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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Ils nous refont le coup des armes de destruction massive. Par Peter Hitchens

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie, #l'islamisme

Ils nous refont le coup des armes de destruction massive

Par Peter Hitchens le 04 octobre 2016

Ne vous faites pas encore avoir.

Powell montrant la « preuve » que l’Irak possède des armes de destruction massive

Powell montrant la « preuve » que l’Irak possède des armes de destruction massive

Presque tout le monde (sauf un petit groupe d’hypnotisés) sait que Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destruction massive. La plupart des gens ont compris maintenant que le colonel Kadhafi ne prévoyait pas de massacre à Benghazi, ni d’ordonner à ses troupes de se livrer à des viols en masse.

Combien faudra-t-il de temps, avant que nous saisissions aussi que ni la Russie, ni la Syrie n’ont bombardé un convoi d’aide humanitaire de l’ONU à Alep ?

Cet incident, pour lequel aucun fait indépendamment testable, vérifiable n’a encore été exposé, est l’équivalent des armes de destruction massive pour la Syrie. Si nous tombons tous dans le piège, alors nous allons bientôt nous retrouver embarqués dans une confrontation internationale, la plus dangereuse depuis la crise des missiles de Cuba.

Sous l’immense pression exercée par les despotes de l’Arabie saoudite, les États-Unis ne renonceront pas à leurs efforts pour renverser le gouvernement syrien. Il est clair qu’ils sont maintenant prêts à risquer une confrontation ouverte avec Moscou pour y parvenir. Mais pour quoi faire ? Mais pour qui se prennent-t-ils, et comment leur cause peut-elle être si bonne, qu’ils prennent de tels risques pour elle ?

Le sabotage délibéré d’un accord de paix viable en Syrie (auquel le Pentagone s’est opposé dès le départ) est l’un des scandales de notre époque. C’était une chance pour mettre fin à la misère de millions de personnes, et elle a été gâchée.

Nous, en Grande-Bretagne, devons nous opposer à être entraînés dans une guerre syrienne, notamment parce que, si nous le sommes, les troupes que nous envoyons là-bas pourraient rapidement être menacées de poursuites, dans leur propre pays, pour crimes de guerre présumés.

Cela fait trop longtemps que nous sommes trompés par cette propagande. Arrêtez d’être dupes.

Peter Hitchens – 25 septembre 2016 – Daily Mail

Article original : Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

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Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège d"Avaaz… Par Nabil Antaki

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme, #La République, #l'islamisme

Attention : le fait d’ouvrir seulement cette pétition d’Avaaz ou d’aller consulter leur site fait de vous quelqu’un qui est comptabilisé par Avaaz comme un de ses millions de membres. Même sans signer. Avaaz n’a jamais reculé devant aucune tromperie, depuis sa fondation. m-a

 

Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège…

Par Nabil Antaki le 02 octobre 2016

 

 

 

Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège d"Avaaz…  Par Nabil Antaki
 
 

Une amie Française vient de me consulter au sujet d’une pétition [1 ] qui circule sur le web à propos de « destructions commises par l’armée syrienne et les avions russes sur les hôpitaux d’Alep ». Pétition qu’il est demandé aux honnêtes gens de signer et qui sera ensuite envoyée comme lettre ouverte à Barak Obama et à Angela Merkel.

Voici ce que je lui ai répondu :

Attention. Ne signez pas cette pétition en pensant que vous nous rendez service en exprimant ainsi votre solidarité avec nous.

On veut profiter de la sympathie des gens pour les bonnes causes et de leur solidarité avec les personnes qui souffrent pour leur soutirer des appuis politiques.

Cette lettre est une fabulation et un outil de propagande très habile, exactement comme dans le cas de l’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme); une officine basée à Londres proche des groupes armés qui, sous un nom qui inspire confiance, a été créé par la CIA pour faire de la désinformation sur la guerre en Syrie. Les communiqués de l’OSDH sont malheureusement repris par tous les médias occidentaux et présentés comme parole d’évangile. Souvenez-vous de la fausse nouvelle donnée il y a quelques mois disant que le « dernier pédiatre d’Alep avait été tué ».

Cette lettre à Obama est signée par 15 noms inventés (des personnages fictifs, sauf un ou deux). On y fait, comme d’habitude, l’amalgame entre les quelques quartiers d’Alep-Est tenus par les terroristes et le reste d’Alep. On y raconte dans cette lettre des mensonges en affirmant, par exemple, que « 15 hôpitaux d’Alep-Est ont été bombardés en un mois ». Si on devait compter tous les hôpitaux et structures sanitaires qui, selon les communiqués des terroristes ou de Médecins sans frontières ont été bombardés par l’armée arabe syrienne, il y aurait eu en Syrie plus d’hôpitaux qu’en France.

Nabil Antaki | Alep, le 1er octobre 2016 | Facebook

[1] Avaaz ou change.org

URL: http://arretsurinfo.ch/syrie-attention-ne-tombez-pas-dans-le-piege/

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Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #L'OTAN., #Daesch, #l'islamisme

Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»
 
Le groupe islamiste Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) est considéré comme une organisation terroriste aux Etats-Unis, au moins officiellement. Cependant, un haut commandant du groupe a déclaré: « les Américains sont de notre côté » en pointant une livraison présumée d'armes provenant des Etats-Unis.
Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

Le groupe terroriste Front Fatah al-Cham, selon un de ses commandants, reçoit des armes des Etats-Unis. Les Américains ont fourni aux djihadistes des missiles antichars TOW, a déclaré un commandant de l'organisation terroriste dans un entretien au journal allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/caricatures/201609261027929325-commandant-nosra-livraison-armes-usa/

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Depuis un an, nous sommes en guerre contre les États-Unis par A.Dugin.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'islamisme

Depuis un an, nous sommes en guerre contre les États-Unis [A.Dugin]

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Traduction rapide en français ci-dessous

Le 30 septembre marque exactement un an depuis le début de nos opérations militaires en Syrie. Bien sûr, il est trop tôt pour faire un bilan définitif. Nous sommes en guerre. Nous combattons. Nous attaquons. Nous subissons parfois la perte. Et notre guerre n’est pas encore terminée. Mais nous allons regarder de plus près cette guerre, qui depuis un an fait partie de nos vies – en tant que société, en tant que peuple, en tant que nation. Et qui se poursuivra encore un certain temps – jusqu’à la victoire.

En Syrie, nous luttons contre l’organisation terroriste « Etat islamique », organisation interdite en Russie. En d’autres termes, notre objectif est l’islam radical qui menace non seulement de détruire définitivement la Syrie, mais de plonger l’ensemble du Moyen-Orient dans un véritable enfer sanglant. L’horrible pratique de la torture des terroristes de l’EI , l’abattage des personnes vivantes en morceaux, la vente des enfants en esclavage sexuel, l’extermination des chrétiens simplement parce qu’ils sont chrétiens, n’épargne rien ni personne.

En regardant les visages, les expressions faciales franches et brutales, les vêtements en désordre et les yeux vitreux, vous comprenez que quelque chose ne va pas avec la simple existence de ce mal dans notre monde. Et en fait, il y a des états entiers, tels que l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent à dessein, les finances et les bras de cette horde d’orcs.

Si nous sommes en guerre avec ces créatures en Syrie, c’est pour ne pas avoir à se battre en Asie centrale, dans le Caucase, ou dans nos propres villes. L’Europe a deja commencé à ressentir leurs actions en un court laps de temps – les viols collectifs du « Bataclan » ou l’écrasement des innocents en vacances [Attentat de Nice, NDLR]. Par conséquent, nous combattons en Syrie non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour les Européens. Nous sommes en guerre depuis un an. Déterminés, confiants, recueillis. Et comme dans toute guerre, nous avons des victimes. Ce sont les héros de l’armée Russe de la Lumière. Et pour chacun d’entre nous, pour le philosophe, ceci doit être parfaitement clair, face à l’obscurité.

Mais vous devez vous demander, d’où viennent ces bâtards de l’EI? Une simple analyse superficielle montre que le vrai mal est plus profond, que l’EI n’est que le decor, des marionnettes. Derrière eux, les vrais marionnettistes, et ils ont l’air tout à fait différent. Aujourd’hui, il n’est plus inconnu que le terrorisme islamique a été créé par les États-Unis et leurs services spéciaux. Si cela n’etait pas le cas il serait facile de règler le problème de ces fanatiques pour les gouvernements de Syrie, Libye ou d’Irak.

L’EI ne devient vraiment dangereux que les grandes puissances mondiales – les Etats-Unis- ne commencent à le soutenir et à l’équiper. Alors les hordes disparates se transforment soudainement en une véritable force. Et commencent à semer autour d’eux la mort, la violence, les massacres, la destruction des personnes, des cultures, des pays.

Lors des débats pré-électoraux brulants aux États-Unis, Donald Trump a été contraint de jeter à la face d’Hillary Clinton la désagréable vérité: Elle, ou plutôt des faucons néo-conservateurs, partisans de la mondialisation et de gouvernement du monde, ont créé L’EI, l’ont équipé et soutenu jusqu’à aujourd’hui. Et quand les affaires de leurs creatures tournent mal, ils frappent sur les troupes légitimes du gouvernement syrien. Et l’EI revient.

Depuis un an donc, nous sommes en guerre contre les États-Unis. Au début des années 2000 ils ont proclamé le plan du Grand Moyen-Orient. Ce plan appelle à redessiner les frontières de tous les Etats arabes. Et ils l’exécutent. Les bras de l’EI, ce sont les bras de leurs prétendus ennemis et leurs alliés – la Turquie et Israël. Les Etats-Unis envahirent sous de faux prétextes l’Afghanistan. L’Afghanistan est en ruines. Les US ont renversé et pendu Saddam Hussein en Irak, et l’Irak est inondé de sang, déchiré. Les US ont tué Kadhafi, et avec elle – la Libye, où les gangs d’aujourd’hui s’entretuent dans un pays exangue quasiment détruit.

Les US ont attaqué la Syrie. Et si nous n’étions pas intervenu, comme en Afghanistan, en Irak et en Libye, la Syrie aurait déjà disparu. Mais nous sommes intervenus.

https://tvs24.ru/cumulus/videos/95/un-an-de-guerre-en-syrie-a-dugin/

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La bataille d'Alep: « Les bouchers de la guerre en Syrie… ça suffit ».

1 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie

La bataille d'Alep: « Les bouchers de la guerre en Syrie… ça suffit ».

Bonjour

La Syrie encore et toujours.

Interview intéressante de Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen Orient et de la Syrie. Interview du 29 septembre 2016 par Frédéric Saillot d’EURASIEXPRESS.

Le thème est la bataille d’Alep ;: « Les bouchers de la guerre en Syrie… ça suffit ».

https://www.youtube.com/watch?v=Awe2ASdZExs&list=PL9Fa29olRAo13FVRvk2Y8__VGPs4wz-3R

Amitiés

Lucien Pons

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De l’odieuse morale des seigneurs du chaos. Par Françoise Compoint.

30 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration, #l'islamisme

De l’odieuse morale des seigneurs du chaos. Par Françoise Compoint.

De l’odieuse morale des seigneurs du chaos

on: septembre 30, 2016

Chassez le naturel et il revient au galop ! Plein de bon sens, le gouvernement français avait osé prendre quelques distances avec l’Etat profond US, belliciste, jusqu’au-boutiste et particulièrement sanglant quand il en va de ses intérêts. On aurait pu alors croire que le départ de Fabius, fin 2015, allait préfigurer une nouvelle ère dans le traitement européen (pas occidental !) du dossier syrien et une alliance de revers anti-salafiste entre la France et la Russie. Quelle naïveté impardonnable ! Début février 2016, le Point publie un article dont le contenu rappelle… en tout point, l’ « indignation » française face aux « crimes de guerre » commis par les bombardiers russes dans certains quartiers d’Alep.

