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Le blog de Lucien PONS

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Syrie: La surprenante offre de Donald Trump à Bachar Al Assad. Par René Naba

4 Avril 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Syrie: La surprenante offre de Donald Trump à Bachar Al Assad. Par René Naba

Syrie: La surprenante offre de Donald Trump à Bachar Al Assad

Tulsi Gabbard: «Si le président vous appelle, décrocherez vous le téléphone ?»
Bachar Al Assad: «S’agit il d’une hypothèse ou d’une proposition ?»
Tulsi Gabbard: «Décrocherez-vous le téléphone pour répondre à son appel ?»
Bachar Al Assad: «S’agit-il d’une proposition de votre part?»
Tulsi Gabbard: «Non, la proposition vient du président»

A ce moment, le président syrien sourit et remis à l’émissaire américain un numéro de téléphone où il pouvait être joint directement.

Les déclarations du secrétaire d’Etat Rex Tillerson jeudi 30 mars 2017 à Ankara selon lesquelles «Le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien», ne relèvent pas du hasard, mais d’une décision mûrement réfléchie de la nouvelle administration républicaine, désireuse de conférer la priorité au combat contre le terrorisme islamique.

Ci joint le récit intégral de ce surprenant dialogue entre le président syrien Bachar Al Assad et l’émissaire américain Tusli Gabbard, sénatrice démocrate de Hawaï, ainsi que cela a été rapporté lundi 3 avril 2017 par le directeur du quotidien libanais «Al Akhbar», Ibrahim Al Amine, auteur du scoop, consultable sur ce lien pour les locuteurs arabophones :

Tulsi Gabbard

Démocrate de Hawaï, hostile à Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’État et candidate malheureuse à la présidentielle américaine 2016, Tulsi Gabbard avait voté en faveur de Bernie Sanders, le candidat de l’aile gauche du parti démocrate, lors des primaires de ce parti en 2016. Membre du House Armed Service Committee, Major dans la garde nationale, Tulsi Gabbard a effectué deux périodes de service au Moyen-Orient. En Octobre 2015, sur CNN, elle déclare: les États-Unis et l’Union Européenne doivent cesser cette guerre illégale et contre-productive visant à renverser le gouvernement d’Assad et se concentrer plutôt à combattre les groupes islamistes extrémistes».

L’interrompant, le journaliste lui pose alors la question suivante: «Cela ne vous importe-il pas que le régime brutal d’Assad ait tué 200.000 personnes au moins ou peut-être 300.000 personnes de son propre peuple».

La réponse fuse: «Les choses qu’on dit à propos d’Assad, ce sont les mêmes que l’on disait à propos de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi par ceux qui poussaient les États-Unis à renverser leurs régimes. Si cela devait arriver en Syrie, nous nous retrouverons devant une situation de plus grande souffrance, des persécutions plus importantes des Chrétiens en Syrie. En prime notre ennemi en sortira renforcé».

  1. http://www.madaniya.info/2016/02/17/la-coordination-secrete-syro-americaine-contre-le-djihadisme-en-syrie-1/
  2. http://www.madaniya.info/2016/02/19/la-coordination-secrete-syro-americaine-contre-le-djihadisme-en-syrie-2/

Le dialogue entre Donald Trump et Tulsi Gabbard le 21 novembre 2016

Les contacts entre Donald Trump et Tusli Gabbard se sont noués à l’automne 2016. celui qui n’était alors que le candidat républicain à la présidentielle avait relevé le positionnement de la sénatrice démocrate et son entourage songeait même à lui proposer un poste ministériel au sein de la nouvelle administration qui devait succéder au démocrate Barack Obama.

L’entretien entre le président élu et la démocrate a eu lieu le 21 novembre 2016 et a duré 2H30, au cours duquel la sénatrice a informé d’emblée son interlocuteur que son voyage prévu de longue date ne pouvait être indéfiniment retardé du fait qu’il avait été fixé à la mi janvier 2017.

Donald Trump a admis partagé l’opinion de Tulsi Gabbard sur la Syrie, et, en réplique, la sénatrice a informé Donald Trump qu’elle songeait à forger une loi interdisant à tout américain de collaborer avec quiconque entretenant un lien direct ou indirect avec les organisations terroristes, particulièrement Daech.

La suite du dialogue Donald Trump-Tulsi Gabbard :

Donald Trump (DT): « Allez vous rencontrer Assad ? »
Tulsi Gabbard (TG): « Probablement »
Donald Trump (DT): « Parfait. Demandez lui s’il est disposé à entretenir des contacts avec nous. »

L’homme a tenu bon

Je suis disposé à entrer en contact téléphonique avec lui. Mais qu’il soit clair que la coopération portera sur le combat contre Daech. Il constatera que son éviction du pouvoir ne figure pas à l’ordre du jour de mes préoccupations. C’est d’ailleurs un thème qui va disparaître progressivement du débat public.

Toutefois, le contact direct et l’abolition des sanctions sont des sujets qui demandent du temps.

L’important est que l’on sache comment il se comporte et dans quelle mesure il est disposé à coopérer avec nous en dehors des Russes et des Iraniens. Nous devons changer de politique vis à vis d’Assad.

L’Homme a tenu bon. Le contenir directement pourra se révéler utile. Les faits nous commandent de coopérer avec lui s’il l’on veut combattre effectivement Daech.

Donald Trump, pragmatique et empirique, part du constat que Barack Obama a sapé l’influence américaine au Moyen-Orient et rend responsable son prédécesseur démocrate de la percée russe. Il considère qu’il incombe à son administration de rétablir une cogestion, particulièrement en Syrie et en Irak et que la Syrie peut constituer un terrain d’entente entre Russes et Américains.

L’Iran, le pays le plus sérieux dans son combat contre Daech.

Donald Trump considère en outre que Daech représente le plus grand danger. Il est convaincu du soutien de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie à Daech et à toutes les déclinaisons d’Al Qaida. En dépit de détestation de l’Iran, il est convaincu que Téhéran est le plus sérieux dans son combat contre Daech.

Son objectif n’est pas d’opérer un bouleversement fondamental de la politique américaine, mais juste d’infléchir sa stratégie, en focalisant sur Daech, et en mettant de côté les autres objectifs, tels l’éviction du président syrien.

Le rôle d’obstruction de l’ambassadrice américaine au Liban, Elizabeth Richard.

Lors de sa confirmation par la commission des affaires étrangères du Sénat américain comme nouvel ambassadeur des Etats Unis au Liban, Elizabeth Richard avait affirmé que sa mission prioritaire sera de faire front à la Syrie et au Hezbollah. Aussi n’a-t-elle pas été avisée de la mission de Tulsi Gabbard ni de ses objectifs. Elle estimait néanmoins qu’elle devait avoir la haute main sur cette visite, fixant les rendez vous de la sénatrice, écartant au besoin ce qu’elle considérait comme indésirable.

Le Liban divisé par l’ambassade américaine en trois zones selon le degré de risques.

Elizabeth Richard a voulu circonvenir les choses, demandant à s’entretenir avec l’équipe de la sénatrice, à son arrivée à Beyrouth. A l’ambassade, le responsable de la sécurité a fait un topo sur la situation sécuritaire en dotant ses interlocuteurs d’instructions adéquates.

L’officier chargé de la sécurité de l’ambassade a proposé que Tulsi Gabbard soit logée à la résidence de l’ambassadrice.

L’équipe de la sénatrice a décliné les offres, spécifiant qu’elle souhaitait que la visite de Tulsi Gabbard se déroule en dehors de tout protocole, que l’émissaire de Donald Trump choisira elle-même ses interlocuteurs libanais, de même que la date et le lieu de ses rendez-vous.

Le responsable de la sécurité de l’ambassade a alors insisté pour connaître l’identité du service libanais chargé de la protection de la sénatrice, exposant les zones à risques au Liban. Selon lui, le Liban est divisé en trois zones: Zone Rouge, frappée d’une interdiction absolue d’accès de jour comme de nuit; Une Zone Jaune, avec libre accès uniquement le jour; Une Zone Verte, avec libre accès de jour comme de nuit.

Des unités spéciales américaines au Liban prêtes à intervenir à tout moment.

Au terme de son exposé le responsable a confié à l’équipe de la sénatrice des numéros de téléphone pour an faire usage en cas d’urgence, l’assurant que les États Unis disposaient de diverses unités déployées sur l’ensemble du territoire libanais prêtes à intervenir à tout moment en cas de nécessité.

14 Janvier 2017, l’arrivée à Beyrouth de Tulsi Gabbard.

Tusli Gabbard est arrivée le dimanche 14 Janvier 2017 à Beyrouth, en compagnie de son époux, Abraham William, un riche homme d’affaires originaire de l’Inde. A l’aéroport de Beyrouth-Khaldé, elle a été accueillie par un détachement de l’unité chargée de la protection des ambassades, relevant des Forces de Sécurité Intérieures (FSI), mis à sa disposition par le ministre de l’Intérieur Nihad Machnouk.

La traversée dans la zone Hezbollah

Le convoi s’est dirigé directement vers Yarzé, colline surplombant Beyrouth siège de la Présidence de la République libanaise, du ministère de la défense et de l’ambassade de Syrie au Liban, notamment, où elle a été accueillie par l’ambassadeur syrien Ali Abdel Karim.

Le convoi a emprunté un court trajet, ce qui signifie qu’il a immanquablement traversé la banlieue sud de Beyrouth, en pleine «zone rouge», de l’ambassade américaine, la fameuse ville de Dayeh des journalistes français, autrement dit le fief du Hezbollah.

A la question de savoir où elle se trouvait, il lui fut répondu, laconiquement: «Dans la zone du Hezbollah».

Tulsi Gabbard: «Où sont donc les bases militaires et les hommes en armes»?
Réponse: «Pas de présence de toutes ces choses ici».
Tuslsi Gabbard: Êtes vous surs que nous traversons une zone sous contrôle du Hezbollah»?
Réponse: Oui absolument et dans quelques minutes nous serons dans une zone sous contrôle total de l’armée libanaise, où se trouve le bureau de l’ambassadeur syrien.

A son arrivée dans le secteur de Yarzé, le convoi a été pris en charge par les «Fouhouds» (Les Panthères), troupes de chocs des forces de sécurité libanaise. Les officiels de l’ambassade américaine avaient peu apprécié que le service de protection des ambassades aient été chargé de la protection de la sénatrice américaine, considérant que ce service était sous influence du Hezbollah.

A son arrivée à son hôtel,l’ambassadrice des États Unis à Beyrouth, Elizabeth Richard, a demandé à rencontrer l’émissaire du président Donald Trump. Tulsi Gabbard a refusé, lui précisant qu’elle ne souhaitait rien de l’ambassade.

Le séjour à Damas de Tulsi Gabbard et le récit de sa première rencontre avec le président Bachar Al-Assad

Lundi 15 janvier à 008 H du matin, le convoi américain se dirige directement vers Damas. A son arrivée au poste frontière de Masnah, le convoi est accueilli par une délégation officielle syrienne qui prend en charge la protection de l’émissaire américain, abandonnant le convoi libanais dans le secteur libanais de la zone frontalière.

Le premier échange Bachar A-Assad-Tulsi Gabbard

Accueillie par un sourire du président syrien, Tusli Gabbard entre d’emblée dans le vif du sujet:

Tusli Gabbard: Je suis là pour une mission de collecte d’informations. Je souhaite visiter plus d’une région si possible, aller à la rencontre des gens. Je souhaite aussi que vous nous fournissiez des informations fiables sur ceux qui apportent leur soutien à Daech et à al Qaida. Je suis là avec l’accord du Congrès américain. Je devais venir il y a un mois, mais j’ai retarde mon voyage à la demande du président Trump en personne.

J’ai rencontré Donald Trump avant ma venue. Je suis porteuse d’un message de sa part. Je suis chargé de vous soumettre ses vues sur la zone. Il m’a en plus chargé d’une demande directe à vous.

L’émissaire américain se livre alors à un exposé des vues de la nouvelle présidence américaine, mettant l’accent sur la position des alliés des États Unis dans la zone, de l’Arabie saoudite, à la Turquie, en passant par ls autres pays du Golfe.

La priorité de Donald Trump est le combat contre Daech. Dans son approche, il prend en considération le dossier iranien, un pays très sérieux dans son combat contre Daech. Donald Trump veut une modification radicale de la politique des États Unis à l’gard de la Syrie et de la zone.

Donald Trump: admiratif de l’intelligence de la Russie dans sa gestion du dossier syrien.

Bachar Al-Assad: « S’agit il des impressions que vous avez recueillies de votre entretien avec votre président ? »
Tulsi Gabbard : « Non, ce sont ces idées. Il m’a demandé de vous les soumettre. En résumé, nous voulons coopérer avec vous pour combattre Daech. Il (Donald Trump) est admiratif de l’intelligence de la Russie dans sa gestion du dossier syrien. Il entend bâtir une entente avec les Russes en Syrie. »

Puis, soudainement, Tulsi Gabbard s’adresse directement au président syrien en ces termes :

Tulsi Gabbard : « Si le Président Trump vous contacte, répondrez-vous ? »
Assad esquisse un sourire et répond par une autre question: « S’agit-il d’une suggestion ou d’une proposition ? »
Tulsi Gabbard : « Non, pas une supposition ».
Bachar Al-Assad: « Donc s’agit-il d’une proposition de votre part ? »
Tulsi Gabbard : « Non il s’agit d’une proposition directe du Président Trump et c’est lui qui l’a demandé de vous la transmettre. Et je répète la question: S’il vous contacte, allez vous décrocher ? »
Bachar Al-Assad: « Naturellement. Je vous donnerai un numéro de téléphone où vous pourrez me joindre rapidement. »

Tulsi Gabbard a été surprise par la rapidité de la réponse du président syrien. Sous l’effet d’une campagne d’intoxication, elle était convaincue que Bachar Al-Assad demanderait un délai avant de répondre à la proposition de Donald Trump. Le temps de consulter ses amis Russes et Iraniens. Les Américains pensaient sérieusement qu’«Assad n’oserait pas nouer un contact avec les États Unis ans l’accord préalable de ses alliés».

Avant la fin de l’entretien, Tulsi Gabbard a insisté pour effectuer une tournée à l’intérieur de la Syrie, notamment Alep de nouveau sous l’autorité du pouvoir central, afin d’établir un rapport circonstancié sur la situation.

Au terme de son exposé de deux heures, le président syrien a pris la parole à son tour pour exposer à son interlocutrice le rôle des États Unis dans leur soutien aux organisations terroristes.

A l’issue de cette rencontre, Tulsi Gabbard a rencontré l’épouse du chef de l’état syrien, Mme Asma Al-Assad. Cet entretien de deux heures également a porté sur les aspects sociaux et les effets négatifs de la guerre sur la population syrienne.

Puis, Tulsi Gabbard a rencontré successivement, le Mufti de Syrie, Badreddine Hassoune, le Patriarche Ignace Ephrem (Syriaques), des hommes d’affaires et des académiciens. Elle a également visité la grande Mosquée de Damas, La Mosquée des Ommeyades.

La délégation américaine a résidé au palais des hôtes de Damas et a dîné avec Mme Bouthaina Chaabane, conseiller du président Assad chargé de l’Information, en présence de M. Bachar Jaafari, délégué de la Syrie aux Nations Unies et Chef de la délégation gouvernementale syrienne aux négociations de Genève. Au cous de ce dîner, les modalités d’un entretien Tulsi Gabbard avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al Mouallem, ont été arrêtées.

Alep, mardi 16 janvier 2017

A Alep, Tulsi Gabbard a longuement parcouru la ville, rencontrant l’administrateur de la ville, des parlementaires, des académiciens, des hommes de religion, des activistes de la société civile avant de visiter un camp de personnes déplacées.

Avant son départ d’Alep, la délégation américaine a reçu un appel de Damas souhaitant revoir l’émissaire du président Trump pour un entretien approfondi et détaillé qui sera entrecoupé d’un déjeuner de travail. La présidence syrienne proposait en outre à Tulsi Gabbard de lui confier des documents irréfutables concernant l’implicaiton directe des hommes de la sécurité américaine dans leur soutien aux terrorisme en Syrie. A la suite de cet appel, Tulsi Gabbard décida alors de reporter son départ de Syrie de 24 heures.

