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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

La propagande anti-syrienne dans les journaux télévisés français. Article de Marie-Ange Patrizzio le 5 juin 2012.

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

antioche19febChers amis,

Hier, dans un de ses journaux du soir, FR3 montrait une manifestation imposante, d’ « opposants au gouvernement syrien » "dans une ville proche de Houleh", en réaction au massacre perpétré la veille dans ce village et attribué par ces mêmes media au gouvernement Assad. Sur France2 ensuite, mêmes commentaires mais les images de la manifestation ont été supprimées.

Les media français (entre autres) peuvent se permettre de dire n’importe quoi : les images de la manifestation, en effet  imposante, montraient des gens immobilisés en rangs, bras tendus, chantant l’hymne national, et brandissant ...le drapeau de la République arabe syrienne, à deux étoiles 

Deux étoiles…Pas les trois étoiles du drapeau des « insurgés », « opposants », "armée syrienne libre" etc., qu'on aurait dû voir chez ces manifestants présentés, avec ces images, comme défilant contre le gouvernement.

Les media publics français peuvent donc se permettre d'utiliser des images exactement contraires à la réalité qu'ils sont en train de décrire avec un mensonge flagrant.

Mais qui s'en aperçoit ? En dehors, ici, des Syriens émigrés et de ceux d’entre nous qui sont allés chercher quelques informations et connaissances au-delà de ce qu’on nous fait avaler de mensonges quotidiens, qui aura perçu ces éléments permettant d'appréhender, dans quelques fugaces fractions de seconde d'images, l’ampleur du mensonge et la grossièreté de la désinformation ?

 

Autre péripétie de la propagande impérialiste (sans changement dans nos sucessions de gouvernements) : les journaux radios et télévisés français annonçaient aujourd’hui que la Russie, au Conseil de sécurité d’hier soir, avait -« enfin » !- « condamné le gouvernement syrien » pour ce même massacre de 108 personnes à Houleh.

Et puis, changement en quelques minutes, ce soir, entre le journal de FR3 et celui de France 2 : eh non, la Russie ne condamne pas le "régime" comme on l'avait annoncé.
Ceux d’entre vous qui sont prêts à aller chercher d’autres informations, peuvent consulter :

- le site Sana, pour voir quelle version (détaillée) l’agence de presse syrienne donne du même Conseil de sécurité à propos de ce massacre :

http://www.sana.sy/fra/55/2012/05/28/421872.htm

 

- ou le site russe RIA Novosti :

« Selon les observateurs internationaux, 108 habitants du village de Houla ont été tués lors d'une attaque perpétrée les 25 et 26 mai près de la ville de Homs. Les autorités syriennes nient toute responsabilité dans ce massacre.

La Russie n'exclut pas l'hypothèse que cette attaque soit une provocation. Il est significatif que la tuerie de Houla ait eu lieu à la veille d'une visite de Kofi Annan à Damas.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé dimanche le massacre de civils dans ce village syrien. Lors d'une vidéoconférence à huis clos, les représentants des 15 pays membres du Conseil ont pris connaissance du rapport du chef de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood. Selon lui, des centaines de personnes ont trouvé la mort à Houla, mais les causes de leur décès sont inconnues, de nombreuses victimes ayant été enterrées avant l'arrivée des observateurs ».

http://fr.rian.ru/world/20120528/194860781.html.

 

Pour qui est-il évident que le gouvernement syrien a intérêt à massacrer plus de 100 civils à la veille de l'arrivée de l'émissaire de l'ONU ..?

   

m-a

 msyria-copie-1

 

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Le témoignage d’un religieux français. « La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité ».

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le témoignage d’un religieux français

« La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité »

« La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité »

Le dispositif de communication occidental accentue la pression médiatique sur les populations d’Europe et des États-Unis pour les contraindre à accepter une guerre au Proche-Orient. Afin de faire passer de nouveau une agression pour une intervention humanitaire, il est nécessaire de cacher les vrais enjeux et de maintenir le débat dans le registre émotionnel via des campagnes choc. Dans ce contexte, le témoignage de Mgr Philippe Tournyol du Clos est précieux. Lorsque l’on met les événements qui secouent la Syrie en perspective, il ressort que les crimes dont on accuse le gouvernement syrien ne profitent qu’aux partisans du conflit de civilisation.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 2 juin 2012
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La paix en Syrie pourrait être sauvée si chacun disait la vérité. De retour à Damas en ce mois de mai 2012, il me faut bien constater qu’après une année de conflit, la réalité du terrain ne cesse de s’éloigner du tableau catastrophiste qu’en imposent les mensonges et la désinformation occidentale.

Le mois de février a marqué un coup d’arrêt aux provocations des islamistes radicaux. Les troubles, en majorité circonscrits à Hamma et à Homs, auraient d’ailleurs été plus vite résorbés si la pression internationale n’avait freiné l’intervention de l’Armée. Les zones frontalières de la Turquie, de la Jordanie et du Liban — par lesquelles s’infiltrent les mercenaires — restent encore sensibles. Dans la capitale, ce que l’on appréhende le plus sont les voitures piégées et les attentats à la bombe, la plupart du temps, le fait de kamikazes alléchés par l’appât du gain, le désir du paradis d’Allah, ou bercés du rêve sunnite de la fin des alaouites au terme de 40 ans de règne et l’avènement de Jésus au haut du minaret, accompagné du dernier prophète Al-Mahadi pour le Jugement dernier.

Il faut dire et redire que l’idéologie fanatique est d’importation étrangère et que la Syrie n’a jamais été confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation sanguinaire et systématique par des aventuriers qui ne sont pas syriens. Cette information, qui va à l’encontre des journaux et des reportages télévisés, l’ex-ambassadeur de France, Éric Chevallier, n’avait eu de cesse de la faire entendre à Monsieur Juppé ; mais le ministre français refusa toujours de tenir compte de ses rapports et falsifiait sans vergogne ses analyses pour alimenter la guerre contre la Syrie [1].

Nos lecteurs ont encore en mémoire l’invitation du Patriarche maronite à Paris, Sa Béatitude Bechara Raï, par Nicolas Sarkozy qui, s’étant renseigné sur le nombre des chrétiens au Liban et en Syrie, lui proposa de les installer en Europe. La réponse indignée et courageuse du haut prélat qui prit la défense de Bachar Al-Assad — et qui devait, selon le protocole, être décoré de la légion d’honneur — lui valut d’en recevoir l’écrin de la main sèchement tendue de l’ex-président français [2].

Arrivée à Damas

L’on respire à Damas un autre air qu’on voudrait nous le faire croire partout ailleurs.

Certes, depuis quatre mois, dans la banlieue, les voitures piégées ont fait de sanglants dégâts ; plusieurs fanatiques suicidaires se sont fait exploser dans la foule d’innocentes victimes. L’on entend parfois, la nuit, des échanges de coups de feu, c’est l’armée qui veille à la protection des habitants et parvient souvent à empêcher les attentats meurtriers. Ces jours-ci, deux minibus bourrés de TNT ont explosé simultanément selon un schéma terroriste désormais classique. Toujours disposée à proximité d’une cible d’intérêt stratégique, la première charge est destinée à semer la panique et à attirer le plus grand nombre d’intervenants pour déclencher la seconde explosion. Cette fois-ci, c’était le Quartier Général du contre-espionnage syrien, où avaient été détenus les étrangers pris les armes à la main et que les salafistes projetaient de faire évader. Leur tentative échoua mais se solda par un bilan terrible : 130 morts (dont 34 chrétiens), 400 blessés et autant de logements endommagés.

La consternation est générale, le chagrin indescriptible et les nombreuses funérailles déchirantes. Pourtant, en ce mois de Marie les églises abondamment fleuries se remplissent chaque soir et j’ai vu les mosquées bondées le vendredi à midi ; la concentration de la prière aux Omeyyades évoquait pour moi celle des coptes en Égypte ; tandis que les espaces verts sont régulièrement envahis par des familles heureuses de se retrouver pour des piqueniques qui se prolongent tard dans la nuit. Le peuple syrien est un peuple simple et enjoué. Malgré l’insécurité et les dramatiques difficultés économiques engendrées par les sanctions internationales (l’inflation de la livre syrienne, l’anéantissement total du tourisme, la croissance du chômage et la cherté grandissante des denrées de base), la vie continue normalement.

Les chrétiens vivent en paix

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Bien que partageant avec leurs congénères l’inquiétude générale, les chrétiens avouent volontiers qu’ils ne se sont jamais sentis aussi libres par le passé. Ils attribuent ce sentiment à la pleine reconnaissance de leurs droits lors de l’accession à la présidence de la famille Assad. Certains s’estiment même mieux traités aujourd’hui qu’à l’époque où ils étaient pris entre les deux feux des partisans opposés de De Gaulle et de Vichy. Un ami damasquin évoque pour moi le souvenir de son grand-père qui, suivant une coutume alors répandue, avait échangé le sang d’une légère blessure faite à la main avec celui d’un cheikh musulman pour devenir frères de sang ; il me confie : « Les ennemis de la Syrie ont enrôlés les Frères Musulmans dans le but de détruire les relations fraternelles qui existaient depuis toujours entre les musulmans et les chrétiens. Pourtant, à ce jour, ils n’y sont pas parvenus : ils ont même provoqué une réaction contraire et rapproché comme jamais auparavant tant les communautés que les individus. »

Petit rappel historique. La conquête de la Syrie par les arabes (636) n’a jamais été sanglante. À Damas, tandis que les chrétiens byzantins tentaient de leur résister, les chrétiens syriaques leur ouvraient les portes de la ville et leur offraient spontanément leurs services pour construire des habitations. Sait-on que pendant 70 ans, chrétiens et musulmans prièrent ensemble dans l’Église Saint Jean-Baptiste ? Quand celle-ci fut devenue trop petite, sur la demande des musulmans, elle devint la Mosquée des Omeyyades (705) que l’on admire encore aujourd’hui ; et pour dédommager les chrétiens, les musulmans leur construisirent les quatre premières églises damascènes.

La première impression qui me frappe est donc de retrouver Damas pareille à elle-même, son charme désuet, ses souks hauts en couleurs aux effluves d’épices, l’animation égayée des ruelles de la vieille ville et sa circulation qui n’a rien à envier à celle du Caire ; dans les quartiers verdoyants des bords du Barada, les restaurants sont pleins. La seconde, c’est la dignité et la modestie du petit peuple de la rue : guère de mendicité, d’apitoiement ou de plainte de la part des pauvres qui fourmillent pourtant et cachent bien leur misère derrière leurs murs lézardés. On n’imaginerait jamais ici personne dormant dans la rue, comme à Paris.

Sur le terrain

L’Armée n’est intervenue que plusieurs mois après le commencement des événements. L’insurrection s’est caractérisée par une cruauté d’une sauvagerie oubliée en Syrie depuis les massacres de 1860 où 11 000 chrétiens furent assassinés par des fanatiques mahométans encouragés par les ottomans.

Les turcs d’alors étaient pires que les salafistes d’aujourd’hui. Petite évocation historique. Qui se rappelle qu’en 1859, la maladie du ver à soie avait provoqué la disparition de sa culture tant en Chine qu’en France ? Seule la Syrie avait échappé au fléau. (Le brocart, inventé par la famille Boulad avait déjà conquis le monde). Or tous les soyeux syriens étaient chrétiens. Il n’en fallut pas plus pour que le gouvernement français du Second Empire « suggère » à l’occupant ottoman de provoquer — par musulmans exaltés interposés — les troubles sanglants que l’on sait et la persécution contre les chrétiens qui se solda par l’expatriation de tous les soyeux vers la France et le rachat à bas prix de leur production.

Un militaire, actuellement sous les armes au sud du pays, me fait part de sa stupéfaction quand il s’est trouvé affronté à des combattants qui n’étaient pas syriens mais étrangers, et me rapporte quelques faits surprenants dont il a été témoin : « Quand nous avons commencé à nous battre, nous avons trouvé en face de nous des Libyens, des Libanais (mercenaires sunnites de Saad Hariri), des Qatari, des Saoudiens et, bien sûr, des Al Qaeda. Quand nous avons fait des prisonniers, nous avons constaté que beaucoup d’entre eux ne parlaient pas l’arabe, c’étaient des Afghans, des Français, des Turcs ». Chacun s’attend, ici, à des révélations de nature à mettre en porte-à-faux bien des pays.

