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Le blog de Lucien PONS

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Vladimir Poutine explique sa politique étrangère (1ère partie)

5 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Vladimir Poutine explique sa politique étrangère (1ère partie)

La Russie et l’évolution du monde

La Russie et l’évolution du monde

Le Réseau Voltaire reproduit l’article que le candidat Poutine à consacré à sa future politique étrangère dans le quotidien Moskovskie Novosti. Dans cette 1ère partie, il observe l’érosion du droit international consécutif à la politique d’ingérence des Occidentaux, et livre l’interprétation russe du « printemps arabe » comme révolution colorée. Il revient sur la catastrophe humanitaire et morale consécutive à l’attaque de la Libye et s’interroge sur les origines du bellicisme occidental en Syrie. Enfin il passe en revue les défis pour la Russie notamment en Afghanistan et en Corée du Nord. Cinq années après son discours à la conférence de Munich, il reste fidèle aux même principes. La Fédération de Russie se pose en garante de la stabilité mondiale et du dialogue des civilisations, sur la base du respect du droit international.

Réseau Voltaire | Moscou (Russie) | 3 mars 2012
 
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Dans mes articles [1], j’ai déjà abordé les principaux défis extérieurs auxquels la Russie est confrontée à l’heure actuelle. Cependant, ce thème mérite d’être discuté plus en détails, et pas seulement parce que la politique extérieure fait partie intégrante de toute stratégie nationale. Les défis extérieurs et l’évolution du monde qui nous entoure nous poussent à prendre des décisions d’ordre économique, culturel, budgétaire et dans le domaine des investissements.

La Russie fait partie d’un grand monde, aussi bien du point de vue de l’économie et de la diffusion de l’information que de la culture. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas nous isoler. Nous espérons que notre ouverture permettra d’améliorer le bien-être et la culture des citoyens russes et de renforcer la confiance, qui devient une ressource rare.

Mais nous prendrons systématiquement appui sur nos intérêts propres et nos objectifs, et non pas sur des décisions dictées par un tiers. La Russie n’est respectée et prise au sérieux que lorsqu’elle est forte et qu’elle se tient fermement campée sur ses positions. La Russie a pratiquement toujours eu le privilège de pouvoir mener une politique étrangère indépendante. Et ce sera le cas également à l’avenir. Qui plus est, je suis convaincu qu’il n’est possible d’assurer la sécurité dans le monde qu’avec la Russie, et non pas en s’efforçant de l’évincer, d’affaiblir ses positions géopolitiques et sa capacité de se défendre.

Les objectifs de notre politique étrangère revêtent un caractère stratégique, non conjoncturel, et reflètent la place exclusive de la Russie sur la carte politique mondiale, son rôle dans l’histoire et dans l’évolution de la civilisation.

Nous poursuivrons, évidemment, une politique proactive et constructive, visant à renforcer la sécurité globale, à renoncer à la confrontation, à réagir efficacement aux défis tels que la prolifération des armes nucléaires, les conflits régionaux et les crises, le terrorisme et le trafic de drogue. Nous ferons tout pour que la Russie dispose des derniers acquis du progrès scientifique et technologique, et pour assurer à nos entreprises une place importante sur le marché mondial.

Nous ferons tout pour que la mise en œuvre du nouvel ordre mondial, basé sur les réalités géopolitiques contemporaines, se déroule de manière progressive, sans perturbations inutiles.

La confiance érodée

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Comme auparavant, je pense que les principaux fondements incluent le droit fondamental à la sécurité pour tous les États, le caractère inadmissible de l’utilisation excessive de la force, et le respect à la lettre des principes fondamentaux du droit international. Le mépris de ces règles provoque la déstabilisation des relations internationales.

Et c’est précisément à travers un tel prisme que nous percevons certains aspects du comportement des États-Unis et de l’Otan, qui ne s’inscrivent pas dans la logique du développement contemporain, et qui sont fondés sur les stéréotypes de la politique des blocs. Tout le monde comprend à quoi je fais allusion. Il s’agit de l’expansion de l’Otan, qui se traduit notamment par le déploiement de nouveaux moyens d’infrastructure militaire, ainsi que les projets de l’Alliance (sur l’initiative des Américains) de mise en place en Europe du bouclier antimissile (ABM). Je n’aurais pas abordé ce thème si ces jeux n’étaient pas menés à proximité immédiate des frontières russes, s’ils n’affaiblissaient pas notre sécurité et s’ils ne contribuaient pas à l’instabilité dans le monde.

Notre argumentation est bien connue, ce n’est pas la peine d’y revenir, mais, malheureusement, elle n’est pas prise en considération par nos partenaires occidentaux, qui refusent de l’entendre.

Il est préoccupant de voir que bien que nos "nouvelles" relations avec l’Otan n’aient pas encore acquis une forme définitive, l’Alliance commet déjà des actes qui ne contribuent en aucun cas à l’établissement d’un climat de confiance. En elle-même, une telle pratique affecte le calendrier international, empêche de définir un ordre du jour positif dans les relations internationales et ralentit les changements structurels.

Une série de conflits armés, menés sous le prétexte d’objectifs humanitaires, sape le principe séculaire de souveraineté nationale. Un autre vide, moral et juridique, se crée dans les relations internationales.

On dit souvent que les droits de l’homme priment sur la souveraineté nationale. C’est indéniable, de la même manière que les crimes contre l’humanité doivent être sanctionnés par la Cour pénale internationale. Mais lorsqu’en s’appuyant sur cette disposition, la souveraineté nationale est facilement violée, lorsque les droits de l’homme sont défendus de l’extérieur de manière sélective, et que ces mêmes droits sont violés au cours de ce processus de "défense", y compris le droit sacré à la vie, il ne s’agit pas d’une cause noble mais de démagogie pure et simple.

Il est important que l’ONU et le Conseil de sécurité puissent s’opposer efficacement au diktat de certains pays et à l’arbitraire sur la scène internationale. Nul n’a le droit de s’octroyer les prérogatives et les pouvoirs de l’ONU, notamment en ce qui concerne l’utilisation de la force contre des États souverains. Il est avant tout question de l’Otan, qui cherche à s’arroger des compétences qui ne sont pas celles d’une "alliance de défense." Tout cela est plus que sérieux. Nous nous souvenons des vaines exhortations au respect des normes juridiques et de la décence humaine élémentaire de la part des États qui ont été victimes d’opérations "humanitaires" et de bombardements opérés au nom de la "démocratie." Ils n’ont pas été entendus, et on ne voulait pas les entendre.

Apparemment, l’Otan, et d’abord les États-Unis, ont leur propre perception de la sécurité, qui est foncièrement différente de la nôtre. Les Américains sont obsédés par l’idée de s’assurer une invulnérabilité absolue, ce qui est utopique et irréalisable, aussi bien sur le plan technique que géopolitique. C’est précisément le fond du problème.

L’invulnérabilité absolue pour l’un impliquerait la vulnérabilité absolue de tous les autres. Il est impossible d’accepter une telle perspective. Toutefois, pour des raisons bien connues, beaucoup de pays préfèrent ne pas en parler ouvertement. Mais la Russie appellera toujours les choses par leur nom, et elle le fera ouvertement. Je voudrais souligner une nouvelle fois que la violation des principes d’unité et du caractère inaliénable de la sécurité, et ce en dépit des nombreux engagements contractés selon ces principes, est susceptible d’engendrer des menaces très graves. En fin de compte, cela concerne également les États qui, pour diverses raisons, sont à l’origine de telles violations.

Le printemps arabe : les leçons et les conclusions

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Il y a un an, le monde a été confronté à un phénomène nouveau — des manifestations pratiquement simultanées dans de nombreux pays arabes contre les régimes autoritaires. Au départ, le printemps arabe était interprété comme porteur d’espoir de changements positifs. Les Russes étaient du côté de ceux qui aspiraient aux réformes démocratiques.

Cependant, il s’est rapidement avéré que dans de nombreux pays, la situation n’évoluait pas selon un scénario civilisé. Au lieu d’affirmer la démocratie et de défendre les droits des minorités, on a assisté à l’évincement de l’adversaire, à son renversement, une force dominante se trouvant remplacée par une autre force plus agressive.

L’ingérence extérieure, qui s’est rangée du côté de l’une des parties au conflit, ainsi que le caractère militaire de cette ingérence, ont contribué à une évolution négative de la situation. Tant et si bien que certains pays ont éliminé le régime libyen grâce à l’aviation, en se protégeant derrière des slogans humanitaires. Et l’apothéose a été atteinte lors de la scène répugnante du lynchage barbare de Mouammar Kadhafi.

Il faut empêcher de réitérer le scénario libyen en Syrie. Les efforts de la communauté internationale doivent être avant tout axés sur la réconciliation en Syrie. Il est important de réussir à stopper au plus vite la violence, quelle que soit son origine, d’ouvrir enfin le dialogue national, sans conditions préalables, sans ingérence étrangère et en respectant la souveraineté du pays. Cela créerait des prémisses à la mise en œuvre réelle des mesures de démocratisation annoncées par le gouvernement syrien. Le plus important est d’empêcher une guerre civile à part entière. La diplomatie russe a travaillé et travaillera dans ce sens.

Après une expérience amère, nous nous opposons à l’adoption de telles résolutions par le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui seraient interprétées comme un coup d’envoi à une ingérence militaire dans les processus intérieurs en Syrie. Et c’est en suivant cette approche fondamentale que la Russie et la Chine ont bloqué, début février, une résolution qui, par son ambiguïté, aurait encouragé en pratique la violence exercée par l’une des parties en conflit.

A cet égard, étant donné la réaction très violente et presque hystérique au veto sino-russe, je voudrais mettre en garde nos collègues occidentaux contre la tentation de recourir au schéma simpliste utilisé auparavant : en l’absence d’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies, formons une coalition des États intéressés. Et à l’attaque.

La logique même d’un tel comportement est pernicieuse. Elle ne mène à rien de bon. En tout cas, elle ne contribue pas au règlement de la situation dans un pays frappé par un conflit. Pire encore, elle déstabilise davantage l’ensemble du système international de sécurité et détériore l’autorité et le rôle central de l’ONU. Rappelons que le droit de veto n’est pas un caprice, mais une partie intégrante de l’ordre mondial consacrée par la Charte des Nations Unies – sur l’insistance des États-Unis, d’ailleurs. Ce droit implique le fait que les décisions auxquelles s’oppose au moins un membre permanent du Conseil de sécurité ne peuvent pas être cohérentes et efficaces.

J’espère que les États-Unis et d’autres pays tiendront compte de cette expérience amère et ne chercheront pas à lancer une opération militaire en Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies. D’ailleurs, je n’arrive pas à comprendre d’où viennent ces "démangeaisons belliqueuses". Pourquoi manque-t-on de patience pour élaborer une approche collective ajustée et équilibrée, d’autant plus qu’elle commençait à prendre forme dans le projet de résolution syrienne, mentionné plus tôt. Il ne restait plus qu’à exiger la même chose de l’opposition armée que du gouvernement, en particulier de retirer les unités armées des villes. Le refus de le faire est cynique. Si nous voulons assurer la sécurité des civils, ce qui est la priorité de la Russie, il est nécessaire de raisonner tous les camps impliqués dans le conflit armé.

Et il existe également un autre aspect. Il s’avère que dans les pays touchés par le printemps arabe, de même qu’en Irak à l’époque, les sociétés russes cèdent leurs positions acquises au cours des décennies sur les marchés locaux et perdent des contrats commerciaux importants. Et les créneaux vacants sont récupérés par les acteurs économiques des pays qui ont contribué au renversement des régimes en place.

On pourrait penser que dans une certaine mesure, ces événements tragiques n’ont pas été motivés par le souci du respect des droits de l’homme, mais par la volonté de redistribuer les marchés. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons bien sûr pas rester les bras croisés. Et nous avons l’intention de travailler activement avec les nouveaux gouvernements des pays arabes afin de rétablir rapidement nos positions économiques.

Dans l’ensemble, les événements dans le monde arabe sont très instructifs. Ils montrent que la volonté d’instaurer la démocratie en utilisant la force peut conduire et conduit souvent au résultat inverse. On assiste à l’émergence de forces, y compris d’extrémistes religieux, qui cherchent à changer la direction même du développement des pays et la nature laïque de leur gestion.

