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Le blog de Lucien PONS

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Présentation de la Syrie par le Quai d’Orsay

6 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch

Présentation de la Syrie par le Quai d’Orsay

6 Mai 2016

Présentation de la Syrie par le Quai d’Orsay

Quand le Quai d’Orsay t’explique l’Histoire…

Là aussi, niveau propagande délirante, on fait difficilement mieux….

“On avait parfaitement compris, longtemps avant Georges Orwell, qu’il fallait réprimer la mémoire. Et pas seulement la mémoire, mais aussi la conscience de ce qui se passe sous nos yeux, car, si la population comprend ce qu’on est en train de faire en son nom, il est probable qu’elle ne le permettra pas.” [Noam Chomsky, La doctrine des bonnes intentions]

Source : France Diplomatie, 02-09-2014

Introduction

Dès mars 2011, à l’instar de ses partenaires occidentaux, la France a appelé au départ du président Bachar al-Assad, et a soutenu l’aspiration du peuple syrien à la démocratie et à la liberté en se mobilisant en faveur d’une transition politique en Syrie. Dans cet esprit, la France a reconnu la Coalition des forces de la révolution et de l’opposition syrienne formée le 11 novembre 2012 à Doha comme « seul représentant légitime du peuple syrien ».

Site de l’ambassade de France en Syrie (fermée depuis mars 2012)

Opposition syrienne

Historique de la révolution

Dès mars 2011, de fréquentes manifestations, principalement à Damas, Deraa, Hama et Homs, ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes pour réclamer des réformes politiques et démocratiques. Dès le premier mois, elles ont été réprimées dans le sang. Le régime a pratiqué une répression à grande échelle : arrestations massives, tirs contre les manifestants pacifiques, tortures, y compris sur des mineurs, perquisitions d’habitations, exécutions. Les principaux foyers de la révolution – notamment Hama, Homs et Deraa – ont été la cible d’une répression d’une extrême violence. Les bombardements par l’armée et les affrontements entre soldats du régime et combattants de l’opposition y ont entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes.

Dans ce contexte, certains opposants ont pris les armes. Un groupe de militaires ayant fait défection a annoncé, le 29 juillet 2011, la formation de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Elle a bientôt été ralliée par des milliers de civils. Dès l’automne, des affrontements ont eu lieu entre, d’une part, l’ASL et d’autres groupes armés de la contestation, et, d’autre part, les forces de sécurité et les chabbiha – les milices pro-régime.

L’opposition a également cherché à se structurer sur le plan politique : sous la présidence de Burhan Ghalioun, le Conseil national syrien (CNS), fondé à Istanbul le 15 septembre 2011, unifie une grande partie de l’opposition intérieure et extérieure de différentes sensibilités (libérale, islamiste, nationaliste), recevant notamment le soutien des comités locaux de coordination, groupes d’opposition laïcs créés en avril 2011. Le CNS appelle à une transition politique impliquant le départ de Bachar al-Assad.

Bachar al-Assad a entretenu l’illusion de réformes : un référendum sur l’adoption d’une nouvelle constitution a été organisé le 26 février 2012. Le régime a annoncé un taux de participation de 57% ; 89% des Syriens auraient voté « oui ». Ce vote a été suivi d’élections législatives le 7 mai. Mais le régime a été affaibli par la défection de personnalités de premier plan, notamment celles du vice-ministre syrien du pétrole, Abdo Hussammedine, en mars, de Manaf Tlass, haut gradé de l’armée et ami d’enfance d’Assad, en juillet, et de Riad Hijab, Premier ministre depuis à peine plus d’un mois, en août. En outre, des attentats ont frappé l’appareil de sécurité du régime, en particulier celui du 18 juillet, qui a tué quatre hauts responsables de la sécurité, dont le beau-frère d’Assad, Assef Chawkat.

Depuis l’automne 2012, plusieurs évènements ont aggravé le risque d’une déstabilisation régionale : tirs parfois meurtriers hors des frontières syriennes au Liban et en Turquie, incursions de l’armée syrienne au-delà de la frontière Nord avec le Liban, attentat du 19 octobre à Beyrouth, causant la mort du général Wissam al-Hassan, le chef des renseignements libanais et attentat du 27 novembre 2013 à Beyrouth entraînant la mort de Mohammed Chatah,

Structuration de l’opposition

De son côté, l’opposition a poursuivi ses efforts de structuration. Ces efforts ont abouti le 11 novembre 2012 à Doha, avec la formation de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syriennes, qui englobe notamment les mouvements actifs sur le terrain. La Coalition était présidée à l’origine par un dignitaire sunnite, ancien imam de la mosquée des Omeyyades à Damas, le cheikh Ahmad Moaz al-Khatib, opposant de longue date. Ahmad al-Assi al-Jarba lui a succédé à la tête de la Coalition en juillet 2013 et a été réélu en tant que président, lors de l’Assemblée générale de la Coalition du 6 et 7 janvier 2014 à Istanbul. L’Assemblée générale de la Coalition d’avril 2014 avait permis d’élargir son comité politique, qui compte désormais 24 membres. L’Assemblée générale du 6 au 9 juillet 2014 a placé à la tête de la Coalition Hadi al-Bahra, conformément au souhait d’Ahmad al-Jarba.

La Coalition a continué à se structurer en intégrant l’opposition kurde, en novembre 2013, à travers le CNKS (huit nouveaux membres, portant le total des membres de la Coalition à 123 en 2013) et en désignant un gouvernement provisoire (liste au point quatre) dirigé par Ahmed Tomeh. Ce gouvernement, qui a vocation à céder sa place à un gouvernement de transition lorsque celui-ci sera mis en place, est conçu comme un pourvoyeur de services fonctionnant sous l’égide de la Coalition.

Sur le plan humanitaire, l’opposition poursuit une action efficace notamment dans des zones dites « libérées », administrées par des conseils révolutionnaires. Pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones libérées, la Coalition a mis en place une Unité de Coordination des Aides (ACU) intégrée au sein du gouvernement provisoire d’Ahmad Tomeh. Lors de la réunion internationale de soutien à la Coalition qui s’est tenue le 28 janvier 2013 à Paris, de nombreux pays se sont engagés à soutenir financièrement cette structure.

Sur le terrain, les révolutionnaires ont pris le contrôle d’ importantes parties de l’Est – vallée de l’Euphrate – et du Nord du pays. Cependant, le régime poursuit une politique d’asphyxie des villes assiégées qui a abouti à la reddition de la vieille ville de Homs, dont l’évacuation, objet d’un accord négocié entre les insurgés et le régime, s’est achevée le 9 mai Les combats demeurent intenses dans certaines de ces zones, et l’aviation syrienne continue de pilonner les zones libérées, tuant de nombreux civils, notamment à Alep. Le régime est également responsable de nombreux sièges qui privent quelque 200.000 personnes d’accès aux vivres et aux médicaments, notamment autour de Damas

L’opposition modérée subit la répression du régime mais aussi les fréquentes attaques des jihadistes. Depuis janvier dernier, de violents combats opposent ainsi l’opposition modérée à l’Etat islamique (EI), anciennement Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et ont fait plusieurs milliers de victimes. Le Chef du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi, a proclamé le rétablissement du califat islamique le 29 juin 2014 sur les territoires contrôlés par l’EI entre l’Irak et la Syrie. La quasi-totalité de la province de Deir Ezzor est aux mains de l’EI, qui poursuit son effort vers l’Ouest et vers les enclaves contrôlées par les Kurdes au nord du pays à la frontière turque. Ces derniers ont importé des renforts de Turquie afin de combattre les jihadistes de l’EI dans la ville kurde assiégée d’Aïn al-Arab.

Le régime syrien, qui avait complaisamment laissé se développer le groupe jihadiste afin de décrédibiliser l’opposition modérée, se confronte désormais à lui dans l’est du pays en bombardant ses positions, notamment depuis les combats autour du champ gazier de Chaar et la prise de la base aérienne de Tabqa par le groupe jihadiste. Ses frappes demeurent cependant d’une ampleur limitée et n’entravent pas la progression du groupe au Nord dans son avancée vers Alep.

Processus de Genève

Le processus politique de négociations inter syriennes (Conférence de Genève) est dans l’impasse, du fait de l’obstruction du régime. Les négociations sont ainsi interrompues de facto depuis le 15 février dernier. Lakhdar Brahimi – l’envoyé spécial conjoint de la Ligue arabe et des Nations Unies – a démissionné le 13 mai 2014. Staffan de Mistura a été nommé le 10 juillet 2014 pour lui succéder, secondé de M. Ramzi Ezzedine, ancien représentant de la Ligue arabe auprès de l’Autriche. Il a pris ses fonctions le 1er septembre. Il devrait chercher à recréer rapidement une nouvelle dynamique politique en vue d’un règlement de la crise.

Situation économique

La crise intérieure, l’isolement régional et les sanctions économiques décidées par l’Union européenne et les Etats-Unis ont conduit à une dégradation de la situation économique en Syrie. Un certain nombre d’hommes d’affaires ont pris leurs distances avec le régime. Les sanctions pétrolières sont efficaces, la Syrie ne parvenant plus à exporter de pétrole, alors que ces exportations représentaient 25% des revenus du régime. Selon le ministre syrien du Pétrole, Souleimane Al-Abbas, la production pétrolière s’est effondrée de 96% depuis le début de la crise. Le régime syrien dépend aujourd’hui de l’Iran pour ses importations de brut.

Les finances publiques sont extrêmement dégradées, et la livre syrienne a été dépréciée de plus de 200% depuis le début de la crise.

Situation humanitaire

Selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, la crise syrienne a fait plus de 191.000 morts depuis trois ans. 10 millions de personnes seraient désormais affectés par la crise et nécessiteraient une aide humanitaire d’urgence tandis que 6.7 millions de personnes seraient déplacés à l’intérieur du pays. Les dommages matériels sont également considérables et affectent lourdement le quotidien de la population syrienne : le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies rapporte que 1,2 million de foyers auraient été endommagés dont 400.000 entièrement détruits et que près de 5.000 écoles ne seraient plus en mesure d’accueillir leurs élèves, laissant 1.9 million d’enfants (sur un total de 5.4 million) sans accès à l’éducation. En dépit des appels de l’ONU, l’accès aux populations, dans un contexte sécuritaire très dégradé, reste complexe et aléatoire. Les attaques ciblant les travailleurs humanitaires sont fréquentes et font obstacle à la bonne marche des programmes d’aide à l’intérieur du pays.

Le régime demeure le principal responsable des difficultés entravant l’acheminement de l’aide humanitaire dans tout le territoire syrien. Il prive délibérément et de façon systématique la population syrienne se trouvant dans des zones tenues par l’opposition des biens de première nécessité indispensables à sa survie. Il en résulte le développement de situations de famine et d’épidémies. On observe actuellement notamment la résurgence de la poliomyélite alors que l’épidémie était sur le point d’être éradiquée au niveau mondial. Nonobstant les difficultés d’accès et les contraintes sécuritaires, les opérateurs (Agences, ONG locales et internationales), tentent de poursuivre leur activité sur le terrain.

La situation humanitaire est également très préoccupante hors des frontières syriennes. Dans les pays voisins, l’afflux massif et croissant de réfugiés a des conséquences désastreuses sur les communautés hôtes. Au 15 juillet, le HCR compte plus de 3 millions de réfugiés syriens enregistrés ou en cours d’enregistrement, dont 1.176.971 au Liban, 832.508 en Turquie, 613.252 en Jordanie, 215.303 en Irak et 139.289 en Egypte.

La communauté internationale se mobilise pour venir en aide aux pays voisins de la Syrie et les aider à gérer cet afflux de réfugiés. A cet égard, un Groupe international de soutien au Liban a été mis en place sous l’égide du Secrétariat général des Nations Unies dans l’objectif d’apporter une réponse collective à la crise que traverse ce pays.

Politique extérieure

Ligue arabe

En novembre 2011, la Ligue arabe a décidé le gel de l’adhésion de la Syrie à toutes ses réunions et à ses instances. Le 22 décembre 2011, des observateurs arabes ont été déployés en Syrie, dont la mission était de vérifier la mise en œuvre du plan en quatre volets établi par la Ligue arabe et accepté par Damas, prévoyant notamment l’arrêt de la répression et la libération de tous les prisonniers politiques. Mais la mission, qui s’est déroulée dans un climat de recrudescence des violences, a pris fin officiellement le 12 février 2012. Suite à cette mission, deux points ont été ajoutés au plan de la Ligue : la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’effacement simultané de Bachar al-Assad au profit du vice-président Farouk al-Charaa.

En février 2012, la Ligue arabe a demandé à ses Etats membres de mettre fin à toute coopération diplomatique avec la Syrie et elle a décidé, le 25 mars 2013, le principe d’attribuer le siège de la Syrie à la Coalition Nationale Syrienne.Moaz al Khatib, alors président de la Coalition, a représenté le peuple syrien lors du 24ème Sommet de la Ligue tenu à Doha le 26 mars.