Retour à Damas, mercredi 17 janvier et la remise des documents officiels syriens

Ce jour là, Tulsi Gabbard rencontra à deux reprises le Président Bachar Al Assad en présence des responsables syriens des services de sécurité, munis de documents. L’émissaire américain a été saisi par le choc à la vue de ses documents que les Syriens lui ont remis, ce jour là, afin de lui permettre son enquête aux États Unis même.

Jeudi 18 janvier Beyrouth

Entretien surprise avec l’ancien président Emile Lahoud et le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim Jaafari.

Jeudi 18 janvier à Beyrouth a été une journée d’entretiens intensifs avec des personnalités choisies par Tulsi Gabbard, elle même: Les trois présidents, le président de la République Michel Aoun, le premier ministre Saad Hariri, le président de la chambre des députés Nabih Berry, le Commandant en chef de l’armée et le directeur général de la Sûreté Générale, le patriarche maronite Mgr Bichara Ar Rahi, et l’ancien président de la République Emile Lahoud, seul ancien président libanais à avoir eu droit à un tel traitement, pourtant jadis ostracisé par Jacques Chirac l’ancien partenaire du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri.

Un incident est révélateur du parasitage déployé par l’ambassadrice américaine à Beyrouth, Elizabeth Richard, hostile à cette visite.
Comme un rendez vous était sollicité auprès des services de la présidence de la chambre pour un entretien avec M. Nabih Berri, la demande a été refusée au prétexte que l’émissaire américain entreprenait ses démarches sans l’aval du du Département d’état. Les collaborateurs de M.Berri ont soutenu avoir eu cette explication directement par l’ambassade américaine.

Alertée sur cette mauvaise manière, Tulsi Gabbard a chargé son adjoint d’aviser l’ambassadrice, Mme Elizabeth Richard, qu’elle devra rendra compte de son comportement illégal devant l’administration américaine

Avant son départ de Beyrouth, M. Tulsi Gabbard a rencontré le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim Jaafari, qui se trouvait fortuitement dans la capitale libanaise.

Épilogue du signataire de ce texte

Et pendant ce temps là, les hiérarques de l’Élysée et du Quai d’Orsay t leurs amplificateurs médiatiques, les éditocrates de France, continuent de se lamenter……

-Ah si Obama avait bombardé la Syrie, nous n’en serions pas là, oubliant que la Chambre des Communes avait refusé un engagement militaire du Royaume Uni en Syrie et que de sérieux doutes subsistaient sur les responsables de l’usage des armes chimiques en Syrie.

A propos de l’usage des armes chimiques en Syrie

-Ah, si la France n’était pas aussi dépendante militairement des États Unis nous n’en serions pas là.

-Ah si la France était une véritable démocratie présupposant une autorisation du parlement avant un engagement militaire extérieur, nous n’en serions pas là.
Ah, si la France cessait son état de lévitation permanent pour se livrait, pour une fois, à son autocritique, nous n’en serions pas là.

-Ah, si la France avait soutenu l’opposition démocratique syrienne et non les mercenaires des pétromonarchies, compagnons de route du terrorisme islamique, nous n’en serions pas là.

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Détruire Daesh ? Par Thierry Meyssan

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Détruire Daesh ?

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/03/1-5338-de192-1728x800_c.jpg

Détruire Daesh ?

Alors que Washington multiplie les signaux confirmant son intention de détruire Daesh, les Britanniques et les Français, suivis par l’ensemble des Européens, envisagent de faire bande à part. Londres et Paris auraient coordonné l’attaque de Damas et d’Hama pour contraindre l’armée arabe syrienne d’aller les défendre et de la sorte pour affaiblir sa présence autour de Rakka. Les Européens espèrent organiser la fuite des jihadistes vers la frontière turque.

La réunion de la Coalition anti-Daesh à Washington, les 22-23 mars, s’est très mal passée. Si en apparence les 68 membres ont réaffirmé leur volonté de lutter contre cette organisation, ils ont en réalité étalé leurs divisions.

Le secrétaire d’État états-unien, Rex Tillerson a rappelé l’engagement du président Trump devant le Congrès de détruire Daesh et non plus de le réduire comme l’affirmait l’administration Obama. Ce faisant, il a placé sans débat les membres de la Coalition devant le fait accompli.

Premier problème : comment les Européens en général et les Britanniques en particulier pourront-ils sauver leurs jihadistes, s’il ne s’agit plus de les déplacer, mais de les supprimer ?

Rex Tillerson, et le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, ont rendu compte de la bataille de Mossoul. Malgré les satisfecit, il est évident pour tous les experts militaires qu’elle ne sera pas terminée avant de très longs mois. Car à Mossoul, chaque famille ou presque a un de ses membres engagé dans Daesh.

Au plan militaire, la situation de Rakka est beaucoup plus simple. Les jihadistes y sont des étrangers. Il convient donc prioritairement de couper leur approvisionnement, puis de les séparer de la population syrienne.

Deuxième problème : l’armée des États-Unis doit préalablement obtenir l’autorisation du Congrès, puis de Damas, pour se déployer en territoire syrien. Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et John Dunford (chef d’état major interarmées) ont tenté de convaincre les parlementaires, mais ce n’est pas gagné. Il faudra alors négocier avec Damas et donc clarifier ce qui doit l’être.

À la question des Européens sur ce que Washington ferait de Rakka libérée, Rex Tillerson a étrangement répondu qu’il y ferait revenir la population déplacée ou réfugiée. Les Européens en ont conclu que cette population étant massivement favorable à Damas, Washington a l’intention de restituer ce territoire à la République arabe syrienne.

Prenant la parole, le ministre des Affaires étrangères portugais, Augusto Santos Silva, a souligné que cette proposition allait à l’encontre de ce qui avait été décidé précédemment. Les Européens ont le devoir moral, a-t-il souligné, de poursuivre leur effort de protection envers les réfugiés qui ont fui la « dictature sanguinaire ». Or, même libérée, Rakka ne sera pas une zone sûre, du fait de l’armée arabe syrienne qui serait pire que Daesh.

Le choix par les Européens de confier cette intervention au Portugal n’est pas neutre. L’ancien Premier ministre portugais dont Santos Silva a été ministre, António Guterres, est l’ancien haut-commissaire pour les Réfugiés et l’actuel secrétaire-général de l’Onu. Il avait été aussi président de l’Internationale socialiste, une organisation entièrement contrôlée par Hillary Clinton et Madeleine Albright. Bref, il est aujourd’hui le paravent de Jeffrey Feltman à l’Onu et du clan belliciste.

Troisième problème : libérer Rakka de Daesh, certes, mais, selon les Européens, pas pour la restituer à Damas. D’où la surenchère française.

Immédiatement, on a vu les jihadistes de Jobar attaquer le centre de la capitale et ceux d’Hama attaquer des villages isolés. Peut-être s’agit-il pour eux d’une tentative désespérée afin d’obtenir un lot de consolation à Astana ou à Genève avant la fin de la partie. Peut-être s’agit-il d’une stratégie coordonnée par Londres avec Paris.

Dans ce cas, on devrait s’attendre à une vaste opération des puissances coloniales à Rakka. Londres et Paris pourraient attaquer la ville avant qu’elle ne soit encerclée de manière à contraindre Daesh à se déplacer et ainsi le sauver. Daesh pourrait se replier à la frontière turque, voire en Turquie même. L’organisation deviendrait alors le liquidateur des Kurdes pour le compte de Recep Tayyip Erdoğan.

Thierry Meyssan

Source : Al-Watan (Syrie)

via: http://www.voltairenet.org/article195783.html

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Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ? par Thierry Meyssan

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ?

La volonté du président Trump de combattre Daesh et d’en finir avec le terrorisme international est extrêmement difficile à mettre en œuvre. En effet, elle porte préjudice aux États qui l’ont organisé et implique une réorientation de la politique internationale. Le nouveau président états-unien ne semble pas en mesure de donner ordre à ses troupes de passer à l’attaque tant qu’il n’a pas trouvé et scellé de nouvelles alliances.

Le 21 mars 2017
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L’opposition que rencontre le président Donald Trump est si forte que le plan de lutte contre Daesh, qui devait être présenté le 22 mars lors d’un sommet de la Coalition à Washington, n’est toujours pas prêt. Sa ligne politique est toujours aussi floue. Seul l’objectif d’éradication du jihadisme a été acté, mais aucune de ses implications n’a été résolue.

Le général Joseph Votel, le patron du CentCom, n’a toujours pas présenté les options sur le terrain. Il devrait le faire uniquement début avril.

Sur le terrain, on se contente donc d’échange d’information entre États-uniens d’un côté, Russes et Iraniens de l’autre. Pour maintenir les choses en l’état, les trois puissances sont convenues de prévenir un affrontement entre Turcs et kurdes. Et des bombardements intenses sont menés contre Al-Qaïda au Yémen et contre Daesh en Irak. Mais rien de décisif. L’attente est de rigueur.

Pour le compte de Londres et de Washington, l’arme du terrorisme international est gérée par la Ligue islamique mondiale depuis 1962. Elle comprend à la fois la Confrérie des Frères musulmans (composée d’arabes) et l’Ordre des Naqchbandis (surtout composé de turco-mongols et de caucasiens).

Jusqu’à la guerre du Yémen, le budget militaire de la Ligue était plus important que celui de l’armée saoudienne, de sorte que la Ligue est la première armée privée au monde, très loin devant Academi/Blackwater. Même s’il s’agit uniquement d’une armée de Terre, elle est d’autant plus efficace que sa logistique dépend directement du Pentagone et qu’elle dispose de nombreux combattants suicides.

C’est la Ligue —c’est-à-dire les Séoud— qui fournit à Londres et à Washington le personnel qui organisa la seconde « Grande Révolte arabe », en 2011, sur le modèle de celle de 1916, mais sous la dénomination de « Printemps arabe ». Dans les deux cas, il s’agissait de s’appuyer sur les wahhabites pour redéfinir les frontières régionales au profit des Anglo-Saxons.

Il ne s’agit donc pas simplement d’abandonner l’arme du terrorisme, mais aussi :
 de rompre l’alliance entre Londres et Washington pour le contrôle du Moyen-Orient élargi ;
 de priver l’Arabie saoudite et la Turquie de l’arme qu’ils développent pour le compte de Londres et de Washington depuis un demi-siècle ;
 de déterminer le futur du Soudan, de la Tunisie et de la Libye.
En outre, il faut également trouver un accord avec l’Allemagne et la France qui ont abrité des dirigeants de la Confrérie depuis 1978 et ont financé le jihad.

D’ores et déjà, nous voyons que le Royaume-Uni ne l’entend pas de cette oreille. Il s’avère que c’est le GCHQ (service d’interception satellitaire britannique) qui a placé la Trump Tower sous écoutes durant la campagne électorale et la période de transition. Tandis que, selon l’Agence jordanienne Petra, l’Arabie saoudite a secrètement financé un tiers de la campagne électorale d’Hillary Clinton contre Donald Trump.

C’est pourquoi le président Trump semble chercher de nouveaux alliés pour lui permettre d’imposer ce changement.

Il organise actuellement une rencontre avec le président Xi Jinping au cours de laquelle il pourrait planifier l’adhésion de son pays à la Banque d’investissement chinoise. Il placerait alors ses alliés devant le fait accompli : si les États-Unis participent à la construction des routes de la soie, il deviendrait impossible au Royaume-Uni, à l’Arabie saoudite et à la Turquie, à l’Allemagne et à la France de poursuivre le jihad en Irak, en Syrie et en Ukraine.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Arrêtons d’armer des terroristes. Le projet de loi de la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard arrive devant le Sénat des USA

18 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Arrêtons d’armer des terroristes


Le projet de loi de la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard arrive devant le Sénat des USA


Par Tulsi Gabbard– Le 10 Mars 2017 – Gabbard.house.gov via entelekheia.fr

Washington, DC— Le projet de loi « Arrêtons d’armer des terroristes » de la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard a été présenté au Sénat par le Sénateur Rand Paul. La législation bipartisane (H.R.608 et S.532) interdirait à toutes les agences fédérales des USA d’utiliser l’argent des contribuables pour fournir des armes, des fonds, des renseignements ou tout autre soutien à al-Qaïda, Daech et autres groupes terroristes, et il interdira au gouvernement d’acheminer des fonds et des armes à travers des pays tiers qui soutiennent directement ou indirectement des terroristes.

 

Le projet de loi est actuellement coparrainé par les Représentants John Conyers (Dém-MI), Scott Perry (Rép-PA), Peter Welch (Dém-VT), Tom Garrett (Rép-VA), Thomas Massie (Rép-KY), Barbara Lee (Dém-CA), Walter Jones (Rép-NC), Ted Yoho (Rép-FL) et Paul Gosar (Rép-AZ), et soutenu par les Démocrates Progressistes d’Amérique (PDA), les Vétérans pour la Paix, et l’US Peace Council.

« Pendant des années, le gouvernement a soutenu des groupes militants armés qui travaillaient directement pour, et étaient souvent sous le commandement de groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda, dans leur combat pour abattre le gouvernement syrien. Plutôt que dépenser des milliards de dollars dans des guerres de changement de régime au Moyen-Orient, nous devrions nous concentrer sur l’éradication de terroristes comme Daech et al-Qaïda, et utiliser nos ressources pour investir dans la reconstruction de nos communautés ici, chez nous », a dit la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard. « Le fait que des dollars du contribuable soient utilisés pour renforcer les groupes terroristes mêmes que nous devrions être occupés à combattre devrait alarmer chaque membre du Congrès et chaque Américain. Nous en appelons à nos collègues et à l’Administration présidentielle pour qu’ils se joignent à nos efforts pour faire adopter ce projet de loi. »

« Une des conséquences indésirables des interventions illimitées est que des fonds et des armes américains bénéficient à ceux qui nous haïssent », a dit le Sénateur Rand Paul. « Ce projet de loi renforcera notre politique étrangère, améliorera notre sécurité, et sauvegardera nos ressources. »

Contexte : Le projet de loi « Arrêtons d’armer des terroristes » vise à interdire que des fonds gouvernementaux soient utilisés pour soutenir Al-Qaïda, Daech ou d’autres groupes terroristes. De la même façon que l’amendement Boland a été voté pour interdire le financement et l’assistance aux Contras du Nicaragua soutenus par la CIA au cours des années 80, ce projet de loi interdira la CIA ou d’autres activités gouvernementales fédérales dans des lieux comme la Syrie, en s’assurant que des fonds américains ne pourront pas être utilisés pour soutenir al-Qaïda, le Front al-Nosra, Daech ou d’autres groupes terroristes travaillant avec les précités. Il interdira également au gouvernement fédéral de financer une assistance à des pays qui soutiennent directement ou indirectement ces groupes terroristes. Dans ce but, ce projet de loi se propose de :

  • Rendre illégale toute utilisation de fonds fédéraux gouvernementaux à des fins d’assistance à des groupes terroristes couverts par ce projet de loi. Cette assistance comprend les armes, les munitions, les plate-formes d’armes, les renseignements, la logistique, l’entraînement et les financements.
     
  • Rendre illégal pour le gouvernement des USA d’apporter toute assistance couverte par le projet de loi à tout pays qui a accordé ou qui continue d’accorder cette assistance à des terroristes.
     
  • Demander au Directeur des renseignements nationaux (DNI) 1. de déterminer les groupes et individus qui doivent être considérés comme terroristes, pour servir le dessein de ce projet de loi, en déterminant (a) les individus et groupes associés avec, affiliés à, adhérents de, ou coopérant avec al-Qaïda, le Front al-Nosra, ou Daech ; (b) les pays qui apportent toute assistance couverte par ce projet de loi à ces individus et groupes.
     
  • Demander au DNI d’examiner et de mettre à jour la liste des pays et des groupes interdits d’assistance tous les six mois, en consultation avec le Comité des Affaires étrangères et les Comités des forces armées, ainsi que de la Commission de la Chambre des représentants sur le renseignement.
     
