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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

L'axe du mal. Quand un idiot utile rencontre un autre idiot utile... Qu'est ce qu'ils se racontent ?

6 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

L'axe du mal

 
Quand un idiot utile rencontre un autre idiot utile... 
Qu'est ce qu'ils se racontent ? 
 
Le chef du secteur droit Dmitri Iaroch accueillant à Odessa  un Commandant islamiste affilié a Daesh,
C'est une réalité naturelle, quand un chacal et une hyène mangent à la même gamelle ils deviennent les clébards obéissant de celui qui la remplit et pour le temps que dure cette dépendance servile... 
 
Il en est ainsi des islamistes et des néo-nazis...
 
La politique étrangère étasunienne qui impose une hégémonie mondiale à force de coups d'état, révolutions et guerres directes ou indirectes, a développé depuis l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques (1979-1989) une stratégie du chaos par procuration. De Ben Laden à El Baghadi, les pyromanes du Nouvel Ordre Mondial chassent les dissidents des pays non alignés en allumant des incendies rabatteurs pour que l'OTAN viennent ensuite éteindre l'incendie et protège l'installation occidentale d'une "tutelle permanente" sécuritaire mais surtout  économique servant les intérêts d'une ploutocratie vampirique...
 
Isa Munayev, commandant le bataillon Doudaiev,
il sera tué à la bataille de Debaltsevo en 2015
La réunion des contraires est bien la preuve de l'existence d'un maître commun; et c'est ainsi que depuis 2 ans on peut observer un rapprochement certain entre les groupuscules néo nazis ukrainiens combattant depuis le Maïdan jusqu'au front du Donbass avec les terroristes islamistes ravageant le territoire syrien depuis 5 ans, qu'ils soient vétérans des guerres caucasiennes (Tchétchénie Géorgie).ou égorgeurs du nouvel Etat islamiste...
Et c'est leur russophobie commune qui est le levier principal des USA pour recruter ces extrémistes différents.
 
On pourrait penser peut-être anecdotique ces associations de fanatiques qui se concrétisent par la présence sur le front du Donbass d'unités composées d'islamistes tchétchènes comme par exemple les bataillons  Cheikh Manour ou Doudaïev, affiliés à Daesh. 
 
Or force est de constater que la fusion entre les soudards d'Orient et d'Occident est une réalité croissante, tant sur le plan militaire qu'économique et même politique et ceci grâce notamment à l'appui et l'aide fournis par la Turquie d'Erdogan...
 
Tchétchènes brandissant le drapeau de l'état ​​islamiste auto-proclamé "Itchkérie" (Tchétchénie de 1993 à 1999)
Bien qu'encore en très petit nombre, les volontaires islamistes qui arrivent sur le front du Donbass en provenance de Syrie sont de plus en plus nombreux, ceci étant la conséquence directe des défaites subies par leurs organisation terroriste chassée par l'aviation russe et l'armée syrienne, et d'un engagement plus agressif de l'Etat turc contre la Russie.
 
Le laquais Djemilev devant son maître 
Ainsi par exemple il a été annoncé lors du congrès mondial des tatars (200 000 en Crimée et 5 millions en Turquie) tenu à Ankara le 1er août 2015, la création d'un bataillon de 1000 combattants islamistes et qui sera basé dans le secteur de Kherson aux portes de la Crimée. Cette annonce a été faite par Moustafa Djemilev fidèle à Kiev par pure russophobie. C'est un ex dissident condamné par l'URSS et qui sera plus tard approché par les services américains qui cherchent l'appui des tatars pour des opérations subversives. De son nom turc Moustafa Abdülcemil Cemiloğlu  soutiendra la révolution colorée de 2004, puis en 2007 il est à un "congrès anti impérialiste" organisé par la CIA à Ternopol. 
 
En 2014 il soutient le Maïdan, et la même année le 3 juin il rencontre en Pologne...le Président Obama ! Depuis il anime la contestation du retour de la Crimée au sein de la Fédération de Russie et prône le développement d'actions terroristes dans la péninsule.
 
Et qu'en est-il du gouvernement Porochenko ?
 
Tout d'abord, l'Ukraine et la Turquie se rapprochent de plus en plus à travers différentes coopérations dont l'intention politique sous-jacente est de créer un front contre la Russie voisine. Ainsi dans le domaine économique, pour des moteurs d’avion, de radars, de technologies de communication et de systèmes de navigation, mais aussi dans le domaine militaire ou un accord de coopération a été signé le 15 février 2016 à Kiev par les Premiers ministres ukrainien et turc, Arseni Iatseniouk et Ahmet Davutoğlu, programmant des fournitures de matériel à Kiev ainsi que l'implantation d'une base turque en Ukraine avant la fin de l'année.
 
"la Turquie a prévu de construire une base militaire en Ukraine à la fin du mois de septembre pour améliorer la sécurité nationale de notre pays contre les menaces potentiels qui pèsent sur la Turquie, parmi eux la Russie" - Premier Ministre turc - 15 février 2016
Concernant les islamistes de Daesh dont on connaît maintenant le partenariat avec Ankara, notamment dans le cadre de la vente illégale du pétrole produit par les organisations terroristes opérant sur le sol syrien, voilà ce qu'en pense le "Piètre" Porochenko :

Gouvernement d'Ukraine et Daesh solidaires ?

Le fait que le satrape de Kiev compare dans une bouffée russophobe délirante l'Etat islamiste et l'Ukraine (on ne va pas complètement le contredire) prouve s'il en était besoin l'amoralité de ces 2 régimes fanatiques, et dont le rapprochement entre L'Ukraine et la Turquie risque d'offrir des passerelles nombreuses.

Surtout que la hyène et le chacal n'ont pas attendu cette "normalisation" d'un terrorisme étatique russophobe de part et d'autre de la Mer Noire, car dès le deuxième semestre 2015, l'Ukraine (dont le Président est un "Charlie" depuis janvier 2015) a procédé à des livraisons d'armes à destination de l'Etat Islamiste... "A tout saigneur toute horreur" et la France serait bien mal de critiquer cet aide au terrorisme pour l'avoir elle-même inauguré !

Ukraine et daesh (EI) - vente d'armes et soutien ? . Vincent Parlier Vincent Parlier S'abonner1 617 . Ajouter à Partager Plus 6 423 40 5 . Ajoutée le 28 nov. 2015 Si l'agence de presse du Koweït n'avait pas elle-même rapporté l'arrestation de membres d'un réseau de trafic d'armes depuis l'Ukraine vers Daesh, probablement personne parmi le public pré-conditonné n'aurait cru la suite de la vidéo. Et pourtant... L'Ukraine n'est certes pas la seule dans le coup. Le gouvernement français, jusqu'ici très ami avec le gouvernement post-maïdan de Kiev (jusqu'à preuve du contraire...) a collaboré de la même manière, et plus "généreusement" (jusqu'à ce que la catastrophe du 13 novembre lui ouvre apparemment les yeux): http://www.youtube.com/watch?v=36YQKj... . Ce retour de l'Ukraine dans l'actualité est l'occasion pour un rappel: http://www.youtube.com/playlist?list=... . Cette alliance pas si surprenante qu'elle peut le paraître pouvait s'anticiper ici: http://www.youtube.com/watch?v=8HNZtu... . On se rappellera "l'humour noir" (involontaire) de P. Porochenko lors des attentats de janvier: http://www.youtube.com/watch?v=6u8Dre... . Syrie, Libye et plans complètement fous: https://www.youtube.com/playlist?list... . Plus Chargement… Lecture automatique À suivre Daesh - La Turquie tombe le masque (média conventionnel) Vincent Parlier 19 876 vues 2:46 Michel Onfray dénonce les bombardements contre daesh !!! ChicoXx Pablo 11 926 vues 7:49 Conflit Russie-Ukraine: les enjeux pour la France, Jean-Pierre Thomas, dans GMB -- 05/05 BFMbusiness 1 358 vues 7:59 MH17 abattu - Rapport final et interprétations Vincent Parlier 2 517 vues 6:56 Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur France Inter ! Vincent Parlier 332 825 vues

Ainsi donc Daesh et Kiev se marient ensemble avec Ankara et bien sûr Bruxelles comme témoins d'une cérémonie célébrée par Washington ! 
 
Après tout, comme le dicton populaire le rappelle : "Qui se ressemble s'assemble" !
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 
 
"Un bon toutou à son papa ça !'"
Le sénateur étasunien John Mac Cain décorant un islamiste en Syrie. 
 
Sources de l'article :
 
- Sur les tatars de Crimée, le lien : ICI
- Vidéo YouTube, le lien : ICI
- Vidéo YouTube, le lien : ICI
 
 
 
 
 
 
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Après les sauveurs du Thalys et d'autres, le Prince héritier saoudien...est décoré par Hollande de la légion d'honneur. Quelle honte!

6 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Le fascisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

05/03/2016

Après les sauveurs du Thalys et d'autres, le Prince héritier saoudien...

 

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Ce 4 mars 2016, François Hollande a remis la Légion d'Honneur au Prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz al Saoud.

L'information est publiée sur le site de l'Agence de presse saoudienne officielle:

http://www.spa.gov.sa/viewstory.php?lang=fr&newsid=14...

Selon le site Europe-Israël News, cet honneur rendu par le Président français au Prince saoudien l'aurait été en toute discrétion, sans que cela ne soit publié au Journal Officiel.

Soit et bien en prenne la France!

Il est vrai que l'Arabie Saoudite est une grande démocratie et que ses efforts dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme valent bien la distinction française suprême.

On se réjouit d'entendre et/ou de lire les réactions des communautés et autres associations qui n'ont de cesse de se mobiliser pour le respect de leurs droits.

Quant à la manière d'informer de cet honneur rendu par le Président de la France au Prince d'Arabie Saoudite, à chacune et à chacun d'apprécier.

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Une vidéo incontournable sur la Syrie, la vérité commence à transpirer.

4 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #La Turquie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Une vidéo incontournable sur la Syrie, la vérité commence à transpirer.

Incorruptible journal

18 février 2016, la ‪#‎vérité‬ fait enfin son apparition.

- La ‪#‎France‬ à livré armes et moyens logistiques aux "rebelles syriens" (Al Nostra)
- Les ‪#‎attaques‬ ‪#‎chimiques‬ n'ont pas été commanditées par ‪#‎BacharElAssad‬
- Les "groupes rebelles" sont à l'origine de l'utilisation d'armes chimiques

Rappel : Al Nostra est une filliére syrienne de Al Quaida s'évissant en Irak.

Dérriere ces jeux d'alliances se cache une bien triste réalitée...
Comme pour l'Irak , l'Afghanistan et la libye, les ‪#‎USA‬ / ‪#‎Europe‬ en quête perpetuelle de ressources, ont encore une fois utilisés ‪#‎mensonges‬ et perversions pour ‪#‎attaquer‬ et piller une nation.
Une enquête demandant la recherche d'éventuels financements du groupe " ‪#‎EtatIslamique‬" fût aissitôt refusée par l'Assemblée Nationale...

A suivre prochainement : Conflit Syrien, ‪#‎Guerre‬ pour le contrôle des ‪#‎ressources‬ ?

‪#‎PrayForSyria‬
Incorruptible Journal

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Moscou: pourquoi une nounou musulmane tue une enfant russe de 4 ans?

3 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

jeudi 3 mars 2016

Moscou: pourquoi une nounou musulmane tue une enfant russe de 4 ans?

 
Гюльчехра Бобокулова
 
Le 29 février, la population russe est tombée sous le choc en apprenant qu'une nounou venue d'Ouzbékistan venait de décapiter une petite fille russe de 4 ans et d'exhiber sa tête auprès d'une station de métro du centre de la capitale russe. Digne des pires scénarios des oeuvres cinématographiques de l'état islamique, la version d'un acte isolé dû à la schizophrénie de la personne reste pourtant la piste principale des enquêteurs du Comité d'enquête.
 

 
G. Bobokoulova, 38 ans, citoyenne d'Ouzbékistan, travaillait comme nounou depuis une année environ chez une famille russe moscovite, composée de deux enfants. Un matin, le 29 février, alors que la famille part avec l'aîné, elle reste avec la petite fille, la tue, la décapite et met le feu à l'appartement. Plaçant la tête dans un sac, elle se dirige vers la station de métro dans le centre de Moscou Oktiabrskoe Pole. Lorsqu'un policier lui demande ses papiers, à la place de son passeport, elle sort du sac la tête de la petite fille de 4 ans, la brandit, menace de se faire exploser et se met à crier Allah Akbar.
 
Elle laisse en Ouzbékistan un ex-mari et trois fils de 19, 18 et 15 ans, qui vivent dans la famille du père après l'internement en hôpital psychiatrique de la mère en 2002 suite à une crise de schizophrénie. Le père a alors récupéré les enfants et divorcé.
 
Actuellement, deux versions sont principalement examinées par les autorités russes: la crise de schizophrénie, même si les enquêteurs n'excluent pas l'acte terroriste.
 
