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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Conférence d'Ayssar Midani du vendredi 23 juin 2017 à Nice. La Syrie 24 ans d’embargo et 6 ans de guerre: comment un printemps est devenu « Tempête du désert et Raisins de la colère ».

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les transnationales, #le nazisme, #Les média, #La Turquie

Conférence d'Ayssar Midani du vendredi 23 juin 2017 à Nice. La Syrie 24 ans d’embargo et 6 ans de guerre: comment un printemps est devenu « Tempête du désert et Raisins de la colère ».

Conférence du vendredi 23 juin 2017 à la maison des associations de Garibaldi

La Syrie 24 ans d’embargo et 6 ans de guerre

Comment un printemps est devenu « Tempête du désert et Raisins de la colère »

Par Ayssar Midani

 

Bonjour.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » a proposé des conférences fondamentales cette saison : l’immigration, le chômage, l’Union européenne, l’OTAN .

Pour la dernière conférence de la saison 2016/2017, l’association propose une réflexion géopolitique sur le Moyen-Orient et propose en particulier l’examen de la situation en Syrie après six années de guerre. Hélas l’information diffusée par les grands média ressemble plus à de la propagande. La libération d’Alep en est un cas d’école : « la chute d’Alep-Est en lieu et place de la Libération de la ville des terroristes », « les casques blancs », …

Aujourd’hui le territoire syrien est en passe d’être totalement libéré par l’armée régulière. La prise de contrôle d’une partie stratégique de la frontière est du pays avec l’Irak et la Jordanie, permet d’envisager une éradication des djihadistes takfiristes de Daesch. La disparition des terroristes au moyen orient devrait nous réjouir et devrait permettre aux pays européens d’envisager l’avenir avec sérénité.

Nos media devraient donc dispenser ces bonnes nouvelles et pourtant cela ne semble pas le cas. En France, l’engouement médiatique pour le pouvoir « En Marche » ne permet pas d’autres informations. Nous sommes pourtant dans une période de transition, deux choix sont possibles : soit la gouvernance mondiale qui détruit la souveraineté des peuples pour soi-disant apporter la paix (on voit le résultat en Irak, en Libye, en Syrie, en Ukraine,...) ; soit revenir au droit international et au principe de "l'Auto détermination des peuples" garantis par la charte de l'ONU. Nous sommes dans ces moments particuliers de l’histoire où les choix ne sont pas définitifs *.

L’association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" et d’autres organisations proposent une soirée/débat sur la situation en Syrie le vendredi 23 juin 2017 de 18h à 21h à la Maison des Associations, au 12 place Garibaldi à Nice.

Cette conférence, donnée par Ayssar Midani, permettra au public d’avoir un autre regard sur la situation dans ce pays.

 

Ayssar Midani est une citoyenne franco-syrienne, ingénieur chimiste et expert dans le traitement de l’information. Elle dirige des projets informatique en France depuis 1989. Avant 2013 elle allait très souvent dans ce pays dont elle connait très bien la situation. Elle est rentrée en Syrie en 2013 pour être aux côtés de son peuple et suivre la réalité hors du prisme médiatique français. Elle est présidente d'une association de scientifiques syriens expatriés, Nosstia. Elle est aussi présidente d'une association culturelle franco-syrienne, Afamia.

 

Déjà le 30 janvier 2013, Ayssar Midani avait donné une conférence sur la Syrie à Nice. Son intervention avait permis alors de préciser les enjeux géopolitiques et économiques de cette guerre. Vous pouvez voir la vidéo ici.

Pré-inscription obligatoire.

Merci de vous adapter aux nouvelles dispositions.

 

Suite aux attentats du 14 juillet 2016 à Nice, suite à l’état d’urgence prolongé par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme, l’activité d’éducation populaire proposée au public par l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » s’adapte.

Devant l’impossibilité financière de payer un agent de sécurité d’une société privée agrée – nous n’avons aucune subvention, c’est ce qui garantit notre liberté, toutes les actions sont financées par les cotisations des adhérents et par des dons – nous avons décidé d’organiser nos réunions d’éducation populaire par préinscription.

Ceci est aussi un appel pressant auprès des gens qui apprécient notre engagement et notre travail. Il faut absolument soutenir cet outil de réflexion qui s’inspire des idéaux du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris. Le moyen de le faire est de venir régulièrement à nos réunions et de devenir membre de l’association (voir bulletin d’adhésion joint en P.J.). Faire un don est aussi une possibilité.

Modalités d’inscription

attention : nombre de places limité

seules les personnes pré-inscrites pourront participer à cette conférence !

 

Quel que soit le mode d’inscription choisi ci-dessous, toujours indiquer vos :

prénom, NOM, code postal de résidence et

« Je m’inscris à la Conférence sur la Syrie organisée par le CNR le 23 06 2017 »

 

 

 

Bien cordialement.

Lucien Pons, Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

 

*Nota : L'article 1 de la Charte des Nations unies consiste à affirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Cela signifie le rejet de toute ingérence étrangère. Le droit fondamental, élaboré après la seconde guerre mondiale afin de garantir la paix entre les différents états, ne prévoit que trois cas légaux d'intervention militaire à l'étranger. ( Extrait de cet article du blog : Dommages civils )

  • Résolution du Conseil de Sécurité

Le premier cas est celui du vote par le Conseil de Sécurité (à l’unanimité des membres permanents) d’une résolution autorisant le recours à la force armée en application du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. L’article 42 de la Charte dispose que le Conseil de Sécurité « peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales ».

  • L’intervention consentie par les autorités du pays où se situe l’intervention

On se situe ici dans le cadre de la responsabilité des États.

  • Légitime défense individuelle

Le droit naturel de légitime défense d’un État est prévu à l’article 51 de la Charte des Nations Unies lorsque cet État a - au préalable - fait l’objet d’une agression armée.

 

Faites circuler ce message le plus possible SVP!!!

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Pourquoi Macron a-t-il été imposé à la France, c'est pour la tuer! Une vidéo intéressante: Dominique de Villepin, pourquoi a t-il été marginalisé ?

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Les transnationales, #le nazisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Politique étrangère

Pourquoi Macron a-t-il été imposé à la France, c'est pour la tuer! Une vidéo intéressante: Dominique de Villepin, pourquoi a-t-il été marginalisé ?

Un homme de grande taille qui porte un discours de la raison, un vrai Français, liquidé de la scène politique par les amoureux de la guerre.

https://www.youtube.com/watch?v=AxDxBvGz9xI

 

Ces hommes de valeur ont été écartés, sont-ils entrés en Résistance comme dans l’épisode précédent du gouvernement de Vichy ?

 

Pour mieux comprendre je vous propose une vidéo de Jacques Attali qui étale les cartes de la gouvernance Macron: « Les élus n’ont plus de pouvoir et voici votre avenir » - Effrayant !

https://www.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=k40RpYZlvkQ&app=desktop

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Troupes turques Au Qatar.

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Les transnationales, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Troupes turques

Par Halil Celik

Mondialisation.ca, 11 juin 2017

 

 

 

 

 

 

http://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2017/06/Qatar-Turquie-400x320.jpg

Après qu’une coalition des émirats du Golfe persique dirigée par l’Arabie saoudite a présenté un ultimatum au Qatar, lundi, et a bloqué son économie, le parlement turc a approuvé deux accords militaires avec le Qatar, permettant des déploiements de l’armée turque au Qatar. Les forces turques formeront également la gendarmerie qatarienne.

Dans le cadre d’un accord signé entre Ankara et Doha en 2015, Ankara construit déjà une base militaire au Qatar, où 500 à 600 soldats turcs y seront stationnés. L’installation pourrait accueillir jusqu’à 3000 soldats.

Le projet de loi a été porté au parlement par le parti de la justice et du développement (AKP) en Turquie, juste après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait critiqué les sanctions saoudiennes contre le Qatar. S’exprimant lors d’un dîner du mardi 6 juin, Erdogan a déclaré : « Je veux dire clairement que nous désapprouvons les sanctions contre le Qatar. »

Le projet de loi a été adopté avec 240 voix pour et 98 contre, avec l’appui des députés de l’AKP et du fascisant Nationalist Movement Party (MHP).

Cependant, le parti populaire républicain (CHP) pro-Union européenne (UE) a critiqué le projet de loi pour son « timing ». Le vice-président du groupe parlementaire CHP, Levent Gok, a déclaré que son parti était prêt à soutenir le gouvernement chaque fois que ses politiques profitent aux gens. Il a demandé : « Est-ce que c’était vraiment nécessaire d’élever l’affaire Qatari, du centième au premier rang des priorités ? »

Le gouvernement turc a clairement indiqué qu’il se met du côté du Qatar contre les sanctions diplomatiques et commerciales et la menace d’une intervention militaire de cinq pays arabes : l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen. Ils ont accusé Doha de soutenir le terrorisme et d’avoir une attitude « douce » à l’égard de l’Iran. Les émirats du Golfe avaient déjà rappelé leurs ambassadeurs qui étaient au Qatar en 2014, en raison du soutien de ce pays aux Frères musulmans.

Comme en 2011, quand les forces armées saoudiennes ont envahi le Bahreïn pour intervenir contre des manifestations de masse peu de temps après que les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière en Égypte ont renversé Hosni Moubarak, l’Arabie saoudite pourrait intervenir militairement au Qatar si elle avait un soutien tacite de Washington. La décision turque indique cependant clairement qu’une telle intervention pourrait impliquer l’Arabie saoudite dans une confrontation militaire directe avec la Turquie.

Les relations apparemment bonnes de la Turquie avec l’Arabie saoudite et les autres émirats du Golfe se sont considérablement détériorées depuis que Washington et les puissances européennes ont soutenu un coup militaire en Égypte qui a renversé le président Mohamed Morsi. Morsi est membre des Frères musulmans, soutenue par la Turquie et le Qatar.

Le mouvement saoudien contre le Qatar est une extension de l’agression américaine contre l’Iran, visant à fouetter le petit émirat, qui a des liens économiques avec l’Iran, conformément à la politique de Trump sur le Moyen-Orient. Mardi, Trump a écrit sur Twitter : « C’est tellement bon de voir la visite en Arabie saoudite avec le Roi et 50 pays porter déjà ses fruits. Ils ont dit qu’ils prendraient une ligne dure contre le financement de l’extrémisme, et toutes les références indiquaient le Qatar. Peut-être que ce sera le début de la fin de l’horreur de terrorisme ! »

Au cours de son premier voyage à l’étranger en mai, Trump est allé à Riyad et a donné à l’Arabie saoudite son plein soutien, et a accusé l’Iran de soutenir le terrorisme et ajoutant que les États arabes ne devraient pas laisser les « terroristes trouver un sanctuaire sur leurs sols ».

Suite à l’attaque agressive de l’Arabie saoudite contre le Qatar, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a appelé son homologue qatari Khalid bin Mohammad Al Attiyah. Mattis a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu de changement dans la coopération militaire entre les États-Unis et le Qatar, dont la base aérienne d’Al-Udeid abrite le siège central du commandement central des États-Unis et quelque 10 000 soldats américains. Néanmoins, un conflit a clairement éclaté sur la politique du golfe Persique entre la Turquie et le gouvernement Trump.

Le danger d’une guerre régionale majeure au Moyen-Orient croît rapidement, au milieu des tensions profondes entre Washington et les puissances européennes sur les politiques de Trump, y compris en Iran, l’intervention de l’OTAN en Syrie et le conflit saoudo-qatari. En passant au soutien du Qatar pour contrer l’Arabie saoudite, Ankara s’appuie, au mimimum, sur l’assentiment tacite des puissances européennes.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a déjà accusé le président des États-Unis de susciter des conflits au Moyen-Orient et de risquer une « nouvelle spirale de vente d’armes », disant que l’isolement du Qatar « est une politique complètement erronée et certainement pas la politique de l’Allemagne ».