  • Demander au DNI de rapporter ses conclusions au Congrès.
Note du Traducteur

Après être allée en Syrie pour évaluer elle-même la situation sur place et avoir écrit son rapport « Le peuple de Syrie veut désespérément la paix » avec la plus grande honnêteté, la politicienne démocrate, membre du Congrès et vétéran de l’armée des USA anti-guerre Tulsi Gabbard voit l’arrivée de son projet de loi antiterroriste devant le Sénat – un projet de loi dont le texte implique clairement l’existence de financements de groupes terroristes islamistes par les USA. Que dire de plus sinon bravo, Madame !
Note du Saker Francophone

Cela veut dire que la France serait sur la liste des pays avec l'Arabie Saoudite ou encore Israël ...

Traduction entelekheia.fr

Liens

 
  1. NdT, Le DNI, Director of national intelligence, est le bureau directeur qui supervise les 17 agences de renseignements américaines. Il a été créé après les attentats du 11 septembre 2001
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La révolution syrienne qui n’existait pas. Par Stephen Gowans. Partie III. (Fin)

13 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme

La révolution syrienne qui n’existait pas

 

 

 

Par Stephen Gowans, le 22 octobre 2016

Source : What’s Left

Traduction : Le Saker Francophone

La révolution syrienne qui n’existait pas. Par Stephen Gowans. Partie III. (Fin)

Notes

  1. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, 4 février, 2011
  2. Rania Abouzeid, The Syrian style of repression : Thugs and lectures, Time, 27 février 2011
  3. Rania Abouzeid, Sitting pretty in Syria : Why few go backing Bashar, Time, 6 mars 2011
  4. Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, March 6, 2011
  5. Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, 6 mars 2011
  6. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  7. Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ?, Time, 9 avril 2011
  8. Robert Fisk, Welcome to Dera’a, Syria’s graveyard of terrorists, The Independent, 6 juillet 2016
  9. Le président Assad à la chaîne de télévision ARD : « Les terroristes ont rompu l’accord de cessation des hostilités dès la toute première heure, l’Armée syrienne s’est abstenue de prendre des mesures de représailles », SANA, 1er mars 2016
  10. Ibid.
  11. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  12. Rania Abouzeid, Arab Spring : Is a revolution starting up in Syria ?, Time, 20 mars 2011 ; Rania Abouzeid, Syria’s revolt : How graffiti stirred an uprising, Time, 22 mars 2011
  13. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  14. Rania Abouzeid, Arab Spring : Is a revolution starting up in Syria ?, Time, 20 mars 2011
  15. Thousands march to protest Syria killings, The New York Times, 24 mars 2011
  16. Rania Abouzeid, Assad and reform : Damned if he does, doomed if he doesn’t, Time, 22 avril 2011
  17. Officers fire on crowd as Syrian protests grow, The New York Times, 20 mars 2011
  18. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, 4 février 2011
  19. Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011
  20. Alfred B. Prados and Jeremy M. Sharp, Syria : Political Conditions and Relations with the United States After the Iraq War, Congressional Research Service, February 28, 2005
  21. Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011
  22. Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011
  23. Syrie : un autre éclairage du conflit qui dure depuis 5 ans, BeCuriousTV, May 23, 2016, http://www.globalresearch.ca/syria-aleppo-doctor-demolishes-imperialist-propaganda-and-media-warmongering/5531157
  24. Nicholas Blanford, Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011
  25. Jay Solomon, To check Syria, U.S. explores bond with Muslim Brothers, The Wall Street Journal,July 25, 2007
  26. Ibid.
  27. Liad Porat, The Syrian Muslim Brotherhood and the Asad Regime, Crown Center for Middle East Studies, Brandeis University, December 2010, No. 47
  28. Ibid.
  29. http://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/Pg.-291-Pgs.-287-293-JW-v-DOD-and-State-14-812-DOD-Release-2015-04-10-final-version11.pdf
  30. Alfred B. Prados and Jeremy M. Sharp, Syria : Political Conditions and Relations with the United States After the Iraq War, Congressional Research Service, February 28, 2005.
  31. Anthony Shadid, Security forces kill dozens in uprisings around Syria, The New York Times, April 22, 2011
  32. Rania Abouzeid, Syria’s Friday of dignity becomes a day of death, Time, March 25, 2011
  33. Fabrice Balanche, The Alawi Community and the Syria Crisis, Middle East Institute, May 14, 2015
  34. Anthony Shadid, Syria broadens deadly crackdown on protesters, The New York Times, May 8, 2011
  35. Rania Abouzeid, Meet the Islamist militants fighting alongside Syria’s rebels, Time, July 26, 2012
  36. Rania Abouzeid, Interview with official of Jabhat al-Nusra, Syria’s Islamist militia group, Time,Dec 25, 2015
  37. Robert Fisk, Syrian civil war : West failed to factor in Bashar al-Assad’s Iranian backers as the conflict developed, The Independent, March 13, 2016
  38. Anthony Shadid, Syria broadens deadly crackdown on protesters, The New York Times, May 8, 2011
  39. Nada Bakri, Syria allows Red Cross officials to visit prison, The New York Times, September 5, 2011
  40. Nada Bakri, Syrian opposition calls for protection from crackdown, The New York Times, October 25, 2011
  41. President al-Assad to Portuguese State TV : International system failed to accomplish its duty… Western officials have no desire to combat terrorism, SANA, March 5, 2015
  42. Patrick Seale, Syria’s long war, Middle East Online, September 26, 2012
  43. Ibid.
  44. Rania Abouzeid, Sitting pretty in Syria : Why few go backing Bashar, Time, March 6, 2011
  45. Rania Abouzeid, The youth of Syria : the rebels are on pause, Time, March 6, 2011
  46. Can the Syrian regime divide and conquer its opposition ? Time, April 9, 2011
  47. Anthony Shadid, Security forces kill dozens in uprisings around Syria, The New York Times, April 22, 2011
  48. Ben Fenton, Macmillan backed Syria assassination plot, The Guardian, September 27, 2003
  49. Robert Fisk, Conspiracy of silence in the Arab world, The Independent, February 9, 2007
  50. Robert Dreyfus, Devil’s Game : How the United States Helped Fundamentalist Islam, Holt, 2005, p. 205
  51. William R. Polk, Understanding Syria : From pre-civil war to post-Assad, The Atlantic, December 10, 2013
  52. Dreyfus
  53. Dreyfus
  54. William R. Polk, Understanding Syria : From pre-civil war to post-Assad, The Atlantic, December 10, 2013
  55. Quoted in Nikolas Van Dam, The Struggle for Power in Syria : Politics and Society under Asad and the Ba’ath Party, I.B. Taurus, 2011
  56. Patrick Cockburn, Confused about the US response to Isis in Syria ? Look to the CIA’s relationship with Saudi Arabia, The Independent, June 17, 2016
  57. National Security Strategy, February 2015
  58. Robert Baer, Sleeping with the Devil : How Washington Sold Our Soul for Saudi Crude, Three Rivers Press, 2003, p. 123
  59. US State Department website. http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/3580.htm#econ. Accessed February 8, 2012
  60. The National Security Strategy of the United States of America, September 2002
  61. National Security Strategy, February 2015
  62. The National Security Strategy of the United States of America, March 2006
  63. Henry Fountain, Researchers link Syrian conflict to drought made worse by climate change, The New York Times, March 2, 2015
  64. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, February 4, 2011
  65. Jonathan Steele, Most Syrians back President Assad, but you’d never know from western media, The Guardian, January 17, 2012
  66. Full transcript : Classic video interview with Comrade Ghassan Kanafani re-surfaces, PFLP, October 17, 2016, http://pflp.ps/english/2016/10/17/full-transcript-classic-video-interview-with-comrade-ghassan-kanafani-re-surfaces/

 

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La révolution syrienne qui n’existait pas. Par Stephen Gowans. Partie II. (A suivre)

13 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient

La révolution syrienne qui n’existait pas

La révolution syrienne qui n’existait pas. Par Stephen Gowans. Partie II. (A suivre)

La partie II

(La suite)

La brutalité comme déclencheur ?

 

Est-il raisonnable de penser que l’usage de la force par l’État syrien a déclenché la guerre de guérilla qui a éclaté peu après ?

Cela incite à croire qu’une sur-réaction des forces de sécurité à une contestation de l’autorité du gouvernement dans la ville syrienne de Daraa (s’il y a eu en effet une sur-réaction) pourrait déclencher une guerre majeure impliquant de nombreux autres États, et mobilisant des djihadistes de nombreux pays. Il faudrait ignorer une foule de faits discordants pour commencer à donner même un soupçon de crédibilité à cette théorie.

Premièrement, nous devrions ignorer la réalité que le gouvernement d’Assad était populaire et considéré comme légitime. On pourrait soutenir qu’une réponse autoritaire par un gouvernement hautement impopulaire à une contestation banale à son autorité aurait pu fournir l’étincelle nécessaire au déclenchement d’une insurrection populaire, mais nonobstant l’insistance du président américain Barack Obama sur le manque de légitimité d’Assad, il n’y a aucune preuve que la Syrie, en mars 2011, était une poudrière de ressentiment populaire contre le gouvernement, prête à exploser. Comme Rania Abouzeid du Time l’a rapporté à la veille des émeutes de Daraa, « même les critiques concèdent qu’Assad est populaire » 44 et que « personne ne s’attend à des soulèvements de masse en Syrie, et en dépit d’une manifestation de dissidence de temps en temps, très peu veulent y participer » 45.

Deuxièmement, nous devrions écarter le fait que les émeutes de Daraa n’impliquaient que quelques centaines de participants, à peine un soulèvement de masse, et que les manifestations suivantes ont également échoué à rassembler une masse critique, comme l’a rapporté Nicholas Blanford du Time46. De même, Anthony Shadid du New York Times n’a pas trouvé de preuve qu’il y avait de l’agitation populaire en Syrie, même plus d’un mois après les émeutes de Daraa 47. Ce qui s’est passé, contrairement à la rhétorique propagée par Washington sur le Printemps arabe éclatant en Syrie, était que des djihadistes étaient engagée dans une guerre de guérilla contre les forces de sécurité syriennes et qu’ils avaient, en octobre, ôté la vie à plus de mille policiers et soldats.

Troisièmement, nous devrions fermer les yeux sur le fait que le gouvernement des États-Unis, avec son allié britannique, avait conçu des plans en 1956 pour provoquer une guerre en Syrie en recrutant les Frères musulmans pour fomenter des soulèvements internes 48. Les émeutes de Daraa et les affrontements armés avec la police et les soldats qui ont suivi ressemblaient au plan que le spécialiste des changements de régime Kermit Roosevelt avait préparé. Cela ne veut pas dire que la CIA a dépoussiéré la proposition de Roosevelt et l’a recyclée pour l’utiliser en 2011 ; seulement que le complot a montré que Washington et Londres étaient capables de planifier une opération de déstabilisation impliquant une insurrection dirigée par les Frères musulmans, pour provoquer un changement de régime en Syrie.

Nous devrions aussi ignorer les événements de février 1982, lorsque les Frères musulmans ont pris le contrôle de Hama, la quatrième plus grande ville de Syrie. Hama était l’épicentre du fondamentalisme sunnite en Syrie et une importante base d’opération pour les combattants djihadistes. Galvanisés par la fausse nouvelle qu’Assad avait été renversé, les Frères musulmans se sont livrés à un carnage jubilatoire et sanguinaire dans la ville, attaquant les postes de police et assassinant les dirigeants du Parti Baas et leurs familles, ainsi que des responsables gouvernementaux et des soldats. Dans certains cas, les victimes ont été décapitées49, une pratique qui serait ressuscitée des décennies plus tard par les combattants d’État islamique. Tous les responsables du Baas de Hama ont été assassinés50.

Les événements de Hama en 1982 sont généralement rappelés en Occident (s’ils le sont), non pas pour les atrocités perpétrées par les islamistes, mais pour la réponse de l’armée syrienne, une réponse comme on l’attendrait de n’importe quelle armée recourant à l’usage de la force pour restaurer un contrôle souverain sur le territoire saisi par les insurgés. Des milliers de soldats ont été déployés pour reprendre Hama aux Frères musulmans. L’ancien fonctionnaire du Département d’État américain William R. Polk a décrit les conséquences de l’assaut de l’armée syrienne sur Hama comme semblable à l’assaut des Américains sur la ville irakienne de Falloudjah en 200451, (la différence étant, bien sûr, que l’armée syrienne intervenait en toute légitimité sur son propre territoire tandis que l’armée étasunienne agissait de manière illégitime comme force d’occupation pour réduire la résistance à celle-ci). Le nombre de morts dans l’assaut de Hama reste cependant un sujet de discussion. Les chiffres varient. « Un article précoce dans le Time a dit qu’il y avait eu 1 000 tués. La plupart des observateurs estiment que 5000 personnes sont mortes. Des sources israéliennes et les Frères musulmans » – ennemis jurés des nationalistes arabes laïcs qui avaient donc intérêt à exagérer le nombre des victimes – « ont prétendu que le nombre de morts dépassait les 20 00052. » Robert Dreyfus, qui a écrit sur la collaboration de l’Occident avec l’islam politique, soutient que les sources occidentales ont délibérément exagéré le nombre de morts, dans le but de diaboliser les baasistes comme des tueurs sans pitié et que les baasistes ont accepté le mensonge pour intimider les Frères musulmans53.

Lorsque l’armée syrienne a trié les décombres de Hama au lendemain de l’assaut, elle a trouvé la preuve que des gouvernements étrangers avaient fourni aux insurgés de l’argent, des armes et du matériel de communication. Polk écrit :

« Assad a vu des fauteurs de troubles étrangers travailler au sein de sa population. Cela, après tout, était l’héritage émotionnel et politique de la domination coloniale – un héritage douloureusement évident dans la plus grande partie du monde post-colonial, mais qui passe presque inaperçu dans le monde occidental. Et cet héritage n’est pas un mythe. C’est une réalité que nous pouvons souvent vérifier sur des documents officiels, des années après les événements. Hafez al-Assad n’a pas eu besoin d’attendre que ces documents fuitent : ses services de renseignement et des journalistes internationaux ont révélé des douzaines de tentatives des riches pays pétroliers conservateurs arabes, des États-Unis et d’Israël de subvertir son gouvernement. La plupart ont utilisé les« mauvais coups », la propagande ou des injections de fonds, mais il est intéressant de noter que lors du soulèvement de Hama en 1982, plus de 15 000 mitrailleuses fournies par l’étranger ont été saisies, ainsi que des prisonniers incluant des forces paramilitaires formées par les forces jordaniennes et la CIA (tout comme les djihadistes qui apparaissent tellement dans les récits des médias de 2013 sur la Syrie). Et ce que nous avons vu en Syrie a été confirmé par ce que nous avons appris des changements de régime par les Occidentaux ailleurs. Il connaissait certainement la tentative de la CIA d’assassiner le président égyptien Nasser et le renversement du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh par les Anglais et les Américains. »54

Dans son livre From Beirut to Jerusalem, le chroniqueur du New York Times Thomas Friedman écrit que « le massacre de Hama peut être compris comme ‘la réaction naturelle d’un politicien moderniste dans un État-nation relativement nouveau, tentant d’éviter les éléments rétrogrades – dans ce cas, les fondamentalistes islamistes – visant à saper tout ce qu’il a réalisé pour faire de la Syrie une république laïque du XXe siècle’. » C’est aussi pourquoi, poursuit Friedman, « si quelqu’un avait été en mesure de réaliser un sondage d’opinion objectif en Syrie après le massacre, le traitement par Assad de la rébellion aurait aurait été largement approuvé, même parmi les musulmans sunnites. »55

Le déclenchement d’un djihad islamiste sunnite contre le gouvernement syrien dans les années 1980 remet en question la vision que l’islam sunnite militant au Levant est un résultat de l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003 et des polices sectaires pro-chiites des autorités d’occupation étasuniennes. Cette vision est myope historiquement, aveugle à l’existence depuis des décennies de l’islam politique sunnite comme force importante dans la politique levantine. Depuis le moment où la Syrie a été formellement indépendante de la France après la Seconde Guerre mondiale, pendant les décennies suivantes au XXe siècle et jusqu’au siècle suivant, les forces principales en présence en Syrie étaient le nationalisme arabe laïc et l’islam politique. Comme le journaliste Patrick Cockburn l’a écrit en 2016, « l’opposition armée syrienne est dominée par ISIS, al-Nusra et Ahrar al-Sham. » La « seule alternative au gouvernement (nationaliste arabe laïc), ce sont les islamistes »56. Et c’est le cas depuis longtemps.

