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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

 Transfert d'un message reçu :

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                                          

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                       

 9 Juillet 2017, 

Selon Le Canard enchaîné ("Un document alarmiste de la DGSE", 5.07.17), Macron aurait changé d'avis sur Assad et pris ses distances avec la politique de son prédécesseur Hollande et des néoconservateurs après avoir eu accès à des données consignées dans un rapport secret de la DGSE. On y apprendrait entre autres que le régime d'Assad n'aurait jamais été aussi fort depuis 2011 tandis que l'opposition dominée par des groupes djihadistes serait laminée, que les djihadistes en perte de vitesse tout comme l'Etat islamique pourraient après leur défaite en Syrie se rabattre sur l'Europe. Un rapport qui aurait été effectué pour le compte de la DGSE par des experts, des universitaires, des chercheurs et spécialistes de la géopolitique. Le Canard donne quelques extraits très succincts de ce rapport de 70 pages :


- "Le régime de Bachar (...) est aujourd'hui en meilleure posture qu'à aucun moment depuis 2011, grâce aux interventions russe et iranienne".

- "L'opposition est désorganisée et fragmentée, ne pose pas (sic) une menace stratégique (...). Les principaux groupes d'opposition sont de plus en plus divisés (...), souvent sous-équipés et démoralisés."
 

- "Cette opposition est de plus en plus dominée par des groupes extrémistes".
 

- "Une solution politique et militaire au conflit demeure peu probable".
 

- Daesh poursuivra son combat "en Europe, après la chute du Califat".


- "La libération de Mossoul soulèvera autant de problèmes qu'elle en résoudra (...) Les conflits latents (avec le gouvernement de Bagdad) risquent de refaire surface en 2017 et 2018, entre Kurdes et Chiites, et entre les deux principaux partis kurdes".

2°) Quand Macron cherche à se rapprocher de Trump au G20.

https://www.youtube.com/watch?v=P9yz7GWNfBQ

Bonne soirée

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Le secret le plus mal gardé de la guerre syrienne qui pourrait devenir le cauchemar d’Israël

4 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Une intéressante analyse à prendre, comme toujours, avec esprit critique et recul.

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

Photo : des soldats israéliens participent à un entraînement militaire sur le plateau du Golan occupé par Israël, près de la frontière israélo-syrienne, le 22 mars 2017 (AFP)

Oui, Israël soutient les rebelles syriens, mais pas seulement sur les plans financier et humanitaire : Israël espère que les rebelles serviront de tampon contre l’EI ou le Hezbollah, une stratégie qui pourrait facilement se retourner contre lui

Plus tôt ce mois-ci, le Wall Street Journal a publié l’interview d’un commandant rebelle syrien et d’une demi-douzaine de combattants, qui ont confirmé le secret le plus mal gardé du conflit syrien : Israël soutient directement les factions rebelles syriennes au moyen d’une aide humanitaire et financière.

L’implication d’Israël « est bien plus profonde et plus coordonnée qu’on le pensait et inclut le financement direct des combattants de l’opposition près de sa frontière depuis des années », indiquait l’article.

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal. « Nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël. »

Selon le rapport, Israël donne 5 000 dollars chaque mois à Fursan al-Joulan – ou Chevaliers du Golan –, que le groupe utilise pour payer les salaires des combattants et acheter des armes et des munitions pour ses campagnes contre le gouvernement d’Assad dans le Golan syrien.

Je n’avais jamais entendu parler de Fursan al-Joulan auparavant. Un site en ligne consacré à la documentation du conflit syrien décrit un certain « Fouj al-Joulan » comme une milice du Golan alliée au régime d’Assad qui se consacre à la protection des villages druzes dans la région. Bien que les noms se ressemblent, il est peu probable qu’il s’agisse du même groupe, surtout que le commandant de Fouj al-Joulan, Majid Himoud, est un ennemi implacable d’Israël, que les Israéliens ont essayé d’assassiner par deux fois.

Comptant environ 400 combattants, Fursan al-Joulan semble être une milice locale. Celle-ci est sans doute affiliée à un groupe islamiste plus vaste comme al-Nosra ou al-Qaïda, mais je n’ai pas été en mesure de le déterminer. Le Wall Street Journal indique clairement qu’il n’est pas affilié à l’Armée syrienne libre, ce qui augmente la probabilité que Fursan al-Joulan soit un groupe islamiste. Il est également tout à fait possible qu’il y ait d’autres groupes, peut-être nombreux, qu’Israël aide pareillement.

Dans une vidéo de septembre 2014 publiée par Ahrar al-Sham, des combattants de l’opposition syrienne capturent une position du gouvernement syrien à Khan Arnabeh, près de la frontière est de Quneitra avec Israël sur le plateau du Golan (AFP/YouTube)

Le 22 juin, le correspondant principal en matière de sécurité militaire de Yediot Achronot, Alex Fishman, a confirmé le rapport du journal et en a exploré la motivation :

« Une partie non négligeable des rebelles syriens dans le Golan ont adopté l’idéologie salafiste extrême de Jabhat al-Nosra, une ramification d’al-Qaïda […] Le point de vue israélien est que les opinions extrémistes religieuses des rebelles syriens sont moins pertinentes [que leurs capacités à combattre les ennemis des Israéliens – l’Iran et le Hezbollah]. Israël est persuadé que ce qui les [les rebelles] intéresse avant tout est la survie ; et qu’il est possible d’acheter leur loyauté grâce à une aide matérielle qui contribue à garantir leur propre sécurité. »

« L’article du Wall Street Journal donne l’impression qu’Israël n’examine pas toujours les idées de ses alliés tant qu’il obtient une profitable sécurité réciproque. Selon le point de vue d’Israël, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Et si Jabhat al-Nosra se bat contre l’EI dans le sud du Golan, et chacun d’eux se bat à son tour contre le Hezbollah et l’armée syrienne dans la région de Deraa, tant mieux. »

Ce mode d’interaction basé sur la réciprocité peut fonctionner pour Israël à court terme, mais l’histoire de la région regorge de semblables alliances temporaires qui se sont rapidement transformées en hostilité pure et simple lorsque les circonstances ont changé. Un ancien allié peut facilement et rapidement devenir le pire des ennemis.

Et en fait, les biens, l’expérience et les compétences transmises pendant l’alliance permettent à l’ancien allié de devenir un ennemi encore plus redoutable (pensez simplement aux Moudjahidines-Talibans en Afghanistan). Un certain nombre d’acteurs en Syrie, de l’EI à al-Nosra, pourraient, à un moment futur, décider qu’Israël est une cible plus facile que leurs anciens ennemis. Cette alliance de commodité à court terme pourrait facilement devenir un golem cauchemardesque qu’Israël aura lui-même créé.

Ce que veut Israël

Ces nouveaux rapports confirment plusieurs années de mes propres rapports qui documentaient une vaste intervention israélienne dans le conflit syrien, y compris de nombreuses attaques aériennes contre le Hezbollah et les convois d’armes iraniens, le bombardement d’un avion syrien qui s’était aventuré de quelques mètres dans le Golan occupé par Israël, les assassinats de commandants du Hezbollah et iraniens, les largages d’équipement aux unités d’al-Nosra alliées à al-Qaïda et les briefings directs entre les officiers de l’armée israélienne et les commandants rebelles.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord

Tout cela a démenti les fausses affirmations répétées dans les médias (y compris dans cet article de WSJ) selon lesquelles Israël est un parti neutre dans le conflit – ce dont Israël voudrait persuader le monde. Au contraire, il y est profondément impliqué et cherche à affaiblir ou à renverser Bachar al-Assad car les ennemis d’Israël, le Hezbollah et l’Iran, sont les principaux alliés du président syrien.

Je m’attends à ce que l’escalade israélienne se poursuive étant donné qu’Assad et ses alliés sont en train de prendre le dessus. Ils repoussent l’EI dans l’est de la Syrie et, une fois que ce sera fait, il est très possible qu’Assad puisse porter son attention vers l’ouest, notamment le Golan, pour consolider ses acquis territoriaux. Le véritable test interviendra à ce moment-là.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord. Jusqu’où est-il disposé à aller pour empêcher Assad d’y réaffirmer son contrôle total ?

Le président Bachar al-Assad salue le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Damas en janvier 2014 (AFP/SANA)

Israël a eu de nombreuses occasions de négocier un accord de paix avec Bachar al-Assad et, plus tôt encore, avec son père. Il a tourné le dos à chacun de ces efforts. Il ne veut pas d’un accord avec Assad.

Pour éviter une confrontation politique interne avec les forces nationalistes concernant la restitution du Golan, le gouvernement de droite d’Israël préfère conserver sa conquête illégale du Golan et le statu quo. Pour ce faire, il faut continuer à semer la discorde et les équipées militaires dans le Golan.

Coup de semonce

De nombreuses escalades de mauvais augure dans le conflit syrien se sont produites ces derniers jours. L’Iran a annoncé avoir tiré des missiles depuis son territoire avec pour objectif des positions de l’EI dans l’est de la Syrie. Cela signifierait que le progrès technique des forces iraniennes est tel qu’elles sont désormais capables d’atteindre des cibles à des centaines de kilomètres de là. La dernière fois qu’elles ont attaqué un ennemi au-delà des frontières de cette manière était pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

L’attaque au missile de l’Iran est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad

Des sources militaires anonymes israéliennes ont affirmé que chacun des sept missiles qui avaient été tirés ont manqué leur cible, plusieurs n’ayant même pas atterri en Syrie. Cependant, en dehors de sources anonymes, les Israéliens n’ont rien fourni pour étayer leurs allégations. Il serait dans l’intérêt d’Israël de répandre des affirmations fallacieuses discréditant la prouesse militaire de son principal rival régional.

L’Iran a expliqué que l’attaque antimissile était une vengeance par rapport à une attaque terroriste récente perpétrée par des Kurdes iraniens à Téhéran et que l’EI a revendiquée. Puisque l’Iran a également accusé l’Arabie saoudite de l’attentat, qui a tué dix-sept personnes, en majorité des civils, l’attaque aux missiles est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : « tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad ».

Ou comme le correspondant d’Al Jazeera l’a déclaré : « Et, bien sûr, nous devons considérer cela dans un contexte géopolitique plus large : il sera très intéressant d’observer la réaction de pays comme l’Arabie saoudite, les États-Unis et Israël parce que l’Iran montre qu’il peut riposter et le fera. »

Photo prise par le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne montrant un missile balistique lancé lors d’un test dans un lieu tenu secret (AFP)

Le 18 juin, un avion de combat américain a abattu dans la campagne de Raqqa un avion de guerre syrien qui avait bombardé un objectif proche des forces rebelles syriennes soutenues par les États-Unis. L’armée américaine affirme que la cible était les Forces démocratiques syriennes (que les troupes du régime syrien avaient chassées de la ville), tandis que le régime prétend qu’il s’agissait de l’EI. L’aviation américaine a également abattu au moins deux drones pro-régime syrien.

Peur de la victoire d’Assad

Tout cela s’inscrit dans le cadre du succès croissant d’Assad qui reprend le territoire qui était autrefois contrôlé par l’EI. Les États-Unis, en attaquant les avions de guerre syriens, tentent d’entraver les efforts d’Assad. Dans les faits, cela signifie que la politique américaine reflète largement celle d’Israël. L’administration Trump semble elle aussi ne pas vouloir d’une Syrie unie, et préférer une Syrie divisée en cantons ethniques.

L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient

L’allié russe d’Assad a réagi avec colère à l’attaque des États-Unis et a annulé les efforts critiques de désescalade visant à empêcher les différentes forces qui se battent en Syrie de s’attaquer accidentellement (les agents américains ont depuis indiqué qu’une ligne de désescalade est toujours en opération). En outre, la Russie a annoncé que toute autre attaque américaine contre l’aviation syrienne pourrait entraîner un conflit direct avec la Russie.

Tout cela fait partie d’une escalade américaine de sa propre implication qui a consisté à bombarder un convoi militaire du gouvernement syrien, une mosquée, et maintenant cela. De toute évidence, l’administration Trump dirige l’armée vers une démonstration de force dans cette arène.

Le problème est qu’il s’agit d’un champ de bataille très fréquenté et que de nombreuses parties sont impliquées, notamment la Russie. L’avion que l’armée américaine a abattu était un bombardier Sukhoï russe, par exemple. Il suffira d’une erreur commise en une fraction de seconde pour que cela se transforme en un bain de sang majeur qui pourrait entraîner les principales parties au conflit bien plus loin qu’elles le voudraient.

