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Le blog de Lucien PONS

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Le coup d’état en Syrie et ceux en Italie.

14 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le coup d’état en Syrie et ceux en Italie

 
Giancarlo Scottuzzi

Les révélations du journaliste français Thierry Meyssan sur l’imminence d’une manipulation médiatique en Syrie, propulsive d’un coup d’Etat à l’avantage des Etats-Unis et de leurs alliés, sont crédibles. Elles proviennent d’une source saine et crédible. Meyssan a été le premier à dévoiler que derrière les attentats du 11 septembre 2001 se trouvait le gouvernement des Etats-Unis ; parmi les premiers il a démasqué les révolutions colorées mises en scène, partout où c’était possible, par les Etats-Unis ; il a été le premier à documenter la manipulation médiatique qui a poussé les électeurs des pays made in usa (italiens compris) à saluer la néo-colonisation de la Libye comme une guerre de libération du tyran ; avant-dernière reconnaissance à Meyssan : il a annoncé dès l’origine comment la révolte anti-Assad est un stratagème virtuel qu’on fait avaler à la presse embedded de l’Occident, journaux et télés italiennes au premier rang des plus grands ivrognes. A l’aune du bon sens, un brin de crédibilité personnelle : Meyssan, qui depuis des années gérait à Paris un portail international de contre information (Réseau Voltaire), a été contraint de s’enfuir, pour se réfugier au Liban [1], pour la bonne raison que les services secrets français [2] s’étaient employés, avec leurs collègues étasuniens, à le liquider.

La crédibilité qu’elle mérite étant attribuée à la nouvelle du coup médiatique annoncé en Syrie, je crois urgent, pour la gauche révolutionnaire italienne, de se poser deux questions.

La première : est-il possible que le peuple souverain –demain en Syrie, après-demain en Italie- soit jobard au point de prendre pour argent comptant tout ce que la télévision lui sert ? Est-il possible qu’il obéisse aux impulsions du petit écran (et du papier imprimé qui le singe), au point d’être disposé à abjurer, devant des images inédites, tout ce qu’il a sédimenté pendant des années d’autres images télévisées et surtout, espérons, de lectures et de déductions personnelles ?

Deuxième question : si la réponse à la première question est affirmative, c’est-à-dire si non seulement les humeurs, mais jusqu’aux convictions profondes et supposées maturées et graves (comme l’accord pour une guerre !) dépendent de quelques heures (cumulées en quelques minutes de ci de là, dans les interstices d’une quotidienneté focalisée ailleurs) d’exposition au petit écran, comment pouvons-nous espérer éviter, nous communistes révolutionnaires, qu’après-demain une manipulation médiatique ne nous attribue qui sait quelles infamies et ne convainque donc le peuple qu’il y a lieu de nous liquider aussi ?

La réponse à la première question (les italiens sont-ils des jobards ?) se trouve dans ces sous-titres, synthèse extrême d’un Livre noir de la démocratie en Italie, qu’un jour ou l’autre il faudra bien que quelqu’un se décide à écrire.

Berlusconi.

Il est arrivé en politique, il s’est fait élire, il a gouverné et continue à co-gouverner (il est la plinthe principale du gouvernement Monti) en totale illégalité. Une loi de l’Etat, (au cas où le bon sens distillé par la Constitution ne suffisait pas) interdit aux titulaires de concessions publiques, et à plus forte raison de concessions télévisuelles, de se présenter aux élections. Berlusconi en possédait trois, sur les trois plus grosses privées. Arrivé au gouvernement il les a gardées, en les augmentant de l’utilisation de celles publiques. Mieux : il a étendu ses propres tentacules médiatiques à des centaines de petites et moyennes télévisions privées, en les subordonnant par des accords commerciaux de type colonial. Eh bien ? Le golpe de Berlusconi n’aurait-il pas été un coup d’état médiatique ? Quelque parti politique a-t-il fait preuve de résistance ? Personne. Pas même le gouvernement dit de gauche (auquel ont participé aussi Rifondazione et le Pdci, ceux-là même qui aujourd’hui prétendent en appeler aux révolutionnaires…) n’a jamais osé dénoncer un conflit d’intérêt (entre le Berlusconi empereur médiatique et le Berlusconi politique) qui est la négation de la démocratie italienne.

Europe

Les éléments constitutifs d’un Etat sont : le territoire, l’autorité législative, le bras armé. L’Italie les a cédés tous les trois à un sur-Etat appelé Union Européenne, à l’Otan et aux Etats-Unis. La plus grande base militaire italienne (Aviano) est territoire des Etats-Unis. Il y a là des centaines d’armes atomiques que seuls les Etasuniens peuvent déclencher. À Vicence (à la caserne Ederle, made in usa) a pris ses quartiers le premier contingent de la Police européenne, qui obéit exclusivement à la Commission Européenne, dont nous allons parler à présent. Le parlement italien peut continuer à faire des lois, certes, pourvu qu’elles ne viennent pas s’opposer à celles émanant de la Commission Européenne. Non, ce n’est pas une erreur : les lois européennes ne sont pas promulguées par le soi-disant parlement européen, qui n’a aucun pouvoir législatif, mais rien qu’un droit de veto limité sur les lois, qui sont le fruit exclusif de la Commission Européenne. Laquelle n’est même pas une expression du Parlement Européen, mais bien celle des potentats économiques et des gouvernements européens. Les soi-disant « députés européens » (comme le furent et continuent à l’être certains des dirigeants de la soi-disant gauche italienne) sont des marionnettes aux mains de la Commission. Les ministres économiques italiens et la Banque d’Italie peuvent pontifier sur le petit écran autant qu’ils veulent et proclamer toutes les mesures et réformes qui leur passent par la tête : mais concrètement ils comptent autant que les prunes du proverbe, parce qu’une politique économique se fonde sur la gestion des moyens de paiement, sur le pouvoir de battre monnaie, alors qu’en Italie on n’émet pas un euro sans la permission de la Banque Europe, bras financier de l’omnipuissante Commission.

Tout ce transfert de pouvoirs de l’Etat italien à la Commission Européenne est formalisé par une nouvelle Constitution Européenne (pudiquement rebaptisée Traité Européen). C’est écrit noir sur blanc : le peuple italien n’est souverain de rien du tout, si ce n’est de choisir parmi des dizaines de chaînes télévisées toutes distributrices de la même bouillie intoxicante.

Résultat : quelqu’un, parmi les partis présents au parlement italien ou parmi ceux qui, malgré eux, ne sont pas arrivés à y entrer, s’est-il jamais opposé à ce coup d’Etat européen aux détriments de la démocratie italienne ? Quelqu’un a-t-il osé prétendre soumettre à référendum une Constitution Européenne qui phagocyte celle italienne ?

Guerres

La Constitution de la République Italienne (celle en vigueur avant d’être violentée par la Constitution Européenne) est limpide : les forces armées doivent servir exclusivement pour défendre l’Etat. Concept sacré, répété depuis soixante-dix ans, chaque 25 avril, par le Chef de l’Etat jusqu’au moindre président d’ANPI [3] de quartier, comme si c’étaient les fantômes des nazis qui menaçaient la démocratie fondée sur la Constitution. Pendant ce temps les gouvernements pro-Usa construisaient des porte-avions, qui ne servent pas à protéger un pays, mais à porter les avions et la guerre dans des pays lointains. Ils étaient tellement conscients, ces gouvernements, de violer la constitution qu’ils en baptisaient le premier porte-avions, le Garibaldi, « croiseur tutto ponte », sinon le signifiant aurait trahi l’inconfessable signifié. Au lancement du second porte-avions, le Cavour, l’intoxication médiatique avait désormais suffisamment immunisé le peuple pour l’entarter. Désormais le troisième coup d’état médiatique italien, guerrier (après le télévisé et l’européen), était arrivé à bon port : des années de faux reportages, de fausses nouvelles, d’images manipulées, de connivences des soi-disant partis de gauche, avaient fait croire aux Italiens que la Yougoslavie était un nid d’ethnies barbares qui se massacraient entre elles et qui, si on ne les calmait pas, allaient contaminer même l’Italie de leurs barbaries. Ainsi le peuple italien, rassemblé devant les journaux de régime tout comme leurs grands-parents à Piazza Venezia exaltant les guerres du Duce, donna sa confiance aux gouvernements successifs, ceux d’une soi-disant gauche compris : l’Italie partit aussi en guerre sous la férule de Prodi et de D’Alema.

Et alors : a-t-on jamais vu, devant tant de barbarie médiatique et guerrière, s’élever le moindre vagissement de résistance à part celui, purement symbolique et inefficace, de rares intellectuels à faible audience et poids dérisoire sur le petit théâtre médiatique ?

Depuis les années 90’, la majorité des Italiens est dénervée d’autonomie critique. Elle croit tout ce qu’on lui montre et ce qu’on lui fait lire, pourvu que ce soit des images et des lectures divertissantes et simplistes.

Venons-en au présent et à la Syrie : la réponse à la première question (les Italiens vont-ils avaler la fable sur la révolution syrienne ?) est : oui.