Lors de sa réunion ministérielle du 1er septembre 2013, la Ligue arabe a imputé au régime syrien la responsabilité des massacres chimiques du 21 août à Damas et a appelé à prendre des mesures dissuasives à son égard. Elle a également renouvelé son soutien à la Coalition nationale syrienne dans sa résolution du 3 novembre et appelé à ce que les négociations de Genève II débouchent avec succès sur la mise en place d’un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs.

Nations Unies

Résolution 2118 (27 septembre 2013)

La fermeté dont la France a fait preuve après les massacres chimiques perpétrés par le régime le 21 août 2013 à Damas a favorisé l’adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 27 septembre de la résolution 2118. Celle-ci contraint le régime syrien à démanteler son arsenal chimique et constitue la première résolution adoptée par le Conseil de sécurité depuis le début de la crise syrienne qui impose des obligations à la Syrie en prévoyant des mesures coercitives en cas de non-respect.

L’adoption de cette résolution a elle-même été rendue possible par l’adoption à La Haye, au niveau du Conseil exécutif de l’OIAC, d’un texte qui prévoit un dispositif d’exception, un calendrier contraignant pour la déclaration et la destruction des armes chimiques syriennes, ainsi qu’un processus de vérification précis.

Les derniers stocks d’agents chimiques déclarés par le régime ont été sortis de Syrie le 23 juin. Cette évacuation intervient une semaine avant la date-butoir pour la destruction totale des armes chimiques syriennes. Elle aurait toutefois déjà dû être réalisée depuis plusieurs mois (avant le 31 décembre 2013 ou le 5 février 2014 selon les produits). Damas doit par ailleurs encore s’acquitter de ses obligations de destruction de douze installations de fabrication d’armes chimiques et clarifier les zones d’ombre de sa déclaration initiale. Enfin, le rapport intérimaire de la mission OIAC d’établissement des faits confirme la crédibilité des allégations d’emploi de gaz de chlore et en souligne le caractère systématique. Ses investigations doivent encore se poursuivre. Lors des consultations du Conseil de sécurité du 4 juin 2014, l’ensemble des délégations a appelé à ce que les résultats de la mission soient présentés au Conseil de Sécurité.

La résolution 2118 votée le 27 septembre comporte également un volet politique : elle endosse pour la première fois le communiqué de Genève du 30 juin 2012 et appelle à la tenue d’une conférence internationale sur la Syrie pour mettre en œuvre les principes agréés lors de Genève I.

Résolution 2139 (22 février 2014)

S’agissant de la question humanitaire, face à l’absence d’avancées suite à la déclaration présidentielle adoptée le 2 octobre 2013 à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations Unies qui demandait notamment aux autorités syriennes de faciliter les opérations humanitaires de secours -y compris celles depuis les pays limitrophes et à travers les lignes de front -, le 22 février 2014, la résolution 2139 du Conseil de Sécurité des Nations Unies a été adoptée. Elle contient des demandes précises : l’arrêt de l’emploi indiscriminé d’armes contre les civils, notamment les tirs d’obus et bombardements aériens avec l’emploi de barils d’explosifs ; la levée immédiate des sièges des zones peuplées, notamment dans le quartier de Yarmouk.

La résolution exige le libre acheminement de l’aide humanitaire, y compris l’aide médicale, et l’évacuation rapide, en toute sécurité et sans entrave des civils qui le souhaitent. Elle souligne que les parties doivent s’accorder sur des pauses humanitaires, des jours de tranquillité, des cessez-le-feu localisés et des trêves. En outre, le texte demande un accès de l’aide à travers les lignes de conflit et les frontières des pays voisins et le respect des missions médicales et des soins aux blessés.

Résolution 2165 (14 juillet 2014)

Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité, le 14 juillet, la résolution 2165 sur l’accès humanitaire en Syrie. Cette résolution autorise l’ouverture de quatre points de passage transfrontaliers depuis la Turquie (Bab al-Hawa et Bab al-Salamé), la Jordanie (Al-Ramtha) et l’Irak (Al-Yarubiyah), en plus de ceux déjà utilisés, sans requérir le consentement du régime syrien. Elle décide également de la création d’un mécanisme de monitoring des Nations Unies, sous l’autorité du Secrétaire Général, pour contrôler le chargement des biens humanitaires dans les convois, depuis les pays voisins de la Syrie et avec leur consentement.

Le mécanisme de surveillance des convois est opérationnel à trois points de passage (Bal al-Hawa, Bab al-Salamé et Al-Ramtha). Neuf convois transfrontaliers ont permis de porter secours à 70.000 personnes pour l’alimentation, 120.000 pour les biens non alimentaires et 190.000 pour les médicaments. Des consultations au CSNU se sont tenues le 29 août sur l’accès humanitaire en Syrie qui font état de progrès mais notent que ceux-ci sont très limités compte-tenu des besoins. Le régime syrien continue à entraver l’accès, fixant notamment de nombreux obstacles administratifs.

Autres résolutions

D’autres organes des Nations Unies ont adopté des résolutions dénonçant les violations des droits de l’homme dont s’est rendu coupable le régime de Damas :

  • L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté six résolutions à ce jour : résolution 66/176 du 19 décembre 2011, condamnant la répression en Syrie ; résolution 66/253A du 16 février 2012, condamnant la répression et soutenant le plan de sortie de crise de la Ligue arabe ; résolution 66/253B du 3 août 2012 condamnant notamment l’utilisation d’armes lourdes par le régime de Damas ; résolution 67/183 du 20 décembre 2012 condamnant la répression et appelant à saisir la justice internationale ; résolution du 15 mai 2013 67/262 condamnant les violations des droits de l’Homme et saluant la création de la Coalition nationale syrienne ; résolution 68/182 du 18 décembre 2013 condamnant l’utilisation d’armes chimiques et souscrivant au Communiqué de Genève.
  • Quinze résolutions ont été adoptées à ce stade par le Conseil des Droits de l’Homme : 1. Résolution du 29 avril 2011 dénonçant avec vigueur les violations massives des droits de l’Homme par le régime syrien et la mort de très nombreux civils. 2. Résolution du 22 août 2011 établissant une commission d’enquête indépendante ; 3. Résolution du 2 décembre 2011, endossant le rapport de cette commission rendu en novembre, qui fait état de « crimes contre l’humanité » commis par le régime syrien, et appelle les Nations Unies à une action appropriée ; 4. Résolution du 1er mars 2012, exhortant notamment Damas à permettre un accès humanitaire ; 5. Résolution du 23 mars 2012, renouvelant notamment le mandat de la commission d’enquête indépendante ; 6. Résolution du 1er juin 2012 condamnant fermement le massacre de Houla et les violations des droits de l’Homme commises par le régime ; 7. Résolution du 6 juillet 2012 condamnant la répression 8. Résolution du 28 septembre 2012 renouvelant notamment le mandat de la commission d’enquête pour six mois ; 9. Résolution du 22 mars 2013 condamnant les crimes commis en Syrie et renouvelant pour une année complète le mandat de la commission d’enquête sur les violations des droits de l’homme en Syrie. 10. Résolution du 28 mai 2013 sur la détérioration de la situation humanitaire et condamnant le massacre d’al Qusayr 11. Résolution du 29 mai 2013 soutenant le processus politique, condamnant l’usage de la violence, revendiquant l’obligation de rendre des comptes en cas de violation du droit international et appelant tous les Etats à augmenter leur aide humanitaire. 12. Résolution du 14 juin 2013 exigeant un accès immédiat, libre et sans entrave au territoire syrien de la commission d’enquête sur la Syrie et dénonçant la présence de combattants étrangers sur le territoire syrien 13. Résolution du 27 septembre 2013 condamnant les violations des droits de l’Homme, rappelant l’exigence urgente de garantir un accès de la Commission d’enquête internationale au territoire syrien ainsi que l’accès de tous les acteurs humanitaires. 14. Résolution du 28 mars 2014 condamnant les violations graves et systématiques des droits de l’Homme en Syrie, notamment l’usage de la torture, les attaques contre les civils et l’utilisation de la famine et des sièges comme méthode de guerre par le régime de Damas. 15. Résolution du 27 juin 2014 exhortant les parties à s’abstenir d’exercer des représailles et de commettre des actes de violence, notamment de violence sexuelle et de torture, se déclarant profondément préoccupé par les allégations concernant l’utilisation de produits chimiques toxiques ainsi que par la propagation de l’extrémisme et condamnant le déni délibéré d’aide humanitaire aux civils, quels qu’en soient les auteurs.

Union européenne

Depuis août 2011, l’Union européenne appelle au départ de Bachar al-Assad. En mai 2011, elle a adopté les premières sanctions à l’encontre du régime syrien : à ce jour, vingt trains de sanctions ont été adoptés. Ces sanctions prévoient notamment un embargo sur les armes et sur les exportations de pétrole syrien à destination de l’Europe, des sanctions financières et commerciales, ainsi que le gel de fonds et l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE visant, à ce jour, 191 personnes, ainsi que 53 entités impliquées dans le financement du régime et la répression en Syrie.

Concernant la destruction de l’arsenal chimique syrien, l’Union européenne a confirmé le 17 février 2014 le déblocage de douze millions d’euros au profit du fonds d’assistance de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) pour la destruction des armes chimiques syriennes.

L’UE est également active sur le plan politique. Le Conseil des Affaires étrangères de l’UE du 19 novembre 2012 a salué la formation de la Coalition nationale syrienne, dont les composantes constituent pour l’UE « des représentants légitimes des aspirations du peuple syrien ». A l’initiative de la France, le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne a adopté le 21 octobre 2013 des conclusions sur la Syrie, qui soulignent l’impératif d’une solution politique en appelant toutes les parties à adhérer publiquement à un processus de transition crédible et à s’engager en vue de la conférence de Genève II.

Le 14 avril 2014, le Conseil de l’Union européenne a réaffirmé, dans ses conclusions sur la Syrie, qu’il ne saurait y avoir qu’une solution politique au conflit syrien et souligné qu’il importe de relancer le processus de Genève. Le Conseil de l’UE s’est dit préoccupé par les tentatives du régime visant à contourner les mesures restrictives de l’UE. Les graves exactions des groupes terroristes présents en Syrie ont été dénoncées. Le Conseil a également déploré que la mise en œuvre de la résolution 2139 du Conseil de Sécurité n’ait pas progressé et est préoccupée par les cas de reddition forcée, imposées par le régime au moyen de sièges. Le Conseil a enfin réitéré son appel en faveur d’un achèvement rapide des transferts d’armes chimiques.

Le 30 août 2014, le Conseil de l’Union européenne a manifesté, dans ses conclusions sur la Syrie et l’Irak, son inquiétude vis-à-vis de la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire en Syrie et en Irak résultant de l’occupation de certaines parties de leur territoire par l’EI. Le Conseil a rappelé à ce titre que la guerre brutale menée par Bachar al-Assad contre son peuple était à l’origine du développement de ce groupe, qui constitue une menace directe pour la sécurité des pays de l’Union européenne.

Sur le plan humanitaire, le montant total mobilisé par l’Union européenne depuis le début de la crise dans le cadre de son budget ECHO est de 515M€, soit 165M€ en 2011, 2012 et 350M€ pour 2013. Cet appui consiste en Syrie à fournir une aide médicale d’urgence, une assistance alimentaire et nutritionnelle, un approvisionnement en eau, des services d’assainissement et d’hygiène, un hébergement et des services logistiques. Dans les pays voisins, ces fonds permettent d’assurer une assistance humanitaire aux réfugiés syriens, notamment des soins de santé, des biens alimentaires, des abris, des kits d’hygiène, des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Depuis le début de la crise, cette aide est répartie à 44% à l’intérieur de la Syrie et à 56% à destination des pays voisins (26% pour le Liban, 22% pour la Jordanie, 4% pour l’Irak, 4% pour la Turquie).

Groupe des Amis du peuple syrien

A l’initiative de la France, un Groupe des Amis du peuple syrien a été constitué en 2012, afin d’accroître la pression diplomatique sur le régime de Bachar al-Assad, montrer son isolement croissant et condamner la poursuite de la répression. Il regroupe à ce stade 115 Etats et organisations, et a déjà tenu cinq plénières à niveau ministériel : à Tunis, le 24 février 2012 ; à Istanbul, le 1er avril 2012 ; à Paris, le 6 juillet 2012 ; à Marrakech, le 12 décembre 2012 et à New-York, le 26 septembre 2013.

Le Core Group, réunissant les 11 pays les plus proches de la Coalition nationale syrienne s’est également réuni à plusieurs reprises : à Rome, le 28 février 2013 ; à Amman, le 22 mai 2013 ; à Doha, le 22 juin 2013 et à Londres, le 22 octobre 2013.

