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Le blog de Lucien PONS

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Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire .

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Ce que Poutine a dit à TF1 et ce que la chaîne a préféré taire .
Dans un entretien attendu à la chaîne TF1, le président russe Vladimir Poutine a donné franchement son avis sur un nombre de sujets, mais le choix des journalistes de la chaîne surprend, beaucoup de points chauds importants sur le plan international ayant été omis. Qu'est-ce que TF1 a passé sous silence? Sputnik publie les parties qui manquent.Le nom du président russe Vladimir Poutine a été évoqué durant cette dernière semaine en France un nombre assez impressionnant de fois en raison de sa visite annulée à Paris et ce qui a précédé : le désaccord concernant la situation dans la ville syrienne d'Alep et la résolution française sur Alep qui s'est heurtée au veto russe. M. Poutine ne vient toujours pas en France, mais il accepte de parler aux journalistes français de TF1 et leur parle franchement et sans éviter les questions délicates.
 
Pour Poutine, la responsabilité de la crise syrienne pèse sur les USA et leurs alliés Or, alors que l'intégralité de l'interview en russe se trouve sur le site de TF1, les journalistes de la chaîne ont choisi de diffuser, pour le journal de 20 heures, une sélection de sujets assez chaotique. Certes, ils n'ont pas négligé les thèmes tels que la visite du dirigeant russe annulée à Paris, sa réaction aux accusations de crimes de guerre et les bombardements à l'est d'Alep. Cependant, bien qu'il y ait bien d'autres questions à soulever, la chaîne a vite passé… à ce que Poutine pensait de Donald Trump. Donc, le reste de l'interview a-t-il paru moins important aux journalistes de TF1 ? Vladimir Poutine dit savoir qui a frappé le convoi humanitaire près d'Alep, et il dit que ce serait un groupe terroriste et que les États-Unis seraient au courant… Pas intéressant ! Il explique pourquoi la Russie n'est pas responsable de la crise migratoire que l'Europe a subie, en réponse à ces nouvelles idées circulant dans des médias occidentaux depuis quelques temps. Il dévoile une proposition extraordinaire qui a été faite à la Russie pour protéger la route avec des soldats russes ou le convoi humanitaire passera. Il revient sur le dernier cessez-le-feu en Syrie, il explique pourquoi et par qui, selon lui, il n'a pas été respecté. Intéressant ? Assez, si on a envie de connaître le point de vue du président russe sur une question sensible plutôt que savoir s'il aime bien Trump… Pour les curieux, Sputnik vous présente les extraits qui ne sont pas parus sur TF1 au journal de 20 heures. « Nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de faire des populations un bouclier humain » © REUTERS/ Abdalrhman IsmailLes terroristes pilonnent l'ouest d'Alep à l'aide du «feu de l'enfer» Pour décrire l'ampleur des atrocités aujourd'hui, le président russe a tenu à rappeler entre autres une frappe contre un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan, puis une frappe plus récente au Yémen. « Maintenant, concernant l'aspect humanitaire autour d'Alep. Est-ce que nous avons donc oublié comment l'aviation américaine avait frappé un hôpital en Afghanistan en tuant notamment le personnel de Médecins sans frontières ? Des centaines de personnes, d'invités à des fêtes de mariage, ont été supprimées en Afghanistan. Et aujourd'hui qu'est-ce qui s'est passé au Yémen ? Une seule frappe et 170 personnes tuées et 500 blessées lors d'une cérémonie funèbre », a fustigé M. Poutine. « Partout où ont lieu les combats, malheureusement les personnes absolument innocentes meurent et souffrent. Mais nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de faire des populations un bouclier humain et ne pouvons pas leur permettre de faire chanter le monde entier lorsqu'ils prennent quelqu'un en otage, lorsqu'ils tuent, lorsqu'ils décapitent », a-t-il poursuivi. « Si nous voulons mener le combat contre le terrorisme jusqu'au bout, il faut les combattre et non pas se laisser mener par la bride, ne pas s'incliner et ne pas reculer ». La trêve en Syrie « Tout récemment, nous nous sommes mis d'accord sur le fait qu'un cessez-le-feu serait déclaré, sur un jour D comme disaient nos amis américains. J'ai insisté pour qu'ils résolvent d'abord le problème de séparation du Front al-Nosra et des autres terroristes de la partie saine de l'opposition et qu'après ça, on décrète un cessez-le-feu », a commencé le président. Pourtant, les États-Unis ont affrimé qu'il fallait d'abord déclarer un cessez-le-feu et qu'après ils allaient résoudre le problème de séparation entre les terroristes et les non-terroristes. « Finalement, nous avons accédé à leurs désirs, nous avons accepté et le 12 septembre a été décrété jour de silence, d'arrêt des combats. Mais le 16 septembre, l'aviation américaine a frappé l'armée syrienne en faisant 80 morts ». La frappe de la coalition internationale dirigée par les USA « Au même moment, tout de suite après la frappe aérienne, Daech — là il s'agit déjà de Daech — est passé à l'offensive sur ce tronçon-là. Nos collègues américains nous ont dit que c'était une frappe par erreur. Mais cette erreur a conduit à la mort de 80 personnes. C'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que c'est peut-être aussi par hasard que Daech est passé à l'offensive tout de suite après ces frappes », a fait remarquer M. Poutine. En même temps, au niveau le plus bas, au niveau opérationnel, un militaire américain a raconté qu'ils avaient préparé cette frappe pendant plusieurs jours. Comment est-ce qu'ils ont pu frapper par erreur s'ils l'avaient préparé pendant plusieurs jours ?, s'est interrogé le président. « Nos accords de cessez-le-feu ont donc été compromis. Qui les a compromis ? Est-ce que c'est nous ? Non ». La situation humanitaire à Alep « Nous tous, en revenant à Alep, parlons de la nécessité de faire passer les convois humanitaires. Tout le monde essaye de nous convaincre qu'il faut le faire. Mais il ne faut pas nous convaincre, nous sommes du même avis, nous pensons qu'il faut organiser un convoi humanitaire. Mais comment le faire ? Il n'y a qu'une seule route que les convois doivent emprunter. D'un côté il y a des combattants, de l'autre les forces de l'armée syrienne. Nous savons déjà qu'il y a eu une provocation, qu'un de ces convois a été frappé, et nous savons au juste que ça a été fait par un des groupes terroristes ». © Sputnik. Michael AlaeddinMoscou reçoit une «offre exotique» pour assurer la sécurité des frets humanitaires à Alep Puis, face aux propositions russes de retirer les commandos d'un côté et l'armée syrienne de l'autre pour laisser le passage libre sur cette route aux convois humanitaires, le chef d'État russe a mentionné la « proposition exotique » que Moscou a reçue. « Et puis on nous fait une proposition exotique. Je vais vous étonner, vous et vos spectateurs. On nous propose que nos forces armées, les militaires de l'armée russe se dressent sur cette route pour garantir la sécurité. Nos militaires, gens courageux et résolus, sont venus me dire : d'accord, nous sommes prêts. J'ai dit : non, si nous le faisons, nous le faisons avec les Américains, proposez-le-leur. Nous l'avons proposé, eux [les Américains] ont tout de suite refusé, ils ne veulent pas se dresser, ils ne veulent pas retirer les unités de combat de ces groupes d'opposition, de ces groupes terroristes. Que faire ? » L'accord avec Bachar al-Assad © AFP 2016 Omar haj kadourPoutine dit savoir qui a frappé le convoi de l'Onu près d'Alep « Nous nous sommes mis d'accord avec le président Assad, il a accepté d'emprunter la voie de l'adoption d'une nouvelle constitution et à organiser des élections sur la base de cette constitution. Or, on ne parvient à en convaincre personne », a déploré M. Poutine. Si le peuple ne vote pas pour le président Assad, le pouvoir sera changé par voie démocratique, et ceci non pas au moyen d'ingérence armée extérieure, mais sous un strict contrôle international, sous le contrôle de l'Onu. « Je ne comprends pas que cela puisse ne pas arranger qui que ce soit : c'est un instrument démocratique de règlement du problème du pouvoir. Cependant, nous sommes toujours optimistes et nous espérons réussir à persuader nos collègues et partenaires que c'est l'unique moyen de régler le problème ». Crise migratoire Le dirigeant russe n'a pas non plus négligé un problème qui agace, mais persiste toujours, irrésolu : l'afflux de migrants en Europe. « Souvenons-nous que le problème des réfugiés est apparu bien avant que la Russie ait commencé à faire des efforts en vue de normaliser et stabiliser la situation en Syrie. L'exode massif des populations de cet énorme territoire du Proche-Orient et même de l'Afrique, de l'Afghanistan, il a débuté bien avant nos activités en Syrie ». « Toute accusation contre la Russie selon laquelle elle porterait la responsabilité du problème des réfugiés est absolument infondée. Notre objectif consiste justement à faire en sorte de créer les conditions de retour des gens chez eux », a résumé M. Poutine. Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

 
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SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS... La vigilance est de mise!

14 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

13/10/2016

SUR LE FRONT DES COUPS TORDUS

1. Russian Navy.jpg

 

Saker.Is : Scott’s Corner

 

Sur le front des coups

 

tordus

 

USRAELIENS…

 

8. Paper plane.gif

 

Quelques secrets militaires à mettre dans votre pipe et à fumer

Scott Humor – The Saker.Is 10 octobre 2016

 

2. Scott - 1.jpeg

 

Les États-Unis et l'Ukraine sont peut être en train de planifier une provocation de type MH17 en Syrie.

À Washington, on veut peut-être si désespérément discréditer Poutine et Assad, sur le point d’anéantir les terroristes à Alep, qu’on est prêt à rééditer le coup honteux du Donbass.

Anna S.


Depuis le 17 Septembre, où l'US Air Force a bombardé les troupes syriennes assiégées par les troupes terroristes US dans la ville de Deir Ezzor, et le bombardement qui a suivi du convoi humanitaire de l'ONU, on guette la prochaine provocation du Pentagone et de la CIA. Les spécialistes en PSYOP militaires sont payés des millions de dollars pour inventer ces provocations, et nous, collectivement, nous essayons de les empêcher de se produire et, aussi, de les démêler après qu'elles aient eu lieu. Nous rendons ces services à titre bénévole.

 

N’oubliez pas de contribuer au Saker pour que nous puissions continuer !

 

En attendant, voici quelques bribes d'information qui pourront vous donner à réfléchir.

Le 6 octobre 2016, Christian Borys, journaliste canadien qui opère en Europe de l’Est et Centrale et qui collabore à VICE, The Guardian, RFERL, The Daily Beast, MacleansMag, The EIU, Global Television, Al Jazeera, a posté le tweet suivant :

Les États-Unis sont en train de repeindre leurs F/A-18 pour leur donner l’apparence des jets russes qui sont en Syrie. Formation courante mais néanmoins intéressante.

 

3. SCOTT - 2.jpg

 

Le 9 Octobre, certains traceurs de vol ont remarqué une incohérence dans l’itinéraire d'un avion appartenant à une compagnie aérienne ukrainienne.