Voici ce que nous lisions le 3 février 2016: « Paris condamne l’offensive du régime syrien, avec le soutien russe, pour encercler puis asphyxier Alep et ses centaines de milliers d’habitants » (…). Quelques lignes plus tard : « L’armée syrienne, soutenue par l’armée russe, a réussi à resserrer l’étau autour des rebelles (…) après avoir coupé leur principale route d’approvisionnement. Un nouveau succès pour le régime depuis l’intervention de Moscou dans le conflit ».+

On tombe des nues attendu que :+

  • Même l’Observatoire anglo-syrien des droits de l’homme qui n’a jamais eu aucune légitimité en Syrie n’arrive pas à citer ne serait-ce qu’un groupe armé (dit rebelle) non-salafiste.+

  • Le but final est la reprise d’Alep et la stabilisation tant de la ville que de la région. Cet impératif présuppose le retour de tous les quartiers d’Alep sous le contrôle de l’armée arabe syrienne.+

  • L’expression « régime syrien » est dénuée de sens. Si légitimité est synonyme de soutien populaire massif, il vaut mieux parler du « régime de Hollande ».+

Le conflit syrien étant parsemé de tragiques déjà-vu, on apprend, le 25 septembre, que Ban Ki-moon est « consterné » par l’escalade militaire liée à la reprise d’Alep, là encore, avec le soutien de l’aviation russe. Le 26 septembre, un journaliste du Point publie un article dans lequel il insiste lourdement sur la barbarie des frappes, car les pilotes russes auraient utilisé des bombes à sous-munitions. Après une longue série d’évocations à emphase sensationnaliste, l’article se clôt par une question digne d’un aphorisme : « La faute à la Russie ? ». Remettons les points sur les i.+

  • La Russie n’a jamais signé la convention sur la non-utilisation des armes à sous-munitions ce qui est le cas de la quasi-majorité des grandes puissances qui en ont dans leur arsenal.+

  • Interrogés en avril sur l’éventuelle utilisation de ce type de bombe, les experts militaires russes ont été formels : il s’agit de bombes à fragmentation faciles à confondre avec les bombes à sous-munitions. Cette réponse n’a jamais été médiatisée par les médias occidentaux qui avaient fondé leurs accusations sur deux captures d’écran publiées par … Russia Today et Sputnik !+

  • L’utilisation de bombes à sous-munitions dans les villes n’a aucun sens. Elles sont larguées en terrain vague.+

Les cris d’orfraie des journaleux du mainstream médiatique français sont d’autant plus déplacés que le Ministère des Affaires étrangères a caché une série de dérapages commis en Irak fin 2015. Ainsi :+

  • Le 25 octobre 2015, un Rafale cible une école primaire située près de Mossoul. 28 écoliers sont tués sur le coup. Le gouvernement essaye alors de nier, sans grande conviction, son implication. L’affaire est étouffée. Malgré une ribambelles de promesses, Mossoul, la capitale de l’EI en Irak, n’a toujours pas été repris.+

  • Le bombardement français de Raqqa du 26 octobre 2015 aussi connu sous le nom d’opération de Chammal a lui aussi emporté des vies d’enfants. C’est un fait confirmé par l’OSDH, l’Observatoire syrien des droits de l’homme dont on connaît la position farouchement anti-Assad. Et que dire de la ville turkmène de Tall Afar avec ses multiples victimes collatérales ?+

  • Pour remonter un peu dans le temps et sortir des frontières syriennes, je vous conseille la lecture de la Lettre Ouverte de médecins russes au Président de la Fédération de Russie (voir Note Editorial de Global Research) qui fait état, sur un ton glaçant de neutralité, des crimes de l’OTAN et des USA contre les habitants de la banlieue de Tripoli dont le bombardement d’une maternité pour femmes atteintes de maladies cardiovasculaires. C’était en 2011. Où était Ban-Ki moon, en fonction depuis 2007 ?+

Le 28 septembre, Washington passe aux menaces. Kerry se dit prêt à suspendre la collaboration US avec la Russie accusant cette dernière, de pair avec la France, de crimes de guerre comparables à ceux de l’EI (SIC). Le partenariat stratégique US/Russie est ajusté à la cessation des bombardements d’Alep, d’une part, au retour à un cessez-le-feu généralisé, de l’autre. Ce qui revient à demander à l’AAS d’arrêter la reprise d’une ville dont plusieurs grands quartiers sont aux mains des salafistes de l’EI et à d’autres franges apparentées, d’une part, de l’autre, donner un temps de répit aux « rebelles » qui en profiteront pour recevoir une aide médicale, logistique et militaire.+

Comme les masques sont définitivement tombés, cela ne m’étonnerait pas d’apprendre que les Américains essayent d’évincer les troupes russes du Castello, voire, pour en finir au plus vite, qu’ils essayent de miser sur un ou des traîtres dans l’entourage d’Assad. Par contre, ce qui ne cesse de m’étonner, peut-être parce que je n’arrive pas à être objective, c’est le vassalisme mal assumé mais flagrant du gouvernement français qui en plus n’a pas l’Atlantique pour rempart.+

Françoise Compoint, Pravda.ru

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Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes.

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes.

L’histoire a fait la une partout : «Petit garçon sorti vivant des décombres». La vidéo et la photographie produites par le Aleppo Media Centre (AMC), qui montrait Omran Daqneesh, alias «le petit rescapé d’Alep» prétendument sauvé par les notoirement connus casques blancs dans la partie est d’Alep tenue par les terroristes, est aussitôt devenue virale et a été propulsée bien haut dans la stratosphère de la propagande médiatique occidentale.

Pratiquement tous les grands organes de presse du monde entier ont montré la vidéo et ce qui est devenu depuis la célèbre photographie d’Omran, le «petit rescapé d’Alep». Le garçon couvert de poussière et de sang a été placé sur une chaise dans ce qui semble être une ambulance en parfait état, malgré sa présence dans une prétendue zone de guerre, pour ensuite être photographié en rafale par un nombre incalculable de caméras et de téléphones portables. Pendant tout ce temps, personne ne lui a prodigué des soins, comme s’il s’agissait d’une séance photo montée de toutes pièces.

Personne ne l’a réconforté, n’a pansé ses prétendues plaies, ne lui a posé un collier cervical ou ne l’a placé dans une civière au cas où il aurait subi des lésions cervicales (procédure de premiers soins habituelle), lui qui venait d’être sauvé de «sous les décombres» d’un immeuble bombardé qui, selon l’AMC, était visé par des «frappes aériennes russes et syriennes».

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/Aleppo-Media-Center-768x372.jpg

CARREFOUR DE LA PROPAGANDE : Le Aleppo Media Centre fournit des images appelant à un changement de régime en Syrie aux médias des États-Unis, du Royaume-Uni, des États membres de l’OTAN, à Al Jazeera du Qatar et à bien d’autres, en appui à la campagne de relations publiques en faveur d’organisations terroristes reconnues actives en Syrie.

CARREFOUR DE LA PROPAGANDE : Le Aleppo Media Centre fournit des images appelant à un changement de régime en Syrie aux médias des États-Unis, du Royaume-Uni, des États membres de l’OTAN, à Al Jazeera du Qatar et à bien d’autres, en appui à la campagne de relations publiques en faveur d’organisations terroristes reconnues actives en Syrie.

Le Aleppo Media Centre a vraiment réussi un beau coup de propagande, qui a suscité bien des appels en faveur d’une zone d’exclusion aérienne et d’une intervention occidentale, donnant ainsi un nouveau souffle à la feuille de route fripée des États-Unis préconisant un « changement de régime » en Syrie. Cependant, un certain nombre de journalistes indépendants internationaux, d’analystes des médias et de militants pour la paix ont commencé à avoir des doutes sur l’image et sa source, en révélant des détails extrêmement troublants non seulement à propos de la photo, mais surtout au sujet de l’organisation qui l’a fournie aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

«Récemment, la photo poignante d’un enfant syrien ensanglanté et apparemment en état de choc, assis dans une ambulance à Alep, a été largement diffusée et commentée dans les médias nationaux et internationaux. En réponse, des journalistes ont appelé l’administration Obama à prendre des mesures, y compris le bombardement de cibles militaires du gouvernement syrien.» – Déclaration du groupe Veterans for Peace

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/1-BBC-Omran-768x616.jpg

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Une analyse rétrospective de cette histoire montre que toute cette fureur médiatique pilotée par Washington, Londres, l’Europe, les pays du Golfe, la Turquie et Israël a été délibérément montée en épingle. En plus de servir de catalyseur aux réactions concertées des gouvernements néocolonialistes, elle est parvenue aussi à ériger un écran de fumée pour mieux dissimuler les massacres quotidiens commis par les terroristes soutenus par les États-Unis, l’OTAN et les pays du Golfe, ces soi‑disant «rebelles modérés» à l’est d’Alep (où il reste environ 220 000 personnes, dont de nombreux terroristes et membres de leurs familles), contre des civils syriens comptant parmi les 1,5 million d’habitants à l’ouest d’Alep, un secteur sous le contrôle et la protection du gouvernement syrien et des forces armées nationales syriennes.

Dans les deux premières semaines d’août seulement, 143 civils ont été tués par des tirs de mortier du Front aI-Nosra visant l’ouest d’Alep, dont 54 enfants et 23 femmes. Cette information a été fournie à Vanessa Beeley par le Dr Zahar Buttal, directeur de la Aleppo Medical Association lorsqu’elle s’est rendue à l’ouest d’Alep le 14 août 2016.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/aleppo-media-center-production-injured-child-1000x445-768x342.jpg

C’est le photographe de l’AMC Mahmoud Raslan qui a remis la photo de la mise en scène montrant Omran aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

C’est le photographe de l’AMC Mahmoud Raslan qui a remis la photo de la mise en scène montrant Omran aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

Les suspects habituels

Si la BBC, CNN, le New York Times, le Washington Post, Al Jazeera et consorts avaient fait une recherche rapide sur Internet, ils seraient vite tombés sur ce que des médias plus consciencieux ont découvert.

Le prétendu photographe d’Omran, le «petit rescapé d’Alep», s’appelle Mahmoud Raslan [ou Rslan], qui se décrit comme un «photo-journaliste militant». L’examen de son propre profil et de ses photos sur les médias sociaux a révélé que Raslan est un sympathisant terroriste à part entière, ce qu’ont très rapidement rapporté un certain nombre de médias respectables et fiables dont Telesur et Sputnik News :

«Des photos circulant en ligne tirées du compte du photographe d’Omran sur les médias sociaux, un homme du nom de Mahmoud Raslan, le montrerait en train de sympathiser avec les tueurs d’un autre enfant, un gamin de 12 ans appelé Abdullah Tayseer Issa, qui a été décapité de façon grotesque par des rebelles modérés soutenus par les USA le mois dernier […]. Les photos circulant sur les médias sociaux, qui ont été recueillies par LiveLeak (avertissement, images choquantes), montrent des captures d’écran de la page Facebook de Raslan, dont une photo qui le montre posant et souriant avec les mêmes terroristes du mouvement Nour al-Din al-Zenki qui ont tué Issa de sang-froid.»

Raslan a su tirer parti de sa nouvelle gloire médiatique en livrant un témoignage poignant, en commençant par The Telegraph qui a repris son histoire en omettant, semble-t-il, de se pencher sur ses racines terroristes :

«Mes larmes ont commencé à couler quand j’ai pris la photo. Ce n’est pas la première fois que je pleurais. J’ai pleuré bien souvent en filmant des enfants traumatisés. Je pleure toujours. Nous, les photographes de guerre, pleurons tout le temps.»

Apparemment, les mauvais traitements, la torture et la décapitation d’Abdullah Issa, un gamin de 12 ans (par les tueurs d’enfants posant avec lui sur la photo ci‑dessous), n’ont pas réussi à faire couler les mêmes larmes de crocodile des yeux de Raslan, le sympathisant terroriste.

 

Au cours de ses diverses incursions dans l’univers trouble des médias oiseaux moqueurs sous le contrôle de l’État profond, Raslan a toujours soutenu être un «pigiste» travaillant en dilettante auprès d’Al Jazeera et de l’AFP «affilié» au Aleppo Media Centre.

Sarah Flounders, la directrice du International Action Centre, a affirmé ceci à RT :

«Non, je crois que ce photographe est bien connu sur Facebook et YouTube, où il publie continuellement des images, des photos faisant l’éloge de la milice Zinki, qui était en fait une organisation terroriste bien connue avant même cette décapitation horrible d’un enfant palestino-syrien. Il est bien loin d’être un militant des droits de la personne. Il se décrit comme un militant des médias, mais son rôle consiste à applaudir et à soutenir les activités terroristes en Syrie.»

Entre autres déclarations, Raslan a écrit sur sa page Facebook que «certains des meilleurs moments que j’ai passés, c’est avec des kamikazes».

Dans une interview accordée plus tard à Al Babwa, Raslan fait de son mieux pour réparer les dommages causés à sa réputation :

«Je ne travaillerais jamais avec un groupe qui s’inscrit en faux contre mes croyances personnelles, mais il faut parfois se faire prendre en photo avec eux.» Il poursuit : «Je prends habituellement des centaines de selfies avec tous ceux que je rencontre sur le front. Nous qui travaillons dans les médias prenons des centaines de photos que nous gardons dans nos archives.»

Ces propos nous amènent à déduire que la prochaine fois que Raslan sera «au front», ses pages Facebook et Twitter seront inondées de selfies le montrant avec des partisans de Daesh, du Front al-Nosra (al-Qaïda), d’Arar al-Sham, de Nour al-Din al-Zenki et de quiconque s’y trouvera.

Suivons la trace de l’argent : qui finance le Aleppo Media Centre ?

Lorsqu’on suit la trace de l’argent, les choses deviennent plus intéressantes encore. Anne Barnard du New York Times a rédigé un compte rendu émouvant de l’histoire d’Omran. Rappelons qu’elle a aussi rendu un bel hommage à un kamikaze il n’y a pas si longtemps. Dans son reportage, elle décrit le Aleppo Media Centre comme suit :

«Un groupe constitué de longue date qui réunit des militants et des citoyens journalistes, hostiles au gouvernement, qui rendent compte du conflit (…).»