La nouvelle alliance

La Syrie n’est qu’une fraction d’un terrain de jeu plus large dans la région où les forces sunnites, financées par l’Arabie saoudite et les États du Golfe, sont confrontées au pouvoir chiite sous l’égide de l’Iran et du Hezbollah.

Au fur et à mesure que la coalition sunnite perd de son influence en Syrie, cette rivalité s’est déplacée vers des endroits nouveaux et même plus dangereux. L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient.

Une alliance croissante entre l’Arabie saoudite et Israël ajoute encore un autre élément combustible au mélange. Les deux semblent avoir envie de se mesurer à l’Iran. Quand ils étaient des acteurs séparés, le danger d’un tel conflit était plus faible.

Alors que ces deux pays s’unissent contre un ennemi commun, les entraves sont considérablement réduites, sans oublier que l’ascension d’un jeune prince saoudien impétueux et ambitieux qui s’est montré bien trop empressé à embourber son royaume dans des interventions étrangères accroît encore plus le danger d’un tel scénario.

– Richard Silverstein est l’auteur du blog « Tikum Olam » qui révèle les excès de la politique de sécurité nationale israélienne. Son travail a été publié dans Haaretz, le Forward, le Seattle Times et le Los Angeles Times. Il a contribué au recueil d’essais dédié à la guerre du Liban de 2006, A Time to speak out (Verso) et est l’auteur d’un autre essai dans une collection à venir, Israel and Palestine: Alternate Perspectives on Statehood (Rowman & Littlefield).

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

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Syrie, six ans de guerre… Après le cauchemar, les rêves ou la réalité ? Par Michel Raimbaud — 01 juillet 2017

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie, six ans de guerre…Après le cauchemar, les rêves ou la réalité ?

Intervention de l’Ambassadeur Michel Raimbaud à la Conférence organisée par « Chrétiens d’Orient pour la paix » le 27 juin 2017

I/ Un conflit universel

Par un vilain jour de mars 2011 était donné le coup d’envoi de cette interminable guerre syrienne qui est aujourd’hui l’objet de notre réflexion. Qui aurait pu deviner alors qu’elle allait s’installer dans l’opinion sous l’image labellisée que nous lui connaissons : celle d’une guerre soi-disant « oubliée » entre un mouvement populaire « démocratique et pacifique » et un « régime massacreur », une bonne cause à défendre pour les élites (de droite ou de gauche) qui depuis vingt ans communient dans un consensus bétonné autour de toutes les certitudes molles héritées du « néoconservatisme » à l’américaine. L’adhésion spontanée ou calculée aux « valeurs » véhiculées par ce consensus, signant leur allégeance (ou leur appartenance) à « l’Etat profond », leur confère le droit – le privilège devrait-on dire – de s’exprimer sur les antennes, les écrans et dans les gazettes.

C’est adossé à cette foi idéologique sommaire que notre mainstream va très vite se polariser sur l’urgence de faire « dégager Bachar » et de renverser « le régime syrien » tout en s’employant – avec un certain succès – à faire partager cette hantise par de larges couches de la population.

Dans le paysage audio-visuel, intellectuel et politique naîtra donc comme par enchantement un front sans faille qui veillera à rendre inaudibles les contestataires de la narrative officielle. Le conflit syrien sera catalogué d’emblée comme un épisode des « printemps arabes », dans la lignée de ceux de Tunis, du Caire, du Yémen, de Libye, et on décrètera une fois pour toutes qu’un scénario à la libyenne est inéluctable en Syrie.

On croyait naguère le lavage de cerveau réservé aux régimes totalitaires : or, le conflit de Syrie, comme celui de Libye auparavant, aura donné aux « grandes démocraties », la nôtre y compris, l’occasion de montrer tout leur savoir-faire en la matière. En occultant la mise à mort d’un peuple attaché à la souveraineté, à l’intégrité et à l’indépendance de son pays, en faisant le silence sur les destructions massives, en falsifiant les réalités, c’est la résistance stoïque du peuple syrien qui sera volontairement ignorée, l’image héroïque d’une armée nationale qui sera défigurée, le déni amplifiant d’autant la souffrance.

Il faut bien le dire, la volonté de dégager Bachar al Assad (qui « ne mérite pas d’être sur terre » mais serait mieux « six pieds au-dessous »), la volonté de détruire (Bachar ne partira peut-être pas, mais nous aurons détruit sa Syrie, comme osait le dire récemment encore un opposant démocrate « modéré ») et la volonté de tuer (nous sommes prêts à sacrifier les deux tiers de la population syrienne afin de sauver le dernier tiers) n’ont pas choqué grand monde du côté de chez nous durant ces années de dévastation de la légalité et de la morale internationales. Malgré les contradictions, les évidences, les révélations, les témoignages, on trouve encore des fanatiques ou des naïfs, des cas désespérés, pour défendre mordicus la thèse selon laquelle la guerre de Syrie serait réductible à la lutte d’un peuple révolté contre un régime oppresseur. Un épisode des « printemps arabes » qui aurait mal tourné, mais n’aurait pas dit son dernier mot…

Toutefois, trop c’est trop. Les rangs des soutiers et des charbonniers de la « révolution » auront fini par s’éclaircir. Quand on a le nez plongé dans les décombres du chaos créateur, si l’on n’a pas les yeux emplis d’effroi devant la sauvagerie et la conscience révulsée par la gestion de la barbarie djihadiste, c’est que l’on a choisi de fermer les yeux. Il faut être aveugle et se contenter d’analyses convenues ou d’idées reçues pour ne voir dans la tragédie syrienne qu’un évènement banalisé dans une séquence épidémique de « printemps arabes » épars. Il faut avoir un cerveau délabré ou particulièrement sommaire pour refuser par principe d’insérer cette tragédie dans le contexte qui est le sien, et qui saute aux yeux si l’on se réfère aux crises et aux guerres des dernières décennies. C’est celui d’une entreprise géopolitique et géostratégique globale de déstabilisation et de destruction, inspirée, planifiée, annoncée, conduite par l’Empire sous direction américano-israélienne, utilisant systématiquement des régimes inféodés et des complices de circonstance (islamistes dans le cas d’espèce) dont l’agenda, pour différent qu’il soit, est compatible à court et moyen terme avec celui des maîtres atlantiques.

Vu par la lorgnette des neo-cons qui l’inspirent depuis maintenant un quart de siècle, l’Occident (l’Amérique, Israël et ses alliés européens) a pour vocation de disputer à l’Eurasie russo-chinoise la maitrise de la planète, et la déconstruction du monde arabo-musulman, qui sépare ces deux ensembles, est une condition imposée par la géopolitique. Pour les forces islamistes radicales, la décomposition des Etats de cette « ceinture verte musulmane » en entités à base ethnique ou confessionnelle est le passage obligé vers la création d’une bouillie d’Emirats, étapes incertaines vers la refondation d’un Etat islamique fondé sur la Charia (loi coranique) ou le rétablissement du Califat, un siècle après son abolition. Pour des raisons historiques, culturelles, religieuses, politiques et géopolitiques, la Syrie est le centre et l’épicentre de cette confrontation dont l’issue sera déterminante pour l’instauration d’un nouvel ordre mondial en gestation.

En tout cas, il est difficile de nier que les guerres de Syrie (ou les guerres en Syrie) ont dégénéré en un conflit universel qui oppose deux camps, l’un ayant démontré sa solidité et le second se trouvant en pleine dislocation:

– Le camp de la Syrie légale et de ses alliés (Iran, Hezbollah, Russie et Chine, par extension les BRICS), mais aussi des pays comme l’Algérie, et de plus en plus l’Irak, ses forces armées, son Hachd al Chaabi (rassemblement populaire), le Yémen « légal » du Président Ali Abdallah Saleh et d’autres forces résistantes à l’hégémonie.

– Le camp adverse, regroupant les régimes islamistes (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar et émirats du Golfe Persique), les terroristes et djihadistes ainsi que les groupes de miliciens divers, financés, armés, soutenus par Israël et – malheureusement – les Occidentaux. Tous ces adversaires de la « Syrie légale » se concerteront régulièrement dans le cadre du groupe dit « des Amis de la Syrie ».

Cet affrontement universel, qui a connu depuis plus de six ans de nombreux développements, peut se décliner – j’ai tenté d’en faire une recension dans mon ouvrage « Tempête sur le Grand Moyen Orient » publié en février 2015, puis en février 2017 – en une bonne douzaine de conflits aussi impitoyables les uns que les autres, mêlant l’odeur de sainteté au fumet du gaz, les illuminations messianistes et les ambitions stratégiques, les références aux valeurs morales et les valeurs boursières, la guerre sainte pour la religion et la lutte profane pour le pouvoir étatique :

1/ Sur le plan syrien proprement dit :

– 1/ C’est au premier abord une guerre pour le pouvoir conduite par une opposition soi-disant « démocratique et pacifique » contre l’oppression d’un « régime massacreur ».

– 2/ Cette lutte interne se militarisera rapidement, transformée sous la plume des analystes en une « guerre civile », qui n’en est pas une dans la mesure où elle est importée…

– 3/ En effet, le conflit sera internationalisé par l’intervention massive des régimes sunnites radicaux et de combattants étrangers aux côtés de l’opposition (lourdement) armée, puis par l’ingérence et le soutien ouvert des Occidentaux, devenant clairement une guerre d’agression, le crime international par excellence, selon le Tribunal de Nuremberg.

– 4/ Elle constituera en fait un politicide – qui est à l’encontre d’un Etat ce que l’homicide est à l’encontre d’un être humain – visant à provoquer un éclatement de l’Etat-nation syrien en mini-entités à base confessionnelle ou ethnique, conformément aux plans israélo-américains. C’est l’objectif du Protocole de Doha adopté sous l’égide du Qatar en novembre 2012 par la Coalition Nationale Syrienne des Forces de l’Opposition et de la Révolution.
2/ Sous l’angle religieux :

– 5/ C’est une guerre au nom de l’islam contre un « régime impie », placée sous le signe du djihad, de « la sauvagerie et la gestion de la barbarie » qui constitue la stratégie officielle de l’Etat Islamique (Da’ech).

– 6/ Recyclée en guerre sainte par les islamistes, la guerre d’agression se résumera donc bientôt pour la communauté internationale à une guerre terroriste.

– 7/ Elle engendrera ainsi une reprise de la guerre globale contre le dit terrorisme, considéré (en paroles du moins) comme l’ennemi numéro un de tous les pays, une guerre vouée à servir de feuille de vigne à la guerre d’agression contre la Syrie.

– 8/ Un assaut des radicaux sunnites wahhabites (et assimilés) contre « l’axe chiite » allant de Téhéran au Liban, via la Syrie et l’Irak, présenté par les wahhabites et leurs alliés comme un volet du combat anti-terroriste.

– 9/ Une guerre acharnée entre les deux camps du radicalisme sunnite (Turquie et Qatar contre Arabie Saoudite, Frères Musulmans contre Wahhabites) pour la direction de l’islam sunnite et de l’islam.

3/ Du point de vue géopolitique

– 10/ Une guerre Atlantique/Eurasie par procuration

– 11/ Une guerre pour l’énergie, pour le gaz notamment

– 12/ Une guerre pour l’intérêt supérieur d’Israël, omniprésent dans les préoccupations américaines et occidentales

– 13/ Pour couronner l’ensemble, un kriegspiel planétaire joué sur le « grand échiquier », ayant pour enjeux le contrôle du « Grand Moyen-Orient » revisité et le leadership du monde.

Le bilan humain, matériel et financier de ces seules guerres syriennes à tiroirs est terrifiant, à l’image du bilan global de la « démocratisation du Grand Moyen-Orient » que l’on doit à George W. Bush et ses sbires .

II/ En légitime défense, la Syrie fait vaillamment face à la guerre d’agression
1/ La légitimité de l’Etat syrien.

Membre des Nations-Unies, la Syrie est un Etat indépendant et souverain. Son régime est républicain et de style laïcisant. Parler du « régime syrien » pour désigner son gouvernement vise évidemment à le délégitimer, au mépris d’un principe en général oublié : si l’on mentionne volontiers le droit des peuples à l’autodétermination, on oublie fréquemment le droit des Etats à décider de leur régime politique, hors de toute ingérence étrangère.