Enfin, nous devrions aussi ignorer le fait que les stratèges étasuniens avaient planifié depuis 2003, et peut-être déjà en 2001, d’écarter Assad et son idéologie nationaliste arabe laïque du pouvoir, finançant l’opposition syrienne, y compris les groupes liés aux Frères musulmans, depuis 2005. En conséquence, Washington s’est dirigé vers le renversement d’Assad avec le but de dé-baasifier la Syrie. Une guérilla islamiste contre les nationalistes arabes laïcs aurait eu lieu, indépendamment du caractère excessif ou non de la réponse du gouvernement syrien à Daraa. Le jeu était déjà en cours, et on cherchait un prétexte. Daraa l’a fourni. Donc l’idée que l’arrestation de deux garçons à Daraa pour avoir peint des graffitis anti-gouvernement sur un mur puisse provoquer un conflit majeur est aussi crédible que celle de la Première Guerre mondiale causée uniquement par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand.

Syrie socialiste

Le socialisme peut être défini de plusieurs manières, mais s’il l’est comme la propriété publique des secteurs clé de l’économie jointe à une planification économique, alors la Syrie, en vertu de ses Constitutions de 1973 et de 2012, correspond clairement à la définition du socialisme. Cependant, la République arabe syrienne n’a jamais été un État socialiste ouvrier du genre de celle que les marxistes reconnaissent. Il a été, plutôt, un pays arabe socialiste animé par le but de parvenir à l’indépendance politique arabe et de surmonter l’héritage du sous-développement de la nation arabe. Les rédacteurs de la Constitution voyaient le socialisme comme un moyen de parvenir à la libération nationale et au développement économique. « La marche vers l’établissement d’un ordre socialiste », écrivaient les rédacteurs de la Constitution de 1973, est une « nécessité fondamentale pour mobiliser les potentialités des masses arabes dans leur lutte contre le sionisme et l’impérialisme ». Le socialisme marxiste se préoccupait de la lutte entre une classe exploitante de possédants et la classe ouvrière et les pays exploités, alors que le socialisme arabe menait la lutte entre pays exploiteurs et pays exploités. Alors que ces deux socialismes différents agissent à des niveaux d’exploitation différents, ces distinctions n’avaient aucun intérêt pour les banques, les entreprises ou les grands investisseurs occidentaux qui portent leurs regard sur l’ensemble du globe, à la poursuite du profit. Le socialisme s’oppose aux intérêts lucratifs du capitalisme industriel et financier américain, qu’il s’agisse de mettre fin à l’exploitation de la classe ouvrière ou de surmonter l’oppression impérialiste sur des groupes nationaux.

Le socialisme du Baas a longtemps irrité Washington. L’État baasiste avait exercé une influence considérable sur l’économie syrienne, à travers la propriété d’entreprises, des subventions à des sociétés nationales privées, des limites à l’investissement étranger et des restrictions sur les importations. Les baasistes considéraient ces mesures comme des outils nécessaires pour un État post-colonial tentant d’arracher sa vie économique des griffes des anciennes puissances coloniales et de tracer une voie de développement libre de la domination d’intérêts étrangers.

Les buts de Washington, cependant, étaient évidemment antagoniques. Ils ne voulaient pas que la Syrie alimente son industrie et garde jalousement son indépendance, mais serve les intérêts des banquiers et des grands investisseurs qui comptaient vraiment pour les État-Unis en ouvrant son marché du travail à l’exploitation ainsi que sa terre et ses ressources naturelles à la propriété étrangère. Notre programme, a déclaré l’administration Obama en 2015, « vise la baisse des tarifs sur les produits américains, la suppression des barrières à nos biens et services et la détermination de normes plus strictes pour parvenir à une concurrence équitable pour […] les entreprises américaines. »57 Ce n’était pas vraiment un nouvel agenda, c’était celui de la politique étrangère des États-Unis depuis des décennies. Mais Damas ne s’alignait pas derrière un Washington qui insistait sur le fait qu’il pouvait « diriger l’économie mondiale » et le ferait [58 Ibid.].

Les partisans de la ligne dure à Washington avaient considéré Hafez al-Assad comme un communiste arabe58 et les responsables américains considéraient son fils, Bachar, comme un idéologue qui ne pouvait se résoudre à abandonner le troisième pilier du programme du Parti socialiste arabe Baas : le socialisme. Le Département d’État américain s’est aussi plaint de ce que la Syrie « avait échoué à se rallier à une économie de plus en plus intégrée à l’échelle mondiale », autrement dit qu’elle avait échoué à vendre ses entreprises publiques aux investisseurs privés, parmi lesquels les intérêts de Wall Street. Le Département d’État américain a aussi exprimé son mécontentement sur le fait que des « raisons idéologiques » ont empêché Assad de libéraliser l’économie de la Syrie, que « la privatisation des entreprises gouvernementales ne soit pas encore répandue » et que l’économie « reste strictement contrôlée par le gouvernement » 59. À l’évidence, Assad n’avait pas appris ce que Washington appelait les « leçons de l’Histoire », notamment que « les économies de marché, et non les économies planifiées placées sous la poigne du gouvernement, sont les meilleures »60. En rédigeant une Constitution donnant mandat au gouvernement de maintenir son rôle de guide de l’économie au nom des intérêts syriens, et de ne pas faire travailler les Syriens pour les intérêts des banques, des entreprises et des investisseurs occidentaux, Assad affirmait l’indépendance de la Syrie contre le programme de Washington visant à « ouvrir les marchés et à aplanir le terrain pour les entreprises américaines à l’étranger61 ».

En plus, Assad a souligné son attachement aux valeurs socialistes contre ce que Washington avait appelé un jour les « impératifs moraux » de la « liberté économique62 ». en inscrivant les droits sociaux dans la Constitution : la sécurité contre la maladie, le handicap et la vieillesse ; l’accès aux soins de santé ; et l’instruction gratuite à tous les niveaux. Ces droits continueraient à être placés hors d’atteinte des législateurs et des politiciens qui pourraient les sacrifier sur l’autel de la création d’un climat d’affaires favorable à une fiscalité basse et aux investissements étrangers. Affront supplémentaire à l’orthodoxie pro-business de Washington, la Constitution engageait l’État à instaurer des impôts progressifs.

Enfin, le dirigeant baasiste a inclus une disposition dans la Constitution révisée introduite par son père en 1973, un pas de plus en direction d’une démocratie véritable, authentique – une disposition que les décideurs à Washington, avec leurs innombrables liens avec le monde des banques et des entreprises, pouvaient difficilement tolérer. La Constitution exigeait qu’au moins la moitié des membres de l’Assemblée du peuple soit issue des rangs des paysans et des ouvriers.

Si Assad était un néolibéral, il était certainement l’un des plus étranges dévots de cette idéologie.

Sécheresse ?

Un dernier point sur les origines du soulèvement violent de 2011 : certains spécialistes en sciences sociales et des analystes se sont appuyés sur une étude publiée dans la revue Proceedings de l’Académie nationale des sciences pour suggérer que « la sécheresse a joué un rôle dans les troubles syriens ». Selon ce point de vue, la sécheresse « a provoqué de mauvaises récoltes qui ont entraîné la migration de plus de 1.5 million de personnes des zones rurales aux zones urbaines ». Cela, combiné à un afflux de réfugiés venant d’Irak, a fait de la Syrie un chaudron de tension économique et sociale prêt à déborder63. L’argument paraît sensé, et même « scientifique », mais le phénomène qu’il cherche à expliquer – un soulèvement de masse en Syrie – n’a jamais eu lieu. Comme nous l’avons vu, une revue de la couverture médiatique occidentale n’a trouvé aucune référence à un soulèvement de masse. Au contraire, les journalistes qui espéraient le trouver ont été surpris de ne pas en découvrir. Ils ont trouvé que la Syrie était étonnamment calme. Les manifestations appelées par les organisateurs de la page Facebook Révolution syrienne 2011 ont avorté. Des gens critiques ont admis qu’Assad était populaire. Les journalistes n’en ont pas trouvé un seul qui pensait qu’une révolte était imminente. Même un mois après l’incident de Daraa – qui n’a impliqué que quelques centaines de manifestants, éclipsés par les dizaines de milliers de Syriens qui manifestaient à Damas pour soutenir le gouvernement –, le journalistes du New York Times sur place, Anthony Shadid, n’a pu trouver aucun signe en Syrie des soulèvements massifs de la Tunisie et de l’Égypte. Au début février 2011, « Omar Nashabe, observateur de longue date de la Syrie et correspondant pour le quotidien arabe basé à Beyrouth, Al-Ahkbar », a dit au Timeque « les Syriens peuvent être affligés par la pauvreté qui touche 14% de sa population, jointe à un taux de chômage estimé à 20%, mais Assad jouit toujours de sa crédibilité64 ».

On a dit que le gouvernement avait commandé le soutien populaire lorsque la société d’enquête britannique YouGov a publié un sondage montrant que 55 % des Syriens voulaient qu’Assad reste. Le sondage n’a presque pas été mentionné dans les médias occidentaux, ce qui a incité le journaliste britannique Jonathan Steele à poser la question : « Supposons qu’un sondage d’opinion respectable ait révélé que la plupart des Syriens soient favorables au maintien de Bachar al-Assad à la présidence, ne serait-ce pas une nouvelle importante ? ». Steele a décrit les résultats du sondage comme des « des faits dérangeants » qui ont été « omis » parce que la couverture des événements en Syrie par les médias occidentaux avait cessé d’« être honnête » et s’était transformée en « arme de propagande65 » .

Des slogans au lieu de la politique et de l’analyse

On peut reprocher à Draitser non seulement d’avoir propagé un argument fondé sur des affirmations et non sur des preuves, mais aussi d’avoir remplacé la politique et l’analyse par des slogans. Dans son article pour CounterPunch du 20 octobre, Syria and the Left : Time to Break the Silence [La Syrie et la Gauche : il est temps de briser le silence],il soutient que les objectifs de la Gauche devraient être la poursuite de la paix et de la justice, comme si celles-ci était deux qualités inséparables, qui ne sont jamais en opposition. Que la paix et la justice puissent, parfois, être antagoniques, est illustré par la conversation suivante entre le journaliste australien Richard Carleton et Ghassan Kanafani, un écrivain palestinien, romancier et révolutionnaire66.

Carleton : – Pourquoi votre organisation n’entreprend-elle pas des pourparlers de paix avec les Israéliens ?

Kanafani : – Vous ne pouvez pas vraiment dire « pourparlers de paix ». Vous voulez dire capitulation. Reddition.

C : – Pourquoi ne pas parler ?

K : – Parler à qui ?

C : – Parler aux dirigeants israéliens ?

K : – Un genre de conversation entre l’épée et le cou, vous voulez dire ?

C : – Bon, s’il n’y a ni épées ni fusils dans la chambre, vous pourriez quand même parler.

K : – Non. Je n’ai jamais vu une conversation entre un colonialiste et un mouvement de libération nationale.

C : – Mais malgré tout, pourquoi ne pas parler ?

K : – Parler de quoi ?

C : – Parler de la possibilité de ne pas se battre.

K : – Ne pas se battre pour quoi ?

C : – Ne pas se battre du tout. Peu importe pour quoi.

K : – D’habitude, les gens se battent pour quelque chose. Et ils arrêtent de se battre pour quelque chose. Donc vous ne pouvez même pas me dire pourquoi nous devrions parler et de quoi. Pourquoi devrions-nous parler de cesser de nous battre ?

C : – Parler de cesser de combattre pour arrêter la mort et la misère, la destruction et la souffrance.

K : – La misère et la destruction, la douleur et la mort de qui ?

C : – Des Palestiniens. Des Israéliens. Des Arabes.

K : – Des Palestiniens déracinés, jetés dans des camps, souffrant de famine, tués depuis vingt ans et interdits d’utiliser même le nom de « Palestiniens » ?

C : – Ils sont mieux comme ça que morts, pourtant.

K : – Peut-être pour vous, Mais pour nous, non. Pour nous, libérer notre pays, avoir la dignité, le respect, nos droits de l’homme est aussi essentiel que la vie même.

Quelles valeurs la Gauche américaine devrait-elle promouvoir lorsque la paix et la justice sont en conflit ? Draitser ne le dit pas. Son invocation du slogan « paix et justice » en tant que mission de la Gauche américaine semble n’être rien de plus qu’une invitation aux gens de gauche d’abandonner la politique pour se consacrer à la mission de devenir de belles âmes, au-dessus des conflits sordides qui tourmentent l’humanité – ne jamais prendre parti, excepté celui des anges. Son affirmation qu’« aucun État ou groupe n’a les meilleurs intérêts des Syriens à cœur » est presque trop stupide pour justifier un commentaire. Comment le sait-il ? On ne peut s’empêcher d’avoir l’impression qu’il croit que lui, et la Gauche américaine, parmi les groupes et les États dans le monde, sont les seuls à savoir ce qui est le mieux pour le « peuple syrien ». C’est peut-être pourquoi il estime que la responsabilité de cette Gauche américaine « est envers le peuple de Syrie », comme si le peuple de Syrie était une masse indifférenciée avec des intérêts et des programmes uniformes. Les Syriens en masse [en français dans le texte, NdT] comprennent des laïcs et des islamistes politiques qui ont des points de vue irréconciliables sur la manière dont l’État devrait être organisé, qui ont été pris dans une lutte à mort depuis plus d’un demi-siècle – l’un favorisé par son propre gouvernement. Les Syriens en masse comprennent ceux qui favorisent l’intégration à l’Empire US, et ceux qui y sont opposés ; ceux qui collaborent avec les impérialistes américains et ceux qui s’y refusent. Dans cette perspective, qu’est-ce que cela signifie de dire que la Gauche américaine a une responsabilité envers le peuple de Syrie ? Quel peuple de Syrie ?

J’aurais pensé que la responsabilité de la Gauche américaine allait aux travailleurs des États-Unis, non au peuple de Syrie. Et j’aurais imaginé, également, que la Gauche américaine considérerait comme de sa responsabilité d’inclure la propagation d’une analyse politique fondée sur des preuves de la façon dont l’élite économique étasunienne utilise l’appareil d’État pour faire avancer ses intérêts aux dépens des populations tant nationales qu’étrangères. Comment la longue guerre de Washington à la Syrie affecte-t-elle la classe ouvrière d’Amérique ? C’est ce dont Draitser devrait parler.

Mon livre, Washington’s Long War on Syria, paraîtra en avril 2017.

 

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Nadine pour le Saker francophone.

 

Fin de la partie II

A suivre 

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La révolution syrienne qui n’existait pas Par Stephen Gowans. Partie I

13 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient

La révolution syrienne qui n’existait pas.

Partie I

Source : What’s Left

Traduction : Le Saker Francophone

 

Il y a un shibboleth [en hébreu, un signe de reconnaissance verbal, selon Wikipedia, NdT] dans certains cercles, voulant, comme Eric Draitser l’a écrit dans un article récent de CounterPunch, que le soulèvement en Syrie « a commencé en réponse à la politique néolibérale et à la brutalité du gouvernement » et que « le contenu révolutionnaire du camp révolutionnaire en Syrie a été marginalisé par un méli-mélo de djihadistes financés par les Saoudiens et les Qataris ». Cette théorie semble, pour autant que je le sache, être basée sur un argument par assertion, pas sur une preuve.

Une revue des articles de presse dans les semaines précédant et suivant immédiatement le déclenchement des émeutes à Daraa à la mi-mars 2011 – généralement considérées comme le début de l’insurrection – n’indique pas que la Syrie était prise d’une fièvre révolutionnaire, ni anti-libérale ou autre. Au contraire, les journalistes du magazine Time et du New York Times parlaient d’un gouvernement jouissant d’un large soutien, de critiques concédant qu’Assad était populaire et de Syriens manifestant peu d’intérêt à protester. En même temps, ils décrivaient les troubles comme une série d’émeutes impliquant des centaines, et non des milliers ou des dizaines de milliers de personnes, guidées par un agenda largement islamiste et présentant un caractère violent.

