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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Le nounours contre-attaque

27 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le nounours contre-attaque

27 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus

Si de charmantes demoiselles sont capables d'amadouer le roi de la taïga, l'aigle américain manque, lui, cruellement de charme. Aussi n'est-il pas étonnant que l'ours ait tendance à lui voler dans les plumes ces derniers temps, que ce soit dans les travées du pouvoir à Washington ou sur le terrain syrien.

L'affaire du piratage informatique du Parti démocrate continue de faire parler. Moscou nie totalement son implication et parle de petits jeux politiciens internes. Lavrov s'est même fendu d'un commentaire pour le moins tranchant quand, interrogé par une journaliste, il a répondu en ces termes : "Je n'ai pas envie d'utiliser un mot en quatre lettres" [pour les non anglophones, il s'agit de "f.u.c.k"]

Point final, donc, nous ne serions qu'en présence d'une pauvre échappatoire du sérail démocrate afin de cacher ses turpitudes ? mmm, pas si simple... Les avis sont très divergents, l'affaire commence à prendre des proportions importantes et à partir dans tous les sens.

Pour Moon of Alabama, il ne faut y voir qu'une (habituelle) cabale anti-russe, le site rappelant d'ailleurs que l'hilarante a elle-même bénéficié de largesses financières du Kremlin : plus de 2 millions de dollars pour la Fondation Clinton et 500 000 pour le désœuvré Bill, sans doute jaloux de sa femme. Notons d'ailleurs que voilà Poutine en quelque sorte maître de l'élection américaine, les deux candidats étant d'une certaine manière ses obligés.

Zero Hedge n'est plus tout à fait sûr de la non-implication de Moscou, relevant que le fameux Guccifer 2.0 utilise plusieurs programmes en langue russe alors qu'il assurait ne pas la connaître. Barack à frites lui-même a lancé quelques insinuations. Quant aux secteurs conservateurs du spectre politique états-unien, ils sont eux aussi convaincus de la participation russe... et s'en félicitent ! Buchanan propose même le Pulitzer pour Poutine.

Décidément, il est difficile d'y voir clair. Il est assez évident que Trump a la préférence du Kremlin. Son refus de soutenir les djihadistes syriens, le réalisme de son entourage (visite de son conseiller en politique étrangère à Moscou, critique de Flynn sur la folle politique de Washington), sa prise de distance avec l'OTAN, son isolationnisme... tout cela ne peut que plaire à Moscou (et ailleurs, soit dit en passant). Surtout qu'en face, l'hilarante fiancée de Goldman Sachs et des néo-conservateurs serait plutôt sur la lancée d'un George Bush Jr. Alors, Vladimirovitch a-t-il décidé de donner un petit coup de pouce à Donald ?

Syrie justement. Nous avions évoqué en juin le curieux et culotté bombardement russe sur une base près de la frontière jordanienne :

F18 américains et Sukhois russes se sont retrouvés presque nez-à-nez dans le sud du pays. Pour être tout à fait honnête, la responsabilité de l'incident incombe surtout aux Russes qui ont pris les Américains à leur propre jeu. C'est le bien informé Moon of Alabama qui nous en offre l'explication.

Depuis des mois, Washington tente de dissuader Moscou de bombarder Al Qaeda arguant du fait que rebelles "modérés" soutenus par les Etats-Unis et djihadistes combattent côte à côte et que les premiers pourraient être malencontreusement tués, les pauvres choux. Passons sur le fait que les Américains admettent ouvertement soutenir les alliés du groupe de Ben Laden ; les victimes du 11 septembre doivent se retourner dans leur tombe, mais plus rien ne nous étonne désormais de ce qui vient d'outre-Atlantique...

Le pathétique argument de Washington - Il est difficile de séparer les modérés des djihadistes, laissez-nous plus de temps - fait perdre patience aux Russes qui voient dans ces manoeuvres dilatoires un moyen de sauver les djihadistes syriens. Aussi sont-ils allés, sans crier gare, bombarder les seuls rebelles vraiment modérés du pays, tout au sud près de la frontière jordanienne, au nez et à la barbe de leurs protecteurs. Aux cris d'orfraie américains, le facétieux Kremlin a ironiquement répondu en reprenant presque mot pour mot les propres explications de Kerry : "Des airs, il est difficile de distinguer les différents groupes rebelles". Le message est-il passé ?

Nous en savons un peu plus maintenant. C'était apparemment une base américaine utilisée par les forces spéciales US et britanniques ! S'il n'y a pas eu de morts autres que quelques rebelles entraînés par lesdites forces, il semble qu'une vingtaine de soldats anglais aient été présents seulement la veille. Bref, on est passé tout prêt d'une crise majeure.

Or il est intéressant de noter la sécheresse de la réponse russe : "La coalition [sous direction US] est la seule responsable du risque couru par ses soldats puisqu'elle refuse de partager les informations". Emballez c'est pesé, on voit qui est le patron en Syrie désormais...

Le bombardement a creusé un peu plus les divisions déjà béantes au sommet du pouvoir américain : la Maison blanche et le Département d'Etat ont décidé d'ignorer l'incident et de continuer les discussions avec Moscou, ce qui a rendu furieux la CIA et le Pentagone qui crient à la capitulation. De fait, il semble bien que Washington laisse désormais les mains libres aux Russes en Syrie, ce qui pourrait expliquer la tentative un peu désespérée et assez grossière des Seoud proposant à Poutine monts et merveilles ("la Russie sera encore plus puissante que l'URSS") s'il lâche Assad.

S'il se confirme qu'Obama a définitivement jeté l'éponge, Moscou, Damas et Téhéran ont six mois pour finir la guerre, avant la prise de fonction du prochain occupant de la Maison blanche. Avec Trump, Poutine aura carte blanche de toute façon. Si c'est Clinton, les néo-cons ressortiront la tête de l'eau mais il sera un peu tard.

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Des rebelles syriens «modérés» se seraient filmés en train de décapiter un enfant à Alep. Le 19 juil. 2016.

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #l'islamisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Terrorisme, #Daesch

Des rebelles syriens «modérés» se seraient filmés en train de décapiter un enfant à Alep. Le 19 juil. 2016.

Selon des vidéos diffusées sur internet, des rebelles syriens auraient égorgé un enfant d'une dizaine d'années dans la ville d'Alep, au motif qu'il serait un combattant palestinien pro-gouvernement.

Dans une vidéo mise en ligne dans la journée du 19 juillet, cinq hommes peuvent être observés en train de poser à l'arrière d'un pick-up rouge, aux côtés d'un enfant d'environ 10 ans, visiblement effrayé et dont une main est ensanglantée.

L'un des adultes, qui saisit le garçon par les cheveux dans cette vidéo, affirme que celui-ci est un combattant de Liwa al-Quds (La Brigade de Jérusalem), une milice palestinienne soutenant le gouvernement syrien. Le même homme apparaît dans une autre vidéo diffusée dans la journée, où on le voit décapiter l'enfant à l'arrière du pick-up, alors que celui-ci est allongé sur le ventre.

D'après le site pro-rebelles Enab Baladi cité par la BBC, l'enfant aurait été capturé à Handarat, dans le nord de la ville syrienne d'Alep, par les combattants d'un groupe insurgé appelé Mouvement Nour al-Din al-Zinki (ou Harakat Nour al-Din al-Zenki). La zone, qui abrite un camp non-officiel de réfugiés palestiniens du nom d'Ein El Tal, a été le théâtre d'intenses combats entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles le 19 juillet.

Le site a également rapporté les propos publiés sur Facebook par Yasser Ibrahim Youssef, un membre du bureau politique du Mouvement Nour al-Din al-Zinki, assurant qu'une commission de justice indépendante avait été chargée d'enquêter sur cet événement sinistre.

Un groupe rebelle financé par la coalition internationale menée par les Etats-Unis

Le groupe rebelle est, déjà, dans le collimateur des ONG de défense des droits de l'Homme. Début juillet, un rapport d'Amnesty International avait fait état d'un certain nombre d'exactions commises par le Mouvement Nour al-Din al-Zinki, parmi lesquelles des actes de torture.

Dans le cadre de sa lutte contre le gouvernement syrien, la faction antigouvernementale a reçu une aide financière et militaire de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Le groupe avait notamment reçu des missiles anti-chars américains.

Interrogé en conférence de presse suite à la diffusion de ces vidéos choquantes, le porte-parole du département d'Etat américain – l'équivalent du ministère des Affaires étrangères en France – Mark Toner a annoncé que les Etats-Unis feraient à tout le moins une «pause», si ce n'est un arrêt permanent de l'appui octroyé à ce groupe, si l'enquête déterminait la responsabilité de membres de cette faction dans cette exaction.

 

Lire aussi : Syrie : Amnesty dénonce des crimes de guerre commis par des rebelles soutenus par les Etats-Unis

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«Les «islamistes modérés», cela ne veut rien dire». Le 22 juil. 2016

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #L'armée française, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

«Les «islamistes modérés», cela ne veut rien dire». Le 22 juil. 2016

Que trouve-t-on derrière la fameuse idée d'«opposition syrienne modéré»? Est-elle vraiment si loin du djihadisme ? Randa Kassis, co-auteur avec Alexandre del Valle du livre «Le Chaos Syrien», se penche sur la question pour RT France.