Selon la loi internationale, le gouvernement dispose du monopole d’usage légal de la force : ceci doit être rappelé à tous ceux qui ont rêvé de détruire un Etat récalcitrant, à ceux qui voulaient le « politicider » parce qu’il résistait à leurs visées néocoloniales.

L’armée syrienne n’est pas « l’armée du régime alaouite », mais une armée nationale, de conscription. Elle a le droit absolu de reconquérir ou de libérer toute portion du territoire sans demander l’autorisation de quiconque. En restaurant la souveraineté de l’Etat sur le sol national, elle ne fait que permettre à l’Etat dont elle est l’un des organes régaliens d’exercer son droit de contrôle du territoire. Elle ne fait qu’affirmer le droit de la Syrie à préserver sa souveraineté, son intégrité, son indépendance.

Depuis plus de six ans, un pays qui n’agressé personne, doit résister à une guerre d’agression impliquant d’une façon ou d’une autre (ressortissants, combattants, gouvernements…) plus d’une centaine de pays membres des Nations-Unies, se heurtant en outre à un appareil international et onusien qui est loin d’être neutre. La résistance du « régime syrien » et de ses alliés a pourtant grippé l’entreprise des « neocons » et des takfiristes, ses détracteurs et ennemis admettant désormais (comme l’ancien ambassadeur US à Damas Robert Ford) que la Syrie a potentiellement gagné.

2/ La Syrie vit dans une atmosphère de fin de guerre

Sur le front des opérations militaires : depuis la libération d’Alep qui a fait date et marqué les esprits en décembre 2016, l’armée syrienne est partout à l’offensive, du côté de Damas, d’Alep, de Homs, de la frontière jordanienne, de la steppe syrienne. Malgré les intimidations américaines, elle reconquiert peu à peu le territoire national. Même si la guerre risque d’être encore longue, l’évolution favorable de la “bataille du désert” actuellement en cours laisse entrevoir une accélération des avancées.
Passant outre aux injonctions et menaces américaines, l’armée syrienne a opéré sa jonction avec les forces irakiennes du « Hachd Chaabi » sur la frontière entre les deux pays, exploit qui semblait improbable il y a quelques mois. Cette remise en cause des frontières Sykes-Picot entre la Syrie et l’Irak est un fait considérable, puisqu’elle signifie la mise en échec ab initio du mémorandum concocté par Tel-Aviv et présenté à Trump avant ses voyages en Arabie et en Israël, qui proposait une nouvelle base de coopération avec les Etats-Unis. Repris tel quel lors des sommets de Riyad, ce plan mort-né prévoit :
°la reconnaissance par Washington de la souveraineté d’Israël sur le Golan
°le refus de toute présence militaire permanente de l’Iran en Syrie
°l’alourdissement des sanctions contre Téhéran en raison de « son soutien au terrorisme »
°l’accroissement de la pression sur le Hezbollah
°Un engagement visant à empêcher l’établissement d’un corridor Iran – Irak – Syrie – Liban qui donnerait à l’Iran un débouché sur la Méditerranée.

Les multiples provocations (un avion, puis un drone syriens abattus par les Américains, des frappes ici ou là, des attaques ponctuelles contre l’armée syrienne) ne changeront rien, tant elles apparaissent contre-productives. Loin d’intimider, ce combat d’arrière-garde mené par une puissance en déclin (et donc dangereuse) a provoqué un raidissement de Moscou quant aux conditions futures de la coopération technico-militaire entre Russes et Américains contre le terrorisme. Il a inspiré aux Iraniens une grande première, sous la forme d’un tir de missile sur Da’esh en Syrie, à partir de leur territoire.

On pourrait dire la même chose des « Forces Démocratiques de Syrie », qu’elles soient kurdes, arabes ou turkmènes, qui pourraient faire un mauvais calcul en recherchant la création d’un Kurdistan « introuvable » en Syrie.

Sur le plan politico-médiatique, la Syrie semble bel et bien avoir gagné. Les officines de propagande et les donneurs de leçons de morale ont prétendu et prétendent toujours avec l’aplomb des escrocs qu’un peuple unanime se dressait et se dresse contre « le dictateur » ou le « tyran massacreur ». Depuis 2011 pourtant, il n’est pourtant pas difficile de voir, malgré l’omerta, que les narratives officielles sèment à tous vents des farandoles de « false flags » (faux drapeaux), arme favorite des terroristes démocrates, des cannibales modérés, des révolutionnaires du circuit Elizabeth Arden et des révérends prêcheurs de l’Axe du Bien.

Les populations votent toujours avec leurs pieds lorsqu’elles en ont la possibilité, et ce genre de scrutin n’a pas besoin d’un long dépouillement. Au fur et à mesure que l’armée reconquiert le territoire national, ceux qui en ont la possibilité fuient les zones rebelles et accueillent l’armée syrienne en libératrice.

Durant des années, il a été à la mode en France, en Navarre ou ailleurs, de répéter comme des perroquets que « Bachar doit partir », que « Bachar n’a pas de place dans l’avenir de la Syrie » : or, on ne compte plus les arrogants perroquets qui ont disparu et n’ont plus de rôle à jouer dans l’avenir de leur pays, alors que leur tête de turc est toujours là. C’est que ce président, cette tête de turc est resté pour beaucoup et devenu pour beaucoup d’autres le symbole de la résistance de l’Etat et de l’attachement du peuple syrien à son modèle de société tolérante.

3/ Diplomatiquement, les évènements se bousculent

La solidité de l’alliance entre la Syrie et ses alliés (Hezbollah, Iran, Irak, Russie, Chine) contraste avec la dislocation de la coalition adverse:

°La dislocation du bloc islamiste (entre l’Arabie et la Turquie, entre l’Arabie et le Qatar, la scission au sein du Conseil de Coopération du Golfe) est si évidente qu’elle se passe de commentaires.

°Le désengagement progressif de Trump vis-à vis de l’Arabie de Ben Salman et son souci de faire payer très cher à Riyad (des centaines de milliards de dollars déjà) le maintien d’une fiction d’alliance à la vie à la mort est assez transparent. Il faut être aussi inexpérimenté et brouillon que Mohammad Ben Salman pour ne pas voir que le contrat sécurité contre pétrole a cédé la place à un arrangement armes contre dollar. De même, ses décisions ambigües concernant le Qatar, son attitude ambigüe sur les Kurdes et la Turquie, ne sont pas très rassurantes pour les intéressés. Pour reprendre la formule usuelle des humoristes : « il est dangereux d’avoir les Etats-Unis pour ennemis, mais il est deux fois plus dangereux encore de les avoir pour amis ».

°Le désamour entre l’Europe et les Etats-Unis, mis en lumière par le sommet de l’OTAN a déjà introduit une manière de schisme atlantique, sur la même base : les Européens veulent de la sécurité à nos dépens ; qu’ils la paient le juste prix ».

°L’interview accordée par le nouveau Président de la République à plusieurs journaux européens et consacrée à sa vision à venir de la politique de la France a été qualifiée par beaucoup de virage à 180° en ce qui concerne la Russie, la Syrie et le Président Bachar al Assad:

– Pour Emmanuel Macron, le départ de Bachar al Assad ne serait plus une obsession. Il n’y a pas de « successeur légitime » à Bachar al Assad. Le chef de l’Etat syrien n’est pas l’ennemi de la France.

– Le seul ennemi de la France en Syrie est Da’ech…Il faut une solution politique, avec une feuille de route.

– M. Macron a du respect pour Vladimir Poutine et souhaite engager une coopération avec Moscou, y compris sur la Syrie.

– Le Président affirme vouloir tourner la page sur dix années de « logique néo-conservatrice »…

III/ La Syrie est désormais à la croisée des chemins

1/ « Syria invicta » : c’est le titre d’un sous-chapitre de « Tempête sur la Grand Moyen-Orient », mentionné précédemment. Participant en février dernier à une conférence à Damas, j’avais avancé l’idée que si « la Syrie victorieuse » (c’était le slogan choisi par les organisateurs) n’avait pas encore gagné, elle le ferait de toute façon. S’agissant d’une conviction intime depuis le début de la crise, il serait malvenu de me dédire, alors que se produisent des changements radicaux, militaires d’une part, politiques et diplomatiques d’autre part. Les clignotants s’allument de toutes parts pour signifier que la victoire politique de la Syrie légale semble acquise. Cette perspective devrait aller de pair avec le maintien du Président en place et avec un « adieu aux révolutions arabes », dont la flamme – on peut en être certain – sera entretenue pendant quelque temps dans les palaces occidentaux et les palais orientaux.

Invaincue, la Syrie est néanmoins dévastée. A elle seule, elle compte environ 400 000 morts, sans doute 15 millions de réfugiés, déplacés et exilés, 1,5 million de blessés et handicapés divers. Près des 2/3 du pays sont en ruines, avec des dégâts estimés par certains à 1 300 milliards de USD, sans compter l’impact continu des sanctions, blocus et embargos divers…
Une question reste posée : Faut-il arrêter la guerre ? De l’avis des experts russes, bien placés pour en débattre étant donné l’investissement de leur pays dans le conflit syrien, il n’y a pas d’issue militaire à la crise. Il faudrait garantir un règlement politique en établissant un dialogue avec les représentants de l’opposition, les plus présentables d’entre eux du moins. Selon la directrice de recherches au Centre d’Etudes Arabes et Islamiques à l’Académie des Sciences de Russie, une désescalade serait susceptible de permettre le déploiement de forces de maintien de la paix. Selon Alexander Aksenyonok, membre du Conseil russe des Affaires Etrangères, l’engagement « nécessaire » de la Russie dans les dossiers du Moyen-Orient a eu des résultats positifs, en interdisant l’arrivée des forces radicales au pouvoir à Damas. Mais il pourrait y avoir des retombées négatives, telles que le risque de compétition militaire entre Russie et Etats-Unis : d’où la nécessité de maintenir ouverts des canaux diplomatiques et d’accepter de grands compromis, comme celui de s’asseoir à la table des négociations avec certaines organisations qui n’y sont pas vraiment à leur place. (Club de Valdai, 27 et 28 février 2017 à Moscou).
Cette option diplomatique est discutable et discutée, au vu des expériences de la guerre de Syrie. Certes, la guerre ne peut mettre fin à la guerre et la diplomatie seule mettra fin à la tragédie. Cependant, il est clair que l’Etat syrien doit pouvoir négocier en position de force relative : l’évolution actuellement constatée n’est pas le fruit de bons sentiments, mais le résultat de la montée en puissance de l’option militaire face aux provocations.

Le Moyen-Orient ne sera plus jamais le même. Il en ira de même pour la Syrie. Avant même l’après-conflit, la fin de guerre risque d’être longue. Pourtant il est temps de songer :

°A la poursuite du difficile dialogue politique qui aura été entamé à l’occasion des pourparlers de Genève ou d’Astana. Selon toute vraisemblance, il n’est pas facile pour ceux qui ont défendu leur pays contre l’agression dans des conditions éprouvantes de discuter « diplomatiquement » avec des interlocuteurs qui ont appelé avec constance à l’intervention étrangère afin de détruire la Syrie.

°A l’immense travail de reconstruction du pays, de ses infrastructures, de son économie, ramenée plusieurs décennies en arrière par le chaos. Le choix des partenaires s’annonce délicat.

°A la réconciliation de sa société (sérieusement ébranlée dans ses valeurs ou ses fondements), avec la poursuite du travail discret mais impressionnant conduit par le gouvernement, en particulier le ministère de la réconciliation nationale. Des expériences comme celles de l’Algérie, serviront d’inspiration.

°Au réapprentissage du vivre ensemble des forces vives, avec un soin particulier pour la jeunesse qui a grandi dans la guerre, et qui constitue à la fois l’avenir de la Syrie et un bassin de recrutement pour les groupes terroristes.

A l’incitation au retour et à la réinstallation des millions de migrants (déplacés, réfugiés, exilés), un enjeu décisif pour l’avenir du pays.

Mais, ce sera mon mot de la fin, au plan diplomatique et politique, la France, à l’origine de tant de décisions hostiles et ravageuses contre la Syrie (sanctions, soutien à la rébellion armée, rupture des relations diplomatiques, appui aux régimes islamistes et aux « amis de la Syrie ») et qui a entraîné l’Europe dans son sillage, devrait bien admettre qu’elle a un devoir de réparation. En tant qu’ancien diplomate, je ne puis que souhaiter le retour à la grande tradition gaullienne de la France, cette politique de dialogue, d’ouverture, de conciliation envers tous les autres partenaires de la communauté des nations, qui faisait notre fierté, mais qui a sombré dans les eaux de l’atlantisme.