A Marrakech, les Amis, qui ont appelé au départ de Bachar al-Assad, ont reconnu collectivement la Coalition comme le représentant légitime du peuple syrien. Le communiqué publié lors de la réunion de Londres le 22 octobre 2013 appelle à ce que le gouvernement de transition mis en place suite à Genève II soit doté des pleins pouvoirs exécutifs et contrôle toutes les institutions, y compris sécuritaires. Les ministres des Affaires étrangères des onze pays Amis de la Syrie se sont réunis le 12 janvier 2014 à Paris avec une délégation de la Coalition nationale syrienne. Les principaux points du communiqué final portent sur la condamnation des atrocités commises par le régime, notamment les bombardements d’Alep et les blocus qui privent la population d’accès à la nourriture et aux médicaments ; l’appel à une résolution humanitaire du CSNU ; la réaffirmation d’un plein soutien au communiqué ministériel du Core Group du 22 octobre ; la condamnation de la présence de combattants étrangers en Syrie, tant du côté du régime que de l’opposition.

La dernière réunion du Core Group des Amis du peuple syrien s’est tenue le 15 mai à Londres en présence d’Ahmad al-Jarba. Dans son communiqué final, le Core Group, outre la dénonciation de la mascarade électorale du 3 juin, a décidé de prendre des mesures supplémentaires en soutien à la Coalition et à son état-major conjoint. Il tient le régime de Bachar al-Assad responsable du développement du terrorisme, appelle à la saisine de la CPI et à l’augmentation de l’aide transfrontalière.

Mise à jour : 02.09.14

Source : France Diplomatie, 02-09-2014

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Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

6 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #le nazisme

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Le 5 mai 2016

La famille Joly habite à Villefranche de Conflent. Monsieur Joly, âgé de 48 ans, est un ancien sous-officier de carrière et un ancien combattant au titre des opérations extérieures. M. Joly est aujourd’hui reconverti dans la protection rapprochée. Le geste du jeune officier Alexandre Prokhorenko, qui a donné sa vie pour tuer des djihadistes et qui a refusé d’être fait prisonnier, a touché la France entière et de nombreuses familles françaises. Les Français, malgré la soumission du pays actuellement, restent combatifs et soutiennent les actes courageux des patriotes qui donnent leur vie pour leur nation et pour la culture et la civilisation européenne. Le couple Magué a offert ses décorations militaires familiales au soldat russe tombé près de Palmyre. Puis c’est le Français Daniel Couture qui a suivi leur exemple. Aujourd’hui, c’est le couple Joly qui veut honorer et témoigner son soutien auprès de la famille d’Alexandre Prokhorenko. Dans un entretien Patrice Joly nous explique pourquoi son geste est important.+

Patrice Joly au Tchad et devant un monument

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre ProkhorenkoMédaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Tout d’abord vous êtes un ancien soldat de l’armée française. Dans quel corps d’armée étiez-vous et quelles étaient les missions les plus difficiles dans votre carrière ?

Je me suis engagé par devancement d’appel en 1986 dans un régiment de Parachutistes durant 6 ans. Puis ce dernier a été dissout et j’ai rejoins l’école des sous-officiers de gendarmerie en 1994. Après 1 an d’instruction, j’ai servi 13 ans en gendarmerie mobile. Durant ma carrière militaire j’ai participé à 3 opérations extérieures et diverses missions en outre mer.

Durant votre carrière de sous-officier avez-vous connu de telles situations où il aurait fallu donner sa vie comme l’officier Alexandre Prokhorenko ? Racontez !

Pour ma première opération extérieure, j’ai été envoyé au Tchad en 1987 avec le 8e Rpima et le 2e REP. Je n’avais même pas 20 ans et pour moi cela restera une expérience inoubliable. Durant ce séjour de 4 mois, d’octobre 1987 à février 1988, notre détachement Terre aura connu 90 actions de feu. A ce titre, j’ai obtenu ma carte du combattant OPEX. En mai 2002, je me trouvais en Nouvelle-Calédonie avec mon Escadron, lorsque nous avons participé à un rétablissement de l’ordre où j’ai été blessé par le blast d’un bâton de dynamite. Durant l’assaut, visant à libérer 2 gendarmes en otages, 1 gendarme a été également blessé par balle et un second par explosif. Enfin, ce fut les troubles en Côte d’Ivoire en 2003 qui amène notre Escadron à s’engager de manière opérationnelle auprès des forces armées présentes, et sécuriser les emprises diplomatiques.

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Vous avez émis le souhait de remettre la médaille de la Résistance attribuée à votre grand-oncle Jean Bassard, combattant volontaire de la résistance, mort pour la France le 8 septembre 1944, lors de la Libération de Besançon contre le nazisme. En quoi ce geste est important ?

Comme je l’ai indiqué dans ma lettre à l’Ambassade de Russie, cette haute décoration représente les actes remarquables de foi et de courage, qui auront contribué à la Résistance contre l’ennemi, et contre ses complices, jusqu’au sacrifice suprême au nom de la Patrie qui ne l’oubliera jamais (Patria non immemor).

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

L’islamisme est le nazisme d’aujourd’hui ? Expliquez !

C’est une métaphore, car durant la seconde guerre mondiale une division SS Musulmane existait bien. En Ukraine aujourd’hui, ne voyons nous pas des Nazis alliés aux Islamistes ? Hitler lui-même était fasciné par l’islam. Les points communs entre les deux idéologies sont la violence, l’intolérance, la suprématie et la misogynie. Depuis la naissance de l’islam, ce dernier est perpétuellement en conflit, mettant en avant une religion qui s’apparente à une secte, et croyant soumettre le monde à coups de génocides et de terrorismes.+

François Hollande n’a pas donné de médailles et ni salué le courage de l’officier Alexandre Prokhorenko. Pourtant François Hollande est aujourd’hui le chef des armées. Vous ressentez quoi en tant que patriote et ancien soldat de l’armée française en voyant le silence du président français ?

Une trahison de plus de la part de nos gouvernants. M. Hollande préfère décerner la Légion d’Honneur au Prince héritier d’Arabie Saoudite, pays suspecté de financer le terrorisme et où la décapitation est le sport national. La souveraineté de la Syrie est mise à mal au motif humanitaire de combattre les islamistes, mais seul le Président Poutine à réellement combattu ces derniers !+

Pourquoi le monde entier doit être reconnaissant envers Alexandre Prokhorenko, pour cet acte de bravoure, de courage et d’abnégation ? N’est-ce pas le métier du soldat de tuer et aussi de savoir qu’il peut être tué ?

Le métier des armes est, certes, dangereux, mais il reste noble et glorieux pour celui ou celle qui sert sans se servir. L’officier Alexandre Prokhorenko a libéré la cité antique de Palmyre, en faisant un acte d’une bravoure exemplaire en donnant sa vie sur une terre étrangère pour l’honneur de son drapeau, et au nom de la civilisation.+

En voyant les familles françaises donner leurs médailles à la famille de l’officier russe on pourrait penser que cette forme d’héroïsme n’existerait plus dans l’armée française. Votre avis ?

Il est vrai qu’en France, actuellement, la mort de nos soldats n’a pas le même retentissement qu’en Russie, et cela est une volonté honteuse de nos gouvernants. Par exemple, l’attaque de Charlie Hebdo a fait une vague médiatique international, alors qu’il ne s’agit que d’un journal satyrique complètement condamnable dans ses actes. L’embuscade d’Uzbin en Afghanistan le 18 août 2008 représente l’abnégation et le courage qu’à fait preuve l’Armée Française, se battant à 1 contre 5, rappelant la bataille de Camerone le 30 avril 1863 (63 Légionnaires contre 2000 soldats mexicains) et celle de Bazeilles (les Marsouins luttant à 1 contre 10, le 31 août 1870). Les pertes sont lourdes pour l’Armée Française qui perd 10 hommes et compte 21 blessés. Cet acte héroïque est complètement occulté par la classe politique.+

Que signifie cet élan des familles françaises à vouloir donner leurs médailles à la famille d’Alexandre Prokhorenko ? Que le patriotisme n’existerait qu’en Russie et au Donbass et plus en France ? Que la France actuelle ne mérite pas de porter en elle le souvenir de ses anciens combattants ?

La politique actuelle porte atteinte à la mémoire de nos pères, car notre souveraineté est jetée en pâture au nom d’une Europe sans honneur et d’une coopération avec des pays criminels comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Le Patriotisme est aussi vivant en France qu’en Russie ou au Donbass, et cet élan des familles françaises est un signe d’amitié envers le peuple Russe et un message clair : nos valeurs occidentales sont plus proches de la Russie, que de la Turquie ou de l’Amérique par exemple.+

En donnant la médaille de votre grand-oncle vous voulez aussi montrer votre soutien à la famille d’Alexandre Prokhorenko et au peuple russe. Pourquoi est-ce si important aujourd’hui dans la situation dans laquelle se trouve notre France que des citoyens français comme vous fassent un tel geste envers le peuple russe ?

La dictature du Nouvel Ordre Mondial veut nous imposer quelque chose que nous ne voulons pas. Seul Monsieur Poutine s’est dressé contre cela et nous voulons montrer au peuple Russe que nous sommes son allié. La minorité d’une classe politique ne peut occulter la majorité du peuple dont les valeurs avec la Russie est incontestable.+

Le geste d’Alexandre Prokhorenko vous a touché profondément. Est-ce à dire que cette force de caractère doit être trouvée aussi en France chez les Français pour sauver le pays contre la guerre dans laquelle elle se trouve ?

La mémoire collective n’occulte pas les souffrances de 1870, de 14-18 ou de 39-45, et le véritable patriote n’est pas révolutionnaire. La Révolution Française n’a été qu’un coup d’Etat orchestré par des républicains maçonniques, engendrant un génocide franco-français. Nous sommes le seul pays en Europe à avoir eu un Roi guillotiné. La république est née dans le sang et elle périra comme elle est née. Dans ce contexte, j’ai exhorté des associations patriotiques à réagir, comme a pu le faire le Général Piquemal, mais je n’ai eu aucune réponse. Ces associations subventionnées ne mordent pas la main de ceux qui leur donne à manger !+

D’ailleurs quelle guerre, vous l’ancien soldat, voyez-vous en France ?

Une guerre civile est probable à court terme au vue de la prochaine élection présidentielle, mais les sbires de l’OTAN ne préparent-ils pas une troisième guerre mondiale, afin d’asseoir définitivement leur dictature mondiale ?

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

D’après vous, allons-nous voir de tels actes de sacrifice de la part des Français pour sauver le pays ?

Dans l’histoire de France nous trouvons à chaque fois une personne qui a su montrer aux autres le chemin à prendre devant un ennemi acharné ou pour la liberté : Vercingétorix, Saint Louis, Jeanne d’Arc, Jean Moulin. Dernièrement, ce fut Philippe de Villiers qui en reprenant l’anneau de Jeanne d’Arc aux Anglais a fait acte d’un symbole historique, sans aucun écho médiatique.

Quel est votre message aux patriotes français qui voient le pays s’enfoncer dans la guerre et l’occupation islamiste ?

La réponse est dans l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Vitoyen : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. Ce n’est pas la République qu’il faut sauver mais la France.

L’acte d’Alexandre Prokhorenko correspond à un état d’esprit qui se trouve encore en Russie ou chez les combattants du Donbass. Ne pensez-vous pas que pour sauver la France de sa situation actuelle les soldats auraient dû déjà se sacrifier pour montrer au peuple le chemin à suivre ?

Certains ont voulu montrer l’exemple, mais au pays des droits de l’homme, les patriotes sont les plus traqués et surveillés. Alors que penser lorsque l’on voit que Monsieur Pompidou retire les prérogatives de la Banque de France au profit de banques privées, que Monsieur Sarkozy fait voter par le parlement le traité de Lisbonne alors que le peuple français dit NON à l’Europe, que Monsieur Hollande se soumet entièrement aux exigences supranationales ? Depuis des décennies, la classe politique trahit son peuple et aucune réaction ne peut émerger dans un État policier et dictatorial.

François Hollande ne soutient pas le Donbass, ni la Russie dans son combat contre l’islamisme. N’est-ce pas devenu dur d’être un soldat de l’armée française et d’être un vétéran de France ?

Monsieur Hollande n’a aucune légitimité, car un Président élu sans une majorité absolue ne représente en rien le peuple souverain. D’ailleurs le vrai gouvernement fantoche se trouve à Bruxelles. Les vétérans Français n’ont pas à rougir de cette ignominie, car ils n’ont pas trahis leur pays, bien au contraire, ils servent la France et non un parti politique ou tout autre entité.

L’épouse et les 2 enfants de Patrice Joly. En famille, ils ont décidé de remettre la médaille

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Allez-vous aller au défilé du 9 mai à Moscou ?

Je ne peux me rendre à Moscou pour des raisons professionnelles, mais j’aurais une pensée particulière pour l’Officier Alexandre Prokhorenko, pour sa famille, pour le peuple Russe, et le couple de Français invités qui font honneur à la France. Nous transmettons au Président Vladimir POUTINE, toute notre admiration quant à son exemplarité vis à vis de son peuple, et notre approbation quant à la valeur de sa politique. L’amitié Franco-Russe ne doit pas être un vain mot.

Propos recueillis par Olivier Renault

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Quand les médias pactisent avec l’argent saoudien

29 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #Daesch, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

Quand les médias pactisent avec l’argent saoudien

Le Saker Francophone


Le 21 avril 2016 –

Source Moon of Alabama

 

Un article bienvenu du Washington Post explique comment les Saoudiens soudoient la gauche, la droite et le centre: Le gouvernement saoudien a un vaste réseau de firmes de relations publiques et de lobbying aux États-Unis.