RT France : Un jeune garçon a été décapité par l’opposition syrienne considérée comme modérée. La vidéo de cet acte a été publiée le 19 juillet sur internet. Comment peut-on définir ce qu'est l’opposition syrienne modérée et ce qui ne l’est pas ?

Un islamiste signifie un djihadiste potentiel

Randa Kassis (R. K.): D’abord, l’appellation de «rebelles modérés» ou d’«opposition modérée» a été donnée à l’époque aux rebelles islamistes et à la coalition nationale syrienne soutenue par l’Occident. Cela voulait dire «islamistes modérés» et pas laïques ou opposants modérés. Désormais, «modéré», cela ne veut rien dire, parce que malheureusement cela a été utilisé de telle façon qu’aujourd’hui moi, franchement, j’ai honte de dire que je suis une opposante modérée. Je suis une opposante laïque, politique, qui lutte pour un changement progressif en Syrie, de concert avec la Russie. «Modéré» n’a aucun sens aujourd’hui, parce que tous les islamistes «modérés», qui ont été soutenus et armés par les Etats-Unis et l’Occident sont islamistes avant d’être modérés. Nous avons vu l’égorgement - l’enfant n’a pas été décapité, mais égorgé - par un mouvement soi-disant islamiste modéré, soi-disant une branche de l’Armée syrienne libre qui démontre encore une fois qu’il en s'agit pas là de personnes avec qui on peut négocier. Ca fait des années que je le dis, il n’y a pas de rebelles armés islamistes modérés, cela n’existe pas. Un islamiste signifie un djihadiste potentiel, il faut le dire clairement aujourd’hui et être suffisamment courageux pour le dire.

Je ne crois pas qu’il y ait une vraie volonté des Etats-Unis de combattre les islamistes modérés 

 

 

RT France : Il y a eu récemment une rencontre entre John Kerry et Sergueï Lavrov lors de laquelle leurs positions se sont rapprochées concernant l’opposition dite modérée. Pensez-vous que ce rapprochement puisse avoir un certain effet dans la lutte contre l’Etat Islamique et les islamistes dits modérés ?

R. K. : Je ne crois pas qu’il y ait une vraie volonté des Etats-Unis de combattre les islamistes modérés. Nous avons vu des exactions de la part de ses islamistes modérés, il y a eu l'égorgement de cet enfant. Malheureusement, les Etats-Unis, à mon avis, ne vont pas arrêter, ils n’ont pas de volonté de trouver une solution progressive pour la Syrie. J’ai beaucoup de confiance en la politique russe, j’ai toujours cru que la Russie était un espoir pour le peuple syrien, elle peut présenter un changement progressif, il faut le faire par étapes.

La coalition occidentale n'est pas pour une solution politique mais pour une solution militaire, ils ne savent pas négocier

Pour commencer un processus politique, il faut être réaliste. |...] Il faut y aller tout doucement pour protéger aussi la population syrienne de ces islamistes-là. C’est ce que signifie le processus politique. Jusqu’à aujourd’hui, l’Occident soutient farouchement la coalition qui n’est pas, en réalité une coalition, mais une délégation de Ryad appelée le Haut Comité des négociations. Ces gens-là ne peuvent pas représenter ou défendre de solution progressive et de solution politique, parce qu’ils veulent voir Bachar el-Assad tomber à n’importe quel prix et n’ont même pas un programme, pas de vision, pour savoir qui sera à la place. Ils veulent la chute du régime syrien, mais ils sont tellement faibles que les islamistes, et les autres rebelles qui sont sur le terrain prendront la place. Cette délégation de Ryad est ailleurs, elle ne pourra même pas diriger le pays. Ces gens-là ne sont pas pour une solution politique, ils sont pour une solution militaire, ils ne savent pas négocier. L’Europe s’aligne sur la position de l’Arabie Saoudite, la Turquie est incapable de faire quelque chose pour une solution politique en Syrie.

A chaque fois que les Etats-Unis interviennent dans nos régions, ils y créent le chaos, ce qui les intéresse c’est le chaos avant tout

RT France : Après ce drame du jeune garçon décapité, le département d’Etat américain a déclaré qu’il n'allait pas suspendre son soutien à cette opposition parce qu’il n’y avait pas assez de preuves. Les preuves obtenues, ce groupe islamiste a dit qu'il s'agissait d'une faute, en prétendant avoir cru que ce garçon était un soldat. Pensez-vous que cette explication suffise dans le cadre du soutien aux rebelles de la part des Etats-Unis ?

R. K. : Même si cet enfant travaillait vraiment pour le régime, l’exécuter d’une telle façon est inacceptable, c’est un crime. Il faut quand même être fidèle à ses propres principes : on est contre l’exécution des enfants. En plus, il a été exécuté sans preuve et par égorgement, pour moi c’est un double crime. Nous ne devons pas négocier avec des personnes pareilles. La seule réponse à ces rebelles, c’est tout simplement le combat avec eux, l’extermination, il n’y a pas de dialogue avec des djihadistes potentiels, avec des criminels. Les Etats-Unis peuvent soutenir même les extrémistes islamistes, on l’a vu dans l’histoire, ce n’est pas la première fois, les Etats-Unis ont déjà collaboré avec des islamistes. Les islamistes n’ont pas de principes, ils ne cherchent pas une vraie solution en Syrie, ce n’est pas le cas de tous les Syriens laïques qui veulent quand même un pays capable de protéger la population syrienne et ses minorités. Il faut protéger ces populations-là, mais, malheureusement, ce n’est pas avec les Etats-Unis. A chaque fois que les Etats-Unis interviennent dans nos régions, ils y créent le chaos, ce qui les intéresse c’est le chaos avant tout.

Il faut être encore plus ferme, sinon la France aura un autre attentat, parce que, face à ce laxisme du gouvernement français, les islamistes tenteront encore une fois d’attaquer la France. 

 

RT France : Après l’attentat de Nice, François Hollande a promis d’intensifier la lutte contre l’Etat Islamique. Il y a eu une série de frappes aériennes à Minbej et 30 frappes où les forces militaires se seraient trompées, ayant visé les quartiers majoritairement habités par les civils. Ces frappes sont-elle une sorte de réaction à l’attentat de Nice ?

R. K. : Il faut savoir que, il y a pas mal de temps, ont eu lieu des combats entre les Kurdes et l’Etat Islamique autour de Minbej. Les Kurdes sont soutenus par François Hollande personnellement, ce qui a poussé le président Hollande à bombarder Minbej pour aider les Kurdes à le prendre. Ce n’est pas vraiment une réponse à l’attentat de Nice. La position du gouvernement français, à mon avis, est très mauvaise, parce qu’aujourd’hui on ne parle même pas de l’islamiste qui a fait cet attentat et a été radicalisé, on parle toujours d’un perturbé mental, d’une personne qui n’a rien à voir avec l’islam. Je crois qu’il faut avoir à un moment donné le courage de dire les choses comme elles sont : oui, il y a de l’islam radical, oui, l’islam a besoin d’une réforme, oui, celui qui a commis cet attentat s’est radicalisé et est devenu islamiste djihadiste. Il faut être encore plus ferme, sinon la France aura un autre attentat, parce que, face à ce laxisme du gouvernement français, les islamistes tenteront encore une fois d’attaquer la France.

Frapper après l’attentat, c’était un symbole

RT France : Pourquoi alors bombarder en Syrie si l’auteur de cet attentat s’est radicalisé en France et se trouvait sur le territoire de la France ?

R. K. : Frapper après l’attentat, c’était un symbole, mais la vraie raison c’est quele président français est très proche des Kurdes qui combattent l’Etat Islamique sur le terrain en Syrie. Il a juste trouvé le bon moment de soutenir les Kurdes par un bombardement français à Minbej.

Lire aussi : Syrie : Amnesty dénonce des crimes de guerre commis par des rebelles soutenus par les Etats-Unis

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT

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Réflexions sur la géopolitique et particulièrement sur la politique étrangère de la France en Syrie.

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Politique étrangère, #L'OTAN., #L'armée française, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Comité pour une Nouvelle résistance

Acte d'horreur en Syrie, un enfant de 10 ans égorgé par les barbares takfiristes. Réflexions sur la géopolitique et particulièrement sur la politique étrangère de la France.

 Réflexions sur la géopolitique et particulièrement sur la politique étrangère de la France en Syrie.

Bonjour.

 

Avertissement.

 

J'ai repris cette information du site "Les crises". J'ai beaucoup hésité avant de parler de cette horreur, mais je ne supporte plus l'hypocrisie des puissants qui nous gouvernent. Ils font semblant de s'apitoyer après des attentats meurtriers (le 14 juillet à Nice n'échappe pas à la règle).Puis rapidement la politique ignoble de sujétion à l'Empire reprend immédiatement ses droits.

Le discours de François Hollande le vendredi 15 juillet à 4h 30 du matin en atteste. Ses seules réponses sont: Augmenter de 6 mois "l'état d'urgence" et "intensifier les frappes françaises en Syrie et en Irak". L'aviation française a donc bombardé un village syrien du nord d'Alep, résultat: 120 mort civils (femmes, enfants, vieillards essentiellement).

C'est pourquoi afin d'appréhender le problème politique dans toutes ses dimensions, il m'a paru essentiel de permettre à chacun de connaître, s'il le désire, la réalité de notre politique au Moyen Orient.