Quant à la deuxième question (que faire, nous communistes révolutionnaires, pour affronter la vague barbare ?), la réponse nous renvoie à l’urgence de nous organiser. Pendant que nous sommes quelques milliers à lire des sites à la Losurdo et à la Meyssan, des millions de téléspectateurs tètent la fable des soldats d’Assad prenant des enfants comme boucliers humains. Demain ils s’enflammeront pour les pseudos héros révolutionnaires syriens fauchés par les rafales des troupes gouvernementales, et se presseront sur une Piazza Venezia virtuelle –où ils ont hier encensé Berlusconi et l’Europe über alles- pour applaudir l’énième guerre coloniale.

Et nous, continuerons-nous à nous contenter de défouler notre dédain en emails et débats entre intimes, version moderne de la bouteille à la mer ?

En somme : prenons le bulletin du front syrien pour ce qu’un communisme militant exige : décidons-nous à le fonder, ce Parti Communiste Italien, ou bien sous peu, quand Obama aura déchaîné la Cyberwar annoncée (qui lui permet de censurer et manipuler tout ce qu’Internet et ondes télévisées diffusent), nos défoulements, une fois griffonnés, nous devrons nous les passer de main en main, si ce n’est les avaler.

Giancarlo Scottuzzi

Milan, 11 juin 2012

Publié sur le blog de Domenico Losurdo mardi 12 juin 2012,

http://domenicolosurdo.blogspot.fr/2012/06/un-intervento-di-giancarlo-scotuzzi.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

EN COMPLEMENT

[1] Puis Venezuela, et à présent Syrie, NdT

[2] Après l’arrivée au pouvoir de N. Sarkozy

[3] Associazione Nazionale Partigiani d’Italia : association des anciens résistants de la seconde guerre mondiale, http://www.anpi.it/resistenza-e-partigiani/

URL de cet article 16966
http://www.legrandsoir.info/le-coup-d-etat-en-syrie-et-ceux-en-italie.html
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Irak: "Silence, on exécute!" Par Ziad Tarek Aziz, Le fils de Tarek Aziz.

14 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Irak: "Silence, on exécute!"


Mondialisation.ca, Le 14 juin 2012
 

Dans une lettre publique, Ziad Tarik Aziz, le fils de Tariq Aziz, ancien vice-premier ministre de Saddam Hussein et ministre des Affaires étrangères, condamné à mort, informe le monde des méthodes expéditives utilisées par le gouvernement irakien pour exécuter en silence ses anciens ennemis condamnés à la peine de mort. Voici l’intégralité de la lettre :

« Madame, Monsieur,

Je suis certain que vous avez entendu l’information sur l’exécution de l’ex-secrétaire du président (Saddam Hussein), Abid Hameed Hamoud. Cependant, ce que vous ne savez pas, c’est qu’il a été conduit à son exécution en pensant qu’on l’emmenait faire un contrôle médical. Le gouvernement irakien n’a même pas informé sa famille ou ses proches, ou pris ses dispositions pour la remise du corps.

C’est là un comportement typique du gouvernement irakien. Ils ont tellement soif de vengeance qu’ils ont ignoré les formalités consistant à informer le condamné de son exécution.

Mon père a été condamné à la peine de mort dans le même procès que M. Hameed. Je suis très inquiet à l’idée qu’ils puissent lui faire la même chose. Le secrétaire à la presse du Premier ministre a déclaré au début de l’année qu’ils allaient exécuter mon père, et ayant accompli cette formalité, rien ne peut les arrêter. Le monde doit savoir ce que ces gens ont fait et ce qu’ils feront, j’en suis certain, dans un futur très proche.

Je vous demande de m’aider à faire savoir au monde ce que ces gens ont fait et à arrêter ce qu’ils ont prévu de faire.

Merci pour votre soutien, ma famille et moi-même vous seront redevables.

Sincèrement

Ziad Tarik Aziz »


 Articles de Ziad Tarek Aziz publiés par Mondialisation.ca

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CHANNEL 4, Alex Thomson : Les rebelles nous ont attirés pour nous faire tuer par l’armée syrienne.

12 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

CHANNEL 4, Alex Thomson : Les rebelles nous ont attirés pour nous faire tuer par l’armée syrienne

Début juin, nous écrivions : "Si le questionnement sur le 11-Septembre sert à quelque chose en tant que citoyen, c’est bien à s’interroger sur l’enchainement des événements qu’il a engendrés ou accélérés depuis 10 ans [...]. L’unanimité médiatique devient suspecte lorsqu’il s’agit d’attentats terroristes, ou de conflits au Proche ou au Moyen-Orient. C’est dans cette logique de questionnement et non pour prendre parti sur telle ou telle version de cette tragédie [de Houla] que nous avons traduit pour vous l’article de Tony Cartalucci paru sur GlobalResearch.ca à propos du massacre survenu cette semaine dans la ville d’Houla en Syrie." 

Depuis ce massacre, les déclarations contradictoires de M. Pierre Piccinin n’ont sans doute pas échappé à votre sagacité, ni le massacre d’Al Koubeir, mais que dire de cette aventure dramatique qui aurait pu mal finir, dont a été victime Alex Thomson de CHANNEL 4.

Le journaliste britannique Alex Thomson
(photo The Guardian)

Un journaliste britannique qui a décidé de parler, qui n’était pas seul (1), et qui ajoute que sa mésaventure n’est pas un cas isolé ? A tel point qu’ici, à la rédaction, nous demandons aux journalistes français si, eux aussi, n’auraient pas "oublié" de citer des cas semblables remisés au fond de leurs disques durs après un comité de rédaction subitement devenu sourd, aveugle et muet ? Et si, à défaut de s’exposer eux-mêmes, ils vont relayer eux aussi, comme The Guardian, cette mésaventure ?

La situation du peuple syrien et de son gouvernement est complexe. Une fois de plus, nous exhortons les journalistes de la presse professionnelle francophone à faire correctement leur travail. Qu’ils cessent de publier des articles dont le manichéisme simpliste, les sources peu étayées, les insinuations floues, les allusions voilées, les petites phrases lourdes ôtent toute crédibilité à leurs auteurs. Il en va de la démocratie, et de la Charte de Munich

 

 

 Les 4X4 des observateurs avancés de l’ONU arrivent à Douma dans les faubourgs de Damas le 20 mai 2012. Une roquette RPG explosa près de l’équipe d’observateurs de la trêve, qui comprenait le chef de la mission, le Major Général Robert Mood, alors qu’ils visitaient ce quartier, selon un correspondant de l’AFP (photo AFP-GettyImages)

 


 

Prêts à se faire descendre en plein No man’s land syrien ?

publié vendredi 8 juin 2012 par Alex Thomson sur son blog

(phrases en gras par nos soins, traduction Corto)

Alors que je me tenais devant l’Hotel Safir à Homs, près des Nissan Landcruiser blancs de l’ONU qui attendaient, l’officier superviseur irlandais Mark Reynolds s’approcha de moi : « règles habituelles Alex, OK ? Nous ne sommes pas responsables de vous les gars. Si vous avez des ennuis, on restera pas, c’est vu ? Vous êtes rendus à vous-mêmes. »

« OK, pas de problème Mark. Compris. » 

Je dis toujours ça, histoire de me dire qu’en aucun cas, nous n’en arriverons là. 

Rien que deux véhicules de l’ONU plus le véhicule blanc de patrouille de la POLICE en escorte, identifié « Protocol », et nous nous dirigeons vers le sud, au travers de régions paisibles dans les environs de Homs, sans traces de combats. 

A peine dix minutes au sud de la ville et c’est bye-bye le protocole… Le dernier point de contrôle de l’armée syrienne est exactement sur l’autoroute principale vers le sud en direction de Damas. 

Nous sommes dirigés vers l’ouest – il suffit de suivre la direction indiquée par la tourelle de char à côté de la voiture du protocole qui s’est garée pour se faire une idée. 

On a toujours cette boule à l’estomac à travers ce no man’s land déserté, mais nous sommes en terrain découvert, et aucun signe de combat. 

A présent, la première moto que nous croisons nous prend en charge et nous traversons le premier point de contrôle de l’armée syrienne libre. 

Après avoir parcouru une piste longue et poussiéreuse à travers des oliveraies, nous arrivons à Qusayr, au milieu d’une foule prévisible. 

L’ONU s’installe pour une longue réunion avec les civils et les chefs militaires. Pour moi, ça ressemble beaucoup à une  « Shura » afghane. Tout le monde est assis les jambes croisées sur le sol, il y a des coussins tout autour de la pièce, sauf que c’est du café turc qui est servi plutôt que du thé. 

Nous nous installons pour filmer dehors. Les femmes et les enfants nous apportent des oranges et des chaises dans la chaleur. Des fragments d’obus nous sont exhibés pour être filmés. Ils nous expliquent que le pilonnage va recommencer sitôt que nous serons partis – une déclaration qui, par sa nature même, ne peux pas être vérifiée, bien qu’il y ait certainement des dégâts importants dans plusieurs parties de la ville ici. 

Et donc nous tâchons de patienter, dans l’attente du départ de l’ONU – seul moyen de franchir les lignes avec un minimum de sécurité bien sûr. 

Mais le temps s’éternise. Notre ultime délai approche. Et il y a ce type énervant qui déclare être des « renseignements rebelles », et qui a du mal à reconnaitre que nous avons bien un visa du gouvernement. 

