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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre. Par Karine Bechet Golovko.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

lundi 6 mars 2017

 

L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre

 
 
 
La semaine dernière a été marquée par un grand évènement: l'armée syrienne, avec l'appui aérien russe, a pu libérer pour la deuxième fois la ville symbolique de Palmyre. Pourtant, cette bonne nouvelle n'a étrangement pas provoqué d'euphorie, plutôt une surprenante réaction ironique face à ce qui est une défaite importante pour Daech.
 

 
En 2015, les extrémistes de Daech s'emparent de la ville de Palmyre, le joyau du désert. Après une importante campagne, l'armée syrienne avec l'aide de l'armée russe réussissent à libérer la ville en mars 2016. Pour célébrer cette victoire contre la barbarie, un grand concert est organisé. Mais ensuite, la bataille d'Alep occupe toutes les énergies et des groupes islamistes sont gentiment sortis de Mossoul, facilitant la reprise de Palmyre par les extrémistes en décembre. La semaine dernière, après une longue progression, les forces syriennes reprennent tout d'abord la ville Antique, puis libère la ville elle-même.
 
Cette nouvelle est très importante, car la première occupation de la ville par les extrémistes avait causé des destructions difficiles à réparer, importance soulignée par la directrice de l'UNESCO
« La protection du site archéologique de Palmyre est à la fois un enjeu culturel majeur, et un impératif pour la sécurité, la paix et le redressement de tout un pays. » a déclaré la Directrice générale. « Ce patrimoine a traversé les millénaires, il représente un ferment d’unité et d’identité pour le peuple syrien. Sa préservation est inséparable de la protection des vies humaines et fait partie intégrante de la réponse à une situation humanitaire d’extrême urgence. Il doit être laissé en dehors du conflit. »
Une importance telle ... que le silence des Etats occidentaux est assourdissant. La seule réaction notable est celle de la France et de la Grande Bretagne qui présentent à l'ONU une résolution voulant conduire à l'adoption de sanctions contre le régime d'Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre les populations civiles. Cette résolution est soutenue par les Etats Unis, mais la Russie et la Chine y opposent leur véto estimant les preuves apportées contre le régime syrien insuffisantes, alors que celles apportées contre Daech existent et ne sont pas prises en compte. Cet échange diplomatique intervient le 28 févier, alors que l'armée syrienne se rapproche de Palmyre et que sa libéraiton est quasiment acquise. Le calendrier est ici intéressant. Il permet également de communiquer sur l'affrontement entre les Etats Unis et la Russie, bloquant toute possibilité de coopération, même en matière de lutte contre le terrorisme. Car l'ambassadrice américaine reprend la vieille liturgie de l'Administration Obama et envisage même la possibilité d'adopter des sanctions en dehors du cadre de l'ONU:
« La Chine et la Russie ont fait un choix scandaleux et indéfendable aujourd'hui, a-t-elle dit après le vote. C'est un triste jour pour le Conseil de sécurité quand les membres commencent à trouver des excuses à d'autres Etats membres qui tuent leur propre peuple ». « Le monde est sans aucun doute plus dangereux », a conclu Nikki Haley.
Quant à l'opposition syrienne, qui est censée discuter du processus de paix et devrait donc être satisfaite de voir reculer ce qui doit être leur ennemi commun, à savoir les groupes terroristes, les déclarations de son porte-parole laissent perplexe. Selon Nasser al-Hariri:
Le régime et l'EI « sont tous les deux des terroristes.
C'est une position qui ne présage rien de bon pour des négociations de paix. Et il persiste en mettant sur le même pied le régime d'Assad qui lutte contre le terrorisme et Daech, un groupe extrémiste:
« On dirait un épisode de Tom et Jerry, ironise de son côté l’opposition syrienne en évoquant le sort de la cité, tombée deux fois aux mains des djihadistes et reprise deux fois par le régime. « Doit-on féliciter le président Bachar Al-Assad pour la reprise de Palmyre ? Si nous le faisons, il nous faudra aussi féliciter Daech s’ils reprennent une nouvelle fois la ville à l’avenir »
La presse française a une position très simple: soit elle présente les faits bruts, sans auncune interprétation en se cachant comme elle le peut derrière une pseudo neutralité, soit elle cache très mal son ironie, comme dans cet article du Monde dont la déclaration de Hariri est tirée. L'on notera aussi les titres très tendancieux de certains journaux:
 


 
 
Toujours est-il que les forces extrémistes ont été repoussées à plus de 20 km de la ville et que le drapeau syrien a pu remplacer celui de l'état islamique. Cette victoire a eu un effet significatif sur les militaires syriens, dont le moral est au plus haut pour continuer la libération de leur pays. Ce qui, finalement, est le plus important. Mais il est regrettable que les pays occidentaux tiennent une position si hypocrite, qui frise le soutien au terrorisme.
 