Mes réticences portaient et portent toujours sur la propension de l'être humain au voyeurisme, ce qui en l'espèce est parfaitement ignoble et condamnable. Mais après de longues réflexions j'ai fait le choix de diffuser ce message.

 

Le message.

 

Devant l’horreur perpétrée par des combattants d’une des branches de l’armée syrienne libre - soutenue et armée depuis le début de la guerre en Syrie (mars 2011) par les gouvernements successifs de la France – nous ne pouvons rester indifférents. Egorger  un enfant de 10 ans à l’arrière d’une camionnette doit nous faire réagir violemment. Ces barbares qui ont rompu tous liens avec l’humanité, doivent être exterminés jusqu’au dernier.

 

Si nous ne réagissons pas, cela veut dire que rien ne peut plus nous révolter ; que nous sommes prêts à  laisser cette barbarie se répandre à travers le monde au risque de livrer notre peuple et nos familles à cette terreur.

 

Revisitons les paroles de la Marseillaise :

 

[…]

Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !

[…]

 

Nous devons dénoncer la politique étrangère honteuse menée par notre pays et dirigée par des ministres encartés soit aux « Républicains », soit chez « les socialistes »: Bernard Kouchner, Alain Juppé, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault . Elle est restée dans une posture belliqueuse, complètement alignée sur l’Axe du Bien Atlantique.

 

Dans la nuit du 14 juillet 2016 après l’attentat de Nice, notre président  a proposé comme réconfort à la population française meurtrie et sidérée : « Nous allons combattre le terrorisme islamiste de Daesch, nous allons intensifier nos frappes en Syrie et en Irak...". Cela s’est traduit par 120 morts dans un village syrien au nord d’Alep où des civils (principalement des enfants, femmes, vieillards) ont péri sous les bombes de l’aviation française. Pourquoi tant d’acharnement dans l’erreur ? Cela relève-t-il de l’incompétence, de la sujétion absolue à des puissances étrangères, ou tout simplement à l’obsession psychiatrique ?

 

On peut se demander pourquoi le chargé de pouvoir qui est l’hôte du palais de l’Elysée en ce moment ne se rapproche pas de la Russie et du gouvernement légitime de Syrie afin d'optimiser le combat contre les groupes sauvages et sanguinaires de terroristes qui se réclament du salafisme ou du takfirisme ou de toute autre idéologie obscurantiste. N’oublions pas qu’Al Nosra - branche d'Al Qaeda en Syrie, classée parmi les organisations terroristes par l’ONU - faisait du bon boulot en Syrie  selon Laurent Fabius.

 

LE MONDE | 13.12.2012

Extrait :

« En revanche, la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre. »


En savoir plus sur

http://www.medias-presse.info/apologie-du-terrorisme-laurent-fabius-et-al-nosra/23967#AhvffJ1IUdbYgRWs.99

 

 

Dans le message ci-dessous posté par le site « Les Crises » , ce fait ignoble, révoltant, dépassant notre entendement, est relaté en détail. Dans les commentaires, de nombreux liens sont proposés pour mieux être informés sur les agissements des sbires du mal absolu qui doivent être éradiqués jusqu’au dernier.

https://www.les-crises.fr/des-rebelles-syriens-moderes-ont-decapite-un-enfant/

 

 

Pour une fois de nombreux média ont parlé de cette abomination. Le « Canard Enchaîné du mercredi 20 juillet 2016, sous la plume de Claude Angeli évoque ces faits.  Des extraits dans le lien ci-après

http://french.almanar.com.lb/adetails.php?eid=315929&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

 

Voici quelques liens.  Les médias ont parlé de la décapitation par ces rebelles :

-Marianne

http://www.marianne.net/syrie-rebelles-moderes-decapitent-enfant-100244607.html

 

-BFMTV

http://www.bfmtv.com/international/syrie-des-rebelles-se-filment-en-train-de-decapiter-un-enfant-pres-d-alep-1008996.html

 

-Médiapart

https://blogs.mediapart.fr/pascal-eychart/blog/220716/decapitation-dun-enfant-de-10-ans-par-des-syriens-moderes

 

Ouest-France.

http://www.ouest-france.fr/monde/syrie/syrie-des-rebelles-vont-enqueter-suite-la-decapitation-dun-enfant-4377669

 

Le Figaro

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/07/20/97001-20160720FILWWW00044-des-rebelles-syriens-ont-decapite-un-enfant.php#

 

Et Amnesty International

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/07/syria-video-showing-beheading-of-boy-further-evidence-of-abuses-by-armed-groups/

 

Le département d’état américain a très vite réagi promettant que si ces exactions étaient confirmées, les Etats-Unis suspendraient leurs aides à ce groupe.

http://www.bbc.com/news/world-middle-east-36843990

http://www.state.gov/r/pa/prs/dpb/2016/07/260261.htm#NORTHKOREA

QUESTION: Okay. Can I ask you about Syria?

MR TONER: Please, of course.

QUESTION: Just for a second, considering there’s a lot of violence going on there.

MR TONER: Yeah, that’s a great example.

QUESTION: I’m wondering if you have seen or you’re aware of this beheading of a child by a group that is supported by the United States.

MR TONER: Yeah. No, thanks. We’ve obviously seen the reports, and we just can’t confirm. We’re seeking more information. We understand from unconfirmed reports that the group, the Free Syrian Army, has appointed a commission to investigate the incident and that they’ve made arrests of those allegedly involved. I’d refer you to – it’s Al Zinki, I guess, is the group --

QUESTION: Yeah.

MR TONER: -- for additional information. But I can only say that it’s an appalling report, and obviously, we’re very concerned certainly if it’s accurate. We’re trying to get more information and more details.

QUESTION: Okay. Is that the kind of thing that could – that if you’re – if you are able to confirm it and if you do get – if you’re able to back up the reports --

MR TONER: Sure.

QUESTION: Is this the kind of thing that would affect assistance, U.S. assistance to this specific group but also just in general to the FSA?

MR TONER: Well, I think we’d take a – if, as you said, if we can prove that this was indeed what happened and this group was involved in it, I think it would certainly give us pause.

QUESTION: It would give you pause?

MR TONER: Well, give us pause about any assistance or, frankly, any further involvement with this group.

QUESTION: So, in other words, so it will draw – there will be some kind of consequence if you’re satisfied that this actually happened?

MR TONER: I can’t – again, I can’t say what that consequence will be, but it will certainly give us, as I said, serious pause and we’ll look at, frankly, any affiliation or cooperation with this group we may have going forward, if these allegations are proven true.

Yes, Samir. And I’ll get to you, I promise.

 

 

 

Où est la réaction française ? Le ministère des affaires étrangères français est-il toujours dans la logique de Laurent Fabius sui prétendait en Décembre 2012 dans le journal « Le monde »  « qu’Al Nosra (ces combattants modérés que nous avons armés et entrainés) fait du bon boulot en Syrie ».

 

La poésie parle plus directement à nos cœurs endormis.

C’est pourquoi que je cite Aragon.

 

La Rose et le Réséda

[…]

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat

[…]

 

Un jour, un jour

 

[…]
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

[…]

 

 

Après les attentats de Paris de janvier 2015, de novembre 2015, de Bruxelles et bien d’autres encore, après l’attentat de Nice, notre conscience citoyenne doit se réveiller.

 

Nous devons exiger un changement total de politique. Hélas aucun des partis de gouvernement, englués qu’ils sont dans la soumission à l’Empire atlantique via l’Union européenne, n’est en capacité de changer de cap. Nous ne pouvons plus rester dans ce carcan où la France n’existe plus. Nous devons retrouver notre Liberté, notre Indépendance Nationale, notre Souveraineté Nationale et notre Souveraineté populaire. Nous devons retrouver une diplomatie courageuse et responsable. Nous devons retrouver la maîtrise de notre armée et pour cela sortir de l’OTAN, comme l’avait fait le général de Gaulle en 1966.

 

Toutes ces actions demandent de la détermination et du courage. Le peuple français doit imposer des hommes de bonne volonté afin de libérer le territoire national de la domination étrangère. Comme aux heures sombres de l’occupation nazie notre pays est en danger de disparition. A cette époque, gaulliste et communiste ont uni leurs efforts pour que renaisse la patrie des droits de l’homme. Deux hommes d’exception, Jean Moulin et de Gaulle ont réussi à unir le peuple français et à contrer la colonisation qu’elle soit allemande ou américaine (voir le dernier livre d’Annie Lacroix-Riz : « Aux origines du carcan européen  1900-1960,  La France sous influence allemande et américaine ».

 

,  Ces hommes-là existent aujourd’hui, il suffit de leur permettre de se rencontrer et de travailler ensemble, pour la France.

 

C’est notre seule chance d’éviter le chaos à venir et de mener efficacement cette guerre aux terroristes.