Une crise de schizophrénie
 
N'ayant pas consience de ses actes, G. Bobokoulova tue la petite, lui découpe la tête, la met dans un sac, revêt sa robe noire, met le feu à l'appartement et toujours en restant calme, se dirige vers le métro où et seulement où la rencontre avec le policier qui voulait juste vérifier ses papiers la fait disjoncter.
 
Soit.
 
Les médecins disent que les personnes atteintes de cette maladie ne peuvent expliquer leurs actes que lorsque la crise a pris fin. Lors de son interrogatoire, la "nounou" a affirmé avoir commis cet acte pour se vanger de l'infidélité de son mari. Mais elle fut incapable d'expliquer en quoi cela était lié avec la famille dans laquelle elle travaillait. 
 
L'on aimerait aussi comprendre de quelle manière la schizophrénie est liée à l'extrémisme islamique, autrement dit si la maladie implique de crier Allah Akbar, de porter la robe noire, sans oublier la mise en scène tristement célèbre.
 
En attendant les autorités demandent de ne pas faire d'extrapolation d'ici la fin de l'enquête, rien ne prouve l'acte terroriste, même si cette version n'est pas écartée.
 
Ou un acte terroriste?
 
Les autorités d'Ouzbékistan apportent toute leur aide aux enquêteurs russes dans cette affaire. Et ils ont arrêté le fils aîné de G. Bobokoulova, qui était rentré de Moscou en novembre dernier et ne comptait pas y retourner. En quoi le fils serait-il responsable de quoi que ce soit si la mère est malade de schizophrénie, qui n'est pas encore reconuue comme maladie contagieuse ...
 
Par ailleurs, l'echaînement des actes laisse songeur. Si elle a agit en pleine crise pourquoi n'est-elle pas sortie en criant de l'appartement la tête à la main? Non, elle a tout rangé, organisé et s'est dirigée vers le métro. Beaucoup de calme et d'organisation pour une personne en crise.
 
De plus, la mise en scène rappelle bien les mises en scène de l'état islamique, reproduites scrupuleusement et l'on peut même se demander si le but réel de l'opération n'était pas d'entrer dans le métro pour ensuite seulement sortir la tête et menacer de tout exploser. Il semble que l'apparition imprévue du policier pour un banal contrôle de papier ait fait capoter le plan. Il aurait été encore plus difficile d'intervenir qu'en espace ouvert, où les policiers ont pu bloquer l'accès et la sortie du métro et faire reculer les gens pour sécuriser le périmètre.
 
Il y a encore des fuites dans la presse, disant que G. Bobokoulova avait des contacts suspects avec des extrémistes, mais l'information a été démentie par les services d'enquête.
 
Qu'en penser?
 
De toute manière, être schizophrène n'empêche pas de mettre en oeuvre un acte terroriste, les personne psychiquement fragile sont des proies faciles pour les groupes terroristes en manque de camikaze. Les deux versions ne sont donc pas exclusives l'une de l'autre. Et s'il s'agit d'un acte terroriste, nous sommes obligés de nous poser certaines questions.
 
Le cessez-le-feu ne se passe pas trop mal en Syrie, les forces locales font reculer l'état islamique et la Russie, non seulement garde la face, mais en est renforcée, contrairement aux Etats Unis avec leurs menaces dans le vide, leurs alliés turcs et saoudiens qui deviennent simplement encombrant. Par ailleurs, de plus en plus d'experts affirment que les jours de l'état islamique, en tant que tel, sont comptés. Bref, alors qu'il y a encore peu des "chercheurs" américains travaillaient sur la question d'un droit de l'état islamique, de ses "universités" et autres discours de "normalisation" de ces terroristes (voir l'article Califate of Law), le projet semble prendre l'eau.
 
Il devient donc intéressant, d'un point de vue stratégique, de déplacer le front. Au coeur de la zone ennemie. Pour faire peur à la population. Faire passer comme message que rien n'est gagné, que le combat peut continuer, différemment simplement. Il est possible de tenter de manipuler la population russe, multiéthnique, pour inciter à la haine raciale. Raison pour laquelle la vidéo n'est pas montrée sur les chaînes nationales. Raison pour laquelle nous ne la montrerons pas non plus ici. Sans oublier qu'en faisant payer le prix à un enfant russe, dans un pays de culture traditionnelle, le ressenti de la violence du fait en est encore décuplé. 
 
Il reste toujours ce fantasme de soulever la population contre son Président. Pour information, si les électeurs russes devaient voter pour les présidentielles maintenant, V. Poutine, malgré les sanctions, malgré la guerre médiatique, serait réélu par plus de 70% de la population. Quel dirigeant européen peut se targuer, aujourd'hui, d'un tel soutien populaire? A moins que le soutien populaire ne soit devenu un critère anti-démocratique ... 
 
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"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire."

3 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #la liberté, #La République, #La nation ., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Terrorisme

Les miliciens français sont bien de retour !

 
"En ces temps d'imposture universelle,
 dire la vérité est un acte révolutionnaire."
 
George Orwell
 
 
La police française est bel et bien devenue aujourd'hui une milice politique au service d'une bien-pensance totalitaire et de plus en plus violente !
 
Au lieu de traquer le crime dans les rues de nos villes et dans nos campagnes, les forces de l'ordre sont lancés par l'oligarchie au pouvoir dans une répression hallucinante où sont bafoués les droits les plus fondamentaux et les libertés individuelles fondatrices de notre République !
 
Alors que des imams prônent ouvertement la charia dans les mosquées de France, que des migrants saccagent lesbiens publics et privés en toute impunité, que des hooligans créent des émeutes régulièrement etc... les casqués à matraque arrêtent un général venu soutenir pacifiquement l'inquiétude des habitants de Calais abandonnés à une insécurité quotidienne, profitent d'un état d'urgence obsolète pour interdire toute manifestation etc...
 
La répression semble bel et bien engagée au "pays des Droits de l'Homme", et de plus par les parangons eux mêmes d'une liberté d'expression qui se veulent héritiers de Jaurès !
 
Cette fois, c'est en Bretagne que les miliciens sont venus "marquer" un professeur mais aussi ses élèves car il avait osé présenter les relations historiques entre la France et la Russie et la politique engagée par le Président Poutine depuis son premier mandat...
 
Je ne doute pas un seul instant que ce professeur de breton ne se soit pas contenter de répéter les dogmes russophobes de la propagande de guerre, mais ait offert à ses élèves assommés par la dictature médiatique une autre version que celle des chiens de gardes de la Propagande étasunienne.
 
 
"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire" Cette pensée de George Orwell est plus que jamais d'actualité et ceux qui osent sortir des clous de la pensée unique deviennent criminels, comme ce professeur d'Histoire et de langue bretonne de Saint Anne d'Auray. Et son acte aux yeux des maîtres parisiens est devenu "crime de lèse mondialisme à connotation hérétique" ! car il ose présenter le nouveau "Diable" sous un jour différent de celui de la bien-pensance et qu'il est commis par des résistants culturels anti jacobins notoires d'une région traditionnellement rebelle. 
 
Donc, dans la France de Hollande on a le droit d'être russophobe et appeler à une guerre totale contre la Fédération de Russie comme le sinistre de Affaires Etrangères BHL par exemple, mais on n'a pas le droit de rappeler les racines communes et amitiés historiques entre nos deux pays.
 
Voilà pourquoi désormais; les laquais du système, obéissant servilement à la loi de la gamelle envoient aussitôt leurs prévôts tancer l'outrecuidance des manants osant penser par eux-mêmes.
 
Et pourtant, si je me souviens de mes cours de français et philosophie, la synthèse ne peut être conduite qu'après l'exposé d'une thèse ET d'une antithèse, car comme le rappelait Aldous Huxley, "la philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter".
 
Mais ceci, c'était dans une autre France, celle de mon père et avant lui de mes grands pères et de leurs pères qui se sont battus pour nos libertés et contre les dictatures...
Darnand doit sourire du fond de son enfer car dans la France vs UMPS les miliciens sont de retour, et il n'y a plus qu'une thèse acceptable, aujourd'hui au service de la ploutocratie mondialiste qui cherche à soumettre par la force les peuples non alignés à sa dictature mondialiste...
Cachée dans le cheval de Troie d'un antiterrorisme consensuel, la police de la pensée est aujourd'hui bel et bien à l'oeuvre dans nos belles cités, lançant ses casqués à matraque dans une chasse aux derniers hommes libres...
 
Combien de temps encore les forces de l'ordre, oubliant que dans le soie de leurs drapeaux et étendards sont inscrits les mots "Honneur et Patrie" et non "gouvernement et finance"; vont-ils continuer a obéir à ces faquins insultant nos valeurs ?
Combien de temps encore les français, oubliant les luttes et les révolutions qui ont forgé la grandeur de leur nation, vont-ils continuer à se comporter en moutons et laissant les loups les gouverner ?

C'est aux peuples natifs de se réapproprier leurs destinées, de restaurer les anciens territoires, en renversant la ploutocratie au pouvoir et en rendant aux peuples leurs limites historiques et leurs sanctuaires aujourd'hui soumis à des expansionnismes totalitaires asservissant l'Europe à des intérêts militaro-industriels outre atlantiques..
 
En attendant ce jour de la reconquête...
 
..."Garde à vous !
Thèse, thèse, thèse, thèse, et taisez-vous !"
 
Erwan Castel, volontaire français en Novorossiya
 
Auray (Morbihan) : Des élèves auditionnés par la gendarmerie 
au sujet des cours de leur professeur 
sur la Russie et Vladimir Poutine
 
Le lien de l'article : Ici
 
 
BREIZATAO – POLITIKEREZH (02/03/2016) 
 
"Ce professeur d’histoire et de langue bretonne du collège Sainte-Anne à Sainte Anne d’Auray – en Bretagne – n’en revient toujours pas. Revenant de vacances, Pascal G. a appris avec stupéfaction que ses élèves de troisième année de collège avaient été auditionnés par la gendarmerie. Motif de l’enquête ? La façon dont l’enseignant aurait présenté la Russie contemporaine durant ses cours.
 
Convocations d’élèves en série
 
Le professeur, âgé d’une quarantaine d’années, enseigne depuis une dizaine d’années dans la filière bilingue français-breton de l’établissement Saint-Anne de la ville d’Auray, dans le département du Morbihan. Celle-ci assure les cours généraux prévus par les programmes du ministère de l’Éducation, mais en langue bretonne.
 
Bien noté de ses supérieurs, les responsables de l’établissement ont été aussi surpris que lui d’apprendre les faits.
 
Le 17 février en effet, six élèves étaient convoqués par la gendarmerie d’Auray pour subir un long interrogatoire au sujet des cours dispensés par leur professeur. Les enquêteurs ont ainsi tenu à savoir ce qu’avait déclaré l’enseignant “au sujet de la Russie et de Vladimir Poutine” durant les cours d’histoire dispensés en langue bretonne par ce dernier.
 
C’est lors de la rentrée des classes que Pascal G. a été informé par ses élèves de leur mésaventure, choqués de leur expérience.
 
Cour de géopolitique contemporaine
 
Le professeur, conformément aux programmes scolaires, doit aborder “l’introduction à la géopolitique contemporaine” et notamment la situation de la Russie actuelle.
 
“J’ai d’abord fait un état des lieux de la Russie après la fin du communisme. J’ai expliqué les grandes lignes de la politique du président russe, Vladimir Poutine. Une politique qui a consisté à constituer une classe moyenne en Russie tout en s’appuyant sur le sentiment patriotique, après les années de crise de la présidence de Boris Eltsine” détaille le professeur dans un email.
 
“Je suis revenu sur les alliances entre la France et la Russie au XXème siècle, en 1914 mais aussi entre 1940 et 1945” poursuit-il.
 
“J’ai traité l’engagement russe en Syrie et en Irak contre Daech aux côtés des forces armées françaises” précise t-il.
 
“J’aborde l’histoire sur la base des faits, j’essaie d’expliquer la complexité des rapports géopolitiques afin de développer l’esprit critique des élèves. Je ne me prononce pas sur le bien-fondé ou non des actions menées par une diplomatie” conclut-il.
 
Police politique
 
Le professeur, dont les élèves ont tenu à lui manifester leur soutien, ne s’explique pas ce qui lui arrive. Il doit être entendu à son tour dans les prochains jours par la gendarmerie. Malgré ses demandes, celle-ci ne lui a pas donné de détails sur les raisons de l’enquête de police dont le caractère politique est évident.
 
Respecté par ses pairs, la hiérarchie du professeur n’a pas été davantage alertée de l’enquête. Signe de ce qu’aucune procédure disciplinaire interne n’a été entreprise.
 
La France et la Russie coopèrent en Syrie
 
 
L’action de la gendarmerie intervient alors que le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Moscou courant décembre 2015 afin de “coordonner” les efforts de l’armée française avec ceux de l’armée russe en Syrie. Il s’agit pour Paris et Moscou de conjuguer leurs efforts contre le groupe terroriste “Etat Islamique”, responsable des attentats sanglants de Paris, en novembre."
 