Le gouvernement saoudien et ses affiliés ont versé des millions de dollars à des entreprises étasuniennes de relations publiques et de lobbying et à des cabinets juridiques pour accroître la visibilité de leur pays aux États-Unis et aux Nations Unies à un moment crucial pour eux.

[…]

Rien qu’en 2015, ils se sont offert les services de cinq firmes de lobbying et de relations publiques, ce qui montre leur grand désir de renforcer leurs liens avec Washington. Les entreprises ont organisé des rencontres entre les responsables saoudiens, des chefs d’entreprise et des médias américains

Les Saoudiens en ont eu pour leur argent.

Les trois articles suivants sont sortis aujourd’hui. Notez bien leur thème commun, entièrement inspiré par le lobbying:

C’est peut-être vrai qu’ils ont répandu l’idéologie empoisonnée d’al-Qaïda. Mais l’Arabie saoudite est un allié trop précieux contre le terrorisme d’aujourd’hui pour permettre aux Américains ordinaires de faire payer le royaume.

Alors que Téhéran continue à répandre le terrorisme anti-américain à travers le Moyen-Orient, Riyad détient la clé de la stabilité régionale. Ce n’est pas le moment de s’éloigner de la Maison des Saoud.

Les Saoudiens sont très en colère à cause de l’accord nucléaire avec l’Iran, et ils croient que seul le prochain président des États-Unis – que ce soit Hillary Clinton ou même Donald Trump – sera en mesure de rétablir le statut de l’Arabie saoudite comme principal allié de l’Amérique au Moyen-Orient.

  • La palme de la capitulation revient, jusqu’ici, à Bloomberg qui a vendu le numéro de mai de BusinessWeek, y compris sa couverture, à un prince saoudien:

Le projet de 2 milliards de dollars pour sortir l’économie saoudienne de sa dépendance au pétrole – Huit heures entières d’entretien exclusif avec «M. Tout», le Prince Mohammed bin Salman.

Les États-Unis pourraient trouver dans le Prince Mohammed, un allié fidèle et bienveillant dans une région chaotique.

Le clan mafieux saoudien n’est pas seulement corrompu lui-même. Il corrompt massivement les autres. Il les arrose pour les entraîner dans ses crimes, peu importe leur noirceur. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire ces lignes extraites d’un article duWaPo (Washington Post) sur le lobbyisme :

En 2014, les consultants du cabinet de relations publiques Qorvis ont écrit les textes des pages YouTube et Twitter de l’ambassade d’Arabie Saoudite, et ont tenu le compte Twitter de la coalition de l’opposition syrienne.

 Ce sont les Saoudiens qui mettent le plus d’argent dans la guerre contre la Syrie. Ils concourent au développement d’ISIS et d’al-Qaïda, non seulement en Syrie, mais aussi au Yémen et ailleurs. Un ancien ministre saoudien des Affaires étrangères, cité dans le Financial Times d’hier, l’a même reconnu :

Saud al-Faysal, le respectable ministre des Affaires étrangères saoudien, a protesté auprès de John Kerry, le secrétaire d’État américain, en disant : «Daesh [ISIS] est notre réponse [sunnite] à votre soutien à Da’wa» – le parti chiite islamiste aligné sur Téhéran qui est au pouvoir en Irak.

 

Il devrait être acquis que ceux qui pactisent avec les Saoudiens pactisent avec des ennemis.

 

Traduction : Dominique Muselet

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Comment les États-Unis ont couvert le rôle des Saoudiens dans le 11 Septembre, par Paul Sperry Mots-clefs : Mots-clefsAttentats du 11/09/2001 Commentaire(s) 3 commentaires Imprimer Share Le New York Post est un des plus anciens (ou, selon les critères, le plus ancien) journaux américains, encore publié de nos jours. Il a été créé en 1801. Sa ligne éditoriale est conservatrice. Il tire à près de 700 000 exemplaires… Ca chauffe bien une opinion publique… Source : Paul Sperry, New York Post, le 17/04/2016 nyp Dans son rapport sur les “28 pages”, toujours censurées, impliquant le gouvernement saoudien dans le 11-Septembre, “60 Minutes”, le week-end dernier, a dit que le rôle des Saoudiens dans les attaques a été sous-évalué pour protéger la délicate alliance de l’Amérique avec le royaume riche en pétrole. C’est vraiment un euphémisme. En réalité, l’implication du royaume a été délibérément dissimulée aux plus hauts niveaux de notre gouvernement. Et cette dissimulation va bien au-delà d’enfermer les 28 pages du rapport saoudien dans une chambre forte du sous-sol du Capitole américain. Les enquêtes ont été étouffées. Les complices ont été laissés tranquilles. Les agents responsables de l’enquête que j’ai interviewés à la Joint Terrorism Task Forces [l’unité de lutte contre le terrorisme du FBI, NdT] à Washington et à San Diego, la base avancée de certains pirates de l’air saoudiens, mais aussi les détectives du Département de police du comté de Fairfax (Virginie) qui ont enquêté sur plusieurs pistes concernant le 11 Septembre, disent que pratiquement toutes les routes mènent à l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington, et au consulat saoudien à Los Angeles. Et pourtant, encore et toujours, il leur a été demandé de ne pas remonter ces pistes. L’excuse en général était “l’immunité diplomatique”. Ces sources disent que les pages manquantes du rapport d’enquête du Congrès sur le 11 Septembre – qui comprennent le chapitre entier concernant “le soutien étranger aux pirates de l’air du 11-Septembre” – détaille “les preuves incontestables” réunies par la CIA et le FBI de l’assistance des Saoudiens pour au moins deux des pirates de l’air saoudiens qui étaient installés à San Diego. Certaines informations ont fuité des documents, y compris une frénésie d’appels téléphoniques avant le 11 Septembre entre un des soutiens saoudiens des pirates de l’air à San Diego et l’ambassade d’Arabie saoudite, et le transfert ensuite de quelque 130 000 dollars d’un compte du prince Bandar, ambassadeur saoudien, à un autre soutien saoudien des pirates de l’air à San Diego. Prince Bandar Photo: Reuters Prince Bandar Un enquêteur qui travaillait avec la Joint Terrorism Task Forces de Washington s’est plaint qu’au lieu d’enquêter sur Bandar, le gouvernement américain l’a protégé – littéralement. Il dit que le département d’État a assigné un détachement de sécurité pour protéger Bandar pas seulement à l’ambassade, mais aussi à sa résidence à McLean, en Virginie. La source a ajouté que l’équipe opérationnelle voulait incarcérer un certain nombre d’employés de l’Ambassade, “mais l’ambassade s’est plainte auprès du Procureur” et leurs visas diplomatiques ont été révoqués à titre de compromis. L’ancien agent du FBI John Guandolo, qui a travaillé sur les affaires liées au 11 Septembre et à al-Qaïda pour le bureau de Washington, affirme que Bandar aurait dû être un suspect clé dans l’enquête sur le 11-Septembre. “L’ambassadeur saoudien a financé deux des pirates de l’air du 11 Septembre via une tierce personne,” a affirmé Guandolo. “Il devrait être traité comme un suspect terroriste, tout comme les autres membres de l’élite saoudienne que le gouvernement américain connaît comme finançant actuellement le djihad mondial.” Mais Bandar a la haute main sur le FBI. Après sa rencontre avec le président Bush à la Maison-Blanche le 13 septembre 2001, où les deux vieux amis de famille ont partagé des cigares sur le balcon Truman, le FBI a effacé de la liste des terroristes à surveiller des dizaines d’officiels saoudiens de différentes villes, y compris au moins un membre de la famille d’Oussama ben Laden. Au lieu d’enquêter sur les Saoudiens, les agents du FBI ont servi d’escorte de sécurité pour eux, même si à cette période on savait déjà que 15 des 19 pirates de l’air étaient des citoyens saoudiens. a772_bandar_bush_cheney_2050081722-8697 « Le 13 septembre 2001, le Prince Bandar est reçu sur le balcon Truman de la Maison-Blanche par George W. Bush, Dick Cheney et Condoleezza Rice – probablement pour aider des Saoudiens à fuir les États-Unis… » “Le FBI a été empêché par la Maison-Blanche d’auditionner les Saoudiens que nous voulions entendre,” dit l’ancien agent du FBI Mark Rossini, qui a participé à l’enquête sur al-Qaïda et les pirates de l’air. La Maison-Blanche “les a tirés d’affaire”. De plus, Rossini déclare qu’il a été dit au bureau qu’aucune citation à comparaître ne pouvait être utilisée pour produire des preuves liant au 11 Septembre les Saoudiens suspects sur le départ. Le FBI a dès lors gelé les enquêtes locales qui conduisaient aux Saoudiens. “Le FBI s’est bouché les oreilles à chaque fois que nous mentionnions les Saoudiens,” affirmait Roger Kelly, ancien lieutenant de police du comté de Fairfax. “C’était trop politique pour y toucher.” Kelly, qui a dirigé le Centre de renseignement régional, ajoutait : “Vous pouviez enquêter sur les Saoudiens, mais les Saoudiens étaient ‘hors de portée’.” Photo: AP Photo: AP Même Anwar al-Awlaki, le conseiller spirituel des pirates de l’air, nous a échappé. En 2002, le religieux financé par les Saoudiens, détenu à l’aéroport JFK pour fraude au passeport, a seulement été remis à la garde d’un “représentant de l’Arabie saoudite.” Il a fallu attendre 2011 pour qu’Awlaki soit amené devant la justice – en raison d’une attaque de drone de la CIA. Étrangement, “le rapport de la commission sur le 11 Septembre”, qui a suivi l’enquête du Congrès, ne cite jamais l’arrestation et la remise en liberté d’Awlaki, et ne mentionne Bandar qu’en passant, son nom enterré dans les notes en bas de page. Deux avocats de la commission qui enquêtaient sur le réseau de soutien saoudien des pirates de l’air se sont plaints que leur supérieur, le directeur opérationnel Philip Zelikow, les a empêchés d’émettre des citations à comparaître et de mener des auditions des suspects saoudiens. John Lehman, membre de la commission sur le 11 Septembre, s’est intéressé aux liens entre les pirates de l’air et Bandar, sa femme et le bureau des affaires islamiques de l’ambassade. Mais à chaque fois qu’il a essayé d’obtenir des informations sur ce point, il a reçu une fin de non-recevoir de la Maison-Blanche. “Ils refusaient de déclassifier quoi que ce soit en rapport avec l’Arabie saoudite,” selon Lehman cité dans le livre “The Commission”. Les États-Unis ont-ils sabordé l’enquête sur le soutien étranger au 11 Septembre pour protéger Bandar et les autres membres de l’élite saoudienne ? “Les choses qui auraient dû être faites à l’époque ne l’ont pas été,” affirmait Walter Jones, élu républicain de Caroline du Nord, qui a déposé un projet de loi demandant au président Obama de déclassifier les 28 pages. “J’essaie de vous donner une réponse sans être trop explicite.” Un réformateur saoudien avec une connaissance directe de l’implication de l’ambassade est plus coopératif. “Nous avons fait un allié d’un régime qui a aidé à financer les attaques,” affirmait Ali al-Ahmed de l’Institut pour les affaires du Golfe basé à Washington. “Je veux dire, soyons réalistes.” Source : New York Post, le 17/04/2016 Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source. ==================================== En bonus, lettre de bin Sultan au président de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre… sultan-1 sultan-2 3 réponses à Comment les États-Unis ont couvert le rôle des Saoudiens dans le 11 Septembre, par Paul Sperry DUGUESCLIN Le 29 avril 2016 à 02h52 Afficher/Masquer Selon Paul Sperry, les officiels saoudiens ont été protégés, alors qu’ils auraient du au contraire faire l’objet d’une enquête concernant une éventuelle implication. Mais l’Arabie Saoudite par princes interposés et leurs protégés wahhabites (qui sont leur bras armé) aurait-elle pris le risque d’un tel attentat qui aurait pu se retourner gravement contre elle? Si les princes d’Arabie Saoudite par wahhabites interposés ont, supposément, permis les attentats, ils ne pouvaient le faire que contre des garanties, ce qui pourrait expliquer leur protection. Si c’est le cas, qui aurait donné ces garanties aux princes concernant l’attentat qui a permis la “guerre du Golfe” souhaitée et programmée par les Etats-Unis? Le 11/09 a bel et bien été le facteur déclenchant nécessaire à la mise en oeuvre de cette politique de soumission des pays du Golfe par des bombardements et des embargos.

29 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Les média, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Le New York Post est un des plus anciens (ou, selon les critères, le plus ancien) journaux américains, encore publié de nos jours. Il a été créé en 1801. Sa ligne éditoriale est conservatrice. Il tire à près de 700 000 exemplaires

Ca chauffe bien une opinion publique…

Source : Paul Sperry, New York Post, le 17/04/2016

nyp

Dans son rapport sur les “28 pages”, toujours censurées, impliquant le gouvernement saoudien dans le 11-Septembre, “60 Minutes”, le week-end dernier, a dit que le rôle des Saoudiens dans les attaques a été sous-évalué pour protéger la délicate alliance de l’Amérique avec le royaume riche en pétrole.