 

Bien cordialement

Lucien Pons

 

 

NOTA : Compléments d’informations

 

La Libye, La Syrie

Une vidéo à voir absolument, elle montre Alep avant et après le carnage des amis de monsieur Fabius.

https://www.facebook.com/DavidAvocadoWolfe/videos/10153625047761512/

Laurent Fabius, El Nosra fait du bon travail

https://www.youtube.com/watch?v=g9FiUF7N-PA

Syrie : un autre éclairage du conflit qui dure depuis 5 ans expliqué par un médecin aleppin (Vidéo)

https://www.youtube.com/watch?v=_2rf5DcM-t0#t=31

le lien ici

 

« La diplomatie française au Moyen-Orient » (14/18) Bruno Guigue.

http://www.academiedegeopolitiquedepa...

https://www.youtube.com/watch?v=aNlOTpPb-24

Scandale : Le terroriste syrien Abdul Razzak Tlass aurait obtenu l'asile politique en France !

https://www.youtube.com/watch?v=bIey21dBSFI

https://gaideclin.blogspot.fr/2016/07/scandale-le-terroriste-syrien-abdul.html

 

 

La France devrait acclamer la victoire de la Russie sur Daesch,


François Hollande est un habitué des déclarations fracassantes (le Bourget: "Mon ennemi c'est la fiance"; Le 15 juillet à Nice: "Nous allons combattre le terrorisme islamiste de Daesch, nous allons intensifier nos frappes en Syrie et en Irak...".
C'est vrai que l'orient est compliqué et qu'avoir détruit la diplomatie française nous n'avons plus les moyens de mener cette guerre aux terroristes.

Les russes font le pari de la culture contre la barbarie. Après avoir libéré Palmyre, il ont organisé un concert philarmonique dans ce lieu symbolique.

 

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/07/la-france-devrait-acclamer-la-victoire-de-la-russie-sur-daesh.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_share_auto

 

Un maestro russe et son orchestre symphonique dans les ruines de Palmyre pour célébrer sa libération le 5 mai 2016

https://www.youtube.com/watch?v=zl8rqJ6oD-s

 

La nouvelle intervention illégale de la France en Libye

 

Libye: un hélicoptère des forces spéciales françaises abattu par un missile 9K32 près de Benghazi

https://strategika51.com/2016/07/20/libye-un-helicoptere-des-forces-speciales-francaises-abattu-par-un-missile-9k32-pres-de-benghazi/

 

Le 20 juillet, le ministère français de la défense est bien obligé de reconnaître que 3 membres de la DGSE sont morts en mission secrète en Libye.

http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/07/lintervention-illegale-de-la-france-en.html

 

Attentat de Nice :

discours du président François Hollande

https://www.youtube.com/watch?v=CS5mx-I-bug

 

Une caméra dans Nice la nuit du 15 juillet.

https://www.facebook.com/Page.NiceMatin/videos/10155131325852575/

 

Pouvoir et chaos: des questions autour du camion blanc. Par Slobodan Despot

https://fr.sott.net/article/28602-Pouvoir-et-chaos-des-questions-autour-du-camion-blanc

 

Ex-Yougoslavie.

La théorie américaine : « Pour un nouveau siècle américain. En 1992, Paul Wolfowitz, a défini la politique étrangère de Washington :

«le premier objectif de la politique étrangère et militaire américaine doit être d’empêcher la renaissance d’un nouveau rival, sur le territoire de l’ancienne Union Soviétique ou ailleurs. La nouvelle stratégie de défense régionale exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile d’étendre sa domination sur une région dont les ressources, placées sous tutelle, suffiraient à générer un pouvoir étendu au monde entier ». («Une puissance hostile» étant dans ce contexte un pays suffisamment fort pour avoir une politique étrangère indépendante de Washington). En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur «Projet pour un nouveau siècle américain».    

Afin de planifier cette domination, la destruction de la Yougoslavie était nécessaire afin d’implanter les bases de l’OTAN. Ce fut le cas du Kosovo qui possède la plus grande base de l’OTAN en Europe, il s’agit du Camp Bondsteel.

Les pourparlers de paix de Rambouillet étaient seulement un paravent afin de faire croire au respect du droit international. La Serbie ne pouvait l’accepter. Résultat, les bombes de l’OTAN ont dévasté la Serbie jusqu’à l’accord sur l’indépendance du Kosovo. Depuis le Kosovo est devenu un état indépendant. Son président est un criminel de guerre, mafieux de son état, l’ami de Bernard Kouchner, je veux parler d’Hacim Thaçi. Selon Clara Del Ponte et Dick Marty, ce triste personnage s’est rendu coupable de trafic s d’organes à la villa Jaune près de Pristina. Malgré ces enquêtes fouillées, cet homme est toujours en place, c’est vrai qu’il est protégé par les Etats-Unis. C’est un peu comme Poroshenko en Ukraine.

Le Kosovo

Cinq centres d'entraînement de terroristes de Daech opérationnels au Kosovo.

http://presstv.ir/DetailFr/2016/07/22/476424/Kosovo-nouveau-fief-de-Daech

Le Kosovo est le berceau de la civilisation serbe. En 1999,  les Etats-Unis, sous la présidence de Bill Clinton avec le soutien du secrétaire d’état Madeleine Albright, ont testé la nouvelle orientation de l’OTAN. Cette armée après son rôle défensif dans la guerre froide est devenue une armée de conquête à la chute de l’URSS. Le tristement célèbre néocon américain, Paul Wolfowitz, a théorisé la nouvelle politique étrangère américaine. Cette nation essentialiste se devait d’imposer la Pax Americana partout dans le monde et surtout là où les intérêts des transnationales américaines étaient en jeu.

Rien d’étonnant donc qu’il y ait des camps d’entrainement de Daech au Kosovo. Ces soldats de l’apocalypse peuvent bien servir dans un avenir proche, peut-être en Europe, allez savoir !

Bosnie Herzégovine

J’oubliais, il y a aussi des implantations de Daech en Bosnie Herzégovine également.

https://francais.rt.com/international/4550-daesh-se-niche-au-plein-coeur-ue

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/07/daesh-se-niche-au-plein-coeur-de-l-ue.html

 

La Tunisie

 

Exclusif : ce qui n’a pas été dit sur la visite de Rached Ghannouchi en France

Rached Ghannouchi est un terroriste tunisien de la branche tunisienne des frères musulmans appelé Ennarda. Sous les régimes précédents, il avait perpétré des attentats islamistes en Tunisie et avait été jugé par contumace car il était réfugié en France. Le gouvernement tunisien avait fait la demande d’extradition par le biais d’Interpol. La France est membre d’Interpol, elle devait donc l’extrader, elle ne l’a jamais fait.

 

Aujourd’hui les islamistes sont très influents en Tunisie, nous avons abandonné ce pays aux mains des frères musulmans. Le chef des Frères musulmans tunisiens a été reçu en grande pompe en France pour consolider les relations islamo-socialistes et rendre compte à l’ancienne puissance coloniale de l’état démocratique de la Régence islamique

http://politicus.afrikblog.com/archives/2013/03/24/26724136.html

 

http://www.tunisie-secret.com/Exclusif-ce-qui-n-a-pas-ete-dit-sur-la-visite-de-Rached-Ghannouchi-en-France_a1619.html

 

La Grèce.

 

La vie dans une colonie contemporaine de la dette : la vérité sur la Grèce. Par Michael Nevradakis

http://lesakerfrancophone.fr/la-vie-dans-une-colonie-contemporaine-de-la-dette-la-verite-sur-la-grece

 

Politique générale

Cauchemars de Brzezinski : Russie, Chine et sous l’angle de la vraie guerre

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/06/cauchemars-de-brzezinski-russie-chine-et-sous-l-angle-de-la-vraie-guerre.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_share_auto

 

L’OTAN aux frontières de la Russie, UNE NOUVELLE PETITE VIDÉO DE 1'17'', PUBLIÉE PAR RUSSIA TODAY, RÉSUME L'ÉQUILIBRE DES FORCES ENTRE L'OTAN ET LA RUSSIE.

https://www.facebook.com/francoisasselineau/videos/1136474686390900/

 

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NICE : Derrière l'émotion, regarder les choses en face (par Marc Jammet)

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Publié par El Diablo

 

NICE : Derrière l'émotion, regarder les choses en face (par Marc Jammet)

L'effroyable s'est à nouveau produit, cette fois-ci à Nice, avec son cortège d'horreurs.

L'émotion est immense et nos médias bien-pensants se sont à nouveau empressés de "l'exploiter".

Car, quitte à choquer, si l'émotion est légitime, en rester à cet état n'aidera pas à regarder les choses en face.

Nos médias nous ont ainsi très vite rappelé le Bataclan, Bruxelles, Magnanville, Orlando ... Oubliés les attentats en Tunisie, en Turquie mais aussi en Irak, en Syrie, en Lybie où chaque jour voit son cortège de meurtres beaucoup moins médiatisés en France il est vrai (parce que plus éloignés? Moins occidentaux?).

Regarder les choses en face c'est comprendre qu'aucun état d'urgence, aucun renforcement des peines, aucune vidéosurveillance et encore moins aucune interdiction de manifester n'empêchera un tueur décidé à se suicider en réalisant le plus de dégats possibles de frapper au hasard, hier avec avec un camion, demain avec un couteau ou une autre arme.

Regarder les choses en face c'est aussi tenter de comprendre et discerner les responsabilités.