Il semble que la Turquie coordonne sa politique avec le président français nouvellement élu, Emmanuel Macron, qui est un allié proche de Berlin. Macron a appelé le dirigeant du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani, le lendemain du jour où l’Arabie Saoudite a émis ses menaces et, selon les informations de la presse, a déclaré que la France avait l’intention de maintenir la stabilité dans le golfe Persique et de parler à toutes les parties impliquées. Macron a également téléphoné à Erdogan le même jour pour discuter de la crise dans le golfe Persique.

Les puissances européennes sont à maintes reprises entrées en conflit avec Washington alors qu’elles cherchent à rétablir les relations commerciales avec l’Iran. La société énergétique française Total veut exploiter l’important champ gazier de South Pars, le plus grand du monde, qui est partagé entre l’Iran et le Qatar.

La Turquie et le Qatar ont également hésité à participer au dernier embargo international imposé par Washington à l’Iran en 2008, que la Turquie a enfreint à plusieurs reprises. Pour le moment au moins, la Turquie et le Qatar s’opposent à des sanctions sévères ou à d’éventuelles mesures militaires contre l’Iran, ce qui aurait au minimum un effet dévastateur sur leurs propres économies.

Mercredi, le même jour que les attaques jumelles ont visé le parlement iranien et le sanctuaire de l’Ayatollah Khomeini à Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a visité Ankara pour échanger ses vues sur les derniers développements dans la région. « Il y a des développements inquiétants dans la région pour nous. Nous devons avoir un échange étroit d’idées avec la Turquie concernant ces incidents », a déclaré Zarif aux journalistes, avant de rencontrer son homologue turc et Erdo&;an.

La garde révolutionnaire iranienne a accusé l’Arabie saoudite et l’administration Trump pour les attentats terroristes, déclarant : « Cette attaque terroriste s’est produite une semaine seulement après la rencontre entre le président américain et les dirigeants arriérés [saoudiens] qui soutiennent les terroristes. Le fait que l’État islamique ait revendiqué sa responsabilité prouve qu’ils ont été impliqués dans cette attaque brutale. »

Le même jour, Reza Nourani, responsable de l’Union nationale des produits agricoles de l’Iran, a déclaré que l’Iran était prêt à fournir au Qatar tous les produits alimentaires dont le pays arabe a besoin. « Compte tenu de l’apparition de tensions dans les relations du Qatar avec les États arabes, il est possible [pour l’Iran] de satisfaire toutes les demandes de produits agricoles du Qatar », a-t-il déclaré.

Selon le journal iranien Tasnim, les négociations entre l’Iran et le Qatar sont en cours et « une décision sur les exportations alimentaires sera finalisée d’ici la semaine prochaine ».

Halil Celik et Alex Lantier

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 9 juin 2017

La source originale de cet article est wsws.org

Copyright © Halil Celik, wsws.org, 2017

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Syrie : vent de panique dans le camp israélo-américain par PressTV.

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie : vent de panique
dans le camp israélo-américain
par PressTV.

lundi 12 juin 2017, par Comité Valmy

Voir en ligne : Les forces armées accomplissent la 1ère phase de leurs opérations militaires dans le désert syrien - Agence SANA

Syrie : vent de panique dans le camp israélo-américain

Le fait que les forces syriennes aient fini par atteindre les frontières syro-irakiennes constitue une évolution géopolitique de taille qui va changer très rapidement la donne stratégique dans la région.

 

L’expert iranien en géopolitique, Hadi Mohamadi, revient sur la fulgurante avancée des forces armées syriennes et l’acquis très important qu’elles ont réalisé vendredi dans l’ouest du désert de Syrie à savoir la reprise du contrôle des frontières communes avec l’Irak. Selon l’expert, cette "prise" est importante sur un double plan : d’abord, elle permet l’ouverture d’un corridor terrestre reliant l’Iran au Liban, aux portes d’Israël. Ensuite, le corridor en question permet une présence militaire permanente dans le Levant, région qui inclut la Syrie, le Liban, mais aussi la Palestine et la Jordanie. Cette présence est consolidée dans le contexte où Daech est sur la pente du déclin en Irak et en Syrie et que ses sponsors cherchent par tous les moyens possibles et imaginables à lui trouver un remplaçant.

 

Les soldats syriens et leurs alliés atteignent la localité d’Al-Tanf, le 9 juin 2017. ©Al-Alam

Que deviendra Daech ? C’est la question...La réponse définira l’avenir même du Moyen-Orient. La prise du contrôle des frontières syro-irakiennes est donc un enjeu majeur qui jette réellement de l’ombre sur la victoire en demi-teinte qu’a été pour Daech et ses sponsors, le double attentat terroriste de Téhéran. Les milieux militaires en Israël évoquent depuis quelques jours avec crainte, " des photos du commandant en chef de la force Qods, le général Soleimani" qui sont accrochées dans les localités frontalières syro-irakiennes.

 

La victoire stratégique de vendredi s’est produite alors que les Américains s’étaient emparés de la localité d’Al-Tanf, y installant leurs forces spéciales. Buvant le calice jusqu’à la lie, ils s’étaient mis à larguer des tracts à l’adresse de l’armée syrienne et du Hezbollah, les mettant en garde contre toute "tentative destinée à s’approcher d’un périmètre de sécurité" qu’ils avaient eux-mêmes mis en place et qui incluait effectivement Al-Tanf et son point de passage frontalier avec l’Irak. Indifférents à ces mises en garde qui relèvent ni plus ni moins de la violation de l’intégrité territoriale de la Syrie, l’axe de la Résistance a suivi toutefois ses plans. Et rien n’a pu les faire reculer : ni les trois frappes aériennes US qui ont visé leurs positions depuis le 19 mai, ni les menaces et les pressions politiques et sécuritaires.

 

Jeudi les unités de la DCA de la Résistance ont intercepté un drone de reconnaissance US sans que le pilote s’en aperçoive. Une fois les images publiées, les experts militaires ont réagi : Al-Manar qui a interrogé le général de brigade à la retraite Hicham Jaber, l’a cité en ces termes : « À travers cette interception, l’Iran a indiqué très clairement aux Américains qu’il est là et qu’il surveille attentivement tous les agissements des forces spéciales US à Al-Tanf (point de passage frontalier syro-irakien, NDLR) ainsi que les opérations aériennes américaines dans le Nord syrien. L’Iran veut faire comprendre aux Américains qu’il est en Syrie et qu’il compte agir. Sur cette base, l’équation syrienne comme la concevaient les Américains n’est plus d’actualité. » Les analystes militaires israéliens sont eux aussi allés de leur commentaire : Ehud Yaari, expert des questions militaires de la chaîne 2 de la télévision israélienne, a estimé : « Le message qu’ils (les Iraniens) nous envoient est le suivant : nous sommes capables de viser les Américains dans leur base même à Al-tanf. Nous ne resterons donc pas les bras croisés face aux frappes américaines. » Selon cet expert, Israël a bien compris le sens du message de l’Iran et il en va de même pour Washington. Une confrontation USA-Israël/Iran n’est pas du tout à écarter".

 

Al-Tanf atteint

Ce fut dans ce contexte que les unités de l’armée syrienne et le Hezbollah sont arrivées ce vendredi 9 juin sur les frontières communes de la Syrie avec l’Irak, au nord-est du passage d’Al-Tanf, une région qui fait partie du désert de Palmyre. Brandissant le drapeau national syrien alors qu’ils se tenaient sur la ligne de démarcation des frontières syro-irakienne, les forces de "la Résistance" ont remporté une victoire clé. Dans la foulée, le ministère russe de la Défense a déclaré que les forces alliées à l’armée syrienne ont réussi à libérer 105 km² des régions frontalières avec la Jordanie. Le commandant en chef des forces armées russes en Syrie a aussi annoncé que l’armée syrienne y avait construit 9 points de contrôle.

 

La tuerie du 7 juin de Daech à Téhéran, défendue implicitement par le président américain et certains des membres du Congrès, vient d’être en partie vengée, et beaucoup plus rapidement que prévu ...

 

10 juin 2017

PressTV 

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L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (4/4)

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (4/4)


Par Paul Fitzgerald et Elizabeth GouldLe 10 mai 2017 – Source The Saker

Page de garde de l’édition de 1550 du Prince de Machiavel et de La Vita di Castruccio Castracani da Luca

Partie 4 – L’étape finale de la prise de contrôle des élites machiavelliennes sur l’Amérique

De Trotsky à Burnham, de Burnham à Machiavel et de Machiavel au néoconservatisme, le cercle de l’impérialisme britannique se referme

L’affirmation récente de la Maison Blanche de Trump, selon laquelle Damas et Moscou diffusaient des « faux récits » pour induire le monde en erreur sur l’attaque au gaz du 4 avril à Khan Chaykhoun est une nouvelle étape dangereuse, dans la guerre de propagande sur les « fausses nouvelles » lancée dans les derniers jours de l’administration Obama. C’est une étape dont les profondes racines, plongeant dans la Quatrième Internationale communiste de Trotsky, doivent être comprises avant de décider si la démocratie américaine peut être restaurée.

Brouillant les pistes des responsabilités d’une façon jamais vue depuis le sénateur McCarthy au sommet de la Peur rouge dans les années 1950, le Countering Disinformation and Propaganda Act [Loi sur la lutte contre la désinformation et la propagande], signé sans fanfare par Obama en décembre 2016, a officiellement autorisé une bureaucratie chargée de la censure, comparable seulement au Ministère de la Vérité décrit par George Orwell dans son roman 1984. Nommé The Global Engagement Center, [Centre d’engagement mondial], le but officiel de cette nouvelle bureaucratie est de « reconnaître, comprendre, mettre en lumière et contrer la propagande étatique et non étatique étrangère et les efforts de désinformation visant à saper les intérêts de sécurité nationale des États-Unis ». Le but réel de ce cauchemar orwellien est de déformer tout ce qui conteste le récit pro-guerre néoconservateur de Washington et d’intimider, harceler et emprisonner quiconque tente de le faire. Comme cela a été montré par le tir de missiles Tomahawk du président Trump sur une base aérienne du gouvernement syrien, c’est une recette pour la guerre mondiale et, qu’on le veuille ou non, cette guerre a déjà commencé.

Cette dernière attaque contre le récit prétendument faux de la Russie nous ramène en 1953 et aux débuts de la guerre culturelle entre l’Est et l’Ouest. Ses racines sont liées au Congrès pour la liberté culturelle, au passage de James Burnham de la Quatrième Internationale de Trotsky au conservatisme et à la montée des machiavelliens néoconservateurs comme force politique. Comme l’ouvrage de James Burnham, The Struggle for the World, le soulignait, la Troisième Guerre mondiale avait déjà commencé avec la révolte des marins grecs dirigée par les communistes de 1944. Dans la pensée manichéenne de Burnham, l’Occident était assiégé. La politique d’endiguement de la Guerre froide, menée par George Kennan, n’était pas différente de la politique d’apaisement de Neville Chamberlain. La détente avec l’Union soviétique revenait à se rendre. La paix n’était qu’un masque de la guerre et cette guerre serait menée par la politique, la subversion, le terrorisme et la guerre psychologique. L’influence soviétique devait être combattue dans la mesure du possible. Cela signifiait subvertir l’Union soviétique et ses intermédiaires et, si nécessaire, saper également les démocraties occidentales.