Le Time rapportait que deux groupes djihadistes qui joueraient plus tard un rôle dirigeant dans l’insurrection, Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham, étaient déjà actifs à la veille des émeutes, tandis qu’à peine trois mois auparavant, des dirigeants des Frères musulmans exprimaient « leur espoir d’une révolte civile en Syrie ». Les Frères musulmans, qui avaient annoncé des décennies auparavant un bain de sang avec le parti Baas au pouvoir en Syrie, s’opposant violemment au caractère laïque du parti, avaient été entraînés dans une lutte à mort avec les nationalistes arabes laïques depuis les années 1960 et s’étaient livrés à des combats de rue avec les partisans du Baas, à partir de la fin des années 1940. (Dans l’une de ces batailles, Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, lui-même président de 1970 à 2000, avait reçu un coup de couteau d’un adversaire Frère musulman.) Les chefs de la Confrérie, à partir de 2007, ont souvent rencontré le Département d’État et le Conseil national de sécurité des États-Unis, ainsi que l’Initiative pour un partenariat avec le Moyen-Orient, subventionnée par le gouvernement américain, qui assumait ouvertement un rôle de financement d’organisations visant à renverser les gouvernements à l’étranger – une tâche que la CIA accomplissait auparavant de manière secrète.

Washington avait conspiré pour purger la Syrie de l’influence nationaliste arabe dès la moitié des années 1950, lorsque Kermit Roosevelt, qui a manigancé le renversement du Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh pour avoir nationalisé l’industrie pétrolière de son pays, a comploté avec les services de renseignement britanniques pour inciter les Frères musulmans à renverser un triumvirat de dirigeants arabes nationalistes et communistes à Damas, que Washington et Londres percevaient comme menaçant les intérêts économiques occidentaux au Moyen-Orient.

Washington a fourni des armes aux moudjahidines de la Confrérie dans les années 1980 pour mener une guerre de guérilla contre Hafez al-Assad, que les partisans de la ligne dure à Washington nommaient de « communiste arabe ». Son fils, Bachar, a poursuivi l’engagement des nationalistes arabes pour l’unité (de la nation arabe), l’indépendance et le socialisme (arabe). Ces buts ont guidé l’État syrien – comme ils l’avaient fait pour les États nationalistes arabes de la Libye sous Mouammar Kadhafi et de l’Irak sous Saddam. Ces trois pays étaient visés par Washington pour la même raison : leurs engagements nationalistes arabes s’opposaient fondamentalement à l’agenda étasunien de domination mondiale.

Le refus de Bachar al-Assad de renoncer à l’idéologie nationaliste arabe a consterné Washington, qui s’est plaint de son socialisme, le troisième élément de la sainte trinité des valeurs baasistes. Des plans pour chasser Assad – fondées en partie sur son manquement à adopter le néolibéralisme de Washington – étaient déjà en préparation à Washington en 2003, sinon avant. Si Assad promouvait le néolibéralisme, comme Draitser et d’autres le soutiennent, c’est en quelque sorte à l’insu de Washington et de Wall Street, qui se plaignaient de la Syrie « socialiste » et de la politique économique décidément anti-néolibérale de ce pays.

Un conflit à mort flambe avec l’aide des États-Unis

À la fin de janvier 2011, une page a été créée sur Facebook intitulée « La révolution syrienne 2011 ». Elle annonçait qu’un « jour de colère » aurait lieu les 4 et 5 février1. Les manifestations ont « tourné court », rapportait le Time. Le Jour de colère s’est résumé à un Jour d’indifférence. D’ailleurs, le lien avec la Syrie était ténu. La plupart des slogans scandés par les quelques manifestants présents concernaient la Libye, demandant que Mouammar Kadhafi – dont le gouvernement était assiégé par les insurgés islamistes – s’en aille. Des plans ont été établis pour de nouvelles manifestations les 4 et 5 mars, mais elles aussi n’ont recueilli que peu de soutien2.

La correspondante du Time, Rania Abouzeid, attribuait l’échec des organisateurs de la manifestations à attirer un soutien important, au fait que la plupart des Syriens n’étaient pas opposés à leur gouvernement. Assad avait une bonne réputation, en particulier parmi les deux tiers de la population de moins de 30 ans, et sa politique gouvernementale étaient largement soutenue. « Même les critiques concèdent qu’Assad est populaire et considéré comme proche de l’immense cohorte des jeunes, émotionnellement, idéologiquement et, bien sûr, chronologiquement », écrivait Abouzeid, ajoutant que contrairement aux « dirigeants pro-américains déchus de Tunisie et d’Égypte, la politique étrangère d’Assad, hostile à Israël, son soutien affirmé aux Palestiniens et aux groupes militants du Hamas et du Hezbollah sont en accord avec le sentiment populaire syrien. » Assad, en d’autres termes, avait la légitimité. La correspondante du Time ajoutait que Assad « conduisant lui-même sa voiture jusqu’à la Grande mosquée des Omeyyades en février pour prendre part aux prières marquant l’anniversaire du prophète Mahomet, et flânant dans le marché bondé de Souq Al-Hamidiyah avec un service de sécurité discret » avait « contribué à le faire aimer, comme personne, du public3 ».

Cette représentation du président syrien – un dirigeant aimé de la population, idéologiquement en phase avec le sentiment populaire syrien – s’opposait radicalement au discours qui émergerait peu après l’éruption de manifestations violentes dans la ville syrienne de Daraa, moins de deux semaines plus tard, et qui imprégnerait le discours de la gauche américaine, y compris Draitser. Mais à la veille des événements marquants de Daraa, la Syrie était remarquée pour sa tranquillité. Personne ne « s’attend à des soulèvements de masse en Syrie, rapportait Abouzeid, et malgré une manifestation de dissidence ici ou là, très peu veulent participer »4. Une jeune Syrienne a dit au Time : « Il y a beaucoup d’aide gouvernementale pour la jeunesse. Ils nous donnent des livres gratuits, les écoles sont gratuites, les universités sont gratuites. » (Pas vraiment l’État néolibéral que Draitser dépeint.) Elle a poursuivi : « Pourquoi y aurait-il une révolution ? Il y a peut-être 1% de chance. »5 Le New York Times partageait ce point de vue. La Syrie, rapportait le journal, « semblait à l’abri de la vague de soulèvements qui balayait le monde arabe »6. La Syrie n’avait pas la fièvre.

Mais le 17 mars, il y eut un soulèvement violent à Daraa. Il y a des récits contradictoires sur qui ou quoi l’a déclenché. Time a rapporté que la « rébellion à Daraa a été provoquée par l’arrestation d’une poignée de jeunes pour avoir peint des graffitis anti-régime sur un mur »7. Robert Fisk, de The Independent, a offert une version légèrement différente. Il a rapporté que « des agents de renseignement gouvernementaux ont battu et tué plusieurs jeunes garçons qui avaient gribouillé des graffitis contre le gouvernement sur les murs de la ville » 8. Un autre compte rendu soutient que le facteur déclenchant du soulèvement à Daraa ce jour-là était l’usage extrême et disproportionné de la force par les agents de sécurité syriens en réponse aux manifestations contre l’arrestation des garçons. Il y avait « des jeunes qui imprimaient quelques graffitis sur un mur, et ils ont été emprisonnés, et quand leurs parents ont voulu les récupérer, les forces de sécurité ont répliqué très très durement » 9. Un autre rapport, du gouvernement syrien, nie que tout cela se soit passé. Cinq ans après l’événement, Assad a dit à un journaliste qui l’interviewait que « cela n’a pas eu lieu. Ce n’était que de la propagande. Je veux dire, nous en avons entendu parler, nous n’avons jamais vu ces enfants qui ont été mis en prison à ce moment-là. Donc ce n’était qu’un récit fallacieux. »10

Mais s’il y avait désaccord sur ce qui a déclenché le soulèvement, il y en avait peu sur le fait qu’il était violent. Le New York Times a rapporté que « des manifestants ont mis le feu au siège du parti Baas au pouvoir et à d’autres bâtiments gouvernementaux […] et se sont affrontés avec la police […] Outre le siège du parti, les manifestants ont brûlé le Palais de justice de la ville et une succursale de la compagnie de téléphone SyriaTel »11.

Le Time ajoutait que les manifestants avaient mis le feu au bureau du gouverneur ainsi qu’à une succursale d’une seconde compagnie de téléphone cellulaire12. L’agence d’information du gouvernement syrien, SANA, a publié des photographies de véhicules en feu sur son site internet13. À l’évidence, ce n’était pas une manifestation pacifique comme elle l’a été décrite plus tard. Ni un soulèvement de masse. Le Time a rapporté que les manifestants se comptaient en centaines, pas en milliers ou en dizaines de milliers14.

Assad a immédiatement réagi aux émeutes de Daraa en annonçant « une série de réformes, incluant une hausse des salaires des travailleurs du secteur public, davantage de liberté pour la presse d’information et les partis politiques et le réexamen de l’état d’urgence15 », une limitation des libertés politiques et civiles invoquée parce que la Syrie était officiellement en guerre avec Israël. Avant la fin d’avril, le gouvernement abrogerait « la loi d’urgence vieille de 48 ans dans le pays » et abolirait « la Haute Cour de sécurité de l’État16. »

Pourquoi le gouvernement a-t-il fait ces concessions ? Parce que c’était ce que demandaient les manifestants de Daraa. Ils « se rassemblaient dans et autour de la mosquée Omari à Daraa, scandant leurs revendications : la libération de tous les prisonniers politiques […] l’abolition de la loi d’urgence en Syrie, vieille de 48 ans, davantage de libertés et la fin de la corruption généralisée17 ». Ces revendications étaient conformes à l’appel formulé début février sur la page Facebook de La Révolution syrienne de « mettre fin à l’état d’urgence en Syrie et à la corruption18 ». Une demande de libération de tous les prisonniers politiques avait aussi été faite dans une lettre signée par des religieux et postée sur Facebook. Les revendications de ces religieux incluaient la levée de « l’état d’urgence, la libération de tous les détenus politiques, la cessation du harcèlement des forces de sécurité et la lutte contre la corruption19 ». Libérer les prisonniers politiques reviendrait à libérer des djihadistes ou, pour utiliser une désignation courante en Occident, des « terroristes ». Le Département d’État avait reconnu que l’islam politique était la principale opposition en Syrie20 ; les djihadistes constituaient la part principale des opposants susceptibles d’être incarcérés. Que des religieux demandent que Damas libère tous les prisonniers politiques, c’était en effet comme si État islamique demandait que Washington, Paris et Londres libèrent tous les islamistes accusés de terrorisme détenus dans les prisons étasuniennes, françaises et britanniques. Ce n’était pas revendiquer des emplois ou plus de démocratie, mais demander la sortie de prison d’activistes inspirés par l’objectif d’instaurer un État islamique en Syrie. L’appel à abroger la loi d’urgence, de même, semblait avoir peu à voir avec la promotion de la démocratie et davantage avec le fait d’accorder plus d’espace aux djihadistes et à leurs collaborateurs pour organiser l’opposition à l’État laïc.

Une semaine après le déclenchement de la violence à Daraa, Rania Abouzeid, du Time, a rapporté qu’« il ne semble pas y avoir de larges appels pour la chute du régime ou la destitution du président, qui est assez populaire21. » En effet, les revendications émises par les manifestants et les religieux n’incluaient pas des appels à la démission d’Assad. Et les Syriens se ralliaient à Assad. « Il y avait des contre-manifestations de soutien au président dans la capitale22 », en nombre dépassant apparemment de loin les centaines de protestataires qui se déplaçaient à Daraa pour mettre le feu à des bâtiments et à des voitures et s’affronter avec la police23.

Le 9 avril – moins d’un mois après les événements de Daraa – Time a rapporté qu’une série de manifestations avaient éclaté et que l’islam y jouait un rôle prépondérant. Pour quiconque connaissant bien la succession, depuis des dizaines d’années, de grèves, de manifestations, d’émeutes et d’insurrections que les Frères musulmans avaient organisées contre ce qu’ils considéraient comme le gouvernement baasiste « infidèle », cela ressemblait à une répétition de l’histoire. Les manifestations ne parvenaient pas à atteindre une masse critique. Au contraire, le gouvernement continuait à jouir de la « loyauté » d’une « grande part de la population », a rapporté Time24.

Les islamistes ont joué un rôle de premier plan dans la rédaction de la Déclaration de Damas au milieu des années 2000, qui demandait un changement de régime25. En 2007, les Frères musulmans, l’archétype du mouvement politique islamiste sunnite qui a inspiré al-Qaïda et ses rejetons Jabhat al Nusra et État islamique, se sont alliés avec un ancien vice-président syrien pour fonder le Front de salut national. Le Front a rencontré souvent le Département d’État et le Conseil national de sécurité américains, ainsi que l’Initiative pour un partenariat au Moyen-Orient, financée par le gouvernement des États-Unis26 qui faisait ouvertement ce que la CIA faisait autrefois secrètement, à savoir faire passer de l’argent et de l’expertise aux membres des cinquièmes colonnes dans les pays dont les gouvernements étaient opposés à Washington.

En 2009, deux ans avant l’éruption de troubles dans tout le monde arabe, les frères musulmans syriens ont dénoncé le gouvernement nationaliste arabe de Bachar al-Assad comme élément étranger et hostile dans la société syrienne et qui devait être éliminé. Selon l’idéologie du groupe, la communauté alaouite, à laquelle appartenait Assad, et que les Frères considéraient comme hérétique, utilisait le nationalisme arabe laïc comme couverture pour promouvoir furtivement un agenda sectaire pour détruire la Syrie de l’intérieur en opprimant les « vrais » musulmans (c’est-à-dire les sunnites). Au nom de l’islam, le régime hérétique devrait être renversé27.

Trois mois à peine avant le déclenchement de la violence en Syrie, l’expert Liad Porat a écrit un bref texte pour le Crown Center for Middle East Studies, basé à l’Université Brandeis. « Les dirigeants du mouvement, concluait le savant, continuent à clamer leur espoir d’une révolte civile en Syrie, où ‘le peuple syrien accomplira son devoir et libérera la Syrie du régime tyrannique et corrompu’.  » Les Frères musulmans ont souligné qu’ils étaient engagés dans un combat à mort avec le gouvernement nationaliste arabe laïc de Bachar al-Assad. Un compromis politique avec le gouvernement était impossible, parce que ses dirigeants n’appartenaient pas à la nation musulmane sunnite de Syrie. L’appartenance à la nation syrienne était limitée au vrais musulmans, soutenaient les Frères, et pas aux hérétiques alaouites qui ont adhéré à des croyances étrangères non islamiques comme le nationalisme arabe laïc28

 

Le fait que les Frères musulmans syriens ont joué un rôle essentiel dans le soulèvement qui a éclaté trois mois plus tard a été confirmé en 2012 par l’Agence de renseignement de la Défense américaine. Un rapport de l’agence, qui a fuité, disait que l’insurrection était sectaire et dirigée par les Frères musulmans et al-Qaïda en Irak, le précurseur d’État islamique. Le rapport poursuivait en disant que les insurgés étaient soutenus par l’Occident, les monarchies du Golfe et la Turquie. L’analyse prédisait correctement la mise en place d’une « principauté salafiste », un État islamique, en Syrie orientale, notant que cela correspondait au désir des appuis étrangers de l’insurrection, qui voulaient voir les nationalistes laïcs arabes isolés et coupés de l’Iran29.

Des documents préparés par des enquêteurs du Congrès étasunien en 2005 ont révélé que le gouvernement pesait de tout son poids en faveur d’un changement de régime en Syrie, longtemps avant les soulèvements du Printemps arabe de 2011, contestant la vision selon laquelle le soutien américain aux rebelles syriens était basé sur une allégeance à une « insurrection démocratique » et montrant que c’était tout simplement la poursuite d’une politique existant depuis longtemps, visant à renverser le gouvernement à Damas. En effet, les enquêteurs ont reconnu que la motivation du gouvernement des États-Unis pour renverser le gouvernement nationaliste arabe laïc à Damas était sans rapport avec la promotion de la démocratie au Moyen-Orient. En fait, ils notaient que la préférence de Washington allait aux dictatures laïques (l’Égypte) et aux monarchies (la Jordanie et l’Arabie saoudite). L’impulsion à viser le changement de régime, selon les enquêteurs, était un désir de balayer un obstacle à la réalisation des buts américains au Moyen-Orient liés au renforcement d’Israël, à la consolidation de la domination des États-Unis sur l’Irak et à la promotion d’économies de libre marché et de libre entreprise30. Si Assad avait promu une politique néolibérale en Syrie, comme Draitser le soutient, il est difficile de comprendre pourquoi Washington aurait cité le refus de la Syrie d’adhérer au programme étasunien de marchés ouverts et de libre entreprise comme une raison de changer le gouvernement de la Syrie.