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L’ambassadeur de l’Inde confirme : la guerre en Syrie a été fomentée de l’extérieur

2 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La Turquie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #Terrorisme, #Politique étrangère

Source : Le Grand Soir, Alia Allana, 18-02-2016

arton29944-50f67L’ancien am­bassadeur indien à Damas le fait comprendre dans un rapport significatif : la représentation occidentale selon laquelle le président syrien Assad devait être renversé par une insurrection populaire, n’est pas viable. La guerre a été importée du dehors, entre autres par les pays du Golfe et Al-Qaïda. Les Etats-Unis y ont collaboré en soutenant le Front Al-Nusra. Assad a sous-estimé le danger – parce qu’il pensait que son peuple le suivrait. De 2009 à 2012, V. P. Haran a été ambassadeur de l’Inde en Syrie. Il s’en est entretenu avec le magazine indien  Fountain Ink, plusieurs fois primé, expliquant comment certains des médias ont amplifié la révolte, et sur l’évidence de la présence d’Al-Qaïda sur le terrain dès les premiers jours du conflit. L’évaluation de l’ambassadeur confirme l’analyse du journaliste américain Seymour Hersh selon laquelle Assad n’avait à craindre aucune opposition militante dans son propre peuple.

A quoi ressemblait la Syrie lors de votre arrivée en janvier 2009 ?

V. P. Haran : La Syrie était un pays pacifique sans tensions internes. L’économie syrienne se portait bien, avec un taux de croissance moyen de 5%. Le taux de chômage était d’environ 8% mais les Syriens sans emploi pouvaient en trouver un dans les pays du Golfe. Il existait cependant un pourcentage élevé de chômage chez les diplômés. Le niveau de la dette extérieure de la Syrie se maintenait à un taux confortable de 12,5% du PIB. Le créancier principal était la Russie, qui avait annulé la plus grande partie de cette dette. La sécheresse dans le nord-est représentait le problème majeur entrainant une délocalisation massive des populations vers le sud et le sud-est.

Et comment vivait-on à Damas ?

Les diplomates ont tendance à mener une vie retirée mais je me rendais dans le centre-ville, parfois en taxi, pour prendre un thé dans un café et discuter avec les gens. C’étaient de merveilleux moments et des jours heureux. Le maintien de l’ordre ne posait jamais de problème. Mes collègues féminines m’expliquaient qu’elles pouvaient porter des bijoux et rentrer chez elles à pied à deux heures du matin en toute sécurité. Dans certains quartiers, les restaurants restaient ouverts jusqu’à cinq heures du matin. On avait l’impression qu’il n’y avait jamais de problèmes de sécurité dans les rues. Cela était supposé être dû à la mukhabarat (la police secrète militaire) mais il me semblait que les gens se sentaient responsables de la sécurité collective.

Quand je suis arrivé à Damas, on m’a raconté qu’une personne sur deux appartenait à la mukhabarat. C’est une surestimation grossière. Il existe une police secrète fonctionnant très efficacement à l’intérieur du pays mais je n’y ai jamais eu affaire directement. Une seule fois en quatre ans de présence j’ai fait l’objet d’une filature, à Media, dans la province d’Idlib. Une jeep nous a suivis, mais sans intimidation.

Aviez-vous anticipé un « Printemps arabe » en Syrie ?

Lors de la situation tendue en Tunisie et en Egypte, le président Bashar al-Assad est passé à la télé pour préciser que les conditions politiques et économiques étaient différentes en Syrie. Il a exprimé sa conviction que la Syrie ne suivrait pas le même chemin. C’était également l’évaluation générale de la communauté diplomatique.
Bashar al-Assad était un dirigeant populaire et c’est en partie la raison pour laquelle il est encore au pouvoir. Il n’existe pas d’opposition interne adéquate et un grand nombre de problèmes en Syrie ont été créés par des intervenants étrangers tentant de se débarrasser d’un régime dérangeant. Dans un sondage réalisé dans le monde arabe en 2009, 67% des votants l’ont élu en tant que personnalité arabe la plus populaire. La communauté diplomatique elle-même, tout comme les diplomates occidentaux, s’accordaient sur le soutien qu’il recevait de la part de 80% des Syriens. Il avait initié des réformes en 2000 mais n’avait pu les mener à bien à cause de l’opposition du parti Baas.

Ce n’était pas non plus un antagonisme sunnites–chiites. Jetez un coup d’œil aux chiffres : il y a plus de 50% de musulmans sunnites en Syrie, et les Kurdes, les Druzes, les Maronites, les Assyriens, les Alaouites et quelques autres composent le reste. Bashar al-Assad reçoit un soutien total de la part des minorités et même une forte proportion des musulmans sunnites se déclare en sa faveur. Mais à l’époque de mon départ en 2012, la Syrie avait beaucoup changé. Si les premières années de mon mandat avaient ressemblé au paradis, les choses ont commencé à se détériorer dès le début de l’année 2011.

Vous souvenez-vous des premières manifestations de 2011 ?

En février, alors que le Bahreïn connaissait des mouvements de protestations, certaines ONG ont tenté d’organiser des manifestations à Damas. Il y en a eu deux, deux week-ends de suite, mais il n’y eut pas plus de 20 ou 30 participants. Les journalistes et les membres de la communauté diplomatique étaient nettement plus nombreux que les manifestants. Puis, en mars 2011, les enfants ont tagué les murs de l’école et il y a eu une grande manifestation. La semaine suivante, il y a eu une manifestation à Latakieh et ensuite, chaque vendredi, quelque chose se produisait.
Rapidement, certains quartiers de Latakieh, d’Homs et de Hama sont devenus chaotiques mais Alep resta calme et ceci préoccupa énormément l’opposition, qui ne réussissait pas à soulever la population d’Alep contre le régime ; aussi ont-ils envoyés des bus chargés de gens vers Alep. Ces gens mettaient le feu dans les rues, puis s’en allaient. Les journalistes répandaient ensuite l’information selon laquelle Alep s’était soulevée.

A ce propos, il faut ajouter ceci : parmi les medias, certains ont exagéré en montrant la Syrie sous un jour négatif. Parfois, on a rapporté des choses qui ne s’étaient pas produites. Par exemple, j’étais en conversation avec un Sheikh important quand mes collègues ont commencé à m’appeler frénétiquement, m’informant que ce Sheikh jouerait un rôle dans les manifestations devant se dérouler cet après-midi-là. Mais rien de tout cela ne s’est produit ; en fait à ce moment-là, lui et moi déjeunions ensemble.
Il y a eu beaucoup d’exagération dans les medias.

Il y a eu un exemple marquant. A Idlib, des extrémistes sunnites se sont rendus à Alep et ont exhorté la population à rejoindre l’opposition. Les gens d’Alep les ont battus et forcés à partir. La foule est devenue ingérable et la police a dû intervenir pour en reprendre le contrôle. Les extrémistes sunnites ont dû se réfugier dans une maison sous la protection de la police qui leur a fourni des uniformes leur permettant de s’échapper sans être lynchés.

Damas a-t-il beaucoup changé pendant cette période ?

Je me souviens d’un incident le 14 avril 2011, alors que j’accomplissais ma promenade quotidienne jusqu’au stade situé à environ deux kilomètres. En chemin, j’ai dépassé la boulangerie devant laquelle je passais chaque jour et j’ai remarqué qu’il y avait une longue queue devant cette boutique habituellement si calme. Au retour, il y avait toujours la queue et j’ai demandé pourquoi. Les gens voulaient s’approvisionner en pain parce qu’ils avaient entendu dire qu’il allait se passer quelque chose. Le jour suivant, qui était pourtant un vendredi, rien ne s’est produit.

Lorsque la situation a empiré au cours de la seconde moitié de 2012, je remplaçai ma promenade au stade par une promenade autour du parc du quartier de Mezze. Un jour, une moto arrivant à toute vitesse, a tourné le coin de la rue en faisant hurler son moteur. Puis est arrivée une jeep de la sécurité qui a manqué le virage pris par la moto, ayant perdu sa piste. Ne pouvant la retrouver, ils sont entrés dans le parc pour voir si des gens avaient vu quelque chose. C’est alors qu’on nous a dit que ceux qui étaient sur la moto avaient planifié des attentats.

A Mezze, tout près du quartier où vivaient les diplomates, il y avait un champ de cactus où les rebelles s’étaient introduits en creusant un tunnel. Ils y avaient établi un camp d’où ils tiraient des fusées incendiaires en direction du cabinet du Premier ministre. Ensuite les forces de sécurité s’y sont introduis pour détruire ce camp. C’était une opération ciblée et lors d’une discussion avec une personne vivant dans un appartement disposant d’une vue sur l’endroit, celle-ci m’a dit qu’ils avaient pris pour cible un bâtiment et l’avaient détruit complètement. Une énorme cache d’armes et de munitions a été découvert dans ce bâtiment.

Mais certaines régions du pays sont restées calmes ?

Les commanditaires étrangers de l’opposition n’ont pas pu le digérer. Ils ont envoyé à la frontière jordano-syrienne un groupe ayant pris d’assaut deux postes de sécurité. Ils y ont tué tout le monde, certains d’entre eux de la manière la plus brutale, dans le style d’Al-Qaïda. Le gouvernement ne l’a pas immédiatement mentionné mais un membre de la communauté diplomatique a confirmé qu’il s’agissait d’Al-Qaïda en Irak. Il est évident qu’Al-Qaïda en Irak était présent en Syrie dès avril 2011.

Al-Qaïda était là dès la toute première semaine, et sinon la première semaine, dès fin 2011 quand les drapeaux d’Al-Qaïda firent leur apparition. Ce sont ces groupes soutenant l’opposition à travers la frontière. A Raqqa les combattants vinrent du nord et il est clair qu’il s’agissait d’Al-Qaïda.

Assad a dit dès le début qu’il s’agissait de terroristes. Pourquoi n’y a-t-il eu personne pour le croire ?

Les gens n’avaient pas l’esprit ouvert. Quel pouvait être l’intérêt pour Al-Qaïda en Irak de créer le chaos en Syrie ? Un grand nombre d’actions ont été dirigées de l’extérieur, notamment par les pays du Golfe. Al Jazzera aussi y a joué un rôle. En avril, ayant emmené un invité à l’amphithéâtre de Bosra puis à Sweida, j’ai dû emprunter l’autoroute vers la frontière jordanienne. Nous étions en route entre environ 9 heures 30 et 10 heures 30. Le même jour, un correspondant d’Al Jazzera a été prié de quitter la Syrie en empruntant la même route. A des intervalles de quelques secondes, il a signalé des check points. Prise de panique, mon ambassade m’appela parce qu’ils croyaient ce qu’ils voyaient à la télé. Je leur ai dit que je n’avais rencontré qu’un seul check point.

Pourquoi le gouvernement syrien ne présente-t-il pas de meilleures preuves de la présence de terroristes ?

Nous leur avons demandé pourquoi ils n’informaient pas mieux les médias et ils nous ont répondu que personne ne les croyait. Ils avaient de très mauvais services de relations publiques et de traitement des médias. Cela dit, il y eut aussi des excès de la part du gouvernement. La Syrie a des forces de police très inadéquates ce qui fait que lorsque les problèmes sont survenus, le gouvernement a été forcé de déployer des forces de sécurité pour traiter les problèmes habituellement dévolus à la police. Des excès ont été commis par certains des militaires et quelques-uns d’entre eux ont été mis aux arrêts ou en prison mais ceci n’a pas été publié.

Bashar al-Assad a trainé, non seulement à mettre en œuvre des réformes mais également à annoncer les changements entrepris. Par exemple, lorsqu’une réforme a été mise au point pour réduire la primauté du parti Baas, elle n’a été annoncée que trois mois plus tard. Son service de relations publiques n’a pas été bon, il n’a pas su gérer la crise. •

(Traduction Horizons et débats)

Illustration : Alep avant la guerre.

Source : Le Grand Soir, Alia Allana, 18-02-2016

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Bernard-Henri Lévy, selon le CFR, l’Occident a aggravé la guerre en Libye puis en Syrie, par Maxime Chaix

29 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère, #Terrorisme, #La Turquie

Source : Maxime Chaix, 07-02-2016

Pour des raisons promotionnelles, Bernard-Henri Lévy est à nouveau omniprésent sur la scène médiatique. Cet homme de réseaux et d’influence, qu’un académicien avait décrit comme le « vrai maître de la diplomatie » française, continue de justifier l’intervention de l’OTAN contre le régime libyen avec des arguments irréalistes. En effet, il estime que cette campagne a « évité à la Libye un destin syrien », en ce qu’elle aurait empêché Kadhafi d’« aller au bout de (…) projets meurtriers » pourtant loin d’être avérés. Nous allons montrer que ce raisonnement est invalide en résumant l’intervention clandestine et massive de l’Occident dans la guerre en Syrie, et en analysant une étude sur le conflit libyen parue dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations(CFR). En 2006, « devant les invités [de ce] prestigieux think tank new-yorkais, Lévy (…) confirm[a] qu’il partage “la vision morale et l’hostilité des néoconservateurs pour les Saddam, mollah Omar et Milosevic”. » Rapportant cet aveu, L’Express n’établit pas de lien entre cette posture « antitotalitaire » et les intérêts stratégiques des États-Unis et de leurs alliés en Irak, en Afghanistan et en ex-Yougoslavie.