La véritable ironie des efforts déployés actuellement par Washington pour monopoliser la « vérité » et attaquer les récits alternatifs, ne manifeste pas seulement un mépris flagrant de la vraie liberté de parole. La véritable ironie est que tout le « Manifeste de la liberté » utilisé par les États-Unis et la Grande-Bretagne depuis la Deuxième Guerre mondiale n’a jamais été libre ; c’était un mélange du programme exhaustif de guerre psychologique tirée du Psychological Strategy Board (PSB) de la CIA [Bureau de stratégie psychologique], menée tant contre les amis que les ennemis.

La CIA en viendrait à voir l’ensemble du programme commencer avec la conférence de Berlin de 1950, comme un point de repère dans la Guerre froide, non seulement pour assurer le contrôle de la CIA sur la gauche non communiste et les intellectuels « libres » de l’Occident, mais pour permettre à la CIA de priver secrètement les Européens et les Américains de leur propre culture politique, d’une telle manière qu’ils ne la connaîtraient jamais vraiment.

Comme l’historien Christopher Lasch l’a écrit en 1969, à propos de la cooptation par la CIA de la gauche américaine, « l’État moderne […] est un moteur de propagande, fabriquant des crises tout en affirmant être le seul instrument capable de les traiter efficacement. Cette propagande, pour réussir, exige la coopération d’écrivains, d’enseignants et d’artistes, non pas comme des propagandistes payés ou des opportunistes de la censure d’État, mais comme des intellectuels ‘libres’, capables de contrôler leurs propres instances et d’imposer des normes acceptables de responsabilité au sein des diverses professions intellectuelles ».

La clé pour tourner ces intellectuels « libres » contre leurs propres intérêts était le programme doctrinal de la CIA pour la transformation culturelle occidentale contenue dans le document PSB D-33/2. Le PSB D-33/2 prédit « un mouvement intellectuel à long terme pour briser les schémas doctrinaux mondiaux » en « créant la confusion, le doute et la perte de confiance » afin d’« affaiblir objectivement l’attrait intellectuel de la neutralité et prédisposer ses adhérents à l’esprit occidental » ; « prédisposer les élites locales à la philosophie défendue par les planificateurs », tandis qu’utiliser les élites locales « aiderait à masquer l’origine américaine de l’effort, de manière à ce qu’il apparaisse comme un développement local».

En se déclarant comme un antidote au totalitarisme communiste, un critique interne du programme, l’officier du PSB Charles Burton Marshall a vu le PSB D-33/2 lui-même comme effroyablement totalitaire, interposant « un large système doctrinal » qui « accepte l’uniformité comme substitut à la diversité », embrassant « tous les champs de la pensée humaine – tous les champs des intérêts intellectuels, de l’anthropologie aux créations artistiques, à la sociologie et à la méthodologie scientifique », concluant : « C’est presque aussi totalitaire que l’on puisse être. »

L’élitisme machiavellien de Burnham se cache dans tous les coins d’ombre du document. Comme l’a raconté Frances Stoner Saunder, dans son livre The Cultural Cold War, « Marshall a également exprimé son désaccord par rapport à la dépendance du PSB à l’égard de ‘théories sociales irrationnelles’ qui soulignaient le rôle d’une élite d’une manière ‘qui rappelle Pareto, Sorel, Mussolini, etc.’ Ne sont-ce pas là les modèles utilisés par James Burnham dans son livre The Machiavellians? Peut-être y avait-il une copie à portée de main, lorsque le PSB D-33/2 était en cours de rédaction. Plus vraisemblablement, James Burnham lui-même était utilement à portée de main. »

Burnham était plus que seulement à portée de main, lorsqu’il s’est agi d’implanter secrètement une philosophie fasciste d’élitisme extrême dans l’orthodoxie américaine de la Guerre froide. Avec The Machiavellians, Burnham avait composé le manuel qui a tissé ensemble la vieille gauche trotskyste et une élite anglo-américaine de droite. La descendance politique de cette union volatile serait appelée néoconservatisme, dont la mission secrète serait de renverser partout l’influence russe/soviétique. Sa mission cachée serait de réaffirmer une domination culturelle britannique sur l’Empire anglo-américain et de la maintenir grâce à la propagande.

Le secret Service de recherche sur l’information du ministère des Affaires étrangères britannique et du Commonwealth, connu comme l’IRD, travaillait très assidûment à cette tâche depuis 1946.

Rarement cité dans le contexte des opérations secrètes financées par la CIA, l’IRD a servi d’unité propagandiste anticommuniste secrète de 1946 à 1947. Selon Paul Lashmar et James Oliver, les auteurs de Britain’s Secret Propaganda War [La guerre propagandiste secrète de la Grande-Bretagne], « la vaste entreprise de l’IRD avait un seul objectif : diffuser sans cesse sa propagande (c’est-à-dire un mélange de mensonges intégraux et de faits déformés) parmi les journalistes de premier plan qui travaillaient pour des agences et des magazines importants, y compris Reuters et la BBC, ainsi que toutes les chaînes accessibles. Il a travaillé à l’étranger pour discréditer les partis communistes d’Europe occidentale, qui pourraient accéder à une partie du pouvoir par des moyens totalement démocratiques, et dans le pays pour discréditer la Gauche britannique ».

L’IRD devait devenir une machine de désinformation auto-réalisatrice pour l’extrême-droite de l’élite internationale du renseignement, offrant à la fois des informations fabriquées et distordues aux organes de presse « indépendants », puis en utilisant l’histoire ainsi blanchie comme « preuve » de la validité de la fausse information. Une telle entreprise de premier plan instaurée grâce à l’argent de la CIA a été le Forum World Features, administré à un moment donné par l’acolyte de Burnham, Brian Rossiter Crozier. Décrit par le biographe de Burnham, Daniel Kelly comme un « analyste politique britannique », le légendaire Brian Crozier a fonctionné en réalité pendant plus de cinquante ans comme l’un des principaux propagandistes et agents secrets de Grande-Bretagne.

Si l’on est aujourd’hui choqué par le jugement rapide, biaisé, partial et xénophobe qui accuse la Russie d’avoir influencé l’élection présidentielle de 2016, il n’est pas nécessaire de chercher plus loin que dans le placard des plans de Brian Crozier. Comme un officier de l’armée américaine qui a participé à la première guerre en Afghanistan en 1982 nous l’a dit, les États-Unis n’avaient pas besoin de « preuve que les Soviétiques utilisaient des gaz toxiques » et ils n’ont pas besoin de preuves contre la Russie aujourd’hui. Crozier pourrait être décrit le mieux comme un croyant rêveur, un dangereux impérialiste qui met ses rêves en scène les yeux ouverts. Du début de la Guerre froide à sa mort en 2012, Crozier et son protégé Robert Moss ont fait de la propagande au nom des dictateurs militaires Francisco Franco et Augusto Pinochet, ont mis sur pied des organisations privées de renseignement pour déstabiliser des gouvernements au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et en Afrique, et ont travaillé à délégitimer des politiciens en Europe et en Grande-Bretagne, considérés comme insuffisamment anti-communistes. Le mandat de son Institut pour l’étude du conflit (ISC dans son sigle anglais), instauré en 1970, était de révéler la prétendue campagne de subversion mondiale du KGB et de publier des histoires diffamant quiconque les remettait en question comme un crédule, un traître ou un espion communiste. Crozier considérait The Machiavellians comme ayant eu une influence formatrice essentielle dans son propre développement intellectuel, et il a écrit en 1976 : « En effet, c’est ce livre, par dessus tous les autres, qui m’a enseigné comment [c’est Crozier qui souligne] penser la politique. » La clé de la pensée de Crozier était la distinction opérée par Burnham entre le sens « formel » du discours politique et le sens « réel », un concept qui n’était bien sûr compris que par les élites. Dans un article de 1976, il s’émerveillait de la façon dont la compréhension de la politique par Burnham couvrait 600 ans et comment l’usage du « formel » pour dissimuler le « réel » n’était pas différente de celle utilisée par « l’esprit médiéval probablement éclairé » de Dante Alighieri. « Le fait est aussi valable aujourd’hui qu’il l’était dans les temps anciens et au Moyen Âge à Florence, ou en 1943. Une majorité écrasante d’auteurs et d’orateurs politiques continuent à utiliser la méthode de Dante. Selon le degré d’obscurcissement requis (par les circonstances ou par le caractère d’une personne), le divorce entre le sens formel et le sens réel est plus ou moins absolu. »

Mais Crozier était plus qu’un simple penseur stratégique. Crozier était un agent secret politique de haut niveau, qui a utilisé le talent de Burnham pour obscurcir les choses et son expérience de la Quatrième Internationale pour saper la détente et mettre en scène le recul de l’Union soviétique.

Lors d’une réunion secrète dans une banque de la City de Londres en février 1977, il a même breveté une organisation de renseignement opérationnel privée connue comme la 6e Internationale (6I), pour reprendre là où Burnham avait abandonné ; politiser et bien sûr privatiser bon nombre de sales coups que la CIA et d’autres services de renseignement ne pouvaient plus se permettre d’être pris en train de faire. Comme il l’explique dans son livre de mémoires Free Agent, le nom 6I avait été choisi « parce que la Quatrième Internationale s’était divisée. La Quatrième Internationale était celle des trotskystes, et lorsqu’elle s’est divisée, cela a signifié que sur le papier il y avait cinq Internationales. Dans le jeu des nombres, nous constituerions la Sixième Internationale, ou la ‘6I’ ».

La collaboration de Crozier avec de nombreux « employés du Congrès compétents et diligents » ainsi qu’avec « le remarquable général Vernon (‘Dick’) Walters, récemment retraité de son poste de directeur adjoint du Renseignement central […] » a cimenté la montée des néoconservateurs. Lorsque Carter a cédé au Groupe B et au complot du néoconservateur Zbigniew Brzezinski, son conseiller à la Sécurité nationale, pour tromper les Soviétiques et les attirer dans leur Vietnam en Afghanistan, cela a accompli la mission de Burnham et livré le monde aux machiavelliens, sans que personne n’en soit plus sage. Lorsque George Orwell écrivait, dans son livre Second Thoughts on James Burnham « Ce que Burnham se souciait principalement de montrer [dans The Machiavellians] est qu’une société démocratique n’a jamais existé et, pour autant qu’on puisse le voir, n’existera jamais. La société est par nature oligarchique, et le pouvoir de l’oligarchie repose toujours sur la force et la fraude… Le pouvoir peut parfois être gagné et conservé sans violence, mais jamais sans fraude. »

Aujourd’hui, le traité politique de Dante, De Monarchia, utilisé par Burnham pour expliquer sa compréhension médiévale de la politique, pourrait être heureusement remplacé par la Divine comédie du même Dante, une comédie paranoïaque pleines d’erreurs, dans laquelle la porte de l’enfer s’ouvre devant chacun et devant tous, y compris les élites, peu importe leur statut. Ou, comme ils disent en Enfer, Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate. Vous qui entrez ici, laissez toute espérance.

Paul Fitzgerald and Elizabeth Gould sont les auteurs de Invisible History: Afghanistan’s Untold Story, Crossing Zero The AfPak War at the Turning Point of American Empire et The Voice. Leurs sites : invisiblehistory et grailwerk

Sources :

Part 1: American Imperialism Leads the World Into Dante’s Vision of Hell
Part 2: How Neocons Push for War by Cooking the Books
Part 3: How the CIA Created a Fake Western Reality for ‘Unconventional Warfare’
Part 4: The Final Stage of the Machiavellian Elites’ Takeover of America

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

 

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Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ». Par Silvia Cattori

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news »

 

Les médias traditionnels, qui durant 6 ans ont trompé le public en lui livrant sur la Syrie une information mensongère – propagée par l’OSDH et les Casques blancs, des ONG liées notamment au groupe terroriste al-Nosra – tentent maintenant de discréditer tout témoignage qui les met en cause [*] en diffamant les témoins et en accusant « les médias pro-Assad« .