La priorité des priorités pour la France, étant donné ses responsabilités, serait qu’elle décide la levée unilatérale des sanctions qui ont été imposées, en bonne partie à son initiative et sous ses pressions, au peuple syrien. Mais le fera-t-elle ? Espérons sans trop y croire que M. Macron joindra les actes à la parole et les mettra en conformité avec ses effets d’annonce, espérons au minimum que ses actes ne contrediront pas ses discours. Dans le climat empoisonné qui règne depuis des années du fait de notre diplomatie, il faudra plus qu’une déclaration pour réparer les dégâts.

Michel Raimbaud | 27 juin 2017

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Le gazoduc israélo-européen à venir est un désastre. Par Gilad Atzmon

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #La Turquie, #Grèce

Le gazoduc israélo-européen à venir est un désastre

Le gazoduc israélo-européen à venir est un désastre.  Par Gilad Atzmon

Le 7 juin la presse Cypriote a rapporté qu’un grand nombre de forces spéciales israéliennes ont pris part à un exercice militaire conjoint avec les forces chypriotes

La vidéo israélienne suivante montre une brigade de commando israélienne d’élite engagée dans des routines militaires agressives autour de la chaîne de montagnes Troodos de Chypre.

 

 

Comment cela a t’il pu se produire ? Comment est-ce que les Chypriotes, connus pour leur soutien à la cause palestinienne, sont devenus des membres d’une province israélienne ?La réponse: un gazoduc Israël-Europe

Début avril, on a appris la proposition d’un gazoduc sous-marin de 2000 km connectant les champs gaziers de Gaza et de Chypre avec la Grèce et possiblement l’Italie.

L’accord de gazoduc entre Israël, l’Italie, Chypre et la Grèce laisse hors du coup les Turcs et les Palestiniens. Tandis que Gaza doit faire face à une crise énergétique avec son électricité réduite à moins de trois heures par jour ; Israël vise à engranger des milliards de dollars d’une source assez importante de gaz naturel sise sur la côte de Gaza et bel et bien en territoire palestinien, dans les eaux territoriales palestiniennes (en assumant que cela existe…)

Yuval Steinitz, le ministre de l’énergie d’Israël, s’est félicité de ce projet de gazoduc s’attendant à ce qu’il soit opérationnel en 2025 et le qualifiant de “commencement d’une très belle amitié entre nos quatre pays méditerranéens”. Bien entendu, il manque des nations dans cet accord et il est facile de s’apercevoir que tout cela représente une recette pour un désastre: le gazoduc et les installation gazières sont des cibles aisées. La région est une poudrière. Chypre est en train de mettre en péril sa souveraineté. L’île pourrait bien devenir sous peu, le champ de bataille pour quelques entités globalistes sans foi ni loi et sans pitié.

Les dirigeants de Chypre sont en train de comprendre qu’ils sont devenus une province d’Israël s’ils veulent d’un gazoduc qui distribue le gaz naturel volé aux Palestiniens. Et comme révélé dans la vidéo, Chypre est maintenant protégée par son “grand-frère” israélien. Les manœuvres conjointes israélo-chypriotes se sont tenues pour envoyer un message aux Turcs et à qui de droit dans la région quant aux conséquences militaires brutales auxquelles ils devront faire face pour toute intervention dans leur projet de vol de gaz.

Gilad Atzmon | Juin 19, 2017  

Article original:  http://www.gilad.co.uk/writings/2017/6/19/jerusalem-nicosia-and-ww3

Traduit de l’anglais par Résistance

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Multi-niveau. Rédigé par Observatus geopoliticus 

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

Multi-niveau

30 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie

Une énorme partie d'échecs se joue actuellement sur plusieurs niveaux et en différents lieux, tant dans les couloirs de la Maison blanche et du Kremlin que dans la steppe désertique syro-jordanienne. Comme le dit un fidèle lecteur, il est bien difficile de s'y retrouver sur le tapis vert syrien entre les innombrables combinaisons pair-impair, rouge et noir, manque ou passe, d'autant que l'équation est encore compliquée par les traditionnels retournements et enchevêtrements moyen-orientaux. Par où commencer ?

"L'attaque chimique" n'a pas (encore ?) eu lieu et Washington plastronne. J'invente une menace imaginaire, elle ne se matérialise pas, c'est grâce à mon avertissement, applaudissez-moi. Connaissant le Donald, la gloriole gratuite à usage interne n'est certes pas à exclure. Mais toute cette affaire cache bien autre chose, et notamment les fractures béantes au sein de la nouvelle administration.

Derrière le damage control mâtiné de sauvetage de face du Pentagone, il apparaît clairement que les militaires n'étaient pas au courant de l'explosive déclaration de la Maison blanche, le Centcom allant jusqu'à dire publiquement qu'il n'a "aucune idée" des raisons qui ont conduit à cette annonce.

Fait intéressant, tout ceci est intervenu seulement trois jours après que le colonel Dillon, porte-parole de la coalition contre l'Etat Islamique, a déclaré que les Etats-Unis voyaient d'un bon oeil les efforts de l'armée syrienne et des milices pro-iraniennes dans le combat contre Daech. Des faucons (McMaster ?) voulant torpiller les ouvertures faites par les colombes ne s'y prendraient pas autrement...

Mais le panier de crabes impérial est encore plus méphistophélique. Il n'a échappé à personne que la crise a éclaté peu de temps après la visite du beau-fils Kushner en Israël. Le mari d'Ivanka (appelons-le Ivanko), qui se revendique presque ouvertement sioniste, a-t-il été chargé par Bibi la Terreur d'un message ainsi que de quelques "renseignements de première main sur une prochaine attaque chimique" - inventés - à destination du Donald ?

Pas impossible, d'autant que le président semble plus faire confiance à son gendre post-pubère qu'à ses secrétaires d'Etat aux Affaires étrangères et à la Défense. De par son amitié avec l'ambassadeur émirati à Washington, Kushner aurait par exemple eu un rôle crucial dans la tempête twittique du Donald contre le Qatar lors du conflit du Conseil de Coopération du Golfe. Au grand dam de Mattis et Tillerson, plutôt sur la ligne de Doha et qui passent leur temps à nettoyer les bêtises du gamin. On dit d'ailleurs T. Rex fatigué de voir son travail systématiquement saboté par la famille Trump et peut-être même sur la sellette. A suivre...

Ainsi donc, Ivanko aurait été mandaté par l'establishment israélien, paniqué devant la constitution de l'arc chiite, pour convaincre son beau-père de menacer Assad, menaces qui seront évidemment considérées comme un feu vert par les barbus modérément modérés ? L'hypothèse paraît plausible et séduisante, et la seconde partie de la proposition est même indiscutable. Sauf que... Quelque chose ne cadre pas tout à fait avec la première partie.

Kushner était apparemment totalement opposé à la frappe tomahawkienne d'avril :

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière.

Ajoutons qu'Ivanko est également accusé par la MSN de sympathies pro-russes, ce qui, comme chacun sait, constitue de nos jours l'acte d'accusation le plus grave que peut trouver le système impérial. Non décidément, quelque chose ne colle pas. Nous parlions plus haut d'insolubles combinaisons rouge, impair et passe...

A Moscou, on ne perd en tout cas pas son temps avec de telles subtilités et promet une réponse "proportionnée" en cas d'attaque américaine suite à un éventuel nouveau false flag chimique. Lavrov, qui ne parle jamais pour ne rien dire, a donné une intéressante conférence de presse dans laquelle une phrase intrigue :

"J'espère que cette fois, les Etats-Unis prendront en compte la nécessité de vraiment lutter contre la prolifération d'armes chimiques."

Serait-ce à dire que le facétieux Sergueï accuse les USA d'avoir permis la prolifération d'armes chimiques en Syrie par le passé ? En fournissant, exemple pris au hasard bien entendu, les barbus de Khan Cheikhoun juste avant le bombardement syrien ?

Le risque d'escalade est en tout cas pris au sérieux et l'on note une forte recrudescence de cargos russes qui passent et repassent le Bosphore en faisant l'aller-retour Russie-Tartous. On imagine que ce n'est pas pour débarquer des cargaisons de chocolats...

En un temps d'incertitude sur les intentions de Washington - même la vraie presse d'information s'y perd, le d'habitude pessimiste Moon of Alabama y voyant la fin de l'aventure US, Russia Insider prédisant au contraire une attaque imminente -, il est en effet plus prudent d'accumuler les joujoux militaires pour faire face à toute éventualité.

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? - question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l'axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l'accès à la Méditerranée pour l'Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Il y a quelques heures, toute la poche à l'est de Khanasir a été libérée - les petits hommes en noir en passe d'être totalement encerclés se sont retirés -, mettant définitivement fin à la présence de Daech dans la province d'Alep et permettant la jonction stratégique entre Ithiya et Rusafa. Sur la carte, cela représente un gain énorme pour Damas :

Désormais, les bases sont jetées pour la réduction du saillant à l'est de Hama et surtout la grande offensive orientale vers Deir ez Zoor et, plus loin, vers la frontière irakienne, où les bataillons du blitz sont d'ailleurs en train d'avancer de leur côté.

C'est le moment que choisit le sultan pour lancer une attaque très sérieuse contre le canton kurde d'Afrin (une semaine d'intenses bombardements et maintenant une forte concentration de troupes) dans le but semi-avoué de faire la jonction avec l'Idlibistan, ce qui serait évidemment totalement inacceptable pour Damas et Moscou.

Où l'on constate une nouvelle fois l'invraisemblable noeud gordien de la région : les Russes sont plus ou moins alliés aux Kurdes et depuis un an aux Turcs, qui se détestent pourtant les uns les autres. L'empire américain n'est pas le seul à allier les contraires...

Des rumeurs infondées faisaient état du retrait du contingent russe de la petite base que Moscou avait établie dans la zone kurde ; en réalité, 160 soldats supplémentaires ont apparemment été envoyés en renfort pour bien montrer qu'il est hors de question de désenclaver l'Idlibistan.

Se dirige-t-on alors vers une confrontation russo-turque ? Improbable au vu du tectonique rapprochement entre Moscou et Ankara. Il se pourrait même que Poutine ait en réalité donné un feu vert tacite (et partiel) à Erdogan, histoire de calmer les ardeurs américano-saoudiennes des Kurdes de l'autre partie du Rojava, proxies que l'empire utilise pour descendre vers le sud et tenter de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

De fait, des voix kurdes commencent à se faire entendre, menaçant d'interrompre l'opération pour la prise de Raqqa - sans parler d'une descente méridionale - si le sultan continue de bombarder leurs frères d'Afrin. Casse-tête pour Washington. Aux dernières nouvelles, Erdogan vient de s'entretenir au téléphone pendant trente longues minutes avec le Donald puis a appelé Poutine dans la foulée. Ce qui s'est dit vaut de l'or mais nous ne le saurons pas tout de suite...

Notons en passant, afin de montrer le degré incomparable des intrications auxquelles nous assistons en spectateur comblé, que les récents ronds de jambe kurdes aux Saoudiens wahhabites que nous avions relevé la dernière fois sont également la contrepartie de la "tolérance" de Riyad vis-à-vis des idées indépendantistes kurdes. Non pas que les grassouillets cheikhs fondamentalistes se soient soudain pris de passion pour le crypto-marxisme du Rojava mais dans un but tout ce qu'il y a de machiavélique : mettre un gros caillou dans la chaussure turque et punir Ankara pour son soutien au Qatar. Le Moyen-Orient ne changera jamais...

Revenons à notre guerre syrienne. Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière. Pour résumer :

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Tout cela se décidera sur le terrain mais aussi dans les couloirs du pouvoir. A Washington, la discorde règne en maître, on l'a vu. Le Centcom tire dans les pattes de la Maison blanche qui torpille le Pentagone et le Département d'Etat. Quelle cabale prévaudra ? A Moscou, l'ours attend de pied ferme une éventuelle provocation chimique de l'un des clans américains (lequel ?) Ajoutez les facteurs turco-kurde et qataro-saoudien, mélangez et servez.

On le voit, le jeu sur le subtil échiquier multi-niveaux (local, régional, global) est d'une complexité extraordinaire...