Lorsqu’on suit cette guerre sale en Syrie avec un esprit critique, les termes «militants» et «citoyens journalistes» dans la même phrase ont de quoi rendre perplexe. En ajoutant qu’ils sont «hostiles au gouvernement», elle brosse ainsi un beau tableau de propagande.

Ce que Anne Barnard du NYT ne dit pas à ses lecteurs, c’est que cette terminologie [employée par les médias assurant les relations publiques de l’OTAN] laisse planer une préférence pour les barbus wahhabites, qui scandent la formule du takbir [Dieu est grand] en faisant déferler une pluie de missiles sur des civils, ainsi qu’une adhésion à un processus de sélection des «rebelles modérés» qui veille à ce que ceux qui n’adhèrent pas à leur idéologie extrémiste soient déclarés infidèles et sommairement exécutés.

La trace de l’argent

Commençons par examiner les sources de financement de ce groupe de citoyens journalistes militants intégrés à la ribambelle de groupes terroristes extrémistes religieux et à d’autres au service des États-Unis et de l’OTAN, localisés exclusivement dans les secteurs à l’est d’Alep dominés par le Front al-Nosra, d’où sont lancés quotidiennement les canons de l’enfer qui brisent les vies des 1,5 million de Syriens demeurant à l’ouest d’Alep, sous le contrôle de l’armée arabe syrienne.

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/Syrian-Expatriates-Organisation-768x440.png

Syrian-Expatriates-Organisation-768x440

 

Comme l’a souligné à juste titre le site Sott.net, le Aleppo Media Centre est un «projet» de la Syrian Expatriates Organization [SEO] :

«La SEO est exactement ce que son nom laisse entendre, c’est-à-dire un groupe de citoyens américains d’origine syrienne qui a ses bureaux sur K Street à Washington D.C., une rue reconnue pour être le cœur de l’industrie du lobbying politique aux USA, où se trouvent une multitude d’organes de réflexion, de lobbyistes et de groupes de défense.»~ Sott.net

Le site Web de la SEO nous apprend qu’elle a joué un rôle déterminant dans la création du Aleppo Media Centre :

«Les reportages de nouvelles et la sensibilisation des médias sont des tâches jugées cruciales au soulèvement civil en Syrie. Le Aleppo Media Centre, un centre de nouvelles spécialisé qui dessert Alep et ses banlieues, a été mis sur pied grâce à une généreuse contribution de la SEO. Depuis octobre 2012, la SEO est responsable d’assurer la coordination du Aleppo Media Centre et de lui procurer une aide technique et logistique, en plus de l’aide financière qu’elle lui a fourni.»  

Cependant, la SEO n’est pas l’unique mécène de ce centre des médias fréquemment cité, bien ancré dans le territoire du Front al-Nosra. En décembre 2015, Canal France International (CFI), un organisme de l’État français, était tout heureux d’annoncer que la radio du Aleppo Media Centre allait commencer à émettre sur les ondes FM dans les villes d’Alep, d’Idlib et d’Hama. Idlib et Hama, ainsi que l’est d’Alep, sont tous des bastions du Front al-Nosra.

L’annonce du lancement de la radio du AMC se trouve sur le site Web de CFI :

«Le Aleppo Media Centre, qui rassemble de manière permanente une vingtaine de journalistes basés en Syrie, produit et diffuse depuis 2012 une information continue sur l’actualité de la région, publiant des articles, des photos et des vidéos sur son site Internet et les réseaux sociaux.

Grâce au soutien de l’incubateur des médias syriens de Gaziantep (Turquie), ce centre voit désormais se concrétiser un nouveau projet : créer une radio locale à Alep, qui sera diffusée deux heures par jour sur la fréquence FM 99.00 et environ 15 heures par jour sur Internet.

En 2015, l’Incubateur a proposé aux journalistes du Aleppo Media Center plusieurs formations dans le domaine de la radio et de la vidéo. En novembre, il a soutenu l’achat d’équipements pour le studio, l’installation du studio, et formé l’équipe à son utilisation.

En décembre, deux membres du centre ont aussi bénéficié d’une formation de formateur qui leur permettra de former à leur tour des citoyens journalistes à l’intérieur même de la Syrie.»

Le Aleppo Media Centre reçoit donc aussi le «soutien» d’une organisation appelée l’incubateur des médias syriens basée à Ganziatep, en Turquie. Le choix du nom est intéressant, puisque la Turquie aussi a servi d’incubateur aux mercenaires terroristes de tout acabit soutenus par les États-Unis et l’OTAN, les pays du Golfe et Israël qui ont envahi la Syrie par la frontière turque avec leurs armes et leur équipement. C’est d’ailleurs la principale cause du prolongement du conflit syrien en cours, qui a engendré ce cycle perpétuel de misère et de carnage que subit le peuple syrien.

 

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C’est ici que les choses deviennent plus croustillantes. «L’incubateur des médias syriens» est un projet financé par Canal France International (CFI), l’agence de coopération et opérateur du ministère des Affaires étrangères de la France dans le domaine des médias. Oui, c’est bien le Quai d’Orsay qui finance le Aleppo Media Centre, la principale source d’«informations» sur Alep larguées à l’ensemble des médias de masse au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Europe.

C’est écrit en bleu, blanc et rouge sur le site Web du gouvernement  français :

«Canal France International (CFI), agence française de coopération, opérateur du ministère français des Affaires étrangères dans le domaine des médias, vient de signer deux contrats importants (2,7M€) avec l’Union européenne pour développer des projets en faveur des médias indépendants du monde arabe.

Le premier contrat de deux ans concerne un projet d’accompagnement du développement de médias syriens, principalement par le biais de formations.

D’un montant de 1,5 million d’euros, il est financé à hauteur de 1,2 million par l’Union Européenne. L’objectif principal du projet est de préparer une nouvelle génération de journalistes syriens capables, aujourd’hui, de produire une information de qualité et professionnelle, et demain de constituer les piliers des médias de l’après-crise.

Dès le mois d’avril 2014, CFI ouvrira les portes d’un centre de médias, baptisé «Syrian Media Incubator», dans la ville turque de Gaziantep, à 60 km de la frontière syrienne, au nord d’Alep. Cet espace de travail collectif vise à fournir des outils modernes de télécommunication et à accompagner les journalistes syriens décidés à continuer, coûte que coûte, de relayer l’information de leur pays.»

Cet aveu du gouvernement français n’est rien de moins que spectaculaire. Examinons de près cette annonce : la France et l’UE, qui sont loin d’être des observateurs impartiaux de la guerre que livrent en Syrie les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, les pays du Golfe et Israël, financent et soutiennent un organe de presse qui attise le feu de la propagande à des points stratégiques dans la bataille que livre l’Armée arabe syrienne pour libérer Alep des griffes des gangs terroristes de la coalition des États-Unis. Le feu qu’il attise permet de détourner le regard du public des véritables atrocités commises par les entités terroristes contre des civils syriens à Alep et de relancer les appels en faveur d’une zone d’exclusion aérienne, l’outil ultime que veut se procurer l’OTAN pour réduire la Syrie à un État en déliquescence comme la Libye.

 

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Rami-SOHR-259x300Il convient de noter aussi que l’UE est aussi l’une des principales sources de financement de cette autre ONG de «l’opposition syrienne» qu’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR), un one-man show basé en Grande-Bretagne donné par un ancien condamné syrien appelé Rami Abdelrahman (dont le véritable nom est Osama Ali Suleiman ; photo, à gauche). Celui-ci travaille en coordination avec le ministère britannique des affaires étrangères et du Commonwealth. Il est important d’en parler parce qu’à l’instar du Aleppo Media Centre, l’Observatoire est la source d’où l’ensemble des médias institutionnels occidentaux, ainsi que le département d’État des États-Unis et leurs alliés, puisent toutes leurs «nouvelles» et leurs «données» à propos de ce qui se passe prétendûment en Syrie.

 

Qu’il s’agisse de l’histoire d’Omran ou des récentes allégations d’attaque au chlore par l’armée arabe syrienne, toutes ces nouvelles font partie d’un programme qui a peu à voir avec le bien-être de la Syrie et relève bien plus de la volonté d’atteindre l’objectif politique de changement de régime déclaré des États-Unis et de l’OTAN, qui était en tête de liste des choses à faire en Syrie bien avant 2011 (lorsque la guerre sale planifiée en cours en Syrie a vraiment commencé à prendre de l’ampleur) par les agences de Washington responsables de l’édification [destruction] de la nation.

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UN HOMME TRANSPORTE UN ENFANT, D’AUTRES ONT L’AIR OCCUPÉS : mise en scène familière d’une image émouvante par le Aleppo Media Centre (Source : AMC/Washington Times)

UN HOMME TRANSPORTE UN ENFANT, D’AUTRES ONT L’AIR OCCUPÉS : mise en scène familière d’une image émouvante par le Aleppo Media Centre (Source : AMC/Washington Times)

Là encore, nous voyons les mêmes «citoyens journalistes» autoproclamés bien enracinés dans les colonies terroristes nouvellement établies, ces enclaves terroristes qui regorgent de criminels fanatiques sous l’effet de la drogue, instables et violents, qui n’hésitent pas à lancer aveuglément sur les zones résidentielles densément peuplées de l’ouest d’Alep des contenants emplis de verre, d’éclats, de chlore ou d’explosif.

Ces «citoyens journalistes» apprécient leurs rôles et leur cantonnement en territoire terroriste et ne craignent aucunement les meurtriers qui n’éprouvent aucun scrupule à commettre les pires atrocités, y compris la décapitation d’un gamin de 12 ans émacié et fiévreux, Abdullah Issa, dont il a été question précédemment.

Nous assistons à la création d’une autre composante de l’État de l’ombre de l’Occident, qui se cache derrière toute une série de projets des ONG qu’il finance, et qui s’échafaude dans le brouillard de la guerre, brique après brique, jusqu’à ce que se dresse une barrière infranchissable entre le grand public et la vérité sur ce à quoi la Syrie et le peuple syrien sont réellement confrontés.

Cette enclave de médias de l’ombre s’installe dans la caisse de résonance de la propagande érigée par les États-Unis et l’OTAN, qui réduit au silence les appels provenant de la Syrie qu’on entendrait normalement, au profit d’une image faussée et artificielle et de reportages tordus qui utilisent sans ambages les termes «rebelles» et «combattants de la liberté» pour décrire des terroristes islamistes.

L’appel authentique est celui de la majorité de ce qui forme le peuple syrien, et non pas les cris de guerre de «l’opposition» choisie par les États-Unis et l’OTAN, dont la plupart des partisans ne vivent même pas en Syrie.

La méthode

«Pour mémoire, en partenariat avec International Media Support (IMS) et Reporters sans frontières (RSF), CFI a notamment contribué en 2013 à la création de la radio syrienne indépendante Radio Rozana qui émet depuis Paris et s’appuie sur un réseau de 30 correspondants basés en Syrie. Ces derniers ont bénéficié en 2013 de plusieurs formations organisées par CFI.»

Les pays visés

«Le second contrat signé avec l’Union européenne, d’une durée de trois ans, permettra à CFI de financer des projets visant à développer l’information en ligne en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte, en Jordanie, en Palestine, au Liban et en Syrie.»

Leur objectif clair et la fin en soi

«Dans un paysage arabe en pleine mutation, CFI renforce ainsi ses efforts pour accompagner les médias indépendants appelés à jouer un rôle majeur dans les fragiles processus de démocratisation en cours.»

L’aval du gouvernement français

«Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI) confie à CFI la mission de mettre en œuvre sa politique d’appui au développement des médias publics et privés, et plus généralement du secteur audiovisuel dans une perspective tri‑media, dans les pays bénéficiaires de l’aide publique au développement.

Ses objectifs demeurent la diffusion de l’information [propagande], la consolidation de la société civile et de l’État de droit et l’appui aux nouvelles démocraties ou “États fragiles”. Son endossement à France Télévisions et Arte France est le garant de son professionnalisme.»

Des organes de presse comme le Aleppo Media Centre sont décrits dans une étude de CFI, «en opposition à la propagande de Damas». Pourtant, lorsqu’on sait que la soi‑disant propagande de Damas est aussitôt rejetée de tous les côtés par les gouvernements de la coalition menée par les États-Unis, leurs médias d’État, les groupes de défense des droits de la personne, les groupes d’opposition contrôlés, toutes les ONG antisyriennes financées par Soros, les chouchous de l’OTAN que sont  les casques blancs et, enfin, les groupes de réflexion alignés sur l’OTAN, il est difficile de comprendre cet appel à une opposition en présence d’un si puissant lobby international opposé à l’État syrien.