Un vol civil [de passagers, NdT] d'Ukraine vers Israël, a pris une route plutôt inhabituelle et dangereuse.

État des vols de la Mediterranean Airlines ukrainienne de Kiev à Amman (Code UF781)

 

Tweet de Julian Röpcke :

Cet avion de ligne ukrainien qui va de Kiev à Amman prend une route plutôt inhabituelle et tout à fait dangeureuse.

 

4. Scott - 3.jpg

 

Tweet de Dmitry Tarasof à KatMotja :

Les Ukrainiens envoient leurs avions civils survoler la zone des hostilités. Je me fiche de cette entourloupe - mais un accident leur fournirait l’occasion d'accuser la Russie.

 

Informations générales de vol : Vol UF781 des Mediterranean Airlines ukrainiennes – informations et statut de vol.

Le vol UF 781 relie l'aéroport Borispol de Kiev à l'aéroport International Queen Alia d'Amman. Le vol est assuré par la compagnie aérienne ukrainienne Mediterranean Airlines (code IATA : UF ; code OACI : UKM). La distance entre les deux aéroports est d'environ 2,085 km et le temps de vol d'environ 3h 18m (le temps de vol est approximatif et peut varier en fonction de la route suivie et du type d'avion utilisé). Pour les vols de certaines compagnies (et vers les principaux aéroports), on peut aussi trouver des informations en temps réel sur l'arrivée ou le départ du vol, des informations sur les retards ou les annulations, et l'état du vol.

 

Tweet de KatMotja à Tarasof :

Les Ukrainiens pourraient l’abattre ou le faire tomber et en accuser les C300 mais le faire tomber sur le territoire de l’IG ilikourdaf.


Tweet de Tarasof à KatMotja :

Aller-retour par dessus un territoire contrôlé par Al-Nosra et sécurisé par Israël.

5. Scott -4.jpg

Aller

 

6. SCOTT - 4 bis.jpg

Retour

 

7. Scott 4 ter.jpg

 
Comme vous pouvez le voir, le vol UF-781 a brusquement tourné à gauche et fait une boucle au-dessus du territoire syrien, au lieu de suivre une route sûre et directe vers Israël. Au retour, il a fait la même chose.

Si on considère que les troupes terroristes américaines qui combattent en Syrie viennent de recevoir des MANPADS [Man-portable Air-defense System, NdT] du Pentagone, survoler la zone de guerre syrienne n’est pas une idée particulièrement brillante. On pourrait peut-être essayer de savoir qui était le pilote ? Intéressant aussi de savoir ce que les passagers pensent de tout ça ? Parce que plusieurs choses pourraient se produire… dont je vais vous faire la liste ci-dessous.

Le 9 octobre aussi, un traceur de vols israélien a tweeté une curieuse capture d'écran.

Au moins 4 plans USN (P8A & TEX2), 1 de la NASA, 1 BE20 de l’armée US et des AZAZ909 c/s généralement utilisés par les Forces Aériennes Russes @planesonthenet ?? https://twitter.com/yanivschwartz/status/785166223134851072

On dirait que les P8 pourraient avoir été des avions qui retournaient en Floride après l’évacuation consécutive à l’ouragan. Mais pourquoi le radar a-t-il vu deux avions russes AZAZ909 et AWACS ?

Yaniv Schwartz a également tweeté :

« si vous relisez cet écran vous pouvez voir que les 2 Azazs ont exactement le même hex et le même reg ... peut-être un pépin ou quelque autre mystère ».

 Ce qui signifie que le radar a vu deux avions avec le même code hexadécimal, et le même numéro d'enregistrement. Et ça, ce n’est possible que s’il s’agit d’une falsification.

Complément d’information ici :

En résumé…

Nous avons été informés de ce qu’au moins la semaine dernière, avec sueur, sang et larmes, la force aérienne des États-Unis a repeint ses F/A-18 aux couleurs bleu ciel et blanc de la Fédération de Russie.

Au cours de cette semaine mouvementée, le Pentagone est sorti de sa réserve pour déclarer que, par l’entremise de ses suppléants ou directement, il allait tuer toujours plus de soldats russes en Syrie et plus de citoyens russes dans les villes russes. [Ce qui semblerait impliquer qu’il l’a déjà fait… dans les villes russes. NdEd.]

La Russie a répondu en promettant d’abattre les « objets volants non identifiés » et tout ce que la force aérienne russe pourrait percevoir comme une menace.

La Russie a aussi installé, bien sûr, ses lanceurs de missiles anti-aériens S-300.

Nous possédons donc la preuve que des avions de combat américains ont été repeints aux couleurs de la Russie. Et nous possédons la preuve que des avions de combat américains volent avec des transpondeurs capables de tromper les radars, imitant le code hexadécimal et l'enregistrement des avions de reconnaissance russes. On ne possède cette preuve que pour deux avions, mais deux avions suffisent pour une provocation.

Et nous avons enfin un jet civil ukrainien plein de passagers, en route pour Amman en Jordanie, qui survole la zone d’interdiction de vol en Syrie.


Développements possibles ...

 

  • Le camouflage des avions de combat américains aux couleurs russes n’était pas un « entraînement régulier ».

 

  • Le régime ukrainien envoie son avion de ligne plein de passagers survoler une zone de guerre pour qu’il y soit abattu par un avion de chasse américain camouflé en jet russe, de façon que la Russie soit accusée de l’avoir fait.

 

  • Variante : les États-Unis font abattre un avion de ligne ukrainien sur le territoire occupé par leurs troupes terroristes (ISIS, DAECH, Al-NOSRA, Kurdes) et clament qu’il l’a été par les S-300 russes. Le territoire étant contrôlé par eux, il serait impossible de prouver le contraire, comme dans le Donbass avec le MH17.

 

  • Au cours des deux dernières semaines, des jets de reconnaissance américains ont effectué plusieurs vols le long de la côte de Crimée pour pouvoir y lire les paramètres des radars russes, parce qu’ils avaient besoin de connaître les paramètres exacts des radars pour être en mesure de calculer ce que ceux-ci voient, de façon à pouvoir produire les signaux de transpondeurs russes AZAZ 909 et ADS-B.

 

  • Il n'y a pas eu de jets imitant l’AZAZ au-dessus du Maryland, mais c’était une tentative de tromper les radars civils et d’utiliser les traceurs de vol pour falsifier les informations de vol, c’est-à-dire en substance, pour poster sur les radars civils de faux renseignements concernant des avions inexistants, que le Pentagone veut que les services publics trouvent sur les traceurs de vol. Dans ce cas précis, le Pentagone voulait que les gens pensent que deux avions de reconnaissance russes avaient survolé Washington.

 

  • Habituellement, il arrive que d’autres traceurs de vol confirment certaines informations intéressantes. Dans ce cas-ci, ils sont tous restés muets. Sont-ils restés muets parce qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un trucage ? Il se pourrait que « Yaniv Schwartz » fasse partie d'une sorte de complot et qu’il/ils ne répandent ces informations que dans le but de provoquer une panique au sein du crédule public américain.

 

C’est tout ce que j’ai pour l’instant.

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?

Bien des choses.

Scott

Suivez-moi sur Twitter pour d’autres mises à jour.

 

Source : http://thesaker.is/a-few-military-secrets-to-put-in-your-...

(La source d’origine est KatMotja – le chat Mathieu – qui est, comme nos lecteurs le savent désormais, un analyste militaire russe, mais plus vraisemblablement un groupe de ces Messieurs.)

 

Traduction du russe : Scott Humor

Traduction de l’anglais : Anna S. pour A.S.I. et Les Grosses Orchades

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Syrie : La Praxis du Prédateur … Par Georges Stanechy

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

 Syrie : La Praxis du Prédateur … Par Georges Stanechy

« Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur …

Ils doivent être assoiffés de sang.
Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire.
Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. »

Eskiminzin (1)

"The resolution of the Syrian crisis will only be possible through war" : la solution de "la crise" en Syrie ne sera possible qu'à l'issue d'une guerre...

Je partage cette conclusion, ou prémonition, formulée par Semen Bagdasarov, directeur du "Center for Middle Eastern and Central Asian Studies" ; lors des dernières négociations Lavrov-Kerry à Genève. (2)

Des heures de discussions sur l’organisation d’une période de trêve en Syrie, entre le représentant du gouvernement légitime et celui d’une myriade de milices mercenaires déguisées en "rebelles" ou "opposants au régime".

Qui n'a même pas tenu une journée...

Chacun de nous savait qu’aucun accord n’était possible. Tout autant que les négociateurs eux-mêmes. Malheureusement pour la Nation Syrienne...

La Praxis du Prédateur

Deux évidences :

i) A aucun moment les USA et l’OTAN n’allaient abandonner sur le terrain les mercenaires qu’ils recrutent, entraînent, arment, équipent, soignent, et financent (directement, ou indirectement, en puisant dans les caisses de leurs colonies du Golfe). Depuis plus de 5 ans…

Notre ancien ministre des Affaires Etrangères (1984 - 1993), Roland Dumas, confirme que dès 2009 des responsables britanniques lui avaient annoncé "l’invasion de la Syrie". Le sollicitant de participer à cette opération d’envergure pour le "Bloc Occidental".

Avec de gros moyens : financiers, militaires, logistiques, sur fond de "sanctions économiques" pour ceux qui s'y opposeraient et d'une colossale campagne de désinformation couvrant des dizaines de pays.

En comparaison, la destruction de la Libye représenterait des manœuvres militaires de dimensions modestes... (3)

Non pas par scrupules quant au respect de contrats avec des voyous et des tueurs venus de tous les horizons. Selon une récente étude effectuée par le centre de recherche allemand Center for German Studies "Firil", il y en aurait eu, depuis le début de "l'invasion" : 360.000 issus de 93 pays.

La majorité en provenance d'Europe et d'Amérique : 215.000. L'Arabie Saoudite en fournissant 25.000. A ce jour 90.000 auraient été tués, et autant blessés plus ou moins grièvement ; avec évacuation et traitement dans les Etats limitrophes de la Syrie, y compris en Israël. (4)

Encore moins, par scrupules quant au respect d’engagements à l’égard d’une "coalition" de pays asservis pour lesquels la caste dirigeante des USA n'éprouve que le plus complet mépris ; la France, dans le même sac que les satrapes corrompus du Golfe...

Mais, tout simplement, par stricte application d’une géopolitique idéologiquement coloniale qui est de démanteler et contrôler tous les Etats de la région, en pillant leurs immenses ressources énergétiques (s’arrogeant, de fait, un rôle dominant sur ce marché à l'encontre, plus particulièrement, de la Russie et de la Chine) et les maintenant dans le sous-développement.

Le tristement célèbre "plan" Oded Yinon, dès 1982 - 34 ans déjà… , annonçait la volonté des occidentaux de dépecer, entre autres pays du Moyen-Orient, la Syrie. Le démembrement de l’Irak et de la Syrie étant considéré comme des priorités. Opération minutieusement exposée dans l’ouvrage : A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (ISBN 0-937694-56-8). (5)

Alors, pourquoi ce cirque diplomatique ?...