La Russie a toujours eu de bonnes relations avec les représentants modérés de l’islam, dont l’idéologie est proche des traditions des musulmans russes. Et nous sommes prêts à développer ces relations dans les conditions actuelles. Nous sommes intéressés par la dynamisation des liens politiques, commerciaux et économiques avec tous les pays arabes, y compris, je le répète, ceux qui viennent de traverser une période de troubles. De plus, selon moi il existe de réelles conditions permettant à la Russie de conserver à part entière ses positions de leader sur la scène moyen-orientale, où nous avons toujours eu de nombreux amis.

En ce qui concerne le conflit israélo-arabe, la "recette miracle" qui permettrait de régler la situation n’a toujours pas été trouvée. Il ne faut en aucun cas baisser les bras. Etant donné la proximité de nos relations avec le gouvernement israélien et les dirigeants palestiniens, la diplomatie russe continuera à contribuer activement au rétablissement du processus de paix de manière bilatérale et dans le cadre du Quatuor pour le Moyen-Orient, en coordonnant ses actions avec la Ligue arabe.

Le printemps arabe a également mis en évidence l’utilisation particulièrement active des technologies avancées de l’information et de la communication dans la formation de l’opinion. On peut dire qu’Internet, les réseaux sociaux, les téléphones portables, etc. se sont transformés, avec la télévision, en un outil efficace aussi bien de la politique nationale qu’internationale. C’est un nouveau facteur qui demande réflexion, notamment afin qu’en continuant à promouvoir la liberté exceptionnelle de communication sur le web, on réduise le risque de son utilisation par les terroristes et les criminels.

On emploie de plus en plus souvent la notion de "puissance douce" (soft power), un ensemble d’outils et de méthodes pour accomplir des tâches de politique étrangère sans utiliser les armes, grâce à des leviers informationnels et autres. Malheureusement, ces méthodes sont souvent utilisées pour encourager et provoquer l’extrémisme, le séparatisme, le nationalisme, la manipulation de la conscience de l’opinion publique et l’ingérence directe dans la politique nationale des États souverains.

Il convient de faire clairement la distinction entre la liberté d’expression et l’activité politique normale, d’une part, et l’utilisation des outils illégitimes de puissance douce de l’autre. On ne peut que saluer le travail civilisé des organisations humanitaires et caritatives non gouvernementales. Y compris par leurs critiques actives des autorités en place. Cependant, les activités des "pseudo-ONG" et d’autres organismes ayant pour but de déstabiliser, avec le soutien étranger, la situation dans tel ou tel pays, sont inacceptables.

Je veux parler des cas où l’activité d’une organisation non gouvernementale n’était pas motivée par les intérêts (et les ressources) des groupes sociaux locaux, mais était financée et entretenue par des forces extérieures. A l’heure actuelle, il existe dans le monde de nombreux "agents d’influence" des grandes puissances, des alliances et des corporations. Lorsqu’ils agissent ouvertement, il s’agit simplement d’une des formes de lobbyisme civilisé. La Russie dispose également de telles institutions – l’agence fédérale Rossotroudnitchestvo, la fondation Rousski mir (Monde russe), ainsi que nos principales universités, qui élargissent la recherche d’étudiants talentueux à l’étranger.

Mais la Russie n’utilise pas les ONG nationales d’autres pays et ne finance pas ces ONG et les organisations politiques étrangères afin de promouvoir ses propres intérêts. La Chine, l’Inde et le Brésil ne le font pas non plus. Selon nous, l’influence sur la politique nationale et sur l’opinion publique dans d’autres pays doit être exclusivement ouverte. De cette façon, les acteurs agiront de manière la plus responsable possible.

Les nouveaux défis et menaces

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L’Iran se trouve actuellement sous les feux des projecteurs. Évidemment, la Russie est préoccupée par la menace croissante du lancement d’une opération militaire contre ce pays. Si cela se produisait, les conséquences seraient vraiment désastreuses. Il est impossible d’imaginer leur véritable ampleur.

Je suis convaincu que ce problème doit être réglé uniquement de manière pacifique. Nous proposons de reconnaître le droit de l’Iran de développer son programme nucléaire civil, y compris le droit de produire de l’uranium enrichi. Mais il faut le faire moyennant le placement de toute l’activité nucléaire iranienne sous le contrôle minutieux et fiable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Si cela fonctionne, on pourra lever toutes les sanctions contre l’Iran, y compris unilatérales. L’Occident s’est laissé emporter par sa tendance à vouloir châtier certains pays. À la moindre contrariété, il engage des sanctions, voire lance une opération militaire. Je voudrais rappeler que nous ne sommes plus au XIXe ni même au XXe siècle.

La situation autour du problème nucléaire nord-coréen est tout aussi sérieuse. En faisant une entorse au régime de non prolifération, Pyongyang exige ouvertement le droit de disposer du nucléaire militaire et a déjà réalisé deux essais nucléaires. Le statut nucléaire de la Corée du Nord est inacceptable pour nous. Nous sommes toujours en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, par des moyens exclusivement politiques et diplomatiques, et nous appelons au rétablissement des négociations à six.

Cependant, de toute évidence, tous nos partenaires ne partagent pas cette approche. Je suis convaincu qu’il faut être particulièrement prudent à l’heure actuelle. Les tentatives pour tester la résistance du nouveau dirigeant nord-coréen, ce qui provoquerait des contre-mesures irréfléchies, sont inadmissibles.

Rappelons que la Russie et la Corée du Nord ont une frontière commune, et, comme nous le savons, on ne choisit pas ses voisins. Nous poursuivrons un dialogue actif avec le gouvernement de ce pays et le développement des relations conviviales, tout en incitant Pyongyang à régler le problème nucléaire. Ce serait évidemment plus facile si l’atmosphère de confiance mutuelle se renforçait sur la péninsule et si le dialogue inter-coréen se rétablissait.

Dans le contexte des passions déchaînées par les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord, on commence à réfléchir inévitablement à la manière dont les risques de prolifération de l’armement nucléaire apparaissent, et à ce qui les renforce. On a l’impression que les cas devenus plus fréquents d’ingérence étrangère, brutale et même armée, dans les affaires nationales d’un pays, peuvent inciter tel ou tel régime autoritaire (et pas seulement) à se doter de l’arme nucléaire. En pensant que la possession de cette arme les protégerait. Et ceux qui ne la possèdent pas n’ont qu’à attendre une "intervention humanitaire."

Que cela nous plaise ou non, l’ingérence étrangère pousse effectivement vers une telle manière de penser. Et c’est la raison pour laquelle le nombre de pays où les technologies nucléaires militaires sont "à portée de main" ne diminue pas, mais augmente. Dans ces conditions, l’importance des zones affranchies d’armes de destruction massive et créées dans différentes parties de la planète s’accroît. A l’initiative de la Russie, une discussion sur les paramètres d’une telle zone au Moyen-Orient a commencé.

Il faut tout faire pour que personne ne soit tenté d’obtenir une arme nucléaire. A cet effet, les combattants de la non prolifération doivent changer eux-mêmes, notamment ceux qui se sont habitués à punir d’autres pays par la force militaire au mépris de la diplomatie. C’était, par exemple, le cas en Irak, dont les problèmes n’ont fait que s’aggraver après une occupation de près de dix ans.

Si on parvenait enfin à éradiquer les motivations qui poussent les Etats à posséder une arme nucléaire, on pourrait alors rendre le régime international de non prolifération véritablement universel et solide grâce aux traités en vigueur. Un tel régime permettrait à tous les pays intéressés de profiter pleinement du nucléaire civil sous le contrôle de l’AIEA.

Cela serait très bénéfique pour la Russie, car nous travaillons activement sur les marchés internationaux, nous construisons de nouvelles centrales nucléaires avec des technologies modernes et sûres, et nous participons à la création de centres internationaux d’enrichissement d’uranium et de banques de combustible nucléaire.

L’avenir de l’Afghanistan est également préoccupant. Nous avons soutenu l’opération militaire destinée à apporter une aide internationale à ce pays. Mais le contingent militaire international sous l’égide de l’Otan n’a pas rempli la mission assignée. Le danger terroriste et la narcomenace émanant d’Afghanistan demeurent. En annonçant le retrait de leurs troupes de ce pays en 2014, les États-Unis créent dans ce pays et les pays voisins des bases militaires sans aucun mandat, sans objectif clairement défini ni durée d’activité annoncée. Bien sûr, cela ne nous convient pas.

La Russie a des intérêts évidents en Afghanistan. Et ces intérêts sont parfaitement légitimes. L’Afghanistan est notre voisin proche, et il est dans notre intérêt que ce pays se développe de manière stable et pacifique. Et surtout qu’il cesse d’être la principale source de la narcomenace. Le trafic de stupéfiants est devenu l’une des principales menaces, il sape le fond génétique des nations tout entières, crée un milieu prospère pour la corruption et le crime et conduit à la déstabilisation de la situation en Afghanistan même. Il est à noter que non seulement la production de stupéfiants afghans ne se réduit pas, mais que l’année dernière, elle a augmenté de près de 40%. La Russie est la cible d’une véritable agression de l’héroïne, qui inflige un immense préjudice à la santé de nos concitoyens.

Étant donné l’ampleur de la menace émanant de la drogue afghane, il n’est possible de lutter contre elle qu’en s’unissant, en s’appuyant sur l’ONU et les organisations régionales – l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et la CEI (Communauté des États indépendants). Nous sommes prêts à envisager une augmentation significative de la participation de la Russie à l’opération d’aide au peuple afghan. Mais à condition que le contingent international en Afghanistan agisse de manière plus énergique dans notre intérêt également, qu’il s’attelle à la destruction physique des plantations de drogue et des laboratoires clandestins.

Les opérations antidrogue intensifiées en Afghanistan doivent s’accompagner du démantèlement des filières de transport des opiacés sur les marchés extérieurs, de la suppression des flux financiers sponsorisant le trafic de stupéfiants, ainsi que du blocage des fournitures des produits chimiques utilisés pour la fabrication de l’héroïne. L’objectif consiste à mettre en place dans la région un système complexe de sécurité antidrogue. La Russie contribuera réellement à l’unification efficace des efforts de la communauté internationale afin de parvenir à un changement radical dans la lutte contre la narcomenace mondiale.

Il est difficile de faire des pronostics sur l’évolution de la situation en Afghanistan. L’histoire nous enseigne que la présence militaire étrangère ne lui a pas apporté la paix. Seuls les Afghans sont capables de régler leurs propres problèmes. Selon moi, le rôle de la Russie consiste à aider le peuple afghan à créer une économie stable et à améliorer la capacité des forces armées nationales à lutter contre la menace du terrorisme et du trafic de drogue, avec la participation active des pays voisins. Nous ne sommes pas opposés à ce que l’opposition armée, y compris les talibans, se joigne au processus de réconciliation nationale, à condition qu’elle renonce à la violence, reconnaisse la constitution du pays et rompe ses liens avec Al-Qaïda et d’autres organisations terroristes. En principe, j’estime que l’établissement d’un État afghan pacifique, stable, indépendant et neutre est tout à fait réalisable.

L’instabilité ancrée pendant des années et des décennies constitue un terreau fertile pour le terrorisme international. Tout le monde reconnaît qu’il s’agit d’un des plus dangereux défis pour la communauté internationale. Je voudrais souligner que les zones de crise qui engendrent les menaces terroristes se trouvent à proximité des frontières russes, bien plus que de nos partenaires européens ou américains. Les Nations Unies ont adopté une Stratégie antiterroriste mondiale, mais on a l’impression que la lutte contre ce mal n’est toujours pas menée selon un plan universel commun et de manière cohérente, mais dans en réaction aux manifestations les plus aiguës et les plus barbares de la terreur, lorsque l’indignation publique suscitée par des actions provocantes des terroristes atteint son apogée. Le monde civilisé ne doit pas attendre qu’une autre tragédie similaire à celle du 11 septembre 2001 à New York ou de l’école de Beslan se produise pour commencer à agir de manière collective et déterminée.

Toutefois, je suis loin de vouloir nier les résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme international. Ils sont bien tangibles. Ces dernières années, la coopération entre les services de renseignement et les forces de l’ordre de divers pays s’est nettement renforcée. Mais les réserves dans la coopération antiterroriste sont évidentes. Que peut-on dire si jusqu’à présent, une politique de deux poids deux mesures demeure, et qu’en fonction du pays, on perçoit les terroristes différemment, en les considérant comme "mauvais" ou "pas trop mauvais." Certains n’hésitent pas à utiliser ces derniers dans leur jeu politique, par exemple pour déstabiliser des régimes jugés indésirables.