On peut voir, ci-dessous, comment Le Monde et France culture tentent de se défausser en prétendant que Omrane, « est devenu, aujourd’hui, un outil de propagande du gouvernement de Bashar el-Assad« .

Voir, en pied de page, la réponse de Moscou aux accusations des  médias [**]. [ASI]

 


Omrane, le petit Syrien sauvé des décombres d’Alep, réapparaît sur les médias du régime

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Luc Vinogradoff

L’enfant et son père sont apparus dans plusieurs médias pour défendre le régime et accuser les rebelles d’avoir voulu les instrumentaliser.

 

Extraits

Manipulation et capital médiatique

On peut douter que la succession de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être considérés comme bienveillants envers Damas.

« LA SITUATION ME FAIT DIRE QU’ILS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ CONTRAINTS »

« Ils sont dans une zone sous contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »

Mais avant même sa réapparition médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée », qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».

On peut considérer cela comme une réponse à John Kirby, porte-parole du département d’Etat américain, qui avait baptisé à la même époque Omrane de « vrai visage » de la guerre syrienne.

Aujourd’hui, les médias pro-Assad tentent de récupérer pour la Syrie et ses alliés l’image de la famille Daqneesh et son capital médiatique. Dans la foulée de toutes ces interviews, l’ambassade russe au Royaume-Uni, qui ne renonce jamais à l’ironie, s’est par exemple félicitée, de façon très sérieuse, que « le garçon syrien dont l’image avait été exploitée par les médias propagandistes pour empêcher la libération d’Alep soit en bonne santé. C’est pour cela que la Russie se bat ».

Lire l’article entier sur Le Monde.fr

 


Souffrance et instrumentalisation en Syrie

Par Thomas CLUZEL – 08.06.2017

Source: France culture

«Venez voir la réalité» : Moscou met une journaliste de CNN au défi de rencontrer le «garçon d’Alep»

 
 
Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ».  Par Silvia Cattori
© AFP / Ruptly Source: AFP
A gauche, la journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour. A droite, le petit Omran Daqneesh jouant au ballon.

Le ministère russe des Affaires étrangères a proposé à la journaliste américaine Christiane Amanpour de CNN de rencontrer le «garçon d’Alep» dont elle avait utilisé la photo devenue virale pour critiquer les actions militaires de Moscou en Syrie.

Tout le monde se souvient de cette fameuse photo du petit garçon assis à l’arrière d’une ambulance, blessé et recouvert de cendres à la suite d’une frappe aérienne, dans la ville syrienne d’Alep. Le cliché avait été pris par les controversés Casques blancs opérant en Syrie et était devenu viral dans le monde entier en quelques heures.

Les principaux médias occidentaux avaient massivement repris la photo du petit garçon, qui répond au nom d’Omran Daqneesh, pour décrire la souffrance des populations civiles à Alep, à l’époque divisée entre les forces pro-gouvernementales et rebelles, théâtre de combats meurtriers.

La journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour avait notamment utilisé cette photo lors de son entretien en octobre 2016 avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, afin d’interroger ce dernier sur le soutien de la Russie aux forces du prédisent syrien Bachar el-Assad dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011.

«Que répondez vous aux civils, qui demandent seulement de ne pas être bombardés en permanence ?», avait demandé la journaliste à Sergueï Lavrov. Puis, montrant au chef de la diplomatie russe la fameuse photo du garçon, elle avait ajouté : «C’est un crime de guerre, monsieur.»

Mais récemment, l’histoire du petit Omran Daqneesh a refait surface dans les médias aux quatre coins du monde, après le témoignage de sa famille auprès de certains journalistes, dont ceux de l’agence vidéo affiliée à RT, Ruptly. Le père du garçon, Mohammad Kheir Daqneesh a notamment accusé les Casques blancs d’avoir utilisé sa famille à des fins de propagande.

Moscou propose à Christiane Amanpour de se rendre sur place pour voir la réalité des faits

Le 7 juin, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a mis au défi Christiane Amanpour de se rendre sur place, à Alep, afin de rencontrer la famille du garçon dont elle s’était servie de la photo pour critiquer les opérations militaires de Moscou dans le conflit syrien.

«Elle pourrait avoir assez de courage, d’éthique professionnelle journalistique et de conscience humaine pour aller au bout de l’histoire. Qu’elle se rende en Syrie, à Alep, qu’elle trouve ce garçon et sa famille et s’entretienne avec eux de manière honnête, sans toutes ces mises en scène si propres à CNN», a déclaré Maria Zakharova.

Puis, s’adressant directement à Christiane Amanpour, la porte-parole du Kremlin a ajouté : «Vous pourrez poser toutes vos questions, même les plus difficiles et produire un véritable reportage sur ce qui est arrivé à ce garçon, ainsi que sur la façon dont les médias américains ont instrumentalisé sa photo, son histoire et plus généralement, le destin même de la Syrie depuis des années.»

En résumé, Maria Zakharova a estimé que les médias traditionnels, notamment CNN, avaient été pris «en flagrant délit» d’instrumentalisation de l’image du «garçon d’Alep» et devraient en porter la responsabilité.

La rédactrice en chef de RT Margarita Simonyan a proposé sa collaboration afin d’organiser une entrevue entre Christiane Amanpour et la famille d’Omran Daqneesh, directement à Alep.

«La prochaine fois, Christiane Amanpour et tout autre journaliste de CNN pourront venir avec nous sur le terrain. S’ils ont le courage de parler à ce garçon et à sa famille», a-t-elle déclaré.

Russia Today | 8 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

Source: https://francais.rt.com/international/39401-venez-voir-realite-moscou-met-journaliste-cnn-au-defi-de-rencontrer-garcon-alep


 

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Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #l'horreur économique

Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

 
09 juin 2017
Par : 
Axel Kaça

France 2 et son émission « Envoyé Spécial » ont diffusé jeudi 8 juin un reportage intitulé « Bachar : un ami encombrant ».

Voici le résumé de France 2: «C’est une épine dans le pied du nouveau Président Macron, son dossier le plus brûlant sur la scène internationale : Bachar Al-Assad, l’ex-ami de la France, est devenu le cauchemar de notre diplomatie. Au nom de la lutte contre la menace terroriste, peut-on pactiser avec un dictateur qui a mis son pays à feu et à sang ? Faut-il renouer avec lui et en faire notre allié dans le combat contre Daech ?

Ce documentaire inédit de 52 minutes, le "Document de Complément d’enquête", réunit les acteurs majeurs qui se sont heurtés au "casse-tête Bachar" : Laurent Fabius, Alain Juppé, Claude Guéant, Jean-Yves Le Drian mais aussi des agents du renseignement et d’anciens amis d'Al-Assad. Ils revisitent vingt ans de relations sulfureuses avec l’homme fort de Damas, vingt ans d’illusions et de paris perdus.

Dans cette enquête, François Hollande revient sur les frappes françaises avortées contre le régime syrien en 2013. L’occasion, selon le président sortant, d’en finir avec le “régime du tyran Bachar“. » Nous sommes plongés directement dans le thème, la continuation de la propagande « anti Bachar ». Tout commence par une scène de François Hollande ou celui-ci nous explique que le maintien au pouvoir du président syrien « n’est pas un échec personnel » puisqu’il « a tout fait pour qu’il puisse y avoir une solution en Syrie » , « que Bachar Al-Assad soit considéré comme un problème et non pas comme une solution » et qu’il « a tout fait pour punir ce régime qui faisait des atrocités et qu’il en fait encore ». L’ancien président français a effectivement tout fait pour faire tomber la république syrienne, en soutien aux nombreux groupes islamistes qui n’ont semé que misère et chaos partout où ils passaient.

Ensuite, retour en arrière. On nous montre comment Bachar Al-Assad se retrouva à devoir prendre des responsabilités politiques suite au décès de son frère ainé Bassel Al-Assad et qu’il héritera du « lourd héritage de son père, le général Haffez Al-Assad, l’incarnation du vieux despote, qui durant 30 ans a bâti par la terreur une des dictatures les plus fermées au monde ». Il lui est également reproché d’avoir mis en échec la révolte islamiste à Hama en 1982 qui aurait fait « 30.000 morts ». Rien que ça…

Le reportage expose la relation entre Jacques Chirac et Bachar Al-Assad. Le jeune président apparait alors comme quelqu’un sans expérience, peu impressionnant et facilement manipulable par Jacques Chirac qui le « prend sous son aile » jusqu'à l'événement qui marquera une grande fracture entre les deux pays: l’assassinat du 1er ministre libanais de l’époque Rafiq Hariri, le 14 février 2005, à Beyrouth. Les « soupçons se tournent alors vers le maitre de Damas », « devenu un paria, un criminel aux yeux de la communauté internationale » jusqu’en 2007 quand Nicolas Sarkozy deviendra le nouveau président français et renouera le dialogue car « il s’est mis en tête de convertir les dictateurs du monde arabe à la démocratie et aux marchés ». La phrase est forte et met clairement en avant l’objectif de l’empire: soumettre les derniers bastions de résistance dans le monde arabe.

S’en suit une exposition des allées et venues des représentants des deux pays l’un chez l’autre, « le dictateur opère son grand retour en Occident », « l’heure de la revanche a sonné pour Bachar ». Le président Assad est accusé d’avoir fait de nombreuses promesses sur l’évolution de la Syrie, promesses qu’il n’aurait jamais tenues. « Bachar joue la proximité avec le président français et le charme opère ». Frédéric Mittérand parle de « la technique de Bachar, la courtoisie anglo-saxonne » et le définit comme « charmant, prévenant et attentif ». Tout cela est décrit comme « un numéro bien rodé », « le grand jeu pour occidentaux », le « dictateur » serait donc un manipulateur et cherche à blanchir son image de « tyran » car « pendant ce temps tout les opposants sont emprisonnés même les plus modérés et sont torturés ». Quelques images également sur les contrats entre les deux pays pour d’immenses projets d'investissements qui ne verront jamais le jour car « Bachar impose que les contrats passent par les entreprises de son cousin », c’est « la corruption du gouvernement et du clan Assad ».

Nous arrivons en 2011, date des premiers événements de ce qui deviendra par la suite, une longue guerre. « En Syrie, après quarante ans sous la dictature des Assad le peuple sent venir son heure », nous avons à nouveau le droit à la fameuse histoire des enfants arrêtés et torturés pour avoir tagué sur un mur, « c’est le début des protestations qui en quelques semaines s’étendent ville par ville à travers tout le pays » et Bachar « ordonne à ses troupes de tirer sur les manifestants au début pacifiques ». Le gouvernement français se persuade que Assad devra partir et que ce n’est qu’une question de semaines.

Le reportage accorde quelques mots à Eric Chevalier, ancien ambassadeur de France à Damas de 2009 à 2012 qui nous raconte ce qu’il disait au gouvernement français depuis Damas: « Il y a un régime qui est fort et qui ne donne pas du tout l’impression de vouloir céder et avec une unité du système militaire et sécuritaire qui semble assez forte et on a dit qu’il y a des facteurs de résistance qui font, qu’il nous semble que Bachar ne tombera probablement ni rapidement ni facilement » et lorsque le journaliste lui demande ce qu’on lui a répondu, « évidemment cela crée un peu de surprise parce que les gens sont dans le sentiment qu’il y a eu la Tunisie, Ben Ali est tombé, il y a eu l’Egypte, Moubarak est tombé, Khadafi n’est plus là et qu’il y a un mouvement de l’histoire qui est en train de se produire et qui est inéluctable aussi pour Bachar ».