 
 
 
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PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17] . Par Bertrand Rivière.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Turquie

PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17]   

Depuis Alep, je partage juste quelques mots et je vous lis cette lettre que j’ai écrite à Mr le Président François Hollande qu'il a reçue et lue, pour ceux qui n’aiment pas lire. Egalement un message que j'avais reçu du Quai D'Orsay m'invitant à quitter le pays et à cesser de transmettre des contenus sur internet, sur les médias. Je n’aime pas jouer les activistes qui enfoncent des portes ouvertes mais le mensonge est trop gros et j’avoue avoir du mal à le digérer, pas après tout ce que j’ai et chacun ici a vu et vécu. On continue de s’accrocher ici et de faire au mieux, jour après jour pour améliorer la vie et l’espoir. J’ai en ce moment même 150 gamins et familles avec moi, quand je les regarde vivre, rigoler, ça efface tout le reste, mais ce combat est pour eux et je ne veux pas que nous détruisions tout ce en quoi ils croient, et même si ce n’est pas moi qui vais changer le monde ni ne suis là pour vous convaincre, j’espère au moins vous pousser à réfléchir avec vos coeurs, à vous poser les bonnes questions et être ceux qui de par le nombre pourront changer les choses
La lettre et des dizaines de témoignages https://www.facebook.com/notes/pierre...
Nous dirons que c’est une vidéo, qui, au pire, comme la lettre, comme tous les témoignages de Syriens, médias, servira d’archive pour le temps qui passe. Le temps qui vous démontrera à quel point on vous a trompés pour légitimer cette guerre qui a commencé à s'inviter chez nous. Voilà qu'Alep a été presque totalement effacé des médias, mais la vie et la guerre continuent ici même si elle ne fait plus la une des journaux que vous ouvrez le matin dans le métro. Les gens continuent de souffrir de la situation que nous avons construite.
Personne ne nous a consultés quant aux sanctions contre le peuple Syrien et le financement de groupes armés. Si vous tiquez pour 500 000€ d’emploi fictif pour celui-ci ou celle-là (qui n'est que du grain à moudre pour vous garder occupés) je n’arrive pas à comprendre comment, sinon la boulimie d’informations, vous ne pouvez pas tiquer pour des milliards détournés pour faire la guerre, déstabiliser le pays de ceux que vous retrouvez maintenant devant vos porches, dans vos rues. Ils font désormais partie de vos quotidiens, il ne s’agit pas seulement de leur donner à manger, leur donner un toit, de la chaleur, ils avaient tout ça déjà, rendez-leur la paix et la possibilité de se reconstruire.
We are superheroes : https://www.facebook.com/heroesworldt...

 

PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE, LES CASQUES BLANCS ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17] https://gaideclin.blogspot.com/2017/0...

https://www.youtube.com/watch?v=1QtfI3H2oZ0&feature=youtu.be

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Tension. Le 27 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #ISIL

Tension

27 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Les retrouvailles syro-turco-kurdes dans le nord syrien, autour d'Al Bab, ne pouvaient pas ne pas donner lieu à une brusque flambée de tension dont nous avions esquissé la possibilité la dernière fois. On n'a pas été déçu...

Comme prévu, mais à un rythme plus rapide qu'attendu, l'armée syrienne a fait sa jonction avec le territoire kurde, empêchant dorénavant toute avance turco-ASL vers le sud à moins de déclencher une guerre en bonne et due forme, soit contre Damas, soit contre les Kurdes. Finis les rêves sultanesques de percée vers Raqqa, prétexte évidemment à un éventuel redécoupage de la Syrie. Des mois de guerre laborieuse et des dizaines de morts pour se contenter d'une petite bande de quelques kilomètres : l'efficacité ottomane n'est plus ce qu'elle était, ma bonne dame...

Ménage à trois

Zoomons sur la zone. La bucolique poche rurale de Daech (en noir) sera réduite en quelques heures ou quelques jours, guère plus.

Les trois gros bras du nord syrien jouent à touche-touche : l'armée syrienne (rouge), les YPG kurdes (jaune) et l'armée turque aidée de ses supplétifs "modérés" de l'ASL (vert). Or des clashs plus ou moins importants ont déjà éclaté entre les trois !

Jaune vs vert

Aucune surprise, ça fait des mois que le conflit latent dure entre les meilleurs ennemis du monde et que des combats sporadiques éclatent à intervalle régulier. Le franchissement de l'Euphrate par les Kurdes, ligne rouge d'Ankara, n'a toujours pas été digéré par Erdogan qui n'a de cesse de répéter que le prochain objectif est Manbij (voir première carte).

Le problème est que là, il serait tout seul. Les Américains ont d'ors et déjà fait savoir qu'ils continueront à soutenir le Conseil Militaire de Manbij c'est-à-dire, pour parler clairement, les Kurdes. Quant à Damas, le gouvernement a toujours été plus enclin à négocier avec "ses" Kurdes qu'avec les Turcs, vus comme des envahisseurs violant la souveraineté nationale. Le sultan, seul contre tous, franchira-t-il le Rubicon ? Ce serait suicidaire...

Rouge vs vert

L'arrivée des troupes syriennes au sud d'Al Bab a été accompagnée de gros échanges de tirs avec l'ASL turquisée. Apparemment, une première médiation russe a eu lieu hier mais les combats semblent continuer. Si les pertes ne sont pas connues (les chiffres donnés par les "rebelles" sont traditionnellement imaginaires), il est clair que ça chauffe.

Il ne faudrait pas que le führerinho d'Ankara s'obstine, au risque de voir se lever une véritable armée de boucliers devant lui. Après un passager été indien en décembre pour préparer les pourparlers d'Astana, la tension entre l'Iran et la Turquie est maintenant à couper au couteau. En cause, on ne sera pas surpris, Erdogan lui-même et de ses déclarations incendiaires lors de sa visite dans les pétromonarchies mi-février.

La toupie a-t-elle fait un tour de trop ? Un député syrien qui a l'oreille du gouvernement déclare sans ambages qu'en cas de conflit entre l'Iran et la Turquie, Damas prendra évidemment fait et cause pour Téhéran. Le point intéressant ici est qu'il évoque ouvertement la possibilité d'une guerre.