Pour insister sur le point que les manifestations manquaient d’un large soutien populaire, le 22 avril, plus d’un mois après l’émeute de Daraa, Anthony Shadid, du New York Times, a rapporté que « les manifestations, jusqu’ici, semblaient manquer du soutien populaire des révolutions en Égypte et en Tunisie ». Autrement dit, plus d’un mois après que seulement des centaines – et non des milliers ou des dizaines de milliers – de manifestant se sont soulevés à Daraa, il n’y avait aucun signe en Syrie d’une insurrection de Printemps arabe. Celle-ci est restée une affaire limitée, éminemment islamique. En revanche, il y avait eu d’immenses manifestations à Damas pour soutenir – et non contre lui – le gouvernement, Assad restait populaire et, selon Shadid, le gouvernement s’attachait la loyauté des « chrétiens et des sectes musulmanes hétérodoxes31 . » Shadid n’était pas le seul journaliste occidental relatant que les alaouites, les ismaéliens, les druzes et les chrétiens soutenaient fortement le gouvernement. La journaliste du Time, Rania Abouzeid, observait que les baasistes « pourraient revendiquer le soutien de groupes minoritaires importants en Syrie32 » 

Cette réalité que le gouvernement syrien avait la loyauté des sectes chrétiennes et musulmanes hétérodoxes, comme le relatait Shadid dans le New York Times, suggère que les minorités religieuses reconnaissaient quelque chose dans l’insurrection dont la presse occidentale faisait peu de cas (et que les socialistes révolutionnaires aux États-Unis ont manqué), à savoir qu’elle était guidée par un programme islamiste sunnite sectaire qui, s’il se réalisait, aurait des conséquences pénibles pour tous ceux qui n’étaient pas considérés comme de « vrais » musulmans. Pour cette raison, les alaouites, les ismaéliens, les druzes et les chrétiens se rangeaient du côté des baasistes qui cherchaient à surmonter les divisions sectaires comme élément de leur engagement programmatique de favoriser l’unité arabe. Le slogan « Les alaouites au tombeau et les chrétiens à Beyrouth ! », scandé dans les manifestations de ces premiers jours33, ne faisait que confirmer l’idée que le soulèvement était la poursuite de la lutte à mort que l’islam politique sunnite avait promis de mener contre le gouvernement nationaliste arabe laïc et n’était pas un soulèvement de masse pour la démocratie ou contre le néolibéralisme. S’il y avait en effet certains éléments de ce genre, comment expliquer que la soif de démocratie et l’opposition au libéralisme n’existent que dans la communauté sunnite et soient absentes dans celles des minorités religieuses ? Assurément, un déficit démocratique et une tyrannie néolibérale, s’ils existaient pour tous et agissaient comme déclencheurs d’une insurrection révolutionnaire, auraient franchi les barrières religieuses. Que les alaouites, les ismaéliens, les druzes et les chrétiens n’aient pas manifesté, et que les émeutes aient été fondées sur le sunnisme avec un contenu islamiste, indique clairement que l’insurrection, depuis son tout début, représentait la recrudescence de la campagne djihadiste sunnite de longue date contre la laïcité baasiste.

« Dès le début, le gouvernement d’Assad a dit qu’il était engagé dans une lutte contre les islamistes militants34. » La longue histoire des soulèvements islamistes contre le baasisme avant 2011 suggère que c’était très probablement le cas, et la manière dont le soulèvement s’est déroulé ensuite, comme une guerre dirigée par les islamistes contre l’État laïc, n’a fait que renforcer cette vision des choses. D’autre preuves, à la fois positives et négatives, ont confirmé l’affirmation d’Assad que l’État syrien était attaqué par des djihadistes (tout comme il l’avait été à maintes reprises dans le passé). Les preuves négatives que l’insurrection n’était pas un soulèvement populaire contre un gouvernement impopulaire se trouvaient dans les articles des médias occidentaux qui montraient que le gouvernement nationaliste arabe de la Syrie était populaire et assuré de la loyauté de la population.

En revanche, les manifestations anti-gouvernementales, les émeutes et les protestations étaient peu importantes, attirant beaucoup moins de gens que ne l’a fait une manifestation massive à Damas pour soutenir le gouvernement, et certainement pas de l’ordre des soulèvements populaires en Égypte et en Tunisie. De plus, les revendications des manifestants se centraient sur la libération des prisonniers politiques (principalement djihadistes) et la levée des limitations en temps de guerre à l’expression de la dissidence politique, et non sur des appels à la démission d’Assad ou au changement de la politique économique du gouvernement. La preuve positive est venue des récits des médias occidentaux, qui montraient que l’islam jouait un rôle de premier plan dans les émeutes. Aussi, alors qu’on croyait généralement que les groupes islamistes armés étaient entrés dans la mêlée seulement à la suite du premier printemps des émeutes de 2011 – et, ce faisant, avaient « détourné » un « soulèvement populaire » – deux groupes djihadistes qui jouaient un rôle essentiel dans la révolte armée post-2011 contre le nationalisme arabe laïc, Ahrar- al-Sham et Jabhat al-Nusra, étaient en fait actifs au début de 2011. Ahrar al-Sham « a commencé à travailler à constituer des brigades […] bien avant la mi-mars de 2011, lorsque les émeutes de Daraa ont eu lieu », selon le Time35. Jabhat al-Nusra, l’affilié d’al-Qaïda en Syrie, « était inconnu jusqu’en janvier 2012, lorsqu’il a annoncé sa formation […] mais était actif depuis des mois avant.36 »

Un autre élément de preuve cohérent avec le point de vue que l’islam militant a joué très tôt un rôle dans le soulèvement – ou, tout au moins, que les protestations ont été violentes dès le début – est qu’« il y avait des signes, dès le départ, que des groupes armés étaient impliqués ». Le journaliste et écrivain Robert Fisk a rappelé avoir vu une vidéo des « tous premiers jours de la ‘montée’, montrant des hommes avec des pistolets et des Kalachnikovs dans une manifestation à Daraa ». Il rappelle un autre événement, en mai 2011, lorsque « une équipe d’Al Jazeera a filmé des hommes armés tirant sur les troupes syriennes, à quelques centaines de mètres de la frontière nord avec le Liban, mais la chaîne a refusé de diffuser les images.37  » Même des officiels américains, qui étaient hostiles au gouvernement et dont on aurait pu s’attendre à ce qu’ils contestent le point de vue de Damas, selon lequel il était impliqué dans une lutte avec des rebelles armés, « ont reconnu que les manifestations n’étaient pas pacifiques et que certains manifestants étaient armés »38. En septembre, les autorités syriennes rapportaient qu’elles avaient perdu plus de 500 officiers et agents de police, tués par des guérilleros39. À la fin d’octobre, ce nombre avait plus que doublé40. En moins d’une année, l’insurrection était passée de l’incendie des bâtiments du Parti Baas et de l’administration et d’affrontements avec la police, à une guerre de guérilla incluant des méthodes qui seraient étiquetées comme du « terrorisme » lorsqu’elles frapperaient des cibles occidentales.

Assad se plaindrait plus tard que :

« Tout ce que nous avons dit en Syrie au commencement de la crise, ils ont fini par le dire plus tard. Ils ont dit que c’était pacifique, nous avons dit que ça ne l’était pas, ils tuent – ces manifestants qu’ils appelaient des manifestants pacifiques – ils ont tué des policiers. Puis ils sont devenus des militants. Ils ont dit oui, ce sont des militants. Nous avons dit, ce sont des militants, c’est du terrorisme. Ils ont dit non, ce n’est pas du terrorisme. Puis quand ils disent que c’est du terrorisme, nous disons que c’est al-Qaïda, ils disent que non, ce n’est pas al-Qaïda. Donc tout ce que nous disons, ils finissent par le dire plus tard 41. »

Le « soulèvement syrien », écrit le spécialiste du Moyen-Orient Patrick Seale, « devrait être considéré comme le dernier épisode, de loin le plus violent, de la longue guerre entre les islamistes et les baasistes, qui remonte à la fondation du Parti laïc Baas dans les années 1940. La bataille entre eux confine aujourd’hui à la lutte à mort »42« Il est frappant,poursuit Seale en citant Aron Lund, qui avait écrit un rapport sur le djihadisme syrien pour l’Institut suédois des Affaires internationales, que pratiquement tous les membres des divers groupes insurgés armés soient des Arabes sunnites : que les combats se soient généralement limités aux zones arabes sunnites, alors que les zones habitées par des alaouites, des druzes ou des chrétiens restaient passives ou soutenaient le régime ; que les défections au régime soient presque à 100% sunnites, que l’argent, les armes et les volontaires viennent des États islamiques ou d’organisations et d’individus pro-islamiques ; et que la religion soit le plus important dénominateur commun du mouvement insurrectionnel. »43

La brutalité comme déclencheur ?

Fin de la partie I

A suivre

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Les "néocons" battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah. Par Jacques-Marie BOURGET dans le Grand Soir.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La justice

 

Les "néocons" battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah.

Alors que la coalition des nouveaux impérialistes se réjouissait par avance d'un coup double à jouer en Syrie, éliminer Bachar et le Hezbollah tout en écorniflant l'Iran, voilà que l'organisation de résistance libanaise sort renforcée de la victoire d'Alep. Il faut donc abattre Nasrallah et ses troupes par un autre moyen, le vieille arme de la CPI et des "crimes de guerre". La machine est en route.

Ce qui est pénalisant dans le vieillissement ce n’est pas seulement la difficulté que l’on éprouve à lacer ses chaussures, c’est que l’on parle de moments d’histoire que personne n’a connus. Outre les amis bancals qui vous accompagnent sur le chemin du cimetière. Ainsi Geneviève Tabouis, une journaliste qui a déclamé pendant trente ans ses chroniques sur « Radio Luxembourg », ça ne vous dit rien ! Cette amie d’Eleonor Roosevelt et de Joseph Staline avait coutume de démarrer son couplet par un sonore « Attendez-vous à savoir... ».

N’étant ni l’ami de Melania Trump ni le cousin de Vladimir Poutine, je m’autorise quand même à vous lancer mon personnel « Attendez-vous à savoir... ». Attendez-vous à savoir que dans les ateliers de Washington, là où l’on forge si bien le mensonge, une grande campagne est en cours de montage. Une entreprise de première grandeur qui mobilise aussi les orfèvres israéliens, toutes les petites mains du lobby néoconservateur et les forces pures et vives de ces organisations non gouvernementales (sic) qui, par chance et goût de la démocratie, embrassent toujours les vœux de la CIA ou ceux de George Soros. C’est-à-dire la même chose.

Attendez-vous donc à savoir que le Hezbollah, pour le comportement supposé de ses soldats en Syrie, va être livré à l’accusation publique. Certains combattants de cette juste cause rêvent même de l’édification d’une CPI « spéciale », comparable à celle chargée de désigner qui a envoyé Rafic Hariri au ciel.

Lecteurs de combat, donc penseurs de l’autrement, vous avez tout de suite compris l’ambition des manipulateurs et leur enjeu : continuer par d’autres moyens, par l’arme médiatique, leur guerre perdue à Alep. Un ami sincère, un frère pourtant habitué à la magie des montreurs de lune, m’a informé de l’offensive. J’ai été surpris et même meurtri que ce combattant des toutes les libertés tombe dans le panneau : « Si, si, à Alep les miliciens du Hezbollah ont multiplié les atrocités »... Me voilà donc, une fois encore, alors que pour les connaitre je déteste les guerres, obligé de présenter le massacre comme une bagatelle. Et il l’est, si j’ose dire. La certitude est la suivante, si les disciples de Nasralla ont commis des crimes de guerre, il en va tout autant des soldats de la République Arabe de Syrie et de ces humanistes islamistes décrits sous l’alléchante banderole de « Rebelles modérés ». Sans parler des tueurs d’Al Nosra, amis de Fabius, et des barbares de Daech. La guerre est toujours un crime et l’attelage des deux mots est une tautologie.

Attendez-vous donc à ce que nos journaux, qui n’ont rien vu à redire de l’impeccable comportement des criminels de masse agissant – du bon côté – en Afghanistan, en Irak, au Kosovo, en Libye, au Yémen, vous clouent les combattants chiites libanais au pilori planétaire. Alors que Trump ressort son bâton de Guignol contre l’Iran, il est bon que ces admirateurs de l’imam Hussein ne sortent pas trop puissants de ces ruines d’Alep qui ont été aussi un tombeau pour les espoirs de l’OTAN. Comme chacun sait, et comme vous le confirmera une lecture ordinaire du Monde, en dépit de ses dizaines de têtes nucléaires, « Israël est menacé dans sa survie par les criminels du Hezbollah ». D’urgence pendons donc ces soldats chiites si cruels et dangereux. Urgence... urgence... pas si sûr puisque, dans leur soif de justice, les experts du trébuchet mondialisé seront –forcément- occupés à punir dans un tour de rôle d’autres « crimes de guerre », ceux de Kissinger, Bush, Olmert, Clinton, Netanyahou, Sarkozy, du droneur Obama et autres étalons de la démocratie. Rappelons l’incontournable doctrine du vieux maître Vergès : « Vous ne pouvez condamner Barbie sans juger Massu ».

Ayons confiance en l’instinct suicidaire de la presse qui, d’un mensonge l’autre, roule sa toile de cirque pour s’en faire un linceul. Depuis sa chaire du Collège de France, Pierre Bourdieu a fini sa vie en combattant le système des « médias-mensonges ». En chirurgien des idées il évoquait la raison d’agir des journaux, surtout ceux du gratin, vrais chiens de garde de « l’opinion », forts de leur « monopole de la violence symbolique ». Sans être un digne exégète, en parlant aujourd’hui de ces journalistes, je vais extrapoler la pensée du grand sociologue. Faut dire qu’il y a « urgences », comme on l’écrit aux portes des hôpitaux, et mon néo concept post bourdieusien est de dire maintenant que nos nouveaux journalistes détiennent le missile parfait : le « monopole de la diffamation légitime ».

Après qu’aucune star du journalisme vrai, genre Florence Aubenas, n’a été expédiée à Alep pour nous écrire le bilan de six années de guerre, soyons sûrs que les ateliers de la contrefaçon vont nous abreuver d’horribles nouvelles tirées de ce noir et récent passé. En 1999 suite à la guerre du Kosovo qui, même à « zéro mort » du côté des bons ne font pas en dentelles mais en mensonges, l’admirable Edwy Plenel – qui veut être à la presse ce que Marx fut au capital – nous a régalé d’un scoop : « sans l’intervention de l’OTAN des dizaines de milliers de kosovars auraient été exterminés dans un « génocide » ». Eh oui ! La preuve ? Plenel s’était procuré le plan « Fer à cheval », celui qui programmait, planifiait les massacres. Hélas le document d’Edwy était un faux écrit par les services secrets allemands. Zut.

Résumons. Entre des journalistes qui publient des documents façonnés et d’autres qui découvrent du gaz sarin où l’ONU n’en a pas remarqué, l’horizon médiatique est favorablement ouvert aux guerriers de l’info. Eux qui ne passent pas leur temps dans la boue ou les abris de béton mais dans les fauteuils Eames des officines « occidentales ». Celles où l’on invente les « unes » de demain.

Jacques-Marie BOURGET

Chronique publiée dans le mensuel Afrique Asie du mois de février.