Cinq ans plus tard, cette même « vision morale » justifiera la campagne de l’OTAN contre la Libye, occultant les véritables buts de guerre de l’Élysée et de ses partenaires, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Qatar. Rendu public à la suite de l’Emailgate, un mémo confidentiel adressé à Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’État explicita « cinq facteurs motivant l’engagement de Nicolas Sarkozy à mener cette guerre en Libye : un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’Ouest ». Et comme l’a rapporté Régis Soubrouillard, BHL aurait « clairement fait savoir aux responsables du CNT qu’ils “avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français”. » Ces révélations confirment que l’humanisme fut le principal facteur de l’intervention occidentale en Libye…

Dans une tribune publiée le 16 mars 2011, Bernard-Henri Lévy et d’autres figures du Meilleur des Mondes avancèrent que Kadhafi « mitraille les populations civiles, “purge” les villes des opposants et fait régner la terreur. » Or, ces accusations ne résistent pas à l’épreuve des faits. Comme l’avait déclaré Rony Brauman, qui était initialement favorable à une intervention de l’OTAN,

« [l]’aventure libyenne est elle-même partie d’une manipulation médiatique caractérisée. Ce qui a décidé Sarkozy et Obama a été le mitraillage aérien des manifestants de Tripoli le 21 février, une fausse information diffusée par Al-Jazira sur la base d’un simple témoignage téléphonique. Or il n’y a pas eu de manifestations à Tripoli et encore moins d’avion mitraillant la foule. Aucun des médias dominants n’a daigné faire la moindre vérification. La première page du récit de Bernard-Henri Lévy La Guerre sans l’aimer débute là-dessus : alors au Caire pour soutenir le Printemps arabe, il est sur le point de rentrer en France quand il voit sur les écrans de l’aéroport les avions attaquer en piqué la foule. Il prend soin de préciser que l’importance d’un événement c’est son commencement. À raison : ce commencement-là n’a pas eu lieu, c’était un énorme montage propagandiste, et qui donnait le ton de la suite. »

À cette époque, la nécessité d’une action militaire était presque unanimement défendue par des médias qui, malgré les dérives du journalisme de meute et de la propagande de guerredéplorentqu’un nombre grandissant de citoyens ne leur fait plus confiance.

En Libye, la campagne de l’OTAN a prolongé la guerre et alourdi le bilan humain

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, la situation sécuritaire en Libye est de plus en plus préoccupante. De ce fait, un nouvel engagement occidental dans ce pays semble inévitable, bien qu’il comporte de sérieux risques. Selon l’ancien diplomate Patrick Haimzadeh, en « [r]eléguant aux oubliettes la question cruciale de la reconstruction d’un État légitime et inclusif, une telle opération aurait toutes les chances de poser davantage de problèmes qu’elle n’est censée en résoudre ». Cet expert de la Libye considère notamment qu’une nouvelle action militaire occidentale pourrait renforcer Daech. Malgré cette impasse stratégique, Bernard-Henri-Lévy ne regrette rien et continue de qualifier cette intervention de « juste ». En son temps, Socrate avait déclaré que « [l]e mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien. » Comme d’autres « orateurs », BHL estime que cette intervention a empêché Kadhafi de tuer massivement son peuple. Or, une analyse du contexte réel précédant cette campagne de l’OTAN nous amène à la conclusion inverse : cette opération a prolongé ce conflit et elle en a dramatiquement alourdi le bilan humain, alors que les troupes libyennes reprenaient le contrôle du pays en essayant d’épargner les civils.

Dans Foreign Affairs, la revue du prestigieux CFR, l’universitaire Alan Kuperman a démontré que l’ampleur de la répression de Mouammar Kadhafi avait été grandement exagérée par les médias et les défenseurs d’une action militaire de l’OTAN. D’après cet expert,

« [b]ien que la Maison Blanche ait justifié sa mission en Libye par des motifs humanitaires, cette intervention a en fait nettement aggravé le bilan humain dans ce pays.Tout d’abord, il s’est avéré que la répression de Kadhafi a été bien moins meurtrière que ne l’indiquaient alors les médias. Dans l’Est libyen, où l’insurrection a démarré sous la forme de manifestations pacifiques ou violentes, Human Rights Watch a recensé seulement 233 morts durant les premiers jours des combats, et non 10 000 comme l’avait avancé la chaîne saoudienne Al Arabiya. En vérité, comme je l’avais documenté en 2013 dans dans [la revue universitaire] International Security, entre le début de la rébellion à la mi-février 2011 et l’intervention de l’OTAN à la mi-mars, seulement un millier de Libyens avaient été tués, dont des soldats et des rebelles. Dans cette période, un article d’Al Jazeera largement cité par les médias occidentaux avança que l’armée de l’air de Kadhafi avait mitraillé et bombardé des civils à Benghazi et à Tripoli. Or, selon le professeur Hugh Roberts, de la Tufts University, “cette histoire était fausse”, comme il l’a démontré dans une longue enquête publiée par la London Review of BooksAu contraire, en s’efforçant de minimiser les pertes civiles, les troupes de Kadhafi s’étaient abstenues d’avoir recours à la violence indiscriminée. »

En citant des sources crédibles, ce spécialiste expose d’autres manipulations médiatiques ayant motivé l’intervention de l’OTAN. À l’initiative de la tribune du 16 mars 2011, que Bernard-Henri Lévy a cosignée, l’écrivain Dominique Simonnet déclara en août 2014 que « Kadhafi était en train de massacrer son peuple dans une abomination sans nom. Je pense qu’il était impossible de ne pas dire : “Faisons quelque chose, nous qui avons les moyens d’intervenir”. » Que Monsieur Simonnet en ait conscience ou pas, cet argument censé réaffirmer le bienfondé de la campagne de l’OTAN en Libye est indiscutablement faux, comme l’a démontré M. Kuperman dans Foreign Affairs :

« [A]u moment de l’intervention, la violence en Libye était sur le point de cesser. Les troupes bien équipées de Kadhafi avaient mis en déroute les rebelles désorganisés, qui rentraient chez eux. À la mi-mars 2011, les forces gouvernementales s’apprêtaient à reprendre le dernier bastion rebelle de Benghazi, afin de mettre un terme à ce conflit qui n’avait engendré que 1 000 décès en un mois. Or, à ce moment précis, des expatriés libyens basés en Suisse, qui étaient liés aux rebelles, ont lancé des mises en garde sur l’imminence d’un “bain de sang” à Benghazi – [des propos alarmistes] dûment repris par les médias occidentaux, mais qui se sont avérés être de la pure propagande. En vérité, le 17 mars [2011], Kadhafi s’engagea à protéger les civils à Benghazi, comme il l’avait fait avant de reprendre les autres villes libyennes, ajoutant que ses forces “laissaient la possibilité” aux rebelles de se réfugier en Égypte. En résumé, les insurgés allaient perdre la guerre, donc leurs agents d’influence à l’étranger agitèrent le spectre du génocide pour susciter une intervention de l’OTAN – ce qui fonctionna à merveille. Il n’existe aucune preuve que Kadhafi avait planifié ou envisagé une campagne de tueries contre la population. Certes, le gouvernement avait tenté d’intimider les rebelles en promettant de les traquer sans relâche. Mais Kadhafi n’a jamais mis ces menaces à exécution en visant les civils. »

Dans son étude, Alan Kuperman analysa de nombreux chiffres relatifs aux décès survenus depuis le lancement de l’opération occidentale en Libye. Il en a déduit qu’avant cette campagne de l’OTAN, la guerre civile était sur le point de se conclure, après avoir engendré « seulement » 1 000 décès. Selon lui, « depuis cette intervention, la Libye a souffert d’au moins 10 000 morts supplémentaires. En d’autres termes, il semblerait que l’opération de l’OTAN ait multiplié par dix le nombre de morts violentes » dans ce pays. Bien entendu, en l’absence d’étude épidémiologique crédible, le bilan humain de cette guerre reste impossible à déterminer. Dans tous les cas, il est clair que des manipulations médiatiques de grande ampleur ont altéré notre perception du « Printemps arabe » libyen, justifiant une campagne militaire aux conséquences désastreuses. À cette époque, toujours selon M. Kuperman,

« [l]’intervention en Libye pourrait aussi avoir encouragé la violence en Syrie. En mars 2011, le soulèvement [dans ce pays] était encore largement non-violent et la réponse du gouvernement d’Assad, bien que criminellement disproportionnée, était relativement circonscrite, générant environ 100 morts par semaine. Après que l’OTAN eut donné l’avantage aux rebelles en Libye, les révolutionnaires syriens se sont tournés vers la violence à l’été 2011, s’attendant probablement à susciter une telle intervention. “C’est pareil que Benghazi”, déclarait alors un rebelle syrien au Washington Post, ajoutant : “Nous avons besoin d’une zone de non survol”. Il en résulta une escalade majeure du conflit en Syrie, ce qui générait au moins 1 500 morts par mois à partir de l’année 2013, un nombre 15 fois supérieur. »

Ainsi, il ressort de cette étude que, loin d’avoir « évité à la Libye un destin syrien », cette intervention de l’OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi a prolongé jusqu’à présent un conflit qui allait s’éteindre, tout en incitant les Syriens à militariser leur rébellion – parallèlement à l’infiltrationd’« al-Qaïda en Irak » (AQI) durant l’été 2011 pour combattre le régime el-Assad. Mais le lien entre ces deux conflits est encore plus évident lorsque l’on s’intéresse aux politiques profondes occidentales durant la guerre en Libye. En août 2014, le Washington Post a publié un important article intitulé « Les terroristes qui nous combattent aujourd’hui ? Nous venons tout juste de les entraîner ». D’après cette analyse,

« [a]u cours de nombreux entretiens menés ces deux derniers mois [avec des membres de l’État Islamique et du Front al-Nosra], ils ont décrit comment l’effondrement sécuritaire durant le Printemps arabe les a aidés à recruter, à se regrouper et à utiliser en leur faveur la stratégie occidentale – c’est-à-dire le soutien et l’entraînement de milices afin de combattre des dictateurs. “Des Britanniques et des Américains nous avaient [également] entraînés durant le Printemps arabe en Libye”, d’après un homme surnommé Abou Saleh, qui a accepté d’être interrogé si son identité restait secrète. [Ce dernier], qui est originaire d’une ville proche de Benghazi, affirma qu’un groupe de Libyens et lui-même avaient bénéficié dans leur pays d’entraînements et de soutien de la part des forces [spéciales] et des services secrets français, britanniques et états-uniens – avant de rejoindre le Front al-Nosra ou l’État Islamique [en Syrie]. Interrogées pour cet article, des sources militaires arabes et occidentales ont confirmé les affirmations d’Abou Saleh, selon lesquelles des rebelles en Libye avaient bénéficié d’“entraînements” et d’“équipements” durant la guerre contre le régime de Kadhafi. »

Le grand reporter Seymour Hersh a mis en lumière d’autres liens entre ces deux conflits, décrivant un réseau d’approvisionnement en armes des rebelles anti-Assad organisé depuis Benghazi. Selon M. Hersh, durant l’été 2013, « le flux secret d’armes en provenance de Libye pour équiper l’opposition syrienne via la Turquie était en place depuis plus d’un an, ayant été lancé peu de temps après la mort de Kadhafi le 20 octobre 2011. L’opération était en grande partie organisée depuis une annexe secrète de la CIA à Benghazi, avec l’aval du Département d’État [et la participation présumée de] l’ambassadeur US en Libye Christopher Stevens [, qui] fut tué lors d’une manifestation anti-américaine à Benghazi ». Peut-on alors parler de « non intervention » occidentale contre le régime el-Assad, une « inaction » que BHL fustige pour minorer l’ampleur du désastre libyen ? Afin de répondre à cette question, étudions de plus près les opérations clandestines de la CIA et de ses partenaires.

En Syrie, la guerre secrète de l’Occident et de ses alliés proche-orientaux a aggravé le conflit

Malgré le chaos que subit le peuple libyen, Bernard-Henri Lévy estime que la campagne de l’OTAN était préférable à la « non intervention » en Syrie – un argument qu’il avait déjà formulé lors d’un exposé controversé à l’IHEDN. Or, ce raisonnement de BHL n’est pas conforme au réel, car cette « non intervention » militaire des pays occidentaux relève du mythe.