Parmi ces étrangers, me dit-il, « bon nombre d’entre eux ne savent pas où ils sont : on fait passer les Libyens par le Golan à proximité de la frontière israélienne pour leur montrer le drapeau israélien et les convaincre qu’ils sont bien sur la route de Gaza où ils vont combattre avec leurs frères musulmans… À Homs, a été arrêté un Libyen persuadé de se trouver en Irak pour combattre les Américains. »

Près de la frontière israélienne, de nuit, des voitures télécommandées bourrées d’explosifs ont pu être interceptées, exemple parmi d’autres des interventions sporadiques de commandos qui traversent chaque jour les frontières jordanienne, israélienne, libanaise et turque.

Homs, ville martyre

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À Homs, il est faux de dire que les alaouites centralisent dans leurs mains tous les pouvoirs ; au nombre de 24, les notable comptent 18 sunnites, 4 chrétiens et 2 alaouites.

Homs a toujours été la ville du pays la plus peuplée de chrétiens. Ceux-ci occupaient à 98 % deux quartiers, Bustan El Diwan et Hamidieh (le Vieux Souk), où se trouvent toutes les églises et les évêchés. Le lacis de ses ruelles et les nombreux passages souterrains rouverts pour la circonstance ne permirent pas aux mercenaires d’y pénétrer avant la reprise de Baba Amro. Le spectacle qui s’offre maintenant à nos yeux est celui de la plus absolue désolation : l’église de Mar Élian est à demi détruite et Notre-Dame de la Paix saccagée (près de laquelle on a trouvé plusieurs personnes égorgées) est encore occupée par les rebelles. Les maisons, très endommagées par les combats de rue sont entièrement vidées de leurs habitants qui ont fui sans rien emporter ; le quartier d’Hamidieh constitue encore aujourd’hui le refuge inexpugnable de bandes armées indépendantes les unes des autres, fournies en armes lourdes et en subsides par le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Tous les chrétiens (138 000) ont pris la fuite jusqu’à Damas ou au Liban ; ceux qui n’y avaient pas de parents se sont réfugiés dans les campagnes avoisinantes, chez des amis, dans des couvents, jusqu’au Krak des Chevaliers. Un prêtre y a été tué ; un autre, blessé de trois balles dans l’abdomen, y vit encore ainsi qu’un ou deux autres, mais ses cinq évêques se sont prudemment réfugiés à Damas ou au Liban. On dit que les chrétiens amorcent un timide mouvement de retour.

Aujourd’hui, mis à part quelques coups de feu nocturnes, la ville a retrouvé le calme. C’est le cas d’Arman, quartier où les alaouite sont aussi proportionnellement plus nombreux que dans les autres villes, où l’on peut circuler en voiture. Quant au quartier sunnite, on peut y pénétrer (même un étranger, s’il est accompagné d’un sunnite), mais c’est à ses risques et périls car les tireurs isolés ne sont pas rares. Les magasins sont fermés et les destructions impressionnantes. Je trouve étrange de n’apercevoir dans toute la ville aucune présence militaire, aucun soldat en armes. Ceux-ci se contentent d’en contrôler les accès et d’occuper des casernes, à l’extérieur.

Les villages chrétiens de la campagne d’Homs

Puisqu’on n’est pas éloigné de la frontière du Liban, les points de contrôle et les barrages sont nombreux, ainsi que le mouvement des véhicules de l’armée loyaliste. Du haut de ses sept ans, Jacques s’époumone auprès de moi : « Dieu protège l’armée !  » ; je le verrai ce soir prier pour elle comme il le fait chaque jour avec ses frères et sœurs. Dans le village chrétien où je passe les nuits, les grand-mères se font un devoir de porter de la nourriture aux soldats. Un habitant me confie : « Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés. Si la répression sauvage dont l’accusent vos médias était réelle, pourquoi les militaires seraient-ils les bienvenus dans nos villages ? ». Ils sont, j’ai pu le constater de mes yeux, sous la protection attentive des troupes fidèles au président Bachar. Pourtant, le jour de l’Ascension, une roquette est arrivée dans le jardin, heureusement sans faire de dégâts, mais l’explosion a terrifié les enfants. Le village, pour la première fois, a été la cible de trois RPG dont l’un a provoqué la mort d’un grand-père et de ses deux petits enfants (14 et 13 ans).

La campagne jouit donc d’un calme très relatif. On entend des échanges de tirs, la nuit : c’est que nous ne sommes qu’à une quinzaine de kilomètres de la frontière libanaise. Douze personnes qui se rendaient à Kafr Nam en minibus ont été kidnappées contre rançon. Un autobus a été mitraillé sur la route. Au village, un cousin a été enlevé quelques heures, le temps de lui voler son taxi (habilité à passer la frontière libanaise). Tout cela relève d’actions isolées des bandes armées.

Rappel des faits récents…

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On se souvient que pendant huit longs mois, les Homsiotes avaient réclamé l’intervention de l’Armée, qui se refusait à prendre le risque d’atteindre la population civile.

Après avoir essayé sans succès de s’établir à Daraa, (près de la frontière jordanienne), puis à Idleb (près de la frontière turque) dont ils furent également délogés, les opposants au régime avaient choisi Homs pour sa proximité avec le Liban, comme Quartier Général. Dès lors, on ne compta plus les exactions et les crimes d’une férocité tout-à-fait étrangère au comportement syrien. Pour exemple, l’enlèvement de 200 alaouites, en août de l’an dernier, à fin de les égorger pour la fête de l’Aid al-Adha. En provenance du Liban, un armement sophistiqué considérable, suffisant pour approvisionner toute la rébellion, avait été stocké dans le quartier de Baba Amro autoproclamé Émirat Islamique Indépendant. De nombreux combattants y avaient d’ailleurs été enrôlés de force, sous menace d’éliminer leur famille. Parmi des atrocités sans nom, on a retrouvé les corps de 48 jeunes hommes égorgés parce qu’ils voulaient rendre les armes ; c’est ce que m’a personnellement raconté un survivant qui avait perdu dans cette circonstance son père et ses deux frères. Il faut savoir que, pour le fanatique sunnite extrémiste, égorger son ennemi manifeste sa fierté d’être en Guerre Sainte ; et c’est un acte de vertu qu’il offre aux yeux d’Allah.

Lorsque des terroristes veulent vérifier l’identité religieuse d’un suspect, s’il se dit chrétien, ils lui font réciter le Je crois en Dieu et le laissent partir (les chouans l’exigeaient en latin). S’il se dit ismaélite, il lui est demandé de donner les généalogies qui remontent à Moïse. S’il se dit sunnite, ils exigent qu’il récite une prière dont les alaouites, eux, ont retiré un passage. Les alaouites n’ont aucune chance de s’en tirer vivant. Nombre d’entre eux ont été kidnappés sur simple présentation de leur carte d’identité ; quand des chrétiens l’ont été, c’était par erreur. Depuis les temps immémoriaux, en effet, les chrétiens vivent en paix dans les quartiers sunnites et alaouites, heureux de leur présence.

Toujours au contact avec la population, Bachar Al-Assad (dont on sait que la mère a été l’élève d’un collège de Latakieh tenu par des religieuses) s’est rendu personnellement sur place après les événements et a promis de reconstruire les quartiers martyrs.

Le dessous des événements

Que l’on nous permette de revenir quelque peu sur les événements d’Homs présentés par la presse française et internationale à la honte du « barbare » Bachar El-Assad.

9 février 2012. Après épuisement de toutes les tentatives de médiation, l’Armée loyaliste syrienne donne l’assaut à « l’Armée syrienne libre » qui s’était emparé du quartier de Baba Amro et avait pris ses habitants en otage. Lorsqu’au terme de batailles qualifiées de « répression sanguinaire » par la presse internationale, les Forces gouvernementales vinrent à bout des rebelles, une partie d’entre eux trouva refuge dans le labyrinthe du quartier chrétien, tandis que les derniers éléments armés de l’Émirat prenaient la fuite, en massacrant les chrétiens des deux villages qu’ils traversèrent avant de trouver refuge au Liban. Mais qu’advint-il des journalistes-combattants de l’émirat islamique autoproclamé ?

Deux y trouvèrent la mort, Marie Colvin et Rémi Ochlik qui furent identifiés sur des vidéos par les ambassadeurs de France et de Pologne, en tenue de combat. Le « photographe » Paul Conroi appartenait à une agence de renseignement britannique [3] ; Édith Bouvier était entrée clandestinement en Syrie aux côtés des rebelles. Elle, qui aurait dû tomber sous le délit d’immigration illégale, osa à l’époque manipuler la compassion des téléspectateurs français en réclamant la création d’un « couloir humanitaire », se faisant la porte-parole d’Alain Juppé qui cherchait par là à exfiltrer les mercenaires de l’Armée Syrienne Libre et leurs instructeurs occidentaux. D’autres éléments laissent à imaginer que l’envoyée du Figaro Magazine travaillait pour la DGSE [4].

La veille de l’assaut final, s’échappant nuitamment les dits journalistes gagnèrent le Liban où ils furent récupérés à un point de passage illégal par l’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, le même qui avait insolemment pris position contre Sa Béatitude Bchara Raï, trop bacharisé à son goût. Sous le faux prétexte de visiter les alentours de Baalbek, à l’est du Liban, le diplomate avait rejoint le nord de la Bekaa , (région frontalière limitrophe de la province de Homs) avec une équipe sécuritaire française. Là, il récupérait les exfiltrés français ; comme, en vertu de la Convention de Vienne, les voitures diplomatiques ne peuvent être perquisitionnées, le convoi ramena les agents français à l’ambassade, au nez et à la barbe de la police [5].

La frontière évanescente du Liban

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L’Armée Nationale syrienne renforce son dispositif pour empêcher les infiltrations. Mais des combattants étrangers se regroupent toujours aux frontières turque et jordanienne ; après avoir transité par Amman, des centaines de Libyens d’Al-Qaïda takfiristes (ex-groupe islamique agressif en Libye) continuent d’affluer, tandis que plusieurs milliers d’autres sont rassemblés à Hattay (en Turquie) et encadrés par l’Armée turque ; ces jours-ci, sont arrivés en renfort plus de 5 000 Libyens.

Les incidents se multipliant, on dit que l’Armée libanaise aurait démantelé un camp de regroupement et une base de communication sur son territoire. Pourtant les preuves prolifèrent sur la responsabilité de certains milieux libanais dans la transformation du Liban en base arrière pour frapper la Syrie et y commettre des actes de violences. En collaboration avec des ambassades occidentales, un vaste trafic d’armes a été mis en place via Tripoli (où arrivent par cargos des milliers de tonnes d’armement lourd) grâce à l’installation de bases logistiques et médiatiques notamment animées par le Courant du futur de Saad Hariri et les Forces libanaises de Samir Geagea. La tâche de ces cellules est de former et d’entraîner les groupes terroristes syriens. Tout se passe comme si, sur décision américaine, le Liban était devenu une plateforme pour agresser la Syrie [6].

Damas, une écharde dans la chair

Alors que la Syrie semblait trouver sa place dans le concert des nations, voici qu’un nombre inattendu de protagonistes s’intéresse à elle, pas toujours de façon cordiale ou désintéressée. L’homme de la rue se demande si une nouvelle guerre mondiale n’a pas commencé dans son pays. Et les conjectures vont bon train.

La Russie n’a-t-elle pas besoin de la région comme débouché indispensable vers les mers libres ? Comment l’Amérique pourrait-elle supporter l’idée de son émergence au rang des puissances mondiales ? La Chine elle-même ne nourrit-elle pas le projet d’une ligne de chemin de fer en direction du Golfe et de l’Afrique ? L’acheminement du pétrole et du gaz iraniens à destination de Banyias se fait à travers l’Irak, mais les hydrocarbures du Qatar à destination d’Haïfa ne seraient-ils pas programmés pour transiter par la Syrie ? Poursuivant le plan sioniste ourdi de longue date de découpage confessionnel du Moyen-Orient, Israël considère que sa sécurité exige à n’importe quel prix la chute de Bachar, dont la force est devenue une menace. Nul n’ignore que lorsqu’il devint Premier ministre, le sunnite Saad Hariri (dont la fortune doit beaucoup aux fonds américain, saoudiens et qataris) n’était libanais que depuis huit ans. Son alliance avec l’Arabie Saoudite s’explique aisément par le fait qu’il est le fils de l’épouse que son père, Rafic, a offert en présent au roi Abdallâh. Saoudiens et Qataris sont alliés des USA qui les soutiennent à cause du pétrole mais leur tiennent la bride courte, en menaçant — par des troubles populaires qui ont déjà commencés — la stabilité de leurs trônes. On peut noter qu’il y a aussi du pétrole dans la région de Deir Ezzor, à l’est de la Syrie (où vient d’exploser un véhicule contenant 1000 kg de TNT), et beaucoup de gaz dans la région de Qara et au large des côtes de Latakieh. En fait, tout ce beau monde ne s’est-il fédéré contre la Syrie que lorsqu’elle a commencé d’émerger au niveau des grandes puissances et Washington ne provoquerait-il les changements de régime du monde arabe que pour réaliser ses objectifs géopolitiques concernant la maîtrise de l’énergie ?