Quant aux Russes, que l'on n'entend plus beaucoup depuis quelques semaines, ils semblent lassés par les atermoiements du sultan. Aucun fait tangible, mais une impression, une sensation qui ressort des déclarations ou des articles. Ankara n'a finalement pas réussi à convaincre Ahrar al-Cham de participer aux pourparlers d'Astana, qui deviennent ainsi une coquille vide. Les armes continuent à passer la frontière turque vers l'Idlibistan, quoiqu'à un rythme moindre. La rencontre Poutine-Erdogan des 9 et 10 mars pourrait bien voir un durcissement certain de Moscou et ce ne sont pas les salamalecs d'Ankara - "notre victoire à Al Bab eut été impossible sans l'aide russe" - qui y changeraient quelque chose.

Rouge vs jaune

Enfin, certains rapports non confirmés ont évoqué quelques escarmouches rapidement maîtrisées entre loyalistes syriens et Kurdes lorsque les premiers ont fait leur jonction avec les seconds (voir plus haut). Rappelons que si les relations ont toujours été excellentes avec les Kurdes d'Efrin (les "Kurdes ouest"), Damas et les "Kurdes est" ont plusieurs fois eu maille à partir.

Toutefois, vu le contexte et la proximité des Turcs, le pragmatisme devrait l'emporter et une alliance de fait surgir de terre. Au grand dam du sultan...

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Nadia, Cristina, Hezbollah 25 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #le nazisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Nadia, Cristina, Hezbollah  25 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus

Nadia, Cristina, Hezbollah

25 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus

L'Ukraine post-Maïdan est, sans surprise, devenue un insondable merdier. Conflit ouvert ou couvert entre néo-nazis et oligarques pro-occidentaux, anciens alliés d'hier, pression continuelle des premiers sur les seconds qui passent d'ailleurs leur temps à se bouffer entre eux, situation économique catastrophique, guerre et avenir en berne.

Cerise sur le gâteau, le maître du Kremlin a introduit une délicieuse pomme de discorde en la personne de Savchenko, pasionaria qui n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat avec une régularité désespérante pour la junte. Nadia vient encore de faire des siennes. Deux semaines après avoir vertement accusé le gouvernement de l'assassinat de Givi, elle est arrivée hier à... Donetsk ! Oui, vous lisez bien, dans la capitale des séparatistes pro-russes. Elle y est allée discuter le bout de gras à propos d'un éventuel échange de prisonniers.

C'en est trop pour le panier de crabes kiévien qui l'accuse de vouloir fomenter un coup d'Etat en appelant les troupes ukrainiennes à "renverser le gouvernement". Info, intox ? Toujours est-il que l'inénarrable SBU, le service secret ukrainien, a ouvert une enquête. Cette affaire ne pouvait pas plus mal tomber pour la junte, alors que le blocage du charbon du Donbass par les nationalistes continue et entraîne une hystérisation du débat politique (la dernière passe d'armes en date a mis dans l'arène la blonde à tresses Timochenko et le Premier ministre).

A 13 000 km de là, en Argentine, un autre petit soldat du système impérial est bien en peine. Pris dans les Panama Papers puis un scandale de corruption familiale, Macri est en chute libre dans les sondages. Résultat : une autre pasionaria, la Kirchner, Cristina pour les intimes, le devance largement en popularité dans l'optique de l'élection présidentielle de 2019.

Si on en est encore loin, l'affaire est d'importance. L'on se rappelle que c'est le putsch constitutionnel contre Dilma au Brésil et l'élection de Macri en Argentine qui avaient permis à l'empire de détacher partiellement l'Amérique latine du monde multipolaire et, apparemment, de mettre à mal la dynamique des BRICS - même si l'Argentine n'en faisait pas partie, elle faisait souvent figure de membre associé.

En réalité, cette dynamique n'a jamais cessé, comme le montre un article étonnant d'objectivité du Monde (comme quoi, tout arrive...) Mais un retour de Cristina à la Casa Rosada apporterait à coup sûr un regain d'activité et accélérerait le processus de multipolarité.

Si Israël participe d'ailleurs à cette tendance de fond - comme en témoignent les négociations pour s'arrimer à l'Union Eurasienne -, le souci immédiat de Tel Aviv est plus prosaïque : le Hezbollah. Selon des rapports apparus dans la presse israélienne, le mouvement chiite libanais a atteint de tel degré de sophistication, y compris dans sa composante navale, qu'il peut frapper Israël où et quand il veut, notamment la marine de l'Etat hébreux, les cargos qui le ravitaillent (90% des importations du pays) et, last but not least, les plateformes offshore.

Mmmm... ça ne vous rappelle rien ? Nous en parlions l'année dernière :

En 2010 a été découvert Léviathan, un très gros gisement offshore au large des côtes israéliennes, mais que le Liban et Chypre disputent aussi à l'Etat hébreu. Même si une compagnie, Delek Energy, associée à une société texane, la mal nommée Noble Energy, ont commencé à prospecter, le développement du champ gazier est peu ou prou bloqué. La faute à d'énormes investissements difficiles dans un contexte de baisse des cours, aussi et surtout à une bataille politico-judiciaire intra-israélienne. En 2012, le géant Gazprom avait déjà proposé d'entrer dans le tour de table mais ses avances avaient été, à l'époque, rejetées sous pression américaine. Ce n'est peut-être plus le cas désormais...