Ce théâtre d’ombres et d’illusions sert de couverture, ou de démonstration, à l’intention des deux principales "opinions publiques" de cette planète. L’une, dite « occidentale », regroupant les pays membres de l’OTAN et ses satellites, sous tutelle des USA ; l’autre, plus ou moins indépendante par rapport à cette emprise, dont Russie et Chine en tant que promoteurs d’un « monde multipolaire ».

Les USA, menant une coalition de vassaux et semi-colonies, imposant en Syrie une sauvage stratégie de conquête et d’annihilation d’un peuple et de son pays. Simulant une ferme volonté de paix, tout en en diabolisant les pays qui refusent de se soumettre à leur volonté d’hégémonie.

Le gouvernement de la Syrie, représenté par la Russie, démontrant sa volonté de conciliation tout en forçant les pays de l’OTAN à reconnaître leur entreprise criminelle, par l’aveuglant dévoilement de leur assistance et protection aux pires terroristes et assassins sur le territoire syrien. Incapables, notamment, d'indiquer les emplacements des soi-disant "rebelles modérés" qu’il conviendrait de ménager…

C’est "la logique du prédateur". Sa praxis. Dont l’Histoire aux multiples aventures et guerres coloniales a exposé, au cours des siècles, les implacables rouages et mécanismes broyant des millions de vies… (6)

Tout est formaté au service de son objectif ultime. De l’idéologie se voulant "rationnelle", à ses actions froidement criminelles justifiées par son inébranlable "Bonne Conscience", des Droits de l’Homme et de la Démocratie. Dans le temps, il s'agissait d'apporter le Christianisme ou la Civilisation à des sauvages vivant dans l'obscurantisme de la barbarie, ou risquant de sombrer, lors de la Guerre Froide, dans le "communisme"... (7)

Dans le cas syrien : qui n’est pas de « renverser le régime de Bachar el-Assad » afin d’instaurer "la démocratie" ; mais d’installer une administration de "collabos", déguisés en « opposants modérés », gérant la partition et la spoliation des ressources du pays sur instruction de leur maître : les USA.

"Le prédateur" n’a qu’un seul credo : "La Loi du Plus Fort". Méthodiquement, cyniquement, il poussera son avantage jusqu’à l’extrême, ne connaissant aucune limite à ses exigences tant qu’il sait que sa domination ne peut être remise en cause par "la force".

Certains pays y sont arrivés, dans d'épouvantables violences et dévastations. Le cas le plus emblématique, au XX° siècle, a été le Viêt Nam qui au terme d’une lutte de 20 ans a réussi à mettre en fuite les USA, ses alliés et ses "collabos". Dans un pitoyable sauve-qui-peut, le 30 avril 1975, dont les photos on fait le tour du monde.

Enseignement incontournable de l’Histoire impériale, coloniale, spoliatrice, ou autre : à défaut de recevoir une vigoureuse raclée, "le prédateur" considérera tout accord ou traité comme un « chiffon de papier »…

Fuite de Saigon par les occupants US (toit de l'ambassade) et leurs "collabos-opposants modérés" - 30 avril 1975 -

Fuite de Saigon par les occupants US (toit de l'ambassade) et leurs "collabos-opposants modérés" - 30 avril 1975 -

Chiffon de papier

Je n’ai pas cru un dixième de seconde à la fable, circulant abondamment dans les médias, sur de supposées « divergences » entre la présidence américaine et la hiérarchie militaire qui ne lui obéirait pas. Scénario à grosses ficelles rappelant les romans ou films policiers, avec la paire du méchant qui cogne le "présumé coupable", et du bon qui lui offre des cigarettes… Même objectif : le faire "craquer".

Les pouvoirs civils et militaires, aux USA comme en Europe, cooptés par l’Etat profond et à son service zélé, agissent en parfaite coordination. Dans une répartition des rôles rigoureusement définie : "le gentil" donneur de leçon de morale paravent de sa fourberie (8) ; "le traîneur de sabre", qui menace ou tue sans prévenir. A l'exemple du massacre aérien - une heure durant - des troupes gouvernementales syriennes à Deir Ezzor ; au lendemain des dernières négociations sur la trêve…

Dans une guerre de conquête lancée contre des nations estimées plus faibles que lui, face à une forte résistance le prédateur n’hésitera pas à multiplier négociations, signatures, accords, traités, de cessez-le-feu, de trêve, ou de "paix". Qu’il s’empressera de renier, sous le moindre prétexte. Rejetant systématiquement la responsabilité sur son opposant. Alors qu’en réalité, l’état de faiblesse militaire et économique de la partie adverse ne lui permet pas, en aurait-elle la volonté, de se livrer à pareille pratique.

Les invasions et conquêtes coloniales des puissances européennes, qui ont marqué les siècles passés sur tous les continents et océans, en sont jalonnées ; plus particulièrement : Espagne, France, Grande-Bretagne, Hollande (Indonésie), Italie (Ethiopie - Somalie), Portugal, etc.

Dès le XIX° siècle, les Etats-Unis ont pris le relais de cette féroce expansion. Dans l’hyper-violence d’impitoyables massacres, dissimulée par une cynique propagande, tant à l’égard de son opinion publique qu’à celle des pays partenaires ou étrangers. Autorités civiles et militaires en parfaite interaction, sur fond de rituelles "grandes déclarations" la main sur le cœur et postures diplomatiques "Humanitaires". Massacrer, occuper, piller, en défendant énergiquement "La Civilisation".

Les traités ne sont que des pauses pour mieux relancer actions ou pressions, guerrières ou financières, brigandages ou destructions, afin de briser toute résistance à sa domination. Jusqu’à l’acceptation de l’intégralité de ses exigences et volontés.

A commencer par l’invasion des terres de l’Amérique du nord : perpétuelle violation des traités et accords signés avec les nations et peuples amérindiens ou indiens dits "peaux-rouges". Les Guerres Indiennes, socle de massacres sur lequel se sont édifiés les Etats-Unis, ont duré plus d'un siècle - de 1778 à 1890 - constituant un effrayant et dramatique témoignage d’accusation sur la barbarie humaine.

Conséquence de cette invasion, rien que sur le territoire actuel des USA : plus de "6 millions de morts" au sein de ces nations, pire : une dizaine de millions… Dont la civilisation a pratiquement été éradiquée, alors qu’elle a tant à nous apprendre sur la relation de l’Homme avec la Nature et le Cosmos. (9)

D’après historiens et démographes, la population de ces peuples est estimée entre 9 et 11,5 millions au début du XVI° siècle. En 1890, les indiens d’Amérique du nord n'étaient plus que 250.000 environ, la plupart malades, souffrant de malnutrition et de désespoir ; déportés, enfermés, dans des "Réserves" loin de leurs terres ancestrales. (10)

Howard Zinn, a été un des rares historiens américains à avoir le courage de dénoncer le machiavélisme, la cruauté, des gouvernements américains successifs, organisant, gérant, impitoyablement ce génocide, rappelant qu’ils ont « signé plus de quatre cents traités avec les Amérindiens et tous violés, sans exception. » (11)

Oui… Rien qu’avec les Nations Indiennes : 400 Traités et Accords, systématiquement violés par les Etats-Unis !…

Rien de surprenant de voir les Etats-Unis, au Moyen-Orient, par l’entremise de son "51° Etat", Israël, violer en permanence les "accords de paix" avec la Nation Palestinienne ; tout en ignorant les résolutions de l’ONU sur la protection de son peuple et son territoire, ses poètes et sa longue civilisation. Depuis des décennies…

D’Accords de Camp David en Accords d’Oslo, négociations et traités ne représentent qu’une mascarade pour anesthésier les opinions. Permettant au prédateur d’étendre méthodiquement ses "colonies" en Palestine, tout en réduisant en cendres, à intervalles réguliers, dans l'impunité et une abjecte monstruosité, les moindres efforts du peuple spolié pour sortir de son état de détresse…

Le spoliateur ne lâchera pas sa proie. Pas encore. Mais, inéluctablement…

Débâcle de Saigon - 30 avril 1975 - l'US Navy jettant par-dessus bord ses hélicoptères pour embarquer davantage de fuyards

Débâcle de Saigon - 30 avril 1975 - l'US Navy jettant par-dessus bord ses hélicoptères pour embarquer davantage de fuyards

Tigre de papier

On n’en parle jamais dans nos livres d’histoire, mais même la Chine a enduré les "négociations", multiples exigences et spoliations, imposées par la « Coalition » des grandes puissances de l’époque, pendant un siècle (1840-1940) : un “Traité” suivant l’autre pour mieux piller et asservir la Chine. Jusqu’au jour où elle a pu y mettre fin "par la force", mettant en fuite leur marionnette Tchang Kaï-chek, le 8 décembre 1949, se réfugiant sur l’île de Taïwan (ex-Formose) ; annexée et occupée par le Japon de 1895 à 1945…(12)

Pas de quoi s’étonner de voir qu’un an après la signature de l’accord sur le fumeux dossier nucléaire iranien, les Etats-Unis n’ait pas encore levé "les sanctions" comme tous les signataires s’y étaient engagés à compter du 1er janvier de cette année ; l’Iran ayant respecté à la lettre ses propres engagements.

Bloquant ainsi tous les grands projets économiques ou d’investissements en perspective avec, notamment, l’Europe (Chine, Russie, Inde, Corée du sud, Japon, profitant de l'opportunité). Entravant non seulement, les intérêts de ses partenaires européens, mais allant jusqu’à leur infliger des "pénalités" à effet rétroactif pour non respect d'un embargo unilatéralement imposé.

Les oligarques français se taisent et rasent les murs, dans une obséquieuse servilité. En premier : tous les Young Leaders, cinquième colonne de notre servitude atlantiste, qui truffent notre gouvernement et notre « haute administration »… Les allemands, en visite actuellement à Téhéran se sont laissés allés à quelques grognements d’impatience. Les responsables des 160 entreprises, en délégation avec leur ministre de l'économie et Vice Chancelier, commencent à s’impatienter des délires des néoconservateurs US. (13)

En France, on n'ose même pas...

Il est vrai que pour les milliardaires qui gouvernent les USA, depuis l’origine, "partenaires" ou "alliés" étrangers ne sont tout au plus que des larbins…

Souvenons-nous, malgré le silence hermétique de nos historiens, même le silence "académique" s’achète…

A peine leur indépendance obtenue (3 septembre 1783), avec l’aide considérable pour l’époque de notre armée de terre, de notre marine, de notre diplomatie, de nos services de renseignement, sans oublier de "nos finances" alors mal en point, les Etats-Unis, profitant de la période révolutionnaire en France, refusèrent de rembourser leur dette !... Prétextant qu’elle ne concernait que la "France royale" et non pas la "France républicaine"… Même les invalides (certains y laissèrent un bras, une jambe, ou un œil...) et vétérans français ne reçurent pas leurs pensions promises pour partager les combats des indépendantistes, malgré une délégation auprès de Thomas Jefferson…

Le Directoire, précédant le Consulat et l'Empire, insistant lourdement, dénonçant un peu trop bruyamment ce comportement, la réaction fut immédiate :

« Le Congrès américain abrogea tous les traités bilatéraux signés au préalable avec la France. Le président John Adams refusa d'engager son pays dans une guerre formelle.