Dans son carnet, les journalistes étrangers sont des individus infiltrés depuis le Liban illégalement, point barre. Nous ne cadrons pas avec ce profil. 

Lui et ses collaborateurs rendent les choses difficiles pour notre chauffeur, et aussi notre interprète – leurs cartes d’identité établies à Damas et aussi notre 4X4 immatriculé à Damas ne nous aident pas…

Ici c’est nouveau, différent, hostile. Ce n’est pas comme à Homs ou à Houla, et pourtant, le meeting de l’ONU s’éternise en pleine canicule de l’après midi… 

Nous décidons de demander une escorte par le chemin sécurisé que nous avons emprunté pour venir. Les deux bords, les deux points de contrôle, se souviendront de notre véhicule. 

Prêt à nous faire descendre ? 

Soudain [encore en ville], quatre hommes dans une voiture noire nous font signe de les suivre. Nous nous rangeons derrière. 

Nous sommes conduits sur une autre route. Amenés, en fait, tout droit dans une zone exposée aux tirs. L’Armée syrienne libre nous a dit de suivre une route qui est bloquée à mi-chemin du no man’s land. 

A ce moment-là, il y a eu le sifflement d’une balle, suivi de celui du demi-tour le plus lent que j’ai jamais vécu. Dans un hurlement, nous nous sommes engouffrés dans la rue transversale la plus proche pour nous mettre à couvert. 

Un autre cul de sac

Il n’y avait pas d’autre option que de reculer au milieu des tirs et de tenter de rejoindre la route qu’on nous avait indiquée. 

Evidemment, la voiture noire qui nous avait amenés dans ce piège était là. Ils démarrèrent en trombe dès que nous réapparûmes. 

Pour moi c’est clair : les rebelles nous ont délibérément attirés là pour nous faire tuer par l’armée syrienne. Des journalistes morts, ce n’est pas bon du tout pour Damas. 

Cette conviction n’a fait que croitre une demi-heure plus tard, lorsque nos quatre « amis » dans la même voiture noire cabossée débouchèrent à l’improviste d’une rue transversale pour nous séparer cette fois du véhicule de l’ONU juste devant. 

Le véhicule de l’ONU se replia en bon ordre, passa à côté de nous, et put nous voir entourés de miliciens qui criaient, puis il quitta la ville. 

Finalement, nous parvînmes à nous extraire aussi, et sur la bonne route, de retour vers Damas. 

S’il vous plait, n’allez pas penser une seule seconde que mon expérience avec les rebelles d’AlQusair est exceptionnelle. 

Ce matin, j’ai reçu le tweet suivant : 

« @alextomo J’ai lu votre témoignage "Prêt à nous faire descendre dans le no man’s land", et je peux comprendre, car j’ai vécu la même expérience à Al Zabadani pendant notre visite. » 

Cela venait de Nawaf al Thani, qui est avocat et défenseur des droits de l’homme, et membre de la mission d’observation de la ligue arabe en Syrie qui fut déployée début 2012. 

Cela doit vous faire réfléchir, sur qui d’autre a pu être confronté à une telle situation, lorsqu’il a tenté de déterminer ce qui se passe dans la Syrie tenue par les rebelles. 

Dans une guerre où ils coupent les gorges de nourrissons jusqu’à leur colonne vertébrale, « la belle affaire » si on envoie un 4X4 rempli de journalistes (1) en pleine zone de tirs ? 

ça n’avait rien de personnel. 

Suivez @alextomo sur Twitter

 

 


 Note: The Guardian ajoute

Un porte-parole de la chaine « Channel 4 News » produite par ITN a déclaré « La sécurité de nos journalistes est de la plus haute importance, et nous n’envoyons que des équipes expérimentées dans ces environnements hostiles. Alex est un journaliste incroyablement expérimenté qui a couvert des conflits dans le monde entier pendant plus de 20 ans, et qui utilise les réseaux sociaux pour partager tous les détails de ses affectations. Nous allons expertiser ce voyage, comme nous le faisons avec chaque expédition à l’étranger, et nous partagerons ses conclusions avec  [tout le personnel d’] ITN , alors même que nous continuons de couvrir cette histoire complexe et importante. »

 


En lien avec cet article:

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Les interventions M Robert Charvin, juriste et M Nils Andersson, analyste géopolitique, la responsabilité de protéger et guerres "humanitaires» cas de la Libye.

9 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

M Nils Andersson, analyste géopolitique, guerres "humanitaires"cas de la Libye

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Le site. www.tchape.org  vous présente de l’intervention de M Nils Andersson, analyste géopolitique, a en particulier coordonné la publication récente du livre "Une autre ONU pour un autre monde" (en vente au CETIM). Cette conférence, organisée par Le CETIM, CUAE et en partenariat avec le journal Le Courrier, sur le thème responsabilité de protéger et guerres "humanitaires" : le cas de la Libye.
Réalisation Abdoulaye, www.tchape.org, C.C.P.17-625707-9 Lausanne, Compte. 02721628201-38 SGTB, Ndjamena-Tchad
 
Vous trouverez dans le lien ci-après les interventions M Robert Charvin, juriste et M Nils Andersson, analyste géopolitique, la responsabilité de protéger et guerres "humanitaires» cas de la Libye
Bien à vous
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Syrie: La vérité sur l’OSDH ?

8 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 http://tsimokagasikara.wordpress.com/2012/06/07/syrie-la-verite-sur-losdh/

Syrie: La vérité sur l’OSDH ?

Le narratif syrien de l’occident se base sur “un mec dans un appartement au Royaume-Uni”

Un propagandiste de l’opposition syrienne dans un appartement en Angleterre, la seule source citée par la presse occidentale

par Tony Cartalucci

“L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme” (OSDH) a été cité par les médias occidentaux depuis plus d’un an dans pratiquement tous leurs rapports, et ce indépendamment de l’agence de presse qui relaie l’information, que ce soit l’AFP, AP, CNN, MSNBC, CBS, BBC ou tout journal important occidental. On pourrait penser que ceci devrait constituer une organisation géante avec des centaines de membres travaillant dur sur le terrain, documentant sans relâche ce qu’il se passe en Syrie avec photos et vidéos à l’appui, tout en coordonnant la diffusion de l’information avec la presse étrangère pour “observer” de manière non biaisée et “transparente” les conditions des “droits de l’Homme” en Syrie, ainsi qu’en montrant sa méthodologie pour y parvenir. Cela est certainement l’impression que veulent laisser les médias occidentaux à ses lecteurs et suiveurs.

Mais de manière incroyable, l’OSDH n’est rien de tout cela. En fait, il n’est qu’un homme seul, assis devant un ordinateur dans un appartement au Royaume-Uni, quelqu’un qui prétend recevoir des “coups de téléphone” avec des informations qui vont toujours incriminer le gouvernement syrien et toujours glorifier l’Armée Libre Syrienne (ASL). En fait, Reuters a même admis ceci dans un article intitulé : “Coventry, an unlikely home to prominent Syria activist” et concède même que cet homme, “Rami Abdulrahman” fait ouvertement partie de l’opposition syrienne qui recherche la fin du gouvernement syrien. Abdulrahman admet qu’il a quitté la Syrie il y a plus de 10 ans, qu’il a vécu en Grande-Bretagne depuis et qu’il ne retournera pas en Syrie avant que “Assad ne soit parti”.

Bien sûr, au delà de cet article unique, Reuters et ses acolytes des autres agences de presse sont certaines de ne plus jamais rappeler ces faits à leurs lecteurs.

L’opportunité de l’impropriété semble presque inévitable pour un homme qui haït ouvertement un gouvernement ciblé depuis longtemps d’un changement forcé par le pays dans lequel il réside et dont les méthodes de reportage consistent en de douteux coups de téléphone reçus, impossibles pour quiconque de vérifier ; et quand Abdulrahman ne reçoit pas de mystérieux coups de téléphone des membres de l’opposition en Syrie (comme “Syrian Danny”) ou passant ses informations plus que douteuses à la presse occidentale, il est vu entrer et sortir du ministère britannique des affaires étrangères où il a rencontré le ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qui cherche ouvertement à retirer du pouvoir syrien Bachar Al-Assad.
Photo : De Reuters: “Rami Abdelrahman, chef de l’OSDH, quitte le bureau des affaires étrangères et du Commonwealth après avoir rencontré le ministre William Hague dans le centre de Londres le 21 Novembre 2011 REUTERS/Luke MacGregor” Abdelrahman n’est pas le “patron” de l’OSDH, il est l’OSDH à lui tout seul, bureau qu’il gère depuis son appartement en Grande-Bretagne comme dans un one man show.

 

Clairement, pour de vrais journalistes, Abdulrahman est un inutile, une source d’information hautement compromise qui a toutes les raisons du monde de bidouiller la réalité afin de l’adapter à son agenda politiquement motivé de renverser le gouvernement d’Al-Assad. Quoi qu’il en soit, pour un propagandiste, il est une mine d’or. C’est pourquoi, malgré les conflits d’intérêts flagrants, le manque de crédibilité, le désavantage évident d’être à 4000 km de l’action et des sujets de ses “observations”, ou le simple fait qu’un homme seul s’appelle lui-même “l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme”, les médias occidentaux continuent de nous abreuver de son torrent constant de désinformation.