Beaucoup de choses ont en effet changé depuis :

  • la relation américano-israélienne est à son plus bas historique (accord sur le nucléaire iranien, soutien de Washington aux Frères musulmans égyptiens et même putsch néo-nazi du Maïdan très mal vu à Tel Aviv)

  • l'inexorable montée en puissance russe au Moyen-Orient via l'intervention en Syrie et ses conséquences (alliance de facto avec le Hezbollah, rupture avec la Turquie)

Tout à leur Grand jeu, les stratèges US voient avec inquiétude les Russes s'implanter dans cette zone incontournable qu'est en train de devenir la Méditerranée orientale. Bases syriennes, accord naval avec Chypre, et maintenant Gazprom... c'est plus que Washington ne pourrait en supporter ! Les Américains font tout pour qu'Israël rompt toute discussion avec le géant russe et vende son gaz à la Turquie, elle-même très dépendante du gaz russe. Joe Biden, qui apparaît toujours là où les intérêts CIA/néo-cons sont en jeu, a effectué une visite en Israël début mars pour rabibocher Tel Aviv et Ankara (et tenter de marginaliser Moscou). Apparemment, sans résultat...

Depuis la visite de Joe l'Indien, la haute-cour israélienne a rendu son jugement, bloquant le développement de Léviathan, mais ceci n'est peut-être que la partie émergée de l'iceberg. L'establishment militaire israélien préfère maintenir une coopération militaire avec Moscou et ne pas déplaire à Poutine que de rétablir les liens avec le sultan fou. Surtout que l'intervention syrienne a placé dans les mains de Vladimirovitch des atouts supplémentaires, notamment grâce au Hezbollah.

Fin février, nous écrivions :

On en était là quand l'intervention russe a sérieusement rebattu les cartes, Tel Aviv et Beyrouth-Sud se mettant sur leur 31 pour courtiser Poutine.

L'alliance entre Moscou et le Hezbollah est logique, presque naturelle. Mêmes alliés (Assad, Téhéran), même farouche opposition à l'islamisme sunnite. La tolérance absolue du Hezbollah envers les chrétiens d'Orient (voir ces étonnantes photos des combattants chiites au garde-à-vous devant Jésus dans des villages chrétiens syriens libérés) joue également en sa faveur, la Russie se considérant comme la protectrice du christianisme moyen-oriental. Alarmé, Netanyahou s'est alors précipité à Moscou faire des ronds de jambe à Poutine. On avait connu Bibi la Terreur moins placide...

Ce voyage n'a pas empêché le Hezbollah de mettre la main sur des armements russes. Qu'ils aient été livrés par les Syriens qui les avaient eux-mêmes reçus (plus probable) ou livrés directement par Moscou selon les dires de hauts responsables du mouvement chiite, cela importe somme tout assez peu.

L'état-major de Tsahal est plus que remué, notamment par le fait que le mouvement libanais est vraisemblablement en possession de missiles de croisière supersoniques Yakhont. Les récentes déclarations de Nasrallah - "les stock de gaz ammoniac d'Haïfa sont notre bombe nucléaire" - ont également provoqué la panique en Israël où l'on considère sérieusement transférer les usines chimiques dans le sud du pays, à un coût exorbitant.

Tiens, tiens, justement en face du gisement qui nous intéresse... Et Poutine de jouer sur du velours, utilisant la menace de ses alliés pour faire monter les enchères. Selon un bon connaisseur du sujet, en échange d'une participation de Gazprom, le maître du Kremlin aurait assuré les Israéliens qu'il n'y aurait "aucune provocation de la part du Hezbollah ou du Hamas." Message à double sens ?

La balle est dans le camp des Israéliens. De cette décision dépendra en partie la future carte stratégique du Moyen-Orient. En attendant, le tsar du gaz peut danser...

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Maestria dans le nord syrien. Le 3 Mars 2017 , rédigé par Observatus geopoliticus 

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme, #La Turquie

Maestria dans le nord syrien

3 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Si le conflit syrien n'est pas avare de surprises, les rebondissements de ces deux derniers jours laissent franchement rêveur...

Dans le nord, nous en étions restés aux prémices du conflit entre Kurdes et Turcs, ces derniers étant bloqués dans leur marche vers le sud par l'armée syrienne et les YPG kurdes de Manbij. Affronter ouvertement Damas (donc Moscou) n'étant pas du tout dans les plans du sultan, la solution Manbij s'imposait (flèche verte), faisant d'une pierre deux coups : expulser les Kurdes de l'ouest de l'Euphrate et s'ouvrir une porte vers Raqqa.

Sauf que... Les Kurdes ne l'entendent évidemment pas du tout de cette oreille et, nous avions commencé à en parler, les Américains non plus, qui avaient fait savoir qu'ils continueraient à soutenir le Conseil militaire de Manbij. Nous en étions là quand a débuté une cascade d'événements aux implications extrêmement importantes.

Hier, des vidéos ont commencé à circuler, montrant l'établissement d'une petite base des forces spéciales US à Manbij. Message subliminal : si vous attaquez les Kurdes, vous nous attaquez. Avouez que voir les Américains assaillis par leur allié de l'OTAN et les rebelles "modérés" de l'ASL, pourtant armés et financés par Washington pendant des années, ne manquerait pas de sel...

Quelques heures plus tard, une nouvelle encore plus incroyable tombait : via les bons offices de Moscou, les Kurdes de Manbij ont passé un accord avec Damas, rétrocédant à l'armée syrienne une partie de leur gains territoriaux à l'ouest de l'Euphrate afin de constituer une zone tampon les séparant des Turcs et de leurs proxies.