Je dirais également que toutes les institutions de la société – les médias, les associations religieuses, les ONG, le système d’éducation, la science et les entreprises, doivent être pleinement utilisées dans la prévention du terrorisme. On a besoin d’un dialogue interconfessionnel et, dans un sens plus large, intercivilisationnel. La Russie est un pays multiconfessionnel et nous n’avons jamais connu de guerres religieuses. Nous pourrions apporter notre contribution à la discussion internationale sur ce sujet.

Fin de la première partie

 

Vladimir V Poutine.

 

Le bog du réseau Voltaire: http://www.voltairenet.org/La-Russie-et-l-evolution-du-monde

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La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents.

5 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer

                                     ses 18 agents.

Réseau Voltaire | 26 février 2012

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Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.
L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas.
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l’affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l’importation d’ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l’Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l’attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d’élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l’ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d’un conflit ayant entraîné la mort d’au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s’ajoutent des pertes économiques et des sabotages d’infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.

http://www.voltairenet.org/La-France-ouvre-des-negociations

 

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Les doutes soudains – et de type américain – de Frédéric Pons.

5 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Les doutes soudains – et de type américain – de Frédéric Pons  

Par Louis Denghien,


Frédéric Pons pointe aujourd'hui les "terribles erreurs" des Américains en Irak, et s'inquiète de les voir reproduites en Syrie, après avoir appuyé le principe d'une intervention militaire dans ce pays : implacable logique des super-cerveaux néo-conservateurs !

Il y a, dans cette crise syrienne, des médias et des journalistes qui peuvent servir de baromètre de l’évolution médiatique, tant par leur stature que leur posture. Et, à l’évidence, Frédéric Pons, plusieurs fois épinglé sur ce site, est un de ces repères de tendances : patron du service étranger de Valeurs Actuelles, hebdomadaire de la droite sarkozyste, atlantiste, lui-même pro-israélien, pro-Hariri, bien introduit dans les milieux militaires français et otanesques, Frédéric Pons est très logiquement un des innombrables contempteurs du régime syrien, prédisant depuis des mois, à l’instar de nombre de ses collègues, la chute prochaine de Bachar al-Assad.

L’OSDH « sujette à caution »

Or, le même Pons vient de consacrer, dans la dernière livraison de V.A., deux pages à l’évolution de la crise syrienne, et le ton a quelque peu changé. Ce dès le titre de l’article : « Syrie, les risques de la crise« .

Evidemment, on se se refait pas complètement, Pons donne une explication uniquement clanique et sécuritaire de la survie de Bachar, presqu’un an après le début des troubles. Et rajoute une louche d’appui iranien et russe pour faire bonne mesure.

Mais il décroche quand même assez vite de la doxa journalistique à laquelle il a lui-même jusqu’à présent contribué. D’entrée d’article, il ose qualifier les sources de ses collègues sur l’actualité syrienne de « sujettes à caution« , précisant à ses lecteurs que « tout le monde manipule l’information » – pour V.A. cette révélation a presque rang de « scoop » -  ce qui est une façon de prendre ses distances – mieux vaut trop tard que jamais ? – avec l’OSDH et ses invérifiables informations et bilans. A ce propos, Pons va même jusqu’à noter que l’opposition syrienne « semble avoir « climatisé » une partie des média occidentaux » (une grosse partie, Frédéric, dont Valeurs Actuelles, nous a-t-il semblé).

Et puis le M. Etranger de Valeurs Actuelles d’aller à l’essentiel : l’effondrement – éventuel – de « ce régime de fer« , souhaité par l’opposition et ceux qu’il appelle « les va-t-en-guerre des droits de l’homme« , cet effondrement « ne garantit en rien un avenir meilleur » : encore un scoop (à l’échelle de V.A.) !

Et si, écrit Pons, le maintien de Bachar « encourage le bain de sang actuel » et « élargit les fractures communautaires » – c’est pourtant ce que cherchent à faire, depuis le début, tous les amis politiques et géopolitique de Pons -, son renversement « fait courir de grands risques à la stabilité de la Syrie  de ses voisins » : un énième scoop pour V.A…. Et le très atlantiste éditorialiste de prendre de la hauteur et de la perspective, et de pointer les « terribles erreurs commises par les Américains en Irak » entre 2003 et 2008, et aussi l’ »enlisement » de la guerre en Afghanistan – tiens, ça aussi c’est nouveau : il y a peu Pons disait, ou faisait dire, que la situation s’y améliorait du point de vue occidental !

Et revenant à la Syrie, cet honorable correspondant de Saad Hariri et de Samir Geagea évoque le risque de « libanisation » du pays, avec la possibilité d’une « revanche » des sunnites contre les alaouites et les chrétiens. Là, Pons pêche justement par communautarisme, oubliant que par adhésion ou sentiment du moindre mal, la majorité des sunnites syriens préfère le statu quo à l’aventure avec le CNS et l’ASL et ne rêve pas la nuit du modèle qataro-séoudien.

Une vision – et des craintes – typiquement américaines

Pons et ses amis américains s'avisent soudain que les rebelles syriens ne sont pas forcément démocrates - ni républicains d'ailleurs...

Avant de terminer cette tardive mise en garde, véritable révisionnisme de l’analyse « valeurs-actuellienne » sur le sujet, Frédéric Pons a encore le temps d’évoquer « l’appui ouvert » de la Ligue arabe et des régimes sunnites de la région à l’opposition syrienne. Et, plus concrètement, le fait que la Turquie « héberge et soutient des groupes de l’ASL« . Et, continuant son panorama régional, Pons de s’inquiéter… pour ses amis américains : est-ce que la majorité chiite d’Irak, pour complaire aux mollahs iraniens, ne va pas « pourrir la fin de la mission américaine » ? Et est-ce que pour les mêmes raisons, le Hezbollah libanais ne va pas faire à nouveau des misères aux Israéliens et aux Occidentaux ? Car au fait, nous rappelle un Pons décidément en veine de confidences, la libanisation menacerait aussi le Liban, et notre spécialiste de reprendre cet avertissement du Hezbollah à ses adversaires : « Ne touchez pas à Assad !« .

Décidément voué à traduire et répercuter certaines angoisses américaines, Frédéric Pons ne perd pas de vue le grand Satan iranien. Qui non content de soutenir Bachar et d’actionner à distance le gouvernement irakien et le Hezbollah, « aiguise un poignard dans le dos du dispositif américain« . Et « peut surtout enflammer les zones orientales d’Arabie Séoudite, peuplées en majorité de chiites« .

Atlantiste jusqu’à la mauvaise foi, Frédéric Pons était quand même tenu à un minimum de lucidité : il a déjà par le passé, dans ses articles sur la Syrie, laissé entrevoir certains de ces éclairages. Mais c’était à dose homéopathique, et cela n’affectait pas la tonalité générale, celle d’un anti-bacharisme sûr de lui et dominateur, qui jugeait l’ »affaire classée ». Eh bien aujourd’hui, ce monsieur tire la sonnette d’alarme, sur le radicalisme sunnite, le jeu des pétro-monarques et de la Turquie, la chaos régional qui menace. Mais ce n’est pas, of course, parce qu’il s’inquiète du bonheur et la liberté des Syriens, mais plutôt des intérêts de l’Oncle Sam dans la région !

C’est donc en cela que cet article, qui n’apprend évidemment rien aux rédacteurs et au habitués d’Infosyrie, est quand même intéressant : Pons ne reflète-t-il pas à son niveau une évolution des milieux dirigeants et/ou militaires américains sur la Syrie ? On se rappelle les récentes mises en garde adressées à l’administration Obama par le chef d’état-major et le chef du renseignement militaire américains sur la montée en puissance en Syrie des radicaux sunnites et même l’entrée dans la danse de groupes d’al-Qaïda (voir notre article « Avec ou sans drones, les Américains sont impuissants », mis en ligne le 20 février).

Quand les Américains s’enrhument, Frédéric Pons tousse, semble-t-il…  Son article est-il un signe envoyé à ses amis Sarkozy et Juppé pour qu’ils « lèvent un peu le pied » sur la question syrienne ? We will see, we will see…

 

Une vue plongeante du service "étranger" de l'hebdomadaire Valeurs Actuelles,


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Quand France-Culture ré-informe par invités interposés.

5 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Quand France-Culture ré-informe par invités interposés

Par Louis Denghien,


               Le 21 février dernier, France Culture consacrait un quart d"heure de son temps d'antenne à la Syrie dans le cadre de son émission L'Invité des Matins. l'animateur, Marc Voichet, commençait par présenter la situation dans les termes les plus politiquement corrects : "répression", "enlisement", "guerre civile", imputant implicitement, comme ça se fait généralement sur le ondes françaises, la responsabilité de tous ces maux à Bachar al-Assad et à son régime. Et puis il passait la parole à ses deux invités [...]

Le général Desportes : pas vraiment une "grande muette"...

Yves Chaliand :

le Qatar et l'Arabie Séoudite attisent la guerre civile en Syrie

 

 

Le 21 février dernier, France Culture consacrait un quart d »heure de son temps d’antenne à la Syrie dans le cadre de son émission L’Invité des Matins. l’animateur, Marc Voichet, commençait par présenter la situation dans les termes les plus politiquement corrects : « répression« , « enlisement« , « guerre civile« , imputant implicitement, comme ça se fait généralement sur le ondes françaises, la responsabilité de tous ces maux à Bachar al-Assad et à son régime. Et puis il passait la parole à ses deux invités : Gérard Chaliand, un de ces geostratèges versés dans l’étude et l’analyse de relations et situations internationale, et tout spécialement des conflits « irréguliers », qui enseigna aussi à l’ENA et à l’Ecole de Guerre ; et le général de division Vincent Desportes, entre autres titres maître de conférences à Sciences-Po Paris et enseignant à HEC, et auteur récent du livre « Le piège américain : pourquoi les Etats-unis peuvent perdre les guerres d’aujourd’hui« (1). Ajoutons que le général Chaliand a défrayé la chronique politique en juillet 2010 en s’attirant les foudres d’Hervé Morin, alors ministre de la Défense, pour avoir critiqué dans Le Monde la stratégie américaine – et donc française – en Afghanistan.

Pour en finir avec la vision bisounours

C’est Gérard Chaliand qui ouvre le bal : précisant d’emblée qu’il ne « prend pas parti » dans le conflit syrien et qu’il se limite à un « état des lieux« , il estime que le pays va tout droit vers la guerre civile, une guerre civile qui « était programmée depuis le début« . En effet, explique Chaliand, dès le début des « révolutions arabes », il y a eu une « entreprise de déstabilisation » du régime syrien menée par des puissances extérieures au premier rang desquelles le Qatar qui « rame » pour les sunnites et les Etats-Unis. Autre ingérent notable, l’Arabie Séoudite, en guère contre le messianisme politique chiite depuis la révolution iranienne de 1979. Et note Chaliand, le grand public français ne prend pas la mesure du règlement de comptes géopolitiques entre Etats sunnites et chiites, qui se fait aujourd’hui sur le dos de la Syrie. « Toute l’affaire » syrienne vise à l’affaiblissement indirect de l’Iran explique Chaliand. Et donc, contrairement à ce qui s’est passé pour les révoltes tunisienne et égyptienne, « tout le monde est dans le coup » en Syrie, c’est un « gros bras de fer international qui va déboucher sur une guerre civile extrêmement coûteuse« .

Marc Voichet interroge ensuite le général Desportes sur l’ASL, s’étonnant des difficultés qu’elle a à « libérer le pays« . Le général, après avoir précisé qu’il était d’accord avec l’analyse de Gérard Chaliand, notamment sur la dimension internationale et confessionnelle de la crise, laisse de côté l’épiphénomène ASL – après tout c’est un expert militaire qui doit savoir ce que vaut ce leurre médiatique – parle de « logique de montée aux extrêmes » avec un accroissement de la violence aux quatre coins du pays. La seule chose qui peut limiter le niveau de violence, dit-il, c’est l’accord des grandes puissances, américaines, russe, chinoise pour ne pas envenimer la situation par une implication trop directe.

Ce qui provoque une question du meneur de débat : le général veut-il dire que les rebelles syriens sont manipulés par l’étranger ? Vincent Desportes répond que tant que les rebelles syriens ne sont pas aidés par l’Occident comme ont été aidés les rebelles libyens, « les affaires seront cantonnées » à l’intérieur des frontières du pays. Et s’appuyant sur les récentes déclarations du général Dempsey, chef d’état-major de l’armée américaine, il constate, pour s’en féliciter, que les Américains ne souhaitent pas intervenir, directement ou indirectement, aux côtés des insurgés. Le général Desportes insiste sur les doutes de Dempsey quant à l’identité réelle des opposants armés à Bachar, que nous avions mis en exergue (voir notre article « Avec ou sans drones, les Américains sont impuissants », mis en ligne le 20 février). Il y a, rappelle Desportes, l’exemple libyen pour faire réfléchir sur le danger d’armer généreusement n’importe qui.