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Bachar al-Assad en visite auprès des militaires russe et auprès de son peuple. Un grand chef d'état!

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #République, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

 

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Vraies niouzes

 

Au moment où Cretinho et ses Pieds Nickelés transatlantiques braillent à tous vents que Bachar al-Assad (cet affreux allié des Russes) se prépare une fois de plus à tuer des enfants syriens à coups de gaz sarin et que, quand il le fera, croyez-nous, on ne restera pas les bras croisés (niveau bac à sable, c’est vrai, et message pas du tout subliminal aux terroristes « Allez-y les mecs, on dira que c’est lui ! »), le président syrien n’est pas resté planqué dans son bunker, au contraire. Semaine de visites plutôt chargée, parfois seul, parfois en famille.

 

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Bachar al-Assad en visite « surprise » dans une base aérienne russe en Syrie

RT français27 juin 2017

 

8. ASSAD AVION.jpg

 

Le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans une base militaire aérienne russe dans l'Ouest de la Syrie. Plusieurs photos et vidéos de ce déplacement qui n'avait pas été annoncé ont rapidement circulé sur internet.

Le président a visité la base russe dans la ville syrienne de Hmeymim ce 27 juin dans la matinée. La visite du chef de l'État a été confirmée par la présidence, alors que différentes photographies et vidéos commençaient à circuler sur les réseaux sociaux. 

On y voit le président syrien monter à bord d'un chasseur-bombardier russe SU-35 au sol, en compagnie de militaires russes.

 

 

Le président a aussi pu découvrir le BMPT-72, un blindé de dernière génération destiné à accompagner l'infanterie au sol. Son surnom est « Terminator 2 ».

 

9. Terminator.jpg

 

La Russie « a offert des armes et des munitions pour appuyer la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme, [...] elle a donné son sang à [un pays] frère », a écrit Bachar al-Assad dans le livre d'or de la base, remerciant « les combattants russes et Vladimir Poutine ».

 

10. BACHAR base russe.jpg

 

En déplacement en Syrie, le chef de l'état-major russe Valéri Guerassimov s'est entretenu avec le président syrien, selon le ministère russe de la Défense.

« Ils ont discuté de la coordination des actions des forces gouvernementales syriennes et de l'aviation russe dans la lutte contre les groupes terroristes » a déclaré le ministère dans un communiqué.

 

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C'est la première visite de Bachar al-Assad à la base de Hmeymim, située à proximité de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne du pays. La Russie a mobilisé une partie de son aviation pour soutenir les opérations de l'armée syrienne contre les différents groupes terroristes qui combattent dans la région.

Source : https://francais.rt.com/international/40269-bachar-el-ass...

 

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the real Syrian Free Press ~ War Press Info ~ Archive of Most Important Reliable Global War News

 

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Le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à des membres blessés de l’armée dans la campagne de Hama

 

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Mardi 26 juin (2017) le président Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ont rendu visite à un certain nombre de soldats blessés de l’Armée et des Forces Armées, dans leurs villages de la campagne de Hama.

 

 

Dans le village de Tal Aafar, le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à Mohammad Ahmad Kalil, dont les blessures reçues au front lui ont valu d’être déclaré invalide à 90%, et qui a reçu des soins suivis d’un traitement du programme « Jarif al-Watan », qui l’aide aussi à mettre sur pied un projet d’élevage de moutons.

 

 

Le président al-Assad et sa famille ont également rendu visite, dans le village de Rabou, à Fatir Hassan Mansour qui a été lui aussi gravement blessé en combattant les terroristes, et qui se retrouve avec un taux d’invalidité de plus de 90%. Comme Khalil, il est aidé par Jarif al-Watan pour mettre en route un moyen de subvenir malgré tout à ses besoins.

 

 

Dans le village de Matna, le président al-Assad et sa famille ont ensuite rendu visite à Ahmad Mohammad al-Ali, qui est déjà en train d’élever du bétail grâce à l’aide du même programme. Toute la famille al-Assad a encore visité Ayham Mahmoud Dunya, qui était incapable de marcher, suite à ses blessures, mais qui, aujourd’hui, a reçu le Président sur ses pieds. Lui aussi a obtenu, du même programme, un soutien incluant des prothèses, de la chirurgie et le coup de pouce de départ pour lancer son entreprise.

 

 

Le programme Jarih al-Watan (« Blessés pour la Patrie ») a été lancé par la Présidence de la République Arabe Syrienne en 2014 pour soutenir les militaires blessés et pourvoir à leurs besoins, en particulier ceux dont les blessures les empêchent de reprendre le cours normal de leurs vies. Il fournit des prothèses aux grands blessés et les aide à se lancer dans des projets de travail compatibles avec leur état, tout en apportant son aide financière à ceux qui sont totalement infirmes. Le projet concerne tous les membres blessés de l’Armée, des Forces Armées [quelle est la différence ? ndt] et des forces de soutien.

 

[ Quand on sait comment sont traités, une fois démobilisés, les vétérans US, et ce, depuis le Vietnam, on comprend qu’ils soient de plus en plus nombreux à devenir pro-Poutine et pro-Assad. ]

 

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From the visit of President Assad and his family to the house of the injured Mohammed Ahmed Khalil

 

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Voir toutes les photos.

Source : https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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15. ASSAD président 2021.jpg

 

SOURCES  :

Syrian News AgencySubmitted by SyrianPatriots, Lone BearWar Press Info Network at :https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad-and-family/ ~

Re-publications are welcome, but we kindly ask you,to facilitate the correct information's diffusion,to cite all these original links and sources.

 

12. Syrian_armed_forces_symbol x.GIF

 

Mis en ligne le 29 juin 2017

 

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La ligne rouge de Trump

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La ligne rouge de Trump

La ligne rouge de Trump

 
Le journaliste prix Pulitzer Seymour Hersh, une légende du journalisme d’investigation américain célèbre pour la précision obsessionnelle de ses enquêtes, a notamment mis au jour le massacre de Mỹ Lai au Vietnam en 1968, et le scandale de la torture et des violations systématiques des droits de l’homme par les Américains à Abou Ghraib, en Irak, en 2004. En 2013, à propos de l’utilisation alléguée de sarin par les forces armées d’Assad, il publiait « Whose sarin ? » (Le sarin de qui ?) sur la London Review of Books, un article aujourd’hui devenu une réference mondiale.

Au bout de plusieurs mois d’enquête auprès de ses sources de la communauté du renseignement des USA, ses conclusions : il n’y a pas eu d’attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun, en Syrie, de la part des forces armées d’Assad.


Par Seymour Hersh
Paru sur Die Welt sous le titre Trump‘s Red Line


Le 6 avril, le président des USA Donald Trump a autorisé une frappe de missiles Tomahawk, à l’aube, sur la base aérienne de en Syrie centrale, en représailles contre ce qu’il a appelé un attaque avec un agent neurotoxique perpétrée par le gouvernement syrien deux jours plus tôt, dans la ville tenue pas des rebelles Khan Cheikhoun. Trump a donné cet ordre malgré les avertissements de la communauté des renseignements américains selon lesquels elle n’avait aucune preuve d’utilisation d’une arme chimique par les Syriens.

 

Les renseignements disponibles clarifiaient que les Syriens avait ciblé un lieu de rencontre djihadiste, le 4 avril, en utilisant une bombe téléguidée fournie par les Russes, et équipée d’une tête conventionnelle. Les détails de l’attaque, y compris des informations sur leurs dénommée cibles de haute valeur, avaient été fournies par les Russes plusieurs jours plus tôt aux Américains et aux militaires alliés à Doha, dont la mission est de coordonner toutes les opérations aériennes américaines, alliées, russes et syriennes dans la région.

Quelques-uns des officiels militaires et de renseignements étaient particulièrement consternés par la détermination du président à ignorer les preuves. « Cela ne tient pas debout », a dit un officier à des collègues en apprenant la décision de bombarder. « Nous SAVONS qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique… les Russes sont furieux. Proclamer que nous avons les vrais renseignements et que nous savons la vérité… apparemment, que nous ayons voté pour Trump ou Clinton, peu importe. »

Quelques heures à peine après le bombardement du 4 avril, les médias du monde entier étaient saturés de photos et de vidéos de Khan Cheikhoun. Des photos de personnes mortes ou mourantes, souffrant censément d’empoisonnement aux agents neurotoxiques, ont été publiées sur les réseaux sociaux par des activistes locaux, y compris les Casque blancs, un groupe d’intervention humanitaire célèbre pour sa proximité avec l’opposition syrienne.

La provenance des photos n’était pas claire et aucun observateur international n’a encore inspecté le site, mais dans le monde entier, les populations ont immédiatement conclu à l’utilisation délibérée de l’agent neurotoxique sarin, autorisé par le président Bachar el-Assad de Syrie. Trump a approuvé cette conclusion en faisant une déclaration quelques heures après l’attaque, décrivant « l’action odieuse » d’Assad comme une conséquence de la « faiblesse et de l’irrésolution » de l’administration Obama face à ce qu’il disait être l’usage passé d’armes chimiques par la Syrie.

Au grand désarroi de nombre de membres expérimentés de son équipe de sécurité nationale, au cours des 48 heures suivantes de réunions intensives et de discussions préliminaires à des décisions, personne n’a pu faire changer Trump d’avis. Au cours d’une série d’interviews, j’ai appris l’ampleur de la déconnexion entre le président et nombre de ses conseillers militaires et officiels des renseignements, aussi bien que des officiers de terrain dans la région, qui avaient une compréhension totalement différente de la nature de l’attaque syrienne à Khan Cheikhoun. J’ai obtenu des preuves de cette déconnexion, sous la forme de transcriptions de communications en temps réel, immédiatement après l’attaque syrienne du 4 avril. Dans un processus très important préalable à une frappe appelé déconfliction, les officiers russes et américains se fournissent mutuellement des informations détaillées sur les plans de vol planifiés et les coordonnées des cibles, pour s’assurer qu’il n’y ait aucun risque de collision ou de rencontre imprévue (les Russes parlent au nom de l’armée syrienne). Ces informations sont fournies chaque jours aux avions américains AWACS qui surveillent les vols après leur décollage. Le succès de la déconfliction peut être évalué au fait qu’à ce jour, il n’y ait pas eu une seule collision, ou même un danger de collision entre les chasseurs-bombardiers supersoniques américains, alliés, russes et syriens.

Les officiers des forces aériennes russes et syriennes avaient donné des détails sur le plan de vol soigneusement établi vers, et à partir de Khan Cheikhoun le 4 avril directement, en anglais, aux contrôleurs de déconfliction à bord de l’AWACS qui patrouillait près de la frontière turque, à 60 miles plus loin au nord.

La cible syrienne à Khan Cheikhoun, comme transmis aux Américains à Doha, était décrite comme un immeuble de deux étages en parpaings dans le nord de la ville. Les renseignements russes, qui sont transmis quand il le faut avec la Syrie et les USA dans le cadre de leur combat commun contre les groupes djihadistes, avaient établi qu’une rencontre de haut niveau de leaders djihadistes allait se produire dans l’immeuble, y compris de représentants d’Ahrar al-Sham et du groupe affilié à al-Qaïda anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra. Les deux groupes s’étaient récemment alliés, et contrôlaient la ville et ses environs. Les renseignements russes décrivaient l’immeuble en parpaings comme un centre de contrôle et de commandes qui abritait une épicerie et d’autres locaux commerciaux dans son rez-de-chaussée, avec d’autres magasins essentiels à la communauté à proximité, dont un magasin de tissus et une boutique d’électronique.

« Les rebelles contrôlent la population en contrôlant la distribution de biens dont les gens ont besoin pour vivre – la nourriture, l’eau, le gaz propane, les fertilisants pour faire pousser leurs récoltes et les insecticides pour les protéger, » m’a dit un conseiller senior de la communauté des renseignements américaine. La cave était utilisée pour stocker des roquettes, des armes et des munitions, ainsi que des produits à distribuer gratuitement à la communauté, notamment des médicaments et des décontaminants à base de chlore. Le lieu de rencontre – un QG régional – était à l’étage. « C’était un lieu de rencontre établi », a dit le conseiller senior.  « Un local de long terme sécurisé qui comprenait des armes, des communications, des dossiers et un centre de cartes d’état-major de la région. » Les Russes voulaient être sûrs de leurs informations et ont déployé un drone pendant des jours au-dessus du site pour intercepter les communications et développer ce que les services de renseignements appellent un POL (pattern of life, schéma de vie). Le but était de prendre note de ceux qui entraient et sortaient de l’immeuble et de suivre les allées et venues des armes, y compris des roquettes et des munitions.