On le voit, la partie hachurée sur la carte mettrait définitivement les Kurdes à l'abri des menées turques. Erdogan a dû frôler l'attaque cardiaque quand il a appris la nouvelle... Car à moins d'attaquer l'armée syrienne, donc d'entrer ouvertement en guerre contre Damas (et, derrière, Moscou et Téhéran), l'aventure néo-ottomane du sultan est terminée.

Pour Assad, c'est le deal parfait : les loyalistes récupèrent gratuitement et sans combattre une zone sur laquelle il n'auraient pu mettre la main militairement, zone qui les amène haut dans le nord, vers la frontière turque et le Rojava desquels ils avaient été expulsés depuis des années. C'est aussi une reconnaissance tacite par les Kurdes qu'une fois les combats terminés, ils ne demanderont pas l'indépendance mais se contenteront d'une autonomie.

Quant aux Kurdes eux-mêmes, s'ils laissent quelques villages sans importance à l'armée syrienne, leur présence à Manbij est actée et sanctuarisée. Un accord gagnant-gagnant sur le dos d'Erdogan qui doit l'avoir très mauvaise.

L'épisode porte la marque Poutine et ce n'est peut-être pas un hasard si le communiqué du PYD kurde est le suivant : "Pour protéger Manbij, nous avons transféré, après avoir mis sur pied une nouvelle alliance avec la Russie, aux forces armées syriennes toute la zone entre nous et les gangs affiliés à la Turquie [les fameux modérés si chers au système impérial]".

Vlad le judoka a encore frappé. Nous expliquions il y a deux ans :

Plusieurs biographes de Poutine ont montré à quel point le judo est, pour lui, bien plus qu'un sport : une philosophie de vie, qu'il applique dans de nombreux domaines, particulièrement en géopolitique. Utiliser la force et la précipitation de l'adversaire pour mieux le retourner et le mettre à terre. Le maître du Kremlin n'est jamais aussi redoutable que lorsqu'il fait d'abord un pas en arrière ; attendez-vous à vous retrouver assez vite le nez sur le tatami. Ippon.

Le nord syrien est un cas d'école. Utiliser le sultan pour expulser Daech, puis utiliser à nouveau son inévitable agressivité envers les Kurdes pour apparaître comme le sauveur, faisant remettre d'un trait de plume à son protégé de Damas des zones qu'il ne pouvait même pas rêver de reprendre un jour... Comment dit-on maestria en russe ?

Cerise sur le gâteau, ce rebondissement est également le signe évident d'une entente américano-russe, au moins ponctuelle. Le jour où l'on apprend que des forces spéciales US s'établissent à Manbij (voir plus haut) pour soutenir les Kurdes, ceux-ci appellent l'armée syrienne à l'aide. Comme l'écrit le Figaro, seul journal de la MSN à avoir succinctement rapporté l'info :

Cette annonce est une surprise totale car ce serait la première fois que des combattants soutenus par Washington sont d'accord pour rétrocéder des territoires aux forces du président Bachar al-Assad.

Allons plus loin : les troupes syriennes protégeront maintenant de facto les troupes américaines ! Si l'on nous avait dit ça il y a six mois... Evidemment, rien de tout cela n'eut été possible sans le tremblement de terre provoqué par l'élection de Trump et la redirection de la politique extérieure états-unienne subséquente.

Ces incroyables développements nous feraient presque oublier que l'armée syrienne a repris Palmyre...

 
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[Vidéo] Dr. Daniele Ganser – Pourquoi la France veut-elle la guerre? Par Claire Schieffer, le 28 février 2017

2 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Les média

[Vidéo] Dr. Daniele Ganser – Pourquoi la France veut-elle la guerre?

Expert en histoire des ressources énergétiques et activiste pour la paix, Daniele Ganser est habitué à rassembler lors de ses conférences dans le monde germanophone plusieurs centaines de spectateurs, mais se heurte à la frilosité du public français. Pourquoi cette réticence française face aux discours pacifistes qui, outre-Rhin, semble conquérir un public toujours plus nombreux ? Ne serait-ce pas dû, en partie, à l’absence de médias réellement indépendants en France, quand des groupes comme Lagardère et Dassault sont liés à la diffusion de l’information dans l’hexagone ? Le silence inhabituel des intellectuels français est-il seulement lié à la situation actuelle d’état d’urgence ? Le professeur suisse place finalement ses espoirs dans la jeunesse d’aujourd’hui, qui s’informe par d’autres canaux que les médias officiels et ne veut plus entendre ce discours belligérant.

 

 

Voir aussi:  http://arretsurinfo.ch/video-interview-de-daniele-ganser-guerres-manipulees-et-terrorisme-detat/

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Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream

9 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média, #ISIL

Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream

Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream

© Sputnik. Michail Alaedine
 
 

Dans leur déclaration commune, un groupe de professeurs allemands se sont prononcés contre les positions des médias mainstream occidentaux sur la Syrie et le rôle de la Russie et de l'Iran dans le conflit qui secoue depuis près de six ans ce pays proche-oriental, rappelant où cette guerre civile plonge ses racines.

Les membres du conseil scientifique de l'organisation Attac Deutschland, qui s'oppose aux processus de globalisation, constatent dans leur Déclaration sur la guerre en Syrie que la Russie et l'Iran « ont d'abord épuisé toutes les chances de parvenir à un règlement politique du conflit » et ce n'est qu'après qu'ils ont eu recours à une intervention armée.

Le Renversement d'Assad était planifié depuis 2001

 

Les scientifiques qui ont apposé leurs signatures au bas du document, rappellent que, d'après les déclarations de l'ancien commandant des forces de l'Otan en Europe Wesley Clark, tout de suite après les attentats du 11 septembre les États-Unis avaient décidé de renverser les autorités dans sept pays, y compris en Syrie.