Et quand les médias occidentaux se permettent de citer un personnage aussi douteux et compromis, cela veut dire que les preuves actuelles, qui fuitent immanquablement de Syrie, contredisent entièrement le narratif occidental de l’affaire, si profondément en fait, que l’occident doit construire ses “preuves” depuis le tissu du mensonge jusqu’au couturier “Abdulrahman” pour l’assembler. Tandis que le public devrait être outragé que l’establishment pense qu’il est si stupide, qu’il croira toute forme de preuve venant d’un activiste de l’opposition, qui se déguise de manière grotesque sous la  forme d’une organisation réputée, qui nous dit ce qu’il se passe en Syrie par le biais de “coups de téléphone” reçus dans son très confortable appartement en Angleterre.

Tony Cartalucci
http://landdestroyer.blogspot.jp/

Article original en anglais :
http://landdestroyer.blogspot.jp/2012/06/wests-syrian-narrative-based-on-guy-in.html

Traduction : Résistance 71

Publié dans: Mondialisation.ca

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Question d'Orient : La Russie s'affirme comme la puissance garante des chrétiens d'Orient.

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

A la lecture des depêches on a l'impression de replonger en plein XIX éme siècle . Alors que la diplomatie Française et les diplomaties Occidentales prennent clairement position pour le fondamentalisme Islamique au Proche-Orient en soutenant l' " opposition Syrienne " ©, la Russie apparaît comme la puissance garante de la survie de la Chrétienté en Orient .

Ce faisant elle prend le relais de la France au XIX éme siècle [ lien ] et durant la première moitié du XX éme siècle   [ lien ] et [ lien ] , de la Grèce au cours de la seconde moitiè du XX éme siècle [ Comment la Grèce a abandonné la Palestine ] .

La Russie prend même le relais du Vatican dont les diplomates s'affichent sans pudeur aux côtés du ceux du Qatar , de la Séoudie et des terroristes islamistes *Syriens*  et qui cherchent à museler les appels de détresse des Chrétiens Syriens .[ lien ]

Notons ici que l'on retrouve au sein des " amis du peuple Syrien " [ sic ! ] la même alliance anti-Russe qu' à la veille de la Guerre de Crimée : Islamisme ( Empire Ottoman ) - France - Angleterre et Papauté !

 

Cette action de la Russie en Syrie a été analysée par Antoine SFEIR . [ lien ] , [ lien vers article ] et [ lien vers article ] C'est désormais dans  les Lieux Saints que s'exerce le " soft power " de l'Orthodoxie Russe .

La Société Impériale Orthodoxe de Palestine - Императорское Православное Палестинское общество -[ site ] a été en effet dés sa fondation été conçue non pas comme une oeuvre uniquement missionaire mais bien comme un des vecteurs de la diplomatie d'influence de l'Empire Russe - la " puissance schismatique du nord " [ lien ] - au Proche-Orient  [ lien ] ,  une fonction géopolitique qu'elle retrouve aujourd'hui . Le MAE Russe , Serguei Lavrov , le reconnaît d'ailleurs implicitement dans son message de félicitation en affirmant que la SIOP contribue à renforcer la présence Russe en Méditerranée Orientale . [ lien ] et[ lien ] 

 

La diplomatie Sarkozyste ayant clairement rompu les liens avec la Chrétienté Orientale en apportant son soutien aux islamistes Tunisiens , Libyens , Egyptiens et Syriens [ lien ] , la diplomatie " Hollandaise " n'étant  pas manifestement disposée à renouer ces liens en raison du positionnement idéologique des conseillers du Président et du MAE , M. Laurent Fabius ,  la Russie retrouve son rôle naturel de puissance protectrice de la Chrétienté Orientale .

 

 

MOSCOU, 4 juin - RIA Novosti

Un centre de la science et de la culture Russe ouvrira prochainement ses portes à Bethléem, a annoncé lundi Sergueï Stepachine, président de la Société Impériale Orthodoxe de Palestine.
"L'inauguration solennelle du centre aura lieu en juin", a déclaré M. Stepachine lors d'une réunion de la Société.

La construction du centre a été financée par la compagnie pétrolière Russneft et personnellement par son PDG Mikhaïl Goutseriev.

Situé non loin de l'endroit où Jésus-Christ est venu au monde, le centre de la science et de la culture Russe abritera une école, des cours de Russe et des espaces conçus pour des manifestations culturelles.

Cette année, la Société Impériale Orthodoxe de Palestine célèbre son 130e anniversaire. Créée avec l'autorisation du tsar Alexandre III de Russie, la Société se fixe pour mission de faciliter les pèlerinages des orthodoxes en Terre Sainte et d'encourager la coopération culturelle avec les peuples du Proche-Orient. La Société déploie également des efforts en vue de faciliter la restitution des biens immobiliers perdus par la Russie après 1917.

En janvier 2011, un musée et un parc Russes ont été inaugurés dans une autre ville palestinienne, Jéricho.

 

 

 

 

Здание Сергиевского подворья в 19-м веке. Общий вид.

 

 

 

On the way to Jericho (Er-Riha), Jordan, etc. Russian pilgrims at the Jordan

 

 

 

Road Trip

 

 

La Russie a fait de la chrétienté d'Orient une diplomatie parallèlle.

 

 

Bethléem

 

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L'ALBA réitère sa solidarité avec la Syrie. Le 1 juin 2012.

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 



ALBA réitère sa solidarité avec la Syrie

Genève – Communiqué du Ministère du Pouvoir Populaire pour les Relations Extérieures

Vendredi 1.6.2012

Les gouvernements de Bolivie, Cuba, Equateur, Nicaragua et Venezuela, pays membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), rejettent, par ce communiqué, le projet de Résolution présenté par les Etats-Unis sur la Syrie au Conseil des Droits Humains de l’ONU.

Les nations expriment leur préoccupation « pour la perte de vies innocentes dans n’importe quelle partie du monde, et condamnent énergiquement l’assassinat de plus de 100 personnes (à Houla), dont une majorité de femmes et d’enfants et invitent à ouvrir une « enquête exhaustive sur ces crimes et exigent que leurs auteurs soient traduits en justice ».

Elles réitèrent la nécessité de respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’auto-détermination du peuple syrien, et elles soulignent le programme de réformes engagé par le gouvernement de cette nation et sa disposition à mettre en pratique le Plan de Paix proposé par l’ex-secrétaire général de l’ONU, le ghanéen Koffi Annan.

Le ministre conseiller de la Représentation Permanente du Venezuela auprès des Organismes Spécialiés de l’ONU à Genève, Félix Pena, a exprimé que les pays de l’ALBA considèrent que le projet de résolution présenté par les Etats Unis, avec l’appui des pays européens, a « l’intention de répéter en Syrie le même mécanisme d’ingérence appliqué en Libye ».

Il a affirmé que « le projet de résolution reflète les prétentions d’ingérence dans les affaires intérieurs de la Syrie, sans contribuer au dialogue ni à la recherche de la paix.

Les nations de l’ALBA n’accptent pas que « la soi-disant protection de vies humaines soit le prétexte d’une intervention étrangère . Nous faisons un appel urgent à la cessation immédiate de la violence par toutes les parties en Syrie ».

« Nous réitérons notre solidarité avec le Gouvernement et le peuple syrien dans la difficile situation qu’ils traversent. Nous sommes préoccupés de voir se répéter les mêmes procédés d’ingérence appliqués par des puissances étrangères en Libye », souligne Pena.

 

Ministère du Pouvoir Populaire pour les Relations Extérieures

Vendredi 1.6.2012


 

 

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La propagande anti-syrienne dans les journaux télévisés français. Article de Marie-Ange Patrizzio le 5 juin 2012.

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

antioche19febChers amis,

Hier, dans un de ses journaux du soir, FR3 montrait une manifestation imposante, d’ « opposants au gouvernement syrien » "dans une ville proche de Houleh", en réaction au massacre perpétré la veille dans ce village et attribué par ces mêmes media au gouvernement Assad. Sur France2 ensuite, mêmes commentaires mais les images de la manifestation ont été supprimées.

Les media français (entre autres) peuvent se permettre de dire n’importe quoi : les images de la manifestation, en effet  imposante, montraient des gens immobilisés en rangs, bras tendus, chantant l’hymne national, et brandissant ...le drapeau de la République arabe syrienne, à deux étoiles 

Deux étoiles…Pas les trois étoiles du drapeau des « insurgés », « opposants », "armée syrienne libre" etc., qu'on aurait dû voir chez ces manifestants présentés, avec ces images, comme défilant contre le gouvernement.

Les media publics français peuvent donc se permettre d'utiliser des images exactement contraires à la réalité qu'ils sont en train de décrire avec un mensonge flagrant.

Mais qui s'en aperçoit ? En dehors, ici, des Syriens émigrés et de ceux d’entre nous qui sont allés chercher quelques informations et connaissances au-delà de ce qu’on nous fait avaler de mensonges quotidiens, qui aura perçu ces éléments permettant d'appréhender, dans quelques fugaces fractions de seconde d'images, l’ampleur du mensonge et la grossièreté de la désinformation ?