C’est vraiment un euphémisme.

En réalité, l’implication du royaume a été délibérément dissimulée aux plus hauts niveaux de notre gouvernement. Et cette dissimulation va bien au-delà d’enfermer les 28 pages du rapport saoudien dans une chambre forte du sous-sol du Capitole américain. Les enquêtes ont été étouffées. Les complices ont été laissés tranquilles.

Les agents responsables de l’enquête que j’ai interviewés à la Joint Terrorism Task Forces [l’unité de lutte contre le terrorisme du FBI, NdT] à Washington et à San Diego, la base avancée de certains pirates de l’air saoudiens, mais aussi les détectives du Département de police du comté de Fairfax (Virginie) qui ont enquêté sur plusieurs pistes concernant le 11 Septembre, disent que pratiquement toutes les routes mènent à l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington, et au consulat saoudien à Los Angeles.

Et pourtant, encore et toujours, il leur a été demandé de ne pas remonter ces pistes. L’excuse en général était “l’immunité diplomatique”.

Ces sources disent que les pages manquantes du rapport d’enquête du Congrès sur le 11 Septembre – qui comprennent le chapitre entier concernant “le soutien étranger aux pirates de l’air du 11-Septembre” – détaille “les preuves incontestables” réunies par la CIA et le FBI de l’assistance des Saoudiens pour au moins deux des pirates de l’air saoudiens qui étaient installés à San Diego.

Certaines informations ont fuité des documents, y compris une frénésie d’appels téléphoniques avant le 11 Septembre entre un des soutiens saoudiens des pirates de l’air à San Diego et l’ambassade d’Arabie saoudite, et le transfert ensuite de quelque 130 000 dollars d’un compte du prince Bandar, ambassadeur saoudien, à un autre soutien saoudien des pirates de l’air à San Diego.

Prince Bandar Photo: Reuters

Prince Bandar

Un enquêteur qui travaillait avec la Joint Terrorism Task Forces de Washington s’est plaint qu’au lieu d’enquêter sur Bandar, le gouvernement américain l’a protégé – littéralement. Il dit que le département d’État a assigné un détachement de sécurité pour protéger Bandar pas seulement à l’ambassade, mais aussi à sa résidence à McLean, en Virginie.

La source a ajouté que l’équipe opérationnelle voulait incarcérer un certain nombre d’employés de l’Ambassade, “mais l’ambassade s’est plainte auprès du Procureur” et leurs visas diplomatiques ont été révoqués à titre de compromis.

L’ancien agent du FBI John Guandolo, qui a travaillé sur les affaires liées au 11 Septembre et à al-Qaïda pour le bureau de Washington, affirme que Bandar aurait dû être un suspect clé dans l’enquête sur le 11-Septembre.

L’ambassadeur saoudien a financé deux des pirates de l’air du 11 Septembre via une tierce personne,” a affirmé Guandolo. “Il devrait être traité comme un suspect terroriste, tout comme les autres membres de l’élite saoudienne que le gouvernement américain connaît comme finançant actuellement le djihad mondial.”

Mais Bandar a la haute main sur le FBI.

Après sa rencontre avec le président Bush à la Maison-Blanche le 13 septembre 2001, où les deux vieux amis de famille ont partagé des cigares sur le balcon Truman, le FBI a effacé de la liste des terroristes à surveiller des dizaines d’officiels saoudiens de différentes villes, y compris au moins un membre de la famille d’Oussama ben Laden. Au lieu d’enquêter sur les Saoudiens, les agents du FBI ont servi d’escorte de sécurité pour eux, même si à cette période on savait déjà que 15 des 19 pirates de l’air étaient des citoyens saoudiens.

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« Le 13 septembre 2001, le Prince Bandar est reçu sur le balcon Truman de la Maison-Blanche par George W. Bush, Dick Cheney et Condoleezza Rice – probablement pour aider des Saoudiens à fuir les États-Unis… »

Le FBI a été empêché par la Maison-Blanche d’auditionner les Saoudiens que nous voulions entendre,” dit l’ancien agent du FBI Mark Rossini, qui a participé à l’enquête sur al-Qaïda et les pirates de l’air. La Maison-Blanche “les a tirés d’affaire”.

De plus, Rossini déclare qu’il a été dit au bureau qu’aucune citation à comparaître ne pouvait être utilisée pour produire des preuves liant au 11 Septembre les Saoudiens suspects sur le départ. Le FBI a dès lors gelé les enquêtes locales qui conduisaient aux Saoudiens.

Le FBI s’est bouché les oreilles à chaque fois que nous mentionnions les Saoudiens,” affirmait Roger Kelly, ancien lieutenant de police du comté de Fairfax. “C’était trop politique pour y toucher.”

Kelly, qui a dirigé le Centre de renseignement régional, ajoutait : “Vous pouviez enquêter sur les Saoudiens, mais les Saoudiens étaient ‘hors de portée’.”

Photo: AP

Photo: AP

Même Anwar al-Awlaki, le conseiller spirituel des pirates de l’air, nous a échappé. En 2002, le religieux financé par les Saoudiens, détenu à l’aéroport JFK pour fraude au passeport, a seulement été remis à la garde d’un “représentant de l’Arabie saoudite.”

Il a fallu attendre 2011 pour qu’Awlaki soit amené devant la justice – en raison d’une attaque de drone de la CIA.

Étrangement, “le rapport de la commission sur le 11 Septembre”, qui a suivi l’enquête du Congrès, ne cite jamais l’arrestation et la remise en liberté d’Awlaki, et ne mentionne Bandar qu’en passant, son nom enterré dans les notes en bas de page.

Deux avocats de la commission qui enquêtaient sur le réseau de soutien saoudien des pirates de l’air se sont plaints que leur supérieur, le directeur opérationnel Philip Zelikow, les a empêchés d’émettre des citations à comparaître et de mener des auditions des suspects saoudiens.

John Lehman, membre de la commission sur le 11 Septembre, s’est intéressé aux liens entre les pirates de l’air et Bandar, sa femme et le bureau des affaires islamiques de l’ambassade. Mais à chaque fois qu’il a essayé d’obtenir des informations sur ce point, il a reçu une fin de non-recevoir de la Maison-Blanche.

Ils refusaient de déclassifier quoi que ce soit en rapport avec l’Arabie saoudite,” selon Lehman cité dans le livre “The Commission”.

Les États-Unis ont-ils sabordé l’enquête sur le soutien étranger au 11 Septembre pour protéger Bandar et les autres membres de l’élite saoudienne ?

Les choses qui auraient dû être faites à l’époque ne l’ont pas été,” affirmait Walter Jones, élu républicain de Caroline du Nord, qui a déposé un projet de loi demandant au président Obama de déclassifier les 28 pages. “J’essaie de vous donner une réponse sans être trop explicite.”

Un réformateur saoudien avec une connaissance directe de l’implication de l’ambassade est plus coopératif.

Nous avons fait un allié d’un régime qui a aidé à financer les attaques,” affirmait Ali al-Ahmed de l’Institut pour les affaires du Golfe basé à Washington. “Je veux dire, soyons réalistes.”

Source : New York Post, le 17/04/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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En bonus, lettre de bin Sultan au président de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre…

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réponse à Comment les États-Unis ont couvert le rôle des Saoudiens dans le 11 Septembre, par Paul Sperry

  1. DUGUESCLIN Le 29 avril 2016 
     

    Selon Paul Sperry, les officiels saoudiens ont été protégés, alors qu’ils auraient du au contraire faire l’objet d’une enquête concernant une éventuelle implication.
    Mais l’Arabie Saoudite par princes interposés et leurs protégés wahhabites (qui sont leur bras armé) aurait-elle pris le risque d’un tel attentat qui aurait pu se retourner gravement contre elle?
    Si les princes d’Arabie Saoudite par wahhabites interposés ont, supposément, permis les attentats, ils ne pouvaient le faire que contre des garanties, ce qui pourrait expliquer leur protection. Si c’est le cas, qui aurait donné ces garanties aux princes concernant l’attentat qui a permis la “guerre du Golfe” souhaitée et programmée par les Etats-Unis? Le 11/09 a bel et bien été le facteur déclenchant nécessaire à la mise en oeuvre de cette politique de soumission des pays du Golfe par des bombardements et des embargos.

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Conférence sur la Syrie à Nice le 29 avril 2016. "Regards sur la Syrie après plus de cinq années de guerre par Ayssar Midani ".

27 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

"Regards sur la Syrie après plus de cinq années de guerre par Ayssar Midani ".

Les associations " Comité Valmy" et "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organisent une soirée/débat sur la situation en Syrie le vendredi 29 avril de 18h à 21h à la Maison des Associations, au 12 place Garibaldi à Nice.

Cette conférence, donnée par Ayssar Midani, permettra au public d’avoir un autre regard sur la situation dans ce pays.

Ayssar Midani est une citoyenne franco-syrienne, ingénieur chimiste et expert dans le traitement de l’information. Elle dirige des projets informatique en France depuis 1989. Avant 2013 elle allait très souvent dans ce pays dont elle connait très bien la situation. Elle est rentrée en Syrie en 2013 pour être aux côtés de son peuple et suivre la réalité hors du prisme médiatique français. Elle est présidente d'une association de scientifiques syriens expatriés, Nosstia. Elle est aussi présidente d'une association culturelle franco-syrienne, Afamia.

Déjà le 30 janvier 2013, Ayssar Midani avait donné une conférence sur la Syrie à Nice. Son intervention avait permis alors de préciser les enjeux géopolitiques et économiques de cette guerre. Vous pouvez voir la vidéo ici.

Elle est de retour en France depuis environ un mois. Le 29 avril 2016 elle vient donner une conférence à Nice pour nous informer sur la réalité du terrain. Cela permettra de mieux comprendre la situation dans cette région du monde dévastée par la guerre. Elle nous dira comment le peuple syrien vit et résiste après plus de 5 ans de conflit.

Bien cordialement.

Lucien PONS. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR

Nota : L'article 1 de la Charte des Nations unies consiste à affirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Cela signifie le rejet de toute ingérence étrangère. Toute intervention militaire sous quelque forme que ce soit est une violation de ce droit fondamental élaboré après la seconde guerre mondiale afin de garantir la paix entre les différents états.

Conférence sur la Syrie à Nice le 29 avril 2016. "Regards sur la Syrie après plus de cinq années de guerre par Ayssar Midani ".

 

Il n’y avait plus rien. Pourtant, ils ont écrit dans le programme du CNR :

« Unis quant au but à atteindre, les représentants s’engagent à défendre l’indépendance politique et économique de la Nation.

Ils s’engagent à rétablir la France dans sa puissance,  dans sa grandeur et dans sa mission universelle. »

Grande conférence/débat sur

 

La situation en Syrie aujourd’hui.

Comment vit et résiste le peuple syrien après plus de cinq ans de guerre

Par Ayssar MIDANI

le vendredi 29 avril 2016 - NICE  - 

Maison des associations de la place Garibaldi

 

 

Ayssar MIDANI est franco-syrienne, chimiste  et informaticienne. Elle préside une association de  scientifiques syriens expatriés, NOSSTIA, et une association culturelle  euro-syrienne, AFAMIA.

Le 30 janvier 2013 elle avait fait une conférence à Nice sur la situation en Syrie. Travaillant en France elle allait 3 à 4 fois l’an dans son pays. En 2013 elle est rentrée en Syrie pour être à côté de son peuple et suivre la réalité hors du prisme médiatique français. De retour en France depuis 20 jours environ, elle dira comment vit et résiste le peuple syrien après plus de cinq ans de guerre.

En collaboration avec le        

 

                                            

Conférence sur la Syrie à Nice le 29 avril 2016. "Regards sur la Syrie après plus de cinq années de guerre par Ayssar Midani ".

Comité pour une Nouvelle Résistance - CNR Tél 06 82 97 97 77 contactcnr06@laposte.net

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Syrie : un plan "B" comme Boucherie. Les apprentis sorciers sont de retour!

24 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #AMERIQUE, #La France, #La Turquie, #La Russie, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme

dimanche 24 avril 2016

Syrie : un plan "B" comme Boucherie

 
Les apprentis sorciers sont de retour
 
Le 20 avril dernier tombait une dépêche signalant la présence à Ryad du Directeur de la CIA, John Brennan, accompagnant la délégation étasunienne emmenée par le Président Obama en personne officiellement venu présenter ses condoléances à la famille Saoudite,  après le décès du roi Abdallah.
 
Depuis le début de l'année c'est la deuxième fois que Barack Obama rend visite au roi Salman d'Arabie Saoudite sur fond de crise syrienne. 

Le 26 janvier, c'était les condoléances pour le décès du roi Abdallah qui prétextaient l'arrivée urgente du "brain trust" étasunien au moment où leurs miliciens islamistes lancés contre Assad sont en pleine Bérézina et que Ankara est dans le collimateur de Moscou après la destruction d'un avion russe opérant en Syrie.   