Le journaliste du Figaro Georges Malbrunot dit clairement que « Eric chevalier n’est plus audible à Paris. on l’appelle, on lui dit « on en a marre de tes télégrammes, on ne veut plus entendre ce discours, Bachar Al-Assad doit tomber, Bachar Al-Assad va tomber». Monsieur Chevalier parle à demi-mot, mais ce qu’il dit apparait comme évident. La France ne veut aucunement tenir compte de la réalité du terrain et veut à tout prix la chute de la république arabe syrienne, alors que celle-ci fait face à des groupes jihadistes. 2012, François Hollande prend place à l’Elysée, comme son prédécesseur il reconnait le « Conseil National Syrien » comme seul représentant légitime du peuple syrien et soutient sans conditions les troupes de « l’armée syrienne libre » en livrant des armes « en étant sur qu’elles aillent entre de bonnes mains » dit-il. 2013, « les rebelles sont aux portes de Damas et Bachar est prêt à tout pour les écraser » nous dit-on.

Nous avons le droit, une fois de plus au « massacre de la Ghouta » le 21 aout 2013, un « bombardement au gaz Sarin » imputé au président syrien, sans la moindre preuve. Lors de cet entretien, François Hollande dit « que nous avons tous les éléments pour punir le régime et Bachar Al-Assad ». Jean Yves le Drian parle lui de « la ligne rouge internationale qui a été franchie ». Le reportage nous rappelle alors que la France a pris en main une coalition pour entrer en guerre contre le régime syrien avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Finalement Cameron fut contraint d’abandonner le projet et Obama en fit de même. « La punition » contre le « régime syrien » avec cinq missiles devant s’abattre sur Damas n’aura pas lieu.

2014, le groupe Daesh s’empare de vastes territoires de la Syrie. Le reportage a le culot de dire que le groupe terroriste a réussi à « enrôler des centaines d’européens déçus de l’inaction de leurs gouvernements face à Bachar Al-Assad », et pourquoi ne pas en faire des héros libérateurs ?!

Le reportage met alors en avant la bêtise de la diplomatie française révélant que celle-ci ne sait pas qui choisir entre combattre Daesh et/ou combattre le « régime syrien » car affaiblir Daesh c’est aider le pouvoir syrien. Assad en profiterait alors pour lancer « une guerre des images » et « se poser en rempart face a Daesh ». Eric Pelletier journaliste au « Parisien » qualifie cela de « piège tendu par Assad ».

Les aviations syriennes et russes sont alors accusées de bombarder essentiellement les « rebelles » et « d’épargner les positions de Daesh, ennemi si utile pour Assad » et Bassma Kodmani, opposante syrienne rajoute: « la présence de Daesh renforce le régime, aujourd’hui lorsque Daesh occupe un territoire ceux qui le combattent ce n’est pas le régime, le régime s’en va quand Daesh arrive, le régime intervient même parfois pour permettre à Daesh de prendre des territoires ». C’est ignoble de dire des tels mensonges, quand, chaque jour de jeunes soldats de l’armée loyaliste combattent et meurent face à Daesh.

Le reportage se conclut par une voix-off nous disant « qu’à lui seul le dictateur aura provoqué le chaos dans son pays désormais réduit en partie à un tas de ruines ». Le service public français a une fois de plus montré à quel point il peut aller dans l’ignominie, dans la propagande la plus abjecte et mensongère contre le président légitime syrien soutenu par une très grande majorité de son peuple.

Le pays est dans cette situation à cause de l’ingérence systématique de nombreux pays, y compris la France, qui ont choisi pour alliés contre le peuple syrien des personnes qu’ils qualifient de terroristes chez eux mais de rebelles "modérés" en Syrie.

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Commentaires sur facebook : 

Claire Bobin ; Ce soir France 2 passe un envoyé spécial à charge contre le Président syrien et la Syrie, documentaire rempli de propagande et de mensonges !!! Honteux on peut mieux les contrer quand on les observe... ils ont détourné des images, des propos, une voix off masquait les dialogues ...ils tentent vraiment tout pour nous cacher leurs crimes nos va-t'en-guerre de l'UE !

Axelle Bertrand : Claire Bobin c'est fait je viens de regarder le reportage d'envoyé spécial. Un ensemble de vérités transformées en pièges machiavéliques, de mensonges et de morceaux choisis détournés du discours d'origine. Et les gouvernements Français présentés comme des représentants inlassables des droits de l'homme sans buts lucratifs. Et la conclusion à vomir: Bachar Al Assad est le seul responsable de ce chaos en Syrie faisant des milliers de morts. Voilà ce qui farcit le cerveau des européens à longueur d'années. Les médias mensonges : une arme de destruction massive.

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«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep — 07 juin 2017

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Le fascisme, #l'horreur économique

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep  — 07 juin 2017

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Omran Daqneesh arborant un drapeau syrien. © Capture d’écran @j_alashkar 


Omran Daqneesh, l’enfant dont la photo a été érigée comme symbole par les opposants à Bachar el-Assad, vit maintenant avec son père dans la ville libérée. Dans un entretien, celui-ci a dénoncé l’exploitation de l’image de son fils.

Près d’un an après la diffusion de la photo de l’enfant syrien sonné dans une ambulance à Alep, des journalistes de l’agence russe Ruptly sont allés à sa rencontre et se sont entretenus avec lui et son père, dont le soutien au gouvernement syrien n’a pas été ébranlé par les drames vécus par sa famille.

«Je m’appelle Omran Daqneesh, et j’ai quatre ans», a déclaré l’enfant souriant. Son père, Mohammad Kheir Daqneesh, a affirmé à Ruptly que sa famille s’était retrouvée «dans la tourmente» à cause des rebelles et de l’exploitation de leurs problèmes à des fins de «propagande».

Lors de la journée fatidique,  quand sa maison a été touchée, Mohammad Daqneesh s’est mis à la recherche de son fils. Lorsqu’il a enfin réussi à le retrouver, des rebelles étaient déjà en train de le filmer, rapporte-t-il.

@Xerxes92005 Omran’s dad tells how « rebels » traded w/blood of his son & how he was offered money 2 do interviews & attack the govt via @j_alashkar

Le père assure que «les rebelles ont saisi l’opportunité de filmer [sa] famille» alors que lui et ses proches sortaient de la maison.

«Ils ont pris Omran pour lui prodiguer les premiers soins, mais avant ça ils l’ont fait s’asseoir pour pouvoir le photographier. Pourquoi cette photographie ? Parce qu’elle a été utilisée pour exploiter [mon fils], comme s’il avait été visé», s’est indigné Mohammad Daqneesh, avant de dénoncer l’organisation des Casques blancs.

«Ils travaillent avant tout avec la presse, c’est un outil qu’ils utilisent. Ils travaillent ensemble […] pour faire des photographies qui appellent à l’émotion», a-t-il ajouté.

«Nous n’avions rien demandé. Et en plus de tout ça, [les rebelles] m’ont envoyé des menaces, des menaces sans fondements, car je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas conspiré contre le pays, je ne reçois pas de dollars pour faire du mal à mon pays», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait dû raser la tête de son fils et changer son nom afin qu’il ne soit pas reconnu.

«Grâce à Dieu, maintenant la situation s’améliore, l’armée progresse et nous sommes de retour dans nos foyers», a-t-il conclu.

La bataille militaire pour la libération d’Alep, bastion de l’opposition, s’est soldée par la victoire de l’armée arabe syrienne appuyée par son allié russe à la fin de l’été 2016.

RT – 7 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

Source: https://francais.rt.com/international/39366-photo-a-ete-utilisee-pour-omran

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Affrontement au Bilderberg 2017 par Thierry Meyssan

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Affrontement au Bilderberg 2017

Alors que le président Trump semble avoir plus ou moins réglé ses problèmes d’autorité intérieure, le conflit se déplace au sein de l’Otan : Washington plaide contre la manipulation du terrorisme, tandis que Londres n’entend pas abandonner un outil si efficace pour son influence. Le Groupe de Bilderberg, initialement organisé comme une caisse de résonance de l’Alliance, vient d’être le théâtre d’un difficile débat entre partisans et adversaires de l’impérialisme au Moyen-Orient.


Cet article a été rédigé le 4 juin 2017. Il ne mentionne donc pas l’actuelle crise diplomatique au Moyen-Orient même si celle-ci en confirme les hypothèses. Deux camps commencent à se former : d’un côté le Qatar et le Royaume-Uni, déjà officiellement soutenus par l’Iran, la Turquie et le Hamas ; de l’autre l’Arabie saoudite et les États-Unis déjà soutenus par le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Israël, la Libye (gouvernement de Baïda), les Maldives, Maurice et le Yémen (gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi).

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Il n’existe aucune photographie de la réunion du Groupe de Bilderberg dont les travaux sont confidentiels. La sécurité de la rencontre n’est pas assurée par le FBI, ni par la police de Virginie, mais par une milice privée et directement par l’Otan.

Le Groupe de Bilderberg a été créé, en 1954, par la CIA et le MI6 pour soutenir l’Alliance atlantique. Il s’agissait de réunir des personnalités du monde économique et médiatique avec des responsables politiques et militaires de manière à sensibiliser la société civile face au « péril rouge ». Loin d’être un lieu de décision, ce club très fermé a historiquement été un forum où les anciens devaient rivaliser de fidélité à Londres et Washington et les plus jeunes montrer que l’on pouvait avoir confiance en eux contre les Soviétiques [1].

C’est lors de la réunion annuelle de 1979 que Bernard Lewis révéla aux présents le rôle des Frères musulmans contre le gouvernement communiste afghan. L’islamologue britano-israélo-états-unien y avait alors proposé d’étendre la « guerre pour la Liberté » (sic) à toute l’Asie centrale.

C’est en 2008, c’est-à-dire deux ans et demi à l’avance, que Basma Kodmani (la future porte-parole de l’opposition syrienne) et Volker Perthes (le futur conseiller de Jeffrey Feltman pour la capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [2]) y expliquèrent tout l’intérêt de soutenir les Frères musulmans pour dominer le Moyen-Orient. Ils soulignèrent la « modération » de la Confrérie face à l’Occident et le contraste offert par le souverainisme « extrémiste » de l’Iran et de la Syrie [3].

Et c’est en 2013 que le leader du patronat allemand, Ulrich Grillo, y plaida pour l’organisation d’une migration massive de 800 000 travailleurs syriens vers les usines allemandes [4].

Le Bilderberg 2017

Le Groupe de Bilderberg vient de tenir son meeting 2017, du 1er au 4 juin, aux États-Unis. Contrairement à l’habitude, les 130 participants n’ont pas tous défendu le même projet. Au contraire, suite aux interventions de Donald Trump au sommet arabo-islamo-US et à l’Otan [5], la CIA et le MI6 ont organisé le premier jour un débat opposant les partisans de la lutte contre l’islamisme à ses soutiens. Il s’agissait bien entendu soit de trouver un compromis entre les deux camps, soit de prendre acte des dissensions et de ne pas les laisser détruire l’objectif initial de l’Alliance : la lutte contre la Russie [6].

Côté anti-islamisme (c’est-à-dire opposé non pas à la religion musulmane, mais à l’islam politique façon Sayyid Qutb), on relevait la présence du général H. R. McMaster (conseiller national de sécurité du président Trump) et de son experte Nadia Schadlow. McMaster est un stratège reconnu dont les théories ont été vérifiées sur le champ de bataille. Schadlow a surtout travaillé sur la manière de transformer les victoires militaires en réussites politiques. Elle s’est beaucoup intéressée à la restructuration des mouvements politiques dans les pays vaincus. Elle devrait prochainement publier un nouveau livre sur la lutte contre le radicalisme islamique.