Une des raisons du message des Russes à Washington sur la cible potentielle était de s’assurer que tout agent de la CIA ou informateur des Américains qui aurait réussi à s’infiltrer dans le commandement djihadiste serait prévenu de ne pas assister à la réunion. On m’a dit que les Russes avaient passé l’information directement à la CIA. « Ils jouaient bien le jeu, » a dit le conseiller senior. Les indications russes notaient que la réunion djihadiste venait à un moment de pressions accrues pour les insurgés : il est probable que le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham cherchaient désespérément une ouverture dans le nouveau climat politique. Dans les derniers jours de mars, Trump et deux de ses assistants-clé en sécurité nationale – le Secrétaire d’État Rex Tillerson et l’ambassadrice à l’ONU Nikki Haley – avaient fait des déclarations selon lesquelles, dans les mots du New York Times, la Maison-Blanche avait « abandonné le but » de faire pression sur Assad pour qu’il « quitte le pouvoir, marquant un changement abrupt de la politique du Moyen-Orient qui avait guidé Obama pendant plus de cinq ans. » Le Secrétaire à la presse Sean Spicer avait dit à un briefing de presse du 31 mars qu’il y avait « une nouvelle réalité politique que nous devons accepter, » impliquant qu’Assad était là pour rester.

Les officiels russes et syriens des renseignements, qui coordonnent les opérations avec les postes de commande américains, ont clarifié que la frappe planifiée sur Khan Cheikhoun était spéciale à cause de la cible à haute valeur. « C’était un vrai changement. La mission sortait de l’ordinaire – mettez le planning à jour, » le conseiller senior m’a dit. « Tous les officiers de la région – dans l’infanterie, les Marines, les forces aériennes, la CIA et la NSA – « devaient savoir ce qui se préparait. Les Russes avaient fourni une bombe téléguidée, ce qui est une occurrence rare. Ils sont avares de leurs bombes téléguidées et les partagent rarement avec les forces aériennes syriennes. Et les Syriens ont assigné la mission à leur meilleur pilote, avec leur meilleur copilote. » Les renseignements préliminaires sur la cible, tels que fournis par les Russes, ont reçu la meilleure des notes possibles dans la communauté américaine. »

L’ordre exécutif qui gouverne les opérations militaires des USA sur le théâtre, qui a été donné par le Chef d’État-Major des armées des États-Unis, comprend des instructions qui définissent les relations entre les forces armées russes et américaines présentes en Syrie. « C’est comme un ordre d’opération – ‘voici ce que vous êtes autorisés à faire’ », a dit le conseiller. « Nous ne partageons pas de contrôle opérationnel avec les Russes. Nous ne menons pas d’opérations communes avec eux, ni d’activités de soutien à l’une des leurs opérations. Mais la coordination est autorisée. Nous nous tenons mutuellement au fait des événements et ce package comprend des échanges de renseignements. Si nous obtenons un renseignement qui pourrait aider les Russes à accomplir leur mission, c’est de la coordination ; et les Russes font de même pour nous. Quand nous obtenons un renseignement sur un centre de commandement ou de contrôle, » a ajouté le conseiller en référence à la cible de Khan Cheikhoun, « nous faisons ce que nous pouvons pour les aider à agir en conséquence ». « Ce n’était pas une attaque chimique », a dit le conseiller. « C’est une histoire fantasmagorique. Si cela avait été le cas, tous les participants au transfert, au chargement et à l’armement de la bombe – il aurait fallu la faire passer pour une bombe conventionnelle de 227 kg – auraient porté des combinaisons hazmat en cas de fuite. Il y aurait très peu de chances de survie sans cette protection. Le sarin de qualité militaire inclut des additifs conçus pour en augmenter la toxicité et la létalité. Chaque lot qui sort d’usine est maximisé pour tuer. C’est la raison pour laquelle il est produit. Le sarin n’a pas d’odeur, est invisible et la mort survient en une minute. Pas de nuage. Pourquoi produire une arme si les gens peuvent y échapper ? »

La cible a été frappée à 6h55 du matin, le 4 avril, juste avant minuit à Washington. Une évaluation des dommages de bombardement menée par l’armée des USA, plus tard, a déterminé que le chaleurs et la puissance de la bombe de 227 kg syrienne avait déclenché une série d’explosions secondaires qui auraient pu générer un gros nuage toxique qui aurait pu s’étendre sur la localité, formé par la dispersion des fertilisants, désinfectants et d’autres biens stockés dans la cave, ses effets magnifiés par la densité de l’air du matin, qui avait piégé les émanations au niveau du sol. Selon les estimations des renseignements, a dit le conseiller senior, le bombardement lui-même avait tué jusqu’à quatre leaders djihadistes, et un nombre inconnu de chauffeurs et de gardes du corps. Il n’y a aucun décompte confirmé du nombre de civils tués par les gaz toxiques diffusés par les explosions secondaires, bien que des activistes de l’opposition aient rapporté qu’il y avait eu plus de 80 morts, et que des médias comme CNN aient fait grimper l’évaluation du nombre des victimes à 92 personnes.

Une équipe de Médecins Sans Frontières, qui traitait des victimes de Khan Cheikhoun dans une clinique distante de 96 kilomètres au nord, a rapporté que « huit patients présentaient des symptômes – y compris des pupilles contractées, des spasmes musculaires et un défécation involontaire – cadrant avec une exposition à un agent neurotoxique comme le gaz sarin ou des composés similaires. » MSF a également visité d’autres hôpitaux qui avaient reçu des victimes et trouvé des patients présents « qui sentaient le chlore, ce qui suggérait qu’ils y avaient été exposés. » En d’autres termes, les preuves suggèrent qu’il y avait plus d’un produit chimique en cause dans les symptômes observés, ce qui n’aurait pas été le cas si les forces armées syriennes – comme l’ont répété les activistes de l’opposition – avait largué une bombe au sarin, qui n’a pas de puissance percussive ou de système d’allumage capable de provoquer des explosions secondaires. Les symptômes décrits, toutefois, cadrent avec la dispersion d’un mélange de produits chimiques, y compris du chlore et des organophosphates utilisés dans de nombreux fertilisants, qui peuvent provoquer des effets neurotoxiques similaires à ceux du sarin.

L’internet s’est mis en action dans les heures qui ont suivi, et des photos macabres des victimes ont envahi les réseaux et Youtube. Les services de renseignement américains ont reçu la mission d’établir ce qui s’était produit. Parmi les informations reçues, il y avait une interception de communication syrienne collectée par une nation alliée avant l’attaque. La communication interceptée, qui avait eu un gros effet sur quelques-uns des assistants de Trump, ne mentionnait pas de gaz neurotoxique ou de sarin, mais elle citait la discussion d’un général syrien sur une arme « spéciale » et sur le besoin d’un excellent pilote pour manoeuvrer l’avion d’attaque. Il se référait, comme les gens des renseignements l’avaient compris, contrairement, semble-t-il, à nombre d’assistants inexpérimentés et de membres de la famille de Trump, à la bombe fournie par les Russes, avec son système de téléguidage. « Si vous avez déjà décidé que c’était une attaque au gaz chimiques, vous verrez inévitablement une référence à une bombe de sarin dans cette discussion sur une arme spéciale, » a dit le conseiller. « Est-ce que les Syriens ont planifié l’attaque de Kahn Cheikhoun ? Absolument. Est-ce que nous avons les communications interceptées qui le prouvent ? Absolument. Est-ce qu’ils avaient prévu d’utiliser du sarin ? Non. Mais le président n’a pas dit, ‘Nous avons un problème et nous allons enquêter’. Il voulait bombarder la Syrie. »

A l’ONU le jour suivant, l’ambassadrice Haley a créé une sensation médiatique quand elle a exhibé des photos des victimes et accusé la Russie de complicité. « Combien d’enfants morts de plus faudra-t-il pour que la Russie s’en inquiète ? » a-t-elle demandé. NBC News, dans un rapport typique de leur style, le même jour, a cité des officiels américains confirmant que du gaz neurotoxique avait été utilisé et Haley a lié l’attaque directement au président Assad. « Nous savons qu’avec l’attaque d’hier, le régime barbare Assad est tombé encore plus bas, » a-t-elle dit. Il était ironique que l’Amérique se précipite pour blâmer Assad et reprocher sur complicité aux Russes, au prétexte de leur soutien aux dénégations de la Syrie quand à une utilisation de gaz neurotoxiques à Khan Cheikhoun, comme l’ambassadrice Haley et d’autres à Washington l’ont fait. « Ce dont la plupart des Américains ne se rendent pas compte, » a dit le conseiller, « est que s’il y avait eu une attaque au gaz neurotoxique autorisée par Bachar, les Russes seraient dix fois plus consternés que n’importe qui en Occident. La stratégie russe contre Daech, qui implique la coopération des Américains, aurait été détruite et Bachar serait responsable d’avoir contrarié la Russie, avec des conséquences imprévisibles pour lui. Bachar ferait ça ? Alors qu’il a presque gagné sa guerre ? C’est une blague ? »

Trump, un consommateur avide d’infos télévisées, a dit, alors que le roi Abdallah de Jordanie était assis à ses côtés dans le Bureau ovale, que ce qui s’était passé était « horrible, horrible » et un « affront terrible à l’humanité ». A la question de savoir si son administration allait changer sa politique envers le gouvernement Assad, il a répondu « Vous verrez ». Il a donné un indice de la réplique à venir dans une conférence de presse subséquente avec le roi Abdallah : « Quand vous tuez des enfants innocents, des bébés innocents – des bébés, de petits bébés – avec un gaz chimique si létal… cela dépasse beaucoup, beaucoup de lignes, au-delà d’une ligne rouge… Cette attaque sur des enfants hier, a eu un gros impact sur moi. Gros impact… il est très, très possible… que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé. »

Quelques heures après avoir vu les photos, le conseiller a dit, Trump a donné des instructions à l’appareil de la défense nationale pour des représailles contre la Syrie. « Il a fait ça avant d’en parler à qui que ce soit. Les planificateurs ont ensuite demandé à la CIA et à la DIA s’il y avait des preuves selon lesquelles la Syrie avait du sarin stocké dans un aéroport à proximité ou quelque part dans la zone. Leur armée avait dû en avoir pour bombarder avec. La réponse a été, « nous n’avons aucune preuve que la Syrie détienne du sarin ou en ait utilisé, » a dit le conseiller. La CIA leur a également dit qu’il n’y avait pas de livraison résiduelle de sarin à Al-Chaayrate [la base aérienne d’où les SU-24 syriens ont décollé le matin du 4 avril] et Assad n’avait aucune raison de commettre un suicide politique. » Tous les participants, sauf peut-être le président, comprenaient aussi qu’une équipe de haut vol de l’ONU avait passé plus d’un an, après une attaque syrienne alléguée au sarin en 2013, à éliminer toutes les armes chimiques, dans une douzaine de dépôts d’armes chimiques en Syrie.