L’aval des Israéliens

Rappelons qu’Israël, qui est le principal bénéficiaire de la guerre menée par la coalition des États-Unis en Syrie selon Bouthaina Shaaban (conseillère politique et médiatique du président syrien Bachar Al Assad), tenait une page consacrée aux reportages du Aleppo Media Centre sur le site Web du Times of Israel jusqu’en mars 2015. Cet honneur n’est réservé qu’à ceux qui s’inscrivent dans le cadre très étroit de la vision géopolitique sioniste préconisant la fragmentation du Moyen‑Orient et le déchirement de la Syrie, son rival de toujours, le long de lignes de fracture sectaires, une politique menée par Israël et par son complice de crime, plus exposé que jamais, qu’est l’Arabie saoudite.

Les principaux acteurs

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Zein Al Rifai, cofondateur du Aleppo Media Centre. Photo : Rozana.fm

Zein Al Rifai, cofondateur du Aleppo Media Centre. Photo : Rozana.fm

Un des cofondateurs du Aleppo Media Centre est Zein Al Rifai, l’autre étant Youcef Seddik. Dans une interview accordée au  Syria Deeply, une autre étoile de la constellation des centres des médias nouvellement constitués pour diffuser de la propagande contre l’État syrien et son armée nationale, Al Rifai répond aux questions en proférant les mêmes clichés et mensonges éhontés.

«Alep a été l’une des premières villes à protester. Les manifestations qui ont eu lieu à l’Université d’Alep étaient importantes, mais malheureusement, les médias ne parlaient pas d’Alep à cette époque et les premières manifestations ne sont pas bien documentées, explique Al Rifai.»

Se pourrait-il que ces «premières manifestations» n’aient pas été bien documentées parce qu’elles n’ont pas eu lieu, contrairement à ce qu’affirme Zein Al Rifai, fondateur du Aleppo Media Centre ?

NOTA – Syria Deeply est financé par la Asfari Foundation, dirigée par son PDG Ayman Asfari, qui a aussi attribué un financement de démarrage de 300 000 dollars pour la campagne syrienne, dont l’équipe est à l’origine du plus grand succès de l’intervention d’agents de l’OTAN sur le terrain : les Casques blancs.

Voici la réponse du Dr Tony Sayegh, un éminent chirurgien basé à l’ouest d’Alep, lorsqu’on lui a demandé comment c’était à Alep avant le conflit :

«C’est en juillet 2012 que tout a changé. Mais ce ne sont pas les résidents d’Alep qui se sont rebellés contre les dirigeants. Des parties de la ville ont été envahies par des groupes armés provenant d’ailleurs en Syrie et d’autres pays.» Tony Sayegh croit que les intérêts en cause dans cette invasion dépassaient largement le contrôle d’une seule ville.

«La tentative de renverser le gouvernement de la Syrie par les armes et les émeutes avait échoué. Ils ont alors décidé de se concentrer sur Alep, pour faire buter toute l’économie syrienne. Les groupes armés ont pris les services d’eau et les centrales électriques afin de stopper l’approvisionnement des résidents, puis ont jeté leur dévolu sur les industries. Des usines au complet ont été démantelées et transportées en Turquie. Ils ont tout volé. C’est à ce moment que tout a chamboulé et que le malheur d’Alep a commencé.»

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Image sur la page Facebook de Zein Al Rifai : tous ces drapeaux associés à l’opposition syrienne expriment clairement où se situent ses sympathies. Photo : page Facebook

Image sur la page Facebook de Zein Al Rifai : tous ces drapeaux associés à l’opposition syrienne expriment clairement où se situent ses sympathies. Photo : page Facebook

Une recherche sur les activités d’Al Rifai et de Seddik révèle que ces deux «citoyens journalistes» opposés au gouvernement syrien n’ont aucune difficulté à entrer en France pour y faire des tournées promotionnelles, ce qui est quand même extraordinaire quand on sait qu’il est pratiquement impossible pour la majorité des citoyens syriens laïcs favorables au gouvernement [ou simplement opposés à l’intervention de l’OTAN] d’obtenir un visa, en raison des dures sanctions que les États-Unis et l’UE imposent contre l’État syrien, qui affectent avant tout le peuple syrien.

En outre, les deux hommes sont immanquablement décrits par la presse française comme des «opposants à Bachar el-Assad» et des «journalistes» qui n’ont pas d’objection à maintenir des relations avec des entités terroristes comme le Front al-Nosra (Al-Qaida en Syrie), puisqu’ils partagent le même but, qui est de renverser le président Assad.

«Nous maintenons de bonnes relations avec la plupart des factions de l’opposition. Nous partageons tous le même objectif : libérer la Syrie de la tyrannie, sauf que chacun d’entre nous suit sa propre voie pour y parvenir. Nous avons couvert des secteurs sous le contrôle du Front al-Nosra à Alep et à Idlib. Ils nous ont toujours laissés tranquilles.» ~ Zein Al Rifai à Syria Deeply

 

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Dr_KodmaniEn plus de manifester leur attachement à une organisation qui est responsable d’un pourcentage énorme des atrocités commises contre la majeure partie du peuple syrien et ailleurs, les deux hommes se font souvent accompagner dans leurs tournées par nulle autre qu’Hala Kodmani, la soeur de la directrice du Conseil national syrien, Basma Kodmani (photo, à gauche).

 

Les qualifications de Basma Kodmani comme candidate de l’opposition favorisée par l’OTAN, qui a participé deux fois aux réunions du Groupe Bilderberg, ont été passées au peigne fin par Charlie Skelton du quotidien The Guardian :

«Il en ressort que Kodmani est un fidèle lieutenant de l’industrie de la promotion de la démocratie anglo-américaine. Sa «province d’origine» (selon le site Web du Conseil national syrien) est Damas, mais son parcours professionnel est lié étroitement et depuis longtemps aux pouvoirs qu’elle supplie d’intervenir en Syrie.»

Conclusions

Une recherche très rapide à partir des termes Aleppo Media Centre + Omran fait ressortir le rôle crucial de cet organe de presse soutenu par l’Occident dans le moulin de la propagande des médias alignés à l’OTAN. Pratiquement tous les grands médias institutionnels utilisent les vidéos et les reportages du AMC pour encourager et maintenir le flot incessant de chroniques de la coalition des États-Unis anti Assad. The Guardian, Channel 4, la BBC, The Telegraph, CNN, Fox News, Time, FT et bien d’autres dépendent tous du AMC pour livrer le produit qu’ils nous concoctent à propos de la Syrie.

Bref, c’est le Smart Power (pouvoir de l’intelligence) en action, l’instauration d’un monde meilleur où les gros bonnets des médias, dans le confort de leurs tours de bureaux à Londres, Paris et Manhattan, n’ont plus à se salir les mains en zone de guerre, laissant le soin aux «militants» et aux «citoyens journalistes» de faire le boulot à leur place.

Le problème du point de vue professionnel et éthique c’est que, dans le cas du Aleppo Media Centre, ses reportages ne sont pas équilibrés ni objectifs. Le AMC est financé par le Quai d’Orsay, l’UE et les États-Unis, qui ont tous investi massivement dans l’opération militaire de la coalition menée par les États-Unis, dans la «feuille de route» pour la Syrie et dans l’hypothétique changement de régime qu’ils souhaitent ardemment.

Pire encore, le Aleppo Media Centre est intégré exclusivement au Front al-Nosra, à Arar al-Sham et dans les secteurs contrôlés par les terroristes. Ceux qui en font partie disent eux-mêmes qu’ils travaillent en étroite collaboration avec le Front al-Nosra, puisque tous partagent le même objectif qui est un changement de régime, peu importe le nombre de civils syriens massacrés en cours de route, ce qui ne manque pas de se produire à Alep.

Le AMC constitue un élément crucial d’un réseau beaucoup plus vaste et sinistre formé de partisans de la démocratisation et de prédateurs néocolonialistes. Il est aussi mis en valeur par Israël, le bénéficiaire principal d’un conflit et d’un chaos perpétuels en Syrie et dans la région.

Finalement, tout ce beau monde cherche à promouvoir l’idée que pour améliorer la Syrie, il faut commencer par la détruire. Sur la base de l’ensemble des renseignements pertinents disponibles, il est clair que les médias commandités par les États occidentaux sont des agences de relations publiques chargées de vendre cette idée à la population délibérément mal informée.

Ces mêmes médias syriens intégrés, ainsi que les médias institutionnels qu’ils alimentent, ne se gênent pas pour coller l’étiquette Hitler sur le dos du président Assad, une forme de diabolisation à rabais qu’eux et leurs équipes du Smart Power utilisent à répétition pour obtenir les changements de régime qu’ils convoitent, que ce soit en Libye (Mouammar Kadhafi), en Irak (Saddam Hussein) ou en Yougoslavie/Serbie (Slobodan Milosevic), pour citer quelques exemples.

Ces campagnes d’«hitlérisation» s’avèrent fructueuses, mais on ne peut s’empêcher de constater, à la lecture de la propre thèse d’Hitler à propos de la propagande, qu’il est évident que les États du Nord et la machine médiatique institutionnelle respectent rigoureusement la vue de l’esprit décrite en détail par Hitler lui-même, qui considérait la propagande comme l’élément essentiel pour contrôler les masses et garantir l’acceptation d’une guerre éternelle.

«L’art de la propagande consiste à être capable d’éveiller l’imagination publique en faisant appel aux sentiments des gens, en trouvant des formules psychologiquement appropriées qui attireront l’attention des masses et toucheront les cœurs.»~ Hitler, Mein Kampf

Vanessa Beeley

Vanessa Beeley est contributrice à 21WIRE, et depuis 2011, elle a passé la majeure partie de son temps au Moyen-Orient, reportant les événements qui s’y déroulent – comme chercheuse indépendante, écrivain, photographe et militante pour la paix. Elle est également membre du Comité directeur du Mouvement Solidarité Syrie, et une bénévole de la Campagne mondiale pour le retour en Palestine. Voir son travail sur son blog The Wall Will Fall.

Traduit par Daniel, édité par Wayan et relu par Cat pour le Saker Francophone.

source:http://lesakerfrancophone.fr/le-quai-dorsay-lue-et-les-usa-financent-le-aleppo-media-centre-qui-defend-la-cause-des-djihadistes


 
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Le Système en mode panique

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le Système en mode panique

Les masques ne tomberont pas plus bas. Obama qui met son veto à une loi autorisant les poursuites contre les Saoudiens qui ont financé l’inside job du 11 Septembre; l’attaque contre les troupes syriennes pour permettre une offensive de l’Etat islamique à Deir ez-Zor; puis la soudaine hystérie des merdias-systèmes pour condamner l’offensive de Damas à Alep: il est désormais clair pour tous que les Atlantistes sont les alliés de Daesh en Syrie, et plus largement des barbus de tous poils au Moyen-Orient. Reste que la mobilisation politico-merdiatique contre la Russie et Damas atteint cette fois des proportions si délirantes qu’il faut se demander si la pègre néolibérale dirigeante ne se prépare pas à renverser la table en cherchant, en désespoir de cause, une confrontation directe avec la Russie. Car le dossier syrien n’est que l’un des fiascos en cours parmi une multitude d’autres.

Zapping masochiste

Cette fois les merdias-systèmes se lâchent. Tous les plumitifs de notre vertueux monde libre s’étranglent désormais d’une indignation qu’ils affirment planétaire et même cosmique contre le super-méchant Poutine et Bachar «le tyran qui massacre son propre peuple» selon la formule consacrée et déjà usitée pour Saddam Hussein et Khadafi par… eux-mêmes.
Moscou et Damas sont ainsi accusés de pilonner sans discernement le quartier «rebelle» d’Alep (donc où les terroristes d’al-Nosra-Qaïda-Daesh et consorts se terrent en prenant la population en otage), visant même délibérément les civils et en particulier les vieillards diabétiques, les infirmières, les féministes, les transgenres, les chatons affamés et surtout les fillettes si possible de moins de 3 ans (1).
Lors d’un zapping masochiste, on est ainsi retombé d’abord sur la photo pourtant très suspecte du petit Omran (2) exhumée par France2 pour arracher des larmes à la ménagère, puis sur le toujours consternant 28 minutes d’Arte (terrible zapping indeed…). Et là, c’était du pur caviar ! Au milieu d’un débat où comme toujours les intervenants s’enflammaient à l’unisson contre Moscou et Damas, la speakerine en charge s’indignait donc, s’emportait même, de voir qu’il n’y avait encore eu aucune manifestation-monstre du peuple dans les rues de Paris (rive gauche bien sûr) pour dénoncer les crimes russes et syriens, sous-entendus «après tout ce qu’on leur a dit et montré».
Et vous comprenez qu’en fait, ces gens-là n’ont même pas l’excuse d’être de dociles petits fonctionnaires propagandistes de la pègre atlantiste, mais qu’ils sont pour la plupart tout simplement sincères dans leur imbécilité, honnêtes dans leur aveuglement bref, que ce sont justes des idiots utiles hallucinés par l’idéologie qu’ils servent en rampant, étant entendu que dans tout système totalitaire il est toujours dangereux de lever la tête, surtout dans les médias.
A aucun moment ni la dame en question ni sa chorale de clones ne s’est donc demandé si ce désintérêt de la rue ne pouvait pas venir, par hasard, du fait que justement plus personne ne croyait à LEUR version pourrie, que chacun avait vu la nudité du roi atlantiste et comprenait son jeu incestueux et criminel avec les barbus au Moyen-Orient.
Fin du zapping donc, avec comme toujours une légère nausée.
Et puis retour à la vue d’ensemble.