Cependant, par mesure de rétorsion, et avec l'autorisation du Congrès, il instaura un embargo sur les produits français, chargea le docteur Edward Stevens de soutenir la révolution haïtienne contre la présence coloniale française et ordonna à la marine américaine de capturer les navires français. » (14)

Les Etats-Unis se livrèrent ainsi à une "guerre non déclarée" à l’encontre de la France, de 1798 à 1800 : appelée pudiquement "Quasi-Guerre" - "Quasi-War" dans les ouvrages en anglais. La France y perdit une centaine de bâtiments de guerre, un millier de canons de marine, et quelques uns de ses meilleurs officiers et marins, qui lui firent grand défaut lors des combats navals de la période napoléonienne…

Et ce ne fut pas "une guerre en dentelles"…

La corvette Le Berceau que commandait un de nos plus vaillants officiers de marine, le capitaine Senez, fut obligée de se rendre après avoir été démâtée, dans l’impossibilité de manœuvrer, après un violent combat naval provoqué par une frégate américaine Le Boston ; bâtiment plus gros et plus puissamment armé (en portée et calibre). Fait prisonnier le capitaine Senez, à son retour de captivité livra un témoignage accablant : contrairement aux usages de la guerre navale, il vit ses bagages et effets personnels pillés, et tous les marins français "mis au fer" (en clair : "enchaïnés") après avoir été régulièrement "maltraités" (en clair : "tabassés"). (15)

Ce survol de l’Histoire donne la lucidité suffisante pour comprendre que les Etats-Unis au Moyen-Orient comme ailleurs et de tout temps, plus spécialement en Syrie actuellement, ne respectent rien, et ne respecteront rien. Dans leur vision, leur projet, leurs valeurs : tout n’est que « chiffon de papier ».

Ils veulent la guerre. Une guerre régionale. Ils l’auront. Tout le monde s’y prépare. Mais, il est affligeant de voir nos forces armées, inféodées à des va-t-en-guerre hallucinés, semer le chaos dans des pays qui ne nous ont rien fait.

Outre l'aspect matériel, le coût humain sera gigantesque, pas seulement pour les populations locales... Il sera difficile d'en limiter les effets à la seule région. La diplomatie de la Russie parle des "conséquences tectoniques" qu’elle va entraîner. Entre autres, la disparition des entités nées de la dissolution de l’Empire Ottoman : monarchies du Golfe et entités coloniales artificielles …

Mais, peut-être est-ce le dernier sacrifice que cette région martyrisée depuis des décennies doit consentir ?... Sachant que ce n’est, comme les Vietnamiens ont pu le réaliser, qu’en jetant par-dessus bord agresseurs, occupants et collabos que "La Renaissance" de cette région pourra enfin éclore. Dans la paix et le développement concerté, entre pays voisins et frères.

Le "prédateur" oublie toujours qu'au fil du temps sa politique du "Chiffon de papier", le réduit en "Tigre de papier"…

Mao Tsé-toung le prophétisait, en 1956…

La Chine sortait épuisée d’une longue occupation occidentale, puis japonaise, suivie d’une guerre civile entretenue par les Etats-Unis. Ces conflits provoquant la mort de plus de 30 millions de personnes et d’immenses destructions ; épuisement accentué par les mesures d’embargo et de sanction prises par les membres de l’OTAN et ses soubrettes, dès la naissance de la République chinoise en 1949.

Mao considérait l’impérialisme américain comme un « Tigre de papier » (16) :

« Aujourd'hui, les Etats-Unis sont puissants, mais à envisager les choses dans un cadre plus large, dans leur ensemble et à longue échéance, du fait qu'ils sont impopulaires, que leur politique est détestée et qu'ils oppriment et exploitent le peuple, "le tigre est voué à la mort".

Par conséquent, il n'a rien de terrible, et on peut le mépriser. »

Panique à Saïgon - 30 avril 1975 - Explications fraternelles entre "occupants" et "collabos-opposants modérés" lors du sauve-qui-peut. Préfigurant les scènes à venir au Moyen-Orient...

Panique à Saïgon - 30 avril 1975 - Explications fraternelles entre "occupants" et "collabos-opposants modérés" lors du sauve-qui-peut. Préfigurant les scènes à venir au Moyen-Orient...

1. Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire des Apaches – La fantastique épopée du peuple de Géronimo – 1520-1981, Albin Michel, 1987, p. 177.
2. Pentagon 'Succeeded in Ruining' Lavrov-Kerry Deal on Syria, 20 septembre 2016,
https://sputniknews.com/politics/20160920/1045493789/pentagon-russia-us-deal.html
3. Entretien avec Roland Dumas sur la crise syrienne et la politique étrangère de la France,
par Observatoire Des Mensonges d’Etat, lundi 24 février 2014,
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/entretien-avec-roland-dumas-sur-la-148405
4. Report: 360,000 Foreign Nationals from Tens of States Fighting Alongside Terrorists in Syria, Fars News, 9 août 2016,
http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13950519000699
5. Georges Stanechy, Calife ?... Moi : Archevêque !, 30 septembre 2014,
http://stanechy.over-blog.com/2014/09/calife-moi-archeveque.html
6. Lire et relire l’ouvrage fondamental écrit par l’universitaire français Olivier Le Cour Grandmaison pour prendre conscience de ce pan de l’Histoire humaine, complètement occulté dans nos enseignements, réflexions et analyses : Coloniser - Exterminer – Sur la guerre et l’Etat Colonial, Fayard, 2004.
7. Georges Stanechy, Et, Un Tonneau d'Oreilles !... Un !..., 6 septembre 2007,
http://stanechy.over-blog.com/article-12203963.html
8. Leaked Tapes Reveal Secretary of State John Kerry Still Wants War Against Syria - Des enregistrements révèlent que le Ministre des Affaires Etrangères John Kerry souhaite la guerre contre la Syrie - 1er octobre 2016,
https://sputniknews.com/middleeast/20161001/1045910436/john-kerry-war-syria-assad.html
9. David Roberts, Nous étions libres comme le vent, De Cochise à Géronimo – Une histoire des Guerres Apaches, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993.
10. Georges Stanechy, Geronimo…, 8 mai 2011, http://stanechy.over-blog.com/article-geronimo-73423407.html
11. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 592.
12. Ce chef de guerre ultra-corrompu, malgré l'appui du colossal arsenal des USA accumulé dans le Pacifique par les USA à l'issue de la 2° guerre mondiale, était l'objet de la détestation du peuple chinois. Vaincu, il a pu s'enfuir sur les bâtiments de l'US Navy avec sa bande, ses milices et "... tous les trésors artistiques de la Chine ancienne. Ils font aujourd'hui la fierté du musée national de Taïpeh, la capitale de l'île."
https://www.herodote.net/8_decembre_1949-evenement-19491208.php
Qu'on se rassure : la Chine les récupérera lors de la future et inévitable réunification avec Taïwan.
13. Germany to press US to effectively lift Iran sanctions : Vice chancellor, 3 octobre 2016,
http://www.presstv.ir/Detail/2016/10/03/487449/Iran-Germany-Gabriel-US-sanctions
14. https://fr.wikipedia.org/wiki/Quasi-guerre
15. http://penelope.uchicago.edu/Thayer/F/Journals/Revue_Historique/85/2/La_guerre_francoamericaine*.html
16. http://classiques.chez-alice.fr/mao/imperialismeus.html

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Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem

Marie-Ange Patrizio

Jeudi 27 février 2014

L’information sur les pays en « révolution » (hors zone Otan où il n’y a pas de révolution) est généralement étayée, dans nos médias, par des analyses de journalistes spécifiés pour l’occasion indépendants, et de chercheurs, le plus souvent politologues, tenant le rôle du spécialiste dont le savoir scientifique rigoureux viendrait garantir l’impartialité.
Ces feuilletons quotidiens doivent parfois être complétés par un Temps Fort, où des artistes et écrivains, plus ou moins clandestins dans leur pays d’origine et réfugiés officiels ici, apportent leur contribution au récit. « Visages de Syrie. La vie qui résiste »[1] au Mucem de Marseille en a donné un exemple récemment avec « quelques figures emblématiques de Syrie, des artistes et personnalités culturelles au coeur du questionnement pour la liberté de pensée et de création. Des hommes et des femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille, et pensent et créent en dépit de l’explosion des violences. […] En partenariat avec Le Monde », et Christophe Ayad dans le rôle du journaliste indépendant.
En bref : redire «les manipulations du régime et l'inconstance des Etats démocratiques, dont la faiblesse du soutien a contribué à renforcer la présence et la légitimité d'organisations islamistes, comme... le Front de Soutien »[2].

Extraits d’échanges informels dans l’auditorium et de propos à la tribune ; et commentaires et questions y afférents.

Samar Yazbek, écrivain « réfugiée à Paris depuis l’été 2011 » était ici une des « femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille ». Sa vitalité n’arrivera pas ce jour-là à retenir la salle, qui se vide discrètement au fur et à mesure du documentaire puis de l’interview où elle explique sa passion pour l’écriture et la liberté ; la lecture de son roman Un parfum de cannelle[3] va m’aider ensuite à appréhender sa démarche. Extrait de la 4ème de couverture : « Hanan al-Hachimi, bourgeoise oisive et aisée» découvre « la jeune Alya, sa servante, en pleins ébats avec [son vieux mari honni] ! Si le jour, l’une exerce son pouvoir sur la domestique […], le soir venu, les rapports s’inversent, et les deux femmes s’adonnent secrètement aux plaisirs saphiques avec une étrange volupté […]. Ce roman sulfureux d’un écriture réaliste bouleverse l’ordre établi de la société syrienne en y dénonçant les conditions réservées aux femmes ».
Au bout des 122 pages, si on se demande où est la censure d’un régime qui a laissé S. Yazbek écrire et publier 4 romans « dénonçant l’ordre établi » etc., on comprend vite par contre pourquoi ça n’est pas dans les monarchies du Golfe, dénonçant pourtant elles aussi l’ordre établi d’Assad, que l’auteur a cherché asile.
Yassin Al-Hadj Saleh est, lui, présenté -et traduit- par le politologue libanais Ziad Majed : « médecin et écrivain, engagé de gauche dans une fraction du PC qui était opposée à Assad (père)» il a été pour cela emprisonné pendant 16 ans. A sa libération, « par défi » il a repris des études de médecine interrompues par son arrestation, et passé ses examens ; « mais n’a jamais exercé ensuite, et a opté pour l’écriture ; il était devenu un des meilleurs écrivains syriens et même arabes » ; « les plus grands journaux se disputent ses contributions »[4]. «Il a vécu dans la ghouta de Damas quand elle a été libérée par des jeunes combattants de la région [entendre : pas les fous furieux décrits et manipulés par le régime, nda] et encerclée ensuite par l’armée ; puis a quitté la ghouta pour aller à Raqqa, tenue par l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant), où se trouve aussi notre ami (sic) le Père Paolo retenu (re-sic) par l’EIIL. ». C’est donc possible de quitter la ghouta encerclée par l’armée, puis Raqqa tenue par l’EIIL, quand on est un écrivain et opposant « de gauche » « très connu en Syrie et dans l'ensemble des pays arabes ».
Majed (traduisant longuement Saleh) explique en plusieurs points le fascisme du régime syrien, et évoque « des photos qui commencent (sic) à sortir des prisons, photos de 11 000 détenus soumis à la torture »[5].
Mais ces horreurs non plus n’arrivent pas à saisir l’attention de toute l’assistance ; une dame devant moi fait des mots croisés sur son Ipad, un homme dort au bout de ma rangée, quelques personnes, dont certains intervenants aux séances précédentes, entrent et sortent ; Mr. Burgat, en haut de l’auditorium, a remis son chapeau : c’est vrai qu’on sent un courant d’air.
En bas, à la tribune, lapsus sur le Golan : « Le régime a utilisé cet argument là, en fait cette réalité-là » : mais oui, le Golan est occupé, ce n’est pas qu’un argument du régime. Majed-Saleh démonte longuement les thèses conspirationnistes d’un régime qui est arrivé à endormir sa population en détruisant ses propres monuments historiques, tirant sur ses propres soldats, conscrits et officiers, et sur les gens qui manifestent pour lui, ou contre lui, en torturant (puis photographiant), terrorisant, privant de médicaments, affamant, gazant et bombardant sa propre population etc. Dans l’indifférence de la communauté internationale.
Entracte.