Revenant aux fondamentaux de la presse française sur le sujet, Marc Voichet demande à Chaliand si les « méchants » ne sont pas, tout de même, dans cette affaire du côté du régime de Damas. Chaliand répond en technicien de la géopolitique : « Dans une répression, les méchants sont  ceux qui sont forts« . Et il fait remarquer que les ex-rebelles libyens, présentés du temps de leur lutte contre Kadhafi comme des défenseurs du principe de liberté, torturent leurs opposants à présent qu’ils sont au pouvoir. « Dans cette zone-là, on torture celui qui est vaincu« .

Et puis rompant là avec les considérations soi disant morales suscitées par le conflit, Gérard Chaliand s’efforce de dégager une vision de l’avenir syrien : il n’est donc pas question d’une intervention extérieure des Grands. En revanche, il y a déjà, sur place, une aide dispensée  par les Qataris et Séoudiens aux rebelles. Des rebelles que Chaliand décrit comme « divisés, sans visage, certainement avec des antagonismes intérieurs » mais qui sont désormais soutenus durablement par les monarchies du Golfe, et donc, dit Chaliand, « on va continuer à pousser cette guerre civile » et « ceux qui se sont émus sur les 2 000 victimes du début du conflit vont s’apercevoir qu’on va passer à 10 000, 15 et peut-être 20 000 et au cas où les alaouites perdraient, on va avoir droit à des règlements de compte dont on n’a pas idée« . Et Chaliand voit, du fait de l’accroissement du conflit interne, la Turquie jouer un rôle : notre spécialiste revient sur le projet de « couloir humanitaire » agité conjointement depuis des mois par Ankara et Paris, et destiné dans les faits à offrir une base à l’ASL, et qui pourrait rcevoir à la faveur d’une montée de la guerre civile une concrétisation avec une intervention turque. Et Gérard Chaliand ne croit pas à l’ »enlisement » évoqué au début de l’émission, mais plutôt à un « conflit de plus en plus aigu« . Quant au général Desportes, il voit des similarités entre la Syrie de 2012 et la Bosnie des années 90, où l’OTAN a attendu que la violence devienne un vrai conflit pour intervenir, en 1999.

Dernière question de Marc Voichet sur le soutien interne à Bachar : Chaliand répond que du fait de la propagande (occidentale) qui est faite « nous oublions parfois de dire qu’une partie non négligeable de la population craint la prise de pouvoir des sunnites » notamment les plus radicaux d’entre eux. Donc il est faux de dire, conclut-il, que l’ensemble de la population qui veut la chute du régime.

On peut ne pas partager la conclusion pessimiste des invités de France Culture : l’armée syrienne peut détruire le gros des groupes rebelles, elle semble y parvenir dans leur principal abcès de fixation de Homs.. Mais par rapport au catéchisme bien pensant et falsificateur qu’on entend à longueur de temps sur la plupart de nos médias, les deux invités de Marc Voichet ont le mérite d’appeler un chat un chat, et d’assimiler l’information française sur la Syrie à de la propagande, et les groupes armés à des instruments de l’étranger.

(1) Paru en mars 2011 aux Editions Economica,

Ci-dessous le lien vers l’émission :

http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-gerard-chaliand-et-vincent-deportes-2012-02-21


 Article repris sur le blog, Infosyrie:

http://www.infosyrie.fr/re-information/quand-france-culture-re-informe-par-invites-interposes/

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Le vote sur la Syrie à l’ONU considéré comme une étape vers l’intervention militaire

4 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le vote sur la Syrie à l’ONU considéré comme une étape

vers l’intervention militaire

par Chris Marsden

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Mondialisation.ca, Le 22 février 2012

Le soutien de l’Assemblée générale des Nation unies de l’appel de la Ligue arabe au président syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir pour des raisons « humanitaires » rapproche un peu plus d’une intervention militaire. Le vote adopté par 137 voix contre12, avec 17 abstentions, est non contraignant mais donne le feu vert de l’ONU à la proposition de la Ligue arabe en faveur d’un changement de régime qui avait été bloqué au Conseil de Sécurité par la Russie et la Chine.

Face à l’opposition de Moscou et de Beijing, et compte tenu de la position stratégique de la Syrie au Moyen-Orient en tant qu’allié de l’Iran, Washington, Paris et Londres doivent avancer avec précaution. Toutefois, l’intervention dispose maintenant du « visage arabe » tant souhaité par le gouvernement Obama, d’une légitimité conférée par l’ONU et de l’autorité implicite de la doctrine de la « responsabilité de protéger » en vertu de laquelle la guerre avait été menée contre la Libye.

Plutôt qu’une intervention directe, de nombreuses figures politiques, des journaux et des organismes politiques préconisent d’armer l’Armée syrienne libre oppositionnelle en guise d’étape préparatoire et en proclamant des « zones tampon » et « des couloirs humanitaires. » Ceci requerrait un bombardement de l’OTAN piloté par un ou plusieurs mandataires locaux dirigés par la Turquie et les Etats du Golfe.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dit mercredi que la France avait déjà entamé des négociations avec la Russie au sujet d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie dans le but de créer des couloirs humanitaires. L’idée qui avait déjà été avancée de « couloirs humanitaires permettant aux ONG d’atteindre les zones qui font l’objet de massacres absolument scandaleux devraient être reprise au Conseil de sécurité, » a-t-il dit sur France Info.

Au Sénat américain, une résolution bipartisane fut déposée vendredi appelant le gouvernement Obama à fournir à l’opposition syrienne « un substantiel soutien matériel et technique ».

Ecrivant le 7 février dans le Guardian, Ian Black et Julian Borger ont souligné que le Conseil de sécurité nationale d’Obama a dit être en train de préparer un « décret présidentiel » consistant en « un décret-loi autorisant comme politique optionnelle des actions secrètes. »

La Turquie qui partage une longue frontière avec la Syrie et à partir de laquelle opèrent les directions de l’opposition politique et militaire, le Conseil national syrien (CNS) et l’Armée syrienne libre (ASL), aurait à jouer un rôle majeur dans une éventuelle attaque militaire. Sinan Ülgen, un ancien diplomate turc travaillant pour le Carnegie Endowment for International Peace, a dit qu’Ankara s’était déjà positionné pour conduire une force régionale soutenant une opération de l’OTAN. La Turquie avait « brûlé ses ponts » en misant « fortement sur un changement de régime, » a-t-il affirmé.

Le Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie apporteraient tous leur soutien, y compris une formation militaire et des armes, comme ils l’avaient fait dans le cas de la Libye.

Le Financial Times s’est rallié à cette option et a commencé des efforts à la fois ouverts et cachés pour renforcer le CNS et l’ASL. Le 13 février, un éditorial insistait pour dire que « chaque effort doit être fait pour développer l’unité et la cohérence programmatique de ce qui est à ce jour un camp rebelle pour l’instant querelleur. » L’article poursuivait en disant que le fait d’armer l’ASL « nécessiterait rapidement d’autres mesures telles des zones protégées pour les réfugiés qui devront alors être défendus, y compris au moyen d’un bombardement aérien. »

Le Financial Times a aussi ouvert ses pages à Radwan Ziadeh, qui a publié le 15 février une rubrique intitulée « Le Kosovo montre comment l’Occident peut intervenir en Syrie. »

 

« Les Etats-Unis ont été en mesure d’aider à créer un Kosovo indépendant en dehors du Conseil de sécurité de l’ONU, sans perdre un seul soldat américain, » a-t-il écrit. « Une stratégie d’intervention équilibrée inclurait ce qui suit. D’abord, comme au Kosovo, la communauté internationale – qu’il s’agisse d’une mission conjointe ONU-Ligue arabe ou d’une coalition des ‘Amis de la Syrie’ – doit désigner des zones sûres qu’il convient de protéger par des frappes aériennes. »

 

Ziadeh fait partie d’un nombre de représentants du CNS à être cités par les médias pour dépeindre l’intervention militaire comme une exigence populaire en Syrie. Tout indique cependant une opposition majoritaire à une intervention même parmi de nombreuses forces opposées à Assad alors que le soutien encore substantiel pour le régime baathiste est du à la crainte d’une intervention occidentale dans le but de mettre en place un régime sunnite qui persécuterait les minorités religieuses.

Ziadeh est un agrégé supérieur à l’Institut pour la paix des Etats-Unis. Il est le co-fondateur du Centre syrien d’Etudes politiques et stratégiques à Washington dont il a assuré la direction. Parmi ses autres fonctions figurent des interventions à Chatham House et à l’Institut royal des Affaires internationales.

Le « modèle Kosovo » impliquait la construction de l’Armée de libération du Kosovo (Kosovo Liberation Army, KLA) en un mandataire militaire américain utilisé pour déstabiliser la situation au moyen d’une campagne terroriste en fournissant ensuite un véhicule pour une intervention ouverte. Le CNS et l’ASL servent conjointement la même fonction, tout comme l’avait fait le Conseil national de Transition en Libye.

Ceci requiert de grands efforts pour adapter l’ASL au but recherché. Jeffrey White, un spécialiste à l’Institut pour la politique au Proche-Orient à Washington, a dit au magazine Foreign Policy, que le nombre des forces de l’ASL se situait entre 4.000 et 7.000, nettement moins que les 40.000 qu’elle revendique. Son commandement en Turquie n’a qu’un contrôle opérationnel restreint et il existe une lutte perpétuelle quant à qui le dirige – le colonel Riad al Assad qui est soutenu par la Turquie ou le transfuge de haut rang du régime, le général Moustapha al-Cheikh.

Lors d’une conférence de presse vendredi à Paris, le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique, David Cameron, ont insisté pour exiger l’unité de l’opposition syrienne. Sarkozy a dit qu’ils ne pouvaient pas faire la révolution en Syrie sans que l’opposition syrienne fasse maintenant l’effort de s’unir. Il a poursuivi en disant qu’en Libye il aurait été impossible d’avoir la révolution sans les Libyens et qu’il ne sera pas possible d’avoir une révolution syrienne sans que l’opposition syrienne fasse un effort de s’unir afin qu’ils puissent l’aider plus.

Une réunion a à présent été organisée du Groupe des amis de la Syrie, dirigée par Juppé et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, dans le but de lutter contre les divisions qui existent au sein de l’ASL en la plaçant fermement, grâce au CNS, sous la direction de l’Occident.

Malgré ses divisions internes, l’ASL et les agents de diverses puissances régionales opérant sous sa tutelle sont depuis des mois en train de monter une opération de déstabilisation de type KLA. Le journaliste Nir Rosen, qui a récemment passé un certain temps avec des combattants de l’opposition, a accordé une interview révélatrice à Al Jazeera qui est propriété du Qatar et qui soutient farouchement le soulèvement anti-Assad. Lors de l’interview, il a clairement fait savoir que l’opposition avait pris les armes « très tôt. » Il a remarqué que « dès l’été il y avait régulièrement des embuscades contre des agents de sécurité » alors que le mouvement « se transformait en une insurrection classique. »

L’opposition reçoit des fonds de la « diaspora syrienne qui est liée à des mouvements islamistes tels les Frères musulmans ou à des religieux conservateurs dans le Golfe [qui] envoient également de l’argent à certains groupes, » a-t-il dit.

Dans un commentaire allant à l’encontre d’une grande partie de la propagande utilisée pour justifier l’intervention, il a ajouté, « Tous les jours l’opposition publie un bilan des victimes, généralement sans préciser les raisons des décès. Nombre de ceux qui auraient été tués sont en fait des combattants de l’opposition mais la cause de leur décès est cachée et ils sont décrits dans les rapports comme étant d’innocents civils tués par les forces de sécurité, comme s’ils n’étaient que de simples manifestants ou de gens se trouvant à leur domicile. »


Article original, WSWS, paru le 18 février 2012

« Une défense basée sur l’aviation venant d’une telle coalition pourrait aussi servir à protéger les couloirs humanitaires, » a-t-il ajouté.
 Articles de Chris Marsden publiés par Mondialisation.ca
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La guerre secrète de la France contre le peuple syrien

4 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La guerre secrète de la France contre le peuple syrien
par Réseau Voltaire

Mondialisation.ca, Le 22 février 2012

Lors de la prise du bastion insurgé dans le quartier de Bab Amr, à Homs, l’armée syrienne a fait plus de 1 500 prisonniers, dont une majorité d’étrangers. Parmi ceux-ci, une douzaine de Français ont requis le statut de prisonnier de guerre en déclinant leur identité, leur grade et leur unité d’affectation. L’un d’entre eux est colonel du service de transmission de la DGSE.