URL de cet article 31497

   

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Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis Par Youssef Hindi — 11 mars 2017

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis

 
Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

 

L’entrée de la Russie en guerre contre l’organisation Etat islamique (à partir d’octobre 2015), aux côtés de l’armée syrienne, n’a pas seulement révélé la duplicité des puissances occidentales et leur soutien aux groupes terroristes, mais elle a été aussi la traduction d’un basculement géopolitique mondiale en faveur des puissances eurasiatiques. La nouvelle donne dans les rapports de forces géopolitiques a été explicitée par le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov, lors de la 53e Conférence de Munich sur la sécurité qui a eu lieu les 17, 18 et19 février 2017. Le Ministre des Affaires étrangères russe déclara durant son discours :

« Il y a dix ans, le Président de Russie Vladimir Poutine prononça un discours que beaucoup en Occident considéraient comme un défi et même une menace, bien que le message soulignât avant tout la nécessité de renoncer aux actions unilatérales et ce en faveur d’une coopération honnête basée sur le respect mutuel, le droit internationale, l’évaluation conjointe des problèmes mondiaux et la prise de décision collective. Malheureusement, les avertissements qu’il a alors émis sur les conséquences négatives d’entraver l’émergence d’un monde multipolaire sont devenus réalité.

L’Humanité est à la croisée des chemins aujourd’hui. L’ère historique qui pourrait être appelée l’Ordre post-guerre froide est arrivée à sa fin. Son principal résultat, nous le voyons, est l’échec total des institutions de la Guerre froide à s’adapter aux nouvelles réalités. Le monde n’est devenu ni « occidentalo-centrique », ni un endroit plus sûr et plus stable. Cela est évident au regard des résultats de la « démocratisation » du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et ailleurs.

L’expansion de l’OTAN a créé un niveau de tension jamais vu en Europe depuis 30 ans…

Nous rejetons catégoriquement les allégations de ceux qui accusent la Russie et les nouveaux centres d’influence mondiale de tenter de saper l’ordre libéral. Ce modèle global a été préprogrammé pour la crise dès le moment où cette vision de la mondialisation économique et politique a été conçue avant tout comme un instrument pour assurer la croissance d’un club d’élite de pays et sa domination sur tous les autres. Il est clair qu’un tel système ne pourrait durer éternellement. Les dirigeants qui ont un sens de la responsabilité doivent maintenant faire leur choix. J’espère que ce choix sera fait en faveur d’un ordre mondial démocratique et juste, d’un ordre mondial post-occidental, si vous voulez, dans lequel chaque pays développe sa propre souveraineté dans le cadre du droit international et s’efforcera d’équilibrer leurs propres intérêts nationaux avec leurs partenaires, dans le respect de l’identité culturelle, historique et civilisationnelle de chaque pays. »[i]

De toute évidence, si les responsables occidentaux se refusent à accepter le monde multipolaire, la guerre mondiale restera la seule issue.

La fin de la séquence historique du « Printemps arabe »

Le politologue Naoufel Brahimi el Mili, dans un ouvrage intitulé Le Printemps arabe : une manipulation ?[ii], démontre que les révoltes arabes furent essentiellement le fruit d’un travail de terrain via notamment la participation active de la chaîne qatari Al-Jazeera suivant le plan de remodelage du Grand Moyen-Orient (Greater Middle East initiative, 2002) – plan attribué aux néoconservateurs américains mais dont l’origine est israélienne (Plan Oded Yinon, 1982).

Le Printemps arabe, qui démarra à la fin de l’année 2010 en Tunisie – et qui, par effet de « contagion » a touché l’Egypte, puis l’Algérie et le Maroc (ces deux derniers ont néanmoins su gérer la « révolte » et l’empêcher d’aboutir, à l’inverse de la Tunisie et de l’Egypte) – ne fut pas la première des révoltes arabes qui aura profité au projet sioniste.

En effet, en 1916, sous l’impulsion britannique, les Arabes se sont révolté contre l’Empire ottoman (qui était pourtant un empire décentralisé et dont la présence en terres arabes ne se faisait pas sentir par les populations) ; soulèvement qui s’est poursuivi en 1917 en accompagnant le démantèlement de l’Empire ottoman. Les troupes arabes ont aidé les Britanniques (appuyé sur le terrain par un contingent juif) à prendre Jérusalem, participant ainsi à la création du foyer juif en Palestine, ignorant qu’ils creusaient leur propre tombe[iii].

Avec le Printemps arabe de 2010-2011, l’histoire se répète. Après l’Empire ottoman, c’est au tour des dictateurs arabes de jouer le rôle d’ennemi à abattre afin de passer au second découpage – le premier fut celui du Moyen Orient, conformément à l’accord secret de Sykes-Picot (1916) faisant suite à celui de McMahon-Hussein (1915), au lendemain de la Grande Guerre – du monde arabo-musulman (Moyen Orient élargi).

Si la révolte arabe de 1916-1917 a contribué à la création du Foyer juif en Palestine, la révolte arabe de 2010-2011 aura, pour sa part, contribué à l’avancement du projet du Grand Israël.

Les révoltes ont conduit à la chute de plusieurs gouvernements par effet domino (pour reprendre l’expression du Sheikh Imran Hosein qui annonça le Printemps arabe avec huit ans d’avance), et leur remplacement par les Frères musulmans financés par le Qatar et soutenu par les Etats-Unis[iv]. Puis, l’on a vu, à commencer par la Libye, déferler des hordes de mercenaires et d’assassins endoctrinés et financés par les deux Etats wahhabites que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, armés et soutenus par les Etats-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne, semer le désordre, bombarder, massacrer les populations civiles en Libye, en Syrie et en Irak.

Et ce avec le soutien des Frères musulmans de toutes tendances, en Europe et ailleurs, à l’instar de Tariq Ramadan (travaillant à la fois à l’Université d’Oxford en Angleterre et au Qatar). Rien d’étonnant d’ailleurs à ce que Frère Tariq se soit, dès le déclenchement du Printemps arabe, parfaitement aligné sur la politique atlantiste, sioniste et wahhabite, appelant fallacieusement les égorgeurs de Libye et de Syrie « freedom fighters » (combattants de la liberté) ; en cela, rien ne le distingue de Bernard-Henri Levy…

De la même façon que le chef du Hamas (qui est une émanation des Frères musulmans), Khaled Mechaal[v], a quitté traîtreusement Damas (où il était exilé) au lendemain du déclenchement du Printemps arabe, pour s’installer au Qatar. Tandis qu’Ismaël Hanyié (membre du Hamas et ancien Premier Ministre de l’autorité palestinienne, 2006-2007) se rendait au Caire pour faire allégeance au gouvernement des Frères Musulmans, tout en vouant Bachar el-Assad aux gémonies.

Le Printemps arabe a eu au moins le mérite de faire tomber de nombreux masques, de révéler au grand jour l’agenda des Frères musulmans qui coïncide « curieusement » avec celui d’Israël, et de mettre en lumière la réalité des alliances géopolitiques et les accointances idéologiques d’un certain nombre d’imposteurs qui avançaient masqués.

Le rôle corrosif de ces entités terroristes a été et est encore, conformément au plan israélien Oded Yinon, d’anéantir les structures étatiques préexistantes. L’avancement de ce qu’il convient d’appeler « le printemps sioniste », a provoqué, en réaction, un renforcement de l’alliance russo-iranienne.

C’est cette alliance que les stratèges sionistes essayent de défaire depuis plusieurs années, après avoir rendu impossible toute normalisation des rapports entre les Etats-Unis et l’Iran.

Le lobby pro-israélien derrière la politique anti iranienne des USA

Donald Trump, qui n’a jamais caché, durant toute sa campagne présidentielle, sa volonté de collaborer avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment sur le règlement du problème terroriste en Orient, a parallèlement tenu des propos hostiles à l’Iran – menaçant d’ailleurs de déchirer l’accord sur le nucléaire[vi].

Or, la principale puissance régionale stabilisatrice est l’Iran ; pays allié de la Russie et de la Syrie qu’elle aide militairement à lutter contre les groupes terroristes. Il y a donc, dans la position de Trump vis-à-vis de l’Iran, une incohérence qui ne peut pas être seulement imputable à son manque d’expertise géopolitique ; d’autant plus que son agressivité et celle de son conseiller Michael Flynn (qui a été débarqué après avoir glissé sur une peau de banane des Services de renseignements qui cherchent à amputer le nouveau président de ses principaux piliers) reste jusque-là purement verbale. De toute évidence, ce n’est que pour complaire à Israël et éviter d’avoir le lobby sioniste sur le dos que Donald Trump s’est livré à une agressivité théâtrale contre l’Iran.

Il faut, pour comprendre l’anti-iranisme des administrations américaines successives se pencher sur le lobbying israélien aux Etats-Unis.

En effet, jusqu’en 1993, les Etats-Unis n’étaient pas partisans d’une politique agressive envers l’Iran. C’est principalement sous l’influence de l’Etat hébreu que les Américains ont pris ce tournant anti-iranien. Au début de l’année 1993, alors que Bill Clinton arrive au pouvoir, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et son ministre des Affaires étrangères Shimon Pérès commencent à défendre l’idée que l’Iran constitue une menace pour Israël et les Etats-Unis. A la mi-mars 1993, le Washington Post rapportait ceci :

« Quelle que soit leur sensibilité politique, les responsables israéliens estiment qu’il est nécessaire de convaincre l’opinion et les dirigeants américains de l’urgence de mesures visant à contenir l’Iran, et que les Etats-Unis sont la seule puissance mondiale capable de prendre de telle mesure »[vii].

Les États-Unis se plièrent aux exigences israéliennes en pratiquant une politique d’endiguement (contention) de l’Iran en cernant militairement le pays par des bases militaires, tout comme ils le font avec la Russie. Robert Pelletreau, qui était secrétaire d’État adjoint en charge du Proche-Orient, déclara que cette politique d’endiguement militaire était pour l’essentiel la copie conforme d’une proposition israélienne[viii].

Cette politique, une fois mise en place, fut très critiquée pour plusieurs raisons ; une d’entre elles est que ces exigences israéliennes poussaient les États-Unis à adopter une politique d’hostilité à l’encontre de deux pays déjà antagonistes : l’Iran et l’Irak, ce qui, d’un point de vue stratégique est contre-productif[ix], mais très utile à la stratégie israélienne sur le long terme. Au sein de l’appareil d’Etat américain, des voix s’élevèrent en conséquence en faveur d’un dialogue avec l’Iran[x].

Mais pour les israéliens, cette politique d’isolement n’était pas encore satisfaisante, il fallait aller plus loin, alors Israël et son lobby aux États-Unis, se sont attaqué aux lois permettant aux entreprises américaines de commercer avec l’Iran. L’analyste Tritta Parsi rapporte à ce sujet que « à la demande du gouvernement israélien, l’AIPAC rédigea et fit circuler à Washington un mémorandum de 74 pages soutenant que l’Iran était une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour les États-Unis et l’Occident tout entier »[xi].

En avril 1995, l’AIPAC publia un rapport intitulé « Pour un ensemble de sanctions contre l’Iran : un plan d’action »[xii]

Dans la même année, la société pétrolière américaine Conoco qui était alors au bord de signer un accord avec l’Iran pour l’exploitation des gisements pétrolifères, s’est vue empêchée de conclure : le président Clinton avait mis son véto en personne à cet accord le 14 mars 1995 et prit un décret le lendemain même pour interdire aux entreprises américaines de participer à l’exploitation des réserves pétrolières iraniennes.
Bill Clinton révéla plus tard ceci : « Un des opposants les plus efficaces au contrat avec Conoco était Edgar Bronfman Sr. », soit le très influent ancien dirigeant du Congrès juif mondial. L’AIPAC contribua aussi à torpiller l’accord[xiii].

Le fait suivant illustre assez bien le jeu subtil et pervers d’Israël, un jeu alambiqué assorti d’une authentique duplicité : bien que l’Entité sioniste ait tout fait pour que les États-Unis rompent tout rapport économique et commercial avec l’Iran, Israël ne s’est pas interdit de commercer avec son ennemi prétendument déclaré en achetant des produits iraniens via des intermédiaires[xiv].

Après avoir poussé les États-Unis à mener une politique de blocus et de sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, les boutefeux sont passés à l’étape suivante : ils ont encouragé Washington à mener des frappes contre les installations nucléaires iraniennes et même à livrer la guerre à Téhéran ; en parallèle ils défendaient l’idée d’un changement de régime en Iran.

Depuis le début des années 1990, Israël mène des campagnes anti-iraniennes aux États-Unis ; en 1990, les dirigeants israéliens désignaient l’Iran comme leur ennemi le plus redoutable car il aurait été capable de développer un armement nucléaire, ce qui par ailleurs, serait tout à fait légitime. Un Iran menacé à la fois par Israël qui est sur-nucléarisé et par la plus grande puissance militaire mondiale, peut légitimement développer un armement atomique afin de sanctuariser son territoire et éviter ainsi de subir le même sort que l’Irak.

Israël, qui a de toute évidence pour objectif de devenir un État impérial au Proche-Orient, ne peut tolérer qu’une puissance comme l’Iran dont l’influence est croissante dans la région, se dote d’un arsenal nucléaire. Du point de vu israélien, l’Iran doit, soit tomber sous les coups d’une coalition wahhabo-américano-sioniste (l’Arabie étant automatiquement partie prenante d’une telle coalition), soit se soumettre, d’où l’idée d’un changement de régime.

Nous l’avons dit, une confrontation directe avec l’Iran est loin de faire l’unanimité aux États-Unis ; la CIA, le Département d’Etat et l’armée, étaient partisans d’un dialogue avec l’Iran. Fin février 2007, le Sunday Times rapportait :

« d’après des sources haut placées dans les cercles du renseignement et de l’armée, certains des membres les plus éminents de l’état-major américain sont prêts à présenter leur démission si la Maison-Blanche ordonne une attaque militaire contre l’Iran »[xv]

Ephraim Sneh, l’un des faucons israéliens, s’est exprimé à ce propos sans ambiguïté :

« Nous étions contre le dialogue Irano-États-Unis parce que l’intérêt des États-Unis ne coïncidait pas avec le nôtre »[xvi]

Les Iraniens, de leur côté, ont depuis le début des années 1990 tendu la main aux États-Unis et ont même proposé de travailler à l’élaboration d’un modus vivendi avec Israël[xvii]. L’Iran, sous la présidence de Rafsandjani (de 1989 à 1997) et plus encore sous Khatami (de 1997 à 2005), a constamment cherché un compromis et la paix. L’Iran n’a durci le ton – sous la présidence d’Ahmadinejad (2005-2013) – qu’après de longues années de négociations infructueuses. La radicalisation des États-Unis, sous l’Administration Bush, précède l’arrivée à la présidence iranienne d’Ahmadinejad, qui n’est en quelque sorte que la réponse à la politique d’endiguement menée par les États-Unis sous influence israélienne.

Le guide suprême iranien, l’Ayatollah Khameneï, composant avec des forces contradictoires – d’un côté les Pasdaran (Gardiens de la Révolution), nationalistes (auxquels appartient Ahmadinejad) et de l’autre, une partie du clergé (qui compte les hommes les plus riches d’Iran et dont la préoccupation est leur intérêt personnel plutôt que celui de l’Iran) et les réformateurs (comme le pro-américain Moussavi, qui s’est présenté aux élections de 2009 face à Ahmadinejad), tournés vers l’Occident –, a su adapter la politique iranienne aux circonstances, en laissant accéder à la présidence des hommes dont les profils peuvent être parfois antagonistes (Ahmadinejad/Rohani).

Après le départ d’Ahmadinejad, l’on a vu arriver le diplomate Rohani à la présidence ; il a, dès son arrivée, entamé une politique de compromis calquée sur celle de Khatami et assez éloignée de celle d’Ahmadinejad. Ceci à permis la levée des sanctions économiques et de « normaliser » temporairement les relations entre l’Iran et les États-Unis.

J’annonçais en 2015 que cette normalisation des rapports serait temporaire et qu’elle se conclurait par l’annulation de l’accord nucléaire[xviii] ; et c’est ce que nous voyons avec Donald Trump qui annonçait durant sa campagne qu’il jetterait cet accord à la poubelle. Israël s’efforce de faire revenir les Américains sur l’accord nucléaire, tout en continuant à maintenir les Etats-Unis et l’Iran dans un état conflictuel permanent[xix].

Après l’arrivée de Bush au pouvoir (en particulier durant son deuxième mandat), la politique américaine, sous l’influence d’Israël, est devenue résolument agressive, au point que le Pentagone a envoyé des missions de renseignement en territoire iranien et actualisé ses « plans de mobilisation en vue d’une invasion de l’Iran »[xx].