 

Depuis 2005 ont été mis en place des conditions dans le but d'atteindre cet objectif, dont « d'innombrables actions médiatiques propagandistes visant le pouvoir d'Assad » et « le financement et la formation d'une armée de djihadistes », qualifiés dans les médias mainstream d'« opposition modérée ».

« Cependant, la majeure partie des forces armées de cette opposition s'apparentaient au système d'Al-Qaïda et aux islamistes radicaux du Front al-Nosra que les médias américains eux-mêmes qualifiaient jusque-là d'organisations terroristes.

 

Or, ce sont ces mêmes groupes qu'on envisageait d'employer pour renverser les autorités syriennes et iraniennes, dit le texte de la déclaration.

 

La Russie ne s'est pas ingérée dans la situation en Syrie tant qu'il s'agissait d'un conflit interne. Moscou n'a pris parti pour le gouvernement syrien que lorsque l'organisation terroriste Daech a réussi par le biais de la « terreur et avec le soutien militaire et logistique des services spéciaux américains, saoudiens et turcs à prendre le contrôle de larges territoires du nord de l'Irak, y compris la ville de Mossoul ».

Attaque de sarin et désarmement chimique

 

Les auteurs de la déclaration considèrent que si en août 2013 le président américain de l'époque Barack Obama a pris la décision surprise d'ajourner une frappe sur la Syrie c'est parce qu'il avait compris qu'il serait impossible de prouver l'implication de Damas dans l'attaque chimique perpétrée à Gouta. Les échantillons de sarin prélevés par des experts ont montré que les substances toxiques ne provenaient pas des arsenaux de l'armée syrienne.

 

Le président US a alors emprunté le plan B: il n'y aura pas de frappes si Assad accepte de détruire tous ses arsenaux d'armes chimiques sous le contrôle de l'Onu.

« Au bout du compte, c'est la Russie (…) qui a profité grâce à son habilité diplomatique de ce changement de cap pour détruire tous les arsenaux d'armes chimiques syriennes avec le concours des États-Unis et la surveillance des Nations unies », est-il indiqué. Toutefois, regrettent les auteurs du document, les médias mainstream n'ont même pas cité cet exemple de la politique pacifiste de Moscou.

« Assad ne peut pas partir »

 

La Russie et l'Iran ont déployé tous leurs efforts pour apporter une solution politique à la crise syrienne, écrivent les auteurs du rapport, rappelant un grand nombre d'initiatives de cessez-le-feu à Alep. Les scientifiques blâment les pays occidentaux et surtout les groupes armés qui ont rejeté toutes les négociations avec le président Bachar el-Assad, posant son départ comme préalable à tout dialogue.

 

Et pourtant, estiment-ils, n'importe que homme politique raisonnable et avisé aurait compris qu'Assad ne peut pas quitter son poste, même s'il le souhaite lui-même.

« Assad représente toutes les confessions et minorités ethniques de Syrie, notamment les alaouites, les chrétiens, les Yézidis et autres — ils soutiennent le régime d'Assad (…) et espèrent qu'il ne cédera pas ses positions et ne libérera pas le champ à Daech qui exterminera inévitablement toutes les minorités religieuses et les alaouites ».

Bonnes et mauvaises bombes

Les auteurs du rapport portent leur attention sur les victimes civiles. D'après leur point de vue, la couverture de ce sujet dans les médias mainstream se caractérise par une étroitesse de vue ainsi que par une position antirusse.

« Bien que nous soyons opposés à une juxtaposition du nombre de morts des deux côtés, suite à une couverture unidimensionnelle et antirusse de ce sujet et à la propagande des médias occidentaux, il convient de rappeler que depuis le mois d'août 2014, 40 000 civils irakiens ont péri sous les bombes de la coalition internationale menée par les États-Unis, soit au moins quatre fois plus qu'à Alep. 15 000 personnes ont trouvé la mort rien qu'à Mossoul », stipule le document.

 

Et d'ajouter que « depuis 1980 les États-Unis à eux seuls ont attaqué, occupé ou bombardé 14 États musulmans. Au cours des deux derniers centenaires, aucun pays musulman n'a jamais attaqué un État occidental ».

 

Ce sont l'Iran et la Russie qui portent toujours le chapeau des coupables, même lors de l'évacuation des groupes armés d'Alep. Mais lorsque des extrémistes ont mis le feu à huit bus syriens, les médias mainstream ont mangé leur langue.

Politique fatale de renversement de pouvoirs

 

Les scientifiques sont extrêmement étonnés par le fait que les médias mainstream non seulement ne critiquent pas, mais ne disent pas un seul mot sur la politique « fatale de renversement de régimes au Proche et Moyen-Orient, menée par les États-Unis ».

 

Et pourtant, les « États manqués », terreaux fertiles pour le terrorisme et principale source du flux de migrants vers l'Europe sont les conséquences de la politique de Washington.

En conclusion, les auteurs du rapport se disent préoccupés par l'émergence d'« une nouvelle guerre froide entre l'Occident et la Russie » et exhortent toutes les institutions civiles à prendre part au débat politique et main dans la main avec les partisans du pacifisme à préconiser des moyens de prévention des conflits et des guerres.

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Panique à bord. Rédigé par Observatus geopoliticus 

7 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Panique à bord

7 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Quel spectacle, mes aïeux... Le système impérial et ses relais médiatiques sont passés du mode panique au mode hystérique. Il faut dire que le Donald donne jour après jour un bon coup de pied dans la fourmilière, tout en sachant mener sa barque avec habileté. Jusqu'ici, il a louvoyé avec astuce, changeant de cap mais évitant les écueils de la table rase, donnant quelques miettes au Deep State pour que celui-ci ne se dresse pas uniformément contre lui.