 

Autre péripétie de la propagande impérialiste (sans changement dans nos sucessions de gouvernements) : les journaux radios et télévisés français annonçaient aujourd’hui que la Russie, au Conseil de sécurité d’hier soir, avait -« enfin » !- « condamné le gouvernement syrien » pour ce même massacre de 108 personnes à Houleh.

Et puis, changement en quelques minutes, ce soir, entre le journal de FR3 et celui de France 2 : eh non, la Russie ne condamne pas le "régime" comme on l'avait annoncé.
Ceux d’entre vous qui sont prêts à aller chercher d’autres informations, peuvent consulter :

- le site Sana, pour voir quelle version (détaillée) l’agence de presse syrienne donne du même Conseil de sécurité à propos de ce massacre :

http://www.sana.sy/fra/55/2012/05/28/421872.htm

 

- ou le site russe RIA Novosti :

« Selon les observateurs internationaux, 108 habitants du village de Houla ont été tués lors d'une attaque perpétrée les 25 et 26 mai près de la ville de Homs. Les autorités syriennes nient toute responsabilité dans ce massacre.

La Russie n'exclut pas l'hypothèse que cette attaque soit une provocation. Il est significatif que la tuerie de Houla ait eu lieu à la veille d'une visite de Kofi Annan à Damas.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé dimanche le massacre de civils dans ce village syrien. Lors d'une vidéoconférence à huis clos, les représentants des 15 pays membres du Conseil ont pris connaissance du rapport du chef de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood. Selon lui, des centaines de personnes ont trouvé la mort à Houla, mais les causes de leur décès sont inconnues, de nombreuses victimes ayant été enterrées avant l'arrivée des observateurs ».

http://fr.rian.ru/world/20120528/194860781.html.

 

Pour qui est-il évident que le gouvernement syrien a intérêt à massacrer plus de 100 civils à la veille de l'arrivée de l'émissaire de l'ONU ..?

   

m-a

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Le témoignage d’un religieux français. « La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité ».

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le témoignage d’un religieux français

« La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité »

« La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité »

Le dispositif de communication occidental accentue la pression médiatique sur les populations d’Europe et des États-Unis pour les contraindre à accepter une guerre au Proche-Orient. Afin de faire passer de nouveau une agression pour une intervention humanitaire, il est nécessaire de cacher les vrais enjeux et de maintenir le débat dans le registre émotionnel via des campagnes choc. Dans ce contexte, le témoignage de Mgr Philippe Tournyol du Clos est précieux. Lorsque l’on met les événements qui secouent la Syrie en perspective, il ressort que les crimes dont on accuse le gouvernement syrien ne profitent qu’aux partisans du conflit de civilisation.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 2 juin 2012
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La paix en Syrie pourrait être sauvée si chacun disait la vérité. De retour à Damas en ce mois de mai 2012, il me faut bien constater qu’après une année de conflit, la réalité du terrain ne cesse de s’éloigner du tableau catastrophiste qu’en imposent les mensonges et la désinformation occidentale.

Le mois de février a marqué un coup d’arrêt aux provocations des islamistes radicaux. Les troubles, en majorité circonscrits à Hamma et à Homs, auraient d’ailleurs été plus vite résorbés si la pression internationale n’avait freiné l’intervention de l’Armée. Les zones frontalières de la Turquie, de la Jordanie et du Liban — par lesquelles s’infiltrent les mercenaires — restent encore sensibles. Dans la capitale, ce que l’on appréhende le plus sont les voitures piégées et les attentats à la bombe, la plupart du temps, le fait de kamikazes alléchés par l’appât du gain, le désir du paradis d’Allah, ou bercés du rêve sunnite de la fin des alaouites au terme de 40 ans de règne et l’avènement de Jésus au haut du minaret, accompagné du dernier prophète Al-Mahadi pour le Jugement dernier.

Il faut dire et redire que l’idéologie fanatique est d’importation étrangère et que la Syrie n’a jamais été confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation sanguinaire et systématique par des aventuriers qui ne sont pas syriens. Cette information, qui va à l’encontre des journaux et des reportages télévisés, l’ex-ambassadeur de France, Éric Chevallier, n’avait eu de cesse de la faire entendre à Monsieur Juppé ; mais le ministre français refusa toujours de tenir compte de ses rapports et falsifiait sans vergogne ses analyses pour alimenter la guerre contre la Syrie [1].

Nos lecteurs ont encore en mémoire l’invitation du Patriarche maronite à Paris, Sa Béatitude Bechara Raï, par Nicolas Sarkozy qui, s’étant renseigné sur le nombre des chrétiens au Liban et en Syrie, lui proposa de les installer en Europe. La réponse indignée et courageuse du haut prélat qui prit la défense de Bachar Al-Assad — et qui devait, selon le protocole, être décoré de la légion d’honneur — lui valut d’en recevoir l’écrin de la main sèchement tendue de l’ex-président français [2].

Arrivée à Damas

L’on respire à Damas un autre air qu’on voudrait nous le faire croire partout ailleurs.

Certes, depuis quatre mois, dans la banlieue, les voitures piégées ont fait de sanglants dégâts ; plusieurs fanatiques suicidaires se sont fait exploser dans la foule d’innocentes victimes. L’on entend parfois, la nuit, des échanges de coups de feu, c’est l’armée qui veille à la protection des habitants et parvient souvent à empêcher les attentats meurtriers. Ces jours-ci, deux minibus bourrés de TNT ont explosé simultanément selon un schéma terroriste désormais classique. Toujours disposée à proximité d’une cible d’intérêt stratégique, la première charge est destinée à semer la panique et à attirer le plus grand nombre d’intervenants pour déclencher la seconde explosion. Cette fois-ci, c’était le Quartier Général du contre-espionnage syrien, où avaient été détenus les étrangers pris les armes à la main et que les salafistes projetaient de faire évader. Leur tentative échoua mais se solda par un bilan terrible : 130 morts (dont 34 chrétiens), 400 blessés et autant de logements endommagés.

La consternation est générale, le chagrin indescriptible et les nombreuses funérailles déchirantes. Pourtant, en ce mois de Marie les églises abondamment fleuries se remplissent chaque soir et j’ai vu les mosquées bondées le vendredi à midi ; la concentration de la prière aux Omeyyades évoquait pour moi celle des coptes en Égypte ; tandis que les espaces verts sont régulièrement envahis par des familles heureuses de se retrouver pour des piqueniques qui se prolongent tard dans la nuit. Le peuple syrien est un peuple simple et enjoué. Malgré l’insécurité et les dramatiques difficultés économiques engendrées par les sanctions internationales (l’inflation de la livre syrienne, l’anéantissement total du tourisme, la croissance du chômage et la cherté grandissante des denrées de base), la vie continue normalement.

Les chrétiens vivent en paix

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Bien que partageant avec leurs congénères l’inquiétude générale, les chrétiens avouent volontiers qu’ils ne se sont jamais sentis aussi libres par le passé. Ils attribuent ce sentiment à la pleine reconnaissance de leurs droits lors de l’accession à la présidence de la famille Assad. Certains s’estiment même mieux traités aujourd’hui qu’à l’époque où ils étaient pris entre les deux feux des partisans opposés de De Gaulle et de Vichy. Un ami damasquin évoque pour moi le souvenir de son grand-père qui, suivant une coutume alors répandue, avait échangé le sang d’une légère blessure faite à la main avec celui d’un cheikh musulman pour devenir frères de sang ; il me confie : « Les ennemis de la Syrie ont enrôlés les Frères Musulmans dans le but de détruire les relations fraternelles qui existaient depuis toujours entre les musulmans et les chrétiens. Pourtant, à ce jour, ils n’y sont pas parvenus : ils ont même provoqué une réaction contraire et rapproché comme jamais auparavant tant les communautés que les individus. »

Petit rappel historique. La conquête de la Syrie par les arabes (636) n’a jamais été sanglante. À Damas, tandis que les chrétiens byzantins tentaient de leur résister, les chrétiens syriaques leur ouvraient les portes de la ville et leur offraient spontanément leurs services pour construire des habitations. Sait-on que pendant 70 ans, chrétiens et musulmans prièrent ensemble dans l’Église Saint Jean-Baptiste ? Quand celle-ci fut devenue trop petite, sur la demande des musulmans, elle devint la Mosquée des Omeyyades (705) que l’on admire encore aujourd’hui ; et pour dédommager les chrétiens, les musulmans leur construisirent les quatre premières églises damascènes.

La première impression qui me frappe est donc de retrouver Damas pareille à elle-même, son charme désuet, ses souks hauts en couleurs aux effluves d’épices, l’animation égayée des ruelles de la vieille ville et sa circulation qui n’a rien à envier à celle du Caire ; dans les quartiers verdoyants des bords du Barada, les restaurants sont pleins. La seconde, c’est la dignité et la modestie du petit peuple de la rue : guère de mendicité, d’apitoiement ou de plainte de la part des pauvres qui fourmillent pourtant et cachent bien leur misère derrière leurs murs lézardés. On n’imaginerait jamais ici personne dormant dans la rue, comme à Paris.