En effet, bien que les puissances de l’OTAN et leurs alliés n’ont pas lancé de guerre ouverte contre le régime el-Assad, j’ai documenté l’année dernière une véritable guerre secrète multinationale de la CIA. Comme l’a récemment dévoilé le New York Times, cette opération fut baptisée Timber Sycamore, et elle a été principalement financée par l’Arabie saoudite. En juin 2015, elle avait été décrite par le Washington Post comme « “l’une des plus grandes opérations clandestines” [de la CIA], dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. D’après ce journal, cette intervention secrète (…) s’inscrit dans un “plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie”, c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. »

Cette guerre secrète de grande ampleur a alimenté dès janvier 2012 l’essor du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, dont l’« État Islamique » faisait partie intégrante jusqu’à la scission d’avril 2013. À différents degrés, cette campagne a mobilisé de nombreuses agences moyen-orientales et occidentales, y compris les services spéciaux français, comme me l’avait confirméle député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud. Si l’on observe les dernières estimations de l’OSDH, sur un nombre total d’environ 260 000 victimes, la guerre en Syrie a tué environ 76 000 civils, donc approximativement 184 000 combattants. Reprenant les chiffres de cette organisation, Le Figaro soulignait en août dernier que « le bilan le plus lourd se trouve du côté des forces du régime avec 88 616 morts, soit un tiers des personnes décédées durant cette guerre ». Sans le soutien extérieur massif de l’Occident, de la Turquie et des pétromonarchies du Golfe, la rébellion n’aurait pu être aussi meurtrièrement efficace. En octobre 2015, l’universitaire Joshua Landis assura qu’« entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ». Cette politique profonde a donc fortement aggravé ce conflit, en renforçant des réseaux extrémistes officiellement désignés comme nos ennemis.

Depuis le début de la guerre en 2011, l’OSDH a recensé plus de 40 000 jihadistes étrangers morts en Syrie. Récemment, un haut gradé de l’état-major français estimait que, sur environ 100 000 rebelles anti-Assad, « 80 000 (…) appartiennent soit à des groupes terroristes désignés comme tels par les Nations Unies, soit à des groupes salafistes extrémistes. » Or, il est de notoriété publiquequ’en Syrie, les différentes factions jihadistes ont été appuyées par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Moins exposée dans les médias, la complicité des services occidentaux dans cette politique clandestine est dorénavant indiscutable. En octobre dernier, une parlementaire états-unienne avait publiquement dénoncé le soutien d’al-Qaïda par la CIA afin de renverser Bachar el-Assad. Plus récemment, en se basant sur des témoignages de hauts responsables de la sécurité nationale, Seymour Hersh confirma que le Pentagone était hostile à cette politique de l’Agence, puisqu’elle renforçait des factions jihadistes susceptibles de s’emparer du pouvoir. Le Président Obama ayant intensifié cette guerre secrète à partir de septembre 2013, le raisonnement de Bernard-Henri Lévy sur la « non intervention » occidentale en Syrie est donc totalement biaisé.

Conclusion : avant toute intervention, seuls les experts doivent influencer l’État

Se référant à « l’art de la guerre » et au krach de 2008, l’économiste Jacques Sapir a récemment souligné qu’en matière de conflits armés comme de crises financières, les décideurs « doivent réagir dans un temps très court et (…), bien souvent, [ils] n’ont pas les moyens (ou les capacités) de peser complètement le pour et le contre de leurs actions. Ils prennent alors des décisions importantes sur la base de paris, de règles heuristiques, qui peuvent être validées ou invalidées par la suite des événements. C’est ce qui rapproche la décision financière de la décision militaire. » Néanmoins, lorsque la sécurité nationale n’est pas en péril, et que les risques d’un génocide ne sont pas clairement établis, une telle urgence décisionnelle n’est pas justifiée – n’en déplaise à ces « orateurs » dont les velléités interventionnistes sont traditionnellement conformes aux intérêts de Washington.

Néanmoins, dans le cadre d’une campagne de Libye qui semblait préméditée, l’urgence décisionnelle n’est pas la clé du problème. Afin d’éviter la répétition d’un tel désastre, qui a eu comme conséquence de déstabiliser l’ensemble de l’Afrique du Nord et du Sahel, il faudrait ôter au chef de l’État le pouvoir discrétionnaire de déclencher une intervention lorsque notre sécurité nationale n’est pas directement et immédiatement menacée. En effet, une véritable frénésie guerrière a investi les locataires de l’Élysée depuis l’ère Sarkozy, ce qui dégrade nos capacités militaires et nous engage dans des conflits inextricables. Et comme l’a pertinemment souligné Jean-Claude Guillebaud,

« [Gaston Bouthoul] écrivait en 1951 que, contrairement à l’idée répandue selon laquelle les démocraties ne font pas la guerre, les dirigeants des démocraties sont toujours tentés de faire la guerre, car celle-ci les “sanctifie” en faisant d’eux des personnages incritiquables. La guerre offre l’opportunité de croire que l’on est du côté du bien et cela de manière indiscutable. Le corollaire de cela est que les démocraties diabolisent leur ennemi au-delà de ce qui est nécessaire. Souvenons-nous de Saddam Hussein : il était notre allié contre l’Iran puis les choses ont changé et il est devenu un nouvel Hitler. Pour le chef de l’État, il est plus “facile” de faire la guerre que de combattre le chômage. La guerre offre des résultats immédiats et quantifiables. Elle est propice aux grandes envolées lyriques et patriotiques. C’est pourquoi elle les fascine, assez naïvement d’ailleurs. On l’a vu avec Nicolas Sarkozy en Libye, puis François Hollande au Mali. »

Alors que l’État ne parvient pas à redresser l’économie, cette frénésie guerrière devient presque irrationnelle, au vu de la multiplication des déclarations martiales de Manuel Valls et de François Hollande depuis le 13-Novembre. Accordant un pouvoir militaire exorbitant au chef de l’État, la Constitution doit être réformée utilement. En effet, la multiplication des opérations extérieures nous a précipités vers un état de guerre perpétuelle, induisant une forme d’état d’urgence permanent qui menace notre démocratie. Ainsi, en cas d’agression militaire étrangère ou d’insurrection armée, le Président doit garder la capacité de réagir immédiatement. Mais lorsque la France n’est pas directement menacée, comme en Libye (2011) ou en Syrie (2013), il est indispensable de modifier l’article 35 de la Constitution afin que le Parlement autorise a priori le chef de l’État à déclencher toute action militaire de grande ampleur.

Pour qu’une telle décision soit la plus rationnelle possible, nos parlementaires devraient en étudier l’opportunité grâce à un collège de spécialistes de l’IHDENqui est l’« établissement public administratif français d’expertise et de sensibilisation en matière de Défense, placé sous la tutelle directe du Premier ministre ». La polémique précédant la conférence de Bernard-Henri Lévy au sein de cette institution est symptomatique de l’influence démesurée de cet homme dans les arcanes décisionnels français, ce qu’avait souligné Jean-Christophe Rufin en le qualifiant de « ministre des Affaires étrangères officieux ». Cet état de fait n’est plus tolérable, et l’exemple libyen nous démontre qu’il est même dangereux. Afin de réintroduire de la rationalité dans la politique étrangère de l’Exécutif, l’IHEDN doit être considéré comme le seul organisme légitime pour conseiller les autorités sur les questions stratégiques et militaires. Les « orateurs » trop influents, qui prônent un interventionnisme à géométrie variable, doivent être mis à l’écart du débat public. En effet, ils ont défendu des actions militaires désastreuses en se trompant lourdement dans leurs diagnostics et leurs prévisions, comme certains d’entre eux l’ont admis concernant l’Irak, mais comme ils refusent de le concéder au sujet de la Libye. Et puisqu’il ne dispose d’aucune légitimité légale, Bernard-Henri Lévy doit être écarté des processus décisionnels aboutissant à la guerre, un acte trop grave pour être justifié par l’émotion populaire – à plus forte raison lorsqu’elle est exacerbée par de faux prétextes humanitaires.

Maxime Chaix

Source : Maxime Chaix, 07-02-2016

 

20 réponses à Bernard-Henri Lévy, selon le CFR, l’Occident a aggravé la guerre en Libye puis en Syrie, par Maxime Chaix

Commentaires recommandés

Spectre Le 29 février 2016 à 02h39
 
 

Bon article. Avant toute intervention (hors menace directe), il devrait surtout y avoir un référendum obligatoire ; les sans-dents voteraient systématiquement non, donc problème réglé. Pour être bien sûr d’euthanasier le bellicisme de nos “Young Leaders,” on en profiterait pour rétablir le crime de haute trahison, immédiatement appliqué en cas de tentative de contournement du non. Mais bon, tout ceci supposerait d’être en démocratie. L’absence de mobilisation d’ampleur contre les sales guerres de l’OTAN est également un gros problème ; le peuple devrait se saisir de la question puisqu’il finit toujours par payer la facture, que ce soit en dépenses militaires, mouvements migratoires ou attentats vengeurs.

Sinon, je n’ai pu m’empêcher de tiquer devant l’incroyable cynisme de ce pitre osant intituler son livre “La guerre sans l’aimer”. Peut-on faire pire sur l’échelle de l’indécence ? Peut-être “Le capital sans en profiter” par les banksters de Goldman Sachs ? Ou bien “Les colonies sans y habiter” par un collectif israélien ? “Les promesses sans y croire” aux éditions Moi Président ?…

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Au moment où la situation en Libye est devenue de plus en plus préoccupante avec en filigrane une éventuelle intervention militaire étrangère, le voile se lève, peu à peu, sur ce qui s’est réellement passé dans ce pays de mars à octobre 2011

29 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 

 

La guerre occidentale contre la Libye souveraine...Ils ont assassiné Kadhafi et aujourd'hui le pays a viré dans le chaos, celui-ci servant de prétexte d'une deuxième guerre occidentale

La guerre occidentale contre la Libye souveraine...Ils ont assassiné Kadhafi et aujourd'hui le pays a viré dans le chaos, celui-ci servant de prétexte d'une deuxième guerre occidentale

Au moment où la situation en Libye est devenue de plus en plus préoccupante avec en filigrane une éventuelle intervention militaire étrangère, le voile se lève, peu à peu, sur ce qui s’est réellement passé dans ce pays de mars à octobre 2011, avec, au final, l’assassinat du leader libyen Mouaâmar El Gueddafi. Ainsi, les langues se délient et admettent ce que d’aucuns supputaient : une cabale [dans le sillage dudit « Printemps arabe »] propice pour faire un sort à un homme qui en savait trop, singulièrement de la part de Nicolas Sarkozy. L’ex-président français (dont la campagne présidentielle de 2007 aurait été financée par El Gueddafi, versement de 50 millions d’euros) saisissait ainsi au vol la conjoncture pour se débarrasser de quelqu’un qui l’a(urait) aidé à accéder à l’Elysée, ameutant le monde contre un homme qui « tuait », selon lui, son peuple.

 

Une sulfureuse affaire politico-financière dont les retombées menacent gravement l’avenir de la Libye en tant qu’Etat. Le coup a cependant été réussi grâce à la complicité de traîtres libyens. L’un d’eux [l’ex-président du Conseil national de transition] Mustapha Abdel Jalil (ministre de la Justice d’El Gueddafi à cette époque) a admis dans une déclaration à la chaîne Channel One, qu’« El Gueddafi n’a pas ordonné la fusillade qui a été à l’origine de la fausse révolution en Libye ». Les manifestants tués à Benghazi n’étaient pas des Libyens, mais des espions et des mercenaires engagés pour semer le chaos dans une ville connue pour être la citadelle de la résistance au guide libyen.

 

Ce qui est encore plus nauséeux est que Abdel Jalil admettait qu’il connaissait la vérité à l’époque, qui a pris ses instructions de Paris. Il admet encore qu’il savait ce qui allait se produire car, il « fallait briser » l’Etat libyen et faire un sort à El Gueddafi. Ces aveux viennent sans doute un peu tard, mais il n’est jamais trop tard pour connaître la vérité. Et Abdel Jalil n’a fait que confirmer ce qui se disait à ce propos : il n’y a jamais eu de révolution en Libye, mais un traquenard contre la Libye, dont l’un des maîtres d’oeuvre a été Nicolas Sarkozy.

 

En fait, Sarkozy avait un double intérêt à la disparition du guide libyen : mettre le grappin sur les richesses énergétiques libyennes (cf ; sa visite à Benghazi en septembre 2011 [accompagné du Premier ministre britannique, David Cameron] avec dans ses bagages une armada d’hommes d’affaires et industriels français), ensuite faire taire un homme qui en savait beaucoup sur son compte.

 

L’ex-président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, corrobore ainsi les propos d’Abdel Jalil, qui affirma, en mai 2015 à une agence de presse italienne, que ce qui s’est passé en Libye n’était pas une révolution, mais un complot français indiquant : « Ça n’a jamais été une révolution, mais bel et bien un complot européen. » Désignant nommément ses instigateurs : un pays et un homme : « La France et son président d’alors, Nicolas Sarkozy. » Berlusconi savait de quoi il parlait, son pays faisait partie de la coalition occidentale qui avait pris part à la curée contre la Libye. L’ancien président du Conseil italien apporte encore ces précisions « Les avions français ont attaqué la Libye bien avant la décision du Conseil de sécurité de l’ONU. » Or, cette résolution n’autorisait pas des frappes (raison pour laquelle elle a été votée par la Chine et la Russie).