N'est-il pas ainsi flagrant que ce soient les mêmes qui nous parlent aujourd'hui de "France en guerre", de constitution d'une milice d'état pudiquement camouflée par la "réserve opérationnelle" et qui dans les années 80 soutenaient les "combattants de la Liberté" qu'étaient les Talibans (parce qu'ils avaient l'énorme avantage, via la CIA, de s'attaquer à l'URSS), qui ont à nouveau soutenu en Syrie ces "nouveaux combattants de la Liberté" directement liés à Daesh, qui ont livré aux mêmes à coups de canon la Lybie, fermé les yeux sur les complicités de la Turquie et de l'Arabie Saoudite et qui continuent à se taire face au véritable génocide du peuple kurde (pourtant en première ligne en Syrie face à Daesh) dans lequel le régime d'Erdogan s'engage?

Pour eux l'émotion sert à cela: empêcher si possible de réflechir et surtout ne pas modifier un ordre mondial à conserver.

Regarder les choses en face, c'est tenter de discerner les responsabilités et donc, loin de "l'union sacrée" dans lequel notre gouvernement tente de nous enfermer, exiger que ce dernier modifie radicalement son action internationale.

Et c'est aussi réagir au plus proche.

Car là comme ailleurs les cris de guerre, les boucs-émissaires non seulement ne serviront à rien mais ne pourront qu'empirer la situation.

Dans notre pays où maintenant droite et extrême-droite puis parti socialiste tentent - chacun à leur tour - de nous convaincre qu'il faut être "un gagneur" dans une société capitaliste qu'il ne faut même plus rêver de remettre en cause, je crois au contraire que "prêter attention à l'autre", "prendre du plaisir à donner", la solidarité y compris dans la lutte (et je pense à la loi travail) sont des valeurs à faire vivre.

Elles n'empêcheront sans-doute pas tous les tueurs d'agir mais elles auront l'énorme avantage de les isoler et de leur retirer ce "terreau fertlle" que les va-t-en-guerre leur offrent.

 

Marc Jammet

Conseiller municipal PCF de Mantes-la-Jolie (Yvelines)

SOURCE:

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Syrie : des rebelles "modérés" décapitent un enfant. Par Bruno Rieth dans Marianne

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Politique étrangère, #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Des combattants du Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda. - Uncredited/AP/SIPA
Des combattants du Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda. - Uncredited/AP/SIPA

Syrie : des rebelles "modérés" décapitent un enfant

Jeudi 21 Juillet 2016 à 15:00

Par Bruno Rieth dans Marianne

Nouvelle vidéo de décapitation venue de Syrie. Sauf que cette fois, ce n'est pas un soldat de Daech qui tient le couteau mais un combattant d'un groupe de rebelle dit "modéré", selon la terminologie imposée par les Américains. Une exaction qui est loin d'être la première et qui interroge sur les alliances de la coalition anti-Daech.

Il n'a pas plus d'une douzaine d'année. L'oeil hagard, visiblement blessé, l'enfant est affaibli. Autour de lui, ses bourreaux rient et filment ses derniers instants. A l'arrière d'un 4x4, on l'allonge sur le ventre, les mains attachés dans le dos. Un homme, couteau dans une main, lui attrape les cheveux pour découvrir sa gorge puis le décapite.

Nouvelle vidéo d'exécution de Daech ? Pas cette fois. Selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialisé dans les mouvements djihadistes, la scène se déroule à Handrat, dans la province d'Alep, zone où les troupes d'Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l'Etat islamique, sont absentes. Toujours selon Wassim Nasr, l'enfant appartiendrait à la Brigade Quds, une milice palestinienne soutenant le gouvernement de Bachar al-Assad. En Syrie, comme au Liban, existent des camps de réfugiés palestiniens dont les occupants, comme les Syriens, ont été emportés dans l'enfer de la guerre.

 

 

"Une erreur individuelle"

Selon plusieurs médias anglo-saxons, les individus présents sur la vidéo se battraient pour le mouvement Nour al-Din al-Zenki. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne, a confirmé que la vidéo montrait bien des combattants de ce groupe de rebelles "modérés", selon la définition des Etats-Unis. Un mouvement que l'état-major américain a d'ailleurs soutenu activement, financièrement et logistiquement, la CIA lui ayant même . D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "le jeune garçon n'a pas plus de 13 ans, il a été capturé mardi dans la région d'Handarat, mais les faits ont eu lieu dans une zone d'Alep tenue par les rebelles, le quartier Al-Machad pour être précis."

De son côté, rapporte l'AFP, le groupe rebelle a publié un communiqué dans lequel il affirme que cette décapitation est "une erreur individuelle qui ne représente pas la politique générale du groupe" et que "les personnes qui ont commis cette infraction ont été arrêtées et remises" à une commission d'enquête. 

Le jeu d'alliance de la coalition anti-Daech à l'épreuve

Ce n'est pas la première fois qu'un groupe de rebelles dit "modéré" se livre à dex exactions. Début avril, le groupe Jaysh al-Islam avaient utilisé des armes chimiques dans des combats contre des Kurdes pour le contrôle de Sheik Maksoud, un quartier d'Alep. Le porte-parole du groupe syrien s'était là aussi fendu d'un communiqué de mea culpa, reconnaissant qu'"un des leaders de Jaysh al-Islam d'Alep a utilisé des armes qui ne sont pas autorisées dans ce genre de confrontations, ce qui est constitutif d'une violation des régles internes du groupe Jaysh al-Islam" et annonçant que ce commandant "a été déféré devant la justice militaire pour recevoir une punition appropriée". Décidément beaucoup de maladresse du côté de ces rebelles "modérés"... Qui interrogent.

Faut-il continuer à suivre la méthode américaine dictée par la maxime "les ennemis de mes ennemis sont mes amis" ? Ce qui explique par exemple que depuis le début de l'intervention de la coalition anti-Daech, les Américains demandent à leur alliés de ne pas bombarder les zones tenues par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, tout aussi cruelle et violente que l'EI mais en guerre contre ces derniers. 

Le Général Dominique Trinquand rappelait pourtant dans qu'"il est essentiel de ne pas reproduire les erreurs du passé, comme ce que nous avons connu avec le soutien des américains aux Talibans pour contrer les soviétiques en Afghanistan (...) il y a des groupes qui, comme les Kurdes Syriens, sont des alliés fiables. Et puis, parmi les groupes qui participent à l'offensive contre Daech, il y a aussi des islamistes radicaux. Or, ces groupes bénéficient à la fois de la logistique de la coalition et, pour certains, de son armement. Il est très important de s'interroger dès maintenant sur ces alliances."

Au risque que le remède ne soit tout aussi redoutable, voire pire, que le mal qu'il est censé combattre.

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Le Canard enchaîné évoque la complaisance de Paris et des USA envers Al-Qaïda

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La mondialisation, #Chroniques du fascisme ordinaire

Le Canard enchaîné évoque la complaisance de Paris et des USA envers Al-Qaïda
L’équipe du site

Dans un article du Canard enchaîné en date du 20.07.16, Claude Angeli revient sur le soutien de la France et des Etats-Unis envers la filiale syrienne d’Al-Qaïda : le groupe du front Al-Nosra.

Evoquant le récent accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie pour combattre conjointement les deux filiales d’Al-Qaïda en Syrie, la désavouée Daesh (Etat islamique), et la reconnue le front al-Nosra, l’auteur de l’article s’arrête toutefois sur un fait : «  Jusqu’à présent, si les pilotes de l’US Air Force arrosaient de missiles les positions de Daesh, ils avaient ordre de ne jamais toucher à un cheveu d’Al-Nosra ».

Même constat pour les Français aussi : «  Et les Rafale et Mirage français épargnaient, eux aussi, ces terroristes intouchables, si l’on ose dire ».

Les terroristes tolérables

Et Angeli rapporte l’explication donnée pour ce laxisme : «   Cette complaisance franco-américaine envers les combattants d’Al-Nosra, aussi cruels que ceux de Daesh, mérite une explication. Dans la guerre menée contre l’armée syrienne, « une alliance de circonstance », formule d’un militaire français, s’est constituée, sur le terrain, entre ces partisans d’Al-Qaïda et quelques groupes de rebelles, dits modérés, qui rêvaient d’entrer en vainqueurs à Damas et avaient le soutien de Washington et de Paris, où l’on espérait se débarrasser ainsi de Bachar ».

« Autre information, partagée, d’ailleurs, avec d’autres médias, et à déguster lentement pour éviter un violent mal de tête : Al-Nosra a des associés dans son combat, les groupes Ahrar Al-Sham et Jaïsh Al-Islam, des terroristes en tout genre financés par nos amis du Qatar, d’Arabie saoudite et de Turquie. A Paris et Washington, personne ne reproche à ces Etats de jouer, depuis bien des années, aux supporteurs du terrorisme », déplore Angeli.

Ce dernier devrait prendre connaissance de l’exécution atroce mardi du petit palestinien Abdullah, par une milice de l’Armée syrienne libre, le Mouvement Noureddine al-Zenki, et classé parmi les organisations modérées par les occidentaux pour mesure dans quel pétrin leurs gouvernements se sont engouffrés, pour la seule raison de renverser Bachar al-Assad.

Sachant que ces mêmes terroristes sont également tolérables par Israël.

Sources : Le canard enchainé ; Le-blog-sam-la-touch ; al-Manar

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Liberté ? L’Assemblée Nationale prolonge l’état d’urgence jusqu’en 2017

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Jusqu’en janvier 2017 ? Parions que ce prolongement sera prolongé au moins jusqu’au 7 mai.