En route pour le plan B ?

Car la crise syrienne n’est qu’une crise parmi toutes celles qu’affronte notre vertueux Système atlantiste et sa contre-civilisation.
Ainsi, sous le vernis d’un technologisme débridé et du mythe d’une croissance éternelle, tout y est rouillé, foireux, rongé, poreux, branlant et déglingué. C’est que notre hyper-Titanic néolibéral se fracasse en même temps contre toutes ses impasses. Seule l’énorme couche de propagande, du type «tout va très bien Madame la Marquise», donne encore l’illusion d’un édifice encore viable alors que toute sa structure, aussi bien sociale que politico-économique, menace de s’écrouler à tout instant saisi par la surfusion (3).
Son modèle économique est une aberration mortifère sans lendemain qui craque de toutes parts; son système politique soit disant démocratique est devenu une vulgaire oligarchie corrompue jusqu’à la moelle; et sa structure sociale se décompose à vue d’œil sous les coups de boutoir du progressisme bobo-nihiliste et de la «crise migratoire», avec une guerre de tous contre tous qui menace désormais de tourner à la guerre civile tout court.
Aux commandes de cet hyper-Titanic, la capitainerie US, elle, fait face à une menace existentielle. La «dédollarisation» des échanges internationaux s’accélère; la Russie surpasse désormais l’Empire en matière de technologie militaire et la Chine poursuit sur sa lancée émancipatrice en tant que désormais première puissance économique mondiale. L’élite washingtonienne est par ailleurs tombée dans un tel état de disgrâce qu’il semble fort possible que le trublion Trump réussisse finalement à damer le pion à la candidate du Parti de la Guerre et de Wall Street, la toussoteuse Killary.
De ce côté-ci de l’Atlantique, l’UE est au bord de l’implosion, la paupérisation ravage les peuples et, en France, fer de lance de la construction européenne donc, la pègre dirigeante connaît le même état de disgrâce que sa consœur et inspiratrice étasunienne.
Alors en voyant l’hystérie anti-russe soudain flamber de la sorte de part et d’autre de l’Atlantique, de notre vertueux monde libre donc, en voyant les Etats-Unis et la France pousser à la une confrontation directe avec la Russie sur le théâtre syrien, on ne peut s’empêcher de penser que devant les échéances hasardeuses qui s’annoncent pour le Système, certains doivent se dire que renverser la table avec une guerre de haute intensité pourrait faire office de plan B.

PS: Le timing est parfait. Publiés ce jour, les résultats de l' »enquête officielle » sur le krash du MH17 accusent bien évidemment les rebelles pro-russe du Donbass (ce que conteste le Kremlin). Grosse poussée de russophobie supplémentaire en perspective!

1- Il ne s’agit bien évidemment pas ici de minimiser le terrible calvaire de la population civile, mais de pointer l’indignation sélective atlantiste qui ne se manifeste que lorsque ses intérêts sont menacés.

2- Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes

3- De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

source: http://www.entrefilets.com/Le_systeme_en_mode_panique.html


 
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Escalades, rédigé par Observatus geopoliticus dans "Chroniques du grand jeu".

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Escalades

29 Septembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Escalades

Ca chauffe...

Si le débat Trump vs système impérial a finalement accouché d'une souris, Washington est toujours dans l'oeil du cyclone. Le Congrès américain vient d'humilier Obama en passant outre le veto présidentiel concernant la complicité saoudienne dans les attaques du 11 septembre. Le Sénat (97-1) et la Chambre des représentants (348-77) ont massivement voté pour rejeter le veto de Barack à frites, dépassant très largement la majorité requise des deux tiers.

La possibilité de poursuivre l'Arabie saoudite est maintenant ancrée dans le marbre de la loi, assommant et la Maison Blanche - qui pleurniche sur "le vote le plus gênant de l'histoire du Sénat US" (défense de rire) - et Riyad. Si Churchill vivait encore, il aurait glissé à l'oreille du président US quelque chose du genre : Vous avez voulu éviter la dédollarisation au prix du déshonneur, vous aurez le déshonneur et la dédollarisation.

Quant aux grassouillets Seoud, ils n'avaient vraiment pas besoin de ça, eux qui sont engagés sur la voie de l'anorexie après une nouvelle cure d'austérité liée à la chute des cours du pétrole qu'ils ont eux-mêmes provoquée. Paniqués, les voilà qui rétro-pédalent et cherchent un accord sur le gel de la production d'or noir afin de stabiliser les prix, mais il est bien tard. Sans compter le bourbier yéménite où le chameau saoudien s'enfonce chaque jour un peu plus. Dernière bourde en date : l'aviation wahhabite a bombardé ses propres soldats. Seule consolation : les bombardements de civils qu'il commet là-bas seront soigneusement tus par l'establishment occidental qui atteint des sommets d'hypocrisie...

Cela nous amène tout droit à la Syrie et aux cris d'orfraie autour de l'offensive sur Alep. Là, votre serviteur doit faire amende honorable : il pensait que l'affaire de Deir ez-Zoor calmerait les ardeurs de l'empire... C'est au contraire un déchaînement hystérique auquel on assiste, les clowns américano-franco-britanniques activant leurs diplomates onusiens et leurs médias, la palme revenant, en France, au Fig à rot de Dassault (sans doute en négociations avec le Qatar pour vendre quelques Rafales) et à l'imMonde. Chose intéressante, notons tout de même la position plus mesurée de l'Allemagne.

Sur le terrain, les djihadistes modérés croulent sous l'avance loyaliste, dans la Ghouta orientale mais surtout à Alep, clé du nord syrien. Pas étonnant que la clique américano-européo-saoudienne ait une poussée d'acné. Sa réaction est imprévisible, qui va de la menace de livraisons d'armes à des livraisons d'armes qui auraient déjà eu lieu. Le sommet a été atteint par l'interview, évidemment passée sous silence par la sous-volaille médiatique française, d'un commandant d'Al Qaeda déclarant que les Etats-Unis aident le mouvement de feu Ben Laden. Pour être honnête, je reste quelque peu dubitatif sur certaines des affirmations dudit barbu, notamment la présence d'officiers US et israéliens à Alep. Mais le soutien, au minimum indirect, de Washington aux djihadistes très modérément modérés n'étonnera personne, surtout pas le lecteur de ce blog.

Ce qui pose la question de la Turquie, par où ces armes transitaient / transitent / transiteraient / transiteront (barrez la mention inutile). Le sultan a-t-il vraiment tourné casaque ou a-t-il amadoué Poutine sans contrepartie ? Jusqu'ici, les "rebelles" faisaient état d'un réel lâchage turc. Leurs déclarations plastronnantes de ces derniers jours ne relèveraient-elles pas en fait de l'intox, visant à effrayer l'armée syrienne ? Les prochains jours nous apporteront la réponse.

Dans l'immédiat, Erdogan a d'autres soucis en tête. Comme nous le disions, l'offensive sultanesque patine complètement dans le nord et le fait est maintenant reconnu par la presse officielle d'Ankara. Devant l'inefficacité de ses alliés de l'ASL, il est de plus en plus question d'envoyer l'armée turque elle-même pour prendre le noeud d'Al Bab ! De quoi multiplier les pertes militaires, créer un incident international aux conséquences imprévisibles et compliquer encore s'il était possible la scène. D'autant plus que l'armée syrienne elle aussi commence à avoir des vues sur Al Bab, jusqu'ici laissée en dehors du radar des généraux de Damas plus occupés à prendre Alep. L'on passerait ainsi à un détonnant billard à quatre bandes : loyalistes, YPG kurdes, armée turque, Daech. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Russes et Iraniens en force, Turcs dans la balance, Américains et Saoudiens en chute libre : tel est le tableau syrien. Guère étonnant dans ce contexte que la guerre médiatique soit relancée contre Moscou. Etrange coïncidence, le tribunal d'enquête sur le vol MH17 est soudain sorti de son cryo-sommeil pour accuser les Russes d'avoir fourni le Bouk ayant abattu l'avion. Bah voyons... Rappelons que ce tribunal du peuple est composé - ne riez pas - des Pays-Bas et de la Belgique (membres de l'OTAN), de l'Australie (fidèle alliée de tonton Sam) et de l'Ukraine (LOL). Autant dire que sa crédibilité est aussi grande que celle de Colin Powell et de ses petites fioles...

Dans le reste de l'actualité, le fiévreux président philippin Duterte, celui-là même qui avait qualifié Obama de "fils de [péripatéticienne]", annonce qu'il est prêt à "franchir le Rubicon" en tournant le dos aux Etats-Unis. Il est en tout cas attendu à Pékin et à Moscou avec qui il souhaite grandement se rapprocher. Une nouvelle pièce de l'empire prête à passer dans l'autre camp ? Après l'Irak, voire Israël et la Turquie, ça devient une habitude...

Ankara justement, revenons-y. Un proche du sultan a déclaré que son pays était prêt à racheter la Deutsche Bank, en énorme difficulté financière et détenant des tonnes d'"actifs pourris". Certes, bien de l'eau coulera peut-être sous les ponts avant de voir ce projet (cette menace ?) se concrétiser, mais la chose est assez symbolique de l'ornière insondable dans laquelle se trouve l'UE, autre tentacule de l'empire en ballottage très défavorable.

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Ferme mise au point du Dr Bashar Ja'afari, représentant permanent de la République arabe syrienne aux Nations unies, (ambassadeur syrien à l'ONU), le 24 septembre 2016.

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #Politique étrangère

Bonjour.

Je vous invite à regarder attentivement la vidéo du Dr Bashar Ja’afari, représentant permanent de la République arabe syrienne aux Nations unies, le samedi 24 septembre 2016.

Quelques vérités qu'il est bon de dire en langage direct afin que le bon peuple puisse entendre un autre son de cloche que celui dispensé ad nauseam par les grands média entièrement au service de la propagande officielle dispensée par le gouvernement étasunien.

Bien entendu nombre de personnes imbibées par cette déferlante médiatique occidentale ne pourront pas s'en dégager facilement. Certaines auront l'intime conviction que ce message est un énième contre-feu des partisans de Poutine et du boucher Bachar El Assad qui massacre son peuple sans état d'âme pour favoriser l'implantation de Daesh en Syrie, (propagande quand tu nous tient !).

A ce stade on ne peut rien faire contre les idiots utiles de l'axe du bien, entièrement contaminés par la doxa de l'Empire anglo-saxon.

Par contre, pour les quelques ceux pour qui l'analyse critique signifie encore quelque chose, pour les cartésiens qui osent encore poser un problème et l'examiner sous ses différents angles (thèse, antithèse, synthèse), pour ces amoureux de la liberté et de la raison, cette mise au point du diplomate syrien est peut-être l'occasion de remettre en cause les affirmations dévoyées de la coalition internationale.

Le pari de la raison et de l'intelligence est toujours porteur. En effet, lorsqu'une personne prend conscience des manipulations dont nous sommes l'objet, elle est vaccinée définitivement contre les mensonges.

Après la vidéo, je joindrai les interventions du Dr Bashar Ja'afari à l’ONU. Séance du mercredi 21 septembre 2016 et séance extraordinaire du dimanche 25 septembre 2016 convoquée par la France, l'Angleterre et les Etats-Unis.

Je joindrai également une analyse de Richard Labévière.

(Le 29 août 2008, Christine Ockrent, directrice de l’information de l’audiovisuel extérieur, épouse du ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, a prononcé le licenciement de Richard Labévière, rédacteur-en-chef à Radio France Internationale (RFI). Pour plus d’informations : Pour plus d’informations : Pourquoi les époux Kouchner veulent-ils la tête de Richard Labévière ?)

Bien cordialement

Lucien Pons

Ferme mise au point du Dr Bashar Ja'afari, représentant permanent de la République arabe syrienne aux Nations unies, (ambassadeur syrien à l'ONU), le 24 septembre 2016 (sous titre Français).

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !
Par Bachar al-Jaafari

jeudi 29 septembre 2016, par Comité Valmy

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !

Ce 21 septembre lors d’une énième session du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie, Ban Ki-moon aurait déclaré :

« C’est l’occasion de rétablir la cessation des hostilités, faciliter l’aide humanitaire à Alep et dans tout le pays, maintenir au sol la force aérienne syrienne et voir une action militaire conjointe contre les groupes terroristes tels que Daech et Al Nosra… cela permettrait d’ouvrir la voie vers des négociations politiques » [*].


Maintenir au sol la force aérienne syrienne ! Pour quoi faire, sinon légitimer les mensonges, la cruauté et la rapacité de ses donneurs d’ordre ?