 

L’ONU a ainsi été encore dupée, comme ce fut le cas, en 2003, avec les Etats-Unis en Irak, le Conseil de sécurité étant une nouvelle fois mis devant le fait accompli. Les frappes françaises ont déclenché un engrenage dangereux, ouvrant la voie à la destruction programmée [avec des complicités de Libyens] de la Libye. Voilà un cas qui autoriserait la procureure de la CPI, Mme Fatou Bensouda, d’ouvrir une enquête contre Nicolas Sarkozy et d’autres dirigeants occidentaux. Ce qu’il faut aussi relever est que la France - avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne - a mis un terme à l’un des rares régimes laïcs arabes [avec l’Irak et la Syrie eux aussi détruits ou en phase de l’être] pour installer des extrémistes islamistes. Ce qui se passa en Libye - mais aussi en Syrie, comme en Ukraine - a été le top d’une « révolution » sous fausse bannière.

 

Ainsi, outre l’ex-président français Nicolas Sarkozy, l’un des maîtres d’oeuvre du chaos en Libye a été le sénateur états-unien, John McCain (qui s’est réuni en mai 2011 en Syrie avec le futur « calife » de l’autoproclamé « Etat islamique » Abou Bakr al-Baghdadi,) qui rencontra à Benghazi, Abdelhakim Belhaj, chef du groupe terroriste libyen le « Groupe islamique combattant en Libye (Gicl, proche d’Al Qaîda et de Daesh). Or, Belhaj est, de notoriété publique, agent des services US et britanniques et l’homme de l’Otan ; c’est l’un des « bras armés » du chaos en Libye. Ainsi, la France et les Etats-Unis, en particulier, qui suscitèrent le « terrorisme islamiste », sont de fait derrière les tragédies qui déstructurent le Monde arabe.

Karim MOHSEN

»» http://www.lexpressiondz.com/edito/235492-le-jeu-trouble-de-la-france-...
URL de cet article 29948 
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Les Etats-Unis préparent-ils une « révolution de couleur » en Russie?

29 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre, #Terrorisme, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN.

Les Etats-Unis préparent-ils une « révolution de couleur » en Russie?

Les Etats-Unis préparent-ils une « révolution de couleur » en Russie?

Par Moon of Alabama le 28 février 2016

Etats-Unis Russie Syrie Ukraine

Via l’ancien ambassadeur indien M K Bhadrakumar, nous apprenons que le gouvernement russe se prépare à affronter une tentative de « révolution colorée », lors des élections parlementaires en septembre :

« La réunion annuelle du Service fédéral de sécurité de Russie (FSB), l’organisation qui a succédé au KGB soviétique, est une excellente occasion de prendre la température des relations « Est-Ouest ». (Le cliché de la guerre froide se révèle utile une fois de plus.) Le discours habituel du président Vladimir Poutine lors de la réunion du FSB, vendredi, à Moscou, a couronné cet événement.

Il a fait une annonce sensationnelle , à savoir que le FSB était en possession d’informations précises selon lesquelles on élaborerait en Occident des plans pour provoquer de l’agitation politique en Russie, pendant la période qui précède les importantes élections législatives d’octobre. Poutine a évité d’utiliser l’expression « révolution de couleur », mais il y a fait implicitement référence. »

Les différents services américains et les néo-conservateurs du Département d’Etat aimeraient certainement fomenter des révoltes en Russie. Mais il y a très peu de chances qu’un putsch réussisse à Moscou. Il n’y a pas d’opposition efficace au gouvernement actuel, et quelques difficultés économiques n’inciteront pas les Russes à prendre l’état d’assaut. Ils auraient pendu Eltsine plus d’une fois, si c’était le cas.

Ce serait beaucoup plus facile si Washington acceptait la Russie telle qu’elle est et lui faisait un peu de place sur l’échiquier politique international. Mais cela n’arrivera jamais, n’est-ce pas ?

En fait, le scénario qui se dessine ici, en ce qui concerne les relations russo-américaines pour le reste de la présidence de Barack Obama, est plutôt sinistre. Le problème principal de la Russie actuellement, c’est que les États-Unis interfèrent dans sa politique interne en vue de créer des dissensions politiques qui affaibliraient le Kremlin, l’obligeant à adopter des politiques en harmonie avec les stratégies régionales et mondiales américaines.

Les États-Unis ne peuvent pas accepter une Russie (ou tout autre pays) en mode nationaliste, soufflant un puissant vent contraire à ses stratégies mondiales.

La victoire de Trump ou Sanders à la présidence des Etats-Unis pourrait se traduire par des relations plus amicales avec Moscou. Mais il y a beaucoup de monde dans les diverses bureaucraties, en particulier au Pentagone, dont les crédits dépendent d’une relation hostile avec la Russie (et la Chine). Il sera difficile de les réduire au silence. Cela augmente la difficulté de résoudre les crises en cours en Syrie et en Ukraine:

« Poutine a prévenu que Moscou écrasera dans l’œuf toute tentative américaine de susciter de l’agitation politique en Russie. On peut faire confiance à Poutine pour qu’il le fasse. Cependant, la grande question demeure : comment des conflits régionaux tels que la Syrie ou l’Ukraine pourraient-ils faire l’objet d’un traitement approprié quand les deux grandes puissances sont enfermées dans une lutte existentielle? »

Si les États-Unis essayaient vraiment de créer des troubles autour des élections à Moscou, nous pouvons nous attendre à une intensification des conflits dans les deux théâtres d’opérations d’Ukraine et de Syrie, au cours de l’été. Ne serait-ce que pour intensifier le message « Poutine est le Mal » que les médias « occidentaux » sont sommés de propager dans leurs populations.

Moon of Alabama | 27 février 2016

Article original : http://www.moonofalabama.org/2016/02/is-the-us-preparing-a-color-revolution-in-russia.html

Traduction : Dominique Muselet

Source : http://arretsurinfo.ch/les-etats-unis-preparent-ils-une-revolution-de-couleur-en-russie/

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La débâcle libyenne d’Obama, par Alan J. Kuperman

29 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Source : Foreign Affairs
Comment une intervention bien intentionnée s’est soldée par un échec

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Par Alan J. Kuperman

Le 17 mars 2011, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté la Résolution 1973, proposée par l’administration du Président américain Barack Obama, autorisant une intervention militaire en Libye. Le but, avait expliqué Obama, était de sauver la vie de militants pacifiques qui manifestaient pour la démocratie et qui se sont trouvés la cible de mesures de répression du dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Non seulement Kadhafi mettait en danger l’élan du Printemps arabe naissant, qui avait récemment balayé des régimes autoritaires en Tunisie et en Égypte, mais il était aussi sur le point de commettre un bain de sang dans la ville libyenne où le soulèvement avait commencé, a déclaré le président. « Nous savions que si nous avions attendu encore un jour, Benghazi – une ville d’environ la taille de Charlotte – aurait pu subir un massacre qui aurait retenti à travers la région et entaché la conscience du monde, » a déclaré Obama. Deux jours après l’autorisation de l’ONU, les États-Unis et d’autres pays de l’OTAN ont établi une zone d’exclusion aérienne partout en Libye et ont commencé à bombarder les forces de Kadhafi. Sept mois plus tard, en octobre 2011, après une campagne militaire élargie avec l’assistance permanente des pays occidentaux, les forces rebelles ont conquis le pays et ont tué Kadhafi.

Dans le sillage immédiat de la victoire militaire, les responsables américains étaient triomphants. Écrivant dans ces pages en 2012, Ivo Daalder et James Stavridis, à l’époque respectivement représentant permanent américain à l’OTAN et commandant suprême des forces alliées en Europe, ont déclaré : « L’opération de l’OTAN en Libye a été justement saluée comme une intervention modèle. » Dans la Roseraie, après la mort de Kadhafi, Obama lui-même pavoisait, « Sans mettre un seul fonctionnaire américain sur le terrain, nous avons réalisé nos objectifs. » En effet, les États-Unis ont semblé avoir réalisé un triplé : nourrir le Printemps arabe, prévenir un génocide semblable à celui du Rwanda et éliminer la Libye comme source potentielle de terrorisme. Cependant, ce verdict s’avère avoir été prématuré. Rétrospectivement, l’intervention d’Obama en Libye était un échec lamentable, même jugé selon ses propres normes. La Libye n’a pas seulement échoué à évoluer vers une démocratie ; elle s’est transformée en un État en faillite. Les morts violentes et autres violations des droits de l’homme se sont multipliées. Au lieu d’aider les États-Unis à combattre le terrorisme, comme l’a fait Kadhafi pendant sa dernière décennie au pouvoir, la Libye sert maintenant de refuge à des milices affiliées tant à al-Qaïda qu’à l’État Islamique en Irak et au Levant (ÉIIL). L’intervention en Libye a nui également à d’autres intérêts américains : elle a compromis la non-prolifération nucléaire, refroidi la coopération russe à l’ONU et alimenté la guerre civile en Syrie.
Malgré ce que prétendent les défenseurs de la mission, il existait une meilleure option politique – ne pas intervenir du tout, parce que les civils libyens pacifiques n’étaient pas réellement menacés. Si les États-Unis et leurs alliés avaient suivi cette voie, ils auraient pu éviter à la Libye le chaos qui en a résulté et avoir la possibilité de progresser avec le successeur désigné de Kadhafi : son fils relativement libéral, éduqué à l’occidentale, Saïf al-Islam. Au lieu de cela, la Libye est aujourd’hui parcourue par des milices féroces et des terroristes anti-américains – et sert ainsi de parfait exemple pour montrer comment les interventions humanitaires peuvent se retourner à la fois contre ceux qui interviennent et contre ceux qu’elles prétendaient secourir.

UN ÉTAT EN FAILLITE
L’optimisme à propos de la Libye a atteint son apogée en juillet 2012, quand des élections démocratiques amenèrent au pouvoir un gouvernement de coalition laïque et modéré – un changement profond après les quatre décennies de dictature de Kadhafi. Mais le pays s’engagea rapidement sur la mauvaise pente. Le Premier ministre élu, Moustafa Abou Chagour, ne resta pas un mois en poste. Son éviction rapide annonçait les troubles à venir : au moment où nous écrivons cet article, la Libye a eu sept Premiers ministres en moins de quatre ans. Les islamistes sont parvenus à dominer le premier parlement d’après-guerre, le Congrès Général National. Pendant ce temps, le nouveau gouvernement a échoué à désarmer les dizaines de milices qui sont apparues durant les sept mois de l’intervention de l’OTAN, en particulier les milices islamistes, ce qui a donné lieu à des batailles sanglantes sur le terrain entre des tribus ou des commandants rivaux, qui continuent encore aujourd’hui. En octobre 2013, les sécessionnistes de la Libye orientale, où se trouve la plus grande part du pétrole du pays, ont décrété leur propre gouvernement. Ce même mois, Ali Zeidan, Premier ministre en exercice, fut kidnappé et pris en otage. À la lumière de l’influence islamiste grandissante dans le gouvernement libyen, au printemps 2014 les États-Unis repoussèrent leur projet de former une armée libyenne de 6 000 à 8 000 hommes.

Dès mai 2014 la Libye était au bord d’une nouvelle guerre civile, entre les libéraux et les islamistes. Ce mois-là, un général laïque rebelle nommé Khalifa Hifter prit le contrôle de l’armée de l’air pour attaquer les milices islamistes à Benghazi, pour étendre ensuite ses cibles jusqu’à inclure la zone gérée par les islamistes à Tripoli. Les élections de juin dernier n’ont en rien aidé à résoudre le chaos. La plupart des Libyens ont déjà abandonné toute idée de démocratie, et la participation électorale est tombée de 1,7 million au scrutin précédent à seulement 630 000. Les partis laïques ont déclaré la victoire et formé une nouvelle majorité, la Chambre des Représentants, mais les islamistes ont refusé d’en accepter le résultat. Ce qui a abouti à deux parlements concurrents, chacun prétendant être le seul légitime.

En juillet, une milice islamiste de la ville de Misrata a répliqué aux actions de Hifter en attaquant Tripoli, forçant l’évacuation des ambassades occidentales. Après une bataille de six semaines, les islamistes ont conquis la capitale en août pour le compte de la coalition appelée « Aube de la Libye », qui formait, avec la majorité précédente, ce qu’ils appelaient un « gouvernement de salut national ». En octobre, le parlement nouvellement élu, mené par la coalition laïque Opération Dignité, s’est enfui vers l’Est et la ville de Tobrouk, où ils ont établi un gouvernement intérimaire concurrent, que la Cour Suprême de Libye a ensuite déclaré inconstitutionnel. La Libye se trouve donc avec deux gouvernements en guerre, chacun ne contrôlant qu’une fraction des territoires et des milices du pays.
Si mauvaise qu’ait été la situation des droits de l’homme en Libye sous Kadhafi, elle n’a fait qu’empirer depuis que l’OTAN l’a évincé. Immédiatement après avoir pris le pouvoir, les rebelles ont massivement perpétré des meurtres en représailles, sans parler des tortures, des coups et des détentions arbitraires infligés à des milliers de détenus suspectés d’être des partisans de Kadhafi. Les rebelles ont aussi expulsé 30 000 résidents essentiellement noirs de la ville de Tawarga et brûlé ou pillé leurs maisons et leurs magasins, sous le prétexte que certains étaient supposés avoir été des mercenaires. Six mois après la guerre, Human Rights Watch a déclaré que les abus « s’avèrent si répandus et systématiques que l’on peut parler de crimes contre l’humanité. »

Des violations similaires persistent. En octobre 2013, le Bureau du haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies a rapporté que « la vaste majorité des 8000 prisonniers de guerre estimés sont aussi détenus sans droit à un procès équitable ». Plus dérangeant, Amnesty International a publié un rapport l’année dernière qui révèle leurs mauvais traitements : “Les détenus sont sujets à des coups répétés avec des tubes en plastique, des bâtons, des barres de fer ou des câbles. Dans certains cas, ils ont reçu des chocs électriques, été suspendus dans des positions pénibles pendant des heures, maintenus les yeux bandés continuellement et menottés les mains derrière le dos ou privés de nourriture et d’eau ». Le rapport note également quelques 93 attaques contre des journalistes libyens pour les neuf premiers mois de 2014, « y compris des enlèvements, des arrestations arbitraires, des assassinats, des tentatives d’assassinats et des agressions ». Les attaques en cours dans l’ouest de la Libye, conclut le rapport, « constituent des crimes de guerre ». En conséquence d’une violence aussi généralisée, les Nations Unies estiment qu’environ 400 000 Libyens ont fui leur domicile, un quart d’entre eux ayant même fui le pays.