En Syrie, une nouvelle est passée totalement inaperçue : il y a deux jours, l'aviation US a effectué un raid sur Idlib, tuant un commandant d'Ahrar al-Cham. On comprend que la presstituée ait préféré garder le silence : ce groupe salafiste était lyriquement considéré comme "modéré" il y a encore deux mois. Autre occupant de la Maison blanche, autres moeurs...

Puisque nous y sommes, restons un instant en Syrie. A Idlib, donc, la division barbue que nous annoncions a eu lieu autour des deux grands pôles rebelles - Al Qaida (dont la fédération s'appelle désormais Hayat Tahrir al-Cham) et Ahrar al-Cham. Si les combats fratricides ont plus ou moins momentanément cessé, le divorce est acté :

Les groupes modérés sont... nulle part ! La MSN occidentale est... muette.

Un peu plus à l'est, Al Bab est en vue. Nous ne parlons pas des Turcs et de leurs alliés qui la contemplent depuis de très longs mois sans pouvoir la prendre et qui rament pour s'imposer dans les villages environnants - le dernier en date s'appelle Bzaah, qui a changé huit fois de main ! Non, c'est l'armée syrienne qui approche à grande vitesse d'Al Bab par le sud :

C'est la dèche pour Daech, les petits hommes en noir al-babiens étant en passe d'être coupés du reste de leur territoire. Mais la question à un million concerne évidemment la "rencontre" entre l'armée loyaliste et le duo ASL-Turcs, mortels ennemis d'hier. Certes, tout cela a forcément été préparé en amont lors des discussions Poutine-Erdogan, mais il y a un monde entre les corridors du pouvoir et la réalité du terrain, et les haines tenaces ne s'effacent pas du jour au lendemain. Les généraux syriens font d'ors et déjà monter la pression, se disant prêts à en découdre avec l'ASL et les Turcs si nécessaire. Ambiance, ambiance...

Plus au sud, Wadi Barada a été libéré fin janvier. Rappelez-vous, le blocage et l'empoisonnement de son eau par les rebelles délicieusement modérés mettait en danger les cinq millions de Damascènes dans le silence assourdissant de nos médias. Le danger de catastrophe humanitaire est désormais écarté. Enfin, après des semaines de combats autour de l'aéroport stratégique T4 et le reflux de l'EI, Palmyre sera bientôt à nouveau en vue et des troupes d'élite sont déployées pour avancer vers la cité antique.

Après cette longue parenthèse syrienne, revenons à Washington où le changement de direction de Trump met le système impérial en émoi. Et ce n'est pas la crise ukrainienne qui le rassurera.

Sous Barack à frites, le schéma était simplissime. S'asseyant sur les accords de Minsk, Kiev lançait une offensive, les séparatistes pro-russes répondaient et le camp occidental accusait invariablement Moscou. Sentant maintenant le vent tourner, la junte ukrainienne a, sans doute conseillée par McCainistan, voulu forcer la main du Donald en faisant brusquement monter la pression fin janvier à Avdeïevka.

Elle a dû être déçue... Si l'ambassadrice américaine à l'ONU a (mollement) sauvé les apparences et donné quelque chose à grignoter au parti de la guerre, le changement de ton ne trompe pas et chacun s'en aperçoit (ici ou ici). Lors de la conversation téléphonique entre Trump et Porochenko, aucune condamnation ni critique de la Russie, rien n'accusant Moscou d'être à l'origine de la flambée de violence comme c'était habituellement le cas. Poroclown en a avalé son chocolat de travers...

Tout cela a évidemment le don d'exaspérer le système impérial, encore plus furibond depuis l'incroyable remarque de Trump :

Neuneu : - Vladimir Poutine est un tueur

Donald : - Pensez-vous que notre pays soit si innocent ?

A ma connaissance, c'est la première fois qu'un président américain se permet cet examen de conscience. Quel gouffre d'avec le nationalisme exacerbé et autres transes sur la nation indispensable des Bush Sr et Jr, Obama ou Clinton... Sans surprise, l'Etat profond a frisé l'attaque d'apoplexie et les cris d'orfraie ont retenti d'un bout à l'autre du pays. Quant à la présentatrice de CNN, elle en avait presque la larme à l'oeil ! Le Figaro, à ma connaissance le seul en France à avoir rapporté intégralement la nouvelle, a pour une fois fait preuve d'un brin d'objectivité. Après avoir évoqué le décalage - doux euphémisme - de Trump avec la classe politique en général et les caciques Républicains en particulier, le canard continue :

Toutefois, une enquête publiée vendredi par le New York Times montre bien qu'il n'est peut-être pas tant que ça en décalage avec l'électorat républicain, pour qui la menace islamique radicale éclipse la menace russe. Interrogé sur l'endroit du monde qui représente pour lui la principale menace pour les États-Unis, l'électorat démocrate place à l'inverse la Corée du Nord en tête, suivie immédiatement par la Russie. Mais l'électorat républicain mentionne après la Corée du Nord une longue liste de pays musulmans, avant de citer la Russie, selon cette enquête.

On fait la même enquête en France en Allemagne ou en Angleterre ? Enième illustration du chiasme entre l'establishment occidental et les peuples qu'il est sensé représenter...