 

Liberté ? L’Assemblée Nationale prolonge l’état

d’urgence jusqu’en 2017

 

Russia Insider – 20 juillet 2016

Le gouvernement français vient de s’octroyer des pouvoirs dictatoriaux à la suite d’une série d’attaques terroristes. La France a-t-elle encore le droit de donner des leçons de démocratie ?

 

10. France -état policier.jpg

 

Dans le sillage de l’horrible attaque terroriste de Nice, qui a coûté la vie à 84 personnes la semaine dernière, l’Assemblée Nationale française a voté une extension de l’état d’urgence pour les six prochains mois, soit jusqu’à fin janvier 2017.

Cette décision d’étendre les pouvoirs du gouvernement a été prise pour la quatrième fois ce mercredi à 2 h. du matin.

Le président François Hollande avait déclaré l’état d’urgence l’année dernière, un jour après les attaques coordonnées du 13 novembre par des membres de l’État Islamique (IS, ISIS, ISIL), qui avaient tué 130 personnes.

Ces pouvoirs dérivent d’une loi adoptée en 1955. Ils donnent au gouvernement un certain nombre de blancs-seings en cas de menace contre la sécurité nationale. Au nombre de ces exceptions, les autorités françaises se sont accordé le droit de procéder à des arrestations sans mandat, ainsi que d’opérer des perquisitions sans autorisation judiciaire.

En outre, les champs d’application des lois sont étendus pour permettre un suivi de recherches, dans les cas où des perquisitions feraient découvrir des éléments susceptibles de conduire à une relation possible avec des activités liées au terrorisme. Cette extension permet aux autorités de pratiquer la surveillance des téléphones et des ordinateurs, surveillance qui n’est pas prévue dans les mesures légales de l’état d’urgence. L’état d’urgence permet également aux opérateurs du gouvernement de restreindre la liberté de déplacement à l’extérieur et à l’intérieur du pays aux personnes suspectées de terrorisme.

Dans l’attente de la décision de l’Assemblée, Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, ont insisté sur la nécessité de pouvoirs spéciaux pour assurer la sécurité du public. Valls a même évoqué la possibilité d’autres attaques.

 « Il y aura d’autres attaques et il y aura d’autres personnes innocentes qui seront tuées » a-t-il déclaré aux membres de l’Assemblée dont ils attendaient la décision, ajoutant que 16 attaques avaient été déjouées en France depuis 2012. « Nous ne devons pas nous habituer à cette menace, mais nous devons apprendre à vivre avec elle. »

LIRE AUSSI : Leçon du massacre de Nice : l’état d’exception ne protège pas contre les loups solitaires.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a lui aussi défendu vigoureusement la quatrième extension de l’état d’urgence, qu’il a qualifiée d’« outil » dans la lutte contre le terrorisme, ajoutant que ces pouvoirs spéciaux avaient permis l’arrestation de 44 personnes depuis début mai « pour conspiration dans le but de commettre des actes terroristes » pendant la coupe d’Europe de football 2016.

Mais cette volonté d’étendre l’état d’urgence et les pouvoirs spéciaux qui vont avec s’est heurtée à l’opposition de beaucoup de personnes, qui estiment qu’accorder de plus en plus de pouvoir à la police menace les libertés civiles en France.

LIRE AUSSI : Descente de la France dans un état militarisé gouverné par la peur.

Joaquin Flores,  de l’Association des Journaliste Indépendants pour la Paix, croit qu’il y aura de plus en plus d’attaques, à moins que Paris ne se décide à mettre un terme à la radicalisation de ses nationaux par la propagande djihadiste et à interdire le parrainage, sur son sol, d’activités extrémistes par des états étrangers.

« Les autorités françaises continuent de permettre – et depuis longtemps - à des organisations religieuses dirigées et financées par l’Arabie Saoudite, de prospérer et de proliférer en France, où il leur est permis de recruter,  d’influencer et de modeler à leur guise toute une nouvelle vague d’extrémistes, auxquels elles font croire que le terrorisme est un moyen d’action légitime et un outil qui va les aider à atteindre leurs buts » a déclaré Flores à RT.

LIRE AUSSI : 67% des Français ne foint pas confiance à leur gouvernement pour s’en prendre au terrorisme.

 « Pour son compte, la France, intégrée à l’OTAN, a participé à la destruction de pays comme la Libye, comme l’Irak, comme l’Afghanistan, comme la Syrie » a-t-il ajouté. « Elle est encore en train de le faire en Syrie. Et il est certain que cela a eu pour résultat de radicaliser beaucoup de couches de la société. »

 

Source : http://russia-insider.com/en/politics/liberte-french-asse...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

2. C'est l'été xxx.gif

Et Lazare sortit du tombeau…

(Ce qui fit du bruit jusqu’au Liban

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François, tu es un criminel»: le président Hollande a ordonné le massacre de femmes et d’enfants syriens en représailles à l’attaque du 14 juillet, attribuée à Daech Frappes aériennes contre les civils à Alep, Syrie

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

François, tu es un criminel»: le président Hollande a ordonné le massacre de femmes et d’enfants syriens en représailles à l’attaque du 14 juillet, attribuée à Daech

Frappes aériennes contre les civils à Alep, Syrie

Par Prof Michel Chossudovsky

Mondialisation.ca, 22 juillet 2016

hollande-prisoner

Peu après l’attaque terroriste du 14 juillet à Nice, qui a fait 84 morts, le président de la France, François Hollande, a laissé entendre lors d’une allocution officielle que l’attaque était l’œuvre du groupe armé État islamique basé au nord de la Syrie (sans preuve). Il a aussitôt ordonné aux forces aériennes françaises d’intensifier la campagne de bombardement en cours prétendument contre Daech au nord de la Syrie. 

« Nous allons renforcer nos actions en Syrie et en Irak. Nous allons continuer à frapper ceux qui nous attaquent dans leur repaire », a dit Hollande lors de son allocution nationale, en laissant entendre que la France a été attaquée par une puissance étrangère.

Dans une déclaration ultérieure, François Hollande a dit ceci :

« La France est affligée par cette nouvelle tragédie (…). C’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste. Alors nous devons faire la démonstration d’une vigilance absolue et d’une détermination sans faille.

À 22 heures le 14 juillet, il a écrit sur son compte Twitter que la France est « éplorée, affligée, » mais plus forte que « les fanatiques [Daech] qui veulent aujourd’hui la frapper. »

Il a réitéré ses propos lors de son allocution télévisée à la nation :

Le plus ironique, c’est que le ministre de l’Intérieur de la France, qui encadre les opérations policières à la grandeur du pays, a confirmé que Daech n’était pas derrière l’attaque terroriste du 14 juillet :

Le ministre de l’Intérieur de la France Bernard Cazeneuve a dit qu’il n’y avait aucune preuve liant Daech à l’attaque du 14 juillet à Nice, malgré le fait que le groupe terroriste en a revendiqué la responsabilité. (…) M. Cazeneuve a indiqué que les enquêteurs n’avaient jusqu’à maintenant établi aucun lien entre Bouhlel et un réseau terroriste particulier. (The Independent, 18 juillet 2016)

Mais cela n’a pas empêché François Hollande de lancer des raids aériens prétendument contre le groupe armé État islamique (Daech).

François, tu es un criminel

François Hollande, en ignorant du revers de la main le conseil de son propre gouvernement, est allé de l’avant et a ordonné une intensification de la campagne de bombardement, qui s’est soldée par le massacre de plus de 140 Syriens innocents, surtout des femmes et des enfants.

Mais ces bombes n’ont jamais visé Daech.

POURQUOI? Parce que la France fournit de l’argent et des armes à Daesh, tout comme les autres partenaires de la coalition.

Ces bombes étaient dirigées contre le peuple syrien, l’attaque terroriste du 14 juillet servant de prétexte et de justification pour tuer des femmes et des enfants syriens.

Le président Hollande a beau être « affligé par cette nouvelle tragédie » [l’attaque de Nice], elle ne justifie pas pour autant un acte de représailles contre la Syrie qui a tué plus de 140 civils. Cet ordre de tuer, il venait du palais de l’Élysée.

« Œil pour œil » : la loi du talion et le Code d’Hammurabi.

Réponse du gouvernement syrien en réaction à l’opération criminelle du président Hollande

Damas a soumis l’affaire au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et au président du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur du Japon Koro Bessho.

Il a souligné le fait que les avions de combat français, qui font partie de la soi-disant « coalition internationale » conduite par les États-Unis, ont commis un massacre injuste au‑dessus des territoires de la Syrie à proximité de la frontière syro-turque, en bombardant le village de Toukhan al-Kubra au nord de la ville de Manbij. Ce faisant, ils ont tué un grand nombre de familles et détruit leurs maisons.

Cette agression française injuste a tué plus de 120 civils, dont la plupart étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, en plus d’en blesser des dizaines d’autres. Selon des rapports sur place, le sort de civils qui se trouvent sous les décombres est encore inconnu.

Le ministère a ajouté que l’agression française intervient un jour après une autre agression commise le 18 juillet 2016 par les avions de combat américains contre la ville de Manbij et qui a fait plus de 20 martyrs parmi les civils et des dizaines de blessés.