J’avais entendu l’ex directeur de l’Institut Français du Proche-Orient (Ifpo), François Burgat, aux Matins de France Culture le 26 décembre 2013, sur le thème Et pendant ce temps en Syrie[6]. Puis sur France Inter[7], la veille ; noté aussi le lancement, grâce à un financement européen, du projet Wafaw[8] par un “Kick-off meeting” à Amman les 5-6 Octobre 2013[9].
Pendant l’entracte, je vais poser quelques questions à Mr. Burgat :
1) Quand avait-il été au camp de Zaatari en Jordanie, pour l’interview du « capitaine déserteur de la Garde Républicaine » ? Réponse immédiate : « 22 novembre, c’est pour ça que l’entretien n’est pas dans le livre »[10].
2) Quand avait-il quitté Damas ? « Janvier 2012 ».
3) Etait-il à Damas le 13 novembre 2011 ? « …oui sans doute ».
4) Se souvient-il du dimanche 13 novembre à Damas ? Apparemment non.
Rappel : énorme manifestation après la suspension de la Syrie, le 12 novembre, de sa qualité de membre, par la Ligue arabe[11]. Je dis combien cette manif était impressionnante.
« Ah oui ! c’étaient des fonctionnaires et des scolaires, on les avait amenés en bus de toute la Syrie, j’étais au Qassioun, on s’est amusé à compter les centaines de cars, et d’ailleurs je n’ai pas pu repartir [en voiture], j’étais bloqué par les bus ».
Je raconte brièvement ce que j’ai vu, en ville, à pied : des manifestants de tous âges, avec, en effet, une majorité de jeunes, joyeux, chaleureux ; j’étais avec une vidéaste algérienne qui filmait et traduisait ce que les gens venaient nous dire ; j’ai fait des photos… « Moi aussi j’ai beaucoup de photos, elles sont sur mon site ». Pas trouvé de site, peut-être un compte Facebook ? « Mais les gens étaient embrigadés, vous savez, c’est ça la dictature ».
Sur l’embrigadement par la dictature, je parle des chiffres donnés par la Cia, en mai 2013 : 70% de votes en faveur d’Assad en cas d’élections. « Oh, la CIA, vous savez… » ; mon interlocuteur tourne les talons et descend à la tribune, pourtant vide à ce moment-là. Mais je me suis trompée, ce n’est pas la Cia qui a publié ces chiffres ; c’est l’OTAN, où Mr. Burgat, d’après wikipedia, est conférencier.
C. Ayad, venu se mêler à notre conversation, me dit « je serais curieux de savoir où vous avez trouvé ces chiffres» mais rejoint son ami sans attendre la réponse[12].
Nous reviendrons sur les propos tenus hors micro par l’ex directeur de l’IFPO, propos impromptus dont je le remercie.
Dans une mise à jour du 21/10/2011 du site de l’Institut, on apprend que « Le site de Jisr al-Abyad (Damas) est définitivement fermé depuis septembre 2011 » puis, dans la mise à jour du 27/10/2011, que « le site de l’Ifpo Abou Roumaneh est provisoirement fermé au public (depuis juillet 2011) »[13].
Un site peut être « définitivement fermé » pour des raisons banalement financières, et on se félicite de la bonne gestion de notre administration. Et l’autre « provisoirement fermé » pour des raisons politiques, datant de la deuxième guerre mondiale, paraît-il : tout changement important dans l’Institut doit avoir la signature des deux présidences, syrienne et française. Même pendant la crise de Suez, en 1956, l'Institut (alors Ifead) avait suspendu ses activités mais gardé le personnel syrien dans les locaux. Actuellement, le personnel syrien devrait donc toujours être en poste (à domicile), disponible pour toute réquisition y compris à Beyrouth où l’administration a été transférée[14]. Mais depuis le début de la crise en mars 2011, l'administration avait interdit à ses employés syriens de manifester : que ce soit pour ou contre le régime. Démocratie à la française, qu’on veut apporter –pas en bus- aux Syriens.
Mais même avec un Institut fermé, le directeur peut avoir fait quelque séjour dans la capitale syrienne jusqu’en « janvier 2012 ». Soit officiellement, et on ne manquera pas de remarquer la tolérance du « régime » qui laisse un fonctionnaire notoire des Affaires étrangères d’un pays qui a rappelé son ambassadeur et fermé toutes ses installations, aller « s’amuser à compter les bus » les jours de manif. Soit discrètement, et on notera alors l’incompétence des forces sécuritaires, pourtant décrites comme redoutables, qui ne voient pas nos agents même quand ils sont bloqués dans les embouteillages du Qassioun, ou ailleurs.
Soit Mr. Burgat n’était tout simplement pas à Damas le 13 novembre 2011. Et qui le lui reprocherait ?

Revenons sur les éléments rapportés par celui qui a dirigé pendant 4 ans des « chercheurs [qui] ont développé un savoir scientifique rigoureux »[15].
Des « centaines de cars » ont amené les « fonctionnaires et scolaires» :
- sachant que le nombre des manifestants a été estimé entre 1 et 1,5 million de personnes ; si, prudemment, on retient le chiffre le plus bas (genre OSDH) et qu’on le divise, mettons, par deux pour ne garder que la moitié des manifestants comme ayant été « amenée», cela ferait dans les 500 000 personnes dans des bus.
- sachant qu’un car –grand modèle- a environ 70 places mais que dans une dictature on n’ira pas se gêner pour y entasser 100 personnes, il aurait donc fallu, estimation minimale, 5000 cars pour amener les gens, « de toute la Syrie », manifester à 10h du matin à Damas.
Admettons que le parc des bus syriens possédait au moins 5000 véhicules en novembre 2011, avant que le régime (selon la logique de tous les intervenants du Mucem ce jour-là) ou les terroristes (selon la propagande complotiste du régime) n’en fassent sauter pas mal dans des attentats, de préférence avec ses occupants.
- Sachant par ailleurs qu’un autobus est long d’environ 12 à 15 mètres et qu’avec les dégagements pour se garer, il faut 13 à 16 mètres de stationnement minimum disponibles par bus, on peut garer 62 à 76 bus par kilomètre. Pour garer 5000 bus, il faut de 65 à 80 kilomètres de route.
- Sachant que le bout de l’unique route du Mont Qassioun est à 8 Kms environ (estimation large) de Damas, sans espace qui puisse servir de parking en dehors du bas-côté (d’un seul côté et pas partout), on peut s’interroger sur la rigueur scientifique des observations et du raisonnement apportés ici, quoique hors micro, par un de nos éminents spécialistes. Je ne dis pas l’exactitude ou la vérité ; seulement la plausibilité des propos.
Les manifestants, d’après Mr. Burgat, étaient majoritairement des fonctionnaires et scolaires : beaucoup d'administrations avaient fermé ce jour-là et donc « libéré » le personnel en donnant, du même coup, congé aux écoliers et étudiants. D’après mes observations tout à fait empiriques, il y avait en effet plutôt une majorité de jeunes, et, pour le reste, des hommes et des femmes de tous âges, qui ne défilaient pas en groupes encadrés et organisés, loin de là : les gens manifestaient avec enthousiasme, gaieté, parfois ferveur et détermination, mais en tous cas dans un grand désordre. Le Baas et la mairie (dit-on) distribuant des bouteilles d'eau car ça a duré longtemps.
Des jeunes manifestaient encore en fin d’après-midi près des Omeyyades : j’en ai photographié parcourant le souk avec le portrait du président et chahutant… en faisant des bulles de savon. Comportement peut-être typique en Syrie de ces gens embrigadés par un « régime fasciste », ou bien forcés de manifester (et faire des bulles de savon) contre leur gré. Les chercheurs sociologues et politologues du Wafaw[16] nous expliqueront peut-être ces comportements dans des séminaires et publications scientifiques (donc impartiaux) que nous finançons via l’Ue.

Quelques figures de « vitalité artistique », intellectuelle et médiatique : la Syrie de Mucem. Par Marie-Ange Patrizio

Précisons à propos du 13 XI que l’appel à descendre dans la rue avait été lancé la veille au soir, notamment par le parti Baas et des organisations étudiantes. Une efficience étonnante malgré la désorganisation constatée ensuite sur le terrain. On imagine le temps qu’il aura fallu pour faire remonter ces centaines de milliers de gens dans les bus…
Les chercheurs et politologues avertis diront, à juste titre, que quand on débarque à Damas, comme moi, la veille de ce genre de manif, on n’a pas forcément, pour observer et analyser les événements, cette base de la rigueur scientifique que sont le recul, la distance ; qu’ont par contre les chercheurs sur le terrain. Notamment du haut du Qassioun ; mais au risque de ne pas entendre et voir les manifestants chanter, danser, faire des bulles, manger des sucettes, puis s’immobiliser au son de l’hymne national et scander « Souria ! », ou nous demander d’où on vient et nous dire alors en riant « Sarkozy, Joupé…[et geste de ce qu’on écrase sous le talon] ! ». Tous embrigadés.
Et moi avec, parmi ces « intellectuels subissant les ravages de la propagande » comme l’a ensuite déploré Mr. Burgat dans son intervention à la table ronde géopolitique, sachant qu’au moins une personne dans l’assemblée était perplexe sur ses observations.
Perplexe aussi face aux témoignages trouvés par le chercheur. Comme celui de ce « capitaine de la Garde Républicaine », réfugié depuis 2 ans et demi au Camp de Zaatari[17], à la frontière jordanienne où F. Burgat me dit qu’il repart « dans quelques jours, car on ne peut plus aller en Syrie, mais en Jordanie, on peut y aller facilement » ; surtout avec un financement du Conseil Européen de la Recherche[18].
Questions après lecture du témoignage :
- Pourquoi le pouvoir envoie-t-il un capitaine de la Garde Républicaine désarmé se faire tirer dessus par les « hommes du colonel Hafez Makhlouf, de la sécurité d’Etat » alors que l’armée syrienne est une armée de conscription et qu’on pouvait envoyer de pauvres bidasses plus faciles à berner, à tuer et dont le sacrifice coûte bien moins cher ? Parce que dans l’armée syrienne, les capitaines des unités d’élite sont toujours en première ligne ?
- Pourquoi avoir ensuite laissé les militaires –capitaines ou pas, loyaux ou pas mais armés, cette fois - tuer « les hommes de Makhlouf » afin -ou au risque- de découvrir « ce que faisait exactement le régime » ? Pour tester leur loyauté ? Pour provoquer des désertions ? Pour faire le ménage chez Makhlouf ? Le régime a donc beaucoup d’officiers en réserve pour faire de tels paris.
- Sachant que nos journalistes et même notre ministre des Affaires Etrangères[19] étaient allés à Zaatari, comment donc notre capitaine a-t-il dû attendre du printemps 2011 au 22 novembre 2013 qu’un « advanced grant » arabophone vienne enfin l’interviewer sur ce qui lui est arrivé ? À temps, pour Genève II.