En armant la Légion wahhabite et en lui fournissant des renseignements satellitaires, la France a conduit une guerre secrète contre l’armée syrienne, qui a fait plus de 3 000 morts dans les rangs, et plus de 1 500 morts parmi les civils, en dix mois de combats.

Ces informations ont été partiellement dévoilées par Thierry Meyssan lors d’une intervention sur la première chaîne de télévision russe, le lundi 13 février 2012 ; puis dans un article publié le mardi 14 par Komsomolskaïa Pravda ; enfin dans une vidéo de Voltaire Network TV.

La France a sollicité l’aide de la Fédération de Russie pour négocier avec la Syrie la libération des prisonniers de guerre.

Le Réseau Voltaire n’a pas trouvé d’éléments permettant de confirmer les imputations selon lesquelles 120 Français auraient été faits prisonniers à Zabadani. Cette rumeur semble être une exagération de nos informations et paraît sans fondement.

Par ailleurs, le Réseau Voltaire s’interroge sur les articles d’envoyés spéciaux à Homs parus ces derniers jours dans des quotidiens français : une semaine après la reprise en main du quartier insurgé, et alors que ne subsistent que des combats urbains de faible intensité, ces reporters persistent à décrire une fiction de révolution, masquant la vérité à leurs lecteurs, laissant ainsi à Alain Juppé la possibilité de négocier en secret la restitution des prisonniers de guerre.

Le 17 février, Nicolas Sarkozy et David Cameron signaient une déclaration commune. On peut y lire : « La France et le Royaume-Uni soulignent que les personnes responsables des violences dans toute la Syrie ne doivent pas douter que le jour viendra où elles devront répondre de leurs actes. La France et le Royaume-Uni réaffirment leur détermination à faire en sorte que des éléments de preuve concernant les crimes soient dûment recueillis afin que les personnes qui ont ordonné ou commis des atrocités puissent rendre des comptes. »

En l’absence d’obligation par des traités pertinents, la guerre secrète conduite par le président Sarkozy et son gouvernement est un acte sans précédent sous la Ve République. Elle viole l’article 35 de la Constitution et constitue un crime passible de la Haute Cour (article 68).


 Articles de Réseau Voltaire publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29443
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La conférence des « Amis de la Syrie » ou L’échec de la Sainte-Alliance arabo-atlantique

4 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La conférence des « Amis de la Syrie » ou L’échec de la Sainte-Alliance arabo-atlantique


Mondialisation.ca, Le 29 février 2012
 

Généralités 

Avec beaucoup de ténacité, une soixantaine de pays occidentaux et d’autres arabes se réunirent à Tunis – devenu La Mecque des révolutionnaires printaniers – pour une conférence internationale sur la Syrie ; et cela dans le but d’exprimer, au peuple syrien égorgé par le « Vampire de Damas », leur amitié chaleureuse ainsi que leurs sentiments les plus distingués.

Parmi ces conférenciers audacieux, nous distinguâmes les fantômes des grands orateurs de la première Révolution française, incarnés en personnages de défendeurs de l’humanité et des droits de la personne les plus célèbres, tels que le ministre saoudite des Affaires étrangères, Faysal – une figure remarquable dans le domaine de la lutte des droits de femmes, ami de Vergniaud– ; le ministre tunisien des Affaires étrangères, Abdul Salam – un révolutionnaire printanier distingué, ami de Danton – ; le premier ministre qatari, Hamad – un despote immanquablement « éclairé », parrain du feuilleton « Le printemps aux pays des Arabes », « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres»[1] – ; la secrétaire d’État de l’Empire étatsunien, Clinton – oratrice connue pour sa défense des droits de l’homme arabe, surtout au Bahreïn, au Yémen, en Libye et en Palestine, amie de Robespierre – ; sans oublier, certainement, le président du « Conseil national syrien », monsieur Burhan Ghalioun – un jacobin stagiaire, postmoderne et burlesque à la fois, qui se fut précipité au théâtre de la Sainte-Révolution syrienne[2] en hurlant « Liberté, Égalité, Fraternité », ami de Desmoulins.  

 

Summum de la campagne politique contre la Syrie

C'est encore une chose devenue universellement connue, qu’après divers échecs, les impliqués dans la conjuration contre la Syrie, à leur tête les émirs et sultans de la péninsule Arabique, qui, dépourvus de toute qualité leur permettant de s’élever au rang des Archanges gardiens des droits de l’homme, cherchent à se rassembler sur la scène internationale, la voix et le poing levés,  pour proférer de nouvelles menaces au président syrien, Bashar al-Assad, et pour lui promettre de nouvelles séries de sanctions et de pressions pour qu’il leur cède la Syrie.

Pourtant, avant de se laisser prendre par la « danse avec les loups»[3] et les injures du Capitaine Haddock[4], observons, le trajet qu’avait pris la campagne arabo-atlantique aux niveaux politique, diplomatique et militaire, depuis le 4 octobre 2011, date du premier projet de résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie.  

Au préalable, la campagne politique contre la Syrie a atteint son « pinacle », le deuxième jour du mois d’octobre, date de la naissance du misérable « Conseil national syrien » et de l’élection de son président, monsieur Burhan Ghalioun. Nous nous rappelons bien de ce jour auguste où monsieur Ghalioun s’est précipité sur la scène des événements historiques s’habillant en Camille Desmoulins[5], levant par sa main droite le « Manifeste printanier » du CNS, qui n’était, en effet, qu’un amalgame d’idées mariant les déclarations des philosophes des Lumières avec celles des « Frères musulmans ». Cependant, au lendemain de ce jour grandiose, la foule opposante – s’agglomérant sous la bannière du CNS – se réveilla très tôt le matin, pour réaliser que tout ce bruit qu’elle eut fait la veille, restait sans horizon politique aucun. Dépourvue de tout agenda précis, autre que les injures et les cris de guerre, la foule opposante se trouvait de nouveau au point de départ, incapable de faire un pas en avant, lui permettant de pousser plus loin avec des pressions politiques contre la Syrie. Par contre, pour ne pas laisser la foule perdue dans son labyrinthe, deux jours plus tard, le 4 octobre, la Sainte-Alliance arabo-atlantique chevaucha au secours du CNS et présenta un projet de résolution au Conseil de sécurité, incriminant le président syrien et ouvrant la porte à une intervention militaire en Syrie. Heureusement, ce projet fut arrêté par l’opposition du double veto chinois et russe, qui tomba comme une bourrasque sur la tête de la Sainte-Alliance. Pour le ministre français des Affaires étrangères, M. Alain Juppé, l’échec du Conseil à adopter une résolution condamnant Damas était « un triste jour pour le peuple syrien » et « pour le Conseil de sécurité »[6]. Dénuées de toute modestie, Paris comme Washington promirent  de continuer à « soutenir » « les aspirations à la liberté et la démocratie du peuple syrien »[7]. M. Juppé assura que « la lutte des démocrates syriens pour la liberté est un juste combat », et que la France continuerait à le soutenir fermement « avec tous les pays qui le souhaitent »[8]. La France eut salué, quelques jours auparavant, la formation du « Conseil national syrien », et appelé le président Bachar al-Assad à quitter le pouvoir.

« En prison, jusqu’au jour où la loi et le cours régulier des sessions de justice t’appelleront à répondre ! », hurla Brabantio à Othello[9].  

 

Trajet descendant de la conjuration arabo-atlantique contre la Syrie

Après ce premier échec de la diplomatie arabo-atlantique, la Ligue arabe, dont le rôle et le poids furent réduits à un simple conseil Loya Jirga rassemblant les émirs et sultans du « Conseil de coopération du Golfe » (CCG), réussit, le 19 décembre, à pousser le régime syrien à signer un nouveau protocole de cesser le feu, de retirer l’armée des villes et de faciliter un déploiement d’observateurs arabes dans les zones de troubles[10].  

Cette victoire « blitzkrieg » de la Ligue arabe n’était, en vérité, qu’une impression fautive du déroulement de la campagne contre la Syrie ; car le transfert du dossier syrien à la Ligue était, en effet, le résultat de l’échec diplomatique au sein du Conseil de sécurité. Il n’est plus secret que le dossier syrien fut transféré d’une organisation internationale – le Conseil de sécurité – à une organisation régionale déchirée par des conflits d'émirs et de sultans – la Ligue arabe.

Par ailleurs, la campagne militaire s’accélérait et commença à dessiner un trajet ascendant, parallèle au trajet descendant qu’avait suivi la campagne diplomatique contre la Syrie depuis le premier échec. Le 23 décembre 2011, des installations des services de sécurité syriens à Damas furent la cible de deux attaques terroristes. Quarante-quatre personnes furent tuées et 166 autres blessées. « La main d'Al-Qaïda était derrière » ces attentats, selon un communiqué du ministère de l'intérieur[11]. Deux semaines plus tard, le 6 janvier, Damas fut de nouveau la cible d’un attentat suicide faisant 26 morts et 63 blessés.

La capitale des Omeyyades ne tarda pas à formuler sa réplique à l’ingérence des émirs et sultans de la péninsule Arabique. Ainsi, dans un discours prononcé le 10 janvier à l’amphithéâtre de l’université de Damas, le président syrien déclara le commencement d’une contre-offensive : « Nous avions fait preuve de patience et d'endurance dans un combat sans précédent dans l'historie moderne de la Syrie et ceci nous a rendu plus solide, et bien que ce combat porte de grands risques et des défis fatidiques, la victoire est à deux doigts tant que nous nous maintenons capables de résister, d'exploiter nos points forts qui sont nombreux, et de savoir les points faibles de nos adversaires, qui sont plus nombreux », déclara-t-il[12].

À côté de ces attaques terroristes contre les civils et les édifices gouvernementaux, les groupes wahabites armés et les milices de la soi-disant « Armée syrienne libre », appuyés par des milliers de mercenaires arabes et atlantiques[13], prirent contrôle de la ville de Homs et la transformèrent en un bastion de rebelles wahabites. En plus, la ville d’Idlib au Nord et le Rif de Damas tombèrent aussi sous la main des groupes armés.

De surcroît, l’aggravation militaire sur le terrain fut accompagnée par une nouvelle tentative de la part de la Sainte-Alliance arabo-atlantique à faire passer, le 4 janvier, un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité. Le projet fut de nouveau opposé par un double veto sino-russe. Suite à ce nouvel échec, une pluie de colère frappa les capitales occidentales ainsi que la péninsule Arabique dont le climat était d'une nature désertique. Partout aux quatre coins du monde, nous entendions les dirigeants et les responsables de la Sainte-Alliance proférer des menaces et des injures. Jamais dans l’histoire de la pratique diplomatique, l’échange verbal sur la scène internationale n’a atteint un niveau aussi avancé de prosaïsme et de vulgarité. L’ambassadrice étatsunienne au sein du Conseil de sécurité, Susan Rice, se sentit « dégoutée » de la position russe et chinoise[14] ; de son côté, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, décrit la Russie et la Chine comme des pays qui « méritent des coups de pied au cul »[15]. Plus loin vers l’Orient, les émirs et sultans arabes ainsi que les califes ottomans se réveillèrent brusquement d’un long sommeil « centenaire », pour réaliser la nécessité de réformer le droit au veto au sein du Conseil de sécurité. Tragiquement, deux cents vetos étatsuniens opposés aux projets de résolutions visant la protection du peuple palestinien de l’atrocité de la soldatesque israélienne ne suffisaient pas pour que les crocodiles turcs et arabes versassent leurs larmes sur le Prométhée palestinien enchaîné[16].

Mensonges, vulgarité, prosaïsme, injures, menaces, larmes de crocodile, telle fut la réplique arabo-atlantique  au deuxième veto chinois et russe. Pourtant, la Syrie gagna de nouveau la bataille au Conseil de sécurité.

« Vieillesse ennemie n'avons-nous tant vécu, misérables vieillards, que pour apprendre cette catastrophe inattendue ! »[17].