La qualité de vie en Libye s’est fortement dégradée du fait de l’effondrement économique. Ceci est principalement dû au fait que la production pétrolière, le poumon du pays, demeure sévèrement réduite par le conflit qui perdure. Avant la révolution, la Libye produisait 1,65 million de barils de pétrole par jour, un chiffre qui est tombé à zéro pendant l’intervention de l’OTAN. Bien que la production soit temporairement revenue à 85 pour cent de son niveau antérieur, depuis la prise des ports orientaux par les sécessionnistes en août 2013, la production moyenne s’établit à seulement 30 pour cent du niveau d’avant-guerre. Les combats en cours interdisent le fonctionnement des aéroports et des ports maritimes dans les deux plus grandes villes du pays, Tripoli et Benghazi. Dans de nombreuses villes, les habitants subissent d’importantes coupures électriques – jusqu’à 18 heures par jour à Tripoli. Les privations récentes représentent une baisse sévère pour un pays dont le niveau de vie était traditionnellement le plus élevé de toute l’Afrique selon l’indice de développement humain des Nations Unies.

LE COÛT HUMAIN
Quoique la Maison-Blanche justifie sa mission en Libye par des raisons humanitaires, l’intervention y a en fait largement aggravé la mortalité. Pour commencer, la répression de Kadhafi a été nettement moins meurtrière que ce que les reportages des médias indiquaient à l’époque. En Libye orientale, où la révolte a commencé par un mélange de manifestations pacifiques et violentes, Human Rights Watch n’a documenté que 233 morts dans les premiers jours de combat, et non 10 000 comme indiqué par la chaîne d’information saoudienne Al Arabiya. En vérité, comme je l’ai documenté dans un article de 2013 dans International Security, de la mi-février 2011, lorsque la rébellion a commencé jusqu’à mi-mars 2011, lorsque l’OTAN est intervenue, environ 1 000 Libyens seulement sont morts, en incluant les soldats et les rebelles. Bien qu’un article d’Al Jazeera diffusé par les médias occidentaux au début 2011 ait avancé que l’aviation de Kadhafi avait mitraillé et bombardé des civils à Benghazi et à Tripoli, « l’histoire n’était pas vraie » a révélé un examen exhaustif dans la London Review of Books par Hugh Roberts, de l’Université Tufts. En fait, en cherchant à minimiser les pertes civiles, les forces de Kadhafi avaient évité une violence indiscriminée.

La meilleure preuve statistique provient de Misrata, la troisième ville de Libye, où les combats initiaux ont été les plus intenses. Human Rights Watch a établi que parmi les 949 personnes blessées là-bas durant les sept premières semaines de la rébellion, seules 30 (juste un peu plus de 3 pour cent) étaient des femmes ou des enfants, ce qui indique que les forces de Kadhafi avaient précisément ciblé les combattants, qui étaient pratiquement tous des hommes. Durant la même période à Misrata, seulement 257 personnes ont été tuées, une toute petite partie des 400 000 habitants de la ville.
Une même modération était manifeste à Tripoli. Le gouvernement n’y a fait usage d’une force importante que pendant les deux jours qui ont précédé l’intervention de l’OTAN. Il s’agissait de repousser les manifestants violents qui brûlaient des bâtiments gouvernementaux. Des médecins libyens ont ensuite confié à une commission d’enquête de l’ONU avoir vu dans les morgues de la ville le 20 et le 21 février plus de 200 cadavres, dont seulement deux femmes. Ces statistiques réfutent l’idée que les forces de Kadhafi ont tiré au hasard sur des civils pacifiques.

De plus, au moment où l’OTAN est intervenue, la violence en Libye était sur le point de cesser. Les troupes bien équipées de Kadhafi avaient contenu la rébellion hétéroclite, qui se retirait. A la mi-mars 2011, les forces gouvernementales étaient prêtes à reconquérir les derniers bastions rebelles de Benghazi, mettant de ce fait fin à un mois de conflit au prix d’un peu plus de 1 000 vies. Pourtant, juste à ce moment, des Libyens expatriés en Suisse et affiliés à la rébellion sonnèrent l’alerte sur un proche « bain de sang » à Benghazi, ce que les médias occidentaux se sont empressés de reprendre mais qui se révèle rétrospectivement une opération de propagande. En réalité, le 17 mars, Kadhafi s’était engagé à protéger les civils à Benghazi, comme il l’avait fait pour les autres villes regagnées, ajoutant que ses troupes avaient « laissé la voie libre » pour que les rebelles puissent se retirer en Égypte. Dit simplement, les groupes armés étaient en train de perdre la guerre et donc leurs agents à l’extérieur brandirent le spectre d’un génocide pour pousser à une intervention de l’OTAN – ce qui a marché comme sur des roulettes. Il n’y a aucune raison ou preuve pour penser que Kadhafi avait planifié ou voulait perpétrer une tuerie.

Il est vrai que le gouvernement a réellement essayé d’intimider les rebelles, jurant de les poursuivre sans relâche. Mais Kadhafi n’a jamais converti cette rhétorique en attaque contre les civils. Du 5 au 15 mars 2015, les troupes gouvernementales ont reconquis toutes les principales villes aux mains des rebelles sauf une, et dans aucune d’elles n’ont exécuté de civils par mesure de rétorsion, et encore moins commis de bain de sang. En fait, alors que ses troupes se rapprochaient de Benghazi, Kadhafi a redit en public qu’elles ne s’en prendraient ni aux civils, ni aux rebelles ayant déposé les armes. Le 17 mars, il s’est adressé directement aux rebelles : « Jetez vos armes, tout comme vos frères l’ont fait à Ajdabiya et ailleurs. Ils ont déposé les armes et sont en sécurité. Nous ne les avons jamais poursuivis. »

Pourtant, deux jours plus tard, la campagne aérienne de l’OTAN a stoppé l’offensive de Kadhafi. Par conséquent, Benghazi n’est pas retournée sous le contrôle gouvernemental, les rebelles n’ont pas fui, et la guerre n’a pas pris fin. Au lieu de cela, les militants sont revenus de leur retraite et ont repris l’offensive. Finalement, le 20 octobre 2011, les rebelles ont découvert Kadhafi, l’ont torturé puis sommairement exécuté. Les derniers vestiges du régime sont tombés trois jours plus tard. En tout, l’intervention a fait passer la guerre civile en Libye de moins de six semaines à plus de huit mois.
Les estimations du nombre de personnes tuées pendant la guerre ont varié considérablement. Lors d’une conférence privée organisée par l’Institut Brookings en novembre 2011, un fonctionnaire américain a estimé à « environ 8 000 » le nombre final de morts. En revanche, le ministre de la Santé du côté rebelle affirmait en septembre 2011, avant même que le conflit ne soit terminé, que 30 000 Libyens étaient déjà morts. Toutefois, le ministère des Martyrs et Personnes disparues du gouvernement d’après-guerre a drastiquement réduit ce chiffre à 4 700 civils et rebelles, à quoi s’ajoute un nombre équivalent ou plus faible dans les forces du régime, et 2 100 personnes portées disparues des deux côtés – pour une estimation haute de 11 500 morts.

Les statistiques consolidées des pertes n’ont pas été compilées durant les deux années de conflit à basse intensité qui ont suivi, mais il y eut bel et bien des rapports sur plusieurs accrochages significatifs, tel celui de mars 2012 qui opposa des tribus rivales dans la cité méridionale de Sebha et fit 147 morts. A la lumière de tels cas, on peut raisonnablement estimer que le conflit tua au moins 500 personnes par an en 2012 et 2013. Des données plus fiables sont disponibles pour la guerre civile qui a redémarré en 2014. Le site web Libya Body Count, qui décompte les pertes sur une base quotidienne, indique que le nombre total de Libyens tués l’année dernière dépassait 2 750. De surcroît, contrairement aux troupes de Kadhafi en 2011, les milices qui combattent aujourd’hui en Libye font un usage indiscriminé de la force. En août 2014, par exemple, le centre médical de Tripoli signala que sur 100 personnes tuées dans les violences récentes, 40 étaient des femmes et au moins 9 des enfants. Le mois suivant, dans un crime de guerre flagrant, des miliciens ont tiré sur un poste médical avec un lance-roquettes multi-têtes.

Cette sinistre comptabilité conduit à une conclusion déprimante mais inévitable. Avant l’intervention de l’OTAN, la guerre civile en Libye était sur le point de s’achever, au prix d’à peu près 1 000 vies. Depuis, cependant, la Libye a déploré au moins 10 000 morts supplémentaires dues au conflit. En d’autres termes, l’intervention de l’OTAN semble avoir décuplé le nombre de morts violentes.

UN TERRITOIRE POUR LES TERRORISTES
Une autre conséquence inattendue de l’intervention en Libye a été d’accroître la menace terroriste depuis ce pays. Bien que Kadhafi ait soutenu le terrorisme il y a plusieurs dizaines d’années – comme en témoigne le paiement ultérieur par le régime de réparations pour l’attentat à la bombe dans un avion à Lockerbie en 1988 – le dirigeant libyen était devenu un allié des USA contre le terrorisme mondial avant même le 11 septembre 2001. C’était en partie à cause de la menace intérieure que représentait le Groupe Combattant Islamique de Libye, affilié à al-Qaïda. Le chef de la sécurité extérieure de Kadhafi, Moussa Koussa, avait rencontré à plusieurs reprises des hauts fonctionnaires de la CIA pour fournir des renseignements sur des combattants libyens en Afghanistan et sur le trafiquant pakistanais de substances nucléaires A. Q. Khan. En 2009, le général William Ward, alors à la tête du Commandement américain pour l’Afrique, avait encensé la Libye comme « un partenaire de premier plan dans la lutte contre le terrorisme transnational. » Cependant, depuis l’intervention de l’OTAN en 2011, la Libye et le Mali voisin sont devenus des refuges pour les terroristes. Des groupes islamistes radicaux, que Kadhafi avait éradiqués, ont refait surface sous la protection aérienne de l’OTAN comme les combattants les plus aguerris de la rébellion. Fournis en armes par des pays sympathisant tels que le Qatar, les milices ont refusé de se désarmer après la chute de Kadhafi. Leur menace persistante a été mise en lumière en septembre 2012, quand des djihadistes, dont certains membres du groupe Ansar al-Sharia, ont attaqué l’enceinte diplomatique américaine à Benghazi, tuant Christopher Stevens, l’ambassadeur des USA en Libye, et trois de ses collègues. L’année dernière, les Nations Unies ont officiellement qualifié Ansar al-Sharia d’organisation terroriste, en raison de son affiliation à al-Qaïda au Maghreb Islamique.

Les militants islamistes en Libye luttent à présent pour un contrôle total du pays, et ils marquent des points. En avril 2014, ils ont pris une base militaire secrète près de Tripoli, que les forces d’opérations spéciales des USA avaient, ironie de l’histoire, établie durant l’été 2012 pour entraîner les troupes contre-terroristes libyennes. Encore en septembre 2014, le Qatar et le Soudan ont fait parvenir des armes aux islamistes. En réponse, les gouvernements plus laïques des Émirats Arabes Unis et de l’Égypte ont procédé à des frappes aériennes contre les militants islamistes à Tripoli et à Benghazi en août et en octobre de l’an dernier. Les djihadistes en Libye aujourd’hui ne se composent plus seulement des affiliés d’al-Qaïda ; en janvier 2015, des groupes se revendiquant de Daesh, appelé aussi État Islamique, ont perpétré des massacres ou des enlèvements dans chacune des trois régions administratives traditionnelles de la Libye.