Sur le terrain

L’Armée n’est intervenue que plusieurs mois après le commencement des événements. L’insurrection s’est caractérisée par une cruauté d’une sauvagerie oubliée en Syrie depuis les massacres de 1860 où 11 000 chrétiens furent assassinés par des fanatiques mahométans encouragés par les ottomans.

Les turcs d’alors étaient pires que les salafistes d’aujourd’hui. Petite évocation historique. Qui se rappelle qu’en 1859, la maladie du ver à soie avait provoqué la disparition de sa culture tant en Chine qu’en France ? Seule la Syrie avait échappé au fléau. (Le brocart, inventé par la famille Boulad avait déjà conquis le monde). Or tous les soyeux syriens étaient chrétiens. Il n’en fallut pas plus pour que le gouvernement français du Second Empire « suggère » à l’occupant ottoman de provoquer — par musulmans exaltés interposés — les troubles sanglants que l’on sait et la persécution contre les chrétiens qui se solda par l’expatriation de tous les soyeux vers la France et le rachat à bas prix de leur production.

Un militaire, actuellement sous les armes au sud du pays, me fait part de sa stupéfaction quand il s’est trouvé affronté à des combattants qui n’étaient pas syriens mais étrangers, et me rapporte quelques faits surprenants dont il a été témoin : « Quand nous avons commencé à nous battre, nous avons trouvé en face de nous des Libyens, des Libanais (mercenaires sunnites de Saad Hariri), des Qatari, des Saoudiens et, bien sûr, des Al Qaeda. Quand nous avons fait des prisonniers, nous avons constaté que beaucoup d’entre eux ne parlaient pas l’arabe, c’étaient des Afghans, des Français, des Turcs ». Chacun s’attend, ici, à des révélations de nature à mettre en porte-à-faux bien des pays.

Parmi ces étrangers, me dit-il, « bon nombre d’entre eux ne savent pas où ils sont : on fait passer les Libyens par le Golan à proximité de la frontière israélienne pour leur montrer le drapeau israélien et les convaincre qu’ils sont bien sur la route de Gaza où ils vont combattre avec leurs frères musulmans… À Homs, a été arrêté un Libyen persuadé de se trouver en Irak pour combattre les Américains. »

Près de la frontière israélienne, de nuit, des voitures télécommandées bourrées d’explosifs ont pu être interceptées, exemple parmi d’autres des interventions sporadiques de commandos qui traversent chaque jour les frontières jordanienne, israélienne, libanaise et turque.

Homs, ville martyre

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À Homs, il est faux de dire que les alaouites centralisent dans leurs mains tous les pouvoirs ; au nombre de 24, les notable comptent 18 sunnites, 4 chrétiens et 2 alaouites.

Homs a toujours été la ville du pays la plus peuplée de chrétiens. Ceux-ci occupaient à 98 % deux quartiers, Bustan El Diwan et Hamidieh (le Vieux Souk), où se trouvent toutes les églises et les évêchés. Le lacis de ses ruelles et les nombreux passages souterrains rouverts pour la circonstance ne permirent pas aux mercenaires d’y pénétrer avant la reprise de Baba Amro. Le spectacle qui s’offre maintenant à nos yeux est celui de la plus absolue désolation : l’église de Mar Élian est à demi détruite et Notre-Dame de la Paix saccagée (près de laquelle on a trouvé plusieurs personnes égorgées) est encore occupée par les rebelles. Les maisons, très endommagées par les combats de rue sont entièrement vidées de leurs habitants qui ont fui sans rien emporter ; le quartier d’Hamidieh constitue encore aujourd’hui le refuge inexpugnable de bandes armées indépendantes les unes des autres, fournies en armes lourdes et en subsides par le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Tous les chrétiens (138 000) ont pris la fuite jusqu’à Damas ou au Liban ; ceux qui n’y avaient pas de parents se sont réfugiés dans les campagnes avoisinantes, chez des amis, dans des couvents, jusqu’au Krak des Chevaliers. Un prêtre y a été tué ; un autre, blessé de trois balles dans l’abdomen, y vit encore ainsi qu’un ou deux autres, mais ses cinq évêques se sont prudemment réfugiés à Damas ou au Liban. On dit que les chrétiens amorcent un timide mouvement de retour.

Aujourd’hui, mis à part quelques coups de feu nocturnes, la ville a retrouvé le calme. C’est le cas d’Arman, quartier où les alaouite sont aussi proportionnellement plus nombreux que dans les autres villes, où l’on peut circuler en voiture. Quant au quartier sunnite, on peut y pénétrer (même un étranger, s’il est accompagné d’un sunnite), mais c’est à ses risques et périls car les tireurs isolés ne sont pas rares. Les magasins sont fermés et les destructions impressionnantes. Je trouve étrange de n’apercevoir dans toute la ville aucune présence militaire, aucun soldat en armes. Ceux-ci se contentent d’en contrôler les accès et d’occuper des casernes, à l’extérieur.

Les villages chrétiens de la campagne d’Homs

Puisqu’on n’est pas éloigné de la frontière du Liban, les points de contrôle et les barrages sont nombreux, ainsi que le mouvement des véhicules de l’armée loyaliste. Du haut de ses sept ans, Jacques s’époumone auprès de moi : « Dieu protège l’armée !  » ; je le verrai ce soir prier pour elle comme il le fait chaque jour avec ses frères et sœurs. Dans le village chrétien où je passe les nuits, les grand-mères se font un devoir de porter de la nourriture aux soldats. Un habitant me confie : « Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés. Si la répression sauvage dont l’accusent vos médias était réelle, pourquoi les militaires seraient-ils les bienvenus dans nos villages ? ». Ils sont, j’ai pu le constater de mes yeux, sous la protection attentive des troupes fidèles au président Bachar. Pourtant, le jour de l’Ascension, une roquette est arrivée dans le jardin, heureusement sans faire de dégâts, mais l’explosion a terrifié les enfants. Le village, pour la première fois, a été la cible de trois RPG dont l’un a provoqué la mort d’un grand-père et de ses deux petits enfants (14 et 13 ans).

La campagne jouit donc d’un calme très relatif. On entend des échanges de tirs, la nuit : c’est que nous ne sommes qu’à une quinzaine de kilomètres de la frontière libanaise. Douze personnes qui se rendaient à Kafr Nam en minibus ont été kidnappées contre rançon. Un autobus a été mitraillé sur la route. Au village, un cousin a été enlevé quelques heures, le temps de lui voler son taxi (habilité à passer la frontière libanaise). Tout cela relève d’actions isolées des bandes armées.

Rappel des faits récents…

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On se souvient que pendant huit longs mois, les Homsiotes avaient réclamé l’intervention de l’Armée, qui se refusait à prendre le risque d’atteindre la population civile.

Après avoir essayé sans succès de s’établir à Daraa, (près de la frontière jordanienne), puis à Idleb (près de la frontière turque) dont ils furent également délogés, les opposants au régime avaient choisi Homs pour sa proximité avec le Liban, comme Quartier Général. Dès lors, on ne compta plus les exactions et les crimes d’une férocité tout-à-fait étrangère au comportement syrien. Pour exemple, l’enlèvement de 200 alaouites, en août de l’an dernier, à fin de les égorger pour la fête de l’Aid al-Adha. En provenance du Liban, un armement sophistiqué considérable, suffisant pour approvisionner toute la rébellion, avait été stocké dans le quartier de Baba Amro autoproclamé Émirat Islamique Indépendant. De nombreux combattants y avaient d’ailleurs été enrôlés de force, sous menace d’éliminer leur famille. Parmi des atrocités sans nom, on a retrouvé les corps de 48 jeunes hommes égorgés parce qu’ils voulaient rendre les armes ; c’est ce que m’a personnellement raconté un survivant qui avait perdu dans cette circonstance son père et ses deux frères. Il faut savoir que, pour le fanatique sunnite extrémiste, égorger son ennemi manifeste sa fierté d’être en Guerre Sainte ; et c’est un acte de vertu qu’il offre aux yeux d’Allah.

Lorsque des terroristes veulent vérifier l’identité religieuse d’un suspect, s’il se dit chrétien, ils lui font réciter le Je crois en Dieu et le laissent partir (les chouans l’exigeaient en latin). S’il se dit ismaélite, il lui est demandé de donner les généalogies qui remontent à Moïse. S’il se dit sunnite, ils exigent qu’il récite une prière dont les alaouites, eux, ont retiré un passage. Les alaouites n’ont aucune chance de s’en tirer vivant. Nombre d’entre eux ont été kidnappés sur simple présentation de leur carte d’identité ; quand des chrétiens l’ont été, c’était par erreur. Depuis les temps immémoriaux, en effet, les chrétiens vivent en paix dans les quartiers sunnites et alaouites, heureux de leur présence.

Toujours au contact avec la population, Bachar Al-Assad (dont on sait que la mère a été l’élève d’un collège de Latakieh tenu par des religieuses) s’est rendu personnellement sur place après les événements et a promis de reconstruire les quartiers martyrs.

Le dessous des événements

Que l’on nous permette de revenir quelque peu sur les événements d’Homs présentés par la presse française et internationale à la honte du « barbare » Bachar El-Assad.