Pour mémoire, voici la réponse du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies [NdT].


Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis dans cette salle alors qu’au dehors nombre de manifestants sur la 47ème rue exigent que certains membres de ce Conseil ne touchent plus à la Syrie [Hands off Syria !], cessent leurs frappes et arrêtent de soutenir les organisations terroristes ; de telles manifestations ayant lieu dans plusieurs villes américaines, en Californie et ailleurs.

 

Monsieur le Président,

Cette importante séance du Conseil de sécurité sur la situation en mon pays se tient à un moment extrêmement sensible où nous constatons de dangereux déséquilibres contredisant les signaux indicateurs d’un dénouement positif la semaine passée.

Ceci, à cause des dérobades des États-Unis à l’accord conclu avec la Fédération de Russie, le 9 septembre dernier, et de leur absence de volonté d’obliger les organisations terroristes soutenues par ladite « Coalition internationale » à le respecter, en notant au passage que le caractère prétendument international de cette coalition ne correspond pas à la réalité des faits, étant donné qu’elle s’est constituée en dehors du cadre de la légalité internationale, sans résolution du Conseil de sécurité et sans consultations préalables de la partie concernée ; en l’occurrence, le Gouvernement de la République arabe syrienne.

Ce qui nous rappelle d’autres « coalitions destructrices », évoquées par certains intervenants que nous remercions, lesquelles coalitions n’ont engendré que des catastrophes sur des États, comme l’Irak, la Libye et le Yémen.

 

Mesdames et Messieurs,

Il y a deux ans, quand l’Administration américaine a programmé son ingérence militaire aérienne unilatérale sur mon pays, les responsables américains sont venus nous trouver pour nous signifier l’engagement de Washington à ne pas cibler l’Armée syrienne et les infrastructures vitales du pays, assurant qu’ils ne s’en prendraient qu’aux terroristes de Daech. Ce sont là des paroles qui m’ont été confiées par la déléguée permanente des USA auprès des Nations Unies, au nom de son gouvernement, et que j’ai transmises à mon gouvernement.

Mais voilà que deux ans plus tard, les responsables américains oublient les engagements et les promesses faites au nom de leur pays, et que l’aviation américaine frappe les bases de l’Armée syrienne ainsi que les infrastructures du pays, après avoir déployé ses soldats sur le territoire syrien.

L’agression militaire américaine à l’est de notre pays, l’agression turque au nord et l’agression israélienne au sud signifient clairement que nous sommes passés de l’étape d’une guerre par procuration à celle d’une vraie guerre.

Mon pays avait accueilli favorablement les déclarations russo-américaines du 9 septembre, lesquelles soutenaient explicitement que les deux parties avaient réussi à trouver un accord concernant la lutte contre Daech et le Front al-Nosra, quel que soit le nom qu’ils se donnent ; un accord conclu à la connaissance et avec le consentement du gouvernement syrien.

Il n’empêche que la Communauté internationale, représentée par ce Conseil, est restée de marbre sans exprimer, ne serait-ce que par un bref communiqué, le moindre blâme ou inquiétude devant l’immense choc provoqué par l’agression barbare et injustifiée de l’aviation militaire des USA, de la Grande Bretagne, de l’Australie et du Danemark sur des positions de l’Armée syrienne, laquelle se battait contre l’organisation terroriste Daech sur le mont de Tharda autour de l’aéroport de Deir ez-zor.

Aucune condamnation et pas le moindre blâme face à cette agression caractérisée contre des unités de l’Armée syrienne, pourtant connues pour défendre depuis deux ans des dizaines de milliers de civils assiégés par Daech à l’intérieur de cette ville, avec pour résultat la mort de dizaines de soldats et d’officiers syriens : 82 martyrs et plus d’une centaine de blessés.

Une agression qui a duré cinquante minutes… cinquante minutes de frappes, précédées par le survol de drones ayant analysé la zone pendant deux jours.

Une agression qui a ouvert la route aux terroristes de Daech pour occuper ces positions militaires volontairement ciblées, avant que l’Armée syrienne ne réussisse à les reprendre.

Pire encore, ces soldats et officiers de notre Armée ont dû subir un deuxième tour de frappes aériennes par drones de combats, alors qu’ils se retiraient de leurs positions sur le mont de Tharda.

Avant cette agression délibérée, le gouvernement de mon pays accordait une grande importance à la séparation entre les diverses organisations armées conformément au contenu de la Déclaration de Vienne 2, du 14 novembre 2015, quant à la définition de qui était terroriste et qui ne l’était pas, qui était opposant et qui ne l’était pas. Désormais, il faut croire que dix mois n’ont pas suffi à l’identification des indices de cette embarrassante énigme, d’autant plus que certains semblent avoir été frappés d’un Alzheimer précoce.

Dans ce même contexte, Damas attendait que Washington respecte ses engagements consistant à mettre un terme aux agissements des régimes de certains États impliqués dans le soutien du terrorisme politiquement, médiatiquement, logistiquement, financièrement et idéologiquement. Nous attendions aussi que cesse l’afflux des terroristes et des armes à travers les frontières de pays voisins et que cesse l’utilisation du terrorisme comme arme de chantage politique.

 

Monsieur le Président,

Les avions de reconnaissance et les satellites espions américains, ainsi que tous les Services du renseignement de ladite Coalition internationale, n’ont pas réussi à distinguer entre Daech et ceux qui combattent Daech. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’ils auraient échoué, depuis de longues années, à repérer les milliers de terroristes étrangers exportés en Syrie et en Irak à partir de différents pays ; sujet évoqué par le Premier ministre espagnol que nous remercions.

Ils ont échoué à repérer des éléments terroristes étrangers infiltrés en Syrie à travers notre frontière avec la Turquie et d’autres pays voisins, comme ils ont échoué à repérer les convois de véhicules armés et les milliers de terroristes de l’organisation Daech, partis de leurs bases irakiennes pour un long périple de deux cents kilomètres, en plein désert syrien, en direction de Palmyre.

Comme ils ont échoué à repérer les milliers de camions acheminant le pétrole syrien volé, vers la Turquie, avant de le vendre à Israël pour financer les opérations terroristes de Daech.

Comme ils ont échoué à mettre fin au financement et à l’armement des organisations terroristes, bien qu’ils connaissent la source du moindre dollar encaissé par Daech, le Front al-Nosra et autres organisations qui leur sont étroitement liées.

En revanche, leur grand succès a consisté en la fabrication d’accusations mensongères, d’événements falsifiés, de rapports politisés et de films frelatés dans le but de diaboliser le gouvernement syrien et ses alliés.

Le plus étonnant est d’entendre le ministre américain des Affaires étrangères se fonder sur le témoignage d’un « témoin oculaire » qui aurait remarqué la présence d’engins volants au dessus du convoi d’aide humanitaire détruit hier, [le 20 septembre], par des frappes aériennes. Cet unique témoignage d’un témoin issu de ladite opposition syrienne, génétiquement modifiée en opposition armée « modérée », a suffi à Monsieur Kerry pour étayer ses accusations impliquant la Syrie et la Russie !

D’où la question : est-il possible qu’une seule personne ait pu remarquer la présence d’avions de combat dans le ciel d’une région peuplée par des centaines de milliers de personnes, devenues toutes aveugles à ce moment précis ?

D’ailleurs, ce problème des « témoins oculaires » suscite désormais beaucoup d’ironie, notamment si l’on se souvient que le gouvernement syrien a été accusé d’avoir utilisé des armes chimiques sur la foi d’un témoin oculaire, toujours issu de ladite opposition modérée génétiquement modifiée, lequel a déclaré avoir aperçu un hélicoptère lancer quelque chose qui s’est transformé en fumée orange. Là aussi, un seul de ces témoins a suffi pour en arriver à incriminer le gouvernement syrien, comme si personne ne disposait d’hélicoptères dans la zone concernée, ni l’armée turque, ni l’armée américaine, ni même les terroristes ayant notoirement volé quelques hélicoptères des aéroports syriens.

Pour rafraîchir la mémoire des États membres de ce Conseil je rappellerai quelques incidents qualifiés d’« erreurs » par les responsables américains, qualification qui insulte notre intelligence et suggère qu’apparemment les États-Unis ne tirent pas les leçons de leurs erreurs.

Ainsi, les Forces américaines se sont trompées, plusieurs fois, depuis la formation de ladite « Coalition internationale » ; laquelle a bombardé, par erreur, une école primaire pour enfants sourds et muets à Raqqa ; a balancé, par erreur, des armes, des grenades à main et des missiles tombés entre les mains de Daech à Aïn al-Arab ; a tué, par erreur, des civils syriens près de la ville de Raqqa sous prétexte d’avoir voulu détruire une usine de fabrication d’armes dépendant de Daech.

Et puis, les avions américains et français ont commis une grosse erreur lorsque leur raid s’est soldé par la mort de deux cents civils dans la ville de Manbej, près d’Alep ; Alep, sur laquelle vient de pleurer l’un d’entre eux, ses avions ayant frappé et tué, par erreur, les deux cents civils de Manbej.

 

Monsieur le Président,

Les dernières accusations calomnieuses portées contre le gouvernement de mon pays et de ses alliés, tous engagés dans la guerre contre le terrorisme, pour leur imputer la responsabilité de la destruction du convoi d’aide humanitaire près d’Alep, sont arrivées dans le sillage d’une guerre médiatique sans précédent et d’une sale politique, menées par des parties bien identifiées, lesquelles continuent à exploiter les souffrances du peuple syrien dans le seul but de nourrir une propagande médiocre et un chantage politique odieux censés concrétiser leurs propres calendriers. Faisant fi du prix exorbitant payé par le peuple syrien, elles sont déterminées à prolonger la crise et à torpiller tout espoir d’une solution qui serait incompatible avec leurs agendas politiques.

Dès l’annonce de l’accord russo-américain et avant même sa mise en exécution, mon pays a prévenu et continue à mettre en garde contre les velléités de certaines forces régionales cherchant à torpiller cet accord.

À cet effet, il a alerté le Conseil de sécurité pour qu’il prête son attention aux agressions israéliennes caractérisées sur le territoire syrien tout au long des semaines passées, avec une fréquence dangereusement accrue depuis que l’accord russo-américain a révélé que les deux parties s’était entendues pour mener la guerre contre le Front al-Nosra au même titre que d’autres organisations terroristes, dont le Liwa’ chouhada’ al-Yarmouk.

Des agressions couvertes par le terrible silence du Département des Opérations de Maintien de la Paix [DOMP ou DPKO], en dépit d’une dizaine de lettres que nous avons adressées à son Secrétaire général et à vous-même, concernant le soutien d’Israël aux terroristes du Front al-Nosra sur la ligne de séparation au Golan et les soins prodigués aux blessés de cette organisation dans les hôpitaux israéliens.

 

Par ailleurs, j’attire l’attention du Conseil de sécurité sur les opérations guerrières illégales menées par les forces aériennes et terrestres de la Turquie en territoire syrien, sous prétexte de frapper Daech et sans coordination avec le gouvernement syrien ou la direction des opérations russe ; ce qui constitue en soi un « crime d’agression » selon la Charte des Nations Unies, le Droit international et les principes du Conseil de sécurité.

 

Monsieur le Président,

Mon pays est disposé à poursuivre le dialogue entre Syriens, sans conditions préalables, conformément aux résolutions, accords et principes fixés dès le départ en faveur d’une solution politique décidée par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère. Je souligne en rouge un million de fois « par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère ».

Une solution qui fera qu’ils décideront de leurs choix et de leur avenir sous direction syrienne, avec la volonté de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité de la Syrie. Nous ne permettrons jamais que notre pays soit transformé en une autre Libye ou un autre Irak. Jamais !

À ce sujet, nous affirmons que tout processus politique en Syrie nécessite l’entière coopération et l’entière coordination avec le gouvernement syrien, en sa qualité de partenaire fondamental à tout point de vue et dans tous les dossiers en rapport avec ce processus.

Car, aucun comité, aucune réunion, aucun congrès prétendant aboutir à une solution de ladite crise syrienne ne peuvent réussir tant que certaines parties prenantes travaillent, volontairement ou involontairement, à soustraire le gouvernement syrien, à semer le doute sur sa réelle coopération avec les Nations Unies, à dénigrer le succès des ses efforts de réconciliations nationales fondées sur l’engagement volontaire des individus armés à abandonner leurs armes avant règlement de leur situation par une amnistie et, sinon, sur l’acheminement des récalcitrants vers d’autres zones pour assurer le retour à une vie normale dans les régions qu’ils quittent, et permettre aux institutions étatiques de réparer et de reconstruire dans le cadre de leurs missions respectives.

 

Monsieur le Président,

Je terminerai par une question. Est-il concevable que des centaines de groupes armés avec des dizaines de milliers de terroristes soient capables de mener, pendant plus de cinq ans, un tel terrorisme contre le gouvernement, le peuple, l’Armée et les infrastructures de mon pays, sans soutien de l’étranger ?