Côtés pro-islamisme, on notait pour les États-Unis la présence de John Brenan (ancien directeur de la CIA) et de ses ex-subordonnés Avril Haines et David Cohen (financement du terrorisme). Pour le Royaume-Uni, Sir John Sawers (ancien directeur du MI6 et protecteur de longue date de la Confrérie) et le général Nicholas Houghton (ancien chef d’état-major qui prépara le plan d’invasion terrestre de la Syrie). Pour la France, le général Benoît Puga (ancien chef de l’état-major de l’Élysée et commandant des Forces spéciales en Syrie) et Bruno Tertrais (stratège néo-conservateur du ministère de la Défense). Enfin, pour le secteur privé, Henry Kravis (directeur du fonds de placement KKR et trésorier officieux de Daesh) et le général David Petraeus (co-fondateur de Daesh).

Et comme si ce déséquilibre n’était pas suffisant, les organisateurs avaient prévu la présence d’experts capables de justifier l’injustifiable comme celle du professeur Niell Fergusson (historien du colonialisme britannique).

Le possible renversement des alliances

Il faudra un peu de temps avant de savoir ce qui s’est dit au cours de cette réunion et pour comprendre les conclusions que les uns et les autres en auront tirées. Cependant nous pouvons d’ores et déjà constater que Londres pousse à un changement de paradigme au Moyen-Orient. Si le modèle du « printemps arabe » (reproduction de la « révolte arabe de 1916 » organisée par Lawrence d’Arabie pour remplacer l’empire ottoman par l’empire britannique) est abandonné, le MI6 espère créer une nouvelle entente sur la base de l’islamisme politique.

De fait, alors que Washington a renouvelé son alliance avec l’Arabie saoudite et l’a convaincue de rompre avec la Confrérie en échange de 110 milliards de dollars d’armement [7], Londres pousse à une entente entre l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Frères musulmans. Si ce projet devait être poursuivi, on assisterait à l’abandon du conflit sunnite/chiite et à la création d’un « croissant de l’islam politique » allant de Téhéran, à Doha, Ankara, Idleb, Beyrouth et Gaza. Cette nouvelle donne permettrait au Royaume-Uni de maintenir son influence dans la région.

La seule chose qui semble faire consensus entre les Alliés est la nécessité d’abandonner le principe d’un État jihadiste. Tous admettent qu’il faut faire rentrer le diable dans sa boîte. C’est-à-dire d’en finir avec Daesh, quitte à ce que certains continuent avec Al-Qaïda. C’est pourquoi, inquiet pour sa survie, le Calife auto-proclamé a fait secrètement parvenir un ultimatum à Downing Street et à l’Élysée.

Choisir son camp

On verra dans les prochains mois si le retournement de l’Arabie saoudite est bien réel. Ce serait une bonne nouvelle pour les Syriens, mais une mauvaise pour les Yéménites (que le monde occidental ignorerait alors). Il offre la possibilité au roi Salman de faire évoluer le wahhabisme d’une secte fanatique en une religion normale. D’ores et déjà le soudain conflit qui oppose Riyad à Doha à propos de l’Iran se double d’une polémique sur la possible parenté entre le fondateur de la secte, Mohammed ben Abdelwahhab, et la dynastie qatarie des Al-Thani ; une prétention qui a enragé les Séoud.

Le projet de l’« islam politique » consiste à unir les Frères musulmans aux Khomeinistes. Il implique que l’Iran, voire le Hezbollah, substitue cette problématique à la lutte anti-impérialiste. S’il devait voir le jour, il conduirait certainement l’Iran à se retirer de Syrie. La Maison-Blanche le prend très au sérieux et s’y prépare avec effroi. Donald Trump a déjà désigné Téhéran comme son nouvel ennemi dans son discours de Riyad et il vient de nommer Michaël D’Andrea (qui organisa l’assassinat d’Imad Mougniyeh à Damas, en 2008) comme responsable de la section iranienne de la CIA [8].

La Russie s’était préparée à une éventuelle nouvelle donne au Moyen-Orient. Elle a ainsi poursuivi son ambition d’accéder aux « eaux chaudes » en soutenant la Syrie et de pouvoir circuler à travers les détroits des Dardanelles et du Bosphore (indispensables pour entrer en Méditerranée) en se rapprochant de son adversaire héréditaire, la Turquie. Toutefois, à terme, l’islam politique ne pourra que lui causer des problèmes dans le Caucase.

Comme toujours lorsque les joueurs battent leurs cartes, chacun doit se positionner. Le Royaume-Uni défend son Empire, la France sa classe dirigeante et les États-Unis son peuple. Au Moyen-Orient certains se battront pour leur communauté, d’autres pour leurs idées. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi, l’Iran pourrait suivre l’idéal de l’imam Khomeiny en confondant la fin et les moyens. Ce qui était au départ une révolution anti-impérialiste menée avec la force de l’islam pourrait se muer en une simple affirmation de l’usage politique de cette religion.

Les conséquences dans le reste du monde

Le MI6 et la CIA ont pris un grand risque en invitant un non-atlantiste à la réunion du Bilderberg 2017. L’ambassadeur de Chine, Cui Tiankai, qui ne devait intervenir que le quatrième jour du séminaire, a donc pu évaluer dès le premier jour les positions de chaque membre de l’Otan.

D’un côté Pékin mise sur la collaboration de Donald Trump, l’ouverture des États-Unis à sa Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), et le développement de toutes ses routes commerciales. De l’autre, il espère que le Brexit se traduira par une alliance économique et financière avec Londres [9].

L’ambassadeur Cui, qui fut le directeur du Centre de recherche politique du ministère chinois des Affaires étrangères, pourrait donc apparemment se satisfaire d’une simple destruction de Daesh. Mais il n’est pas sans savoir que ceux qui ont organisé le Califat pour couper la « route de la soie » en Irak et en Syrie, puis la guerre en Ukraine pour couper la « nouvelle route de la soie », se préparent préventivement à ouvrir un troisième front aux Philippines et un quatrième au Venezuela pour couper d’autres projets de communication.

De ce point de vue, la Chine, qui comme la Russie a intérêt à soutenir Donald Trump ne serait-ce que pour prévenir le terrorisme dans son propre pays, s’interrogera sur les possibles conséquences à long terme d’une hégémonie britannique dans le « croissant de l’islam politique ».

[2] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[3] Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Editions Demi-lune, 2017.

[4] « Comment l’Union européenne manipule les réfugiés syriens », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mai 2016.

[5] « Trump avance ses pions », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 30 mai 2017.

[6] « La réunion 2017 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2017.

[7] « Donald Trump contre le jihadisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 mai 2017.

[8] « La CIA prépare des opérations secrètes dures contre l’Iran », Réseau Voltaire, 3 juin 2017.

[9] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

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France-Monde arabe : 1967-2017 Un demi siècle d’infléchissements successifs, par René Naba

6 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Turquie, #Politique étrangère

Source : Madaniya, René Naba, 01-06-2017

De la politique arabe à la politique sunnite à la politique wahhabite.

«La définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose et d’attendre des résultats différents ». Albert Einstein

«L’occupation ne peut aller sans oppression, répression, expulsions et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour il qualifie de terrorisme.» Conférence de presse du Général De Gaulle Paris 27 Novembre 1967.

En un demi siècle (1967-2017), la diplomatie française en direction de la rive méridionale de la Méditerranée a subi des infléchissements successifs pour déboucher sur une alliance contre nature avec le pays le plus antinomique de son héritage politique, passant ainsi par dégradés successifs de la politique arabe, à la politique sunnite à la politique wahhabite.

PROLOGUE

Sans remonter aux Croisades, il est généralement admis que la politique française à l’égard du monde arabo-musulman s’est articulée autour de trois grandes dates fondatrices :

  • 1536 : Le traité des Capitulations entre François 1 er et Soliman Le Magnifique.
  • 1798-1801- Le recentrage Bonaparte par déplacement du curseur de la sublime porte vers l’axe Le Caire La Mecque, autrement dit le monde arabe, le noyau central et historique de l’Islam.
  • 1967- La «Grande politique arabe de la France» du Général Charles de Gaulle, soit en quatre siècles trois infléchissements majeurs avec un bilan mitigé.

LE TRAITÉ DES CAPITULATIONS ENTRE FRANÇOIS 1ER ET SOLIMAN LE MAGNIFIQUE

François Ier (1494-1574) et Soliman Le Magnifique, surmonteront leurs récriminations réciproques sur le contentieux des Croisades, particulièrement la Bataille de Poitiers (732), le sac de Jérusalem (1099) et de Constantinople (1204), -«les pages honteuses de l’Occident chrétien», selon l’expression de l’historien Jacques Le Goff-, pour sceller une audacieuse alliance.
Pris en tenaille entre l’Allemagne et l’Espagne, tous deux sous la couronne de Charles Quint (1550-1558), François Ier pactisera avec le chef de l’Empire ottoman, un infidèle, au grand scandale de la chrétienté d’alors, en vue de contrebalancer la puissance du saint Empire.

Dans la même veine de son inspiration, il créera le «Collège des lecteurs royaux», précurseur du Collège de France et imposera l’enseignement de l’arabe, en 1537, qui connaîtra sa consécration cinquante ans plus tard par la création de la chaire d’arabe. Louis XIV parachèvera son œuvre sur le plan culturel. Sous l’impulsion de Colbert désireux de mettre à la disposition des négociants français des interlocuteurs appropriés en Orient, le Roi Soleil fonde la section des langues orientales au Collège Louis le Grand.

Colbert, l’auteur du si horrible «Code Noir de l’esclavage» qui sera publié après sa mort sous l’Édit de Mars 1695, décrétera «le privilège de la terre de France» et son pouvoir libératoire ; une clause de sauvegarde qui permettait de satisfaire un triple objectif : l’affranchissement automatique des esclaves du seul fait de fouler le sol français, la consécration a priori de l’esclavage ans les possessions d’outre-mer et la préservation des intérêts fondamentaux de la France par la mise en valeur de sa tradition d’hospitalité et de son bon renom dans le monde.

Sous la Révolution, la section des langues orientales du collège Louis le grand deviendra une institution autonome «l’École des langues orientales». L’arabe, le turc et le persan y seront les premières langues enseignées. Le général Bonaparte en Égypte décrétera la politique des égards… à l’égard des indigènes. Non pas par tropisme arabo musulman, mais pour l’évidente raison que le respect d’autrui constitue la première forme de respect de soi. En un mot par un réalisme enrobé d’idéalisme qu’il considérera comme le meilleur gage de la pérennisation de son action.

1798- 1801 : LE CURSEUR RECTIFICATIF DE BONAPARTE : LA «POLITIQUE DES ÉGARDS»

Pour rappel : L’expédition d’Égypte de Bonaparte était autant une expédition militaire que scientifique. Une différence de taille avec l’aventurisme français des siècles suivants l’expédition «punitive» de Suez (1956), la guerre de prédation économique de Libye (2011) et de Syrie (2012).

François Ier le précurseur, Bonaparte, le successeur, percevront les dividendes de cette politique d’ouverture vers l’outre-mer, deux siècles plus tard avec Jean François Champollion, l’un des plus illustres élève des «Langues O», déchiffreur des hiéroglyphes égyptiennes, une découverte qui fera de l’Égypte, l’un des centres du rayonnement culturel français en Orient, un exemple de rentabilité opérationnelle, le fameux «retour sur investissement» du jargon moderne.

En stratège, le général corse, sans doute plus averti des subtilités géostratégiques de la Méditerranée, s’est borné à recentrer la politique de son royal prédécesseur considérant que La Mecque et non Constantinople constituait le centre d’impulsion de la politique française de la zone.