A cette étape, le conseiller a dit, les planificateurs de la sécurité nationale étaient plutôt déconcertés : « Personne ne savait d’où venaient les photos. Nous ne savions pas qui étaient les enfants ou comment ils avaient été blessés. Le sarin est très facile à détecter parce qu’il pénètre la peinture, et tout ce dont on a besoin est d’un échantillon de peinture. Nous savions qu’il y avait eu un nuage et qu’il avait atteint des gens. Mais vous ne pouvez pas vous baser là-dessus pour en conclure en toute certitude qu’Assad avait caché du sarin à l’ONU parce qu’il voulait l’utiliser à Khan Cheikhoun. » Les renseignements avaient clarifié qu’un chasseur-bombardier SU-24 des forces armées syriennes avait utilisé une arme conventionnelle pour frapper sa cible : elle n’avait pas de tête chimique. Et pourtant, il a été impossible aux experts de persuader le président de ce fait ; il avait pris sa décision. « Le président a vu les photos de petites filles empoisonnées et a déclaré que c’était une atrocité d’Assad. « C’est typique de la nature humaine. Vous sautez aux conclusions que vous voulez. Les analystes des renseignements ne discutent pas avec un président. Ils ne vont pas dire au président, « si vous interprétez les données de cette façon, je démissionne. »

Les conseillers de la sécurité nationale comprenaient leur dilemme : Trump voulait répondre à l’affront à l’humanité commis en Syrie et il ne voulait pas en être dissuadé. Ils avaient affaire à un homme qu’ils ne considéraient ni comme méchant, ni comme stupide, mais dont les limitations en matière de décisions de sécurité étaient sévères. « Tous ses proches connaissent ses tendances à agir précipitamment quand il n’a pas connaissance des faits. Il veut des briefings verbaux et des photos. C’est un risque-tout. Il peut assumer les conséquences d’une mauvaise décision dans le monde des affaires ; il ne peut perdre que de l’argent. Mais dans notre monde, des vies peuvent être perdues et il peut y avoir des dommages graves à notre sécurité s’il se trompe. On lui a dit qu’il n’y avait pas de preuves d’un implication syrienne et pourtant, Trump dit : « Allez-y. »

Le 6 avril, Trump a organisé une réunion d’officiels de la sécurité nationale dans sa résidence secondaire de Mar-a-Lago, en Floride. La réunion ne servait pas à décider quoi faire, mais comment le faire au mieux – ou, comme certains le souhaitaient, comment en faire le moins possible tout en faisant plaisir à Trump. « Le patron savait avant la rencontre qu’ils n’avaient pas de preuves, mais ce n’était pas la question, » a dit le conseiller. « La réunion portait sur ‘Voici ce que je vais faire’, et puis on lui expose les options. »

Les renseignements détenus par les USA n’avaient aucune importance. Le plus expérimenté, à la table, était le Secrétaire de la défense James Mattis, un général du corps des marines à la retraite qui jouit de la confiance du président et qui comprenait peut-être la vitesse à laquelle cela peut s’évaporer. Mike Pompeo, le directeur de la CIA dont l’agence avait répété qu’elle n’avait pas de preuves d’une bombe chimique syrienne, n’était pas présent. Le Secrétaire d’État Tillerson était admiré à l’intérieur pour sa capacité à travailler des longues heures et ses lectures avides de câbles diplomatiques et de rapports, mais il ne savait que très peu de chose sur la guerre et l’organisation d’un raid de bombardement. Les participants étaient dans une impasse, a dit le conseiller. « Le président était émotionnellement galvanisé par le désastre et il voulait des options. » Il en a eu quatre, en ordre croissant. L’option N°1 était de ne rien faire. Les participants, a dit le conseiller, comprenaient tous qu’elle était vouée à l’échec. L’option N°2 était une tape sur la main : bombarder une base aérienne en Syrie, mais seulement après avoir alerté les Russes, et à travers ces derniers les Syriens, pour éviter qu’il y ait trop de victimes. Quelques-uns des planificateurs appelaient ça « l’option gorille » : les USA allaient jeter des regards noirs et se frapper la poitrine pour faire peur et montrer leur détermination, mais ne causeraient que peu de dégâts significatifs. La troisième option était d’adopter le package de frappes qui avait été présenté à Obama en 2013, et qu’il avait fini par rejeter. Le plan impliquait un bombardement massif des principales bases aériennes syriennes et des centres de commandes et de contrôle, avec des bombardiers B1 et B52 au départ de leurs bases aux USA. L’option N°4 était la « décapitation » : éliminer Assad en bombardant son palais à Damas, ainsi que son réseau de commande et de contrôle et tous les bunkers souterrains où il aurait éventuellement pu faire retraite en cas de crise.

« Trump a éliminé l’option N°1 d’entrée, «  a dit le conseiller senior, et l’assassinat d’Assad n’a pas été envisagé. « Mais il a dit, en essence : ‘Vous êtes des militaires et je veux de l’action militaire.’ ». Le président était également initialement opposé à l’idée d’avertir les Russes avant la frappe, mais il a fini par l’accepter à contrecoeur. « Nous lui avons donné l’option Boucles d’or – ni trop chaud, ni trop froid, juste à la bonne température. » La discussion a eu ses moments de bizarrerie. Au cours de la réunion de Mar-a-Lago, Tillerson s’est demandé pourquoi le président ne pouvait tout simplement pas appeler des bombardiers B52 et pulvériser la base aérienne. On lui a répondu que es B52 étaient très vulnérables aux missiles sol-air (SAMs) dans la zone et qu’employer de tels avions aurait demandé des tirs de suppression qui pourraient tuer des défenseurs russes. « Qu’est-ce que c’est ? » a demandé Tillerson. Bien, monsieur, lui a-t-on répondu, cela veut dire qu’il nous faudrait détruire les sites de SAMs au long de la trajectoire de vol des B52, or ils sont contrôlés par des Russes, et nous nous retrouverions probablement dans une situation beaucoup plus difficile. « La leçon en était : Dieu merci, des militaires assistaient à la réunion, » a dit le conseiller. « Ils ont fait de leur mieux face à une décision qui avait déjà été prise. »

Cinquante-neuf missiles Tomahawk ont été lancés de deux destroyers de l’US Navy en service dans la Méditerranée, le Ross et le Porter, vers la base aérienne Al-Chaayrate près de Homs, une ville contrôlée par le gouvernement. La frappe a rempli sa mission dans la mesure où elle a causé aussi peu de dégâts que possible. Les missiles ont une faible charge explosive – à peu-près 100 kg de HBX, la version militaire moderne du TNT. Les réservoirs de stockage de carburant, une cible première, ont été pulvérisés, le conseiller senior a dit, déclenchant un incendie et des nuages de fumée qui ont interféré avec le système de guidage des missiles suivants. Au moins 24 des missiles ont raté leur cible et seuls quelques-uns d’entre eux ont pénétré dans les hangars, détruisant neuf avions syriens, nettement moins que n’en a annoncé l’administration Trump. On m’a dit qu’aucun des neuf n’était opérationnel : des avions aussi endommagés sont ce que les forces aériennes des USA appellent des reines de hangar. « C’étaient des agneaux sacrificiels, » a dit le conseiller senior. Le personnel important et les avions chasseurs opérationnels avaient été évacués vers des bases proches des heures avant le début du raid. Les deux pistes et les postes de stationnement des avions, qui avaient également été ciblées, étaient réparées et de nouveau opérationnelles dans les huit heures suivantes. En résumé, ce n’était pas grand-chose de plus qu’un coûteux feu d’artifice.

« C’était un spectacle monté par Trump du début jusqu’à la fin, » a dit le conseiller senior. « Quelques-uns des conseillers seniors en sécurité nationale du président ont considéré la mission comme une mauvaise décision présidentielle minimisée, qu’ils avaient l’obligation de de mener à bien. Mais je ne pense pas que notre personnel de la sécurité nationale se laissent de nouveau emporter dans une autre mauvaise décision. Si Trump avait choisi l’option 3, il y aurait peut-être eu des démissions immédiates. »

Après la rencontre, avec les Tomahawks en route, Trump a parlé à la nation à partir de Mar-a-Lago, et a accusé Assad d’avoir utilisé du gaz neurotoxique pour asphyxier « les vies d’hommes, de femmes et d’enfants sans défense. C’était une mort lente et brutale pour beaucoup… aucun enfant de Dieu ne devrait souffrir une telle horreur. » Les jours suivants ont été ses plus réussis en tant que président. L’Amérique s’est regroupée autour de son commandant en chef, comme elle le fait toujours en temps de guerre. Onze semaines après son investiture, Trump, qui avait fait campagne sur des préconisations de paix avec Assad, bombardait la Syrie sous les applaudissements des Républicains, des Démocrates et des médias.

Un célèbre présentateur de télé, Brian Williams de MSNBC, a utilisé le mot « beau » pour décrire les images des Tomahawks lancés depuis la mer. Sur CNN, Fareed Zakaria a dit, « Je pense que Donald Trump est devenu président des États-Unis. » Une revue de presse des 100 principales publications de presse américaines montre que, dans leur sillage immédiat, 39 d’entre elles ont publié des éditoriaux en faveur des frappes de missiles, y compris le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal.

Cinq jours plus tard, l’administration Trump réunissait les médias nationaux pour un briefing sur le contexte de l’opération en Syrie. L’essentiel du briefing portait sur des accusations selon lesquelles les dénégations catégoriques et répétées des Russes quant à un quelconque usage de sarin à Khan Cheikhoun étaient des mensonges, parce que le président Trump avait dit que du sarin avait été utilisé. Cette affirmation, qui n’a été ni contestée, ni disputée par l’un des reporters présents, est devenue la base de critiques subséquentes :

  • Les mensonges répétés de l’administration Trump sur l’utilisation de sarin par la Syrie a mené à une croyance généralisée dans les médias et le public américains selon laquelle la Russie a choisi de s’impliquer dans une campagne corrompue de désinformation et de dissimulation en soutien à la Syrie.
     
  • Les forces armées russes étaient hébergées, avec celles de la Syrie, dans la base d’ Al-Chaayrate (comme elles le sont à travers toute la Syrie), évoquant la possibilité selon laquelle la Russie aurait été informée de la détermination de la Syrie à utiliser du gaz sarin à Khan Cheikhoun, et n’aurait rien fait pour l’en empêcher.
     
  • L’usage allégué de gaz sarin par la Syrie et la défense de cet usage par la Russie suggéreraient fortement que la Syrie avait caché des stocks illicites de sarin à l’équipe de désarmement de l’ONU qui avait passé presque toute l’année 2014 à inspecter et à éliminer toutes les armes chimiques des 12 dépôts d’armes chimiques syriens, à la suite de l’accord entre l’administration Obama et la Russie passé après l’usage allégué, mais jamais prouvé, de gaz sarin contre une redoute militaire rebelle dans la banlieue de Damas, l’année précédente.

A sa décharge, au cours du briefing, le porte-parole avait pris soin d’employer des mots comme « pense », « suggère » et « croit » au moins dix fois pendant les 30 minutes de l’événement. Mais il a également dit que son briefing était fondé sur des données qui avaient été déclassifiées par « nos collègues de la communauté du renseignement ». Ce que le porte-parole n’a pas dit, et ne savait peut-être pas, était que l’information classifiée de la communauté soulignait que la Syrie n’avait pas utilisé de sarin dans le bombardement du 4 avril.

La presse grand public a réagi comme la Maison-Blanche l’avait espéré : les articles attaquant la dissimulation alléguée des Russes en soutien à l’utilisation de sarin par la Syrie ont dominé les informations et de nombreuses plate-formes médiatiques ont ignoré les myriades de précautions oratoires du porte-parole. Une ambiance de renouveau de la Guerre froide régnait. Le New York Times, par exemple – le plus célèbre des journaux des USA – avait titré « La Maison-Blanche accuse la Russie de dissimulation dans l’attaque chimique syrienne ». Le Times notait bien que la Russie niait tout en bloc, mais ce qui avait été décrit par le porte-parole comme « des données déclassifiées » étaient soudain devenues « un rapport déclassifié des services de renseignement ». Il n’y avait pourtant pas de rapport des services de renseignement officiel déclarant que la Syrie avait utilisé du sarin, seulement un « résumé fondé sur des données déclassifiées sur l’attaque », comme l’avait dit le porte-parole.

La crise est passée au second plan vers la fin du mois d’avril, alors que la Russie, la Syrie et les USA restaient concentrés sur l’annihilation de Daech et des milices d’al-Qaïda. Quelques-uns de ceux qui avaient travaillé sur la crise, toutefois, en ont gardé une inquiétude. « Les salafistes et djihadistes ont obtenu tout ce qu’ils voulaient avec ces manigances sur le gaz neurotoxique syrien », m’a dit le conseiller senior à la communauté du renseignement des USA en référence à une escalade des tensions entre la Syrie, la Russie et l’Amérique. « La question est, qu’est-ce qui se passe s’il y a une autre attaque au sarin sous fausse bannière, et qu’on en rejette la responsabilité sur la Syrie haïe ? Trump a fait monter les enchères et s’est mis tout seul le dos au mur avec sa décision de bombarder. Et n’imaginez pas que ces types ne soient pas en train de planifier une nouvelle fausse attaque. Trump n’aura pas d’autre choix que de bombarder de nouveau, et plus durement. Il est incapable d’admettre qu’il a fait une erreur. »

La Maison-Blanche n’a pas répondu à des questions spécifiques sur le bombardement de Khan Cheikhoun et de la base d’Al-Chaayrate. Ces questions ont été envoyées par e-mail à la Maison-Blanche le 15 juin et n’ont reçu aucune réponse.