N’est-il pas venu le temps que certains admettent cette vérité au lieu d’égarer le monde en soutenant que ce qui se passe en Syrie est une guerre civile ?

 

Merci, Monsieur le Président

 

Dr Bachar al-Jaafari
Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies
21/09/2016

Source : You Tube / Al-Fadaiya TV [Syrie]
https://www.youtube.com/watch ?v=ASxdzUu2yQ8

Transcription et traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

[*] Syrie : Ban Ki-moon met le Conseil de sécurité face à ses responsabilités
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp ?NewsID=38103#.V-bIScnw_3g

Si vous avez une seule capitale,
mon pays en a deux : Damas et Alep !
Par Bachar al-Jaafari

mercredi 28 septembre 2016, par Comité Valmy

Si vous avez une seule capitale,
mon pays en a deux : Damas et Alep !

 

Le Conseil de sécurité s’est réuni ce dimanche, 25 septembre, à la demande des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France. Inutile de relayer les discours des représentants de ces trois pays, les médias aux ordres des meneurs de la prétendue Coalition internationale de lutte contre le terrorisme se sont, très lourdement, chargés de la besogne.

Les trois délégations des diplomates américains, anglais et français, sont donc venus solidaires, ont parlé d’une même voix, puis se sont précipités pour quitter la salle dès l’intervention du représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies.

Par conséquent, ils n’ont pas écouté ce que le Dr Bachar al-Jaafari avait à leur dire, à moins qu’ils n’aient jugé en avoir suffisamment entendu lors de la session précédente [*], réunie dans la même urgence quatre jours auparavant, le 21 septembre.

Après avoir retrouvé la vidéo, introuvable sur les sites officiels, et avoir éliminé ce qu’ils auraient pu considérer comme des redites, le Dr Bachar al-jaafari avait au moins une information excessivement importante à leur offrir et dont il faudra nous souvenir, au cas où… [NdT].

Monsieur le Président

L’un des collègues parmi les représentants des trois États ayant appelé à la tenue de cette session, le délégué permanent de la Grande Bretagne auprès de l’ONU, a parlé de mon pays, disant : « La Syrie est brisée et sur le point de mourir ». J’aimerais le rassurer, mon pays n’est pas brisé et ne rompra pas. Ce sont là des paroles qui évoquent Satan rêvant de posséder le paradis, rien que des rêves, et c’est un discours sans commune mesure avec le poids d’un État membre permanent du Conseil de sécurité.

Quant aux trois délégués réunis, ils sont apparus comme s’ils avaient redécouvert la roue, pointant du doigt le gouvernement syrien qui tenterait de reprendre Alep !

Imaginez cette formidable découverte par ces trois membres permanents du Conseil de sécurité, comme si Alep était une ville de Djibouti, d’Afghanistan ou du Brésil. Je les rassurerai aussi. Le gouvernement syrien reprendra Alep, car si les États membres de cette organisation internationale ont une seule capitale, mon pays en a deux : Damas et Alep.

 

Monsieur le Président,

Si Shakespeare et les pionniers du théâtre de l’absurde, Jean Genet, Adamov, Kafka, Kierkegaard, Georges Schehadé, revenaient à la vie, ils nous offriraient des œuvres d’une absurdité encore plus merveilleuse qu’à l’époque, car contrairement au Roi Lear, ils n’ont pas eu à entendre autant de mensonges et d’hypocrisies. C’est dire qu’aujourd’hui le meurtrier a rejoint le cortège funèbre de sa victime et a versé ses larmes de crocodile.

Les trois États ayant demandé la tenue de cette session d’aujourd’hui, ont fait échouer, par treize fois, l’adoption d’une décision présidentielle condamnant les attentats terroristes par voitures et ceintures piégées, ou les frappes « par erreur » de leurs forces aériennes ayant tué des civils et des militaires syriens. Treize fois ! Et naturellement, ils ont empêché les tentatives de nos amis pour l’adoption, par ce Conseil, de résolutions condamnant le terrorisme qui sévit en Syrie.

Mais lorsqu’un terroriste français du nom de Mohamed Merah s’en prend à Toulouse, les Forces d’élite françaises le tuent de 300 balles…300 balles… et ils ont bien fait. Mais nul n’a entendu d’autres pays, ou nous-mêmes, qualifier ce terroriste français d’« opposant armé modéré ». Tel est aussi notre comportement à l’égard des terroristes actifs aux États-Unis et ailleurs.

Même si l’Espagne renonçait au Pays basque, la France à la Corse, la Grande Bretagne à l’Écosse, les États-Unis à la Californie ou au Texas, le Gouvernement syrien ne renoncera jamais à un seul pouce de notre territoire conformément à la Constitution et aux règles du droit international.

 

Monsieur le Président,

Nous voici de nouveau réunis au sein de ce Conseil à la demande de nombre d’États membres, lesquels tentent de secourir les organisations terroristes armées qu’ils qualifient faussement de « modérées ». Ceci, comme à chaque fois que les signaux indiquent leur déroute sous la pression ininterrompue de l’Armée syrienne et de ses alliés. Ils font semblant d’avoir oublié l’enfant palestinien, Abdallah Issa, égorgé sous vos yeux, par le Mouvement Nour el-Dine al-Zinki, lequel contrôlait avec le Front al-Nosra le camp des réfugiés palestiniens de Handarat à Alep.

Par conséquent, nous pensons que la convocation de cette réunion par ces trois États, membres permanents du Conseil de sécurité, est un message adressé au Front al-Nosra, et autres organisations terroristes apparentées, leur signifiant que leur soutien et leur couverture politique ne sont pas interrompus et ne cesseront pas, et que le terrorisme utilisé comme arme de pression politique sur le gouvernement syrien est toujours en vigueur.

Partant de la responsabilité qui incombe au gouvernement syrien de par la Constitution, tout autant qu’à vos gouvernements, de protéger les citoyens contre les agissements des groupes terroristes, dont nos citoyens à Alep ont tant enduré, une opération militaire a été lancée il y a deux jours par l’Armée syrienne et ses alliés ; autrement dit, à la fin de la prétendue « cessation des hostilités », sept jours après l’échec de ladite trêve [le 12 septembre suite à l’accord russo-américain du 9 septembre ; NdT].

Et, l’Armée syrienne soucieuse de protéger les civils les a invités à s’éloigner des zones de regroupement des terroristes armés dans les quartiers est de la ville, facilitant leur sortie après leur avoir assuré le logement et les nécessités d’une vie digne ; facilités offertes à tous, y compris aux « dupés » qui ont dirigé leurs armes contre l’État. En revanche, les groupes terroristes armés ont continué à empêcher la sortie des civils d’Alep est, dans le but d’en faire des boucliers humains.

Ceci, en sachant que deux millions de citoyens vivent encore à Alep, dont 1 725 000 dans les quartiers contrôlés par l’État et 275 000 restés contraints et forcés à Alep est, contrôlée par le Front al-Nosra et ses alliés.

Mon gouvernement condamne l’usage des armes interdites en vertu du droit international, et affirme que l’ensemble des opérations miliaires menées par l’Armée syrienne et ses alliés respecte la Charte des Nations Unies et reste conforme aux résolutions du Conseil de sécurité concernant la lutte contre le terrorisme.

Dans le même ordre d’idées, mon gouvernement dénonce les accusations mensongères, portées par certains membres de ce Conseil et des hauts fonctionnaires du Secrétariat général, contre l’Armée syrienne et ses alliés quant à leur prétendu usage d’armes internationalement interdites ou d’attaques délibérés contre des civils.

Ce genre de faux témoignages de la part de hauts fonctionnaires du Secrétariat général ramènera cette organisation internationale au triste sort de la Société des Nations. Une telle conduite irresponsable conduira à son échec et à sa faillite.

Il est vraiment étonnant que le Secrétaire général et sa hiérarchie d’assistants s’acharnent à formuler ces fausses accusations fondées sur de faux témoignages, pendant qu’ils continuent à faire mine d’ignorer des faits véridiques concernant l’utilisation, des dizaines de fois, d’armes chimiques contre les civils et les militaires par les groupes armés terroristes, notamment Daech qui a fait main basse sur une usine de fabrication de chlore située à quarante kilomètres d’Alep.

Je viens de recevoir à l’instant des informations excessivement inquiétantes. Elles se résument à dire que les terroristes de la mouvance « Ahrar al-Cham » ont l’intention de mener des attaques au phosphore jaune, pour ensuite accuser l’État syrien de l’avoir utilisé contre les civils. Ils porteront la tenue régulière de l’Armée syrienne et diffuseront photos et vidéos, exactement comme ils ont procédé pour l’enfant « Oumrane » et d’autres victimes de leur terrorisme, afin de nourrir la propagande et vous faire chanter, vous et l’opinion publique internationale. L’essentiel est que ces produits chimiques sont entreposés dans six barils, cachés à une profondeur de douze mètres sous un enfouissement d’ordures au nord de la ville de Sarakeb, elle-même située au nord d’Alep et à vingt kilomètres de Idleb. De plus, le 6 septembre dernier, deux spécialistes américaines ont visité les lieux avant de se rendre en Turquie.

Ce rapport est à la disposition du Conseil de sécurité comme les dizaines de lettres concernant l’utilisation d’armes chimiques par les groupes terroristes en mon pays, que nous vous avons transmises.

 

[…]

Monsieur le Président,

Tous doivent réaliser que la véritable guerre contre le terrorisme n’a pas encore commencé et que la victoire de la Syrie et de ses alliés est devant nous. C’est inévitable. Cette victoire versera dans l’intérêt des résolutions adoptées par ce Conseil pour la lutte contre le terrorisme et la paix du monde.

Je voudrais terminer en vous signalant qu’aujourd’hui, les Forces aériennes syriennes ont parachuté des aides aux habitants de la ville de Deir ez-Zor, laquelle est désormais la victime de Daech, depuis que les Forces aériennes américaines ont frappé les positions de l’Armée syrienne protégeant cette ville.

Quant aux terroristes invités aux réunions de Genève, lesquels ont été écartés après les réunions précédentes parce que tout le monde s’est rendu compte qu’ils étaient des terroristes, il faut savoir que le gouvernement syrien se rendra à Genève, mais pour un dialogue entre Syriens et non pour un dialogue entre Syriens et terroristes.

C’est pourquoi nous aurions besoin que l’Émissaire spécial de l’ONU réunisse « toutes les oppositions » en une délégation unique, laquelle pourrait alors négocier avec la délégation de la République arabe syrienne. Nous ne sommes pas disposés à négocier avec des terroristes, ni avec les centaines de factions terroristes armées et génétiquement modifiées pour la circonstance.

En tant que gouvernement, nous sommes prêts à dialoguer avec une délégation unique d’opposants patriotes qui veulent une solution entre Syriens, sans aucune ingérence étrangère. Car nous ne considérons absolument pas que tous les opposants et toutes les oppositions sont des terroristes, comme l’a suggéré Monsieur l’Émissaire spécial. Nous voulons dialoguer avec ceux qui ont foi en notre pays et en leur identité syrienne.

J’affirme, encore une fois, que le gouvernement de la République arabe syrienne est toujours disposé à retourner à Genève pour poursuivre le dialogue, mais pas un dialogue avec des aveugles, des sourds ou des muets. Nous voulons poursuivre le dialogue avec des Syriens patriotes, comme nous ; des Syriens qui ne travaillent pas pour des agendas étrangers et qui ne logent pas dans les hôtels cinq étoiles, encaissant leurs salaires de mains étrangères qui les utilisent pour exécuter leurs basses besognes.

 

Merci, Monsieur le Président.

 

Dr Bachar al-Jaafari
Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies
25/09/2016

Source : Vidéo / Al-Fadaiya [Syrie]
https://www.facebook.com/seyasi/videos/1140445206031495/

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

[*] Nous sommes passés d’une guerre par procuration à une vraie guerre !
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article7633

ALAIN ET FRANCOIS : CA SUFFIT !
par Richard Labévière

mercredi 28 septembre 2016, par Comité Valmy

ALAIN ET FRANCOIS : CA SUFFIT !

La fondation « interconfessionnelle » The Appeal of Conscience, basée à New York, a annoncé mercredi dernier, que François Hollande était le lauréat de son prix « Homme d’Etat mondial » 2016. Dans un communiqué, cette fondation, jusque-là injustement méconnue, précise que son prix « honore les dirigeants qui soutiennent la paix et la liberté, par la promotion de la tolérance, la dignité humaine et les droits de l’homme, en défendant ces causes dans leur pays et en travaillant avec d’autres dirigeants mondiaux pour bâtir un avenir meilleur pour tous ». François Hollande a reçu ce prix des mains d’Henry Kissinger (ancien secrétaire d’Etat de Richard Nixon), ancien prix Nobel de la paix.