Le gouvernement de la République arabe syrienne condamne avec les termes les plus sévères les deux massacres sanglants perpétrés par les avions de combat français et étasuniens qui appartiennent à la soi-disant coalition internationale qui lance ses missiles et ses bombes sur des civils au lieu de prendre pour cible les gangs terroristes (…). La Syrie affirme aussi que ceux qui veulent sérieusement combattre le terrorisme devraient le faire en coordination avec le gouvernement syrien et son armée, a indiqué le ministre.

Il a ajouté que la poursuite du soutien qu’apportent les États-Unis, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Qatar aux réseaux terroristes qu’ils dénomment « modérés », comme le Front al-Nosra, Jaish al‑Fatah, Jaish al‑Islam, Liwa al‑Tawhid et d’autres organisations terroristes affiliées à Daech et à Al‑Qaïda, est une preuve flagrante de la complicité de ces pays avec les groupes terroristes et de leur manque de sérieux dans la lutte contre le terrorisme. (SANA, 19 juillet 2016)

Le ministère des Affaires étrangères de la Syrie a demandé à l’ONU et à la communauté internationale de « condamner ce massacre perpétré par la France ». Le gouvernement syrien appelle le Conseil de sécurité de l’ONU :

d’envisager des mesures punitives contre les États et les régimes qui soutiennent et financent le terrorisme, notamment les régimes en place à Riyad, Doha, Ankara et Paris, de leur interdire de soutenir le terrorisme et de les obliger à respecter et à faire respecter les résolutions de l’ONU pertinentes (2170, 2178, 2199 et 2253). (ibid)

Faites passer le message haut et fort :

François tu es un criminel, Obama tu es un criminel…

Michel Chossudovsky

Article original en anglais :

“François, Tu es un criminel”: President Hollande Ordered the Massacre of Syrian Women and Children In Retaliation for the “Alleged” ISIS Bastille Day Attack, public le 22 juillet 2016.

Traduction : Daniel pour Mondialisation.ca

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Prof Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca, 2016

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Eloge de la négociation, par Robert Charvin.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #la paix, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Eloge de la négociation

Eloge de la négociation, par Robert Charvin.

 

Réunissons-nous autour d’une table, demande Umberto Eco, et négocions intelligemment pour trouver une solution qui force le respect de tous » … « parmi les vœux que je peux formuler pour le siècle à venir, il y a cette espérance d’une nouvelle éthique de la négociation », conclut avec lucidité l’universitaire de Bologne, angoissé du mal dont souffre l’Occident pour son deux millième anniversaire. L’Union Européenne nous donne à voir dans « l’embrouillamini des opinions toutes faites, des préjugés et des langues de bois politiques ou économiques, les clignotements de l’intelligence ». (1)

== La Charte des Nations Unies ne nous dit rien d’autre, dans son style politico-juridique. Toutes les dispositions du chapitre VI (articles 33 à 38) prévoient que pour aboutir au « règlement pacifique des différends » entre États … les parties « doivent rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation … » (art. 33). Le Conseil de Sécurité est chargé « d’inviter les parties à régler leur différend » par ce moyen (art. 34).

Ce chapitre VI est le cœur de la Charte dont la finalité est d’empêcher le recours à la force armée en retirant à chaque État son traditionnel pouvoir de guerre. Il n’est plus de guerre « juste » et licite, si ce n’est en cas de légitime défense lorsqu’il y a agression. Seules les Nations Unies sont fondées à intervenir par la force, sur décision du Conseil de Sécurité, si la négociation n’a pas pu avoir lieu, si elle a échoué et en dernier recours.

Le Conseil de Sécurité intervient dès qu’il y a menace pour la paix en procédant à des recommandations qui, implicitement, consistent à rapprocher les parties et à les conduire à négocier, en les invitant à « se conformer à des mesures provisoires » de nature pacifique.

Ces mesures ne préjugent en rien des droits des parties intéressées qui ne seront reconnus qu’à l’issue des négociations (art. 40). Les articles 41 et 42 de la Charte permettent au Conseil de Sécurité de prendre diverses mesures correspondant à des sanctions à l’exclusion de tout emploi de la force armée.

Les articles 43 et 44 prévoient que le Conseil de Sécurité et les États membres négocient pour conclure un accord permettant de prendre les mesures visant à éviter le conflit ou à y mettre fin par une intervention de police.

Ce sont encore des négociations qui sont prévues pour créer un Comité d’état-major (art. 46-47) afin d’assurer « la direction stratégique » des forces armées des Nations Unies pour que la police de l’ONU ne soit pas constituée de militaires non qualifiés, appartenant aux seuls pays du Sud, et inaptes à jouer un rôle d’interposition.

Pour que la négociation soit rendue possible, les articles 1-2 et 2-1 de la Charte précisent qu’il y a « égalité de droit des peuples » et « égalité souveraine » de tous les États. Ce ne sont pas là des principes plus ou moins formels visant à respecter la dignité des différents membres des Nations Unies, quelle que soit leur puissance réelle. Ce sont les outils fondamentaux pour que les négociations soient possibles. Celles-ci sont protégées afin qu’elles aboutissent au maintien de la paix.

Ce n’est qu’après l’échec des négociations et de toutes les procédures concevables pour trouver une solution au conflit (médiation, conciliation, arbitrage, etc. – art. 33) que le Chapitre VII est mis en œuvre. Logiquement, la Charte ne prévoit de sanctions qu’à l’issue de l’échec éventuel de la négociation.

La négociation est aussi au cœur de la production des normes du droit international. Les traités bilatéraux ou multilatéraux sont le fruit de négociations entre les États, qui sont l’expression (plus ou moins fidèle) des intérêts collectifs des peuples.(2)

Bien qu’il y ait inégalité de forces entre les États et que le contenu des traités s’en ressente, la négociation est la méthode la moins inéquitable, dans la situation du monde d’aujourd’hui, pour instituer des équilibres relatifs. L’admissibilité des réserves ouverte à chaque État permet de sauvegarder son consentement et le consensus relatif qu’exprime le traité.

La règle de droit, issue de la négociation et du traité, constate le compromis qui régit le rapport de force et elle le fige dans une forme normative.

Ce qu’a produit la négociation n’est pas idéal, mais le résultat est le moins mauvais résultat concevable dans une société d’États aux intérêts contradictoires et qui n’a rien d’une « communauté » !

Comme le souligne le professeur Jean Salmon, le plus souvent les États ne résolvent pas ainsi les contradictions qui les opposent. La négociation se borne à les mettre entre parenthèses et cette mise entre parenthèses est une avancée favorable dans la lente et difficile édification du droit international.

== Une étrange myopie atteint les universitaires, le plus souvent anglo-saxons, qui de facto répudient la négociation, comme s’il s’agissait pour l’Occident d’une notion défaitiste. Ils osent affirmer que depuis 1945 les guerres qui se sont produites ont opposé soit des États démocratiques à des États non-démocratiques (ce qui serait parfaitement légitime), soit des États non-démocratiques entre eux (ce qui atteste de leur malfaisance), mais jamais des États démocratiques entre eux (ce qui prouve leur qualité civilisationnelle). (3) Les États démocratiques seraient des adeptes de la « culture du compromis » et de la négociation. Par contre les États « non-démocratiques » seraient par nature belliqueux ! (4)

Ces États « non-démocratiques », dont la définition manque alors que ce label ne présente pas davantage d’évidence que celui d’État « démocratique », ne seraient plus éligibles au droit international, seraient susceptibles de subir des ingérences « soft » ou armées puisque « la responsabilité de protéger » les populations civiles contre leur propre État serait désormais un principe quasi-juridique et puisque les États occidentaux ne considèrent pas l’autorisation des Nations Unies comme contraignante.

En fait, la négociation ne serait concevable qu’entre États relevant du monde occidental, c’est-à-dire entre des États qui ont le moins besoin de rapprochement et de conciliation ! La négociation n’a entre eux qu’une fonction économique dans les relations d’affaires !

De plus, ces États autoproclamés « démocratiques » s’arrogent la possibilité de recourir à la force contre les autres, au nom précisément de leur qualité afin d’universaliser leur système politique. Le droit ne serait plus universel, mais la politique (et l’économique) devraient l’être !

Ce sont les puissances occidentales, c’est-à-dire les États qui ont le moins à craindre pour leur sécurité et leur développement en raison de leur force, qui donnent ce « ton » délétère aux relations internationales. C’est précisément parce qu’ils ont à leur disposition des moyens (en argent et en armes) supérieurs aux autres qu’ils récusent la négociation ou violent ses conclusions. La culture du compromis n’est pas celle des puissants, car même la violence armée depuis des siècles leur est souvent source de profit. L’argument de Kant selon lequel la démocratie serait par nature pacifique parce que ceux qui prennent la décision de la guerre sont les mêmes que ceux qui en supportent le coût ne tient plus : les Puissances font souvent la guerre par procuration et ont les moyens de réussir leur pari de « zéro mort », ou du moins de victimes infiniment moins nombreuse que leurs adversaires !