Quand — à l’appui de la Russie et de la Chine, au soutien de l’Iran et celui du Hezbollah libanais (qui menace directement Israël) — la Syrie ajoute sa puissance de feu et l’efficacité de la protection de son territoire (par des moyens électroniques capables d’intercepter toutes communications ou de mettre en panne tout appareillage électronique), Bachar devient une écharde insupportable dans la réalisation du plan sioniste de dépècement du Moyen-Orient destiné à assurer la survie d’Israël.

Les chrétiens ne sont pas persécutés comme en Égypte

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Mon hôte me dit : « Avant le commencement des événements, nul n’aurait jamais eu l’idée de revendiquer son appartenance religieuse. On vivait tous ensemble, sans toujours savoir quelle religion l’autre pratiquait. On était syrien, et cela nous définissait. C’est en 2011 que tout a commencé de changer et que nous y avons prêté attention. »

On pourrait presque dire que les malheurs des chrétiens relèvent des dommages collatéraux. En effet, les incidents dont ils ont été victimes ne se sont produits que dans la région d’Homs, (précédés des affrontements entre sunnites et alaouites), mais l’on n’en déplore à ce jour aucun dans les autres provinces.

Ils sont inquiets, bien sûr, mais leur peur n’a vu le jour qu’avec le Printemps arabe et la crainte de la prise du pouvoir par les Frères musulmans. Avec l’immense majorité des Syriens, ils aiment leur Président dont on sait aujourd’hui qu’il ne tient plus au pouvoir mais, ne voulant pas céder à la pression actuelle, attend les élections de 2014 sans intention de se porter candidat. Ils jugent enfin les bandes armées fanatisées pour ce qu’elles sont, la plupart du temps, composées de jeunes délinquants entre 18 et 26 ans à peine sortis de prison. Avec tous les Syriens et comme le Président lui-même, ils désirent des réformes. Mais pas sa chute qui entraînerait immédiatement l’irakisation de la Syrie (qui a accueilli, faut-il le rappeler, plus de trois millions de réfugiés irakiens).

Il a fallu attendre cette guerre pour que les chrétiens soient personnellement menacés par des combattants salafistes encouragés et excités chaque soir à la télévision par le « cheikh » Al Araour. Ancien officier de l’Armée syrienne, ce personnage peu recommandable a été jugé et condamné aux geôles syriennes pour ses mœurs dépravés ; mais il a pris la fuite et s’est réfugié au Qatar d’où il ne cesse d’inciter ses troupes à massacrer alaouites et chrétiens.

Il y a, pour l’observateur, une évolution évidente des « révolutions ». Les troubles avaient commencé en Tunisie, puis ce fut le tour du Yémen, de l’Égypte et de la Libye, avec le « succès » que l’on sait. Il restait la Syrie. Pourtant il faut reconnaître ceci : si les chrétiens ne sont pas directement persécutés dans leur pays, c’est leur existence même qui est menacée de l’extérieur par les alliés du Golfe et les prises de position iniques de nations comme la France, à la remorque des États-Unis, eux-mêmes assujettis à Israël.

Bilan des victimes, la torsion des chiffres

Au début du mois, la presse officielle faisait état d’un Rapport de la Syrie à l’ONU daté du 21 mars qui recensait les victimes du conflit depuis le début des affrontements.

Le nombre des victimes des rebelles s’élevait à 6 000 et se décomposait ainsi : 3 000 soldats de l’Armée régulière et 3 000 civils, (500 policiers abattus, 1 500 enlèvements et 1 000 disparus). Dans le même temps, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme évaluait le nombre de Syriens tués à 11 000. Les rebelles — rebaptisés « déserteurs » par l’OSDH — ne comptabilisaient que 600 pertes et ne mentionnaient évidemment pas les nombreux combattants étrangers tombés en martyrs du djihad.

Même compte tenu de la difficulté de l’exactitude en la matière, la marge entre les deux chiffres était démesurée. Mais la manipulation ne s’arrêtait pas là puisque la responsabilité des 11 000 morts devait incomber à la répression gouvernementale, les médias de masse occidentaux se faisant immédiatement l’écho indigné des chiffres de l’OSDH.

Printemps syrien

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Il plane dans le petit peuple chrétien le sentiment qu’une renaissance doive suivre les événements actuels, leurs ennemis conjugués n’ayant obtenu d’autres résultats que des destructions partielles et celui de souder les Syriens autour de leur président ; les attentats des derniers kamikazes sont même perçus comme des combats d’arrière-garde.

C’est sous les murs de Damas que saint Paul, futur Apôtre des Nations, a été saisi par le Christ Jésus, Lumière du Monde. Ni à Jérusalem, ni autre part.

Et le terme singulier d’orientalité (proche d’authenticité) n’exprimerait-il pas la qualité de convivialité historique qui a toujours existé entre chrétiens et musulmans ? On sait que la Mosquée des Omeyyades abrite le crâne de saint Jean-Baptiste, que vénèrent côte-à-côte chrétiens et musulmans. Mais sait-on que beaucoup de musulmans cultivés prient le Christ ? Pèse-t-on à leur juste mesure les visites régulières du président Bachar au monastère de Notre-Dame de Sayidnaya, comme à l’humble Sanctuaire de Saint Ananie où il a lui-même demandé de l’huile bénite ? ; et sait-on que l’image miraculeuse de la Vierge de Soufanieh — devant laquelle viennent se recueillir des cheikhs musulmans — fut rapportée du Kazanska, où musulmans et chrétiens honorent depuis toujours l’icône prodigieuse de Notre-Dame de Kazan ?

Enfin, ne faudrait-il détruire la Syrie que parce qu’elle apparaît comme le cœur d’un Islam modéré ? Pour justifier sa politique de domination, l’Occident ne veut avoir affaire qu’à l’Islam pur et dur qu’il suscite, alimente et bouffit. En opposant au monde occidental (soi-disant chrétien) un monde de barbus fanatiques, il peut justifier sa guerre pour le pétrole.

Les politiciens font des plans. L’ultime raison d’espérer des chrétiens de Syrie — comme de tout le Proche-Orient — repose sur leur foi dans le plan du Seigneur. La terre d’Orient est gorgée d’Espérance. N’a-t-elle pas engendré au cours des siècles passés des victoires aussi fulgurantes que mystérieuses : David face à Goliath, Cirrus face à Nabuchodonosor, Gédéon face aux Madianites ? N’oublions pas que le sort du monde se joue autour du mont Moriah, à portée de canon de Damas.

Mgr Philippe Tournyol du Clos.

[1] « Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie », Réseau Voltaire, 20 mars 2012.

[2] « L’Église maronite s’inquiète des intentions de l’Occident » et « Le Patriarche maronite s’oppose au plan de morcellement du Machrek arabe », par Pierre Khalaf, New Orient News (Liban), Réseau Voltaire, 12 et 19 septembre 2011. « Les chrétiens d’Orient s’érigent en remparts face au nouveau colonialisme occidental. Entretien avec Mère Agnés-Mariam de la Croix », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 octobre 2011.

[3] « Le « journaliste » Paul Conroy, agent opérationnel du MI6 », Réseau Voltaire, 6 mars 2012.

[4] « Les journalistes-combattants de Baba Amr », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2012.

[5] « La France exfiltre ses agents restés en Syrie », Réseau Voltaire, 1er mars 2012.

[« La paix en Syrie sera sauvée quand chacun dira la vérité »
6] « Au Liban, le scandale vient par le gouvernement », par Pierre Khalaf, New Orient News (Liban), Réseau Voltaire, 12 mars 2012.

 

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Pour Une Fois, Reconnaissons-Le : C’Est Bernard-Henri Lévy Qui A Raison.

3 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Pour Une Fois, Reconnaissons-Le : C’Est Bernard-Henri Lévy Qui A Raison

Par Sébastien Fontenelle , le 2 juin 2012.

http://www.politis.fr/Pour-Une-Fois-Reconnaissons-Le-C,18531.html

Pour une fois, reconnaissons-le : c’est Bernard-Henri BHL qui a raison.

On dit : le gars est un peu mytho (genre il croit que Botul lui parle dans son sommeil), avec des fois de nettes poussées d’égotisme.

(Et ce n’est peut-être pas complètement faux.)

On dit aussi (et ce n’est pas très gentil, mais les gens sont méchants) : moi aussi, si je veux, je peux produire un cagoulé monsieur X, combattant de la liberté à Ma’arrat al-Numan (Syrie) - parce que bon, sincèrement, qui va se faire ch... S’embêter à vérifier si le gars n’est pas, en vrai, livreur de pizzas chez SpeedTartiflette, 06150, La Bocca, Alpes-Maritimes ?

Mais là, cependant ?

BHL a raison, quand il exige (ou sinon, il sort son Gilles Hertzog) que la communauté internationale (principalement composée de la France et du Qatar) prenne enfin ses responsabilités - et ne nous refasse pas le coup de 1938, quand Kofi Annan a signifié aux nazis (sous les applaudissements de Régis Debray la Rochelle) qu’il était plutôt (très) pour qu’ils envahissent la Pologne : elle est belle, franchement, l’ONU des « Norpois » [1].

BHL a raison, de constater que « s’alourdit d’heure en heure le bilan » des horribles tueries commises « de sang froid, à l’arme lourde », aux « hélicoptères de la mort » et aux « blindés transport de troupes et de matériels de guerre » (à ne pas confondre avec les chars dédiés à l’acheminement de kits de survie).

BHL a raison, de se scandaliser des insoutenables « images » d’« enfants au crâne fracassé » et « au visage en bouillie » qui nous arrivent tous les jours de l’Orient difficile.

BHL a raison de montrer à François Hollande qu’il est beaucoup « plus important » de procéder enfin aux « bombardements » des « tanks positionnés en position de tir » que de geler le salaire de ses ministres : c’est tout de même hallucinant que le mec continue de gouverner comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, et vazi que je te vais chez Pujadas annoncer que je retire mes soldats de la Kapisa - mais attendez, « Monsieur le Président », vous croyez vraiment que c’est le moment de jouer au Risk ?

(Laissez-moi vous dire, Monsieur le Président, que Monsieur le Président d’avant avait, me semble-t-il, et sauf votre respect, de plus grosses balloches que les vôtres : lui, du moins, ne tergiversa que peu, lorsque l’heure vint de buter son Kadhafi.)

BHL a raison, en somme, d’interpeller publiquement Monsieur le nouveau Président, et de lui demander, un peu fermement, si, oui ou non, « la France fera-t-elle » pour Gaza « ce qu’elle a fait pour Benghazi et Misrata » - ou si la France continuera de rester « les bras croisés face aux atrocités », genre 1310 Palestinien(ne)s tués sous les bombes, dont 410 enfants ?

Car en effet : les Palestinien(ne)s de Gaza meurent, mais « où sont les avions français », for God’s sake - et « où êtes-vous, amis de la liberté » ?

BHL a raison, quand il...

Attends.

Attends : je crois que j’ai mal lu.

Ah, fichtre, oui : j’ai mal lu.

En fait : BHL demande à François Hollande de « prendre l’initiative en Syrie » - et pas du tout en Israël, comme j’ai ballottement cru.

En fait, même - je viens de vérifier : quand ce sont des hélicoptères de la mort (ou des tanks) israéliens, qui font des hachis de civil(e)s ?

BHL ne demande pas du tout que la France - la Fraaance, comme disait feu Gaulle - intervienne.

Bien au contraire : il trouve que tout le truc dégage un délicat fumet de guerre antifasciste espagnole, et pointe que lesdit(e)s civil(e)s trépasseraient beaucoup moins, si de fourbes Arabes ne s’en faisaient des boucliers humains.

(Après quoi : il va recueillir chez les bombardeurs des brevets de voltairisme.)

Du coup, je doute : je ne suis soudain plus complètement certain qu’il ait complètement raison, parce que bon, l’humanitarisme sélectif, ça commence à devenir fatigant.