Se gardant de tout messianisme, il revendiquera pour la France la charge du domaine régalien, laissant aux autochtones la gestion de leurs propres affaires locales, en application de «la politique des égards», première expression politique de l’autogestion des territoires conquis.

Son neveu, Napoléon III, caressera même le projet de fonder un «Grand Royaume Arabe» en Algérie. Cette évidence mettra deux siècles à s’imposer. Mais, entre-temps, que d’humiliations, que de gâchis. Pour avoir méconnu ce principe, pour avoir renié ces propres principes, la France en paiera le prix.

ENTRE TEMPS, AU XIXE SIÈCLE

Le Monde arabe servira de cible compensatoire aux désastres militaires français successifs sur le théâtre européen, tout au long du siècle depuis Waterloo, fait unique dans les annales militaires internationales.
Waterloo (1815), Mexique (1862), Sedan (1870) Fachoda (1898),
avec leur projection belligène sur le théâtre arabe :

  • Conquête de l’Algérie, en 1830, quinze ans après le désastre de Waterloo 1815)
  • Conquête de la Tunisie, en 1881, dix ans après la défaite de Sedan, en superposition aux avatars de l’expédition du Mexique (1862-1867).
  • Enfin Fachoda (1898), qui débouchera sur la conquête du Mali (Gouraud-Al Many Touré) et le Maroc en 1912.

La crise de Fachoda (en anglaisthe Fashoda incident) est un incident diplomatique sérieux qui opposa la France au Royaume Uni en 1898 dans le poste militaire avancé de Fachoda au Soudan (aujourd’hui, Sud Soudan). Son retentissement a été d’autant plus important que ces pays étaient alors agités par de forts courants nationalistes. Dans l’imaginaire collectif français, la crise de Fachoda reste comme une profonde humiliation infligée par un Royaume-Uni triomphant, hautain et forcément de mauvaise foi. En somme, l’image même de la «perfide Albion» abondamment reprise par la presse et les caricaturistes de l’époque. Cet épisode reste comme l’un des événements fondateurs mais surtout représentatif de la Troisième République encore jeune et fragile, au même titre d’ailleurs que les scandales politiques et financiers ui ont émaillé le dernier quart du xixe siècle en France.

Au XXe siècle, la politique arabe de la France

Dans la première partie du XXe siècle, la politique arabe de la France que Nicolas Sarkozy, pourtant issu de la famille gaulliste, a cherché à déconstruire avec le soutien actif des transfuges atlantistes philo sionistes, notamment Dominique Strauss Khan et Bernard Kouchner, a surtout consisté pour les pays arabes à voler au secours de la France, à deux reprises, au cours du XXe siècle, pour l’aider à vaincre ses ennemis, notamment en 1939-1945, en l’aidant à se débarrasser du joug nazi dont une fraction importante de la communauté nationale de confession juive en avait lourdement pâti.

Avec en contrepoint et pour prix de la contribution arabe à la libération de l’Alsace-Lorraine, l’amputation de la Syrie du district d’Alexandrette et sa cession à la Turquie, l’ennemi de la France lors de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), et la carbonisation au napalm des habitants de Sétif, en Algérie, (1945), le jour même de la victoire alliée dans la deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), ainsi que la fourniture dans la foulée à Israël de la technologie nucléaire au centre de Dimona (Néguev).

1967-2017 LA GRANDE POLITIQUE ARABE DU GÉNÉRAL DE GAULLE

Le tournant de la «Grande politique arabe» du Général de Gaulle est intervenu, en 1966, dans la foulée de l’indépendance de l’Algérie, clôturant une rupture quasi générale de la France avec le Monde arabe de dix ans, consécutive à l’expédition de Suez (1956), une agression tripartite des deux anciennes puissances coloniales de la zone (France-Grande Bretagne) de concert avec leur créature Israël.

Elle impliquait une politique d’ouverture sur l’ensemble de la rive sud de la Méditerranée, le Monde arabe, indépendamment de leurs systèmes politique -monarchiques ou républicains, progressistes ou conservateurs, aussi bien le Maroc que l’Algérie, la Libye que l’Arabie saoudite-, mais aussi les autres puissances régionales musulmanes du Moyen Orient : la Turquie (sunnite et laïc) et l’Iran (chiite).

Signe de la bonne entente Paris-Téhéran, le premier ministre de l’époque Georges Pompidou représentait la France aux festivités de Persépolis célébrant les fastes de l’Empire Pahlévi. La France, l’un des plus importants pollueurs nucléaires de la planète, équipementier d’Israël (Dimona) et de l’Apartheid d’Afrique du sud, nouait, parallèlement, une coopération nucléaire avec l’Iran impériale via le consortium EURODIF, avant que les hiérarques français -Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner et Laurent Fabius- ne se drapent dans la dignité d’une dinde effarouchée dans la perspective d’un Iran nucléarisé.

A – L’Irak (1968) et la Libye (1969), deux percées majeures de la diplomatie gaulliste dans d’anciennes chassées gardées anglo saxonnes

En treize ans (1966-1979), la diplomatie gaulliste a permis deux percées majeures de la France dans d’anciennes chasses gardées anglo saxonnes :

En Libye (1969) avec le «contrat du siècle» de 105 Mirage conclu par le gouvernement de Jacques Chaban Delmas avec le colonel Kadhafi. Et la préservation de la quote-part de Total lors de la nationalisation de l’IPC (Iraq Petroleum Company), en Irak, par Saddam Hussein.

L’illustration la plus significative de la solidarité franco-arabe s’est manifestée lors de la guerre d’octobre 1973 avec la phrase de Michel Jobert, à l’époque ministre des Affaires étrangères : «Est ce que tenter de rentrer chez soi constitue forcément une agression ?», pour justifier le franchissement du Canal de Suez et la destruction de la Ligne Bar Lev par l’armée égyptienne. Avec en retour, le traitement de faveur réservé à la France lors du boycott pétrolier des pays amis d’Israël.

B – Le choc pétrolier de 1973 : «Des idées mais pas du pétrole»

En 1973, La France est officiellement le partenaire privilégié du Monde arabe, officiellement épargnée par le boycottage pétrolier anti-occidental, le principal bénéficiaire du boom pétrolier, le principal bénéficiaire des contrats pétro monarchiques, mais les Français se cramponnent à une xénophobie lancinante, crispés sur un comportement guidé par une psychorigidité nourrie d’une nostalgie de grandeur.

Tout le monde garde présent à l’esprit les traits d’humour d’une époque où les Français exultaient de compenser leur absence de ressources naturelles par une prétendue supériorité intellectuelle, affichant leur fierté de ne «pas avoir de pétrole mais des idées», formule qui peut se décrypter de la façon suivante : «pas d’essence, mais la quintessence de l’esprit», humour qui sous-tendait une arabophobie ambiante dans une période où les arabo-musulmans étaient cloués au pilori pour avoir osé frigorifier les Français avec leur crise de l’énergie.

Le renchérissement du coût du pétrole était vécu comme un crime de lèse-majesté, alors qu’il s’agissait d’un problème de rajustement des prix du brut, longtemps outrageusement favorables aux économies occidentales.

La contradiction entre l’ouverture pan-arabe de la diplomatie française et la crispation identitaire de l’opinion française posait déjà à l’époque le problème de la mise en cohérence de la politique française à l’égard du fait arabo-musulman.

1979 : VALÉRY GISCARD D’ESTAING, LES PRÉMISSES D’UNE POLITIQUE SUNNITE EN SUBSTITUTION À LA POLITIQUE ARABE

Le premier infléchissement à la politique gaullienne a été, naturellement, le fait de Valéry Giscard d’Estaing, un «gaulliste sous toute réserve («Oui Mais»), en 1979, sous l’influence du complexe militaro industriel français qui conduira la France à perdre délibérément le bénéfice de l’hospitalité qu’elle avait accordée à l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny (Neauphle-le-château).

Initiée par le néo gaulliste Jacques Chirac (1974), le partenariat stratégique avec l’Irak fera de la France un «cobelligérant de l’Irak» dans sa guerre contre l’Iran Khomeiniste chiite (1979-1989), par ricochet l’alliée du bloc des pays sunnites arabes qu’ils soient Républicains (Irak, Égypte) ou monarchistes (les pétromonarchies du Golfe).

Curieux retournement que celui de la France et de l’Irak, les deux pays qui avaient accordé l’asile politique à l’Imam Khomeiny du temps de son exil, dont 14 ans à Najaf (sud de l’Irak), qui se retournent contre lui à son arrivée au pouvoir pour lui mener une guerre de près de dix ans… dont les rebondissements ultimes déboucheront sur la fin de Saddam Hussein, la perte de l’Irak par la France et son passage sous influence iranienne.
Drôle de résultat pour un pays qui se targue de la rationalité cartésienne.

LA FRANCE, FER DE LANCE DU COMBAT CONTRE LE MONDE CHIITE

Sous le tandem Chirac-Giscard et son prolongement socialiste animé par François Mitterrand (1979-1995), la France se positionnera en fer de lance du combat contre le Monde chiite. D’abord en tant que cobelligérant de l’Irak contre l’Iran (1979-1989), deux décennies plus tard, dans la guerre contre la Syrie (2011-2016), le maillon intermédiaire de «l’Axe de la Résistance» à l’hégémonie israélo-occidentale ; puis dans son rôle dans la mise sur pied d’un Tribunal Spécial International sur le Liban, chargé de juger les assassins de Rafic Hariri, un crime interne instrumentaliser pour criminaliser tant la Syrie que le Hezbollah libanais, enfin dans son rôle d’obstruction dans les négociations internationales sur le nucléaire iranien.
Par ricochet, la France, pendant une décennie (1980-1990), se trouvera en butte avec le «noyau dur du Monde arabo-musulman», au Tchad face à la Libye, au Liban face à la Syrie, avec les attentats du Drakkar, l’assassinat de l’ambassadeur de France Louis Delamarre, la spirale des otages, dont le plus illustre dommage collatéral sera le chercheur Michel Seurat.
Face à l’Iran, enfin, en France même, où les attentats de Paris (1986-1987), salueront le retour au pouvoir de Jacques Chirac à la faveur de la 1 ère cohabitation socialo-gaulliste.

LE «PRINTEMPS ARABE» (2011-2016), LE SACCAGE DES ATLANTISTES PHILO SIONISTES, NICOLAS SARKOZY ET FRANÇOIS HOLLANDE

A- La Libye, le deuxième infléchissement de la politique arabe du Général de Gaulle

Percée de la diplomatie gaulliste dans la décennie 1070, la Libye sera détruite et le pré carré français en Afrique durablement déstabilisé, 40 ans plus tard, par Nicolas Sarkozy un post gaulliste, « le premier président de sang mêlé » de France, tel qu’il s’est défini avec ce terme de grande ambiguïté, sans préciser la nature de ce métissage : Franco hongrois ? Ou Judeo chrétien ?
Menée contre un pays sunnite à structure républicaine en coalition avec les pétro-monarchies wahhabites, la guerre contre la Libye a marqué un nouvel infléchissement de la « politique arabe du Général de Gaulle », réduite désormais à une solidarité avec les pays musulmans sunnites d’obédience exclusivement wahhabite, à structure monarchique.

LA DIPLOMATIE FRANÇAISE AU XXIE SIÈCLE : UNE DIPLOMATIE ATLANTISTE PAR UN COUPLAGE DU WAHHABISME AVEC LA DROITE ISRAÉLIENNE

De solidarité avec les pays sunnites (Guerre contre de l’Iran 1979-1989), la diplomatie française en direction du Moyen orient s’est ainsi réduite à une solidarité avec les pétromonarchies et les pays se réclamant du néo-islamisme (Turquie).