 

Précipitation à l’Assemblée générale

Douze jours après l’opposition par la Russie et la Chine, le 16 février, le groupe arabe à l’Assemblée générale de l'ONU présenta au vote un texte de résolution condamnant la Syrie. L’Assemblée l’adopta à une écrasante majorité, malgré l'opposition de Moscou et de Pékin. Partout sur la scène internationale, les « révolutionnaires printaniers » ainsi que leurs parrains arabo-atlantiques applaudissaient la « victoire décisive » contre le « Vampire de Damas ». Sans reprendre son souffle, la machine médiatique de la Sainte-Alliance parlait de la chute inévitable du président syrien et prévoyait la nouvelle ère de l’après-Assad. La résolution exigea du gouvernement syrien qu'il mît fin « à ses attaques contre sa population civile »[18], et qu’il soutînt les efforts de la Ligue arabe « pour assurer une transition démocratique »[19] du pouvoir.

Pourtant, cette « victoire » restait illusoire, car la résolution n’avait qu’une portée essentiellement symbolique. Le groupe arabe le savait bien, surtout que les tiroirs de l’Assemblée générale sont pleins, jusqu’à présent, de textes pareils dénonçant l’atrocité israélienne contre le peuple palestinien, depuis 1947.   

En effet, l’utilité d’une telle résolution – s’il y en avait une – se présentait dans le besoin de donner une certaine « dose morale » aux groupes armés, qui perdaient de terrains dans des combats féroces avec l’armée syrienne à Homs, à Idlib et au Rif de Damas.  

 

Conférence d’« amis » à Tunis : Fin de partie

C’est d’abord un fait assez constant qu’après le double veto sino-russe au projet de la résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie, l’indignation arabe et occidentale, s’étant dirigée contre Moscou et Pékin, ne reconnut que le « Conseil national syrien » comme seul représentant légitime du peuple syrien ; soit que ces orateurs « sanctifiés » de tout péché se moquassent de l’Histoire humaine, soit que cette Histoire ne fût, en vérité, qu’une scène de théâtre sur laquelle se jouaient les grandes farces de l’humanité.

Ainsi se réunirent les révolutionnaires printaniers et leurs parrains arabo-atlantiques, « amis de la Syrie », dans une salle de conférence à Tunis, le 24 février.

Dans la déclaration finale, les conférenciers appelèrent la Syrie à « cesser immédiatement toute forme de violence »[20] et s’engagèrent à prendre « des mesures pour appliquer et renforcer les sanctions sur le régime »[21]. Le groupe d’« amis » réaffirma aussi « son attachement à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie » et souligna la nécessité d’une « solution politique »[22] à la crise.

La moindre chose à dire de ces « réaffirmations » et ces « soulignements » qu’ils sont ridicules, burlesques et carnavalesques. Les peuples de la région le savent bien. En effet, pendant quinze ans de guerre civile atroce qui détruisit leur pays entre 1975 – 1990, les Libanais ne recevaient des émirs et sultans de la péninsule Arabique que des appels à cesser le feu, des « réaffirmations » de la souveraineté du Liban et des « soulignements » d’une solution politique. Pourtant, plus de cent mille personnes furent tués ; et le Liban fut déchiré en mille cantons et quelques. Parallèlement au supplice du peuple libanais, « Les Mille et une résolutions » de la Ligue arabe sur la Palestine n’ont pu ni arrêter l’atrocité de la soldatesque israélienne ni mettre fin au calvaire du peuple palestinien.

À plus forte raison, que ce soit l’accès libre des agences humanitaires, la reconnaissance du CNS comme représentant légitime du peuple syrien, ou la création d’une force arabe ; aucun appel de la conférence de Tunis ne laisse d’impact sur le terrain ; pour la simple raison qu’ils ne peuvent être réalisés sans la présence d’une des deux conditions suivantes : l’agrément du régime syrien – ce qui n’est point le cas – sinon l’invasion de la Syrie par les forces de la Sainte-Alliance – ce qui semble encore plus ridicule, vu le rapport de force établi dans la région entre « le camps de résistance » (l’Iran, la Syrie, le Liban) et l’Empire depuis la défaite de l’armée israélienne à la guerre de juillet 2006. En plus, les récentes victoires militaires qu’a menées l’armée syrienne sur les groupes armés laissent les deux options hors du jeu.

Dans ce sens, les effets d’une telle déclaration sur l’intérieur syrien reste sans efficacité aucune, mais d’une grande valeur d’échange dans le souk international d’accusations et d’injures contre le régime syrien.

Il en reste à dire qu’en manque d’une sortie « apothéose » de l’impasse politique et diplomatique où se furent mis, les conférenciers de Tunis, ne trouvant que la reconnaissance du CNS comme un « représentant légitime » du peuple syrien, annoncèrent aux spectateurs la fin de partie au Proche-Orient[23]. 

« Pas d’autre cause, pas d’autre cause, mon âme ! »[24].



Fida Dakroub, Ph.D

 

Pour communiquer avec l’auteure : http://bofdakroub.blogspot.com/

Notes

[1] « Candide » de Voltaire, chapitre I.

[2] http://www.legrandsoir.info/le-11-vendemiaire-de-la-sainte-revolution-syrienne-ou-l-echec-du-conseil-national-syrien.html

[3] « Danse avec les loups » (Dances with Wolves) est un film américain réalisé par Kevin Costner en 1990.

[4] Archibald Haddock est un capitaine de fiction et l'un des personnages principaux de la série de bande dessinée « Les Aventures de Tintin », créée par Hergé.

[5] http://www.legrandsoir.info/le-11-vendemiaire-de-la-sainte-revolution-syrienne-ou-l-echec-du-conseil-national-syrien.html

[6] http://www.lepoint.fr/societe/veto-sino-russe-triste-jour-pour-les-syriens-et-le-conseil-de-securite-juppe-05-10-2011-1380910_23.php

[7] http://www.lepoint.fr/societe/veto-sino-russe-triste-jour-pour-les-syriens-et-le-conseil-de-securite-juppe-05-10-2011-1380910_23.php

[8] http://www.lepoint.fr/societe/veto-sino-russe-triste-jour-pour-les-syriens-et-le-conseil-de-securite-juppe-05-10-2011-1380910_23.php

[9] dans “Othello” de Shakespeare.

[10] http://www.lepoint.fr/monde/syrie-les-monarchies-du-golfe-exigent-l-arret-immediat-de-la-repression-20-12-2011-1410544_24.php

[11] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/12/23/attentats-contre-les-services-de-securite-a-damas-selon-la-television-syrienne_1622169_3218.html

[12] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[13] http://rt.com/news/britain-qatar-troops-syria-893/

[14] http://www.lepoint.fr/monde/pluie-de-critiques-apres-le-double-veto-a-l-onu-sur-la-syrie-05-02-2012-1427667_24.php 

[15] http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29208 

[16] Dans la mythologie grecque, Prométhée est un Titan. Il est connu pour son intervention dans plusieurs mythes anthropogéniques : création des hommes à partir d'argile et d'eau et vol du « savoir divin » (le feu sacré de l’Olympe) pour l’offrir aux humains. Courroucé par ses excès, Zeus, le roi des dieux, le condamne à finir enchaîné et torturé sur le Mont Caucase. Il lui inflige aussi un supplice. Héphaïstos l’enchaîne nu à un rocher dans les montagnes du Caucase, où un aigle vient lui dévorer le foie chaque jour. Sa souffrance devient ainsi infinie, car chaque nuit son foie repoussait.

[17] Dans « Perses » d’Eschyle.

[18] http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/342895/syrie-l-assemblee-generale-de-l-onu-condamne-massivement-la-repression

[19] http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/342895/syrie-l-assemblee-generale-de-l-onu-condamne-massivement-la-repression

[20] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/24/les-amis-de-la-syrie-veulent-relance-du-calendrier-diplomatique_1647859_3218.html

[21] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/24/les-amis-de-la-syrie-veulent-relance-du-calendrier-diplomatique_1647859_3218.html

[22] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/24/les-amis-de-la-syrie-veulent-relance-du-calendrier-diplomatique_1647859_3218.html

[23] http://www.voltairenet.org/Fin-de-partie-au-Proche-Orient

[24] Dans "Othello" de Shakespeare.

 

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est écrivaine et chercheure, membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario. Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans historiques d’Amin Maalouf » (2011). Fida Dakroub est un collaborateur régulier du « Centre de recherche sur la mondialisation ».


 

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Fida Dakroub est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Fida Dakroub publiés par Mondialisation.ca

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Syrie : L’ONU « incapable » de vérifier les violations de l’Armée syrienne libre

4 Mars 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie : L’ONU « incapable » de vérifier les
 
violations de l’Armée syrienne libre
 

Mondialisation.ca, Le 1 mars 2012
  
 

Le dernier rapport de l’ONU sur la Syrie publié par la Commission d’enquête a poussé le Conseil des droits de l’homme à tenir le 28 février un débat urgent sur la question.

 Selon un communiqué de presse de l’ONU :

Le Président de l'Assemblée générale [Nassir Abdulaziz Al-Nasser] a relevé que le rapport de la Commission d'enquête présente une situation désastreuse et indique que le «Gouvernement syrien a failli à son obligation de protéger sa population civile» [...] Ses forces se sont livrées des violations grossières des droits de l'homme. (Conseil des droits de l'homme, Le Conseil des droits de l'homme tient un débat urgent sur la situation en Syrie, 28 février 2012)

La Commission d’enquête a cependant basé en grande partie son évaluation de la situation en Syrie sur des témoignages d’opposants recueillis à l’extérieur de la Syrie. Le rapport est par ailleurs contradictoire. Il affirme que les violations commises par les forces syriennes sont plus importantes que celles commises par les « groupes antigouvernementaux », tout en admettant que le « manque d’accès au pays […] a rendu problématique la documentation des abus commis par les groupes armés antigouvernementaux et les opposants […] »

Le gouvernement a manifestement failli à son obligation de protéger sa population civile. Depuis novembre 2011, ses forces se sont livrées à davantage de violations grossières et systématiques des droits humains. Les groupes antigouvernementaux ont eux aussi commis des abus, dont l’ampleur et l’organisation ne sont toutefois pas comparables à ceux commis par l’État. (Conseil des droits de l'homme, Report of the independent international commission of inquiry on the Syrian Arab Republic, 22 février 2012, p.1)

La commission a entrepris de montrer les violations et abus commis par toutes les parties. Toutefois, le manque d’accès au pays a rendue problématique la documentation des abus commis par les groupes armés antigouvernementaux et les opposants, puisque la plupart des victimes et des témoins de ces abus sont demeurés dans le pays et que le gouvernement n’a pas facilité les entrevues avec les victimes de violence de la part des groupes armés durant la période considérée. (Ibid., p.5)

Après son premier rapport, la commission a interrogé d’autres victimes et témoins de violations, des déserteurs et d’autres individus possédant des renseignements privilégiés pertinents. Du 9 au 25 janvier 2012, la commission s’est rendue dans plusieurs pays afin de recueillir des témoignages en personne de gens ayant récemment fui la République arabe syrienne. (Ibid., p.6)

Concernant l’ensemble de preuves recueilli, le rapport mentionne que « la commission a appliqué la norme de preuve utilisée dans son premier rapport ». Celle-ci est basée sur « le doute raisonnable ».

Plus important encore, le rapport dit :

Afin de remplir son second mandat (« identifier les responsables ») la commission a considéré qu’un ensemble de documents fiables devait être accumulé afin d’indiquer quels individus pouvaient être responsables de violations des droits humains. La commission a reçu des informations quant à la responsabilité présumée d’un certain nombre de personnes pour des violations commises dans la République arabe syrienne de mars 2011 jusqu’au moment d’écrire ce rapport.

La commission n’a pas appliqué droit international humanitaire pour les besoins du rapport et la période couverte. Le droit international humanitaire est applicable si la situation peut être qualifiée de conflit armé, ce qui dépend de l’intensité de la violence et du niveau d’organisation des parties. Bien que la commission craigne sérieusement que la violence dans certains endroits ait atteint le niveau requis d’intensité, elle a été incapable de vérifier si l’Armée syrienne libre, les groupes locaux s’identifiant comme tel ou les autres groupes armés antigouvernementaux avaient atteint le niveau d’organisation nécessaire. (Ibid.)

Les auteurs du rapport de l’ONU accusent le gouvernement syrien d’avoir commis plus de violations que les groupes armés et/ou l’Armée syrienne libre (ASL), tout en admettant leur « manque d’accès au pays », leur incapacité d’évaluer l’importance de l’ASL et leur accès restreint aux témoignages de leurs victimes. Si les enquêteurs ont été incapables d’évaluer l’importance des violations de la FSA, comment peuvent-ils affirmer que celles du gouvernement étaient de bien plus grande ampleur?