Quels récits aurons-nous maintenant ? Les journalistes non arabisants se chargent d’interviewer (par téléphone) des jeunes de nos banlieues partis faire une croisade inversée ; on arrivera même à en faire passer quelques uns pour des Brigades internationales. Les spécialistes arabophones vont, sur le terrain, se charger des « témoignages » plus recherchés : quelques combattants islamistes plus présentables que ceux que nous montre, voire manipule (cf. Majed et Burgat) le régime ? Des démocrates pacifiques des classes moyennes ? Si possible quelques « communistes » (maintenant appréciés par nos médias, surtout quand ils s’opposent à Assad en Syrie). Tous, devant notre inaction, ayant dû prendre les armes : où ? « La communauté internationale ne leur a pas fourni un seul stinger, même pas au marché noir (sic)» (Majed). Tous Syriens ; que « le régime [avait] montés les uns contre les autres », enfin unis si ce n’est à Paris ou à Genève, au moins dans les camps de réfugiés (jordaniens de préférence, pour ne pas avoir le Hezbollah dans les pattes).
De quoi justifier qu’il faut armer les « rebelles », puisque jusqu’à présent « la communauté internationale n’a rien fait » : ah bon ? Rien, l’embargo économique étasunien depuis 2003 et européen depuis septembre 2011 ? Pour ne parler que de ce que nos gouvernants et leurs spécialistes assument au grand jour.

Dernier acte : « Que se passe-t-il sous nos yeux en Syrie ? » que nous persistons à ne pas voir. Ayad présente : Basma Kodmani «chercheur engagée en sciences sociales, fondatrice et directrice de l'Initiative de Réforme Arabe[20], fondé avant la révolution », « revenue [maintenant] à sa recherche » ; François Burgat « que j’ai rencontré il y a 20 ans déjà » (petit échange de coquetteries avec l’ami de 20 ans qui fait rire la salle), « qui a produit énormément de travail en sciences sociales » ; Ziad Majed, « politologue libanais, enseignant à l’Université Américaine de Paris, qui a eu des responsabilités politiques au Liban » mais on ne nous dira pas lesquelles. Et Y. Al-Haj Saleh, « écrivain, médecin etc. ».
La tribune, où tout le monde se tutoie, revient une dernière fois sur une clé de la rencontre, « le récit fait par le régime » : « son effort de propagande est à la mesure de son manque de légitimité » (Kodmani). Proposition qu’une logique scientifique interrogerait pour toutes les parties, y compris celle, unanime et univoque, représentée ici.
En quittant la séance vers 20h, je m’enquiers auprès du vigile du nombre d’auditeurs : 113 personnes (tribune comprise), dans une salle de 300 places. Petite audience malgré une entrée « libre » dans un des plus beaux (et très médiatisé) lieux de la ville. Mais les bus sont rares le samedi soir dans notre Marseille démocratique et si peu corrompue. Et personne n’était obligé de venir. D’autant qu’on trouve le même récit en boucle dans tous nos médias.
Et il pleuvait.

m-a patrizio
Marseille, 27 février 2014

[1] http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2007411/VisagesdeSyrie1.pdf .

[2] Blog de « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2013/12/03/syrie-temoignage-dun-deserteur-capitaine-dans-la-garde-republicaine/ .

[3] Disponible à la BMVR de Marseille.

[4] Cf. Ziad Majed : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=73&nid=3929 ; et, non mentionné par Majed, son troisième livre a été récompensé par la Fondation Prince Claus des Pays-Bas, voir (encore) « Ignace Leverrier » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/09/09/un-opposant-syrien-vivant-en-clandestinite-honore-par-une-fondation-neerlandaise/ .

[5] « [Le photographe] aurait fait sortir les images du pays en les transmettant à un contact au sein d'un groupe d'opposition soutenu par le Qatar. Après l'avoir rencontré à trois reprises lors des dix derniers jours, les experts l'ont jugé « crédible » et « sincère ». » http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/20/syrie-le-regime-accuse-de-torture-a-grande-echelle_4351376_3218.html. Selon d’autres sources, non démenties, le rapport a été commandé au « cabinet Carter-Ruck [qui] a admis travailler pour le Qatar. Surtout, le cabinet Carter-Ruck ne rend accessibles que 10 des 55 000 photographies qu’il décrit » http://www.voltairenet.org/article181850.html .

[6] http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-2eme-partie-et-pendant-ce-temps-en-syrie-avec-francois-burgat-politolog

[7] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?article2252

[8] « Wafaw, Un programme financé sur quatre ans (2013-2017) par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) – advanced grant. » http://www.wafaw.org/about/french/

[9] http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/

[10] « Pas de printemps pour la Syrie : les clés pour comprendre les acteurs et les défis de la crise » : ouvrage collectif, sous la direction de F. Burgat avec Bruno Paoli, décembre 2013.

[11] Dont elle est un des 7 pays fondateurs.

[12] Voir http://www.worldtribune.com/2013/05/31/nato-data-assad-winning-the-war-for-syrians-hearts-and-minds/ (31 mai 2013) repris sans modification jusqu’en décembre 2013: “The data, relayed to NATO over the last month, asserted that 70 percent of Syrians support the Assad regime. Another 20 percent were deemed neutral and the remaining 10 percent expressed support for the rebels”.

[13] http://www.ifporient.org/node/134 .

[14] Mais quand l’ambassade de France à Damas avait fait l’objet de quelques actes de vandalisme, le 11 juillet 2011, l’administration de l’Ifpo avait refusé la protection de l’armée syrienne…

[15] http://www.ifporient.org/node/1

[16] http://iremam.cnrs.fr/spip.php?rubrique400

[17] Supra note 3.

[18] Supra note 7, et Kick-off meeting in Amman (5-6 October, 2013)

http://www.wafaw.org/2013/10/kick-off-meeting-in-amman-5-6-october-2013/ .

[19] Voir la visite de L. Fabius en août 2012 : http://www.youtube.com/watch?v=OQ_fs_YO0cs

[20] Voir détail : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bassma_Kodmani .

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«Les preuves du soutien aux terroristes en Syrie par «les Casques blancs» financés par l’étranger».

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #AMERIQUE, #La Russie, #Politique étrangère

«Les preuves du soutien aux terroristes en Syrie par «les Casques blancs» financés par l’étranger»

12 oct. 2016

«Les preuves du soutien aux terroristes en Syrie par «les Casques blancs» financés par l’étranger».

Avec les Casques blancs, on voit l’élimination des institutions étatiques en Syrie et l’implantation d’un Etat fantôme, soutenu par Londres et Washington, selon Vanessa Beeley, chercheuse et journaliste indépendante. 

Les Casques blancs en Syrie était pressentis pour le prix Nobel de la paix 2016, faisant les gros titres comme «des héros de la paix», avec médias et hommes politiques les appuyant. 

RT : Les Casques blancs se disent être une «ONG neutre, impartiale et humanitaire». Est-ce vraiment le cas ?

Vanessa Beeley (V. B.) : Cette déclaration n’est aucunement légitime. Prenons l’affirmation que c’est «neutre». Ils proclament qu’ils ne reçoivent pas de financement de gouvernements ayant un intérêt direct dans le conflit syrien. En réalité, ils reçoivent des millions, selon une estimation prudente, 100 millions de dollars des Etats-Unis, 23 millions via l’USAID ; de la Grande Bretagne 65 millions environ – au début c’était 19,7 millions de livres sterling, et Boris Johnson a annoncé encore 32 millions. La France fournit les équipements. [On trouve aussi] le Danemark, les Pays-Bas et même le Japon, par l’intermédiaire de l’agence internationale au Japon.

Il y a d’innombrables preuves vidéo et photo provenant de l’intérieur de la Syrie, que les Casques blancs dirigent un groupe de soutien terroriste

Il est alors très difficile de comprendre comment cette organisation peut être décrite comme n’étant pas affiliée aux organismes gouvernementaux qui ont un intérêt, et un intérêt bien connu et déclaré, dans le changement de régime en Syrie. Ensuite, si on considère leur prétendue neutralité : ils sont entièrement incorporés dans les régions contrôlées par les terroristes, soit principalement par Al-Nosra, Daesh, ou tout autre brigade associée aux terroristes dirigés par le Front Al-Nosra. C’est là que se trouvent exclusivement les Casques blancs.

Il y a d’innombrables preuves vidéo et photo provenant de l’intérieur de la Syrie, qu’ils dirigent un groupe de soutien terroriste. Ils fournissent des soins médicaux aux terroristes, ils acheminent les équipements par la Turquie dans les régions terroristes […]. Ils ont été filmés participant à l’exécution d’un civil à Alep. Ils diffusent des vidéos, sur leurs pages dans les réseaux sociaux, des exécutions de soldats et de civils arabes. Selon le témoignage de la Défense civile syrienne, ils ont aussi été impliqués dans la prise de contrôle de ses unités, dans le vol de leurs équipements et dans d’éventuels massacres et enlèvements d’équipes.  

Il est fréquent que les chefs des groupes terroristes ou de groupes douteux reçoivent accès au territoire des Etats-Unis          

RT : Qui en exactement les leaders et les membres ?