Notes

[1] L’aurions-nous attendue en 1999, l’ONU, que les Serbes, qui avaient tous un grand-père dans la Waffen-SS, auraient tranquillement perpétré un génocide au Kosovo. Fort heureusement, Madeleine Allbright sut la contourner, pour assurer la préservation, dans cette riante province, d’une exemplaire démocratie multi-ethnique où seules les minorités non-albanaises sont regardées comme sous-humaines - et dont BHL salua l’émancipation d’un vibrant : « Vive le Kosovo libre ! »

 

Article repris sur le blog de Politis.fr: http://www.politis.fr/Pour-Une-Fois-Reconnaissons-Le-C,18531.html

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Les menaces occidentales contre la Syrie : un communiqué du Collectif Communiste Polex le 31 mai 2012.

3 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

polex

 

 

 Communiqué du Collectif communiste Polex

 

Deux poids, deux mesures !

Le massacre de populations civiles en Syrie est criminel. Mais il est abject d’en

 attribuer la responsabilité au seul pouvoir de Bachar el-Assad, alors que certains insurgés multiplient les attaques armées et les attentats, et d’utiliser l’émotion pour des objectifs de conquête territoriale en faveur de l’Occident.

Non, Monsieur Fabius, ce n’est en aucun cas à l’Occident et à l’OTAN de choisir le gouvernement syrien, et surtout pas à la France et à l’Angleterre, ex-puissances coloniales à Damas. Ce choix relève du seul peuple syrien, sans ingérence extérieure, et surtout pas militaire.

Non, Monsieur Hollande, il n’est pas acceptable d’envisager en Syrie une intervention armée contre le régime de Bachar el-Assad, de multiplier les déclarations et les actes provocateurs comme l’expulsion de France de l’Ambassadrice de Syrie, alors que Paris n’a pas bronché quand les dirigeants israéliens massacraient impunément des civils, femmes et enfants palestiniens, lors de leur intervention à Gaza.

Nous regrettons de voir le nouveau pouvoir socialiste français tourner ainsi le dos aux aspirations pacifiques de ses électeurs et reprendre le chemin des bellicistes sarkoziens, après le résultat désastreux de l’aventure libyenne.

Nous nous félicitons par contre de la déclaration commune de 35 partis communistes et ouvriers contre l’OTAN (ci-dessous). Nous espérons que la signature de ce texte par le PCF permettra enfin de développer un vaste mouvement unitaire en France pour exiger la sortie de notre pays de l’OTAN.

Collectif communiste Polex

Paris, le 31 mai 2012

Lu sur le blog « ça n’empêche pas Nicolas »

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Nouvel Ordre Mondial: Les banquiers veulent la guerre… La Syrie ou la fabrication du consensus belliqueux

3 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Nouvel Ordre Mondial: Les banquiers veulent la guerre… La Syrie ou la fabrication du consensus belliqueux

609690zzv-copie-2.jpgSyrie : Réthorique et fabrication du consensus de la guerre

 

Par Résistance 71

http://resistance71.wordpress.com/2012/05/30/nouvel-ordre-mondial-les-banquiers-veulent-la-guerre-la-syrie-ou-la-fabrication-du-consensus-belliqueux/

Le blog de Jacques Tourtaux

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-nouvel-ordre-mondial-les-banksters-veulent-la-guerre-la-syrie-ou-la-fabrication-du-consensus-be-106156499.html

 

Le 30 Mai 2012

 

Il aura fallu moins d’une semaine pour que la baudruche propagandiste des va t’en guerre occidentaux ne commence à se dégonfler sérieusement, même si toute la lumière reste à faire sur cet ignoble évènement du massacre de Houla, la situation s’est déjà bien décantée.

Où en étions-nous dimanche soir ? L’infâme régime syrien de Bachar Al-Assad avait bombardé son peuple au sein d’un village (Houra ou Houré) à l’aide de son artillerie, causant le massacre de plus de cent innocents. S’ensuivit la litanie habituelle de condamnations de la “communauté internationale”, c’est à dire des membres de l’empire anglo-saxon et leurs faire-valoir de l’OTAN, organisant le haro généralisé sur le gouvernement syrien, haro soutenu et promu comme il se doit par les médias à la botte de leurs payeurs, tout ce cirque sans attendre quelque preuve confirmée indépendamment que ce soit.

Le gouvernement syrien pour sa part, dément toute participation dans le massacre et renvoie la responsabilité dans le camp de l’opposition armée syrienne (dont nos médias “bien intentionnés” ont mis près d’un an à reconnaître l’existence, alors que le public informé sait, tout comme en Libye auparavant, que la lutte armée était de mise, dès le départ).

Trois jours plus tard où en est-on ? Une enquête des observateurs de l’ONU reconnaît que “moins de 20 victimes sur les 108 répertoriées ont été tuées par des tirs d’artillerie” et que la vaste majorité des victimes a été “exécutée à bout portant”. Le conseil de sécurité de l’ONU avait au préalable condamné le massacre en impliquant les deux parties de la belligérence.

Ceci n’a pas empêché certains états membres de l’OTAN d’expulser les ambassadeurs syriens résidents de leur nation. Expulser l’ambassadeur d’un pays ne se voit quasiment que dans le cas imminent d’une guerre. Cette mesure diplomatique (vraiment ?) est une mesure lourde qui envoie le message suivant: “Peu importe ce qui est ou sera dit, nous vous tenons responsables des évènements, préparez-vous à la guerre, nous refusons le dialogue.” Les mêmes “diplomates “ occidentaux n’ont-ils pas également donné pour consigne à l’opposition syrienne de ne pas négocier avec le gouvernement syrien, qui lui a entamé la série de réformes qu’il avait annoncé, à commencer par des élections législatives multipartites ?

De fait, l’occident et son empire criminel expansionniste et néo-colonialiste, est dirigé par le pouvoir de l’ombre constitué des cartels transnationaux de la haute finance et de la grosse industrie. Le bras armé principal de cet empire sont les Etats-Unis assistés de leurs sbires asservis de l’OTAN, qui fut réactivée après la chute de l’URSS pour devenir le gendarme de l’empire et assister les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans leur entreprise de domination totale planétaire.

Le plan de domination et de “remodelage du Moyen-Orient” pour des raisons géostratégiques impérialistes a été écrit il y a bien longtemps. Ce projet expansionniste néo-conservateur date d’avant les attentats du 11 Septembre 2001 ; ceux-ci ayant servi de catalyseur au passage à l’action via la déclaration de l’escroquerie de la “guerre globale contre la terreur”. La refonte du système politique des nations moyen-orientales est partie intégrante du projet, y compris l’élimination des régimes non-alignés sur la politique de l’axe Washington-Londres-Tel Aviv (que nous pouvons comparer à l’axe Berlin-Rome-Tokyo précédant et durant la seconde guerre mondiale, l’histoire se répétant sans cesse, cela devrait particulièrement nous interpeller…), à savoir: le Soudan, la Libye, la Syrie et l’Iran.

Aujourd’hui, deux de ces nations ont été détruites et morcelées (toujours le diviser pour mieux régner), une autre, la Syrie en passe de l’être, ceci ayant pour but ultime la destruction de l’Iran et au delà de confronter les pièces de résistance du projet: La Russie et la Chine, si celles-ci ne sont pas déjà tombées dans le giron impérialistes d’ici-là.

Soulignons ici deux choses importantes:

  • D’une manière générale, l’occident se fout royalement de la “démocratie” et de “l’humanitaire” ou des droits de l’Homme. La preuve en est, que les tambours de la guerre battent toujours contre les nations jugées dictatoriales par l’occident (à tort ou à raison) au moyen de ce seul critère: la dictature sert-elle nos intérêts ? (ceux des cartels sus-mentionnés bien évidemment) Si oui, alors l’occident s’en accommodera parfaitement selon le vieil adage de la diplomatie américaine concernant les dictateurs qu’elle met en place ou endorse: “C’est un fils de pute, mais c’est notre fils de pute” (phrase attribuée à F.D. Roosevelt alors qu’il parlait du dictateur nicaraguayen Somoza). De fait l’occident s’accommode parfaitement bien des méfaits, crimes, arrestations arbitraires, tortures et autres atteintes flagrantes aux droits fondamentaux de l’Homme perpétrés en son sein même: les Etats-Unis d’Amérique, devenu le pays du goulag levant avec son lot de lois liberticides, séquestrations, répression, camps de détentions secrets, application de la torture par décret d’état, détention indéfinie sans procédure judiciaire, assassinats décrétés au plus haut niveau de l’état, invasions de nations souveraines, bombardements de civils, la liste est trop longue… Ou à l’extérieur, quand personne ne trouve rien à redire à propos du soutien à des nations sectaires, dictatoriales où les droits de l’Homme ne sont qu’un concept dérangeant et futile. Quid des états théocratiques du Golfe: Arabie Saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, dirigés d’une main de fer par une clique de roitelets sectaires et rétrogrades ? Quid des dictatures mises en place et soutenues par les services de renseignement occidentaux dans le passé: le Chili de Pinochet mis en place par la CIA qui supervisa la répression sanglante d’après coup-d’état, l’Argentine des généraux Vidella and co, la Grèce des colonels, le Portugal de Salazar, l’Iran du Shah Palavi et les horreurs de sa police politique formée par la CIA ? Quid des exactions et de l’expansionnisme scandaleux de l’état d’Israël, l’oppression systématique des Palestiniens et sa politique d’apartheid ? Tout cela n’empêche pas de dormir nos politiciens et journalistes asservis à la cause impérialiste. Que dire des régimes “communistes” soutenus ou mis au pouvoir par l’occident et l’empire de la haute finance: URSS, Chine maoïste, Pol Pot ?
  • Ceci veut-il dire que les régimes des états attaqués par l’occident soient des paniers de roses ? Bien sûr que non. Ni le régime Assad, ni celui de Kadhafi, de la république islamique, de Moubarak ou autre Ben Ali ne sont ou n’étaient des modèles démocratiques. Notre position sur ce sujet est claire et elle est exposée tout au long de ce blog: le problème essentiel réside dans l’état, garde-chiourme des privilèges créés par le capital, état qui ne peut être que répressif et oppressif et ce à des degrés différents. C’est l’alliance pour le contrôle du peuple entre le commerçant, le soldat, le juge et le prêtre (quelle que soit la religion), qui créé l’état oppresseur. Le problème n’est pas de savoir si ces régimes doivent être, car tout régime étatique est une dictature, seul le degré varie ; le problème est de dénoncer le fait que par une arrogance culturelle et politique éhontée, l’occident se mêle en permanence de ce qui ne le regarde en aucune manière. De quel droit pensons-nous pouvoir dicter la conduite de nations souveraines jusqu’à preuve du contraire ? En utilisant le critère de “l’utilité” de tel ou tel régime aux intérêts des cartels banquiers et industriels transnationaux ? La propagande occidentale vise à constamment diaboliser ceux que l’on veut éliminer: Saddam Hussein était un tueur de bébés au Koweït (faux témoignage d’une pseudo-infirmière, fille de l’ex-ambassadeur du Koweït aux USA…) et un gazeur de population (ce qui était vrai, mais bien sûr en omettant de dire que les usines chimiques de production de gaz avaient été livrées clés en main par les Etats-Unis et un certain… Donald Rumsfeld au tyran irakien, alors grand ami du pays du goulag levant) ; Kadhafi avait bombardé des manifestants pacifiques et fait donner du viagra à ses troupes pour mieux violer les dissident(e)s (deux affirmations jamais vérifiées et pourtant martelées et qui ont finies par s’avérer être des fabrications, mais les crimes de l’OTAN avaient déjà été perpétrés…) ; aujourd’hui, Assad massacre des femmes et des enfants avec son artillerie et réprime une “opposition pacifique”. La réalité est pourtant contre la propagande établie…

Même rhétorique, ad nauseam. Pourquoi ?

Parce que dans un premier temps Assad et son régime ne sont pas alignés avec l’empire, ils doivent donc disparaître. Le but étant de faire tomber les soutiens à l’Iran pour mieux l’encercler et l’affaiblir. Après la Syrie, viendra vraisemblablement le tour du Liban qui sera une fois de plus déstabilisé afin de tenter d’éliminer le Hezbollah. Une fois cela réalisé, la porte pour attaquer l’Iran (et contrôler les énormes réserves de pétrole mais surtout de gaz naturel) sera ouverte. C’est la stratégie des dominos, classique du genre. L’Iran, la Russie et la Chine le savent parfaitement bien et le retour à point nommé de Poutine au pouvoir en Russie n’est bien sûr pas un hasard. Le timing ne pouvait être meilleur.

Ceci constitue, résumé de manière succincte, la racine des raisons géopolitiques de l’affaire.

Il y en a une autre à notre sens: Les banquiers veulent une guerre.

Suffisamment importante pour causer de gros dégâts et aspirer le monde dans le chaos physique, afin de divertir du chaos économico-financier qu’ils ont provoqué pour détruire les économies et les états nations souverains. Pourquoi?