Bush déclara le 20 mars 2006 à Cleveland que « La menace iranienne, c’est bien entendu leur objectif déclaré de détruire notre grand allié Israël… Nous aurons recours à la force militaire pour protéger notre allié »[xxi]

Des déclarations associant « guerre contre l’Iran » et « allié israélien » (et non pas à la sécurité des Etats-Unis) à partir de là se multiplièrent ; ce qui signifiait clairement que l’Amérique irait en guerre contre un État ne le menaçant ni directement ni indirectement, simplement pour complaire à l’État hébreu. Cette maladresse a alarmé le lobby pro-israélien, car à travers les siècles, les rabbins messianistes et leurs continuateurs les messianistes athées, avancent masqués, faisant exécuter leurs plans et atteindre leurs objectifs par des puissances tierces (ce que j’ai abondamment exposé dans mon ouvrage Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme[xxii]). Au printemps 2006, le journal Forward publiait ceci :

« Les dirigeants de la communauté juive ont instamment prié la Maison-Blanche d’éviter d’annoncer publiquement son désir de défendre Israël contre de possibles agressions iraniennes. Ce n’est pas que ces dirigeants soient opposés au recours à une intervention américaine pour protéger Israël, mais plutôt qu’ils ont peur que les déclarations publiques du président Bush ne créent l’impression que les États-Unis n’envisagent une action militaire contre l’Iran au seul profit d’Israël – ce qui pourrait amener l’opinion à attribuer aux Juifs américains la responsabilité des conséquences négatives d’une frappe américaine contre l’Iran »[xxiii].

Il serait en effet éminemment fâcheux que l’opinion publique connaisse la vérité vraie…

En avril 2006, Malcolm Hoenlein, vice-président du lobby pro-israélien La Conférence des présidents expliquait que « bien que nous appréciions beaucoup cette sollicitude, la question est de savoir s’il est vraiment opportun de lier la question iranienne à Israël »[xxiv]

Car ce sont les États-Unis qui doivent porter toute la responsabilité du désordre en Orient comme en 1991, en 2003 et demain, peut-être, celle d’une éventuelle nouvelle Guerre mondiale.

La position actuelle de Donald Trump ressemble beaucoup à la stratégie préconisée par Henry Kissinger. En effet, comme je l’expliquais dans un article du 4 septembre 2015 (La Russie, l’Europe et l’Orient[xxv]), Kissinger tente depuis plusieurs années un rapprochement de la Russie et des Etats-Unis, en contrepartie d’un découplage de Moscou d’avec Téhéran. Le 11 mai 2014, sur CNN, Kissinger déclarait qu’il ne fallait pas isoler la Russie, parce « qu’il est dans l’intérêt de tous qu’elle soit maintenue dans le système international ».

En 2008, Kissinger, avait de la même façon publiquement tendu la main à la Russie… sur le dos de l’Iran qu’il désignait comme « un danger pour le monde environnant », c’est-à-dire pour Israël représentant la totalité du monde environnant. Kissinger s’est d’ailleurs entretenu avec Vladimir Poutine en 2009 et en janvier 2012, deux mois avant sa réélection à la présidence de Russie[xxvi].

Cette subtile stratégie sioniste vis-à-vis de la Russie échappait à l’époque aux analystes, mais comme nous le verrons plus bas, la nouvelle donne géopolitique fait apparaître clairement le jeu israélien et valide l’analyse que j’en faisais en 2015.

Le renforcement de l’alliance russo-iranienne

L’hiver terroriste dont a immédiatement accouché le Printemps arabe a été un révélateur de la nature et de la finalité de ces pseudo-révoltes pour la « liberté » et la « démocratie ».

La contagion terroriste et l’affaiblissement de l’Etat syrien sous la poussée daechienne a contraint la Russie à s’impliquer directement sur le terrain.

L’aggravation de la guerre contre le terrorisme et la pression occidentaliste contre la Russie a radicalisée la diplomatie de la Fédération de Russie vis-à-vis de l’Occident ; parallèlement, la nouvelle donne géopolitique a renforcé l’alliance stratégique entre la Russie et l’Iran.

Ceci a fait échouer, comme je l’annonçais, la stratégie d’Henri Kissinger consistant à découpler la Russie et l’Iran en proposant aux Russes de les intégrer au système international. Poutine n’est pas tombé dans ce piège. Déjà en avril 2015 le président russe autorisait la livraison de missiles défensifs S-300 à l’Iran ; livraison que Dimitri Medvedev avait bloquée durant sa présidence (2008-2012). A cette livraison des S-300 à l’Iran, Israël a réagi en annonçant l’envoie d’armes en Ukraine afin d’alimenter le feu[xxvii] qui couve après les accords de cessez-le feu de Minsk II (12 février 2015) ; Vladimir Poutine avait alors mis en garde Israël contre les livraisons d’armes à Kiev.

Mon analyse de la stratégie sioniste que proposait Henri Kissinger vis-à-vis de la Russie a été confirmée il y a quelques jours par le grossier Benjamin Netanyahou le 5 mars 2017. Le Premier ministre israélien, qui s’apprêtait à se rendre à Moscou, a déclaré qu’il allait tenter de convaincre jeudi (9 mars) Vladimir Poutine d’empêcher une présence militaire iranienne permanente en Syrie :

« L’Iran tente de s’établir de façon permanente en Syrie au travers d’une présence militaire terrestre et maritime et d’ouvrir progressivement un front sur le plateau du Golan », et il ajouta « Je ferai part au président Poutine de l’opposition ferme d’Israël à une telle possibilité. J’espère que nous parviendrons à trouver des arrangements pour éviter des frictions possibles entre nos forces, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant. »[xxviii]

Si Vladimir Poutine a toujours ménagé Israël en raison de l’influence qu’exerce les pro-israéliens à la tête de l’Etat russe – Alexandre Douguine expliquait à ce propos, en septembre 2013, que « la guerre fait rage autour de Vladimir Poutine. Il subit une forte pression des fonctionnaires libéraux, pro-américains et pro-israéliens, qui sont dans son entourage. Ils tentent de le convaincre de rester neutre (par rapport à la guerre en Syrie). Un homme, Vladimir Poutine, et une large majorité de la population russe qui le soutient sont d’un côté, et l’entourage de Poutine constitue une cinquième colonne de l’Occident. Cela signifie que Poutine est seul. Il a le peuple avec lui, mais pas l’élite politique. L’Occident active tous ses réseaux au sein de l’élite politique russe pour peser sur la décision de Poutine. C’est une guerre invisible qui se déroule actuellement.[xxix] – », la situation proche-orientale et les menaces contre la Russie ainsi que l’exacerbation des tensions Est/Ouest, renforce sans doute, à l’intérieur de l’appareil d’Etat russe, Vladimir Poutine, les nationalistes et les eurasistes, face aux libéraux, aux occidentalistes et aux pro-israéliens.

De même qu’en Iran, les Gardiens de la Révolution (les Pasdaran) et plus largement les conservateurs – face à l’hostilité de Trump et sa volonté de déchirer l’accord nucléaire négocié et conclu par les libéraux pro-américains iraniens (représentés par le président Rohani) – voient leur position renforcée au sein de l’appareil d’Etat en Iran.

Il y a donc fort à parier que Netanyahou ne convaincra pas Poutine de s’opposer à la « présence » iranienne en Syrie, ce qui irait à l’encontre des intérêts même de la Russie et de la stabilisation de la Région qui dépend en bonne partie de l’Iran. Si Poutine doit ménager Israël, il n’en demeure pas moins que Netanyahou doit prendre toutes les précautions possibles pour ne pas provoquer des frictions, voire une opposition frontale entre la Russie et Israël, dont les intérêts et la politique, au Proche-Orient, sont diamétralement opposés ; ce que l’évolution de la situation en Syrie met clairement en évidence.

Le basculement définitif de la géopolitique mondiale, dont la Grande Syrie (le Sham) est le pivot et le révélateur, clarifiera de façon nette les alliances et les deux camps qui s’affrontent.

Par Youssef Hindi | 10 mars 2017

[i] Lire la retranscription complète du discours : http://www.mid.ru/en/press_service/minister_speeches/-/asset_publisher/7OvQR5KJWVmR/content/id/2648249

[ii] Edité en 2012, éditions Max Milo.

[iii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme, Sigest, 2015.

[iv] L’Administration américaine a soutenu les Frères musulmans durant 
les élections présidentielles égyptiennes de 2012 et le président élu (destitué un an plus tard) Mohamed Morsi. Morsi a fait ses études et a vécu aux Etats-Unis, et détient par ailleurs la nationalité étasunienne. Il a notamment travaillé en tant qu’ingénieur à la NASA. Lire le très intéressant article sur les rapports qu’entretien le frère de Barak Obama, Malik Obama, avec les saoudiens et les Frères musulmans : http://www. solidariteetprogres.org/actualites-001/freres-obama-protecteurs-terrorisme-islamique-saoudien-10481.html

[v] Le portrait élogieux de Mechaal qu’a dressé le journal Le Monde après sa trahison, est tout à fait significatif : Khaled Mechaal, chef du Hamas, homme aux multiples vies, 07/12/2012.

[vi] Voir : Le Point, « Iran : l’accord sur le nucléaire menacé par Trump », 15/01/2017.

[vii] David Hoffman, « Israel Seeking to Convinces U.S. That West Is Threatened by Iran », Washington Post, 13 mars 1993.

[viii] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., p. 402. Cité par Walt et Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, 2007, La Déouverte, p. 315.

[ix] Voir : Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 316.

[x] Zbigniew Brzezinski et Brent Scowcroft, Differential Containment : American Policy Toward Iran and Iraq, Report of an Independent Study Group on Gulf Stability and Security, Council on Foreign Relations, New York, 1997, p. 5-32 ; et Gary Sick, « Rethinking Dual Containment », Survival, 40, n° 1, printemps 1998. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 316.

[xi] Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 305. Cité par Walt et Mearsheimer, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, p. 316.

[xii] AIPAC, « Comprehensive U.S. Sanctions against Iran : A Plan for Action », Washington, DC, 2 avril 1995.

[xiii] Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xiv] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., pp. 308, 311, 329-330. Voir : Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xv] Michael Smith et Sarah Baxter, « U.S. Generals Will Quits if Bush Orders Iran Attack », Sunday Times, Londres, 25 février 2007.

[xvi] Cité dans Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 403. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 320.

[xvii] Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 314.

[xviii] Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, chap. IV : Géopolitique et stratégie du sionisme, 2015, Sigest.

[xix] Voir les déclarations du ministre des Affaires étrangères britanniques Philipp Hammond rapportées par le site d’information franco-israé- lien Aalyaexpress-News.com, Grande-Bretagne : « Israël veut un état permanent de confrontation avec l’Iran », 16/07/2015.

[xx] Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxi] « President Discusses War on Terror and Operation Iraqi Freedom », 
Cleveland, Ohio, White House, Office of the Press Secretary, 20 mars 2006.

[xxii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, 2015, Sigest.

[xxiii] Ori Nir, « Groups to Bush ». Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxiv] Cité dans James D. Besser et Larry Cohler-Esses, « Iran-Israel Linkage by Bush Seen As Threat »

[xxv] http://www.geopolintel.fr/article970.html

[xxvi] Source : http://fr.rian.ru/world/20120120/193093922.html

[xxvii] Sputnik, Poutine met Israël en garde contre les livraisons d’armes à Kiev, 18 avril 2015.

[xxviii] Le Figaro, Netanyahou veut convaincre Poutine de contrer l’axe Iran-Syrie, 5 mars 2017.

[xxix] Voir l’interview d’Alexandre Douguine : http://manuelochsenreiter.com/blog/2013/9/6/what-will-russia-do

 

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L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre. Par Karine Bechet Golovko.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

lundi 6 mars 2017

 

L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre

 
 
 
La semaine dernière a été marquée par un grand évènement: l'armée syrienne, avec l'appui aérien russe, a pu libérer pour la deuxième fois la ville symbolique de Palmyre. Pourtant, cette bonne nouvelle n'a étrangement pas provoqué d'euphorie, plutôt une surprenante réaction ironique face à ce qui est une défaite importante pour Daech.
 

 
En 2015, les extrémistes de Daech s'emparent de la ville de Palmyre, le joyau du désert. Après une importante campagne, l'armée syrienne avec l'aide de l'armée russe réussissent à libérer la ville en mars 2016. Pour célébrer cette victoire contre la barbarie, un grand concert est organisé. Mais ensuite, la bataille d'Alep occupe toutes les énergies et des groupes islamistes sont gentiment sortis de Mossoul, facilitant la reprise de Palmyre par les extrémistes en décembre. La semaine dernière, après une longue progression, les forces syriennes reprennent tout d'abord la ville Antique, puis libère la ville elle-même.
 
Cette nouvelle est très importante, car la première occupation de la ville par les extrémistes avait causé des destructions difficiles à réparer, importance soulignée par la directrice de l'UNESCO
« La protection du site archéologique de Palmyre est à la fois un enjeu culturel majeur, et un impératif pour la sécurité, la paix et le redressement de tout un pays. » a déclaré la Directrice générale. « Ce patrimoine a traversé les millénaires, il représente un ferment d’unité et d’identité pour le peuple syrien. Sa préservation est inséparable de la protection des vies humaines et fait partie intégrante de la réponse à une situation humanitaire d’extrême urgence. Il doit être laissé en dehors du conflit. »
Une importance telle ... que le silence des Etats occidentaux est assourdissant. La seule réaction notable est celle de la France et de la Grande Bretagne qui présentent à l'ONU une résolution voulant conduire à l'adoption de sanctions contre le régime d'Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre les populations civiles. Cette résolution est soutenue par les Etats Unis, mais la Russie et la Chine y opposent leur véto estimant les preuves apportées contre le régime syrien insuffisantes, alors que celles apportées contre Daech existent et ne sont pas prises en compte. Cet échange diplomatique intervient le 28 févier, alors que l'armée syrienne se rapproche de Palmyre et que sa libéraiton est quasiment acquise. Le calendrier est ici intéressant. Il permet également de communiquer sur l'affrontement entre les Etats Unis et la Russie, bloquant toute possibilité de coopération, même en matière de lutte contre le terrorisme. Car l'ambassadrice américaine reprend la vieille liturgie de l'Administration Obama et envisage même la possibilité d'adopter des sanctions en dehors du cadre de l'ONU:
« La Chine et la Russie ont fait un choix scandaleux et indéfendable aujourd'hui, a-t-elle dit après le vote. C'est un triste jour pour le Conseil de sécurité quand les membres commencent à trouver des excuses à d'autres Etats membres qui tuent leur propre peuple ». « Le monde est sans aucun doute plus dangereux », a conclu Nikki Haley.
Quant à l'opposition syrienne, qui est censée discuter du processus de paix et devrait donc être satisfaite de voir reculer ce qui doit être leur ennemi commun, à savoir les groupes terroristes, les déclarations de son porte-parole laissent perplexe. Selon Nasser al-Hariri:
Le régime et l'EI « sont tous les deux des terroristes.
C'est une position qui ne présage rien de bon pour des négociations de paix. Et il persiste en mettant sur le même pied le régime d'Assad qui lutte contre le terrorisme et Daech, un groupe extrémiste:
« On dirait un épisode de Tom et Jerry, ironise de son côté l’opposition syrienne en évoquant le sort de la cité, tombée deux fois aux mains des djihadistes et reprise deux fois par le régime. « Doit-on féliciter le président Bachar Al-Assad pour la reprise de Palmyre ? Si nous le faisons, il nous faudra aussi féliciter Daech s’ils reprennent une nouvelle fois la ville à l’avenir »
La presse française a une position très simple: soit elle présente les faits bruts, sans auncune interprétation en se cachant comme elle le peut derrière une pseudo neutralité, soit elle cache très mal son ironie, comme dans cet article du Monde dont la déclaration de Hariri est tirée. L'on notera aussi les titres très tendancieux de certains journaux:
 


 
 
Toujours est-il que les forces extrémistes ont été repoussées à plus de 20 km de la ville et que le drapeau syrien a pu remplacer celui de l'état islamique. Cette victoire a eu un effet significatif sur les militaires syriens, dont le moral est au plus haut pour continuer la libération de leur pays. Ce qui, finalement, est le plus important. Mais il est regrettable que les pays occidentaux tiennent une position si hypocrite, qui frise le soutien au terrorisme.
 
 
 
 
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