Les enquêteurs affirment avoir tenu compte du rapport du 22 janvier 2012 de la Ligue des États arabes. Les observateurs de cette mission, qui, eux, ont eu accès au pays, ont noté ce qui suit :

À Homs et Dara la mission a observé des groupes armés commettant des actes de violence contre les forces gouvernementales ayant provoqué des décès et des blessures dans leurs rangs. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont répliqué par la force aux attaques contre leur personnel.

À Homs, Idlib et Hama, la mission d’observation a été témoin d’actes de violence contre des forces gouvernementales et des civils ayant entraîné plusieurs décès et blessures. On peut citer par exemple l’attaque à la bombe d’un autobus publique ayant fait huit morts et des blessés, incluant des femmes et des enfants, ainsi que l’attaque à la bombe d’un train transportant du diesel. Lors d’un autre incident à Homs, deux policiers ont trouvé la mort dans l’explosion d’un autobus de la police. Des attaques à la bombe ont par ailleurs ciblé un oléoduc et de petits ponts.

Selon ses équipes sur le terrain, la mission a également noté que les médias exagéraient la nature des incidents et le nombre de personnes tuées dans les incidents et les manifestations dans certaines villes. (Mission d’observation en Syrie de la Ligue des États arabes Report of the Head of the League of Arab States Observer Mission to Syria for the period from 24 December 2011 to 18 January 2012, 27 janvier 2012.)

Toutefois, ces observations ne font pas partie du discours de l’ONU et des médias sur la Syrie. Les représentants de l’ONU et les médias dominants minimisent ou ignorent le rôle des groupes armés et de l’Armée syrienne libre.

Un reportage du Haaretz montre que même si les groupes armés ont commis des violations des droits humains, ceux-ci ne sont pas mentionnés :

[La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Navi] Pillay, a dit que la communauté internationale doit agir pour empêcher les forces de sécurité syriennes de continuer leurs attaques contre des civils, lesquelles ont entraîné, dit-elle, « d’innombrables atrocités » […]

Mme Pillay a cité le rapport d’un groupe d’experts de l’ONU publié la semaine dernière et concluant que des représentants officiels du gouvernement  syrien étaient responsables de « crimes contre l’humanité » commis par les forces de sécurité contre des membres de l’opposition. Les crimes comprennent le bombardement de civils, l’exécution de déserteurs et la torture de détenus. Certains groupes d’opposition ont aussi commis des abus, affirme le rapport […]

Mme Pillay a réitéré sa demande de référer la Syrie à la Cour pénale internationale « en raison des violations épouvantables qui ont lieu à tout moment ». (Reuters, The Associated Press and DPA UN human rights chief: Some 500 children killed in Syria violence, Haaretz, 28 février 2012.)

Lors du débat le 28 février, les États-Unis ont réclamé, sous couvert d’humanisme, une intervention militaire et un « changement de régime », blâmant « Assad et sa cohorte meurtrière » :

Les États-Unis demandent que le gouvernement Assad cesse ses crimes atroces contre le peuple syrien, le retrait de toutes les forces de sécurité et un accès humanitaire immédiat […] Bachar Al-Assad doit partir. (Conseil des droits de l'homme, Human Rights Council holds urgent debate on Human Rights and humanitarian situation in Syria, 28 février 2012)

Il convient de noter que le nombre d’Irakiens décédés suite à l’invasion illégale de l’Irak par les États-Unis se chiffre à près de 1,5 million. Les crimes commis sont donc de « bien plus grande ampleur » que ceux attribués à « Assad et sa cohorte meurtrière ». Pourtant, dans les neuf dernières années, l’ONU a gardé le silence sur ces « innombrables atrocités » et ces « crimes contre l’humanité » documentés.

De plus, alors que l’ONU s’appuie sur des témoignages d’opposants recueillis surtout hors de la Syrie et ne fournit pas de chiffres précis, le gouvernement syrien a fourni un compte-rendu détaillé des pertes humaines. Là encore, ces informations sont minimisées bien qu’elles soient plus précises que les témoignages et approximations de l’ONU.

Le gouvernement syrien a fourni ses propres chiffres au Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme : 2,493 civils et 1,345 soldats et policiers tués entre le 15 mars 2011 and 18 janvier 2012 (un total de 3,838 décès). Il est possible que le nombre exact de pertes humaines soit largement supérieur. Même si les manifestations sont demeurées considérablement pacifiques, les reportages d’attaques armées par des combattants antigouvernementaux contre les forces syriennes ont augmenté, ayant également davantage de conséquences sur les civils. (Ibid.)

Le rapport de l’ONU et les reportages des médias accusent les autorités syriennes de crimes contre l’humanité sans détenir beaucoup de preuves factuelles. Ils accordent plus de crédibilité à des témoignages de l’opposition souvent impossibles à vérifier qu’à des données précises fournies par les autorités, tout en ignorant le rôle des groupes armés dans le meurtre de civils et des forces de l'ordre et persistent à parler de « manifestations pacifiques ». En outre, l’ONU affirme que le gouvernement syrien a « manifestement failli à son obligation de protéger sa population civile », mais n’aborde pas de manière adéquate la question des groupes armés appuyés et financés par d’autres États qui demandent la résignation d’Al Assad.

Comme ce fut le cas avec l’opposition libyenne, les États-Unis montrent qu’ils ont deux poids deux mesures dans la « guerre au terrorisme ». Alors qu’ils demandent à Al Assad de démissionner, ils admettent que l'opposition est appuyée par des organisations terroristes comme Al Qaeda et ferment les yeux sur leurs crimes à l’endroit du peuple syrien.

Julie Lévesque


Julie Lévesque est journaliste et chercheur au Centre de recherche sur la Mondialisation.


Julie Lévesque est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca

Article repris: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29572
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Syrie - Désinformation massive.

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

28362.jpgUn message de Philippe DERUDDER.

Bonjour à tous

Pour le citoyen lambda, dont je fais partie, il est bien difficile de se faire une opinion sur les évènements qui se déroulent dans le monde actuellement. On nous montre de grand méchants dictateurs (enfin que l'on découvre dictateurs aujourd'hui) contre lesquels se soulèvent les peuples asservis, avec l'appui, heureusement, des grandes démocraties dont le seul objectif est de pacifier, et d'aider à libérer les peuples de la tyrannie pour que triomphent les droits de l'homme (Snif c'est beau). C'est ce que je comprends, mais ce n'est que ma compréhension au travers de l'info reçue par les grands média.

Mais si on fouille un peu, si on prend en compte des témoignages moins médiatisés, si on accepte de ne pas voir qu'une mosaïques de faits isolés les uns des autres, et si on relie tout cela aux intérêts des puissances dominantes actuelles, alors ces évènements prennent un tout autre sens, moins glorieux certes et certainement moins porteurs d'un avenir pacifié...

je ne cherche pas ici à prendre position pour ceci ou cela. Je veux juste dire aux citoyens du monde que vous êtes comme moi, que ce que l'on nous dit et ce que l'on nous présente  n'a rien à voir avec la réalité. L'actualité de ces dernières années démontre combien les progrès de la communication sont utilisés pour mieux  conditionner, endormir, manipuler le "bon peuple". Je parle de ces dernières années, mais des historiens, à la lumières d'archives maintenant rendues publiques, sont en train d'écrire une autre version de l'histoire que celle que nous avons reçue. C'est le cas pour les deux grandes guerres. Ce n'est donc pas nouveau. Ce qui est nouveau par contre. C'est qu' aujourd'hui nous avons les moyens d'aller au delà de la version officielle des choses. C'est précieux car c'est annonciateur d'une grande transformation des sociétés. Ainsi  il me semble important, même sans certitude, de s'ouvrir à un autre regard pour relativiser tout cela et ne pas se laisser entrainer malgré nous dans un avenir où une fois encore nous serions les pions de joueurs d Échecs qui ont des objectifs tout autres que d'établir paix, droits de l'homme et justice sociale dans le monde.

Si vous avez peu de temps voici un l'article
d'un journal indépendant basé en Suisse. Une synthèse rapide des enjeux géopolitiques qui échappent à la plupart et qui ne sont pas à négliger si on veut y comprendre quelque chose

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3165

Si vous voulez plus mais avec plus de temps je relaye un courriel de Jean Jacques Rey avec de nombreux liens

Bien cordialement
Philippe Derudder

Ambassadeur-Ford-a-Hama--Syrie--en-juillet-2011-jpg
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Il y a une campagne d'enfumage sévère sur la situation en Syrie qui me décide à organiser une petite expédition contre la propagande, et cela fait un moment que cela me démangeait sur ce sujet ; mais j'ai voulu prendre le temps de construire ma réflexion, tant nous sommes tentés de croire plus facilement ce qui conforte nos idéaux que le contraire...
C'est quand même incroyable, après les énormités qui ont favorisé les interventions en Irak, Afghanistan, Libye, etc., les médias "mainstream" (dominants), collaborent jusqu'à la caricature (et je pèse mes mots) aux desseins impérialistes des gouvernements occidentaux, ils replongent tête baissée dans l'intox des services secrets et officines diverses... Je ne suis pas loin de penser que certains reporters : à leur insu, car voulant exercer consciencieusement et courageusement leur métier, ont servi de faire-valoir et de chair à canon pour émouvoir l'opinion publique, internationale, en vue d'une "inéluctable" et énième intervention à caractère "humanitaire" ; tout cela en vue d'isoler l'Iran, partie avancée d'un bloc géopolitique, rival ; ce qui pourrait conduire à un embrassement planétaire...
On se demande à quoi sert l'intelligence (supposée) de certains de nos dirigeants !
Décidément, par ordre de considération générale, je crois que l'information ne doit dépendre d'aucun pouvoir, mais qu'on doit lui en donner les moyens...à commencer par la déconnecter du commerce comme bien d'autres services rendus à la société humaine d'ailleurs.
 
 
 