9 février 2012. Après épuisement de toutes les tentatives de médiation, l’Armée loyaliste syrienne donne l’assaut à « l’Armée syrienne libre » qui s’était emparé du quartier de Baba Amro et avait pris ses habitants en otage. Lorsqu’au terme de batailles qualifiées de « répression sanguinaire » par la presse internationale, les Forces gouvernementales vinrent à bout des rebelles, une partie d’entre eux trouva refuge dans le labyrinthe du quartier chrétien, tandis que les derniers éléments armés de l’Émirat prenaient la fuite, en massacrant les chrétiens des deux villages qu’ils traversèrent avant de trouver refuge au Liban. Mais qu’advint-il des journalistes-combattants de l’émirat islamique autoproclamé ?

Deux y trouvèrent la mort, Marie Colvin et Rémi Ochlik qui furent identifiés sur des vidéos par les ambassadeurs de France et de Pologne, en tenue de combat. Le « photographe » Paul Conroi appartenait à une agence de renseignement britannique [3] ; Édith Bouvier était entrée clandestinement en Syrie aux côtés des rebelles. Elle, qui aurait dû tomber sous le délit d’immigration illégale, osa à l’époque manipuler la compassion des téléspectateurs français en réclamant la création d’un « couloir humanitaire », se faisant la porte-parole d’Alain Juppé qui cherchait par là à exfiltrer les mercenaires de l’Armée Syrienne Libre et leurs instructeurs occidentaux. D’autres éléments laissent à imaginer que l’envoyée du Figaro Magazine travaillait pour la DGSE [4].

La veille de l’assaut final, s’échappant nuitamment les dits journalistes gagnèrent le Liban où ils furent récupérés à un point de passage illégal par l’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, le même qui avait insolemment pris position contre Sa Béatitude Bchara Raï, trop bacharisé à son goût. Sous le faux prétexte de visiter les alentours de Baalbek, à l’est du Liban, le diplomate avait rejoint le nord de la Bekaa , (région frontalière limitrophe de la province de Homs) avec une équipe sécuritaire française. Là, il récupérait les exfiltrés français ; comme, en vertu de la Convention de Vienne, les voitures diplomatiques ne peuvent être perquisitionnées, le convoi ramena les agents français à l’ambassade, au nez et à la barbe de la police [5].

La frontière évanescente du Liban

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L’Armée Nationale syrienne renforce son dispositif pour empêcher les infiltrations. Mais des combattants étrangers se regroupent toujours aux frontières turque et jordanienne ; après avoir transité par Amman, des centaines de Libyens d’Al-Qaïda takfiristes (ex-groupe islamique agressif en Libye) continuent d’affluer, tandis que plusieurs milliers d’autres sont rassemblés à Hattay (en Turquie) et encadrés par l’Armée turque ; ces jours-ci, sont arrivés en renfort plus de 5 000 Libyens.

Les incidents se multipliant, on dit que l’Armée libanaise aurait démantelé un camp de regroupement et une base de communication sur son territoire. Pourtant les preuves prolifèrent sur la responsabilité de certains milieux libanais dans la transformation du Liban en base arrière pour frapper la Syrie et y commettre des actes de violences. En collaboration avec des ambassades occidentales, un vaste trafic d’armes a été mis en place via Tripoli (où arrivent par cargos des milliers de tonnes d’armement lourd) grâce à l’installation de bases logistiques et médiatiques notamment animées par le Courant du futur de Saad Hariri et les Forces libanaises de Samir Geagea. La tâche de ces cellules est de former et d’entraîner les groupes terroristes syriens. Tout se passe comme si, sur décision américaine, le Liban était devenu une plateforme pour agresser la Syrie [6].

Damas, une écharde dans la chair

Alors que la Syrie semblait trouver sa place dans le concert des nations, voici qu’un nombre inattendu de protagonistes s’intéresse à elle, pas toujours de façon cordiale ou désintéressée. L’homme de la rue se demande si une nouvelle guerre mondiale n’a pas commencé dans son pays. Et les conjectures vont bon train.

La Russie n’a-t-elle pas besoin de la région comme débouché indispensable vers les mers libres ? Comment l’Amérique pourrait-elle supporter l’idée de son émergence au rang des puissances mondiales ? La Chine elle-même ne nourrit-elle pas le projet d’une ligne de chemin de fer en direction du Golfe et de l’Afrique ? L’acheminement du pétrole et du gaz iraniens à destination de Banyias se fait à travers l’Irak, mais les hydrocarbures du Qatar à destination d’Haïfa ne seraient-ils pas programmés pour transiter par la Syrie ? Poursuivant le plan sioniste ourdi de longue date de découpage confessionnel du Moyen-Orient, Israël considère que sa sécurité exige à n’importe quel prix la chute de Bachar, dont la force est devenue une menace. Nul n’ignore que lorsqu’il devint Premier ministre, le sunnite Saad Hariri (dont la fortune doit beaucoup aux fonds américain, saoudiens et qataris) n’était libanais que depuis huit ans. Son alliance avec l’Arabie Saoudite s’explique aisément par le fait qu’il est le fils de l’épouse que son père, Rafic, a offert en présent au roi Abdallâh. Saoudiens et Qataris sont alliés des USA qui les soutiennent à cause du pétrole mais leur tiennent la bride courte, en menaçant — par des troubles populaires qui ont déjà commencés — la stabilité de leurs trônes. On peut noter qu’il y a aussi du pétrole dans la région de Deir Ezzor, à l’est de la Syrie (où vient d’exploser un véhicule contenant 1000 kg de TNT), et beaucoup de gaz dans la région de Qara et au large des côtes de Latakieh. En fait, tout ce beau monde ne s’est-il fédéré contre la Syrie que lorsqu’elle a commencé d’émerger au niveau des grandes puissances et Washington ne provoquerait-il les changements de régime du monde arabe que pour réaliser ses objectifs géopolitiques concernant la maîtrise de l’énergie ?

Quand — à l’appui de la Russie et de la Chine, au soutien de l’Iran et celui du Hezbollah libanais (qui menace directement Israël) — la Syrie ajoute sa puissance de feu et l’efficacité de la protection de son territoire (par des moyens électroniques capables d’intercepter toutes communications ou de mettre en panne tout appareillage électronique), Bachar devient une écharde insupportable dans la réalisation du plan sioniste de dépècement du Moyen-Orient destiné à assurer la survie d’Israël.

Les chrétiens ne sont pas persécutés comme en Égypte

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Mon hôte me dit : « Avant le commencement des événements, nul n’aurait jamais eu l’idée de revendiquer son appartenance religieuse. On vivait tous ensemble, sans toujours savoir quelle religion l’autre pratiquait. On était syrien, et cela nous définissait. C’est en 2011 que tout a commencé de changer et que nous y avons prêté attention. »

On pourrait presque dire que les malheurs des chrétiens relèvent des dommages collatéraux. En effet, les incidents dont ils ont été victimes ne se sont produits que dans la région d’Homs, (précédés des affrontements entre sunnites et alaouites), mais l’on n’en déplore à ce jour aucun dans les autres provinces.

Ils sont inquiets, bien sûr, mais leur peur n’a vu le jour qu’avec le Printemps arabe et la crainte de la prise du pouvoir par les Frères musulmans. Avec l’immense majorité des Syriens, ils aiment leur Président dont on sait aujourd’hui qu’il ne tient plus au pouvoir mais, ne voulant pas céder à la pression actuelle, attend les élections de 2014 sans intention de se porter candidat. Ils jugent enfin les bandes armées fanatisées pour ce qu’elles sont, la plupart du temps, composées de jeunes délinquants entre 18 et 26 ans à peine sortis de prison. Avec tous les Syriens et comme le Président lui-même, ils désirent des réformes. Mais pas sa chute qui entraînerait immédiatement l’irakisation de la Syrie (qui a accueilli, faut-il le rappeler, plus de trois millions de réfugiés irakiens).

Il a fallu attendre cette guerre pour que les chrétiens soient personnellement menacés par des combattants salafistes encouragés et excités chaque soir à la télévision par le « cheikh » Al Araour. Ancien officier de l’Armée syrienne, ce personnage peu recommandable a été jugé et condamné aux geôles syriennes pour ses mœurs dépravés ; mais il a pris la fuite et s’est réfugié au Qatar d’où il ne cesse d’inciter ses troupes à massacrer alaouites et chrétiens.

Il y a, pour l’observateur, une évolution évidente des « révolutions ». Les troubles avaient commencé en Tunisie, puis ce fut le tour du Yémen, de l’Égypte et de la Libye, avec le « succès » que l’on sait. Il restait la Syrie. Pourtant il faut reconnaître ceci : si les chrétiens ne sont pas directement persécutés dans leur pays, c’est leur existence même qui est menacée de l’extérieur par les alliés du Golfe et les prises de position iniques de nations comme la France, à la remorque des États-Unis, eux-mêmes assujettis à Israël.

Bilan des victimes, la torsion des chiffres

Au début du mois, la presse officielle faisait état d’un Rapport de la Syrie à l’ONU daté du 21 mars qui recensait les victimes du conflit depuis le début des affrontements.