La Libye a en effet scellé la nouvelle politique arabe du pouvoir français dans ses deux versions -post gaulliste et socialo-motoriste. Une politique de substitution.

Une politique d’alliance avec le wahhabisme (Arabie saoudite, Qatar et le néo islamiste Erdogan) en substitution à la politique sunnite, prolongée par une solidarité avec la droite israélienne.
François Hollande a même été jusqu’à assurer Benyamin Nethanyahu dans sa cuisine qu’il dénichera toujours une chanson d’amour pour Israël».

La guerre de Syrie accentuera cette tendance, particulièrement amplifiée avec l’entrée en scène de Laurent Fabius, le petit télégraphiste des Israéliens dans les négociations internationales sur l’accord sur le nucléaire iranien.

61 ans après l’agression tripartite (anglo-franco-israélienne) de Suez (1956), les socialistes s’inspirant de leur modèle Guy Mollet, laisseront libre cours à leur prurit belligène à l’égard des Arabes. Au nom du combat contre la démocratie.

Nasser en son temps avait été qualifié de Bickbachi et comparé à Hitler, le clan Assad de dictature sanguinaire, dans une alliance contre-nature avec les gérontocrates édentés, lubriques et libidineux du Golfe.

Que l’on ne s’y méprenne pas : L’alliance franco turque du XXIe siècle ne constitue en aucun cas une réédition du traité des Capitulations, mais une alliance, là aussi, contre nature entre la France et un pays présidé par un néo islamiste, Reccep Tayyib Erdogan, qui fait office de plaque tournante du djihadisme planétaire, le gestionnaire du flux migratoire des sinistrés de la politique occidentale vers l’hémisphère sud à destination d’une Europe en crise systémique.

BILAN

1er postulat : Le privilège de la terre de France a volé en éclat, dommage collatéral de la cécité politique des gouvernants. Il n’est pas indifférent de noter à ce propos que les plus célèbres réfugiés politiques du Moyen Orient en France de l’époque contemporaine, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, guide de la révolution islamique iranienne, et l’ancien chef du gouvernement intérimaire libanais, le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libanais (CPL), se soient retournés contre leur pays hôte à leur retour au pays natal. Du fait de la France.

En application du primat sunnite, tendance wahhabite, Jacques Chirac, -incarnation non du gaullisme mais du gaullisme d’entreprise-, privilégiera, au Liban, l’alliance avec le milliardaire libano-saoudien Rafic Hariri.

Il mettra à l’index des forces représentatives libanaises, tel le Général Michel Aoun, chef du plus important parti politique chrétien, de même que le Hezbollah, dont le président français souhaitait qu’il soit passible de «mesures coercitives» alors que la formation paramilitaire chiite faisait face à une guerre de destruction du Liban de la part d’Israël, en juillet 2006.

Dans ce contexte, la «déconcertante alliance» du Hezbollah et du général Michel Aoun, pour reprendre l’expression des analystes occidentaux, apparaît comme la résultante et la réplique de la «déconcertante attitude» des Occidentaux à l’égard des aspirations du monde arabe, particulièrement en ce qui concerne la Palestine et les Chrétiens d’orient.

Une alliance d’autant plus impérieuse pour «préserver le caractère arabe» qu’elle a brisée stratégiquement le clivage confessionnel islamo chrétien de l’équation libanaise. L’adhésion à cette alliance du parti Tachnag, le plus important parti arménien de la diaspora, rejoint ces préoccupations, de même que les réticences du nouveau patriarche maronite à opter pour un alignement inconditionnel à la stratégie occidentale en terre arabe.

2e postulat : la France protectrice des Chrétiens d’orient. Voyons voir.
Terre d’asile, La France, fille aînée de l’église, accueillera les Arméniens rescapés du génocide turc, en 1915, mais, paradoxalement, gratifiera de son forfait la Turquie, leur éradicateur et ennemi de la France lors de la première guerre mondiale, en lui offrant sur un plateau, Hatay, par amputation du District d’Alexandrette de la Syrie.

Une opération qui s’est révélée être une aberration de l’esprit vraisemblablement unique dans l’histoire du monde, pathétique illustration d’une confusion mentale au nom de la préservation de prétendus intérêts supérieurs de la nation au détriment de la victime.

Protectrice des chrétiens d’Orient, elle a facilité l’accès de son territoire aux Libanais fuyant les ravages de la guerre civile (1975-1990), mais elle a, dans le temps institutionnalisé et instrumentalisé le confessionnalisme politique, au mépris du principe de la laïcité et de la séparation de l’église et de l’état, un des principes fondateurs de la République française.

EN GUISE DE CONCLUSION

Comment expliquer l’alliance de la France avec les forces les plus rétrogrades et les plus répressives du Monde arabe, sous couvert de combat pour la démocratie, son prédécesseur gaulliste avec le Qatar, le parrain des destructeurs des sites islamiques de Tombouctou, et le successeur socialiste, avec le Royaume wahhabite.

L’empressement à faire intervenir le GIGN lors de la prise de la Mecque, en novembre 1979, et la passivité face au saccage des stèles de Tombouctou par les Wahhabites d’Ansar Eddine ?

Comment expliquer une alliance avec le parrain des preneurs d’otages des prélats de Syrie, de quatre journalistes français, des destructeurs des sites religieux, notamment de Maaloula, dans la banlieue de Damas, l’un des plus anciens sites antiques de l’humanité, dont les habitants parlent l’araméen, la langue du Christ, dont les religieuses ont fait office de bouclier humain.

Une alliance avec le maître de l’intolérance et de la xénophobie, celui dont l’un des dignitaires religieux a décrété la destruction des églises de la péninsule arabique, prioritairement aux nombreuses bases militaires occidentales qui paralysent la souveraineté de ces émirats mirages, ne se doutant nullement des inconséquences de ses propos qui pourraient entraîner, en représailles, une réplique de la xénophobie européenne sur les quatre mille mosquées qu’abrite la rive nord de la Méditerranée.

Comment expliquer enfin la nouvelle alliance avec la Turquie contre la Syrie, qui abrite le mémorial du génocide arménien à Deir Ez-Zor. Contre la Syrie, le siège des patriarcats d’orient depuis la chute de Constantinople. Contre la Syrie, que la France a amputé du district d’Alexandrette, cédée à la Turquie en guise de bonus à son génocide.
Chrétiens de Syrie et d’ailleurs doivent se pénétrer d’une réalité première à savoir que l’Occident, particulièrement la France, protectrice des chrétiens d’Orient, a été leur fossoyeur.

La création d’Israël a entraîné l’exode des chrétiens palestiniens, l’agression anti nasserienne de Suez, en 1956, l’exode des chrétiens d’Égypte, l’invasion américaine de l’Irak, l’exode des chrétiens d’Irak; et la bataille de Syrie, l’exode des chrétiens de Syrie, alors que la guerre civile libanaise a provoqué un exode massif des chrétiens libanais, dans une tentative occidentale de fixer sur place les Palestiniens et de faire du Liban leur patrie de rechange.

Que reste-t-il de la politique d’amitié affairiste du tandem Chirac-Hariri à l’origine de la mise à l’index du Général Aoun ?
L’ancien premier ministre Rafic Hariri a été pulvérisé par un attentat, en 2005, de même que le responsable de son service de sécurité, Wissam Hassan, la dague sécuritaire du clan saoudo-américain au Liban, ainsi que les vecteurs médiatiques de la diplomatie atlantiste, Gébrane Tuéni et Samir Kassir (Groupe An Nahar).

Son fils et successeur Saad a été caramélisé, dix ans plus tard, par sa déconfiture financière et sa faillite politique, au terme d’un long exil en Arabie saoudite, en plein «printemps arabe», qui lui a valu le sobriquet infamant de «planqué de Beyrouth».

Du côté français, Jacques Chirac, pensionnaire posthume de son ami libanais Rafic Hariri assassiné du fait du retournement de la politique française au Liban, sera, lui, le premier président français depuis Pétain à faire l’objet d’une condamnation de Justice et son successeur, Nicolas Sarkozy, qui voulait confiner l’Iran et sanctuariser Israël avec son projet d’ «Union Pour la Méditerranée», est en maille avec la justice pour des affaires en rapport avec l’argent illicite… de Bygmalion au financement libyen de sa campagne présidentielle.

Le retour sur investissement de la politique arabe de Bonaparte a eu pour nom Lesseps, Canal de Suez, Champollion, hiéroglyphe… un rayonnement qui perdure encore de nos jours.

Le retour sur investissement de la politique arabe du tandem philo sioniste atlantiste Sarkozy-Hollande a eu pour nom Mohammed Merah, les Frères Kouachi, Hédi Nemmouche, Si Ahmed Glam, Salah Abdel Salam, Charlie Hebdo, Paris Bataclan, Nice etc.. Un bain de sang qui déshonore les stratèges en chambre du nouveau cours de la diplomatie française.

Si la France se range de nos jours dans le camp de la démocratie, elle le doit certes aux « Croix Blanches » des cimetières américains de Normandie, mais aussi au sacrifice des quelques cinq cent mille combattants du Monde arabe et africain qui ont aidé la France à se libérer du joug nazi, alors qu’une large fraction de la population française pratiquait la collaboration avec l’ennemi. Cinq cent mille combattants pour la Première Guerre mondiale (1914-1918), autant sinon plus pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945).

Au terme d’un centenaire calamiteux généré par une gestion aberrante des accords Sykes-Picot, la politique française en direction du Monde arabe porte la marque de stigmates de sa diplomatie erratique dont la scarification morale aura été, symboliquement, la Légion d’Honneur épinglée sur la poitrine du prince héritier d’un Royaume détenteur du record mondial des décapitations, la marque de fabrique de son pupille Daech, la terreur de la France et du Monde occidental.

Pays européen disposant de la plus importante façade maritime face la rive musulmane de la Méditerranée, abritant de surcroît la plus importante communauté arabo musulmane de l’Union Européenne, ces deux paramètres commandent à la France de définir une stratégie à long terme en direction de son environnement méditerranéen et non de réduire sa «politique arabe» à une variable d’ajustement conjoncturel de la compétitivité de son complexe militaro-industriel et du train de vie des dirigeants français, particulièrement des béquilles financières dont ils escomptent se doter du fait de leur mansuétude à l’égard de leurs mécènes : Valéry Giscard D’Estaing du diamantaire Bokassa, Jacques Chirac de son hébergeur posthume Rafic Hariri, le sang mêlé Nicolas Sarkozy du crésus du Qatar et le socialo motoriste François Hollande de la dynastie wahhabite dont il décernera la Légion d’Honneur à son prince héritier.

L’honneur de la France lui commande de rompre avec la politique de la punition et de l’humiliation, si préjudiciable à son renom.

  • De favoriser, non la balkanisation du Monde arabe, mais son unité afin de doter cet ensemble d’un seuil critique à l’effet de fonder un véritable partenariat avec l’ensemble européen, sur un pied d’égalité.
  • De contribuer à la renaissance non du chauvinisme bureaucratique, mais une forme rénovée du nationalisme arabe sur de bases démocratiques, meilleur garde fou à l’expansionnisme néo-islamiste confrérique de sensibilité wahabbiste, si destructeur de civilisations, si destructeur de nos valeurs communes.
  • Dernier, mais non le moindre, Restaurer le peuple palestinien, victime par excellence des turpitudes occidentales, dans ses droits nationaux légitimes, tant il est vrai qu’il ne saurait y avoir de sérénité trans-méditerranéenne sans le recouvrement du peuple palestinien de sa dignité.

Source : Madaniya, René Naba, 01-06-2017

 

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