 antakya19fev2012-copie-1.jpg

Syrie - Désinformation massive
http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-desinformation-massive-100255439.html
par Pierre PICCININ, en Syrie, décembre - janvier 2011/2012
Au terme d’un nouveau séjour d’observation en Syrie, force est d’admettre que, plus que jamais depuis le début des événements, la réalité du terrain diffère du tableau catastrophiste qu’en proposent les médias en Europe et aux États-Unis.
Très éloignée de la vision simpliste d’une insurrection populaire contre une dictature, la conjoncture syrienne se décline effectivement de manière plus complexe et l’opposition au président al-Assad, bien loin de constituer un bloc solidaire, se révèle fragmentée et très locale. À l’intérieur du pays et dans les grandes villes, le calme règne, et l’armée régulière est fidèle au gouvernement, soutenu, fût-ce par défaut face à l’islamisme radical, par une majorité de la population, à commencer par les communautés alaouite et chrétiennes, mais aussi par la classe moyenne sunnite, favorable aux réformes économiques entreprises depuis 2000.
Seules les villes de Hama et de Homs connaissent des troubles significatifs, et des agglomérations de moindre importance, le long des frontières turque et libanaise, à travers lesquelles s’infiltrent des combattants, armés et soutenus par l’étranger.
 antakya_antiemp.jpg
Siège de Homs : à qui la faute ?
http://www.michelcollon.info/Siege-de-Homs-a-qui-la-faute.html
Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. Les obus pleuvent et s'écrasent dans un bruit assourdissant, fauchant des vies sans demander l'âge ni l'identité de leurs victimes.
Devant le drame de Homs, on ne peut qu'éprouver rage et colère à l'encontre du président syrien, de son parti et de son armée. Mais ce camp aujourd'hui en pleine offensive après avoir été totalement débordé par la violence terroriste, est-il le seul à blâmer ? L'Armée syrienne libre (ASL) qui, depuis des mois, tient des quartiers entiers en otage, entraînant une partie de la population dans une aventure militaire incertaine n'est-elle pas autant responsable de cette tragédie ? Début novembre, le régime de Damas avait promis une amnistie à tous les insurgés qui rendraient leurs armes pour autant qu'ils n’aient pas de sang sur les mains. Si l'on peut légitimement douter de la bonne foi du régime, rappelons-nous tout de même que ce type d'engagement gouvernemental a été respecté et même validé par les observateurs de la Ligue arabe.
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Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr
http://www.voltairenet.org/Pour-la-liberation-de-nos
Plusieurs journalistes sont retenus dans la zone close de Baba Amr. Selon les dirigeants atlantistes, ils sont empêchés d’en sortir par l’armée syrienne qui pilonnerait le bastion rebelle. Présent sur place et témoin privilégié des négociations, Thierry Meyssan rend compte de la réalité : les journalistes sont prisonniers de l’Armée « syrienne » libre qui les utilise comme boucliers humains. Le Croissant Rouge syrien a été empêché par les rebelles de les évacuer.
Nos confrères Marie Colvin (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) ont été tués mercredi 22 février 2012 dans la zone rebelle à l’ intérieur de Homs.
Selon des agences de presse occidentales citant l’Armée « syrienne » libre, ils ont été victimes du pilonnage du quartier par les forces de Damas. Cependant, l’Armée nationale n’a fait usage de lanceurs de roquettes multiples que pendant une très courte période pour détruire des postes de tir, et à aucun moment après le 13 février. En outre, si la ville était pilonnée depuis 21 jours, comme l’indiquent les agences de presse, il y a longtemps qu’elle ne serait plus qu’un tas de ruine sans âme qui vive.
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Syrie : La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN ?
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29351
Les mensonges médiatiques et la propagande gouvernementale présentent les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique ».
Les « manifestations » ne sont pas issues de clivages politiques internes tels que décrits par les médias dominants. Depuis le tout début ils sont le résultat d’une opération clandestine du renseignement des États-Unis et de l’OTAN visant à déclencher le chaos social, dans le but de discréditer tôt ou tard le gouvernement de Bachar Al-Assad et de déstabiliser la Syrie en tant qu’État nation.
Depuis la mi-mars 2011, des groupes islamistes armés, appuyés clandestinement par les services de renseignement étasunien et israélien, ont mené des attaques terroristes contre des édifices gouvernementaux, incluant des incendies. Des tireurs professionnels et embusqués, dont des mercenaires, ont ciblé les policiers, les forces armées, ainsi que des civils innocents. Ces faits sont amplement documentés. Tel que souligné dans le rapport de la mission d’observation de la Ligue arabe, il existe des preuves abondantes démontrant que ces groupes armés ont tué des civils.
Alors que l’armée et le gouvernement syriens ont une lourde responsabilité, il convient de souligner le fait que ces actes terroristes, incluant le meurtre délibéré d’hommes, de femmes et d’enfants, font partie d’une initiative des États-Unis de l’OTAN et d’Israël consistant à appuyer, entraîner et financer une « entité armée » opérant en Syrie.Selon des reportages, les preuves confirment que des agents du renseignement étrangers ont intégré les rangs des rebelles.
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A propos de la Syrie
http://blog.mondediplo.net/2012-02-23-A-propos-de-la-Syrie
Dans une conversation téléphonique entre le président russe et le roi saoudien, ce dernier a affirmé à son interlocuteur que tout dialogue sur la Syrie était « maintenant futile » (agence de presse saoudienne, 22 février 2012). Qu’est-ce à dire ? Que la seule voie possible est celle de l’intervention militaire ? Qu’il faut armer l’opposition ? Il semble bien que c’est dans cette direction que s’oriente la réunion des amis de la Syrie qui se tient vendredi 24 février à Tunis.
Le soulèvement en Syrie, qui va bientôt entrer dans sa seconde année, pose des questions dramatiques auxquelles il n’existe pas de réponses simplistes — à moins de jouer la politique du pire. Il faut rappeler ce que le renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis a coûté, coûte et continuera de coûter aux Irakiens dans les prochaines décennies.
Les causes de la révolte :
La révolte en Syrie est née des trois mêmes causes qui ont provoqué, du Maroc à l’Irak, des mouvements de contestation :
— le refus d’un régime autoritaire, de l’arbitraire total de l’Etat et de ses services de répression, de la banalisation de la torture ;
— l’ampleur de la corruption – l’ouverture économique (largement encouragée par l’Occident) ayant abouti à l’accaparement des richesses nationales par une mafia autour du chef de l’Etat –, la richesse ostentatoire d’une petite caste contrastant avec une pauvreté qui accompagne le désengagement de l’Etat (voulu aussi par les conseillers occidentaux) ;
— le poids de la jeunesse. La génération la plus nombreuse de l’histoire qui arrive à l’âge adulte dans les pays arabes et qui, bien que mieux éduquée, ne dispose pas des moyens d’une insertion sociale – du travail, mais pas seulement, également l’exercice des responsabilités – à la hauteur de ses aspirations.
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LA RUSSIE LACHERAIT-ELLE LA SYRIE ? COMMENT NAVIGUER ENTRE DEUX MERS ?
http://www.centpapiers.com/la-russie-lacherait-elle-la-syrie-comment-naviguer-entre-deux-mers/90724
« La Russie lâche Damas et l’ONU s’agite », titrait le journal Libération le samedi 17 décembre (1). Le quotidien jaune – propriété du milliardaire Édouard de Rothschild – s’agite depuis quelques mois, à l’unisson avec quelques autres torchons français, et réclame une agression ‘humanitaire’ contre la Syrie victime d’infiltration d’escadrons de la mort, de snipers et de mercenaires bénéficiaires de l’aide française, turque, israélienne et américaine.
Le journal obéissant à son créancier – officier de l’État-major Sarkozyste – se réjouit vertement du revirement diplomatique russe, qui,  jeudi le 15 décembre 2011 présentait à l’ONU un projet de proposition sur la Syrie coincée entre la Caspienne et la Méditerranée. Le lecteur qui ne lirait que le titre et le chapeau de l’article aurait la fausse impression que le Kremlin capitule complètement et s’apprête à soutenir une résolution à «la libyenne» au Conseil de sécurité de l’ONU. Autant dire que les aviations franco-britannique et israéliennes obtiendraient l’ autorisation de bombarder  la population civile, massacrant des milliers de syriens sous prétexte d’empêcher leur massacre – un ‘remake’ du tragique drame libyen, du « déjà vu », écriraient les scénaristes hollywoodiens.
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Syrie en ébullition, navire de guerre américain en Mer Noire
http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Mer_Noire_Etats- Unis_Russie_Syrie_base_navale_changement_de_regime_130611.htm
.../...
Il ne fait aucun doute que les États-Unis accentuent la pression sur la flotte russe en Mer Noire. La provocation des Etats-Unis se déroule dans le contexte de la crise en Syrie. La Russie bloque obstinément les tentatives étasuniennes de racolage pour une intervention en Syrie du style de celle en Libye. Pour Moscou, si les Etats-Unis veulent un changement de régime en Syrie, c’est principalement pour obtenir la liquidation de la base navale russe dans ce pays.
La base syrienne est le seul point d’ancrage de la Russie en Méditerranée. La flotte russe en Mer Noire dépend de sa base en Syrie pour maintenir une présence effective en Méditerranée. Avec la création de bases militaires américaines en Roumanie et l'apparition du navire de guerre américain dans la région de la mer Noire, l'encerclement [de la marine russe] se resserre. C'est un jeu du chat et de souris, où les États-Unis prennent le dessus.
Le régime dirigé par Bechar el-Assad est ostensiblement répressif, puisque des massacres sont rapportés presque quotidiennement. Mais les reportages occidentaux passent totalement sous silence l’aide extérieure apportée à l'opposition syrienne. Personne ne s’intéresse à prouver ou à mettre doute, par exemple, les circonstances dans lesquelles 120 personnes de la sécurité syrienne auraient pu être tuées lors d’un seul « incident ». DSCN2690.JPG
 
Syrie : Prenons le journal Le Monde au Pied de la Lettre
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-prenons-le-journal-le-monde-111350
Le journal Le Monde, via un de ses blogs, se plaint de la remise en cause légitime de leurs écrits concernant les évènements en Syrie. En effet, depuis le début du conflit, la majeure partie des prétendus crimes attribués à Assad sont communiqués par l'OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l'Homme), une organisation très mystérieuse. Face aux commentaires des lecteurs sur Facebook qui accusent Le Monde de mentir, un des blogs du journal a publié un article pour reprendre les mauvais-penseurs et offrir ainsi le chemin de la vérité..
A la lecture de cet article, on peut y voir un signe de victoire : Le Média du pauvre (Internet) dérange le complexe militaro-journalistique jusque dans ses lignes. Mais c'est surtout la conclusion de l'article qui est surprenante puisqu'elle nous apprend poliment que le journal ne se permettrait aucune censure mais au contraire serait dénué d'idéologie et offrirait des observations se basant sur des faits avérés :
 
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A Antioche le 19 février 2012, 6.000 manifestants pour la paix en Syrie.

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

antioche19feb.jpgA Antioche, 6.000 manifestants pour la paix en Syrie


A l'appel de partis et de syndicats de gauche, près de 6.000 personnes ont bravé le gouvernement turc en manifestant le 19 février à Antakya, ville majoritairement arabophone du Sud du pays sous le slogan "Arrêtez l'ingérence impérialiste en Syrie et au Moyen-Orient". Le ministère de l'intérieur et le gouverneur de la ville, tous deux membres du Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan, avaient pourtant interdit ce rassemblement au motif qu'il pourrait entraîner des "provocations" empêchant la police "d'assurer la sécurité", "nuire à l'image de la ville" et donner l'impression que les événements en Syrie "débordent sur notre province" (sic). La police a été jusqu'à intimider les commerçants qui avaient collé sur leur vitrine l'affiche appelant à la manifestation. Dimanche dernier, les protestataires antiochiens étaient donc particulièrement remontés contre le parti au pouvoir qui, non seulement leur imposait la censure mais qui en plus a converti leur province en port franc pour toutes les milices armées anti-Bachar et les barbouzes des pays du Golfe et atlantistes.

Arrivée devant le gouvernorat d'Antioche, la foule a scandé un retentissant "Gouverneur démission". Après un parcours de 2 km, le cortège arborant des drapeaux rouges et des bannières syndicales multicolores est parvenu sur la place Ulus qui n'a pu accueillir tout le monde faute de place. Plusieurs centaines de drapeaux syriens de portraits du président syrien étaient également présents dans le cortège. Au terme de la manifestation, Ayhan Erkal, président régional du syndicat des enseignants Egitim-Sen et membre du comité organisateur, a dénoncé "les forces impérialistes commandées par les USA" qui cherchent "par tous les moyens" à faire de la Syrie "une nouvelle Libye". "En flattant la Turquie pour l'importance qu'elle joue dans la région, ils (les forces impérialistes NDT) exhortent la Turquie à donner au Moyen-Orient un nouveau design qui répond à leurs intérêts." a-t-il ajouté.

Le syndicaliste n'a pas manqué de fustiger le premier ministre Erdogan qui a d'abord "bombé le torse à propos de la Palestine", "posé aux côtés du régime d'El-Assad" et "reçu un prix des droits de l'homme de la part de Kaddhafi" avant de se mettre au service de l'impérialisme.
"Et puis soudain, ceux qui disaient que l'OTAN n'avait rien à faire en Libye ont installé à Izmir le QG de la guerre contre ce pays. Le gouvernement a également accueilli dans notre pays les groupes menant la lutte armée en Syrie pour le compte de forces étrangères. Le volume d'échange commercial entre Israël et la Turquie n'a cessé de croître ces dernières années. En bref, le gouvernement a sacrifié à l'impérialisme toutes les relations qu'il avait réussi à tisser par sa politique du "zéro problème" avec ses voisins. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement AKP s'apprête maintenant à installer à Malatya un bouclier anti-missile dont le seul but est de protéger Israël" a-t-il conclu.

Concernant la solution que prônent son syndicat et ses alliés de gauche comme le Front populaire (HALK CEPHESI), le Parti communiste (TKP) ou encore le Parti du travail (EMEP), Ayhan Erkal a déclaré: "Nous défendons le droit à l'autodétermination du peuple syrien. Nous pensons que la seule voie qui permettra aux peuples de Syrie de faire éclore une démocratie et une économie populaire et révolutionnaires dans leur pays est la lutte. C'est une lutte qu'ils doivent mener d'eux-mêmes. Nous ne défendons pas des Etats mais des peuples opprimés. Mais nous savons qu'en cas d'agressions impérialistes, les peuples perdent toujours."


Depuis l'annexion turque de la province syrienne du Sandjak d'Alexandrette dont Antakya (Antioche) est le chef-lieu, c'est la première fois que cette ville accueille une manifestation de solidarité avec la Syrie d'une telle ampleur. Les dernières grandes manifestations prosyriennes datent de 1938. Elles avaient été organisées par Zaki Al Arsouzi, un activiste de la région et précurseur du baassisme syrien. Partisan d'un rattachement du Sandjak d'Alexandrette à la Syrie, Arsouzi s'opposa à la fois à la France coloniale et aux irrédentistes turcs.




Bahar Kimyongür, auteur de Syriana, la conquête continue, Ed. Couleur Livres et Investig'action, 2011

23 février 2012

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