Le nombre des victimes des rebelles s’élevait à 6 000 et se décomposait ainsi : 3 000 soldats de l’Armée régulière et 3 000 civils, (500 policiers abattus, 1 500 enlèvements et 1 000 disparus). Dans le même temps, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme évaluait le nombre de Syriens tués à 11 000. Les rebelles — rebaptisés « déserteurs » par l’OSDH — ne comptabilisaient que 600 pertes et ne mentionnaient évidemment pas les nombreux combattants étrangers tombés en martyrs du djihad.

Même compte tenu de la difficulté de l’exactitude en la matière, la marge entre les deux chiffres était démesurée. Mais la manipulation ne s’arrêtait pas là puisque la responsabilité des 11 000 morts devait incomber à la répression gouvernementale, les médias de masse occidentaux se faisant immédiatement l’écho indigné des chiffres de l’OSDH.

Printemps syrien

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Il plane dans le petit peuple chrétien le sentiment qu’une renaissance doive suivre les événements actuels, leurs ennemis conjugués n’ayant obtenu d’autres résultats que des destructions partielles et celui de souder les Syriens autour de leur président ; les attentats des derniers kamikazes sont même perçus comme des combats d’arrière-garde.

C’est sous les murs de Damas que saint Paul, futur Apôtre des Nations, a été saisi par le Christ Jésus, Lumière du Monde. Ni à Jérusalem, ni autre part.

Et le terme singulier d’orientalité (proche d’authenticité) n’exprimerait-il pas la qualité de convivialité historique qui a toujours existé entre chrétiens et musulmans ? On sait que la Mosquée des Omeyyades abrite le crâne de saint Jean-Baptiste, que vénèrent côte-à-côte chrétiens et musulmans. Mais sait-on que beaucoup de musulmans cultivés prient le Christ ? Pèse-t-on à leur juste mesure les visites régulières du président Bachar au monastère de Notre-Dame de Sayidnaya, comme à l’humble Sanctuaire de Saint Ananie où il a lui-même demandé de l’huile bénite ? ; et sait-on que l’image miraculeuse de la Vierge de Soufanieh — devant laquelle viennent se recueillir des cheikhs musulmans — fut rapportée du Kazanska, où musulmans et chrétiens honorent depuis toujours l’icône prodigieuse de Notre-Dame de Kazan ?

Enfin, ne faudrait-il détruire la Syrie que parce qu’elle apparaît comme le cœur d’un Islam modéré ? Pour justifier sa politique de domination, l’Occident ne veut avoir affaire qu’à l’Islam pur et dur qu’il suscite, alimente et bouffit. En opposant au monde occidental (soi-disant chrétien) un monde de barbus fanatiques, il peut justifier sa guerre pour le pétrole.

Les politiciens font des plans. L’ultime raison d’espérer des chrétiens de Syrie — comme de tout le Proche-Orient — repose sur leur foi dans le plan du Seigneur. La terre d’Orient est gorgée d’Espérance. N’a-t-elle pas engendré au cours des siècles passés des victoires aussi fulgurantes que mystérieuses : David face à Goliath, Cirrus face à Nabuchodonosor, Gédéon face aux Madianites ? N’oublions pas que le sort du monde se joue autour du mont Moriah, à portée de canon de Damas.

Mgr Philippe Tournyol du Clos.

[1] « Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie », Réseau Voltaire, 20 mars 2012.

[2] « L’Église maronite s’inquiète des intentions de l’Occident » et « Le Patriarche maronite s’oppose au plan de morcellement du Machrek arabe », par Pierre Khalaf, New Orient News (Liban), Réseau Voltaire, 12 et 19 septembre 2011. « Les chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental. Entretien avec Mère Agnés-Mariam de la Croix », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 octobre 2011.

[3] « Le « journaliste » Paul Conroy, agent opérationnel du MI6 », Réseau Voltaire, 6 mars 2012.

[4] « Les journalistes-combattants de Baba Amr », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2012.

[5] « La France exfiltre ses agents restés en Syrie », Réseau Voltaire, 1er mars 2012.

[« La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité »
6] « Au Liban, le scandale vient par le gouvernement », par Pierre Khalaf, New Orient News (Liban), Réseau Voltaire, 12 mars 2012.

 

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Pour Une Fois, Reconnaissons-Le : C’Est Bernard-Henri Lévy Qui A Raison.

3 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Pour Une Fois, Reconnaissons-Le : C’Est Bernard-Henri Lévy Qui A Raison

Par Sébastien Fontenelle , le 2 juin 2012.

http://www.politis.fr/Pour-Une-Fois-Reconnaissons-Le-C,18531.html

Pour une fois, reconnaissons-le : c’est Bernard-Henri BHL qui a raison.

On dit : le gars est un peu mytho (genre il croit que Botul lui parle dans son sommeil), avec des fois de nettes poussées d’égotisme.

(Et ce n’est peut-être pas complètement faux.)

On dit aussi (et ce n’est pas très gentil, mais les gens sont méchants) : moi aussi, si je veux, je peux produire un cagoulé monsieur X, combattant de la liberté à Ma’arrat al-Numan (Syrie) - parce que bon, sincèrement, qui va se faire ch... S’embêter à vérifier si le gars n’est pas, en vrai, livreur de pizzas chez SpeedTartiflette, 06150, La Bocca, Alpes-Maritimes ?

Mais là, cependant ?

BHL a raison, quand il exige (ou sinon, il sort son Gilles Hertzog) que la communauté internationale (principalement composée de la France et du Qatar) prenne enfin ses responsabilités - et ne nous refasse pas le coup de 1938, quand Kofi Annan a signifié aux nazis (sous les applaudissements de Régis Debray la Rochelle) qu’il était plutôt (très) pour qu’ils envahissent la Pologne : elle est belle, franchement, l’ONU des « Norpois » [1].

BHL a raison, de constater que « s’alourdit d’heure en heure le bilan » des horribles tueries commises « de sang froid, à l’arme lourde », aux « hélicoptères de la mort » et aux « blindés transport de troupes et de matériels de guerre » (à ne pas confondre avec les chars dédiés à l’acheminement de kits de survie).

BHL a raison, de se scandaliser des insoutenables « images » d’« enfants au crâne fracassé » et « au visage en bouillie » qui nous arrivent tous les jours de l’Orient difficile.

BHL a raison de montrer à François Hollande qu’il est beaucoup « plus important » de procéder enfin aux « bombardements » des « tanks positionnés en position de tir » que de geler le salaire de ses ministres : c’est tout de même hallucinant que le mec continue de gouverner comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, et vazi que je te vais chez Pujadas annoncer que je retire mes soldats de la Kapisa - mais attendez, « Monsieur le Président », vous croyez vraiment que c’est le moment de jouer au Risk ?

(Laissez-moi vous dire, Monsieur le Président, que Monsieur le Président d’avant avait, me semble-t-il, et sauf votre respect, de plus grosses balloches que les vôtres : lui, du moins, ne tergiversa que peu, lorsque l’heure vint de buter son Kadhafi.)

BHL a raison, en somme, d’interpeller publiquement Monsieur le nouveau Président, et de lui demander, un peu fermement, si, oui ou non, « la France fera-t-elle » pour Gaza « ce qu’elle a fait pour Benghazi et Misrata » - ou si la France continuera de rester « les bras croisés face aux atrocités », genre 1310 Palestinien(ne)s tués sous les bombes, dont 410 enfants ?

Car en effet : les Palestinien(ne)s de Gaza meurent, mais « où sont les avions français », for God’s sake - et « où êtes-vous, amis de la liberté » ?

BHL a raison, quand il...

Attends.

Attends : je crois que j’ai mal lu.

Ah, fichtre, oui : j’ai mal lu.

En fait : BHL demande à François Hollande de « prendre l’initiative en Syrie » - et pas du tout en Israël, comme j’ai ballottement cru.

En fait, même - je viens de vérifier : quand ce sont des hélicoptères de la mort (ou des tanks) israéliens, qui font des hachis de civil(e)s ?

BHL ne demande pas du tout que la France - la Fraaance, comme disait feu Gaulle - intervienne.

Bien au contraire : il trouve que tout le truc dégage un délicat fumet de guerre antifasciste espagnole, et pointe que lesdit(e)s civil(e)s trépasseraient beaucoup moins, si de fourbes Arabes ne s’en faisaient des boucliers humains.

(Après quoi : il va recueillir chez les bombardeurs des brevets de voltairisme.)

Du coup, je doute : je ne suis soudain plus complètement certain qu’il ait complètement raison, parce que bon, l’humanitarisme sélectif, ça commence à devenir fatigant.

Notes

[1] L’aurions-nous attendue en 1999, l’ONU, que les Serbes, qui avaient tous un grand-père dans la Waffen-SS, auraient tranquillement perpétré un génocide au Kosovo. Fort heureusement, Madeleine Allbright sut la contourner, pour assurer la préservation, dans cette riante province, d’une exemplaire démocratie multi-ethnique où seules les minorités non-albanaises sont regardées comme sous-humaines - et dont BHL salua l’émancipation d’un vibrant : « Vive le Kosovo libre ! »

 

Article repris sur le blog de Politis.fr: http://www.politis.fr/Pour-Une-Fois-Reconnaissons-Le-C,18531.html

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