Le 20 avril dernier, les faucons sont revenus à tire d'aile pour une nouvelle rencontre géopolitique capitale et urgente entre les deux alliés dont le mariage pétrolier est prétendument fissuré. 
Et les journalistes du système de s'épandre comme un rideau de fumée sur les mécontentements du Royaume suite à l'accord nucléaire signé avec son ennemi héréditaire iranien, ou par exemple suite à la demande du congrès US de déclassifier certains dossiers relatifs aux réseaux saoudis des terroristes du 11 Septembre 2001.

Lorsqu'on regarde de plus près les entrelacs des relations stratégiques entre les 2 pays on s'aperçoit qu'un divorce est tout simplement rendu impossible par une politique  du "tu me tiens, je te tiens.... la barbichette" (restons polis)
 
Je pense que pour ma part que cette crise entre Washington et Ryad est non seulement superficielle et passagère, mais que son traitement médiatique exagéré est destiné à cacher les vraies raisons du déplacement des faucons étasuniens dans ce région en pleine ébullition.

Car contrairement à ces querelles de couple plus symboliques que déstructurantes on s'aperçoit que la famille s'est même renforcée comme en attestent les accords militaires que les saoudiens viennent de réaliser avec les turcs et les israéliens, les deux autres alliés de Washington dans la Région.

C'est donc encore vers la Syrie qi'il faut aller chercher les rai sons de ce nouveau voyage éclair des faucons étasuniens au Royaume de l'or noir...

Sur le terrain, si les combats continuent c'est pour assurer la déroute des terroristes islamistes, la coupure de leurs voies logistiques, notamment avec la Turquie, qui protègent le plan de paix initié par Moscou et Damas d'une d'une nouvelle offensive de l'État Islamique. 

Ce processus de pacification de la Syrie constitue l'objectif principal de ce "plan A" qui a comme conséquence de maintenir Assad et donc faire échec à 6 ans de guerre terroriste soutenue par les nervis occidentaux de la région aux ordres de Washington, principalement la Turquie, les monarchies du Golfe sans oublier bien sûr Israël.

Les enjeux de cette guerre de préemption déclenchée contre Bagdad sont trop importants pour que les occidentaux jettent aujourd'hui l'éponge. Voilà pourquoi Obama and Co s'en sont retournés au chevet de cette guerre mourante avec un "plan B" car si elle meurt ils risquent de leur faire perdre beaucoup d'argent, de positionnement stratégiques et de crédibilité politique.

Le "Plan B"

Ce plan B est très simple  : relancer la guerre en Syrie pour faire tomber le régime de Bachar El Assad en armant massivement les "rebelles modérés". Et il est fort à parier que lesrentis sorciers accompagnant le big boss sont venus avec des formules magiques pour leurs alliés indispensables à la réalisation de ce plan. 
 
John Brennan, Directeur de LA CIA le 20 avril à Ryad.
"Montre moi tes amis et je te dirai qui tu es !". À ce titre, il est significatif que Barak Obama se soit fait accompagner pour ce voyage en Arabie Saoudite par 2 acteurs principaux de la stratégie étasunienne dans par la guerre en Syrie :

- Le Secrétaire à la Défense des États-Unis Ash Carter
- Le Directeur de la CIA, John Brennan 

On se souvient que ce dernier dispose de l'art et la manière d'apparaître comme par enchantement juste avant le lancement d'opérations dites "spéciales" dont son agence a le secret pour renverser les régimes dissidents au Nouvel Ordre Mondial.

Alors que l'ONU continue a nier son existence, le "plan "B" étasunien avait été révélé par John Kerry lui-même, le chef de la diplomatie étasunienne, au lendemain de l'accord de cessez le feu signé fin février par Damas. Au lendemain,  le Wall Street Journal l'a confirmé de sources autorisées, précisant même que le programme d'armement de l'opposition syrienne avait déjà commencé !

On notera au passage que les USA plutôt que de se creuser les méninges pour protéger un plan de paix ( d'autant plus quand il est initié par Modcou) préfèrent jouer les va t'en guerre et les apprentis sorciers, et que l'anticipation du plan B ne constitue rien d'autre qu'sabotage du plan A !

Cette stratégie belliciste étasunienne, déjà dévoilée à travers les réseaux d'approvisionnement, de trafic pétrolier, et d'armement mises en place au profit des djihadistes, connait une radicalisation idéologique depuis que les enjeux régionaux du conflit se ßsont concrétisés par un engagement direct de la Russie d'un côté et de la Turquie de l'autre...

Comme en Ukraine, la paix entre la Russie et les USA est devenue "chaude bouillante" et la barrière qui sépare guerre par procuration d'une guerre directe est de plus en plus fine et désormais les avions russes et les avions de l'OTAN s'observent par les hublots de leurs copies. .. 

 
Article de référence : Sputnik News

Syrie: les détails du plan B des USA dévoilés 

 
Lance Roquettes Multiples "GRAD" en cours de livraisons aux islamistes 
Les Etats-Unis ont laissé filtrer des informations sur les démarches qu’ils adopteront en cas d’échec de la trêve.
 
La CIA et ses partenaires régionaux ont établi un plan d'action qui pourrait être appliqué en cas d’échec de la trêve en Syrie, écrit le Wall Street Journal (WSJ) se référant à des fonctionnaires américains. 
 
Ce soi-disant "plan B" prévoit la fourniture aux forces de l'opposition syrienne "de systèmes d'armement capables de détruire les avions et les positions d'artillerie du régime syrien".  
Les sources du journal signalent que la CIA a garanti à ses alliés que les armes ne seraient livrées qu'en cas de rupture de la trêve et du règlement politique (soi-disant plan A) et de reprise des hostilités. 
 
Selon des sources du WSJ au Proche-Orient, "la CIA a récemment permis à des groupes rebelles de se doter d'un certain nombre de lance-roquettes multiples Grad de fabrication soviétique". L'Arabie saoudite et la Turquie tentent d'obtenir l'autorisation de Washington de livrer de tels systèmes aux "détachements de l'opposition modérée", mais, comme l'écrit le journal, le président américain Barack Obama s'y oppose actuellement. 
 
Le cessez-le-feu est en vigueur en Syrie depuis le 27 février dernier. Cependant il ne concerne pas les organisations terroristes Etat islamique et Front al-Nosra ainsi que d'autres groupes reconnus comme terroristes par le Conseil de sécurité de l'Onu.
 
Des représentants des Etats-Unis avaient admis précédemment qu'en cas d'échec du règlement politique, un  plan B pourrait être examiné, sans toutefois en préciser ses détails. Moscou a qualifié ces déclarations de "jeu malhonnête et déloyal" visant à mettre en échec le processus de paix
 
______________________________________
 

Pour en savoir plus :

- Quel serait le plan B en Syrie ?, une analyse complète de Valentin Vasilescu 
 
 
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Poutine remercie la famille qui a remis la Légion d'honneur au héros russe

23 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE

Poutine remercie la famille qui a remis la Légion d'honneur au héros russe

L'ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov a transmis vendredi les remerciements personnels de Vladimir Poutine à la famille française qui avait auparavant remis des médailles familiales de la Seconde Guerre mondiale à la famille de l'officier russe Alexandre Prokhorenko tombé en Syrie.

"Aujourd'hui, l'ambassadeur a rencontré la famille Magué à Florensac, où ils habitent. Il leur a apporté un message personnel du président russe: la gratitude pour le geste de solidarité et de soutien qui l'a vivement touché, et qui est symbolique dans le contexte du fait que la Russie et la France, comme il y a plusieurs années, se tiennent du même côté de la barricade dans la lutte contre le mal du monde, le terrorisme international", a déclaré la représentation diplomatique.

L'ambassadeur a également transmis à la famille une invitation à venir à la Parade du jour de la Victoire à Moscou le 9 mai. Les Magué, à leur tour, ont accepté l'invitation.

© Flickr/ Médaille de chevalier de la Légion d'honneur. Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

© Flickr/ Médaille de chevalier de la Légion d'honneur. Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Mercredi, il s'est avéré que les Magué, un couple de la ville de Florensac dans la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, ont remis des médailles de la Seconde Guerre mondiale gagnées par des membres de leur famille à la veuve et aux parents du jeune officier russe Alexandre Prokhorenko, mort en héros lors de l'opération de libération de la ville antique de Palmyre.

Une des décorations militaires de la famille française transmise à la Russie est une Croix de chevalier de la Légion d'honneur. Elle avait été accordée à un oncle de la famille qui avait été déporté au camp de concentration de Buchenwald après avoir pris part à la résistance à l'âge de 17 ans.

L'autre est une Croix de Guerre avec une palme de bronze, dont l'un des pères du couple avait été décoré pour des missions de combat en tant que pilote de bombardier.

Selon l'ambassade russe en France, les Français ne sont pas indifférents à l'acte héroïque de l'officier russe. Ainsi, ils envoient des lettres à l'ambassade, et transfèrent parfois des fonds en demandant d'acheter un cadeau pour le bébé d'Alexandre quand il sera né. L'ambassade assure pour sa part que toutes les lettres seront bientôt remises aux destinataires.

Alexandre Prokhorenko, 25 ans, était marié et attendait la naissance de son premier enfant. Il faisait partie des meilleurs militaires russes du Service des opérations spéciales. Près de Palmyre, le jeune homme était chargé de définir les cibles terroristes au sol pour aiguiller les avions de chasse.

Encerclé par des terroristes le 17 mars 2016, il a pris une décision que l'on n'apprend pas aux militaires. Alexandre Prokhorenko a exigé un bombardement aérien sur sa position. La frappe a été réalisée et des terroristes ont été éliminés.

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Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

23 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

L'ambassade russe à Paris rapporte qu'un couple français a envoyé des médailles familiales de la Seconde Guerre mondiale à la représentation diplomatique, pour qu'elles soient remises à la famille de l'officier russe qui a été tué lors de l'opération russe en Syrie.

Les Magué, un couple de la ville de Florensac dans la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, ont décidé de remettre des médailles de la Seconde Guerre mondiale gagnées par des membres de leur famille à la veuve et aux parents du jeune officier russe Alexandre Prokhorenko, mort en héros lors de l'opération de libération de la ville antique de Palmyre.

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français
Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Une des décorations militaires de la famille française transmise à la Russie est une Croix de chevalier de la Légion d'honneur. Elle avait été accordée à un oncle de la famille qui avait été déporté au camp de concentration de Buchenwald après avoir pris part à la résistance à l'âge de 17 ans.

L'autre est une Croix de Guerre avec une palme de bronze, dont l'un des pères du couple avait été décoré pour des missions de combat en tant que pilote de bombardier.

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Lettre des Magué

Les Magué ont confié aux diplomates russes qu'ils avaient décidé de faire ce geste extraordinaire par sympathie envers la Russie et ses efforts dans la lutte contre le terrorisme mondial.

Le couple a exprimé une profonde indignation contre la position des médias français qui mettaient de côté ou ignoraient l'acte d'héroïsme de M.Prokhorenko. Les Magué ont partagé l'espoir que leur action cordiale pourrait soutenir la veuve et les parents de l'officier russe, et se sont dit prêts à envoyer certains documents d'archives de la Seconde Guerre mondiale en leur possession en Russie.

Alexandre Prokhorenko

© Photo. Twitter/@AlphaSpecnaz

Mort en héros: le soldat russe tombé à Palmyre émeut les Américains

Alexandre Prokhorenko, 25 ans, était marié et attendait la naissance de son premier enfant. Il faisait partie des meilleurs militaires russes du Service des opérations spéciales. Près de Palmyre, le jeune homme était chargé de définir les cibles terroristes au sol pour aiguiller les avions de chasse.

Encerclé par des terroristes le 17 mars 2016, il a pris une décision que l'on n'apprend pas aux militaires. Alexandre Prokhorenko a exigé un bombardement aérien sur sa position. La frappe a été réalisée et des terroristes ont été éliminés.

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Moscou, rempart contre les jihadistes. Bientôt la fin d’Erdogan ?

17 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #Daesch, #la barbarie, #Terrorisme

Moscou, rempart contre les jihadistes. Bientôt la fin d’Erdogan ?

01 mars 2016

Moscou, rempart contre les jihadistes. Bientôt la fin d’Erdogan ?

Depuis 2012, Moscou tente de rallier les Occidentaux à sa cause : défendre la civilisation contre le jihadisme, comme jadis le monde s’était uni contre le nazisme. Pour cela, il a d’abord dissocié la Maison-Blanche des combattants qu’il considère comme « jihadistes » et que les États-Unis désignent comme « rebelles ». Il tente aujourd’hui d’isoler la Turquie. Loin d’être un épiphénomène diplomatique, la cessation des hostilités en Syrie marque un retournement de situation. Washington vient d’admettre qu’il n’y a pas —ou plus— de groupes armés « modérés ».

C’est à tort que nous analysons la politique russe d’un point de vue arabe ou occidental. La Russie a sa propre vision des jihadistes qu’elle connaît depuis 1978, lorsqu’ils vinrent porter main forte aux pachtounes afghans contre le gouvernement communiste de Kaboul.

