer sa force réelle pour s’installer comme le nouveau gérant du trésor volé.

Après l’agitation médiatique la « real politik »

 OBAMA a décidé récemment l’envoi en Libye de 5000 soldats chargés d’assurer non pas la protection de la population libyenne, préoccupation humanitaire prestement effacée de l’agenda des coalisés, mais celle  de la salle des négociations et de ses chargés d’affaires. Cette stratégie étasunienne vient  d’être analysée par SERGUEI LAVROV, Ministre des Affaires Etrangères russe. Dans une conférence de presse tenue le 18 Janvier et relatée par l’agence ITAR-TASS,  il l’a présentée comme le « leadership en arrière-plan ». Il s’agit de prendre part activement mais sans faire de bruit au hold-up et  de ne faire étalage de sa force qu’au moment décisif du partage du butin et de la prise en gérance des biens du défunt.

Le « croisé flamboyant » croyant que la puissance se mesure au nombre  de photos à la une des magazines, a tiré les marrons libyens du feu pour un autre. L’Etat français a couvert son glaive de sang innocent, a trouvé dans ses « caisses vides » 500 millions d’Euros pour maltraiter un pays et sa population,  a redonné à la France son pire visage colonial  pour finalement se faire plumer.

 Oui, décidément, un idiot utile ….

 

Lire la suite