Seul le chaos économique auquel on ajoute une guerre de haute intensité (en évitant l’aspect thermonucléaire tant que faire se peut) permettra de mettre le monde et les peuples à genoux et les forcer à accepter la solution que les banquiers et les gros industriels transnationaux ont déjà toute prête: Le gouvernement mondial… Le Nouvel Ordre Mondial, qui verra la fusion à l’échelle planétaire d’institutions étatiques arbitraires supranationales avec la finance et la grosse industrie, réalisant en cela la mère de tous les fascismes: le gouvernement mondial de l’ère post-industrielle et néo-féodale. Nouvelle entité dictatoriale gérée par des technocrates, financiers, industriels eugénistes qui appliqueront un contrôle des populations sans partage au moyen de mesures répressives et eugénistes draconiennes. La vision du futur des psychopathes aux commandes du bateau ivre est celle d’un goulag planétaire, qui limitera la population mondiale à 500 millions (d’esclaves) comme ils l’ont fait graver dans la pierre dans l’état de  Géorgie aux USA, goulag qui prévoira des “zones vertes” pour que l’élites autoproclamées puissent batifoler et tenter d’atteindre la vie éternelle.

Ce que nous vivons mondialement depuis 2001 est l’application de leur script des “Docteurs Folamour” du XXIème siècle. Certaines des décisions qui continueront à façonner leur monde chaotique et sociopathe seront prises à la réunion du Bilderberg qui commencera Vendredi à Chantilly dans l’état de Virginie au pays du goulag levant. Plus de chaos à venir, c’est une certitude.

Concernant la France, totalement inféodée à l’empire depuis le début de l’ère Sarkozy, ne nous attendons pas à de grands changements avec le nouveau président. Pourquoi ?

Hollande n’a de “socialiste” que le qualificatif, une illusion de plus. La vision politico-sociale du PS en 2012 aurait été très à “droite” il y a 30 ans (même si ces vocables ne veulent absolument rien dire, le paradigme “droite-gauche” n’étant qu’un leurre pour entretenir la division du peuple et l’illusion du choix…). Hollande est un apparatchik du système, monté dans la mouvance et protégé depuis l’ère Mitterrand par Jacques Attali son mentor et grand idéologue du Nouvel Ordre Mondial en France.

La campagne électorale française a été d’une grande ineptitude, mais le fait le plus important de cette campagne, fait qui est à peine passé dans les médias à la botte des banquiers et du complexe militaro-industriel, est celui-ci:

La visite programmée du candidat François Hollande à la City de Londres en Février 2012 n’avait qu’un seul but: rassurer la City, Le QG de la haute finance internationale (la City de Londres est LE centre financier planétaire. Wall Street n’existerait pas sans la City de Londres !) qu’il “n’était pas dangereux”. La génuflexion d’Hollande à la City lui a valu l’aval des banquiers, pour qui l’heure de la gestion plus intelligente de la casse programmée de Sarkozy en France, était sans doute venue. A partir de là. Tout ce que fait et fera Hollande sera en accord avec les “marchés”. Il a un pacte qu’il ne peut plus transgresser, ou alors à ses risques et périls.

Tout ce que fait et dit Hollande depuis Février 2012 est d’abord validé par les “conseillers”. Toute mesure “sociale” prise ne sera que cosmétique. Il faut savoir donner (en apparence) pour mieux prendre. Les banquiers veulent une guerre, toute guerre est financée des deux côtés de la belligérance par les mêmes banquiers et ce grosso modo depuis l’ère napoléonienne. Toute guerre est dévastatrice pour les nations et peuples, mais bénéfiques sur un plan de l’agenda eugéniste (élimination de la partie pauvre de l’humanité) et est très, très lucratif pour les financiers et les cartels militaro-industriels et de la sécurité qui en croquent à qui mieux mieux.

Ainsi la mission de François Hollande est de donner l’illusion en “lâchant” sur le social non important (réduction des salaires des ministres, de son salaire, promesses de taxer les riches etc… pour mieux faire passer la “pilule de l’austérité” à venir), de regagner la confiance du peuple totalement perdue durant l’ère Sarkozy, et ainsi préparer le consentement à la guerre. N’a t’il pas déclaré hier qu’il enverrait des troupes en Syrie sous mandat de l’ONU, en clair: la France supportera un résolution d’attaque de la Syrie et la France y participera avec l’OTAN pour le profit de l’empire et au delà pour la satisfaction de l’agenda de la haute finance. Nous retombons ici dans le cliché des séries B du “bon flic” – “méchant flic”. Le méchant était le roquet sarko, le gentil: le débonnaire, placide Hollande.

Au bout du compte, comme nous l’avons dit ici durant toute la campagne électorale passée, rien ne change vraiment. Si les banquiers veulent la guerre, guerre il y aura et le placide Hollande se couchera pour faire paillasson, comme les autres avant lui, comme ceux après lui… S’il y en a encore, car inutile de dire que si les oligarques mondialistes réussissent leur coup, chers votards… C’en sera fini des élections, referendums etc…

L’heure sera aux trains de nuit, aux camps, aux barbelés, aux kapos et aux miradors. Ce ne sera pas faute d’avoir été prévenu !

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Le retour du grand vautour, le retour de BHL.

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Bonjour.

Il ne manquait que sa "grande voix" dans le concert d'hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy, flairant l'odeur du sang arabe, repart sur le sentier de la guerre. Frustré de sa guerre contre la Syrie depuis trop longtemps, l'inititiateur de la guerre conte la Libye vient d"écrire une lettre, pas vraiment privée, à François Hollande, l'adjurant de mette en oeuvre, avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Ligue arabe et la Turquie, une stratégie "allant au-delà d'un soutien sans faille à la [...]



Le retour du grand vautour

Par Louis Denghien,


 

Hollande est un politique aligné mais prudent : les espérances guerrières de BHL risquent d'être déçues

Il ne manquait que sa « grande voix » dans le concert d’hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy, flairant l’odeur du sang arabe, repart sur le sentier de la guerre. Frustré de sa guerre contre la Syrie depuis trop longtemps, l’inititiateur de la guerre conte la Libye vient d »écrire une lettre, pas vraiment privée, à François Hollande, l’adjurant de mette en oeuvre, avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Ligue arabe et la Turquie, une stratégie « allant au-delà d’un soutien sans faille à la mission Annan ». Traduit de l’idiome ou de la langue de bois précieux de BHL, ça signifie « Quand est-ce qu’on bombarde la Syrie, en attendant mieux ? » Mais nos lecteurs avaient rectifié d’eux-mêmes !

BHL plus compromettant qu’influent

Nos lecteurs en sont également conscients, BHL a une certaine capacité de nuisance, il l’a démontré à hauteur de milliers de morts libyens, ayant contribué, et il s’en vante assez, à transformer un début de guerre civile en putsch sanglant appuyé par des mois de bombardements de l’OTAN comme on en avait plus vus depuis les « plus beaux » jours des guerres atlantistes contre l’Irak et la Yougoslavie. Pour tenter de convaincre Hollande de remettre ça le plus vite possible en Syrie, l’agent d’influence américano-israélien de passeport et de résidence français active ses réseaux, et sa lettre paraîtra in extenso dans Le Point en France, et ailleurs dans Il Corriere della Sera, El Pais, Die Welt, Espressen, ou encore The Huffington Post, soit un panel représentatif de la grande presse internationale et alignée sur le néoconservatisme.

Avec les effets de manche virtuels dont il est familier, le sous-Malraux qu’est BHL dit qu’il est aussi important de sauver un  peuple que de sauver l’euro. Un peuple, quel peuple ? Sûrement pas le peuple syrien réel, dans sa majorité hostile aux fanatiques islamistes téléguidés par Ryad et Doha, ainsi qu’aux politiciens exilés manipulés par Washington, Paris, Londres et Ankara. Mais BHL, il l’a assez écrit, n’aime pas les peuples ancrés culturellement et historiquement, il ne se réfère qu’à des peuples virtuels censés se définir par des concepts abstraits et « républicains ». Enfin, il fait quand même une notable exception pour Israël dont le peuple doit être très concrètement et démographiquement juif, mais ça aussi nos lecteurs, et presque tout le monde, le savent, alors passons. Certes, il faut sauver le peuple syrien, de malfaiteurs comme BHL.

Cette dernière initiative de cet imposteur archétypal sera accueillie par le mépris ou la colère des honnêtes hommes de gauche, du centre et de droite, d’Orient et d’Occident. Mais quelle peut-être son influence auprès du nouveau pouvoir français. ? Équivalente à rien, à notre avis. La personnalité de BHL est quand même trop sujette à caution – on va dire ça comme ça – pour que Hollande, qui veut bien prendre les postures symboliques qu’exige son créneau politique bobo, accepte de lier ou pire de soumettre sa diplomatie aux injonctions de l’histrion sioniste. Quant à Fabius, il a en dépit de tout une trop haute opinion de lui-même pour accepter de reprendre le rôle de Juppé l’année dernière dans la crise libyenne, le super-diplomate de Sarkozy ayant dû accepter la guerre que BHL avait « vendue » à l’impressionnable et hystérique président Sarkozy.

Il devient de toute façon, et ce en dépit de l’abondance et de l’habileté des propagandes produites à cet effet, de « vendre » une guerre, même griffée « humanitaire », aux opinions occidentales, préoccupées à juste titre d’angoisses et d’espérances économiques plus immédiates, mais aussi vaccinées par les sanglantes escroqueries de deux guerres contre l’Irak, une guerre contre la Yougoslavie, un guerre – pas forcément terminée -  en Libye donc, plus une guerre elle achevée dans la confusion  et la défaite en Afghanistan. C’est pourquoi, à notre avis, le tandem Hollande/Fabius classera sans suite la lettre de BHL.

Au fond c’est Poutine que Lévy devrait d’abord convaincre, mais il en a fait un autre Bachar ! L’enfant pourri de l’intelligentsia française n’a pas fini de trépigner.

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Qui est responsable des crimes en Syrie ? Par Nadia KHOST.

31 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Qui est responsable des crimes en Syrie ?


 Par Il y a un an seulement, les Syriens vivaient en sécurité. Ils ignoraient tout des armements qu’ils découvrent chaque fois que l’armée les saisit dans les cachettes des milices ou lorsqu’elles entrent depuis la Turquie ou le Liban. Ils n’avaient jamais vu les obus, les fusils et mitrailleuses de toutes sortes, les bombes assourdissantes, les obus anti-char, les revolvers, les appareils d’espionnage, les lunettes de vision nocturne, les charges explosives, les gilets pare-balles.
 

Maintenant, nous savons que la mort peut venir des bonbonnes de gaz, ou des galons d’huile ! Nous savons que chacun d’entre nous peut mourir dans une explosion ou lors d’une attaque des bandes armées si son nom figure sur leur liste des gens à abattre ! Malgré cela, le Conseil des Droits de l’Homme à Genève refuse de reconnaitre que ce qui se passe ici est l’assassinat de notre sécurité, l’abolition de notre rythme de vie. Et va chercher les accusés parmi les victimes ! Or, nous qui vivons en Syrie, et non dans un pays occidental, nous connaissons la vérité que l’Occident et ses institutions « humanitaires » ne veulent pas connaître.

Nous avons en tête deux images. L’image -passée une seule fois à la télévision syrienne- d’une famille à Baba Amro, près de la table dressée, dont tous les parents, enfants, oncles avaient était tués ; sur le mur, leurs assassins avaient écrit, avec le sang des victimes, le nom de la brigade qui avait commandité ce crime. L’autre image est celle d’une femme habitant à Douma, [une banlieue de Damas] qui racontait que les milices avaient conduit un jeune homme ligoté sur la place publique, pointé leur mitrailleuse, et obligé les gens à assister à son exécution. Et que le lendemain, ils en avaient tué d’autres, de la même manière. À la même époque, simultanément, Ayman et Fahd Arbini - en compagnie de Zaher Qweider d’Al-Qaïda - ont tiré des obus RPG sur l’église d’Arbin, [banlieue de Damas] et sur le collège islamique. Ces crimes ont eu lieu dans des zones sous contrôle des bandes armées. Dans quel projet s’inscrit ce terrorisme ? Qui est responsable de ces crimes ?