Vladimir Poutine a personnellement combattu les jihadistes du Caucase, notamment l’Émirat islamique d’Itchkérie (seconde guerre de Tchétchénie 1999-2000), et les a vaincus. À l’époque, les Arabes se disaient solidaires des musulmans russes et ne comprenaient pas ce qui se passait là-bas, tandis que les Occidentaux, après la dissolution de l’Union Soviétique, applaudissaient tous ceux qui tentaient de poursuivre le mouvement en disloquant la Russie. Pourtant, sur le terrain, il n’y a avait aucune différence entre l’Émirat d’hier et le Califat d’aujourd’hui. On appliquait la charia et on coupait les têtes de la même manière à Grozny qu’on le fait à Rakka.

Atrocités des jihadistes du Caucase. Ici au Daghestan en 1999.

Atrocités des jihadistes du Caucase. Ici au Daghestan en 1999.

Aujourd’hui, malgré la propagande assurant que la guerre en Syrie serait une guerre contre l’Islam, ou que la République arabe syrienne serait une « dictature (sic) alaouite (re-sic) » massacrant les sunnites, les faits sont têtus : l’armée arabe syrienne qui combat les jihadistes est composée à 70 % de sunnites.

En 2012, c’est-à-dire presque au début de la guerre, au moment où la DIA états-unienne mettait en garde la Maison-Blanche contre ce qui allait devenir Daesh, Vladimir Poutine a déclaré que la Syrie était devenue une « question intérieure russe ». Depuis lors, il tente de créer une Coalition internationale contre les jihadistes avec les Occidentaux.

La Russie se souvient de la manière dont le monde bascula durant les années 1930. À l’époque, le roi d’Angleterre, Edward VIII, était publiquement nazi. Montagu Norman, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, finançait l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir avec l’argent de la Couronne [1]. Les Britanniques pensaient de la sorte soutenir un État capable de renverser l’Union Soviétique qui avait éliminé le Tsar Nicolas II et menaçait leurs intérêts capitalistes. Pourtant, durant la Seconde Guerre Mondiale, ils s’allièrent à Staline et à Mao contre Hitler.

Sur ces images d’archives révélées par le Sun, le futur roi Edouard VIII apprend à la future reine Elizabeth II —alors âge de 6 ans— à faire le salut nazi.

Vladimir Poutine espère pouvoir renverser les alliances d’aujourd’hui comme cela fut le cas dans la période 1936-39. C’est pourquoi, durant les dernières années, il s’est efforcé de traiter les États-uniens en « partenaires », alors même que Washington lui tirait dans le dos, organisait des manifestations à Moscou contre son gouvernement (2011-12) et un coup d’État en Ukraine (2013-14).

L’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a distribué, le 10 février, à tous les membres du Conseil de sécurité, un rapport de renseignement sur les activités de la Turquie en soutien aux jihadistes [2]. Ce document de deux pages présente une dizaine de faits indiscutables. Il atteste que la Turquie est un État-voyou qui viole délibérément et depuis de nombreuses années quantité de résolutions des Nations Unies. Or, chacun de ces faits renvoie à des réseaux et à des agents qui avaient soutenu jadis les jihadistes tchétchènes. Hier, l’État turc en tant que tel n’était pas impliqué, c’était le parti du Bien-être (Refah). Aujourd’hui, le Refah a été dissous pour laisser place à l’AKP. Les hommes de l’AKP étant au pouvoir, l’État turc est impliqué [3].

Persévérant, l’Ours russe tente aujourd’hui de dissocier la Turquie de l’Otan. De cette opération dépend l’avenir de l’Humanité. Soit la Turquie reste dans l’Alliance atlantique et elle pourra continuer à soutenir les jihadistes, non seulement en Syrie, mais aussi en Irak, en Libye, et finalement partout dans le monde. Soit, l’Otan prend ses distances avec la Turquie et, dans ce cas, les États-Unis et la Russie s’allient effectivement pour lutter efficacement contre les jihadistes où qu’ils soient.

Il semble que, le 12 février, les Russes soient parvenus à dissocier la Maison-Blanche des néo-conservateurs et des faucons libéraux qui soutiennent la Turquie et les jihadistes. Sergey Lavrov et John Kerry sont convenus de créer deux groupes de travail qu’ils coprésident, reléguant l’Onu au rôle de simple greffier [4]. En d’autres termes, Jeffrey Feltman, qui utilise ses fonctions de numéro 2 des Nations Unies pour saboter tout effort de paix depuis 3 ans et demi, a été placé sur la touche [5]. Résultat: en 10 jours seulement, la Russie et les États-Unis ont pu conclure les conditions d’une cessation des hostilités qui trainait depuis 2012 [6].

Le président Poutine a tenu à annoncer lui-même à la télévision la conclusion de l’accord de cessation des hostilités avec les États-Unis.

Cette cessation des hostilités a été clairement rejetée par la « Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syriennes », que le président, le Turco-Syrien Khaled Khoja, a commenté dans une lettre au Conseil de sécurité : « Il est absolument scandaleux de conclure des accords bilatéraux avec la Russie sur la « cessation des hostilités », alors que ces accords ne concernent pas l’un des principaux tueurs de civils en Syrie, qui est la Fédération de Russie. Il est grand temps que la Russie quitte la Syrie et mette un terme à la guerre brutale qu’elle mène contre nos concitoyens » [7].

Cet accord est en réalité un piège visant à détruire tout le système des néo-conservateurs et des faucons libéraux. Déjà, lors des négociations de Genève 3, la Russie avait patiemment mis en évidence la mauvaise volonté de « l’opposition » soutenue par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Cette opposition s’était discréditée toute seule par ses atermoiements. Il ne s’agissait pas de questionner sa représentativité, mais uniquement de montrer qu’elle ne voulait en aucun cas améliorer les conditions de vie des Syriens, mais exclusivement renverser la République arabe syrienne. La citation reproduite ci-dessus suffit à s’en convaincre, vu que, contrairement aux allégations de M. Khoja, la cessation des hostilités concerne la Russie, mais pas les groupes listés comme terroristes par les Nations Unies.

Cette cessation des hostilités vise à placer les groupes armés devant leurs responsabilités. Il leur suffisait de s’inscrire auprès de Washington ou de Moscou pour être épargnés par les bombardements russes et syriens, mais ils devaient dans ce cas renoncer à renverser la République arabe syrienne et s’engager dans un processus politique en faveur d’une Syrie laïque et démocratique, donc abandonner le rêve d’un État islamique. Seules 97 katibas, sur le millier existant, auraient osé s’engager dans un processus qui fait d’elles des « traitres » à la cause turque, et les désigne comme prochaines victimes de leurs ex-camarades jihadistes.

Au demeurant, les Occidentaux ne pouvaient pas s’attendre à mieux. Le 15 décembre 2015, le général Didier Castres, responsable des opérations extérieures françaises, assurait lors d’une audition au Sénat que le nombre total de combattants susceptibles d’être modérés n’excédait pas 20 000 [8]. Tandis qu’en janvier 2016, un rapport de renseignement allemand affirmait que la proportion des combattants syriens au sein de l’ensemble des groupes armés en Syrie ne serait que de 5 % [9].

C’est précisément ce constat que recherchaient Kerry et Lavrov en parlant de cessation des hostilités et non pas de cessez-le-feu —cette seconde expression étant la seule à avoir des conséquences juridiques—.

On doit donc comprendre la réponse de John Kerry à une question d’un sénateur lors d’une audition parlementaire à propos d’un éventuel « plan B » comme une échappatoire. Si la cessation des hostilités ne fonctionne pas, il ne pourra pas y avoir de partition de la Syrie, simplement parce que le plan de cessation des hostilités aura montré que le choix n’est pas entre Damas et des « rebelles », mais entre Damas et des jihadistes.

Pour la conseillère du président el-Assad, le « plan B » de John Kerry devrait avoir pour objectif de lutter contre les jihadistes.

Dans la même logique, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a déclaré au Spiegel que l’Otan ne se laisserait pas embarquer dans une guerre déclenchée par la Turquie contre la Russie [10]. L’article 5 de la Charte de l’Alliance atlantique ne prévoit de soutenir un État membre que lorsqu’il est directement attaqué, pas lorsqu’il déclenche lui-même un conflit [11]. Propos confirmés par l’Allemagne au Daily Mail [12].

Désormais, la Maison-Blanche s’apprête à sacrifier Recep Tayyip Erdoğan qui devrait être rendu responsable de tous les maux de la région. Le président turc pourrait être assassiné comme son prédecésseur Turgut Özal, en 1993, ou être renversé par ses proches. Faute de quoi, la guerre se déplacera de la Syrie vers la Turquie. Vladimir Poutine aura réussi son pari : faire évoluer les lignes de front de sorte que les Occidentaux se battent à ses côtés contre les jihadistes qu’ils ont pourtant créés.

À retenir :
La Russie ne s’est pas engagée en Syrie pour défendre des intérêts économiques ou ressusciter une alliance de la Guerre froide, mais pour lutter contre les jihadistes.
Depuis 2012, la Russie tente de dissocier les Occidentaux des jihadistes, qu’ils ont créés et soutenus depuis 1978.
En concluant l’accord de Munich John Kerry a accepté de reléguer Jeffrey Feltman, le leader des néoconservateurs et des faucons libéraux à l’Onu, dans un rôle subalterne. En proposant une cessation des hostilités, il a permis de séparer les combattants syriens raisonnables des jihadistes.

Thierry Meyssan

[1] « Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale », par Valentin Katasonov, Traduction Gilles Chertier, Strategic Culture Foundation (Russie) , Réseau Voltaire, 11 mai 2015.

[2] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[3] « Comment la Turquie soutient les jihadistes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 février 2016.

[4] “Statement of the International Syria Support Group”, Voltaire Network, 12 February 2016.

[5] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] “Cessation of Hostilities in Syria”, Voltaire Network, 22 February 2016.

[7] « Lettre datée du 18 février 2016 adressée par le représentant de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syriennes ». Document Onu S/2016/165.

[8] « Audition au Sénat du général Didier Castres sur Daesh », Réseau Voltaire, 15 décembre 2015.

[9] “Asian rebels in Aleppo, Western blind spot”, Christina Lin, Asia Times, February 8, 2016.

[10] « Syrienkonflikt : Warnung aus der Nato an die Türkei », Der Spiegel, 19. Februar 2016.

[11] « Traité de l’Atlantique Nord », Réseau Voltaire, 4 avril 1949.

[12] « NATO warns Turkey it can’t count on support in a conflict with Russia as tensions escalate », Gianluca Mezzofiore, Daily Mail, February 20, 2016.

source: http://www.voltairenet.org/article190464.html

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Comment le discours médiatique a mis à mort le peuple syrien. Par Sharmine Narwani

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Comment le discours médiatique a mis à mort le peuple syrien

Par Sharmine Narwani le 31 mars 2016

La journaliste libanaise Sharmine Narwani, une des meilleures analystes de la situation au Moyen-Orient.

La journaliste libanaise Sharmine Narwani, une des meilleures analystes de la situation au Moyen-Orient.

Le 23 mars 2011, au tout début de ce qu’on appelle désormais le «conflit syrien», deux jeunes hommes – Sa’er Yahya Merhej et Habeel Anis Dayoub – ont été abattus dans la ville de Deraa, au sud de la Syrie.

Merhej et Dayoub n’étaient ni des civils, ni des opposants au gouvernement du président syrien Bachar el-Assad. C’étaient des soldats de l’armée régulière, l’Armée Arabe Syrienne (AAS).

Abattus par des tireurs inconnus, Merhej et Dayoub furent les premiers des quatre-vingt-huit soldats tués dans toute la Syrie pendant le premier mois du conflit – à Deraa, Lattaquié, Douma, Banias, Homs, Mouadamiya, Idlib, Harasta, Soueïda, Tell Kalakh et dans la banlieue de Damas.

Selon la commission d’enquête indépendante de l’Onu chargée d’enquêter en Syrie, en mars 2012, le total des membres de l’AAS tués au cours de la première année du conflit s’élevait à 2569. A la même époque, selon l’ONU, le nombre total de tous les décès dus à la violence politique en Syrie s’élevait à 5000.

Ces chiffres brossent un tableau complètement différent des événements de Syrie. Ceux-ci n’ont rien à voir avec le conflit que nous décrivent les gros titres des journaux – ne serait-ce qu’au vu de la relative égalité du nombre de morts des deux côtés, qui suggère que le gouvernement n’a pas employé une force démesurée pour désamorcer la violence.

Mais la mort de Merhej et Dayoub a été passée sous silence. Pas un seul média occidental n’a consacré un de ses gros titres à leur sort – ou à celui des autres soldats tués. Ces morts ne correspondaient tout simplement pas au « discours » occidental sur les révolutions arabes et ne cadraient pas avec les objectifs politiques des gouvernements occidentaux.

Le Printemps arabe a fourni aux responsables politiques US [et français, ndlr] une occasion unique de se débarrasser des gouvernements hostiles du Moyen Orient. La Syrie, principal État arabe de l’Axe de la Résistance dont le leader est l’Iran, était leur cible numéro un.