Pas de quoi réfréner le New York Times qui nous pond une histoire sur l'empoisonnement d'un opposant inconnu par le grand méchant Poutine, histoire de mettre le Donald en difficulté sur son commentaire. Le Spiegel allemand tombe dans le scabreux, la journaloperie se déchaîne (notez les nombreuses contre-vérités factuelles d'Amanpour) et Soros est au bord de la crise de nerf. La palme revient toutefois à une obscure membre du Congrès, la désormais inoubliable Maxine Waters pour qui Poutine est en train d'envahir... la Corée ! Eh oui, vous ne le saviez pas, moi non plus, c'est le parti Démocrate qui nous l'apprend :

Bien sûr, mémère Maxine ne semble plus avoir toute sa tête et son entourage, quelque peu embarrassé, a dû la mettre gentiment au lit après cet immortel épisode. Mais c'est symbolique de notre époque où vous pouvez raconter tout et (absolument) n'importe quoi si vous appartenez au camp du Bien. Et plus ce dernier coule, plus il devient hystérique...

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Trump défend à nouveau Poutine, au désespoir des Républicains

7 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch

Trump défend à nouveau Poutine, au désespoir des Républicains

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«Je le respecte», mais «ça ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui», a déclaré Donald Trump au sujet de Vladimir Poutine. Sur l'image, des poupées russes des deux présidents à Saint-Petersbourg en Russie.

«Je le respecte», mais «ça ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui», a déclaré Donald Trump au sujet de Vladimir Poutine. Sur l'image, des poupées russes des deux présidents à Saint-Petersbourg en Russie. Crédits photo : Dmitri Lovetsky/AP

VIDÉO - «Pensez-vous que notre pays soit si innocent?», a répondu le président américain au sujet des crimes supposés du président russe, dans une interview à la chaîne Fox News, suscitant la colère de son propre camp.

Le président américain Donald Trump a défendu une nouvelle fois Vladimir Poutine devant l'opinion publique américaine, montrant qu'il ne renonçait pas à trouver des accords avec le président russe sur les affaires de la planète. Une nouvelle flambée des combats entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine a contraint la semaine dernière l'administration américaine à critiquer Moscou et à promettre le maintien des sanctions internationales qui visent la Russie.

Mais dimanche, dans une interview diffusée sur Fox News avant le démarrage du très populaire Super Bowl, le président américain a défendu une nouvelle fois sa volonté de chercher à réchauffer les relations avec son homologue russe.

«Je le respecte», mais «ça ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui», a-t-il dit.» C'est un leader dans son pays, et je pense qu'il vaut mieux s'entendre avec la Russie que l'inverse», a-t-il ajouté.

Et au journaliste qui lui objectait que Vladimir Poutine était un «tueur», Donald Trump a invité de manière surprenante l'Amérique à un examen de conscience. «Beaucoup de tueurs, beaucoup de tueurs. Pensez-vous que notre pays soit si innocent?», a-t-il demandé, sans expliciter sa pensée. Cette dernière réflexion a immédiatement suscité une salve de critiques, y compris dans son propre camp où Vladimir Poutine fait souvent figure de repoussoir. «Je ne pense pas qu'il y ait aucune équivalence entre la manière dont les Russes se comportent et la manière dont les États-Unis se comportent», a déclaré Mitch McConnell, le chef de file des républicains au Sénat. «C'est un ancien du KGB, un voyou, élu d'une manière que beaucoup de gens ne trouvent pas crédible», a-t-il renchéri.

Quant au néoconservateur Marc Rubio, sénateur républicain de Floride, et rival de Donald Trump lors de la primaire du Grand Old Party, il a tweeté: «Quand est-ce qu'un activiste démocrate a été empoisonné par le parti Républicain, ou vice-versa? Nous ne sommes pas comme Poutine».

L'électorat républicain préoccupé par Daech plutôt que par Poutine

Dans son interview à Fox News, le président américain a aussi expliqué dans quel domaine il aimerait particulièrement se mettre d'accord avec Moscou: «Si la Russie nous aide dans le combat contre (le groupe) État islamique (…) et contre le terrorisme islamique à travers le monde, c'est une bonne chose».

Donald Trump a demandé au Pentagone de lui fournir, d'ici la fin février, un plan pour accélérer la campagne contre l'EI, qui n'a que trop traîné en longueur selon lui. Or, les militaires américains ne cachent pas que l'attitude de Moscou sera déterminante pour préparer l'ultime bataille contre le groupe terroriste, la conquête de sa capitale autoproclamée Raqqa. La coalition ne peut pas par exemple lancer l'offensive sur la ville sans avoir une idée de ce que sera le statut de la ville libérée - un débat dans lequel la Russie joue un rôle clef.

En cherchant un rapprochement avec le maître du Kremlin, Donald Trump est en décalage, voire en opposition avec nombre de caciques républicains, comme John McCain, l'ancien candidat républicain à la présidentielle de 2008, qui ne perd pas une occasion de dénoncer la menace russe.

Toutefois, une enquête publiée vendredi par le New York Times montre bien qu'il n'est peut-être pas tant que ça en décalage avec l'électorat républicain, pour qui la menace islamique radicale éclipse la menace russe. Interrogé sur l'endroit du monde qui représente pour lui la principale menace pour les États-Unis, l'électorat démocrate place à l'inverse la Corée du Nord en tête, suivie immédiatement par la Russie. Mais l'électorat républicain mentionne après la Corée du Nord une longue liste de pays musulmans, avant de citer la Russie, selon cette enquête.


Voir aussi - «Il y a de bonnes chances que je ne m'entende pas avec Poutine» déclarait Trump:

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