Un des criminels arrêtés à Baba Amro raconte - comme on raconte une histoire banale - qu’il a tué et violé des femmes. Que des cheikhs du conseil militaire lui avaient signifié par fatwa que le meurtre et le viol étaient licites. Ce n’est pas étonnant : les cheikhs wahhabites d’Arabie Saoudite qui appellent de leur tribune au Jihad contre le gouvernement syrien, ainsi que Kardawi, le cheikh d’Al-Jazeera, prononcent des fatwas légalisant l’assassinat d’alaouites, de chrétiens, de druzes et de sunnites favorables au gouvernement. Les bandes armées qui exécutent ces fatwas reçoivent de l’argent du Qatar et de l’Arabie Saoudite, ainsi que des drogues que l’armée syrienne confisque en quantités avec les armes. Faisaient partie du butin trouvé à Baba Amro : des armes et des devises occidentales et israéliennes, des passeports divers - parmi lesquels un « passeport pour le paradis » - du matériel de communication sophistiqué. Ces cheikhs ne connaissent pas la recommandation formulée, au début de l’Islam, par le Calife Omar bin el Khattab : « Ne tuez pas de femmes ni d’enfants ni de vieillards, ne coupez pas d’arbres, et laissez les moines dans leurs couvents. »

Ces fatwas expliqueraient pourquoi, le 7 mars 2012, un homme a raconté, sans peine ni remord, qu’il a tué cinquante hommes et violé des dizaines de femmes. C’est ce qu’on appelle communément de la conquête. Les bandes armées ont «  conquis » les femmes et l’argent des victimes, ont pillé les institutions publiques, volé les ambulances et les voitures des municipalités et des particuliers. Hier, un citoyen de Homs se plaignait d’un sniper qui avait conquis les rues qu’il contrôlait depuis le haut de sa terrasse. Parmi les tués, il y avait un enfant de 11 ans, Malek El Aktaa. L’objectif de ce terrorisme ? Briser la société syrienne, infliger des pertes à l’armée, morceler la Syrie, paralyser la production agricole, industrielle et artisanale. Bref, détruire la structure de l’État. Dans les quartiers qu’elles contrôlaient, les bandes armées ont empêché les enfants d’aller à l’école, les étudiants de se rendre à leur examens universitaires. Elles ont tué les ouvriers sur le chemin de leur usine, elles ont empêché les paysans d’aller semer sur leurs terres et les centrales électriques de s’approvisionner, elles ont assassiné des hommes d’affaires et des professeurs d’université. Elles ont détruit la vie là où elles se sont installées. Le 11 mars 2012, elles ont kidnappé le politicien Mosbah Al Chaar à Homs, et elles ont assassiné le champion de boxe Ghiath Tayfour à Alep, comme elles avaient assassiné un champion de natation et fait sauter un pont dans la région d’Al Ghab.

Le rapport de la Commission des observateurs arabes - qui ont visité les lieux où ces événements se sont produits et rencontré les victimes - a relevé que le mandat de la Ligue Arabe adressé à la Syrie ne mentionnait pas les bandes armées. Et que ces bandes attaquaient les civils et les institutions publiques et privées, obligeant l’armée régulière à riposter. La Ligue Arabe, dirigée aujourd’hui par le Qatar et l’Arabie Saoudite, s’attendait à ce que la Syrie refuse de recevoir la Commission des observateurs. Puis elle a imaginé que le rapport rédigé par les observateurs irait dans le sens de son projet de légaliser une intervention militaire. Mais l’atrocité des crimes, l’ardeur des victimes à exprimer leur douleur, et la conscience politique des Syriens, a permis aux honnêtes personnes de la Commission de transmettre la vérité. C’est pourquoi la Ligue Arabe a par la suite négligé le rapport et a exigé la démission du chef de mission, cet homme loyal [1] qui a refusé le chèque en blanc proposé par le Qatar.

Pourquoi donc les dirigeants occidentaux et les institutions internationales n’ont-ils pas adopté ce rapport rédigé par des spécialistes en sécurité et des militaires qui documentaient les évènements tels qu’ils se déroulaient sur le lieu même ? Ils ont préféré adopter ce que concocte l’ «  Organisation syrienne des droits de l’homme », basée à Londres ; une organisation représentée par un unique individu appartenant aux Frères musulmans, qui ne fait qu’inventer les « informations » diffusées à leur demande.

Le problème ne réside pas uniquement dans le fait que ces dirigeants occidentaux qui soutiennent la guerre contre la Syrie ne veulent pas savoir qui sont les véritables auteurs des crimes et des violations des droits de l’Homme. Le fond du problème est qu’ils exécutent une stratégie qui vise à détruire l’État Syrien. Ceci montre que les politiciens occidentaux sont devenus des vassaux aveugles du projet américano-sioniste ! Et que Sarkozy et Bernard Henri Lévy en France ont réussi à enterrer la politique de la France vis-à-vis des Arabes instaurée par De Gaulle. Lorsque nous entendons M. Alain Juppé, cela ne nous évoque nullement le Général De Gaulle. Nous avons plutôt l’impression d’entendre Oliva-Roget qui avait ordonné le bombardement de Damas en 1945 [2].C’est pourquoi, il nous semble que la lettre de M. Laulan à Juppé [3] - lui rappelant que la guerre contre la Syrie ne sert pas les intérêts de la France - suggère aussi que la dignité de la France suppose qu’elle ne soit pas la vassale du projet américano-sioniste.

Mettons donc de côté ces termes qui trahissent leur sens : « les droits de l’Homme, les révolutionnaires, l’armée syrienne libre, la défense des citoyens syriens ». Les dirigeants occidentaux doivent savoir que les « révolutions », supposent un programme politique national, que c’est la cause des hommes de grande envergure, penseurs et poètes. Une cause basée sur la loyauté à la Patrie, qui naît de cette Patrie ; et non pas une cause initiée par une décision extérieure. Comme l’histoire des luttes arabo-israéliennes est marquée par les guerres d’agression israéliennes, un des premiers principes des révolutionnaires patriotes est de ne pas recevoir d’aides ou d’armes israéliennes. Et de respecter les principes fondamentaux qui leur imposent de ne pas oublier que l’ennemi n’est pas la confession d’en face, mais que l’ennemi, l’agresseur c’est Israël, ainsi que l’impérialisme Occidental qui, lui, veille sur la sécurité d’Israël et se moque de celle des Arabes. Les dirigeants occidentaux savent ces vérités, mais ils consacrent leurs efforts au morcellement des pays arabes et à l’embargo contre l’Iran ; leur projet vise la Russie, la Chine, et les pays de l’ex-Union soviétique. Ils ont enfreint les lois internationales, leurs agents secrets se sont infiltrés à Homs, où ils ont dirigé la guerre de l’« Émirat islamique de Baba Amro », avec les bandes salafistes et Al-Qaïda ! Ils ont tenté par trois fois, au Conseil de Sécurité, d’autoriser l’ingérence en Syrie. Mais le fait que l’aviation israélienne bombarde Gaza, qu’elle ait tué, rien que le 10 mars, dix huit personnes dont des enfants, et que les colons israéliens détruisent les monuments palestiniens islamiques et chrétiens, et judaïsent la Jérusalem historique, tout cela n’a pas retenu leur attention.

Ces drames nous permettent de conclure que la politique occidentale ne reflète pas seulement un effondrement moral en adoptant le mensonge et les falsifications, mais aussi un effondrement politique et la cécité de la pensée. Cette politique conspire contre la Syrie. Un pays qui se distingue par un tissu social où se mêlent dans une unité nationale les religions, les confessions et les «  ethnies ». Un pays qui se distinguait il y a peu par une sécurité rarement rencontrée en Occident, et par une culture humaine fière de ce qu’ont apporté les grandes révolutions à l’humanité. Un pays qui traduit les œuvres de la littérature mondiale, qui écoute la musique classique comme il écoute la musique locale, et dont les femmes participent à la vie productive et publique que le peuple cherche à améliorer. La politique occidentale utilise dans sa guerre, la diplomatie, les médias, les organisations internationales, et les armes sophistiquées ; elle s’appuie sur des régimes despotiques qui n’ont pas de Constitution ni de Parlement, qui accueillent sur leur territoire des bases militaires états-uniennes, et qui tuent les manifestants à Bahreïn et à Qatif en Arabie Saoudite.

Comment expliquer la collaboration de l’Occident avec des combattants d’al-Qaïda qui sont sur les listes du terrorisme international, et que le Qatar et l’Arabie Saoudite financent pour leur guerre contre la Syrie ? Comment expliquer la feinte ignorance occidentale de la position des chrétiens syriens présents sur le devant de la scène pour défendre la structure sociale, et qui condamnent l’intervention occidentalo-sioniste ? Pourquoi l’Occident n’écoute-t-il pas le Patriarche maronite du Liban, mais encadre-t-il les bandes takfiristes qui assassinent les chrétiens syriens, et attaquent leurs monastères et églises, que les musulmans respectent et honorent ? Al Zawahiri [leader d’Al-Qaïda] a revendiqué les attentats de Damas et d’Alep par Al-Qaïda. Des rapports officiels témoignent de rencontres entre les services secrets français et britanniques avec les combattants libyens d’Al-Qaïda.Les Syriens ont appris que les services secrets français et britanniques se trouvaient à Baba Amro aux côtés des bandes d’Al-Qaïda. Leurs médias se sont abstenus de montrer à l’écran ces infiltrés étrangers, laissant ainsi refroidir la colère ressentie vis-à-vis de ce non respect occidental de la souveraineté syrienne. La sagesse syrienne a préféré la maîtrise de la situation à Baba Amro, à une telle exposition. Des centaines d’hommes armés se sont rendus à l’armée syrienne lorsque la protection occidentale s’est retirée. Ceci confirme la responsabilité de l’Occident dans les crimes que commettent les bandes armées. Et il ne s’agit pas uniquement des assassinats et des enlèvements, mais également de la destruction des équipements de base dont le peuple syrien paie le prix : l’explosion des oléoducs et des gazoducs, des pylônes électriques, des stations d’eau, l’incendie des écoles, la destruction des hôpitaux, le pillage des édifices publics [par les bandes armées].Nous affirmons donc que l’Occident se moque de la protection des chrétiens, des monastères et des églises, car les chrétiens sont patriotes, refusent l’ingérence et condamnent le complot occidentalo-sioniste, Il ne leur échappe pas que les prétendus « révolutionnaires » sont des bandes de criminels, et que les sanctions européennes visent à se venger du peuple syrien, dont les chrétiens sont partie intégrante. Bizarre que ces vérités ne parviennent pas aux ministères des affaires étrangères occidentaux ?

En tous cas les instructions données par l’opposition extérieure sont : ne regardez pas la télévision syrienne, ni la chaîne al-Dounia, ne votez pas pour la Constitution ! Il semble que Madame et Messieurs Clinton, Juppé et Cameron ne veuillent pas voir non plus les funérailles des milliers de soldats et officiers de l’armée que les bandes armées ont tué [4] ; ni voir les honneurs rendus à ces martyrs par les villageois. N’ont-ils pas vu non plus que des millions de Syriens ont envahi les places, manifestant ainsi leur avis à l’égard du complot de l’Occident sioniste contre la Syrie ? N’ont-ils pas vu le niveau de conscience politique qui distingue le peuple syrien ? N’ont-ils pas entendu la clameur des femmes, voilées ou pas, et leur refus de l’ingérence dans les affaires internes de la Syrie ? Ils ne le voient pas, car seul celui qui a la conscience éveillée, et qui est libre, peut être ému par les douleurs humaines, et apprécier la dignité nationale syrienne. Est-il concevable que les « défenseurs de la démocratie » n’aient pas remarqué que la nouvelle Constitution interdit les partis fondés sur une base religieuse ou ethnique, et qu’elle garantit le respect des libertés personnelles et religieuses ? Le grand débat national n’a-t-il pas été remarqué ? Dans quel autre pays un projet de Constitution a-t-il été débattu dans des meetings, dans les centres culturels, à l’université, à la télévision, dans des réunions ? J’ai vu un exemplaire de la Constitution entre les mains de collégiens et d’étudiants universitaires ; les gens ont exprimé leur avis, et devant le Parlement se sont manifestés les politiciens en désaccord avec l’article 3 [de la Constitution].