V. B. : Si l’on considère les leaders, ils ont été deux éminents manifestants antigouvernementaux […] Raed Saleh a été expulsé des Etats-Unis en avril 2016, de l’aéroport Dulles. Et Mark Toner a évité les questions concernant les raisons de son expulsion et la manière avec laquelle il a été expulsé, alors que les Etats-Unis donnent 23 millions à cette organisation. Il a en fin de compte dit [qu’il avait été expulsé] «à cause de relations avec les extrémistes». Nous savons que Raed Saleh, a été autorisé à entrer à New York en septembre, mais aussi aux Nations unies, où il a rencontré avec le secrétaire d’Etat John Kerry. Mais ce n’est la première fois que les Etats-Unis ont autorisé les chefs de factions terroristes à entrer dans le pays. Labib Al Nahhas, qui a reçu cette autorisation en décembre 2015, étant un leader d’Ahrar Al-Sham. Il est fréquent que les chefs des groupes terroristes ou de groupes douteux reçoivent accès au territoire des Etats-Unis. L’entraîneur des Casques blancs, ce qui est très important, est l’ancien contractant militaire privé britannique, James le Mesurier, décoré d’un OBE [Order of the British Empire] en juin 2016 par le gouvernement britannique. Si on jette un coup d’œil sur sa carrière et sur ses connexions, il a des relations avec les organisations, les sociétés privées de sécurité, telles que Blackwater, maintenant appelée Academi, qui était, en fait, comme on se souvient, une organisation en charge des assassinats de la CIA, qui avait vu des millions lui être infusés par le président Bush, et même par le président Obama qui leur a donné plus de 250 millions de dollars pour qu’ils puissent toujours assumer le rôle d’experts en assassinats pour la CIA.

RT :On désigne souvent les Casques blancs comme la «Défense civile syrienne». Est-ce que c’est la même chose ?

V. B. : C’est une utilisation de droits d’auteur tout à fait criminelle et illégale. La réelle défense civile existe en Syrie depuis 63 ans ; les Casques blancs existent depuis trois ans – ils ont été fondés en 2013. Ce que nous voyons ici, c’est l’éradication des institutions gouvernementales syriennes et l’implantation d’un Etat fantôme en Syrie, principalement par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et avec le soutien des gouvernements européens.

Lire aussi : Que faut-il faire pour arrêter la guerre en Syrie ?

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Washington et Paris relancent la propagande contre le « régime de Bachar »

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'ONU, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Washington et Paris relancent la propagande contre le « régime de Bachar »

Les Tribunaux de Nuremberg et de Tokyo permirent aux Alliés d’exposer les crimes commis par l’Axe durant la Seconde Guerre mondiale et de justifier à la fois le prix de leur victoire et leur domination sur le monde. Sur ce modèle, Washington a cru pouvoir juger et condamner 120 dirigeants syriens, dont le président Bachar el-Assad, de manière à justifier la guerre et le renversement de la République arabe syrienne. Restait à inventer leurs crimes…

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Jean-Marc Ayrault et Sergey Lavrov

En avril 2012 —c’est-à-dire après le retrait français de la guerre (qui reprit en juillet) et avant l’accord de partage russo-états-unien (du 30 juin à Genève)—, les « Amis de la Syrie » avaient décidé de juger le président Bachar el-Assad devant une juridiction internationale. Il s’agissait de mettre en scène a posteriori la Pax Americana, après l’assassinat de Slobodan Milošević dans sa prison à La Haye, la pendaison de Saddam Hussein et le lynchage de Mouamar Kadhafi.

Pour ce faire, les États-Unis avaient créé une association à La Haye, le Syria Justice and Accountability Centre (SJAC). Durant deux ans, des juristes accumulèrent des témoignages sur « les tortures pratiquées par le régime ».

Le bureau du secrétariat d’État pour la Justice globale, alors dirigé par l’ambassadeur Stephen Rapp, avait sollicité l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar et la Turquie pour financer un « Tribunal spécial des Nations unies pour la Syrie » sur le modèle du « Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban ». Rappelons que ce dernier, contrairement à sa dénomination, n’est pas un tribunal au sens plein du terme puisqu’il a été créé par deux exécutifs, le secrétaire général des Nations unies et le Premier ministre du Liban, sans jamais avoir été avalisé ni par le Conseil de sécurité, ni par le Parlement libanais. Ce pseudo-tribunal aurait ainsi pu s’affranchir des règles de droit et condamner le président syrien sans preuves.

Le principe des tribunaux pour le Liban et pour la Syrie revient à Jeffrey Feltman, ancien ambassadeur US à Beyrouth, puis sous-secrétaire d’État pour les Affaires du Proche-Orient, et actuellement directeur des Affaires politiques de l’Onu. M. Feltman avait créé le Tribunal pour le Liban, après avoir lui-même organisé l’assassinat de Rafic Hariri, pour juger et condamner les présidents Émile Lahoud et Bachar el-Assad qu’il entendait rendre responsables. Selon un document interne de son bureau que nous avons pu consulter, l’Otan avait prévu, après le renversement de la République arabe syrienne, de juger et de condamner 120 dirigeants du pays, dont 80 figuraient déjà sur les listes des personnes sous sanctions établies par les États-Unis et/ou l’Union européenne.

Le 20 janvier 2014, soit deux jours avant l’ouverture des négociations de Genève 2, le cabinet d’avocats londoniens Carter-Ruck accusait la Syrie d’avoir torturé et tué plus de 11 000 de ses citoyens au cours de la guerre. Il publiait alors un rapport de trois juristes internationaux authentifiant 55 000 clichés prétendument pris par un photographe militaire ayant fait défection. Bien que deux des juristes aient été largement mis en cause pour leur partialité dans des affaires précédentes et que le troisième ait été chargé par la CIA de créer le Syria Justice and Accountability Centre (SJAC), et malgré les dénégations de la Syrie, John Kerry ne manqua pas de citer ce document à l’ouverture de la Conférence de Genève 2.

Le 31 juillet 2014, la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants auditionnait le photographe syrien. Ce dernier montrait 10 clichés parmi les 55 000 de sa collection, mais après les avoir floutés et rendus in-identifiables.

Las ! Le 22 septembre 2014, la Russie et la Chine opposaient leur veto à un projet de résolution français saisissant la Cour pénale internationale des crimes commis en Syrie. De son côté, le département d’État considérait que le matériel accumulé, quoi qu’extrêmement volumineux, n’avait pas plus de valeur que les faux témoignages du Tribunal pour le Liban. Il cessait donc de subventionner la préparation du Nuremberg syrien.

Cependant, le secrétariat d’État a récemment subventionné le Center for Victims of Torture du Minnesota non seulement pour l’ensemble de son action mais aussi pour venir en aide aux « victimes du régime », s’il en trouve, mais pas aux 80 000 personnes enlevées par les États-Unis et torturées par la Navy à Guantánamo et dans des bateaux-prisons en eaux internationales durant les deux mandats de George Bush.

En outre, le département d’État a soutenu une exposition du Qatar aux Nations unies à New York, puis au Musée de l’holocauste à Washington et enfin la semaine dernière à Rome à partir des photographies du cabinet Carter-Ruck. Bien sûr, il n’est pas question de montrer les 55 000 photographies, mais toujours les même 10 photos floutées accompagnées d’autres relatives à la guerre. Simultanément, le représentant pro-israélien Eliot Engel (déjà auteur du Syrian Accountability Act) déposait la proposition de loi H. R. 5732 visant à accroitre les sanctions contre la Syrie.

Le 6 octobre 2016, les Pays-Bas (qui sont illégalement déployés militairement en Syrie) organisèrent à leur ambassade à Washington une réunion pour relancer le Syria Justice and Accountability Centre (SJAC) et financer le projet d’un Tribunal pour la Syrie. L’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Italie, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et bien sûr les États-Unis annoncèrent verser une obole. Ce projet ne devrait coûter que quelques millions de dollars par an.

Pour Washington, il est désormais clair que la République arabe syrienne ne tombera pas et qu’il ne sera pas possible de juger et de condamner sans preuves le président Bachar el-Assad. Cette mise en scène s’inscrit dans le conditionnement des Occidentaux, « défenseurs du Bien face aux cruels Syriens ».

La France, successivement porte-parole des intérêts turcs, puis qataris, puis saoudiens et aujourd’hui israéliens, ne l’entend pas de cette oreille. Elle espère donc juger les 120 dirigeants syriens (déjà condamnés sur le papier) devant la Cour pénale internationale… par contumace.

Le 10 octobre, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, a annoncé qu’il avait demandé à un groupe de juristes de trouver un moyen pour saisir la CPI malgré l’opposition prévisible du Conseil de sécurité.

Il semble que Washington se prépare à accepter la fin du monde unipolaire. Dans ce cas, les accusations les plus farfelues et plus terrifiantes contre la Syrie serviront à noircir l’image du camp russe.

Documents :
"A Report into the credibility of certain evidence with regard to Torture and Execution of Persons Incarcerated by the current Syrian regime", Carter-Ruck, January 20, 2014.
« Report sulla attendibilità delle “Foto di Caesar” che si paventa saranno esposte in mostra al Senato della Repubblica italiana », Sibialiria, Marzo 2016.
The Caesar Photo Fraud that Undermined Syrian Negotiations”, Rick Sterling, March 2016.

Thierry Meyssan

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Confirmations, les djihadistes sont bien les supplétifs étasuniens.

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #La guerre, #Terrorisme

Confirmations

Après cinq années de guerre en Syrie, les masques sont tombés. La diffusion du texte de l’accord russo-états-unien révèle les intentions cachées des deux Grands : couper la « route de la soie » pour Washington, anéantir les jihadistes pour Moscou. En outre, l’échec de cet accord et les débats du Conseil de sécurité attestent du surréalisme de la rhétorique du président Obama : en cinq ans, il n’est pas parvenu à constituer le moindre groupe d’opposition « modérée » et ne s’est donc pas trouvé en mesure de les aligner, contrairement au texte de l’accord. Les États-Unis ne sont pas en mesure d’honorer leur signature.

| Damas (Syrie)
 
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L’échec de l’accord russo-états-unien du 9 septembre et les débats du Conseil de sécurité qui ont suivi permettent de confirmer plusieurs hypothèses.

- L’objectif stratégique actuel des États-Unis en Syrie est bien de couper la « route de la soie ». En préparant durant de nombreuses années, puis en plaçant au pouvoir le président Xi Jinping en mai 2013, la Chine a fait de la restauration de cet axe historique de communication son but principal. Cependant, la Chine étant devenue le principal producteur au monde, Xi a prévu de la doubler par une « nouvelle route de la soie » passant par la Sibérie et l’Europe orientale avant de rejoindre l’Union européenne.

En toute logique, les États-Unis organisent actuellement deux guerres par proxy, au Levant d’une part, en Ukraine d’autre part. L’installation du chaos en Syrie et au Donbass ne vise pas à satisfaire les théories cyniques de Leo Strauss, mais exclusivement à couper les deux trajets de la route.

Sans surprise, le président ukrainien Petro Porochenko est venu participer au Conseil de sécurité pour soutenir la délégation états-unienne accusant la Russie d’avoir bombardé un convoi humanitaire syrien.

- D’autre part, l’accord russo-états-unien prévoyait que les États-Unis sépareraient les combattants « modérés » des « extrémistes » ; puis que ces « modérés » participeraient avec les deux Grands et l’Armée arabe syrienne à la neutralisation des « extrémistes » ; enfin qu’un gouvernement d’union nationale serait formé à Damas, sous la présidence de Bachar el-Assad, intégrant des représentants des « modérés » ayant participé à la bataille finale contre les « extrémistes ».