Pour obtenir un changement de régime en Syrie, les thèmes du Printemps arabe devaient être manipulés adroitement – et il fallait donc que des Syriens meurent.

Il fallait simplement que le dictateur «tue son propre peuple» – et le reste suivrait.

Comment les paroles tuent

Dès le mois de mars 2011, les principaux médias occidentaux se mirent à décliner les quatre thèmes clés d’une campagne qui allait monter en puissance au cours des mois suivants :

– Le Dictateur tue son “propre peuple”.

– Les protestations sont “pacifiques”.

– L’opposition est “désarmée”.

– Ceci est une “révolution”.

Les gouvernements pro-occidentaux de Tunis et d’Égypte venaient d’être renversés l’un après l’autre au cours des deux mois précédents –et donc le ‘modèle’ de changement de régime de type Printemps Arabe, impulsé par la base, était déjà présent dans l’imaginaire de la région. Ces quatre ‘discours’, soigneusement formulés, qui avait acquis un sens en Tunisie et en Égypte, faisaient maintenant partie de l’arsenal dont on pouvait se servir pour délégitimer et ébranler tout gouvernement contre lequel il serait utilisé.

Mais pour exploiter au mieux tout leur potentiel en Syrie, il fallait que les Syriens descendent en masse dans la rue, et il fallait que des civils meurent victimes de la brutalité des forces de sécurité. Pour le reste, la large batterie de médias étrangers et locaux qui souscrivaient à ce discours sur le “Printemps Arabe” auraient tôt fait de le transformer en “révolution”.

De la fumée s’élève du faubourg de Erbeen à Damas le 29 janvier 2012 © HO / Reuters

De la fumée s’élève du faubourg de Erbeen à Damas le 29 janvier 2012 © HO / Reuters

Pourtant les protestations n’ont pas démarré en Syrie comme elles l’avaient fait en Tunisie et en Égypte. Pendant les premiers mois, on a constaté des rassemblements de centaines de personnes, pour la plupart – parfois de quelques milliers – qui exprimaient divers degrés de mécontentement politique. La plupart de ces rassemblements étaient habituellement précédés de prêches provocateurs dans des mosquées sous influence wahhabite, ou de morts violentes qui incitaient des foules en colère à se rassembler à l’occasion de funérailles publiques.

Un membre d’une famille de notables de Deraa m’a expliqué qu’il existait une certaine incertitude quant à l’identité de ceux qui tuaient des habitants de sa ville – le gouvernement ou des “groupes occultes”. Il explique qu’à l’époque, l’opinion des citoyens de Deraa était partagée :

Certains pensaient que le régime tuait plus de gens pour les arrêter et les prévenir d’avoir à arrêter de manifester et de se rassembler. D’autres pensaient que des milices occultes voulaient que ça continue, parce que s’il n’y avait pas de funérailles, les gens n’auraient plus de raison de se rassembler.

Avec l’avantage du recul, voyons ce qu’il en est de ces discours sur la Syrie, cinq ans après le début du conflit :

Nous savons maintenant que plusieurs milliers de membres des forces de sécurité syriennes ont été tués la première année suivant le 23 mars 2011. Nous savons donc aussi que l’opposition était “armée” dès le début du conflit. Nous avons des documents visuels montrant des hommes armés entrant en Syrie depuis le Liban en avril et mai 2011. Nous savons par les témoignages d’observateurs impartiaux que des hommes armés prenaient pour cible des civils dans des actes de terrorisme et que les « protestations » n’étaient pas toutes “pacifiques”.

La mission de la Ligue Arabe a mené une enquête d’un mois en Syrie et a conclu :

“A Homs, à Idlib et à Hama, la mission des observateurs a constaté des actes de violence commis sur des membres des forces gouvernementales et des civils, entraînant des décès et des blessures en plusieurs occasions. Elle cite comme exemple un attentat à la bombe contre un autobus transportant des civils, tuant huit personnes et en blessant de nombreuses autres, y compris des femmes et des enfants, et un autre sur un train transportant du gas-oil. Dans un autre incident à Homs, un bus de la police a explosé, tuant deux policiers. Un oléoduc et plusieurs petits ponts ont aussi été détruits”.

Le père Frans van der Lugt, un prêtre hollandais résidant depuis de nombreuses années en Syrie, qui a été tué en avril 2014 à Homs, a écrit en janvier 2012:

“Dès le début, les mouvement de protestation n’étaient pas purement pacifiques. Dès le début j’ai vu des manifestants armés qui défilaient dans les manifestations tirer les premiers sur la police. Très souvent la violence des forces de sécurité était une réaction contre la violence brutale des rebelles armés.”

Quelques mois plus tôt, en septembre 2011, il avait noté :

Dès le début il y a eu le problème des groupes armés, qui font aussi partie de l’opposition… L’opposition de la rue est beaucoup plus forte que toute autre opposition. Et cette opposition est armée et emploie fréquemment la violence brutale, dans le seul but d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement.”

De plus, nous savons maintenant que, quelle qu’ait été la situation en Syrie, ceci n’était pas une “révolution populaire.” L’armée arabe syrienne est restée intacte, même après que la presse eut fait état de défections massives. Des centaines de milliers de Syriens ont continué à défiler dans des manifestations de soutien au président sans que la presse en fasse état. Les institutions étatiques, comme les élites du gouvernement ou du monde des affaires sont largement restés loyales à Assad. Les groupes minoritaires – alaouites, chrétiens, Kurdes, Druzes, chiites, et le Parti Baas , en majorité sunnite – n’ont pas rejoint l’opposition au gouvernement. Et les grandes agglomérations rassemblant la majorité de la population urbaine sont restées sous le contrôle de l’État, à quelques exceptions près.

Au bout du compte, une authentique “révolution” n’a pas de centres opérationnels en Jordanie et en Turquie. Pas plus qu’une révolution “populaire” n’est financée, armée et appuyée par le Qatar, l’Arabie Saoudite, les USA, le Royaume-Uni et la France.

La fabrication d’un “discours médiatique” pour obtenir des avantages géopolitiques

Le manuel 2010 d’instruction sur la guerre non-conventionnelle destiné aux forces spéciales US (en anglais, 2010 US military’s Special Forces Unconventional Warfare manual ) stipule :

“L’objectif des efforts des USA dans le domaine de la guerre non-conventionnelle est d’exploiter les faiblesses politiques, militaires, économiques et psychologiques d’une puissance hostile en développant et en soutenant des forces de résistance pour atteindre les objectifs stratégiques des USA… Dans l’avenir prévisible, les forces des USA seront principalement engagées dans des opérations de guerre irrégulière.”

En 2006 un câble secret émanant du Département d’État US révèle que le gouvernement de Assad était dans une position plus forte, tant au plan intérieur que régional, que les années précédentes, et suggère des façons de l’affaiblir : “Voici notre résumé des faiblesses potentielles et les moyens qui peuvent permettre de les exploiter…” Suit une liste de “faiblesses” – politiques, économiques, ethniques, religieuses, militaires, psychologiques – et les “actions” recommandées sur la façon de les “exploiter”.

Ceci est important. La doctrine US sur la guerre non-conventionnelle pose en principe que les populations des États hostiles comprennent généralement des minorités actives qui, respectivement, s’opposent ou apportent leur soutien à leur gouvernement, mais, pour qu’un “mouvement de résistance ” réussisse, il faut qu’il convainque une fraction importante des “couches intermédiaires, non-partisanes de la population” de se retourner contre ses dirigeants. Selon le manuel (je cite ici abondamment un de mes articles précédents):

Pour amener les “couches intermédiaires, non-partisanes de la population” à soutenir une insurrection, la doctrine de la guerre non-conventionnelle recommande la “création d’une ambiance où le mécontentement est amplifié par la propagande et des menées politiques et psychologiques destinées à discréditer le gouvernement.”

A mesure que le conflit s’amplifie, il faut “intensifier la propagande; et préparer psychologiquement la population à la rébellion.”

Il faut commencer par une “agitation” aux plans local et national – organisation de boycotts, de grèves, et autres efforts pour donner l’impression d’un mécontentement de la population. Ensuite vient l’“infiltration d’organisateurs et de conseillers étrangers et l’apport de propagande, de matériel, d’argent, d’armes et d’équipement étrangers. ”

Le stade suivant des opérations consisterait à établir des “organisations de type front national [p.e. le Conseil National Syrien] et des mouvements de libération [p.e. l’Armée Syrienne Libre]” qui conduiraient des secteurs plus larges de la population à accepter “un niveau accru de sabotage et de violence politique” – et à encourager la formation d’ “individus ou de groupes capables de mener à bien des actes de sabotage dans les centres urbains”.

Dans de précédents articles, un an après le début de la crise, j’ai parlé de l’emploi en Syrie de méthodes de guerre irrégulière soutenues depuis l’étranger – alors que le discours de l’immense majorité des médias tournait autour du “dictateur qui tue son propre peuple”, de protestations “pacifiques”, de l’opposition majoritairement “désarmée”, de la “révolution populaire,” et de milliers de “civils”, cibles exclusives des forces de sécurité étatiques.

Est-ce que ces récits ont tous été fabriqués ? Les images que nous avons vues étaient-elles toutes mises en scène? Ou bien a-t-il suffi de forger certaines choses – parce que la “perception” des vastes couches intermédiaires de la population, une fois déterminée, allait créer naturellement sa propre dynamique menant au changement de régime ?

Et nous, dans cette région, que faisons-nous de cette information alarmante qui nous apprend que des guerres se mènent contre nous – et que ce sont nos propres populations qui font office de chair à canon au service d’intérêts étrangers ?

Créer notre propre “règle du jeu”

Le jeu des discours peut se jouer à deux.

La première leçon à apprendre est que les idées et les objectifs peuvent être façonnés, modelés, affinés et utilisés avec une grande efficacité.

La seconde leçon est que nous devons créer plus de médias et de canaux de distribution de l’information indépendants pour propager nos valeurs le plus largement possible.

Les gouvernements occidentaux peuvent compter sur une armée ridiculement servile de journalistes sycophantes, à l’Ouest et dans notre région du monde, pour nous asséner leur propagande de jour comme de nuit. Nous n’avons pas besoin de les égaler en nombre d’individus ou de titres – nous pouvons aussi avoir recours à nos propres stratégies pour battre en brèche leurs campagnes de désinformation. Les journalistes occidentaux qui publient de façon répétée des informations fausses, erronées ou nocives qui mettent des vies en péril doivent se voir interdits d’accès dans notre région.

Ceux-là ne sont pas des journalistes – je préfère les appeler des combattants des médias – et ils ne méritent pas les libertés dont jouissent les vrais professionnels des médias. Si, pendant la première année du conflit syrien, ces journalistes occidentaux avaient remis en question les prémisses des quatre éléments de discours mentionnés plus haut, est-ce que plus de 250 000 Syriens seraient morts à ce jour ? Est-ce que la Syrie serait détruite, est-ce que 12 millions de Syriens seraient sans abri ? Et même, est-ce que Daech existerait ?

Liberté d’expression ? Non, merci – pas si nous devons mourir au nom des impératifs sécuritaires de pays étrangers.

La Syrie a changé le monde. Elle a fait entrer les Russes et les Chinois (BRICS) dans la mêlée et a modifié l’ordre mondial qui, d’un ordre unilatéral, est devenu un ordre multilatéral – du jour au lendemain. Et elle a amené un groupe d’États-clés de la région à faire cause commune pour former maintenant le pivot d’un ‘Arc de Sécurité’ depuis le Levant jusqu’au Golfe Persique. D’immenses opportunités s’offrent à nous pour remodeler le monde et le Moyen-Orient selon nos propres aspirations. Les nouvelles frontières ? Nous les tracerons nous-mêmes, nous les habitants de la région. Les terroristes ? Nous les vaincrons nous-mêmes. Les ONG ? Nous créerons les nôtres, avec nos propres citoyens et en fonction de nos propres objectifs. Les oléoducs ? Nous déciderons nous-mêmes où les poser.

Mais commençons à construire ces nouveaux discours avant que l’ ‘Autre’ vienne occuper la place vide.

Une mise en garde. La pire chose que nous puissions faire est de perdre notre temps à rejeter les discours des étrangers. Cela ferait de nous des « rejectionnistes » (partisans du rejet systématique) dans leur jeu. Et cela ne peut que donner vie à leur jeu. Ce qu’il nous faut, c’est créer notre propre jeu – avec un vocabulaire riche de notre propre discours – qui définisse qui nous sommes, quelles sont notre histoire et nos aspirations, en partant de nos propres réalités, politique, économique et sociale. Que ce soit l’ ‘Autre’ qui rejette notre discours, qu’il devienne lui-même le ‘rejectionniste’ dans notre jeu… et qu’il lui donne vie.

Sharmine Narwani | 24 mars 2016

Traduction en italien: http://arretsurinfo.ch/la-narrazione-che-ha-ucciso-il-popolo-siriano/

Article original en anglais: https://www.rt.com/op-edge/336934-syria-war-conflict-narrative/

Traduit en français par Jaques Boutard: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17579

URL: http://arretsurinfo.ch/comment-le-discours-mediatique-a-mis-a-mort-le-peuple-syrien/

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