Mais la question n’est pas celle des droits de l’Homme car, si c’était le cas, MM. Juppé, Cameron et Mme Clinton auraient dû voir l’agression permanente dont est victime le peuple palestinien, et le mépris d’Israël à l’égard des décisions internationales qui interdisent la judaïsation de la terre occupée et la métamorphose de ses caractéristiques. Ils auraient dû condamner les crimes qu’a commis Israël au Liban, et méditer sur les violations des droits de l‘Homme en Libye. La « communauté internationale » aurait dû examiner les déclarations des officiels israéliens qui menacent de bombarder les installations nucléaires iraniennes, et les juger pour menaces de guerre. Mais la logique s’est évanouie. L’État d’Israël, qui possède des bombes atomiques, qui refuse de laisser visiter ses installations nucléaires, n’est pas condamné. L’Iran qui ne possède pas d’armes nucléaires, qui accepte de faire visiter ses installations nucléaires, est lui menacé par Israël. Tandis que l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique communique les noms des scientifiques iraniens, ce qui facilite leur assassinat…

On a vu le président Obama se tenir comme un écolier docile devant Netanyahou, garantissant le « droit d’Israël à assurer sa sécurité », (cette sécurité s’étendant d’Israël à l’Égypte, à la Lybie et à l’Iran !) et garantissant son engagement à assurer la suprématie militaire d’Israël. Nous avons ainsi vu, sur le plan symbolique, la concordance entre le projet occidental et le projet sioniste. C’est pourquoi, M. Juppé ne diffère guère de Mme Clinton. Son arrogance n’est pas sans rappeler celle d’un gouverneur pendant la période d’occupation. Ces événements ont permis de mettre une fois de plus en lumière l’influence sioniste au sein du parti communiste et du parti socialiste français. N’est-il pas ironique que Bernard Henri Lévy, le sioniste, se définisse comme socialiste ? Et qu’il cite Marx dans son livre sur ses missions dans l’invasion de la Lybie où il se déclare « fidèle à son judaïsme et son sionisme » ! Le parti communiste français n’a-t-il pas remarqué ce qu’est le système politique de l’Arabie et du Qatar, et ce que sont les bandes takfiristes utilisées dans la guerre contre la Syrie ? Il s’ensuit que l’Occident ne collabore plus qu’avec ceux qui ont des liens avec Israël et qui privilégient la sécurité de cette dernière, sur la sécurité nationale arabe. C’est pourquoi Basma Kodmani [5] a avoué qu’« Israël est une nécessité » ! Certains membres du Conseil d’Istanbul ont assuré qu’ils établiront des liens avec Israël. Dans cette concordance, s’inscrit la collaboration des services secrets israéliens, qataris, et saoudiens, ainsi que les bandes armées munies d’armes israéliennes découvertes dans des cachettes à Douma, dans la banlieue de Damas, et à Baba Amro. Ce Conseil, appuyé par Juppé et Clinton, a commis ce que le peuple Syrien ne pardonne pas : le fait d’avoir facilité l’ingérence étrangère politique et militaire en Syrie, d’avoir des liens avec Israël et le sionisme. Dans ce climat, l’Occident accuse les victimes des crimes qu’il a lui-même commis par le biais de ses bandes armées. Cela ne nous étonne pas qu’il voie AbdelKarim Belhaj, Al Mahdi Harati, Al Zawahiri, l’émir du Qatar, et le roi Saoudien comme autant de « révolutionnaires démocrates », et qu’il efface de sa mémoire Che Guevara et Manolis Glezos !

Est-il possible de changer la stratégie occidentale pour dissiper le danger d’un embrasement du proche Orient ? Le point lumineux est que des puissances ayant des stratégies différentes, essaient, avec force et courtoisie, de stabiliser les relations internationales ; ce sont de grandes puissances économiques avec des intérêts, une vision, et une structure. Le discours prononcé par Poutine le 10 février 2007 à la 43e Conférence sur la sécurité à Munich, ainsi que son dernier article, montrent que la Russie n’est plus le pays que l’Occident a sauvagement violé après l’effondrement de l’Union soviétique. Elle fait partie maintenant de l’union du BRICS, bien décidée à l’établissement de nouvelles relations internationales. Dans cette union, beaucoup de peuples voient la libération du joug du monde unipolaire, la sortie du chaos, et du déni du droit humain et international. Nous lisons l’espoir dans l’appel de Theodorakis qui indique la Russie pour sortir de la crise. Son appel « La vérité sur la Grèce » [6] dénonce la stratégie dessinée par le FMI : « ce n’est plus l’État-nation qui fait le progrès mais les banques ». Il faut mettre cela dans une autre expression : « ce sont les banques et la guerre qui fabriquent la misère des peuples et qui tuent les identités nationales ». En témoigne la parole de Sarkozy à la délégation du Conseil de transition Libyen : « nous devons apprendre au peuple grec à vivre ». Les banques occidentales non seulement dépouillent les peuples, mais elles les humilient. Que n’avions nous pas découvert plus tôt que la Russie, la Chine, l’Iran le Brésil, l’Afrique du Sud, et l’Amérique Latine, sont des espaces humains et économiques, remplaçant l’Occident !

Le sang des victimes avec lequel les Libyens d’Al-Qaïda ont écrit sur le mur de la famille assassinée, « de Misrata nous sommes venus pour libérer la Syrie », et les décombres de Baba Amro -là où les services secrets français et britanniques ont dirigé la guerre- dessinent un tableau réunissant Al-Qaïda, les cheikhs despotiques du pétrole (qui interdisent à la femme de conduire), les bandes de mercenaires, les dirigeants occidentaux, les services secrets occidentaux, les régimes coupeurs de têtes saoudiens, et l’opportuniste qatari. Un tableau très significatif, qui ne permet pas à ceux-là de donner aux Syriens des leçons sur les droits de l’Homme ou sur la démocratie ! Mais qui impose de juger les dirigeants de l’Occident et du Golfe qui ont planifié et financé les crimes en Syrie !

Dr Nadia KHOST
Damas, 11 mars 2012
Traduit de l’arabe par Anis El ABED

SOURCE : http://www.silviacattori.net/article2975.html

Texte original en arabe : http://www.silviacattori.net/article2970.html

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

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Entendu sur I-Télé : de la Syrie comme élément de la fierté nationale russe

30 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Il est bon pour bien prendre le pouls du système de s'astreindre à l'audition, si pénible que ce soit, d'une de ses expressions médiatiques les plus représentatives. En ce jour d'expulsion de diplomates syriens et de demi-menaces hollando-fabiusiennes, notre choix s'est porté, comme souvent, sur I-Télé chaîne d'info continue de Canal+ et comme telle parfaite expression de l'idéologie très dominante, gauchiste (sur les questions dites "de société") et néo-conservatrices (pour la politique étrangère). Et au sein de la rédaction de [...]


Entendu sur I-Télé : de la Syrie comme élément de la fierté nationale russe

Par Louis Denghien,


 

En Tchétchénie, Poutine a pris la mesure de ce qu'était le djihadisme islamiste. Et il ne l'a pas oublié dans sa gestion de la crise syrienne

Il est bon pour bien prendre le pouls du système de s’astreindre à l’audition, si pénible que ce soit, d’une de ses expressions médiatiques les plus représentatives. En ce jour d’expulsion de diplomates syriens et de demi-menaces hollando-fabiusiennes, notre choix s’est porté, comme souvent, sur I-Télé chaîne d’info continue de Canal+ et comme telle parfaite expression de l’idéologie très dominante, gauchiste (sur les questions dites « de société« ) et néo-conservatrices (pour la politique étrangère). Et au sein de la rédaction de cette « chaîne-étalon » de la bien-pensance branchée, on sélectionnera tout naturellement une fois de plus Olivier Ravanello, déjà distingué par Infosyrie pour sa désinformation de qualité. Eh bien, si formaté soit-il,  notre journaliste n’est pas si bête !

La frontière syrienne de la Russie

Mardi soir donc, peu avant le journal de 21 heures, Ravanello planchait sur les décisions de Hollande et l’entretien accordé par Fabius au Monde. Eh bien, en dépit des menaces directes ou détournées de l’un et ce l’autre à l’égard de la Syrie souveraine, O. Ravanello ne semblait pourtant pas satisfait et encore moins enthousiaste. Pourquoi ? Toujours la même chose : la Russie et Poutine. Poutine que Hollande doit accueillir vendredi et qu’il espère convaincre de lâcher du lest sur la Syrie et même carrément de lâcher Bachar. Or, estime note spécialiste-maison, c’est peine perdue : outre que les Russes ont les intérêts économiques et militaires et stratégiques que l’on sait en Syrie, ils ont les mêmes ennemis que Bachar et ses amis : l’extrémisme islamiste – dont la version al-QaIda – que Poutine a su éradiquer à peu près en Tchétchénie. Évidemment pas par des concessions et encore moins par un dialogue, mais par la force, le seul langage qu’aient jamais compris les fous et guerriers de Dieu. Ravanello voit dans ce regard de Poutine sur le terrorisme un facteur puissant de connivence avec Bachar al-Assad. Et ce n’est pas si mal vu.

Mais Ravanello décèle un autre ressort, tout aussi profond et qui n’a rien à voir lui non plus avec les intérêts économiques dont on nous rebat les oreilles, au soutien russe à la Syrie telle qu’elle est : l’orgueil national russe. À partir de la chute de l’URSS, à l’orée des années 90, nombre de Russes, dont Poutine alors officier des services de renseignement, ont douloureusement vécu la fin de l’Empire et la dislocation de la société sous les coups de l’ultra-libéralisme de l’ivrogne pro-occidental Eltsine, succédant au libéral-communiste Gorbatchev, premier fossoyeur de la grandeur russo-soviétique. D’autant que dans le même temps, l’impérialisme américain a cessé de n’être qu’une figure de rhétorique marxiste-léniniste, de l’Irak à la Yougoslavie, en passant par les « révolutions oranges » ukrainienne, géorgienne, ou l’avancée de l’OTAN jusque dans les pays baltes !

Tout le monde le sait, la montée en puissance de Poutine, à compter du troisième millénaire, s’explique essentiellement par cette dimension bonapartiste du personnage, sa volonté de restaurer la puissance et la prospérité de la Grande Russie. Et au Proche-Orient, le maintien et la reconquête du rayonnement russe passe d’abord par la Syrie. Si Poutine perd la Syrie, il perd le prestige gagné en Tchétchénie, en Géorgie, face à l’OTAN à qui il a barré la route de l’Ukraine. La Syrie ne doit donc devenir à aucun prix un nouvel Irak, ni surtout une nouvelle Libye, un cas de figure géopolitique resté en travers de la gorge des Russes – et des Chinois. Voilà pourquoi Olivier Ravanello souhaite « bien du plaisir » à François Hollande avec Vladimir Poutine.

Des sanctions comme pousses au crime

Tout de même Ravanello veut quand même terminer sur une note d’espoir atlantiste : ça nous vaut un assez long développement sur les sanctions dont il assure qu’elles ont quand même un impact. Sur le peuple privé de mazout et de travail ? Non, non, sur les riches amis et complices de Bachar de plus en plus marris de voir leurs avoirs bloqués et leurs visas pour Londres et Paris supprimés. Ravanello voit là un facteur bienvenu  de tension interne au sommet de l’appareil économique syrien, avec les oligarques qui pourraient être tentés de lâcher Bachar pour recouvrer leurs privilèges.

Et puis, explique l’homme d’I-Télé, il y a aussi la menace de saisine de la Cour pénale internationale évoquée par Fabius aujourd’hui dans Le Monde,e t qui vise plutôt les hauts-cadres militaires du régime. Et là Ravanello « lâche le morceau » : on espère, dans les chancelleries d’Occident, que cette épée de Damoclès incitera les généraux à régler eux-même le problème Bachar, à faire « le sale boulot » pour reprendre l’expression de Ravanello. Comme on dit : cela va sans dire mais ça va mieux le disant ! Grâce à Olivier Ravanello d’I-Télé, nous avons confirmation que les chancelleries occidentales, du moins les plus « concernées » d’entre elles, ont à la bouche les mot de Martin Luther King, mais ne répugnent pas aux méthodes de Machiavel pour atteindre les objectifs de Big Brother. Après tout c’est ça la grande diplomatie impériale. Mais elle risque de se heurter à une autre !

 

Celui qui fut un jeune officier du KGB n'a pas oublié que les Américains sont des adversaires naturels de la grandeur et de la prospérité russes. Et celui qui est aujourd'hui le président de la Russie sait qu'une partie de cette grandeur se joue en Syrie !

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Le retour du grand vautour.Il ne manqua it que sa "grande voix" dans le concert d'hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy.

30 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Il ne manqua it que sa "grande voix" dans le concert d'hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy, flairant l'odeur du sang arabe, repart sur le sentier de la guerre. Frustré de sa guerre contre la Syrie depuis trop longtemps, l'inititiateur de la guerre conte la Libye vient d"écrire une lettre, pas vraiment privée, à François Hollande, l'adjurant de mette en oeuvre, avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Ligue arabe et la Turquie, une stratégie "allant au-delà d'un soutien sans faille à la [...]