Or, rien n’a été fait en ce sens. L’engagement du secrétaire d’État John Kerry s’est avéré n’être qu’un vœu pieux. Washington n’a pas trouvé de combattants pour jouer le rôle des « modérés ». En réalité, tous les « modérés » sont des « extrémistes ». Il a donc fallu sauter sur l’occasion —voire l’organiser— du convoi humanitaire brûlé pour échapper à ses propres contradictions. La rhétorique du président Obama selon laquelle il soutient des Syriens qui se battent pour la Démocratie face à un régime qui les réprime ne correspond pas à la réalité. En 2013, le président Vladimir Poutine avait raison de railler les Occidentaux qui considéraient comme « modérés » les cannibales de l’Armée syrienne libre.

- Enfin, cet accord manifeste que l’objectif de la Russie est d’anéantir les jihadistes qui se préparent ici à l’attaquer dans le Caucase. La solution négociée était idéale pour Moscou : elle mettait fin aux souffrances de son allié syrien, elle ouvrait une voie de communication pour son allié chinois, et l’assurait d’en finir avec le jihadisme international. A contrario, Moscou vient de vérifier que, depuis la guerre d’Afghanistan, le jihadisme est une arme états-unienne tournée contre lui et que Washington ne va pas l’abandonner. Bien sûr, les nouveaux jihadistes n’en ont pas conscience, mais ceux qui se battent avec l’aide des États-Unis depuis 38 ans ne peuvent pas ignorer n’être que des supplétifs du Pentagone.

Source
Al-Watan (Syrie)

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13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #l'Arabie, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch

Les mercenaires de DynCorp remplacent ceux d’Academi au Yémen

 

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Au Yémen, les mercenaires d’Academi (ex-Blackwater) ayant été tués les uns après les autres par la coalition des Houthis et des militaires fidèles au président Saleh, ils sont remplacés par un nouveau personnel fourni par DynCorp.

Cette armée privée sera payée par les Émirats arabes unis, pour 3 milliards de dollars. DynCorp est la propriété du fonds de placement Cerberus dirigé par l’Israélien Steve Feinberg et l’ancien vice-président des États-Unis, Dan Quayle.

Réseau Voltaire

 

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Peut-on encore prévenir la guerre généralisée ?

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Peut-on encore prévenir la guerre généralisée ?

Les événements s’accélèrent autour de la crise syrienne et révèlent l’ampleur du conflit entre le camp atlantiste et le bloc russo-chinois. Après avoir observé le risque grandissant de guerre généralisée conventionnelle, voire nucléaire, Thierry Meyssan analyse les manœuvres des États-Unis et les réponses de la Russie.

| Beyrouth (Liban)
 
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Après la destruction du fleuron de la Marine des Émirats arabes unis, le 1er octobre, les armées des pétro-dictatures du Golfe hésitent à poursuivre seules la guerre contre la République arabe syrienne. Il est clair pour tous que le missile sol-mer qui a détruit le catamaran perce-vagues est une arme extrêmement sophistiquée que l’on n’avait jamais vue sur un champ de bataille. Il n’a été tiré ni par les Houthis, ni par les partisans de l’ancien président Saleh, qui ne disposent pas d’une telle arme, mais par la Russie, qui est secrètement présente depuis l’été au Yémen.

L’idée d’une coordination des jihadistes sans intervention des États-Unis, par leurs seuls alliés locaux, est d’autant plus difficile à imaginer que la rivalité entre l’Arabie saoudite et le Qatar n’a cessé de miner les étapes précédentes de la guerre.

Washington envisage donc sérieusement l’unique option restante : la confrontation militaire directe.

Les États-Unis ont sollicité les 64 États et les 3 institutions internationales qui ont rejoint leur Coalition dite anti-Daesh afin de lancer une attaque contre Damas. Dans la pratique, seuls le Canada, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont présents. L’idée est de tirer des missiles de croisières sur Damas et Lattaquié, et de bombarder l’Armée arabe syrienne. Ce projet avait été annoncé aux membres de l’Otan, lors du Conseil atlantique du 27 septembre. Il a été soutenu par le sénateur John McCain dans le Wall Street Journal.

Cette opération implique une réorganisation de la préparation actuelle de la libération de Mossoul en Irak, occupé par Daesh. D’ores et déjà, chacun a pu constater que l’objectif de cette Coalition n’est pas celui qu’elle a annoncé, mais le changement d’occupant de Mossoul. Il s’agit de mettre en place non pas des autorités représentatives de l’Irak, ni de ses habitants historiques, mais des seuls sunnites irakiens de manière à créer un « Sunnistan ». La Coalition n’a pas bombardé Daesh, mais n’a pas hésité à anéantir « par erreur » une milice de volontaires chiites venue, elle, délivrer la ville de l’obscurantisme. Le président Recep Tayyip Erdoğan a vendu la mèche en déclarant au journal Sabah qu’une fois Mossoul libérée, la ville appartiendrait à ses habitants, « seuls les arabes sunnites, les turkmènes et les kurdes sunnites pourront y rester ». En d’autres termes, la Coalition se propose de terminer le travail que Washington avait confié à Daesh. Son véritable objectif est d’avaliser le nettoyage ethnique pratiqué par les jihadistes, notamment l’expulsion ou le massacre des chrétiens et des kurdes yazidis, afin de créer un État religieusement homogène.

Ainsi que nous l’avons déjà plusieurs fois annoncé, Daesh devrait migrer de Mossoul vers Rakka et Deir ez-Zor, à la manière dont il a évacué Jarablous devant l’armée turque, sans livrer de combat.

Réagissant au projet de bombardement de la République arabe syrienne, la Russie a révélé l’installation en Syrie de batteries d’armes anti-aériennes S-300 et S-400. Selon les experts russes, ces armes sont capables non seulement de détruire n’importe quel avion en vol, y compris les avions furtifs, mais aussi les missiles de croisière. La situation ne s’étant jamais présentée sur le champ de bataille, personne n’en sait rien. Mais, depuis des siècles, les Russes n’ont jamais menti quant aux performances de leur armement.

Cette annonce a soulevé un vif émoi en Israël où les experts sont désormais persuadés que ce sont ces armes russes qui ont abattu un de ses avions et touché un autre, lorsque Tsahal a violé la cessation des hostilités de l’Aïd, le 13 septembre. L’état-major israélien a déclaré avoir perdu la dominance aérienne à la fois en Syrie et au Liban.

Les États-Unis ont répondu en faisant bombarder l’ambassade de Russie à Damas par des jihadistes. La Russie a annoncé l’arrivée en Méditerranée de trois nouveaux bâtiments de guerre, tandis que son porte-avion —qui était espéré en juillet— est en route.

Consciente du risque de guerre nucléaire, la France a envoyé son ministre des Affaires étrangères à Moscou. Celui-ci a présenté un projet de résolution qu’il entend déposer au Conseil de sécurité à propos d’Alep. Ce pourrait être un moyen pour les Occidentaux de sortir la tête haute de cette confrontation. Ne l’ayant pas encore lu, je ne peux commenter ce projet de résolution. Cependant la presse française regorge d’articles sur la crise d’Alep basés sur des données fausses. Actuellement, la partie Ouest de la ville héberge entre 1,4 et 1,5 million d’habitants partisans de la République. La partie Est héberge entre 25 000 et 30 000 personnes. Le rapport se situe donc entre 46 et 50 fois plus de population et non pas à égalité comme on le suggère. Ce sont les jihadistes qui ont abattu les habitants d’Alep-Est qui tentaient de fuir durant la trêve de l’Aïd. Ce sont encore eux qui ont brûlé le convoi humanitaire du Croissant rouge syrien destiné aux civils qu’ils tiennent en otages à Alep. Après avoir offert lors de l’Aïd la possibilité à tous les résidents d’Alep-Est, qu’ils soient civils ou combattants, syriens ou étrangers de quitter la ville, l’armée syrienne et ses alliés libanais, russes et iraniens ont lancé une opération contre les jihadistes au risque de tuer également les civils qu’ils tiennent en otages. Ceci en application de la résolution 2249 du 20 novembre 2015 qui demande aux Etats membres de l’Onu de de « mettre un terme aux actes de terrorisme commis en particulier par l’EIIL, également connu sous le nom de Daech, ainsi que par le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a fait part à son homologue français, Jean-Marc Ayrault, de plusieurs amendements qu’il souhaiterait voir figurer dans le projet de résolution. Il a proposé que l’on revienne aux termes de l’accord de cessation des hostilités de l’Aïd. Mais il peu probable que ce retour en arrière soit accepté par Washington, c’est-à-dire qu’il reconnaisse qu’il n’y a pas de rebelles modérés en Syrie. Le projet —amendé ou pas— sera présenté samedi au Conseil de sécurité. Le président Poutine se rendra en France le 19 octobre.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace.

 

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Qui vit et se bat à Alep-Est ?

13 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Qui vit et se bat à Alep-Est ?

 
 
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Alors que les États occidentaux et le secrétaire général de l’Onu évoquent 250 à 300 000 habitants à Alep-Est, les autorités syriennes parlent de 25 à 30 000 personnes. Qui dit vrai ?

Alors que les États occidentaux et le secrétaire général de l’Onu assurent que les combattants sur place sont de nationalité syrienne et sont des modérés se battant pour la démocratie, les caméras de Russia Today ont montré la présence de drapeaux d’Al-Qaïda et de Daesh dans la zone.

Surtout, personne ne conteste que le chef actuel des combattants d’Alep-Est n’est pas syrien, c’est le cheikh Abdullah al-Muhaysini (photo), le suprême juge du Tribunal de la Charia de l’Armée de la conquête (Jaish al Fatah). Cette dernière est une coalition comprenant officiellement les membres d’Al-Qaïda. Elle est composée de jihadistes étrangers, principalement saoudiens, koweïtiens, tunisiens, russes et chinois, et de quelques collaborateurs syriens.

Dans ses discours, le cheikh saoudien Abdullah al-Muhaysini désigne l’ennemi : selon lui ce sont tous les chiites qu’ils soient duodécimans ou pas (c’est-à-dire non seulement les chiites iraniens et le Hezbollah libanais, mais aussi les alaouites et les druzes). En de nombreuses occasions, il a appelé à les massacrer tous, femmes et enfants compris.

Le 18 septembre 2016, en pleine « cessation des hostilités » et alors que 200 civils venaient de s’évader d’Alep-Est avec l’aide des forces russes, le Tribunal de la Charia de l’Armée de la conquête a annoncé que tout habitant d’Alep-Est — sans distinction d’âge ou de sexe — qui tenterait de rejoindre le territoire se trouvant aux mains des troupes gouvernementales serait abattu. Une quarantaine de personnes ont effectivement été assassiné par des snipers en tentant de fuir.

C’est ce que le président français, François Hollande, appelle un « leader syrien modéré ».

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