 

Les lauréats précédents sont : David Cameron (2015), le président mexicain Enrique Pena Nieto (2014), le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono (2013) et le premier ministre du Canada Stephen Harper (2012), autant de grands humanistes ! En 2009, Muhtar Kent, le président de Coca-Cola et Bernard Arnault, le président de LVMH, ont reçu « l’appel de 2009 Conscience Award », d’autres humanistes mondiaux !

 

Cette étrange fondation américaine qui se définit comme « un partenariat interconfessionnel de chefs d’entreprise et spirituelles de toutes confessions », a été fondée par Arthur Schneier en 1965. D’origine autrichienne, Arthur Schneier a été le rabbin principal de New York City (Parc East Synagogue) pendant plus de cinquante ans. En 2001, il est le premier rabbin à avoir reçu la Presidential Citizen Medal des mains du président William Clinton. Pour recevoir sa haute distinction, François Hollande s’était fait accompagner de deux autres grandes consciences mondiales : Bernard-Henri Lévy et Jack Lang… Si cette nouvelle marque de reconnaissance internationale n’a modifié en rien le taux record d’impopularité nationale du président français, elle a certainement conforté ses certitudes avant qu’il ne s’adresse à la 71ème assemblée générale des Nations unies, le 20 septembre.

 

Après les considérations générales d’usage et un appel à mettre en œuvre les dispositions de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique, François Hollande a consacré l’essentiel de son propos à la guerre civilo-régionale syrienne : « le dernier appel que je veux lancer ici, et peut-être le plus pathétique, concerne la Syrie. Cette tragédie syrienne sera devant l’Histoire une honte pour la communauté internationale si nous n’y mettons pas fin rapidement. Alep est une ville aujourd’hui martyre qui restera dans la mémoire des Nations comme une ville martyre. Des milliers d’enfants sont écrasés sous les bombes. Des populations entières sont affamées. Des convois humanitaires sont attaqués. Des armes chimiques sont utilisées. Eh bien, je n’ai qu’un seul mot à dire : ça suffit. Comme en février dernier, le cessez-le-feu n’aura tenu que quelques jours. Il aura volé en éclats dès le lendemain de son annonce, sans que l’on n’en connaisse d’ailleurs le contenu. Le régime est responsable de son échec et il ne peut pas s’exonérer des erreurs qui auraient pu être commises par d’autres. Et je dis à ses soutiens étrangers que chacun connait ici, qu’ils doivent forcer la paix, sinon ils porteront avec le régime la responsabilité de la partition et du chaos en Syrie ». Bornons-nous à cinq remarques.

 

1) La honte : c’est le mot juste ! Mais François Hollande peut en revendiquer toute sa part et se rappeler qu’en septembre 2013, il avait pré-positionné des moyens maritimes et aériens pour, justement, bombarder la Syrie. Heureusement, le parlement britannique et le secrétaire d’Etat américain John Kerry ont stoppé cette folie. La honte, effectivement, c’est d’avoir menti aux Français en affirmant inlassablement que Bachar al-Assad était le seul responsable des 300 000 victimes d’une guerre civilo-régionale et internationale qu’il aurait inventée lui-même pour conserver le pouvoir. La honte, c’est d’avoir pris parti unilatéralement pour la rébellion syrienne et armé ses factions salafo-jihadistes dont plusieurs terroristes s’inspireront pour commettre des attentats en France. La honte, c’est de s’être rangé dans le sillage de la diplomatie mortifère de l’Arabie saoudite (démocratie exemplaire), espérant – en retour – de mirifiques contrats évanescents comme les mirages du capitaine Haddock perdu dans le désert… La honte, c’est d’avoir délaissé notre connaissance historique du Levant et rompu avec quarante ans de diplomatie gaullienne au Proche-Orient, abandonnant notre position historique de médiation pour devenir partie liée au conflit aux côtés de Washington, de Tel-Aviv et des ploutocratries pétrolières du Golfe.

 

2) Les enfants : triste réalité ! Toute guerre et à fortiori une guerre civile tue des civils, des femmes et des enfants. Que penser des factions salafo-jihadistes d’Alep – les « glorieux résistants » de la presse occidentale – qui utilisent femmes et enfants comme boucliers humains ? Même si les journalistes du Monde et d’autres crétins de la presse parisienne continuent à parler du « siège » d’Alep et de son « encerclement » par les troupes du « régime de Bachar al-Assad », en quoi est-il illégitime qu’une armée nationale cherchent à reconquérir la totalité de son territoire national ? Quant aux armes chimiques, plusieurs rapports des Nations unies concluent qu’elles ont davantage été utilisées par la rébellion que par l’armée gouvernementale ! Le dernier a été rédigé par des fonctionnaires qui n’ont pas quitté New York et à partir des seuls témoignages de la glorieuse rébellion… Il est assez curieux que ce dossier ressurgisse chaque fois que l’armée syrienne enregistre de nouvelles avancées dans son entreprise de reconquête. Dans le même temps, la soldatesque saoudienne utilise quotidiennement nombre d’armes prohibées par les Conventions de Genève pour détruire le Yémen et ses populations civiles, mais cette autre honte meurtrière n’intéresse visiblement ni François Hollande, ni ses alliés de la Coalition pour la paix en Syrie !

 

3) Les violations du cessez-le-feu : celui-ci a pris un sacré coup avec le bombardement australo-américain de l’aéroport de Deir ez-Zor (sur les rives de l’Euphrate à l’est du pays), le 17 septembre dernier quelques heures seulement après l’instauration du cessez-le-feu. Ce qui a été reconnu par le Pentagone comme une « bavure » a tué quelque 90 soldats syriens… Pourtant, l’ensemble des états-majors occidentaux supervisant l’engagement de leur aviation en Syrie savaient parfaitement que cet aéroport stratégique était bien aux mains de l’armée syrienne. Par ailleurs, quoi de plus normal que les alliés de Damas (russes, iraniens et Hezbollah libanais) continuent à lutter contre Dae’ch et les autres groupes salafo-jihadistes qui occupent la Syrie ? Il faudra qu’un jour les historiens nous expliquent les véritables buts de guerre de la Coalition internationale qui continue à vouloir renverser « le régime de Bachar al-Assad ». Enfin, lorsque François Hollande s’étonne de ne pas connaître le contenu de l’accord de cessez-le-feu, il devrait surtout s’interroger sur ce manque inquiétant qui résulte de la marginalisation de la diplomatie française dans cette guerre comme dans la plupart des dossiers proche-orientaux pour lesquels la voix de la France ne compte plus !

 

4) Le régime syrien responsable : depuis l’été 2011, les Frères musulmans syriens et jordaniens ont encouragé la lutte armée en Syrie. Les bobos de l’opposition syrienne sur Seine, grassement subventionnés par le Qatar, ont popularisé ce soulèvement que l’historien auto-proclamé Jean-Pierre Filiu s’obstine à comparer à la résistance des Brigades internationales contre l’armée de Franco… Dès l’hiver 2011/2012, le conflit s’est généralisé et régionalisé avec un lourd engagement financier et logistique de l’Arabie saoudite se mettant à recruter des mercenaires dans le Caucase et le reste de l’Asie centrale, en Afrique sub-saharienne, au Maghreb, en Europe et tout particulièrement en France. Quelque 300 jihadistes français sont actuellement rentrés de Syrie, mais les services spéciaux de la République, qui n’ont toujours pas le droit de parler à leurs homologues syriens, sont sur les dents. Les propagandistes du romantisme des Brigades internationales ont leur part de responsabilité dans cette menace qui résulte de la « doctrine hollandaise » du « ni-ni ». Ni Dae’ch, ni Bachar ! Comme le répète Renaud Girard dans Le Figaro depuis quatre ans, si les terroristes salafo-jihadistes engagés en Syrie commettent aussi des attentats en Europe et en France, en quoi Bachar al-Assad, son armée et ses alliés menacent-ils la France éternelle, sa population et ses intérêts ?

 

5) Les soutiens étrangers que chacun connaît : russes, iraniens et Hezbollah s’entend ! D’après François Hollande, eux-seuls porteront avec « le régime » la responsabilité historique de la tragédie syrienne… Mais, enfin de quoi parle-t-on ? Abandonnant sa position gaullienne de troisième voie et de médiation, la France de Nicolas Sarkozy et de François Hollande a résolument choisi de se placer dans le sillage de la diplomatie américaine. Avec ses alliés de l’OTAN, de Tel-Aviv et des pays du Golfe, celle-ci continue à vouloir démanteler les Etats-nationaux de la région – comme cela a été fait en Irak et en Libye – afin de « fédéraliser », sinon de « re-tribaliser » les populations arabes des Proche et Moyen-Orient pour y imposer la mondialisation heureuse aux couleurs du libre-marché et des droits de l’homme. Face à cet improbable nouveau Yalta, les Russes, les Chinois, les Iraniens, le Hezbollah libanais et d’autres organisations palestiniennes continuent à défendre l’existence d’Etats-nations souverains et indépendants. Voilà tout l’enjeu de la tragédie syrienne !

 

Alors oui François, ça suffit ! Que la France d’aujourd’hui estime que ses intérêts stratégiques et économiques nécessitent cet alignement est une chose. Que notre pays le fasse au nom d’une realpolitik qui n’ose pas dire son nom ni dévoiler sa substance, qui devraient être au moins débattu par la représentation nationale, en est une autre. Et qu’on cesse d’habiller cette imposture des oripeaux de la bonne conscience, de vraies ou fausses hontes et des droits de l’homme et autres devoirs d’ingérence au nom desquels les pays occidentaux ont multiplié – depuis la fin de la Guerre froide – les « guerres humanitaires », les assassinats plus ou moins ciblés de drones et forces spéciales pour la sauvegarde de leurs ressources énergétiques et d’autres intérêts tout aussi sonnants et trébuchants.

 

Oui, ça suffit ! Qu’on arrête de se prosterner devant des régimes qui financent la radicalisation de l’Islam et le terrorisme depuis plus de trente ans, qu’on cesse de faire des déclarations de « guerre à la terreur » alors que ces mêmes régimes – dont les dictateurs reçoivent nos Légions d’honneur – arment les jihadistes qui tuent nos soldats au Mali, au Niger et ailleurs… Oui, franchement François, ça suffit !

 

A votre décharge, Monsieur le Président de la République, rappelons que la tâche originelle de cette diplomatie de Diafoirus incombe aussi à l’un des principaux candidats de la primaire des Républicains. En effet, comment ne pas se souvenir que c’est au colporteur de « l’identité heureuse » que l’on doit la fermeture de l’ambassade de France à Damas en mars 2012. Et il n’est pas besoin de sortir de l’ENA, ni d’être un grand diplomate pour comprendre aussitôt que cette décision fut la première des fautes. C’est justement lorsque la relation bilatérale se détériore – avec n’importe quel pays que ce soit -, qu’il convient absolument de garder le contact, par voie diplomatique, sinon par le biais de nos services spéciaux dont c’est le métier et qui, en la matière, ne sont pas les plus mauvais… Mais quelle mouche a bien pu piquer Alain Juppé pour qu’il décide ainsi de fermer notre ambassade à Damas, nous privant ainsi d’informations de première main pour, cette fois-ci, lutter efficacement contre le terrorisme ?

 

La honte originelle, sinon fondatrice de l’ensemble des crises des Proche et Moyen-Orient, celle qui entache la conscience de trois générations, c’est l’occupation et la colonisation de la Palestine par Israël dont l’armée réprime quotidiennement la population depuis 68 ans ! Et ce n’est pas en annonçant la tenue d’une improbable conférence, ni avec la pantalonnade de juillet dernier à Paris que François Hollande effacera son parti pris inconditionnel en faveur de Tel-Aviv. L’histoire retiendra les communiqués de l’Elysée, qui après chaque bombardement de Gaza, se préoccupaient essentiellement de la sécurité d’Israël sans même mentionner les victimes civiles palestiniennes…

 

En définitive, ce dernier discours devant l’Assemblée générale de l’ONU a valeur de testament en matière de politique. Confirmant l’alignement de la diplomatie française sur celle de Washington, il s’inscrit dans la filiation de l’incompétence des dirigeants de la IVème République, à commencer par de celle Guy Mollet dont François Hollande semble l’héritier. Non content d’avoir hypothéqué le retour au pouvoir d’une « gauche de gouvernement » pour les trente prochaines années, la politique étrangère de François Hollande ravive les tragédies et les injures des guerres d’Indochine et d’Algérie. Dien Bien Phu diplomatique, son bilan est un désastre pour la France. « Dire la vérité n’est jamais facile. Encore moins celle-là où l’on remue à lourdes pelletées la honte et la sottise… », écrit Jules Roy1. Les historiens devront nous dire aussi pourquoi et comment, cet ancien premier secrétaire du Parti socialiste nous a fait replonger dans toutes les incuries et les hontes de la SFIO…

 

Richard Labévière
26 septembre 2016

1 Jules Roy : La Bataille de Dien Bien Phu. Editions Julliard, 1963.

Proche&Moyen-Orient.ch
Observatoire Géostratégique 

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