L’intervention de l’OTAN a également bénéficié au terrorisme islamique ailleurs dans la région. À la chute de Kadhafi, les Touaregs maliens qui étaient membres de ses forces de sécurité sont rentrés au pays avec leurs armes pour lancer leur propre rébellion. Ce soulèvement a été rapidement détourné par les forces islamiques locales et al-Qaïda au Maghreb Islamique, qui déclarèrent un État islamique indépendant dans la moitié nord du pays. En décembre 2012, cette zone était devenue « le plus grand territoire du monde contrôlé par des extrémistes islamiques, » d’après le sénateur Christopher Coons, président du sous-comité pour l’Afrique du sénat américain. La menace a été décrite plus en détail par le New York Times, qui indiqua que « la branche d’al-Qaïda en Afrique du Nord dirige des camps d’entraînement terroristes dans le nord Mali et fournit des armes, des explosifs et des fonds à une organisation islamiste militante dans le nord du Nigéria. » Mais les retombées libyennes ne se sont pas arrêtées là, qui ont également motivé des conflits ethniques mortels au Burkina Faso et la montée de l’islamisme radical au Niger. Pour faire face à cette menace, début 2013, la France a été obligée de déployer des milliers de militaires au Mali, certains d’entre eux sont toujours en train de combattre les djihadistes dans le nord du pays. Le problème terroriste a été amplifié par la dispersion d’un armement critique depuis les arsenaux de Kadhafi vers des islamistes radicaux en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Peter Bouckaert de Human Rights Watch estime que dix fois plus d’armes ont disparu en Libye qu’en Somalie, Afghanistan ou Irak. La plus grande inquiétude porte peut-être sur un système de défense aérienne individuel, connu sous le nom de MANPAD, qui, correctement utilisé, peut servir à abattre aussi bien des avions civils que militaires. Jusqu’à 15 000 de ces missiles étaient portés manquants en février 2012, selon un fonctionnaire du Département d’État des États-Unis cité dans les colonnes du Washington Post ; une campagne de rachat abondée à hauteur de 40 millions de dollars n’a permis d’en retrouver que 5 000. L’article ajoutait que des centaines de ces armes étaient toujours dans la nature, y compris au Niger, où Boko Haram, le groupe islamiste radical, en a récupéré quelques-unes à travers la frontière nord du Nigéria. Quelques dizaines d’autres ont été retrouvées en Algérie et en Égypte.

Les missiles ont même cheminé à travers l’Égypte jusqu’à la Bande de Gaza. En octobre 2012, des militants en ont utilisé un pour la première fois, ratant de peu un hélicoptère de l’armée israélienne, et des fonctionnaires israéliens ont déclaré que ces armes provenaient de Libye. Plus récemment, début 2014, des islamistes en Égypte ont utilisé un autre de ces missiles pour abattre un hélicoptère militaire. Des MANPAD libyens ainsi que des mines sont même apparus sur les marchés d’armes en Afrique de l’Ouest, où des acheteurs somaliens les ont raflés pour le compte de rebelles islamistes et de pirates, dans la lointaine Afrique de l’Est.

LES RÉPERCUSSIONS PLUS LARGES
Les dégâts causés par l’intervention en Libye s’étendent bien plus loin qu’au voisinage immédiat. En premier lieu, en aidant au renversement de Kadhafi, les États-Unis ont sabordé leur propre programme de non-prolifération nucléaire. En 2003, Kadhafi avait volontairement stoppé ses programmes d’armement nucléaire et chimique et livré ses arsenaux aux États-Unis. Sa récompense, huit années plus tard, a consisté en un changement de régime piloté par les Américains, dont sa mort violente a constitué le sommet. Cette expérience a rendu beaucoup plus compliquée la tâche de convaincre d’autres États d’abandonner leur programme nucléaire. Peu après le début de la campagne aérienne, la Corée du Nord a publié une déclaration émanant d’un fonctionnaire anonyme du ministère des Affaires étrangères, indiquant que « la crise libyenne donne une sérieuse leçon à la communauté internationale » et que la Corée du Nord ne se laisserait pas prendre à la même « tactique [américaine] de désarmement du pays ». Le dirigeant suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, nota de la même manière que Kadhafi avait « emballé tout son matériel nucléaire, l’avait embarqué sur un bateau et livré à l’Occident ». Un autre Iranien bien informé, Abbas Abdi, fit remarquer : « Quand Kadhafi a dû faire face à une insurrection, tous les dirigeants occidentaux l’ont laissé tomber comme un paquet de linge sale. En vertu de quoi, nos dirigeants pensent que les compromis ne sont pas d’un grand secours. »

L’intervention en Libye pourrait aussi avoir favorisé la violence en Syrie. En mars 2011, le soulèvement en Syrie était encore largement non-violent, et la réponse du gouvernement d’Assad, bien que criminellement disproportionnée, était relativement circonscrite, causant la mort de moins de 100 Syriens chaque semaine. Cependant, après le coup de main de l’OTAN aux rebelles en Libye, les révolutionnaires en Syrie se tournèrent vers la violence durant l’été 2011, espérant peut-être provoquer une intervention similaire. « C’est la même chose qu’à Benghazi, » déclara un rebelle syrien au Washington Post à cette époque, ajoutant, « nous avons besoin d’une zone d’exclusion aérienne. » Le résultat fut une escalade massive du conflit syrien, qui conduisit à au moins 1 500 morts hebdomadaires au début de 2013, un bilan 15 fois plus lourd.

La mission de l’OTAN en Libye a également entravé les efforts de paix en Syrie en irritant profondément la Russie. Avec l’accord de Moscou, le Conseil de sécurité de l’ONU avait approuvé l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne en Libye et d’autres mesures visant à protéger les civils. Mais l’OTAN a outrepassé ce mandat pour chercher à faire tomber le régime. La coalition a ciblé les troupes de Kadhafi durant sept mois – même quand elles se retiraient, sans menacer les civils – et a armé et entraîné les rebelles opposés aux pourparlers de paix. Comme l’a déploré le président russe Vladimir Poutine, les troupes de l’OTAN « ont clairement violé la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye, quand elles ont procédé elles-mêmes à des bombardements au lieu d’imposer la prétendue zone d’exclusion aérienne. » Son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a expliqué qu’en conséquence, en Syrie, la Russie « ne permettrait jamais au Conseil de sécurité d’autoriser quoi que ce soit de semblable à ce qui s’était passé en Libye. »

Au début du Printemps arabe, les tenants de l’intervention en Libye avaient prétendu que cette solution favoriserait la dynamique des soulèvements relativement pacifiques en Tunisie et en Égypte. En fait, l’action de l’OTAN n’a pas seulement échoué à disséminer une révolution pacifique mais elle a également contribué à la militarisation du soulèvement en Syrie et entravé les perspectives d’une intervention des Nations Unies dans ce pays. Pour la Syrie et ses voisins, la conséquence en a été l’exacerbation tragique de trois maux : les souffrances humanitaires, le sectarisme et l’Islam radical.

LA VOIE QUI N’A PAS ÉTÉ EMPRUNTÉE
En dépit du bouleversement majeur causé par l’intervention, certains de ses tenants impénitents prétendent que l’alternative – laisser Kadhafi au pouvoir – aurait été encore pire. Mais Kadhafi ne représentait en aucune manière l’avenir de le Libye. Agé de soixante-neuf ans et en mauvaise santé, il était en train de poser les bases d’une succession pour son fils Saïf, qui préparait de longue date un agenda réformateur. « Je n’accepterai aucun poste à moins qu’il n’y ait une nouvelle constitution, de nouvelles lois et des élections régulières, » a déclaré Saïf en 2010. « Tout le monde devrait avoir accès à un poste gouvernemental. Nous ne devrions pas avoir le monopole du pouvoir. » Saïf convainquit aussi son père que le régime devait reconnaître sa responsabilité pour un massacre célèbre dans les prisons en 1996, et verser une compensation aux familles des centaines de victimes. En outre, en 2008, Saïf avait rendu publics des témoignages d’anciens prisonniers faisant état de tortures infligées par les comités révolutionnaires – les chiens de garde zélés mais officieux du régime – dont il demanda le désarmement.

De 2009 à 2010, Saïf persuada son père de relâcher pratiquement tous les prisonniers politiques en Libye, créant un programme de déradicalisation des islamistes que des experts occidentaux ont cité en exemple. Il se fit également l’avocat d’une suppression du ministère libyen de l’Information, en faveur de médias privés. Il fit même venir des universitaires américains renommés – parmi lesquels Francis Fukuyama, Robert Putnam et Cass Sunstein – pour donner des conférences sur la société civile et la démocratie. L’indication la plus claire des tendances réformistes de Saïf est peut-être à trouver dans le fait qu’en 2011, les principaux dirigeants politiques de la révolution s’avérèrent être des fonctionnaires qu’il avait fait entrer auparavant au gouvernement. Mahmoud Jibril, Premier ministre du Conseil national de transition de la rébellion durant la guerre, avait dirigé le Conseil national du développement économique mis en place par Saïf. Mustafa Abdel Jalil, président du Conseil national de transition, avait été choisi par Saïf en 2007 pour développer une réforme judiciaire en tant que ministre libyen de la Justice, ce qu’il a fait avant de rejoindre les rebelles.

Bien sûr, il est impossible de savoir si Saïf se serait montré désireux ou capable de transformer la Libye. Il affrontait une opposition faite d’intérêts entremêlés, tout comme son père lui-même lorsque celui-ci tenta des réformes. En 2010, les conservateurs fermèrent temporairement les organes de presse appartenant à Saïf parce que l’un de ses journaux avait publié une tribune libre critique à l’encontre du gouvernement. A la fin 2010, quoi qu’il en soit, Kadhafi l’ancien avait renvoyé son fils plus radical, Mutassim, un geste qui avait semblé préparer le terrain pour Saïf et son agenda réformiste. Même si Saïf n’allait pas transformer en une nuit la Libye en une démocratie jeffersonienne, il semblait réellement désireux d’éliminer les dysfonctionnements et les injustices les plus flagrants du régime de son père.

Même après le début de la guerre, des observateurs respectables exprimèrent leur confiance en Saïf. Dans une tribune libre du New York Times, Curt Weldon, un ancien membre républicain du Congrès américain originaire de Pennsylvanie qui avait effectué dix mandats, écrivit que Saïf « pourrait jouer un rôle constructif en tant que membre du Comité pour définir une nouvelle structure de gouvernement ou une nouvelle constitution. » Au lieu de quoi, des miliciens encouragés par l’OTAN capturèrent et jetèrent en prison le fils de Kadhafi. Dans une interview donnée en détention au journaliste Franklin Lamb en octobre 2014, Saïf exprima ses regrets : « Nous étions sur le chemin de réformes importantes, et mon père m’avait donné la responsabilité de les conduire. Malheureusement, la révolte est arrivée, et les deux camps ont commis des erreurs qui permettent aujourd’hui à des groupes islamistes extrémistes tels que Daesh [l’EI] de ramasser les morceaux et de transformer la Libye en une entité fondamentaliste extrême. »

LES LEÇONS DE LA LIBYE
Obama admet aussi des regrets concernant la Libye, mais il en a malheureusement retiré un mauvais enseignement. « Je pense que nous avons sous-estimé […] la nécessité d’intervenir à pleine puissance, » déclara le président à l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman en août 2014. « Si vous faites ça, » a-t-il développé, « il doit y avoir un effort beaucoup plus agressif de reconstruction des sociétés. »

Mais c’est exactement la mauvaise recette. L’erreur en Libye n’a pas consisté en un effort inadéquat après l’intervention, mais bien en premier lieu, dans la décision même d’intervenir. Dans des cas comme la Libye, où un gouvernement essaye d’étouffer une rébellion, une intervention militaire a de fortes chances de provoquer un retour de bâton en favorisant la violence, la chute de l’État et le terrorisme. La perspective d’une intervention crée également des incitations perverses pour des milices, à provoquer des représailles gouvernementales puis à hurler au génocide afin d’attirer l’aide étrangère – le risque moral qu’encourt toute intervention humanitaire.

La véritable leçon à tirer de la Libye est que lorsqu’un État cible précisément des rebelles, la communauté internationale doit se retenir de lancer une campagne militaire sur des bases humanitaires pour aider les militants. Le public occidental devrait également se méfier de rebelles cyniques qui exagèrent non seulement la violence de l’État mais aussi leur propre soutien populaire. Même quand un régime est très imparfait, comme l’était celui de Kadhafi, une intervention risque seulement d’alimenter la guerre civile – déstabilisant le pays, mettant en danger la vie des civils et ouvrant la voie aux extrémistes. Une conduite prudente consiste à promouvoir des réformes pacifiques du genre de celles que le fils de Kadhafi, Saïf, cherchait à réaliser.

L’intervention humanitaire devrait être réservée aux rares circonstances où des civils sont visés et où l’action militaire peut faire plus de bien que de mal, comme au Rwanda en 1994, pour lequel j’ai estimé qu’une opération menée à temps aurait pu sauver près de 100 000 vies. Évidemment, les grandes puissances peuvent vouloir faire usage de la force à l’étranger pour d’autres raisons – pour combattre le terrorisme, éviter la prolifération nucléaire ou renverser un dictateur dangereux. Mais elles ne doivent pas prétendre que la guerre qui en découle est humanitaire, ou se montrer surprises quand elle provoque la mort de nombreux civils innocents.

Source : Foreign Affairs29
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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