De plus, le Puissant (comme les minorités privilégiées dans l’ordre interne) se refuse radicalement à l’être moins : la richesse, dans l’Histoire, n’a jamais été partagée de bon gré. Le « messianisme » attribué aux États-Unis est avant tout la volonté impériale de bénéficier des ressources des autres : l’OTAN n’est que le bras armé de ce besoin d’accaparement, y compris au risque de multiples conflits de plus ou moins « basse intensité » (comme par exemple, les manœuvres militaires et l’implantation de bases aux frontières de la Russie en Pologne et dans les États baltes) ou de plonger certains pays dans le chaos le plus total (comme par exemple en Irak ou en Libye).

Ce refus de la négociation ou l’absence de respect des accords conclus (par exemple, celui de Minsk II concernant l’Ukraine) (5) est paradoxalement reproché par les États occidentaux à ceux qui ont les moyens réels de leur résister !

Ces États-résistants n’ont pourtant que des politique « réactives » (essentiellement défensives : c’est le cas de la Russie, contrairement aux accusations de « provocations » permanentes qu’elle subit. On le constate, c’est la violation de l’accord conclu primitivement entre l’OTAN et la Russie, dans le début de la décennie 1990 lors de l’accès à l’indépendance de certaines ex-Républiques soviétiques, qui est source de problèmes. L’OTAN s’engageait à ne pas s’installer aux frontières russes.

Concernant la question syrienne, pour laquelle la Russie a été accusée de soutenir à tout prix le régime de Damas, on a pu constater que les États-Unis et leurs alliés, en particulier la Turquie, ont voulu utiliser Daech pour renverser le régime de Damas. Lorsque la Russie est intervenue, à la demande de l’État syrien, la stratégie occidentale a dû être abandonnée. L’intervention militaire russe a fait reculer Daech, ce que n’avaient pas réussi à faire les Occidentaux. Les trafics entre Daech et la Turquie ont été interrompus, privant les Islamistes d’une large partie de leurs ressources.

La Russie, accusée de combattre essentiellement les opposants au régime de Damas, a proposé de coopérer militairement avec les États-Unis, a imposé un cessez-le-feu au moins partiel et a cherché à trouver un modus vivendi avec le régime d’Ankara, pourtant hostile. (6)

Par ailleurs, la longue série des conflits qui stagnent depuis des décennies ne suscite de la part des puissances occidentales aucune réaction favorable à la négociation.

Plus de soixante-dix ans d’affrontements israélo-palestiniens n’ont provoqué aucune action forte pour imposer une véritable négociation entre les belligérants dans ce combat pour l’indépendance de la Palestine.

Plus de soixante-dix ans aussi d’acceptation de la division de la Corée, liée aux séquelles de la Seconde Guerre mondiale après un demi-siècle de colonisation japonaise féroce, sans même une négociation pour conclure un traité de paix entre les belligérants de la guerre de 1950-1953 !

Combien de décennies de séparation des peuples à Chypre depuis 1967, placés sous la tutelle de l’OTAN, sans que l’intérêt pour une quelconque négociation ne se manifeste ! (Il est vrai qu’en Chypre du Nord, soumise aux Turcs, les États-Unis bénéficient d’importantes bases militaires) !

Quelles négociations sont-elles imposées pour que le conflit, qui remonte à 1973, du Sahara Occidental finisse par se résoudre, sans attendre que la solution onusienne d’un référendum d’autodétermination soit enfin mise en œuvre ?

Pas de négociation non plus pour régler la question kurde, alors que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale s’étaient engagés à reconnaître une nation kurde en 1919 lors du démantèlement de l’Empire Ottoman !

Quelle coopération effective a-t-elle été conçue et mise en œuvre par une négociation multilatérale pour en finir avec le commerce illégal des armes, avec les trafics de drogue, avec les réseaux de prostitution et avec le terrorisme islamiste qui a longtemps pu trouver des moyens financiers et des alliances douteuses avec les Occidentaux qui ont voulu l’ instrumentaliser, avant qu’il ne se mette « à son compte » contre tout le monde !

L’Union Européenne n’a pas même été en mesure de négocier une politique rationnelle pour les réfugiés, alors qu’elle est pour une part responsable du phénomène migratoire en raison des guerres soutenues dans certains pays et du pillage économique !

Pourquoi n’y a-t-il pas de négociations globales ou régionales sur le désarmement nucléaire, si ce n’est parce les États-Unis ou la France considèrent l’arme nucléaire comme dissuasive, alors qu’elle est jugée provocatrice et menaçante lorsqu’elle est produite, par exemple, par la Corée du Nord ?

Pourquoi pas, sur cette question, une vaste négociation dans le cadre de l’A.I.E.A pour un désarmement général, alors que les États-Unis et leurs alliés ne veulent interdire que les armes nucléaires de leurs adversaires et leur dissémination, tout en développant les leurs. (7)

L’absence de volonté politique négociatrice est due à la profonde inégalité entre les États et à la multiplication de confrontations asymétriques dont les plus « forts » espèrent tirer profit. De surcroît, la négociation internationale n’est plus tout à fait un monopole de l’État. La diplomatie n’échappe pas au lobbying des grands groupes économiques et financiers. C’est le cas, par exemple, de Total qui fait pression sur le Quai d’Orsay et qui en retour sponsorise certaines activités publiques à l’étranger, par exemple dans le domaine culturel. (8)

Le principe de la Charte des Nations Unies de l’égale souveraineté des États peut servir de base au développement de la négociation à condition de s’imposer comme réalité politique.

L’appel à la « morale » internationale, à une « souveraineté solidaire » supposant un accord sur le « bien commun » que chaque État aurait le devoir de protéger relève d’un humanitarisme sans portée concrète. (9)

Cette espérance en une bonne volonté négociatrice ne se fonde ni sur l’Histoire pluriséculaire ni sur la pratique présente. On s’interroge sur ce qui pourrait la faire émerger des rapports de forces….. sauf s’ils se modifient.

A une société internationale, soumise à un pôle de pouvoir quasi-unique, doit pouvoir succéder une société multipolaire où les différents pôles de puissance seraient en mesure de s’équilibrer, limitant les risques de conflits comme l’ont fait l’Est et l’Ouest durant la « coexistence pacifique ».

Les prétentions occidentales à se survivre en position de force hégémonique sont dangereuses. La société internationale a besoin de contre-pouvoirs : tous les États qui d’ores et déjà jouent ce rôle sont des forces objectivement pacificatrices et progressistes.

Entre ces pôles de puissance une fois bien établis et s’affirmant clairement, la négociation pourra être le pivot de tous les progrès de l’Humanité.

 

Notes:

  1. Cf. Entretiens sur la fin des temps. Fayard. 1998.
  2. A noter, bien que nombreux soient les États « non démocratiques » et que ceux qui prétendent l’être ne le sont que de manière très partielle, que la forme étatique demeure l’outil le plus ajusté pour résister aux empires et aux technostructures bureaucratiques des institutions internationales incontrôlées.
  3. Voir, par exemple, D. Battistlla. Théories des relations internationales. Presses de Sciences Po. 2003 et les nombreux juristes anglo-saxons cités par l’auteur.
  4. Ce pseudo constat est démenti depuis l’Antiquité : Athènes était plus expansionniste que Sparte !
  5. Les médias occidentaux ont eu vis-à-vis de ces accords un comportement très « significatif » ; ils ont été quasi-silencieux sur leur préparation, puis très dubitatifs sur leur succès, puis à nouveau quasi-silencieux sur leur contenu (qui comporte entre autres des obligations pour le gouvernement de Kiev) et totalement muets sur les violations ukrainiennes de ces obligations, tout en laissant entendre que la Russie était seule responsable des problèmes qui subsistaient.
  6. On peut comparer la diplomatie russe et celle de la France. Le ministère des affaires étrangères socialiste, jusqu’à la fin août 2015, s’est opposé à ce que l’armée française frappe Daech en Syrie. Il imposait de plus un préalable à toute négociation sur la question syrienne, le départ de Bachar El Hassad (Voir V. Jauvert. La face cachée du Quai d’Orsay. Enquête sur un ministère à la dérive. R. Laffont. 2016, p. 111.
  7. L’État français refuse de reconnaître de jure la RPD de Corée, sous prétexte de la production par Pyong Yang d’armes nucléaires, alors qu’il est en voie de renouveler sa flotte de sous-marins nucléaires (près de 10 milliards d’euros), armés évidemment de missiles, y compris, affirme-t-il, pour rayonner en Mer de Chine !
  8. On peut s’étonner de la présence d’hommes d’affaires, qui ont assisté Laurent Fabius lors de son passage au Quai d’Orsay : par exemple, Serge Weinberg, président de Sanofi ; Lionel Zinsou, responsable d’un fond d’investissement de BNP Paribas ; Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault et ancien dirigeant du Médef. On constate aussi l’activité d’ex-diplomates passés au « privé » et représentant leur entreprise dans le pays où ils avaient exercé leurs fonctions.
  9. Quelques auteurs éminents appellent à responsabiliser les titulaires des pouvoirs publics et privés, qu’il s’agisse des entreprises multinationales qui « ont une responsabilité sociale », selon la formule de la Commission Européenne, ou des États auxquels l’O.I.T ne cesse de répéter « qu’une paix durable ne peut être rétablie que sur la base de la justice sociale » (Voir M. Delmas-Marty. Résister, responsabiliser, anticiper. Comment humaniser la mondialisation. Seuil. 2013.

Source: Investig’Action, 18/07/2016

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