Seymour Hersh

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo Pixabay

[Update]NdT : Il semble que la question soit effectivement revenue sur le tapis. La Maison-Blanche s’accroche, comme prévu, à sa version des faits et ajoute même une deuxième couche de stupidité en prévoyant, sans aucune preuve, une « nouvelle attaque au sarin » par Assad et des représailles… et en nous entraînant tous dans le risque d’un conflit ouvert avec la Russie. Voir à ce sujet Conflagration ? Sur les Chroniques du Grand Jeu.
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Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

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Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

Certaines sources syriennes ont fait part des agissements inhabituels américains dans le ciel syrien.

Selon la chaîne al-Mayadeen, ces nouveaux agissements des États-Unis ressemblent à ceux menés par eux avant leurs frappes balistiques sur la base militaire de Shayrat en Syrie, en avril dernier.

Ces sources ont confié à al-Mayadeen avoir observé, au cours de ces derniers jours, des activités d’espionnage inhabituelles des Américains au large de la Syrie, ce qui laisse penser qu’un incident aurait lieu.

De même, trois avions d’espionnage de la marine américaine ont effectué des vols au large de la Syrie.

Selon Sputnik, plusieurs sites occidentaux suivant les déplacements des avions militaires ont recensé les vols de trois avions de reconnaissance américains à proximité du littoral syrien, plus particulièrement de la base navale russe de Tartous.

Dans ce droit fil, Guennadi Gatilov, vice-ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde les États-Unis contre tout acte unilatéral.

Les déclarations de Washington selon lesquelles Damas serait en train de préparer des « attaques chimiques », entraveront le processus des négociations d’Astana et de Genève consacrées au règlement de la crise syrienne.

« Les tentatives US visant à faire monter la tension en Syrie sont inadmissibles », a-t-il indiqué.

Il a également réitéré que pour la Russie, l’armée syrienne ne représentait aucune menace pour les experts américains.

Pour rappel, la Maison Blanche a prétendu, mardi 27 juin, dans un communiqué sans aucun document à l’appui, que le gouvernement syrien serait en train de préparer une attaque chimique.

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i39750-agissements_inhabituels_des_états_unis_dans_le_ciel_de_la_syrie

 

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Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

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Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

Le pilote du vieux bombardier léger syrien Sukhoï Su-22 (« Fitter ») abattu par des F/A-18E Super Hornet US pour protéger un convoi spécial d’anciens combattants de Daech (acronyme arabe péjoratif désignant l’organisation terroriste de l’État Islamique) près d’Al-Riqqa, est parvenu à s’éjecter à temps en évitant un premier missile. Il s’appelle Ali Fahd et est père de trois enfants.

Des forces spéciales de l’armée syrienne ont pénétré en pleine nuit dans la zone où l’appareil s’est abattu pour tenter de le secourir. Une opération SAR du type le plus extrême car les hordes de Daech et des mercenaires kurdes soutenus par des Navy Seals US sont aux trousses du pilote syrien.

Dans de telles conditions, les chances de survie d’Ali Fahd sont minimes selon des analystes. Cependant, tout demeure possible. Personne ne s’attendait qu’un vieil appareil comme le Su-22, destiné principalement à l’attaque au sol puisse réussir à  esquiver une première salve de missile AA (Air-Air) de dernière génération.

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Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriete plan, le nez d’un Su-22

Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriere plan, le nez d’un Su-22

Le mystère demeure quant à savoir pourquoi des F/A-18E US en provenance du Qatar se sont rués sur l’appareil syrien pour protéger un convoi spécial de Daech évoluant au sud de Tabaqa et fort éloigné des forces démocratiques kurdes (soutenues par les US).

Washington a justifié cet acte traduisant une extrême frustration par des règles d’engagement destinées à protéger les alliés de la coalition dont les forces démocratiques kurdes. Un prétexte qui ne tient pas du tout la route.

Selon certaines informations émanant de sources très au fait de la guerre de l’ombre en Syrie, le convoi transportait d’anciens combattants de Daech en phase de reconversion pour servir au sein des Maghawir Al-Thawra (les « commandos de la Révolution », un terme typiquement inventé par Washington) et avec eux se trouvaient deux responsables du département des opérations de la CIA et des agents arabisants du Mossad israélien.

source:https://strategika51.wordpress.com/2017/06/19/syrie-laviation-us-est-intervenue-pour-proteger-un-convoi-tres-special-de-daech/

 

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3 questions à Bruno Drewski sur Macron et le départ d’Assad par GRÉGOIRE LALIEU

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

3 questions à Bruno Drewski sur Macron et le départ d’Assad

27 Jun 2017

Grégoire Lalieu

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Alors que le gouvernement Hollande avait fait du départ de Bachar Al-Assad une priorité absolue, Emmanuel Macron a déclaré que la destitution du président syrien n’était pas un préalable à tout. Quelques jours plus tôt, c’est l’Allemagne qui condamnait les sanctions US contre la Russie. Historien spécialiste du monde slave et maître de conférence à l’INALCO, Bruno Drewski est l’un des experts interviewés dans notre dernier livre, Le monde selon Trump. Il nous éclaire sur le revirement de Macron ainsi que sur les relations mouvantes entre les Etats-Unis et l’Europe.

 

Emmanuel Macron a déclaré que « la destitution de Bachar Al-Assad n’était pas un préalable à tout ». Un revirement de taille pour la France. Comment l’expliquez-vous ?

 

Je pense que l’évolution de la situation en Syrie impose aujourd’hui aux autorités françaises de faire preuve de réalisme. À moins de s’engager dans une guerre totale au profit des mêmes terroristes responsables des attentats en France, elles ne peuvent plus s’empêcher de voir que l’armée syrienne est en train de gagner la guerre. Même si Israël et les Etats-Unis font tout pour retarder ce scénario. Sans une décision du Pentagone, l’hypothèse d’un engagement militaire français semble exclue. Le changement de gouvernement en cours à Paris donne donc le prétexte nécessaire pour changer de ton vis-à-vis de la Syrie.

La guerre contre la Syrie et son gouvernement semblant en passe d’être perdue, le gouvernement Macron se prépare sinon à accourir au secours de la victoire, au moins à la prendre en compte. Il essaiera sans doute en même temps de limiter et de retarder le plus possible les possibilités de rétablissement et de reconstruction de ce pays « rebelle » à l’ordre occidental. La crise récente entre les monarchies du Golfe et les intérêts de ces entités dans l’économie française ont également pu pousser le gouvernement Macron à faire preuve de plus de prudence. L’avenir dira si ce changement de ton ira plus loin en direction du réalisme et d’une réelle réconciliation franco-syrienne.

 

 

Quelques jours plus tôt, l’Allemagne critiquait vivement les nouvelles sanctions que veut imposer Washington à la Russie. Assistons-nous à la fin de la lune de miel entre l’Europe et les Etats-Unis ? 

 

Depuis le début de la crise ukrainienne, l’Allemagne a toujours été divisée. D’un côté, une fraction de son patronat a un intérêt direct à coopérer le long de l’axe Eurasie-Asie, donc avec Moscou. De l’autre côté, certains continuent à suivre la politique des États-Unis, surtout à cause de la pénétration très ancienne d’importants secteurs de la bureaucratie allemande par les agents d’influence d’outre-Atlantique. La gauche allemande tend elle aussi vers une coopération avec la Russie.

Avec la crise de régime en cours à Washington, les gouvernements européens, en particulier l’Allemagne, se sentent un peu « orphelins », même s’ils gardent des contacts privilégies avec les cercles néocons (« interventionnistes libéraux » selon la nouvelle appellation « clintonienne »). Ces cercles avaient agi en faveur de l’élection de Hillary Clinton. Ils gardent une influence clef dans leur pays.

Enfin, depuis assez longtemps, les stratèges à Washington se méfient du potentiel d’autonomie de l’Allemagne et derrière elle de l’Union européenne. C’est pourquoi les Etats-Unis ont cherché à établir des relations privilégiées avec les pays de l’« Intermarium ». Terme de l’entre-deux-guerres qui recouvre l’isthme Baltique-mer Noire. Ce territoire permet de séparer l’Allemagne de la Russie par un axe Pologne-pays Baltes-Ukraine. Il pourrait éventuellement être élargi à d’autres petits pays voisins, selon le vieux modèle du « cordon sanitaire » devant entourer la Russie et la séparer de l’Europe occidentale.

 

 

Quel impact ces éventuels changements d’alliance pourraient-ils avoir sur les Etats-Unis ? Trump va-t-il se retrouver isolé sur la scène internationale ?

 

Ces évolutions tendent évidemment à affaiblir la position déjà difficile de Trump à Washington. Avec la crise de pouvoir en cours aux Etats-Unis, beaucoup de dirigeants européens jusque-là très atlantistes commencent à comprendre que le grand frère n’est plus ce qu’il était en termes de puissance, de santé économique et de cohésion interne. Cela menace la sécurité des institutions et des élites européennes qui se sentaient jusque-là protégées par le gendarme Otan. Car l’objectif de cette alliance militaire n’était pas seulement de se projeter vers l’extérieur, mais aussi de garantir la stabilité des instances dirigeantes européennes et de sécuriser les mouvements de capitaux en son sein.

Toutes ces nouvelles incertitudes ont en tout cas soulevé un vent de panique à Berlin, à Bruxelles, à Paris et ailleurs. Suffisant pour que les pays d’Europe de l’Ouest, au sein de l’UE ou de manière isolée comme le montre le Brexit, tentent à nouveau de devenir des puissances plus autonomes ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais le contexte est là : crise du capitalisme mondialisé, crise de régime aux Etats-Unis, crise de l’Union européenne, échecs des politiques de l’OTAN hors de sa zone et désaffection massive des citoyens envers les régimes occidentaux… Tout cela pourrait amener une partie au moins des élites dirigeantes à envisager une recomposition de la scène politique internationale. Cela dépendra dans une large mesure des capacités économiques des uns ou des autres à forcer le destin dans une direction ou une autre.

Par ailleurs, avec la perte du contrepoids communiste et le verrouillage grandissant du système politique, médiatique et sécuritaire, tant au niveau national que supranational, les peuples semblent aussi de plus en plus désabusés. Cela peut évidemment entrainer une passivité grandissante, mais aussi provoquer des mobilisations de plus en plus fortes. Par exemple, alors qu’il n’a rassemblé qu’un faible pourcentage d’approbation de la part des électeurs, Macron a manifesté une certaine prudence dans la foulée du scrutin. Cela témoigne sans doute d’une nervosité au sein du régime actuel. Et cela pourrait pousser Paris à prendre plus d’autonomie par rapport à Washington. Des phénomènes semblables peuvent se produire dans d’autres pays de l’Union européenne, car partout, le mécontentement est perceptible.

Je ne pense pas que les élites actuelles des différents pays européens soient néanmoins déjà prêtes à faire un saut dans l’inconnu. Car ce n’est certainement pas l’esprit visionnaire, le courage politique et l’esprit de risque qui les caractérisent. Mais on doit se rappeler qu’à la veille du démantèlement du bloc soviétique, peu nombreuses étaient les élites des nomenklaturas locales alors prêtes à sauter vers l’inconnu. Toutefois, la désagrégation interne du système a finalement entraîné un phénomène généralisé de sauve-qui-peut vers l’Ouest. On ne doit donc pas exclure aujourd’hui un retour du balancier vers l’Est avec la crise généralisée du système économique, social et politique. D’autant plus qu’à l’Est, c’est désormais aussi le capitalisme, même si là-bas il est plus encadré par l’État.

Une refonte fondamentale de l’architecture internationale est donc possible. Elle n’entrainera pas forcément un changement de régime social, économique et politique. Il faudrait pour cela une véritable reconstruction des mouvements alternatifs et révolutionnaires. La pente vers la désagrégation du camp nord-atlantique semble malgré tout engagée. Les pays européens ont tout intérêt à prendre en compte le fait que le monde est désormais multipolaire, que le processus de rapprochement eurasiatique est lancé et que ce sont les puissances eurasiatiques, en particulier la Russie, qui sont en passe de reconstruire un équilibre dans les pays du monde arabo-musulman saccagés par l’aventurisme des Etats-Unis, d’Israël et de l’Otan.

 

Source: Investig’Action

http://www.investigaction.net/fr/3-questions-a-bruno-drewski-sur-macron-et-le-depart-dassad/

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