Le retour du grand vautour

Par Louis Denghien,



Hollande est un politique aligné mais prudent : les espérances guerrières de BHL risquent d'être déçues

Il ne manquait que sa « grande voix » dans le concert d’hystérie anti-syrienne.. Bernad Henri Lévy, flairant l’odeur du sang arabe, repart sur le sentier de la guerre. Frustré de sa guerre contre la Syrie depuis trop longtemps, l’inititiateur de la guerre conte la Libye vient d »écrire une lettre, pas vraiment privée, à François Hollande, l’adjurant de mette en oeuvre, avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Ligue arabe et la Turquie, une stratégie « allant au-delà d’un soutien sans faille à la mission Annan ». Traduit de l’idiome ou de la langue de bois précieux de BHL, ça signifie « Quand est-ce qu’on bombarde la Syrie, en attendant mieux ? » Mais nos lecteurs avaient rectifié d’eux-mêmes !

BHL plus compromettant qu’influent

Nos lecteurs en sont également conscients, BHL a une certaine capacité de nuisance, il l’a démontré à hauteur de milliers de morts libyens, ayant contribué, et il s’en vante assez, à transformer un début de guerre civile en putsch sanglant appuyé par des mois de bombardements de l’OTAN comme on en avait plus vus depuis les « plus beaux » jours des guerres atlantistes contre l’Irak et la Yougoslavie. Pour tenter de convaincre Hollande de remettre ça le plus vite possible en Syrie, l’agent d’influence américano-israélien de passeport et de résidence français active ses réseaux, et sa lettre paraîtra in extenso dans Le Point en France, et ailleurs dans Il Corriere della Sera, El Pais, Die Welt, Espressen, ou encore The Huffington Post, soit un panel représentatif de la grande presse internationale et alignée sur le néoconservatisme.

Avec les effets de manche virtuels dont il est familier, le sous-Malraux qu’est BHL dit qu’il est aussi important de sauver un  peuple que de sauver l’euro. Un peuple, quel peuple ? Sûrement pas le peuple syrien réel, dans sa majorité hostile aux fanatiques islamistes téléguidés par Ryad et Doha, ainsi qu’aux politiciens exilés manipulés par Washington, Paris, Londres et Ankara. Mais BHL, il l’a assez écrit, n’aime pas les peuples ancrés culturellement et historiquement, il ne se réfère qu’à des peuples virtuels censés se définir par des concepts abstraits et « républicains ». Enfin, il fait quand même une notable exception pour Israël dont le peuple doit être très concrètement et démographiquement juif, mais ça aussi nos lecteurs, et presque tout le monde, le savent, alors passons. Certes, il faut sauver le peuple syrien, de malfaiteurs comme BHL.

Cette dernière initiative de cet imposteur archétypal sera accueillie par le mépris ou la colère des honnêtes hommes de gauche, du centre et de droite, d’Orient et d’Occident. Mais quelle peut-être son influence auprès du nouveau pouvoir français. ? Équivalente à rien, à notre avis. La personnalité de BHL est quand même trop sujette à caution – on va dire ça comme ça – pour que Hollande, qui veut bien prendre les postures symboliques qu’exige son créneau politique bobo, accepte de lier ou pire de soumettre sa diplomatie aux injonctions de l’histrion sioniste. Quant à Fabius, il a en dépit de tout une trop haute opinion de lui-même pour accepter de reprendre le rôle de Juppé l’année dernière dans la crise libyenne, le super-diplomate de Sarkozy ayant dû accepter la guerre que BHL avait « vendue » à l’impressionnable et hystérique président Sarkozy.

Il devient de toute façon, et ce en dépit de l’abondance et de l’habileté des propagandes produites à cet effet, de « vendre » une guerre, même griffée « humanitaire », aux opinions occidentales, préoccupées à juste titre d’angoisses et d’espérances économiques plus immédiates, mais aussi vaccinées par les sanglantes escroqueries de deux guerres contre l’Irak, une guerre contre la Yougoslavie, un guerre – pas forcément terminée -  en Libye donc, plus une guerre elle achevée dans la confusion  et la défaite en Afghanistan. C’est pourquoi, à notre avis, le tandem Hollande/Fabius classera sans suite la lettre de BHL.

Au fond c’est Poutine que Lévy devrait d’abord convaincre, mais il en a fait un autre Bachar ! L’enfant pourri de l’intelligentsia française n’a pas fini de trépigner.

 

 

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Dossier d'Iran n°96 du 21-04 au 21-05. Clara Weiss : La Russie se prépare contre une frappe militaire israélo-américaine contre l'Iran.

25 Mai 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Dossier d'Iran  n°96  du 21-04 au 21-05                               
    
C.De Broeder & M.

 

2-5 Clara Weiss : La Russie se prépare contre

 

une frappe militaire israélo-américaine contre l'Iran.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours de ces quelques derniers mois, la Russie a entrepris d'intenses préparatifs pour parer à une éventuelle frappe militaire perpétrée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran. Selon de récents rapports, l'état-major russe s'attend cet été à une guerre contre l'Iran qui aurait d'énormes répercussions non seulement au Moyen-Orient mais aussi dans le Caucase.
Les troupes russes au Caucase ont été techniquement renforcées et un bataillon de missiles situé dans la Mer caspienne a été placé en attente. Les patrouilleurs lance-missiles de la flotte caspienne ont à présent jeté l'ancre au large de la côte du Daguestan. L'unique base militaire russe dans le Caucase du Sud, qui se situe en Arménie, est également en état d'alerte pour une intervention militaire. L'automne dernier, suite à une intensification du conflit en Syrie, la Russie avait envoyé son porte-avions Kousnetsov au port syrien de Tartous. Des experts pensent que la Russie pourrait soutenir Téhéran en cas de guerre, du moins sur un plan militaire et technique.
Dans un commentaire publié en avril, le général Leonid Ivashov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques, a écrit qu'une « guerre contre l'Iran serait une guerre contre la Russie » et il appelé à une « alliance politico-diplomatique » avec la Chine et l'Inde. Il a dit que des opérations étaient entreprises de par le Moyen-Orient dans le but de déstabiliser la région et d'agir à l'encontre de la Chine, de la Russie et de l'Europe. La guerre contre l'Iran, écrit Ivashov, « atteindrait nos frontières, déstabiliserait la situation dans le Caucase du Nord et affaiblirait notre position dans la région caspienne. »
Dans le cas d'une guerre contre l'Iran, la préoccupation principale de Moscou concerne les conséquences pour le Caucase du Sud. L'Arménie est l'unique alliée du Kremlin dans la région et entretient de liens économiques étroits avec l'Iran, alors que la Géorgie et l'Azerbaïdjan voisins entretiennent des liens militaires et économiques avec les Etats-Unis et Israël.
Ce que le Kremlin craint avant tout, c'est que l'Azerbaïdjan ne participe aux côtés d'Israël et des Etats-Unis à une alliance militaire contre l'Iran. L'Azerbaïdjan partage ses frontières avec l'Iran, la Russie, l'Arménie et la Mer caspienne et est, depuis le milieu des années 1990, un important allié militaire et économique des Etats-Unis dans le Caucase du Sud, abritant plusieurs bases militaires américaines.
Les relations entre l'Iran et l'Azerbaïdjan sont d'ores et déjà très tendues. Téhéran a, à plusieurs reprises, accusé Bakou d'avoir participé à des attaques terroristes et d'avoir commis des actes de sabotage très vraisemblablement en collaboration avec des agences de renseignement israéliennes et américaines. Ces dernières années, l'Azerbaïdjan a doublé ses dépenses militaires et a scellé en février un accord d'armement avec Israël s'élevant à 1,6 milliards de dollars américains et comprenant la fourniture de drones et de systèmes de défense anti-missiles.
A en croire des sources haut placées du gouvernement Obama, Mark Perry a dit fin mars au journal américain Foreign Policy que Bakou avait donné à Israël une autorisation d'accès à plusieurs bases aériennes près de la frontière Nord de l'Iran et qui seraient susceptibles d'être utilisées lors d'une frappe aérienne contre Téhéran. Le magazine cite un haut responsable du gouvernement américain qui aurait dit que, « Les Israéliens ont acheté un aéroport et cet aéroport se nomme Azerbaïdjan. » Perry a prévenu que : « Les experts militaires doivent à présent prendre en considération un scénario de guerre qui inclut non seulement le Golfe persique mais aussi le Caucase. »
Le gouvernement de Bakou a immédiatement nié le rapport mais le rédacteur en chef du journal d'Azerbaïdjan, Neue Zeit, Shakir Gablikogly, a prévenu que l'Azerbaïdjan pourrait être embarqué dans une guerre contre l'Iran.
Même s'il devait s'avérer que l'Azerbaïdjan n'est pas le point de départ d'une attaque israélienne contre l'Iran, le danger existe qu'une guerre ne mène à une escalade militaire d'autres conflits territoriaux telle la querelle entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au sujet de Nagorny-Karabakh. Cette région est indépendante depuis 1994, date de la fin de la guerre civile, mais le gouvernement de Bakou, les Etats-Unis et le Conseil européen insistent pour qu'elle soit considérée comme faisant partie de l'Azerbaïdjan. Au cours de ces deux dernières années, il y a eu des conflits répétés à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et les commentateurs ont mis en garde que le conflit risquait de se transformer en une guerre impliquant la Russie, les Etats-Unis et l'Iran.
Lors d'une récente interview accordée au journal russe Komsomolskaya Pravda, l'expert militaire russe Mikhail Barabanov a dit que les conflits sur les territoires de l'ex-Union soviétique pourraient résulter en une intervention militaire en Russie. Toute intervention opérée dans la région par les Etats-Unis ou toute autre puissance de l'OTAN entraînerait « un risque inévitable de recours à l'arme nucléaire. » La Russie possède le deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde après les Etats-Unis.
Après l'effondrement de l'Union soviétique, l'Eurasie est devenue, en raison de son importance géostratégique, l'épicentre des rivalités économiques et politiques ainsi que des conflits militaires entre les Etats-Unis et la Russie. L'Azerbaïdjan, la Géorgie et l'Arménie forment un pont entre l'Asie centrale riche en ressources et la Mer caspienne d'une part et l'Europe et la Mer Noire de l'autre.
Les Etats-Unis cherchent depuis les années 1990 à gagner de l'influence dans la région grâce à des alliances économiques . En 1998, le vice-président américain d'alors Richard Cheney avait déclaré, « A ma connaissance, je ne peux pas me rappeler une époque où une région a si soudainement connu une aussi grande importance stratégique que la région caspienne. »
Dans son livre Le Grand Echiquier (1998), Zbigniew Brzezinski, l'ancien conseiller à la sûreté du président Jimmy Carter, avait écrit : « Une puissance qui domine l'Eurasie contrôlerait les deux tiers des régions les plus avancées et économiquement les plus productives du monde. En Eurasie se concentrent environ les trois quarts des ressources énergétiques connues du monde. »
L'importance cruciale de la région réside dans son rôle de zone de transit pour l'approvisionnement énergétique d'Asie vers l'Europe en contournant la Russie. En soutenant des projets d'oléoduc alternatifs, Washington a cherché à affaiblir les liens russes avec l'Europe qui est lourdement tributaire du pétrole et du gaz russes.
Jusque-là, la Géorgie est le pays clé pour le transit des livraisons de gaz et de pétrole et s'est trouvée au cour des conflits de la région. La « révolution des roses » de la Géorgie en 2003 fut incitée par Washington pour installer Mikhail Saakashvili au pouvoir comme président dans le but de sauvegarder les intérêts économiques et stratégique des Etats-Unis dans la région. Cette révolution a mené à une intensification des tensions avec Moscou en vue d'arriver à une suprématie géostratégique. La guerre entre la Géorgie et la Russie à l'été 2008 a représenté une aggravation des rivalités entre les deux pays avec la possibilité de s'élargir en une guerre russo-américaine. Les relations entre la Russie et la Géorgie restent très tendues.
L'influence américaine dans le Caucase et en Asie centrale a décliné significativement ces dernières années. En plus de la Russie, la Chine est devenue une force majeure dans la région, établissant des liens économiques et militaires importants avec les Etats d'Asie centrale tels le Kazakhstan. Bien que la Russie et la Chine demeurent des rivaux, ils ont conclu une alliance stratégique dans leur concurrence avec les Etats-Unis. Pour les Etats-Unis, une guerre contre l'Iran représente une nouvelle étape dans leur confrontation croissante avec la Chine et la Russie pour le contrôle des ressources de l'Asie centrale et du Moyen-Orient.
Article original, WSWS, paru le 28 avril 2012
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=KUM20120517&articleId=30887


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